Carte Pédologique du Tchad à 1/1.000.000
Carte Pédologique du Tchad à 1/1.000.000
PIAS
NOTICE EXPLICATIVE
N” 41
CARTE PBDOLOGIQUE
DU TCHAD
a l/l .[Link]
VOL. 1
c
i OFFICEDELA RECHERCHE
SCIENTIFIOUE
ETTECHNIOUE
OUTRE-MER
: CENTRE
O.R.S.T.O.M.
DEFORT-LAMY
PAHIS .1970
NQTICEEXPLICATIVE
Nu 41
CARTE PEDOLOGIQUE
DU TCHAD
à 1/1.000.000
VOL. I
J. PIAS
Directeur de-Recherches
de 1’O.R.S.T.O.M
S O M M A I R E
INTRODUCTION 1
PREMIERE PARTIE
I - LE MILIEU NATUREL 3
DEUXIEME PARTIE
II - LES SOLS
1. Les processusdepédogénèse 61
2. La classification des sois 63
3. Les grandes classes de sols. Leur subdivision 65
TROlSlEME PARTIE
III - LES GRANDES REGIONS 117
CONCLUSIONS 147
BIBLIOGRAPHIE 153
INTRODUCTION
La légende de cette carte est établie d'après la classification des sols utilisés
àcettedateparlespédologuesfrançaisetdéfiniepar G. AUBERT etPh. DUCHAUFOUR.
PREMIERE PARTIE
LE MILIEU NATUREL
5
-
O 100 200 300km
1 - LE
CADREGEOGRAPHIQUE - LES DIFFERENTESFORMES DE
MODELE
- par les plateaux de Jos (Nigéria) ; du Djado (Niger) ; de NdéIé e t les monts de
Ouanda Djallé (République Centrafricaine).
L e territoire du Tchad qui couvre 1.250.000 km2 dans cette Afrique Centrale
est limité par les Républiques du Niger e t du Cameroun à l'ouest, le Royaume de Libye
au nord, la RépubliqueduSoudan à l'est, la RépubliqueCentrafricaine ausud. II se
subdivise en unités naturelles bien tranchées :
- paysage dunaire auxamples ondulations sur les rivages est e t nord dulac
Tchad où un couvert graminéen fixe le relief tandis que plus,au nord,au-delà
du 1Ge parallèle,appat-aissentdesergs vifs (erg du Djourab)et desbarkhanes
se déplaçant sur un substratum diatomitique,
- paysage subhorizontal des grandes plaines d'inondation d'où émergent des ali-
gnementssableux,boisés,diversement orientés qui surplombent l a plaine de
quelques mètres. Celle-ci est le domaine de la prairie mat-écageuseoù serpentent
les fleuves qui se ramifient en un système complexe de défluents. Des inselbergs
granitiques surgissent c à e t Ià au milieu de ce modelé (Pitons de Moïto, Hadjer
el Hamis...),
- paysages des massifs très variés en fonction de la nature e t de I'âge des roches.
Les granites jeunes constituent les parties hautes du relief au-dessus des roches
plus anciennese t des alluvions.
Ils s'observent soit sous forme de montagnes bien découpées dans un paysage
accidenté, soit en une multitude de boules provenant de la dégradation ou de
la destruction des massifs. Le relief est alors plus mou, moins accusé.
Au nord du9e parallèle, les versants de ces massifssont fréquemment ennoyés
sous des sables venus se plaquer sous l'influence des vents.
Les filons de microgranitesforment des alignements orientésde faible altitude
aux arêtes vives ou en bosses arrondies, aux éboulis nombreux. Leur voisinage
est couvert d'amoncellement quartzeux.
Lesgranito-gneiss, les micaschistes constituent des affleurements plansqu'
entaillent profondément les ravinesd'érosion.
Les grès (Borkou, Ennedi, Tibesti) se présentent sous divers faciès :
- faciès en tables discontinues dans les plaines intérieures,
- faciès en terril aux pentes accusées couvertes d'amas ferrugineux,
- faciès ruiniforme où des grès friables ont été découpés en fines colonnettes
dentelées sous l'action de I'érosion éolienne (falaise d'Archéi).
Les versants des massifs gréseux portent fréquemment des placages de sables
éoliens.
- sommets découpés constituant les vestiges des activités volcaniques les plus
recentes (Toussidé, Emi Koussi...),
- plateaux d'épandage de laves formant de gigantesques chaussées,
- caldéras d'effondrements (Trou au Natron),
- vallées ougorges entaillées dans les basaltes.
Tous ces multiples paysages font donc de la cuvette tchadienne une région aux
sites infiniment variés, où le voyageur passe des plateaux soudaniens qui annoncent les
forêts ombroph i les du sud, aux surfaces désertiques couvertes d'ergs hostiles, mais aussi
aux palmeraies verdoyantes qui se nichent aux creux des massifs volcaniques ou gréseux,
dans des paysages tourmentés non dépourvus d'une certaine grandeur.
2 - LE CLIMAT
Le Tchad se localise dans une gamme de climats très divers entredes pluviomé-
tries voisines de 1300 mm dans le sud e t des pluviométries inférieuresà 100 mm dans les
régions au nord du 16e parallèle.
Les variations climatiques sont commandéespar le développementencours
d'année de 2 masses d'air dont la ligne de rencontre se matérialise par le FIT (frontinter-
tropical). L'arrivéede la masse d'air continental se traduit par desvents (Harmattan)
soufflant du nord, nord-est :
- toute l'année pour la partie nord du Territoire,mais avec des intensités minima
de mai à octobre (mois les plus pluvieux au sud du pays),
- d'octobre à mai à Fort-Lamy,
- d'octobre à avril à Fort-Archambault.
r l
re I..
X.
moyenne
annuelle 28"1
moyennemensuelle minima 16"4 à 24'2
maxima 30°2 à 39'8
minima absolu IO" (décembre)
absolu
maxima 45" (avril)
amplitude thermique 8
'
9 (août)
20" (janvier)
moyenne
mensuelle minima 51 % 16 % 27% (février)
(1) maxima 96% 79 % 88% (août)
1955 1495 mm
1956 1750 mm
1961 2027 mm
- Température :
moyenne annuelle :
Am-Timan 26'7 ( 8 ans)
Fort-Lamy 28; 1 (28ans)
Mongo 29 (10ans)
moyenne mensuelle : Fort-Lamy
minima 13'8 à 24'9
maxima 32'3 à 41°4
minima absolu 8;2 (janvier)
maxima
absolu 47 (mars)
amplitude thermique 8
'
8 (août)
21"9(janvier)
- Humidité relative : Fort-Lamy (25 ans)
minima 41 % 15 % 20 % (mars)
maxima 91 % 69 % 80 % (août)
- Evaporation : Fort-Lamy
3004,81955 mm
3222,21956 mm
3143,21961 mm
- Température :
moyenne annuelle :
Abéché 28'3 (17ans)
Mao 29'1 ( 4 ans)
moyenne mensuelle : Abéché
minima 16'4 à 25' 1
maxima 30'9 à 40'4
minima absolu 8
'
3 (janvier)
maxima
absolu 49'5 (mai )
amplitude thermique 8O8 (août)
18' 1 (janvier)
- Humidité relative : Abéché (9ans)
minima 20 % 13 % 16 % (mars)
maxima 90 % 66 % 79 % (août)
12
Relevés pluviométriques
Z o n ec sl i m a t i q u e s
SOUDANO-GUINEENNE
SAHELO-SOUDANIENNE
Stations
Période
Am-Timan
12
I Mong Bokoro Fort-Larnv
30
l
d'observation (1) (1)
Janvier O O
Février 3.4 o. 1 O O 0 1 o l o
Mars 6,6 1.9 0,4 O
Avril 18.3 13,l2.5 5,3
Mai 74.3 6,s 49,9 36,l 5;1
Juin' 118.8 11.3 55.1 66.5 55 5,2
Juillet 197.2 15.5 159.2 157,9 13,3 10,9144.9
Août 302.5 18,5 310.0 259.8 '1 8,3 14,3
241.9
Septembre 143.7 11,8 144.4 102.5 10.5 7,5 93.7
Octobre 34.9 3.8 32.6 21,4 11 O.5
Novembre O O O, 5 0.5
Décembre
TOTAL 63,2
766.7
70,7
O
899.7
L O I
O a!
L
O
650,O 60,O 43,2
585.1
S A H A R IS
EANH
NEEL O - S A H A R I E N N E
Stations
Période
d'observation (1)
Abéché
26 ans
(2),
T Biltine Faya-Largeau
Fada
Mao
12 ans
l (2)
22 ans
(1)
(1) I
24 ar1s
I (2)
1
i i*
I
Janvier O O O O O O O
Février O O O O O O O
Mars O O o. 9 O O O O
Avril 1.1 0,5 0,3 O, 1 0.1 0,4 O
Mai 23,l 3.2 8,6 12,6 1,6 3,9 0,8
Juin 27,4 4.5 12,4 17.2 1,8 . 0,7 2
Juillet 125,9 11,2 117.7 91,l 7.3 17,2 7.1
Août 219,7 16,2 163,2 152,2 11.3
57.6
15.2
Septembre 66 7,2 35.9 43,7
Octobre 12,3 1,2 5,6 32
Novembre O O O O
Décembre O O O O
- 26,9 91.0 26,7
TOTAL 344,6
475,5 44,O
Illa -
320,l
- Evaporation : Abéché
- Evaporation : Faya-Largeau
6420,5 1961 mm
-
2.5.1 indice d'aridité de de Martonne
Fort-Archambault 33
Am-Timan 24,5
Fort-Lamy 17.1
Abéché 12,4
Mao 82
Faya-Largeau 0,7
14
2.5.2 - Rapport - -
Evaporation
Pluviométrie
I D
I TYPE DE SOL
~ ~~~
I
Supérieur à 200 mm Ferrallitisation possible
1 de 200 à 90 mm
Sol ferrugineux tropical lessivé
à non lessivé I
de 90 à 30 mm Sol steppique
281 167
Fort-Archambault 469
155 Am-Timan 86 266
Fort-Lamy 61 1 1 1 32
25 Abéché 13 50
Mao 7 15 8
Faya-Largeau < l mm
15
3 - LA VEGETATION
L'originalité climatique de cette région tient dans le fait de sa zonalité qui nous
conduira progressivement, en 1.000 km environ, d'un climat tropical semi-humide (plu-
viométrie : 1.300 mm) à unclimat désertique (pluviométrie : inférieure à 200 mm).
Nous distinguerons les grands types de végétationcorrespondant auxgrandes unités
climatiques définiesprécédemment.
Elle occupe une large bande dans la partie sud du Tchad e t son aire d'extension
correspond approximativement à celle des sols ferrallitiques. Sa limite nord passe le long
du tracé figuré par les villes suivantes : Pala - Kélo - Guidari - Niellim - Kyabé. Elle s'étend
aussi aux sols ferrugineux lessivés qui s'associent aux sols ferrallitiques.
arbres
arbustes - arbrisseaux
Isoberlinia doka
Daniellia oliveri
Swartzia madagascarensis
A fzelia africana
Amblygonocarpus andongensis
Vers le nord :
Boscia senegalensis
Piliostigma rufescens
Combretum aculeatum
Cadaba farinosa
18
'tPar ce vocable s m t définies des étendues herbeuses qui couvrent la partie sep-
tentrion'àle du Tchad,au nord du 13eparallèle,sousdes pluviométries inférieures à
400 - 500 mm e t poussent sur des sols sableux subarides bruns ou brun-rouge.
Dans cette partie, le relief est beaucoup moins accuséquedans les régions
voisines du lac Tchad bien que le système dunaire continue à se manifester pardes
alignements NW-SE e t N-S.
L e tapis graminéen qui se développe ici encore sur des sols bruns ou brun-rouge
subarides forme un couvert de 40 à 80 cm de hauteur, constitué principalementpar des
Aristidéesdiverses : Aristida rnutabilis, Aristidapallida, Aristida stipoibres, Aristida
papposa, Aristida adscensionis e t autres graminées : Cenchrus biflorus, Cenchrus prieurii,
Eragrostis tremula, Panicum turgidurn, Schmidtia pappophoroides, Tracusracemosus,
Dactyloctenium aegyptium, Brachiaria deflexa e t distichophylla. A celles-ci s'ajoute une
strateherbacée importante à Chrozophora senegalensis, Polycarpaea coryrnbosa, Firn-
bristylis exilis, Blepharis linariaefolia, Crotalaria microcarPa, lndigofera sp., Aerva
tomentosa, Borreria radiata, Waltheria americana, Cassia obovata, Tephrosia sp...
raddiana., .
D'une facon générale, les arbres sont assez rares, les plus fortes colonies sont
installées dans les interdunes sableuses; ce sont, en plus des espèces déjà citées : Cordia
gharaf, Acacia scorpioides var. adstringens, Ziziphus mauritiana.
20
Peu après Koro Toro vers le nord, le vaste ensemble sableux du sud fait place à
un erg vif (erg du Djourab) aux multiples prolongements e t à des placages de diatomites
blanches e t nues sur lesquellesse déplacent, sous l'action duvent, une couverture sableuse
plus ou moins épaisse,[Link] affleurements degrès ferrugineux
noirâtres s'observent cà e t Ià.
Dans ces parties, les sols sont dépourvusde toute végétation arborée. On observe
c à e t là, notamment vers l'est en nous rapprochantdes contreforts des massifs montagneux
(Kapka - Ennedi), quelques arbustes : Acacia raddiana,Acacia flawa, Capparis decidua,
Maerua crassifolia... qui se maintiennentà proximité des cours des ouadis. Cymbopogon
proximus les accompagne, colonisant les ravines des sables, Aristidaplumosa occupe les
plages des vallées ensablées.
Nous sommes ici dans le domaine des sols gris subdésertiques sableux (sables
plus ou moins épais fixés par un tapis graminéen sur substratum diatomitique ougré-
seux) ;des sols minéraux bruts (affleurements de diatomite e t de grès, erg vif, barkhane).
Elle est essentiellement constituée par des affleurements de diatomite qui alter-
nent avec ceux de grès donnant un paysage désert e t chaotique aux extrémités duquel se
percoivent deuxflotsdeverdure : la palmeraiedeLargeau à l'est e t celles morcelées
d'Elleboye - Ayanga - Ngour Ma - Kirdimi - Yen - Ain Galaka à l'ouest. Partout ailleurs
le sol e s t nu avec quelques rares arbustes. Le tapis graminéenest réduit à quelques touffes
i isolées. Très érodées, ces zones subissent l'action intensive des vents. Là où la nappe est
proche, une végétation naturelle assez dense à base d'Acacia raddiana a pu se développer
lorsqu'un repli de terrain coupe la violence des vents dominants.
D'une facon générale, ce sont toujours les mêmes arbres ou arbustes, la même
strate herbacée ou graminéenne que l'on observe :
Arbres e t arbustes
En plus des espèces déjà citées : Hyphaene thébaica, Capparis decidua, Maerua
crassifolia, Salvadora persica, Cornulaca monacantha,Tamarix gallica, Calotropis procera.
21
Strate herbacée
Chrozophora sp., Gekeria alata, lndigofera sp., Achyranthes aspera, Fagonia
oliveri, Tephrosia sp., Mentha viridis, Typha australis, Juncus maritimus.
Strate graminéenne
Aristida pungens, Desmotachya bipinnata, Aristida papposa, Eragrostis pilosa,
Panicum turgidum ...
Autour des puits e t dans les cuvettes on rencontre des peuplements lâches e t
pratiquement purs d ' Hyphaene thebaika.
Dans la partie ouest de la dépression s'observe, dans les zones abritées des vents,
une végétation assez dense où se trouvent : Acacia raddiana, Acacia seyal,Salvadora
persica, Calotropis procera ...
Sur les sables fixés, on relève surtout : Calotropis procera, Fagonia oliveri e t
par touffes : Aristida pungens, Panicum turgidum.
Autour des sources (Ain Galaka, Chien Maro) e t des mares, on trouve : Tamarix
gallica, Juncus maritimus, Typha australis.
Geigeria alata, souvent en buissons assez étendus, est un indice d'eau proche e t
donne dans les zones soumises au vent, un paysage particulier constitué de buttes mou-
tonnantes en retenant le sable par son systèmevégétatif.
Ces ouadi natronés sontnombreux sur la bordure est e t nord du lac Tchad e t ils
s'observent très loin dans l'intérieur des terres, notamment en direction de Mao. Certains
d'entre eux, t e l celui de Kaya, sont utilises pour l'extraction du natron.
D'une façon générale, l'ensemble de l'ouadi n'est pas totalement natroné, seules
les parties les plus basses le sont. Stériles, elles sont dépourvues de toute végétation. Elles
se signalent par leur coloration e t forment destachesblanches ou noirâtres suivant la
saison e t l'humidité du milieu.
Dans le sud du lac Tchad, les eaux libres sont rares e t limitées à quelques
chenaux. L'e2semble est colonisé par une végétation deGraminées e t deCypéracées :
Cyperus divers, Echinochloa stagnina, Echinochloa pyramidalis, Oryza barthii. aux- ..
quelles s'ajoutent desnénuphars (Nymphaea lotus), Polygonum sp ...
22
Vers le nord, sur la bordure est puis nord du lac, le rivage des ouadi en eau ou
en cours d'assèchement est couvert par une grande graminée de 3 à 4 m de haut Phrag-
mites communis e t par Typha australis. On trouve également Sporobolus robustus,
Cyperus articulatus, par place e t des tapis denses mais plus élevés de Juncus mafitimus.
Leseaux libres du lac Tchad sont colonisées dans la partie nord par des lots
flottants de Cyperus papyrus qui,au gré du caprice des vents,viennent boucher les passes
ou se coller au rivage se mêlant alors aux Phragmites communis, Typha australis vivant
en eaux peu profondes.
Le lac Fitri, d'une étendue beaucoup plus modeste (420 km2 aux basses eaux),
possède de même une surface d'eaux libres importante tandis que ses rives sont coloni-
sées par une prairie inondée à dominance de Vossia cuspidata qui e s t accompagnée par
Echinochloa stagnina et pyramidalis,' Oryza barthii, Herminiera elaphroxylon, Nymphaea .
lotus.
Le lac Iro, plus ausud (95 km'), ceinturé par descuirassesferrugineusessauf
dans sa partie sud-ouest, va présenter une végétation aquatique sensiblement analogue.
3.7 - La Rôneraie
Le rônier (Borassus aethiopum) est un arbre assez peu répandu dans la cuvette
tchadienne. On le trouve le plus souvent à l'état d'individu isolé ou par groupe de quel-
ques unités dans la partie sud, soit autour des villages le long des routes ou des cours
d'eau. II disparaît très rapidement au nord du 12e parallèle en même temps qu'Hyphaene
thebaica, déjà bien représentéplus ausud, le [Link] va
cependant former exceptionnellement des colonies denses en certaines régions, partout
où s'observe un plan d'eau élevé e t une texture légère des sols. Dans ces régions, parail-
leurs, la densitéde la population est faible. Dès qu'il y a accroissementde celle-ci, la
rbneraie disparaît progressivement, soit que l'abattage réponde à des fins de culture, soit
que le bois de cet arbre soit utilisé à la construction des charpentes des habitations. La
rôneraie est alors remplacée par une savane arborke plus ou moins dense à Anogeissus
leiocarpus e t Prosopis africana dans la partie sud du pays. L'aired'extension deces
rôneraies est assez limitée e t se tient principalement entre Logone e t Chari d'une part, e t
dans certains ouadi à l'est de la dépressionduBahr el Ghazal à la hauteur deChédra,
d'autre part.
Dans les deux cas, il s'agit d'une végétation qui se réduit à quelques arbres e t
arbustes généralement malingrese t clairsemés, séparés par de grands espaces nus. L'aspect
est celui d'un paysage sahélien même à des latitudes très méridionales. II e s t non pas le
résultat de conditions climatiquesparticulières,maiscelui de facteurspédologiques
(faible perméabilité, mauvaise structure,sodium échangeable fixé sur le complexe
absorbant...).
23
Le terme de "naga" utilisé par les Arabes e t dont I'équivalent en foulfouldé est
"hardé" désigne cet aspect du paysage e t caractérise aussi bien le sol que la végétation
qu'il porte. Celle-ci colonise des sols de bourrelets de texture limono-argileuse à argilo-
limoneuse. Ils sont assez peurépandusdans la partie sud du territoire, beaucoup plus
nombreux aux latitudes plus septentrionales notamment au sud e t au nord de Fort-Lamy,
e t également dans la fosse de Massénya e t dans celle au nord d'Oum-Hadjer.
L e terme de "reg " définit également des sols à végétation très clairsemée qui
portent ensurface un cailloutis quartzeux roulé de faibles dimensions. Ils forment des
unités beaucoup plus étendues qui se localisent autour des massifs. Sur le pourtour du
massif central tchadien, le morcellement de ces surfaces est assez important mais dis-
paraît progressivement vers le nord-est où tous les piedmonts du massif du Ouaddaï e t
de I'Ennedi sont envahis par ce type de végétation. Les sols sont ici de texture argilo-
sableuse exceptionnellement argileuse, couverts très localement par des plages de sable
superficiel.
Les mares de la "naga" sont colonisées ici par Acacia seyal, Acacia scorpioiifes
var. nilotica e t Hygrophila spinosa, une petite Acanthacée épineuse.
aegyptiaca, Acacia Senegal. Vers l'ouest (sud d'Oum Hadjer), on note dessavanes arbus-
tives moins clairsemées. Cet acacia est alors accompagné de Capparisdecidua,' Cordia
gharaf, Dichrostachys glomerata, Boscia senegalensis, Commiphora africana e t Guiera
senegalensis sur des placages de sable superficiel.
Dès que nous quittons la savane arborée ou arbustive de la zone exondée pour
pénétrer dans les plaines d'inondation, la végétation se clairsème en même temps que le
couvert graminéen devient plushaut e t plus fourni. Dans les zones de contact, il y a assez
[Link]èces sont cependant plus abondantes tandis quede
nouvelles commencent à apparaître ; ainsi dans le sud : Combretum glutinosum, Pilio-
stigma reticulata, Pseudocedrela kotschyi dominent tandisqueviennent s'ajouter :
Terminalia macroptera, Mitrag yna inermis, Gardenia ternifolia.
Les arbres e t arbustes sont peu nombreux, souvent réduits à I'état d'individus
isolés ou groupés par deux ou trois sur une termitière avec parfois Mitragyna inermis ou
quelques Terminaliamacroptera [Link] les profondeurs d'eau sont moins
importantes, le peuplement se densifie tout en restant cependant assez clair.
Ces mêmes sols, mais alors enclavés dans des affleurements de cuirasse ferrugi-
neuse,sur le pourtour du massif central tchadien,et relativement bien drainés, portent
alors une végétation très proche par sa densité de la savane arborée sur [Link] espèces
ci-dessus vont s'ajouter : Anogeissus leiocarpus, Entada oubanguiensis. Une telle savane
s'observe également sur des sols identiques au sud-est du lac Fitri.
forme de quelques centimètres de hauteur formée par les vers e t composée de tortillons
de terre grisetrè[Link] rencontrées y sont peuvariées : Combretum
glutinosum, Terminalia macroptera, Gardenia ternifolia, Tamarindus indica, Nauclea
latifolia, Lannea humilis, Lannea velutina, Combretum aculeatum...
Ces savanes armées, rares dans le sud, forment cependant des alignements orien-
tés NE-SW dans la dépression Aouk-Keita-Salamat. Elles représentent au nord e t à l'est
de Fort-Lamy jusqu'au lac Fitri, ainsi que dans les fosses de Massénya e t d'Oum Hadjer,
le couvertarbustif classiquedes vertisols. Les arbres e t arbustes qui accompagnent
Acacia seyal sont : Balanites aegyptiaca, Acacia sieberiana, Acacia scorpioides var.
nilotica, Mitragyna inermis, Ziziphus mauritiana, Piliostigma reticulata, Crataeva
adansonii
Dans cette savane arbustive armée, la répartition des épineux est fonction de la
topographie :
- dansles zones faiblement inondées, Acacia seyal domine tantôt en formation dense,
tantôt en îlots clairs,
- dansles parties les plus basses, la savanearmée est à Acacia scorpioibres var. nilotica
auquel s'associentquelques Acacia seyal,Crataevaadansonii, Mitragyna inermis.
La savane armée n'est cependant pas l'apanage exclusif des vertisols, c'est ainsi
qu'on va la trouver près du Chari surdes sols hydromorphes argilo-limoneux, mais elle
est là alors plus dense e t plus variée en espèces. Ces sols ne subissent pas de submersion
mais présentent des horizons d'engorgementà faible profondeur.
27
Elle se développe dans les régions inondées en saison des pluies, soit dansdes
cuvettes intérieures, soit en bordure des cours d'eau. Sa plus grande aire d'extension se
situe dans les dépressions du Moyen e t Bas-Logone, des bahrs Aouk - Keita - Salamat,
ainsi que surle pourtour immédiat du lac Fitri. Dessurfaces plus modestessont recouver-
tes parcelle-ci ende multiples endroits, dès qu'un plan d'eauassezélevéempêche le
développement d'une strate arborée ou arbustive, mais favorise celui des graminées aqua-
tiques. Cette prairie subit une inondation variable d'août à décembre dans les régions sud
e t parfois d'aoûtà avril-mai dans les parties basses les plus tardivement asséchées. C'est le
cas notamment des régions situées au sud-ouest de Fort-Foureau, au Cameroun, où des
marécages encore très importants subsistent jusqu'en juin. Ces régions sont très fréquen-
tées des pêcheurs e t des pasteurs nomades qui y trouvent refuge avec leur troupeau en
pleine saison sèche.
Sur les buttes occupées, la végétation se limite à quelques arbres préservés lors
d'anciens défrichements, à des rudérales, des messicoles : Ficus divers, Borassusaethio-
pum, Faidherbia albida, Bombax costatum, Tamarindus indica, Kigelia africana,
Hyphaene thebaika, Celtis integrifolia, Acacia scorpioi?les, Acacia sieberiana, Acacia
seyal, Acacia Senegal, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana, Capparis tomentosa,
Cassia obovata, Ricinus communis, Calotropis procera.
28
Elle se voit le long des principaux cours d'eau à débit permanent (Chari-Logone)
ou semi-permanent (Batha-Batha de Lairi-Bahr Erguig...). Elle est différente du sud au
nord. Dans le sud, elle va occuper des vallées parfois encaissées, des thalwegs, La végé-
tation est assez luxuriante avec comme espèces : Vitex cuneata, Syzigium guineense,
Anthocleista oubanguiensis, Tricalysia okelensis, Ficus capensis, Gardenis ternifolia,
Nauclea latifolia, Tamarindus indica, Diospyros mespiliformis,Terminalia laxiflora et
macroptera, Acacia caffra var. campylacantha avec en sous-bois Sopubia ramosa, Abrus
canescens (dépression du Mandoul, GILLET 1964a).
Cette forêt-galerie ne forme pas un réseau continu, elle est souvent interrompue,
dans les parties très encaissées des fleuves où les berges abruptes s'élèvent largement au-
dessus du niveau des hautes eaux.
En s'éloignant de ces terrasses inondées par la crue, l'on passe rapidement dans
les parties exondées : au sud à la savane arborée à Anogeissus leiocarpus e t Sclerocarya
birrea ; au nord à la savane arbustive à Acacia scorpioliles var. adstringens, Acacia
Senegal,Cadaba farinosa... e t à la pseudo-steppe à Andropogonées.
4 - L'HYDROGRAPHIE *
Plusieurs réseaux hydrographiques s'observent dans l'ensemble du Tchad mais
la cuvette tchadienne est surtout parcourue par deux grands fleuves : le Logone e t le
Chari dont les eaux vont se rassemblerau nord de Fort-Lamy dans le lac Tchad après
avoir inondé pendant la crue les étendues riveraines e t donné naissance à de nombreux
défluents.
II. IL 1'.
l'
I
R~PUBLIQUE 'l
DU
NIGER i
+
X"
__ "X --
-
(Service hydrologique d e I'O.R.S.T.0.M. - R O D I E R - BESLON B I L L O N - B O U C H A R D E A U -
- - -
BRAQUAVAL L E F E V R E RANC - RIMBERT- ROCHE SABATIER - T I X I E R ) .
30
4.1.1 - Le Logone
II seraaussi alimenté par les cours d'eau descendus des Monts Mandara (mayo
Boula, Tsanaga, Balda,Motorsolo, Ranéo, Mangafé...) qui vont se perdre dans un immense
yaéré sur la rive gauche au Cameroun.
- cours supérieur où le fleuve e t ses affluents coulent par des vallées larges e t encaissées
dans les formations du socle e t le Continental Terminal jusqu'à Laï,
- cours moyen de Laïà Bongor constitué dans les formations quaternaires anciennes où
le cours du Logone est marqué par d'importants bourrelets interrompus dezonesde
départ de défluents.
Les défluents qui prennent naissance ici sont, sur la rive droite : I'Oulia, le
Koulambou, le mayo Karaska ... ; plus au nord se rassemblent les eaux de la Loumia, du
Ba-llli, du Koulambou.
Le régime du Logone est caractérisé par une crue qui débute avec le commen-
cement de la saison des pluies (mai-juin). La grande crue s'amorce en juillet e t se pour-
suit jusqu'en octobre avec un maximum dansce dernier mois. La décrue est ré ulière
dès la fin octobre.' Les débits moyens mensuels à l'étiage sont de 45 à 100 m /S, de B
1.800 à 2.000 m3/s au moment de la crue. L'étiage se situe en avril-mai. Au plus fort
de la crue, le Logone inonde les plaines environnantes par ses déversements.
31
Les pertes
4.1.2- Le Chari
I I prend ce nom en amont de Fort-Archambault e t résulte de la jonction de
plusieurs rivières venant de la République Centrafricaine.
AprèssonentréeauTchad, il recoit :
. le bahr Aouk,
. le bahr Keita,
. le bahr Salamat qui
continue le bahr Azoum e t va alimenter la vaste dépression
du sud d'Am-Timan.
Laï
Bongor
21.54
Katoa
l 13,15
14.67
22.52
Logone-Gana
Logone-Birni
32
- cours inférieur : de
Fort-Lamy au lac Tchad. Le fleuve recoupe dans cette partie, des
formations quaternaires récentes, en même temps qu'il a donné naissance à une multi-
tude de défluents la plupart aujourd'hui non fonctionnels qui rejoignaient le lac Tchad
(bahr Biher, Serbewel, Taf-Taf, Erédip 1. ...
Régime, débits e t déversements
Sonrégime est sensiblement identique à celui [Link] crue débute en
juin pour atteindre son maximum en octobre-novembre (2.500 à plusde 4.000 m3/s
suivant l'année considérée à Fort-Lamy). La décrue est régulière à partir de novembre e t
I'étiage a lieu en avril-mai (150à 200 m3/s).
4.2.1 - Le Batha
II prend naissancedans le massif du Ouaddaï ausud-ouest d'Adré e t coule
d'abord sur le socle cristallin puisdansdes formations sédimentairesquaternaires.
A Am-Dam, il recoupe des formations sableuses avant de traverser d'importants "regs".
Son cours sableux est ici encaissé, le lit majeur occupe une terrasse importante au milieu
des"regs" e t s'élargitau nord d'Am-Dam après la jonction Bitéa-Batha, lieu à partir
duquel le Batha entre à nouveau dans des formations sableuses qu'il a fortement déman-
telées pour se frayer un passage en direction du lac Fitri.
En aval d'Ati, le Batha se divise en une infinité de bras qui vont se perdre dans
la zone marécageuse qui précède le lac Fitri à l'est de Yao.
Le Batha recoit :
- sur sa rive droite : les ouadi Hamra, MIBah, Nabak e t la Bitéa le plus important de tous,
elle-même grossie des ouadi Mandjobo e t Loborlé. Le Batha ne recevra plus rien sur sa
rive droite à partir de sa confluence avec la Bitéa.
- sur
sa rive gauche : en provenance du massif central tchadien, les ouadi M'Bormo,
Melmélé,Rambam
Régime e t débit
L'amplitude de variation du niveau du lac Fitri est variable suivant les années,
en relation avec la crue du Batha. Elle peut atteindre 1,50 m à 2 m. Le niveau le plus bas
du lac se situe en juillet tandis que son maximum est atteint fin septembre. Les eaux du
lac Fitri sont très peu minéralisées, à l'exemple de celles du lac Tchad.
En dehors du Batha, les ouadi de cette région n'ont plus, bien souvent, que des
cours peu marqués aux lits argileux. En pénétrant dans les formations sédimentaires des
plaines de piedmont, ils se ramifient ende multiples bras jalonnés de mares argileuses.
Ils ont des débits intermittents, limités aux tornades e t vont se perdre dans les étendues
sableuses de l'est.
Les principaux ouadi des plainesde piedmont dumassifdu Ouaddaï e t du
Mortcha sont les ouadi Chao,Saoué, Am-Kibi, AI-Mé, Enné,Haddad,Fama,Ouagat,
Oum Chalouba, Yédinga, Hawach, Oum Hadjer, Chili, Saala ...
Ils prgsentent des caractéristiques identiques mais l'aridité des conditions clima-
tiques font que les écoulements s'amenuisent rapidement vers le nord.
II e s t constitué par une série d'ouadi dont ceux de la face sud-ouest du massif
sont affluents de l'Ouadi Saala (ouadi Oroué, Nohi, Sini...). A l'ouest s'observent l'ouadi
N'Dou et, sur la face nord, les ouadi Kordi, Horta, Dougouro dont I'écoulement se
dirige vers la dépressiondu Mourdi.
Comme pour les ouadi des plaines de piedmont du massif du Ouaddai'et ceux
du Mortcha, ceux de I'Ennedi ont des débits intermittents limités aux tornades ou à la
brève période qui leur succède.
II se divise en deux bassins séparés par une ligne de hauts sommets volcaniques :
le bassin libyen e t le bassin tchadien.
II s'agit, ici aussi, de cours d'eau temporaires, appelés enneri qui prennent nais-
sancesur les hauts-plateaux où ils coulent dans les basaltespardesgorgesencaissées.
Leurs cours moyens e t inférieurs, à l'inverse, sont constitués pardes vallées sableuses,
largesde plusieurs kilomètres, qui vont se perdre dans les grès ou les sables.
Réseau du Borkou
C'est le plus important. De direction N-S, les principaux cours d'eau sont :
. les enneri Saado e t Maro qui se réunissent à l'enceri Yao qui va se perdre dans
la dépression désertique du Kichi-Kichi,
. divers enneri comme le Misky dont la réunion forme I'enneri Domar qui dis-
paraît vers Ain Galaka à l'ouest de la dépression du Borkou.
Aucune palmeraie n'existe dans le réseau du Borkou, cependant le mieux arrosé
de tous e t dont les basses vallées offrent des pâturages importants.
Réseau du Mourdi
La dépression du Mourdi recoit les eaux de I'Erdi Ma au nord, e t de I'Ennedi. au
sud (Ouadi Dougouro, Kordi...).
5 - LES NAPPES
Elles ont une particulière importance sur les processus pédogénétiques (forma-
tions de cuirasses ferrugineuses,de croûtes calcaires... ; salinisation, alcalisation du sol...).
Dans la région sud se distinguent : la nappe des"Koro",la nappe des bassins allu-
vionnaires du Logone e t Chari et des bahr Salamat-Keita-Aouk, la nappeduChari-
Baguirmi.
Ces nappes sont peu minéralisées (Ca, Mg, K, Na) mais solubilisent, sous forme
réduite OU de complexes humo-ferrugineux, des quantités importantes d'hydroxydesde
fer prélevées aux sols rouges, aux cuirasses ferrugineuses que l'on voit réapparaître en un
dépôt rougeâtre abondant dans les endroits où elles font résurgencecomme à Déli.
36
5.1.2 - La nappe des bassins alluvionnairesdu Logone e t Chari e t des bahr Salamat,
Keita e t Aouk
La nappe du bassin des bahr Salamat,Keita et Aouk est nettement plus profonde,
fréquemment 10 à 15 m en saison sèche, parfois 25 m. Encore cette nappe est-'elle peu
abondante. Elle est alimentée par les précipitations e t principalement par les eauxdes
bahr Azoum e t Salamat qui inondent l'ensemble de la dépression mais dont les déborde-
ments n'ont rien de comparable à ceux du Logone e t du Chari.
Ces différentes nappes sont peu minéralisées à l'exemple des eaux du Chari e t
du Logone, dont on peut estimer qu'elles tirent leur origine.
Chari
Logone Logone Chari
Ca mé/I
Mg mé11
0,25
0.17
0,25
0,19
co3 +CO~H m&/\ 0,52 0,44
K mé/I 0.10 0,lO so4 - CI mé/! traces
N a mé11 0.13 0,13 Conductivité 0.054 0,048
\
\ 37
\
5.2 - Région nord
Au nord du 13e parallèle s’observent des nappes dont certaines, à l’inverse des
premières, présentent une minéralisation importante.
Nappes du Kanem
Dans cette région à relief dunaire alternent alignements sableux orientés SE-NW
e t dépressions appelées “ouadi” où sont toujours situés les puits. La nappe est à des pro-
fondeurs inférieures à 15 m, plus profonde cependant vers le nord (30m). Ces profon-
deurs sont par ailleurs très diverses à l‘intérieur d’un même ouadi, en même temps que
varie la salinité des eaux.
Voici, à titre d‘exemples, quelques relevés effectués dans les ouadi sur la bor-
dure est e t nord du lac Tchad :
Région est ’
Laurom 2 1.70
nord de Malloum 1 3 0,15
Entre Dum-Dum e t Ndigororom 52
Pantairom 22 1 ,O4
nord de Bolosidi It7 19,5
22 0,3
2,3 3,3
Région nord
Ces différentes nappes semblent alimentées par le lac Tchad. Elles sont semi-
artésienne e t remontent parfois de plusieurs mètres.
Cette nappe semble s'enfoncer vers le nord où elle se retrouve à 80-90 m dans
la dépression du Haddad tandis qu'au sud, e t vers l'est, elle se relève soit au contact du
fleuve Bathae t de ses anciens bras(1O à 15 m)soit au voisinage des massifs. Elle disparaït
à l'ouest ou bien se confond à la nappe profonde du bahr el Ghazal.
L'alimentation de cette nappe est liée à I'écoulement des cours d'eauen pro-
fondeur du Ouaddai: Ils ennoient des dépressions argileuses en eaux seulement quelques
mois de l'année mais ne rejoignent aucun lac permanentà l'exceptiondu Batha.
Ces cours d'eau vont souvent donner naissance à des nappes d'inféro-flux dans
les l i t s anciens ou se perdre commela Bitéa au cours de la traversée de régions sableuses.
La nappe de ces régions semble subir une variation annuelle. Son niveaus'abais-
serait en saison chaude pour se relever en saison fraîche.
Cette nappesemble être alimentée par les précipitations qui tombent sur les
versantsdesmassifs (30 mm par anau pied, 100 à 120 mm pour les hauts-plateauxdu
versant méridional le plus arrosé).
Dans le Borkou, la nappe superficielle qui sert à l'irrigation des cultures céréa-
lières ou maraïchères est à faible profondeur, située entre 1 e t 2 mètres e t légèrement
en charge, remonte dès que l'on a traversé le niveau diatomitique e t atteint le sable sous-
jacent. Cette nappe a un faibledébit e t est rapidement tarie par le puisage lors de
l'irrigation.
Toutes ces eaux, àquelques exceptions près, sont peu minéralisées. Les conducti-
vités sont, le plussouvent, inférieuresà 1 millimho (600 mg/litre) e t mêmeà 0,5 millimho
(300 mghitre). Les sources ont des conductivités encore plus faibles 0,l à 0,2 millimho
(60 à 120 rnghitre).
40
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Fig. 6
41
6 - LA GEOLOGIE
6.1.1 - LES F O R M A T I O N S P R E C A M B R I E N N E S
6.1.2 - LES F O R M A T I O N S P R I M A I R E S
Elles couvrent une vaste surface dans la partie nord du Tchad e t constituent le
massif de i'Ennedi, les contreforts du Tibesti, affleurant çà e t là dans le nord du massif
du Ouaddai:
L'échelle stratigraphique suivante a pu être établie, des terrains les plus anciens
aux plus récents :
42
Dans le massif du Ouaddai; les grèsensurface très réduite ont des caractéris-
tiques voisines, mais un indice d'usure plus élevé, un triage moins bon. Les quartz éolisés
sont parfois assez abondants. Les minéraux lourds sontà dominance moins marquée de
zircon auquel s'ajoutent de I'épidote, de la zoisite, du disthène, de la biotite. Tous ces
grès sont intercalés de lits d'argilites de coloration également variée, souvent rougeâtre
ou violacée, de nature kaolinique.
Ces différentes formations sont intéressantes : non pas qu'une forte pédogénèse
actuelle se manifeste dans les régions désertiques où elles se situent, mais parce que leur
démantèl ement, ainsi que celui peut-être d'autres formations, est à l'origine dessédi-
ments tertiaires e t quaternaires que nous trouverons dans la partie centrale de la cuvette.
II apparaît queI'érosion a été plus forte surl'ensemble du massif du Ouaddai; où les
grks primaires nes'observentplusquepartaches e t où les formations secondaires e t
tertiaires ont presque totalement disparu ou sont très rares, que dans I'Ennedi, le Borkou
e t le Tibesti.
- marinesdans le Mayo-Kebbi
- continentales dans l'est du Ouaddai; le nord de I'Ennedi e t les Erdi, le nord du
Tibesti.
Nous observons :
- Au nord de I'Ennedi :
- une série
continentale reposant en discordance sur les grks primaires (plateau
des Erdis). II s'agit degrèsrougesou bruns parfois blancs à galets de quartz
également à stratifications argileuses ou marneuses rouges.
- desgrès
continentaux identiques reposant en discordance sur le précambrien
ou le primaire. Des bois silicifiés (Dadoxylon) ont permis leur datation.
6.1.4 - LES F O R M A T I O N S T E R T I A I R E S
Elles sont d'origine soit marine, soit continentale.
- Dans le nord du Tibesti, dans le Ténéré, une série marine d'âge éocène marque
l'avancée d'une mer lutétienne venue du nord qui recouvraitune partie de I'Egypte e t de
la Libye. Elle est caractérisée par des calcaires fossilifères,des marnes gypsifères, des grès.
Dans les parties nord e t est, il s'agit de grès ou d'arkoses à ciment ferrugineux,
d'argilites, sur le pourtour des massifs de Guéra, Mongo, Abou Déia... de formations de
cuirasses ferrugineuses.
Les séries anciennes oremaniées qui tirent leur origine des formations du Conti-
nental Terminal au sud du 13 de latitute N., tandis qu'au nord de ce parallèle, elles ont
pour origine des formations gréseuses plus anciennes dont les séries paléozoiquessont les
plus importantes.
1" - submersions au cours de la crue des lacs, arasion par passages de forts cou-
rants lors de périodes pluviales,
2" - remaniements éoliensau cours de phases arides.
Ces séries anciennes remaniéesse présentent dans la partie sud sous deux formes.
- Entre les 10e e t 13e parallèles, le remaniemen$ s'est effectué après érosion, par trans-
port desséries paléotchadiennessupérieure e t moyenne qui sont allées se redéposer
aprhs leur ablation plus en aval dans le bassin du Logone e t Chari. II s'agit de forma-
tions moyennement grossières, diversement triées à quartz dominant e t rares feldspaths.
Les quartz subanguleux dominent, les éolisés sont peu abondantsbien qu'une éolisation
soit visible sur le terrain sous forme de dunes orientées N-S mais souvent arasées. Les
minéraux lourds sont à 3 dominantes : zircon, disthène, staurotide. La fraction argi-
leuse est à kaolinite mais aussi à montmorillonite et illite diversement réparties. I I s'agit
de formations fluviatiles déposées en milieu lacustre ayant subi un remaniement éolien
lors d'une phase aride postérieure. Ces sédiments constituent les premiers dépôts del-
taïques d'un Chari dont l'embouchure sur le lac se situait vers Niellim-Miltou.
Dans la partie nord duTchad (entre 13e e t 16e parallèles) les formations ancien-
nes sont moyennement grossières à quartz dominants e t rares feldspaths. II y a une domi-
nance de quartz subanguleux et éolisés, les seconds augmentant rapidement du sud vers
le nord au détriment des premiers. Une forte fraction des éolisés a été reprise par l'eau.
L'éolisation est visible par d'importants alignements dunaires NW-SE au voisinage du lac,
de même direction ou NS mais de moindre amplitude vers l'est. Les minéraux lourds sont
à dominance de zircon principalement. La fraction argileuse est ici un mélange de kaoli-
nite e t de montmorillonite avec de I'illite en moindre quantité. Cette série tire son origine,
nous le savons, de vieilles formations sédimentaires du nord e t de l'est (grès, arkoses, argi-
lites...), Continental Terminal, Paléozoi'que, dont certaines sans doute très éoliséesprimi-
tivement. Miseenplaceen milieu lacustre, elle aurait subi,aprèsson exondation. une
seconde phase d'éolisation pour donner les alignements dunaires décritsci-dessus, aligne-
ments qui se poursuivent au sud du 13e parallèle. D'autres caractères observés montrent
que cette série a subi ensuite une nouvelle submersion, puis de nouvelles actions éoliennes.
Dans les bassins du Logone e t Chari e t des bahr Salamat, Keita e t Aouk, deux
de ceux-ci se distinguent :
- Un faciès grossier localisé dans les bassins du sud. La série, très diversement triée, 'est
alors sableuse à quartz dominant, mais avec un pourcentage important de feldspaths e t
de graviersdans les horizons profonds. Lagrossièreté du sédiment est élevé[Link]
quartz sont surtout subanguleux, avec quelques éolisés. Parmi les minéraux lourds, si le
zircon est abondant, on trouve aussi : sillimanite, disthène, épidote verte, hornblende ...
La fraction argileuse est à base de kaolinite e t montmorillonite en codominance, tandis
que I'illite est en plus faible quantité. Le faciès grossier de cette série constitue ici des
bourrelets déposés le long de multiples cours d'eau qui parcouraient des étendues maré-
cageuses dans le sud du Tchad. Ces sédiments proviendraient des formations du Conti-
nental Terminal e t des massifs granitiques.
- Un faciès fin, très bien trié, s'observe dans le nord du bassin du Logone e t Chari. II est à
quartz dominants, parfois avecune fraction micacé[Link] quartz sont subanguleux e t
éolisés, ces derniers étant très abondants dans la partie la plus septentrionale. Les miné-
raux lourds sont tantôt à dominance d'épidote verte, d e staurotide, de zoïsite, de
disthène, de sillimanite, de hornblende, tantôt à codominance de ceux-ci e t de zircon.
La fraction argileuse est constituée de kaolinite e t montmorillonite enmélange.
( 1 ) L'ensemble dunaire que l'on perçoit sur les rives du lac Tchad et plusà l'est descendait primitive-
ment jusqu'à la hauteur de Fort-Lamy et futdémantelé lors de la formation du second delta.
47
Dans les bassins des lacs Tchad, Fitri, Irp, cette série est de texture argileuse ou
argilo-sableuse, de coloration gris-noir, gris-brun foncé sur 1 m, 1,50 m ;gris-brun clair
à marbrures en profondeur. La fraction sableuse est souvent peu importante. Lorsqu'elle
existe, elle a été déposée soit pardécantation, soit en cours de faible transport. Les
quartz éolisés y sont parfois abondants commeau nord de Fort-Lamy ou sur la bordure
du lac Fitri. La fraction argileuse est un mélangede kaolinite e t de montmorillonite,
avec destraces d'illite. Les minéraux lourds sont très variés,sans dominance spéciale
(zircon, tourmaline, épidote, zoïsite, disthène). Ces sédiments apparaissent comme d'ori-
ginelacustre ou fluvio-lacustre e t alors argilo-sableux pour ceuxdéposésauvoisinage
d'anciennes zones deltaiques.
Dans les ouadi au nord du lac Tchad e t dans la dépression du Borkou, la série
lacustre récente est superficiellement de texture limono-argileuse ; argilo-limoneuse,SOU-
vent très argileuse en profondeur e t de coloration gris-clair à blanc. La fraction sableuse
est peu importante, à dominance d'éolisés e t d'arrondis. La fraction argileuse a été éga-
lement déposée par décantation ou par de faibles courants (courants lents qui pouvaient
constituer I'écoulement deseaux du lac Tchad vers les Bas Pays e t la dépression du
Borkou). La montmorillonite e t la kaolinite sont en mélange dans les ouadi au nord du
lac, tandisquedans la dépression du Borkou I'illite est la plus abondante. Lesargiles,
notamment celles du Borkou, contiennent des quantités importantes de diatomées. Les
minéraux lourds sont à dominance de zircon pour les sédiments des ouadi dont la com-
position rappelle alorscelle des dunes. Dansle Borkou, nous voyons apparaîtrede I'augite,
manifestation du volcanisme du Tibesti. Ces sédiments lacustres récents représentent en
fait ceux de deux extensions successives du lac Tchad qu'il est difficile de dissocier : une
premièreextension (cote310-320 m), unesecondeplùsrécente (cote287-290m).
48
Elles se localisent dans les trois principaux lacs : lacs Tchad, Fitri e t lrm Elles
ont été étudiées principalement dans les polders du lac Tchad. Lessédiments sont de
couleur gris-noir, brun-noir en surface, gris-clair en profondeur, puis bleutés ou noirâtres
dans des niveaux trèsréduits ou à accumulation sulfureuse. Ils sont argilo-limoneux super-
ficiellement, très argileux e t feuilletés en profondeur. La fraction sableuse faible contient
une forte proportion d'arrondis e t d'éolisés provenant d'apports éoliens des dunes voi-
sines ou de transports par de faibles courants. La fraction argileuse déposée par décanta-
tion est montmorillonitique e t kaolinique. Les minéraux lourds sont principalement du
zircon. On note l'apparition de carbonate de calcium tendant à donner des encroûte-
ments, e t des phénomènes de salure par action de nappe peu profonde dès l'exondation
du sédiment, dans le cas présent par création de polders. La partie supérieure du dépôt,
plus limoneuse,semble le résultat de conditions semi-désertiques actuelles, tandis que les
dépôts argileux profonds correspondraient à ceux d'un dernier pluvial ayant conduit à
une transgression lacustre importante (cote 287-290 m).
( 1 ) Le même cordon se oursuit au Cameroun de Yagoua à Limani, en Nigéria,où il porte le nom de
"Bama ridge" et au d g e r où il est appelé cordon de Tal.
49
* *
- Formations
Paléozoïque e t Continental Terminal (grès - argilites) 1 %
- Formations secondaires 1 %
- Formationstertiaires-quaternaires (sols rouges e t cuirassesferrugineuses (1) 11 %
- Formations quaternaires :
remaniée
ancienne- série (2) 26 %
- séries fluvio-lacustres
anciennes 15 %
te sableuse - série 11 %
récente
- série lacustre 11 %
- série fluviatile subactuelle à actuelle 13 %
- lacs 2 %
- Enfin, le socle cristallin couvre environ 9 % de la surface totale dans cette région.
Le système dunaire du lac Fitri. Les accolements sableux aux massifs de l'est
(3e Erg)
Sur les bordures sud e t sud-ouest du lac Fitri, des alignements sableux relative-
ment modestes, 3 à 5 m de haut e t longs de quelques kilomètres seulement, constituent
un système dunaire moins étendu que les précédents. II s'agit dedunes longitudinales
orientées NE-SW relativement jeunes puisque leur matériau d'origine est celui de la série
sableuserécente. Elles sontrecouvertespar la pseudo-steppeouunesavanearbustive
claire, L'équivalent de ce système se percoit égalementau nord du lac Tchad où il se
superpose à celui précédemment décrit. Cesdunes longitudinales ne peuvent êtreconfon-
dues ici avec celles du premier système beaucoup plus importantes.
Fig. 10 -
4e transgression
53
Deux autres transgressions plus anciennes n'ont laissé aucune trace semblable,
mais ont puêtre identifiées par leurs dépôts oudes formations deltaïques.
6.2.3 - L E S D E L T A S A N C I E N S DU C H A R I
Le débouché du Chari sur le lac est marqué à l'est de Fort-Lamy par des ali-
gnements sableux distribués en éventail. Ce lac avait au maximum de la transgression
une superficie de 350.000 km2 environ (figure 19).
L e 3e delta qui est le delta commun du Chari e t du Logone, est plus modeste,
mais une grande partie deseaux du Logone, une plus faible partie de celles du Chari,
allaient vers la Bénouéou se perdrecomme aujourd'hui dans d'importantesplaines
d'inondation.
54
Premières transgressions
Les premières de ces surfaces ont été érodées et ne subsistent plus qu'à I'état de
buttes témoins isolées tandis que les produits d'érosion allaient combler une nouvelle
fois la cuvette tchadienne e t donner naissance aux formations anciennes remaniées qui
forment deux ensembles :
- le
premier delta du Chari. II évoque un très grand lac (850.000 km2 à la,cote 400 m)
qui doit être mis en corrélation avec un pluvial (figure8),
- la vaste zone d'épandage sableuse au nord du 13e parallèle, tirant son origine du man-
teau paléozoïque, crétacé, tertiaire qui couvraitanciennement les massifs de l'est.
La phase aride qui succéda aux dépôts de ces sédiments amena le remaniement
des formations sableusesde bordure en cours d'exondation (premier ergfossile du
Cameroun e t de Nigeria descendant jusqu'au 10e parallèle)e t la création d'un système de
dunes longitudinales NE-SW.
55
Deuxième transgression
Lors du début d'un nouveau pluvial, le passage aride-pluvial amène une érosion
intense des surfaces émergées, le dépôt de sédiments argilo-sableux dansdes lacs ou des
marécages. Ces sédimentsdéposés lors du pluvial se retrouvent à des altitudes variées
pouvant atteindre celles de la surface cuirassée générale. Une abondante nodulation cal-
caire se développera postérieurement dans ces sédiments.
C'est à cette période que s'ouvre le sillon des lacs Toubouri faisant communi-
quer le bassin tchadien avec celui de la Bénoué qui conduit à un abaissement progressif
du lac de la cote 400 m. Lacs e t marécages s'assècheront complètement à l'aride suivant,
en même temps que le premier delta du Chari e t les formations sableuses au nord du 13e
parallèle donneront naissance à un deuxième ergdedunestransversesNW-SE e t N-S.
Période actuelle
De cette dernière avancée lacustre à nos jours, le lac a subi des fluctuations de
plus faible importance atteignant la cote 284 m vers les années 1870. A l'inverse, il se
serait trouvé, en 1925, 2.9 3 m au-dessous de son niveau actuel (282-283 m). II couvre
aux hautes eaux environ 25.000 km2. L'erg actuel se situe au nord du 16e parallèle.
TABLEAU RECAPITULATIF DES DIFFERENTES TRI ISGRESSIONS
1800
3200
I
transgression
4e 287-290
Série argileuse sub-
actuelle à récente.
Série alluviale sub-
actuelle à actuelle
(3e delta du Chari).
Cordon sableux.
3e erg
(12e parallèle)
5400
2ooo
W
_"transgression
Q
3e 1 320
Série argileuse ré-
cente. Série sableu-
se récente (2e delta
du Chari). Cordon
sableux.
2e surface ferrallitique
plusieurs fois rajeunie
cc 2e erg
W (12e parallèle)
I
r
_Q
transgression
2e
I
400-370-350 ... Série fluvio-lacus-
tre ancienne
U Mouvements faibles
de subsidence
50000 ? 1r e transgression 400 Formations ancien-
nes remaniées.
( l e r d e l t a du Chari)
Mouvements D é f o r m a t i o n d e la
tectoniques surface cuirassée
? ? Surface cuirassée
2e tectonique cassante
2e phase basaltique
W (Soner 1963)
E Pliocène I r e surface ferrallitique
f
- Miocène [Link].
Surface bauxitique
U I r e t e c t o n i q u ecassante de Koro
W
F Eocène 1re phase basaltique
I I I (Sonet
.~ ~ 1963)
~ ~.
I) Ces datations au carbone 14 ont été empruntées aux 1tralvaux de FAURE (1966). SCHNEIDER (1967). SERVANT (19671
57
7 - L'HOMME
...
Des populations arabe, toubou, kanembou très anciennement islamisées ou
qui ont amené l'Islam avec elles peuplent la partie septentrionale du Territoire, au nord
d'une ligne s'abaissant d'est en ouest du 15e au 12e parallèle. Au sud de cette même ligne,
des populations anciennement animistes (tama, dadjo, kouka, boulala...) issues de vieil-
les souches autochtones ont subi plus récemment cette avancée islamique propagée par
le nomadisme de pasteurs arabes itinérants qui descendent ainsi jusqu'au l l e parallèle.
Cette incursion pacifique a été la conséquence indirecte de la colonisation française qui,
en faisant cesser l'insécurité, a permisauxnomadesdes'aventurersansrisque si loin
dans le sud.
Tout ce monde islamique parle l'arabe tourkou, certes moins riche que les dia-
lectes méditerranéens, mais qui n'en est pas moins le langage véhiculaire e t commercial
de ces régions. La pénétration se fait cependant avec plus de difficultés dans l'intérieur
des massifs (Tibesti, Ouaddaï, bastion animiste du Guéra).
LES SOLS
61
1.1 - La ferrallitisation
1.2 - La ferruginisation
C'est un processus qui conduità une altération moindre des minéraux silicatés,
dont une partie peut rester inaltérée par suite d'une hydrolyse moins poussée e t d'une
évacuation moins importante des produits de celle-ci. On aboutità la formation de sols
moins épais que les précédents (2 à 3 m).
La pédogénèse est également marquée dans ces sols par une migration de l'argile
e t du fer, à la suite de lessivage vertical ou oblique. Desphénomènes d'hydromorphie
sont souvent visibles dans les horizons inférieurs des profils. L a fraction argileuse est à
kaolinite à laquelle peut s'ajouter des minéraux 2 - 1.
62
1.3 - La steppisation
1.4 - L'hydromorphie
Elle est le résultat d'un excès d'eau dans le sol par suite d'engorgem'ent plus ou
moins profond ou d'inondation. Elle est caractériséepar des horizons degley ou de
pseudo-gley. Dans l'horizon degley,l'engorgement est prolongé, les phénomènesde
réduction du fer l'emportent sur l'oxydation. L e fer réduit à I'état ferreux s'accumule
ou est éliminé.
La coloration de cet horizon est grisâtre, verdâtre, bleuté, L'horizon de pseudo-
gley présente des tachesfortement colorées en fer (rouge, ocre-rouille...), ou au contraire
appauvriesen cet élément (blanc. beige...). Encours d'année avec la successiondes
saisonss'opèrent alternativement oxydation e t réduction. Ces sols hydromorphes sont
très répandus dans tout le Tchad, principalement dans les grandes plaines d'inondation
du Logone e t du Chari.
1.5 - La vertisolisation
C'est une forme d'hydromorphie qui se développe dans un matériau peu per-
méable constitué par des argiles de type montmorillonitique saturées en ions Ca e t Mg.
L e sol est gorgé d'eau en saison des pluies, mais très sec ensaisonsèche e t cette alter-
nance favorise des mouvements internes du sol qui peuvent donner naissance à un micro-
relief e t à des surfaces bosselées et luisantes sur les faces des gros éléments structuraux.
En profondeur apparaissentdes horizons degley ou de [Link] vertisols se
voient principalement entre les 9e et 13eparallèlesde latitude N.
1.6 - La carbonatation
1.7 - L'halomorphie
Les sols halomorphes sont dominés dans leur évolution par la présence de sels
solublesoud'ions le plussouvent sodium fixé sur le complexeabsorbant du sol.
Les premiers sont des sols salés où les sels solubles sont représentés en milieu endoréi'que
comme la cuvette tchadienne par CO3 Naz - SO4 Naz. Ils sont ainsi définis lorsque la
conductivité de l'extrait de saturation d'une pâte de sol portée seniblement au double
.
de l'humidité équivalente est supérieure à 4 millimhos par cm, à 25 En fonction de la
salinité, les chercheurs de U.S. Salinity Laboratory Staff (1954) ont dressé une échelle
de fertilité de ces sols :
Lesseconds sont les sols à alcalis ainsi appelés lorsque [Link] Na/capacité
d'échange est supérieur à 12% ou le rapport Na/Ca échangeable dépasse 15%. La fixa-
tion du sodium par l'argile a pour conséquences principales :
- une structure massive (cubique, en colonnettes, prismatique) dans les horizons supé-
rieurs, prismatique ou polyédrique en profondeur.
- une perméabilité faible à nulle.
Les sols salés se localisent principalement sur la bordure du lac Tchad (climat
sahélo-saharien) e t de part e t d'autre du Bahr el Ghazal dans de multiples cuvettes appe-
lées ouadi. On les observe également sur le pourtour du lac Fitri (climat sahélo-souda-
nien) mais moins abondamment. Ils sont inexistants autour du lac Iro (climat soudano-
guinéen).
Les sols à alcalis sont peu abondants dans le sud du territoire. Ils deviennent de
plus en plus répandus en remontant en latitude au fur e t à mesureque les conditions
d'aridité s'accusent.
Dans cette classe vont entrer à la fois des sols d'origine climatique, ceux qui se
développent dans les parties les plus arides du Tchad,e t des sols d'origine non climatique
où la pédogénèse est très peu marquée du fait d'intenses phénomènes d'érosion.
Ils se localisent dans la partie nord du territoire au-delà du 16e parallèle. II s'agit
de sols présentant un profil (A) C. (A) contient très peude matièreorganique dont
l'altération chimique est faible. La matière minérale subit uniquement une désagrégation
physique due notamment aux variations de températures diurnes e t nocturnes ou sai-
sonnières.
- Erg du Djourab,
- Erg de la dépression du Mourdi,
- Ergdes Erdis
- Prolongement vers l'est du grand Erg de Bilma (Niger),
- Erg du Bodélé.
Les granites sont ici le plus souvent calco-alcalinsavec des passages locaux à des
grano-diorites ou à des granites subalcalins (granites deYédri). Le paysage de ces régions
est assez semblableà celui que nous décrivons plusloin pour des roches-mères identiques,
mais alors soumises à de fortes érosions ; la végétation ici se liniite à quelques très rares
arbres et [Link] forment généralement desensemblesaux formes bien
découpéestandisqu'à l'inverse les formations précambriennes (schistes, gneiss, rhyolites...l
constituent des étendues relativement planes souvent très ravinées.
- Surrochesbasiques
Sous ce vocable sont désignées principalement des roches volcaniques qui cons-
tituent une grande partie du Tibesti. II s'agit :
Aces différentes séries s'associent sur les pentes, dans les vallées ou les plateaux,
des basaltes à olivine, des labradorites, des andésites...
(1) voici à titre d'exemple la composition en minéraux lourds d'une de ces barkhanes prélevé[Link]
nordde Largeau
v
no Augite Hornblende
Andalousite Staurotide Disthène
Epidote
échantillon verte
pigeonite
% % % % % %
1140 28 20 3 4 26
1141 28 8 4 2 10
no Tourma- ten.
Zoisite Zircon Rutile Biotite Opaques
échantillon line pond.
% 96 % % % % %
1140 6 4 6 1 2 60 0,lO
1141 6 26 6 8 2 64 2,05
c
67
Les paysages de cette région sont très divers : les sommets représentant les der-
nières activités volcaniques (Emi Koussi - Toussidé)sont bien découpésau milieu de
plateaux d'épandages de laves formant de gigantesques chaussées, tandis que les vallées,
les gorges sont tapissées par les basaltes. Sur les plateaux s'observent de vastes cratères
d'explosion ou caldéras (Trou au natron - Tarso Yéga - Tarso Voon...).
- Sur grès
Ceux-ci recouvrent unegrande partie du territoire au nord du 16eparallèle.
II s'agit degrès :
- palézoîques
- Sur diatomites
Elles sont visibles dans la dépression du Borkou où elles forment les sols de la
palmeraie de Largeau e t ausside vastes étendues morcelées par les grès e t que I'érosion
éolienne a découpéesenune multitude de monticules de couleur blanche ou rosede
quelques mètres carrés de surface atteignant 1 à 1,50 m de hauteur. Au sudde l'erg du
Djourab elles forment des étendues planes relativement homogènes que recouvrent par
place des ensembles de barkhanes.
. granites à biotite seule ou dominante les plus répandus. Ce sont des granites
calco-alcalins à quartz, microcline, plagioclase (18 à 38 5% d'An.), biotite avec
accessoirement hornblende verte, sphène, apatite, zircon ;
. granites à deux micas identiques peu abondants;
. granites à biotite e t amphibole. Termesdepassagevers les grano-diorites.
A hornblende verte, sphine, plagioclase plus basique ;
. grano-diorites : plagioclase (30 % d'An.), quartz, microcline,biotite,horn-
blende verte e t sphène abondants, diopside rare, épidote e t apatite ;
. granites pegmatoi'des ;
. granites à deux micas ;
. granites calco-alcalinsleucocrates ;
. microgranites, rhyolites. Granites aplitiques en champs filoniens.
A ces granites s'ajoutent moins fréquemment des enclaves de roches métamor-
phiques (phylbades,ardoises, micaschistes, cipolins, quartzites, gneiss...).
Les granites constituent : soit des reliefs bien découpésdans un paysage acci-
denté, soit des reliefs moins abrupts formés d'une multitude de boules provenant de la
destruction des massifs.
- Sur grès
Les grès sont peuabondants e t localisés principalement dans le massif du
Ouaddai: Ce sont surtout desgrès paléozoiques ou Continental Terminal, plus rarement
des grès de Nubie. Ils s'observent en lambeaux de faible étendue formant le plus souvent
des tables résiduelles.
69
Il s'agit le plus souvent d'une cuirasse ferrugineuse ancienne datée fin tertiaire.
Elle occupedevastesétenduessur le pourtour du massif centraltchadienoù elle se
retrouve à des altitudes variées(420 à 500 m.)Elle est observée plus sporadiquement vers
le nord, sur les contreforts du massif du Ouaddai: Elle a été égalementsignaléepar
SONNET (1963) en différents endroits dans le nord de ce mêmemassif.
Ces cuirasses sont très variablement durcies. Elles sont de couleurs diverses avec
une dominance de rouge e t de brun. Dans les affleurements de cuirasse, une croûte ferru-
gineuse plus foncée scoriacée, très compacte, plus riche en fer surmonte le niveau décrit
ci-dessus. Dans le sol, la cuirasse est souvent précédée d'un niveau de gravillons ferrugi-
neux très arrondis qui dénonce des phénomènes de dissolution du fer e t une circulation
intense des eaux en saison des pluies au niveau de ce milieu imperméable que forme la
cuirasse.
Tous ces matériaux indurésont des densités variant entre2 e t 3,5 e t contiennent
des quantités de Fez O3 :
- 20 à 30 % dans les cuirasses vacuolaires les plus anciennes e t 30 à 40 % dans les plus
récentes situées en bas de pente OU dansdes parties mal drainées qui s'enrichissent en
fer par lessivage oblique, aux dépens des cuirassesanciennes des plateaux e t des sols
voisins ;
- 40 à 45% dans les cuirasses pisolithiques ;
- 35 à 70% dans l'induration superficielle formant une croûte superficielle ;
- 10 à 25% dans les matériaux épigénisés.
La goethite est souvent dominante associée parfois cependant à l'hématite.
Si0
d'argilites épigénisées). L e rapport moléculaire - est très variable, proche de 2 dans
Al2 O 3
la roche-mère,légèrement inférieur à 2 dans la roche déjà plus fortement altérée,très
variable dans la cuirasse mais le plus souvent inférieur à 2 descendant jusqu'à 1,35 dans
Si0
un échantillon où de la gibbsite est observée aux rayons X. L e rapport 2peut pré-
R2O3
senter des valeurs très faibles notamment dans lesindurations superficielles (Tableau ci-
après : échantillons BI, T 280, T 290).
Le site de Koro localisé dans le Koro de Guidari est constitué d'un ensqmble de
collines surplombant la surface actuelle d'une centaine de mètres, on y distingue succes-
sivement :
(1) Sauf contre-indication, toutes les colorations sont données à I'état sec.
71
Ils se développent sur des sables siliceux provenant de la désagrégation des grès
paléozoiques (Ennedi - Tibesti - N. Ouaddai) e t tertiaires (N. Ouaddaï- Borkou) déman-
telés lors de pluviaux anciens e t mis en place en milieu lacustre avant d'avoir été repris
par les vents.
Ces sols sont sableux en surface, à peine plus argileux en profondeur. Ils sont de
couleur gris-beige sur une très faible épaisseur. En profondeur, s'observe un horizon de
couleur variable beige, ocre ou rosé. II y a souvent peu de différence de coloration entre
l'horizon superficiel e t l'horizon profond. L'ensemble a une structure particulaire ou
fondue. Cette structure peut devenir polyédrique dansles horizons plus argileux, mais
la compacité du sol, lacohésiondesé16ments structuraux ne sont jamais bien grandes.
Dans les parties où stagnent les eaux après les tornades, ces mêmes sols peuvent
présenter superficiellement un horizon stratifié sableux, plus compact. Cet horizon est
parfois recouvert d'une pellicule limoneuse. On observeaussien certains endroits, à la
surface du sol, desamas noirâtres ferrugineux provenant desgrès.
Ces sols ont des pH généralement alcalins 7,5 à 8,5 qui tendentà décroître fai-
blement avec la profondeur.
Le complexe absorbant a une valeur assez faible. II est bien pourvu enCa qui
représente une très forte proportion de la somme des bases échangeables. L'ion K est en
faible quantité souventinférieure à 0,2 mé % . Na e s t peuabondant. Les chiffres de
P, O5 total sont peu élevés : 0,20 e t 0.40 % o .
La végétation très clairsemée se limite à quelques rares arbres (..haci2 raddiana,
Maerua crassifolia, Capparis decidua, Salvadora persica, parfois Hyphaene thebaica) avec
un couvert graminéen discontinu : Panicum turgidum, Aristida pallida en Ennedi. Dans
les plaines de piedmont les arbres sont pratiquement inexistants. On trouve les espèces
précédentes associées à Fagonia arabica, Cornulaca monacantha ...
Ces sols sont incultes du fait de la faible abondance des précipitations. Le mince
tapis herbacé sert de pâture au bétail (bovins, camelins, ovins ...) relativement abondant
en Ennedi.
Autour desmassifs, ils font la transition entre ceux-ci e t les sols d'arène pro-
fonde en contrebas. Sols de pente assez forte, ils sontsoumis à une érosionintense,
coupés par des ravines e t parsemés d'éboulis de roches.
C - arène
souvent grossière
avec
par
placesdesdébris
deroches plus oumoins
décomposéesfaisant le passage à la rochealtérée.
L'horizon C peut être très variable. Dans certains cas on peut avoir affaire à
une roche plus ou moins fortement altérée de couleur jaunâtre OU rougeâtre où les élé-
mentsfeldspathiques friables donnent naissance à un horizon sablo-argileux à argilo-
sableux qui précède la roche altérée. Dans ce cas cet horizon doit être interprété comme
un ancien horizon B d'un sol ferrugineux tropical tronqué e t jouant le rôle soit de roche-
mère, soit de support à des dépôts plus récentse t peu évolués. Dans d'autres cas, ce même
horizon C est figuré parunecuirasseferrugineuseancienne tronquée de ses horizons
supérieurs, l'ensemble ayant constitué autrefoisun sol ferrugineux tropical à concrétions
ou à cuirasse.
Les propriétés physiques e t chimiques de ces sols sont très variables. Malgré des
positions topographiquesfréquentes depente, ils présententune hydromorphie assez
générale sous forme de taches colorées dues à un mauvais drainage interne. Des phéno-
mènes de lessivage oblique, d'argile, de fer y sont vraisemblables.
Ces sols ont des épaisseurs relativement faibles, 40 à 50 cm en moyenne. Ils peu-
ventêtresableux à sablo-argileuxou même argilo-sableuxcomme dans le massif du
Ouaddai; ce qui dénonce despédogénèsesanciennes importantes e t un rajeunissement
récent des profils. Leur structure e s t variable, fondue à particulaire pour les premiers,
polyédrique assez grossière pour les seconds qui présentent une faible perméabilité. Les
teneurs en matière organique e t azote sont très variablesen fonction de la position topo-
graphique du profil (pente plus oumoins accusée, replat...). Les pH sont faiblement
acides à neutres, parfois légérement alcalins ou très acides sur cuirasse ferrugineuse. Ils
sont diversement pourvus en bases échangeables. Ca est dominant, Mg en quantité moin-
dre, K souvent assez faible, Na peu abondant. Les teneurs en P 2 0 5 sont faibles 0,2-0,4%0,
Sur les pentes des massifs se notent souvent en formation clairsemée ; Boswellia
dalziellii, Stercolia tomentosa, Scherocarya birrea, Anogeissis leiocarpus... dans le massif
central tchadien. Acacia Senegal, Acacia mellifera, Acacia raddiana, Commiphora afri-
cana, Albizia sericocephala... plus au nord dans ce même massif.
Ces sols sont souvent incultes carpeuépaisou fortement érodés. Autour des
villages, ils portent les cultures vivrières traditionnelles : mil, petit mil, arachide en fonc-
tion de la latitude, e t le coton dans le sud. Ce sont,dans leur ensemble,des sols très
médiocres qui nécessitent des jachères assez longues pour se régénérer et qui, du fait de
leur faible épaisseur, demandant une attention particulière, ceci afin d'éviter des phéno-
mènes d'érosion que peuvent faciliter le déboisement et la culture intensive.
74
-
[Link] SOLS D'APPORT
- Modaux - famille sur sables dunaires siliceux ou Bpandage sableux des rivières
Ils se voient un peu en toutes régions où ils se trouvent en association avec les
sols que l'on observe sur les bourrelets des fleuves. Ceux-ci sont le plus souvent, du fait
de leur texture riche en éléments fins (limon, argile), atteints d'hydromorphie ou d'halo-
morphie. Les sols plus légers,.sableux présentent plus rarement ces phénomènes.
On les trouve également dans le massif central tchadien où ils constituent soit
des cours de rivières e t leurs bourrelets, soit des arènes d'épandage. On peut les voir aussi
au nord du 13e parallèle associés à des sols bruns e t brun-rouge subarides dans le système
dunaire du Kanem.
Ce genre de profil très sableux a en général une très faible rétention pour l'eau.
- intergrade vers des sols hydromorphes ou halomorphes (bourrelets de cours d'eau', lits
de fleuves...),
- intergrade vers des sols bruns ou brun-rougesubarides (système dunaire),
- intergrade parfois vers dessols ferrugineux tropicaux (borduresbien drainées de massifs),
ou vers des vertisols lorsque, de texture argileuse, le drainage interne est limité.
Les propriétés physiques e t chimiques sont très variées non seulement en fonc-
tion de la texture souvent sableuse mais de la position topographique e t géographique, de
la présencd de nappe pouvant favoriser desphénomènesde remontée des solutions du
sol qui enrichiront le complexe absorbant.
Beaucoup de ces sols sont d'autre part soumis, soit à une inondation plus ou
moins importante lors descrues (végétation alorsgraminéenne dominante avecrares
arbres e t arbustes), soit à des remaniementséoliensassociés à des apports colluviaux
(pente de dunes ou fond d'interdunes).
Ces sols sont incultes si très fortement inondés, ou portent les cultures les plus
diverses commecelles du coton (S-W d'Am Timan -Alluvions du bahr Azoum - 1 tonne/ha
de coton graine), du sorgho, du petit mil...
La végétation qui s'y développe est fonction des différents facteurs'déjà énon-
cés e t de la latitude. Elle ira de la savane arborée plus ou moins dense à la pseudo-steppe
ou B la prairie marécageuse à Andropogonées.
75
3.3.1 - Les vertisols à pédoclimat très humide aussi appeles vertisols topo-
morphes ou hydromorphes
Le groupe le plus fréquemment observé au Tchad est celui des VERTISOLS LAR-
GEMENT STRUCTURES DES LA SURFACE.
Ces sols sont généralement inondés en saison des pluies par la crue des fleuves
e t recouverts par unelamed'eaude 20 cm à 1 m. Un couvert dense d'Andropogonées
freinent les courants e t contribuent à atténuer leur action érosive. Les eaux séjournent
de juillet-août (Ires inondations dues aux pluies) à octobre-décembre au moment de la
crue des fleuves.
Morphologie
Ces sols ont des teneurs en argile relativement constantes comprises entre 35 e t
50%, la fraction sableusegrossière est assez importante, 30%. L'indiced'instabilité
structurale est élevé, souvent supérieurà 2. La structure est mauvaise ( I S entre 1 e t 2)à
trèsmauvaise (IS > 2). La perméabilité en sol humide (méthode Hénin) e s t faible
( K cm/h : O à 1,5).
Les teneurs en carbone dans les horizons de surface sont le plus souvent com-
prises entre 0,3 e t 0,6 % tandis que les rapports C/N varient entre 10 e t [Link] taux de
carbone sont plus élevés dès qu'un apport alluvial limono-argileux recouvre ces sols en
atténuant le microrelief.
Le pH est compris :
- en surface entre 6 e t 7,
- en profondeur entre 7 e t 8.
Les rapports -
sio2
Al;! 0
3
sont largement supérieursà 2.
Parmi les éléments traces, Mn, Rb, Ba, Zr sont en fortes teneurs ; Pb, Sr, V, Ni,
Co, Cu, Cr, Li en teneurs moyennesà assez fortes ; Mo, Sn en faibles teneurs.
Ces sols portent une végétation très variable en fonction de l'inondation. Sur le
pourtour du massif central tchadien, il s'agit d'une savane arborée assez claire à Combre-
turn glutinosum, Anogeissus leiocarpus, Pseudocedrelakotschyi. .. avec un tapisd'Andro-
pogonées. Dans les plaines d'inondation, il s'agit d'un couvert graminéen à Hyparrhenia
rufa avecderaresarbressur les tertres OU les bordures deszones d'inondation. Une
savane armée à Acacia seyal s'implante parfois sur ces terrains.
Ces sols occupent des surfaces considérables et sont pour la plupart générale-
ment incultes. Ils le doivent souvent à des conditions d'inondation prolongée,mais
surtout à une densité de population très faible qui se distribue sur d'étroites langues de
terre exondéesensaisondes pluies. Autour des villages se pratiquent des cultures de
sorgho repiqué après le retrait des eaux.
Ils s'observentau nord e t à l'est de Fort-Lamy, autour du lac Fitri, dans les
fosses d'Oum Hadjer, de Massénya ou dans des dépressions bordant des cours d'eau :
Batha, Ouadi Rimé, Haddad ... bahr Salamat, Keita, Aouk ...
Ils se sont forméssur desdépôts lacustres beaucoup plus jeunes queles précédents
e t sont inondés comme eux en saison despluies ouà la fin de celle-ci au plusfort des crues.
Morphologie
L a structure, la cohésion, l a compacité, la porosité sont les mêmes que dans les
sols précédents. l'horizon de surface apparaît parfois finement structuré, mais de type
polyédrique sur 10 - 20 cm.
Les .teneurs en carbone sont comprises entre 0,2 et 0,s % (C/N entre 10 et 12
principalement).
Les rapports Na/Ca échangeables % sont, dans les sols à caractères halomorphes,
le plus souventcompris entre O e t 15 en surface, entre1O e t 50 en profondeur où quelques
valeurs peuvent atteindre 200. Certainsdeces sols ont des conductivités dépassant 4 milli-
mhos en profondeur. Les sels solubles sont des carbonates, bicarbonates OU sulfates de
sodium.
Les taux de saturation sont très élevés, 60 à 80 % en surface, 90 à 100 % en
profondeur.
Les teneurs en P z 0 5 total sont de l’ordre de 0,4 - O,~%O.
Parmi les éléments traces, Mo, Sn, V, Ni sont en faibles teneurs, Mn, Cu, Zn, Pb,
Co,Cr,Sr, Li en teneursmoyennes,Zr, Ba, Rb enteneurs assez fortes à fortes.
VERTISOLS
~~ ~
1 1 1
(IO%>à
surface 0.3 à 0.6 2 et 0.1 0.1et13
Na % pas de fréquence (65-70 % > à 1)
profondeur 1 6 2 3 et
0.1 dominante 1et25
(65-70%.>à 1) (100 %.> à 1 )
La végéfation de ces sols est surtout constituée par des savanes armées àAcacia
seyal tandis que les fonds les plus inondés où l’eau demeure aussi le plus longtemps sont
occupés par Acacia scorpioides var. nilotica. Une végétation de hautes Andropogonées
colonise le sous-boisaccompagnéesd‘uneAcanthacéeépineuse Hygrophila spinosa.
Dans l‘est du Tchad, Acacia flava colonise parfois des sols de ce type.
Ces vertisols ont une valeur agricole assez proche des précédents, mais cepen-
dant meilleure. Les relations Azote - P,05 - pH sont moyennes à trèsbonnes pour la
riziculture, moyennes à bonnes pour les autres cultures. Ici encore, les propriétés physi-
ques médiocres à mauvaises viennent interférer.
Ils portent la même culture (sorgho repiqué) que les sols précé[Link] rizi-
culture n’est pas pratiquée dans les régions où ils se situent, l‘inondation étant excessive
en début de crue, ,le retrait des eaux trop précoce lorsque cette dernière serait correcte.
Peu d’aménagements ont été f a i t s en ces, régions, la zone rizicole traditionnelle se situant
principalement dans le Moyen-Logone.
La culture cotonnière, culture sèche, a sa limite nord vers I'isohyète 700 mm.
Des essais de coton irrigué, égyptien e t américain, ont été effectués entre 1950 e t 1955
au nord de Fort-Lamy dans la région de Mani sous des pluviométries de 500 à 600 mm.
Ils ont amené une exsudation importante des sols solubles contenus dans les horizons
inférieurs du sol tandis que les cotonniers étaient affectés par le "Black Arm".
Ces sols ne sont presque uniquement visibles qu'auSO de Bongor dans la région
de Youé où les roches vertes basiques abondantes au Nord-Cameroun font leur réappa-
rition en cette région sans jamais affleurer cependant en surface en importants massifs ;
tout au plus y voit-on quelques blocs épars.
Ces sols très riches, très fertiles sont tous en culture. Les propriétés physiques
défectueuses sont compensées par une faible pente qui,si elle est la cause de phénomènes
d'érosion, facilite e t améliore l e drainage interne du sol. Les culturessont le sorgho
repiqué e t dans certains cas, comme à Bourao, sur des colluvions doléritiques de faible
épaisseuren voie de décomposition reposant sur dessables,des cultures de coton. Les
rendements sur ces sols noirs alors moins compacts,plus perméables,sont parmi les plus
élevés du Tchad, 1.O00 à 1.200 kg/ha de coton graine en culture sèche.
Ces sols à profils A C ou A (B) C sont caractérisés par une pénétration impor-
tante de l a matière organique dans 'le profil suruneépaisseurd'au moins 30 à 40 cm.
Au nord du 13e parallèle, ils se situent soit dans des interdunes tandis que les
dunes sont en sols brun-rouge (Bordure du lac Tchad - Région de Mao...), soit dans les
anciennes vallées des cours d'eau descendant du massif du Ouaddaïvers la dépression du
bahr el Ghazal.
82
Les sols bruns se sont formés sur les séries sédimentaires anciennes ou récentes.
Dans le l e r cas, des remaniements éoliens importants les ont faconnées en ergs avant que
la pédogénèse ne se développe.
Morphologie - Profil A C
A - sableux, structure fondue, coloration brune se dégradantavec la profondeur
(IO YR 4/2 - 5/3 - 6/3 - 6/4), cohésion et compacité faibles. Enracinement très
développépar un fin chevelu deracines. Porosité d'agrégatspeudéveloppée.
Epaisseur moyenne 80 à 100 cm.
C - sableux, structure particulaire, couleur claire,blancheoubeige.
Les taux de carbone sont compris entre 0,l et 0,3 % pour des rapports C/N
présentant un maximum entre 8 et 12.
La fractionhumifère en assez faiblequantité est constituée principalement
d'acides humiques gris, les acides fulviques sont peuabondants.
Les pH sont compris entre 6 et 8 tant en surface qu'en profondeur. Ils dimi-
nuent légèrement de la surface vers la profondeur pour se relever dans les cas d'hydro-
morphie ou d'halomorphie.
Lasommedesbaseséchangeables varie entre 1 e t 5 mé% . On note souvent
une légère augmentation avec la profondeur.
L'ion Ca domine, Mg est souvent de l'ordre de 0,2 mé % , K varie entre O et
0,3 mé % , Na entre 0.1 et 0,2mé % sauf dans les horizons profonds de sols à tendance
halomorphe où il peut prendre des valeurs importantes.
Morphologie
Ces sols présentent toujours un profil A C dans lequel l'horizon A est de cou-
leur plus foncéeque précédemment ( I O YR 3/2 -4/2) e t possède une structure à tendance
polyédrique plus ou moins accusée en fonction de la texture. L'ensemble est plus massif,
à cohésion e t compacité plus grandes. La porosité tubulaire e t d'agrégats est moyenne-
ment développée. L'hydromorphie sous forme de taches,d'hydroxydes n'apparaît qu'au
niveau du C qui se présente avec une couleur de fond beige ou jaune.
Si les propriétés physiques diffèrent des sols précédents en même temps que la
texture, les propriétés chimiques sont assez voisines, les taux de carbone e t d'azote sont
plus élevés cependant. On peut noter dans les horizons profonds des teneurs légèrement
plus élevées en sodium échangeable.
I I faut voir dans ces sols, pour les plus sableux, des intergradesvers les sols hydro-
morphes. Ceux à texture sablo-argileuseont des caractères vertiques plus ou moins accusés.
Les taux de carbone sont également faibles, O à 0,2%, tandis que les rapports
C/N sont compris le plus souvent entre 8 e t IO. Par contre, les acides humiques dominent
en surface tandis que les acides fulviques sont relativement importants dans les horizons
(B) brun-rouge.
Les pH sont compris entre 6 e t 8 en surface, ils décroissent en profondeur pour
descendre parfois en dessous de 6 vers 100 cm. Ils se relèvent à plus grande profondeur.
La somme des bases échangeables a des valeurs très faibles entre 1 e t 2 mé% .
II y a le plus souvent diminution de cette valeur avec la profondeur.
-
Végétation Aptitudes culturales des sols bruns et brun-rouge subarides
Ces sols dont la valeur agricole est modeste (sols très sableux, pauvres enmatière
organique, P 2 0 5 , à complexe saturé), mais dont I'équilibre N - P 2 0 5 - pH est relative-
ment satisfaisant, portent dans les régions les mieux arrosées (700 à 500 mm) sorgho,
arachide, petit mil. L'arachide se maintient jusqu'à I'isohyète 450 - 400 mm, le petit mil
jusquevers 350 mm. La plus grande partie de ces terres sert de lieu de pâturages aux
troupeaux de sédentaires ou de nomadisants.
- Peu lessivés en fer - famille sur sables siliceux ou sables argileux beiges (Profil
DAM 5 - Annexe 8 )
A2 - sableux, brun-ocre à beige (IO YR 514 - 614 - 613 - 713 - 714) identique au pré-
cédent. Racines moins nombreuses, Epaisseur25 cm environ.
Cet horizon présente parfois des caractères d'hydromorphie dus à des actions
de nappe ou à des engorgements s'il f a i t le passage à un matériau plus argileux.
Les teneurs en carbone sont surtout comprises entre O e t 0,25 %, les rapports
C/N entre 1 1 e t 12.
.
La somme des bases échangeables est égale à 2 - 3 mé % Les différents cations
présentent les valeurs suivantes :
Ca 1Q 2 mé%
Mg 0,2 à 1 mé %
K 0,l à 0,2 mé % - 0,l à 0,5 mé % en profondeur
Na 0,l à 0,2 mé % - 0,l à 0.5 mé % en profondeur, ouvaleursplus
élevées
Les variations de teneursen fer total avec la profondeur sont assez faibles.
Les éléments traces prennent des valeurs assez voisines de celles que nous don-
nerons pour les sols ferrallitiques. Le manganèse y est cependant en quantité moindre.
Végétation - Aptitudes culturales
La valeur de ces sols, si l'on s'en réfère à I'équilibre N-P2 O5 - pH, e s t moyenne
à médiocre pour des pH variant entre 7 e t 6, mauvaise pour des pH inférieurs à ce dernier
chiffre.
Ils portent des cultures de mil rouge, petit mil e t arachide. Cette dernière
culture se développe au nord de I'isohyète 700 [Link],cellede Dilbini, est
chargée d'un programme de recherches comportant notamment la sélection, l'étude de
variétésnouvelles, les pratiquesculturales, les mesuresanti-'érosives,carces sols très
sableux sont soumis à I'érosion éolienne après la récolte qui laisse le sol à nu pendant la
période où les vents sont les plus forts. Les rendements peuvent être estimés de 500 à
700 kg/ha d'arachide en coque.
AU sud deI'isshyète 700 mm la culture du coton se développesur ces mêmes sols.
Morphologie
Le profil se différencie assez peu de celui de sols ferrallitiques que nous étudie-
ronsplus loin si ce n'estpar la présence d'un horizon A2 assez fortement décoloré,
lessivéen fer.
Dans un tel sol, l'horizon B de l'ancien sol ferrallitique joue celui de roche-mère.
Les teneurs en carbone sont principalement placées entre O e t 0,2596 pour des
rapports C/N très divers variant eqtre 9 e t 16.
Les teneurs en fer total e t libre augmentent dans les premiers 40 cm,puis
demeurentensuite relativement constantes.
Ils sont très répandus dans la zone des sols ferrallitiques ausud du 10e paral-
lèle ainsi que plus au nord :
Leur plus grande zone d'extension actuelle se situe entre les isohyètes 1300 e t
800 mm.
Dans le sud, ils apparaissent comme un remaniement local sur pente à la suite
de lessivage oblique de l'argile et du fer des sols ferrallitiques. Plusau nord, ils se sont
formés sur des dépôts sédimentaires provenant de ces mêmes sols rouges ou des forma-
tions Continental Terminal leur ayant donné naissance.
Morphologie - Profil A B C
Les teneurs en carbone ont une répartition maximumentre 0,25 e t 0,5096, les
rapports C/N entre 11 e t 15.
Les augmentations des teneurs en fer total sont généralementassez élevées avec
la profondeur (6 - 8 % pour 1 - 2 % en surface).
Les éléments traces ont desteneurs assez voisines de celles trouvées dans les
sols ferrallitiques. On observe parfois une tendance à de légères accumulations en pro-
fondeur dans les profils pour certains éléments (V, Cu, Ni, Cr).
90
Ces sols portent les cultures les plus diverses ;sorghos blancs et rouges, manioc
dans la partie la plus méridionale, arachidesur les terres les plus sableuses et les plus
spetentrionales.
Le coton y occupe une place importante avec des rendements pouvant atteindre
en milieu autochtone500 à 600 kg/ha de coton graine.
La valeur de ces sols est moyenne à médiocre bien que les rapports N -P2 Os-pH
apparaissent satisfaisants en valeur relative. I Is le doivent :
-àla texture plus argileuse liée à une mauvaise structure des horizons inférieurs
qui déterminent des actions d'engorgements,
- à des pratiques culturales beaucoup trop superficielles pour de tels sols.
Les jachères nécessaires sont de très longues durées,de l'ordre de 8 à 10 années,
après des cycles de culture de 3 à 4 ans.
-A -
concrétions ferrugineuses e t cuirasses famille sur sables siliceux e t sables
argileux ( Profil Tim 55 - Annexe 12 )
Morphologie
Elles se situent entre 2 pôles qui représentent les termes extrêmes de I'évolution
de ces sols :
La valeur agricole de ces sols varie entre celle des sols ferrugineux tropicaux
lessivés à taches e t concrétions lorsque la cuirasse est relativement profonde, e t celle des
sols squelettiques ou peu évolués,cas le plus fréquent. Aussi l'intérêt agricole deces
régions est-il trè[Link] le massif centraltchadienune partie a été miseen
réserve de faune à juste raison. Dans cette réserve de Zakouma, une très grande concen-
tration d'éléphants a pour e f f e t unedégradation importante de la végétationcar ces
bêtes vivent en saison des pluies sur les cuirasses où l'eau abonde en multiples mares, e t
ne migrent vers le bahr Salamat qu'en début de saison sèche où subsistent toute l'année
des mares résiduelles.
Ils se localisent un peu partout dans le domaine des sols ferrugineux tropicaux
lessivés où ils sont difficiles à .dissocier des typesmodaux,ainsiqu'auvoisinage des
grandesplaines d'inondation. Ils sontbeaucoup mieux identifiables lorsqu'ils se sont
formés sur des sédiments plus récents (dépression des bahr Aouk - Keita - Salamat, sud
de Massénya).
Morphologie
* 9
- par la très grande altération des minéraux primaires qui seront la source de fer
e t d'alumine retrouvés à I'état d'hydroxydes. Cette dernière se matérialisera
dans les profils sous forme de gibbsite ou de boehmite, ou en se recombinant
à de la silice, donnera naissance à de la kaolinite de néoformation en milieu
relativement mal drainé. Dans le l e r cas, les rapports - sioz seront très infé-
Alz 0 3
rieurs à 2, tandis que dans le second, voisins de ce chiffre.
- par la très grande épaisseur des profils, fréquemment 4-5 m, et plus 8-10-15 m.
- par la présence d'un profil peu différencié à horizon B très épaisde couleur
rouge. La coloration est liéeaux hydroxydes de fer fixés à la surface des argiles.
- par un complexe absorbant peu saturé, les bases migrant en profondeur ou
latéralement avec la silice.
I Modaux (sols rouges) -famille sur sables ou argiles sableuses (Profil Moundou 4
Annexe 13);
Morphologie - profil A B C
L'instabilité structurale est faible pour les horizons de surface (<à 0,7), elle
augmente rapidementen profondeur pour dépasser 2. Les perméabilités sont relativement
élevées en surface (3 - 5 - 7 cm/h) et diminuent en profondeur.
Les teneurs en carbone (O - 20 cm) varient entre 0,25 et 1,5 % (fréquence maxi-
mum entre 0,5 et 0,75% ) pour des rapports C/N allant de 1 1 à 19 et parfois plus.
- en profondeur le même rapport est très inférieur à 1 en même temps que les
teneurs en matière humique totale baissent très rapidement.
94
Les sols ferrallitiques portent des culturestrès diverses avec les rendements
suivantsconsignéspar BOUTEYRE G. (1965) pour la région des Koro (feuilles de
Koumra e t Moundou). Lessurfaces cultivéessontconstituées Ià :
Les assolements les plus courants sont du type coton - mil - mil de repousses,
plus arachides, plusdivers. Ils amènent un abaissement rapide desteneursen matière
organique qui tombent à moins de 0,5 % (0,3% de carbone). Les jachères nécessaires à
leur régénération seraient alorsde 5 à 6 ans.
Ces'sols sont visibles de la bordure est du lac Tchad jusqu'au cordon sableux
de la cote 320 m. Ils se localisent dans de petites cuvettesde quelques dizaines ou centai-
nes d'hectares chacune enserrée dans des dunes. Une partie seulement de ces cuvettes e s t
occupée par des sols [Link] type, en général les parties les plus basses, tandis que les sols
du pourtour ont des salinités diverses mais souvent plus faibles. On observe aussi ces sols
dans la dépression du Borkou, en surfaces planes plus étendues, très érodées e t recou-
vertes localement par des formations éoliennes. On les voit également mais très rarement
sur la bordure du lac Fitri.
96
Ces deux dernières variantes de A qui sont le résultat d'une exsudation saline,
sont parfois très richesen C03Ca.
le plus fréquemment à gley vers 80 à 100 cm, argilo-limoneux. Cet horizon est
souvent très humide e t plastique. Coloration variable gris-clair (5 Y 6/1), noi-
râtre (5 Y 3/1 - 4/1), bleuté (5 G 6/1), verdâtre (5 G 6/?). II s'endegageune
forte odeur sulfureuse.
Dans les ouadi à nappe profonde (4 à 5 m), la partie blanche de l'horizon (B)
peut être très épaisse e t précéder un horizon à pseudo-gley (taches e t points rouille sur
fond blanc), lui-même suivi d'un horizon de gley. C'est également cet horizon (B) blanc
que l'on voit apparaître sur les bords des ouadi où il forme des horizons divers très cal-
caires tendant à donner un encroûtement.
(B) I - blanc à gris-blanc ou gris-verdâtre (2,5 Y - 5 Y 7/2 - 7/1 - 8/2 - 8/1 - 5 Y 6/3 -
6/4 - 7/4), argilo-limoneux, massif à débit polyédrique, cohésion faible, épais-
seur 1 à 1,30 m.
OuadiduKanem
Ces sols ont une mauvaise structure e t perméabilité. Ils contiennent parfois des
quantités importantes de C 0 3 C a (jusqu'à 65%), principalement en surface.
Les teneurs en carbone sont variables (0,5 à 3,5 % le plus souvent) pour des
rapports C/N compris entre 9 e t 14, mais très fréquemment entre 12 e t 13.
Ces sols sont saturés avec des teneurs importantes en Ca e t Mg. Mg prend parfois
des valeurs faibles en profondeur (<0,2 mé % ).
Par contre, les teneurs en sels solubles sont importantes. La croûte saline super-
ficielle atteint souvent 100 millimhos/cm, la salinité décroît ensuite généralement avec
la profondeur pouvant passer à des chiffres très divers comme le montre le tableau ci-
après. Les sels solubles sont à dominance de SO4 Na2 e t CO3 Na2.
Les teneurs en fer total e t fer libre sont souvent très faibles dans les horizons
supérieursde sols fortement salés. II se produit dans ces profils une migration de la
matière humique sous forme d'humates solubles. Le fer migre en même temps à I'état de
complexe organique e t va s'accumuler en profondeur où il se mêle à la nappe fortement
colorée en brun.
Dépression du Borkou
Ils ont une mauvaise structure e t des perméabilitésfaibles. Les teneurs en C03Ca
sont rarement supérieures à 15% en surface e t décroissent avec la profondeur.
Les teneurs en carbone sont faibles (0,l à 0,5%) pour des rapports C/N bas,
compris entre 2 e t 8.
98
I K m e~m. , . I Borkou
~~ ~
no
échantillons 1282 1283
1281
1200 1202 1205
1201 1203 131 123
Conductivité
m i l l i m h o s 25O 86.95 5.16 16,84 17.78
15.09 76.19 126.4
67,8 3,30
0,74
Sels solubles
E x t . Sat.
Ca mé % 1.5 1,65 2.2 tr. tr. 0.4 0,l 0.6 0.5 0.50 0.25
- surface
10 à 15 mé%
Ca a les valeurs suivantes :
- profondeur 5 à 20 mé%
I-es sels solublessont des carbonates, des sulfates, des nitrates de sodium,
parfois des chlorures (cf. tableauprécédent).
Les sols des ouadi natronés du Kanem ont une végétation variable en fonction
de leur salinité.
Dans les parties les plus salées aucuneplante nepousse. Autour de la zone
stérile, la salinité décroît progressivement en même temps que la végétation commence
à apparaître. Cynodon dactylonformeun tapis discontinu. II est accompagnéde
Brachiaria sp., lmperata cylindrica.
Dans la dépression du Bot kou la végétation se réfugie dans les creux souventà
l'abriduvent, Ià où la nappe est proche de la surface. Ces partiessontactuellement
occupées par des plantations de palmiers-dattiers qui colonisent aussi certains des ouadi
du Kanem. Cette plante supporte des salinités élevées (conductivité de 158 25 millimhos/
cm) à condition cependant que la nappe ne soit pas trop près de la surface, car les racines
s'arrêtent en général à l'horizon de giey e t se concentrent au-dessus r:porobolus robustus
peut servir de plante indicatrice de la limite supérieure de la salinité que peuvent suppor-
ter de jeunes plantations.
Sous ces palmeraies se font des cultures associées diverses : blé, mais, petit mil,
tomates, oignons, piments dans le Kanem.
Au Borkou, nous retrouvons ces mêmes cultures, ainsi que l'orge, la luzerne e t
les cultures arbustives : figuiers, citronniers, goyaviers e t la vigne qui donne des raisins
d'excellente qualité . Des essais d'acclimatation depapayers,bananiers ont montré la
fragilité deces espèces sous ce climat (1).
Tous les légumes d'Europe sont cultivés avecde bons résultats, même pendant
les mois chauds si l'ombrage est suffisant e t l'irrigation bien conduite.
Très souvent sur un même champ, la culture de blé est suivie de 2 cultures de
mil, une première en avril-mai, une seconde pendant les pluies août-septembre.
Les terres sont fumées (fumier de chèvres) une fois l'an, avant la culture de blé,
Le fumier e s t incorporé intimement au sol ou mis dans les rigoles d'irrigation. Les autoch-
tones utilisentégalement un engrais naturel le"Ti1li"qui est une exsudation saline conte-
nant souvent des quantités importantes de nitrates. Ce "Tillï" détermine des augmenta-
tions importantes de rendement. II est utilisé à raison de 10 tonnedha.
~
Ces sols sont principalement visibles le long des cours d'eau anciens ou actuels
(grands fleuves, affluents, défluents) dont ils constituent souvent les bourrelets de berge,
associés à d'autres types de sols.
Ces sols sont de plus en plus abondants du sud vers le nord en nlême temps que
les conditions climatiques prennent un caractère plus aride.
(B) Ca - texture identique àA, très rarement sableuse. Structure polyédrique moyenne à
g débit en petits polyè[Link]è[Link]ésionmoyenne à forte. Porosité
faible. Présence trèsfréquentede pseudo-mycélium e t d'amas calcaires inférieurs
au cm. Couleur gris-beige(IO YR 6/3), brunâtre ( I O YR 5/3) avec taches rouille
nombreuses. Présence fréquente de petits gravillons ferrugineux noirs, mais peu
nombreux. Epaisseur variable 75 cm à 1 m, parfois plus.
L'instabilité structurale de ces sols est Blevée (supérieure à 2), tandis que les
perméabilités sont très faibles (inférieures à 1,5 cm/h).
Le degré de saturation est très élevé. Ces sols sont pratiquement xous saturés en
profondeur.
. . . I
Les teneurs' en éléments traces sont variables : Mn est très fort ainsi que Zr,
Rb,Ba. Ni, Pb, V, Zn,Co,Cr sont moyens à assez forts, Cu, Sr, Li moyens,Mo,Sn
sont faibles.
Ces sols lessivés à alcalis, à structure en colonnettes, s'observent aussi par taches
enassociation avec les sols précédents sur les bourrelets alluviaux des cours d'eau.
P2gCa - horizon identique à structure polyddrique moyenne avec débits en petits polyè-
dres, pseudo-mycélium e t parfois amas [Link] 100 cm environ.
C - peu identifiable, se confond avec
Bq ou Bq Ca.
Les profils de typesAI B2g B2gCa sans horizonA2 B1, avec structure en colon-
nettes ou prismatique sont ceux de solonetz.
Ces sols se présentent en surfaces planes ou de très faibles pentes et sont cou-
verts par un abondant cailloutis quartzeux roulé. Le substratum, proche de la surface,
perce celle-ci en très petits affleurements. L'aspect général est celui d'un "reg".
Les propriétes sont dans l'ensemble très voisines de celles des sols précédents
mises à part l'apparition d'une structure en colonnettes ou cubique sur 20 à 30 cm e t
la présence parfois d'horizons blanchis Az B1.
l
103
- Carbone O à 0,4%.
- Cations échangeables :
Ca : surface, O à 15 mé % (5 à 15 mé % le plussouvent);
profondeur, augmentation notable
Mg : 1 à G mé % ; augmenteen profondeur ;
Rapport Ca/Mg : 1 à IO.
K : surface,0,2 à 0,4 mé% ;diminution en profondeur (Oà 0,3 m é % )
Na : surface, O à 1 mé % .
profondeur, augmentation :( 15 % des exemples demeurent infé-
rieurs à 1 mé % .)
- Rapport Na/Ca échangeables % . Si celui-ci n’est pas toujours supérieur à 15,
dans les sols où il est inférieur les caractéristiques morphologiquesOU de végé-
tation demeurent les mêmes (végétation clairsemée, structure massive OU en
colonnettes, pseudo-mycélium...).
- Selssolublesprésents, identiques à ceuxdes sols précédents. L‘extrait de
saturation est compris entre 1 e t 3 millimhos.
- Dearéde saturation très élevé : GO à 90 % ensurface, 85 à 100 % en pro-
fondeur.
- Fraction colloïdale : montmorillonite dominante (75 à 80% 1, kaolinite (20 à
25%),parfois illite. La kaolinite est plus abondante dans les horizons super-
ficiels delessivage.
Cette facon d'opérer est tout à fait exceptionnelle ;elle met en évidence la très
faible perméabilité de ces sols qui posent d'importants problèmes à résoudre envuede
leur régénération :
- soussolage profond permettant l'amélioration de la structure, e t la pénétration des
eaux,
- apports d'engrais chimiques(gypse ou calcaire finement broyé, soufre) favorisant la
fixation du Casur le complexe en remplacement du Na.
Ils sont la conséquence d'un excès d'eau dans le sol dû, soità un engorgement
plus ou moins profond d'ensemble, soit à une inondation temporaire, semi-permanente
à permanente.
Les sols hydromorphes sont caractérisés par des horizons à pseudo-gley définis
précédemment au paragraphe consacré aux processus de pédogénèse e t que nous rappel-
lerons ici.
- A anmoor calcique (polder des régions chaudes) - famille sur alluvions lacus-
tres, argilo-limoneuses à argileuses (Profil BG 25 - Annexe 17)
Ils s'observent dans le voisinage immédiat du lac Tchad. II s'agit de sols jeunes
formés sur des skdiments fraîchement exondés par l'homme qui a créé dans cette région
des polders. Un ancien système dunaire, parallèle à la côte e t dont les interdunes sont
ennoyées par le lac,a favorisé cette opération qui se fait par l'implantation de barrages.
Parmi ces polders, l'un des plus anciens, celui de Ganatir, remonteraità 1910,
tandis que beaucoup des polders actuels ont été créés entre 1950 e t 1955. Les crues du
lac, la rupture desbarrages, les pluies d'annéestrès humides les remettent périodique-
ment en eau. A ceci s'ajoutent les infiltrations à travers les dunes ou les barrages. Seule
une frange de bordure est le plus souventcultivée.
L'ensembledu profil peut faire1 à 1,50m. Celui-ci est d'un type à nappe
phréatique proche de la surface (40 à 60 cm) (1). Si la nappe est profonde (1 m), à
l'horizon (B)1 succède :
(1) L a n a p p e en f a i t est généralement plus p r o f o n d e 1,5 à 2 m mais en charge remonte par semi-
artesianisme dès que l ' o n a atteint son niveau hydrostatique.
106
Aoo A. sont surtout très développés dans les parties les plusbasses. Ils sont en partie
détruits lorsdubrûlage desherbesaquatiques qui suit I'exondation avant la miseen
culture.
Dans l'horizon (B), s'observentdespochesd'éléments polyédriques fins très
durcis e t parfois rougeâtres qui évoquent les actions du feu assez profondément dans le
sol (consumation lente desracines e t de l'horizon semi-tourbeux lors du brûlagedes
herbes).
en
surface : argile (25 à 55%)
limon ( 5 à 25%)
en profondeur : argile (45 à 70% )
limon ( 5 à 1 0 % )
La structure de ces sols est bonne (IScompris entre O e t 0,4). Les perméabilités
de laboratoire sont variables, faibles (< 1,5 cm/h) à bonnes (4 à 8 cm/h .)
Ces SOIS, qui ont un complexe absorbant saturé, possèdent des sels solubles en
quantité très variable suivant les saisons puisqu'ils sont soumis à des lessivages par l'eau
des précipitations en saison des pluies, à des phénomènes de remontée en saison sèche. 11s
se couvrent parfois alors d'une exsudation saline.
L a salinité est en même temps très variable d'un point à un autre dans un même
polder, ceci en fonction de la profondeur de la nappe en saison sèche e t de sa salinité.
Ces polders sont couverts après la création du barrage soit par des eaux libres,
soit par unevégétationgraminéenneaquatique : Phragmites vulgaris, Typha australis,
Echinochloa divers, Cyperus papyrus. Cette végétation est brûlée au fur e t à mesure de
l'assèchement.
On les observe aussi le long de ces cours d'eau où ils forment alors des bourre-
lets alluviaux.
Dans le premier cas, les sols sont sableux e t les variations d'argile sonttrès
faibles, la structure est fondue ou à tendance polyédrique en profondeur, la compacité
et la cohésion sont généralement faibles.
La coloration de ces sols est grisâtre en A (IO YR 4/1 - 4/2 ... 6/1 - 6/2), beige
(IO YR 6/3 - 6/4 - 7/3 - 8/31à marbrures jaunâtres (7,5 YR 6/6), taches rouille, parfois
gravillons ferrugineux rouille ou noirs en B.
Les teneurs en carbone sont comprises entre 0.25 et 0,50 % avec des rapports
C/N très variables.
L'ion Ca représente 50 à 85 % de S.
sorghos ; mils blancs e t rouges ; c'estainsiquedans certaines régions des mils rouges
précoces sont plantés aux premières pluies e t récoltés au début de L'inondation parfois
en pirogue (Tikem).
riz : dans le Moyen-Logone où ils constituent les meilleures terresavec celles sur limons.
Ils peuvent donner des rendements de 208 30 quintaux à l'hectare en milieu autochtone.
coton 1 ces sols sont malheureusement utilisés parfois pour cette culture très sensible i
desexcèsd'eau, e t ceci explique les rendements dérisoires alors obtenus en certaines
régions, moins de 100 kg de coton graine à l'hectare.
Ces sols ont une végétation très variable. Dans les plaines du Logone, elle est à
dominance d'Andropogonées tandis que sur les bourrelets des fleuves, elle est fonction
de l'inondation e t de la texture. Sur des sols peu argileux, elle forme une savane arborée
classique tandis que des Acacia seyal de plus en plus nom'breux colonisent les terres les
plus lourdesjusqu'à donner des savanes armées dans les parties soumises à une assez forte
inondation.
Ces terres sont cultivées en riz dans le Moyen-Logone où elles constituent, avec
les sols précédents, les meilleures rizières.
Partout ailleurs, ce sont des sols très recherchés, très cultivés, qui porteront des
cultures variéesen fonction de leur texture et de la submersion : arachide, petit mil,
coton, mil blanc e t rouge, mil repiqué, cultures maraîchères (oignons, tomates, légumes
divers...).
Sols initialement très fertiles la culture intensive qu'ils subissent a pour consé-
quenceune alcalisation rapideparsuited'intensesphénomènesderemontéedans ces
sols nus pendant la saisonsèche.
111
[Link] - -
A horizon gris réduit de surface (Profils 13 84 - Annexe 19)
Ces sols sont observés dans le sud du Tchad (régions de Koumra - Moundou -
Fort-Archambault - Moussafoyo). I l s occupent les fonds plus OU moins plats des vallées
sèchesque l'on observedans les vastes plateaux de sols ferrallitiques appelés koros. Ils
font suite,vers l'aval,à des sols beiges ferrugineux tropicaux peu ou pas lessivés, desquels
ils se séparent difficilement si ce n'est par la plus ou moinsgrande épaisseur de l'horizon
gris. Ils se sont formés sur des alluvions de texture diverse limono-argileuse à argileuse
dans les bas-fonds ou des colluvions sableusessurdespentes.
Dans le sud, lorsque le socle cristallin affleure dans les fonds de vallées, ces sols
ont une épaisseur très irrégulière.
La nappe phréatique est à faible profondeur en pleine saison sèche 80 cm à 1 m.
En saison des pluies, l'eau se rassemble dans ces dépressions e t peut y séjourner de longs
mois.
La valeur agronomique de ces sols est très diverse. Les sols les plus sableux pré-
sentent des caractères physico-chimiques voisins deceuxdes sols [Link] les bas-
fonds à l'inverse les teneurs en carbone, bases échangeables sont plus élevées. D'unefacon
générale, ces sols présentent des pH acides 5 - 6 en surface, 4,5 - 5,5 - 6 en profondeur.
La végétation qui s'y développe est caractérisée par une raréfaction des arbres
d'amont enavalenmême tempsque la prairie graminéenneGs'installedans les parties
inondées périodiquement. Lesraresarbres sont alors : Mitragyna inermis, Nauclea lati-
folia, Syzygiumguineense...
Les sols de bas-fonds sont généralement incultes à l'exception de quelques-uns
utilisés en rizières.
Un certain nombre de ces vallées ou seulement des fractions de celles-ci pour-
raient étre aménagées pour cette culture.
En surface, les teneurs en argile sont comprises entre O e t 25% , tandis qu'en
profondeur elles sont souvent de25 à 35%. "L'indice de lessivage" est élevé e t peut
atteindre 7. La coloration, la strucwre, la compacité, la cohésion, la perméabilité des
différents horizons sont analogues à celles des sols de piedmont.
Les teneurs en carbone sont faibles (0,3%),les rapportsC/N peu élevés (6 à 9).
Les taux de saturation sont élevés (90- 100%) dans leur horizon de profondeur.
Ces terres sont couvertes soit par la végétation trèsclairsemée définie précé-
demment, soit du fait d'une alcalisationmoindre des horizons supérieurs, par descultures
ou par des jachères. Ces buttes qui portent quelques dizaines de cases sont intensément
cultivées principalement en mil rougeau nord de Bongoroù vivent des populations
massa. Elles forment au moment de la crue desFlotsexondésau milieu de la prairie
marécageuse couverte sous 1 m à 1,50 m d'eau.
- Famille sur argiles sableuses (à nodules calcaires dans la partie sud du Tchad)
Leur coloration est dans la gamme des 1 0 YR ; ils sont gris-brun, gris-noir en
surface (4/2 - 3/1), brun clair à faible profondeur (6/2) avecdestaches rouille ou
jaunâtres.
Les pH varient :
Nous trouvons également dans ces sols des sels solubles identiques aux précé-
dents e t en faible quantité.
Si une partie de ces sols, comme ceux des buttes exondées, vient se placer bien
franchement dans la classedes sols halomorphes à structure dégradée,lessivés à alcalis
(solonetz ou solonetz solodisés), une autre partie vient se grouper dans la classedes SOIS
hydromorphes faisant intergrade vers les sols halomorphes. Ceci semble tenir surtout à
la position topographique du profil. Ils sont dans le premier cas bien souvent sur pente
au contact plus ou moins direct de la butte. On trouve alors la végétation clairsemée à
Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, Capparis decidua, Lannea humilis, Maerua crassifolia,
et le tapis ras de Schoenefeldia gracilis ; dans le second, dans le bas-fond lui-même pius
humide à végétation plus dense de grands arbres (Anogeissus leiocarpus, Celtis integri-
folia, Acacia seyal. ..) avec un sous-bois très fourni de : Capparis decidua, Piliostigma
reticulata, Salvadora persica.
Les sols peu évolués sont toujours cultivés e t portent des plantations vivrières
diverses : sorgho (mil blanc e t rouge), arachide quand un horizon supérieur sableux est
assez épais. Ceux situés dans les parties les plus basses portent des cultures de mil tardif
repiqué après la saison des pluies.
~~
SOLS A GLEY
Ces sols sont associés le plus souvent à des sols sensiblement identiques mais à
pseudo-gley. Ils passent latéralement, dès que l'inondation devient moindre e t de moins
longue durée, à des vertisols topomorphes.
Sur ces sols, le microrelief est atténué. Les fentes de retrait sont peu profondes
(40 à 100 cm) e t distribuées irrégulièrement.
II peut exister des sols à gley sableux ... argilo-sableux ; les plus fréquents sont
argileux (35 à 70 % d'argile en surface, 45 à 70 % en profondeur). Les teneurs en limon
fin sont parfois élevées (1 5 à 20 %), tandis que le pourcentage de sable grossier est faible
(rarementplus de 5 % ) . L'indice d'instabilité structurale est élevé,supérieur à 2. Les
perméabilités sont faibles à très faibles.
Les teneurs en carbone varient entre 0,5 e t 2,1% , le plus souvent entre 0,7 e t
1 % pour des rapports C/N compris entre 9 e t 13.
L'ion K est surtout compris entre 0,6 - 0,7 mé % en surface, 0,3 e t 0,7 me % en
profondeur.
L'ion Na a des valeurs souvent faibles en surface (0.1 à 0,4 mé % ), plus élevées
en profondeur (O à 2 mé % , mais aussi parfois 6 - 7 mé % ).
On trouve également des sels solubles (SO4Naz - CO3HNa - CO3 Naz). L'extrait
de saturation du sol a généralement des valeurs inférieures à 4 millimhos/cm.
Les taux de saturation sont très élevés dans les horizons profonds (90 à loo%),
moindres en surface (50 à 60%) où les pH sont les plus bas.
Parmi les éléments traces Mo, Sn, V, N i sont en faibles teneurs ; Mn, Cu,Zn,
Pb,Co,Cr,Sr, Li enteneursmoyennes ; Zr, Ba, Rben teneurs assez fortes à fortes.
Ces terres sont avant tout des lieux de pâture pour les troupeaux pendant la
saison sèche car l'inondation très forte empêche toute culture malgré une valeur agricole
certaine. Quelques plantations de riz s'observent à proximité des bourrelets du Logone
Ià où la lame d'eau est la moins importante.
De toute facon, une grande partie de ces terres demeurera vierge très longtemps
car l'on voit mal la. possibilité de récupération sans gigantesques travaux qui ne sont pas
à I'échelle du continent africain actuel, alors que tant d'autres régions, avec un effort e t
un coût moindres pourraient être mises en valeur.
Sur la bordure du lac Fitri, ces mêmessols sont utilisés pour la culture d'un
sorgho repiqué après le retrait des eaux d'inondation. II pourrait être fait de même dans
la vallée du Logone, mais on se heurte ici aux coutumes des populations massa consom-
matrices presque exclusivesde mil rouge. D'autre part, la population dans cette région se
limite à un très petit nombre d'individus vivant sur les rares buttes exondées ou le bour-
relet riverain.
TROlSlEME PARTIE
Nous entendrons parIà les grandes unités pédologiques qui se situent en général
dans un même contexte climatique e t souvent géologique.
Nous distinguerons :
- Le Tchad méridional (A)
- Les plaines d'inondation du Logone (B)
- Les plaines d'inondation des bahr Aouk, Keita, Salamat (C)
- Lemassif central tchadien ( D I
- Le premier delta du Chari e t la fosse d e Massénya (E)
- Le second delta du Chari ( F )
- Les rives du lac Tchad e t les ouadi de l'intérieur (G)
- Le massif du Ouaddaï ( H )
- Les plaines de piedmont du massif du Ouaddaï ( 1 )
- La région au nord du 16e parallèle (JI
1- LE TCHAB MERlDlONAL *
Cette vaste unité e s t peuplée presque essentiellement par cles Sara (goul aye -
kaba - gambaye...) e t dans le sud vers Baibokoum par des populations m'boum e t laka.
Partie la plus arrosée du Tchad (1300 à 1000 mm), elle est le domaine de la
savane arborée-forestière soudano-guinéenne qui est l'amorce des grandes forêts ombro-
philes de la République Centrafricaine, tandis que vers le nord la végétation passe à la
savane arborée soudanienne à Combretacées. Ce paysage de transition appartient encore
aux régions plus méridionales non seulement par sa végétation mais par les sols rouges
ferrallitiques qui constituent de vastes plateaux entaillés plus ou moins profondément
par les valléesdesgrands cours d'eau : Pend6 - Logone - Ouham - Chari e t de leurs
affluents. Ces plateaux, les "Koro",correspondent à des dépôts d'âge "Continental
Terminal". Lesnappes phréatiques y sont à grande profondeur e t de faiblesdébits.
Les vallées qui entaillent ces "koro" portent des sols de couleurclaire (sols
ferrugineux tropicaux lessivés, sols hydromorphes) couverts parune végétation qui
s'éclaircit souvent fortement. Des parties de celles-ci sont parfois occupées par d'impor-
tants marécages favorisés par des seuils en aval.
- Sols hydromorphes :
- argileux à argilo-sableux,
- limono-sableux à sablo-argileuxpeuévoluéssur horizon argileux,
imperméable,
- limoneux sur horizon argileux imperméable,
- argileux ou argilo-limoneux proches de l'eau.
L'élevage est pratiquement inexistant dans cette région qui est par contre le lieu
d'élection de la grande chasse e t où vivent éléphants, buffles, lions, panthères, grandskou-
dous, élans de Derby, girafes, autruches, antilopes... Fort-Archambault en est la capitale.
Les sols des parties inondées sont surtout représentés par des vertisols très lar-
gement structurés présentant un microrelief très développé e t d'abondants nodules cal-
caires. On trouve aussides sols hydromorphes à pseudo-gley sursables,sables argileux
e t limoneux dans l'ensemble de la plaine et,le long du fleuve,des sols identiques sur des
alluvions de texture fine limoneuse OU limono-argileuse. Les alignements exondés sont
occupés par des sols ferrugineux tropicaux lessivés présentant des phénomènes d'hydro-
morphie en profondeur.
La zone de contact dépression-sol exondéest le domaine de sols halomorphes à
alcalis.
Les cultures sont celles du riz, du mil blanc repiqué, du mil rouge. Le riz est
cultivé sur la bordure du Logone sur des alluvions hydromorphes argilo-limoneuses (Lai;
Kim, Ham, Djoumane)ou dansdes cuvettesintérieureslimoneuses,sablo-limoneuses
(Banga, Ninga). Les sols hydromorphes des bordures de buttes superficiellement sableux
OU sablo-argileux, argilo-sableux en profondeur sont utilisés pour cette culture qui se
fait souvent sur billons et. aprèsécobuage(Déréssia,Tchaguen, Domogou). Eleusine
coracana est également semé sur des terresidentiques à celles portant le riz.
Les sorghos repiqués sont plantés surles vertisols après le retrait des eaux en fin
de saison des pluies (N'Gam - Déréssia...). Les pratiques culturalesont pour e f f e t de faire
disparaîtrerapidement le microrelief du terrain. Cette culture n'occupequ'une faible
partie des terres argileuses dont l a majorité est vierge.
Les mils rouges sont semés sur les sols ferrugineux des buttes e t parfois des sols
hydromorphesinondés. Dans ce dernier cas, il s'agit de variétéhâtive,récoltéeavant
l'arrivée deseaux.
Sont également plantés surles buttes e t en billons, l'arachidee t un peu de manioc.
L'unité de cette région est constituée par les déversements du Logone qui, sur
la rive gauche du fleuve, sont orientés d'est en ouest. Les eaux en période de crue sub-
mergent le bourrelet de berge du sud d'Eré au nord de Kolobo, se rassemblent dans la
dépression du lac Bor0 puis par les vallées de la Loka e t de la Kabia, rejoignent les lacs de
Fianga - Tikem, au sortir desquels elles constituent l e Mayo-Kébi qui traverse les lacs
Toubouris pour aller rejoindre la Bénoué.
Nous retrouvons dans cette région les mêmes dépôts que sur l'autre rive. Ceux-ci
s'appuient ausud (Kélo) e t au nord (est deFianga)surdes formations sableuses plus
anciennes.
Cette région a servi anciennement d'exutoire au lac Tchad de la cote 320 m
dont le cordon sableux côtier s'observe à Bongor. Les eaux s'écoulaientalorspar le
seuildeDana e t les lacs deFianga - Tikem - Toubouris vers la Bénoué.
Les affleuremet& du socle sont nombreux sur la bordure des lacs (granite de
Fianga - Tiltem, roche verte basique à Tikem, Youé). Ils deviendront dominants dans la
région limitrophe duCameroun à partir de M'Bouraojusqu'àLéré où ils forment un
relief accidenté f a i t de nombreux éboulis.
* BOUTEYRE -
(1955) G U I C H A R D (1960b) - -
PIAS (1962~)G U I C H A R D , B A R B E R Y (1960) -
ERHART,PIAS,LENEUF (1954).
124
Les sols hydromorphes à pseudo-gley sur limons, sur sablesou sables argileux au
voisinage du Logone portent des cultures de riz lorsque la hauteur d'eau le permet. Les
rizières sont souvent noyées par suite d'une crue trop importante dufleuve. Cette culture
se fait par écobuage. La zone rizicole intéresse surtout la sous-préfecturede Kélo (région
de Tchéré e t de la Tandjilé) ainsi queles villages d'Eré, Kolobo, Kaoran, Lé0 Mbaya, Kolon.
Le couvert graminéen est brûlé en début de saison sèche e t les repousses brou-
tées par des troupeaux de bovins transhumants menés par des pasteurs nomades (fulbé,
arabe, bornouan). Ces plaines constituent des lieux de pêche pour les populations locales
e t les immigrants temporaires. Le relief est relativement plan mis à part les bourrelets de
berges e t quelques rares buttes.
125
Elle est constituée par des vertisols à nodules calcairese t effondrements portant
par endroits des placages de sables OU une couverture alluviale peu épaisse e t par des sols
argileux hydromorphes à gley de profondeur. On distingue également dans cette dépres-
sion le bourrelet riverain du fleuve, où sont installés les villages et l'ensemble exondé de
mayo-Baa (sols hydromorphes à pseudo-gley sur alluvions récentes ou sur sables recou-
vrant la sédimentation argilo-sableuse à nodules calcaires).
* -
L E P O U T R E( 1 9 5 6 ) B O U T E Y R E ( 1 9 5 9 ) - BOUTEYRE,LEPOUTRE(1959) - BOUTEYRE -
* B A R B E R Y( 1 9 6 1 ) .
PIAS (1962c)-ERHART, PIAS, LENEUF (1954).
126
Cette cuvette correspond à une ancienne étendue lacustre qui était alimentée
par les cours d'eau provenant du massif central tchadien, du massif du Ouaddai'(partie
sud - massifsde GozBeiaa, Nzili, Mongororo), du massif du Darfour (bahr Azoum).
du massif Dar Challa (bahr Kameur, Aouk).
L'ensemble de la plaine est inondé en saison des pluies sous des hauteurs d'eau
variables, en moyenne de 80 à 120 cm, de 2 à 3 m dans la partie proche du débouché du
bahr Azoum. Elle est couvert? par une prairie graminéenne à dominance d'Andropogo-
nées tandis que de multiples dépressions plus petites séparées les unes des autres par des
levées sableuses sont occupées par une savane arborée clairsemée plus faiblement inon-
dée. Les sols sont représentés par des vertisols argilo-sableux à nodules calcairese t effon-
drements très largementstructurés.
* P I A S ( 1 9 6 2 ~-) E R H A R T , P I A S , L E N E U F ( 1 9 5 4 ) .
- -
H A U D R Y ( 1 9 6 8 ) PIAS, BARBERY (1965) BOCQUIER. BARBERY (1968).
127
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Dans les parties les plus basses inondées pendant des périodes beaucoup plus
longues (6 à 8 mois) comme en bordure du lac Iro la prairie graminéenne pousse alors
sur des sols argileux hydromorphes à gley.
La partie nord de cette région est marquée par la dominance des bourrelets
alluviaux de différents bahr qui proviennent du massif central tchadien (bahr Djourf -
Korom) e t convergent avec un système de défluents issus du bahr Azoum dont le prin-
cipal est le bahr Salamat. Dépressions e t bourrelets alluviaux alternent e t la répartition
des sols est très hétérogène. Si des sols jeunes ,peu évolués d'apport s'observent sur cer-
tains bourrelets, le plus souvent nous avons affaire à des sols hydromorphes à pseudo-
gley d'ensemble ou de faible profondeur à taches e t concrétions ferrugineuses. Ces sols
sont très fré[Link] par des phénomènes d'alcalisation. Certains de ces bour-
relets sont sableux e t ont évolué vers des sols ferrugineux tropicaux avec cependant sou-
vent une certaine hydromorphie en profondeur. La végétation reflète tous ces différents
caractères. Les dépressions différemment boisées suivant l'inondation sont occupées soit
par des vertisols, soit dans les parties très inondées, par des sols hydromorphes argileux
à gley ou pseudo-gley.
La partie sud de ces plaines d'inondation où coule le bahr Aouk est identique-
ment constituée par des bourrelets alluviaux e t des buttes sableuses exondées qui alter-
nent avec des dépressions.
Toute cette région est pratiquement inhabitée mise à part celle des bourrelets
...
alluviaux des bahr Azoum - Salamat e t des axes routiersAl-Timan - Singako, Am-Timan -
Haraze. Peut-être le doit-elle à une nappe phréatique beaucoup [Link] que dans
les plaines du Moyen-Logone (23 m au puits de Takalaou). Le peuplement humain cons-
titué de goula e t de rounga est peudense (moins de 1 habitant au km2). Les habitants
se livrent aux cultures traditionnelles : mil, arachide, pois de terre (sols ferrugineux tro-
picaux), mil repiqué en fin desaisondes pluies (vertisols). lls cultivent également le
coton surdes buttes exondées avec des rendements modestes. De grands ensembles de
'sols ferrugineux tropicaux (Goz Foum) sont actuellement vierges.
La plaine argileuse inondée est inculte e t sert de lieux de pacage aux troupeaux
des arabes nomadisants, venus du nord du Tchad, à la recherche de pâturages e t de points
d'eau. Ces derniers sont raresen pleine saisonsèche e t le tapis graminéen rapidement
brûlé par les feux de brousse. Cette transhumance se'limite à la partie nord des plaines
d'inondation.
4.1 - Lemassif
Les affleurements du socle occupent des surfaces assez restreintes sur la feuille
d'Abou Deia où ils sont situésdans la partie ouest. Ce sont les massifs d'Abou Deïa
(Hadjar Abirt, Aptom, Madamba, Bolyoto, Leben...), qui rejoignent, au nord-ouest les
prolongements de l'Abou Telfan e t coupent la feuille de Mangalmé suivant une diagonale
SW-NE en passant par les pointements de Mangalmé. II s'agit le plus souvent de forma-
tions granitiques en bombements importants ou de dykes orientés SE-NW (micrograni-
tes, rhyolites ...) d'altitude moindre.
Dans l'intérieur de ces montagnes e t sur leurs versants, I'érosion est très impor-
tante e t les ravines nombreuses.
Aux granites, aux éboulis des pentes qui portent une végétation assez clairse-
méedegrandsarbres,succèdentdes sols squelettiques peuépaissurgranite,des sols
sableuxarénacésgraveleux, parfois plusargileux qui reposent sur1a:roche friable en
décomposition.
"MARIUS (1964) - GUICHARD, POISOT (1964) - PIAS, POISOT (1964- 1967) - PIAS, B A R B E R Y
(1965).
130
A ces sols lithiques succèdent, en contrebas, des sols jeunes arénacés plus pro-
fonds, riches en éléments grossiers. On y observe fréquemment un horizon colluvial très
graveleux où dominent deséléments quartzeux associés à des feldspaths. Cet horizon
fréquent, indique une phase de transport assez violente. II précède l'horizon de décom-
position du granite. Ces sols portent une végétation dense et variée. I Is sont fréquemment
en culture de mil rouge, arachide, petit mil.
Les sols d'érosion sur cuirasse sont peu épais, relativement plans e t présentent
descaractères d'hydromorphie. Ils sonttrèsgraveleux & profondeur avec unliant
argilo-sableux brun-rouge soudant les concrétionsferrugineuses. Un horizon gravillon-
naire précède la cuirasse très compacte.
Les villages, dans cette région, sont situés près des massifs e t la population très
inégalement répartie. Les centres de peuplements les plus importants se localisent entre
I'Abtouyour e t l'Abou Telfan (Cantons kenga,dangaleat, djongor). Les villagessont
ainsi groupés aux pieds des massifs comme ils I'étaient autrefois par mesure de sÉcurité
à l'époque des invasions. Certains existent encore sur les rochers comme celui de Banala
ausudde Bitkine. Aux pieds des massifs l'eau n'est pas rare e t les sources nombreuses.
Les puits sont abondants e t peu profonds mais souvent presque à sec en fin desaison
sèche.
Ces massifs se présentent sous forme d'éboulis de roches aux formes arrondies
entre lesquels se développent quelques arbresOU arbustes.
Aux éboulis des pentes succède généralement un glacis d'assez faible étendue
e t très complexe où se retrouvent :
Tous ces massifs e t leurs glacis sont de faible étendue e t dominent une vaste
surface cuirassée, elle-même entaillée soit par des cours d'eau, soit par des dépressions
comblées de sédiments argileux (réserve de Zakouma).
lidées e t mêlées de débris de roches. En d'autres endroits, le sol est parsemé de gravillons
ferrugineux provenant du démantèlement de la cuirasseque l'on observe à faible pro-
fondeur. C'est généralement dans les parties basses, mal drainées sur des sols de pentes
que la cuirasse très durcie s'observe. Ceci évoque des phénomènes de dissolution du fer
desanciennescuirasses, sa mobilisation par les solutions du sol e t sa reprécipitation
dans des zones basses proches OU voisines. Ces phénomènes expliquent la grande varia-
bilité de faciès des cuirasses anciennes en voie dedémantèlement.
Toutes ces régions sont pratiquement inhabitées, la nappe étant très profonde.
A Boum Kabir, auvoisinage du lac Iro, un puits en cours de creusement lors de notre
passage avait atteint la profondeur de 27 m sans que la nappe a i t été trouvée. Cette cote
se situe bien en-dessous du niveau du lac Iro.
Tous ces sols sont inondés plusieurs mois de l'année, à l'exception de quelques
rares buttes en élévation.
132
Ces régions présentent très peu d'intérêt au point devue agricole. Une partie
a d'ailleurs été classée en réserve de faune (Parc de Zakouma).
Les populations qui vivent ici sont deraces identiques à celles de la région pré-
cédentemais la densité du peuplement est extrêmement faible faisant de cette partie
une zone quasi désertique entre les deux pôles d'attraction que représentent les massifs
du nord e t de l'ouest e t la dépression du bahr Salamat.
L e delta forme un vaste triangle dont la pointe sud se situe entre Miltou e t
Niellim, tandis que les cornes ouest e t est atteignent 5ongor e l 50kOt-O.
Divers chenaux traversent l'ancien delta avec des débits aujourd'hui très faibles.
II s'agit du Batha de Laïri dans la partie est, du bahr Erguig au centre, de l'actuel cours
du Chari à l'ouest. Le bahr Erguig parait avoir été anciennement le fleuve principal avant
d'avoir rejeté son cours vers l'ouest. II devait avoir une importance considérable puisque
c'est à son débouché que se constituera le second delta du Chari lors de l'extension d'un
nouveau lac à la cote 320 [Link]ès le retrait de celui-ci, lors d'un nouveau pluvial, se
formera à l'arrière du cordon sableux (cote 320 m), unezone deltaique intérieure, la
fossedeMassénya tandis que le bahr Erguig empruntera un nouveau parcours E-W le
faisant rejoindre le Chari à Bougoumène.
Dans sa partie sud, entre Bousso e t Niellim, l'ancien delta a été démantelé
postérieurement par de puissants courants orientésE-W qui conduisaient les eaux du
Chari en crue vers les plaines d'inondation du Moyen-Logone. Des faits analogues se sont
passés au nord de Miltou où se voient des alignements sableux orientésS-N.
Elle est marquée par des alignements S-N de sols ferrugineux tropicaux lessivés
qui portent une savane arborée soudanienne. Ils sont séparés les uns des autres par des
ensembles complexes où alternent des sols ferrugineux tropicaux lessivés e t des sols
hydromorphes sableux à sablo-argileux mêlés de vertisols à nodules calcaires e t effondre-
ments. On observe dans cette région des taches peu étendues mais nombreuses de sols
hydromorphes à alcalis, à végétation clairsemée. Ces ensembles complexes sont semi-
inondés ensaisondes pluies.
9
-
P I A S ( 1 9 6 4 ~ -) GUICHARD, POISOT (1964) PIAS, B A R B E R Y ( 1 9 6 4 ) - A U D R Y . P O I S O T ! 1 9 6 6 )
133
Cette région doit son unité à d'étroits coulpirs orientés E-W par où se déver-
saientanciennement les eaux du Chari en crue qui,'allaient alors alimenter le Ba-llli.
Denos jours, il semble que les écoulements entre Chari e t Ba-llli soient nuls e t que ce
dernier cours d'eau soit seulement alimenté e t très faiblement sur sa rive droite par l'eau
des précipitations qui s'accumulent dans les dépressions.
La bordure du Chari est occupée par des sols hydromorphes sur alluvions récen-
tes de texture très variable mais où prédominent les éléments fins. Ils portent une savane
boisée assez fournie, aux espèces très diverses. Par endroits, se distinguent des taches de
sols halornorphes à alcalis. Ces bourrelets6ont coupés de dépressions inondées couvertes
d'Andropogonées.
II est occupépar des sols ferrugineux tropicaux peu ou non lessivés e t très
sableux qui portent la savanearboréesoudanienne à Cornbrétacées.
134
II est traversé par des cours d'eau diversement orientés aux très faibles écoule-
ments dont les bassesterrasses sont le domaine des sols halomorphes à alcalis couverts
par la classique végétation clairsemée.
Cet ensemble est très peu peuplé, les autochtones se rassemblent sur la bordure
du Chari, du bahrErguig, du Batha de Lai'ri où l'eau est présente toute l'annéealors
qu'ailleurs existent peude puits endehorsdeceux profonds implantés par les services
de l'hydraulique pastorale dans la partie nord (Abougern, Abougarga, Am-Tanabo). Un
niveau desources existe à la base du cordon sableuxau nord de la fossedeMassénya.
II sourd ainsi des sables à Billi. Ailleurs tout le long de ce cordon la nappe phréatique est
parfois peu profonde (1 à 2 m). Elle favorise l'implantation de population. Autour des
villages se pratiquent les cultures vivrières traditionnelles de mil de saison des pluies, de
petit mil, d'arachide e t de coton sensiblement jusqu'à la latitude de Mogroum. Plusau
nord, c'est l'arachide qui remplace cette culture. Deux fermes d'agriculture sont spécia-
lisées dans le développement des cultures vivrières e t industrielles : celle du Ba-llli
(coton,mil), celle de Dilbini (arachide).
Elle forme elle-même un triangle d'une superficie de 4.000 km* bordé ausud
par le bahr Erguig, au nord par le cordon sableux, à l'est par des sables.
(
L'exutoire ouest était le plus important ainsi qu'en témoignent les vallées très
encaissées observées dans les sables autour de Dourbali.
De très forts courants orientés E-W longeaient le cordon sableux qui a été
fortement démantelé à partir deBalaoversl'ouest. Ces courants sontvisiblespar de
multiples lits que l'on suit dans les sables entre ce dernier village e t Dourbali.
La région est de cette dépression est peu peuplée e t ceci semble-t-il par manque
d'eau. Les gens de l'important village de Kédédésé vont chercher celle-ci au bahr Erguig,
éloigné d'une dizaine de kilomètres. Lanappe,en effet, profonde d'une quinzaine de
135
mètres est peu abondante e t vite tarie. Des villages arabes sont installés avec leurs trou-
peaux pour une partie de la saison sèche le long des principaux ouadi où se maintiennent
des mares semi-permanentes ou permanentes.
Ici, vivent cote à côte baguirmiens sédentaires e t arabes nomades et leurs trou-
peaux qui pâturent les herbages de nombreux marécages.
Parmi les cultures, celle du mil tardif repiqué en fin de saison des pluies, occupe
uneplacetrès importante. C'est l'aliment essentielde la population baguirmienne en
même temps qu'il est une monnaie d'échange avec les arabes qui l e troquent contre lait
et beurre.
Sont cultivés aussi le mil rouge sur les sols halomorphes à alcalis dans les lieux de
parcage du bétail, l'arachide e t le pois de terre, le "gombo" sur les rares buttes sableuses...
Ce delta est celui d'un Chari ancien qui venait se jeter dans [Link] Tchad de la
cote 320 m à Dourbali. II s'est formé aux dépens de la série sableuse ancienne remaniée
que l'on voit au nord du 13e parallèle e t qui descendait alors jusque dans cette région,
ainsi qu'en attestent les sables très éolisés qui forment les levées dece delta. Celles-ci
sont diversement orientéese t de Dourbali partent en éventail vers l'ouest, le nord e t l'est.
I I est constitué de buttes sableuses exondées qui alternent avec des dépressions
multiples transformées en marécages de nos jours pendant la saison des pluies.
* PIAS - -
( 1 9 6 2 ~ 1 9 6 4 ~ ) GUICHARD, P I A S (1960)
136
Certainesdépressionssontparfoisoccupéespardessavanesarméesdenses à
Acacia seyal. Acacia scorpioides var. nilotica occupe des bas-fonds argileux des mares,
II s'agit alors de vertisols souvent à alcalis, parfois salés à alcalis.
Sur la bordure du lac se cultivent mil rouge, mil repiqué, petit mil ainsique
maïs, haricot, concombre, arachide, "gombo", melon, courge, calebasse, piment. Les sols
cultivés sont ici les basses terres du lac. Elles sont susceptibles d'étre inondées lors de la
crue, suivant l'importance de celle-ci. L'autochtone plante sur la bordure des eaux e t les
champs suivent ainsila décrue. Cette partie est essentiellement agricolee t de nombreuses
cultures sont irriguées.
Cette très petite unité se rattache à la partie camerounaise située sur l'autre rive
e t constitue avec elle le 3e delta du Chari qui correspond à l'extension du lac Tchad
jusqu'à la cote 287-290 m lors de la plus récente transgression. Cette 3e zone deltaïque
est assez identique par ses sédiments e t ses sols à la fosse de Massénya.
137
Alternent ici : - vertisols très largement structurés peu cultivés dans la partie
proche du fleuve car très inondés e t couverts par des savanes armées denses ;
-bourrelets d'anciens défluents de texturefineayant donné
naissance à des sols haiomorphes à alcalis.
La rive du fleuve est occupée par une population de pêcheurs kotoko tandis
que,dans l'intérieur, se retrouvent les arabes qui pratiquent les mgmes cultures que
celles énoncées précédemment.
La partie ouest de cette dépression fait partie de cette grande unité. Elle est
assez hétérogène du fait d'avancéeslacustres à l'intérieur d'un ancien systèmedunaire
qui s'est constitué dans les sables du delta du Batha de Laïri. II s'agit de petites dunes
hautesde 5 m environ orientées NE-SW aujourd'hui fixéesparune végétation grami-
néenne de pseudo-steppe qui se développe sur des sols bruns subarides. AU voisinage du
lac Fitri ces alignements sableux se couvrent d'Hyphaene thebaika e t de leurs repousses
nombreuses.
Entre les dunes se notent des boisements denses de savanes arméesqui poussent
surdes vertisols souvent à alcalis. Ils sont fréquemment cultivés en mil repiqué. Ces
vertisols occupent des surfaces importantes au sud-ouest d'Am-Djéména.
L'épandage lacustrea par endroits dans les parties en élévation, recouvert plus ou
moins partiellement les sables sous-jacents sous de faibles épaisseurs:On assiste alors à un
très grand morcellement des dépressions qui sont dans leur ensemble de petite étendue.
On a Ià la succession suivante :
- butte sableuse à végétationarbustiveouarboréetrèsclaire, ou pseudo-steppe (sol
brun subaride) ;
- butte sableuse recouverte par un épandage lacustreargilo-sableuxmais à végétation
clairsemée de "naga" (sols hydromorphes ou halomorphes à alcalis) ;
- dépressionargilo-sableuse à argileuse à boisement clair desavanearmée (vertisols -
sols halomorphes à alcalis).
Toute cette région e s t très peu habitée. II s'agit de population boulala, kouka;
arabe, souvent d'éleveurs qui parcourent les plaines en saison sèche avec leurs troupeaux.
Elle est coupée en diagonale par la dépression du bahr el Ghazal. Elle doit son
unité aux formations sédimentaires qui la composent d'une part, d'autre part à un fac-
teur climatique ancien qui, lors d'une période aride antérieure, a transformé cette région
en un vaste erg dont le modelé est aujourd'hui fixé par la végétation graminéenne. Cette
région a subi les multiples transgressions du lac Tchad e t plusieurs remaniements éoliens
successifs après la mise en place des sédiments.
Les sols des dunessont de type brun-rouge subaride ou brun dans les interdunes.
Les multiples dépressions des vallées interdunaires sont occupées par des sédi-
mentations limoneuses, limono-argileuses reposant sur desargiles feuilletées interstrati-
fiées d? dépôtssableuxen profondeur. Elles sont différentes du sudvers le nord.
- pentes : surdes sols brunssubarides colluviaux oùdes limons plus ou moins épais:
Hyphaene thebaica e t leurs repousses nombreuses, Commiphora africana... ;
- bas-fondsoccupés par des sols tendant vers des vertisols, peu épais reposant surdes for-
mations limoneuses Acacia seyal, Acacia scorpioides var. nilotica... en formations
denses.
.
* P I A S ( 1 9 6 1 - 1 9 6 2 ~ ) - CHEVERRY (1965-1966) GUICHARD, PIAS (1960) - PIAS, BARBERY
(1960b-1961a) BOUTEYRE, GUICHARD, LEPOUTRE (1959).
~
139
Plusau nord, des dépôts limoneux superficiels forment alors des croûtes cal-
cairesblanchessur les bordures des ouadi. Ils portent unevégétation plus raréfiée,
composéepar Commiphora africana, Salvadorapersica ..., Cymbopogon proximus. ..
Ces limons peuvent être aussioccupéspardes boisements plus densesdans certaines
petites dépressions (couloir de Bolosidi) ou avoir été plantés en palmiers dattiers (ouadi
de Nguéléa).
Les parties basses sont nues, stériles, natronées, calcaires e t blanches (sols salins
modaux e t à encroûtement calcaire). On observe sur leur bordure en sol moins salé, des
tapis ras de Cynodon dactylon, de Sporobolus robustus.
Les polders sont des bras conquis sur le lac par la création d'un barrage e t culti-
vés après leur assèchement. I l s existent dans le sud (Laurom, Bilidoua ...) ainsi que sur l a
bordure nord (ouadi de Bol, Tchingam, Madirom...).
Ces sols sont très cultivés, les différentes cultures s'y font par irrigation, à par-
tir deseauxde la nappe qui ont une conductivité variable d'unpuits à u? autre.
Les sols du pourtour du lac Tchad sont diversement utilisés par une population
composéede boudouma, de kouri sur les bordures est e t nord, à proximité du lac, de
daza e t de kanembou dans l'intérieur des terres.
Sur les bordures est et nord du lac, les terres ensemencées sont généralement .
celles debrasasséchés artificiellement. Le blé fait son apparition dans cette partie e t
s'ajoute aux autres cultures. Chaque ouadi porte en général, trois cultures par an : blé,
ma ÏS, mai's.
Dans l'intérieur des terres, les bordures peu salées d'ouadi natronés portent de:;
cultures identiques. Des plantations de palmiers dattiers sont nombreusesdans toute
cette région.
Cette importante voie d'eau unissait, autrefois, le lac Tchad actuel aux Bas-Pays
du nord-est. Elle coupe perpendiculairement les alignements de dunes.
Le sommet des dunes est occupé par la pseudo-steppe qui remplace la savane
arbustive du sud e t pousse sur des sols bruns ou brun-rouge subarides.
Une premi6re terrasse est parfois visible. Elle est sablo-argileuse, argilo-sableuse
e t correspond à un alluvionnement lacustre qui repose sur des sables profonds. Les sols
sont souvent à alcalis ou salés à alcalis. La végétation est clairsemée, des plages sableuses
superficielles entourent les rares arbres.
La seconde terrasse la plus [Link] plus uniforme. Ces sols sur alluvions lacus-
tres limono-argileuses, argilo-limoneuses, reposent sur des argiles feuilletées ou des sables.
Ils présentent un horizon salé à faible profondeur e t sont couverts par une végétation
clairsemée de Maerua crassifolia, Capparis decidua ...Ils font la transition avec les verti-
sols qui ocllupent des bas-fonds boisés d'Acacia scorpioides var. nilotica. Ces vertisols
sont ou non à alcalis, salés à alcalis. Dans ce dernier cas, l'horizon salé est également en
profondeur.
Les cultures pratiquées sur les dunesou les terrasses sont celles du mil, du
maïs... Les vertisols portent dans la région deMassakory, dumiltardif repiqué.
8 - LE MASSIF DU OUADDAI *
II forme un important massif, dans l'est du Tchad, qui se prolonge au nord par
le' massif gréseux de I'Ennedi tandis que vers le sud des pointements dusocle se signalent
jusqu'au sud de Mongororo le long de la frontière du Soudane t de celle de la République
Centrafricaine. II s'agit Ià le plus souvent demassifsisolés qui ne prennent une réelle
importance qu'à partir de Goz Beïda e t d'Abéché.
Ailleurs, nous nous trouvons dans le domaine des sols squelettiques ou peu évo-
lués sur grès,.granite ou sur des colluvions sableuses (sol gris subdésertique). Aux rares
arbres s'ajoute un tapis graminéen en touffes discontinues. Sa densité comme dans toutes
les régions saharienne est fonction de l'intensité des pluies de l'année. II pèrmet cepen-
dant la subsistance d'un troupeau relativement abondant de camelins, ovins, bovins qui
s'abreuvent en saison sèche aux mares permanentes suintant de la roche appelées gueltas
en Ennedi.
Plus au sud, au nord-est de Biltine, au sud du massif du Kapka, sous des pluvio-
métries encore légèrement inférieures à 500 mm, les autochtones deracezagaoua ont
une agriculture assez rudimentaire qui s'explique par la modicité des précipitations. Ils
cultivent cependant petit mil, mil blanc e t rouge qui arrive à maturité en octobre quand
la pluviométrie de l'année a été favorable. Les sols sont ici des sols squelettiques ou peu
évolués brun-rouge argilo-sableux sur granites tandis que dans les vallées s'observent des
sols arénacés peu évolués ou hydromorphes ainsi que, par taches, des sols bruns ou brun-
rouge subarides.
La région d'Abéché et celle au sud e t sud-est de cette ville sont beaucoup moins
accidentées. L'érosion y paraît moins grande e t de nombreux massifs, surtout ceux de
l'ouest, sont ensabléssousdessédimentsé[Link] sols brun-rouge subarides font
place ici vers le sud aux sols ferrugineux tropicaux sableux peu lessivés. Ils sont cultivés
de facon intensive e t portent petit mil e t arachide.
Dans cette partie sont observés également par taches parfois très étendues des
sols halomorphes lessivés à alcalis (solonetz, solonetz solodisés) à végétation très clair-
semée contrastant avec les étendues environnantes où les boisementscommencent à
devenirtrès fournis. Ces surfacesapparaissent souvent en voie dedémantèlement.
S'appuyant sur les contreforts du massif central tchadien, elle est caractérisée
par une grande abondance de "regs" incultes aux sols halomorphes lessivés à alcalis vers
l'est, tandis qu'à l'ouest dominent des vertisols très largement structurés à nodules cal-
caires e t effondrements e t un complexe de sols halomorphes e t de sols brun-rouge sub-
arides. Ces derniers forment un important ensemble au sud d'Ati. Sur ces sols se font des
"EOUTEYRE(1960) - PlAS(1960c-1964b) ~ BOCQUIER(1964-1968) - BOCQUIER,AUDRY,
BARBERY(1968).
143
Un long couloir alluvial couvert de marécages en saison des pluies, large de plu-
sieurs kilomètres, correspond au tracé de la Bitéa dans son cours inférieur au sortir des
massifs alors qu'après avoir traversé la série sableuse ancienne, celle-ci coule au milieu des
"regs" stériles e t nus.
Cette région est très complexe par suite d'un très grand morcellement des sur-
faces dû à une érosion ancienne. Située entre les isohyètes 250-400 mm elle a déjà une
vocation beaucoup plus pastorale qu'agricole.
Dans cette région, la nappe superficielle est peu abondante souvent temporaire
tandis que la nappe profonde des "saniés" e s t à 60-70 m.
Cette région qui recoit des pluviométries variantentre 250 e t 350 mm est avant
tout pastorale. Elle le doit à sa faible pluviométrie e t à la grande abondance des surfaces
sableusesmamelonnéescouvertesparunepseudo-steppegraminéenneauxarbrespeu
nombreux.
Les villages y sont rares ; l'eaupeu abondante et profonde (30 à 40 m). Les
autochtones de ces villages cultivent le petit mile t encore parfois unpeu de mil vers l'est,
à proximité des massifs.
Les "regs" se tiennent principalement dans le bassin de l'ouadi Enné où ils sont
incultes e t portent une pseudo-steppe rase qui forme de maigres pâturages d'hivernage.
Les cours d'ouadi constituent les seuls endroits où -se réfugie une végétation
plus dense. Le long'de l'ouadi Enné sont installés quelques villages. La nappe phréatique
est ici moins profonde (6 à 10 m).
Ils se distinguent des précédents par le fait qu'au sortir des massifs, ils coulent
dans de grandes surfaces d'érosion,vestiges d'anciens "regs" démantelés,tandis que des
alignementssableuxorientés E-W formés dedunes N-S s'observentencoremais sont
d'étendues restreintes. Ces surfaces sableuses de sols brun-rouge subarides semblent avoir
été particulièrement malmenées par I'érosion.
Cette région de piedmont des massifs granitiques du Kapka est très tourmentée,
les ravines très nombreuses.Le5 têtes de ces ravines qui prennent naissance sur un plateau
désolé sont les seuls lieux où se note une végétation arbustive clairsemée où Acacia f l a w
domine. Dans les cours des ouadi apparaît le socle granitique.
Bien que couvrant presque la moitié de la superficie totale du Tchad, elle offre
trèspeu d'intérêt tant du point devue agricolequepastoralpuisquesituée enzone
désertique saharienne avec des pluviométries annuelles inférieures à 100 mm.
Cette régionest occupée par le massif gréseux de I'Ennedi à l'est, par celui volca-
nique du Tibesti au nord culminant vers 3.415 m avecen arrière-pays vers la frontière
libyenne un important massif granitique. Entre I'Ennedi et le Tibesti e t au sud de ces
massifs se tient un vaste plateau degrès paléozôiques sur lequel s'observent plusieurs
ergs(ergsde la dépression du Mourdi e t du nord e t nord-ouest, prolongement de l'erg'
de Bilma à l'ouest).
Nous sommes dans toute cette partie dans le domaine des sols minéraux bruts
d'origine climatique sur roches diverses(granite, gneiss, basalte,andésite, grès, diatomite...l
e t sursables siliceux. Des sols peuévolués d'origine climatique y existent également.
Les cultures se réfugient dans cette partie dans des oasis situées dans des gorges
le long de cours d'eau où se maintiennent toute l'année des nappes inféro-flux qui per-
mettent les irrigations. Ces cultures se font sous l'ombrage des plantations de palmiers
dattiers.
Mis à part I'Ennedi cité au paragraphe sur le massif du Ouaddaï, les principales
palmeraiesduTibesti se tiennent sur l e versant nord l e long desennerisBardagué et
Yéhigué (Zoui, Tiébora, Ossouni, Issouméri, Aderlté, Yountiou, Edimpi, Néma Namasso,
Yentar, Y'Bor, Ouanofou, Yebbi Bou, Issumi, Adoua ...) signalons aussi les oasis Aozou,
Bardaï, Zouar.
* B O N N E T (1960) - -
P I A S ( 1 9 6 0 ~ ) PIAS, POISOT (1962).
I
146
Les différentes cultures sont le blé, l'orge, le mai's, le mil e t les cultures maraî-
chères (tomates, oignons). Elles se font surdesterrassesaménagées,diviséesen petits
carrés pour les besoins de l'irrigation. Plusieurs cultures sont effectuées successivement.
BIé e t orge sont semés en novembre-décembre e t récoltés en mars-avril. Suit ensuite une
culture de mil. Les cultures maraîchères se font de juillet à septembre.
Du blé est également gultivéosur le Tarso Yéga à 2.200 m d'altitude où les tem-
pératures minima atteignent -5 à -10 pendant l'hiver, le blé est seméenmarssurdes
colluvions de basaltes.
Desergs vifs importants existent dans toute cette partie (Ergs du Djourab, du
Bodélé).
CONCLUSIONS
Nous retiendrons de cette étude l'extension prise par quelques grands types de
sols en même temps que nous insisterons sur la place qu'ils occupent dans l'agriculture
e t les possibilités qu'ils offrent.
Les s61s ferrugineux tropicaux à cuirasse ont une valeur agricole voisinedes sols
précédents lorsque 'la cuirasse se situe à des profondeurs supérieures à 1 m. Fréquem-
ment l'horizon cuirassé apparaît en surface (pourtour du massif central tchadien) leur
valeur devient alors très médiocre ou mauvaise. Leur exploitation contribue à accentuer
I'érosion e t la mise à nu de la cuirasse. Les sols rouges ferrallitiques, à cuirasse de faible
profondeur ou à niveau plus ou moins fortement indurés, présententdes caractéristiques
identiques. Des phénomènes d'hydromorphie accusés se manifestent souvent dans I'hori-
zon surmontant le niveau cuirassé. Une partie deces sols constitue la réserve de faune
de Zakouma.
Dansl'ensemble ils sont peu cultivés car cette région a une faible densité de
population. Ils portent cependant des cultures de mil, petit mil, arachide dans les
endroits où la nappe phréatique a pu être trouvée à des profondeurs moyennes (IO à
20 m) e t a favorisé l'implantation de villages. C'est le cas au nord de la fosse de Massénya,
le long du cordonsableux ou au voisinage de la dépression du lac Fitri (Sokoro- Dilbini).
148
Les sols bruns subarides du second delta du Chari également sableux, ont des
caractéristiquesagricoles assez voisinesde celles des sols précédents e t portent les
mêmes cultures.
Les sols bruns et brun-rouge au nord du 13e parallèle, de valeur agricole iden-
tique, de même texture que les précédents portent dans la partie la plus méridionale quel-
ques cultures de petit mil, de mil e t d'arachide, mais très rapidement sont utilisés pour
l'élevage par suite de la faible pluviomé[Link] des bons pâturages qui s'y développent.
Les cultures se concentrent alors dans les multiples ouadi de quelques hectares ou dizai-
nes d'hectares chacun qui s'observent dans les interdunes.
Les sols peu évoiués subdésertiques font suite vers le nord du 16e parallèle aux
précédents e t sont passagèrement utilisés pour l'élevage en fonction de la pluviométrie
annuelle parfois relativement abondante qui favorise alors le développement d'un tapis
graminéen plus fourni que de coutume. On passe rapidement vers le nord aux sols déser-
tiques.
Tous ces sols exondés du Tchad ont donc dans leur ensemble une valeur agri-
cole moyenne à modeste e t leur utilisation par l'autochtone, la densité du peuplement
humain, ne sont pas le reflet de celle-ci mais plutôt celui d'impératifs e t en premier lieu
la présence d'eau facilement puisable.
C'est ainsi que le riz trouve sa place dans la vallée du Moyen-Logone e t au nord
de Bongor, maispourrait être cultivé, aussi plus au sud, dans demultiples petites cuvettes,
-
ainsiquedans la dépressiondesbahrs Aouk Keita - Salamat, e t dans celle du Fitri.
Ces sols hydromorphes des dépressions ou des bourrelets souvent atteints par
I'alcalisation portent les cultures les plus variées en fonction de leur texture e t de I'inon-
dation.
D'une façon générale, ils sont très peu utilisés. Aucune culture de riz n'y est
pratiquée à justeraisonsauf lorsqu'une couverture limoneuse relativement riche en
matière organique, à pH acide, les recouvre. I l s donnent alors d'excellents rendements.
Les vertisols des régions nord (fosses de Massénya, d'Oum Hadjer, du lac Fitri ;
bordure du Chari au nord de Fort-Lamy ...) ont une valeur agricole moyenne à bonne
mais sont peu utilisés en dehors de cultures de mil tardif. Des débuts d'alcalisation com-
mencent à se produire dans ces argiles sous ces latitudes.
Les sols hydromorphes e t les vertisols nécessitent des apports d'engrais azotés
e t phosphoriques. Ils offrent d'importantes possibilités culturales tant par leur valeur
agricole que par les grands espaces susceptibles d'aménagement qu'ils offrent. Mais on se
heurte ici à l'importance des travaux à effectuer e t au coût de telles opérations. Ce sont
Ià cependant les terres d'avenir d'un Tchad dont la densité de population ira croissante
De petits aménagements expérimentaux à moindres frais seraient utiles en divers points
du territoire pour faire connaître aux autochtones les possibilités culturales ainsi offertes
par ces sols.
Les sols des polders du lac Tchad (sols hydromorphes moyennement organi-
ques) sont d'une valeur agricole excellente e t représentent les terres les meilleures du
pays par leur richesse chimique en tous éléments (matière organique, azote, P z 0 5 , K).
Ils portent troiscultures (blé, mai's, mai's) par an avec de bons rendements.
Les sols des ouadi du Kanem(sols hydromorphes, solssalins, sols salins à encroû-
tement calcaire) ont des caractéristiques chimiques voisines des sols précédents mais sont
généralement plussalés e t moins riches en matière organiquee t azote. Danschaque ouadi
une frange autour de la partie centrale stérile, porte des cultures de blé, maïs, petit mil,
e t des cultures maraîchères. Les possibilités dans ces ouadi sont plus modestes, encore que
des améliorations nombreuses pourraient être apportées parde meilleures pratiquescultu-
raleset notamment l'entretien des palmeraies sous lesquelles se font les cultures associées.
Les sols halomarphes lessivés ou non lessivés à alGalis présentent des caractères
physico-chimiques très défavorables liés à la présencede sodium fixé sur le complexe
absorbant du sol qui confère à celui-ci une mauvaise structure, une très faible perméabi-
lité. Très répandus dans l'est sur les piedmonts du massif du Ouaddaï e t dans le massif
central tchadien, ils existent par taches plus ou moins étendues sur les bourrelets de tous
les cours d'eau. Leur extension est de plus en plus importante du sud vers le nord Ils sont
le plus souvent incultes e t présentent peu de possibilités d'amélioration en d e h m d'ap-
port de soufre, de gypse ou calcaire finement broyé, de sous solage profond. II existe de
nombreux intermédiaires entre le sol très évolué e t difficilement récupérable e t le sol où
commencent à se produire des phénomènes d'alcalisation e t qui porte encore les cultures
traditionnelles. Ce sont ces derniers qui mériteraient toute l'attention dans un premier
stade car ces sols très jeunes ont un potentiel de fertilité souvent élevé.
Cette zonalité, reflet du climat actuel masque en m6me temps les pédogénèses
passéeseffectuées lors des périodes pluvialesdu Quaternaire récent (Pléistocène supérieur,
Holocène). Les sols ferrallitiques du sud, certains sols ferrugineux lessivés ou non lessivés,
les <OISbrun-rougesubarides ont subi une grandepartie de leur pédogénèse au cours de ces
périodes. II en est de même pour les plus anciens des dépôts lacustres e t fluvio-lacustres
ayant donné naissance à des vertisols ou des sols halomorphes e t hydromorphes. Ceux-ci
paraissent avoir eu leur évolution principalementaprès leur exondation en périodes inter-
pluviales.
Les relictes végétales soudano-guinéennes, soudaniennes trouvées en Ennedi ou
méditerranéennesauTibesti sont une preuve supplémentaire de conditions climatiques an-
ciennes trèsdifférentes du climat actuel. Les découvertespaléonthologiques,préhistoriques
faites dans les régions désertiques au nord du 16e parallèle viennent corroborer ces dires.
153
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RAMBAULT GUIOT 18, rue de Calais, Paris 9
Dépôt légal V 6 9 5 - 2" trimestre 1970 - Imprimé en France
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No 41
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DU TCHAD
à 1/1.000.000
VOL,11
OFtICEOELA KECHEKCHE
SCIEhTIFIOUE
ETTECHNIOUE
OUTRE-MER
CENTRE
O.R.S.T.O.M.
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PARIS. 1970
NOTICE EXPLICATIVE
No 41
CARTE PÉDOLOGIQUE
D U TCHAD
a 1/1.000.000
VOL. I I
Annexes et Cartes
J. PIAS
Directeur de Recherches
de 1’O.R.S.T.O.M
ANNEXES
169
Annexe B
ANALYSE PHYSIQUE
ANALYSE MECANIQUE
Argile % 8 12 5 18
Limon % 5 1 1 4
Sable f i n % 40 25 28 35
Sable grossier % 47 62 50 59
Matièreorganique % 0,2 O,2 O,1
MATIERE ORGANIQUE
REACTION
ANALYSE CHIMIQUE
I B A SEECSH A N G E A B LP
MEO
E
SU R 1009 DE S O L I
Ca 3,40 4.45
Mg 0.90 1,20
K 0,lO 0.25
Na 0.35 0.10
I S
I 4,65 I 6,lO
* PlAS J. 1960C
170
Annexe 2
ANALYSEPHYSIQUE
Refus 2 mm % 12 16,4 10 46
ANALYSE MECANIQUE
Sable f i n
Sable grossier
organique
Matière
% 1 I I 1
%3.77
22
54
1,34
33 17
51
34
30 33
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.78 2.19
Azote %O 0.67 1,74
C/N 11,60 12,60
I REACTION
ANALYSECHIMIQUE
BASES ECHANGEABLES ME POUR 100 g D E SOL
Ca 2,05 1.75
Mg 0,45 0,60
K 0,lO 0.15
Na (0,lO <O,lO
S 2.60 2,50
T 3.30 4,25
* M A R I U S C. 1964
* * M A R I U S C. - B A R B E R Y J. 1964
(1I Sol faisant passage au sol ferrugineux tropical
171
Annexe 3
Vertisols à pédoclimat très humide - Hydromorpheslargement structurés
dès la surface - A nodules calcaires et effondrements
Sur alluvions fluvio-lacustres argilo-sableusesà argileusas *
Profil 39 : Zone de Satégui-Déressia- Nord de Mandé
O - 30 cm : Horizon argilo-sableux - moinsargileuxqu'au-dessous - brun-noir -
contient des racines - polyédrique grossier - compact - cohésion
forte - sec - fentes de retrait en surface.
30 - 270 cm : Horizon argileux - gris-noir avectachesjaunesvagues - marbrures - un
peuplusjaune à la base - compact - nodulescalcairesnombreux
jusqu'à 270 cm- moins nombreux ensuite-concrétions ferrugineuses -
fentes de retrait jusqu'à 170 cm - sec - puis humide.
270 - 350 cm : Horizon analoguemaisplusjaune - humide.
350 - 400 cm -
: Horizon jaunâtre argileux - mouillé.
400 - 460 cm : Horizon argilo-sableux mouillé - gris-bleu e t jaune avecnombreuses
concrétions ferrugineuses de nappe
Nappe à 3,5 m
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 391 392 393 394
Profondeurcm 140 270
0-20 370-390
Refus 2 mm 5.6 6,6 1 3 03
I
1 :I I :I
M E C A N IA
QNUA
EL Y S E
Argile % 135 I 45 I 44 I 39 I
Limon fin
Matière organique
C03Ca tr. tr. tr.
M A T I E R E ORGP IQUE
Carbone %
Azote
C/N
l I I l
REACTION
DH eau 4.9 7.4 7,1 7.9
9n KCI 4.3 6.6 6.6 57
I
STRUCTURE
I l I
I
Instabilité Is 1,7 8,s 5,5
Perm.K cmfh 0,3 0.1 <O,l <O,l
ANALYSE CHIMIQUE
r BASES ECHANGEABL F S M E POUR 100 a D E S O L 1
Na 0.2 0.4
8.3
11.1 19,0
S/T =V 74,7
* GUICHARI E. - P O I S O T P. 1961
172
Annexe 4
Profil T 5
Végétation : savane
armée à Acacia
seyal clairsemés, Piliostigma reticulata,Zizi-
phus mauritiana.
* PlAS J. (1968a)
173
Annexe 4 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
O
N échantillon 51 52 55 54 53
56 57
Profondeur cm I 0-3 I 3-20 I 40-60 1 60-80 I 90-110 I 160-1801 240-260
Refus 2 mm % I tr. tr. tr. t r. tr.
tr. I 6,2
A N A L Y S EM E C A N I Q U E
Annexe 5
Annexe 5 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
ANALYSE MECANIQUE
MATIERE ORGANIQUE
REACTION
ANALYSE CHIMIQUE
I B A S EESC H A N G E A B L EM
SPEO U R 100 DgSEO L
I 28.40
0.27
6.50
ACIDE PHOSPHORIQUE
1 35.71
0.16
6.00
Ca 48.40 54,60
Mg 16,50 15.00
K 0.92 1,35
176
Annexe 6
Bon drainage
No des profils : A 59 - A 77 - Bo 35
* PlAS J. 1968a
177
Annexe 6 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
échantillon
No 771 772 773592 591 593 594
Profondeur cm 0-20 50-70 100-120 0-20 60-80 160-180 220-240
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr. 5 5
ANALYSE MECANIQUE
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.1 3
Azote %O 0.1 4
CIN 9.3
Matières
humiques T 0.25
c%o Ac. humique 0.1 7
Ac. fulviques 0.08
ANALYSE CHIMIQUE
BASESECHANGEAELESMEPOUR 100 gD ES O L
E L E M E N T ST O T A U X( F R A C T I O NC O L L O I D A L E < 2p)
Ca O % 2,30
Mg 0 % 1,25
K2 0 % 1.75
Na2 O % 1.70
feu Perte % 10.99
Résidu % 1,40
Si02 % 39,25
A1203 % 23.00
Fe203 % 20.00
Ti02 % 1.30
Si02/A1203 2,90
Si02IR203 1,S6
Annexe 7
Etat desurface : couche déliée de sable brun-clair (10 YR 6/3). Limite tran-
chée, par une augmentation de consistance avec :
C H E V E R R Y C. 1965.
179
Annexe 7 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
No bchantillon 24
Profondeur cm 130-140
Refus 2 mm tr.
ANALYSE MECANIQUE
Argile % 1.7
L i m o n fin % 1.O
Limon grossier % 0,o
Sable fin % 29.0
grossier
Sable % 67,O
Matière
organique % 03
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.2
Azote %O 0.25
C/N 8
I B A S EESC H A N G E A B L EM
SPEO U R 1009 D E S O L
Ca
Mg
K 0.05 0.05
Na
S 0.85 0.75
T 1.5 1.2
S/-ï= v 56,l 62.5
ACIDE PHOSPHORIQUE
p205
total %O' I
0,09 0,06 1 0,05 I I 0.05
ELEMENTS LIBRES E T T O T A U X
F e 2 0 3l i b r e % I 2.6 I 2.4 I ' 2.4 I 0.96
180
Annexe 8
" B O C Q U I E R G. - A U D R Y P. - B A R B E R Y J. 1968.
Annexe 9
Prof iI : T 35
Bon drainage
*PIAS J. 1968a.
182
Annexe 9 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 351 353 352354 355 357 356
Profondeur cm 0-20 20-40 145-160 215-225
90-100 430 ~
250-270
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr.
ANALYSE MECANIQUE
Argile %
'.
4.5 10.5 8.0 12,O 10,5 12,O 12,O
L i m o n fin % 1.5 0,5 1 ,O 180 1,O 1,O it0 i
L i m o n grossier % 3.5 2.5 4,5 4,o 385 4,0 2.5
Sable fin % 65,O 56.0 57,5 51,s 53.0 60,755,O
Sable
grossier % 30,8 28.0 30,2 25,7 29.1 29.6 23,9
Matièreorganique % 0,5 0.4 0,2 négl. négl. négl. négl.
Humidité % 0.4 0,3 0,3 0,4 0.4 0,4 0.4
C03Ca % O O O O 0 0 0
MATiERE ORGANIQUE
Carbone % 0,28 0.09 0,24
Azote %O 0,21 0.18 0,13
C/N 13.3 13.3 63
Matières humiques T 0,87 0.23 0.45
Acide humique 0,61 n.d. n.d.
c%0 Acidefulvique I
0.26
l
n.d. I
n.d.
I I 1 1
REACTION
p H eau 5. I 4.2 3,6 3,7 3t7 3.4 3.4
p H KC1 4.7 3.9 3,9 3.6 33 32 3.7
STRUCTURE
Instabilité IS 0.90 1,35 1,20
Perméabilité K c m / h 7,40 7.35 14.50
ANALYSE CHIMIQUE
BASESECHANGEABLESMEPOUR 100 g D E S O L
Ca 1,55 1,65 0,55 0.40 0.45 0,40 0.40
Mg 0.40 0.75 1,00 2,lO 0,80 0,70 1,05
K O15 O55 0.90 O 10 O10 O10 0.15
Na <0:10 <0:10 0.10 <0:10 <0:10
<0:10 0,lO
S 2.10 2.95 2,55 2.60 1.35 1,70 1.20
T 4.10 6.15 4,95 3,80 4,40 3.20 3.35
S/T =v 51,20 48,OO 51,15 59,lO 35,5 36,80 55,lO
A C I D E PHOSPHORIQUE
P205TruogPPM 12 5 9
t oP
t a2l0 5 %O 0,06 0.04 0.07
ELEMENTS TOTAUX
Ca O % 0,14
tr.
tr.
0,74 0,74
12,75
40.30
1,45
89,05
4,25
2,85
1,50
13;55
1,OO
39.30 1 1;40
4.35
88,90
1.70
86,15
6.1 O
3.30
1,55
I
1;40 tr. 0,35 0.25
Fe2O3 libre%
2.13
1,75 1,89
3,50
0.86 I
2,50
1,89
1.05
2;08
1,70 I 2;48
1.89
3,16
2.40
E X A M E NA l 1
kaolinite
illite
-
goethite ( T 351 T 353)
h é m a t i t e ( T 351)
(1) (2) Eléments totaux sur la fraction colloïdale<2p (1) Echantillon T 353
(2) Echantillon T 357
Annexe 10
Profil 10 : Koumra
30 - 70 cm : Horizon beige,sableuxgrossier,meuble.
Profil 91 : Moundou
Zone presque plane avant la pente vers la Nya de Doher. Jachère récente avec
surtout Hymenocardia e t Detarium.
100 - 180 cm : Horizon beige, plus richeen gravillons ferrugineux que l'horizon supé-
e t plus
rieur.
Ensemble à forte cohésion.
i * B O U T E Y R E G. 1965
184
Annexe 10 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
I ANALYSE MECANIQUE
MATIERE ORGANIQUE
REACTION
p H eau
p H KC1
6'6 l 5.5 5.4 6,2 5,4
5.4 4.0 5.0
4.4 5.2
4.7
5,9
l STRUCTURE
I
Instabilité
Perm.
IS
K cm/h
l
0.32
2,s
I
1,14
1.7
I
ANALYSE CHIMIQUE
2 3
2.13 1
l
5:::
I l l
I BA
ECSE
HSA N G EPA
OMBUL
E
RE S 100 SgODLE
' % q i g
Na 0.14 0,13
1.21 1,15
1,04 0.82
185
Annêxe 11
Sols ferrugineuxtropicaux lessivés à taches et concrétionsferrugineuses
Sur sables siliceux ou sables argileux *
Profil : Tim 35 Ndin
Localisation : 2 km est-nord-est de Ndin, surun piedmontlégèrementondulé, sur
une pente de 2%, à mi-pente.
Sables très légèrement argileux.
Savanearboréemoyennementdense à Sclerocarya birrea,Combreturn gluti-
nosum, Guiera senegaletlsis, quelques Dichrostachys glomerata.
Surface : croûte ("splash").Localement
une légère érosion en nappepouvant
aller jusqu'àlaisser les touffes degraminéessurdes petites buttes.
:\\ développée ; dur ; vers la basede l'horizon un peu plus dur. Passage
graduel e t régulier à :
180 cm observé : Matériausableux,brun-jauneclair,avecquelquesgravillons
jusqurà 220 cm neux
respondant nettement à une cimentation en place à partir de taches.
ferrugi-
e t des concrétions rouge vif, bien cimentées, petites (<1 cm) cor-
' ~ n u O R , Y P. 1968
186
Annexe 12
développement horizontal.
i
~~
"AUDRY P. 1968
187
Annexe 13
Sols faiblement ferrallitiques modaux(Sols rouges)
Sur sables et argiles sableuses *
Profil 4 : Moundou
ANALYSE PHYSIQUE
N o échantillon 41 42 43 44 45
Profondeurcm 0-15 100 35-50
250 310
2 mm tr.
[Link] 62
~~ ~~~~
ANALYSE MECANIQUE
Argile
Limon
Sable f i n 11,5
Sable grossier %
Matièreorganique % 0,53
Humidité % 3.5 1.5 3.5
VlATlERE ORGANIQUE
Carbone %
Azote
CIN
REACTION
p H eau 7,3 5,5 6.0 60 63
pH KC1 67 5.0 4,4
6,1 6,2
STRUCTURE
Instabilité IS 0.69 1,55 3.10 1,70
2,14
Perm. K cm/h 0.79 2.69 2.08
2,19 3.02
ANALYSE CHIMIQUE
1 .. B A SEECSH A N G E A B LP
MEO
E
SU R 100 a D
SOEL I
I :;Ag I I I :;JE 1 1
~~ ~
Annexe 14
Sols halomorphes à structure nondégradée
Sols salins modaux e t à encroûtement calcaire
Sur alluvions lacustres argilo-limoneuses a argileuses (Profils 103-59-86) *
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon
Profondeur cm
1031
0-1
1032
1-20
1033
40
592
591
0-2
ANALYSE MECANIQUE
12.0 10.0
2-20
60-80
14,O
593
15,5
594 861 862
4-20 20-40
I
55,5 56.0
Limon 20.0 16,O 76,O 15,3 24.9 21,4
Sable fin 19.4
grossier
Sable % 12.5
Matiere organique' 6,4
Humidité 6.6 4,s 4,7 7.0
CO3 Ca 6,6 19,4
VlATlERE ORGANIQUE
Carbone % 3.7 2.37 0.39 0.74 0.82
1.29 1,59 0.65 5.07 3.51
Azote %O 3.5 2,21
2,3 1.85 -
0,76 0.45 1,18 1,25 0.73
C/N 10.6 10.3 8.7. 10.8 -
10,9 11.8 8,9 19,4 22.9
REACTION
p H eau 8.6 9.08.4 8,s 10,6 10,5 10,5 10.6 10.8 10.2 10.4
-"
ANALYSE CHIMIQUE
B A S E SE C H A N G E A B L E S M E POUR 100 g Q E S O L
- 7,14 10.00
1,OO 2,50 3,95
3i45 1.85 16,50 14.70
Na 2,42 29,05 25,lO
- 55,19 53.75
ACIDE PHOSPHORIQUE
P 2 0 5 total 3,37 2.61
E L E M E N T ST O T A U XM EP O U R 100 g D E SOL
Ca 407.7 492,6
Mg 298.0 31 2,l
Ir
K 19,5 16,3
Na 41.1 23,9
I SELS SOLUBLES (EXTRAIT SATURATION) d EP O U R 1I O E SO
-
1,95 1.40
3,60 1,25
4,50 1,75
14.90 7,75
0,80 0,80
25,l O 10.20
[Link].C à 25 114.28 96.4 63.1 15.7
It. P l A S 1962c
189
Annexe 15
Profil T 49
* PlAS J. 1968a
190
Annexe 15 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 493 492
494 491
495
Profondeurcm 70-90 30-50 180-200
120-140 0-15
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr.
ANALYSE MECANIQUE
L i m o n fin
L i m o n grossier
Humidité
CO3 Ca
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0,28 0,13 0.06
Azote 0.25 0,105 0,17
C/N 11,2 5.7 7.6
[Link] T 0,50 0.26 0,05
c%, [Link] n.d. n.d. n.d.
Ac.
fulvique n.d. n.d. n.d.
REACTION
p H eau 9,3 4.9
9.4 9,5 9,5
pH KC1 7,7 7.0
4.4 72 7.6
STRUCTURE
Instabilité IS I 4.2 1 16.5 I 4,2 I
- ANALYSE CHIMIQUE
- BASESECHANGEABLES M E POUR 100 gD E SOL
Ca 10.25 5.80 8.40
6,70 3,30
Mg 2.85 5,25
1.95 6.45
0,60
K 0,30 0.30 0,90
0.70 1.50
Na 0.65 1,50 1,55 1,25 1,40
-S 17.65 16,05 10,50 10,60 6.80
- ACIDE PHOSPHORIQUE
P205 Truog PPM 42 27 54
-t P
o t2a0l 5 %O 0,27 0.32 0,24
- ELEMENTS TOTAUX
Ca O % 0,49 0,32 0.19
0.63 0.67 0.42
% 0.21 0,24 0,12
Na2 O % 0.71 0,84 0.61
Perte. feu % 3.65 4,30 2,lO
Résidu % 65,65 58,00 78.45
Si 0 7 4 15,35 18.75 9.65
9,45 12.25 5,85
3.40 4,55 2,45
0,75 0.60 0,45
2,74 2,57 2,81
2.24 2.07 2.21
-Fe2
libre
O3 % 1.61 I
2,27 1,69 2.28 1,23
- S E L SS O L U B L E SM E . P O U R 100 g D E so L
Ca 0,08 0.08 0,07 3.14 0.1 1
Mg 0,05 0.13 0,12
0,08 0,l O
K tr. 0.02 0.02 0.05 0.02
Na 0,13 0.50 0,75 0;71 0.67
S cations 0.97 0,68
1,02 0.90
0,26
so4 0,26 0,43 0.56 0,43 0.44
CI 0,16 0.07 0,15 0,17
eo3 H 0,27 0.15
0.36 0.47
c03 0,Ol tr. tr. tr.
S anions 0,58 1.09 1 ,O5
0,77
-C mmhos à 25 C 0.89 1,18
0.65 0.70
EXAMEN AUX R A Y O N S X (FRACTION COLLOIDALE
Echantillons T 494 - T 493 montmorillonite
< 2 p)
kaolinite
illite
191
Annexe 16
O à 10cm : Horizon légèrement humifère lessivé, gris à brun gris (IO YR 5/1,5 ;
3/1 en humide), avec assez nombreuses petites tachesjaunerouge
diffuses et devenant progressivement brun gris foncé ;sablo-argileux,
riche en micas e t progressivement enrichi en graviers ;tendance pris-
matique grossière ;dur ;compact avec quelques canaux de 0,5 cm de
diamètre ; enracinementtrèspeuabondant, horizontal ; passage
tranché et régulier à :
- - -
Horizons
Profondeu
cm
Argile
Sable
fin
àable
gros-
sier
Car-
bone
Azote pH
(H20
TXzizq-L
mé pour 100 g de sol
- vité
ducti- S i 0 2
-libre
A1203
F e20 2 =e203
total
% % % % %O Ca Mg K Na rnmha % %
- - -- -
A 0/4 6,5 25,5 51,2 0.59 0.43 5.9 1.95 1,00 0,20 0.50 1.80 5.00 0.72 1,30
B3 35/45 23.5 23,9 34,5 0.1 1 0.10 8.9 10,70 0.05 3.40
4.00 1,48 3.57 1.24 3.10
B/C 90/1 O 0 26,O 20,o 35.9 0.05 0,06 9,l 1'1,70 3.75 0,lO 5,65 1,70 5.11 1,16 3.20
-
Croüte
Superficielle 0/2 6.0 24,5 45,6 1,20 0,236 6.5 3.55 2,20 0.50 0.55 4,32 - 0.80 1.52
A 3/7 4.5 25,2 48,l 0,42 0.32 6,2 0,30 1,90 0.45 0.76
2,75 4.40
1.62 1.50
B1432 8/1 5 32,5 16,6 31.9 0,35 0,29 7,O 5,30 0.10
12,25 2.90 1,32 3,18 2.08 4.50
Annexe 17
Prof il : BG 25
* PlAS J. 1968a
194
Annexe 17 (suite)
Emplacement : polderde B o l G u i n i( B G 25 - BG 4 - BG 7 - BG 179)
polder de Madirom (H 108)
polder d e K o u l o u d i a ( H 52)
NO profils -
: BG25 - BG 4 BG 7 BG 179 - ~ H 108 -H 52
ANALYSE PHYSIQUE
y
No échantillon 254 253 252 251
Profondeur cm 75-95 50-60
130-1500-20
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr.
ANALYSE MECANIQUE I
Argile % 41.0 65.0 68,O
f Li ni m o n % 20.0 ll,o 10.0
L i m o n grossier % 3.0 2,o 4.0
Sable fin % 8,O 5.0 6,O E,2
Sable
grossier % 16,O 5,o 1.0
Matière organique O/c 7,6 7.9 5.5
Humidité % 4.5 4.5 6.0
CO3 Ca % 4.4 2.7 1.2
I O R G A N I QM
UAET I E R E
I
Carbone %
%b
4.6
1 4.4
12,9
3,4
REACTION
I I :? I 12,l
3.8 10.7 10,3 I
I
p H eau 7.9 8.1 7,6 8.3
ANALYSE CHIMIQUE
Ca 30.40
Mg 17,40 19.40 78.20 12.40
K 5.00 1,O5 1,lO 1.20
Na 0,95 0.80 1.20 1,30
S 45,30
ACIDE PHOSPHORIQUE
EXAMENAUXRAYONS X( F R A C T I O NC O L L O I D A L E < 2 p)
Echantillons : BG 4 4 - 74 1794 - montmorillonite - kaolinite -
H 1082 - 522 -
kaolinite - ---------
montrnorillonite - cl&
195
Annexe 18
Sols hydromorphesminéraux à pseudo-gley à taches
et concrétionsferrugineuses
Sur sables siliceuxou sables argileux *
Profil : Zone Satégui-Déressia
Végétation : Terminalia macroptera peu denses
Profil humide à partir de 100 cm
O à 20cm : Horizon sableux à sable grossier beige, particulaire, peu compact,
cohésion faible.
20 à 5 0 c m : Horizon sableux, jaunâtre, particulaire,
50 à 105 cm : Horizon sableux, beige clair, particulaire, une ou deux concrétions
ferrugineuses.
105 à 150 cm : Horizon sableux à sable grossier, u n peu plus d‘argile jaunâtre, com-
pact à I’état sec.
150 à 200 cm : Horizon sableux à sable grossier, u n peu d‘argile, nombreuses concré-
tions ferrugineuses noires par poches, paroi sèche,plus compact
qu‘horizon précédent.
Les concrétions sont plus nombreuses entre 180 et 200 cm et durcies.
200 à 320 cm : Horizon sablo-argileux, humide (non desséché), zone d’oxydo-réduc-
tion jaune et gris-bleu. A partir de220,concrétions ferrugineuses
rouille et peu durcies.
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 1 502 50 503
Profondeurcm 120-140 310-320
0-20
ANALYSE MECANIQUE
Argile % 4 25 10
Limon % 2 3 4
fin Sable % 44 38 21
Sable grossier % 48 50 50
- .
Matièreoraaniaue % l
0.86 I I
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.5
Azote %O 0,5
C fN 10,o
REACTION
* G U I C H A R DE . ,P O I S O T P. 1961
196
Annexe 19
Sols hydromorphes minéraux à pseudo-gley à horizon gris réduit de surface
Sur alluvions récentes limono-argileuses, argilo-limoneuses *
Profil 13 : Feuille au 1/200.000 Moussafoyo.
ANALYSE PHYSIQUE
ANALYSE MECANIQUE
Argile % 5 6 18 15
Limon % 12 24 30 4
fin Sable % 40 58 41 27
Sable grossier % 41 12 10 54
Matièreorganique % 8,7
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 5,05
Azote %O 3,72
C/N 13.5
ANALYSE CHIMIQUE
1 BASES
ECHANGEABLES ME P O U R 100 g D E SOL 1
Ca 3,9 <O,l 0.2 02
Mg 0.4 0,3 <0.2 0,3
K 0,2 <0,1 <O,l <O,l
Na <O,l 0,l <O,l <0,l
S 4.5 0.4 0,2 03
* M A R I U S C., B A R B E R Y J. 1964.
1.97
Annexe 20
ANALYSE PHYSIQUE
échantillon No 31
33 32
Profondeur cm 0720 30-50 80-1 O0
Refus 2 m m 0.7 1.8 2.3
l ANALYSE MECANIQUE
Argile
L i m o n grossier
Sable fin 18 16 13
grossier Sable 51 50 42
1,72
Humidité 1,5
CO3 Ca
MATIEREORGANIQUE
Carbone % 1 ,O
Azote %O 1,l
CIN 9,1
REACTION
p H eau 7,s 7 72
ANALYSECHIMIQUE
BASESECHANGEABLESMEPOUR 100 9 D E S O L
O.R. S. T. O.M.
Direction générale :
24, rueBayard, PARIS-8.
o.R.s.T.o.M. Éditeur
D6pôt légal: ler trim.1970