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Modulation Adaptative Multiporteuses FPGA

Ce mémoire étudie la modulation adaptative dans le contexte des communications sans fil à large bande utilisant la modulation OFDM. Il propose et analyse un modèle de système de modulation adaptative multiporteuses, en tenant compte de phénomènes comme l'estimation de canal et les erreurs dans le feedback. Une architecture matérielle est ensuite proposée et implantée sur FPGA, puis simulée pour obtenir ses performances.

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Modulation Adaptative Multiporteuses FPGA

Ce mémoire étudie la modulation adaptative dans le contexte des communications sans fil à large bande utilisant la modulation OFDM. Il propose et analyse un modèle de système de modulation adaptative multiporteuses, en tenant compte de phénomènes comme l'estimation de canal et les erreurs dans le feedback. Une architecture matérielle est ensuite proposée et implantée sur FPGA, puis simulée pour obtenir ses performances.

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JAMES VEILLEUX

MODULATION ADAPTATIVE MULTIPORTEUSES


ÉTUDE ET IMPLANTATION MATÉRIELLE

Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en génie électrique
pour l'obtention du grade de Maître es sciences ([Link].)

FACULTE DES SCIENCES ET DE GENIE


UNIVERSITÉ LAVAL
QUÉBEC

NOVEMBRE 2006

© James Veilleux, 2006


Résumé

Ce mémoire est consacré à l'étude de la modulation adaptative dans le contexte


de communications sans fil à large bande utilisant la modulation OFDM. Cette étude
est plus particulièrement centrée sur l'analyse des performances et sur l'implanta-
tion matérielle d'un modèle de système de modulation adaptative multiporteuses qui
incorpore plusieurs éléments d'un système qui serait utilisé de façon [Link] sur-
vol des communications sans fil à large bande et de la modulation adaptative est
tout d'abord fait. Un modèle de chaîne de communications utilisant la modulation
adaptative multiporteuses est ensuite proposé. Ce modèle tient compte de certains
phénomènes imputables à l'utilisation d'un système pratique tels que les délais de
traitement et de feedback, l'estimation de canal et les erreurs dans le canal de feed-
back. L'impact de ces phénomènes est étudié à partir des performances obtenues. Une
architecture matérielle pour une chaîne de modulation adaptative est ensuite étudiée.
Cette architecture proposée est ensuite implantée en utilisant une technologie FPGA.
Les performances de l'implantation matérielle de la chaîne sont ensuite obtenues par
simulation accélérée par matériel.
Avant-propos

J'aimerais tout d'abord remercier mon directeur de recherche, le Dr. Paul Fortier,
ainsi que mon co-directeur de recherche, le Dr. Sébastien Roy pour m'avoir supervisé
durant ces années de maîtrise. Je leur en suis extrêmement reconnaissant pour leurs
précieux conseils, pour nos discussions constructives, pour l'attention et la disponibi-
lité qu'il m'ont accordé et finalement, pour leur générosité. Ils ont contribué à faire
de ma maîtrise une période fort occupée, mais combien agréable. Je tiens également
à remercier l'ensemble des membres du LRTS pour avoir fait de ce laboratoire un
environnement chaleureux et stimulant.

Je dédie ce mémoire à Cindy pour son support et sa compréhension qui ont


été tout-à-fait remarquables, tout spécialement dans les moments les plus difficiles.
Maintes et maintes fois a-t-elle su m'inspirer et m'encourager. Un grand merci à la
petite souris !

Il serait impossible d'oublier de mentionner la contribution de mes parents pour


la réussite de ces études de maîtrise. Leur support moral aura été exceptionnel. Je les
remercie infiniment.

Je termine cet avant-propos en citant le chanteur canadien Sam Roberts pour une
phrase qui m'aura toujours encouragé à persévérer et ce, dans tous les aspects de la
vie : " There 's no road that ain't a hard road to travel on".

u
Table des matières

Résumé i
Avant-propos ii
Table des matières iii
Liste des figures v
Liste des tableaux viii
Chapitre 1. Introduction I
Chapitre 2. Modulation adaptative pour communications sans fil à
bande étroite 5
2.1 Introduction à la modulation adaptative 5
2.2 Modulation adaptative et théorie de l'information 6
2.3 Méthodes de modulation adaptative non-codée 10
2.3.1 Généralités des techniques de modulation adaptative 10
2.3.2 Méthode de Goldsmith 12
2.3.3 Méthode de Goeckel 16
Chapitre 3. Communications sans fil à large bande et OFDM 27
3.1 Introduction 27
3.2 Génération des évanouissements Rayleigh pour la simulation 28
3.3 Canal multiparcours à évanouissements 29
3.4 Modulation multiporteuses 31
3.5 Estimation de canal OFDM 34
3.5.1 Méthodes existantes 35
3.5.2 Méthode d'estimation dans le domaine temporel 35
Chapitre 4. Modulation adaptative multiporteuses 40
4.1 Introduction 40
4.2 Application de la modulation adaptative pour systèmes multiporteuses 40
4.3 Modèle de système de modulation adaptative multiporteuses proposé 41
4.3.1 Paramètres de modulation adaptative du système 42
4.3.2 Estimation de canal et feedback d'informations sur l'état du canal 44
4.4 Performances 47

ni
IV

4.4.1 Effet de l'estimation de canal 49


4.4.2 Effet des erreurs dans le canal de feedback 51
Chapitre 5. Architecture matérielle pour système de modulation
adaptative multiporteuses 60
5.1 Introduction et motivation 60
5.2 Architecture générale 60
5.2.1 Paramètres de modulation adaptative du système 61
5.2.2 Plateforme FPGA choisie 61
5.2.3 Synchronisation du système 63
5.2.4 Design point fixe 64
5.3 Description des modules implantés 66
5.3.1 Modulateur et démodulateur adaptatif 66
5.3.2 Module de FFT/IFFT 68
5.3.3 Modules d'estimation de canal et d'égalisation 71
Chapitre 6. Caractérisation du système implanté 77
6.1 Résultats implantation sur FPGA 77
6.1.1 Ressources logiques nécessaires 78
6.1.2 Performances temporelles 80
6.2 Simulation du système matériel 81
6.2.1 Simulation accélérée par matériel 81
6.2.2 Performances du système matériel 84
Chapitre 7. Conclusion 91
Bibliographie 94
Liste des figures

2.1 Lien de communication adaptatif générique 6


2.2 Efficacité spectrale maximale pour un canal AWGN et un canal de
Rayleigh avec modulation adaptative 9
2.3 Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative de Gold-
smith, constellation discrète et puissance constante 15
2.4 Efficacité spectrale moyenne pour différentes méthodes de Goldsmith
et limite de Shannon 15
2.5 Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goe-
ckel, constellation discrète et puissance constante, pmin = 0.9 23
2.6 Efficacité spectrale moyenne pour la modulation adaptative de Goe-
ckel, constellation discrète et puissance constante, pmin = 0.9 24
2.7 Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goe-
ckel, constellation discrète et puissance constante, ^- = 15 dB 25
2.8 Efficacité spectrale moyenne pour la modulation adaptative de Goe-
ckel, constellation discrète et puissance constante, jjf- = 15 dB 26
3.1 Algorithme de Young et Beaulieu pour la génération d'évanouissements
Rayleigh correlés 29
3.2 Modèle de simulation de canal multiparcours à évanouissements. . . . 30
3.3 Spectre d'amplitude de 4 sous-porteuses orthogonales 32
3.4 Format d'un symbole OFDM 33
3.5 Émetteur OFDM stantard 33
3.6 Récepteur OFDM stantard 34
3.7 Politique d'insertion de symboles pilotes dans une trame OFDM pour
l'estimation de canal de type FPTA 36
3.8 Performances OFDM avec estimation de canal parfaite et estimation
FPTA, 8192 sous-porteuses, K — 8, modèle de canal de l'équation 3.1. 39

4.1 Modèle de système de modulation adaptative multiporteuses proposé. 42


4.2 Feedback par sélection de modulation au récepteur adaptatif 45
4.3 Feedback par sélection de modulation à l'émetteur adaptatif 46
4.4 Étapes de traitement comprises dans le délai de feedback 47
4.5 Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multipor-
teuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite 53
VI

4.6 Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adap-


tative multiporteuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal
parfaite 54
4.7 Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adapta-
tive versus système OFDM à modulation fixe 55
4.8 Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multipor-
teuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite et esti-
mation FPTA-2 56
4.9 Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adap-
tative multiporteuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal
parfaite et estimation FPTA-2 57
4.10 Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multipor-
teuses avec méthode de Goeckel, estimation FPTA-2 et feedback non-
idéal 58
4.11 Efficacité spectrale de transmission pour modulation adaptative mul-
tiporteuses avec méthode de Goeckel, estimation FPTA-2 et feedback
non-idéal 59

5.1 Diagramme-bloc du système de modulation adaptative multiporteuses


proposé 61
5.2 Temporisation de la période d'un symbole 63
5.3 Temporisation de la période d'une trame OFDM 64
5.4 Histogramme de la sortie de l'opération de FFT pour un SNR de 0 dB. 65
5.5 Histogramme de la sortie de l'opération de FFT pour un SNR de 40 dB. 65
5.6 Modulateur adaptatif 67
5.7 Démodulateur adaptatif 68
5.8 Utilisation du bloc IP de FFT/IFFT 69
5.9 Module de FFT/IFFT 71
5.10 Architecture d'estimation de canal et égaliation 72
5.11 Module de calcul du paramètre ravg 72
5.12 Module de délai d'un symbole OFDM 74
5.13 Diviseur complexe 75
5.14 Multiplication par P0[k] 76

6.1 Simulation accélérée par matériel 82


6.2 Implantation matérielle du canal multiparcours avec bruit additif gaus-
sien 84
6.3 Implantation de la simulation accélérée par matériel avec la plateforme
de prototypage de la CMC Microsystèmes 85
6.4 Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et
aucune estimation de canal 86
6.5 Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et
estimation de canal FPTA-2 87
6.6 Taux d'erreurs binaires pour chaîne adaptative, canal multiparcours
variant dans le temps 88
Vil

6.7 Efficacité spectrale de transmission pour chaîne adaptative, canal mul-


tiparcours variant dans le temps 89
Liste des tableaux

4.1 Paramètres du système de modulation adaptative multiporteuses pro-


posé 44

5.1 Paramètres du système de modulation adaptative multiporteuses im-


planté 62

6.1 Ressources du FPGA Virtex-II XC2V6000 78


6.2 Ressources logiques nécessaires pour le système de modulation adap-
tative 79
6.3 Fréquences maximales d'horloge pour les unités du système de modu-
lation adaptative 80

vm
Chapitre 1

Introduction

La demande actuelle et future pour des applications sans fil requérant un haut
débit de transmission semble indéniablement être en forte croissance. L'engouement
pour les réseaux sans fil obéissant aux standards IEEE 802.11 et IEEE 802.16 est un
exemple de cette forte demande actuelle. L'explosion à l'échelle mondiale des systèmes
personnels de communications sans fil et la transformation de ces types de systèmes
vers des réseaux orientés sur la transmission de données constituent quant à eux des
exemples de cette forte demande future.

Le spectre électromagnétique étant régulé de façon stricte et fortement engorgé, il


est absolument nécessaire que son utilisation soit faite de la manière la plus optimale
possible. Le phénomène d'évanouissements rend cependant cette optimisation plus
difficile par le fait que la puissance du signal reçu subit de nombreuses variations dans
un court espace de temps, voire même sur la durée d'un symbole. Ainsi, l'utilisation
de paramètres dits "fixes" de transmission tels le type de modulation et de codage
correcteur d'erreurs choisis résulte en une utilisation de la largeur de bande allouée
qui n'est pas optimale à tous les instants.
2
Plusieurs techniques peuvent être envisagées afin d'augmenter le nombre moyen
de bits par symbole transmis pour une largeur de bande donnée. Une de ces tech-
niques qui pourrait intuitivement venir à l'idée consiste à accroître l'efficacité spectrale
moyenne du lien de communication sans fil en adaptant les paramètres de transmission
en fonction des conditions changeantes du canal. Les paramètres d'un tel lien de com-
munication pourraient donc être qualifiés "d'adaptatifs". Ce concept a effectivement
été étudié par de nombreux auteurs et est connu en communications numériques sous
des appellations telles que "modulation adaptative", "modulation variable", "codage
adaptatif" et "adaptation de lien".

Les études qui seront présentées au chapitre suivant sont des études dans lesquelles
les éléments utilisés pour réaliser l'implantation du système de modulation adaptative
sont considérés comme étant idéaux. Le premier but de ce mémoire est d'étudier les
performances de la modulation adaptative multiporteuses dans un cadre d'utilisation
plus pratique. Les effets des considérations pratiques de l'implantation d'un lien de
communication adaptatif ont été peu étudiés ou tout simplement négligés. A titre
d'exemple, peu d'études ont considéré un modèle réaliste de récepteur et de trans-
metteur et les délais qui découlent de leur utilisation par rapport aux performances
globales du système. De plus, la littérature existante sur le sujet ne traite pas de
l'effet de l'estimation de canal sur les performances globales, même si cette opération
est très importante dans le fonctionnement de communications adaptatives.

Avec un modèle réaliste de chaîne de communication adaptative, il est envisageable


de passer à l'étape d'en faire une implantation matérielle fonctionnelle. Ceci constitue
le deuxième objectif de ce mémoire. Encore une fois, peu de publications ont traité du
sujet pour des communications sans fil adaptatives à porteuse unique et pratiquement
aucune n'a traité du sujet dans le cadre de la modulation adaptative multiporteuses. Il
est alors possible de proposer des architectures matérielles permettant la réalisation
des différents blocs de la chaîne adaptative. Il est finalement possible par la suite
d'étudier si l'application d'un tel concept est possible en utilisant une technologie
VLSI existante.
3
Le chapitre 2 présente une introduction à la modulation adaptative pour com-
muncations sans fil à porteuse unique. Les différents degrés de liberté offerts par la
modulation adaptative sont présentés et discutés du point de vue de la théorie de l'in-
formation. Ceci est fait dans le but d'examiner l'effet de l'utilisation de la modulation
adaptative sur l'augmentation de la capacité d'un canal qui est sujet au phénomène
d'évanouissements. De plus, deux techniques de modulation adaptative à porteuse
unique sont présentées, soit la technique de Goldsmith et la technique de Goeckel.
Des exemples illustrent les performances des deux techniques.

Le troisième chapitre se veut une brève présentation des communications sans


fil à large bande. En premier lieu, le phénomène d'évanouissements et les canaux
multiparcours y sont présentés. Par la suite, la technique de modulation en sous-
porteuses orthogonales aussi connue sous le nom de OFDM y est décrite. Les raisons
de son utilisation en communications sans fil à large bande y sont ainsi présentées.
Finalement, un algorithme d'estimation de canal spécifique à la modulation OFDM
est abordé.

Le quatrième chapitre présente les performances de la modulation adaptative mul-


tiporteuses dans un cadre réaliste d'utilisation. Ce chapitre débute par la présentation
des hypothèses sur lesquelles sont basées l'adaptation de la modulation adaptative
pour des communications sans fil à large bande utilisant la modulation OFDM.
Un modèle de chaîne à modulation adaptative multiporteuses est ensuite proposé.
Ce modèle est bâti dans le but d'étudier l'impact de plusieurs phénomènes qui
résulteraient d'une implantation pratique du sytème. En effet, ce modèle considère
les délais de feedback des unités du système, l'utilisation d'un algorithme spécifique
d'estimation de canal et l'introduction d'erreurs par le canal de feedback. L'impact
de ces phénomènes est étudié à la fois individuellement et en combinaison.

Le cinquième chapitre traite de l'implantation matérielle de la chaîne de communi-


cation adaptative multiporteuses. Premièrement, l'architecture générale du système
y est présentée. Ceci implique un survol de la plateforme matérielle utilisée, une
revue des hypothèses de synchronisation du système, ainsi qu'une description de la
4
méthodologie de design point fixe des unités de traitement. Par la suite, l'architecture
de chaque module de traitement implanté est décrite.

Le chapitre 6 résume les caractéristiques du système matériel implanté. Tout


d'abord, les ressources logiques nécessaires à l'implantation d'un tel système sont
présentées. Ces résultats sont également accompagnés de la caractérisation de la
fréquence d'opération maximale des différentes unités qui constituent la chaîne. Par
la suite, la méthode de simulation accélérée par matériel qui est utilisée dans le but
d'obtenir les performances est décrite. Finalement, les résultats de l'implantation
matérielle sont présentés.
Chapitre 2

Modulation adaptative pour


communications sans fil à bande étroite

2.1 Introduction à la modulation adaptative

Comme son nom l'indique, la modulation adaptative consiste à faire varier de


manière dynamique certains paramètres d'un lien de communications sans fil afin
d'atteindre un débit de transmission maximal, tout en assurant une certaine perfor-
mance de base. Ainsi, des paramètres permettant une efficacité spectrale plus grande
sont choisis lorsque les conditions du canal sont bonnes, tandis que l'efficacité spec-
trale est diminuée lorsque les conditions du canal se détériorent.

Plusieurs paramètres du lien de communication sans fil peuvent être modifiés.


Il est notamment possible de faire varier (seul ou en combinaison de plusieurs) la
modulation utilisée, le type et les différents paramètres du codage correcteur d'erreurs,
la puissance de transmission et la durée des symboles. Pour des raisons pratiques de
synchronisation, la variation de la durée des symboles est un concept difficile à réaliser
et est donc normalement rayée des différents degrés de liberté offerts par la modulation
adaptative. La modulation, le codage et la puissance de transmission sont donc les

5
degrés de libertés qui sont typiquement étudiés.

Un schéma générique d'un lien de communication adaptatif est présenté à la fi-


gure 2.1. Une opération d'estimation de canal est effectuée au récepteur. Ce dernier
fournit à l'émetteur de l'information sur l'état du canal via un lien de feedback. Ceci
permet alors de modifier les différents degrés de liberté de transmission en fonction
des conditions du canal.

Transmetteur Canal Récepteur

I I
Démodulation et -d(n)
n(t)
décodage

(1(0)
Modulation
adaptative et
Contrôle de
puissance
il Estimateur de canal
I I
I I
L.

Délai

Canal de feedback

Fig. 2.1: Lien de communication adaptatif générique.

Il est possible qu'il existe un délai non-nul entre l'estimation du canal au récepteur
et son utilisation à l'émetteur. Ceci est dû aux différentes composantes du lien de
communication de feedback.

Comme dans tous les récepteurs pour modulation cohérente, l'estimé de canal sert
aussi à l'égalisation, puisque le canal à évanouissements introduit sur le signal un gain
complexe g(t) = a(t) +jb(t) qui varie dans le temps. Cet effet doit être compensé par
une méthode d'égalisation.

2.2 Modulation adaptative et théorie de l'informa-


tion

Mathématiquement, la modulation adaptative consiste à maximiser l'efficacité


spectrale de la transmission de données sur un canal de communications avec
7
évanouissements. Goldsmith [1] a étudié la capacité d'un système de modulation adap-
tative tel que décrit dans la section précédente, c'est-à-dire un système où l'émetteur
et le récepteur connaissent tous deux l'état du canal.

Il a été prouvé [1] que pour un canal dont la densité de probabilité du facteur
d'amplitude dû aux évanouissements 7 est ^(7), la capacité C de Shannon d'un tel
canal combiné avec un système de modulation adaptative peut être atteinte sous
deux conditions. Premièrement, un schéma codage/modulation à efficacité spectrale
continue A; (7) doit être utilisé. Une infinité de constellations et de codes doivent
donc être disponibles à l'émetteur. Deuxièmement, une politique d'adaptation de la
puissance transmise S(^)/S doit être combinée au schéma de modulation/codage
décrit précédemment. Cette politique d'adaptation de la puissance doit cependant
respecter une contrainte de puissance moyenne donnée par :

f'0
< S, (2.1)

où S correspond à la puissance moyenne de transmission qui ne doit pas être excédée.

Si ces deux conditions sont respectées, la capacité de Shannon pour un canal avec
évanouissements et état du canal 7 connu simultanément à l'émetteur et au récepteur
est donnée par :

C — max / B log 9 I (1 H =— \p(l)d'Y- (2-2)

Tout dépendant de la distribution ^(7) des évanouissements, cette expression de


capacité s'approche ou s'éloigne de la capacité d'un canal avec bruit blanc additif
gaussien. Si cette capacité est étudiée pour des évanouissements de Nakagami-m,
il est possible de noter que plus les évanouissements sont fréquents et importants
(paramètre m —> 1), plus la capacité s'éloigne de la capacité du canal avec bruit
additif gaussien.

La politique d'adaptation de la puissance qui maximise l'équation 2.2 est donnée


par :

70 r 7-7° (2>3)
0, 7 < 70,
8
où 70 correspond à une valeur-seuil de 7 sous laquelle aucune information n'est trans-
mise.

L'équation 2.3 indique que la politique optimale d'adaptation de puissance est de


type "water-filling", puisqu'elle indique que plus de puissance est transmise lorsque
les conditions du canal sont bonnes (quantité I / 7 petite) alors qu'aucune ou peu
de puissance est transmise si les conditions du canal sont mauvaises (quantité I / 7
grande).

Il a également été montré que si aucune adaptation de puissance n'est utilisée et


que tous les symboles sont transmis à une puissance constante S, la perte en capacité
par rapport à l'équation 2.2 est tout-à-fait négligeable, tant et aussi longtemps que
l'efficacité spectrale du schéma de modulation/codage soit continue, et donc qu'une
infinité de constellations est disponible. Ceci peut s'expliquer par le fait que même si
la puissance transmise est constante, il est toujours possible de compenser le manque
de puissance en variant le type de constellation. Dans ce cas, la capacité devient :

r
C== B Iog2(l + 7 )p(7)d7- (2.4)
Jo
J

Pour l'étude de systèmes de modulation adaptative, il est plus intéressant d'étudier


l'efficacité spectrale du système, puisque c'est ce critère qui doit être maximisé. On
peut obtenir les efficacités spectrales respectives pour les équations 2.2 et 2.4 en
divisant tout simplement la capacité C par la largeur de bande disponible B pour
obtenir l'efficacité spectrale moyenne 77 = C/B.

La figure 2.2 montre l'efficacité spectrale maximale théorique atteignable pour un


canal à bruit blanc additif gaussien et pour un canal à évanouissements de Rayleigh
exploité par un système de modulation adaptative avec puissance de transmission
constante.

L'équation 2.4 de capacité d'un canal à bande étroite avec évanouissements devient
une borne supérieure lorsqu'une quantité restreinte de schémas modulation/codage
est utilisée. L'efficacité spectrale de transmission devient alors discrète, puisqu'elle
Canal AWGN
Canal Rayleigh

8 -

m
'.n
V'

10 15 20
Es/Nfl (dB)

Fig. 2.2: Efficacité spectrale maximale pour un canal AWGN et un canal de Rayleigh
avec modulation adaptative.

est directement fonction du schéma employé. Ce scénario correspond à une situation


qui est plus réaliste pour un système pratique de modulation adaptative.

On constate également que l'équation 2.4 correspond à la capacité d'un canal avec
évanouissements pour laquelle l'information d'état du canal n'est disponible qu'au
récepteur. Ceci implique que la modulation adaptative avec puissance constante de
transmission n'apporte aucune amélioration au niveau de la limite théorique fournie
par l'expression de la capacité. Il n'en demeure pas moins qu'il devient plus facile, en
pratique, de s'approcher de cette limite en utilisant la modulation adaptative, qu'en
utilisant une modulation et un codage fixe. Des techniques permettant d'approcher
cette capacité seront présentées à la section suivante.
10

2.3 Méthodes de modulation adaptative


non-codée

La modulation adaptative est un sujet de recherche qui a suscité beaucoup d'at-


tention au cours des années 1990 et au début des années 2000. Plusieurs auteurs ont
proposé des techniques qui exploitent un ou une combinaison des degrés de liberté
(modulation, codage, puissance de transmission) qu'offre la modulation adaptative
[2], [3], [4], [5], [6].

Il va de soi que parmi toutes ces techniques proposées, les techniques qui affichent
les résultats les plus prometteurs pour s'approcher de l'efficacité spectrale maximale
théorique sont celles qui permettent la variation simultanée de la modulation, du
codage et de la puissance de transmission. Ces techniques requièrent cependant une
complexité système très grande. L'étude de tels systèmes, dans une optique d'implan-
tation pratique, dépasserait le cadre de travaux de maîtrise. L'étude s'est donc limitée
aux techniques de modulation adaptative dont le seul degré de liberté étudié est la
variation de la constellation de transmission et qui n'incluent donc aucun codage
correcteur d'erreurs et aucun contrôle de puissance.

Une présentation des concepts généraux associés aux techniques de modulation


adaptative sera d'abord faite. Deux techniques différentes de modulation adaptative
non-codée pour canaux à évanouissements à bande étroite seront ensuite étudiées
en détails. Leurs bases théoriques de fonctionnement, leur cadre d'utilisation, leur
conception et leurs performances seront présentées.

2.3.1 Généralités des techniques de modulation adaptative

Le but d'une technique de modulation adaptative consiste à déterminer une suite


de régions [7i,7i+i[ de l'état y du canal auxquelles seront associées une série de pa-
ramètres qui déterminent différents degrés de liberté de la technique de modulation
adaptative. Le choix de ces régions s'effectue de manière à maximiser l'efficacité spec-
trale moyenne de transmission TJ, tout en tentant de maintenir une certaine qualité
11
de service. Par exemple, une valeur de 7 de 10 dB pourrait indiquer qu'à l'émetteur,
une modulation 16 QAM combinée à un codage convolutif ayant un taux 3/4 et une
puissance de transmission S(j) devraient être utilisés.

La figure de mérite permettant de mesurer la qualité de service maintenue par le


lien adaptatif qui est la plus généralement acceptée est le taux d'erreurs binaire "Bit
Error Rate (BER)". Tout dépendant du contexte d'utilisation de l'application visée
par le lien adaptatif, un taux d'erreurs moyen BER acceptable pour cette application
est choisi comme critère de design. Le système tente alors de maintenir constant ce
taux moyen d'erreurs lors de son fonctionnement.

Puisqu'il est important d'évaluer les performances en termes de taux d'erreurs


binaires, la plupart des méthodes de conception de modulation adaptative non-codée
tentent généralement d'inverser une fonction de calcul de taux d'erreurs, dans le but
de déterminer quelle rapport signal à bruit 7 doit être utilisé pour maintenir ce taux
d'erreurs constant. Pour ce faire, on s'appuiera sur une expression générale pour une
constellation carrée de type M-QAM

2
R
BERMQAM(I)

laquelle est difficilement inversible algébriquement. Elle sera plutôt remplacée par une
approximation inversible :

-I.67
BERMQAM('y) (2.6)
2*(7) -

II est alors possible d'exprimer, après quelques manipulations simples, le rapport si-
gnal à bruit nécessaire 7 en fonction de la probabilité d'erreur et du nombre de bits
k(j) utilisés. Il en résulte alors une expression plus facilement manipulable dans des
calculs subséquents. Evidemment, l'approximation est toujours légèrement conserva-
trice, ce qui assure que le taux d'erreur cible sera atteint.

Un système employant la modulation adaptative est généralement évalué selon


deux figures de mérite. Premièrement, il est intéressant de connaître si, tel que spécifié
à la conception, le système maintient le taux d'erreur cible visé. Le taux d'erreur
12
binaire moyen du système, exprimé en fonction de l'état 7 du canal est donc la
première figure de mérite. Il est aussi intéressant de connaître quelle est l'efficacité
spectrale en transmission atteinte par le système. L'efficacité spectrale moyenne de
transmission, exprimée en fonction de l'état 7 du canal est la deuxième figure de
mérite couramment utilisée.

De façon générale, une technique de modulation adaptative prend en entrée les


différents paramètres de transmission qui sont offerts par le système, c'est-à-dire les
différentes constellations disponibles, les schémas de codage correcteur d'erreurs et
les niveaux de puissance de transmission disponibles. La méthode prend également
en entrée le taux d'erreurs moyen cible, ainsi que des paramètres statistiques sur le
canal à évanouissements tels la distribution et la vitesse des évanouissements. Une fois
toutes ces données prises en compte, des opérations mathématiques d'optimisation
sont faites et les régions [ji, -yi+1[ sont déterminées pour les paramètres de transmission
qui leur sont associés.

2.3.2 Méthode de Goldsmith

Chung et Goldsmith [7] présentent une étude exhaustive de la conception et des


performances pour les méthodes de modulation adaptative non-codée avec divers
degrés de liberté. Plusieurs scénarios sont traités, incluant les cas où les constellations
disponibles sont à efficacité spectrale continue ou discrète, ainsi que les cas où la
puissance de transmission est variable ou constante.

Pour des raisons pratiques, la méthode de Goldsmith à efficacité spectrale discrète


et puissance de transmission constante a été étudiée. À titre d'exemple, la conception
d'une méthode de modulation adaptative est étudiée dans le cas où les constella-
tions suivantes sont utilisables : NOTX (aucune transmission d'information), BPSK,
QPSK, 16QAM et 64 QAM et dans le cas où l'enveloppe des évanouissements suit
une distribution de Rayleigh et où le taux d'erreur cible BER est de 10 .

L'étape de conception consiste donc à déterminer les seuils {7i}i=o,...,3 qui


délimiteront les régions -oo,7 0 [ , [7o,7i[ > [7i>72[ , [72,73[ et [73,00. Ces régions
13
correspondront respectivement aux modulations NOTX, BPSK, QPSK, 16QAM et
64QAM. Des efficacités spectrales de transmission ki de 0, 1, 2, 4 et 6 bits/s sont
donc allouées par le système.

Le calcul des seuils {ji} se fait sous la contrainte de taux d'erreur binaire suivante :

BER{j) < BER, V7. (2.7)

Puisque la puissance de transmission est constante et que les constellations décrites


plus haut sont utilisées, on peut affirmer que :

BER(-y) < BER(7i), pour 7 i < 7 < 7 m . (2.8)

En utilisant l'approximation de l'équation 2.6, les seuils {7j} sont alors déterminés
en isolant 7i dans l'équation :

< BER, (2.9)

pour {7i}i=o...3-

L'efficacité spectrale moyenne peut ensuite être calculée et est donnée par :

<7<7i+1). (2.10)

Dans les cas où la puissance transmise est variable et les constellations sont à
granularité d'efficacité spectrale continue, la conception est mathématiquement plus
complexe et implique normalement une étape d'optimisation par multiplicateurs de
Lagrange.

Les résultats pour le taux d'erreur binaire moyen et l'efficacité spectrale moyenne
du cas étudié précédemment sont présentés aux figures 2.3 et 2.4 respectivement.

L'efficacité spectrale moyenne de la limite théorique de Shannon et l'efficacité


spectrale d'une méthode de modulation adaptative à puissance variable et efficacité
spectrale continue sont également présentées à titre de comparaison dans la figure
2.4.
14
La figure 2.3 montre que le taux d'erreur binaire moyen visé est atteint à 6 dB
jf-. II est aussi possible de constater que la stratégie de conception spécifiée par les
équations 2.8 et 2.9 est conservatrice. Un taux d'erreurs qui est inférieur au taux
moyen spécifié BER indique qu'il existe une certaine place pour l'amélioration de
l'efficacité spectrale. Ceci serait possible en augmentant le nombre de constellations
disponibles ou en utilisant une technique de variation de la puissance.

Ceci peut être constaté en observant la figure 2.4, où l'efficacité spectrale de la


méthode étudiée est comparée avec une méthode tirée de la même référence [7], où
la puissance de transmission est variable et la granularité d'efficacité spectrale des
constellations est continue. L'utilisation d'un nombre restreint de constellations et
d'une puissance constante de transmission cause une perte d'environ 2.5 dB pour
atteindre une efficacité spectrale équivalente à une stratégie plus optimale.

Cette figure permet aussi une comparaison entre la limite théorique de Shannon et
l'efficacité spectrale atteinte par des techniques de modulation adaptative pratiques.
Un écart assez important sépare donc les méthodes pratiques de la limite théorique. Il
faut cependant se rappeler que la limite de Shannon est une limite existentielle et qu'il
est impossible d'atteindre cette limite avec seulement une technique de modulation
adaptative pratique, i.e. sans faire intervenir de puissants codes correcteurs d'erreurs.
Les résultats de Goldsmith [8] montrent qu'une méthode de modulation adaptative
performante qui inclut un codage de type turbo peut approcher la capacité de Shan-
non à environ 2.5 dB.

Dans un système réel de modulation adaptative, il est fort possible que le délai
Tfeedback imputable au lien de feedback soit non-nul. Ceci fait donc que l'émetteur
utilise un estimé j(t) qui est périmé dans le temps :

= -y(t - rfeedback). (2.11)

Les conséquences de ce délai non-nul peuvent se traduire en une baisse des perfor-
mances en termes de taux d'erreur binaire. L'efficacité spectrale moyenne de trans-
mission, quant à elle, ne se voit pas directement affectée par le délai de feedback.
15

10" 1

— Modulation adaptative
BER cible = 1Q"3

10

10" 1 ' 1
10 15
Es/N0 (dB)

Fig. 2.3: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative de Goldsmith,
constellation discrète et puissance constante.

-Q G o l d s m i t h , puiss. fixe, const. discrète


-*? G o l d s m i t h , puiss variable, const. continue
•-(» Limite S h a n n o n

Pig. 2.4: Efficacité spectrale moyenne pour différentes méthodes de Goldsmith et


limite de Shannon.
16
Goldsmith et Chua [9] ont montré que l'impact du délai de feedback sur les per-
formances dépend essentiellement de la vitesse des évanouissements du canal et de la
durée de ce délai de feedback. Ceci correspond au délai normalisé :

Tnorm = fd ^feedback, (2.12)

où fd correspond à la fréquence maximale de Doppler, ce qui est un indicateur de la


vitesse des évanouissements. Il a été montré qu'un système de modulation adaptative
conçu avec la méthode de Goldmsmith commencera à subir une perte de performance
du taux d'erreurs binaire moyen si le délai normalisé ne respecte pas la condition :

Tnorm < l ^ • (2-13)

II a aussi été montré que la perte de performance est d'autant plus grande et rapide
que le taux d'erreur moyen cible BER du système est petit.

2.3.3 Méthode de Goeckel

Les conditions spécifiées dans l'équation 2.13 peuvent imposer des contraintes in-
surmontables pour l'implantation et l'utilisation d'un système pratique de modulation
adaptative. Si les évanouissements sont trop rapides ou que le délai de feedback du
système est trop grand, le système connaîtra une baisse de performances qui n'est pas
désirée et qui devra être compensée. Ceci serait possible en trouvant des seuils par
essais et erreurs ou en choisissant de façon approximative un taux d'erreur binaire
moyen suffisament petit pour compenser la perte en performance. Il n'est cependant
pas souhaitable de procéder ainsi pour la conception optimale d'un système de mo-
dulation adaptative.

Goeckel [10] présente une méthode de modulation adaptative qui est formulée
explicitement pour fonctionner avec des estimés de canal qui sont périmés dans le
temps. Dans cette méthode, une étude approfondie de la variation temporelle des
évanouissements est faite. Les effets de cette variation sur les performances en termes
de taux d'erreur binaire sont quantifiés. Une méthode de design qui tient compte des
17
variations temporelles est ensuite établie et les performances de cette méthode sont
étudiées.

La méthode de Goeckel modélise le canal à évanouissements à bande étroite comme


un processus aléatoire gaussien complexe qui varie dans le temps :

X(kTs) = XR(kTs)+jXr(kTs), (2.14)

où XR(kTs) et Xj(kTs) représentent respectivement les composantes réelle et imagi-


naire des évanouissements qui multiplient le /cerne symbole transmis. Les quantités
XR et Xi sont de moyenne nulle, ce qui fait que l'enveloppe de X(kTa) suit une dis-
tribution de Rayleigh. Pour des raisons pratiques qui lui sont propres, Goeckel utilise
comme convention :

E[XR(kTs)XR(kTs)] : ElXrikTJXjikZ)] =1, (2.15)

ce qui fait que la puissance reçue est deux fois plus grande que la puissance transmise.

La fonction d'autocorrélation des évanouissements est définie comme étant :

RX(T) = E[ XR(kTs)XR(kTs - T) } = E[ XI(kTs)XI(kTs - r) ] . (2.16)

À l'émetteur, on utilise des estimés X(kTs) du canal qui sont périmés dans le
temps :
X(kTs) = X(kTs - rfeedback), (2.17)

où X(kTs) représente l'estimé du canal disponible à l'émetteur et où Tfee(iback


représente le délai de feedback du système. Il est supposé que le canal est estimé
parfaitement.

Il a été montré que puisque XR(kTs) et XR(kTs) sont des variables aléatoires
conjointement gaussiennes, XR | XR est une variable aléatoire gaussienne lorsque
conditionnée sur la réalisation xR de l'estimé XR{kTs).

Cette nouvelle variable aléatoire conditionnée est de moyenne non-nulle :


18

P=RX(Tfeedback)= E [ XR{kTs)XR(kTs) } = E [ XR(kTs)XR(kTs - T/eed6acfe) ] .


(2.19)
La variance de cette variable aléatoire conditionnée s'exprime quant à elle comme
étant :
2
2
l ( 2 . 2 0 )

Le même raisonnement peut être appliqué à la partie imaginaire Xj(kTs) des


évanouissements. Ceci implique que l'on peut définir une variable aléatoire X \ X
dont le module Y = \X \ X\ est une variable aléatoire de Rice, étant donné l'addition
de deux variables gaussiennes de moyenne non-nulle en quadrature. La fonction de
densité de probabilité de cette variable Y est alors :

pY {x{y | x) = £exp [- (V + £s)]h (j£) , (2-21)


7o est la fonction de Bessel modifiée d'ordre zéro, où s2 est le paramètre de non-
centralité de la distribution de Rice. Ce paramètre est exprimé comme étant :

E[XR(kTsy]

Ce développement indique qu'à l'émetteur, l'utilisation au temps t = kTs d'un


estimé périmé x(kTs — r/eed6acfc) permet de savoir que le canal effectif vu au récepteur
à ce même moment se comporte comme un canal avec distribution de Rice dont
les paramètres sont donnés à l'équation 2.22. Si le délai de feedback tend vers zéro,
cette distribution de Rice tendra beaucoup à ressembler à la distribution de Rayleigh
typique aux évanouissements X(t).

L'hypothèse mentionnée au paragraphe précédent est valable si l'autocorrélation


p définie à l'équation 2.19 est connue. Dans un système de communications sans fil,
il est généralement admis qu'en pratique, la fonction d'autocorrélation RX(T) n'est
typiquement pas connue à l'émetteur, et que cette fonction peut varier selon l'envi-
ronnement de propagation. Une méthode de modulation adaptative dite "robuste"
19
peut être cependant considérée. Cette méthode "robuste" garantira une performance
supérieure ou égale à la performance obtenue pour un canal dont la fonction d'au-
tocorrélation correspond à celle obtenue dans le pire des cas. Le pire cas est défini
comme le pire environnement de propagation possible, celui pour lequel la fréquence
de Doppler correspond à une borne supérieure. Goeckel définit donc une méthode
robuste comme étant une méthode qui garantit les performances pour un ensemble
R de fonctions d'autocorrélation :

R:{Rx(r)>RXmin(rJd)}. (2.23)

Comme fonction d'autocorrélation Rxmin (T, fd) qui représente le pire des cas, Goeckel
utilise l'autocorrélation standard de Jakes pour une unité mobile :

L'équation 2.19 indique que l'autocorrélation entre X et son estimé X peut alors
prendre comme plage de valeurs possibles :

L]. (2.25)

Tout comme dans la méthode de Goldsmith, une approximation semblable à


l'équation 2.6 est utilisée pour calculer la probabilité d'erreur pour une constella-
tion de type MQAM, mais une notation différente est employée :

E 2J
2 -0.75y (2.26)
BERMQAM(y -f) = 0.2 exp

où y est une réalisation de la variable aléatoire Y — \X | X\ et où jjf- correspond au


rapport signal à bruit moyen du canal.

En définissant la quantité h = \X(kTs)\ et en combinant les équations 2.22 et


2.26, on peut calculer la probabilité d'erreur
E1
E
BERMQAM(Y — h (2.27)
-^-, h,p) — E iv 0
iVn
20

Après quelques développements, on obtient :

0.2 exp
E 3 g» (l-°- 2 )
BERMQAM(-rr,h,p) «< " 2 JV0 ( 2 * - l )
(2.28)

0.2 exp

Connaissant les quantités J^ et pmin-, l a méthode de Goeckel consiste à trou-


ver, pour h e [0,oo , la constellation optimale k(h) tout en respectant une certaine
contrainte de taux moyen d'erreur binaire BER :

k(h) = max< k : sup


At' A > r f <BER\. (2.29)

L'équation 2.28 doit donc être évaluée pour la plage de valeurs p définie dans
l'équation 2.25. Plus d'information est fournie dans [10] pour minimiser le nombre
d'évaluations de cette équation.
^
A titre d'exemple, les performances de la méthode de Goeckel sont présentées dans
le cas où les constellations suivantes sont utilisables : NOTX (aucune transmission
d'information), BPSK, QPSK, 16QAM et 64 QAM et où le taux d'erreur cible BER
est de 10"3.

Il est possible d'étudier les performances de la méthode de Goeckel selon deux


degrés de liberté différents. Premièrement, les figures de mérite standard qui sont
l'efficacité spectrale moyenne de transmission et le taux d'erreur moyen peuvent être
étudiées en fonction du rapport signal à bruit moyen jf- du canal. Il implique que
dans cet aspect de l'étude des performances, une valeur de l'autocorrélation minimale
Pmin doit être fixée à l'avance. Ceci correspond donc à la même étude de performance
qui est faite pour la méthode de Goldsmith dans la section 2.3.2

Les performances obtenues pour une autocorrélation minimale de pmin = 0.9 sont
présentées aux figures 2.5 et 2.6.
21
De façon similaire à la méthode de Goldsmith, l'utilisation d'une puissance
constante de transmission et d'une quantité restreinte de constellations résulte en un
taux d'erreur binaire qui respecte la contrainte BER de façon généralement conser-
vatrice. Il est cependant intéressant de remarquer que cette probabilité d'erreur cible
est respectée sans problème pour une autocorrélation minimale de 0.9. Si l'auto-
corrélation de Jakes J0(27r/dr) est utilisée comme fonction d'autocorrélation pour le
pire des cas, ceci correspondrait à un délai normalisé d'environ 0.1. Ce délai normalisé
ne respecte évidemment pas le critère spécifié à l'équation 2.13 quant à la robustesse
de la méthode de Goldsmith à la rapidité de variation du canal. Cela montre qu'il est
possible de maintenir une performance acceptable en utilisant la méthode de Goeckel,
ce que la méthode de Goldsmith ne peut assurer. La méthode de Goeckel offre donc
plus de robustesse.

Le fait de respecter le taux d'erreur binaire pour un canal qui varie rapidement
amène cependant des inconvénients au niveau de l'efficacité spectrale moyenne de
transmission. En effet, la figure 2.6 permet de constater que l'efficacité spectrale est
diminuée par rapport à la méthode de Goldsmith.

Dans la méthode de Goeckel, la variation du canal est représentée par l'auto-


corrélation minimale pmin et est directement un paramètre d'entrée spécifié lors de
la conception. Il est alors intéressant d'étudier les performances de la méthode pour
différentes valeurs de pmin. Pour ce faire, la quantité jj± doit préalablement être fixée
à une certaine valeur. L'étude selon le paramètre pmin permet donc d'étudier le taux
d'erreur binaire et surtout l'efficacité spectrale moyenne de transmission en fonction
de la rapidité de variation du canal. Ces résultats sont présentés aux figures 2.7 et
2.8. Le rapport jf- utilisé est de 15 dB.

Ces deux dernières figures confirment ce qui a été observé aux figures 2.5 et 2.6.
En effet, il est facile de constater l'avantage apporté par la méthode de Goeckel en
ce qui a trait au respect de la contrainte BER. En effet, celle-ci est respectée sur
la quasi-totalité des autocorrélations étudiées. Il est par contre important d'observer
22
que la méthode de Goeckel sacrifie de l'efficacité spectrale de transmission, dans le
but premier de respecter le taux d'erreur cible.
23

ce
m

Fig. 2.5: Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goeckel,
constellation discrète et puissance constante, pmin = 0.9.
24

Goeckel, puiss. fixe, const. discrète,pmin = 0.9


Goldsmith, puiss. fixe, const. discrète
7 •'- Goldsmith, puiss. variable, const. continue
s- Limite Shannon

10 20 25
ES/NQ (dB)

Fig. 2.6: Efficacité spectrale moyenne pour la modulation adaptative de Goeckel,


constellation discrète et puissance constante, pmin = 0.9.
25

0.8 0.82 0.84 0.86 0.88 0.9 0.92 0.94 0.96 0.98
Autocorrélation miminale du canal p .
r
min

Fig. 2.7: Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goeckel,
constellation discrète et puissance constante, jjfe — 15 dB.
26

i i i i i i \ •—i

1.8 - :• : : ' : • • • /

1.6

1.4 - ; ;

g" 1.2

0.8 - : ; ; • • • ^ ^ ; ; ; -

0.6

0.4

no i i i i i i i i
0.8 0.82 0.84 0.86 0.88 0.9 0.92 0.94 0.96 0.98
Autocorrélation miminale du canal p .

Fig. 2.8: Efficacité spectrale moyenne pour la modulation adaptative de Goeckel,


constellation discrète et puissance constante, jjf- = 15 dB.
Chapitre 3

Communications sans fil à large bande et


OFDM

3.1 Introduction

Les communications sans fil à large bande constituent un vaste sujet auquel de
nombreux volumes se sont consacrés. Ce chapitre traite de quelques aspects de ce
domaine qui seront utilisés au cours des chapitres ultérieurs.

Premièrement, la simulation des canaux multiparcours à évanouissements sera


traitée. Une méthode de génération d'évanouissements de Rayleigh sera présentée.
Cette méthode sera suivie du modèle de simulation de canal multiparcours à
évanouissements qui sera utilisée dans le reste du mémoire.

Un survol de la modulation multiporteuses de type OFDM sera fait. Ce survol


sera accompagné d'une présentation des méthodes d'estimation de canal dédiées aux
systèmes OFDM.

27
28

3.2 Génération des évanouissements Rayleigh


pour la simulation

Un canal de communication sans fil est généralement caractérisé par des variations
temporelles aléatoires de la phase et de l'amplitude du signal reçu. Ces variations
peuvent être attribuées au mouvement spatial relatif de l'émetteur et du récepteur
ou au mouvement de l'environnement de propagation du signal.

Il a été montré qu'en pratique, ces évanouissements aléatoires peuvent suivre une
distribution qui s'apparente à celle de Rayleigh, dans le cas d'une communication
sans ligne de vue, et à une distribution de Rice pour communications avec ligne de
vue directe. D'autres distributions statistiques peuvent également être utilisées pour
représenter les évanouissements. La distribution de Nakagami-m en est un exemple.
Les modèles d'évanouissements de Rayleigh et de Rice demeurent cependant les plus
utilisés pour l'évaluation de la performance des systèmes de communication sans fil.

L'addition de variables aléatoires gaussiennes en quadrature permet de générer des


évanouissements complexes dont la distribution d'amplitude correspond à une distri-
bution de Rayleigh et dont la distribution de la phase est uniforme. Cette méthode ne
permet pas cependant de représenter les corrélations entre échantillons successifs qui
sont normalement observées lors de mesures expérimentales. Ces corrélations sont at-
tribuables à plusieurs facteurs dont la vitesse d'échantillonnage du canal et la vitesse
de déplacement relative entre l'émetteur et le récepteur.

Afin de pouvoir modéliser correctement en simulation le comportement d'un


système de modulation adaptative, il est absolument important de simuler des
évanouissements qui respecteront les corrélations observées en pratique. La méthode
proposée par Young et Beaulieu [11] permet de générer des évanouissements de
Rayleigh et de Rice corrélés dans le temps. C'est cette méthode de simulation des
évanouissements à bande étroite qui sera utilisée dans ce mémoire.

La figure 3.1 présente l'algorithme proposé par Young et Beaulieu. Deux séquences
de variables aléatoires gaussiennes sont générées dans le domaine fréquentiel et mul-
29
tipliées par un filtre représentant le spectre de puissance d'un signal reçu par une
antenne isotropique d'une unité mobile se déplaçant à une vitesse v. Ces échantillons
sont ensuite additionnés en quadrature et transformés dans le domaine du temps à
l'aide de la transformée de Fourier discrète inverse (IFFT). La figure 3.1 illustre cet
algorithme.

N réalisations de
(AMI Multiplication par
variables aléatoires
séquence {, |k|) de
gaussiennes à
filtre Doppler
moyenne nulle

c IFFT taille N
{x[n]| Ëvanouissemen

corrélés

N réalisations de
fBIk)) Multiplication par
variables aléatoires
séquence (F[kJ] de
gaussiennes à
filtre Doppler
moyenne nulle

Fig. 3.1: Algorithme de Young et Beaulieu pour la génération d'évanouissements


Rayleigh corrélés.

3.3 Canal multiparcours à évanouissements

Un environnement de propagation diversifié fait qu'un signal transmis peut su-


bir des réflexions et emprunter différents parcours pour se rendre au récepteur.
Ces différents parcours font que plusieurs copies du signal sont reçues à des ins-
tants différents. Si le temps entre la première et la dernière copie reçue excède la
période d'un symbole, les évanouissements deviennent alors sélectifs en fréquence. Ce
phénomène se produit typiquement pour des systèmes à grande largeur de bande,
dont la période d'un symbole est beaucoup plus petite que le délai moyen normalisé
de l'environnement de propagation.

En simulation, ce phénomène est reproduit de façon discrète. Il est alors considéré


que le signal transmis subit un profil de délai discret où les temps d'arrivée des
copies du signal original correspondent à des multiples de la période d'un symbole.
Il peut être considéré que chacun des parcours peut subir des évanouissements de
21
De façon similaire à la méthode de Goldsmith, l'utilisation d'une puissance
constante de transmission et d'une quantité restreinte de constellations résulte en un
taux d'erreur binaire qui respecte la contrainte BER de façon généralement conser-
vatrice. Il est cependant intéressant de remarquer que cette probabilité d'erreur cible
est respectée sans problème pour une autocorrélation minimale de 0.9. Si l'auto-
corrélation de Jakes J0(27r/c/r) est utilisée comme fonction d'autocorrélation pour le
pire des cas, ceci correspondrait à un délai normalisé d'environ 0.1. Ce délai normalisé
ne respecte évidemment pas le critère spécifié à l'équation 2.13 quant à la robustesse
de la méthode de Goldsmith à la rapidité de variation du canal. Cela montre qu'il est
possible de maintenir une performance acceptable en utilisant la méthode de Goeckel,
ce que la méthode de Goldsmith ne peut assurer. La méthode de Goeckel offre donc
plus de robustesse.

Le fait de respecter le taux d'erreur binaire pour un canal qui varie rapidement
amène cependant des inconvénients au niveau de l'efficacité spectrale moyenne de
transmission. En effet, la figure 2.6 permet de constater que l'efficacité spectrale est
diminuée par rapport à la méthode de Goldsmith.

Dans la méthode de Goeckel, la variation du canal est représentée par l'auto-


corrélation minimale pmin et est directement un paramètre d'entrée spécifié lors de
la conception. Il est alors intéressant d'étudier les performances de la méthode pour
différentes valeurs de pmin. Pour ce faire, la quantité jf- doit préalablement être fixée
à une certaine valeur. L'étude selon le paramètre pmin permet donc d'étudier le taux
d'erreur binaire et surtout l'efficacité spectrale moyenne de transmission en fonction
de la rapidité de variation du canal. Ces résultats sont présentés aux figures 2.7 et
2.8. Le rapport ^ utilisé est de 15 dB.

Ces deux dernières figures confirment ce qui a été observé aux figures 2.5 et 2.6.
En effet, il est facile de constater l'avantage apporté par la méthode de Goeckel en
ce qui a trait au respect de la contrainte BER. En effet, celle-ci est respectée sur
la quasi-totalité des autocorrélations étudiées. Il est par contre important d'observer
31

3.4 Modulation multiporteuses

La modulation en sous-porteuses orthogonales, communément appelée Orthogo-


nal Frequency Division Multiplexing (OFDM), est une technique qui possède des
propriétés très intéressantes pour les communications sans fil à haut débit dans des
environnements de propagation riches en multiparcours, donc sélectifs en fréquence.

L'OFDM consiste à multiplexer une suite à haut débit de symboles de données


MQAM ou MPSK en plusieurs sous-canaux parallèles à débit plus faible [15]. Ce
débit correspond alors à une fraction du débit original. Les symboles de données
présents sur chacun de ces sous-canaux sont modulés par des sous-porteuses qui sont
orthogonales entre elles. En bande de base, ceci correspond à :

{ ') t <t<t +T

où N correspond au nombre
0, de sous-porteuses, ts est t<t
le stemps
At>t d'échantillonnage et
T est la période d'un symbole.

L'orthogonalité des sous-porteuses peut être constatée facilement en étudiant le


spectre d'un symbole OFDM. L'équation 3.2 indique que le signal OFDM résultant
est constitué par la multiplication, dans le domaine du temps, d'une fonction fenêtre
rectangulaire par une exponentielle complexe. En fréquence, ceci correspond à la
convolution d'un sinus cardinal (fonction fenêtre) par des impulsions de Dirac cor-
respondant aux fréquences des sous-porteuses. Le spectre résultant est présenté à la
figure 3.3. Il est alors possible de remarquer que lorsqu'une sous-porteuse atteint sa
valeur maximale, toutes les autres sous-porteuses ont une amplitude nulle, ce qui
confirme l'orthogonalité des sous-porteuses.

Si l'équation 3.2 est examinée en temps discret, l'opération de modulation en


sous-porteuses orthogonales correspond tout simplement à la transformée de Fourier
discrète inverse (IDFT) d'une suite de symboles MQAM ou MPSK :
JV-l
s[n} = ^diej^i-i. (3.3)
i=0
32

Fig. 3.3: Spectre d'amplitude de 4 sous-porteuses orthogonales.

Au récepteur, la démodulation des sous-porteuses orthogonales se fait en applicant


l'opération inverse de la IDFT, soit la transformée de Fourier discrète DFT.

Du point de vue de l'implantation pratique, ceci est très intéressant puisque les
opérations de IDFT et de DFT peuvent s'implanter de façon efficace en utilisant les
algorithmes de transformée de Fourier rapide IFFT et FFT. Ces algorithmes per-
mettent donc de passer d'un nombre de multiplications proportionnel à iV2 vers un
nombre de multiplications proportionnel à y log2(JV), ce qui est très intéressant d'un
point de vue matériel.

Afin de contrer efficacement les évanouissements multiparcours, les systèmes


OFDM pour les communications sans fil incluent une étape d'insertion d'extension
cyclique. Au transmetteur, une partie des derniers symboles à la sortie de la IFFT
débutent la trame OFDM et sont ensuite suivis par le résultat complet du calcul de
la IFFT. La figure 3.4 illustre ce concept.

Dans le cadre d'un canal multiparcours, l'insertion de l'extension cyclique permet


d'exprimer le signal reçu au récepteur comme étant le résultat de la convolution
33

Symbole OFDM

S|13| 8|!4| S|I5] •Pi «I sial 8(3) E[4] s[5] s[6] s[7) S[8] s[9] 8(10) «111 S[12J SU 31 S[I4] s(15l

Extension
Résultat IDFT
Cyclique

Fig. 3.4: Format d'un symbole OFDM.

circulaire entre la réponse impulsionnelle du canal h[n] et la trame OFDM transmise


s[n] :
r[n] = h[n] ® s[n}. (3.4)

Au récepteur, le signal R[k] à la sortie de l'opération de FFT correspond donc,


grâce aux propriétés de la convolution circulaire, à :

R[k] = FFT{h[n]}FFT{s[n]} = H[k]S[k]. (3.5)

Si une modulation non-différentielle est utilisée, les signaux transmis peuvent alors
être récupérés en effectuant une division complexe, sur chacune des sous-porteuses,
par la transformée de Fourier rapide de la réponse impulsionnelle du canal :

R[k] _ R[k]
S[k} = (3.6)
FFT{h[n}} " H[k]'

ce qui correspond à une étape d'égalisation de type "Zero-forcing". Un système


multiporteuses OFDM permet donc d'utiliser une égalisation dont la complexité est
inférieure par rapport aux algorithmes d'égalisation pour systèmes à porteuse unique.

La figure 3.5 montre les composants de base d'un émetteur OFDM, tandis que la
figure 3.6 montre les composants typiques d'un récepteur OFDM.

Conversion
Modulateur parallèle/série Conversion Conversion
Bits Conversion
MQAM/ IFFT + insertion numérique/ bande de
ransmission série/parallèle
MPSK extension analogique base / RF
ryrliqiifi

Fig. 3.5: Emetteur OFDM stantard.


34
Conversion
Conversion Conversion série / parallèle Démodulateur
Conversion
RF / bande analogique/ + enlève FFT Égalisation MQAM/ Bits réception
extension parallèle/série
de base numérique MPSK
cyclique

Estimation Unité
canal synchronisation

Fig. 3.6: Récepteur OFDM stantard.

Il est important de noter que le développement discuté précédemment est valide


seulement dans deux conditions. Premièrement, la durée de l'extension cyclique doit
être plus grande que le plus grand délai multiparcours majeur, sans quoi il y aura
perte d'orthogonalité entre les porteuses et diminution de la performance. De plus,
l'égalisation donnera de bonnes performances seulement si la durée de la réponse
impulsionnelle du canal peut être considérée comme quasi-constante sur la durée du
symbole OFDM.

Il est aussi important de noter que l'OFDM est une technique de modulation dont
les performances sont très sensibles aux erreurs de synchronisation en fréquence. En
effet, des erreurs de synchronisation détruisent l'orthogonalité des sous-porteuses,
ce qui peut résulter en des performances grandement inférieures aux performances
obtenues avec une synchronisation parfaite.

Finalement, l'insertion d'une extension cyclique implique une perte en bande pas-
sante. Typiquement, la durée de l'extension cyclique se situe entre 1/4 et 1/10 du
nombre de sous-porteuses. Ceci implique des pertes de bande passante allant respec-
tivement de 20% à 9%.

3.5 Estimation de canal OFDM

Afin de réaliser en pratique l'opération d'égalisation discutée dans l'équation 3.6,


il est nécessaire d'établir un estimé de la réponse en fréquence du canal H[k] pour
établir la variable de décision qui servira pour la démodulation du symbole de données
35
correspondant :
Z[k] = 5 ^ - . (3.7)
1 J
H[k]
Cet estimé H[k] est obtenu en appliquant des techniques d'estimation de canal. Un
survol de ces différentes techniques sera donc fait. De plus, une technique particulière
sera explicitée en plus grands détails.

3.5.1 Méthodes existantes

À l'exception des méthodes d'égalisation aveugles et semi-aveugles dont le fonc-


tionnement dépasse le cadre de ce mémoire, l'estimation de canal OFDM consiste à
insérer des symboles connus lors de la transmission et à effectuer à la réception un
certain traitement qui permettra d'estimer la réponse en fréquence du canal.

Il existe une grande quantité d'estimateurs pour l'OFDM qui ont été publiés
dans la littérature. Ces méthodes se différencient notamment en termes de politique
d'insertion des symboles connus et en termes du traitement effectué au récepteur.
Plusieurs configurations d'insertion de symboles connus (symboles pilotes) et de
symboles OFDM entièrement composés de symboles pilotes (trames pilote) ont été
expérimentées [16]. De plus, une variété de traitements au récepteur on été proposés,
allant de l'interpolation LS [17], en passant par les méthodes plus complexes de type
LMMSE [18]. Ces différentes méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients,
notamment en ce qui concerne leur complexité d'implantation, leurs conditions d'uti-
lisation et leurs performances respectives.

3.5.2 Méthode d'estimation dans le domaine temporel

Minn et Bhargava [12] ont proposé une méthode d'estimation de canal OFDM
qui est basée sur certaines opérations effectuées sur le symbole reçu dans le domaine
temporel. Cette méthode est dénomée Frequency Pilot Time Average (FPTA) et est
la méthode d'estimation de canal OFDM utilisée dans les chapitres ultérieurs de ce
mémoire.
36
Pour chaque symbole OFDM transmis, des symboles pilotes sont multiplexes
avec des symboles de données à un taux de 1 symbole pilote par K sous-porteuses.
Une trame OFDM compte alors M = N/K symboles pilotes. Dans le domaine des
fréquences, l'expression de la série de symboles pilotes transmise (avant ajout de
l'extension cyclique) est :

(-l)mdPs, k = Km
(3.8)
0, k = Km + i
où m et i sont des entiers tels que 1 < i < K — 1 , 0 < m < M — l e t dps représente
le symbole pilote.

La composition résultante d'une trame OFDM respectant une telle politique d'in-
sertion de symboles pilotes est représentée graphiquement à la figure 3.7.

K sous-porteuses

K-1 sous-porteuses de K-1 sous-porteuses de K-1 sous-porteuses de


+p -P +P -P
données données données

M symboles pilotes

Fig. 3.7: Politique d'insertion de symboles pilotes dans une trame OFDM pour
l'estimation de canal de type FPTA.

La sortie dans le domaine du temps de la séquence décrite par l'équation 3.8 est
alors :
p - IFFT{P[k}} = [p 0 P l . . . p K . x ]. (3.9)

Les sous-vecteurs pj sont définis comme étant de taille M = N/K et sont exprimés
comme suit :
p. = [p[0 + Mi] p[l + Mi] ... p[M - 1 + Mi]]. (3.10)

Au récepteur, la suite de symboles r[n] formant une trame OFDM reçue dans
le domaine du temps (après rejet de l'extension cyclique) peut s'exprimer avec la
,'57
notation suivante :
r = [r0 r x ... r K -i], (3-11)

où ri est exprimé comme :

n = [r[0 + Mi) r[l + Mi] ... r[M - 1 + Mi]]. (3.12)

Le processus d'estimation de canal débute en effectuant une moyenne entre les K


sous-vecteurs r; de taille M = N/K qui forment le vecteur r du signal reçu dans le
domaine du temps :
K-X

Le vecteur ravg obtenu est également de taille M. On procède ensuite au cal-


cul d'une transformée de Fourier rapide sur N points de ce vecteur, ce qui permet
d'obtenir la quantité Ravg[k] :

Ravg[k) = FFTN{ravg} = H[k]P0[k] + Wavg[k], (3.14)

où Woug[fc] e s t un terme représentant le bruit complexe gaussien. La quantité Po[k]


peut se calculer comme suit :

P0[k] = FFTN{p0}. (3.15)

On est alors en mesure d'obtenir l'estimé H[k] de la réponse en fréquence du canal.


Cette quantité se calcule comme suit :

= *M+ W ( 6)
"
Le taux d'insertion de symboles pilotes K est un facteur qui détermine les perfor-
mances de l'estimation de canal. Ce paramètre indique en quelque sorte la fréquence
d'interpolation de la réponse H[k] du canal. Un taux élevé d'insertion de pilotes procu-
rera de très bonnes performances, au détriment d'une perte de bande passante due au
grand nombre de sous-porteuses réservées aux symboles pilotes. Il est alors nécessaire
de faire un juste compromis entre une estimation qui donne des performances satis-
faisantes et une perte de bande-passante acceptable. Des simulations effectuées dans
38
le cadre de ce travail de maîtrise montrent qu'un taux d'insertion de 1 symbole pilote
par 8 sous-porteuses donne des performances acceptables et occasionne une perte de
12,5 % en bande passante. Pour des raisons pratiques, le taux d'insertion de sym-
boles pilotes doit aussi être choisi de façon à obtenir un nombre entier M — N/K de
sous-vecteurs.

Il est difficile de déterminer analytiquement la performance d'un estimateur de


canal. Le recours à la simulation est donc souvent nécessaire. Les performances de
l'estimateur peuvent alors être comparées avec un estimé parfait du canal, ainsi qu'à
d'autres techniques d'estimation de canal. Les performances de l'estimateur FPTA
ont donc été étudiées en simulation dans le but de comparer les performances obtenues
par rapport à l'estimation parfaite. À la figure 3.8, les performances ont été évaluées
pour un système OFDM avec 8192 sous-porteuses, un extension cyclique de taille
1024, un taux d'insertion de symboles pilotes de 1/8 et une modulation de type 64-
QAM. La réponse impulsionnelle du canal correspond au modèle de l'équation 3.1.

Il est possible de constater qu'avec ces paramètres, l'estimation de canal apporte


une perte de ldB par rapport à l'estimation parfaite. Ceci est une perte de perfor-
mance généralement acceptable pour un système d'estimation.
39

10"

-e- Estimation parfaite


Estimation FPTA-2, K = 8

10

10 15 20 25 30
Eb/No (dB)

Fig. 3.8: Performances OFDM avec estimation de canal parfaite et estimation


FPTA, 8192 sous-porteuses, K — 8, modèle de canal de l'équation 3.1.
Chapitre 4

Modulation adaptative multiporteuses

4.1 Introduction

Les systèmes de communication à large bande, tout comme les systèmes de com-
munication à bande étroite, peuvent bénéficier d'une augmentation de débit apportée
par l'utilisation de la modulation adaptative. Ceci inclut autant les systèmes de com-
munications large bande à porteuse unique que les systèmes multiporteuses. Ce cha-
pitre se concentre sur la modulation adaptative pour systèmes multiporteuses. Plus
particulièrement, ce chapitre se veut une étude d'un système pratique de modulation
adaptative multiporteuses tel qu'il serait implanté de façon matérielle.

4.2 Application de la modulation adaptative pour


systèmes multiporteuses

Si on peut considérer comme valide l'hypothèse selon laquelle la durée de la


réponse impulsionnelle du canal est constante pour la durée d'une trame OFDM,
chaque sous-porteuse peut être vue comme un canal à évanouissements à bande

40
41
étroite. Ceci implique que les techniques de modulation adaptative à bande étroite
présentées au chapitre 2 peuvent être incorporées à un système OFDM et ce, sans
modifications particulières aux techniques étudiées précédemment.

En modulation adaptative multiporteuses, l'optimisation de l'efficacité spectrale


de transmission se fait en calculant, au récepteur, un estimé H[k] de la réponsee
en fréquence du canal. Cet estimé ou une autre information connexe est fournie à
l'émetteur adaptatif par le biais d'un canal de feedback. Pour chacune des sous-
porteuses ou pour un groupe de quelques sous-porteuses voisines, l'émetteur choisit
les paramètres de transmission les plus appropriés.

4.3 Modèle de système de modulation adaptative


multiporteuses proposé

L'étude d'un système pratique de modulation adaptative implique qu'un modèle


permettant l'étude de ce système sous plusieurs aspects doit être formulé. Ce modèle
devrait inclure plusieurs facteurs inhérents à un système pratique, dont un algorithme
d'estimation de canal et une modélisation du lien de feedback. De plus, puisque
ce modèle de système de modulation adaptative sera utilisé pour une implantation
matérielle, l'intégration de l'estimation de canal et du lien de feedback devra être faite
de façon fonctionnelle et non seulement conceptuelle. L'aspect de synchronisation du
système est considéré comme parfait et n'est pas étudié dans ce mémoire.

Un modèle de système pratique de modulation adaptative multiporteuses est pro-


posé à la figure 4.1. Puisque l'utilisation de ce système est prévue pour un environ-
nement de propagation multiparcours, le lien de feedback est modélisé comme étant
une chaîne complète de communication OFDM à modulation fixe qui sera utilisée
pour fournir à l'émetteur de l'information sur l'état du canal. Un algorithme d'esti-
mation de canal par insertion de symboles pilotes est également inclus dans le modèle
proposé.
42

JL_L~1

Fig. 4.1: Modèle de système de modulation adaptative multiporteuses proposé.

4.3.1 Paramètres de modulation adaptative du système

Par définition, un système de modulation adaptative doit permettre l'utilisation


de divers degrés de liberté dans un lien de communication sans fil. Le système proposé
n'utilise pas de codage correcteur d'erreurs et transmet les symboles à une puissance
constante. Le seul degré de liberté disponible est donc la modulation utilisée. Le
système de la figure 4.1 peut utiliser des modulations de type MQAM : 64QAM,
16QAM, 4QAM, ainsi que la modulation BPSK et un mode de modulation où aucune
information utile n'est transmise : NOTX. Cette sélection permet au système d'utiliser
des modes de transmission dont l'efficacité spectrale varie de 0 à 6 bits/symbole/Hz,
tout dépendant des conditions du canal.

La modulation OFDM étant utilisée, le nombre de sous-porteuses et la taille de


l'extension cyclique doivent être déterminés. Un nombre de 1024 sous-porteuses a été
choisi. Le nombre 1024 est une puissance de 4, ce qui fait que l'implantation matérielle
de l'algorithme de FFT/IFFT peut être simplifiée en utilisant un algorithme spécifique
en base 4, ce qui réduit le nombre de multiplications nécessaires. De plus, ce nombre
de sous-porteuses permet de diviser la largeur de bande en un nombre suffisamment
grand de sous-canaux pour qu'un algorithme d'estimation de canal tel que celui décrit
à la section 3.5.2 peut fonctionner en offrant de bonnes performances.

La taille de l'extension cyclique constitue un choix arbitraire, mais tel que décrit à
43
la section 3.4, elle doit être comprise entre 1/4 et 1/10 du nombre de sous-porteuses et
doit également être suffisamment grande pour contenir le plus long délai multiparcours
majeur. Une taille d'extension cyclique de 128 est un choix raisonnable.

Dans ce système, l'adaptation de l'efficacité spectrale de transmission se fait selon


les conditions du canal de chacune des sous-porteuses de données. Il existe, dans le
domaine des fréquences, une certaine corrélation entre sous-porteuses voisines en ce
qui concerne l'amplitude de la réponse en fréquence du canal. Il serait alors possible
de regrouper quelques sous-porteuses voisines et d'adapter simultanément le débit de
ce sous-groupe selon la sous-porteuse ayant la pire condition de canal. Cette technique
peut réduire légèrement la complexité du système, mais ne sera cependant pas utilisée
puisqu'elle réduit l'efficacité spectrale de transmission.

Le lien de feedback, quant à lui, n'utilise pas de codage correcteur d'erreurs et


utilise une modulation fixe de type 16QAM. Ceci offre une assez grande flexibilité
dans la transmission des informations de feedback.

Puisque le système proposé n'utilise pas de codage correcteur d'erreurs, un taux


moyen d'erreur cible BER de 1CT3 est visé. Ceci correspond à un taux d'erreurs
acceptable pour une application semblable à la transmission de la voix.

De façon similaire au standard IEEE 802.11a, une largeur de bande de 20 MHz


est utilisée. Ceci indique que chacun des 1024 + 128 symboles formant une trame
OFDM est transmis à un taux de 20 MSymboles/seconde. Pour un système OFDM
avec 1024 sous-porteuses, l'espacement inter-porteuses est donc d'environ 19.5 kHz.

Le système est étudié pour des évanouissements dont la fréquence Doppler maxi-
male fd est de 160 Hz. Une telle fréquence Doppler indique que le système fonctionne
à une mobilité de type véhiculaire, ce qui représente une vitesse maximale de 80 km/h
pour un système transmettant sur une fréquence porteuse de 2.4 GHz.

Les paramètres de simulation sont résumés dans le tableau 4.1.


44

Paramètre Valeur
Nombre de sous-porteuses Nsous-Porteuses 1024
Extension cyclique Ncycnc 128
Taux d'erreurs moyen cible BER io- 3
Taux d'insertion de symboles pilotes K 8
Taux d'échantillonnage du canal T~l 20 MHz
Délai de feedback Tfeedback 12672T,
Fréquence Doppler maximale fd 160 Hz
Autocorrélation pire cas p m j n 0.9
Modulations disponibles {64QAM,16QAM,4QAM,BPSK,NOTX}

Tab. 4.1: Paramètres du système de modulation adaptative multiporteuses proposé.

4.3.2 Estimation de canal et feedback d'informations sur


l'état du canal

Le choix de la méthode d'estimation de canal est très important dans un système


pratique de modulation adaptative. Tel que discuté dans la section 3.5.2, il existe
une grande quantité de techniques d'estimation de canal pour la modulation OFDM.
Dans le système de modulation adaptative multiporteuses proposé, l'estimation de
type FPTA-2 [12] est utilisée. Cette méthode d'estimation apporte des performances
qui sont semblables à d'autres méthodes proposées dans la littérature : [16], [17], [18].
La raison du choix de la méthode FPTA-2 réside dans la particularité des opérations
intermédiaires de calcul de l'estimé H[k] qui offrent une plus grande flexibilité pour
son utilisation à l'intérieur d'un système pratique de modulation adaptative.

Il va de soi que l'information sur l'état du canal, qui est transmise par le biais
du lien de feedback, doit être minimisée. La raison d'être du lien de feedback est de
permettre à l'émetteur de choisir les paramètres de transmission optimaux selon l'état
du canal tel qu'analysé au récepteur. Deux stratégies de feedback d'informations sur
l'état du canal sont alors possibles. Ces stratégies sont présentées aux figures 4.2 et
4.3.
45
Premièrement, l'estimation du canal et le choix subséquent des paramètres de
transmission peut se faire au récepteur. Ce choix peut ensuite être codé d'une certaine
façon et transmis par le biais du lien de feedback. Par exemple, si quatre modes de
modulation différents sont disponibles, le type de modulation choisi peut être transmis
à l'émetteur par le biais d'un symbole 4QAM. Ainsi, chaque sous-porteuse de données
de la trame OFDM de feedback représenterait la modulation respective à utiliser pour
chacune des sous-porteuses de transmission. Cette stratégie peut être intéressante si
un nombre relativement limité de modes de modulation/codage sont disponibles dans
le système.

Une deuxième stratégie consiste à transmettre directement l'état du canal ou


une information permettant son calcul à l'émetteur adaptatif. Ceci permet une plus
grande flexibilité au système, puisque le nombre de combinaisons modulation/codage
possibles n'est pas limité directement par l'information de feedback.

Émetteur adaptatif Récepteur adaptatif

Bits à Estimation Égalisation + Bits


transmettre Canal Démodulation réception

Décodage Codage de la
Sélection
modulation à modulation à
Modulation
utiliser utiliser

Lien de feedback

Fig. 4.2: Feedback par sélection de modulation au récepteur adaptatif.

La deuxième stratégie de feedback d'information a été adoptée dans le système


de modulation étudié. La méthode d'estimation de canal choisie permet, par ses
opérations de calcul, de fournir à l'émetteur le résultat intermédiaire vavg qui minimise
la quantité d'information de feedback (128 symboles versus 1024). L'émetteur procède
alors à l'estimation du canal à partir de ce paramètre reçu. Pour les paramètres du
système cités précédemment, la quantification du paramètre ravg sur 14 bits, combinée
46
Émetteur adaptatif Récepteur adaptatif

Calcul
Bits à Égalisation +
Modu ation intermédiaire — Estimation Canal
rans mettre Démodulation
estimation canal

Sélection
modulation

Estimation
canal

Lien de feedback

Fig. 4.3: Feedback par sélection de modulation à l'émetteur adaptatif.

à 1024 sous-porteuses et un taux d'insertion de symboles pilotes de K — 8 indique


que 2 x 14 x (Nsous-porteuses/K) = 3584 bits doivent être transmis à l'intérieur d'une
trame OFDM de feedback. Ceci est possible en utilisant une modulation 16QAM
non-codée, tel que spécifié précédemment.

Le modèle de système de modulation adaptative proposé dans ce chapitre permet


d'effectuer une approximation assez réaliste du délai de feedback du système. Dans
ce système, le délai de feedback est défini comme étant le temps écoulé entre le
moment où le canal est prêt à être estimé et le moment où cet estimé est utilisé pour
sélectionner les paramètres de transmission appropriés. En tenant compte du modèle
de système proposé à la figure 4.1, le délai de feedback est alors défini comme le temps
écoulé depuis le début du calcul du paramètre ravg jusqu'au moment où le calcul de
l'estimé final est fait au niveau de l'émetteur adaptatif.

Chaque bloc de la figure 4.1 représente une étape de traitement à l'intérieur d'un
système pratique. En supposant que le temps de traitement de chacun des blocs est
identique, constant et que ce temps de traitement correspond à la durée d'une trame
OFDM, le délai total de feedback peut alors être estimé comme étant de 11 trames
OFDM. Dans ce cas, le délai de feedback peut être calculé comme étant :

Tfeedback — 1 licous-porteuses + I\cyclique) 1 s > (4.1)

où Ts représente la période d'un des symboles formant la trame OFDM. Le parcours


47
correspondant au délai de feedback est montré à la figure 4.4. Les étapes de traitement
comprises dans la boucle de feedback et qui contribuent au délai sont représentées en
gris.

adaptai* t

pttMK

Ématisurfaadback

"1. p

Fig. 4.4: Étapes de traitement comprises dans le délai de feedback.

4.4 Performances

II a été montré dans la section 4.3.2 que le délai de feedback du système proposé
est de 11 trames OFDM. Il a aussi été considéré que le système est étudié pour
des vitesses véhiculaires, ce qui implique une fréquence Doppler maximale de 160
Hz. Si, comme vu au chapitre 2, l'autocorrélation dans le pire des cas correspond à
l'autocorrélation de Jakes, l'autocorrélation minimale pour ce système est donc de

2TT x 160Hz x 12672 \


Pmin — RX(Tfeedback) = «/O(2TTfd^feedback) =
) = °-9 •

Dans ces conditions, le délai de feedback normalisé Tnorm du système est donc de
0.1013 . Cette valeur ne respecte pas le critère établi dans l'équation 2.13 pour obtenir
des performances satisfaisantes avec la méthode de Goldsmith. Il a cependant été
montré dans ce même chapitre que la méthode de Goeckel peut, quant à elle, assurer
la performance recherchée en termes de taux d'erreur binaire, mais au détriment de
l'efficacité spectrale par rapport à la méthode de Goldsmith. Dans des conditions de
mobilité telles que celles étudiées, la méthode de Goeckel est alors la méthode la plus
48
appropriée. C'est donc cette méthode qui a été retenue et qui est utilisée pour les
simulations dans ce chapitre.

Afin d'établir une borne supérieure de performance, le comportement du système


a premièrement été étudié dans le cas où l'estimation de canal est supposée parfaite
et où le lien de feedback n'a aucune influence sur les performances à l'exception du
délai qu'il apporte dans le système.

Les performances en terme de taux d'erreur binaire moyen et d'efficacité spectrale


moyenne sont présentées respectivement aux figures 4.5 et 4.6. Les performances
obtenues sont pratiquement identiques aux performances obtenues aux figures 2.5 et
2.6 pour le cas à porteuse unique et bande étroite. Ceci est dû au fait que la réponse
impulsionnelle du canal a été considérée comme constante pour la durée d'une trame
OFDM et donc que chaque sous-porteuse peut être vue comme un canal à bande
étroite.

Les résultats obtenus montrent que le grand délai de feedback combiné à la mobi-
lité véhiculaire ne constituent pas des obstacles au bon fonctionnement d'un système
pratique de modulation adaptative multiporteuses si la méthode de Goeckel est uti-
lisée.

La figure 4.7 présente une comparaison entre l'efficacité spectrale de la méthode de


Goeckel et l'efficacité spectrale de l'OFDM non-adaptatif avec modulation fixe pour
un même taux d'erreur binaire moyen cible de 10~3 et un même canal multiparcours à
évanouissements. Cette figure permet alors de constater le gain en efficacité spectrale
apporté par l'utilisation de la modulation adaptative. Ainsi, pour la quasi-totalité de
la plage des rapports signal à bruit possibles, le système avec modulation adaptative
présente une efficacité spectrale moyenne de transmission supérieure à un système
avec modulation fixe.

La motivation première pour l'utilisation de la modulation adaptative est de faire


un usage efficace de la bande passante disponible. Il est très important d'observer
49
que le système de modulation adaptative multiporteuses proposé dans ce chapitre
comprend un lien de feedback qui est entièrement dédié à la transmission d'informa-
tions sur l'état du canal. Il faut donc allouer au lien de feedback une bande passante
identique à celle du canal principal. Ceci implique que la bande passante effective to-
tale du système correspond au double de celle utilisée par un système non-adaptatif
à débit équivalent. Le gain apporté par l'utilisation de la modulation adaptative se
doit alors d'être doublement attrayant.

La figure 4.7 indique qu'en bout de ligne, si la largeur de bande requise pour le
canal de feedback est prise en compte, l'usage de la modulation adaptative n'apporte
pas une utilisation efficace de la largeur de bande disponible. Le délai normalisé est
le facteur qui, lorsqu'on utilise la méthode de Goeckel, limite l'efficacité spectrale
maximale de transmission. Dans un système pratique, le délai de feedback peut dif-
ficilement être réduit. Ceci indique que l'efficacité spectrale du système dépend alors
uniquement de la vitesse des évanouissements du canal. La figure 2.8 montre que pour
doubler l'efficacité spectrale de transmission, le paramètre pm{n doit passer de 0.9 à en-
viron 0.98. En utilisant l'autocorrélation de Jakes comme fonction d'autocorrélation
pour pmini ceci indique que l'étalement Doppler maximal du système proposé doit
passer de 160 Hz à 70 Hz. La mobilité du système doit donc être réduite de plus de la
moitié de la mobilité initiale proposée. Il en résulte que l'utilisation de la modulation
adaptative peut tout de même apporter un avantage au niveau de l'augmentation de
l'efficacité spectrale, mais pour des systèmes dont la mobilité est relativement réduite.

4.4.1 Effet de l'estimation de canal

Étant donné qu'un système pratique de modulation adaptative se doit d'utiliser un


algorithme d'estimation de canal, il est essentiel d'étudier l'impact de son utilisation
sur les performances du système. Cette étude doit se faire par simulations, étant
donné qu'il est très difficile d'en évaluer analytiquement le comportement.

L'utilisation de l'algorithme d'estimation de canal FPTA-2 a donc été incorporée


dans le modèle de simulation du système de modulation adaptative proposé. Le lien
50
de feedback est considéré comme parfait et n'a aucun effet sur les performances du
système, à l'exception du délai qu'il introduit. On suppose par ailleurs que les cal-
culs sont effectués en virgule flottante, double précision. Les résultats obtenus sont
présentés aux figures 4.8 et 4.9.

La figure 4.8 montre que le taux d'erreur binaire moyen du système ne respecte
pas le taux d'erreurs cible avant que le rapport signal à bruit ait atteint 15 dB. Il est
aussi possible de remarquer que ce taux d'erreurs est toujours plus élevé que le taux
d'erreur atteint avec une estimation parfaite de canal.

La figure 4.9 montre quant à elle que l'efficacité spectrale moyenne de transmission
avec estimation FPTA-2 diffère légèrement par rapport à l'estimation parfaite de canal
pour des rapports signal à bruit inférieurs à 15 dB. Pour des rapports signal à bruit
faibles, l'algorithme d'estimation est moins performant que dans le cas de rapports
signal à bruit plus élevés.

Un système de modulation adaptative est doublement affecté par l'utilisa-


tion d'un estimé de canal. Premièrement, une certaine dégradation des perfor-
mances est imputable au fait que l'utilisation d'un estimé de canal pour l'étape
d'égalisation/démodulation apporte une perte de performance d'environ 1.5 dB, tel
que montré à la section 3.5 . La deuxième conséquence de l'utilisation d'un estimé est
propre à la modulation adaptative. En effet, la sélection de la modulation à utiliser
est basée sur un estimé dont la qualité dépend du rapport signal à bruit. Si le bruit
d'estimation est élevé (rapport signal à bruit faible), il se peut qu'il y ait une certaine
quantité de sélections de modulation qui soient erronées et qui feront notamment que
la modulation BPSK sera utilisée au lieu du mode de non-transmission. Ceci cau-
sera une augmentation du taux d'erreurs par rapport au taux d'erreurs obtenu avec
estimation parfaite de canal.
51

4.4.2 Effet des erreurs dans le canal de feedback

L'étude d'un système pratique de modulation adaptative se doit de ne pas négliger


l'effet de la qualité du lien de feedback sur les performances. Ce lien de feedback
est modélisé comme un lien de communication OFDM standard. Comme pour tout
lien de communication, l'information transmise peut être corrompue par des erreurs
imputables au bruit et aux mauvaises conditions de propagation.

Le lien de feedback peut être caractérisé par un taux d'erreurs binaire moyen. C'est
cette caractérisation par taux binaire d'erreur moyen qui a été utilisée dans l'étude
des performances du système de modulation adaptative proposé. Les performances
du système sont alors étudiées pour différents taux moyens d'erreurs binaires associés
au lien de feedback.

La stratégie de feedback consistant à transmettre le paramètre ravg est utilisée. Tel


que mentionné précédemment dans ce chapitre, cette information est quantifiée sur
14 bits et est transmise sur le lien de feedback. Le lien de feedback est alors modélisé
comme une source d'erreurs binaires uniformément distribuées dont la probabilité
d'erreur correspond à la probabilité d'erreur moyenne fixée pour l'étude.

Les performances du système ont été étudiées pour des probabilités d'erreur
moyennes de feedback de 10~3, de 10~4 et de 10~5. Ces performances sont présentées
aux figures 4.10 et 4.11.

Il est facile de constater que la qualité du lien de feedback a un effet important


sur les performances du système étudié. La présence d'erreurs dans l'information de
feedback indique que l'état du canal, tel que perçu par l'émetteur adaptatif, sera er-
roné. Il est alors fort probable qu'une ou plusieurs sélections de modulation seront
erronées. Les résultats obtenus montrent que même pour une probabilité d'erreur de
feedback relativement faible de 10~5, le taux d'erreurs binaire moyen résultant est
fortement affecté et ce, même si l'efficacité spectrale obtenue diffère très peu de l'effi-
cacité spectrale pour un lien de feedback sans erreurs. Pour les probabilités d'erreur
52
plus élevées, la figure 4.11 montre clairement que le choix de modulation à l'émetteur
est erroné, ce qui se traduit en un taux moyen d'erreurs binaires inacceptable.

Les résultats obtenus montrent donc l'importance capitale de la qualité du lien


de feedback sur les performances du système. Ceci implique qu'une certaine forme
de codage correcteur d'erreurs devrait être utilisée dans le but de réduire la proba-
bilité d'erreur de feedback. Ceci est d'autant plus vrai s'il est raisonnable de penser
que la puissance de transmission du lien de feedback (mobile vers station de base
ou point d'accès) est inférieure à celle du lien principal. Il demeure que l'utilisation
d'un système de codage correcteur d'erreurs pour le lien de feedback nécessite une
étude approfondie de l'impact de son utilisation sur le système pour deux aspects.
Premièrement, les étapes de codage et décodage sont susceptibles d'introduire des
délais de feedback additionnels. Deuxièmement, une plus grande quantité d'informa-
tion de feedback devra être transmise, étant donné la redondance introduite par le
code correcteur d'erreurs. Différentes stratégies de codage devraient être étudiées et
un compromis acceptable doit être trouvé.
10

E./N. (dB)
"s o

Fig. 4.5: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite.
54

E s /N 0 (dB)

Fig. 4.6: Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adaptative


multiporteuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite.
55

Modulation adaptative
Modulation fixe, BERmjn = 10"

-Q,

()••..

0 25 30 35 40

Fig. 4.7: Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adaptative


versus système OFDM à modulation fixe.
56

10
— Estimation parfaite
r- Estimation FPTA-2
BER cible = 10-3

S 10-3

10

10
10 15 20 30 35 A0

(dB)

Fig. 4.8: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite et estimation FPTA-2.
57

- — Estimation parfaite
- T - Estimation FPTA-2

Es/NQ(dB)

Fig. 4.9: Efficacité spectrale moyenne de transmission pour modulation adaptative


multiporteuses avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite et estimation
FPTA-2.
10" I I..

10

. . v

''. • '•' •

10

oc
ni
m

10"

10
Estimation parfaite, feedback parfait
Estimation FPTA-2, feedback parfait
«
Estimation FPTA-2, Peteedback
_

, Estimation FPTA-2, Pe .
Feedback
1e-4
. Estimation FPTA-2, P^9Kjback = 1e-3
— BER cible = 10"3
10
10 15 20 30 35 40

(dB)

Fig. 4.10: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation FPTA-2 et feedback non-idéal.
59

Fig. 4.11: Efficacité spectrale de transmission pour modulation adaptative multi-


porteuses avec méthode de Goeckel, estimation FPTA-2 et feedback non-idéal.
Chapitre 5

Architecture matérielle pour système de


modulation adaptative multiporteuses

5.1 Introduction et motivation

Le chapitre précédent proposait un système pratique de modulation adaptative


multiporteuses et en étudiait les performances lorsque les opérations arithmétiques
sont effectuées en virgule flottante à double précision. Ceci constitue donc une
première étape dans l'implantation d'un système de modulation adaptative. La
deuxième étape dans l'implantation d'un tel système est l'élaboration d'une archi-
tecture matérielle. Ce chapitre présente les différents éléments d'une architecture
matérielle qui est proposée dans le but d'implanter le système de façon pratique.

5.2 Architecture générale

Le diagramme-bloc du système de modulation adaptative proposé au chapitre


précédent est reproduit à la figure 5.1. Ce diagramme-bloc constitue une référence
pour le développement de l'architecture matérielle du système, puisque chaque bloc

60
61
représente un module matériel qui réalise une fonction spécifique. L'architecture
matérielle proposée respectera donc de façon assez générale la structure présentée
dans ce diagramme-bloc.

Émetteur adaplatil Récopleuf adaplatil

— tiMitlon -
s. IfFT
* P/S-» Ini*'»
•cl. cydiqu*
-
Cm!
mUtipareoun, ,„ P«
— ZFE -
Daflicxfulilsuf

t f t
Eulmaisut , IMM ; .... "i
1
«ynduDKlsatk) • Calcul r M -
canal
OatKten
modulation
FPTÀ-2 fPTA-î

Émettet* foedback |

-
Unie
lyndHooteuio
1BOAM

•t !

* ~ P/[Link]»
2FE
» m S/P + Énl*«»
Mt. cydlqu*
i- - muWpsrcoim + ' :
H=FT

AWQN

EsHmamir
Ert*v. au.
canal
- cyciqu.
FPTA-a

Fig. 5.1: Diagramme-bloc du système de modulation adaptative multiporteuses proposé.

5.2.1 Paramètres de modulation adaptative du système

Une architecture matérielle est proposée dans le but d'implanter le système de


modulation adaptative multiporteuses présenté dans le chapitre précédent. Les pa-
ramètres de modulation adaptative du système décrit par l'architecture matérielle
sont pratiquement identiques aux paramètres décrits à la section 4.3.1, exception
faite des modulations utilisées. En effet, la modulation 64 QAM ne sera pas un choix
disponible pour le système matériel. Les modulations disponibles sont alors : 16 QAM,
4 QAM, BPSK et NOTX. Le tableau 5.1 résume les paramètres de modulation adap-
tative du système matériel tel qu'implanté.

5.2.2 Plateforme FPGA choisie

Dans le but de réaliser rapidement un prototype d'implantation matérielle du


système, la technologie FPGA a été choisie. Ceci permet un temps de développement
relativement rapide, un nombre élevé de ressources matérielles disponibles au concep-
teur, et des performances attrayantes. La technologie FPGA permet donc de réaliser
62

Paramètre Valeur
Nombre de sous-porteuses Nsous_porteuses 1024
Extension cyclique Ncyciic 128
Taux d'erreurs moyen cible BER 10~3
Taux d'insertion de symboles pilote K 8
Taux d'échantillonnage du canal T'1 20 MHz
Délai de feedback Tfeeciback 12672TS
Fréquence Doppler maximale fd 160 Hz
Autocorrélation pire cas pmin 0.9
Modulations disponibles {16QAM,4QAM,BPSK,NOTX}

Tab. 5.1: Paramètres du système de modulation adaptative multiporteuses implanté.

un design de référence pour une implantation potentielle sur circuit dédié ASIC.

Il peut être constaté à la figure 4.1 que quelques modules du système de modula-
tion adaptative requièrent des fonctions relativement complexes telles la transformée
de Fourier rapide directe et inverse (FFT/IFFT) ainsi que l'égalisation de type "zero-
forcing" qui requiert une opération de division. Implanter à partir de zéro de telles
fonctions dépasse le cadre de ce mémoire et peut constituer un sujet de recherche en
soi. Puisque le travail d'implantation est plutôt centré sur l'implantation globale d'un
système, il devient alors nécessaire de choisir une plateforme FPGA particulière. Le
choix d'une plateforme spécifique permet alors d'utiliser des blocs existants de pro-
priété intellecturelle (IP) pour les fonctions complexes.

La famille Virtex-II de FPGA de la compagnie Xilinx a été choisie étant donné la


disponibilité de blocs de propriété intellectuelle qui satisfont les fonctions requises de
FFT/IFFT et de division et aussi étant donné le grand nombre de ressources logiques
(portes, mémoires RAM, multiplieurs dédiés) qui sont disponibles pour le concepteur.
Les modules implantés ont été validés en utilisant l'outil de simulation Modelsim SE
Plus 5.7f de Mentor Graphics. L'environnement de développement Xilinx ISE 6.2 de
la compagnie Xilinx a quant à lui été utilisé pour effectuer les opérations de synthèse
63
et de routage du design FPGA.

5.2.3 Synchronisation du système

Du point de vue d'un système de communications, la synchronisation est supposée


comme étant parfaite. Ceci simplifie la simulation du fonctionnement du système.

Du point de vue de l'implantation matérielle, chaque module matériel utilise le


même signal d'horloge. Dans l'architecture proposée, la période du symbole corres-
pond à plusieurs coups d'horloge puisque plusieurs opérations doivent être effectuées
sur chaque symbole. Ceci permet de compléter, à l'intérieur de la période d'un sym-
bole, des opérations arithmétiques telles que le calcul de FFT/IFFT et la division
complexe. L'utilisation de plusieurs coups d'horloge permet également d'effectuer des
opérations multiples de lecture et d'écriture dans la mémoire RAM à l'intérieur de la
période d'un symbole.

L'utilisation de six coups d'horloge pour former un symbole constitue le nombre


minimum de coups d'horloge nécessaires au bon fonctionnement du système avec
l'architecture proposée. La figure 5.2 représente graphiquement ce concept.

6CLK '

OATA_SYMBOL_RDY
I I
I I
I I

Fig. 5.2: Temporisation de la période d'un symbole.

Le système doit aussi se synchroniser par rapport à une trame OFDM. Un signal
OFDM_SYMBOL_RDY est donc utilisé pour signaler le début d'une trame OFDM.
Ce signal est composé de 1024+128 signaux DATA_SYMBOL_RDY et est fourni à
tous les modules du système. La figure 5.3 représente graphiquement ce concept.
64

0M_SYMBOL_RDY j |

Fig. 5.3: Temporisation de la période d'une trame OFDM.

5.2.4 Design point fixe

Dans l'implantation matérielle du système de modulation adaptative, les calculs


sont effectués en virgule fixe, étant donné que les unités de calcul en virgule flottante
sont des unités trop complexes en termes de matériel. L'utilisation de la virgule fixe
requiert cependant que le nombre de bits des opérandes et les plages de représentation
(poids des bits) soient choisis de façon à obtenir des performances optimales et à éviter
les dépassements (overflows) tout comme les sous-passements (underflows).

Puisque le système effectue des opérations avec des quantités aléatoires telles que
le bruit, les bits à transmettre et les évanouissements, il est nécessaire d'étudier quelle
est la distribution des valeurs obtenues dans les diverses opérations mathématiques
effectuées.

Pour ce faire, un modèle de référence est établi en virgule flottante double


précision IEEE-754. Ce modèle est utilisé dans le but d'établir les histogrammes
des différents résultats intermédiaires calculés. Ceci permet alors de déterminer les
plages numériques pour la représentation des différentes opérandes. Les histogrammes
sont élaborés pour deux valeurs extrêmes projetées d'utilisation du rapport signal à
bruit, soit la valeur minimale et la valeur maximale. Le choix des plages est fait alors
en effectuant un compromis acceptable entre précision et couverture des valeurs mi-
nimale et maximale. Une attention spéciale est portée au fait de ne pas supprimer
certaines plages de valeurs importantes pour lesquelles des algorithmes sont sensibles.
A titre d'exemple, pour des rapports signal à bruit élevés, le paramètre ravg produit
une distribution qui comprend un petit nombre de valeurs élevées par rapport à la
moyenne de la distribution. Ces valeurs sont cependant cruciales pour les opérations
65
subséquentes d'estimation de canal et doivent absolument être couvertes par les plages
de représentation point fixe. À titre d'exemple, deux de ces histogrammes sont fournis
aux figures 5.4 et 5.5.

Fig. 5.4: Histogramme de la sortie de l'opération de FFT pour un SNR de 0 dB.

B -0,6 -0.4 -0.2 0 Ù2 0.4

Fig. 5.5: Histogramme de la sortie de l'opération de FFT pour un SNR de 40 dB.

La plupart des calculs effectués dans l'implantation proposée sont effectués en


utilisant une représentation de type complément-2 et une précision de 16 bits. Ce
choix est motivé par deux observations. Premièrement, cette précision correspond à la
précision offerte par les blocs de propriété intellectuelle utilisés (FFT/IFFT, division).
Deuxièmement, l'architecture FPGA choisie met à la disposition du concepteur des
multiplieurs des multiplicateurs dédiés dont la taille maximale des opérandes est de
18 bits.
66
Pour les opérations d'accumulation, une précision intermédiaire supérieure est uti-
lisée. Dans chacun des cas où une opération d'accumulation est effectuée, la précision
intermédiaire est choisie de façon à ce que l'opération d'accumulation ne cause pas
de dépassement (overflow). Pour le système implanté dans le cadre de ce mémoire,
la précision des accumulateurs varie de 18 à 20 bits. Le résultat final de l'opération
d'accumulation est représenté en sortie avec la précision standard de 16 bits, mais en
choisissant une plage point fixe optimale selon la distribution du résultat. La même
procédure a été utilisée pour les opérations de multiplication.

Dans certaines opérations, si un dépassement est détecté, la sortie est alors placée
en saturation.

5.3 Description des modules implantés

Cette section décrit l'architecture et le fonctionnement des différents modules du


système de modulation adaptative multiporteuses.

5.3.1 Modulateur et démodulateur adaptatif

Le modulateur adaptatif effectue la sélection dynamique de la modulation utilisée


en fonction de la valeur des estimés du canal. Le modulateur adaptatif se doit aussi
de procéder à l'insertion des symboles pilote selon la stratégie appropriée.

Le coeur du modulateur adaptatif est constitué de modulateurs fonctionnant en


parallèle. Ces modulateurs représentent les différentes sélections possible de modula-
tion, ainsi que la modulation des symboles pilote à alternance de phase. Pour chacune
des 1024 sous-porteuses, l'estimé complexe H[k] de la réponse en fréquence du canal
est fourni en entrée au module. Les parties réelle et imaginaire de cet estimé sont
chacunes élevées au carré et ensuite additionnées dans le but d'obtenir le carré du
module de la réponse en fréquence |H[/c]|2. Cette quantité est comparée avec les seuils
de sélection de modulation adaptative. Le mode de modulation approprié est alors
choisi et cette information est fournie à un multiplexeur de symboles qui place en
67
sortie le symbole provenant du modulateur sélectionné. Un séquenceur (compteur)
est utilisé pour déterminer si un symbole pilote doit être inséré. Si c'est le cas, le
symbole pilote a priorité sur un symbole de données et aucune opération de lecture
n'est faite dans le tampon de bits à transmettre. La figure 5.6 présente l'architecture
du modulateur adaptatif.

Générateur 16C /
symboles
pilote

4
/ Modulateur 16C/
16QAM /

4 2 Mux 16C
Bits entrée / {1 Modulateur I6C /
/ Symbol / 1) Q - Symbole sortie
du tampon TX) 4QAM /

I6C
Modulateur
BPSK /

Modulateur 16C /
NOTX

Séquenceur Contrôleur
DATA_SYMBOL_RDY Insertion Mux • Contrôle tampon TX
(de l'unité de Pilotes Symboles
synchronisation)

Comparateur
I6C
/ Seuils
Estimé de canal D Û Modulation
(du module
d'estimation de canal)

Fig. 5.6: Modulateur adaptatif.

Le démodulateur adaptatif fonctionne de façon très similaire au modulateur adap-


tatif. Le coeur de ce bloc est formé par les démodulateurs 16QAM, 4QAM et BPSK
qui fonctionnent en parallèle. L'estimé de détection de modulation est fourni en entrée
au bloc et sert à signaler au multiplexeur quels bits placer en sortie. Un séquenceur
est utilisé pour déterminer si les données démodulées correspondent à un symbole
pilote. Dans ce cas, aucune opération d'écriture n'est faite dans le tampons des bits
reçus. Le démodulateur adaptatif est présenté à la figure 5.7.
16C
Démodulateur 4
/
16 16QAM
Re{Z}
1
/ '
Partie réelle valide
(du module
d'égalisation) 16C
Démodulateur 2 / Mux Sortie bits
4QAM S n 11 -. (vers tampon RX)

16
lmag{Z} _
16C
Partie imaginaire valide Démodulateur
(du module BPSK
d'égalisation)

Modulation utilisée
(de l'unité de détection de
modulation)

Partie imaginaire valide


Signalisation bits
(du module
valides
d'égalisation)

Fig. 5.7: Démodulateur adaptatif.

5.3.2 Module de FFT/IFFT

Étant donné la grande complexité de l'implantation d'une telle fonction, les


opérations de FFT et de IFFT ont été implantées matériellement en utilisant un
bloc de propriété intellectuelle (IP) pré-implanté. Le bloc IP de FFT/IFFT "High-
Performanœ 1024-Point Complex FFT/IFFT" de Xilinx a été utilisé. Ce bloc fait
partie de la librairie de blocs IP Logicore de Xilinx et utilise un algorithme en base 4
qui limite le nombre de multiplications. Ce bloc traite des données entrantes sur 16
bits en format complément-2 et possède plusieurs modes de configuration des entrées
et des sorties. La configuration Single Memory Storage a été utilisée, ce qui nécessite
une mémoire RAM à double port pour stocker les données d'entrée, de sortie et les
résultats intermédiaires. Cette configuration est présentée à la figure 5.8.

Du point de vue de l'arithmétique point fixe, il est important de s'assurer qu'aucun


dépassement ne se produise dans l'opération de FFT, car les valeurs de sortie peuvent
effectivement prendre une grande plage dynamique. Si on considère que le bit le
moins significatif vaut 1, la sortie d'une opération de FFT peut alors varier entre 1 et
33553408, ce qui représente une plage dynamique d'environ 75 dB. Etant donné que
la sortie est également représentée sur 16 bits, la plage de sortie doit alors représenter
la plus grande valeur possible. Ceci assure qu'aucun dépassement ne sera rencontré.
6!)

Bloc IP FFT/IFFT

Mémoire Processeur
données entrée/ FFT/IFFT
x[n] calcul

Mémoire
facteurs
phase

X[k]

Fig. 5.8: Utilisation du bloc IP de FFT/IFFT.

Le bloc IP est donc conçu pour avoir comme sortie :


iV-l
I
x[n]e" (5.1)
X [k]
' ~ ÎÔ24
i=0

La sortie du bloc correspond à une version divisée par 1024 du résultat standard
X[k] de la FFT. Ce facteur de division assure qu'aucun dépassement ne sera ren-
contré, même si toutes les entrées sont placées à leur valeur maximale. Ceci implique
cependant qu'il existe une certaine plage qui ne sera pas représentée par la sortie.
Dans ce cas, il y aura alors un sous-passement (underflow).

L'algorithme de FFT est implanté en effectuant des passes successives de calcul sur
plusieurs rangs de données. Ces rangs sont appelés "papillons" et une FFT de taille
1024 comprend 5 papillons. Le gain 1/1024 est implanté en effectuant, à l'intérieur du
bloc IP, un décalage vers la droite de 2 bits à chaque passe de calcul. En effectuant
l'analyse des plages dynamiques de la manière décrite à la section 5.2.4, il devient
apparent que les conditions d'utilisation feront que des sous-passements se produiront
régulièrement. Pour obtenir des performances acceptables, il devient alors nécessaire
d'utiliser un facteur de division qui est plus proche de la valeur 1. La configuration
mémoire/bloc IP utilisée pour le calcul de la FFT rend possible l'utilisation d'une
stratégie visant à annuler le décalage de 2 bits qui se produit à l'interne. En effet,
si la sortie de la mémoire RAM de stockage subit, sur trois papillons, un décalage
70
vers la gauche de 2 bits et une extension de signe avant d'entrer dans le bloc IP,
le décalage interne sera contré et la division par 1024 sera alors remplacée par une
division par 16. Ceci permet d'obtenir une plage de sortie qui est plus optimale pour
l'application visée. Il devient cependant possible de rencontrer des dépassements, mais
si les conditions statistiques des signaux d'entrée respectent celles fixées en simulation,
cette probabilité est extrêmement faible.

Le mode d'opération du bloc IP de FFT/IFFT consiste en trois étapes : entrée


des données en mémoire, calcul de la FFT/IFFT et sortie des données de la mémoire
dans l'ordre approprié. Temporellement, ces différentes étapes ne sont pas compa-
tibles avec le format temporel de la durée d'un symbole décrit précédemment et
présenté à la figure 5.2. En effet, l'entrée et la sortie des données doit se faire à raison
d'un symbole par coup d'horloge et le calcul de la transformée se fait en 1024 x 4
coups d'horloge. Même si cette temporisation est incompatible, elle reste néanmoins
réalisable à l'intérieur de la période d'une trame OFDM. Une re-temporisation est
donc nécessaire et peut s'effectuer en utilisant les mémoires RAM à double port
du FPGA. Cette re-temporisation permet également d'inclure les différentes étapes
standard à la modulation OFDM que sont la conversion parallèle/série, la conver-
sion série/parallèle, ainsi que l'ajout et l'élimination de l'extension cyclique. Ceci est
réalisable en utilisant une mémoire d'entrée, une mémoire de sortie et des contrôleurs
qui leur sont associés. Cette configuration est présentée à la figure 5.9.

Le contrôleur d'entrée re-temporise les données en entrée du format standard de


6 coups d'horloge par symbole vers un format d'un coup d'horloge par symbole. Le
même type d'opération est effectué avec la mémoire RAM de sortie et le contrôleur
qui lui est associé. Tout dépendant du type de transformée (directe ou inverse) les
contrôleurs d'entrée et de sortie sont également responsables des opérations de sup-
pression et d'insertion de l'extension cyclique. Puisque les opérations d'entrée des
données, de calcul et de sortie sont des opérations séquentielles, un contrôleur de
FFT/IFFT doit être utilisé pour signaler au bloc IP le début de chacune de ces
étapes.
71

Btac IP FFT/IFFT

Mémoire
(acteurs
phase

Fig. 5.9: Module de FFT/IFFT.

5.3.3 Modules d'estimation de canal et d'égalisation

L'équation 3.16 indique qu'en utilisant la technique d'estimation de canal FPTA-2


[12], l'estimé H[k] se calcule comme :

H[k\ = (5.2)
m •
La variable de décision est alors obtenue en calculant :

zlk] =5M = RlQPolk] = FFT{r[n]}P0[A:] (5.3)


H[k] ' Ravg[k] FFT{r aus [n]}

Cette dernière équation indique que le calcul de la variable de décision nécessite


deux opérations de FFT, une division complexe entre deux opérandes inconnues et
une multiplication complexe par une quantité constante connue Po[k]. La figure 5.10
montre une architecture composée de différents modules permettant de réaliser les
fonctions d'estimation de canal et d'égalisation.

Module de calcul de ravg

Tel que mentionné au chapitre 3, le paramètre ravg est défini comme étant une
moyenne temporelle intra-symbole des 8 sous-vecteurs de taille 128 qui forment une
trame OFDM :
r — \ ^r . (K A\
Tavg — ~fp / ij. l^-^J
i=0
72

Délai 1 trame Division Multiplication


r n FFT • Vers module décision
l l OFDM complexe

Calcul ravg FFT

Fig. 5.10: Architecture d'estimation de canal et égaliation.

L'architecture proposée pour la réalisation de ce calcul est présentée à la figure


5.11.

multiparcours)

Résultat r4v(

DATA_SYMBOL_RDY
(de l'unité de
synchronisation)

Fig. 5.11: Module de calcul du paramètre ravg.

Matériellement, le paramètre ravg se calcule en effectuant en premier lieu une


étape d'accumulation pour un vecteur de 128 symboles. Ceci est réalisé en utilisant
un accumulateur dont l'élément d'accumulation est une mémoire RAM à port simple
de taille 128. L'équation 5.4 indique qu'une division par le paramètre K est ensuite
nécessaire dans le but de calculer une moyenne temporelle. Puisque le paramètre K
a une valeur de 8 et est une puissance de 2, la division peut se faire en utilisant un
décalage vers la droite de 3 bits accompagné d'une extension de signe.
73
Des éléments supplémentaires sont nécessaires dans le but de rendre le module
compatible avec la temporisation de trame OFDM du système. Ainsi, des séquenceurs
doivent contrôler la mémoire d'accumulation dans le but d'empêcher l'accumula-
tion lorsque les symboles r[n] reçus font partie de l'extension cyclique de la trame
OFDM. L'architecture de la mémoire d'accumulation l'obligeant, des séquenceurs sont
également nécessaires pour faire une mise à zéro. Cette mise à zéro se fait durant la
période de l'extension cyclique de la trame OFDM.

Finalement, une mémoire RAM de sortie à port double est utilisée pour que le
résultat en sortie soit synchronisé avec le module suivant. Un séquenceur se charge
alors de contrôler l'écriture des données calculées dans cette mémoire, tout en per-
mettant une sortie qui respecte la temporisation correcte.

Module de délai

Le calcul du paramètre ravg implique un délai d'une trame OFDM par rapport
au calcul de la FFT du signal temporel reçu qui lui s'effectue en parallèle. Ce délai
doit être compensé pour obtenir une estimation/égalisation correcte. Un délai d'un
symbole OFDM doit donc être ajouté à la sortie de la FFT du signal reçu. Un tel délai
peut être réalisé en utilisant deux mémoires RAM à double port. Un contrôleur est
responsable de faire en premier lieu une écriture dans la mémoire 2 et de faire ensuite
l'écriture des données entrantes dans la mémoire 1. Cette opération est rendue possible
par le fait qu'un symbole est constitué de plus d'un coup d'horloge. L'architecture du
module de délai est présentée à la figure 5.12.

Module de division complexe

Une étape de division complexe est nécessaire pour réaliser l'opération


d'égalisation. Cette opération de division complexe implique le résultat du calcul
des deux unités de FFT :
FFT{r[n]}
<55>
74
RAM délaii RAM délai 2
Entrée données
Data In A Data In A

ADDRA ADDRA

WEA WEA

Port lecture Port lecture


Data Data Sortie données
outB outB
ADDRB -/- ADDRB

Séquenceur
contrôle accès
mémoire

Fig. 5.12: Module de délai d'un symbole OFDM.

Afin de pouvoir réaliser la division complexe avec des opérations arithmétiques réelles,
il est nécessaire d'utiliser la multiplication par le conjugué, ce qui équivaut à effectuer :

Z[k} =
(5.6)
(R[k]RRavg[k]R j{R[k]iRavg[k]R -

Un total de 6 multiplications réelles, 3 additions réelles et 2 divisions réelles sont


nécessaires. Les multiplications sont implantées en utilisant les multiplieurs 18X18
dédiés offerts par la technologie Virtex-II. Les divisions réelles, quant à elles, sont
implantées en utilisant un bloc de propriété intellectuelle Xilinx. Ce bloc de division
comporte plusieurs étages de pipeline, ce qui fait qu'il impose une latence de 23
coups d'horloge. Chaque nouveau résultat est disponible après 2 coups d'horloge. Le
fait qu'un symbole soit constitué de 6 coups d'horloge rend possible l'utilisation d'un
seul diviseur réel dont l'utilisation est multiplexée dans le temps. Pour tenir compte
de la latence du diviseur, un séquenceur est utilisé dans le but de générer des signaux
de contrôle pour indiquer la validité du résultat en sortie. L'architecture du diviseur
complexe est présentée à la figure 5.13.
75

_ Sortie
diviseur
(de l'unité FFT)

Ri -
(de l'unité FFT) '

D Q - D Q — a Q

Partie réelle
valide
DATA_SYMBOL_RDY . • Partie imaginaire
(de l'unité de valide
synchronisation)

Fig. 5.13: Diviseur complexe.

Module de multiplication par Po[k]

La dernière étape pour l'estimation/égalisation consiste à multiplier le résultat


de la division complexe par une série P0[k] de valeurs complexes constantes.
Mathématiquement, ceci est représenté par :

Z[k] =
(5.7)
= (D[k]RP0[k]R - DlkjjPolk^+JiDWrPoikjn +

Il en résulte que 4 multiplications et 2 additions réelles sont nécessaires. L'architec-


ture proposée pour ce module est présentée à la figure 5.14. Les valeurs de Po[k] sont
stockées dans des mémoires à lecture seule. Un séquenceur est utilisé pour contrôler les
accès de ces mémoires. Un autre séquenceur se charge de contrôler les multiplexeurs
à l'entrée des multiplieurs. Comme pour le diviseur complexe, l'utilisation des multi-
plieurs est multiplexée temporellement à l'intérieur de la période d'un symbole.
7G

Z[k] H
(vers décision)

M,
(du diviseur complexe)

DM,
(du diviseur complexé)

Z[k],
(vers décision)

Chargement
\ 16 bascules 1
/ ' Chargement

Chargement
bascules 2

Fig. 5.14: Multiplication par Po[k].


Chapitre 6

Caractérisation du système implanté

Le but de l'implantation matérielle d'un système de modulation adaptative mul-


tiporteuses est premièrement de mettre au point un système qui est fonctionnel. Une
fois cette étape réalisée, l'implantation se doit d'être caractérisée selon deux aspects.
Premièrement, les performances du point de vue d'un système de communications
doivent être étudiées par le taux d'erreurs binaire et l'efficacité spectrale moyenne
de transmission. En second lieu, les performances du point de vue de l'implantation,
d'un circuit logique doivent être étudiées par le biais des ressources logiques utilisées
et par les performances temporelles du circuit.

6.1 Résultats implantation sur FPGA

L'architecture décrite au chapitre précédent a été implantée sur un FPGA de la


série Virtex-II, de modèle XC2V6000 et de grade de vitesse -6. Le FPGA utilisé offre
au concepteur de nombreuses ressources logiques.

Un nombre approximatif total de 6000000 de portes logiques sont disponibles.


Ces portes logiques sont organisées en blocs logiques configurables (Configurable Lo-
78
gic Block - CLB). Chaque bloc logique configurable est formé par 4 tranches (Slices)
logiques qui peuvent être configurées pour effectuer diverses fonctions logiques syn-
chrones telles des bascules et des registres à décalage, ainsi que des fonctions logiques
asynchrones comme des tables de correspondances et des portes logiques.

Des mémoires de type RAM sont aussi disponibles pour le concepteur. Le FPGA
utisé offre environ 2,6 Mégabits sous forme de mémoire RAM par le biais de 144 blocs
de mémoire RAM de 18 kilobits à double port.

La technologie Virtex-II offre également des multiplicateurs dédiés 18 bits par 18


bits. Le FPGA utilisé compte 144 de ces multiplicateurs.

Le tableau 6.1 présente un résumé des ressources du FPGA utilisé.

Ressource logique Quantité


Tranches logiques 33972
Blocs RAM 18kbits 144
Multiplicateurs 18 x 18 144

Tab. 6.1: Ressources du FPGA Virtex-II XC2V6000.

Les FPGA de la famille Virtex-II offrent différentes ressources pour contrôler la


qualité et la fréquence des signaux d'horloge utilisés.

6.1.1 Ressources logiques nécessaires

Le système de modulation adaptative multiporteuses a été étudié pour chaque


unité majeure. Ces unités sont l'émetteur adaptatif, le récepteur adaptatif, l'émetteur
de feedback ainsi que le récepteur de feedback. Les ressources logiques nécessaires pour
chacune de ces unités sont présentées au tableau 6.2.

Le tableau montre que chacune des unités principales requiert au maximum 14%
des tranches logiques. D'un point de vue comparatif, le récepteur adaptatif est l'unité
qui nécessite le plus grand nombre de tranches en étant l'unité la plus complexe.
79

Émetteur Récepteur Emetteur de Récepteur de


adaptatif adaptatif feedback feedback
Tranches 4176/33972 4710/33972 1624/33972 3472/33972
logiques (13%) (14%) (5%) (10%)
Multiplicateurs 2 6 0 6
18 X 18
Blocs 6 7 4 8
RAM 18k

Tab. 6.2: Ressources logiques nécessaires pour le système de modulation adaptative.

Les unités de récepteur de feedback et d'émetteur adaptatif requièrent un nombre


légèrement inférieur de tranches logiques, tandis que l'émetteur de feedback nécessite
le moins de ressoures, étant donné sa complexité plus faible.

Ces résultats montrent que le nombre de tranches nécessaires est largement


dépendant du nombre de blocs IP de FFT/IFFT compris dans chacune des unités. Il a
été vérifié par la synthèse de ce bloc que le nombre de tranches logiques nécessaires se
situe entre 5% et 6% du nombre total de tranches disponibles à l'intérieur du FPGA
utilisé. Ceci montre qu'à l'exception de la FFT/IFFT, les modules implantés, incluant
le bloc IP de division, requièrent au maximum 3% des tranches logiques disponibles.

Etant donné que le FPGA Virtex-II utilié offre des multiplicateurs dédiés, il faut
prendre en compte le fait que les résultats obtenus pour le nombre de tranches lo-
giques nécessaires ne tient pas compte des tranches logiques qui seraient nécessaires
pour l'implantation des multiplicateurs utilisés. Le tableau 6.2 indique que certaines
unités requièrent jusqu'à 6 multiplicateurs. Ceci indique que le nombre total de portes
logiques nécessaires serait en réalité plus grand et que le nombre de multiplicateurs
est un facteur important à considérer pour une implantation du système sur une pla-
teforme de type ASIC ou une plateforme FPGA qui n'offre pas de multiplicateurs
dédiés.

Les résultats du nombre de ressources logiques nécessaires peuvent être exa-


80
minés d'un point de vue du design d'un système de communications. Ainsi, dans
une optique de modulation adaptative, l'ajout d'un choix de modulations non-codées
supplémentaires ne requiert pas une complexité matérielle supplémentaire qui est
substantielle. Ceci est dû au fait que les blocs qui demandent une grande complexité
ne nécessitent aucune modification.

6.1.2 Performances temporelles

De façon similaire au nombre de ressources logiques nécessaires, les performances


temporelles du système implanté ont été étudiées pour chacune des unités majeures
qui le composent. Les résultats des fréquences maximales d'horloge atteintes sont
présentées au tableau 6.3.

Emetteur Récepteur Emetteur de Récepteur de


adaptatif adaptatif feedback feedback
Fréquence
maximale 110 MHz 109 MHz 122 MHz 114 MHz
horloge

Tab. 6.3: Fréquences maximales d'horloge pour les unités du système de modulation
adaptative.

Les résultats obtenus montrent que les fréquences maximales obtenues sont rela-
tivement similaires avec des valeurs variant entre 109 et 122 MHz.

Une analyse plus détaillée de la temporisation des modules implantés montre que
l'élément qui ralentit le système est le bloc IP de FFT/IFFT. En effet, l'outil de
synthèse montre que le chemin critique qui limite la fréquence maximale d'opération
du circuit est contenu à l'intérieur de ce bloc IP. La fréquence maximale de l'unité
d'émetteur de feedback est légèrement supérieure par rapport aux autres unités
puisque celle-ci ne contient qu'une seule fois le bloc IP de FFT/IFFT. Ceci per-
met à l'outil de synthèse de réaliser un placement qui sera plus optimal en termes de
81
performances temporelles.

Une synthèse des unités du système a également été faite en excluant les blocs IP
de FFT/IFFT. Les résultats obtenus pour cette synthèse montrent que des fréquences
maximales d'opération supérieures ou égales à 180 MHz peuvent être atteintes.
Ceci confirme le fait que dans l'éventualité où la fréquence maximale d'opération
du système devrait être augmentée, l'amélioration des performances de l'unité de
FFT/IFFT constituerait la première priorité. Etant donné que l'architecture interne
détaillée de ce bloc IP n'est pas disponible aux utilisateurs, il est difficile de proposer
des pistes d'améliorations éventuelles.

6.2 Simulation du système matériel

Le but premier de la mise au point d'un système matériel de modulation adap-


tative est d'en étudier les performances. En effet, celles-ci donneront un aperçu plus
réaliste des performances atteignables en utilisant un tel système pratique dans le
monde réel. Il serait possible d'obtenir des performances encore plus réalistes pour
le système de modulation adaptative proposé. Par contre, ceci nécessiterait l'utilisa-
tion d'unités de synchronisation,d'antennes et de composants radio-fréquence pour
en faire un véritable système fonctionnel. Étant donné qu'une telle étude dépasse le
cadre de ce mémoire, cette section présentera les performances du système en bande
de base pour lequel la synchronisation est considérée comme parfaite.

6.2.1 Simulation accélérée par matériel

La simulation logicielle des performances de systèmes de communications


numériques complexes est une tâche qui nécessite beaucoup de puissance de calcul.
En effet, il se peut que l'on tente de vérifier les performances de systèmes pouvant
atteindre de très faibles probabilités d'erreur. Ceci se produit dans les cas où des
systèmes utilisant des codes correcteurs d'erreurs performants sont à l'étude. Il
est aussi possible que des systèmes complexes simulés dans un environnement de
82
propagation multiparcours requièrent un long temps de calcul logiciel. Le système
de modulation adaptative proposé dans ce mémoire entre dans cette deuxième
catégorie.

Lorsque les temps de simulation sont longs et qu'une architecture matérielle a


été conçue et implantée comme dans ce mémoire, il va de soi que l'étude des perfor-
mances du prototype implanté matériellement apporte une solution aux longs temps
de simulation [19]. Dans ce cas, on dit que la simulation est accélérée par matériel
(hardware in the loop).

En simulation accélérée par matériel, le même principe de fonctionnement que la


simulation logicielle est adopté. Une chaîne de communications est implantée dans la-
quelle certaines ou la totalité des étapes de traitement sont effectuées avec du matériel
dédié (prototype d'implantation pratique) ou du matériel rapide (processeur général
de type DSP). La figure 6.1 présente graphiquement le concept de simulation accélérée
par matériel.

Module de
Module de
traitement matériel
traitement logiciel
(si nécessaire)
(ASIC, FPGA,DSP)

Module de contrôle
de simulation

Fig. 6.1: Simulation accélérée par matériel.

Les temps de traitement sont typiquement très rapides. Ainsi, des simulations
83
accélérées par matériel peuvent apporter des accélérations temporelles pouvant appro-
cher 104 par rapport à des simulations entièrement logicielles. La simulation accélérée
par matériel implique cependant le risque que le temps de développement du matériel
de traitement dédié soit considérablement plus long que la mise au point du modèle
de simulation sur logiciel. Le choix de l'utilisation de l'option de simulation accélérée
par matériel se doit donc d'être justifié correctement.

Une méthode de simulation accélérée par matériel a été mise au point pour
caractériser les performances du système de modulation adaptative multiporteuses
étudié. Cette méthode est basée sur l'utilisation de l'implantation matérielle d'un
modèle de canal multiparcours couplé à l'implantation de l'architecture proposée au
chapitre précédent.

Une implantation matérielle du modèle de canal multiparcours présenté au cha-


pitre 3 a été réalisée. Les coefficients de la réponse impulsionnelle du canal multiplient
des copies retardées temporellement du signal transmis. Les coefficients sont stockés
dans des blocs de mémoire RAM disponibles à l'intérieur du FPGA. Les opérations
de de multiplication sont réalisées à l'aide des multiplicateurs dédiés du FPGA. La
figure 6.2 résume graphiquement l'implantation du canal multiparcours.

Un générateur de bruit blanc basé sur l'utilisation de registres à décalage linéaire


est utilisé [20] . Ce bruit blanc est multiplié par une constante afin d'obtenir le rapport
signal à bruit désiré. Ce résultat est additionné à la sortie du canal multiparcours.

Une plateforme permettant le développement matériel est requise pour la mise au


point d'un système de simulation accélérée par matériel. La plateforme de prototypage
rapide pour systèmes sur puce (System On Chip) de la CMC Microsystèmes a été
utilisée pour la simulation accélérée par matériel présentée dans ce mémoire [21],[22].
Cette plateforme met à la disposition du concepteur plusieurs ressources incluant
notamment un FPGA de marque Xilinx Virtex II XC2V6000, un processeur ARM
ainsi qu'une mémoire de type SSRAM. La plateforme de prototypage rapide offre
d'autres ressources supplémentaires, mais la simulation accélérée par matériel est
s[n]

ROM profil D Q D Q
évanouissements
complexes

Générateur bruit
ROM profil blanc
évanouissements
complexes

ROM profil
évanouissements
complexes

,n[n]

r[n]

Fig. 6.2: Implantation matérielle du canal multiparcours avec bruit additif gaussien.

centrée sur ces trois éléments.

Le FPGA et le processeur ARM sont reliés par le biais d'un bus AHB et peuvent
tous deux avoir accès à la mémoire SSRAM. Un lien de communication est établi
entre un PC de contrôle et le processeur ARM par le biais d'un environnement de
déverminage et par une interface MULTI-ICE. La mémoire SSRAM est utilisée pour
stocker les bits à transmettre ainsi que les bits reçus. La chaîne complète de modu-
lation adaptative est implantée dans le FPGA et le processeur ARM, quant à lui,
se charge de faire la gestion de la simulation, la génération de bits à transmettre, le
calcul de l'efficacité spectrale et le calcul du taux d'erreurs binaires atteint. Ceci est
représenté à la figure 6.3.

6.2.2 Performances du système matériel

Afin de dresser un portrait plus détaillé des facteurs qui peuvent influencer les
performances de la chaîne de modulation adaptative multiporteuses pour canaux
multiparcours qui varient dans le temps, il est nécessaire d'étudier les performances
de chaînes multiporteuses de complexité inférieure.
85

Plateforme SCM

Processeur
ARM
PC FPGA
-Génération bits
aléatoires
BusAHB.
-Système
Interface PC modulation
-Calcul BER adaptative
-Calcul efficacité
spectrale

Bus AHB
Mémoire
SRAM

-Bits TX
-Bits RX

l_

Fig. 6.3: Implantation de la simulation accélérée par matériel avec la plateforme de


prototypage de la CMC Microsystèmes.

Chaîne non-adaptative et bruit blanc additif gaussien

La première étape dans la caractérisation des performances du système matériel


consiste à étudier le comportement d'une chaîne OFDM non-adaptative pour laquelle
les données transmises ne sont uniquement perturbées que par du bruit blanc addi-
tif gaussien. Dans ce scénario, aucun évanouissment complexe n'est présent et ainsi
l'utilisation d'un égalisateur devient facultative. Les performances ont alors été tout
d'abord étudiées dans le cas où aucune égalisation complexe n'est utilisée. Ceci permet
d'évaluer les performances de base d'une chaîne de communication non-adaptative
implantée en utilisant une arithmétique de type point-fixe sur 16 bits. Les résultats
obtenus pour les modulations BPSK, QPSK et 16QAM sont présentés à la figure 6.4
et sont comparés avec leurs performances théoriques respectives.

Les résultats obtenus laissent croire que l'utilisation d'arithmétique point-fixe à


16 bits apporte une dégradation inférieure à 1 dB par rapport à une chaîne disposant
86

BPSK/QPSK théorique
16QAM théorique
- « - BPSK/QPSK implantation matérielle FPGA 16 bit
- •- 16QAM implantation matérielle FPGA 16 bit

10" -
14

Fig. 6.4: Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et au-
cune estimation de canal.

d'arithmétique à virgule flottante et à mantisse beaucoup plus grande. Il est déjà alors
prévisible que les performances de la chaîne adaptive seront quelque peu modifiées
par rapport aux résultats du chapitre 4, étant donné que l'algorithme de sélection des
seuils est bâti en supposant que les chaînes non-adaptatives peuvent atteindre des
probabilités d'erreur identiques aux probabilités d'erreur théoriques.

Il est aussi très important d'étudier la sensibilité de l'algorithme d'estimation de


canal par rapport à son implantation en arithmétique point-fixe. En effet, l'algorithme
d'égalisation de type "Zéro-forcing" tel qu'implanté utilise une étape de division
complexe. Il est connu que la divsion complexe est une opération très sensible du point
de vue numérique et peut ainsi donner des résultats erronés. Ainsi, l'exercice d'étudier
les performances des chaînes non-adaptatives avec estimation de canal FPTA-2 dans
87
un canal à bruit additif gaussien a été fait. Les résultats obtenus sont présentés à la
figure 6.5.

BPSK / QPSK FPTA-2 64 bits double précision


- • - BPSK / QPSK FPTA-2 implantation matérielle 16 bit
16QAM 16QAM FPTA-2 64 bits double précision
• - • - • 16QAM FPTA-2 implantation matérielle 16 bit

10

10"° b : • : : \ \ : : : : : i: :

lu 21) 2!) 30
Eb/N0(dB)

Fig. 6.5: Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et esti-
mation de canal FPTA-2.

Les résultats montrent que l'estimation de canal FPTA-2, dans son implantation
point-fixe 16 bits, apporte une baisse considérable des performances. Au delà d'un
certain rapport signal à bruit, le taux d'erreurs binaire diminue très lentement. Une
vérification avec un bruit nul indique cependant qu'une probabilité d'erreur nulle
peut être obtenue. Ces performances montrent que l'algorithme d'estimation de canal
FPTA-2 est très sensible numériquement lorsqu'implanté en version point-fixe. Des
mesures correctives devraient alors être appliquées afin de contrer ce phénomène. Ceci
88
pourrait se traduire en une réduction du nombre d'opérations ou en une augmentation
de la précision pour les opérations qui sont les plus sensibles numériquement.

Chaîne adaptative et canal multiparcours variant dans le temps

Les performances de l'implantation matérielle de la chaîne adaptative multipor-


teuses ont été étudiées. Les paramètres de la chaîne implantée sont ceux décrits au
tableau 5.1. Le cas étudié correspond au scénario dans lequel on suppose un taux
d'erreurs nul au niveau du lien de feedback. Le taux d'erreurs binaires ainsi que l'ef-
ficacité spectrale de transmission obtenus sont présentés respectivement aux figures
6.6 et 6.7.

10"
- Implantation matérielle chaine adaptative
- Simulation double précision
•BER cible = 10" 3

10
10 15 20 25 30 35 40
Es/N0(dB)

Fig. 6.6: Taux d'erreurs binaires pour chaîne adaptative, canal multiparcours va-
riant dans le temps.
89

Implantation matérielle chaine adaptative (NOTX, BPSK, QPSK, 16QAM)

Simulation double précision (NOTX, BPSK, QPSK, 16QAM, 64QAM)

S
1.3

20
E s /N Q (dB)

Fig. 6.7: Efficacité spectrale de transmission pour chaîne adaptative, canal multi-
parcours variant dans le temps.

La figure 6.6 montre que le taux d'erreurs binaire cible de 0.001 n'est évidemment
pas atteint. Ceci est très probablement dû au fait que, tel que montré à la figure
6.5, l'utilisation de l'estimation de canal FPTA-2 implique des probabilités d'erreur
très différentes des probabilités d'erreur théoriques qui sont normalement associées
aux modulations utilisées. Les seuils de sélection de modulation utilisés deviennent
alors erronés et il s'ensuit que la probabilité d'erreur obtenue est supérieure à celle
initialement prévue.

Afin d'atteindre la probabilité d'erreur cible, il deviendrait donc nécessaire de


tenir compte de la probabilité d'erreur obtenue avec l'implantation matérielle de l'es-
timation FPTA-2 dans le calcul des seuils de sélection de modulation. Ceci pourrait
s'avérer être un exercice relativement difficile, puisqu'il est nécessaire d'établir une
90

approximation de la probabilité d'erreur en fonction du rapport signal à bruit sem-


blable à l'équation 2.6, ce qui est difficile à établir pour un système point fixe complexe
comme l'estimation FPTA-2.

La figure 6.7, quant à elle, montre que l'efficacité spectrale moyenne de transmis-
sion semble moins sensible à l'implantation point fixe de l'estimation de canal FPTA-
2. En effet, les résultats obtenus suivent une tendance semblable aux résultats de la fi-
gure 4.9. Il doit cependant être noté que la chaîne de modulation adaptative implantée
ne supportait pas l'utilisation de la modulation 64QAM, ce qui fait que l'efficacité
spectrale moyenne de transmission maximale atteignable est de 4 bits/symbole/Hz
comparativement à 6 bits/symbole/Hz pour la chaîne étudiée au chapitre 4 et pour
laquelle l'efficacité spectrale est présentée à la figure 4.9.

Les résultats obtenus pour l'implantation matérielle de la chaîne adaptative


montrent donc que les performances finales peuvent être très sensibles à des ques-
tions directement reliées à l'implantation matérielle telles que la sensibilité numérique
de l'algorithme d'estimation de canal. Ceci montre donc que des étapes de simula-
tion et d'optimisation point-fixe des algorithmes utilisés doivent être effectuées avant
d'entreprendre l'implantation matérielle.
Chapitre 7

Conclusion

Ce mémoire a examiné l'utilisation de la modulation adaptative en tant que tech-


nique servant à optimiser le débit de communications sans fil à large bande. Cette
étude s'est concentrée sur les aspects plus pratiques de l'utilisation de cette technique.

Un survol des bases théoriques de la modulation adaptative a été fait. L'impact de


l'utilisation de la modulation adaptative sur la capacité d'un canal à évanouissements
a été examiné. Il a donc été possible de voir que la modulation adaptative n'apporte
pratiquement pas de gain de capacité théorique par rapport à la limite de Shannon. Il
a cependant été montré que l'utilisation de la modulation adaptative permet d'obtenir
des gains en débit binaire moyen pour une grande plage de rapports signal à bruit.
Ceci a été fait en faisant l'étude de deux méthodes de conception de modulation
adaptative non-codée. La méthode de Goldsmith se veut une bonne introduction aux
techniques de modulation adaptative, tandis que la méthode de Goeckel se veut très
intéressante dans le cadre d'une utilisation pratique.

Une introduction aux communications à large bande a été faite. Plus parti-
culièrement, la modulation OFDM utilisée pour des communications à large bande a

91
92
été présentée. Les techniques d'estimation de canal qui lui sont associées ont également
été introduites.

Une étude de l'utilisation de la modulation adaptative dans un contexte de modu-


lation OFDM a ensuite été faite. La première contribution importante de ce mémoire
consiste en le fait que cette étude s'est faite dans un contexte très pratique. En effet,
un modèle pratique de chaîne de communication employant la modulation adaptative
multiporteuses a été établi. Les effets des délais matériels de cette chaîne sur les per-
formances ont été investigués. L'étude des aspects pratiques a été poussée plus loin
en examinant l'effet d'un estimateur de canal OFDM et l'effet d'erreurs dans le lien
de feedback. Il a ainsi été possible de montrer l'importance capitale de la qualité du
lien de feedback.

La deuxième contribution importante de ce mémoire consiste en l'élaboration


d'une architecture matérielle visant à implanter un système de modulation adaptative
multiporteuses. Les différents modules matériels permettant de réaliser de système ont
été présentés. Cette architecture a ensuite été implantée sur une puce de type FPGA.
La quantité de ressources matérielles nécessaires et les performances temporelles ont
été examinées. Les éléments qui limitent la performance et la possibilité d'expansion
du système ont ainsi pu être identifiés.

Finalement, les performances du système implanté matériellement ont pu être


examinées et comparées avec les résultats obtenus en simulation. Il a été montré
qu'indépendamment des paramètres du système de modulation adaptative, les per-
formances peuvent être affectées par des aspects reliés à l'implantation matérielle des
algorithme de traitement.

Ce travail constitue donc un premier effort vers l'objectif ultime qu'est la mise au
point d'un système de modulation adaptative qui est performant et qui est fonctionnel
en pratique. Il va de soi qu'un tel travail ouvre la porte à un grand nombre d'avenues
possibles de recherche. Premièrement, la conception de l'architecture et l'implantation
d'un système de modulation adaptative multiporteuses codé [6], [10] constitue un
défi important dont la complexité du problème dépasse celle de l'étude faite dans ce
93
mémoire.

L'utilisation du concept de prédiction de canal à évanouissements se veut aussi


une option intéressante pour améliorer les performances d'un système de modulation
adaptative [26],[27]. Encore une fois, des voies de recherche intéressantes s'offrent au
niveau du développement architectural.

Finalement, l'utilisation d'un système de modulation adaptative apporte de nou-


velles considérations au niveau de l'implantation des couches supérieures [28]. Les
tendances actuelles montrent que la fusion de la couche physique et de la couche de
données soit une avenue intéressante.
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