3 L’organisation des savoirs
La question de l’organisation des savoirs a été abordée en France par des précurseurs des sciences de
I’information et de la communication. Si l’on se réfère Souvent a la classitication élaborée par Melvil
Dewey, aux (CDU) établie par Paul Otlet et Henri Lafontaine, en Belgique, au début du vingtième
siècle, ces dernières ont été précédées par bien d’autres et notamment par des classements de
bibliothèques privées effectués par des érudits, des secrétaires ou bibliothécaires particuliers ou
encore des religieux. Système de représentation des informations, l’organisation des savoirs est un
des sujets aillés par les sciences de l’information et de la Communication.
3.1 Théorie moderne et théorie post moderne
On peut considérer que les premiers travaux de réflexion sur l’organisation des savoirs a débuté avec
le travail Cque. La bibliographie est d’ailleurs jusqu’au début du XX* siècle, en France, à la fois la
description et un ensemble de savoirs sur le livre.
Les classifications ont fait l’objet de nombreux travaux de recherche, mis en débat dans des colloques
ou journées d’étude, et de réflexions de professionnels de abon. Hae eoutenues de 1973 a
1995 (y compris dans des disciplines autres que la nôtre), I’autre portant sur des travaux publiés [11].
Une revue, Knowledge organization , qui succède à International classification dont elle élargit le
projet éditorial, revue scientifique qui fait référence dans le domaine, au niveau international, et qui
émane de ISKO leur est consacrée.
T certains auteurs entre théorie moderne – approches centrées sur la représentation de l’ensemble
des connaissances -, et théorie post moderne – approches visant à produire des outils pragmatiques
pour des domaines spécifiques. On Approches des classification que l’on peut citer par exemple les
travaux conduits par le Classification research group qui a produit des classifications à facettes. Plus
récemment des chercheurs, notamment danois, ont invité à des approches plus relativistes,
focalisées sur les contextes et les domaines dans lesquels les classifications fonctionnent. L' approche
constructiviste des interactions entre les utilisateurs de
en émergence [12]. Ces recherches visent en particulier à mettre en évidence que les concepteurs
des classifications imposent leur manière de voir la réalité. Pour Mai une classification est une
explication d'une relation existant dans un champ qui satisfait un groupe de personnes à un moment
donné [12]-
3.2 Regard communicationnel sur les classifications
La construction d'une classification est souvent déterminée par des raisons sociales, comme une
interprétation du monde, ou comme une représentation idéologique du savoir. C'est ainsi que Paul
Otlet et Henri La Fontaine, en concevant la CDU Visaient le partage des
I'importance donnée à une classe montre de manière évidente le rôle politique attendu de
l'organisation des savoirs : c'est le cas par exemple de la classification dite BBK (Bibliotecno-
bibliografices kaâklassiskaciá) qui, en URSS, réservait une classe entière au marxisme léninisme
Par ailleurs, des approches sociologiques ont montré que
paradigmes reconnus à un moment donné par la communauté scientifique, aux changements
sociaux, aux effets de mode... [13].
Il paraît donc que les préoccupations des auteurs aient à voir avec la communication sociale ou
politique. L'analyse des mises a jour successıves nécessares pour ue si lPe i l'on envisage une
classification à partir de l'horizon culturel qui l'a suscitée, sa valeur informationnelle est susceptible
de varier en fonction de ses conditions de
réception [141. Ainsi une classification qui s' inscrit dans une durée d'utilisation relativement longue
subit l'influence du contexte micro-social et du contexte socio- Politique fusion des idées des
concepteurs s'en trouve perturbée [IS
3.3 Regard communicationnel sur I'indexation
Une classification est donc un dispositif médiateur. L'indexation se présente alors comme assurant le
lien entre deux dispositifs informationnels : le document d'une part,
élaborés et le système d'organisation des savoirs utilisé d'autre [Link] peut citer quelques
recherches qui portent sur le sens des actes d’indexation à partir des classifications, des thésaurus ou
des listes d’autorité matières.
Dans le domaine de l’art contemporain, par exemple, G. Régimbeau l’a étudié comme point de
rencontre entre la recherche en histoire de I’art, la documentation, et la documentologie. II a montré
qu’au-delà de sa fonction technique, l’indexation, en s’appuyant sur les matériaux paratextuels et sur
la dimension plastique du signe est un moyen pour alimenter l’histoire culturelle. Elle contribue donc
à la propagation des idées [16].
Une autre recherche a été conduite à partir de l’indexation réalisée par des praticiens de
l’information sur des articles scientifiques J.- P. Courtial a mis en évidence que la structure des
relations qui s’tablissent entre les descripteurs rend compte de la structure du domaine auxquels se
rapportent les articles. Il a pu ainsi dresser un bilan du développement des travaux sur
l’ethnopsychiatrie et sur l’autisme [17].
Enfin, on peut également citer C. Courbières qui a posé l’indexation comme une interprétation du
sens, prenant en compte l’ensemble des conditions culturelles supposées de réception du document,
associé à un travail de réécriture. En appliquant l’indexation au discours médiatique sur la mode, elle
a mis au jour deux niveaux informationnels, I’un descriptif, l’autre à forte charge connotative. Ce
dernier montre que l’indexation n’est pas uniquement une aide à la recherche d’information : elle est
aussi production de connaissances nouvelles [18]. Les apports des sciences du langage et de
l’informatique aux sciences de l’information et de la communication sont nombreux dans
Cette thématique de I ’indexation.