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Étude géologique de l'or à Batouri

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Étude géologique de l'or à Batouri

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INTRODUCTION GENERALE

1. CONTEXTE DE L’ETUDE
L'or est extrait artisanalement au Cameroun depuis 1934 (Gazel et Gérard, 1954). Les
minéralisations sont concentrées dans les dépôts alluviaux, éluviaux, mais aussi bien dans les
veines de quartz altérées. La production d'or au Cameroun est estimée à 1500 kg/an (George, 2009).
Malheureusement, il n’existe pas de données historiques fiables de la production d'or. En outre, la
littérature sur la minéralisation aurifère primaire au Cameroun est extrêmement rare.

Batouri a été l'un des principaux sites pour l'exploitation minière artisanale de l'or dans le pays
depuis plus de 70 ans. L'or est produit dans la zone de cisaillement de filons sur 13 km le long d’un
corridor minéralisé, qui recoupent les roches granitiques (Milesi et al., 2004). Les modèles de
distribution de l'or dans le sol le long de cette zone de cisaillement définissent deux zones cibles
hautement prioritaires, à savoir la zone Bote-Kambélé et la zone Mongonam-Dimako (Milesi et al.,
2004).

De nos jours, le Cameroun est devenu une destination attrayante pour le développement des projets
miniers par des entreprises internationales. Ces sociétés ciblent les divers produits minéraux que
regorge le Cameroun à savoir : la bauxite, le fer, le cobalt, le nickel, l'uranium, le manganèse, le
rutile, l'or, le diamant et les substances de carrières (Newman, 2008). Le Cameroun se voit ainsi
atteindre son émergence d’ici 2035 en développant ce secteur via la valorisation de ces substances
utiles (Braux et al., 2013).

2. PROBLEMATIQUE
Au Cameroun, l'exploitation minière artisanale est fortement pratiquée dans les régions où ont été
découvertes des minéralisations. Elle a été identifiée comme un outil important pour lutter contre la
pauvreté dans la plupart des villages des régions du Nord, de l'Est et du Sud. Les trois types de
gisements d’or exploités sont: l'or primaire des veines de quartzite souterrain, l’or secondaire des
plaines alluviales à ciel ouvert et de plus en plus l’or des éluvions.

A Batouri La géologie de ces minéralisations se réfère aux travaux de Vishiti (2015) et Assah
(2010). Néanmoins les matériaux alluvionnaires de ces minéralisations, la morphoscopie des grains
d’or et les procédés d’exploitation de ces minéralisations sont mal connus. Ces méthodes
d'exploitation sont surtout rudimentaires et moins efficaces pour la récupération maximale dans le
cas de l'exploitation minière artisanale ; tandis que les entreprises pratiquant l’exploitation semi-

1
mécanisée sont équipées de pelles et d’unités de lavage bien organisées. Lorsque la récupération
n’est pas maximale, l’exploitation ne contribue pas à un développement durable.

Les deux échelles d'exploitation (exploitation artisanale et semi-mécanisée) observées sur le terrain
posent des problèmes considérables à l'environnement à savoir la déforestation, la dégradation des
terres et la pollution des eaux avec possibilité d’un drainage minier acide à l’avenir. L'exploitation
semi-mécanisée intense et désordonnée des dépôts alluviaux d’or par les sociétés peut grandement
conduire à une baisse de sa production d'or dans un avenir proche.

3. OBJECTIF
L’objectif général de ce travail est de faire une étude géologique des minéralisations d’or de
Kambélé à Batouri (Est-Cameroun) et d’évaluer les impacts socio-environnementaux liés à leur
exploitation. Pour y arriver les objectifs spécifiques sont : d’étudier les affleurements de Kambélé,
de déterminer la granulométrie des matériaux de l’or alluvionnaire et leur morphoscopie, de
présenter les différentes activités d’extraction de l’or à Kambélé et dégager les impacts socio-
environnementaux de leur exploitation.

4. PLAN DE L’ETUDE
Pour atteindre ces objectifs, le présent travail est subdivisé en quatre chapitres :
- le premier chapitre porte sur le milieu naturel de la zone d’étude ;
- le second chapitre porte sur les méthodes utilisées lors des investigations sur le terrain et en
laboratoire ;
- le troisième chapitre présente avec interprétation les principaux résultats obtenus sur le terrain, les
analyses des roches, des minéraux lourds, de l’or, des résidus miniers et expose l’exploitation de
l’or à Kambélé avec ses impacts socio-environnementaux ;
- le quatrième chapitre porte sur la discussion des résultats obtenus.
Enfin, une conclusion générale récapitule les principaux résultats obtenus et donne les perspectives.

2
CHAPITRE I : MILIEU NATUREL DE KAMBELE

Ce chapitre porte sur le milieu naturel à savoir le cadre géographique et géologique de la zone
d’étude.

I.1. CADRE GEOGRAPHIQUE

I.1.1. Localisation
Batouri, de coordonnées géographique 4°25'60" N et 14°22'0" E, est situé dans le département de
la Kadey, dans la région de l’Est du Cameroun (Figure 1). C’est la deuxième plus grande
municipalité après la capitale régionale Bertoua. La commune de Batouri a été créée par décret n°
230 du 07 Juin 1955 du Ministère de l’Administration Territoriale.

Figure 1: Carte de localisation de Batouri et mise en évidence des sites d'exploitation minière artisanale
(Modifié d’après Assah, 2010).

Elle couvre une superficie de 5 786 km2 et est limitée au Nord par l’Arrondissement de Ketté, à
l’Est par la République Centrafricaine (RCA), au Sud-Est par l’Arrondissement de Kentzou

3
(frontière RCA), au Sud par les Arrondissements de Mbang et Ndélelé, à l’Ouest par le
Département de Lom et Djerem. Son accessibilité se fait à partir de la capitale Yaoundé sur environ
400 km de long, en combinaison de route bitumé et de route de latérite bien entretenue. L'étude est
limitée dans les zones de Kambélé. L’accès dans les zones minières se fait par des pistes et routes
créées dans la petite forêt.
I.1.2. Climat
Batouri connait un climat humide subéquatorial qui est fortement influencé par la forêt du Congo
(Tsaléfac, 2007). Ce climat chaud et humide est de type guinéen classique à deux saisons de pluies
entrecoupées de deux saisons sèches.
Les précipitations annuelles moyennes se situent entre 1400 et 2000 mm (la hauteur moyenne
mensuelle de pluie sur les 25 dernières années est 1700 mm).Les températures sont assez constantes
à environ 22,5 °C tout au long de l'année (Tsaléfac, 2007).
I.1.3. Sol
A Batouri, le sol est ferralitique, rouge et très lessivé (Martin, 1956). Une cuirasse de protection très
dure est formée sur le sol et, dans certains endroits entrave les activités minières artisanales. Les
sols hydromorphes s’observent dans les zones marécageuses et aux abords des cours d’eau.
I.1.4. Végétation
La végétation comprend une savane herbeuse au Nord et une forêt luxuriante au Sud. La zone
forestière communale est caractérisée par des formations végétales qualifiées de forêt dense humide
sempervirente, alternant avec la forêt semi décidue à grandes superficies et forêts marécageuses.
Les familles dominantes sont les Combrétacées, les Sterculiacées, les Méliacées et les Ochnacées
(Asaah, 2010).
I.1.5. Relief et hydrographie
Le relief dominant à Batouri a relativement une altitude moyenne qui oscille entre 600 et 700 m. Le
paysage est celui d’une pénéplaine accidentée par endroit, supportant un couvert forestier et de
savane. Des pentes abruptes peuvent être observées, mais elles restent très localisées. Le modèle
Numérique de Terrain (MNT) combine le réseau hydrographique et la variation des altitudes
(Figure 2).

Le réseau hydrographique est constitué de nombreuses rivières qui convergent toutes vers le fleuve
Kadey (Olivry, 1986). Dans cette étude, les travaux sont effectués autour de la rivière Djengou. Ce
réseau est de type dendritique.

4
Figure 2 : Carte du réseau hydrographique de Kambélé

I.2. CADRE GEOLOGIQUE


La zone d’étude se situe sur le socle plutonique panafricain voisin du groupe de Yaoundé, complexe
du Ntem et l’unité d’Ayina. (Figure 3). La géologie de la localité est étendue sur une variété de
roches granitiques (granites alcalins, syeno-monzogranite, granodiorite, tonalite) et gneiss foliés
recoupés par des veines de quartzite minéralisées. Le site d’étude Kambélé est constitué de granite à
biotite et feldspath potassique en enclave (Asaah 2010).
Les données géochimiques suggèrent que ces roches se sont formées par la différenciation d’un
magma de type I tonalitique dans des conditions oxydantes lors de la mise en place d’un arc
volcanique continental (Suh et al., 2006). Ces roches ont été disséquées par des ensembles
tectoniques qui caractérisent au moins trois évènements majeurs de déformation (D1, D2 et D3) et
l'un de ces événements de déformation (D2) était à cheval avec une minéralisation d'or filonien
(Asaah, 2010). La minéralisation aurifère dans la zone se produit le long de la zone de cisaillement
de direction principale NE-SW qui recoupent les formations métavolcaniques et méta sédimentaires
néoprotérozoïques (Suh et al., 2006, Vishiti et al., 2015).

5
CN: Complexe du Nyong
CT: Complexe du Ntem
SD: Série du Dja
ZCCC: Cisaillement Centre
Camerounais
FS: Faille de la Sanaga
FTB: Faille de Tibati-Banyo

Figure 3 : Carte géologique du Cameroun redessiné d’après Nzenti et al. (200) in Owona et al. (2011).

[Link]
La localité de Batouri située dans le département de la Kadey. Elle est caractérisée par un climat
subéquatorial humide, une végétation de savane vers le Nord et une forêt luxuriante au Sud
menacée toutefois par les activités humaines. La morphologie de la région est une pénéplaine qui
n’excède pas les 800m d’altitude. Le réseau hydrographique est principalement dendritique. La
zone d’étude appartient au complexe du Ntem avec une variété de roches granitiques et pour
principales hôtes des gisements les granodiorites et syeno-monzonites.

6
CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES
Ce chapitre s’intéresse aux différents matériels et méthodes utilisés pour obtenir les résultats
présentés ci-dessous. La démarche adoptée dans le cadre de cette étude est classique. A
savoir la recherche bibliographique, les travaux de terrain et les analyses en laboratoire.

II.1. RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE


La recherche bibliographique a porté sur l’utilisation des cartes de la zone d’étude (carte
topographique à l’échelle de 1/50.000 et carte géologique) pour la circonscription de la zone de
l’étude et les travaux antérieurs afin de présenter le contexte de l’étude, les généralités et
l’interprétation des résultats obtenus.

II.2. TRAVAUX DE TERRAIN


La descente sur le terrain a permis de localiser le site d’étude, d’observer et de décrire les faciès
pétrographiques ainsi que le profil représentatif des alluvions exploités à Kambélé. Deux (02)
échantillons de roches (granite et quartzite), sept (08) échantillons des différents niveaux du profil
alluvionnaire en exploitation (H, S1f1, F2s2, F3c, C4m, S3, S4, S5fg), des fonds de batée ou
concentrés de matériaux lourds et quelques grains d’or recueillis de ces concentrés ont été prélevés
dans le site d’étude pour des analyses au laboratoire (Tableau 1).
Par ailleurs, les investigations ont été menées sur le terrain en vue de comprendre l’activité minière.
Des prises de vue ont été réalisées afin de présenter cette activité minière telle qu’elle est menée et
les réalités de ses impacts sur l’environnement.
Tableau 1 : nomenclature des échantillons

7
II.3. TRAVAUX DE LABORATOIRE
Plusieurs analyses ont été effectuées au laboratoire à savoir : l’analyse pétrographique, l’analyse
granulométrique des matériaux alluvionnaires, la séparation densimétrique, le montage des lames de
frottis, la confection des lames minces de roches et l’observation des lames au microscope optique
polarisant et les grains d’or à la loupe binoculaire et la diffraction des rayons X.

II.3.1. Analyse pétrographique


Les lames minces de roches ont été confectionnées à la branche technique de l’atelier de l’Institut
des Recherches Géologiques et Minières du Cameroun (IRGM) à Nkolbisson (Yaoundé),
tandis que l’observation des minéraux s’est faite grâce à l’utilisation d’un microscope optique
polarisant de marque OLYMPUS CX31, modèle CX31PF au laboratoire du Département des
Sciences de la Terre de l’Université de Yaoundé I. De ce microscope, ont été observés les minéraux
des roches en lames minces afin de reconstituer les assemblages minéraux et leur composition
minéralogique globale.

II.3.2. Analyse granulométrique


L’analyse granulométrique a été réalisée suivant deux méthodes à savoir : l’analyse
granulométrique par tamisage humide, sédimentométrie sur les échantillons de chaque niveau du
profil et l’analyse granulométrique sèche sur les grains d’or des concentrés recueillis. Ces analyses
ont été effectuées à la Mission de Promotion des Matériaux Locaux (MIPROMALO) à Yaoundé.

 Analyse granulométrique par tamisage humide et sédimentométrie


Les différents échantillons représentant chacun un niveau du profil ont été séchés à l’étuve à 105°
ensuite trempées et lavés sur un tamis de 90µm. Le refus de chaque niveau a été séché, pesé et
rapporté sur une colonne de différents tamis de mailles supérieures à 90µm (50mm, 45mm, 40mm,
…,15mm, 6.5mm, 5mm, 2mm, 1mm, 0.8mm, 0.5mm, 0.4mm, 0.2mm, 0.09mm).
L’analyse granulométrique par sédimentométrie s’est effectuée sur 40g de chaque échantillon
prélevés dans le tamisât de mailles inférieures à 90µm provenant de la granulométrie par voie
humide. Le matériau a été mis à imbiber pendant environ 15 heures dans l’éprouvette d’un litre
après avoir placé au fond 30ml de solution défloculante d’hexa méta-phosphate de sodium dosée à
5% et complétée avec de l’eau distillée. La suspension a été agitée pendant au moins 3 minutes par
agitation mécanique afin de disperser la solution. Lorsque le densimètre est devenu stable, les
différentes lectures de viscosité du milieu se sont faite après 0.5min, 1min, 2min, 5, 10, 20, 40, 80,
120, 240, 1440 minutes (soit 24h).

8
 Analyse granulométrique par voie sèche
L’analyse granulométrique par voie sèche s’est faite sur les grains d’or issus des concentrés des
minéraux lourds; à partir d’une colonne de tamis de mailles 40µm, 80µm, 90µm, 200µm, 400µm,
et 500µm.

II.3.3. Séparation densimétrique


La séparation densimétrique sur les fractions granulométriques varient entre 0,08mm à 0,16mm.
Une fraction prélevée de l’échantillon issu du passant a été versée dans une ampoule à décanter
remplie au ¾ de bromoforme (CHBr3) de densité 2,9. Ensuite, avec un agitateur, un mouvement
tournant a été imprimé au liquide pour faire tomber tous les minéraux lourds au fond de l’ampoule
jusqu'à séparation complète. Les minéraux lourds ont été recueillis dans un entonnoir muni d’un
papier filtre.

II.3.4. Montage des lames de frottis


Les minéraux lourds obtenus sont montés sur lame de frottis pour une étude morphoscopique de l’or
par observation de ces minéraux lourds à la loupe binoculaire.
La technique de prélèvement des échantillons et le montage des minéraux lourds sur lames minces
utilisées lors de cette étude sont ceux préconisés par Duplaix (1958) et par Parfenoff et al. (1970).
Les minéraux lourds ainsi obtenus ont été séchés pendant 24h. Les lames ont été préalablement
chauffées sur la platine ensuite imprégnées de baume de Canada. Le baume cuit, a été aspergé d’une
quantité de minéraux lourds (100 grains) et, la lame a été recouverte par une lamelle. L’ensemble
ainsi obtenu a été trempé dans un bain d’alcool afin d’éliminer le baume débordant la lame. Les
lames ainsi montées sont prêtes à être observées au microscope polarisant.

II.3.5. Observation à la loupe binoculaire


Les grains d’or recueillis ont été observés à la loupe binoculaire pour une appréciation de leur
couleur, forme, éclat et surface. Cette étude s’est faite au laboratoire des Sciences de la Terre et
Environnement de l’Université de Douala sur un microscope binoculaire de marque Motic.

II.3.6. Analyse par diffraction des Rayons-X


L’échantillon issu du mélange de tous les niveaux (stérile) du profil d’exploitation pour la DRX a
été au préalable pulvérisé à moins de 75μm et acheminé au laboratoire « Argiles, Géochimie et
Environnements Sédimentaires (AGE) » à l'Université de Liège, Belgique.
Les spectres de diffraction des rayons X (DRX) ont été obtenus avec un diffractomètre Bruker D8-
Avance Eco 1Kw (résistivité Kα de Copper, λ = 1,5418 Å, V = 40 125 KV, I = 25 mA) avec le
détecteur dispersif d'énergie LynxeyeXe. Les analyses ont été effectuées sur le matériau en vrac
9
(poudre non orientée avec des particules broyées <75μm). Le diagramme DRX a été enregistré sur
la plage angulaire 2-70 ° 2θ pour le matériau en vrac. Les échelons considérés pour cette analyse
étaient 0,02 ° 2θ, alors que le temps par étape choisi était de 0,25 seconde. L'optique primaire a été
motorisée afin d'éclairer une longueur d'échantillon fixe quelle que soit la position angulaire (16
mm pour le volume). L'identification des phases minérales a été réalisée à l'aide du logiciel Eva.

II.3.7. Traitement des données


Les données recueillies sur le terrain et au laboratoire ont été traitées par des logiciels appropriés
tels que Excel, Global mapper, Surfer et Adobe Ilustrator. Le modèle numérique de terrain (MNT)
réalisé a permis d’obtenir des cartes thématiques (Carte des unités géomorphologique, carte du
réseau hydrographique). Ces dernières ont été obtenues à partir des coordonnées géographiques
obtenues à l’aide du GPS sur le terrain ajoutées à ceux de SRTM-3 avec pour résolution 90m.

II.4. CONCLUSION
La méthodologie utilisée pour atteindre l’objectif de l’étude est classique. Le matériel est tout
simplement les échantillons prélevés sur le site d’étude. La méthode d’étude quant à elle consiste à
une revue bibliographique, des travaux de terrain et des travaux en Laboratoire.
Les résultats des observations et analyses sont présentés dans le prochain chapitre.

10
CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET INTERPRETATION

Ce chapitre présente les résultats de terrain, plus précisément l’étude des affleurements de roches et
alluvions du site (description macroscopique et microscopique) et les résultats des analyses. Il décrit
l’exploitation artisanale et semi-mécanisée de l’or à Kambélé et expose les différents impacts
sociaux environnementaux qui en découlent.

III.1. ETUDE DES AFFLEUREMENTS DE KAMBELE

Il s’agit de faire succinctement une description macroscopique et microscopique des échantillons


de roches.

III.1.1. Description macroscopique des roches


Dans la zone d’étude, il n’a pas été évident de trouver de véritables affleurements. Les formes
originelles sont presque inexistantes. Néanmoins, sont observés de part et d’autre sur le terrain des
blocs rocheux de granites (Figure 4).

Figure 4 : Blocs de roches de granite rencontrés sur le terrain.

Le site met en évidence deux (02) types pétrographiques (Figure 5) à savoir : les granites (A) et les
quartzites (B). Sur le terrain, les granites apparaissent sous forme de blocs rocheux tandis que les
quartzites apparaissent sous forme de filons en profondeur.
L’échantillon de granite (A) montre un désordre mélanocrate et leucocrate de plagioclase, biotite,
muscovite et quartz, tandis que l’échantillon de quartzite (B) de couleur blanchâtre est
essentiellement quartzeux.

11
A B

Figure 5 : Echantillons de roches. Granite (A) et quartzite (B)

III.1.2. Description microscopique des échantillons prélevés


Au total, 02 échantillons ont été prélevés lors des investigations sur le terrain pour les observations :
un échantillon de granite et un autre de quartzite.
- Le granite
Au microscope, l’échantillon de granite (Figure 6) présente une texture grenue porphyroïde à
tendance granoblastique constitué des grains fins à moyens composé de quartz millimétriques
xénomorphe (20-25%) de taille comprise entre 1,5-0,3mm, de feldspath (60-65%) généralement
sub-automorphe, représenté par le plagioclase (35-40%) de taille comprise entre 3-0,4mm, de
microcline (10-15%) de taille comprise entre 2,3-0,3mm, d’orthose (5-15%) de taille entre 2-
0,5mm et la myrmékite (2-3%). Egalement, sont observés la biotite (5-10%) en paillettes parfois
orientées et agglutinées, l’épidote (2-3%) en grains parfois agglutinés et rarement prismatiques,
l’hornblende (1-3%) très rare en prisme losangique, la calcite (1%) à aspect expansif entre le quartz
et le feldspath et les minéraux opaques (1-2%). Il s’agit d’un granite alcalin.

A B

12
C D

Figure 6: Caractères microscopiques des lames étudiées. A : texture grenue montrant la biotite agglutinée
entre plagioclase et quartz (LPA) ; B : même que A (LPNA) ; C : texture grenue montrant la calcite entre
Qtz et Pl (LPA) ; D : texture grenue montrant association myrmékite et microcline (LPA) ; E : texture
grenue montrant l’épidote entre Qtz et Pl (LPA).

- Le quartzite
L’échantillon de quartzite observé au microscope (Figure 7) présente une texture grenue composé
essentiellement de quartz xénomorphe, de taille comprise entre 4-0,2mm

Opaque Qtz

Figure 7: Texture grenue du quartzite (LP).

13
III.2. ETUDE MACROSCOPIQUE DU PROFIL D’EXPLOITATION
L’affleurement se compose en majorité des dépôts d’origine détritique fins à grossiers, contenant
du quartz en abondance. Les groupes de sédiments répertoriés sont : argile, sable et conglomérats.
Les couleurs caractéristiques sont jaunes et rouge-brun pour les sédiments sableux, grise et noire
pour les sédiments argileux. A l’intérieur du faciès argileux, on observe des nodules de
cuirassement (Figure 8). Dans l’ensemble, huit (08) niveaux ont été répertoriés. Ceux- ci sont
présentés dans le Tableau 2.

Figure 8: Coupe lithologique de synthèse de la zone d’étude.

Tableau 2: Codes de faciès et lithologies correspondantes aux couches du profil.(Modifié d’après


Miall, 1978) in (Mbaï,2014)
Code des faciès Lithologie Caractéristiques
Humus de couleur sombre
H Couche Humifère
d’environ 40cm d’épaisseur

14
Code des faciès Lithologie Caractéristiques
Sable argileux fin à moyen rouge
S1f1 Sable argileux
brune épaisse d’environ 100cm
Argile sableux fin à moyen. Epaisse
F2s2 Argile sableux
d’environ 40cm.
Argile brune rouge en voix
F3c Argile compact
de cuirassement d’environ 50cm
Cuirasse massive compact de couleur
C4mc Cuirasse massive compact
rouge blanc épaisse d’environ 80cm.
Sable fin imbriqué de galets arrondis à
S3 Sable graveleux
sub-arrondis épaisse d’environ 50cm
S4 Sable fin Sable fin blanc
Sable argileux
S5fg Sable minéralisés
conglomératique

III.3. GRANULOMETRIE DES MATERIAUX ALLUVIONNAIRES DU PROFIL


D’EXPLOITATION
Les résultats de l’analyse granulométrique concernent les différents niveaux du profil d’exploitation
mis en évidence précédemment. Elle a permis de ressortir la distribution de la taille des particules
de chaque échantillon des différents niveaux du profil d’exploitation (Tableau 3).

Tableau 3 : Répartition des fractions granulométriques des échantillons du profil

% de cailloux % de gravier % de sable % de limons % d’argile


Echantillons
Ф>20mm 20>Ф>2 mm 2>Ф>0.02 mm 0.02>Ф>0.002 mm Ф<0.002 mm
(S1f1) 0 0,3 56,7 7,2 35,8
(F2s2) 0 0,2 39,1 6,8 53,9
(F3c) 35,9 21,4 28,2 39,9 10,5
(C4mc) 25,4 15 45,8 29,7 9,5
(S3) 0 3,1 96,9 0 0
(S4) 0 1,1 98,9 0 0
(S5fg) 3 5,4 72 10,5 12,1

Dans l’ensemble, toutes les fractions granulométriques sont représentées. Le tableau 3 et la figure 9
de synthèse des courbes granulométriques montrent que :
- le niveau S1f1 dont l’échantillon représentatif a un poids de 580g, est constitué essentiellement de

sables et d’argiles. Dans l’ensemble, les sables représentent 56.7% et les argiles 35.8%.Les tailles
granulométriques de plus de 20mm ne sont pas représentées tandis que les graviers et limons y
sont mais en faibles proportions ;
- le niveau F2s2 dont l’échantillon représentatif a un poids de 547g, est constitué essentiellement

d’argiles et de sables. Dans l’ensemble, les argiles représentent 53.9% et les sables 39.1%. Les

15
tailles granulométriques de plus de 20 mm ne sont pas représentées, mais les graviers et limons y
sont présents en faible proportions ;
- le niveau F3c dont l’échantillon représentatif a un poids de 689g comporte toutes les tailles
granulométriques dont principalement les tailles de diamètre supérieur à 20 mm : de limons à
39.9%, des sables à 28.2%, du gravier à 21.4% et enfin d’argiles à 10.2% ;
- le niveau C4mc dont l’échantillon représentatif a un poids de 688g, comporte également toutes

les tailles granulométriques à savoir les tailles de diamètre supérieur à 20 mm : de limons à 29.7%,
des sables à 45.8%, du gravier à 15% et enfin d’argiles à 9.5% ;
- le niveau S3 dont l’échantillon représentatif a un poids de 784g, constitué essentiellement de sable
à 96.9% ;
- tout comme le niveau S3, le niveau S4 dont l’échantillon représentatif a un poids de 784g,
constitué essentiellement de sable à 98.9% ;
- le niveau S5fg dont l’échantillon représentatif a un poids de 1400g comporte toutes les tailles
granulométriques dont principalement les tailles de diamètre supérieur à 20 mm : de limons à
5.4%, des sables à 72%, du gravier à 10.5% et enfin d’argiles à 12.1%.
C’est dans ce niveau S5fg que se trouve la minéralisation d’or alluvionnaire qui est obtenue après
lavage.
100
90
80
70
% cumulé tamisat

60 S1f1
50 F2s2
40
F3c
30
C4mc
20
S3
10
S4
0
S5fg 10 1 0,1 0,01 0,001
Diamètre des grains (mm)

Figure 9 : Courbe granulométrique de synthèse des différents échantillons.

III.4. ANALYSE DES MINERAUX LOURDS


Les minéraux lourds dans les fonds de bâtée sont constitués de zircon, monazite et minéraux
opaques (Figure 10).

16
Figure 10: Minéraux lourds identifiés : A : Zircon(LPNA) ; B : Zircon (LPA) ; C : Minéraux
Opaques ; D : Monazite (LPNA) ; E : Monazite (LPA).

Le tableau4 ci-dessous présente le pourcentage de la forme des grains individualisés. Il en ressort


qu’ils sont constitués principalement de minéraux opaques et de zircon (Figure 11). La monazite
(2%) est incolore à faiblement jaunâtre et sub-arrondie. Le zircon (45%) est incolore et parfois
zoné. Il est anguleux à très anguleux et rarement sub-arrondi. Les minéraux opaques (54%) sont
anguleux à sub-arrondis. Tous ces minéraux lourds proviendraient des roches plutoniques
environnantes.

Tableau 4 : Abondance (%) des Minéraux lourds (fond de batée).


Minéraux lourds % des minéraux Formes des minéraux
Monazite 2 Sub-arrondis
Zircon 45 Anguleux à très anguleux
Minéraux opaques 53 Anguleux à sub-arrondis

% des minéraux

M onazit e

Zircon

M inéraux opaques

Figure 11: Diagramme circulaire de l’abondance (%) des minéraux lourds (fond de batée).

17
III.5. GRANULOMETRIE DE L’OR
Cette analyse a permis de ressortir la distribution des particules d’or issu du fond de batée. Le tableau 5 et
la figure 12 montre que l’or de Kambélé est concentré dans les fractions 200-400µm et 500µm.
Tableau 5 : Répartition des tailles granulométrique de l’or.

120
100
80
60 % poids reel
40
% poids cum
20
0
<40 40-80 80-90 90-200 200-400 400-500 >500

Figure 12: Diagramme de répartition des tailles granulométrique de l’or.

III.6. MORPHOSCOPIE DE L’OR


L’observation à la loupe binoculaire des grains d’or (Figure 13) met en évidence des grains de
couleur jaune très brillant de surfaces lisses à rugueuses et vacuolaires avec des vides de
dissolution. Les formes arrondies à sub-arrondies représentent environ 17 % pour les tailles les plus
fines, environ 28 % pour les émoussées et environ 55 % pour les formes anguleuses et allongées des
moins fines. Ce qui montre que le transport n’a pas été long et la roche source de la minéralisation
serait dans la zone environnante.

Figure 13: Morphoscopie des grains d’or extrait des fonds de batées.
18
III.7. ANALYSE PAR DIFFRACTION DES RAYONS X (DRX) DES STERILES
L’analyse par DRX a été faite sur un échantillon prélevé du quartage de l’ensemble des matériaux
du profil d’exploitation. Cet échantillon représente le stérile qui regroupe les différentes couches au-
dessus du gravier minéralisé. Les résultats sont présentés dans le graphe de l’annexe 5. Après
dépouillage, il ressort que ces stériles sont essentiellement composés de quartz, de gypse et des
oxydes.
Tableau 6: Abondance relative des phases minéralogiques déterminée par [Link] : très abondant
(>50%) ; A : abondant (30-50%) ; M : abondance moyenne (10-30%) ; F : abondance faible (2-
10%) ; Tr : trace (<2%). (Goumih, 2014).

Carbonates
Familles

Silicates

Sulfates

Oxydes
Palygorskite

Ferrihydrite
Strontianite

Manganite

Oxyde Mn
Magnétite

Oxyde Al
Kaolinite

Hématite

Goethite
Chlorite

Anatase
Amesite

Sidérite
Quartz

Gypse

Sutite
Minéraux

% / Minéraux 51.6 1 1 1 4 6.7 3.59 1 1 4.5 3 1.3 3.1 2.2 2.2 5.4 7.2
Abondance TA Tr Tr Tr F F F Tr Tr F F Tr F F F F F
Proportions / famille 58.35 6.73 4.74 30.03
Abondance / famille TA F F A

III.8. DESCRIPTION DE L’ACTIVITE MINIERE A KAMBELE

La description de l’activité minière permet de suivre les étapes qui conduisent à l’extraction de la
substance recherchée et à mettre en évidence les répercussions qui sont liées à cette activité.
La région minéralisée est située dans la zone dénommée « district aurifère de l’Est ».
L’exploitation des gisements d’or qui s’y trouvent se fait de façon artisanale et semi mécanisée. Les
plus grandes concentrations sont récupérées aussi bien dans les flats de rivières anciennes et
actuelles, que dans les veines de quartz. Les chantiers en eux même sont des flats en exploitation
pour l’or alluvionnaire, des ravins et galeries creusées pour l’or primaire dans les filons de quartz.

III.8.1. TYPES D’EXPLOITATION


Sur le terrain, sont observés deux types d’exploitation à savoir :
- l’exploitation artisanale qui concerne l’extraction de l’or alluvionnaire dans les flats des rivières
et l’or primaire dans les filons et veines de quartz ;
- l’exploitation semi-mécanisée s’effectue uniquement pour l’extraction de l’or alluvionnaire.

19
III.8.1.1. Exploitation semi-mécanisée de l’or
Ce type d’exploitation sur le terrain ne concerne que l’or alluvionnaire. L’exploitation est peu
mécanisée avec des outils mécaniques durant tout le procédé allant de la déforestation des espaces
de terrain jusqu’à la récupération de l’or. Le gravier extrait est transporté vers l’unité de traitement
qui est une unité de lavage mécanique constituée de tapis à différents niveaux (Figure 14A). Cette
station de lavage est alimentée par de l’eau pompée depuis le fleuve, rivière ou eau stagnée (Figure
14B). Le gravier est versé dans le bac de la machine, arrosé et giclé. L’or est recueilli par les
différentes sections des tapis.

A B

Figure 14: Extraction semi-mécanisée de l’or.


Les activités liées à ce type d’exploitation sont entre autres : la déforestation, le déblayage,
l’excavation du gravier /sable minéralisé, le traitement pour concentration et récupération de la
substance utile. En général, le procédé de traitement utilise le principe gravimétrique. Les éléments
sont séparés par ordre de densité.

a- Déforestation
L’exploitation de l’or à Kambélé débute avec la déforestation, le désherbage qui consiste à la
suppression ou diminution du couvert végétal (Figure 15A) pour l’exploitation du minerai.

A B

Figure 15: Destruction progressive des espaces : avant exploitation(A), après exploitation (B)

20
b- Mise à découvert/déblayage
C’est le creusement d’énormes volumes de déblais afin de mettre à découvert la couche ou filon
minéralisé. Le déblayage du stérile se fait à l’aide des pelles excavatrices dans les chantiers
mécanisés et pelle manuelle dans les chantiers artisanaux.

III.8.1.2. Exploitation artisanale de l’or


La pratique artisanale se fait tant pour l’extraction de l’or alluvionnaire que pour l’extraction de l’or
primaire.
 Exploitation artisanale de l’or alluvionnaire
La pratique artisanale pour l’exploitation de l’or alluvionnaire (Figure 16) s’opère avec des outils
rudimentaires tels que les pelles pour le prélèvement (2,3), les brouettes pour le transport dans le cas
où le lavage n’est pas in-situ. Le lavage se fait à l’aide d’un dispositif archaïque (4,5).
Généralement, des sites déjà exploités (3) ou en exploitation (1) de façon mécanisée sont des cibles
pour cette pratique.

1 2 3

4 5 6

Figure 16: Procédés de récupération de l’or alluvionnaire de façon artisanale.

 Exploitation artisanale de l’or primaire


Les artisans se servent généralement d’observations, de leur intuition pour s’aventurer à la
recherche d’un filon. De ce fait, ils creusent des trous, ravins en forme de gradins (Figure 17). Ils
atteignent les quartzites granulés non altérés qui représentent la roche minéralisée. Ils suivent cette
roche minéralisée sur toute son étendue (filon ou veine).

21
Les profondeurs peuvent aller jusqu’à 30m et les galeries sur environ 7m de longueur. Ils utilisent
des outils rudimentaires tels que pioche, pelle, marteau pour le creusement et des sacs pour la
récupération et le transfert vers la surface.
Ils vérifient régulièrement la stabilité des talus en faisant des raclages et disposés de façon à former
une chaine de raccord. Ils utilisent le langage « baine » pour caractériser la profondeur de la mine
souterraine. Une mine de 23 à 30 m s’appelle mine de 9 à 10 baines car une baine fait pour certains
2,5 m et pour d’autres 3m.

Figure 17: Recherche du filon de façon artisanale

Les sacs chargés en profondeur parviennent à la surface par la chaine de relais et une fois en
surface est vendu sur le tas à d’autres artisans. La suite du processus consiste à passer au traitement
pour la récupération de la substance utile. Les différentes étapes (Figure 18) sont celles de
concassage des blocs (2), broyage des graviers obtenus (5), lavage au sluice (7) et récupération par
densimétrie d’un fond des minéraux lourds (8).

Figure 18: Procédés de récupération de l’or primaire de façon artisanale.

22
III.9. IMPACTS LIES AUX ACTIVITES D’EXTRACTION DE L’OR

L’exploitation de l’or est une activité aux conséquences destructrices sur l’écosystème. Bien que
lucrative, elle constitue un risque et un danger pour l’environnement. Les différentes activités
effectuées telles que listées précédemment se déroulent dans une localité humaine et zone
écologiquement sensible classée comme habitat naturel d’espèces animales, végétales et humaines.
Ainsi, les composantes les plus affectées par les activités sont : la flore, la faune, le sol et enfin
l’homme.

III.9.1. Enjeux environnementaux

Les enjeux liés aux activités de l’exploitation minière à Batouri s’observent à plusieurs niveaux de
l’environnement : milieu biologique, sol, ressources en eau, paysage, climat.
- Milieu biologique
Le déboisement, défrichage, destruction de la forêt provoquent sur le milieu biologique, la
modification et destruction de la faune et la flore avec la disparition de certaines espèces
floristiques, la perturbation du comportement des animaux dans la zone d’exploitation, leur
déménagement d’où le déséquilibre de l’écosystème. Suivant une petite enquête menée sur le site, il
ressort qu’avant cette activité minière dans le site, on ne pouvait parcourir 10 km sans rencontrer un
animal ; ce qui devient de plus en plus rare. Le flux de populations accentue d’avantage leur
disparition. En somme, une perte de la biodiversité.
- sol
La fragilisation du sol par morcellement de la couverture végétale et autres horizons lors de la mise
à découverture modifie la structure du profil pédologique, accélère la sensibilité du sol à l’érosion
induisant sa déstabilisation. L’excavation des profils d’exploitation modifie le relief avec les dépôts
de déblais (Figure 19)

A B

Figure 19: Morcellement du sol

23
Le sol est le plus important des ressources naturelles renouvelables sur lesquelles se fondent
l’activité humaine de production. Toute pollution du sol influe sur la flore, la faune et sur l’homme.
Il reste évident que le sol est fragilisé car séparé de son couvert végétal (habitat des micro-
organismes qui constituent un maillon de la chaîne alimentaire). Les eaux usées résultant de la
maintenance mécanique polluent également ces sols. La perte de la fertilité de ces sols
indispensable aux populations n’est pas en reste.

- Ressources en eau
Les ressources naturelles en eau connaissent également une pression pour les besoins usuels tels que
ménages, logistiques, maintenances… . Les eaux sont déviées de leur lit habituel lorsque les besoins
se font ressentir pour les travaux. Ce qui perturbe le régime des cours d’eau de la localité car ils
prennent une autre direction après utilisation (Figure 20A et B). Le réseau de drainage modifié crée
des perturbations sur l’écoulement et le comportement hydrologique des cours d’eau de la région.

A B

Figure 20: Rivière en amont (A) et aval (B) des chantiers

Les eaux utilisées pour le traitement du minerai sont rejetées directement dans le milieu naturel.
L’usage de bassin de décantation n’est pas utilisé à Kambélé. L’eau ainsi rejetée est
alors fortement chargée de matières en suspension et augmente la turbidité des cours d’eau (Tehna,
2015). L’envasement des rivières est une conséquence directe. Ainsi, la charge sédimentaire trop
élevée a des effets sur la vie aquatique. Les rivières au sortie des sites ont perdu leur débit et volume
de par les obstacles rencontrés au moment de la traversé des zones d’exploitation. Le déversement
des eaux usées du camp, des effluents des ateliers mécaniques à l’instar du carburant polluent les
eaux.

24
- Paysage
Le procédé de traitement du minerai étant le principe de gravimétrie, les éléments sont séparés par
ordre de densité. Le taux de récupération étant très faible, il est observé des monticules de stériles
du déblaiement issus des profils d’exploitation (Figure 21A et B). Ce qui modifie de façon
considérable la topographie et par conséquent modifie localement les processus de géodynamique
externe. Par exemple, sur le tas stérile, s’observe les traces de circulation des eaux de ruissellement.
Ces eaux qui devaient naturellement s’infiltrer dans le sol et alimenter les nappes se retrouvent être
retenues et déviées par les dépôts de stériles. Le sol est marqué de trous et de fossés occupés par
des mares d’eau sales, habitat de moustiques, de bilharzioses et autres maladies hydriques.

A B

Figure 21: Monticules des stériles et déblais abandonnés dans la nature

- Climat
La perte de la forêt par destruction, constitue un risque pour le cycle de carbone qui peut être à l’
origine de la variation de la pluviométrie dans la localité. Sans oublier que la déforestation a une
incidence directe sur le milieu végétal et à long terme sur le climat.

III.9.2. Enjeux sociaux


Des répercussions ont également été répertoriées en ce qui concerne le social notamment par
l’immigration, la pollution atmosphérique, les rapports conflictuels, la vulnérabilité des populations
locales.
- Immigration
Un flux migratoire est constaté avec la venue des populations des quatre coins du Cameroun. Cette
immigration est induite par l’activité minière créatrice d’emploi et activités associées. Pour ce qui
est des eaux, une contamination bactérienne est identifiée dans les cours d’eau de surface au village
ce qui n’est pas surprenant compte tenu de l’importante présence humaine attirée par les activités
minières et des mauvaises pratiques d’hygiène.

25
- Pollution atmosphérique
Les mineurs locaux ou orpailleurs ont l’habitude de suivre les chantiers en exploitation et s’y
installent en créant en général des villages spontanés à proximité des sites d’extraction. Ils
s’abritent dans des huttes de branchages et de paille qui ne présentent aucune commodité de
protection. Ces abris sont dépourvus de toute infrastructure hygiénique.
La pollution atmosphérique est également matérialisée ici par les poubelles et déchets de toutes
natures qui ne connaissent aucune organisation de sites d’épuration ou de décharges. Il est identifié
des odeurs à certains endroits ou un flux de personnes se fait ressentir.

- Rapports conflictuels
Lorsque les expatriés arrivent dans la localité, ils ont besoin des autochtones comme collaborateurs.
Ces derniers acquièrent ainsi des privilèges et deviennent un obstacle pour leurs autres frères
autochtones au moment de bénéficier des stériles des matériaux de l’exploitation semi-mécanisée
résultant de la laverie pour un traitement secondaire par dispositif de lavage archaïque ou par pan et
batée ; sans oublier les disputes récurrentes pour les espaces entre artisans.
L’exploitation de l’or dans cette localité est à l’origine de la convoitise, des rebelles qui
franchissent très régulièrement la frontière avec la République centrafricaine et des agresseurs d’où
la présence des services de sécurité sur le site.
Les familles sont embarrassées et révoltées par le fait de voir leur petite fille en âge d’émancipation
porter des grossesses précoces dont les géniteurs sont les expatriés et se posent des questions sur le
devenir de ces enfants à la fin de cette activité dans la localité.

- Vulnérabilité des populations locales


Les populations locales se trouvent vulnérables à cause de l’insécurité et aux potentielles
frustrations. La dégradation des mœurs est à noter car la localité accueille des étrangers et les
autochtones voient leur présence influencer leurs coutumes. Également, il ya une augmentation
dans la région de la prostitution, de l’alcoolisme, de la toxicomanie, des IST/SIDA.
Les mineurs créent en général, des villages spontanés à proximité des sites d’extraction. Ils
s’abritent dans des huttes de branchages et de paille qui ne présentent aucune commodité. Ces
abris sont dépourvus de toute infrastructure hygiénique et sont particulièrement exposés aux
incendies.
Au niveau sanitaire, les maladies sexuellement transmissibles se répandent rapidement (Keita,
2001). Selon les statistiques sanitaires disponibles pour la région de l’Est (INS, 2010), les maladies
les plus courantes enregistrées sont surtout le paludisme, les infections respiratoires aiguës,

26
les diarrhées, les dermatoses et les maladies sexuellement transmissibles. Le coût de vie
devient de plus en plus élevé du fait de la rareté de la viande et poisson aussi le flux de populations
toujours croissante. Les bovins n’ont plus assez d’espaces de pâturages et les éleveurs se retrouvent
à chaque fois sur les mêmes endroits pour nourrirent leurs bêtes.
Les activités liées à la mine détournent les enfants du village de l’éducation. Ils préfèrent se
consacrer à l’exploitation de l’or. Néanmoins, l’exploitation minière constitue des points d’appui de
développement économique. En outre, on parle de gestion des ressources parce que le besoin de ces
ressources se fait ressentir. Il n’est pas question de voir toujours la chose négativement mais aussi
son côté positif.
A Batouri, en ce qui concerne les aspects positifs, ces derniers sont liés à l’amélioration des
conditions de vie des populations. Il s’agit :
- de la création des emplois bien qu’ouvriers,
- du transfert des technologies,
- du développement des activités économiques dans la localité,
- de la modernisation de la zone et le développement des infrastructures sociales,
- du désenclavement de la région,
- de l’amélioration de l’habitat local et voies de communication.
Ces emplois et cet enrichissement local permettent la réduction de l’exode rural, le développement
du commerce, l’esprit d’entreprise et enfin l’auto formation d’ouvriers ainsi que l’amélioration des
compétences locales dans les techniques de l’exploitation minière. Dommage que ces villages
miniers demeurent dans une pauvreté inexplicable.

III.10. CONCLUSION
L’étude minéralogique a permis de décrire les types pétrographique rencontrés, les matériaux du
profil d’exploitation, les minéraux lourds ou sont contenu l’or et de caractériser cet or. L’activité
minière telle qu’elle est pratiquée a été exposée suivi des dommages qu’elle inflige aux
composantes de l’environnement. Les différents résultats sont discutés dans le chapitre suivant.

27
CHAPITRE IV : DISCUSSIONS
Ce chapitre porte sur la discussion des principaux résultats de l’étude. Il intègre tous les aspects
abordés dans l’optique de mieux comprendre le contexte de la minéralisation d’or, l’environnement
de l’exploitation de cette minéralisation et de cerner tous les dommages susceptibles de perturber
l’équilibre des écosystèmes fragiles environnants.

IV.1. GEOLOGIE DE KAMBELE ET OR PRIMAIRE


La géologie du site est faite de granites recoupés par des filons de veines de quartz. D’après Ebot
(1993), les minéralisations primaires d’or dans la Kadey sont étroitement liées au shears zones à
veines de quartz et sulfures aurifères disséminés dans un matériau parental granito-gneissique d’âge
Archéen. L’altération hydrothermale des roches archéennes aurait entrainé une séricitisation (K2O),
une tourmalinisation dans les shears zones (Colvin et al., 1998). Ces fluides proviendraient de la
déshydratation des roches pendant le métamorphisme régional (Boyle, 1979; Groves, et al., 1984 ;
Roberts 1987 in Illouga, 2006), mais l’association de la minéralisation aux intrusions granitiques
suggère une source magmatique possible de ces fluides. Le secteur d’étude étant dans la Kadey, ces
phénomènes sont les mêmes. Le contexte géologique est identique à celui des minéralisations
aurifères étudiées à Colomine par Ebot (1993) et en Australie par Kent (1996).

IV.2. MATERIAUX ALLUVIONNAIRES DE KAMBELE


La caractérisation des différents niveaux de matériaux rencontrés dans les profils montre qu’ils sont
constitués d’un niveau humifère, d’un niveau sableux-graveleux, d’un niveau graveleux sableux
producteur. Dans les alluvions, l’or est concentré dans les niveaux sableux à graviers ce qui peut
s’expliquer par l’érosion du gisement primaire. Ce dernier a libéré les paillettes d’or qui en suivant
les mouvements du sol se sont éparpillés dans les flats du cours d’eau. Ce qui explique également la
finesse de cet or. Les minéraux lourds sont constitués de monazite, zircon et en majorité de
minéraux opaques.
L’or extrait est de couleur jaune d’un éclat brillant et de taille comprise entre les granulométries
80-500µm. Les formes sont : arrondis à sub-arrondis, anguleux à allongées. La surface lisse
émoussée à rugueuse vacuolaire avec des vides de dissolution. La source ne doit pas être bien loin
du lieu d’extraction de la substance, compte tenu de l’importance des particules d’or anguleuses.
Les résidus miniers produits à Kambélé sont constitués des particules de dimensions variables. Il
s’agit des graviers, sables grossiers et fins, limons et boues argileuses issues du lavage du tout-
venant. De pareils matériaux produisant d’importantes ressources aurifères sont exploités au

28
Cameroun à Bétaré Oya (Tehna et al., 2015), à Djaba (Tsopkeng et al., 2015) au Burkina Faso, en
Côte d’Ivoire, au Mali (Keita, 2001) et au Ghana (Matthieu, 2015).

IV.3. ACTIVITE MINIERE ET IMPACT ENVIRONNEMENTAUX


Les procédés d’exploitation tel que pratiqués sur le site sont semblables à ceux observés à Bétaré
Oya, (Tehna, 2015; Eloung, 2010), à Djaba (Tsopkeng, 2015), au Ghana (Matthieu, 2015). Il a été
mis en évidence que ces procédés ne permettent pas de récupérer le maximum de matières
précieuses avec des pertes allant jusqu’à 55%.
Les observations directes sur les sites en cours d’exploitation montrent chaque étape de
l’exploitation minière entraine des impacts négatifs sur les écosystèmes. Les sites sont abandonnés
sans réhabilitation.
Cette exploitation telle que pratiquée à Kambélé-Batouri génère des déchets miniers composés de
matériaux sous forme de stériles d’extraction et les résidus de traitement du minerai. Ces déchets
générés n’étant pas inertes pourraient ainsi constituer une source de pollution de l’environnement
tel le sol, les eaux de surfaces par concentration des Eléments Traces Métalliques (Tehna, 2007,
2015), la génération d’un Drainage Minier Acide (DMA) (Goumih, 2014).
Le phénomène de DMA apparait lorsque les minéraux sulfureux s’oxydent au contact de l’air et
l’eau pour produire l’acide sulfurique. La production d’acide réduit le PH de l’eau et entraine la
mobilisation des métaux lourds dommageables pour l’environnement (Hakkou, 2015).
Ces problèmes recensés au cours de l’exploitation minière de l’or à Kambélé sont semblables à
ceux observés à Bétaré Oya, (Tehna, 2015; Eloung, 2010), à Djaba (Tsopkeng, 2015), au Ghana
(Matthieu, 2015), au Mali (Keita, 2001) et au Burkina-Faso (Gueye, 2001) sur les mines artisanales
et les exploitations à petites échelles.

IV. 4. PLAN DE GESTION DURABLE ET RECOMMANDATIONS


Afin de réduire l’extension et la gravité des impacts de l’exploitation de l’or sur le site d’étude, des
efforts doivent être consentis pour une exploitation dans un contexte de développement durable
(Figure 22). C’est ainsi que désormais intégrer la notion développement durable, développement
basé sur des concepts de société, économie et environnement (équitable, vivable et viable
durablement) constitue une entrée pour tout projet. En outre, si les politiques ne renforcent pas le
système de suivi environnemental avec les phases bien plus compromettantes à venir, sera illustré
au Cameroun, le phénomène désigné dans le débat scientifique et politique par l’expression
« malédiction des ressources » (Déclaration de Berne) à cause des conséquences délétères de
l’exploitation de ces ressources (CEA, 2011).

29
Au cours de l’exploitation, un programme de suivi doit être appliqué. Ce programme doit porter
sur: la qualité de l’air, les conditions hydrogéologiques, la nature des stériles, la qualité de l’eau
(puits des riverains, eau issue du traitement et des rivières environnantes), la gestion des plaintes,
des incidents et la reprise de la végétation avec la fermeture des sites. Un exemple de végétation
via un projet d’écotourisme. Projet qui consiste au développement du tourisme de nature verte,
rurale en considérant sa dimension économique (représente une niche compatible avec
l’économie), sociale (communauté locale) et environnementale (réhabilitation des sites miniers
abandonnés) déjà développé au Maroc. En outre,
- que soit revu la collaboration et la transparence entre toutes les parties prenantes rentrant dans le
processus d’extraction minière au Cameroun (CAPAM, MINIMIDT, entreprises, artisans miniers,
riverains) de même que les contrôles et suivis environnementaux. La corruption également qui
règne au sein des institutions de l’Etat n’est pas en reste (Cogels et al., 2008 in Vraken.2010).
Un contrôle de la déforestation devrait être mené en replantant des arbres variés sur les sites au fur
et à mesure de l’exploitation et le suivi de la dégradation des sols à travers un processus de stockage
du sol humifère préalablement enlevé, pour une revégétalisation progressive.
- un accent particulier doit être mis sur le traitement et valorisation des stériles miniers. Les résultats
de l’analyse granulométrique ont donné un aperçu des différentes tailles des éléments considérés
comme stériles (argiles, sables, graviers), qui peuvent être valorisés (les argiles pour fabriquer des
briques de terres compressées afin d’améliorer les habitats dans la localité; les sables et graviers,
commerciales pour des besoins de construction et les non valorisables peuvent être utilisés pour
remblayer les fosses crées).
Il est intéressant d’exploiter les ressources minérales pour satisfaire les besoins financiers en amont.
En aval, il faut bien arriver à gérer les répercussions environnementales qui en découlent. Si rien
n’est fait, arriver à une exploitation minière dite durable ne se verra pas d’aussitôt au Cameroun.

Figure 22: Schéma du concept de développement durable (cours Pr. HAKKOU, 2015).

30
CONCLUSION GENERALE
Le but de ce travail a porté sur l’étude géologique des minéralisations d’or de Kambélé à Batouri et
les impacts socio-environnementaux liés à son exploitation. Pour se faire, des objectifs ont été fixés
à savoir : étudier les affleurements de Kambélé, déterminer la granulométrie des matériaux et de
l’or alluvionnaire et sa morphoscopie, définir les différentes activités minières de l’or à Kambélé et
dégager les impacts socio-environnementaux liés à l’exploitation de l’or.
L’étude pétrographique montre deux types de roches à savoir : granite et quartzite.
Le profil d’exploitation exposé décrit la séquence des alluvions en huit niveaux de matériaux
sédimentaires composés d’argile, sable, gravier et des nodules de cuirassement dans le faciès
argileux. Les minéraux lourds observés sont la monazite, le zircon et en majorité de minéraux
opaques ou sont concentrés l’or. L'or se trouve dans des veines de quartz quand il est primaire et les
roches hôtes sont ainsi broyées pour son extraction. Quant-il est secondaire, l'or se trouve dans les
alluvions et exploités dans les flats de rivières. L’observation à la loupe binoculaire des grains d’or
met en évidence des grains de couleur jaune très brillant de surfaces lisses à rugueuses et
vacuolaires avec des vides de dissolution. Ses formes sont arrondies à sub-arrondies, émoussées,
anguleuses et allongées. Les pratiques d’exploitation sont artisanales et peu mécanisées. L’analyse
minéralogique par DRX indique la présence des silicates, carbonates, des minéraux secondaires
argileux (kaolinite et smectite) et des oxydes de fer (hématite, ferrhydrite et magnétite) dans les
stériles miniers.
Les désagréments causés à l’environnement par l’extraction de l’or sont non négligeables,
notamment sur la flore, la faune, le sol et le relief, la pollution des eaux, sur l’homme avec le
développement des maladies et un engouement fort pour l’orpaillage. Leur gestion nécessite
l’application des méthodes efficaces de récupération de l’or mais également de restauration efficace
et économique dans un contexte de développement durable.

PERSPECTIVES
Il serait intéressant de renforcer l’étude géologique des minéralisations d’or primaire afin d’évaluer
la profondeur des filons minéralisés et caractériser la minéralisation.
Il a été mis en évidence les minéraux générateurs d’un DMA, et ceux neutralisant des minéraux
générateurs. Malheureusement, il na pas été possible d’évaluer les différents paramètres qui
permettraient de ressortir un bilan sur le devenir de ces stériles rejetés et abandonnés dans la nature
exposés à l’air. Une extension de l’étude permettrait de classer les éléments présents dans le sol et
dans l’eau, afin d’évaluer le niveau des risques de pollution et émettre d’autres hypothèses.

31
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Braux, C., Gouin J., Billa. (2013). Géologie et potentiel minier du Cameroun : connaissances et
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34
Annexe 1 : tableau de synthèse et courbes granulométrique des échantillons du profil d’exploitation.
S1f1 F2s2
diamètre diamètre
MC %MC %PC MC %MC %P
(mm) (mm)
15 0 0 100 15 100
6,5 0 0 100 Diamètre Ouverture de tamis (%) 6,5 0 0 100
5 1 0,17241379 99,8275862 MC Masse de refus cumulées(g) 5 0 0 100
2 2 0,34482759 99,6551724 %MC Masse de refus cumulées(%) 2 1 0,1828154 99,8171846
1 20 3,44827586 96,5517241 %P Passants (%) 1 15 2,7422304 97,2577697
0,8 34 5,86206897 94,137931 T(s) Temps de lecture 0,8 24 4,3875686 95,6124314
0,5 84 14,4827586 85,5172414 A Lecture du densimètre 0,5 59 10,786106 89,213894
0,4 103 17,7586207 82,2413793 B Correction solution dosage 0,4 68 12,431444 87,5685558
0,2 217 37,4137931 62,5862069 Hr Prof moy de la couche de liq 0,2 144 26,325411 73,6745887
0,09 298 51,3793103 48,6206897 0,09 195 35,648995 64,3510055

t(s) A B R=A-B Hr(10-²m) D(μm) % D(P) % des passants


30 21 -2,5 23,5 14,135 0,06843284 94,3560606 45,8570455 t(s) A B R=A-B Hr(10-²m) D(μm) % D(P) % des passants
60 20,5 -2,5 23 14,24 0,04856872 92,3484848 44,8813636 30 22,25 -2,5 24,75 13,8725 0,06779443 99,375 63,9975
120 20 -2,5 22,5 14,345 0,03446966 90,3409091 43,9056818 60 22 -2,5 24,5 13,925 0,04802853 98,3712121 63,3510606
300 19,5 -2,5 22 14,45 0,02188017 88,3333333 42,93 120 21,5 -2,5 24 14,03 0,0340891 96,3636364 62,0581818
600 19 -2,5 21,5 14,555 0,01552772 86,3257576 41,9543182 300 21 -2,5 23,5 14,135 0,02164037 94,3560606 60,765303
1200 18,5 -2,5 21 14,66 0,01101929 84,3181818 40,9786364 600 20,75 -2,5 23,25 14,1875 0,01533044 93,3522727 60,1188636
2400 18 -2,4 20,4 14,765 0,00781967 81,9090909 39,8078182 1200 20,5 -2,5 23 14,24 0,0108603 92,3484848 59,4724242
4800 17,5 -2,3 19,8 14,87 0,00554897 79,5 38,637 2400 20 -2,4 22,4 14,345 0,00770765 89,9393939 57,9209697
7200 17 -2,2 19,2 14,975 0,00454668 77,0909091 37,4661818 4800 19,75 -2,3 22,05 14,3975 0,0054601 88,5340909 57,0159545
14400 16,5 -2 18,5 15,08 0,00322624 74,280303 36,1002273 7200 19,5 -2,2 21,7 14,45 0,00446627 87,1287879 56,1109394
86400 16 -2 18 15,185 0,00132168 72,2727273 35,1245455 14400 19 -2 21 14,555 0,00316958 84,3181818 54,3009091
86400 18,75 -2 20,75 14,6075 0,00129631 83,3143939 53,6544697
100
S1f1 100
90 F2s2
80 90
% cumulé tamisat

80
70
70
60

%cumulé tamisat
60
50
50
40
40
30 30
20 20
10 10
0 0
10 1 0,1 0,01 0,001 10 1 0,1 0,01 0,001
Diamètre des grains (mm) Diamètre des grains (mm)

35
Annexe 2 : tableau de synthèse et courbes granulométrique des échantillons du profil d’exploitation.

F3c C4m
diamètre (mm) MC %MC %P diamètre (mm) MC %MC %P
15 0 0 100 15 0 0 100
6,5 0 0 100 6,5 0 0 100
5 1 0,12755102 99,872449 5 0 0 100
2 24 3,06122449 96,9387755 2 9 1,11111111 98,8888889
1 400 51,0204082 48,9795918 1 21 2,59259259 97,4074074
0,8 522 66,5816327 33,4183673 0,8 140 17,2839506 82,7160494
0,5 686 87,5 12,5 0,5 209 25,8024691 74,1975309
0,4 714 91,0714286 8,92857143 0,4 313 38,6419753 61,3580247
0,2 764 97,4489796 2,55102041 0,2 721 89,0123457 10,9876543
0,09 777 99,1071429 0,89285714 0,09 801 98,8888889 1,11111111
784 100 0 810 100 0
t(s) A B R=A-B Hr(10-²m) D(μm) % D(P) % des passants t(s) A B R=A-B Hr(10-²m) D(μm) % D(P) % des passants
30 21 -2,5 23,5 14,135 0,06843284 94,3560606 65,1056818 30 21 -2,5 23,5 14,135 0,06843284 94,3560606 54,7265152
60 20 -2,5 22,5 14,345 0,04874746 90,3409091 62,3352273 60 20 -2,5 22,5 14,345 0,04874746 90,3409091 52,3977273
120 18 -2,5 20,5 14,765 0,03497063 82,3106061 56,7943182 120 18 -2,5 20,5 14,765 0,03497063 82,3106061 47,7401515
300 16,5 -2,5 19 15,08 0,02235205 76,2878788 52,6386364 300 18 -2,5 20,5 14,765 0,02211737 82,3106061 47,7401515
600 15,5 -2,5 18 15,29 0,01591496 72,2727273 49,8681818 600 17,5 -2,5 20 14,87 0,01569485 80,3030303 46,5757576
1200 14 -2,5 16,5 15,605 0,0113689 66,25 45,7125 1200 16,25 -2,5 18,75 15,1325 0,01119546 75,2840909 43,6647727
2400 12 -2,4 14,4 16,025 0,00814649 57,8181818 39,8945455 2400 15,5 -2,4 17,9 15,29 0,00795748 71,8712121 41,685303
4800 11 -2,3 13,3 16,235 0,00579806 53,4015152 36,8470455 4800 15 -2,3 17,3 15,395 0,00564607 69,4621212 40,2880303
7200 10,5 -2,2 12,7 16,34 0,00474938 50,9924242 35,1847727 7200 14,5 -2,2 16,7 15,5 0,00462569 67,0530303 38,8907576
14400 10 -2 12 16,445 0,00336909 48,1818182 33,2454545 14400 14 -2 16 15,605 0,00328192 64,2424242 37,2606061
86400 8 -2 10 16,865 0,00139288 40,1515152 27,7045455 86400 13 -2 15 15,815 0,00134882 60,2272727 34,9318182

100 100
90 F3c 90 C4m
80 80

% cumulé tamisat
70 70
% cumulé tamisat

60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
10 1 0,1 0,01 0,001 10 1 0,1 0,01 0,001
Diamètre des grains (mm) Diamètre des grains (mm)

36
Annexe 3 : tableau de synthèse et courbes granulométrique des échantillons du profil d’exploitation.

S3 S4 S5fg
diamètre diamètre diamètre
%MC %P %MC %P %MC %P
(mm) MC (mm) MC (mm) MC

50 0 0 100 40 0 0 100 40 0 0 100

40 131 19,0130624 80,9869376 35 0 0 100 35 0 0 100

35 156 22,6415094 77,3584906 30 65 9,4476744 90,5523256 30 0 0 100

30 170 24,6734398 75,3265602 25 145 21,075581 78,9244186 25 37 2,64285714 97,3571429

25 206 29,8984035 70,1015965 20 175 25,436047 74,5639535 20 42 3 97

20 261 37,8809869 62,1190131 15 195 28,343023 71,6569767 15 52 3,71428571 96,2857143

15 277 40,203193 59,796807 6,5 258 37,5 62,5 6,5 108 7,71428571 92,2857143

6,5 376 54,5718433 45,4281567 5 261 37,936047 62,0639535 5 110 7,85714286 92,1428571

5 380 55,1523948 44,8476052 2 278 40,406977 59,5930233 2 118 8,42857143 91,5714286

2 395 57,329463 42,670537 1 334 48,546512 51,4534884 1 425 30,3571429 69,6428571

1 444 64,4412192 35,5587808 0,8 350 50,872093 49,127907 0,8 492 35,1428571 64,8571429

0,8 460 66,7634253 33,2365747 0,5 397 57,703488 42,2965116 0,5 693 49,5 50,5

0,5 482 69,9564586 30,0435414 0,4 418 60,755814 39,244186 0,4 757 54,0714286 45,9285714

0,4 492 71,4078374 28,5921626 0,2 526 76,453488 23,5465116 0,2 942 67,2857143 32,7142857

0,2 530 76,9230769 23,0769231 0,09 573 83,284884 16,7151163 0,09 1082 77,2857143 22,7142857

0,09 568 82,4383164 17,5616836 t(s) A B R=A-B Hr(10-²m) D(μm) % D(P) % des passants
30 22 -2,5 24,5 13,925 0,0679226 98,3712121 22,3302652

60 21 -2,5 23,5 14,135 0,04838933 94,3560606 21,4188258

120 20,5 -2,5 23 14,24 0,03434327 92,3484848 20,9631061

300 19 -2,5 21,5 14,555 0,02195952 86,3257576 19,595947

600 17 -2,5 19,5 14,975 0,01575016 78,2954545 17,7730682

1200 16 -2,5 18,5 15,185 0,01121487 74,280303 16,8616288

2400 15 -2,4 17,4 15,395 0,00798475 69,8636364 15,8590455

4800 14 -2,3 16,3 15,605 0,00568445 65,4469697 14,8564621

7200 13 -2,2 15,2 15,815 0,00467246 61,030303 13,8538788

14400 11,5 -2 13,5 16,13 0,00333667 54,2045455 12,3044318

86400 10,5 -2 12,5 16,34 0,00137103 50,1893939 11,3929924

37
Annexe 4 : courbes granulométrique des échantillons du profil d’exploitation.

100 100
90 S3 90 S4

80 80
70 70

% cumulé tamisat
% cumulé tamisat

60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
10 1 0,1 0,01 10 1 0,1 0,01
Diamètre des grains (mm) Diamètre des grains (mm)

100
S5fg
90
80
70
% cumulé tamisat

60
50
40
30
20
10
0
10 1 0,1 0,01 0,001
Diamètre des grains (mm)

38
Annexe 5 : diffractogramme des rayons X de l’échantillon du stérile minier.

39
Table des matièr es

INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................................1


1. CONTEXTE DE L’ETUDE ........................................................................................................1
2. PROBLEMATIQUE ...................................................................................................................1
3. OBJECTIF ..................................................................................................................................2
4. PLAN DE L’ETUDE ..................................................................................................................2

CHAPITRE I : MILIEU NATUREL DE KAMBELE ..............................................................................3


I.1. CADRE GEOGRAPHIQUE .....................................................................................................3
[Link] ........................................................................................................................3
I.1.2. Climat ................................................................................................................................4
I.1.3. Sol .....................................................................................................................................4
I.1.4. Végétation..........................................................................................................................4
[Link] et hydrographie .........................................................................................................4
I.2. CADRE GEOLOGIQUE ..........................................................................................................5
[Link] .........................................................................................................................6
CHAPITRE II : MATERIELS ET METHODES.....................................................................................7
II.1. RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE..................................................................................7
[Link] DE TERRAIN.......................................................................................................7
[Link] DE LABORATOIRE ............................................................................................8
II.3.1. Analyse pétrographique....................................................................................................8
[Link] granulométrique ...................................................................................................8
II.3.3. Séparation densimétrique ..................................................................................................9
II.3.4. Montage des lames de frottis ............................................................................................9
II.3.5. Observation à la loupe binoculaire.....................................................................................9
II.3.6. Analyse par diffraction des Rayons-X ..............................................................................9
II.3.7. Traitement des données ................................................................................................... 10
II.4. CONCLUSION ..................................................................................................................... 10
CHAPITRE III :PRESENTATION DES RESULTATS ET INTERPRETATION................................... 11
III.1. ETUDE DES AFFLEUREMENTSDE KAMBELE .............................................................. 11
III.1.1 Description macroscopique des roches ............................................................................ 11
III.1.2 Description microscopique des échantillons prélevés ...................................................... 12
III.2 : ETUDE MACROSCOPIQUE DU PROFIL D’EXPLOITATION ........................................ 14

40
III.3 :GRANULOMETRIE DES MATERIAUX ALLUVIONNAIRES DU PROFIL
D’EXPLOITATION ..................................................................................................................... 15
III.4 : ANALYSE DES MINERAUX LOURDS ............................................................................ 16
III.5. GRANULOMETRIE DE L’OR............................................................................................ 18
III.6. MORPHOSCOPIE DE L’OR ............................................................................................... 18
[Link] PAR DIFFRACTION DES RAYONS X (DRX) DES STERILES ...................... 19
III.8. DESCRIPTION DE L’ACTIVITE MINIERE A KAMBELE................................................ 19
III.8.1: TYPES D’EXPLOITATION ......................................................................................... 19
a- Déforestation ..................................................................................................................... 20
b- Mise à découvert/déblayage ............................................................................................... 21
III.9. IMPACTS LIES AUX ACTIVITES D’EXTRACTION DE L’OR ....................................... 23
III.9.1 Enjeux environnementaux ............................................................................................ 23
III.9.2. Enjeux sociaux .............................................................................................................. 25
III.10. CONCLUSION .................................................................................................................. 27
CHAPITRE IV : DISCUSSIONS ......................................................................................................... 28
IV.1. GEOLOGIE DE KAMBELE ET OR PRIMAIRE ................................................................ 28
IV.2. MATERIAUX ALLUVIONNAIRES DE KAMBELE ......................................................... 28
IV.3. ACTIVITE MINIERE ET IMPACT ENVIRONNEMENTAUX........................................... 29
IV. 4. PLAN DE GESTION DURABLE ET RECOMMANDATIONS ......................................... 29
CONCLUSION GENERALE ............................................................................................................... 31

PERSPECTIVES............................................................................................................................... 31

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .............................................................................................. 32


Annexe 1................................................................................................................................... 35
Annexe 2................................................................................................................................... 36
Annexe 3................................................................................................................................... 37
Annexe 4................................................................................................................................... 38
Annexe 5................................................................................................................................... 39

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