La Conscience:
=> Quelle est la place de la conscience au sein de notre activité psychique?
Introduction:
PLAN DE BEDRO:
I. La thèse de la coextensivité de la conscience à l'activité psychique
=> Descartes, Discours de la méthode (1638), Correspondance.
1. L’argument métaphysique et théologique
2. Argument psychologique
3. Conséquences en ce qui concerne la connaissance de soi
4. Conséquences dans le domaine moral
Le mot conscience, jusqu'au XVII siècle désigne le sens moral:
● Capacité à distinguer le bien du mal.
● Conformer ses actions aux exigences de la morale.
=> Chez Rabelais: “Science sans conscience n’est que ruine de l'âme.”
=> Chez Montaigne en différents chapitres des Essais.
DESCARTES.
Ce sens moral est remplacé:
=> Chez Descartes: par un sens psychologique.
● Il désigne:
○ l'activité psychique de l’Homme
○ Ses perceptions, son imagination, ses affects.
=> Chez Descartes:
● Conscience = esprit = âme.
● Adj. Conscient = sue du sujet = doublés d’une représentation = réflexivité.
PROBLEMES RELATIFS A LA THÈSE DE DESCARTES:
● Sur quoi se fonde la pensée classique pour affirmer que tout est conscient
dans l’esprit de l’Homme?
● L'expérience quotidienne ne nous montre-t-elle pas qu'en de nombreuses
circonstances des faits psychiques se produisent en nous à notre insu (rêves,
souvenirs enfouis dans notre mémoire donc présents dans notre esprit mais
de façon non consciente, perceptions et désirs infra-conscients, etc.) ?
● À quelles conséquences aboutirait-on si on devait reconnaître l'existence
d'une activité psychique inconsciente dans notre esprit, autrement dit, si on
refusait d'admettre le caractère exclusivement conscient de notre activité
psychique ou même son caractère majoritairement conscient.
1. Argument métaphysique et théologique:
La psychologie classique affirme que tous les faits psychiques sont conscients.
● Tout Homme a une essence (= propriété fondamentale) qui le distingue des
autres espèces.
● Essence = esprit => création du Dieu alors:
○ Il est impossible qu’il existe en notre essence quelque chose dont on
ne réaliserait pas l’existence qui nous tromperait ou nous
influencerait.
○ Si Dieu avait voulu qu’il y ait une telle activité inconsciente, Il aurait
voulu nous induire en erreur, ce qui ne correspond pas à la définition
que nous avons de Dieu.
2. Argument psychologique:
=> Nous avons cependant le sentiment que certaines de nos pensées, certains de
nos états affectifs échappent à notre attention => sont en dessous du seuil de
vigilance.
● Des pensées se constituent et se développent en notre esprit sans que nous le
voulions ou le sachions => une illusion pour la psychologie rationnelle.
○ Des phénomènes contrarient notre esprit => l’oubli.
■ L’OUBLI => les pensées qu’on a dans notre sommeil et ce qu’il
advient de celles-ci à notre réveil => nous nous rendons
compte de celles- ci au moment où elles se produisent mais
l’oubli nous donne l’impression que nous avons pensé
inconsciemment.
3. Conséquence en ce qui concerne la connaissance de soi:
Le rationalisme cartésien affirme qu’il est possible pour le sujet de connaître son
moi (= son être psychologique) en entier.
● “Nos pensées sont ce sur quoi notre pouvoir est le plus grand.”Livre 3,
Discours de la Méthode.
● “Γνῶθι σεαυτόν” (gnoti séauton), formule de l’Oracle de Delphes => Descartes
=> un connaissance de soi par nous mêmes est possible.
● Cette connaissance de nous-mêmes peut nous faire accéder à notre moi, aux
● aspects déterminants de notre personnalité intellectuelle et affective
4. Conséquence dans le domaine moral:
Connaissance de soi = contrôle de soi.
● Le sujet peut aussi réguler et même contrôler ses désirs, leur faire perdre
leur virulence ou les rendre conformes aux normes sociétales.
○ “ Il n’y a point d'âme si faible qu’elle ne puisse, étant bien conduite,
acquérir un pouvoir absolu sur ses passions.”, Traité des passions de l'âme,
Descartes.
● Ce pouvoir absolu = maîtrise totale de ses affects, désirs et passions =
implique la force de la volonté => exercices => habitudes.
Pensées rationalistes => Connaissance de soi => gouvernement de sa personne =>
retrouvées chez les tragédiens, les romanciers et les moralistes du XVIIIe siècles:
● Cid de Corneille
● La Princesse de Clèves de Catherine de Rambouillet
● Phèdre de Racine.
Citations: