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Systèmes d'étanchéité liquide : Guide complet

Ce document décrit brièvement l'histoire des systèmes d'étanchéité liquide et les principales familles de résines utilisées, notamment les polyuréthanes et les polyesters.

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Systèmes d'étanchéité liquide : Guide complet

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Les systèmes d’étanchéité liquide

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Sommaire
1 • Bref historique de l’étanchéité
2 • Les grandes familles de SEL
3 • Les domaines d’emploi
4 • Les pathologies des SEL
5 • Les règles de l’art
6 • Le marché
7 • Étude de l’étanchéité d’un balcon
8 • Entretien

Les systèmes d’étanchéité liquide, plus communément appelés SEL, désignent tout revêtement à base de résine synthétique
thermoplastique ou thermodurcissable constitué d’une ou plusieurs couches du même produit ou de produits différents
armés ou non armés, applicable à l’état liquide sur un ouvrage pour le rendre étanche. Après séchage ou polymérisation, le
revêtement forme une membrane adhérente susceptible de résister à une certaine fissuration du support. Il recouvre sans
discontinuité les points singuliers tels que les évacuations ou les traversées et les relevés.
Les avantages de l’étanchéité liquide sont très nombreux :
– la faible épaisseur de revêtement limite son poids qui se situe entre 1,5 kg/m2 et 3 kg/m2, ce qui est négligeable dans le cadre des
surcharges habituelles dans la construction actuelle ;
– son application est réalisable quelle que soit la forme de l’ouvrage à étancher, ce qui permet au concepteur d’intégrer la toiture
dans son projet architectural (photo 1) ;
– en raison de son adhérence et de son élasticité, son exécution est possible sur pratiquement tous les supports y compris en cas de
mixité de supports (métal, verre, béton), d’anciennes étanchéités telles que asphalte, feuilles bitumineuses ou synthétiques, bois ; –
les aspects de finition sont très variés (coloré, pailleté, marbré, sablé avec des quartzs naturels ou colorés) ;
– la circulabilité dispense de la mise en œuvre d’une protection dure (mais celle-ci est évidemment possible).

1-Bref historique de l’étanchéité


Depuis plus de cinq millénaires, l’homme s’est attaché à mettre au point des techniques d’étanchéité, répondant ainsi à ce besoin à la fois
élémentaire et vital d’être à l’abri de l’eau. Mais bien au-delà du fait qu’il était important pour nos ancêtres de protéger leur habitat de l’eau, il
était tout aussi pri- mordial qu’ils puissent rendre étanches les silos, les réservoirs, voire les aqueducs, puisque leur survie en dépendait en partie.
Jusqu’au début du XXe siècle, les techniques d’étanchéité se limiteront aux travaux réalisés sur les ouvrages d’art tels que les ponts, tunnels ou
réservoirs.

1.1 L’asphalte
L’asphalte est l’étanchéité la plus ancienne, déjà utilisée dans la vallée de l’Euphrate (Sud-Est de la Mésopotamie) entre 3800 et 2500
ans avant J.-C. En effet, la civilisation sumérienne offre les premiers exemples connus d’une utilisation intensive de l’asphalte. Dans la
vallée de l’Indus à Mohenjo-Daro, des réservoirs en briques ont été étanchés avec de l’asphalte. Nabuchodonosor II, roi de Babylone (600
ans avant J.-C.), fit réaliser les fameux jardins suspendus de Babylone que la tradition antique cite comme la septième merveille du
monde. Tous les jardins sont étanchés avec de l’asphalte ce qui permet une irrigation intensive et donc une floraison exceptionnelle. Avec le
déclin de l’empire babylonien, l’utilisation de l’as- phalte se fait plus rare. Au Moyen Âge, on retrouve quelques ouvrages importants
tels que le palais des Papes à Avignon dont les terrasses sont étanchées avec de l’asphalte.

L’étanchéité liquide
1.2 Les membranes bitumineuses
Avec la Révolution industrielle, la distillation de la houille amène l’emploi des goudrons et brais, puis la distillation du pétrole, l’emploi des
bitumes.
En 1839, Édouard Ythier réinvente l’emploi du chanvre bitumé et du ciment volcanique et surtout, en 1906, Charles Geisen invente la
chape d’étanchéité Mammouth, simple toile de jute trempée dans du bitume de pétrole.
En 1967, Ghislain Croyere met au point une formule qui permet de calculer l’amplitude maximale tolérée par les fissures. Cette formule devient à
cette même période la base scientfique de l’invention des feuilles de bitume élastomère. Celle-ci va révolutionner le monde de l’étanchéité. À
cette époque, le secteur de l’étanchéité ne bénéficie pas d’une bonne image de marque, il est mis à mal par de nombreux sinistres et désordres.
L’arrivée sur le marché des feuilles de bitume SBS permet de limiter un certain nombre de problèmes. La limite d’élasticité passe de 0,7 % (pour
les bitumes oxydés) à plus de 100 %.

1.3 Les membranes synthétiques

1.3.1 Membranes PVC


En 1835, le français Henri-Victor Regnault découvre le poly- chlorure de vinyle (PVC). C’est en 1943 que les premières applications sur des
toitures sont réalisées en Suisse, et en 1951 en Allemagne. À partir de 1970, ces applications connaissent un fort développement en Suisse,
Allemagne et Scandinavie, mais ce n’est que dans les années 1980 que des chantiers signi- ficatifs sont réalisés en [Link] les années 2000,
des membranes écologiques TPO/FPO (à base de polyoléfines) qui ne contiennent pas de chlore arrivent sur le marché.

1.3.2 Membrane EPDM


C’est aux États-Unis dans les années 1970, et en l’occurrence après le premier choc pétrolier (à la fin de 1973), que les mem-
branes EPDM (éthylène, propylène, diène, monomère) vont connaître un développement d’une grande ampleur. En effet, face
à une augmentation très importante du prix du pétrole, les leaders de fabrication de membrane EPDM tels que Firestone ou
Carlisle vont profiter de l’aubaine et connaître une pro- gression fulgurante. Les membranes EPDM deviennent rapi- dement
le système d’étanchéité le plus utilisé aux États-Unis. Dans les années 1980, ces sociétés s’implantent en Europe, et les premiers
chantiers de couverture en membrane EPDM sont réalisés en France.

1.4 Les étanchéités liquides


Avec le développement de la chimie fine dans les années 1960, les industriels trouvent des performances intéressantes pour des
étanchéités liquides ou pâteuses issues de l’industrie chimique. Si les premières applications de systèmes d’étanchéité liquide
remontent aux années 1960 en Allemagne, c’est dans les années 1970 qu’en France, les premières étanchéités liquides à base
de résines acryliques en dispersion apparaissent.
Mais déjà, dans les années 1960, apparaît sur le marché français un SEL dérivé du fameux cocoon utilisé par l’armée
américaine pour l’emballage et la mise en conservation des matériels les plus variés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il
s’agit du cocoon architectural, un revêtement d’étanchéité et de protection à base d’acéto-chlorure de vinyle en solution avec des
solvants très volatils. Il sera utilisé jusque dans les années 1975. Sa dangerosité liée à son inflammabilité mettra un terme à son
utilisation.
En 1983, les premiers chantiers d’étanchéité à base de polyes- ters non saturés sont réalisés.

2 2- Les grandes familles de SEL


Ce sont pour la plupart d’entre elles des élastomères, c’est-à- dire des hauts polymères à très grande élasticité, qui vont se
différencier par leur composition chimique et vont réagir par polymérisation.
Il existe actuellement cinq grandes familles de résines : – les polyuréthanes (PUR) ;
– les polyesters (PY) ; – les époxys (EP) ;
– les polyméthacrylates de méthyl (PMMA) ; – les acryliques.
Et à des degrés moindres : – les polyurées ;
– les silicones ;
– les copolymères de PVC ; – les hypalons ;
– les caoutchoucs butyle.
Et sans doute bien d’autres encore car cette liste ne peut être exhaustive.

L’étanchéité liquide
2.1 Les polyuréthanes
Résines mono ou bicomposantes, avec ou sans solvants, composées d’isocyanates et d’alcools (des polyols), les poly- uréthanes
polymérisent sous l’action des molécules d’eau en suspension dans l’air.
Aujourd’hui, ils représentent le premier procédé d’étanchéité liquide sur le marché, principalement pour des raisons de coût de fabrication
relativement faible.
Dès leur démarrage au milieu des années 1970, ces résines ont été présentées sous la forme de produits monocomposants. Mais, malgré les
apparences, leur mise en œuvre reste com- plexe du fait de leur réaction à l’eau : support parfaitement sec, taux d’humidité de l’air faible,
pas de brouillard ni de rosée, et un temps de polymérisation relativement long, de dix à quinze heures par couche pour une
consommation de 0,400 à 0,700 kg/m2. De plus, des délais de recouvrement assez courts en font des produits fastidieux à mettre en œuvre.
Enfin comme ils polymérisent de l’extérieur vers le cœur de la membrane formée, il est impératif de faire une succession de couches fines
au risque d’enfermer les solvants à cœur et d’obtenir une mauvaise polymérisation.
Les solutions bicomposantes sont apparues dans un deuxième temps, elles sont beaucoup plus rapides à mettre en œuvre grâce à
l’accélération de la polymérisation.

2.2 Les polyesters


Ce sont souvent des résines tri voir quadri composants solvan- tées, beaucoup plus complexes à fabriquer et à mettre en œuvre du fait des
mélanges à exécuter sur place.
Composés de styrène et d’esters, les polyesters présentent une forte odeur au moment de la mise en œuvre et peuvent présenter un léger
retrait en cas de trop forte épaisseur. La polymérisation se faisant dans la masse, ces résines autorisent l’adjonction d’une armature au
moment de l’exécution, per- mettant ainsi de rigidifier le procédé et d’obtenir une excellente tenue à la fissuration.
De plus, les délais de polymérisation du revêtement formé étant court (environ une heure, pouvant varier avec la tempé- rature de l’air), et
recouvrable à courte échéance, la mise en œuvre du procédé complet peut se faire dans la journée.

L’étanchéité liquide
2.3 Les époxys
Ce sont des résines bicomposantes sans solvant, sans odeur, qui présentent peu ou pas de retrait.
Ce sont des résines extrêmement résistantes au poinçonnement et à la chaleur, aux produits chimiques et aux hydrocarbures, qui sont
donc très utilisées en sol notamment pour les sols industriels. Elles sont en revanche très sensibles aux températures au moment
de la mise en œuvre, et à cause de leur résistance mécanique, elles réagissent mal à la fissuration.
Elles sont ainsi utilisées principalement en étanchéité comme primaire de fermeture ou d’accrochage du support.

2.4 Les polyméthacrylates de méthyl


Ce sont des résines thermoplastiques bicomposantes fonction- nant sous l’action d’un catalyseur. Elles dégagent une forte odeur
en raison de la présence de solvant très volatile, entraî- nant en contrepartie une polymérisation très rapide, y compris à des
températures de supports inférieures à 0 °C.
Leur élasticité et leur résistance en font des résines particuliè- rement attrayantes pour les finitions et les zones de circulation. Elles
sont également utilisées comme primaire de fermeture de support.

2.5 Les acryliques


Ce sont des résines monocomposantes sans solvant, sans odeur, en phase aqueuse, inventées au Mexique en 1950 .
Il s’agit d’une charge minérale mélangée à des résines acryliques, économiques, à coagulation rapide et sans retrait, avec
une excellente tenue de la couleur.
Ce sont des résines réversibles à ne pas utiliser sur des zones ou des supports qui présentent un risque de rétention d’eau.
D’autre part, leur faible résistance mécanique limite quasi- ment leur emploi à la rénovation de couvertures métalliques ou
fibres-ciment.

2.6 Les polyurées


Ces résines sont les plus récentes en matière d’étanchéité liquide. Chimiquement très proches des résines polyuréthanes, elles
présentent toutefois des caractéristiques très différentes. La polymérisation est quasi instantanée, et la circulation sur le système
est possible seulement quelques minutes après l’application.
D’autre part, ces résines offrent une résistance très importante aux produits chimiques.
Ces résines bicomposantes sont mises en œuvre uniquement par projection et nécessitent donc un personnel parfaitement formé, capable
d’atteindre des cadences très élevées jusqu’à 1 000 m2 par jour. Mais cette mécanisation limite l’emploi de ces résines de grandes surfaces.

Remarque

Plus on avance dans le temps, plus les industriels de la chimie mettent sur le marché des produits de base permettant la réalisation de pro-
duits finis performants. Ces industriels cherchant constamment à améliorer soit les performances, soit le prix de revient de leurs pro-
duits, nous verrons apparaître dans l’avenir des produits dont nous ignorons tout à l’heure actuelle.
La plupart des systèmes actuels ont pour origine des produits de base apparus sur le marché il y a plusieurs décennies

3 3-Les domaines d’emploi


Les systèmes d’étanchéité liquide se sont imposés sur des cré- neaux bien établis. Ceux-ci n’ont pas vocation à concurrencer les techniques
d’étanchéité traditionnelles, mais sont très com- plémentaires.
L’étanchéité liquide s’utilise partout où les autres systèmes ne peuvent être appliqués, sont mal adaptés ou lors d’opérations spécifiques de
réfection.
Les domaines d’emploi privilégiés où elle apporte une solution bien adaptée sont les suivants.

3.1 Étanchéité directement circulable (balcons, coursives, loggias…)


Il s’agit incontestablement aujourd’hui du marché le plus important pour les systèmes d’étanchéité liquide, en raison de leurs
performances mécaniques et de leurs poids. L’application sur les balcons (photo 2) est soumise aux « Règles professionnelles SEL
concernant les travaux d’étan- chéité réalisés par application de SEL sur planchers extérieurs la maçonnerie dominant des parties non closes
du bâtiment » [1] parues en septembre 1999 et actuellement en révision.

3.2 Couvertures de toutes formes (voutes, dômes, berceaux…)


Pour ces ouvrages aux formes complexes ou non dévelop- pables, les systèmes d’étanchéité liquide constituent une solu- tion de
réfection ou de conservation très bien adaptée.
Les produits utilisés doivent être conformes à l’ETAG 005 (Guide d’agrément technique européen) .

L’étanchéité liquide
3.3 Toitures-terrasses et terrasses
Les SEL trouvent des applications en terrasses et toitures- terrasses (photo 4). Ils permettent de résoudre des problèmes impossibles à
résoudre avec les techniques dites traditionnelles.

Toutefois les limites existent notamment sur le plan thermique car il est, à ce jour, réglementairement interdit de mettre en œuvre un SEL
sur un isolant thermique.
La seule solution pour respecter les règles thermiques est d’uti- liser la technologie dite de la toiture inversée.
Les produits utilisés doivent être conformes à l’ETAG 005 (Guide d’agrément technique européen) .

3.4 Planchers intermédiaires


Le marché des planchers intermédiaires est avec les étanchéités circulables un des plus importants pour les SEL, surtout depuis l’apparition
des résines polyuréthanes sans solvant.
En effet, ces systèmes permettent de traiter avec beaucoup plus de facilité tous les points de raccord compliqués que l’on peut rencontrer
dans les locaux humides avec les nombreux percements et traversées (siphons, tuyaux d’alimentation, etc.). L’application des systèmes
d’étanchéité liquide en planchers intermédiaires est soumise aux « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau
réalisés par l’application de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides »
parues en octobre 2002 et révisées en mars 2010.

3.5 Parkings et rampes de parking


Il s’agit d’ouvrages particuliers, très différents des ouvrages classiques de bâtiment, puisqu’ils se situent à la limite entre les secteurs du
bâtiment et du génie civil. Les contraintes d’exploitation sont très importantes, et une fois de plus, les performances mécaniques et le
faible poids des étanchéités liquides apportent une solution adaptée.
L’application des SEL sur les rampes de parking est soumise aux « Règles professionnelles concernant les travaux d’étan- chéité à l’eau
réalisés par l’application de Systèmes d’Étanchéité Liquide sur les rampes de parking » parues en mai 2012 . L’application des SEL sur les
parkings est soumise aux « Règles Professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau par application de systèmes d’étanchéité
liquide sur les dalles de parking » parues en décembre 2013 .
Le point le plus sensible est bien évidemment la performance de l’adhérence du système au support, d’où l’importance d’une préparation
parfaite (grenaillage, par exemple).

3.6 Ouvrages spéciaux


Les systèmes d’étanchéité liquide apportent des solutions idéales pour l’étanchéité de certains ouvrages tels que :
– gradins, escaliers;
– toutes les zones où le poids ou l’épaisseur ont des limites imposées

3.7 Génie civil et ouvrages d’art


Les SEL trouvent de nombreuses applications dans le domaine des bassins et piscines, mais aussi en étanchéité de tablier des
ponts ou d’ouvrages particuliers des ponts où ils font l’objet de spécifications propres aux fabricants concernés).Concernant
les ouvrages d’art, les SEL relèvent souvent dans cet emploi de la procédure d’avis technique du SETRA (Service
d’études sur les transports, les routes et leurs amé- nagements), du CETU (Centre d’études des tunnels) ou de l’AFTES
(Association française des tunnels et de l’espace souterrain).

4 4 -Les pathologies des SEL


Le recul que nous avons sur l’application des systèmes d’étanchéité liquide permet d’établir une liste des désordres les plus fréquemment
rencontrés.

4.1 Le bullage

4.1.1 Bullage par le support béton


Il s’agit d’une poussée de vapeur d’eau quand le liant a com- mencé sa réticulation, causée par des remontées capillaires, un support béton
non ou mal bouché poré, ou alors une applica- tion par température croissante.
4.1.2 Bullage de mélange
Il s’agit d’une incorporation d’air lors du mélange causé soit par une agitation trop rapide, soit par un mauvais mouillage des charges
froides ou humides dans le cas des multicomposants.

L’étanchéité liquide
4.1.3 Bullage de réaction
Ce phénomène concerne essentiellement les résines polyu- réthanes. En effet, celles-ci dégagent des bulles de gaz car- bonique en
présence d’eau ou d’humidité. Ce phénomène apparaît lorsque :
– une résine polyuréthane bicomposante est mélangée avec des charges humides ;
– une résine polyuréthane monocomposante est appliquée en couche épaisse ;
– l’application est réalisée sur support humide.

4.2 La fissuration
Ce phénomène peut se produire si le SEL mis en œuvre n’est pas assez souple ou pas assez épais. Il provient toujours d’un mouvement du
support.

4.3 L’usure et l’écaillage


Ces phénomènes se produisent lorsque le SEL a une épaisseur trop faible ou si sa destination n’est pas bonne. Ils proviennent principalement
d’une erreur de pose.
4.4 Le jaunissement
Il s’agit d’une réaction chimique irréversible de la résine provo- quée par la lumière du Soleil.
Cette réaction est toujours causée par un mauvais choix de résines ou l’absence de protection anti-UV.

4.5 Le poinçonnement
Ce phénomène peut se produire lorsque le SEL est mis en œuvre sur un support poinçonnant (asphalte, enrobés) en
présence d’une charge statique lourde mal répartie. Pour évi- ter ces désordres, la mise en place de platines de répartition est
nécessaire. À noter que les SEL sont thermosouples en opposition aux étanchéités bitume ou asphalte qui sont, elles,
thermomaléables.
La connaissance de ces différents désordres nous permet d’évi- ter les erreurs suivantes :
– une mauvaise préparation du support ;
– un mauvais mélange du produit pour les multicomposants ; – une mauvaise homogénéisation pour les monocomposants ; –
une application sur un support non admis ;
– une application sur un support dont l’humidité est supé- rieure à celle admise par les documents techniques du produit ; –
une application sur un support non stable mécaniquement ; – le non-respect des conditions climatiques ;
– l’emprisonnement d’eau sous le SEL ;
– une application trop faible de primaire ;
– l’absence de renfort dans les parties soumises à des contraintes ; – une mauvaise mise en œuvre de l’entoilage ;
– une épaisseur insuffisante du SEL ;
– une application en couches trop épaisses par rapport aux documents techniques du produit ;
– l’irrégularité de l’épaisseur ;
– une mise en circulation prématurée ;
– l’utilisation de produits non prévus par le fabricant (sol- vant…) ;
– une mauvaise destination du SEL.
Malgré tout, l’adhérence des SEL limite considérablement les conséquences d’un défaut localisé. D’autre part, les défauts
apparaissent très vite, souvent avant la fin des travaux, mais quasiment toujours dans la première année d’exploitation.

5 5- Les règles de l’art

Les référentiels sont les suivants :

– « Règles professionnelles SEL concernant les travaux d’étanchéité réalisés par application de Systèmes d’Étanchéité Liquide sur
planchers extérieurs en maçonnerie dominant des parties non close du bâtiment », parues en septembre 1999 et actuellement en révision .

– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur
planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides », parues en octobre 2002 et révisées en mars 2010 .

– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur les
rampes de parking », parues en mai 2012 .

– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur les
dalles de parking », parues en décembre 2013 .

L’étanchéité liquide
Un texte est issu de la CSFE : « Recommandations profession- nelles de la CSFE pour la mise en œuvre des systèmes d’étanchéité liquide .
Le CSTB a, quant à lui, publié en septembre 2010 un CPT (cahier des prescriptions techniques) n° 3680 qui vise les SEL pour les
toitures inaccessibles et accessibles aux piétons et au séjour. Ce document est publié dans le e-cahiers du CSTB.

6 6-Le marché
Si le marché des SEL a stagné pendant de longues années, il connaît aujourd’hui une croissance certaine et iné[Link] milieu
professionnelle a énormément œuvré pour le développement des SEL qui ont long- temps souffert d’un manque de notoriété.
Quelques freins au développement subsistent encore, certains dérivant même de comportements propres à la culture et à l’histoire.
Mais certains événements ont réellement positionné les SEL sur une rampe de lancement :
– la parution des premières règles professionnelles qui ont apporté des référentiels absents du secteur ;
– l’apparition dans la nomenclature Qualibat des qualifications 3241 et 3242 propres à l’étanchéité liquide, et qui représentent
pour l’entreprise qualifiée la reconnaissance de sa capacité technique à réaliser des travaux dans cette activité ;
– les compagnies d’assurance plus enclines à garantir les travaux d’étanchéité réalisés par SEL. En effet, les ouvrages d’étanchéité
liquide, comme tous les ouvrages d’étanchéité, sont bien concernés par la loi ce qui comprend donc l’obligation de garantie
décennale.
Il n’est pas utopique de penser qu’à moyen terme, les SEL deviennent le deuxième système d’étanchéité en surface réalisée pour
plusieurs raisons :

– la publication de nouveaux référentiels tels que règles pro- fessionnelles ou cahiers de prescriptions techniques renforce la notoriété des SEL, et
rassure tous les acteurs de la construction ; – les fabricants historiques de membranes d’étanchéité bitu- mineuses ou synthétiques n’hésitent plus à
promouvoir et à développer les SEL, ce qui permet de dissiper le clivage entre les systèmes ;
– la mixité des systèmes, comme par exemple la réalisation d’une partie courante avec un système bitumineux ou syn- thétique et la réalisation
des points singuliers avec un SEL, permet de bénéficier des avantages des différents systèmes ;
– les entreprises d’étanchéité « traditionnelles » évoluent culturellement et manifestent beaucoup moins d’opposition aux SEL. Elles n’hésitent plus à
former leurs compagnons à ces techniques.

7 7-Étude de l’étanchéité d’un balcon

7.1 Préambule
Les règles professionnelles « balcons-loggias » parues en sep- tembre 1999 [1] et actuellement en révision présentent l’ensemble des dispositions
relatives aux travaux d’étanchéité par applica- tion de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers extérieures en maçonnerie dominant des parties
non closes de bâtiment. Elles s’adressent à tous les acteurs de la construction concer- nés par ce type d’ouvrage.
Celles-ci établissent les principes généraux de mise en œuvre des SEL apparents ou protégés, pour l’exécution de revête- ments d’étanchéité
adhérents, en ouvrages neufs ou en réfec- tion ne comportant pas d’isolation thermique, et susceptibles de recevoir des sollicitations mécaniques
engendrées par la circulation ou le stationnement piétonnier.
Ces règles professionnelles visent l’application de revêtements utilisés en France métropolitaine en climat de plaine (altitude inférieure ou égale à
900 m). La mise en œuvre de SEL en climat de montagne fait l’objet de recommandations parti- culières dans chacun des chapitres ou
paragraphes concernés sous forme d’amendement intitulé « Climat de montagne ».

Important
Cas des constructions en montagne
Les prescriptions figurant dans les Règles professionnelles « balcons- loggias » [1] sont applicables dans tous les cas où elles ne sont pas modifiées par celles
intitulés « climat de montagne ».
La spécificité des constructions en montagne rend les travaux d’étan- chéité particulièrement délicats.
Dans les régions soumises à un climat de montagne, les ouvrages doivent être conçus et réalisés en tenant compte :
– des écarts journaliers de température de surface ;
– des charges localisées ou réparties de neige et de glace ;
– de l’érosion et des arrachements provoqués par des déplacements de la neige et de la glace ;
– des phénomènes de siphonage ;
– des périodes réduites de l’année pendant lesquelles il est possible de construire et d’effectuer l’entretien.
On considère généralement (mais pas exclusivement) de manière conventionnelle, comme soumis au climat de montagne, les bâti- ments
situés à une altitude supérieure à 900 m.
Les documents particuliers du marché (DPM) peuvent imposer les prescriptions du climat de montagne pour des bâtiments situés à une altitude
inférieur à 900 m selon la spécificité climatique du site.

7.2 Pourquoi étancher un balcon ?


Un balcon fissuré devient au fil du temps un ouvrage vulné- rable. En effet, au-delà des nuisances créées par les infiltrations d’eau à
l’étage inférieur, il existe obligatoirement une dégrada- tion accélérée des armatures par carbonatation.

L’étanchéité liquide
La carbonatation est un phénomène inéluctable correspondant à la chute du pH du béton causée par l’acidité de l’atmosphère et lorsque le
front de carbonatation atteint les armatures, celles-ci s’oxydent, foisonnent et font éclater le béton.
Dans le cas des balcons, les aciers qui reprennent le plus d’ef- forts sont les aciers supérieurs, et sont donc les plus exposés. Le récent
drame d’Angers du 15 octobre 2016, où l’effondre- ment d’un balcon a causé la mort de quatre personnes, doit nous inciter à
considérer l’étanchéité de ces ouvrages comme essentielle. Dans le cas contraire, il est à craindre que des drames similaires se
reproduisent.

7.3 Reconnaissance du support


La réception et la préparation des supports sont déterminantes pour la fiabilité des SEL, aussi le plus grand soin doit y être apporté.
Sans une adhérence forte et durable dans le temps, le revête- ment ne pourra répondre aux attentes escomptées.
De même, la faible épaisseur des SEL ne tolère aucune erreur. Pour obtenir un film sec d’une épaisseur donnée, il faudra tenir compte de
l’état du support.
Les consommations données par les fabricants dans les dos- siers techniques de leurs procédés sont celles prévues sur des supports de
références normalisées décrits dans les règles professionnelles. La préparation des supports devra donc s’en rapprocher le plus possible.
L’écart avec cet état de référence peut nuire à l’obtention de l’épaisseur de film requise et devra être pris en compte pour augmenter la
consommation.

7.3.1 Supports neufs

[Link] Types
Tous ces supports sont à base de liants hydrauliques :
– dalles monolithiques en béton armé coulées en œuvre ou d’éléments préfabriqués en béton armé ou béton précontraint,

L’étanchéité liquide
de type A, B ou C selon la norme NF P 10-203 (DTU 20-12) [8]. Les éléments porteurs de type D ne sont pas visés par les règles
professionnelles ;
– formes de pente adhérentes à l’élément porteur conformes à la norme NF P 10-203-1 (DTU 20-12) [8] ;
– chapes ou dalles armées ou non, adhérentes à l’élément por- teur conformes à la norme P 14-201 (DTU 26-2) [9].

[Link] Pente et planéité


La pente requise est au minimum de 1 % vers les évacuations d’eaux pluviales.
Les tolérances de planéité doivent être en accord avec la norme NF P 10-203-1 (DTU 20-12) [8].
• Sous la règle de deux mètres :
– 10 mm, parement courant, lorsque le SEL reçoit une protec- tion lourde désolidarisée ;
– 7 mm, parement soigné, pour les autres protections.
• Sous la règle de 20 cm :
– 3 mm, parement courant ;
– 2 mm, parement soigné, lorsque le SEL reçoit une protec- tion dure collée.
Les SEL forment des revêtements minces dont l’application ne peut corriger les défauts de planéité du support. La fonction étanchéité de
ces revêtements n’est pas affectée par ces défauts, mais leurs conditions d’exécution et les tolérances de planéité du support peuvent
conduire à la formation en service de légères retenues d’eau.

[Link] État de surface


La surface doit présenter une cohésion superficielle d’au moins 1 MPa pour les supports bétons, et 0,5 MPa pour les chapes en
mortier de ciment.

[Link] Préparation
Les supports auront été coulés au moins 28 jours avant l’appli- cation du SEL :
– si le support est lissé ou a reçu un produit de cure, il doit subir une opération de grenaillage ;
– si le support présente une laitance superficielle, il doit subir une opération de ponçage ou de grenaillage. Pour ne pas altérer sa surface en
profondeur, il peut être traité à l’acide phospho- rique dilué à 10 % puis rincé abondamment à l’eau. Dans ce cas, l’entreprise en charge de la
mise en œuvre du SEL doit impéra- tivement connaître le taux d’humidité du support, sachant que le taux d’humidité admissible du support
lors de l’application du SEL est défini au dossier technique du procédé ;
– les éventuelles souillures (huiles, graisses) doivent être élimi- nées. La voie mécanique doit être privilégiée par rapport à un décapage
thermique ;
– des réparations limitées en nombre et en surface sont admises. Elles doivent être exécutées avec des produits conformes à la norme NF EN
1504-3 [10].

L’étanchéité liquide
7.3.2 Supports anciens

[Link] Types
Aux supports énumérés ci-dessus s’ajoutent :
– les revêtements rapportés, constitués par des éléments durs, adhérents directement à l’élément porteur, par exemple des carreaux de
céramique ou pierre ;
– les dalles de balcon en pierre ;
– les supports revêtus d’une peinture ou d’un SEL.
Les supports à base de liant hydrocarboné (asphalte, béton bitumineux) ne sont pas visés dans les règles professionnelles.

[Link] Pente et planéité


La pente et la planéité souhaitables des supports anciens sont les mêmes que pour les supports neufs. Elles peuvent être obte- nues soit
par reprofilage, soit par ponçage ou rabotage.
Une pente inférieure à 1 % ou un défaut de planéité n’affectent pas la pérennité de la fonction d’étanchéité du SEL pais peut conduire à
une retenue susceptible d’entraîner une gêne pour l’usager.

[Link] Préparation
Supports en béton ou mortier de ciment
Après sondage, les zones mal adhérentes sont éliminées. L’état de surface est ensuite reconstitué par dressage ou ragréage. La
compatibilité avec le SEL aura au préalable été vérifiée.
Si le béton est dégradé suite à l’oxydation des armatures, celles-ci subiront un traitement de protection selon la norme NF DTU 42-
1 [11]. L’importance des dégradations doit rester superficielle et en aucune manière mettre en péril la stabilité de l’ouvrage. Sinon il
serait nécessaire de prévoir une étude de stabilité de l’ouvrage avant l’application du SEL.
La connaissance de la porosité du support peut être intéres- sante. Le test de l’absorption d’une goutte d’eau décrit dans le DTU 59-3
[12] n’est pas normalisé, mais il permet de détecter des bétons très poreux, sous dosés en ciment ou des bétons trop lisses, le temps
d’absorption doit être compris entre 60 et 240 secondes (la disparition de la goutte en moins d’une minute met en évidence un
support trop poreux, et au-delà de quatre, un support trop fermé).
Ce test permet d’ajuster en conséquence la prévision de consommation de primaire en comparaison avec la norme du fabricant.
Supports en carrelage
Après sondage, les carreaux mal adhérents sont éliminés et remplacés :
– soit par des nouveaux éléments ;
– soit par un mortier de ciment adjuvanté ou un mortier de résine synthétique.
En fonction de la nature et de l’état de surface du carrelage existant, ainsi que des traitements d’entretien subis, une
pré- paration spécifique est effectuée comme par exemple un dépo- lissage par ponçage au disque diamant.
Les SEL de par leur faible épaisseur n’ont pas pour effet de masquer le spectre des joints courants de carrelage.
Pour sa disparition, il sera nécessaire de procéder à un surfaçage pré- alable.
Supports en pierre
Compte tenu de la diversité des supports rencontrés (nature des pierres, mode de pose, etc.), la préparation de ces supports sera déterminée au
cas par cas (ponçage diamant, ragréage, etc.).
Supports peints ou revêtus d’un SEL
Les revêtements existants seront obligatoirement décapés, sauf étude préalable de reconnaissance.

7.4 Mise en œuvre du SEL


7.4.1 Conditions d’application
Les conditions climatiques influencent de manière très impor- tante les comportements du SEL, notamment dans la phase de polymérisation. La
mise en œuvre du SEL doit se faire par temps sec et conformément aux conditions admissibles défi- nies dans le dossier technique du procédé.
La température ambiante devra être comprise entre + 5 °C et + 35 °C, et la température du support, supérieure de 3 °C à celle du point de rosée
(diagramme de Mollier).

7.4.2 Parties courantes


Chaque système d’étanchéité liquide doit faire l’objet d’un dossier technique établi par le détenteur de procédé. Il carac- térise et spécifie le
procédé en complément des règles profes- sionnelles. Ce dossier technique sera visé par un contrôleur technique avec une ETN (enquête
technique nouvelle) ou bénéficiera d’un avis technique du CSTB.
Le SEL comporte au minimum trois couches successives (fig. 1) :
– une couche de primaire ;

L’étanchéité liquide
– une première couche de résine forme le premier étage d’étan- chéité ;
– une deuxième couche de résine forme le deuxième étage d’étanchéité. Cette couche doit assurer l’autoprotection (sauf dans le cas d’une
protection dure rapportée).

[Link] Primaire
La grande majorité des SEL nécessitent l’utilisation d’un pri- maire d’accrochage (sauf dispositions particulières du dossier
technique du procédé). En effet, les SEL ne possèdent pas en général des qualités de pénétration du support, la viscosité est étudiée pour
permettre l’élaboration d’une membrane épaisse. Un primaire jouera le rôle d’intermédiaire, d’interface entre le SEL et le support.
L’expérience acquise prouve qu’un primaire représente une sécurité vis-à-vis de l’adhérence.
Ce primaire peut être dans certains cas le SEL dilué pour faci- liter sa pénétration dans le support.
Le rôle du primaire est multiple :
– création d’une barrière pare-vapeur permettant au SEL de polymériser ou de sécher en étant protégé des poussées de vapeur sous-
jacentes ;
– amélioration dans une certaine mesure de la qualité du sup- port, du moins superficiellement.

[Link] Membrane d’étanchéité


Comme vu précédemment, la composition minimale de la membrane d’étanchéité est réalisée en deux couches. Cette composition
minimale permet d’obtenir un revêtement conforme à sa destination.
Le SEL peut cependant recevoir des couches supplémen- taires : couche décorative, d’usure, antidérapant ou permet- tant
d’accepter des sollicitations mécaniques ou chimiques particulières.
Épaisseur
L’épaisseur du produit reste un élément clé, en effet tous les essais de performance des différents procédés sont réalisés à partir de
cette donnée. Il est donc primordial de respecter a minima l’épaisseur définie dans le dossier technique du procédé.
Cette épaisseur ne doit être en aucun point de la surface infé- rieure aux données du fabricant. Les données sont en rapport poids/m2,
mais prévues pour un support normalisé, le seul qui puisse être correctement défini et reproductible.

Remarque
Sous protection dure, l’épaisseur en tous points du film sec consti- tuant le SEL est de 1 mm. Ce revêtement est de classe SE2 selon le guide de l’emploi (tab. 2).
Dans le cadre de travaux curatifs exécutés sur des ouvrages à usage privatif de plus de dix ans – balcons ou loggias étanchés ou non – de surface unitaire
inférieure ou égale à 20 m 2, l’épaisseur minimale peut être ramenée à 0,8 mm lorsque le SEL mis en œuvre est armé d’un tectile manufacturé continu ; ce
revêtement est de classe SE2 selon le guide d’emploi (tab. 2).
En climat de montagne, l’épaisseur minimale de revêtement est de
1 mm. Ce revêtement est de classe SE4 lorsqu’il est directement accessible ou mis en œuvre sous protection dure désolidarisée. Dans le cas de collage de la
protection dure, le SEL est alors classé SE5 selon le guide d’emploi (tab. 2).

Entoilage
Certains SEL ont été mis au point avec un entoilage général. Mais la mise en œuvre d’un entoilage peut être envisagée pour diverses raisons,
par exemple :
– la résistance mécanique sur des fissures actives ; – la résistance accrue à certains agents chimiques.
Les armatures utilisées sont soit des toiles, soit des voiles avec dans les deux catégories des grammages particuliers.
Les armatures utilisées sont propres à chaque SEL, et la subs- titution de l’entoilage prévu dans les documents techniques par un autre
est un acte important non dénué de conséquences.
La résistance d’un SEL armé est le fruit de la combinaison intime du SEL et de l’armature. Changer un paramètre au pied levé, c’est
prendre un risque.

7.4.3 Ouvrages particuliers


Les règles de constitution minimale du SEL valables pour la partie courante s’appliquent également aux ouvrages particuliers.
Au droit du raccordement de ces ouvrages avec la partie courante, le SEL est renforcé par une couche supplémentaire

Tab.2. Emploi des SEL selon leur classe sur des ouvrages en maçonnerie dominant des parties non closes d’un bâtiment.

SE2 SE3 SE4 SE5


Objet Travaux neufs ou sur

L’étanchéité liquide
Plancher à usage
Planchers à usage
piétonnier : balcons,
piétonnier : balcons, Planchers à usage piétonnier
loggias, coursives,
loggias, coursives, Planchers à usage sous protection lourde dure
passerelles, tribunes,
passerelles, tribunes, piétonnier sous y compris les ouvrages
escaliers, y compris
escaliers, y compris protection dure, saillants liés à ces planchers
les ouvrages saillants
les ouvrages saillants y compris les Applicable en climat de
Destination liés à ces planchers
liés à ces planchers ouvrages saillants plaine
Bandeaux, corniches,
Bandeaux, corniches, liés à ces planchers et en climat de
auvents,
auvents, Applicable en montagne
couronnement
couronnement climat de plaine
Utilisable en Utilisable exclusivement
Utilisable
Non utilisable accessibilité directe sous protection dure collée
Protection exclusivement sous
sous protection ou sous protection
protection dure
Fissuration existante dure dure désolidarisée
admissible du support ≤0,3 mm
(sans traitement
Constitution
Deux couches sur
minimale du
Épaisseur sèche du primaire
≥0,8 mmsi nécessaire ≥1,0 mm ≥1,0 mm ≥1,0 mm
SEL
(1) Traitement obligatoire des fissures d’ouverture supérieure à 0,3 mm (cf. 7.3161 des règles professionnelles).
(2) L’application d’une seule couche est possible en cas de SEL d’épaisseur égale ou supérieure à 1,5 mm.

L’étanchéité liquide
ou par la mise en œuvre d’un entoilage lorsque les matériaux constitutifs du support sont de nature différente. Le primaire d’accrochage
est alors adapté au type de support rencontré. Le dimensionnement et le mode d’exécution des ouvrages particuliers sont décrits dans
les normes NF P 10-203 (DTU 20-12) [8] et NF P84-204 [13].

[Link] Les relevés


Les relevés d’étanchéité forment un revêtement qui peut rester sans protection. La hauteur du relevé sera conforme à celle prescrite dans
les normes NF P10-203 (DTU 20-12) [8] et NF P84-204 [13]. En l’occurrence, dans le cas d’un balcon de pente comprise entre 1 % et 5
%, cette hauteur sera au mini- mum de 10 cm au-dessus du niveau circulé.
Sur les anciens balcons, les hauteurs de seuils existants sont systématiquement inférieures aux valeurs réglementaires énoncées ci-
dessus. Dans la mesure où le seuil est abrité par le balcon de l’étage supérieur et que le support présente une pente supérieure ou égale à
1 % dirigée vers l’extérieur sans risque de mise en charge par un défaut d’évacuation, une hau- teur de seuil de 3 cm est tolérée (distance
entre le dormant bas de la menuiserie et le niveau du revêtement circulé).
De même, si la pente du balcon est inférieure à 1 %, mais si celui-ci est abrité, et qu’il n’y a pas de risque de mise en charge par un défaut
d’évacuation, la hauteur de relevé de 10 cm est tolérée. Cette tolérance ne vise pas les ouvrages de bâtiment exposés en front de mer
selon la définition de la norme NF P84-204 [13].
Important
Cas d’une construction en climat de montagne
Dans le cas général, la hauteur du relevé est d’au moins 20 cm au- dessus du niveau circulé. Le rejet d’eau devant le relevé est assuré par un bardage
retombant. Les bandeaux ou becquets béton ne sont pas admis.

La tête du relevé doit être protégée par un ouvrage ou disposi- tif qui empêche les eaux de ruissellement ou de rejaillissement de s’introduire
derrière le relevé.
Cette protection peut être :
– une engravure réalisée par l’entreprise applicative du SEL .
– un becquet ou bandeau formant un larmier ;
– une bande de solin métallique sous avis technique du CSTB .
– tout autre dispositif recouvert par un revêtement I3 ou I4. La protection en tête n’est pas obligatoire en cas de relevés protégés par le
balcon de l’étage supérieur. Cette tolérance n’est pas applicable aux ouvrages exposés en front de mer selon la définition de la norme
XP P34-301 [14].
Lorsque la protection en tête de relevé est réalisée par le recouvrement d’une imperméabilité de façade, l’imperméabilité
dans la zone de recouvrement doit être impérativement de classe supérieure ou égale à I3 selon la norme P 84.403 (DTU 42-1)

[Link] Les retombées ou rives plates


Dans la plupart des cas, les balcons ne possèdent pas de muret d’acrotère en bout de dalle.
Les nez de balcons ou rives plates peuvent être traités de dif- férentes manières.
-

L’étanchéité liquide
Le SEL est arrêté par un profilé de rejet d’eau collé ou fixé mécaniquement en tête de retombée pour ne pas créer de suré- paisseur et donc de rétentions
d’eau.
Dans la mesure où le plancher présente une surface unitaire entre joints inférieure à 20 m2, et où il comporte un larmier en sous-face (ce
qui représente la majeure partie des cas), deux solutions peuvent être envisagées :
– en retombée sur toute la hauteur du plancher (fig. 6) ;
– arrêté en rive de planchers sans retombée, ni bande rive.
Ces deux solutions entraînent systématiquement des salissures du nez Cas d’une construction en climat de montagne
Les trop pleins et les siphons sont interdits. L’étanchéité des cani- veaux est renforcée par une armature et une couche d’usure sablée.

[Link] Traversées
Les natures et dispositions des raccordements aux traversées de canalisation sont définies dans la norme NF P84-204 [13]. Ceux-ci
s’exécutent de deux manières :
– pièce comportant platine et manchon préfabriqués ou assemblés par soudure .
– béton avec fourreau.
La partie émergente de la traversée au-dessus de l’ouvrage fini (niveau circulé) doit être d’au moins 10 cm. Cette hauteur est dérogatoire
de la norme P 84-204 [12] qui, elle, impose 15 cm au minimum.
Sur balcon abrité, l’espace entre la canalisation et le manchon doit être obturé en tête.
Sur balcon non abrité, un dispositif de rejet d’eau sera mis en place.

[Link] Les évacuations


Le dispositif des évacuations des eaux pluviales comprend les entrées d’eau et les trop pleins. Leur nature et dispositions sont définies dans la
norme NF P84-204 [13].
Les évacuations des eaux pluviales sont constituées d’une platine et d’un moignon soudé. Celles-ci sont rendues soli- daires du gros œuvre par
fixations mécaniques de la platine. L’étanchéité est réalisée par le SEL qui vient en recouvrement de la platine avec renforcement par une armature. Afin
d’éviter les surépaisseurs (et donc les rétentions d’eau) liées à la mise en place de la platine, un encuvement dans le support béton est réalisé.
Dans le cas où le SEL est mis en œuvre sous protection dure ou sous carrelage collé, le dispositif d’évacuation des eaux pluviales doit permettre
l’évacuation des eaux de surface, mais aussi des eaux d’infiltration sous cette protection (fig. 7).
important
Cas d’une construction en climat de montagne
La hauteur du relevé sera au minimum de 20 cm au-dessus du niveau circulé, et les ouvrages de raccordement sont soit en béton, soit métalliques.

[Link] Scellements
Les scellements ne doivent en aucun cas nuire à la continuité de l’étanchéité.
Dans la majorité des cas, les scellements sont réalisés avec des chevilles chimiques. Les résines synthétiques utilisées pour ce mode de fixation assurent
la continuité de l’étanchéité Si le SEL comprend une armature généralisée, le renforcement n’est pas obligatoire.
Joints de dilatation
Ces joints présentent une ouverture supérieure ou égale à 20 mm, dissociant deux parties de la construction.
Ils sont formés dans un premier étage par le SEL courant, renforcé par une armature formant une lyre dans le joint et
débordant d’environ 10 cm de part et d’autre du joint. La lyre est ensuite remplie par un produit souple. Le deuxième étage d’étanchéité
est alors constitué en libre dilatation de la même manière que le joint diapason.

[Link] Fissures et joints


Fissures
Les fissures inférieures à 0,3 mm ne nécessitent aucun traite- ment. Les fissures comprises entre 0,3 mm et 2 mm sont pon- tées à l’aide du SEL
courant, renforcé par une armature décrite dans le dossier technique du procédé et qui devra déborder d’au moins 3 cm de part et d’autre. Si le SEL
comprend une armature généralisée, le pontage n’est pas obligatoire.
Au-delà de 2 mm, la fissure est traitée comme un joint.
Joints
Il existe trois types de joints :
– joints de retrait et de fractionnement ; – joints diapason ;
– joints de dilatation.
Joints de retrait et du fractionnement
Ces joints représentent une ouverture entre 2 mm et 10 mm, coupant le support sur une partie seulement de son épaisseur. Ils sont fermés par un
matériau extrudé à caractère souple puis traités de la même manière que les fissures.
Joints diapason
L’étanchéité liquide
Ces joints présentent une ouverture inférieure ou égale à
20 mm, coupant la totalité de l’élément porteur et venant à une de ses extrémités en butés sur un ouvrage continu.
Ils sont obturés par un mastic élastomère première catégorie sur fond de joint. Après la pose d’une bande de désolidari- sation de 10 cm sur les joints,
ceux-ci sont pontés à l’aide du SEL courant, renforcé par une armature décrite dans le dossier technique du procédé débordant d’au moins 10 cm de part
et d’autre du joint. 7.5 Protection
Dans la plupart des cas, les SEL sont directement circulables. Cependant, et sous réserve de certaines conditions de per- formances,
selon le guide d’emploi (tab. 2), les SEL peuvent recevoir une protection dure soit par collage, soit par pose en désolidarisation. Sous
protection, le SEL aura toujours une épaisseur au moins égale à 1 mm.

7.5.1 Protection collée


Les règles de choix et de mise en œuvre de la protection collée sont définies dans le « Cahier des prescriptions techniques d’exécution
des revêtements de sols intérieurs ou extérieurs en carreaux céramique ou analogue collés au moyen de mor- tiers-colle », Cahier du
CSTB, n° 3267, octobre 2000 [15].
Cette protection est constituée d’éléments durs non gélifs col- lés directement sur le SEL.
Le dossier technique du procédé devra spécifier : – le SEL et son mode d’exécution ;
– les délais de mise en œuvre de la protection collée ; – le type de colle ;
– les quantités de colle à mettre en œuvre.
La fixation par collage d’une protection dure en nez de balcon et proscrite.

7.5.2 Protection désolidarisée


Ce type de protection est décrit dans la norme NF P84-204 [13]. En dérogation à cette norme, la protection pourra être constituée par
un revêtement scellé avec le mortier de pose appliqué directement sur la couche de désolidarisation.
Les joints périphériques de mortier et de revêtement sont réalisés conformément aux prescriptions du chapitre 9 «
Prescriptions techniques concernant la pose des revêtements extérieurs de sols scellés » de la norme P 61-202.1 (DTU 52-1) [16]. Ils ont
une largeur de 1 cm.

Important
Cas d’une construction en climat de montagne
Seules sont admises comme protections lourdes dures désolidarisées celles constituées par des caillebotis posés directement sur le SEL ou des
dalles en béton posées sur plots.

8 Entretien
La pérennité des ouvrages réalisés ne pourra être obtenue que si ceux-ci sont entretenus, et si leur usage est conforme à leur destination. De manière
générale, un nettoyage à l’eau avec éventuellement addition de détergents convient tout à fait.
En cas de défaut d’entretien, la poussière, la suie, les mousses, lichens et champignons provoquent un encrassement qui sera à terme impossible à
éliminer.

L’étanchéité liquide

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