Université Rennes 1 – Chirurgie Dentaire 2019/2020
UE 2 EC 2 - Biomatériaux
Fiche de cours n° 3
Polymères et résines prothétiques
06/09/2019 – Yann-Loig TURPIN
Promo 03
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I. Les polymères
Un polymère est une macromolécule.
C’est un enchaînement covalent d’un très grand nombre d’unités de répétions à partir de molécules appelées
monomère.
On part d’une double liaison puis se prolonge parfois en des chaînes très longues
II. Les résines prothétiques
Elles servent à faire des prothèses amovibles ou des couronnes provisoires.
Que l’on fasse ces prothèses entièrement en résine ou sur un pilier métallique, il y a toujours une partie de
résine présente, les dents prothétiques elles-mêmes qu’on met sur les prothèses amovibles sont des
polymères de méthacrylates de méthyle (= polyméthacrylate de méthyle)
PMMA : polyméthacrylate de méthyle
Dans la vie courante, les stylos translucides sont faits en PMMA
On peut le colorer
En fonction de la composition des résines prothétiques, ça peut varier un petit peu, le PMMA standard est :
- Solide à température ordinaire
- Thermoplastique
- Soluble dans les solvants organiques
- Pas très stable donc peut absorber de l’eau, se dégrader...
➢ Composition
Un flacon de poudre :
→ polymères : PMMA déjà polymérisé et réduit en poudre
Un flacon de liquide :
→ Monomères (de très petites tailles)
→ Inhibiteur de polymérisation
=> Si besoin d’une résine plus visqueuse, certains fabricants remplacent les monomères par des petits
polymères
Déclencheurs chimiques (de polymérisation) dans la poudre et dans le liquide.
=> Le liquide va polymériser et donc faire un polymère qui va englober la poudre déjà elle-même un peu
polymérisée
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On peut faire des prothèses totales :
→ Toute la résine est en PMMA ou des évolutions du PMMA
Il y a différentes manières de le préparer mais le principe va toujours être le même :
- On fait une empreinte
- Montage sur la cire
- Moule autour de la cire ébouillantée
- On injecte le monomère
- Polymérisation
A. Résines thermo-polymérisables
Le PMMA est thermo-polymérisable
→ Quand on va faire une couronne provisoire directement sur la dent du patient, on ne va pas thermo-
polymériser mais on rajoute des initiateurs chimiques (chemo-polymérisation). Pour avoir une bonne
polymérisation, on fait une polymérisation à chaud (70°C), le monomère reste spontanément polymérisé.
=> La réaction de polymérisation est thermique
Important cliniquement : si on chauffe un monomère, il va polymériser et en polymérisant il va chauffer.
→ Le prothésiste le mets à 70°C donc spontanément la résine va augmenter en température aussi
=> On va faire des couronnes provisoires dans la bouche du patient, on ne va pas déclencher de
polymérisation à 70°C dans la bouche du patient. Une fois que la polymérisation est déclenchée, ça va
chauffer jusqu’à 40-45°C pour les résines chemo-polymérisables. Si on laisse la couronne provisoire monter à
45°C sur une dent pulpée, la pulpe deviendra un amas de trucs nécrosés.
Les fabricants qui fabriquent les résines essaient de réduire l’élévation thermique.
Ne pas mélanger une résine faite pour réparer une prothèse amovible (souvent roses) avec une résine faite
pour faire une couronne provisoire !
→ Si utilise une résine pour prothèse amovible en bouche, elle n’est pas du tout adaptée parce qu’elle va
monter à 80°C.
Quand on a des variations thermiques, on a des variations de volumes.
B. Les résines chemo-polymérisables
Les résines chemo-polymérisables sont beaucoup moins bien polymérisées, il y a beaucoup plus de porosités.
Au cabinet, un patient arrive avec une prothèse cassé à réparer rapidement, le dentiste répare la prothèse
avec de la résine auto-polymérisable rose. Puis on fait une chemo-polymérisation de la préparation : mettre
la prothèse 10min dans de l’eau bouillante dans une casserole.
En tant que dentistes, on va essentiellement utiliser des résines chemo-polymérisables, le cas clinique
classique est la couronne provisoire.
La couronne provisoire ne sera pas très étanche et pas très stable.
→ Contraction de prise
→ Très peu résistant mécaniquement
→ Mal polymérisé
=> La résine en elle-même s’imprègne de l’humidité
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Quand on dépulpe une dent, il faut faire une couronne provisoire. Un traitement endodontique qui n’est pas
protégé de la salive, au bout d’un mois il est entièrement contaminé. Comme une couronne provisoire n’est
pas étanche, elle ne doit pas rester plus de 6-7 semaines.
=> Quand on temporise une couronne provisoire, c’est une temporisation de très courte durée
On peut aussi avoir un traitement prothétique sur dent vitale, il faut donc que la couronne provisoire soit en
métal → ne sera pas non plus étanche (au bout de 15j – 3 semaines, des bactéries vont s’accumuler, risque
de caries, inflammations pulpaires).
→ Si fait par le prothésiste, sera un peu plus stable car il l’aura faite chemo-polymériser mais toujours pas
terrible.
Si on veut temporiser plus longtemps, on peut :
- Rendre la couronne inlay plus étanche : avec une couche hybride (une ou deux couches adhésives, sachant
que si on enlève la couronne et qu’on la remet plusieurs fois, il faudra refaire l’hybridation)
- Rendre la dentine plus étanche : avec un système adhésif SAM ou M&R
Sur une dent dépulpée, sur laquelle on va temporiser quelquefois 2-3 mois, on va faire une reconstruction
coronaire : on fait un inlay-core (pièce métallique beaucoup plus adaptée que la couronne provisoire). On va
soit sceller soit coller dans le grand canal => va être étanche.
C. Résines particulières
1. Les résines molles
Elles sont mal polymérisées.
Utilisées pour un enfant en croissance ou pour une prothèse maxillo-faciale (ex : cancer du
palais).
2. Les résines calcinables
Exemple : dent qui a déjà une couronne qui s’est cassée.
=> On fait une pièce en résine auto-polymérisable et on remet la couronne par-dessus.
Une fois qu’on aura notre pièce en résine on l’envoie au laboratoire de prothèse qui la coulera en métal.
3. Les résines acryliques à prise retardées
Résines qui vont durcir très lentement, sur plusieurs jours éventuellement.
Utilisées très régulièrement.
Exemple : sur une prothèse pas très adaptée, on fait un enregistrement fonctionnel → on peut mettre une
résine à prise retardée
=> Elle s’adapte aux tissus mous du patient, empreinte qui va s’étaler dans le temps
4. Les polycarbonates
Plus utilisés en clinique mais assez utilisés en cabinet.
Intéressants mais ils contiennent du bis phénol (embêtant)
Servent à faire des petits moules (vendus par les fabricants) et qu’on va pouvoir
adapter pour faire des couronnes provisoires.
L’avantage c’est qu’on peut les tordre