Modulation Adaptative Multiporteuses FPGA
Modulation Adaptative Multiporteuses FPGA
Mémoire présenté
à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval
dans le cadre du programme de maîtrise en génie électrique
pour l'obtention du grade de Maître es sciences ([Link].)
NOVEMBRE 2006
J'aimerais tout d'abord remercier mon directeur de recherche, le Dr. Paul Fortier,
ainsi que mon co-directeur de recherche, le Dr. Sébastien Roy pour m'avoir supervisé
durant ces années de maîtrise. Je leur en suis extrêmement reconnaissant pour leurs
précieux conseils, pour nos discussions constructives, pour l'attention et la disponibi-
lité qu'il m'ont accordé et finalement, pour leur générosité. Ils ont contribué à faire
de ma maîtrise une période fort occupée, mais combien agréable. Je tiens également
à remercier l'ensemble des membres du LRTS pour avoir fait de ce laboratoire un
environnement chaleureux et stimulant.
Je termine cet avant-propos en citant le chanteur canadien Sam Roberts pour une
phrase qui m'aura toujours encouragé à persévérer et ce, dans tous les aspects de la
vie : " There 's no road that ain't a hard road to travel on".
u
Table des matières
Résumé i
Avant-propos ii
Table des matières iii
Liste des figures v
Liste des tableaux viii
Chapitre 1. Introduction I
Chapitre 2. Modulation adaptative pour communications sans fil à
bande étroite 5
2.1 Introduction à la modulation adaptative 5
2.2 Modulation adaptative et théorie de l'information 6
2.3 Méthodes de modulation adaptative non-codée 10
2.3.1 Généralités des techniques de modulation adaptative 10
2.3.2 Méthode de Goldsmith 12
2.3.3 Méthode de Goeckel 16
Chapitre 3. Communications sans fil à large bande et OFDM 27
3.1 Introduction 27
3.2 Génération des évanouissements Rayleigh pour la simulation 28
3.3 Canal multiparcours à évanouissements 29
3.4 Modulation multiporteuses 31
3.5 Estimation de canal OFDM 34
3.5.1 Méthodes existantes 35
3.5.2 Méthode d'estimation dans le domaine temporel 35
Chapitre 4. Modulation adaptative multiporteuses 40
4.1 Introduction 40
4.2 Application de la modulation adaptative pour systèmes multiporteuses 40
4.3 Modèle de système de modulation adaptative multiporteuses proposé 41
4.3.1 Paramètres de modulation adaptative du système 42
4.3.2 Estimation de canal et feedback d'informations sur l'état du canal 44
4.4 Performances 47
ni
IV
vm
Chapitre 1
Introduction
La demande actuelle et future pour des applications sans fil requérant un haut
débit de transmission semble indéniablement être en forte croissance. L'engouement
pour les réseaux sans fil obéissant aux standards IEEE 802.11 et IEEE 802.16 est un
exemple de cette forte demande actuelle. L'explosion à l'échelle mondiale des systèmes
personnels de communications sans fil et la transformation de ces types de systèmes
vers des réseaux orientés sur la transmission de données constituent quant à eux des
exemples de cette forte demande future.
Les études qui seront présentées au chapitre suivant sont des études dans lesquelles
les éléments utilisés pour réaliser l'implantation du système de modulation adaptative
sont considérés comme étant idéaux. Le premier but de ce mémoire est d'étudier les
performances de la modulation adaptative multiporteuses dans un cadre d'utilisation
plus pratique. Les effets des considérations pratiques de l'implantation d'un lien de
communication adaptatif ont été peu étudiés ou tout simplement négligés. A titre
d'exemple, peu d'études ont considéré un modèle réaliste de récepteur et de trans-
metteur et les délais qui découlent de leur utilisation par rapport aux performances
globales du système. De plus, la littérature existante sur le sujet ne traite pas de
l'effet de l'estimation de canal sur les performances globales, même si cette opération
est très importante dans le fonctionnement de communications adaptatives.
5
degrés de libertés qui sont typiquement étudiés.
I I
Démodulation et -d(n)
n(t)
décodage
(1(0)
Modulation
adaptative et
Contrôle de
puissance
il Estimateur de canal
I I
I I
L.
Délai
Canal de feedback
Il est possible qu'il existe un délai non-nul entre l'estimation du canal au récepteur
et son utilisation à l'émetteur. Ceci est dû aux différentes composantes du lien de
communication de feedback.
Comme dans tous les récepteurs pour modulation cohérente, l'estimé de canal sert
aussi à l'égalisation, puisque le canal à évanouissements introduit sur le signal un gain
complexe g(t) = a(t) +jb(t) qui varie dans le temps. Cet effet doit être compensé par
une méthode d'égalisation.
Il a été prouvé [1] que pour un canal dont la densité de probabilité du facteur
d'amplitude dû aux évanouissements 7 est ^(7), la capacité C de Shannon d'un tel
canal combiné avec un système de modulation adaptative peut être atteinte sous
deux conditions. Premièrement, un schéma codage/modulation à efficacité spectrale
continue A; (7) doit être utilisé. Une infinité de constellations et de codes doivent
donc être disponibles à l'émetteur. Deuxièmement, une politique d'adaptation de la
puissance transmise S(^)/S doit être combinée au schéma de modulation/codage
décrit précédemment. Cette politique d'adaptation de la puissance doit cependant
respecter une contrainte de puissance moyenne donnée par :
f'0
< S, (2.1)
Si ces deux conditions sont respectées, la capacité de Shannon pour un canal avec
évanouissements et état du canal 7 connu simultanément à l'émetteur et au récepteur
est donnée par :
70 r 7-7° (2>3)
0, 7 < 70,
8
où 70 correspond à une valeur-seuil de 7 sous laquelle aucune information n'est trans-
mise.
r
C== B Iog2(l + 7 )p(7)d7- (2.4)
Jo
J
L'équation 2.4 de capacité d'un canal à bande étroite avec évanouissements devient
une borne supérieure lorsqu'une quantité restreinte de schémas modulation/codage
est utilisée. L'efficacité spectrale de transmission devient alors discrète, puisqu'elle
Canal AWGN
Canal Rayleigh
8 -
m
'.n
V'
10 15 20
Es/Nfl (dB)
Fig. 2.2: Efficacité spectrale maximale pour un canal AWGN et un canal de Rayleigh
avec modulation adaptative.
On constate également que l'équation 2.4 correspond à la capacité d'un canal avec
évanouissements pour laquelle l'information d'état du canal n'est disponible qu'au
récepteur. Ceci implique que la modulation adaptative avec puissance constante de
transmission n'apporte aucune amélioration au niveau de la limite théorique fournie
par l'expression de la capacité. Il n'en demeure pas moins qu'il devient plus facile, en
pratique, de s'approcher de cette limite en utilisant la modulation adaptative, qu'en
utilisant une modulation et un codage fixe. Des techniques permettant d'approcher
cette capacité seront présentées à la section suivante.
10
Il va de soi que parmi toutes ces techniques proposées, les techniques qui affichent
les résultats les plus prometteurs pour s'approcher de l'efficacité spectrale maximale
théorique sont celles qui permettent la variation simultanée de la modulation, du
codage et de la puissance de transmission. Ces techniques requièrent cependant une
complexité système très grande. L'étude de tels systèmes, dans une optique d'implan-
tation pratique, dépasserait le cadre de travaux de maîtrise. L'étude s'est donc limitée
aux techniques de modulation adaptative dont le seul degré de liberté étudié est la
variation de la constellation de transmission et qui n'incluent donc aucun codage
correcteur d'erreurs et aucun contrôle de puissance.
2
R
BERMQAM(I)
laquelle est difficilement inversible algébriquement. Elle sera plutôt remplacée par une
approximation inversible :
-I.67
BERMQAM('y) (2.6)
2*(7) -
II est alors possible d'exprimer, après quelques manipulations simples, le rapport si-
gnal à bruit nécessaire 7 en fonction de la probabilité d'erreur et du nombre de bits
k(j) utilisés. Il en résulte alors une expression plus facilement manipulable dans des
calculs subséquents. Evidemment, l'approximation est toujours légèrement conserva-
trice, ce qui assure que le taux d'erreur cible sera atteint.
Le calcul des seuils {ji} se fait sous la contrainte de taux d'erreur binaire suivante :
En utilisant l'approximation de l'équation 2.6, les seuils {7j} sont alors déterminés
en isolant 7i dans l'équation :
pour {7i}i=o...3-
L'efficacité spectrale moyenne peut ensuite être calculée et est donnée par :
<7<7i+1). (2.10)
Dans les cas où la puissance transmise est variable et les constellations sont à
granularité d'efficacité spectrale continue, la conception est mathématiquement plus
complexe et implique normalement une étape d'optimisation par multiplicateurs de
Lagrange.
Les résultats pour le taux d'erreur binaire moyen et l'efficacité spectrale moyenne
du cas étudié précédemment sont présentés aux figures 2.3 et 2.4 respectivement.
Cette figure permet aussi une comparaison entre la limite théorique de Shannon et
l'efficacité spectrale atteinte par des techniques de modulation adaptative pratiques.
Un écart assez important sépare donc les méthodes pratiques de la limite théorique. Il
faut cependant se rappeler que la limite de Shannon est une limite existentielle et qu'il
est impossible d'atteindre cette limite avec seulement une technique de modulation
adaptative pratique, i.e. sans faire intervenir de puissants codes correcteurs d'erreurs.
Les résultats de Goldsmith [8] montrent qu'une méthode de modulation adaptative
performante qui inclut un codage de type turbo peut approcher la capacité de Shan-
non à environ 2.5 dB.
Dans un système réel de modulation adaptative, il est fort possible que le délai
Tfeedback imputable au lien de feedback soit non-nul. Ceci fait donc que l'émetteur
utilise un estimé j(t) qui est périmé dans le temps :
Les conséquences de ce délai non-nul peuvent se traduire en une baisse des perfor-
mances en termes de taux d'erreur binaire. L'efficacité spectrale moyenne de trans-
mission, quant à elle, ne se voit pas directement affectée par le délai de feedback.
15
10" 1
— Modulation adaptative
BER cible = 1Q"3
10
10" 1 ' 1
10 15
Es/N0 (dB)
Fig. 2.3: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative de Goldsmith,
constellation discrète et puissance constante.
II a aussi été montré que la perte de performance est d'autant plus grande et rapide
que le taux d'erreur moyen cible BER du système est petit.
Les conditions spécifiées dans l'équation 2.13 peuvent imposer des contraintes in-
surmontables pour l'implantation et l'utilisation d'un système pratique de modulation
adaptative. Si les évanouissements sont trop rapides ou que le délai de feedback du
système est trop grand, le système connaîtra une baisse de performances qui n'est pas
désirée et qui devra être compensée. Ceci serait possible en trouvant des seuils par
essais et erreurs ou en choisissant de façon approximative un taux d'erreur binaire
moyen suffisament petit pour compenser la perte en performance. Il n'est cependant
pas souhaitable de procéder ainsi pour la conception optimale d'un système de mo-
dulation adaptative.
Goeckel [10] présente une méthode de modulation adaptative qui est formulée
explicitement pour fonctionner avec des estimés de canal qui sont périmés dans le
temps. Dans cette méthode, une étude approfondie de la variation temporelle des
évanouissements est faite. Les effets de cette variation sur les performances en termes
de taux d'erreur binaire sont quantifiés. Une méthode de design qui tient compte des
17
variations temporelles est ensuite établie et les performances de cette méthode sont
étudiées.
ce qui fait que la puissance reçue est deux fois plus grande que la puissance transmise.
À l'émetteur, on utilise des estimés X(kTs) du canal qui sont périmés dans le
temps :
X(kTs) = X(kTs - rfeedback), (2.17)
Il a été montré que puisque XR(kTs) et XR(kTs) sont des variables aléatoires
conjointement gaussiennes, XR | XR est une variable aléatoire gaussienne lorsque
conditionnée sur la réalisation xR de l'estimé XR{kTs).
E[XR(kTsy]
R:{Rx(r)>RXmin(rJd)}. (2.23)
Comme fonction d'autocorrélation Rxmin (T, fd) qui représente le pire des cas, Goeckel
utilise l'autocorrélation standard de Jakes pour une unité mobile :
L'équation 2.19 indique que l'autocorrélation entre X et son estimé X peut alors
prendre comme plage de valeurs possibles :
L]. (2.25)
E 2J
2 -0.75y (2.26)
BERMQAM(y -f) = 0.2 exp
0.2 exp
E 3 g» (l-°- 2 )
BERMQAM(-rr,h,p) «< " 2 JV0 ( 2 * - l )
(2.28)
0.2 exp
L'équation 2.28 doit donc être évaluée pour la plage de valeurs p définie dans
l'équation 2.25. Plus d'information est fournie dans [10] pour minimiser le nombre
d'évaluations de cette équation.
^
A titre d'exemple, les performances de la méthode de Goeckel sont présentées dans
le cas où les constellations suivantes sont utilisables : NOTX (aucune transmission
d'information), BPSK, QPSK, 16QAM et 64 QAM et où le taux d'erreur cible BER
est de 10"3.
Les performances obtenues pour une autocorrélation minimale de pmin = 0.9 sont
présentées aux figures 2.5 et 2.6.
21
De façon similaire à la méthode de Goldsmith, l'utilisation d'une puissance
constante de transmission et d'une quantité restreinte de constellations résulte en un
taux d'erreur binaire qui respecte la contrainte BER de façon généralement conser-
vatrice. Il est cependant intéressant de remarquer que cette probabilité d'erreur cible
est respectée sans problème pour une autocorrélation minimale de 0.9. Si l'auto-
corrélation de Jakes J0(27r/dr) est utilisée comme fonction d'autocorrélation pour le
pire des cas, ceci correspondrait à un délai normalisé d'environ 0.1. Ce délai normalisé
ne respecte évidemment pas le critère spécifié à l'équation 2.13 quant à la robustesse
de la méthode de Goldsmith à la rapidité de variation du canal. Cela montre qu'il est
possible de maintenir une performance acceptable en utilisant la méthode de Goeckel,
ce que la méthode de Goldsmith ne peut assurer. La méthode de Goeckel offre donc
plus de robustesse.
Le fait de respecter le taux d'erreur binaire pour un canal qui varie rapidement
amène cependant des inconvénients au niveau de l'efficacité spectrale moyenne de
transmission. En effet, la figure 2.6 permet de constater que l'efficacité spectrale est
diminuée par rapport à la méthode de Goldsmith.
Ces deux dernières figures confirment ce qui a été observé aux figures 2.5 et 2.6.
En effet, il est facile de constater l'avantage apporté par la méthode de Goeckel en
ce qui a trait au respect de la contrainte BER. En effet, celle-ci est respectée sur
la quasi-totalité des autocorrélations étudiées. Il est par contre important d'observer
22
que la méthode de Goeckel sacrifie de l'efficacité spectrale de transmission, dans le
but premier de respecter le taux d'erreur cible.
23
ce
m
Fig. 2.5: Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goeckel,
constellation discrète et puissance constante, pmin = 0.9.
24
10 20 25
ES/NQ (dB)
0.8 0.82 0.84 0.86 0.88 0.9 0.92 0.94 0.96 0.98
Autocorrélation miminale du canal p .
r
min
Fig. 2.7: Taux d'erreurs binaire moyen pour la modulation adaptative de Goeckel,
constellation discrète et puissance constante, jjfe — 15 dB.
26
i i i i i i \ •—i
1.8 - :• : : ' : • • • /
1.6
1.4 - ; ;
g" 1.2
0.8 - : ; ; • • • ^ ^ ; ; ; -
0.6
0.4
no i i i i i i i i
0.8 0.82 0.84 0.86 0.88 0.9 0.92 0.94 0.96 0.98
Autocorrélation miminale du canal p .
3.1 Introduction
Les communications sans fil à large bande constituent un vaste sujet auquel de
nombreux volumes se sont consacrés. Ce chapitre traite de quelques aspects de ce
domaine qui seront utilisés au cours des chapitres ultérieurs.
27
28
Un canal de communication sans fil est généralement caractérisé par des variations
temporelles aléatoires de la phase et de l'amplitude du signal reçu. Ces variations
peuvent être attribuées au mouvement spatial relatif de l'émetteur et du récepteur
ou au mouvement de l'environnement de propagation du signal.
Il a été montré qu'en pratique, ces évanouissements aléatoires peuvent suivre une
distribution qui s'apparente à celle de Rayleigh, dans le cas d'une communication
sans ligne de vue, et à une distribution de Rice pour communications avec ligne de
vue directe. D'autres distributions statistiques peuvent également être utilisées pour
représenter les évanouissements. La distribution de Nakagami-m en est un exemple.
Les modèles d'évanouissements de Rayleigh et de Rice demeurent cependant les plus
utilisés pour l'évaluation de la performance des systèmes de communication sans fil.
La figure 3.1 présente l'algorithme proposé par Young et Beaulieu. Deux séquences
de variables aléatoires gaussiennes sont générées dans le domaine fréquentiel et mul-
29
tipliées par un filtre représentant le spectre de puissance d'un signal reçu par une
antenne isotropique d'une unité mobile se déplaçant à une vitesse v. Ces échantillons
sont ensuite additionnés en quadrature et transformés dans le domaine du temps à
l'aide de la transformée de Fourier discrète inverse (IFFT). La figure 3.1 illustre cet
algorithme.
N réalisations de
(AMI Multiplication par
variables aléatoires
séquence {, |k|) de
gaussiennes à
filtre Doppler
moyenne nulle
c IFFT taille N
{x[n]| Ëvanouissemen
corrélés
N réalisations de
fBIk)) Multiplication par
variables aléatoires
séquence (F[kJ] de
gaussiennes à
filtre Doppler
moyenne nulle
Le fait de respecter le taux d'erreur binaire pour un canal qui varie rapidement
amène cependant des inconvénients au niveau de l'efficacité spectrale moyenne de
transmission. En effet, la figure 2.6 permet de constater que l'efficacité spectrale est
diminuée par rapport à la méthode de Goldsmith.
Ces deux dernières figures confirment ce qui a été observé aux figures 2.5 et 2.6.
En effet, il est facile de constater l'avantage apporté par la méthode de Goeckel en
ce qui a trait au respect de la contrainte BER. En effet, celle-ci est respectée sur
la quasi-totalité des autocorrélations étudiées. Il est par contre important d'observer
31
{ ') t <t<t +T
où N correspond au nombre
0, de sous-porteuses, ts est t<t
le stemps
At>t d'échantillonnage et
T est la période d'un symbole.
Du point de vue de l'implantation pratique, ceci est très intéressant puisque les
opérations de IDFT et de DFT peuvent s'implanter de façon efficace en utilisant les
algorithmes de transformée de Fourier rapide IFFT et FFT. Ces algorithmes per-
mettent donc de passer d'un nombre de multiplications proportionnel à iV2 vers un
nombre de multiplications proportionnel à y log2(JV), ce qui est très intéressant d'un
point de vue matériel.
Symbole OFDM
S|13| 8|!4| S|I5] •Pi «I sial 8(3) E[4] s[5] s[6] s[7) S[8] s[9] 8(10) «111 S[12J SU 31 S[I4] s(15l
Extension
Résultat IDFT
Cyclique
Si une modulation non-différentielle est utilisée, les signaux transmis peuvent alors
être récupérés en effectuant une division complexe, sur chacune des sous-porteuses,
par la transformée de Fourier rapide de la réponse impulsionnelle du canal :
R[k] _ R[k]
S[k} = (3.6)
FFT{h[n}} " H[k]'
La figure 3.5 montre les composants de base d'un émetteur OFDM, tandis que la
figure 3.6 montre les composants typiques d'un récepteur OFDM.
Conversion
Modulateur parallèle/série Conversion Conversion
Bits Conversion
MQAM/ IFFT + insertion numérique/ bande de
ransmission série/parallèle
MPSK extension analogique base / RF
ryrliqiifi
Estimation Unité
canal synchronisation
Il est aussi important de noter que l'OFDM est une technique de modulation dont
les performances sont très sensibles aux erreurs de synchronisation en fréquence. En
effet, des erreurs de synchronisation détruisent l'orthogonalité des sous-porteuses,
ce qui peut résulter en des performances grandement inférieures aux performances
obtenues avec une synchronisation parfaite.
Finalement, l'insertion d'une extension cyclique implique une perte en bande pas-
sante. Typiquement, la durée de l'extension cyclique se situe entre 1/4 et 1/10 du
nombre de sous-porteuses. Ceci implique des pertes de bande passante allant respec-
tivement de 20% à 9%.
Il existe une grande quantité d'estimateurs pour l'OFDM qui ont été publiés
dans la littérature. Ces méthodes se différencient notamment en termes de politique
d'insertion des symboles connus et en termes du traitement effectué au récepteur.
Plusieurs configurations d'insertion de symboles connus (symboles pilotes) et de
symboles OFDM entièrement composés de symboles pilotes (trames pilote) ont été
expérimentées [16]. De plus, une variété de traitements au récepteur on été proposés,
allant de l'interpolation LS [17], en passant par les méthodes plus complexes de type
LMMSE [18]. Ces différentes méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients,
notamment en ce qui concerne leur complexité d'implantation, leurs conditions d'uti-
lisation et leurs performances respectives.
Minn et Bhargava [12] ont proposé une méthode d'estimation de canal OFDM
qui est basée sur certaines opérations effectuées sur le symbole reçu dans le domaine
temporel. Cette méthode est dénomée Frequency Pilot Time Average (FPTA) et est
la méthode d'estimation de canal OFDM utilisée dans les chapitres ultérieurs de ce
mémoire.
36
Pour chaque symbole OFDM transmis, des symboles pilotes sont multiplexes
avec des symboles de données à un taux de 1 symbole pilote par K sous-porteuses.
Une trame OFDM compte alors M = N/K symboles pilotes. Dans le domaine des
fréquences, l'expression de la série de symboles pilotes transmise (avant ajout de
l'extension cyclique) est :
(-l)mdPs, k = Km
(3.8)
0, k = Km + i
où m et i sont des entiers tels que 1 < i < K — 1 , 0 < m < M — l e t dps représente
le symbole pilote.
La composition résultante d'une trame OFDM respectant une telle politique d'in-
sertion de symboles pilotes est représentée graphiquement à la figure 3.7.
K sous-porteuses
M symboles pilotes
Fig. 3.7: Politique d'insertion de symboles pilotes dans une trame OFDM pour
l'estimation de canal de type FPTA.
La sortie dans le domaine du temps de la séquence décrite par l'équation 3.8 est
alors :
p - IFFT{P[k}} = [p 0 P l . . . p K . x ]. (3.9)
Les sous-vecteurs pj sont définis comme étant de taille M = N/K et sont exprimés
comme suit :
p. = [p[0 + Mi] p[l + Mi] ... p[M - 1 + Mi]]. (3.10)
Au récepteur, la suite de symboles r[n] formant une trame OFDM reçue dans
le domaine du temps (après rejet de l'extension cyclique) peut s'exprimer avec la
,'57
notation suivante :
r = [r0 r x ... r K -i], (3-11)
= *M+ W ( 6)
"
Le taux d'insertion de symboles pilotes K est un facteur qui détermine les perfor-
mances de l'estimation de canal. Ce paramètre indique en quelque sorte la fréquence
d'interpolation de la réponse H[k] du canal. Un taux élevé d'insertion de pilotes procu-
rera de très bonnes performances, au détriment d'une perte de bande passante due au
grand nombre de sous-porteuses réservées aux symboles pilotes. Il est alors nécessaire
de faire un juste compromis entre une estimation qui donne des performances satis-
faisantes et une perte de bande-passante acceptable. Des simulations effectuées dans
38
le cadre de ce travail de maîtrise montrent qu'un taux d'insertion de 1 symbole pilote
par 8 sous-porteuses donne des performances acceptables et occasionne une perte de
12,5 % en bande passante. Pour des raisons pratiques, le taux d'insertion de sym-
boles pilotes doit aussi être choisi de façon à obtenir un nombre entier M — N/K de
sous-vecteurs.
10"
10
10 15 20 25 30
Eb/No (dB)
4.1 Introduction
Les systèmes de communication à large bande, tout comme les systèmes de com-
munication à bande étroite, peuvent bénéficier d'une augmentation de débit apportée
par l'utilisation de la modulation adaptative. Ceci inclut autant les systèmes de com-
munications large bande à porteuse unique que les systèmes multiporteuses. Ce cha-
pitre se concentre sur la modulation adaptative pour systèmes multiporteuses. Plus
particulièrement, ce chapitre se veut une étude d'un système pratique de modulation
adaptative multiporteuses tel qu'il serait implanté de façon matérielle.
40
41
étroite. Ceci implique que les techniques de modulation adaptative à bande étroite
présentées au chapitre 2 peuvent être incorporées à un système OFDM et ce, sans
modifications particulières aux techniques étudiées précédemment.
JL_L~1
La taille de l'extension cyclique constitue un choix arbitraire, mais tel que décrit à
43
la section 3.4, elle doit être comprise entre 1/4 et 1/10 du nombre de sous-porteuses et
doit également être suffisamment grande pour contenir le plus long délai multiparcours
majeur. Une taille d'extension cyclique de 128 est un choix raisonnable.
Le système est étudié pour des évanouissements dont la fréquence Doppler maxi-
male fd est de 160 Hz. Une telle fréquence Doppler indique que le système fonctionne
à une mobilité de type véhiculaire, ce qui représente une vitesse maximale de 80 km/h
pour un système transmettant sur une fréquence porteuse de 2.4 GHz.
Paramètre Valeur
Nombre de sous-porteuses Nsous-Porteuses 1024
Extension cyclique Ncycnc 128
Taux d'erreurs moyen cible BER io- 3
Taux d'insertion de symboles pilotes K 8
Taux d'échantillonnage du canal T~l 20 MHz
Délai de feedback Tfeedback 12672T,
Fréquence Doppler maximale fd 160 Hz
Autocorrélation pire cas p m j n 0.9
Modulations disponibles {64QAM,16QAM,4QAM,BPSK,NOTX}
Il va de soi que l'information sur l'état du canal, qui est transmise par le biais
du lien de feedback, doit être minimisée. La raison d'être du lien de feedback est de
permettre à l'émetteur de choisir les paramètres de transmission optimaux selon l'état
du canal tel qu'analysé au récepteur. Deux stratégies de feedback d'informations sur
l'état du canal sont alors possibles. Ces stratégies sont présentées aux figures 4.2 et
4.3.
45
Premièrement, l'estimation du canal et le choix subséquent des paramètres de
transmission peut se faire au récepteur. Ce choix peut ensuite être codé d'une certaine
façon et transmis par le biais du lien de feedback. Par exemple, si quatre modes de
modulation différents sont disponibles, le type de modulation choisi peut être transmis
à l'émetteur par le biais d'un symbole 4QAM. Ainsi, chaque sous-porteuse de données
de la trame OFDM de feedback représenterait la modulation respective à utiliser pour
chacune des sous-porteuses de transmission. Cette stratégie peut être intéressante si
un nombre relativement limité de modes de modulation/codage sont disponibles dans
le système.
Décodage Codage de la
Sélection
modulation à modulation à
Modulation
utiliser utiliser
Lien de feedback
Calcul
Bits à Égalisation +
Modu ation intermédiaire — Estimation Canal
rans mettre Démodulation
estimation canal
Sélection
modulation
Estimation
canal
Lien de feedback
Chaque bloc de la figure 4.1 représente une étape de traitement à l'intérieur d'un
système pratique. En supposant que le temps de traitement de chacun des blocs est
identique, constant et que ce temps de traitement correspond à la durée d'une trame
OFDM, le délai total de feedback peut alors être estimé comme étant de 11 trames
OFDM. Dans ce cas, le délai de feedback peut être calculé comme étant :
adaptai* t
pttMK
Ématisurfaadback
"1. p
4.4 Performances
II a été montré dans la section 4.3.2 que le délai de feedback du système proposé
est de 11 trames OFDM. Il a aussi été considéré que le système est étudié pour
des vitesses véhiculaires, ce qui implique une fréquence Doppler maximale de 160
Hz. Si, comme vu au chapitre 2, l'autocorrélation dans le pire des cas correspond à
l'autocorrélation de Jakes, l'autocorrélation minimale pour ce système est donc de
Dans ces conditions, le délai de feedback normalisé Tnorm du système est donc de
0.1013 . Cette valeur ne respecte pas le critère établi dans l'équation 2.13 pour obtenir
des performances satisfaisantes avec la méthode de Goldsmith. Il a cependant été
montré dans ce même chapitre que la méthode de Goeckel peut, quant à elle, assurer
la performance recherchée en termes de taux d'erreur binaire, mais au détriment de
l'efficacité spectrale par rapport à la méthode de Goldsmith. Dans des conditions de
mobilité telles que celles étudiées, la méthode de Goeckel est alors la méthode la plus
48
appropriée. C'est donc cette méthode qui a été retenue et qui est utilisée pour les
simulations dans ce chapitre.
Les résultats obtenus montrent que le grand délai de feedback combiné à la mobi-
lité véhiculaire ne constituent pas des obstacles au bon fonctionnement d'un système
pratique de modulation adaptative multiporteuses si la méthode de Goeckel est uti-
lisée.
La figure 4.7 indique qu'en bout de ligne, si la largeur de bande requise pour le
canal de feedback est prise en compte, l'usage de la modulation adaptative n'apporte
pas une utilisation efficace de la largeur de bande disponible. Le délai normalisé est
le facteur qui, lorsqu'on utilise la méthode de Goeckel, limite l'efficacité spectrale
maximale de transmission. Dans un système pratique, le délai de feedback peut dif-
ficilement être réduit. Ceci indique que l'efficacité spectrale du système dépend alors
uniquement de la vitesse des évanouissements du canal. La figure 2.8 montre que pour
doubler l'efficacité spectrale de transmission, le paramètre pm{n doit passer de 0.9 à en-
viron 0.98. En utilisant l'autocorrélation de Jakes comme fonction d'autocorrélation
pour pmini ceci indique que l'étalement Doppler maximal du système proposé doit
passer de 160 Hz à 70 Hz. La mobilité du système doit donc être réduite de plus de la
moitié de la mobilité initiale proposée. Il en résulte que l'utilisation de la modulation
adaptative peut tout de même apporter un avantage au niveau de l'augmentation de
l'efficacité spectrale, mais pour des systèmes dont la mobilité est relativement réduite.
La figure 4.8 montre que le taux d'erreur binaire moyen du système ne respecte
pas le taux d'erreurs cible avant que le rapport signal à bruit ait atteint 15 dB. Il est
aussi possible de remarquer que ce taux d'erreurs est toujours plus élevé que le taux
d'erreur atteint avec une estimation parfaite de canal.
La figure 4.9 montre quant à elle que l'efficacité spectrale moyenne de transmission
avec estimation FPTA-2 diffère légèrement par rapport à l'estimation parfaite de canal
pour des rapports signal à bruit inférieurs à 15 dB. Pour des rapports signal à bruit
faibles, l'algorithme d'estimation est moins performant que dans le cas de rapports
signal à bruit plus élevés.
Le lien de feedback peut être caractérisé par un taux d'erreurs binaire moyen. C'est
cette caractérisation par taux binaire d'erreur moyen qui a été utilisée dans l'étude
des performances du système de modulation adaptative proposé. Les performances
du système sont alors étudiées pour différents taux moyens d'erreurs binaires associés
au lien de feedback.
Les performances du système ont été étudiées pour des probabilités d'erreur
moyennes de feedback de 10~3, de 10~4 et de 10~5. Ces performances sont présentées
aux figures 4.10 et 4.11.
E./N. (dB)
"s o
Fig. 4.5: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite.
54
E s /N 0 (dB)
Modulation adaptative
Modulation fixe, BERmjn = 10"
-Q,
()••..
0 25 30 35 40
10
— Estimation parfaite
r- Estimation FPTA-2
BER cible = 10-3
S 10-3
cû
10
10
10 15 20 30 35 A0
(dB)
Fig. 4.8: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation de canal parfaite et estimation FPTA-2.
57
- — Estimation parfaite
- T - Estimation FPTA-2
Es/NQ(dB)
10
. . v
''. • '•' •
10
oc
ni
m
10"
10
Estimation parfaite, feedback parfait
Estimation FPTA-2, feedback parfait
«
Estimation FPTA-2, Peteedback
_
•
, Estimation FPTA-2, Pe .
Feedback
1e-4
. Estimation FPTA-2, P^9Kjback = 1e-3
— BER cible = 10"3
10
10 15 20 30 35 40
(dB)
Fig. 4.10: Taux d'erreurs binaire moyen pour modulation adaptative multiporteuses
avec méthode de Goeckel, estimation FPTA-2 et feedback non-idéal.
59
60
61
représente un module matériel qui réalise une fonction spécifique. L'architecture
matérielle proposée respectera donc de façon assez générale la structure présentée
dans ce diagramme-bloc.
— tiMitlon -
s. IfFT
* P/S-» Ini*'»
•cl. cydiqu*
-
Cm!
mUtipareoun, ,„ P«
— ZFE -
Daflicxfulilsuf
t f t
Eulmaisut , IMM ; .... "i
1
«ynduDKlsatk) • Calcul r M -
canal
OatKten
modulation
FPTÀ-2 fPTA-î
Émettet* foedback |
-
Unie
lyndHooteuio
1BOAM
•t !
* ~ P/[Link]»
2FE
» m S/P + Énl*«»
Mt. cydlqu*
i- - muWpsrcoim + ' :
H=FT
AWQN
EsHmamir
Ert*v. au.
canal
- cyciqu.
FPTA-a
Paramètre Valeur
Nombre de sous-porteuses Nsous_porteuses 1024
Extension cyclique Ncyciic 128
Taux d'erreurs moyen cible BER 10~3
Taux d'insertion de symboles pilote K 8
Taux d'échantillonnage du canal T'1 20 MHz
Délai de feedback Tfeeciback 12672TS
Fréquence Doppler maximale fd 160 Hz
Autocorrélation pire cas pmin 0.9
Modulations disponibles {16QAM,4QAM,BPSK,NOTX}
un design de référence pour une implantation potentielle sur circuit dédié ASIC.
Il peut être constaté à la figure 4.1 que quelques modules du système de modula-
tion adaptative requièrent des fonctions relativement complexes telles la transformée
de Fourier rapide directe et inverse (FFT/IFFT) ainsi que l'égalisation de type "zero-
forcing" qui requiert une opération de division. Implanter à partir de zéro de telles
fonctions dépasse le cadre de ce mémoire et peut constituer un sujet de recherche en
soi. Puisque le travail d'implantation est plutôt centré sur l'implantation globale d'un
système, il devient alors nécessaire de choisir une plateforme FPGA particulière. Le
choix d'une plateforme spécifique permet alors d'utiliser des blocs existants de pro-
priété intellecturelle (IP) pour les fonctions complexes.
6CLK '
OATA_SYMBOL_RDY
I I
I I
I I
Le système doit aussi se synchroniser par rapport à une trame OFDM. Un signal
OFDM_SYMBOL_RDY est donc utilisé pour signaler le début d'une trame OFDM.
Ce signal est composé de 1024+128 signaux DATA_SYMBOL_RDY et est fourni à
tous les modules du système. La figure 5.3 représente graphiquement ce concept.
64
0M_SYMBOL_RDY j |
Puisque le système effectue des opérations avec des quantités aléatoires telles que
le bruit, les bits à transmettre et les évanouissements, il est nécessaire d'étudier quelle
est la distribution des valeurs obtenues dans les diverses opérations mathématiques
effectuées.
Dans certaines opérations, si un dépassement est détecté, la sortie est alors placée
en saturation.
Générateur 16C /
symboles
pilote
4
/ Modulateur 16C/
16QAM /
4 2 Mux 16C
Bits entrée / {1 Modulateur I6C /
/ Symbol / 1) Q - Symbole sortie
du tampon TX) 4QAM /
I6C
Modulateur
BPSK /
Modulateur 16C /
NOTX
Séquenceur Contrôleur
DATA_SYMBOL_RDY Insertion Mux • Contrôle tampon TX
(de l'unité de Pilotes Symboles
synchronisation)
Comparateur
I6C
/ Seuils
Estimé de canal D Û Modulation
(du module
d'estimation de canal)
16
lmag{Z} _
16C
Partie imaginaire valide Démodulateur
(du module BPSK
d'égalisation)
Modulation utilisée
(de l'unité de détection de
modulation)
Bloc IP FFT/IFFT
Mémoire Processeur
données entrée/ FFT/IFFT
x[n] calcul
Mémoire
facteurs
phase
X[k]
La sortie du bloc correspond à une version divisée par 1024 du résultat standard
X[k] de la FFT. Ce facteur de division assure qu'aucun dépassement ne sera ren-
contré, même si toutes les entrées sont placées à leur valeur maximale. Ceci implique
cependant qu'il existe une certaine plage qui ne sera pas représentée par la sortie.
Dans ce cas, il y aura alors un sous-passement (underflow).
L'algorithme de FFT est implanté en effectuant des passes successives de calcul sur
plusieurs rangs de données. Ces rangs sont appelés "papillons" et une FFT de taille
1024 comprend 5 papillons. Le gain 1/1024 est implanté en effectuant, à l'intérieur du
bloc IP, un décalage vers la droite de 2 bits à chaque passe de calcul. En effectuant
l'analyse des plages dynamiques de la manière décrite à la section 5.2.4, il devient
apparent que les conditions d'utilisation feront que des sous-passements se produiront
régulièrement. Pour obtenir des performances acceptables, il devient alors nécessaire
d'utiliser un facteur de division qui est plus proche de la valeur 1. La configuration
mémoire/bloc IP utilisée pour le calcul de la FFT rend possible l'utilisation d'une
stratégie visant à annuler le décalage de 2 bits qui se produit à l'interne. En effet,
si la sortie de la mémoire RAM de stockage subit, sur trois papillons, un décalage
70
vers la gauche de 2 bits et une extension de signe avant d'entrer dans le bloc IP,
le décalage interne sera contré et la division par 1024 sera alors remplacée par une
division par 16. Ceci permet d'obtenir une plage de sortie qui est plus optimale pour
l'application visée. Il devient cependant possible de rencontrer des dépassements, mais
si les conditions statistiques des signaux d'entrée respectent celles fixées en simulation,
cette probabilité est extrêmement faible.
Btac IP FFT/IFFT
Mémoire
(acteurs
phase
H[k\ = (5.2)
m •
La variable de décision est alors obtenue en calculant :
Tel que mentionné au chapitre 3, le paramètre ravg est défini comme étant une
moyenne temporelle intra-symbole des 8 sous-vecteurs de taille 128 qui forment une
trame OFDM :
r — \ ^r . (K A\
Tavg — ~fp / ij. l^-^J
i=0
72
multiparcours)
Résultat r4v(
DATA_SYMBOL_RDY
(de l'unité de
synchronisation)
Finalement, une mémoire RAM de sortie à port double est utilisée pour que le
résultat en sortie soit synchronisé avec le module suivant. Un séquenceur se charge
alors de contrôler l'écriture des données calculées dans cette mémoire, tout en per-
mettant une sortie qui respecte la temporisation correcte.
Module de délai
Le calcul du paramètre ravg implique un délai d'une trame OFDM par rapport
au calcul de la FFT du signal temporel reçu qui lui s'effectue en parallèle. Ce délai
doit être compensé pour obtenir une estimation/égalisation correcte. Un délai d'un
symbole OFDM doit donc être ajouté à la sortie de la FFT du signal reçu. Un tel délai
peut être réalisé en utilisant deux mémoires RAM à double port. Un contrôleur est
responsable de faire en premier lieu une écriture dans la mémoire 2 et de faire ensuite
l'écriture des données entrantes dans la mémoire 1. Cette opération est rendue possible
par le fait qu'un symbole est constitué de plus d'un coup d'horloge. L'architecture du
module de délai est présentée à la figure 5.12.
ADDRA ADDRA
WEA WEA
Séquenceur
contrôle accès
mémoire
Afin de pouvoir réaliser la division complexe avec des opérations arithmétiques réelles,
il est nécessaire d'utiliser la multiplication par le conjugué, ce qui équivaut à effectuer :
Z[k} =
(5.6)
(R[k]RRavg[k]R j{R[k]iRavg[k]R -
_ Sortie
diviseur
(de l'unité FFT)
Ri -
(de l'unité FFT) '
D Q - D Q — a Q
Partie réelle
valide
DATA_SYMBOL_RDY . • Partie imaginaire
(de l'unité de valide
synchronisation)
Z[k] =
(5.7)
= (D[k]RP0[k]R - DlkjjPolk^+JiDWrPoikjn +
Z[k] H
(vers décision)
M,
(du diviseur complexe)
DM,
(du diviseur complexé)
Z[k],
(vers décision)
Chargement
\ 16 bascules 1
/ ' Chargement
Chargement
bascules 2
Des mémoires de type RAM sont aussi disponibles pour le concepteur. Le FPGA
utisé offre environ 2,6 Mégabits sous forme de mémoire RAM par le biais de 144 blocs
de mémoire RAM de 18 kilobits à double port.
Le tableau montre que chacune des unités principales requiert au maximum 14%
des tranches logiques. D'un point de vue comparatif, le récepteur adaptatif est l'unité
qui nécessite le plus grand nombre de tranches en étant l'unité la plus complexe.
79
Etant donné que le FPGA Virtex-II utilié offre des multiplicateurs dédiés, il faut
prendre en compte le fait que les résultats obtenus pour le nombre de tranches lo-
giques nécessaires ne tient pas compte des tranches logiques qui seraient nécessaires
pour l'implantation des multiplicateurs utilisés. Le tableau 6.2 indique que certaines
unités requièrent jusqu'à 6 multiplicateurs. Ceci indique que le nombre total de portes
logiques nécessaires serait en réalité plus grand et que le nombre de multiplicateurs
est un facteur important à considérer pour une implantation du système sur une pla-
teforme de type ASIC ou une plateforme FPGA qui n'offre pas de multiplicateurs
dédiés.
Tab. 6.3: Fréquences maximales d'horloge pour les unités du système de modulation
adaptative.
Les résultats obtenus montrent que les fréquences maximales obtenues sont rela-
tivement similaires avec des valeurs variant entre 109 et 122 MHz.
Une analyse plus détaillée de la temporisation des modules implantés montre que
l'élément qui ralentit le système est le bloc IP de FFT/IFFT. En effet, l'outil de
synthèse montre que le chemin critique qui limite la fréquence maximale d'opération
du circuit est contenu à l'intérieur de ce bloc IP. La fréquence maximale de l'unité
d'émetteur de feedback est légèrement supérieure par rapport aux autres unités
puisque celle-ci ne contient qu'une seule fois le bloc IP de FFT/IFFT. Ceci per-
met à l'outil de synthèse de réaliser un placement qui sera plus optimal en termes de
81
performances temporelles.
Une synthèse des unités du système a également été faite en excluant les blocs IP
de FFT/IFFT. Les résultats obtenus pour cette synthèse montrent que des fréquences
maximales d'opération supérieures ou égales à 180 MHz peuvent être atteintes.
Ceci confirme le fait que dans l'éventualité où la fréquence maximale d'opération
du système devrait être augmentée, l'amélioration des performances de l'unité de
FFT/IFFT constituerait la première priorité. Etant donné que l'architecture interne
détaillée de ce bloc IP n'est pas disponible aux utilisateurs, il est difficile de proposer
des pistes d'améliorations éventuelles.
Module de
Module de
traitement matériel
traitement logiciel
(si nécessaire)
(ASIC, FPGA,DSP)
Module de contrôle
de simulation
Les temps de traitement sont typiquement très rapides. Ainsi, des simulations
83
accélérées par matériel peuvent apporter des accélérations temporelles pouvant appro-
cher 104 par rapport à des simulations entièrement logicielles. La simulation accélérée
par matériel implique cependant le risque que le temps de développement du matériel
de traitement dédié soit considérablement plus long que la mise au point du modèle
de simulation sur logiciel. Le choix de l'utilisation de l'option de simulation accélérée
par matériel se doit donc d'être justifié correctement.
Une méthode de simulation accélérée par matériel a été mise au point pour
caractériser les performances du système de modulation adaptative multiporteuses
étudié. Cette méthode est basée sur l'utilisation de l'implantation matérielle d'un
modèle de canal multiparcours couplé à l'implantation de l'architecture proposée au
chapitre précédent.
ROM profil D Q D Q
évanouissements
complexes
Générateur bruit
ROM profil blanc
évanouissements
complexes
ROM profil
évanouissements
complexes
,n[n]
r[n]
Fig. 6.2: Implantation matérielle du canal multiparcours avec bruit additif gaussien.
Le FPGA et le processeur ARM sont reliés par le biais d'un bus AHB et peuvent
tous deux avoir accès à la mémoire SSRAM. Un lien de communication est établi
entre un PC de contrôle et le processeur ARM par le biais d'un environnement de
déverminage et par une interface MULTI-ICE. La mémoire SSRAM est utilisée pour
stocker les bits à transmettre ainsi que les bits reçus. La chaîne complète de modu-
lation adaptative est implantée dans le FPGA et le processeur ARM, quant à lui,
se charge de faire la gestion de la simulation, la génération de bits à transmettre, le
calcul de l'efficacité spectrale et le calcul du taux d'erreurs binaires atteint. Ceci est
représenté à la figure 6.3.
Afin de dresser un portrait plus détaillé des facteurs qui peuvent influencer les
performances de la chaîne de modulation adaptative multiporteuses pour canaux
multiparcours qui varient dans le temps, il est nécessaire d'étudier les performances
de chaînes multiporteuses de complexité inférieure.
85
Plateforme SCM
Processeur
ARM
PC FPGA
-Génération bits
aléatoires
BusAHB.
-Système
Interface PC modulation
-Calcul BER adaptative
-Calcul efficacité
spectrale
Bus AHB
Mémoire
SRAM
-Bits TX
-Bits RX
l_
BPSK/QPSK théorique
16QAM théorique
- « - BPSK/QPSK implantation matérielle FPGA 16 bit
- •- 16QAM implantation matérielle FPGA 16 bit
10" -
14
Fig. 6.4: Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et au-
cune estimation de canal.
d'arithmétique à virgule flottante et à mantisse beaucoup plus grande. Il est déjà alors
prévisible que les performances de la chaîne adaptive seront quelque peu modifiées
par rapport aux résultats du chapitre 4, étant donné que l'algorithme de sélection des
seuils est bâti en supposant que les chaînes non-adaptatives peuvent atteindre des
probabilités d'erreur identiques aux probabilités d'erreur théoriques.
10
10"° b : • : : \ \ : : : : : i: :
lu 21) 2!) 30
Eb/N0(dB)
Fig. 6.5: Taux d'erreurs binaires pour chaîne non-adaptative, canal AWGN et esti-
mation de canal FPTA-2.
Les résultats montrent que l'estimation de canal FPTA-2, dans son implantation
point-fixe 16 bits, apporte une baisse considérable des performances. Au delà d'un
certain rapport signal à bruit, le taux d'erreurs binaire diminue très lentement. Une
vérification avec un bruit nul indique cependant qu'une probabilité d'erreur nulle
peut être obtenue. Ces performances montrent que l'algorithme d'estimation de canal
FPTA-2 est très sensible numériquement lorsqu'implanté en version point-fixe. Des
mesures correctives devraient alors être appliquées afin de contrer ce phénomène. Ceci
88
pourrait se traduire en une réduction du nombre d'opérations ou en une augmentation
de la précision pour les opérations qui sont les plus sensibles numériquement.
10"
- Implantation matérielle chaine adaptative
- Simulation double précision
•BER cible = 10" 3
10
10 15 20 25 30 35 40
Es/N0(dB)
Fig. 6.6: Taux d'erreurs binaires pour chaîne adaptative, canal multiparcours va-
riant dans le temps.
89
S
1.3
20
E s /N Q (dB)
Fig. 6.7: Efficacité spectrale de transmission pour chaîne adaptative, canal multi-
parcours variant dans le temps.
La figure 6.6 montre que le taux d'erreurs binaire cible de 0.001 n'est évidemment
pas atteint. Ceci est très probablement dû au fait que, tel que montré à la figure
6.5, l'utilisation de l'estimation de canal FPTA-2 implique des probabilités d'erreur
très différentes des probabilités d'erreur théoriques qui sont normalement associées
aux modulations utilisées. Les seuils de sélection de modulation utilisés deviennent
alors erronés et il s'ensuit que la probabilité d'erreur obtenue est supérieure à celle
initialement prévue.
La figure 6.7, quant à elle, montre que l'efficacité spectrale moyenne de transmis-
sion semble moins sensible à l'implantation point fixe de l'estimation de canal FPTA-
2. En effet, les résultats obtenus suivent une tendance semblable aux résultats de la fi-
gure 4.9. Il doit cependant être noté que la chaîne de modulation adaptative implantée
ne supportait pas l'utilisation de la modulation 64QAM, ce qui fait que l'efficacité
spectrale moyenne de transmission maximale atteignable est de 4 bits/symbole/Hz
comparativement à 6 bits/symbole/Hz pour la chaîne étudiée au chapitre 4 et pour
laquelle l'efficacité spectrale est présentée à la figure 4.9.
Conclusion
Une introduction aux communications à large bande a été faite. Plus parti-
culièrement, la modulation OFDM utilisée pour des communications à large bande a
91
92
été présentée. Les techniques d'estimation de canal qui lui sont associées ont également
été introduites.
Ce travail constitue donc un premier effort vers l'objectif ultime qu'est la mise au
point d'un système de modulation adaptative qui est performant et qui est fonctionnel
en pratique. Il va de soi qu'un tel travail ouvre la porte à un grand nombre d'avenues
possibles de recherche. Premièrement, la conception de l'architecture et l'implantation
d'un système de modulation adaptative multiporteuses codé [6], [10] constitue un
défi important dont la complexité du problème dépasse celle de l'étude faite dans ce
93
mémoire.