Cours de Probabilités - Licence 1 PDF
Cours de Probabilités - Licence 1 PDF
Module : Probabilités
Support de cours
L’objectif principal de ce cours de probabilités est d’initier les étudiants inscrits en licence
fondamentale (S2/SEG), aux traitements de données et plus précisément aux probabilités. A la fin
du semestre, les étudiants sont censés acquérir les connaissances essentielles en probabilités qui à
des degrés divers, deviennent un outil du processus de décision des gestionnaires et des agents
économiques. Ce module représente aussi un prérequis et un ensemble de connaissances de base
pour comprendre par la suite l’échantillonnage, l’estimation, les tests d’hypothèses et l’analyse de
données multivariées.
Le support de cours est disponible avec des exercices corrigés et des examens corrigés, ainsi que
des livres consultables gratuitement en ligne sur le site e-learning de l’université, où chaque
étudiant peut y accéder avec le login : N °Apogée et le mot de passe : le CNE en utilisant la clef
d’inscription : PROBA
Il est important de noter que ce support n’est pas une restitution du cours magistral. Lors de ce
dernier des exemples d’application accompagnent chaque concept afin de l’assimiler. Une
bibliographie sélective est présentée ci-dessous et peut être considérée comme un support
complémentaire de ce cours.
Bibliographie sélective
§ Anderson, Sweeney, Williams 2011, “Statistique pour l’économie et la gestion”,
3ème Edition, de boeck.
§ Aubert Henry 2011, “Manuel de statistique”, Ellipses Edition.
§ Dehon, Droesbeke et Vemandele 2008, “Eléments de statistique”, Editions de l’Université
de Bruxelles et Ellipses.
§ Denglos 2008, “Statistiques et Probabilités appliquées”, Presses Universitaires de France.
§ Jourdain 2009, “Probabilités et statistique”, Ellipses Edition Marketing.
§ Lefebvre 2011, “Probabilités, statistique et applications”, Presses Internationales.
§ Roger 2000, “Statistique pour la gestion”, Edition management et sociétés.
§ Tribout 2007 (ou 2013), “Statistique pour économistes et gestionnaires”, Pearson
Education, France.
L’une des questions essentielles à laquelle s’intéresse les probabilités peut se résumer de
la façon suivante : comment obtenir des informations sur une population à partir d’une mesure de
variables sur un échantillon. En d’autres termes : Comment à partir d’un échantillon prélevé dans
une population connue, est-il possible d’obtenir un certain nombre d’informations qui la
concernent ?
Dans les entreprises, la pratique des études de marché relève de la même démarche. On interroge
un échantillon de clients sur leur appréciation d’un produit, leurs habitudes de consommation par
exemple, et l’on déduit des profils de clients en principe valides pour toute la clientèle. La théorie
des probabilités cherche donc à apporter des outils et des techniques permettant de répondre
scientifiquement à ces questions. Le raisonnement des probabilités est ainsi un raisonnement
déductif.
Par contre, le raisonnement de la statistique est un raisonnement inductif, qui consiste à prédire
les caractéristiques d'une population inconnue à partir des statistiques déterminées dans un
échantillon représentatif et connu de cette population.
3. Notions de base
3.1 Expérience aléatoire
Une expérience aléatoire est tout processus ou toute action impliquant une certaine
intervention humaine, qui aboutit à un résultat, qui peut être défini comme une observation suite
à cette expérience.
Une expérience aléatoire représente toute expérience qui satisfait aux conditions suivantes :
§ Son résultat dépend du hasard. Ceci dit, on ne peut pas prévoir ou prédire avec certitude le
résultat de l’expérience ;
§ On peut décrire tous les résultats possibles avant l’expérience ;
§ On peut répéter l’expérience dans les mêmes conditions.
1
La théorie des tests statistiques sort du contexte de ce cours.
2
Dans ce support de cours, on utilisera les deux appellations.
Exemple :
On lance un dé et on note le résultat obtenu. L’univers des possibles dans ce cas est :
Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
Bien évidemment, l’ensemble fondamental Ω associé à une expérience aléatoire peut varier en
fonction des objectifs escomptés.
On peut noter que la description de l’univers des possibles peut se faire d’une manière
explicite ou implicite. La description explicite consiste à énumérer tous les éléments de
l’ensemble fondamental Ω, par contre la description implicite consiste à utiliser un formalisme
mathématique pour décrire cet ensemble.
Par ailleurs un ensemble fondamental ou un univers des possibles3 peut être un ensemble
fini ou un ensemble infini. Il peut être :
• Un ensemble fini, si l’ensemble fondamental contient un nombre fini de résultats ;
• Un ensemble infini, si l’ensemble fondamental contient un nombre infini de résultats, et
dans ce cas, il peut être :
o un ensemble dénombrable (discret), si toutes les issues peuvent être énumérées ;
o un ensemble non-dénombrable (continu), si toutes les issues ne peuvent pas être
énumérées.
En conclusion, la théorie moderne des probabilités utilise le concept des ensembles pour
modéliser une expérience aléatoire. L’univers des possibles Ω est ainsi un ensemble dont les
éléments représentent tous les événements élémentaires (ou issues) d’une expérience aléatoire4.
3
Ou encore un espace échantillon.
4
On suppose dans ce qui suit que Ω est un ensemble fini pour que les concepts présentés dans ce cours soient simples à
comprendre et par la suite on considèrera le cas où Ω est un ensemble infini.
1. Evénement aléatoire
Un événement aléatoire est un sous-ensemble de l’ensemble fondamental (Ω), associé à
une expérience aléatoire, qui peut se réaliser ou non au cours de cette expérience. On note cet
événement par une lettre majuscule (A, B, C, D, E,...). Il peut être aussi indicé (A1, A2,…).
2. Catégories d’événements
On peut citer plusieurs types d’événements :
§ Evénement élémentaire5 : lorsque l’événement se réduit à un seul résultat qui ne
peut être décomposé.
§ Evénement composé : tout événement qui peut être obtenu par la combinaison
d’événements élémentaires.
Exemple : on lance un dé, l’événement A « Obtenir un chiffre pair » est un
événement composé d’événements élémentaires {2}, {4}, {6} de l’ensemble
fondamental Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
§ Evénement impossible : c’est l’événement qui n’est jamais réalisé (désigné par
l’ensemble vide). Il correspond à une propriété qui n’est possédée par aucun résultat
possible de l’expérience.
§ Evénement certain : c’est l’événement qui se réalise toujours et ceci à chaque
répétition de l’expérience. L’événement certain est défini par une propriété que
possèdent tous les résultats possibles de l’expérience, il est ainsi représenté par
l’ensemble Ω lui-même.
5
Ou encore un événement indécomposable.
(Ω)
Ces deux opérations peuvent bien évidemment faire intervenir plus de deux événements. Ainsi, si
on considère A1,. . ., An des événements élémentaires :
n
∪ Ai = A1 ∪ A 2 ∪ A 3.... ∪ A n
i=1
Cette union est l’ensemble des événements élémentaires6 {ω} qui sont dans l’un au moins des Ai.
C’est donc l’événement { réalisation de l’un au moins des Ai (1 ≤ i ≤ n) }.
Si on considère l’intersection :
n
∩ Ai = A1 ∩ A 2 ∩ A 3.... ∩ A n
i=1
6
Ou encore singletons.
Cette intersection est l’ensemble des événements élémentaires {ω} qui sont dans tous les Ai.
C’est donc l’événement { réalisation de chacun des Ai (1 ≤ i ≤ n) }.
On peut étendre ces définitions aux réunions et intersections d’une suite infinie d’événements.
+∞
∪ Ai : {Réalisation de l’un au moins des Ai, i ∈ N},
i=1
+∞
∩ Ai :{Réalisation de tous les Ai, i ∈ N}.
i=1
On peut souligner que ces opérations sur les suites d’événements sont très utiles pour analyser
des événements complexes, à l’aide d’événements plus simples à calculer, afin de calculer par la
suite leur probabilité.
A Ā
v Egalité : deux événements A et B sont égaux, s’ils sont représentés par deux sous
ensembles qui incluent des éléments identiques, on note A=B.
v Evénements incompatibles
Les événements A et B sont incompatibles7, si A et B ne peuvent pas se réaliser en même
temps ou simultanément. Les événements A et B n’ont pas d’éléments en communs et leur
intersection est l’ensemble vide : A ∩ B = Ø.
A B
7
Ou exclusifs.
B
A
A! = Ω
!!!
8
En appliquant la probabilité , on obtient :
!
P( A! ) = P(Ω)
!!!
Ou bien :
!
P(A! ) = P(Ω)
!!!
8
La définition de la probabilité sera abordée dans la section suivante.
5. Définition de la probabilité
La probabilité, notée P peut être considérée comme une fonction d’ensembles, qui à un
événement associe un nombre compris entre 0 et 1 afin de mesurer les chances de réalisation de
cet événement.
P peut être ainsi considéré comme une fonction ayant un domaine de définition F qui est en
général plus petit que l’ensemble de toutes les parties de Ω qu’on note P (Ω).
Les propriétés de F qu’on appelle tribu sur Ω sont les suivantes :
Soit une expérience aléatoire avec « n » résultats (issues) représentés par l’univers des
possibles Ω = {ω1, ω2, ω3,…,ωn}. Soit P(Ω), l’ensemble de toutes les parties de Ω et A un
événement appartenant à Ω.
Une probabilité P sur P(Ω), est toute application p de P(Ω) dans [0,1] qui vérifie les axiomes
suivantes :
Axiome 1. La somme des probabilités de tous les événements élémentaires est égale à 1 :
p({ω1})+ p({ω2})+ p({ω3})+…. +p({ωn})=1 ceci dit P(Ω)=1,
Axiome 2. La probabilité d’un événement A est égale à la somme des probabilités des
événements élémentaires qui le composent. Ceci dit, pour toute suite Ai d’événements de
F deux à deux disjoints ou incompatibles:
! !
𝑃( 𝐴! ) = 𝑃(𝐴! )
!!! !!!
9
Il est souvent difficile d’énumérer tous les résultats possibles de Ω et les résultats favorables qui réalisent l’événement A, pour
déduire P (A). Pour résoudre ce problème, on utilise l’analyse combinatoire qui est explicitée dans la partie 3 de ce support.
10
On peut considérer l’expérience de lancer une pièce de monnaie et obtenir « pile » ou « face », et l’expérience de tirer au
hasard une boule blanche d’une urne qui contient 3 boules blanches et 3 boules noires.
Soit Ω un ensemble fini tel que Ω = {ω1, ω2, ω3, …ωn}, définir une loi de probabilité P
dans ce cas revient à :
!
§ Se donner n réels positifs ou nuls p1, p2,...., pn tels que !!! p! =1
§ Poser, pour tout indice i, P ({ωi}) = pi
Ainsi, on peut déterminer une loi de probabilité sur Ω si pour un événement A :
• P (A) est calculable,
• P (A) est égale à 𝑝! , tel que pi représente les probabilités des événements {ωi}
qui composent A.
Un certain nombre de propriétés découlent des trois axiomes présentés dans la section
précédente.
A B
Plus généralement, si A1, A2,…, An est une suite d’ événements qui sont deux à
deux incompatibles (ou qui constituent une partition de Ω) alors :
P (A1∪…∪ An) = P (A1) +…+P (An)
! !
𝑃( 𝐴! ) = 𝑃(𝐴! )
!!! !!!
B
A
(Ω)
A B
Si A et B ne sont pas incompatibles, il est nécessaire de distinguer dans leur réunion le rôle joué
par l’intersection A ∩ B. La probabilité de la réunion de ces deux événements :
P (A∪ B) = P (A) + P (B) - P (A ∩ B)
o Si le nombre de cas favorables est nul : P (A) = 0 = P (∅), qui correspond à la probabilité
de l’événement impossible.
L’analyse combinatoire est un ensemble de formules qui ont pour objectif de dénombrer
les différentes dispositions que l’on peut former à partir des éléments d’un ensemble fini.
En effet, c’est un ensemble de méthodes et de techniques qui peuvent répondre à des questions
comme :
§ Combien peut-on constituer de groupes différents de k éléments choisis dans une
11
population de n éléments, si l’ordre de tirage a de l’importance ou non ?
2. Règle du produit12
Soit une expérience aléatoire sous forme d’un couple (A1, A2). A1 et A2 se présentent
respectivement de n1 et n2 façons distinctes. On note que l’opération A1 est effectuée en premier
lieu, suivie de l’opération A213.
Le nombre total d’événements élémentaires associés à cette expérience est :
n1 × n2
3. Permutation
Soit une expérience aléatoire qui consiste à placer n individus/objets les uns à côté des
autres. La question qu’on peut se poser est la suivante : de combien de façons distinctes peut-on
placer ces n individus/objets les uns à côté des autres ?
11
Apporter une réponse à ce genre de questions purement techniques est indispensable avant d’aborder la description des lois de
probabilités.
12
Ou encore principe de multiplication.
13
Cette situation peut être représenté par un arbre de probabilité (ou arbre de représentation), dont les éléments déterminent les
différentes possibilités de résultats.
Pour répondre à cette question, on utilise la règle du produit. En conséquence, placer le premier
individu peut se faire de n façons distinctes. Le deuxième individu, ne dispose alors que de n-1
possibilités, le troisième que de n-2 possibilités,…, et le dernier de 1 possibilité. Le produit de ces
possibilités représente le nombre de permutations de n individus/objets :
Pn = n × (n-1) × (n-2) × (n-3) ×…× 2 × 1
Définition
Soit A un ensemble de n éléments. Une permutation sans répétitions de ces n éléments est
un arrangement15 sans répétitions de ces n éléments pris n à la fois. Le nombre de permutations
est noté Pn et il est égal à :
Pn = n!
4. Arrangement
Définition
Soit Ω un ensemble de n éléments. Un arrangement sans répétitions de ces n éléments pris
k à la fois (k ≤ n), est toute disposition ordonnée de k éléments distincts choisis dans Ω. Le
nombre de ces dispositions est le suivant :
n!
A!! =
(n − k)!
14
Ces tables sont fournies avec le support du cours.
15
L’arrangement est défini dans la section suivante.
A!! = n× n − 1 × n − 2 × …×(n − k − 1 )
• On peut noter que deux arrangements peuvent contenir les mêmes éléments mais pas dans
le même ordre.
• On peut aussi noter qu’une permutation sans répétition de n éléments n’est qu’une façon
particulière d’ordonner ces n éléments :
A!! = P!
5. Combinaison
Définition
Soit Ω un ensemble de n éléments distincts. Toute disposition non-ordonnée de k
éléments distincts (k ≤ n) choisis dans Ω est une combinaison sans répétitions de n éléments pris
k à la fois :
n! A!! A!!
C!! = = =
k! (n − k)! k! P!
𝑛
Le nombre de combinaisons est noté C!! ou encore . On utilisera la première notation pour
𝑘
ce qui suit.
On peut mettre en exergue que : C!! = C!! = 1 et C!! = n
On considère une expérience qui consiste à tirer au hasard n boules dans une urne de N.
Ces boules sont de deux types : des boules blanches et des boules noires. Soit n1 et n2 le nombre
de boules blanches et de boules noires respectivement.
On peut avoir deux façons de tirer les n boules, soit sans remise ou avec remise. Dans ce cas, on
peut se poser la question suivante : quelle est la probabilité de tirer r boules blanches dans les
deux cas ?
Soit Ω un ensemble de n éléments. Une combinaison avec remise est une disposition
non-ordonnée de p éléments, à choisir parmi n éléments discernables, avec répétition. Le nombre
de combinaisons dans ce cas est :
! n+p−1 !
C!!!!! =
p! n − 1 !
16
Le schéma de Bernoulli est introduit dans la partie 6 qui concerne les lois de probabilités.
Lorsqu’on sait que l’événement B est réalisé, il est normal d’affecter à l’événement A un
poids proportionnel à P(A∩B), ce qui justifie le choix du numérateur dans la définition (4.1).
On peut noter que le dénominateur P (B) = P(Ω∩B) est une constante de normalisation, qui
assure que P(Ω|B)=1.
17
On met en exergue que A|B ne désigne pas un événement différent de A. En notant P(A|B), on lui attribue une valeur
numérique par la fonction d’ensembles P, sans aucune modification de l’événement A.
On peut aussi souligner que la définition (4.1) nécessite que P(B)>0 et qu’on ne peut pas prendre
par exemple un événement impossible comme événement conditionnel.
2. Loi de multiplication
L’intérêt du concept de probabilité conditionnelle est qu’il est souvent plus facile
d’attribuer une valeur à P(A|B) en prenant en considération les conditions des expériences liées à
B et d’en déduire par la suite la valeur de P(A∩B).
Loi de multiplication :
P(A∩B) = P(A|B) × P(B) si P(B) >0
En permutant le rôle de A et B, on a de même :
P(A∩B) = P(B|A) × P(A) si P(A)>0
Cette loi découle directement de la formule (4.1). Il est important de souligner que le choix de
l’une ou de l’autre formule dépend de la succession des réalisations de chaque événement.
Plus généralement :
Soit {A1,A2,…,An}, où n ≥ 2 une famille finie d’événements tel que P (A1∩A2∩A3∩…∩An-1) ≠ 0,
on a :
P (A1∩A2∩A3∩…∩An) = P (A1) ×P (A2/A1) ×P (A3/A1∩A2) ×...× P (An/A1∩A2∩… ∩An-1)
Cette formule est appelée la formule des probabilités composées ou la règle des
conditionnements successifs.
Définition :
Soit A1, A2, A3,… An, un groupe d’événements incompatibles deux à deux, qui forme une
partition finie de Ω, tel que la réunion de ces événements forme cet ensemble fondamental (Ω).
Ceci dit, A1, A2, A3,… An forment un système complet d’événements.
Soit A un événement quelconque de F, alors :
∀A ∈ F, 𝑃 𝐴 = !
!!! 𝑃 𝐴|𝐴! 𝑃 𝐴!
Plus généralement on considère (Ai) ; i ∈ℕ ; un groupe d’événements qui forment une partition
de Ω, tel que ∀ i ∈ ℕ, P(Ai) ≠ 0.
∀A ∈ F, 𝑃(𝐴) = !!
!!! 𝑃 𝐴|𝐴! 𝑃 𝐴!
Remarque
Lorsqu’on a une partition de Ω en n hypothèses ou n cas possibles Ai et que l’on peut calculer les
P(Ai) et les P(A|Ai), on peut se poser le problème inverse et calculer P(Ai |A) à l’aide des
probabilités précédentes en utilisant le théorème de Bayes explicité ci-dessous.
4. Théorème de Bayes
On obtient :
𝑃 𝐵 𝐴 𝑃(𝐴)
𝑃 𝐴|𝐵 =
𝑃(𝐵)
Plus généralement :
Soit A1, A2, A3,… An un système complet d’événements, tel que P (Ai) > 0, (i=1,…,n) et A
un événement quelconque de Ω de probabilité non nulle. On suppose connaitre a priori les
probabilités conditionnelles P(A|Ai), ainsi que P(Ai) pour i=1,…,n.
On peut déterminer a posteriori les probabilités P(Ai|A), en utilisant le théorème de Bayes :
P(A|A! )×P(A! )
P A! |A = !
!!! P (A|A! )×P(A! )
5. Indépendance en probabilité
En utilisant la loi de multiplication selon laquelle P(A∩B) = P(B) × P(A|B), on remplace dans la
formule (5.2) et on obtient :
𝑃(𝐵)×𝑃(𝐴|𝐵)
𝑃 𝐵|𝐴 =
𝑃(𝐴)
Définition :
Soit (Ω, F, P) un espace probabilisé. A et B sont deux événements indépendants de cet
espace, si et seulement si : P(A∩B) = P(A) × P(B). Cette dernière formule est une condition
nécessaire et suffisante pour que deux événements soient indépendants.
On peut noter que les trois égalités suivantes sont équivalentes :
o P(A∩B) = P(A) × P(B)
o P(A|B) = P(A)
o P(B|A) = P(B)
Proposition :
Si A et B sont deux événements indépendants, alors il en est de même pour les événements :
o A et Bc ,
o Ac et B,
o Ac et Bc .
Remarques :
§ L’indépendance découle directement de la description de l’expérience aléatoire.
Soit l’expérience qui consiste à lancer une pièce de monnaie deux fois et soit A
l’événement « obtenir face au premier lancer » et B l’événement « obtenir face au second
lancer ». Le fait d’obtenir face ou non, au premier lancer n’a pas d’influence sur le fait
d’obtenir face ou non au second lancer. Ceci dit, A et B sont des événements
indépendants.
§ Notons que l’indépendance de plusieurs événements est un peu plus complexe à définir,
elle est explicitée plus bas.
Définition :
Soit (Ω, F, P) un espace probabilisé. A, B et C sont trois événements indépendants, si
chacun des événements est indépendant de la réalisation des deux autres, conjointement ou
séparément. On peut caractériser cette situation par les quatre conditions suivantes :
o P(A ∩ B) = P(A) × P(B)
o P(A ∩C) = P(A) × P(C)
o P(B ∩ C) = P(B) × P(C)
o P(A ∩ B ∩ C) = P(A) × P(B) × P(C)
Remarques :
§ Pour que trois événements soient indépendants, il ne suffit pas qu’ils soient deux à deux
indépendants.
§ La dernière formule : P (A ∩ B ∩ C) = P (A) × P (B) × P(C) constitue la règle de
multiplication de trois événements indépendants18.
18
En statistique descriptive, on a introduit une définition d’indépendance dans le cas de deux variables X et Y, tel que X et Y
sont indépendants si l’effectif conjoint nij dans le tableau de contingence est égale à :
!!. ×!.!
n!" =
!
Cette définition peut être appliquée aussi en probabilités.
∀ I ⊂ 1, … , n , P ( A! ) = P A!
!∈! !∈!
Attention !
• Il ne suffit pas que P (A1 ∩ … ∩ An) = P(A1) × … × P(An) pour que les événements soient
indépendants.
• L’indépendance de n événements et une notion plus forte que l’indépendance deux à deux.
La notion de variable aléatoire est fondamentale dans le calcul des probabilités. Dans
cette partie on définira les variables aléatoires discrètes et continues et on présentera leurs
caractéristiques essentielles et les moments, à savoir, l’espérance mathématique et la variance.
1. Introduction
On peut associer à une expérience aléatoire un ensemble fondamental Ω qui contient les
résultats possibles, d’où on peut construire des événements. Mais souvent on ne s’intéresse pas
seulement aux résultats de l’expérience mais aussi à certaines de ces conséquences.
On considère dans un premier temps le cas où Ω est un ensemble fini et on suppose pour
chaque événement élémentaire ou singleton tel que ω ∈ Ω, on peut établir une règle qui lui
associe une valeur réelle x. Cette règle d’association, ou fonction définie sur Ω, va nous permettre
d’introduire le concept de variable aléatoire19, qu’on désigne par X.
2. Définitions
On peut noter que plusieurs éléments de Ω peuvent être associés à une même valeur de X.
On note Ex l’événement composé des résultats associés à la valeur x ∈V, tel queV représente
l’ensemble des valeurs possibles de la fonction X : Ex {ω ∈ Ω | X (ω)=x}. La variable aléatoire X
associe ainsi à l’événement Ex la valeur x.
L’ensemble des valeurs possibles V peut aussi être noté X(Ω).
19
Une variable X est aléatoire lorsqu’on ne connait pas sa valeur à l’avance. Par exemple, avant de procéder à une expérience
aléatoire qui consiste au tirage au hasard d’un individu dans une population, on ne sait pas quel sera l’âge de cet individu.
Exemple (5.2) :
On lance une pièce de monnaie deux fois, l’univers des possibles est :
Ω : {(P, P), (P, F), (F, P), (F, F)}.
On s’intéresse au nombre de « face » obtenu. On associe ainsi à chacun des résultats ou issues
possibles un nombre entier variant de 0, 1 ou 2.
Ω V
E0 (P, P) 0
E1 (P, F) 1
E1 (F, P)
E2 (F, F) 2
Suite à notre définition, nous pouvons déterminer l’ensemble V des valeurs possibles de
la fonction X, par contre on ne peut pas prédire quelle valeur particulière x sera prise par X, avant
de réaliser l’expérience aléatoire, puisque cette valeur dépend du résultat ω de l’expérience.
Néanmoins, on peut associer à chaque valeur possible de X, la probabilité pour que X prenne
effectivement cette valeur.
Définition :
Une variable aléatoire 20 est une application de Ω dans un ensemble qui peut être
l’ensemble des réels positifs, ou celui des entiers naturels ou encore dans tout autre ensemble, et
qui associe à chaque événement élémentaire de l’univers des possibles une valeur.
Les valeurs que peut prendre cette variable aléatoire s’appellent des réalisations.
20
On peut souligner que X est une variable aléatoire et non une variable statistique, car entre autres raisons, son ensemble de
départ n’est pas une population mais un univers des possibles.
La terminologie pour la classification des variables aléatoires est la même que celle en
usage pour les variables statistiques, sauf que la différence de définition porte sur l’ensemble
observé pour déterminer le type de variable :
• Pour une variable statistique, ce sont les caractéristiques de l’ensemble des modalités qui
déterminent son type.
• Pour une variable aléatoire ce sont les caractéristiques de l’ensemble des réalisations qui
déterminent son type.
En prenant l’exemple (5.2), les événements E0, E1, E2 associés aux valeurs x=0, x=1, x=2 ont
pour probabilités respectives : P (E0)=1/4 ; P (E1)=2/4 ; (E2)=1/4 ou bien P(X=0) = 1/4 ;
P(X=1) = 1/2 ; P (X=2) = 1/4.
On peut noter que px ≥ 0 pour x=0, x=1, x=2 et p0 + p1 + p2 = 1 ; sachant que E0, E1, E2
constituent une partition de Ω ou un système complet d’événements.
§ Définition
Une loi de probabilité ou une distribution de probabilité caractérise une variable aléatoire
en indiquant quelles sont toutes les valeurs possibles de X et avec quelles probabilités la fonction
X prend chacune de ces valeurs. Elle est ainsi définie par l’ensemble des couples
{(x, px), x ∈ V }.
Soit le couple (x, px) associant à des valeurs réelles x des nombres px et V un ensemble
des valeurs x considérées, l’ensemble {(x, px), x ∈ V }, constitue une loi de probabilité si et
seulement si :
px ≥ 0, x ∈ V
! 𝑝! = 1
!∈!
Dans ce cas, on peut définir V ={x1, x2,…xn} en associant à chaque valeur xi une probabilité
désignée par pi ou P(X= xi).
On considère le nombre de faces obtenu à la fin de l’expérience, qui peut être toujours égal à 0, 1
ou 2. La différence par rapport au cas précédent est que les probabilités qui leurs sont associées,
en utilisant les lois fondamentales de la théorie des probabilités sont égales à :
o p0 = P(X=0) = (1-π)(1-π) = (1-π)2 ;
o p1 = P(X=1) = π (1-π) + (1-π) π = 2π (1-π) ;
o p2 = P(X=2) = π2
La loi de probabilité {(0, p0), (1, p1), (2, p2)} dépend donc du paramètre π. Ainsi, toutes les lois
correspondant aux différentes valeurs possibles de π sont définies par les expressions p0, p1 et p2,
et constituent une famille de distributions de probabilités ou une famille de lois de probabilités.
Définition :
Si les probabilités px associées aux valeurs x d’une variable aléatoire X dépendent d’un
paramètre π, les lois correspondant aux différentes valeurs possibles de π sont définies par p0, p1
et p2 et constituent une famille de distributions de probabilité notée :
P(X = x) = px (π), x ∈ V
5. Fonction de répartition
Cas d’une variable discrète
La fonction associant à une valeur réelle x quelconque la probabilité pour que la variable
aléatoire X prenne une valeur inférieure ou égale à x est appelée fonction de répartition, qu’on
note :
F (x) = P (X ≤ x )
On reprend l’exemple (5.2) avec la loi de probabilité qui correspond au nombre de faces dans le
cas d’équiprobabilité : {(0, 1/4), (1, 1/2), (2, 1/4)}.
Par définition la fonction de répartition :
0 x <0
1/4 0 ≤ x< 1
F(x) =
3/4 1 ≤ x <2
1 x≥2
De façon général, la fonction de répartition d’une loi de probabilité est définie par la
21
fonction F x = !!! ! p! ou encore :
0 x < x1
…
F(x) = P (X ≤ x) p1 + … + pj xj ≤ x < xj+1
…
p1 + … + pn x ≥ xn
21
On peut représenter graphiquement cette fonction par une courbe en escalier qu’on appelle la courbe de répartition, dont la
construction est semblable à celle de la courbe cumulative introduite dans le cours de la statistique descriptive.
La connaissance de p1, ….pn permet de construire une fonction de répartition F(x) qui permettra
de définir la distribution ou la loi de probabilité.
Inversement, si on connait F(x) pour toutes les valeurs possibles x de X, nous pouvons retrouver
les probabilités p1, ….pn , à partir de F(x) tel que :
p1 = F(x1) ; … ; pj = F(xj) - F(xj-1) ; … ; pn = 1-F(xn-1)
F(x) permet ainsi de définir la distribution de probabilité.
𝑥= 𝑓! 𝑥!
!!!
𝜇= 𝑝! 𝑥!
!!!
Ou simplement :
𝜇= 𝑝! 𝑥
!∈!
6.2 Variance
On peut de même introduire la variance d’une loi de probabilité par analogie
« fréquence-probabilité », qui est définie par l’expression :
!
!
𝜎 = 𝑝! (𝑥! − 𝜇)!
!!!
Ou simplement :
𝜎! = 𝑝! (𝑥 − 𝜇)!
!∈!
𝐸[𝑔 𝑋 ] = 𝑝! 𝑔(𝑥)
!∈!
Si g(X) =X, on obtient :
𝐸[𝑋] = 𝑝! 𝑥 = 𝜇
!∈!
Si g(X) = (𝑋 − 𝜇) ! , on obtient :
! !
𝐸 𝑋−𝜇 = 𝑝! 𝑥 − 𝜇 = 𝜎!
!∈!
Propriété 6.4.4 : L’étude de la variable aléatoire centrée Y = X-µ où E(X) = µ est un cas
particulier tel que b = -µ. Ceci dit, E(X- µ) = E(X) - µ = µ - µ = 0.
On peut ainsi noter qu’une variable aléatoire centrée possède toujours une distribution de
probabilité de moyenne nulle.
Propriétés de la variance
Propriété 6.4.5 : Si a est une valeur réelle quelconque : V(aX) = a2 V(X).
Propriété 6.4.6 : Une variable aléatoire X possède une variance égale à celle de la variable
centrée (X- µ) ; tel que V(X- µ) = V(X).
Propriété 6.4.7 : Si on considère une variable centrée réduite définie par Z = (X- µ)/ σ ou
encore :
X − E(X)
Z=
V(X)
On peut affirmer que V (Z) = 1
7.1 Rappel
• Une variable continue peut prendre une infinité de valeurs distinctes. Dans ce cas, on
prend en considération des intervalles et non des valeurs.
!
• Sachant que !!! 𝑓! = 1, graphiquement cette propriété signifie que la surface située
au-dessous de l’histogramme des fréquences est égale à 1.
• On suppose que toutes les classes aient la même longueur dx très petite, dans ce cas les
limites d’une classe peuvent être définies par les valeurs x et x + dx où x appartient au
domaine de définition de la variable.
22
On peut prendre par exemple le cas des salaires des employés dans une entreprise, ou la taille des individus…
On définit la probabilité pour que la variable aléatoire X soit comprise entre les valeurs x
et x+dx, tel que dx est une quantité positive arbitrairement petite, par la relation :
P (x ≤ X ≤ x + dx ) = f (x) dx
Cette fonction est supposée définie et continue en tout point x de V. Elle est appelée fonction de
densité de probabilité.
∫v f(x)dx = 1
P(a ≤ X ≤ b) est la somme des probabilités associées aux intervalles qui constituent une
partition de [a , b], c’est à dire :
!
!
𝑓 𝑥 𝑑𝑥 .
Cette probabilité est représentée par la surface située au-dessous de la courbe de densité de
probabilité comprise entre a et b.
En résumé
Déterminer la loi de probabilité d’une variable aléatoire continue revient à construire une
fonction f tel que pour tout intervalle [a, b] ou ]- ∞, a ] ou [a, +∞[ ou encore ]- ∞, +∞[, la
probabilité que X prenne une réalisation dans cet intervalle est égale à l’aire sous la courbe f
comprise entre les bornes de l’intervalle.
23
Rappel ! Le signe ∫ (integrale) représente l’opération de sommation pour une variable continue.
La moyenne 𝜇 :
𝜇 = ∫ 𝑥𝑓 𝑥 𝑑𝑥
La variance 𝜎 ! :
σ! = ∫ x − µ ! 𝑓 𝑥 𝑑𝑥
On peut aussi définir un quantile d’ordre p qui correspond à la valeur xp de X tel que F(xp)=p,
0<p<1. Par exemple, la médiane représente la valeur x1/2 de X tel que F(x1/2)=1/2.
Il existe de nombreuses lois de probabilités discrètes et continues tel que chacune est liée
à des conditions d’application. On choisira des lois de probabilités qui par leur simplicité, leur
intérêt et leur utilisation nécessitent une description. On abordera en premier lieu les lois de
probabilités discrètes et par la suite celles qui sont continues.
Un cas fréquent est celui où les valeurs de X sont les n premiers nombres entiers :
V = {1,2,.., n}, dans ce cas la loi de X est définie par l’ensemble {(x , px), x = 1,…,n} où px=1/n.
Le fait que cette variable aléatoire X admet cette distribution ou suit une loi uniforme discrète est
alors indiquée par la notation :
X ~ U (1,…,n) ou X ~ Ud (1,…,n)
Fonction de répartition
!
Pour tout entier r appartenant à V , F(x) = , r ≤ x < r+1.
!
Moyenne et variance
La moyenne et la variance de la loi uniforme discrète prennent respectivement les valeurs :
𝑛+1
𝜇=
2
et
𝑛! − 1
𝜎! =
12
Définition
On considère une expérience aléatoire qui peut donner lieu à deux événements
complémentaires S et S qu’on appellera succès pour S et échec pour S avec des probabilités
respectives P(S) = p et P(S) = 1 - p = q , tel que 0 < p < 1
Soit X une variable aléatoire qui désigne le nombre de succès obtenu. X prend la valeur 1
si S se réalise et la valeur 0 sinon. Cette variable X est une variable de Bernoulli et la loi de
probabilité de X est définie par {(0, q), (1, p)} et elle est nommée la loi de Bernoulli.
On note : X ~ B (p).
Fonction de répartition
La fonction de répartition F(x) est définie comme ci-dessous :
0 x <0
F(x) = q 0 ≤ x< 1
1 x≥1
Moyenne et variance
La moyenne et la variance de X qui suit une distribution de Bernoulli prennent respectivement les
valeurs :
𝜇 = 𝑝 et 𝜎 ! = 𝑝 1 − 𝑝 = 𝑝𝑞
répéter n fois une expérience aléatoire dichotomique, dans les mêmes conditions, tel qu’un succès
se produit avec une probabilité p et ne se produit pas avec une probabilité 1-p ou q.
On suppose que les résultats des n répétitions de l’expérience sont indépendants. Dans ce
cas, le nombre de succès est une variable aléatoire X dont les valeurs possibles sont des entiers
successifs 0, 1, 2,…, n et les probabilités sont respectivement qn, npqn-1, …., pn.
On note que la loi de probabilité d’une variable aléatoire X est une loi binomiale si les
couples (x, px) qui la définissent sont tel que x est un entier appartenant à V = {0,1,….,n} et px est
égale à :
(1.3) px = P(X = x) = C!! px qn-x
Fonction de répartition
Si r est un entier de V = {0,1,….,n}, la fonction de répartition F(x) est définie comme ci-dessous :
! !
𝐹 𝑥 = !!! C! 𝑝 ! 𝑞 !!! 𝑟 ≤ 𝑥 < 𝑟 + 1
Moyenne et variance
On peut déterminer la moyenne et la variance de la loi Binomiale, ces indicateurs prennent
respectivement les valeurs :
𝜇 = 𝑛𝑝 et 𝜎 ! = 𝑛𝑝𝑞
On peut souligner que si p est inconnu, il peut être considéré comme la valeur d’un paramètre π
compris entre 0 et 1. X ~ B (n, p) est dans ce cas, une loi particulière faisant partie d’une famille
de distributions binomiales B (n, π), tel que 0 ≤ π ≤ 1.
Remarques
§ La distribution de Bernoulli est un cas particulier de la distribution Binomiale,
correspondant à n=1.
§ De façon générale, si X ~ B (n, p), les valeurs de P(X=x) sont les termes du
développement du binôme [(1-p) + p]n. Cette propriété est l’origine du nom attribué à
cette distribution dite, Binomiale.
§ Pour diverses valeurs de n et de p, on dispose de tables afin de déterminer les probabilités
dans le cas où X ~ B (n, p),
§ La variable aléatoire X représente le nombre de succès dans le schéma de Bernoulli. On
peut être intéressé par la fréquence Y=X/n. Dans ce cas, Y est une variable aléatoire qui
prend les valeurs 0, 1/n, 2/n,…,1 avec des probabilités qui peuvent être calculant en
utilisant la formule (1.3) et une espérance mathématique et une variance respectivement
égales à :
E(Y) = p
𝑝(1 − 𝑝)
V Y =
𝑛
Additivité de la loi binomiale
Si X ~ B (n, p), Y ~ B (m, p) et X et Y sont indépendantes, alors X+Y ~ B (n+m, p).
Définition :
La loi de probabilité d’une variable aléatoire est appelé une loi de Poisson, si elle est définie
par l’ensemble des couples (x, px) où x prend les valeurs 0, 1, 2,…avec les probabilités
respectives calculées selon la formule :
𝑒 !! 𝜆!
𝑝! = 𝑃 𝑋 = 𝑥 =
𝑥!
tel que 𝜆 est un paramètre réel positif.
Cette loi est spécifiée par le paramètre 𝜆, ainsi toute variable aléatoire admettant cette loi est
notée : X ~ P (𝜆) et par extension, on parle de variable aléatoire de Poisson.
Fonction de répartition
Si r est un entier de V = {0, 1, 2….} = ℕ, la fonction de répartition F(x) est définie comme
ci-dessous :
!
𝑒 !! 𝜆!
𝐹 𝑥 = , 𝑟 ≤𝑥 <𝑟+1
𝑗!
!!!
Pour des valeurs de 𝜆, il existe une table qui contient les valeurs de la fonction de répartition de la
loi de Poisson. Son usage est semblable à celui de la variable binomiale24.
Moyenne et variance
On peut déterminer la moyenne et la variance de la loi de Poisson, ces indicateurs prennent
respectivement les valeurs :
𝜇 = 𝐸 𝑋 = 𝜆 et 𝜎 ! = 𝑉 𝑋 = 𝜆
Remarque
La loi de Poisson peut être considérée comme un cas limite de la distribution binomiale. En effet,
la probabilité associée à une valeur x d’une variable aléatoire binomiale tend vers la probabilité
associée à la même valeur d’une variable de Poisson, quand n tend vers l’infini et π vers 0, de
telle sorte que le produit nπ reste égal à une constante 𝜆.
𝑒 !! 𝜆!
lim C ! !
𝜋 (1 − 𝜋) !!!
=
!→!!,!→! ! 𝑥!
!"→!
Normalement, si n ≥ 25 et π ≤ 0.10 une variable aléatoire X qui suit une loi binomiale de
paramètre n, π peut être approchée par la loi de Poisson de paramètre 𝝀 = n π. Il existe d’autres
approximations qui peuvent être aussi utilisées25.
24
Ces tables sont disponibles sur la plateforme e-learning.
25
Selon Lefebvre (2011), en général une approximation de poisson devrait être bonne si n > 20 et π < 0.05 ; selon Tribout (2013),
si n ≥ 25 et π ≤ 0.01 et selon Denglos (2008) si n ≥ 30 et π ≤ 0.01.
Ces lois modélisent les situations où l’on s’intéresse au nombre d’épreuves de Bernoulli
(deux issues) indépendantes nécessaires pour obtenir le kème succès.
• Si k=1, la variable « rang d’apparition du premier succès » suit une loi
géométrique.
• Si k >1, la variable « rang d’apparition du premier succès » suit une loi de Pascal.
Proposition
Si X suit une loi géométrique de paramètre p, alors p [X > x] = (1 - p)x pour x non nul. Ainsi, la
fonction de répartition de X est donnée par : F(x) = 1 - qx
Moyenne et variance
On peut déterminer la moyenne et la variance de la loi géométrique, ces indicateurs prennent
respectivement les valeurs :
1
E X =
𝑝
1−𝑝
V X =
𝑝!
Proposition
Si X suit une loi géométrique alors pour tout couple d’entiers non nuls t et h :
p [X > t+h | X>h] = p [X>t]
Soit X une variable aléatoire qui compte le nombre d’essais de Bernoulli effectué jusqu’à
ce que l’on obtienne un kème succès où k = 1, 2,…
Une variable aléatoire X suit une loi de Pascal de paramètre k et p, tel que V = {k, k+1,…,n,...},
si pour tout entier naturel x non nul on a :
!!! k x-k
px = P(X = x) =C!!! p q
Cette loi est aussi connue sous le nom de la loi Binomiale négative. Si X suit une loi de Pascal ou
une loi Binomiale négative de paramètre k et p , elle est notée : X ~ BN (k ; p).
Remarque
La distribution géométrique est un cas particulier de la distribution binomiale négative obtenue
avec k = 1.
Moyenne et variance
Lorsque X ~ BN (k , p), on peut déterminer la moyenne et la variance qui prennent
respectivement les valeurs :
𝑘
𝐸 𝑋 =
𝑝
𝑘(1 − 𝑝)
𝑉 𝑋 =
𝑝!
La loi hypergéométrique est précieuse dans des situations de sondage, car ceux-ci
correspondent la plupart du temps, à des choix d’individus, que ce soit des pièces pour un
contrôle de qualité ou des personnes choisies pour être interrogées, par tirage sans remise.
Définition
Une variable aléatoire X suit une loi hypergéométrique de paramètres N, n et p=N1/N tel
que V = {0, 1, 2,…,n}, si pour x de V on a :
!! !!!
!! !!!!!
px = P(X = x) =
!!
!
Moyenne et variance
Lorsque X ~ H (N ; n ; p), on peut déterminer la moyenne et la variance qui prennent
respectivement les valeurs :
𝐸 𝑋 = 𝑛𝑝
𝑁−𝑛
𝑉 𝑋 = 𝑛𝑝(1 − 𝑝)
𝑁−1
!!!
La grandeur est appelée le facteur d’exhaustivité.
!!!
Dans cette section, on a parcouru les lois de probabilités discrètes. On peut présenter
d’autres, mais l’objectif n’est pas de faire un inventaire détaillé de ces distributions mais
d’aborder celles dont l’intérêt est lié aux conditions de leur existence et qui sont souvent utilisées
en sciences économiques et de gestion. On suivra la même logique pour introduire les lois de
probabilités continues.
d’appartenir à un intervalle (x, x+dx) inclus dans [a , b], de longueur fixée dx est constante, quelle
que soit la valeur de x dans cet intervalle.
Définition :
Une loi est uniforme sur un intervalle [a, b], si elle admet une fonction de densité, de
probabilité constante sur cet intervalle et nulle ailleurs.
Comme la courbe de densité doit être égale à 1, on peut définir la loi uniforme par la fonction de
densité suivante :
0 x <a
f (x) = !
a ≤ x ≤ b
!!!
0 x>b
Cette loi est spécifiée par la connaissance de a et de b et elle est notée : X~U [a, b] ou
X~Uc [a, b]. Par extension, la variable aléatoire X est une variable uniforme.
Fonction de répartition
La fonction de répartition F(x) est définie comme ci-dessous :
0 x <a
!!!
F(x) = a ≤ x ≤ b
!!!
1 x>b
Remarque
Cette loi est symétrique et ne possède pas de mode.
La courbe de densité est symétrique par rapport à x=µ et elle est sous forme de cloche.
Elle possède deux points d’inflexion distants de l’axe de symétrie d’une quantité égale à 𝜎.
µ et 𝜎 correspondent à la moyenne et à l’écart-type de cette loi. Notons que f(x) est spécifiée dès
qu’on connait ces deux paramètres.
D’autre part, si X est une variable aléatoire qui admet une distribution normale, elle est notée :
X ~ N (µ, 𝜎).
Proposition
Si X ~ N (µ, 𝜎) et si Y = a X + b , alors Y suit également une loi normale.
Fonction de densité
Si f(x) est la fonction de densité de cette loi, on constate aisément qu’elle est symétrique par
rapport à 0 :
1 𝑧!
𝑓 𝑧 = exp [ − ], 𝑧 ∈ℝ
2𝜋 2
Fonction de répartition
Dans une courbe de densité, en prenant en considération une valeur positive z quelconque, on
peut noter que :
F(-z)=1-F(z)
Quantiles zp d’ordre p
Le quantile zp d’ordre p, où p est un nombre réel compris entre 0 et 1, est la valeur Z telle que26 :
P (Z = zp) = p ou F(zp) = p.
Remarque
§ Afin de distinguer la distribution de X ~ N (µ, 𝜎) et de Z ~ N (0,1), on a fait explicitement
apparaitre le nom de chacune des variables dans les concepts utilisés. Ainsi, la fonction de
répartition de ces deux lois est notée F(x) dans le premier cas et F(z) dans le second, à
titre d’exemple.
§ On peut noter que X s’exprime en fonction de Z par la relation : X = µ + σZ.
§ Si X ~ N (µ, 𝜎), la probabilité que X prenne une valeur :
o dans l’intervalle centré sur µ et de demi-amplitude 𝜎 est environ égale à 68.26%.
o dans l’intervalle centré sur µ et de demi-amplitude 2σ est environ égale à
95.44%.
o dans l’intervalle centré sur µ et de demi-amplitude 3σ est environ égale à
99.74%.
26
On peut utiliser une table statistique qui permettra d’obtenir directement la valeur de zp pour diverses valeurs de p.
Définition
Soit Z1, Z2,…, Zn une suite de n variables aléatoires indépendantes et qui suivent chacune la loi
! !
normale centrée réduite, alors K = !!! 𝑍! suit une loi de Khi-deux à n degrés de liberté.
On note : X ~ 𝒳!!
Moyenne et variance
Si X ~ 𝒳!! alors E(X) = n et V(X) = 2n.
Définition
Soit Z une variable aléatoire qui suit une loi normale centrée réduite. Soit K une variable aléatoire
qui suit une loi de Khi-deux à n degrés de liberté.
!
Si Z et K sont indépendantes, alors la variable aléatoire T = suit une loi de Student à n
!
!
degrés de liberté et on note T ~ Stn
Moyenne et variance
Si T ~ Stn alors E(T) = 0 si n > 1
et V(T) = n/(n-2) si n > 2
Définition
X suit une loi log-normale de paramètre µ et 𝜎 si la fonction de densité de probabilité est pour
tout x > 0 :
!
11 1 ln 𝑥 − 𝜇
𝑓 𝑥 = exp [ − ], 𝑥 ∈ℝ
𝜎 2𝜋 𝑥 2 𝜎
On note X ~ LN (µ , 𝜎).
Moyenne et variance
Si X ~ LN (µ , 𝜎) alors E(X) = e µ + σ2 /2 et V(X)= e 2µ + σ2 (eσ2-1)
L’avantage de cette loi par rapport à la loi normale réside dans le fait qu’une variable aléatoire
log-normale ne prend que des valeurs positives. Du point de vue d’un économiste, ceci peut être
intéressant, puisque de nombreuses variables économiques sont toujours positives.
Définition
Soit K1 une variable aléatoire qui suit une loi de Khi-deux à n1 degrés de liberté.
Soit K2 une variable aléatoire qui suit une loi de Khi-deux à n2 degrés de liberté.
Si K1 et K2 sont deux variables indépendantes, alors la variable aléatoire X = (K1/ n1) / (K2/ n2)
suit une loi de Fisher-Snedecor à (n1, n2) degrés de liberté et on note X ~ F (n1, n2).
Moyenne et variance
Si X ~ F (n1, n2) alors :
E(X)= n2/(n2-2) pour n2 > 2 et
2𝑛!! 𝑛! + 𝑛! − 2
𝑉 𝑋 = !
𝑛! 𝑛! − 4 𝑛! − 2
pour n2 > 4
Définition
Une variable aléatoire suit une loi exponentielle de paramètre 𝜆 > 0 si la fonction de densité est
définie pour un x positif par :
f(x) = 𝜆𝑒 !!"
Si X suit une loi exponentielle, on note X ~ E (𝜆).
Moyenne et variance
Si X ~ E (𝜆), alors E(X) = 1/ 𝜆 et V(X) = 1/ 𝜆!
Fonction de répartition
La fonction de répartition est définie pour x > 0 par F(x) = 1 - 𝑒 !!"
Avec la loi exponentielle, on termine cette dernière partie concernant les principales lois de
probabilités continues et discrètes27.
Il est important de noter que ce support n’est pas une restitution du cours magistral, il inclut
essentiellement les notions et les définitions. Chacune d’entre elles a été accompagnée d’un ou
de plusieurs exemples expliqués lors du cours afin de l’assimiler et de la comprendre.
Ce support, les tables statistiques qui l’accompagnent, des exercices corrigés, des examens
corrigés, des livres consultables gratuitement en ligne et d'autres documents sont disponibles sur
le site e-learning de l’université :
[Link]
27
Références pour les lois de probabilités :
• Dehon, Droesbeke et Vemandele 2008, “Eléments de statistiques ”, Editions de l’Université de Bruxelles et Ellipses.
• Tribout 2007, “Statistiques pour économistes et gestionnaires”, Pearson Education, France.
• Tribout 2013, “Statistiques pour économistes et gestionnaires”, Pearson Education, France.