Étude numérique sur les tunnels sismiques
Étude numérique sur les tunnels sismiques
Thème
Réalisé par :
Devant le jury :
A mes très chers parents, source de vie, d’amour et d’affection, que ce projet de fin
d’étude représente l’aboutissement du soutien et des encouragements qu’ils m’ont
prodigué tout au long de ma scolarité.
A mon frère Brahim mon bras droit, mon soutien et mon exemple dans la vie
qui malgré la distance physique ne cesse jamais de me soutenir et de m’épauler ; ainsi
qu’à sa femme Assia qui me permet de suivre ses pas.
H W. BEECHER
Je remercie aussi le jury d’avoir bien voulu accepter d’évaluer mon travail ;
Je remercie toute ma famille pour leur soutien inestimable et qui a fait de moi
ce que je suis aujourd’hui.
Enfin je remercie mes amis Moka, Messad, Menad et Nabil pour leurs
disponibilités, aide et précieuse amitié.
Résumé
Dans ce présent travail, nous avons mené une étude numérique sur le comportement d’un
tunnel d’extension du métro d’Alger pendant les phases de réalisation puis dans le cas d’un
séisme. Pour cela nous avons utilisé le logiciel de calcul par éléments finis Plaxis 2D, dans un
premier temps nous avons défini la géométrie du tunnel, les propriétés du sol ainsi que les
conditions initiales et les conditions aux limites, ensuite nous avons lancé les calculs
correspondant aux différentes étapes de réalisation et par la suite considéré le cas d’une
excitation sismique. Nous avons pu obtenir à partir des calculs effectués sur Plaxis pour chaque
étape de réalisation du tunnel des courbes d’évolution des tassements pour chaque profil dans
le sens longitudinal et transversal. Les résultats obtenus, nous ont permis de conclure que la
stabilité de notre ouvrage reste sûre pendant ces phases de réalisation ainsi que dans le cas d’un
séisme.
Abstract
In this work, we conducted a numerical study on the behavior of a tunnel extension of the
Algiers metro during the construction phases and then in the case of an earthquake. For that we
used the software of calculation by finite elements Plaxis 2D, in a first time we defined the
geometry of the tunnel, the properties of the ground as well as the initial conditions and the
boundary conditions, then we launched the calculations corresponding to the various stages of
realization and thereafter considered the case of an earthquake excitation. We were able to
obtain, from the calculations carried out on Plaxis for each stage of the tunnel construction,
settlement curves for each profile in the longitudinal and transverse directions. These curves,
after having discussed them, allowed us to conclude that the stability of our structure remains
safe during these phases of realization as well as in the case of an earthquake.
Introduction générale 1
I.1. Introduction 2
I.2. Les tunnels dans l'histoire 3
I.3. Définition d'un tunnel 3
I.4. Les catégories de tunnels 4
I.5. Les avantages des ouvrages souterrains 5
I.5.1. L'avantage esthétique 5
I.5.2. L'avantage écologique 5
I.5.3. L'avantage topographique 6
I.6. Les inconvénients des ouvrages souterrains 6
I.6.1. Coûts de réalisation 6
I.6.2. Difficulté de réalisation 6
I.7. Conclusion 6
II.1. Introduction 7
II.2. Tunnel 7
II.3. Le phénomène d'instabilité 7
II.4. Les phénomènes principaux d'instabilité 8
II.4.1. Effondrement 8
II.4.2. Tassements en surface (tassements différentiels) 9
II.4.3. Fortes déformations (convergence extrême) 9
II.4.4. Le vieillissement des matériaux 9
II.4.5. Désordres locaux 9
A. Les fissures 10
B. Les irrégularités géométriques 10
C. Avaries de surface 11
II.5. Termes liés aux manifestations de l'eau 11
II.5.1. Humidité 11
II.5.2. Suintement 11
II.5.3. Venue d'eau 12
II.5.4. Remontée d'eau 12
II.5.5. Exsudats 12
II.6. Surveillance et entretien 12
II.7. Conclusion 13
Chapitre III : Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
III.1. Introduction 14
III.2. Méthode de creusement 14
III.3. Méthodes de creusement traditionnelles 14
III.3.1. Méthode d'abattage à l'explosif 14
III.3.2. Creusement à l'attaque ponctuelle 14
III.3.3. Creusement par le pré découpage mécanique 15
III.3.4. Excavation avec la nouvelle méthode autrichienne NATM 15
A. Creusement en pleine section 15
B. Creusement en demi-section 15
C. Creusement en section divisée 16
III.3.5. Méthode de creusement au Tunnel Boring Machine (TBM) 17
A. Les avantages de creusement par tunnelier 17
B. Les inconvénients de creusement par tunnelier 18
III.4. Purge et marinage 18
III.5. Soutènement provisoire 18
III.5.1. Rôle du soutènement provisoire 18
III.5.2. Classification des modes de soutènement 18
A. Soutènement exercé en appliquant une pression de confinement au sol
18
environnant
B. La méthode de TERZAGHI 21
III.6.2. Méthodes analytiques 23
A. La méthode des réactions hyperstatiques 24
B. La méthode Convergence-confinement 24
B.1. Courbe de convergence 25
B.2. Courbe de confinement 26
III.6.3. Méthodes numériques 27
III.7. Conclusion 28
IV.1. Introduction 29
IV.2. Généralités sur les Séismes 29
IV.3. Origines d'un séisme 29
IV.4. Classification des zones sismique en Algérie 30
IV.5. Les mouvements sismiques dans le sol 30
IV.6. Réponse sismique des tunnels 31
IV.6.1. Déformations des tunnels dus au séisme 31
A. Compression et extension axiale 31
B. Flexion longitudinale 31
C. Déformation d'ovalisation 31
IV.6.2. Méthodes d'analyse sismique des tunnels 32
IV.6.3. Approche par déformation en champ libre 34
IV.6.4. Méthode de pression dynamique de la terre 34
IV.6.5. Approche d’interaction sol-structure 34
A. Solutions élastiques de forme fermée 34
B. Approches numériques 35
B.1. Non linéarité des sols 35
B.2. Interaction sol-tunnel 37
B.3. Mouvements de terrain en surface 37
IV.7. Prise en compte de l’aspect tridimensionnel 39
IV.8. Calcul dynamique des ouvrages souterrains 40
IV.9. Conclusion 42
Introduction 43
Partie 1. Présentation du logiciel (Plaxis)
V.1.1. Introduction 44
V.1.2. Code de calcul Plaxis 44
V.1.3. Options par défaut et solutions approchées 44
V.1.4. Les sous-programmes de Plaxis 45
V.1.5. Etapes de modélisation avec PLAXIS 48
V.1.6. Lois de comportement dans PLAXIS 51
A. Modèle de Mohr-Coulomb 52
B. Modèle élastique linéaire 52
Conclusion générale 71
Références bibliographiques
Liste des figures
Chapitre I : Généralités sur les tunnels
Grâce aux innovations technologiques et aux logiciels de calcul, les méthodes de conception
et de réalisation des ouvrages souterrains ont été beaucoup développées au cours de ces
dernières années. Néanmoins, le risque fait toujours partie de chaque étape d’un projet
souterrain. De ce fait, la réalisation et l’exploitation des ouvrages souterrains notamment les
tunnels, font appel à des études géotechniques et des analyses approfondies pour assurer leur
sécurité en minimisant les risques d’instabilités. Compte tenu des caractères propres des
ouvrages souterrains, les risques d’instabilités, les accidents, même rares, ont des conséquences
très importantes sur la population. Les gestionnaires sont confrontés à la garantie de la sécurité
de ces ouvrages dès le creusement et même après leur abandon.
L'instabilité des tunnels est une cause importante d'accidents aussi bien durant leur
réalisation que pendant leur exploitation. La modélisation numérique du comportement statique
et dynamique des tunnels a un impact très important puisqu’elle permet de prédire la stabilité
de cet ouvrage et celle des ouvrages à la surface. Et ce, en étudiant les tassements lors de la
conception d’un nouveau projet et après son exploitation.
L’objet de ce travail consiste, en une analyse dynamique d’un tunnel de section circulaire
réalisé par la méthode de creusement au tunnelier. Le tunnel est soutenu par des voussoirs en
béton armé afin d’assurer sa stabilité.
La première partie consiste en une recherche bibliographique qui permet d'établir dans un
premier temps dans le premier chapitre des généralités sur les tunnels, puis dans un second
chapitre mettre en avant les désordres rencontrés dans les tunnels. Par la suite, les méthodes de
creusement et de dimensionnement des tunnels sont décrites dans le troisième chapitre. Pour
conclure cette partie un quatrième chapitre est réservé à l’effet du séisme sur les tunnels.
1
Chapitre I
Généralités sur les tunnels
Chapitre I Généralités sur les tunnels
I.1. Introduction
Parmi les objectifs actuels de la recherche dans le domaine des ouvrages souterrains,
l’amélioration de la prévision des mouvements induits dans le massif par la construction des
ouvrages souterrains et notamment la prévision des effets potentiels des travaux sur les
structures sus-jacentes. Ces problématiques constituent des enjeux forts pour les projets
souterrains.
Le type de soutènement et de revêtement à mettre en œuvre pour assurer la tenue des parois
à court terme et à long terme ;
Dans les dernières décennies les techniques de construction ont connu beaucoup
d’amélioration et de développement, ce qui a permis de percer des terrains très compliqués.
Parmi ces rénovations et inventions on cite : la machine Robbins et les techniques de
consolidation des sols par les injections. On finit par le projet extraordinaire et qui reste le plus
spectaculaire ; c’est celui du tunnel sous la manche qui relie l’Angleterre à la France avec 3
tubes de plus de 50000 mètres de longueur (et si ce projet a connu la lumière, c’est grâce à la
2
Chapitre I Généralités sur les tunnels
technologie très développée qui a été utilisée (Warren et Varley., 1992), comme les tunneliers
guidés par satellite et par laser, à raison d'un kilomètre par mois.
Les ouvrages souterrains ne sont pas une découverte moderne, car l’histoire de leurs
constructions remonte au temps où l’homme cherchait abri dans les cavernes naturelles ou dans
les refuges et les couloirs souterrains qu’il creusait.
La plus ancienne mention d'un tunnel est celle de Diodore de Sicile décrivant le tunnel de
Babylone qui aurait été construit par la reine Sémiramis, il y a près de 4000 ans.
Depuis les années 1970, la construction des tunnels s’est développée à la fois dans le
domaine des aménagements hydrauliques et surtout dans le secteur des communications
rapides. Il existe actuellement dans le monde environ 130 tunnels routiers de plus de 3km de
longueur, dont 25 de plus de 6km, et plus de 150 tunnels ferroviaires de plus de 6km de
longueur. Le plus long tunnel routier au monde est le tunnel du Saint-Gothard en Suisse (1980),
avec 16,9km, et le plus long tunnel ferroviaire au monde est le tunnel du Seikan au Japon
(1988), avec 53,85km. Le tunnel sous la Manche, mis en service en 1994, à une longueur de
près de 51km, mais son parcours sous-marin est le plus long au monde (28km) ([Link]-
[Link]).
Un tunnel est un ouvrage d’art souterrain qui est destiné à donner un passage à une voie de
communication (chemin de fer, un canal, une route, chemin piétonnier). Les grands ouvrages
hydrauliques sont apparentés aux tunnels grâce à leur mode de construction et leur grande
section.
La figure I.1 présente les termes couramment associés à l’excavation d’un puits ou d’un
tunnel. Le terrain se déforme à deux endroits : au front de taille on parle d’extrusion et en parois
on parle de convergence. Le front de taille est une surface plane dont le contour forme le profil
du tunnel.
3
Chapitre I Généralités sur les tunnels
Figure I.1. Coupe transversale et longitudinale d’un tunnel au voisinage du front de taille
(Levasseur., 2007)
Les tunnels de communication : les tunnels ferroviaires, les tunnels routiers et les
tunnels de navigation.
Les tunnels proprement dits et les puits qui sont des ouvrages à grand développement
linéaire et dont la section est constante ou peu variable.
4
Chapitre I Généralités sur les tunnels
Les cavités aux formes plus ramassées et souvent moins régulières dans lesquelles
aucune des dimensions ne sont prépondérantes.
Un ouvrage totalement ou partiellement enterré crée un impact visuel moins important qu’un
ouvrage équivalent établi en élévation (figure I.2).
Dans certains cas les ouvrages souterrains permettant de préserver la végétation naturelle et
les habitants et le passage des animaux (figure I.3).
Figure I.3. Tunnel d’autoroute formant une traversée verte permettant le passage des
animaux, des personnes et des végétations en Finlande (Godard., 2002)
5
Chapitre I Généralités sur les tunnels
I.5.3. L’avantage topographique
Dans les zones vallonnées ou montagneuses, ou pour franchir un fleuve, la réalisation des
tunnels améliore ou rend faisable la réalisation des routes, des chemins de fer et des canaux
(figure I.4).
Malgré les importants progrès des connaissances et les méthodes de construction, les coûts
de la construction des ouvrages souterrains sont plus élevés que ceux d’ouvrages équivalents
établis en élévation.
I.7. Conclusion
Les ouvrages souterrains jouent un rôle important dans la résolution de nombreux problèmes
telles que : la saturation des villes, le franchissement des montagnes, etc. Mais leur utilisation
provoque des perturbations dans le sol encaissant, pour cela les ingénieurs sont toujours à la
recherche des méthodes plus fiables pour excavation et des matériaux qui assurent la stabilité à
long terme.
6
Chapitre II
II.1. Introduction
Grâce aux innovations technologiques, et aux moyens puissants du calcul, les méthodes de
conception et de réalisation des ouvrages souterrains ont été très développées au cours de ces
dernières années. Néanmoins, le risque fait toujours partie de chaque étape d’un projet
souterrain. De ce fait, la réalisation et l’exploitation des ouvrages souterrains font appel à des
études géotechniques et des analyses approfondies pour assurer leur sécurité en minimisant les
risques d’instabilité. Compte tenu des caractères propres des ouvrages souterrains, les risques
d’instabilité, les accidents, même rares, ont des conséquences très importantes sur la population.
L'instabilité des ouvrages souterrains est une cause importante d'accidents tant pendant leur
réalisation que pendant leur exploitation. La rétro-analyse d'accidents passés est l'une des
méthodes permettant d'améliorer la prévention de tels accidents ainsi que la conception et le
dimensionnement des nouveaux projets.
II.2. Tunnel
Un tunnel désigne toute route ou chaussée située sous un ouvrage de couverture qui, quel
que soit son mode de construction, crée un espace confiné. Une section de route ou de chaussée
située sous un ouvrage de couverture n’est pas un espace confiné dès lors que l’ouvrage de
couverture comporte des ouvertures vers l’extérieur dont la surface est égale ou supérieure à un
mètre carré par voie de circulation et par mètre de chaussée.
Les tunnels sont construits afin de permettre la circulation dans de bonnes conditions de
sécurité et confort. Or, comme tous les ouvrages d’art, ils sont soumis à un vieillissement et des
évolutions qui peuvent mettre en péril leur stabilité, leur fonctionnalité la sécurité des usagers
ou le niveau de service assuré.
7
Chapitre II Désordres des tunnels
II.4.1. Effondrement
Un effondrement correspond à une rupture structurale, partielle ou totale, du tunnel. La
rupture du recouvrement se propage parfois jusqu'à la surface du sol formant une cuvette
d’effondrement ou un cratère. On parle d’un effondrement localisé lorsque cette rupture ne
concerne qu’une zone d'extension limitée (les effondrements localisés peuvent être le résultat
de la rupture du toit du tunnel) et d’un effondrement en masse ou généralisé lorsqu’il concerne,
au contraire, une zone étendue en surface. Un effondrement condamne l’utilisation du tunnel,
il nécessite des moyens considérables pour reprendre le projet ou l’exploitation de l’ouvrage
(Berkane., 2021) .
8
Chapitre II Désordres des tunnels
Figure II.2. Tunnel de Patra avant et après l’effondrement en Grèce, 1998 (Patra., 2004)
II.4.2. Tassements en surface (tassements différentiels)
Le creusement des ouvrages souterrains urbains dans des terrains meubles engendre,
souvent, un tassement du sol au-dessus du tunnel, pouvant endommager les infrastructures
situées en surface.
Le tassement différentiel s’exprime par des déformations dues à la différence des valeurs
des tassements des deux éléments structuraux successifs du tunnel.
La forte déformation peut résulter de plusieurs facteurs comme le gonflement, le fluage, les
déformations plastiques, les contraintes tectoniques. Les conséquences de la convergence sont
la fermeture de la section, la destruction du soutènement.
Lorsqu'un revêtement existe, seul son intrados sera révélateur de désordres. Une bonne
connaissance de la constitution d'une section revêtue de tunnel ainsi que la compréhension de
son fonctionnement sont alors indispensables.
9
Chapitre II Désordres des tunnels
Les désordres ne remettent pas toujours en cause l’utilisation du tunnel, mais imposent une
réparation importante.
A. Les fissures
Les fissures sont les discontinuités traduisant les efforts de traction ou de cisaillement à
l’intrados ou parfois à l’extrados des revêtements.
10
Chapitre II Désordres des tunnels
C. Avaries de surface
Altération des moellons en lamelles parallèles au parement, généralement peu profonde et
uniforme sur l’ensemble des moellons et de leurs joints, autrement dit « érosion superficielle ».
Humidité ;
Suintement ;
Venue d’eau ;
Remontée d’eau ;
Exsudats.
II.5.1. Humidité
Aucun écoulement n’est visible. Les zones humides plus ou moins étendues s’initient à partir
d’une fissure, d’un joint, ou de tout autre défaut du revêtement, y compris une perméabilité
générale importante. L’humidité est liée à la saison ou aux régimes thermiques et aéraulique du
tunnel dans la recherche des causes, il faut être circonspect car, l’humidité est liée à la saison
ou aux régimes thermiques et aérauliques du tunnel.
II.5.2. Suintement
Un léger écoulement en nappe est visible, sans que l’on puisse localiser avec certitude le ou
les exutoires. Ce désordre est quantifié par l’air de son extension.
11
Chapitre II Désordres des tunnels
II.5.5. Exsudats
La présence d’eau provoque le dépôt de produits de différente nature (sur l’intrados ou sur
une surface libre) qualifiés aussi d’exsudats. Ceux-ci étant des témoins de l’activité chimique
interne, il est nécessaire de bien les définir.
Le terme « efflorescence » est une appellation spécifique qui s’applique à des exsudats
fragiles et temporaires qui apparaissent dans certaines conditions d’humidité du support ou de
l’air, directement liés à la présence de sulfates à la surface ou au sein du support, ils peuvent
prendre la forme d’un chevelu ou d’une poudre blanche (sulfate de sodium)
Le terme « dépôt » par opposition aux précédents, s’applique à tous les dépôts non solides
ou faiblement adhérents, liés à une circulation d’eau, et qui peuvent apparaitre et s’accumuler
sur une surface libre, ils peuvent prendre la consistance d’une boue, d’un gel (produits ferriques)
ou provenir, dans de rares cas d’actions bactériennes.
Cette surveillance doit s’appliquer aux structures tout autant qu’aux équipements et doit
permettre une bonne gestion des opérations d’entretien courant qui concernent, en premier lieu :
L’entretien spécialisé (comme les purges préventives, l’hydro curage des réseaux
d’assainissement ou de drainage, …) est généralement dévolu à des entreprises ; il est déclenché
12
Chapitre II Désordres des tunnels
par le gestionnaire selon une périodicité adapte et/ou en fonction de ce que la surveillance
continue a décelé (CETU., 2015).
II.7. Conclusion
Un désordre même majeur ne constitue pas systématiquement un risque grave, en revanche
l’association de plusieurs désordres doit être regardé comme préoccupante.
13
Chapitre III
Méthodes de creusement et
de dimensionnement des
tunnels
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
III.1. Introduction
La détermination de la méthode de creusement d’un tunnel ainsi les caractéristiques du
soutènement posent le plus souvent une étape importante pour les projeteurs des tunnels puisque
la vérification de la stabilité est plus délicate et difficile à résoudre.
Au cours de ces dernières années, de nombreux progrès ont été réalisés dans les méthodes
de dimensionnement et de construction des tunnels. Des tunnels de diamètre de plus en plus
grand sont construits. Ainsi, la construction des tunnels est possible aussi dans les roches dures
que dans les terrains tendres.
Nous allons citer dans ce chapitre les déférentes méthodes d’excavation et de soutènement,
ainsi que quelques méthodes de prédimensionnement.
Le creusement traditionnel ;
Le creusement au tunnelier.
14
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
B. Creusement en demi-section
Il consiste à excaver, dans une première phase, la demi-section supérieure, dite « calotte »
du tunnel, suivant sa forme définitive. Dans une deuxième phase, on procède à l’excavation de
la demi-section inférieure appelée « Stross ». Cette méthode est conseillée pour les tunnels de
grandes dimensions (plus de 40 à 50 m2) car elle permet de maîtriser les problèmes de stabilité,
vue la dimension réduite du front de taille.
Par contre, cette technique nécessite un soutènement plus important (par cintre et/ou
blindage), dont la mise en place du soutènement s’effectue en principe à l’avancement de
chaque phase d’excavation.
15
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
16
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
Dans ce mode le terrain est excavé en pleine section par des techniques mécanisées. Le
tunnelier est une machine foreuse réalisant en continu le creusement d'un tunnel et, si
nécessaire, la mise en place d'un revêtement à faible distance du front de taille. Donc elle est
conçue pour réaliser cette excavation, en perturbant le moins possible son état d'équilibre
naturel.
Le tunnelier équipé d’un bouclier mécanisé est donc utilisé pour creuser des galeries en
souterrain. Dès lors il se doit d’assurer les fonctions suivantes :
17
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
Dans certaines circonstances, le soutènement provisoire peut également être utilisé à titre
permanent, par exemple dans le cas des voussoirs préfabriqués en béton mis en place par un
tunnelier (Idris., 2007).
18
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
Cintres lourds ;
Cintres réticulés ;
Voussoirs en béton ;
Tubes enfoncés (voûte en forme de parapluie) ;
Boucliers.
D. Soutènement consolidant le sol en vue de modifier ses propriétés géotechniques et/ou
hydrologiques
Sont essentiellement :
Injection de consolidation ;
Air comprimé ;
Congélation ;
III.5.3. Types de soutènements
On distingue deux grandes catégories de soutènements :
Le boulonnage
Les cintres
A. Boulonnage
Le boulonnage est une technique légère de soutènement, utilisé en premier lieu en mines
souterraines puis développé dans les tunnels, les galeries…etc.
Le renforcement (barre, tube d’acier ou de fibres de verre) est placé à l’intérieur du massif.
On fixe dans le terrain, soit par ancrage, scellement ou friction. Leur action dépend du
comportement du massif ; dès que le terrain se déforme, les boulons subissent un allongement
et se mettent en tension (confinement du terrain).
B. Cintres
Il s'agit d'ossatures en forme d'arcs ou de portiques, disposées selon la section transversale
de l'ouvrage et dont les membrures sont placées le long des parois de l'excavation, le calage
contre le terrain se faisant soit directement, soit par l'intermédiaire d'une "peau" ou blindage
masquant totalement ou partiellement la paroi.
19
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
Ils sont généralement composés d'éléments relativement rigides. La forme des pièces qui les
composent, et qui peuvent être en bois, en métal ou en béton, se rapproche autant que possible
du profil de l'ouvrage. C'est ainsi que, dans le cas où ce profil est courbe et où la structure est
constituée de profilés métalliques, ceux-ci sont généralement "cintrés" pour épouser la forme
précise du profil.
C. Revêtements définitifs
Après la stabilisation des convergences, on pose le revêtement définitif du tunnel, dans le
but de reprendre les efforts à long terme (fluage, gonflement, la pression hydrostatique). Il a
une fonction de protection, de l’étanchéité et de support de la structure internes (panneaux,
ventilation …). Donc on peut définir le revêtement définitif d’un tunnel comme la structure
résistante.
Leur domaine d’emploi correspond aux tunnels creusés avec une machine d’attaques
globale (tunnelier) dans les roches et les sols meubles. Les voussoirs assurent alors d’une part
l’appui pour la machine qui permet de forer le terrain, et d’autre part le soutènement des parois
du tunnel immédiatement à l’arrière. Le vide annulaire entre la paroi de l’excavation et
l’extrados des voussoirs est comblé par injection de bourrage. Il est recommandé de procéder à
ces injections immédiatement après la pose des voussoirs.
20
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
a. Méthodes empiriques qui sont fondées sur une classification géotechnique des roches ;
b. Méthodes analytiques qui sont fondées sur des solutions analytiques en mécanique des
milieux continus ;
c. Méthode de calcul numérique.
III.6.1. Méthodes empiriques
Les méthodes empiriques sont fondées sur des corrélations entre, d’une part, l’identification
physique et la classification des roches et, d’autre part, des caractéristiques de soutènement.
Ces méthodes sont utilisées dans les études préliminaires et ne concernent que les ouvrages
creusés dans les roches. Elles présentent l’avantage d’être simples et rapides, donc peu
coûteuses. Néanmoins, leur emploi et l’interprétation des résultats nécessitent une certaine
habileté de la part de l’ingénieur d’études et les méthodes les plus répandues sont
:(Purwodihardjo, 2004).
B. Méthode de TERZAGHI
Terzaghi (Terzaghi., 1946) a proposé que le facteur de charge de la roche (Hp) soit la hauteur
de la zone d'ameublissement au-dessus du toit du tunnel, qui est susceptible de charger les arcs
en acier.
Il a étudié les discontinuités structurelles des masses rocheuses. Une vaste expérience
acquise dans les tunnels a montré que la roche qui se comprime est en réalité un sol qui se
comprime, car une masse rocheuse articulée et faible s'effondre en cas de forte contrainte de
21
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
surcharge et se comprime dans les tunnels. Terzaghi a combiné les résultats de ses expériences
sur les trappes et les charges rocheuses estimées des tunnels alpins pour calculer les facteurs de
charge rocheuse en termes de largeur et de hauteur du tunnel de la masse rocheuse détachée au-
dessus de la couronne du tunnel (figure III.4). Les facteurs de charge des roches pour l'ensemble
des neuf classes de roches sont indiqués dans le tableau III.1. (Goel., 2016).
Avec
B : Largeur du tunnel.
𝐻𝑡 : Hauteur du tunnel.
Figure III.4. Le concept de (Terzaghi., 1946) de charge de la roche dans les tunnels
(Goel., 2016)
22
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
23
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
Les déformations et les efforts (M, N, T) du revêtement sont calculés par les formules de la
résistance des matériaux. Les déformations du sol derrière le soutènement sont représentées à
l’aide de modules de réaction, qui supposent que la réaction en un point dépend linéairement
du déplacement de ce point. L’approximation de base de ces méthodes est que tous les facteurs
liés au massif de sol (déformabilité, état initial, etc.) sont modélisés par les forces extérieures
et par les modules de réaction. Le coefficient K dépend des caractéristiques du terrain, mais
aussi du rayon moyen de l’excavation et de sa forme.(Purwodihardjo., 2004)
K = 𝐸/ (1 + ν) 𝑅
avec
𝐸 : Module de Young.
ν : Coefficient de poisson.
𝑅 : Rayon de l’excavation.
B. Méthode Convergence-confinement
La méthode Convergence - Confinement est un outil de base et largement utilisée pour la
conception préliminaire des structures de soutènement souterraines, basée sur l'analyse des
contraintes et des déformations autour d'un tunnel. Il donne un aperçu de l'interaction entre le
soutènement et le sol au moyen d'un modèle de déformation plane du creusement du tunnel.
24
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
isotrope où les effets de la gravité peuvent être ignorés. Le comportement mécanique de la roche
est considéré comme instantané (De La Fuente et al., 2021).
On écrit : 𝑃𝑖 = (1 − 𝜆(𝑥))𝜎0
𝜆(𝑥) : Taux de déconfinement, il dépend de la distance (𝑥) au front de taille ainsi que de la
loi de comportement du massif, il varie de zéro à 1, calculé par la formule suivante :
2
𝑚0 𝑅
𝜆(𝑥) = 𝛼 + (1 − 𝛼) (1 − [ ] )
𝑚0 𝑅 + 𝑥
avec :
R : rayon d’excavation.
25
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
𝑃𝑖𝑠 = 𝐾𝑠 . (𝑈𝑖 − 𝑈0 )
Une phase plastique, après umax . Cette zone correspond à la rupture du soutènement,
elle est donc interdite.
Le confinement initial U0
avec :
𝑈0 = 𝜆(𝑥). 𝑢𝑖𝑛𝑓
26
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
4. Méthode de frontière.
27
Chapitre III Méthodes de creusement et de dimensionnement des tunnels
III.7. Conclusion
À travers ce chapitre, nous avons exposé une partie de l’état de l’art dans le domaine du
soutènement des ouvrages souterrains. Les différents types ont été présentés et détaillés.
Quelques méthodes de calcul ont été mises en évidence pour avoir une idée sur le mode de
dimensionnement de ces derniers.
Il faut reconnaitre que durant les dernières décennies, des évolutions dans la conception et
la réalisation des ouvrages souterrains ont été menées parallèlement à celles des soutènements,
ce qui a donné un essor important à cette catégorie de construction mené en parallèle avec un
avancement des moyens de calculs numériques utilisant des logiciels très bien adaptés aux
différentes situations ainsi des méthodes de modélisation et du dimensionnement ont été
développés.
28
Chapitre IV
Comportement des tunnels
sous séismes
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
IV.1. Introduction
Les ouvrages souterrains sont réputés peu sensibles aux séismes, car ils sont relativement
souples et ils suivent la déformation du massif sans perturber notablement la propagation des
ondes de cisaillement dans le sol. Cependant, une justification parasismique de ces structures
reste nécessaire. En effet, d’après certaines observations, les séismes récents les plus forts ont
causé des dommages à divers ouvrages souterrains, tels que ceux du métro de Kaikai au Japon.
Il se produit de très nombreux séismes tous les jours, mais la plupart ne sont pas ressentis
par les humains. Environ cent mille séismes sont enregistrés chaque année sur la planète. Les
plus puissantes d’entre eux comptent parmi les catastrophes naturelles les plus destructrices. La
science qui étudie ces phénomènes est la sismologie (étudiée par des sismologues) et
l’instrument d’étude principal est le sismographe.
Un tremblement de terre est une secousse plus ou moins violente du sol qui peut avoir quatre
origines : rupture d'une faille ou d'un segment de faille (séismes tectoniques) ; intrusion et
dégazage d'un magma (séismes volcaniques) ; explosion, effondrement d'une cavité (séismes
d'origine naturelle ou dus à l'activité humaine). En pratique, on classe les séismes en quatre
catégories selon les phénomènes qui les ont engendrés :
Séismes tectoniques ;
Séismes d’origine volcanique ;
Séismes d’origine artificielle ;
Séismes polaire.
29
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Selon les Règles Parasismiques Algériennes RPA 99 / Version 2003 et RPOA, 2008, le
territoire Algérienne est divisé en cinq zones de sismicité croissante, définies sur la carte des
zones de sismicité (figure VI.1)
D’après la carte du zonage sismique, la région en étude, où est implantée notre projet de
réalisation d’un tunnel, est classée en tant que zone sismique III (Sismicité très élevée).
L’amplitude des mouvements sismiques est plus faible en profondeur qu’en surface. La
présence d’une couche de sol meuble au-dessus d’un substratum plus rigide a pour effet
d’amplifier fortement en surface les vibrations pour des fréquences caractéristiques qui
dépendent des caractéristiques de déformabilité du sol et de son épaisseur.
30
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Owen et Scholl (Owen et Scholl, 1981) ont illustré les trois types de déformations qui
expriment la réponse sismique des ouvrages souterrains comme suit :
Flexion longitudinale ;
Déformation d’ovalisation.
Lorsque les ondes de compression se propagent parallèlement à l'axe du tunnel, les contraintes de
cisaillement transférées entre le sol et la structure provoquent une alternance d'efforts de compression
et de traction, comme illustré aux Figures IV.2c et IV.2d. Ces forces sont limitées par la résistance au
cisaillement de l'interface entre la surface du tunnel et le sol environnant.
B. Flexion longitudinale
Si les ondes sismiques se propagent de manière oblique par rapport à l'axe du tunnel, les
composantes des ondes sismiques produisant des mouvements de particules perpendiculaires à
l'axe longitudinal, comme indiqué dans les Figures IV.2a et V.2b. Ces mouvements soumettent
différentes parties de la structure à des déplacements déphasés. Il en résulte une onde de
compression-réfraction longitudinale se propageant dans le tunnel.
C. Déformation d’ovalisation
Ces déformations se développent sous l'effet d'une propagation des ondes de cisaillement
normale ou presque normale à l'axe du tunnel, comme illustré aux figures VI.2e et VI.2f.
31
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Les méthodes utilisées pour l'analyse sismique et la conception des tunnels peuvent être
classées selon l’organigramme de la figure IV.3 et aux approches suivantes : (Hashash et al.,
2001) ; Les solutions élastiques de forme fermée et l'analyse, sont utilisées dans ces approches.
32
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
33
Chapitr IV Comportement des tunnels sous séismes
Dans cette approche, le système tunnel-sol est simulé comme une poutre élastique sur une
base élastique, en utilisant la théorie de la propagation des ondes dans un milieu infini,
homogène, et isotrope. Les solutions ignorent les effets d'interaction dynamique (inertielle).
Les efforts dans un tunnel sont calculés en supposant que les déformations dans le
revêtement, induit par un chargement sismique, sont les mêmes que celles produites dans le sol
en champ libre sur cette base, plusieurs auteurs tentent de trouver des solutions analytiques
permettant le calcul de l’effort normal et le moment fléchissant dans le revêtement du tunnel
soumis à la déformation d’ovalisation (figure IV.4) (Penzien, 2000), (Bobet, 2003), (Park et al.,
2009). Par ailleurs, ces approches bidimensionnelles négligent le plus souvent la perturbation
du champ de contraintes initiales autour du tunnel provoqué par les travaux de creusement du
tunnel (Sliteen et al., 2013).
34
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Tunnel pendant le
mouvement simique
Tunnel pendant le
mouvement simique
Onde de
cisaillemen
t
Distorsion du tunnel
B. Approches numériques
L’effet de la non linéarité du sol sur le comportement sismique des tunnels a fait l’objet de
nombreux travaux dans ces travaux le comportement du sol est décrit par différents modèles,
tels que Mohr Coulomb ou de Duncan. Parmi les dernières études, on peut également citer les
études de (Khoshnoudian, 1999), (Amorosi et Boldini, 2009)et (Shahrour et al., 2010).
35
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
écrouissage cinématique et isotrope non linéaire pour tenir compte du comportement cyclique
des sols.
Son travail a montré que la plasticité peut affecter d’une manière significative les efforts
causés par le chargement sismique dans le revêtement. La prise en compte de la plasticité se
réduit les efforts induits dans le revêtement d’environ 50% (Figure IV.5).
Amorosi et Boldini (Amorosi et Boldini, 2009) ont introduit la plasticité en utilisant le critère
de Mohr Coulomb dans la loi de comportement du sol, pour analyser l’effet de plasticité sur
l’interaction sol-tunnel dans des conditions de sollicitations dynamiques.
Ils ont proposé un modèle bidimensionnel par éléments finis utilisant un code de calcul
(PLAXIS 2D, 2003). Leurs résultats confirment ceux de (Khoshnoudian, 1999)
La plasticité modifie, qualitativement et quantitativement, la distribution des contraintes
dans le revêtement. En effet, le comportement du revêtement se caractérise par une diminution
des efforts lors du séisme par rapport à l’analyse élastique, notamment en ce qui concerne le
moment fléchissant.
Shahrour (Shahrour et al., 2010) ont poursuivi les travaux de (Khoshnoudian, 1999) sur
l’analyse non linéaire du comportement sismique du tunnel, pour étudier l’effet de la dilatance
du sol à l’aide du modèle MODSOL.
Le moment fléchissant et le déplacement vertical ont été comparés pour deux valeurs de
l’angle de dilatance (φ = 30°). A partir des résultats, nous pouvons voir que la diminution de
36
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
cet angle réduit légèrement le moment fléchissant maximal, mais entraine en revanche une
variation significative du déplacement vertical liée à la réduction de la déformation volumique.
B.2. Interaction sol-tunnel
Les problèmes d’interaction dynamique sol-structure dans le cas des tunnels est un aspect
très important à considérer (Clouteau et al., 2001), (Guéguen et al., 2002),(Chazelas et al.,
2003). Si la structure vibre sous l’influence d’un tremblement de terre, le mouvement à sa base
dépend des caractéristiques du sol : modification de la raideur au niveau de la fondation et le
rayonnement d’énergie du sol. De plus, La présence d'un ouvrage souterrain perturbe les
déformations de champ libre du sol.
B.3. Mouvements de terrain en surface
Selon (Sliteen et al., 2013) la réponse sismique des tunnels entraine d’éventuelles
modifications du mouvement du sol à la surface lors du séisme. Ces modifications sont
principalement dues à la diffraction et à l’amplification des ondes sismiques dues à la présence
des ouvrages souterrains.
Le problème bidimensionnel de la diffraction des ondes sismiques à travers des cavités dans
un demi-espace élastique a fait l'objet de nombreuses études.
Une solution numérique bidimensionnelle basée sur les fonctions de Green pour obtenir la
réponse d'une cavité cylindrique qui est noyée dans une demi-espace viscoélastique et uniforme
et soumise aux ondes sismiques.
Les résultats numériques pour le champ de déplacement total sur la surface sont présentés
pour l’incidente verticale des ondes P, SV et des ondes de Rayleigh.
Cette solution a été comparée par (Kham, 2004) qui a réalisé des études analytiques et
numériques (modélisation par éléments de frontières) dans une cavité (figure IV.6), qui
représente un tunnel cylindrique infiniment long à l’intérieur d’un milieu semi-infini. L’axe du
tunnel est parallèle à la surface libre. Le milieu environnant est homogène, isotrope, linéaire et
élastique. La comparaison a été faite en utilisant une fréquence de sollicitation réduite :
𝜔. 𝑎
𝜂=
𝜋. 𝛽
Où
ω : la fréquence de sollicitation ;
a : le rayon du tunnel ;
𝛽 : La partie réelle de la vélocité de l’onde de cisaillement.
37
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Les résultats montrent une très bonne concordance entre le modèle analytique et numérique
(Figure IV.7).
Des études antérieures (Li et al., 2010) , ont étudié la réponse sismique dans les tunnels sous
l’effet des ondes de Rayleigh, qui consistent respectivement à combiner les chargements
sismiques horizontale et verticale (ondes s) et (ondes p), à la surface du sol. Les résultats des
études ont montré que les ondes de Rayleigh pouvaient être significatives dans le cas de tunnels
de distribution souterrains très superficiels.
38
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Par conséquent, un modèle tridimensionnel est nécessaire pour étudier la réponse sismique
d’un tunnel en cours de construction ou soumis à des sollicitations sismiques
tridimensionnelles.
La plus grande difficulté pour examiner le comportement d’un tunnel lors de réalisation
réside à la fois dans l’aspect purement tridimensionnel du problème, qui nécessite des modèles
de calculs lourds, et d’autre part la prise en compte d’évolution de l'état de contraintes autour
de l’ouvrage lors de construction induit par le phasage des travaux avant d’étudier la réponse
sismique. La prise en compte de la plasticité induite dans le sol lors du creusement joue
également un rôle important, qu’il convient d’intégrer dans l’étude tridimensionnelle afin
d’examiner ses effets sur la réponse sismique.
Ondes
Ondes R
Ondes S
P
Différents types d’ondes sismiques pouvant affecter la réponse d’un
tunnel (Berkane, 2020)
IV.7.1. Evolution de la géométrie
Lors de l’excavation d’un tunnel, l’avancement du front de taille provoque une perturbation
dans le terrain qui se propage dans les directions longitudinale et transversale et modifie le
champ de contraintes préexistant dans la zone (figure IV.9). L’extension de la zone perturbée
est fonction de :
39
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
Les ouvrages souterrains sont réputés peu sensibles aux séismes, car ils sont relativement
souples et ils suivent la déformation du massif sans perturber notablement la propagation des
ondes de cisaillement dans le sol. Cependant, une justification parasismique de ces structures
reste nécessaire. En effet, d’après certaines observations, les séismes récents les plus forts ont
causé des dommages à divers ouvrages souterrains, tels que ceux du métro de Kaikai au Japon.
La littérature présente deux méthodes de calcul pour dimensionner les ouvrages souterrains
sous sollicitations sismiques : le calcul pseudo-statique et le calcul dynamique. La méthode
pseudo-statique peut être simple à utiliser par les ingénieurs en bureau d’études, malgré le
manque de précision issu des hypothèses de calcul. Par ailleurs, un calcul dynamique nécessite
des moyens de calcul plus puissants, mais donne des résultats plus proches de la réalité.
40
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
1. L’approche en force ;
2. L’approche en déformation.
Dans l’approche en forces, les actions sismiques imposées sur l’ouvrage sont :
Dans l’approche en déformations, l’action sismique est considérée selon les mouvements
différentiels du sol en champ libre, à la profondeur de l’ouvrage. L’interaction terrain-
revêtement peut être prise en compte avec des appuis élastiques interposés entre la structure du
tunnel et le terrain encaissant (AFTES ., 2001).
Le calcul dynamique, basé sur la méthode des éléments finis ou des différences finies, est
notamment utilisé pour trouver une solution plus réaliste des problèmes d’interaction
dynamique terrain-structure. La structure et le terrain sont alors représentés avec leurs propres
caractéristiques dynamiques. Une telle modélisation permet de modifier à la fois les
mouvements du terrain et de la structure, induits par le champ incident. Cette méthode nécessite
de simuler correctement le comportement du terrain, en utilisant, par exemple, un modèle de
type visco-élasto-plastique. La surface de contact entre le terrain et la structure peut également
être représentée avec ses caractéristiques physiques (contact parfait, lisse et décollé).
Cette analyse se base, d’une part sur des hypothèses de modélisation des sols, d’interfaces
et des frontières du modèle qui comportent des approximations et d’autre part, sur des
accélérogrammes entachés.
41
Chapitre IV Comportement des tunnels sous séisme
IV.9. Conclusion
A travers ce chapitre, nous avons essayé de mettre en évidence l’influence du séisme sur le
comportement dynamique d’un tunnel et du sol environnant ; et citer quelques déformations
qui peuvent être engendrées ainsi que les méthodes d’analyse qui permettent d’assurer la
stabilité du système sol-tunnel.
42
Chapitre V
Présentation du logiciel
Plaxis et modélisation
numérique
Introduction
L’analyse de projets géotechniques est possible grâce à de nombreux codes de calcul en
éléments finis. L’ingénieur ayant de l’expérience en ce domaine sait que, le poids des
hypothèses permettent le passage de la réalité au modèle est difficile à évaluer. Il sait que le
jargon éléments finis est parfois rebutait-il souhaiterait ne pas avoir à intervenir sur la
numérotation des noeuds, des éléments, sur certains choix réservés au numéricien. Il voudrait
disposer du code sur le PC gérant sa bureautique et sa technique quotidienne, afin de faire une
étude paramétrique des problèmes délicats. Il exige avant tout que ses journées ne soient pas
encombrées par de laborieuses entrées de données et interprétations de fichiers conçus par des
géotechniciens numériciens, le code éléments finis : Plaxis 2D.
Au cours des années Plaxis a été étendu à la plupart des autres domaines de l’ingénierie
géotechnique. En 1998, la première version du Plaxis a été publiée pour Windows, elle peut
résoudre des différents problèmes comme les fondations superficielles, les soutènements, les
remblais et les excavations. Durant la même période une version 3D du logiciel a été
développée. Après quelques années de développement le logiciel 3D Plaxis Tunnel program est
sorti en 2001.
43
Partie 1
Présentation du logiciel
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
V.1. Introduction
Plaxis est un programme d’éléments finis en deux dimensions ou en trois dimensions
spécialement conçu pour réaliser des analyses de déformation et de stabilité pour différents
types d’applications géotechniques. Les situations réelles peuvent être représentées par un
modèle plan ou axisymétrique. Le programme utilise une interface graphique pratique
permettant aux utilisateurs de générer rapidement un modèle géométrique et un maillage
d’éléments finis basés sur la coupe verticale de l’ouvrage à étudier.
Enfin, les options simplifiées (initiation des contraintes, pressions interstitielles) permettent
d’aller droit au but (prévoir le comportement d’un ouvrage).
44
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Les options par défaut commencent dès le maillage : si seules les grandes lignes de celui-ci
importent, le détail des éléments, agencé de manière optimale du point de vue numérique, sera
entièrement généré par le logiciel à partir d’un petit nombre de nœuds. De même en ce qui
concerne les conditions aux limites en déplacements : si elles ont un caractère standard (vecteur
déplacement nul à la base du domaine étudié et vecteur déplacement horizontal nul sur ses faces
latérales), l’application peut être constituée automatiquement (par défaut) à partir du menu avec
contrôle immédiat du résultat à l’écran. L’application des contraintes initiales dues au poids des
terres peut être réalisée de manière exacte par activation du multiplicateur de chargement relatif
au poids propre. Par contre, si comme bien souvent en géotechnique on connaît ou on sait
estimer un état K0 donné, celui-ci peut être spécifié directement. Dans ce cas, le massif est
souvent en léger déséquilibre (incompatibilité entre K0 et les autres caractéristiques
mécaniques). Le menu permet alors, par un chargement fictif nul, de rééquilibrer le massif, puis
de réinitialiser à zéro le champ de déplacement de manière à prendre comme nouvelle origine
l’état du matériau après application de la gravité. L’option K0 est particulièrement intéressante
(et réaliste) dans le cas d’un modèle hétérogène de surface libre presque horizontale.
45
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
46
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
PLAXIS
HELP
HELP
HELP
Laods Frames
Geometry Deformatio
Materials n
Stresses
Mesh
Window
Initial
conditions
47
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
a) Géométrie
- L'outil « géogrid » sert à dessiner des structures élancées avec une résistance en
compression ou traction, mais qui ne possèdent aucune résistance de flexion.
Cet outil est généralement utilisé pour modéliser les géogrilles et ancrages.
Sur Plaxis, il y a également un outil tunnel qui permet de modéliser un tunnel prenant en
compte les facteurs qui concernent ce type d'ouvrage.
Une fois la géométrie définie, il faut entrer les conditions limites, c'est-à-dire les
déplacements et les contraintes imposées aux limites extérieures de la géométrie. Si aucune
condition limite n'est fixée sur un tronçon, par défaut le logiciel considère que l'élément n'est
soumis à aucune force extérieure et est libre de se déplacer dans toutes les directions.
Les conditions limites pouvant être imposées sont celles qui imposent un déplacement dans
une direction donnée ou celle qui impose une force dans une direction donnée. Plusieurs outils
permettent de créer une large gamme de conditions limites (force repartie, force ponctuelle,
encastrement, glissement, etc.).
Ensuite, il convient de définir les différentes propriétés des différents matériaux selon son
type (sol et interface, plaque, ancrage, géogrille, etc.…), le modèle de comportement et les
différents paramètres permettant de le définir. Pour les sols, en plus de la définition des
48
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
caractéristiques mécaniques, leurs interfaces avec les autres types d'éléments peuvent être
paramètres, il faut également définir le comportement hydraulique du sol (drainer, non-drainer
ou non-poreux).
d) Maillage
Le maillage est généré automatiquement, ce qui est un point fort de Plaxis. L'opérateur peut
paramétrer la finesse du maillage entre différentes options (très grossier, grossier, moyen, fin,
très fin), l'opérateur peut également décider de mailler plus finement une certaine région du sol
ou/et le voisinage d'un élément grâce aux options refine dans le mesh menu.
Une fois le maillage effectue, il convient de paramétrer les conditions initiales du sol, cette
procédure passe généralement par la définition d'un coefficient des terres au repos.
La définition des conditions initiales se fait en deux étapes distinctes Tout d'abord, lorsque
la fenêtre des conditions initiales s'ouvre, seul le sol est activé. L'opérateur active les éléments
constructifs (déplacements et/ou contraintes impose(e)s, ancrage, plaque) qui correspondent à
l’instant initial. Il désactive les éléments de sol qui ne correspondent pas à cet instant initial
(Brinkgreave, 2003).
• La première qui s'appelle "initiale pore pressure" permet de définir un niveau de nappe
phréatique initial (si besoin), et de générer les pressions interstitielles correspondantes ;
f) Phase de calcul
Après avoir effectué l'ensemble de ces paramétrages, on peut accéder aux calculs par le
bouton poussoir "ca1cu1ation". L'interface "input" de « P1axis » se ferme et laisse la place à
une nouvelle interface : "calculation". Une phase 0 est déjà calculée, cette phase correspond à
l'état initial de la structure. Cette interface permet de définir le phasage de la modélisation de la
construction.
De nouvelles phases de calcul peuvent être créées basées sur une phase existante. Pour
chaque phase on peut modifier la géométrie par l'intermédiaire de la même interface qui a servi
49
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
à définir les conditions initiales. On peut donc effectuer des changements uniquement en
activant ou désactivant des éléments. Le niveau de la nappe phréatique peut être modifié, ainsi
que certaines propriétés des matériaux, des éléments autres que le sol (modification des
paramètres entrés en input, imperméabilité et/ou la non-consolidation de certaines parois). Le
niveau d'intensité et la position des conditions limites des chargements en déplacement et en
contrainte peuvent également être modifiés.
Cependant, aucun nouvel élément ne peut être créé à ce niveau que ce soit une charge, un
déplacement, une condition aux limites ou une plaque un ancrage etc....
D’autres types de phases peuvent être créés autre que la simple activation ou désactivation
d'élément (phase de consolidation par exemple). Un certain nombre de types de calcul peut être
simulé (consolidation, détermination du facteur de sécurité, déformation plastic, étude
dynamique). Une fois le phasage de l'étude terminé, des points caractéristiques peuvent être
placés.
Les courbes de résultats de Plaxis seront calculées en ces points. Après avoir appuyé sur
« calculate « les calculs se lancent. Une fois terminée, les résultats sont visionnables grâce à la
touche « output »
Le code PLAXIS contient plusieurs outils pour visualiser et analyser les résultats concernant
le sol soit en déformations (maillage déformé, déplacements et déformations totaux) soit en
contraintes (contraintes effectives, totales, les points plastiques, les pressions interstitielles).
50
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Démarches de calculs
Angle de frottement
(φ) Maillage Plastique
Cohésion Consolidation
(c)
Phase de calculs
Coefficient de sécurité
Angle de dilatance
(Ψ) Calculs dynamiques
Résultats
Contraintes Déformations
(Tassements)
51
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
modèle élastoplastique avec écrouissage dont le modèle Hardening Soil de Plaxis fait partie
(Levasseur. 2007).
A. Modèle de Mohr-Coulomb
Ce modèle est utilisé généralement pour une première approximation du comportement d’un
sol. C’est un modèle élastique parfaitement plastique (sans écrouissage) nécessite la
détermination de cinq paramètres qui sont : le module de Young E, coefficient de poisson µ, la
cohésion C, l’angle de frottement φ, l’angle de dilatance ψ (figure V.5).
Les deux premiers (E, ʋ) sont des paramètres intrinsèques élastiques, les deux autres (φ, C)
sont des caractéristiques mécaniques de résistance (tableauV.1). L’angle de dilatance ψ est un
paramètre relatif à la règle d’écoulement plastique. (Lamri, 2008)
Il aurait pu sembler logique, si G est utilisé comme paramètre élastique, d’utiliser K comme
second paramètre. D’une part Ku est infinie (correspondant à νu= 0.5) et il est moins courant
d’emploi. G est en fait le module mesuré dans les essais pressiométriques. (Brinkgreve, Al-
Khoury, et PLAXIS 2003)
52
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Le modèle élastique linéaire de PLAXIS peut être employé surtout pour modéliser les
éléments de structures béton ou métal en interaction avec le sol. Il peut aussi être intéressant
pour certains problèmes de mécanique des roches.
Module de Cohésion
Paramètres Coefficient L’angle de L’angle de Poids
Young de poisson frottement dilatance volumique
Symboles E ν C φ ψ γ
53
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
B. Coefficient de poisson « ʋ »
On conseille une valeur de 0.2 à 0.4 pour le coefficient de poisson. Celle-ci est réaliste pour
l’application du poids propre (procédure K0 ou chargement gravitaires). Pour certains
problèmes, notamment en décharge, on peut utiliser des valeurs plus faibles. Pour des sols
incompressibles, le coefficient de poisson s’approche de 0.5 sans cette valeur soit utilisable
C. L’angle de frottement « »
L’angle de frottement est constant. Il est indépendant de la contrainte moyenne. Il peut être
celui de frottement de pic ou celui de frottement du palier.
D. La cohésion « C »
Plaxis peut manipuler des sables sans cohésion, mais certaines options ne fonctionneront pas
bien. Pour éviter les complications, il est conseillé aux utilisateurs peu expérimentes d’entrer
au moins une valeur faible (C > 0.2 KN/m2). Plaxis propose une option spéciale pour les
couches dans lesquelles la cohésion croît avec la profondeur.
E. Angle de dilatance « ψ »
Elle est donnée en degré. Sauf pour les couches très sures consolidées, les sols argileux ne
présentent aucune dilatance (ψ = 0). Il peut être facilement évalué par la règle suivante :
Problème géotechnique, la question n’est pas simple car il n’existe pas de modèle
« universel ».
54
Partie 2
Modélisation numérique
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Figure V.7. Projet d’extension du métro d’Alger El Harrach Centre – Bab Ezzouar – Aéroport
International d’Alger (COSIDER TP 2020)
Le modèle géométrique doit non seulement comporter la phase initiale, mais aussi la phase
d’excavation du tunnel et application des voussoirs ainsi la phase de l’activation de la
contraction avec un Cref = 0.5.
Une fois le modèle géométrique est entièrement défini (figure V.8), et les propriétés de tous
les éléments géométriques ont été affectées, le modèle géométrique est terminé et le maillage
peut être généré.
56
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
(kN/m2)
(kN/m2)
(m/jour)
(kN/m3)
couche
(kN/m3)
(m/jour)
kx
ky
γd
γh
Ø (º) K0
C
E
Nom de la couche
)
1
Remblais (Re) 17 20 10000 0 20 0.6 0.1 0.1
2 Argile limoneuse peu
sableuse (Qa) 17 20 30500 31 24 0.6 10-8 10-8
3 Sables limoneux-argileux
avec présence des grés 18 21 54000 10 33 0.5 10-4 10-4
(Qs)
4 et 6 Argile Marneuse à marne
jaunâtre a grisâtre (QM) 17 21 38000 40 23 0.6 10-8 10-8
5 Sables limono-argileux
avec présence de cailloux 18 21 77000 31 24 0.6 10-7 10-6
(QMSG)
7 et 9 Sable fin, moyen à
grossier, jaunâtre avec 18.5 21 156000 10 33 0.5 10-3 10-3
présence de grés sous
forme de fragments (Ts)
8 Argile Marneuse a
Marne verdâtre a grisâtre 17 21 50000 41 26 0.6 10-8 10-8
(TM)
57
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
58
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Bloquage horizontal
Bloquage total
V.2.8. Maillage
Les éléments utilisés pour le maillage sont des éléments triangulaires à 15 nœuds. Ce
maillage nous donne une distribution plus fine des nœuds (Figure V.10), ce qui implique que
les résultats vont être plus précis par rapport au même maillage avec 6 nœuds. Cependant
l’utilisation d’éléments à 15 nœuds prend plus de temps.
59
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
A. Conditions hydrauliques
La nappe phréatique initiale est condédérée global (figure V.11) avec la présence de
frontières imperméable en bas du modèle.
60
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
B. Contraintes initiales
Les différents points d’application des contraintes sont générés par le logiciel comme
indiqué sur la figure (IV.12), où on remarque une concentration très dense de contraintes tout
autour de la structure, due au changement de rigidité entre le sol et la structure.
Phase initiale : initiation des contraintes (procédure K0) ; on détermine les contraintes
effectives initiales ;
Phase 1 : application du chargement surfacique ;
Phase 2 : excavation et mise en place des voussoirs ;
Phase 3 : activation de la contraction.
61
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
62
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
La figure V.15 représente l’évolution des déplacements totaux obtenus lors du creusement
du tunnel. On remarque que le déplacement maximal est localisé au niveau de la partie latérale
supérieure du tunnel (voûte), qui se propage par diminution vers la surface. La valeur du
déplacement total varie entre 80 mm et 20 mm en surface.
63
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
La figure (V.16) représente l’évolution des déplacements totaux à long terme (installation
des voussoirs). On constate que les déplacements se répartissent de la même manière que
précédemment, mais avec une diminution en donnant une valeur maximale de 6.05 mm.
Dans le but de bien visualiser les résultats, nous avons jugé utile d’analyser le résultat en
termes de tassement au niveau des profils bien choisis initialement (voir figure V.17), et on
s’intéresse à l’évolution des tassements fonction du temps au-dessous du tunnel. Probablement,
cette surface fera objet de nouvelle construction.
Pa
Profil H_ A
Pb
Profil V_1 Profil V_ 2
Profil H_B
Pc
Pd
Profil H_C
Profil H_D
Pe
Les paragraphes qui suivent dressent l’état des tassements transversaux et longitudinaux
issus du calcul numérique.
64
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
0
-5
-10
-15
-20
-25
Profondeur (m)
-30
-35
-40
-45
-50
-55
Phase initiale
-60 Phase du creusement
-65 Excitation dynamique
Installation du tunnel
-70
-0,06 -0,05 -0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0,00 0,01 0,02
Tassements (m)
0
-5
-10
-15
-20
-25
Profondeur (m)
-30
-35
-40
-45
-50
-55 Phase initiale
-60 Phase du creusement
Installation- voussoirs
-65 Excitation dynamique
-70
-0,06 -0,05 -0,04 -0,03 -0,02 -0,01 0,00 0,01 0,02
Tassements (m)
65
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
Selon la figures (V.18) (V.19) un tassement maximal de l’ordre de 50 mm est localisé à une
profondeur de 41 m soit au-dessus de la zone d’excavation et cela pendant la phase du
creusement ; par contre, après installation des voussoirs le tassement a été réduit à 12 mm soit
un taux de réduction de 24 %, par l’excitation sismique ; le tassement localisé est de 16 mm,
cette valeur est circonscrite entre les tassements des deux phases de réalisation.
Selon les résultats présentés dans les figures (V.18) (V.19), un soulèvement est localisé à la
partie inférieure du tunnel, de l’ordre 10 mm et ceci est dû à la redistribution des contraintes
internes au niveau de la partie inférieure de la section du tunnel qui vont agir dans le sens
contraire des charges appliquées.
On constate qu’après la mise en place des voussoirs le massif devient stable malgré
l’application du chargement sismique.
0,00
-0,01
Tassements (m)
-0,02
-0,03 Pa (y = 0 m)
Pb ( y = -9,30m)
Pc (y = -25 m)
Pd (y = -41 m)
Pe (y = -52 m)
-0,04
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Temps dynamique (s)
66
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
0,01
0,00
-0,01
-0,02
Déplacement (m)
-0,03
-0,04
-0,05
Phase initiale
Creusement
-0,06
Installation- voussoirs
Excitation dynamique
-0,07
-0,08
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Largueur des couches du sol (m)
67
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
0,01
0,00
-0,01
Tassements (m)
-0,02
-0,03
Phase initiale
-0,04 Creusement
Installation- voussoirs
Excitation dynamique
-0,05
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Longueur des couches du sol (m)
0,01
0,00
-0,01
-0,02
Tassements (m)
-0,03
-0,04
-0,05
-0,09
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Largueur des couches du sol (m)
Les figures (V.21) (V.22) (V.23) représentent les tassements au-dessus du tunnel, on
constate que les courbes pour les trois profils PH_A, PH_B et PH_C sont similaires. Les
68
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
tassements sont sous forme de cuvette, la seule différence réside dans la valeur du tassement
maximal au niveau de la zone d’excavation.
Notons aussi que les tassements sont quasiment négligeables loin de la zone d’excavation,
aussi lors de l’installation du tunnel.
Quant à la phase d’excitation dynamique les tassements sont faibles et ont des valeurs de 30
mm suivant le profil PH_A, 20 mm suivant le profil PH_B et 10 mm suivant le profil PH_C.
Tandis que suivant le profil PH_D, dans la phase du creusement le sol se comporte
différemment des profils cités auparavant (voir figure V.21), puisqu’on remarque un
soulèvement notamment sur la zone du tunnel. Puis un tassement négligeable lorsque les
voussoirs sont installés et la charge sismique est appliquée.
0,04
Phase initiale
Creusement
0,03
Installation- voussoirs
Excitation dynamique
0,02
Tassements (m)
0,01
0,00
-0,01
-0,02
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120
Largueur des chouches du sol (m)
69
Chapitre V Présentation du logiciel Plaxis et modélisation numérique
V.4. Conclusion
Les constatations sont claires ; on note que plus on s’éloigne du tunnel plus les tassements
diminuent.
On remarque que les tassements sont quasiment négligeables à l’état statique comme à l’état
dynamique une fois les voussoirs sont installés, on dit alors que le sol n’est plus perturbé.
Nous pouvant conclure en parallèle, que l’application des voussoirs lors du creusement au
tunnelier est une solution adéquate pour maintenir la stabilité de la structure du tunnel et le
massif du sol.
70
Conclusion générale
Conclusion générale
A travers ce travail, nous avons visé à étudier le comportement sous chargement dynamique
d’un tunnel renforcé par des voussoirs en béton armé, à l’aide du code de calcul Plaxis 2D ; et
de mettre en évidence l’évolution des tassements causés par les différentes étapes de réalisation
et lors de l’excitation sismique.
La modélisation numérique montre que l’application des voussoirs joue un rôle très
important sur la stabilité du tunnel, les résultats obtenus sont adéquats à nos espérances en
avant-projet.
Pour la phase de creusement qui est considérée comme étant la phase ou le sol est plus
perturbé, le tassement maximal selon les profils verticaux est de l’ordre de 50 mm, par contre
le tassement maximal selon les profils horizontaux est de l’ordre de 80 mm.
Par ailleurs, les résultats obtenus pour la phase finale de réalisation du tunnel les tassements
sont moins important que l’état de creusement, ces tassements sont compris entre 0 et 6 mm.
Ce projet de fin d’études a été pour moi, une opportunité pour concrétiser mes connaissances
théoriques acquises pendant mon cycle de formation et de mieux maitriser le logiciel de
modélisation PLAXIS 2D.
71
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