0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
30 vues31 pages

Sociologie de la jeunesse : Approches clés

Ce document présente quatre approches sociologiques de la jeunesse: la jeunesse comme construction historique et institutionnelle, la jeunesse comme phénomène culturel, la jeunesse comme transition vers l'âge adulte, et la jeunesse comme expérience identitaire. Le document est long et contient de nombreuses informations sur chacune de ces approches.

Transféré par

matteobillot667
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
30 vues31 pages

Sociologie de la jeunesse : Approches clés

Ce document présente quatre approches sociologiques de la jeunesse: la jeunesse comme construction historique et institutionnelle, la jeunesse comme phénomène culturel, la jeunesse comme transition vers l'âge adulte, et la jeunesse comme expérience identitaire. Le document est long et contient de nombreuses informations sur chacune de ces approches.

Transféré par

matteobillot667
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

II - Sociologie de la jeunesse

4 approches sociologiques différentes de la


jeunesse
• la jeunesse comme construction historique et institutionnelle
• la jeunesse comme phénomène culturel
• la jeunesse comme transition vers l’âge adulte
• la jeunesse comme expérience identitaire
La jeunesse comme
construction historique
Jeunesse : « mise en forme » culturelle et
institutionnelle
• Au moyen-âge: l’enfance était peu différenciée de l’âge adulte.
• pas de conscience d’une particularité enfantine
• enfants considérés comme des « adultes en miniature »

*thèse critiquée par les historiens médiévistes*

• XVIIIème siècle: apparition d’un sentiment de l’enfance.


• l’enfant n’est pas mûr pour la vie
• il faut le soumettre à un régime spécial, à une quarantaine, avant de le laisser
rejoindre les adultes
Sentiment de l’enfance et « soucis éducatif »
• au sein de la famille: Enfant est considéré comme un être-en-devenir
• Transition démographique: baisse de la mortalité infantile.
 enfant = objet d’un investissement affectif

• à l’école
 prise en charge des enfants dans un lieu à part, en les
séparant de la société des adultes
 Tâche propre à la jeunesse : étudier pour se préparer à l’âge adulte
Grandes étapes du développement de la
scolarisation
• XIXème siècle : une époque où beaucoup d’enfants travaillent.
• loi de 1841 sur le travail des enfants.
• loi Ferry de 1882: scolarisation devient obligatoire (de 6 à 13 ans).
 Scolarisation connaît une diffusion de masse dans la 2ème partie du Xxème.
• XXème siècle, l’emprise de la scolarisation s’étend doublement :
• vers les âges plus élevés : 14 ans en 1936, puis 16 ans en 1959
• vers les plus jeunes : développement, dans les années 1960-1970, de l’école
maternelle
le modelage de la « prime enfance » ou de la
« petite enfance »
• Découverte de la prime enfance comme « objet pédagogique »
Transformation de la définition sociale de l’enfance : petite enfance
commence plus tôt et réclame des soins culturels et physiologiques

• Nouvelles normes sur la manière d’élever, de nourrir, d’éduquer les


très jeunes enfants
La jeunesse comme
phénomène culturel
Talcott Parsons et la youth culture
• Youth culture = culture de l’irresponsabilité
• Volonté de se conformer au « chic type » sportif (swell guy) et à la belle fille
(glamor girl)
• échelle de prestige codifiée et fondée sur l’attractivité sexuelle
• ≠ culture adulte marquée par la responsabilité
La culture jeune en France
• E. Morin: « On peut parler de classe d’âge à partir du moment où
apparaissent à grande échelle des traits distincts communs. Or la
culture adolescente tend à développer ces traits distinctifs, en même
temps qu’elle entretient un sentiment de communauté et de
solidarité ».
• Traits distinctifs de la culture adolescente (selon Morin):
• manière de s’habiller
• Moyen de communication
• langage commun
• goûts musicaux
 une « culture du divertissement » et une culture de masse.
Une culture contre la culture des adultes
• Avec un double conflit:
• Conflit d’autorité : refus de l’autorité pesante des adultes et du corset de la
morale traditionnelle, dans la famille et ailleurs.
• Conflit de valeurs : notamment entre « valeur-travail et valeur
divertissement »
• Les cultures juvéniles étudiée par la sociologie britannique:
• Ex: les rockers et les mods.
La culture jeune aujourd’hui?
• Une approche culturaliste moins en vogue.
• Différents styles adolescents…
• … qui puisent dans la culture de masse.
• Cette culture jeune
• échappe davantage aux adultes
• est davantage organisée par l’univers marchand
• Est davantage marquée par l’indifférence à la culture des adultes que par un
antagonisme ouvert avec elle
• Importance des TIC, réseaux sociaux…
La jeunesse comme
transition vers l’âge adulte
Les seuils sociaux de la jeunesse
• l’axe scolaire/professionnel : fin des études ; entrée dans le 1er
emploi ; parfois entrée dans 1er emploi stable

• l’axe familial : départ de chez les parents ; installation en couple ;


naissance du 1er enfant
Déplacement et recul des seuils
• recul de l’âge de fin d’études
• recul de l’âge d’entrée sur le marché du travail
• recul de l’âge au départ de chez les parents
• recul de l’âge d’installation en couple
• recul de l’âge à la naissance du 1er enfant
Désynchronisation ou translation des seuils?
• Est-ce que tous ces seuils ont reculé de la même façon et restent ainsi
articulés entre eux mais plus tardivement dans le parcours de vie ?
OU
• Est-ce que leur évolution s’est faite de manière distincte, changeant
donc la manière dont ils s’articulent?
 les seuils n’ont jamais été vraiment synchronisés: décalage
entre âge de l’entrée au travail et âge du mariage.
• Y-a-t-il eu augmentation du temps nécessaire pour franchir tous ces
seuils et, donc, élargissement de la période d’entrée dans la vie
adulte ?
Désynchronisation: post adolescence comme
nouvel âge de la vie
• Post adolescence = phase de latence avant l’entrée dans l’âge des
responsabilités.
• Développement des « modes de vie intermédiaire » entre famille
d’origine et famille de procréation : vie solitaire, vie à plusieurs, vie en
couple non marié.
• Transformations dans les mécanismes de construction identitaire:
• Passage d’un « modèle de l’identification » (modèle de référence) à un
« modèle de l’expérimentation »
Une désynchronisation relative
• Désynchronisation des seuils pas systématique : certains seuils sont
plus resserrés, d’autres plus écartés.
• Dernier seuil de la jeunesse reste la parentalité dont l’écart avec les
autre seuil s’accroit.
• La signification de certains seuils se modifie dans le temps.
• Ex: décohabitation parentale:
•  autrefois associée à l’indépendance économique vs aujourd’hui départ
pour un logement payé par les parents
• Décohabitation ≠ indépendance résidentielle
La post adolescence : « luxe possible » ou/et
apprentissage des responsabilités
• Désynchronisation permet de « profiter » de la jeunesse
• Repousser à plus tard le moment où l’on va devoir prendre des
engagements
 Phase d’irresponsabilité avant la plongée dans la vie adulte
ET
• jeunesse comme phase d’apprentissage progressif des
responsabilités
 période d’acquisition progressive des responsabilités, une phase de
préparation à l’âge adulte plus longue qu’avant
Trois âges de la jeunesse
• adolescence : autonomie en construction (dans les domaines de la
sociabilité, des loisirs) et maintien d’une dépendance financière
complète vis-à-vis des parents
• post-adolescence : plus grande autonomie (en particulier, logement
indépendant), mais indépendance économique incomplète
• jeunes adultes : indépendance économique, mais pas de
responsabilités familiales
La jeunesse comme
expérience identitaire
Remise en question des seuils sociologiques
par l’expérience vécue
• la jeunesse comme expérience identitaire = une réponse à
l’insatisfaction par rapport à l’approche par franchissements de
seuils.
• Constat d’un décalage entre les seuils statutaires et :
• La manière dont les jeunes se positionnent par rapport aux seuils
• la manière dont les jeunes se définissent
• Deux illustrations possibles:
• comparaison de l’importance accordée à ces seuils en fonction du pays
considérés.
• l’analyse de la manière dont les individus vivent leur avancée en âge
Quels seuils d’entrée dans l’âge adulte? (ESS)
Jeunesses en Europe : âge de départ de chez
les parents
• Départ précoce dans les pays nordiques :
• autonomie des jeunes s’acquiert par prise de distance par rapport au foyer
parental
• Départ tardif dans les pays méditerranéens
• forte autonomie des jeunes au sein de la famille
• Situation intermédiaire pour le modèle continental
• semi-autonomie/ autonomie partielle
Des seuils d’importance variable selon les
pays
• « Etre adulte » = être inséré sur le marché du travail et avoir une
indépendance financière (France, RU)
• Entrée dans la parentalité (Russie, Portugal)
• Départ du domicile parental (pays nordique, Suisse)

• Des ≠ entre hommes et femmes (Autriche, Espagne et Allemagne)


• pour les hommes, travail à temps plein
• pour les femmes, devenir mère (en Allemagne et Espagne), travail à temps
plein et départ du domicile parental en Autriche
Expérience de l’avancée en âge : le « devenir
adulte » des jeunes en Europe
• C. Van de Velde distingue 4 manières du devenir adulte:
• « se trouver » : jeunesse longue, vécue dans la non-urgence et dont le but est
le développement personnel (Danemark)
• « s’assumer » : l’entrée dans la vie adulte est caractérisée par l’émancipation
(Royaume –Uni)
• « se placer » : mode d’entrée dans la vie adulte est caractérisé par
l’intégration sociale (France)
• « s’installer »: l’entrée dans la vie adulte est caractérisée par l’appartenance
familiale (Espagne)
Décalage entre seuils sociologiques et « réalité »
empirique: Se reconnaître adulte sans en avoir les
attributs
• Décalage croissant entre les seuils statutaires et la manière dont les
jeunes se définissent.
• Certains jeunes peuvent se définir comme « adultes » alors qu’ils n’en
ont pas les attributs « sociologiques ».
Pas le statut d’adulte mais une identité d’adulte.
Décalage entre seuils sociologiques et « réalité »
empirique: Refuser de se penser adulte
• Qu’est-ce qu’être adulte?
• Certains jeunes refusent de se définir comme « adultes » ou comme
étant « vraiment adultes » parce qu’ils ont une représentation assez
négative de l’âge « adulte »
• Un adulte qui perdrait certains de ses attributs d’adultes ne redevient
pas pour autant un post adolescent.

 Jeunesse = expérience au cours de laquelle l’enjeu est celui de la


construction identitaire
La jeunesse : processus d’autonomisation par
rapport aux parents
• De Singly : étude du processus d’autonomisation et des négociations
qui lui sont liées.
• « Adonaissants » parviennent à négocier une sphère d’autonomie
•  L’identité des adonaissants oscille donc entre leur identité familiale (être
« fils de ») et leur identité personnelle
• Clivage identitaire plus fort entre parents et enfants chez les « cadres »
Faire son âge au collège: une expérience des
apparences vestimentaires appropriées
• Ne pas faire trop jeune…
• abandon de certains vêtements faisant trop jeune
• Sans paraître « plus vieux »
• Éviter de mettre trop tôt certains vêtements.
• Développement de stratégies (vestimentaires) pour faire son âge
• Masquer ses formes pour les filles qui se sentent trop précoces
• Nécessité de trouver un style vestimentaire pour les garçons
• Contrôle parental sur les pratiques vestimentaires
• Négociations
• Stratégies de contournement
Conclusion
• Il y a plusieurs « manières » de penser la jeunesse en sociologie
(construction historique, phénomène culturel, transition vers l’âge
adulte, expérience identitaire)
• Ces distinctions constituent des lectures sociologiques de la jeunesse
qui orientent l’analyse et peuvent donc s’opposer.
• MAIS
• la jeunesse demeure « structurée » par les évolutions historiques (famille
école etc.)
• Il est possible d’identifier des comportements partagés entre certains jeunes
• La jeunesse est une expérience dans laquelle il est possible d’identifier des
étapes (seuils) auxquelles les individus accordent plus ou moins d’importance.

Vous aimerez peut-être aussi