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Devoir surveillé sur les espaces vectoriels

Ce document traite de plusieurs sujets liés aux espaces vectoriels et aux endomorphismes. Il présente un exercice et un problème en plusieurs parties abordant des notions comme les sous-espaces supplémentaires, les projections, les noyaux itérés d'endomorphismes et les conditions pour que des endomorphismes soient égaux à leur composé.

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Devoir surveillé sur les espaces vectoriels

Ce document traite de plusieurs sujets liés aux espaces vectoriels et aux endomorphismes. Il présente un exercice et un problème en plusieurs parties abordant des notions comme les sous-espaces supplémentaires, les projections, les noyaux itérés d'endomorphismes et les conditions pour que des endomorphismes soient égaux à leur composé.

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Devoir surveillé No8

Mercredi 23 mars 2005


- Durée : 4 heures -

L’exerice et le problème sont totalement indépendants. L’épreuve se déroule en deux phases :


à l’issue d’une heure de composition, un premier ensemble de copie correspondant à l’exercice
est rendu. Le second ensemble, correspondant au problème est rendu au bout de 4 heures.
Seules les conclusions et les résultats mis en valeur seront pris en compte.

Exercice :
  

 x 

  x + 2y − 2z + t = 0 
y
On considère les parties suivantes de R F = 
4
z 
∈R ;
4
et G

 2x + y − z + 2t = 0 

 
t
   
1 1
1 2
le sous-espace engendré par    
1 et 1.
1 2
1) Justifier que F est un sous-espace de R4 et en donner une base.
2) Donner un système d’équations cartésiennes de G.
3) a . Montrer que F et G sont des sous-espaces supplémentaires.  
x
y 
b . On note p la projection de F parallèlement à G et X =  
z  un vecteur de R .
4

t
Déterminer p(X) et la matrice A de p dans la base canonique de R4 . Que vaut A2 ?

Problème :

Soit V un espace vectoriel réel ; l’espace des endomorphismes de l’espace vectoriel V est
noté L(V ). Soit E = R[X] l’espace vectoriel des polynômes réels et En = Rn [X] le sous-espace
des polynômes réels de degré inférieur ou égal à n. On note D : Q ∈ E −→ Q ∈ E où Q
désigne le polynôme dérivé de Q. On note Dn : Q ∈ En −→ Q ∈ En .
L’objet du problème est de rechercher des réels λ pour lesquels l’endomorphisme λIE + D
est égal au composé d’un endomorphisme g de E avec lui-même ; ainsi que des réels λ pour
lesquels l’endomorphisme λIEn + Dn est égal au composé d’un endomorphisme g de n E avec
lui-même.
Les troisième et quatrième parties peuvent être abordées indépendamment des première et
seconde parties ainsi que des préliminaires.
Préliminaires : noyaux itérés
Soit V un espace vectoriel réel et f un endomorphisme de V .
1) Démontrer que pour tout k ∈ N, ker f k ⊂ ker f k+1 .
2) On suppose qu’il existe p ∈ N tel que ker f p = ker f p+1 . Montrer que pour tout q  p,
ker f q = ker f q+1 , puis ker f q = ker f p .
3) On suppose V de dimension finie. Démontrer que la suite (ker f k )k0 est constante à
partir d’un certain p inférieur ou égal à n, où n désigne la dimension de V . Que peut-on dire
de ker f n et ker f n+1 ?
4) Soit u ∈ L(V ). On suppose V de dimension finie n et u nilpotent i.e. il existe q  1 tel
que uq = 0. Démontrer que un = 0.

I. Première partie :
Le but de cette partie est d’établir des propriétés des endomorphismes g recherchés et de
donner un exemple.
1) Caractérisation des sous-espaces vectoriels stables par g : soit λ ∈ R.
a . Soit n ∈ N et un entier p avec 0  p  n. Démontrer que, s’il existe g ∈ L(En ) tel que
g ◦ g = g 2 = λIEn + Dn , g ◦ Dn = Dn ◦ g.
Préciser le noyau ker Dnp+1 ? En déduire, que g laisse stable Ep et qui si gp est l’endomor-
phisme induit par g sur Ep , on a gp2 = λIEp + Dp .
b . On suppose qu’il existe un endomorphisme g de E tel que g 2 = λIE + D. Montrer que
pour tout n ∈ N, le sous-espace En est stable par g. En déduire que si gn désigne la restriction
de g à En , gn2 = λIEn + Dn .
c . Soit g un endomorphisme de E tel que g 2 = λIE + D.
α. Soit F un sous-espace vectoriel de E de dimension n+1 stable par D. Démontrer
que DF , l’endomorphisme induit par D par F , est nilpotent.
En déduire que le sous-espace F est égal à En .
β. Déterminer tous les sous-espaces vectoriels G de E (de dimension finie ou non)
stable par D
γ. Démontrer que, pour qu’un sous-espace vectoriel G de E soit stable par g, il
faut et il suffit qu’il soit stable par D.
2) Une application immédiate : le cas λ < 0.
a . À quelle condition nécessaire sur le réel λ est-il un endomorphisme g de l’espace
vectoriel E0 = R tel que g 2 = λIE0 + D0 .
b . Soit λ < 0. Déduire de ce qu’il précède qu’il n’existe pas d’endomorphisme g de E
tel que g 2 = λIE + D et qu’il n’existe pas d’endomorphisme g de En tel que g 2 = λIEn + Dn
(n ∈ N).
3) Une représentation matricielle simple de Dn : Soit n ∈ N∗ et λ ∈ R. On note Aλ la
matrice de coefficients aij , (0  i, j  n)de taille n + 1 définie par aii = λ, ai,i+1 = 1 et aij = 0
pour j = / i ou j =/ i + 1. Autrement dit, on a
 
λ 1 0 ... 0
 0 λ 1 ... 0 
 
 .. . . 
Aλ =  . . . .
. .
 
 0 λ 1 
0 ... ... 0 λ

a. Soit V un espace vectoriel de dimension finie n+1 et f ∈ L(V ). On suppose que f n+1 =
/ 0. Démontrer qu’il existe un vecteur y de V telle que B = (f n (y), f n−1 (y), . . . , f (y), y)
0 et f n =
soit libre. Écrire la matrice de f dans la base B.
b . En déduire qu’il existe une base Bn de En pour laquelle la matrice associée à l’endo-
morphisme Dn est la matrice A0 . Que vaut la matrice associée à λIEn + Dn dans cette base.
4) Un exemple. On suppose dans cette question que n = 2.
a . Démontrer que les seuls endomorphismes h de E2 qui commutent avec D2 sont les
polynômes de degré inférieur ou égal à 2 en D2 (ce sont les endomorphismes de la forme
aIE2 + bD2 + cD22 ).
b . En déduire qu’il existe des endomorphismes g de E2 qui vérifient la relation g 2 =
λIE2 + D2 . Déterminer les matrices de taille 3 qui vérifie G2 = A1 .

II . Deuxième partie :
L’objet de cette partie est d’étudier le cas où le réel λ est nul. Dans cette partie, l’entier n
est supposé donné supérieur ou égal à 1.
1) Existence d’un endomorphisme g tel que g 2 = Dn .
a . Montrer que, s’il existe un endomorphisme g de En tel que g 2 = Dn , alors g est
nilpotent et la dimension du noyau ker g 2 est supérieure ou égale à 2.
b . En déduire qu’il n’existe pas d’endomorphisme g de En tel que g 2 = Dn .
c . En déduire qu’il n’existe pas d’endomorphisme g de E tel que g 2 = D.
2) Existence d’un endomorphisme g tel que g k = Dm .
Soit m ∈ N∗ et k ∈ N avec k  2. Soit g un endomorphisme de E tel que g k = Dm .
a . L’endomorphisme D est-il surjectif ? Démontrer que g est surjectif.
b . Démontrer que les sous-espaces ker g q ont des dimensions finies lorsque l’entier q est
inférieur ou égal à k.
c. Soit 2  p  k un entier. Soit Φ l’application définie dans l’espace ker g p par la relation
Φ : P −→ g(P ).
Démontrer que cette application Φ est linéaire de ker g p dans ker g p−1 . Quel est le noyau de
Φ ? Démontrer que Φ est surjective i.e. im Φ = ker g p−1 .
En déduire une relation entre les dimensions de ker g p et ker g p−1 . Quelle est la dimension
de ker g p en fonction de la dimension de ker g.
d . Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur les entiers k et m pour qu’il
existe k et m pour qu’il existe au moins un endomorphisme g de l’espace E tel que g k = Dm .
Retrouver le résultat de II.1)c.

III . Troisième partie :


L’entier n ∈ N∗ est supposé fixé. Dans cette partie, l’espace vectoriel En est muni de la base
Bn définie à la question I.3)b. La matrice associée à l’application IEn est la matrice In+1 ; la
matrice associée à l’endomorphisme Dn est désignée par le même symbole Dn .
Étant donné λ > 0, on considère Ln l’application de R dans Mn+1 (R) qui, au réel t associe
la matrice Ln (t) définie pas

n
tk k
Ln (t) = (−1)k−1 D .
k=1
k n

1) Dérivée de l’application (Ln (t))k .


a. Démontrer que, pour tout t réel, la matrice In+1 + tDn est inversible et que son inverse,
noté (In+1 + tDn )−1 s’écrit sous la forme suivante :

n
(In+1 + tDn )−1 = ak (t)Dnk .
k=0
Déterminer les fonction ak : t −→ ak (t).
b. Démontrer t −→ (In+1 +tDn )−1 est dérivable ; exprimer sa dérivée à l’aide des matrices
(In+1 + tDn )−1 et Dn .
c . Démontrer que pour tout t réel, [Ln+1 (t)]n+1 = 0.
d
d . Calculer la fonction dérivée t −→ Ln (t) de la fonction t −→ Ln (t) au moyen des
dt
matrices Dn et (In+1 + tDn )−1 .
e . Étant donné un entier naturel k donné, déduire des résultats précédents l’expression
d
de la fonction dérivée t −→ [Ln (t)]k de la fonction t −→ [Ln (t)]k à l’aide de l’entier k et des
dt
matrices Ln (t), Dn et (In+1 + tDn )−1 .
2) Matrice ϕu (t). Étant donné un réel u, soit ϕu (t) la matrice définie par la relation suivante


n
uk
ϕu (t) = [Ln (t)]k .
k=0
k!

a . Démontrer qu’étant donnés deux réels u et v, on a ϕu (t)ϕv (t) = ϕu+v (t).


b . Démontrer que la fonction t −→ ϕu (t) est dérivable et que

ϕu (t) = u(In+1 + tDn )−1 Dn ϕu (t).

c. Dans cette question, le réel u est égal à 1. Démontrer que ϕ1 = 0. En déduire la relation

ϕ1 (t) = In+1 + tDn .

3) Existence de l’endomorphisme g :
a . Soit λ > 0. En utilisant les résultats
 de la question précédente et en remarquant la
1
relation λIn+1 + Dn = λ In+1 + Dn , démontrer qu’il exisre M ∈ Mn+1 (R) telle que
λ

M 2 = λIn+1 + Dn .

Exprimer M avec une matrice ϕu (t). En déduire l’existence d’un endomorphisme g de En tel
que

g 2 = λIEn + Dn .

b . Retrouver les matrices obtenues à la question I.4).

IV . Quatrième partie :

1) Soit h : x ∈] − 1, +∞[−→ 1 + x.
a . Déterminer la suite (bp )p0 telle pour tout n ∈ N,


n
h(x) = bp xp + o(xn ),
p=0

p−1
lorsque x tend vers 0 (on exprimera le coefficient bp en fonction du coefficent binomial C2(p−1) ).
b . Démontrer grâce à la théorie des développements limités que


n
1 si n = 0 ou 1,
cn = bp bn−p =
p=0
0 sinon.
2) Existence d’un endomorphisme g tel que g 2 = λIE + D avec λ > 0.
Soit λ > 0.
a . Soit T l’application définie dans E par la relation


+∞
bp p
T (P ) = D (P ) pour P ∈ E.
p=0
λp

Démontrer que T est un endomorphisme de E.


b . Calculer pour tout polynôme P de E son image par T ◦ T = T 2 .
c . En déduire l’existence d’un endomorphisme g deE vérifiant g 2 = λIE + D.
d . En déduire, pour tout entier naturel n, l’existence d’un endomorphisme gn de l’espace
vectoriel En tel que gn2 = λIEn + Dn .
Exprimer l’endomorphisme gn comme un polynôme de l’endomorphisme Dn . Retrouver les
matrices obtenues à la question I.4).

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