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Cours sur le développement local

Ce document présente un cours sur le développement local/communautaire destiné aux étudiants en licence de sociologie. Il définit le développement local, présente son histoire et son contexte en Afrique subsaharienne, et décrit la structure du cours qui comprend huit chapitres traitant de sujets comme les théories, les acteurs, les projets et l'évaluation du développement local.

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Cours sur le développement local

Ce document présente un cours sur le développement local/communautaire destiné aux étudiants en licence de sociologie. Il définit le développement local, présente son histoire et son contexte en Afrique subsaharienne, et décrit la structure du cours qui comprend huit chapitres traitant de sujets comme les théories, les acteurs, les projets et l'évaluation du développement local.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

INTRODUCTION

Le développement local/communautaire est né depuis la fin des années 1960 dans certains
pays du Nord (en particulier la France ou le Canada) dans le but de réamorcer une
concertation entre l’ensemble des acteurs sur un même territoire communal et pouvant
concourir à l’implantation d’activités économiques ou sociales susceptibles de dynamiser le
milieu. C’est ainsi que lors des années 1980, la notion de développement
local/communautaire domine les représentations et explique la territorialisation des politiques
publiques. En effet, dans les pays africains, déjà avant les indépendances, les projets de
développement intégrés étaient conçus par les administrations nationales et leurs services
déconcentrés de manière descendante. Ils visaient les infrastructures de transport et
l’accroissement de la production agricole, principalement des cultures de rente par un appui
technique et financier à la parcelle. Les contraintes propres à la gestion d’une exploitation
exigeant des stratégies complexes, en vue de minimiser les risques, n’étaient pas prises en
compte. Les projets d’appui au monde rural étaient généralement intégrés autour d’une filière.

Ces projets ont rencontré des difficultés liées au dysfonctionnement des organismes publics
de développement rural nationaux ou régionalisés multifonctionnels, qui travaillaient en régie
et étaient chargés de les mettre en oeuvre. Les agents de l’Etat étaient insuffisamment formés
et souvent peu à l’écoute des populations. Ces expériences ont amené un certain nombre de
bailleurs de fonds à se tourner, à la fin des années 80 et au début des années 90, vers des
projets de développement local, toujours inscrits dans un territoire mais élargis aux
équipements sociaux, à l’hydraulique ainsi qu’à des micros projets économiques en principe
collectifs. C’est ainsi que depuis plus de deux décennies, la référence au développement local
tend à s’imposer dans les discours de politique économique. Présenté comme un modèle de
développement alternatif, il traduit la volonté d’augmenter l’efficacité des politiques
publiques en les rapprochant des agents concernés, principalement les acteurs locaux. Cette
pratique a trouvé un écho favorable dans les territoires, axant leurs stratégies de
développement sur la mise en valeur de ressources locales et s’appuyant sur des démarches
volontaristes et endogènes.

Ce cours est destiné aux étudiants en classe de licence de Sociologie et a pour objectif de les
amener à acquérir une formation de base en développement local et communautaire. Il permet
de connaître les théories, les concepts nécessaires à la compréhension et à l'analyse des
dynamiques de développement aux niveaux local; d'analyser les grands enjeux ainsi que les
caractéristiques du développement local. Il offre une formation intégrant de façon équilibrée
des contenus théoriques et méthodologiques permettant à l'étudiant d’élaborer un projet de
développement et d'intervenir sur les dynamiques sociales, politiques et économiques reliées
au développement local.

Il est composé de huit chapitres. Le premier s’attachera à la compréhension de la notion de


développement local. Dans le deuxième, sera exposé le contexte du développement local en
Afrique Subsaharienne. Le troisième présente quelques théories de développement local. Le
quatrième fera découvrir le rôle d’un agent de développement communautaire dans une
collectivité en développement. Dans le cinquième, sera présentée la responsabilité de la
communauté dans la résolution de ses propres problèmes. Le sixième s’attellera à la
compréhension des projets de développement. Le septième et le huitième présenteront
respectivement le cadre théorique d’élaboration des projets de développement et le suivi
évaluation des projets. Une conclusion met fin au présent cours.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

CHAPITRE I: LE DEVELOPPEMENT LOCAL/COMMUNAUTAIRE


Ce chapitre est composé de quatre sections. La première définit ce qu'est le développement
local/communautaire. La deuxième fournit un aperçu sur les caractéristiques du
développement local. La troisième présente les principes fondamentaux et dans la quatrième
sont exposés les enjeux du développement local.

Section 1 : Réflexion pour une définition théorique du concept


Divers auteurs ou intervenants dans le domaine local adoptent différentes définitions des
concepts de développement local/communautaire. D’entrée de jeu, il faut préciser que
l’expression « développement communautaire » est d’origine nord américaine (Canada, Etats-
Unis). Les français utilisent plutôt l’expression « développement local ». Les définitions ne
font donc pas l’unanimité et il faut reconnaître qu’il n’y a de définitions parfaitement arrêtées
sur lesquelles tous s’entendent dans le champ du développement local/communautaire. Pour
des besoins de clarté, il serait mieux de définir d’abord le développement d’une part et le
développement local d’autre part

En effet, le concept de développement a été popularisé au sortir de la seconde guerre


mondiale avec le mouvement de décolonisation, l’émergence de nouvelles nations sur la scène
internationale, la différenciation entre nations dites développées et sous-développées. Le
développement n’est pas synonyme de la notion macro-économique de « croissance ». Un
accroissement quantitatif des richesses d’un pays n’implique pas automatiquement une
amélioration des conditions de vie de ses habitants. Alors que l’objectif d’une politique de
développement est précisément l’accroissement du bien être d’une population donnée. Le
développement peut en conséquence être défini comme un processus qualitatif de long terme
qui se matérialise par la transformation des structures démographiques, économiques et
sociales (industrialisation, urbanisation, scolarisation, évolution des mentalités et des
comportements) d’un territoire (Akoun et Ansart, 1999).

Selon le Larousse (1987), le développement est une amélioration qualitative et durable d’une
économie et de son fonctionnement. Pour Friboulet (1996), le développement est un processus
historique qui permet de sortir de l’état de sous développement. En d’autres termes, il est
considéré aujourd’hui, que le développement est un processus par lequel un pays devient
capable d’accroître sa richesse de façon durable et autonome, et de la répartir équitablement
entre les individus qui le composent. Rocher (1968), définit le développement comme la
somme des actions entreprises pour orienter une société donnée vers la réalisation d’un
ensemble ordonné de conditions de vie collective et individuelle jugées désirables par rapport
à certaines valeurs.

Cependant l'allusion au local soulève des ambiguïtés. Qu'entend-t-on par «local»? Le local
repose sur la notion de territoire. La notion de territoire se confond souvent à celle de
communauté. Pourtant, il s’agit de deux concepts différents mais complémentaires. Le
territoire est un lieu physique précis, avec ses particularités : un quartier, un village, une ville,
une région, un pays. Lorsqu’on parle de communauté, on ajoute à la notion de territoire celle
de population. C’est la population d’un territoire qui forme une communauté, c'est-à-dire un
groupe d’individus qui partagent un certain espace territorial et ont un certain nombre
d’intérêts communs. Le territoire est ici un espace vécu, s’inscrivant dans des pratiques, des
politiques, des cultures, des rapports de forces. Il apparaît donc que les espaces ou s’ancrent
des démarches de développement sont ceux ou existe un lien social dense (relations
interpersonnelles, histoire, pratiques culturelles) qui permet de témoigner d’une volonté de vie
en commun et d’élaborer en conséquence des stratégies collectives de développement (Greffe,

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

1984). Le local, c’est aussi le milieu d'appartenance qui permet à une population de se
reconnaître à travers des traits caractéristiques, voire des liens de solidarité et qui exercent une
certaine influence sur les changements socio-économiques à la faveur des moyens
d'intervention offerts par les institutions gouvernementales et associatives. Ce milieu
correspondant à un environnement doté d'une connexité spatiale offrant, à une grande variété
d'acteurs, les conditions d'information et les facilités de transactions suffisantes pour assurer
la stabilité et les liens entre les différents réseaux ([Link]).

Ainsi, c’est au cours des années 60 et 70 que, la vision descendante du développement (les
décisions sont prises en haut lieu sans concertation avec les populations concernées) fut
contestée par les acteurs locaux qui considèrent que le développement d’un territoire doit
prendre en compte les besoins et les aspirations de ses habitants. C’est suite à cette critique,
que verrons coexister les deux concepts : développement et local pour enfin donner un seul
concept, qu’est le développement local/communautaire.

La conciliation de ces termes, va permettre à Perilli cité par Baldé, (2002), Doumbouya
(2006) de définir le développement local/communautaire comme une participation plus
intense de la population dans les actions de développement d’une part, une responsabilisation
active des communautés locales d’autre part. Le couplage de ces deux termes développement
et local appelle l’articulation de deux caractéristiques essentielles : la durée qui doit marquer
toute démarche de développement et l’espace, c’est-à-dire le territoire local concerné par cette
démarche.

Le développement local est donc né des multiples remises en cause des actions de
développement à travers les échecs connus ça et là dans sa pratique depuis les années 60
jusqu’aux années 90. Le concept est ainsi apparu pour pallier aux problèmes de
développement dans le monde puis plus particulièrement dans les pays en voie de
développement. Les analystes du domaine ont de ce fait mis l’accent sur l’aspect socioculturel
et humain, vu comme facteur incontournable du développement. Ceci nous amène à nous
intéresser aux anthropologues qui définissent le développement comme l’ensemble des
processus sociaux induits par des opérations volontaristes de transformation d’un milieu
social, entreprises par le biais des institutions ou des acteurs extérieurs à ce milieu mais
cherchant à mobiliser ce milieu, et reposant sur une tentative de greffe de ressources, des
techniques et du savoir (De Sardam, 1995).

Le développement local est aussi défini comme une intervention structurée, organisée, a visé
globale et continue dans un processus de changement des sociétés locales en proie à des
déstructurations et des restructurations (Mengin, 1989). Pour Greffe (1984), le développement
local est un processus de diversification et d’enrichissement des activités économiques et
sociales sur un territoire à partir de la mobilisation et de la coordination de ses ressources et
de ses énergies. Le développement local appelé développement décentralisé, endogène,
développement territoriale ou développement par le bas suppose une participation, une mise
en valeur des ressources locales tant sur le plan des forces humaines que des potentialités
économiques naturelles, à l’initiative et sous la direction même des acteurs locaux et de leurs
propres intérêts ([Link]). Par ailleurs, le développement local est avant tout une
dynamique économique et sociale, voire culturelle, plus ou moins concertée, impulsée par des
acteurs individuels ou collectifs sur un territoire donné. En allant plus avant, on peut le définir
comme un processus qui permet de faire mûrir des priorités, de choisir des actions à partir des
savoirs et propositions des groupes de populations données et de mettre en œuvre les
ressources disponibles pour satisfaire à ces dites propositions.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

Le développement local se différencie fondamentalement des processus de décentralisation.


La confusion provient notamment de la concomitance d’apparition des deux mouvements au
cours des années quatre-vingt, tant en France qu’en Afrique mais également dans de
nombreux pays d’Amérique Latine, voire d’Asie du Sud et de l’Est. Leur origine est pourtant
opposée. La décentralisation est un mouvement décidé et organisé par l’Etat. Elle repose sur
la mise en place ou l’extension de pouvoirs attribués à des institutions publiques dont les
compétences sont définies par la loi. Le développement local, quant à lui un mouvement
ascendant, qui repose sur des dynamiques d’acteurs sociaux et économiques afin de renforcer
leurs liens au sein d’un espace de développement et de se présenter en interlocuteur organisé
vis-à-vis de l’espace national et international.

Section 2 : Les caractéristiques du développement local


Selon Greffe (1984), le développement local doit prendre à la fois en compte les théories du
développement « par en haut » (les choix économiques sont décidés au sommet de l’Etat selon
une logique sectorielle fondée sur la dotation inégale en facteurs de production des territoires)
et du développement « par en bas » (les ressources d’un territoire, les besoins ressentis par sa
population et les initiatives qu’elle prend, combinées aux ressources disponibles, sont à
l’origine d’une dynamique de développement) pour être crédible. Poursuivant son
raisonnement, l’auteur parvient à isoler six caractéristiques relatives au concept de
développement local. Ce sont :
1. Un projet de développement local est transversal : c'est-à-dire qu’il doit intégrer les
domaines économique, social et culturel pour que les représentations du territoire et
les réalisations économiques interagissent les unes avec les autres.
2. Les territoires susceptibles de mettre en place un projet de développement local
peuvent avoir des tailles et des statuts diversifiés : l’important est qu’ils soient des
espaces vécus où l’on peut associer une identité culturelle et une originalité
économique.
3. Un projet de développement local est une démarche collective nécessitant la mise en
synergie de tous les acteurs du territoire (élus, entrepreneurs, associations,
groupements, institutions, travailleurs…).
4. Le développement local se fonde en priorité sur les capacités endogènes de production
d’un territoire, ce qui n’implique pas une fermeture sur l’extérieur mais au contraire
une ouverture propice à des échanges multiples.
5. Il est nécessaire que l’information circule bien au sein du territoire en développement
pour que les initiatives des différents acteurs du développement s’enrichissent au
contact les uns les autres. Par ailleurs, la formation (initiale, continue…) est un enjeu
décisif pour la réussite du projet puisse qu’elle permet de maintenir un niveau de
savoir-faire tout en favorisant l’émergence de nouvelles compétences au sein de la
population.
6. Les pouvoirs publics locaux doivent participer au projet de développement local en
assurant une animation socio-économique autour de celui-ci. Cette fonction renvoie
aux notions de catalyse et d’accompagnement : il s’agit de permettre aux différentes
initiatives de se concrétiser sans les étouffer par des velléités planificatrices.

Section 3 : Les principes fondamentaux du développement communautaire


Selon Batten (1965), les principes fondamentaux en la matière qui peuvent être retenus sont
ci-après :

 Le développement communautaire est réalisé en principe dans des zones


représentatives des caractères spécifiques des principales régions naturelles qui

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composent le territoire faisant objet du plan de développement 1. L’expérience de


développement conduite dans ces zones permet d’expérimenter le processus de
développement le plu efficace, et en suite, de l’étendre à l’ensemble des régions sur
lesquelles ces zones pilotes se situent.
 Le développement communautaire est conçu avec la participation de la population. En
effet, le développement à la base ne doit pas être une intervention « octroyée » par les
pouvoirs publics, mais une action entreprise avec la compréhension, l’adhésion et la
participation active des intéressés qui doivent être les acteurs et non seulement les
spectateurs.
 Le développement communautaire est nécessairement global, c'est-à-dire qu’il
intéresse toutes les activités économiques et sociales (agriculture, industrie, artisanat,
commerce, urbanisme, tourisme, services sociaux, formation professionnelle…). Ce
caractère global est fondamental, parce qu’il est évident que toutes les activités
s’interpénètrent et concourent également à l’augmentation des revenus et les standards
de vie.
 La méthode du développement communautaire a une finalité sociale. Elle réside dans
l’élévation des niveaux de vie, dans l’augmentation du bien-être, dans une justice
économique et sociale indispensable parce que, si le développement exige la
participation de la population, il est nécessaire que celle-ci y trouve son compte.
 L’action de développement communautaire obéit à un rythme rapide et soutenu.
Lorsque le rythme de développement est rapide et constant, l’effet stimulé facilite la
réalisation de l’entreprise de développement. La population a l’impression très
favorable que des progrès s’accomplissent. Les premières réalisations ont un effet
d’entraînement particulièrement efficace qui provoque la participation de la population
et qui réduit souvent de façon décisive les obstacles et les oppositions.
 La méthode de développement communautaire doit être mise en œuvre par un service
permanent spécialisé. Mais cette institution particulière devra satisfaire aux conditions
suivantes :
 Associer la participation des bénéficiaires du programme de développement à
l’élaboration et à l’exécution de ce programme ;
 Permettre aux services administratifs d’accomplir leurs fonctions dans les meilleures
conditions possibles, c'est-à-dire en bénéficiant de la participation de la population et,
s’il y a lieu, d’une aide technique et financière ;
 Donner à la puissance publique la garantie d’un contrôle efficace de l’action de
développement entreprise ;
 Disposer de méthodes de travail et de gestion dynamiques, souples et réalistes,
conformes aux exigences du développement et à la situation de responsabilité dans
laquelle il importe de placer les représentants de la population intéressée.

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Le plan de développement local (PDL) est un outil de priorisation et de programmation des investissements
sociaux et économiques à l’échelon local. Il constitue un moyen de fédérer les initiatives et dynamiques locales
et présente un intérêt évident par rapport à la concertation. Il part des informations, des connaissances et des
compétences des populations en le considérant comme le point de départ de toute action (grâce notamment à
l’élaboration préalable de diagnostic de territoire). Il cherche la bonne mise en œuvre des actions de
développement par la combinaison des compétences et potentialités des différents opérateurs, que ceux-ci soient
des groupements locaux, des ONG, des acteurs régionaux ou de l’Etat. Le PDL a une triple fonction. Une
fonction de réappropriation de leur espace par les habitants. La démarche de construction d’un PDL leur permet
de lire leur territoire en objectivant sa situation écologique, leurs capacités économiques, la nature de leur
relation interne. Une fonction de restructuration car il permet aux groupes de populations du territoire de
déterminer leurs objectifs au regard des moyens techniques, humains et financiers dont ils disposent. En fin , une
fonction de référence : le PDL constitue un cadre de référence tant pour les populations que pour les autorités
locales. Il sert de contrat entre les différentes parties concernées par les actions à réaliser dans la zone.

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Section 4 : Les enjeux du développement local


Selon le rapport de l’AFD2 (2001), il existe Quatre enjeux pour le développement local :

Sous-section 1 : Répondre aux besoins de populations placées en situation de responsabilité


L’approche en termes de développement local couvre, désormais, aussi bien les villes que les
régions rurales. Elle prend évidemment une forme assez spécifique dans les zones urbaines,
territorialement plus concentrées. Mais le développement ne se conçoit plus comme un
processus imposé du haut à des acteurs passifs qui se contentent de recevoir des informations,
des services ou des équipements définis par des fonctionnaires ou par des experts qui
connaîtraient mieux leurs besoins que les intéressés eux-mêmes. Cette responsabilisation
collective des acteurs à la base dans l’identification de leur stratégie de développement, dans
l’énoncé des moyens au service de cette stratégie et dans l’affectation des ressources
disponibles encore appelée développement participatif a également pour objectif de renforcer
l’appropriation des équipements et d’améliorer ainsi leur entretien et leur pérennité. La
participation financière des bénéficiaires concrétise leur implication et justifie le transfert de
l’usufruit ou du droit de propriété de l’équipement en leur faveur.

Sous-section 2 : Assurer un développement économique et social cohérent, négocié et


durable à l’échelle d’un territoire
A ce niveau, il s’agit d’inscrire des actions de développement dans un territoire maîtrisable
par les acteurs qui y vivent. Dans ces types de projet, les communautés bénéficiant
directement des fonds d’investissement doivent poursuivre les activités économiques et mettre
en oeuvre des ressources naturelles situées dans un espace circonscrit à un terroir rural. Il y a
ainsi concordance forte entre une logique économique d’aménagement du territoire à l’échelle
locale et une logique sociale d’espace organisé à partir d’un partage des rôles au sein des
communautés et d’une négociation entre ses membres.

Sous-section 3 : Inscrire la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités ainsi que la
promotion du genre dans des actions de proximité
Les stratégies nationales de lutte contre la pauvreté qui recomposent le champ du
développement sont appelées à trouver une traduction au niveau local, même s’il faut
probablement éviter de faire peser sur les projets de développement local ou sur les territoires
en développement trop d’exigences en la matière. C’est à cette échelle que les solidarités entre
acteurs trouvent leur meilleure expression. Les tentatives des Etats de déléguer cette charge
ou, en sens inverse, de se l’approprier se soldent généralement par des échecs. L’approche
participative du développement local conduit à donner du pouvoir aux populations. Dans une
optique de lutte contre la pauvreté et contre les inégalités, ceci oblige à inclure les catégories
sociales défavorisées. L’effort consiste à amener les responsables ou les groupes dominants à
placer à la table de négociation des représentants de l’ensemble de la société civile y compris
les pauvres. Les actions conduites doivent se répartir de manière équitable entre les villages et
entre les communautés, ce qui souvent recoupe la recherche d’équité entre couches sociales.

Sous-section 4 : Articuler les projets de développement local avec les politiques, les
programmes sectoriels et les moyens de l’Etat dans une approche d’aménagement du
territoire
Les programmes sectoriels de l’Etat constituent un vecteur d’intégration politique et sociale et
d’aménagement du territoire à l’échelle nationale, mais les objectifs quantitatifs chiffrés dans
lesquels ils s’inscrivent ne sont pas toujours compatibles avec les démarches participatives à
l’oeuvre dans le développement local. Toutefois, les actions sectorielles, qui sont nécessaires
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Agence Française de Développement.

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pour un développement articulé, ne sont efficaces et pérennes que si elles sont prises en
compte au niveau local. Les solidarités sociales et économiques qui s’y nouent favorisent
l’appropriation des stratégies sectorielles par les bénéficiaires.

Réciproquement, les actions de développement local sont plus efficaces si elles s’inscrivent
dans des stratégies sectorielles qui procurent des orientations claires et garantissent des
normes homogènes. Ces programmes sectoriels sont généralement accompagnés de moyens
techniques et financiers qui peuvent venir en renforcement du développement à la base. Les
programmes sectoriels couvrent une série de besoins qui ne peuvent être de la compétence du
local. Une articulation correcte entre les niveaux implique :
 L’existence de politiques sectorielles clairement établies ;
 Une redéfinition du partage des rôles, secteur par secteur, entre l’ensemble des acteurs
du dispositif : administration centrale, services déconcentrés de l’Etat, collectivités
territoriales et société civile (particulièrement le secteur privé).
 Un apprentissage de chaque catégorie d’acteurs à tenir son rôle ainsi que des outils,
des mécanismes et des procédures pour la concertation, la prise de décision et les
règlements des conflits d’intérêt.

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CHAPITRE II : CONTEXTE DU DEVELOPPEMENT LOCAL EN AFRIQUE


SUBSAHARIENNE
Ce chapitre est composé de 3 sections. La première expose la Problématique du
développement local en Afrique subsaharienne. La deuxième fait état du développement local
et participatif en Guinée. La troisième met en exergue la physionomie des acteurs du
développement local en Guinée.

Section 1 : Problématique du développement local en Afrique subsaharienne


En dépit de la diversité des thèses sur le développement local en Afrique subsaharienne, les
auteurs s’accordent généralement sur l’échec global des politiques et programmes mis en
oeuvre. Sur le terrain, ce bilan sombre a poussé la plupart des pays à s’engager dans les
programmes d’ajustement structurel depuis les années 80, avec pour principale conséquence
le retrait des États des secteurs socioéconomiques. Cela a provoqué une montée du chômage
et une augmentation de la pauvreté au sein des populations. Cette situation entraîna à son tour
des grèves syndicales répétitives, de nombreuses jacqueries, l’exode rural massif des jeunes
vers les villes ou d’autres pays, et parfois des mutineries et des rebellions (Sanogo, 2005 :8).

Dans leurs explications des crises socioéconomiques ainsi créées, les auteurs, dont Hochet
(1985), Boiral et al. (1985), Assogba (1998), De Sardan et Paquot (1991), Favreau et
Fréchette (2002), Fall et al. (2004) cités par Sanogo (2005 : 8), révèlent le caractère
développementaliste des politiques nationales, la mal gouvernance et surtout l’importance
accordée à la mondialisation de l’économie de marché au détriment des dimensions
socioculturelles et humaines. Cette situation confère au développement local en Afrique au
sud du Sahara un défi essentiel : celui de lier l’économique au social. Celui-ci est également
lié à trois enjeux principaux. Lesquels ? Le premier enjeu est de trouver une forme de
gouvernance plus démocratique qui intègre les préoccupations sociales dans les programmes
de développement. Le deuxième enjeu va au-delà de la gouvernance. Il s’agit de contrer les
impacts négatifs de la coopération internationale qui, jusque là, est trop axée sur l’économie
de marché. Le troisième enjeu consiste à apaiser les crises socioéconomiques dans les
différents pays.

C’est la combinaison du déficit démocratique des formes de gouvernance, du caractère


éconocentrique de la mondialisation et des urgences socioéconomiques qui justifie le défi
posé, celui de lier l’économique au social dans les différentes politiques et pratiques de
développement local. En quoi consiste-t-il ? D’abord, il s’agit, de la part des différents
acteurs, de se départir des modèles de gouvernance et de développement qui laissent peu de
place aux populations et à leurs réalités socioculturelles et provoquent des crises
socioéconomiques. Ensuite, il s’agit de s’engager désormais dans un système de
développement qui réponde à la fois aux besoins économiques et aux préoccupations sociales,
de façon à améliorer la qualité de vie des individus, des familles et des collectivités. Enfin, il
s’agit surtout d’opter pour un système de gouvernance et de développement qui évite les
crises socioéconomiques que vivent les uns et les autres au jour le jour.

Lier l’économique au social n’est donc pas un simple défi ponctuel mais une vision
permanente qui doit animer et motiver les acteurs de développement, et inspirer les politiques,
programmes et actions conçus et mis en œuvre. Au vu des impératifs liés à la mondialisation,
au déficit démocratique et aux urgences socioéconomiques, on pourrait penser à adopter un
système de gouvernance et de développement fondé sur l’économie sociale.

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Dans cette perspective, les États et les acteurs de développement local devront faire un nouvel
apprentissage à partir des expériences menées jusque là et trouver un système qui permette de
relever le défi de lier l’économique au social, en trouvant des réponses à la fois aux besoins
économiques et aux préoccupations sociales des populations. La décentralisation politique et
économique se révèle le système qui permette d’opérer ce changement qualitatif. Alors, on
comprend aisément l’option de la plupart des pays africains subsahariens pour la
décentralisation politique et économique depuis le début des années ‘’90’’.

La décentralisation politique est fondée sur les principes de démocratie, de transparence et de


responsabilisation des collectivités locales, elle prend le contre pied des modèles de
développement étatique et donne aux populations la possibilité de participer activement à la
conception et à la réalisation des actions centrées sur la résolution de leurs préoccupations.
Dans les pays africains, les programmes et projets de développement mis en œuvre dans le
cadre de la décentralisation politique et économique sont généralement financés par les
gouvernements et les partenaires internationaux. Ils répondent aux impératifs de
développement des collectivités: installer des mécanismes de démocratie décentralisée et de
gestion transparente, renforcer les capacités locales des communautés villageoises, lutter
contre l’exclusion et la pauvreté par la promotion des actions de développement local.

Section 2 : Le développement local et participatif en Guinée


La Guinée a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance en 1958.
A la suite de son refus de rester membre de la communauté française en Afrique, elle a vécu
pendant 26 ans sous un régime autoritaire et centralisateur qui a laissé le pays dans un état
d’isolement et de délabrement économique sans rapport avec les richesses potentielles. Avec
l’engagement pris par le gouvernement installé en 1984, d’établir un Etat de droit et un type
de société libérale orientée vers une économie libre de marché, certains progrès ont été
enregistrés mais les caractéristiques de la pauvreté y sont toujours très prononcées.
L’orientation libérale prise en 1984 par le nouveau gouvernement, a permis aux énergies
individuelles étouffées pendant la période du parti Etat de trouver un cadre politique et
juridique plus adaptés pour leurs actions (libéralisations des initiatives individuelles,
décentralisation, décompression des services de l’Etat avec le licenciement de nombreux
cadres qui se tournent désormais vers le mouvement associatif. (Corre, G. 2003.)

Néanmoins, la société civile reste fortement politisée. D’une part, l’implication individuelle
dans les activités d’organisations non gouvernementales (ONG) correspond parfois à un souci
alimentaire et à la recherche d’une activité de subsistance à la suite des licenciements massifs
survenus dans l’administration publique. L’implication croissante dans les secteurs d’activité
des organisations de la civile (OSC) ne correspond pas toujours à un engagement citoyen
réel. D’autre part, l’espace politique dont disposent ces acteurs est fortement limité par les
entorses à la démocratie faites par un régime républicain, certes, mais très affecté par le
clientélisme, voire la corruption et d’une volonté centralisatrice de contrôle des initiatives
privées.

Le pays connaît aujourd’hui la présence d’un nombre important d’organisations non


gouvernementales, des associations, des groupements. Ce développement extraordinaire des
organisations (Associations et groupements) fondées sur une solidarité collective, s’explique
par une certaine prise de conscience qui résulte du fait que les politiques de développement
initiées dans le pays après les indépendances n’ont pas été porteuses d’un développement qui
puisse favoriser l’amélioration des conditions de vie des terroirs villageois. Le secteur social

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qui constitue le terrain de prédilection de ces organisations, a été peu valorisé par les
différents régimes. Dès lors, les populations à la base voient la nécessité de prendre en charge
elles-mêmes les questions de développement, en initiant des micros organisations reposant sur
des activités de type divers en vue de répondre à la crise socio-économique qui caractérise
leurs communautés. Cette dynamique est activée et renforcée par les programmes de
décentralisation entrepris vers les années 90 et qui ont de plus en plus créé des distances entre
l’Etat et les collectivités de base par rapport à la résolution des questions de développement se
posant dans ces milieux ruraux.

Caractérisées souvent par les mêmes problèmes de développement, les mêmes besoins, les
populations estiment que seul le renforcement des liens sociaux séculaires à travers les
groupements, les associations villageoises qu’ils soient masculins ou féminins, constitue le
moyen certain de résolution des problèmes auxquels elles sont confrontées. Ceci explique
effectivement la mise en place des organisations se la société civile en Guinée.

Section 3 : Les acteurs du développement local et participatif en Guinée


Les bailleurs de fonds, le gouvernement et les organisations de la société civile, et
particulièrement les mouvements associatifs, doivent accompagner et contribuer à asseoir sur
des bases plus solides la réalisation des objectifs des politiques de développement local.

Sous-section1 : Les bailleurs de fonds (banque mondiale, AFD, GTZ, EU, USAID,
PNUD …)
Ces bailleurs fournissent un soutien externe au développement local afin de :
 Financer le développement local par le biais d’allocations budgétaires à des
organismes publics décentralisés et à des autorités locales déléguées, ainsi que par le
biais de subventions aux gouvernements locaux et aux organisations communautaires.
 Fournir une assistance technique aux organisations locales pour les aider à élaborer et
à mettre en œuvre des systèmes de gestion et de gouvernance participatifs
décentralisés, ainsi que pour combler des manques de capacités à court terme.
 Augmenter les informations disponibles aux acteurs locaux afin de soutenir les
processus de planification et de prise de décision locales.
 Encourager le transfert d’expertise entre les acteurs locaux et nationaux concernant les
enseignements pertinents tirés de situations similaires quant à la façon d’améliorer le
développement des aptitudes à agir, la gouvernance et la prestation de services, grâce à
des approches plus intégrées du développement local.

Sous-section2 : Le Gouvernement
Le Développement local exige du gouvernement un environnement institutionnel favorable
aux initiatives locales. Cet environnement porteur comprend les dispositifs institutionnels
formels des secteurs public et privé aussi bien que les pratiques et les institutions sociales
informelles qui influencent le comportement des personnes et des organisations. Ces facteurs
peuvent de façon importante renforcer ou freiner les efforts locaux pour améliorer le
développement des aptitudes, la gouvernance et la prestation de service au niveau local
([Link]). Un environnement porteur pour le développement local peut être
amélioré par le gouvernement par les mesures suivantes :
 Faire que la gouvernance nationale soutienne davantage le développement local en
définissant des lois, des politiques et des procédures qui :
 Clarifient les droits des individus à un accès équitable aux opportunités et à
s’organiser pour l’action collective.
 Renforcent le statut légal des communautés et associations bénévoles.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

 Reconnaissent le rôle des organisations communautaires dans la gouvernance


et la prestation de service.
 Améliorent le cadre légal, fiscal, politique et de gestion pour le gouvernement
local.
 Rendent les politiques et les systèmes sectoriels compatibles avec le
développement des aptitudes des gouvernements locaux et des organisations
communautaires.
 Encourager une société civile qui soutienne davantage le développement local par des
initiatives qui :
 Légitiment le capital social et l’action collective locale par divers moyens qui
permettent aux citoyens d’effectuer des choix et de faire entendre leur voix.
 Favorisent des normes démocratiques et des institutions civiques soutenant la
transparence et la responsabilisation.
 Soutiennent des valeurs sociales telles que l’équité, la justice sociale et la
responsabilité locale.
 Renforcer le potentiel local par des investissements qui :
 Réorientent le secteur public local pour améliorer la coordination horizontale
parmi les organismes du secteur public au niveau local et pour promouvoir la
participation à la gouvernance et le partenariat dans la prestation de services.
 Augmentent le capital social en encourageant l’action collective par le biais
des organisations communautaires et des associations bénévoles liées aux
démarches de self-help, à la gouvernance et à la prestation de services.
 Renforcent les organisations locales, aussi bien du secteur public que non
gouvernementales, pour améliorer la planification, la prise de décision, la
gestion, la prestation de services et la responsabilisation.
 Développent les savoirs et les compétences afin de renforcer les capacités
techniques, administratives et d’adaptation des acteurs locaux.

Sous-section3 : Les groupements communautaires


Les rapports sur l’évaluation des organisations du développement indiquent l’existence de
plus de 3500 coopératives et groupements enregistrés dans le fichier du SACCO. 3 L’origine
de l’initiative de la création (initiative endogène ou non), le sexe des membres, la nature de
l’activité exercée et l’état du fonctionnement (opérationnalité) sont des critères généralement
avancés pour caractériser les groupements communautaires. Ainsi on a les groupements
(coopératives) créés sur l’initiative propre des membres, des groupements qui ont
généralement l’avantage d’être des structures pérennes avec un niveau appréciable de
participation des membres ; on a aussi les groupements encadrés par les grands projets et qui
ressentent moins les difficultés liées au financement de leurs activités, mais éprouvent
généralement des difficultés pour préserver les acquis après le retrait de l’appui extérieur. Il y
a les groupements opérationnels et les groupements à l’attente. Les groupements
opérationnels, à la différence des groupements à l’attente, ont des activités visibles sur le
terrain. Parmi ces groupements, nombreux sont ceux qui ont un caractère saisonnier
(groupements maraîchers par exemple qui ont souvent des difficultés d’approvisionnement en
eau), d’autres observent une continuité dans leurs actions (groupements artisanaux ou de
saponification…) Quant aux groupements à l’attente, ils se constituent souvent à l’instigation
des bailleurs de fonds ou des projets.

3
SACCO : Service National d’Assistance aux Coopératives et coordination des Interventions des ONG, créé en
1997

11
BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

Sous-section 4 : Les ONG et les Associations


Selon l’ordonnance 072/PRG/SGG/86 cité par Kourouma (2005), l’ONG est définie comme
une organisation privée, apolitique, à but non lucratif, qui fonde sa méthodologie de travail
sur la participation des bénéficiaires de ses actions, qui met en œuvre des projets de
développement en faveur des collectivités décentralisées, et qui œuvre à l’auto-promotion de
la population à la base.
Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont apparues sur la scène politique
internationale au 19ème siècle à la suite de la tenue de la convention mondiale contre
l’esclavage en 1840. Les ONG remplissent divers types de services et fonctions : information
du gouvernement sur la préoccupation de leur citoyen, surveillance des politiques
gouvernementales, promotion de la participation politique au niveau communautaire et
accomplissement des services d’ordre humanitaire. Elles fournissent des analyses et expertises
servant de mécanisme d’alerte avancée et aide à superviser et mettre en œuvre les accords
internationaux ([Link]).

Traditionnellement, les ONG œuvrent toutes pour la promotion d’une culture du


développement durable au sein des populations, généralement parmi les groupes les plus
vulnérables. Les ONG ont pour vocation de susciter et de développer l’action dans les milieux
ruraux et les quartiers de villes où vivent des groupes vulnérables. Dans le respect de la
richesse culturelle et de la dignité des communautés qui sollicitent leur intervention, les ONG
s’assignent le devoir d’aider les plus pauvres à réaliser un développement durable et intégré
qui utilise toutes les synergies internes et externes aux communautés dans le cadre d’un
partenariat véritable (Debourou, 2000).

De 1985 à ce jour, plus de 700 ONG et associations ont été agréées en Guinée dont 78
étrangères. (MATD, 2005). Les facteurs qui expliquent cette diversité d’ONG en Guinée sont
variés. En premier lieu, on peut dire que la législation en cours dans le pays est
particulièrement souple quant à la procédure administrative et la délivrance des agréments
d’association ; en second lieu, le pays est caractérisé par un chômage accentué, qui contraint
maintes personnes à inventer des stratégies de survie (emploi dans le secteur informel,
activité dans le cadre des associations…) et en dernier lieu, ce sont les privilèges et facilités
dont bénéficient les ONG agréées en matière fiscale, qui expliquent aussi cette prolifération.
Les ONG et associations qui se font particulièrement remarquer sur le terrain à cause de leurs
apports positifs en matière de développement local sont les ONG étrangères ou nationales qui
bénéficient d’appui extérieur. Elles disposent généralement de moyens non négligeables,
interviennent dans presque tous les domaines du développement local (santé, éducation
environnement, agriculture) et sont citées par les populations de base comme les meilleurs
partenaires de développement. Ce sont par exemple : Save the Children, Plan Guinée, Aide
action PSI, AGBEF, CENAFOD, APROFIG, CAM….

Sous-section 5 : Les associations socio-professionnelles


Cette catégorie comprend une large gamme de structures de défense des droits et intérêts de
leurs membres et tiers. Ce sont par exemple : CNTG, USTG, ONSLG…), l’association des
femmes chefs d’entreprises, l’ordre des avocats, l’association des journalistes. Ces structures
que sont notamment les syndicats, sont confrontées à des contraintes multiples et diverses
dans l’accomplissement de leurs missions. Le manque de formation, d’information de
documentation, d’équipements, de ressources financières, les rivalités entre les différentes
centrales syndicales et les difficiles relations entre l’Etat et certaines structures sont autant des
preuves de ces contraintes.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

CHAPITRE III : LES THEORIES DE DEVELOPPEMENT LOCAL

Quatre sections composent ce chapitre. La première est relative à la théorie de participation.


La théorie de développement décentralisé participatif est exposée dans la deuxième section.
La troisième présente la théorie de la décentralisation. Enfin, la quatrième met en relief la
théorie du développement local.

SECTION 1 : THEORIE DE PARTICIPATION

Les théories de participation ont pour fondement essentiel, la participation des populations
surtout les ONG aux différentes actions qui tendent à améliorer leur milieu de vie et leur
propre condition de vie. Participer, c’est prendre part à une action sociale, économique,
politique, culturelle. La participation est donc toute attitude, tout comportement qui consiste à
prendre part à une activité de développement et qui est supposée avoir des résultats pouvant
améliorer les conditions d’existences individuelles ou collectives et transforme de cette façon
le milieu de vie ( Kourouma, 2006).

Le mot participation a pris une telle dimension dans le discours des pouvoirs publics et du
développeur, qu’on y voit déjà la clé de l’énigme aux énormes problèmes qui assaillent et
tyrannisent l’Africain. La participation, c’est donner aux communautés de base la possibilité
de décider elles mêmes de leur développement, et ne plus les considérer comme des
exécutrices des politiques de développement conçues au niveau national.

Tout en axant son étude sur la Guinée, Soumaré cité par Sylla (2008) entend par le terme
‘’participer’’ l’acte de prendre part et qui suppose que l’on est un élément dans un processus
où tous les éléments sont complémentaires. Pour prendre part à une activité, il est essentiel
d’avoir conscience de l’objectif visé, de l’importance de cet objectif et le rôle exact qui lui est
assigné. En outre, il faut avoir conscience que la participation remettra en cause l’objectif
visé. Trois formes de participation apparaissent et sont reconnues dans le processus de
développement local :
1. La participation effective : la participation est effective quand les actions de
développement ne s’écartent pas trop des activités habituelles des populations ;
2. La participation partielle : la participation est partielle quand elle est provoquée. C’est
lorsque les projets s’implantent sans l’avis et la participation, et provoquent des
réactions négatives de la part des populations. Il s’ensuit des tensions et des conflits.
N’ayant reçu aucune observation sur les objectifs du projet, les populations y voient
une menace de leur sécurité.
3. L’exclusion : c’est la forme de participation qui n’a reçu aucune observation sur les
objectifs du projet, les populations y voient une menace de leur sécurité.

En effet, pour Bernoux (2005), le développement local doit être fondé sur une approche
participative qui prend appui sur un postulat éthique : reconnaissant à chaque individu la
capacité de dire la réalité et, ce disant, d’être acteur de son devenir, le développement local se
distingue nettement des logiques d’actions affirmant l’exclusive compétence des politiques et
institutions à définir les réponses à la demande sociale. Au fondement de la notion de projet
collectif qui doit résoudre les problèmes, cette éthique du travail social conduit naturellement,
par la participation à la définition d’un projet de développement local.

Le Comité d’Aide au Développement (CAD), dans une déclaration sur la coopération au


développement, a défini aussi la participation comme le moyen d’une participation plus large

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

de l’ensemble de la population aux activités de production, avec un partage plus équitable de


fruits de ces activités (Goita, 2004). Ainsi le développement participatif peut être aussi
comme le processus de satisfaction des besoins (matériels, socio culturels, socio affectifs,
spirituels, technique et politique) à travers l’atteinte d’objectifs négociés des groupes
d’acteurs où chaque personne est impliquée dans une ou l’autre phase du processus avec la
capacité d’orienter ou de réorienter les actions à partir de ses responsabilités.

SECTION 2 : THEORIE DU DEVELOPPEMENT DECENTRALISE PARTICIPATIF4

La participation est au cœur du développement décentralisé et participatif (DDP) parce que les
communautés connaissent mieux leur situation locale ainsi que leurs problèmes, et sont mieux
placées pour décider quelles sont leurs priorités. Renforcer les moyens d’action des
communautés revient à leur donner l’opportunité d’analyser et de discuter leurs situations
locales de façon systématique, en portant l’attention sur les problèmes locaux et leurs causes,
et sur la disponibilité de ressources internes et externes. Cela encourage les communautés à
prendre l’initiative dans le processus de développement et à devenir responsables de la mise
en œuvre de leurs actions. Cela renforce les institutions indigènes et les organisations locales.

Avec le DDP, les communautés sont sensibilisées à la planification et à l’exécution de leurs


actions dans un cadre budgétaire strict. Elles gardent à l’esprit l’importance de la couverture
des charges afin d’assurer la viabilité et la pérennité. L’appui au DDP part du principe que
beaucoup peut être fait immédiatement grâce à une meilleure utilisation des ressources locales
existantes et des capacités latentes. L’approche DDP peut aussi donner la parole aux groupes
traditionnellement vulnérables, s’ils sont activement pris en compte dans le diagnostic et les
exercices de détermination des priorités, dans la planification des actions de la communauté et
dans la mise en œuvre de ces plans.

Là où les autorités locales existent, elles pourraient naturellement devenir les leaders
politiques faisant la promotion d’une participation accrue. Là où elles n’existent pas, des
comités locaux de développement peuvent être mis en place pour assurer leurs fonctions. Le
leadership technique peut provenir des organisations locales équipées pour aider les
communautés. Le comité de développement de la communauté locale est normalement
responsable du suivi des progrès enregistrés dans la mise en œuvre des plans d’action.

Les communautés ne sont pas homogènes, et un ciblage pourrait être nécessaire pour atteindre
les groupes exclus tels que les pauvres, les femmes et les minorités. L’élaboration du cadre de
participation, la décentralisation, et les subventions à frais partagés peuvent bâtir les normes et
les procédures pour cibler ceux qui ont traditionnellement souffert de l’exclusion sociale. La
participation renforcera les capacités des groupes cibles en planification et en prise de
décisions, et amplifiera la connaissance par les membres de la communauté de la nature des
problèmes qu’ils rencontrent et des options pour les résoudre.

Le renforcement des capacités est nécessaire pour analyser les composantes de projets
exécutées par les communautés et les collectivités locales. Le renforcement des capacités au
sein des communautés est un objectif important. Mais il a besoin d’être précédé par la
mobilisation des capacités de la communauté qui sont déjà disponibles mais qui deviennent
évidents seulement quand les moyens d’action de la communauté sont renforcés. Cela se
4
Tiré du module de formation sur le DPD de Abdelkrim Oka, Spécialiste de la gestion des ressources naturelles,
Banque Mondiale, Washington, juillet 2003.

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BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

traduirait par l’amélioration des capacités de réponse des prestataires de services aux besoins
de la collectivité et par une mise en œuvre rapide des actions prioritaires par les collectivités
dans les domaines comme l’éducation, la santé, l’agriculture, les infrastructures et
l’environnement.

L’expérience en Afrique montre que les communautés peuvent s’organiser rapidement et


avantageusement pour diagnostiquer les problèmes locaux, aboutir à des solutions, déterminer
les priorités, élaborer des plans d’action, et renforcer les organisations locales et leur
imputabilité. Toutefois, les processus participatifs seront discrédités et atrophiés à moins que
les moyens d’action des communautés ne soient renforcés avec des ressources et de contrôle
de leur part. Déjà, des fonds sociaux mettent des subventions à frais partagés à la disposition
des communautés locales dans plusieurs pays, mais ce sont généralement des fonds
« balkanisés » et orientés vers les priorités des donateurs. Les moyens d’action des
communautés seront vraiment renforcés si elles reçoivent des financements sans
conditionnalité qui leur permettent de statuer sur leurs propres priorités et développer leurs
propres aptitudes à la prise de décisions.

SECTION 3 : THEORIE DE LA DECENTRALISATION

La théorie de la décentralisation est une construction spatiale, administrative et politique dans


laquelle l’Etat cède une partie ou la totalité de ses pouvoirs à des collectivités publiques
locales, des institutions communautaires ou des populations locales (Ribot, 2000) 5. Elle est le
transfert du pouvoir de l’Etat central vers la collectivité territoriale décentralisée. Donc il
s’agit de permettre aux représentants publics de gérer les affaires locales au profit des
populations au niveau local. C’est une stratégie de développement où, à travers le transfert des
compétences, et par exemple à travers la mise en œuvre d’élections représentatives les
populations choisissent leurs dirigeants qui agissent sur le développement local.

La décentralisation est le transfert, du sommet vers la base, de certaines compétences de l’Etat


au profit des collectivités territoriales, des communautés locales dans le but d’améliorer la
fourniture des services en renforçant les capacités des autorités locales, des communautés et
groupes (BM, 1999). Ainsi, la Banque mondiale associe à la décentralisation un processus de
démocratie participative ou à tout le moins de participation des acteurs locaux autres que
publics.

La décentralisation est considérée comme un facteur qui peut promouvoir la démocratie et le


développement et, elle a été prônée notamment par les organisations internationales comme
une des conditions à la coopération bilatérale et multilatérale. C’est une composante
essentielle de la stratégie de développement, dans la plupart des pays du Sud. Elle offre des
potentialités aux acteurs de développement de la base de faire d’autres activités pour le
développement de leur terroir que le gouvernement central n’a pas pris en compte dans son
programme de développement comme par exemple la construction des infrastructures
sociales. Dans la lutte contre la pauvreté, la décentralisation joue un rôle important voir
primordiale en responsabilisant les populations pour la satisfaction de leurs besoins
prioritaires dont elles connaissent (Doumbouya, 2005).

La décentralisation est un processus de développement communautaire en vue de promouvoir


le bien-être des collectivités locales réalisé grâce à leur participation sur la base de leurs
propres besoins et des initiatives prises par ces unités. Elle confère aux collectivités locales la
5
[Link] consulté le 22 septembre 2008

15
BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

pleine compétence sur tous les problèmes d’intérêt local dont ils ont la charge. L’objectif
général de la décentralisation est la prise en compte des réalités locales et des populations au
développement de leur terroir en tenant compte des besoins prioritaires; il s’agit, en d’autres
termes, du retour au local et de la primauté de la gestion de proximité. A la base, la population
dispose d’une marge de décision et d’autonomie. Elle participe à la gestion des affaires
publiques et règle localement, un certain nombre de domaines définis par la loi L’émergence
d’une démocratie locale ou participative et le développement local comme moyen de lutte
contre la pauvreté sont deux enjeux associés à la décentralisation dans les pays en voie de
développement.

Le processus de décentralisation a commencé en Guinée en 1986 par la décentralisation


administrative ou technique et se termina en 1992 avec la mise en place des collectivités
décentralisées ou locales. Cette politique de libéralisation et démocratisation a créé un
environnement politique, social et économique favorable à l’émergence d’une multitude
d’organisations formelles et informelles qui sont des éléments fondamentaux de la société
civile guinéenne. C’est ainsi que l’on a vu l’enregistrement de plusieurs centaines d’ONG, la
constitution des milliers d’associations, de groupements formels et informels et des syndicats
libres. Toutes ces organisations, qui réalisent leurs actions de façon plus ou moins autonome
par rapport au pouvoir et à l’administration du pays et de la localité concernée (MATD,
2001).

La finalité de la mise en œuvre d'un processus de décentralisation est de réussir le


développement socio-économique dans des domaines qui souffrent trop souvent de
l'inefficacité des administrations publiques et d'un pouvoir décisionnel trop centralisé. Il faut
noter que ce ne sont pas toujours les motifs les plus nobles qui enclenchent un processus dit
de décentralisation. De nos jours en Afrique, le processus est devenu presque impératif,
provoqué par l'incontournable resserrement des possibilités fiscales des gouvernements
centraux et par les pressions internationales en matière de bonne gouvernance.

SECTION 4 : THEORIE DU DEVELOPPEMENT LOCAL

L’approche du développement local intègre les dimensions historiques et spatiales,


s’affranchit des visions réductrices des théories économiques du développement qui traitent le
temps de manière simplificatrice et considère l’espace local comme une entité neutre (ou
réduite à point). Elle s’attache à montrer l’absence de relations déterministe et l’importance
des caractéristiques territoriales spécifiques susceptibles d’impulser ou au contraire d’inhiber
le développement. Dès lors, l’explication des dynamiques de développement ne se réduit pas à
la seule dotation initiale de facteur mais à la capacité des territoires à s’inscrire dans un
processus de construction de ressources (Mercoiret, 1996).

L'idée de développement local6 répond aux besoins ressentis par les communautés suite aux
insuffisances malgré la pertinence des objectifs poursuivis dans l’approche globale de gestion
durable des terroirs. Privilégiant la démarche partant du bas, le développement local se veut
une démarche qui fait appel aux valeurs culturelles endogènes. Né des cendres de la gestion
des terroirs le développement local laisse une place de choix au diagnostic comme une
opportunité plus large accordée à une communauté pour lui permettre de connaître son
environnement interne et externe à travers le foncier, la place des filières de production les
liens existant entre une communauté donnée et les localités voisines, la dynamique interne au
sein de la même communauté ; la place de la femme, le genre.
6
[Link]/dynamic/File/solarid_toolkit/[Link]

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L’approche Développement local présente un certain nombre d’avantage comparatif comme


entre autres la mise des bénéficiaires au cœur de toute décision les concernant amenant les
équipes de projet à les accompagner dans le processus. Le développement local met l’accent
sur la création d’un environnement propice à augmenter la capacité des communautés en
difficulté à s’adapter aux nouvelles règles du jeu de la croissance au niveau macro-
économique et/ou à trouver d’autres voies conduisant au développement en introduisant des
préoccupations sociales et culturelles à côté de rationalités purement économiques.

Le développement local vise à restituer un espace aux initiatives locales. Il est basé sur la
mobilisation des forces vives du milieu : les citoyens, les élus, les entrepreneurs, les
associations, les responsables locaux et les médias. Un espace qui doit être reconnu comme
élément de la stratégie de réponse à la crise économique et sociale.

La démarche de développement local oblige la collectivité à prendre conscience de sa


situation, à inventorier ses ressources et ses faiblesses physiques et humaines, à identifier les
acteurs et les leaders locaux et à déterminer de quoi sera fait son avenir. Cet exercice collectif
contribue à « outiller » l’échelon local et lui permet de se situer dans une relation plus
égalitaire dans le cadre de sa démarche partenariale avec l’extérieur.

La promotion d’une politique de développement local paraît, aujourd’hui, être la condition


incontournable du développement compte tenu de la faiblesse des moyens dont disposent les
collectivités. Ceci dit, le développement local conduit les collectivités territoriales à s’ouvrir
à l’extérieur pour être disponibles à l’innovation et à l’invention de nouvelles stratégies. A cet
effet les communautés développent leurs propres ressources et potentialités de manière à ce
que les besoins de base soient satisfaits avec évidemment le concours d’autres acteurs. Ainsi
les populations initient et mettent en place des structures communautaires ou organisations
dans les quelles elles se reconnaissent : comités, associations, groupements, ONG etc.…

Partenaires privilégiés des autorités locales, ces structures concourent au développement local
par :

- L’identification plus précise des besoins spécifiques locaux ;


- l’appui au montage technique des projets ;
- le financement total ou partiel de projets locaux ;
- la formation des ressources humaines des collectivités.

Comme on le voit, l’implication des organisations de la société civile est une illustration
importante de la coopération décentralisée. Elle doit permettre de rompre les circuits
bureaucratiques lents et complexes qui ont découragé bon nombre de partenaires confrontés
aux procédures de l’administration centrale.

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CHAPITRE IV: L’ENTREE DE L’AGENT DE DEVELOPPEMNT


COMMUNAUTAITRE DANS LA COMMUNAUTE

Ce chapitre est composé de trois sections. La première section portera sur la connaissance de
la communauté. La deuxième traitera du profil type de l’Agent de développement
communautaire. La troisième fera état du rôle de l’Agent de développement communautaire.

Section 1 : La connaissance de la communauté


Plus le retard de développement est grand, plus la croissance économique est conditionnée par
le milieu social. Ce qui permet de dire que dans les pays en développement, l’action de
développement économique ne doit être réalisée qu’après une prospection, une connaissance
fondamentale de la communauté, sous peine de rendre vain l’essentiel de l’action de
développement entreprise et de risquer de perde une part importante des moyens financiers
investis.

La considération de la communauté présente de nombreux avantages pour l’action de


développement, pour le progrès social, mais aussi à d’autres points de vue administratif et
politique notamment. Quelque soit l’importance de leurs préoccupations techniques, les
autorités responsables de l’élaboration d’un programme de développement tiennent
nécessairement compte du milieu géographique, économique et social pour lequel il est
destiné (Vellas, 1968).

En effet, pour que le programme de développement puisse être appliqué dans les meilleures
conditions à la population qui doit en bénéficier, il est nécessaire d’avoir au moment de la
conception du projet une connaissance précise des caractéristiques socioéconomiques de la
communauté intéressée. Ainsi, pour bien connaître la communauté intéressée, il existe à cet
effet des moyens scientifiques. Ces moyens consistent en des enquêtes exploratoires. En la
matière, il existe toute une série de méthodes d’enquêtes. A titre d’exemple de types
d’enquêtes, citons :
 L’enquête par sondage d’opinion ;
 L’enquête sociographique sur les associations ;
 Le focus group ou groupe de discussion ;
 La méthode accélérée de recherche participative (MARP)/le diagnostic participatif
communautaire (DPC) ;
 L’entretien ou l’interview ;
 L’enquête par questionnaire ;
 La monographie etc.

Néanmoins, quelque soit le type d’enquête adopté, il existe deux parties très différentes.
L’une sera analytique et descriptive. La phase analytique portera sur les caractères
sociologiques de la communauté intéressée. Celle descriptive sera prospective dans la mesure
où son objet est de prévoir les réactions du milieu social face aux techniques et aux formes de
vie nouvelle que le programme de développement lui apporte ; dans la mesure aussi où elle
doit permettre de préconiser l’utilisation de tel ou tel moyen de promotion sociale
d’information, de vulgarisation, d’éducation de base particulièrement adaptée au milieu et aux
objectifs que le projet poursuit.

Les buts de la connaissance de la communauté, multiples certes, mais se ramène en définitive


à un souci constant d’efficacité pour l’application du programme de développement qui, sous
la forme classique et généralement admise, se ramène à des notions plus économiques que

18
BAYO Soumahila, Cours de développement local/communautaire, Licence Sociologie,UGLCS/C 2011

sociales. Or la connaissance de la communauté, c'est-à-dire l’approche sociale est d’autant


plus nécessaire que le programme de développement économique est appliqué dans un pays
ou une région en retard de développement, c'est-à-dire dans lequel le manque de réceptivité de
la population constitue un obstacle majeur au progrès économique, parce que les freins les
plus tenaces au développement sont surtout de caractère social et psychologique car la fidélité
aux traditions, aux préjugés domine les activités.

Section 2 : Le profil type de l’Agent de développement communautaire


La réussite d’un programme de développement local/communautaire va dépendre en partie de
la formation du travailleur communautaire et pour une part aussi importante de sa personnalité
(Vellas, 1968). Certes, sa formation sociologique doit être satisfaisante, mais elle doit être
complétée par une connaissance effective du milieu social, une grande expérience de
l’enquête en développement et par conséquent, une initiation à des formes d’activités
polyvalentes.

L’Agent de développement communautaire (Animateur) qui analyse un milieu agricole par


exemple, ne doit rien ignorer des données essentielles de l’agriculture et de formes de vie de
la population intéressée. Mais il ne doit évidemment pas ignorer non plus les autres problèmes
qui se posent à lui-même en matière de formation professionnelle, de santé, d’éducation,
d’habitat etc. C’est dire que le profil de l’agent de développement communautaire n’est
uniquement celui qui répond à une formation technique de sociologue, mais à une formation
polyvalente, qui doit être préparée en fonction du milieu sur lequel il va travailler.

Au demeurant, la formation ne peut suffire à qualifier un travailleur communautaire. Car le


succès de son travail dépend pour une grande par aussi de sa personnalité, c’est-à-dire de ses
possibilités de contacts humains, de la richesse de ses observations, du sens de l’opportunité
de la recherche sociale avec lesquelles il procède, bref de sa qualité qu’il doit donner suivant
les moments, les gens et les lieux de son travail. Selon Diop et al. (2005 : 16), les principales
qualités d’un Agent de développement sont les suivantes :
 La compétence : l’Animateur mal préparé peut entraîner une perte d’intérêt chez
l’adulte. Les adultes aiment que l’animateur maîtrise bien son sujet, qu’il sache
comment le présenter en tenant compte des aspects essentiels.
 La créativité : l’Animateur doit être imaginatif et trouver du plaisir à relever un défit.
Il doit faire rechercher des solutions originales pour ouvrir l’esprit des participants.
 Le sens de l’humour : L’Animateur doit posséder le sens de l’humour ainsi que la
capacité d’utiliser celui-ci avec avantage dans son animation. L’humour est une
qualité essentielle de l’animateur, il permet de créer une bonne atmosphère de travail.
Cependant l’humour ne doit pas trop distraire.
 La flexibilité : L’Animateur doit pouvoir réagir à des changements rapides, de sorte
que le recours à d’autres expériences, d’autres méthodes soit considéré comme
normal. Il doit développer des capacités de s’adapter fréquemment à des nouvelles
situations, fonctionner dans une atmosphère ou l’inattendu fait partie du quotidien.
 La patience : L’Animateur doit progresser dans le contenu en fonction du niveau de
compréhension de sa cible et surtout, il est utile qu’il accepte d’écouter attentivement
le participant avant d’apporter une clarification quelconque.
 Le sens pratique : L’Animateur doit avoir vécu des expériences dans sa société afin
que son cadre de référence soit le plus vaste possible. L’animateur a plus de chance
d’atteindre l’efficacité s’il présente son message d’une façon telle que sa cible puisse
en percevoir clairement l’utilité immédiate.
En outre il doit avoir la maîtrise de soi, être méthodique, communicateur et ouvert d’esprit.

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L’acquisition de la confiance de la communauté par l’Agent de développement


communautaire, qui reste fondamentale, peut s’obtenir en faisant participer non seulement les
élus locaux, mais également la population dans les comités ou réunions de villages à
l’élaboration de plans ou programmes de développement. Une connaissance parfaite de la
communauté faite de contact humain combinée à la consultation de la population intéressée et
l’analyse spatiale, c'est-à-dire locale permettant d’avoir la confiance de la communauté.

Section 3 : Rôle de l’Agent de développement communautaire (Animateur)


D’entrée, il convient de définir ce que c’est l’animation avant d’énumérer le rôle de
l’animateur dans le processus de développement socioéconomique d’une communauté.

L’animation est tantôt une méthode, tantôt un ensemble de techniques permettant à un groupe
d’atteindre par lui-même les objectifs qu’il s’est fixés (Fritsch, 1983 : 67). Selon cet auteur,
l’animation se fait toujours à partir d’un groupe en situation qui possède la connaissance du
milieu, peut prendre une décision et entreprendre des actions nécessaires avec la présence et
l’aide de l’animateur. L’animation est obligatoirement une méthode inductive, c'est-à-dire une
méthode qui part toujours de choses connues, de situations particulières et concrètes, pour
aller vers une situation générale. En d’autre terme, L’animation est un ensemble de moyens et
de méthodes qui facilitent la mise en œuvre d’un processus d’auto promotion (Diop et
al.2005 :15). La présence de l’animateur est requise afin d’aider le groupe dans sa démarche.
Il canalise l’énergie et oriente le travail dans la direction que le groupe s’est lui-même donnée.
L’animateur est un catalyseur : il déclenche une réaction. Par exemple, l’animateur évitera à
une discussion de tourner en rond en la remettant sur la voie de départ. (Fritsch, 1983 : 67). Le
rôle de l’Agent de développement communautaire/Animateur se résume essentiellement aux
éléments ci-après :

 Préparer le contenu de la formation.


 Distribuer la parole.
 Gérer les débats.
 Poser des questions claires.
 Reformuler les questions.
 Faire la synthèse des idées.
 Faire progresser les débats.
 Clarifier les idées.
 Gérer le temps.
 Fournir des informations.
 Apporter une valeur ajoutée aux idées des participants.
 Créer et renforcer la cohésion du groupe.
 Valoriser les idées des participants.
 Encourager les participants.
 Assurer la sécurité psychologique des participants.

Les techniques de l’animation ont été mises au point pas la psychologie, pour étudier la
dynamique d’un groupe. On peut en signaler quelques unes :
 Brainstorming : technique permettant de rechercher des idées originales dans un
groupe, par la libre expression, sur un sujet donné, de tout ce qui vient à l’esprit de
chacun (Larousse, 1999:152).

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 Questions réponses : Cette technique consiste à obtenir des connaissances ou des


informations aux participants lors d’une séance de réunion/formation dans le but
d’acquérir de nouvelles idées adéquates pour la résolution d’un problème quelconque.
 La synthèse : C’est de résumer de temps en temps ce quoi se dit. Elle est alors la
conclusion qui résume l’essentiel du sujet. C’est aussi une récapitulation générale de
tout ce qui a été retenu lors des discussions.
 L’exposé : C’est un développement explicatif dans lequel l’animateur présente par
écrit ou oralement des faits ou des idées à un public cible.
 Les travaux de groupes : C’est un ensemble de discussions, de débats d’une
assemblée ou d’un groupe de personnes organisé autours des thèmes/sujets d’intérêt
collectif.
 Réflexion individuelle : C’est l’action de susciter une réflexion chez les participants
pendant une réunion/formation sur un sujet pour l’examiner en détail.
 La saynète : C’est une scène théâtrale qui est jouée par les formateurs en vue de
transmettre un ou des messages aux participants.
 Le jeu de rôle crée une situation « authentique » au sein de laquelle des participants
peuvent revêtir une identité différente en vue d’éprouver des approches ou des
comportements nouveaux.

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CHAPITRE V: LA COMMUNAUTE SEULE FORCE CAPABLE DE RESOUDRE


SES PROBLEMES

Stratégie d’intervention socioéconomique, le développement communautaire vise à associer


les populations à leur propre développement par les moyens dont elles disposent grâce à
l’organisation, à l’information et à la formation. De part cette définition liminaire de la théorie
de développement, on peut affirmer sans grand risque de se tromper, qu’en à la matière, la
communauté est la seule force capable de mieux appréhender ses problèmes afin de les
résoudre. Ce chapitre est composé de deux sections. Les mécanismes d’organisation de la
communauté sont présentés dans la première section. La deuxième traite des types de
participation dans les communautés en développement.

Section 1 : Comment organiser la communauté


La communauté, seule force capable de résoudre ses problèmes. Il faut entendre par cette
affirmation, que seule la communauté est à même de connaître et de sentir les problèmes qui
se posent à elle mieux que n’importe quel technicien ou spécialiste en développement. Dans
cette optique, le travailleur, l’agent de développement communautaire a un rôle d’appoint
nécessaire à l’organisation de la communauté. Pour ce faire, une stratégie et une tactique
doivent être établies dans toute action communautaire mais également identifier les pouvoirs
en présence afin de mener à bien toute intervention sur un territoire en développement
(Meister, 1969).

Sous-section 1 : Stratégie et tactique dans l’action communautaire


Les stratégies varient suivant qu’il s’agit d’un plan national ou d’un plan régional et même
local. Néanmoins, quel que puisse être le cas, la participation du milieu social est
indispensable depuis la conception du plan de développement jusqu’à sa mise en application.
Pour l’organisation de la communauté dans le cadre d’un plan ou d’un programme national, la
stratégie à adopter est de faire participer le milieu social par l’intermédiaire des représentants
qualifiés de ce milieu. Il reste entendu que l’on réservera à ses représentants une
responsabilité effective dans l’élaboration du plan à côté des services administratifs et
techniques. Dans les deux cas (programmes : national ou régional), la stratégie et la tactique à
adopter pour organiser la communauté consistent à concevoir le développement
communautaire comme une structure pyramidale de comités de développement, chacun d’eux
élu par ceux de l’échelon inférieur ; depuis les simples comités de voisinage jusqu’aux
comités de planification et avec une double circulation de l’information de bas en haut et de
haut en bas. A travers les élections et le flux des communications, chaque citoyen et chaque
communauté locale participeront ainsi à l’élaboration, à la mise en place et à l’exécution du
plan de développement.

Sous-section 2 : L’identification des pouvoirs dans la structure sociale de la communauté


La définition première de la communauté étant la réunion d’individus, de personnes vivant sur
une aire géographique donnée, on peut dès lors penser que le premier pouvoir naturel de toute
société découle de la famille, c'est-à-dire que Le premier pouvoir dans la structure sociale de
la communauté provient par conséquent du chef de famille. L’éducation reçue dans la famille
étant fondée sur le respect d’un certain nombre de principes, de croyances, de préceptes ; on
peut envisager dès cet instant, un autre type de pouvoir qui est celui du pouvoir religieux (fait
de croyance, de respect des traditions, d’adoration ou d’appartenance à tel ou tel Dieu). Dans
la communauté et au-delà de la famille et des religions, l’individu vit dans un environnement
immédiat, constitué par des voisins, d’où le pouvoir de voisinage. Le cercle s’étendant, tous
les membres de la communauté sont guidés par un chef de village qui constitue en soi un

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pouvoir encore plus étendu. Le pouvoir familial (chef de famille), le pouvoir religieux (prêtre,
imam, marabout, féticheur), le pouvoir de voisinage et le pouvoir de chef de village,
constituent les pouvoirs de création locale.

A ce groupe, il faut ajouter les pouvoirs de création externe composés essentiellement par les
Sous-préfets, Gouverneurs, Préfets, Syndicats, ONG, Associations professionnelles…). Pour
mener à bien son travail, le spécialiste de développement communautaire doit s’identifier à
ces pouvoirs, s’intéresser à eux, respecter les principes, croyances, traditions et autorités et en
tirer profit.

Le contact, la collaboration avec ces pouvoirs se fera avec tact et discernement, car, au sein
d’une même communauté des conflits et contradictions peuvent exister ou surgir entre
pouvoir ; d’où les pouvoirs contradictoires tels que : croyances musulmanes et animistes,
pouvoir centralisateur et autocratique de l’administration de celui des villageois entre jeunes
et vieux. De par sa formation, le spécialiste de développement communautaire pourra établir
des relations de travail et autres rapports entre les différents groupes existant au sein de la
communauté et atténuer les conflits ou risques de conflits.

Section 2 : Les différentes formes de participation


Pour Meister (1969 : 183), le développement communautaire entend aider les habitants à
penser, à analyser leur situation, à décider ensemble et à œuvrer collectivement. Dans la
même optique, Batten (1965 : 21) ajoute : « On travaille au développement des personnes, on leur
apprend à réagir et à travailler rationnellement, au lieu de se laisser porter par leurs émotions et
leurs instincts, et de soumettre passivement à des décisions et des orientations prises sans eux ». Ces
assertions sous-tendent le principe du phénomène de la participation communautaire. Selon
les archives internationales de Sociologie de la coopération (1963 : 21), il existe diverses
approches du phénomène de participation. Pour le comprendre, il semble qu’il faille tenir
compte de quatre aspects :
 Ce que l’individu sait, C'est-à-dire son niveau d’information ; par exemple, sur ce
qu’il sait des groupes de participation dans son milieu.
 Ce que l’individu pense, c'est-à-dire ses attitudes ; par exemple, ce qu’il pense de ces
groupes de participation, comment il juge leur mode de recrutement, leur action etc.
 Ce que l’individu veut, c'est-à-dire ses aspirations ; par exemple ; ce qu’il désire pour
améliorer son niveau de vie personnelle, ce pourquoi il travaille ou lutte, ou croit vivre
etc.
 Ce que l’individu fait, c'est-à-dire ses comportements et, en l’occurrence, ses
comportements de participation.

Le comportement de participation doit être envisagé comme une sorte de résultante d’un
certain nombre d’aspiration, elle-même fonction d’attitudes formées dans le cadre d’un niveau
d’information. Les types suivants de participation peuvent être retenus dans le cadre du
développement communautaire :

Sous-section 1 : Les participations de fait


Peu spécialisées, les institutions de participation de fait concourent à enserrer l’individu dans
la famille, la religion et la communauté locale. Ce sont à la fois les seuls cadres physiques
dans lesquels se meut l’individu, et les cadres sociaux qui lui donnent, ensemble, ses normes
de conduite. La faible taille de ces milieux (famille, religion) et leur repli sur eux-mêmes
engendre des relations interindividuelles de caractères primaires, personnalisés très peu
spécialisés. Dans ses relations avec les autres, l’individu est impliqué de manière globale et

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personnelle ; ce sont des relations chargées d’affectivité, car tous se connaissent et personne
n’est capable de rester neutre.

Sous-section 2 : Les participations spontanées


Les participations spontanées font charnière entre les participations de fait et les participations
volontaires. Elles sont particulièrement importantes dans un milieu en transition, où les
institutions de la participation de fait s’amenuisent, mais ne sont pas encore remplacées par
des associations volontaires. Toutefois, il faut remarquer que ces participations spontanées ne
naissent pas forcement au moment du passage de la société traditionnelle à la société
moderne. La société traditionnelle les connaît déjà, mais elles y assumaient une fonction
différente. Dans cette société très intégrée, les participations spontanées ont pour fonction
essentielle de libérer les individus du poids d’une société très structurée et de leur permettre
de manifester leur fantaisie, leur « déviance ». Au terme de la transition, la société moderne
voit la disparition des anciennes normes de conduite : rôle du père dans la famille, normes de
politesse et de convenance, normes sexuelles, codes de conduite, impératifs moraux,
contraintes des croyances etc.

Sous-section 3 : Les participations volontaires


Ce que nous savons à présent du passage de la société traditionnelle à la société moderne, doit
nous permettre de faire l’hypothèse du remplacement graduel des participations de fait et des
participations spontanées par les participations volontaires, c'est-à-dire associationnistes. Le
principe de participation volontaire est basé sur l’idée d’association. L’associationniste
moderne, spécialisé, segmentaire, fonctionnel doit remplacer, en tant que modèle
prédominant, les groupes informels constitués pour le seul plaisir que leurs membres ont de se
retrouver ensemble pour commenter les nouvelles du jour, mais sans volonté de
transformation ou de prise sur le milieu.

Parmi les institutions de participation volontaire, on peut retenir les groupes de création
locale composés des associations de création interne ou locale (clubs sportifs, clubs
d’animation culturelle, les sociétés de développement et les coopératives). En suite, les
groupes de création extérieure comprenant essentiellement les syndicats, les associations
professionnelles, les partis politiques…. Indirectement improductifs, ces groupes et
associations lors des réunions réfléchissent sur les problèmes de développement en vue de
trouver des solutions adéquates, de ce fait, ils participent à l’œuvre de développement tant
régionale que nationale.

Sous-section 4 : Les participations provoquées


Avant les indépendances, beaucoup de pays ont connu ce type d’administration. C’est tout le
problème de l’inefficacité de l’administration publique dans sa forme archaïque mais encore
en vigueur dans certains pays réactionnaires. Conscient parfois du manque de dynamisme de
ses institutions, le pouvoir préfère créer des institutions nouvelles chargées de tâches
spécifiques, d’où la notion de participation provoquée.

La participation provoquée consiste à susciter un changement technique par les services ou


centre de vulgarisation, de machinisme agricole, d’alphabétisation fonctionnelle de l’Etat sans
tenir compte des préoccupations des populations à la base. Dans ce type de participation, les
initiatives de la création ne proviennent pas des membres eux-mêmes et la participation se
déroule dans des cadres mis sur pied par des animateurs extérieurs et dans des buts définis de
l’extérieur.

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Typologie de la participation de Albert Meister (1969 : pp 22, 23)7


Type de Origine de la création de Type de Fonction sociale du
participation groupes participationniste recrutement groupe
DE FAIT Origine dans la tradition, Non Renforcement des
groupe d’âge, de métier ; volontaire de coutumes, de la tradition,
groupe familial ; religion fait des manières existantes
de faire.
SPONTANEE Création de groupe par les Entièrement Pas de fonction sociale
participants eux-mêmes, mais volontaire apparente, surtout
le groupe est fluide, fluctuant, fonction latente de
sans organisation : groupes de satisfaction
voisinage, amis. psychologique des
participants.
VOLONTAIRE Création du groupe par les Volontaire Satisfaction des besoins
participants eux-mêmes, sans nouveaux, opposition au
recours à des Animateurs milieu de création de
extérieurs. Le groupe se nouveaux
donne lui-même son comportements,
organigramme : syndicats, adaptation au
coopératives, partis changement et
politiques. continuation du
changement ou de lutte
contre lui.
PROVOQUEE Création de groupe par les Provoqué Fonction de changement
Animateurs extérieurs ; suscité social par adaptation de
projets de développement à la comportements jugés
base. désirables par les
animateurs extérieur.

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Cette typologie ne fait pas mention de la participation imposée, car le développement à la base dans ses
principes rejette toute idée d’obligation de force ou de contraint.

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CHAPITRE VI : LES PROJETS DE DEVELOPPEMENT8


Ce présent chapitre circonscrit le thème en cinq sections. La première traite le concept de
projet de développement à travers une recension de plusieurs définitions. La seconde section
porte sur la typologie des projets. La troisième expose les caractéristiques, la quatrième a trait
aux différentes phases des projets, et est abordé dans la cinquième section, l’environnement
des projets de développement.

Section 1 : Définitions
Tout projet de développement vise à résoudre un problème ou des problèmes. Le concept
projet connaît plusieurs définitions dont en voici quelques unes :
 Un projet est une démarche spécifique permettant de structurer méthodiquement et
progressivement une réalité à construire.
 Un projet est une opération de développement rural ou urbain qui comporte un nombre
limité d’actions cohérentes. Il s’agit d’un projet de dimension réduite du point de vue
géographique, aux charges récurrentes légères et dont la durée d’exécution est
relativement courte.
 Un projet est un ensemble d’activités spécifiques, avec pour chacune d’elle, un point
de départ et un point d’achèvement destiné à accomplir un objectif spécifique.
 Un projet est constitué par l’ensemble des études techniques, économiques, financières
et humaines qui définissent ce que chaque acteur devra faire pour atteindre un but
déterminé.
 Un projet est une entreprise planifiée composée d’un ensemble d’activités
interdépendantes coordonnées, conçues pour atteindre certains objectifs dans le cadre
d’un budget donné et au cours d’une période de temps donnée.
Alors, il ressort clairement que le concept « projet » a autant de définitions que chacune
d’elle essaie de regrouper les traits communs à un projet. Dans une logique de simplification,
retenons qu’un projet est un ensemble d’activités non répétitives, réalisées sur la base des
ressources et dans un intervalle de temps bien défini à l’avance ayant pour but l’amélioration
des conditions de vie d’une population donnée.

Contrairement au projet, un programme est un ensemble organisé de projets (volets ou


domaines d’intervention), conçu pour atteindre des objectifs spécifiques. Les effets conjugués
de ces domaines doivent permettre d’atteindre les objectifs du programme. Un programme est
aussi un ensemble de projets différents mais apparentés qui sont financés par une enveloppe
commune et qui contribuent tous, chacun en sa manière,au même objectif du promoteur.
Alors qu’un plan, n’est rien d’autre qu’une combinaison de plusieurs programmes.

Section 2 : Typologie
Les projets peuvent être classés en fonction de leur finalité, ou en fonction du cycle de vie
fixé au départ.
1) Suivant la finalité :
Suivant la finalité, on distingue les projets productifs et les projets non productifs (ou
indirectement productifs).
a) Projets productifs ou à caractère économique : On dit d’un projet qu’il est
productif, lorsque sa production est destinée à être vendues sur le marché. Ce
sont des projets qui visent à accroitre soit le revenu, soit toutes les autres
grandeurs économiques. Leurs effets sont vite perçus Dans cette catégorie on
retrouve tous les projets de production des biens ou de services, les projets
8
Cette partie est tirée du cours intitulé « Gestion de projet » de l’Université Julus N’Yéréré de Kankan,
Département Economie gestion, 2006.

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agricoles, miniers, industriels, commerciaux, énergétiques, télécommunication,


etc.
b) Projets indirectement productifs ou à caractère social : Ils visent à rétablir
l’équilibre social, indispensable à tout développement. Leurs effets sont lents
et difficilement mesurables. Ils sont souvent appelés projet « à fonds perdus ».
Dans ce groupe, on distingue les projets d’infrastructure économique ou
sociale (habitat ; éducation, santé, urbanisme…), les projets d’appui à la
production (vulgarisation, assistance et encadrement technique, formation du
personnel…), les projets administratifs et de souveraineté, etc.
2) Suivant la durée de vie
Dans cette catégorie, on distingue :
 Les projets à court terme se caractérisant par la courte durée de leurs phases
d’exécution (jours, semaines, mois).
 Les projets à moyen terme qui se caractérisent par une durée d’exécution des activités
relativement courte (plus de un an en moyenne).
 Les projets à long terme qui s’étendent sur une durée relativement longue (plus de
trois ans).

Section 3 : Caractéristiques des projets


 Un projet commence et finit dans le temps : les activités d’un projet sont reliées de
sorte que l’achèvement d’une activité est le commencement d’une autre.
 Un projet est unique et non récurrent (généralement).
 Un projet répond à des critères bien déterminés : quantité, coût, rendement.
 Un projet doit avoir une localisation géographique ou tout au moins une zone de
concentration géographique.
 Un projet vise un groupe cible qu’il doit atteindre.
 Un projet doit être doté d’une structure administrative c'est-à-dire que les responsables
du projet doivent être clairement identifiés.
 Les projets visent à satisfaire les besoins réels exprimés par la population cible et
impliquent la participation active de celle-ci à toutes les étapes de la vie du projet y
compris les décisions la concernant.

Section 4 : Les étapes d’exécution d’un projet


Il s’agit là des étapes de la vie d’un projet, ou cycle de vie d’un projet. Le cycle de vie d’un
projet est l’étape au cours de laquelle on recense, identifie et systématise un certain nombre de
problèmes dont la solution permettra la faisabilité du projet. Un projet doit son existence
grâce à une conception rigoureuse et à une mise en œuvre bien menée. Tout projet, qu’il soit
grand ou petit, a un cycle de vie qui pourrait se confondre au processus de gestion des projets
en trois phases qui sont :

Sous-section 1 : La phase d’élaboration


Cette phase comporte des études contextuelles, de faisabilités et de préliminaires. Dans cette
phase, doivent être disponibles le document du projet pour permettre la sélection de la
variante optimale et le plan d’opération pour l’approbation requise. Pendant l’élaboration, peu
d’efforts et de ressources sont nécessaires au projet. La faisabilité consiste à faire des études
techniques alors que le préliminaire se résume à l’appréciation à et la prise de décision.

Sous-section 2: La phase de réalisation

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Elle commence par l’ingénierie détaillée et prend fin dès lors qu’interviennent les premiers
essais d’exploration contrairement à la première phase, la réalisation absorbe énormément de
ressources et d’efforts pour l’atteinte des résultats du projet. Cette phase comprend aussi
l’exécution, la planification opérationnelle, le contrôle et le suivi de l’exécution des activités.

Sous-section 3 : La phase d’exploitation


Elle indique la fin du projet. Pendant cette phase, les résultats du projet devraient pouvoir
répondre aux aspirations du promoteur. C’est aussi une phase d’évaluation appelée évaluation
finale ou ex-post.

Section 5 : L’environnement du projet


Pour initier tout projet de développement (économique ou social), l’entrepreneur ou le
promoteur doit tout d’abord procéder à des études de faisabilité dans divers domaines :
géographique, écologique, socioculturel, technologique, juridique, politique et économique.
Ces informations très utiles, sont un préalable qui doit permettre au promoteur de faire par
exemple un bon choix du lieu d’implantation du projet, de définir la politique de mise en
œuvre, de localiser les agents à contacter pour développer ses activités.

Sous-section 1 : L’environnement géographique et écologique


Le choix de la zone d’implantation du projet est un prélude à la réalisation du projet car
chaque projet exige des conditions géographiques et écologiques spécifiques (climat, relief,
pédologie, proximité d’une agglomération, abondance de ressources, accessibilité au milieu
…). Il est préférable que le choix de la zone d’implantation du projet soit subordonné à
l’étude des problèmes écologiques et géographiques liés au projet.

Sous-section 2 : L’environnement socioculturel


Tout projet s’implante dans un milieu ou la population a des croyances, des coutumes, mœurs
et des traditions. Il faut aussi noter que l’existence de plusieurs tribus sous-tend des rapports
de force et des conflits entre les groupes d’une part et les classes sociales à niveaux de vie
différents d’autre part. Il est donc important d’étudier le milieu social dans lequel le projet
s’insère et de s’assurer qu’il puisse être en dehors de tout conflit et de respecter les croyances
et les traditions des populations du milieu.

Sous-section 3 : L’environnement technologique


Le choix technologique devra tenir compte de la capacité intellectuelle des populations cibles.
Il s’agit de mettre à la disposition des populations des technologies simples et non
sophistiquées suivant son niveau intellectuel, car une population analphabète ne peut
s’adapter à l’usage d’une technologie sophistiquée.

Sous-section 4 : L’environnement juridique


Le projet est doté d’une personnalité morale. Les personnes y travaillent dans un cadre
juridique où les relations sont organisées par la loi. Pour ne pas être en dehors de ce cadre
juridique, le promoteur doit nécessairement tenir compte de l’environnement juridique dans
lequel doit s’implanter le projet en se conformant à l’esprit de la constitution ou loi
fondamentale, le droit civil ou pénal, le droit commercial, le droit fiscal, le code des
investissements….

Sous-section 5 : L’environnement politique

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Tenir compte du contexte politique national et international dans lequel évolue le pays
d’implantation du projet est fondamental. Pour ce faire, le promoteur doit chercher à connaître
d’une part le projet de société axé sur le système politique du pays et des forces en présence,
et d’autre part, les relations du pays avec la sous région et le reste du monde permettant de
connaître le climat qui prévaut dans le pays.

Sous-section 6 : L’environnement socioéconomique


Quelque soit sa nature, un projet de développement se réalise dans un environnement
socioéconomique. L’analyse de cet environnement prend des caractéristiques spécifiques.
L’analyse portera par exemple sur :
 La situation économique du pays, à savoir l’analyse des agrégats (P.I.B, R.N 9), la
politique d’emploi, les données sur les exportations et importations, la production….
 L’identification des projets similaires et ceux des produits de substitution ainsi que
leur implantation.
 La connaissance des agents économiques : les ménages, les entreprises, les institutions
de financement, les administrations publiques et privées, etc. Celle-ci permet de
localiser les différents opérateurs économiques.

9
P.I.B : Produit Intérieur Brut ; R.N : Revenu National

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CHAPITRE VII : CADRE THEORIQUE D’ELABORATION D’UN PROJET DE


DEVELOPPEMENT
D’entrée de jeu, il convient de rappeler qu’il n’existe de canevas standard pour formuler un
projet de développement. Toutes les institutions de développement exigent aux différents
promoteurs un cheminement technique en fonction de leurs stratégies et visions. C’est ainsi,
que le cadre théorique de formulation de projet diffère d’une institution à une autre. Toutefois
quelque soit les divergences, les éléments ci-après semblent faire l’unanimité 10. Ce sont :

Section 1 : Informations générales sur l’association/ONG


En deux pages au maximum, présentez votre association/ONG en donnant : le nom, l’adresse,
son but, et les moyens dont elle dispose (budget de l’année en cours et de l’année précédente).
Précisez son domaine de compétence et sa zone d’intervention géographique. Etablissez un
bilan d’activités global de ce que votre association a déjà réussi à faire (lutte contre le sida,
prévention des conflits, alphabétisation, etc.) en chiffre et si possible présentez les résultats en
démontrant qu’ils bénéficient directement à la population qui participe activement à la
réalisation des activités. Décrivez le personnel clé du projet et son effectif (nom, fonction,
adresse). Joignez les documents juridiques qui attestent l’existence de votre association/ONG
(une copie du statut et agrément).

Section 2 : Présentation du projet


Sous section 1 : Titre du projet : Il faut être suffisamment précis en choisissant le titre que
l’association/ONG veut faire financer. Le titre du projet doit être clair, précis et court.

Sous-section 2 : Contexte et justification : Présenter en quelques paragraphes, les résultats de


milieu concerné, c'est-à-dire les problèmes soulevés, les solutions apportées pour répondre
aux besoins identifiés. Pour ce faire, il s’agit de décrire la situation actuelle qui justifie la
formulation du projet : Quelles sont les difficultés rencontrées par la population ? Expliquez-
les ? Pourquoi ces difficultés ? (les origines des problèmes). Il faut être le plus complet
possible dans la description des problèmes rencontrés afin de permettre une bonne
compréhension de la situation. En effet, face à une situation donnée, il est important de
réfléchir à ces possibilités afin de dégager celle qui semble être prioritaire et efficace pour la
population bénéficiaire. En suite, il faut décrire les solutions qui ont été discutées, expliquer le
choix de la solution présentée dans le projet. En somme, le choix d’un projet se justifie donc,
par la description de son contexte et de son historique qui démontre la pertinence de ses
objectifs et la cohérence de sa stratégie.

Section 3 : Durée du projet : Il s’agit de la période d’exécution des activités du projet (mois,
jours, années).

Section 4 : Objectifs (globaux et spécifiques) : Un objectif est un résultat souhaité d’un


projet. Il faut distinguer les objectifs globaux des objectifs spécifiques. Les objectifs globaux
(impact final, finalité) se réfèrent aux priorités régionales en matière de développement en
rapport avec le secteur concerné. Ils sont les résultats des effets d’un projet. Ils sont les
expressions des résultats effectivement obtenus et qui se sont manifestés généralement au
niveau des objectifs plus larges et à long terme. Quant aux objectifs spécifiques (les effets), ils
doivent être précis, détaillés et exprimer les bénéfices durables pour les concernés par
l’intervention. En outre, ils doivent être spécifiques, mesurables, accessibles et réalistes dans
le temps. En terme court : l’objectif doit être SMART
10
Ce cheminement théorique présenté est un condensé de plusieurs canevas de différentes institutions de
développement (CNLS, 2004 ; [Link], 2005, etc).

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Section 5 : Les résultats obtenus : Ils sont les produits obtenus des activités du projet. Pour
ce faire, il faudrait savoir clairement ce qui doit être produit par qui et quand. Il s’agit de
proposer ce qui devrait, au terme du projet, indiquer clairement son succès. Bref, ils doivent
exprimer les services que le projet rendra aux bénéficiaires.

Section 6 : Description des activités : Les activités sont les mesures prises par le projet pour
atteindre les résultats attendus. Un découpage plus détaillé des activités et un simple
calendrier qui prévoit leur enchaînement dans le temps suffisent à la programmation des
activités. Elles devraient être décrites selon une séquence logique. On place les activités en
fonction du résultat qu’elles sont supposées atteindre. La prévision des activités et répartition
des tâches s’organisent sur des rythmes courts (la semaine, la quinzaine ou le mois).

Section 7 : Partenariat : Au-delà du porteur du projet, il faut identifier les parties prenantes
ou partenaires et leurs rôles dans le projet. Il peut s’agit de l’administration d’Etat, des
collectivités locales, les établissements publics et privés, autres bailleurs de fonds et
associations/ONG. Aussi, il faudrait préciser la répartition des tâches entre les différents
partenaires et si possible, établir le mécanisme de coordination.

Section 8 : Moyens/Stratégies de mise en œuvre : Après avoir fourni un chronogramme de


l’exécution du projet, il faut envisager un organigramme établissant les responsabilités et
l’organisation de la mise en œuvre des activités du projet. En fait, il s’agit de décrire
l’organisation interne de la mise en œuvre, en tenant compte des moyens nécessaires et de
tous les arrangements possibles. Pour mener à bien la mise en œuvre des activités du projet,
l’identification des différentes ressources s’avère nécessaire :
 Les moyens humains qui précisent le personnel d’encadrement et celui de réalisation
des activités ;
 Les moyens techniques/matériels qui constituent les outils et les supports nécessaires
pour la réalisation des projets ;
 Les moyens financiers, qui constituent les principaux outils de gestion financière du
projet notamment le budget, le plan de financement et le plan de trésorerie.

Section 9 : Suivi évaluation : Préciser les indicateurs clés qui seront utilisés et la
méthodologie pour suivre l’avancement du projet, des résultats et des activités. Les
indicateurs ou les critères de succès offrent des preuves vérifiables permettant d’évaluer la
mesure dans laquelle les objectifs du projet sont atteints. Le ou les niveaux de réalisation des
objectifs peuvent être mesurés par un ou plusieurs indicateurs.

Section 10 : Calendrier d’exécution/Plan d’action : Il doit préciser de façon chronologique


les activités prévues et le temps consacré pour leur réalisation.

Section 11 : Coût total du projet/Budget : Il présente l’enveloppe globale du projet tout en


précisant le montant que le proposant apporte et celui demandé par le bailleur. Le budget
désigne la prévision de l’ensemble des dépenses et les recettes du projet. Il doit être établit sur
la base de coûts raisonnables et des prix appliqués dans le pays. Les imprévus sont à prévoir.
De façon générale, ils sont calculés en pourcentage du coût total du projet (100%).

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Etude de cas
1) Informations générales sur l’ONG
Nom : Association pour la promotion de l’éducation et la santé (APES), BP : 10 Kankan.
But : Promouvoir l’éducation et la santé dans la région de Kankan.
Capital : 5 000 000 FG.
Domaines de compétence : Education, Santé, Alphabétisation, Développement
communautaire.
Zone d’intervention : Région de Kankan (Kankan, Mandiana, Kouroussa, Kérouané).
Activités déjà réalisées :
 Causeries éducatives sur l’utilisation du condom avec les jeunes de la ville de
Kouroussa.
 Formation des pairs éducateurs sur les modes de prévention des IST/SIDA et les
techniques de communication pour le changement de comportement dans la commune
urbaine de kankan.
Résultats obtenus :
 10 pairs éducateurs formés sont capables d’expliquer les modes de transmission et de
non transmission ainsi que les modes de prévention des IST/SIDA.
 500 jeunes seront sensibilisés sur l’importance du port du préservatif lors des rapports
sexuels dans la région de Kankan.
Personnel clé :
 Mr x : Coordinateur du projet, spécialiste en communication.
 Mme y : Superviseur de projet, spécialiste en psychologie sociale.
 Mr z : Formateur, spécialiste en éducation.
 Mme k : Animatrice communautaire.
NB : voire document juridique de notre ONG attestant son existence légale (copie de
l’agrément et statut en annexe)
2) Présentation du projet
Titre du projet : Causeries éducatives sur les IST/SIDA en milieux urbain et rural dans la
région de Kankan.
Contexte et justification : La région de Kankan située très loin de la capitale est confrontée à
des problèmes d’accès aux mass médias, d’information et aux campagnes de sensibilisation en
raison de son enclavement. Dans cette région, à la fois frontalière et minière se côtoient
d’énormes populations venant de régions diverses pour l’extraction industrielle et
traditionnelle de l’or. Cette mosaïque de population entraîne de risque important de
prostitution et de vagabondage sexuel qui prennent des proportions inquiétantes, ce qui
constitue une source de propagation des IST/SIDA dans cette région.

Aussi, nous avons constaté que dans la région, les miniers sont confrontés à des problèmes
d’accès aux préservatifs, et à une insuffisance d’information et d’éducation sur les IST/SIDA.
En outre, aucun mécanisme n’est mis en place pour renforcer les connaissances des personnes
sensibilisées pour un changement de comportement. C’est pourquoi, la recherche d’une
réponse communautaire par le transfert du savoir et du savoir faire à leur niveau est une
nécessité. C’est pour lutter contre ces fléaux que l’APES a déjà réalisé des causeries
éducatives en 2004 et 2005 et compte redoubler d’efforts en exécutant ce projet dans cette
région aux activités minières intenses.
3) Durée du projet : 3 mois (1er jan au 30 mars 05)
4) Objectifs
Objectif global : contribuer à la réduction du taux de prévalence des IST/SIDA dans la région
de Kankan.
Objectifs spécifiques : d’ici fin mars 2005

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Former 30 Animateurs locaux sur les techniques de communications pour le


changement de comportement.
 Réaliser 20 causeries éducatives à l’intention de 400 jeunes sur les modes de
transmission et de prévention des IST/SIDA.
5) Résultats attendus
 30 animateurs locaux formés peuvent expliquer les techniques de communication pour
le changement de comportement
 400 jeunes sensibilisés sur les modes de transmission, non transmission et de
prévention des IST/SIDA peuvent réaliser les causeries éducatives à l’intention de
leurs pairs.
6) Description des activités
a) Prise de contact : Trois personnes seront envoyées sur le terrain pour :
 Prendre contact avec les autorités administratives locales
 Recruter et former les animateurs ruraux.
 Sensibiliser les jeunes
b) Indentification et prise de contact avec les bénéficiaires :
 Les jeunes non scolarisés ainsi que les travailleurs des zones minières sont les
bénéficiaires de ce projet.
 Les animateurs recrutés seront issus de la communauté bénéficiaire.
 Les lieux de sensibilisation seront : les mines d’or, les bars café, restaurants, kiosques,
les maisons de passage, les familles, les écoles.
c) Achat des fournitures ou matériels pour le projet :
 Le matériel de formation : bics, flit-shart, blocs notes.
 Le matériel de sensibilisation : phallus, condoms.
 Le matériel de promotion : tee-shirt, banderoles.
d) Formation des animateurs : 30 animateurs dont 2 superviseurs et 1 coordinateur seront
formés pendant 5 jours sur les thèmes suivants :
 Modes de transmission, non transmission et de prévention des IST/SIDA.
 Les techniques d’animation et de communication pour un changement de
comportement.
e) Sensibilisation des jeunes non scolarisés : 30 animateurs seront repartis en 3 équipes pour
sensibiliser 400 jeunes non scolarisés pendant 20 séances de causerie éducatives dans la
région, durant 2 mois.
f) Production de rapports : Un rapport synthèse décrivant les phases d’exécution du projet
relatives aux résultats sera produit ainsi que les pièces justificatives liées aux dépenses.
7) Partenaires : les partenaires intervenant dans l’exécution de ce projet sont :
 La direction préfectorale de la santé (DPS) qui aura pour rôle de faciliter le contact
avec la population cible et de suivre le bon déroulement des activités.
 Les autorités locales et administratives qui assureront une meilleure mobilisation des
jeunes non scolarisés lors des séances de causeries éducatives.
 Le CNLS11 qui assurera l’évaluation du projet et son suivi externe.
8) Moyens/Stratégies de mise en œuvre
a) Les moyens humains :
 2 formateurs assureront la formation de 30 Animateurs dont 2 Superviseurs et 1
Coordinateur qui auront pour rôle de sensibiliser les jeunes non scolarisés lors des
causeries éducatives et de rédiger les rapports journaliers de sensibilisation.

11
Conseil National de Lutte contre le Sida ;

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 Les 2 superviseurs auront pour tâche d’encadrer les Animateurs sur le terrain,
d’évaluer les activités, de capitaliser les résultats de projet et de dresser les rapports
d’activités.
 Le premier Superviseur s’occupera des activités du centre ville et le 2 ème se chargera de
la zone rurale.
 Le Coordinateur facilitera la prise de contacte avec les autorités, l’encadrement des
animateurs, l’évaluation des activités, la capitalisation des résultats et dressera les
rapports d’activités.
b) Les moyens techniques ou matériels
La formation, la sensibilisation, la promotion et le déplacement s’effectueront à partir des
supports/matériels suivants :
 Matériels de formation : bics, flit-shart, blocs notes, papier padex….
 Matériel de promotion : banderoles, tee-shirt….
 Moyens de déplacement : deux motos pour la supervision des activités de la région.
Ces motos feront l’objet de location.
c) Les moyens financiers :
L’ONG ouvrira un compte pour recevoir les fonds alloués à l’exécution du projet. Les
dépenses seront ordonnées et exécutées par le Président et le Trésorier de l’ONG
conformément au contenu des documents juridiques. Les factures relatives aux dépenses
seront contresignées par le Secrétaire administratif. Un document de comptabilité simplifié
sera opérationnel en tenant compte des recettes et sorties de fonds.
9) Suivi évaluation : L’ONG assurera la gestion de ce projet, elle veillera à l’organisation des
réunions périodiques afin de faire le point sur l’état d’avancement des activités par rapport au
calendrier prévisionnel, à l’identification des contraintes et des mesures pour les surmonter.
Sur le terrain, des missions de suivi et de supervision seront organisées. Pour ce faire, un plan
de suivi mensuel sera établi. Dans ce plan, il sera indiqué les activités nécessaires à mener
dans le temps et dans l’espace ainsi que les résultats attendus. Les responsables de l’ONG
soumettront un rapport trimestriel aux différents partenaires.
Une évaluation de l’ensemble des activités est prévue dès la fin des activités pour titrer les
leçons et d’apporter des mesures correctives dans l’exécution du projet. Elle sera exécutée par
la Direction préfectorale de la santé de la région de Kankan et le CNLS.

10) Calendrier d’exécution/Plan d’action (1er jan au 30 mars 05)


N° Activités Période d’exécution Responsables
1 Prise de contact 1er au 8 jan 05 Coord
2 Identification/recrutement des 9 au 16 jan 05 Coord
animateurs
3 Achat de matériels ou fournitures 1er au 8 jan 05 Coord
4 Formation des Animateurs, 16 au 23 jan 05 Formateurs
Superviseurs et Coordinateur
5 Sensibilisation des jeunes non 25 jan au 15 Mars 05 Coord/Sup/Animateurs
scolarisés
6 Suivi des activités 1er jan au 22 mars 05 Coord, Sup
7 Evaluation 22 au 30 mars 05 Coord/Partenaire
8 Rapports d’activités 2 mois Coord/ONG

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11) Budget détaillé


N° Désignation Quantité Coût Coût total Contrib. Contrib.
unitaire ONG bailleur

Total ……… …… 10.838.000 1.144.000 9.694.000

Coût total du projet : Dix millions huit cent trente huit mille francs guinéens.
Subvention sollicitée : huit millions six quatre vingt quatorze mille francs guinéens
(9.694.000 fg) soit 89,44%.
Contribution de l’ONG : Un million cent quarante quatre mille francs guinéens (1.144.000fg)
soit 10,56%

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CHAPITRE VIII : SUIVI EVALUATION DES PROJETS DE DEVELOPPEMENT


Le suivi et l’évaluation des activités d’un projet sont essentiels pour juger de la progression
réalisée en direction des objectifs et des résultats Le suivi évaluation doit en effet surtout avoir
pour objectifs de fournir aux responsables les informations les plus à même de les aider à
porter un jugement sur la progression et les effets des projets afin qu’ils puissent prendre à
temps les décisions qui s’imposent. Donc le suivi évaluation contribue à améliorer l’exécution
et le fonctionnement d’un projet dans l’optique du respect des objectifs établis.

Ce chapitre s’étend sur trois sections : la première réfère à la définition du concept de suivi.
La seconde est axée sur les critères des indicateurs de suivi. La troisième présente l’évaluation
est ses différentes phases.
Section 1 : Le suivi des projets
On a coutume d’appeler le suivi comme l’ensemble des pratiques destinées à mesurer le degré
d’avancement des projets et comparer les réalisations avec ce qui était initialement
programmé. Le suivi fait partie intégrante de la gestion quotidienne des projets. Chaque
opérateur doit être en mesure d’apprécier rapidement son avance ou son retard dans
l’utilisation des ressources et l’avancement des travaux qui lui ont été assigné afin de
modifier, si nécessaire, ses propres méthodes d’intervention. Le suivi est un mécanisme de
collecte et de traitement des informations destinées à l’optimisation des ressources et du
temps consacrés à l’exécution des projets, tout en veillant au respect des résultats attendus.
Selon Clark (1995 : 3) pour chaque projet, il intègre :
 Les informations sur les objectifs.
 Les le progrès réalisé en direction de la réalisation des objectifs.
 Les informations sur l’impact du projet.
 Les informations l’efficacité de l’utilisation des ressources .sur le personnel.
 Les informations sur les partenaires.
 Les informations sur les leçons tirées d’approches particulières
 Les informations sur la conception des activités courantes/le calendrier d’exécution
des activités.
Le suivi des activités du projet peut être interne (informations collectées et traitées par les
exécutants du projet) ou externe (informations collectées et traitées par un organisme
extérieur au projet). Selon Clark (1995 :3), le suivi peut s’appliquer à toutes les activités
administratives et d’un programme. Deux types principaux de suivi existent :
 Le suivi de processus : il mesure les moyens par lesquels les objectifs sont atteints ;
ceci inclut l’utilisation des données saisies, l’information sur le progrès des activités et
la façon dont les activités sont menées.
 Le suivi de l’impact : il examine l’impact des activités du projet sur les objectifs.

Section 2 : Les indicateurs de suivi


Le terme indicateur est utilisé pour qualifier toute information qui mesure de manière générale
l’évolution, et en particulier, la performance d’un projet (Clark, 1995 : 4). Les indicateurs sont
disponibles à la fois pour le suivi des processus et celui des impacts. Les indicateurs doivent
être pertinents vis-à-vis des buts de gestion du projet. Les indicateurs non seulement aident à
mesurer les progrès vers les buts de gestion du projet, mais ils doivent aussi refléter les
différents objectifs et intérêts des participants. Les indicateurs doivent être identifiés lors de la
mise au point du projet et non lorsque le projet est en cours. Un bon indicateur doit répondre
aux critères suivants :
 Etre mesurable : on doit pouvoir l’enregistrer et l’analyser qualitativement ou
quantitativement.

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 Etre statistiquement fiable : le suivi quantitatif doit indiquer les changements


statistiquement significatifs.
 Etre précis et vérifiable : être défini et mesuré de la même manière par tout le monde
 Etre uniforme : ne pas changer dans le temps.
 Etre sensible : changer de manière proportionnée en réponse à des changements
observés dans les conditions ou éléments mesurés.
 Etre utile : utilisable par un large éventail de participants, y compris au niveau
communautaire.
En outre, les indicateurs doivent être basés sur des données accessibles. Ils devraient spécifier:
 Le groupe ciblé (qui a besoin des données ?)
 La quantité (combien de données sont nécessaires ?)
 La qualité (quel niveau de mesure pour les données ?)
 La date (quand doit-on mesurer l’indicateur ?)
 Le lieu (où doit-on mesurer l’indicateur ?)

Section 3: L’évaluation du projet


L’objet de l’évaluation est d’estimer les impacts et d’analyser les processus d’un projet. Les
objectifs spécifiques sont semblables à ceux du suivi. Cependant, l’évaluation en général
s’inscrit dans une perspective à long terme et à grande échelle afin de rendre les résultats plus
particulièrement utiles à la planification, à l’évaluation de la durabilité, et pour le
développement de projets et programmes futurs (Clark, 1995 : 7). Elle permet aussi
d’inventorier les effets qui résultent de la mise en oeuvre des opérations, effets recherchés ou
non, et d’apprécier leur impact global sur la société et son environnement. L’évaluation exige
généralement de prendre du recul par rapport à la gestion quotidienne des interventions.

L’évaluation est un système d’analyse périodique qui apprécie les actions et les résultats du
projet aux différentes étapes de son cycle. Suivant les étapes du cycle de vie d’un projet, on
distingue trois niveaux d’évaluation: initiale, à mis parcours et finale.
 L’évaluation initiale : Elle correspond à la première étape de la phase d’étude du
projet et se fait après l’identification du projet. Son but est de préparer l’exécution du
projet en situant sa pertinence et en estimant les effets escomptés. Elle identifie les
variables extérieurs à l’exécution du projet ayant une influence directe sur les
opérations.
 L’évaluation à mis parcours : Elle constitue la deuxième étape de la phase d’exécution
du projet, tout jus après l’étape de programmation. Elle a pour but d’apprécier :
 Le degré de réalisation des objectifs spécifiques du projet et de ses résultats.
 Le degré d’utilisation des ressources affectées au projet et leur efficacité.
 Le degré de maîtrise de la conjoncture (facteurs extérieurs)….
 L’évaluation finale : Encore appelée évaluation rétrospective, elle a lieu dans la
dernière phase du projet. Elle est une analyse faisant ressortir les différents effets du
projet. Elle a pou but de mesurer les effets du projet après sa réalisation. Elle est un
contrôle à posteriori qui permet de tirer les leçons nécessaires qui puissent faire éviter
la reproduction des erreurs dans les projets similaires futurs. A long terme, elle fait
apparaître les types de projets dont la réussite est la meilleure et oriente les choix des
bailleurs.

En somme, le suivi et l’évaluation des activités d’un projet sont essentiels pour juger de la
progression réalisée en direction des objectifs et des résultats. Le suivi est bien plus que la
simple collecte de l’information sur le projet. C’est l’évaluation systématique et continue du

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progrès dans le temps par la collecte et l’analyse de l’information et l’utilisation de cette


information pour améliorer le travail au sein du projet. Evaluer, c’est estimer à un moment
donné dans le temps l’impact d’un projet, et à quel point les objectifs ont été atteints. Suivi et
évaluation sont des outils pour identifier les points forts et faibles et pour prendre de bonnes et
opportunes décisions.

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CONCLUSION
Le concept de développement local et les pratiques qui s'y rattachent se caractérisent par
la multiplicité des discours et des programmes, tour à tour complémentaires et
contradictoires. Le développement local est donc né des multiples remises en cause des
actions de développement à travers les échecs connus ça et là dans sa pratique depuis les
années 60 jusqu’aux années 90. Ce concept est ainsi apparu pour pallier aux problèmes de
développement dans le monde puis plus particulièrement dans les pays en voie de
développement. Les analystes du domaine ont de ce fait mis l’accent sur l’aspect
socioculturel et humain, vus comme facteurs incontournables du développement.

Le développement local en effet désigne une étape intermédiaire ou les hommes d’une société
sont en situation de mieux se nourrir, de s’éduquer et de s’informer consciemment, de se
donner des éléments de bien-être, de favoriser la créativité et la convivialité. Le
développement local appelé développement décentralisé, développement communautaire,
développement endogène, développement territoriale ou développement par le bas suppose
une participation, une mise en valeur des ressources locales tant sur le plan des forces
humaines que des potentialités économiques naturelles, à l’initiative et sous la direction même
des acteurs locaux et de leurs propres intérêts.

En outre, le développement local est aussi une alternative aux approches centralisatrices et
monopolisatrices de la décision, il est multi sectoriel et global en ce sens qu’il concerne toutes
les composantes de la vie en communauté et pas seulement la sphère marchande au sens où il
considère les multiples interactions et interconnexions qui existent entre toutes les
composantes d’un système de vie pour remonter vers le niveau d’intégration, le particulier est
examiné avant le général

Dans l’analyse des conditions de développement, il apparaît ainsi que les ressorts territoriaux
sont déterminants. Visant à spécifier ces ressorts territoriaux, les travaux sur le
développement local identifient les dynamiques sociales comme vecteurs d’évolution des
territoires. Le constat établit est que la qualité des partenariats locaux conditionnent la
capacité des agents à s’entendre et à s’organiser pour atteindre les objectifs à long terme. On
souligne ainsi le poids des expériences d’apprentissage collectif et de coopération dans le
développement des territoires.

Comme nous l'avons vu, le concept de développement local repose sur un acquis
théorique pluri-disciplinaire. Les conduites et les actions qui s'y réfèrent tentent de
rapprocher la société civile et l'Etat local. Plus qu'un concept, le développement local est
un processus d'apprentissage organisationnel, une praxis collective. Ce qui dénote que de
nos jours, l’approche du développement local constitue l’une des stratégie efficace pour
promouvoir le développement socio-économique dans les pays en voie de développement.

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