Accouchement et traumatisme : impacts psychologiques
Accouchement et traumatisme : impacts psychologiques
I - L’ACCOUCHEMENT, UN ÉVÉNEMENT
À POTENTIEL TRAUMATIQUE1
Introduction : la vulnérabilité des femmes en travail
« The effect of a traumatic birth experience has the potential to disable women’s healthy
transition to motherhood and impair their sense of complete womanhood”
Moyzakitis W. 2004. Exploring women’s descriptons of distress and/or trauma in
childbirth from a feminist perspective. Evidence-Based Midwifery. 2(1), p. 13.
« I could see everything in the mirror : the forceps, the episiotomy, my whole body being
laid open. Somehow I just wasn’t there. I seemed to be floating around in the ceiling. It
just really wasn’t happening to me”.
Reynolds JL. 1997. Post-traumatic stress disorder after childbirth: the phenomenon of
traumatic birth - Canadian Medical Association Journal (CMAJ) , vol 156, no 6, pp 831
Une étude récente (Soderquist, Wijma et Wijma, 2002)xi précise que la plupart des femmes
identifiées comme ayant un SSPT ont eu un accouchement vaginal considéré comme normal. Une
recension des écrits sur le sujet effectuée par Bailham et Joseph en 2003xii confirme qu’un
accouchement traumatisant peut donner lieu à un SSPT, pouvant être accompagné d’un évitement
des relations sexuelles et de difficultés dans le rôle parental.
1
Cet article a été écrit en 2006. Depuis, la violence obstétricale – qui a lieu durant l’accouchement et est
reliée aux pratiques institutionnelles, aux attitudes d’intervenants, etc. – a commencé à être reconnue
comme une forme de violence envers les femmes. Cette violence peut avoir un effet traumatisant pouvant
aller jusqu’au syndrome de stress post-traumatique. En 2012, l’organisme international White Ribbon
Alliance for Safe Motherhood créait, à l’aide d’un comité multidisciplinaire international, une charte des
droits des femmes reliés à l’accouchement. Et l’Organisation mondiale de la santé a pris position sur la
violence obstétricale en septembre 2014, aux Nations-Unies à New-York.
2
Il sera question de l’impact de la violence sexuelle antérieure sur la grossesse et particulièrement, sur
l’accouchement, dans la section suivante de ce document.
3
Cité par de Valors, 2003 : Bydlowski-Raoul Duval A. Un avatar psychique méconnu dela puerpéralité : la
névrose traumatique post-obstétricale. Perspect Psychiatr 1978. 4 :321-328.
1
L’accouchement peut constituer un événement traumatisant pour plusieurs raisons, qui feront
notamment l’objet de cette section, mais d’abord parce que les femmes enceintes sont dans une
période vulnérable de leur vie, vulnérabilité accentuée par les caractéristiques d’un accouchement
ou par ce qui peut s’y passer, en particulier lorsque l’accouchement est médicalisé ou lorsque les
intervenant-e-s ne sont pas sensibles aux besoins des femmes durant ce moment de leur vie.
L’éducatrice prénatale et doula Penny Simkin souligne (1991)xiii pourquoi une femme est
vulnérable lorsqu’elle est en travail : les parties de son corps les plus intimes sont exposées, elle
souffre physiquement, elle n’a plus la maîtrise de son corps. Elle est en sueur, elle tremble, elle
gémit, il arrive qu’elle crie, et tout ceci avec des personnes étrangères autour d’elle.
Pour Shaw (1974)xiv, l’accouchement implique aussi pour les femmes une incapacité à se protéger
et à contrôler l’accès des autres à leur corps, au cours de cet événement intense et très
douloureux. Les interventions – ou même ce qu’on appelle des « routines4 », soit des pratiques
pas nécessairement fondées sur des données probantes comme la pose d’une intraveineuse, le
branchement à une machine (le moniteur électronique fœtal), etc. – ont un caractère intrusif.
Certaines femmes vivent ces gestes comme des agressions.
Le plus souvent, lorsqu’une femme accouche, c’est la première fois qu’elle est hospitalisée,
l’inconnu peut donc faire peur. Et le fait d’être dans un hôpital l’amène à adopter le rôle d’une
« patiente », même si elle n’est pas malade, contrairement au reste de la clientèle d’un centre
hospitalier. Souvent, le personnel est débordé, parfois il est indifférent, et le médecin qui se
présente vers la fin, pendant la poussée, de même que les infirmières pendant le travail, la femme
en travail ne les connaît pas nécessairement (Vadeboncoeur, 2004xv; Davis-Floyd 1992xvi). De
plus, l’accouchement peut présenter des caractéristiques qu’on associe par ailleurs dans la
littérature sur les traumatismes à des événements traumatisants : il peut s’y produire des
« événements soudains, non contrôlables, dangereux et imprévisibles » (Rachman, 1980, cité par
Lyonsxvii, p. 127); ou encore des événements « soudains, pour lesquels on manque de
préparation, qui peuvent constituer une menace pour la vie et entraîner une perte importante »
(Lindy et al, 1987, cité par Lyons, p. 127).
Jusqu’en 1994 (année ou le DSM-IV fut publié), on ne pouvait associer diagnostic de SSPT et
accouchement, puisque l’un des critères permettant de le diagnostiquer était d’avoir vécu une
« expérience en dehors de l’expérience humaine habituelle »5, ce qui n’est pas le cas pour
l’accouchement. Mais en 1994, les critères changèrent, et peut-être l’étude publiée l’année
d’avant d’une précurseure, Janet Menagexviii, contribua-t-elle à ce changement.
4
Il s’agit de pratiques hospitalières que l’on fait encore couramment dans plusieurs établissements.
5
Traduit de l’anglais par H.V.
2
femmes de cette étude ont vécu une expérience « très stressante » ou « terrifiante »6, qui les
affectait encore au moment de l’enquête.
Ce que l’on a mesuré peut varier aussi, selon les études : parfois on mesure le stress post-
traumatique, parfois on mesure le syndrome de stress post-traumatique (avoir tous les symptômes
donc être diagnostiquée telle). Soet et coll. soulignaient en 2003xix que les études sur le
traumatisme psychologique relié à l’accouchement étaient rares et que la plupart des études
portaient sur le développement du SSPT, négligeant d’investiguer si l’accouchement a été vécu
comme traumatisant.
Au Canada Reynolds est le premier à avoir attiré l’attention de la communauté médicale sur cette
question, lors d’une revue de littérature publiée en 1997 dans le CMAJxx. Il rapportait quelques
études de cas ayant été publiées, ainsi que son expérience de médecin ayant eu parmi sa clientèle
6 femmes aux prises avec un SSPT relié à l’accouchement.
« My reality is that I am scared, heart and womb. I need special care. My heart is fragile,
and I am trying to protect it”. Beck 2004, Post-Traumatic Stress Disorder Due to Childbirth –
The Aftermath. Nursing Research. 53(4), p. 222.
Pourquoi, un traumatisme ?
Nous avons vu qu’une femme en travail est dans un état de vulnérabilité. Or on sait qu’un
traumatisme en général peut survenir quand la personne sent sa vie menacée (ou que celle d’un
proche l’est); elle a peur, est terrifiée, et se sent impuissante à faire quoi que ce soit.
Peu d’études ont porté sur le traumatisme lui-même, pendant un accouchement. Toutefois,
quelques études qualitatives, où l’on a interviewé des femmes traumatisées par leur
accouchement, permettent de comprendre un peu plus pourquoi. Je traiterai donc des résultats de
ces études avant d’aborder les « facteurs de risque » révélés par des études de type quantitatif.
6
J’ai parfois traduit, parfois pas traduit, les citations figurant dans ce document.
7
Un facteur qui a été associé au SSPT
3
L’étude d’Allen (1998)xxii , qui a interviewé 20 femmes 10 semaines après la naissance de leur
bébé, souligne que ces femmes traumatisées ont essayé de se faire rassurer ou d’obtenir des
informations des intervenant-e-s ou de leur partenaire. Elles ont eu peur pour leur bébé, elles
avaient de mauvais souvenirs d’un accouchement antérieur, elles ont eu le sentiment de ne pas
être en contrôle et ont trouvé la douleur traumatisante.
En ce qui concerne le thème 4 (la fin justifie les moyens), les participantes soulignent qu’elles ont
dû « tasser » ce qu’elles éprouvaient relativement à leur accouchement pour se centrer sur le
« bébé en santé », élément sur lequel et les intervenant-e-s et l’entourage ont pu insister. Ce
dernier thème est un élément nouveau, non révélé par les études antérieures.
8
Je mentionne aussi pour chaque thème d’autres études en ayant fait état
4
5. Isolement du reste du monde, en particulier des autres mères : rêves brisés
Selon les entrevues de Beck le SSPT coupe trois avenues : le lien avec le bébé, parfois à
long terme; le lien avec d’autres mères, qui n’ont pas vécu la même chose et le rêve
d’avoir d’autres enfants
2. L’étude de Moyzakitis : critique des intervenants et effets sur les femmes et leurs relations
interpersonnelles
L’étude de Moyzakitisxxx , une petite étude qualitative avec 6 femmes interviewées 2 à 6 fois
entre 6 et 12 mois après leur accouchement, fournit aussi un éclairage intéressant. Trois thèmes
émergent de l’analyse des entrevues :
9
On peut traduire « authoritative knowledge », un concept développé à propos de l’accouchement par
Davis-Floyd et Sargent, dans Childbirth and Authoritative Knowledge, 1997, par « les connaissances qui
comptent, qui servent de base aux décisions et actions prises ».
10
La « présence » comme élément de soutien durant l’accouchement sera développée dans la section sur
l’Accompagnement à la naissance.
11
Lyons, dans sa revue de littérature (1998) mentionne que ces difficultés peuvent se manifester ainsi :
sentir que le bébé n’est pas « à nous » (disowning), ne pas vouloir en prendre soin, ne pas l’aimer (le
détester), éviter d’avoir des interactions sur le plan émotif avec le bébé, se sentir indifférente à son bébé.
5
Avec le conjoint12
Les participantes de l’étude de Beck décrivent des difficultés avec leur compagnon,
incluant des problèmes sexuels, l’une soulignant que même s’il pouvait sur le plan
pratique aider beaucoup, émotivement, pas nécessairement.
Avec leurs pairs
Ces femmes parlaient de leur sentiment d’isolement, de ne pouvoir parler de ce qu’elles
avaient vécu avec personne, malgré un besoin important de le faire.
Pour De Valors (2005)xxxv , ce qui a été traumatisant, c’est que la maternité a reproduit en
déclenchant (« ça va vous aider ») une situation vécue dans l’enfance et ayant entraîné de
la colère chez cette femme, tout en banalisant (« ça s’est bien passé ») ce qui est une non-
reconnaissance… Pour elle, la banalisation de ce qui se passe durant l’accouchement
devient aussi dangereuse que la systématisation de l’hypermédicalisation .
Autre témoignage :
« Je ne comprends pas… La grossesse s’est bien passée… mon gynéco m’a dit
que j’avais un bassin très large, que tout irait bien. Effectivement
l’accouchement se passait bien quand le gynéco de garde a décidé brutalement à
19 heures de césariser, disant que ça ne passerait pas… J’étais à 6 cm, le bébé
allait bien, je ne comprends pas » (De Valors, 2003, p. 30).
12
D’autres auteurs mentionnés par Lyons évoquent les difficultés sexuelles et relationnelles des femmes
traumatisées par leur accouchement.
6
montré que des femmes traumatisées par leur accouchement pouvaient souffrir de dépression13.
Mais parfois cette dépression a pu être présente antérieurement à l’accouchement. Lyons a trouvé
une corrélation significative élevée entre des symptômes de stress post-traumatique et la
dépression post-natale un mois après l’[Link]
Si les études phénoménologiques permettent de mieux comprendre ce que vivent les femmes
relativement à leur accouchement ainsi que le traumatisme qui en est résulté, les études
quantitatives permettent d’en savoir plus sur les facteurs de risque d’avoir un traumatisme durant
l’accouchement. Selon Soet et coll (2003)xxxix ., ils peuvent être regroupés en 2 catégories : les
facteurs antérieurs et les caractéristiques reliées à l’événement.
Pour Wijma et coll (1997)xlii, une maladie mentale, et être enceinte de son premier enfant étaient
des facteurs prédictifs antérieurs. Et pour Lyonsxliii, une grossesse difficile peut aussi accroître la
13
Il arrive aussi que l’on prenne les symptômes de SSPT pour des symptômes de dépression. (Ayers et
Pickering 2001), ce qui amène à des traitements inappropriés pour les femmes mal diagnostiquées.
14
Comme je l’ai mentionné au début de ce document, je ne traiterai pas de l’impact sur le bébé étant donné
l’étendue du travail effectué sur l’importance de l’accouchement pour la mère. Il demeure que tout ce qui
favorise la santé et le bien-être de la mère ne peut qu’avoir des effets positifs sur celui qu’elle porte ou sur
le bébé après sa naissance.
7
vulnérabilité des femmes. L’étude longitudinale de van Son, Verkerk et coll (2005)xliv montre une
corrélation entre le fait d’avoir fait une dépression et un stress post-traumatique en post-partum.
Dans d’autres domaines que l’accouchement, pour McFarlane (1988 et 1989), cité par Lyons
(1998a), être névrotique tel que mesuré par l’Eysenck Personality Inventory constituait un facteur
de risque significatif pour le développement du PSTD. Et Soet etcoll.(2003)xlv ont trouvé que ces
femmes manifestaient plus d’anxiété (« higher trait and state anxiety »).
Lyons, dans une étude sous pressexlvi, a trouvé plus de PTS chez les femmes défavorisées. La
même auteure (1998) cite aussi Quine, qui précise que ces femmes se sentent moins soutenues
et moins préparées à l’accouchement.
Comme facteur protecteur, toutefois, Lyons rapporte le soutien social (par la famille) xlvii
8
● un manque de soutien de la part des intervenant-e-slxi
Des études ont identifié les facteurs de risque (ou facteurs ‘prédictifs’) de traumatisme pendant
l’accouchement. Même si tout n’a pas été dit ni compris, il demeure qu’on en sait suffisamment
pour proposer des pistes pour prévenir le risque de traumatisme ou à tout le moins pour tenter
d’en diminuer les effets. Les auteurs retenus pour cette revue de littérature ont donc souvent
suggéré, dans leurs publications, comment on peut prévenir ce risque.
On peut regrouper ces recommandations de deux manières, soit par les moments où l’on peut
prévenir, soit par le type de prévention (a. primaire, b. secondaire, c. tertiaire). S’il est idéal de a)
prévenir la survenue d’un traumatisme, on peut aussi b) le dépister et c) tenter d’en diminuer les
effets, et aider la réhabilitation, comme le soulignent Ayers et Pickeringlxxiii . Je choisis la première
manière de trier les recommandations, reliée à ce qu’on peut faire et à quel moment, car elle est
plus fréquemment utilisée.
Durant la grossesse
Lyons (1998)lxxiv suggère d’informer les femmes de manière réaliste sur l’accouchement, et de
faire un retour sur les accouchements antérieurs si ceux-ci ont été difficiles. Reynolds (1997)lxxv
suggère de s’enquérir avec soin du passé de la cliente (anamnèse) et de vérifier si les femmes
présentent des symptômes de SSPT. Creedy et coll.(2000)lxxvi suggèrent de mieux préparer les
15
Le sentiment de perte de contrôle est, aussi, souvent mentionné dans les études sur l’insatisfaction des
femmes relativement à leur accouchement, comme dans celle de Green et coll. (Green JM, Coupland VA,
Kitzinger J. 1990. Expectations, experiences and psychological outcomes of childbirth : a prospective study
of 825 women. Birth. 17(1):15-24.) où elle est par ailleurs associée à plus de dépression post-natale.
9
femmes à l’accouchement en les informant aussi des taux d’interventions et des risques et
avantages des interventions.16,lxxvii
Durant l’accouchement :
Alors qu’on a tendance en obstétrique à viser essentiellement la santé physique de la mère et du
bébé, il semble qu’il est important de tenir compte des besoins psychologiques des femmes en
travail.
Les études phénoménologiques rapportées précédemment soulignent les besoins des femmes
durant un accouchement : qu’on soit attentives à elles, qu’on s’occupe d’elles (« caring »), qu’on
les traite comme des individus, uniques, qu’on leur offre soutien et qu’on les rassure, qu’on
communique avec elles, que ce qu’on fait soit sécuritaire et qu’on ne se préoccupe pas seulement
d’avoir au bout du compte un bébé en santé physique. L’importance de ces besoins, en 1999, a été
corroborée au Québec par une étude exploratoire sur les besoins des femmes , étude qui confirme
l’importance des attentes liées aux aspects affectifs, celles-ci occupant la première place dans le
discours des répondantes; dans cette étude, les attentes reliées au soutien physique occupent le
second rang, et celles qui sont reliées à l’information et au contrôle, la troisième place. Le besoin
relationnel, souligne Rocheleau (2001)lxxviii , vient donc avant le besoin de bien-être physique
et avant celui d’autonomie.
Il faut être particulièrement sensible à la perte de contrôle possible ressentie par les femmes
durant leur accouchement. Pour la prévenir, il importe selon Lyons (1998)lxxix d’informer la
femme et le couple pour qu’ils puissent participer aux décisions. Il faut aussi demander la
permission avant de toucher la femme, de la rassurer en soulignant que, par exemple durant les
examens vaginaux, on peut arrêter si elle le souhaite. Rassurer aussi relativement aux peurs
qu’elle exprime. Par ailleurs, la soutenir s’avère très important, comme le souligne (elle le cite)
Allen (1996) dont 18 femmes sur 20 qui avaient qualifié leur accouchement de très angoissant
(‘distressing)’ disent aussi avoir essayé d’avoir du soutien pratique et émotif pendant leur
accouchement, sans succès17.
Pour Becklxxx, à l’admission il serait important que le personnel hospitalier demande aux femmes
si elles éprouvent des peurs particulières relativement à l’accouchement, et si elles ont déjà
accouché. Durant l’accouchement, il faut favoriser le sentiment de contrôle chez elles en leur
offrant des options quand c’est possible18, en discutant avec elles de gestion de l’accouchement,
en reconnaissant si leurs attentes sont bouleversées.
Reynolds (1997)lxxxi met aussi l’accent sur la communication, sur les choix possibles, sur un bon
contrôle de la douleur19. Il suggère d’être attentif à la possibilité que ce qui se passe durant
16
Ma thèse de doctorat et une revue de littérature que j’ai faite sur le choix éclairé en centre hospitalier
montrent que le choix éclairé pourrait bien être une illusion lors de l’accouchement, en particulier en ce qui
concerne la gestion de celui-ci, chasse gardée du personnel médical même dans les milieux progressistes
(Vadeboncoeur, 2004a; Vadeboncoeur, 2004b in Grégoire et St-Amant, 2004).
17
La section de ce document L’accompagnement à la naissance traitera du soutien pendant
l’accouchement.
18
J’ai toujours un peu de difficultés avec la précision d’offrir des choix « quand c’est possible », comme
s’il y avait des choix possibles, et d’autres pas, ce qui laisse beaucoup de latitude aux intervenant-e-s et
moins aux femmes (Vadeboncoeur, 2004a).
19
Certains auteurs insistent sur cet aspect. S’il est vrai que la douleur de l’accouchement peut être très
importante, j’estime qu’elle peut être traumatisante particulièrement en l’absence de soutien continu
physique et émotif pendant le travail, et aussi suite à des pratiques de routine ou autres reconnues pour
accroître l’intensité et la fréquence des contractions (tels une rupture artificielle des membranes, la
10
l’accouchement peut être traumatisant pour certaines. Et Van Son et [Link] précisent
l’importance d’être attentif aux manifestations de dissociation pendant l’accouchement, et
suggèrent de garder le contact avec la femme en travail. Ils croient qu’informer la femme pendant
le travail (une façon de rester en lien) pourrait diminuer la possibilité de dissociation, en
particulier lors d’interventions à caractère invasif.
Après l’accouchement
Selon Lyons (1998a)lxxxiii , il est plus important d’offrir à la nouvelle accouchée un soutien (en
général), de reconnaître qu’elle est en état de choc ou en transition, de répondre à ses questions,
de l’écouter si elle a besoin de parler, que d’insister pour faire un « debriefing » (retour sur
l’accouchement) tôt après la naissance du bébé, car les émotions sont à fleur de peau (« raw »),
intenses et que de vouloir à tout prix revenir sur le sujet (debriefer) pourrait s’avérer bouleversant.
Les femmes auraient aussi besoin, si nécessaire, que les intervenant-e-s s’excusent auprès d’elles
si quelque chose n’a pas fonctionné. Creedy et [Link] mentionnent aussi l’importance du
soutien émotif aux femmes dans la période post-partum.
Becklxxxv recommande quant à elle d’exercer une vigilance relativement à l’émergence possible de
symptômes de traumatisme, en post-partum.20 Et ajoute qu’un groupe de soutien pourrait s’avérer
important. Et Van Son et colllxxxvi . recommande de surveiller les symptômes et de dépression
postnatale et de SSPT.
Plusieurs auteurs sont d’avis que les femmes ont besoin de temps pour ‘digérer’ et intégrer leur
expérience d’accouchement; parfois cela peut prendre jusqu’à la prochaine grossesse avant de
s’apercevoir de l’impact psychologique d’un accouchement (Charles et Curtis 1994, Birth
Afterthoughts, cité par Lyons, 1998a). Il faudrait que les nouvelles accouchées partent de l’hôpital
avec au moins un no de téléphone et un organisme à contacter en cas de besoin, et qu’elles
puissent bénéficier si nécessaire de visites à domicile.
11
l’importance du soutien psychologique aux intervenant-e-s qui peuvent aussi être traumatisés lors
d’un accouchement.
Si l’accouchement peut constituer un événement traumatisant, il peut aussi donner lieu à une re-
traumatisation chez les femmes victimes d’un traumatisme antérieur. Depuis les années 90,
depuis qu’on a découvert que l’accouchement en soi peut avoir un potentiel traumatisant, on a
aussi fait le lien entre les agressions sexuelles durant l’enfance, l’accouchement et le post-partum
et les symptômes de stress post-traumatique. En effet accoucher et avoir eu des agressions
sexuelles comportent plusieurs similitudes, ayant trait aux régions du corps impliquées, à
l’intensité de la douleur, au sentiment de perdre le contrôle sur ce qui arrive, et aux gestes ayant
un caractère intrusif posés dans les deux cas. Et les deux phénomènes peuvent avoir des effets
similaires, par exemple sur la relation avec le bébé et sur la santé mentale, à court et à plus long
terme.
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Creedy et coll.2000, op. cit.
li
Lyons in press, 1998b. op. cit.
lii
Creedy et coll.2000, op. cit.
liii
Van Son et coll. 2005
liv
Kitzinger J. 1992. Counteracting, not reenacting, the violation of women’s bodies: The challenge for
perinatal caregivers. Birth 19(4):219-221.
lv
Smith et Michell 1996
lvi
Soet et coll.2003, op. cit.
lvii
Wijma et coll.1997, op. cit.
lviii
Creedy et coll.2000, op. cit.
lix
Creedy et coll.2000, op. cit.
lx
Menage 1993, op. cit.
lxi
Czarnoky et Slade 2000
lxii
Soet et coll.2003, op. cit.
13
lxiii
Menage 1993, op. cit.
lxiv
Creedy et coll.2000, op. cit.
lxv
Lyons in press, 1998b, op. cit.
lxvi
Ryding EL, Persson A. Onell C. et coll. 2003. An evaluation of midwives’ counseling of pregnant
women in fear of childbirth. Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica. 82(1):10-17.
lxvii
Lyons in press, op. cit.
lxviii
Allen, 1998, op. cit.
lxix
Czarnoky et Slade 2000, op. cit.
lxx
Menage 1993, op. cit.
lxxi
Soet et coll.2003, op. cit.
lxxii
Menage 1993, op. cit.
lxxiii
Ayers et Pickering 2001 op. cit.
lxxiv
Lyons 1998a, op. cit.
lxxv
Reynold 1997. op. cit.
lxxvi
Creedy et al. 2000. op. cit.
lxxvii
Vadeboncoeur H. 2004. La femme en travail peut-elle exercer son autonomie en centre hospitalier ?
Dans Grégoire L. et St-Amant S. (sous la dir. de). Au cœur de la naissance – Témoignages et réflexions sur
l’accouchement. Montréal : Éditions du Remue-Ménage.
lxxviii
Rocheleau L. 2001. Étude exploratoire des attentes et des besoins des femmes en périnatalité.
Mémoire de maîtrise. Montréal : Université du Québec à Montréal
lxxix
Lyons, 1998a, op. cit.
lxxx
Beck 2004a. op. cit.
lxxxi
Reynolds 1997. op. cit.
lxxxii
Van Son et coll. 2005. op. cit.
lxxxiii
Lyons 1998a. op. cit.
lxxxiv
Creedy et coll. 2000. op. cit.
lxxxv
Beck 2004a. op. cit.
lxxxvi
Van Son et coll. 2005. op. cit.
lxxxvii
Beck 2004a. op. cit.
14