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Sepsis

Le sepsis est une réponse inflammatoire généralisée à une infection grave qui peut entraîner des dysfonctionnements d'organes et être mortelle. Il affecte principalement les nouveau-nés, les personnes âgées et les individus immunodéprimés et cause un décès sur cinq dans le monde.
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Sepsis

Le sepsis est une réponse inflammatoire généralisée à une infection grave qui peut entraîner des dysfonctionnements d'organes et être mortelle. Il affecte principalement les nouveau-nés, les personnes âgées et les individus immunodéprimés et cause un décès sur cinq dans le monde.
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Le sepsis est le terme anglo-saxon et international

employé pour caractériser une réponse inflammatoire

généralisée associée à une infection grave. Le terme

septicémie, créé en 1837 par le médecin français

Pierre Piorry, à partir des mots grecs

« Σήψις » (sêptikós), putrefaction, et

« αίμα » (haîma), sang, désigne la présence de

bactéries (voire de champignons ou de virus) dans le

sang. Le sepsis affecte principalement les individus déjà

fragilisés, les nouveau-nés et les personnes âgées,

mais peut atteindre des personnes sans affection

préalable. Au niveau mondial, on estime à 11 millions le

nombre de décès par an des suites d’un sepsis. Les

projections dans l’avenir suggèrent un doublement du

nombre de cas d’ici cinquante ans, en particulier en

raison du vieillissement de la population.

UN DÉCÈS SUR 5 DANS LE MONDE EST CAUSÉ

PAR UN ÉTAT SEPTIQUE

49 MILLIONS D’ÉTATS SEPTIQUES CHAQUE

ANNÉE

PRÈS DE LA MOITIÉ CONCERNENT DES

ENFANTS

SEPSIS / SEPTICÉMIE

Cause

Le sepsis est la conséquence d’une infection grave

qui débute généralement localement (péritonite,

pneumonie, infection urinaire, infection sur

cathéter, etc.). Elle touche souvent des patients

dont le système immunitaire est affaibli . Lorsqu’elle

se produit après un acte invasif (chirurgie ou

autre), on évoque alors une infection nosocomiale.


Toutes les bactéries, même celles présentes

naturellement à la surface de la peau ou des

muqueuses comme la gorge, normalement non

pathogènes, peuvent être responsables de sepsis.

Des infections fongiques (causées par des

champignons) peuvent également induire une

réponse semblable, ainsi que certains virus (SARS,

SARS-Cov2 responsable de la Covid-19, influenza

H1N1, fièvres hémorragiques). Les méningites à

méningocoque ( purpura fulminans ) sont un des

rares exemples de sepsis pouvant survenir chez des

personnes jeunes en bonne santé, tout comme les

syndromes de choc toxique à staphylocoques suite à

l’usage de tampons hygiéniques.

Historique

Avant d’être nommé comme tel, le sepsis a été

connu sous différentes appellations. Auparavant, on

parlait par exemple de « gangrène (ou pourriture)

des hôpitaux (ou nosocomiale) » . Celle-ci affectait

souvent les soldats, suite à des blessures de

guerre, qui s’infectaient fréquemment. Le plus

célèbre de ces cas est sans doute Richard Cœur de

Lion, décédé en 1199 après l’infection qui suivit sa

blessure par une flèche. Le terme de « fièvre

puerpérale » a aussi été utilisé pour désigner une

infection survenant chez la femme après

l’accouchement. C’est le médecin français Armand

Trousseau qui le premier suggéra que la gangrène

nosocomiale et la fièvre puerpérale correspondaient

à des pathologies semblables.

C’est Ignaz Semmelweis, médecin hongrois qui


démontra à Vienne en 1847 l’importance de

l’hygiène des mains afin d’éviter la contagion des

femmes en couches. Mais la contagiosité avait été

soupçonnée dès la fin du 18 siècle par le médecin

écossais Alexander Gordon . Ce sont deux médecins

alsaciens, Victor Feltz (1835-1893) et Léon Coze

(1819-1896), qui les premiers en 1869 démontrèrent la

présence de bactéries dans le sang d’une patiente

atteinte de fièvre puerpérale, infection mortelle

attribuée secondairement à des streptocoques. Louis

Pasteur , en collaborant avec les maternités de

Port-Royal, Cochin et Lariboisière, confirma ces

observations en 1879-1880 et préconisa l’hygiène

lors des accouchements.

Symptômes

En 2002, le sepsis a été défini comme syndrome

caractérisé par une réponse inflammatoire

généralisée d’origine infectieuse. En 2016, la

définition a été revisitée, et aujourd’hui le sepsis

est considéré comme un dysfonctionnement

d'organes potentiellement mortel, résultant d’une

réponse dérégulée de l'hôte à l'infection, et dont

la forme la plus grave est le choc septique.

Le sepsis s’accompagne d’une production exacerbée

de médiateurs inflammatoires. On parle par exemple

d’un « orage cytokinique » pour évoquer la

production massive de cytokines (médiateurs

chimiques qui permettent la communication entre

nos cellules), qui affectent le fonctionnement des

organes vitaux de manière aigue, et peuvent

entrainer des séquelles fonctionnelles à plus long


terme. Ainsi, environ 25% des patients qui survivent

à un sepsis présentent des altérations cognitives

plus de 3 mois après.

Epidémiologie

Aujourd’hui, le sepsis touche surtout les âges

extrêmes de la vie, les nouveau-nés (sepsis

néonatal) et les seniors. L’état septique est

responsable d’un décès sur 5 dans le monde,

d’après l’organisation mondiale de la santé ( OMS ).

On dénombre 49 millions d’états septiques chaque

année, dont près de la moitié concernent des

enfants. L’infection est contractée à l’hôpital pour

la moitié des patients environ. Dans les pays

industrialisés, le sepsis représente autant de décès

que l’infarctus du myocarde. Dans les pays en

développement, le sepsis puerpéral demeure une

cause de mortalité importante des femmes après

leur accouchement.

En France , le nombre de cas annuel de sepsis

d’origine bactérienne est estimé à 250 000-300

000, auxquels s’ajoutent les sepsis d’origine fungique

ou virale. La mortalité des patients hospitalisés pour

un sepsis est de 25%, mais la mortalité du choc

septique peut atteindre 50% et l’on estime à plus de

60 000 le nombre de décès annuel consécutifs au

sepsis en France. Les projections dans l’avenir

suggèrent un doublement du nombre de cas d’ici

cinquante ans , s’expliquant notamment par le

vieillissement de la population. En 2017, l’OMS a

attiré en 2017 l’attention des états membres sur

l’importance du problème pour la santé publique, en


émettant une résolution les encourageant à

améliorer les données épidémiologiques, les

stratégies de prévention, de diagnostic et de

traitement ainsi que la recherche sur le sepsis.

Traitement

Les patients atteints de sepsis sont généralement

admis en soins intensifs, où ils reçoivent des

antibiotiques et les supports nécessaires au

maintien des fonctions vitales .

Depuis plus de vingt ans, malgré des progrès

considérables accomplis dans la compréhension de la

physiopathologie associée au sepsis, aucune nouvelle

thérapie spécifique au sepsis n’a vu le jour. De très

nombreux essais cliniques coûteux se sont achevés

par des échecs, et le seul nouveau médicament

autorisé spécifiquement dans cette indication

(Xigris®) a été finalement retiré en 2011, faute

d’une démonstration convaincante de son

efficacité. De nouveaux concepts thérapeutiques

doivent donc être élaborés à partir d’une

connaissance plus fine des mécanismes

physiopathologiques impliqués dans le sepsis ; des

tests de diagnostic plus rapide des sepsis d’origine

bactérienne permettraient également une mise

sous antibiotiques plus précoce. Ce dernier élément

demeure fondamental, car chaque heure gagnée

améliore les chances de survie. Les développements

récents associés à la pandémie due au virus SARS-

Cov2 suggèrent cependant un effet bénéfique de

certains traitements dirigés contre l’inflammation

excessive associée aux sepsis d’origine virale


(corticothérapie, anticorps monoclonaux anti-

cytokines).

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