Orthodontie adulte : enjeux biomécaniques
Orthodontie adulte : enjeux biomécaniques
Présentée
et
publiquement
soutenue
devant
Aix-‐Marseille
Université
(Président
:
Monsieur
le
Professeur
Éric
BERTON)
Faculté
des
Sciences
Médicales
et
Paramédicales
(Doyen
:
Monsieur
le
Professeur
Georges
LEONETTI)
Ecole
de
Médecine
Dentaire
(Directeur
:
Monsieur
le
Professeur
Bruno
FOTI)
Spécificités
du
traitement
orthodontique
chez
l'adulte
:
enjeux
biomécaniques
et
parodontaux
ALBE
Elena
Née
le
26
novembre
1996
Devant
le
jury
composé
de
A
Quincy-‐sous-‐Sénart
Président
:
Professeur
LE
GALL
Michel
Présentée
et
publiquement
soutenue
devant
Aix-‐Marseille
Université
(Président
:
Monsieur
le
Professeur
Éric
BERTON)
Faculté
des
Sciences
Médicales
et
Paramédicales
(Doyen
:
Monsieur
le
Professeur
Georges
LEONETTI)
Ecole
de
Médecine
Dentaire
(Directeur
:
Monsieur
le
Professeur
Bruno
FOTI)
Spécificités
du
traitement
orthodontique
chez
l'adulte
:
enjeux
biomécaniques
et
parodontaux
ALBE
Elena
Née
le
26
novembre
1996
Devant
le
jury
composé
de
A
Quincy-‐sous-‐Sénart
Président
:
Professeur
LE
GALL
Michel
Mise
à
jour
:
sept.
2020
Professeur
Raymond
SANGIUOLO†
Doyens
Honoraires
Professeur
Henry
ZATTARA
Professeur
André
SALVADORI
Professeur
Jacques
DEJOU
Doyen
Professeur
Bruno
FOTI
Assesseurs
Professeur
Michel
RUQUET
Professeur
Anne
RASKIN
Intitulés
des
sections
CNU
:
ème
- 56
section
:
Développement,
croissance
et
prévention
- 56-‐01
Odontologie
pédiatrique
et
orthopédie
dento-‐faciale
- 56-‐02
:
Prévention
–
Epidémiologie
–
Economie
de
la
santé
–
Odontologie
légale
ème
- 57
section
:
Chirurgie
orale
;
Parodontologie
;
Biologie
Orale
- 57-‐01
:
Chirurgie
orale
–
Parodontologie
–
Biologie
orale
ème
- 58
section
:
Réhabilitation
orale
- 58-‐01
:
Dentisterie
restauratrice
–
Endodontie
–
Prothèses
–
Fonction-‐Dysfonction
–
Imagerie
–
Biomatériaux
L’auteur
s’engage
à
respecter
les
droits
des
tiers,
et
notamment
les
droits
de
propriété
intellectuelle.
Dans
l’hypothèse
où
la
thèse
comporterait
des
éléments
protégés
par
un
droit
quelconque,
l’auteur
doit
solliciter
les
autorisations
nécessaires
à
leur
utilisation,
leur
reproduction
et
leur
représentation
auprès
du
ou
des
titulaires
des
droits.
L’auteur
est
responsable
du
contenu
de
sa
thèse.
Il
garantit
l’Université
contre
tout
recours.
Elle
ne
pourra
en
aucun
cas
être
tenue
responsable
de
l’atteinte
aux
droits
d’un
tiers
A
Monsieur
le
Professeur
Michel
LE
GALL,
Merci
de
me
faire
l'honneur
de
présider
cette
thèse.
J'ai
beaucoup
apprécié
participer
à
vos
cours
d'orthopédie
dento-‐faciale
qui
étaient
très
enrichissants.
Votre
pédagogie
et
sympathie
m'ont
fait
adorer
cette
discipline.
Je
vous
fais
part
de
mon
profond
respect
et
vous
témoigne
toute
ma
gratitude.
A
Madame
le
Docteur
Camille
PHILIP-‐ALLIEZ,
Merci
d’avoir
accepté
de
siéger
dans
ce
jury
de
thèse.
Je
vous
remercie
pour
l'ensemble
des
connaissances
en
orthopédie
dento-‐faciale
que
vous
nous
avez
partagées
durant
ce
cursus
universitaire.
Vous
avez
toujours
fait
preuve
de
bienveillance
et
gentillesse.
Recevez
la
marque
de
ma
sincère
considération.
A
Monsieur
le
Docteur
Gérald
MAILLE,
Je
vous
remercie
d'avoir
accepté
de
faire
partie
du
jury
de
ma
thèse.
J'ai
beaucoup
apprécié
vous
avoir
comme
enseignant
encadrant
d'odontologie
prothétique
le
vendredi.
Vous
avez
toujours
été
présent
pour
nous
donner
des
conseils
avisés
et
pour
nous
guider
tout
au
long
du
cursus,
toujours
avec
humour
et
sympathie.
Je
vous
témoigne
tout
mon
respect
et
ma
profonde
reconnaissance.
A
Madame
le
Docteur
Canelle
ARNIER,
Je
vous
remercie
de
l'honneur
que
vous
me
faites
d'être
la
directrice
de
ma
thèse.
Je
suis
très
reconnaissante
pour
tout
le
partage
de
connaissances
dont
vous
m'avez
fait
part
et
pour
le
temps
que
vous
m'avez
accordé.
Merci
pour
votre
gentillesse
et
votre
implication.
Je
vous
fais
part
de
mon
profond
respect
et
de
toute
ma
considération.
Table
des
matières
INTRODUCTION
.......................................................................................................
1
II.
SPÉCIFICITÉS
ET
MOYENS
DE
TRAITEMENT
ORTHODONTIQUE
CHEZ
L'ADULTE
22
1)
Les
différents
moyens
d'ancrage
.......................................................................................
22
1.1)
Ancrage
chez
l'adulte
.......................................................................................................
22
1.2)
Ancrages
dentaires
..........................................................................................................
22
1.3)
Ancrages
squelettiques
...................................................................................................
24
1.3.1)
Définitions
.................................................................................................................................
24
1.3.2)
Implants
prothétiques
ostéo-‐intégrés
......................................................................................
24
1.3.3)
Mini-‐vis
d'ancrage
.....................................................................................................................
25
1.3.4)
Mini-‐plaques
d'ancrage
............................................................................................................
27
2)
L'orthodontie
accélérée
....................................................................................................
29
2.1)
Principes
et
indications
....................................................................................................
29
2.2)
Thérapeutiques
non
chirurgicales
...................................................................................
31
2.2.1)
Thérapie
laser
...........................................................................................................................
31
2.2.2)
Vibrations
mécaniques
.............................................................................................................
33
2.3)
Thérapeutiques
chirurgicales
..........................................................................................
34
2.3.1)
Corticotomies
alvéolaires
.........................................................................................................
34
2.3.2)
Piézocision
et
ostéo-‐perforation
..............................................................................................
35
3)
Récidives
et
contention
.....................................................................................................
37
3.1)
Facteurs
de
récidive
chez
l'adulte
....................................................................................
37
3.1.1)
Déséquilibre
des
pressions
de
l'enveloppe
musculaire
............................................................
37
3.1.2)
Facteurs
occlusaux
....................................................................................................................
38
3.1.3)
Facteurs
ligamentaires
..............................................................................................................
38
3.1.4)
Facteurs
parodontaux
...............................................................................................................
38
3.2)
Comment
prévenir
la
récidive
?
.......................................................................................
39
3.2.1)
Maintenance
biologique
et
mécanique
....................................................................................
39
3.2.2)
Thérapeutiques
associées
.........................................................................................................
40
3.3)
Différents
types
de
contention
........................................................................................
42
3.3.1)
Critères
de
choix
sur
les
plans
biomécaniques
et
parodontaux
...............................................
42
3.3.2)
Dispositifs
fixes
.........................................................................................................................
44
3.3.3)
Dispositifs
amovibles
................................................................................................................
50
BIBLIOGRAPHIE
........................................................................................................
I
INTRODUCTION
L'orthodontie
de
l'adulte
a
connu
un
essor
important
depuis
ces
trente
dernières
années.
Les
progrès
dans
les
différents
domaines
de
l'odontostomatologie
ainsi
que
le
développement
de
nouveaux
moyens
de
traitements
orthodontiques
quasi-‐
invisibles
ont
participé
à
cette
croissance.
Cependant,
l'adulte
connait
des
modifications
physiopathologiques
qui
ont
un
impact
sur
la
conduite
du
traitement
orthodontique.
En
effet,
le
parodonte
du
patient
adulte,
souvent
affaibli,
doit
être
assaini
avant
de
démarrer
toute
thérapeutique
orthodontique
afin
de
ne
pas
l'endommager
et
il
est
parfois
aussi
nécessaire
de
le
renforcer.
De
plus,
il
est
indispensable
d'anticiper
le
choix
des
techniques
d'ancrage
orthodontique
pour
ne
pas
risquer
de
créer
des
effets
parasites.
L'objectif
de
cette
thèse
est
de
comprendre
les
particularités
du
traitement
orthodontique
chez
l'adulte
sur
les
plans
parodontaux
et
biomécaniques
et
de
connaitre
l'évolution
actuelle
de
l'arsenal
thérapeutique
utilisable
pour
mener
à
bien
un
traitement.
Dans
un
premier
temps,
nous
donnerons
quelques
rappels
de
biomécanique
et
nous
traiterons
de
l'environnement
parodontal
du
patient
adulte.
Puis,
dans
une
seconde
partie,
nous
aborderons
les
spécificités
et
moyens
de
traitement
orthodontique
chez
l'adulte
en
apportant
des
précisions
notamment
sur
les
notions
d'ancrage,
d'orthodontie
accélérée
ainsi
que
la
récidive
et
la
contention.
1
I.
ENJEUX
BIOMÉCANIQUES
ET
PARODONTAUX
CHEZ
L'ADULTE
En
physique,
une
force
correspond
à
une
action
mécanique
exercée
par
un
objet
sur
un
autre.
La
force
est
modélisée
par
un
vecteur
ayant
un
point
d'application,
une
direction,
un
sens
et
une
intensité.
Son
unité
est
le
Newton
(N).
Les
appareils
orthodontiques
exercent
sur
les
dents
des
forces
qui
ont
des
effets
biologiques
et
mécaniques.
2
(activité
ostéoblastique)
et
de
résorption
osseuse
dans
les
zones
de
compression
(activité
ostéoclastique)
(1).
Au
niveau
des
zones
de
compression,
on
retrouve
une
ischémie
des
vaisseaux
sanguins
et
une
apoptose
cellulaire
:
il
y
a
la
formation
d'une
zone
acellulaire
appelée
"zone
hyaline".
Lors
de
la
période
de
latence
(20
à
30
jours),
aucun
mouvement
de
la
dent
ne
se
fait
car
s'opère
l'élimination
de
cette
zone
hyaline,
au
niveau
du
site
de
compression
(5).
Afin
de
réduire
la
hyalinisation
et
le
risque
d'apparition
de
résorptions
radiculaires,
il
est
recommandé
d'utiliser
des
forces
légères
et
continues
chez
le
patient
adule
car
son
turn-‐over
cellulaire
est
diminué.
• Les
effets
biologiques
à
long
terme
Si
la
contrainte
est
maintenue
plusieurs
jours,
on
peut
observer
la
formation
d'une
nouvelle
alvéole
dentaire.
3
1.3) Centre
de
résistance
Figure
2
:
Déplacement
du
centre
de
résistance
(CR)
en
direction
apicale
en
cas
de
résorption
osseuse
(8)
4
Le
moment
de
la
force
(M)
est
le
produit
de
la
norme
de
la
force
(F)
et
de
la
distance
entre
la
ligne
d'action
de
la
force
et
le
centre
de
résistance
(d).
Son
unité
est
le
"Newton
mètre"
(N.m).
M
=
F
x
d
Figure
3
:
Formule
mathématique
du
moment
d'une
force
Ainsi,
si
la
distance
(d)
augmente
(lorsque
par
exemple
le
CR
se
déplace
vers
l'apex
de
la
dent
en
cas
de
résorption
osseuse),
le
moment
de
la
force
est
plus
élevé.
Cela
entraine
un
"bras
de
levier"
plus
important
;
la
version
de
la
dent
est
plus
importante
et
le
mouvement
de
gression
est
plus
difficile
à
réaliser
(6).
Figure
4
:
Augmentation
de
la
valeur
du
moment
en
cas
d'augmentation
de
la
distance
d
entre
la
ligne
d'action
de
la
force
et
le
CR
(8)
Nous
pouvons
donc
comprendre
que
la
prise
en
compte
de
la
localisation
du
centre
de
résistance
de
la
dent
a
tout
son
intérêt
pour
contrôler
les
éventuels
mouvements
parasites
dont
nous
souhaitons
éviter
l'apparition.
5
1.5) Notion
d'ancrage
1.5.1) Définition
La
valeur
d'ancrage
d'une
dent
correspond
à
la
résistance
à
son
déplacement.
Elle
est
estimée
par
la
valeur
de
la
surface
de
la
racine
(1).
Une
dent
pluriradiculée
a
donc
une
valeur
d'ancrage
plus
importante
qu'une
dent
monoradiculée.
Cependant,
la
valeur
de
la
surface
de
la
racine
à
prendre
en
compte
est
celle
qui
est
ancrée
dans
l'os
;
ainsi,
dans
les
cas
de
maladie
parodontale,
avec
perte
de
support
osseux,
il
ne
faut
pas
prendre
en
compte
la
partie
de
la
racine
qui
est
dénudée
d'os
alvéolaire.
Figure
5
:
Principe
des
actions
réciproques
(Source
:
Google
Images)
6
Ainsi,
"A
toute
force
appliquée
sur
une
dent
correspond
une
force
égale
de
même
intensité
et
de
sens
opposé
sur
la
ou
les
dent(s)
d'ancrage"
(10).
Figure
6
:
Principe
d'action-‐réaction
entre
deux
dents
(11)
Il
est
donc
important
de
connaitre
la
valeur
d'ancrage
de
chaque
dent
car
celle-‐ci
est
modifiée
si
le
support
osseux
s'affaiblit.
Cela
permet
d'éviter
d'avoir
un
déplacement
non
souhaité.
On
comprend
alors
l'intérêt
de
l'étude
du
support
osseux
sur
les
radiographies
rétro-‐
alvéolaires
chez
l'adulte
pour
déterminer
la
valeur
d'ancrage
des
dents
d'appui
pour
effectuer
un
déplacement.
Nous
verrons
plus
loin
dans
cette
thèse,
les
différents
moyens
d'ancrage
possibles,
qui
s'avèrent
utiles
dans
certains
cas.
Le
trinôme
décrit
par
De
Névrezé
(12),
explique
la
notion
d'ancrage
réciproque.
Il
comporte
:
-‐ Une
résistance
stabile
(RS),
qui
correspond
à
l'ancrage
(dent
d'ancrage)
;
-‐ Une
résistance
mobile
(RM),
qui
est
le
solide
(la
dent)
à
déplacer
;
7
-‐ Une
force
motrice
(FM),
qui
permet
le
déplacement.
Ainsi,
plusieurs
situations
sont
possibles
:
• Cas
où
RS
=
RM
-‐ Si
FM
<
RS
+
RM
:
il
n'y
a
pas
de
déplacement
;
-‐ Si
FM
>
RS
+
RM
:
il
y
a
un
déplacement
égal
et
symétrique.
• Cas
où
RS
>
RM
-‐ Si
FM
>
RS
>
RM
:
il
y
a
un
déplacement
de
RS
et
de
RM
mais
le
déplacement
de
RM
est
supérieur,
on
obtient
donc
le
mouvement
souhaité
de
la
dent
mais
on
a
une
perte
d'ancrage
de
la
dent
d'appui
;
-‐ Si
RS
>
FM
>
RM
:
il
y
a
un
déplacement
de
RM
seulement,
il
n'y
a
aucune
perte
d'ancrage,
c'est
la
situation
idéale
si
l'on
ne
veut
pas
de
perte
d'ancrage.
• Cas
où
RM
>
RS
-‐ Si
RM
>
RS
>
FM
:
il
n'y
a
pas
de
déplacement
car
la
résistance
des
solides
est
supérieure
à
la
force
développée
;
-‐ Si
RM
>
FM
>
RS
:
il
y
a
un
déplacement
de
RS.
Nous
comprenons
donc
qu'un
contrôle
optimal
du
système
de
force
est
essentiel
pour
éviter
une
perte
d'ancrage
indésirable.
8
2) Environnement
parodontal
:
orthodontie
chez
l'adulte
2.1.1) Définitions
9
2.1.2) Effet
"cornet
de
glace"
Chez
le
patient
présentant
un
parodonte
réduit,
la
réduction
du
support
osseux
peut
entrainer
l'effet
"cornet
de
glace"
(Melsen)
(14)
:
il
s'agit
d'une
égression
non
intentionnelle
de
la
dent
lors
de
l'application
d'une
force
orthodontique,
qui
est
d'autant
plus
importante
que
la
résorption
osseuse
est
grande.
Pour
éviter
cet
effet
parasite,
Melsen
recommande
d'ajouter
une
force
ingressive
lors
de
ces
mouvements
pour
compenser
cet
effet.
On
comprend
donc
que
les
mouvements
dentaires
sont
dépendants
du
support
osseux,
souvent
diminué
chez
le
patient
adulte
et
cela
implique
de
prendre
des
précautions
vis
à
vis
des
forces
appliquées
(direction,
force)
afin
d'anticiper
les
effets
parasites.
10
• Un
questionnaire
médical
et
une
anamnèse
bucco-‐dentaire
Il
permet
de
déceler
d'éventuelles
pathologies
et
traitements
associés
et
de
connaitre
les
habitudes
du
patient
en
matière
d'hygiène
bucco-‐dentaire.
En
effet,
les
patients
adultes
consomment
souvent
des
médicaments
pouvant
avoir
un
impact
sur
leur
traitement
orthodontique
et
parodontal
tels
que
:
-‐ les
anti-‐inflammatoires
non-‐stéroïdiens
(AINS),
qui
affectent
le
processus
d'inflammation,
nécessaire
pour
les
mouvements
orthodontiques
;
-‐ les
traitements
anti-‐ostéoporotiques,
tels
que
les
biphosphonates,
qui
peuvent
interférer
avec
le
remodelage
osseux
et
peuvent
donc
affecter
le
traitement
orthodontique
;
-‐ les
immunosupresseurs
qui
peuvent
inhiber
les
mouvements
orthodontiques
;
-‐ les
médicaments
qui
sont
responsables
d'hyperplasie
gingivale,
tels
que
la
phénytoine
(antiépileptique)
et
les
inhibiteurs
calciques
et
la
cyclosporine
(immunosuppresseur)
;
-‐ les
chimiothérapies
qui
endommagent
les
cellules
précurseurs
du
remodelage
osseux
(15)
.
Les
habitudes
en
matière
d'hygiène
bucco-‐dentaire
du
patient
sont
précisées
:
fréquence,
méthode
et
durée
du
brossage,
matériel
utilisé
et
fréquence
des
rendez-‐
vous
de
contrôle
chez
le
chirurgien-‐dentiste.
• Un
examen
clinique
complet
:
Tout
d'abord,
l'observation
et
la
palpation
du
parodonte
doivent
permettre
de
détecter
un
parodonte
"à
risque"
pour
conduire
un
traitement
d'orthodontie.
Il
s'agit
d'un
parodonte
fin
et
festonné
(16),
où
les
racines
dentaires
forment
des
convexités
et
se
voient
par
transparence
et
où
les
capillaires
sanguins
sont
marqués.
L'usage
d'une
sonde
permet
de
mettre
en
évidence
la
finesse
parodontale
par
observation
par
transparence
de
celle-‐ci.
11
Différentes
classifications
existent
pour
qualifier
ces
parodontes
fragiles
:
-‐ le
parodonte
de
type
IV
de
la
classification
de
Maynard
et
Wilson
(1980)
(17)
;
-‐ le
biotype
fin
et
festonné
de
Seibert
et
Lindhe
(1989)
(16)
;
-‐ le
type
D
de
Korbendau
et
Guyomard
(1992)
(18)
;
-‐ le
biotype
mince
et
festonné
de
Zweers
(2014)
(19).
Figure
7
:
Parodonte
"à
risque"
-‐
Type
IV
selon
Maynard
et
Wilson
(20)
Il
est
important
aussi
de
noter
l'aspect
sain
ou
inflammatoire
de
la
gencive.
Une
gencive
saine
est
de
couleur
rose
clair,
de
consistance
ferme
avec
une
texture
lisse
pour
la
gencive
libre
et
piquetée
"en
peau
d'orange"
pour
la
gencive
attachée
(21).
Une
gencive
inflammatoire
a
une
couleur
rose
foncé
à
rougeâtre,
de
consistance
molle
car
l'infiltrat
inflammatoire
provoque
un
œdème,
avec
une
texture
lisse
et
vernissée
(21).
Il
est
nécessaire
de
relever
la
présence
de
freins
aberrants
car
ils
peuvent
être
responsables
de
récessions
parodontales
par
traction
apicale
de
la
gencive
marginale.
On
notera
aussi
la
présence
éventuelle
de
diastèmes
dentaires
ou
de
triangles
noirs
pouvant
être
le
témoin
de
migrations
dentaires
secondaires
et
de
perte
de
support
parodontal.
12
Il
est
important
de
détecter
aussi
avant
le
traitement
orthodontique
les
déhiscences
et
fenestrations
car
ce
sont
des
facteurs
prédisposants
aux
récessions
parodontales.
Une
fenestration
osseuse
est
une
absence
d'os
sur
une
partie
délimitée
en
"fenêtre"
de
la
racine
alors
qu'une
déhiscence
est
une
partie
plus
importante
d'absence
d'os
s'étendant
au
collet
de
la
dent.
La
présence
de
facteurs
locaux
aggravants
(HAS
2018)
tels
que
des
restaurations
iatrogènes
et
les
caries
sont
des
éléments
à
prendre
aussi
en
compte
car
ils
sont
rétenteurs
de
plaque
dentaire.
• Un
charting
parodontal
comprenant
:
-‐ le
calcul
de
l'indice
de
plaque
(Silness
et
Loe/O'Leary
(22))
;
-‐ les
profondeurs
de
poche
au
sondage
;
-‐ l'indice
de
saignement
au
sondage
:
BOP
("Bleeding
on
Prob")
avec
le
"Gingival
bleeding
Index"
d'Ainamo
et
Bay
(23)
;
-‐ la
perte
d'attache
clinique
(CAL)
=
profondeur
de
poche
+
distance
de
la
gencive
marginale
à
la
jonction
amélo-‐cémentaire
;
-‐ les
lésions
inter-‐radiculaires,
en
précisant
leur
grade
(classification
de
Hamp
et
al.)
(24)
;
-‐ la
présence
de
récessions
gingivales
:
classification
de
Cairo
(25)
;
-‐ la
présence
ou
non
de
papilles
interdentaires,
de
triangles
noirs
("black
triangle")
(26)
;
-‐ les
mobilités
(classification
de
Muhlemann)
(27).
• Des
examens
complémentaires
o Radiographiques
Un
bilan
rétro-‐alvéolaire
long-‐cone
doit
être
réalisé
avec
angulateur
afin
d'identifier
:
-‐ la
formule
dentaire
;
-‐ la
présence
éventuelle
de
tartre
radiculaire
;
13
-‐ l'aspect
radiologique
des
restaurations
dentaires
et
des
prothèses
;
-‐ une
alvéolyse
horizontale
;
-‐ une
alvéolyse
verticale
(angulaire)
;
-‐ la
présence
de
lésions
infra-‐osseuses
(LIO)
;
-‐ l'aspect
de
la
lamina
dura
:
si
elle
apparait
floue,
cela
témoigne
d'un
processus
inflammatoire
actif.
La
téléradiographie
de
profil
permet
d'estimer
la
quantité
d'os
au
niveau
de
la
symphyse
mentonnière
et
ainsi
d'appréhender
les
mouvements
des
incisives
mandibulaires.
L'imagerie
tridimensionnelle
(cone-‐beam)
permet
d'identifier
les
positions
exactes
des
dents
mais
aussi
leur
environnement
osseux.
o Microbiologiques
Il
s'agit
des
méthodes
diagnostiques
bactériologiques,
immunologiques
et
moléculaires.
Les
tests
microbiologiques
ne
sont
pas
réalisés
de
manière
systématique
pour
le
diagnostic
des
maladies
parodontales.
Ils
sont
réservés
aux
parodontites
agressives
ou
réfractaires
au
traitement
(HAS
2002).
14
-‐
tout
d'abord,
les
attaches
orthodontiques
sont
rétentives
de
plaque
dentaire
et
augmentent
l'inflammation
parodontale
;
-‐
de
plus,
les
phénomènes
ostéoclastiques
engendrés
par
la
maladie
parodontale
préexistante
vont
être
augmentés
par
les
mouvements
orthodontiques
responsables
eux
aussi
de
phénomènes
de
résorption.
Ces
phénomènes
résorptifs
deviennent
trop
importants
par
rapport
aux
possibilités
physiologiques
de
réparation
osseuse
;
ainsi
les
phénomènes
ostéoclastiques
étant
supérieurs
aux
phénomènes
ostéoblastiques,
cela
induit
une
perte
osseuse
et
une
aggravation
des
lésions
parodontales
(28).
Parmi
les
possibles
répercussions,
on
distingue
:
• L'apparition
ou
l'aggravation
des
lésions
parodontales
L'absence
d'assainissement
parodontal
peut
entrainer
l'apparition
ou
l'aggravation
de
lésions
parodontales
comme
l'ont
montré
Ericsson
et
al.
dans
leur
étude
réalisée
en
1977
sur
des
chiens
Beagle.
Ils
ont
démontré
que
les
mouvements
orthodontiques
pouvaient
pousser
la
plaque
supra-‐gingivale
en
direction
sous-‐gingivale
et
ainsi
aggraver
ou
créer
des
lésions
parodontales
(29).
• La
récession
parodontale
L'un
des
principaux
risques
parodontaux
en
orthodontie
est
la
récession
parodontale.
En
effet,
chez
l'adulte
au
parodonte
affaibli,
en
l'absence
de
prise
de
précaution,
ce
défaut
muco-‐gingival
peut
apparaitre
pendant
ou
après
le
traitement
orthodontique.
Il
est
donc
essentiel
d'anticiper
l'arrivée
d'une
récession
par
l'étude
de
l'épaisseur
et
de
la
hauteur
de
tissu
kératinisé
autour
des
dents
ainsi
que
leur
support
osseux.
Il
s'avère
parfois
nécessaire
de
procéder
à
un
renforcement
parodontal
pré-‐
orthodontique.
15
Les
mouvements
orthodontiques
devront
aussi
être
contrôlés
dans
les
zones
à
risque
et
il
faudra
notamment
être
vigilant
lors
des
mouvements
de
version
ou
de
gression
vestibulaire
des
incisives
mandibulaires
en
cas
de
parodonte
fin
(30).
16
Le
traitement
orthodontique
permet,
au
niveau
parodontal,
les
points
suivants
:
• Un
meilleur
contrôle
de
plaque
En
effet,
l'alignement
dentaire
permet
un
brossage
dentaire
plus
aisé
et
donc
un
meilleur
contrôle
de
plaque.
• La
correction
des
migrations
secondaires
et
la
fermeture
des
triangles
noirs
Les
migrations
dentaires
pathologiques
sont
une
des
conséquences
des
maladies
parodontales.
Elles
se
traduisent
par
des
vestibuloversions
des
dents
avec
l'apparition
de
diastèmes.
La
disparition
des
papilles
inter-‐dentaires
se
traduit
par
l'apparition
de
"triangles
noirs".
L'orthodontie
permettra
de
corriger
les
vestibuloversions
incisives.
Le
stripping
permettra
de
corriger
les
triangles
noirs
par
diminution
de
l'aspect
triangulaire
des
dents.
17
2.3) Assainissement
parodontal
pré-‐orthodontique
18
-‐ Antibiotiques
oraux
pour
les
formes
complexes
sévères,
de
façon
probabiliste
(spectre
large
:
métronidazole
1,5g
en
3
prises
de
500mg
par
jour
pendant
7
jours)
(Afsaaps
2011)
ou
suite
à
analyse
microbiologique
(prescription
raisonnée
afin
de
diminuer
le
risque
de
résistances
bactériennes)
;
-‐ Antiseptiques
en
bain
de
bouche
;
-‐ Prescription
post-‐opératoire
antalgique
adaptée.
Les
objectifs
du
détartrage-‐surfaçage
radiculaire
sont
la
diminution
de
la
profondeur
de
poche
(PP
attendue
inférieure
à
4mm),
du
saignement
au
sondage
(objectif
inférieur
à
10%)
et
de
l'Indice
de
Plaque
(inférieur
à
20%)
(HAS).
2.3.2) Réévaluation
19
2.3.3) Thérapeutique
parodontale
chirurgicale
Parfois,
la
thérapeutique
parodontale
initiale,
même
bien
menée,
ne
permet
pas
un
retour
complet
à
une
santé
parodontale
;
un
traitement
chirurgical
est
donc
nécessaire.
Il
permet
de
supprimer
les
poches
parodontales
résiduelles.
Différents
types
de
chirurgies
sont
possibles
:
chirurgies
régénératrices
(guidée
ou
induite),
chirurgies
résectrices,
surfaçages
à
ciel
ouvert
(lambeau).
En
cas
de
finesse
des
tissus
parodontaux
et/ou
de
défaut
mucco-‐gingivaux
déjà
présents,
différentes
greffes
peuvent
être
réalisées
selon
le
cas
clinique
:
-‐
la
greffe
épithélio-‐conjonctive.
Cette
technique
est
la
plus
souvent
indiquée
pour
renforcer
le
parodonte
dans
le
secteur
incisif
à
la
mandibule.
En
effet,
elle
permet
d'épaissir
de
façon
conséquente
les
tissus
mais
est
plutôt
indiquée
en
secteur
non
esthétique
car
produit
un
effet
de
"rustine"
;
-‐
la
greffe
de
conjonctif
enfoui,
plutôt
indiquée
en
secteurs
esthétiques,
avec
ou
sans
déplacement
coronaire
des
tissus
;
-‐
la
greffe
de
conjonctif
enfoui
associée
à
la
technique
de
rotation
papillaire
(34),
...
etc.
La
thérapeutique
parodontale
de
soutien
a
pour
objectifs
de
maintenir
les
résultats
obtenus
après
traitement
et
d'intercepter
une
éventuelle
récidive.
La
fréquence
des
rendez-‐vous
de
maintenance
parodontale
est
programmée
selon
le
diagramme
de
Lang
et
Tonetti
(31).
Les
rendez-‐vous
de
contrôle
chez
l'omnipraticien
pour
un
patient
traité
orthodontiquement
doivent
être
plus
fréquents
par
rapport
à
la
normale
car
les
20
attaches
orthodontiques
sont
rétentrices
de
plaque
dentaire
;
l'hygiène
y
est
donc
moins
aisée
et
le
risque
de
développer
une
carie
est
augmenté.
La
rigueur
et
une
bonne
dextérité
dans
les
manœuvres
d'hygiène
bucco-‐dentaire
sont
indispensables
afin
d'éviter
une
inflammation
parodontale
liée
à
l'appareillage.
Le
brossage
classique
devra
être
complété
par
le
brossage
autour
des
attaches
orthodontiques
et
sous
l'arc
à
l'aide
de
brossettes
dentaires
ou
de
brosses
à
dents
avec
têtes
orthodontiques.
Une
observation
attentive
du
parodonte
devra
être
effectuée
régulièrement
pendant
le
traitement
orthodontique
afin
de
s'assurer
de
l'absence
d'apparition
de
lésions
muco-‐gingivales.
Les
preuves
scientifiques
ne
sont
pas
assez
nombreuses
pour
admettre
qu'il
faille
réaliser
un
épaississement
systématique
des
tissus
parodontaux
fins
avant
traitement
orthodontique
(30).
Cependant,
le
renforcement
d'un
parodonte
fragile
peut
permettre
de
diminuer
le
risque
de
causer
ou
d'aggraver
la
santé
parodontale
pendant
et
après
le
traitement
orthodontique
(35).
S'il
est
décidé
de
réaliser
un
renforcement
parodontal
après
orthodontie,
il
faudra
bien
évidemment
prendre
en
compte
et
limiter
les
mouvements
prévus
à
risque
comme
la
vestibuloversion,
la
gression
vestibulaire
et
le
torque
radiculo-‐vestibulaire
en
cas
de
parododonte
fin.
21
II. SPÉCIFICITÉS
ET
MOYENS
DE
TRAITEMENT
ORTHODONTIQUE
CHEZ
L'ADULTE
L'ancrage
est
un
des
enjeux
majeurs
en
orthodontie
chez
l'adulte.
En
effet,
les
valeurs
d'ancrage
sont
diminuées
chez
l'adulte
car
le
support
parodontal
est
souvent
affaibli.
De
plus,
l'ancrage
disponible
est
parfois
réduit
du
fait
de
la
diminution
du
nombre
de
dents.
Les
ancrages
dentaires
classiquement
utilisés
en
orthodontie
s'avèrent
parfois
insuffisants
lors
du
traitement
orthodontique
de
l'adulte.
L'utilisation
de
dispositifs
intra-‐oraux
(à
appui
muqueux
ou
mixte)
et
extra-‐oraux
(à
appui
crânien
ou
cervical)
sont
des
moyens
d'ancrages
qui
permettent
de
ne
pas
solliciter
les
dents
mais
sont
difficilement
acceptables
par
le
patient
adulte
;
nous
ne
traiterons
donc
pas
de
ces
dispositifs.
D'autres
dispositifs
d'ancrage
ont
vu
le
jour
;
il
s'agit
d'ancrages
"absolus",
les
ancrages
squelettiques.
La
valeur
d'ancrage
d'une
dent
dépend
de
son
volume,
de
son
nombre
de
racines,
de
sa
longueur,
de
son
environnement
parodontal
et
de
sa
position
au
sein
de
l'os.
22
o Freeman
(36)
utilise
la
surface
radiculaire
de
chaque
dent
pour
quantifier
l'ancrage
:
plus
la
surface
radiculaire
est
grande,
plus
la
valeur
d'ancrage
de
la
dent
est
importante
o Jarabak
(37)
a
attribué
des
coefficients
d'ancrage
pour
chaque
dent
en
tenant
compte
de
la
longueur
radiculaire
ancrée
dans
l'os.
o Nabbout
et
al.
(38)
ont
défini,
à
partir
de
données
de
scanner
3D,
de
nouveaux
coefficients
d'ancrage.
Figure
8
:
Coefficients
d'ancrage
selon
Freeman,
Jarabak
et
Nabbout
(1)
Prendre
ancrage
sur
une
dent
entraine
des
effets
parasites
sur
cette
même
dent,
qui
répondent
à
la
loi
d'action-‐réaction
que
nous
avons
décrite
précédemment.
On
a
donc
cherché
à
trouver
des
auxiliaires
d'ancrage
n'ayant
pas
à
s'appuyer
sur
d'autres
dents,
c'est
la
naissance
de
l'ancrage
squelettique.
23
1.3) Ancrages
squelettiques
1.3.1) Définitions
C'est
en
1983,
que
Creekmore
et
Eklund
(39)
furent
les
premiers
à
envisager
un
autre
type
d'ancrage
:
l'ancrage
squelettique.
Les
ancrages
squelettiques
peuvent
être
utilisés
en
ancrage
direct
ou
indirect.
En
ancrage
direct,
les
forces
orthodontiques
sont
directement
exercées
sur
l'élément
d'ancrage
squelettique.
En
ancrage
indirect,
l'auxiliaire
squelettique
permet
de
renforcer
l'ancrage
dentaire
soumis
aux
forces
orthodontiques.
Cela
permet
de
réduire
les
effets
parasites
sur
cette
dent
ou
ce
groupe
de
dents.
Figure
9
:
Ancrage
par
mini-‐vis
direct
(à
gauche)
et
indirect
(à
droite)
(11)
24
prothétiques
des
implants
utilisés
seulement
pour
le
traitement
orthodontique
et
déposés
après
(mini-‐vis,
mini-‐implants,
implants
rétro-‐molaires,
...).
Les
implants
doivent
dans
tous
les
cas
être
placés
dans
un
environnement
propice
à
leur
bonne
ostéo-‐intégration
(hauteur,
largueur
et
densité
d'os
suffisante,
espace
prothétique
disponible,
...).
S'ils
sont
mis
dans
une
optique
prothétique,
la
mise
en
place
des
implants
doit
prendre
en
compte
la
configuration
des
futures
dents
après
correction
orthodontique.
Cette
préfiguration
du
résultat
peut
être
obtenue
par
la
réalisation
d'une
maquette
prospective
:
le
"set-‐up"
(Kesling,
1956).
Les
principaux
inconvénients
de
ce
type
d'ancrage
sont
:
-‐ la
durée
du
traitement
car
la
connexion
à
une
unité
d'ancrage
ne
doit
se
faire
que
lorsque
l'implant
est
ostéo-‐intégré
donc
une
période
de
latence
est
nécessaire
entre
la
pose
de
l'implant
et
le
début
de
la
thérapeutique
orthodontique
;
-‐ l'augmentation
du
coût
du
traitement.
Si
le
traitement
est
seulement
orthodontique,
les
implants
conventionnels
ne
sont
pas
indiqués.
Il
est
préférable
d'utiliser
des
implants
de
petite
taille,
limités
à
la
durée
du
traitement
orthodontique
:
il
s'agit
des
mini-‐vis
d'ancrage.
25
Leur
ancrage
est
mécanique
et
non
dû
à
une
ostéointégration
(10).
Les
mini-‐vis
sont
le
plus
souvent
en
alliage
titane.
Elles
sont
composées
d'une
tête,
d'un
col
transgingival,
d'un
corps,
ont
un
filetage
permettant
la
stabilité
primaire
et
une
pointe
auto-‐foreuse.
Protocole
de
mise
en
place
(SFODF)
:
La
mise
en
place
de
mini-‐vis
nécessite,
au
préalable,
des
examens
cliniques
et
radiographiques
rigoureux
pour
déterminer
le
site
d'implantation
en
respectant
des
distances
de
sécurité
par
rapport
aux
zones
à
risque.
Une
décontamination
du
site
puis
une
anesthésie
locale
sont
réalisées.
Le
site
d'implantation
est
repéré
à
l'aide
d'une
sonde
parodontale.
Un
guide
chirurgical
peut
avoir
été
préparé
en
amont
afin
d'aider
au
bon
positionnement
de
la
mini-‐vis.
Dans
le
cas
de
vis
autoforante,
la
préparation
du
site
d'insertion
n'est
pas
nécessaire
mais
peut
être
réalisée
à
l'aide
d'une
fraise
boule
sous
irrigation.
L'insertion
de
la
mini-‐vis
s'effectue
soit
avec
un
tournevis
manuel
ou
à
l'aide
d'un
contre-‐angle
adapté.
La
mise
en
charge
immédiate
de
la
mini-‐vis
est
possible
;
on
peut
donc
la
connecter
directement
avec
l'appareil
orthodontique.
Limites
de
l'utilisation
des
mini-‐vis
:
Les
mini-‐vis
voient
tout
de
même
leurs
indications
limitées
dans
certaines
situations
:
-‐ dans
certains
cas
où
des
forces
importantes
sont
nécessaires
(distalisation
en
masse
d'une
arcade,
ingression
molaire
chez
sujet
hyperdivergent,
...),
les
mini-‐vis
ne
suffisent
pas
à
supporter
les
forces
nécessaires
aux
mouvements
dentaires
(40)
;
-‐ dans
le
cas
de
mésialisation
ou
distalisation
nécessaires,
la
position
des
mini-‐
vis
entre
les
racines
dentaires
entraine
le
risque
d'interférences
radiculaires.
26
D'autres
dispositifs
permettent
ainsi
de
pallier
ces
limites
;
il
s'agit
des
mini-‐plaques
d'ancrage.
27
Figure
10
:
Distalisation
molaire
unitaire
(A)
et
distalisation
en
masse
(B)
du
bloc
prémolo-‐molaire,
d'après
Sugawara
(41)
Figure
11
:
Système
Bollard
:
Mini-‐plaque
(M)
avec
barre
de
connexion
(N)
et
unité
de
fixation
(F)
(43)
28
La
barre
de
connexion
émerge
au
niveau
de
la
ligne
muco-‐gingivale
;
cela
permet
une
bonne
gestion
des
tissus
mous.
De
plus,
la
barre
de
connexion,
étant
de
section
ronde
et
lisse,
permet
une
bonne
adaptation
de
la
muqueuse
à
l'endroit
où
elle
la
traverse
et
permet
donc
le
maintien
d'une
bonne
hygiène
bucco-‐dentaire
en
facilitant
l'accès
au
brossage.
Nous
comprenons
donc
que
les
ancrages
squelettiques
chez
l'adulte
ont
un
intérêt
particulier
pour
pallier
le
manque
d'ancrage
dentaire
sur
des
dents
au
parodonte
souvent
affaibli.
A
ces
modifications
mécaniques
s'ajoutent
aussi
des
modifications
biologiques
qui
entrainent
une
réponse
orthodontique
plus
lente.
2) L'orthodontie accélérée
La
durée
du
traitement
est
l'une
des
plus
grandes
préoccupations
chez
le
patient
adulte,
d'autant
plus
que
les
mouvements
orthodontiques
sont,
en
moyenne,
plus
difficiles
à
réaliser
chez
le
patient
adulte
car
le
turn-‐over
cellulaire
est
diminué.
Depuis
quelques
années,
des
nouvelles
thérapeutiques
chirurgicales
et
non
chirurgicales
associées
aux
traitements
orthodontiques
ont
vu
le
jour
pour
accélérer
ces
traitements
:
elles
sont
basées
sur
une
stimulation
ostéogénique
du
parodonte.
29
Une
revue
systématique
et
méta-‐analyse
publiée
en
2019
par
Kamal
AT
et
al.
(44)
a
montré
que
la
durée
des
traitements
orthodontiques
a
été
réduite
chez
les
patients
ayant
bénéficié
d'une
PAOO
(Periodontally
accelerated
osteogenic
orthodontics).
Le
schéma
suivant
résume
les
mécanismes
moléculaires
régulant
le
turn-‐over
cellulaire
(osseux
et
parodontal)
et
l'influence
des
thérapies
d'accélération
du
mouvement
dentaire
:
Figure
12
:
Mécanismes
régulant
le
turn-‐over
osseux
et
parodontal
(45)
30
Les
ostéoblastes
produisent
aussi
l'OPG,
qui
est
un
récepteur
leurre
de
RANKL,
qui
empêche
l'interaction
du
récepteur
RANK
avec
son
ligand,
inhibant
ainsi
l'ostéoclastogénèse.
Le
M-‐CSF
est
aussi
exprimé
par
les
cellules
ostéoblastiques.
Il
induit
la
différenciation
ostéoclastique.
On
comprend
donc
que
l'ostéoclastogénèse
est
régulée
par
des
communications
entre
ostéoblastes
et
ostéoclastes
(46).
Les
thérapies
d'accélération
du
mouvement
orthodontique
agissent
au
niveau
de
la
stimulation
des
cytokines
M-‐CSF
et
au
niveau
de
l'augmentation
du
rapport
RANKL/OPG
(47)
:
-‐ les
vibrations
augmenteraient
la
libération
de
RANK-‐L
(48),
permettant
le
recrutement
des
ostéoclastes
;
-‐ la
thérapie
laser
permettrait
le
recrutement
des
cellules
souches
mésenchymateuses
(MSC),
précurseurs
des
ostéoblastes
(49)
;
-‐ les
techniques
chirurgicales
(corticotomies,
piézocision)
déclenchent
un
phénomène
inflammatoire
local
favorisant
la
sécrétion
de
cytokines
pro-‐
inflammatoires.
31
Elle
permettrait
de
stimuler
le
remodelage
osseux
par
accroissement
de
l'activité
cellulaire
en
augmentant
l'expression
du
ligand
RANKL,
protéine
essentielle
de
la
cascade
ostéoclastique
(50)
:
cela
permettrait
donc
d'obtenir
des
déplacements
orthodontiques
plus
rapides
(51).
Parmi
les
lasers
utilisables
en
médecine
bucco-‐dentaire,
le
laser
à
diode
semi-‐
conducteur
d'arséniure
d'aluminium
et
de
gallium
augmenterait
de
30
%
le
mouvement
dentaire
(51).
Le
laser
à
basse
énergie
est
aussi
utilisé
pour
traiter
la
douleur
due
aux
mouvements
orthodontiques.
Le
dispositif
médical
OrthoPulse®
(Biolux
Research)
est
un
des
plus
connu
et
décrit
dans
les
études
in-‐vivo.
Il
s'agit
d'un
dispositif
en
silicone
que
le
patient
doit
porter
10
minutes
par
jour.
Des
applications
pour
mobiles
sont
disponibles
pour
suivre
la
compliance
du
patient.
Figure
13
:
Dispositif
OrthoPulse®
(52)
32
2.2.2) Vibrations
mécaniques
Figure
14
:
Biologie
du
remodelage
osseux
-‐
Système
RANKL-‐RANK
et
OPG
(53)
Le
plus
connu
est
le
dispositif
médical
AcceleDent®
(OrthoAccel).
Il
s'agit
d'une
fourchette
occlusale
reliée
à
un
appareil
électronique
qui
envoie
des
vibrations.
Son
port
doit
être
de
20
minutes
par
jour.
Il
est
compatible
avec
des
traitements
par
appareils
multi-‐attaches
ou
aligneurs.
Il
dispose
aussi
d'une
application
pour
suivre
la
compliance
du
patient.
33
Figure
15
:
Dispositif
Acceledent®
(Société
OrthoAccel))
La
revue
systématique
et
méta-‐analyse
de
Keerthana
et
al.,
publiée
en
2020
a
montré
que
les
dispositifs
vibratoires
utilisés
conjointement
aux
appareils
orthodontiques
augmentaient
de
manière
significative
les
mouvements
dentaires
et
réduisaient
ainsi
la
durée
du
traitement
(54).
Les
corticotomies
alvéolaires
sont
une
technique
chirurgicale
permettant
de
diminuer
la
durée
des
traitements
orthodontiques.
Elles
consistent
à
réaliser
une
ostéotomie
alvéolaire
péri-‐dentaire.
Cela
modifie
le
métabolisme
osseux
en
créant
une
ostéopénie
locale
facilitant
ainsi
les
mouvements
dentaires
(55).
34
Historique
des
corticotomies
alvéolaires
:
concept
mécanique
versus
concept
biologique
La
technique
chirurgicale
de
corticotomies
alvéolaires
a
été
décrite
pour
la
première
fois
par
Köle
en
1959
(56).
Sa
technique
consistait
à
réaliser
des
incisions
verticales
inter-‐proximales
traversant
la
totalité
de
l'os
cortical
et
une
incision
horizontale
traversant
l'os
cortical
et
l'os
spongieux
au
niveau
apical,
reliant
les
traits
d'incisions
verticaux
(44).
Ainsi,
cela
créait
des
"blocs
osseux"
facilement
déplaçables
car
connectés
par
de
l'os
spongieux.
D'autres
auteurs
comme
Generson
et
al.
(1978)
(57)
ont
plus
tard
décrit
des
techniques
moins
invasives
sans
fracture
osseuse
sous-‐apicale
avec
des
incisions
limitées
à
l'os
cortical.
En
2001,
les
frères
Wilcko
(58)
s'opposent
à
la
théorie
des
déplacements
de
blocs
osseux
et
suggèrent
que
l'accélération
du
déplacement
dentaire
est
dû
au
"Regional
Accelerated
Phenomenon"
(RAP)
qui
correspond
à
un
phénomène
cicatriciel
complexe
avec
une
augmentation
du
turn-‐over
osseux.
Sebaoun
et
al.
dans
leur
étude
sur
le
rat
réalisée
en
2008
(59)
réfutent
aussi
le
mécanisme
de
déplacement
de
blocs
osseux
et
suggèrent
que
les
déplacements
osseux
accélérés
liés
aux
corticotomies
étaient
surtout
dus
à
une
déminéralisation
transitoire
de
l'os
spongieux.
La
piézocision
est
une
technique
moins
invasive
que
les
corticotomies
alvéolaires
car
elle
ne
nécessite
pas
de
lambeau
muco-‐périosté,
ni
d'incisions
en
palatin
et
lingual
nécessaires
pour
les
corticotomies
conventionnelles.
Elle
implique
la
réalisation
de
micro-‐incisions,
d'incisions
corticales
piézoélectriques
et
d'une
tunnélisation
permettant
d'y
adjoindre
des
greffes
osseuses
et
gingivales.
Elle
entraine
peu
de
suites
opératoires
(60).
35
La
chirurgie
consiste
à
réaliser
des
incisions
muco-‐périostées
vestibulaires
à
la
lame
de
bistouri
n°15.
Puis,
un
piézotome
est
utilisé
pour
effectuer
des
traits
de
corticotomie
au
travers
de
ces
incisions,
sans
lever
de
lambeau.
Il
n'y
a
pas
de
sutures
nécessaires
sauf
dans
les
endroits
où
un
substitut
osseux
a
été
placé.
Figure
16
:
Chirurgie
de
piézocision
(61)
Dans
les
cas
d'encombrement
du
secteur
incisivo-‐canin
mandibulaire
accompagné
de
déhiscences
ou
fenestrations,
il
est
possible
de
réaliser
un
tunnel
pour
y
déposer
une
greffe
osseuse
(61).
Les
déplacements
orthodontiques
majeurs
sont
obtenus
dans
les
quatre
mois
suivant
l’opération
;
cela
montre
que
le
Phénomène
d’Accélération
Régional
(ou
"RAP"
pour
"Regional
Acceleratory
Phenomenon")
est
transitoire
(60).
Les
micro-‐ostéoperforations
(MOP)
sont
une
autre
technique
d'accélération
du
mouvement
des
dents,
utilisant
des
inserts
spécifiques
pour
réaliser
des
perforations
minimes
de
l'os
cortical,
sans
avoir
la
nécessité
de
soulever
un
lambeau.
La
revue
scientifique
et
méta-‐analyse
de
Sivarajan
S.
et
al.
(2020)
(62)
a
montré
qu'une
seule
application
de
MOP
n'accélérait
pas
la
vitesse
de
déplacement
orthodontique
des
dents,
même
si
les
preuves
de
ces
résultats
sont
faibles.
36
3) Récidives
et
contention
38
Une
bonne
santé
parodontale
est
donc
essentielle
pour
la
stabilité
du
traitement
orthodontique.
39
d'instabilité
des
résultats
du
traitement
orthodontique.
Cela
implique
de
réaliser
un
type
de
contention
durable
et
fixe
afin
d'éviter
les
réinterventions.
Selon
Philippe
(69),
pour
être
efficace,
la
contention
doit
être
immédiate
et
prolongée.
• Sur-‐correction
La
sur-‐correction
n'est
pas
un
moyen
à
proprement
parler
de
correction
des
récidives,
mais
permet
de
les
anticiper.
Elle
consiste
à
exagérer
la
correction
de
la
malocclusion
afin
d'obtenir
au
final
la
quantité
de
correction
souhaitée.
Elle
peut
se
faire
pendant
le
traitement,
en
sur-‐corrigeant
la
position
des
dents
pendant
quelques
semaines
à
l'aide
de
l'appareil
orthodontique,
afin
de
distendre
les
fibres
desmodontales,
puis
en
remettant
les
dents
dans
la
position
finale
souhaitée
(Reitan)
(70).
Elle
peut
aussi
être
réalisée
à
la
fin
du
traitement,
en
sur-‐corrigeant
la
position
finale
des
dents.
Cependant,
il
est
difficile
d'anticiper
la
quantité
de
récidive
et
il
est
donc
possible
d'avoir
une
surcorrection
résiduelle
empêchant
d'obtenir
de
bons
rapports
occlusaux.
• Gingivectomie
Dans
le
cas
d'une
extraction
(réalisée
pour
raison
orthodontique
ou
dans
le
cas
d'un
traitement
pluridisciplinaire)
suivie
d'une
fermeture
d'espace,
il
existe
un
risque
de
formation
de
fissure
gingivale,
qui
a
tendance
à
entrainer
la
réouverture
de
l'espace
que
l'on
souhaite
fermer,
en
créant
des
forces
de
tension.
La
gingivectomie
permet
d'éliminer
ce
surplus
de
gencive
afin
d'éviter
ce
type
de
récidive.
40
• Fibrotomie
circonférentiellle
supracrestale
(FCS)
La
fibrotomie
circonférentielle
supracrestale
(FCS)
a
été
recommandée
par
Edwards
(1988)
(71)
pour
prévenir
les
récidives
et
notamment
les
corrections
de
rotations.
Il
s'agit
de
réaliser,
sous
anesthésie
locale,
une
incision
sulculaire
afin
de
sectionner
les
fibres
supracrestales
car
ces
dernières
ont
un
remaniement
lent
(plusieurs
semaines)
et
tendent
à
remettre
les
dents
dans
leur
position
initiale.
Sa
réalisation
nécessite
un
état
parodontal
sain
ainsi
qu'un
support
osseux
satisfaisant.
• Coronoplasties
Les
coronoplasties
peuvent
être
faites
par
addition
ou
soustraction.
o Par
soustraction
:
-‐ meulage
des
crêtes
marginales
des
incisives
maxillaires
qui,
lorsqu'elles
remontent
jusqu'au
bord
incisif
empêchent
de
bons
rapports
inter-‐incisifs
et
peuvent
être
à
l'origine
de
malposition
des
incisives
mandibulaires
(7)
;
-‐ selon
Peck
et
Peck
(72),
le
stripping
inter-‐proximal
au
niveau
des
incisives
mandibulaires
permet
d'obtenir
des
surfaces
plates
ainsi
que
de
réduire
le
rapport
diamètre
coronaire
vestibulo-‐lingual/diamètre
coronaire
mésio-‐distal
des
incisives
mandibulaires,
garant
de
stabilité.
o Par
addition
:
-‐ ajout
de
composite
au
niveau
du
cingulum
des
incisives
maxillaires
pour
créer
une
butée
recevant
le
bord
libre
des
incisives
mandibulaires
permettant
de
générer
une
force
s'opposant
à
l'égression
chez
le
patient
adulte.
41
3.3) Différents
types
de
contention
42
multi-‐brins,
chainette
Ortho
Flextech®,
attelle
directe
en
composite
renforcée
de
fibres...).
En
revanche,
en
cas
de
support
parodontal
affaibli,
avec
peu
d'os
alvéolaire,
un
rapport
couronne/racine
défavorable
et
des
mobilités
dentaires
pathologiques,
il
faudra
englober
un
nombre
de
dents
plus
important
dans
la
contention
car
les
contraintes
occlusales
sur
un
parodonte
réduit
peuvent
nuire
à
la
pérennité
du
dispositif
de
contention.
On
se
tournera
dans
ce
cas
plutôt
vers
des
contentions
permanentes
réalisées
de
manière
indirecte
(attelle
indirecte
en
composite
renforcé
par
des
fibres,
attelles
métalliques
coulées
collées,
coiffes
solidarisées
ou
bridge).
• L'état
dentaire
(restaurations
importantes,
coiffes),
le
nombre
de
dents
absentes
et
la
position
des
dents
présentes
sur
l'arcade
En
présence
de
restaurations
volumineuses
et/ou
de
grande
étendue
et/ou
d'édentement,
les
contentions
collées
classiques
(fil
mono
ou
multi-‐brins,
attelle
directe
en
composite
renforcée
de
fibres)
sont
compliquées
à
envisager
du
fait
de
la
diversité
des
substrats
pour
le
collage
(dent,
métal,
céramique,
composite,
amalgame,
...)
et
de
l'absence
de
certaines
dents.
De
ce
fait,
le
projet
prothétique
réalisé
a
aussi
le
rôle
de
contention
post-‐
orthodontique
:
la
prothèse
permet
à
la
fois
de
restaurer/remplacer
les
dents
mais
aussi
de
les
immobiliser
afin
d'éviter
la
récidive.
Il
faudra
prendre
en
compte
le
nombre
de
dents
absentes
et
leur
répartition
sur
l'arcade
pour
déterminer
le
nombre
de
dents
à
inclure
dans
la
contention
afin
de
répondre
aux
différents
principes
mécaniques
de
la
contention
:
-‐ Principe
du
polygone
de
contention
(Fourel
et
Falabrègues,
1980)
:
si
un
dispositif
de
contention
réunit
deux
dents
mobiles,
l'ensemble
sera
mobile
alors
que
s'il
intègre
une
troisième
dent
mobile,
l'ensemble
devient
rigide.
-‐ Principe
de
Roy
(1923)
:
chaque
arcade
possède
3
plans
(frontal,
intermédiaire
et
sagittal).
La
contention
sera
d'autant
plus
efficace
qu'elle
inclura
un
nombre
de
plans
différents
afin
de
neutraliser
des
axes
de
rotation.
43
-‐ Principe
de
localisation
verticale
du
système
de
contention
(Trévoux,
1979)
:
le
dispositif
de
contention
doit
être
le
plus
près
possible
du
bord
occlusal
pour
s'éloigner
du
centre
de
rotation
et
éviter
les
mouvements
de
bras
de
levier.
-‐ Principe
de
la
dent
terminale
(Hirsh
et
Barell,
1970)
:
la
dent
terminale
est
la
dent
la
plus
exposée
aux
forces
exogènes,
il
faut
donc
s'assurer
de
sa
stabilité
suffisante.
• Dextérité
et
compliance
du
patient
Les
contentions
fixes
nécessitent
une
bonne
dextérité
du
patient
afin
de
maintenir
un
bon
contrôle
de
plaque
(brossage
soigneux,
passage
de
brossettes
interdentaires)
car
la
plaque
et
le
tartre
s'y
accumulent
facilement.
Cependant,
du
fait
de
la
fixité
du
dispositif,
il
n'y
a
pas
de
risque
d'oubli
de
port.
Les
contentions
amovibles
entravent
moins
les
manœuvres
d'hygiène
du
fait
de
leur
retrait
lors
du
brossage.
Cependant,
elles
nécessitent
la
rigueur
du
patient
quant
au
port
du
fait
de
leur
amovibilité.
Avantages
:
-‐ mobilité
physiologique
des
dents
permise
par
ses
propriétés
élastiques
(73)
;
-‐ peu
encombrant
;
-‐ préservation
tissulaire
(pas
de
préparation).
Inconvénients
:
-‐ hygiène
moins
aisée
car
accumulation
de
tartre
;
-‐ impossibilité
du
passage
complet
du
fil
dentaire.
o Chainette
Ortho
Flextech
®
Il
s'agit
d’une
chainette
composée
de
maillons,
en
acier
inoxydable.
Elle
n'a
pas
besoin
d'être
façonnée
avec
une
pince
car
elle
se
place
directement
à
plat
au
contact
des
faces
linguales.
Elle
est
collée
de
manière
directe
avec
des
plots
de
résine
composite.
Figure
19
:
Fibres
de
Kevlar
uni-‐directionnelles
(à
gauche)
et
de
polyéthylène
tressé
(à
droite)
(65)
Avantages
:
-‐ renfort
de
la
contention
par
les
fibres
et
répartition
des
contraintes
-‐ facilité
de
réparation
;
-‐ esthétique
;
-‐ préservation
tissulaire
(pas
de
préparation).
46
Inconvénients
:
-‐ difficulté
de
mise
en
œuvre
(techniques
adhésives)
;
-‐ encombrement
;
-‐ fragilité
;
-‐ longévité
relative
-‐ empêche
la
mobilité
dentaire
physiologique
car
trop
rigide.
• Réalisés
en
méthode
indirecte
o Memotain®
(75)
Il
s'agit
d'un
système
de
contention
usiné
en
Nickel-‐Titane
qui
utilise
le
principe
de
la
Conception
et
Fabrication
Assistée
par
Ordinateur
(CFAO).
Ce
type
de
contention
a
été
mis
au
point
par
le
Dr.
Schumacher
(2012).
Elle
nécessite
une
prise
d'empreinte.
Sa
conception
par
ordinateur
permet
une
réalisation
précise
de
l'architecture
du
fil.
Avantages
:
-‐ fil
plus
fin
et
plus
précis
;
47
-‐ positionnement
aisé
par
ordinateur
assure
l'absence
d'interférences
occlusales;
-‐ ajustement
facilité
en
cas
de
cingulums
et
de
crêtes
marginales
marqués
;
-‐ maintien
de
la
mobilité
physiologique
des
dents
;
-‐ non
rétentif
de
plaque
Inconvénients
-‐ délai
de
fabrication
;
-‐ coût
;
-‐ design
très
décolleté,
fragilité
du
fil
?
(76)
o Attelles
indirectes
en
composite
renforcé
par
des
fibres
Il
s'agit
d'une
attelle
composée
de
fibres
noyées
dans
une
matrice
de
composite,
réalisée
au
laboratoire
de
manière
indirecte.
Elles
nécessitent
des
étapes
cliniques
(préparations
amélaires,
empreinte,
temporisation,
pose
et
finition)
et
de
laboratoire
(confection
de
l'attelle).
Figure
21
:
Attelle
indirecte
en
composite
fibré
(65)
48
Avantages
:
-‐ précision
d'adaptation
;
-‐ contrôle
de
la
polymérisation
au
laboratoire
;
-‐ résistance
mécanique
;
-‐ esthétique.
Inconvénients
:
-‐ préparations
dentaires
;
-‐ manque
de
résistance
mécanique
;
-‐ étapes
de
laboratoire
nécessaire
;
-‐ coût
financier
;
-‐ empêche
la
mobilité
dentaire
physiologique
car
trop
rigide.
o Attelles
coulées,
collées
ou
scellées
Il
s'agit
d'attelles
métalliques
réalisées
de
manière
indirecte.
Elles
nécessitent
des
étapes
cliniques
et
de
laboratoire.
Elles
sont
réalisées
en
alliage
précieux
ou
non-‐
précieux
(cobalt-‐chrome).
Elles
impliquent
de
finir
le
traitement
orthodontique
avec
un
léger
surplomb
pour
laisser
l'épaisseur
nécessaire
suffisante
à
leur
réalisation.
Elles
peuvent
inclure
un
élément
prothétique
dans
le
cas
d'un
édentement.
Ce
type
de
contention
n'est
plus
d'actualité
et
a
été
remplacé
par
des
contentions
plus
esthétiques
et
plus
économes
en
tissu
dentaire
(attelles
en
composite
fibrés).
Figure
22
:
Attelle
métallique
coulée
collée
(77)
49
Avantages
:
-‐ chez
l'adulte
au
terrain
parodontal
affaibli,
elles
représentent
une
contention
de
très
longue
durée
;
-‐ permettent
de
réhabiliter
avec
le
même
dispositif
des
édentements.
Inconvénients
:
-‐ réalisation
délicate
;
-‐ métal
visible
par
transparence.
o Prothèses
fixées
(bridges,
coiffes
solidarisées)
Ces
dispositifs
de
contention
sont
réalisés
chez
l'adulte
présentant
des
restaurations
prothétiques
plus
ou
moins
anciennes,
de
volumineuses
obturations
ou
des
dents
absentes.
Avantages
:
-‐ réhabilitation
prothétique
dans
un
même
temps
;
-‐ longévité.
Inconvénients
:
-‐ difficulté
de
réintervention
;
-‐ coût
financier
car
inclut
les
restaurations
prothétiques.
Avantages
:
-‐ peu
encombrante
;
-‐ transparente
;
-‐ contention
dans
les
trois
sens
de
l'espace
;
-‐ hygiène
aisée
;
-‐ s'oppose
aux
mouvements
de
rotation
et
aux
égressions
dentaires.
Inconvénients
:
-‐ interfère
avec
l'occlusion
;
-‐ amovibilité
-‐ usure
(nécessite
réfection).
o Plaque
de
Hawley
Il
s'agit
d'une
plaque
en
résine
qui
s'étend
sur
les
faces
linguales/palatines
des
dents
sans
rentrer
en
contact
avec
les
faces
occlusales.
La
rétention
est
assurée
par
des
crochets
de
Adams
sur
les
molaires
et
par
un
bandeau
vestibulaire,
qui
peut
être
rendu
actif
par
l'activation
des
boucles
de
compensation
qu'il
comporte.
Il
est
possible
d'y
ajouter
des
dents
prothétiques
en
cas
d'édentement
pour
une
phase
de
temporisation.
Le
port
de
la
plaque
de
Hawley
est
nocturne
pendant
environ
6
mois.
51
Figure
24
:
Plaque
de
Hawley
sur
modèle
en
plâtre
(79)
Avantages
:
-‐ maintien
de
la
dimension
transversale
;
-‐ permet
à
l'occlusion
de
s'assoir
car
absence
de
résine
sur
les
faces
occlusales
;
-‐ possibilité
d'y
adjoindre
une
dent
prothétique
en
temporisation.
Inconvénients
:
-‐ amovibilité
;
-‐ bandeau
vestibulaire
pas
toujours
acceptable
par
le
patient
adulte
;
-‐ absence
de
contrôle
des
rotations
antérieures.
o Tooth-‐positionneur
Il
s'agit
d'un
dispositif
monobloc
constitué
de
deux
gouttières
maxillaire
et
mandibulaire
solidarisées
entre-‐elles,
réalisées
en
caoutchouc.
Ils
peuvent
être
préfabriqués
ou
individualisés.
Dans
ce
dernier
cas,
il
est
réalisé
à
partir
d'une
maquette
prévisionnelle
("set-‐up")
construite
sur
un
montage
des
dents
du
patient
alignées
et
en
parfaite
intercuspidation.
Dans
un
premier
temps,
il
permet
de
réaliser
des
finitions
puis
dans
un
second,
il
sert
de
dispositif
de
contention.
52
Avantages
:
-‐ ajustement
de
l'occlusion
permettant
de
réaliser
des
finitions
;
-‐ s'oppose
aux
rotations
et
à
l'égression
incisive.
Inconvénients
:
-‐ contre-‐indiqué
si
présence
de
trouble
des
articulations
temporo-‐mandibulaires
(ATM)
ou
en
cas
de
ventilation
orale
;
-‐ réalisation
non
immédiate
donc
nécessité
au
préalable
de
réaliser
une
gouttière
thermoformée
ou
un
tooth-‐positionneur
préfabriqué.
53
CONCLUSION
L'orthodontie
de
l'adulte
s'est
démocratisée
ces
dernières
années
du
fait
d'une
demande
croissante,
favorisée
par
l'essor
des
techniques
dites
"esthétiques"
(orthodontie
linguale,
aligneurs).
Aujourd'hui,
les
adultes
représentent
15
à
20%
de
la
patientèle
des
orthodontistes
(estimation
de
la
Fédération
Française
d'Orthodontie),
qu'il
s'agisse
de
premier
traitement
orthodontique
ou
de
reprise
de
traitement.
Un
arsenal
thérapeutique
de
plus
en
plus
pointu
se
développe
pour
pallier
aux
spécificités
biomécaniques
et
parodontales
inhérentes
au
patient
adulte.
Ainsi,
cela
permet
de
répondre
au
mieux
à
nos
principaux
objectifs
de
traitement
:
corriger
la
malocclusion,
en
limitant
au
maximum
les
effets
parasites,
sur
des
dents
au
support
parodontal
souvent
affaibli,
pendant
la
plus
courte
durée
possible
et
maintenir
ces
résultats
sur
le
long
terme.
L'essor
des
ancrages
squelettiques,
de
l'intercomplémentarité
entre
la
parodontologie
et
l'orthodontie
ainsi
que
le
développement
des
techniques
esthétiques
ont
permis
de
traiter
un
plus
grand
nombre
de
patients.
D'autres
spécificités
du
traitement
orthodontique
de
l'adulte
sont
bien
sûr
à
prendre
aussi
en
considération
comme
l'aspect
psychologique
et
l'interdisciplinarité
(chirurgie,
prothèse,
occlusodontie,
...)
du
traitement.
Cependant,
un
frein
majeur
reste
encore
présent
:
le
financement
des
traitements
orthodontiques
pour
l'adulte.
En
effet,
après
16
ans,
les
traitements
ne
sont
plus
pris
en
charge
par
la
sécurité
sociale.
54
TABLE
DES
FIGURES
Figure
1
:
Biologie
du
déplacement
dentaire
(4)
.....................................................................................................
3
Figure
2
:
Déplacement
du
centre
de
résistance
(CR)
en
direction
apicale
en
cas
de
résorption
osseuse
(8)
..........
4
Figure
3
:
Formule
mathématique
du
moment
d'une
force
.....................................................................................
5
Figure
4
:
Augmentation
de
la
valeur
du
moment
en
cas
d'augmentation
de
la
distance
d
entre
la
ligne
d'action
de
la
force
et
le
CR
(8)
.............................................................................................................................................
5
Figure
5
:
Principe
des
actions
réciproques
(Source
:
Google
Images)
.....................................................................
6
Figure
6
:
Principe
d'action-‐réaction
entre
deux
dents
(11)
.....................................................................................
7
Figure
7
:
Parodonte
"à
risque"
-‐
Type
IV
selon
Maynard
et
Wilson
(20)
..............................................................
12
Figure
8
:
Coefficients
d'ancrage
selon
Freeman,
Jarabak
et
Nabbout
(1)
............................................................
23
Figure
9
:
Ancrage
par
mini-‐vis
direct
(à
gauche)
et
indirect
(à
droite)
(11)
..........................................................
24
Figure
10
:
Distalisation
molaire
unitaire
(A)
et
distalisation
en
masse
(B)
du
bloc
prémolo-‐molaire,
d'après
Sugawara
(41)
.......................................................................................................................................................
28
Figure
11
:
Système
Bollard
:
Mini-‐plaque
(M)
avec
barre
de
connexion
(N)
et
unité
de
fixation
(F)
(43)
.............
28
Figure
12
:
Mécanismes
régulant
le
turn-‐over
osseux
et
parodontal
(45)
.............................................................
30
Figure
13
:
Dispositif
OrthoPulse®
(52)
..................................................................................................................
32
Figure
14
:
Biologie
du
remodelage
osseux
-‐
Système
RANKL-‐RANK
et
OPG
(53)
.................................................
33
Figure
15
:
Dispositif
Acceledent®
(Société
OrthoAccel))
.......................................................................................
34
Figure
16
:
Chirurgie
de
piézocision
(61)
................................................................................................................
36
Figure
17
:
Fil
collé
de
33
à
43
(65)
........................................................................................................................
45
Figure
18
:
Chainette
Ortho
Flextech
®
(74)
...........................................................................................................
45
Figure
19
:
Fibres
de
Kevlar
uni-‐directionnelles
(à
gauche)
et
de
polyéthylène
tressé
(à
droite)
(65)
...................
46
Figure
20
:
Contention
Memotain
®
(75)
..............................................................................................................
47
Figure
21
:
Attelle
indirecte
en
composite
fibré
(65)
.............................................................................................
48
Figure
22
:
Attelle
métallique
coulée
collée
(77)
...................................................................................................
49
Figure
23
:
Gouttières
de
contention
thermoformées
(78)
....................................................................................
51
Figure
24
:
Plaque
de
Hawley
sur
modèle
en
plâtre
(79)
.......................................................................................
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Medio
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L’apport
de
la
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contentions
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VII
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VIII
SERMENT
MEDICAL
Je
promets
et
je
jure,
d’être
fidèle
aux
lois
de
l’honneur
et
de
la
probité
dans
l’exercice
de
la
Médecine
Dentaire.
Je
donnerai
mes
soins
à
l’indigent
et
n’exigerai
jamais
un
salaire
au-‐dessus
de
mon
travail,
je
ne
participerai
à
aucun
partage
clandestin
d’honoraires.
Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
Admis
dans
l’intérieur
des
maisons,
mes
yeux
ne
verront
pas
ce
qui
s’y
passe,
ma
langue
taira
les
secrets
qui
me
seront
confiés
et
mon
état
ne
servira
pas
à
corrompre
les
mœurs
ni
à
favoriser
le
crime.
Je
ne
permettrai
pas
que
des
considérations
de
religion,
de
nation,
de
race,
de
parti
ou
de
classe
sociale
viennent
s’interposer
entre
mon
devoir
et
mon
patient.
Même
sous
la
menace,
je
n’admettrai
pas
de
faire
usage
de
mes
connaissances
médicales
contre
les
lois
de
l’humanité.
J'informerai
mes
patients
des
décisions
envisagées,
de
leurs
raisons
et
de
leurs
conséquences.
Je
ne
tromperai
jamais
leur
confiance
et
n'exploiterai
pas
le
pouvoir
hérité
des
connaissances
pour
forcer
les
consciences.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses.
Que je sois déshonoré et méprisé de mes confrères si j’y manque.
ALBE
Elena
-‐
Spécificités
du
traitement
orthodontique
chez
l'adulte
:
enjeux
biomécaniques
et
parodontaux
Th.
:
Chir.
dent.
:
Marseille
:
Aix
–Marseille
Université
:
2021
Rubrique
de
classement
:
Orthodontie
Résumé
:
L'orthodontie
de
l'adulte
s'est
démocratisée
ces
trente
dernières
années
suite
notamment
à
l'essor
de
nouvelles
technologies
de
traitement
comme
l'orthodontie
linguale
et
les
aligneurs.
Chez
l'adulte,
le
traitement
orthodontique
doit
prendre
en
compte
des
spécificités
inhérentes
au
vieillissement
physiologique
et
pathologique.
Il
s'agit
souvent
d'un
traitement
multidisciplinaire
nécessitant
la
coopération
de
différents
spécialistes
(orthodontiste,
parodontiste,
chirurgien
oral,
omnipraticien).
Le
parodonte
de
l'adulte,
souvent
fragilisé,
doit
être
assaini
voire
renforcé
avant
de
débuter
toute
thérapeutique.
Les
mouvements
dentaires
ainsi
que
les
techniques
d'ancrage
nécessitent
une
réflexion
rigoureuse
afin
d'anticiper
l'apparition
d'effets
parasites,
plus
fréquents
sur
un
parodonte
affaibli.
Ce
travail
a
pour
but
de
détailler
les
spécificités
biomécaniques
et
parodontales
à
prendre
en
compte
ainsi
que
l'arsenal
thérapeutique
récent
dont
nous
disposons
pour
mener
à
bien
un
traitement
orthodontique
chez
le
patient
adulte.
Mots
clés
:
Orthodontie
;
Adulte
;
Parodontie
;
Biomécanique
;
Ancrage
;
Orthodontie
accélérée
;
Récidive
orthodontique
ALBE
Elena
–
Specificities
of
orthodontic
treatment
in
adults
:
biomechanical
and
periodontal
issues
Abstract:
Thanks
to
the
increase
in
new
treatment
technologies
over
the
past
thirty
years
such
as
lingual
orthodontics
and
aligners,
adult
orthodontics
have
been
strongly
democratized.
Specifically
for
adults,
orthodontic
treatment
must
consider
specificities
due
to
both
physiological
and
pathological
aging.
It
is
often
a
multidisciplinary
treatment
requiring
different
specialists
to
work
together
(orthodontist,
periodontist,
oral
surgeon,
general
practitioner).
The
adult
periodontium
often
weakened,
must
be
cleaned
up
or
even
strengthened
before
starting
any
therapy.
In
order
to
prevent
the
appearance
of
parasitic
effects
which
are
more
frequent
on
a
weakened
periodontium,
dental
movements
and
anchoring
techniques
require
rigorous
preparation
work.
This
work
focuses
on
the
biomechanical
and
periodontal
specificities
that
need
to
be
taken
into
account
when
carrying
out
orthodontic
treatments
to
adult
patients.
It
will
also
detail
the
recent
therapeutic
arsenal
available.
Key
words
:
Orthodontics
;
Adult
;
Periodontics
;
Biomechanics
;
Anchoring
;
Accelerated
orthodontics
;
Orthodontic
relapse