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Assemblage des mâts de réacteurs rapides

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Thermomécanique du combustible

des réacteurs à neutrons rapides


par Daniel BLANC
Ingénieur au Service Combustible et Assemblages de Novatome
Eric FRANCILLON
Ingénieur au Service Combustible et Assemblages de Novatome
et Sophie GRAILLAT
Ingénieur au Service Combustible et Assemblages de Novatome

1. Préambule .................................................................................................. B 3 061 - 2


1.1 Description de l’assemblage combustible des réacteurs à neutrons
rapides .......................................................................................................... — 2
1.2 Spécificité de l’assemblage combustible des réacteurs à neutrons
rapides .......................................................................................................... — 2
1.3 Notion de dpa, gonflement et fluage d’irradiation ................................... — 2
2. Élément combustible .............................................................................. — 3
2.1 Oxyde mixte ................................................................................................. — 3
2.1.1 Comportement thermique ................................................................. — 3
2.1.2 Restructurations. Migrations ............................................................. — 3
2.1.3 Relâchement des gaz de fission ........................................................ — 4
2.1.4 Gonflement de l’oxyde....................................................................... — 4
2.1.5 Réaction oxyde-gaine......................................................................... — 4
2.2 Gaine............................................................................................................. — 4
2.2.1 Gonflement de l’acier sous flux neutronique................................... — 4
2.2.2 Fluage en réacteur .............................................................................. — 4
2.2.3 Chargements mécaniques ................................................................. — 5
2.3 Règles de dimensionnement ...................................................................... — 5
2.3.1 Option réacteur propre....................................................................... — 5
2.3.2 Règles de conception de l’aiguille..................................................... — 5
2.3.3 Vérification de la tenue de la gaine................................................... — 5
3. Faisceau ...................................................................................................... — 5
3.1 Thermohydraulique..................................................................................... — 5
3.2 Comportement mécanique du faisceau..................................................... — 6
3.2.1 Gonflement différentiel fil-gaine ....................................................... — 6
3.2.2 Gonflement du faisceau ..................................................................... — 6
4. Tube hexagonal......................................................................................... — 7
4.1 Conditions de fonctionnement et sollicitations ........................................ — 7
4.1.1 Champ de températures .................................................................... — 7
4.1.2 Dose reçue par le tube hexagonal..................................................... — 7
4.1.3 Pression du sodium............................................................................ — 7
4.1.4 Sollicitations mécaniques .................................................................. — 8
4.2 Fonctionnement normal.............................................................................. — 8
4.2.1 Critères fonctionnels .......................................................................... — 8
4.2.2 Assemblage isolé................................................................................ — 8
5 - 1987

4.2.3 Comportement d’ensemble ............................................................... — 8


4.3 Fonctionnement incidentel et accidentel................................................... — 8
4.3.1 Chocs thermiques............................................................................... — 8
4.3.2 Séisme ................................................................................................. — 8
Références bibliographiques ......................................................................... — 10
B 3 061

a description et le fonctionnement général d’un réacteur à neutrons rapides


L refroidi au sodium ont fait l’objet de l’article Réacteurs à neutrons rapides
refroidis au sodium [B 3 170] dans cette rubrique. Le lecteur pourra s’y référer
pour situer l’assemblage combustible dans son contexte.

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THERMOMÉCANIQUE DU COMBUSTIBLE DES RÉACTEURS À NEUTRONS RAPIDES __________________________________________________________________

1. Préambule
1.1 Description de l’assemblage
combustible des réacteurs
à neutrons rapides
Il est utile de décrire sommairement l’assemblage combustible
destiné à un réacteur à neutrons rapides tout en définissant un cer-
tain nombre de termes qui serviront par la suite. Toutes les valeurs
numériques données ultérieurement sont relatives à l’assemblage
du cœur de Super-Phénix, chaudière nucléaire qui équipe la centrale
de Creys-Malville.
L’assemblage comporte :
— des aiguilles, ou éléments combustibles, constituées chacune :
• d’un empilement de pastilles d’oxyde mixte appelé colonne
fissile (l’oxyde mixte est un mélange d’oxydes d’uranium UO2 et
de plutonium PuO 2 avec une teneur en plutonium de 15 à 20 %) ;
la colonne fissile mesure 1 m de hauteur. Les pastilles cylindriques
d’oxyde mixte sont trouées (hauteur = 10 mm, diamètre
externe = 7,14 mm, diamètre interne = 2 mm),
• de deux colonnes de pastilles d’oxyde d’uranium UO2
appauvri, situées respectivement au-dessus et au-dessous de la
colonne fissile, appelées couvertures axiales supérieure et
inférieure,
• l’ensemble étant contenu dans une gaine mince en acier aus-
ténitique (0,5 mm d’épaisseur) fermée aux deux extrémités par
des bouchons soudés. La longueur totale de l’aiguille (2 700 mm)
ménage des volumes d’expansion pour permettre le dégagement
des gaz de fission. Un assemblage comporte 271 éléments ;
— ces 271 éléments sont assemblés en un faisceau qui est
lui-même logé dans un boîtier en forme d’hexagone appelé tube
hexagonal. L’espacement entre les éléments est assuré par un fil
monté en hélice autour de chaque gaine ;
— en sa partie haute, le tube hexagonal est lié à la tête de l’assem-
blage qui assure des fonctions de protection neutronique vis-à-vis Figure 1 – Assemblage combustible de Super-Phénix
des structures supérieures du réacteur et sert de point de préhension
pour la machine de manutention. Dans la partie située au-dessus ■ Des conditions de fonctionnement notablement différentes :
de la zone fissile, le tube hexagonal comporte des bossages ou
plaquettes qui constituent la zone préférentielle de contact entre les — les puissances volumiques dans l’oxyde mixte sont très
assemblages ; importantes (1 250 W/cm3) et les flux de chaleur à évacuer nettement
— dans sa partie basse, le tube hexagonal est soudé au pied ; supérieurs à ceux des crayons des réacteurs à eau malgré le diamètre
celui-ci canalise le débit de refroidissement et sert au positionnement réduit des pastilles d’oxyde (2 à 3 fois plus, soit environ 200 W/cm2) ;
mécanique de l’assemblage. Il comporte éventuellement un système — le sodium caloporteur est à température élevée, 400 oC en bas
déprimogène qui permet d’ajuster le débit de refroidissement à la du faisceau et plus de 600 oC en haut des aiguilles les plus chaudes
puissance de l’assemblage. (figure 2) ; il n’est pas pressurisé (1 à 5 bar à l’extérieur de
l’aiguille) ;
Cet ensemble constitue l’assemblage combustible de — le flux neutronique est très intense et à haute énergie : le flux
Super-Phénix présenté à la figure 1. total de neutrons peut atteindre 6 × 1015 n/(cm2 · s) ;
Le pied de chaque assemblage est positionné dans une chandelle — le profil axial de puissance le long de l’aiguille est assez ven-
du sommier, qui assure l’alimentation en sodium froid. tru (en forme de cosinus) avec un pic à 1,2 fois la puissance
moyenne de l’aiguille ;
— enfin, les taux de combustion atteints sont particulièrement
forts : localement jusqu’à 70 000 MWj/t pour le cœur de démarrage
1.2 Spécificité de l’assemblage de Super-Phénix, et l’objectif visé pour les recharges dépasse
combustible des réacteurs 100 000 MWj/t.
à neutrons rapides Nota : les taux de combustion sont exprimés en MWj/ t d’oxyde alors que, pour les réac-
teurs à eau, ils sont généralement donnés en MWj/ t d’uranium initialement présent dans
le cœur.
Le combustible des réacteurs à neutrons rapides se distingue
des combustibles des autres filières industrielles par l’ensemble
des caractéristiques suivantes.
1.3 Notion de dpa, gonflement
■ Caractéristiques géométriques : le pas des aiguilles est et fluage d’irradiation
particulièrement serré et le fluide de refroidissement est canalisé
par chaque assemblage. Nota : le lecteur pourra se reporter utilement à l’article Comportement des matériaux
dans le cœur d’un réacteur nucléaire [B 3 760] dans cette rubrique.
■ Caractéristiques physiques : l’enrichissement du combustible en
matière fissile (Pu 239) est important : 15 à 20 % contre, par Les effets de l’irradiation des neutrons rapides sur les structures
exemple, 3 % pour un réacteur à eau pressurisée (U 235). métalliques du combustible sont caractérisés par le nombre de
déplacements par atome ou dpa. Rappelons que, sous l’effet d’un

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__________________________________________________________________ THERMOMÉCANIQUE DU COMBUSTIBLE DES RÉACTEURS À NEUTRONS RAPIDES

Par thermomécanique de l’assemblage, on désigne le comporte-


ment sous irradiation de cet assemblage soumis à différents types
de sollicitations d’origine thermique et mécanique. Élément, fais-
ceau et tube hexagonal seront envisagés sous cet angle.

2. Élément combustible
On s’intéressera au comportement des deux composants
essentiels : l’oxyde mixte et la gaine, dont l’étude permet de définir
les principales règles à utiliser pour dimensionner l’aiguille.

2.1 Oxyde mixte


Le comportement de l’oxyde mixte au cours de sa vie dans le
cœur peut être décrit schématiquement comme suit.

2.1.1 Comportement thermique


À l’endroit du cœur où la puissance linéique est maximale
(470 W/cm en fonctionnement nominal), les températures dans
l’oxyde évoluent de la façon suivante :
— en tout début de vie, elles valent 950 oC sur la face externe de
la pastille et 2 200 oC à cœur ;
— elles diminuent ensuite brutalement (pour atteindre 1 900 oC
à cœur en quelques jours) pour différentes raisons liées aux trans-
formations physico-chimiques de l’oxyde (§ 2.1.2) et surtout à la fer-
meture rapide du jeu à chaud entre pastille et gaine, qui améliore
nettement l’échange thermique entre les deux composants ;
— puis, les températures dans l’oxyde augmentent progressive-
ment au fur et à mesure que le taux de combustion s’accroît : les
gaz de fission relâchés dans le jeu dégradent la conductivité ther-
Figure 2 – Profils axiaux de dose mique de la lame de gaz (initialement de l’hélium) et les produits
et de température le long de l’aiguille Super-Phénix de fission solides, qui s’accumulent dans la pastille, ont eux aussi
une influence néfaste sur la conductivité thermique de l’oxyde ;
neutron d’énergie suffisante (supérieure au seuil de déplacement qui — en fin de vie, on trouve pour Super-Phénix des températures
vaut environ 25 eV), les atomes des structures sont déplacés créant à cœur de l’ordre de 2 400 oC.
ainsi des lacunes et allant eux-mêmes déplacer d’autres atomes.
Pour un acier donné, l’endommagement dépend du flux neutronique
et du spectre énergétique des neutrons. Pour Super-Phénix, la dose 2.1.2 Restructurations. Migrations
nominale maximale reçue par les structures des assemblages
combustibles est de 127 dpa correspondant à un flux neutronique Dès sa première montée en puissance, l’oxyde mixte subit des
de 6 × 1015 n/(cm2 · s) et à un temps de séjour en réacteur de 640 j transformations irréversibles, qui sont en grande partie liées au très
à pleine puissance. L’usure ou taux de combustion correspondant fort gradient thermique radial et aux températures élevées :
du combustible est de 70 000 MWj/t. — fissuration de la pastille sous l’effet des dilatations thermiques
En première approximation, on peut dire que le nombre de dpa plus importantes au centre qu’en périphérie ;
sur une structure est proportionnel au flux rapide (flux des neu- — redistribution de l’oxygène vers l’extérieur, ce qui favorise le
trons dont l’énergie est supérieure à 0,1 MeV) et à la durée de développement ultérieur de certaines réactions chimiques (§ 2.1.5)
l’irradiation, le taux de combustion du combustible étant de plus et influe sur la thermique de la pastille.
proportionnel à l’enrichissement du combustible. Quelques jours en réacteur à puissance nominale suffisent pour
que soient observées :
L’endommagement, chiffré en dpa, se traduit principalement dans
les structures en acier à haute température des assemblages — la formation, au centre des pastilles les plus chaudes, d’une
combustibles à neutrons rapides, par un phénomène de gonflement zone très dense à gros grains ;
volumique dont les caractéristiques principales sont rappelées au — la formation ou l’agrandissement du trou central ;
paragraphe 2.2.1. — la fermeture rapide du jeu entre oxyde et gaine.
Un autre effet lié à l’irradiation par les neutrons rapides, et donc Puis, au fur et à mesure de l’irradiation, les produits de fission
particulièrement sensible dans le cas des réacteurs à neutrons s’accumulent :
rapides, est le fluage d’irradiation qui permet d’accommoder les — les produits de fission gazeux sont en grande partie relâchés ;
contraintes secondaires sans dommage mécanique sur les — les produits de fission volatils comme le césium peuvent migrer
structures. dans l’aiguille et favoriser le développement d’une réaction entre
l’oxyde et la gaine ;
Enfin, le flux élevé de neutrons conduit à une fragilisation des
— les produits de fission qui restent occlus dans l’oxyde
structures métalliques. Cette fragilisation se traduit par une baisse
conduisent au gonflement de l’oxyde.
sensible de la limite d’élasticité et de l’allongement à la rupture du
matériau.

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2.1.3 Relâchement des gaz de fission

Les températures et taux de combustion élevés atteints dans le


combustible expliquent qu’en fin de vie environ 75 % des gaz créés
par les fissions soient relâchés dans les volumes d’expansion de
l’aiguille ; ceux-ci sont donc très importants, comparés à un crayon
de réacteur à eau où le relâchement reste inférieur à 2 %.

2.1.4 Gonflement de l’oxyde

Les produits de fission qui s’accumulent dans la pastille, essen-


tiellement les produits solides ou les produits volatils, forment, avec
l’oxygène, l’uranium et le plutonium, des composés chimiques
moins denses que l’oxyde de fabrication. On assiste donc, à masse
constante, à une diminution régulière de la densité des pastilles avec
le taux de combustion (le volume occupé par l’oxyde dans l’aiguille
croît donc). L’oxyde étant très chaud se redistribue par fluage dans
les vides disponibles (porosités et trou central) et l’augmentation de
volume n’engendre aucune poussée mécanique de l’oxyde sur la
gaine, tant qu’il reste du vide (§ 2.3.2).

Figure 3 – Amélioration du matériau de gainage


2.1.5 Réaction oxyde-gaine vis-à-vis du gonflement pour une dose d’irradiation donnée
(profils d’aiguilles Phénix) [1]
C’est une réaction chimique entre les composants de l’oxyde et
les composants de la gaine qui a lieu en présence de produits de
fission, notamment du césium. Les principales conséquences mécaniques du gonflement des
Elle se développe à l’interface entre la pastille et la gaine en regard gaines sont :
de la moitié supérieure de la colonne fissile, lorsque certaines — la création de contraintes secondaires dans l’épaisseur de la
conditions sont réunies : bon contact entre la pastille et la gaine, tem- gaine dues à la différence de vitesse de gonflement entre la fibre
pérature suffisante sur la face interne de la gaine et accumulation interne et la fibre externe (à cause de l’écart de température
locale de césium par migration axiale dans l’aiguille. L’épaisseur de important, environ 40 oC) ;
gaine corrodée croît avec le taux de combustion moyen de l’aiguille. — l’entrée en interaction mécanique des aiguilles du faisceau, qui
engendre des contraintes externes sur la gaine et peut conduire, dans
un stade avancé, à l’ovalisation des gaines et au vrillage des aiguilles
(§ 3.2).
2.2 Gaine

On examinera tout d’abord les différents mécanismes possibles


2.2.2 Fluage en réacteur
de déformation de la gaine, avant de récapituler l’ensemble des
chargements (ou sollicitations permanentes) mécaniques auxquels La vitesse de fluage ε̇ de la gaine et plus généralement des struc-
elle est soumise. tures soumises au flux neutronique dans un réacteur à neutrons
rapides résulte de deux composantes :
— une composante de fluage purement thermique, de la forme :
2.2.1 Gonflement de l’acier sous flux neutronique
 
Q
ε̇ th = k exp – ------- σ n
Le gonflement (§ 1.3) se traduit par une augmentation de dia- T
mètre et de longueur de la gaine. Le taux de déformation imposé — une composante de fluage d’irradiation (§ 1.3), de la forme :
par le gonflement dépend :
— du nombre de dpa accumulé depuis le début de vie ; on ε̇ ir = k′ Φ σ
distingue deux phases : une phase d’incubation pendant laquelle la
déformation est négligeable et une phase, au-delà de la dose d’incu- avec k, k′, n, Q coefficients empiriques,
bation, où l’augmentation de volume est très rapide ; T (K) température de la gaine,
— de la température de la gaine ; le gonflement présente un
Φ (dpa/s) flux des neutrons rapides,
maximum en fonction de la température (vers 480 oC pour l’acier
des gaines de Super-Phénix). σ (MPa) contrainte.
Le profil de gonflement le long de la gaine se déduit donc en La différence essentielle entre ces deux types de fluage réside dans
combinant les profils de dose et de température de la gaine (figure 2). le fait que pour la gaine le fluage thermique est dommageable et
peut conduire à une rupture (la déformation par fluage thermique
De plus, la caractérisation du gonflement (dose d’incubation,
doit donc rester limitée) alors que le fluage d’irradiation est béné-
influence de la température) dépend bien sûr fortement de la nuance
fique dans la mesure où il permet de relaxer les contraintes
d’acier (composition chimique) et de son état métallurgique (écroui
secondaires (contraintes thermiques, par exemple).
ou hypertrempé). Le profil de gonflement est donc très différent
selon le matériau (figure 3). La déformation diamétrale de la gaine résultant du fluage reste
faible comparée à celle liée au gonflement.
L’acier des gaines de Super-Phénix (type C sur la figure 3) présente
une bosse légèrement plus basse que le plan médian du cœur.

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2.2.3 Chargements mécaniques 2.3.3 Vérification de la tenue de la gaine


Les principaux chargements mécaniques de la gaine sont en La gaine étant la première barrière de sûreté entre les produits
fonctionnement normal : radioactifs et l’environnement extérieur, elle fait l’objet d’une analyse
— la pression interne de l’aiguille, qui atteint environ 4 MPa en particulière ; sa bonne tenue jusqu’en fin de vie est garantie par le
fin de vie de l’aiguille la plus sollicitée de Super-Phénix, soit une respect des critères en contraintes suivants.
contrainte résultante dans la gaine de 30 MPa ; ■ Critère 1 : la contrainte primaire de membrane induite par la pres-
— la contrainte liée au gradient de gonflement radial dans l’épais- sion des gaz de fission doit rester faible devant la limite à la rupture
seur de la gaine, qui peut atteindre 100 MPa en fin de vie au point en traction du matériau, de façon à limiter la déformation plastique
de gonflement maximal ; instantanée.
— la contrainte externe venant de l’interaction entre les aiguilles
du faisceau qui demeure très faible dans Super-Phénix. ■ Critère 2 : la contrainte équivalente résultant du cumul des char-
Jusqu’à présent, ce sont les contraintes liées au gonflement de gements primaire et secondaire doit rester nettement inférieure à la
l’acier qui sont le plus dommageables pour la tenue de la gaine. limite conventionnelle d’élasticité, et ce pour se prémunir contre le
risque d’amorçage local d’une fissure.
L’effort en matière de recherche et développement a donc porté
sur la mise au point de matériaux de gainage gonflant moins ■ Critère 3 : dans le cas de chargements cycliques, une analyse en
(c’est-à-dire dont la dose d’incubation est plus élevée), ce qui peut fatigue est nécessaire seulement pour des variations de contrainte
être obtenu en jouant sur la nuance et les éléments d’addition de équivalente totale supérieures à la limite conventionnelle d’élasticité.
l’acier ou l’élaboration du matériau (écrouissage, traitements Nota : pour la définition des termes de contraintes, le lecteur pourra se reporter utile-
thermiques). ment aux règles RCC-MR [2].
Ces critères doivent être vérifiés en utilisant les valeurs minimales
des caractéristiques de traction du matériau de gainage irradié ; les
2.3 Règles de dimensionnement contraintes sont évaluées en tenant compte des incertitudes (tolé-
rances de fabrication, incertitudes sur les lois de comportement des
matériaux) ; de plus, l’épaisseur de gaine est réduite de l’épaisseur
2.3.1 Option réacteur propre interne atteinte par la réaction oxyde-gaine, qui ne participe plus à
la résistance mécanique du gainage.
Le fonctionnement en réacteur propre est l’une des options
retenues dans la conception des cœurs de réacteurs à neutrons Outre ces critères associés aux contraintes dans la gaine, le bon
rapides français. Cela signifie que l’on s’interdit de relâcher du plu- comportement de l’aiguille combustible est garanti par des critères
tonium ou des produits de fission solides dans le circuit primaire, sur les températures maximales atteintes dans l’oxyde mixte. On
en fonctionnement normal ou incidentel. doit respecter :
Concrètement, l’atteinte de cet objetif passe par : — la non-fusion de l’oxyde en fonctionnement normal ;
— en régime incidentel, le volume susceptible d’atteindre la fusion
— la prévention des ruptures de gaine, grâce : doit rester limité.
• aux limites d’emploi à respecter en fonctionnement, notam-
ment sur la puissance linéique (inférieure à 530 W/ cm pour
Super-Phénix) et sur les températures de gaine (700 oC au
maximum en fonctionnement normal), qui garantissent que
l’on reste dans le domaine de fonctionnement utilisé pour le
3. Faisceau
dimensionnement de la gaine,
• au dimensionnement adéquat de la gaine, dont les règles 3.1 Thermohydraulique
principales sont énoncées ci-après ;
— une surveillance, en fonctionnement, de tous les assemblages L’évaluation du champ de températures dans le faisceau d’aiguilles
combustibles par un système de détection et de localisation des passe par la détermination du champ de températures dans le
ruptures de gaine ; tout assemblage présentant une rupture ouverte sodium refroidissant l’assemblage. Il est ensuite aisé de déterminer
(c’est-à-dire laissant pénétrer le sodium) est immédiatement les températures des gaines des éléments à l’aide de lois d’échange
déchargé du cœur, car son évolution peut être rapide jusqu’au fluide-solide appropriées telles que celles données par les corréla-
relâchement de matière fissile. tions de Lyon ou Lubarsky (article Thermohydraulique des réacteurs
à eau sous pression [BN 3 050] dans cette rubrique).
2.3.2 Règles de conception de l’aiguille Le champ de températures dans le sodium est complexe car il
est induit par les phénomènes suivants.
Le choix du diamètre de pastille résulte d’une optimisation prenant ■ L’évolution axiale de la puissance linéique dégagée le long des
en compte les performances neutroniques du cœur, la résistance aiguilles : cette puissance varie approximativement selon une fonc-
hydraulique du cœur et les limitations physiques sur l’oxyde. tion cosinus dont le maximum serait situé au milieu de l’empilement
Le choix de la taille du jeu entre l’oxyde et la gaine, et du trou des pastilles (profil analogue au profil de dose donné à la figure 2).
central de la pastille doit permettre d’éviter les interactions méca-
niques entre l’oxyde et la gaine : ■ La distribution radiale de puissance entre les aiguilles : la
décroissance du flux neutronique lorsqu’on se déplace du centre vers
— soit par dilatation thermique de l’oxyde ; la périphérie du cœur conduit à des écarts de puissance importants
— soit par gonflement de l’oxyde : vis-à-vis de ce problème, le entre les aiguilles situées dans un assemblage, surtout pour les
vide radial disponible dans la gaine doit être suffisant pour permettre assemblages proches de la périphérie du cœur. À titre d’exemple, le
à l’oxyde d’accommoder le gonflement jusqu’au taux de combustion rapport α R entre la puissance de l’aiguille la plus chargée et la
souhaité (§ 2.1.4). puissance moyenne d’une aiguille vaut :
Les volumes d’expansion de l’aiguille sont dimensionnés en sup- αR = 1 pour l’assemblage central
posant que la totalité des gaz de fission est relâchée dans l’aiguille. α R = 1,3 pour un assemblage périphérique
La contrainte primaire engendrée dans la gaine par la pression
interne des gaz en fin de vie doit rester inférieure à 50 MPa.

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■ La résistance hydraulique plus faible à la périphérie du faisceau


qu’au centre : la section de passage du canal délimité par trois
aiguilles est nettement plus faible que celle du canal dit périphérique
limité par deux aiguilles et le boîtier hexagonal. Il en résulte un
by-pass important du débit par les canaux périphériques, l’échauffe-
ment de ces canaux étant égal à 0,4 fois celui des canaux centraux.
■ Les effets de brassage des filets fluides induits par les fils
espaceurs : des expériences réalisées en eau ont montré que le fil
espaceur engendrait deux types de débits transverses :
— un débit transverse de forme pulsatoire entre deux aiguilles,
débit dont la période est égale à celle du pas d’enroulement du fil
espaceur ; la valeur maximale de ce débit est obtenue lorsque le fil
passe entre les deux aiguilles ;
— un débit giratoire important à la périphérie du faisceau (entre
aiguilles et tube hexagonal) dans le sens de l’enroulement du fil.
Ces débits transverses ont pour effet d’atténuer les gradients
radiaux de température liés au by-pass des canaux périphériques,
en particulier pour les assemblages à fort gradient radial de
puissance.
Pour illustrer ces phénomènes, on a porté sur la figure 4 un profil
radial de température du sodium au niveau du sommet de la colonne
fissile pour deux assemblages central (α R = 1) et périphérique
(α R = 1,3) en tenant compte ou non des effets du fil espaceur.

3.2 Comportement mécanique du faisceau

Comme on vient de le voir au paragraphe 3.1, le champ de tem-


pératures dans les structures du faisceau est, pour une cote donnée,
relativement hétérogène. Pour les aciers austénitiques couramment
utilisés au stade industriel, ce champ de températures associé à des
doses élevées se traduit par des différences de gonflement entre,
d’une part, la gaine et son fil et les différentes aiguilles entre elles
et, d’autre part, entre le faisceau et le tube hexagonal.

3.2.1 Gonflement différentiel fil-gaine

Ce phénomène se traduit :
— soit par un décollement du fil par rapport à la gaine si celui-ci
gonfle plus que la gaine ;
— soit par une flexion hélicoïdale des aiguilles dans le cas inverse.
Dans le premier cas, la conséquence principale peut être, en fin
de vie de l’assemblage, l’occupation par le fil d’une partie du canal
de refroidissement conduisant dans les cas extrêmes à une réduc-
tion du débit de refroidissement.
Le second cas se traduit par des déformations de l’aiguille dans
la partie à haut flux, celle-ci ayant tendance à s’enrouler autour du
fil, par flexion et écrasement local (ou ovalisation) de la gaine.
Le gonflement différentiel fil-gaine est un phénomène qui est
maîtrisé par l’utilisation de matériaux de même nuance pour le fil
et pour la gaine, avec des modes d’élaboration voisins (traitement
thermique, écrouissage, etc.). Les différences de comportement sont
alors essentiellement dues à une température du fil légèrement plus
faible que la température de gaine.
Figure 4 – Profil radial de température du sodium
dans les sous-canaux au niveau du sommet de la colonne fissile
3.2.2 Gonflement du faisceau pour l’assemblage central et pour un assemblage périphérique

Du fait de nuances de matériau et surtout de chargements ther-


miques différents, le tube hexagonal et le faisceau d’aiguilles n’ont tées (≈ 3 % sur l’entreplat). Compte tenu de la place disponible à
pas un comportement homogène vis-à-vis du gonflement. Pour des l’intérieur du tube hexagonal, les aiguilles peuvent accepter des gon-
considérations neutroniques (augmentation de la densité en flements supérieurs, la différence de déformations étant alors
combustible) et de mécanique du cœur (§ 4.2), les valeurs accep- accommodée par la flexion et l’ovalisation des gaines.
tables de gonflement des tubes enveloppes sont relativement limi-

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Figure 5 – Modélisation du comportement du faisceau dans le tube hexagonal

Dans la pratique, le comportement complexe du faisceau est


modélisé par une évolution en trois phases :
— pendant la première phase de l’irradiation de l’assemblage, le
jeu de montage (figure 5a ) entre le faisceau et le tube hexagonal
est rattrapé par dilatation thermique et gonflement différentiel, avec
conservation de la géométrie ; le faisceau et le tube hexagonal sont
alors en contact par l’intermédiaire des fils (figure 5b ) ;
— dans la deuxième phase, le gonflement différentiel ultérieur est
accommodé par une flexion des gaines. Si l’irradiation est poursuivie
suffisamment longtemps, le stade final de cette phase est le contact
direct entre la gaine et le tube hexagonal sur la face opposée à celle
où il y a le contact fil-tube hexagonal (figure 5c ). Pendant toute cette
phase, les forces de contact entre aiguilles (contacts fil-gaines)
engendrent une ovalisation des gaines décroissante lorsque l’on
s’éloigne des aiguilles périphériques ; tout au long de l’irradiation,
une partie des contraintes secondaires liées à une déformation
imposée de la gaine est en partie relaxée par le fluage d’irradiation ;
— la dernière phase d’évolution est obtenue lorsqu’il n’y a plus
de jeu disponible dans le tube hexagonal ; le gonflement ultérieur
des gaines se traduit alors par la poursuite de l’ovalisation et
l’accroissement très rapide du niveau de contraintes et de défor-
mation qui peut alors conduire à la rupture d’une ou plusieurs gaines
puisque le matériau a perdu une grande part de sa ductilité pendant
l’irradiation. Cette troisième phase n’est atteinte que dans les expé-
riences alors que pour le combustible industriel, les matériaux de
structure et la durée de vie sont cohérents pour qu’en fin d’irradiation
on ne dépasse pas la deuxième phase.
Figure 6 – Profils axiaux de température et de dose
Nota : pour plus d’informations, le lecteur pourra se reporter aux études des
références [3] [4]. sur le tube hexagonal de l’assemblage central

4.1.2 Dose reçue par le tube hexagonal


4. Tube hexagonal Pour l’assemblage central, le profil axial de dose sur les faces du
tube hexagonal est représenté à la figure 6.
4.1 Conditions de fonctionnement Du fait de l’éloignement différent des six faces de l’assemblage
et sollicitations du centre du cœur, il résulte des écarts sur la dose reçue par les six
faces du tube hexagonal et donc des gonflements différentiels. Pour
Super-Phénix, l’écart de dose entre deux faces opposées vaut 0 pour
4.1.1 Champ de températures l’assemblage central et 40 dpa pour un assemblage périphérique.
Le champ de températures du tube hexagonal d’un assemblage
est tridimensionnel ; cela est dû notamment :
4.1.3 Pression du sodium
— aux écarts de puissance entre les aiguilles jouxtant les dif-
férentes faces de l’hexagone ; Le sodium refoulé par les pompes primaires pénètre dans les
— à l’élévation de température le long de l’assemblage ; assemblages à une pression de l’ordre de 5,6 bar alors que le
— aux échanges thermiques entre les assemblages adjacents. sodium non pressurisé de l’espace inter-assemblages est à une
Pour les sollicitations thermiques, on utilise la valeur de la pression de l’ordre de 1,5 bar. Compte tenu de la perte de charge
température calculée à mi-épaisseur du tube hexagonal. dans le pied des assemblages, il en résulte une surpression interne
La figure 6 présente le profil axial de température à mi-épaisseur au niveau de la jonction pied-tube hexagonal de l’ordre de 3,5 bar.
du tube hexagonal pour l’assemblage central.

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4.1.4 Sollicitations mécaniques 4.2.3 Comportement d’ensemble


Les champs de températures et de doses reçues par les tubes
La combinaison des déformations de tous les assemblages et de
hexagonaux n’étant pas homogènes, ceux-ci se déforment par
leurs caractéristiques élastiques et visco-élastiques ainsi que des
dilatation et gonflement différentiels, générant ainsi des contacts
jeux initiaux entre les assemblages permet de définir la carte des
entre les assemblages. Selon la position et l’usure du combustible,
contacts entre assemblages ainsi que la valeur des forces d’inter-
les forces de contact peuvent devenir importantes et provoquer des
actions et des déformations permanentes des assemblages, puis
chargements mécaniques élevés dans les parties basses des
les forces de réactions aux appuis (du pied dans la chandelle),
assemblages.
donc les efforts de manutention.
En plus des sollicitations dues au fonctionnement normal du réac-
À la figure 7b, on a ainsi représenté les valeurs et directions
teur, on prend en compte celles qui sont dues au fonctionnement d’arcures libres par gonflement en tête des assemblages d’un tiers
incidentel et celles qui seraient dues au fonctionnement accidentel,
du cœur de démarrage Super-Phénix. On constate de faibles arcures
en particulier le séisme : le chargement pris en compte est alors la dans la région centrale et des arcures plus prononcées et centrifuges
réponse du sommier (sur lequel reposent les assemblages) aux
dans la périphérie du cœur, endroit où les gradients thermiques et
accélérogrammes d’excitation de la chaudière. de gonflement sont les plus importants. Des arcures notables se
manifestent également près des barres de commande.
Nota : pour plus d’informations, le lecteur pourra se reporter aux études présentées
4.2 Fonctionnement normal dans les références [5] [6].

4.2.1 Critères fonctionnels


Pour des raisons liées au bon fonctionnement de l’ensemble de
4.3 Fonctionnement incidentel et accidentel
la chaîne de manutention des assemblages, leurs déformations
Les différentes situations de fonctionnement incidentel ou acci-
maximales doivent être cohérentes avec les performances de ce
dentel qui engendrent des changements notables du champ des
système. Les grandeurs sur lesquelles portent les critères sont :
contraintes dans les structures des assemblages combustibles sont :
— l’augmentation de longueur de l’assemblage ;
— les transitoires générant des chocs thermiques sur les
— l’augmentation d’entreplat du tube hexagonal ;
structures ;
— l’arcure libre de l’assemblage, qui exprime le déplacement de
— le séisme.
la tête de l’assemblage par rapport à l’axe théorique de l’assemblage,
celui-ci étant extrait du réseau ;
— l’arcure en réseau, traduisant ce même déplacement lorsque
l’assemblage est dans le réseau (en interaction avec ses voisins) ; 4.3.1 Chocs thermiques
— la force d’extraction de l’assemblage hors du réseau.
Ceux-ci sont dus en général, à partir d’un fonctionnement en
L’estimation de ces grandeurs se fait en analysant d’abord le
régime permanent, à une variation rapide ou non de la température
comportement d’un assemblage isolé, puis le comportement
et/ou du débit de sodium à l’entrée de l’assemblage, à laquelle peut
d’ensemble du cœur.
être éventuellement associée une variation de puissance. Un arrêt
d’urgence est le transitoire typique générant un choc froid, les struc-
4.2.2 Assemblage isolé tures initialement chaudes étant léchées juste après l’arrêt par du
On détermine de façon classique les déformations des assem- sodium froid.
blages en supposant ceux-ci isolés les uns des autres (figure 7a ) : L’analyse est en général menée avec des programmes de calculs
— allongements Al dus à la dilatation thermique et au gonflement de thermomécanique classiques, du type à éléments finis, non spé-
(allongement permanent qui peut atteindre quelques centimètres) ; cifiques au domaine nucléaire. Les chocs thermiques génèrent des
— arcures Ar dues aux gradients thermiques et de gonflement contraintes secondaires importantes dans les liaisons entre pièces
(de 15 à 20 mm pour un matériau classique dans un réacteur de massives (pied-tête) et pièces minces (telles que le tube hexagonal).
taille industrielle) ;
— augmentations d’entreplat E dues au gonflement et au fluage
d’irradiation, le chargement étant la pression du sodium à l’intérieur 4.3.2 Séisme
de l’assemblage, pression qui induit des contraintes de membrane
(§ 2.3.3) et de flexion ; la déformation finale est la superposition des La réponse des assemblages constituant le cœur du réacteur à
deux déformations suivantes ; une excitation sismique est analysée vis-à-vis :
— augmentation d’entreplat avec conservation de la section — des déplacements de matière fissile pouvant occasionner
hexagonale ; l’introduction de réactivité et qui doivent donc être limités (article
— déformation de chaque face du tube hexagonal, la déformation Physique des neutrons et interaction rayonnements-matière
locale étant en relation directe avec les contraintes dues aux [B 3 010] dans la rubrique Bases Physiques) ;
moments de flexion dans la face (cette déformation peut être — des déformations des structures qui pourraient retarder l’intro-
approchée par un calcul analytique en supposant que le champ de duction des barres absorbantes qui arrêtent le réacteur ;
contraintes est indépendant du temps et que les angles du tube hexa- — des contraintes générées dans les structures des assemblages,
gonal constituent des encastrements). les zones les plus sollicitées étant le pied, la liaison pied-tube hexa-
Outre ces déformations, on détermine la réponse de la structure gonal et les plaquettes.
à des sollicitations externes (forces de contacts aux plaquettes, par Le cœur est schématisé comme un ensemble de poutres fixées
exemple) dans le domaine élastique (matrices de rigidité) et dans à leur base et libre en tête avec des jeux. Les assemblages du cœur
le domaine visco-élastique (matrices de fluage d’irradiation). étant flexibles et de fréquences différentes, toute sollicitation dyna-
mique entraîne des chocs entre eux. Compte tenu des jeux, les
chocs se produisent essentiellement aux plaquettes.
Remarque : par comparaison aux assemblages combustibles
des réacteurs à eau, on peut noter que les sollicitations hydrau- Dans la pratique, l’analyse dynamique est menée par recombi-
liques pouvant conduire à des vibrations dans le faisceau sont naison modale qui se résume en deux phases :
négligeables malgré la vitesse élevée du sodium (7 m/s) ; cela — recherche des modes propres de la structure ;
est lié à la compacité du faisceau d’aiguilles maintenues par les — recherche des coefficients de la combinaison linéaire qui repré-
fils espaceurs à l’intérieur du tube hexagonal. sente la participation du mode considéré au mouvement.

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Figure 7 – Déformations des assemblages en fonctionnement normal [pour (a) se référer à [5] et pour (b) se référer à [6]]

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L’analyse est simplifiée en tronquant la série modale et seuls


sont conservés les modes dont la fréquence tombe dans la bande
où l’énergie transmise par la source d’excitation est significative,
les modes négligés intervenant généralement sous forme d’une
correction en fin de calcul.
La recombinaison modale permet, par la prise en compte des
chocs entre assemblages, d’obtenir la réponse à l’excitation
sismique. L’ensemble des calculs est en général mené à l’aide de
programmes de calculs aux éléments finis, et certains paramètres
d’amortissement dû au fluide sont en revanche déduits d’essais
prenant en compte la lame de fluide entre les assemblages.
On a illustré à la figure 8 le déplacement au plan médian du cœur
de l’assemblage central d’un réacteur de taille industrielle, dépla-
cement qui est une réponse à un séisme conventionnel de référence.
L’instant du maximum (6 s) et l’amplitude (2 mm) sont bien sûr
fonction de la réponse de la chaudière et de la conception de
l’assemblage.

Figure 8 – Déplacement au plan médian du cœur


de l’assemblage central pour un séisme de référence

Références bibliographiques

[1] LECLERE (J.) et MILLET (P.). – L’élément aiguilles avec fil espaceur en présence de [5] BERNARD (M.) et AMMANN (M.). –
combustible des réacteurs à neutrons rapides gonflement et fluage d’irradiation. Conférence Comportement du type hexagonal des assem-
et son comportement global. Ann. Chim. Fr., internationale d’Ajaccio, p. 291 à 296, éd. blages soumis au flux neutronique dans un
p. 423 à 431 (1984). CEA, 4-8 juin 1979. cœur de réacteur rapide de la filière française.
[2] Règles de Conception et de Construction des [4] MARBACH (G.), MILLET (P.), BLANCHARD Conférence internationale d’Ajaccio, p. 367
Matériels Mécaniques des îlots nucléaires. (P.) et HUILLERY (R.). – Comportement d’un à 374, éd. CEA, 4-8 juin 1979.
RCC-MR Tome 1, p. RB 3200-14 à 16, éd. faisceau d’aiguilles phenix sous irradiation. [6] JALLADE (M.). – Le comportement statique du
AFCEN. Conférence internationale d’Ajaccio, p. 287 à cœur d’un réacteur à neutrons rapides.
[3] ROUSSEAU (J.), BOUTARD (J.L.), COURTOIS 301, éd. CEA, 4-8 juin 1979. Colloque AIEA de Lyon, Écully, éd. AIEA, 22-
(C.) et LEMOINE (P.). – Déformation des 26 juil. 1985.

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