Méthodologie
29/01/2024
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Une séance sur deux consacrée à des exercices de rédaction. Toutes les copies ne seront pas
ramassées à chaque fois.
Ne pas confondre une démonstration et une interprétation. Un texte est bardé d’arguments qui
servent : à établir la thèse et à défendre un texte (intégrer l’objection par avance pour le faire
prendre part à son raisonnement).
Montrer dans quelle mesure ils contribuent à établir/ à défendre la thèse.
1. numéroter les lignes
2. mettre les phrases entre crochets
3. écrire dessus
4. dérouler le texte progressivement
Qu’est-ce qu’un problème philosophique ? → question irrésolue, qui n’a pas trouvé de réponse
définitive. De ce fait, un texte philosophique est nécessairement polémique. Il défend toujours une
thèse qui a la radicalité de s’opposer à toutes les autres thèses.
Pour qu’une question soit un problème philosophique, il faut lui restituer ses enjeux. Cela passe
donc par une dramatisation. Schématiquement, cela revient à sa demander : qu’est-ce que cela
change ? Quelles sont les conséquences ? De cette manière, nous savons à quelle thèse l’auteur
s’oppose.
Exemple : [Link]
theôria ≠ praxis
contemplation ≠ action
Texte - Aristote Métaphysiques
Thèse au début du texte « C’est en effet l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers
penseurs aux spéculations philosophiques. »
La cause de la philosophie = l’étonnement (l’ignorance)
la philosophie dépend de l’étonnement et donc n’est pas première, n’est pas spontanée/naturelle à
l’humanité.
L’étonnement est donc consubstantiel à la philosophie puisque aujourd’hui encore c’est cela qui
cause la philosophie.
Le processus chronologique indique que tout ce qui suscitent l’étonnement changent dans le temps
« peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les
phénomènes de la Lune, du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers », il y a ici une
gradation ascendante, du plus simple au plus complexe. Saut qui est de passer des êtres observables
à leur(s) cause(s). (La Philosophie s’est progressivement complexifiée).
Phénomènes → lois physiques. Genèse de l’univers = concept.
L’ignorant savant s’oppose à l’ignorant ignorant. S’étonner = reconnaître qu’on ne sait pas, pousse à
chercher des réponses.
Une fin : ce en vue de quoi une chose existe.
La fin de la philosophie c’est la philosophie : autotélique (fin en grec). (exemple d’une activité
autotélique : vivre).
Confirmation de sa thèse : la vie est première, pas la philosophie (l.8-9).
Analogie = égalité de rapports (ex : mythe de Sisyphe et absurdité de la vie).
Homme libre : vit pour lui même Philosophie
--------------- ======= ----------------
Esclave : qui vit pour son maître toutes les autres sciences
→ renversement radical de la critique de la philosophie, elle ne sert à rien mais est nécessaire. Les
Hommes étant capables de s’élever à un niveau supérieur de celui des animaux, sans philosophie,
les hommes n’en sont pas. L’étonnement nous permet de devenir des humains en nous aidant à
développer notre capacité spécifique (la pensée). La Philosophie achève l’Humanité.
Problématique : Pourquoi philosophe-t-on ? → Thèse : pour être humain
05/02/2024
DST, explication de texte. Marx, Le Capital, Tome 1, Troisième section, chapitre 7
Problème
Comment distinguer le travail humain de toute activité animale, qui, à première vue semble s’en
rapprocher ?→ Le travail est-il spécifiquement humain ? Si le travail est dans la nature humaine, on
ne peut rien faire contre l’exploitation.
Thèse
Ce qui différencie cela, c’est le caractère concerté et planifié du travail humain, par opposition au
caractère instinctif du travail animal. Le produit du travail préexiste mentalement avant d’exister
réellement. La deuxième thèse est que tout travail est en même temps un travail sur soi dans lequel
l’homme se transforme lui même.
Argumentation
1/2. Définition du travail. (verbe être) Puissance naturelle : océan, falaise, vent = entités qui ont la
possibilité de modifier la nature. Marx a l’air de dire l’inverse de ce qu’il pense.
3. Description du travail humain qui montre qu’il est conforme à notre définition. Travailler :
œuvrer à partir de ses forces physiques afin de donner une forme utile à nos vie aux matières. Il
donne à la nature sa propre forme, sa forme à soi, la forme qu’il a dans la tête, en ce sens, la nature
ressemble au travailleur. Travailler = faire sienne une réalité qui est extérieure/hétérogène à soi en
donnant à la nature une forme conforme à soi. D’une part Marx dit que travailler c’est rendre la
nature conforme à ses besoins, mais on pourrait aussi dire que les animaux font de même. =>
Caractère paradoxale. Énumération au service d’une description, intégration du travail humain au
service de la description donnée plus tôt.
Assimiler : simil en lat. = le même.
4. Marx introduit l’activité animale du travail humain. Marx dit qu’en modifiant la nature
extérieure, l’homme modifie sa nature à lui. → Thèse. (acquisition de compétences, modification de
sa propre nature). Différence avec l’animal : inné, l’animal ne se modifie pas lui même en
travaillant. Tous les animaux en fonction de leur espèce agissent de la même façon. Les animaux
partagent une même nature qui est prédéfinie et inscrite comme un programme de comportement
selon leur espèce. La nature est différente chez les hommes et chez les animaux. Les facultés de
l’homme ne sont pas prescrites par la nature de l’homme, certaines facultés sont en sommeil, en
retrait (en puissance), et qui ne se réalisent qu’a la pratique de l’activité laborieuse.
→ Chez l’homme, la nature est défective. Elle se met en retrait, en défaut et laisse l’homme se faire
être lui même. L’animal est condamné à être ce que la nature lui prescrit d’être, là où l’homme a une
liberté de se faire advenir lui même. MAIS cette liberté de l’homme ne se gagne qu’au prix du
travail (liberté dans la contrainte).
5. Série de deux comparaisons qui ont une fonction théorique double : positive/constructive
(marquer une nouvelle différence entre l’homme et l’animal) négative/défensive (anticiper
l’objection en l’intégrant dans son raisonnement).
6. Distinction homme/animal. La transformation de la nature par l’animal se fait sans médiation.
Chez l’homme, cela se fait par la médiation d’un projet qui est mis en œuvre par l’imagination du
travailleur.
7. Dans le travail, chaque étape de la fabrication de l’objet se réfère à l’idée.
Objet – programme.
Attestation phénoménale qui pèse sur les animaux comme une loi, tous les animaux font la même
chose. Multiplicité des moyens chez les hommes.
8. Ré-élaboration critique de la définition de départ du [Link] toujours à la première
définition tout en la précisant.
But = projet fini. Constitue la loi d’engendrement de tout son comportement laborieux.
Subordination au but.
C’est dans la contrainte du travail que la liberté est possible.
Descartes Lettre au Marquis de Newcastle
Problème : Les animaux ont-ils un âme ?
Enjeu : aller à l’encontre de la thèse aristotélicienne, aller dans le sens de l’Église.
1. Concession. Les animaux agissent de manière mécanique ; comparaison à l’horloge qui est
programmée pour montrer l’heure.
2/3. marquer l’heure arriver au printemps construire des ruches
------------------ = ----------------------------- = --------------------------
horloge hirondelles abeilles (mouches à miel)
4/5. Concession → certes rien ne nous prouve que les animaux pensent mais étant donné leurs
organes, on peut faire l’hypothèse qu’eux aussi pensent, de manière moins parfaite.
Pour Descartes, la pensée est la manifestation sonore de l’âme (quand elle se fait parole) donc si les
animaux pensent, cela signifie qu’ils ont une âme.
Un animal est, selon lui, un ensemble indistinct → généralisation abusive. Consiste à s’appuyer sur
un cas particulier pour lui donner une valeur de vérité générale. SOPHISME.
Sophisme : Raisonnement qui se donne des apparences de raisonnement valide mais qui n’en a que
l’apparence.
P1 : il y a des animaux si imparfaits qu’il est certain qu’ils ne pensent pas.
P2 : donc aucun animal ne pense.
P3 : or, sans pensée, il n’y a pas d’âme.
Conclusion : les animaux n’ont pas d’âme.
Pétition de principe : chose donnée sans être démontrée.
Nature / fonction théorique
nature : descriptif c’est-à-dire exemple, hypothèse etc.
fonction théorique : utilité dans la fonction générale de la thèse
Pour le 15 Avril : DM « La vérité n’est-elle qu’une croyance reconnue de tous ? »
→ Peut-on faire cause commune ?
V être cause ontologique entre un agent et les effets qu’il produit (continuité ontologique)
faire = transitivité (processus, changement) qu’on ne trouve pas dans le verbe être (qui est plutôt un
verbe d’identité donc un verbe statique, n’exprimant pas le changement). Le verbe être explique ce
qui est originaire, ce qui est c’est ce qui continue à être soi même, ce qui persiste dans sa propre
identité. Être quelque chose ce n’est pas changer l’état du monde en l’étant, tandis que la transitivité
du verbe faire implique un changement (même minime) du monde.
Registre de l’être : identité, continuité, permanence à soi. Ni nouveauté ni rupture, perpétuation de
ce qui était déjà.
En faisant cause, on se produit soi-même ontologiquement. Le verbe « faire » implique/indique sur
le plan ontologique un gain qui n’existe pas dans le verbe « être ».
Non être → être
passe par le faire
→ Comment se faire être quelque chose qu’on n’était pas déjà antérieurement ? Ou Comment peut-
on se produire ontologiquement comme quelque chose qu’on n’était pas originairement ?
Dimension de collectivité ? Multiplicité indéfinie d’agents aux intérêts contradictoires.
L’agir commun de la rame n’est pas compris dans son être originaire.
Agents multiples pour cause unique
Ce n’est spontanément pas le verbe faire mais être qui semble intuitivement pouvoir être
associé au substantif de cause. Être cause de X en effet signifie pour un être déterminé se trouver au
principe d’une action donnée de laquelle suivent un certain nombre d’effets généralement connus
par avance . On dit ainsi que le soleil est cause de l’échauffement de la plante ou que le père est
cause du fils. Le verbe être semble indiquer alors le caractère spontané et immédiat de ce qui lie
l’être agissant et son action, que l’on nomme alors cause et dont on distingue les effets. Le verbe
être suggère ainsi aussi bien l’immédiateté que l’évidence du fait qu’un tel être se trouve le substrat
de son agir c’est-à-dire le principe unitaire de ce dernier.
A cet égard, le syntagme même de « faire cause commune » soulève de lui même un certain
nombre de difficultés. S’il ne s’agit plus d’être mais de faire cause, c’est semble-t-il qu’il n’y a plus
rien de spontané ni d’évident dans la relation qui unit le substrat de l’agir à l’agir lui même, et que
la chose exige au contraire un certain nombre de conditions préalables à réunir pour que cette cause
existe. Le verbe faire en effet n’implique pas au contraire du verbe être une relation immédiate entre
le sujet et lui même par laquelle celui-ci agit selon ce qu’il est déjà originairement. Le fait de faire
cause commune indique bien plutôt une action réfléchie et de la production consciente d’elle même
d’un certain nombre d’effets qui ne préexistent pas a cette action. Le verbe faire semble donc
impliquer une distance, une non coïncidence de principe entre le sujet et cette cause qui se fait être.
Cette première difficulté s’aiguise et se re-boule en prenant cette fois le syntagme dans son
entier : faire cause commune n’implique pas un sujet unique mais une collection en droit indéfinie
de sujets qui se font ensembles. Le verbe « faire » prend alors tout son sens puisqu’il ne semble
nullement aller de soi d’être cause commune, c’est-à-dire au moins provisoirement, pour un groupe
donné de produire comme un seul homme agissant comme une cause unique un certain nombre
d’effets déterminés.
Une tension fondamentale semble alors traverser et mettre en péril la possibilité même de ce
syntagme. La difficulté semble tenir, d’une part à la transitivité du verbe « faire », qui indique un
dynamisme, un devenir autre par lequel un groupe donné se fait être lui même dans sa spécificité
par l’action consciente, dynamisme qui fait que le groupe, est, par son action producteur de son
unité et de son identité comme cause unitaire agissante, sans que celles-ci soient données dès
l’origine de son action. Cette première direction qu’impose notre syntagme semble à son tour prise
dans une certaine relation de contrariété avec le singulier de la cause commune qu’il s’agirait de se
faire être. Le singulier de cette formule fait en effet signe vers une unité originellement donnée et
première : en effet, comment des individus dispersés pourraient-ils, d’une façon déjà unitaire se
produire comme la cause commune des faits consciemment et unanimement voulus ? Si l’on dit
normalement d’une cause qu’elle est, le syntagme de faire cause commune indique, lui, une action
humaine réfléchie et collective. Or cette collectivité interroge tant sur son origine et son unité que
sur ses effets.
Si faire cause commune c’est s’assembler autour de quelques enjeux antérieurement
partagés, ne doit-on pas déjà dire que cette cause préexiste à se faire, et alors qu’on est déjà cause
commune alors même de se faire telle ? Ou bien, en prenant au sérieux ce qu’implique le
verbe « faire », doit-on penser que l’unicité de la cause en résulte et alors on peut à bon droit se
demander sur quoi se fondra ce « faire » qui soit commun s’il ne s’origine que dans des individus
épars ? Ce sont donc les rapports problématique que l’on peut soupçonner entre l’être, l’agir, l’unité
encore mal déterminée de ce qui agit et de ce qui est produit par cet agir que semble devoir
interroger notre sujet. On peut donc se demander dans quelle mesure il est seulement possible (le
sujet), traversé comme il le semble par une tension irrésolue entre l’un et le multiple, entre une unité
originaire et une unité conquise, entre l’ordre de l’être et l’ordre de l’agir.