La conscience
Le sujet est une personne douée de conscience et de liberté. Pour ce qui est
de la conscience, elle désignerait la pleine connaissance que l’homme a de lui-
même, de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. C’est la faculté permettant
à l’homme de connaître. Dans la vie quotidienne, l’homme conscient c’est celui
qui sait qu’il pense et ce qu’il pense. La conscience devient le lieu de vie intérieure
dans lequel l’homme se penserait et se parlerait à lui-même. Notre conscience
serait aussi l’expression de notre moi (sujet conscient et pensant), la marque de
notre identité. C’est en cela qu’elle fait notre grandeur. Malgré tout, elle ne
possède pas un pouvoir absolu et peut jouer des tours à l’homme. D’où nous
voulons comprendre quelle est la raison d’être de la conscience dans la vie de la
personne. Partant de là, la conscience humaine a-t-elle une valeur ?
Cependant, ne peut-on pas déceler en elle quelques défaillances ?
La valeur de la conscience. Premièrement, La conscience est le miroir de
la pensée. En effet, la valeur de la conscience vient de ce qu’elle est le miroir de
la pensée. Cela signifie qu’elle rend possible le fait de se penser soi-même et donc
de se contempler intérieurement en se mettant à distance de soi-même, comme
face un miroir. Elle donne à l’homme l’occasion de se découvrir comme un être
pensant. Selon Descartes, « L’homme conscient se découvre comme une chose
pensante. » (Méditations métaphysiques).
Deuxièmement, la conscience nous permet de nous connaître.
Généralement, l’homme conscient peut se contempler et savoir qui il est (identité),
ce qu’il fait (actes), ce qu’il ressent (sentiments), ce qu’il possède (ses biens). La
conscience permet alors à l’homme d’arriver à la découverte de son existence
ainsi que des modalités qui entourent cette existence. C’est dans cette optique que
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Sartre considère que « La seule façon d’exister pour la conscience c’est
d’avoir conscience qu’elle existe. » (L’imagination).
Troisièmement, la conscience comme ouverture au monde. Ainsi, la
conscience est aussi ouverture au monde, car elle permet à l’homme de se projeter
sur le monde, c’est-à-dire de s’ouvrir sur les réalités de l’environnement extérieur.
Dans ce cas, on parle du monde comme objet de la conscience. Etre conscient
signifie aussi connaître le monde en tant qu’objet visé par la conscience. Celle-ci
se définit donc par son rapport au monde. La conscience vise des objets extérieurs
à elle, dans un mouvement actif de sélection, de choix, d’intention. C’est cela
l’intentionnalité. Husserl déclare à cet effet, dans ses Méditations cartésiennes,
que « Toute conscience est conscience de quelque chose. »
Quatrièmement, la conscience comme maîtrise de soi et responsabilité.
D’une part, l’homme conscient, c’est celui qui est capable de se maîtriser ou
encore contrôler les situations de sa vie. La tradition philosophique rationaliste
considère que l’homme est pleinement conscient et par conséquent, il a le contrôle
de toutes les situations de sa vie. Rien ne lui échappe. D’autre part, l’homme
conscient choisit en connaissance de cause. Il assume donc ses choix, son identité,
ses sentiments et ses actes.
Si la conscience a un certain pouvoir dans la vie de l’homme, ne comporte-t-elle
pas des limites ?
Les défaillances de la conscience. D’abord, la conscience comme obstacle
à la connaissance de soi. En effet, la conscience possède des faiblesses dans la
mesure où elle devient un obstacle à la connaissance de soi. Ceci revient à dire
qu’elle peut nous livrer une connaissance partielle et erronée de nous-mêmes. Elle
peut nous tromper et nous présenter une fausse image de nous-mêmes. De ce fait,
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la conscience est productrice d’illusion et notamment de l’illusion de la liberté.
C’est pourquoi Spinoza la stigmatise dans son ouvrage intitulé Ethique « La
conscience est source d’illusion. »
En outre, les lacunes de la conscience. C’est dire que la conscience semble
être une faculté lacunaire. L’idée selon laquelle l’homme conscient maîtrise toutes
les situations de sa vie est remise en cause. Car il y a un certain nombre de choses
qui échappent à la vigilance de la conscience aussi bien chez le malade mental
que chez l’homme sain (bien portant). Parmi ces éléments, nous pouvons citer :
l’oubli : acte manqué involontairement ; le lapsus calami : erreur involontaire de
langage ; le rêve : activité psychique qui se produit pendant le sommeil et au cours
de laquelle il pose des actes dont il ignore les contours. Face à toutes ces
faiblesses, Freud reconnaît que « Le moi n’est pas maître dans sa propre
maison. » (Introduction à la psychanalyse). Ceci signifie que l’homme n’est
pas celui qui contrôle absolument toutes les situations de sa vie. Il y a certains
éléments qui lui échappent.
Cette étude nous a amené à nous interroger sur la raison d’être de la
conscience dans la vie de l’homme. Il ressort de l’analyse faite que la conscience
remplit un ensemble de fonctions essentielles dans l’existence humaine. D’où
l’idée qu’elle a un certain pouvoir. Cependant, l’homme conscient n’est pas le
maître absolu de l’ensemble de ses actes et même de ses choix.
En somme, reconnaissons que la conscience est à l’image de l’homme lui-
même, c’est-à-dire faillible. Il n’est donc pas nécessaire de se limiter à elle seule
quand on prétend comprendre l’ensemble des comportements de l’être humain.