0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues75 pages

Concepts fondamentaux des nombres réels

Ce document présente une table des matières détaillée sur les mathématiques, notamment les ensembles de nombres réels, les suites et séries numériques, les limites, la continuité et la dérivabilité des fonctions.

Transféré par

yemmanuel.dzoke
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
13 vues75 pages

Concepts fondamentaux des nombres réels

Ce document présente une table des matières détaillée sur les mathématiques, notamment les ensembles de nombres réels, les suites et séries numériques, les limites, la continuité et la dérivabilité des fonctions.

Transféré par

yemmanuel.dzoke
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Table des matières

1 Ensemble des nombres réels 3


1.1 Principaux sous ensemble de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Propriétés fondamentales de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Éléments de la topologie de R :rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Intervalles de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.2 Distance entre deux réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.3 Voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

2 Suites et séries numériques 7


2.1 Suites numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.1.1 Monotonie ou sens de variation d’une suite . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.1.2 Suites majorée, minorée et bornée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.3 Démonstration par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.4 Convergence d’une suite : limite d’une suite . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.5 Sous-suites (ou suites extraites ou encore suites partielles) . . . . . . . 11
2.1.6 Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.7 Suites arithmétiques et géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.8 suites arithmético-géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.1 Définitions de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.2.2 Séries convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2.3 Étude de quelques séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.4 Opérations sur les séries . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

3 Limites-Continuité d’une fonction réelle à une variable réelle 21


3.1 Généralité sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.1.1 Opérations arithmétiques sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.1.2 Propriétés générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
3.1.3 Vocabulaire topologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.2.1 Limite à gauche, limite à droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.2.2 Limite d’une fonction composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.3 Limites et suites (Caractérisation séquentielle de la limite) . . . . . . . 27
3.2.4 Formes indéterminées dans le calcul de limite . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2.5 Quelques méthodes algébriques pour étudier une forme indéterminée 28
3.2.6 Passage à la Limite dans une inégalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
3.3 Comparaison locale de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

1
TABLE DES MATIÈRES Calcul différentiel dans R

3.4 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.4.1 Prolongement par continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.4.2 Propriétés des fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4.3 Fonctions continues strictement monotones . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.4.4 Continuité uniforme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37

4 Dérivabilité 43
4.1 Dérivée en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4.1.1 Dérivabilité en un point-Nombre dérivé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.1.2 Interprétation géométrique de la dérivabilité en un point . . . . . . . . 45
4.1.3 Différentiabilité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.1.4 Approximation affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.1.5 Dérivabilité en un point et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2 Fonction dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.1 Rappel : fonctions dérivées usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.2 Dérivées et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.3 Dérivée d’une composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.3 Principaux théorèmes du calcul différentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.1 Théorème de Rolle, théorème des accroissements finis . . . . . . . . . 52
4.3.2 Variation de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3.3 Monotonie d’une fonction dérivable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.3.4 Etude des extrémums pour une fonction dérivable . . . . . . . . . . . 55
4.4 Dérivées et calcul de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55

5 Fonctions trigonométriques inverses et fonctions hyperboliques 59


5.1 Théorèmes de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
5.2 Fonctions trigonométriques inverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
5.2.1 Fonction arc sinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
5.2.2 Fonction arc cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.2.3 Fonction arc tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . . . . . 62
5.3.1 Fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique . . . . . . . . . 62
5.3.2 Fonction tangente hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.3.3 Fonctions hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

6 Développements limités 69
6.1 Définition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
6.2 Développements limités et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
6.3 Développements limités généralisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.4 Applications des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.4.1 Calculs de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
6.4.2 Asymptôte oblique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 2


Chapitre 1

Ensemble des nombres réels

1.1 Principaux sous ensemble de R


1. L’ensemble N des nombres entiers naturels
N = {0, 1, 2, . . . , 1.000.000, . . .} .
Les éléments de N sont appelés des entiers naturels. On dit N est inductif car il
vérifie la propriété suivante :
Si n ∈ N, alors n + 1 ∈ N.
Propriété 1 (Autres propriétés de N) (a) ∀n, m ∈ N, n + m ∈ N et nm ∈ N.
(b) ∀n ∈ N∗ , n − 1 ∈ N.
(c) Soient n, m ∈ N, tels que n < m. Alors n + 1 6 m.
(d) Pour tout entier naturel n ∈ N, il n’existe aucun élément x ∈ N, tel que n < x <
n + 1.
(e) Pour tout entier naturel n ∈ N∗ , il n’existe aucun élément x ∈ N, tel que n − 1 < x <
n.
2. L’ensemble Z des nombres entiers relatifs
Soit N− = {−n, avec n ∈ N} . Alors
Z = N ∪ N− .
Propriété 2 Z est inductif, stable pour l’addition "+" et pour la multiplication "×".
3. L’ensemble Q des nombres rationnels
nm o nm o
Q= ; m ∈ Z, n ∈ Z∗ = ; m ∈ Z, n ∈ N∗ .
n n
Q est stable pour l’addition et pour la multiplication.
4. L’ensemble des nombres algébriques
Un nombre est dit algébrique s’il est racine d’un polynôme à coefficients dans Q
c’est-à-dire qu’il est solution d’une équation de la forme an x n + . . . + a1 x + a0 = 0
où a0 , a1 , . . . , an ∈ Q.
Tout nombre non rationnel est dit irrationnel.
Tout nombre non algébrique est dit transcendant.

3
1.2 Propriétés fondamentales de R Calcul différentiel dans R

1.2 Propriétés fondamentales de R


Définition 1.2.1 Soit A une partie de R i.e A ⊂ R.
1. A est dit majorée s’il existe un réel M tel que pour tout x ∈ A, x 6 M. On dit alors que le
réel M est un majorant de A.
2. A est dit minorée s’il existe un réel m tel que pour tout x ∈ A, x > m. Ici le réel m est un
minorant de A.
3. A est dit bornée si elle est à la fois minorée et majorée.

Remarque 1.2.2 Lorsqu’une partie A de R est majorée, elle admet une infinité de majorants. De
même lorsqu’elle est minorée, elle admet une infinité de minorants.

Définition 1.2.3 Soit X une partie non vide de R.


1. Un éléments a est appelé le plus petit élément ou le minimum de X si a ∈ X et ∀ x ∈ X, a 6
x. On écrira
a = min X = min x.
x∈X

2. Si b ∈ X et ∀ x ∈ X, x 6 b, alors on dit que b est le plus grand élément de X ou le maximum


de X et on note
b = max X = max x.
x∈X

Proposition 1 (Principe de la borne supérieure) Soit A ⊂ R tel que A 6= ∅ et majorée. Alors


l’ensemble de tous les majorants de A admet un plus petit élément M appelé borne supérieure de
A. On notera M = sup A ou M = sup x
x∈ A

Proposition 2 (Principe de la borne inférieure) Soit A ⊂ R tel que A 6= ∅ et minorée. Alors


l’ensemble de tous les minorants de A admet un plus grand élément m appelé borne inférieure de
A. On écrira m = inf A ou m = inf x.
x∈ A

Remarque 1.2.4 Le principe de la borne supérieure (resp. de la borne inférieure) peut s’énoncer
comme suit : tout sous ensemble non vide et majoré de R (resp. minoré de R) admet une borne
supérieure (resp. inférieure).

Théorème 1.2.5 .

1. M = sup A ⇔ ∀ε > 0, ∃ x ∈ A, tel que M − ε < x 6 M


2. m = inf A ⇔ ∀ε > 0, ∃ x ∈ A, tel que m 6 x < m + ε

Proposition 3 Tout sous ensemble non vide majoré de N admet un plus grand élément.

Proposition 4 Pour tout x ∈ R, il existe un unique k ∈ Z tel que k 6 x < (k + 1). L’entier
k est appelé partie entière de x. On le note [ x ] ou E( x ). Le réel { x } = x − [ x ] est appelé la partie
décimale du réel x. On a [ x ] 6 x < [ x ] + 1 et par conséquent 0 6 x − [ x ] < 1.

Exemple 1 {−2, 7} = −2, 7 − [−2, 7] = −2.7 + 3 = 0, 3.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 4


1.3 Éléments de la topologie de R :rappels Calcul différentiel dans R

1.3 Éléments de la topologie de R :rappels


1.3.1 Intervalles de R
Soit a, b ∈ R.

[ a, b] = { x ∈ R/a 6 x 6 b} : intervalle fermé, borné


] a, b[= { x ∈ R/a < x < b} : intervalle ouvert
] a, b] = { x ∈ R/a < x 6 b}
[ a, b[= { x ∈ R/a 6 x < b}
Pour chacun des intervalles I de bornes a, b précédents, le réel b − a est appelé "longueur
de l’intervalle". On écrira | I | = b − a. Ces intervalles précédents sont appelés intervalles
bornés. Les quatre intervalles suivants sont des intervalles non bornés.

[ a, +∞[= { x ∈ R/x > a}


] a, +∞[= { x ∈ R/x > a}
] − ∞, b] = { x ∈ R/x 6 b}
] − ∞, b[= { x ∈ R/x < b}

1.3.2 Distance entre deux réels


Soit a et b deux réels. la distance entre a et b, notée d( a, b), est la valeur absolue de la
différence entre a et b : d( a, b) = | a − b|
Propriété 3 La distance vérifie les propriétés suivantes :
1. Pour tout réel x, y, d( x, y) = | x − y| > 0.
2. Pour tout x, y ∈ R, | x − y| = 0 ⇔ x = y
3. Pour tout x, y ∈ R, | x − y| = |y − x |
4. Pour tout x, y, z ∈ R, | x − z| 6 | x − y| + |y − z|.

1.3.3 Voisinage d’un point


Définition 1.3.1 Voisinage.

• Soit x0 ∈ R. Une partie V de R est un voisinage de x0 s’il existe un intervalle ouvert


] a; b[ ( a, b ∈ R, a < b) de R tel que x0 ∈] a; b[ et ] a; b[⊂ V. Dans ce cours le voisinage de x0
sera noté Vx0 .
En particulier tout intervalle ouvert ] a; b[ tel que x0 ∈] a; b[ est un voisinage de x0 . Ainsi pour
tout δ > 0, l’intervalle ouvert ] x0 − δ, x0 + δ[ est un voisinage de x0 appelé un δ-voisinage
de x0 . Rappelons que si x0 ∈ R, alors Vx0 =] x0 − δ, x0 + δ[= { x ∈ R : | x − x0 | < δ}.
• si x0 est "+∞", alors les voisinages de x0 sont les intervalles de la forme
Vx0 =]α, +∞[= { x ∈ R : x > α}, pour α ∈ R ;
• si x0 est "−∞", alors les voisinages de x0 sont les intervalles de la forme
Vx0 =] − ∞, α[= { x ∈ R : x < α}, pour α ∈ R.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 5 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
1.3 Éléments de la topologie de R :rappels Calcul différentiel dans R

Remarque 1.3.2 1. Lorsque δ est très petit c’est-à-dire lorsque δ tend vers zéro, les éléments
de l’intervalle ] x0 − δ, x0 + δ[ sont très proche de x0 .
2. Tout intervalle ouvert ] a; b[ de R est voisinage de chacun des points qui lui appartient.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 6


Chapitre 2

Suites et séries numériques

Dans tout ce chapitre, K = R ou C.

2.1 Suites numériques


Définition 2.1.1 Soit I une partie de N. Une suite d’éléments de K est une application u de N
dans K. Les éléments u(n), avec n ∈ N, sont appelés les termes de la suite u. (un )n∈N .

Notation 2.1.2 • u(n) est souvent noté un . Pour n fixé dans I, un est appelé le terme d’indice
n de la suite.
• La suite u se note (un )n∈ I ou simplement (un )
• (un ) une suite d’éléments de K se note (un ) ⊂ K.

Définition 2.1.3 Si I ⊂ N avec I = {n0 , n0 + 1, n0 + 2, . . .} où n0 ∈ N, alors un0 , un0 +1 ,


un0 +2 ,. . . sont respectivement est le premier terme, le deuxième terme, le troisième terme, . . . de la
suite (un ).

Définition 2.1.4 Soit (un ) une suite d’éléments de K. On dit que (un ) est une suite réelle (respec-
tivement complexe) si∀n ∈ N, un ∈ R (respectivement un ∈ C).

Désormais, dans ce chapitre, il ne s’agira que des suites réelles.

2.1.1 Monotonie ou sens de variation d’une suite


Définition 2.1.5 Soit (un )n∈ I une suite réelle. On dit que (un ) est croissante (respectivement dé-
croissante)
si ∀n ∈ I, un 6 un+1 (respectivement un+1 6 un ).

Définition 2.1.6 Une suite (un )n∈ I d’éléments de R est constante s’il existe c ∈ R tel que ∀n ∈
I, un = c.

Théorème 2.1.7 Une suite (un )n∈ I d’éléments de R est constante si et seulement si ∀n ∈ I, un+1 =
un .

7
2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

Définition 2.1.8 Une suite (un )n∈ I est dit stationnaire si


∃n0 ∈ N, ∃c ∈ R, ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un = c.
, n ∈ N∗ .
5
Exemple 2 un = n

u1 = 5, u2 = 2, u3 = 1, u4 = 1, u5 = 1, u6 = u7 = . . . = 0.

2.1.2 Suites majorée, minorée et bornée


Soit (Un )n∈ I , I ⊂ N, une suite de nombre réels.
— (Un )n∈ I est majorée si ∃ M ∈ R, ∀n ∈ I, Un 6 M.
— (Un )n∈ I est minorée si ∃m ∈ R, ∀n ∈ I, Un > m.
— (Un )n∈ I est bornée si elle est à la fois majorée et minorée, c’est-à-dire ∃ M ∈ R, ∀n ∈
I, |Un | 6 M.

2.1.3 Démonstration par récurrence


C’est une méthode utilisée dans la démonstration de certaines propriétés définies à par-
tir des suites. Pour démontrer, par récurrence, qu’une propriété Pn est vraie pour tout entier
n ∈ I, il faut procéder par les trois (3) étapes suivantes :
1. Il faut d’abord montrer que la propriété est vraie pour le premier rang.
2. Ensuite il faut supposer que la propriété est vraie jusqu’au rang k : c’est ce qu’on
appelle hypothèse de récurrence. Et montrer que la propriété est vraie au rang k + 1.
3. Enfin il faut conclure que la propriété est vraie pour tout entier n.

2.1.4 Convergence d’une suite : limite d’une suite


Une suite (Un ) étant une application, donc une fonction, on peut parler de limite d’une
suite. Pour une suite (Un ), la limite se calcule toujours en +∞.
Définition 2.1.9 (Convergence d’une suite) Soit (un ) ⊂ R. Un réel ` est limite de la suite (un )
si

∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n > n0 , |un − `| 6 ε.


On note ` = lim un .
n→+∞

Définition 2.1.10 Une suite réelle (Un ) est dite convergente ou converge vers ` si ` ∈ R. Elle est
dite divergente si la limite est infinie.
1
Exemple 3 Soit (un )n∈N∗ une suite telle que un = . En utilisant la définition de la limite d’une
n
suite, montrons que lim un = 0.
n→+∞

Théorème 2.1.11 1. La limite d’une suite réelle, lorsqu’elle existe, est unique.
2. Toute suite stationnaire est convergente.
Théorème 2.1.12 Toute suite convergente est bornée.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 8


2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

Propriétés liant les limites aux opérations


Soient (un ) et (vn ) deux suites.
Définition 2.1.13 On appelle somme (resp produit) de deux suites, la suite (un + vn ) (resp.
(un .vn )
Proposition 5 Si un → ` et vn → `0 , alors
a) un + vn → ` + `0
b) un .vn → `.`0
c) uvnn → ``0 si `0 6= 0.

Proposition 6 Soient (un ) et (vn ) deux suites et ` et `0 deux réels.


a) On suppose que un → ` et vn → `0 . Si ` < `0 , alors ∃n0 ∈ N, ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un <
vn .
b) On suppose qu’il existe n0 ∈ N tel que ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un 6 vn . Alors, (un → ` et
vn → `0 ) ⇒ ` 6 `0 .
c) On suppose qu’il existe n0 ∈ N tel que ∀n ∈ N, n > n0 ⇒ un < vn . Alors, (un → ` et
vn → `0 ) ⇒ ` 6 `0 .
d) S’il existe B ∈ R tel que un < B à partir d’un certain rang, alors un → ` ⇒ ` 6 B.
e) S’il existe B ∈ R tel que un 6 B à partir d’un certain rang, alors un → ` ⇒ ` 6 B.
f) Soit (wn ) une suite de réels tels que un 6 wn 6 vn à partir d’un certain rang. Alors un → `
et vn → ` ⇒ wn → `.
Définition 2.1.14 Soit (un ) une suite. On dit que (un ) est une suite de Cauchy si
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀( p, q) ∈ N2 , p > n0 , q > n0 ⇒ |u p − uq | 6 ε. (2.1.1)
.
Remarque 2.1.15 (2.1.1) peut encore s’écrire :
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀( p, q) ∈ N2 , p > n0 ⇒ |u p+q − u p | 6 ε. (2.1.2)
.

Théorèmes de convergence d’une suite


Théorème 2.1.16 (Cauchy) Soit (un ) ⊂ K. Alors la suite (un ) converge si et seulement si elle est
de Cauchy.
Théorème 2.1.17 (Weierstrass) Soit (un ) une suite de nombres réels.
1. Si (un ) est croissante, alors elle converge si et seulement si elle est majorée.
Lorsque la suite croissante converge, alors sa limite est ` = sup un .
n ∈N
2. Si (un ) est décroissante, alors elle converge si et seulement si elle est minorée.
Lorsque la suite décroissante converge, alors sa limite est ` = inf un .
n ∈N

Remarque 2.1.18 Lorsqu’une suite croissante ne converge pas, elle tend forcément vers +∞ et
lorsqu’une suite décroissante ne converge pas, elle tend vers −∞.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 9 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

Condition nécessaire et suffisante de convergence d’une suite de réels


Proposition 7 Soit (un ) ⊂ K. Si (un ) est convergente alors (un ) est bornée. La réciproque est en
général fausse.

Exemple 4 La suite (un ) ⊂ R définie par un = (−1)n ∀n ∈ N est bornée mais ne converge pas.

Définition 2.1.19 (Limite supérieure et limite inférieure d’une suite réelle ) .


Soit (un ) ⊂ R .
1. Si (un ) est minorée, alors la suite v, définie pour entier naturel n par vn = inf uk , est bien
k >n
définie et est croissante.
(a) Si (vn ) est majoré, alors elle converge. Sa limite est appelée limite inférieure de la suite
(un ) et est notée lim uk .
k→∞

lim uk = lim vn = lim inf uk = sup inf uk .


k→∞ n→∞ n → ∞ k >n n ∈N k >n

(b) Si (vn ) n’est pas majorée, alors on écrira par convention que lim uk = +∞.
k→∞
Remarque 2.1.20 Dans le cas où la suite (un ) n’est pas minorée, alors on a vn =
inf uk = −∞ et par convention on écrira lim uk = −∞. En effet, si (un ) n’est pas
k >n k→∞
minorée, alors ∀k ∈ N, ∃nk ∈ N, tel que unk < −k. Sans perte de généralités, suppo-
sons qu’on a n0 < n1 < . . . < nk < . . .. Il est clair que la sous suite (unk ) tend vers
−∞. Ainsi lim uk = −∞.
k→∞
2. Si (un ) est majorée, alors la suite w, définie pour entier naturel n par wn = sup uk , est bien
k >n
définie et est décroissante.

(a) Si (wn ) est minorée, alors elle converge. Sa limite est appelée limite supérieure de la
suite (un ) et est notée lim uk .
k→∞

lim uk = lim wn = lim sup uk = inf sup uk .


k→∞ n→∞ n→∞ n ∈N k >n
k >n

(b) Si (wn ) n’est pas minorée, alors on écrira par convention que lim uk = −∞.
k→∞
Remarque 2.1.21 Dans le cas où la suite (un ) n’est pas majorée, alors on a wn =
sup uk = +∞ et par convention on écrira lim uk = +∞.
k >n k→∞

Proposition 8 (Relation entre les limites inférieure et supérieure) .

* limun 6 limun
* lim(−un ) = −limun (Pour la preuve, utiliser la propriété sup(− ai ) = − inf( ai ))
* Soient ( an ) et (bn ) des suites réelles. si ∀n ∈ N, an 6 bn , alors
liman 6 limbn et liman 6 limbn .

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 10


2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

2.1.5 Sous-suites (ou suites extraites ou encore suites partielles)


Définition 2.1.22 Soient (un ) une suite d’éléments de K et (nk )k∈N une suite d’entiers naturels
tels que
n0 < n1 < n2 < . . . < n k < . . .
Alors la suite (unk )k∈N est une sous-suite de la suite (un ).

Remarque 2.1.23 Pour se donner une sous-suite de la suite (un ), il suffit de se donner
 une appli-
cation strictement croissante ϕ : N → N. La sous- suite dans ce cas est alors u ϕ(k) .

Proposition 9 Toute suite bornée admet une sous-suite convergente.

Définition 2.1.24 Un réel ` est appelé limite partielle d’une suite (un ) s’il est limite d’une suite
extraite de (un ).

Théorème 2.1.25 Pour toute suite donnée (un ), la limite sup (resp la limite inf) est la plus grande
(resp plus petite) limite partielle de la suite (un ).

Théorème 2.1.26 Une suite converge vers un réel ` si et seulement si toutes ses sous suites convergent
vers `.

Théorème 2.1.27 Soit un ) une suite de réels. Alors (un ) converge ou tend vers −∞ ou +∞ si et
seulement si limun = limun .

Exemple 5 En utilisant les limites inférieure et supérieur des suites (un ) et (vn ) définies respecti-
vement par (−1)n et cos nπ

3 .

2.1.6 Suites adjacentes


Définition 2.1.28 Deux suites réelles (un ) et (vn ) sont dites adjacentes si l’une est croissante,
l’autre décroissante et si lim (un − vn ) = 0.
n→∞

Théorème 2.1.29 Soient (un ) et (vn ) deux suites adjacentes telles que (un ) croissante et (vn )
décroissante. Alors
∀n, un 6 vn .

Théorème 2.1.30 Deux suites adjacentes sont convergentes et convergent vers la même limite.

Exercice
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites de termes général
n
1 1
un = ∑ k!
et vn = un +
n.n!
.
k =0

1. Montrer que ces suites sont adjacentes.


2. Déterminer leur limite commune.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 11 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

Résolution Pour tout n ∈ N, on a :


n +1 n
1 1 1
u n +1 − u n = ∑ −∑ =
k k =0 k ( n + 1) !
> 0.
k =0

1 1
v n +1 − v n = u n +1 − u n + −
(n + 1).(n + 1)! n.n!
1 − n2 − n − 1
= +
(n + 1)! n.(n + 1).(n + 1)!
−1
= < 0.
n.(n + 1).(n + 1)!
De plus on a pour tout n ∈ N,
1
vn − un = −→ 0.
n.n! n→+∞
Ainsi les suites (un )n∈N et (vn )n∈N sont adjacentes.

2.1.7 Suites arithmétiques et géométriques


Suites particulières Suite arithmétique Suite géométriq
Un+1
Définition Un+1 − Un = r ou Un+1 = Un + r ; = q ou Un+1 =
Un
r est la raison de la suite q est la raison de l
Expression explicite Un = U p + (n − p)r Un = U p × q(n−
U p est un terme de la suite U p est un terme de
Relation entre les termes
Un−1 + Un+1
Un−1 , Un , Un+1 Un = Un2 = Un−1 × U
2
(U + Un ) 1 − q ( n − k +1)
Sn = Uk + Uk+1 + . . . + Un Sn = ( n − k + 1) k Sn = Uk ×
2 1−q

Sn = (n − k + 1)Uk po
n ( n +1)
Cas particuliers Sn = 1 + 2 + . . . + n = 2 Sn = 1 + q + q2 + . . . + q n =
Convergence *Si r > 0, alors lim Un = +∞ * Si |q| < 1, alors lim
n→+∞ n→+
* Si r < 0, alors lim Un = −∞ (Un ) converg
n→+∞

(Un ) diverge * Si q > 1, alors lim


n→+∞
(Un ) diverge

2.1.8 suites arithmético-géométriques


Soit ( a, b) ∈ R2 avec a 6= 0. On appelle suite arithmético- géométrique une suite donnée
par une relation de récurrence du type un+1 = aun + b. Ces suites généralisent le cas des

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 12


2.1 Suites numériques Calcul différentiel dans R

suites géométriques (b = 0) et des suites arithmétiques ( a = 1). Leur étude se ramène


toujours aux deux cas précédents. Si a = 1, on a donc une suite arithmétique que l’on
sait étudier. Sia 6= 1, l’équation dite aux limites possibles ` = a` + b possède une unique
solution qui est ` = 1−b a . On pose alors vn = un − ` et on prouve facilement que (vn ) est
une suite géométrique de raison a. Ainsi, pour tout entier n, on a vn = an v0 ce qui donne

un = an (u0 − `) + `.
Exercices
2en + 1
Exercices 1 1. Vérifier que la suite (Un )n∈ N définie par Un = est minorée par 2.
en
2. (a) Montrer par récurrence que la suite (Vn ) définie par

 V0 = −3

Vn+1 = 3Vn + 4

est majorée par -2.


(b) En déduire le sens de variation de la suite (Vn )

Exercices 2 1. On considère la suite (Un ) définie par :


1
U0 = et ∀n ∈ N, Un+1 = (1 − Un )2 .
2
Montrer par récurrence que ∀n ∈ N, 0 < Un < 1.
2. On considère la suite (Un )n∈N∗ définie par :
Un − 10
U1 = 1 et ∀n ∈ N∗ , Un+1 = .
Un − 6
Montrer par récurrence que ∀n ∈ N∗ , Un < 2.

Exercices 3 On considère les suites (Un ) et (Vn ) définies pour tout entier naturel n par :

U0 = 0 V0 = 2
( (
3Un + Vn et 3Vn + Un
Un+1 = Vn+1 =
4 4
1. On considère la suite (Wn ) définie par Wn = Un + Vn . Vérifier que la suite (Wn ) est
constante et donner la valeur de cette constante.
2. On considère la suite (dn ) définie pour tout entier naturel n par dn = Vn − Un .
(a) Montrer que la suite (dn ) est géométrique.
(b) Donner l’expression de dn en fonction de n.
3. En utilisant les questions précédentes, donner l’expression de Un et Vn en fonction de n.
4. Calculer les sommes suivantes :

Sn = d1 + d2 + . . . + d n ; Sn0 = U1 + U2 + . . . + Un ; Sn00 = V1 + V2 + . . . + Vn .

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 13 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

Exercices 4 On considère la suite (Un ) définie pour tout entier naturel n par :

 U0 = 1
Un
 Un+1 =
1 + Un
1. Calculer U1 , U2 et U3 . La suite (Un ) est-elle arithmétique ? géométrique ?
1
2. On pose Vn = . Montrer que la suite (Vn ) est une suite arithmétique dont on précisera
Un
la raison et le premier terme.
3. Exprimer Vn puis Un en fonction de n.
4. Calculer la somme Sn = V0 + V1 + . . . + Vn en fonction de n.
Exercices 5 On considère les suites (Un ) et (Vn ) définies pour tout entier naturel non nul n par :
U1 = 1 V1 = 12
( (
Un + 2Vn et Un + 3Vn
Un+1 = Vn+1 =
3 4
1. On pose Wn = Vn − Un .
(a) Montrer que la suite (Wn ) est une suite géométrique dont on précisera la raison et le
premier terme.
(b) Donner l’expression de Wn en fonction de n puis calculer la limite de Wn .
2. Vérifier que ∀n ∈ N∗ , Un < Vn .
3. Montrer que les suites Un et Vn sont respectivement croissante et décroissante.
4. Déduire à partir des questions 2., 3. et 1.(b) que les suites (Un ) et (Vn ) sont convergentes et
qu’elles convergent vers la même limite l.
5. On pose ∀n ∈ N∗ , tn = 3Un + 8Vn . Montrer que la suite (tn ) est constante. En déduire la
limite l des suites (Un ) et (Vn ).

2.2 Séries numériques


2.2.1 Définitions de base
Définition 2.2.1 Soit (un ) une suite d’éléments de K.
Posons :
s0 = u0
s1 = u0 + u1
s2 = u0 + u1 + u2
..
.
n
s n = u0 + u1 + . . . + u n = ∑ uk
k =0

On obtient alors une nouvelle suite (sn )n∈N d’éléments de K.


On appelle série définie par la suite (un ) ou série de terme général un , le couple de suites
((un )n∈N , (sn )n∈N ). Elle est notée ∑ un .

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 14


2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

n
Définition 2.2.2 La suite (sn )n∈N de terme général sn = ∑ uk est appelée la suite des sommes
k =0
partielles de la série de terme général un .

Définition 2.2.3 * Si la suite (un )n∈N est à valeurs réelles, alors la série ∑ un est appelée
série réelle.
* Si la suite (un )n∈N est à valeurs complexes, alors la série ∑ un est appelée série complexe.

Définition 2.2.4 Soit (un )n>n0 une suite, à valeurs dans K, définie à partir d’un rang n0 ∈ N∗ .
La série ∑ vn où (vn )n∈N est définie par v0 = v1 = . . . = vn0 −1 = 0, et vn = un pour tout
n > n0 , est aussi appelée série de terme général un et notée ∑ un .
n>n0
La suite (s0n )n∈N des sommes partielles de cette série est donnée par son terme général par
n
∀n ∈ N, n > n0 =⇒ s0n = ∑ uk .
k = n0

Définition 2.2.5 Soit ∑ un une série à valeurs dans K. La série ∑ un est dite déduite de ∑ un
n>n0
par troncature au rang n0 .
Si (sn )n∈N et (s0n )n>n0 sont des suites des sommes partielles des séries ∑ un et ∑ un respective-
n>n0
ment, alors
∀n ∈ N, n > n0 =⇒ s0n = sn − sn0 −1 .

2.2.2 Séries convergentes


Définition 2.2.6 La série ∑ un est dite convergente si et seulement si la suite (sn )n∈N des sommes
partielles est convergente.
Lorsque la série ∑ un n’est pas convergente (c’est-à-dire lorsque la suite (sn )n∈N ne converge pas),
on dit que ∑ un est divergente. Si la série ∑ un est convergente, alors la limite ` de la suite (sn )n∈N
+∞
est appelée somme de la série ∑ un et est notée ∑ un :
n =0

n
` = lim sn = lim
n→+∞ n→+∞
∑ uk .
k =0

n
Définition 2.2.7 La série ∑ un converge si et seulement si la suite (s0n )n>n0 (s0n = ∑ uk ) est
n>n0 k = n0
+∞
convergente. Dans le cas où ∑ un converge, sa somme est notée ∑ un et on a :
n>n0 n = n0

+∞ n
∑ un = lim s0n = lim
n→+∞ n→+∞
∑ uk .
n = n0 k = n0

Étudier la nature d’une série reviens à déterminer si la série est convergente ou divergente.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 15 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

+∞
1
Exemple 6 Étudier la nature de la série
n ( n + 1)
. ∑
n =1
1
Il s’agit de la série de terme général un = .
n ( n + 1)
1 1
On remarque un = − pour tout entier n > 1.
n n+1
1
D’où sn = u1 + u2 + · · · + un = 1 − et lim sn = 1. La suite (sn ) des sommes partielles est
n+1 n
alors convergente et sa limite est 1. On en déduit que la série ∑ un est convergente et sa somme est
n >1
1.
+∞
1
Ainsi, ∑ n ( n + 1 )
= 1.
n =1

Propriété 4 .

1. Soit ∑ un une série ; Pour tout entier naturel n0 fixé supérieur ou égal à 1, on considère la
série ∑ un déduite de la série ∑ un en supprimant les n0 premiers termes de la suite (un )
n>n0
c’est-à-dire en supprimant u0 , u1 , . . . , un0 −1 .
Alors les séries ∑ un et ∑ un sont de même nature c’est-à-dire ∑ un converge si et
n>n0
seulement si ∑ un converge. Dans le cas où les séries ∑ un et ∑ un convergent, on a
n>n0 n>n0
+∞ +∞
∑ un 6= ∑ un .
n =0 n = n0
2. Soit ∑ un une série. Soit ∑ vn une série la série obtenue à partir de la série ∑ un en modifiant
les n0 premiers termes de la suite (un ).
Alors les séries ∑ un et ∑ vn sont de même nature. Dans le cas où les séries ∑ un et ∑ vn
n
+∞ +∞
convergent, on a ∑ un 6= ∑ vk .
n =0 k =0

Reste d’une série convergente


Soient ∑ un (resp ∑ un ) une série convergente et p un entier naturel. Pour p > 0
n>n0
(resp p > n0 ), On appelle reste d’ordre p de la série ∑ un (resp ∑ un ), l’élément de K
n>n0
+∞ +∞
noté r p définit par r p = ∑ un . *Si ∑ un converge, alors pour tout p > 0, r p = ∑ un −
n = p +1 n =0
p
 
sp s p = ∑ un .
n =0
+∞ p
 
*Si ∑ un converge, alors pour tout p > n0 , r p = ∑ un − s0p s0p = ∑ un .
n>n0 n = n0 n = n0

+∞
Propriété 5 Soit rn = ∑ uk le reste d’ordre n de la série ∑ un ou de ∑ un . Alors lim rn =
k = n +1 n>n0 n→+∞
0

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 16


2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

Conditions nécessaires de convergence d’une série

Théorème 2.2.8 (Critère de Cauchy) Soit ∑ un une série à valeurs dans K. ∑ un est convergente
si et seulement si la suite des sommes partielles (sn ) qui lui est associée est de Cauchy c’est-à-dire

∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀ p, q ∈ N, p > N, q > N ⇒ |s p − sq | 6 ε

ou
∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀n ∈ N, ∀ p ∈ N, n > N ⇒ |sn+ p − sn | 6 ε

Remarque 2.2.9 On déduit du théorème 2.2.8 que si la série ∑ un est convergente, alors

∀ε > 0, ∃ N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N ⇒ |s2n − sn | 6 ε.

Cela signifie que si la série ∑ un est convergente, alors la suite (σn ) d’éléments de K définie par
σn = s2n − sn tend vers 0. Ainsi pour que la série ∑ un soit convergente, il est nécessaire (mais non
suffisante) que la suite σn = s2n − sn converge vers 0. Autrement dit, si lim σn = lim s2n −
n→+∞ n→+∞
sn 6= 0, alors la série ∑ un n’est pas convergente.

+∞
1
Exemple 7 Soit la série numérique
n ∑
appelée série harmonique. On a
n =1
1 1 1 1 1
σn = s2n − sn = +···+ > n· = . D’où lim σn > . Donc lim σn 6= 0.
n+1 2n 2n 2 n 2 n
Ainsi, la série harmonique est divergente.

Théorème 2.2.10 Soit une série ∑ un à valeurs dans K. Si ∑ un est convergente, alors lim un =
n→+∞
0.

Remarque 2.2.11 Le théorème 2.2.10 donne une condition nécessaire (mais non suffisante)
de convergence d’une série.

Exemple 8 l’exemple 7 précédent montre que le théorème 2.2.10 ne donne pas une condition suffi-
sante de convergence d’une série car lim un = lim n1 = 0 et pourtant la série harmonique est
n→+∞ n→+∞
divergente.

Remarque 2.2.12 On applique le théorème 2.2.10 pour mettre en évidence des divergences. En
effet, si lim un 6= 0, alors la série ∑ un est divergente.
n→+∞

en
Exemple 9 La série de terme général un = n (n > 1) diverge car lim un 6= 0.
n→+∞

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 17 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

2.2.3 Étude de quelques séries


Série géométrique
On appelle série géométrique, une série de terme général un = kn , où k ∈ C et est fixé.
Pour tout n ∈ N, sn =u0 + u1 + . . . + un
= k0 + k + k2 + · · · + k n

1 − k n +1
pour k 6= 1



= 1 − k .


n + 1 pour k = 1

• Si k = 1, lim sn = +∞. La série ∑ kn est alors divergente (elle est même grossière-
n→+∞
ment divergente puisque lim kn = 1 6= 0.).
n→+∞
• Si |k| > 1, alors kn ne tend pas vers 0, donc la série ∑ kn est grossièrement divergente.
• Si k = −1, alors (−1)n ne tend pas vers 0. La série ∑ kn est alors grossièrement
divergente.
1
• Si |k| < 1, alors lim sn = ∈ K, la série ∑ kn est convergente et sa somme
n→+∞ 1−k n =0
est
+∞
1
∑ kn = 1 − k
n =0
.
Conclusion : La série géométrique ∑ kn est convergente si |k | < 1 et est divergente
n =0
si |k | > 1.

an
Série de terme général ( a ∈ C, n ∈ N∗ )
n
an an
• Si | a| > 1, on a → +∞ (d’après les croissances comparées). Donc ∑ est
n n >1
n
grossièrement divergente.
an 1
• Si a = 1, alors la série ∑ = ∑ qui est la série harmonique (déjà étudier (voir
n >1
n n >1
n
exemple 7)). Donc elle divergente.
+∞ n
a an
• Si −1 < a < 1. On sait que ∑ = − ln(1 − x ). Ainsi la série ∑ converge si
n =1
n n>1
n
−1 < a < 1.
an (−1)n
• Si a = −1, alors on a ∑ = ∑ . Cette série est appelée série harmonique
n >1
n n >1
n
alternée. R1
Sachant que 1k = 0 tk−1 dt, il vient :
!
n n
(−1)k+1 1 − (−t)n (−t)n
Z 1 Z 1 Z 1
sn = ∑ = ∑ (− t ) k −1
dt = dt = ln 2 + dt.
k =1
k 0 k =1 0 1 + t 0 1 + t

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 18


2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

(−t)n
Z 1
L’intégrale dt tend vers 0 lorsque n tend vers +∞. En effet,
0 1+t

(−t)n
Z 1 Z 1
1
dt 6 tn dt = .
0 1+t 0 n+1

Ainsi la suite des sommes partielles (sn ) tend vers ln 2. On a alors,


+∞
(−1)n
∑ n = ln 2.
n =1

Série dont le terme général s’écrit sous la forme un = hn+1 − hn


Soit (hn ) une suite d’éléments de K et (un ) la suite définie par ∀n ∈ N, un = hn+1 − hn .

Proposition 10 La série de terme générale un est convergente si et seulement si la suite (hn ) est
convergente.

En effet la suite des sommes partielles est donnée par

s n = u 0 + u 1 + . . . + u n = h n +1 − h 0 .

Il est donc clair que (sn ) converge si et seulement si (hn ) converge. Dans le cas de la conver-
gence, on a
+∞ +∞
∑ un = ∑ (hn+1 − hn ) = −h0 + n→+
lim hn .

n =0 n =0
 
∑ un avec un = ln
n ( n +2)
Exemple 10 (Étude de la série ( n +1)2
) .
n >1
 
n n +1 n
 
On remarque que ∀n ≥ 1, un = ln n+ 1 − ln n+2 . En posant hn = ln n+1 , on a
un = hn − hn+1 . Dès lors, la suite des sommes partielles de la série de terme général un est donnée
par
n  
n+1
sn = ∑ uk = u1 + u2 + . . . + un = h1 − hn+1 = − ln(2) + ln .
k =1
n+2
 
Comme lim hn+1 = lim ln nn+ +2
1
= 0, alors la suite (sn ) converge vers − ln 2. La série
 n→+∞  n→+∞
n ( n + 2)
∑ ln (n + 1)2 est donc convergente et on a
n >1

+∞  
n ( n + 2)
∑ ln ( n + 1)2
= − ln 2.
n =1

2.2.4 Opérations sur les séries


Définition 2.2.13 Soient ∑ un et ∑ vn deux séries à valeurs dans K.
1. On appelle somme des séries ∑ un et ∑n vn , la série de terme général un + vn .

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 19 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
2.2 Séries numériques Calcul différentiel dans R

2. On appelle produit par λ de la série ∑ un , a série de terme général λun .

Proposition 11 • Si ∑ un et ∑ vn convergent alors la série ∑(un + vn ) converge et on a


+∞ +∞ +∞
∑ (un + vn ) = ∑ un + ∑ vn .
n =0 n =0 n =0

• Si la série ∑ un est convergente et la série ∑ vn est divergente, alors la série ∑(un + vn )


diverge.
+∞
• Si ∑ un est convergente, alors ∀λ ∈ K, la série ∑ λun est convergente et on a ∑ λun =
n =0
+∞
λ ∑ un .
n =0
• Si λ 6= 0, alors la série ∑ un est convergente si et seulement si la série ∑ λun est convergente.

(−1)n + n
Exemple 11 Étudier la nature de la série ∑ un avec un = , n ∈ N∗ .
n
Remarque 2.2.14
• Si les séries ∑ un et ∑ vn sont divergentes, alors la série ∑(un + vn ) peut être convergente ou non.
 
n 1 n
Exemple 12 Les séries ∑ 2 et ∑ − 2 divergent, mais leur somme converge et sa somme
2n
est 2.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 20


Chapitre 3

Limites-Continuité d’une fonction réelle à


une variable réelle

3.1 Généralité sur les fonctions


Soient A et B deux ensembles ;

Définition 3.1.1 Une relation f qui lie les éléments de A à ceux de B est une fonction de A vers B
et on note f : A → B si à chaque élément de A, la relation f associe zéro ou un seul élément de B.
On écrit y = f ( x ) pour signifier que y est l’élément de B qui est associé à l’élément x de A par f .
On dit alors que y est l’image de x par f et que x est un antécédent de y par f .
L’ensemble des éléments de A qui admettent une image dans B est appelé l’ensemble de définition de
f ; il est souvent noté D f .

Remarque 3.1.2 1. Si f ( x0 ) = y0 , on dit que f atteint la valeur y0 en x0 . L’ensemble des


valeurs atteintes par f est appelé l’image de f .
2. Une fonction réelle d’une variable réelle est une fonction dont les ensembles de départ et
d’arrivé A et B sont des parties de R.
3. Si f est fonction de A vers B et D f = A, alors on dit que f est une application.

Exemples
Les fonctions f , g et h définies de R vers R par

f ( x ) = x2 , g( x ) = sin x et h( x ) = exp( x )

ont respectivement pour images [0, +∞[, [−1, 1] et ]0, +∞[.

3.1.1 Opérations arithmétiques sur les fonctions


Les fonctions f + g, f − g et f g sont définies sur D f ∩ Dg par

( f + g)( x ) = f ( x ) + g( x ),

( f − g)( x ) = f ( x ) − g( x )

21
3.1 Généralité sur les fonctions Calcul différentiel dans R

et ( f g)( x ) = f ( x ) g( x ).
f
Le quotient g est définie par
 
f f (x)
(x) =
g g( x )
pour tout x dans D f ∩ Dg tel que g( x ) 6= 0.

Exemple
√ √
Si f ( x ) = 4 − x2 et g( x ) = x − 1, alors D f = [−2, 2] et Dg = [1, +∞[. f + g, f − g et
f g sont définies sur D f ∩ Dg = [1, 2] par
p √
4 − x2 + x − 1,
( f + g)( x ) =
p √
( f − g)( x ) = 4 − x2 − x − 1
p √ q
et ( f g)( x ) = 4 − x2 x − 1 = (4 − x2 )( x − 1).
f
Le quotient g est définie sur ]1,2] par

√ s
4 − x2 4 − x2
 
f
(x) = √ = .
g x−1 x−1

3.1.2 Propriétés générales


Soit f une fonction réelle d’une variable réelle d’ensemble de définition définie sur D f =
D.
f est dite :
1. Constante sur D, si ∀( x, x 0 ) ∈ D2 , f ( x ) = f ( x 0 ). Dans ce cas, il existe a ∈ R tel que
∀ x ∈ D, f ( x ) = a et on dit que f est la fonction constante a. On dit que f est la
fonction nulle sur D si ∀ x ∈ D, f ( x ) = 0.
2. majorée sur D si ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ D, f ( x ) ≤ M. (On dit alors que M est un majorant
de f ou M majore f ou f est majorée par M. )
Lorsque f est majorée sur D, il existe un réel M0 qui est le plus petit des éléments
qui majorent f . Cet élément M0 est appelé la borne supérieure de f sur D notée

sup f = sup f ( x ) = sup{ f ( x ) | x ∈ D } = M0 .


D x∈D

Si cette borne supérieure est atteinte, c-à-d s’il existe x0 ∈ D tel que M0 = f ( x0 ) =
supD f alors on dit que M0 = f ( x0 ) est le maximum de f sur D noté

max f = max f ( x ) = max{ f ( x ) | x ∈ D } = M0 .


D x∈D

On dit que le maximum M0 est atteint en x0 .

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 22


3.1 Généralité sur les fonctions Calcul différentiel dans R

3. minorée sur D : si ∃m ∈ R, ∀ x ∈ D, m ≤ f ( x ). (On dit alors que m est un minorant


de f ou m minore f ou f est minorée par m. )
Lorsque f est minorée sur D, il existe un réel m0 qui est le plus grand des éléments
qui minorent f . Cet élément m0 est appelé la borne inférieure de f sur D notée
inf f = inf f ( x ) = inf{ f ( x ) | x ∈ D } = m0 .
D x∈D

Si cette borne inférieure est atteinte, c-à-d s’il existe x0 ∈ D tel que m0 = f ( x0 ) =
infD f alors on dit que m0 = f ( x0 ) est le minimum de f sur D noté
min f = min f ( x ) = min{ f ( x ) | x ∈ D } = m0 .
D x∈D

On dit que le minimum m0 est atteint en x0 .


4. bornée sur D si f est à la fois majorée et minorée sur D. On note que f est bornée si,
et seulement si, | f | est majorée.
5. paire sur D si ∀ x ∈ D, − x ∈ D, et f (− x ) = f ( x )
Dans ce cas l’étude de f pourra se faire sur l’ensemble D ∩ [0, +∞[.
6. impaire sur D si ∀ x ∈ D, − x ∈ D, et f (− x ) = − f ( x )
Dans ce cas l’étude de f pourra se faire sur l’ensemble D ∩ [0, +∞[.
7. périodique de période T sur D : si ∀ x ∈ D, x + T ∈ D, et f ( x + T ) = f ( x )
Dans ce cas l’étude de f pourra se faire sur un intervalle d’amplitude T inclus dans
D. Par exemple [0, T ].
8. lipschitzienne sur D s’il existe k ∈ R+ tel que
∀( x, x 0 ) ∈ D2 , | f ( x ) − f ( x 0 )| ≤ k| x − x 0 |.
Si k < 1, on dit que f est contractante.

3.1.3 Vocabulaire topologique


Voisinage d’un point
Définition 3.1.3 Voisinage.

• Soit x0 ∈ R. Une partie V de R est un voisinage de x0 s’il existe un intervalle ouvert


] a; b[ ( a, b ∈ R, a < b) de R tel que x0 ∈] a; b[ et ] a; b[⊂ V. Dans ce cours le voisinage de x0
sera noté Vx0 .
En particulier tout intervalle ouvert ] a; b[ tel que x0 ∈] a; b[ est un voisinage de x0 . Ainsi pour
tout δ > 0, l’intervalle ouvert ] x0 − δ, x0 + δ[ est un voisinage de x0 appelé un δ-voisinage
de x0 . Rappelons que si x0 ∈ R, alors Vx0 =] x0 − δ, x0 + δ[= { x ∈ R : | x − x0 | < δ}.
• si x0 est "+∞", alors les voisinages de x0 sont les intervalles de la forme
Vx0 =]α, +∞[= { x ∈ R : x > α}, pour α ∈ R ;
• si x0 est "−∞", alors les voisinages de x0 sont les intervalles de la forme
Vx0 =] − ∞, α[= { x ∈ R : x < α}, pour α ∈ R.
Remarque 3.1.4 1. Lorsque δ est très petit c’est-à-dire lorsque δ tend vers zéro, les éléments
de l’intervalle ] x0 − δ, x0 + δ[ sont très proche de x0 .
2. Tout intervalle ouvert ] a; b[ de R est voisinage de chacun des points qui lui appartient.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 23 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.2 Limites Calcul différentiel dans R

Adhérence
Soit A une partie de R.

Définition 3.1.5 L’adhérence de A est l’ensemble des réels x tels que x soit limite d’une suite
convergente ( xn ) d’éléments de A. Il est noté A. Si x0 est réel appartenant à A, alors on dit que
x0 est adhérent à A.

Propriété 6 Si x0 appartient A, alors pour tout ε > 0, le voisinage ] x0 − ε, x0 + ε[ rencontre A au


moins en un point différent de x0 c’est-à dire A ∩ (] x0 − ε, x0 + ε[\ { x0 }) est non vide.

Exemple 13 l’adhérence de A =]0; 1[ est A = [0; 1].

Remarque 3.1.6
A ⊂ A.

3.2 Limites
Soient I une partie de R, x0 un point de I et f une fonction définie sur I sauf peut-être
en x0 .
L’essence du concept de limite des fonctions réelles de variable réelle est la suivante : si `
est un nombre réel, alors " dire que la fonction f tend vers ` lorsque x tend vers x0 " signifie
que "les valeurs de f ( x ) se rapprochent de ` lorsque celles de x se rapprochent suffisam-
ment de x0 ". On note lim f ( x ) = ` et on lit "limite de f ( x ) lorsque x tend vers x0 est égale"
x → x0
pour signifier que la fonction f tend vers ` lorsque x tend vers x0 .

Définition 3.2.1 Soient ` et x0 deux réels.


1. On dit que f admet pour limite ` quand x tend vers x0 , et on note

lim f ( x ) = `,
x → x0

si :
∀ ε > 0, ∃ δ > 0, ∀ x ∈ I, 0 ≤ | x − x0 | < δ =⇒ | f ( x ) − `| < ε
.
2. On dit que f admet ` pour limite quand x tend vers +∞, et on note

lim f ( x ) = `,
x →+∞

si ∀ ε > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ D f , x > B =⇒ | f ( x ) − `| < ε .


3. On dit que f admet ` pour limite quand x tend vers −∞, et on note

lim f ( x ) = `,
x →−∞

si ∀ ε > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ D f , x < − B =⇒ | f ( x ) − `| < ε.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 24


3.2 Limites Calcul différentiel dans R

4. On dit que f tend vers +∞ lorsque x tend vers x0 , et on note

lim f ( x ) = +∞,
x → x0

si ∀ A > 0, ∃ δ > 0, ∀ x ∈ I, 0 ≤ | x − x0 | < δ =⇒ f ( x ) > A.


5. On dit que f tend vers −∞ lorsque x tend vers x0 , et on note

lim f ( x ) = −∞,
x → x0

si ∀ A > 0, ∃ δ > 0, ∀ x ∈ I, 0 ≤ | x − x0 | < δ =⇒ f ( x ) < − A .

Définition 3.2.2 (existence de la limite d’une fonction) Soit x0 ∈ R. On dit qu’une fonction
réelle f admet ou possède une limite lorsque x tend vers x0 ou que la limite de f existe lorsque x
tend vers x0 si f tend vers un réel ` lorsque x tend vers x0 .

Le théorème suivant dit qu’une fonction ne peut avoir plus d’une limite en un point.

Théorème 3.2.3 Si lim f ( x ) existe, alors elle est unique ; c-à-d si


x → x0

lim f ( x ) = `1 et lim f ( x ) = `2 (3.2.1)


x → x0 x → x0

alors `1 = `2 .

Preuve. Supposons (3.2.1) vérifié et soit ε > 0. De la Définition 3.2.1, il existe des réels
positives δ1 et δ2 tels que

| f ( x ) − `i | < ε si 0 < | x − x0 | < δi , i = 1, 2.

On pose δ = min(δ1 , δ2 ), alors

|`1 − `2 | = |`1 − f ( x ) + f ( x ) − `2 |
≤ |`1 − f ( x )| + | f ( x ) − `2 | < 2ε

si 0 < | x − x0 | < δ. D’où `1 = `2 .


Théorème 3.2.4 Si f est définie en x0 et possède une limite en x0 , alors lim f ( x ) = f ( x0 ).
x → x0

Théorème 3.2.5 Si
lim f ( x ) = `1 et lim g( x ) = `2 (3.2.2)
x → x0 x → x0

alors

lim ( f + g)( x ) = `1 + `2 , (3.2.3)


x → x0
lim ( f − g)( x ) = `1 − `2 , (3.2.4)
x → x0
lim ( f g)( x ) = `1 `2 , (3.2.5)
x → x0
 
f `
lim ( x ) = 1 , (`2 6= 0). (3.2.6)
x → x0 g `2

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 25 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.2 Limites Calcul différentiel dans R

3.2.1 Limite à gauche, limite à droite


Définition 3.2.6 Soit x0 un réel et ` ∈ R.
1. On dit que f admet une limite ` (` ∈ R) à gauche en x0 si f est définie à gauche de x0
(c-à-dire ∃α > 0, tel que ] x0 − α, x0 [⊂ D f ) et
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 − η < x ≤ x0 ⇒ | f ( x ) − `| < ε ou | f ( x ) − `| ≤ ε.
On note lim f ( x ) = ` ou lim f ( x ) = `.
x → x0 x → x0−
x < x0

2. On dit que f tend vers ` = −∞ à gauche en x0 si


∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 − η < x ≤ x0 ⇒ f ( x ) < − A.
On note lim f ( x ) = −∞ ou lim f ( x ) = −∞.
x → x0 x → x0−
x < x0

3. On dit que f tend vers ` = +∞ à gauche en x0 si


∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 − η < x ≤ x0 ⇒ f ( x ) > A.
On note lim f ( x ) = +∞ ou lim f ( x ) = +∞.
x → x0 x → x0−
x < x0

4. On dit que f admet une limite ` (` ∈ R) à droite en x0 si f est définie à droite de x0 (c-à-dire
∃α > 0, tel que ] x0 , x0 + α[⊂ D f ) et
∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 ≤ x < x0 + η ⇒ | f ( x ) − `| < ε ou | f ( x ) − `| ≤ ε.
On note lim f ( x ) = ` ou lim f ( x ) = `.
x → x0 x → x0−
x < x0

5. On dit que f tend vers ` = −∞ à droite en x0 si


∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 ≤ x < x0 + η ⇒ f ( x ) < − A.
On note lim f ( x ) = −∞ ou lim f ( x ) = −∞.
x → x0 x → x0+
x > x0

6. On dit que f tend vers ` = +∞ à droite en x0 si


∀ A > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D f , x0 ≤ x < x0 + η ⇒ f ( x ) > A.
On note lim f ( x ) = +∞ ou lim f ( x ) = +∞.
x → x0 x → x0+
x > x0

Théorème 3.2.7 Une fonction f admet une limite en x0 ssi elle a une limite à gauche et une limite
à droite en x0 qui sont égales au même nombre réel `. En d’autre termes,

lim f ( x ) = ` ⇔ lim f ( x ) = lim f ( x ) = `.


x → x0 x → x0 x → x0
< >

Exemple 14 Soit
x2 − 4 + |2 − x |(1 + x )
g( x ) = .
2x − 4
Calculer lim g( x ) et lim g( x ). g admet-elle une limite en 2 ?
x →2− x →2−

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 26


3.2 Limites Calcul différentiel dans R

3.2.2 Limite d’une fonction composée


Théorème 3.2.8 Soient I un intervalle de R non réduit à un point, f une fonction définie sur I, g
une fonction définie sur f ( I ) et x0 ∈ I.
si lim f ( x ) = a ( a ∈ R) et lim g( x ) = ` (` ∈ R), alors lim g ◦ f ( x ) = `.
x → x0 x→a x → x0

Ces résultats peuvent être étendus au cas où x0 = +∞ ou x0 = −∞ si I n’est pas majoré (resp.
minoré).
Exemple 15 lim x sin( 1x ) = 1.
x →∞

3.2.3 Limites et suites (Caractérisation séquentielle de la limite)


Théorème 3.2.9 lim f ( x ) = ` si, et seulement si, pour toute suite (un )n∈N qui converge vers x0 ,
x → x0
la suite f (un ) converge vers `.
Remarque 3.2.10 Ce théorème permet de montrer qu’une application n’a pas de limite en x0 . Il
suffit de trouver deux suites (un ) et (vn ) qui tendent vers x0 et telles que les suites ( f (un )) et
( f (vn )) n’aient pas la même limite.
Exemple 16 Montrer que f ( x ) = cos 1x n’admet de limite en 0.
Solution

Pour répondre à cette question, on va considérer une suite ( xn )n∈N tendant vers 0 et
dont la suite ( f ( xn ))n∈N diverge.

D f = R?
1
Considérons la suite ( xn )n∈N d’éléments xn = ∈ D f et tendant vers 0 (car lim xn =
nπ n−→+∞
1
lim =0
n−→+∞ nπ   
1 1 si n est pair
Mais f ( xn ) = cos = cos(nπ ) =
xn −1 si n est impair
Ce qui contredit l’existence d’une limite pour la fonction f en 0.

3.2.4 Formes indéterminées dans le calcul de limite


Les cas d’indétermination sont les suivantes :
 f + g avec f −→ +∞ et g −→ −∞
 f g avec f −→ 0 et g −→ ∞
f
 avec f −→ 0 et g −→ 0
g
f
 avec f −→ ∞ et g −→ ∞
g
 uv avec u −→ 1 et v −→ ∞
 uv avec u −→ 0+ et v −→ 0
 uv avec u −→ +∞ et v −→ 0

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 27 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.3 Comparaison locale de fonctions Calcul différentiel dans R

3.2.5 Quelques méthodes algébriques pour étudier une forme indéter-


minée
 Simplification d’expressions algébriques
x2 − 1 ( x + 1)( x − 1) x+1
lim 2 = lim = lim = −2
x −→1 x − 3x + 2 x −→1 ( x − 2)( x − 1) x −→1 x − 2
 Mises en facteurs
x2 + 1 x2 (1 + x12 ) 1 + x12
lim = lim = lim =1
x −→+∞ x2 + 2 x −→+∞ x2 (1 + 2 ) x −→+∞ 1 + 2
x 2 x 2
 Utilisation de la quantité conjuguée
√ √ 1
lim ( x + 1 − x ) = lim √ √ =0
x →+∞ x →+∞ x+1+ x
 Utilisation de logarithmes et d’exponentielles
1 ln(1+ x )
lim (1 + x ) x = lim e x =e
x −→0 x −→0
xx −1
 lim .
x →0+ x

3.2.6 Passage à la Limite dans une inégalité


Théorème 3.2.11 (Théorème de prolongement des inégalités) Soient I un intervalle de R non
réduit à un point, f et g deux fonctions définies sur I telles que ∀ x ∈ I, f ( x ) ≤ g( x ) et x0 ∈ I.
1. Si f et g admettent une limite finie en x0 , alors lim f ( x ) 6 lim g( x ).
x → x0 x → x0
2. Si lim f ( x ) = +∞, alors lim g( x ) = +∞
x → x0 x → x0
3. Si lim g( x ) = −∞, alors lim f ( x ) = −∞.
x → x0 x → x0
Ces résultats peuvent être étendus aux cas où x0 ∈
/ I mais se trouve à la frontière de I ou encore
pour x0 = +∞ ou x0 = −∞ si I n’est pas majoré (resp. pas minoré).

Théorème 3.2.12 Théorème de l’encadrement Soient I un intervalle de R non réduit à un point,


x0 ∈ I, f , g et h trois fonctions réelles définies sur I telles que ∀ x ∈ I, f ( x ) 6 g( x ) 6 h( x ).

Si lim f ( x ) = lim h( x ) = `, alors lim g( x ) = `.


x → x0 x → x0 x → x0

Ce résultat peut être étendu aux cas où x0 ∈


/ I mais se trouve à la frontière de I ou encore pour
x0 = +∞ ou x0 = −∞ si I n’est pas majoré (resp. pas minoré).

3.3 Comparaison locale de fonctions


On va présenter trois types de relations locales entre deux fonctions f et g en un point
x0 de R = [−∞, +∞] :
(E) f et g sont équivalentes quand x tend vers x0 ;

(N) f est négligeable devant g quand x tend vers x0 ;

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 28


3.3 Comparaison locale de fonctions Calcul différentiel dans R

(D) f est dominée par g quand x tend vers x0 .

Dans toute cette section, D est un sous-ensemble de R, f et g sont deux fonctions défi-
nies de D vers R.

Définitions 3.3.1 (dominance) Soit x0 ∈ D.


On dit que f est dominé par g au voisinage de x0 quand x tend vers x0 , s’il existe un voisinage V
de x0 et un réel M ∈ R∗+ tel que

∀ x ∈ V ∩ D, | f ( x )| ≤ M| g( x )|.

On note f ( x ) = O( g( x )) lorsque x → x0 ou f ( x ) = O( g( x )) ou f = O( g) (notation de Bachmann)


x → x0 x0

et on lit " f = grand O de g au voisinage de x0 ".

Exemple 17 f ( x ) = ax p , g( x ) = bx n , avec a, b ∈ R∗ , n, p ∈ Z, n ≥ p. on a g( x ) =
b n− p
ax f ( x ). Pour tout x ∈ R tel que | x | ≤ 1, on a | g( x )| ≤ | ba || f ( x )|.

Donc bx n = O( ax p ).
0

Proposition 3.3.2 Autres expressions de la dominance


1. Si x0 est fini, alors f ( x ) = O( g( x )) si et seulement si
x → x0

∃η ∈ R∗+ , ∃ M ∈ R∗+ , ∀ x ∈ D, | x − x0 | < η ⇒ | f ( x )| ≤ M| g( x )|.

2. Si x0 = +∞, alors f ( x ) = O( g( x )) si et seulement si


x → x0

∃ B > 0, ∃ M ∈ R∗+ , ∀ x ∈ D, x > B ⇒ | f ( x )| ≤ M| g( x )|.

3. f ( x ) = O( g( x )) si et seulement s’il existe un voisinage V de x0 et une fonction h bornée


x → x0
sur V telle que pour tout x ∈ V ∩ D, f ( x ) = h( x ) g( x ).
f
4. Si g ne s’annule pas au voisinage de x0 , alors f ( x ) = O( g( x )) si et seulement si est
x → x0 g
bornée au voisinage de x0 .

Définitions 3.3.3 (négligeabilité) Soit x0 ∈ D.


On dit que f est négligeable devant g ou que g est prépondérante devant f au voisinage de x0 si
pour tout ε > 0, il existe un voisinage V de x0 tel que

∀ x ∈ V ∩ D, | f ( x )| ≤ ε| g( x )|.

On note f ( x ) = ◦( g( x )) lorsque x → x0 ou f ( x ) = ◦( g( x )) ou f = ◦( g) (notation de Landau)


x → x0 x0

et on lit " f = petit ◦ de g au voisinage de x0 ".

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 29 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.3 Comparaison locale de fonctions Calcul différentiel dans R

Proposition 3.3.4 Autres expressions de la négligeabilité


1. Si x0 est fini, alors f ( x ) = ◦( g( x )) si et seulement si
x → x0

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀ x ∈ D, | x − x0 | < η ⇒ | f ( x )| ≤ ε| g( x )|.

2. Si x0 = +∞, alors f ( x ) = ◦( g( x )) si et seulement si


x → x0

∀ε > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ D, x > B ⇒ | f ( x )| ≤ ε| g( x )|.

3. f ( x ) = ◦( g( x )) si et seulement s’il existe un voisinage V de x0 et une fonction h définie


x → x0
sur V telle que pour tout x ∈ V ∩ D, f ( x ) = h( x ) g( x ) et lim h( x ) = 0.
x → x0
4. Si g ne s’annule pas au voisinage de x0 , alors f ( x ) = ◦( g( x )) si et seulement si
x → x0

f (x)
lim =0
x → x0 g( x )
.

Exemple 18 On reprend les données de l’exemple précédent avec cette fois-ci n > p. La fonction
x 7→ ba x n− p tend vers 0 quand x tend vers 0. Donc pour tout ε > 0, il existe η > 0 tel que

b n− p
|x| < η ⇒ x < ε.
a
Et alors
| x | < η ⇒ | g( x )| < ε| f ( x )|.
Donc au voisinage de 0, g = ◦( f ).

Proposition 3.3.5 Soit f une fonction définie au voisinage de x0 . Alors,


1. f = O(1) signifie que f est bornée au voisinage de x0 .
x0
2. f = o (1) (on dit f est infiniment petit) signifie que lim f ( x ) = 0.
x0 x → x0
3. lim f ( x ) = ` ⇔ f ( x ) = ` + o (1).
x → x0 x0

Propriété 7 (Règles opératoires sur les o et O) Soit x0 ∈ D.


1. Si f = o ( g), alors f = O( g).
x0 x0
2. Si f 1 = O( g) et f 2 = O( g), alors f 1 + f 2 = O( g).
x0 x0 x0
3. Si f 1 = o ( g) et f 2 = o ( g), alors f 1 + f 2 = o ( g).
x0 x0 x0
4. Si f 1 = O( g1 ) et f 2 = O( g2 ), alors f 1 f 2 = O( g1 g2 ).
x0 x0 x0
5. Si f 1 = O( g1 ) et f 2 = o ( g2 ), alors f 1 f 2 = o ( g1 g2 ).
x0 x0 x0
6. Si f 1 = o ( g1 ) et f 2 = o ( g2 ), alors f 1 f 2 = o ( g1 g2 ).
x0 x0 x0

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 30


3.3 Comparaison locale de fonctions Calcul différentiel dans R

7. Si f = O( g) et g = O(h), alors f = o (h).


x0 x0 x0
8. Si f = o ( g) et g = O(h), alors f = o (h).
x0 x0 x0
9. Si f = O( g) et g = o (h), alors f = o (h).
x0 x0 x0
10. Si f = o ( g) et g = o (h), alors f = o (h).
x0 x0 x0
11. f = g × o (h) si et seulement si f = o ( gh).
x0 x0
Soient Y ⊂ R, h : Y → D et y0 ∈ Y tel que lim h(y) = x0 . Alors
y → y0

12. Si f = O( g), alors f ◦ h = O( g ◦ h).


x0 y0

13. Si f = o ( g), alors f ◦ h = o ( g ◦ h).


x0 y0

Définition 3.3.6 (équivalence) Soient D ⊂ R, x0 ∈ D et f , g deux onctions réelles définies


sur D.
On dit que f est équivalent à g au voisinage de x0 ou lorsque x tend vers x0 s’il existe un voisinage
V de x0 et une fonction h définie sur V telle que lim h( x ) = 1 et f ( x ) = h( x ) g( x ) pour tout
x → x0
x ∈ D ∩ V.
On note f ∼ g ou f ( x ) ∼ g( x ) ou encore f ( x )∼ g( x ), lorsque x → x0 pour signifier que f est
x0 x → x0
équivalent à g au voisinage de x0 .

Proposition 3.3.7 f ∼ g ⇔ f = g + ◦ ( g).


x0 x0

Définition 3.3.8 (Voisinage pointé) Soient x0 un réel et V un voisinage de x0 . V \ { x0 } est un


voisinage pointé de x0 .

Remarque 3.3.9 (Remarque importante) En pratique, si g ne s’annule pas dans un voisinage


pointé de x0 , alors :
f
1. f = O( g) ⇔ g est bornée dans un voisinage pointé de x0 .
x0
f (x)
2. f = ◦ ( g) ⇔ lim = 0.
x0 x → x0 g ( x )
f (x)
3. f ∼ g ⇔ lim = 1.
x0 x → x0 ( x )
g

Exemples de quelques équivalences usuelles

1. sin x ∼ x;
0
2. tan x ∼ x;
0
3. ln(1 + x ) ∼ x
0
4. exp( x ) − 1 ∼ x
0
5. 1 − cos x ∼ x2 /2;
0

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 31 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

6. (1 + x )α − 1 ∼ αx
0
7. Soient k 6 n et P( x ) = ak x k + ak+1 x k+1 + . . . + an x n une fonction polynôme telle que
ak 6= 0 et an 6= 0. Alors

P( x ) ∼ ak x k et P( x ) ∼ an x n .
0 ∞

Théorème 3.3.10 .

1. f 1 ∼ g1 et f 2 ∼ g2 ⇒ f 1 f 2 ∼ g1 g2 .
x0 x0 x0
f1 g1
2. f 1 ∼ g1 et f 2 ∼ g2 ⇒ f2 ∼ .
x0 x0 x 0 g2
3. Si f ∼ g et si lim f ( x ) = ` alors lim g( x ) = `.
x0 x → x0 x → x0
4. Si f ∼ g et si f = ◦ (h) alors g = ◦ (h).
x0 x0 x0
5. Si f ∼ g et si g est à valeurs positives dans un voisinage pointé de x0 alors f α ∼ gα . (α ∈ R)
x0 x0

Remarque 3.3.11 f 1 ∼ g1 et f 2 ∼ g2 6⇒ f 1 + f 2 ∼ g1 + g2 .
x0 x0 x0
f 1 ∼ g1 et f 2 ∼ g2 6⇒ f 1 − f 2 ∼ g1 − g2 .
x0 x0 x0

Cependant si f = ◦ ( g) alors f + g ∼ g.
x0 x0

Proposition 3.3.12 Si lim h( x ) = x0 et f ∼ g alors f ◦ h ∼ g ◦ h.


x → y0 x0 y0

Proposition 3.3.13 1. Soient f et g deux fonctions strictement positives au voisinage de x0 .

Si f ∼ g et lim g( x ) 6= 0, alors ln( f ) ∼ ln( g).


x0 x → x0 x0

2. Soient f et g deux fonctions définies au voisinage d’un point x0 . Alors

e f ∼ eg ⇐⇒ lim ( f − g) = 0
x0 x → x0

Remarque 3.3.14 f ∼ g n’entraîne pas forcément que =⇒ e f ∼ eg .


x0 x0

Exemple 19 x ∼ x + 1, alors que les fonctions x 7→ e x et x 7→ e x+1 ne sont pas équivalents au



voisinage de l’infini.

3.4 Continuité
Définition 3.4.1 Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R. Soit x0 un point appartenant
à I.
1. f est dite continue en x0 si lim f ( x ) = f ( x0 ).
x → x0

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 32


3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

2. On dira que f est continue à gauche en x0 si f est définie à gauche de x0 et lim f ( x ) =


x → x0
<
f ( x0 ).
3. f est continue à droite en x0 si f est définie à droite de x0 et lim f ( x ) = f ( x0 ).
x → x0
>

En d’autres termes :

1. Une fonction f est continue en x0 ssi

∀ ε > 0, ∃ δ > 0 tel que ∀ x ∈ I, 0 < | x − x0 | < δ =⇒ | f ( x ) − f ( x0 )| < ε (3.4.1)

2. Une fonction est continue à gauche en x0 ssi

∀ ε > 0, ∃ δ > 0 tel que ∀ x ∈ I, x0 − δ < x ≤ x0 =⇒ | f ( x ) − f ( x0 )| < ε (3.4.2)

3. Une fonction est continue à droite en x0 ssi

∀ ε > 0, ∃ δ > 0 tel que ∀ x ∈ I, x0 ≤ x < x0 + δ =⇒ | f ( x ) − f ( x0 )| < ε (3.4.3)

Exemple 20 Soit la fonction f définie sur [0, 2] par

x2 ,

0≤x<1
f (x) =
x + 1, 1 ≤ x ≤ 2.

Etudier la continuité de f en 1.

3.4.1 Prolongement par continuité


Soit f une fonction réelle d’ensemble de définition D f et x0 un réel tel que x0 ∈ / Df.
f est dite prolongeable par continuité en x0 si lim f ( x ) = ` (` ∈ R) c’est-à-dire si f admet
x → x0
une limite en x0 . Dans ce cas, la fonction g définie par

f (x) si x ∈ D f
g( x ) =
` si x = x0

est continue en x0 . La fonction g est appelée le prolongement par continuité (ou le prolongement
continu) de f en x0 .

Exemple 21 La fonction f définie par f ( x ) = x sin 1x n’est pas définie en 0. Cependant lim f ( x ) =
x →0
0. D’où f est prolongeable par continuité en 0.
La fonction h définie par h( x ) = sin 1x n’est pas définie en 0, sa discontinuité en 0 ne peut être
corrigée car lim h( x ) n’existe pas.
x →0

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 33 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

3.4.2 Propriétés des fonctions continues


Propriétés locales
Proposition 3.4.2 f est continue en x0 ssi pour toute suite ( xn ) convergeant vers x0 , la suite image
( f ( xn )) converge vers f ( x0 ).

Proposition 3.4.3 Soient f et g deux fonctions continues en point x0 . Alors

• les fonctions f + g, f − g et f × g sont continue en x0 .


f
• est continue en x0 si g( x0 ) 6= 0.
g

Proposition 3.4.4 Soient une fonction définie en x0 et g une fonction définie au voisinage de f ( x0 ).
Si f est continue en x0 et g continue en f ( x0 ), alors g ◦ f est continue en x0 .

Propriétés globales
Définition 3.4.5 Soient f une fonction réelle d’ensemble de définition D f , A une partie de D f . La
fonction f est continue sur A si elle est continue en chaque point x0 appartenant à A.

Définition 3.4.6 Une fonction f est continue sur le segment


! [ a, b] si elle est continue en tout point !
de ] a, b[, continue à droite en a i.e lim f ( x ) = f ( a) et continue à gauche en b i.e lim f ( x ) = f (b) .
x→a x →b
> <

Propriété 8 Les fonctions usuelles telles que les fonctions polynômes, rationnelles, racines, puis-
sances, circulaires, logarithmes, exponentielles sont continues sur leur ensemble de définition.

Théorème 3.4.7 Si f et g sont continues sur un ensemble A, alors f + g, f − g et f g le sont aussi.


f
Si de plus g 6= 0 sur A alors est continue sur A.
g

Théorème 3.4.8 Soient f et g deux fonctions réelles définies respectivement sur les ensembles I et
J tels que f ( I ) ⊂ J. Si f est continue sur I et g continue sur f ( I ), alors g ◦ f est continue I

Exemple 22 La fonction g définie par √


g( x ) = x
est continue pour x > 0, et la fonction f définie par

9 − x2
f (x) =
x+1
est continue pour x 6= −1. Comme f ( x ) > 0 si x ∈] − ∞, −3[∪] − 1, 3[, alors la fonction g ◦ f
définie par s
9 − x2
g ◦ f (x) =
x+1
est continue sur ] − ∞, −3[∪] − 1, 3[. Elle est également continue à gauche en −3 et 3.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 34


3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

Définition 3.4.9 (fonctions minorée, majorée et bornée) Soit f une fonction réelle définie sur
un ensemble non vide E.
1. f est dite minorée sur E s’il existe un réel m tel que

∀ x ∈ E, f ( x ) ≥ m.
Dans ce cas, l’ensemble
V = { f ( x )| x ∈ E}
admet une borne inférieure α = inf V et on note

α = inf f ( x ).
x∈E

S’il existe un point x1 dans E tel que f ( x1 ) = α, on dit que α est le minimum de f sur E, et
on note
α = min f ( x ).
x∈E

2. f est majorée sur E s’il existe un réel M tel que

∀ x ∈ E, f ( x ) ≤ M.
Dans ce cas, l’ensemble V a une borne supérieure β = sup V et on note

β = sup f ( x ).
x∈E

S’il existe un point x2 dans E tel que f ( x2 ) = β, on dit que β est le maximum de f sur E, et
on note
β = max f ( x ).
x∈E

3. Si f est à la fois minorée et majorée sur E, alors on dit que f est bornée sur E.

Exemple 23 La fonction g définie par



1 si x = 0
g( x ) =
2−x si 0 < x ≤ 3.

est bornée sur [0, 3] car


sup g( x ) = 2 et inf g( x ) = −1.
0≤ x ≤3 0≤ x ≤3

g n’a pas de maximum sur [0,3] (puisque il n’existe aucun élément de [0,3] dont l’image par g donne
2) mais admet un minimum sur [0,3] car g(3) = −1.

Théorème 3.4.10 (Weierstrass) Si f est continue sur l’intervalle fermé borné [ a, b], alors f est
bornée sur [ a, b] et elle atteint ses bornes c’est-à-dire qu’il existe xm , x M ∈ [ a, b] tel que f ( xm ) =
min f ( x ) et f ( x M ) = max f ( x ) .
x ∈[ a,b] x ∈[ a,b]

Corollaire 3.4.11 Si f est continue sur le segment [ a, b], alors l’image directe de [ a, b] par f est
donné par f ([ a, b]) = [m, M] où m et M sont respectivement le minimum et le maximum de f sur
[ a, b] c’est-à-dire m = f ( xm ) = min f ( x ) et M = f ( x M ) = max f ( x ).
x ∈[ a,b] x ∈[ a,b]

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 35 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

Théorème 3.4.12 (Cauchy) (Théorème des Valeurs Intermédiaires)


Soient f une fonction continue sur un intervalle I et x1 , x2 ∈ I tels que x1 < x2 . Si µ est un réel
situé entre f ( x1 ) et f ( x2 ), alors il existe x0 ∈ [ x1 , x2 ] tel que f ( x0 ) = µ.

Corollaire 3.4.13 Soit f une fonction continue sur [ a, b] telle que f ( a) × f (b) < 0. Alors il existe
c ∈] a, b[ tel que f (c) = 0.

3.4.3 Fonctions continues strictement monotones


Proposition 3.4.14 Soit f une application continue sur un ensemble X de R. f est injective si et
seulement si f est strictement monotone sur X.

Proposition 3.4.15 Soit f une application continue et strictement monotone sur un intervalle I
de R de bornes a et b (a, b ∈ R). Alors l’image directe f ( I ) de I par f est un intervalle de bornes
lim f ( x ) et lim f ( x ).
x→a x →b
x∈ I x∈ I

Théorème 3.4.16 Si f est une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I, alors
f est une bijection de I dans f ( I ) et la bijection réciproque f −1 définie de f ( I ) dans I est continue,
monotone de même monotonie que celle de f .

Remarque 3.4.17 Dans un repère orthonormée, les courbes de f et f −1 sont symétriques par rap-
port à la première bissectrice.

Définition 3.4.18 (du point fixe) Si f est une fonction d’un ensemble I dans lui-même, on appelle
point fixe de f tout élément x de I tel que x = f ( x ). Très souvent de tels points fixes s’obtiennent
comme limites de suites récurrentes u0 ∈ I, un+1 = f (un ) : c’est ce qu’on nomme la méthode des
approximations successives.

Théorème 3.4.19 (du point fixe) Soit I = [ a, b] un segment de R. Toute fonction f : I → I


continue admet au moins un point fixe.

Démonstration 1 La fonction g( x ) = f ( x ) − x est continue de [ a, b] dans R, g(b) 6 0 6 g( a).


En vertu du théorème des valeurs intermédiaires, (∃c ∈ I ) g(c) = 0, donc f (c) = c.

Le théorème suivant généralise le théorème (3.4.19) :

Théorème 3.4.20 Soit f : I = [ a, b] → R continue, telle que I ⊂ f ( I ) ; f admet au moins un


point fixe.

Démonstration 2 Comme I ⊂ f ( I ), ∃(c, d) ∈ I × I, f (c) = a et f (d) = b. Si c = a ou d = b,


c’est fini. Sinon, a < c < b et a < d < b. Soit g( x ) = f ( x ) − x. Alors g(c) < 0 < g(d). En vertu
du théorème des valeurs intermédiaires, ∃e ∈]c, d[ ou ]d, c[, g(e) = e. Alors f (e) = e, et e ∈ I.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 36


3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

3.4.4 Continuité uniforme


Nous introduisons à présent une notion de continuité plus forte que celle donnée dans
la définition 3.4.1

Définition 3.4.21 Une fonction f est dite uniformément continue sur une partie I de son domaine
si et seulement si
∀ ε > 0, ∃ δ > 0 tel que ∀ x, x 0 ∈ I et 0 < | x − x 0 | < δ =⇒ | f ( x ) − f ( x 0 )| < ε
Il est à noter que dans cette définition δ ne dépend que de ε et de I et non du choix de x et
x 0 pourvu qu’ils soient tous les deux dans I.

Exemple 24 1. La fonction f définie par f ( x ) = 2x est uniformément continue sur ] − ∞, ∞[


car
| f ( x ) − f ( x 0 )| = 2| x − x 0 | < ε si | x − x 0 | < ε/2.
2. Si 0 < r < +∞, alors la fonction g définie par

g( x ) = x2

est uniformément continue sur [−r, r ]. Pour le voir, il suffit de remarquer que

| g( x ) − g( x 0 )| = | x2 − x 02 | = | x − x 0 || x + x 0 | ≤ 2r | x − x 0 |.

d’où
| g( x ) − g( x 0 )| < ε si | x − x 0 | < δ = ε/2r.

Théorème 3.4.22 Toute fonction uniformément continue sur un ensemble E est continue sur E.

Démonstration 3 Soit ε > 0 et x0 ∈ E. f étant uniformément continue sur E, il existe δ > 0,


quel que soit x ∈ E, | x − x0 | < δ ⇒ | f ( x ) − f ( x0 )| < ε. On obtient donc la continuité de f sur E.

Remarque 3.4.23 La réciproque que théorème 3.4.22 est fausse.


En effet, la fonction f définie sur R par f ( x ) = x2 est continue sur R. Cependant on va montrer
que f n’est pas uniformément continue sur R. Si f était uniformément continue on aurait

∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀ x, x 0 ∈ R, | x − x 0 | < δ ⇒ | f ( x ) − f ( x 0 )| < ε.


2
En particulier pour ε = 1, il existerait δ > 0 tel que ∀ x, x 0 ∈ R, | x − x 0 | < δ ⇒ | x2 − x 0 | < 1.
2
Or ∀δ > 0, pour x = 2δ et x 0 = 2δ + 2δ on a | x − x 0 | < 2δ mais | x2 − x 0 | > 1.

On remarque ainsi qu’une fonction peut être continue sans être uniformément conti-
nue sur un intervalle. Néanmoins le théorème assure que toute fonction continue sur un
intervalle est fermé et borné (compact) est uniformément continue sur cet intervalle.

Théorème 3.4.24 (Heine-Cantor) Si f est continue sur [ a, b] alors f est uniformément continue
sur [ a, b].

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 37 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

TD : limite et continuité

Limites
Exercice 1 Déterminer l’ensemble de définition de chacune des fonctions suivantes :

f : R → qR g : ] − ∞; e] → R
1− x , 2
 ,
x 7→ x 2 −4
x 7→ ln −2x + (6 + e) x − 3e
h: R → ( p R

(x + 6) e x pour x ∈] − ∞, −5] ,
x 7→ − x +1
ln | x |−1
pour x ∈] − 5, +∞[
i: R → √ R  .
x 7→ 1 − e + x ln x2 + 3x + 2
x 2

Exercice 2 Le plan est muni d’un repère orthonormé. Dans ce repère est représenté la courbe d’une
fonction f .

1. Déterminer l’ensemble de définition de la fonction f .

2. Déterminer f (−4), f (1), f (2) et f (4).

3. Déterminer les limites lim f ( x ) et lim f ( x ). f admet-elle de limite en 1 ?


x →1 x →1
x <1 x >1

5
4
3
2
1

−4 −3 −2 −1 01 2 3 4

Exercice 3 Le plan est muni d’un repère orthonormé. Dans ce repère est représenté la courbe d’une
fonction g.

1. Déterminer l’ensemble de définition de la fonction g.

2. Déterminer g(1) et g(2).

3. Déterminer les limites lim g( x ) et lim g( x ). g admet-elle de limite en 1 ?


x →1 x →1
x <1 x >1

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 38


3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

5
4
3
2
1, 5
1

−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 5
−1
−2
−3
−4

Exercice 4 Etudier les limites suivantes


 x 1/x
a) lim 1 +
x →0+ 2
p
b) lim x2 + 2x − x
x →+∞

tan(2x − 2π 3 )
c) lim
x →π/3 sin(3x )
e3x + 2x + 7
d) lim
x →+∞ e x + e− x
sin( x ln( x ))
e) lim
x →0+ x
x
f) lim √ √
x →0 1 + x2 − 1 + x
ln( x + 3)
g) lim √
x →−2 +
x2 + 5 − 3
Exercice 5 1. Dans chacun des cas suivant, déterminer entre f et g la fonction qui est prépon-
dérante au voisinage de x0 .
(a) f ( x ) = 1 − e x + ln(1 + x ) et g( x ) = sin x ; x0 = 0.
(b) x (ln x )4 et ( x + 3)e x ; x0 = +∞.
1 1
(c) x3 e x et g( x ) = √1 e 2x
x
; x0 = + ∞
(d) x + 1 + ln x et ln x ; x0 = +∞.
2. Montrer que les fonctions suivantes sont équivalentes au voisinage de x0 .
(a) f ( x ) = 1 − e x+2 et ln(3 + x ) ; x0 = −2.
3. Dans chacun des cas suivant, étudier la comparaison locale de f et g au voisinage de x0 .
(a) f ( x ) = 1
x +1 et g( x ) = sin x
x ; x0 = +∞.
(b) f ( x ) = 1 − e x + 2 ln(1 + x ) et g( x ) = sin x ; x0 = 0.
(c) f ( x ) = x3 − 3x − 2 et g( x ) = ( x + 1)3 ln( x + 1) ; x0 = 0.

Exercice 6 Déterminer au voisinage de +∞ un équivalent de chacune des fonctions suivantes.


1. f ( x ) = ln( x3 + ln( x ) − 1).

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 39 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

 
1 1
2. g( x ) = ln ln( x )
− x .

Exercice 7 Comparer les fonctions suivantes au voisinage des points indiqués


a) x ln( x ) et ln(1 + 2x ) au voisinage de 0
p
b) x ln( x ) et ln( x ) sin( x ) x2 + 3x au voisinage de +∞
2

1 1
c) et ln(1 + ) au voisinage de −1
x+1 x
1
d) x − x et ln( x ) au voisinage de 0.
Exercice 8 Trouver à l’aide d’équivalents les limites suivantes
(1 − cos( x )) sin( x )
a) lim
x →0 x2 tan( x )
(1 − cos( x ))(1 − e x )
b) lim
x →0 3x3 + 2x4
1
c) lim (1 + sin( x )) x
x →0
1
d) lim (cos( x )) x2
x →0

Exercice 9 . √
x+2 √ x3 − 2x2 + 3 exp( x + 1)
lim , lim 2x ln( x + x ), lim , lim
x →0+ x2 ln( x ) x →0+ x →+∞ x ln( x ) x →+∞ x+2
2
x ( x x − 1) ex − ex
 3 
2 x +4
lim ln , lim , lim
x →−∞ x + 1 1 − x2 x →0+ ln( x + 1) x →+∞ x 2 − x
2
x+1 x e x −3x+2
 
lim , lim
x →+∞ x − 3 x →+∞ (ln x )3
   
Exercice 10 1
1. Étudier la limite en 0 des fonctions suivantes x 7→ E x , x 7→ xE 1x et
 
x 7→ x2 E 1x .
x2 +cos x
2. Calculer lim x +1
x →+∞

Exercice 11 .
Calculer lorsqu’elle existe les limites suivantes :

x n +1 − α n +1 tan( x ) − sin( x )
lim n n
(pour n ∈ N), lim
x →α x −α x →0 sin( x )(cos(2x ) − cos( x ))
r √ √ √
q √ √ x− α− x−α
lim x + x + x − x, lim √
x →+∞ x →α+ x 2 − α2
Exercice 12 .
Pour a, b ∈]0, +∞[, trouver :
1 1
ax + bx ax + bx
 
x x
lim , lim .
x →∞ 2 x →0+ 2

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 40


3.4 Continuité Calcul différentiel dans R

Exercice 13 Justifier que les fonctions suivantes n’admettent pas de limite en 0 :


 
1
1. f ( x ) = sin . x
 
2. g( x ) = cos 1x .

Continuité
Exercice 14 Etudier la continuité sur R des fonctions suivantes :
1. f ( x ) = E( x ) sin( x ).
2. g( x ) = E( x ) sin(πx ).

Exercice 15 Déterminer les points de discontinuité de chacune des fonctions suivantes définies sur
R:
p
1. h( x ) = x + x − E( x ).
p
2. p( x ) = E( x ) + x − E( x ).

Exercice 16 On donne la fonction f définie de R vers R par



( e x −1)2


 √
1− x −1
pour x ∈] − ∞; 0]



f (x) = ln(1 + x ) pour x ∈]0; 1]




ax + b pour x ∈]1; +∞[

où a et b sont deux paramètres réels.


1. Montrer que f est continue en 0.
2. On suppose que b = − ln(3). Déterminer la valeur de a pour laquelle f est continue en 1.
3. On suppose que a = 1
2 et b = 0. Étudier la continuité de f sur R.
4. On suppose que a = 1
2 ln 2 et b = 1
2 ln 2. Étudier la continuité de f sur R.

Exercice 17 Soit
 la fonction
 f définie sur R par :
(
x −1
x ln x pour x < 0
f (x) = 1
xe− x pour x > 0
Montrer que l’on peut prolonger f par continuité en 0. Définir le prolongement noté f˜ de f .

Exercice 18 Étudier le prolongement par continuité de chacune des fonctions f suivantes en x0 .


Dans le cas où la fonction f est prolongeable par coninuité en x0 , donner son prolongement par
continuité g en x0 .


 3 − x − ex si x < 0

1. f ( x ) = √ √ ; x0 = 0
 x ln(1 + 2 x )

 si x > 0
x

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 41 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
3.4 Continuité Calcul différentiel dans R


ln(2− x )


 4−4x si x<1

2. f ( x ) = ; x0 = 1
 x3/2 − x

 si x > 1
2( x 2 − 1)

e2− x −1


 −6+3x si x < 2

3. f ( x ) = √3
; x0 = 2
 x − 1 − 1
si x > 2


x−2
 
Exercice 19 Montrer que la fonction f définie sur R∗ par f ( x ) = xE x − 1
x est prolongeable
par continuité en 0.

Exercice 20 1. Soit f : R −→ R continue en 0 telle que ∀ x ∈ R, on a f (2x ) = f ( x ).


Montrer que f est une fonction constante.
2. Soit f : R −→ R continue en 0 et en 1 telle que ∀ x ∈ R, on a f ( x ) = f ( x2 ). Montrer que
f est une fonction constante.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 42


Chapitre 4

Dérivabilité

4.1 Dérivée en un point


Définition 4.1.1 (taux d’accroissement) .
Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R. Soient a et b deux éléments de I tels que a 6= b.
Le taux d’accroissement ou de variation de f entre a et b est le nombre réel
f (b) − f ( a) f ( a) − f (b)
τ= = . (4.1.1)
b−a a−b
8

B
f (b)
6

4
A
f ( a)
2

0
0 a 2 3 4 b 6 7

De façon graphique, Le taux d’accroissement de la fonction f entre a et b représente la pente ou le


coefficient directeur de la droite passant par les points A( a, f ( a)) et B(b, f (b)).
Interprétation : C’est la variation moyenne des valeurs de f entre a et b.

Application

La quantité de bits reçue par un routeur en une durée de t secondes de réception est donnée
par Q(t) = 100 + 2t2 . Déterminer la quantité moyenne de bits reçus entre la trentième et la

43
4.1 Dérivée en un point Calcul différentiel dans R

quarantième seconde.
La quantité moyenne de bits reçus par le routeur entre la trentième et la quarantième se-
conde est le taux d’accroissement de Q entre 30s et 40s. Ainsi

Q(40) − Q(30) (100 + 2 × 402 ) − (100 + 2 × 302 )


= = 140.
40 − 30 40 − 30

En conclusion Le routeur reçoit en moyenne, entre la trentième et la quarantième seconde,


140 bits par seconde.

Remarque 4.1.2 Cette quantité calculée est en fait la vitesse moyenne d’informations reçues par le
routeur entre la trentième et la quarantième seconde.

4.1.1 Dérivabilité en un point-Nombre dérivé


Définition 4.1.3 Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I de R. Soit x0 ∈ I. f est
dérivable en x0 , si la limite du taux de variation de f entre x et x0 quand x tend vers x0 existe
c’est-à-dire que
f ( x ) − f ( x0 )
lim = `, (` ∈ R).
x → x0 x − x0

La limite ` est appelée le nombre dérivé de f en x0 qui est noté f 0 ( x0 ) : f 0 ( x0 ) = `.

Remarque 4.1.4 En posant h = x − x0 , il est clair que

f ( x ) − f ( x0 ) f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = lim .
x → x0 x − x0 h →0 h

Par conséquent la dérivabilité de f en x0 est aussi définie par

f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = f 0 ( x0 ) = `, (` ∈ R).
h →0 h

Exemple 25 a/ Soit f : x 7→ x2 ; x0 ∈ R.
0 x2 − x02
f ( x0 ) = lim = lim x + x0 = 2 x0
x → x0 x − x 0 x → x0

b/ Soit g : x 7→ sin x ; x0 ∈ R
x − x0 x + x0
sin x − sin x0 2 sin cos
f 0 ( x0 ) = lim = lim 2 2 = cos x0
x → x0 x − x0 x → x0 x − x0

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 44


4.1 Dérivée en un point Calcul différentiel dans R

4.1.2 Interprétation géométrique de la dérivabilité en un point

(T )

( x0 , f ( x0 ))
f ( x0 ) (C f )

0 x0

Lorsque f est dérivable en x0 , sa courbe représentative (C f ) admet, dans un repère orthonormé


(0 ,~i , ~j ), une tangente ( T ) non parallèle à l’axe des ordonnées au point ayant pour coordonnées
( x0 , f ( x0 )). L’équation de la tangente ( T ) est donnée par

( T ) : y = f 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ) .

Il est clair que le nombre dérivée de f en x0 ( f 0 ( x0 )) représente la pente (c’est-à-dire le coefficient


directeur) de la tangente ( T ) à (C f ) au point ( x0 , f ( x0 )).
Exercice 21 On donne
3 2

 2x + 3x si x < 0
f (x) =
−2x2 + 3x si x ≥ 0

f ( x0 + h ) − f ( x0 )
Remarque 4.1.5 Si lim = ±∞, alors f n’est pas dérivable en x0 . Dans ce cas
h →0 h
(C f ) admet, au point de coordonnées ( x0 , f ( x0 )), une tangente parallèle à l’axe des ordonnées.
Définition 4.1.6 .

f ( x0 + h ) − f ( x0 )
1. On dit que f est dérivable à gauche en x0 si lim existe c’est-à-dire
h →0− h
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = `1 , `1 ∈ R. Cette limite, notée f g 0 ( x0 ), est appelée dérivée à
h →0− h
gauche de f en x0 .
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
2. On dit que f est dérivable à droite en x0 si lim existe c’est-à-dire
h →0+ h
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = `2 , `2 ∈ R. Cette limite, notée f d 0 ( x0 ), est appelée dérivée de
h →0 + h
f à droite en x0 .

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 45 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.1 Dérivée en un point Calcul différentiel dans R

Proposition 4.1.7 f est dérivable en x0 si et seulement si


f ( x0 + h ) − f ( x0 ) f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim = lim = `, ` ∈ R
h →0− h h →0+ h
c’est-à-dire que
f g 0 ( x0 ) = f d 0 ( x0 ) = `, ` ∈ R.
Proposition 4.1.8 On suppose que f est dérivable à gauche en x0 et à droite en x0 .
Si f g 0 ( x0 ) 6= f d 0 ( x0 ), alors f n’est pas dérivable en x0 et (C f ) admet deux demi-tangentes au point
de coordonnées ( x0 , f ( x0 )) :
1. la demi-tangente à gauche Tg d’équation Tg : y = f g 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ),
 

2. la demi-tangente à droite ( Td ) d’équation ( Td ) : y = f d 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ).


Exemple 26 considérons la fonction f définie sur R par
−( x + 2)2 + 2 si x ∈] − ∞; −1]

f (x) =
x3 + 2 si x ∈] − 1, +∞[
La fonction f est continue en −1, mais n’est pas dérivable en −1. En effet, elle est dérivable à gauche
en -1 et à droite en 1 mais f g0 (−1) 6= f d0 (−1). Ainsi la courbe représentative de f admet au point
d’abscisse −1 deux demi-tangentes. La courbe représentative de f est celle de la figure ci-après. Les
deux demi-tangentes au point d’abscisse -1 y sont bien mentionnées.
6
( Td )
5

Tg 4

−5 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3
−1

−2

−3

Proposition 4.1.9 Si f est dérivable en x0 alors f est continue en x0 .


Preuve. Soit h ∈ R∗ tel que x0 + h ∈ D f , on a
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
f ( x0 + h ) = f ( x0 ) + h .
h
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
La fonction f étant dérivable en x0 la limite lim est finie, ce qui entraîne
h →0 h
f ( x0 + h ) − f ( x0 )
lim h = 0 et par suite lim f ( x0 + h) = f ( x0 ) i.e. f est continue en x0 .
h →0 h h →0
Remarque 4.1.10 La réciproque de la Proposition 4.1.9 est fausse. Une fonction peut être continue
en un point x0 sans être dérivable en ce point. On peut, par exemple, considérer la fonction x 7→ | x |
ou l’exemple 26.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 46


4.1 Dérivée en un point Calcul différentiel dans R

4.1.3 Différentiabilité d’une fonction


Définition 4.1.11 Une fonction f est différentiable en un point x0 si f est définie au voisinage de
x0 et s’il existe un réel A dépendant de x0 tel que pour h suffisamment petit, on ait

f ( x0 + h) − f ( x0 ) = A.h + ε(h).h (4.1.2)

avec lim ε(h) = 0, ce qui revient au même :


h →0

f ( x0 + h) − f ( x0 ) = A.h + o (h). (4.1.3)


0

Théorème 4.1.12 f est différentiable au point x0 si et seulement si f est dérivable au point x0 .

Démonstration 4 Si f est différentiable en x0 , alors il existe A ∈ R tel que

f ( x0 + h) − f ( x0 ) = A.h + ε(h).h.

f ( x0 +h)− f ( x0 )
Ainsi lim h = A ∈ R. Par conséquent f est dérivable en x0 et f 0 ( x0 ) = A.
h →0
f ( x0 +h)− f ( x0 )
Inversement, si f est dérivable en x0 , alors lim h = f 0 ( x0 ). Il s’en suit alors que
h →0
f ( x0 +h)− f ( x0 )
h = f 0 ( x0 ) + o (1), lorsque h → 0 ou encore f ( x0 + h) − f ( x0 ) = f 0 ( x0 ).h + o (h),
h → 0. f est alors différentiable au point x0 .

D’après cette démonstration, il est clair que si f est différentiable en x0 , le réel A dans la
relation (4.1.2) est f 0 ( x0 ) : A = f 0 ( x0 ).

Définition 4.1.13 Si f est différentiable en point x0 , alors l’application linéaire

h 7→ A.h = f 0 ( x0 ).h

est appelée la différentielle de f en x0 . On la note d f x0 .


Ainsi
d f x0 (h) = f 0 ( x0 ).h (4.1.4)
Si on considère la fonction g( x ) = x, on montre aisément que g0 ( x ) = 1, ∀ x ∈ R. Par conséquent,

dgx0 (h) = dx (h) = g0 ( x0 ).h = 1.h = h.

La relation (4.1.4) s’écrit alors


d f x0 (h) = f 0 ( x0 )dx (h) (4.1.5)
D’où
d f x0 = f 0 ( x0 )dx. (4.1.6)
Pour une fonction f dérivable en chaque point x d’un intervalle ] a, b[, la différentielle de f sur ] a, b[
est notée d f = f 0 ( x )dx avec x ∈] a, b[. On a alors les notations

df df
( x0 ) = f 0 ( x0 ), = f 0 ( x ).
dx dx

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 47 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.1 Dérivée en un point Calcul différentiel dans R

4.1.4 Approximation affine


Soit f une fonction dérivable en x0 ∈ R. On sait que la courbe de f admet alors une
tangente ( T ) au point de coordonnées ( x0 , f ( x0 )) d’équation

y = f 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ).

(T )

4
( x0 , f ( x0 ))
f ( x0 ) (C f )

0
0 x0 3 4

On observe que la courbe de f est proche de ( T ) au voisinage du point ( x0 , f ( x0 )).


Nous pouvons justifier cette observation :
Quand x est voisin de x0 , son image par f est proche de f 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ).
Ainsi on déduit que la fonction x 7−→ f 0 ( x0 )( x − x0 ) + f ( x0 ) est approximation affine de
la fonction f au voisinage de x0 .

4.1.5 Dérivabilité en un point et opérations


Proposition 4.1.14 Soient f et g deux fonctions dérivables en x0 . Alors
i) f + g et dérivable en x0 et ( f + g)0 ( x0 ) = f 0 ( x0 ) + g0 ( x0 )

ii) ∀λ ∈ R , λ f est dérivable en x0 et (λ f )0 ( x0 ) = λ f 0 ( x0 )

iii) f g est dérivable en x0 et ( f g)0 ( x0 ) = f 0 ( x0 ) g( x0 ) + f ( x0 ) g0 ( x0 ).


 0
f f f 0 ( x0 ) g ( x0 ) − f ( x0 ) g 0 ( x0 )
iv) Si g( x0 ) 6= 0 alors est dérivable en x0 et ( x0 ) = 2 .
g g 
g ( x0 )

Proposition 4.1.15 (Dérivée de la composée de deux fonctions ) Soient I, J deux intervalles de R,


x0 ∈ I, f : I −→ R, g : J −→ R tels que f ( I ) ⊂ J. Si f est dérivable en x0 et g dérivable en
f ( x0 ) alors g ◦ f est dérivable en x0 et
 0  
0 0
g◦ f ( x0 ) = f ( x0 ) g f ( x0 )

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 48


4.2 Fonction dérivée Calcul différentiel dans R

Exemple 27 Soit f : x 7→ ecos x ; calculer f 0 ( x0 ); avec x0 ∈ D f .

Proposition 4.1.16 (Dérivée d’une fonction réciproque ) Soit f : I −→ R une fonction continue
et strictement monotone sur un intervalle I, dérivable en x0 ∈ I telle que f 0 ( x0 ) 6= 0. Alors
l’application réciproque de f , f −1 : f ( I ) −→ I est dérivable en f ( x0 ) et

1
( f −1 )0 ( f ( x0 )) = .
f 0 (x 0)

Démonstration 5 Remarquer que f ◦ f −1 = Id. .

Exercice
1
Soit f la fonction définie par f ( x ) = . Montrer que la restriction g de f sur l’intervalle
sin( x )
π
[ , π [ possède une application réciproque g−1 .
2
Donner l’ensemble de définition et l’ensemble de dérivabilité de g−1 .
 0
Calculer g−1
Solution
π
La fonction sin étant positive, strictement décroissante et continue sur [ , π [, f est stricte-
2
π π
ment croissante et continue sur [ , π [, c’est donc une bijection de [ , π [ sur [1, +∞[.
2 2
Autrement dit g−1 est définie sur [1, +∞[.
π π cos( x )
De plus f est dérivable sur [ , π [ et ∀ x ∈ [ , π [ f 0 ( x ) = − 2 ;
2 2 sin ( x )
π
en particulier f 0 ( x ) = 0 ⇐⇒ x = . Nous en déduisons que l’ensemble de dérivabilité de
2
g−1 est ]1, +∞[.
Posons y = g( x )
0 sin2 ( x )
∀y ∈ ]1, +∞[, g−1 (y) = g0 (1x) = − cos( x)
où x ∈ ] π2 , π [ tel que sin( x ) = 1y .
s
1
q
Alors comme cos( x ) < 0 sur ] π2 , π [, nous avons cos( x ) = − 1 − sin( x ) = − 1−
y2
0
Finalement ∀y ∈ ]1, +∞[, g−1 (y) = √ 12
y y −1

4.2 Fonction dérivée


Définition 4.2.1 Soit I un intervalle de R et f une fonction dérivable en tout point de I. On
appelle fonction dérivée de f sur I, la fonction réelle définie sur I qui à chaque x ∈ I associe f 0 ( x ),
df
le nombre dérivé de f en x. Elle est notée f 0 ou dx .

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 49 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.2 Fonction dérivée Calcul différentiel dans R

4.2.1 Rappel : fonctions dérivées usuelles


Fonction f Fonction f 0 f est dérivable sur
x 7−→ c[c ∈ R] x 7−→ 0 R
x 7−→ ax ( a ∈ R) x 7−→ a R
x 7−→ xr (r ∈ Q∗ ) x 7−→ rxr−1 R si (r ∈ Q∗+ )
R∗ si (r ∈ Q∗− )
√ 1
x 7−→ x x 7−→ √ ]0, ∞[
2 x
1
x 7−→ ln x x 7−→ ]0, ∞[
x
x 7−→ e x x 7−→ e x R
x 7−→ a x ( a > 0) x 7−→ a x ln a R
x 7−→ sin( x ) x 7−→ cos( x ) R
x 7−→ cos( x ) x 7−→ −sin( x ) R
1
x 7−→ tan( x ) x 7−→ ]− π
2 + k, π2 + k[(k ∈ Z)
cos2 ( x )
1
x 7−→ cotan( x ) x 7−→ − 2 ]kπ, π + kπ [(k ∈ Z)
sin ( x )

4.2.2 Dérivées et opérations


u et v sont deux fonctions dérivables sur un intervalle ouvert I ⊆ R. λ est un réel donné.
• Dérivée d’une fonction multipliée par un réel
λu est dérivable sur I et (λu)0 = λu0

• Dérivée de la somme
u + v est dérivable sur I et (u + v)0 = u0 + v0
• Dérivée de la différence
u − v est dérivable sur I et (u − v)0 = u0 − v0

• Dérivée du produit
uv est dérivable sur I et (uv)0 = u0 v + v0 u

• Dérivée du quotient
u 0 0 0
u
= u vv−2v u .

v est dérivable sur { x ∈ I; v ( x ) 6 = 0} et v
• Si r ∈ Q∗+ , ur est dérivable sur I et (ur )0 = ru0 ur−1 .
• Si r ∈ Q∗− , u 6= 0 sur I, alors ur est dérivable sur I et (ur )0 = ru0 ur−1

4.2.3 Dérivée d’une composée


u est une fonction dérivable sur un intervalle ouvert I ⊆ R ; v est une fonction dérivable
sur un intervalle ouvert J de R contenant f ( I ).
Alors la composée de u par v est dérivable sur I et (v ◦ u)0 ( x ) = v0 (u( x ) ∗ u0 ( x ).

APPLICATIONS
Soit u une fonction dérivable sur ensemble I de R.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 50


4.2 Fonction dérivée Calcul différentiel dans R


fonction u ln u eu cos(u) sin(u)
(avec u > 0 sur I ) (avec u > 0 sur I )
Ensemble de dérivabilité I I I I I
u0 u0
Fonction dérivée √
2 u u u0 eu u0 cos(u) u0 sin(u)

Dérivées successives
Définition 4.2.2 Soit f une fonction dérivable sur ensemble I de R. Si sa fonction dérivée f 0 est
0
à son tour dérivable sur I, alors sa fonction dérivée ( f 0 ) est appelée fonction dérivée seconde ou
d2 f
d’ordre 2 de f sur I et est notée f 00 ou 2 . Si pour un entier n strictement positif donné, la dérivée
nf
dx
d
d’ordre n de f , notée f (n) ou n , est définie et dérivable sur I, alors sa fonction dérivée première
 0 dx
f ( n ) se note f ( n + 1 ) et est appelée fonction dérivée d’ordre (n + 1) de f sur f .
La dérivée d’ordre n de f sur I est aussi appelée la dérivée n-ième de f sur I.
En résumé,

f (1) = f 0 ,
d2 f
f (2) = 2 = f 00 = ( f 0 )0 ,
dx
d3 f
f (3) = 3 = ( f (2) ) 0 ,
dx
..
.
d n − 1 f  0
f ( n − 1 ) = n −1 = f ( n − 2 ) ,
dx
dn f  0
f ( n ) = n = f ( n −1) .
dx

Par convention, f (0) = f .

Définition 4.2.3 .

1. Soit n ∈ N∗ . On notera par C n ( I, R) ou tout simplement C n ( I ), l’ensemble des fonctions


réelles f admettant les n premières dérivées successives telles que f (n) soit continue I.
f ∈ C n ( I ) se dit " f est de classe C n sur I" ou " f , n -fois continûment dérivable sur
I".
N.B : f ∈ C0 ( I ) signifie que f est continue sur I.
2. Une fonction f est indéfiniment dérivable sur I si pour tout k ∈ N∗ , f est de classe C k . Si f
est indéfiniment dérivable sur I, alors on dit que f est de classe C ∞ sur I.

Exemple 28 1. Soit la fonction f définie par

x2 sin 1x ,

si x 6= 0
f (x) =
0, si x = 0.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 51 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.3 Principaux théorèmes du calcul différentiel Calcul différentiel dans R

Elle est dérivable sur R et f 0 est définie par

2x sin 1x − cos 1x ,

0 si x 6= 0
f (x) =
0, si x = 0.

Cependant f 0 n’est pas continue en 0 car lim 1


= 0 et
n→∞ 2nπ
 
0 1
lim f = −1 6 = f 0 (0).
n→∞ 2nπ

Donc f n’est pas de classe C1 sur R.


2. La fonction f : x → ln x est de classe C ∞ sur ]0, ∞[ car

1 (−1)n n!
f 0 (x) = et ∀n > 1, f (n) ( x ) = .
x x n +1
Théorème 4.2.4 (Leibniz) Soient n ∈ N∗ , I un ensemble non vide de R et f et g deux fonctions
admettant les n premières dérivées successives en un point x de I. Alors la fonction f g admet une
dérivée n-ième au point x et on a la formule suivante dite de Leibniz.
n
( f g )(n) = ∑ Cnk f (k) g(n−k) (Formule de Leibniz).
k =0

Exemple : Calculer la dérivée n ième de la fonction f ( x ) = ( x2 + 2x − 1) sin( x ).

Théorème 4.2.5 (Théorème d’inversion globale) Soit f : I → R une fonction de classe C1 sur
un intervalle I ⊂ R telle que f 0 non nul sur I. Alors f est injective. En particulier f réalise une
bijection de I dans f ( I ). En outre la réciproque f −1 de f est de classe classe C1 sur f ( I ) et pour
tout x ∈ I,
 0 1  0 1
−1 −1
f ( f ( x )) = 0 ou f ( y ) = 0 −1 , ∀ y ∈ f ( I ).
f (x) f ( f (y))

Remarque 4.2.6 Dans le théorème précédent, lorsque f est de classe C k sur I, alors sa réciproque
est de classe C k sur f ( I ) et par conséquent f est un C k -difféomorphisme de I dans f ( I ).

4.3 Principaux théorèmes du calcul différentiel


4.3.1 Théorème de Rolle, théorème des accroissements finis
Théorème 4.3.1 (Rolle) Soient ( a, b) ∈ R2 tel que a < b, f : [ a, b] → R une fonction.

 f est continue sur [ a , b ]
Si f est dérivable sur ] a , b [
f ( a) = f (b)

alors il existe c ∈] a , b [ tel que f 0 (c) = 0.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 52


4.3 Principaux théorèmes du calcul différentiel Calcul différentiel dans R

Preuve La fonction f étant continue sur [ a, b], elle est bornée sur [ a, b] et atteint ses bornes.
Il existe donc xm et x M ∈ [ a, b] tels que Posons f ( xm ) = m = min f ( x ) , f ( x M ) = M =
x ∈[ a, b]
max f ( x ).
x ∈[ a, b]
• Si m = M alors f est constante et donc f 0 ( x ) = 0 pout tout x ∈ ] a , b[
• Si m 6= M, alors on ne peut avoir simultanément m = f ( a) et M = f ( a). Sans perte
de généralité, supposons que M 6= f ( a). Ainsi x M ∈ ] a , b[ (du fait de l’hypothèse
f ( a) = f (b) on a x M 6= b). Soit h ∈ R∗ tel que x M + h ∈ [ a , b], on a
f ( x M + h) − f ( x M )

≥ 0 si h < 0
.
h ≤ 0 si h > 0

f étant dérivable en x M par hypothèse en en déduit que f 0 ( x M ) = 0.

Théorème 4.3.2 (des accroissements finis ou égalité des accroissement finis) Soient ( a , b) ∈
R2 tel que a < b, f : [ a , b] −→ R une fonction. Si f est continue sur [ a , b ] et dérivable sur
] a , b [, alors il existe c ∈] a , b [ tel que
f (b) − f ( a) = (b − a) f 0 (c) (4.3.1)

ce qui s’écrit encore il existe θ ∈]0, 1[ tel que

f (b) − f ( a) = (b − a) f 0 ( a + θ (b − a)). (4.3.2)

Démonstration 6 Considérons la fonction

ϕ : [ a, b] → R
f (b)− f ( a)
x 7→ f ( x ) − b− a (x − a) − f ( a)

La fonction ϕ est continue sur [ a, b], dérivable sur ] a , b [. D’autre part ϕ( a) = ϕ(b), il existe donc,
f ( a)− f (b)
d’après le théorème de Rolle (theorème 4.3.1), c ∈] a, b[ tel que ϕ0 (c) = 0 i.e. f 0 (c) = b−a .

Corollaire 4.3.3 (Inégalité des accroissements finis) Soit f : I −→ R une fonction dérivable
sur un intervalle ouvert I. S’il existe une constante M > 0 tel que pour tout x ∈ I, | f 0 ( x )| 6 M,
alors
∀ x, y ∈ I, | f ( x ) − f (y)| 6 M| x − y|.

Démonstration 7 Soit x, y ∈ I. f étant dérivable sur I, alors f est continue sur [ x, y] (ou [y, x ]) et
dérivable sur ] x, y[ (ou ]y, x [). Il existe alors c ∈] x, y[ ou ]y, x [, tel que f ( x ) − f (y) = f 0 (c)( x − y).
Comme | f 0 (c)| 6 M, alors on a

| f ( x ) − f (y)| 6 M| x − y|.

Exemple 29 Considérons la fonctions sinus dérivable sur I = R : f ( x ) = sin x. On a f 0 ( x ) =


cos x et ∀ x ∈ R, | cos x | 6 1. Ainsi d’après l’inégalité des accroissement finis,

∀ x, y ∈ R, | sin x − sin y| 6 | x − y|.


Pour y = 0, on déduit alors que
∀ x ∈ R, | sin x | 6 | x |.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 53 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.3 Principaux théorèmes du calcul différentiel Calcul différentiel dans R

Théorème 4.3.4 (des accroissements finis généralisé)


Soient a, b ∈ R tels que a < b, f , g : [ a, b] → R continues sur [ a, b] et dérivables sur ] a, b[ tels
que ∀ x ∈ ] a , b [ g0 ( x ) 6= 0.
Alors il existe c ∈] a, b[ tel que
f (b) − f ( a) f 0 (c)
= 0 . (4.3.3)
g (b) − g ( a) g (c)

Démonstration 8 Considérer la fonction

ϕ : [ a, b] → R
f (b) − f ( a)
x 7→ f ( x ) − ( g( x ) − g( a)).
g(b) − g( a)

Appliquer ensuite le théorème de Rolle à la fonction ϕ.

4.3.2 Variation de fonctions


4.3.3 Monotonie d’une fonction dérivable
Soient a , b ∈ R tels que a < b, I = [ a , b] ( ou [ a , b[ , ] a , b] , ] a , b[ )

Théorème 4.3.5 Soit f : I → R une fonction. Si f est continue sur I et dérivable sur ] a, b [,
alors f 0 ( x ) = 0 sur ] a, b [ si et seulement si f est une fonction constante sur I.

Démonstration 9 Supposons que f 0 ( x ) = 0 sur ] a, b [. Soit x1 , x2 ∈ I tels que x1 < x2 . D’apres


le théorème des accroissements finis, appliqué à f sur [ x1 , x2 ], il existe c ∈ ] x1 , x2 [ tel que

f ( x1 ) − f ( x2 ) = ( x1 − x2 ) f 0 (c) = 0.

D’où f ( x1 ) = f ( x2 ).
Inversement, si f est constante sur I, alors il est évident que f 0 = 0 sur ] a, b [.

Théorème 4.3.6 Soit f : I −→ R continue sur I et dérivable sur ] a , b [. Pour que f soit crois-
sante (resp. décroissante) sur I, si et seulement si

∀ x ∈ ] a , b [ f 0 ( x ) ≥ 0 ( resp. f 0 ( x ) ≤ 0).

Démonstration 10 Si f est croissante sur I, alors pour tout x ∈] a, b[ et pour tout h ∈ R∗ tels que
f ( x +h)− f ( x )
x + h ∈] a, b[, on a h > 0. Ainsi

f ( x + h) − f ( x )
lim = f 0 ( x ) > 0.
h →0 h
D’où f 0 > 0 sur ] a, b[.
Réciproquement, supposons f 0 > 0 sur ] a, b[ et montrons que f est croissante sur I.
Soient x1 , x2 ∈ I tels que x1 < x2 . D’après le théorème des accroissements finis, f étant continue
sur [ x1 , x2 ] et dérivable sur ] x1 , x2 [, il existe c ∈] x1 , x2 [ tel que f ( x2 ) − f ( x1 ) = f 0 (c)( x2 − x1 ).
Comme f 0 (c) > 0, on a f 0 (c)( x2 − x1 ) > 0 et par conséquent, f ( x2 ) > f ( x1 ). D’où f est croissant
sur I.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 54


4.4 Dérivées et calcul de limites Calcul différentiel dans R

4.3.4 Etude des extrémums pour une fonction dérivable


Soient a , b ∈ R tels que a < b, I = [ a , b] ( ou [ a , b[ , ] a , b] , ] a , b[ )

Définition 4.3.7 Soit x0 ∈ I, f : I −→ R définie sur I.


i) On dit que f admet un maximum (resp. minimum) local f ( x0 ) en x0 s’il existe ε > 0 tel que
] x0 − ε, x0 + ε[⊂ I et ∀ x ∈] x0 − ε, x0 + ε[,

f ( x ) ≤ f ( x0 ) ( resp. f ( x ) ≥ f ( x0 )).

ii) On dit que f admet un maximum (resp. minimum) local strict f ( x0 ) en x0 s’il existe ε > 0
tel que ] x0 − ε, x0 + ε[⊂ I et ∀ x ∈] x0 − ε, x0 + ε[\ { x0 },

f ( x ) < f ( x0 ) ( resp. f ( x ) > f ( x0 ))

iii) On dit que f admet un extremum local (resp. extremum local strict ) en x0 si et seulement si
f admet soit un maximum ou soit un minimum local en x0 (resp. soit maximum local strict
ou soit un minimum local strict en x0 ).

Théorème 4.3.8 Soit f : I −→ R une fonction définie sur I., dérivable sur ] a, b[. f admet un
extremun local en x0 ∈] a, b[ si et seulement si f 0 s’annule en x0 en changeant de signe.

Remarque 4.3.9 1/ Le Théorème4.3.8 tombe en défaut si x0 est une extrémité de I.


Exemple 30
f : [0 , 1] −→ R
.
x 7→ x
f admet un minimum local en x0 = 0 mais f 0 (0) = 1.
2/ Une fonction peut admettre un extremum local en x0 sans être dérivable en x0 .
Exemple 31 f : x −→ | x | et x0 = 0.
3/ Si f est dérivable en x0 et f 0 ( x0 ) = 0, on ne peut pas déduire que f admet un extremum
local en x0 .
Exemple 32 f : x −→ x3 et x0 = 0.

4.4 Dérivées et calcul de limites


Théorème 4.4.1 (de l’Hospital) ou Règle de l’Hopital Soient f et g deux fonctions dérivables
au voisinage de x0 ∈ R et g0 ( x ) 6= 0 pour x ∈] x0 − δ, x0 + δ[\ { x0 } avec δ > 0.
f 0 (x)
Si ( lim f ( x ) = lim g( x ) = 0 ou lim f ( x ) = lim g( x ) = ∞) et lim g0 ( x) existe ou est infinie,
x → x0 x → x0 x → x0 x → x0 x → x0

f (x) f 0 (x)
alors lim = lim 0 .
x → x0 g( x ) x → x0 g ( x )

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 55 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.4 Dérivées et calcul de limites Calcul différentiel dans R

sin( x ) − x + 61 x3
Exemple 33 Calculer lim
x −→0 x4
1 3
sin( x ) − x + 6 x cos( x ) − 1 + 12 x2 − sin( x ) + x − cos( x ) + 1
lim 4
= lim 3
= lim 2
= lim
x −→0 x x −→0 4x x −→0 12x x −→0 24x
sin( x )
= lim =0
x −→0 24

Remarque 4.4.2 La conclusion de la règle de l’Hospital reste inchangée pour d’autres types de
limites, notamment lorsque x → x0 est remplacé par : x → x0− , x → x0+ , x → −∞ et x → +∞

Tableau de dérivées usuelles


f (x) f 0 (x)
xα αx α−1
ex ex
sinx cos x
cosx − sin x
tanx 1 + tan2 x = cos12 x
1
Arctanx 1+ x 2
Arctan xa a
x 2 + a2
Arcsinx √ 1
1− x 2
Arcosx − 1 2

1− x
shx chx
chx shx
1
thx 1 − th2 x = ch2 x
1
Argthx 1− x 2
Argshx √ 1
1+ x 2
Argchx √ 1
x 2 −1

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 56


4.4 Dérivées et calcul de limites Calcul différentiel dans R

TD : dérivabilité
Exercice 1
Calculer les limites des fonctions f
tan( x ) − 1 π
a) f ( x ) = (x → )
x− 4 π
4
e3x − e3
b) f ( x ) = 3 ( x → 1)
x −1
  
1
c) f ( x ) = x 1 − cos ( x → +∞)
x
d) f ( x ) = x + ln(1 − e2− x ) − ln( x − 2) ( x → 2)

Exercice 2
On considère la fonction f définie sur R par

−( x + 2)2 + 2 si x ∈] − ∞; −1]

f (x) =
x3 + 2 si x ∈] − 1, +∞[

a) Étudier la continuité de f sur R


b) Étudier la dérivabilité de f en −1.
c) Donner si possible les équations des demi-tangentes en −1.
Exercice 3
Soit n un entier strictement positif. On définit une fonction f sur R en posant
(  
n 2 1
x sin x si x 6= 0
f (x) =
0 si x = 0

Etudier suivant les valeurs de n, si


a) f est continue sur R
b) f est dérivable sur R
c) f est continûment dérivable sur R
Exercice 4
On considère la fonction h( x ) = cos2 x .
i π i
1. Montrer que la restriction j de h sur − , 0 possède une application réciproque j−1
2
dont on précisera l’ensemble de définition.
2. Déterminer l’ensemble sur lequel j−1 est dérivable.
0
3. Calculer alors j−1 sur cet ensemble.

Exercice 5

a) En utilisant la formule de Leibniz, calculer les dérivées successives des fonctions


suivantes :
x2 + 1
f ( x ) = x2 e x , g( x ) = x2 (1 + x )n et h( x ) =
( x + 1)2

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 57 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
4.4 Dérivées et calcul de limites Calcul différentiel dans R

b) Soient a, b deux réels et f ( x ) = ( x − a)n ( x − b)n . Calculer f (n) ( x ) et en déduire


n
∑ (Cnk )2 .
k =0
Exercice 6
Soit f : [ a, b] → R une application continue. On suppose que f est dérivable sur ] a, b[, et
que pour tout x ∈ [ a, b], f ( x ) > 0. Montrer qu’il existe c ∈] a, b[ tel que
0
f (b) f (c)
(b − a ) f (c)
=e .
f ( a)

Exercice 7
n
Soit α ∈ ]0, 1[. Pour n ∈ N∗ , on pose un = ∑ 1
kα .
k =1
a) Prouver que
1−α 1−α
∀ k ∈ N∗ ≤ ( k + 1 )1− α − k 1− α ≤ α
( k + 1) α k
b) En déduire un équivalent de un .
c) Etudier le cas α = 1.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 58


Chapitre 5

Fonctions trigonométriques inverses et


fonctions hyperboliques

5.1 Théorèmes de base


Théorème 5.1.1 Si f est une fonction réelle strictement monotone et continue sur un intervalle
I de bornes a, b, alors f est une bijection de I dans f ( I ) et sa bijection réciproque est continue et
strictement monotone de même monotonie que celle de f .

Remarque 5.1.2 f ( I ) dans le théorème 5.1.1 est un intervalle de bornes lim f ( x ) et lim f ( x ).
x→a x →b
x∈ I x∈ I

Théorème 5.1.3 Soit f une fonction continue, strictement monotone sur un intervalle I et déri-
vable sur I. Si K est une partie de I telle que ∀ x ∈ K, f 0 ( x ) 6= 0, alors f −1 est dérivable sur f (K )
et 0
 1 1
∀y ∈ f (K ), on a : f −1 (y) = 0 −1 = 0 avec y = f ( x ), x ∈ K.
f ( f (y)) f (x)

5.2 Fonctions trigonométriques inverses


5.2.1 Fonction arc sinus
La fonction sinus c-à-d la fonction x 7→ sin x est continue et strictement croissante sur
[− π2 , π2 ]. Elle définie donc une bijection de [− π2 , π2 ] vers [−1, 1]. On appelle fonction arc sinus,
notée Arcsin, la bijection réciproque de cette bijection. Ainsi La fonction arcsinus est une
fonction à valeurs dans [− π2 , π2 ] définie et continue sur [−1, 1]. ELLe est impaire et n’est
dérivable que sur ] − 1, 1[ et on a :

1
∀ x ∈] − 1, 1[, Arcsin0 ( x ) = ( Arcsinx )0 = √
1 − x2
Propriété 9 .

 x = sin y
1. ∀ x ∈ [−1, 1], ∀y ∈ R, y = Arcsinx ⇔
y ∈ [− π2 , π2 ]

59
5.2 Fonctions trigonométriques inverses Calcul différentiel dans R

2. ∀ x ∈ [− π2 , π2 ], Arcsin(sinx ) = x.
3. ∀ x ∈ [−1, 1], sin( Arcsinx ) = x.
π π π π
α 0 6 √4 √3 2 Arcsiny
1 2 3
sin α 0 2 2 2 1 y
∀ x ∈ [−1; 1], ∀y ∈ [−1; 1], si ( Arcsinx + Arcsiny) ∈ [− π2 , π2 ], alors
 q p 
2
Arcsin( x ) + Arcsin(y) = Arcsin x 1 − y + y 1 − x . 2

Remarque 5.2.1 Si x > 0, y > 0, alors

y = arcsin x
y=x
π
2
1 y = sin x
−π
2
π
0 2
−1
−π
2

F IGURE 5.1 – Restriction de la fonction sinus sur [− π2 , π2 ] et la fonction arc sinus

5.2.2 Fonction arc cosinus


La fonction cosinus c-à-d la fonction x 7→ cos x est continue et strictement croissante sur
[0, π ]. Elle définie donc une bijection de [0, π ] vers [−1, 1]. On appelle fonction arc cosinus,
notée Arccos, la bijection réciproque de cette bijection. Ainsi La fonction arccos est une
fonction à valeurs dans [0, π ] définie et continue sur [−1, 1]. ELLe n’est ni pair ni impaire.
Elle est dérivable sur ] − 1, 1[ (et même de classe C ∞ sur ] − 1, 1[) et on a :

1
∀ x ∈] − 1, 1[, Arccos0 ( x ) = ( Arccosx )0 = − √
1 − x2
Propriété 10 .

 x = cos y
1. ∀ x ∈ [−1, 1], ∀y ∈ R, y = Arccosx ⇔
y ∈ [0, π ]

2. ∀ x ∈ [0, π ], Arccos(cos x ) = x.
3. ∀ x ∈ [−1, 1], cos( Arccosx ) = x.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 60


5.2 Fonctions trigonométriques inverses Calcul différentiel dans R

π π π π 2π 5π
y 0 √6 √4 3 2 3 6√ Arccosx
3 2 1 3
cos y 1 2 2 2 0 − 12 − 2 x

y=x
y = arccos x
1

. π
. π
0 1 2

y = cos x

F IGURE 5.2 – Restriction de la fonction cosinus sur [0, π ] et la fonction arc cosinus


Remarque 5.2.2 ∀ x ∈ [−1, 1], cos( Arcsin( x )) = sin( Arccos( x )) = 1 − x2

5.2.3 Fonction arc tangente

La fonction tangente est continue


 et strictement croissante
 sur ] − π2 , π2 [. Elle réalise donc

une bijection de ] − π2 , π2 [ sur  limπ tan x, limπ tan x  = R. On appelle fonction arc tangente
x →− 2 x→ 2
> <
sa bijection réciproque. Elle est notée Arctan et est continue et strictement croissante sur R.
La fonction arc tangente est impaire et dérivable sur R (et même de classe C ∞ sur R).

1
∀ x ∈ R, on a ( Arctan)0 ( x ) = Arctan0 ( x ) = .
1 + x2


 x = tan y
Propriété 11 1. ∀ x ∈ R, ∀y ∈ R, y = Arctan( x ) ⇔
− π2 < y < π2 .

2. ∀ x ∈ R, tan( Arctan( x )) = x.

3. ∀ x ∈] − π2 , π2 [, Arctan(tan( x )) = x.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 61 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

y = tan x

y=x

π
2

−π y = arctan x
2
π
0 2

−π
2

F IGURE 5.3 – Restriction de la fonction tangente sur ] − π2 , π2 [ et la fonction arc tangente

5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses

5.3.1 Fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique


? Soit x ∈ R, on appelle sinus hyperbolique de x, noté sh( x ), et cosinus hyperbolique de x,
noté ch( x ), les réels :

e x − e− x e x + e− x
sh( x ) = et ch( x ) =
2 2

? Les fonctions sh et ch sont dérivables sur R (plus encore elles sont de classe C ∞ sur
R). La fonction sh est impaire alors que ch est paire. On a :

sh0 = ch et ch0 = sh

.
? ∀ x ∈ R, ch2 ( x ) − sh2 ( x ) = 1

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 62


5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

y = ch( x )
1
y = sh( x )

.
0

F IGURE 5.4 – Fonctions sinus hyperbolique et cosinus hyperbolique

5.3.2 Fonction tangente hyperbolique


? Soit x ∈ R, on appelle tangente hyperbolique de x, noté th( x ), le réel :

sh( x )
th( x ) =
ch( x )

? La fonction th est impaire et dérivable sur R (et même de classe C ∞ sur R). On a :
1
th0 = 1 − th2 =
ch2
.
? La droite d’équation y = 1 (resp. y = −1) est asymptote à la courbe représentative
de la fonction th en +∞ (resp. −∞)

.
y = th( x ) 0

F IGURE 5.5 – Fonction tangente hyperbolique

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 63 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

5.3.3 Fonctions hyperboliques inverses


Fonctions arguments sinus et cosinus hyperboliques
? La fonction sinus hyperbolique réalise une bijection de R sur R. On appelle fonction
argument sinus hyperbolique sa réciproque, notée Argsh. La fonction argument sinus
hyperbolique est une fonction impaire, dérivable sur R (et même de classe C ∞ sur
R). On montre que,
p 1
∀ x ∈ R, Argsh( x ) = ln( x + x 2 + 1) et ∀ x ∈ R, Argsh0 ( x ) = √ .
x2 +1
Propriété 12 1. ∀ x ∈ R, ∀y ∈ R, y = Argsh( x ) ⇔ x = sh(y).
2. ∀ x ∈ R, sh( Argsh( x )) = x.
3. ∀ x ∈ R, Argsh(sh( x )) = x.

F IGURE 5.6 – Fonctions sinus hyperbolique et argument sinus hyperbolique

? La fonction cosinus hyperbolique est continue et strictement croissante sur [0, +∞[.
Elle réalise donc une bijection de [0, +∞[ vers [1, +∞[. Sa bijection réciproque, défi-
nie de [1, +∞[ vers [0, +∞[, est appelée fonction argument cosinus hyperbolique et est
notée Argch. C’est une fonction dérivable sur ]1, +∞[ (et même de classe de classe
C ∞ sur ]1, +∞[).
p 1
∀ x ∈ [1, +∞[, Argch( x ) = ln( x + x2 − 1) et ∀ x ∈]1, +∞[, ( Argch)0 ( x ) = √ .
x2 −1

 x = chy
Propriété 13 1. ∀ x ∈ [1, +∞[, ∀y ∈ R, y = Argch( x ) ⇔
y > 0.

2. ∀ x > 1, ch( Argch( x )) = x.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 64


5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

3. ∀ x > 0, Argch(ch( x )) = x.

Remarque 5.3.1 Argsh( x ) et Argch( x ) se lisent respectivement "Arg sinus de x" et "Arg cosinus
de x".

y = ch( x )
1
y = Argchx
.
.
0 1

F IGURE 5.7 – Restriction de cosinus hyperbolique sur [0, +∞[ et la fonction argument cosi-
nus hyperbolique

Fonction argument tangente hyperbolique

La fonction tangente hyperbolique réalise une bijection de R sur ] − 1, 1[. Sa bijection


réciproque, définie de ] − 1, 1[ vers R, est appelée fonction argument tangente hyperbolique
et notée Argth. L’expression "Argth( x )" se lit "Arg tangente de x". Argth est une fonction
impaire et de classe C ∞ sur ] − 1, 1[. On montre que,

 
1 1+x 1
∀ x ∈] − 1, 1[, Argth( x ) = ln et sa dérivée : ∀ x ∈] − 1, 1[, ( Argth)0 ( x ) =
2 1−x 1 − x2

Propriété 14 1. ∀ x ∈] − 1, 1[, ∀y ∈ R, y = Argth( x ) ⇔ x = th(y).

2. ∀ x ∈] − 1, 1[, th( Argth( x )) = x.

3. ∀ x ∈ R, Argth(th( x )) = x.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 65 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

F IGURE 5.8 – Fonctions tangente hyperbolique et argument tangente hyperbolique

TD : Fonction trigonométriques inverses et fonctions hyper-


boliques
Exercice 1
Après avoir donné le domaine de définition, calculer la dérivée des fonctions suivantes :
 
2x
1. f ( x ) = argth
x2 + 1
 
1
2. g( x ) = arccos
x−1
 
1
3. h( x ) = arctan
x2
4. i ( x ) = arcsin(ln x )
Exercice 2
Simplifier les expressions suivantes :
a) g( x ) = cos(2 arcsin( x ))
b) g( x ) = cos(2 arctan( x ))
Exercice 3
Etudier et représenter sans faire usage de la dérivée, la fonction définie par :

f ( x ) = arccos(cos( x ))

Exercice 3

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 66


5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

Etudier et représenter graphiquement la fonction suivante :


 
1
f ( x ) = arcsin
x−2

Domaine de définition, limites aux bornes du domaine et tableau de variation.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 67 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
5.3 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses Calcul différentiel dans R

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 68


Chapitre 6

Développements limités

6.1 Définition et propriétés


Définition 6.1.1 Soient n ∈ N, f une fonction réelle d’une variable réelle définie au voisinage de
0. On dit que f admet un développement limité (en abrégé d.l.) d’ordre n au voisinage de 0 s’il existe
un polynôme P ∈ R[ X ] tel que
i) deg P ≤ n
ii) au voisinage de 0, f ( x ) = P ( x ) + ◦( x n ).
0

Si
P ( x ) = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n
alors
f ( x ) = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n + ◦ ( x n ).
0
Le polynôme P est appelé la partie régulière (ou polynomiale ou principale) de f et
◦0 ( x n ) est le reste ou le terme complémentaire. Le polynôme P constitue en quelque sorte
une approximation polynomiale de la fonction f dans un intervalle contenant 0.

Remarque
f admet un d.l. d’ordre n au voisinage de 0 s’il existe un polynôme P à cœfficients réels
et une application ε : x 7→ ε ( x ) tels que :
i) deg P ≤ n
ii) au voisinage de 0, f ( x ) = P ( x ) + x n ε ( x )
iii) lim ε ( x ) = 0
x →0
La définition précédente s’étend à un voisinage de x0 ∈ R.

Définition 6.1.2 On dit que f admet un dl d’ordre n au voisinage de x0 s’il existe un polynôme
P ∈ R[ X ], de degré au plus n, tel que

f ( x ) = P( x − x0 ) + ◦ (( x − x0 )n )
x0

69
6.2 Développements limités et opérations Calcul différentiel dans R

soit
f ( x ) = a0 + a1 ( x − x0 ) + a2 ( x − x0 )2 + · · · + an ( x − x0 )n + ◦ (( x − x0 )n ).
x0

La définition s’étend aussi à un voisinage de +∞ (ou −∞).


Définition 6.1.3 On dit que f admet un dl d’ordre n au voisinage de +∞ (ou −∞) s’il existe un
polynôme P ∈ R[ X ], de degré au plus n, tel que
1 1
f ( x ) = P( ) + ◦ ( n )
x ∞ x

soit
a1 a an 1
+ 22 + · · · + n + ◦ ( n ).
f ( x ) = a0 +
x x x ∞ x

N.B. Les propriétés qui suivent concernent les d.l. au voisinage de 0. Cependant elles
s’étendent immédiatement au d.l. au voisinage de x0 (fini ou infini). En effet, en posant
1
u = x − x0 ou u = ,
x
on ramène l’étude d’une fonction au voisinage de x0 (fini ou infini) à l’étude de cette fonc-
tion au voisinage de 0.
Proposition 6.1.4 Si f admet un d.l. d’ordre n au voisinage de 0, elle admet dans ce voisinage, un
d.l. d’ordre r pour tout entier r ≤ n.
Proposition 6.1.5 Si f admet un d.l. d’ordre n au voisinage 0 alors ce d.l. est unique.
Proposition 6.1.6 Si f admet un d.l. d’ordre n au voisinage 0 de partie régulière P et si f est paire
(resp. impaire) alors P est paire (resp. impaire).

Théorème 6.1.7 (de Taylor-Young) Si f est de classe C n−1 dans un voisinage de 0 et si f (n) (0)
existe alors f admet un d.l. d’ordre n dans ce voisinage de 0 donné par
n
f ( k ) (0) k
f (x) = ∑ k!
x + ◦ ( x n ).
0
k =0

Exemple
Considérons f ( x ) = exp( x ). La fonction f est de classe C ∞ sur R et pour tout n,

f (n) ( x ) = exp x donc f (n) (0) = 1


Il vient alors
x x2 xn
exp x = 1 + + +···+ + ◦ ( x n ).
1! 2! n! 0

6.2 Développements limités et opérations


Proposition 6.2.1 (Combinaison linéaire) Si f et g admettent des d.l. au voisinage de 0 de par-
ties régulières respectives P et Q alors α f + βg admet un d.l. au voisinage de 0 de partie régulière
αP + βQ.

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 70


6.2 Développements limités et opérations Calcul différentiel dans R

Exemple

D.l. d’ordre 5 au voisinage de 0 de f ( x ) = exp x − 2 1 + x
Proposition 6.2.2 (Multiplication) Si f et g admettent des d.l. d’ordre n au voisinage 0 de parties
régulières respectives P et Q alors f g admet un d.l. dont la partie régulière est obtenue en tronquant
PQ au degré n.

Exemple
exp x
D.l. d’ordre 3 au voisinage de 0 de f ( x ) = √
1+ x
.

Proposition 6.2.3 (Quotient) Si f et g admettent des d.l. d’ordre n au voisinage de 0 de partie


f
régulières respectives P et Q et si la valuation de Q est nulle ( i.e Q(0) 6= 0) alors la fonction g
admet un d.l. au voisinage de 0 dont la partie régulière est le quotient de la division suivant les
puissances croissantes, à l’ordre n, de P par Q.

Exemple
cos x
D.l. d’ordre 4 au voisinage de 0 de chx .

Proposition 6.2.4 (Composition) Si f et g admettent des d.l. d’ordre n au voisinage 0 de parties


régulières respectives P et Q et si la valuation de Q est non nulle (i.e Q(0) = 0) alors f ◦ g admet
un d.l. d’ordre n dont la partie régulière est obtenue en tronquant au degré n le polynôme P ◦ Q.

Exemple
D.l. d’ordre 3 au voisinage de 0 de f ( x ) = sh[ln(1 + x )].

Proposition 6.2.5 (Integration) Si f est dérivable dans un voisinage de 0 et si f 0 admet un d.l.


d’ordre n au voisinage de 0
f 0 ( x ) = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n + ◦ ( x n )
0

alors f admet un d.l. d’ordre n + 1 au voisinage de 0 obtenu par intégration terme à terme :
1 1 1
f ( x ) = f (0) + a0 x + a1 x 2 + a2 x 3 + · · · + a n x n +1 + ◦ ( x n +1 ).
2 3 n+1 0

Exemple
D.l. d’ordre 5 au voisinage de 0 de f ( x ) = Arctan 1x−+ax
a
.

Proposition 6.2.6 (Dérivation) Si f (n) (0) existe et si le d.l. d’ordre n de f s’écrit


f ( x ) = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n + ◦ ( x n )
0

alors f 0 admet un d.l. d’ordre n − 1 obtenu en dérivant terme à terme le d.l. de f :

f 0 ( x ) = a1 + 2a2 x + · · · + nan x n−1 + ◦( x n−1 ).


0

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 71 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
6.3 Développements limités généralisés Calcul différentiel dans R

6.3 Développements limités généralisés


Soit la fonction f définie au voisinage de 0 sauf peut-être en 0. S’il existe un réel r tel
que
x r f ( x ) = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n + ◦ ( x n )
0

alors
1
f (x) = ( a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + a n x n ) + ◦ ( x n −r ).
xr 0

C’est le d.l. généralisé de f à l’ordre n − r au voisinage de 0.

Exemple

D.l. généralisé d’ordre 4 de cotanx.

6.4 Applications des développements limités


6.4.1 Calculs de limites
Les d.l. interviennent dans la recherche de certaines limites, notamment dans l’étude de
formes indéterminées.

Exemple

Calculer les limites suivantes :

e x − cos x − x exp 1x − cos 1x


lim , lim
x →0 x − ln(1 + x ) x →+∞
q
1 − 1 − x12

1
ax + bx

x
lim , 0 < a < b.
x →0 2

6.4.2 Asymptôte oblique


On cherche une écriture de f sous la forme

cp 1
f ( x ) = ax + b + p + ◦ ( p ).
x 0 x

Alors la droite ∆ d’équation y = ax + b est asymptote à C f . La position de C f par rapport


c
à ∆ est donnée par le signe de xpp .

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 72


6.4 Applications des développements limités Calcul différentiel dans R

Méthode pratique
1
Pour obtenir le développement cherché pour f il est d’usage de poser x = t et de
chercher le d.l. de t f ( 1t ) au voisinage de 0 sous la forme :

1
t f ( ) = a + bt + c p t p+1 + ◦(t p+1 )
t 0

où c p est le premier coefficient d’ordre supérieur ou égal à 2 qui ne soit pas nul.

Exemple
Asymptote (oblique) à la courbe de C f avec

2x4 + 3x3 + x2 − 2x − e−3/x


f (x) = .
x3 + x2 − 1

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 73 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023
6.4 Applications des développements limités Calcul différentiel dans R

Tableau des d.l. usuels (au voisinage de 0)

f (x) d.l. de f ( x )
1
1− x 1 + x + x2 + · · · + x n + o ( x n )
2 n
ex 1 + 1!x + x2! + · · · + xn! + o ( x n )
2 3 4 n
ln(1 + x ) x − x2 + x3 − x4 + · · · + (−1)n−1 xn + o ( x n )
(1 + x )α , α ∈ R 1 + αx + α(α2!−1) x2 + · · · + α(α−1)...n!(α−n+1) x n + o ( x n )
3 5 7 x2n+1
sinx x − x3! + x5! − x7! + · · · + (−1)n (2n +1) !
+ o ( x2n+2 )
x3 x5 x7 x2n+1
shx x+ 3! + 5! + 7! +···+
(2n+1)!
+ o ( x2n+2 )
2 4 6 2n
cosx 1 − x2! + x4! − x6! + · · · + (−1)n (x2n)! + o ( x2n+1 )
2 4 6 2n
chx 1 + x2! + x4! + x6! + · · · + (x2n)! + o ( x2n+1 )
3
tanx x + x3 + 15 2 5
x + o ( x6 )
3
thx x − x3 + 15 2 5
x + o ( x6 )
3 1.3.5...(2n−1) 2n+1
Arcsinx x + 12 x3 + · · · + 2.4.6...2n x2n+1 + o ( x2n+2 )
1 x3 1.3.5...(2n−1) x2n+1 2n+2 )
2 −x− 2 3 −···−
π
Arccosx 2.4.6...2n 2n+1 + o ( x
3 5 2n+1
Arctanx x − x3 + x5 + · · · + (−1)n x2n+1 + o ( x2n+2 )
3 1.3.5...(2n−1) 2n+1
Argshx x − 12 x3 + · · · + (−1)n 2.4.6...2n x2n+1 + o ( x2n+2 )
3 5 2n+1
Argthx x + x3 + x5 + · · · + x2n+1 + o ( x2n+2 )

TD : Développement limité
Exercice 1
Déterminer le développement limité, au voisinage de zéro, à l’ordre n des fonctions
suivantes :
x
a) f ( x ) = x ( n = 3)
e −1
q
b) f ( x ) = 1 + sin( x ) (n = 3)
 
tan( x )
c) f ( x ) = ln ( n = 4)
x
d) f ( x ) = ln(1 + e x ) (n = 4)
1
e) f ( x ) = (1 + x ) x (n = 3)
√ !
3+x
f) f ( x ) = arctan √ ( n = 3)
1+x 3

Exercice 2

a) Ecrire le développement limité, à l’ordre 3, au voisinage de x0 = 1, de la fonction


x ln( x )
f ( x ) = x 2 −1

©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023 74


6.4 Applications des développements limités Calcul différentiel dans R

b) Ecrire le développement limité, à l’ordre 3, au voisinage de +∞, de la fonction


f ( x ) = ln( x2 + 2x + 3) − ln( x2 + x + 1)
c) Montrer que f ( x ) est un infiniment petit d’ordre 4 au voisinage de zéro f ( x ) =
sin(ln(1 + x )) − ln(1 + sin( x ))
Exercice 3


Etudier les branches infinies de la courbe C f représentant f : f ( x ) = x4 + x2 + x + 1 −

( x + 2) x 2 + 3
Exercice 4
 x


1 e 1
Pour x ∈ R∗ , on pose f ( x ) = ln .
x x
Démontrer que l’on peut prolonger f en une fonction dérivable sur R.

MTH1121 : Calcul différentiel dans R 75 ©TCHALLA Ayékotan Messan Joseph, Université de Lomé/Togo 2023

Vous aimerez peut-être aussi