OUTILS LOGICIELS LIBRES
CHAPITRE1
Introduction aux outils logiciels libres
Définition d'un logiciel
1 - Qu'est-ce qu'un logiciel ?
On appelle logiciel, application, ou programme, ce qui va conduire la réalisation de tâches sur
un ordinateur. Un logiciel se décompose ou utilise, des composants logiciels plus élémentaires,
généralement partagés par plusieurs programmes (bibliothèques).
Un logiciel se présente sous la forme de :
● code source, une arborescence de fichiers texte décrivant dans un langage de
programmation les actions élémentaires à enchaîner pour réaliser une tâche plus complexe.
C'est sous cette forme que le programme est conçu par l'informaticien ;
● code exécutable, directement exploitable par l'ordinateur.
Pour les langages interprétés (PHP, Perl,...), le code source conduit directement l'exécution du
programme.
Pour les langages compilés (Java, C++,...) le code exécutable est obtenu grâce à une traduction
automatique depuis le code source et peut être stocké pour une exécution ultérieure ; ce processus
s'appelle la compilation.
La notion de logiciel inclut également le matériel de conception préparatoire (Art L. 112.2-13 du
CPI), à savoir :
● les dossiers d'analyse fonctionnelle et de conception technique, les maquettes et prototypes
● la documentation en ligne, incorporée au logiciel .
2 - Quel régime juridique pour le logiciel ?
Le logiciel, comme oeuvre de l'esprit est couvert automatiquement (sans formalité particulière) par
le droit d'auteur. Le code de la propriété intellectuelle dispose ainsi en son article (L. 111-1) que
« l'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de
propriété incorporelle exclusif et opposable à tous ».
Le droit d'auteur est constitué des droits patrimoniaux ou droits d'exploitations (équivalent au
copyright anglo-saxon) et de droits moraux.
3 - Qui détient les droits d'auteurs du logiciel ?
Le détenteur des droits d'auteurs du logiciel dépend du contexte présidant à sa création :
Si le logiciel est réalisé par un ou plusieurs salariés dans le cadre d'une relation de subordination à
leur employeur : les droits moraux restent acquis aux auteurs mais les droits d'exploitation sont
transmis de plein droit à l'employeur. Cette disposition est valable pour l'agent dans ses missions de
services publics (Art. L. 131-3-1).
Si le logiciel est réalisé sur le temps libre de l'auteur, de sa propre initiative, avec ses propres
moyens techniques et sans rapport avec sa fonction : il est alors auteur de plein droit et dispose à sa
guise de l'ensemble des prérogatives liées à l'expression en particulier des droits d'exploitation.
Si le logiciel est réalisé sur commande : les droits moraux restent acquis aux auteurs tandis que la
propriété des droits d'exploitation doit être préalablement définie dans le contrat entre le prestataire
et le commanditaire. Par défaut, les droits d'exploitation restent acquis au prestataire qui réalise la
commande. La cession des droits d'exploitation est donc un élément essentiel de la commande. Pour
les contrats passés conformément au code des marchés publics, cette question est réglée par défaut
dans le CCAG, mais peut être précisée dans le CCAP.
4 - Qu'est-ce qu'une licence de logiciel ?
Une licence de logiciel est un contrat, généralement qualifié « de contrat de louage », entre les
détenteurs des droits patrimoniaux (du copyright) du logiciel et un utilisateur (licencié), fixant les
modalités d'usage du logiciel. Ce contrat peut comprendre la concession totale ou partielle des
droits patrimoniaux.
5 - Qu'est ce qu'une licence de logiciel libre?
Une licence de logiciel est dite « libre » si elle garantit à l'utilisateur (le licencié) les quatre libertés
suivantes :
● La liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages.
● La liberté d'étudier le fonctionnement du programme, et de l'adapter à ses besoins. Pour ceci
l'accès au code source est une condition requise.
● La liberté de redistribuer des copies, avec ou sans contrepartie financière.
● La liberté d'améliorer le programme et de publier ses améliorations, pour en faire profiter
toute la communauté. Pour ceci l'accès au code source est une condition requise.
Guide pratique d'usage des logiciels libres dans les administrations .
Cette définition est proposée par la Free Software Foundation 1985, (FSF, http ://[Link]) à
l'origine du mouvement du logiciel libre. Une autre organisation, l'Open Source Initiative propose la
définition en 10 points de ce qu'est une licence Open Source. Si les deux notions se distinguent sur
le plan conceptuel, d'un point de vue opérationnel, elles sont équivalentes et font l'unanimité dans la
communauté du logiciel libre.
Il existe environ une centaine de licences de logiciel libre répertoriées. Elles se distinguent par les
contreparties exigées, dans la limite où elles ne contredisent pas l'exercice des quatre libertés ci-
dessus. Pour une liste des principales licences voir « Liste des licences de logiciel libre les plus
populaires » .
Définition
Selon la Free Software Fondation, 1985, (FSF, http ://[Link]), un
logiciel est libre si ces quatre libertés sont garanties :
liberté d’exécuter le logiciel
liberté d’étudier le fonctionnement, de l’améliorer
=⇒ disponibilité du code,
liberté de redistribuer des copies,
liberté de publier les améliorations.
Un logiciel est libre parce qu’il a une licence (libre) qui garantit ces quatre libertés : Ce logiciel est
libre ne veut rien dire, il faut une licence.
Tout logiciel qui n’est pas libre est propriétaire mais un logiciel peut être libre et propriétaire.
Trois cas de figure : utilisateurs, développeurs, ou les deux à la fois.
Quelques exemples de logiciels libres
En connaissez vous ? :
OS : distributions GNU Linux, MAC OS
Serveur Web : Apache
Navigateur : Mozilla Firefox
Bureautique : [Link](Traitement de texte, Tableur), TeX-Latex
Images : GIMP
Base de données : MySQL (admin Web avec phpMyAdmin)
Multimédia : VideoLAN VLC
CMS : Joomla !, SPIP, Drupal
Embarqués : GPS TomTom, FreeBox, iPhone, TV, avions, ...
6 - Qu'est-ce qu'un logiciel libre ?
C'est un logiciel sous licence de logiciel libre.
7 - Qu'est ce qu'un logiciel propriétaire ?
C'est un logiciel non-libre.
Attention un logiciel propriétaire n'est pas synonyme de logiciel commercial.
8 - Est-ce qu'un logiciel téléchargeable sur Internet est libre ?
Les gratuiciels (Freeware), les partagiciels (Shareware) sont généralement téléchargeables sur
Internet. Ces logiciels sont distribués sous forme binaire (code exécutable), souvent sans le code
source. La licence d'utilisation est généralement en ligne avec l'application ou bien affichée lors du
lancement de l'application. Elle concède à l'utilisateur rarement plus que le droit d'exécuter le
logiciel. Certains logiciels sont offerts à titre de test, ou bien pour un usage non-commercial. En
conclusion, le simple fait d'être téléchargeable sur internet n'est pas suffisant (ni même nécessaire)
pour en déduire que le logiciel est libre.
9 - Comment et où trouver des logiciels libres ?
Un certain nombre de sites collaboratifs sont réputés fournir exclusivement des logiciels sous
licence libre ; c'est même une condition de l'hébergement sur ces sites :
SourceForge : C'est le plus populaire des sites de développements collaboratifs (158 000 projets et
1 600 000 utilisateurs inscrits) ; un hébergement sur Sourceforge est une bonne garantie du
caractère libre du logiciel, puisque c'est une condition de l'hébergement. Le nom de la licence est
directement indiqué sur la page d'accueil du projet.
Framasoft : Ce site propose une base référençant plus de 1200 applications sous licence libre et
disponible sous Windows. Figurer dans cette base est une bonne garantie du caractère libre d'un
logiciel.
AdmiSource, Adullact, Gna! : Sur ces sites une vérification précise du caractère libre de
l'application est opérée avant toute mise à disposition, c'est une condition de l'hébergement.
Apache : La gouvernance autour des projets de la fondation Apache est très forte. De part ses statuts
elle héberge exclusivement des projets sous licence Apache Licence, Version 1.0, Version 1.1 et
Version 2.0. Le caractère libre des composants est garanti.
Debian : le fait pour une application d'être packagée par la communauté Debian dans les sections
« main » et « contrib » des dépôts de la distribution, est une forte garantie de son caractère libre. Ce
sont d'ailleurs les principes du logiciel libre selon Debian qui ont donnés naissance aux 10 critères
permettant de qualifier une licence open source selon l'Open Source Initative. Depuis la page
[Link] il est possible de rechercher un logiciel afin de vérifier qu'il
appartient bien au section « Main » ou « contrib ».
FSF/UNESCO Free Software Directory : La Free Software Foundation et l'UNESCO ont recensé
plus de 5000 logiciels pour lesquels le caractère libre de la licence a été vérifié.
Attention : une application référencée sur le site Freshmeat n'est pas nécessairement libre !
D'autres initiatives de recensement existent, comme par exemple la plate-forme du CNRS (projet
PLUME), l'observatoire de la Commission Européenne (OSO), etc.
10 - Comment vérifier si la licence d'un logiciel est libre ?
Certains logiciels libres disposent de leur propre infrastructure de développement et de mise à
disposition. Généralement, une simple recherche sur internet permet de localiser le site de
présentation et de mise à disposition du logiciel. Une fois l'URL du site identifié, une recherche du
mot « license » limitée au site doit permettre de localiser une page indiquant sous quelle licence le
logiciel est mis à disposition. Par exemple, pour le projet Evolvica :
● Une recherche de « Evolvica » donne l'url du site projet : [Link]
● Une recherche de « license site:[Link] » donne la page
[Link] qui contient effectivement les éléments d'informations
relatifs à la licence.
Dans quelques rares cas, il n'est pas possible de trouver une information directe et fiable sur la
licence d'un logiciel. En dernier ressort, mais cela requiert une compétence technique, il faudra
consulter le code source, généralement accessible directe ou indirectement depuis le site de
présentation du projet.
Celui-ci peut se présenter sous différentes formes :
● Archive téléchargeable (zip, tar, tgz, rar,...) : un simple gestionnaire d'archives permettra le
parcours du contenu de l'archive.
● Dépôt versionné (cvs, svn,...), navigable : un simple navigateur vous permettra de parcourir
l'arborescence des branches du code source.
● Dépôt versionné, (cvs, svn,...), brut : Il faudra disposer du logiciel client adapté permettant
au moyen de la chaîne de connexion de réaliser un «export» du dépôt et ensuite disposer en
local dans son propre système de fichier d'une copie de l'arborescence du code source.
Dans tous les cas, à la racine de l'arborescence du code source, doit figurer un fichier nommé avec
éventuellement quelques variantes « [Link] » et contenant le texte intégral de la licence
couvrant le projet.
Une fois le texte de la licence récupéré, il faut vérifier qu'il s'agit bien d'une licence reconnue libre
ou open source soit sur le site de la FSF soit sur le site de l'Open Source Initiative :
● Sur le site de la FSF : [Link] figure une liste de
licences, découpée en 3 sections. Une première section listant les licences de logiciel libre et
compatibles avec la licence GPL. Une deuxième section présente la liste des licences libres
mais incompatibles avec la licence GPL. Enfin une dernière section propose une liste de
licences qui échouent pour des raisons diverses à la qualification « licence libre ».
● Sur le site de l'OSI : [Link] on trouve la liste
exhaustive des licences reconnues « open source » par l'organisme, ainsi que le texte intégral
des licences.
Cas particuliers des licences CeCILL : la licence CeCILL-v2 ou CeCILL-A est reconnue libre par
la FSF. Pour les licences CeCILL-B et CeCILL-C, peut-être trop récentes, rien n'est dit. Pourtant ce
sont d'authentiques licences de logiciel libre et elles font partie de la liste indicative des licences
recommandées (voir Les licences CeCILL et l’administration).