Physique des cœurs de réacteurs REP
Physique des cœurs de réacteurs REP
Physique du cœur
par Gérard NAUDAN
Ingénieur au Commissariat à l’Énergie Atomique
et Jean-Louis NIGON
Ingénieur de l’École Polytechnique
Directeur Adjoint de la branche Combustible à COGEMA
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1. Description des cœurs On a réuni sur la figure 1 trois quarts de cœur de réacteurs d’une
puissance électrique de 900, 1 300 et 1 450 MW, représentés
actuels par leur section droite. L’arrangement du combustible est réalisé en
respectant la symétrie par rapport aux axes principaux et aux diago-
nales (huitième de cœur). Le combustible neuf est chargé en
1.1 Réacteurs de puissance électrique périphérie (gestion de type out in), les assemblages ayant séjourné
4 cycles (région 4) sont déchargés, les 3 autres lots des
900, 1 300 et 1 450 MW régions 1, 2 et 3 (ayant séjourné respectivement 1, 2 et 3 cycles)
utilisant un combustible UO2 sont répartis dans la zone centrale. Le nombre total d’assemblages
n’étant pas multiple de 4, les lots successifs ne sont pas tous iden-
Les cœurs des réacteurs à eau ordinaire sous pression (REP) tiques et quelques assemblages – les moins brûlés – peuvent être
exploités en France se distinguent par leur taille et par la gestion rechargés pour un cinquième cycle afin de compléter le cœur. Les
du combustible. grappes de commande sont réparties en damier dans la région cen-
Pour les cœurs constitués d’assemblages à combustible UO2 , EDF trale du cœur ; leur constitution est adaptée à leur fonction :
définit un objectif uniforme pour la période 1990-1995 : le rempla- — les grappes noires de 24 crayons, destinées à la fonction d’arrêt
cement d’un quart de cœur tous les ans et un taux de combustion du réacteur ;
moyen de rejet (§ 2.3) au déchargement (après quatre ans) de — les grappes grises de 12 ou 16 crayons, destinées à la
45 000 MWj/t. Les particularités des cœurs destinés à recycler le compensation de la contre-réaction de puissance et utilisées pour
plutonium sous la forme d’oxyde mixte UO2-PuO2 , baptisé MOX le pilotage du réacteur.
(Mixte OXyde U-Pu), sont évoquées dans le paragraphe 3.2.2 ; les
principales variantes mises en œuvre à l’étranger sont évoqués dans
le paragraphe 3.3.
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Deux types de matériaux absorbants (article Structure des réac- — le flux thermique reste inférieur au flux critique (flux thermique
teurs nucléaires. Matériaux absorbants neutroniques pour le pilo- qui provoquerait l’assèchement de la gaine et pourrait entraîner une
tage des réacteurs nucléaires [B 3 720] dans ce traité Génie élévation de sa température incompatible avec son intégrité).
nucléaire) sont utilisés :
■ Il n’existe pas de critères limitant strictement la puissance pour un
— l’AIC, alliage d’argent (80 % en masse), d’indium (15 % en fonctionnement en classes 3 et 4. Dans le cas de l’accident de
masse) et de cadmium (5 % en masse) ; référence (ADR), cinq critères doivent être respectés pour maintenir
— le carbure de bore B 4 C (uniquement pour les grappes noires). l’ensemble des paramètres à l’intérieur des limites de conception. Ils
Les premiers cœurs, lorsque le combustible est neuf et que l’on portent respectivement sur :
n’a pas atteint après 3 cycles les conditions d’un équilibre de — le pic de température de la gaine, inférieur à 1 204 oC ;
gestion du combustible, sont constitués de lots d’assemblages — le degré d’oxydation de la gaine, inférieur ou égal à 17 % ;
d’enrichissements différents, les 3 lots chargés en région centrale — l’importance de la production d’hydrogène par la réaction
ayant des enrichissements plus faibles que celui de la périphérie. zirconium-eau ;
D’autres gestions sont proposées par des constructeurs et des — la déformation maximale des crayons du réseau ;
exploitants étrangers. Pour éviter que les taux de combustion de rejet — le maintien des capacités de refroidissement du cœur à long
des premiers lots ne soient excessivement faibles, ce qui nuirait à terme.
la rentabilité, les premiers cycles sont plus longs que le cycle à
l’équilibre : 16 à 18 mois au lieu de 11 mois. Il est alors nécessaire Seul, le premier critère est intimement lié à la puissance. De
de compenser un excédent de réactivité plus important en début de nombreux paramètres influent sur la température maximale de la
vie, ce qui conduit à l’utilisation de poisons consommables. Les gaine sans qu’il soit toutefois possible d’établir une relation simple :
grappes de poisons consommables sont constituées de ce sont la thermohydraulique de tout le circuit primaire, avec notam-
3 à 16 crayons absorbants : elles occupent des emplacements ment dans le cœur le facteur de canal chaud F∆h et le facteur de point
laissés libres par les grappes de commande. Jusqu’à présent, chaud Fq , et la puissance linéique moyenne P l .
l’absorbant est un borosilicate (verre au bore, de type Pyrex ). Pour le REP actuel, on est conduit à limiter la puissance linéique
D’autres poisons sont envisagés : l’oxyde de gadolinium dans un maximale à 420 W/cm à laquelle est associée, en fonctionnement
support UO2 (uranium appauvri) est le composé le plus envisa- normal, un facteur de point chaud F q de 2,35.
geable. Chaque réacteur fait l’objet d’une étude particulière.
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Les grappes de commande sont dimensionnées pour amener avec une gestion fractionnée en n lots (article Théorie des réac-
le réacteur à l’arrêt chaud à partir d’un état de fonctionnement en teurs nucléaires [B 3 025] dans ce traité). Le facteur de disponibilité
puissance, en garantissant une marge d’antiréactivité M (§ 3.2) ; de la centrale qui augmente avec le taux de combustion de rejet
celle-ci représente le niveau de sous-criticité atteint après la chute est lié au mode de gestion adopté : des arrêts fréquents le pénali-
dans le cœur de toutes les grappes sauf une et compte tenu de seraient.
l’apport de réactivité (disparition des contre-réactions) lié à la baisse — Exprimé en fonction du taux de combustion moyen de rejet,
de puissance du réacteur. Il n’est pas imposé que les grappes de à gestion donnée et enrichissement variable, le coût du cycle
commande maintiennent à elles seules le réacteur sous-critique lors présente un minimum assez plat entre 50 et 60 GWj/ t, variant
des arrêts intermédiaires (entre chaud et froid). La sous-criticité est fortement avec le mode de gestion (figure 2a ).
alors assurée par injection de bore soluble dans le circuit primaire.
Nota : dans cet article, nous utilisons les pcm (pour cent mille). Rappelons que :
L’optimum du taux de combustion de rejet est étroitement lié au
1 pcm = 10 –5. coût des opérations du cycle en aval du chargement du réacteur.
En Europe, le prix du retraitement est inversement proportionnel
au taux de combustion de rejet car il ne dépend en première
approximation que du nombre d’assemblages à retraiter. On voit,
2.3 Limitations technologiques par exemple, qu’une augmentation conjoncturelle du prix du retrai-
et paramètres économiques tement incite à réduire le nombre d’assemblages à retraiter et donc
repousse l’optimum économique vers des taux de combustion de
rejet plus élevés (courbe I, figure 2b ). Par contre, aux États-Unis,
L’utilisation du combustible doit également être considérée sous les charges aval sont proportionnelles aux kilowattheures produits,
l’angle économique par l’optimisation du coût de cycle. Le tableau 1 donc croissent avec le taux de combustion. En Europe, le prix
présente les coûts relatifs des divers postes du cycle du combustible unitaire du retraitement est exprimé en F/kg d’U et aux États-Unis
pour un réacteur d’une puissance électrique de 900 MW géré par en F/kWh.
quart de cœur. (0)
Tableau 1 – Coûts relatifs des divers postes 2.4 Dimensionnement d’un cœur
du cycle du combustible pour un réacteur
de 900 MW (1) (valeurs fin 1988)
Dans le cas des REP, le dimensionnement d’un cœur se limite à
Poste Coût relatif de faibles variations autour des valeurs de conception fixées il y a
de nombreuses années. Les principes de dimensionnement exposés
Uranium naturel ........................................................ 30 % ci-après n’en restent pas moins valables pour d’autres types de réac-
Conversion................................................................. 2% teurs que ceux équipant les centrales de grande puissance : réacteurs
Enrichissement .......................................................... 35 % prototypes de propulsion, réacteurs de recherche, etc., voire même
Fabrication ................................................................. 15 % pour les réacteurs d’autres filières.
Transport, retraitement, stockage............................ 23 % Le dimensionnement neutronique d’un cœur nécessite des
Crédit uranium........................................................... –3% données relatives :
Crédit plutonium ....................................................... –2%
— à la puissance thermique du cœur P (en MW) ;
(1) Gestion par quart de cœur et durée de cycle de 274 JEPP (jour équiva- — à la durée du cycle D (en JEPP : jour équivalent pleine
lent pleine puissance). puissance) ;
— à la nature du combustible utilisé et au mode de gestion ;
— au taux de combustion moyen de rejet.
Une bonne utilisation du combustible consiste à en extraire le
maximum d’énergie, donc à augmenter le taux de combustion de Il doit satisfaire des contraintes très diverses relatives à la gestion
rejet. du combustible et aux limites technologiques des matériaux utilisés :
taux de combustion maximal de rejet, puissance spécifique maxi-
Des contraintes sont à prendre en compte : limitations techno- male, facteur de forme, etc.
logiques relatives au taux de combustion maximal de rejet, optimi-
sation économique liant l’enrichissement au taux de combustion de Les étapes du dimensionnement se composent de la
rejet, et nécessité de respecter les critères de conception du cœur. détermination :
— Le taux de combustion maximal de rejet, à paramètres — de la masse en uranium de la recharge ;
de conception donnés pour le cœur, pourra être recherché par la — du nombre de crayons et d’assemblages dans le cœur pour
modification des propriétés neutroniques du combustible ou par la une technologie d’assemblage fixée.
modification du mode de gestion du combustible (ou par une À l’aide de codes de calcul ou d’abaques appropriés, on peut
modification des deux). également calculer l’enrichissement du combustible pour la gestion
À mode de gestion donné, l’accroissement de l’enrichissement retenue.
permet d’augmenter la marge de réactivité disponible, donc L’énergie extraite à chaque cycle est :
d’obtenir une durée de cycle accrue. La limitation est ici liée au coef-
E = PD (en MWj)
ficient de température du modérateur (§ 3.2.1) qui, devant rester
négatif ou nul, impose une concentration maximale de bore soluble, Le taux de combustion moyen de rejet est :
limitant de ce fait l’excès initial de réactivité disponible dans le
combustible. τ n = PD /M r (en MWj /t)
À enrichissement donné, le mode de gestion, ou le fraction- avec M r masse de la recharge,
nement des recharges successives, conduit à accroître le taux de n nombre de lots ou de rechargements.
combustion de rejet τ . Un combustible produisant τ (en MWj/t) Pour des pastilles combustibles de diamètre φ , le taux de
sans rechargement permet de produire : combustion moyen de rejet τ n est proportionnel à nP lD / φ 2 où
P l (W/cm) est la puissance linéique moyenne que l’on s’impose, ce
2n
τ n = --------------- τ ( en MWj /t ) qui permet de calculer ce diamètre.
n+1
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πd 2
P l = ------------ P s ρ v
4
avec ρ v masse volumique de UO2 (10 g/cm3 ),
4P l 1/2
d’où
d = -------------------
πPs ρ v = 0,83 cm
3. Physique du cœur
Dans ce paragraphe, nous traiterons successivement de la thermo-
hydraulique du cœur avec les caractéristiques du réfrigérant, de la
neutronique du cœur avec tout ce qui concerne le fonctionnement
du cœur et le combustible, et des variantes proposées pour les
différents réacteurs actuellement en projet.
Figure 2 – Évolution du coût du cycle de combustible Le tableau 2 regroupe les principales caractéristiques thermo-
en fonction du taux de combustion hydrauliques des cœurs de 900, 1 300 et 1 450 MW, actuellement
en fonctionnement ou en construction.
(0)
Le rapport de modération est ensuite déterminé de façon à ce
que le coefficient de température du modérateur soit négatif aux
conditions de fonctionnement. Tout en conservant la même puis-
sance linéique, la réduction du diamètre des crayons combustibles,
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3,7 U : 3,7
Enrichissement (en masse) ........................................................... (%) 3,6 3,45
Pu : 5,30
Durée du cycle ........................................................................... (JEPP) 274 280 270 277
Énergie du cycle (2)................................................................. (MWj/t) 10 500 10 700 10 350 10 600
UO 2 : 40 100
Taux de combustion de rejet.................................................. (MWj/t) 41 200 41 000 40 700
MOX : 33 800
Nombre d’assemblages par recharge ................................................ 40 48 52 44
(28 UO2 et 16 MOX)
UO 2 : 461,7
Masse d’uranium chargée par assemblage .................................(kg) 461,7 538,5 538,5
MOX : 437,2
UO 2 : 5,11
Masse de plutonium déchargée par assemblage........................(kg) 5,24 5,46 5,81
MOX : 18,8
Composition moyenne (en masse) : UO2 MOX
plutonium 238.................................................................... (%) 2,7 1,8 1,9 2,4 2,7
plutonium 239.................................................................... (%) 53,4 56,6 56,1 54,6 41,6
plutonium 240.................................................................... (%) 22,4 22,1 22,3 22,2 27,7
plutonium 241.................................................................... (%) 14,6 13,9 14 14,4 17,9
plutonium 242.................................................................... (%) 6,9 5,6 5,7 6,4 10,1
(1) Valeurs prévisionnelles pour une gestion par quart de cœur pour les assemblages UO2 et par tiers de cœur pour les assemblages MOX atteintes vers 1995.
(2) Énergie extraite par tonne de noyaux lourds (uranium ou plutonium) sur un cycle.
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4. Tendances et propositions
pour le futur
L’évolution de la conception devrait se faire dans la continuité en
poursuivant principalement deux buts : l’accroissement des
taux de combustion et l’utilisation du plutonium. Elle peut
cependant présenter des caractères totalement novateurs résultant
d’exigences accrues en matière de sûreté. Dans l’objectif d’un bon
usage des matières fissiles, le choix d’un type de cœur est lié au
choix d’un cycle du combustible ouvert ou fermé. Dans le premier
cas, on cherche à augmenter les taux de combustion et à brûler
in situ le plutonium formé ; dans le second cas, on recycle les
matières fissiles issues du retraitement.
L’accroissement des taux de combustion peut être obtenu par
deux voies concurrentes (figure 10) :
— à paramètres physiques du cœur inchangés, en augmentant Figure 10 – Accroissement du taux de combustion dans les REP
la réactivité disponible en début de cycle donc l’enrichissement ;
— en modifiant la caractéristique d’évolution de la réactivité en
fonction du taux de combustion, essentiellement grâce à une amélio- 4.1 Recherche d’une meilleure utilisation
ration du facteur de conversion.
de l’UO2
L’utilisation in situ du plutonium résultant d’une meilleure conver-
sion peut se faire en favorisant sa combustion en fin de cycle, par
Parmi tous les procédés qui permettent de gagner de la réac-
une modification appropriée des paramètres physiques du cœur
tivité à enrichissement fixé, on peut citer par exemple :
(variation de spectre).
— la gestion des cœurs à faibles fuites de neutrons ;
— l’utilisation de réflecteurs lourds ;
— l’utilisation de couvertures externes ;
— l’emploi de matières fertiles internes ;
— la variation de spectre (VS).
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Les trois premiers visent essentiellement à économiser les 4.2 Recyclage du plutonium
neutrons par minimisation des fuites hors du cœur. La variation du
spectre neutronique est une voie plus novatrice : le spectre est durci
Le programme REP 2000 , lancé par Électricité de France dans les
en début de cycle ce qui favorise les captures dans l’uranium 238 années 1986-1987, devrait permettre d’évaluer la faisabilité et le coût
au détriment des captures stériles. La voie la plus communément de divers cœurs utilisant le combustible MOX dans de meilleures
choisie pour déplacer le spectre au cours de l’irradiation consiste conditions qu’actuellement. De nouveaux concepts ont été explorés,
à insérer puis retirer des grappes de commande mobiles, inertes ou
visant à établir une série d’améliorations à l’utilisation du plutonium
fertiles, comme proposé dans le concept du Réacteur Convertible
dans les REP.
à Variation de Spectre (RCVS) de Framatome, dont les principales
caractéristiques sont présentées dans le tableau 7 et sur la figure 11. Une première option concerne les réacteurs sous-modérés, à taux
de conversion élevé, permettant une quasi-régénération du pluto-
(0)
nium consommé. Ces cœurs trouvent leur place dans une stratégie
de recyclages multiples, dans une conjoncture où l’uranium naturel
est assez cher. La seconde option, où les cœurs sont nettement plus
Tableau 7 – Caractéristiques du RCVS (Framatome) modérés que les cœurs actuels – Réacteurs à Modération Accrue
(RMA) –, a pour caractéristique de brûler une fraction importante
Type de réacteur : de plutonium en un seul cycle.
nombre de boucles ....................................... 4
puissance thermique totale ................ (MW) 4 270 L’histoire du recyclage du plutonium est ancienne ; la faisabilité
puissance thermique du cœur ........... (MW) 4 250 technique complète du cycle a été prouvée. Les moyens industriels
puissance électrique nette (1) ............ (MW) 1 450 de production existent : l’usine MELOX à Marcoule devrait fabriquer
120 t/an de combustible MOX à partir de 8 t/an de plutonium et
Type de cœur ................................................. UO2 MOX
l’usine UP2 800 de La Hague 800 t/an. La production électrique issue
Caractéristiques thermohydrauliques : de la combustion des MOX, s’accompagnant d’une économie
débit-volume le plus probable d’uranium naturel et d’unités de travail de séparation, garantit le
en cuve ............................................... (m3/ h) 94 600 88 500 bénéfice des opérations entreprises. En termes d’environnement, la
pression..................................................(bar) 155 155 toxicité potentielle des combustibles irradiés est légèrement
température de branche froide ............. (oC) 292 292 diminuée du fait de la consommation du plutonium. Le potentiel
température de branche chaude........... (oC) 329,2 331,4 énergétique de ce dernier se trouvera entamé sans obérer les choix
température moyenne du réfrigérant... (oC) 310 310 ultérieurs : surgénérateurs, retraitement poussé, stockage définitif
en l’état.
Caractéristiques neutroniques
Cœur :
nombre d’assemblages fissiles.................... 253 199
nombre d’assemblages de couverture........ 0 54 4.3 Autres évolutions prévisibles
nombre d’assemblages équipés de grappes
absorbantes ................................................... 85 61 Les réacteurs des années futures font l’objet de réflexions dans
nombre d’assemblages équipés de grappes de nombreux pays, couvrant d’autres domaines que le cœur et le
fertiles............................................................. 150 138 combustible. Parmi les travaux dont les objectifs sont proches du
nombre d’assemblages non équipés .......... 18 0 RCVS français, on peut citer :
Assemblage : — aux États-Unis, l’APWR (Advanced Pressurized Water Reactor )
hauteur fissile ...................................... (mm) 4 067 3 667 de Westinghouse en collaboration avec Mitsubishi, et les travaux de
hauteur des couvertures axiales ........ (mm) 2 × 100 2 × 300 Bettis et Knoks pour un réacteur à variation de spectre de puissance
nombre de tubes-guides............................... 36 36 électrique 1 000 MW ;
nombre de crayons fissiles........................... 252 294 — au Japon, le HCR (High Conversion Reactor ) de Mitsubishi ;
nombre de tubes d’eau................................. 42 — en République fédérale d’Allemagne, les travaux de KWU sur
nombre de tubes d’instrumentation............ 1 1 le concept HCR.
matière des tubes.......................................... Citons enfin le programme ALWR (Advanced Light Water Reactor )
Zircaloy lancé par l’EPRI (Electric Power Research Institute ), destiné à
configuration ................................................. hexagonale coordonner les efforts des industriels pour assurer une option
nombre de couches....................................... 11 nucléaire viable aux États-Unis. Une première phase évolutive
pas de l’assemblage............................ (mm) 225,83 concerne les réacteurs de grande puissance comparables aux
pas des crayons................................... (mm) 12,23 réacteurs actuels, optimisés pour une puissance maximale à
diamètre des crayons fissiles et des tubes dimension donnée ; elle inclut de plus des facteurs tels que la modu-
d’eau..................................................... (mm) 9,5 larité, la standardisation et la préfabrication poussée réduisant
diamètre externe du tube-guide ........ (mm) 12,30 sensiblement les délais de construction. Une deuxième phase
épaisseur du tube-guide ..................... (mm) 0,40 révolutionnaire vise à définir les spécifications de réacteur utilisant
hauteur du combustible des dispositifs dits « à sûreté passive », mettant en œuvre des
(fissile + fertile) .................................... (mm) 4 267 concepts simplifiés à l’aide de composants traditionnels ; le projet
(1) Puissance électrique fournie au réseau. AP 600 dont quelques caractéristiques sont rassemblées dans le
tableau 8 en est une illustration.
Des projets délibérément novateurs tentent d’atteindre un très
haut niveau de sûreté, par exemple les projets SIR (Safe Integral
Reactor ) en Grande-Bretagne et PIUS/SECURE (Process Inherent
Ultimate Safety/Safe Environmentally Clean Urban Reactor ) en
Suède.
Nota : le lecteur se reportera pour plus de détails à l’article Réacteurs à eau ordinaire de
petite et moyenne puissance [B 3 150] dans ce traité.
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Figure 11 – Composition d’un assemblage équipé d’une grappe fertile ou absorbante du RCVS (Framatome)
(0)
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