Cours de Résistance des Matériaux
Cours de Résistance des Matériaux
Pr. R. KOUDDANE
Module de
Matériaux
Polycopié : Cours
Résistance des
Redouane KOUDDANE
1 Septembre 2018
Table des matières
1 Généralités 5
1.1 Les objectifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Les problèmes rencontrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Calcul de Résistance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Calcul de Rigidité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.3 Calcul de Vérification . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Choix du Matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Les Moyens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.1 Principe Fondamental de la Statique . . . . . . . . . . 6
1.3.2 L’Expérimentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Les modèles Théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Les principaux Développement en RdM . . . . . . . . . . . . 7
2 Hypothèses de la RdM 8
2.1 Hypothèses sur le Matériau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Hypothèse sur la Disposition de la Matière . . . . . . . . . . 8
2.3 Hypothèses sur Actions Mécaniques Extérieures . . . . . . . . 9
2.4 Hypothèses sur les Déformations . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3 Torseur de cohésion 12
3.1 Définition de la Coupe Fictive . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2 Définition du Torseur de Cohésion . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.3 Etude des Actions Mécaniques Extérieures à E . . . . . . . . 13
3.4 Relation Entre Torseur de Cohésion et Torseur des AM Ex-
térieures à la Poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.5 Repère de Définition des Sollicitations . . . . . . . . . . . . . 15
3.6 Domination des Composantes du Torseur de Cohésion . . . . 16
3.7 Diagrammes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.8 Définitions des Sollicitations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
4 Notion de Contrainte 20
2
5 Etude des sollicitations simples 23
5.1 Traction Pure - Compression Pure . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.1.2 Contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.1.3 Déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.1.4 Essai de Traction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5.1.5 Conditions de Résistance . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5.1.6 Problèmes réels de la Traction . . . . . . . . . . . . . 32
5.2 Flexion Plane : Flexion Pure - Flexion Simple . . . . . . . . . 33
5.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
5.2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
5.2.4 Contraintes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
5.2.5 Analyse des composantes du vecteur contrainte . . . . 37
5.2.6 Etude la répartition des contraintes normales dues au
moment fléchissant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
5.2.7 Déformations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
5.2.8 Conditions de Résistance . . . . . . . . . . . . . . . . 40
8 Le Flambage 52
8.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
8.2 Flambage d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
8.3 Hypothèses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
8.3.1 Etude de la déformation de flambage . . . . . . . . . . 53
8.3.2 Charge critique dEuler . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
8.3.3 Longueur libre de flambage . . . . . . . . . . . . . . . 55
8.3.4 Résistance au flambage d’Euler . . . . . . . . . . . . . 55
Généralités
5
1.2.3 Calcul de Vérification
Lorsqu’on étudie une pièce mécanique, on doit au départ simplifier les
formes de celles-ci et le plus souvent modéliser le système de forces exté-
rieures (ou actions mécaniques) qui lui sont appliquées. La valeur de ces
actions mécaniques sera recherchée en fonction des dimensions et du maté-
riau de la pièce mais aussi en fonction de sa déformation admissible.
1.3.2 L’Expérimentation
Afin de définir une relation entre les déformations et les efforts appliqués,
on fait appel à lexpérimentation. Les méthodes expérimentales permettent
de caractériser le matériau : essai de traction, de compression, ...
6
De plus la suite ces résultats expérimentaux sont utilisés dans le valider les
modèles théoriques.
7
Chapitre 2
Hypothèses de la RdM
La matière est isotrope : les propriétés des matériaux sont les mêmes
dans toutes les directions de lespace. Comme précédemment cette hypothèse
est tout à fait justifié dans le cas de matériaux métalliques ou plastiques mais
elle nest plus vérifiée pour les matériaux composites ou pour le bois.
8
— (C) sappelle ligne moyenne, (C) est une droite (cas général) ou une
courbe de faible courbure,
— Le plan de (S) reste perpendiculaire à (C),
— Des points disposés de façon identiques sur les sections droites jouissent
de certaines propriétés communes, on dit quils appartiennent à des
fibres,
— Les dimensions transversales sont très inférieures à la longueur de
(C).
Remarque : nous nous intéresserons dans le cadre de ce cours à des poutres
présentant au moins un plan de symétrie.
A C B
(a)
F⃗ F⃗
2 2
A B
C
(b)
9
— Les déformations étant petites devant les dimensions de la poutre,
les actions sexerçant sur celle-ci seront calculées à partir du Principe
Fondamental de la Statique (PFS) ou de la Dynamique du solide
indéformable. De même, les points dapplication des forces appliquées
ne seront pas déplacés lors de la déformation de la poutre.
F⃗
⃗x
A B
10
Remarque : cette restriction, très importante pour ce qui concerne la
répartition locale des contraintes, na quun effet négligeable pour la détermi-
nation des déformation globales.
11
Chapitre 3
Torseur de cohésion
⃗y (Ē) (E)
(E1 ) (S)
(E2 )
⃗x
O G
x
⃗z
P
12
{ −
−−→
R{T } = R
{Tcoh }G = {TE2 →E1 }G = −−−−→
MG {T } = M
→ →
Soit R (Ē → E) la résultante générale et MG (Ē → E) le moment
résultant au point G du torseur des actions mécaniques de Ē sur E . E
étant en équilibre, le PFS permet décrire : T (Ē → E) = 0 ce qui entraîne
en G :
→
→
R (Ē → E) = 0
→
M (Ē → E) =→ 0
G g
→
R (Ē → E1 )
{τ (Ē → E1 )} = →
M (Ē → E )
G g 1
13
→
R (Ē → E2 )
{τ (Ē → E2 )} = →
M (Ē → E )
G g 2
→
R (Ē → E1 )
{τ (Ē → E1 )} = →
M (Ē → E )
G g 1
→
R
{τcoh } = →
Mg
G
14
Appliquons à E1 le PFS {τ (Ē → E1 )} + {τcoh } = {0} soit :
→ →
→
R (Ē → E1 )+ R= 0
→ → (3.1)
M (Ē → E )+ M =→
G g 1 g 0
→ →
R= − R (Ē → E1 )
→ → (3.2)
M = − M (Ē → E )
G g g 1
ou :
→ →
R= − R (Ē → E2 )
→ → (3.3)
M = − M (Ē → E )
G g g 2
15
→ → →
Soit R(G, x , y , z ) le repère local lié à la section droite fictive S. Ce repère est
→
tel que (G, x ) définissent la normale extérieure à S relativement au tronçon
→ →
E1 . Les axes (G, y y ) et (G, y z ) appartiennent alors au plan P de la
section droite S dont ils sont généralement des axes de symétrie (ou axes
→ → →
principaux dinertie). R(G, x , y , z ) est appelé repère de définition des
sollicitations, il sera toujours direct.
Définitions :
Effort normal N ⃗ : projection de R
⃗ sur (G, ⃗x).
→ →
Effort tranchant T : projection de R sur le plan de la section droite S, plan
→ →
défini par (G, y , z ) .
→ → →
Moment de torsion Mt : projection de MG sur (G, x ) .
→ →
Moment de flexion Mf : projection de MG sur le plan de la section droite
→ →
(G, y , z ).
→ → → → → →
Par conséquent : R=N + T et MG =Mt + Mf
→ → →
On définit également les projections de T et de Mf sur les axes (G, y ) et
→
(G, z ) . Les composantes algébriques des éléments de réduction du torseur
16
de cohésion sont :
Définitions : → →
N : composante algébrique de leffort normal N sur (G, x )
→ →
Ty : composante algébrique de leffort tranchant T sur (G, y )
→ →
Tz : composante algébrique de leffort tranchant T sur (G, z )
→ →
Mt : composante algébrique du moment de torsion Mt sur (G, x )
→ →
Mfv : composante algébrique du moment de torsion Mf sur (G, y )
→ →
Mfz : composante algébrique du moment de torsion Mf sur (G, z )
→ → →
Soit dans R(G, x , y , z ) :
→ → → → → → → →
R= N. x +Ty . y +Tz . z et MG = Mt . x +Mfv . y +Mfz . z
3.7 Diagrammes
Les composantes algébriques N , Ty , Tz , Mt , Mfv , Mfz varient en fonction
de la position x du centre de surface G de la section droite fictive S. La
représentation graphique des fonctions : N (x), Ty (x), Tz (x), Mt (x), Mfv (x),
Mfz (x) donne les diagrammes des composantes des éléments de réductions
en G du torseur des efforts de cohésion. Ces fonctions peuvent présenter
des discontinuités, par exemple lorsque le plan P de S rencontre le point
dapplication dune charge concentrée ou un moment localisé.
17
Si N ≻ 0 : extension ; Si N ≺ 0 : compression
Cisaillement simple
Torsion simple
18
Remarque : ce dernier cas de la flexion plane simple se rencontrant
rarement, on conviendra de donner le nom de flexion plane simple au cas
très courant défini par la figure ci-dessous. Le cas précédent sera ainsi appelé
flexion pure.
19
Chapitre 4
Notion de Contrainte
La contrainte est une grandeur vectorielle, elle est définie en un point pour
une section donnée. Ce vecteur a sa propre direction. On le décompose alors
en deux composantes.
Définition :
→ → →
— On appelle contrainte normale σ , la projection de σ (M, x ) sur la
→
normale x .
20
→ → →
— On appelle contrainte tangentielle τ , la projection de σ (M, x ) sur
le plan de lélément de surface ∆S.
→ → → →
T (M, x ) = σ + τ
Daprès (4.1), nous pouvons dire que la dimension dune contrainte est
celle du rapport dune force par une surface. Elle sexprime donc en N/m2
(ou Pascal).
21
22
Chapitre 5
23
5.1.2 Contraintes
Leffort normal N génère un vecteur contrainte uniforme sur une section
droite et possède seulement une composante normale. La composante tan-
gentielle est nulle.
→ → →
Dans une section droite (S) donnée, T (M, x ) = σ x avec σ = cste∀M ∈ (S)
.
On peut donc déterminer la relation entre leffort normal et la contrainte
normale :
∫∫ → → → ∫∫ →
{ ∫∫ → →
}
S T (M, x )ds = N x et S σ x ds = σ[ S ds] x = σS x
⇒σ= N
S
5.1.3 Déformations
Prenons le cas dune poutre sollicitée en traction simple. Sous leffet du
chargement, la longueur de la poutre augmente et les dimensions de la section
diminuent. Cette réduction des dimensions transversales est appelée ń effet
24
poisson ż. Limportance de ce phénomène est caractérisée par le coefficient
de poisson ν. Ce coefficient est compris entre 0.2 et 0.5 selon les matériaux.
Pour les aciers il est de 0.3. Lorsque ν = 0.5, le matériau ne change pas de
volume au cours de la déformation. Cest le cas notamment du caoutchouc.
Considérons un volume élémentaire parallélépipédique quelconque de la
→ → →
poutre, de dimensions X, Y et Z suivant les trois axes x , y , z . Les variations
→ → →
de ces dimensions sont notées : ∆x x , ∆y y , ∆z z .
∆X ∆Y ∆Z
ϵx = , ϵy = etϵz =
X Y Z
25
Eprouvette d’Essai
Les conditions à respecter sont qualitativement les suivantes :
— Les têtes de léprouvette sont dune section supérieure à la section S0
de la partie centrale de léprouvette. Ainsi les phénomènes caracté-
risant le comportement du matériau se produiront dans cette partie
centrale O1 O2 de longueur L0 .
N F ∆L
σ= = etϵx =
S0 S0 L0
Cas d’un matériau ductile Les matériaux ductiles sont les matériaux
pour lesquels le diagramme de lessai de traction comporte les différentes
zones décrites ci-dessous. On distingue deux grandes familles de matériaux :
— les matériaux pour lesquels la déformation est peu dépendante du
temps, donc de la vitesse de traction : lacier, laluminium, le cuivre
ainsi que leurs alliages.
26
— les matériaux dont le comportement évolue significativement au cours
du temps et qui sont sensibles à la vitesse de sollicitation : les poly-
mères thermoplastiques principalement.
Nous nous intéressons ci-dessous uniquement à la première catégorie de ma-
tériaux, cest à dire au comportement des alliages métalliques rencontrés en
construction mécanique.
F L − L0 ∆L
σ= =E =E = Eϵx
S0 L0 L0
FA
σe = S0 est appelée limite élastique du matériau, on la note parfois Re .
27
effort. La plupart des pièces mécaniques sont dimensionnées de façon à tra-
vailler dans le domaine élastique.
ϵT = ϵe + ϵp
A% = 100.ϵp = 100.(ϵT − ϵe )
28
Cas d’un matériau fragile On qualifie de fragile les matériaux pour les-
quels le diagramme de traction ne présente pas de zone plastique. Pour ces
matériaux la rupture se produit alors que la déformation est encore élastique.
On peut citer :
— les aciers bruts de trempe, le verre, la fonte grise, les céramiques...
pour lesquels la rupture intervient indépendamment de la vitesse de
déformation.
— le béton et la plupart des polymères thermodurcissables qui sont
quant à eux sensibles à la vitesse de déformation.
Il faut noter que beaucoup de ces matériaux présentent une différence
de comportement très marquée en traction et en compression.
Paramètre influant de l’essai Certaines conditions peuvent influencer de
façon plus ou moins notable les résultats de lessai de traction :
29
La vitesse de mise en charge : la vitesse de traction normalisée est de
0.1 mm/s. La vitesse de mise en charge augmente dans dassez faibles limites
les caractéristiques des métaux. Dune façon générale, la vitesse accroît les
caractéristiques (le module dYoung et les différentes limites de résistance).
Les matériaux pour lesquels cette influence est très forte sont viscoélastiques
ou/et viscoplastiques.
30
Avec :
- ρ : masse volumique ;
31
On définit ainsi la notion de contrainte admissible σadm , on parle aussi
de résistance pratique notée Rp :
Critère de Résistance
Cela consiste à borner la valeur de la contrainte normale maximale ré-
gnant dans la poutre étudiée par la résistance pratique Rp .
σmax ≺ Rp
32
Pour un certain nombre de ces ń accidents de forme ż, le calcul (théorie de
lélasticité), ou lexpérience, ont permis de déterminer le champ de contrainte
réel ou tout au moins les contraintes maximales.
On a ainsi pu mettre en évidence un coefficient de concentration de
contrainte K = σmax σ , fonction de la géométrie de laccident de forme.
Flexion Pure
Une poutre est soumise à une sollicitation de flexion pure si la flexion est
plane et si la seule composante non nulle du torseur de cohésion au centre
→
de surface G dune section droite est le moment de flexion suivant laxe y ou
→
z.
0 0
0 0
{Tcoh }= 0 0 OU {Tcoh }= 0 Mfy
0 Mf
0
G z → →→
(G, x , y , z ) G
0 → →→
(G, x , y , z )
Flexion Simple
Une poutre est soumise à une sollicitation de flexion simple si la flexion
est plane et si les seules composantes non nulles du torseur de cohésion au
centre de surface G dune section droite sont soit :
→
— leffort tranchant sur et le moment de flexion suivant z
33
0 0
{Tcoh }= Ty 0
0
G
Mfz (G,→ →→
x,y ,z )
→ →
— leffort tranchant sur z et le moment de flexion suivant y
0 0
{Tcoh }= 0 Mfy
T
G z 0 (G,→ →→
x,y ,z )
5.2.2 Propriétés
Pour tout tronçon de poutre non soumis à une action mécanique ponc-
tuelle (ou concentrée), on démontre :
dTy dMfz
= −p(x) et = −Ty
dx dx
p(x) : charge linéique sur le tronçon (en labsence de charge p(x) = 0)
Conséquence : pour la sollicitation de flexion pure : Ty = 0 ⇒ Mfz = cste
5.2.3 Exercices
Exercice n1
Poutre rectiligne OA = l encastrée en A, de section droite constante
soumise à une charge concentrée en A
→ →
( y , z ) sont les axes de symétrie de toute section droite de la poutre.
34
Questions :
Exercice nř2
Questions :
Exercice nř3
35
Questions :
Exercice nř4
Poutre rectiligne AC , articulée en A , en appui simple sans frottement
→
en C , charge F en B .
→ →
( y , z ) axes de symétrie de toute section droite.
AC = a , CB = b .
Questions :
36
— f) Dans le cas particulier a = b, déterminer lexpression de la flèche
maximale.
5.2.4 Contraintes
5.2.5 Analyse des composantes du vecteur contrainte
En flexion pure : le moment de flexion Mfz génère un champ de
contrainte normale.
En flexion simple : Leffort tranchant Ty génère un champ de contrainte
tangentielle.
∫∫ ∫∫
→ → → → → → →
T (M, x ).ds = Ty . y or T (M, x ) = σ. x +τ. y ⇒ τ.ds = Ty
(S) (S)
Dans le cas de poutre élancée (longueur supérieure à environ dix fois une
dimension caractéristique de la section), les contraintes tangentielles dues à
leffort tranchant sont négligeables par rapport aux contraintes normales dues
au moment de flexion. Il en est de même pour les déformations dues à ces
deux composantes.
Dans le cadre des poutres élancées, on dira donc que lon né-
glige leffet de leffort tranchant.
Nous allons donc par la suite étudier seulement les contraintes et défor-
mations normales dues au moment de flexion.
Mf z
σ=− .y dans le cas où Mf z ̸= 0 et Mf y = 0
I(G,→
z)
Mf y
σ= .z dans le cas où Mf y ̸= 0 et Mf z = 0
I →y
(G, )
37
Remarque : pour y = 0 ⇒ σ = 0 ⇒ pas de sollicitation (plan neutre).
Mf z Mf z
En M1 : y = V1 σ = − I →
.y1 = − I → /V1
(valeur maxi ń en traction ż)
(G, z ) (G, z )
Mf z Mf z
En M2 : y = V2 σ = − I →
.y2 = − I → /V2
(valeur maxi ń en compres-
(G, z ) (G, z )
sion ż)
Le terme I(G,→
z)
/V est nommé ń rigidité de flexion ż
Pour une sollicitation donnée (Mf z figé), les contraintes extrêmes seront
dautant plus faibles que le terme I(G,→z)
/V sera grand. Doù une recherche
de répartition de la ń matière ż dans la section droite favorisant une valeur
élevée du terme I(G,→z)
/V .
5.2.7 Déformations
Définitions
Comme nous lavons vu précédemment, lensemble des points G, centre
de surface des diverses sections droites constitue ń laxe ż de la poutre ou ń
ligne moyenne ż.
Dans le cas dune poutre droite, avant sollicitation, cette ligne moyenne
→
est rectiligne (axe x ). Lors de la sollicitation, les différents points G se
déplacent et constituent alors une ligne moyenne déformée définie par son
équation Y = f (x) .
38
Equation de la ligne moyenne déformée : exploitation de lhypo-
thèse de Bernoulli
Rappel de lhypothèse : Les sections planes normales à ligne moyenne
dans létat non déformée restent planes et normales à la ligne moyenne dans
létat déformé.
Mf z
En P : σ = − I →
.y
(G, z )
Mf z
ϵx = σ
E = − EI →
.y
(G, z )
Mf z
P¯P ′ = ϵx .dx = − EI →
.[Link]
(G, z )
Or P¯P ′ = −y.dα
dα Mf z
D’où : dx = EI →
(G, z )
Doù Y ′′ =
Mf z
EI →
(G, z )
Cette double intégration est opérée pour chaque tronçon de poutre sur
lequel les fonctions Mf z (x) et Iz (x) sont définies (pas de discontinuité, au
39
sens mathématiques du terme sur ces tronçons).
Les constantes dintégration seront calculées grâce aux conditions aux li-
mites.
Exemples :
′ =0
au droit dun encastrement Y(e) = 0 Y(e)
|σmax | ≤ Rp
40
Chapitre 6
⃗y
(S)
M G
y
ds
ρ
⃗z
x ⃗x
O
41
6.2 Moments de la Section Droite
6.2.1 Définitions
∫∫
I → = x2 ds
(O, y ) (S)
Avec
→
OM = x ⃗x + y ⃗y
∫∫
Ixy = [Link]
(S)
Si lun des axes est un axe de symétrie pour (S) ⇒ le moment produit
est nul.
∫∫
IO = ρ2 ds
(S)
⃗
Avec OM =ρ
Comme ρ2 = x2 + y 2 , I0 = I(O,→
x)
+I →
(O, y )
Relation entre les moments quadratiques de (S) par rapport à deux axes
(∆) et (∆) parallèles.
42
(S)
M G
ds
(∆1 )
ρ
d
(∆2 )
∫∫
I∆1 = ρ2 ds
(S)
∫∫ ∫∫ ∫∫
I∆2 = (ρ + d)2 ds = ρ2 ds + d2 S + 2d ρ ds
I∆2 = I∆1 + S d2 + 2d A∆
(∆1 )
(S)
G
d
(∆2 )
6.2.3 Exemples
— Section rectangulaire :
43
⃗y
⃗x
h
o
bh3 hb3
I(G,⃗x) = ; I(G,⃗y) =
12 12
bh 2
Io = I(G,⃗x) + I(G,⃗z) = (b + h2 )
12
44
— Section circulaire :
⃗y ϕd
o ⃗x
πd4
I(G,⃗x) = I(G,⃗z) =
64
πd4
Io =
32
6.3 Exercices
6.3.1 Exercice n◦ 1
Retrouvez les expressions des moments quadratiques des exemples pré-
cédents.
6.3.2 Exercice n◦ 2
⃗y ⃗y
e e
h
⃗x ⃗x
b b
45
6.3.3 Exercice n◦ 3
Soit une section droite de poutre définie par la figure ci-dessous.
Déterminer les moments quadratiques I → y
et I(G,→z)
(utiliser le théorème
(G, )
de Huyghens)
⃗y
h1
h2
h1 o ⃗x
b1 b2 b1
(e)
46
Chapitre 7
7.1 Définitions
On sintéressera ici aux treillis plans. Les forces extérieures sont appli-
quées aux nuds, dans le plan de la structure. Sil nen est pas ainsi, on ramène
la force au nud en négligeant le moment fléchissant dans la barre concernée.
On pourra de cette façon tenir compte, par exemple, du poids propre des
barres.
Une barre est en équilibre, si les forces qui sont transmises par les nuds
sont dintensité égale et de sens opposé.
47
La barre AB dun treillis nest soumise quà la seule action dun effort
normal. On adoptera les convention suivantes :
— Si une barre pousse sur un nud, le nud comprime la barre. A cet
effort de compression, on attribuera arbitrairement un signe négatif.
— Si une barre tire sur un nud, le nud tend la barre. A cet effort de
traction, on attribuera arbitrairement un signe positif.
7.1.2 Isostatisme
∑ → → ∑ → →
i Xi = 0 et i Yi = 0
Où :
→
Xi est la composante de leffort appliqué au nud étudié A par la barre i
→
projetée sur laxe A x .
48
→
Yi est la composante de leffort appliqué au nud étudié A par la barre i
→
projetée sur laxe A x .
b = 2n − 3
7.1.3 Indéformabilité
49
Soit I un nud quelconque dun treillis plan.
∑ → ∑ → →
RIj + RIk = 0
j k
Dans le cas général cette équation vectorielle se traduit par deux équa-
tions scalaires de projection sur le repère du plan. En conséquence, létude
de léquilibre dun nud permet la détermination dau plus deux composantes
inconnues des actions en ce nud.
∑ → ∑ → →
Remarque : la condition j RIj + k RIk = 0 peut se traduire gra-
→ →
phiquement par ń la suite des vecteurs FIj et RIk forme un polygone fermé
ż.
50
7.3 Critère de Résistance
La vérification des conditions de résistance dun treillis consiste à contrô-
ler pour chaque barre que :
T 1
≤ Rp = Re0.2
S k
où : T est leffort de traction dans la barre et S la section de la barre,
— et que leffort de compression reste inférieur à la valeur critique de
flambement. Pour ce dernier critère de dimensionnement se reporter
au chapitre suivant intitulé ń le flambage ż.
51
Chapitre 8
Le Flambage
8.1 Introduction
Lorsquune pièce (une poutre dans notre cas) suffisamment longue subit
un effort axial de compression, on observe successivement deux types de
sollicitations :
⃗x
⃗
F
⃗z
⃗y G G
A
⃗y
52
— Lorsque F atteint Fc , la poutre fléchit brusquement et se rompt très
vite. La flexion se produit dans le plan perpendiculaire à la direction
principale de la poutre présentant le plus faible moment quadratique
de la section droite. Par exemple, sur la figure ci-dessous, la flexion
→ → →
se produit dans le plan (A, x , y ) perpendiculaire à (G, z ) .
8.3 Hypothèses
— La poutre a une section constante et une ligne moyenne rigoureuse-
ment droite avant déformation,
— Les liaisons de la poutre avec le milieu extérieur sont des liaisons
sphériques parfaites. Pratiquement (et expérimentalement), la flexion
se produisant dans le plan , les liaisons sphériques en A et B sont
→
remplacées par des liaisons pivot daxes à z , plus faciles à réaliser,
→ → → →
— Le repère R0 (A, x , y , z ) est tel que laxe (A, x ) est porté par la ligne
moyenne de la poutre avant déformation,
→ → →
— Dans le plan (G, y , z ) de la section droite de la poutre, I(G, z ) ≺
→ → → →
I(G, y ) , la déformation aura lieu dans le plan (A, x , y , z ) .
— Les actions de liaison se réduisent respectivement en A et B à deux
glisseurs dont les résultantes sont opposées,
{ → }
A (2 → 1) → → →
{τ (2 → 1)} = → Avec A (2 → 1) = F x
A 0
{ → }
B (3 → 1) → → →
{τ (3 → 1)} = → Avec B (3 → 1) = − F x
B 0
53
⃗x
A
⃗y
→
R
Le torseur des forces de cohésion en G est {Tcoh } = → avec,
M
G G
→ →
→
R= − F = −F x
→ →
M =GB .(− →) = −F y →
z
G G F
Léquation de la déformation de la poutre sous leffet du moment de flexion
→ →
Mfz = −F.y est donnée par EI(G, z )y ′′ = Mfz soit EI(G, z )y ′′ + F.y = 0.
Léquation ci-dessus est une équation différentielle du second ordre, linéaire
à coefficients constant, sans second membre dont la solution générale est :
F
y = Acosωx + Bsinωx avec ω 2 = →
EI(G, z )
Les constantes A et B peuvent se calculer par les conditions aux limites :
En A : x = 0 et y = 0 ce qui entraîne A = 0
En B : x = 1 et y = 0 ce qui entraîne Bsinωl = 0 .
kπ
A étant nul, il est évident que B ̸= 0 par conséquent ωl = kπ ou ω =
l
2 F kπ F −1
En reportant dans ω = → , on en déduit =( → )
EI(G, z ) l EI(G, z )
54
— E : module dYoung du matériau constituant la poutre,
— l : longueur de la poutre,
→
— I(G, z ) : moment quadratique de la section de la poutre par rapport
→
à laxe (G, z )
Puisque A = 0 , léquation de la déformée se résume à y = Bsinωx , le
π
maximum de la flèche est obtenu pour sinωx = 1 cest à dire pour ωx = .
2
π
Comme par ailleurs la charge critique dEuler est définie pour k = 1 : ω =
lπ
, on en déduit que le maximum de la flèche est en x = 2l et est représenté
par B.
πx
Léquation de la déformée est alors : y = B sin
l
Utilisation pratique de la charge critique :
On adoptera :
55
adopter est F = Fkc .
On prend en général pour k = 2kc où kc permet de définir la résistance
Re0.2
pratique en compression : Rcp = .
kc
Rcp
Par conséquent : F = Fc
Re0.2
56
Chapitre 9
Principe de Superposition :
Application à la Résolution
de Problèmes Hyperstatiques
9.1.2 Illustration
Equation de la ligne moyenne déformée
57
Ainsi dans le cas où lon a ces trois actions mécaniques ń simultanément
ż, léquation de la ligne moyenne déformée est la somme des équations des
lignes moyennes déformées de chacun des cas précédents.
Prenons l’exemple d’une poutre droite encastrée avec une charge en son
extrémité :
58
→
— Théorème du moment statique en O et en projection sur z donne :
M0 + F.l = 0
Prenons maintenant lexemple de la même poutre droite encastrée en une
extrémité avec une charge en son extrémité mais en rajoutant cette fois-ci
un appui simple sans frottement en son milieu :
59
Dans le cas isostatique nř1, leffort F génère une flèche de la poutre en
A notée f1 (A).
60
problèmes isostatiques.
61
Dans le cas isostatique nř1, leffort F génère une flèche de la poutre en
O : f1 (0).
62
9.4 Exercices
9.4.1 Exercice 1
En utilisant le principe de superposition, retrouver léquation de la ligne
moyenne déformée pour le problème précédent et ceci de trois manières
différentes.
9.4.2 Exercice 2
En utilisant le principe de superposition, retrouver léquation de la ligne
moyenne déformée pour les problèmes suivants
63