Colle 15 - lundi 19 janvier 2015 - Colleur : Isenmann - MPSI .. - Groupe ..
Planche 1.
Exercice 0. Soit f : [0, 1] → [0, 1] continue. Montrer que f admet un point fixe.
Exercice 1. Montrer qu’une fonction continue et périodique définie sur R est bornée.
Exercice 2. Soit f : R → R continue sur R telle que pour tout x, y ∈ R,
f (x + y) = f (x) + f (y)
Déterminer f .
Planche 2.
Question de cours. Montrer que la composée de deux fonctions continues est continue.
Exercice 1. Soit f : R → R continue telle que limx→−∞ f (x) = −1 et limx→+∞ f (x) = 1.
Montrer que f s’annule.
Exercice 2. Soit f : R → R continue et 1 périodique. Montrer que pour tout a > 0, il
existe c ∈ R tel que f (a + c) = f (c).
Planche 3.
Exercice 0. Soit f : R → Z continue. Montrer que f est constante.
Exercice 1. Soit f : [0, +∞[→ [0, +∞[ continue telle que
f ◦ f = id
Déterminer f .
Exercice 2. Soit f : [0, 1] → [0, 1] une application continue telle que f ◦ f = f . Montrer
que l’ensemble des points fixes de f est un segment non vide de [0, 1].
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Solutions - Planche 1.
Exercice 0. On utilise la technique fondamentale suivante : si on veut montrer que
f a un point fixe, on montre que f (x) − x a un zéro. Pourquoi ? Car on possède des
critères efficaces pour montrer qu’une fonction a des zéros. Par exemple le théorème des valeurs
intermédiaires. On pose g(x) = f (x) − x. Alors g est continue sur [0, 1]. Or g(0) = f (0) ≥ 0 et
g(1) = f (1) − 1 ≤ 0. Donc par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à g sur [0, 1], il
existe un zéro pour g sur [0, 1]. On le note a. Alors f (a) = a et a est un point fixe de f .
Exercice 1. Soit f continue et périodique. On note T sa période :
f (x + T ) = f (x), ∀x ∈ R
Sur [0, T ], qui est un segment, f est continue donc bornée. Il existe donc M > 0
tel que |f (x)| ≤ M sur [0, T ]. On va maintenant ramener tout point hors de ce segment à ce
segment.
Soit x ∈ R, il existe un entier relatif n tel que x + nT ∈ [0, T ]. Pourquoi ? On cherche
n tel que 0 ≤ x + nT ≤ T . Donc tel que −x/T ≤ n ≤ 1 − x/T . Il suffit donc de choisir
n = E(−x/T ). Du coup par périodicité, f (x + nT ) = f (x). Or x + nT ∈ [0, T ] donc par ce qui
précède, |f (x + nT )| ≤ M . Finalement, |f (x)| ≤ M sur R .
Exercice 2. Procédons par analyse et synthèse. D’abord essayons de deviner la solution.
La relation précédente est une relation dite “linéaire”. Les applications linéaires vérifient donc
cela : f (x) = ax vérifie bien la propriété pour tout a ∈ R. On va montrer que ce sont les seules.
Analysons. Soit f une solution. Appliquons la relation à des cas particuliers. Commençons
par : x = y = 0. Alors f (0) = f (0) + f (0). Donc f (0) = 0. La fonction passe déjà par l’origine.
Passons à x = y = 1 : f (1 + 1) = f (2) = 2f (1). C’est là qu’il faut penser à f (x) = ax.
On devine alors que le a doit être le f (1). Il faut donc montrer que f (x) = xf (1) pour tout
x. C’est déjà vrai pour 0, 1 et 2. Est ce que c’est vrai pour d’autres nombres ? Montrons le
pour les entiers. Cela se fait par récurrence. Supposons que cela soit vraie pour n ≥ 0. Alors
f (n + 1) = f (n) + f (1) = nf (1) + f (1) = (n + 1)f (1). Donc par récurrence f (n) = nf (1) pour
tout n ≥ 0. De plus comme f (0) = 0, alors f (−x) = −f (x). Donc f (n) = nf (1) pour tout
n ∈ Z.
On se dirige vers une preuve par densité comme les rationnels sont denses dans R. Montrons
donc que pour tout rationnel p/q on a f (p/q) = p/qf (1).
Soit q un entier positif non nul on a :
f (1) = f (1/q + · · · + 1/q) = qf (1/q)
Donc f (1/q) = 1/qf (1). Donc f (p/q) = p/qf (1).
Maintenant utilisons la densité et la continuité. Comme Q est dense dans R, il existe une
suite xn de rationnels telle que xn → x. Or f est continue en x0 , donc f (xn ) → f (x). Or
f (xn ) = xn f (1) d’après ce qu’on a fait avant. Donc xn f (1) → f (x). Or xn → x. Donc par
unicité de la limite, xf (1) = f (x) pour tout x ∈ R .
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Solutions - Planche 2.
Question de cours. On utilise le critère séquentiel ici, mais on aurait aussi pu utilisé les
voisinages.
Soit f : I → J et g : J → R deux fonctions telles que f est continue sur I et g est
continue sur J. Soit (xn ) une suite de I qui converge vers x ∈ I. Alors par continuité de f ,
f (xn ) → f (x). (f (xn )) est une suite suite de J qui converge vers f (x). Donc par continuité de
g, g(f (xn )) → g(f (x)). Donc g ◦ f est continue sur I .
Exercice 1. Pour montrer qu’une fonction s’annule on utilise le TVI. Ici il faut faire
un dessin pour comprendre ce qu’il se passe : f est proche de 1 à droite et est proche de −1 à
gauche. Comme f est continue elle “passe bien par 0” à un moment.
Formalisons cela. Comme limx→+∞ f (x) = 1, alors il existe b > 0 tel que f (b) ≥ 1/2. De
même, il existe a < 0 tel que f (a) ≤ −1/2. En appliquant le TVI à f sur [a, b], on conclut qu’il
existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = 0. Donc f s’annule .
Exercice 2. On sent l’utilisation du théorème des valeurs intermédiaires. Soit a > 0. La
technique classique consite à poser g(x) = f (x + a) − f (x) qui est définie et continue sur
R. On va donc chercher à montrer que g s’annule en trouvant deux réels x1 et x2 tels que
g(x1 ) ≥ 0 et g(x2 ) ≤ 0.
Comme f est continue sur le segment [0, 1] alors f est bornée et atteint ses bornes.
Il existe donc x1 et x2 dans [0, 1] tels que f (x1 ) réalise le minimum de f sur [0, 1] et f (x2 ) le
maximum de f sur [0, 1]. C’est-à-dire :
f (x1 ) = inf f (x)
x∈[0,1]
Or par 1-périodicité de f , f (x1 ) = inf x∈R f (x). Pourquoi ? Motrons que f (x1 ) ≤ f (x) pour
tout x dans R. Pour ce faire, il faut ramener x à [0, 1]. On cherche n tel que 0 ≤ x + n ≤ 1.
Donc tel que −x ≤ n ≤ 1 − x. Il suffit donc de choisir n = E(−x). On a alors f (x + n) = f (x).
Or x + n ∈ [0, 1] donc f (x) ≥ f (x1 ).
Du coup par définition de x1 on a :
g(x1 ) = f (x1 + a) − f (x1 ) ≥ 0
De même on montre que
g(x2 ) ≤ 0
D’où on conclut avec les théorème des valeurs intermédiaires : il existe c ∈ R tel que
g(c) = 0. Donc f (a + c) = f (c) .
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Solutions - Planche 3.
Question de cours. Soit f : R → Z continue. Montrons que f est constante. Supposons
que cela ne soit pas le cas. Alors il existe a < b tels que f (a) 6= f (b). Supposons que f (a) < f (b).
Comme f (a) et f (b) sont des entiers. Alors il existe y ∈]f (a), f (b)[ qui ne soit pas entier. Donc
par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe x ∈ R tel que f (x) = y 6∈ Z. C’est
impossible donc f est constante .
Exercice 1. Premier réflexe, chercher une fonction qui marche. Ici c’est l’identité. Est ce
qu’il y en a d’autres ? On dirait pas. On va donc montrer que l’identité est la seule fonction
qui vérifie cela.
Soit f qui convient. Supposons que f 6= id. Alors il existe x ≥ 0 tel que f (x) 6= x. f est
bijective car admet un inverse. f est donc monotone sur R+ . Or f ne peut décroı̂tre sinon
elle serait bornée alors qu’elle doit être surjective. Donc f est croissante.
Supposons alors que f (x) < x. Dans ce cas, comme f est croissante, alors f (f (x)) < f (x).
Or f (f (x)) = x. Donc x < f (x) < x, c’est impossible.
De même, si f (x) > x, par croissance, on a : f (f (x)) > f (x). Or f (f (x)) = x, donc
x > f (x) > x, c’est aussi impossible. Donc f = id est la seule fonction qui convient.
Exercice 2. On note F l’ensemble des points fixes. F = {x ∈ [0, 1] : f (x) = x}. Quel
théorème du cours fait intervenir un segment ? Le TVI ! Il dit que l’image d’un segment
par une fonction continue est un segment. Il faut donc interpréter F comme l’image par
une fonction continue d’un segment et c’est gagné. Choisissons donc une fonction continue et
un segment. Qu’est ce qu’on a comme choix pour la fonction continue ? Bah on pense à f
d’abord. Et pour le segment ? Bah [0, 1] parce que c’est l’ensemble de définition de f . Du coup
est ce qu’on a F = f ([0, 1]) ? Procédons par double inclusion :
Prenons x ∈ F . On a alors x = f (x) ∈ f ([0, 1]). Donc F ⊂ f ([0, 1]).
Réciproquement, prenons x ∈ f ([0, 1]). Alors il existe t ∈ [0, 1] tel que f (t) = x. On a par
hypothèse sur f :
f (x) = f (f (t)) = f (t) = x
Donc x ∈ F . Donc f ([0, 1]) ⊂ F . Finalement, on a bien F = f ([0, 1]) et F est un segment .