Théorie de l'électromagnétisme classique et polarisation de la lumière
La lumière est une onde transversale, avec les vecteurs d'intensité du champ électrique E et de l'induction
magnétique B oscillant perpendiculairement entre eux et à la direction de propagation. La lumière est dite
polarisée rectilignement lorsque les champs E et B conservent des directions déterminées pendant la
propagation. Le plan défini par E et le vecteur d'onde K est appelé le plan de polarisation.
Mécanismes de polarisation
La polarisation de la lumière, c'est-à-dire la sélection des directions d'oscillation préférentielles du vecteur
d'intensité du champ électrique, peut être obtenue par réflexion, double réfraction ou dispersion. L'expérience
décrite se concentre sur la polarisation rectilignement par double réfraction. Certaines substances cristallines,
transparentes et homogènes, sont anisotropes et présentent des indices de réfraction différents selon l'état de
polarisation de la lumière. Ces substances, appelées biréfringentes (par exemple, la wurtite, le quartz et la
calcite), divisent un faisceau de lumière naturelle en deux faisceaux polarisés perpendiculairement.
Construction de polariseurs
Un polariseur sépare les faisceaux de lumière pour obtenir une lumière rectilignement polarisée. Les prismes
polariseurs sont souvent fabriqués à partir de cristaux biréfringents et portent le nom de leurs inventeurs (Nicol,
Rochon, Wollaston, Glan, Thomson, Foucault). Les polariseurs dichroïques, tels que ceux faits de tourmaline,
absorbent une composante polarisée plus que l'autre, une caractéristique exploitée dans la fabrication des
polaroids. Les anciens polaroids contenaient des cristaux dans une matrice plastique, tandis que les modernes
utilisent des chaînes moléculaires alignées et colorées avec de l'iodure.
Principe de fonctionnement des polariseurs
Le champ électrique E peut être décomposé en deux composantes: Ex (perpendiculaire à la direction de
polarisation) et Ey (parallèle à cette direction). Seule la composante parallèle est transmise. Pour démontrer la
polarisation de la lumière transmise par un polariseur, un second polariseur, appelé analyseur, est utilisé. En
tournant l'analyseur, on observe des variations d'intensité de la lumière transmise, maximales lorsque les
polariseurs sont parallèles et minimales lorsqu'ils sont croisés.
Mesures et loi de Malus
Pour des mesures quantitatives, on remplace l'observateur par une photocellule reliée à un microampèremètre.
La photocellule produit un courant électrique proportionnel à l'intensité de la lumière incidente. On définit le
degré de polarisation P de la lumière incidente par : P=(Imax-Imin)/(Imax+Imin)*100.
𝑃P varie de 0 (lumière naturelle) à 1 (lumière totalement polarisée). Si l'angle entre les directions de
polarisation des polariseurs est 𝜃, l'analyseur laisse passer la composante Emcos(θ), où Em est l'amplitude de
la lumière polarisée incidente. L'intensité de la lumière est proportionnelle au carré de l'amplitude, donnant la
loi de Malus : I=Imaxcos2(𝜃).
Cette expérience vérifie la loi de Malus et permet de calculer le degré de polarisation de la lumière incidente.
On mesure également les transmitances des polariseurs, définies par : tp=(Iemergent)p/(Iincident)p,
ta=(Iemergent)a/(Iincident)a et Iemergent<Iincident