0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues209 pages

Carte Pédologique du Tchad à 1/1.000.000

Transféré par

mbaihondoumeric61
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
32 vues209 pages

Carte Pédologique du Tchad à 1/1.000.000

Transféré par

mbaihondoumeric61
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

J.

PIAS

NOTICE EXPLICATIVE
N” 41

CARTE PBDOLOGIQUE
DU TCHAD

a l/l .[Link]

VOL. 1

c
i OFFICEDELA RECHERCHE
SCIENTIFIOUE
ETTECHNIOUE
OUTRE-MER

: CENTRE
O.R.S.T.O.M.
DEFORT-LAMY
PAHIS .1970
NQTICEEXPLICATIVE
Nu 41

CARTE PEDOLOGIQUE
DU TCHAD

à 1/1.000.000

VOL. I

J. PIAS
Directeur de-Recherches
de 1’O.R.S.T.O.M
S O M M A I R E

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE

I - LE MILIEU NATUREL 3

1. Le cadre géographique. Les différentes formes de relief 7


2. Le climat 8
3. La végétation 15
4. L'hydrographie 29
5. Les nappes 35
6. La géologie 41
7. L'homme 57

DEUXIEME PARTIE
II - LES SOLS
1. Les processusdepédogénèse 61
2. La classification des sois 63
3. Les grandes classes de sols. Leur subdivision 65

3.1 - Classe I - Les sols minéraux bruts 65


3.2 - Classe I I - Les sols peuévolués 71
3.3 - Classe I II - Les vertisols 75
3.4 - Classe V - Les sols isohumiques 81
3.5 - Classe VI II - Les sols à sesquioxydes 85
3.6 - Classe IX - Les sols halomorphes 95
3.7 - Classe X - Les sols hydromorphes 104

TROlSlEME PARTIE
III - LES GRANDES REGIONS 117

1. L e Tchad méridional 119


2. Les plaines d'inondation du Logone 122
3. Les plaines d'inondation des bahrs Aouk - Keita - Salamat 126
4. L e massif centrai tchadien 129
5. Le l e r delta du Chari et la fosse de Massénya 132
6. L e second delta du Chari 135
- II

7. Lesrivesdu lac Tchad e t les ouadis de l'intérieur 138


8. Le massif du Ouaddaï 141
9. Lesplainesde piedmont du massif du Ouaddaï 142
IO. La région au nord du 16e parallèle 145

CONCLUSIONS 147

BIBLIOGRAPHIE 153

ANNEXES ET CARTES - Voir : Notice 41vol. II


1

INTRODUCTION

L'étude des sols de la République du Tchad a commencé en 1948 sous 1"égide


de la Commission Scientifique du Logone et du Tchad que présidèrent successivement
le Général TILHO et Monsieur le Professeur COMBES, membres de l'Institut et dont le
GénéralBEAUFRERE f u t le Sécrétaire Général. Elle f u t poursuivie par I'ORSTOM après
la création de son centre à Fort Lamy en 1959.

R. BETREMIEUX fut le premier pédologue à parcourir ces régions puis vint


une première équipe dirigée par H. ERHART et composée de N. LENEUF et J. PIAS
qui avait pour mission I'étude de la vallée du Logone et de la zone de capture du
Logonepar la Bénoué. Trèsrapidement vinrent s'adjoindre d'autres pédologues ORSTOM,
tous formés par G. AUBERT, travaillant tout d'abord pour le compte du Service de
I'Agriculturedu Tchad: B. LEPOUTRE, E. GUICHARD, G. BOUTEYRE,J BARBERY.
Ces pédologues se trouvèrent réunis par la suite au Centre ORSTOM de Fort Lamy
en même temps que les programmes de travail prenaient une plus grande ampleur e t
qdétait entreprise la cartographie systématique des sols du Tchadà 1/200.000 à laquelle
devaient collaborer de nouveaux arrivants :P. AUDR Y,G. BOCQUIER, C. CHE VERR Y,
C. MARIUS, P. POISOT.

C'est le regroupement des travaux de tous ces pédologues q u i a servià I'élabo-


ration de cette notice etde la carte des sols du Tchadà 1/1.000.000 qui l'accompagne.
Tous les travaux effectués par ces derniers ne sont pas citésà la fin de cet ouvrage car la
liste en serait fort longue.

La carte fait le point desconnaissancessurlessols du Tchad en fin 1964.


Depuis, certaines régions ont fait l'objet de nouveaux travaux cartographiques par
d'anciens ou de plus jeunes pédologues arrivés plus récemment.

La légende de cette carte est établie d'après la classification des sols utilisés
àcettedateparlespédologuesfrançaisetdéfiniepar G. AUBERT etPh. DUCHAUFOUR.
PREMIERE PARTIE

LE MILIEU NATUREL
5

Fig.1 - Carte de situation


6

-
O 100 200 300km

Fig.2 - Place du Tchad dans la cuvette tchadienne


7

1 - LE
CADREGEOGRAPHIQUE - LES DIFFERENTESFORMES DE
MODELE

La république du Tchad forme avec (dusieurs de ses voisins (Cameroun, Répu-


blique Centrafricaine,Nigéria,Niger)une unité géographique, la cuvettetchadienne,
vasteensembles'étendantsur plus de 1.500.000 km2, ceinturé :

- par les massifsde l'Adamaoua(Cameroun) ; du Ouaddai;de I'Ennedi, du


Tibesti (Tchad) ; de I'Ai'r (Niger),

- par les plateaux de Jos (Nigéria) ; du Djado (Niger) ; de NdéIé e t les monts de
Ouanda Djallé (République Centrafricaine).

Le lac Tchad qui occupeune position excentréefigure un des points bas


(282 m) de cette vaste cuvette tandis que les Pays-Bas du Tchad ont l'altitude la plus
faible (160 m).

L e territoire du Tchad qui couvre 1.250.000 km2 dans cette Afrique Centrale
est limité par les Républiques du Niger e t du Cameroun à l'ouest, le Royaume de Libye
au nord, la RépubliqueduSoudan à l'est, la RépubliqueCentrafricaine ausud. II se
subdivise en unités naturelles bien tranchées :

- l a région au nord du13e parallèle en milieu subdésertique à désertique est


le domaine des grands ergs ou de plateaux e t massifs dénudés au milieu desquels surgis-
sent cà e t là des palmeraies verdoyantes(Borkou, Ennedi, Tibesti).

- la région ausud du 13eparallèlemoinsdéshéritée au climat tropical sec à


semi-humide est plus variée e t se décompose en bassins alluviaux ou lacustres (Bassin du
Logone e t Chari e t lac Tchad - Bassin du Batha e t lac Fitri - Bassindes bahr Salamat,
Keita, Aouk) OU enmassifsde faible altitude (Massifcentraltchadien - Massif du
Ouaddaï - Contreforts de l'Adamaoua).

Le Tchad offre doncune gammedepaysagesvaries :

- paysage dunaire auxamples ondulations sur les rivages est e t nord dulac
Tchad où un couvert graminéen fixe le relief tandis que plus,au nord,au-delà
du 1Ge parallèle,appat-aissentdesergs vifs (erg du Djourab)et desbarkhanes
se déplaçant sur un substratum diatomitique,

- paysage subhorizontal des grandes plaines d'inondation d'où émergent des ali-
gnementssableux,boisés,diversement orientés qui surplombent l a plaine de
quelques mètres. Celle-ci est le domaine de la prairie mat-écageuseoù serpentent
les fleuves qui se ramifient en un système complexe de défluents. Des inselbergs
granitiques surgissent c à e t Ià au milieu de ce modelé (Pitons de Moïto, Hadjer
el Hamis...),

- paysagede la zone soudano-guinéenne constitué de vastes plateaux de terres


rouges densément boisés dans lesquels les rivières s'enfoncent par des vallées
profondément encaissées (vallées du Logone, de la Tandjilé, deI'Ouham, du
Chari...).
Des buttes témoins couronnées decuirassesferrugineusessurplombent,dans
la partie l a plus méridionale,la surface actuelle.
8

- paysages des massifs très variés en fonction de la nature e t de I'âge des roches.

Les granites jeunes constituent les parties hautes du relief au-dessus des roches
plus anciennese t des alluvions.
Ils s'observent soit sous forme de montagnes bien découpées dans un paysage
accidenté, soit en une multitude de boules provenant de la dégradation ou de
la destruction des massifs. Le relief est alors plus mou, moins accusé.
Au nord du9e parallèle, les versants de ces massifssont fréquemment ennoyés
sous des sables venus se plaquer sous l'influence des vents.
Les filons de microgranitesforment des alignements orientésde faible altitude
aux arêtes vives ou en bosses arrondies, aux éboulis nombreux. Leur voisinage
est couvert d'amoncellement quartzeux.
Lesgranito-gneiss, les micaschistes constituent des affleurements plansqu'
entaillent profondément les ravinesd'érosion.
Les grès (Borkou, Ennedi, Tibesti) se présentent sous divers faciès :
- faciès en tables discontinues dans les plaines intérieures,
- faciès en terril aux pentes accusées couvertes d'amas ferrugineux,
- faciès ruiniforme où des grès friables ont été découpés en fines colonnettes
dentelées sous l'action de I'érosion éolienne (falaise d'Archéi).
Les versants des massifs gréseux portent fréquemment des placages de sables
éoliens.

Les roches volcaniques (Tibesti) offrent des paysages très variés :

- sommets découpés constituant les vestiges des activités volcaniques les plus
recentes (Toussidé, Emi Koussi...),
- plateaux d'épandage de laves formant de gigantesques chaussées,
- caldéras d'effondrements (Trou au Natron),
- vallées ougorges entaillées dans les basaltes.
Tous ces multiples paysages font donc de la cuvette tchadienne une région aux
sites infiniment variés, où le voyageur passe des plateaux soudaniens qui annoncent les
forêts ombroph i les du sud, aux surfaces désertiques couvertes d'ergs hostiles, mais aussi
aux palmeraies verdoyantes qui se nichent aux creux des massifs volcaniques ou gréseux,
dans des paysages tourmentés non dépourvus d'une certaine grandeur.

2 - LE CLIMAT

Le Tchad se localise dans une gamme de climats très divers entredes pluviomé-
tries voisines de 1300 mm dans le sud e t des pluviométries inférieuresà 100 mm dans les
régions au nord du 16e parallèle.
Les variations climatiques sont commandéespar le développementencours
d'année de 2 masses d'air dont la ligne de rencontre se matérialise par le FIT (frontinter-
tropical). L'arrivéede la masse d'air continental se traduit par desvents (Harmattan)
soufflant du nord, nord-est :

- toute l'année pour la partie nord du Territoire,mais avec des intensités minima
de mai à octobre (mois les plus pluvieux au sud du pays),
- d'octobre à mai à Fort-Lamy,
- d'octobre à avril à Fort-Archambault.
r l

re I..
X.

Fig.3 - Carte des zones climatiques Fig.4 - Précipitationsannuelles moyennes


10

L'arrivée de la masse d'air humide donne naissance à desvents soufflant du


sud-ouest. Ils correspondent à la mousson.

Lavenuede cette dernière détermine le début de la saisondes pluies, tandis


que l'harmattan caractérise la saison sèche e t est à l'origine de vents de sable, de brumes
sèches qui déposent sur toute l'étendue du territoire une fine sédimentation éolienne.

Nous distinguerons avec A. AUBREVILLE (1950)4 grands types de climats


caractérisés par une saison des pluies de plus en plus courte du sud vers le nord sans que
la températuremoyenneannuelle [Link] variations de température
avec la latitude se percoivent avec beaucoup plus de netteté par l'observation des minima
e t maxima absolus,de l'amplitude thermique.

2.1 - Climat Soudano-Guinéen

- Points représentatifs : Fort-Archambault, Moundou, Baibokoum, Bongor,


- Précipitations annuelles : 1350 à 900 mm

Saisondes pluies : 6 à 7 mois (mai à novembre)


Saisonsèche : 5 à 6 mois (novembre à avril)

- Température : Fort-Archambault (13ans d'observation)

moyenne
annuelle 28"1
moyennemensuelle minima 16"4 à 24'2
maxima 30°2 à 39'8
minima absolu IO" (décembre)
absolu
maxima 45" (avril)
amplitude thermique 8
'
9 (août)
20" (janvier)

- Humidité relative : Fort-Archambault (5ans d'observation)

moyenne
mensuelle minima 51 % 16 % 27% (février)
(1) maxima 96% 79 % 88% (août)

- Evaporation (Appareil Piche) : Fort-Archambault

1955 1495 mm
1956 1750 mm
1961 2027 mm

2.2 - Climat Sahélo-Soudanien

- Points représentatifs : Fort-Lamy, Mongo, Am-Timan, Bokoro.


- Précipitations annuelles : 900 à 500 mm

Saison des pluies : 4 à 5 mois (mai-juin à septembre)


Saison sèche : 7 à 8 mois (octobre à avril-mai)
(1) - Hydrométrie relevée à 7 h 13 h - 19 h
~
11

- Température :

moyenne annuelle :
Am-Timan 26'7 ( 8 ans)
Fort-Lamy 28; 1 (28ans)
Mongo 29 (10ans)
moyenne mensuelle : Fort-Lamy
minima 13'8 à 24'9
maxima 32'3 à 41°4
minima absolu 8;2 (janvier)
maxima
absolu 47 (mars)
amplitude thermique 8
'
8 (août)
21"9(janvier)
- Humidité relative : Fort-Lamy (25 ans)
minima 41 % 15 % 20 % (mars)
maxima 91 % 69 % 80 % (août)
- Evaporation : Fort-Lamy

3004,81955 mm
3222,21956 mm
3143,21961 mm

2.3 - Climat Sahélo-Saharien

- Points représentatifs : Mao, Abéché


- Précipitations annuelles : 500 à 200 mm
Saison des pluies : 3 mois (juillet à septembre)
Saisonsèche : 9 mois (octobre à juin)

- Température :
moyenne annuelle :
Abéché 28'3 (17ans)
Mao 29'1 ( 4 ans)
moyenne mensuelle : Abéché
minima 16'4 à 25' 1
maxima 30'9 à 40'4
minima absolu 8
'
3 (janvier)
maxima
absolu 49'5 (mai )
amplitude thermique 8O8 (août)
18' 1 (janvier)
- Humidité relative : Abéché (9ans)

minima 20 % 13 % 16 % (mars)
maxima 90 % 66 % 79 % (août)
12

Relevés pluviométriques

Z o n ec sl i m a t i q u e s

SOUDANO-GUINEENNE

Stations I Fort-Archambault M o u nBongor


dou Baibokoum
Période 25 ans 14 ans 1 1 ans
d'observation (1) (1)
Janvier O
Février O
Mars 9 O,2
Avril 41;l 42 13.7 2.5
Mai 100.2 135 74.2 7.1
Juin 141.7 11.4 151 140
Juillet 232;5 27512.3 210.1
Août 300,6
Septembre 242.6
Octobre 81.6 98
Novembre
Décembre
2.2 ~.
0.4-' 5
O' O O
TOTAL I 1150.6 I 84.1 1265

SAHELO-SOUDANIENNE

Stations
Période
Am-Timan
12
I Mong Bokoro Fort-Larnv
30
l
d'observation (1) (1)
Janvier O O
Février 3.4 o. 1 O O 0 1 o l o
Mars 6,6 1.9 0,4 O
Avril 18.3 13,l2.5 5,3
Mai 74.3 6,s 49,9 36,l 5;1
Juin' 118.8 11.3 55.1 66.5 55 5,2
Juillet 197.2 15.5 159.2 157,9 13,3 10,9144.9
Août 302.5 18,5 310.0 259.8 '1 8,3 14,3
241.9
Septembre 143.7 11,8 144.4 102.5 10.5 7,5 93.7
Octobre 34.9 3.8 32.6 21,4 11 O.5
Novembre O O O, 5 0.5
Décembre
TOTAL 63,2
766.7
70,7
O
899.7
L O I
O a!
L
O
650,O 60,O 43,2
585.1

S A H A R IS
EANH
NEEL O - S A H A R I E N N E

Stations
Période
d'observation (1)
Abéché
26 ans
(2),
T Biltine Faya-Largeau
Fada
Mao
12 ans
l (2)
22 ans
(1)
(1) I
24 ar1s
I (2)
1

i i*
I

Janvier O O O O O O O
Février O O O O O O O
Mars O O o. 9 O O O O
Avril 1.1 0,5 0,3 O, 1 0.1 0,4 O
Mai 23,l 3.2 8,6 12,6 1,6 3,9 0,8
Juin 27,4 4.5 12,4 17.2 1,8 . 0,7 2
Juillet 125,9 11,2 117.7 91,l 7.3 17,2 7.1
Août 219,7 16,2 163,2 152,2 11.3
57.6
15.2
Septembre 66 7,2 35.9 43,7
Octobre 12,3 1,2 5,6 32
Novembre O O O O
Décembre O O O O
- 26,9 91.0 26,7
TOTAL 344,6
475,5 44,O
Illa -
320,l

( 1 ) Pluviométrie moyenne mensuelle exprimée en mm.


(2) N o m b r ed ej o u r sd ep l u i e moyen
13

- Evaporation : Abéché

moyenne sur 3 ans : 4465,l mm

2.4 - Climat Saharien

- Points représentatifs : Fada,Faya-Largeau

- Précipitations : inférieures à 200 mm

Saisondes pluies : 2 mois (juillet-août)


Saison
sèche : 10 mois(septembre à juin)

- Température : Faya-Largeau (24ans)


moyenne annuelle 28'3
moyenne mensuelle minima 13z5 à 25'6
maxima 26 9 à 42"

minima absolu 4"5 (janvier)


absolu
maxima 49"7 (avril-mai)
amplitude
thermique 17'2 (avril)
13'3 (décembre)

- Humidité relative : Faya-Largeau (21 ans)

minima 23% 12% 17 % (avril)


maxima 55% 28 %, 35 % (août)

- Evaporation : Faya-Largeau

6420,5 1961 mm

2.5 - Indices climatiques

-
2.5.1 indice d'aridité de de Martonne

P Pluviométrie moyenne annuelle exprimée en mm.

T Température moyenne annuelle

Fort-Archambault 33
Am-Timan 24,5
Fort-Lamy 17.1
Abéché 12,4
Mao 82
Faya-Largeau 0,7
14

2.5.2 - Rapport - -
Evaporation
Pluviométrie

Fort-Archambault 1955 1,22


1956 1,76
Fort-Lamy 1956 4,4
Abéché 9,4
Mao 1956 13,9
Faya-Largeau 1961 221,4

2.5.3 - Indice de drainage de Hénin-Aubert (1945)


Lecalculde cet indice permet la connaissance théorique des quantités d'eau
de pluie migrant en profondeur, lessivant le sol e t étant susceptible d'aller alimenter une
nappe e t de constituer une réserve d'eau utile aux plantes pérennes pour passer la saison
sèche.

Le tableau suivant schématise la correspondance théorique admise existant


entre l'indice dedrainage D e t les types de sols.

I D
I TYPE DE SOL
~ ~~~
I
Supérieur à 200 mm Ferrallitisation possible

1 de 200 à 90 mm
Sol ferrugineux tropical lessivé
à non lessivé I
de 90 à 30 mm Sol steppique

1 Inférieur à 30 mm I Sol subdésertique I


y' P3
D =
1 t y' PZ
y' = 1
= 0,15 - 0,13

a = 1 limon P pluviométrie moyenneannuelle


1/2 argile T température moyenne annuelle
2 sable
Sols s,ableux Sols argileux Sols limoneux
D exprimé enmm

281 167
Fort-Archambault 469
155 Am-Timan 86 266
Fort-Lamy 61 1 1 1 32
25 Abéché 13 50
Mao 7 15 8
Faya-Largeau < l mm
15

3 - LA VEGETATION

L'originalité climatique de cette région tient dans le fait de sa zonalité qui nous
conduira progressivement, en 1.000 km environ, d'un climat tropical semi-humide (plu-
viométrie : 1.300 mm) à unclimat désertique (pluviométrie : inférieure à 200 mm).
Nous distinguerons les grands types de végétationcorrespondant auxgrandes unités
climatiques définiesprécédemment.

3.1 - La savane arborée forestière Soudano-Guinéenne

Elle occupe une large bande dans la partie sud du Tchad e t son aire d'extension
correspond approximativement à celle des sols ferrallitiques. Sa limite nord passe le long
du tracé figuré par les villes suivantes : Pala - Kélo - Guidari - Niellim - Kyabé. Elle s'étend
aussi aux sols ferrugineux lessivés qui s'associent aux sols ferrallitiques.

Cette savanearborée forestière atteint 8 à 10 m de haut, elle est facilement


pénétrable malgré un sous-bois assez densément garni e t un couvert dehautes Andro-
pogonées

Les principales espècesen sont :

arbres

Isoberlinia doka Bombax costatum


Prosopis africana Butyrospermum parkii
Khaya senegalensis Parkia biglobosa
Pterocarpus erinaceus Uapaca somon
Swartzia madagascarensis Lannea barteri
A fzelia africana Monotes kerstingii
Burkea africana Maerua angolensis
Daniellia oliveri Vitex cuneata
Sterculia setigera Lonchocarpus laxiflorus
Amblygonocarpus andongensis Anogeissus leiocarpus
Lophira alata Sclerocarya birrea
Pterocarpus lucens

arbustes - arbrisseaux

Piliostigma reticulata Albizia chevalieri


Piliostigma thoningii Acacia ataxacantha
Hymenocardia acida Euphoria sp.
Grewia villosa Hexalobus monopetalus
Grewia mollis Ximenia americana
Strychnos spinosa Detarium microcarpum
Guiera senegalensis Entada oubanguiensis
Bridelia sp. Capparis tomentosa
Gymnosporia senegalensis Securidaca longipediculata
Crossopteryx febrifuga Cassia sieberiana
Parinari curatellaefolia Combretum nigricans
Feretia canthioides Combretum velutinum
Dichrostachys glcmerata Combretum hypopilinum
Capparis corymbosa
16

Ces Savanes forestières peuvent présenter des dominantes variables.


Les peuplements relativement purs d'lsoberlina doka sont fréquents. Ce dernier
s'associe Prosopis africana, Anogeissus leiocarpus , Burkea africana avec ensous-bois
...
Opilia amen tacea, A frormosia laxiflora, Hyrnenocardia acida e t Hyparrhenia diplandra
qui constitue un importanttapis graminéen (GILLET 1964al.
On trouve aussides peuplements à Burkea africana accompagnéde Butyro-
sperrnum parlcii, Swartzia madagascarensis e t Pseudocedrela kostchyi avec une strate
arbustive de Parinari Hymenocardia, Piliostigma thonningii, Detarium microcarpurn,
~

Bridelia ferruginea, A frormosia laxiflora, Gymnosporia senegalensis, Strychnos innocua ...


et un tapis graminéen d'Andropogon gayanus. Ce genre de peuplement est fréquent sur
les sols beiges ferrugineux tropicaux lessivés tandis que celui à Isoberlinia colonise plus
fréquemment des sols rougesferrallitiques.
Despeuplements à Arnblygonocarpus andongensis associé à Burkea africana,
Anogeissus leiocarpus, Daniellia oliveri avec un sous-boisde Detariurn microcarpurn,
Hyrnenocardia acida, Terrninalia laxiflora, Combreturn hypopilinurn, Parinari curatel-
laefolia, Piliostigma thonningii s'observentégalementsurdes sols rouges.

Des associations d'lsoberlinia doka e t bambous (Oxynanthera abyssinica) mais


a l x s sans couvert graminéen d'Andropogonées se développent aussidanscesrégions,
accompagnées d'un cortègede Monotes Kerstingii, Uapaca sornon, Afzelia, Prosopis,
Daniellia...
Tous ces peuplements sont morcelés d'affleurements decuirasse ferrugineuse
qui occupent : soit les points bas des plateaux où les eaux vont se rassembler e t qui por-
tent alorsune prairie basse à Eragrostis cambessiadana (cuirasse actuelle) - GILLET
1964a -;soit des prairies relativement bien drainées où s'observentdessavanesbasses
e t clairsemées à Hymenocardia acida, Cornbreturn nigricans... (cuirasse ancienne).

Desdépressions où l'eau séjourne de courtes périodessontoccupéespardes


rideaux de Randia nilotica, Nauclea latifolia, Gardenia erubescens, tandis que les cours
d'eau ont leurs terrassescolonisées par desgaleriesforestières à Syzygium guineense.
Une forêt sèche à Anogeissus leiocarpus fait le passage entre ces galeries e t la savane
forestière mixte.

Dessavanesdégradées par l'action de l'homme sont nombreuses. II y demeure


quelquesgrandsarbresque l'autochtone a conservés lors du défrichement antérieur :
Butyrosperrnurn parkii, Daniellia oliveri, Khaya senegalensis avec des arbustes nouvelle-
ment développés Entada oubanguiensis, Strychrlos spinosa, Bridelia ferruginea, Detariurn
..
microcarpurn e t une strate herbacéeà Hyparrhenia rufa, Andropogon gayanus. Ce sont
là desjachères relativement anciennes, tandis quedeplusrécentes,trèsdégradées,ne
vont présenter que quelques rares grands arbres avec desrepoussesde Detarium rnicro-
carpurn, Bridelia ferruginea, Piliostigrna thonningii e t un couvert graminéen d'Eragrostis
tremula, Penniseturn pedicellaturn.

3.2 - La savane arborée soudanienne à Combretacées

Au Tchad la savane arborée occupe de longuesbandesde terrain diversement


orientées :
- N-S e t E-W le long du Chari de Miltou à Fort-Lamy,
- N-S dans la dépression du Moyen-Logone,
- N-E e t S-W dans la dépression des bahrs Salamat - Aouk - Keita.
17

Cesbandes se situent au milieu dedépressionsinondéeschaqueannéepar la


crue des fleuves ou de défluents. Cette savane forme également un vaste ensemble dans
le triangle ( l e r delta du Chari) Miltou-Bokoro-Fort-Lamye t des l o t s plus modestes le
long des rives de la Loka e t de la Kabia.

Les démentsdominants de la savanearbnréeclassiqueen sont:Anogeissus


leiocarpus e t Sclerocarya birrea, plus fréquents dans la partie nord, associés à :

Combretum glutinosum var. Passargei Boswellia dalzielii


Prosopis africana Pterocarpus lucens
Acacia sieberiana Lannea barteri
Khaya senegalensis Vitex cuneata
Bombax costatum Parkia biglobosa
Stereospermum kunthianum Acacia cafra var. campylacantha
Faidherbia albida Borassus aethiopum
Cordia ab yssinica Sterculia setigera
Balanites aegyptiaca Lonchocarpus laxiflorus
Pseudocedrela kotschyi Terminalia macroptera
Celtis integrifolia

Dans la partie sud, nous trouvons encore :

Isoberlinia doka
Daniellia oliveri
Swartzia madagascarensis
A fzelia africana
Amblygonocarpus andongensis

A ces arbres vont s’ajouter des arbustes e t épineux :

Piliostigma reticulata Entada oubanguiensis


Combretum velutinum Lannea humilis
Combretum hypopilinum Acacia seyal
Hymenocardia acida Gardenia ternifolia
Grewia villosa Annona senegalensis
Strychnos spinosa Gymnosporia senegalensis
Guiera senegalensis Crossopteryx febrifuga
Cassia sieberiana Feretia canthioides
Ziziphus mucronata Capparis corymbosa
Ziziphus mauritiana Capparis tomentosa
Dalbergia melanoxylon Dichrostachys glomerata
Acacia scorpioides var. adstringens Albizia chevalieri
Acacia ataxacantha Detarium microcarpum
Asparagus africanus Ampelocissus grantii
Acacia hebecladoides Ampelocissus pentaphylla
Ximenia americana Cochlospermum tinctorium
Hexalobus monopetalus

Vers le nord :

Boscia senegalensis
Piliostigma rufescens
Combretum aculeatum
Cadaba farinosa
18

Du sudvers le nord, le tapisgraminéenpasseprogressivement d'uncouvert


d'Andropogon gayanus e t Pennisetum pedicellatum dominant à celui d'espèces annuel-
les Hyparrhenia rufa, Ctenium elegans. ..
Dans la partie sudde la région occupée par cette savane arborée, vont venir se
mêler aux espèces arborées ou arbustives classiques, celles du domaine soudano-guinéen.
Progressivement mais assez rapidement, elles vont disparaftre, ne se maintenant cà e t là
que dans l'intérieur des massifs en stations élevées.

La savanearborée prend parfois un aspect particulier e t se distribue en ilots


denses e t buissonnants, séparés par desespacesnus. Ces ilots de végétation se groupent
fréquemment autour d'anciennes termitières. I Is sont touffus e t difficilement pénétrables
par suite de la présence d'épineux bien que de faible étendue, 10 à 20 m'. On y observe
principalement les espècessuivantes : Dalbergia melanoxylon,Ziziphusmauritiana,
Dichrostachys glomerata, Grewia mollis, Albizia chevalieri, Acacia ataxacantha, Lannea
humilis, Guiera senegalensis, Piliostigma rufescens, Capparis corymbosa, Cissus quadran-
gularis... accompagnées de quelques plus grands arbres : Anogeissus leiocarpus, Balanites
aegyptiaca, Sclerocaryabirrea...

Dans la partie la plus septentrionale vont apparaître Acacia mellifera, Acacia


Senegal.
Le tapis graminéen est à basede Pennisetum pedicellatum, d'Hyparrhenia rufa
au voisinage des ilots buissonnants. II forme des plages rases à Schoenefeldia gracilis dans
les espaces nus.

Ces formations, appelées en Afrique Occidentale, "brousse tigrée", sont carac-


téristiques de sols de texture diverse (sablo-argileuse, argilo-sableuse), peu épais sur cui-
rasse ferrugineuse ou niveau gravillonnaire.

3.3 - La savane arbustive boisée du domaine sahélo-soudanien

Elle se localise à la limite nord de la savanearboréeprécédente e t a unetrès


faible étendue en latitude. Elle fait la transition entre cette dernière e t la pseudo-steppe
qui ne prendra son plein développement qu'entre les isohyètes 200 e t 500 mm. En
fonction de la texture des sols, de leur régime hydrique, de leur position auvoisinage
d'étendue d'eau ou de fleuve, la savanearborée pourra s'étendre exceptionnellement
encore plus au nord.

D'une facon plus générale, la savane arbustive du domaine sahélo-soudanienest


formée d'une végétation bassede petits arbres ou arbustes. L'ensemble facilement péné-
trable, occupe des sols hydromorphes, des sols ferrugineux tropicaux peu lessivés, des
sols bruns ou brun-rouge [Link] ces sols sontessentiellementsableux. Les
espèces les plus fréquemment observées sont : Acacia Senegal, Acacia ScorpioiiJeS var.
adstringens,Piliostigma ru fescens,Balanitesaegyptiaca,Bosciasenegalensis,Guiera
senegalensis, Ziziphus mauritiana, Cadaba farinosa, Acacia seyal. .. Elles sont accornpa-
gnées d'un haut tapis graminéen d'Andropogonées (Cymbopogon proximus).

Des formes basses, buissonnantes,peuventexister e t correspondentalors à


d'anciennes jachères. Ceci est fréquent au nord de Fort-Lamy. Hyphaene thebaica en est
I'élément dominant, associé à : Calotropisprocera, Salvadora persica, Cordia abyssinica,
Cadaba farinosa, Acacia scorpioides var. adstringens.
19

3.4 - La pseudo-steppe et ses prolongements au nord du 16e parallèle en


zone predésertique et désertique

'tPar ce vocable s m t définies des étendues herbeuses qui couvrent la partie sep-
tentrion'àle du Tchad,au nord du 13eparallèle,sousdes pluviométries inférieures à
400 - 500 mm e t poussent sur des sols sableux subarides bruns ou brun-rouge.

Elle s'observe donc :

- à l'est du lac Tchad,dans un relief parfois assez accusédedunes e t d'intel-dunes.


- dans les plaines de piedmont du massif du Ouaddaïqui s'étirent vers l'ouest jusqu'au
cordon sableux e t alors dans une topographie relativement plus plane.

3.4.1 - Rivages sud-est e t nord du lac Tchad


La pseudo-steppe fait son apparition ausud du lac où elle colonise les parties
hautes d'une topographie très accusée tandis que la végétation arborée e t arbustive se
réfugie dans les fonds. Cettepseudo-steppe est le plussouvent ici à dominance de :
Cymbopogon proxirnus, Aristida funiculata e t mutabilis. .. auxquelles vont s'ajouter cà
et Ià : Leptadenia spartium, Cornmiphora africana, Maerua crassifolia, Acacia raddiana,
Balanites aegyptiaca...

3.4.2 - Plaines de piedmont à l'ouest des massifs du Ouaddaï jusqu'à la dépression


du Bahr el Ghazal

Dans cette partie, le relief est beaucoup moins accuséquedans les régions
voisines du lac Tchad bien que le système dunaire continue à se manifester pardes
alignements NW-SE e t N-S.

L e tapis graminéen qui se développe ici encore sur des sols bruns ou brun-rouge
subarides forme un couvert de 40 à 80 cm de hauteur, constitué principalementpar des
Aristidéesdiverses : Aristida rnutabilis, Aristidapallida, Aristida stipoibres, Aristida
papposa, Aristida adscensionis e t autres graminées : Cenchrus biflorus, Cenchrus prieurii,
Eragrostis tremula, Panicum turgidurn, Schmidtia pappophoroides, Tracusracemosus,
Dactyloctenium aegyptium, Brachiaria deflexa e t distichophylla. A celles-ci s'ajoute une
strateherbacée importante à Chrozophora senegalensis, Polycarpaea coryrnbosa, Firn-
bristylis exilis, Blepharis linariaefolia, Crotalaria microcarPa, lndigofera sp., Aerva
tomentosa, Borreria radiata, Waltheria americana, Cassia obovata, Tephrosia sp...

Ce type classique peut présenter des dominancesd'uneouplusieurs de ces


espèces. C'est fréquemment le cas pour Cenchrus biflorus, Aristida stipoibres, Aristida
pallida, Aristida papposa, Eragrostis tremula...

Dans cette pseudo-steppe, la végétation arborée e t arbustive est très clairsemée,


composée essentiellementde Combretumglutinosum, Balanitesaegyptiaca,Acacia Senegal,
Guiera senegalensis; Maerua crassifolia, Commiphora africana, Capparis decidua, Acacia
~

raddiana., .
D'une facon générale, les arbres sont assez rares, les plus fortes colonies sont
installées dans les interdunes sableuses; ce sont, en plus des espèces déjà citées : Cordia
gharaf, Acacia scorpioides var. adstringens, Ziziphus mauritiana.
20

3.4.3 - La région au nord du 16e parallèle jusqu'à la dépression du Borkou. Le


massif de I'Ennedi.

Enremontant en latitude e t très rapidement enmêmetempsque diminue


l'intensité des précipitations, le couvert graminéen se contracte, se raréfie, procède par
plages, par touffes souvent déchaussées.

Peu après Koro Toro vers le nord, le vaste ensemble sableux du sud fait place à
un erg vif (erg du Djourab) aux multiples prolongements e t à des placages de diatomites
blanches e t nues sur lesquellesse déplacent, sous l'action duvent, une couverture sableuse
plus ou moins épaisse,[Link] affleurements degrès ferrugineux
noirâtres s'observent cà e t Ià.

Aristida papposa, Aristida pungens, Panicum turgidum e t Fagonia arabica sont


les rares espèces observées avec Cornulaca monacantha (Had des Arabes) excellent pâtu-
rage à chameau dont l'apparition au sud correspond à la raréfaction de Cenchrus biflorus
qui se maintient encore très au nord.

Dans ces parties, les sols sont dépourvusde toute végétation arborée. On observe
c à e t là, notamment vers l'est en nous rapprochantdes contreforts des massifs montagneux
(Kapka - Ennedi), quelques arbustes : Acacia raddiana,Acacia flawa, Capparis decidua,
Maerua crassifolia... qui se maintiennentà proximité des cours des ouadis. Cymbopogon
proximus les accompagne, colonisant les ravines des sables, Aristidaplumosa occupe les
plages des vallées ensablées.

Nous sommes ici dans le domaine des sols gris subdésertiques sableux (sables
plus ou moins épais fixés par un tapis graminéen sur substratum diatomitique ougré-
seux) ;des sols minéraux bruts (affleurements de diatomite e t de grès, erg vif, barkhane).

3.4.4 - La dépression du Borkou


Elle s'étire d'est en ouest, principalement entre les 18e e t 19e degrés de longi-
t u d e E.,aux alentours du18edegréde latitude N., au pied du massifduTibesti.

Elle est essentiellement constituée par des affleurements de diatomite qui alter-
nent avec ceux de grès donnant un paysage désert e t chaotique aux extrémités duquel se
percoivent deuxflotsdeverdure : la palmeraiedeLargeau à l'est e t celles morcelées
d'Elleboye - Ayanga - Ngour Ma - Kirdimi - Yen - Ain Galaka à l'ouest. Partout ailleurs
le sol e s t nu avec quelques rares arbustes. Le tapis graminéenest réduit à quelques touffes
i isolées. Très érodées, ces zones subissent l'action intensive des vents. Là où la nappe est
proche, une végétation naturelle assez dense à base d'Acacia raddiana a pu se développer
lorsqu'un repli de terrain coupe la violence des vents dominants.

Dans les palmeraies e t auvoisinagedeszoneshabitées, principalement autour


deLargeau, la végétation naturelle a pratiquement disparu,coupée e t employée aux
usages domestiques.

D'une facon générale, ce sont toujours les mêmes arbres ou arbustes, la même
strate herbacée ou graminéenne que l'on observe :

Arbres e t arbustes

En plus des espèces déjà citées : Hyphaene thébaica, Capparis decidua, Maerua
crassifolia, Salvadora persica, Cornulaca monacantha,Tamarix gallica, Calotropis procera.
21

Strate herbacée
Chrozophora sp., Gekeria alata, lndigofera sp., Achyranthes aspera, Fagonia
oliveri, Tephrosia sp., Mentha viridis, Typha australis, Juncus maritimus.

Strate graminéenne
Aristida pungens, Desmotachya bipinnata, Aristida papposa, Eragrostis pilosa,
Panicum turgidum ...
Autour des puits e t dans les cuvettes on rencontre des peuplements lâches e t
pratiquement purs d ' Hyphaene thebaika.
Dans la partie ouest de la dépression s'observe, dans les zones abritées des vents,
une végétation assez dense où se trouvent : Acacia raddiana, Acacia seyal,Salvadora
persica, Calotropis procera ...
Sur les sables fixés, on relève surtout : Calotropis procera, Fagonia oliveri e t
par touffes : Aristida pungens, Panicum turgidum.
Autour des sources (Ain Galaka, Chien Maro) e t des mares, on trouve : Tamarix
gallica, Juncus maritimus, Typha australis.

Geigeria alata, souvent en buissons assez étendus, est un indice d'eau proche e t
donne dans les zones soumises au vent, un paysage particulier constitué de buttes mou-
tonnantes en retenant le sable par son systèmevégétatif.

3.5 - La Végétation des ouadi natronésdela bordure du LacTchad.

Ces ouadi natronés sontnombreux sur la bordure est e t nord du lac Tchad e t ils
s'observent très loin dans l'intérieur des terres, notamment en direction de Mao. Certains
d'entre eux, t e l celui de Kaya, sont utilises pour l'extraction du natron.
D'une façon générale, l'ensemble de l'ouadi n'est pas totalement natroné, seules
les parties les plus basses le sont. Stériles, elles sont dépourvues de toute végétation. Elles
se signalent par leur coloration e t forment destachesblanches ou noirâtres suivant la
saison e t l'humidité du milieu.

Autour de la zone stérile, la salinité des sols décroît progressivementen même


tempsque la végétation commence à apparaître, Cynodon dactylon forme un mince
tapis discontinu. I I peut être accompagné de Brachiaria sp., Chloris sp., lmperata cylin-
drica. Parfois c'est Sporobolus robustus qui occupe par touffes déchaussées les bordures
des taches stériles. On peut y trouver aussi en tapis ras Juncus maritimus.

Typha australis, Phragmites vulgaris colonisent les bordures demares tempo-


raires ou permanentes qui peuvent exister dans les points bas mais au contact de parties
fortement natronées leur couvert graminéen est de moins belle venue e t s'éclaircit.

3.6 - La végétationaquatique de la bordure deslacs

Dans le sud du lac Tchad, les eaux libres sont rares e t limitées à quelques
chenaux. L'e2semble est colonisé par une végétation deGraminées e t deCypéracées :
Cyperus divers, Echinochloa stagnina, Echinochloa pyramidalis, Oryza barthii. aux- ..
quelles s'ajoutent desnénuphars (Nymphaea lotus), Polygonum sp ...
22

Vers le nord, sur la bordure est puis nord du lac, le rivage des ouadi en eau ou
en cours d'assèchement est couvert par une grande graminée de 3 à 4 m de haut Phrag-
mites communis e t par Typha australis. On trouve également Sporobolus robustus,
Cyperus articulatus, par place e t des tapis denses mais plus élevés de Juncus mafitimus.

A la limite deseaux,sur la bordure sud e t est, la végétation arborée est assez


variée en espèces. A Herminiera elaphroxylon en eaux profondes s'ajoutent desespèces
exondées : Acacia sieberiana très fréquent,Acacia scorpioibres var. adstringens, Hyphaene
thebaica, Salvadora persica, Acacia set~egal,Acacia seyal. Plus au nord, se maintiendront
Acacia Senegal, Acacia scorpioibres,Hyphaene thebaica, Herminieraelaphroxylon et,
descendues des dunes voisines, Leptadenia spartium, Commiphora africana.

Leseaux libres du lac Tchad sont colonisées dans la partie nord par des lots
flottants de Cyperus papyrus qui,au gré du caprice des vents,viennent boucher les passes
ou se coller au rivage se mêlant alors aux Phragmites communis, Typha australis vivant
en eaux peu profondes.

Le lac Fitri, d'une étendue beaucoup plus modeste (420 km2 aux basses eaux),
possède de même une surface d'eaux libres importante tandis que ses rives sont coloni-
sées par une prairie inondée à dominance de Vossia cuspidata qui e s t accompagnée par
Echinochloa stagnina et pyramidalis,' Oryza barthii, Herminiera elaphroxylon, Nymphaea .
lotus.
Le lac Iro, plus ausud (95 km'), ceinturé par descuirassesferrugineusessauf
dans sa partie sud-ouest, va présenter une végétation aquatique sensiblement analogue.

3.7 - La Rôneraie

Le rônier (Borassus aethiopum) est un arbre assez peu répandu dans la cuvette
tchadienne. On le trouve le plus souvent à l'état d'individu isolé ou par groupe de quel-
ques unités dans la partie sud, soit autour des villages le long des routes ou des cours
d'eau. II disparaît très rapidement au nord du 12e parallèle en même temps qu'Hyphaene
thebaica, déjà bien représentéplus ausud, le [Link] va
cependant former exceptionnellement des colonies denses en certaines régions, partout
où s'observe un plan d'eau élevé e t une texture légère des sols. Dans ces régions, parail-
leurs, la densitéde la population est faible. Dès qu'il y a accroissementde celle-ci, la
rbneraie disparaît progressivement, soit que l'abattage réponde à des fins de culture, soit
que le bois de cet arbre soit utilisé à la construction des charpentes des habitations. La
rôneraie est alors remplacée par une savane arborke plus ou moins dense à Anogeissus
leiocarpus e t Prosopis africana dans la partie sud du pays. L'aired'extension deces
rôneraies est assez limitée e t se tient principalement entre Logone e t Chari d'une part, e t
dans certains ouadi à l'est de la dépressionduBahr el Ghazal à la hauteur deChédra,
d'autre part.

3.8 - La végétation des SOIS de "naga" et des "regs"

Dans les deux cas, il s'agit d'une végétation qui se réduit à quelques arbres e t
arbustes généralement malingrese t clairsemés, séparés par de grands espaces nus. L'aspect
est celui d'un paysage sahélien même à des latitudes très méridionales. II e s t non pas le
résultat de conditions climatiquesparticulières,maiscelui de facteurspédologiques
(faible perméabilité, mauvaise structure,sodium échangeable fixé sur le complexe
absorbant...).
23

Le terme de "naga" utilisé par les Arabes e t dont I'équivalent en foulfouldé est
"hardé" désigne cet aspect du paysage e t caractérise aussi bien le sol que la végétation
qu'il porte. Celle-ci colonise des sols de bourrelets de texture limono-argileuse à argilo-
limoneuse. Ils sont assez peurépandusdans la partie sud du territoire, beaucoup plus
nombreux aux latitudes plus septentrionales notamment au sud e t au nord de Fort-Lamy,
e t également dans la fosse de Massénya e t dans celle au nord d'Oum-Hadjer.

L e terme de "reg " définit également des sols à végétation très clairsemée qui
portent ensurface un cailloutis quartzeux roulé de faibles dimensions. Ils forment des
unités beaucoup plus étendues qui se localisent autour des massifs. Sur le pourtour du
massif central tchadien, le morcellement de ces surfaces est assez important mais dis-
paraît progressivement vers le nord-est où tous les piedmonts du massif du Ouaddaï e t
de I'Ennedi sont envahis par ce type de végétation. Les sols sont ici de texture argilo-
sableuse exceptionnellement argileuse, couverts très localement par des plages de sable
superficiel.

Les principales espècesque l'on y observe sont : Lannea homilis, Balanites


aegyptiaca,Acaciaseyal,Acacia Senegal, Dalbergiamelanox ylon, Capparisdecidua,
Maeruacrassifolia,Bosciasenegaiensis, Combretum aculeatum,Cappariscorymbosa,
Capparis tomentosa, avec une strate graminéenne de Schoenefeldia gracilis, Aristida sti-
poides, Ctenium eiegans.

La répartition de ces différentes espèces va varier du sud vers le nord.

Dans le sud on assiste surtout surces sols, à unedégradation de la savane


arborée avec des taches très clairsemées à Lannea humilis, Balanites aegyptiaca, Acacia
seyai... ceci principalement auvoisinagedescoursd'eau (feuilles de Djouna - Lac Iro -
Fort-Archambault).

Dans le Moyen-Logone,entre Laï e t Bongor, ce type de végétation se déve-


loppe sur des sols argilo-sableux de buttes à la limite de l'inondation. Aux espèces ci-
dessus peuvents'ajouter : Tamarindusindica, Ziziphusmauritiana, Acacia Senegal,
Hyphaene thebaica, Acacia sieberiana,Dichrostachysgiomerata, Anogeissus leic~carpus. ..
Plus au nord, elles vont former des taches plus étendues au milieu d e la savane
arborée le long du Chari, du Bahr Erguig, du Batha de Laïri. Ces taches constituent dans
ce dernier cas des [Link]-sud qui bordent des formations de savane arborée
dense e t font le contact avec des dépressions plus ou moins inondées, situées en contre-
bas. Ce sont les mêmes espèces que l'on trouve ici, auxquelles s'ajoute Dalbergia melano-
xylon. Cet arbuste va prendre plus d'importance dès le sudde Fort-Lamy où il va se
retrouver associé à Hyphaene thebaika surtqut enrepousses : Cadaba farinosa, Boscia
senegalensis, Piliostigma rufescens e t les espèces précédemment citées mais en quantité
moindre.

AU nord de Fort-Lamy Lannea humilis disparaît presque totalement, tandis que


Maerua crassifolia fait son apparition.

Les mares de la "naga" sont colonisées ici par Acacia seyal, Acacia scorpioiifes
var. nilotica e t Hygrophila spinosa, une petite Acanthacée épineuse.

Les "regs" d u massif central tchadien en taches discontinues de faible étendue


sont essentiellement composés d'un couvert très lâche de Balanites aegyptiaca. Sur les
piedmonts du massif du Ouaddai; dans le sud, Acacia seyal est I'élément dominant de
cette formation très clairsemée. Les arbres sont petits sauf dans les points bas, souvent
plus argileux où le couvert devient plus dense. II est accompagné parfois de Balanites
24

aegyptiaca, Acacia Senegal. Vers l'ouest (sud d'Oum Hadjer), on note dessavanes arbus-
tives moins clairsemées. Cet acacia est alors accompagné de Capparisdecidua,' Cordia
gharaf, Dichrostachys glomerata, Boscia senegalensis, Commiphora africana e t Guiera
senegalensis sur des placages de sable superficiel.

Desassociations différentes apparaissentvers Ye nord. A l'ouestde Biltine,


Maerua crassifolia est I'élément dominant avec Capparis decidua, Balanites aegyptiaca
qui se raréfie tandis qu'Acacia flava colonise les fonds d'ouadi avec Acacia seyal. On
observe Ià encore Acacia mellifera, Acacia scorpioldes et même Anogeissus leiocarpus,
Faidherbia albida, Ziziphus mauritiana, Diospyros mespiliformis.
Au nord d'Arada,jusqu'aux piedmonts de I'Ennedi, ces "regs"ne vont plus
porter quedetrèsrares Maerua crassifolia dansune topographie plus accidentée où la
végétation très lâche se réfugiera dans les thalwegs.

"Naga" e t "regs" ont un couvert graminéen ras e t discontinu procédant par


plages. Schoenefeldiagracilis y est I'élément dominant auquel s'ajoute Aristida funiculata
dans l'est, Cymbopogon proximus en touffes déchaussées colonise souvent les parties
bassesdes"regs"ou les pentes très légères de ceux-ci.

3.9 - La savanearbustivedeszones d'inondation

Ces zones d'inondation sont nombreusesauTchad, principalement localisées


au sud du 13e parallèle plus spécialement dans les bassins du Moyen e t Bas-Logone, du
Bas-Chari, le pourtour des lacs Fitri, Iro e t Tchad, la dépression Aouk-Keita-Salamat.

Dès que nous quittons la savane arborée ou arbustive de la zone exondée pour
pénétrer dans les plaines d'inondation, la végétation se clairsème en même temps que le
couvert graminéen devient plushaut e t plus fourni. Dans les zones de contact, il y a assez
[Link]èces sont cependant plus abondantes tandis quede
nouvelles commencent à apparaître ; ainsi dans le sud : Combretum glutinosum, Pilio-
stigma reticulata, Pseudocedrela kotschyi dominent tandisqueviennent s'ajouter :
Terminalia macroptera, Mitrag yna inermis, Gardenia ternifolia.

Dans les zonesinondées, ce sont toujours les mêmesgroupements que l'on


observe e t qui se résument par l'association des plantessuivantes : Combretum gluti-
nosum, Piliostigma reticulata, Acacia sieberiana, Ziziphus mauritiana, Randia nilotica,
Andira inermis, Mitragyna inermis, Diospyros mespiliformis, Acacia scorpioides var.
nilotica, Acacia seyal, Crataeva adansonii, Pseudocedrela kotschyi, Gardenia ternifolia...

Au sud, dans le Moyen-Logone, dans la dépression Aouk-Keita-Salamat, la dis-


parition de Terminalia avicennioibres marque souvent l'extrême limite des sols exondés
tandis que Terminalia macroptera, Gardenia ternifolia, Mitragyna inermis annoncent
déjà une zone humide subissant une faible [Link] reticulata, Combretum
glutinosum se rencontrent indifféremmenten terrains inondés ou exondés.
Diversgroupements marquent le passagede la savanearborée forestière aux
prairies marécageuses. Ils sont liés à la durée e t profondeur deseaux d'inondation e t à
la nature du terrain.

3.9.1 - Groupement à Piliostigma reticulata - Combretum glutinosum


II se rencontre en peuplements presque purs sur des sols hydromorphes sablo-
argileux faiblement inondés.
25

3.9.2 - Groupementà Terminaliamacroptera


II s'observe en peuplements purs mais souvent assez lâches sur des sols hydro-
morphes sableux à sablo-argileux ou limoneux.

3.9.3 - Groupement B Terminalia macroptera, Piliostigma reticulata, Gardenia


ternifolia,Mitragyna inerrnis,Nauclea latifolia

Ce groupement très clair colonise des bordures de buttes exondéesen terrain


sablo-argileux hydromorphe déjà marquépar des effondrements. II est très fréquent
dans le Moyen-Logone. Les sols portant ce groupement sont faiblement inondés.

3.9.4 - Groupement à Pseudocedrela kotschyi, Piliostigma reticulata, Combretum


glutinosum

II est spécifique de vertisols à nodules calcaires e t effondrements soumis à une


inondation assez forte. II se rencontre surtout dans les dépressions du Moyen-Logone e t
des bahrs Aouk-Keita-Salamat.

Les arbres e t arbustes sont peu nombreux, souvent réduits à I'état d'individus
isolés ou groupés par deux ou trois sur une termitière avec parfois Mitragyna inermis ou
quelques Terminaliamacroptera [Link] les profondeurs d'eau sont moins
importantes, le peuplement se densifie tout en restant cependant assez clair.

Pseudocedrela kotschyi en est I'élément dominant dans le Moyen-Logone tandis


que dans l'est, au sud d'Am-Timan, Combretum glutinosum arrive à former des peuple-
mentsclairs e t trèspursdans les partiespeuinondées qui sont nombreusesen cette
région.

Ces mêmes sols, mais alors enclavés dans des affleurements de cuirasse ferrugi-
neuse,sur le pourtour du massif central tchadien,et relativement bien drainés, portent
alors une végétation très proche par sa densité de la savane arborée sur [Link] espèces
ci-dessus vont s'ajouter : Anogeissus leiocarpus, Entada oubanguiensis. Une telle savane
s'observe également sur des sols identiques au sud-est du lac Fitri.

Les zones d'inondation sontcependantavant tout le domaine desgrandes


Andropogonées qui poussent en juillet-août e t sont brûléesen janvier-février par les
feux debrousse.

3.9.5 - Groupementà Acacia seyal, Piliostigma reticulata


II est caractéristiquede zone de contact entre les vertisols sur argiles récentese t
les sols hydromorphes sur ces mêmes dépôts. II fait la transition entre la savane armée e t
la prairie marécageusetrès inondée. II est observédans les plainesau nord de Bongor.

3.9.6 - Groupement en îlots


Ce groupement est surtout visible dans le sud du territoire e t semble correspon-
dre à des sols sablo-argileux non inondés mais à mauvais drainage interne sur lesquels, en
saison des pluies, l'eau s'accumule en nombreuses petites mares. On l'observe au nord de
Laï vers Banga, Ninga e t au nord de Guidari e t de Donomanga. Les arbres se groupent en
petits boqueteaux très espacés les uns des autres. Chaque bosquet repose sur une plate-
26

forme de quelques centimètres de hauteur formée par les vers e t composée de tortillons
de terre grisetrè[Link] rencontrées y sont peuvariées : Combretum
glutinosum, Terminalia macroptera, Gardenia ternifolia, Tamarindus indica, Nauclea
latifolia, Lannea humilis, Lannea velutina, Combretum aculeatum...

Au pied de ces arbres poussent d'épais buissons de Ziziphus mauritiana e t de


Cissus quadrangularis dont les rameaux grimpent aux arbres. Ce groupement est assez
voisin de celui observésur la cuirasse ferrugineuse e t assez proche de ceux des sols
de"naga".

3.1O - La savane arbustive armée

Elle est assez peurépanduedans l a partie méridionale du Tchad e t se tient


principalement au nord du12eparallèle.

L e groupement à Acacia seyal est le plus fréquemment observé. Cet arbuste e s t


I'élément dominant des savanes armées qui se développent sur des vertisols très argileux
subissant une inondation par la crue des fleuves ou une submersion par les eaux de ruis-
sellement ensaisondespluies. L a lame d'eau est peu importante. Ensaisonsèche, leur
surfacecraqueléepar des fentes de retraits distribuées en polygones,bosseléepar un
microrelief plus ou moins accusé, présente parfois un aspect chaotique.

Ces savanes armées, rares dans le sud, forment cependant des alignements orien-
tés NE-SW dans la dépression Aouk-Keita-Salamat. Elles représentent au nord e t à l'est
de Fort-Lamy jusqu'au lac Fitri, ainsi que dans les fosses de Massénya e t d'Oum Hadjer,
le couvertarbustif classiquedes vertisols. Les arbres e t arbustes qui accompagnent
Acacia seyal sont : Balanites aegyptiaca, Acacia sieberiana, Acacia scorpioides var.
nilotica, Mitragyna inermis, Ziziphus mauritiana, Piliostigma reticulata, Crataeva
adansonii

Dans la strateherbacée figure principalement Hygrophila spinosa.

Dans cette savane arbustive armée, la répartition des épineux est fonction de la
topographie :

- dansles zones faiblement inondées, Acacia seyal domine tantôt en formation dense,
tantôt en îlots clairs,
- dansles parties les plus basses, la savanearmée est à Acacia scorpioibres var. nilotica
auquel s'associentquelques Acacia seyal,Crataevaadansonii, Mitragyna inermis.

Les formations à Acacia scorpioiiJes sontfréquentes en bordure du Chari,


autour du lac Fitri, dans le delta du Batha, ainsi que par taches dans le sillon du bahr
el Ghazal.

La savanearmée trouve sa limite nord sur la bordure du lac Tchad où elle se


voit encore dans quelques ouadi au nord de Massakory sur des vertisols à tendance halo-
morphe trèsmarqué[Link] l'est, elle nedépassepas le 14e parallèle e t les dépressions
argileuses sont alors colonisées par
Acacia flava.

La savane armée n'est cependant pas l'apanage exclusif des vertisols, c'est ainsi
qu'on va la trouver près du Chari surdes sols hydromorphes argilo-limoneux, mais elle
est là alors plus dense e t plus variée en espèces. Ces sols ne subissent pas de submersion
mais présentent des horizons d'engorgementà faible profondeur.
27

3.11 - La prairie marécageuse

Elle se développe dans les régions inondées en saison des pluies, soit dansdes
cuvettes intérieures, soit en bordure des cours d'eau. Sa plus grande aire d'extension se
situe dans les dépressions du Moyen e t Bas-Logone, des bahrs Aouk - Keita - Salamat,
ainsi que surle pourtour immédiat du lac Fitri. Dessurfaces plus modestessont recouver-
tes parcelle-ci ende multiples endroits, dès qu'un plan d'eauassezélevéempêche le
développement d'une strate arborée ou arbustive, mais favorise celui des graminées aqua-
tiques. Cette prairie subit une inondation variable d'août à décembre dans les régions sud
e t parfois d'aoûtà avril-mai dans les parties basses les plus tardivement asséchées. C'est le
cas notamment des régions situées au sud-ouest de Fort-Foureau, au Cameroun, où des
marécages encore très importants subsistent jusqu'en juin. Ces régions sont très fréquen-
tées des pêcheurs e t des pasteurs nomades qui y trouvent refuge avec leur troupeau en
pleine saison sèche.

Cette prairie marécageuse est à dominance d'Andropogonées. Hyparrhenia rufa


y constitue des tapis densesaccompagnés d'Andropogon e t Cymbopogon divers,de
Vetiveria nigritana. On y observe : fchinochloa pyramidalis, Sporobolus pyramidalis
Setaria palidifusca, Rottboellia exaltata, Jardinea congoensis, Hemarthria fasciculata,
Cymbopogon proximus, Andropogon schirensis, Andropogon amplectens, Juncus mariti-
mus, Sesbania sp., Desmodium gangeticum.
Un étagement de la végétation existe en relation avec les profondeurs d'eau. Les
parties les plus basses, correspondant à des voies d'eau au moment de la crue, forment
desmaresen pleine saisonsèche. Elles sont recouvertes d'fchinochloa stagnina, Oryza
barthii, Nymphaea lotus.
Dans toutes les vasteszones d'inondation aux grandes Andropogonées hautes
de 2 m, se mêlent quelques arbres au voisinage principalement desrares buttes ousur
des termitières. Dans le Moyen-Logone e t la dépression Aouk-Keita-Salamat, i l s'agit de
Pseudocedrela kotschyi, Combretum glutinosum, Mitragyna inermis, Piliostigma reticu-
lata. Ce sont Ià le plus souvent des vertisols à abondants nodules calcaires e t effondre-
ments dont nous avons déjà parlé.
Dans le Bas-Logone e t sur le pourtour du lac Fitri, les arbres e t arbustes sont :
Acacia seyal, Acacia sieberiana, Balanites aegyptiaca, Piliostigma reticulata,Ziziphus
mauritiana. Ils poussentsurdes vertisols ou des sols hydromorphes.
Ces prairies subissent des inondations variables, atteignant en moyenne de 80 à
120 cm au plus fort de la crue. Elles sont détruites par les feux de brousse en janvier-
février ... parfois beaucoup plustard e t les jeunes repoussessont pâturées parles troupeaux.
Les buttes exondées que l'on trouve dans l'intérieur des plaines d'inondation
sont : soit naturelles, soit d'origine humaine. Elles s'élèvent de 5 à 6 m au-dessus de la
plaine e t sont ceinturées par des mares car les autochtones ont prélevé dans leur voisi-
nage immédiat la terre nécessaire à I'édification [Link] subsistent parfois
jusqu'en pleine saison sèche (région sud-ouest de Fort-Lamy) e t portent du riz sauvage,
Echinochloa stagnina, Nymphaea lotus. ..

Sur les buttes occupées, la végétation se limite à quelques arbres préservés lors
d'anciens défrichements, à des rudérales, des messicoles : Ficus divers, Borassusaethio-
pum, Faidherbia albida, Bombax costatum, Tamarindus indica, Kigelia africana,
Hyphaene thebaika, Celtis integrifolia, Acacia scorpioi?les, Acacia sieberiana, Acacia
seyal, Acacia Senegal, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana, Capparis tomentosa,
Cassia obovata, Ricinus communis, Calotropis procera.
28

3.12 - La galerie forestière

Elle se voit le long des principaux cours d'eau à débit permanent (Chari-Logone)
ou semi-permanent (Batha-Batha de Lairi-Bahr Erguig...). Elle est différente du sud au
nord. Dans le sud, elle va occuper des vallées parfois encaissées, des thalwegs, La végé-
tation est assez luxuriante avec comme espèces : Vitex cuneata, Syzigium guineense,
Anthocleista oubanguiensis, Tricalysia okelensis, Ficus capensis, Gardenis ternifolia,
Nauclea latifolia, Tamarindus indica, Diospyros mespiliformis,Terminalia laxiflora et
macroptera, Acacia caffra var. campylacantha avec en sous-bois Sopubia ramosa, Abrus
canescens (dépression du Mandoul, GILLET 1964a).

On passe progressivement de cette galerie forestière à la savanearboréedu


plateauparune forêt sèche à Anogeissus leiocarpus avec Prosopis africana, Loncho-
carpus laxiflorus, Acacia ataxacantha.

Cette forêt-galerie ne forme pas un réseau continu, elle est souvent interrompue,
dans les parties très encaissées des fleuves où les berges abruptes s'élèvent largement au-
dessus du niveau des hautes eaux.

Au sud e t au nord de Fort-Lamy e t jusqu'au IacTchad, les bourrelets du Logone


e t du Chari portent desboisementsdensesde faible extension mais difficilement péné-
[Link]èces principales observées ici sont nombreuses : Acacia sieberiana,
Acaciaseyal, Acacia ataxacantha, Acacia caffra var. campylacantha, Acacia Senegal,
Acacia scorpioiijes var. nilotica, Albizia chevalieri, Cassia sieberiana, Tamarindus indica,
Diospyros mespiliformis, Mitragyna inerrnis, Kigelia africana, Khaya senegalensis, Bala-
nites aegyptiaca, Celtis integrifolia, Stereospermum kunthianum, Anogeissus leiocarpus,
Lannea humilis, Combretum glutinosum.

Lesous-bois est constitué d'arbustes épineux ou non : Acacia ataxacantha,


Ziziphus mauritiana, Capparis corymbosa, Capparis tomentosa, Ximenia americana,
Piliostigma reticulata, Piliostigma rufescens, Boscia senegalensis, Cadaba farinosa, Com-
bretum lecardii, Combretum aculeatum, Cissus quadrangularis.

En s'éloignant de ces terrasses inondées par la crue, l'on passe rapidement dans
les parties exondées : au sud à la savane arborée à Anogeissus leiocarpus e t Sclerocarya
birrea ; au nord à la savane arbustive à Acacia scorpioliles var. adstringens, Acacia
Senegal,Cadaba farinosa... e t à la pseudo-steppe à Andropogonées.

Ces galeriesforestières se développent dans le sud du territoire surdes sols


ferrugineux tropicaux lessivés parfois à caractères hydromorphes très accusés de texture
sablo-argileuse à argilo-sableuse. Dans le nord, il s'agit de sols hydromorphes formés sur
...
des alluvions récentes à texture limono-argileuse argilo-limoneuse, à larges fentes de
retrait parfois.
29

4 - L'HYDROGRAPHIE *
Plusieurs réseaux hydrographiques s'observent dans l'ensemble du Tchad mais
la cuvette tchadienne est surtout parcourue par deux grands fleuves : le Logone e t le
Chari dont les eaux vont se rassemblerau nord de Fort-Lamy dans le lac Tchad après
avoir inondé pendant la crue les étendues riveraines e t donné naissance à de nombreux
défluents.

II. IL 1'.

CARTE DU RESEAU HYDROGRAHIQUE


*%.

l'
I

R~PUBLIQUE 'l
DU

NIGER i
+
X"

__ "X --

-
(Service hydrologique d e I'O.R.S.T.0.M. - R O D I E R - BESLON B I L L O N - B O U C H A R D E A U -
- - -
BRAQUAVAL L E F E V R E RANC - RIMBERT- ROCHE SABATIER - T I X I E R ) .
30

4.1 - Le réseau hydrographique du Logone et Chari - le lac Tchad - le lac Iro

I I s'observe dans la partie sud-ouest du territoire.

4.1.1 - Le Logone

II prend naissance dans le plateau de l'Adamaoua (Cameroun) à 1.200 m d'alti-


tude. Long de 1.000 km, il porte le nom de Wina au Cameroun, recoit la M'Béré grossie
du Ngou e t de la Lim. L'ensemble constitue le Logone occideutal qui collecte la Pendé
ou Logone oriental, puis sur la rive gauche la Tandjilé issue des plateaux laka. Ce fleuve
ne recevra plus ensuite aucunaffluent jusqu'à sa confluence avec le Chari mais lui retour-
neront, plus en aval par l'intermédiaire de défluents, des eaux perdues en amont.

II seraaussi alimenté par les cours d'eau descendus des Monts Mandara (mayo
Boula, Tsanaga, Balda,Motorsolo, Ranéo, Mangafé...) qui vont se perdre dans un immense
yaéré sur la rive gauche au Cameroun.

On peut scinder le bassin du Logone en 3 troncons :

- cours supérieur où le fleuve e t ses affluents coulent par des vallées larges e t encaissées
dans les formations du socle e t le Continental Terminal jusqu'à Laï,
- cours moyen de Laïà Bongor constitué dans les formations quaternaires anciennes où
le cours du Logone est marqué par d'importants bourrelets interrompus dezonesde
départ de défluents.

Sur la rive droite du fleuve, de nombreuses zones dépressionnaires servent de


passages aux eaux de déversement qui vont constituer le Ba-llli qui coule au fond de la
dépression inter Logone-Chari.

Sur la rive gauche, la zone dedéversement se situe dans la régiond'Eré. Les


eaux empruntent la dépressiondulacBoro,rejoignent les cours de la Loka e t de la
Kabia, se déversent dans les lacsde Tikem-Fianga e t prennent le chemin de la Bénoué
par le mayo Kebbi e t les lacs Toubouris. Les pertes par déversement sont estimées dans
cette région à 1 million de mètres cubes les années de fortes crues.

- cours inférieur du nord de Bongor à la confluence avec le Chari. A partir de Katoa -


Gamsai; sur la rive droite, les bourrelets ne forment plus qu'une ligne très discontinue
à peine visible e t le déversement est général sur les deux rives. Le fleuve entaille alors
ici des formations quaternaires récentes.

Les défluents qui prennent naissance ici sont, sur la rive droite : I'Oulia, le
Koulambou, le mayo Karaska ... ; plus au nord se rassemblent les eaux de la Loumia, du
Ba-llli, du Koulambou.

Régime, débits e t déversements

Le régime du Logone est caractérisé par une crue qui débute avec le commen-
cement de la saison des pluies (mai-juin). La grande crue s'amorce en juillet e t se pour-
suit jusqu'en octobre avec un maximum dansce dernier mois. La décrue est ré ulière
dès la fin octobre.' Les débits moyens mensuels à l'étiage sont de 45 à 100 m /S, de B
1.800 à 2.000 m3/s au moment de la crue. L'étiage se situe en avril-mai. Au plus fort
de la crue, le Logone inonde les plaines environnantes par ses déversements.
31

Onobsecve pendant cette période une diminution progressivedes débits de


l'amont vers l'aval qui est la conséquence des pertes subies par le fleuve ( 1 1. Le Logone
perd ainsi, par déversement, entre Laï e t le confluent du Chari 20 à 30 % de son débit.

Les pertes

- danssoncoursmoyen, entre Laï e t Bongor, sont presque nulles enannéesè[Link]


année de forte crue, elles dépasseraient le milliard de mètres cubes.
- dans son cours inférieur elles sont importantes quelle que soit l'année e t se chiffrent
par plusieurs milliards de mètres cubes.

4.1.2- Le Chari
I I prend ce nom en amont de Fort-Archambault e t résulte de la jonction de
plusieurs rivières venant de la République Centrafricaine.

AprèssonentréeauTchad, il recoit :

- sur sa rive droite :

. le bahr Aouk,
. le bahr Keita,
. le bahr Salamat qui
continue le bahr Azoum e t va alimenter la vaste dépression
du sud d'Am-Timan.

A partir de la confluence du Bahr Salamat, le Chari ne recevra plus rien sur sa


rive droite mais donnera naissance à quelques importants défluents.

- sur sa rive gauche :

. la grande e t la petite Sido,


. I'Ouhamgrossie du Mandoul,
. le Ba-llli deBousso,
. le Logone.
Le cours du Chari peut être subdivisé en 3 troncons :

- cours supérieur : de sa source à Niellim où le fleuve entaille le socle ou le Continental


Terminal e t reqoit ses principaux affluents.

(1) - Volumes annuels débités par le Logone en milliards de m3 :


1953 année de faible crue,
1955 année de forte crue.

Laï
Bongor
21.54
Katoa
l 13,15
14.67
22.52

Logone-Gana
Logone-Birni
32

- cours moyen : de Niellim à Fort-Lamy où le Chari recoupe profondément les forma-


tions quaternaires anciennes e t récentes e t donne naissance à des défluents :
. bahr Korbol qui prend ensuite le nom de bahr Erguig,
. bahr Gatamoro,
. bahr Ligna...
Le Batha de Lairi, plus à l'est, devait être anciennement alimenté parles débor-
dements du Chari.

- cours inférieur : de
Fort-Lamy au lac Tchad. Le fleuve recoupe dans cette partie, des
formations quaternaires récentes, en même temps qu'il a donné naissance à une multi-
tude de défluents la plupart aujourd'hui non fonctionnels qui rejoignaient le lac Tchad
(bahr Biher, Serbewel, Taf-Taf, Erédip 1. ...
Régime, débits e t déversements
Sonrégime est sensiblement identique à celui [Link] crue débute en
juin pour atteindre son maximum en octobre-novembre (2.500 à plusde 4.000 m3/s
suivant l'année considérée à Fort-Lamy). La décrue est régulière à partir de novembre e t
I'étiage a lieu en avril-mai (150à 200 m3/s).

4.1.3 - Le lac Tchad


Actuellement, ce lac couvre une superficie variant suivant le caprice des crues,
de 10.000 à 25.000 km2. I I comporte :

-2 immenseszonesd'eauxlibresséparées par la grande barrière : l'uneau nord-ouest,


l'autre à l'embouchure du Chari,
- l'archipel le long de la rive nord-est constitué par des chapelets d'îles alignées NW-SE.
- 2 zonesdemarécages,l'uneausud-ouest, l'autre à l'est dans la partie suddeseaux
libres.
La profondeur moyenne est de 3,50 m dans les eaux libres du sud, de 7 m dans
les eaux libres du nord avec des hauts-fonds de 4 m. Ces différences semblent provenir
des apports récents du Chari dans la partie sud. Les fonds sont constitués par des vases
qui ennoient partiellement ou totalement le systèmedunaire qui se poursuit sous le
niveaudulacens'atténuanten direction S-W.

Leseauxsonttrèspeuminéralisées (40 à 100 mg par litre).

Le lac Tchad est alimenté :

- par les apports de différents fleuves


: Chari, El Béid, Komadougou,dont le maximum
de la crue se situe d'octobre à décembre. 40 milliards de m3 sont ainsi apportés chaque
année dont 95 % par le Chari,
- par les précipitations tombées sur l'ensemble du lac, estimées à 420 mm en 1956.

A l'inverse, la hauteur d'eau annuelle évaporée serait de 2,300 mm


Le niveau du lac passe par un minimum fin juillet début août, date à partir e
laquelle il amorce une remontée constante pour atteindre la cote maximum vers le 15 ja -
vier. La différence de niveau entre hautes e t basses eaux est de l'ordre de 70 cm à 1 m.
1
La redescente de ce niveau vers le minimum [Link] la même constance.
33

4.1.4 - Le lac Iro


II apparaît commeun lac résiduel d'une ancienne étendue lacustre beaucoup plus
vaste qui occupait toute la dépression comprise entre le bahr Salamat e t le bahr Aouk.
D'unesurface de 95 km2, il est ceinturé pardescuirassesferrugineusessaufdans sa
partie sud-ouest.

Un bras du bahr Salamat le rejoint [Link] ce bras,en période de crue, le ,


bahr alimente le lac Iro, tandis qu'un courant inverse s'installe en décrue.

Des renseignements fournis par le service hydrologique du'centre O.R.S.T.O.M.


de Fort-Lamy nous indiquent que la variation de son niveau pour l'année 1959-1960 a
été de 2,02 m avec le niveau le plus bas le 14 juillet e t le plus haut fin octobre. II n'a été
effectué aucun relevé bathymétrique. A 1 km desrives, la lame d'eau atteint seulement
une épaisseur de80 cm.

4.2 - Le réseau hydrographique du Batha. Lelac Fitri

4.2.1 - Le Batha
II prend naissancedans le massif du Ouaddaï ausud-ouest d'Adré e t coule
d'abord sur le socle cristallin puisdansdes formations sédimentairesquaternaires.
A Am-Dam, il recoupe des formations sableuses avant de traverser d'importants "regs".
Son cours sableux est ici encaissé, le lit majeur occupe une terrasse importante au milieu
des"regs" e t s'élargitau nord d'Am-Dam après la jonction Bitéa-Batha, lieu à partir
duquel le Batha entre à nouveau dans des formations sableuses qu'il a fortement déman-
telées pour se frayer un passage en direction du lac Fitri.

En aval d'Ati, le Batha se divise en une infinité de bras qui vont se perdre dans
la zone marécageuse qui précède le lac Fitri à l'est de Yao.

Le Batha recoit :
- sur sa rive droite : les ouadi Hamra, MIBah, Nabak e t la Bitéa le plus important de tous,
elle-même grossie des ouadi Mandjobo e t Loborlé. Le Batha ne recevra plus rien sur sa
rive droite à partir de sa confluence avec la Bitéa.
- sur
sa rive gauche : en provenance du massif central tchadien, les ouadi M'Bormo,
Melmélé,Rambam

Régime e t débit

LeBatha e t ses affluents sont des ouadi intermittents coulant seulement en


saisondes pluies de juillet à octobre. Ils présentent, ensaisonsèche, un lit sableux où
subsisteunenappepeu profondequi sert à l'alimentation eneaudes villages qui se
rassemblent sur les bourrelets latéraux. Les débits enregistrés sont très variables d'une
année à l'autre.

4.2.2 - Le lac Fitri


D'unesuperficiede 420 km2 aux basseseaux,. celle-ci peut êtredoubléeou
même triplée au maximum de la crue par suite de l'inondation d'importants marécages
dans la zonedeltaïque du Batha e t des incursions du lac dans le système dunaire du
sud-ouest.
34

L'amplitude de variation du niveau du lac Fitri est variable suivant les années,
en relation avec la crue du Batha. Elle peut atteindre 1,50 m à 2 m. Le niveau le plus bas
du lac se situe en juillet tandis que son maximum est atteint fin septembre. Les eaux du
lac Fitri sont très peu minéralisées, à l'exemple de celles du lac Tchad.

4.3 - Le réseau hydrographique de l'est Tchadien

En dehors du Batha, les ouadi de cette région n'ont plus, bien souvent, que des
cours peu marqués aux lits argileux. En pénétrant dans les formations sédimentaires des
plaines de piedmont, ils se ramifient ende multiples bras jalonnés de mares argileuses.
Ils ont des débits intermittents, limités aux tornades e t vont se perdre dans les étendues
sableuses de l'est.
Les principaux ouadi des plainesde piedmont dumassifdu Ouaddaï e t du
Mortcha sont les ouadi Chao,Saoué, Am-Kibi, AI-Mé, Enné,Haddad,Fama,Ouagat,
Oum Chalouba, Yédinga, Hawach, Oum Hadjer, Chili, Saala ...
Ils prgsentent des caractéristiques identiques mais l'aridité des conditions clima-
tiques font que les écoulements s'amenuisent rapidement vers le nord.

4.4 - Le réseau hydrographique de I'Ennedi

II e s t constitué par une série d'ouadi dont ceux de la face sud-ouest du massif
sont affluents de l'Ouadi Saala (ouadi Oroué, Nohi, Sini...). A l'ouest s'observent l'ouadi
N'Dou et, sur la face nord, les ouadi Kordi, Horta, Dougouro dont I'écoulement se
dirige vers la dépressiondu Mourdi.

Comme pour les ouadi des plaines de piedmont du massif du Ouaddai'et ceux
du Mortcha, ceux de I'Ennedi ont des débits intermittents limités aux tornades ou à la
brève période qui leur succède.

4.5 - Le réseau hydrographique du Tibesti

II se divise en deux bassins séparés par une ligne de hauts sommets volcaniques :
le bassin libyen e t le bassin tchadien.
II s'agit, ici aussi, de cours d'eau temporaires, appelés enneri qui prennent nais-
sancesur les hauts-plateaux où ils coulent dans les basaltespardesgorgesencaissées.
Leurs cours moyens e t inférieurs, à l'inverse, sont constitués pardes vallées sableuses,
largesde plusieurs kilomètres, qui vont se perdre dans les grès ou les sables.

4.5.1 - Le bassin tchadien se décompose en 3 réseaux :


Réseaude Kouar
Les principaux enneri prennent naissancedans les massifsdeToussidé,du
Timi, de I'Abo e t arrosentdespalmeraies.
. Enneri Woudoui (palmeraie de Wour),
. Enneri Zouarké (palmeraie de Zouar).
Ces enneri disparaissent dans les sablesde l'erg de Bilma.
35

Réseau du Borkou

C'est le plus important. De direction N-S, les principaux cours d'eau sont :

. les enneri Saado e t Maro qui se réunissent à l'enceri Yao qui va se perdre dans
la dépression désertique du Kichi-Kichi,
. divers enneri comme le Misky dont la réunion forme I'enneri Domar qui dis-
paraît vers Ain Galaka à l'ouest de la dépression du Borkou.
Aucune palmeraie n'existe dans le réseau du Borkou, cependant le mieux arrosé
de tous e t dont les basses vallées offrent des pâturages importants.
Réseau du Mourdi
La dépression du Mourdi recoit les eaux de I'Erdi Ma au nord, e t de I'Ennedi. au
sud (Ouadi Dougouro, Kordi...).

4.5.2 - L e bassin libyen

II est composé de deux enneri principaux d'écoulement S-N.

. I'enneri Yebbigué qui arrose les palmeraies de Yebbi-Bou e t Yebbi-Souma e t


recoit I'enneri Aozou qui traverse celles de Aozou, Tidémi, Moya,
. I'enneri Bardagué qui,dans la partie supérieure de son cours,,,le Zoumeri, e s t
jalonné de palmeraies (Edimpi, Ouanofou, Zoui, Bardai:..). II recoit les enneri
Oudingueur e t Toudoufou.

5 - LES NAPPES

Elles ont une particulière importance sur les processus pédogénétiques (forma-
tions de cuirasses ferrugineuses,de croûtes calcaires... ; salinisation, alcalisation du sol...).

Dans la région sud se distinguent : la nappe des"Koro",la nappe des bassins allu-
vionnaires du Logone e t Chari et des bahr Salamat-Keita-Aouk, la nappeduChari-
Baguirmi.

5.1.1 - L a nappedes "Koro"

Plusieurs plateaux d'âge Continental Terminal qui portent le nom de "Koro"


(Koro de Guidari, de Bénoye-Bebalem, de Bebedjia, de Koumra, de Kyabé) présentent
une nappe à une grande profondeur, souvent supérieure à 50 m (120 m à Bénoye mais
avec un niveau hydrostatique à 375 m). L'importance de ces nappes du Continental
Terminal est cependant non négligeable, puisque MERMILLOD (1961a) leur attribue
35 des 75 m3/s du débit du Logone à I'étiage à Gabri N'Golo.

Ces nappes sont peu minéralisées (Ca, Mg, K, Na) mais solubilisent, sous forme
réduite OU de complexes humo-ferrugineux, des quantités importantes d'hydroxydesde
fer prélevées aux sols rouges, aux cuirasses ferrugineuses que l'on voit réapparaître en un
dépôt rougeâtre abondant dans les endroits où elles font résurgencecomme à Déli.
36

Cette circulation des hydroxydes est à l'origine d'enrichissement du sol desthalwegs


en produits ferrugineux, de la formation de nouvelles cuirasses.

5.1.2 - La nappe des bassins alluvionnairesdu Logone e t Chari e t des bahr Salamat,
Keita e t Aouk

L a nappe du premier de ces bassins est peu profonde, située ensaisonsèche à


3-4 m,de toute façon inférieure B 10 m. Elle s'observe généralement en des puits creusés
sur les alignementsou buttes sableuses qui surplombent dequelquesmètres l a plaine
argileuse inondée ensaisondes pluies sous 1 m à 1,50 m d'eau. L'alimentation de cette
nappe est en relation avec l'inondation e t les fleuves ou défluents de ceux-ci.

La nappe du bassin des bahr Salamat,Keita et Aouk est nettement plus profonde,
fréquemment 10 à 15 m en saison sèche, parfois 25 m. Encore cette nappe est-'elle peu
abondante. Elle est alimentée par les précipitations e t principalement par les eauxdes
bahr Azoum e t Salamat qui inondent l'ensemble de la dépression mais dont les déborde-
ments n'ont rien de comparable à ceux du Logone e t du Chari.

5.1.3 - La nappe du Chari-Baguirmi

Sa profondeur moyenne est de 35 à 50 m. Elle se relève à des profondeurs de


20 m dès que l'on se rapproche du lac Tchad, du Chari, du Batha de LaÏri, du lac Fitri...
e t vers le suddes plaines d'inondation, ce qui semble confirmer les apports fournis à
cette nappe par ces fleuves ou ces lacs. Elle se relève de la même facon au voisinage du
massif central tchadien qui constitue lui-même un impluvium naturel important.
*

Ces différentes nappes sont peu minéralisées à l'exemple des eaux du Chari e t
du Logone, dont on peut estimer qu'elles tirent leur origine.

Les conductivités deseauxde ces deuxfleuves sont faibles 0,04 à 0,[Link]-


limho/cm (25 à 40 mg par litre). La courbe de variation annuelle de salinité présente
une conductivité minimum en août-septembre au moment où s'amorce la crue, elle est
au maximum en janvier (1).

Leseauxdu lac Fitri qui alimentent partiellement la nappe du Chari-Baguirmi


ont des conductivités faibles,légèrementsupérieures à celles du lac Tchad dont nous
parlerons plus loin :

Prélèvement près du rivage 0,17 millimho (100 mg/litre)


Eaux libres 0,14 millimho ( 90 mg/litre)

( 1 ) Composition de ces eaux à Fort-Lamy. en octobre 1962

Chari
Logone Logone Chari

Ca mé/I
Mg mé11
0,25
0.17
0,25
0,19
co3 +CO~H m&/\ 0,52 0,44
K mé/I 0.10 0,lO so4 - CI mé/! traces
N a mé11 0.13 0,13 Conductivité 0.054 0,048
\
\ 37

\
5.2 - Région nord

Au nord du 13e parallèle s’observent des nappes dont certaines, à l’inverse des
premières, présentent une minéralisation importante.

Nappes du Kanem

Dans cette région à relief dunaire alternent alignements sableux orientés SE-NW
e t dépressions appelées “ouadi” où sont toujours situés les puits. La nappe est à des pro-
fondeurs inférieures à 15 m, plus profonde cependant vers le nord (30m). Ces profon-
deurs sont par ailleurs très diverses à l‘intérieur d’un même ouadi, en même temps que
varie la salinité des eaux.

Voici, à titre d‘exemples, quelques relevés effectués dans les ouadi sur la bor-
dure est e t nord du lac Tchad :

Profondeur de Conductivité à 25”


Lieu de prélèvement en millimho/cm
la nappeen m

Région est ’

Laurom 2 1.70
nord de Malloum 1 3 0,15
Entre Dum-Dum e t Ndigororom 52
Pantairom 22 1 ,O4
nord de Bolosidi It7 19,5
22 0,3
2,3 3,3
Région nord

ouestd‘lssérom 0,6 1,3


02 2,06
sud-est d’Ira Ir5 0,62
0,8 2,20
0,6 2,74
Ira Létiri 02 1,13
0,6 0,79
eau de-surfacq 17
Ouadi de Ndiguidada eaude surface 0,65
eaude surface 13,73
03 0,25
2.5 4,76

Le tableausuivantrévèle la composition chimique dequelquesprélèvements


d’eau où domine carbonate ou sulfate de sodiumtandisque les chlorures sont peu
abondants.
38

Ces différentes nappes semblent alimentées par le lac Tchad. Elles sont semi-
artésienne e t remontent parfois de plusieurs mètres.

La minéralisation deseaux du lac Tchad est faible :

Eaux libres du lac Tchad


novembre 1955 0,06 millimho(40 mg/l)
Lacaulargede Bol
juin 1956 0,094 millimho(60 mg/l)
Lac,rivagede Bol
juin 1956 (1) 0,14 millimho (90 mg/l)

Exceptions faites de fonds d'ouadi natronés envahis temporairement par le lac


OÙ la Salinité est élevée, celle des divers bras en communication avec celui-ci est faible :
0,2 à 0.5 millimho (100 à 300 mg/l).

5.3 - R6gisn est

La région est du Tchad, du Bahr el Ghfzal ju2qu'aumassif du Ouaddaï est


caractérisée par une nappe profonde, la nappe des saniés, qui se situe vers 50 à 70 m. Le
paysage est ici fait d'ondulations orientées N-S plus modestes que celles de la bordure
du lac.

Cette nappe semble s'enfoncer vers le nord où elle se retrouve à 80-90 m dans
la dépression du Haddad tandis qu'au sud, e t vers l'est, elle se relève soit au contact du
fleuve Bathae t de ses anciens bras(1O à 15 m)soit au voisinage des massifs. Elle disparaït
à l'ouest ou bien se confond à la nappe profonde du bahr el Ghazal.

(1) Ca mé/I 0.6


Mg mé/I 0,l
K mé/I O,2
Na mé/l 0.7
39

L'alimentation de cette nappe est liée à I'écoulement des cours d'eauen pro-
fondeur du Ouaddai: Ils ennoient des dépressions argileuses en eaux seulement quelques
mois de l'année mais ne rejoignent aucun lac permanentà l'exceptiondu Batha.

Ces cours d'eau vont souvent donner naissance à des nappes d'inféro-flux dans
les l i t s anciens ou se perdre commela Bitéa au cours de la traversée de régions sableuses.

La minéralisation deseauxde cette région,peuétudiée,semblecependant


faible, si nous prenons comme exemple les eaux du lac Fitri dont le Batha est le prin-
cipal tributaire (0,14 - 0,17 millimho - 100 mg/l).

Desnappes superficielles non permanentessubsistentquelques mois après la


saison des pluies dans le lit des fleuves à de'plus faibles profondeurs. De même existent,
versl'ouest,dans les dépressions où vont se perdre ces coursd'eaudesmarécagesde
courtes durées qui ont cependant une importance considérable sur la viepastoralede
cette région.

5.4 - Nappes du Borkou - Ennedi - Tibesti

II existe fréquemment sinon de facon permanente, une nappe aquifère dans le


cours des enneriaux l i t s sableux e t I'écoulementmalconnu, limité à de trèsbrèves
périodes qui ne se répètent pas forcément chaqueannée.

Ces nappes d'inféro-flux vont faire leur réapparition en surface, à la faveur de


dépressions ou de seuils rocheux dans le lit des cours d'eau. Ces lieux, connus depuis fort
longtemps, ont été généralement exploités par l'homme e t ont permis l'implantation de
palmeraies.

La nappe de ces régions semble subir une variation annuelle. Son niveaus'abais-
serait en saison chaude pour se relever en saison fraîche.

Cette nappesemble être alimentée par les précipitations qui tombent sur les
versantsdesmassifs (30 mm par anau pied, 100 à 120 mm pour les hauts-plateauxdu
versant méridional le plus arrosé).

Dans le Borkou, la nappe superficielle qui sert à l'irrigation des cultures céréa-
lières ou maraïchères est à faible profondeur, située entre 1 e t 2 mètres e t légèrement
en charge, remonte dès que l'on a traversé le niveau diatomitique e t atteint le sable sous-
jacent. Cette nappe a un faibledébit e t est rapidement tarie par le puisage lors de
l'irrigation.

Elle sourd parfois aussiensurface,généralement à la faveurd'élévations de


terrain (source d'Ain Galaka)maisaussiégalementdans un relief plan (source deMao
près de Largeau). II semble que, dans ce cas, il y a i t une relation étroite entre la nappe
artésienne desforages profonds e t cessources e t que ces résurgences se font grâceau
substratum degrès très faillé, ce que tend à prouver la comparaison analytique de l'eau
du forage e t celle des sources.

Toutes ces eaux, àquelques exceptions près, sont peu minéralisées. Les conducti-
vités sont, le plussouvent, inférieuresà 1 millimho (600 mg/litre) e t mêmeà 0,5 millimho
(300 mghitre). Les sources ont des conductivités encore plus faibles 0,l à 0,2 millimho
(60 à 120 rnghitre).
40

I l
+c** LIBYE
+ + * *+ *' a * x ~ ~ ~ * * ~ f

t
y ~' ~ ,
f ., .t:
c . .-.
++
++
t
+
t
+
1 +
20" Svanien inferis

i
+++t*C
RÉPUBLIQUE I
+ aternairel
+c
DU ++
++
NIGER +
t
+
+
+
+
+
z
Q
n
3
-0-v)

3
n

W
I3
a
.--I
m
2
'
ut
E

VG0 ilSSE
I
QUE
ID 1958 et

. . - -.
RÉPUBLIQUE - - -
CENTRAF~ICAINE
-. " -. __. I
-

Fig. 6
41

Source Palmeraie Largeau Palmeraie


Ain-Galaka deLargeau forage Amoul Elleboye

Profondeur. de la 160 m 110


60
nappeencm environ

Ca mé/I 03 1 2 1,85 0,1


Mg mé/I 05 O, 1 0.3 1.2
K mé/l 0,15 0,90 02 2,75 1,45
Na mé/l 0,65 0,34 8,7
1,60 6,25
Conductivité à 25"
0,16 0,34 0,lO 0,93 0,55
en millimho/cm

6 - LA GEOLOGIE

6.1 - Stratigraphie tchadienne

Les grandes lignes stratigraphiques de la géologie tchadienne sont relativement


BienconnuesparlesétudesdeGARDE,FREYDENBERG,TILHO,LACROlX,CARRIER,
GROSSARD,DENAEYER,FRITEL,DALLONi,SANDFORD,BABET,MONOD,DESIO,
LELUBRE, ROCH et, à partir de 1948, par celles du service géologique de 1'A.E.F. qui
a entrepris le levé
au l/[Link] e t 1/500.000 auquel ont collaboré ABADIE,
BARBEAU,HUDELEY,MERMILLOD, SONNET, VINCENT, WACRENIER ...

MESTRAUD (1958)dans unesynthèsedistingue au Tchad :

6.1.1 - LES F O R M A T I O N S P R E C A M B R I E N N E S

Ellessonttrouvées au Tibesti, dans le suddeI'Ennedi, le Ouaddai; le sud


Batha, le Salamat, le Mayo Kebbi e t aussi sous forme d'inselberg qui percent le recou-
vrement sédimentaire (Chari-Baguirmi e t ouest Batha).

Ces formations sont constituées par des granites concordants ou discordants e t


des séries métamorphiques (gneiss, micaschistes, rochzs basiques...).Elles sont fortement
plissées suivant un axes-SW - N-NEet ontsubi une orogénèse plus violente dans la partie
nord qu'au sud du Tchad.

6.1.2 - LES F O R M A T I O N S P R I M A I R E S

Elles couvrent une vaste surface dans la partie nord du Tchad e t constituent le
massif de i'Ennedi, les contreforts du Tibesti, affleurant çà e t là dans le nord du massif
du Ouaddai:

Ces formations paléozoiques sont représentées par depuissantes séries essen-


tiellement gréseuses.

L'échelle stratigraphique suivante a pu être établie, des terrains les plus anciens
aux plus récents :
42

- grès inférieurs d'âge ordovicien (présence de bilobites 1,


- grèsmoyens, plus tendresque les précédents, parfois psammitiques,d'âge Silurien
caractérisés par la présence d'Harlania.
- grèssupérieurs du dévonien inférieur également à Harlania. ils sont assez semblables
auxgrès inférieurs.
- grès à plantes à faciès continentaux, d'âge dévonien moyen e t supérieur constituant
une large bande qui s'étale de I'Ennedi à la Libye. On les observe en lambeaux, dans le
nord du massif du Ouaddaï.
- le Carbonifère affleure sur la face nord en un arcdecercle. I I est constitué degrès
ferrugineux alternant avec des calcaires bleutés, des marnes vertes e t roses.

Ces formations paléozoÏques,en Borkou-Ennedi-Tibesti, sontconstituéespar


desgrès ou arkoses à grains moyens à très grossiers, les termes les plus grossiers étant à
galets roulés. Ils sont de coloration variée : claire (beige ou blanchâtre) à foncée (rouge
violacé). Leur fraction quartzeuse est à dominance d'anguleux e t subanguleux bien que
des recristallisations de silice masquent parfois la forme originelle des grains de quartz.
II n'y avait pasdetraces d'éolisation visibles dans les échantillons examinés. Les miné-
raux lourds sont à dominance de zircon. Leurs courbes cumulatives ou de fréquence en
font souvent des sédiments bien triés pour les roches à grains moyens.

Dans le massif du Ouaddai; les grèsensurface très réduite ont des caractéris-
tiques voisines, mais un indice d'usure plus élevé, un triage moins bon. Les quartz éolisés
sont parfois assez abondants. Les minéraux lourds sontà dominance moins marquée de
zircon auquel s'ajoutent de I'épidote, de la zoisite, du disthène, de la biotite. Tous ces
grès sont intercalés de lits d'argilites de coloration également variée, souvent rougeâtre
ou violacée, de nature kaolinique.

Lesalternancesdegrès e t d'argilites font penser à de multiples cycles de


sédimentation.

Ces différentes formations sont intéressantes : non pas qu'une forte pédogénèse
actuelle se manifeste dans les régions désertiques où elles se situent, mais parce que leur
démantèl ement, ainsi que celui peut-être d'autres formations, est à l'origine dessédi-
ments tertiaires e t quaternaires que nous trouverons dans la partie centrale de la cuvette.
II apparaît queI'érosion a été plus forte surl'ensemble du massif du Ouaddai; où les
grks primaires nes'observentplusquepartaches e t où les formations secondaires e t
tertiaires ont presque totalement disparu ou sont très rares, que dans I'Ennedi, le Borkou
e t le Tibesti.

6.1.3 - LES FORMATIONS SECONDAIRES

Elles sont représentées au Tchad par des séries distinctes :

- marinesdans le Mayo-Kebbi
- continentales dans l'est du Ouaddai; le nord de I'Ennedi e t les Erdi, le nord du
Tibesti.

Nous observons :

- Dans le sud du Tchad :


43

- la série de Léré du crétacéinférieur formant un synclinal orienté W-E de 150 à


200 m d'épaisseurendiscordancesur le précambrien. Elle est constituée de
conglomérats, grès grossiers plus ou moins arkosiques, grès fins, marnes schis-
teuses verdâtres à niveaux calcaires e t graveleux,
- la série de Lamé reposant également en discordance sur le précambrien. Epaisse
de 200 m, elle est constituée de conglomérats grossiers B la base, surmontés
d'arkoses, de calcaire marin B lumachelles, de gres parfois calcaires, de marnes
lagunaires ou continentales. Lescalcaires marinsreprésenteraient la limite
orientale de la transgression cénomanienne.

- Dans la partie est du Tchad, auOuaddai' :

- des restes de tables gréseuses en discordance surle précambrien présentantun


conglomérat à galets de quartz e t quartzite lié par un ciment ferrugineux ou
siliceux surmonté de gres arkosique 3 intercalationsde marnes.

- Au nord de I'Ennedi :

- une série
continentale reposant en discordance sur les grks primaires (plateau
des Erdis). II s'agit degrèsrougesou bruns parfois blancs à galets de quartz
également à stratifications argileuses ou marneuses rouges.

- nord e t nord-est du Tibesti

- desgrès
continentaux identiques reposant en discordance sur le précambrien
ou le primaire. Des bois silicifiés (Dadoxylon) ont permis leur datation.

6.1.4 - LES F O R M A T I O N S T E R T I A I R E S
Elles sont d'origine soit marine, soit continentale.

- Dans le nord du Tibesti, dans le Ténéré, une série marine d'âge éocène marque
l'avancée d'une mer lutétienne venue du nord qui recouvraitune partie de I'Egypte e t de
la Libye. Elle est caractérisée par des calcaires fossilifères,des marnes gypsifères, des grès.

- Les formations continentales appelées "Continental Terminal"sont abondantes


sur le pourtour de la cuvette tchadienne proprement dite (sud du Tchad, pourtour du
massif central tchadien, Borkou, Eguei; Ouaddai) tandis que dans la partie centrale, elles
sont recouvertes pardes dépôts d'âge plus récent e t quaternaire.

Dans les parties nord e t est, il s'agit de grès ou d'arkoses à ciment ferrugineux,
d'argilites, sur le pourtour des massifs de Guéra, Mongo, Abou Déia... de formations de
cuirasses ferrugineuses.

Dans la bordure sud de la cuvette tchadienne, E. ROCH (1953) décrivit le pre-


mier cette formation à laquelle il donna le'nom de"sablesde Kélo". Ce Continental
Terminal atteint une épaisseur de plusieurs centaines de mètres (300 à 700 m suivant les
auteurs) e t comporte, d'après Ph. WACRENIER (1961) :

- série paléotchadienne inférieure :


grès diversement colorés souvent grossiersà différents faciès.
44

-grès de Pala reposant sur la sériedeLamé (Cénomanien - Turonien) coiffés de


cuirasses ferrugineuses,
- grès e t cuirasse de pourtour du massif central tchadien,
- grès en tables résiduellese t cuirasses dans le sud du Tchad (régionsud deMoundou -
Baibokoum).

. Roches schisto-gréseuses blanches violacées, plus ou moins argileuses passant à des


argilites.

. Sables beigesauxquels s'apparenteraientles grès de Bébo.


- série paléotchadienne moyenne
. Sables rouges
. Argilites
. cuirasses
- série paléotchadienne supérieurereprésentée par la succession suivante :
argile kaolinique
bauxite
croûte ferrugineuse

Les formations Continental Terminal s'observent dans la dépression du Borkou


pardesgrès à caractéristiquesproches de celles desgrès paléozoiques du Ouaddai'.
On note parfois une forte éolisation desgrainsde quartz, tandis que les minéraux
lourds sont à zircon, mais avec de la biotite e t de I'augite qui est l'indice de mani-
festationsvolcaniquesrécentes au Tibesti. Ces grès sont interstratifiés aussidebancs
d'argilites.
Dans la partie sud du Tchad des formations diversement grossières alternent ici
encore avec des argilites, principalement au sud du 9e parallèle. Lesgrès, les arkoses ou
les sables à grains grossiers pour les plus anciens (grès de Pala) allant jusqu'aux galets,
moyennement grossiers pour la sérieintermédiaire,sontde coloration très diverse,
blanche, rouge violacé ... Lesgrainsde quartz sont anguleux auvoisinagedesmassifs,
subanguleux en s'éloignant de ceux-ci en même temps qu'apparaissent des quartz éolisés.
Les minéraux lourds sont surtout du zircon, de la tourmaline, du rutile, mais on peut
noter plus ou moins abondamment du disthène, de la staurotide. La fraction colloidale
est kaolinique ausud, avec de la goethite e t de l'hématite, kaolinique avecdestraces
d'illite au nord e t des hydroxydes de fer. Les argilites intercalaires ont une coloration,
une composition en minéraux lourds e t en éléments colloïdaux identiques à celles des
grè[Link]ériesupérieurede ces formations du Continental Terminal a
subiune bauxitation intense, tandis que les sériesmoyennes e t inférieures ont donné
naissance par pédogénèse à des formations meubles rougese t des cuirasses ferrugineuses.

6.1.5 - LES FORMATIONS QUATERNAIRES


klles couvrent les parties centrales e t méridionales du Tchad grossièrement entre
les 9 e t 18 de latitude nord, bordées au sud e t au nord par les formations du Continental
-I erminal, à l'est par les contreforts du massif du Ouaddai; tandis qu'à l'ouest, les for-
mations quaternaires se poursuivent au Cameroun, en Nigeria e t au Niger. Elles ont été
principalement étudiées par les géologues e t pédologues qui y ont distingué des dépôts
sédimentaires d'origine fluviatile, lacustre ou éolienne.
45

Par ordre d'ancienneté, nous distinguerons (PIAS 1968a) :

Les séries anciennes oremaniées qui tirent leur origine des formations du Conti-
nental Terminal au sud du 13 de latitute N., tandis qu'au nord de ce parallèle, elles ont
pour origine des formations gréseuses plus anciennes dont les séries paléozoiquessont les
plus importantes.

Cette série a subi,aucoursduquaternaire, des remaniements importants :

1" - submersions au cours de la crue des lacs, arasion par passages de forts cou-
rants lors de périodes pluviales,
2" - remaniements éoliensau cours de phases arides.
Ces séries anciennes remaniéesse présentent dans la partie sud sous deux formes.

- Au sud du 10eparallèle, le remaniement des sols rouges s'est f a i t généralementsur


pentes par lessivage oblique de l'argile e t du fer, par des phénomènes locaux de collu-
vionnement, par I'entaillement des formations sous-jacentes ou par faibles transports ...
e t donne des formations de couleur claire e t plus sableuse. Les caractéristiques deces
sédiments remaniés sont identiques à celles des sols rouges, que ce soit par la morpho-
scopie des sables, le faciès des courbes cumulativese t de fréquence, les minéraux lourds,
la fraction argileuse.

- Entre les 10e e t 13e parallèles, le remaniemen$ s'est effectué après érosion, par trans-
port desséries paléotchadiennessupérieure e t moyenne qui sont allées se redéposer
aprhs leur ablation plus en aval dans le bassin du Logone e t Chari. II s'agit de forma-
tions moyennement grossières, diversement triées à quartz dominant e t rares feldspaths.
Les quartz subanguleux dominent, les éolisés sont peu abondantsbien qu'une éolisation
soit visible sur le terrain sous forme de dunes orientées N-S mais souvent arasées. Les
minéraux lourds sont à 3 dominantes : zircon, disthène, staurotide. La fraction argi-
leuse est à kaolinite mais aussi à montmorillonite et illite diversement réparties. I I s'agit
de formations fluviatiles déposées en milieu lacustre ayant subi un remaniement éolien
lors d'une phase aride postérieure. Ces sédiments constituent les premiers dépôts del-
taïques d'un Chari dont l'embouchure sur le lac se situait vers Niellim-Miltou.

Dans la partie nord duTchad (entre 13e e t 16e parallèles) les formations ancien-
nes sont moyennement grossières à quartz dominants e t rares feldspaths. II y a une domi-
nance de quartz subanguleux et éolisés, les seconds augmentant rapidement du sud vers
le nord au détriment des premiers. Une forte fraction des éolisés a été reprise par l'eau.
L'éolisation est visible par d'importants alignements dunaires NW-SE au voisinage du lac,
de même direction ou NS mais de moindre amplitude vers l'est. Les minéraux lourds sont
à dominance de zircon principalement. La fraction argileuse est ici un mélange de kaoli-
nite e t de montmorillonite avec de I'illite en moindre quantité. Cette série tire son origine,
nous le savons, de vieilles formations sédimentaires du nord e t de l'est (grès, arkoses, argi-
lites...), Continental Terminal, Paléozoi'que, dont certaines sans doute très éoliséesprimi-
tivement. Miseenplaceen milieu lacustre, elle aurait subi,aprèsson exondation. une
seconde phase d'éolisation pour donner les alignements dunaires décritsci-dessus, aligne-
ments qui se poursuivent au sud du 13e parallèle. D'autres caractères observés montrent
que cette série a subi ensuite une nouvelle submersion, puis de nouvelles actions éoliennes.

L a série fluvio-lacustre ancienne

Elle se présente sous deux faciès :


46

La série fluvio-lacustre argilo-sableuse à nodules calcaires a une localisation très


étendue(bassins du Logone e t Chari,desbahrSalamat, Aouk e t Keita - Pourtour du
massif central tchadien). I I s'agit d'une formation de texture argilo-sableuse, à cailloutis
superficiel e t abondantsnodules calcaires, à coloration brun, brun-olive ensurface,
brun-jaunâtreen profondeur. La fraction sableuse grossièretrès mal triée est à dominance
quartzeuse, mais à feldspaths abondants dans certains cas. .Les quartz sont surtout des
subanguleux avec peu d'éolisés. Lafraction argileuse est variable, kaolinique dans le bassin
du Moyen-Logone,mixte (kaolinite, montmorillonite avec illite) ailleurs. Zircon, tourma-
line, rutile dominent, sauf au voisinage des massifs où la hornblende fait son apparition.
Lasérie fluvio-lacustre argilo-sableuse à cailloutis des"regs",localiséesur la
bordure ouest du massif du Ouaddaïet par taches autDurdu massif central tchadien, a des
caractéristiques identiques à la série précédente, mais présente plus rarement des phéno-
mènesde carbonatation (amas ou nodules calcaires moins fréquents). Parmi les quartz,
il y a ici beaucoup plus d'éolisés, ceci étant dû à l'origine ancienne d'une partie de ceux-ci
provenant de vieux grès démantelés, préalablement éolisés. La fraction argileuse est sur-
tout de la montmorillonite. Les minéraux lourds contiennent d'importantes quantités
de hornblende.
Les deux faciès de cette série fluvio-lacustre résultent du dépôt d'un matériau
grossier en provenance des séries sédimentaires anciennese t des massifs dans des cuvettes
inondées temporairement ou en permanence. II a été notamment trouvé des diatomées
dans certains échantillons.

La série sableuse récente présente diff6rents 'faciès suivant les régions

Dans les bassins du Logone e t Chari e t des bahr Salamat, Keita e t Aouk, deux
de ceux-ci se distinguent :
- Un faciès grossier localisé dans les bassins du sud. La série, très diversement triée, 'est
alors sableuse à quartz dominant, mais avec un pourcentage important de feldspaths e t
de graviersdans les horizons profonds. Lagrossièreté du sédiment est élevé[Link]
quartz sont surtout subanguleux, avec quelques éolisés. Parmi les minéraux lourds, si le
zircon est abondant, on trouve aussi : sillimanite, disthène, épidote verte, hornblende ...
La fraction argileuse est à base de kaolinite e t montmorillonite en codominance, tandis
que I'illite est en plus faible quantité. Le faciès grossier de cette série constitue ici des
bourrelets déposés le long de multiples cours d'eau qui parcouraient des étendues maré-
cageuses dans le sud du Tchad. Ces sédiments proviendraient des formations du Conti-
nental Terminal e t des massifs granitiques.

- Un faciès fin, très bien trié, s'observe dans le nord du bassin du Logone e t Chari. II est à
quartz dominants, parfois avecune fraction micacé[Link] quartz sont subanguleux e t
éolisés, ces derniers étant très abondants dans la partie la plus septentrionale. Les miné-
raux lourds sont tantôt à dominance d'épidote verte, d e staurotide, de zoïsite, de
disthène, de sillimanite, de hornblende, tantôt à codominance de ceux-ci e t de zircon.
La fraction argileuse est constituée de kaolinite e t montmorillonite enmélange.

II s'agit là de sédiments prélevés aux formations anciennes remaniées :

- à celledu sud pour la région deconfluence bahr Erguig-Chari(faible éolisation),


- à celle du nord pour la région est e t nord-est de Fort-Lamy représentant un
second delta du Chari ( 11 (éolisation forte).

( 1 ) L'ensemble dunaire que l'on perçoit sur les rives du lac Tchad et plusà l'est descendait primitive-
ment jusqu'à la hauteur de Fort-Lamy et futdémantelé lors de la formation du second delta.
47

Dans l'est du Tchad, la sériesableuserécente se présentedans les plaines de


piedmont sous un faciès assez grossier à dominance quartzeuse. II y a peu de feldspaths.
Les quartz sont un mélange d'anguleux, subanguleux et éolisés. Ces derniers tendent à
augmenter vers le nord, quand l'apport en provenance des massifs n'est pas très impor-
tant. Les minéraux lourds sont différents suivant l'origine du sédiment :

- épidote verte, zircon : grès, formations anciennes remaniées,


- hornblende : massifs.
La fraction argileuse est formée de kaolinite, montmorillonite, illite en mélange.
Ces sédiments d'origine variée ont été mis en place dans des dépressions pard'importants
cours d'eau.

Toujours dans l'est du Tchad,s'observentaussidesaccolementssableuxaux


massifsgranitiques. Ils ont des caractéristiquesvoisines e t la hornblende est ici très
abondante. Ils apparaissent comme des apports éoliens récents contemporains de l'erg
du lac Fitri e t tirent leur origine des formations sableusesanciennes e t desmassifs.

La série lacustre récente

Au quaternaire récent, un important lac s'est étendu surdevastesrégions. II


était ceinturé à la cote 310-320 m par un cordon sableux. La péri,ode pluviale qui cor-
respond à cette phase de transgression lacustre a laissé des traces en d'autres régions,
elles-mêmes transformées enlacs ou étenduesmarécageuses (lac Iro - Dépression des
bahrs Salamat, Keita e t Aouk).

Dans les bassins des lacs Tchad, Fitri, Irp, cette série est de texture argileuse ou
argilo-sableuse, de coloration gris-noir, gris-brun foncé sur 1 m, 1,50 m ;gris-brun clair
à marbrures en profondeur. La fraction sableuse est souvent peu importante. Lorsqu'elle
existe, elle a été déposée soit pardécantation, soit en cours de faible transport. Les
quartz éolisés y sont parfois abondants commeau nord de Fort-Lamy ou sur la bordure
du lac Fitri. La fraction argileuse est un mélangede kaolinite e t de montmorillonite,
avec destraces d'illite. Les minéraux lourds sont très variés,sans dominance spéciale
(zircon, tourmaline, épidote, zoïsite, disthène). Ces sédiments apparaissent comme d'ori-
ginelacustre ou fluvio-lacustre e t alors argilo-sableux pour ceuxdéposésauvoisinage
d'anciennes zones deltaiques.

Dans les ouadi au nord du lac Tchad e t dans la dépression du Borkou, la série
lacustre récente est superficiellement de texture limono-argileuse ; argilo-limoneuse,SOU-
vent très argileuse en profondeur e t de coloration gris-clair à blanc. La fraction sableuse
est peu importante, à dominance d'éolisés e t d'arrondis. La fraction argileuse a été éga-
lement déposée par décantation ou par de faibles courants (courants lents qui pouvaient
constituer I'écoulement deseaux du lac Tchad vers les Bas Pays e t la dépression du
Borkou). La montmorillonite e t la kaolinite sont en mélange dans les ouadi au nord du
lac, tandisquedans la dépression du Borkou I'illite est la plus abondante. Lesargiles,
notamment celles du Borkou, contiennent des quantités importantes de diatomées. Les
minéraux lourds sont à dominance de zircon pour les sédiments des ouadi dont la com-
position rappelle alorscelle des dunes. Dansle Borkou, nous voyons apparaîtrede I'augite,
manifestation du volcanisme du Tibesti. Ces sédiments lacustres récents représentent en
fait ceux de deux extensions successives du lac Tchad qu'il est difficile de dissocier : une
premièreextension (cote310-320 m), unesecondeplùsrécente (cote287-290m).
48

Le cordon sableux sud

II datede ce quaternaire récent e t se présente comme un alignement sableux


à la cote 310-320 m. II peut atteindre 10 à 20 m de haut, plusieurs kilomètres de large
e t s'étire au Tchad de Bongor à Koro Toro ( 1 ) . II s'agit d'une formation sableuse diver-
sement triée où les quartz dominent. II y a peu ou pas de feldspaths. Les quartz suban-
guleux sont généralement abondants, les éolisés assez faibles jusqu'au 13e parallèle, plus
nombreux [Link] minéraux lourds e t la fraction argileuse sont à dominance de
zircon e t de kaolinite, pour les sédiments dérivant des vieilles formations sableuses ; plus
variés e t mélange de montmorillonite e t kaolinite pour les apports les plus récents. Cette
formation sableuse côtière marque l'extension dulacTchadtrèsétendu aucours du
quaternaire ; ce cordon a été recouvert localement par les apports de coursd'eau qui
eurent à le franchir lors d'un nouveau pluvial.

La série fluviatile subactuelle à actuelle

Elle constitue les bourrelets desactuels cours d'eau (Logone,Chari,Batha,


Enné...l ou de défluents récents (bahr Erguig, défluent nord de Fort-Lamy, Bathade
Laïri...1. Elle a une texture variable où prédominent les éléments fins (sables fins, limons,
argile). L e facièssableuxobservépartachesmais assez rare (nord de Fort-Lamy) est
constitué de quartz éolisés abondants. Les sédiments sont alors très bien triés. Le faciès
argilo-limoneux... limono-argileux est plus fréquent ; ces sables sont généralement peu
éolisés à dominance de subanguleux. La fraction argileuse déposéesoit en cours de trans-
port, soit par décantation est constituée d'un mélange de [Link] e t kaolinite,
avec un peu d'illite. Les minéraux lourds assez variés, ne montrent pas toujours la jeu-
nessedes sédiments (zircon, tourmaline, rutile, staurotide, epidote verte, zoïsite), sauf
auvoisinagedesmassifs où la hornblende devient abondante.
Ces formations tirent leur origine :

- de la série sableuse récente au nord de Fort-Lamy,


- des formations anciennesremaniées e t de la série sableuse récente (bassin du Moyen-
Logone, est tchadien),
- desmassifs granitiques (centre e t est tchadien).

Les formations lacustres actuelles

Elles se localisent dans les trois principaux lacs : lacs Tchad, Fitri e t lrm Elles
ont été étudiées principalement dans les polders du lac Tchad. Lessédiments sont de
couleur gris-noir, brun-noir en surface, gris-clair en profondeur, puis bleutés ou noirâtres
dans des niveaux trèsréduits ou à accumulation sulfureuse. Ils sont argilo-limoneux super-
ficiellement, très argileux e t feuilletés en profondeur. La fraction sableuse faible contient
une forte proportion d'arrondis e t d'éolisés provenant d'apports éoliens des dunes voi-
sines ou de transports par de faibles courants. La fraction argileuse déposée par décanta-
tion est montmorillonitique e t kaolinique. Les minéraux lourds sont principalement du
zircon. On note l'apparition de carbonate de calcium tendant à donner des encroûte-
ments, e t des phénomènes de salure par action de nappe peu profonde dès l'exondation
du sédiment, dans le cas présent par création de polders. La partie supérieure du dépôt,
plus limoneuse,semble le résultat de conditions semi-désertiques actuelles, tandis que les
dépôts argileux profonds correspondraient à ceux d'un dernier pluvial ayant conduit à
une transgression lacustre importante (cote 287-290 m).
( 1 ) Le même cordon se oursuit au Cameroun de Yagoua à Limani, en Nigéria,où il porte le nom de
"Bama ridge" et au d g e r où il est appelé cordon de Tal.
49

Le cordon sableux nord

II ceinture le lac Tchad à cette dernière cote et se trouve actuellement légère-


ment dans l'intérieur des terres. Les caractéristiques des sédiments qui le constituent sont
identiques à celle de la série récente au nord de Fort-Lamy.
a

* *

Nous donnons ci-dessous une estimation approchée des surfacescouvertes parces


différentes formations entre le sud du Tchad e t le 16e parallèle. Ces estimations ont été
faites en prenant pour base l'esquisse géologique à l/[Link] du Tchad (PIAS 1968a).

- Formations
Paléozoïque e t Continental Terminal (grès - argilites) 1 %
- Formations secondaires 1 %
- Formationstertiaires-quaternaires (sols rouges e t cuirassesferrugineuses (1) 11 %
- Formations quaternaires :
remaniée
ancienne- série (2) 26 %
- séries fluvio-lacustres
anciennes 15 %
te sableuse - série 11 %
récente
- série lacustre 11 %
- série fluviatile subactuelle à actuelle 13 %
- lacs 2 %
- Enfin, le socle cristallin couvre environ 9 % de la surface totale dans cette région.

6.2- Histoire géologique

L'histoire géologique récente de la cuvette tchadienne est avant tout celle du


lacTchad. Des avancéeslacustressuiviesderégressions font penser à desalternances
climatiques que l'on serait tenté de paralléliser avec les glaciations du quaternaire.

6.2.1 - LES SYSTEMES DUNAIRES (FIGURE 7 )

Quatre phases d'éolisation sont visibles au Tchad.

L e système dunaire du sud ( l e r Erg)

I I est principalement observé entre les 10e e t 1 l e parallèles au Cameroun, e t


aussien Nigéria (A.T. GROVE 1958). I I s'agit d'un systèmededunes longitudinales
NE-SWde 5 à 1 0 m de haut, longues de 20 à 40 km. Elles sont aujourd'hui fixées par une
végétationarboréeouarbustive qui contribue au maintien de cet ancienrelief. Des
incursions lacustres ont amené dans les interdunes le dépôt de sédiments argilo-sableux,
sablo-argileuxà nodules calcaires.
( 1 ) Ici sont confondues lescuirassesancienneset récentes.
(2) Cette sérieest particulièrement étendue au nord du 13e parallèle.
50

L e système dunaire au nord du 13e parallèle (2e Erg)

I I forme un système de dunes transverses aux 'importantes ondulations de 20 à


40 m de haut, orientées NW-SE. Les marques de cette éolisation sont maxima sur le pour-
tour immédiat du lac, tandis qu'elles perdent de leur importance vers le sud e t dans l'est.
Cette éolisation est visible sur le terrain jusqu'au 1 l e parallèle sous forme d'ondulations
de faible amplitude orientées N-S. Les rides de ce système dunaire se poursuivent égale-
ment sous le lac actuel (A. BOUCHARDEAU, R. LEFEVRE 19571, tandis que le mou-
vement s'atténue progressivement vers le sud-ouest. Dans le lac lui-même, l'ennoiement
par les argilesdes interdunes oudesdunes est seulement de quelques mètres (9 m au
maximum dans les cas cités par les auteurs). Ces dunes se sont constituées aux dépens
des formations anciennes remaniées e t ont été diversement submergées lors d'une nou-
velle transgression lacustre ainsi qu'en attestent des dépôts coquilliers trouvés sur leurs
versants. Elles sont aujourd'hui fixées par une végétation de pseudo-steppe au nord, de
savane arbustive au sud.

Le système dunaire du lac Fitri. Les accolements sableux aux massifs de l'est
(3e Erg)

Sur les bordures sud e t sud-ouest du lac Fitri, des alignements sableux relative-
ment modestes, 3 à 5 m de haut e t longs de quelques kilomètres seulement, constituent
un système dunaire moins étendu que les précédents. II s'agit dedunes longitudinales
orientées NE-SW relativement jeunes puisque leur matériau d'origine est celui de la série
sableuserécente. Elles sontrecouvertespar la pseudo-steppeouunesavanearbustive
claire, L'équivalent de ce système se percoit égalementau nord du lac Tchad où il se
superpose à celui précédemment décrit. Cesdunes longitudinales ne peuvent êtreconfon-
dues ici avec celles du premier système beaucoup plus importantes.

Des accolements sableux éoliens existent autour de pointements du socle dans


le massif du Ouaddai: Ils sont constitués à partir des sables éolisés prélevés aux forma-
tions anciennes remaniées mais, à l'inverse de ces dernières, présentent comme la série
sableuse récente d'importantes quantités de hornblende parmi les minéraux lourds ; ce
qui les différencie bien des formations du 2e erg.

Système dunaire actuel (Erg actuel)

De nos jours, I'éolisation ne commence à se manifester réellement qu'au nord


du 16e parallèle, soit sous forme d'ergs vifs (erg du Djourab), soit en multiples barkhanes
qui se déplacent sur un substratum diatomitique.

6.2.2 - LES CORDONS SABLEUX (PIAS - GUICHARD 1957)


Ils sont égalementune manifestation de l'action éolienne,maisen période
humide, puisqu'ils ceinturent des lacs relativement plus étendus que l'actuel. Leur forma-
tion nécessite en même temps le maintien de ces lacs à des niveaux assez constants pen-
dant des périodes assez longues.

Nousavonssignalédeuxde ces cordons sableux à des cotes très différentes :

- le cordon sud Bongor - Koto Toro, cote 310-320 m,

- le cordon nord, cote 287 - 290 m.


52

Fig. 10 -
4e transgression
53

Le lac Tchad est à l'actuelle cote de 282-283 m, e t aucun cordon sableuxne


semble marquer son rivage.

Deux autres transgressions plus anciennes n'ont laissé aucune trace semblable,
mais ont puêtre identifiées par leurs dépôts oudes formations deltaïques.

6.2.3 - L E S D E L T A S A N C I E N S DU C H A R I

Trois deltassuccessifs e t anciens du Chari au quaternaire se percoivent au


Tchad (PIAS 1967 - a, b. 1968 a).

Le plus important de ceux-cicouvreenviron40.000 km2 dans 1e. triangle


Bongor - Bokoro - Miltou. Le point suddece delta se localisevers Miltou (altitude
350 m), en f a i t l'embouchure du Chari dans le lac devait se situer plus en amont entre
Korbol e t Fort-Archambault. La cote atteinte alors par le lac devait osciller autour de
380 à 400 m e t celui-ci couvrait une superficie de 850.000 km2 (figure 8).

Le 2e delta moins important occupe une position plus septedtrionale e t couvre


un triangle de 20.000 km2s'étendant de Dourbali (est de Fort-Lamy) au lac Tchad actuel
au nord-ouest e t Am Djéménaau nord-est. Le rivage de ce2e lac est constitué par le
cordon sableux qui s'étire au Cameroun e t au Tchad sur plus de 1.000 km de Limani à
Koro-Toro à la cote 310-320 m.

Le débouché du Chari sur le lac est marqué à l'est de Fort-Lamy par des ali-
gnements sableux distribués en éventail. Ce lac avait au maximum de la transgression
une superficie de 350.000 km2 environ (figure 19).

Le 3e delta du Chari avait sa pointe sud à la hauteur de Fort-Lamy e t consti-


tuait untriangle situé principalement au Cameroun. D'une superficie de 5.000 km2 envi-
ron, ce 3e delta est marqué par de multiples voies d'eau (El Béid, Serbéwel...) qui sont
accompagnéesde bourrelets à texture [Link]-cidécoupentuneancienneétendue
lacustre argileuse. Le Chari de cette époque se jetait dans un lac plus modeste dont la
cote se situait auxenvirons de 287-290 m. Ce lac avait alors une superficie moindre
(180.000 km2 environ). II était ceinturépar un cordon sableux dont onretrouve les
vestiges au Tchad, au Cameroun, au Nigéria, au Niger (figure 1O).

Le 4e e t actuel delta commence B Djimtilo tandis que le 3e est encore partiel-


lement fonctionnel par les cours de l'El Béid e t du Serbéwel. L e lac Tchad actuel qui se
situe à la cote 282-283 m couvre une superficiemaximum de 25.000 km2.

Ces 3 deltasd'inégaleimportance,peuventêtreinterprétéscomme la consé-


quencede périodes pluviales plus ou moins fortes. L'étendue plus modeste du second
delta par rapport au premier s'explique par le f a i t que le Chari recevait tout d'abord les
eaux de la Pendé (Logone oriental) e t celles du Logone occidental par la dépression du
Mandoul (BOUTEY R E - CABOT - DRESCH 1964) e t quec'estau début dusecond
pluvial que se serait ouverte au travers des Koro au sud de Lai; la vallée actuelle deces
deux rivières réunies. Cette perte de débit n'explique sans doute que partiellement la
plus faible importance du second delta.

L e 3e delta qui est le delta commun du Chari e t du Logone, est plus modeste,
mais une grande partie deseaux du Logone, une plus faible partie de celles du Chari,
allaient vers la Bénouéou se perdrecomme aujourd'hui dans d'importantesplaines
d'inondation.
54

6.2.4 - MOUVEMENTS TECTONIQUES ET SUBSIDENCE


Vont également intervenir dans l'histoire géologique des mouvements tectoni-
ques(subsidencede la cuvette, surrection desmassifsde bordure) qui ont affecté I'en-
semble de la fosse tchadienne au tertiaire e t au quaternaire. Ils sont à l'origine de dépôts
fluviatiles apportés par les fleuves, cours d'eau secondaires, défluents à la recherche de
nouveaux profils d'équilibre par suite d'abaissement du niveau de base, en même temps
qu'ils expliquent les décrochements de niveaux de cuirasses ferrugineuses, l'ablation de
séries anciennes dans l'arrière-pays.

6.2.5 - LES TRANSGRESSIONS LACUSTRES AU TERTIAIRE ET AU QUATERNAIRE

Lessystèmesdunaires, les cordons sableux, les deltasanciens, les différentes


sédimentations et enfin des datations récentes au carbone 14, nous ont permis de recons-
tituer l'histoire des transgressions lacustres dont un tableau récapitulatif est donné à la
fin de ce paragraphe.

Premières transgressions

Plusieurscentainesdemètresdesédiments (300 à 700 m) ont été déposésau


Tertiaire à une période mal précisée (Eocène - Miocène). Ils sont constitués d'alternance
degrès,desablesdegrossièreté e t de triagedivers. Ces grès e t sables sont intercalés
d'argilites.

Ces formations du Continental Terminal subirent dans les parties émergées


(sud du Tchad)plusieurspédogénèses.

On note l'existence de plusieurssurfacesanciennesde sols :

- surface bauxitique de Koro formée dans la série paléotchadienne supérieure,


- première surface ferrallitiquedont les vestiges se retrouvent jusqu'au nord du12e
parallèle,
- surface cuirassée générale(cote 420-500m)qui tire son origine du démantèlement de la
surface précédente e t qui a été déformée ultérieurement,
- deuxième surface ferrallitique qui se confond avec la surface actuelle dans la partie plus
méridionale.

Les premières de ces surfaces ont été érodées et ne subsistent plus qu'à I'état de
buttes témoins isolées tandis que les produits d'érosion allaient combler une nouvelle
fois la cuvette tchadienne e t donner naissance aux formations anciennes remaniées qui
forment deux ensembles :

- le
premier delta du Chari. II évoque un très grand lac (850.000 km2 à la,cote 400 m)
qui doit être mis en corrélation avec un pluvial (figure8),
- la vaste zone d'épandage sableuse au nord du 13e parallèle, tirant son origine du man-
teau paléozoïque, crétacé, tertiaire qui couvraitanciennement les massifs de l'est.

La phase aride qui succéda aux dépôts de ces sédiments amena le remaniement
des formations sableusesde bordure en cours d'exondation (premier ergfossile du
Cameroun e t de Nigeria descendant jusqu'au 10e parallèle)e t la création d'un système de
dunes longitudinales NE-SW.
55

Deuxième transgression

Lors du début d'un nouveau pluvial, le passage aride-pluvial amène une érosion
intense des surfaces émergées, le dépôt de sédiments argilo-sableux dansdes lacs ou des
marécages. Ces sédimentsdéposés lors du pluvial se retrouvent à des altitudes variées
pouvant atteindre celles de la surface cuirassée générale. Une abondante nodulation cal-
caire se développera postérieurement dans ces sédiments.

C'est à cette période que s'ouvre le sillon des lacs Toubouri faisant communi-
quer le bassin tchadien avec celui de la Bénoué qui conduit à un abaissement progressif
du lac de la cote 400 m. Lacs e t marécages s'assècheront complètement à l'aride suivant,
en même temps que le premier delta du Chari e t les formations sableuses au nord du 13e
parallèle donneront naissance à un deuxième ergdedunestransversesNW-SE e t N-S.

Troisième transgression (figure 9 1


Un nouveau pluvial succède à la phase aride e t d'importants cours d'eau vont
mettre en place la sériesableuserécente(bassins du Moyen-Logone, des bahr Aouk,
Keita,Salamat) quiforme desalignementsdiversementorientés : N-S, NE-SW,E-W.
C'est au début de ce pluvial que la Pendé e t le Logone occidental empruntent leur nou-
veau cours au sud de Lai'alors que précédemment ils rejoignaient le Chari par fa vallée
du Mandoul.

Unnouveau lac d'une superficie de 350.000 km2, se forme, marquépar un


cordon sableux s'étendant, dans le sud, de Bongor à Koro-Toro à la cote 320 m. Le Chari
a un deuxième delta à l'est de Fort-Lamy. Des argiles (récentes à subactuelles), se sont
déposées lors de cette transgression.

Lapé.riode aride qui succèdeamène un retrait de ce lac e t un remaniement


-
éolien des formations sableusesau nord du 13e parallèle - troisième erg (systèmede
dunes longitudinales bordant le lac Fitri ausud-ouestou se superposent à l'ancien
système dunaire sur les bordures est e t nord du lac Tchad,accolementssableuxaux
massifsdans l'est). Au début de cette régression a dû se créer la dépression du Bahr
el Ghazal.

Quatrième transgression (figure 1O)

Le dernier pluvial amène une remontée du niveau du lac à 287-290 m. Celui-ci


couvre alors 180.000 km2. Un cordon sableux modeste le ceinture du nord de Ngouma
(Cameroun) à Tourba (Tchad) à cette cote. Le troisième delta du Chari se crée tandis que
se dépose la série alluviale actuelle quiconstitue les bourrelets des cours d'eau,des
défluents. Le lac envahit de nouveau, par la dépression du Bahr el Ghazal, les Bas-Pays
e t la dépression du Borkou.

Période actuelle

De cette dernière avancée lacustre à nos jours, le lac a subi des fluctuations de
plus faible importance atteignant la cote 284 m vers les années 1870. A l'inverse, il se
serait trouvé, en 1925, 2.9 3 m au-dessous de son niveau actuel (282-283 m). II couvre
aux hautes eaux environ 25.000 km2. L'erg actuel se situe au nord du 16e parallèle.
TABLEAU RECAPITULATIF DES DIFFERENTES TRI ISGRESSIONS

Niveau du lac Remaniements Surfaces anciennes (sud


Transgressions
Age Mouvements tectonique.
ans BP lacustres Sédimentation éoliens du Tchad) sur-les dhphts
en m ou épirogéniques
Limite inférieure continentaux terminaux

(1) Actuel 1 282


Dépôts argileux
(polder)
erg actuel
(16e parallèle)

1800
3200
I
transgression
4e 287-290
Série argileuse sub-
actuelle à récente.
Série alluviale sub-
actuelle à actuelle
(3e delta du Chari).
Cordon sableux.
3e erg
(12e parallèle)

5400
2ooo
W
_"transgression
Q
3e 1 320
Série argileuse ré-
cente. Série sableu-
se récente (2e delta
du Chari). Cordon
sableux.
2e surface ferrallitique
plusieurs fois rajeunie

cc 2e erg
W (12e parallèle)
I
r

_Q
transgression
2e
I
400-370-350 ... Série fluvio-lacus-
tre ancienne
U Mouvements faibles
de subsidence
50000 ? 1r e transgression 400 Formations ancien-
nes remaniées.
( l e r d e l t a du Chari)
Mouvements D é f o r m a t i o n d e la
tectoniques surface cuirassée
? ? Surface cuirassée
2e tectonique cassante
2e phase basaltique
W (Soner 1963)
E Pliocène I r e surface ferrallitique
f
- Miocène [Link].
Surface bauxitique
U I r e t e c t o n i q u ecassante de Koro
W
F Eocène 1re phase basaltique
I I I (Sonet
.~ ~ 1963)
~ ~.
I) Ces datations au carbone 14 ont été empruntées aux 1tralvaux de FAURE (1966). SCHNEIDER (1967). SERVANT (19671
57

7 - L'HOMME

7.1 - Industries préhistoriques et peuplements anciensde la cuvette


tchadienne

Les parties nord du Territoire du


Tchad sont richesen industries préhistoriques.

Le Tibesti présente des vestiges d'industrie paléolithique (Chelléen - Acheuléen)


au sud de I'Emi I<oussi tandis que I'Ennedi contient surtoutdes restes d'industries néoli-
thiques anciennes à supérieures e t d'abondantesgravuresrupestres (HUARD 1963 -
BAILLOUD 1960 - LEBEUF1963).

La partie centrale e t sud du Tchadn'a fourni, à l'inverse, que peude découvertes


de ce genre si l'on exceptecelles d'ABADIE - BARBEAU e t COPPENS (1959). Ces
auteurs ont découvert une faunede vertébrés d'âge villafranchien dans le Bahr el Ghazal
près de Koro-Toro où COPPENS (1961) devait trouver par la suite un australopithèque.
Tout récemmentégalement,desrestes d'industries s'apparentant au paléolithique, ont
été observés à l'est de Koro Toro sur le rivage 320 mpar COPPENS - COURTIN-
SCHNEIDER ainsi que despièces néolithiques dans les Bas-Pays (SCHNEIDER 1967).

II est également connu depuisdenombreusesannées un gisement proche de


Maroua (Cameroun) qui a fourni de nombreux bifaces datant de la fin de l'Acheuléen.

L'absence ou la rareté des industries préhistoriques dans ces régions du Tchad


s'expliquepar le f a i t que les colonisationshumaines ont dû être contemporaines des
retraits successifsdeslacsen cours de transition pluvial-aride. Des arides comme ceux
qui ont conduit aux ergs 1 e t 2 ne devaient pas favoriser le peuplement des régions OÜ ils
se manifestaient. Un exemple de cette colonisation lors de la régression des lacs nous est
fourni par SCHNEIDER (1967) qui a pu suivredans les Bas-Pays du Tchad I'implanta-
tion des populations lors du retrait du lac de la cote 320 m.

- lac à la cote 320 m (antérieurà 5.000ans BP). Néolithique moyen,

- lac à 250-240 m. Néolithique finale t fer ancien,

- fin du lacustre avec des mares encore importantes. Période haddadienne,


- Périodeactuelle : rares industries, puits profonds. Départ des Krédas e t de
leurs troupeaux au XVlle siècle e t implantation de l'erg dans les Bas-Pays.

Le dôme villafranchien inférieur de Koro-Toro où fut retrouvée une faune de


vertébrés e t un australopithèque est l'exemple inverse. Ce dôme primitivement recouvert
par des dépôts récents aurait été remis à jour, nous le pensons, lors du percement de la
dépression du Bahr el Ghazal. Le f a i t d'y trouver conjointement éléphant, hippopotame,
crocodile, hyène... peut s'interpréter comme la conséquence d'une submersion progres-
sive d'une surface résiduelle où la faune était venue se réfugier lors de la montée des eaux.

L'absence ou la rareté d'industries préhistoriques auvoisinagedesmassifs du


sud s'explique également par desphases d'érosion très violentes liées aux pluviaux du
[Link] ont amené un rajeunissement dessurfaces tandis que les matériaux
(sédiments, vestiges d'industries) arrachés allèrent combler la cuvette.
58

7.2 - Le peuplement actuel

La population actuelle du Tchad atteint environ 3.300.000 habitants pour une


superficie de 1.250.000 km2, soit prèsde 3 habitants au km2. Encore convient-il de
constater que de grands espaces actuellement désertiques comportent moins de 1 habi-
tant au km2, la population se réfugiant alors dans quelques rares palmeraies.

La préfecture dubBorkou-Ennedi-Tibesti est un de ces exemples puisque, bien


que couvrant plus d'un tiers du territoire, elle ne possède que 50.000 habitants environ.

D'une façon générale, les populations se concentrent le long desgrands axes


fluviaux : Logone,Chari,Batha ..., oulacustres (lac Tchad - lac Fitri) ainsiquesur le
pourtour desmassifs qui ont servi autrefois dezonesrefuges lors desinvasions e t où
l'eau n'est pas rare.

A l'intérieur d'une même préfecture, la densité de population peut être élevée


endes points privilégiés, faible à nulle ailleurs. C'est ainsi que dans le Kanem, elle se
concentre à proximité du lac Tchad e t des ouadi cultivés, tandis qu'elle est pratiquement
inexistante sur les dunesde l'intérieur. De la mêmemanière,dans les grandeszones
d'inondation, elle se localise sur d'étroites levées sableuses.

De multiples ethnies e t groupes ethniques peuplent le Tchad (figure 11).

...
Des populations arabe, toubou, kanembou très anciennement islamisées ou
qui ont amené l'Islam avec elles peuplent la partie septentrionale du Territoire, au nord
d'une ligne s'abaissant d'est en ouest du 15e au 12e parallèle. Au sud de cette même ligne,
des populations anciennement animistes (tama, dadjo, kouka, boulala...) issues de vieil-
les souches autochtones ont subi plus récemment cette avancée islamique propagée par
le nomadisme de pasteurs arabes itinérants qui descendent ainsi jusqu'au l l e parallèle.
Cette incursion pacifique a été la conséquence indirecte de la colonisation française qui,
en faisant cesser l'insécurité, a permisauxnomadesdes'aventurersansrisque si loin
dans le sud.

Tout ce monde islamique parle l'arabe tourkou, certes moins riche que les dia-
lectes méditerranéens, mais qui n'en est pas moins le langage véhiculaire e t commercial
de ces régions. La pénétration se fait cependant avec plus de difficultés dans l'intérieur
des massifs (Tibesti, Ouaddaï, bastion animiste du Guéra).

Dans le sud du Tchad se rencontrent des populations franchement négroïdes


comme le groupe ethnique desSara qui ont subi non plus l'influence de l'Islam,mais
celle apportéepar la France e t les missionschrétiennes (LeROUVREUR1962).
DEUXIEME PARTIE

LES SOLS
61

1 - LES PROCESSUS DE PEDOGENESE

Différents grandsprocessusdepédogénèse marquent les sols de la cuvette


tchadienne. Ces processus sont différents suivant la latitude e t corrélativement les condi-
tions climatiques. Ils varient enmêmetempsque ces derniersfacteurs e t le drainage
externe OU interne du sol. Ferrallitisation, ferruginisation, steppisation se développent
du sud vers le nord dans un milieu bien ou relativement bien drainé. A l'inverse I'hydro-
morphie, la vertisolisation, la carbonatation, I'halomorphie sont souvent la marque de
phénomènes d'engorgement liés à des excès d'eau.

NOUSrappellerons très brièvement les caractéristiques principales de chacun de


ces processus e t leurs limites géographiques.

1.1 - La ferrallitisation

Ce terme a remplacé celui plus imprécis e t communément employé de latéri-


tisation. II traduit une altération intense e t profonde des minéraux silicatés à l'exception
du quartz moins facilement minéralisé. L'altération a pour conséquence I'entrainement
de la silice e t desbases, et la libération des hydroxydes de fer ou d'alumine qui demeu-
rent en place dans le profil formé.

En milieu mal drainé ou très riche initialement en silice, I'élimination de cette


dernière se f a i t mal ce qui permet sa recombinaison avec l'alumine e t la formation de
kaolinite.

En milieu biendrainé, la kaolinite est en plus faiblequantité tandis que la


gibbsite apparaîtra en plus OU moins grandeabondance.

Les hydroxydes de fer (hématite, goethite), le fer amorphe en venant se fixer


à la surface des argiles confèrent aux sols la coloration rouge que l'on observe sur une
grande épaisseur (7 - 8... 10 m e t parfois plus).

La ferrallitisation apparaît au Tchad principalement ausud du 10eparallèle,


c'est-à-direjusque vers I'isohyète 1000 [Link] buttes témoins de ces sols se voient
plus au nord (isohyète 500 mm), elles sont la marque de climats anciens.

On admet d'une facon générale que ce processus ne commence à se développer


que pour des pluviométries supérieures à 1200 - 1300 mm

1.2 - La ferruginisation

C'est un processus qui conduità une altération moindre des minéraux silicatés,
dont une partie peut rester inaltérée par suite d'une hydrolyse moins poussée e t d'une
évacuation moins importante des produits de celle-ci. On aboutità la formation de sols
moins épais que les précédents (2 à 3 m).

La pédogénèse est également marquée dans ces sols par une migration de l'argile
e t du fer, à la suite de lessivage vertical ou oblique. Desphénomènes d'hydromorphie
sont souvent visibles dans les horizons inférieurs des profils. L a fraction argileuse est à
kaolinite à laquelle peut s'ajouter des minéraux 2 - 1.
62

Les sols ferrugineux s'observent principalement entre les isohyètes 1200 e t


500 mm. On peut également les trouver à des latitudes plus septentrionales. Ils apparais-
sent alors comme le résultat de pédogénèses anciennes effectuées sous des climats plus
pluvieux que l'actuel.

1.3 - La steppisation

Elle se traduit par une minéralisation intense de la matière organique e t par la


formation d'acides humiques relativement stables qui vont conférer au profil, malgré de
faibles teneurs, une coloration foncée dans la gamme des bruns. L'évolution de ces sols
est assez faible. Les profils sont peuépais 80 à 120 cm pour les sols bruns, du même
ordre que les sols ferrugineux tropicaux pour les sols brun-rouge. La fraction argileuse
est souvent à dominance de montmorillonite e t d'illite. Ces sols se développent princi-
palement entre les isohyètes 500 e t 200 mm.

1.4 - L'hydromorphie

Elle est le résultat d'un excès d'eau dans le sol par suite d'engorgem'ent plus ou
moins profond ou d'inondation. Elle est caractériséepar des horizons degley ou de
pseudo-gley. Dans l'horizon degley,l'engorgement est prolongé, les phénomènesde
réduction du fer l'emportent sur l'oxydation. L e fer réduit à I'état ferreux s'accumule
ou est éliminé.
La coloration de cet horizon est grisâtre, verdâtre, bleuté, L'horizon de pseudo-
gley présente des tachesfortement colorées en fer (rouge, ocre-rouille...), ou au contraire
appauvriesen cet élément (blanc. beige...). Encours d'année avec la successiondes
saisonss'opèrent alternativement oxydation e t réduction. Ces sols hydromorphes sont
très répandus dans tout le Tchad, principalement dans les grandes plaines d'inondation
du Logone e t du Chari.

1.5 - La vertisolisation

C'est une forme d'hydromorphie qui se développe dans un matériau peu per-
méable constitué par des argiles de type montmorillonitique saturées en ions Ca e t Mg.
L e sol est gorgé d'eau en saison des pluies, mais très sec ensaisonsèche e t cette alter-
nance favorise des mouvements internes du sol qui peuvent donner naissance à un micro-
relief e t à des surfaces bosselées et luisantes sur les faces des gros éléments structuraux.
En profondeur apparaissentdes horizons degley ou de [Link] vertisols se
voient principalement entre les 9e et 13eparallèlesde latitude N.

1.6 - La carbonatation

Elle se traduit par l'individualisation de calcaire provenant de phénomène de


néoformation dans le sol. Le calcium vient deseauxoudusédiment lui-même ; le gaz
carbonique, deseaux,de l'air ou de phénomènes de combustion comme ceux que pro-
duisent les micro-organismeslors de la destruction de la matière organique. Le calcium
peut provenir également de phénomènes de remplacement qui se font à la surfacedes
argiles, remplacement de Ca par des ions Na notamment apportés en solution sous forme
de C03H Na - CO3 Naz - SO4 Naz.
63

Lecalcaire se présente le plus souventsous forme de pseudo-mycélium OU


d'amas calcaires dans les sols halomorphes, de nodules calcaires bien individualisés dans
les sols hydromorphes ou les vertisols.

1.7 - L'halomorphie

Les sols halomorphes sont dominés dans leur évolution par la présence de sels
solublesoud'ions le plussouvent sodium fixé sur le complexeabsorbant du sol.
Les premiers sont des sols salés où les sels solubles sont représentés en milieu endoréi'que
comme la cuvette tchadienne par CO3 Naz - SO4 Naz. Ils sont ainsi définis lorsque la
conductivité de l'extrait de saturation d'une pâte de sol portée seniblement au double
.
de l'humidité équivalente est supérieure à 4 millimhos par cm, à 25 En fonction de la
salinité, les chercheurs de U.S. Salinity Laboratory Staff (1954) ont dressé une échelle
de fertilité de ces sols :

Effet de la Rendements de Rendements de Seules quelques Seules un très


salinité le plantes très nombreuses plantes petit nombre
plus souvent sensibles, plantes, tolérantes de plantes
négligeable réduits réduits donnent de donnent de
bons bons
rendements rendements
3 16

Echelle de conductivité (millimhos par cm à 25')

Lesseconds sont les sols à alcalis ainsi appelés lorsque [Link] Na/capacité
d'échange est supérieur à 12% ou le rapport Na/Ca échangeable dépasse 15%. La fixa-
tion du sodium par l'argile a pour conséquences principales :

- une structure massive (cubique, en colonnettes, prismatique) dans les horizons supé-
rieurs, prismatique ou polyédrique en profondeur.
- une perméabilité faible à nulle.
Les sols salés se localisent principalement sur la bordure du lac Tchad (climat
sahélo-saharien) e t de part e t d'autre du Bahr el Ghazal dans de multiples cuvettes appe-
lées ouadi. On les observe également sur le pourtour du lac Fitri (climat sahélo-souda-
nien) mais moins abondamment. Ils sont inexistants autour du lac Iro (climat soudano-
guinéen).

Les sols à alcalis sont peu abondants dans le sud du territoire. Ils deviennent de
plus en plus répandus en remontant en latitude au fur e t à mesureque les conditions
d'aridité s'accusent.

2 - LA CLASSIFICATION DES SOLS

La classification utilisée est celle définie par G. AUBERTet Ph. DUCHAUFOUR


en 1956 à la V l e Conférence Internationale des sols à Paris e t revus par G. AUBERT en
1963.

Cette classification qui est morphogénétique divise les sols en :


64

- classe : (caractèrede I'évolution),


- sous-classe : (résultat de l'action
des facteurs écologiques qui conditionnent I'évolution :
pédo-climat en particulier...),

- groupe : (particularité du processus évolutif : lessivage...),


- sous-groupe : (intensité du processus ou apparition du processus secondaire).
Dix classes de sols ont été ainsi définies dont sept sont représentées au Tchad
parmi lesquelles celles : des sols isohumiques, des sols à sesquioxydes, des sols halomor-
phes,des sols hydromorphes, des vertisols,occupentuneplace importante ausud du
16e parallèle, tandis qu'à l'inverse, les sols minéraux bruts, les sols peu évolués sont sur-
tout abondants au nord de ce parallèle.
65

3 - LES GRANDES CLASSES DE SOLS. LEUR SUBDIVISION

3.1 - CLASSE I - LES SOLS MINERAUX BRUTS

Dans cette classe vont entrer à la fois des sols d'origine climatique, ceux qui se
développent dans les parties les plus arides du Tchad,e t des sols d'origine non climatique
où la pédogénèse est très peu marquée du fait d'intenses phénomènes d'érosion.

3.1.1 - Les sols minéraux bruts d'origine climatique

LES SOLS DES DESERTS

Ils se localisent dans la partie nord du territoire au-delà du 16e parallèle. II s'agit
de sols présentant un profil (A) C. (A) contient très peude matièreorganique dont
l'altération chimique est faible. La matière minérale subit uniquement une désagrégation
physique due notamment aux variations de températures diurnes e t nocturnes ou sai-
sonnières.

- Dunes, barkhanes sur sables siliceux

Les dunes forment desergs importants dans ces régions :

- Erg du Djourab,
- Erg de la dépression du Mourdi,
- Ergdes Erdis
- Prolongement vers l'est du grand Erg de Bilma (Niger),
- Erg du Bodélé.

Les barkhanes constituent des ensembles plus modestes e t discontinus qui se


déplacent sur un substratum diatomitique ou gréseux.
66

Ergs e t barkhanes composent d'importantes dunesde 20 à 40 m de haut et


parfois plus. Sans couvert végétal, elles sont dans ces régions en perpétuel remaniement
sous l'action des vents. Elles sont constituées de grains de quartz éolisés, très bien triés.
Les minéraux lourds y sont abondants, le zircon domine avec I'épidote, la hornblende et
aussi parfois de I'augite qui est la marque des apports volcaniques du Tibesti (11.

- Sur roches acides (granites - gneiss - rhyolite...l


Ces roches s'observent dans la partie nord-ouest du Tibesti e t dans le prolon-
gement du massif du Ouaddaï dans son contact avec I'Ennedi.

Les granites sont ici le plus souvent calco-alcalinsavec des passages locaux à des
grano-diorites ou à des granites subalcalins (granites deYédri). Le paysage de ces régions
est assez semblableà celui que nous décrivons plusloin pour des roches-mères identiques,
mais alors soumises à de fortes érosions ; la végétation ici se liniite à quelques très rares
arbres et [Link] forment généralement desensemblesaux formes bien
découpéestandisqu'à l'inverse les formations précambriennes (schistes, gneiss, rhyolites...l
constituent des étendues relativement planes souvent très ravinées.

- Surrochesbasiques
Sous ce vocable sont désignées principalement des roches volcaniques qui cons-
tituent une grande partie du Tibesti. II s'agit :

- pour la série ultime,de trachy-andésites,


- pour la série supérieure,d'ignimbrites rhyolitiques alcalines, de cinérites,
- pour la série moyenne e t inférieure,de rhyolites alcalines, ignimbrites, trachytes,
phonolites.

Aces différentes séries s'associent sur les pentes, dans les vallées ou les plateaux,
des basaltes à olivine, des labradorites, des andésites...

L'âge de ces formations volcaniques s'échelonne du début de I'ère Tertiaire au


Quaternaire ancien à moyen.

(1) voici à titre d'exemple la composition en minéraux lourds d'une de ces barkhanes prélevé[Link]
nordde Largeau
v

no Augite Hornblende
Andalousite Staurotide Disthène
Epidote
échantillon verte
pigeonite
% % % % % %
1140 28 20 3 4 26
1141 28 8 4 2 10

no Tourma- ten.
Zoisite Zircon Rutile Biotite Opaques
échantillon line pond.
% 96 % % % % %
1140 6 4 6 1 2 60 0,lO
1141 6 26 6 8 2 64 2,05
c
67

Les paysages de cette région sont très divers : les sommets représentant les der-
nières activités volcaniques (Emi Koussi - Toussidé)sont bien découpésau milieu de
plateaux d'épandages de laves formant de gigantesques chaussées, tandis que les vallées,
les gorges sont tapissées par les basaltes. Sur les plateaux s'observent de vastes cratères
d'explosion ou caldéras (Trou au natron - Tarso Yéga - Tarso Voon...).

- Sur grès
Ceux-ci recouvrent unegrande partie du territoire au nord du 16eparallèle.

II s'agit degrès :

- palézoîques

. carnbro-ordovicien(grès grossiers- grès tendres e t psammites à bilobites e t tigi-


lites)
. Silurien (grès e t psammites à Harlania)
. Dévonien (grès argileux, grès et psammites à plantes)
- secondaires

. grès de Nubie (conglomératiques, calcaires...), argilites.

- tertiaires (Continental Terminal)

. grès ferrugineux plus ou moins argileux, argilites.


Les grès paléozoïques ceinturent ausud le massif granitique e t volcanique du
Tibesti e t les grèsde Nubie dans l'est. Ils se présentent soit en étendues planes dans les-
quelles s'enfoncent desgorges profondes, soit entablesrésiduellesouenfines colon-
nettes dentelées que I'érosion éolienne a profondément modelées (Ennedi).

Les grès Continental Terminal s'observent principalement dans la dépression


du Borkou où ils forment des étendues chaotiques en liaison avec d'intenses phénomènes
d'érosion anciens e t actuels. Ils alternent avec des diatomites e t des sables éoliens (dunes,
. barkhanes).

- Sur diatomites
Elles sont visibles dans la dépression du Borkou où elles forment les sols de la
palmeraie de Largeau e t ausside vastes étendues morcelées par les grès e t que I'érosion
éolienne a découpéesenune multitude de monticules de couleur blanche ou rosede
quelques mètres carrés de surface atteignant 1 à 1,50 m de hauteur. Au sudde l'erg du
Djourab elles forment des étendues planes relativement homogènes que recouvrent par
place des ensembles de barkhanes.

- Sur roches non différenciées


Elles sont peu répandues si l'on excepte la longue bande en arc de cercle s'inter-
calant entre les grès du Dévonien supérieur e t les grèsde Nubie qui représente le carbo-
nifère marin (grès - marnes - calcaires). Enfin à la pointe N-W du Tchad s'observe I'éocène
marin caractérisépardescalcaires,desmarnes,desargiles,des formations gypseuses.
68

3.1.2 - Les sols minéraux bruts d'origine non climatique

[Link] - SOLS D'EROSION


Ils se voient principalement au sud du 16e parallèle dans les régions de monta
gnes là où une forte érosion a amené l'ablation de sols préexistants,oubien produit .
actuellement le départ dessablesarénacés résultant de l'altération des roches.

Les profils sont égalementde type (A) C.

- Sur roches acides (granite , gneiss, rhyoiite ...l


II s'agit le plussouvent de granites à faciè[Link] (1963) distingue
ainsi dans le Ouaddai' (feuille de Niéré) :

- des granites concordants :

. granites à biotite seule ou dominante les plus répandus. Ce sont des granites
calco-alcalins à quartz, microcline, plagioclase (18 à 38 5% d'An.), biotite avec
accessoirement hornblende verte, sphène, apatite, zircon ;
. granites à deux micas identiques peu abondants;
. granites à biotite e t amphibole. Termesdepassagevers les grano-diorites.
A hornblende verte, sphine, plagioclase plus basique ;
. grano-diorites : plagioclase (30 % d'An.), quartz, microcline,biotite,horn-
blende verte e t sphène abondants, diopside rare, épidote e t apatite ;

- des granites discordantspeu abondants qui constituent souvent des inselbergs :

. granites pegmatoi'des ;
. granites à deux micas ;
. granites calco-alcalinsleucocrates ;
. microgranites, rhyolites. Granites aplitiques en champs filoniens.
A ces granites s'ajoutent moins fréquemment des enclaves de roches métamor-
phiques (phylbades,ardoises, micaschistes, cipolins, quartzites, gneiss...).

Les granites constituent : soit des reliefs bien découpésdans un paysage acci-
denté, soit des reliefs moins abrupts formés d'une multitude de boules provenant de la
destruction des massifs.

Lesgneiss, les roches tendres (micaschistes) constituent deszones relativement


planes entaillées par les ravines d'érosion, tandis qu'à l'inverse les filons de microgranites
forment des élévations orientées auxarêtes vives.

- Sur grès
Les grès sont peuabondants e t localisés principalement dans le massif du
Ouaddai: Ce sont surtout desgrès paléozoiques ou Continental Terminal, plus rarement
des grès de Nubie. Ils s'observent en lambeaux de faible étendue formant le plus souvent
des tables résiduelles.
69

- Sur cuirasse ferrugineuse

Il s'agit le plus souvent d'une cuirasse ferrugineuse ancienne datée fin tertiaire.
Elle occupedevastesétenduessur le pourtour du massif centraltchadienoù elle se
retrouve à des altitudes variées(420 à 500 m.)Elle est observée plus sporadiquement vers
le nord, sur les contreforts du massif du Ouaddai: Elle a été égalementsignaléepar
SONNET (1963) en différents endroits dans le nord de ce mêmemassif.

Cette cuirasse ferrugineuseprésente différents faciès :

- cuirasse vacuolaire, faciès le plus fréquent,


- cuirasse conglomératique au voisinage des massifs,
- cuirasse à gros nodules ou concrétionsferrugineuses,
- cuirasse scoriacée noirâtre formant la partie supérieure de la cuirasse en contact avec
l'air e t aussi la plus riche e n fer,
-cuirasse pisolithique observéedans certainscoursd'eau où elle forme des seuils qui
correspondent à des lits de gravillons ferrugineux apportés lors de crues anciennes e t
ressoudés entre eux,
- cuirasse lamellaire en niveaux épigénisés où va se distinguer la trame du matériau origi-
nel (argilite, grès...).

Ces cuirasses sont très variablement durcies. Elles sont de couleurs diverses avec
une dominance de rouge e t de brun. Dans les affleurements de cuirasse, une croûte ferru-
gineuse plus foncée scoriacée, très compacte, plus riche en fer surmonte le niveau décrit
ci-dessus. Dans le sol, la cuirasse est souvent précédée d'un niveau de gravillons ferrugi-
neux très arrondis qui dénonce des phénomènes de dissolution du fer e t une circulation
intense des eaux en saison des pluies au niveau de ce milieu imperméable que forme la
cuirasse.

Ces cuirasses sont d'épaisseur variable : 2 à 5 e t 6 m. Fréquemment cuirasses


vacuolaires e t niveaux épigénisés des roches sous-jacentes apparaissent superposés.

Tous ces matériaux indurésont des densités variant entre2 e t 3,5 e t contiennent
des quantités de Fez O3 :

- 20 à 30 % dans les cuirasses vacuolaires les plus anciennes e t 30 à 40 % dans les plus
récentes situées en bas de pente OU dansdes parties mal drainées qui s'enrichissent en
fer par lessivage oblique, aux dépens des cuirassesanciennes des plateaux e t des sols
voisins ;
- 40 à 45% dans les cuirasses pisolithiques ;
- 35 à 70% dans l'induration superficielle formant une croûte superficielle ;
- 10 à 25% dans les matériaux épigénisés.
La goethite est souvent dominante associée parfois cependant à l'hématite.

Les hydroxydes d'aluminium sont plus rarement trouvés. II s'agit de gibbsite


ne dépassant pas 1O % .

La fraction argileuse emprisonnée dansle réseau d'hydroxydes est de la kaolinite


en proportion variable (20 à 40 $' 6 pour 30 à 40 % de goethite-hématite le plus souvent,
mais aussi parfois 60 à 85 % de kaolinite pour 10 à 25% d'hydroxydes de fer dans le cas
70

Si0
d'argilites épigénisées). L e rapport moléculaire - est très variable, proche de 2 dans
Al2 O 3
la roche-mère,légèrement inférieur à 2 dans la roche déjà plus fortement altérée,très
variable dans la cuirasse mais le plus souvent inférieur à 2 descendant jusqu'à 1,35 dans
Si0
un échantillon où de la gibbsite est observée aux rayons X. L e rapport 2peut pré-
R2O3
senter des valeurs très faibles notamment dans lesindurations superficielles (Tableau ci-
après : échantillons BI, T 280, T 290).

TABLEAU ANAL YTIOUE

Analyses totales aux triacides

Cuirasses ferrugineuses Cuirasses ferrallitiques

Origine Begangber nord de Krim-Krim Koro

Echantillons B1 T 280 T 290 T 440 T 441 T 443

Humidité % 0,85 1.35 1.82 0.76 0.28 1 ,O8


Perte au feu % 12.21 10.93 9,36 9,97 29.85 13.38
Résidu quartz % 15.47 19,75
0.30 0,75 l ,92 2,Ol
S i 0 2 silicates % 5.02 19,44 20.32 2,15 40.33
6.78
A1203 % 10.70 24,34 20.52 7.00 60,27 34,28
Fe203 % 28.50 29.32
67,52 75,lO 2,56 5,20
Ti02 % 0.75 0.300.80 0,40 3.00 0,30
Ca0 % 0.21 0,12 0.12 0,12 0.09 0,16
Mg0 % traces traces traces traces traces traces
K20 % 0,04 0.1 7 0.15 0.06 0,06 0.14
Na2 O % 0,22 0.27 0.22 0.30 0,24 0,40
0 5 % 0,11 0.09

Si02fR203 0.16 0.77 0,87 0.21 0.05 1.81


Si02/A1203 1,35 0.791,68 1,64 0,05 1,99

3.27 1,25 58.45 0,04

- Sur cuirasse ferrallitique

Le cuirassement alumineux n'est obsewé au Tchad qu'en de très rares points


dont l e principal est celui de Koro. II a été aussi signalé à M'Béri, Begangber par divers
auteurs (WACRENIER 1961, CABOT 1965, BOUTEYRE 1965).

Le site de Koro localisé dans le Koro de Guidari est constitué d'un ensqmble de
collines surplombant la surface actuelle d'une centaine de mètres, on y distingue succes-
sivement :

- une cuirasse ferrugineuse très superficielle, épaisse de 20 à 30 cm,de couleur brun-


rouille (7,5 R 2,5/2)alvéolaire e t quelquefois tapissée de silice recristallisée - échantil-
I Ion T 440 (1).

(1) Sauf contre-indication, toutes les colorations sont données à I'état sec.
71

- un matériau à structure oolithique lâche peu développée, de couleur saumon ou blanc


rosé ( I O R 6/8 e t 5 YR 8/4) avecdesplages plus foncées ( I O R 5/61. Assez friable, il
devient plus argileux à la base tout en s'éclaircissant. On distingue alors la trame de la
roche-mère originelle - épaisseur une dizaine de mètres - échantillon T 441 -.
- une argile blanche feuilletée sur 10 à 15 m environ - échantillon T 443 -.

Les analyses triacides associées à celles aux rayons X permettent de reconstituer


la composition des différents prélèvements.
Echantillon T 440 Echantillon T 441
Goethite 80 % environ
Kaolinite 15 % environ
Quartz 1 96 environ Kaolinite 5 % environ
Echantillon T 443 Fe2 O3 3 % environ
Kaolinite 90 % environ TiOz 3 % environ
Goethite 5 % environ Quartz 2 % environ
Quartz 2 % environ
Si0
Dans la roche-mère le rapport 2est voisin de 2. II est plus faible dans la
Al203
roche-mère altérée (échantillon T442 : 1,81), très faible dans I'échantillon T 441 (0,051,
plus fort dans le T 440 (1,64).

La très forte épaisseur de l'altération, la position haute du gisement semblent


démontrer le caractère très anciende ce sol qui représente une des surfacesles plus âgées
que nous connaissions au Tchad. Elle doit sa conservation jusqu'à notre époque au man-
teau ferrugineux qui s'est développé sur les sommets e t l'a ainsi partiellement protégée de
I'érosion.

3.2 - CLASSE II - LES SOLS PEU EVOLUES


Comme pour les sols minéraux bruts, nous allons trouver ici des sols d'origine
climatique, ceux qui se développent dans les parties les plus septentrionales du Tchad là
où le climat a peu d'effet sur la pédogénèse, e t des sols d'origine non climatique où la
pédogénèse est peumarquéeparsuitede la jeunessedu sédimentou dephénomènes
d'érosion qui conduisent à un rajeunissement continuel. Les sols présentent un profil AC.
A contient plus quedestracesde matièreorganique dont une partie peut &re bien
humifiée. La matière minérale n'a pas subi d'altération chimique notable mais peut être
très désagrégée à la suite de phénomènes physiques.

3.2.1 - Les sols peu évolués d'origine Climatique

[Link] - SOLS GRIS SUBDESERTIQUES -

- Modaux - Famille sursables siliceux (profils 130 - 137 - Annexe 1) (1)


L'absence d'évolution du matériau originel est dû au Tchad à la trèsgrande
sécheresse. Ces sols s'observentdans le domaine climatique saharienau nord du 16e
parallèle SOUS des pluviométries inférieures à 200 mm. Cartographiquement, ils sont en
complexe avec les sols de la classe précédente : sols minéraux bruts d'origine climatique
sur sables dunaires, sur grèse t diatomites.
( 1 ) Les différents tableaux d'analyses constituent des annexes en fin devolume.
72

Ils se développent sur des sables siliceux provenant de la désagrégation des grès
paléozoiques (Ennedi - Tibesti - N. Ouaddai) e t tertiaires (N. Ouaddaï- Borkou) déman-
telés lors de pluviaux anciens e t mis en place en milieu lacustre avant d'avoir été repris
par les vents.

Ces sols sont sableux en surface, à peine plus argileux en profondeur. Ils sont de
couleur gris-beige sur une très faible épaisseur. En profondeur, s'observe un horizon de
couleur variable beige, ocre ou rosé. II y a souvent peu de différence de coloration entre
l'horizon superficiel e t l'horizon profond. L'ensemble a une structure particulaire ou
fondue. Cette structure peut devenir polyédrique dansles horizons plus argileux, mais
la compacité du sol, lacohésiondesé16ments structuraux ne sont jamais bien grandes.

Dans les parties où stagnent les eaux après les tornades, ces mêmes sols peuvent
présenter superficiellement un horizon stratifié sableux, plus compact. Cet horizon est
parfois recouvert d'une pellicule limoneuse. On observeaussien certains endroits, à la
surface du sol, desamas noirâtres ferrugineux provenant desgrès.

Ces sols sableux,trèsperméables contiennent peud'argile: 5 à 10% dans


l'horizon desurface, 12 à 18% en profondeur vers 80 à 100 m.

Lessables sont uniquement quartzeux. Ils sont trèspauvres en matière orga-


nique (0,l à 0,2%) e t azote (0,l à 0,2%d.

Ces sols ont des pH généralement alcalins 7,5 à 8,5 qui tendentà décroître fai-
blement avec la profondeur.

Le complexe absorbant a une valeur assez faible. II est bien pourvu enCa qui
représente une très forte proportion de la somme des bases échangeables. L'ion K est en
faible quantité souventinférieure à 0,2 mé % . Na e s t peuabondant. Les chiffres de
P, O5 total sont peu élevés : 0,20 e t 0.40 % o .
La végétation très clairsemée se limite à quelques rares arbres (..haci2 raddiana,
Maerua crassifolia, Capparis decidua, Salvadora persica, parfois Hyphaene thebaica) avec
un couvert graminéen discontinu : Panicum turgidum, Aristida pallida en Ennedi. Dans
les plaines de piedmont les arbres sont pratiquement inexistants. On trouve les espèces
précédentes associées à Fagonia arabica, Cornulaca monacantha ...

Ces sols sont incultes du fait de la faible abondance des précipitations. Le mince
tapis herbacé sert de pâture au bétail (bovins, camelins, ovins ...) relativement abondant
en Ennedi.

3.2.2 - Les sols peu évolués d'origine non climatique

[Link] - SOLS D'EROSION

- Sols lithiques-famille sur ...


rochesacides (granite, gneiss,rhyolite ) profils 27-90
Annexe 2

I Is se développent le plus souvent dans les parties accidentéesoù des transports


importants ont lieu sous l'action de la pluie, deseauxde ruissellement ou de celles de
cours d'eau temporaires ou permanents. On va donc observer ces sols sur les massifs ou
au voisinage de ceux-ci (massif central tchadien, massif du Ouaddaïet ses prolongements
au sud e t au nord, contreforts de l'Adamaoua dans la région de Baibokourn).
73

Autour desmassifs, ils font la transition entre ceux-ci e t les sols d'arène pro-
fonde en contrebas. Sols de pente assez forte, ils sontsoumis à une érosionintense,
coupés par des ravines e t parsemés d'éboulis de roches.

On distingue dans ces sols les horizons suivants :

A - humifère gris à noirâtre, à texture souventsableuse, particulaire à fondue pré-


sentant de nombreux éléments graveleux (feldspaths, quartz, gravillons ferrugi-
neux, débris de roches).

C - arène
souvent grossière
avec
par
placesdesdébris
deroches plus oumoins
décomposéesfaisant le passage à la rochealtérée.

L'horizon C peut être très variable. Dans certains cas on peut avoir affaire à
une roche plus ou moins fortement altérée de couleur jaunâtre OU rougeâtre où les élé-
mentsfeldspathiques friables donnent naissance à un horizon sablo-argileux à argilo-
sableux qui précède la roche altérée. Dans ce cas cet horizon doit être interprété comme
un ancien horizon B d'un sol ferrugineux tropical tronqué e t jouant le rôle soit de roche-
mère, soit de support à des dépôts plus récentse t peu évolués. Dans d'autres cas, ce même
horizon C est figuré parunecuirasseferrugineuseancienne tronquée de ses horizons
supérieurs, l'ensemble ayant constitué autrefoisun sol ferrugineux tropical à concrétions
ou à cuirasse.

Les propriétés physiques e t chimiques de ces sols sont très variables. Malgré des
positions topographiquesfréquentes depente, ils présententune hydromorphie assez
générale sous forme de taches colorées dues à un mauvais drainage interne. Des phéno-
mènes de lessivage oblique, d'argile, de fer y sont vraisemblables.

Ces sols ont des épaisseurs relativement faibles, 40 à 50 cm en moyenne. Ils peu-
ventêtresableux à sablo-argileuxou même argilo-sableuxcomme dans le massif du
Ouaddai; ce qui dénonce despédogénèsesanciennes importantes e t un rajeunissement
récent des profils. Leur structure e s t variable, fondue à particulaire pour les premiers,
polyédrique assez grossière pour les seconds qui présentent une faible perméabilité. Les
teneurs en matière organique e t azote sont très variablesen fonction de la position topo-
graphique du profil (pente plus oumoins accusée, replat...). Les pH sont faiblement
acides à neutres, parfois légérement alcalins ou très acides sur cuirasse ferrugineuse. Ils
sont diversement pourvus en bases échangeables. Ca est dominant, Mg en quantité moin-
dre, K souvent assez faible, Na peu abondant. Les teneurs en P 2 0 5 sont faibles 0,2-0,4%0,

Ces sols portent un couvert végétalvarié.Surcuirasse ferrugineuse ils se dis-


tribue en lots denses composés d'épineux : Dichrostachysglomerata, Acacia ataxacantha,
albizia chevalieri... groupés fréquemment autour de termitières.

Sur les pentes des massifs se notent souvent en formation clairsemée ; Boswellia
dalziellii, Stercolia tomentosa, Scherocarya birrea, Anogeissis leiocarpus... dans le massif
central tchadien. Acacia Senegal, Acacia mellifera, Acacia raddiana, Commiphora afri-
cana, Albizia sericocephala... plus au nord dans ce même massif.

Ces sols sont souvent incultes carpeuépaisou fortement érodés. Autour des
villages, ils portent les cultures vivrières traditionnelles : mil, petit mil, arachide en fonc-
tion de la latitude, e t le coton dans le sud. Ce sont,dans leur ensemble,des sols très
médiocres qui nécessitent des jachères assez longues pour se régénérer et qui, du fait de
leur faible épaisseur, demandant une attention particulière, ceci afin d'éviter des phéno-
mènes d'érosion que peuvent faciliter le déboisement et la culture intensive.
74

-
[Link] SOLS D'APPORT

- Modaux - famille sur sables dunaires siliceux ou Bpandage sableux des rivières
Ils se voient un peu en toutes régions où ils se trouvent en association avec les
sols que l'on observe sur les bourrelets des fleuves. Ceux-ci sont le plus souvent, du fait
de leur texture riche en éléments fins (limon, argile), atteints d'hydromorphie ou d'halo-
morphie. Les sols plus légers,.sableux présentent plus rarement ces phénomènes.

On les trouve également dans le massif central tchadien où ils constituent soit
des cours de rivières e t leurs bourrelets, soit des arènes d'épandage. On peut les voir aussi
au nord du 13e parallèle associés à des sols bruns e t brun-rouge subarides dans le système
dunaire du Kanem.

Le profil est de type A C.

A - e s t humifère moyennementdéveloppé (20 à 40 cm) le plussouventsableux,


mais quelquefois limoneux, limono-argileux. Dans le premier cas la structure
est particulaire ou fondue, la compacité e t la cohésion faibles.

C - est constitué généralement d'un matériau identique. Si le matériau est, plus


argileux I'hydromorphie devient alors visible sous forme de taches ou marbrures
rouille.

Ce genre de profil très sableux a en général une très faible rétention pour l'eau.

Ces sols sont dans les cas limites :

- intergrade vers des sols hydromorphes ou halomorphes (bourrelets de cours d'eau', lits
de fleuves...),
- intergrade vers des sols bruns ou brun-rougesubarides (système dunaire),
- intergrade parfois vers dessols ferrugineux tropicaux (borduresbien drainées de massifs),
ou vers des vertisols lorsque, de texture argileuse, le drainage interne est limité.

Les propriétés physiques e t chimiques sont très variées non seulement en fonc-
tion de la texture souvent sableuse mais de la position topographique e t géographique, de
la présencd de nappe pouvant favoriser desphénomènesde remontée des solutions du
sol qui enrichiront le complexe absorbant.

Beaucoup de ces sols sont d'autre part soumis, soit à une inondation plus ou
moins importante lors descrues (végétation alorsgraminéenne dominante avecrares
arbres e t arbustes), soit à des remaniementséoliensassociés à des apports colluviaux
(pente de dunes ou fond d'interdunes).

Ces sols sont incultes si très fortement inondés, ou portent les cultures les plus
diverses commecelles du coton (S-W d'Am Timan -Alluvions du bahr Azoum - 1 tonne/ha
de coton graine), du sorgho, du petit mil...

La végétation qui s'y développe est fonction des différents facteurs'déjà énon-
cés e t de la latitude. Elle ira de la savane arborée plus ou moins dense à la pseudo-steppe
ou B la prairie marécageuse à Andropogonées.
75

3.3 - CLASSE 111 - LES VERTISOLS

II s'agit de sols à profilsA ( B ) C ou A (B) g C plus OU moins homogènes par suite


de mouvements internes du sol se traduisant frQuemment par un microrelief de type
"gilgai". De couleur foncée, ils sont très richesen-ergilede type 2 - 1 saturée en calcium e t
magnésium, e t présentent une structure !arge, poly6drique ou prismatique. Ils sont caracté-
risés dans leurs horizons profonds par des phénomènes d'hydromorphie qui se traduisent
par unhorizon à pseudo-gley. L e mauvais drainageinterne de ces sols est une règle générale.
2 sous-classes sont distinguées :
- Vertisols à pédoclimat très humide
- Vertisols à pédoclimat temporairement humide

3.3.1 - Les vertisols à pédoclimat très humide aussi appeles vertisols topo-
morphes ou hydromorphes

Ces sols occupent desétenduesplanes souventlégèrementdéprimées où les


eaux de ruissellement ou des précipitations viennent s'accumuler pendant des périodes
assez longues, conférant aux sols des caractères hydromorphes accusés.

Le groupe le plus fréquemment observé au Tchad est celui des VERTISOLS LAR-
GEMENT STRUCTURES DES LA SURFACE.

2 sous-groupes ont été distingués en fonction de la plus ou moins grande abon-


dance en nodules calcaires, celle-ci reflétant I'âge plus ou moins ancien du sédiment e t
de la pédogénèse.

- Vertisols à nodules calcaires e t effondrements -famille sur alluvions fluvio-


-
lacustres argilo-sableuses à argileuses ( - Profil 39 Annexe 3.)

Localisation : ils s'observent en 3 régions :

- Région du Moyen-Logone, de part e t d'autre de ce fleuve,


- Région des bahrs Aouk - Keita - Salamat sur la rive droite du Chari,
- Pourtour du massif central tchadien.

Ces sols sont généralement inondés en saison des pluies par la crue des fleuves
e t recouverts par unelamed'eaude 20 cm à 1 m. Un couvert dense d'Andropogonées
freinent les courants e t contribuent à atténuer leur action érosive. Les eaux séjournent
de juillet-août (Ires inondations dues aux pluies) à octobre-décembre au moment de la
crue des fleuves.

Morphologie

Les horizons des profils A (B) C, A (B) g C sont les suivants :

A - humifère faiblement développé gris-brun (2.5Y4/2), brun-noir ( I O YR 4,5/4),


argilo-sableux à argileux. Structure grossière polyédrique ou prismatique. Cohé-
sion e t compacitésouvent fortes. Porosité tubulaire oud'agré[Link] peut
trouver dans cet horizon de petits gravillons ferrugineux noirs e t des nodules
calcaires en plus ou moins grande abondance. Epaisseur 20-30 cm.
76

(B)(B)g-brun-olive (2,5Y 4,5/4- 5,5/4),argilo-sableux à argileux, prismatique, prisma-


tico-polyédrique grossier. Fortes compacité e t cohésion. Peu de racines. Petits
gravillons ferrugineux [Link] blanchâtres souvent
[Link]éléments structuraux présentent des surfacesbosselées,
luisantes, striées. Epaisseur variable 100 à 150 cm. On passe en profondeur à un
horizon (B) g où I'hydromorphie se marque, soit parquelquesmarbrures
rouille ou par une couleur différente jaunâtre (2,5 Y 7/4).Cet horizon (B) g
C marque le début du C avec lequel il se confond.
Ces sols sontcaractériséspar un microrelief "gilgai" important. Les nodules
calcaires sont abondants notamment sur les buttes de celui-ci. Des fentes de
retrait importantes marquent ces terres en saison sèche. Elles descendent sou-
vent à 120 - 150 cm.

Propriétés physiques et chimiques

Ces sols ont des teneurs en argile relativement constantes comprises entre 35 e t
50%, la fraction sableusegrossière est assez importante, 30%. L'indiced'instabilité
structurale est élevé, souvent supérieurà 2. La structure est mauvaise ( I S entre 1 e t 2)à
trèsmauvaise (IS > 2). La perméabilité en sol humide (méthode Hénin) e s t faible
( K cm/h : O à 1,5).
Les teneurs en carbone dans les horizons de surface sont le plus souvent com-
prises entre 0,3 e t 0,6 % tandis que les rapports C/N varient entre 10 e t [Link] taux de
carbone sont plus élevés dès qu'un apport alluvial limono-argileux recouvre ces sols en
atténuant le microrelief.

Le pH est compris :

- en surface entre 6 e t 7,
- en profondeur entre 7 e t 8.

La somme des bases échangeables a des valeurs variant entre 15 e t 30 mé % tant


en surface qu'en profondeur.

- Ca représente 60 à 80 % de la valeur de S. Les taux de Ca augmentent avec la


profondeur.
- Mg a des valeurs plus modestes 3-4mé % en surface, 2-3mé % en profondeur.
- K est compris entre 0,2 e t 0,3mé X .
- Na est assez faible 0,là 0,5mé %.
' Ces sols présentent un taux de saturation de 60 à 100 % en surface, 90 à 100 %
en profondeur.

Les rapports -
sio2
Al;! 0
3
sont largement supérieursà 2.

La fraction colloidale inférieure à 2 p est constituée :

- dans le bassin du Moyen-Logone par de la kaolinite dominante (70 à 95%), de I'illite


(O à 20% 1, de la goethite (5à 15%).
- dans le bassin du Chari e t sur le pourtour du massif central tchadien, par de la mont-
morillonite dominante (40 à 60%), de la kaolinite (40à SO%), de I'illite ( O à 10%).
I I s'agit de montmorillonite ferrifère.
77

Parmi les éléments traces, Mn, Rb, Ba, Zr sont en fortes teneurs ; Pb, Sr, V, Ni,
Co, Cu, Cr, Li en teneurs moyennesà assez fortes ; Mo, Sn en faibles teneurs.

Végétation - Aptitudes culturales

Ces sols portent une végétation très variable en fonction de l'inondation. Sur le
pourtour du massif central tchadien, il s'agit d'une savane arborée assez claire à Combre-
turn glutinosum, Anogeissus leiocarpus, Pseudocedrelakotschyi. .. avec un tapisd'Andro-
pogonées. Dans les plaines d'inondation, il s'agit d'un couvert graminéen à Hyparrhenia
rufa avecderaresarbressur les tertres OU les bordures deszones d'inondation. Une
savane armée à Acacia seyal s'implante parfois sur ces terrains.

Ces sols occupent des surfaces considérables et sont pour la plupart générale-
ment incultes. Ils le doivent souvent à des conditions d'inondation prolongée,mais
surtout à une densité de population très faible qui se distribue sur d'étroites langues de
terre exondéesensaisondes pluies. Autour des villages se pratiquent des cultures de
sorgho repiqué après le retrait des eaux.

Ces sols portent également, notamment en bordure du Logone, la riziculture


mais celle-ci ne se développe que lorsqu'une couverture limoneuse à pH acide et plus
riche en matière organique les recouvre, atténuant le microrelief. On a alors affaire à des
sols hydromorphes ou à des intergrades de vertisols vers ce type.

Certaines de ces terres exondées (région de Fianga) portent des cultures de


coton avecdes rendements divers, même parfois assez élevés (500-700 kg/ha) en liaison
avec le travail du sol effectué et la pluviométrie de l'année considérée.

Les relations existantes entreAzote totale-Acide phosphorique total-pH (DAB1N


1961) sont:
- moyennes à médiocres pour la riziculture,
- bonnes pour les autres cultures.

I I faut cependant remarquer que si les propriétés chimiques sont excellentes


(baseséchangeables - capacité d'échange) les propriétés physiques (perméabilité, struc-
ture, porosité) sont très médiocres sinon mauvaiseset conduisent à des engorgements du
sol, à un mauvaisdrainageinterne,conséquences particulièrement néfastes pour des
plantes sensibles à l'eaucomme le cotonnier.

Le second groupe des vertisols à pédoclimat très humide : V E R T S O L S FINE-


M E N T S T R U C T U R E S EN SURFACE est peureprésentéau Tchad S i l'on s'en tient à la
définition de la classification, à savoir à horizon de surface grenu, grumeleux OU nuci-
forme sur 15 à 20 cm. Si des horizons à structuration fine existent, ils sont le plus
souvent polyédriques avec une tendance plus ou moins marquée vers un type nuciforme.

- Vertisols à nodules calcaires rares sans effondrement - famille sur alluvions


fluvio-lacustres argileuses (Profil T 5 - Annexe 4)

Ils s'observentau nord e t à l'est de Fort-Lamy, autour du lac Fitri, dans les
fosses d'Oum Hadjer, de Massénya ou dans des dépressions bordant des cours d'eau :
Batha, Ouadi Rimé, Haddad ... bahr Salamat, Keita, Aouk ...

Ils se sont forméssur desdépôts lacustres beaucoup plus jeunes queles précédents
e t sont inondés comme eux en saison despluies ouà la fin de celle-ci au plusfort des crues.
Morphologie

Profil de type A (B)C ou A (B) g C, très voisin du précédent en diffère cepen-


dant par la couleur généralement plus foncée (IO YR 5/1 - 4/1 - 2,5 Y 4/2 - 5/21 en
-
surface à I'état sec, (2,5Y 3/0 4/0)à I'état humide. En profondeur la couleur se dégrade
légèrement pouvant passer à des tons brunâtres 2,5 Y 4/2 - 6/2 (état sec) pour devenir
jaunâtre avec taches rouille dans l'horizon (B)g (2,5Y 7/4- 6/4).

II peut existerdans ces sols un microrelief; maissouventtrès atténué. Les


nodules calcaires sont inexistants-ou peu abondants e t alors de petite taille e t friables.
La nodulation peut être cependanttrès forte dans certains cas commeau nord de
Fort-Lamy. Les fentes de retraitvont à plus d'un mètre et se distribuent en surface en
larges polygones réguliers.

L a structure, la cohésion, l a compacité, la porosité sont les mêmes que dans les
sols précédents. l'horizon de surface apparaît parfois finement structuré, mais de type
polyédrique sur 10 - 20 cm.

Des variantes présentantdes tendances hatomorphessont notées mais seulement


décelées à l'analyse car rien, bien souvent, ne différencie les 2 types si ce n'est parfois un
horizon à points blancs, ou à pseudo-mycélium, où la cohésion devient plus faible malgré
une très forte compacité. Le débit des éléments structuraux est alors en fins polyèdres.

Propriétés physiqueset chimiques

Ces sols sont argileux :


45 à 55 % d'argile en surface,
55 à 60 % d'argile en profondeur.
avec des teneurs en limon pouvant atteindre 15 à 20%.

Les .teneurs en carbone sont comprises entre 0,2 et 0,s % (C/N entre 10 et 12
principalement).

Les pH augmentent avec la profondeur (6 à 8 en surface, 6 à 8 e t 9 en profon-


deur). Dans les sols à tendance halomorphe, les chiffres de 9 sont assez fréquents.

Lesvaleursen S sont surtout comprises :


- en surface entre 20 et 35 mé 3' 6 (extrêmes 15 et 45 mé Y, 1,
- en profondeur entre 25 e t 35 mé % (extrêmes 15 e t 65 mé % ).

L'ion Ca est presque toujours le plus important, Mg a des valeurs diverses. Le


rapport Ca/Mg est de 2 à 3 mais parfois aussi exceptionnellement 8 - 9.

- K a des valeurs relativement importantes.


- Na a fréquemment des valeurs élevées.
Les sols présentant descaractères halomorphes à l'analyse sont à classer soit
dans un sous-groupe halomorphe, soit en intergrade vers ces mêmes sols.

Le tableauci-aprèsschématise les différentes valeursprises par les cations


échangeables.
79

Les rapports Na/Ca échangeables % sont, dans les sols à caractères halomorphes,
le plus souventcompris entre O e t 15 en surface, entre1O e t 50 en profondeur où quelques
valeurs peuvent atteindre 200. Certainsdeces sols ont des conductivités dépassant 4 milli-
mhos en profondeur. Les sels solubles sont des carbonates, bicarbonates OU sulfates de
sodium.
Les taux de saturation sont très élevés, 60 à 80 % en surface, 90 à 100 % en
profondeur.
Les teneurs en P z 0 5 total sont de l’ordre de 0,4 - O,~%O.

La fraction colloïdale inférieure à 2 p est constituée de montmorillonite (30à


5 0 % ) associéeà de la kaolinite (15 à 3 5 % ) et parfois de I’illite (30 à 40%).

Parmi les éléments traces, Mo, Sn, V, Ni sont en faibles teneurs, Mn, Cu, Zn, Pb,
Co,Cr,Sr, Li en teneursmoyennes,Zr, Ba, Rb enteneurs assez fortes à fortes.

VERTISOLS
~~ ~

normaux à tendance halomorphe


valeur les valeurs valeurs valeursles
plus fréquentes extrêmes plus fréquentes extrêmes
surface 1 0 à 15 10 et 25 pas de fréquence 10 et 30
Ca m é % dominante
profondeur 15 à 20 15 à 20 10 et 30
su rf ace 6 à 10 7 8 8 .
Mg mé %
profondeur 3 à 10 4 à 10
surface 0,6 à 0,7 0.2 et 3 0,3et5
pas de fréquence ( 4 0 % > à 1)
profondeur 0.3 à 1 0.1 et 3 0.2 et 10 dominante
1) (30-35 % > à 1)

1 1 1
(IO%>à
surface 0.3 à 0.6 2 et 0.1 0.1et13
Na % pas de fréquence (65-70 % > à 1)
profondeur 1 6 2 3 et
0.1 dominante 1et25
(65-70%.>à 1) (100 %.> à 1 )

Végétation - Aptitudes culturales

La végéfation de ces sols est surtout constituée par des savanes armées àAcacia
seyal tandis que les fonds les plus inondés où l’eau demeure aussi le plus longtemps sont
occupés par Acacia scorpioides var. nilotica. Une végétation de hautes Andropogonées
colonise le sous-boisaccompagnéesd‘uneAcanthacéeépineuse Hygrophila spinosa.
Dans l‘est du Tchad, Acacia flava colonise parfois des sols de ce type.

Ces vertisols ont une valeur agricole assez proche des précédents, mais cepen-
dant meilleure. Les relations Azote - P,05 - pH sont moyennes à trèsbonnes pour la
riziculture, moyennes à bonnes pour les autres cultures. Ici encore, les propriétés physi-
ques médiocres à mauvaises viennent interférer.

Ils portent la même culture (sorgho repiqué) que les sols précé[Link] rizi-
culture n’est pas pratiquée dans les régions où ils se situent, l‘inondation étant excessive
en début de crue, ,le retrait des eaux trop précoce lorsque cette dernière serait correcte.
Peu d’aménagements ont été f a i t s en ces, régions, la zone rizicole traditionnelle se situant
principalement dans le Moyen-Logone.
La culture cotonnière, culture sèche, a sa limite nord vers I'isohyète 700 mm.
Des essais de coton irrigué, égyptien e t américain, ont été effectués entre 1950 e t 1955
au nord de Fort-Lamy dans la région de Mani sous des pluviométries de 500 à 600 mm.
Ils ont amené une exsudation importante des sols solubles contenus dans les horizons
inférieurs du sol tandis que les cotonniers étaient affectés par le "Black Arm".

3.3.2 - Les vertisols à climat temporairement humide également appelés


vertisols lithomorphes

Ils sont très marqués par


le matériau originel et sont localisés surdes pentes faibles

Le groupe représenté au Tchad est celui des V E R T I S O L S L I T H O M O R P H E S L A R -


GEMENT S T R U C T U R E S DES L A S U R F A C E .

- Verdisol à nodules calcaires - famille surrochesbasiques (Profil A 131 -


Annexe 5)

Ces sols ne sont presque uniquement visibles qu'auSO de Bongor dans la région
de Youé où les roches vertes basiques abondantes au Nord-Cameroun font leur réappa-
rition en cette région sans jamais affleurer cependant en surface en importants massifs ;
tout au plus y voit-on quelques blocs épars.

Morphologie - Profil de type A (B) C


A - noir, argilo-sableux, structure polyédrique à nuciforme. Présence de
nodules
calcaires et quartz plus ou moins arrondis e t rubéfiés. Epaisseur 20 à 30 cm.

(B) - noir,argileux, à structure prismatique à prismatico-polyédrique, cohésion e t


compacitéfortes, quartz moinsabondants,nodulescalcaires uniformément
répartis dansl'[Link] 100 à 150 cm.

C - jauneverdâtre,blancjaunâtre avec élémentsde rocheverte en décomposition,


argileux, nombreux nodulescalcaires souvent plus volumineux que dans les hori-
zons supérieurs, petits gravillons ferrugineux noirs ou
taches ferrugineuses. Epais-
seur 30 à 50 cm. Passageà la roche-mèrepeu altérée, beige verdâtre,assez tendre.

En surface : fentes de retraits visibles descendant souventà plus de 1 m.

- fragments de quartz e t de roche verte (0,5 à 5 cm)


- nodules calcaires (20 à 60-70 au m 2 )
Pente générale : 2 à 3 %.

En basdepente,en milieu particulièrement bien drainé, les colluvions de ces


vertisols et la roche verte donnent naissance à des sols rouges sabla-argileux.

Propriétés physiques et chimiques


Ces sols sontargileux 50 à 55 % d'argile, parfois argilo-sableux dans leur
horizon de surface à la suited'entraînement oblique.
Leursteneursencarbone,azotetotale, les valeursde C/N sont identiquesà
celles des sols précédents dont ils possèdent les mêmes caractéristiques de pH, de teneurs
enbasesé[Link] fraction argileuse est formée essentiellement de montmoril-
lonite avec un peu de kaolinite.
81

Végétation - Aptitudes culturales

Ces sols très riches, très fertiles sont tous en culture. Les propriétés physiques
défectueuses sont compensées par une faible pente qui,si elle est la cause de phénomènes
d'érosion, facilite e t améliore l e drainage interne du sol. Les culturessont le sorgho
repiqué e t dans certains cas, comme à Bourao, sur des colluvions doléritiques de faible
épaisseuren voie de décomposition reposant sur dessables,des cultures de coton. Les
rendements sur ces sols noirs alors moins compacts,plus perméables,sont parmi les plus
élevés du Tchad, 1.O00 à 1.200 kg/ha de coton graine en culture sèche.

La jachère est à repoussesdes e s p k e s suivantes : Ziziphus mauritiana, Acacia


seyal, Balanites aegyptiaca, Combreturn aculeatum

3.4 - CLASSE V - LESSOLSISOHUMIQUES

Ces sols à profils A C ou A (B) C sont caractérisés par une pénétration impor-
tante de l a matière organique dans 'le profil suruneépaisseurd'au moins 30 à 40 cm.

, I I s'aylt d'une matièreorganiquebien hunllltuc dans laquelle dominent large-


ment les acides humiqurs.

Ces sols sont saturés principalement en calcium.

Les pH sont neutres ou supérieurs à la neutralité.

En fonction des conditions climatiques principalement et du Gegré, de satura-


tion existent 4 sous-classes dont celle représentéeauTchad, des SOISa pedoclimat
chaud pendant la saison des pluies. Ceux-ci se situent dans ce pays principalement
enzone climatique sahélo-saharienne entre les isohyètes 500 e t 200 mm, mais peuvent
descendre en certaines régions jusqu'à 700 mm. Ils prennent le relais vers le nord des sols
ferrugineux tropicaux peu lessivés tandis qu'au nord du 16e parallèle (isohyète 200 mm)
ils cèdent le pas aux sols gris subdésertiques.

Nous avons distingué à l'intérieur de cette sous-classe :


- groupe - sols bruns subarides
sous-groupe - Modaux
- intergrades vers les sols hydromorphes
- groupe - sols brun-rouge subarides
sous-groupe - Modaux

3.4.1 - SOLS BRUNS SUBARIDES

- Modaux - famille sursables siliceux (Profil A 77 - Annexe 6)


Ils s'observent au nord du 13e parallèle ainsi quedans le second delta fossile du
Chari à l'est de Fort-Lamy.

Au nord du 13e parallèle, ils se situent soit dans des interdunes tandis que les
dunes sont en sols brun-rouge (Bordure du lac Tchad - Région de Mao...), soit dans les
anciennes vallées des cours d'eau descendant du massif du Ouaddaïvers la dépression du
bahr el Ghazal.
82

Les sols bruns se sont formés sur les séries sédimentaires anciennes ou récentes.
Dans le l e r cas, des remaniements éoliens importants les ont faconnées en ergs avant que
la pédogénèse ne se développe.

Morphologie - Profil A C
A - sableux, structure fondue, coloration brune se dégradantavec la profondeur
(IO YR 4/2 - 5/3 - 6/3 - 6/4), cohésion et compacité faibles. Enracinement très
développépar un fin chevelu deracines. Porosité d'agrégatspeudéveloppée.
Epaisseur moyenne 80 à 100 cm.
C - sableux, structure particulaire, couleur claire,blancheoubeige.

Propriétés physiques et chimiques


Ces sols très sableux présentent une légère accumulation d'argile en profondeur
(O - 5 % en surface, 5 à 10 % vers 100 cm). La courbe de répartition des pourcentages
d'argile en fonction de la profondeur indique un léger ventre d'accumulation qui se situe
entre 50 cm e t 1 m.

La structure fondueà faiblement nuciforme présente quelques variantes lorsque


des caractères d'hydromorphie ou d'halomorphie se manifestent. Elle devient polyé-
drique fine à moyenne dans le premier cas, cubique sous un horizon sableux, meuble, de
faible épaisseur, puis polyédrique dans le second.

L'instabilité structurale croît avec la profondeur. Elle est moyenne (0,7 à 1 ) à


bonne (0,4 à 0,7)en surface, moyenne à mauvaise en profondeur (1 à 2).Les perméabi-
lités faites en laboratoire qui indiquent le comportement du sol à I'état humide sont le
plus souvent très mauvaises ( K cm/h < 1,5). Elles montrent la facilité avec laquelle la
fraction argileuse se disperse.

La porosité deces sols est celle desablespeuagrégés.

Les taux de carbone sont compris entre 0,l et 0,3 % pour des rapports C/N
présentant un maximum entre 8 et 12.
La fractionhumifère en assez faiblequantité est constituée principalement
d'acides humiques gris, les acides fulviques sont peuabondants.
Les pH sont compris entre 6 et 8 tant en surface qu'en profondeur. Ils dimi-
nuent légèrement de la surface vers la profondeur pour se relever dans les cas d'hydro-
morphie ou d'halomorphie.
Lasommedesbaseséchangeables varie entre 1 e t 5 mé% . On note souvent
une légère augmentation avec la profondeur.
L'ion Ca domine, Mg est souvent de l'ordre de 0,2 mé % , K varie entre O et
0,3 mé % , Na entre 0.1 et 0,2mé % sauf dans les horizons profonds de sols à tendance
halomorphe où il peut prendre des valeurs importantes.

L'indice de saturation est élevé, 60 à 1O0 % en surface, 80 à 100 % en profondeur.

Certains profils présentent de faibles accumulations de CO3 Ca (1-2 % ) qui ont


pour effet une saturation du complexe. Ils s'observentauvoisinagedezonesbasses.
Cette accumulation peut s'accompagnerdephénomènes d'alcalisation.

Les teneurs en P 2 0 5 total sontfaibles 0,l - O,3 %O.


83

La fraction colloïdale est ainsi constituée :


-
lnterdunes du lac Tchad e t second delta fossile du Chari. La montmbrillonite
domine (50 à 60 %). II s'y ajoutede la kaolinite (20 à 50 %), de 1,'iIliteparfois (IO à 20 % ).
-Couloirs alluviaux des vallées de l'est. lllite e t kaolinite codsminent (30 à
45%chacune) accompagnéesde montmorillonite (15 à 25%).

- lntergrade vers les sols hydromorphes - famille sursables siliceux ou sables


argileux

Ils se .localisent principalement dans le second delta fossile du Chari à l'est de


Fort-Lamy où ils occupent d'étroites bandes de terres exondées,différemment orientées,
au milieu de dépressions inondées pendant la saison des pluies..

Morphologie

Ces sols présentent toujours un profil A C dans lequel l'horizon A est de cou-
leur plus foncéeque précédemment ( I O YR 3/2 -4/2) e t possède une structure à tendance
polyédrique plus ou moins accusée en fonction de la texture. L'ensemble est plus massif,
à cohésion e t compacité plus grandes. La porosité tubulaire e t d'agrégats est moyenne-
ment développée. L'hydromorphie sous forme de taches,d'hydroxydes n'apparaît qu'au
niveau du C qui se présente avec une couleur de fond beige ou jaune.

Propriétés physiques et Chimiques

Si les propriétés physiques diffèrent des sols précédents en même temps que la
texture, les propriétés chimiques sont assez voisines, les taux de carbone e t d'azote sont
plus élevés cependant. On peut noter dans les horizons profonds des teneurs légèrement
plus élevées en sodium échangeable.

I I faut voir dans ces sols, pour les plus sableux, des intergradesvers les sols hydro-
morphes. Ceux à texture sablo-argileuseont des caractères vertiques plus ou moins accusés.

3.4.2 - SOLS BRUN-ROUGE SUBARIDES


- Modaux - famille sur sables siliceux ( Profil 2 - Annexe 7 )
Ils sont très bien représentés au nord du 13e parallèle où ils occupent générale-
ment une position haute (sommets e t pentes de dunes - accolements sableux éoliens aux
massifs granitiques dans l'est). Ils se sont surtout formés sur les skries sableuses anciennes
ou dérivent de celles-ci après un transport éolien.

Morphologie - Profil A (B) C, épaisseur variable, 1 à 2 m, parfois moindre par suite


d'érosion.

- sableux, structure fondue à tendance nuciforme, brun ( I O YR 4/2 - 5/3 - 6/31.


Compacité, cohésion faibles. Porosité d'agrégats peu développCe. Epaissewr 25
à 50 cm.

-sableux, structure à tendance polyédrique, brun-rouge (5 YR - 7,5 YR 6/6).


Cohésion, compacité légèrement plus fortes ainsi que la porosité d'agrégats 011
tubulaire dueaupassagedesracines.

C - sableux, particulaire, couleur beige ou blanche.


84

Propriétés physiques et chimiques

Ces sols présentent les mêmescaractèresde texture, structure, perméabilité,


porosité que les sols bruns.

Les taux de carbone sont également faibles, O à 0,2%, tandis que les rapports
C/N sont compris le plus souvent entre 8 e t IO. Par contre, les acides humiques dominent
en surface tandis que les acides fulviques sont relativement importants dans les horizons
(B) brun-rouge.
Les pH sont compris entre 6 e t 8 en surface, ils décroissent en profondeur pour
descendre parfois en dessous de 6 vers 100 cm. Ils se relèvent à plus grande profondeur.

La somme des bases échangeables a des valeurs très faibles entre 1 e t 2 mé% .
II y a le plus souvent diminution de cette valeur avec la profondeur.

Les ions Ca e t Mg représentent 70 à 95 % de S, Ca est le plus souvent compris


entre O e t 2 mé % , Mg est plus faible (O à 0,2 mé % ), K e t Na se situent entre O e t
0,l mé % .
Le degré de saturation des horizons (B) de ces sols peut présenter des chiffres
assez bas (30 à 50 %), tandis que les horizons A sont beaucoup plus saturés (60 à 80 e t
même 100%).
Sur la bordure du lac Tchad, la montmorillonite domine dans la fraction colloï-
dale (609 7 0 % ) , I'illite est peu abondante (5 à 20%). Dans l'est du Tchad le phénomène
est inverse e t la kaolinite (40 à 65%) l'emporte sur la montmorillonite. Cette dernière
composition se retrouve dans les accolements sableux éoliens aux massifs de l'est (kao-
linite 60-70 % - illite e t montmorillonite 10 à 15 % chacune - goethite).

Parmi les éléments traces, on notera les concentrations correctes en manganèse,


strontium, zirconium, ou variables en chrome, tandis que les teneursen molybdène,
vanadium,cuivre, nickel sontsouventfaibles. Lesteneursen baryum sont élevées.

-
Végétation Aptitudes culturales des sols bruns et brun-rouge subarides

Ils portent dans la partie la plus méridionale une pseudo-ste'ppeà Cymbopogon


proximus, Aristida funiculata e t mutabilis. Plus au nord s'ajoutent à ces deux dernières
espèces Aristida stipoiijes, Aristida adscensionis, Aristida papposa,Genchrus biflorus,
Panicum turgidum. Quelques arbres accompagnent le tapis graminéen : Acacia raddiana,
Commiphora africana, Leptadenia spartium,Maerua crassifolia.

Ces sols dont la valeur agricole est modeste (sols très sableux, pauvres enmatière
organique, P 2 0 5 , à complexe saturé), mais dont I'équilibre N - P 2 0 5 - pH est relative-
ment satisfaisant, portent dans les régions les mieux arrosées (700 à 500 mm) sorgho,
arachide, petit mil. L'arachide se maintient jusqu'à I'isohyète 450 - 400 mm, le petit mil
jusquevers 350 mm. La plus grande partie de ces terres sert de lieu de pâturages aux
troupeaux de sédentaires ou de nomadisants.

Desforages profonds permettent l'alimentation eneauen pleine saisonsèche


d'un important cheptel qui, en se concentrant près des points d'eau, détruit autour de
ceux-ci le couvert végétal existant e t repose ainsi le problème de la survie pendant les
mois les plus arides.

Unranch, celui de l'Ouadi Rimé, est chargéde la sélection de bovins e t de


I'étude depâturages.
a5

3.5 - CLASSE VI1 I - LES SOLS A SESQUIOXYDES

Ils présentent un profil A (B) C ou A B C e t sont caractérisés par une individua-


lisation importante des sesquioxydes (alumine-fer-manganèse)qui peuvent conférer aux
horizons une coloration plus ou moins accusée, rouge, ocre... principalement.

Les hydroxydes peuvent également s'individualiser


sous forme de concrétions, de
cuirasses.
La matière organiquea une décomposition rapidee t est rapidement minéralisée.

Ces sols sont représentéspar 2 sous-classes


dans la zone intertropicale :
- sols
ferrugineux tropicaux en climats sahélo-soudanien (pluviométrie 900 à
500 mm) e t soudano-guinéen,
- sols ferrallitiques en climat soudano-guinéen (pluviométrie 900 à 1350 mm).

3.5.1 - Les sols ferrugineux tropicaux

Ils présentent les caractéristiquessuivantesendehors decellesdéjà définies


ci-dessus :
- coloration des horizons (B) ou B dans la gamme des 10 Y R - 7,5 Y R , jaune, brun-jaune,
beige rosé... dueà l'individualisation du fer qui peut donner naissance à des concrétions,
- complexe argileux en B moyennement désaturé (S/T de 50 à 65% 1,
- argile à prédominance de kaolinite, associée à de I'illite
e t parfois de la montmorillonite
Si0
d'où une capacité d'échange assez basse e t des rapports --.L supérieurs à 2.
A12 O3
- absence ou très grande rareté d'hydroxydes d'alumine (gibbsite, boehmite).
La classification à l'intérieur de cette sous-classe s'établit sur l'intensité du lessi-
vage en argile e t en fer qui migrent de la surface vers la profondeur du profil déterminant
l'apparition d'horizons illuviaux. L'enrichissement en argile se traduit par un ralentisse-
ment des conditions de drainage interne e t des phénomènes de redistribution du fer au
niveau de ces horizons d'engorgements.

[Link] -SOLS, PEU OU NON LESSIVES

- Peu lessivés en fer - famille sur sables siliceux ou sables argileux beiges (Profil
DAM 5 - Annexe 8 )

Ils se localisent principalement dans un vaste quadrilatère Bongor - Fort-Lamy -


Bokoro - Bousso qui représente le ler delta fossile du Chari. On les trouve également par
taches plus à l'est entre les contreforts nord dumassif central tchadien e t les 13e e t 14e
degrés de latitude N. Dans ces régions,un remaniement éolien ancienest visible SOUS forme
de dunes. Ces sols forment également des accolements sableux aux massifs granitiques.

Morphologie - Profil A (B) C


Al -sableux très faiblement structuré, fondu, compacité e t cohésionfaibles, gri-
sâtre, gris-brun (10 Y R 5/1 - 5/2 - 5/3), porosité tubulaire moyennement
développé[Link] 20 à 30 cm.
86

A2 - sableux, brun-ocre à beige (IO YR 514 - 614 - 613 - 713 - 714) identique au pré-
cédent. Racines moins nombreuses, Epaisseur25 cm environ.

(B) - sableux,légèrementplusfoncé,beige-ocre,beige-rougeâtre (IO YR 716 - 7,5


YR 716..,), fondu parfois à légère tendance polyédrique. On peut observerde
fines raies de quelques millimètres d'accumulations ferrugineuses e t argileuses
de couleur plus foncée. Compacitée t cohésion faibles. Epaisseurpouvant attein-
dre 2 m à 2,50 m.

C - sablebeige à jaune (10 YR 713 - 618 - 8/8),particulaire.

Cet horizon présente parfois des caractères d'hydromorphie dus à des actions
de nappe ou à des engorgements s'il f a i t le passage à un matériau plus argileux.

Propriétés physiques e t chimiques

Les horizons desurface ont desteneursenargilecomprises entre O e t IO%,


rarement plus de 20 % en profondeur. L'indice de lessivage est compris entre 1 e t 3 e t
l'on percoit dans ces sols, très sableux, un léger "ventre" d'accumulation argileuse, accu-
mulation qui se manifeste aussi par des raies.

L a structure est généralement fondue. L'instabilité structurale croît avec la pro-


fondeur où la structure devient mauvaise à très mauvaise. Les perméabilitéssont faibles,
parfois légèrement plus élevées en profondeur.

Les teneurs en carbone sont surtout comprises entre O e t 0,25 %, les rapports
C/N entre 1 1 e t 12.

Les pH varient entre 5 e t 7 en surface, 4 e t 7 en profondeur. II y a généralement


une diminution avec la profondeur, puis un relèvement du pH avecdesphénpmènes
d'hydromorphie plus profonds ou une légère halomorphie.

.
La somme des bases échangeables est égale à 2 - 3 mé % Les différents cations
présentent les valeurs suivantes :

Ca 1Q 2 mé%
Mg 0,2 à 1 mé %
K 0,l à 0,2 mé % - 0,l à 0,5 mé % en profondeur
Na 0,l à 0,2 mé % - 0,l à 0.5 mé % en profondeur, ouvaleursplus
élevées

L e degréde saturation se situe entre 60 e t 80 % ensurface, $0 à 70 % en


profondeur.

Les variations de teneursen fer total avec la profondeur sont assez faibles.

Lesteneursen P z 0 5 total sont de 0,2 à 0,3

ces sols il y a codominance de montmorillonite (40 à 4 5 % ) e t de kaoli-


nite (40 5%)Dans
. tandis que I'ilhte est en plus faible quantité (5 à 10%).

Les éléments traces prennent des valeurs assez voisines de celles que nous don-
nerons pour les sols ferrallitiques. Le manganèse y est cependant en quantité moindre.
Végétation - Aptitudes culturales

La végétation constitue une savaneboisée plus OU moins dense à Anogeissus


leiocarpus e t Sclerocarya birrea avec un important tapis d'Andropogonées.

La valeur de ces sols, si l'on s'en réfère à I'équilibre N-P2 O5 - pH, e s t moyenne
à médiocre pour des pH variant entre 7 e t 6, mauvaise pour des pH inférieurs à ce dernier
chiffre.
Ils portent des cultures de mil rouge, petit mil e t arachide. Cette dernière
culture se développe au nord de I'isohyète 700 [Link],cellede Dilbini, est
chargée d'un programme de recherches comportant notamment la sélection, l'étude de
variétésnouvelles, les pratiquesculturales, les mesuresanti-'érosives,carces sols très
sableux sont soumis à I'érosion éolienne après la récolte qui laisse le sol à nu pendant la
période où les vents sont les plus forts. Les rendements peuvent être estimés de 500 à
700 kg/ha d'arachide en coque.
AU sud deI'isshyète 700 mm la culture du coton se développesur ces mêmes sols.

[Link] - SOLS LESSIVES

- Faiblement d6veloppés-famille sur matériau rouge ferrallitique ancien sableux


- Annexe 9
à sablo-argileux (Profil T 35
Ils s'observent entre les 9e et 13e parallèles de latitude N. SOUS des pluviomé-
tries de l000 à 500 mm. Ils ont une assez grande extension dans la région de Pala, Kélo,
Gounou-Gaya, tandis que plus au nord sur le pourtour du massif central tchadien, ils ne
constituent plus que des taches résiduelles accolées aux massifs granitiques. Cestaches
sont les vestiges d'une ancienne surface ferrallitique très étendue e t démantelée à une
époque déjà ancienne.

Morphologie
Le profil se différencie assez peu de celui de sols ferrallitiques que nous étudie-
ronsplus loin si ce n'estpar la présence d'un horizon A2 assez fortement décoloré,
lessivéen fer.

Al - sableux à sablo-argileux, structure fondue OU à tendance polyédrique ; compa-


cité e t cohésion faibles, enracinement abondantbrun-rouge 5 Y R 5/4. Epaisseur
20 cm environ.
.identique. Rouge-jaune clair, B très clair (5 Y R 6/6 - 7 / 6 ) . Epaisseur une ving-
taine de cm.
C -sableux à sablo-argileux fondu à polyédrique moyen,compacité e t cohésion
faiblesaugmentant avec la texture. Rouge (2,5 YR 4/8 - 5/8 - 10 R 4/61.
Epaisseur plusieurs mèt'res pouvant atteindre 8 - 10 m,passant ensuite à des
horizons bariolés (jaune-rose-blanc).

Dans un tel sol, l'horizon B de l'ancien sol ferrallitique joue celui de roche-mère.

Propriétés physiques et chimiques


Ces sols sont généralement sableux en surface ( 5 % d'argile), sableux à sablo-
argileux en profondeur (IO à 20 % d'argile).
88

Les teneurs en carbone sont principalement placées entre O e t 0,2596 pour des
rapports C/N très divers variant eqtre 9 e t 16.

Les pH sont compris entre 4 e t 7 en surface, entre 4 e t 6 en profondeur. Ils


diminuent avec la profondeur.

La somme des bases échangeables a pour valeur 2 à 3 mé % . Le degré de satu-


ration varie entre 50 e t 70%.

Les teneurs en P2 O5 total sont de 0,15 à 0,2 %O.

Les teneurs en fer total e t libre augmentent dans les premiers 40 cm,puis
demeurentensuite relativement constantes.

La fraction colloidale inférieure à 2 p est constituée parde la kaolinite (70à


8 0 % ) , de I'illite ( 5 à I O % ) , de l'hématite e t de la goethite (IO à 12%).

- A taches e t concrétions ferrugineuses -famille sur sable siliceux ou sables argi-


leux (Profils Koumra 10 - Moundou 91 - Tim 35 - Annexes 10e t 11.)

Ils sont très répandus dans la zone des sols ferrallitiques ausud du 10e paral-
lèle ainsi que plus au nord :

- dans le bassin du Moyen-Chari (Niellim, Miltou),


- dans les plaines du Moyen-Logone e t danscellesdes bahr Aouk - Keita -
Salamat où ils forment des alignements diversement orientés,
- dans la partie sud du massif du Ouaddai'et même jusqu'à des latitudes plus
septentrionales (14e parallèle de latitude N.). Ils apparaissent alors commedes
sols non actuels représentant des pédogénèses antérieures.

Leur plus grande zone d'extension actuelle se situe entre les isohyètes 1300 e t
800 mm.
Dans le sud, ils apparaissent comme un remaniement local sur pente à la suite
de lessivage oblique de l'argile et du fer des sols ferrallitiques. Plusau nord, ils se sont
formés sur des dépôts sédimentaires provenant de ces mêmes sols rouges ou des forma-
tions Continental Terminal leur ayant donné naissance.

Des actions d'hydromorphie induites par le mauvais drainage interne marquent


souvent la base des profils.

Morphologie - Profil A B C

Al -gris à gris-clair (IO YR 3/1 - 6/1), sableux, structure fondue ,compacité e t


cohésion faibles, porosité [Link] 20 cm environ.

A2 - beige ou ocre (10YR 7/3- 7/81, identique au précédent.Epaisseur20 à 60 cm.

B1 - beige,jaune rougeâtre (IO YR 7/4 - 7,5 YR 7/4 - T,5 YR 7/8),sablo-argileux,


structure polyédrique, compacité e t cohésion assez fortes.

B2 - identique en couleur avec apparition detaches et concrétions ferrugineusesde


couleur rouille.
89

B3 - identique à concrétionstrès [Link] cet horizon se produit fréquem-


ment des engorgements en saison des pluies.

C - difficilement délimitable.C'esttrès souvent la continuation de l'horizon précé-


dent jusqu'à ce que l'on observe un changementdans la nature du matériau.
L'èpaisseur du profil peut atteindre 2 à 3 m.

Les horizons BI B2 B3 peuvent se trouver confondus en un même horizon dans


certains profils. L a couleur e s t alors très uniforme e t les taches peuvent être peu abon-
dantes e t peu marquées.

Propriétés physiques e t chimiques

L'horizon desurface est généralementsableux (O à 10 d'argile); En profon-


deur,vers 150 à 200 cm, les teneurs en argile prennent desvaleursde 20 3 40%. Ces
profils présentent rarement un "ventre"d'accumu1ation argileuse, le pourcentage d'argile
croît avec la profondeur, puis demeure relativement constant. L'indice de lessivage varie
entre 3 e t 8, il est souvent voisin ou légèrement supérieurà 3.

L a structure fondue ensurface devient polyédrique en profondeur enmême


tempsqu'augmentent la compacité e t la cohésion. L'instabilité structurale, faible à
moyenne en surface (0,5 à l ) , augmente en profondeur où elle e s t supérieure à 2. Les
perméabilités sont [Link] porosité, assez élevée en surface, est faible dans les horizons
profonds.

Les teneurs en carbone ont une répartition maximumentre 0,25 e t 0,5096, les
rapports C/N entre 11 e t 15.

Les pH sont compris entre 5 e t 7 ensurface, entre 4 e t 6 en profondeur. Ils


baissent avec la profondeur.

La sommedesbaseséchangeables a des valeurs comprises entre 1 e t 4 mé% .


- Ca e t Mg dominent. Parfois Mg prend des valeurs supérieures à Ca (O à 2 mé 1.
Ils représentent à eux deux 80 à 90%de S.

- K est compris entre O e t 0,l mé % en surface, entre O e t 0.5 mé % en pro-


fondeur.

- Na a des valeurs situées entre O e t 0,l mé % .


Les taux de saturation sont surtout compris entre 40 e t 60 % en surface, entre
30 e t 60 % en profondeur vers 100 cm.

Les augmentations des teneurs en fer total sont généralementassez élevées avec
la profondeur (6 - 8 % pour 1 - 2 % en surface).

La fraction colloïdale inférieure à 2 p est composée de kaolinite (65 à 75 %),


d'illite (5 à 15 %), de goethite (1 à 8%).

Les éléments traces ont desteneurs assez voisines de celles trouvées dans les
sols ferrallitiques. On observe parfois une tendance à de légères accumulations en pro-
fondeur dans les profils pour certains éléments (V, Cu, Ni, Cr).
90

Végétation - Aptitudes culturales

Au sud du 9e parallèle la végétation e s t une savane arborée forestière soudano-


guinéenne assez identique à celle qui se développe sur les sols ferrallitiques, tandis que
plus au nord la transition avec la savane soudanienne à Anogeissus leiocarpus, Sclerocarya
birrea et à Combretacées se fait progressivement. Les jachères très nombreuses dans ces
régions, sorit à Entada oubanguiensis, Detarium microcarpum, Bridelia ferruginea, Pilio-
stigma thonningii avecune strate herbacée d'Hyparrhenia rufa, Andropogon gayanus,
Pennisetum pedicellatum.

Ces sols portent les cultures les plus diverses ;sorghos blancs et rouges, manioc
dans la partie la plus méridionale, arachidesur les terres les plus sableuses et les plus
spetentrionales.

Le coton y occupe une place importante avec des rendements pouvant atteindre
en milieu autochtone500 à 600 kg/ha de coton graine.

La valeur de ces sols est moyenne à médiocre bien que les rapports N -P2 Os-pH
apparaissent satisfaisants en valeur relative. I Is le doivent :

-àla texture plus argileuse liée à une mauvaise structure des horizons inférieurs
qui déterminent des actions d'engorgements,
- à des pratiques culturales beaucoup trop superficielles pour de tels sols.
Les jachères nécessaires sont de très longues durées,de l'ordre de 8 à 10 années,
après des cycles de culture de 3 à 4 ans.

-A -
concrétions ferrugineuses e t cuirasses famille sur sables siliceux e t sables
argileux ( Profil Tim 55 - Annexe 12 )

Ils se localisent principalement en 2 endroits :

- dans le sud du territoire (région de Baibokoum),


- surle pourtour du massif central tchadien où ils sont surtout abondants. Ils se
poursuivent sur la bordure sud du massif du Ouaddaïoù ils s'observentpar
taches sporadiques.

Morphologie

Le profil de type A B C est une variante du précédent où l'horizon B3 est très


riche en concrétions ferrugineuses qui se prennent enmasse pour donner un horizon
cuirassé très dur, très imperméable qui va faciliter, du fait du ruissellement qu'il occa-
sionne,uneérosion des horizons supérieurs. Ceux-ci serontentra,Înéslaissant à nu la
cuirasse qui subira par la suite une induration superficielle très accusée sous l'action des
agents atmosphériques se traduisant notamment pardesteneursen fer plus élevées e t
une couleur plus foncée. C'est ce terme ultime que l'on observe le plus souvent. II s'agit
alors de sols minéraux bruts ou peu évolués sur cuirasse ferrugineuse.

Dans certains cas, souvent difficiles à définir, des colluvionnements de sédiments


trèsévolués (Continental Terminal ouplusrécents) ont recouvert postérieurement ces
cuirasses. Ils ont évolué par la suite en sols ferrugineux tropicaux plus ou moins lessivés
e t la cuirasse ferrugineuse qu'ils présentent en profondeur est alors difficile à disjoindre
de l'ensemble du profil.
91

Propriétés physiques e t chimiques

Elles se situent entre 2 pôles qui représentent les termes extrêmes de I'évolution
de ces sols :

- propriétés des sols ferrugineux tropicaux lessivés à cuirasse à caractères très


voisins de ceux des sols précédents,
- propriétés des sols squelettiques OU peu évolués sur cuirasse.
Entre ces deux termes se place toute une gamme de sols dans lesquels I'hydro-
morphie prend une place de plus en plus importante en même temps que diminue I'épais-
seur des horizons meubles et que la texture est plus argileuse. L'horizon B3 cuirassé est
constitué parune fraction argileuse à kaolinite (30 à 35% ). Les hydroxydes de fer,
goethite, hématite y sont sensiblement dans des proportions identiques.

Végétation - Aptitudes culturales

Dans la partie sud du pays, des peuplements de bambous(Oxynanthera abyssi-


nica) sont fréquents sur des sols présentant unecuirasse à faible profondeur. Ils peuvent
s'associer à Combretum nigricans.

Mais le plus souvent, et surtout autour du massif central tchadien, la végétation


est celle d'une savane arborée, distribuée en îlots denses et buissonnants, séparés par de
grands espaces nus.

La végétation se groupesouvent autour de termitières. On observedansces


îlots : Dalbergia melanoxylon, Ziziphus mauritiana, Dichrostachys glomerata. Albizia
chevalieri, Acacia ataxacantha...

La valeur agricole de ces sols varie entre celle des sols ferrugineux tropicaux
lessivés à taches e t concrétions lorsque la cuirasse est relativement profonde, e t celle des
sols squelettiques ou peu évolués,cas le plus fréquent. Aussi l'intérêt agricole deces
régions est-il trè[Link] le massif centraltchadienune partie a été miseen
réserve de faune à juste raison. Dans cette réserve de Zakouma, une très grande concen-
tration d'éléphants a pour e f f e t unedégradation importante de la végétationcar ces
bêtes vivent en saison des pluies sur les cuirasses où l'eau abonde en multiples mares, e t
ne migrent vers le bahr Salamat qu'en début de saison sèche où subsistent toute l'année
des mares résiduelles.

-A pseudo-gley de profondeur - famille sur sables siliceux. ou sables argileux

Ils se localisent un peu partout dans le domaine des sols ferrugineux tropicaux
lessivés où ils sont difficiles à .dissocier des typesmodaux,ainsiqu'auvoisinage des
grandesplaines d'inondation. Ils sontbeaucoup mieux identifiables lorsqu'ils se sont
formés sur des sédiments plus récents (dépression des bahr Aouk - Keita - Salamat, sud
de Massénya).

Morphologie

L e profil est de type A B C mais les phénomènes d'hydromorphie remontent


assez haut dans l'horizon B I et parfois A2. I I s'agit de marbrures rouille souvent peu
visibles ou de taches plus colorées, rarement de concrétions.
92

Propriétés physiques e t chimiques

Les horizons B sontcaractérisésparune structure plus massive. On observe


aussidans ceux-ci un relèvement des pH ainsiquedudegré de saturation enbases.
L'horizon A humifère y est mieux développé, plus riche en carbonee t présente aussi des
rapports C/N plus élevés, souvent supérieurs à 15.

Végétation - Aptitudes culturales

La végétation est une variante de la savane arborée soudanienneà Combretacées


plus ou moins éclaircie, pouvantamener l'augmentation de densité de certaines espèces :
Combretum glutinosum, Terminalia avicennioides, Gardenia ternifolia, Piliostigma reti-
culata.
La valeur agricole de ces sols est peu différente des sols ferrugineux tropicaux
lessivés. Leur plus granderichesseenbaseséchangeables e t en matièreorganique est
contrebalancée par des caractères d'hydromorphie plus accusés que ressentent particu-
lièrement des cultures comme celle du coton.
X

* 9

II existeégalementcomme au Cameroun (MARTIN D., SEGALEN P., 1966)


quelques rares taches de sols fersiallitiques du groupe des sols rouges tropicaux. Ils sem-
blent n'avoir été observés qu'à la ferme de Youé près de Fianga. Ils se développent en bas
de pente sur des colluvions de roches vertes basiquese t continuent des vertisols lithomor-
phes formés sur cette même roche. La pente est de 4 à 5 %, le drainage interne apparaît
excellent dans la partie supérieure du profil.

3.5.2 - Les sols ferrallitiques

Ces sols sont caractérisés :

- par la très grande altération des minéraux primaires qui seront la source de fer
e t d'alumine retrouvés à I'état d'hydroxydes. Cette dernière se matérialisera
dans les profils sous forme de gibbsite ou de boehmite, ou en se recombinant
à de la silice, donnera naissance à de la kaolinite de néoformation en milieu
relativement mal drainé. Dans le l e r cas, les rapports - sioz seront très infé-
Alz 0 3
rieurs à 2, tandis que dans le second, voisins de ce chiffre.
- par la très grande épaisseur des profils, fréquemment 4-5 m, et plus 8-10-15 m.
- par la présence d'un profil peu différencié à horizon B très épaisde couleur
rouge. La coloration est liéeaux hydroxydes de fer fixés à la surface des argiles.
- par un complexe absorbant peu saturé, les bases migrant en profondeur ou
latéralement avec la silice.

Ces sols sont aussicaractérisés par la présencedepseudo-sables, particules


d'argiles fortement individualisées par des revêtements d'hydroxydes de fer.
Des phénomènes de cuirassement ou de concrétionnement peuvent être visibles
en profondeur. On observe également à la base du B une zone tachetée que l'on
peut interpréter comme le résultat de conditions hydromorphes dans la zone
d'altération de la roche-mère.
93

Au Tchad, les sols ferrallitiques observés ont des rapports-légèrement


A1Z03
inférieurs ou égaux à 2. Ils appartiennent au groupe des sols faiblement ferrallitiques.

[Link] ~ SOLS FAIBLEMENT FERRALLITIQUES

I Modaux (sols rouges) -famille sur sables ou argiles sableuses (Profil Moundou 4
Annexe 13);

Ilsreprésentent un type classiqueque l'on retrouve dans toute l'Afrique de


l'Ouest : Sénégal (Casamance), Togo, Dahomey... où ils se sont formés sur des sédiments
sableux, sablo-argileux ... plus ou moins grésifiés du Continental Terminal. Ils portent en
en ces régions le nom de "terres de barre".

Morphologie - profil A B C

Al sableux à sablo-argileux, brun rouge (2 YR 4/4 - 5 YR 3/4 - 10 R 3/6), structure


nuciforme, parfois grumeleuse, compacité et cohésion faibles,porosité tubulaire,
litière végétale faiblement développée, épaisseur 15 à 20 cm.

A2 identique, peu humifère, couleur transitoire entre Al et B, épaisseur 30 à 50 cm.

B sablo-argileux à argilo-sableux parfois argileux, rouge (IO R 4/6 - 4/8). Structure


polyédrique moyenne plus ou moins développée, parfois prismatique. Compa-
cité et cohésion assez fortes. Porosité plus faible qu'en surface, peu de racines,
Epaisseur 3 - 4... 6 m, parfois plus.
Passage à un horizon tacheté (rouge,jaune, blanchâtre) argilo-sableux parfois
argileux. II peut être induré e t a l'apparence d'une cuirasseplus ou moins durcie.
Le cuirassement peut envahir dans bien descas les horizons rouges situés au-
dessusde l'argile tachetée.

C roche-mèrealtérée,arkose,grès arkosique,argile kaoliniqued'originesédimentaire.


Propiétés physiques et chimiques

I.'horizon superficiel est sableux, sablo-argileux (5120 %'d'argile, 5 à 15 % de


limon, 25 à 65 % de sables fins, 10 à 25 % de sables grossiers). L'horizon B relativement
homogènesurunegrandeépaisseurprésente la variabilité suivante : argile 25 à 55%,'
limon 5 à 24%, sables fins 10 à 25'36, sables grossiers 10 à 40%. L'indice delessivage
varie entre 1 e t 6,5. L e plus souvent,il n'est pas percu de "ventre" d'accumulation d'argile.

L'instabilité structurale est faible pour les horizons de surface (<à 0,7), elle
augmente rapidementen profondeur pour dépasser 2. Les perméabilités sont relativement
élevées en surface (3 - 5 - 7 cm/h) et diminuent en profondeur.

Les teneurs en carbone (O - 20 cm) varient entre 0,25 et 1,5 % (fréquence maxi-
mum entre 0,5 et 0,75% ) pour des rapports C/N allant de 1 1 à 19 et parfois plus.

La matière humique totale est composée :

- e n surfaced'une prédominance d'acides humiques sur les acides fulviques


(rapport variant de1,4 à 5.5).

- en profondeur le même rapport est très inférieur à 1 en même temps que les
teneurs en matière humique totale baissent très rapidement.
94

Les pH varient entre 5 e t 7 en surface, entre 4 e t 6 en profondeur. II y a une


remontée légère du pH à plus grande profondeur dans la zone tachetée.

Lasommedesbaseséchangeables oscille entre 0,7 e t 5 méen surface, entre


1 e t 2 mé % e n profondeur.
- Ca e t Mg dominent - Mg est parfois supérieur à Ca.

- K est faible surtout en profondeur (0,9 à 0,l mé % ).


- Na est souvent inférieur à 0,l mé % .
Le degré de saturation est très variable en surface, compris entre 30 e t 60 % en
surface, principalement entre 10 e t 40% en profondeur.

Les teneurs en P z 0 5 total sont, en moyenne, de 0,2 à 0,4%,.


Si0
Le rapport 2,assez élevédans l'horizon supérieur (2,5 - 3),est voisin de
Al?. O3
2 dans les horizons sous-jacents.

Les teneurs enfer total augmentent avec la profondeur e t le pourcentage d'argile,


70 à 80 5% est sous forme dite libre.

L a fraction colloiaale est à dominance de kaolinite (80-9096) à laquelle s'ajou-


tent de la goethite e t de l'hématite (10-1276). La gibbsite peut être observée à I'état de
traces.
Les éléments traces sont très diversement représentésdans ces sols. Les teneurs
peuvent être faiblesà moyennespour Pb,Sn,Sr, Li, Rb,Cu, Ni; moyennes à fortes pourZn,
Ba; fortes à très fortes pour Zr, Mn, Onremarque la disproportion existant entre les valeurs
du strontium, moyennesà faibles, et du baryum toujoursélevées. Cette disproportion dis-
paraît dans les sols non ferrallitiques formés sur des séries sédimentaires plus récentes.

Végétation - Aptitudes cultum!es

L a végétation est une savane arborée soudano-guinéenne, haute de 8 à 10 m,


dense, avec les principales espèces suivantes : isoberlinia doka, Daniellia oliveri, Butyro-
spermum parkii, Uapaca togoensis, Monotes kerstingii, Parinari curatellaefolia... et un
tapis graminéen : Hyparrhenia diplandra.

Les sols ferrallitiques portent des culturestrès diverses avec les rendements
suivantsconsignéspar BOUTEYRE G. (1965) pour la région des Koro (feuilles de
Koumra e t Moundou). Lessurfaces cultivéessontconstituées Ià :

- d'une majorité de sols rouges,


- d'une auréole de sols beiges remontant dans les valléessèches,
- d'une zone haute où affleurent des lambeaux decuirasse.

Coton graine 140 à 500 kglha


Mils
sorgho précoce 400 à 600 kglha
sorghodesaison 500 à 800 kg/ha
petit mil hâtif 200 à 300 kglha
petit mil tardif 500 kglha
95

Arachide 700 à 1200 kglha


Manioc très divers
Les rendements, notamment en coton, sont très variables suivant les années, ainsi
que souvent d'un canton à un autre. Ceci doit être attribué aux pratiques culturales plus
ou moins bien faites beaucoup plus qu'aux variations de la valeur agronomique des sols.

Les assolements les plus courants sont du type coton - mil - mil de repousses,
plus arachides, plusdivers. Ils amènent un abaissement rapide desteneursen matière
organique qui tombent à moins de 0,5 % (0,3% de carbone). Les jachères nécessaires à
leur régénération seraient alorsde 5 à 6 ans.

La relation N - P z 0 5 - pH Indique des sols à fertilité très diverse en fonction


du pH, bonne à moyenne (pH 7 à 6,5), médiocre à basse (pH 6 à 4,5).

3.6 - CLASSE IX - LES SOLS HALOMORPHES

L'évolution deces sols résulte

- soitde la présence de sels solubles en teneurs élevées. II s'agit au Tchad de carbonates,


de bicarbonates e t sulfates de sodium ; les chlorures sont rares. La forte teneur en sels
est reconnaissablepar les efflorescencessalinessuperficiellesou à différents niveaux
du profil. Elle entraîne souvent une raréfaction de la végétation. II ne subsiste plus que
des plantes bien spécifiques. La conductivité de l'extrait de la pâte saturée est supé-
rieure à 4 millimhos par cm à 25OC, ainsi que l'a défini U.S. Salinity Laboratory Staff
(1954). I I s'agit alors de sols salins.
- soit de la présence d'ions Na fixés sur le complexe absorbantdu sol qui déterminent une
structure massive, une très grande compacité.

Le pourcentage d'ionsNa par rapport à la capacité d'échange doit être supérieur


à 10%. On peut également admettre un rapport Na/Caéchangeable supérieur à 15%.
Ces sols sont alors définis comme sols à alcalis.

Lessous-classes sont les suivantes :


- Sols à structure non dégradée
. . groupe sols salins
- Sols à structure modifiée
. groupes - sols non lessivés à alcalis ou salés à alcalis
- sols lessivés à alcalis

3.6.1 - Les sols à structure non dégradée

Ces'sols sont visibles de la bordure est du lac Tchad jusqu'au cordon sableux
de la cote 320 m. Ils se localisent dans de petites cuvettesde quelques dizaines ou centai-
nes d'hectares chacune enserrée dans des dunes. Une partie seulement de ces cuvettes e s t
occupée par des sols [Link] type, en général les parties les plus basses, tandis que les sols
du pourtour ont des salinités diverses mais souvent plus faibles. On observe aussi ces sols
dans la dépression du Borkou, en surfaces planes plus étendues, très érodées e t recou-
vertes localement par des formations éoliennes. On les voit également mais très rarement
sur la bordure du lac Fitri.
96

[Link] - SOLS SALINS

- Modaux e t à encroûtement calcaire - famille sur alluvionslacustresargilo-


limoneuses à argileuses (Profils H 59 - H 86 - 103 - Annexe 14)

Morphologie - profil AC ou A (B) g C

Au Kanem,dans les ouadi à nappepeu profonde (2 à 3 m)

- horizon superficiel pouvant se présenter de différentes manières :


. humifère, polyédrique moyen à fin. Sablo-limoneux, limono-argileux.
. encroûté par le sel, de quelques millimètres à 1 ou 2 cm, lamellaire,
friable, se desquamant facilement par plaquesde plusieurs décimètres
carrés. Couleur : blanc (5 Y R 7,5/2), blanc-jaunâtre (5 Y R 7,5/4).
. pulvérulent parfois sur 20 à 40 cm, les actionséoliennesl'érodent
facilement. Couleur : gris-blanc à blanc (2,5 Y 4,5/0 à 8/01.

Ces deux dernières variantes de A qui sont le résultat d'une exsudation saline,
sont parfois très richesen C03Ca.

limono-argileux, argilo-limoneux. Coloration variablegris-brun à brun (2,5 Y


4/2 - 6/2) passant progressivement à blanc (2,5 Y 8/01 ou olive (5 Y 5/4- 5/6-
6/6 ...), souvent dans le cas de sols salés à croûte squameuse. Présence ou non de
pseudo-mycélium.Légèrementhumide, le débit se fait en polyèdres fins à
moyensauxarêtesvives.

le plus fréquemment à gley vers 80 à 100 cm, argilo-limoneux. Cet horizon est
souvent très humide e t plastique. Coloration variable gris-clair (5 Y 6/1), noi-
râtre (5 Y 3/1 - 4/1), bleuté (5 G 6/1), verdâtre (5 G 6/?). II s'endegageune
forte odeur sulfureuse.

L - suivant la profondeur, se confond avec (B)ou (B) G.

Dans les ouadi à nappe profonde (4 à 5 m), la partie blanche de l'horizon (B)
peut être très épaisse e t précéder un horizon à pseudo-gley (taches e t points rouille sur
fond blanc), lui-même suivi d'un horizon de gley. C'est également cet horizon (B) blanc
que l'on voit apparaître sur les bords des ouadi où il forme des horizons divers très cal-
caires tendant à donner un encroûtement.

Dans la dépression du Borkou, le profil est peu différencié, épais de 1,50 à 2 m.

A - est trèslégèrementplusgrisâtreque l'horizon sous-jacent, argilo-limoneux à


structure cubique. Compacité moyenne, cohésion faible, épaisseur 20 à 40 cm.

(B) I - blanc à gris-blanc ou gris-verdâtre (2,5 Y - 5 Y 7/2 - 7/1 - 8/2 - 8/1 - 5 Y 6/3 -
6/4 - 7/4), argilo-limoneux, massif à débit polyédrique, cohésion faible, épais-
seur 1 à 1,30 m.

(B)* GC gris (5 Y 6/1), bleuté ( 5 GY 6/1 -5 G 6/1), vers (5 G 6/2), argilo-limoneux,


plastique.
97

Propriétés physiques et chimiques

OuadiduKanem

Lesteneursen argile très variables deces sols sont comprises Principalement


entre 20 à 25 % en surface, 35 à 40 % en profondeur. Les teneurs en limon vont de 1O
à 35% en surface e t en profondeur.

Ces sols ont une mauvaise structure e t perméabilité. Ils contiennent parfois des
quantités importantes de C 0 3 C a (jusqu'à 65%), principalement en surface.

Les teneurs en carbone sont variables (0,5 à 3,5 % le plus souvent) pour des
rapports C/N compris entre 9 e t 14, mais très fréquemment entre 12 e t 13.

La matière humique totale représente moins de 10 % du carbone total en sur-


face. Les acides humiques gris sont plus abondants en surface (35 à 40%) qu'en profon-
deur (15 à 20%) où les acides fulviques dominent plus largement (60%).

Les pH sont généralement élevés, 8 à 10.

Ces sols sont saturés avec des teneurs importantes en Ca e t Mg. Mg prend parfois
des valeurs faibles en profondeur (<0,2 mé % ).

Lesvaleursde K peuvent être également importantes, 2,3, 4... mé % . II y a


diminution des valeurs de K avec la profondeur.

II y a souvent assez peu de sodium é[Link] dans ces sols.

Par contre, les teneurs en sels solubles sont importantes. La croûte saline super-
ficielle atteint souvent 100 millimhos/cm, la salinité décroît ensuite généralement avec
la profondeur pouvant passer à des chiffres très divers comme le montre le tableau ci-
après. Les sels solubles sont à dominance de SO4 Na2 e t CO3 Na2.

Les analyses triacides de la fraction colloidale indiquentdes rapports-& S i 0 sou-


2 C.,
venttrès élevés tandis que les rayons X montrent l'abondancedefinespoussièresde
quartz (50 % environ). La partie restante est constituée par de la montmorillonite, un
peu de kaolinite, 4 à 5 % de calcite.

Les teneurs en fer total e t fer libre sont souvent très faibles dans les horizons
supérieursde sols fortement salés. II se produit dans ces profils une migration de la
matière humique sous forme d'humates solubles. Le fer migre en même temps à I'état de
complexe organique e t va s'accumuler en profondeur où il se mêle à la nappe fortement
colorée en brun.

Dépression du Borkou

Ils sont généralement limono-argileux ensurface (20 à 25 % limon, 20 à


25 % argile), argilo-limoneux en profondeur (30 - 35 % limon, argile supérieure à 40%).

Ils ont une mauvaise structure e t des perméabilitésfaibles. Les teneurs en C03Ca
sont rarement supérieures à 15% en surface e t décroissent avec la profondeur.

Les teneurs en carbone sont faibles (0,l à 0,5%) pour des rapports C/N bas,
compris entre 2 e t 8.
98

I K m e~m. , . I Borkou
~~ ~

no
échantillons 1282 1283
1281
1200 1202 1205
1201 1203 131 123

p r o f o n d e u r c m 0-1 1-20 40 O2 120 2045 45-60 0-30 150-17

Conductivité
m i l l i m h o s 25O 86.95 5.16 16,84 17.78
15.09 76.19 126.4
67,8 3,30
0,74
Sels solubles
E x t . Sat.
Ca mé % 1.5 1,65 2.2 tr. tr. 0.4 0,l 0.6 0.5 0.50 0.25

Mg mé % 4.4 1.25 1,5 2.9 0.95 1,25 6 . 23,8


0 1 ,O0
0.85 1,95
l
K mé % 0,2 0.45 a , l 0,2
2.80 O 3.40 11.55
2,7 0.
Na mé % 1,3 73.9 260.9 82,7
0.85 16.3 17.5 13.25 78.30 0.10
CO3 mé % 1.1 0.75 66.0 16,3 5.90 3.1 5.

SO4 m é % 75,8 5,3 l46,O 33,2 15.9 9,l 2920

CI mé % 7,l 0,4 30.2 35,O 32,60 3.3


NO1 m é % 15.30

PH 7.8 10 8.310.2 8,69.6


9.8 10.2

Les pH sont fortement alcalins, 8 à IO.

Le complexe absorbant est saturé.

Dans les sols non calcaires;

- surface
10 à 15 mé%
Ca a les valeurs suivantes :
- profondeur 5 à 20 mé%

- Mg a des valeurs faibles en surface qui augmentent en profondeur enmême


temps que la salinité diminue.

- K est le plus souvent supérieurà1 mé % et peut prendredes valeurs très élevées.

- Na est abondant e t diminue avec la profondeur, 70% c k nosexemples ont


des valeurs supérieures à 15 mé % en surface pour 60% supérieures à 10 mé%
en profondeur.

Les conductivités de l'extrait de saturation sont en surface le plus souvent com-


prises entre 4 e t 15 millimhos/cm, entre O e t 8 en profondeur. On assiste à desbaisses
très brutales de la surface vers la profondeur.

I-es sels solublessont des carbonates, des sulfates, des nitrates de sodium,
parfois des chlorures (cf. tableauprécédent).

Dans la fraction colloidale, nous trouvons une partie quartzeuse importante


(20 à 35%), un peude calcite e t dansla partie restante : illite (40 à 50%), montmo-
rillonite (25 à 35%), kaolinite (15 à 3 5 % ) .
99

Végétation - Aptitudes cuiturales

Les sols des ouadi natronés du Kanem ont une végétation variable en fonction
de leur salinité.

Dans les parties les plus salées aucuneplante nepousse. Autour de la zone
stérile, la salinité décroît progressivement en même temps que la végétation commence
à apparaître. Cynodon dactylonformeun tapis discontinu. II est accompagnéde
Brachiaria sp., lmperata cylindrica.

Sporobolus robustus occupe parfois les bordures destaches stériles où l'on


peut trouver aussi Juncus maritimus.

Dans la dépression du Bot kou la végétation se réfugie dans les creux souventà
l'abriduvent, Ià où la nappe est proche de la surface. Ces partiessontactuellement
occupées par des plantations de palmiers-dattiers qui colonisent aussi certains des ouadi
du Kanem. Cette plante supporte des salinités élevées (conductivité de 158 25 millimhos/
cm) à condition cependant que la nappe ne soit pas trop près de la surface, car les racines
s'arrêtent en général à l'horizon de giey e t se concentrent au-dessus r:porobolus robustus
peut servir de plante indicatrice de la limite supérieure de la salinité que peuvent suppor-
ter de jeunes plantations.

Sous ces palmeraies se font des cultures associées diverses : blé, mais, petit mil,
tomates, oignons, piments dans le Kanem.

Au Borkou, nous retrouvons ces mêmes cultures, ainsi que l'orge, la luzerne e t
les cultures arbustives : figuiers, citronniers, goyaviers e t la vigne qui donne des raisins
d'excellente qualité . Des essais d'acclimatation depapayers,bananiers ont montré la
fragilité deces espèces sous ce climat (1).

Tous les légumes d'Europe sont cultivés avecde bons résultats, même pendant
les mois chauds si l'ombrage est suffisant e t l'irrigation bien conduite.

Les cultures associées acceptent des salinités différentes :


- élevées pour l'orge ( I O à 15 millimhos)
- plus faibles pour le blé, le maïs ( 6 à 10 millimhos).

Les rendements sont variables enfonction de la salinité :


- blé, en moyenne 12 quintaux/ha
- mil, en moyenne 3 à 4 quintaux/ha

Très souvent sur un même champ, la culture de blé est suivie de 2 cultures de
mil, une première en avril-mai, une seconde pendant les pluies août-septembre.

Les terres sont fumées (fumier de chèvres) une fois l'an, avant la culture de blé,
Le fumier e s t incorporé intimement au sol ou mis dans les rigoles d'irrigation. Les autoch-
tones utilisentégalement un engrais naturel le"Ti1li"qui est une exsudation saline conte-
nant souvent des quantités importantes de nitrates. Ce "Tillï" détermine des augmenta-
tions importantes de rendement. II est utilisé à raison de 10 tonnedha.
~

( 1 ) Voici à titre d'exemple


la productivité de lapalmeraieLargeau-AinGalakaen 1959-1960 telle
qu'elle &ait estim6e par le service de I'Agricillture : Blé 174 t, M i l 9 5 t, Oignons 6 0 t, Melons-
Pastèques 34 t, Gombo 5 t, Citrons 4 t, Tomates 3 t, Vigne 3 t, Goyaves 200 kg, Tabac 1 5 0 0 kg,
Piments 1000 kg, Dattesfraiches 18.000 t.
1O0

3.6.2 - Les sols à structure modifiée

[Link] - SOLS NON LESSIVES A ALCALIS OU SALES A ALCALIS

- Famille sur alluvions limoneusesà argilo-limoneuses (Profil T 49 - Annexe 15)

Ces sols sont principalement visibles le long des cours d'eau anciens ou actuels
(grands fleuves, affluents, défluents) dont ils constituent souvent les bourrelets de berge,
associés à d'autres types de sols.

Le réseau de défluents particulièrement important en certaines régions(3e delta


fossile du Chari-Logo,ne au nord de Fort-Lamy, delta intérieur du bahr Erguigdans la fosse
deMassénya, du Bathadans celle nord d'Oum Hadjet...), rend celles-ci très complexes
car alternent alors une multitude de bourrelets surimplantés sur des dépôts lacustres.

Ces dépôts qui sonttrèsjeunesn'en ont pas moinssubiune évolution très


poussée par suite d'une position topographique favorable à activer les phénomènes de
remontée.

Ces sols sont de plus en plus abondants du sud vers le nord en nlême temps que
les conditions climatiques prennent un caractère plus aride.

Nous trouverons égalementces sols dans les grandesplaines d'inondation du


Logone e t des bahr Aouk - Salamat - Keita. Ils occupent alors de minces bandes dans la
zone de contact plaines d'inondation - buttes exondées.

Ces sols portent en arabe le nom de "naga" e t de "hardé" en fulfulbé, terme


signifiant stérile.

Morphologie - profil A (B) g C

A, - - texture variable sableuse, sablo-argileuse,argilo-sableuse,limono-argileuse ...


Structure fondue (sables), le plus souvent polyédrique moyenne à fine. Cohésion
et compacité moyennes à fortes. Porositétubulaire. Gris, gris-beige (1O Y R 6 / 3 )
à brun foncé (IO Y R 4/2). Epaisseur variable, 20 cm, parfois très faible.

(B) Ca - texture identique àA, très rarement sableuse. Structure polyédrique moyenne à
g débit en petits polyè[Link]è[Link]ésionmoyenne à forte. Porosité
faible. Présence trèsfréquentede pseudo-mycélium e t d'amas calcaires inférieurs
au cm. Couleur gris-beige(IO YR 6/3), brunâtre ( I O YR 5/3) avec taches rouille
nombreuses. Présence fréquente de petits gravillons ferrugineux noirs, mais peu
nombreux. Epaisseur variable 75 cm à 1 m, parfois plus.

(B) C - texture parfois hétérogène due à un changement de matériau ou continuation


g de la texture précédente. Coloration identique ouvoisine à taches rouille.
Structure polyédrique. Cohésion e t compacité légèrement moins fortes.

On note en surface très fréquemment des plages sableuses

Propriétés physiques et chimiques

Les horizonsdesurface ont des textures variables (O à 40% d'argile - O à


30 % de limon), en profondeur les teneurssontvoisines,légèrementplusargileuses.
1O1

La répartition des pourcentages d'argile avec la profondeur est de 2 types. Dans


le premier règne l a plus [Link] le second se percoit une augmentation
progressive ou brutale des taux d'argile. Les teneurs peuvent devenir relativement cons-
tantes en profondeur ou changer s'il y a passage à un autre matériau.

L'instabilité structurale de ces sols est Blevée (supérieure à 2), tandis que les
perméabilités sont très faibles (inférieures à 1,5 cm/h).

La porosité est faible à nulle sauf dans l'horizon A.

Les teneursen carbonesontcomprisesentre 0,25 et 0,50 % et les rapports


C/N généralement assezbas (G à 9).

La matière humique totaleest constituée en parties sensiblementégales d'acides


humiques gris,d'acides humiques brunset intermédiaires, d'acides fulviques.

Les pH sont compris entre 7 e t IO. On assiste à un relèvement de ceux-ci en


profondeur.

Lasomme des baseséchangeables est variableen liaison avec la texture. En


surface pour les sols sableux S est compris entre O e t 10 mé % , entre 10 e t 25 % dès que
la texture devient plus lourde. En profondeur où la texture est plus homogène S se place
surtout entre 15 e t 25 mé % .

- Ca e t Mg dominent avec des rapports très variables allant de 1 à IO.

- Naensurface varieentre O e t 2 mé % (55 % des échantillonscompris entre O e t


1 mé % ), en profondeur entre O e t 3 mé % (95 % sontsupérieurs à 1 mé % ).
Des chiffres très élevés sontnotés : 16-17 mé % .

Les rapports Na/Caéchangeables % sont compris ensurface entre O e t 15 e t


entre 10 e t 25 en profondeur. II y a toujours augmentation de la surfacevers la pro-
fondeur. Des valeurs très élevées de ce rapport sont aussi observées.

II s'agit de carbonates, bicarbonates,


Les sels solubles sont en relative abondance.
sulfates de sodium. La conductivité de l'extrait de saturation est le plus souvent infé-
rieure à 4 millimhos/cm (O à 3 millimhos).

Le degré de saturation est très élevé. Ces sols sont pratiquement xous saturés en
profondeur.
. . . I

L a fraction colloi'dale est constituée d e montmorillonite (40à 60% 1, de Itaoli-


nite (20à40%),dfillite (IOà20%).

Les teneurs' en éléments traces sont variables : Mn est très fort ainsi que Zr,
Rb,Ba. Ni, Pb, V, Zn,Co,Cr sont moyens à assez forts, Cu, Sr, Li moyens,Mo,Sn
sont faibles.

Végétation - Aptitudes culturales

Ces caractères seront vus avec les sols suivants.


102

[Link] - SOLS LESSIVES A ALCALIS

- Sols à colonnettes (solonetz, solonetz solodisés)- famille sur sables argileux ou


argiles sableuses (Profil Dam 23 - Annaxe 16 )

Ils se trouvent principalement autour du massif central tchadien par taches de


plus ou moins grandes étendues, mais surtout dans les piedmonts du massif du Ouaddaï
où ils occupent des surfaces importantes.

Ces sols lessivés à alcalis, à structure en colonnettes, s'observent aussi par taches
enassociation avec les sols précédents sur les bourrelets alluviaux des cours d'eau.

Morphologie - Profil A B g C assez voisin du type précédent

Al - gris-noir (IO YR 4/11 gris-brun (IO YR 4/2), sableux, fondu, à faiblescohésion


e t compacité, porosité tubulaire.

A2 - gris-blanc ( I O YR 6/1 - 7/11, à caractères identiques auprécé[Link]


Al Az 2 à 20 [Link] 2 horizons peuvent faire défaut, on passe alors directe-
ment à B

BI - fortement blanchi,sablo-argileux, structure [Link]évésiculaire.


Compacité e t cohésion fortes.
B, g - gris-brun (IO YR 5/2 - 6/2) à marbrures rougejaunâtre ou rouille,quelques
concrétions ferrugineuses noires, argilo-sableux.
Structure en colonnettes. Cohé-
sion et compacité très fortes. Epaisseur B1 B2 g 20 à 30 cm.

P2gCa - horizon identique à structure polyddrique moyenne avec débits en petits polyè-
dres, pseudo-mycélium e t parfois amas [Link] 100 cm environ.
C - peu identifiable, se confond avec
Bq ou Bq Ca.

Le profil suivant présentant un horizon Az B1 fortement blanchi est celui d'un


solonetz solodisé.

Les profils de typesAI B2g B2gCa sans horizonA2 B1, avec structure en colon-
nettes ou prismatique sont ceux de solonetz.

Ces sols se présentent en surfaces planes ou de très faibles pentes et sont cou-
verts par un abondant cailloutis quartzeux roulé. Le substratum, proche de la surface,
perce celle-ci en très petits affleurements. L'aspect général est celui d'un "reg".

Propriétés physiques e t chimiques

L'horizon de surface est généralement sableux à sablo-argileux (O à 20 % d'ar-


gile), celui de profondeur argilo-sableux (30 à 35 % d'argile en moyenne).

Les propriétes sont dans l'ensemble très voisines de celles des sols précédents
mises à part l'apparition d'une structure en colonnettes ou cubique sur 20 à 30 cm e t
la présence parfois d'horizons blanchis Az B1.

Le lessivage de l'argile de l'horizon sableuxsuperficiel peut êtreconsidéré


comme oblique, e t le faible enrichissement en argile de la partie supérieure de l'horizon
argilo-sableux que l'on constate parfois, dû à la circulation e t au dépôt de l'argileen
cours d'entraînement au contact du niveau sous-jacent très peu perméable.

l
103

Voici les principales caractéristiques chimiques deces sols :

- Carbone O à 0,4%.

- C/N compris principalement entre 9 e t 12.

- Matière humique composée en parties sensiblement égales d’acides humiques


e t d’acides fuiviques.

- pH compris entre G e t 8 en surface, plus élevé en profondeur (8 - 9).


- Somme desbaseséchangeables :
surface : O à 20 mé % , principalement 10 à 15 mé % .
profondeur : 15 à 30 mé % , principalement 15 à 20 mé % .

- Cations échangeables :
Ca : surface, O à 15 mé % (5 à 15 mé % le plussouvent);
profondeur, augmentation notable
Mg : 1 à G mé % ; augmenteen profondeur ;
Rapport Ca/Mg : 1 à IO.
K : surface,0,2 à 0,4 mé% ;diminution en profondeur (Oà 0,3 m é % )
Na : surface, O à 1 mé % .
profondeur, augmentation :( 15 % des exemples demeurent infé-
rieurs à 1 mé % .)
- Rapport Na/Ca échangeables % . Si celui-ci n’est pas toujours supérieur à 15,
dans les sols où il est inférieur les caractéristiques morphologiquesOU de végé-
tation demeurent les mêmes (végétation clairsemée, structure massive OU en
colonnettes, pseudo-mycélium...).
- Selssolublesprésents, identiques à ceuxdes sols précédents. L‘extrait de
saturation est compris entre 1 e t 3 millimhos.
- Dearéde saturation très élevé : GO à 90 % ensurface, 85 à 100 % en pro-
fondeur.
- Fraction colloïdale : montmorillonite dominante (75 à 80% 1, kaolinite (20 à
25%),parfois illite. La kaolinite est plus abondante dans les horizons super-
ficiels delessivage.

Végétation - Aptitudes culturales


L a végétation sur ces sols halomorphes à structure modifiée est très clairsemée
et se réduit à quelques arbres et arbustes dont les espèces varient du sud vers le nord :
Lannea humilis, Acaciaseyal,Balanitesaegyptiaca,Dalbergia melanoxylon, Cadaba
farinosa, Maerua crassifolia ... Le tapis graminéen est ras e t se distribue par plages. II est
constitué Principalement parSchaenefeldia gracilis, Aristida funiculata.

Ces sols sontgénéralementincultes. Ceuxsur alluvions récentes sont parfois


utiliséslorsqueI’alcalisation est faible. L’autochtone doit procéderauparavant à cer-
tains artifices. Il construit des diguettes autour de son champ pour permettre à l‘eau des
précipitations de séjourner sur sonterrain e t non de [Link] repique ensuitedu sorgho.
104

Cette facon d'opérer est tout à fait exceptionnelle ;elle met en évidence la très
faible perméabilité de ces sols qui posent d'importants problèmes à résoudre envuede
leur régénération :
- soussolage profond permettant l'amélioration de la structure, e t la pénétration des
eaux,
- apports d'engrais chimiques(gypse ou calcaire finement broyé, soufre) favorisant la
fixation du Casur le complexe en remplacement du Na.

La culture trèsintensequesubissent ces sols sur alluvions récentes,très


recherchéscartrès fertiles dans leur phasedejeunesse, est la causede leur stérilité
dans un stadede maturité. Trèscultivés, ces sols continuellement à nu sontsoumis
à desphénomènesde remontée intenses que favorisent leur texture e t la présencede
napped'eau séjournant en contrebas dans le cours des fleuvesoudesdépressions.

Les sols sur matériau argilo-sableux à cailloutis superficiel ne portent aucune


culture. Seulsquelqueschampsdesorgho repiquépeuventexisterdans de petites
dépressions,encoren'avons-nousplus Ià affaire à de véritables sols halomorphes mais
à des intergrades hydromorphes ou vertiques.

3.7 - CLASSE X - LES SOLS HYDROMORPHES

Ils sont la conséquence d'un excès d'eau dans le sol dû, soità un engorgement
plus ou moins profond d'ensemble, soit à une inondation temporaire, semi-permanente
à permanente.
Les sols hydromorphes sont caractérisés par des horizons à pseudo-gley définis
précédemment au paragraphe consacré aux processus de pédogénèse e t que nous rappel-
lerons ici.

Les horizons à pseudo-gleyprésentent destaches fortement coloréesen fer


(rouge, rouille, ocre...) ou bien appauvries en cet élément (blanc, beige...). Ils subissent
desphénomènes d'oxydation e t de réduction annuelsconsécutifs à l'alternance des
saisons. II y a redistribution du fer dans le profil sans ou avec très faible migration de
celui-ci.

Les horizons à gleysontcaractériséspar un engorgement prolongé .où les


phénomènes de réductionl'emportent sur l'oxydation. Le fer est réduit à I'état
ferreux, s'accumule ou est éliminé. La coloration de ces horizons est grise, verdâtre
ou bleutée.

Lesphénomènes d'hydromorphie peuvent également, dans certains cas, avoir


pour conséquence l'accumulation de matièreorganique. C'est ce premier critèrequi
a conduit à la distinction de 3 sous-classes dont 2 sont représentées au Tchad :
- Sols moyennement organiques (matière organique supérieure à 10 % ),
- Sols minéraux (matière organique inférieure à 10 %, en moyenne inférieure à
5%).

L'hydromorphie, la présencedenappe ou d'horizons gorgésd'eau à faible


profondeur, peuvent avoir pour conséquence sous les climats intertropicaux, des
phénomènesde remontée importants des solutions du sol quivontconduire à des
alcalisations d'argiles et à de très faibles salures.
105

3.7.1 - Les sols moyennement organiques

SOLS HUMIQUES A GLEY

- A anmoor calcique (polder des régions chaudes) - famille sur alluvions lacus-
tres, argilo-limoneuses à argileuses (Profil BG 25 - Annexe 17)
Ils s'observent dans le voisinage immédiat du lac Tchad. II s'agit de sols jeunes
formés sur des skdiments fraîchement exondés par l'homme qui a créé dans cette région
des polders. Un ancien système dunaire, parallèle à la côte e t dont les interdunes sont
ennoyées par le lac,a favorisé cette opération qui se fait par l'implantation de barrages.

Parmi ces polders, l'un des plus anciens, celui de Ganatir, remonteraità 1910,
tandis que beaucoup des polders actuels ont été créés entre 1950 e t 1955. Les crues du
lac, la rupture desbarrages, les pluies d'annéestrès humides les remettent périodique-
ment en eau. A ceci s'ajoutent les infiltrations à travers les dunes ou les barrages. Seule
une frange de bordure est le plus souventcultivée.

Morphologie - Profil A (BjG C


- litière mal décomposée formée de résidus végétaux des herbes aquatiques. Noir.

- litière plus ou moins bien décomposée,malmêléeauxsediments,spongieuse,


lamellaire enmêmetempsqueplastique, noirâtre parfois bleutée (5 Y 3/1 -
5 GY 4/1). Epaisseur A o o - A, faible, 2 à 10 cm.
- matière organique bien liée aux sédimwts, noir, gris-noir (IO YR 2/1 à 5/1),
polyédrique fin (éléments très individualisés et très durs donnant un horizon
meuble). Fort enracinement. Argilo-limoneux. Epaisseur 10 à 30 cm.

- bien structuré, plusgrossier et variable (polyédrique fin à tendancegrenue


associée à deséléments plus grossiers prismatiques ou polyédriques).
Noir, gris-noir, gris-jaunâtre avectaches rouille (IO Y 3/1 à 6/1). Fort enraci-
nement. Amascalcairespossibles. Argilo-limoneux passant à argileux.
-humide. Structure prismatique grossière à moyenne se débitant en polyèdres.
Couleur identique à (B), avec des taches rouille plus marquées. Amas calcaires
possibles. Argileux.
(B)z G - humide, gris à bleuté verdâtre (5 Y 6/1 - 5 G 6/21 à taches noires, plastique se
débitant en prismes irréguliers. Argileux.

C - confondu avec l'horizon (B), G.

L'ensembledu profil peut faire1 à 1,50m. Celui-ci est d'un type à nappe
phréatique proche de la surface (40 à 60 cm) (1). Si la nappe est profonde (1 m), à
l'horizon (B)1 succède :

(B)* C - coloration passant à gris-blanc, blanchâtre ( I O YR 6/1 - 7/1). Structure feuil-


letée se débitant en fines plaquettes légères, poreuses où s'observent parfois des
amas calcaires, saupoudrées aussi dans certains cas de minuscules points blancs
de carbonate ou sulfate de sodium.

(1) L a n a p p e en f a i t est généralement plus p r o f o n d e 1,5 à 2 m mais en charge remonte par semi-
artesianisme dès que l ' o n a atteint son niveau hydrostatique.
106

Des variantes à ce profil existent :

Aoa A. Al peuvent être surmontés d'une exsudation salinedueaux remontées d'une


nappe proche de la surface, ou à l'irrigation.

Aoo A. sont surtout très développés dans les parties les plusbasses. Ils sont en partie
détruits lorsdubrûlage desherbesaquatiques qui suit I'exondation avant la miseen
culture.
Dans l'horizon (B), s'observentdespochesd'éléments polyédriques fins très
durcis e t parfois rougeâtres qui évoquent les actions du feu assez profondément dans le
sol (consumation lente desracines e t de l'horizon semi-tourbeux lors du brûlagedes
herbes).

Propriétés physiques et chimiques

Les résultatsdonnés en suivant proviennent du polder de Bol Guini où des


études sur la salinité e t les variations de la matière organique se poursuivent depuis 1958.

Les teneurs en argile e t limon sont comprises :

en
surface : argile (25 à 55%)
limon ( 5 à 25%)
en profondeur : argile (45 à 70% )
limon ( 5 à 1 0 % )

La structure de ces sols est bonne (IScompris entre O e t 0,4). Les perméabilités
de laboratoire sont variables, faibles (< 1,5 cm/h) à bonnes (4 à 8 cm/h .)

Les teneurs en carbone sont comprises entre 5 e t 7 % (rapport C/N 10 à 12) en


surface, entre 4 et 7 % (rapport C/N 11 à 13) vers 50 - 60 cm.

La matière humique totale ( 1O % du carbone total) est à dominance en profon-


deurd'acides fulviques (60 à 80 % pour 20 à 40 % en surface). Lesacides humiques
bruns sont assez abondants en surface (20 à 40%), moindres en profondeur. Les acides
humiques gris sont peu importants (10 à 20% ).

Les pH varient entre 7 e t 9 en surface, entre 6 e t 9 en profondeur. II y a une


. baisse
légère avec la profondeur.

- C 0 3 C a est plus abondant en surface ( 2 à 4%, mais aussi parfois 10 à 20%).


En profondeur, ii est plus rarement irauvé.
Parmi les baseséchangeables, l'ion Ca est dominant (20 à 30 mé ), l'ion Mg
est plus faible (6 à 10 mé % ) e t diminue avec la profondeur. Les rapports Ca/Mg sont de
l'ordre de 3 à 5.

-K est supérieur à 1 mé% . II est plus élevé en surfacequ'en profondeur.

- Na est le plus souvent inférieur à 1 mé % .


Les rapports Na/Caéchangeables % sont faibles (très inférieurs à 15).

Les teneurs en P z 0 5 total sont très élevées, 2 à 3 %Den surface, souvent 1 ou


plus en profondeur.
107

Ces SOIS, qui ont un complexe absorbant saturé, possèdent des sels solubles en
quantité très variable suivant les saisons puisqu'ils sont soumis à des lessivages par l'eau
des précipitations en saison des pluies, à des phénomènes de remontée en saison sèche. 11s
se couvrent parfois alors d'une exsudation saline.

L a salinité est en même temps très variable d'un point à un autre dans un même
polder, ceci en fonction de la profondeur de la nappe en saison sèche e t de sa salinité.

Cessols sont salés superficiellementune partie del'année (conductivité de


l'extrait de saturation supérieure à 4 millimhos/cm). Les horizons de profondeur (50 à
60 cm) sont très rarementsalés quelle que soit la saison.

Les sels solubles sonttoujours des carbonates, bicarbonatese t sulfates de sodium.

La fraction colloïdale est constituée par un mélange de kaolinite (30à45%), de


montmorillonite (25à 45%) e t d'illite (25 à 40%).

Les éléments traces sont en teneurs correctes à l'exception du molybdène. Le


manganèse a des valeurs très fortes dans les échantillons les plus salés. Certains échantil-
Ions ont des valeurs parfois faibles (V, Cu, Ni, Cr,'Co).

Végétation - Aptitudes culturales

Ces polders sont couverts après la création du barrage soit par des eaux libres,
soit par unevégétationgraminéenneaquatique : Phragmites vulgaris, Typha australis,
Echinochloa divers, Cyperus papyrus. Cette végétation est brûlée au fur e t à mesure de
l'assèchement.

Ces sols représentent les terres les plusrichesquepossède l e [Link]


d'unevaleurexceptionnelleque confirme la relation N - P z 0 5 - pH ; elles portent
3 cultures paran :

blé ' : nbvembre-décembreà février-mars


rendement moyen : 20 quintaux/ha
maïs mars à septembre .
: 2 cultures de
rendement moyen : 12 quintaux/ha

Ces cultures se pratiquent traditionnellement en irrigation lorsque la nappe est


à une profondeur supérieure à 60 - 80 cm. Le terrain est divisé en petits carrés d'irriga-
tion de 1 m sur 1 m quifont perdreainsienviron 30 % de la surface cultivable.

A ces cultures céréalières s'ajoutent des cultures maraîchères : tomates, oignons,


piments, légumes divers... tabac, e t fruitières : citronniers, bananiers, goyaviers, papayers..

3.7.2 - Les sols minéraux

- SOLS A PSEUDO-GLEY DE SURFACE OU D'ENSEMBLE

[Link] - A taches e t concr6tions ferrugirleuses (Profil 50 - Annexe 18)


Ces sols sont très répandus au Tchad. Leur zone d'extension se situe dans les
dépressions inondées chaque année par la crue des fleuves : Chari - Logone e t affluents,
Batha, Batha de Laïri ..., e t de défluents multiples.
108

On les observe aussi le long de ces cours d'eau où ils forment alors des bourre-
lets alluviaux.

Au nord du 13eparallèle, ils sontmoinsrépanduscédant la place à des sols


halomorphes qui présentent cependant des horizons de pseudo-gley ou de gley à faible
profondeur.

Ces sols ont un profil A (B) C ou A Bg C :


9
Al - légèrement enrichi en matièreorganique ; structure fondue ou polyédrique.

A12 - de transition par sa couleur.

BI g - polyédrique à pseudo-gley (marbrures e t rares concrétions).


(B) 1g

Bzg - identique à tachesabondantes e t concrétions, C peudiscernable, le pseudo-


(B)2gC - gley se poursuit sur plusieurs mètres

- Famille sur sables siliceux ou sables argileux


II s'agit ici de profil A (B)g C ou A Bg C

Dans le premier cas, les sols sont sableux e t les variations d'argile sonttrès
faibles, la structure est fondue ou à tendance polyédrique en profondeur, la compacité
et la cohésion sont généralement faibles.

Dans le second, le sol est sableux à structure fondue superficielle, sablo-argileux,


argilo-sableux en profondeur, polyédrique, très compact, à forte cohésion.

La coloration de ces sols est grisâtre en A (IO YR 4/1 - 4/2 ... 6/1 - 6/2), beige
(IO YR 6/3 - 6/4 - 7/3 - 8/31à marbrures jaunâtres (7,5 YR 6/6), taches rouille, parfois
gravillons ferrugineux rouille ou noirs en B.

Les teneurs en carbone sont comprises entre 0.25 et 0,50 % avec des rapports
C/N très variables.

Les pH, de 6 à 7 en surface, diminuent en profondeur (5 - 6) sauf dans le cas


de légère alcalisation.

S a des valeurs aussi très variables en fonction de la texture (O à 9 mé %),le plus


souvent entre 3 e t 4 mé % en surface, très diverse en profondeur .

L'ion Ca représente 50 à 85 % de S.

Les rapports Ca/Mg varient de 1 à 10.

L'ion K a des valeurs comprises entre O e t 0,4 mé.% .

L'ion Na se situe entre O e t 0.5 mé % (le plus souvent O à 0,l mé % 1.


Les taux de saturation peuventêtre élevés (50 à 80 % parfois 100%).
1 O9

La fraction colloïdale apparaît liée à l'origine du sédiment (l),c'est très souvent


la kaolinite qui domine (60 à 70%) avec de I'illite (20 à 3 5 % ) e t parfois de la montmo-
rillonite (30à 3 5 % ) . On observe quelquefois de la goethite.

Ces sols portent une végétation fonction de I'hydromorphie. Lorsque celle-ci


est due à des phénomènes d'engorgement, la savane arborée s'éclaircit en même temps
que certaines espèces deviennent plus nombreuses : Piliostigma reticulata, Combretum
glutinosum, Acacia seyal, Gardenia sp., Terminalia avicennioides... Ce sont cesmêmes
espèces que l'on trouvera en bordure des plaines d'inondation dans les parties peu inon-
dées précédant la prairie marécageuse à Andropogonées. Signalons également sur de tels
sols inondés des peuplements plus ou moinsclairsemés de Terminalia macroptera.

Ces sols vont porter les cultures les plus diverses :

sorghos ; mils blancs e t rouges ; c'estainsiquedans certaines régions des mils rouges
précoces sont plantés aux premières pluies e t récoltés au début de L'inondation parfois
en pirogue (Tikem).

riz : dans le Moyen-Logone où ils constituent les meilleures terresavec celles sur limons.
Ils peuvent donner des rendements de 208 30 quintaux à l'hectare en milieu autochtone.

coton 1 ces sols sont malheureusement utilisés parfois pour cette culture très sensible i
desexcèsd'eau, e t ceci explique les rendements dérisoires alors obtenus en certaines
régions, moins de 100 kg de coton graine à l'hectare.

Pennisetum thyphoideum :petit milcultivé dans le Moyen-Logonee t un peu partout en


terre sableuse comme sur la bordure du lac Tchad. Au sud de ce dernier, il succède à une
culture de haricots faite sur les terres qui s'exondent chaque année au retrait du lac.

Signalons également des cultures vivrières diverses

- Eleusine coracana (Moyen-Logone) appelé localement fonio,


- Hibiscus esculentus
- Piment
Les rendements deces cultures sont très divers, fonction de la richesse du SOI
en éléments fertilisants, mais aussi de la texture, de la structure ... e t de la pluviométrie
de l'année considérée.

- Famille sur alluvions récentes limono-argileuses... argilo-limoneuses


L e profil est ici de type A (B)g.C car l'hétérogénéité de l'alluvionnement rend
souvent difficile l'appréciation d'un lesswageen argile. La structure est généralement
polyédrique fine à moyenne parfois prismatique en profondeur pour des textures argilo-
limoneuses.

Ces sols ont unecompacité e t cohésionfortes,une faible perméabilité.

(1) Kaolinite : originaire de vieux sédiments (ContinentalTerminal, sériesanciennes remaniées...).


lllite : massif
Montmorillonite : argile de néoformation en milieu hydromorphe.
110

La coloration varie de brun foncé ( I O YR 4/21 à brun clair-beige (10 YR 6/4)


ensurface. En profondeur, la coloration reste brune ou gris-brun plus ou moins foncé
(IO YR 4/3 - 5/4 - 6/2 ...) ou passe à des gris-brun clair ou jaunâtre (2,5 Y 6/3 - 7/4).
Cette couleur de fond est souvent masquée par des taches ou marbrures rouille, jaunâtres,
rougeâtres.

Ces sols ne représentent jamais de grandes surfaces e t sont souvent en associa-


tion avec des sols peuévolués ou des sols halomorphes à structure modifiée ounon,
formés sur des sédiments identiques.

Les teneurs en carbone inférieures à 1 % sont surtout comprises entre 0,25 e t


0.5 % ; les rapports C/N très divers.

Les pH varient entre 5 e t 7 en surface, ils se relèvent légèrement en profondeur.

Lasommedesbaseséchangeables prend des valeurs très variables en fonction


de la texture.

Ca e t Mg dominent (rapports Ca/Mg : 1 à IO). Ca varie entre 5 e t 10 mé % , Mg


entre 1 à 2 mé % en surface, 2 à 3 mé 5% en profondeur.

K est compris surtout entre 0,2 e t 0.4mé %. en surface, 0,2 e t 0,3mé % en


profondeur.

Na varie entre 0,l e t 0,3 mé % .


Ledegréde saturation de ces sols est généralement assez élevé, très rarement
inférieur à 50%, le plus souvent supérieur à 70%.

La fraction colloi'dale est constituée de minéraux enmélange où domine sou-


ventJa montmorillonite (40à 60%), associée à de la kaolinite (20 à 40%), de I'illite ( I O
à 20%). Les limons de certaines dépressions du Moyen-Logone sont à kaolinite domi-
nante e t peu d'illite.

Ces sols ont une végétation très variable. Dans les plaines du Logone, elle est à
dominance d'Andropogonées tandis que sur les bourrelets des fleuves, elle est fonction
de l'inondation e t de la texture. Sur des sols peu argileux, elle forme une savane arborée
classique tandis que des Acacia seyal de plus en plus nom'breux colonisent les terres les
plus lourdesjusqu'à donner des savanes armées dans les parties soumises à une assez forte
inondation.

Ces terres sont cultivées en riz dans le Moyen-Logone où elles constituent, avec
les sols précédents, les meilleures rizières.

Partout ailleurs, ce sont des sols très recherchés, très cultivés, qui porteront des
cultures variéesen fonction de leur texture et de la submersion : arachide, petit mil,
coton, mil blanc e t rouge, mil repiqué, cultures maraîchères (oignons, tomates, légumes
divers...).

Sols initialement très fertiles la culture intensive qu'ils subissent a pour consé-
quenceune alcalisation rapideparsuited'intensesphénomènesderemontéedans ces
sols nus pendant la saisonsèche.
111

[Link] - -
A horizon gris réduit de surface (Profils 13 84 - Annexe 19)

Ces sols sont observés dans le sud du Tchad (régions de Koumra - Moundou -
Fort-Archambault - Moussafoyo). I l s occupent les fonds plus OU moins plats des vallées
sèchesque l'on observedans les vastes plateaux de sols ferrallitiques appelés koros. Ils
font suite,vers l'aval,à des sols beiges ferrugineux tropicaux peu ou pas lessivés, desquels
ils se séparent difficilement si ce n'est par la plus ou moinsgrande épaisseur de l'horizon
gris. Ils se sont formés sur des alluvions de texture diverse limono-argileuse à argileuse
dans les bas-fonds ou des colluvions sableusessurdespentes.

Le profil peut être très divers A (BIg C - A (BIG C - A C avec Ag ou AG peu


accusé. II a une épaisseur de 100 à 150 cm.

A - gris OUnoir avecdestachesde réduction plusoumoins bien visibles,épaisseur


variable 20 à 50 cm passantà gris-beigeen profondeur.

(BIg C - beige, gris-beige, à taches jaunâtres e t parfois concrétions ferrugineuses ocre ou


noires. Cet horizon e s t visible dans le cas d'un matériau sablo-argileux, limono-
argileux...
(B)GC - gris de gley, de texture diverse sableuse... ou argileuse.
Dans certains cas A est grispuisgris-beige sanstaches d'oxydation surune
grande épaisseur 100 cm, la texture est alors sableuse souvent grossière. L'hydromorphie
y est peu ou pas visible principalement dans la partie amont des vallées.

Dans le sud, lorsque le socle cristallin affleure dans les fonds de vallées, ces sols
ont une épaisseur très irrégulière.
La nappe phréatique est à faible profondeur en pleine saison sèche 80 cm à 1 m.
En saison des pluies, l'eau se rassemble dans ces dépressions e t peut y séjourner de longs
mois.
La valeur agronomique de ces sols est très diverse. Les sols les plus sableux pré-
sentent des caractères physico-chimiques voisins deceuxdes sols [Link] les bas-
fonds à l'inverse les teneurs en carbone, bases échangeables sont plus élevées. D'unefacon
générale, ces sols présentent des pH acides 5 - 6 en surface, 4,5 - 5,5 - 6 en profondeur.
La végétation qui s'y développe est caractérisée par une raréfaction des arbres
d'amont enavalenmême tempsque la prairie graminéenneGs'installedans les parties
inondées périodiquement. Lesraresarbres sont alors : Mitragyna inermis, Nauclea lati-
folia, Syzygiumguineense...
Les sols de bas-fonds sont généralement incultes à l'exception de quelques-uns
utilisés en rizières.
Un certain nombre de ces vallées ou seulement des fractions de celles-ci pour-
raient étre aménagées pour cette culture.

[Link] - lntergrade versdes sols halomorphes (a structure modifiée)


- famille sursables siliceux ou sables argileux (parfois en recouvrement sur
argiles sableuses à nodulescalcaires)
Ces sols s'observent dans les plaines d'inondation du Logone entre Laïet Bongor
e t le Ba-llli où ils forment des taches non cartographiables au milieu des alignements
sableuxde sols ferrugineux tropicaux lessivéssouvent atteints d'hydromorphie dans
leurs horizons profonds.
112

On les trouve égalementenminuscules petites buttes où sontimplantés les


villages dans la vaste dépression du Logone au nord de Bongor. Ces sols vont présenter
des profils très voisins de ceux que nous avons observés sur les piedmonts du massif du
Ouaddaï(sols lessivés à alcalis). Ils ont un profil A Bg C - A Bg Ca C.

En surface, les teneurs en argile sont comprises entre O e t 25% , tandis qu'en
profondeur elles sont souvent de25 à 35%. "L'indice de lessivage" est élevé e t peut
atteindre 7. La coloration, la strucwre, la compacité, la cohésion, la perméabilité des
différents horizons sont analogues à celles des sols de piedmont.

Les teneurs en carbone sont faibles (0,3%),les rapportsC/N peu élevés (6 à 9).

Lasommedesbaseséchangeables est élevée ( 1 5 à 30 mé % en profondeur)


avec prédominance des ions Ca e t Mg.

K peut présenter de fortes valeurs (1 à 3 mé % ).

Naen profondeur peut avoir des valeurs supérieures à 2 mé % . Les rapports


Na/Caéchangeables % des horizons profonds sont assez souventsupérieurs à 15.

Ces sols présentent des sels solubles(sulfates,carbonates,bicarbonates de


sodium), mais la conductivité de leur extrait de saturation dépasse rarement 2 milli-
mhos/cm.

Les taux de saturation sont élevés (90- 100%) dans leur horizon de profondeur.

Ces terres sont couvertes soit par la végétation trèsclairsemée définie précé-
demment, soit du fait d'une alcalisationmoindre des horizons supérieurs, par descultures
ou par des jachères. Ces buttes qui portent quelques dizaines de cases sont intensément
cultivées principalement en mil rougeau nord de Bongoroù vivent des populations
massa. Elles forment au moment de la crue desFlotsexondésau milieu de la prairie
marécageuse couverte sous 1 m à 1,50 m d'eau.

Les autochtones se déplacent en pirogues d'iles en iles vivant des produits de


la pêche e t de quelques bêtes (chèvres, moutons...).

- Famille sur argiles sableuses (à nodules calcaires dans la partie sud du Tchad)

Ils se localisent principalement au N-E de Fort-Lamy e t forment surtout des


points bas s'alignant entre les levées sab!euses. L'ensemble dépressions-alignements exon-
dés constitue le second delta fossile du Chari.

Ils présentent de grandes analogies morphologiques e t physico-chimiquesavec


les précédents sols e t ceux des piedmonts du massif du Ouaddaï.

Le type de profil est le même e t possède un horizon A souvent appauvri en


argile, un B argilo-sableux plus ou moins largement structuré, à pseudo-gley et parfois
pseudo-mycélium calcaire. Les fentes de retrait sont peu marquées e t peu profondes (20
à 40 cm).
113

Leur coloration est dans la gamme des 1 0 YR ; ils sont gris-brun, gris-noir en
surface (4/2 - 3/1), brun clair à faible profondeur (6/2) avecdestaches rouille ou
jaunâtres.

Leur structure est nuciforme ou polyédrique fine en A, prismatique, polyédri-


que grossière ou superficiellement cubique ou en colonnettes (IO à 30 cm) en B. Ils sont
compacts e t à forte cohésion.

Les taux d’argiletrèsvariablesensurfacesontcomprisentre O e t 3596, en


profondeur entre 25 e t 35%. L’indice de lessivage se situe généralement entre 1 e t 3 ;
il est le plus élevé lorsque I’halomorphie est la mieux marquée. Dansce dernier cas les
teneursen carbone varient entre 0,l e t 0,5 % (0,l à 0,7 % lorsque I‘halomorphie est
faible - C/N 11 à 12 pour 7 à 1 0 sols plus halomorphes).

Les pH varient :

en surface entre 5 e t 7 (1) e t 6 e t 9 (2)


en profondeur entre 6 e t 8 (1) e t 7 e t 10 (2)

S prend les valeurs suivantes :

surface entre O e t 15 mé % (1) O e t 25 mé % (2)


profondeur entre 1O e t 25 mé % ( 1 ) 20 e t 30 mé % (2)

On observe une augmentation de Na échangeable en profondeur e t les rapports


Na/Caéchangeables % peuvent prendre desvaleurs très variables, inférieures OU supé-
rieures à 15.

Nous trouvons également dans ces sols des sels solubles identiques aux précé-
dents e t en faible quantité.

Les taux de P z 0 5 total sont en moyenne de 0,3 - 0,4%0.

Si une partie de ces sols, comme ceux des buttes exondées, vient se placer bien
franchement dans la classedes sols halomorphes à structure dégradée,lessivés à alcalis
(solonetz ou solonetz solodisés), une autre partie vient se grouper dans la classedes SOIS
hydromorphes faisant intergrade vers les sols halomorphes. Ceci semble tenir surtout à
la position topographique du profil. Ils sont dans le premier cas bien souvent sur pente
au contact plus ou moins direct de la butte. On trouve alors la végétation clairsemée à
Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, Capparis decidua, Lannea humilis, Maerua crassifolia,
et le tapis ras de Schoenefeldia gracilis ; dans le second, dans le bas-fond lui-même pius
humide à végétation plus dense de grands arbres (Anogeissus leiocarpus, Celtis integri-
folia, Acacia seyal. ..) avec un sous-bois très fourni de : Capparis decidua, Piliostigma
reticulata, Salvadora persica.

Les sols peu évolués sont toujours cultivés e t portent des plantations vivrières
diverses : sorgho (mil blanc e t rouge), arachide quand un horizon supérieur sableux est
assez épais. Ceux situés dans les parties les plus basses portent des cultures de mil tardif
repiqué après la saison des pluies.

Les sols les plus évolués sont généralement incultes.

~~

(1) sols à caractères halornorphes peu accusés


( 2 ) sols à caractères halornorphes plus accusés
114

3.7.3 - Les sols minéraux

SOLS A GLEY

De profondedr -famille sur alluvions fluvio-lacustres argilo-sableusesà argileuses


(Profil 3 -Annexe 20i

Ils s'observent principalement dans les plaines d'inondation du Logone au nord


de Bongor ainsi que sur le pourtour deslacs Iro e t Fitri. On les voit également, mais en
taches plus réduites, dansde ,multiples dépressions là où généralement la nappe e s t la
plus haute ou l'inondation la plus importante.

Ces sols sont associés le plus souvent à des sols sensiblement identiques mais à
pseudo-gley. Ils passent latéralement, dès que l'inondation devient moindre e t de moins
longue durée, à des vertisols topomorphes.

Morphologie - Profil A ( B)G C

A - argileuxnoir, gris-noir,gris-brunfoncé,petites taches rouille le long desracines


de graminées (10 YR 3/1 ... 5/2 - 2,5Y 4/0 ... 4/2), structure prismatique large-
ment développée. Compacité e t cohésion fortes. Porosité tubulaire. Epaisseur
variable 20 à 50 cm.

(B)G -argileux, de couleurlégèrementplusclaire ( I O YR 4/1 ... 6/3 - 2,5 Y 4,5/0...


6/2) en même temps qu'apparaissent des taches rouille précédant l'horizon de
gley (5 Y 7/1 - 5 GY 6/1 ...l généralement plastique.

C - se confond avec (BIG jusqu'auchangementdematériau. On peut observeren


(B) du calcaire tendant à donner desamas intimement liés à l'argile et non
consolidés.

Sur ces sols, le microrelief est atténué. Les fentes de retrait sont peu profondes
(40 à 100 cm) e t distribuées irrégulièrement.

Propriétés physiques et chimiques

II peut exister des sols à gley sableux ... argilo-sableux ; les plus fréquents sont
argileux (35 à 70 % d'argile en surface, 45 à 70 % en profondeur). Les teneurs en limon
fin sont parfois élevées (1 5 à 20 %), tandis que le pourcentage de sable grossier est faible
(rarementplus de 5 % ) . L'indice d'instabilité structurale est élevé,supérieur à 2. Les
perméabilités sont faibles à très faibles.

Les teneurs en carbone varient entre 0,5 e t 2,1% , le plus souvent entre 0,7 e t
1 % pour des rapports C/N compris entre 9 e t 13.

La matière humique totale est constituée principalement d'acides humiques où


les gris dominent, les acides fulviques sont un peu moins importants.

Les pH vont de 4 à 7 en surface, 5 à 8 en profondeur. II y a un léger relèvement


de la surface vers la profondeur.

La somme des bases échangeables est souvent comprise entre25 e t 30 mé % en


surface, tandis qu 'en profondeur, elle se situe entre 15 e t 35 mé % .
115

Les sols présentant des sels solubles ont desvaleursde S de 30 à 35 mé% .


L'ion Ca domine largement : 5 à 25 mé 96 en surface
10 à 25 mé 5% en profondeur

L'ion Mg a des valeursvariablescomprisesentre 1 e t 3 mé% . Les rapports


Ca/Mg dépassent rarement 3 à 4.

L'ion K est surtout compris entre 0,6 - 0,7 mé % en surface, 0,3 e t 0,7 me % en
profondeur.

L'ion Na a des valeurs souvent faibles en surface (0.1 à 0,4 mé % ), plus élevées
en profondeur (O à 2 mé % , mais aussi parfois 6 - 7 mé % ).

Malgré ces dernièresvaleurs, il y a peude sols possédantdes rapports Na/Ca


échangeables % supérieurs à 15,car les teneursenions Ca sont importantes.

On trouve également des sels solubles (SO4Naz - CO3HNa - CO3 Naz). L'extrait
de saturation du sol a généralement des valeurs inférieures à 4 millimhos/cm.

Les taux de saturation sont très élevés dans les horizons profonds (90 à loo%),
moindres en surface (50 à 60%) où les pH sont les plus bas.

La fraction colloïdale est à dominance de montmorillonite (30 à 5 0 % ) e t de


kaolinite (40 à 70%). On peut trouver ausside I'illite ( 5 à 10%).

Parmi les éléments traces Mo, Sn, V, N i sont en faibles teneurs ; Mn, Cu,Zn,
Pb,Co,Cr,Sr, Li enteneursmoyennes ; Zr, Ba, Rben teneurs assez fortes à fortes.

Végétation - Aptitudes culturales

L a végétation e s t uniquement graminéenne e t constitue une prairie marécageuse


inondée sous 100 cm d'eau au maximum de la crue des fleuves. Cette immersion dure
plusieurs mois, d'avril à décembre en général.

Le tapis graminéen e s t brûlé pardes feux debrousseen janvier-février e t les


repousses sont pâturées par les troupeaux.

La dominancerevient à des Andropogonées où parmi celles-ci dominent :


Hyparrhenia rufa,Andropogon e t Cymbopogon divers, Vetiveria nigritana.

Ces terres sont avant tout des lieux de pâture pour les troupeaux pendant la
saison sèche car l'inondation très forte empêche toute culture malgré une valeur agricole
certaine. Quelques plantations de riz s'observent à proximité des bourrelets du Logone
Ià où la lame d'eau est la moins importante.

Leur mise en valeur nécessiterait la creation de casiers endigués comme ceci a


été fait au nord de Bongor où 50.000hectares ont été protégés de l'inondation. Des
essais de cultures cotonnières furent effectués sans succès dans ce casier A, les difficultés
de drainage s'étant révélées très importantes. II semble que l'on s'oriente maintenant vers
la riziculture comme il a été f a i t au Cameroun sur l'autre rive du Logone.
116

De toute facon, une grande partie de ces terres demeurera vierge très longtemps
car l'on voit mal la. possibilité de récupération sans gigantesques travaux qui ne sont pas
à I'échelle du continent africain actuel, alors que tant d'autres régions, avec un effort e t
un coût moindres pourraient être mises en valeur.

Sur la bordure du lac Fitri, ces mêmessols sont utilisés pour la culture d'un
sorgho repiqué après le retrait des eaux d'inondation. II pourrait être fait de même dans
la vallée du Logone, mais on se heurte ici aux coutumes des populations massa consom-
matrices presque exclusivesde mil rouge. D'autre part, la population dans cette région se
limite à un très petit nombre d'individus vivant sur les rares buttes exondées ou le bour-
relet riverain.
TROlSlEME PARTIE

LES GRANDES RÉGIONS


118
119

Nous entendrons parIà les grandes unités pédologiques qui se situent en général
dans un même contexte climatique e t souvent géologique.

Nous distinguerons :
- Le Tchad méridional (A)
- Les plaines d'inondation du Logone (B)
- Les plaines d'inondation des bahr Aouk, Keita, Salamat (C)
- Lemassif central tchadien ( D I
- Le premier delta du Chari e t la fosse d e Massénya (E)
- Le second delta du Chari ( F )
- Les rives du lac Tchad e t les ouadi de l'intérieur (G)
- Le massif du Ouaddaï ( H )
- Les plaines de piedmont du massif du Ouaddaï ( 1 )
- La région au nord du 16e parallèle (JI

1- LE TCHAB MERlDlONAL *
Cette vaste unité e s t peuplée presque essentiellement par cles Sara (goul aye -
kaba - gambaye...) e t dans le sud vers Baibokoum par des populations m'boum e t laka.

Partie la plus arrosée du Tchad (1300 à 1000 mm), elle est le domaine de la
savane arborée-forestière soudano-guinéenne qui est l'amorce des grandes forêts ombro-
philes de la République Centrafricaine, tandis que vers le nord la végétation passe à la
savane arborée soudanienne à Combretacées. Ce paysage de transition appartient encore
aux régions plus méridionales non seulement par sa végétation mais par les sols rouges
ferrallitiques qui constituent de vastes plateaux entaillés plus ou moins profondément
par les valléesdesgrands cours d'eau : Pend6 - Logone - Ouham - Chari e t de leurs
affluents. Ces plateaux, les "Koro",correspondent à des dépôts d'âge "Continental
Terminal". Lesnappes phréatiques y sont à grande profondeur e t de faiblesdébits.

Des affleurements decuirasse ou de matériau rouge induré s'observenten


position haute e t plus localement sur des replats au centre des plateaux. La population
se tient généralement sur la bordure de ceux-ci e t s'adonne à la culture du coton e t des
diverses cultures vivrières (sorgho, petit mil, arachide, manioc, maïs).

Les densités peuvent atteindre de 35 à 50 habitants au Ikml, en certaines


régions ("Koro" deBenoye, de Bodo) pour unemoyenne inférieure à 5 habitants au
kmz. Ce peuplement très hétéroclite de par sa densité est en liaison avec l'absencede
points d'eau ouleuréloignement (parfois 20 km) - CABOT J. 1965 - Dès que cette
densité atteint 30 habitants au km2, la durée des jachères devient de plus courte durée
e t amorce une dégradationdes sols e t une perte de leur fertilité.

Les vallées qui entaillent ces "koro" portent des sols de couleurclaire (sols
ferrugineux tropicaux lessivés, sols hydromorphes) couverts parune végétation qui
s'éclaircit souvent fortement. Des parties de celles-ci sont parfois occupées par d'impor-
tants marécages favorisés par des seuils en aval.

La cuvette de Doba forme une unité [Link]éepar la Pendé e t


bordée de zones érodées où les cuirasses affleurent, le fleuve draine uniquement les eaux
de sa rive gauche tandisque celles tombées à l'est s'écoulentvers le petit Mandoul.

B O U T E Y R E (1965) - P l A S (1968) - M A R I U S ,B A R B E R Y (1964-1967)


120

Les eaux sontfreinéespar la présence d'un seuil e t une partie de l'arrière-pays de la


cuvette se trouve inondé[Link]épressions sont occupées par des sols argileux hydro-
morphes à gley ou pseudo-gley à couverture sablo-limoneuse, les partiesexondées for-
méespardes sols ferrugineux tropicaux lessivés à caractères hydromorphes plus ou
moins marquéscar les petitesdépressionssontabondantes. La pratique du billonnage
dans ces sols associée à des travaux d'assainissement favorisent la culture du coton, du
mil, de l'arachide. Lesdépressions sont non cultivées, la riziculture semblerait pouvoir
y être introduite sans très gros travaux d'aménagement.

La plaine du Mandoul e s t une autre de ces dépressions qui se localise principa-


lement en amont de la confluence Mandoul - Ouham. De la bordure vers le centre de la
dépression s'observedes sols très divers :

- Sols ferrugineux tropicaux lessivésà caractères hydromorphes,assez peu


utilisés.

- Sols hydromorphes :
- argileux à argilo-sableux,
- limono-sableux à sablo-argileuxpeuévoluéssur horizon argileux,
imperméable,
- limoneux sur horizon argileux imperméable,
- argileux ou argilo-limoneux proches de l'eau.

Les hauteurs d'eau d'inondation sontmalconnues,reflétéesseulementpar le


couvert végétal e t demanderaient une étude préalable si la riziculture devait se déveiop-
8 peren cette région.

Cette vaste région du Tchad s'appuie ausudsur les contreforts du massifde


l'Adamaoua (Baibokoum) précédés par des affleurements abondantset importants de
cuirassesferrugineuses couronnant desgrèsoudes argilites du Continental Terminal.
Cette région est trèschahutée e t les vallées s'encaissentdans cette formation où elles
atteignent fréquemment le socle tandis que les surfaces entre les buttes témoins de
cuirassesferrugineuses sont occupées par des sols rouges ferrallitiques présentant des
niveaux gravillonnaires importants. Les surfaces cultivables sont ici peu abondantes en
regard de la superficie totale. Lessolspeuépais ont un niveau de fertilité médiocre,
les cultures sont celles de sorghos, d'arachide, de manioc, de mais, de canne à sucre en
,
quelques rares points (Baibokoum), de coton de riz dans quelques bas-fondsde faible
étendue. Les populations sont de races m'boum e t laka. La densité est faible : 1 à 5 habi-
tants au km2.

Cette régionduTchad méridional se termine vers le nord e t l'ouest par les


plateaux lakas qui s'étendent du Logone à la région dePala-Lamé.Plateaux couverts
par des savanes boisées oh se situe la réserve forestière de Yamba Berété, ils sont très peu
peuplés, moins de 5 habitants au km2. Cette région à trypanosomiase a serviausside
"no man's land", lors des incursions des populations fulbé de Reï Bouba e t ceci ajouté
à celà peut expliquerla modicité du peuplement.

La vallée du Logone, quant à elle ne commence à se peupler réellement qu'à


partir de Moundou en même temps qu'elle s'élargit, offrant aux agriculteurs en plus de
nappes à faible profondeur, des possibilités depêche,des terres alluviales fertiles qui
permettent la diversité des cultures.
121

Fig. 13 - (J. Cabot 1965)


122

La vallée du Chari offre demême,de fortes concentrations humaines avec les


mêmes cultures (sorghos, arachide, coton, riz en petites surfaces, manioc prenant de plus
en plus une grande extension, maïs, patate douce). Les "Koros" deKyabé,deBalésur
la rive droite du Chari sont à l'inverse assez peu peuplés e t la population se rassemble sur
le pourtour de ceux-ci où elle cultive les sols ferrugineux tropicaux lessivés.

L'élevage est pratiquement inexistant dans cette région qui est par contre le lieu
d'élection de la grande chasse e t où vivent éléphants, buffles, lions, panthères, grandskou-
dous, élans de Derby, girafes, autruches, antilopes... Fort-Archambault en est la capitale.

2 - LES PLAINES D'INONDATION DU LOGONE

Elles se situent au nord de la région précédente englobant la rive gauche du


fleuve (région Eré - Loka - I<abia - Lacs Toubouris) tandis qu'à l'est ellessont grossière-
ment délimitées parle Ba-llli. Elles se poursuivent au nord de Bongor jusqu'à la confluence
Logone-Chari à Fort-Lamy.

Elles se subdivisent en 3 unités distinctes :

- Les plaines d'inondation entre Lai'et Bongor sur la rive droite.


- La zone de capture. Les vallées de la Kabia e t de la Loka. La bordure des lacs
de Fianga, Tikem e t Toubouris.
- Les plaines d'inondation enavalde Bongor.

Elles occupent une superficie importape constituée en majeure partie de ter-


rains inondés par la crue du fleuve d'août à novembre-décembresous des hauteurs d'eau
dépassant parfois le mètre.

L'inondation a lieu à travers les trouées du bourrelet riverain et des courants


drainent ceseauxvers le nord où elles rejoignent le Ba-llli qui les évacueversle nord-
ouest. Des alignementssableux exondés forment d'étroites langues sableuses diversement
orientées, généralement N-S, mais également parallèles au fleuveou SW-NE.

L'ensemble de la plaine e s t essentiellement constitué pardes dépôts fluvio-


lacustres, argilo-sableux à nodulescalcairestandisque les sablesdeslevéesexondées
représentent des sédimentsplusjeunes qui marquent les tracésd'anciens cours d'eau
dont ils sont les bourrelets fossiles. Des placages de limons subactuels à actuels se loca-
lisent par places dans les zones de passage de faibles courants.

L'ensemble de la plaine est le domaine de la prairie marécageuse à Andropogo-


nées d'où émergent des îlots de savane arborée recouvrant les alignements sableux. Cette
région est occupée par une population dekabalai; gabri, sounrai, nantchéré, de faible
densité (moins de 5 habitants au km*) si on la rapporte à la superficie totale, maisqui est
très élevée si l'on considère I'exiguité des surfacesexondé[Link] buttes peuvent
avoir des densités de 10 à 20 habitants au km2 (Déréssia, N'Gam) ou encore plus élevées
comme celles du bourrelet de berge du Logone (Kim, Djoumane, 75 habitants au km').
l*ERHART, PIAS, LENEUF (1954)- GUICHARD, POISOT (1961).
123

Les sols des parties inondées sont surtout représentés par des vertisols très lar-
gement structurés présentant un microrelief très développé e t d'abondants nodules cal-
caires. On trouve aussides sols hydromorphes à pseudo-gley sursables,sables argileux
e t limoneux dans l'ensemble de la plaine et,le long du fleuve,des sols identiques sur des
alluvions de texture fine limoneuse OU limono-argileuse. Les alignements exondés sont
occupés par des sols ferrugineux tropicaux lessivés présentant des phénomènes d'hydro-
morphie en profondeur.
La zone de contact dépression-sol exondéest le domaine de sols halomorphes à
alcalis.
Les cultures sont celles du riz, du mil blanc repiqué, du mil rouge. Le riz est
cultivé sur la bordure du Logone sur des alluvions hydromorphes argilo-limoneuses (Lai;
Kim, Ham, Djoumane)ou dansdes cuvettesintérieureslimoneuses,sablo-limoneuses
(Banga, Ninga). Les sols hydromorphes des bordures de buttes superficiellement sableux
OU sablo-argileux, argilo-sableux en profondeur sont utilisés pour cette culture qui se
fait souvent sur billons et. aprèsécobuage(Déréssia,Tchaguen, Domogou). Eleusine
coracana est également semé sur des terresidentiques à celles portant le riz.

Les sorghos repiqués sont plantés surles vertisols après le retrait des eaux en fin
de saison des pluies (N'Gam - Déréssia...). Les pratiques culturalesont pour e f f e t de faire
disparaîtrerapidement le microrelief du terrain. Cette culture n'occupequ'une faible
partie des terres argileuses dont l a majorité est vierge.

Les mils rouges sont semés sur les sols ferrugineux des buttes e t parfois des sols
hydromorphesinondés. Dans ce dernier cas, il s'agit de variétéhâtive,récoltéeavant
l'arrivée deseaux.
Sont également plantés surles buttes e t en billons, l'arachidee t un peu de manioc.

2.2 - La zone de capture - Les vallées de la Kabia et de la Loka - La bordure


des lacs de Fianga - Tikem et Toubouris *

L'unité de cette région est constituée par les déversements du Logone qui, sur
la rive gauche du fleuve, sont orientés d'est en ouest. Les eaux en période de crue sub-
mergent le bourrelet de berge du sud d'Eré au nord de Kolobo, se rassemblent dans la
dépression du lac Bor0 puis par les vallées de la Loka e t de la Kabia, rejoignent les lacs de
Fianga - Tikem, au sortir desquels elles constituent l e Mayo-Kébi qui traverse les lacs
Toubouris pour aller rejoindre la Bénoué.

Nous retrouvons dans cette région les mêmes dépôts que sur l'autre rive. Ceux-ci
s'appuient ausud (Kélo) e t au nord (est deFianga)surdes formations sableuses plus
anciennes.
Cette région a servi anciennement d'exutoire au lac Tchad de la cote 320 m
dont le cordon sableux côtier s'observe à Bongor. Les eaux s'écoulaientalorspar le
seuildeDana e t les lacs deFianga - Tikem - Toubouris vers la Bénoué.

Les affleuremet& du socle sont nombreux sur la bordure des lacs (granite de
Fianga - Tiltem, roche verte basique à Tikem, Youé). Ils deviendront dominants dans la
région limitrophe duCameroun à partir de M'Bouraojusqu'àLéré où ils forment un
relief accidenté f a i t de nombreux éboulis.

* BOUTEYRE -
(1955) G U I C H A R D (1960b) - -
PIAS (1962~)G U I C H A R D , B A R B E R Y (1960) -
ERHART,PIAS,LENEUF (1954).
124

La végétation est identique à celle de la région précé[Link] prairie marécageuse


domine, elle cède la place à des boisements clairs lorsque l'inondation est moins impor-
tante, tandis que les buttes portent la savane arborée à Combrétacées, des jachères ou des
cultures comme sur la bordure des lacs très peuplés. Dans la partie où affleure abondam-
ment le socle, la savane arboréeest plus claire avec des espéces très spécifiques aux massifs.
La population est trèsdiverse : nantchéré,mousseyeapparentésauxmassa
regroupant marba e t hollom, mesmé dans la région de Kélo-Kabia, toubouri e t kéra sur
la bordure des lacs de Tikem e t Toubouri. Plus à l'ouest ces derniers cohabitent avec les
fulbé, tandis quedes moundang occupent la partie ouest du pays où affleure le socle.
Une grande partie de cette région très déshéritée est dépourvue de population (Région
des Chutes Gauthiot), tandis qu'à l'ouest du mayo Binder la densité peut atteindre 10 à
20 habitants au km2. C'est la bordure immédiate des lacs qui est la plus peuplée, plus de
75 habitants au km* autour deceuxde Fianga-Tikem, de 30 à 50 autour de celui de
Léré. Les populations se rassemblent également en bordure des vallées de la Loka e t de
la Kabia (20 à 25 habitants au km2) tandis qu'elles sont peu nombreuses dans les plaines
d'inondation (inférieures à 5 habitants au km2) sauf dans les gros villages de la bordure
du fleuve (Eré-Djoumane).
Ici encore les sols des parties inondées sont représentés par des vertisols très
largement structurés à important microrelief e t nodules calcair'es abondants (zone de
capture - Lacs Boro, Fianga, Tikem, Toubouris). Ces sols ne sont généralement pas uti-
lisés dans la zone de déversement e t du lac Boro. Sur le pourtour des lacs deFianga -
Tikem, ces mêmes terres alors exondées portent des cultures de mil repiqué en octobre-
[Link] topographie de pente légère permetun meilleur drainage elles
sont utilisées pour le coton. Des vertisols sur roches basiques e t colluvions de celles-ci
sont utilisés demême ainsi que des sols surcuirasse ferrugineuse à la ferme deYoué.

Les sols hydromorphes à pseudo-gley sur limons, sur sablesou sables argileux au
voisinage du Logone portent des cultures de riz lorsque la hauteur d'eau le permet. Les
rizières sont souvent noyées par suite d'une crue trop importante dufleuve. Cette culture
se fait par écobuage. La zone rizicole intéresse surtout la sous-préfecturede Kélo (région
de Tchéré e t de la Tandjilé) ainsi queles villages d'Eré, Kolobo, Kaoran, Lé0 Mbaya, Kolon.

Les sols ferrugineux tropicaux lessivés, souvent hydromorphes en profondeur,


constituent des buttes exondées où la nappe phréatique est parfois peu profonde 2 à 3 m.
Ils portent des cultures vivrières classiques : mil rouge, petit mil, arachide, pois de terre...
Les cultures sont souvent faites sur billons. Le coton tient également une place impor-
tante dans cette région malgré des conditions parfois très défavorables suivant I'impor-
tance de la crue e t l'intensité des pluies (terres des Lé0 dans le canton de Gounou-Gaya).

2.3 - Les plaines d'inondation enaval de Bongor

Elles couvrent environ un million d'hectares au Cameroun e t au Tchad e t sont


inondées d'août à décembre-janvier dans le sud, jusqu'en février-mars dans le nord beau-
coup plus mal drainées e t où des marécages permanents peuvent demeurer les années de
fortes crues. L'ensemble de la plaine est inondé sous des profondeurs d'eau de 1 à 1,50 m.
Elle est couverte par une prairie marécageuse à Andropogonées.

Le couvert graminéen est brûlé en début de saison sèche e t les repousses brou-
tées par des troupeaux de bovins transhumants menés par des pasteurs nomades (fulbé,
arabe, bornouan). Ces plaines constituent des lieux de pêche pour les populations locales
e t les immigrants temporaires. Le relief est relativement plan mis à part les bourrelets de
berges e t quelques rares buttes.
125

Les sédiments constituant ces plainessont d'origine fluvio-lacustre ancienne


(sédimentsargilo-sableux à nodulescalcaires)ourécente(sédiments argileux). Des
dépôts sableux récents existent par place tandis que les bourrelets de berges sont consti-
tués de sédiments subactuels à actuels.

Ces plaines d'inondation se subdivisent en 3 parties.

2.3.1 - LA DEPRESSION DE BONGOR *


Elle forme le triangle Bongor - Migou - Mogodi e t est inondée par les déverse-
ments du Logone en aval de Bongor e t par les apports de la rivière Bissim qui collecteune
partie des eaux d'inondation de la rive droite du Logone entre Laï e t Bongor.

Elle est constituée par des vertisols à nodules calcairese t effondrements portant
par endroits des placages de sables OU une couverture alluviale peu épaisse e t par des sols
argileux hydromorphes à gley de profondeur. On distingue également dans cette dépres-
sion le bourrelet riverain du fleuve, où sont installés les villages et l'ensemble exondé de
mayo-Baa (sols hydromorphes à pseudo-gley sur alluvions récentes ou sur sables recou-
vrant la sédimentation argilo-sableuse à nodules calcaires).

Le casier A deB'ongor qui couvre 50.000 hectares dans le quadrilatère Ogol -


Guiao - Migou - Mogodi occupeunegrande partie de cette dé[Link] essais de
variétés de coton américains e t locaux ont été effectués au début de la création de ce
casier sur les vertisols à nodules calcaires. On s'oriente actuellement vers la riziculture
sur les sols hydromorphes argileux.

Sur les bourrelets du Logone, du mayo-Baa e t sur les alignementsexondés


S-N que suit la route Bongor - Migou se pratiquent les cultures vivrièresclassiques
de mil rouge, mil blanc, mai's... e t la culture du coton. La densité de population rappor-
tée à la superficie totale est 'comprise entre 5 e t 10 habitants au kmz, beaucoup plus
dense si l'on tient compte des terres inondées (CABOT J. 1965). II s'agit principalement
de massa.

2.3.2 - LA DEPRESSION MOGODI - MIGOU - MAILAO - L O G O N E G A N A **


Les terres exondées se limitent à I'étroit bourrelet du fleuve e t à de rares buttes
hautes de 4 1 5 m trouvées dans l'intérieur e t d'origine mi-naturelle, [Link]
cuvette inondée chaque année est drainée par d'importants défluents dont le Ba-llli est
le principal.

Les sols observés sontidentiquesà ceux de la dépression précédente. Lescultures


se limitent aux bourrelets deberges où il est fait du riz principalement e t aux buttes
exondéesen sols hydromorphes ou halomorphes (mil rouge).

La population occupe les tertres exondés, il s'agit le plus souvent d'alignement


linéaire de cases le long du Logone, de I'Oulia, du Karaska. Sur les buttes vivent médio-
crement de la culture e t de la pêche, quelques rares individus. II s'agit ici encore de massa
e t aussi de mousgoum.

* -
L E P O U T R E( 1 9 5 6 ) B O U T E Y R E ( 1 9 5 9 ) - BOUTEYRE,LEPOUTRE(1959) - BOUTEYRE -
* B A R B E R Y( 1 9 6 1 ) .
PIAS (1962c)-ERHART, PIAS, LENEUF (1954).
126

2.3.3 - LADEPRESSIONINTERLOGONECHARIAUNORDDEMAILAO - LOGONE


GANA *
Elle est beaucoup plus hétérogène par suite d'indentations sableuses exondées
qui la morcèlent en dépressions [Link] indentations qui correspondent à un allu-
vionnement apporté par de nombreux défluents orientés SE-NW sont constituéesde sols
ferrugineux tropicaux souvent à hydromorphie de profondeur e t de sols à alcalis tandis
que les sols des dépressions sont argileux hydromorphes à pseudo-gley ou gley ou des ver-
tisols. Ces dépressions sont parfois cultivées en mil repiqué, tandis que les parties exon-
dées portent les cultures vivrières les plus diverses(mil, petit mil,arachide...). Cette région
est beaucoup plus peuplée que la précédente 5 à 10 habitants au km2. Aux populations
précédentes s'ajoutent des kotoko qui se consacrent presque exclusivement à la pêche.

3 - LES PLAINES D'INONDATION DESBAHRAOUK - KEITA -


SALAMAT **

Elles présentent de trèsgrandesanalogiesavec les plaines du Logone depar


leurs sois, leur végétation, les conditions d'inondation, mais elles apparaissent beaucoup
moins peuplées.

Elles constituent un vaste ensemble limité ausudpar le bahr Aouk, frontière


du Tchad e t de la République Centrafricaine e t au nord grossièrement par les tracés des
bahr Azoum e t Salamat.

Nous retrouvons ici les mêmessériessédimentairesquedans la région précé-


dente avecune prédominance de la série fluvio-lacustre argilo-sableuse à nodules cal-
caires e t de la série sableuse récente épandue en alignements N-S, puis NE-SW. La série
lacustrerécente est peureprésentéesaufaudébouchédumassif central tchadien à
l'ouest d'Am-Timan. La série alluviale subactuelle à actuelle est surtout présente sur les
bordures nord e t sud de ces plaines d'inondation.

Cette cuvette correspond à une ancienne étendue lacustre qui était alimentée
par les cours d'eau provenant du massif central tchadien, du massif du Ouaddai'(partie
sud - massifsde GozBeiaa, Nzili, Mongororo), du massif du Darfour (bahr Azoum).
du massif Dar Challa (bahr Kameur, Aouk).

Postérieurement, s'est miseenplace la sériesableuserécente qui représente


l'ancienne zone deltaique d'épandage du bahr Azoum. Cette série constitue les bourre-
lets d'ancienscoursd'eau qui surplombent !a plaine argileuse. II s'agit Ià du premier
réseau hydrographique sur le modelé ancien. Leréseau actuel plus modeste se présente
sous forme de dépressions étroites aux alluvions fines qui coulent souvent à l'intérieur
du système précédent.

L'ensemble de la plaine est inondé en saison des pluies sous des hauteurs d'eau
variables, en moyenne de 80 à 120 cm, de 2 à 3 m dans la partie proche du débouché du
bahr Azoum. Elle est couvert? par une prairie graminéenne à dominance d'Andropogo-
nées tandis que de multiples dépressions plus petites séparées les unes des autres par des
levées sableuses sont occupées par une savane arborée clairsemée plus faiblement inon-
dée. Les sols sont représentés par des vertisols argilo-sableux à nodules calcairese t effon-
drements très largementstructurés.

* P I A S ( 1 9 6 2 ~-) E R H A R T , P I A S , L E N E U F ( 1 9 5 4 ) .
- -
H A U D R Y ( 1 9 6 8 ) PIAS, BARBERY (1965) BOCQUIER. BARBERY (1968).
127

O 0
E o i l
0

O
O
2
rnom dc2moh
5000 ,
5 a loo00
O Io a Soooo
v
-
-&-
O 5oa looooo h
Echclle a
L
-
" .".

Fig. 14 (A. Le Rouvreur 1962)


128

Dans les parties les plus basses inondées pendant des périodes beaucoup plus
longues (6 à 8 mois) comme en bordure du lac Iro la prairie graminéenne pousse alors
sur des sols argileux hydromorphes à gley.

Au milieu de ces étendues d'argile à nodules calcaires s'observent sous forme


de couloirs orientésNE-SW desdépressions à boisementsdenses d'Acacia seyal sur
vertisol noir, plus argileux, parfois à structuration fine sur les vingt premiers centimètres,
à très petits nodules calcaires.

Les buttes exondées forment delongsalignementsorientésN-S e t NE-SW


séparés les uns des autres par des sols hydromorphes, des plaques de vertisols. Elles sur-
plombent la plaine de quelques mètres e t portent des savanes arborées denses aux espèces
variées. Leurs sols sont ferrugineux tropicaux profondémentlessivés e t présentent vers 2
à 2,50 m un niveau fortement tacheté parfois à concrétions ferrugineuses.

La partie nord de cette région est marquée par la dominance des bourrelets
alluviaux de différents bahr qui proviennent du massif central tchadien (bahr Djourf -
Korom) e t convergent avec un système de défluents issus du bahr Azoum dont le prin-
cipal est le bahr Salamat. Dépressions e t bourrelets alluviaux alternent e t la répartition
des sols est très hétérogène. Si des sols jeunes ,peu évolués d'apport s'observent sur cer-
tains bourrelets, le plus souvent nous avons affaire à des sols hydromorphes à pseudo-
gley d'ensemble ou de faible profondeur à taches e t concrétions ferrugineuses. Ces sols
sont très fré[Link] par des phénomènes d'alcalisation. Certains de ces bour-
relets sont sableux e t ont évolué vers des sols ferrugineux tropicaux avec cependant sou-
vent une certaine hydromorphie en profondeur. La végétation reflète tous ces différents
caractères. Les dépressions différemment boisées suivant l'inondation sont occupées soit
par des vertisols, soit dans les parties très inondées, par des sols hydromorphes argileux
à gley ou pseudo-gley.

La partie sud de ces plaines d'inondation où coule le bahr Aouk est identique-
ment constituée par des bourrelets alluviaux e t des buttes sableuses exondées qui alter-
nent avec des dépressions.

Toute cette région est pratiquement inhabitée mise à part celle des bourrelets
...
alluviaux des bahr Azoum - Salamat e t des axes routiersAl-Timan - Singako, Am-Timan -
Haraze. Peut-être le doit-elle à une nappe phréatique beaucoup [Link] que dans
les plaines du Moyen-Logone (23 m au puits de Takalaou). Le peuplement humain cons-
titué de goula e t de rounga est peudense (moins de 1 habitant au km2). Les habitants
se livrent aux cultures traditionnelles : mil, arachide, pois de terre (sols ferrugineux tro-
picaux), mil repiqué en fin desaisondes pluies (vertisols). lls cultivent également le
coton surdes buttes exondées avec des rendements modestes. De grands ensembles de
'sols ferrugineux tropicaux (Goz Foum) sont actuellement vierges.

La plaine argileuse inondée est inculte e t sert de lieux de pacage aux troupeaux
des arabes nomadisants, venus du nord du Tchad, à la recherche de pâturages e t de points
d'eau. Ces derniers sont raresen pleine saisonsèche e t le tapis graminéen rapidement
brûlé par les feux de brousse. Cette transhumance se'limite à la partie nord des plaines
d'inondation.

Les couloirs alluviaux du nord représentent la partie la plus fertile e t la plus


peupléede cette région. II s'y pratique les mêmes cultures que celles citées précé-
demment.
129

4 - LE MASSIF CENTRAL TCHADIEN "


Cette régionenglobe :
- le
massif lui-même situé principalement à l'ouest avec ses prolongements au
nord jusquedans la région deMangalmé e t ausuddans celle deDagéla.
- le versant est
e t sud-est de ce même massif où les affleurements du socle sont
moins nombreux tandis que dominent des formations de cuirasse ferrugineuse.

4.1 - Lemassif

, Lemassif a la forme d'un croissant orienté N-S dont la faceconvexeserait


située vers l'ouest e t les cornes nord e t sud représentées par le massif de l'Abou Telfan
au nord e t celui deBédi-Gagneausud. II sertde limite departagedeseaux à trois
bassins :
- le
bassin du lac Fitri e t du Bathaau nord e t nord-ouest, alimenté par le
Bambam, le Melmélé, le M'Bormo, le ridgil Djaya, le bahrZirégo, le batha
Ménogo,
- le bassin du Batha de Laïri à l'ouest ;
- le bassin des bahr Abali, Korom, Aoui's, Sakay, au sud-est.

Lazonemontagneuse est subdiviséeen un certain nombre demassifssecon-


daires séparés les uns des autres par des dépressions comblées par des sédiments dont les
principaux sont :
- au sud la chaîne entre Fandjalla e t Sila,
le massif nord de Bédi,
le massif annulaire de Djebren,
- à l'ouest le massif de Temki e t de Banama,
- a u nord e t au nord-est, le massifdeGuéra, point culminant de la chaîne
(1.613 m) e t celui de l'Abou Telfan (1.506 m),le massif du pays Koffa e t les
monts Makéré.

Les affleurements du socle occupent des surfaces assez restreintes sur la feuille
d'Abou Deia où ils sont situésdans la partie ouest. Ce sont les massifs d'Abou Deïa
(Hadjar Abirt, Aptom, Madamba, Bolyoto, Leben...), qui rejoignent, au nord-ouest les
prolongements de l'Abou Telfan e t coupent la feuille de Mangalmé suivant une diagonale
SW-NE en passant par les pointements de Mangalmé. II s'agit le plus souvent de forma-
tions granitiques en bombements importants ou de dykes orientés SE-NW (micrograni-
tes, rhyolites ...) d'altitude moindre.

Dans l'intérieur de ces montagnes e t sur leurs versants, I'érosion est très impor-
tante e t les ravines nombreuses.

Aux granites, aux éboulis des pentes qui portent une végétation assez clairse-
méedegrandsarbres,succèdentdes sols squelettiques peuépaissurgranite,des sols
sableuxarénacésgraveleux, parfois plusargileux qui reposent sur1a:roche friable en
décomposition.
"MARIUS (1964) - GUICHARD, POISOT (1964) - PIAS, POISOT (1964- 1967) - PIAS, B A R B E R Y
(1965).
130

A ces sols lithiques succèdent, en contrebas, des sols jeunes arénacés plus pro-
fonds, riches en éléments grossiers. On y observe fréquemment un horizon colluvial très
graveleux où dominent deséléments quartzeux associés à des feldspaths. Cet horizon
fréquent, indique une phase de transport assez violente. II précède l'horizon de décom-
position du granite. Ces sols portent une végétation dense et variée. I Is sont fréquemment
en culture de mil rouge, arachide, petit mil.

En contrebas de ces sols arénacés, s'observent des sols argilo-sableuxsouvent à


alcalis qui forment degrandessurfacesplanesoudepenteslégères à végétation arbus-
tive ou arborée claire (Acacia seyal, Balanites aegyptiaca, Lannea humilis. ..) accompa-
gnés d'un tapis rasde Schoenefeldia graciiis. Le sol est souvent couvert d'un cailloutis
quartzeux roulé. Ces sols sontgénéralementincultes,saufcependant à la limite des
dépressions, dans des parties relativement plus humidesappelées "ambiès" du nomdu mil
repiqué que l'on y cultive.

Dans l'intérieur du massif lui-même s'observent parfois descuirasses ferrugi-


neuses très démantelées recouvertes ounon par des dépôts détritiques en provenance des
[Link] se superposent au granite que l'on voit affleurer dans les ravines
d'érosion. La végétation est sensiblement la mêmeque celle observéesur les sols peu
épais sur granite.

Les sols d'érosion sur cuirasse sont peu épais, relativement plans e t présentent
descaractères d'hydromorphie. Ils sonttrèsgraveleux & profondeur avec unliant
argilo-sableux brun-rouge soudant les concrétionsferrugineuses. Un horizon gravillon-
naire précède la cuirasse très compacte.

Les villages, dans cette région, sont situés près des massifs e t la population très
inégalement répartie. Les centres de peuplements les plus importants se localisent entre
I'Abtouyour e t l'Abou Telfan (Cantons kenga,dangaleat, djongor). Les villagessont
ainsi groupés aux pieds des massifs comme ils I'étaient autrefois par mesure de sÉcurité
à l'époque des invasions. Certains existent encore sur les rochers comme celui de Banala
ausudde Bitkine. Aux pieds des massifs l'eau n'est pas rare e t les sources nombreuses.
Les puits sont abondants e t peu profonds mais souvent presque à sec en fin desaison
sèche.

Dans le district deMongo, les hadjaraÏ (habitants des montagnes)sont féti-


chistes e t chaque village, parfois chaque famille, a sa "margai'e", divinité suprême repré-
sentéepar un animal. Ces fétichistes sont farouches e t très indépendants. Les islamisés
(dadjo. yalna) sont nombreux au nord du massif, ils sont cultivateurs e t pasteurs. Les
populations arabes sont sédentaires ou [Link] oumar vivent en symbiose
avec les kenga dont ils gardent le bétail. Presque tous les villages kenga ont leur village
arabe à proximité. Les missirié, arabes islamisés venantdes régions nord, essentiellement
nomades, traversent ou campent dans la plaine, poussant leurs troupeaux à la recherche
des mares.

4.2 - Les contreforts du massif central tchadien à l'est e t au sud-est.

Le massif central tchadien poussedes prolongements avancés par I'intermé-


diaire de petits massifs que l'on retrouve en abondance dans l'est. De hauteur modeste
(400 à 700 m), ils surplombent l'ensemblecuirassé qui forme unesurfacehomogène
relativement plane descendant en pente douce vers la dépression du bahr Salamat. On
passe ainsi de 446 m au sud de Mangalmé à 423 - 421 m près du bahr Djourf.
131

Ces massifs se présentent sous forme d'éboulis de roches aux formes arrondies
entre lesquels se développent quelques arbresOU arbustes.

Aux éboulis des pentes succède généralement un glacis d'assez faible étendue
e t très complexe où se retrouvent :

- desroches e t débris de roches,


- des sols peu évolués sableux à sablo-argileux plus ou moins épais sur granites,
- des sols halomorphesargilo-sableux à argileux à couverture sableusesuper-
ficielle,
- des sols rouges ferrugineux sur matériau ferrallitique où la cuirasse fait par-
fois son apparition en profondeur.

Ces sols de piedmont sont,engénéral,trèscultivés,cardans cette partie les


villages se réfugientautour desmassifs où l'eausembleplus abondante mais parfois
profonde. Les sols les plus cultivés sont les sols rouges, les arènes relativement profondes
où les autochtones plantent mil e t coton. Les sols hydromorphes inondés, les sols halo-
morphes sont incultes.

Tous ces massifs e t leurs glacis sont de faible étendue e t dominent une vaste
surface cuirassée, elle-même entaillée soit par des cours d'eau, soit par des dépressions
comblées de sédiments argileux (réserve de Zakouma).

La surfacecuirassée affleure ende nombreux endroits, sous forme de blocs


éparsdurcis, concrétionnés brun-rouille, vacuolairesou bien est recouverte par un sol
peu évolué de 10 à 30 cm d'épaisseur. Ces cuirasses ferrugineuses sont parfois peu conso- '

lidées e t mêlées de débris de roches. En d'autres endroits, le sol est parsemé de gravillons
ferrugineux provenant du démantèlement de la cuirasseque l'on observe à faible pro-
fondeur. C'est généralement dans les parties basses, mal drainées sur des sols de pentes
que la cuirasse très durcie s'observe. Ceci évoque des phénomènes de dissolution du fer
desanciennescuirasses, sa mobilisation par les solutions du sol e t sa reprécipitation
dans des zones basses proches OU voisines. Ces phénomènes expliquent la grande varia-
bilité de faciès des cuirasses anciennes en voie dedémantèlement.

Dans les zones où la cuirasse affleure ou est à faible profondeur, la végétation


se distribue en ilots denses composés souvent d'épineux. Dans certains sols, la cuirasse
est observée à des profondeurs plus importantes, la végétation tend alors vers la savane
arborée classique plus ou moins dense.

Toutes ces régions sont pratiquement inhabitées, la nappe étant très profonde.
A Boum Kabir, auvoisinage du lac Iro, un puits en cours de creusement lors de notre
passage avait atteint la profondeur de 27 m sans que la nappe a i t été trouvée. Cette cote
se situe bien en-dessous du niveau du lac Iro.

Lesensemblescuirassés sontentailléspar des cours d'eau e t les dépressions


diversement boisées par une savane plus ou moins clairsemée. De hautes Andropogonées
accompagnent ce couvert. II s'agit presque toujours de minces couloirs qui s'élargissent
par endroits pour donner des dépressions plus importantes. Ces surfaces sont le domaine
de sols hydromorphes à gley ou pseudo-gleysouventargileuxou superficiellement
sableux e t surtout de vertisols à nodulescalcaires e t effondrements.

Tous ces sols sont inondés plusieurs mois de l'année, à l'exception de quelques
rares buttes en élévation.
132

Ces dépressions sont non cultivées, à l'exception de quelqueschamps de mil


"berbéré " que l'on observe sur les argiles à nodules calcaires.

Ces régions présentent très peu d'intérêt au point devue agricole. Une partie
a d'ailleurs été classée en réserve de faune (Parc de Zakouma).

Les populations qui vivent ici sont deraces identiques à celles de la région pré-
cédentemais la densité du peuplement est extrêmement faible faisant de cette partie
une zone quasi désertique entre les deux pôles d'attraction que représentent les massifs
du nord e t de l'ouest e t la dépression du bahr Salamat.

5 - LE l e r DELTA DU CHARI ETLA FOSSE DE MASSENYA *

L e delta forme un vaste triangle dont la pointe sud se situe entre Miltou e t
Niellim, tandis que les cornes ouest e t est atteignent 5ongor e l 50kOt-O.

Cette anciennezonedeltaïque est constituée principalement desédiments


sableux, tirant leur origine des formationsContinental Terminal del'arrière-pays,
déposés en milieu lacustre par le Chari dans un vaste lac dont la cote approchait 400 m.
Cette région est en fait plus complexe par suite de remaniementse t d'apports postérieurs
à la mise en place de ces sédiments. Ainsi se percoit par de petits alignements de dunes
orientées S-N, une phase ancienne de remaniement é[Link] dunes ont été arasées par
de très forts courants lors d'un pluvial suivant.

Divers chenaux traversent l'ancien delta avec des débits aujourd'hui très faibles.
II s'agit du Batha de Laïri dans la partie est, du bahr Erguig au centre, de l'actuel cours
du Chari à l'ouest. Le bahr Erguig parait avoir été anciennement le fleuve principal avant
d'avoir rejeté son cours vers l'ouest. II devait avoir une importance considérable puisque
c'est à son débouché que se constituera le second delta du Chari lors de l'extension d'un
nouveau lac à la cote 320 [Link]ès le retrait de celui-ci, lors d'un nouveau pluvial, se
formera à l'arrière du cordon sableux (cote 320 m), unezone deltaique intérieure, la
fossedeMassénya tandis que le bahr Erguig empruntera un nouveau parcours E-W le
faisant rejoindre le Chari à Bougoumène.

Dans sa partie sud, entre Bousso e t Niellim, l'ancien delta a été démantelé
postérieurement par de puissants courants orientésE-W qui conduisaient les eaux du
Chari en crue vers les plaines d'inondation du Moyen-Logone. Des faits analogues se sont
passés au nord de Miltou où se voient des alignements sableux orientésS-N.

5.1 - La rive droite du Chari de Niellim à Bousso jusqu'aux contreforts -


du massif centraltchadien

Elle est marquée par des alignements S-N de sols ferrugineux tropicaux lessivés
qui portent une savane arborée soudanienne. Ils sont séparés les uns des autres par des
ensembles complexes où alternent des sols ferrugineux tropicaux lessivés e t des sols
hydromorphes sableux à sablo-argileux mêlés de vertisols à nodules calcaires e t effondre-
ments. On observe dans cette région des taches peu étendues mais nombreuses de sols
hydromorphes à alcalis, à végétation clairsemée. Ces ensembles complexes sont semi-
inondés ensaisondes pluies.
9
-
P I A S ( 1 9 6 4 ~ -) GUICHARD, POISOT (1964) PIAS, B A R B E R Y ( 1 9 6 4 ) - A U D R Y . P O I S O T ! 1 9 6 6 )
133

Au sudde cette région,s'observe la grandedépression inter Chari-Batha de


Laïri (nord de Miltou-Korbol). Les sols sont d'une très grande diversité. Les vertisols à
boisementtrèsvarié allant de la prairie marécageuse à Andropogonées à dessavanes
arborées plus ou moins denses y dominent le plus souvent. De petites élévations sableu-
ses (sols ferrugineux tropicaux, sols hydromorphes) très boisées morcellent ces étendues
argileuses. Enfin, de'multiples voies d'eau : Chari, bahr Erguig, Batha de LaÏri, y existent
bordées de terrasses ou de dépressions en sols hydromorphes, de texture fine mais très
variable : sablo-limoneuse... argilo-limoneuse. Ces sols sont généralement occupés par une
végétation ,graminéenne parfois [Link] long de ces cours
d'eau existent par tachesdes sols halomorphes à alcalis.

Cette région est peupeuplée e t les villages localisés surtout auvoisinagedes


cours d'eau.

Les autochtones se consacrent principalement à la culture du mil "berbéré".


C'est le pays de la grande chasse.

5.2 - Larivegauche du Chari au sud de Bousso

Cette région doit son unité à d'étroits coulpirs orientés E-W par où se déver-
saientanciennement les eaux du Chari en crue qui,'allaient alors alimenter le Ba-llli.
Denos jours, il semble que les écoulements entre Chari e t Ba-llli soient nuls e t que ce
dernier cours d'eau soit seulement alimenté e t très faiblement sur sa rive droite par l'eau
des précipitations qui s'accumulent dans les dépressions.

Cette région est cependant très diverse. La proximité du fleuve, la pluviométrie


déjà élevée (plus de 1.O00 mm) font qu'à partir de BOUSSO le voyageur a l'impression de
changer brutalement de latitude tant la végétation devient plus fournie e t plus haute.
On commence à entrer dans le domaine soudano-guinéen aux espèces végétales caracté-
ristiques qui poussent là surdes sols ferrugineux tropicaux lessivés, à taches e t concré-
tions ferrugineuses de texture sableuse.à sablo-argileuse. Ces sols, du fait de la proximité
de zones inondées voisines présentent parfois une certaine hydromorphie en profondeur
e t forment des bandes parallèles séparées les unes des autres par des dépressions assez
fortement boisées,occupéespardes sols hydromorphes sableux à sablo-argileux qui
reposent fréquemment en profondeur sur les argiles à nodules calcaires, qui apparaissent
par place.

La bordure du Chari est occupée par des sols hydromorphes sur alluvions récen-
tes de texture très variable mais où prédominent les éléments fins. Ils portent une savane
boisée assez fournie, aux espèces très diverses. Par endroits, se distinguent des taches de
sols halornorphes à alcalis. Ces bourrelets6ont coupés de dépressions inondées couvertes
d'Andropogonées.

Cette région est pratiquement sans population à l'exception de quelques villa-


ges situés sur le bord de la route ou le long du fleuve. C'est le domaine des éléphants e t
des grandes antilopes qui affectionnent ce genre de savane boisée.

5.3 - Le triangle Bousso - Bongor - Bokoro

II est occupépar des sols ferrugineux tropicaux peu ou non lessivés e t très
sableux qui portent la savanearboréesoudanienne à Cornbrétacées.
134

II est traversé par des cours d'eau diversement orientés aux très faibles écoule-
ments dont les bassesterrasses sont le domaine des sols halomorphes à alcalis couverts
par la classique végétation clairsemée.

Cet ensemble est très peu peuplé, les autochtones se rassemblent sur la bordure
du Chari, du bahrErguig, du Batha de Lai'ri où l'eau est présente toute l'annéealors
qu'ailleurs existent peude puits endehorsdeceux profonds implantés par les services
de l'hydraulique pastorale dans la partie nord (Abougern, Abougarga, Am-Tanabo). Un
niveau desources existe à la base du cordon sableuxau nord de la fossedeMassénya.
II sourd ainsi des sables à Billi. Ailleurs tout le long de ce cordon la nappe phréatique est
parfois peu profonde (1 à 2 m). Elle favorise l'implantation de population. Autour des
villages se pratiquent les cultures vivrières traditionnelles de mil de saison des pluies, de
petit mil, d'arachide e t de coton sensiblement jusqu'à la latitude de Mogroum. Plusau
nord, c'est l'arachide qui remplace cette culture. Deux fermes d'agriculture sont spécia-
lisées dans le développement des cultures vivrières e t industrielles : celle du Ba-llli
(coton,mil), celle de Dilbini (arachide).

5.3.1 - LA FOSSE DE MASSENYA

Elle forme elle-même un triangle d'une superficie de 4.000 km* bordé ausud
par le bahr Erguig, au nord par le cordon sableux, à l'est par des sables.
(

Cette fosse était encore, à uneépoque relativement récente, un ancien lac


alimenté par le bahr Erguig, lac qui se déversait vers le nord par deux exutoires : l'un à
l'ouest, l'autre à l'est.

L'exutoire ouest était le plus important ainsi qu'en témoignent les vallées très
encaissées observées dans les sables autour de Dourbali.

De très forts courants orientés E-W longeaient le cordon sableux qui a été
fortement démantelé à partir deBalaoversl'ouest. Ces courants sontvisiblespar de
multiples lits que l'on suit dans les sables entre ce dernier village e t Dourbali.

L'exutoire est a été un exutoire de fortune au plus fort de la crue.

Unsystème complexe de défluents est venupar la suite mettre enplacedes


bourrelets nombreux qui se superposent aux argiles lacustres. De nos jours ces défluents
ne fonctionnent plus,bien que la crue du bahr Erguig inonde encore les étendues rive-
raines. Ils se remplissent d'eauensaisondespluies e t les maressemi-permanentes ou
permanentes servent à I'abreuvement du bétail ensaisonsèche.

Lessédimentsargileux ont donné naissance à des vertisols qui portent des


cultures de mil tardif repiqué en fin de saison des pluies ou des savanes armées denses ou
en îlots clairsemés.

Les sols des bourrelets sont sablo-limoneux, limono-argileux... e: portent une


végétation plus oumoins dense suivant le degré d'alcalisation du sol maiscependant
toujours assez clairsemée. Cette alcalisation est plus importante dans l'est où les sols sur
alluvions récentes sont plus abondants. Les sols des buttes où sont les villages sont de
type ferrugineux tropicauxpeu lessivés souventà hydromorphie de profondeur.

La région est de cette dépression est peu peuplée e t ceci semble-t-il par manque
d'eau. Les gens de l'important village de Kédédésé vont chercher celle-ci au bahr Erguig,
éloigné d'une dizaine de kilomètres. Lanappe,en effet, profonde d'une quinzaine de
135

mètres est peu abondante e t vite tarie. Des villages arabes sont installés avec leurs trou-
peaux pour une partie de la saison sèche le long des principaux ouadi où se maintiennent
des mares semi-permanentes ou permanentes.

A l'inverse, la densité de population devient plus grande vers l'ouest où la nappe


est relativement profonde (30 m à Moundou) mais plus abondante.

Ici, vivent cote à côte baguirmiens sédentaires e t arabes nomades et leurs trou-
peaux qui pâturent les herbages de nombreux marécages.

Parmi les cultures, celle du mil tardif repiqué en fin de saison des pluies, occupe
uneplacetrès importante. C'est l'aliment essentielde la population baguirmienne en
même temps qu'il est une monnaie d'échange avec les arabes qui l e troquent contre lait
et beurre.
Sont cultivés aussi le mil rouge sur les sols halomorphes à alcalis dans les lieux de
parcage du bétail, l'arachide e t le pois de terre, le "gombo" sur les rares buttes sableuses...

6 - LE SECOND DELTA DU CHARI *


II forme un triangle dont la pointe sud se situe à Dourbali à l'est de Fort-Lamy
e t dont la base est constituée par une ligneallant de Djimtilo en bordure du Chari à
Am-Djéména au nard du lac Fitri.

Ce delta est celui d'un Chari ancien qui venait se jeter dans [Link] Tchad de la
cote 320 m à Dourbali. II s'est formé aux dépens de la série sableuse ancienne remaniée
que l'on voit au nord du 13e parallèle e t qui descendait alors jusque dans cette région,
ainsi qu'en attestent les sables très éolisés qui forment les levées dece delta. Celles-ci
sont diversement orientéese t de Dourbali partent en éventail vers l'ouest, le nord e t l'est.

Des dépôtslacustres e t fluvio-lacustres se sontsédimentés entre celles-ci.

Nousdistinguerons trois unités en cette région :


- Le delta ancien,
- La bordure du Chari,
- La dépression du lac Fitri.

6.1 - Le delta ancien

I I est constitué de buttes sableuses exondées qui alternent avec des dépressions
multiples transformées en marécages de nos jours pendant la saison des pluies.

Les levées sableuses portent :


- des pseudo-steppesavecquelquesarbres ou arbustessur les parties les plus hautes ;
- des savanes arborées à arbustives qui font suite à la pseudo-steppe dès que l'on passe à
des parties plus basses, proches deszones d'inondation.

Ce sont des sols brunssteppiquesque l'on observe le plussouventmais des


caractères d'hydromorphie apparaissenten profondeur (taches rouille d'hydroxydes,
structure polyédrique, plus grande compacité).

* PIAS - -
( 1 9 6 2 ~ 1 9 6 4 ~ ) GUICHARD, P I A S (1960)
136

Des sols halomorphes à alcalis, à végétation classique apparaissent au contact


des parties basses.

Les dépressions sontcouvertesparunevégétationarbustive à arborée où


Acacia seyal est abondant. Cette végétation est plus ou moins denseen fonction du
degré d'alcalisation de ces sols hydromorphes argilo-sableux.

Certainesdépressionssontparfoisoccupéespardessavanesarméesdenses à
Acacia seyal. Acacia scorpioides var. nilotica occupe des bas-fonds argileux des mares,
II s'agit alors de vertisols souvent à alcalis, parfois salés à alcalis.

Sur la bordure du lacTchad dominent demêmedes sols brunssteppiques


couverts par la pseudo-steppe. L e relief est peuaccuséen dehors d'un cordon sableux
discontinu (Dunes d'Ambasadna, AI Greg, Sokoto, Delema, Bir Kerala...) qui marque Ià
un ancien rivage du lac (cote 287-290 m) e t prolonge celui trouvé au Cameroun au nord
de Ngouma e t Makary. Dans cetterégion les dépressions,dansune topographie peu
tourmentée, descendent en pente douce vers le lac e t sont en partie cultivées au retrait
des eaux. Elles sont généralement sableuses mais leurs sables, peu épais, reposent sur des
argiles feuilletées déposéespar le lac lors d'avancées antérieures. On trouve par taches,
des sols plus superficiellement limoneux.

Les cultures principales sont :

- sur sols bruns steppiques ou hydromorphes sableux à sablo-argileux : arachide, petit


mil, mil ;
- sur sols hydromorphes argilo-sableux : mil desaisondes pluies, mil repiqué d'arrière-
saison ;
- sur vertisols : mil tardif repiqué.

Sur la bordure du lac se cultivent mil rouge, mil repiqué, petit mil ainsique
maïs, haricot, concombre, arachide, "gombo", melon, courge, calebasse, piment. Les sols
cultivés sont ici les basses terres du lac. Elles sont susceptibles d'étre inondées lors de la
crue, suivant l'importance de celle-ci. L'autochtone plante sur la bordure des eaux e t les
champs suivent ainsila décrue. Cette partie est essentiellement agricolee t de nombreuses
cultures sont irriguées.

La densité de population est assez faible, plus forte cependant ausudde la


route Djermaia - Massaguet - N'Goura, qu'au nord.

Toute cette région est peupléed'arabessédentaires ou nomadisants qui se


consacrent principalement à l'élevage. Les villages sont fréquemment abandonnés pen-
dant la saison sèche, période de transhumance, réoccupés dès les premières pluies, pour
les semis.

6.2 - La bordure du Chari

Cette très petite unité se rattache à la partie camerounaise située sur l'autre rive
e t constitue avec elle le 3e delta du Chari qui correspond à l'extension du lac Tchad
jusqu'à la cote 287-290 m lors de la plus récente transgression. Cette 3e zone deltaïque
est assez identique par ses sédiments e t ses sols à la fosse de Massénya.
137

Alternent ici : - vertisols très largement structurés peu cultivés dans la partie
proche du fleuve car très inondés e t couverts par des savanes armées denses ;
-bourrelets d'anciens défluents de texturefineayant donné
naissance à des sols haiomorphes à alcalis.

La rive du fleuve est occupée par une population de pêcheurs kotoko tandis
que,dans l'intérieur, se retrouvent les arabes qui pratiquent les mgmes cultures que
celles énoncées précédemment.

6.3 - La dépression du lac Fitri

La partie ouest de cette dépression fait partie de cette grande unité. Elle est
assez hétérogène du fait d'avancéeslacustres à l'intérieur d'un ancien systèmedunaire
qui s'est constitué dans les sables du delta du Batha de Laïri. II s'agit de petites dunes
hautesde 5 m environ orientées NE-SW aujourd'hui fixéesparune végétation grami-
néenne de pseudo-steppe qui se développe sur des sols bruns subarides. AU voisinage du
lac Fitri ces alignements sableux se couvrent d'Hyphaene thebaika e t de leurs repousses
nombreuses.

Entre les dunes se notent des boisements denses de savanes arméesqui poussent
surdes vertisols souvent à alcalis. Ils sont fréquemment cultivés en mil repiqué. Ces
vertisols occupent des surfaces importantes au sud-ouest d'Am-Djéména.

En bordure du [Link] s'observent des sols argileux hydromorphes à gley OU


pseudo-gley couverts par la prairie marécageuse. I l s sdnt aussi parfois à alcalis ou salés
à alcalis.

L'épandage lacustrea par endroits dans les parties en élévation, recouvert plus ou
moins partiellement les sables sous-jacents sous de faibles épaisseurs:On assiste alors à un
très grand morcellement des dépressions qui sont dans leur ensemble de petite étendue.

On a Ià la succession suivante :
- butte sableuse à végétationarbustiveouarboréetrèsclaire, ou pseudo-steppe (sol
brun subaride) ;
- butte sableuse recouverte par un épandage lacustreargilo-sableuxmais à végétation
clairsemée de "naga" (sols hydromorphes ou halomorphes à alcalis) ;
- dépressionargilo-sableuse à argileuse à boisement clair desavanearmée (vertisols -
sols halomorphes à alcalis).

Ces successions forment de multiples petits alignements parfaitement visibles


sur la photographie aérienne.

Toute cette région e s t très peu habitée. II s'agit de population boulala, kouka;
arabe, souvent d'éleveurs qui parcourent les plaines en saison sèche avec leurs troupeaux.

Certains villages migrent ensaisonsèchesur la bordure du lac Fitri pour rega-


gner leur lieu d'origine seulement au moment des semis. Les villages de sédentaires exis-
tent également mais sont peu nombreux.

La culture principale est toujours celle du mil repiqué, mais on observeaussi


de nombreux champs d'arachide, de petit mil sur les sols sableux.
138

7 - LES RIVES DU LAC TCHAD ET LES OUADI DE L'INTERIEUR *


Cette région s'étendde la bordure du lac Tchad à I'ouest,au cordon sableux à
I'est,tandis qu'elle est limitée au sud e t au nord par les 13e e t 16e parallèles.

Elle est coupée en diagonale par la dépression du bahr el Ghazal. Elle doit son
unité aux formations sédimentaires qui la composent d'une part, d'autre part à un fac-
teur climatique ancien qui, lors d'une période aride antérieure, a transformé cette région
en un vaste erg dont le modelé est aujourd'hui fixé par la végétation graminéenne. Cette
région a subi les multiples transgressions du lac Tchad e t plusieurs remaniements éoliens
successifs après la mise en place des sédiments.

Le relief important est constitué d'une succession de dunes transversaleset d'in-


terdunes orientées NW-SE. Les premières forment les îles du lac Tchad sur la côte est de
celui-ci. Ces ondulations se poursuivent sous les eaux du lac lui-même, diminuant progres-
sivement d'intensité vers le sud-ouest. Dans l'intérieur des terres, elles peuvent atteindre
208 40 m de haut prenant par endroits des orientations N-S. En d'autres, ces ondulations
sont plus faibles ou disparaissent, le paysage est alors celui d'un plateausableux.

Un second système dunaire se superpose par endroits au premier. II est de très


faible amplitude e t possède unedirection perpendiculaire au système précédent.

A proximité deseaux du lac, les dunes sontencoreoccupéesparunesavane


arbustive parfois assez dense (Commiphora africana, Acacia raddiana, Acacia Senegal,
Acacia scorpioides var. adstringens). Dans l'intérieur des terres, cette savane est rempla-
cée par la pseudo-steppe à Cymbopogon proximus, Aristida funiculata, Leptadenia
spartium sur le sommet des dunes. La végétation se réfugie dans les creux des interdunes.
Ce sont des Hyphaene thebaica e t leursrepoussesnombreusessur les pentes abruptes,
des Commiphora africana, Acacia raddiana sur les pentes douces.

Les sols des dunessont de type brun-rouge subaride ou brun dans les interdunes.

A mi-pente desduness'observe parfois, surdesterrasses,une stratification


sablo-argileuse de couleur noire. Elle est souvent coquillière e t marque un ancien rivage.
Surcessols, la végétation est souvent diverse plus clairsemée. Du sable superficiel apporté
par les vents forme des plages autour des rares arbres e t recouvre, sousde faibles épais-
seurs, l'horizon noir.

Les multiples dépressions des vallées interdunaires sont occupées par des sédi-
mentations limoneuses, limono-argileuses reposant sur desargiles feuilletées interstrati-
fiées d? dépôtssableuxen profondeur. Elles sont différentes du sudvers le nord.

Au nordd'Oulirom, souventpetites e t ensablées, elles 'portent l'étagement


suivant de la végétation :

- pentes : surdes sols brunssubarides colluviaux oùdes limons plus ou moins épais:
Hyphaene thebaica e t leurs repousses nombreuses, Commiphora africana... ;
- bas-fondsoccupés par des sols tendant vers des vertisols, peu épais reposant surdes for-
mations limoneuses Acacia seyal, Acacia scorpioides var. nilotica... en formations
denses.

.
* P I A S ( 1 9 6 1 - 1 9 6 2 ~ ) - CHEVERRY (1965-1966) GUICHARD, PIAS (1960) - PIAS, BARBERY
(1960b-1961a) BOUTEYRE, GUICHARD, LEPOUTRE (1959).
~
139

Plusau nord, des dépôts limoneux superficiels forment alors des croûtes cal-
cairesblanchessur les bordures des ouadi. Ils portent unevégétation plus raréfiée,
composéepar Commiphora africana, Salvadorapersica ..., Cymbopogon proximus. ..
Ces limons peuvent être aussioccupéspardes boisements plus densesdans certaines
petites dépressions (couloir de Bolosidi) ou avoir été plantés en palmiers dattiers (ouadi
de Nguéléa).

Les parties basses sont nues, stériles, natronées, calcaires e t blanches (sols salins
modaux e t à encroûtement calcaire). On observe sur leur bordure en sol moins salé, des
tapis ras de Cynodon dactylon, de Sporobolus robustus.

Ce dernier type va se maintenir sur toute la bordure du lac e t dans l'intérieur


des terres avec des variantes locales. Les taches stériles sont plus ou moins étendues sui-
vant les ouadi. Des parties cultivées existent sur leur pourtour. Ces terres, cultivées par
irrigation, sont soumises à des phénomènesde remontée importants e t une pellicule
saline, le plus souvent pulvérulente e t de très forte concentration en sels, se forme en
coursde culture. Les horizons sous cette pellicule sont,parcontre,plus faiblement
salés. L a salinité décroît rapidement avec la profondeur.

Au cours de la dernière décade, de nombreux ouadi, situés à proximité du lac,


ont été à nouveau envahis par les eaux par suite de la montée de celui-ci. Une nouvelle
végétation de Phragmites vulgaris ou de Typha australis colonise ces zonesremisesen
eau quand la salinité est assez faible.

Au nord de Baga-Sola, certains ouadi sont utilisés pour l'extraction du natron,


Dans tous ces ouadiprochesdu lac, la nappe phréatiquegénéralementpeu profonde
( 1 à 2 m) est semi-artésienne. Les eaux sontdiversement salées suivant leur position
dans un même ouadi. Ainsi dans l'ouadi de Kaya où s'extrait le natron, la conductivité
de l'eau observée dans les puits d'extraction est de 102 millimhos alors que dans le puits
du village, en bas de la dune, elle est seulement de 1,83 millimhos.

Les polders sont des bras conquis sur le lac par la création d'un barrage e t culti-
vés après leur assèchement. I l s existent dans le sud (Laurom, Bilidoua ...) ainsi que sur l a
bordure nord (ouadi de Bol, Tchingam, Madirom...).

Les sols ainsirécupérésprésentent, le plussouvent ensurface, un horizon


limono-argileux, très riche en matière organique. Cet horizon repose sur des argiles gris
de gley,bleutées,noires, souvent aussi feuilletées (sols hydromorphes moyennement
organiques, humiques à gley).

A ce stade de jeunesse, ces sols sont rarement salés, I l s le deviendront progres-


sivement e t ceci nkessitera, à plus ou moinslongue échéance,uneremiseeneaude
l'ouadi.

Ces sols sont très cultivés, les différentes cultures s'y font par irrigation, à par-
tir deseauxde la nappe qui ont une conductivité variable d'unpuits à u? autre.

Les sols du pourtour du lac Tchad sont diversement utilisés par une population
composéede boudouma, de kouri sur les bordures est e t nord, à proximité du lac, de
daza e t de kanembou dans l'intérieur des terres.

Ces derniers,nomades, tirent d'un sol uniformément sableux des ressources


médiocres (petit mil, haricot, mil rouge...) qui impliquent des déplacements fréquents
des villages. L'élevage est également une de leurs activités.
140

Sur les bordures est et nord du lac, les terres ensemencées sont généralement .
celles debrasasséchés artificiellement. Le blé fait son apparition dans cette partie e t
s'ajoute aux autres cultures. Chaque ouadi porte en général, trois cultures par an : blé,
ma ÏS, mai's.

Dans l'intérieur des terres, les bordures peu salées d'ouadi natronés portent de:;
cultures identiques. Des plantations de palmiers dattiers sont nombreusesdans toute
cette région.

7.1 - Le sillon du Bahr el Ghazal

Cette importante voie d'eau unissait, autrefois, le lac Tchad actuel aux Bas-Pays
du nord-est. Elle coupe perpendiculairement les alignements de dunes.

LeBahr el Ghazal prenait naissanceau nord deTagaga e t s'écoulait d'abord


grossièrement vers l'est pour remonter vers le nord-est à partir de Massakory. Dans cette
première partie, le relief est relativement plat, les dépressions sont petite$, nombreuses,
orientées SE-NW. L'avancée du lac est marquéepardes dépôts peu importants d'une
épaisseurde 1 à 3 m environ. Ils reposentsur un ancien sol brunformé sursables.

La nappe phréatique ici est profonde (19 m à Massakory).

Apartir du village de Boulo, le Bahr el Ghazal s'est constitué une vallée


encaisséeen entaillant l'anciensystème dunaire. Celle-ci est sensiblementconstante
jusqu'àMoussoro.

Le sommet des dunes est occupé par la pseudo-steppe qui remplace la savane
arbustive du sud e t pousse sur des sols bruns ou brun-rouge subarides.

Une premi6re terrasse est parfois visible. Elle est sablo-argileuse, argilo-sableuse
e t correspond à un alluvionnement lacustre qui repose sur des sables profonds. Les sols
sont souvent à alcalis ou salés à alcalis. La végétation est clairsemée, des plages sableuses
superficielles entourent les rares arbres.

La seconde terrasse la plus [Link] plus uniforme. Ces sols sur alluvions lacus-
tres limono-argileuses, argilo-limoneuses, reposent sur des argiles feuilletées ou des sables.
Ils présentent un horizon salé à faible profondeur e t sont couverts par une végétation
clairsemée de Maerua crassifolia, Capparis decidua ...Ils font la transition avec les verti-
sols qui ocllupent des bas-fonds boisés d'Acacia scorpioides var. nilotica. Ces vertisols
sont ou non à alcalis, salés à alcalis. Dans ce dernier cas, l'horizon salé est également en
profondeur.

Lanappe phréatique est généralement profonde. Dansderares cas où elle se


trouve proche de la surface du sol, elJe détermine des phénomènes de remontée qui se
traduisent par un horizon superficiel salé. C'est le cas observé à Chédra e t dans les ouadi
environnants. Ces derniers bénéficiant de conditions spéciales sont cultivés intensivement
commeceux de la bordure du lac e t supportent 2 à 3 cultures paran (blé, mai's).

Au nord de Moussoro en même temps que la dépression se rétrécit fortement,


disparaissent les vertisols. Enserrée entre les dunes, elle forme une zone assez densément
boisée par comparaison aux dunes avoisinantes. Le sillon du Bahr el Ghazal se termine
à Koro-Toro.
141

Cette région, principalement occupée par une population de pasteurs nomades


(kreda,gorane, kanembou) est peu cultivée en dehorsdesenvironsdeChédra,de
Moussoro.

Les cultures pratiquées sur les dunesou les terrasses sont celles du mil, du
maïs... Les vertisols portent dans la région deMassakory, dumiltardif repiqué.

8 - LE MASSIF DU OUADDAI *
II forme un important massif, dans l'est du Tchad, qui se prolonge au nord par
le' massif gréseux de I'Ennedi tandis que vers le sud des pointements dusocle se signalent
jusqu'au sud de Mongororo le long de la frontière du Soudane t de celle de la République
Centrafricaine. II s'agit Ià le plus souvent demassifsisolés qui ne prennent une réelle
importance qu'à partir de Goz Beïda e t d'Abéché.

D'une altitude moyenne de1.000 à 1.200 m il culmine dans le Tamavers


1.700 m d'altitude tandis que I'Ennedi élève ses plus hauts sommets jusqu'à 1.300 m.

Ce dernier massif e t la partie nordde celui du Buaddaïoffrent peu d'intérêt du


point de vue agricole en dehors de quelques rares palmeraies en Ennedi qui, à l'exemple
de celle de Fada portent sous leur ombrage, grâce à un plan d'eau proche de la surface
du sol, des cultures irriguées deblé, petit mil, orge, cultures maraîchèresd'oignons,
pastèques, melons, courges, salades, tomates... Ces cultures sont faites sur des sols peu
évolués ou hydromorphes, présentant souventdes phénomènes d'halomorphie (sels solu-
bles plus ou moins abondants).

Ailleurs, nous nous trouvons dans le domaine des sols squelettiques ou peu évo-
lués sur grès,.granite ou sur des colluvions sableuses (sol gris subdésertique). Aux rares
arbres s'ajoute un tapis graminéen en touffes discontinues. Sa densité comme dans toutes
les régions saharienne est fonction de l'intensité des pluies de l'année. II pèrmet cepen-
dant la subsistance d'un troupeau relativement abondant de camelins, ovins, bovins qui
s'abreuvent en saison sèche aux mares permanentes suintant de la roche appelées gueltas
en Ennedi.

Plus au sud, au nord-est de Biltine, au sud du massif du Kapka, sous des pluvio-
métries encore légèrement inférieures à 500 mm, les autochtones deracezagaoua ont
une agriculture assez rudimentaire qui s'explique par la modicité des précipitations. Ils
cultivent cependant petit mil, mil blanc e t rouge qui arrive à maturité en octobre quand
la pluviométrie de l'année a été favorable. Les sols sont ici des sols squelettiques ou peu
évolués brun-rouge argilo-sableux sur granites tandis que dans les vallées s'observent des
sols arénacés peu évolués ou hydromorphes ainsi que, par taches, des sols bruns ou brun-
rouge subarides.

Dans la région d'Am-Zoer vont se retrouver des sols sensiblement identiques


mais les cours d'eau des ouadi méritent une mention spéciale par leurs terrasses de tex-
ture variable où se pratiquent des cultures irriguées desaisonsèche : blé, pomme de
terre, oignon, tomate, piment... La nappe phréatique située souventà faible profondeur
(2 à 3 m) e s t abondante. Une population d'Abou Charib se concentre le long de ces
ouadi Bouboula, Ourl<illé, Abterma, Mondjobo e t de ses affluents (Am Zoer, Anouma,
Noudouba, Amia ...).

* PlAS (1960c.- 1964b).


142

La région d'Abéché et celle au sud e t sud-est de cette ville sont beaucoup moins
accidentées. L'érosion y paraît moins grande e t de nombreux massifs, surtout ceux de
l'ouest, sont ensabléssousdessédimentsé[Link] sols brun-rouge subarides font
place ici vers le sud aux sols ferrugineux tropicaux sableux peu lessivés. Ils sont cultivés
de facon intensive e t portent petit mil e t arachide.

Les sols squelettiques ou peu évolués sur granite,sableux, sablo-argileux, argilo-


sableux, peu épais portent généralement des cultures de mil.

Les ouadi ont des terrasses de faible étendue, argilo-sableuses, argilo-limoneuses


très boisées le plus souvent incultes. On y observe cependant quelques pieds de coton,
des plantations de tomates, courges, "gombo". Nous n'y avons pas noté de cultures irri-
guées de saison sèche.

Dans cette partie sont observés également par taches parfois très étendues des
sols halomorphes lessivés à alcalis (solonetz, solonetz solodisés) à végétation très clair-
semée contrastant avec les étendues environnantes où les boisementscommencent à
devenirtrès fournis. Ces surfacesapparaissent souvent en voie dedémantèlement.

Cette région peuplée de ouaddaïens est essentiellement agricole. La population


est particulièrement dense autour d'Abéché e t d'Adré.

9 - LES PLAINES DE PIEDMONT DU MASSIF DU OUADDAI *


Nous distinguerons 5 grandesrégions dont aucunen'a un caractèreagricole
bien net du fait que nous nous trouvons à la limite septentrionale de la zone agricole e t
que, d'autre part, les sols halomorphesà alcalis lessivés ou non, abondants ici se révèlent
peu favorables aux cultures.

L a limite nord de l'arachide épouse sensiblement le tracé de I'isohyète 500 mm


qui correspond au cours du Batha puis à celui de la Bitéa e t dans l'intérieur du massif
remonte jusqu'à Am-Zoer. La limite extrême du petit mil suit I'isohyète 250 à 300 mm
passant par le nord de Djéda, d'Haraz e t de Biltine. Ces cultures sont soumises aux aléas
de saison des pluies aux intensités très variables suivant les années. Si l'intensité annuelle
est importante, plus importante est la fraction que l'on peut qualifier d'utile pour les
cultures d'où la nécessh5 d'une répartition pluviométrique étalée afin notamment d'évi-
t e r des échecs aux semis qui sont fréquents.

Au nord de I'isohyète 250-300 mm,aucune culture n'estplusobservée e t la


régionseulementparcouruepar les pasteursnomades dont les troupeauxapprécient
ces pâturages d'hivernage. En saison sèchele manque d'eau amène la transhumance d'une
grande partie du bétail vers les régions sud moins déshéritées.

9.1 - La région sud du Batha et de la Bitéa

S'appuyant sur les contreforts du massif central tchadien, elle est caractérisée
par une grande abondance de "regs" incultes aux sols halomorphes lessivés à alcalis vers
l'est, tandis qu'à l'ouest dominent des vertisols très largement structurés à nodules cal-
caires e t effondrements e t un complexe de sols halomorphes e t de sols brun-rouge sub-
arides. Ces derniers forment un important ensemble au sud d'Ati. Sur ces sols se font des
"EOUTEYRE(1960) - PlAS(1960c-1964b) ~ BOCQUIER(1964-1968) - BOCQUIER,AUDRY,
BARBERY(1968).
143

cultures de mil, de petit mil, arachidesur les borduresproches du Batha. Un autre


ensemble important se situe vers l'est au milieu des"regs", celui d'Am-Dam. Constitué
par des sols ferrugineux tropicaux peu lessivés, il porte des cultures identiques. Des
plantations de miltardif repiqué se font danscertainesdépressions comme ausud
d'Asaf ik.

Si une population très dense se concentre le long du Batha où l'eau abonde à


faible profondeur en pleine saisonsèchedans le courssableuxde l'ouadi, les villages
ailleurs sont rares, localisés le long de la Bitéa e t de divers ouadi.

9.2 - Lits actuels et anciensdela Bitéa (cours inférieur)etduBatha


(cours moyenetinférieur)

Un long couloir alluvial couvert de marécages en saison des pluies, large de plu-
sieurs kilomètres, correspond au tracé de la Bitéa dans son cours inférieur au sortir des
massifs alors qu'après avoir traversé la série sableuse ancienne, celle-ci coule au milieu des
"regs" stériles e t nus.

Ce couloir alluvial se poursuit le long du Batha e t s'élargit enunevastefosse


en forme de triangle au nord d'Oum Hadjer où dominent des sols alluviaux souvent à
alcalis à végétationclairsemée. Les parties en cultures sont situéesauvoisinagede la
Bitéa e t du Batha où les villages sont relativement abondants tandis que la majeure partie
de la dépression nord d'Oum Hadjer est pratiquementinculte. Seulesquelquesrares
buttes sableuses portent villages e t cultures de petit mile t mil tandis que sur le pourtour
des buttes s'observent des champs de mil repiqué sur des vertisols.

Au nord d'Ati e t jusqu'au cordon sableux se percoit l'ancienne zone alluviale


du Batha où alternent sols bruns e t brun-rouge subarides, sols halomorphes à alcalis,
taches de vertisols.

La valeur pastorale de cette région est sensiblement identique à la précédente.


Lespâturagesque l'on y observe sont d'hivernage mais aussi d'arrière saison jusqu'en
décembre-janvier par suite de l'abondance des mares.

9.3 - Bassinsdes ouadi Chao, Am Zet etRimé

Cette région est très complexe par suite d'un très grand morcellement des sur-
faces dû à une érosion ancienne. Située entre les isohyètes 250-400 mm elle a déjà une
vocation beaucoup plus pastorale qu'agricole.

Nous distinguons d'est en ouest :

- Un ensemble sableux accolé à des massifs granitiques à l'ouest d'Abéché où se tiennent


encore d'assez nombreux villages dont les agriculteurs sèment petit mil, mil ,arachide
sur les sols brun-rouge subarides dominants ;

- Un "reg" stérile (sols halomorphes lessivés à alcalis) qui occupeencoredessurfaces


considérables où les villages sont rares, situés le long des ouadi, à proximité desrares
buttes sableuses où se font les cultures ;
144

- Un ensemble sableux constitué d'alignements dunaires d'orientation N-S à l'ouest des


"regs", morcelé parfois en multiplesbuttes sableuses e t dé[Link]ères
portent encore des cultures de petit mil e t parfois de mil, tandis quc les secondes sont
incultes ou portent quelques rares champs demil repiqué.

Des zones sableuses planes formant d'étroits couloirslongs de plusieurs dizaines


de kilomètres, larges de4 à 5 kilomètres sont [Link] anciens depassages des eaux. Elles
sont couvertes parla pseudo-steppee t servent de pâturages d'hivernage e t de saison sèche
ainsi que les surfaces sableuses mamelonnées.

Dans cette région, la nappe superficielle est peu abondante souvent temporaire
tandis que la nappe profonde des "saniés" e s t à 60-70 m.

9.4 - Bassinsdes ouadiEnné et Haddad

Cette région qui recoit des pluviométries variantentre 250 e t 350 mm est avant
tout pastorale. Elle le doit à sa faible pluviométrie e t à la grande abondance des surfaces
sableusesmamelonnéescouvertesparunepseudo-steppegraminéenneauxarbrespeu
nombreux.

Les villages y sont rares ; l'eaupeu abondante et profonde (30 à 40 m). Les
autochtones de ces villages cultivent le petit mile t encore parfois unpeu de mil vers l'est,
à proximité des massifs.

Les "regs" se tiennent principalement dans le bassin de l'ouadi Enné où ils sont
incultes e t portent une pseudo-steppe rase qui forme de maigres pâturages d'hivernage.

Les cours d'ouadi constituent les seuls endroits où -se réfugie une végétation
plus dense. Le long'de l'ouadi Enné sont installés quelques villages. La nappe phréatique
est ici moins profonde (6 à 10 m).

9.5 - Bassinsdes ouadiFama,Wagat, Oum Chalsuba,YQdinga

Ils se distinguent des précédents par le fait qu'au sortir des massifs, ils coulent
dans de grandes surfaces d'érosion,vestiges d'anciens "regs" démantelés,tandis que des
alignementssableuxorientés E-W formés dedunes N-S s'observentencoremais sont
d'étendues restreintes. Ces surfaces sableuses de sols brun-rouge subarides semblent avoir
été particulièrement malmenées par I'érosion.

Cette région de piedmont des massifs granitiques du Kapka est très tourmentée,
les ravines très nombreuses.Le5 têtes de ces ravines qui prennent naissance sur un plateau
désolé sont les seuls lieux où se note une végétation arbustive clairsemée où Acacia f l a w
domine. Dans les cours des ouadi apparaît le socle granitique.

Dans cette région l'eau fait défaut. Lesnappeslorsqu'elles existent sontpeu


abondantes et se tarissent encoursdesaisonsè[Link] affaire à une région
quasi désertique qu'hantent seulement les pasteurs nomades en fin desaisondes pluies
et début de saison sèche. La limite norddes bons pâturages se situe vers I'isohyète moyen
de 200 mm, limite au-delà de laquelle le tapis graminéen s'amenuise rapidement, devient
ras e t contracté. Cette limite est en fait trèsvariable, fonction de la pluviométrie de
l'année considérée.
145

10 - LAREGION AU N O R D DU 16e PARALLELE *

Bien que couvrant presque la moitié de la superficie totale du Tchad, elle offre
trèspeu d'intérêt tant du point devue agricolequepastoralpuisquesituée enzone
désertique saharienne avec des pluviométries annuelles inférieures à 100 mm.

10.1 - Les massifs

Cette régionest occupée par le massif gréseux de I'Ennedi à l'est, par celui volca-
nique du Tibesti au nord culminant vers 3.415 m avecen arrière-pays vers la frontière
libyenne un important massif granitique. Entre I'Ennedi et le Tibesti e t au sud de ces
massifs se tient un vaste plateau degrès paléozôiques sur lequel s'observent plusieurs
ergs(ergsde la dépression du Mourdi e t du nord e t nord-ouest, prolongement de l'erg'
de Bilma à l'ouest).

La végétation de I'Ennedi (GILLET 1968) trèsclairseméepar ses arbres e t


arbustesau tapisgraminéen contracté présentecependant la particularité deposséder
desgorges plus humides où se maintiennent quelques espècesdes domaines soudano-
guinéen (Syzvgium guineense, Vitex doniana, Randia nilotica...I , soudanien (Stereo-
spermum kunthianum, Lannea humilis, Guiera senegalensis...) qui sont la marque
ancienne de climats successifsde I'Ennedi au Quaternairerécent (PIAS 1968b). Par
contre, aucun élément méditerranéen n'est retrouvé comme au Tibesti où l'avancée de
ce domaine à travers le Sahara lors des derniers pluviaux du Quaternaire est ainsi bien
démontrée.

Nous sommes dans toute cette partie dans le domaine des sols minéraux bruts
d'origine climatique sur roches diverses(granite, gneiss, basalte,andésite, grès, diatomite...l
e t sursables siliceux. Des sols peuévolués d'origine climatique y existent également.

Les cultures se réfugient dans cette partie dans des oasis situées dans des gorges
le long de cours d'eau où se maintiennent toute l'année des nappes inféro-flux qui per-
mettent les irrigations. Ces cultures se font sous l'ombrage des plantations de palmiers
dattiers.

Mis à part I'Ennedi cité au paragraphe sur le massif du Ouaddaï, les principales
palmeraiesduTibesti se tiennent sur l e versant nord l e long desennerisBardagué et
Yéhigué (Zoui, Tiébora, Ossouni, Issouméri, Aderlté, Yountiou, Edimpi, Néma Namasso,
Yentar, Y'Bor, Ouanofou, Yebbi Bou, Issumi, Adoua ...) signalons aussi les oasis Aozou,
Bardaï, Zouar.

Ces palmeraiesne comportent bien souventquequelqueshectares de terres


cultivées ou cultivables. L'irrigation se fait par le puisage au "chadouYlorsque la nappe
est peu profonde vers 2-3 m ou par gravité lorsqu'une retenue d'eau a été effectuée en
amont (Ouanofou).

Les sols sont constitués d'alluvions ou colluvions de roches diverses générale-


ment assez sableuses(sablo-limoneuses,Iimono-sableuses). I I s'agitde sols peu évolués
ou hydromorphes qui présentent souvent des phénomènes d'halomorphie dus soit aux
remontées lorsque la nappe est peu profonde ou à l'irrigation.

* B O N N E T (1960) - -
P I A S ( 1 9 6 0 ~ ) PIAS, POISOT (1962).

I
146

Les différentes cultures sont le blé, l'orge, le mai's, le mil e t les cultures maraî-
chères (tomates, oignons). Elles se font surdesterrassesaménagées,diviséesen petits
carrés pour les besoins de l'irrigation. Plusieurs cultures sont effectuées successivement.
BIé e t orge sont semés en novembre-décembre e t récoltés en mars-avril. Suit ensuite une
culture de mil. Les cultures maraîchères se font de juillet à septembre.

Du blé est également gultivéosur le Tarso Yéga à 2.200 m d'altitude où les tem-
pératures minima atteignent -5 à -10 pendant l'hiver, le blé est seméenmarssurdes
colluvions de basaltes.

10.2 - Larégionau sud des massifs

Elle se compose d'unplateau vers l'est, de la dépression desBasPaysvers


l'ouest (altitude 160 m), de celle duBorkou au nord.

Lessédiments qui s'y observentsont d'origine lacustre relativement récente,


il s'agit desables, par placesdegrès e t de diatomites surlesquels se déplacentdes
[Link] sont soit peu évolués (sols gris subdésertiques), soit des sols miné-
raux bruts d'origine climatique.

Desergs vifs importants existent dans toute cette partie (Ergs du Djourab, du
Bodélé).

Dans la partie nord réapparaissent des formations Continental Terminal compo-


sées principalement degrès, d'argilites (sols minéraux bruts) e t des diatomites dans la
dépression de Largeau. Celle-ci contraste avec les étendues désertiques du sud et offre
des palmeraies verdoyantes qui s'étirent d'est en ouest (Largeau, Amoul, Olodidé, Yéga-
Drossa, Elleboye, Ngour Ma, Kirdimi, Ain Galaka). Les sols sont peuévolués d'origine
climatique ou halomorphes(solssalins). Ils portent en plus de la palmeraie des cultures
associées (blé, orge, mil, luzerne, cultures maraîchères e t fruitières déjà précédemment
citées, cf. sols halomorphes).

Certaines de ces palmeraies tendent à disparaître progressivement sous I'ensa-


blement desdunesvoisines. Ces mêmes dépôts diatomitiques soumis à une érosion
éolienne intense sont en voie de démantèlement partout où un couvert végétal lié à la
présence de nappe proche de la surface du sol fait défaut. Leur surface est alors décou-
péeen multiples monticules de quelquesmètrescarréschacun,hautsde 1 à 1,50 m.

Cette vaste région du Borkou-Ennedi-Tibestià très faible densité de population,


très inférieure à 1 habitant au km2, est habitée principalement par des toubou apparte-
nant auxbranchestéda e t dazasubdiviséesen : téda tou(Tibesti), arna e t kokorda
(Bas-Pays e t région de Kichi-Kichi), dôza (Borkou), kamadja (Largeau),
annakaza
(Djourab), borogat e t mourdia (Ennedi-Mourdi).
147

CONCLUSIONS

Nous retiendrons de cette étude l'extension prise par quelques grands types de
sols en même temps que nous insisterons sur la place qu'ils occupent dans l'agriculture
e t les possibilités qu'ils offrent.

Les sols ferrallitiques de la partie méridionale du Tchad constituent principa-


lement des "Koro" dont une faible superficie de bordure est utilisée,Les populations
se réfugient à [Link]édes vallées où l'eau est relativement abondante tandis qu'elle est
absente ou les puits très profonds e t à faible débit sur le plateau lui-même. Les concen-
trations de population sont souvent trèsfortes sur les bordures de ces plateaux e t les sols
très appauvris par des cultures intensives, vivrières (mil, petit mil, arachide, manioc ...)
et industrielle (coton).La valeur agricole de ces sols est moyenne à bonne. Très profonds
mais superficiellement sableux ils sont sujets à une érosion importante après le défri-
chement.

La recherche e t la découverte de nappe profonde favoriseraient leur colonisa-


tion e t permettraient la déconcentration de zones voisines très peuplées.

Les sols ferrugineux tropicaux lessivésde la partie méridionale du Tchad, très


cultivés portent des cultures identiques à celles énumérées ci-dessus. Ils ont une valeur
agronomique assez voisine de celle des sols rouges bien que beaucoup moins profonds.
Comme eux, ils sont assez pauvresen matière organique, azote,bases, Pz 0 5 .Certains
présentent des horizons argileux, argilo-sableux peu profonds où les caracteres d'hydro-
morphie sont alors accusés.

Les s61s ferrugineux tropicaux à cuirasse ont une valeur agricole voisinedes sols
précédents lorsque 'la cuirasse se situe à des profondeurs supérieures à 1 m. Fréquem-
ment l'horizon cuirassé apparaît en surface (pourtour du massif central tchadien) leur
valeur devient alors très médiocre ou mauvaise. Leur exploitation contribue à accentuer
I'érosion e t la mise à nu de la cuirasse. Les sols rouges ferrallitiques, à cuirasse de faible
profondeur ou à niveau plus ou moins fortement indurés, présententdes caractéristiques
identiques. Des phénomènes d'hydromorphie accusés se manifestent souvent dans I'hori-
zon surmontant le niveau cuirassé. Une partie deces sols constitue la réserve de faune
de Zakouma.

Les sols ferrugineux tropicaux peu lessivéssitués principalement dans le l e r


delta du Chari, également assez pauvres en éléments fertilisants, ont une valeur agricole
très moyenne.

Dansl'ensemble ils sont peu cultivés car cette région a une faible densité de
population. Ils portent cependant des cultures de mil, petit mil, arachide dans les
endroits où la nappe phréatique a pu être trouvée à des profondeurs moyennes (IO à
20 m) e t a favorisé l'implantation de villages. C'est le cas au nord de la fosse de Massénya,
le long du cordonsableux ou au voisinage de la dépression du lac Fitri (Sokoro- Dilbini).
148

Ailleurs la profondeur de la nappe est de 30 à 50 m , de 130-150 m et 250-300 m pour


deux nappes artésiennesdont la première offre des possibilités intéressantes. C'est le creu-
sement de puits de ce genre'par le Service de l'Hydraulique qui favorisera icj encore le
peuplement de ces régions. Ces sols sont par ailleurs très sensibles à I'érosion éolienne.

Les sols bruns subarides du second delta du Chari également sableux, ont des
caractéristiquesagricoles assez voisinesde celles des sols précédents e t portent les
mêmes cultures.

Les sols bruns et brun-rouge au nord du 13e parallèle, de valeur agricole iden-
tique, de même texture que les précédents portent dans la partie la plus méridionale quel-
ques cultures de petit mil, de mil e t d'arachide, mais très rapidement sont utilisés pour
l'élevage par suite de la faible pluviomé[Link] des bons pâturages qui s'y développent.
Les cultures se concentrent alors dans les multiples ouadi de quelques hectares ou dizai-
nes d'hectares chacun qui s'observent dans les interdunes.

Les sols peu évoiués subdésertiques font suite vers le nord du 16e parallèle aux
précédents e t sont passagèrement utilisés pour l'élevage en fonction de la pluviométrie
annuelle parfois relativement abondante qui favorise alors le développement d'un tapis
graminéen plus fourni que de coutume. On passe rapidement vers le nord aux sols déser-
tiques.
Tous ces sols exondés du Tchad ont donc dans leur ensemble une valeur agri-
cole moyenne à modeste e t leur utilisation par l'autochtone, la densité du peuplement
humain, ne sont pas le reflet de celle-ci mais plutôt celui d'impératifs e t en premier lieu
la présence d'eau facilement puisable.

L'implantation de nouveaux puits dans certaines régions peu peuplées, dans la


mesure où existent d'importantes nappesde profondeur, devrait permettre un peuple-
ment plus harmonieux qui ne saurait être que bénéfique pour l'agriculture e t les sols
eux-mêmes. La nécessité de l'amélioration des méthodes culturales, d'apports d'engrais
organiques e t minéraux (K,P,05, S), de protection contre I'érosion, sont autant d'impé-
ratifspour l'accroissement des rendements tantpour les cultures vivrières qu'indus-
trielles.
L'élevage qui prend une très grande importance dans les régions nord y gagne-
rait aussi puisque les terrains de parcours se trouveraient accrus par la présence de puits
profonds, deciternes, d'afirs dans le cours des ouadi, d'essaisde suralimentation de
nappe par des canaux de dérivation. Tout ceci favoriserait la symbiose éleveurs-agricul-
teurs en même temps que l'amalgame des populations de races très diverses.

Les sols hydromorphes trouvés en toutesrégions,soitinondés, soit à engorge-


ment de profondeur vont présenterdesvaleursagricolestrèsdiverses, parfois proches
de celles des sols ferrugineux tropicaux lessivés dont ils porteront les mêmes cultures,
parfois voisines des vertisols. Ceux de la partie méridionale du pays sont intensivement
cultivés ainsi qu'en toutes régions les sols constituant les bourrelets des multiples cours
d'eau. Ces derniers le doivent souvent à une richesse chimique plus grande mais aussi à la
facilité que trouvent les autochtones à satisfaire leur besoin en eau, en même temps qu'ils
peuvent diversifier leurs cultures e t Leur activité ajoutant la pêche à l'agriculture, cultivant
à la fois le riz, le mil, l'arachide ... englobant ainsi toutes les possibilitésdu modeste éven-
tail alimentaire.
149

C'est ainsi que le riz trouve sa place dans la vallée du Moyen-Logone e t au nord
de Bongor, maispourrait être cultivé, aussi plus au sud, dans demultiples petites cuvettes,
-
ainsiquedans la dépressiondesbahrs Aouk Keita - Salamat, e t dans celle du Fitri.

Ces sols hydromorphes des dépressions ou des bourrelets souvent atteints par
I'alcalisation portent les cultures les plus variées en fonction de leur texture e t de I'inon-
dation.

- Sols exondés :. petitmil, arachide, mil, manioc, coton dans le sud(sables,sables


argileux, limons...).
- Sols peu inondés : mil rougeprécoce récolté avant la montée deseaux, riz, cultures
maraîchères diverses, petit mil, mil sur la bordure sud du lacTchad
au retrait des eaux.
- Sols trèsinondés : incultes

Les vertisols trèsrépandusprésentent dans la partie sud(bassinsdes bahr


Aouk - Salamat - Keita, du Logone, pourtour du massif central tchadien), des surfaces
à important microreliex Ils sont très peu utilisés car ils subissent des inondations impor-
tantes. Ils ont une bonnevaleuragricole pour des cultures dedécrue (mil tardif) ou
lorsqueexondéset relativement bien drainés sur pentes légèresils portent des cultures de
coton (région des lacs de Fianga - Tikem - Toubouri).

D'une façon générale, ils sont très peu utilisés. Aucune culture de riz n'y est
pratiquée à justeraisonsauf lorsqu'une couverture limoneuse relativement riche en
matière organique, à pH acide, les recouvre. I l s donnent alors d'excellents rendements.

Les vertisols des régions nord (fosses de Massénya, d'Oum Hadjer, du lac Fitri ;
bordure du Chari au nord de Fort-Lamy ...) ont une valeur agricole moyenne à bonne
mais sont peu utilisés en dehors de cultures de mil tardif. Des débuts d'alcalisation com-
mencent à se produire dans ces argiles sous ces latitudes.

Les sols hydromorphes e t les vertisols nécessitent des apports d'engrais azotés
e t phosphoriques. Ils offrent d'importantes possibilités culturales tant par leur valeur
agricole que par les grands espaces susceptibles d'aménagement qu'ils offrent. Mais on se
heurte ici à l'importance des travaux à effectuer e t au coût de telles opérations. Ce sont
Ià cependant les terres d'avenir d'un Tchad dont la densité de population ira croissante
De petits aménagements expérimentaux à moindres frais seraient utiles en divers points
du territoire pour faire connaître aux autochtones les possibilités culturales ainsi offertes
par ces sols.

Les sols des polders du lac Tchad (sols hydromorphes moyennement organi-
ques) sont d'une valeur agricole excellente e t représentent les terres les meilleures du
pays par leur richesse chimique en tous éléments (matière organique, azote, P z 0 5 , K).
Ils portent troiscultures (blé, mai's, mai's) par an avec de bons rendements.

La nappepeu profonde (souvent 1 à 2 m) détermine, ainsi que les irrigations


des phénomènes de salure qui peuvent avoir un effetnéfaste sur les rendements. Les pos-
sibilités de création de nouveaux polders sont nombreusesen cette région. L a miseen
valeurde ceux-ci implique un contrôle de la salinité de la nappe e t son maintien,par
pompage, à une profondeur convenable, les irrigations devant être faites à partir des
eaux du lac lorsque celles de cette dernière présentent une salinité élevée.
150

Les sols des ouadi du Kanem(sols hydromorphes, solssalins, sols salins à encroû-
tement calcaire) ont des caractéristiques chimiques voisines des sols précédents mais sont
généralement plussalés e t moins riches en matière organiquee t azote. Danschaque ouadi
une frange autour de la partie centrale stérile, porte des cultures de blé, maïs, petit mil,
e t des cultures maraîchères. Les possibilités dans ces ouadi sont plus modestes, encore que
des améliorations nombreuses pourraient être apportées parde meilleures pratiquescultu-
raleset notamment l'entretien des palmeraies sous lesquelles se font les cultures associées.

Les sols de la dépression de Largeau e t des oasis de I'Ennedi e t du Tibesti (sols


peuévolués, sols hydromorphes, sols salins) ont des caractéristiques assez analogues à
ceux des sols des ouadi du Kanem e t portent les mêmes cultures sous palmeraie. L'eau,
souvent peu abondante danscesrégions,ne permet pas l'utilisation de la totalité des
surfaces disponibles cependant réduites. L a dépression de Largeau f a i t exception depuis
que des forages profonds ont permis la découverte d'une nappe artésienne.

Les sols halomarphes lessivés ou non lessivés à alGalis présentent des caractères
physico-chimiques très défavorables liés à la présencede sodium fixé sur le complexe
absorbant du sol qui confère à celui-ci une mauvaise structure, une très faible perméabi-
lité. Très répandus dans l'est sur les piedmonts du massif du Ouaddaï e t dans le massif
central tchadien, ils existent par taches plus ou moins étendues sur les bourrelets de tous
les cours d'eau. Leur extension est de plus en plus importante du sud vers le nord Ils sont
le plus souvent incultes e t présentent peu de possibilités d'amélioration en d e h m d'ap-
port de soufre, de gypse ou calcaire finement broyé, de sous solage profond. II existe de
nombreux intermédiaires entre le sol très évolué e t difficilement récupérable e t le sol où
commencent à se produire des phénomènes d'alcalisation e t qui porte encore les cultures
traditionnelles. Ce sont ces derniers qui mériteraient toute l'attention dans un premier
stade car ces sols très jeunes ont un potentiel de fertilité souvent élevé.

La République du Tchad offre donc un éventail de possibilités agricoles très


large qui peut la conduire au développement de cultures très variéesenmême temps
que sa densité de population ira en s'accroissant.

L'étude pédologique du Tchad f a i t ressortir, en fonction des données climati-


ques, une répartition zonale du sud vers le nord des grands types de sols :
- Sols ferrallitiques,
- Sols ferrugineux tropicaux lessivés, puis peuou non lessivés,
- Sols bruns e t brun-rougesubarides
- Sols peuévoluéssubdésertiques,
- Sols minérauxbruts.
151

Cette zonalité, reflet du climat actuel masque en m6me temps les pédogénèses
passéeseffectuées lors des périodes pluvialesdu Quaternaire récent (Pléistocène supérieur,
Holocène). Les sols ferrallitiques du sud, certains sols ferrugineux lessivés ou non lessivés,
les <OISbrun-rougesubarides ont subi une grandepartie de leur pédogénèse au cours de ces
périodes. II en est de même pour les plus anciens des dépôts lacustres e t fluvio-lacustres
ayant donné naissance à des vertisols ou des sols halomorphes e t hydromorphes. Ceux-ci
paraissent avoir eu leur évolution principalementaprès leur exondation en périodes inter-
pluviales.
Les relictes végétales soudano-guinéennes, soudaniennes trouvées en Ennedi ou
méditerranéennesauTibesti sont une preuve supplémentaire de conditions climatiques an-
ciennes trèsdifférentes du climat actuel. Les découvertespaléonthologiques,préhistoriques
faites dans les régions désertiques au nord du 16e parallèle viennent corroborer ces dires.
153

BIBLIOGRAPHIE

ABADIE (J.) - BARBEAU (J.) - 1958 - Aperçu sur l'hydrogéologie. in Le Tchad.


Chambre de Commerce, Fort-Lamy, pp. 31-36, carte.

ABADIE'(J.1 - BARBEAU (J.) - COPPENS (Y.) - 1959 - Une faune de vertébrés villa-
franchiens au Tchad. C.R. Acad. Sci. Paris, T 248, pp. 3328-3330.

ABADIE (J.) - FRANZ (H.) - 1957 - Contribution à la connaissancede la stratigraphie


et climatologie du Quaternaire dans le bassin du Tchad (inédit).

ANNUAIRE
HYDROLOGIQUE DE L A FRANCE [Link]-MER. 1949-1960.
ORSTOM. Paris.

AUBERT (G.) - 1957 - Coursde pédologieprofessé à I'ORSTOM Paris (inédit).

AUBERT (G.) - 1963 - La classificati%ndes sols. L a classification pédologique fran-


çaise. [Link],sér.Pédol., n 3, pp. 1-7.

AUBERT (G.) - HENIN (S.)- 1945 - Relations entre le drainage, la température e t


I'évolution des sols. C.R. Acad. Sci., Paris, T 220, pp. 330-332.

-
AUBERT (G.) - DUCHAUFOUR (Ph.) - 1956 Projet de classification des sols. Congr.
Int. Sc. Sol. /. 1956. Paris, vol. E, pp. 597-604.

AUBREVILLE (A.) - 1949 - Climats, forêts e t désertification de l'Afrique tropicale. Soc.


Ed. Géogr. Mar. e t Col., Paris, 352 p.

AUBREVILLE (A.) - 1950 - Flore forestière soudano-guinéenne.A.O.F.-Cameroun-


[Link].Gé[Link]. e t Col.,Paris, 523 p.

AUDRY (P.) -
1968 - Notice explicative, Cartesopédologiquesdereconnaissanceau
1/200.000e. Feuilled'Am Timan. ORSTOM, n 31,Paris, 92 p.

AUDRY (P.) - POISOT (P.) - 1966 - Cartes pédologiques de reconnaissance au 1/200.000e


Feuille Niellim. ORSTOM, Fort-Lamy, 131 p. multigr. carte.

BAILLOUD (G.) - 1960 - Les peintures rupestres archaiques de I'Ennedi. Ann. Géogr.
no 355,pp. 193-220.
154

BARBEAU (J.) - 1956 - a. Sondages e t paléo-hydrographie au Chari-Baguirmi. Dir. des


Mines et Géol. A.E.F., Fort-Lamy, 57 p. multigr., 10 pl.
b. Notice explicative de la feuille de Fort-Lamy. Dir. des Mines
et Géol. A.E.F. Brazzaville, 34 p. carte au 1.000.000e.

BARBEAU (J.) - 1959 - Quaternaire des abordsorientaux du lac Tchad. [Link].


Soc. Géol. Fr., p.1 IO.

BARBEAU (J.) - 1961 - a. Existence d'un dôme villafranchien dans la région de Koro-
Toro (Rép. du Tchad). C.R. Acad. Sci., Paris, T 253, pp. 881-883.
b. Morphologie du Quaternaire des abords orientaux du lac
Tchad. Bull. Inst. é[Link]. Et. gé[Link]., no 14, pp. 72-82.

BERTHELOT (R.) - 1958- Etude hydrologique du Bahr Azoum. Serv. hydrol. ORSTOM,
Fort-Lamy, 38 p. multigr., carte au 1/1.000.000e.

-
BESLON (M.) 1958 - Les débits solides du Logone à Laï. ORSTOM - CRT, Paris, 15 p.
multigr., 5 graph.

BESLON (M.) - 1959 - Bassin expérimentat de Barlo près Mongo. Etude de ruissellement
en régimesoudano-sahé[Link] 1959. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy 35 p.
multigr., 31 graph.,cart. -l-tabl.

BETREMIEUX (R.) - 1948 - Les sols du Moyen Logone e t de la zone de capture.


Agron. trop., T I I I , pp. 140-152.

BILLON (B.) - 1961 - a. Evaluation de la crue centenaire du Bahr Sara à Manda (reésti-
mation à la suite de la forte crue de 1961). ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 22 p. mul-
tigr. graph., tabl.
b. Note Al A 2 7. Supplément à la monographie du Logone
inférieur. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 18 p. multigr., 4 graph.

BILLON (B.) - BESLON (M.) - 1960 - 'Aménagement Satégui-Deressia. Etudes des


défluents du Logone entre Laï e t Boumo. Campagne 1959. ORSTOM - CRT, Fort-
Lamy, 26 p. multigr., 7 graph.

BILLON (B.) - CALLEDE (J.) - SABATIER (J.) - 1963- Etude hydro-climatologique des
polders de la région de Bol. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 69 p., multigr., cart., graph.

BILLON (B.) - RANC (N.) - 1961 - Etude hydrologique de la cuvette de Doba. Campagne
1960. - ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 36 p. multigr., graph., tabl., cart.

BILLON (B.) - RIMBERT (R.) - Données de base pour les projets de ponts,,Campagne
1960. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 84 p. multigr., cart.,graph.,ann. 13 graph.

BOCQUIER (G.) - 1964 - Présence et caractères de solonetz solodisés tropicaux dans le


bassin tchadien. Congr. int. Sci. Sol. 8. 1964. Bucarest. vol. V, pp. 687-695.

BOCQUIER (G.) - 1968 - Biogéocénoses e t morphogenèse actuellede certains pediments


du bassin tchadien, 9 t h Intern. Gngress [Link]élaïde,Australia
1968. Vol. IV, pp. 605-614.
BOCQUIER (G.) - AUDRY (P.) - BARBERY (J.) - 1968-Notice [Link] gédo-
logiques dereconnaissanceau 1/200.000e. Feuille d'Am [Link], n 30,
Paris, 102 p.
155

BOCQUIER (G.) - BARBERY (J.) - 1968 - Notice explicative. Cartes pédologiques de


reconnaissance au 1/200.000e. Feuille Singako. ORSTOM, no 32, Paris, 114 p., carte.

BOCQUIER (G.) - GAVAUD (M.) - 1964 - Etudepédologique du Niger oriental.


ORSTOM,Hann-Dakar, 3 vol. 347 p. -k fiches.

BONNET(M.) - 1960 - Possibilitéd’aménagements hydro-agricoles au Tibesti e t au


Borkou. Serv.Génie rural, Fort-Lamy, 38 p. multigr.

BOUCHARDERU (A.) - 1956 - LelacTchad. in Ann. Hydrol. [Link], Paris,


pp. 9-26.

BOUCHARDEAU(A.) - 1958 - Etudesd’évaporation dans les régionssahélo-souda-


niennes. A. I.H.S. Gentbrugge. Assemblée générale.1957. Toronto, TI Il, pp. 407-420.

BOUCHARDEAU (A.) - 1959 - a. Méthode d’extrapolation du coefficient de ruisselle-


ment sur les bassins expérimentaux de la zone sahélienne du Tchad. in Ann. Hydrol.
1957. ORSTOM, Paris, pp. 9-31.
b. Mesures he débits solides sur le Logone. ORSTOM -
CRT, Fort-Lamy (Congr. CCTA, Yaoundé 17-21 nov. 1959).

BOUCHARDEAU (A.) - 1961 - Bacs d’évaporation. Mesures [Link]-


ment continu. Fort-Lamy 1960-1961. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 33 p. multigr.,
graph., tabl.

BOUCHARDEAU (A.) - 1962 - Les polders du lac Tchad. Conditions physiques des
aménagements.“TA-CSA.Ré[Link]énag. Rég. BassinTchad.Réun. Hydrol. pays
river. Tchad. Fort-Lamy, 23-25 Oct. 1962, 7 p. multigr.

BOUCHARDEAU(A.) - LEFEVRE (R.) - 1957 - Monographie du lacTchad. T.I.


ORSTOM - CSTL, Fort-Lamy, 112p. multigr., 13 graph., carte 1/500.000e.

BOUCHARDEAU (A.) - TlXlER (J.) - 1958 - Etude d‘écoulement enrégimesahélien.


Lebassin du Batha. 1956-1957-1958. ORSTOM - CSTL, Fort-Lamy, serv..hydrol.,
82 p. multigr.

BOUTEYRE (G.) - 1955 - Etude pédologique de la ferme cotonnière de Youé (District


de Fianga).Service de l‘Agriculturedu Tchad, Fort-Lamy, 39p. multigr., carte
1/5.000e.

BOUTEYRE (G.) - 1956 - a. Reconnaissance pédologique des paysannats de la région du


Logone. Service de l‘Agriculture du Tchad. Fort-Lamy, 16 p. multigr., cart. 1/20.000e.
b. Ecobuage en culture rizicoledans la région de Kim e t Boumo
(régionsdu Mayo-Kebbie t du Logone). Servicede l‘Agriculture du-Tchad, Fort-Lamy,
24 p. multigr.

BOUTEYRE (G.) - 1958 - Les sols de la région d’Ab-Touyour. Service de l’Agriculture


du Tchad, Fort-Lamy, 24p. multigr., 2 graph.

BOUTEYRE (G.) - 1959 -Troisannéesd‘études de I’évolution des sols sur argiles récentes
e t argiles à nodules calcaires. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 83 p. multigr., 25 graph.

BOUTEYRE (G.) - 1960 - Esquisse pédologique du Goz d‘Am-Dam. ORSTOM - CRT,


Fort-Lamy, 30 p. multigr., carte 1/100.000e.
156

BOUTEYRE (G.) - 1961 - Etude pédologique du paysannat de Tal'ia. ORSTOM - CRT,


Fort-Lamy, 18 p. muljigr., 2 graph.

BOUTEYRE (G.)- 1962 - Notice pédologique préliminaire de la cuvette de Doba.


ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 7 p. multigr.,4 graph.

BOUTEYRE (G.) - 1965 - Notice explicative. Cartes pédologiquesde reconnaissance au


1/200.000e. Feuilles de Koumra-Moundou. ORSTOM, no 20, 110 p. 2 cart.

-
BOUTEYRE (G.) - BARBERY (J.) 1961 - Evolution des sols jeunes sur argiles récentes
e t argiles à nodules calcaires du Logone dans le casier A Nord-Bongor. Observations
sur la campagne 1959. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 16 p, multigr., 11 annexes
(graph., tabl.).

BOUTEYRE (G.) - CABOT (J.) - DRESCH (J.) - 1964 - Observationssur les formations
du Continental Terminal e t Quaternaire dans le bassin du Logone (Tchad). Bull. Soc.
géol. Fr., 7e sér., T VI, pp. 23-27.

BOUTEYRE (G.) - GUICHARD (E.) - LEPOUTRE (B.) - 1959 - Etude pédologique des
polders de Bol e t Bol Guini. ORSTOM, Fort-Lamy, 72 p. multigr., 8 tabl., 7 graph.,
5 cart.
BOUTEYRE (G.) - LEPOUTRE (B.) - 1959 - Premiers résultats sur I'étude de I'évolution
des sols jeunessurargilesrécentes e t argiles à nodules calcaires du Logone. Conf.
Interafr. Sols. 3. 1959. Dalaba, vol. 'II, pp. 899-907.

BRAQUAVAL (R.) - 1957 - Etudesd'ècoulement enrégimedé[Link]


I'Ennedi e t région nord du Mortcha. ORSTOM - CSLT, Fort-Lamy, 92 p., multigr.
5 ann., cart., tabl.
-
BRUNEAU de MIRE (P.) - QUEZEL (P.) - 1959 Sur quelques aspects de l a flore rési-
duelle du Tibesti ; les fumerolles du Toussidé et des lappiaz volcaniques culminaux
de I'Emi Koussi. Bull. Soc. Hist. nat. Afr. N., T 50, pp. 126-145.

CABOT (J.) - 1955 - La miseenvaleurdesrégions du Moyen Logone. Ann. Géogr.,


no 341, pp. 35-46.
CABOT (J.) - 1957 - a. La culture du coton au Tchad. Ann. Géogr., no 358, pp. 499-508.
b. Un doornaine nouveau deriziculture inondée : les plaines du Moyen
Logone. Cah. Outre-Mer,n 38, pp. 158-173.

CABOT (J.) - 1961 - a. Sur le passéde la cuvette tchadienne. Ann. Géogr.,no 380,
pp. 430-432.
b. Au Tchad, le problème des Koros (Département du Logone).
Ann. Géogr., no 382, pp. 621-633.

CABOT (J.) - 1965 - L e Bassin du Moyen Logone. Mém. ORSTOM no 8, Paris, 327 p.
20 pl., carte.
-
CARVALHO (G.) GILLET (H.) - 1960 - Catalogue raisonné e t commenté des plantes
de I'Ennedi (Tchad septentrional). Lab. Agron. trop. Muséum Nat. Hist. nat. e t Lab.
Centre Off. Anti-Acridien. Bull. hs., janv.-août 1960, 158 p.

CHAVAILLON (J.) - 1964- Etude stratigraphique des formations quaternaires du Sahara


nord occidental (Colomb-Bécharà Reganne). Publ. Centre de Recherches surles zones
aricks, sér, Géol, no 5, CNRS, Paris, 393 p., 32 pl., 1 carte au 1/500.000e.
157

CHEVERRY (C.) - 1965 - Caractérisation de quelques sols de la région de Bol. Etude de


2 séquences de sols. I . Sur sables dunaires. II. Sur argile des polders. ORSTOM, Centre
Fort-Lamy, 72 p. multigr., l l tabl. analyt.

CHEVERRY (C.) - 1966 - Etude préliminaire des processus d'hydromorphie e t d'halo-


morphie dans les polders de la région de Bol (Rives du lac Tchad). Cah. ORSTOM,
sér.Pédol.,vol. IV, 3, pp. 63-96.

COMBEAU (A.) - CURIS (M.) - CLAISSE (G.) - 1954 - , L a riziculture sur les sols du
bourrelet riverain du Logone. I.R. CAM, Yaoundé, 6 p. multigr.

CONRAD (G.) - 1965 - Les grandes lignes stratigraphiquesdu Quaternaire de I'Ahnet et


du Mouydir (Sahara central). C.R. Acad. Sci., Paris, T 260, pp. 1216-1219.

CONRAD (G.) - 1967 - Les fluctuations climatiques récentes dans l'est du Sahara occi-
dental algérien. Congr. Int. Panafr. Préh. Et. Quat. 6. 1967. Dakar, 11 p. multigr., 7 fig.

COPPENS (Y.) - 1961 - Découverte d'un Australopithéciné dans le Villafranchien du


Tchad. C.R. Acad. Sci., Paris, T 252, pp. 3851-3852.

COPPENS (Y.) - 1967 - De l'archéologie à la paléogéographie. Bull. ASEQOA, no 14-15,


pp. 11-17.

DABIN (B.) - 1952 - influence du rapport Na/Ca sur les propriétés physiques de certains
sols argileux du delta central nigérien. Bull. Ass. Fr. Et. Sol., no 31, pp. 3-6.

DABIN (B.) - 1961 - Les facteurs de fertilité des sols deS.régions tropicales en culture
irriguée. in : Bull. Ass. Fr. Et. sol. No spécial 1961, pp. 108-130. graph., bibliogr.

DERRUAU (M.)- 1962 - Précisde géomorphologie. 3 e é[Link],Paris, 413 p.

DRESCH (J.) - 1947 - a. Pé[Link].géogr.,no 301,pp. 125-137.


b. A propos de la, capture du Logonepar la Bénoué. Bull.
Assoc.Géogr. fr., no 188-189, pp." 100-105.

DRESCH (J.) - 1963 - L'érosion fluviale aux chutes Gauthiot (Cameroun). Bull. Assoc.
Géogr. fr.,no 314-315, pp.33-38. '

DURAND (J.H.) - DUTIL (P.) - 1958 - Présencede latérite fossile au Hoggar. Bull. Soc.
Hist. nat. Afr. N., T 49, pp. 21-22.

DUTIL (P.) - 1959 - Sur la présence de 2 niveaux quaternairesdans le massif central du


Sahara (Hoggar). C.R. somrn. Soc. géol. Fr., pp. 199-200.

DUTIL (P.) - JUSTE (C.) - 1965 - Etude de la composition de la matière organique de


paléosols sahariens, interprétations e t conséquences pour l'héritage organique des SOIS.
C.R. Acad. Sci., Paris, T 261, pp. 4791-4794.

DUMONT (R.) - 1950 - Les possibilités d'accroissement de la production cotonnière en


A.E.F. L a 5e zone cotonnière du Tchad, Rapport de mission.

DUMONT (R.) - 1962 - L'Afrique noire est mal partie. Ed. du Seuil, Paris, 287 p.
158

ERHART (H.) - 1943 - a. Les latérites du Moyen Niger e t leur signifisation paléoclimati-
que.C.R. Acad. Sci., Paris, T 217, pp. 323-325.
b. Sur la nature e t l'origine des sols du Delta Central Nigérien. C.R.
Acad. Sci., Paris, T 217, pp. 379-381.
c. Sur les terres à nodules calcaires e t à pisolithes ferrugineux du
Delta Central Nigérien. C.R. Acad. Sci., Paris, T 217, pp. 455-456.

ERHART (H.) - 1953 - Sur la nature minéralogique e t la genèsedes sédiments de la


cuvette tchadienne. C.R. Acad. Sci., Paris, T 237, pp. 401-403.

ERHART (H.) - 1956 - La genèse des sols en tant que phénomène géologique. Esquisse
de la théorie géologique et géochimique. Biostasie et rhexistasie. Masson, Paris, 90 p.

-
ERHART (H.) - PIAS (J.) LENEUF (N.) - 1954- Etude pédologique du Bassin alluvion-
naire du Logone-Chari. ORSTOM,Librairie Larose, Paris, 234 p., 4 cartes.

FAURE (H.) - 1966 - Reconnaissancegéologiquedes formations sédimentaires post-


paléozoiques du Niger oriental. Mém.
B.R.G.M., no 47, 630 p., 12 pl.,carte.

-
FAURE (H.) - ELOUARD (P.) 1967 - Schéma des variations de l'Océan Atlantique sur
la côte de l'ouest de l'Afrique depuis 40.000 ans. C.R. Acad. Sci.. Paris, T 265, sér. D,
pp. 784-787.

-
FAURE (H.) - MANGUIN (E.) NYDAL (R.) - 1963 - Formations lacustres du Quater-.
naire supérieur du Niger oriental : diatomites e t âges absolus. Bull. B.R.G.M., no 3,
pp. 41-63.

FLANDRIN (J.) - 1949 - Hydrogéologie du Tchad. .ler rapport de mission. Inst. Rech.
géol. Min., Brazzaville, multigr.

FREYDENBERG (H.) - 1908 - Le Tchad et le bassin du Chari. Thèse. F. Schmidt, Paris,


187 p., 4 cart.
FURON (R.) - 1959 - Lapaléogé[Link] I'évolution des continents et des
océans.2eéd., Payot, Paris, 403 p., 76 fig., 12 pl.

FURON (R.) - 1964 - Le Sahara.Gé[Link]érales.2eéd. Payot, Paris,


313 p.
GAIDE (M.) - 1956 - Au Tchad les transforriations subies par l'Agriculture traditionnelle
sous I'influence'de la culture cotonnière. Thèse principale. Agron. trop., XI, pp.597~
623, pp. 707-731.
GARDE (M.) - 191 1 - Description géologique des régionssituées entre le Niger e t le
Tchad et à l'est e t au nord-est du Tchad. Thèse. Librairie scientifique A. Hermann e t
fils, Paris, 284 p., 3 pl., 2 cart.

GASTON (A.) - 1966 - Etyde agrostologique auKanem (Rép. du Tchad). I.E.M.V.T.


Etudes agrostologiques n 1 1 Maisons-Alfort, 177 p. multigr.. carte 1/400.000e h.t.

GAVAUD (M.) - 1967 - a. Esquisse de l'histoire dessols du Niger centre e t ouest méri-
dional. Bull. ASEQOA, no 14-15, pp. 24-27.
b. Interprétation chronologique des systèmes de sols des dunes
fixées du Niger méridional. Congr. Int. Panafr. Préh. Et. Quat. 6. 1967. Dakar, 20 p.
multigr.
159

GERARD (G.) - 1958 - Notice explicative de la carte géologiquede 1’A.E.F. au 1/2.000.000e.


Paris, Impr. Typographique d’édition, 201 p.

GILLET (H.) - 1958 - Rapport sur une mission scientifique dans I’Ennedi e t au Mourdi
(Nord-Tchad). J. Agric. trop. Bot. appl., vol. V, pp. 768-782.

GILLET (H.) - 1959 - Unemission scientifique dans I’Ennedi (Nord-Tchad) e t en


Oubangui. J. Agric. trop. Bot. appl.,vol. VI,pp.505-573.

GILLET (H.) - 1961 - Compte rendu d‘une mission sur un emplacement proposé pour
le Ranch du Kanem (2e version). J. Agric. trop. Bot. appl., VIII, no 8-9, pp. 303-337.

GILLET (H.) - 1963 - Etude des pâturages du Ranch de l’Ouadi Rimé. ORSTOM - CRT,
Fort-Lamy, ’l58 p.

GILLET (H.) - 1964 - a. Agriculture, végétation et sol du Centre e t du Sud Tchad. Feuilles
de Miltou-Dagé[Link] - CRT, Fort-Lamy, 108 p.
b. Agriculture, végétation e t sol du [Link] de
Mongo-Melfi-Bokoro-Guéra. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 51 p.
GILLET (H.) - 1968 - Le peuplement végétal du massif de I’Ennedi (Tchad). Mém. mus.
Hist. nat. 206 p., 23 pl., carte.
GRONDARD (A.) - 1964 La végétation forestière au Tchad. Bois forêts trop., no93,
pp. 15-34.

GROVE (A.T.) - 1958 - The ancient erg of Hausalandand similar formations on the
south side of the Sahara. Geogr. J. G.B., CXXIV, pp. 528-533.

GROVE (A.T.) - 1959 - A [Link] the former extend of Lake Chad,Geogr. J. G.B.,
CXXV, pp. 465-467.
GROVE(A.T.) - PULLAN (R.A.) - 1964 - Someaspects ofthe Pleiostocenepalaeo-
geography of the Chad
Basin. In African Ecology and Human Evolution. Ed.
H.C. HOWEL - F. BOURLIERE. Methuen & Co, London, pp. 230-245.

GSELL (J.) - SONET (J.) - 1960 - Notice explicative sur la feuille Adré. Inst. Equat.
Rech. Et. géol. min., carte géol. reconn., Ech. 1/500.000e, 42 p. carte h.t.

GUICHARD (E.) - 1957 - Etude pédologique de la région inter-Logone, dépressionde


Fianga. ORSTOM - CSLT, Fort-Lamy, 26 p. multigr., 1 carte au 1/200.000e.

GUICHARD (E.) - 1960 - a. Etude pédologiquedu paysannatde Dilbini. ORSTOM - CRT,


Fort-Lamy, 43 p. multigr.
b. Etude pédologique de la zone Loka-Kabia. ORSTOM - CRT,
Fort-Lamy, 104 p. multigr. 3 cart.

GUICHARD (E.) - 1961 - a. Etudepédologique des ouadis de N’Gouri à N’digidada.


ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 112 p. multigr.
b. Etudepédologique du [Link] -
CRT, Fort-Lamy, 85 p. multigr.

GUICHARD (E.) - 1962 - a. Note sur les prélèvements pédologiques à Tikem e t Daoua.
ORSTOM - CRT, 19 p., 1 carte multigr.
b. Fermesde l‘Agriculture. Boumo e t Dilbini. 1960-1961.
ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 77 p. multigr.

GUICHARD (E.) - BARBERY (J.) - 1960 - Etude pédologique de la zone Eré-Loka .


ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 176 p. multigr. Résult. analyt. 67 p. multigr., 4 cart.
160

GUICHARD (E.) - BARBERY (J.) - 1961 - Etude pédologique de la ferme d'élevage de


Fianga. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 55 p. multigr.

GUICHARD (E.) - BARBERY (J.) - POISOT (P.) - 1961 - a. Etude pédologique du péri-
mètre de reboisement de Kélo. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 30 p. multigr.
b. Etude pédologique du péri-
mètre de reboisement de Léré. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 88 p. multigr.
GUICHARD (E.) - LEPOUTRE (B.) - 1954 - Observations et analyses sur quelques sols
des ouadis de bordure du lac Tchad (District de Massakory). ORSTOM. Stat. agric.
Ba-llli, 18 p. multigr.

GUICHARD(E.) - MARIUS (C.)- 1961 - Note sur I'érosion éolienne à la ferme de


Dilbini. Campagne 1961 - ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 17p.

GUICHARD (E.) - PlAS (J.) - 1960 - Etude pédologique desrives du lac Tchad de
Djimtilo à Bol e t du sillon du Bahr el Ohazal de Massakory à Moussoro. Corn. scient.
Logone Tchad, Fort-Lamy, 177 p. multigr., 25 graph.

GUICHARD (E.) - POISOT (P.) - 1961 - Etude pédologique de la zone Satégui-Déressia.


ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 1O0 p. multigr., 5 cart.

GUICHARD (E.) - POISOT (P.) - 1964 - Notice explicative. Cartes pédologiques de


reconnaissance au 1/200.000e. Feuille de Melfi. ORSTOM, no 19, Paris, 85 p., carte.

GUILLAUME (M.) - 1955- Rapport de mission sur la mise en valeur du bassin de Logone
e t du Bas-Chari (sept-déc. 1954), Minist. Fr. O.M., Paris, 190 p. multigr.

GUY (A.) - 1890 - L e Sahara e t la causedes variations que subit son climat depuis les
temps historiques (Gulf-streams, courants polaires, courants équatoriaux). D. Heintz,
Oran. 70 p.
HANGOU (P.) - KORETZKY (G.) - T R I A L (L.) - 1946- Etude de l'assèchement possible
du lac Tchad. Bull. Soc. Et. cam., no 13-14, pp. 7-26.

HERVIEU (J.) - 1967 - Sur l'existence de deux cycles climato-sédimentairesquaternaires


dans les Monts Mandara e t leurs abords (Nord Cameroun). Conséquences morpholo-
giques e t pédogénétiques. C.R. [Link].,Paris, T 264, sér.D, pp. 2624-2627.

HERVOUET (M.)- 1958 - L e B.E.T., S. éd., Largeau, 80 p, multigr.

HUARD (P.) - 1963 - Gravures rupestres de I'Ennedi e t des Erdis. Bull. Inst. Rech. Sci.
Congo, vol. 2,pp. 25-39.

HUDELEY (H.) - VINCENT (P.M.) - WACRENIER (Ph.) - 1957 - Mission d'exploration


géologique e t minière des confins Nord du Tchad (Borkou-Ennedi-Tibesti). Ratport
de fin de mission 1956-1957 . Dir. Mines Géol. A.E.F. Brazzaville. Réf. BET n 30.
166 p. multigr.
JACQUES-FELIX (H.) - 1947 - La vie e t la mort du lac Tchad. S.T.A.T., Bull. agron.,
no 3, 96 p.
JACQUES-FELIX (H.) - 1950 - Gézgraphie des dénudations e t dégradations du sol au
Cameroun. I.R.A.T., Bull. sci., n 3, 128 p.
161

KING (L.C.) - 1962 - Morphology of the [Link] and Boyd. Edinburgh, 699 p.

KOECHLIN (J.) - 1956 - Rapport de mission botanique dans le Territoire du Tchad


(novembre-décembre 1955). Bull. I.E.C., no 12,pp. 133-199.

LAPLANTE (A.) - COMBEAU (A.) - LEPOUTRE (B.) - BACHELIER (G.) - 1951 -


Prospection pédologique de la rive camerounaise du Logone en vue de la riziculture
[Link], no 18, 25 p. multigr., carte 1/100.000e.

LEBEUF (A.) - 1959 - Les populations du Tchad (nord du 10e parallèle). P.U.F., 130 p.

LEBEUF (J.P.) - 1962 - Archéologietchadienne ; les Sao du Cameroun e t du Tchad.


Hermann, Paris, 147 p.

LEBEUF (J.P.) - 1963 - PrehistoJy, Proto-history and history in Tchad. Journ. histor.
Soc. Nigeria,Ibadan,vol.2, n 4, pp. 593-601.

LEPOUTRE (B.) - 1952 - Etude pédologique desberges du Chari entre Fort-Lamy e t


Mani (côté Tchad). Service de l'Agriculture du Tchad, 10 p. multigr., carte.

LEPOUTRE (B.)- 1955 - Rapport de mission au Gézira (Soudan). Service de I'Agricul-


ture duTchad, Fort-Lamy, 45 p. multigr.

LEPOUTRE (B.)- 1956 - Premiers résultats sur l'évolution des sols sous culture dans le
casier "A" Nord Bongor. Service de l'Agriculture duTchad, Fort-Lamy, 44 p. multigr.
LE ROUVREUR (A.) - 1962 - Sahariens et Sahéliens du [Link]-Levrault.
Paris, 467 p., 32 phot., 8 pl., 32 cart., GO tabl.

MAIGNIEN (R.) - 1958 - a. Le cuirassement des sols en GuinF, Afrique occidentale.


Thèse, Univ. Strasbourg. Mém. Serv. Carte géol. Ais. Lorr., n 16, Strasbourg, 239 p.
b. Différents processusdecuirassementen [Link].
Interafr. 'Sols. 2. 1954. Léopoldville, vol. II, pp. 1469-1486.

MAIRE (R.) - MONOD (Th.) - 1949 - Etudes sur la flore e t la végétation du Tibesti.
Mém. I.F.A.N., no 8. Dakar, 143 p.

MARIUS (C.) - 1961 - a. Etude de I'érosion e t du ruissellement à la ferme de Békao. Pre-


miers résultats (Avril 1961-Oct, 1961). ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 22 p. multigr.
8 graph.
b. Evolution des sols sous culturesdans les fermes cotonnières du
Tchad. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 108 p. multigr.

MARIUS (C.) - 1962 - Evolution des sols sous cultures dans les fermes cotonnières du
Tchad. Campagne agricole 1961-1962 - ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 154 p. multigr.

MARIUS (C.) - 1964 - Notice [Link]édologiquesdereconnaissanceau


1/200.000e. Feuille deDagé[Link], n 17,Paris, 47 p., carte.

MARIUS (C.) - BARBERY (J.) - 1961 - Evolution des sols jeunes sur argiles récentes e t
sur argiles à nodules calcaires du Logone dans le casier A Nord Bongor. Campagne
1960 - Mai 1961. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 19 p. multigr.

l
162

MARIUS (C.) - BARBERY (J.) - 1962 - Etudepédologique de la cuvette de Doba.


ORSTOM - [Link]-Lamy,53 p. multigr.
MARIUS (C.) - BARBERY (J.) - 1964- Notice [Link] pédologiques de recon-
naissance au 1/200.000e. Feuille de Moussafoyo. ORSTOM, no 18, Paris, 49 p., carte.

MARIUS (C.) - BARBERY (J.) - 1967 - Notice [Link] pédologiques de recon-


naissanceau 1/200.000e. Feuille de Fort-Archambault. ORSTOM, no 29, 40 p.,
carte.

MARIUS (C.) - POISOT (P.) - 1963- Etude des périmètres de reboisement de Koundoul,
Moundou, Baibokoum. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 92 p., multigr.

MARTIN (D.) - SEGALEN (P.) - 1966 - Noticeexplicative. Cartepédologique du


Cameroun Oriental au 1/[Link] no 26, Paris 125 p., 8phot., 1 pl,
h.t., 2 cart.

MERMILLOD (J.) - 1961 - a. Notepréliminaire sur l'hydrogéologie sédimentaire du


Logone en amont de Lai. au Tchad.I.E.R.G.M., 13 p., multigr.
b. Note préliminaire sur les structures e t le remplissage de
la fosse de Doba. I.E.R.G.M., 52 p., multigr.

MERMILLOD (J.) - 1962 - Proposition desondage hydrogéologiquedans la plaine de


Doba.B.R.G.M., 4 p. multigr., plan.

MESTRAUD (J.L.) - 1958 - Esquisse géologique du Tchad. I n Le Tchad. Chambre de


Commerce, Fort-Lamy, pp. 24-30, carte.

MICHEL (P.) - 1959 - L'évolution géornorphologique desbassins du Sénégal et de la


Haute-Gambie. Ses rapports avec la prospectionminière. Rev. Gé[Link].,
pp. 1 17-143.

MICHEL (P.) - 1967 - Les grandes étapes de la morphogénèse dans les bassins des fleuves
Sénégal e t Gambie pendant le Quaternaire. Congr. Panafr. Préh. Et. Quat. 6. Dakar,
29 p. rnultigr.

MILLOT (G.) - 1949 - Relation entrela constitution et la gefèse des roches sédimentaires
argileuses. Bull. Géol. appl. Prosp. min., Nancy, T 2, n 2-3-4, 352 p., 20 fig., 7 pl.

MILLOT (G.) - 1960 - Silice, silex, silicification e t croissancedes cristaux. Bull. Serv.
Carte géol. AIS. Lorr. T 13, pp.129-146.

MILLOT (G.) - 1964 - Géologie des argiles. Altérations-sédimentologie-géochimie. Paris


Masson, 499 p. 75 fig., 12 pl., 15 tabl.

MILLOT (G.) - RADIER (H.) - MULLER FEUGA (R.) - DEFOSSEZ (M.) -WEY (R.) -
1959 - Sur la géochimie de la silice e t les silicifications sahariennes. Bull. Serv. Carte
géol. AIS. Lorr.,T 12, pp. 3-14, 2 fig.

MONOD (Th.) - 1964-The late tertiary and pleistocene in the Sahara. In African ecology
and human evolution. Ed. A.C. Howell, F. Bourlière. Methuen & Co, London, pp. 117-
229.

NACHTIGAL (G.) - 1879-1889 - Sahara und Sudan. Ergebrusse suchsjahringer Reisen in


+ +
Afrika von-Berlin, 3 vol., 768 790 550 p., ill.
7 63

ORSTOM - Service hydrologique. 1953 - Monographie hydrologique du Logonesupé-


-
rieur. ORSTOM CSLT, Paris, 79 p. multigr.
ORSTOM - Service hydrologique. 1954 - Monographie hydrologiquedu Logone infé-
rieur. ORSTOM - CSLT,Paris, 150 p. multigr.

ORSTOM - Service hydrologique. 1955 - a. Résultats bruts des études d’évaporation sur
napped‘eau libre dans les bassins du Chari e t du Logone. Campagne 1953-1954.
ORSTOM - CSLT,Paris, 6 p. multigr.
b. Premières mesures de débit solide sur Chari
e t Logone en [Link] - CSLT, Fort-Lamy, 13 p. multigr.

ORSTOM - Service hydrologique. 1956 - a. Crue du Logone entre Lai’ et Gamsai’. Etude
des débits e t déversements. ORSTOM- CSLT, Paris, 26 p. multigr.
b. Régime du Logone entre Gamsaï e t le Chari.
Pertes e t récupération. ORSTOM - CSLT, Paris, 38 p. multigr.
ORSTOM - Service hydrologique. 1959 - Etude de la navigabilité du Chari entre Bousso
et Fort-Lamy. Rapport définitif descampagnes 1955-1957-1958. ORSTOM - CSLT,
Fort-Lamy, 104 p. multigr., cart., tabl., 17 plans.

ORSTOM - Service hydrologique. 1961 - Reconnaissance hydrologique dans le massif du


Tibesti. Campagne 1960. ORSTOM, Paris,
Serv. hydrol., 20 [Link]., carte.

PAQUET (H.) - BOCQUIER (G.) - MILLOT (G.) - 1966 - Néoformation et dégradation


des minéraux argileux danscertainssolonetzsolodisés e t vertisols du Tchad. Bull.
[Link]éol. AIS. Lorr., T 19,pp. 295-321.

PlAS (J.) - 1958 - Transgressions et régressions du lac Tchad à la fin de l‘ère tertiaire e t
au Quaternaire. C.R. Acad. Sci., Paris, T 246, pp. 800-803.

PlAS (J.) - 1960 - a. Sédimentation au Quaternaire dans l’est de la cuvette tchadienne


(massifs du Ouaddaï et de I‘Ennedi, plaines de piedmont). C.R. Acad. Sci., ParisT 250,
pp. 1514-1516.
[Link]édologique dessecteurs d‘abreuvementde Bokoyo e t
Dabkaraye. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 69.p. multigr., 2 cart. 1/50.000e.
c. Sols de la région est du Tchad,Plainesde piedmont. Massifs du
Ouaddaï et de I’Ennedi. ORSTOM - C R I , Fort-Lamy, 2 vol. 302 p., multigr., graph.

PlAS (J.) - 1961 - Etude pédologique d’ouadisdans la région de Mao e t Tiona. ORSTOM -
CRT, Fort-Lamy, 48 p. multigr., graph.

PlAS (J.) - 1962 - a. Etude de la salinité des eaux de la nappe e t de celle des sols dans le
polder expérimental de Bol Guini. C.C.T.A./C.S.A. Réunion sur l’aménagement régio-
nal du Bassin du Tchad e t Réunion des Hydrologues desPays riverains du Tchad.
[Link]-Lamy, 3p. multigr., 5 graph.
b. Etude de la salinité des eaux du Logone, du Chari e t de celles de dif-
férentesnappessur le pourtourdu lac,dans le Bahr el Ghazal e t au Borkou.
C.C.T.A./C.S.A. Réunion sur l‘aménagement régional du bassin du Tchad e t Réunion
des Hy”drologuesdes Pays riverains du Tchad. [Link]-Lamy, 7 p. multigr., 1 graph.
c. Les sols du Moyen e t BaSLogone, du Bas Chari, des régions riverai-
nes du lac Tchad e t du Bahr el Ghazal, Mém. ORSTOM no 2, Paris, 438 p., 8 cartes
1/200.000e,5 cartes 1/100.000e.,2 cartes 1 /l .000.000e.

i
164

PlAS (J.) - 1964 - a. Les sols du Tchad. Congr. Int. Sci. Sol, 8. 1964. Bucarest, Vol. 5,
pp. 145-151.
b. Noticeexplicative. Cartes pédologiques de reconnaissanceau
1/200.000e. Feuilles d'Abéché, Biltine, Oum Hadjer. ORSTOM, no 13, Paris, 105 p.,
3 cart. h.t.
c. Notice [Link]. Cartes pédologiques de
reconnaissance
au
1/[Link] de Fort-Lamy, Massknya, [Link], no 14,Paris,
103 p., 3 cart. h.t.

PlAS (J.) - 1967 - a. Quatre deltas successifs du Chari au Quaternaire (Ré[Link] du


Tchad e t du Cameroun). C.R. Acad. Sci.,Paris, T 264, ser. D,pp. 2357-2360.
b. Chronologie du dépôt des sédiments tertiaires e t quaternaires dans
la cuvette tchadienne (République du Tchad). C.R. Acad. Sci., Paris, T 264, sér. D,
pp. 2432-2435.
c. L e s formations tertiaires et quaternaires de la cuvette tchadienne.
Présentation de l'esquisse géologique au 1/1 .[Link]. Congr. Panafr. Préh. Et. Quat.
6. Dakar, 13 p. multigr., 4 fig.

PlAS (J.) - 1968 - a. Contribution à I'étude des formations sédimentaires tertiaires et qua-
ternaires de la cuvette tchadienne e t des sols qui en dérivent (Républiquedu Tchad).
ORSTOM. S.S.C. Bondy, 425 p. multigr., graph., 2 cart. 1/1.000.000e.
b. L a végétation du Tchad. Ses rapports avec les sols. Variations paléo-
botaniques au Quaternaireré[Link]. S.S.C. Bondy, 45 p. multigr., graph.,
cart. 1/1.500.000e.

PlAS (J.) - BARBERY (J.) - 1960 - a. Etude du périmètre de reboisement d'El Amadji.
ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 29 p. multigr., carte 1/10.000e,
b. Evolution de la salinité dans le polder de Bol Guini
en 1959 et 1960. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy. I : 108 p. multigr. I I : Résult. analyt.,
68 p. multigr., 5 cart. 1/10.000, graph.

PlAS (J.) - BARBERY (J.) - 1961 - a. Evolution de la salinité dans le polder de Bol Guini.
1961 - ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 58 p. multigr., 25 graph.
[Link]édologique du Ranchde l'OuadiRimé.
ORSTOM - CRT, Fort-Lamy,113 p. multigr.,3 cart. au 1/50.000e.

PIAS (J.) - BARBERY (J.) - 1962 - Etude pédologique du Ranch de l'Ouadi Rimé (partie
nord du Ranch).ORSTOM - CRT, Fort-Lamy,73 p. multigr.,5cart. , 2 graph.
PlAS (J.) - BARBERY (J.) - 1964 - Notice explicative. Carteos pédologiques de reconnais-
sanceau 1/200.000e. Feuille de Miltou. ORSTOM, n 15,Paris,69p. carte h.t.

PlAS (J.) - BARBERY (J.) - 1965 - Notice explicative. Cartesgédologiques de reconnais-


sance au 1/200.000e. Feuilles LacIro-Djouna . ORSTOM, n 25, Paris, 98 p., 2 cart. h.t.

-
PlAS (J.) - GUICHARD (E.) - 1956 Sols hydromorphes à alcaliset salésà alcalis de la
partie méridionale de la cuvette tchadienne (Tchad-NordCameroun). Congr. Int. Sci.
Sol. 5. 1956. Paris, vol. E, pp. 425-432.

PlAS (J.) - GUICHARD (E.) - 1957 - Origine e t conséquences de l'existence d'un cordon
sableux dans la partie sud-ouest 'de la cuvette tchadienne.C.R. Acad. Sci., Paris, T 244,
pp. 791-793.
165

PlAS (J.) - GUICHARD (E.) - BOUTEYRE (G.) - LEPOUTRE (B.) - 1959 - Caractéris-
tiques générales des polders du lac Tchad e t les problèmes de leur mise en valeur.
Conf. Interafr. Sols, 3. 1959. Dalaba, vol. I , pp. 265-272.

PlAS (J.) - PCISOT(P.) - 1962 - Sols de la palmeraie [Link] - CRT,


Fort-Lamy, 71 p. multigr., 2 graph.,carte 1/100.000.

PlAS (J.) - POISOT (P.) - 1964 - Notice explicative. Cartes pédologiques dereconnais-
sance au 1/200.000e. Feuilles de Bokoro-Guéra'Wongo. ORSTOM, no16,Paris, 146 p.,
3 cart. h.t.

PlAS (J.) - POISOT (P.) - 1967 - Notice explicative. Cartes pé[Link] reconnais-
sanceau 1/[Link] de Abou-Déi'a,Mangalmé.ORSTOM, n 28, 118 p.,
2 cart. h.t.
PlAS (J.) - SABATIER (J.) - 1964 - Etude des variations des taux de matiêre organique,
d'azote e t de la salinité dans les polders du lac Tchad. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy,
144 p. multigr., fig., graph.

POCHARD (P.) - Contribution à I'étude des eaux souterraines, des sels e t natrons de la
région du Tchad. s.l.n.d., 27 p. multigr.

PONS (A.) - QUEZEL (P.) - 1957 - Première étude palynologique de quelques paléosols
sahariens. Trav. Inst. Rech. sahar., T XVI, pp. 15-40, 1 pl., h.t.

PONS (A.)-- QUEZEL (P.) - 1958 - a. Premières remarquessur I'étudepalynologique d'un


guano fossile du Hoggar. C.R. Acad. Sci., Paris, T 246, pp. 2290-2292.
b. A propos de 1é' t:de palynolpgique de quelquessédi-
ments sahariens récents. Bull. Liaison sahar., T 9, n 29, pp. 77-80.

PULLAN (R.A.) - 1965 - The recent geomorphological evolution of the south central
part of the [Link]. Bull. no 58, pp. 115-139.

QUEZEL (P.) - 1958 - Mission botanique au Tibesti. Inst. Rech. sahar. Mém. no 4. Alger,
357 p.
QUEZEL (P.) - 1960 - Flore e t palynologie sahariennes. Quelques aspects de leur sigonifi-
cation biogéographique e t paléoclimatique. Bull. I.F.A.N., sér. A, T XXII, n 2,
pp. 353-360.

QUEZEL (P.) - 1965 - La végétation du Sahara. Du Tchad 1 la Mauritanie. [Link]


Verl., Stuttgart, Masson e t Cie,Paris, 333 p.

QUEZEL (P.) - MARTINEZ (C.) - 1958- Etude palynologique de2diatomitesduBorkou


(Territoire du Tchad - A.E.F.). Bull. Soc. Hist. nat. Afr. N. T 49, pp. 230 - 244.

QUEZEL (P.) - MARTINEZ (C.) - 1958-1959 - L e dernier interpluvial au Sahara central.


Essai de chronologie palynologique et paléoclimatique. Libyca, TVI-VII, pp. 21 1-227.

QUEZEL (P.) - MARTINEZ (C.) - 1962 - Premiers résultats de l'analyse palynologique


de sédiments recueillis au Sahara méridional à l'occasion de la mission Berliet-Tchad.
In Mission Berliet-Ténéré-[Link] e t Métiers graphiques, Paris, pp. 31
3-327,4 p1.h.t.

RAEBURN (C.) - JONES (B.) - 1934 - The Chad Basin : geology and water supply. Geol.
Surv. Nigeria, Bull. 15, 61 p., 1 carte 9601. 1/3.000.000e.
166

RECEVEUR (M.) - 1949 - Notes sur : 1' Les feux de brousse en fonction de l'élevage.
2" Rotation, amélioration des pâturages e t transhumance saisonnièreau Tchad. Conf.
afr. Sols. [Link]. Bull. agric. Congobelge. vol. XL,no 2, pp.1950-1964.

ROCH (E.) - 1950 - La genèse de certains sables rouges en A.E.F. C.R. Acad. Sci., Paris,
T 230, pp. 670-671.

ROCH (E.) - 1953 - Itinéraires géologiques dans le nord du Cameroun e t le sud-ouest du


Territoire du Tchad. Bull. Serv. Mines, Cameroun, no 1, 110 p., 12 pl.

ROCH (E.) - NICKLES (M.) - 1952 - Esquisse géologique de la cuvette tchadienne et du


bassin francaisde la Bénoué. ORSTOM- CSLT, Paris, 20 p. multigr., carte 1/2.500.000e.

ROCHE (M.) - 1958 - Etudesd'écoulement en régimedésertique. Massifde I'Ennedi.


Campagne 1958. ORSTOM - CSLT, Fort-Lamy, 80 p. multigr., 5 ann., tabl.

ROCHE (M.) - 1960 - Etude d'écoulement en régime désertique. Plaine du Mortcha et


massif de I'Ennedi. Campagne 1959. ORSTOM-@CRS. Fort-Lamy-Paris,80p. multigr.
5 ann., tabl., graph., carte 1/200.000, 5 pl. photogr.

ROCHETTE (M.) - 1961 - Etude hydrologique de la zoneSatégui-Dé[Link]


1960. ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, 12 p. rnultigr., graph., carte.

ROLLEY - LHUlLLlER - BETREMIEUX - BRENON - 1946- Rapport sur les possibilités


de développement économique du bassinduLogone. Paris, 2 t. non pag., multigr.,
tabl., graph. dépl. h.t.

RODIER (J.) - 1962 - Résultats des études entreprises sur les phénornènesd'écoulement
dans la dépression du Bahr el Ghazal.C.C.T.A./C.S.A. Réunion surl'aménagement
régional du bassin du Tchad e t Réunion des Hydrologues des Pays riverains du Tchad.
1962. Fort-Lamy, 9 p. multigr., 2 graph.

SCHNEIDER (J.L.) - 1967 - Evolution du dernier lacustre e t peuplements préhistoriques


aux Pays-Bas du Tchad. Bull. ASEQOA, no 14-15, pp. 18-23.

SEGALEN (P.) - 1957 - Etude des sols dérivés de roches volcaniques basiques à Mada-
gascar. Mém. I.R.S.M., D, VIII, 182 p.

SEGALEN (P.) - 1958 - Les sols du Cameroun. In Atlasdu Cameroun. I.R. CAM,
Yaoundé, 6 p., carte1/2.000.000e.
SERVANT (M.) - 1967 - Nouvelles données stratigraphiques surle Quaternaire supérieur
et récent au nord-est du [Link]. Préh. Et. Quat. 6, Dakar, 20 p.
multigr.

SIEFFERMANN (G.) - 1970. Variationsclimatiques au Quaternaire dans le sud-ouest de


la cuvette tchadienne. C.R. [Link]. T II, pp. 485-494. Pr. 1967.

SONET (J.) - 1963- Notice explicative


sur la feuille Niéré. Ré[Link]. Carte géol. reconn.
éch. 1/500.000. Impr. Centrale d'Afrique, Brazzaville, 80 p., carte.
TILHO (J.) - 1910-1914 - Documentsscientifiques de la' mission Tilho (1906-1909).
Paris, Impr. Nat., 3 vol. 412 f 631 -l-485 p.

TILHO (J.) - 1925 - Sur l'aire probable d'extension maxima de la mer paléotchadienne.
C.R. Acad. Sci., Paris, T 181, pp. 643-646.
167

TILHO (J.) - 1934 - a. Sur deux croquis concernant la capture éventuelle du Logone e t
ses conséquences sur le bassin du Tchad. C.R. Acad. Sci., Paris, T '199, pp. 895-900.
b. Sur I'éventualité de la capture du Logone affluent du lac Tchad
par le Niger. C.R. Acad. Sci., Paris, T 199, pp. 752-755.

IXIER (J.) - BESLON (M.) - 1961 - Etude du ruissellement en régime sahélien. Bassin
expérimental d'Abou Goulem-Ouaddaï. Campagnes 1958-1959. ORSTOM - CRT,
Fort-Lamy, 66 p. multigr., graph., tabl.

-
'IXIER (J.) - BESLON (M.) - THIEBAUX (J.) - BOUCHARDEAU (A.) 1960 - Hydro-
logie des régions d'élevage : Batha-Guéra-Ouaddaï.Données de base pour I'amé'nage
ment de points d'eau en surface ou à faible profondeur. Campagne 1959 - 1re partie.
ORSTOM - CRT, Fort-Lamy, Serv. hydrol., multigr.

TRICART (J.) - 1956 - Tentative de corrélation des périodes pluviales africaines e t des
périodes glaciaires. [Link]. Soc. Géol. Fr., pp. 164-167.

TRICART (J.) - 1965 - Rapport de la mission de reconnaissance géornorphologiquede la


vallée moyenne du Niger. Mém. IFAN no 72, Dakar, 196 p.

URVOY (Y.) - 1933 - Les formes dunaires à l'ouest du Tchad. Ann. Géogr., T XLII,
pp. 506-515.

U.S. SALINITY LABORATORY STAFF - 1954 - Diagnosis and improvement of saline


and alkali soils. L.A. Richards, Ed. [Link] Handbook, no 60. Washington.
160 p.

VAILLANT (A.) - 1945 - La flore,méridionale du lac Tchad. Bull. Soc. Et. Cam., Douala,
no 9, pp. 13-98.

VAILLANT (A.) - 1956 - Contri bution à l'étude agricole des sols du Diamaré(Nord
Cameroun). Agron. trop. XI, pp. 448-477.

VINCENT (P:M.) - 1955 - Rapport de fin de mission 1953-1954. FeuilleAm Dam ouest.
Rapport multigraphié. Serv. Mines Brazzaville.

VINCENT (P.M.) - 1963 - Les volcans tertiaires e t quaternaires du Tibesti occidental e t


central (Sahara du Tchad). Thèse.Mém.B.R.G.M. no 23, 307 p., 70 fig., 26 tabl.,
73 photog., 10 microphot.

WACRENIER (Ph.) - 1953 - Rapport de fin de mission 1953, [Link]ï-Garouade la


carte géologique. I.R.G.M. Brazzaville.

WACRENIER (Ph.) - 1961 - Mission de recherche de kauxite au Logone et au Mayo-Kébi


(Tchad). Bull. Inst. Equat. Rech. Et. Géol. Min., n 14, pp. 37-41.

WILLIAMS (M.A.J.) - 1966 - Age of alluvial clays in the Western Gezira, Republic of the
'Sudan. Nature, vol. 21 1, no 5046, pp. 270-271.
RAMBAULT GUIOT 18, rue de Calais, Paris 9
Dépôt légal V 6 9 5 - 2" trimestre 1970 - Imprimé en France
O. R. 5:T.O. M.
Direction genérale :
24, rue Boyard,PARIS-8.
Service Central de Docurnmtatiou
70-74, route d'Aulnay, 93-BONDY

O.R.S.T.O.M. tditeur
DBpÔf légal :2. trim. 1970

/
J. PIAS

NOTICE EXPLICATIVE
No 41

CARTE PEDOLOGIQUE
DU TCHAD

à 1/1.000.000

VOL,11

OFtICEOELA KECHEKCHE
SCIEhTIFIOUE
ETTECHNIOUE
OUTRE-MER

CENTRE
O.R.S.T.O.M.
DEFORT-LAMY
PARIS. 1970
NOTICE EXPLICATIVE
No 41

CARTE PÉDOLOGIQUE
D U TCHAD

a 1/1.000.000

VOL. I I

Annexes et Cartes

J. PIAS
Directeur de Recherches
de 1’O.R.S.T.O.M
ANNEXES
169

Annexe B

Sols peuévoluésd'origine climatique - Sols grissubdésertiques modaux


I Sur sables siliceux *
Profil 130 : 4 km au nord-ouest deFada (Ennedi)
i O - 60cm : Horizon beige
foncé,
sableux. Structure fondue à tendance
polyédrique.
60 - 100 cm : Horizon sableux brun clair ocré. Structureidentique.
1 O0 cm : Dalle de
grès

Profil 137 : Ouestd'Archéi (Ennedi)

ANALYSE PHYSIQUE

No échantillon 1301 1.302 1372 1371


Profondeur cm 0-20 0-20 80-100
80-100
Refus 2 m m 1 0,5 I tr. I 5,5 I 1.5

ANALYSE MECANIQUE

Argile % 8 12 5 18
Limon % 5 1 1 4
Sable f i n % 40 25 28 35
Sable grossier % 47 62 50 59
Matièreorganique % 0,2 O,2 O,1

MATIERE ORGANIQUE

Carbone % 0,13 0.12 0,06


Azote %O 0,15 0,lO
0,18
Cf N 72 8.0 6.0

REACTION

ANALYSE CHIMIQUE

I B A SEECSH A N G E A B LP
MEO
E
SU R 1009 DE S O L I
Ca 3,40 4.45
Mg 0.90 1,20
K 0,lO 0.25
Na 0.35 0.10
I S
I 4,65 I 6,lO

* PlAS J. 1960C
170

Annexe 2

Sols peu évolués d'origine non climatique. Sols d'érosion lithiques


Sur granite (Profil 27) * - Sur cuirasseferrugineuse (Profil 90) **
Profil 27 : Feuille au 1/200.000 - Dagéla ( 1 )
0-40cm : horizon gris à brun,sableux, avec nombreuxélémentsgrossiers, struc-
ture fondue,cohésionfaible,bonneporosité,quelquesdébris de
roches non altérés.
40 - 80 cm : horizonbrun-rouge à rouge, sablo-argileux,
nombreux
éléments
grossiers.
4- de 80 cm : débris de rochemèrealtéréetrèshumide.
Profil 90 : Feuille au 1/200.000 - Moussafoyo
O - 10cm : horizon gris-jaune,
sablo-limoneux,
particulaire.
IO-20cm : horizon jaune rouille, sablo-limoneux, avec nombreux
gravillons
ferrugineux,particulaire.
+ de 20 cm : cuirasse

ANALYSEPHYSIQUE

No échantillon 271 272 901 902


Profondeur cm 0-10 30-50
10-20 0-20
I

Refus 2 mm % 12 16,4 10 46
ANALYSE MECANIQUE

Sable f i n
Sable grossier
organique
Matière
% 1 I I 1
%3.77
22
54
1,34
33 17
51
34
30 33

MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.78 2.19
Azote %O 0.67 1,74
C/N 11,60 12,60
I REACTION

ANALYSECHIMIQUE
BASES ECHANGEABLES ME POUR 100 g D E SOL
Ca 2,05 1.75
Mg 0,45 0,60
K 0,lO 0.15
Na (0,lO <O,lO
S 2.60 2,50
T 3.30 4,25

* M A R I U S C. 1964
* * M A R I U S C. - B A R B E R Y J. 1964
(1I Sol faisant passage au sol ferrugineux tropical
171

Annexe 3
Vertisols à pédoclimat très humide - Hydromorpheslargement structurés
dès la surface - A nodules calcaires et effondrements
Sur alluvions fluvio-lacustres argilo-sableusesà argileusas *
Profil 39 : Zone de Satégui-Déressia- Nord de Mandé
O - 30 cm : Horizon argilo-sableux - moinsargileuxqu'au-dessous - brun-noir -
contient des racines - polyédrique grossier - compact - cohésion
forte - sec - fentes de retrait en surface.
30 - 270 cm : Horizon argileux - gris-noir avectachesjaunesvagues - marbrures - un
peuplusjaune à la base - compact - nodulescalcairesnombreux
jusqu'à 270 cm- moins nombreux ensuite-concrétions ferrugineuses -
fentes de retrait jusqu'à 170 cm - sec - puis humide.
270 - 350 cm : Horizon analoguemaisplusjaune - humide.
350 - 400 cm -
: Horizon jaunâtre argileux - mouillé.
400 - 460 cm : Horizon argilo-sableux mouillé - gris-bleu e t jaune avecnombreuses
concrétions ferrugineuses de nappe
Nappe à 3,5 m

ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 391 392 393 394
Profondeurcm 140 270
0-20 370-390
Refus 2 mm 5.6 6,6 1 3 03
I

1 :I I :I
M E C A N IA
QNUA
EL Y S E
Argile % 135 I 45 I 44 I 39 I
Limon fin

Matière organique
C03Ca tr. tr. tr.
M A T I E R E ORGP IQUE
Carbone %
Azote
C/N
l I I l
REACTION
DH eau 4.9 7.4 7,1 7.9
9n KCI 4.3 6.6 6.6 57
I
STRUCTURE
I l I
I
Instabilité Is 1,7 8,s 5,5
Perm.K cmfh 0,3 0.1 <O,l <O,l
ANALYSE CHIMIQUE
r BASES ECHANGEABL F S M E POUR 100 a D E S O L 1

Na 0.2 0.4
8.3
11.1 19,0
S/T =V 74,7
* GUICHARI E. - P O I S O T P. 1961
172

Annexe 4

Vertisols à pédodimat très humide. Hydromorphes largementstructurés


d6s la surface. A nodulescalcairesrares,sans effondrements. Sur alluvions
lacustres argileuses *

Profil T 5

Localisation : Doudéi, nord d'tlarazé.10°05 de latitude N - 20°47 de longitude E.

Pluviométriemoyenne annuelle : 1100 mm.

Topographie : zoneplane,inondéeparl'eaudes précipitations ensaisondes pluies


e t les débordements du bahrMindjik e t de ses affluents.

Végétation : savane
armée à Acacia
seyal clairsemés, Piliostigma reticulata,Zizi-
phus mauritiana.

En surface, horizon très structuré d'épaisseur variable de quelques centimètres


B .?O-50cm. Fentes de retrait descendant jusqu'à 110 cm. Ces fentes de retrait dessinent
un réseaude polygones qui apparaît dans les endroits où l'horizon superficiel à structu-
ration finefait défaut. Quelques rares effondrements.

O - 28cm : gris-brun(2,5 Y 4,5/2),argileux, polyédrique moyen à fin, beaucoup


plus fin sur les 2 à 3 cm supérieurs où s'observent des traînées rouille
le long des racines, bon enracinement, cohésion e t compacité fortes,
porosité d'agrégats.

28 - 50cm : transition, moinsbienstructuré,massif,encorequelquesracines.

50 - 110 cm : gris brunâtre (2,5 Y 6/2), argileux,prismatique grossier,surfaces


structurales brillantes, bosselées, parfois striées (faces de glissement),
tendance lamellaire assez nette, très compact, à forte cohésion, peu
à pas de racines, très petits nodules calcaires de la grosseur d'une t ê t e
d'épingle e t friables.

110 -220 cm : identique, mais à taches rouille d'hydromorphie commencant à appa-


raître, donnant un aspect brunâtre trèsbrillant, surfaces de glissement
moins nettes.

220 - 330 cm : jaunâtre (2.5 Y 7/4) à taches rouille, argilo-sableux,massif (humide),


nodules calcaires de 2 à 3 cm de diamètre assez abondants.

* PlAS J. (1968a)
173

Annexe 4 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE
O
N échantillon 51 52 55 54 53
56 57
Profondeur cm I 0-3 I 3-20 I 40-60 1 60-80 I 90-110 I 160-1801 240-260
Refus 2 mm % I tr. tr. tr. t r. tr.
tr. I 6,2
A N A L Y S EM E C A N I Q U E

Argile % 58.0 63,O 67.0


63.568.5
63.0 30,5
L i m o n fin y. 18,O 17,5 17.5 17,5 20.0 17.0 5,O
L i m o n grossier % 8.5 6,s 7,O 5.5 5.8 8.5 2.5
Sable fin % 2.7 3,O 2,o 2.6 1,6 1,5 15.4
Sablegrossier % 5.3 387 3.9 4.0 2,7 38.3 0.4
Matièreorganique % 1,7 0.8 O. 7 0,8 négl. négl. négl.
Humidité % 53 5,7 5,8 5,9 6.2 7,l 23
CO 3 Ca % O O O O tr. tr. O. 7
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.97 0.43 0.480,44
Azote %O 0,69 0,355 0.345 0,325
Cf N 14,l 12,5 13.513.5
Matières
humiques T 2,76 1,68 1,43 1,70
Ac.
hum. 2,02 1.53 0.92 0.94
c Ac. fulv. 0,74 0,15 0.51 0.76
REACTION
p H eau 5.9 6.4 6.9 7,2 787 7 3 7.4
p H KC1 5.0 5.6 5,9 63 6,7 6.7 6.7
STRUCTURE
Instabilité IS 1.65 3,65 3,95 4,30
A N A L Y S EC H I M I Q U E
B A S E SE C H A N G E A B L E S M.E. POUR 100 g D E S O L
Ca 17,OO 18,OO 20.15 22,25 20.10
19,50 14.85
Mg 10.60 10.25 1055
11.25 11.20 11,25 11,50.
K 1.00 0.951,OO 0.35 1.15
0.95 0.90
Na 0,40 0,80 1,20 1.00 1,45 1.40 0,65
S 29,15 30.95 32,55 32,OO 35.90 33,75 27.35
T 45.30 41.70
41,95 42.80 43,40
S/T =v 69,90 68.30 77,60 '74.80 82.70
A C I D E PHOSPHORIQUE
P 2 0 5T r u o g PPM 13 4 10 10
P205total 0,38 0.28 0,36 0.26
ELEMENTS TOTAUX
Ca O % 0,98 1.05
Mg 0 % O,79 0.62
K2 0 % 0,72 0.72
Na2 O % 0,88 0,34
Perte
feu % 8,25 7.75
Résidu % 35.30 29.80 66.05
Si02 % 28.35 32,15 13.75
A1203 % 15,30 15,65
Fe203 % 7,45 8.30
Ti02 % 1.25 2.40 3,40 1,30
Si021A1203 3.14 3.48 3.31 3.04
Si02IR203 2.39 2.60 2.50 2.33
3.16 3.29 3.21

EXAMEN AUX RAYONS X (FRACTION COLLOIDALE < 2 p) Montmorillonite, Illite,


--kaolinite
174

Annexe 5

Vertisols à climat [Link]


strucgurésdès lasurface - A nodulescalcaires
Sur rochesbasiques - Profil A 131 *

Profil A 131 Youé

O - 115 cm : Horizon noir fissuré, polyédrique fin à grumeleuxsur 10 à 20 cm,


puis prismatico-polyé[Link], argileux avec quartz rubéfiés
et éléments de roche endécomposition. Fentes de retrait nombreuses
descendantjusqu'à l'horizon de décomposition de la roche-mère.
Petits nodules calcaires répartis uniformément dans le profil.

115 - 185 cm : Horizon dedécomposition de la roche-mèrefaisanteffervescence à


l'acide. Blanc jaunâtreavec éléments de roche verdâtre.
Petites taches
ferrugineuses et concrétions au niveausupérieur de l'horizon de
décomposition.

* E R H A R D H., PlAS J., LENEUF N. 1954


175

Annexe 5 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE

No échantillon 1311 1312


Profondeur cm 0-1O 45-55

ANALYSE MECANIQUE

Argile % 50.0 50.5


Limon
fin %
18.6 13.7
L i m o n grossier %
fin
Sable % 23.5 24,O
Sable grossier % 7.5 9,o

MATIERE ORGANIQUE

Azote %O 0,53 0,45

REACTION

pH eau 7,4 7’4

ANALYSE CHIMIQUE

I B A S EESC H A N G E A B L EM
SPEO U R 100 DgSEO L

I 28.40

0.27
6.50

ACIDE PHOSPHORIQUE
1 35.71

0.16
6.00

Pt2o0t5a l %O 0.29 0.21

B A S E ST O T A L E S ME POUR 100 g DE SOL

Ca 48.40 54,60
Mg 16,50 15.00
K 0.92 1,35
176

Annexe 6

Sols isohumiques - Sols brunssubarides modaux


Sursablessiliceux *

Profil A 77 : sol brun

Localisation : 15 km au nord de Biltine, 14'40 de latitude N. - 20'50 de longi-


tude E.

Pluviométrie moyenne annuelle : 300 mm

Topographie : Planeavec,parraresplaces,desmamelons témoins de l'ancien sys-


tème dunaire.

Erosion : non visible

Bon drainage

Végétation : Pseudo-steppeà tapisgraminéend'Aristidées e t de Cenchrus biflorus.


Quelquesarbresouarbustes : Acacia raddiana, Maerua crassifolia,
Cordia gharaf, Acacia scorpioides, Acacia Senegal,
La végétationarbustive se concentre dans les dépressions relative-
ment moinsbien drainées où elle constitue unesavanebasseaux
espèces ci-dessus, auxquelles s'ajoutent Acacia flava.

O - 20 cm : brun clair (10YR 6/4),sableux, fondu, cohésion e t compacitétrès


faibles, enracinement bien développé.

20 - 120 cm : brun clair (IO YR 6/4)se dégradantprogressivementendestons


plus clairs (IO YR 6,5/4), caractères identiques à ceuxde l'horizon
précédent avec une structure tendant vers le type polyédriquee t une
compacité et cohésion légèrement plus fortes. Présence de sable très
clair dans les poches ou chenaux (terriers).

120 - 140 cm : blanc à brun trèspâle (IO YR 8/3)sableux particulaire.

No des profils : A 59 - A 77 - Bo 35

Emplacement : N. de Biltine (A 77)


O. d'Abéché (A 59)
S-W du lac Fitri (Bo 35)

Type de sol : sols bruns e t brun-rouge.

* PlAS J. 1968a
177

Annexe 6 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE

échantillon
No 771 772 773592 591 593 594
Profondeur cm 0-20 50-70 100-120 0-20 60-80 160-180 220-240
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr. 5 5

ANALYSE MECANIQUE

Argile % 4.0 4.0 2.0 5,O 3,O


Limon % 3.0 4,O 2-0 1.0 2.0
Sable f i n % 35.0 30,O 52,O 52.0 47,O
Sable
grossier % 58,O 62.0 44.0 42,O 48,O
Matièreorganique % 0.22 0.45
CO3 Ca % O O O O O

MATIERE ORGANIQUE

Carbone % 0.1 3
Azote %O 0.1 4
CIN 9.3
Matières
humiques T 0.25
c%o Ac. humique 0.1 7
Ac. fulviques 0.08

ANALYSE CHIMIQUE

BASESECHANGEAELESMEPOUR 100 gD ES O L

Ca 2,oo 2.25 2,40 1.50 1,90 1.80 1,40


<o. 20
0,15
<0.20
0,l O
< 0,20
0.1 O
<0.20
0,l O
<0,20 <0.20 <0,20
<O,lO
0.10 <O,lO
Na 0,20 0.1 O 0,50 0,l O 0,lO 0.15 0,l O
S 2.35 2.45 3,OO 1,70 2.10 1.95 1.50
T 2,40 2.60 2,90 2,30 2.40 2,20 2.1 O
SIT =v 97,9 94.2 sat. 73.9 87.5 88,6 71,4

E L E M E N T ST O T A U X( F R A C T I O NC O L L O I D A L E < 2p)

Ca O % 2,30
Mg 0 % 1,25
K2 0 % 1.75
Na2 O % 1.70
feu Perte % 10.99
Résidu % 1,40
Si02 % 39,25
A1203 % 23.00
Fe203 % 20.00
Ti02 % 1.30
Si02/A1203 2,90
Si02IR203 1,S6

EXAMENAUXRAYONS X (FRACTIONCOLLOIDALE < 2p)


A 592A kaolinite 772 B o 352 montrnorillonite
m o n tkaolinite
morillonite
faible
kaolinite -- -
illite montmorillonite i l l i t e plus faible
plus faible
(1) échantillonBo 352
178

Annexe 7

Sols isohumiques - Sols brun-rouge subarides modaux


Sur sables siliceux *

En position plane,ausommet d'un petit [Link]-steppearbustive,


à Acacia raddiana, Balanites aegyptiaca, LeptaClenia spartium.

Etat desurface : couche déliée de sable brun-clair (10 YR 6/3). Limite tran-
chée, par une augmentation de consistance avec :

0- 7cm : brun-clair (IO YR 5/[Link], humifère. Structure fondue à ten-


dancesubanguleuse fine. Peu cohérent, porosité sable. Enracinement
fin moyennement dense. Passage distinct, régulier à :

7 - 28cm : brun-clair(entre 10 YR 5/3 e t 7,5 YR 5/41,. Sableux, faiblement


humifère. Structure fondueàdébits de taille régulière (taille moyenne,
forme polyédrique). Peu cohérent. Porosité sable. Quelques remplis-
sages plus humifères liés à une activité biologique (terriers). Passage
distinct, régulier à :

28- 53cm : brun-rougepâle(7,5 YR 6/[Link] petites taches, dif-


fuses, de sable plus clair. Sableux. Structure fondue, à débits irrégu-
liers. Très peu cohérent. Porosité sable. Enracinement fin plus abon-
dant quedans l'horizon précédent. Passage distinct, régulier à :

53 - 170 cm : jauneblancpâle (IO YR 8/41, sableux. Structurefondue à débits


irréguliers, très peu cohérent. A partir de 90 cm, le profil est frais.

C H E V E R R Y C. 1965.
179

Annexe 7 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE

No bchantillon 24

Profondeur cm 130-140

Refus 2 mm tr.

ANALYSE MECANIQUE

Argile % 1.7
L i m o n fin % 1.O
Limon grossier % 0,o
Sable fin % 29.0
grossier
Sable % 67,O
Matière
organique % 03

MATIERE ORGANIQUE

Carbone % 0.2
Azote %O 0.25
C/N 8

I B A S EESC H A N G E A B L EM
SPEO U R 1009 D E S O L

Ca
Mg
K 0.05 0.05
Na
S 0.85 0.75
T 1.5 1.2
S/-ï= v 56,l 62.5
ACIDE PHOSPHORIQUE
p205
total %O' I
0,09 0,06 1 0,05 I I 0.05
ELEMENTS LIBRES E T T O T A U X
F e 2 0 3l i b r e % I 2.6 I 2.4 I ' 2.4 I 0.96
180

Annexe 8

Sols ferrugineux tropicaux peu ou non lessivés


Sur sables siliceux ou sables argileux *

Profil : Dam 5 - Goz Djérat

Localisation : 9 kmsud-sud-estd'AmDam, en position haute sur le Goz sudde


I'Alakori.
- Sables quartzeuxalluviauxremaniéspar le vent.
- Jachère ancienneà Guiera senegalensis,Piliostigma rufescens, Ziziphus mauritiana ;strate
herbacée inférieure à Loudetia hordeiformis, Eragrostis tremula, Cassia mimosoides.

Surface : Légèrement e t irrégulièrementcroûtée, avec 3 à 5 cmdesables


déliés e t nombreuses galeries superficielles de termites.

O à 15cm : Horizon cultivé,légèrementhumifère,appauvri en fer,grisbru?


clair : 10 YR 6/2 - 4/2 en humide ; sables quartzeux hétérogènes
moyens à fins ; structure fondue à débit à faces planes ; peu cohé-
rent ; porosité faible par léger tassement, mais macroporosité d'ori-
ginebiologiqueparnombreuxcanauxjusqu'à 1 cmdediamètre, à
l'origine de fines stries ondulées parcourant tout l'horizon ;chevelu
racinaireabondant ; passage distinct e t régulier à : .
15835cm : Horizon encore faiblement humifère e t régulièrementstrié : brun
10 YR 5/3 - 4/3 en humide ; même texture, structuree t consistance
maiscaractériséparune porosité d'agrégats e t finement tubulaire
assez développée ; enracinement fin régulier ; passage tranchésou-
ligné par une raie :
35 à 70cm : Horizon d'accumulation enraies : brun clair : 7.5YR 6/4 - 4/4 en
humide, avec légères marbruresbrunesdiffuses e t 4 raies ferrugi-
neuses brun vif ; 7,5 YR 5/6, légèrement sinueuses, plus poreuses e t
cohérentes ; même texture, structure fondue à débit plus irrégulier
à faces mamelonnées en relation avec les ségrégations en marbrures ;
peu dur ; porosité d'agrégats e t tubulaire légèrementsupérieureau
précédent ; enracinement fin décroissant ; passage distinct à :
70à 160cm : Horizon d'accumulation, de coloration brun vif : 7,5 Y R 5/5 - 4/6 en
humide, légèrement marbré de rouge jaune ; les raies ferrugineuses,
à limite'diffuse et de coloration voisine de celle de l'horizon, dispa-
raissent en se rapprochant ; sableux légèrement argileux, avec quel-
ques feldspaths ; structure fondue identique; diminution de la poro-
sité ; passage graduel à :
160 à 250 mm : Sables légèrementargileux jaune-rouge : 7,s YF3 6/6 - 5/6 en humide,
avec quelques concré.tions ferrugineuses (1,5 cm), très dispersées, à
centre noir charbonneux,cimentées e t auréoléesde brun-rouge ;
tendance particulaire ; porosité très faible correspondant à celle du
matériau.

" B O C Q U I E R G. - A U D R Y P. - B A R B E R Y J. 1968.
Annexe 9

Sols ferrugineux tropicaux lessivés faiblement développés


Sur matériau rouge ferrallitique ancien sableux à sablo-argileux *

Prof iI : T 35

Localisation : 11 km nord-ouest de Gounou Gaya.9'40 latitude N. - 15'25 longi-


tude E.

Pluviométrie moyenne annuelle : 1000 mm

Topographie f Sommet de butte surplombant de 4 à 5 m la surfaced'ensemble.


Erosion ennappelégère

Bon drainage

Végétation : Savanede reconstitution : Amblygonocarpus andongensis, Hymeno-


cardia acida, Prosopis africana, Detariun1 sp., Combretum nigricans,
Guiera senegalensis, Annona senegalensis,Asparagus sp., Alysicar-
pus sp.

O à 20 cm : brun-rouge (5 YR 5/41 sableux, humifère,


fondu,
compacité et
cohésion faibles, porosité tubulaire, enracinement abondant.

20 à 40 cm : transition, rouge clair ( 5 Y R6,5/6).

40 à 225 cm : rouge (2,5 YR 4,5/8), sableux, fondu, compacité e t cohésion faibles,


enracinement net jusqu'à 100 cm.

225 à 450 cm : identique, apparemment plus sec e t plus compact.

La coloration rouge se maintient jusqu'à 8 à 10 m environ, puis l'on passe à


un horizon bariolé (jaune-rose-blanc). Nappe phréatiqueà 19-20 m.

*PIAS J. 1968a.
182

Annexe 9 (suite)
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 351 353 352354 355 357 356
Profondeur cm 0-20 20-40 145-160 215-225
90-100 430 ~
250-270
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr. tr. tr.
ANALYSE MECANIQUE
Argile %
'.
4.5 10.5 8.0 12,O 10,5 12,O 12,O
L i m o n fin % 1.5 0,5 1 ,O 180 1,O 1,O it0 i
L i m o n grossier % 3.5 2.5 4,5 4,o 385 4,0 2.5
Sable fin % 65,O 56.0 57,5 51,s 53.0 60,755,O
Sable
grossier % 30,8 28.0 30,2 25,7 29.1 29.6 23,9
Matièreorganique % 0,5 0.4 0,2 négl. négl. négl. négl.
Humidité % 0.4 0,3 0,3 0,4 0.4 0,4 0.4
C03Ca % O O O O 0 0 0
MATiERE ORGANIQUE
Carbone % 0,28 0.09 0,24
Azote %O 0,21 0.18 0,13
C/N 13.3 13.3 63
Matières humiques T 0,87 0.23 0.45
Acide humique 0,61 n.d. n.d.
c%0 Acidefulvique I
0.26
l
n.d. I
n.d.
I I 1 1
REACTION
p H eau 5. I 4.2 3,6 3,7 3t7 3.4 3.4
p H KC1 4.7 3.9 3,9 3.6 33 32 3.7
STRUCTURE
Instabilité IS 0.90 1,35 1,20
Perméabilité K c m / h 7,40 7.35 14.50
ANALYSE CHIMIQUE
BASESECHANGEABLESMEPOUR 100 g D E S O L
Ca 1,55 1,65 0,55 0.40 0.45 0,40 0.40
Mg 0.40 0.75 1,00 2,lO 0,80 0,70 1,05
K O15 O55 0.90 O 10 O10 O10 0.15
Na <0:10 <0:10 0.10 <0:10 <0:10
<0:10 0,lO
S 2.10 2.95 2,55 2.60 1.35 1,70 1.20
T 4.10 6.15 4,95 3,80 4,40 3.20 3.35
S/T =v 51,20 48,OO 51,15 59,lO 35,5 36,80 55,lO
A C I D E PHOSPHORIQUE
P205TruogPPM 12 5 9
t oP
t a2l0 5 %O 0,06 0.04 0.07
ELEMENTS TOTAUX

Ca O % 0,14
tr.
tr.
0,74 0,74
12,75

40.30
1,45
89,05
4,25
2,85
1,50
13;55
1,OO
39.30 1 1;40
4.35
88,90
1.70
86,15
6.1 O
3.30
1,55

I
1;40 tr. 0,35 0.25

Fe2O3 libre%
2.13
1,75 1,89
3,50
0.86 I
2,50
1,89
1.05
2;08
1,70 I 2;48
1.89
3,16
2.40

E X A M E NA l 1
kaolinite
illite
-
goethite ( T 351 T 353)
h é m a t i t e ( T 351)

(1) (2) Eléments totaux sur la fraction colloïdale<2p (1) Echantillon T 353
(2) Echantillon T 357
Annexe 10

Sols ferrugineuxtropicaux lessivés à taches et concrétionsferrugineuses


Sur sables siliceux ou sables argileux *
II

Sol beige lessivé

Profil 10 : Koumra

O - 30 cm : Horizon gris-clair, sableuxgrossier,meuble.

30 - 70 cm : Horizon beige,sableuxgrossier,meuble.

70 - 135 cm : Horizon beige,sableargileux,compacité faible.

135 - 185 cm : Horizon beige, sablo-argileux.

Sol beige à gravillons ferrugineux

Profil 91 : Moundou

Zone presque plane avant la pente vers la Nya de Doher. Jachère récente avec
surtout Hymenocardia e t Detarium.

O - 35 cm : Horizon beige,sableux fin, battant.

35 - 100 cm : Horizon beige, riche en gravillons ferrugineux séparésparune matrice


argilo-sableuse.

100 - 180 cm : Horizon beige, plus richeen gravillons ferrugineux que l'horizon supé-
e t plus
rieur.
Ensemble à forte cohésion.

i * B O U T E Y R E G. 1965
184

Annexe 10 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE

No échantillon 101 102 103 104 911 912 91 3


Profondeur cm 0-15 40-60 110-130 170-185 0-35 70 180

Refus 2 m m 1.2 50,s 61,7

I ANALYSE MECANIQUE

Argile % 3,O .11,5 27,2 6.2 26,O


26.0
29,2
Limon % 3,7 3,o 2,o 1.2 6,5 82 6,s
Sable fin % 53.0 25,5
25.5
20.5 19.0 29.5 36.0
Sable grossier % 44,O 46.5
32,O 42.0
42,O
54,O 56.0
Matièreorganique % 2,08 0,72 0.19
Humidité % 0.5 23 2.5

MATIERE ORGANIQUE

Carbone % 1.21 0.42 0.1 1


Azote %O 0.79 0,37 0.10
C/N 15.3 11.4 1 l,o

REACTION

p H eau
p H KC1
6'6 l 5.5 5.4 6,2 5,4
5.4 4.0 5.0
4.4 5.2
4.7
5,9

l STRUCTURE

I
Instabilité
Perm.
IS
K cm/h
l
0.32
2,s
I
1,14
1.7
I
ANALYSE CHIMIQUE
2 3
2.13 1
l
5:::
I l l

I BA
ECSE
HSA N G EPA
OMBUL
E
RE S 100 SgODLE

' % q i g

Na 0.14 0,13
1.21 1,15
1,04 0.82
185

Annêxe 11
Sols ferrugineuxtropicaux lessivés à taches et concrétionsferrugineuses
Sur sables siliceux ou sables argileux *
Profil : Tim 35 Ndin
Localisation : 2 km est-nord-est de Ndin, surun piedmontlégèrementondulé, sur
une pente de 2%, à mi-pente.
Sables très légèrement argileux.
Savanearboréemoyennementdense à Sclerocarya birrea,Combreturn gluti-
nosum, Guiera senegaletlsis, quelques Dichrostachys glomerata.
Surface : croûte ("splash").Localement
une légère érosion en nappepouvant
aller jusqu'àlaisser les touffes degraminéessurdes petites buttes.

O - 15 cm : Horizon humifère,brun-gris (IO YR 5/2 - 4/2 humide), avec quel-


ques points de sable ocre-clairnonenrobésd'humus ; sableux ;
structure fondue à débits anguleux ; très friable, assez poreux, type
agrégats. Chevelu radiculaire très bien développé. Passage distinct e t
régulier à :
15 - 28 cm : Horizon lessivé, brun-gris plus clair, encorelégèrement humifère ;
mêmesautreséléments ; seulement éclairci par rapport à l'horizon
précédent. Passage distinct e t régulier à :
28 - 62 cm : Horizon lessivéavec accumulation enraies. Brun-jaune clair (1 O Y R
6/4 ; 7,5 YR 5/4),avectachestrès diffuses e t très vagues,ocre,de
taille moyenne e t peu nombreusese t à 42 e t 58 cm, deux raies brun-
rouge,dequelques mm d'épaisseur,sinueuses,plusdures ; sableux
avec un peud'argile ; structure fondue à tendancesubangulause
moyenne ; peu dur ; aspect poreux, type tubulaire dominant ; encore
une forte densité de racines,bien ramifiées e t pénétrant bien la masse.
Passage distinct e t régulier à :
62 - 100 cm : Horizon d'accumulation diffuse aveclégèreségrégation e t [Link]-
rouge (7,5YR 6/5, 5/6
humide) ; bariolage diffus et distinct dans les
mêmes couleurs, plus claires e t plus sombres, de taille moyenne ; une
raieanalogueauxprécédentes à 84 cm ; sableux à sablo-argileux ;
structure subanguleuse moyenne peu développée ; peu dur avecde
petits noyaux plus durs correspondantà des taches ;finement poreux,
tubulaire ; bonne pénétration de fines radicelles e t quelques racines.
l Passage distinct e t régulier,à :
100 - 180 cm : Même horizon d'[Link]-rouge (7,5 YR 6/6 ; 5/7
humide) avectaches assez nombreuses , ocre-rouille,plusnettes
e t distinctes ; deux raies rouille-brunesanaloguesauxprécédentes,
mais atteignant 1 cm d'épaisseur, à 104 et 140 cm ;sableux à sablo-
t argileux ; structure subanguleusemoyenne à grossière, faiblement

:\\ développée ; dur ; vers la basede l'horizon un peu plus dur. Passage
graduel e t régulier à :
180 cm observé : Matériausableux,brun-jauneclair,avecquelquesgravillons
jusqurà 220 cm neux
respondant nettement à une cimentation en place à partir de taches.
ferrugi-
e t des concrétions rouge vif, bien cimentées, petites (<1 cm) cor-

' ~ n u O R , Y P. 1968
186

Annexe 12

Sols ferrugineux tropicaux lessivés à concrétionsferrugineuses et cuirasse


Sur sables siliceux ou sables argileux *

Profil : Tim 55 Alo

Localisation : 18 km ausud d'Al0 sur la piste deBarda,sur unfragment deglacis


cuirassé, présentant une légère pente vers le nord-ouest.

Matériau fortement graveleux (gravillons) reposantsur une cuirasse ferrugineuse


à faciès lamellaire à 35 cm.

Savane arborée du type annelé avec Combretum glutinosum, Anogeissus leio-


carpus, Tamarindus indica, Albizia chevalieri, quelques Balanitesaegyptiaca e t des
fourrés denses à dominance de Dalbergia melanoxylon e t Acacia ataxacantha.

On note la présencede termitières beigerosé assez abondantes, petites en


dehorsdes fourrés, grandes à l'intérieur des fourrés.

O - 9cm : Petite croûtelamellaire sur 4-5 mm, gris-brun,peuconsistante,puis


horizon humifère brun assez foncé (10 Y R 4/3 ;7,5 Y R 3/2 humide) ;
sablo-graveleux ; gravillons inférieurs à 1 cm et graviersde quartz
atteignant 2 cm ; structure subanguleusemoyenne, moyennement
développée ; rôle important des racinesdans la structuration ; les
éléments grossiers sont bien emballés dans les éléments structuraux ;
fragile ; assez poreux, type agrégats. Passage distinct e t régulier à :

9 - 17cm : Horizon lessivé, brun-rouge ( 5 Y R 4/31 ;mêmes textures e t éléments


grossiers ;structure subanguleuse moyenne, moyennement développée
avec sous-structure subanguleuse trèsfine ;peu dur ;poreux. Passage
régulier et distinct à :

17-35cm : Horizon d'accumulation, rouge-jaune (5 YR 5/5 ;4/6 humide), plus


fortement e t plus grossièrement graveleux mais avec matrice argilo-
sableuse ; quelques revêtements argileux sur agrégats et surtout sur
gravillons ; structure massive, fragile : matrice à structure subangu-
leuse très fine ; peudur ; poreux , à pores tubulairestrèsfins,
Passage brutal e t régulier à :

35 cm : Cuirasse [Link]èrementalvéolaire à facièslamellaire ;


cassure jaune, parfois rouge vif ; revêtements argileux rouge dansles
alvéoles. l
i .
"f

Racines : dans O - 17 : chevelugraminéentrès fin extrémement


dense. En dessousde17,de finesracinesramifiéesdescendent e t
pénètrent très légèrement la [Link] présentent
leurmaximum de densité vers 20 où elles tendent nettement au
f
/ / '

développement horizontal.

i
~~

"AUDRY P. 1968
187

Annexe 13
Sols faiblement ferrallitiques modaux(Sols rouges)
Sur sables et argiles sableuses *
Profil 4 : Moundou

Pente légère vers le nord.

Jachèrede 7 à 10- Arbustesde 3 à 5 m de haut avec : Entadasoudanica,


Pterocarpuslucens, Combretum sp., Grewia mollis, Piliostigma reticulata, Securidaca
longipedonculata.

O - 15 cm : Horizonbrun-roux, sableuxgrossier, structureparticulaire.


15 - 50 cm : Horizon rougesombre,sableux à sablo-argileux, structure pseudo-
particulaire. Bien exploité par les racines.
50 - 180 cm : Horizon rouge,sablo-argileux,cohésionmoyenne à forte.
180 - 310 cm : Horizon rouge,sablo-argileux, assez compact.
310 cm e t plus : Horizon bicolore : masses ocre-rouille à sableblanc et rouille entou-
rées de zones [Link] argileuses anastomosées. Ensemble compact.

ANALYSE PHYSIQUE
N o échantillon 41 42 43 44 45
Profondeurcm 0-15 100 35-50
250 310
2 mm tr.
[Link] 62
~~ ~~~~

ANALYSE MECANIQUE
Argile
Limon
Sable f i n 11,5
Sable grossier %
Matièreorganique % 0,53
Humidité % 3.5 1.5 3.5
VlATlERE ORGANIQUE
Carbone %
Azote
CIN
REACTION
p H eau 7,3 5,5 6.0 60 63
pH KC1 67 5.0 4,4
6,1 6,2
STRUCTURE
Instabilité IS 0.69 1,55 3.10 1,70
2,14
Perm. K cm/h 0.79 2.69 2.08
2,19 3.02
ANALYSE CHIMIQUE
1 .. B A SEECSH A N G E A B LP
MEO
E
SU R 100 a D
SOEL I

I :;Ag I I I :;JE 1 1
~~ ~

3.76 0,90 1,54 2.03 1.16


0,40 0,20 0.40 0,20 0.20
0.04
0.08
0.08
I I l I I I I
188

Annexe 14
Sols halomorphes à structure nondégradée
Sols salins modaux e t à encroûtement calcaire
Sur alluvions lacustres argilo-limoneuses a argileuses (Profils 103-59-86) *

Profil H 86 : nord de Bolosidi


O- 2 cm : croûte
natronée.
2 - 20 cm : Horizon limono-argileux,lamellaire à trainéesnoires.
20 - 140 cm : Horizon limono-argileuxbrun-kaki,humide, léger, peucompact.
polyédrique moyen à fin aux arêtes vives.
140 - 200 cm : Argile vertepuisbleutée, argile noiresulfureuse vers 200.

ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon
Profondeur cm
1031
0-1
1032
1-20
1033
40
592
591
0-2

ANALYSE MECANIQUE
12.0 10.0
2-20
60-80

14,O
593

15,5
594 861 862
4-20 20-40
I
55,5 56.0
Limon 20.0 16,O 76,O 15,3 24.9 21,4
Sable fin 19.4
grossier
Sable % 12.5
Matiere organique' 6,4
Humidité 6.6 4,s 4,7 7.0
CO3 Ca 6,6 19,4
VlATlERE ORGANIQUE
Carbone % 3.7 2.37 0.39 0.74 0.82
1.29 1,59 0.65 5.07 3.51
Azote %O 3.5 2,21
2,3 1.85 -
0,76 0.45 1,18 1,25 0.73
C/N 10.6 10.3 8.7. 10.8 -
10,9 11.8 8,9 19,4 22.9
REACTION
p H eau 8.6 9.08.4 8,s 10,6 10,5 10,5 10.6 10.8 10.2 10.4

-"
ANALYSE CHIMIQUE
B A S E SE C H A N G E A B L E S M E POUR 100 g Q E S O L
- 7,14 10.00
1,OO 2,50 3,95
3i45 1.85 16,50 14.70
Na 2,42 29,05 25,lO
- 55,19 53.75
ACIDE PHOSPHORIQUE
P 2 0 5 total 3,37 2.61
E L E M E N T ST O T A U XM EP O U R 100 g D E SOL
Ca 407.7 492,6
Mg 298.0 31 2,l

Ir
K 19,5 16,3
Na 41.1 23,9
I SELS SOLUBLES (EXTRAIT SATURATION) d EP O U R 1I O E SO
-
1,95 1.40
3,60 1,25
4,50 1,75
14.90 7,75
0,80 0,80
25,l O 10.20
[Link].C à 25 114.28 96.4 63.1 15.7
It. P l A S 1962c
189

Annexe 15

Sols halomorphes à structure modifiée non lessivés à alcalis ou salés à alcalis


Sur alluvions limono-argileusesà argilo-limoneuses *
;I

Profil T 49

Localisation : voisinagede Fort-Lamy, 12'9 de latitude N - 15'02 de longitude E.

Pluviométrie moyenne annuelle: 650 mm

Topographie : bourrelet surplombant de plusieursmètres (3 à 4 m) unedépression


voisine où s'accumulent les eaux de pluie e t de ruissellement.

Erosion : assez accusée, visiblepar places


par la disparition de l'horizon super-
ficiel du profil.

Drainage : déficient produisant


I'érosion nappe.
en

Végétation : arbustivetrès clairsemée : Lannea humilis, Acacia seyal, tapis ras e t


discontinu de Schoenefeldia gracilis.

O - 25 cm : gris-beige (IO YR 5,5/3),quelques pointsrouille e t légerpseudo-


mycélium blanchâtre à partir de 20 cm, sablo-argileux, polyédrique
moyen à fin, compacité e t cohésion fortes, enracinement très faible.

25 - 95 cm : gris-beige (10YR 6/3à 10 YR 6,5/3)trèstachetéde rouille à amas


calcaires blanchâtres petits e t peu nombreux e t quelques gravillons
ferrugineux noirs,sablo-argileuxmaisplusargileuxqueci-dessus,
polyédrique fin, compacité e t cohésion fortes.

95 - 180 cm : brunâtre ougris à taches rouille fines e t nombreuses (IO YR 6/2,5),


argileux ennoyé dansdessables fins gris-beige,tachetésde rouille.
Ensemblehétérogène, polyédrique assez grossier,cohésion et com-
pacité très fortes.

180 - 200 cm : sablemicacé (IO YR 7/3)à taches rouille et noires,massif,compact.

* PlAS J. 1968a
190

Annexe 15 (suite)

ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 493 492
494 491
495
Profondeurcm 70-90 30-50 180-200
120-140 0-15
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr. tr.
ANALYSE MECANIQUE

L i m o n fin
L i m o n grossier

Humidité
CO3 Ca
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0,28 0,13 0.06
Azote 0.25 0,105 0,17
C/N 11,2 5.7 7.6
[Link] T 0,50 0.26 0,05
c%, [Link] n.d. n.d. n.d.
Ac.
fulvique n.d. n.d. n.d.
REACTION
p H eau 9,3 4.9
9.4 9,5 9,5
pH KC1 7,7 7.0
4.4 72 7.6
STRUCTURE
Instabilité IS I 4.2 1 16.5 I 4,2 I
- ANALYSE CHIMIQUE
- BASESECHANGEABLES M E POUR 100 gD E SOL
Ca 10.25 5.80 8.40
6,70 3,30
Mg 2.85 5,25
1.95 6.45
0,60
K 0,30 0.30 0,90
0.70 1.50
Na 0.65 1,50 1,55 1,25 1,40
-S 17.65 16,05 10,50 10,60 6.80
- ACIDE PHOSPHORIQUE
P205 Truog PPM 42 27 54
-t P
o t2a0l 5 %O 0,27 0.32 0,24
- ELEMENTS TOTAUX
Ca O % 0,49 0,32 0.19
0.63 0.67 0.42
% 0.21 0,24 0,12
Na2 O % 0.71 0,84 0.61
Perte. feu % 3.65 4,30 2,lO
Résidu % 65,65 58,00 78.45
Si 0 7 4 15,35 18.75 9.65
9,45 12.25 5,85
3.40 4,55 2,45
0,75 0.60 0,45
2,74 2,57 2,81
2.24 2.07 2.21
-Fe2
libre
O3 % 1.61 I
2,27 1,69 2.28 1,23
- S E L SS O L U B L E SM E . P O U R 100 g D E so L
Ca 0,08 0.08 0,07 3.14 0.1 1
Mg 0,05 0.13 0,12
0,08 0,l O
K tr. 0.02 0.02 0.05 0.02
Na 0,13 0.50 0,75 0;71 0.67
S cations 0.97 0,68
1,02 0.90
0,26
so4 0,26 0,43 0.56 0,43 0.44
CI 0,16 0.07 0,15 0,17
eo3 H 0,27 0.15
0.36 0.47
c03 0,Ol tr. tr. tr.
S anions 0,58 1.09 1 ,O5
0,77
-C mmhos à 25 C 0.89 1,18
0.65 0.70
EXAMEN AUX R A Y O N S X (FRACTION COLLOIDALE
Echantillons T 494 - T 493 montmorillonite
< 2 p)
kaolinite
illite
191

Annexe 16

Sols halomorphes à structuremodifiée, lessivés à alcalis à colonnettes


(Solonetz - Solonetz solodisés)
Sur sables argileux ou argiles sableuses ++

Profil : Dam 23 - Tiney

Localisation : 6 kmouest de Tiney, à la partie inférieure d'un glacis de dénudation.

Matériau argilo-sableux dérivédes granites.

Végétation : Savane arbustive


irrégulièrement
clairsemée à Acacia seyal, Lannea
humilis, Anogeissus leiocarpus.

Strate herbacée à Cymbopogon dominant par touffes, e t plagesde


Schoenefeldia gracilis.

Surface : Polygonation très discrète. Présence de quelques graviers quartzeux


en surface.
Croûte squameuse [Link].

O à 10cm : Horizon légèrement humifère lessivé, gris à brun gris (IO YR 5/1,5 ;
3/1 en humide), avec assez nombreuses petites tachesjaunerouge
diffuses et devenant progressivement brun gris foncé ;sablo-argileux,
riche en micas e t progressivement enrichi en graviers ;tendance pris-
matique grossière ;dur ;compact avec quelques canaux de 0,5 cm de
diamètre ; enracinementtrèspeuabondant, horizontal ; passage
tranché et régulier à :

10 à 28cm : Horizon d'accumulation de sesquioxydes e t d'argile, brun grisfoncé


( I O YR 4/2 ; 3/2 en humide), avecdestachesmoyennes diffuses
brun rouge,d'asseznombreuses petites concrétions noires charbon-
.neuses cimentées, e t des revêtements argileux bruns ; argilo-sableux
riche enmicas ; structure prismatiquemoyenne à grossière à ten-
dance columnaire se résolvant en cubique moyen bien développé ;
très dur ; compact ; non calcaire ;enracinement peu abondant, verti-
cal ; passage distinct à graduel à :

28 à 75cm : Horizon d'accumulation decarbonates, brun olive clair (2,5 Y 3/4


analogue en humide), avec quelques concrétions noires charbonneu-
ses cimentées e t des nodulescalcairesgris,de 1 cm environ, forte-
mentcimentés ; argilo-sableuxriche engraviers quartzeux e t en
micas ; structure prismatiqued'ensemble, à cubique en plaquettes
obliques avec quelques faces patinées, à partir de 55 cm.

" B O C Q U I E R G. 1 9 6 4 - BOCQUIER G., A U D R Y P., B A R B E R Y J. 1968.


f

RESULTATS ANALYTIQUES CONCERNANT DEUX PROFILS DE SOLONETZ PLUS OU MOINS SOLODISES

- - -

Horizons
Profondeu
cm
Argile
Sable
fin
àable
gros-
sier
Car-
bone
Azote pH
(H20
TXzizq-L
mé pour 100 g de sol
- vité
ducti- S i 0 2
-libre
A1203
F e20 2 =e203
total

% % % % %O Ca Mg K Na rnmha % %
- - -- -
A 0/4 6,5 25,5 51,2 0.59 0.43 5.9 1.95 1,00 0,20 0.50 1.80 5.00 0.72 1,30

B1 5/9 23.5 14,4 50.3 0.21 0,20 6,5 4.60 5.50


0,05 2,40 0,53 3,35 1,64 3.30

B2 10/15 22,5 1 8 3 44.3 0,26 0,24 7.9 3.80 8.40


0,05 3.10 1,70 2.80 1,44 2,80

B3 35/45 23.5 23,9 34,5 0.1 1 0.10 8.9 10,70 0.05 3.40
4.00 1,48 3.57 1.24 3.10

B/C 90/1 O 0 26,O 20,o 35.9 0.05 0,06 9,l 1'1,70 3.75 0,lO 5,65 1,70 5.11 1,16 3.20
-
Croüte
Superficielle 0/2 6.0 24,5 45,6 1,20 0,236 6.5 3.55 2,20 0.50 0.55 4,32 - 0.80 1.52

A 3/7 4.5 25,2 48,l 0,42 0.32 6,2 0,30 1,90 0.45 0.76
2,75 4.40
1.62 1.50

B1432 8/1 5 32,5 16,6 31.9 0,35 0,29 7,O 5,30 0.10
12,25 2.90 1,32 3,18 2.08 4.50

B3 30/40 28,5 17.7 35,2 0.1 8 8.4 0.15 0.10 4.35


3.30 13.70
1.75 3.44 1.64 4.00

WC 70/80 27,5 18.8 36.0 0.1 6 0,12 8.6 3,25 0.15


13,70 3,05 1.20 1.56 3.50
3,26
C 1O 0 24,O 12,o 48,4 - 8.7 13.80 2.80 0,20 3.05 1.40 4.35 1.24 3.60
- -- -
193

Annexe 17

Sols hydrolnorphes moyennement organiques, humiques à gley, à anmoor


!! calcique (Polders deschaudes)
régions
11
Sur alluvions lacustresargilo-limoneuses à argileuses *

Prof il : BG 25

Localisation : Ouadi de Bol Guini, 13'26 de latitude N - 14O45 de longitude E.

Pluviométrie moyenne annuelle: 290 mm.

Végétation : en culture de blé. I

O -10cm : noir à gris-noir (IO YR 3/1 - 4/1),argilo-limoneux, polyédrique fin


(les démentsstructurauxsonttrèsindividualisés), légèreefferves-
cence à l'acide. Fort enracinement.

10 - 6 0 c m : gris (IO YR 5/1),jaunâtre par multiples fines taches rouille, argileux.


Structure en fins polyèdresou à tendancegrenuesouventmêlée
d'éléments plus grossiers (prismes ou polyèdres) durcis e t noirs. Fort
enracinement diminuant progressivement.

60 - 75 cm : gris (IO YR 5/1)à taches rouille nombreuses, argileux, prismatique


moyen à grossier par larges fentes deretrait de plusieurs centimètres,
légèrement humide se délitant en plaquettes ou polyèdres moyens à
fins, amas calcairesgrisclair,gris-blanc (1.0 YR 6/1 - 7/1)intime-
ment liés à l'argile et à très faible cohés{on, enracinementencore
visible.

75 -120 cm : gris (5 Y 6/1),argileux, humide, plastique se fragmentant en prismes


irréguliers. Taches gris-blanchâtrefaisanteffervescence à l'acide.
120 -150
cm : grisbleuté (5 GY 5/1) avectachesnoires. Identique à l'horizon
précédent.

* PlAS J. 1968a
194

Annexe 17 (suite)
Emplacement : polderde B o l G u i n i( B G 25 - BG 4 - BG 7 - BG 179)
polder de Madirom (H 108)
polder d e K o u l o u d i a ( H 52)
NO profils -
: BG25 - BG 4 BG 7 BG 179 - ~ H 108 -H 52

ANALYSE PHYSIQUE

y
No échantillon 254 253 252 251
Profondeur cm 75-95 50-60
130-1500-20
Refus 2 mm tr. tr. tr. tr.

ANALYSE MECANIQUE I
Argile % 41.0 65.0 68,O
f Li ni m o n % 20.0 ll,o 10.0
L i m o n grossier % 3.0 2,o 4.0
Sable fin % 8,O 5.0 6,O E,2
Sable
grossier % 16,O 5,o 1.0
Matière organique O/c 7,6 7.9 5.5
Humidité % 4.5 4.5 6.0
CO3 Ca % 4.4 2.7 1.2

I O R G A N I QM
UAET I E R E

I
Carbone %

%b
4.6

1 4.4

12,9
3,4

REACTION
I I :? I 12,l
3.8 10.7 10,3 I
I
p H eau 7.9 8.1 7,6 8.3

ANALYSE CHIMIQUE

I+B A S E SE C H A N G E A B L E SM EP O U R 100 g DE SOL 1I


~-

Ca 30.40
Mg 17,40 19.40 78.20 12.40
K 5.00 1,O5 1,lO 1.20
Na 0,95 0.80 1.20 1,30
S 45,30

ACIDE PHOSPHORIQUE

Pt2o0t a5l %O 1 2.65 I 3.15 1 2,40 I


I SELS
SOLUBLES M E POUR 100 g SDOEL l
Ca 1.60 2/30
Mg 0,70 0,80
K 3.1 5 0,65
Na 1,30 1.20
S cations 6,75 5,25
CO3 H 5,lO 4,90
so4 042
CI 13 1,25
S anions 6.8 6.15
Extrait de saturation
C à 25O 3.2 2

EXAMENAUXRAYONS X( F R A C T I O NC O L L O I D A L E < 2 p)
Echantillons : BG 4 4 - 74 1794 - montmorillonite - kaolinite -
H 1082 - 522 -
kaolinite - ---------
montrnorillonite - cl&
195

Annexe 18
Sols hydromorphesminéraux à pseudo-gley à taches
et concrétionsferrugineuses
Sur sables siliceuxou sables argileux *
Profil : Zone Satégui-Déressia
Végétation : Terminalia macroptera peu denses
Profil humide à partir de 100 cm
O à 20cm : Horizon sableux à sable grossier beige, particulaire, peu compact,
cohésion faible.
20 à 5 0 c m : Horizon sableux, jaunâtre, particulaire,
50 à 105 cm : Horizon sableux, beige clair, particulaire, une ou deux concrétions
ferrugineuses.
105 à 150 cm : Horizon sableux à sable grossier, u n peu plus d‘argile jaunâtre, com-
pact à I’état sec.
150 à 200 cm : Horizon sableux à sable grossier, u n peu d‘argile, nombreuses concré-
tions ferrugineuses noires par poches, paroi sèche,plus compact
qu‘horizon précédent.
Les concrétions sont plus nombreuses entre 180 et 200 cm et durcies.
200 à 320 cm : Horizon sablo-argileux, humide (non desséché), zone d’oxydo-réduc-
tion jaune et gris-bleu. A partir de220,concrétions ferrugineuses
rouille et peu durcies.
ANALYSE PHYSIQUE
No échantillon 1 502 50 503
Profondeurcm 120-140 310-320
0-20
ANALYSE MECANIQUE
Argile % 4 25 10
Limon % 2 3 4
fin Sable % 44 38 21
Sable grossier % 48 50 50
- .
Matièreoraaniaue % l
0.86 I I
MATIERE ORGANIQUE
Carbone % 0.5
Azote %O 0,5
C fN 10,o
REACTION

p H eau 5,7 7.3 6.3


p H KC1 5.6 4.5 4.8
ANALYSE CHIMIQUE

* G U I C H A R DE . ,P O I S O T P. 1961
196

Annexe 19
Sols hydromorphes minéraux à pseudo-gley à horizon gris réduit de surface
Sur alluvions récentes limono-argileuses, argilo-limoneuses *
Profil 13 : Feuille au 1/200.000 Moussafoyo.

O - 50 cm : Horizon gris,devenantbrun,sablo-limoneux à limono-sableux, parti-


culaire, faible cohésion, taches ferrugineuses.
50 - 60 cm : Horizonbrun jaunâtre.
60 - 110 cm : Horizon jaunâtre,
limono-sableux, faiblement argileux, pas
de
cohésion.
110 - 130 cm : Horizon plussableux,nombreuxélémentsgrossiers,concrétions.

Profil 84 : à 4 km de Moutogo, dans une


dépression.

O-30cm : Horizon grisfoncé,sablo-limoneux,fondu,cohésionfaible,quelques


taches rouille.
30 - 80cm : Horizon grisblanchâtre,argilo-sableux avecélémentsgrossiers,nom-
breusestaches rouille et concrétions noires, très compact, structure
polyédrique grossière.

ANALYSE PHYSIQUE

No échantillon 131 132 134 133


Profondeur cm 0-20 50-60 100 130
2 mm tr. Refus tr. tr. 22

ANALYSE MECANIQUE

Argile % 5 6 18 15
Limon % 12 24 30 4
fin Sable % 40 58 41 27
Sable grossier % 41 12 10 54
Matièreorganique % 8,7

MATIERE ORGANIQUE

Carbone % 5,05
Azote %O 3,72
C/N 13.5

ANALYSE CHIMIQUE

1 BASES
ECHANGEABLES ME P O U R 100 g D E SOL 1
Ca 3,9 <O,l 0.2 02
Mg 0.4 0,3 <0.2 0,3
K 0,2 <0,1 <O,l <O,l
Na <O,l 0,l <O,l <0,l
S 4.5 0.4 0,2 03

* M A R I U S C., B A R B E R Y J. 1964.
1.97

Annexe 20

Sols hydromorphes minérauxà gley de profondeur


argilo-sableusesà argileuses *
Sur alluvions fluvio-lacustres

Profil 3 : Feuille au 1/200.000 Fort-Archambault.

O - 20cm : Horizon gris à rouille, sablo-argileux, structure fondue,


compacité
e t cohésion moyennes.

20- 80cm : Horizon gris-beige,sabla-argileux à argilo-sableux, structurepoly-


e t concrétions ferrugineuses,
édrique grossière, très nombreuses taches
compacité e t cohésion fortes.

80 - 100 cm : Horizon de gley, argilo-sableux à argileux, structurepolyédrique


grossière,très forte compacité.

ANALYSE PHYSIQUE

échantillon No 31
33 32
Profondeur cm 0720 30-50 80-1 O0
Refus 2 m m 0.7 1.8 2.3

l ANALYSE MECANIQUE

Argile

L i m o n grossier
Sable fin 18 16 13
grossier Sable 51 50 42
1,72
Humidité 1,5
CO3 Ca

MATIEREORGANIQUE

Carbone % 1 ,O
Azote %O 1,l
CIN 9,1

REACTION

p H eau 7,s 7 72

ANALYSECHIMIQUE
BASESECHANGEABLESMEPOUR 100 9 D E S O L

0.15 0,lO 0,23


0,13 0.1 3 0,13
3,08 4.47 8,OO
10.29 7.99 9,99
SIT =V 56,OO 30,OO 80.00

* M A R I U S C.. B A R B E R Y J.. 1967


RAMBAULT GUIBT 18, rue de Calais, Paris 9
Dépôtlégal n"695 - 2 trimestre 1970 - Imprimé en France
l

O.R. S. T. O.M.
Direction générale :
24, rueBayard, PARIS-8.

Service Central de Documentation :


70-74, route d'Aulnay - 93 - BONDY
I

o.R.s.T.o.M. Éditeur
D6pôt légal: ler trim.1970

Vous aimerez peut-être aussi