Systèmes d'étanchéité liquide : Guide complet
Systèmes d'étanchéité liquide : Guide complet
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Sommaire
1 • Bref historique de l’étanchéité
2 • Les grandes familles de SEL
3 • Les domaines d’emploi
4 • Les pathologies des SEL
5 • Les règles de l’art
6 • Le marché
7 • Étude de l’étanchéité d’un balcon
8 • Entretien
Les systèmes d’étanchéité liquide, plus communément appelés SEL, désignent tout revêtement à base de résine synthétique
thermoplastique ou thermodurcissable constitué d’une ou plusieurs couches du même produit ou de produits différents
armés ou non armés, applicable à l’état liquide sur un ouvrage pour le rendre étanche. Après séchage ou polymérisation, le
revêtement forme une membrane adhérente susceptible de résister à une certaine fissuration du support. Il recouvre sans
discontinuité les points singuliers tels que les évacuations ou les traversées et les relevés.
Les avantages de l’étanchéité liquide sont très nombreux :
– la faible épaisseur de revêtement limite son poids qui se situe entre 1,5 kg/m2 et 3 kg/m2, ce qui est négligeable dans le cadre des
surcharges habituelles dans la construction actuelle ;
– son application est réalisable quelle que soit la forme de l’ouvrage à étancher, ce qui permet au concepteur d’intégrer la toiture
dans son projet architectural (photo 1) ;
– en raison de son adhérence et de son élasticité, son exécution est possible sur pratiquement tous les supports y compris en cas de
mixité de supports (métal, verre, béton), d’anciennes étanchéités telles que asphalte, feuilles bitumineuses ou synthétiques, bois ; –
les aspects de finition sont très variés (coloré, pailleté, marbré, sablé avec des quartzs naturels ou colorés) ;
– la circulabilité dispense de la mise en œuvre d’une protection dure (mais celle-ci est évidemment possible).
1.1 L’asphalte
L’asphalte est l’étanchéité la plus ancienne, déjà utilisée dans la vallée de l’Euphrate (Sud-Est de la Mésopotamie) entre 3800 et 2500
ans avant J.-C. En effet, la civilisation sumérienne offre les premiers exemples connus d’une utilisation intensive de l’asphalte. Dans la
vallée de l’Indus à Mohenjo-Daro, des réservoirs en briques ont été étanchés avec de l’asphalte. Nabuchodonosor II, roi de Babylone (600
ans avant J.-C.), fit réaliser les fameux jardins suspendus de Babylone que la tradition antique cite comme la septième merveille du
monde. Tous les jardins sont étanchés avec de l’asphalte ce qui permet une irrigation intensive et donc une floraison exceptionnelle. Avec le
déclin de l’empire babylonien, l’utilisation de l’as- phalte se fait plus rare. Au Moyen Âge, on retrouve quelques ouvrages importants
tels que le palais des Papes à Avignon dont les terrasses sont étanchées avec de l’asphalte.
L’étanchéité liquide
1.2 Les membranes bitumineuses
Avec la Révolution industrielle, la distillation de la houille amène l’emploi des goudrons et brais, puis la distillation du pétrole, l’emploi des
bitumes.
En 1839, Édouard Ythier réinvente l’emploi du chanvre bitumé et du ciment volcanique et surtout, en 1906, Charles Geisen invente la
chape d’étanchéité Mammouth, simple toile de jute trempée dans du bitume de pétrole.
En 1967, Ghislain Croyere met au point une formule qui permet de calculer l’amplitude maximale tolérée par les fissures. Cette formule devient à
cette même période la base scientfique de l’invention des feuilles de bitume élastomère. Celle-ci va révolutionner le monde de l’étanchéité. À
cette époque, le secteur de l’étanchéité ne bénéficie pas d’une bonne image de marque, il est mis à mal par de nombreux sinistres et désordres.
L’arrivée sur le marché des feuilles de bitume SBS permet de limiter un certain nombre de problèmes. La limite d’élasticité passe de 0,7 % (pour
les bitumes oxydés) à plus de 100 %.
L’étanchéité liquide
2.1 Les polyuréthanes
Résines mono ou bicomposantes, avec ou sans solvants, composées d’isocyanates et d’alcools (des polyols), les poly- uréthanes
polymérisent sous l’action des molécules d’eau en suspension dans l’air.
Aujourd’hui, ils représentent le premier procédé d’étanchéité liquide sur le marché, principalement pour des raisons de coût de fabrication
relativement faible.
Dès leur démarrage au milieu des années 1970, ces résines ont été présentées sous la forme de produits monocomposants. Mais, malgré les
apparences, leur mise en œuvre reste com- plexe du fait de leur réaction à l’eau : support parfaitement sec, taux d’humidité de l’air faible,
pas de brouillard ni de rosée, et un temps de polymérisation relativement long, de dix à quinze heures par couche pour une
consommation de 0,400 à 0,700 kg/m2. De plus, des délais de recouvrement assez courts en font des produits fastidieux à mettre en œuvre.
Enfin comme ils polymérisent de l’extérieur vers le cœur de la membrane formée, il est impératif de faire une succession de couches fines
au risque d’enfermer les solvants à cœur et d’obtenir une mauvaise polymérisation.
Les solutions bicomposantes sont apparues dans un deuxième temps, elles sont beaucoup plus rapides à mettre en œuvre grâce à
l’accélération de la polymérisation.
L’étanchéité liquide
2.3 Les époxys
Ce sont des résines bicomposantes sans solvant, sans odeur, qui présentent peu ou pas de retrait.
Ce sont des résines extrêmement résistantes au poinçonnement et à la chaleur, aux produits chimiques et aux hydrocarbures, qui sont
donc très utilisées en sol notamment pour les sols industriels. Elles sont en revanche très sensibles aux températures au moment
de la mise en œuvre, et à cause de leur résistance mécanique, elles réagissent mal à la fissuration.
Elles sont ainsi utilisées principalement en étanchéité comme primaire de fermeture ou d’accrochage du support.
Remarque
Plus on avance dans le temps, plus les industriels de la chimie mettent sur le marché des produits de base permettant la réalisation de pro-
duits finis performants. Ces industriels cherchant constamment à améliorer soit les performances, soit le prix de revient de leurs pro-
duits, nous verrons apparaître dans l’avenir des produits dont nous ignorons tout à l’heure actuelle.
La plupart des systèmes actuels ont pour origine des produits de base apparus sur le marché il y a plusieurs décennies
L’étanchéité liquide
3.3 Toitures-terrasses et terrasses
Les SEL trouvent des applications en terrasses et toitures- terrasses (photo 4). Ils permettent de résoudre des problèmes impossibles à
résoudre avec les techniques dites traditionnelles.
Toutefois les limites existent notamment sur le plan thermique car il est, à ce jour, réglementairement interdit de mettre en œuvre un SEL
sur un isolant thermique.
La seule solution pour respecter les règles thermiques est d’uti- liser la technologie dite de la toiture inversée.
Les produits utilisés doivent être conformes à l’ETAG 005 (Guide d’agrément technique européen) .
4.1 Le bullage
L’étanchéité liquide
4.1.3 Bullage de réaction
Ce phénomène concerne essentiellement les résines polyu- réthanes. En effet, celles-ci dégagent des bulles de gaz car- bonique en
présence d’eau ou d’humidité. Ce phénomène apparaît lorsque :
– une résine polyuréthane bicomposante est mélangée avec des charges humides ;
– une résine polyuréthane monocomposante est appliquée en couche épaisse ;
– l’application est réalisée sur support humide.
4.2 La fissuration
Ce phénomène peut se produire si le SEL mis en œuvre n’est pas assez souple ou pas assez épais. Il provient toujours d’un mouvement du
support.
4.5 Le poinçonnement
Ce phénomène peut se produire lorsque le SEL est mis en œuvre sur un support poinçonnant (asphalte, enrobés) en
présence d’une charge statique lourde mal répartie. Pour évi- ter ces désordres, la mise en place de platines de répartition est
nécessaire. À noter que les SEL sont thermosouples en opposition aux étanchéités bitume ou asphalte qui sont, elles,
thermomaléables.
La connaissance de ces différents désordres nous permet d’évi- ter les erreurs suivantes :
– une mauvaise préparation du support ;
– un mauvais mélange du produit pour les multicomposants ; – une mauvaise homogénéisation pour les monocomposants ; –
une application sur un support non admis ;
– une application sur un support dont l’humidité est supé- rieure à celle admise par les documents techniques du produit ; –
une application sur un support non stable mécaniquement ; – le non-respect des conditions climatiques ;
– l’emprisonnement d’eau sous le SEL ;
– une application trop faible de primaire ;
– l’absence de renfort dans les parties soumises à des contraintes ; – une mauvaise mise en œuvre de l’entoilage ;
– une épaisseur insuffisante du SEL ;
– une application en couches trop épaisses par rapport aux documents techniques du produit ;
– l’irrégularité de l’épaisseur ;
– une mise en circulation prématurée ;
– l’utilisation de produits non prévus par le fabricant (sol- vant…) ;
– une mauvaise destination du SEL.
Malgré tout, l’adhérence des SEL limite considérablement les conséquences d’un défaut localisé. D’autre part, les défauts
apparaissent très vite, souvent avant la fin des travaux, mais quasiment toujours dans la première année d’exploitation.
– « Règles professionnelles SEL concernant les travaux d’étanchéité réalisés par application de Systèmes d’Étanchéité Liquide sur
planchers extérieurs en maçonnerie dominant des parties non close du bâtiment », parues en septembre 1999 et actuellement en révision .
– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur
planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides », parues en octobre 2002 et révisées en mars 2010 .
– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur les
rampes de parking », parues en mai 2012 .
– « Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par applications de Systèmes d’Étanchéité liquide sur les
dalles de parking », parues en décembre 2013 .
L’étanchéité liquide
Un texte est issu de la CSFE : « Recommandations profession- nelles de la CSFE pour la mise en œuvre des systèmes d’étanchéité liquide .
Le CSTB a, quant à lui, publié en septembre 2010 un CPT (cahier des prescriptions techniques) n° 3680 qui vise les SEL pour les
toitures inaccessibles et accessibles aux piétons et au séjour. Ce document est publié dans le e-cahiers du CSTB.
6 6-Le marché
Si le marché des SEL a stagné pendant de longues années, il connaît aujourd’hui une croissance certaine et iné[Link] milieu
professionnelle a énormément œuvré pour le développement des SEL qui ont long- temps souffert d’un manque de notoriété.
Quelques freins au développement subsistent encore, certains dérivant même de comportements propres à la culture et à l’histoire.
Mais certains événements ont réellement positionné les SEL sur une rampe de lancement :
– la parution des premières règles professionnelles qui ont apporté des référentiels absents du secteur ;
– l’apparition dans la nomenclature Qualibat des qualifications 3241 et 3242 propres à l’étanchéité liquide, et qui représentent
pour l’entreprise qualifiée la reconnaissance de sa capacité technique à réaliser des travaux dans cette activité ;
– les compagnies d’assurance plus enclines à garantir les travaux d’étanchéité réalisés par SEL. En effet, les ouvrages d’étanchéité
liquide, comme tous les ouvrages d’étanchéité, sont bien concernés par la loi ce qui comprend donc l’obligation de garantie
décennale.
Il n’est pas utopique de penser qu’à moyen terme, les SEL deviennent le deuxième système d’étanchéité en surface réalisée pour
plusieurs raisons :
– la publication de nouveaux référentiels tels que règles pro- fessionnelles ou cahiers de prescriptions techniques renforce la notoriété des SEL, et
rassure tous les acteurs de la construction ; – les fabricants historiques de membranes d’étanchéité bitu- mineuses ou synthétiques n’hésitent plus à
promouvoir et à développer les SEL, ce qui permet de dissiper le clivage entre les systèmes ;
– la mixité des systèmes, comme par exemple la réalisation d’une partie courante avec un système bitumineux ou syn- thétique et la réalisation
des points singuliers avec un SEL, permet de bénéficier des avantages des différents systèmes ;
– les entreprises d’étanchéité « traditionnelles » évoluent culturellement et manifestent beaucoup moins d’opposition aux SEL. Elles n’hésitent plus à
former leurs compagnons à ces techniques.
7.1 Préambule
Les règles professionnelles « balcons-loggias » parues en sep- tembre 1999 [1] et actuellement en révision présentent l’ensemble des dispositions
relatives aux travaux d’étanchéité par applica- tion de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers extérieures en maçonnerie dominant des parties
non closes de bâtiment. Elles s’adressent à tous les acteurs de la construction concer- nés par ce type d’ouvrage.
Celles-ci établissent les principes généraux de mise en œuvre des SEL apparents ou protégés, pour l’exécution de revête- ments d’étanchéité
adhérents, en ouvrages neufs ou en réfec- tion ne comportant pas d’isolation thermique, et susceptibles de recevoir des sollicitations mécaniques
engendrées par la circulation ou le stationnement piétonnier.
Ces règles professionnelles visent l’application de revêtements utilisés en France métropolitaine en climat de plaine (altitude inférieure ou égale à
900 m). La mise en œuvre de SEL en climat de montagne fait l’objet de recommandations parti- culières dans chacun des chapitres ou
paragraphes concernés sous forme d’amendement intitulé « Climat de montagne ».
Important
Cas des constructions en montagne
Les prescriptions figurant dans les Règles professionnelles « balcons- loggias » [1] sont applicables dans tous les cas où elles ne sont pas modifiées par celles
intitulés « climat de montagne ».
La spécificité des constructions en montagne rend les travaux d’étan- chéité particulièrement délicats.
Dans les régions soumises à un climat de montagne, les ouvrages doivent être conçus et réalisés en tenant compte :
– des écarts journaliers de température de surface ;
– des charges localisées ou réparties de neige et de glace ;
– de l’érosion et des arrachements provoqués par des déplacements de la neige et de la glace ;
– des phénomènes de siphonage ;
– des périodes réduites de l’année pendant lesquelles il est possible de construire et d’effectuer l’entretien.
On considère généralement (mais pas exclusivement) de manière conventionnelle, comme soumis au climat de montagne, les bâti- ments
situés à une altitude supérieure à 900 m.
Les documents particuliers du marché (DPM) peuvent imposer les prescriptions du climat de montagne pour des bâtiments situés à une altitude
inférieur à 900 m selon la spécificité climatique du site.
L’étanchéité liquide
La carbonatation est un phénomène inéluctable correspondant à la chute du pH du béton causée par l’acidité de l’atmosphère et lorsque le
front de carbonatation atteint les armatures, celles-ci s’oxydent, foisonnent et font éclater le béton.
Dans le cas des balcons, les aciers qui reprennent le plus d’ef- forts sont les aciers supérieurs, et sont donc les plus exposés. Le récent
drame d’Angers du 15 octobre 2016, où l’effondre- ment d’un balcon a causé la mort de quatre personnes, doit nous inciter à
considérer l’étanchéité de ces ouvrages comme essentielle. Dans le cas contraire, il est à craindre que des drames similaires se
reproduisent.
[Link] Types
Tous ces supports sont à base de liants hydrauliques :
– dalles monolithiques en béton armé coulées en œuvre ou d’éléments préfabriqués en béton armé ou béton précontraint,
L’étanchéité liquide
de type A, B ou C selon la norme NF P 10-203 (DTU 20-12) [8]. Les éléments porteurs de type D ne sont pas visés par les règles
professionnelles ;
– formes de pente adhérentes à l’élément porteur conformes à la norme NF P 10-203-1 (DTU 20-12) [8] ;
– chapes ou dalles armées ou non, adhérentes à l’élément por- teur conformes à la norme P 14-201 (DTU 26-2) [9].
[Link] Préparation
Les supports auront été coulés au moins 28 jours avant l’appli- cation du SEL :
– si le support est lissé ou a reçu un produit de cure, il doit subir une opération de grenaillage ;
– si le support présente une laitance superficielle, il doit subir une opération de ponçage ou de grenaillage. Pour ne pas altérer sa surface en
profondeur, il peut être traité à l’acide phospho- rique dilué à 10 % puis rincé abondamment à l’eau. Dans ce cas, l’entreprise en charge de la
mise en œuvre du SEL doit impéra- tivement connaître le taux d’humidité du support, sachant que le taux d’humidité admissible du support
lors de l’application du SEL est défini au dossier technique du procédé ;
– les éventuelles souillures (huiles, graisses) doivent être élimi- nées. La voie mécanique doit être privilégiée par rapport à un décapage
thermique ;
– des réparations limitées en nombre et en surface sont admises. Elles doivent être exécutées avec des produits conformes à la norme NF EN
1504-3 [10].
L’étanchéité liquide
7.3.2 Supports anciens
[Link] Types
Aux supports énumérés ci-dessus s’ajoutent :
– les revêtements rapportés, constitués par des éléments durs, adhérents directement à l’élément porteur, par exemple des carreaux de
céramique ou pierre ;
– les dalles de balcon en pierre ;
– les supports revêtus d’une peinture ou d’un SEL.
Les supports à base de liant hydrocarboné (asphalte, béton bitumineux) ne sont pas visés dans les règles professionnelles.
[Link] Préparation
Supports en béton ou mortier de ciment
Après sondage, les zones mal adhérentes sont éliminées. L’état de surface est ensuite reconstitué par dressage ou ragréage. La
compatibilité avec le SEL aura au préalable été vérifiée.
Si le béton est dégradé suite à l’oxydation des armatures, celles-ci subiront un traitement de protection selon la norme NF DTU 42-
1 [11]. L’importance des dégradations doit rester superficielle et en aucune manière mettre en péril la stabilité de l’ouvrage. Sinon il
serait nécessaire de prévoir une étude de stabilité de l’ouvrage avant l’application du SEL.
La connaissance de la porosité du support peut être intéres- sante. Le test de l’absorption d’une goutte d’eau décrit dans le DTU 59-3
[12] n’est pas normalisé, mais il permet de détecter des bétons très poreux, sous dosés en ciment ou des bétons trop lisses, le temps
d’absorption doit être compris entre 60 et 240 secondes (la disparition de la goutte en moins d’une minute met en évidence un
support trop poreux, et au-delà de quatre, un support trop fermé).
Ce test permet d’ajuster en conséquence la prévision de consommation de primaire en comparaison avec la norme du fabricant.
Supports en carrelage
Après sondage, les carreaux mal adhérents sont éliminés et remplacés :
– soit par des nouveaux éléments ;
– soit par un mortier de ciment adjuvanté ou un mortier de résine synthétique.
En fonction de la nature et de l’état de surface du carrelage existant, ainsi que des traitements d’entretien subis, une
pré- paration spécifique est effectuée comme par exemple un dépo- lissage par ponçage au disque diamant.
Les SEL de par leur faible épaisseur n’ont pas pour effet de masquer le spectre des joints courants de carrelage.
Pour sa disparition, il sera nécessaire de procéder à un surfaçage pré- alable.
Supports en pierre
Compte tenu de la diversité des supports rencontrés (nature des pierres, mode de pose, etc.), la préparation de ces supports sera déterminée au
cas par cas (ponçage diamant, ragréage, etc.).
Supports peints ou revêtus d’un SEL
Les revêtements existants seront obligatoirement décapés, sauf étude préalable de reconnaissance.
L’étanchéité liquide
– une première couche de résine forme le premier étage d’étan- chéité ;
– une deuxième couche de résine forme le deuxième étage d’étanchéité. Cette couche doit assurer l’autoprotection (sauf dans le cas d’une
protection dure rapportée).
[Link] Primaire
La grande majorité des SEL nécessitent l’utilisation d’un pri- maire d’accrochage (sauf dispositions particulières du dossier
technique du procédé). En effet, les SEL ne possèdent pas en général des qualités de pénétration du support, la viscosité est étudiée pour
permettre l’élaboration d’une membrane épaisse. Un primaire jouera le rôle d’intermédiaire, d’interface entre le SEL et le support.
L’expérience acquise prouve qu’un primaire représente une sécurité vis-à-vis de l’adhérence.
Ce primaire peut être dans certains cas le SEL dilué pour faci- liter sa pénétration dans le support.
Le rôle du primaire est multiple :
– création d’une barrière pare-vapeur permettant au SEL de polymériser ou de sécher en étant protégé des poussées de vapeur sous-
jacentes ;
– amélioration dans une certaine mesure de la qualité du sup- port, du moins superficiellement.
Remarque
Sous protection dure, l’épaisseur en tous points du film sec consti- tuant le SEL est de 1 mm. Ce revêtement est de classe SE2 selon le guide de l’emploi (tab. 2).
Dans le cadre de travaux curatifs exécutés sur des ouvrages à usage privatif de plus de dix ans – balcons ou loggias étanchés ou non – de surface unitaire
inférieure ou égale à 20 m 2, l’épaisseur minimale peut être ramenée à 0,8 mm lorsque le SEL mis en œuvre est armé d’un tectile manufacturé continu ; ce
revêtement est de classe SE2 selon le guide d’emploi (tab. 2).
En climat de montagne, l’épaisseur minimale de revêtement est de
1 mm. Ce revêtement est de classe SE4 lorsqu’il est directement accessible ou mis en œuvre sous protection dure désolidarisée. Dans le cas de collage de la
protection dure, le SEL est alors classé SE5 selon le guide d’emploi (tab. 2).
Entoilage
Certains SEL ont été mis au point avec un entoilage général. Mais la mise en œuvre d’un entoilage peut être envisagée pour diverses raisons,
par exemple :
– la résistance mécanique sur des fissures actives ; – la résistance accrue à certains agents chimiques.
Les armatures utilisées sont soit des toiles, soit des voiles avec dans les deux catégories des grammages particuliers.
Les armatures utilisées sont propres à chaque SEL, et la subs- titution de l’entoilage prévu dans les documents techniques par un autre
est un acte important non dénué de conséquences.
La résistance d’un SEL armé est le fruit de la combinaison intime du SEL et de l’armature. Changer un paramètre au pied levé, c’est
prendre un risque.
Tab.2. Emploi des SEL selon leur classe sur des ouvrages en maçonnerie dominant des parties non closes d’un bâtiment.
L’étanchéité liquide
Plancher à usage
Planchers à usage
piétonnier : balcons,
piétonnier : balcons, Planchers à usage piétonnier
loggias, coursives,
loggias, coursives, Planchers à usage sous protection lourde dure
passerelles, tribunes,
passerelles, tribunes, piétonnier sous y compris les ouvrages
escaliers, y compris
escaliers, y compris protection dure, saillants liés à ces planchers
les ouvrages saillants
les ouvrages saillants y compris les Applicable en climat de
Destination liés à ces planchers
liés à ces planchers ouvrages saillants plaine
Bandeaux, corniches,
Bandeaux, corniches, liés à ces planchers et en climat de
auvents,
auvents, Applicable en montagne
couronnement
couronnement climat de plaine
Utilisable en Utilisable exclusivement
Utilisable
Non utilisable accessibilité directe sous protection dure collée
Protection exclusivement sous
sous protection ou sous protection
protection dure
Fissuration existante dure dure désolidarisée
admissible du support ≤0,3 mm
(sans traitement
Constitution
Deux couches sur
minimale du
Épaisseur sèche du primaire
≥0,8 mmsi nécessaire ≥1,0 mm ≥1,0 mm ≥1,0 mm
SEL
(1) Traitement obligatoire des fissures d’ouverture supérieure à 0,3 mm (cf. 7.3161 des règles professionnelles).
(2) L’application d’une seule couche est possible en cas de SEL d’épaisseur égale ou supérieure à 1,5 mm.
L’étanchéité liquide
ou par la mise en œuvre d’un entoilage lorsque les matériaux constitutifs du support sont de nature différente. Le primaire d’accrochage
est alors adapté au type de support rencontré. Le dimensionnement et le mode d’exécution des ouvrages particuliers sont décrits dans
les normes NF P 10-203 (DTU 20-12) [8] et NF P84-204 [13].
La tête du relevé doit être protégée par un ouvrage ou disposi- tif qui empêche les eaux de ruissellement ou de rejaillissement de s’introduire
derrière le relevé.
Cette protection peut être :
– une engravure réalisée par l’entreprise applicative du SEL .
– un becquet ou bandeau formant un larmier ;
– une bande de solin métallique sous avis technique du CSTB .
– tout autre dispositif recouvert par un revêtement I3 ou I4. La protection en tête n’est pas obligatoire en cas de relevés protégés par le
balcon de l’étage supérieur. Cette tolérance n’est pas applicable aux ouvrages exposés en front de mer selon la définition de la norme
XP P34-301 [14].
Lorsque la protection en tête de relevé est réalisée par le recouvrement d’une imperméabilité de façade, l’imperméabilité
dans la zone de recouvrement doit être impérativement de classe supérieure ou égale à I3 selon la norme P 84.403 (DTU 42-1)
L’étanchéité liquide
Le SEL est arrêté par un profilé de rejet d’eau collé ou fixé mécaniquement en tête de retombée pour ne pas créer de suré- paisseur et donc de rétentions
d’eau.
Dans la mesure où le plancher présente une surface unitaire entre joints inférieure à 20 m2, et où il comporte un larmier en sous-face (ce
qui représente la majeure partie des cas), deux solutions peuvent être envisagées :
– en retombée sur toute la hauteur du plancher (fig. 6) ;
– arrêté en rive de planchers sans retombée, ni bande rive.
Ces deux solutions entraînent systématiquement des salissures du nez Cas d’une construction en climat de montagne
Les trop pleins et les siphons sont interdits. L’étanchéité des cani- veaux est renforcée par une armature et une couche d’usure sablée.
[Link] Traversées
Les natures et dispositions des raccordements aux traversées de canalisation sont définies dans la norme NF P84-204 [13]. Ceux-ci
s’exécutent de deux manières :
– pièce comportant platine et manchon préfabriqués ou assemblés par soudure .
– béton avec fourreau.
La partie émergente de la traversée au-dessus de l’ouvrage fini (niveau circulé) doit être d’au moins 10 cm. Cette hauteur est dérogatoire
de la norme P 84-204 [12] qui, elle, impose 15 cm au minimum.
Sur balcon abrité, l’espace entre la canalisation et le manchon doit être obturé en tête.
Sur balcon non abrité, un dispositif de rejet d’eau sera mis en place.
[Link] Scellements
Les scellements ne doivent en aucun cas nuire à la continuité de l’étanchéité.
Dans la majorité des cas, les scellements sont réalisés avec des chevilles chimiques. Les résines synthétiques utilisées pour ce mode de fixation assurent
la continuité de l’étanchéité Si le SEL comprend une armature généralisée, le renforcement n’est pas obligatoire.
Joints de dilatation
Ces joints présentent une ouverture supérieure ou égale à 20 mm, dissociant deux parties de la construction.
Ils sont formés dans un premier étage par le SEL courant, renforcé par une armature formant une lyre dans le joint et
débordant d’environ 10 cm de part et d’autre du joint. La lyre est ensuite remplie par un produit souple. Le deuxième étage d’étanchéité
est alors constitué en libre dilatation de la même manière que le joint diapason.
Important
Cas d’une construction en climat de montagne
Seules sont admises comme protections lourdes dures désolidarisées celles constituées par des caillebotis posés directement sur le SEL ou des
dalles en béton posées sur plots.
8 Entretien
La pérennité des ouvrages réalisés ne pourra être obtenue que si ceux-ci sont entretenus, et si leur usage est conforme à leur destination. De manière
générale, un nettoyage à l’eau avec éventuellement addition de détergents convient tout à fait.
En cas de défaut d’entretien, la poussière, la suie, les mousses, lichens et champignons provoquent un encrassement qui sera à terme impossible à
éliminer.
L’étanchéité liquide