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Cours d'Algèbre Linéaire et Calcul

Ce document présente le plan d'un cours d'algèbre linéaire et de calcul différentiel. Le cours est divisé en quatre chapitres abordant les espaces vectoriels, les familles de vecteurs, les applications linéaires et le changement de base.

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Cours d'Algèbre Linéaire et Calcul

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PHY 142 : Algèbre linéaire et calcul

diérentiel

Enseignant : Pr Dafounansou Ousmanou

Année académique :

May 23, 2023


Plan du cours 0.1 Tout au long de ce cours, nous repartirons les enseigne-
ments comme suit :
1- Chapitre 1
a- Séance 1
∗ Espace vectoriel
b- Séance 2
∗ Famille de vecteurs
∗ Bases

2- Chapitre 2
a- Séance 1
∗ Noyau d'une application linéaire
b- Séance 2
∗ Image d'une application linéaire

3- Chapitre 3
a- Séance 1
∗ Somme des matrices
∗ Produit des matrices
b- Séance 2
∗ Transposée d'une matrice
∗ Matrice carrée
∗ Rang d'une matrice

4- Chapitre 4
a- Séance 1
∗ Matrice d'une application linéaire
b- Séance 2
∗ Changement de base

1
Chapter 1

Espaces vectoriels

1.1 Espaces vectoriels et sous espaces vecto-

riels

Dénition 1.1 (dénition axiomatique) Soit un ensemble E, on dit que


E est un K-espace vectoriel si on peut le munir d'une opération interne "+"
et d'une opération externe "." telles que :
• ∀ x, y ∈ E , x + y = y + x c'est la commutativité.

• ∀ x, y, z ∈ E , (x + y) + z = x + (y + z) c'est l'associativité.

• ∃ θE ∈ E tel que ∀ x ∈ E , on a x + θE = θE + x = x, on dit que θE est


l'élément neutre de E.
• ∀ x ∈ E , ∃ x ∈ E tel que x + x = x + x = θE , on dit que x est le
0 0 0 0

symétrique de x.
* ∀ x, y ∈ E , ∀ λ ∈ K, on a λ.(x + y) = λ.x + λ.y;
* ∀ x ∈ E , ∀ λet µ ∈ K, on a (λ + µ).x = λ.x + µ.x;
* ∀ x ∈ E , ∀ λet µ ∈ K, on a λ.(µ.x) = (λ.µ).x;
* ∀ x ∈ E , 1K .x = x.
Les éléments de E sont appelés vecteurs et ceux de K sont appelés scalaires(nombres).
R2 , R3 , · · · , Rn sont des espaces vectoriels de dimension respective 2, 3 et n.
On peut citer d'autres exemples d'espaces vectoriels, K-ev:

2
• K[X] c'est l'ensemble des polynômes en X à coecients dans le corps
K
Kn [X] est l'ensemble des polynômes en X à coecients dans le corps
K de dégré ≤ n

P (X) = 1 + X 2 + 3X 3 ∈ R3 [X]
H(X) = X + (1 + i)X 2 ∈ C2 [X]

• l'ensemble des matrices (Mn , K): ensemble des matrice n × n à coe-


cients dans le corps K.
• l'ensemble F (R, R) des fonctions dénies de R à valeurs dans R

• l'ensemble des suites à valeurs réelles ou complexes.

Dénition 1.2 SoitF une partie de E (E = Kev), on dit que F est un


sous-espace vectoriel de E si:
• F 6= φ;

• ∀ x, y ∈ F , x + y ∈ F ;

• ∀ x ∈ F , λ ∈ K, λ.x ∈ F .

Remarque 1.1 Les deux derniers points de la dénition peuvent simplement


se généraliser en:
∀ x, y ∈ F et ∀ α, β ∈ R, α.x + β.y ∈ F .

Théorème 1.1 (caractérisation) F est un sev de E ssi


• θE ∈ F , le vecteur nul de E est dans F;

• ∀ x, y ∈ F , x + y ∈ F ;

• ∀ x ∈ F , λ ∈ K, λ.x ∈ F .

Exemple 1.1 (trivial) {0E } est un sev de E, le vecteur nul à lui seul forme
un sev.
Exemple 1.2 Soit C n (R → R) l'ensemble des fonctions n fois dérivables
dénies de R → R, C n est bel et bien un ev en tant que sev de F (R, R) .

• la fonction nulle est évidemment de classe C n

3
• Soient f et g deux fonctions de C n , (f + g) ∈ C n car la somme de deux
fonctions n fois dérivables est n fois dérivable.
• Soit f une fonction n fois dérivable et λ ∈ R, alors λ.f ∈ C n .

Exemple 1.3 Soit F = {(x, y, z) ∈ R/x + 2y − 3z = 0}.


On montre queF est un sev de E.
• 0 est un élément de E en eet
0 + 2(0) − 3(0) = 0, 0E ∈ F donc F 6= φ.

• Soit (x, y, z) et (x , y , z ) ∈ F
0 0 0

0 0 0 0 0 0
(x, y, z) + (x , y , z ) = (x + x , y + y , z + z ),
0 0 0 0 0 0
(x + x ) + 2(y + y ) − 3(z + z ) = x + 2y − 3z + x + 2y − 3z ,
= 0.

(x, y, z) + (x , y , z ) ∈ F .
0 0 0

• Soit (x, y, z) et λ ∈ R, λ.(x, y, z) = (λ.x, λ.y, λ.z)

λ.x + 2λ.y − 3λ.z = λ.(x + 2y − 3z),


= λ.0,
= 0.

λ.(x, y, z) ∈ F .

D'après ce qui précède, F est un sev de R3 .


Proposition 1.1 L'intersection de deux sev de E est un sev de E .
Preuve 1.1 • θE ∈ F , θE ∈ G car F et G sont deux s.e.v de E ⇒
θE ∈ F ∩ G;

• soient x, y ∈ F ∩ G, x + y ∈ F et x + y ∈ G car F et G sont des sev,


⇒ x + y ∈ F ∩ G;

• soit x ∈ F ∩ G, λ ∈ R on a λ.x ∈ F et λ.x ∈ G car F, G sev ⇒ ,


λ.x ∈ f ∩ G.

4
1.2 Famille de vecteurs

Dénition 1.3 Soit n ∈ N∗ , une famille de n vecteurs de E est un n uplets


d'éléments de E .
Soit (u1 , u2 , · · · , un ) ∈ E n une famille de E et (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ Kn .
On appelle combinaison linéaire des vecteurs ui aectée des coecients
λi , i ∈ (1, 2, · · · , n) le vecteur
n
X
u = λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = λi u i .
i=1

Notation 1.1 Soit (u1 , u2 , · · · , un ) une famille de E . On note vect(u1 , u2 , · · · , un )


l'ensemble des combinaisons linéaires des vecteurs (u1 , u2 , · · · , un ).
Théorème 1.2 Soit (u1 , u2 , · · · , un ), vect(u1 , u2 , · · · , un ) est un espace vec-
toriel.
Preuve 1.2
Il s'agit de remarquer que
• On a vect(u1 , u2 , · · · , un ) ⊂ E , par dénition, (u1 , u2 , · · · , un ) est une
famille de E .
• 0E = 0u1 + 0u2 + · · · + 0un , 0E ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ).

• Soient u, v ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ), u + v ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ).

• Soit u ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ) et λ ∈ K λu ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ).

Conséquence 1.1 Tout ensemble qui s'écrit sous la forme vect(u1 , u2 , · · · , un )


est un espace vectoriel.
Dénition 1.4 (famille génératrice) Une famille (u1 , u2 , · · · , un ) de E
est dite génératrice si tout vecteur de E s'écrit comme combinaison linéaire
des vecteurs u1 , u2 , · · · , un .
∀x ∈ E ∃ (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ Kn
n
X
x = λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = λi ui .
i=1

5
Ainsi, on dit que la famille (u1 , u2 , · · · , un ) engendre E et on note :
E = vect(u1 , u2 , · · · , un ).

Exemple 1.4 La famille


  ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) est génératrice de R .
3

a
En eet tout vecteur  b  de R3 peut s'écrire
c
       
a 1 0 0
 b  = a 0 + b 1 + c 0 .
c 0 0 1

Exemple 1.5 R2 [X] est l'ensemble des polynômes en X de degré ≤ 2, (1, X, X 2 )


est une famille génératrice de R2 [X], également (1, X, X + X 2 ) mais pas
(1, X 2 ).

Proposition 1.2 (propriétés de familles génératrices) Soit u1 , u2 , · · · , un ∈


E . On pose F = vect(u1 , u2 , · · · , un ). On ne change pas l'ev F si

• On permute plusieurs vecteurs dans la famille (u1 , u2 , · · · , un ). Autrement


dit l'ordre n'importe pas.
• On ajoute à la famille un vecteur qui est combinaison linéaire de u1 , u2 , · · · , un .

• Si on retranche à la famille un vecteur combinaison linéaire des autres.

• Si on multiplie l'un des vecteurs par un scalaire non nul.

Proposition 1.3 Toute famille de vecteur E qui contient une famille généra-
trice de E est génératrice de E .
Dénition 1.5 (famille libre) Une famille (u1 , u2 , · · · , un ) de E est dite
libre si on a:
λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = 0E ⇒ λ1 = λ2 = · · · = λn = 0.

On dit alors que les vecteurs u1 , u2 , · · · , un sont linéairement indépen-


dants.
Proposition 1.4 • Une famille est liée dès qu'elle contient le vecteur
nul.
• Une famille composée d'un seul vecteur non nul est libre.

6
Preuve 1.3 à prouver!
Théorème 1.3 (caractérisation des familles liées) La famille u1 , u2 , · · · , un
est liée si et seulement si un des vecteurs est combinaison linéaire des n − 1
autres.
Preuve 1.4 ⇒ On suppose la famille liée. C'est-à-dire ∃ (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈
Kn / λ1 u1 + λ2 u2 + P·n· · + λn un = 0E , soit j / λj 6= 0, on peut toujours
retrouver uj = − λj i=1,i6=j λi ui .
1

⇐ si on a uj = ni=1 λi ui alors uj − ni=1 λi ui = 0, on peut alors réécrire


P P
λ1 u1 +λ2 u2 +· · ·+(−uj )+· · ·+λn un = 0, les n uplets (λ1 , λ2 , · · · , −1, · · · , λn )
non tous nuls, donc la famille est liée. .
Théorème 1.4 (caractérisation de la famille libre) La famille (u1 , u2 , · · · , un )
est libre si et seulement si ∀ x ∈ vect(u1 , uP
2 , · · · , un ), ∃! (unique) (λ1 , λ2 , · · · , λn )
∈ Kn / x = λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = ni=1 λi ui .
On a donc l'unicité de la décomposition.
Preuve 1.5 - ⇒ Supposons que la famille est libre
Soit x ∈ vect(u1 , u2 , · · · , un ), x = λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = ni=1 λi ui
P
écrivons x d'une autre manière i.e x = λ01 u1 + λ02 u2 + · · · + λ0n un . En
faisant la diérence (λ1 − λ01 )u1 + (λ2 − λ02 )u2 + · · · + (λn − λ0n )un = 0,
d'après l'hypothèse on a: λi − λ0i = 0 donc ⇒ λi = λ0i ∀ i ∈ [1, ...n],
d'où l'unicité d'une décomposition.
- ⇐ Supposons l'unicité de la décomposition
Soit (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ Kn / λ1 u1 + λ2 u2 + · · · + λn un = 0E comme on
peut encore écrire avec 0E = 0u1 + 0u2 + · · · + 0un , d'après l'hypothèse
on a λ1 = λ2 = · · · = λn = 0. par conséquent la famille est libre.
Proposition 1.5 1- Toute sous famille d'une famille libre est libre.
2- Toute famille contenant une famille liée est liée.
3- Une famille de polynômes échelonnés en degré est libre.
(1, X, X 2 , X 3 ) et (1, X, X + X 3 , 1 + X 2 ) sont des familles libres de
R3 [X].
(1, X 2 , 1 + X 2 ) non échelonnée, par conséquent elle peut etre soit libre
ou liée. on verife bien que cette famille est liée.
Preuve 1.6 (par récurrence) P(0): un monôme quelconque (p) libre
P(n): supposons que (p1 , p2 , · · · , pn ) échelonnée libre
P(n + 1): λ1 pP 1 + λ2 p2 + · · · + λn pn + λn+1 pn+1 = 0

i=1 λi pi impossible
1 n
pn+1 = − λn+1
λn+1 = 0 ⇒ (p1 , p2 , · · · , pn , pn+1 ) libre.

7
1.3 Bases

Dénition 1.6 Une base d'un espace vectoriel E est une famille libre et
génératrice.
Théorème 1.5 La famille (u1 , u2 , · · · , un ) est une base de E si et seulement
si ∀ x ∈ E , ∃ un unique (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ Kn tel que x = λ1 u1 + λ2 u2 +
· · · + λn un .

Dénition 1.7 (espace vectoriel de dimension nie) Un espace vecto-


riel de dimension nie est un ev qui admet une famille génératrice nie.
Exemple 1.6 R3 , Rn , Mn .

Théorème 1.6 (théorème de base extraite) Soit E un ev admettant une


famille génératrice nie F , alors F contient une sous famille qui est une base
de E .
Dénition 1.8 Soit E un ev de dimension nie. Toutes les bases de E ont
le même cardinal dimE = cardinal.
Théorème 1.7 (théorème de base incomplète) Soient E un espace vec-
toriel de dimension n et F une famille libre de E . On peut compléter F en
une base de E .
Théorème 1.8 Soient E un espace vectoriel de dimension n et F une famille
libre de E . Alors Card(F) ≤ n, et si Card(F) = n, c'est une base de E.
Théorème 1.9 Soit F un sous-espace vectoriel de E , E de dimension nie.
Alors F est de dimension nie et dimF ≤ dimE . De plus, si dimF =
dimE alors F = E .

8
Université de Douala Année académique

PHY 142 : Algèbre linéaire et calcul diérentiel


Travaux dirigés N◦1 : Espaces Vectoriels
Exercice 1.1 Montrer que
G = {(x + y, x − y, 2y) ∈ R3 /(x, y) ∈ R2 }

est un sous-espace vectoriel de R3 .


Exercice 1.2 Soit E l'espace vectoriel des fonctions réelles dénies sur R.
Parmi les sous-ensembles suivants, quels sont ceux qui possèdent une struc-
ture de sous-espace vectoriel (sev) ?
• le sous-ensemble EP des fonctions positives.

• le sous-ensemble E1 des fonctions qui s'annulent en 1.

• le sous-ensemble Einf des fonctions qui tendent vers +∞ lorsque x tend


vers +∞.
Exercice 1.3 Démontrer que:
• une famille (u1 , · · · , un ) est liée si et seulement si (au moins) un des
vecteurs est combinaison linéaire des n − 1 autres.
• Toute famille (u1 , · · · , un ) contenant une famille liée est liée.

Exercice 1.4 Les familles suivantes de R3 sont-elles libres ou liées ?


         
1 −1 −1 1 2
F1 =  −1 , 1 , −1
      , F2 =   −1 , −1 ,
 
−1 −1 1 1 1
             
1 1 3 1 −1 −1 1
F3 =  −1 , 1 , 1
      , F4 =   −1 , 1 , −1 , 1  .
     
−1 1 1 −1 −1 1 −3

Exercice 1.5 Soient les familles (1, X 2, 1 + X 2) et (1, X 2, 1 + X + X 2) dites


si elles ∈ R3 [X]; si elles sont génératrices de R3 [X]; et si elles sont libres.

9
Exercice 1.6 Montrer que les familles (1, X, X + X 2) et (1, X − 1, X 2, X −
X 2 ) sont génératrices de R2 [X].

Exercice 1.7 Montrer que la familles (1, X 2 + 2, X 2 − 3X) est une base de
R2 [X].

Exercice 1.8 Démontrer la proposition suivante :


Une famille de polynômes non nuls échelonnés en degré est libre.
Exercice 1.9 Soit F l'ev des fonctions réelles dénies sur R.
Soient les fonctions suivantes :
f1 : x → x2 + x − 1,
f2 : x → 2x,
f3 : x → cos x,
f4 : x → sin x.

1- Est-ce que {f1 , f2 } est libre ?


2- Est-ce que {f3 , f4 } est libre ?
Exercice 1.10 Soit F un sev de R3 tel que:
F = {(x, y, z) ∈ R3 / 2x + y + 3z = 0}.
Soit v1 = (1, −2, 0) et v2 = (0, −3, 1). Montrer que {v1 , v2 } forme une base
de F .
Université de Douala Année académique :

PHY 142 : Algèbre linéaire et calcul diérentiel


Travaux dirigés N◦2 : Espaces vectoriels (Suite)
Exercice 1.11 1- Montrer que l'équation 2x + y − z = 0 dénit un plan
vectoriel de R3 et en déterminer une base.
2- Montrer que le système d'équation :

x + y − z = 0,
x + 2z = 0,

dénit une droite vectorielle de R3 et en déterminer une base.

10
 
1
3- On considère la droite D = V ect(u) avec u = 1. Trouver un sys-

1
tème d'équations (comme dans la question précédente) permettant de
dénir D.
Exercice 1.12 Les ensembles suivants sont-ils des sous-espaces vectoriels
de R3 ? Si oui, en déterminer une base et préciser leur dimension.
1. A = {(x, y, z) ∈ R3 / x + 2y − 3z = 0},
2. B = {(x + y, x − y, 2y) ∈ R3 / (x, y) ∈ R2 },
3. C = {(x, y, z) ∈ R3 / x + 2y − z = 2},
4. D = {(2x − 3y, x + 1, −x + 3y) ∈ R3 / (x, y) ∈ R2 },
5. E = {(x, y, z) ∈ R3 / 2x = y et y = 3z}.

Montrer également que R3 = B ⊕ E


Exercice 1.13 On considère les deux ensembles suivants :
E = {(x, y, z, t) ∈ R4 / x − y + z − t = 0},
F = {(x, y, z, t) ∈ R4 / x = y}.

1. Montrer que E et F sont des sous-espaces vectoriels de R4 .


2. Déterminer une base de E et F puis de E ∩ F .
Exercice 1.14 On considère les deux espaces vectoriels :
  
x − y + t = 0,
F = (x, y, z, t) ∈ R /
4
2x + z = 0,

G = {λ(1, 1, 2, 0) + µ(2, 0, 1, 1) / (λ, µ) ∈ R2 }.

Déterminer une base de F et trouver un système d'équations vériées par les


éléments de G. F et G sont -ils supplémentaires dans R4 ?
Exercice 1.15 E = R4 [X] et F = {P ∈ E / P (0) = P (0) = P (1) = 0}.
0 0

Montrer que F est un espace vectoriel, déterminer une base de F et préciser


sa dimension.
Montrer que G = V ect(1, X, 1 + X + X 2 ) est un supplémentaire de F dans
E.

11
Exercice 1.16 On considère l'équation diérentielle y 0
+ x2 y = 0.

1- Montrer, sans la résoudre, que l'ensemble des solutions sur R est un


espace vectoriel.
2- Retrouver ce résultat en résolvant l'équation et déterminer une base de
cet espace.

12
Chapter 2

Applications linéaires

Dénition 2.1 f est une application linéaire de E vers F si:


• ∀ x, y ∈ E , f (x + y) = f (x) + f (y);

• ∀ λ ∈ K, ∀ x ∈ E , f (λx) = λf (x).

Exercice 2.1 Vérier que


f : R2 → R3
(x, y) → (x + 2y, −x, 2y),

est une application linéaire.


L'ensemble des applications linéaires de E vers F est noté L(E, F ).
Proposition 2.1 Si f est une application linéaire de E vers F , alors
f (θE ) = θF .

Preuve 2.1 on a:
f (θE ) = f (θE + θE ),
= f (θE ) + f (θE ),
= 2f (θE )
⇒ f (θE ) = θF .

Exercice 2.2 Soit ρ : R2 → R2 / ρ(x, y) = (x + 2y + 1, x − y). Vériez que


cette application n'est pas linéaire.
Proposition 2.2 Soient f et g, deux applications linéaire de E vers F , α, β
∈K

13
• αf + βg et gof sont des applications linéaires;
• si f est bijective alors f −1 est aussi une application linéaire;
• l'ensemble (L(E, F ), +, .) est un K ev.
• si E et F sont des ev de dimensions nies, L(E, F ) est un K-ev de
dimension nie et sa dimension est donnée par:
dimL(E, F ) = dimE × dimF.

Dénition 2.2 • un endomorphisme de E est une application linéaire


de E dans lui même. Il est noté L(E);
• un isomorphisme de E est une application linéaire bijective;
• un automorphisme de E est un endomorphisme bijectif. On le note
GL(E);
• une forme linéaire est une application linéaire à valeur dans K (Les
images sont dans K).

2.1 Noyau et image d'une application linéaire

Dénition 2.3 On appelle noyau de l'application linéaire f noté Ker(f )


l'ensemble déni par:
Ker(f ) = {x ∈ E /f (x) = 0F }.

Théorème 2.1 Ker(f ) est un sev de E .


Preuve 2.2 • θE ∈ ker(f );
• soient x, y ∈ ker(f ), x + y ∈ ker(f ) car f (x + y) = f (x) + f (y) = 0F ;
• si λ ∈ K et x ∈ ker(f ), f (λx) = λf (x) = 0F .
L'application linéaire f est injective si et seulement si Ker(f ) = θE .
Preuve 2.3 * Supposons que f est injective
f injective:

⇒ f (x) = f (y) ⇒ x = y,
f (x) = θF = f (θE ),

d'après l'hypothèse x = θE .

14
* Supposons que Ker(f ) = θE
f (x) = f (y) ⇒ f (x − y) = 0F ,
or f (x − y) = f (x) − f (y) = 0F ,
d'après l'hypothèse x − y = θE ⇒ x = y.
Par conséquent f est injective.
Dénition 2.4 On appelle image de f notée Im(f ) l'ensemble déni par:
Im(f ) = {y ∈ F /∃x ∈ E, y = f (x)}.
Théorème 2.2 Im(f ) est un sev de F
Théorème 2.3 soient E et F deux ev, E étant supposé de dimension nie et
f ∈ L(E, F ), si (e1 , e2 , · · · , en ) est une base de E alors Im(f ) = vect(f (e1 ), f (e2 ), · · · , f (en ))
. Ainsi Im(f ) est engendré par les images des vecteurs de la base.
Dénition 2.5 Soit f : E → F , E de dimension nie alors Im(f ) est de
dimension nie et dimIm(f ) est notée rg(f ).
Théorème 2.4 L'application linéaire f est surjective si et seulement si
Im(f ) = F .
Corollaire 2.1 Si f ∈ L(E, F ) et E de dimension nie, alors f est surjec-
tive si et seulement si rg(f ) = dimF .
Théorème 2.5 (Théorème du rang) On suppose toujours E de dimen-
sion nie et f une application f : E → F alors dimE = dimKer(f ) +
dimIm(f ).
Théorème 2.6 f est un endomorphisme de E , alors f injective ⇐⇒ f
surjective ⇐⇒ f bijective.
Exemple 2.1 f endomorphisme de R3 déni par f (x, y, z) = (2x − y, y +
z, z − x).
• Etudions la surjectivité
il sut de chercher l'image de f Im(f )
Im(f ) = vect(f (e1 ), f (e2 ), · · · , f (en )),
f (e1 ) = (2, 0, −1),
f (e2 ) = (−1, 1, 0),
f (e3 ) = (0, 1, 1),
⇒ Im(f ) = vect((2, 0, −1), (−1, 1, 0), (0, 1, 1)).

15
et on a det[vect((2, 0, −1), (−1, 1, 0), (0, 1, 1))] 6= 0 ⇒ dimIm(f ) = 3 ;
Im(f ) = R3 . Alors l'application f est surjective. Or en tant qu'endomorphisme,
f est injective d'où f est bijective.
Corollaire 2.2 Soient E et F deux ev de dimension nie, E et F sont
isomorphes si et seulement si dimE = dimF .
Théorème 2.7 Soit f ∈ L(E, F ), f est un isomorphisme si et seulement si
∃ une base B de E / f (B) = B soit une base de F .
0

Université de Douala Année académique :

PHY 142 : Algèbre linéaire et calcul diérentiel


Travaux dirigés N◦3 : Applications linéaires
Exercice 2.3 a- Soit f l'endomorphisme de R3 déni par f (x, y, z) =
(2x − y, y + z, z − x). Etudier l'injectivité de f (déterminer pour cela
son noyau).
b- Soit g l'endomorphisme de R3 déni par g(x, y, z) = (2x−y, y+z, z−x).
Etudier la surjectivité de g (déterminer pour cela son image).
Exercice 2.4 Soit l'application Φ : P → XP 0
− P de R2 [X]

a- Monter que Φ est un endomorphisme


b- Φ est elle injectivité ?
b- Φ est elle surjectivité ? (par déduction).
Exercice 2.5 Soit u : R3 → R2 dénie pour tout x = (x1 , x2 , x3 ) ∈ R3 par
: u(x) = (x1 + x2 + x3 , 2x1 + x2 − x3 ).
a- Montrer que u est linéaire.
b- Déterminer Ker(u).
Exercice 2.6 Soit f : R3 → R2 dénie pour tout vecteur u = (x, y, z) ∈ R3
par : f (u) = (−2x + y + z, x − 2y + z).
1- Montrer que f est une application linéaire.
2- Donner une base de Ker(f ), en déduire dim(Im(f )).

16
3- Donner une base de Im(f )
Exercice 2.7 Soit u : Rn → R dénie pour tout x = (x1 , x2 , · · · , xn ) ∈ Rn
par u(x) = x1 + x2 + · · · + x3 .
1- Montrer que u est une application linéaire.
2- Déterminer les dimensions de Im(u) et de Ker(u).
Exercice 2.8 Soit l'application linéaire f : R3 → R3 dénie pour tout
vecteur u = (x, y, z) ∈ R3 par : f (u) = (x − z, 2x + y − 3z, −y + 2z).
Soit (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 .
1- Calculer f (e1 ), f (e2 ) et f (e3 ).
2- Déterminer les coordonnées de f (e1 ), f (e2 ) et f (e3 ) dans la base canon-
ique.
3- Calculer une base de Kerf et une base de Imf .
Exercice 2.9 Soit E = R4[X], E = R[X] et

E → F,
f : 0
p → XP ,

1- Montrer que f est une application linéaire.


2- Montrer que f dénit un endomorphisme de E .
3- Déterminer une base de Kerf et de Imf .
Exercice 2.10 Soit f un endomorphisme de R3 dont l'image de la base
canonique β = (e1 , e2 , e3 ) est :
f (e1 ) = −7e1 − 6e1 ; f (e2 ) = 8e1 + 7e2 ; f (e3 ) = 6e1 + 6e2 − e3 .

1- Pour tout vecteur x = x1 e1 + x2 e2 + x3 e3 , déterminer f ◦ f (x).


2- En déduire que f est inversible (c'est-à-dire bijective) et déterminer
f −1 .

17
Chapter 3

Matrices d'une Application

Linéaire.

3.1 Opérations sur les matrices

On considère Mn,p (K), l'ensemble des matrices n × p à coecients dans K.

3.1.1 Somme

Soit A, B ∈ Mn,p (K) deux matrices. A + B est la matrice suivante:


∀i ∈ [1, n], ∀j ∈ [1, p], (A + B)ij = Aij + Bij .

Les matrices ayant la même taille avec n le nombre de lignes et p le nombre


de colonnes. L'ensemble des matrices muni de l'addition est associative.
Rappel 3.1 (Espace vectoriel) • Ensemble

* groupe commutatif +;
* corps K = R ou C (+).
• Groupe (G, ∗)

1- ∀ a, b ∈ G, a ∗ b ∈ G (interne);
2- a ∗ (b ∗ c) = (a ∗ b) ∗ c (associativité);
3- ∃ un élément neutre e / a ∗ e = e ∗ a = a;
4- tout élément de G admet un symétrique
∀ a∃a−1 / a ∗ a−1 = a−1 ∗ a = e.
L'ensemble des matrices de taille n × p est un groupe commutatif.

18
3.1.2 Produit des matrices

Soient A ∈ Mn,p et B ∈ Mp,q . le produit A × B noté AB est donné par


∀i ∈ [1, n] et ∀j ∈ [1, q], on a :
p
X
(AB)ij = aik bkj .
k=1

Exemple 3.1
 
1 2 3  
 3 −1 1 2 1
A=
1
 ∈M4,3 (R), B = −2 2 ∈ M3,2 (R)
2 4
0 5
−1 0 1
 
−2 20
8 6
AB =   ∈ M4,2 (R)
−2 25
−2 4

Proposition 3.1 Soit A, B ∈ Mn,p, C, D ∈ Mp,q et E ∈ Mq,r


• (A + B)C = AC + BC : distributivité de la multiplication par rapport
à l'addition;
• (AC)E = A(CE) : associativité du produit matriciel.

Remarque 3.1 En général, AB 6= BA.

3.1.3 Transposée d'une matrice

Dénition 3.1 Soit A ∈ Mn,p, on dénit la matrice transposée de A et


on la note t A ou AT la matrice suivante
AT = aji ∈ Mp,n (K), avec i ∈ [1, n]et j ∈ [1, p].

Exemple 3.2
   
a b c a d g
A = d e f  ⇒ AT =  b e h .
g h i c f i

Remarque 3.2 (AB)T = AT B T .

19
3.1.4 Matrice carrée

A ∈ Mn,n (K) = Mn (K). C'est des matrices pour lesquelles le nombre de


lignes est égal au nombre de colonnes. On y réalise les opérations telles que:
• Le calcul du déterminant
 
a b
Soit A ∈ M2 (K), A = c d
et detA = ad − bc.

a b c
A ∈ M3 (K), A = d e
 f
g h i

e f b c b c
detA = a −d +g = aei + bf g + cdh − gec − hf a − idb.
h i h i e f

• Inverse d'une matrice

Dénition 3.2 Une matrice A ∈ Mn(K) est inversible si et seule-


ment si
∃B / AB = BA = I où I est la matrice identité. On note A−1 = B.

A et A−1 ∈ GL(n, K)1 . A ∈ GL(n) ⇒ detA 6= 0.

Théorème 3.1 Si deux matrices A et B ∈ Mn(K) vérient AB = In, alors


BA = In .

Remarque 3.3 Dans certains espaces, AB = In mais BA 6= In dans ce cas


on parlera d'inverse à gauche.
Proposition 3.2 Soit A ∈ Mn(K), A inversible alors
1
A−1 = (comA)T .
detA
Dénition 3.3 On appelle comatrice de A notée com(A) la matrice de ses
cofacteurs c'est-à-dire le terme de la ième ligne et de la j ème colonne de cette
matrice noté (−1)i+j Mij où Mij correspond à la recherche des mineurs (i, j).
1 ensemble des groupes linéaires.

20
3.1.5 Rang d'une matrice

Soit A ∈ Mn,p (K) (enparticulierMn (K) alors le rang de A est la taille de


la plus grande matrice carrée inversible extraite de A. Autrement dit la taille
du plus grand déterminant non nul extrait de A.
Dénition 3.4 Soit A ∈ Mn,p(K), on appelle matrice extraite de A toute
matrice obtenue à partir de A en supprimant des lignes ou des colonnes en
respectant l'ordre des éléments restant par rapport à celui qu'ils avaient dans
A.

Remarque 3.4 La matrice restante Mij est aussi appelée mineur de classe
(i, j).

Exemple 3.3
 
1 −4 3
A = 2 5 3  ,
3 6 3
rangA 6 3,
si detA 6= 0 ⇒ rangA = 3,
sinon
detA = 0 ⇒ rangA 6 2,
?? rangA = 2,
detM11 = −3,
⇒ rangA = 2.

Proposition 3.3 Si deux matrices A et B ∈ GLn(K) alors


• AB ∈ GLn (K) et (AB)−1 = B −1 A−1 ;

• AT ∈ GLn (K) et (AT )−1 = (A−1 )T .

Preuve 3.1
(AB)(B −1 A−1 ) = A(BB −1 )A−1 = AIn A−1 = AA−1 = In ,
AT (A−1 )T = (AA−1 )T = InT = In .

Théorème 3.2 A ∈ Mn (K) inversible ⇐⇒ detA 6= 0 et detA−1 = 1


detA
.

21
Preuve 3.2
det(AA−1 ) = det(In ),
⇒ det(AA−1 ) = det(A−1 )det(A) = 1,
1
detA−1 = .
detA
   
Proposition 3.4 a b
Soit A = c d , alors A = detA −c a .
−1 1 d −b

En général, pour les matrices de rang n > 3 on utilise des systèmes linéaires.
On résoud AX = Y ⇒ X = BY , B = A−1 .
 
Exemple 3.4 A=
1 1
1 2
   
x1 y
AX = Y, avec X = et Y = 1 ,
x2 y2

x1 + x2 = y 1 ,
x1 + 2x2 = y2 ,

x1 + x2 = y1 ,
x2 = y2 − y1 ,

x1 = 2y1 − y2 ,
x2 = y 2 − y 1 ,

    
x1 2 −1 y1
=
x2 −1 1 y2

On appelle matrice de plein rang une matrice dont le nombre de lignes


est égal au rang de la matrice.

3.2 Représentation matricielle d'une applica-

tion linéaire

On note f ∈ L(E, F )
B = (e1 , e2 , e3 , · · · , ep ) une base de E
B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en ) une base de F.
0 0 0 0 0

22
Théorème 3.3 Un application linéaire est entièrement déterminée par l'image
d'une base de E (E ensemble de départ).
Explication 3.1 Soit u ∈ E , u = λi ei .
Pp
i=1

p
f supposée linéaire ⇒ f (u) = f ( λi ei ),
X

i=1
p
X
⇒ f (u) = λi f (ei ).
i=1

Conclusion 3.1 Connaître une application linéaire c'est connaître les im-
ages des vecteurs de la base.
Dénition 3.5 On appelle matrice de f relativement aux bases B et B , 0

la matrice (Mij ) avec i ∈ (1, 2, · · · , n) et j ∈ (1, 2, · · · , p). On la note


Mat (f, B, B ) ou MB,B0 (f ).
0

Nombre de colonne = dimension de l'espace de départ;


Nombre de ligne = dimension de l'espace d'arrivée.
Si E = F (B = B0 ) ou bien dimE = dimF , on a simplement une matrice
carrée. Pour E = F , MB,B (f ) sera notée MB (f ), et MB0 ,B0 (f ) = M0B (f )
Exemple 3.5 f endomorphisme de R3 dénie par:
f (x, y, z) = (2x − y, y + z, z − x),
B = (e1 , e2 , e3 ), B = (e1 , e2 , e3 ) / e1 = (1, 1, 0), e2 = (0, 0, 1), e3 = (0, 1, 1).
0 0 0 0 0 0 0

Déterminez les matrices MB,B (f ), MB,B0 (f ), MB0 ,B0 (f ).


• MB,B (f ) = MB (f )
Déterminons f (B)
f (e1 ) = (2, 0, −1) = 2e1 − e3 ,
f (e2 ) = (−1, 1, 0) = −e1 + e2 ,
f (e3 ) = (0, 1, 1) = e2 + e3 ,
 
2 −1 0
d'où MB (f ) =  0 1 1 .
−1 0 1

23
• MB,B0 (f )
trouvons les images des vecteurs de la base B et écrivons les sous forme
de combinaison linéaire des vecteurs de B0 .
 0
 e1 = e1 + e2 ,
0
e = e3 ,
 20
e3 = e2 + e3 ,

d'où  0 0 0
 e1 = e1 + e2 − e3 ,
0 0
e = −e2 + e3 ,
 2 0
e3 = e2 ,
et donc
0 0 0
f (e1 ) = 2e1 + e2 − 2e3 = (2, 0, −3),
0 0 0
f (e2 ) = −e1 − 2e2 + 2e3 = (−1, 1, 0),
0
f (e3 ) = e3 = (0, 1, 1),
 
2 −1 0
d'où MB,B0 (f ) =  1 −2 0 ,
−2 2 1
 
1 0 −1
MB0 ,B (f ) =  1 1 2  ,
−1 1 1
MB0 ,B0 (f ) =???.

3.3 Changement de base

Soient B et B 0 deux bases d'un ev de dimension nie E . B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en ),


B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en ).
0 0 0 0 0

On appelle matrice de passage de la base B vers la base B 0 la matrice donc


les vecteurs colonnes représentent les vecteurs B 0 dans B .
Considérons un ev de dimension n de base B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en ). Soit x un
vecteur de E alors ∃ un unique uplet (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ Rn tel que
n
X
x = λ1 e1 + λ2 e2 + · · · + λn en = λi ei .
i=1

24
Les scalaires λ1 , λ2 , · · · , λn sont appelés coordonnées du vecteur x dans
  la
λ1
 λ2 
base B . On peut alors écrire x sous la forme d'un vecteur colonne X =  .. 

.
λn
 0
λ1
 λ0 
dans B , dans B 0 = (e01 , e02 , e03 , · · · , e0n ) on a X 0 = 
 .. .
2
.
0
λn
x ≡ X B ≡ XB 0 .
0

Théorème 3.4 Soient B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en ) et B = (e1 , e2 , e3 , · · · , en )


0 0 0 0 0

deux bases de l'espace vectoriel E . Soit x ∈ E , on a:


X = P X , P étant la matrice de passage de B à B .
0 0

Soient deux espaces vectoriels de dimension nie E et F de bases respectives


B et B , soit x ∈ E et f ∈ L(E, F ). Le vecteur f (X) = M X où M =
0

MB,B0 (f ).

Proposition 3.5 • On considère deux endomorphismes f et g de l'ev E


de base B .
• La matrice MB de l'application f + g est égale à la matrice de f plus
la matrice de g. MB (f + g) = MB (f ) + MB (g).
• La matrice de l'application (f ◦ g) est égale à la matrice de la base f
multipliée par la matrice de la base g. MB (f ◦ g) = MB (f ) × MB (g).
• f est bijective si et seulement si la matrice de f dans la base B est
inversible. MB (f ) inversible, detMB (f ) 6= 0.
Théorème 3.5 (formule de passage) Soit f ∈ L(E) (f endomorphisme
de E ). On note M (respectivement M ) la matrice de f dans la base B
0

(respectivement dans la base B 0 ). On a alors M 0 = P −1 M P , P étant la


matrice de passage de B vers B 0 .

25
Preuve 3.3
f (x) →M X dans B,
dans B ,
0 0 0
MX
or X = P X ⇒ X = P −1 X,
0 0

0 0
M X = P −1 M X,
0 0 0
M X = P −1 M P X ,
0
M = P −1 M P.

Dénition 3.6 Deux matrices M et M sont dites semblables s'il existe


0

une matrice P inversible telle que M 0 = P −1 M P


Exemple 3.6 ρ : P → XP − P de R2 [X]. Déterminez Imρ.
0

Soit B = (1, X, X 2 ) une base de ρ.


ρ(1) = −1, ρ(X) = 0, ρ(X 2 ) = X 2 .
X)}de manière rigoureuse.
2
Imρ = vect{(−1,
 0, 
−1 0 0
Imρ = vect{ 0  , 0 , 0}.
0 0 1
(−1, X 2 ) ou (1, X 2 ) est une base de Imρ.

26
Université de Douala Année académique :

PHY 142 : Algèbre linéaire et calcul diérentiel


Travaux dirigés N◦4 : Applications linéaires et matrices
  
 a b c
Exercice 3.1

Soit E = 0 a b  , (a, b, c) ∈ R3 .
0 0 a
 

Montrer que E est un R-espace vectoriel et déterminer une base de E .


Exercice 3.2 Soit f l'endomorphisme de R3 déni par f (x, y, z) = (2x −
y, y + z, z − x).
On note B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et B0 = (e01 , e02 , e03 ) avec,
e1 = (1, 1, 0), e2 = (0, 0, 1), e3 = (0, 1, 1).
0 0 0

Montrer que la famille B est une base de R3 et déterminer les matrices


0

M atB,B (f ), M atB,B0 (f ) et M atB0 ,B0 (f ).

Exercice 3.3 Reprendre l'endomorphisme f0 de l'exercice précédent, noter


M sa matrice dans la base canonique et M sa matrice dans la base B =
0

(e1 , e2 , e3 ) avec, e1 = (1, 1, 0), e2 = (0, 0, 1), e3 = (0, 1, 1)


0 0 0 0 0 0

Montrer que les matrices M et M 0 sont semblables ; pour cela déterminer la


matrice de passage P et vérier l'égalité : M 0 = P −1 M P .
Exercice 3.4 Soit β = (e1, e2, e3) la base canonique de R3.
Soit 
u l'endomorphisme
 de R dont la matrice dans la base canonique est :
3

1 4 4
A = −1 −3 −3.
0 2 3
Soient a = e1 − e2 + e3 , b = 2e1 − e2 + e3 et c = 2e1 − 2e2 + e3 trois vecteurs
de R3 .
1- Monter que β 0 = (a, b, c) est une base de R3 .
2- Déterminer la matrice de passage P de β à β 0 . Calculer P −1 .
3- Déterminer la matrice R de u dans la base β 0 .
4- a- Calculer P −1 AP en fonction de R.
b- Calculer R4 .
c- En déduire les valeurs de A4n .

27
Exercice 3.5 1- Montrer que si p est un projecteur, alors
Im(p) = Ker(p − IdE ).
2- Soit f l'endomorphisme
 de R dont la matrice dans la base canonique
3

1 2 1
est A = −1 −2 −1.

2 4 2
Montrer que f est un projecteur et préciser ses caractéristiques géométriques.
 
0 1 1
Exercice 3.6 Soit A la matrice dénie par : A = 1 0 1
1 1 0
1- Calculer A2 .
2- Trouver un polynôme P de dégré 2 tel que P (A) = 0.
3- En déduire A−1 .
4- Retrouver A−1 par une autre méthode.
 
1 0 0
Exercice 3.7 Soit A = 0 0 1
0 −1 0
1- Calculer A2 et A3 . Calculer A3 − A2 + A − I .
2- Exprimer A−1 en fonction de A2 , A et I .
3- Exprimer A4 en fonction de A2 , A et I .
 
Exercice 3.8 A tout nombre réel t on associe la matrice : M (t) = ch(t) sh(t)
sh(t) ch(t)
1- Calculer le produit des matrices M (t1 ) et M (t2 ), où t1 et t2 sont deux
réels quelconques.
2- Montrer que M (t) est inversible, et déterminer M −1 (t).
Exercice 3.9 Soit f : R2 → R2 dénie par f (x, y) = (x − y, x + y) et
β = (e1 , e2 ) la base canonique de R2 .
1- Montrer que f est un endomorphisme.
2- Déterminer la matrice A de f dans la base β .
3- a- Déterminer le noyau et l'image de f .
b- En déduire que f est inversible.
c- Déterminer f −1 dans la base β et en déduire A−1 .

28

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