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Correction TD 7 - Statistique 2023-2024

Ce document présente la correction d'un TD sur les lois conditionnelles. Il contient les solutions à deux exercices, le premier sur les lois gaussiennes conditionnelles et le second sur la somme de variables aléatoires indépendantes suivant des lois de Poisson et gamma.

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Correction TD 7 - Statistique 2023-2024

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Sorbonne Université, Master 1 MU4MA015, Statistique, 2023-2024

Cours : A. Ben-Hamou TD : A. Godichon, A. Guyader et M. Sangnier

Correction du TD 7

Exercice 1 (Lois conditionnelles I)


1. (a) Par définition la densité marginale f de X s’obtient à partir de la densité jointe de (X, Y ) en
intégrant par rapport à y. Donc pour tout x ∈ R,
Z Z
1 2 2 −x2 1 −(y−x)2 /2+x2 /2
f (x) = exp(−x + xy − y /2) dy = e e dy
R 2π Z R 2π
2 1 −(y−x)2 /2 2 1
= e−x /2 e dy = e−x /2 √ .
R 2π 2π
Ainsi L(X) = N (0, 1). De même, la densité g de Y est donnée par, pour tout y ∈ R,
Z
1
g(y) = exp(−x2 + xy − y 2 /2) dx
R 2π
2
e−y /2
Z
y 2 2
= e−(x− 2 ) +y /4 dx

−y 2 2
e /4 e−y /4
Z
−(x− y2 )2
= e dx = √ .
2π 2 π

On reconnaît la densité d’une loi N (0, 2), qui est donc la loi de Y .
(b) Par définition la densité conditionnelle de Y sachant X = x est, si h(x, y) est la densité du
couple (X, Y ) (ici par rapport à la mesure de Lebesgue sur R2 ),
1
h(x, y) h(x, y) 2π exp(−x2 + xy − y 2 /2)
gx (y) = R = = ,
√1 e−x /2
2
R h(x, y) dy f (x)

d’après le calcul de f (x) ci-dessus. On simplifie et on obtient


1 2
gx (y) = √ e−(y−x) /2 .

Ainsi L(Y X = x) = N (x, 1). On aurait aussi pu obtenir ce résultat par la méthode du
‘proportionnel à’. Utilisons cette méthode pour déterminer l’autre densité conditionnelle, fy (x).
Comme on s’intéresse à une fonction de x, tout ce qui ne dépend pas de x peut aller dans la
constante :

fy (x) ∝x exp(−x2 + xy − y 2 /2)


2 +xy
∝x e−x
2 +y 2 /4
∝x e−(x−y/2)
2
∝x e−(x−y/2) .

Ainsi L(X Y = y) = N (y/2, 1/2).


2. On rappelle que la densité d’un vecteur gaussien N (µ, V ) dans Rd , avec µ ∈ Rd et V une matrice
symétrique définie positive de taille d × d est donnée par
 
1 1t −1
z 7→ p exp − (z − µ)V (z − µ) .
(2π)d det(V ) 2
Ici, on nous dit que Z = t (X Y ) (avec t u la transposée de u) a pour loi N (µ, V ). Il suffit d’identifier
µ et V avec l’expression de h(x, y) donnée par l’énoncé. Remarquons déjà que d’après la question
précédente E(X) = E(Y ) = 0 ce qui suggère  deposer µ = 0. Pour identifier V , on peut procéder par
a b
identification. Pour t z = t (x y), et M = une matrice 2 × 2 symétrique définie positive, on a
b c
1t
zM z = ax2 /2 + bxy + cy 2 /2.
2
En identifiant
  l’expression f (x, y) il vient a = 2, b = −1, c = 1. Ceci nous donne la matrice
avec
2 −1
V −1 = . La formule d’inversion (transposée de la co-matrice) donne alors
−1 1
 
1 1
V = .
1 2
  
1 1
On en conclut L(Z) = N 0, . Remarquons que l’on aurait aussi pu identifier V par
1 2
 
Var(X) Cov(X, Y )
V = .
Cov(X, Y ) Var(Y )
 
On sait que Var(X) = 1 et que Var(Y ) = 2. De plus, on a Cov(X, Y ) = E[XY ] = E XE[Y X] =
 
2 1 1
E[X ] = 1, car L(Y X) = N (X, 1). On trouve donc directement V = . On peut ensuite
1 2
vérifier que la densité jointe de l’énoncé est bien celle d’un vecteur gaussien centré de matrice de
covariance V .

Exercice 2 (Lois conditionnelles II) Une solution consiste à passer par les fonctions caractéristiques.
Puisque X et Y sont indépendantes, on a en effet, pour tout réel u,
ΦS (u) = ΦX (u)ΦY (u).
Il “suffit” donc de connaître les fonctions caractéristiques des lois de X et de Y et de reconnaître celle
qui en découle pour S. Dans ce qui suit, nous faisons les calculs de deux manières : via les fonctions
caractéristiques d’une part, et d’autre part en calculant directement le produit de convolution des lois de
X et de Y .
1. Par les fonctions caractéristiques : pour tout réel u,
ΦS (u) = ΦX (u)ΦY (u) = exp(λ(eiu − 1)) exp(µ(eiu − 1)) = exp((λ + µ)(eiu − 1))
donc S ∼ P(λ + µ).
Produit de convolution : pour tout s ∈ N, on a
s
X
P(S = s) = P(X = k)P(Y = s − k)
k=0
s s  
X e−(λ+µ) λk µs−k e−(λ+µ) X s k s−k e−(λ+µ) (λ + µ)s
= = λ µ = ·
k!(s − k)! s! k s!
k=0 k=0
Ainsi S ∼ P(λ + µ).
Pour x, s ∈ N, on a
P(X = x)P(S = s X = x) P(X = x)P(Y = s − x)
P(X = x S = s) = =
P(S = s) P(S = s)
  x s−x
s λ µ
= ·
x (λ + µ)s
 
λ λ
Ainsi L(X S) = B S, λ+µ et E[X S] = λ+µ S.
2. Par les fonctions caractéristiques : pour tout réel u
ΦS (u) = ΦX (u)ΦY (u) = (1 − iu/λ)−r (1 − iu/λ)−t = (1 − iu/λ)−(r+t)
donc S ∼ Γ(r + t, λ).
Produit de convolution : notons respectivement fX , fY et fS les densités en jeu. Puisque S ≥ 0, le
produit de convolution des densités s’écrit, pour tout s ≥ 0,
Z s r r−1 −λx t
λ (s − x)t−1 e−λ(s−x)
Z s
λ x e
fS (s) = fX (x)fY (s − x) dx = dx
0 0 Γ(r) Γ(t)
donc, via le changement de variable u = x/s,
λr+t sr+t−1 e−λs 1 r−1 λr+t sr+t−1 e−λs
Z
fS (s) = u (1 − u)t−1 du =
Γ(r)Γ(t) 0 Γ(r + t)
car on a reconnu dans l’intégrale la densité non normalisée d’une loi Beta(r, t). Ainsi S ∼ Γ(r + t, λ).
Déterminons maintenant la densité de S|X. Soit φ une fonction borélienne bornée. Pour tout x,
   
E φ(S) X = x = E φ(x + Y ) X = x
= E [φ(x + Y )]
Z
= φ(x + y)fY (y) dy
ZR
= φ(s)fY (s − x) ds
R

où l’on a utilisé l’indépendance de X et Y . Ainsi, S|X = x a pour densité s 7→ fY (s − x).


Autre méthode : pour déterminer la densité de S|X, on commence par celle du couple (X, S). Soit
φ une fonction borélienne bornée de R2 dans R, alors l’indépendance de X et Y permet d’écrire, via
un changement de variable,
ZZ
E [φ(X, S)] = E [φ(X, X + Y )] = φ(x, x + y)fX (x)fY (y)dxdy

et le changement de variable s = x + y donne


ZZ
E [φ(X, S)] = φ(x, s)fX (x)fY (s − x)dxds,

ce qui montre que la densité jointe du couple (X, S) est fX (x)fY (s − x).
À présent, pour s > 0, la densité conditionnelle f de X sachant S = s est donnée, pour x > 0,
X S=s
par :
 x r−1  x t−1
f (x) ∝x fX (x)fY (s − x) ∝x xr−1 (s − x)t−1 10≤x≤s ∝x 1− 10≤ xs ≤1 .
X S=s s s
r
Cela correspond à la densité d’une variable s Beta(r, t). Ainsi X S ∼ S Beta(r, t) et E[X S] = r+t S.
3. Par les fonctions caractéristiques : si X ∼ B(n, p), alors ΦX (u) = ((1 − p) + peiu )n pour tout réel u,
d’où
ΦS (u) = ΦX (u)ΦY (u) = ((1 − p) + peiu )n ((1 − p) + peiu )m = ((1 − p) + peiu )n+m
donc S ∼ B(n + m, p).
Produit de convolution : pour tout s ∈ J0, n + mK, on a
s s   
X X n m
P(S = s) = P(X = k)P(Y = s − k) = pk (1 − p)n−k ps−k (1 − p)m−s+k
k s−k
k=0 k=0
s
X n     
m s n+m−s n+m s
= p (1 − p) = p (1 − p)n+m−s
k s−k s
k=0
où l’on a utilisé l’identité de Vandermonde, à savoir que
s     
X n m n+m
= ,
k s−k s
k=0
laquelle peut se déduire des deux façons d’obtenir le coefficient de X s dans le polynôme
(1 + X)n+m = (1 + X)n (1 + X)m .
Ainsi S ∼ B(n + m, p).
Pour arriver au même résultat, une méthode plus rapide consiste à considérer des variables (Bi )1≤i≤n+m
i.i.d. selon la loi de Bernoulli B(p) et à voir que, en loi, on a X = B1 + · · · + Bn et Y =
Bn+1 + · · · + Bn+m , de sorte que
n+m
X
S =X +Y = Bi ∼ B(n + m, p).
i=1
Pour x, s ∈ J0, n + mK, on a
n m
 
P(X = x)P(Y = s − x) x s−x
P(X = x S = s) = = n+m
 ·
P(S = s) s
On reconnaît la loi hypergéométrique de paramètres (N, p, n) = (n + m, n/(n + m), s). On a donc
n
par l’indication de l’énoncé : E[X S] = n+m S. Ce résultat peut se retrouver comme suit :
S
x nx S−x
m S−1 
n n+m−1
    
X 1 X n−1 m S−1 n
E[X S] = n+m
 = n+m n = n+m
 = S
S S
x S − x − 1 S
n + m
x=0 x=0
où l’on a à nouveau appliqué l’identité de Vandermonde.

Exercice 3 (Tirages à pile ou face)


1. (a) La loi a posteriori s’obtient avec la formule de Bayes discrète
P(θ = a, X = x)
P(θ = a X = x) =
P(X = x)
P(θ = a)P(X = x θ = a)
=
P(θ = a)P(X = x θ = a) + P(θ = b)P(X = x θ = b)
1 x
− a)1−x
2 a (1
= 1 x
2 a (1 + 12 bx (1 − b)1−x
− a)1−x
 x  1−x
a 1−a
= ,
a+b 2−a−b
car x = 0 ou x = 1. On en déduit : P(θ = b X = x) = 1 − P(θ = a X = x).
(b) La loi jointe de (X, θ) est donnée par
1 1 1
P(X = x, θ = y) = 1y=a ax (1 − a)1−x + 1y=b bx (1 − b)1−x = y x (1 − y)1−x
2 2 2
La loi de X est donnée par
a+b x a + b 1−x
   
1 x 1−x 1 x 1−x
P(X = x) = a (1 − a) + b (1 − b) = 1− ,
2 2 2 2
car x = 0 ou x = 1. La loi de X est donc une loi de Bernoulli de paramètre a+b 2 .
(c) La loi a posteriori est donnée par les probabilités π(θ X) = π(θ X1 , . . . , Xn ) pour θ = a ou
θ = b. Par la formule de Bayes discrète
1 Qn Xi 1−Xi
2 i=1 a (1 − a)
π(a X) = 1 Qn Xi 1−Xi + 1
Q n Xi 1−Xi
2 i=1 a (1 − a) 2 i=1 b (1 − b)
anX n (1 − a)n−nX n
=
anX n (1 − a)n−nX n + bnX n (1 − b)n−nX n
L’espérance a posteriori est E[θ X] = aπ(a X) + bπ(b X), ce qui s’obtient à partir de l’ex-
pression précédente, en notant que π(b X) = 1 − π(a X) (l’expression obtenue ne se simplifie
pas particulièrement).
2. (a) Le cadre bayésien s’écrit
θ∼Π
X1 , . . . , Xn θ ∼ Pθ⊗n ,
avec ici Pθ = B(θ) et Π = Unif[0, 1]. Le paramètre θ décrit le point de [0, 1] où s’est arrêtée
la première boule. Les Xi sont des variables décrivant, sachant θ, si oui ou non au tirage i la
deuxième boule s’arrête à gauche de θ. La loi a priori est uniforme, puisqu’on précise que les
boules s’arrêtent de façon uniforme sur l’intervalle.
(b) Ici pθ (X1 , . . . , Xn ) = ni=1 θXi (1 − θ)1−Xi est la densité de X1 , . . . , Xn sachant θ = θ, par
Q
rapport à la mesure µ⊗n , où µ est la mesure de comptage sur {0, 1}. Ainsi, comme π(θ) =
1[0,1] (θ) (loi uniforme sur [0, 1]),
n
Y
π(θ X) ∝ 1[0,1] (θ) θXi (1 − θ)1−Xi ∝ 1[0,1] (θ)θnX n (1 − θ)n−nX n .
i=1

Il s’agit d’une loi Beta(nX n + 1, n − nX n + 1).

Exercice 4 (Lois conjuguées)


(n)
1. On part de Π = Gamma(a, b). Dans le modèle Pλ = E(λ)⊗n , la loi a posteriori Π[· X] a pour
densité
Yn
π(λ X) ∝ π(λ) pλ (Xi )
i=1
n
Y
a−1 −bλ
∝λ e 1λ>0 λe−λXi 1Xi >0
i=1
n+a−1 −(b+nX n )λ
∝λ e 1λ>0 .
a+n
Ainsi Π[· X] = Gamma(a + n, b + nX n ). La moyenne a posteriori vaut b+nX n
(la moyenne d’une
Gamma(a, b) est a/b).
2. On procède de même. On part de Π = Beta(a, b). Dans le modèle de Bernoulli B(p)⊗n , la loi a
posteriori Π[· X] a pour densité
n
Y
π(p X) ∝ π(p) pp (Xi )
i=1
n
Y
∝ pa−1 (1 − p)b−1 10<p<1 pXi (1 − p)1−Xi
i=1
a+nX n −1 b+n−nX n −1
∝p (1 − p) 10<p<1

a+nX n
Ainsi Π[· X] = Beta(a + nX n , b + n − nX n ). La moyenne a posteriori vaut a+b+n (la moyenne d’une
Beta(a, b) est a/(a + b)).
3. Soit Π = N (µ, σ 2 ). Il suffit de montrer que, si on prend Π comme loi a priori sur θ dans le modèle
{N (θ, 1)⊗n , θ ∈ R}, la loi a posteriori Π[· X] est de la forme N (µ′ , σ ′ 2 ). Ici X = (X1 , . . . , Xn ), et
X θ ∼ N (θ, 1)⊗n . On a

1 1 2
dΠ(θ) = π(θ) dθ, π(θ) = √ e− 2σ2 (θ−µ) .
2πσ 2
1 1 2
dPθ (x) = pθ (x) dx, pθ (x) = √ e− 2 (x−θ) .

La densité a posteriori s’écrit
n
Y
π(θ X) ∝ π(θ) pθ (Xi )
i=1
n
( )
1 1 X
∝ exp − 2 (θ − µ)2 − (Xi − θ)2
2σ 2
i=1
 
1 2 1 2
∝ exp − 2 (θ − 2µθ) − (nθ − 2nX n θ)
2σ 2
 −2
µσ −2 + nX n
 
σ +n 2
∝ exp − θ − 2θ
2 σ −2 + n
( 2 )
σ −2 + n µσ −2 + nX n

∝ exp − θ− .
2 σ −2 + n

Ainsi
µσ −2 + nX n
 
1
Π[· X] = N −2
, −2 . (1)
σ +n σ +n
−2
Donc la famille considérée est conjuguée. La moyenne a posteriori vaut E[θ X] = µσσ−2+nX
+n
n
. On
peut noter que cette moyenne a posteriori est une moyenne pondérée entre la moyenne µ de la loi a
priori et la moyenne empirique X n des observations :

σ −2 n
E[θ X] = −2
µ + −2 X n.
σ +n σ +n
En particulier, plus le nombre n d’observations est grand et moins la loi a priori affecte la loi a
posteriori.
Exercice 5 (Empirical Bayes et lois exponentielles)
1. Elle consiste à construire, à partir des observations X, un estimateur λ b du paramètre λ de la classe
de lois a priori {Πλ , λ ∈ R} considérée, et à suivre l’approche bayésienne avec pour loi a priori Πλb .
R
2. Pour tout λ, on forme la densité marginale de X lorsque l’a priori est Πλ , i.e. fλ (X) = Θ pθ (X) dΠλ (θ).
Puis on construit λb comme un élément qui maximise cette densité marginale, soit

b ∈ arg max fλ (X) .


λ

3. La loi marginale de X1 a pour densité


Z
fλ (x) = pθ (x) dΠλ (θ)
Θ
Z +∞
= θe−θx 1x≥0 λe−λθ dθ
0
Z +∞
λ
= 1x≥0 θ(λ + x)e−(λ+x)θ dθ
λ+x 0
λ
= 1x≥0 E[E(λ + x)]
λ+x
λ
= 1x≥0 .
(λ + x)2
k!
4. Rappelons que si T ∼ E(a), avec a > 0, alors pour tout k ∈ N⋆ , E[T k ] = ak
. Ainsi, la densité
marginale de (X1 , . . . , Xn ) s’écrit, calculée aux points observés,
n
Z Y Z ∞
pθ (Xi ) dΠλ (θ) = θn e−nX n θ λe−λθ dθ
Θ i=1 0
Z ∞
λ
= θn (λ + nX n )e−(λ+nX n )θ dθ
λ + nX n 0
λ
= E[(E(λ + nX n ))n ]
λ + nX n
n!λ
= .
(λ + nX n )n+1

5. Il suffit donc de trouver le point où le maximum de cette densité est atteint, ce qui revient à
déterminer le maximum de

ψ(λ) = log(n!) + log λ − (n + 1) log(λ + nX n ).

On annule la dérivée et on trouve que λ b = X n , après avoir vérifié qu’il s’agit bien d’un maximum
(la dérivée est positive puis négative donc c’est bien le cas). La loi a posteriori finale suggérée par la
méthode est donc Πλb [· X]. On calcule la densité a posteriori pour tout λ fixé

πλ (θ X) ∝ θn e−(λ+nX n )θ 1θ≥0 .

Donc Πλ [· X] est une loi Γ(n + 1, λ + nX n ). Ainsi, la pseudo-loi a posteriori est une loi

Γ n + 1, (n + 1)X n .

On remarque que la moyenne a posteriori est 1/X n . Elle coïncide donc ici (ce sera aussi le cas dans
l’exercice suivant) avec l’estimateur du maximum de vraisemblance pour θ dans ce modèle.
Exercice 6 (Empirical Bayes et lois normales)
1. Soient θ ∼ N (µ, 1) et X|θ ∼ N (θ1, In ). Il apparaît que X − θ1 et θ sont indépendants puisque par
définition X − θ1|θ ∼ N (0, In ), loi qui ne dépend pas de θ, donc E [φ(X − θ1)|θ] = c constante,
puis pour toute fonction φ : Rn → R mesurable bornée, on a

E [φ(X − θ1)] = E[E [φ(X − θ1)|θ]] = E[c] = c.

Par conséquent,

E [φ(X − θ1)ψ(θ)] = E [ψ(θ)E [φ(X − θ1)|θ]]


= E [ψ(θ)c]
= E [ψ(θ)] c
= E [ψ(θ)] E [φ(X − θ1)] .

L
Ainsi X = θ1 + (X − θ1) = θ1 + Z, où Z ∼ N (0, In ), θ1 ∼ N (µ1, Jn ), où Jn = 1t 1 est la
matrice uniquement composée de 1, et Z ⊥⊥ θ. Le vecteur X est donc gaussien de loi N (µ1, Σ) avec
Σ = In + Jn . Puisque Jn = nP , où P est la matrice de projection sur Vect(1), Jn admet n comme
valeur propre simple (associée au vecteur propre 1) et 0 comme valeur propre de multiplicité (n − 1),
donc Σ admet (n + 1) comme valeur propre simple (associée au vecteur propre 1) et 1 comme valeur
propre de multiplicité (n − 1). En particulier Σ est inversible et Σ−1 1 = n+1 1
1.
Remarque : On aurait aussi pu simplement affirmer qu’en prenant θ ∼ N (µ, 1) indépendant des
variables (Y1 , . . . , Yn ) elles-mêmes i.i.d. selon une loi N (0, 1), alors la construction bayésienne de
l’énoncé revient à dire qu’en loi, on a Xi = θ + Yi pour tout i. Les (n + 1) variables θ et (Y1 , . . . , Yn )
étant gaussiennes indépendantes, le vecteur X est gaussien. Par contruction les Xi sont de même loi
et de moyenne µ. Par ailleurs, un calcul immédiat donne Var(Xi ) = 2 pour tout i, et Cov(Xi , Xj ) = 1
pour tout i ̸= j, ce qui correspond bien à la matrice Σ.
Cherchons maintenant µ b, l’estimateur du maximum de vraisemblance marginal.
Première méthode.
Puisque Σ est inversible, X a une densité fµ par rapport à la mesure de Lebesgue sur Rn , définie
pour tout x ∈ Rn par
1 t
− 12 (x−µ1)Σ−1 (x−µ1)
fµ (x) = n 1 e .
(2π) 2 |Σ| 2
Maximiser en µ la vraisemblance fµ (X) revient à minimiser
t
(X − µ1)Σ−1 (X − µ1),

ce qui équivaut à minimiser, en tenant compte du fait que Σ−1 1 = 1


n+1 1,

n n
(t 1Σ−1 1)µ2 − 2(t XΣ−1 1)µ = µ2 − 2 X n µ.
n+1 n+1

On obtient l’estimateur µ
b = X n.
Deuxième méthode.
Pour calculer l’estimateur du maximum de vraisemblance marginale, on n’a en fait pas besoin de
déterminer exactement la densité fµ (X1 , . . . , Xn ), mais seulement à une constante indépendante de
µ près.
Z Y n  
1 1 2 1 1 2
fµ (X1 , . . . , Xn ) = √ e− 2 (Xi −θ) √ e− 2 (θ−µ) dθ
i=1
2π 2π
2
Z
µ n 2 1 2
∝µ,θ e− 2 e− 2 θ +nX n θ− 2 θ +θµ dθ
2
(nX n +µ)2
Z 
µ2 − n+1 θ− nX n +µ
∝µ,θ e− 2 e 2 n+1
e 2(n+1) dθ
2 (nX n +µ)2
− µ2 +
∝µ e 2(n+1)

n
− 2(n+1) (µ−X n )2
∝µ e .

Le maximum en µ de la densité marginale de X est donc atteint pour µ = X n .


2. La loi a posteriori correspondant
 àla loi a priori Πµ = N (µ, 1) est, par le calcul habituel (voir
 l’équa-

nX n +µ 1 1
tion (1)), une loi N n+1 , n+1 , on obtient comme pseudo-loi a posteriori la loi N X n , n+1 .
On remarque que cette loi est centrée en le maximum de vraisemblance X n pour ce modèle.

Exercice 7 (Laplace, mélange et bayésien hiérarchique)


1. La densité (marginale) f de X s’écrit, pour tout x ∈ R,
Z ∞
1 1 2
f (x) = √ e− 4t x λe−λt dt.
0 2π · 2t

2. La fonction génératrice MX (s) = E[esX ], pour tout s tel que |s| < λ, s’écrit

MX (s) = E[esX ] = E E[esX T ]


 
Z 
sx 1 − 4T1 2
x
=E e √ e dx
4πT
Z 
1 1
− 4T (x−2T s)2 +T s2
=E √ e dx
4πT
Z ∞
h 2 i 2 λ
= E es T = es t λe−λt dt = .
0 λ − s2

Remarque : dans le calcul précédent, on aurait pu aller plus vite via la fonction caractéristique d’une
loi normale. En effet, si Y ∼ N (m, σ 2 ), alors ΦY (t) = exp(imt − σ 2 t2 /2). Pour calculer E[esX T ], il
suffit d’appliquer ce résultat avec m = 0, σ 2 = 2T et en remplaçant t par −is.
3. Si Y suit une loi de Laplace de paramètre µ, alors pour tout |s| < µ,
Z
µ
MY (s) = E[e ] = esy e−µ|y| dy
sY
2
Z 0 Z ∞ 
µ
= e(s+µ)y dy + e(s−µ)y dy
2
 −∞  0
µ 1 1
= +
2 s+µ µ−s
= µ2 /(µ2 − s2 ).
√ la fonction génératrice identifie la loi, on obtient que X suit une
4. D’après ce qui précède, comme
loi de Laplace de paramètre λ. La loi a priori correspondant à la hiérarchie θ T ∼ N (0, 2T ) et

T ∼ E(α) est donc une loi Laplace( α).

Exercice 8 (⋆) (Famille de Dirichlet et modèle multinomial)


1. (a) Soit Z = (Z1 , . . . , ZK ) ∼ Dir(a), où a = (a1 , . . . , aK ).
Première méthode. Soit φ : R → R continue bornée. On commence PK−1 par remarquer qu’intégrer
sur le simplexe SK , c’est en fait intégrer sur {z ∈ [0, 1] K−1 , i=1 zi ≤ 1} (et zK est alors donné
par 1 − z1 − · · · − zK−1 ) :
 aK −1
Z K−1 K−1
1 Y X
E[φ(Z1 )] = φ(z1 ) ziai −1 1 − zj  1{PK−1 zi ≤1} dz1 . . . dzK−1 .
B(a) [0,1]K−1 i=1 j=1
i=1

En intégrant d’abord sur z1 puis sur le reste, il vient


 aK −1
Z K−1
Y K−1
X
φ(z1 ) ziai −1 1 − zj  1{PK−1 zi ≤1} dz1 . . . dzK−1
i=1
[0,1]K−1 i=1 j=1
  aK −1 
Z 1 Z K−1
Y K−1
X
= φ(z1 )z1a1 −1  ziai −1 1 − z1 − zj  1{PK−1 zi ≤1−z1 } dz2 . . . dzK−1  dz1
 
i=2
0 [0,1−z1 ]K−2 i=2 j=2

zj
et en effectuant, pour z1 fixé, le changement de variable uj = 1−z1 pour j = 2, . . . , K − 1 (de
jacobien (1 − z1 )K−2 ), on a
 aK −1
Z K−1
Y K−1
X
ziai −1 1 − z1 − zj  1{PK−1 zi ≤1−z1 } dz2 . . . dzK−1
i=2
[0,1−z1 ]K−2 i=2 j=2
 aK −1
PK
Z K−1
Y K−1
X
= (1 − z1 ) j=2 aj −1
uai i −1 1 − uj  1{PK−1 ui ≤1} du2 . . . duK−1 .
i=2
[0,1]K−2 i=2 j=2

Enfin, en remarquant que


 aK −1
Z K−1
Y K−1
X
uiai −1 1 − uj  1{PK−1 ui ≤1} du2 . . . duK−1
i=2
[0,1]K−2 i=2 j=2
QK
j=2 Γ(aj )
= B(a2 , . . . , aK ) = PK ,
Γ( j=2 aj )
on obtient
PK
Γ( 1
j=1 aj )
Z PK
E[φ(Z1 )] = φ(z1 )z1a1 −1 (1 − z1 ) j=2 aj −1
dz1 .
Γ(a1 )Γ( K
P
j=2 aj ) 0

Autrement dit, Z1 ∼ Beta(a1 , K


P
j=2 aj ).
Seconde méthode. On note f (z1 ) la densité de Z1 et on utilise le symbole ∝, sous-entendu
∝z1 . Puisque la densité jointe de z = (z1 , . . . , zK−1 ) par rapport à la mesure de Lebesgue sur
RK−1 vaut
 aK −1
K−1 K−1
1
ziai −1 1 −
Y X
f (z1 , . . . , zK−1 ) = zj  1{z∈[0,1]K−1 , PK−1 zi ≤1} ,
B(a) i=1
i=1 j=1
ou encore
 aK −1
K−1 K−1
f (z1 , . . . , zK−1 ) ∝ z1a1 −1 ziai −1 1 − z1 −
Y X
zj  1{z∈[0,1]K−1 , PK−1 zi ≤1−z1 } ,
i=2
i=2 j=2

la marginalisation donne, pour tout z1 ∈ [0, 1],


 aK −1
Z K−1 K−1
f (z1 ) ∝ z1a1 −1 ziai −1 1 − z1 −
Y X
zj  1{PK−1 zi ≤1−z1 } dz2 . . . dzK−1
i=2
[0,1−z1 ]K−2 i=2 j=2

zj
En effectuant, pour z1 fixé, le changement de variable uj = 1−z1 pour j = 2, . . . , K − 1 (de
jacobien (1 − z1 )K−2 ), on en déduit
 aK −1
PK
Z K−1 K−1
f (z1 ) ∝ z1a1 −1 (1−z1 ) aj −1
uai i −1 1 −
Y X
j=2 uj  1{PK−1 ui ≤1} du2 . . . duK−1
i=2
[0,1]K−2 i=2 j=2

où le terme intégral a le bon goût de ne plus dépendre de z1 , donc


PK
f (z1 ) ∝ z1a1 −1 (1 − z1 ) j=2 aj −1

PK
ce qui prouve que Z1 ∼ Beta(a1 , j=2 aj ).
(b) On se place dans le cadre bayésien :

p = (p1 , . . . , pK ) ∼ Π = Dir(a), avec a = (a1 , . . . , aK ) ∈ (R∗+ )K


K
!⊗n
X
X p∼ pk δ k .
k=1

Autrement dit, conditionnellement à p, les variables X1 , . . . , Xn sont i.i.d. à valeurs dans


{1, . . . , K}, de loi donnée par

∀k ∈ {1, . . . , K}, P(X1 = k p) = pk .

La loi a posteriori s’écrit


K n Y
K
1Xi =k
pakk −1 1p∈SK
Y Y
π(p X) ∝ pk
k=1 i=1 k=1
K
pkak +Nk −1 1p∈SK ,
Y

k=1

où l’on a noté Nk = ni=1 1Xi =k le nombre d’observations égales à k dans l’échantillon. Ainsi
P
Π[p X] = Dir(a1 + N1 , . . . , aK + NK ). La famille des lois de Dirichlet est donc bien conjuguée
pour ce modèle.
2. (a) Pour tout j ∈ {1, . . . , K}, la variable Nj suit une loi binomiale B(n, pj ).
(b) Pour avoir Nj = nj pour tout j, il faut
i. choisir une partition de {1, . . . , n} en K sous-ensembles U1 ∪ · · · ∪ UK de tailles respectives
n

n1 , . . . , nK . Il y a, par définition, n1 ,...,nK façons de faire cela.
ii. pour une partition fixée, la probabilité que les observations (Xi )i∈Uk soient toutes égales à
k vaut pnk k , pour tout 1 ≤ k ≤ K.
On note enfin qu’il faut avoir K
P
j=1 nj = n, puisque
XX XX X
1Xi =j = 1Xi =j = 1 = n.
j i i j i

(c) Soit

p = (p1 , . . . , pK ) ∼ Π = Dir(a), avec a = (a1 , . . . , aK ) ∈ (R∗+ )K


N = (N1 , . . . , NK ) p ∼ Mult(n, p1 , . . . , pK ).

La loi a posteriori s’écrit


K K
pakk −1 1p∈SK
Y Y
π(p N ) ∝ pN
k
k

k=1 k=1
K
pkak +Nk −1 1p∈SK ,
Y

k=1

Ainsi Π[p N ] = Dir(a1 + N1 , . . . , aK + NK ). La famille des lois de Dirichlet est donc bien
conjuguée pour ce modèle.

Exercice 9 (⋆)(A posteriori séquentiel et information)


1. La formule de Bayes donne les densités a posteriori

pθ (X1 )π(θ) pθ (X1 )pθ (X2 )π(θ)


π(θ X1 ) = R , π(θ X1 , X2 ) = R .
pθ (X1 )π(θ) dν(θ) pθ (X1 )pθ (X2 )π(θ) dν(θ)

Posons Π
e = Π[· X1 ] et π
e = π(· X1 ) la densité de Π
e par rapport à ν. On considère le cadre

θ∼Π
e
X2 θ ∼ Pθ

La formule de Bayes donne que la densité a posteriori π


e(· X2 ) est

pθ (X2 )eπ (θ)


π
e(θ X2 ) = R ∝ pθ (X2 )π(θ X1 ) ∝ pθ (X2 )pθ (X1 )π(θ).
pθ (X2 )e
π (θ) dν(θ)

Cette dernière quantité est donc bien à constante près π(θ X1 , X2 ). On en conclut que Π[·
e X2 ] =
Π[· X1 , X2 ].
2. Par récurrence, on a de même Π[· X1 , . . . , Xn ] = Π
e n−1 [· Xn ] où Π
e n−1 = Π[· X1 , . . . , Xn−1 ] et ainsi
de suite Π
e n−1 = Π
e n−2 [· Xn−1 ] etc.
3. L’ordre des Xi n’a pas d’importance, puisque le produit dans l’expression de la vraisemblance
n
Y
pθ (Xi )
i=1
(n)
est commutatif. En revanche, si la loi de X1 , . . . , Xn θ n’était pas produit mais une loi Pθ arbi-
(n)
traire, l’ordre des Xi pourrait compter au sens où la densité pθ (x1 , . . . , xn ) pourrait être différente
(n)
de pθ (xπ(1) , . . . , xπ(n) ) pour une permutation π de J1, nK.

Remarque. En cours, pour n observations nous avons écrit la formule de Bayes dans le cas où
(n) (n) (n)
Pθ = Pθ⊗n . Elle s’écrit bien sûr plus généralement pour Pθ quelconque avec dPθ (x1 , . . . , xn ) =
(n)
pθ (x1 , . . . , xn )dµ(θ) comme

pθ (X1 , . . . , Xn )π(θ)
π(θ X1 , . . . , Xn ) = R .
Θ pθ (X1 , . . . , Xn )π(θ) dν(θ)

Exercice 10 (Estimateur de Laplace-Bayes)


1. S’il y a r boules rouges dans l’urne, alors, pour x ∈ {0, . . . , r}, on a
r N −r
 
x n−x
Pr (X = x) = N
 .
n

En effet, le nombre total de tirages possibles est N



n , et le nombre de tirages qui donnent x boules
r N −r
 
rouges est x n−x (on choisit x boules parmi les r boules rouges et n − x parmi les N − r boules
noires). La loi conditionnelle de X sachant r, notée Pr , est la loi hypergéométrique de paramètre
(N, n, r).
2. La loi conditionnelle de r sachant X est donnée par
r N −r
1 (X )(n−X ) rN −r
  r
 N −r

N +1 (N ) n n−X
X X n−X
π(r X) = k N −k = PN k
 N −k  = N +1
·
1 ( )(n−X )

PN X k=0 X n−X n+1
k=0 N +1 N
(n)
 PN +1 k−1 N +1−k
où l’on a utilisé la formule donnée en indication sous la forme : N +1
n+1 = k=1 X n−X . En
effet, si on considère N + 1 boules numérotées et on s’intéresse au nombre de façons de tirer (sans
prendre en compte l’ordre) n + 1 boules parmi ces N + 1 boules. On met les boules ainsi tirées dans
l’ordre et on regarde la X + 1-ème boules ainsi obtenue. Si celle-ci  vaut k, cela veut dire qu’il y a
k−1
X boules prenant leurs valeurs dans {1, . . . , k − 1} (et donc X façons de les choisir) et N − X
boules prenant leurs valeurs dans {k + 1, . . . , N + 1 (et donc NN+1−k

−X façons de les choisir), ce qui
k−1 N +1−k
 
nous fait X N −X tirages tels que la X + 1-ème plus grande boule vaille k. On obtient ainsi (en
sommant sur tous les k possibles)
  NX
+1   
N +1 k−1 N +1−k
= .
n+1 X n−X
k=1

Une autre preuve, analytique, est la suivante : on commence par montrer par récurrence que pour
tout n ∈ N⋆ :
∞  
1 X n+j−1
= Xj,
(1 − X)n j
j=0
1 1
puis on développe de deux manières (1−X)n+1
× (1−X)m+1
.
3. Notons E l’événement « la (n + 1)ième boule tirée est rouge ». Par la formule des probabilités totales
appliquée, on a pour tout x ≤ N
N
X
P(E X = x) = π(r X = x)P(E X = x, R = r).
r=x

Or
r−x
P(E X = x, R = r) = ·
N −n
Ainsi
N r N −r
 
X x n−x r−x
P(E X = x) = N +1
·
N −n

r=x n+1
N   
(x + 1) X r N −r
= N +1 n−x

(N − n) n+1 r=x
x+1
N +1

x+1 n+2
= · N +1
N −n

n+1
x+1
= ·
n+2

Puisque cette formule est valable pour tout x ≤ N , on a donc


X +1
P(E X) = ·
n+2

Exercice 11 (Identifiabilité)
1. Soit (εi )i≥1 une suite de variables aléatoires i.i.d. de loi de Bernoulli B(p). Alors la variable Y a la
même loi que
XX
εi .
i=1

On a que L(X) = P(λ) et X et les εi sont indépendantes.


(a) Les variables aléatoires X et Y sont à valeurs dans N, avec par construction Y ≤ X. De plus,
pour tous 0 ≤ y ≤ x,

P(Y = y et X = x)
P(Y = y X = x) =
P(X = x)
Px
P ( i=1 εi = y et X = x)
=
P(X = x)
x
Px !
P ( i=1 εi = y) P(X = x) X
= =P εi = y ,
P(X = x)
i=1
Px
où l’on a utilisé l’indépendance de X et des εi . Or i=1 εi suit une loi binomiale B(x, p), donc
la loi L(Y X = x) est une B(x, p), i.e.
 
x y
P(Y = y X = x) = P(B(x, p) = y) = p (1 − p)x−y .
y
(b) Le modèle statistique s’écrit P = {Pλ,p , (λ, p) ∈ R+
∗ ×]0, 1[}, où Pλ,p est la loi du couple (X, Y ).
Pour déterminer cette loi, il suffit de se donner P(X = x, Y = y) pour tous x, y ∈ N. On a

P(X = x, Y = y) = P(X = x)P(Y = y X = x)


= P(P(λ) = x)P(B(x, p) = y)
λx
 
x y
= p (1 − p)x−y e−λ .
y x!
On peut aussi noter que se donner la loi jointe de (X, Y ) est équivalent à se donner les lois
L(Y X) et L(X), ce qui revient à la première identité de la série d’égalités précédente.
Montrons que ce modèle est identifiable. Supposons Pλ1 ,p1 = Pλ2 ,p2 . Alors si X, Y suivent cette
même loi, on a Eλ1 ,p1 [X] = E[P(λ1 )] = λ1 et de même Eλ2 ,p2 [X] = E[P(λ2 )] = λ2 . Les deux
lois étant les mêmes, les espérances sont égales soit λ1 = λ2 . Puis notons que
 
Eλ1 ,p1 [Y ] = Eλ1 ,p1 Eλ1 ,p1 [Y X]
 
= Eλ1 ,p1 Eλ1 ,p1 [B(X, p1 ) X] = Eλ1 ,p1 [Xp1 ] = λ1 p1 .

En écrivant ceci sous Pλ2 ,p2 et en utilisant le fait que les espérances sont égales on obtient
λ1 p1 = λ2 p2 . Donc p1 = p2 car λ1 = λ2 > 0. Le modèle est donc identifiable.
(c) Puisque Eλ,p [X] = λ et Eλ,p [Y ] = λp, la méthode des moments incite à proposer
n
bn = 1
X
λ Xi = X n
n
i=1
Yn
pbn = 1 .
X n X n >0

En effet la LFGN implique que λ bn converge p.s. vers Eλ,p [X] = λ > 0 et que Y n converge p.s.
vers Eλ,p [Y ] = λp. Ceci assure que pbn converge p.s. vers λp/λ = p.
Remarque : la méthode du maximum de vraisemblance mène aux mêmes estimateurs. En effet,
la vraisemblance de l’échantillon (X1 , Y1 ), . . . , (Xn , Yn ) en (λ, p) vaut
n 
λXi

Y Xi Yi
Ln (λ, p) = p (1 − p)Xi −Yi e−λ = CpnY n (1 − p)n(X n −Y n ) e−nλ λnX n ,
Yi Xi !
i=1

où C ne dépend ni de λ ni de p. La log-vraisemblance s’en déduit :

ℓn (λ, p) = log C + nY n log p + n(X n − Y n ) log(1 − p) − nλ + nX n log λ,

de dérivées partielles respectives


 
∂ℓn Xn
(λ, p) = n −1 ,
∂λ λ
et
∂ℓn Y n − pX n
(λ, p) = n .
∂p p(1 − p)
On peut noter que si X n = 0, alors Y n = 0 (par construction du modèle, puisqu’on a toujours
0 ≤ Y n ≤ X n ), auquel cas la log-vraisemblance vaut log C − nλ, maximale en (λ bn , pbn ) = (0, p)
pour tout 0 < p < 1. Noter que, en toute rigueur, ce n’est pas un estimateur du maximum de
vraisemblance car 0 n’est pas une valeur possible de λ pour une loi de Poisson. Si X n > 0 (ce
qui arrive p.s. asymptotiquement par la LFGN), l’unique maximum est obtenu en annulant les
dérivées partielles ci-dessus, et l’on retrouve le couple (λ
bn , pbn ) de la méthode des moments.
2. (a) Pour tout y ∈ N, on a

X ∞
X
P(Y = y) = P(X = x , Y = y) = P(X = x)P(Y = y X = x)
x=y x=y
∞ 
λx

X x y
= p (1 − p)x−y e−λ
x=y
y x!

(λp)y X (1 − p)x−y λx−y
= e−λ
y! x=y (x − y)!

y X
−λ (λp) (1 − p)k λk
=e
y! k!
k=0
(λp)y λ(1−p) (λp)y
= e−λ e = e−λp = P(P(λp) = y).
y! y!

Ainsi la loi de Y est une loi de Poisson P(λp).


(b) Si le paramètre d’intérêt est toujours le couple (λ, p), le modèle statistique associé s’écrit P =
{Qλ,p , (λ, p) ∈ R+
∗ ×]0, 1[}, où Qλ,p est la loi de Y décrite ci-dessus, c’est-à-dire la loi de Poisson
de paramètre λp. Ce modèle n’est pas identifiable. En effet, il suffit de choisir λ1 , λ2 , p1 , p2 avec
λ1 ̸= λ2 mais λ1 p1 = λ2 p2 (par exemple λ1 = 2, p1 = 1/4 et λ2 = 1, p1 = 1/2), car alors la loi
de Y sous chacune de ces lois est toujours P(λ1 p1 ) = P(λ2 p2 ).

Exercice 12 (A priori de Jeffreys)


1. Dans un modèle régulier, pour Θ ⊂ R ouvert, l’a p priori de Jeffreys est
 la mesure sur Θ de densité
π(θ) par rapport à ν = Leb|Θ proportionnelle à I(θ), où I(θ) = Eθ ℓ′θ (X)2 (en prenant X ∼ Pθ )


est l’information de Fisher en θ. Autrement dit,


p Z p
I(θ)
π(θ) = R p si l’a priori est propre, i.e. I(θ) dθ < +∞.
Θ I(θ) dθ Θ
p Z p
π(θ) = I(θ) si l’a priori est impropre, i.e. I(θ) dθ = +∞.
Θ

(x−θ)2
2. (a) Dans le modèle gaussien, pour tout x ∈ R, la fonction θ 7→ pθ (x) = √1 e− 2 est C ∞ et l’on

a, pour tout θ ∈ R, en prenant X ∼ N (θ, 1),
1 1
ℓθ (X) = − ln(2π) − (X − θ)2 ,
2 2
et en dérivant par rapport à θ,

ℓ′θ (X) = (X − θ) .

Cette variable possède bien un moment d’ordre 2 :

Eθ ℓ′θ (X)2 = Varθ (X) = 1 .


 

L’a priori de Jeffreys est impropre : il s’agit de la mesure de Lebesgue sur R.


(b) Pour tout x ∈ {0, 1}, la fonction θ 7→ θx (1 − θ)1−x est C ∞ , et pour tout θ ∈]0, 1[, en prenant
X ∼ B(θ),

ℓθ (X) = X ln(θ) + (1 − X) ln(1 − θ) ,

et en dérivant par rapport à θ,


X 1−X X −θ
ℓ′θ (X) = − = ·
θ 1−θ θ(1 − θ)

Cette variable possède bien un moment d’ordre 2 :


1 1
Eθ ℓ′θ (X)2 =
 
Varθ (X) = .
θ2 (1 − θ)2 θ(1 − θ)

L’a priori de Jeffreys est la loi de densité proportionnelle à θ 7→ θ−1/2 (1 − θ)−1/2 par rapport à
la mesure de Lebesgue sur ]0, 1[. Il s’agit de la loi Beta(1/2, 1/2).
x
(c) Pour tout x ∈ N, la fonction θ 7→ e−θ θx! est C ∞ , et pour tout θ ∈ R∗+ , en prenant X ∼ P(θ),

ℓθ (X) = −θ + X ln(θ) − ln(X!) ,

et en dérivant par rapport à θ,


X
ℓ′θ (X) = −1 + ·
θ
Cette variable possède bien un moment d’ordre 2 :
1 1
Eθ ℓ′θ (X)2 = 2 Varθ (X) = .
 
θ θ

L’a priori de Jeffreys est l’a priori impropre de densité θ 7→ θ−1/2 par rapport à la mesure de
Lebesgue sur R∗+ .

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