Ecole Nationale d'Ingénieurs de Tunis
Cours
de
THEORIE DES MACHINES
SIMILITUDES DES TURBOMACHINES
BESSROUR Jamel
Similitude des turbomachines
SIMILITUDE DES TURBOMACHINES
1. Introduction :
Le but est d'exploiter les ressources de la similitude en définissant le comportement de la
turbomachine par des chiffres caractéristiques sans dimensions .
Ces chiffres sont formés à partir des grandeurs fondamentales de la machine , des
caractéristiques physiques du fluide utilisé et des variables caractérisant l'echange d'energie
entre la machine et le fluide .
Rappels sur la similitude :
La théorie de la similitude en turbomachines s'applique à des machines qui présentent une
similitude géométrique (ou à une même machine) . Dans de telles machines , deux
écoulements fluide sont dit semblables du point de vue cinématique et dynamique lorsque le
rapport de deux grandeurs (vitesses , pressions...)en des points qui se correspondent
geometriquement est constant pour chaque grandeur et dans l'ensemble de l'ecoulement . Pour
les champs vectoriels , il faut en plus que les vecteurs soient parallèles .
La théorie de la similitude établit que deux écoulements fluide semblables sont caractérisés
par un certain nombre de chiffres caractéristiques égaux .
Interêt de la similitude :
_ Les chiffres sans dimensions vont permettre de classer les turbomachines par groupes de
machines semblables ayant leur fonctionnement optimal (meilleur rendement) dans une plage
bien définie.
_ Le passage d'un écoulement fluide à un écoulement fluide semblable permet de résoudre
simplement des problèmes pratiques et de connaitre et prévoire l'influence de la grandeur
géométrique , de la vitesse de rotation et de la nature du fluide sur les performances d'une
turbomachine (débit, travail, hauteur , puissance) .
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2. Application du théorème de Vaschy-Bukingham - Coefficients de RATEAU :
On dénombre les variables caractérisant l'échange d'energie , la machine (géometrie et
cinématique) et le fluide ainsi que leurs dimensions :
Variables Dimensions
Echange d’énergie :
3 -1
qv (m3/s) LT
2 -2
Wn (J/Kg) LT
2 -3
Pn (Watt) ML T
Machine :
R (m) , ( rayon exterieur du rotor) L
(rd/s) , ( ou u = R )
-1
T
Fluide :
-3
(Kg/m3) ML
(Kg/m.s) , ( viscosité dynamique ) ML T
-1 -1
-1 -1 2
(Pa ) , ( compressibilité ) M LT
Pour un gaz parfait = 1 . Dans ce cas (turbomachine à fluide compressible ) , on
P
caractérise souvent le gaz par : Cp , , et un état de réference du fluide ( en géneral l'entrée
de la machine ) défini par deux paramètres indépendants : P1 et 1 (ou P1 et T1) .
On a dénombré 8 variables et 3 dimensions principales (M,L,T).
Par conséquent , d'après le théorème de V.B. , toute relation théorique ou experimentale entre
les 8 variables peut être representée par une relation entre 5 coefficients sans dimensions .
Il y'a une grande liberté au choix de ces coefficients . Il est commode de les choisir de façon à
faire apparaitre les variables externes (qv , Wn et Pn ) et de souligner les effets de la viscosité
et de la compressibilité sur l'ecoulement ( ces effets sont négligés dans beaucoup de cas ) . On
a défini ainsi les coefficients de Rateau :
Coefficient de débit : qv qv
= =
R
3 2
uR
Coefficient de travail net :
= W n 2 = W n2 = gh2n
( R) (u) u
3
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Coefficient de puissance nette : n = Pn = Pn
3 R5 u3 R
Coefficient de viscosité :
// 1 (Reynolds)
uR R
2
Re
2
Coefficient de compressibilité: R22 = R22/(1/) = u2 // (mac)2
a
Remarques :
- en general , on n'introduit pas la température T comme variable en considérant la masse
volumique comme fonction de T (fluides compressibles) ;
- pour des machines semblables et ayant des valeurs différentes de qv , et R , l'egalité
de traduit :
la similitude des triangles des vitesses ;
- le coefficient de puissance nette est le produit des coefficients de débit et de travail net
(puisque la puissance nette , choisie comme variable , est en fait le produit du débit
massique par le travail net) .
n = .
3. Coefficients de vitesse angulaire spécifique et de rayon spécifique :
Ces coefficients , constitués à partir des chiffres et des variables précedents , sont utilisés en
pratique surtout pour classer les turbomachines .
3.1. Coefficient de vitesse angulaire spécifique:
On cherche un paramètre sans dimension qui fait intervenir qv, Wn et ou qv , Pn et à
l'exclusion de la dimension géometrique R . Ce paramètre pourra caractériser toute une
famille de machines semblables fonctionnant à leur régime d'adaptation (meilleur rendement).
Pour définire ce coefficient , on élimine R entre et et on fait apparaitre en facteur:
3/ 4
1/ 2 1/ 2 1/ 2
qv3/ 4 qv 3/ 4
Wn (ghn)
4
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n5/ 4
1/ 2 1/ 2
Pn
W 5n/ 4
1/ 2
D'ou la définition : est la vitesse angulaire d'une machine ayant un débit de 1 m /s et un
3
travail net de 1 J/Kg semblable à une machine donnée par ses caractéristiques , qv et Wn.
3.2. Coefficient de rayon spécifique:
On élimine et on fait apparaitre R en facteur . Le paramètre obtenu pourra également
caractériser toute une famille de machines semblables.
1/ 2 1/ 2 R. 1/2
1/ 4 1/ 4 3/ 4 3/ 4
R. W1/n2 = R. (gh1n/ 2)
1/ 4
. W 1n/ 2
qv qv n Pn
3.3. Relations entre , , n , et :
En utilisant les définitions précedentes , on peut déduire les relations suivantes , souvent
commodes pour les calculs :
1 1 n 1 1
3 2 2 3 5 1/ 2
4. Vitesse spécifique ou nombre de tours spécifiques: Ns
La vitesse spécifique est un chiffre qui a la dimension d'une vitesse de rotation (tr/mn) .
La vitesse spécifique d'une turbomachine tournant à une vitesse N (tr/mn) ,ayant un débit qv
(m3/s) et une hauteur nette hn (m) , est la vitesse de rotation d'une turbomachine semblable qui
fonctionne avec un débit qv0=1 m3/s et une hauteur nette hn0=1 m :
1/ 2
q
Ns = N . 3v/ 4
hn
N (tr/mn) , qv (m3/s) , hn (m)
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5. Application à la representation des caractéristiques d'une machine :
Le fonctionnement d'une turbomachine est representé par des relations analytiques ou
experimentales graphiques entre les grandeurs les plus significatives .
En general , les relations utilisées sont du type :
hn=f(qv, , , R...) et
g=f(qv, , , R...) : rendement global.
Exemple : caractéristiques d'une pompe centrifuge :
g h
n point d'adaptation:
g maxi
h
n = cste
g R = cste
q
v
zone de fonctionnement optimal
Pour une famille de machines semblables , il faut tracer autant de réseaux de courbes hn=f(qv)
que de vitesses angulaires et de rayons de rotor R .
Une simple courbe () d'une machine suffit à représenter toutes les propriétés de la famille
de machines semblables .
g
g maxi
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6. Application à la classification des turbomachines :
6.1. Principe :
On caractérise une turbomachine par son point d'adaptation (point correspondant au
rendement global maximum) .
Le rotor est caractérisé par la valeur du coefficient en ce point (on pourrait choisir
egalement et ) .
Pour une machine multiétagée , on calcule ces coefficients pour un étage .
6.2. Influence de sur la forme du rotor :
L'experience a montré que chaque type de machine a son rendement maximum dans un
domaine précis de qui est la variable la plus utilisée traditionnelement :
0,05 0,10 0,20 0,50 1 2 5 10 20
turbines Pelton turbines Francis Kaplan
(simple jet)
turbines Pelton
(multi-jets)
pompes centrifuges pompes pompes axiales
helicoidales
ventilateurs
et compresseurs radiaux
ventilateurs et
compresseurs axiaux
turbines à action turbines axiales
(injection partie lle ) à vapeur et à gaz (injection totale)
D'après l'expression de , on constate que les machines à grand débit qv et faible hauteur
nette hn (machines axiales) sont les machines ayant les grandes valeurs de et
inversement.
Exemple :
On campare une pompe centrifuge et une pompe axiale tournant à la même vitesse :
centrifuge : hauteur nette hn élevée et débit qv faible : petit ;
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axiale : hn faible (pas de travail de la force centrifuge et rayon plus petit) et qv élevé
(la section de passage est plus grande) : est plus grand .
Remarque :
théoriquement , il est possible de faire travailler ces machines aux mêmes valeurs de ,
mais on n'aura pas le rendement maximum .
Evolution de la forme du rotor :(pompes,compresseurs et ventilateurs)
0,04 0,2 0,3 0,6 0,8 1 1,2
0,6 0,5 0,5 0,35 0,25 0,1 0,05
0,3 0,75 0,93 1,7 2,5 5,6 10,3
4,4 1,9 1,54 1 0,8 0,56 0,43
N 15 40 50 90 132 295 545
s
(tr/mn)
6.3. Représentation graphique:
On représente l'ensemble des points des zones d'adaptation des turbomachines sur un
diagramme =f( ) ou sur le diagramme de CORDIER qui a établi une correlation
statistique entre et à partir d'un grand nombre de machines éxistantes.
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forme du diagramme de Cordier
Ces diagrammes ont un sens statistique : à partir d'un point de ce diagramme , on conçoit une
machine qui a un bon rendement.
Il est possible que le point figuratif n'est pas sur cette courbe , c'est le cas ou le rendement
n'est pas l'objectif principal (exemple : pour certains ventilateurs de petite puissance , on
sacrifie le rendement en simplifiant la réalisation pour diminuer le cout et attenuer le niveau
sonore ).
6.4. Utilisation pratique :
Si , par éxemple , on dispose des données de base suivantes: débit qv , travail net Wn et
vitesse de rotation . On calcule la valeur de et on en déduit , d'après le diagramme de
CORDIER , la valeur du rayon spécifique . On peut ,par la suite, calculer et déduire le type
de machine à utiliser ainsi que la forme et le rayon du rotor .
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