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Étude Cytologique de l'Adénogramme

Ce document décrit la technique de l'adénogramme qui est l'étude cytologique des cellules contenues dans un ganglion. Il explique le matériel nécessaire, la technique de ponction ganglionnaire et les différents aspects cytologiques pouvant être observés, notamment dans le cadre d'adénites réactionnelles, tumorales ou infectieuses.
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Étude Cytologique de l'Adénogramme

Ce document décrit la technique de l'adénogramme qui est l'étude cytologique des cellules contenues dans un ganglion. Il explique le matériel nécessaire, la technique de ponction ganglionnaire et les différents aspects cytologiques pouvant être observés, notamment dans le cadre d'adénites réactionnelles, tumorales ou infectieuses.
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ADENOGRAMME

INTRODUCTION :
L’adénogramme est l’étude cytologique des cellules contenues dans un ganglion donc c’est
l’étude qualitative et quantitative du suc ganglionnaire.
Cet examen est réalisé à l’aide d’une aiguille intramusculaire, il est peu invasif et peu
douloureux et permet le plus souvent une orientation diagnostic rapide vers un contexte
réactionnel ou vers une pathologie tumorale, hématologique ou non, imposant alors la
réalisation d’une biopsie ganglionnaire.
L’interprétation cytologique d’une ponction ganglionnaire doit être toujours confrontée à la
clinique et à la biologie.
OBJECTIFS :
1) Décrire la technique de la ponction ganglionnaire
2) Citer les différents aspects cytologiques rencontrés au cours de l’adénogramme

PLAN :
INTRODUCTION
I-Rappel anatomique du ganglion
II-Ponction ganglionnaire
III-Différents aspects cytologiques
CONCLUSION

I-RAPPEL ANATOMIQUE
Les ganglions sont des formations lymphoïdes de moins de un centimètre de diamètre
(0,5mm) dispersées le long des vaisseaux lymphatiques.
Les ganglions sont des nodules réniformes. Le système lymphatique comprend des
organes lymphoïdes centraux (moelle et thymus) et des organes lymphoïdes
périphériques (Ggl, Rate, MALT).
Le parenchyme ganglionnaire comprend :
-une zone médullaire claire, peu dense en cellules
-une zone corticale divisée en cortex externe où se développe les follicules lymphoïdes et
leurs centres germinatifs et un cortex profond ou zone paracorticale siège électif des
lymphocytes thymodependants.
Le ganglion comprend deux types de vascularisation :
-une vascularisation sanguine assurée par l’artère affèrent qui pénètre par le hile et se
distribue dans les travées conjonctives.
-Une vascularisation lymphatique où les vaisseaux lymphatiques afférents arrivent par la
partie convexe et se jettent dans les sinus corticaux.

II-PONCTION GANGLIONNAIRE
La ponction ganglionnaire à l’aiguille fine peut orienter rapidement le diagnostic :

 elle peut ramener du pus


 elle peut montrer des cellules métastatiques de cancer
 elle peut être non contributive indiquant une biopsie
II-1-LE MATERIEL
Il comprend :
-un charriot propre et désinfecté
-une gamme antiseptique (coton, alcool, Bétadine…)
-un matériel de rasage
-les compresses stériles
-une seringue de 10cc
-une aiguille de 18 gausse
-des lames de verres
-un pansement
-un tube de prélèvement stérile pour y mettre le pus

II-2-TECHNIQUE
On repère le ganglion à ponctionner par la palpation puis on réalise une asepsie rigoureuse
de la peau et un rasage si nécessaire. Le ganglion est ensuite immobilisé entre le pouce et
l’index de la main gauche dans une position qui le fait le mieux saillir.
A l’aide d’une aiguille de 21 G, on ponctionne le ganglion sans aspiration. L’aiguille est
souvent mobilisée en 2 ou 3 trajets courts dans le ganglion ou souvent mobilisée en faisant
des mouvements de rotation sur elle-même en prêtant une grande attention à ne pas
recueillir du sang puis l’aiguille est retirée.
Le continu de l’aiguille est chassé par une seringue de 10cc rempli d’air et projeté sur une
lame de verre puis étalé comme un frottis sanguin.
Après séchage à l’air libre, la lame est colorée au M.G.G (May Grunwald Giemsa)
Si l’aspect est purulent, une deuxième ponction peut être réalisée avec une aiguille de plus
fort calibre de façon à recueillir une quantité de suc ganglionnaire pour un examen
microbiologique.
NB : A noter que la seule contre-indication est l’existence d’une tuméfaction battante.
Aucun accident grave n’est à déplorer si l’on est sure de la nature ganglionnaire de l’organe
ponctionné.
Les incidents sont parfois une ecchymose au point de piqûre ou une tuméfaction du ganglion
par une hémorragie intra ganglionnaire.
II-3-RESULTATS
II-3-1 AU PLAN MACROSCOPIQUE :
La ponction apporte des informations au clinicien sur la consistance et la nature du ganglion
à savoir l’épaississement de la coque ou si le tissu est compact ou non.
La présence de pus ou non.
II-3-2-AU PLAN MICROSCOPIQUE :
L’adénogramme normal comporte :
-90% de cellules lymphoïdes à différents stades de fonction qui sont : les petits lymphocytes,
les grands lymphocytes hyperbasophiles et les plasmocytes.
-10% de cellules macrophagiques à savoir les monocytes, les mastocytes et les grands
macrophages contenant des inclusions.
Le suc ganglionnaire normal est stérile.

III-ASPECTS CYTOLOGIQUES
III-1-ADENITE REACTIONNELLE ET BENIGNE
III-1-1-REACTIONS LYMPHOIDES PREDOMINANTES :
 Hyperplasie folliculaire
Le frottis ganglionnaire est polymorphe, constitué par un mélange de cellules B normales du
centre germinatif, de cellules accessoires et de lymphocytes T.
On observe de façon caractéristique, trois éléments cytologiques :
-Les cellules du centre germinatif, centroblastes regroupées en plages et quelques
centrocytes. Parfois quelques immunoblastes et plasmocytes.
-Les macrophages à corps tangibles
-Les cellules dendritiques folliculaires
Aspect sans spécificité diagnostic observé au cours des infections virales et de la
toxoplasmose.
 Hyperplasie Immunoblastique
Le frottis est polymorphe caractérisé par une importante composante immunoblastique sur
fond lymphoïde pléomorphe constitué de petits lymphocytes et de quelques centroblastes
et plasmocytes.
Aspect observé au cours des infections virales aigues (mononucléose infectieuse)
 Hyperplasie interfolliculaire
Il s’agit d’une hyperplasie des zones T. Cytologiquement elle est plus difficile à diagnostiquer.
On observe un fond lymphoïde pléomorphe associé à de nombreuses cellules interdigitées
et parfois des immunoblastes à cytoplasme clair.

III-1-2-ADENITE GRANULOMATEUSE
Caractérisée par une hyperplasie de cellules epitheloÏdes.
Ce sont des cellules histiocytaires transformées, de grandes tailles, à cytoplasme clair,
hétérogène, étendu, bien limité, à noyau allongé ou ovalaire et à chromatine régulière
finement articulé avec un ou deux nucléoles. Nous avons trois situations :
 La Tuberculose
Le diagnostic peut être posé sur la seule cytoponction ganglionnaire.
On note la présence de :
-nécrose caséeuse, grumeleuse avec des débris cellulaires.
-Cellules epitheloïdes plus ou moins regroupées en amas, formant parfois une seule cellule
de très grande taille, multinuclées appelée : cellule géante.
-parfois de population lymphoïde d’allure réactionnelle avec une composante plasmocytaire
importante.
En absence de nécrose, le diagnostic de tuberculose ganglionnaire peut être discuté devant
la présence d’un granulome epitheloïde gigantocellulaire.

 La Sarcoïdose
L’aspect est proche de celui de la tuberculose du fait de la présence de cellules épitheloïde
isolée ou regroupées en amas à distinguer des cellules géantes.
Il n’y a pas de nécrose et la réaction épitheloÏde est associée à un environnement lymphoïde
banal et quelques plasmocytes parfois.
 La Maladie des Griffes du Chat
Sur un frottis réactionnel en général mixte folliculaire et interfolliculaire, on note une
réaction epitheloïde à la laquelle s’ajoute la présence de foyer de polynucléaire
neutrophiles. C’est une lymphoréticulose bénigne transmisse par griffure de chat.
III-1-3-NECROSE
Lorsqu’il existe un processus de destruction nécrotique, les cellules sont très altérées voir
non identifiables. Trois types de nécroses :
 Nécrose Purulente
Il s’agit de nombreux polynucléaires altérés mais encore reconnaissables et des
macrophages sur un fond acellulaire (sale).
Cet aspect oriente vers un contexte infectieux.
 Nécrose Caséeuse
Il s’agit d’une nécrose grumeleuse avec parfois des débris cellulaires associés à des cellules
épitheloïdes et géantes observées au cours de la tuberculeuse.
 Nécrose Tumorale
Avec des cas particuliers :
-Lymphadenite nécrosante de KIKUCHI
C’est une affection bénigne rare touchant le plus souvent les jeunes femmes caractérisé par
des adénopathies cervicales associés ou non à des manifestations systémiques.
Cytologiquement sur un fond nécrotique est marqué par l’absence de polynucléaire
neutrophile, on observe une population lymphoïde banale plus ou moins abondante et des
macrophages caractéristiques avec un noyau en croissant refoulé à la périphérie de la cellule
par des débris cellulaire.
-Le Syndrome de DESTOMBES-ROSAI-DORFMAN
Prolifération histiocytaire non maligne, non largerhansienne d’étiologie inconnue.
Peut survenir à tout âge caractérisé par des polyadénopathies cervicales bilatérales
indolores et volumineuses associées à une fièvre intermittente.
L’adénogramme est riche en cellules histiocytaires plurinucléés, volumineuse à cytoplasme
vacuolaire ou spumeux souvent mal limité, renfermant de nombreux lymphocytes.
III-2-PATHOLOGIE TUMORALE
III-2-1-LES LYMPHOMES
 Lymphome Lymphoblastique
Définit par une atteinte ganglionnaire et une infiltration médullaire absente ou minime
(<25%) de lymphoblaste.
En cytologie il s’agit de tapis monotone de cellules lymphoïdes immatures à haut rapport
nucléo-cytoplasmique, noyau plus ou moins régulier à chromatine fine, très homogène et
parfois nucléolés.
 Lymphome Folliculaire
Frottis polymorphe avec une population lymphoïde relativement homogène constitué de
petite cellule (centrocytique) à chromatine dense souvent clivé. Le rapport nucléo-
cytoplasmique élevé associé à de nombreuses cellules folliculaires. On peut observer
quelques centroblastes dont le nombre est considéré pour évoquer une éventuelle
transformation morphologique.
 Lymphome de Burkitt
Cellule de taille moyenne à grande avec un R/P nucléo-cytoplasmique élevé, le noyau est
arrondi à chromatine fine réticulée, lâche avec présence de nucléole, le cytoplasme est
réduit, hyperbasophile parfois bourré de vacuole.
 Lymphome Diffus à Grande Cellules
Prolifération lymphoïde monomorphe constitué de cellules de grande taille, le plus souvent
centroblastique, noyau arrondi à chromatine fine avec nucléole périphérique, cytoplasme
basophile d’abondance moyenne. On observe quelques mitoses au sein de cette population.
On également des macrophages.

III-2-1-LES METASTASES DE TUMEUR SOLIDE


En cas de dissémination métastatique, une adénopathie peut être le siège d’une localisation
d’une tumeur solide non hématologique. Dans ce cas les cellules normales du ganglion
peuvent persister ou être totalement effacées par les cellules métastatiques.
CONCLUSION
La cytoponction ganglionnaire constitue souvent le premier geste diagnostique devant une
adénopathie. Elle permet d’orienter rapidement le diagnostic et peut être suffisante dans la
majorité des processus réactionnelles mais doit toujours être compléter par une biopsie
ganglionnaire en cas de suspicion cytologique de pathologie maligne.

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