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Différentiabilité et dérivées en analyse

Ce document contient les corrections d'exercices portant sur le calcul de différentielles et de dérivées partielles. Plusieurs exercices demandent de calculer la différentielle de fonctions en différents points ou de justifier leur différentiabilité. D'autres portent sur le calcul de dérivées partielles ou de différentielles de fonctions composées.

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Différentiabilité et dérivées en analyse

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Université Claude Bernard Lyon 1 UE Analyse 4

L2, Semestre de Printemps 2022-2023

Feuille 4 : Différentiabilité
CORRECTION

Exercice 1. Calcul de différentielles - Applications directes du cours


Déterminer les différentielles Dx0 f pour chacune des applications f et des points x0 suivants.

1. f : R → R, f (x) = −4x + 1, x0 = π.
2. f : R → R, f (x) = ex + x2 − sin(x), x0 = 0.
3. f : R2 → R, f (x, y) = 3x − y, x0 = (1, 2).
4. f : R2 → R2 , f (x, y) = (2x + y, 3x − 2y), x0 = (0, 0).
5. f : R2 → R, f (x, y) = 3k(x, y)k22 + Φ(x, y), x0 = (1, −1) où Φ : R2 → R est bilinéaire.
6. f : R3 × R3 → R, f (x, y) = 3x1 y1 − 3x1 y2 − 4x1 y3 − x2 y1 + 3x2 y2 + 3x3 y1 + 6x3 y2 − 9x3 y3 ,
x0 = ((0, 0, 1), (1, −1, 0)).
Correction.
1. On a, ∀h ∈ R, D√π f (h) = −4h car pour tout x ∈ R, f 0 (x) = −4.
2. On a, ∀h ∈ R, D0 f (h) = 0 car, pour tout x ∈ R, f 0 (x) = ex + 2x − cos(x) et f 0 (0) = 0.
3. On a, ∀(h, k) ∈ R2 , D(1,2) f (h, k) = 3h − k puisque f est une application linéaire.
4. On a, ∀(h, k) ∈ R2 , D(0,0) f (h, k) = (2h + k, 3h − 2k) car f est une application linéaire.
5. On a, ∀(h, k) ∈ R2 , D(1,−1) f (h, k) = 6h(1, −1), (h, k)i + Φ(1, k) + Φ(h, −1) = 6h − 6k + Φ(1, k) +
Φ(h, −1).
6. Comme f est bilinéaire, on a Dx0 f (h1 , h2 , h3 , k1 , k2 , k3 ) = f ((0, 0, 1), (k1 , k2 , k3 ))+f ((h1 , h2 , h3 ), (1, −1, 0)),
c’est-à-dire Dx0 f (h1 , h2 , h3 , k1 , k2 , k3 ) = 3k1 + 6k2 − 9k3 + 3h1 + 3h1 − h2 − 3h2 + 3h3 − 6h3 =
3k1 + 6k2 − 9k3 + 6h1 − 4h2 − 6h3 .

Exercice 2. Différentielle d’un quotient


Soit U ⊂ Rn , x0 ∈ U , f : U → R, g : U → R∗ deux applications différentiables en x0 . On définit
q : U → R pour tout x ∈ U par
f (x)
q(x) = .
g(x)
Montrer que q est différentiable en x0 et déterminer sa différentielle en x0 .
Correction. On remarque que q = ϕ ◦ Ψ où ϕ : R × R∗ → R est définie par ϕ(u, v) = uv et Ψ = (f, g).
L’application ϕ est différentiable et on a ϕ(u, v) = u × i(v) où i : R∗ → R définie par i(z) = z1 . On a
donc, par composition, pour tout (h, k) ∈ R× R∗ ,

h ku hv − ku
D(u,v) ϕ(h, k) = h × i(v) + u × Dv i(k) = − 2 = .
v v v2
On en déduit donc que, pour tout h ∈ Rn ,

f (x0 )Dx0 g(h) − g(x0 )Dx0 f (h)


Dx0 q(h) = Dx0 (ϕ◦Ψ)(h) = (DΨ(x0 ) ϕ◦Dx0 Ψ)(h) = DΨ(x0 ) ϕ(Dx0 f (h), Dx0 g(h)) = .
g(x0 )2
Exercice 3. Différentielle à l’origine du carré de la norme
Soit N : Rn → R+ une norme sur Rn et f : Rn → R définie pour tout x ∈ Rn par

f (x) = (N (x))2 .

1. Montrer que N n’est pas différentiable en 0.


2. Montrer que f est différentiable en 0 et donner sa différentielle D0 f .
Correction.
1. Supposons que N soit différentiable en 0, alors, pour tout h ∈ Rn ,

N (h) − D0 N (h) = o(N (h)),

et ainsi  
D0 N (h)
lim 1− = 0.
h→0
h6=0
N (h)
En remplaçant h par −h, on obtient de même
 
D0 N (h)
lim 1 + = 0.
h→0
h6=0
N (h)

En sommant ces deux limites, on obtient que 2 = 0 ce qui n’a pas de sens. N n’est donc pas
différentiable en 0.
2. On a, pour tout h ∈ Rn ,
N (h)2 − N (0)2
= N (h) → 0,
N (h)
on en déduit donc que f est différentiable en 0 et D0 f = 0.

Exercice 4. Dérivées directionnelles


Soit f : R2 → R définie par
y 2 ln |x| si x 6= 0

f (x, y) =
0 sinon
1. Montrer que f admet en (0, 0) une dérivée suivant tout vecteur
2. f est-elle différentiable en (0, 0) ?
Correction.
1. Soit v = (v1 , v2 ) ∈ R2 , alors on a

f ((0, 0) + tv) − f (0, 0) f (tv1 , tv2 )


lim = lim .
t→0
t6=0
t t→0
t6=0
t

f (tv1 , tv2 ) 0
Si v1 = 0, alors lim = = 0.
t→0
t6=0
t t
Si v1 6= 0, alors

f (tv1 , tv2 ) t2 v22 ln |tv1 |


lim = lim = lim t ln |t|v22 + tv22 ln |v1 | = 0.
t→0
t6=0
t t→0
t6=0
t t→0
t6=0

∂f
On a donc (0, 0) = 0 pour tout v ∈ R2 .
∂v
− y12
2. Soit y 6= 0, alors on considère le point (e , y) qui tend vers (0, 0) quand y → 0. De plus, on a
− y12
∀y 6= 0, f (e , y) = 1 6= 0.

Ainsi, f n’est pas continue en (0, 0), donc non-différentiable en ce point.


Exercice 5. Calcul de dérivées partielles
Calculer les dérivées partielles des fonctions suivantes et préciser le domaine de validité des calculs.
p
1. f (x, y) = x2 + y 2 .
2. f (x, y) = x cos(x + 2y).
3. f (x, y) = xy .
x+y
4. f (x, y) = 2 .
x + y2
5. f (x, y) = arctan(2x − 3y).
6. f (x, y) = ln(x2 + y 2 ).

1. Soit (x, y) ∈ Rn \{(0, 0)}, alors

∂f x ∂f y
(x, y) = p , (x, y) = p .
∂x x + y2
2 ∂y x + y2
2

2. Soit (x, y) ∈ R2 , alors

∂f ∂f
(x, y) = cos(x + 2y) − x sin(x + 2y), (x, y) = −2x sin(x + 2y).
∂x ∂y

3. Soit x > 0 et y ∈ R, alors f (x, y) = ey ln(x) et ainsi

∂f y ∂f
(x, y) = ey ln(x) = yxy−1 , (x, y) = ln(x)ey ln(x) = xy ln(x).
∂x x ∂y

4. Soit (x, y) ∈ Rn \{(0, 0)}, alors

∂f y 2 − 2xy − x2 ∂f x2 − 2xy − y 2
(x, y) = , (x, y) = .
∂x (x2 + y 2 )2 ∂y (x2 + y 2 )2

5. Soit (x, y) ∈ R2 , on a

∂f 2 ∂f 3
(x, y) = , (x, y) = − .
∂x 1 + (2x − 3y)2 ∂y 1 + (2x − 3y)2

6. Soit (x, y) ∈ Rn \{(0, 0)}, alors

∂f 2x ∂f 2y
(x, y) = 2 , (x, y) = 2 .
∂x x + y2 ∂y x + y2

Exercice 6. Différentielles de fonctions composées


Soit f : R → R et g : R2 → R deux fonctions différentiables. Justifier que les applications suivantes sont
différentiables et calculer leur différentielle.
1. φ : R → R, x 7→ g(x, −x).
2. ψ : R2 → R, (x, y) 7→ g(y, x).
3. h : R2 → R, (x, y) 7→ f (x + g(x, y)).
4. k : R2 → R, (x, y) 7→ f (xy 2 g(x, y)).
5. ` : R3 → R, (x, y, z) 7→ f (x2 + y 2 + z 2 ).
Correction.
1. Soit x, h ∈ R, alors  
∂g ∂g
Dx φ(h) = φ0 (x)h = (x, −x) − (x, −x) h.
∂x ∂y
2. Soit (x, y) ∈ R2 et (h, k) ∈ R2 , alors
∂f ∂f
D(x,y) ψ(h, k) = (y, x)h + (y, x)k.
∂y ∂x

3. Soit (x, y) ∈ R2 alors


 
∂h ∂g ∂h ∂g
(x, y) = 1 + (x, y) f 0 (x + g(x, y)), (x, y) = (x, y)f 0 (x + g(x, y)),
∂x ∂x ∂y ∂y

et on obtient donc, pour tout (x, y) ∈ R2 et (u, v) ∈ R2 :


 
∂g ∂g
D(x,y) h(u, v) = 1 + (x, y) f 0 (x + g(x, y))u + (x, y)f 0 (x + g(x, y))v.
∂x ∂y

4. Soit (x, y) ∈ R2 alors


   
∂k ∂g ∂h ∂g
(x, y) = y 2 g(x, y) + xy 2 (x, y) f 0 (xy 2 g(x, y)), (x, y) = 2yg(x, y) + xy 2 (x, y) f 0 (xy 2 g(x, y))
∂x ∂x ∂y ∂y

et on obtient donc, pour tout (x, y) ∈ R2 et (u, v) ∈ R2 :


   
∂g ∂g
D(x,y) k(u, v) = y 2 g(x, y) + xy 2 (x, y) f 0 (xy 2 g(x, y))u+ 2yg(x, y) + xy 2 (x, y) f 0 (xy 2 g(x, y))v
∂x ∂y

5. On a, pour tout (x, y, z) ∈ R3 et tout (u, v, w) ∈ R3 ,

D(x,y,z) `(u, v, w) = 2f 0 (x2 + y 2 + z 2 ) (xu + yv + zw) .

Exercice 7. Calculs de différentielles


Déterminer la différentielle en tout point de chacune des applications suivantes :
1. f : R2 → R2 , f (x, y) = (sin(xy), x2 − y 3 )
2. f : R2 → R3 , f (x, y) = (x2 , y 2 x3 , x + 3y)
3. f : R3 → R2 , f (x, y, z) = (xy + arctan(z), z cosh(x2 + y 2 ))
4. f : R → R4 , f (x) = (x2 , cos(x), arctan(x5 ), sinh(x2 − 1)).
Correction.
1. Soit (x, y) ∈ R2 et (h, k) ∈ R2 , alors, en notant f = (f1 , f2 ), on obtient que

D(x,y) f1 (h, k) = y cos(xy)h + x cos(xy)k, D(x,y) f2 (h, k) = 2xh − 3y 2 k.

et donc
D(x,y) f (h, k) = y cos(xy)h + x cos(xy)k, 2xh − 3y 2 k .


2. Soit (x, y) ∈ R2 et (h, k) ∈ R2 , alors, en notant f = (f1 , f2 , f3 ), on obtient que

D(x,y) f1 (h, k) = 2xh, D(x,y) f2 (h, k) = 3x2 y 2 h + 2yx3 k, D(x,y) f3 (h, k) = h + 3k,

et donc
D(x,y) f (h, k) = 2xh, 3x2 y 2 h + 2yx3 k, h + 3k .


3. Soit (x, y, z) ∈ R3 et (h, k, `) ∈ R3 , alors, en notant f = (f1 , f2 ), on obtient que


y y `
D(x,y,z) f1 (h, k, `) = x h + ln(x)xy k +
x 1 + z2
D(x,y,z) f2 (h, k, `) = 2xz sinh(x2 + y 2 )h + 2yz sinh(x2 + y 2 )k + cosh(x2 + y 2 )`,

et donc
 
y y `
D(x,y,z) f (h, k, `) = x h + ln(x)xy k + , 2xz sinh(x2
+ y 2
)h + 2yz sinh(x 2
+ y 2
)k + cosh(x 2
+ y 2
)`
x 1 + z2
4. Soit x ∈ R et h ∈ R, alors

5x4 h
 
2
Dx f (h) = 2xh, − sin(x)h, , 2x cosh(x − 1)h
1 + x10

Exercice 8. Contre-exemple
Soit f : R2 → R la fonction définie par

x2 y
si (x, y) 6= (0, 0)

f (x) = x4 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0)

1. Montrer que f admet des dérivées partielles en (0, 0).


2. La fonction f est-elle différentiable en (0, 0) ?
Correction.
1. Soit t 6= 0, alors
f (0, t) − f (0, 0) f (t, 0) − f (0, 0)
= 0 et = 0.
t t
∂f ∂f
On en déduit que ∂x (0, 0) = ∂y (0, 0) = 0.
2. On remarque que, pour tout t 6= 0,

t4 1
f (t, t2 ) = = 6= 0
t4 +t 4 2
et donc que f n’est pas continue en (0, 0) et donc non-différentiable en (0, 0).

Exercice 9. Différentiabilité à l’origine


Soit f : R2 → R définie par
  
 2 1
x sin si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = k(x, y)k2
0 si (x, y) = (0, 0)

1. Montrer que f admet des dérivées partielles en (0, 0).


2. Si f était différentiable en (0, 0), déduire de la question précédente quel serait sa différentielle.
3. Montrer que f est différentiable en (0, 0).
Correcton.
1. Soit t 6= 0, alors, quand t → 0,
 
f (t, 0) − f (0, 0) 1
= t sin → 0,
t |t|

f (0, t) − f (0, 0)
= 0 → 0.
t
Donc f admet des dérivées partielles nulles en (0, 0).
2. Si f est différentiable en (0, 0), on aurait nécessairement D(0,0 f (h, k) = 0 pour tout (h, k) ∈ R2
d’après la question précédente.
3. Pour tout (h, k) 6= (0, 0), on a, quand (h, k) → (0, 0),
 
1
|f (h, k) − f (0, 0)| |h|2 sin k(h,k)k 2 |h|2 k(h, k)k22
= ≤ ≤ = k(h, k)k2 → 0.
k(h, k)k2 k(h, k)k2 k(h, k)k2 k(h, k)k2

On en déduit que f est différentiable en (0, 0) et que sa différentielle est bien D(0,0) f (h, k) = 0
pour tout (h, k) ∈ R2 .
Exercice 10. Fonction à paramètre, continuité et différentiabilité
Soit p ∈ N et soit fp : R2 \{(0, 0)} → R définie pour tout (x, y) 6= (0, 0) par
!
p 1
fp (x, y) = (x + y) sin p .
x2 + y 2

1. Donner une condition nécessaire et suffisante sur l’entier p pour que la fonction fp se prolonge
continûment en (0, 0).
2. La condition précédente étant remplie, donner une condition nécessaire et suffisante pour que le
prolongement obtenu soit aussi différentiable en (0, 0).
Correction.
1. Utilisons les coordonnées polaires : x = r cos θ , y = r sin θ où r > 0 et θ ∈ R, alors on a
 
p p 1
fp (x, y) = f (r cos θ, r sin θ) = r (cos θ + sin θ) sin .
r

Si p = 0, alors f (r cos θ, r sin θ) = sin 1r qui n’a pas de limite quand r → 0. Ainsi f0 n’a pas de


limite en (0, 0) et ne peut donc pas être prolongé par continuité en ce point.
Si p ≥ 1, alors on a
!
p 1 p p
|fp (x, y)| = |x + y| sin p ≤ (|x| + |y|) ≤ (2k(x, y)k2 ) → 0
2
x +y 2

quand (x, y) → (0, 0). Ainsi, fp se prolonge par continuité en posant fp (0, 0) = 0.
2. Si p = 1, on a pour tout réel h 6= 0

f1 (h, 0) − f1 (0, 0) h1 sin(1/|h|)


= = sin(1/|h|)
h h
qui n’a pas de limite quand h → 0. Ainsi, f1 n’a pas de dérivée partielle par rapport à x en (0, 0),
et n’est donc pas différentiable en (0, 0).
Si p ≥ 2, alors on a, quand (x, y) → (0, 0),

|fp (x, y)| ≤ 2p k(x, y)kp2 = k(x, y)k2 × 2p k(x, y)kp−1


2 = o(k(x, yk2 ),

ce qui prouve que fp (x, y) = fp (0, 0) + o(k(x, y)k2 ) et donc que f est différentiable en (0, 0) de
différentielle nulle, c’est-à-dire D(0,0) f = 0.

Exercice 11. Différentielle de l’inversion


Dans (Rn , k · k2 ), on définit l’inverse de x 6= 0 comme le point y = f (x) caractérisé par

∃λ > 0 tel que y = λx et kxk2 · kyk2 = 1.

Soit x ∈ Rn \{0} et h ∈ Rn . Calculer Dx f (h).


Correction. Soit x 6= 0, alors par définition de y, ∃λ > 0, y = λx et

1 = kxk2 · kyk2 = kxk2 · kλxk2 = λkxk22 ,

ce qui veut dire que


x
y = f (x) = λx = .
kxk22
On a f : Rn \{(0, .., 0)} → Rn \{(0, .., 0)} et, en notant f = (f1 , ..., fn ), on a, pour tout 1 ≤ i ≤ n,

xi ∂fi δij 2xi xj


fi (x) = n , et donc ∀1 ≤ j ≤ n, (x) = − .
X
2
∂xj kxk22 kxk42
xk
k=1
On en déduit que, pour tout h ∈ Rn \{(0, .., 0)}, et pour tout 1 ≤ i ≤ n,
n n   n n
X ∂fi X δij 2xi xj 1 X 2xi X hi 2xi
Dx fi (h) = (x)hj = 2 − 4 hj = 2 δij hj − 4 xj hj = − hx, hi,
j=1
∂xj j=1
kxk2 kxk2 kxk2 j=1 kxk2 j=1 kxk2 kxk42
2

et donc  
1 2hx, hi
Dx f (h) = h− x .
kxk22 kxk22

Exercice 12. Calculs de matrices jacobiennes, de différentielles et de jacobiens


Déterminer la matrice jacobienne, la différentielle et le jacobien (quand il existe) des applications f
suivantes au point a donné.
1. f : R2 → R, f (x, y) = sin(x2 y), a = (1, 0).
 
∗ 2 2 1 1 −x2
2. f : (R ) → R , f (x, y) = − ,e y , a = (1, −1).
x y
3. f : R3 → R4 , f (x, y, z) = (x − y, z + y, y 2 x3 , −z 4 y 2 ), a = (−2, 0, 1).
4. f : R3 → R3 , f (x, y, z) = (sin(x), −z cos(y), x + y + z), a = (π, 0, 0).
5. f : R3 → R3 , f (r, θ, φ) = (r cos θ cos φ, r sin θ cos φ, r sin φ), x0 = (r, θ, φ).
Correction.
1. On calcule les dérivées partielles de f :
∂f ∂f
(x, y) = 2xy cos(x2 y), (x, y) = x2 cos(x2 y)
∂x ∂y
et donc, au point a, on a
∂f ∂f
(1, 0) = 0, (1, 0) = 1,
∂x ∂y
et donc 
Jf (1, 0) = 0 1 .
La différentielle de f en a est donc
   
h  h
Da f (h, k) = Jf (1, 0) = 0 1 = k.
k k

2. On calcule les dérivées partielles de f = (f1 , f2 ) :


∂f1 1 ∂f1 1
(x, y) = − 2 , (x, y) = 2
∂x x ∂y y
∂f2 2 ∂f 2 2
(x, y) = −2xe−x y, (x, y) = e−x
∂x ∂y
et donc, au point a, on a
∂f1 ∂f1
(1 − 1) = −1 (1, −1) = 1
∂x ∂y
∂f2 ∂f2
(1, −1) = 2e−1 (1, −1) = e−1
∂x ∂y
et donc  
−1 1
Jf (1, −1) = .
2e−1 e−1
On en déduit que, pour tout (h, k) ∈ (R∗ )2 , on a
      
h −1 1 h −h + k
D(1,−1) f (h, k) = Jf (1, −1) = = .
k 2e−1 e−1 k 2e−1 h + e−1 k

De plus, le jacobien de f au point a vaut det(Jf (1, −1)) = −e−1 − 2e−1 = −3e−1 .
3. Les dérivées partielles de f = (f1 , f2 , f3 , f4 ) sont

∂f1 ∂f1 ∂f1


(x, y, z) = 1, (x, y, z) = −1, (x, y, z) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f2 ∂f2 ∂f2
(x, y, z) = 0, (x, y, z) = 1, (x, y, z) = 1
∂x ∂y ∂z
∂f3 ∂f3 ∂f3
(x, y, z) = 3x2 y 2 , (x, y, z) = 2yx3 , (x, y, z) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f4 ∂f4 ∂f4
(x, y, z) = 0, (x, y, z) = −2yz 4 , (x, y, z) = −4z 3 y 2 ,
∂x ∂y ∂z
et donc, au point a, on a
∂f1 ∂f1 ∂f1
(−2, 0, 1) = 1, (−2, 0, 1) = −1, (−2, 0, 1) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f2 ∂f2 ∂f2
(−2, 0, 1) = 0, (−2, 0, 1) = 1, (−2, 0, 1) = 1
∂x ∂y ∂z
∂f3 ∂f3 ∂f3
(−2, 0, 1) = 0, (−2, 0, 1) = 0, (x, y, z) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f4 ∂f4 ∂f4
(−2, 0, 1) = 0, (−2, 0, 1) = 0, (−2, 0, 1) = 0,
∂x ∂y ∂z
et ainsi  
1 −1 0
 0 1 1 
Jf (−2, 0, 1) = 
 
0 0 0 
0 0 0
ce qui permet de calculer, pour tout (h, k, `) ∈ R3 ,
   
  1 −1 0   h−k
h  0 h
1 1   k+` 
D(−2,0,1) f (h, k, `) = Jf (−2, 0, 1)  k  = 
 0
 k  =  .
0 0   0 
` `
0 0 0 0

4. Les dérivées partielles de f = (f1 , f2 , f3 ) sont :

∂f1 ∂f1 ∂f1


(x, y, z) = cos(x), (x, y, z) = 0, (x, y, z) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f2 ∂f2 ∂f2
(x, y, z) = 0, (x, y, z) = z sin(y), (x, y, z) = − cos(y)
∂x ∂y ∂z
∂f3 ∂f3 ∂f3
(x, y, z) = 1, (x, y, z) = 1, (x, y, z) = 1,
∂x ∂y ∂z
et donc, au point a, on a
∂f1 ∂f1 ∂f1
(π, 0, 0) = −1, (π, 0, 0) = 0, (π, 0, 0) = 0
∂x ∂y ∂z
∂f2 ∂f2 ∂f2
(π, 0, 0) = 0, (π, 0, 0) = 0, (π, 0, 0) = −1
∂x ∂y ∂z
∂f3 ∂f3 ∂f3
(x, y, z) = 1, (x, y, z) = 1, (x, y, z) = 1,
∂x ∂y ∂z
ce qui donne  
−1 0 0
Jf (π, 0, 0) =  0 0 −1  .
1 1 1
Le jacobien de f au point a vaut donc det(Jf (π, 0, 0)) = −1 et la différentielle de f en ce point
est :
      
h −1 0 0 h −h
D(π,0,0) f (h, k, `) = Jf (π, 0, 0)  k  =  0 0 −1   k  =  −` .
` 1 1 1 ` h+k+`

5. Les dérivées partielles de f = (f1 , f2 , f3 ) en a sont :


∂f1 ∂f1 ∂f1
(r, θ, φ) = cos θ cos φ, (r, θ, φ) = −r sin θ cos φ, (r, θ, φ) = −r cos θ sin φ
∂r ∂θ ∂φ
∂f2 ∂f2 ∂f2
(r, θ, φ) = sin θ cos φ, (r, θ, φ) = r cos θ cos φ, (r, θ, φ) = −r sin θ sin φ
∂r ∂θ ∂φ
∂f3 ∂f3 ∂f3
(r, θ, φ) = sin φ, (r, θ, φ) = 0, (r, θ, φ) = r cos φ,
∂r ∂θ ∂φ
et donc la jacobienne en a est
 
cos θ cos φ −r sin θ cos φ −r cos θ sin φ
Jf (r, θ, φ) =  sin θ cos φ r cos θ cos φ −r sin θ sin φ  .
sin φ 0 r cos φ

Le jacobien de f est donc det(Jf (r, θ, φ)) = r2 cos φ et la différentielle est donnée par
 
h
D(r,θ,φ) f (h, k, `) = Jf (r, θ, φ)  k  .
`

Exercice 13. Matrice jacobienne d’une composée


Soit f : R2 → R4 l’application définie pour tout (x1 , x2 ) ∈ R2 par
f (x1 , x2 ) = (x1 + 2x2 , x1 , x22 , x1 x22 ),
et g : R4 → R3 définie pour tout (y1 , y2 , y3 , y4 ) ∈ R4 par
g(y1 , y2 , y3 , y4 ) = (y12 − y22 , y2 y3 − y4 , y1 − 1).
Déterminer, par deux méthodes différentes, la matrice jacobienne de g ◦ f au point a = (a1 , a2 ) ∈ R2 .
Correction.
Méthode 1. On utilise la formule Jg◦f (a) = Jg (f (a)) × Jf (a). On calcule donc
 
1 2
 1 0 
Jf (a) = 
 0

2a2 
a22 2a1 a2
et  
2b1 −2b2 0 0
Jg (b1 , b2 , b3 , b4 ) =  0 b3 b2 −1  .
1 0 0 0
Si b = f (a), alors b1 = a1 + 2a2 , b2 = a1 , b3 = a22 , b4 = a1 a22 et on obtient
 
2a1 + 4a2 −2a1 0 0
Jg (f (a)) =  0 a22 a1 −1 
1 0 0 0
et ainsi
 
  1 2  
2a1 + 4a2 −2a1 0 0  1 4a2 4a1 + 8a2
0  
Jg◦f (a) = Jg (f (a))×Jf (a) =  0 a22 a1 −1  
 0 = 0 0 .
2a2 
1 0 0 0 1 2
a22 2a1 a2
Méthode 2. On calcule directement

(g ◦ f )(x1 , x2 ) = (4x1 x2 + 4x22 , 0, x1 + 2x2 − 1)

et on obtient directement le même résultat.


Exercice 14. Gradient et composée 

5
Soit f : R3 → R différentiable telle que ∇(1,1,1) f =  2  et soit ϕ : R∗ → R3 définie pour tout t 6= 0
1
par  
1
ϕ(t) = t2 , 3 , t .
t
1. Déterminer D(1,1,1) f (h) pour tout h ∈ R3 .
2. En déduire (f ◦ ϕ)0 (1).
Correction.
1. La réponse est directement donnée par le gradient de f au point (1, 1, 1), c’est-à-dire

D(1,1,1) f (h) = 5h1 + 2h2 + h3 .

2. Par composition, on a
(f ◦ ϕ)0 (1) = Dϕ(1) f (ϕ0 (1)),
avec
ϕ0 (1) = (2, −3, 1).
On obtient donc (f ◦ ϕ)0 (1) = 5 × 2 + 2 × (−3) + 1 × 1 = 5.

Exercice 15. Fonctions homogènes I


Une fonction f : Rn → Rp est dite homogène de degré α ∈ N si

∀t ∈ R ∀x ∈ Rn , f (tx) = tα f (x).

1. Parmi les fonctions homogènes de degré 0, lesquelles sont continues en 0 ?


2. Montrer que si f est homogène de degré α > 0 et bornée sur la sphère unité, alors f est continue
en 0.
3. Montrer que si f est homogène de degré α ≥ 1 et différentiable en 0, alors ou bien f est linéaire
et α = 1, ou bien α > 1 et D0 f = 0.
4. Montrer que si f est homogène de degré α > 1 et bornée sur la sphère unité, alors f est différen-
tiable en 0 et D0 f = 0.
5. Application : étudier la continuité et la différentiabilité en (0, 0) des fonctions f, g, h : R2 → R
définies par
(a) f (x, y) = 0 si y 6= 0 et f (x, 0) = x.
x3
(b) g(x, y) = si (x, y) 6= (0, 0) et g(0, 0) = 0.
x2 + y 2
xp y q
(c) h(x, y) = 2 si (x, y) 6= (0, 0) et h(0, 0) = 0 en discutant suivant les valeurs de
x − xy + y 2
p, q ∈ N∗ .
Correction.
1. Si f est homogène de degré 0, alors

∀t ∈ R, ∀x ∈ Rn , f (tx) = f (x).

Ainsi si f est continue en 0, alors quand t → 0, on obtient ∀x 6= 0, f (0) = limt→0 f (tx) = f (x).
Ainsi, seules les fonctions constantes sont de degré 0 et continues en 0.
2. Si f est homogène de degré α > 0, alors nécessairement f (0) = 0. Si de plus f est borné sur la
sphère unité {u ∈ Rn : kuk2 = 1}, alors on a

lim f (x) = lim f (ru) = lim rα f (u) = 0 = f (0),


x→0 r→0 r→0
kuk2 =1 kuk2 =1

et donc f est continue en 0.


3. On a en effet, pour tout h 6= 0,
f (th) − f (0)
lim = lim tα−1 f (h)
t→0 t t→0

qui vaut f (h) si α = 1 (et donc f est linéaire) et 0 si α > 1 (et donc D0 f (h) = 0).
4. Encore une fois, pour tout u ∈ S(0, 1), on a
f (ru)
= rα−1 f (u) → 0
r
quand r → 0, car α > 1 et f est bornée sur S(0, 1). Ainsi, f est différentiable en 0 de différentielle
nulle.
5. Applications :
(a) f est homogène de degré 1 et borné sur le cercle unité S(0, 1) car continue sur ce compact.
On en déduit que f est continue en (0, 0) d’après la question 2. De plus, comme f n’est pas
linéaire mais que f est homogène de degré 1, on en déduit d’après la question 3. que f n’est
pas différentiable au point (0, 0).
(b) Même chose qu’au (a).
(c) h est bien définie car x2 − xy + y = (x − y/2)2 + 3y 2 /4 > 0 pour tout (x, y) 6= (0, 0). Ainsi, h
est continue sur S(0, 1) qui est un compact, donc h est bornée sur la sphère unité. De plus, on
a, pour tout t ∈ R∗ et tout (x, y) 6= (0, 0),
tp tq xp xq
h(tx, ty) = = tp+q−2 h(x, y).
t2 x2 − t2 xy + t2 y 2
Comme h n’est jamais constante ni linéaire, on sait donc que
• h est continue en (0, 0) si et seulement si p + q > 2,
• h est différentiable en (0, 0), de différentielle nulle, si et seulement si p + q > 3.

Exercices supplémentaires

Exercice 16. Fonctions homogènes II - Identité d’Euler


La notion de fonction homogène est rappelée dans l’exercice précédent. Ici on supposera que f : Rn → R.
1. Donner un exemple de fonction homogène de degré 5.
2. Montrer qu’une fonction f différentiable sur Rn \{0} est homogène de degré α si et seulement si
elle vérifie l’identité d’Euler :
n
X ∂f
∀x ∈ Rn \{0}, xk (x) = αf (x).
∂xk
k=1

Indication : On pourra calculer ∂t f (tx) ainsi que la dérivée de t 7→ t−α f (tx).


Exercice 17. Différentiabilité au sens de Gâteaux
Soit U ⊂ Rn un ouvert, x0 ∈ U et f : U → R une application ayant au point x0 une dérivée directionnelle
∂f n ∂f
∂v (x0 ) suivant tout vecteur v ∈ R (on convient ici que →− (x0 ) = 0). L’application
∂0

∂f
Gfx0 : Rn → R, v 7→ Gfx0 (v) = (x0 )
∂v
est appelée la dérivée de Gâteaux de f en x0 .
1. On suppose dans cette question que n = 2 et on considère la fonction f : R2 → R définie par

 xy 2
6 (0, 0)
si (x, y) =
f (x) = x2 + y 2
0 si (x, y) = (0, 0).

∂f
(a) Montrer l’existence de ∂v (0, 0) pour tout vecteur v ∈ R2 .
(b) L’application Gf(0,0) est-elle linéaire ?
(c) f est-elle différentiable en (0, 0) ?
2. On dit que f est Gâteaux-différentiable, ou différentiable au sens de Gâteaux, au point x0 lorsque
Gfx0 existe et qu’elle est linéaire.

(a) Montrer que si f est différentiable en x0 , alors f est Gâteaux-différentiable en x0 .


(b) Supposons que f est différentiable en x0 , exprimer Gfx0 en fonction de Dx0 f .
3. On considère maintenant la fonction f définie sur R2 par

y4

si (x, y) 6= (0, 0)

f (x) = x + |x − y 2 |
2
0 si (x, y) = (0, 0).

Montrer que f est Gâteaux-différentiable en (0, 0) mais non-différentiable en (0, 0).

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