I- Concepts de la Stratigraphie séquentielle
La stratigraphie séquentielle est l’étude des UNITES et/ou SEQUENCES de dépôts,
chronostratigraphiques répétitives, limitées par les discontinuités (lignes temps), repérables
physiquement sur le terrain, sur les diagraphies ou en sismique, corrélables à l’échelle d’un
bassin sédimentaire ou globale et intégrées dans un cadre biostratigraphique.
Elle peut également être défini comme une méthode, un outil géologique, qui permet de définir un
cadre Chronostratigraphique à grande échelle (planétaire, bassin) ; mais aussi extrapolable à l’échelle
du réservoir (prospects, gisements).
La stratigraphie génétique permet l’identification de petites unités stratigraphiques à limites
isochrones, définies à partir de l’étude des faciès sédimentaires.
I.1- Accommodation
La localisation, la forme et la structure des corps sédimentaires est une réponse de
l’augmentation ou de la baisse de l’espace disponible (ou accommodation) pour le dépôt de
sédiments entre le niveau marin et le fond du bassin (Vailetal,1987).
L'accommodation se définit comme l'espace ou volume total disponible pour
accumuler les sédiments.
En domaine marin, l'accommodation ou variation du niveau marin relatif s'appréhende, soit :
- comme la somme de l'eustatisme (1) et de la subsidence (2) positive ou négative,
- comme la somme de l'épaisseur des sédiments (3) et de la bathymétrie (4).
L'accommodation est régulée par l'interaction de plusieurs paramètres dont
- Eustatisme ou variations du niveau marin qui, selon le sens, augmente ou diminue l’escape
disponible.
- la subsidence (tectonique), qui crée constamment de l'espace disponible ;
-les apports sédimentaires ou la production carbonatée qui comblent cet espace disponible.
-Le climat qui agit de manière indirecte sur l’eustatisme et les apports sédimentaires.
Il existe une Interactions entre les paramètres régulateurs de l’accommodation.
I. 2- Niveau de base
Il représente la surface au-dessous de laquelle il y a sédimentation et au-dessus de
laquelle il y a érosion quel que soit le milieu.
Les modalités de l'intersection du niveau de base avec la surface terrestre permettent de
décrire 3 situations : - érosion ou niveau de base en chute ou bas : les sédiments sont érodés,
voire transférés ; - transit sédimentaire ou niveau de base confondu avec la surface du sol. Les
particules sédimentaires sont transférées vers le bassin car le niveau marin ne permet pas la
stabilisation -sédimentation ou niveau de base en montée : les sédiments sont préservés.
Le niveau de base = surface potentiométrique ou surface sur laquelle l’énergie des apports
sédimentaires est minime.
Le niveau de base exprime un système dans lequel l’espace, l’énergie et les masses sont
conservées.
De manière pratique, en stratigraphie séquentielle, niveau de base est assimilé au niveau
de la mer. Le niveau de base pourrait être assimiler au niveau d'un confluent pour un fleuve, d'un
lac ou d’une dépression endoréique pour une rivière
Les notions d’accommodation et de niveau de base divisent les enregistrements
sédimentaires en unités chronostratigraphiques physiques dans lesquelles les lithofaciès sont
génétiquement liées.
Cela permet de décrire les séries sédimentaires
- en successions de PROGRADATION-AGGRADATION-RETROGRADATION qui sont
fonction des variations du rapport entre le potentiel d’ACCOMMODATION et le potentiel de
FLUX SEDIMENTAIRE.
La stratigraphie séquentielle = discipline de synthèse, qui rapporte les informations
obtenues par :la sismique, les forages (diagraphies), ou à l’affleurement à un modèle de dépôt,
lequel est rattaché à un diagramme des cycles eustatiques par calibrage biostratigraphie.
II- SEQUENCES DE DEPOT
La séquence de dépôt est une unité stratigraphique composée d'une suite relativement
conforme (concordante) de strates génétiquement liées. Elle est limitée à sa base et à son toit par
des discordances ou discontinuités qui peuvent latéralement évoluer en concordance ou para
concordance.
L’unité génétique est le plus petit cycle stratigraphique identifié sur le terrain ou encore
le plus petit d'une succession logique de dépôts dans un environnement variable. Elle est limitée
sur le terrain pas des surfaces d’inondation maximale et entrecoupée par une surface
d’inondation minimale ou LS.
A : unité génétique élémentaire.
B : Empilement de plusieurs unités génétiques selon des motifs différents : progradant,
rétrogradant, aggradant.
II.1- STUCTURE SISMIQUE DES CORPS SEDIMENTAIRE
Les réflexions sismiques sont produites lorsqu'une onde sismique rencontre une discontinuité
marquée par un contraste d'impédance acoustique. En permettant de visualiser les phénomènes
sédimentaires à l'échelle d'un bassin, les techniques sismiques appelées sismo stratigraphie et
stratigraphie sismique notamment en offshore sont conduit à une meilleure compréhension des
contrôles de la sédimentation et mis en évidence le rôle prépondérant du niveau marin, non
seulement dans les zones côtières mais aussi dans les bassins profonds.
Le développement de cette sismo stratigraphie et stratigraphie sismique comparées
aux données lithologiques et des successions de faciès sur les marges continentales actuelles et
fossiles a donné naissance au concept géologique plus général de stratigraphie séquentielle.
Un horizon sismique est une réflexion cohérente présentant une certaine extension dans
l’espace (X, Y, T), engendrées par des contrastes d’impédances acoustiques dans le sous-sol.
La sismique renvoie à la notion d’horizon ou marqueur sismique ayant une signification
géologique. L'apport majeur de la stratigraphie sismique a été de montrer, par calage
biostratigraphique à partir de puits placés sur les profils, que la séquence de dépôts à une
valeur chronostratigraphique, c’est-à-dire qu'elle s'est déposée pendant un intervalle de
temps déterminé par les âges des limites de la séquence obtenus aux endroits où cette
séquence est en concordance avec les séquences inférieures et supérieures. La plupart des
réflecteurs sont des surfaces de strates ou surfaces de discontinuités stratigraphiques créées par
érosion ou par non dépôt ou encore condensation des strates.
Ces surfaces sont assimilables à des lignes temps datées à l’endroit où le hiatus est le moins
important, où la discordance passe à une surface de concordance stratigraphique.
Toutes les strates au-dessous de la discordance sont plus anciennes que toutes les strates au-
dessus
Ceci revient à dire, qu 'à l'intérieur d'une séquence, les réflecteurs sismiques
représentent des lignes temps horizontales alors que les limites de litho faciès sont la plupart
du temps hétérochrones et fractionnées.
Il n’existe pas de surface physique qui limitent les unités litho stratigraphiques et qui en
plus n’ont pas de continuités nécessaires pour engendrer les réflexions sismiques.
L'approche sismique montre que :
-les corps sédimentaires ont une forme sigmoïde et occupent une position variable au
cours du temps, en fonction du niveau marin, dans le système polarisé plate-forme bassin.
II.2- CONSTITUTION D’UNE SEQUENCE STRATIGRAPHIQUE
Dans le concept de stratigraphie séquentielle, les corps sédimentaires s'organisent selon une
unité de base : la séquence de dépôt ou séquence génétique haute résolution.
Chaque corps sédimentaire possède une structure interne typique, mise en évidence par
les réflecteurs sismiques, qui est fonction de sa position dans le système plate-forme/basin.
Les discontinuités, d’ordre géométrique, sont :
- des limites de couches sédimentaires,
- des discordances angulaires représentant un hiatus en termes de lacune de temps par absence
de biostratigraphie ou sédimentaire.
Les discontinuités sont reconnues par le style de terminaisons des couches ou « stratal
terminaison pattern ».
Par rapport à la discordance basale, la terminaison des réflecteurs, peut être en onlap ou en
downlap au-dessus de la surface de discontinuité.
DOWNLAP (biseau de progradation) Strates supérieures obliques Accroissement latéral
ONLAP (biseau d’aggradation) Strates supérieures horizontales Accroissement vertical
Onlap et downlap traduisent des hiatus dus à un non-dépôt.
Par rapport à la discordance sommitale, les réflecteurs internes peuvent présenter une
terminaison en toplap ou en troncature d'érosion. Au-dessous de la surface de discontinuité.
TOP LAP (biseau sommital) Strates inférieures tangentielles non dépôt
TRONCATION (truncature) Strates inférieures quelconques érosion
Les toplaps traduisent des hiatus dus à un non-dépôt ; ils résultent généralement d'un
niveau de base trop bas pour permettre l'accroissement vertical des couches sédimentaires.
Autres types de discontinuités
Lorsque les nouveaux réflecteurs enveloppent et débordent les précédents vers le large on parle
de dispositifs en offlap (unité de progradation)
Différents types de réflecteurs sismiques et leurs terminaisons à l’intérieur d’une séquence
génétique.
Onlap : biseau d’aggradation,
Downlap : biseau de progradation,
toplap : biseau sommital
offlap:(unitéde) progradation.
Au sein de la séquence, on a un certain nombre de surfaces clefs à signification particulière qu'il
sera important de savoir reconnaître :
1- limites de séquences ou surfaces de discontinuités de baisse brutale des eaux LS1 (SB1)
ou LS 2 (SB2)
2- Surface de transgression ST
3- Surface d’inondation maximale mfs
-LS1 ou SB1, dans le cas d'une émersion sur la plate-forme donnant lieu à des séquences de type
1. En d’autres termes, le niveau marin relatif chute plus bas que la plate-forme. Dans une
séquence de type 1 avec émersion, on a :
-Le cortège de bas niveau PBN
-L'intervalle transgressif IT
-Le cortège de haut niveau PHN
-LS2 ou SB2, sans émersion sur la plate-forme donnant des séquences de type2. Le niveau marin
ne baisse pas au-delà du rebord de la plate-forme. Dans une séquence de type 2 avec émersion,
on a :
-le prisme de bordure de plate-forme PBP
-L'intervalle transgressif IT
-Le cortège de haut niveau PHN
Dans une séquence de type 1 avec émersion :
- Le cortège de bas niveau PBN : repose sur une limite de séquence LS1 avec émersion en haut
de plate-forme. Le sommet du PBN est marqué par une surface transgressive ST qui traduit une
migration rapide de la ligne de rivage vers le continent. Le cortège de bas niveau peut
comporter 3 ensembles : Le cortège supérieure de bas niveau marin qui marque le remplissage
des vallées incisées de la plate-forme par des sédiments fluviatiles, estuariens ou marins peu
profonds. Le cortège inférieur de bas niveau marin caractérisé par la présence de turbidités et de
coulées de débris. Le cortège de cône sous-marin CSM souvent associé à des érosions de
canyons sur la pente et des creusements de vallées sur la plate-forme.
III- REPRESENTATION D’UNE SEQUENCE DE DEPOT
III.1- VARIATION DU NIVEAU DE BASE
Les variations du niveau de base sont symbolisées par un triangle ou une succession de triangle :
-La montée du niveau de base est représentée par un triangle avec une pointe orientée vers le
haut
-La chute du niveau de base est représentée par un triangle dont la pointe est orientée vers le
bas
Les inversions de tendances entre la chute et la montée du niveau de base (LS ou SB) sont
enregistrées par des surfaces ou un volume de sédiments.
Les inversions de tendances entre la montée et chute du niveau de base (MFS) sont représentées
par des points.
III.2- CORTEGES SEDIMENTAIRES- FACIES LITHOLOGIQUES
REMARQUES :
1- Il y a une indépendance des cortèges et des paraséquences par rapport aux faciès
lithologiques.
2- Chaque séquence comporte à la fois des faciès marins ouverts, des faciès côtiers et des
faciès de plaine littorale.
Conclusion :
1- Un faciès ne permet pas de caractériser une séquence ou un cortège sédimentaire.
2- C'est l'agencement spatio-temporel de faciès successifs qui permet de le faire une séquence
ou unité génétique.
CONCLUSION
Les variations du niveau marin permettent de reconstituer les paléoenvironnements et les
différents environnements de dépôts au cours des temps géologiques. En fonction qu’on
soit sur le continent ou en mer, il y’a dépôt des débris organiques sous forme de sédiment.
La maturation de ces sédiments donne naissance au pétrole d’où l’importance de localiser
ces lieux de dépôt avec précision. L’étude des variations a donc une portée économique.
L’étude des variations du niveau marin et la stratigraphie séquentielle sont très
importantes en ce qui concerne la recherche du pétrole et certains minéraux.