Gonarthrose : Impact et Traitements Quotidiens
Gonarthrose : Impact et Traitements Quotidiens
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Faculté de santé publique (FSP)
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REMERCIEMENTS
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Le plagiat
Je déclare sur l’honneur que ce mémoire a été décrit de ma plume, sans avoir sollicité d’aide
extérieure illicite, qu’il n’est pas la reprise d’un travail présenté dans une autre institution
pour évaluation, et qu’il n’a jamais été publié, en tout ou en partie.
Toutes les informations (idées, phrases, graphes, cartes, tableaux,…) empruntées ou faisant
référence à des sources primaires ou secondaires sont référencées adéquatement selon la
méthode universitaire en vigueur. Je déclare avoir pris connaissance et adhérer au Code de
déontologie pour les étudiants en matière d’emprunts, de citations et d’exploitation de
sources diverses et savoir que le plagiat constitue une faute grave sanctionnée par
l’Université catholique de Louvain.
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Table des matières
INTRODUCTION GENERALE
PARTIE THEORIQUE
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[Link] Sur le plan psycho-social …………………………………………. 21
3.2. La qualité de vie du patient souffrant d’une gonarthrose …………….. 21
3.3. Prise en charge de la gonarthrose …………………………………………23
3.3.1 Préventive …………………………………………………………………23
3.3.2 Curative ……………………………………………………………………24
[Link] Non médicamenteuse ……………………………………………….24
[Link] Médicamenteuse ……………………………………………………24
[Link] Chirurgicale …………………………………………………………24
PARTIE PRATIQUE
LIMITES DE L’ETUDE…………..........................................................................39
PERSPECTIVES D’AVENIR……………………………………………………………39
CONCLUSION……………………………………………………………………………41
BIBLIOGRAPHIE
RESUME
ANNEXES
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INTRODUCTION :
L’OMS cité par Touba & Thomas (2005) définit "l’arthrose comme étant la résultante des
phénomènes mécaniques et biologiques qui déstabilisent l’équilibre entre la synthèse et la
dégradation du cartilage et de l’os sous chondral". Selon Theiler R. (2002), l’arthrose est une
pathologie très répandue dont la prévalence est élevée dans le monde entier et ce dans tous les
groupes ethniques. Sa varie en fonction de l’âge. Elle est d’environ 9% à 20 ans, de 17% à 34
ans et peut atteindre 90% chez les plus de 65 ans. La symptomatologie clinique de l’arthrose
peut être très variable au cours de son évolution, les données de la National Health and
Nutrition Examination Survey américaine permettent de dire qu’il y a une incidence de
symptômes cliniques de 3% entre 45-54 ans et de 15% entre 65-74 ans. Selon la Clinique de
l’arthrose (2017), l’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage articulaire.
Selon l’OMS (2003) l’arthrose est l’une des 10 maladies les plus invalidantes dans les pays
développés et au niveau mondial, on estime que 9,6 % des hommes et 18 % des femmes âgés
de plus de 60 ans en souffrent. Celle-ci limite les mouvements des sujets atteints dans 80 %
des cas et 25 % se retrouvent dans l’impossibilité d’exécuter les tâches de la vie quotidienne.
[Link] (2016), inspiré par ArthritisFoundation dit que l'arthrose est généralement
diagnostiquée avec un examen physique, un rayon X ou par arthroscopie. « Le principal
objectif du traitement est la prévention des dommages supplémentaires, la réduction des
douleurs articulaires et l'inflammation et le maintien de la fonction articulaire ». Les
différents traitements possibles sont : la perte de poids, l’activité physique, les anti-
inflammatoires non stéroïdiens, traitement par la chaleur et le froid, les injections de stéroïdes
et la chirurgie.
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En Belgique, cette maladie touche 1 million de personnes. Heureusement, la recherche
biomédicale progresse et de nombreuses avancées significatives ont été réalisées ces dernières
années dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l'arthrose
(Osteoarthritis Research Society International, 2010).
Nous avons fait le constat de l’ampleur de ce problème de santé publique qui touche un
nombre considérable de personnes et qui a des répercussions sur leur qualité de vie. En
effectuant une revue de la littérature, ce constat s’avère vrai. La population est vieillissante et
les personnes les plus atteintes ont plus de 65ans.
Contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de gonarthrose par une
prise en charge adaptée et par une éducation thérapeutique de ceux-ci.
Ceci est un mémoire de type mémoire projet. En ce qui concerne l’organisation, ce travail
comportera une partie théorie qui comprend quatre chapitres : la description de la situation, le
cadre institutionnel, le cadre théorique et revue de la littérature et nous aborderons également
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un dernier chapitre sur le cadre conceptuel. Il aura également une partie pratique dans laquelle
on retrouvera la méthodologie, la présentation et l’analyse des résultats et la discussion des
résultats. Nous terminerons par la conclusion et des perspectives d’avenir.
PARTIE THEORIQUE
1 Épidémiologie de l’arthrose
L’arthrose selon l’OMS et l’American Academy of Orthopaedic Surgeon (1994), est une
atteinte articulaire chronique, elle est la résultante des phénomènes mécaniques et biologiques
qui déstabilisent l’équilibre entre la synthèse et la dégradation du cartilage et de l’os sous-
chondral ce qui pourrait être engendré par divers facteurs : génétiques, métaboliques et
traumatiques.
Environ 80% de la charge de morbidité totale de l’arthrose est représenté par l’arthrose du
genou. Par exemple aux USA 19% de la population adulte de 45 et plus est confronté à
l’arthrose du genou.
Depuis le milieu du 20ième siècle la prévalence de l’arthrose du genou a doublé. Ce pendant on
estime que l’indice de masse corporelle associé à l’augmentation de l’expérience de vie sont
largement responsables de cette affection.
Le Dr Ian Wallace (Université Havard, Cambridge, Etats-Unis) précise :« nous avons constaté
que la prévalence de l’arthrose du genou était de 16% durant la période post-industrielle et de
seulement 6 à 8 au début de l’ère industrielle et durant la préhistoire…L’âge et le poids ont
certainement une grande influence dans la sollicitation de l’articulation du genou, mais le
manque d’activité physique joue également un rôle important. Du point de vue de l’évolution,
l’arthrose du genou peut être considérée comme une maladie qui se produit plus souvent et
sous une forme plus sévère parce que le corps ne s’est pas adapté parfaitement aux facteurs
environnementaux modernes » (Wallace I. et al, 2018)
11
3 Gonarthrose et son évolution :
En ce qui concerne l’arthrose du genou, elle n’évolue pas de façon linéaire mais par des
poussées douloureuses la plupart du temps, associées à un épanchement articulaire. Entre ces
poussées, l’articulation peut connaître de longues périodes de stabilité, jusqu’au stade
d’ulcération cartilagineuse. Lorsque l’articulation n’est pas traitée et/ou mise au repos, ces
lésions persistent et s’aggravent. Au stade d’ulcération cartilagineuse, le cartilage a disparu et
une partie de l’os est nu et les douleurs peuvent s’intensifier. (Laboratoires Expanscience,
2018)
Les facteurs favorisants peuvent être héréditaires ou acquis. L’arthrose a une origine
multifactorielle, son incidence est associée à plusieurs facteurs qui ont été classés en deux
types :
Pour ce qui est de la gonarthrose, Doherty (2001) dit que d’une part, les facteurs
intervenant dans le développement de l’arthrose sont l’âge, le sexe, la profession, le poids
et les activités récréatives, l’hérédité et d’autre part ceux qui jouent un rôle dans sa
progression sont le poids et les facteurs diététiques.
12
Parmi ses facteurs de risque, on retrouve également la désaxation des membres en
genuvarum ou valgum (ERWANS, 2014).
[Link]
[Link]
[Link]
13
Avec le temps, on observe un gonflement du cartilage, provoqué par la rupture du filet de
collagène. Ce cartilage va se fragiliser et se fragmenter dans la cavité articulaire. Réaction
inflammatoire de la membrane synoviale.
Chez les patients ayant une désaxation des membres, l'ostéotomie de Valgus améliore la
fonction du genou et réduit la douleur (HILIGSMANN et al 2014).
Yoshimura et al. (cités par N.K. Arden et K.M Leyland, 2013) en explorant la relation entre le
syndrome métabolique et l’arthrose du genou dans une cohorte de population à grande échelle
au Japon ont constaté une augmentation avec le nombre de facteurs de syndrome métabolique
présents le risque d’arthrose du genou incident. Les associations les plus fortes ont été
observées avec l'obésité et l'hypertension.
3.1.1 Age
Les personnes ayant plus de 65 ans, l’incidence de l’arthrose est fortement corrélée à l’âge.
3.1.2. Sexe
L’arthrose du genou est plus fréquente chez les femmes ménopausées que les hommes et cela
est causé par la baisse des hormones estrogéniques qui accélérerait la dégradation du
cartilage.
Dans l’exercice de certains métiers, les patients sont amenés à répéter fréquemment certains
gestes ou certaines actions ce qui peut créer des lésions microscopiques fragilisant les
articulations. Il arrive que les carreleurs et autres professionnels travaillant fréquemment à
genoux développent une gonarthrose..
3.1.4. Hérédité
Plusieurs études épidémiologiques ont mis en lumière l’existence d’un caractère héréditaire
pour l’arthrose digitale et la gonarthrose. Par exemple, une femme a plus de risque de souffrir
d’arthrose digitale si sa mère ou une de ses tantes (paternel ou maternel) en ont développé
une.
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CHAPITRE 2 : Cadre institutionnel
Le Centre Hospitalier Valida situé à Bruxelles tire son nom du terme revalidation, la remise
sur pieds, la réadaptation. Il est le plus grand centre de réadaptation neuro-locomoteur et
gériatrique de Bruxelles couplé à une polyclinique, il a actuellement 175 lits et plus de 350
collaborateurs. Cette institution offre des soins spécialisés et de qualité aux patients en tenant
compte de leurs besoins personnels ainsi que ceux de leur famille.
Ses missions s’étendent sur plusieurs domaines : la réadaptation des patients (assurer la
continuité de la prise en charge dans une approche sécurisée, de qualité et à taille humaine) ;
Soigner la population et les patients hospitalisés (offrir un large éventail de consultations
spécialisées et de traitements ambulatoires au sein de la polyclinique, accroître le confort et la
sécurité des patients hospitalisés) ; Apprendre (accueillir les étudiants avec pédagogie, leur
assurer un cadre stimulant et propice à l’apprentissage dans le but de les préparer au mieux à
leur vie professionnelle future et l’occasion pour l’institution de se remettre en question et
rester à la pointe des bonnes pratiques). (Valisana: missions, 2018)
Les valeurs du Centre sont la responsabilité qui est la nécessité morale de répondre de ses
propres actes ou de ceux des autres ; le respect qui est une valeur institutionnelle qui concerne
la relation thérapeutique avec les patients mais aussi les relations interprofessionnelles ;
l’ouverture de l’esprit, des cultures, des innovations et des apprentissages ; l’équité qui dit que
chaque patient, sans aucune distinction, doit être traité en fonction de ses besoins de manière
juste et impartiale et idem pour les membres des équipes ; l’authenticité. (Valisana : valeurs,
2018)
Le Centre Hospitalier Valida accueil des personnes en processus de réadaptation du fait d’un
accident ou d’une maladie. Ces derniers font l’objet d’un suivi médicalisé permanent, avec
comme objectif leur retour vers la plus grande autonomie possible.
Il dispose de plusieurs outils : le plateau technique comprenant plusieurs salles de
kinésithérapie, d’ergothérapie, un appartement thérapeutique ; l’hydrothérapie ; appartement
thérapeutique ; un parcours de marché ; une salle d’essai matériel et une école du dos.
(Valisana : outils, 2018)
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Les Cliniques Universitaires Saint Luc accueillent leurs premiers patients le 23 Août 1976 et
depuis lors, son activité n’a cessé de croître. Durant la même année, la Fondation Saint-Luc a
été créée pour permettre à des professionnels de Saint-Luc de partir sur les chemins du monde
pour se spécialiser dans les institutions les plus réputées et de mettre, ensuite, leur savoir à
disposition des patients de Saint-Luc. Sa renommée en tant qu'établissement de soins de haut
niveau, lieu d'enseignement et de recherche, dépasse depuis longtemps largement nos
frontières. Ils poursuivent plusieurs missions telle que
Ayant pour priorité d’offrir un service de qualité qui permettra d’assurer toutes les autres
missions.
Son service de rhumatologie fait des consultations de rhumatologie générale où ils examinent
et soignent des patients rhumatisants « tout venant » et à côté de cela, son activité s’est
focalisée sur certaines pathologies plus spécifique. C’est ainsi que les structures suivantes ont
été développées : clinique du lupus, centre multidisciplinaire de prise en charge de la
sclérodermie, clinique de l’arthrite rhumatoïde, clinique de l’arthrite débutante, clinique des
rhumatismes de l’enfant et clinique de l’ostéoporose. Ces consultations sont organisées de
manière multidisciplinaire, plus de 15000 par an. Le service de rhumatologie a ouvert une
consultation de rhumatologie à Valida, dans le but d’offrir une prise en charge
rhumatologique complémentaire aux patients de la zone nord de Bruxelles.
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CHAPITRE 3 : Revue de littérature
Pour effectuer notre revue de littérature en lien avec notre sujet de recherche : la
gonarthrose, la qualité de vie, l’éducation thérapeutique, nous avons utilisé plusieurs
ressources à savoir, Google Scholar, Medline, Pubmed, la bibliothèque de l’UCL et
également des cours magistraux dispensés à la Faculté de Santé Publique.
Qualité de vie : L’OMS en a donné une définition assez consensuelle en 1994 : La qualité de
vie est définie comme « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le
contexte de la culture et du système de valeurs dans lequel il vit, en relation avec ses objectifs,
ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s’agit d’un large champ conceptuel, englobant
de manière complexe la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau
d’indépendance, ses relations sociales ses croyances et sa relation avec les spécificités de son
environnement”. (BACRO F. et FLORIN A. 2014)
3 Revue de la littérature
Diagnostic
Celui-ci se fait au moyen de différentes méthodes : par un bilan radiographique qui comporte
un cliché comparatif des deux genoux debout de face en appuis bipodal en extension complète
et à 30° de flexion (incidence dite « en schuss »), un cliché de profil couché en légère flexion
et une vue axiale des rotules, genoux fléchis à 45°. En se référant aux critères de l’American
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College of Rheumatologie, la présence d’ostéophytes est indispensable pour porter le
diagnostic de gonarthrose. D’autres méthodes diagnostic sont l’examen biologique qui est fait
lorsque l’arthrose n’est pas évidente de manière radiologique ou lorsqu’il y a un épanchement
articulaire ; l’échographie et pour poser un diagnostic différentiel : TDM
(Tomodensitométrie) et IRM (Imagerie par résonance magnétique).
L’arthrose du genou a de multiples conséquences sur la vie des personnes qui en sont atteinte
notamment la douleur qui est la principale indication de l’arthroplastie du genou mais il y a
également la perte de fonction et l’incapacité. Ces conséquences sont accompagnées d’une
baisse de la morale et de la spontanéité dans la prise d’initiative par rapport aux activités et
cela crée une distance entre les patients et leurs proches et celles-ci baissent également leur
performance au travail.
Selon Van Der Heyden dans l’enquête de santé 2013 (2014), la douleur physique entraîne des
limitations physiques mais elle a également des conséquences négatives sur la santé mentale
car elle une dimension importante du bien-être général. Celle-ci a un grand impact négatif sur
la qualité de vie au niveau physique, mental et social mais elle a aussi un impact économique
important et cela fait d’elle un problème de santé publique dont la reconnaissance est cruciale.
L’enquête de Santé 2013 montre que les personnes âgées sont souvent plus gênées par une
douleur physique que les jeunes : au-delà de 75 ans, le score moyen de douleur est de 34
tandis que le score moyen de douleur chez les 15-24 est de 12. Plus on avance en âge plus ce
score de douleur augmente.
Les troubles du sommeil peuvent découler d’une douleur chronique, mais aussi faire en sorte
que la douleur persiste. C’est pourquoi il est important d’adopter une approche
multidisciplinaire pour améliorer la qualité de vie des personnes sujettes à des douleurs
physiques. Cette douleur ostéoarthritique est connue pour provoquer une détresse grave dans
la vie des patients, elle les rend irritable et même parfois en colère ce qui pourrait créer une
distance entre ces derniers et leur proches. Cela crée souvent un mal être et fait apparaître le
sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.(J NYVANG et al 2016)
18
[Link] Les mécanismes d’entretien de la douleur
[Link]
2ClT1JTFM%253A%252C3GVQylvQED7GQM%252C_&usg=__KwNLUeb6tnp8UX3ND9fUHq9qSuM%3D&sa=X&ved=0ahUKEwi_s5
z1qPraAhXHUlAKHVMJCHUQ9QEIODAB#imgrc=RImpLKIMmEfW7M:
Lorsque la douleur est présente, elle entraîne par une réaction naturelle la contraction du
muscle. Il s’agit d’une contracture ou d’une tension musculaire.
L’anxiété
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pression artérielle. Les personnes atteintes de troubles anxieux, peuvent éviter certaines
situations par souci.
La persistance d’une douleur faire croire au malade que son cas est très sérieux et
l’appréhension, la peur et la crainte de l’inconnu entretiennent la douleur. (V. BLANCHET,
F. BOUREAU et F. LAROCHE, 2008)
La démoralisation, dépression
Les signes de dépression tels que : peu d’énergie, perte d’intérêt pour la vie, la tristesse, perte
de l’estime de soi accompagnent souvent les douleurs. Cette dépression est parfois méconnue
ou niée par les malades.
L’insomnie
Toujours selon les mêmes auteurs (Nyvang et al 2016), plusieurs études quantitatives ont été
réalisées sur la survie des prothèses, sur les complications physiques et autres mais les
perspectives des patients n’ont pas suffisamment été étudiées. Les patients peuvent sentir un
manque de fonction et de douleur persistante sans avoir une défaillance prothétique. La
recherche qualitative est importante, il y a un écart entre les réponses obtenues à partir des
questionnaires et celles données dans les entrevues, cette recherche permet d’en apprendre
davantage sur les expériences des patients vivant avec l’arthrose et aussi leurs attentes pour
une arthroplastie du genou. Sur leur lieu de travail, ils avaient du mal à se pencher ou se
mettre sur leurs genoux ce qui leur donnait un rythme de travail plus lent.
20
[Link] Sur le plan économique
Selon HILIGSMANN M. et al (ESCEO 2014), autant en termes de coûts directs que de coûts
indirects, l’arthrose est associée à des coûts élevés. On entend par coûts directs les traitements
à long terme de la douleur, la chirurgie ainsi que la réadaptation et par coûts indirects, la perte
de productivité. Pour pouvoir gérer efficacement la maladie et pour développer de nouveaux
traitements, il faut faire une comparaison économique objective des stratégies thérapeutiques
qui existent. En vue de cette comparaison, la Société Européenne pour les aspects Cliniques et
Economiques de l’Ostéoporose et de l’arthrose (ESCEO) a publié un article qui montre la
nécessité de définir un cas de référence et un consensus sur ce qui constitue « En termes de
meilleures pratiques cliniques » qui pourraient servir de comparateur pour des interventions
plus expérimentales.
L’aspect psycho-social de cette problématique tient également une place très importante étant
donné les répercussions que cela engendre sur les relations que les personnes atteintes par
l’arthrose du genou ont avec leur entourage. Le fait de ne pas comprendre ou accepter ce qui
leur arrive peut semble-t-il rendre agressif et distant vis-à-vis des autres. La douleur dans
certains cas rend parfois les personnes irritables et aussi par le fait qu’elle limite ceux-ci dans
leur envie de se rendre disponible pour l’une ou l’autre activité de peur d’avoir mal
Définition de la qualité de vie : L’OMS en a donné une définition assez consensuelle en 1994
: La qualité de vie est définie comme « la perception qu’a un individu de sa place dans
l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lequel il vit, en
relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. Il s’agit d’un large
champ conceptuel, englobant de manière complexe la santé physique de la personne, son état
21
psychologique, son niveau d’indépendance, ses relations sociales ses croyances et sa relation
avec les spécificités de son environnement”. (BACRO F. et FLORIN A. 2014)
Il existe des questionnaires pour mesurer la qualité de vie tels que WHOQOL, SEIQoL et
plusieurs autres mais dans notre étude, on n’en fera pas usage, nous allons élaborer un guide
d’entretien correspondant à ce que nous cherchons à obtenir comme résultats.
Les répercussions de l'arthrose peuvent être importantes sur la qualité de vie. La qualité de vie
ne peut pas être réduite à celle de la santé : certains individus dont l'état de santé est jugé
médiocre peuvent conserver une qualité de vie correcte et inversement. La mesure de la
qualité de vie est subjective.
Plusieurs personnes avant de souffrir de l’arthrose du genou étaient physiquement très actives
mais au fur et à mesure que les symptômes se manifestent, ils ont du abandonner leurs
activités et le fait de ne plus pouvoir marcher comme ils le faisaient avant étaient vécu comme
le pire de tout. Après les activités physiques, la douleur et les gonflements pouvaient durer
plusieurs jours ce qui limitait encore plus le mouvement des personnes.
La qualité de leur sommeil a été affectée, les rendant fatigués pendant la journée. Les douleurs
peuvent perturber leur sommeil lors des poussées inflammatoires.
Impact social
Il y a une limitation des mouvements de la personne atteinte de gonarthrose dans 80% des cas,
les douleurs sont chroniques et parfois très fortes. Une personne gonarthrosique sur quatre ne
parvient plus à effectuer ses tâches de la vie quotidienne et au fil du temps on observe un
isolement social des patients.
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l’adaptation des activités, de la perte de poids et d’autres mesures pour décharger la ou les
articulations endommagées
Chaque patient doit bénéficier d’un accès à l’information et d’une éducation concernant les
objectifs du traitement et l’importance des modifications du mode de vie, de l’adaptation des
activités, de la perte de poids et d’autres mesures pour soulager les articulations
endommagées, cela apparaît dans les dernières recommandations de l’OARSI (Osteoarthritis
Research Society International). (RAHAL F. et al, 2012)
Les professionnels de la santé ont des rôles clés à jouer autant dans la prévention de la
gonarthrose que dans sa prise en charge lorsqu’elle est présente.
Le patient va participer au dépistage, il va être accompagné et écouté puis on l’orientera vers
un médecin qui va poser le diagnostic d’arthrose puis le patient recevra idéalement une
association de prise en charge non pharmacologique (en priorité) et pharmacologique (durant
les phases symptomatiques).
Il existe plusieurs solutions pour traiter la gonarthrose, un traitement médical et chirurgical.
Son traitement chirurgical peut être conservateur (ostéotomies qui ont pour but de corriger un
défaut d’axe et la chirurgie arthroscopique) ou prothétique (prothèse unicompartimentale ou
tricompartimentale dite totale). Le traitement doit être appliqué de manière globale en
combinant autant que possible un traitement médical avec un traitement « de fond ».
3.3.1 Préventive
- une perte de poids en cas de surcharge pondérale ou d’obésité qui sera couplée à l’activité
physique
- Un traitement hormonal est indiqué chez les femmes ménopausées chez qui l’arthrose du
genou est plus fréquente par rapport aux hommes et cela est causé par la baisse des hormones
estogéniques qui accélérerait la dégradation du cartilage.
23
3.3.2 Curative :
[Link] Médicamenteuse
Les antalgiques du palier 1 ce sont les paracétamols qui peuvent être pris jusqu’à 4g/j et lors
de périodes plus douloureuses (poussées congestives) ou lors d’un épanchement
inflammatoire ou en cas de résistance au traitement antalgique, les AINS sont prescrits sur
une courte période. Les antalgiques du palier 2 interviennent lorsqu’il y a une résistance aux
antalgiques usuel et aux AINS, il s'agit du tramadol ou aux associationx paracétamol-codéine
ou paracétamol-tramadol.
Les médicaments Antiarthrosiques symptomatiques d’action lente (AASAL).
Lorsqu’il y a un épanchement, il faut l évacuer et l’analyser. Maximum 2-3 fois par an une
injection de corticoïdes peut être pratiquée après évacuation de l’épanchement.
Ce qui est également important dans la prise en charge de la gonarthrose ce sont les
traitements locaux à savoir les infiltrations de corticoïdes. Il existe également des injections
d’acide hyaluronique qui sont utilisés en cas de gonarthrose résistante au traitement médical.
(RAHAL F. et al, 2012)
[Link] Chirurgicale
24
externes (FTE) et l’arthroplastie qui est proposée après 70 ans ou lorsque l’ostéotomie est
contre indiquée.
4.2% de la population Américaine de plus de 50 ans vivent avec un genou artificiel et plus de
la moitié des personnes ayant une arthrose diagnostiquée subira une arthroplastie du genou.
Les arthroplasties du genou sont un traitement de plus en plus fréquent pour l'arthrose et
l'indication principale est la douleur (Josefina et al 2016).
Toujours selon les mêmes auteurs, plusieurs études quantitatives ont été réalisées sur la survie
des prothèses, sur les complications physiques et autres mais les perspectives des patients
n’ont pas suffisamment été étudiées. Les patients peuvent sentir un manque de fonction et de
douleur persistante sans avoir une défaillance prothétique. La recherche qualitative est
importante, il y a un écart entre les réponses obtenues à partir des questionnaires et celles
données dans les entrevues, cette recherche permet d’en apprendre davantage sur les
expériences des patients vivant avec l’arthrose et aussi leurs attentes pour une arthroplastie du
genou.
En ce qui concerne la gestion de la douleur, certaines personnes ne pouvaient pas fonctionner
sans analgésiques tandis que d’autres ne les utilisaient qu’en dernier recours.
Chez les patients ayant une désaxation des membres, l'ostéotomie de Valgus améliore la
fonction du genou et réduit la douleur (HILIGSMANN et al 2014).
L’éducation thérapeutique du patient (ETP) est une démarche qui diffère de l’information
mais l’information en fait partie, elle a pour objectif de rendre le patient plus autonome en
facilitant son adhésion aux traitements et en améliorant sa qualité de vie, cela a été inscrite
dans le parcours de soins du patient par le code de santé publique. L’ETP devrait être connu
par les rhumatologues ainsi que ses principes, sa mise en œuvre et les bénéfices attendus dans
le domaine des maladies ostéoarticulaires. Une personne ayant une maladie chronique voit
modification complète de son mode de vie et doit s’adapter y compris avec les conséquences
25
de sa maladie et l’ETP a pour but d’aider cette personne et sa famille à comprendre la maladie
et le traitement, de coopérer avec le personnel soignant, vivre plus sainement et maintenir ou
améliorer sa qualité de vie. Il s’agit d’une démarche pluridisciplinaire. Le rhumatologue a un
rôle dans le processus éducatif, il peut réaliser lui-même l’ETP s’il est formé, seul ou en
équipe, il a également un rôle important pour aborder avec le patient le vécu de sa maladie et
de sa gestion. (C. Beauvais, J.S. Giraudet-Le Quintrec, 2010).
Autant à la phase médicale que chirurgicale, l’ETP fait partie de la prise en charge. Il faut une
modification du mode de vie à la phase médicale surtout pour ce qui est de la pratique d’une
activité physique ou de la réduction pondérale. À la phase chirurgicale, elle a pour objectif de
préparer la récupération et d’améliorer l’autonomie après l’intervention dans le but de faciliter
le retour à domicile. Cette éducation doit tenir compte du contexte économique et médical
« Le processus éducation dans la prise en charge de l’arthrose de genou débute lors de la
prise en charge médicale initiale dès l’annonce du diagnostic et doit se poursuivre jusqu’à la
prise en charge chirurgicale, en particulier au cour de la période préopératoire propice pour
engager une démarche éducative ». (COUDEYRE E. et ESCHALIER B., 2013)
2 Problématique
Problématique :
26
PARTIE PRATIQUE
CHAPITRE 1 : Méthodologie
Il s’agit d’une étude qualitative exploratoire qui vise à clarifier un problème qui a été plus ou
moins défini. La méthode utilisée est celle qualitative parce qu’elle de comprendre la
profondeur d’un phénomène qui se répète. L’occasion donnée aux personnes atteinte de
gonarthrose d’exprimer librement leurs opinions, points de vue et expériences permet de
recueillir une importante quantité d’informations liées à leur vécu.
Cette méthode permet de cerner la réalité telle que les personnes inclussent dans l’étude la
définissent.
Cette méthode prend en compte également les expressions non verbales telles que les
mimiques, gestes, postures, silence, respirations profondes…
2. Cadre d’étude :
Les lieux de notre étude sont : le Centre Hospitalier Valida à Bruxelles (Belgique) et les
Cliniques Universitaires Saint Luc (Cf Chp 2 : Cadre institutionnel)
Période d’étude
Du 19/02 au 4/05/2018
Les populations sollicitées ici pour l’enquête sont un groupe de patients âgés de 60 ans et plus
souffrant de gonarthrose et le personnel soignant du Centre Hospitalier Valida et des cliniques
universitaires Saint Luc intervenant dans la prise en charge de la gonarthrose
27
o Faire partie du personnel soignant qui s’occupe des personnes atteintes de gonarthrose
et travaillant aux Cliniques universitaires Saint Luc ou au Centre Hospitalier Valida.
Les critères d’exclusion :
o Personnes souffrant d’une affection autre que la gonarthrose
L’avantage d’un entretien semi directif est qu’il permet d’avoir des réponses argumentées.
Les entretiens ont été réalisés dans une salle calme avec l’utilisation d’un enregistreur vocal
sur l’accord des interviewés. Une fiche d’identification du patient (Annexe 1), un guide
d’entretien destiné aux patients (Annexe 2) et un guide d’entretien pour le personnel soignant
(Annexe 3) ont été utilisés lors des entretiens.
28
4. Validation du guide d’entretien :
Un pré-test est fait auprès de deux patients et un professionnel de la santé afin de tester l’outil
construit (guide d’entretien) et s’assurer de la bonne compréhension des questions.
Les unités d’analyse sont créées au fur et à mesure de l’analyse et peuvent être organisées de
différentes manières : fusion, subdivision, regroupement et hiérarchisation. Il est important de
noter qu’une information peut être retenue comme importante parce qu’elle met en lumière
une autre information, même si elle n’est pas citée par un grand nombre de répondants (
Aujoulat, 2016).
6. Considération éthique
Une autorisation d’interroger les patients et les professionnels de la santé est reçue du Comité
d’éthique de l’hôpital avant le début de notre étude. Un formulaire de consentement (Annexe
4) est annexé à chaque guide d’entretien dans lequel est expliqué le motif de l’enquête et les
dispositions prises pour garantir l’anonymat et la confidentialité. Ce formulaire est signé par
29
chaque répondant. Il y a également une lettre informative donnant des informations aux
patients sur l’étude qui est réalisée (Annexe 5).
Choix de l’échantillon :
Chaque interview a été entièrement retranscrit pour en extraire les idées principales.
L’ensemble a été divisé en plusieurs catégories ensuite des extraits des interviews ont été
reliés aux catégories permettant de mettre ces éléments dans un contexte plus significatif.
Plusieurs de ces éléments ont été abordés dans la revue de la littérature. Le plan suivant
ressort de cela et le vécu des patients tourne autour des éléments suivants (1 à 5).
30
1.1. Plan d’analyse des interviews semi-dirigés : patients atteints de gonarthrose
Répercussions de la
gonarthrose
3) Qualité de vie avec la maladie 5) Attentes des patients vis-à-vis
- Douleur du personnel soignant
- Mobilité réduite - Plus d’informations sur la
- Réduction/ cessation des activités pathologie
- Besoin d’aide d’autres personnes - Soulager la douleur
- Soigner
31
1.1.1. Facteurs favorisant la gonarthrose
Selon les dires des patients souffrant de gonarthrose, cela serait dû à l’âge, à une lésion et au
manque d’activité.
« un mal de vieillesse »
« Alors, je vais dire qu’il y a plusieurs années je me suis prise les pieds plusieurs fois dans un
torchon, je suis tombée sur le genou et je n’ai rien fais, j’aurai du peut être allé faire une
petite visite, voir qu’est ce qui s’était passé, or j’ai laissé aller. J’ai eu mal, l’arthrose s’y est
mise certainement »
« Je crois que c’est une usure du cartilage qui rend l’articulation moins mobile et sur laquelle
peut s’ajouter une inflammation »
« Ah je, vieillissement sans doute, des vieillissements des tendons des cartilages, moi je pense
enfin je ne s’avais pas… »
« Beaucoup moins de sport comportant la course comme le tennis, le football, basket. C’est
handicapant quoi, avec les années ça augmente de plus en plus, la raideur dans les
articulations accompagnées de douleurs »
32
« Ah Oui quand je je travaille bcp j’ai mal, quand je bouge beaucoup j’ai mal, je monte les
escaliers j’ai mal, le sport euuh si je mets des des comment dire, des gestes surtout le genou
adéquat j’ai mal »
« Et bien voilà c’est difficile de prévoir par exemple des trajets un peu plus longs qui se
feraient à pieds, comme c’est assez aléatoire c’est un peu problématique dans l’organisation
de la vie que ce soit professionnelle ou de loisirs puisque je ne sais jamais très bien dès qu’il
s’agit de faire autre chose que de rester assis, si je vais pouvoir marcher beaucoup, pas
beaucoup, c’est très aléatoire »
Afin de s’adapter à leur nouvel état, les patients ont mis en place certaines astuces pour se
faciliter la vie au quotidien. Cela passe par une réduction des activités, une adaptation aux
situations, une demande d’aide et instaurer des pauses lors de la réalisation de certaines
activités. Il y a également l’emploi d’une genouillère et la prise d’anti-inflammatoires
« Oui voila, j’emprunte parfois le chemin le plus long mais le plus sure, au lieu qu’il y ait des
obstacles, j’essaie de les éviter en fait »
«…c’est par exemple des escaliers, on demande de les descendre en arrière, se tenir à la
rampe et descendre d’abord celui qui fait mal et puis l’autre, descendre celui là qui fait mal
bien tendu et puis l’autre et ainsi de suite. Tandis que si on descend vers l’avant, eeeh , il ya
plus de risque de faire le plongeon »
« J’ai fais du jardinage beh je me suis assise au lieu de me mettre à genou justement je me sui
assise par terre j ai travaillé comme ça »
Les patients souhaitent que le personnel soignant ainsi que l’institution les soigne, soulagent
leur douleur et leur fournissent les informations nécessaires sur leur pathologie.
33
« Oui moi j’aime bien les informations de toutes façon j’aime bien comprendre ce que j’ai, il
faut, j’aime bien qu’on m’explique voilà j’aime bien qu’on m’explique ce qu’on fait aussi et je
me renseigne aussi par moi-même évidement mais comme vous savez aussi bien que moi sur
internet on trouve le meilleur et le pire (rires) j’aime bien d’avoir un peu confirmation par
des personnes compétentes quoi. Donc moi je n’aime pas qu’on me laisse dans le floue en
fait, je sais qu’il y a des gens qui s’en fichent de savoir avoir précision ce qu’ils ont moi
j’aime bien comprendre. Mais générale quand je pose des questions… il faut parfois poser
plus de questions à certains qu’avec d’autres parce que certains sont parfois un peu plus
avare d’explications, ont peur d’entrer dans les détails ou qu’on ne comprenne pas ce qu’ils
disent, moi personnellement je préfère savoir ».
PRISE EN
CHARGE
« Ils ont besoin de conseils pour la gestion de la douleur, d’une ligne de conduite en cas
d’apparition de gonflement (se présenter à la consultation en vue d’une éventuelle
infiltration) et de conseils par rapport à la kiné et à l’activité physique +/- chirurgie ».
34
« Il faut leur donner des conseils diététiques aussi, c’est fort important également... Des
conseils d’hygiène aussi… »
« Les douleurs, limitation fonctionnel dans le déplacement pour les activités de la vie
quotidienne, prise intempestive des antalgiques »
Le personnel soignant nous fait comprendre qu’il existe une cellule de coordination pour un
certain type de patients : « Il existe une cellule de coordination pour les patients sélectionnés
sur arguments radio-cliniques pour l’arthroplastie du genou. Si vous êtes sélectionnés pour
une arthroplastie, il existe tout une série de coordinations mises en place : une infirmière
coordinatrice organise des formations sur l’éducation thérapeutique du patient, sur
l’information de ceux-ci »
35
2.3 Perspectives pour améliorer la prise en charge
« Recruter du personnel en plus pour rendre disponible plus la plage de consultation et prise
en charge »
« Leur accorder plus de temps au niveau personnel et des séances d’informations et prise en
charge pluridisciplinaire au niveau institutionnel »
Les deux institutions dans lesquelles nous avons menés notre enquête ont un fonctionnement
similaire au niveau des consultations en ce qui concerne la prise en charge des patients
atteints de gonarthrose. Cependant, les Cliniques Universitaires Saint Luc sont une structure
plus grande que le Centre hospitalier Valida avec qui ils ont un partenariat. C’est le service de
rhumatologie des Cliniques Universitaires St-Luc qui a ouvert depuis le 3 Janvier 2011 des
consultations de rhumatologie à la polyclinique du centre hospitalier Valida et ce pour
permettre à ceux habitant ou travaillant dans la région de Bruxelles d’obtenir un rendez vous
rapide en consultation de rhumatologie.
36
CHAPITRE 3 : Discussion des résultats
L’arthrose du genou est une pathologie invalidante, elle a de nombreuses répercussions sur la
vie des personnes qui en souffrent. Elle est vécue par ceux-ci comme étant une affection qui
engendre la douleur, qui perturbe leurs activités quotidiennes, et affecte donc leur qualité de
vie. Les facteurs favorisants suivant ont été évoqués par les patients : âge, lésion, manque
d’activité. Plusieurs études observationnelles ont été réalisées afin d’identifier les facteurs de
risque de l’arthrose du genou, certains facteurs sont d’origine systémique, d’autres sont liés à
la fonction et aux structures de l’articulation ou encore aux activités et aux habitudes de vie.
En plus de l’âge et du sexe, il y a des facteurs de risques modifiables : surpoids et obésité ;
facteurs occupationnels ; activités physiques et loisirs ; densité minérale osseuse ; anatomie,
blessures et chirurgie du genou. (Bibliomed, 2016)
La compréhension et définition de l’arthrose du genou par les personnes qui en sont atteintes
est pour la plupart du temps tournée vers la notion de douleur et de périodicité de celle-ci. A
côté de cela, ils la définissent comme étant une détérioration, un vieillissement ou encore un
endommagement du cartilage. L’arthrose du genou est définie comme étant une maladie
dégénérative du cartilage articulaire, c’est une usure du cartilage recouvrant les surfaces
articulaires du genou. (MINCIERE M-L, 2015)
Les répercussions de l’arthrose du genou dans la vie des patients sont considérables et
affectent la qualité de vie. Cela se manifeste par la cessation d’activités que les patients
avaient l’habitude de faire, par de fortes douleurs, par une réduction de leur mobilité et
certains patients ont dû demander de l’aide pour faire des choses qu’ils savaient faire par eux
même auparavant. Selon AFLAR (Association Française de lutte Antirhumatismale) cité par
J. AUGER et BEREMBAUM F. (2016), les conséquences de l’arthrose sont multiples
notamment une baisse de forme psychique et morale, sachant qu’il est atteint d’arthrose et
sans bien comprendre ce que c’est, le patient se sent diminué. La vie professionnelle est
diminuée car il y a une perte de mobilité qui engendre la restriction du mouvement au sens
large qui est perçu comme un handicap. Il y a également une restriction dans la capacité de se
déplacer notamment dans l’arthrose du genou et aussi cela provoque une gêne dans les
activités de la vie quotidienne. L’arthrose est une source de douleurs et la perte de mobilité est
ressentie comme une blessure profonde.
Afin de s’adapter à leur nouvelle situation, à leur pathologie, les patients ont mis en place
différentes astuces. S’assoir par terre plutôt que de se mettre à genoux pour faire son
37
jardinage, faire une demi heure de nettoyage/ autre activité puis prendre du repos avant de
continuer, emprunter le chemin le plus long mais le plus sure au lieu d’emprunter le chemin
avec des obstacles, faire des massages sur le site douloureux, prendre des anti-inflammatoires
et mettre une genouillère, telles sont les astuces mises en place par les patients afin de gérer
leur maladie au quotidien. Selon LAGORCE T. (2015), dans les traitements non
pharmacologiques nous retrouvons les traitements locaux (l’acupuncture, la thermothérapie et
la neurostimulation électrique transcutanée) et les traitements fonctionnels antidouleurs tels
que la kinésithérapie dans laquelle pour la coxarthrose et la gonarthrose, il y a un objectif de
diminution de la douleur par les massages, l’application de chaleur, une éducation du patient
pour économiser son articulation par des conseils d’hygiène de vie. Il existe également des
aides techniques comprenant d’une part les aides à la mobilité (semelles orthopédiques,
cannes, béquilles, attelles et genouillères) et d’autre part l’aspect vie pratique dans lequel sont
proposé d’autres types d’aides technique : un chariot de course qui permet au patient de
faciliter son déplacement en prenant appui mais aussi de limiter le port de charge lourde
fortement déconseillé en cas d’arthrose des membres inférieurs. Toujours dans cet aspect, il y
a des balais avec manche télescopique pour le ménage pour limiter les mouvements
douloureux ; pour les personnes qui désirent jardiner, des outils adaptés sont proposés et
plusieurs autres choses sont mises en place.
Les attentes des patients atteints de gonarthrose vis-à-vis du personnel soignant sont surtout
axées sur l’acquisition de plus d’informations sur leur pathologie et ils attendent qu’on les
soigne et qu’on soulage leur douleur. Les patients gonarthrosiques ont besoins de conseils par
rapport à leur pathologie, cela peut être des conseils d’hygiène, diététiques, par rapport à la
gestion de la douleur mais aussi par rapport à l’activité physique. Selon Rahal F et al(2012),
les recommandations de l’OARSI (Osteoarthritis Research Society International) concernant
la prise en charge de l’arthrose du genou et de la hanche, précise que tout patient doit avoir
accès à l’information et à une éducation par rapport aux objectifs du traitement et
l’importance des modifications du mode de vie et l’adaptation aux activités. S. ALAMI et al
(2007) disent suite à leur étude que les patients ont le sentiment que les médecins agissent
comme des techniciens s’intéressant plus au genou qu’à l’individu et que pas assez de temps
est consacré à l’information et aux conseils. Nous constatons une concordance entre ce qui
apparaît dans la littérature et ce qui a été recueilli comme information auprès des patients
souffrant de gonarthrose concernant leurs attentes.
38
Au regard des résultats obtenus lors des entretiens, il semblerait qu’il y a une lacune dans
l’organisation de la prise en charge des patients atteints de gonarthrose. Une pathologie
chronique nécessite une prise en charge multidisciplinaire, une collaboration entre les
différents intervenants auprès des patients et doit inclure une éducation thérapeutique du
patient (ETP). La prise en charge doit être organisée en collaboration avec le rhumatologue, le
kinésithérapeute, le podologue, l’orthopédiste, l’ergothérapeute, le diététicien, le psychologue
ou le psychiatre et adaptée au profil de chaque patient qui a des problèmes variés demandant
parfois des compétences spécifiques. (AGARBI-MAZOUZ I., 2010)
Les informations obtenues auprès des patients et des personnels soignant interrogés vont dans
le même sens que celles de la littérature scientifique. Cependant certains éléments n’ont pas
été cités par les personnes interrogées et cela pourrait s’expliquer par le fait que chaque
patient est unique, chacun vit sa pathologie différemment. Lors de l’expression de leur vécu,
les personnes ont tendances à exprimer les symptômes qui se manifestent le plus tels que : la
douleur, la limitation fonctionnelle.
LIMITES DE L’ETUDE
Il aurait fallu mieux définir les critères d’inclusion des patients atteints de gonarthrose.
PERSPECTIVES D’AVENIR
Dans nos pistes de réflexion et de solutions, il faudrait des actions à divers niveaux :
39
Organiser des formations sur l’éducation thérapeutique du patient permettant ainsi
une prise en charge holistique, le patient sera soigné dans sa globalité.
40
CONCLUSION
La question que nous nous sommes posé au départ, à savoir, celle de savoir comment
l’arthrose du genou affecte la vie quotidienne de ceux qui en souffrent, a trouvé des réponses
dans les données que nous avons recueillies auprès des patients, du personnel soignant et
également dans la revue de la littérature.
L’arthrose du genou est une pathologie chronique qui impacte la qualité de vie des patients
qui ont eu une perte d’autonomie, des douleurs, une limitation fonctionnelle et qui ont du
cesser ou réduire leur activités.
Afin de s’adapter à leur nouvelle situation, ceux-ci ont mis en place des astuces et ont recours
aux antidouleurs en cas de douleurs.
Notre étude pourrait être utilisée comme base pour d’autres recherches futures.
41
BIBLIOGRAPHIE
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45
Résumé de la littérature
Selon la Cliniques de l’arthrose (2017), l’arthrose est une maladie dégénérative du cartilage
articulaire. Elle est très répandue dans le monde entier, son apparition est évolutive et
s’accroit avec l’avancée de l’âge et atteint 90% des personnes de plus de 65 ans (R. Theiler
2002). Il existe plusieurs types d’arthrose : cervicale, lombaire, du genou, du pouce, … mais
dans le cadre de ce travail, nous allons développer plus spécifiquement l’arthrose du genou
qui correspond à l’usure du cartilage situé à l’extrémité inférieure du fémur, à l’extrémité
supérieure du tibia et à la partie postérieure de la patella (rotule) qui ensemble font les
mouvements articulaires par le glissement des surfaces cartilagineuses (Institut du genou de
Paris 2016). De nombreux facteurs héréditaires ou acquis favorisent son apparition. Il s’agit
de : l’âge (plus de 65 ans), le sexe, l’obésité, la génétique, etc. En plus, nous avons les
anomalies architecturales, les antécédents traumatiques articulaires et le surmenage articulaire
La prévalence de l’arthrose du genou a doublé depuis le milieu du 20ème siècle, nous
présumons qu’une augmentation de l’espérance de vie et une augmentation spectaculaire de
l’indice de masse corporelle (IMC) en sont largement responsables. Le manque d’activité
physique joue également un rôle important. (Wallace I. et al, 2018). Les moyens de diagnostic
sont les suivants : bilan radiologique, examen biologique, échographie, TDM et IRM. Les
conséquences de la gonarthrose sont : la douleur, la perte de fonction et l’incapacité. Son
traitement correspond aux conseils hygiéno-diététiques et médicaux (médicamenteux, non
médicamenteux et chirurgical). Elle a des répercussions importantes sur la qualité de vie.
L’éducation thérapeutique a plusieurs objectifs qui s’appliquent à l’arthrose qui est une
pathologie chronique, potentiellement invalidante. Il s’agit d’une prise en charge qui doit être
multidisciplinaire, mobilisant plusieurs intervenants autour du patient. Son but est de rendre
les patients acteurs de leur propre santé. (Coudeyre E. et Eschalier B., 2013).
Nous avons opté pour la méthode qualitative pour la réalisation de ce travail car elle permet
non seulement le recueil d’une importante quantité d’informations mais aussi de cerner la
réalité telle que les personnes inclussent dans l’étude la définissent. Les patients pourront
exprimer leur histoire, leur vécu de cette pathologie au quotidien. L’analyse des résultats a
permis de constater que la douleur constitue la répercussion la plus évoquée par ceux qui
souffrent de l’arthrose du genou. Les activités de la vie quotidienne sont influencées par la
réduction de la mobilité et la limitation fonctionnelle du genou. Les soignants sont informés
des besoins des patients ainsi que leurs attentes et cela leur permet de mettre en place une
prise en charge optimale.
46