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Syndrome de détresse respiratoire aiguë Q099
(étio, physiopath, diag)
VIH - Oedème lésionnel - Fibrose pulmonaire - Urgence
DEFINITION
Actuellement, consensus américano-européen (1994)
PaO2/FIO2 < 200 mm Hg quel que soit le niveau de PEEP
Avant : PaO2 ≤ à 50 mm Hg pour une FiO2 ≥ à 0,6 (hypoxémie sévère ne se corrigeant pas / très mal sous O2)
PAPo < 18 mmHg
Infiltrats pulmonaires bilatéraux diffus alvéolo-intersticiels se développant rapidement
Opacités pulmonaires diffuses initialement interstitielles, puis rapidement alvéolaires bilatérales.
Absence de critères d'exclusion : infiltrats pulmonaires chroniques, atélectasies, Mies des voies respiratoires,
défaillance cardiaque gauche.
SDRA (Sd de détresse respiratoire de l'adulte, puis, par l'usage, aiguë = intitulé de la question)
OAP sans augmentation de la PCP (contrairement à l'IVG) mais avec ↑ de la perméabilité de la barrière
endothéliale (membrane alvéolo-capillaire) entraînant une détresse respiratoire grave et aiguë avec hypoxémie
sévèreQ et opacités pulmonaires bilatérales.
Actuellement considéré comme la manifestation pulmonaire d'une atteinte généralisée de l'endothélium secondaire à
des agressions diverses.
ETIOLOGIES : situation pathologiques prédisposants au SDRA
Agressions pulmonaires directes Agressions pulmonaires indirectes
Infections pulmonaires Infections extrapulmonaires
Virales : Grippe maligneQ, Varicelle maligne, VRS…. Septicémie, choc septique ou sepsis
Bactérienne : Pneumocoques (4% d’entre elles), …. Sd satellite d'une infection localisée (par exemple
Fongique digestive, péritonite +++)
Parasitaire : pneumocystose pulmonaire, …
Inhalation Agression générale
Contenu gastriqueQ (Sd de Mendelson) Tous les états de chocs non cardiogéniques (septique,
Fumées hémorragique, anaphylactique)
ToxiquesQ (NO2, O2 hyperconcentrée) Pancréatite aiguë nécrotique, acidocétose diabétique,
Eau : noyade embolie amniotique,
Aérocontaminants : Alvéolite allergique extrinsèque Hémopathies
o Mie du poumon de fermier : due à Mycropolyspora faeni Vascularites, collagénoses, patho immune (lupus, Good
(actinomycète présent ds le foin moisi) Pasture)
o Mie des éleveurs d’oiseauxQ : due aux ptn contenu ds
déjection d’oiseaux Iatrogénie (CEC, transfusions massives, bléomycine, ,
Methotrexate, post transplantation cardio-pulmonaire)
Contusions pulmonaires Traumatisme extra thoracique
Polytraumatisé
Irradiation pulmonaire Trauma crânien, brûlures étendues, fracture des os
longs (embolie graisseuse +++) , écrasement de
Brûlure (directe respiratoire) membre]
Eclampsie, toxémie gravidique / HELLP Sd
Toxique : œdème lésionnel des overdoses à l’héroïne,
methadone, morphine, barbiturique
EP
Brûlures étendues
Très variées : toute agression susceptible d'activer les cascades de médiateurs responsables de lésions endothéliales
pouvant déterminer un SDRA.
L'identification de la cause est très importante dans la prise en charge thérapeutique, mais n'est pas toujours gage du
pronostic : l'évolution respiratoire peut être défavorable malgré le traitement d'une cause identifiée, un traitement
purement symptomatique peut être associé à une évolution favorable malgré une enquête étiologique négative.
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PHYSIOPATHOLOGIE
Différentes phases du SDRA
L'évolution d'un SDRA peut se résumer à la séquence agression => réaction => réparation
Etape initiale = Agression directe ou indirecte = phase exsudative
Toute agression quelque soit son mécanisme va aboutir à des lésions endothéliales.
- L’activation des cellules endothéliales entrainent la libération de médiateurs pro-inflammatoires, des
régulateurs de la coagulation, activation du complément et favorisent l’activation et le recrutement d’autres
cellules (macrophages, PNN)
- Le système amorcé, différents cercles vicieux se mettent en place, la réponse à l'agression étant en soi une
nouvelle agression.
L’ensemble de ces mécanismes aboutissent à :
- l’augmentat° de la perméabilité alvéolocap (OAP dit lésionnel envahissant alvéole et interstitium)
- Destructions majeures de ptn de structure (protéinoglycanes, fibronectine…) et des altérations majeures du
surfactant (d'où collapsus alvéolaire et altérations mécaniques respiratoires)
- Disparaition des cellules épithéliales => Mb basale mise à nu
Phase proliférative = réaction : son degré d’intensité contribue à la gravité
Secondairement à l'activation de cascades pro-inflammatoires et à au recrutement cellulaire (cellules
endothéliales, macrophages, polynucléaires), apparition de membranes hyalines au 2ième-3ième jour.
Une HTAP précapillaire par augmentation des résistances vasculaires pulmonaires semble liée en partie à une
libération locale de substances vasoactives.
Phase fibrotique = phase de réparation
Epaississement épithélial par prolifération de pneumocytes II et prolifération interstitielle de fibroblastes.
A ce stade, on trouve de nombreux GB dans l'interstitium et il y a des lésions vasculaires.
C'est le caractère excessif et anarchique de la réparation qui va conduire à la fibrose (phase tardive => dès la
1ière sem).
Retentissement
Sur les échanges gazeux
Au cours du SDRA, la perturbation principale est l'hypoxémieQ.
Elle est secondaire à un déséquilibre ventilation-perfusion, VA/Q. avec des territoires perfusés mais mal ou
pas ventilés (œdème, altérations du surfactant).
Le sang qui traverse ces territoires est mal ou non oxygéné (shunt vrai, jusqu'à 30 % du Qc).
Les troubles de la diffusion n'ont d'importance qu'à la phase de fibrose, où les remaniements
parenchymateux entraînent la formation de cavités aériques ventilées mais mal perfusées (effet espace mort :
hypercapnie)
Les anomalies des rapports VA/Q induisent une HTAP dont le mécanisme n'est pas univoque mais qui
participe, à la phase précoce, de la vasoconstriction hypoxique.
Sur la mécanique respiratoire
Diminution des volumes est liée à : l'œdème et le collapsus alvéolaire, la compression des petites voies
aériennes par l'oedème, et les modifications des propriétés du surfactant.
- CRF est diminuée
- Le volume de fermeture (VF = volume auquel certains alvéoles se ferment) est augmenté, parfois > à la CRF:
les alvéoles sont fermés à la fin de l'expiration, voire pendant tout le cycle (VF > au volume télé-inspiratoire =
CRF + volume courant) => L'application d'une PEP augmente la CRF au-dessus du VF et réduit le shunt
Altération des propriétés élastiques du poumon : nécessité d’une pression + impte pour une augmentation de
volume donnée (ou encore, l'administration d'un volume par un ventilateur détermine une pression + élevée) :
la compliance est diminuée par l'augmentation de la tension de surface, la diminution du volume pulmonaire
par l'oedème, l'atélectasie et la fibrose diffuse.
2 méthodes d'appréciation de la mécanique respiratoire sont particulièrement importantes :
Détection visuelle d'une ventilation en zone de très faible compliance sur les courbes de pression des respi
Mesure de la compliance chez les patients ventilés (méthode «quasi statique») La valeur normale est de 80 à
120 mL/cm d'eau. D'un point de vue tttiq, on cherche à «titrer» le Vt pour maintenir la pression dans les VA
durant la pause télé-inspiratoire en deçà de 25-30 cm d'eau (pr mémoire, l'application d'une P° de 35 cm d'eau à
un poumon normal détermine un volume correspondant à la capacité pulmonaire totale, CPT).
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DIAGNOSTIC
Le diagnostic du SDRA comporte plusieurs étapes : (séparation des étapes artificielle)
Diagnostic d'OAP
Différence entre œdème de perméabilité et œdème de pression, ou leur contribution respective
Eliminer autres diagnostics différentiels
Diagnostic étiologique.
La démarche diagnostique se fait en parallèle avec une démarche thérapeutique que rien ne doit
retarder.
Diagnostic positif sur un faisceau d'éléments " compatibles "
Éléments cliniques
Le contexte (situations à risque) est très important +++
Les signes cliniques ne sont pas spécifiques :
Dypsnée rapidement progressive ou brutale, avec polypnée superficielle et signes de gravité respiratoires
Retentissement hémodynamique avec tachycardie et hypoTA (mais TA peut longtemps être préservée)
Retentissement neuro avec divers degrés d'encéphalopathie
Fièvre élevée même en l'absence d'infection, sans grande valeur d'orientation ;
Expectoration, inconstante, parfois très abondante, alors plutôt fluide et souvent hémorragique ;
Auscultation normale, ou crépitants (assez rarement), ou ronchi et sibilants.
Signes radiologiques
A la phase initiale => œdémateuse
Images interstitielles bilatérales (flou des contours vasculaires,
parois bronchiques épaissies, verre dépoli). Peut être unilatQ
Puis alvéolaires confluantes (condensation par comblement, avec
bronchogramme et alvéologramme aérien)
Infiltrat alvéolo interstitiel extensif diffus bilatéral = poumon blanc
bilatéral
Epanchements pleuraux, rares au début, constant après qq j.
La disparition progressive des opacités
Peut témoigner d'une évolution favorable si elle est parallèle à une
amélioration clinique et gazométrique.
Un « nettoyage » radiologique concomitant d'une dégradation
mécanique ou gazométrique peut par contre annoncer une évolution
fibrosante, marquée par un Sd interstitiel réticulo-micronodulaire,
les opacités alvéolaires deviennent moins confluentes et prennent
un aspect en verre dépoli.
Signes radio : signes normalement absent ds un SDRA
Cardiomégalie et élargissement du pédicule vasculaire
Redistribution vasculaire vers les sommets
Opacités péri bronchiques
Opacités très périhilaires (plus périphériques au cours du SDRA)
Lignes de Kerley
Épanchement pleural précoce
Gazométrie artérielle
La PaO2 est souvent très < à 50 mmHg en air ambiant, et elle
est d'autant + mal tolérée que son installation est rapide, et ne se
corrige que très partiellement avec l'oxygène (< 100 mmHg en oxygène pur).
Avant l’assistance ventilatoire mécanique, elle s'accompagne d'une hypocapnie. L’hypercapnie ou
simplement normocapnie sont de très mauvais pronostic, faisant présager à court terme un arrêt respiratoire.
L'hypocapnie entraîne une alcalose respiratoire mais il est courant de constater acidose métabolique ou déficit
de base témoignant de l'association d'un choc.
Autres examens
TDM thoracique : n'a pas d'intérêt pr le diagnostic positif et étiologique, mais est très caractéristique (fig.
5b). Il quantifie mieux les lésions, et peut être utile pour diagnostiquer des complications (pneumothorax,
pneumomédiastin, abcédation).
ECBC/sur sonde d’intubation : Riche en ptn dans l'expectoration / fluide aspiré (peu d'intérêt)
Biologie : Retentissement viscéral extrarespiratoire (fonction rénale, fonction hépatique, bilan de coag : CIVD
bio…). Dosage de l'acide lactique permet le diagnostic et le suivi de l'hypoxie tissulaire (l'hypoxie tissulaire au
cours du SDRA est rarement la cq de l'hypoxémie ; elle est + svt la conséquence d'un état de choc associé).
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ECG :
Non spécifique (recherche d'une composante cardiaque, évaluation du retentissement du SDRA, troubles du rythme
supraventriculaire voire ventriculaire, trouble de repolarisation)
ETT et KT droit : Distinction entre œdème hydrostatique et œdème de perméabilité.
SDRA s'accompagne d'une HTAP précapillaire (PCP < 18mmHg) +/- sévère avec pression de remplissage basse
(PAPo basse, Index cardiaque normal ou augmenté)
Sa pathogénie est liée à plusieurs méca :
VasoC hypoxique
Libération locale de molécules vasoactives
Présence de microthromboses artériolaires
Réduction du lit vasculaire pulmonaire
Les mesures de mécanique respiratoire sont essentiellement destinées à établir des scores de gravité initiaux
et à disposer d'éléments objectifs de suivi dans le temps.
Fibroscopie bronchique et les prélèvements associés sont surtout des éléments de diagnostic différentiel ou
étiologique (recherche infections opportunistes, IN…) : LBA riche en PNN
Autres diagnostics différentiels
On sépare parfois du SDRA certaines situations spécifiques, malgré de très fortes similitudes, parce que le
pronostic est différent, qu'une cause est identifiée, qu'un ttt étiologique efficace est disponible.
Pneumopathie grave à Pneumocystis carinii
Quasiment indiscernable d'un SDRA, mais implique un ttt spécifique : cotrimoxazole et corticothérapie, qui
peut avoir des bénéfices spectaculaires, comme au cours de certaines pneumopathies médicamenteuses.
Les corticoïdes étant inefficaces et potentiellement délétères dans le SDRA à la phase précoce, la distinction
étiologique est d'une importance indiscutable.
Hémorragie alvéolaire
Réalise un tableau assez proche du SDRA
Certains éléments sont évocateurs (saignement dans les voies aériennes avec anémie, liquide rouge ou rosé et
sidérophages - macrophages chargés en fer – au LBA).
Ce diagnostic implique un bilan spécifique (maladies de système) et une corticothérapie.
Pneumopathies étendues à pneumocoques et légionelloses sévères
Certains diagnostics peuvent être très délicats :
Un emphysème sous-jacent peut rendre le diagnostic très difficile
Les images interstitielles et alvéolaires n'étant visibles que dans les zones où l'emphysème est moins sévère
Certaines embolies pulmonaires
Associant dyspnée aiguë, hypoxémie et hypocapnie sont responsables d'œdèmes pulmonaires, par extravasation dans
les territoires restant perfusés
Insuffisance cardiaque aiguë des endocardites bactériennes
Peut être très trompeuse du fait de la fièvre, des signes systémiques voire d'hémocultures positives,
l'ETT redresse le diagnostic (végétations et dégâts valvulaires)
Certaines pneumopathies interstitielles rapides (fibrose primitive subaiguë) peuvent ressembler à un SDRA.
Diagnostic étiologique
Indications larges de la fibroscopie bronchique :
LBA et prélèvement distal protégé (aspiration ou brossage) pour microbiologie exhaustive et anapath
Biopsies bronchiques ou transbronchiques (donnent accès à une histologie alvéolaire, mais svt peu rentables
et dangereuses), après bilan de coag.
Bilan infectieux extrarespiratoire
HAAs, uroculture, culture des cathéters,
Selon les cas, recherche de foyers abdominaux par échographie ou scanner abdominal, PL, etc)
Evoquer systématiquement une toxicité des médicaments
En particulier chez un patient en réanimation et recevant des médicaments à risque (ATB, anesthésiques)
Seul l'arrêt de l'exposition peut être associé à une évolution favorable
Eosinophilie sanguine ou alvéolaire, lymphocytose alvéolaire (lymphocytes CD8) peuvent aider au
diagnostic
Evoquer systématiquement les causes abdominales
Pancréatite, péritonite : de diagnostic parfois extrêmement difficile
Indications larges de l'échographie abdominale et des radiographies d'abdomen à rayons horizontaux
Place des biopsies pulmonaires chirurgicales se réduit
Faible rentabilité une fois un bilan « classique » fait, morbidité et mortalité associées non nulles.
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TTT ET PRONOSTIC (HP)
Le pronostic dépend de la cause et du terrain
Mortalité : 40-50 % si SDRA isolé
Mortalité : > 75 % au cours d'une défaillance multiviscérale
Des mécanismes similaires sont responsables du SDRA et du Sd de défaillance multiviscérale (SDMV),
expression généralisée, systémique, des cq de l'emballement de la réaction inflammatoire à une agression.
SDMV associe dysfonctions et défaillances
Cardiovasculaire (choc, acidose lactique, diminution de l'extraction d'oxygène),
Respiratoire (SDRA),
Rénale (oligurie, élévation de la créatinine),
Hépatique (cytolyse, insuffisance hépatocellulaire),
Encéphalique (trouble de la conscience),
Hématologique (anémie, thrombopénie),
Muqueuse digestive (diarrhée, translocation bactérienne)
dans un contexte septique (fièvre, hyperleucocytose), indépendant d'une infection documentée.
SDRA et SDMV sont intriqués, un SDRA isolé au début pouvant déterminer un SDMV ou le SDRA pouvant
s'intégrer d'emblée dans un SDMV.
Récupération intégrale possible chez les patients qui survivent
Les facteurs de mauvais pronostic sont:
Age avancé
Présence d'un état septique
Existence d'une défaillance multiviscérale
Le traitement est essentiellement symtomatique
Avec comme objectif l'oxygénation des organes vitaux.
Oxygénation et assistance ventilatoire
Recours rapide à la ventilation mécanique. : Ventilation contrôlée en pression positive (PEEP)Q
But de la PEEP est de réouvrir des zones de parenchyme pulmonaire oedémateuses et collabées.
Inconvénients :
Barautromatismes
Diminue le Qc (par diminution du retour veineux et dysfonction ventriculaire) et le transport d'oxygène.
Si PEP > 15 cmH2O : Swan ganzQ (car risque d’HTAP) .
Monoxyde d'azote (NO) en ventilation conventionnelle (vasodilatateur pulmonaire sélectif)
+/– Almitrine Vectarion® IV
Pas de corticoïde à la phase aigue, discuter en phase tardive.
Parfois ventilation à haute fréquence.
Ttt étiologique est indispensable
Toute suspicion de foyer infectieux doit être prise en charge de façon intensive et traitée par antibiothérapie et
drainage chirurgical si nécessaire.
En dehors des situations infectieuses, le traitement causal sera adapté à la situation pathologique prédisposant au
syndrome de détresse respiratoire aigue de l'adulte:
Ostéosynthèse d'un foyer de fracture responsable d'embolie graisseuse
Délivrance d'un foetus mort…
Source : Fiches Rev Prat, rdp 99, impact, QCM Intest 2002