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Physique des cœurs de réacteurs REP

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Réacteurs à eau sous pression

Physique du cœur
par Gérard NAUDAN
Ingénieur au Commissariat à l’Énergie Atomique
et Jean-Louis NIGON
Ingénieur de l’École Polytechnique
Directeur Adjoint de la branche Combustible à COGEMA

1. Description des cœurs actuels............................................................. B 3 090 - 2


1.1 Réacteurs de puissance électrique 900, 1 300 et 1 450 MW utilisant
un combustible UO2 .................................................................................... — 2
1.2 Recyclage du plutonium dans les réacteurs de puissance électrique
900 MW......................................................................................................... — 3
2. Critères et paramètres de conception ............................................... — 3
2.1 Critères limitant la puissance ..................................................................... — 3
2.2 Critères liés au contrôle de la réactivité..................................................... — 3
2.3 Limitations technologiques et paramètres économiques........................ — 4
2.4 Dimensionnement d’un cœur..................................................................... — 4
3. Physique du cœur .................................................................................... — 5
3.1 Caractéristiques thermohydrauliques........................................................ — 5
3.2 Neutronique ................................................................................................. — 6
3.2.1 Réacteurs de 900, 1 300 et 1 450 MW utilisant l’UO2 ....................... — 6
3.2.2 Réacteurs de 900 MW recyclant le plutonium.................................. — 6
3.2.3 Paramètres physiques du cycle du combustible ............................. — 8
3.3 Variantes proposées dans d’autres concepts............................................ — 8
4. Tendances et propositions pour le futur ........................................... — 11
4.1 Recherche d’une meilleure utilisation de l’UO2 ........................................ — 11
4.2 Recyclage du plutonium ............................................................................. — 12
4.3 Autres évolutions prévisibles ..................................................................... — 12

D ans ce traité, le lecteur pourra se reporter aux articles :


— Théorie des réacteurs nucléaires [B 3 025] et Caractéristiques neutroniques
des réacteurs industriels [B 3 040] pour la définition des différents termes de
neutronique employés dans ce texte ;
— Réacteurs à eau ordinaire sous pression. Description [B 3 100] et Fonction-
nement normal et accidentel [B 3 110] pour la description du cœur de ces
réacteurs.
2 - 1991

Pour la classification de sûreté et les accidents, se reporter à la rubrique


Matière et matériaux. Sûreté.
B 3 090

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie nucléaire B 3 090 − 1
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1. Description des cœurs On a réuni sur la figure 1 trois quarts de cœur de réacteurs d’une
puissance électrique de 900, 1 300 et 1 450 MW, représentés
actuels par leur section droite. L’arrangement du combustible est réalisé en
respectant la symétrie par rapport aux axes principaux et aux diago-
nales (huitième de cœur). Le combustible neuf est chargé en
1.1 Réacteurs de puissance électrique périphérie (gestion de type out in), les assemblages ayant séjourné
4 cycles (région 4) sont déchargés, les 3 autres lots des
900, 1 300 et 1 450 MW régions 1, 2 et 3 (ayant séjourné respectivement 1, 2 et 3 cycles)
utilisant un combustible UO2 sont répartis dans la zone centrale. Le nombre total d’assemblages
n’étant pas multiple de 4, les lots successifs ne sont pas tous iden-
Les cœurs des réacteurs à eau ordinaire sous pression (REP) tiques et quelques assemblages – les moins brûlés – peuvent être
exploités en France se distinguent par leur taille et par la gestion rechargés pour un cinquième cycle afin de compléter le cœur. Les
du combustible. grappes de commande sont réparties en damier dans la région cen-
Pour les cœurs constitués d’assemblages à combustible UO2 , EDF trale du cœur ; leur constitution est adaptée à leur fonction :
définit un objectif uniforme pour la période 1990-1995 : le rempla- — les grappes noires de 24 crayons, destinées à la fonction d’arrêt
cement d’un quart de cœur tous les ans et un taux de combustion du réacteur ;
moyen de rejet (§ 2.3) au déchargement (après quatre ans) de — les grappes grises de 12 ou 16 crayons, destinées à la
45 000 MWj/t. Les particularités des cœurs destinés à recycler le compensation de la contre-réaction de puissance et utilisées pour
plutonium sous la forme d’oxyde mixte UO2-PuO2 , baptisé MOX le pilotage du réacteur.
(Mixte OXyde U-Pu), sont évoquées dans le paragraphe 3.2.2 ; les
principales variantes mises en œuvre à l’étranger sont évoqués dans
le paragraphe 3.3.

Figure 1 – Coupe transversale des cœurs


de réacteurs à eau ordinaire sous pression
de 900, 1 300 et 1 450 MW

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Deux types de matériaux absorbants (article Structure des réac- — le flux thermique reste inférieur au flux critique (flux thermique
teurs nucléaires. Matériaux absorbants neutroniques pour le pilo- qui provoquerait l’assèchement de la gaine et pourrait entraîner une
tage des réacteurs nucléaires [B 3 720] dans ce traité Génie élévation de sa température incompatible avec son intégrité).
nucléaire) sont utilisés :
■ Il n’existe pas de critères limitant strictement la puissance pour un
— l’AIC, alliage d’argent (80 % en masse), d’indium (15 % en fonctionnement en classes 3 et 4. Dans le cas de l’accident de
masse) et de cadmium (5 % en masse) ; référence (ADR), cinq critères doivent être respectés pour maintenir
— le carbure de bore B 4 C (uniquement pour les grappes noires). l’ensemble des paramètres à l’intérieur des limites de conception. Ils
Les premiers cœurs, lorsque le combustible est neuf et que l’on portent respectivement sur :
n’a pas atteint après 3 cycles les conditions d’un équilibre de — le pic de température de la gaine, inférieur à 1 204 oC ;
gestion du combustible, sont constitués de lots d’assemblages — le degré d’oxydation de la gaine, inférieur ou égal à 17 % ;
d’enrichissements différents, les 3 lots chargés en région centrale — l’importance de la production d’hydrogène par la réaction
ayant des enrichissements plus faibles que celui de la périphérie. zirconium-eau ;
D’autres gestions sont proposées par des constructeurs et des — la déformation maximale des crayons du réseau ;
exploitants étrangers. Pour éviter que les taux de combustion de rejet — le maintien des capacités de refroidissement du cœur à long
des premiers lots ne soient excessivement faibles, ce qui nuirait à terme.
la rentabilité, les premiers cycles sont plus longs que le cycle à
l’équilibre : 16 à 18 mois au lieu de 11 mois. Il est alors nécessaire Seul, le premier critère est intimement lié à la puissance. De
de compenser un excédent de réactivité plus important en début de nombreux paramètres influent sur la température maximale de la
vie, ce qui conduit à l’utilisation de poisons consommables. Les gaine sans qu’il soit toutefois possible d’établir une relation simple :
grappes de poisons consommables sont constituées de ce sont la thermohydraulique de tout le circuit primaire, avec notam-
3 à 16 crayons absorbants : elles occupent des emplacements ment dans le cœur le facteur de canal chaud F∆h et le facteur de point
laissés libres par les grappes de commande. Jusqu’à présent, chaud Fq , et la puissance linéique moyenne P l .
l’absorbant est un borosilicate (verre au bore, de type Pyrex ). Pour le REP actuel, on est conduit à limiter la puissance linéique
D’autres poisons sont envisagés : l’oxyde de gadolinium dans un maximale à 420 W/cm à laquelle est associée, en fonctionnement
support UO2 (uranium appauvri) est le composé le plus envisa- normal, un facteur de point chaud F q de 2,35.
geable. Chaque réacteur fait l’objet d’une étude particulière.

Dans le cœur, on définit :


1.2 Recyclage du plutonium — le facteur de canal chaud F∆h :
dans les réacteurs de puissance
électrique 900 MW élévation d ′ enthalpie massique de l ′ eau dans le canal chaud
F ∆h = -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
élévation d ′ enthalpie massique de l ′ eau dans le canal moyen

— le facteur de point chaud Fq :


Le plutonium issu du retraitement, disponible du fait du retard du
développement des réacteurs à neutrons rapides, peut être utilisé flux maximal
dans les réacteurs à eau sous pression comme matière fissile des F q = ------------------------------------
flux moyen
assemblages combustibles, sous la forme d’oxyde mixte UO2-PuO2
(MOX), à une teneur en plutonium voisine de 5 % (masse de pluto-
nium rapportée à la masse totale de noyaux lourds d’uranium, de
plutonium et d’américium). Le recyclage du plutonium est actuel-
lement mis en œuvre dans les réacteurs français de 900 MW, les seuls 2.2 Critères liés au contrôle
pour lesquels ont été demandées les autorisations administratives de la réactivité
du SCSIN (Service Central de Sûreté des Installations Nucléaires) et
qui ont reçu les équipements nécessaires. Les propriétés nucléaires
du plutonium, très différentes de celles de l’uranium, induisent des À tout instant du cycle, le système d’arrêt d’urgence doit permettre
variations des caractéristiques des cœurs ; celles-ci ne sont l’arrêt du réacteur et son maintien dans une situation sûre. La
compatibles avec les réacteurs existants que si la quantité sous-criticité du cœur doit pouvoir toujours être garantie, ce qui
d’assemblages MOX est limitée. Depuis 1987, le recyclage est limité impose le dimensionnement du système de contrôle de la réac-
à 30 % d’assemblages MOX dans le cœur ; l’accroissement jusqu’à tivité.
40 % ou peut-être 50 % n’est pas exclu, mais le passage à un cœur Les critères de dimensionnement s’énoncent de la manière
totalement chargé de combustible MOX nécessiterait des modifi- suivante.
cations importantes des dispositifs de contrôle de la réactivité et
— À l’arrêt froid cuve ouverte, les manipulations de combustible,
d’injection de bore.
notamment le chargement des éléments neufs, doivent pouvoir être
opérées avec une sous-criticité au moins égale à 5 000 pcm (le coef-
ficient de multiplication effectif k eff doit être inférieur à 0,95), toutes
grappes de commande insérées.
2. Critères et paramètres — La marge de sous-criticité à l’arrêt cuve fermée doit à tout
de conception instant de la vie du réacteur être supérieure à 1 000 pcm et être
suffisante pour que le retour à la criticité dans le cas d’un accident
de refroidissement ait des conséquences limitées. Le concepteur
2.1 Critères limitant la puissance traduit cette règle de sûreté en critères de conception, quantifiables,
adaptés au projet et comportant des marges. Ainsi, par exemple,
■ Pour toute situation de fonctionnement en classes 1 et 2 de le retour à la criticité est strictement interdit en classe 2 ; par contre,
la classification de sûreté, la conception du cœur doit permettre de en classe 3, le critère est la limitation du nombre de ruptures de
vérifier les deux critères suivants : gaines, limite évaluée à partir de l’énergie déposée dans le combus-
— la température maximale de l’oxyde reste inférieure à la tempé- tible pendant l’excursion de puissance s’il y a retour à la criticité.
rature de fusion, égale à 2 800 oC pour l’oxyde non irradié et décrois-
sant de 3,2 oC par GWj/ t au cours de l’irradiation ;

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Les grappes de commande sont dimensionnées pour amener avec une gestion fractionnée en n lots (article Théorie des réac-
le réacteur à l’arrêt chaud à partir d’un état de fonctionnement en teurs nucléaires [B 3 025] dans ce traité). Le facteur de disponibilité
puissance, en garantissant une marge d’antiréactivité M (§ 3.2) ; de la centrale qui augmente avec le taux de combustion de rejet
celle-ci représente le niveau de sous-criticité atteint après la chute est lié au mode de gestion adopté : des arrêts fréquents le pénali-
dans le cœur de toutes les grappes sauf une et compte tenu de seraient.
l’apport de réactivité (disparition des contre-réactions) lié à la baisse — Exprimé en fonction du taux de combustion moyen de rejet,
de puissance du réacteur. Il n’est pas imposé que les grappes de à gestion donnée et enrichissement variable, le coût du cycle
commande maintiennent à elles seules le réacteur sous-critique lors présente un minimum assez plat entre 50 et 60 GWj/ t, variant
des arrêts intermédiaires (entre chaud et froid). La sous-criticité est fortement avec le mode de gestion (figure 2a ).
alors assurée par injection de bore soluble dans le circuit primaire.
Nota : dans cet article, nous utilisons les pcm (pour cent mille). Rappelons que :
L’optimum du taux de combustion de rejet est étroitement lié au
1 pcm = 10 –5. coût des opérations du cycle en aval du chargement du réacteur.
En Europe, le prix du retraitement est inversement proportionnel
au taux de combustion de rejet car il ne dépend en première
approximation que du nombre d’assemblages à retraiter. On voit,
2.3 Limitations technologiques par exemple, qu’une augmentation conjoncturelle du prix du retrai-
et paramètres économiques tement incite à réduire le nombre d’assemblages à retraiter et donc
repousse l’optimum économique vers des taux de combustion de
rejet plus élevés (courbe I, figure 2b ). Par contre, aux États-Unis,
L’utilisation du combustible doit également être considérée sous les charges aval sont proportionnelles aux kilowattheures produits,
l’angle économique par l’optimisation du coût de cycle. Le tableau 1 donc croissent avec le taux de combustion. En Europe, le prix
présente les coûts relatifs des divers postes du cycle du combustible unitaire du retraitement est exprimé en F/kg d’U et aux États-Unis
pour un réacteur d’une puissance électrique de 900 MW géré par en F/kWh.
quart de cœur. (0)

Tableau 1 – Coûts relatifs des divers postes 2.4 Dimensionnement d’un cœur
du cycle du combustible pour un réacteur
de 900 MW (1) (valeurs fin 1988)
Dans le cas des REP, le dimensionnement d’un cœur se limite à
Poste Coût relatif de faibles variations autour des valeurs de conception fixées il y a
de nombreuses années. Les principes de dimensionnement exposés
Uranium naturel ........................................................ 30 % ci-après n’en restent pas moins valables pour d’autres types de réac-
Conversion................................................................. 2% teurs que ceux équipant les centrales de grande puissance : réacteurs
Enrichissement .......................................................... 35 % prototypes de propulsion, réacteurs de recherche, etc., voire même
Fabrication ................................................................. 15 % pour les réacteurs d’autres filières.
Transport, retraitement, stockage............................ 23 % Le dimensionnement neutronique d’un cœur nécessite des
Crédit uranium........................................................... –3% données relatives :
Crédit plutonium ....................................................... –2%
— à la puissance thermique du cœur P (en MW) ;
(1) Gestion par quart de cœur et durée de cycle de 274 JEPP (jour équiva- — à la durée du cycle D (en JEPP : jour équivalent pleine
lent pleine puissance). puissance) ;
— à la nature du combustible utilisé et au mode de gestion ;
— au taux de combustion moyen de rejet.
Une bonne utilisation du combustible consiste à en extraire le
maximum d’énergie, donc à augmenter le taux de combustion de Il doit satisfaire des contraintes très diverses relatives à la gestion
rejet. du combustible et aux limites technologiques des matériaux utilisés :
taux de combustion maximal de rejet, puissance spécifique maxi-
Des contraintes sont à prendre en compte : limitations techno- male, facteur de forme, etc.
logiques relatives au taux de combustion maximal de rejet, optimi-
sation économique liant l’enrichissement au taux de combustion de Les étapes du dimensionnement se composent de la
rejet, et nécessité de respecter les critères de conception du cœur. détermination :
— Le taux de combustion maximal de rejet, à paramètres — de la masse en uranium de la recharge ;
de conception donnés pour le cœur, pourra être recherché par la — du nombre de crayons et d’assemblages dans le cœur pour
modification des propriétés neutroniques du combustible ou par la une technologie d’assemblage fixée.
modification du mode de gestion du combustible (ou par une À l’aide de codes de calcul ou d’abaques appropriés, on peut
modification des deux). également calculer l’enrichissement du combustible pour la gestion
À mode de gestion donné, l’accroissement de l’enrichissement retenue.
permet d’augmenter la marge de réactivité disponible, donc L’énergie extraite à chaque cycle est :
d’obtenir une durée de cycle accrue. La limitation est ici liée au coef-
E = PD (en MWj)
ficient de température du modérateur (§ 3.2.1) qui, devant rester
négatif ou nul, impose une concentration maximale de bore soluble, Le taux de combustion moyen de rejet est :
limitant de ce fait l’excès initial de réactivité disponible dans le
combustible. τ n = PD /M r (en MWj /t)
À enrichissement donné, le mode de gestion, ou le fraction- avec M r masse de la recharge,
nement des recharges successives, conduit à accroître le taux de n nombre de lots ou de rechargements.
combustion de rejet τ . Un combustible produisant τ (en MWj/t) Pour des pastilles combustibles de diamètre φ , le taux de
sans rechargement permet de produire : combustion moyen de rejet τ n est proportionnel à nP lD / φ 2 où
P l (W/cm) est la puissance linéique moyenne que l’on s’impose, ce
2n
τ n = --------------- τ ( en MWj /t ) qui permet de calculer ce diamètre.
n+1

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par exemple en passant à un assemblage 19 × 19 crayons (au lieu


de 17 × 17 crayons, actuellement), autorise l’augmentation du taux
de combustion moyen de rejet et la réduction de la masse du
combustible pour une même puissance de la chaudière au prix
d’un enrichissement et d’un coût de fabrication plus élevés.
Exemple de calcul du dimensionnement d’un cœur de réacteur d’une
puissance électrique de 1 300 MW.
Les données sont les suivantes :
— puissance thermique du cœur P = 3 800 MW ;
— durée du cycle D = 280 JEPP ;
— gestion par 1/4 de cœur, nombre de lots n = 4 ;
— taux de combustion moyen de rejet τ 4 = 41 000 MWj/ t.
On s’impose également la puissance linéique moyenne
P l = 170 W/cm.
■ Calcul de la masse de la recharge M r :
M r = PD/ τ 4 = 25,95 t

d’où la puissance spécifique Ps :


Ps = P/nM r = 36,6 W/g d’U = 31,1 W/g d’UO2

■ Calcul du nombre de crayons N c du cœur : la longueur


totale de crayons L est :
L = P/P l d’où N c = L /H = 52 349 crayons
avec H hauteur du cœur (427 cm).
■ Calcul du nombre d’assemblages N a du cœur : dans l’hypo-
thèse d’un assemblage standard 17 × 17 avec 24 tubes-guides et 1 tube
d’instrumentation :
N a = N c / 264 = 198 assemblages
L’arrangement symétrique du combustible (§ 1.1) impose un assem-
blage central et un nombre d’assemblages divisible par 8, donc
193 assemblages (192 + 1).
On peut également déterminer le diamètre d des crayons :

πd 2
P l = ------------ P s ρ v
4
avec ρ v masse volumique de UO2 (10 g/cm3 ),

4P l 1/2
d’où 
d = -------------------
πPs ρ v  = 0,83 cm

3. Physique du cœur
Dans ce paragraphe, nous traiterons successivement de la thermo-
hydraulique du cœur avec les caractéristiques du réfrigérant, de la
neutronique du cœur avec tout ce qui concerne le fonctionnement
du cœur et le combustible, et des variantes proposées pour les
différents réacteurs actuellement en projet.

3.1 Caractéristiques thermohydrauliques

Figure 2 – Évolution du coût du cycle de combustible Le tableau 2 regroupe les principales caractéristiques thermo-
en fonction du taux de combustion hydrauliques des cœurs de 900, 1 300 et 1 450 MW, actuellement
en fonctionnement ou en construction.
(0)
Le rapport de modération est ensuite déterminé de façon à ce
que le coefficient de température du modérateur soit négatif aux
conditions de fonctionnement. Tout en conservant la même puis-
sance linéique, la réduction du diamètre des crayons combustibles,

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Tableau 2 – Principales caractéristiques thermohydrauliques du cœur


Type de réacteur :
puissance électrique ................................................................................................ (MW) 900 1 300 1 450
puissance thermique................................................................................................ (MW) 2 775 3 800 4 250
nombre de boucles ........................................................................................................... 3 4 4
Caractéristiques du réfrigérant :
pression...................................................................................................................... (bar) 155 155 155
débit-masse ................................................................................................................ (t/h) 50 796 68 184 66 816
vitesse moyenne .......................................................................................................(m/s) 4,50 5,21 5,30
température d’entrée (à la puissance nominale)......................................................(oC) 286,0 294,0 292,0
élévation de température dans le cœur ....................................................................(oC) 38,7 37,4 37,3
température moyenne du cœur .................................................................................(oC) 306,3 311,8 313,0
Caractéristiques de l’échange :
flux surfacique moyen .........................................................................................(W/cm2) 60,0 57,1 60,1
puissance linéique moyenne................................................................................ (W/cm) 178,0 170,5 179,2
perte de charge dans le cœur................................................................................... (bar) 1,30 2,72 1,94

3.2 Neutronique de combustion. La distribution axiale dépend de l’enfoncement des


grappes, du niveau de puissance (% de la puissance nominale) par
les effets de contre-réaction et l’effet xénon, et de l’épuisement du
3.2.1 Réacteurs de 900, 1 300 et 1 450 MW combustible.
utilisant l’UO2
Le tableau 3 regroupe les principaux paramètres neutroniques 3.2.2 Réacteurs de 900 MW recyclant le plutonium
du cœur et du combustible des réacteurs industriels français à eau
sous pression.
Les réacteurs de 900 MW recyclant le plutonium présentent des
Les divers états de fonctionnement du réacteur, depuis son particularités au niveau du cœur que nous allons expliciter à
chargement jusqu’à la fin de cycle, sont reportés sur la figure 3. Au présent.
cours du cycle, la diminution de la réactivité, due à l’épuisement
des matières fissiles et à l’augmentation d’absorption liée à l’accu- La conception mécanique et thermohydraulique de l’assemblage
mulation des produits de fission, est compensée par la dilution du MOX est identique à celle de l’assemblage uranium standard.
bore soluble dans l’eau du circuit primaire. Par ailleurs, l’excédent La teneur moyenne en plutonium est ajustée en fonction des
de réactivité au début du premier cycle est éventuellement concentrations isotopiques de ce plutonium et de l’uranium appauvri
compensé par des crayons de poisons consommables (figure 4). (environ 0,2 % d’uranium 235) du support de telle sorte que l’énergie
La marge d’antiréactivité M, définie au paragraphe 2.2, est produite par la recharge MOX (70 % UO2 et 30 % MOX) soit égale
présentée en début et fin de vie (tableau 4), comme la différence à celle délivrée par la recharge standard (100 % d’UO2). La stratégie
entre l’antiréactivité disponible dans les grappes (sauf une) et de recyclage du plutonium entraîne la juxtaposition dans les cœurs
l’antiréactivité des effets physiques disparaissant dans le cœur lors d’assemblages MOX et UO 2 . Du fait des comportements neutro-
du passage de la pleine puissance à l’arrêt chaud. Ces effets sont niques très différents des deux types d’assemblages – notamment
essentiellement : de la grande différence des sections efficaces d’absorption – les
crayons ne peuvent avoir une teneur en plutonium uniforme dans
— l’effet de redistribution axiale de la puissance liée à l’unifor- l’assemblage MOX, ce qui engendrerait des discontinuités de puis-
misation de la densité du modérateur sur toute la hauteur du cœur sance intolérables aux interfaces avec les crayons des assemblages
après insertion des grappes ; UO2 . L’assemblage MOX est dit zoné ; ses crayons sont répartis en
— l’effet Doppler lié à la variation de température du combustible ; trois zones concentriques de teneurs croissantes en plutonium de
— l’effet de variation de température du modérateur. la périphérie vers le centre de l’assemblage (figure 9). La recharge
À ces effets, il faut rajouter une marge liée à l’incertitude sur d’un cœur mixte est composée de 36 assemblages UO2 et de
l’enfoncement réel des grappes dans le cœur. Les figures 5 et 6 16 assemblages MOX en gestion annuelle par tiers de cœur de type
présentent sous forme graphique les variations de ces divers effets out in retenue pour les débuts du recyclage du plutonium dans les
de contre-réaction en fonction de la puissance. L’antiréactivité réacteurs de 900 MW du palier CPy . La probabilité de capture des
disponible dans les grappes de contrôle est plus importante en neutrons, plus importante pour le plutonium que pour l’uranium,
début (1er cycle) qu’en fin de vie, les assemblages étant moins induit une diminution importante de l’efficacité des absorbants
absorbants en début de vie (tableau 4). usuels (bore soluble, grappes de contrôle), une augmentation (en
La contre-réaction liée à l’effet Doppler diminue en valeur absolue valeur absolue) du coefficient de température du modérateur et une
au cours du fonctionnement, conséquence de l’apparition des variation des caractéristiques cinétiques du cœur (diminution de la
isotopes impairs du plutonium. L’effet de densité du modérateur fraction de neutrons retardés β eff ). L’effet sur l’efficacité des grappes
augmente en valeur absolue tout au long de l’irradiation, résultant est compensé par l’augmentation de leur nombre (amené à 61 au
de la variation du coefficient de température du modérateur en lieu de 53) ; la teneur en bore de l’eau du circuit primaire et des
fonction de la concentration en bore soluble, elle-même fonction de circuits de sécurité est augmentée dans les limites compatibles avec
l’épuisement des noyaux fissiles (figures 7 et 8). les exigences de sûreté.
En exploitation normale ou lors des situations accidentelles, les (0)
distributions de puissance dans le cœur doivent satisfaire aux
critères énoncés précédemment (§ 2.1). La distribution radiale
dépend principalement du plan de chargement des assemblages,
éventuellement de la présence de poisons consommables dans ces
assemblages, de l’insertion des grappes de commande et du taux

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Figure 3 – Divers états du cœur au cours de son fonctionnement

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Tableau 3 – Caractéristiques neutroniques du cœur


Puissance électrique ............(MW) 900 1 300 1 450
Cœur (1) :
hauteur fissile du cœur ........ (mm) 3 658 4 267 4 267
nombre d’assemblages ................ 152 193 205
masse d’UO2 ...............................(t) 79,6 114,2 121
puissance spécifique......... (MW/t) 38,3 36,6 38,5
nombre de grappes de commande 53 61 73
enrichissement en masse du
1er cœur :
région 1 ..................(%) 2,1 1,5 1,5
région 2 ..................(%) 2,6 2,4 2,4
région 3 ..................(%) 3,1 2,95 2,95
enrichissement en masse
d’équilibre : gestion par 1/3 ....(%) 3,25 3,1 2,95
gestion par 1/4 ....(%) 3,7 3,6 3,45
Assemblage :
pas des crayons.................... (mm) 12,6
pas de l’assemblage............. (mm) 215
nombre de crayons Figure 4 – Concentration critique en bore soluble
par assemblage ............................. 264 en fonction du taux de combustion
diamètre du crayon .............. (mm) 9,5
diamètre de la pastille.......... (mm) 8,2
jeu pastille-gaine .................. (mm) 0,08
diamètre des tubes-guides .. (mm) 12,24
nombre de tubes
d’instrumentation.......................... 1
nombre de grilles par assemblage 7 10 10
(1) La durée du cycle est de 280 JEPP (jour équivalent pleine puissance).

3.2.3 Paramètres physiques


du cycle du combustible

En 1977, la gestion standard issue de la conception consistait à


recharger les réacteurs par tiers de cœur. Le bilan d’expériences
accumulées sur le combustible depuis cette époque a permis
d’augmenter progressivement le taux de combustion moyen des
recharges. Électricité de France s’est d’abord engagée dans l’allonge-
ment des cycles jusqu’à 330 JEPP pour les réacteurs de 900 MW
(rechargement par tiers de cœur, avec un enrichissement en masse
de 3,7 %, conduisant à des taux de combustion moyens de rejet de
39 GWj/t). Depuis 1987, le producteur national s’oriente vers des
Figure 5 – Coefficient Doppler en fonction du niveau de puissance
rechargements par quart de cœur, qui seront étendus à tout le parc
vers 1993. Dans un avenir plus lointain, la gestion par cinquième
de cœur peut être envisagée, ainsi que la gestion par quart à — un niveau de sûreté au moins équivalent à celui des réacteurs
enrichissement accru (entre 4 et 5 % en masse). actuels ;
Le tableau 5 présente quelques caractéristiques physiques du — une acceptation plus facile par le public.
cycle du combustible des divers REP français, en gestion à l’équilibre Au niveau du cœur, on note peu de différences importantes : les
par quart de cœur. dimensions, les puissances linéiques, les conditions thermo-
hydrauliques de fonctionnement sont voisines. Des concepts
d’assemblages de type 18 × 18 et 19 × 19 crayons sont apparus,
3.3 Variantes proposées visant à accroître les marges de sécurité vis-à-vis d’un accident de
perte de réfrigérant primaire (APRP) et facilitant l’accroissement du
dans d’autres concepts taux de combustion en gestion par tiers. Au niveau du cycle, son
allongement avec l’utilisation intensive de poisons consommables
En dépit du ralentissement des programmes électronucléaires est envisagée. Par ailleurs, le suivi de charge ne demeure couram-
mondiaux, les divers constructeurs proposent des produits extra- ment pratiqué qu’en France.
polés des chaufferies mises en service dans les années 80, dont la
Le tableau 6 présente les principales caractéristiques des chauf-
conception vise à satisfaire les objectifs suivants :
feries de type avancé suivant les différents constructeurs, par
— un coût de cycle optimisé ; comparaison avec le palier N4 français. (0)
— un accroissement de la manœuvrabilité et/ou de la
disponibilité ; (0)

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Figure 8 – Coefficient de température du modérateur


en fonction du taux de combustion

Figure 6 – Antiréactivité des effets Doppler et du modérateur


(température et répartition spatiale de puissance)
en fonction du niveau de puissance

Figure 7 – Coefficient de température du modérateur


en fonction de la concentration en bore soluble

(0)

Figure 9 – Zonage d’un assemblage MOX

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Tableau 4 – Calcul de la marge d’antiréactivité M pour un réacteur de 1 300 MW


Début de vie Fin de vie
Effets à prendre en compte (1er cycle) (cycle à l’équilibre)
(pcm) (pcm)
Efficacité des grappes à puissance nulle :
toutes les grappes ............................................................................................................................... 9 520 8 720
grappe la plus antiréactive.................................................................................................................. 2 320 1 790
toutes les grappes moins la plus antiréactive (1) ............................................................................. 7 200 6 930
valeur brute avec 10 % de marge (1) ................................................................................................. 6 480 6 240
grappe de régulation déjà insérée à la puissance nominale ........................................................... 600 600
Total I 5 880 5 640
Réactivité introduite par le passage de 100 à 0 % de la puissance nominale :
effet de redistribution de la puissance............................................................................................... 1 400 1 400
effet Doppler ........................................................................................................................................ 1 294 1 080
effet de température du modérateur ................................................................................................. 126 1 040
effet de vide (2) .................................................................................................................................... 50 50
réactivité liée à l’incertitude sur la position des grappes (1) ........................................................... 220 220
Total II 3 090 3 790
Marge d’antiréactivité disponible pour l’arrêt M :
Total I – Total II 2 790 1 850
Marge d’antiréactivité requise 1 600 1 600
(1) Les marges de sécurité se résument pour l’essentiel à supposer que la grappe la plus efficace est défaillante, qu’il existe une incertitude sur l’enfoncement des
grappes et que l’incertitude de calcul de l’efficacité est inférieure ou égale à 10 %.
(2) L’effet de vide, pratiquement négligeable, représente l’effet dû à l’ébullition nucléée au sommet des canaux les plus chauds.

Tableau 5 – Caractéristiques physiques du cycle du combustible (1)


Puissance électrique ...................................................................(MW) 900 1 300 1 450 900
Assemblage .......................................................................................... UO2 UO2 UO2 UO2 + MOX

3,7  U : 3,7
Enrichissement (en masse) ........................................................... (%) 3,6 3,45 
 Pu : 5,30
Durée du cycle ........................................................................... (JEPP) 274 280 270 277
Énergie du cycle (2)................................................................. (MWj/t) 10 500 10 700 10 350 10 600
UO 2 : 40 100
Taux de combustion de rejet.................................................. (MWj/t) 41 200 41 000 40 700 
 MOX : 33 800
Nombre d’assemblages par recharge ................................................ 40 48 52 44
(28 UO2 et 16 MOX)
UO 2 : 461,7
Masse d’uranium chargée par assemblage .................................(kg) 461,7 538,5 538,5 
 MOX : 437,2
 UO 2 : 5,11
Masse de plutonium déchargée par assemblage........................(kg) 5,24 5,46 5,81 
 MOX : 18,8
Composition moyenne (en masse) : UO2 MOX
plutonium 238.................................................................... (%) 2,7 1,8 1,9 2,4 2,7
plutonium 239.................................................................... (%) 53,4 56,6 56,1 54,6 41,6
plutonium 240.................................................................... (%) 22,4 22,1 22,3 22,2 27,7
plutonium 241.................................................................... (%) 14,6 13,9 14 14,4 17,9
plutonium 242.................................................................... (%) 6,9 5,6 5,7 6,4 10,1
(1) Valeurs prévisionnelles pour une gestion par quart de cœur pour les assemblages UO2 et par tiers de cœur pour les assemblages MOX atteintes vers 1995.
(2) Énergie extraite par tonne de noyaux lourds (uranium ou plutonium) sur un cycle.

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Tableau 6 – Caractéristiques des chaufferies en projet chez les constructeurs mondiaux


Dénomination (1)................................................................. CONVOY N4 SP 90 SYSTEM 80 SNUPPS
Constructeur (1) ................................................................... KWU Framatome W et Mitsubishi CE W
Pays ...................................................................................... Allemagne France États-Unis et Japon États-Unis Allemagne
Type de réacteur :
puissance thermique maximale ................................ (MW) 3 765 4 270 3 839 3 817 3 425
puissance électrique nette (2) ................................... (MW) 1 285 1 460 1 310 1 235 1 175
nombre de boucles ............................................................. 4 4 4 4 (3) 4
Caractéristiques neutroniques :
nombre de crayons par assemblage ................................. 300 264 296 236 264
type d’assemblage .............................................................. 18 × 18 17 × 17 19 × 19 16 × 16 17 × 17
hauteur fissile ............................................................. (mm) 3 900 4 267 3 899 3 810 3 660
diamètre des crayons................................................. (mm) 9,5 9,5 10,31 9,7 9,5
épaisseur de la gaine ................................................. (mm) 0,64 0,57 0,72 0,64 0,57
pas des crayons .......................................................... (mm) 12,70 12,60 13,28 12,86 12,60
masse d’uranium..............................................................(t) 103,5 125 119,2 102,7 107,2
nombre d’assemblages ...................................................... 193 205 193 241 193
Caractéristiques thermohydrauliques :
pression à la sortie de la cuve .................................... (bar) 158 155 155,1 155 155,1
température à l’entrée de la cuve ................................(oC) 291,3 292 293,7 295,8 293,4
température à la sortie de la cuve ...............................(oC) 326,1 329,5 328,2 (4) 324,9
débit-masse ................................................................(kg/s) 18 800 19 424 18 928 19 669 18 749
puissance linéique moyenne..................................(W/ cm) 164 179,2 166 170,6 178
(1) SNUPPS Standardized Nuclear Unit Power Plant System.
KWU Kraft Werk Union.
CE Combustion Engineering.
W Westinghouse.
(2) Puissance électrique fournie au réseau.
(3) 4 boucles et 2 générateurs de vapeur.
(4) Valeur non communiquée.

4. Tendances et propositions
pour le futur
L’évolution de la conception devrait se faire dans la continuité en
poursuivant principalement deux buts : l’accroissement des
taux de combustion et l’utilisation du plutonium. Elle peut
cependant présenter des caractères totalement novateurs résultant
d’exigences accrues en matière de sûreté. Dans l’objectif d’un bon
usage des matières fissiles, le choix d’un type de cœur est lié au
choix d’un cycle du combustible ouvert ou fermé. Dans le premier
cas, on cherche à augmenter les taux de combustion et à brûler
in situ le plutonium formé ; dans le second cas, on recycle les
matières fissiles issues du retraitement.
L’accroissement des taux de combustion peut être obtenu par
deux voies concurrentes (figure 10) :
— à paramètres physiques du cœur inchangés, en augmentant Figure 10 – Accroissement du taux de combustion  dans les REP
la réactivité disponible en début de cycle donc l’enrichissement ;
— en modifiant la caractéristique d’évolution de la réactivité en
fonction du taux de combustion, essentiellement grâce à une amélio- 4.1 Recherche d’une meilleure utilisation
ration du facteur de conversion.
de l’UO2
L’utilisation in situ du plutonium résultant d’une meilleure conver-
sion peut se faire en favorisant sa combustion en fin de cycle, par
Parmi tous les procédés qui permettent de gagner de la réac-
une modification appropriée des paramètres physiques du cœur
tivité à enrichissement fixé, on peut citer par exemple :
(variation de spectre).
— la gestion des cœurs à faibles fuites de neutrons ;
— l’utilisation de réflecteurs lourds ;
— l’utilisation de couvertures externes ;
— l’emploi de matières fertiles internes ;
— la variation de spectre (VS).

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Les trois premiers visent essentiellement à économiser les 4.2 Recyclage du plutonium
neutrons par minimisation des fuites hors du cœur. La variation du
spectre neutronique est une voie plus novatrice : le spectre est durci
Le programme REP 2000 , lancé par Électricité de France dans les
en début de cycle ce qui favorise les captures dans l’uranium 238 années 1986-1987, devrait permettre d’évaluer la faisabilité et le coût
au détriment des captures stériles. La voie la plus communément de divers cœurs utilisant le combustible MOX dans de meilleures
choisie pour déplacer le spectre au cours de l’irradiation consiste conditions qu’actuellement. De nouveaux concepts ont été explorés,
à insérer puis retirer des grappes de commande mobiles, inertes ou
visant à établir une série d’améliorations à l’utilisation du plutonium
fertiles, comme proposé dans le concept du Réacteur Convertible
dans les REP.
à Variation de Spectre (RCVS) de Framatome, dont les principales
caractéristiques sont présentées dans le tableau 7 et sur la figure 11. Une première option concerne les réacteurs sous-modérés, à taux
de conversion élevé, permettant une quasi-régénération du pluto-
(0)
nium consommé. Ces cœurs trouvent leur place dans une stratégie
de recyclages multiples, dans une conjoncture où l’uranium naturel
est assez cher. La seconde option, où les cœurs sont nettement plus
Tableau 7 – Caractéristiques du RCVS (Framatome) modérés que les cœurs actuels – Réacteurs à Modération Accrue
(RMA) –, a pour caractéristique de brûler une fraction importante
Type de réacteur : de plutonium en un seul cycle.
nombre de boucles ....................................... 4
puissance thermique totale ................ (MW) 4 270 L’histoire du recyclage du plutonium est ancienne ; la faisabilité
puissance thermique du cœur ........... (MW) 4 250 technique complète du cycle a été prouvée. Les moyens industriels
puissance électrique nette (1) ............ (MW) 1 450 de production existent : l’usine MELOX à Marcoule devrait fabriquer
120 t/an de combustible MOX à partir de 8 t/an de plutonium et
Type de cœur ................................................. UO2 MOX
l’usine UP2 800 de La Hague 800 t/an. La production électrique issue
Caractéristiques thermohydrauliques : de la combustion des MOX, s’accompagnant d’une économie
débit-volume le plus probable d’uranium naturel et d’unités de travail de séparation, garantit le
en cuve ............................................... (m3/ h) 94 600 88 500 bénéfice des opérations entreprises. En termes d’environnement, la
pression..................................................(bar) 155 155 toxicité potentielle des combustibles irradiés est légèrement
température de branche froide ............. (oC) 292 292 diminuée du fait de la consommation du plutonium. Le potentiel
température de branche chaude........... (oC) 329,2 331,4 énergétique de ce dernier se trouvera entamé sans obérer les choix
température moyenne du réfrigérant... (oC) 310 310 ultérieurs : surgénérateurs, retraitement poussé, stockage définitif
en l’état.
Caractéristiques neutroniques
Cœur :
nombre d’assemblages fissiles.................... 253 199
nombre d’assemblages de couverture........ 0 54 4.3 Autres évolutions prévisibles
nombre d’assemblages équipés de grappes
absorbantes ................................................... 85 61 Les réacteurs des années futures font l’objet de réflexions dans
nombre d’assemblages équipés de grappes de nombreux pays, couvrant d’autres domaines que le cœur et le
fertiles............................................................. 150 138 combustible. Parmi les travaux dont les objectifs sont proches du
nombre d’assemblages non équipés .......... 18 0 RCVS français, on peut citer :
Assemblage : — aux États-Unis, l’APWR (Advanced Pressurized Water Reactor )
hauteur fissile ...................................... (mm) 4 067 3 667 de Westinghouse en collaboration avec Mitsubishi, et les travaux de
hauteur des couvertures axiales ........ (mm) 2 × 100 2 × 300 Bettis et Knoks pour un réacteur à variation de spectre de puissance
nombre de tubes-guides............................... 36 36 électrique 1 000 MW ;
nombre de crayons fissiles........................... 252 294 — au Japon, le HCR (High Conversion Reactor ) de Mitsubishi ;
nombre de tubes d’eau................................. 42 — en République fédérale d’Allemagne, les travaux de KWU sur
nombre de tubes d’instrumentation............ 1 1 le concept HCR.
matière des tubes.......................................... Citons enfin le programme ALWR (Advanced Light Water Reactor )
Zircaloy lancé par l’EPRI (Electric Power Research Institute ), destiné à
configuration ................................................. hexagonale coordonner les efforts des industriels pour assurer une option
nombre de couches....................................... 11 nucléaire viable aux États-Unis. Une première phase évolutive
pas de l’assemblage............................ (mm) 225,83 concerne les réacteurs de grande puissance comparables aux
pas des crayons................................... (mm) 12,23 réacteurs actuels, optimisés pour une puissance maximale à
diamètre des crayons fissiles et des tubes dimension donnée ; elle inclut de plus des facteurs tels que la modu-
d’eau..................................................... (mm) 9,5 larité, la standardisation et la préfabrication poussée réduisant
diamètre externe du tube-guide ........ (mm) 12,30 sensiblement les délais de construction. Une deuxième phase
épaisseur du tube-guide ..................... (mm) 0,40 révolutionnaire vise à définir les spécifications de réacteur utilisant
hauteur du combustible des dispositifs dits « à sûreté passive », mettant en œuvre des
(fissile + fertile) .................................... (mm) 4 267 concepts simplifiés à l’aide de composants traditionnels ; le projet
(1) Puissance électrique fournie au réseau. AP 600 dont quelques caractéristiques sont rassemblées dans le
tableau 8 en est une illustration.
Des projets délibérément novateurs tentent d’atteindre un très
haut niveau de sûreté, par exemple les projets SIR (Safe Integral
Reactor ) en Grande-Bretagne et PIUS/SECURE (Process Inherent
Ultimate Safety/Safe Environmentally Clean Urban Reactor ) en
Suède.
Nota : le lecteur se reportera pour plus de détails à l’article Réacteurs à eau ordinaire de
petite et moyenne puissance [B 3 150] dans ce traité.

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Figure 11 – Composition d’un assemblage équipé d’une grappe fertile ou absorbante du RCVS (Framatome)

(0)

Tableau 8 – Caractéristiques de l’AP 600 (Westinghouse)


Type de réacteur :
puissance thermique totale .......................... (MW) 1 812
puissance électrique brute (1) ...................... (MW) 630
nombre de générateurs de vapeur........................ 2
nombre de branches froides (2) ............................ 4
nombre de branches chaudes ............................... 2
diamètre interne de la cuve ............................. (m) 3,99
Caractéristiques du cœur :
type d’assemblage.................................................. 17 × 17
nombre d’assemblages.......................................... 145
hauteur fissile................................................. (mm) 3 650
nombre de crayons................................................. 38 280
puissance linéique moyenne .....................(W/cm) 126
diamètre extérieur des crayons.................... (mm) 9,144
épaisseur de la gaine..................................... (mm) 0,571 5
pas des crayons ............................................. (mm) 12,6
masse d’UO2 ........................................................(t) 61,02
diamètre de la pastille (3).............................. (mm) 7,85
rapport de modération ........................................... 2,43
nombre de grappes de contrôle ............................ 45 
 57
nombre de grappes grises ..................................... 12 
réflecteur acier + eau......................(% en volume) 90 % d’acier
+ 10 % d’eau
nombre de régions du cœur .................................. 3
durée en pile ................................................ (mois) 18
enrichissement en masse .................................(%) 2,7
poisons consommables ......................................... oui
(1) Puissance délivrée aux bornes de l’alternateur.
(2) Et de pompes du circuit primaire.
(3) Avec un jeu pastille-gaine de 75 µm.

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