Cours d'Algèbre : Première Année
Cours d'Algèbre : Première Année
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Abdelkader Intissar
Université de Corse Pascal Paoli
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ALGEBRE ELEMENTAIRE
Partie I & Partie II
Partie I
Chapitre 1 : Ensembles et relations ...................................................................... 7
§ 3 Produit d’ ensembles
§ 4 Fonctions et Applications
§ 6 Relations binaires
§ 7 Relations de pré-ordre
§ 1 Espace vectoriel
§ 2 Sous-espace vectoriel
§ 3 Enveloppe linéaire
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 1 Généralités
§ 1 Généralités
§ 6 Rang d’une famille de vecteurs, rang d’une matrice et d’une application linéaiore.
§ 2 Groupes d’applications
§ 3 Sous-groupes
§ 4 Homomorphismes de groupes
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 2 Sous-Anneaux
§ 6 Notion de corps
§ 1 Généralités
§ 8 Polynômes symétriques
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Partie II
§ 3 Trigonalisation
§ 4 Polynôme minimal
§ 5 Réduction de Jordan
§ 1 Formes bilinéaires
§ 4 Orthogonalité
§ 8 Groupe orthogonal
§ 1 Généralités
§ 2 Espaces euclidiens
§ 3 Espaces unitaires
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 1 Généralités
§ 2 Théorème de la projection
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Partie I
Chapitre 1
Ensembles & Relations
La notion d’ensemble a été introduite vers 1880 par Cantor et Dedekind sous la forme intuitive
suivante :
Définition
Si un ensemble ne contient aucun objet, on dit qu’i est vide et on le note par ∅.
Soit E un ensemble supposé non vide. Si x est un objet de E, on dit que x appartient à E et
le note x ∈ E.
Exemples
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
* Inclusion : Soit A un ensemble, on dit que A est inclus dans E (sous-ensemble de E) qu’on
note A ⊂ E ⇐⇒ ∀ x ∈ A =⇒ x ∈ E.
* Une partition d’un ensemble Une partition d’un ensemble E est un ensemble de sous-
ensembles A1 , ..., An de E vérifiant :
n
[
(i) Ai = E
i=1
et
Ai ∩ Aj = ∅, ∀ i ∈ {1, 2, ...., n} et ∀ j 6= i.
* L’ensemble de tous les sous-ensembles de E y compris E lui même et le vide sera noté par
P(E).
Exemples
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
* P(∅) = ∅.
Lemme
Si A ⊂ B alors B ⊂ A
Démonstration
Soit x ∈ B alors x ∈
/ B et comme ce dernier contient A alors x ∈
/ A =⇒ x ∈ A.
Définition
Soient E, P(E), I ensemble d’indices et Ai∈I une famille de sous-ensemble de E. Alors on définit :
[
* Ai = {x ∈ E; ∃ i ∈ I et x ∈ Ai }.
i∈I
\
* Ai = {x ∈ E; ∀ i ∈ I, x ∈ Ai }.
i∈I
* Si I = {1, 2} on a A1 ∪ A2 = {x ∈ E; x ∈ A1 ou x ∈ A2 } et A1 ∩ A2 = {x ∈ E; x ∈ A1 et x ∈ A2 }.
Proposition
[ \
(i) Soient A, B et C trois sous-ensembles de E alors et vérifient les propriétés suivantes :
Démonstration
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Quant à γ, pour montrer une égalité d’ensemble on doit démontrer deux inclusions :
A ∩ (B ∪ C) ⊂ (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) et (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ⊂ A ∩ (B ∪ C).
Première inclusion
Premier cas :
Deuxième cas :
Conclusion :
A ∩ (B ∪ C) ⊂ (A ∩ B) ∪ (A ∩ C).
Deuxième inclusion
(A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ⊂ A ∩ (B ∪ C).
Pour montrer cette inclusion, on va utiliser la propriété connue de la réunion dedeux ensembles
(qui est le plus petit ensemble contenu dans les deux).
(A ∩ B) ⊂ A et (A ∩ C) ⊂ A donc (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ⊂ A
(A ∩ B) ⊂ B ⊂ B ∪ C et (A ∩ C) ⊂ C ⊂ B ∪ C donc (A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ⊂ B ∪ C.
(A ∩ B) ∪ (A ∩ C) ⊂ A ∩ (B ∪ C).
? De la même façon, on vérifie que la réunion est distributive par rapport à l’intersection.
[ [ \
(ii) Soit x ∈ Ai ⇐⇒ x ∈
/ Ai ⇐⇒ ∀ i ∈ I; x ∈ Ai .
i∈I i∈I i∈I
\ \ [
Soit x ∈ Ai ⇐⇒ x ∈
/ Ai , ∃ i ∈ I; x ∈
/ Ai ⇐⇒ x ∈ Ai .
i∈I i∈I i∈I
10
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
[ [
(iii) Soit x ∈ A ∩ ( Bi ) ⇐⇒ x ∈ A et x ∈ Bi ⇐⇒ x ∈ A et ∃ i ∈ I; x ∈ Bi
i∈I i∈I
\
⇐⇒ ∃ i ∈ I, x ∈ A etx ∈ Bi ⇐⇒ ∃ i ∈ I; x ∈ A ∩ Bi ⇐⇒ x ∈ A ∩ Bi .
i∈I
\ \
(iv) Soit x ∈ A ∪ ( Bi ) ⇐⇒ x ∈ A ou x ∈ Bi ⇐⇒ x ∈ A ou ∀ i ∈ I; x ∈ Bi
i∈I i∈I
\
⇐⇒ ∀ i ∈ I, x ∈ A oux ∈ Bi ⇐⇒ ∀ i ∈ I; x ∈ A ∪ Bi ⇐⇒ x ∈ A ∪ Bi .
i∈I
§ 3 Produit d’ ensembles
Définition
• E1 × E2 = {(x1 , x2 ); x1 ∈ E1 et x2 ∈ E2 }.
Exemples
Définition
n
Y n
Y
Soient (x1 , x2 , ...., xn ) ∈ Ei et (y1 , y2 , ...., yn ) ∈ Ei , on dit que :
i=1 i=1
Remarque
§ 4 Fonctions et Applications
Définitions
• Soient E et F deux ensembles. On appelle fonction définie sur E et à valeur dans F la loi
qui à tout élément x ∈ E associe un élément bien déterminé y ∈ F . On note f : E −→ F ,
x −→ y = f (x)
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Une application f est la donnée d’un ensemble E, appelé ensemble de départ de l’application,
d’un ensemble F appelé ensemble d’arrivée, et pour chaque élément x de E, d’un unique élément
E vérifiant y = f (x) sont appelés antécédents de y par f (un élément y peut très bien ne pas
avoir d’antécédent, ou au contraire en avoir plusieurs).
Gf = {(x, y) ∈ E × F ; y = f (x)}.
(i) E = G et F = H.
Soit f : E −→ F , x −→ y = f (x)
• Application identité :
Soit f : E −→ F ; x −→ f (x)
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Démonstration
Pour voir que l’inclusion peut être stricte, il suffit de considerer A = [−∞, 0] et
Pour voir que l’inclusion peut être stricte, il suffit de considerer B = [−∞, 0] et
(iii) Soit y ∈ f (A ∪ B)
⇐⇒ ∃ x ∈ A ∪ B; y = f (x).
⇐⇒ ∃x ∈ A ou x ∈ B; y = f (x).
⇐⇒ y ∈ f (A) ou y ∈ f (B)
⇐⇒ y ∈ f (A) ∪ f (B).
(iv) Soit y ∈ f (A ∩ B)
=⇒ ∃ x ∈ A ∩ B; y = f (x).
D’où ∃x ∈ A et B; y = f (x).
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour voir que l’inclusion peut être stricte, il suffit de considerer A =] − ∞, 0], B = [0, +∞[ et
f : R −→ R; x −→ f (x) =| x |, on observe que f (A) = [0, +∞[ et f (B) = [0, +∞[ d’où
(v) Soit x ∈ f −1 (A ∪ B)
⇐⇒ f (x) ∈ A ∪ B.
⇐⇒ f (x) ∈ A ou f (x) ∈ B.
⇐⇒ x ∈ f −1 (A) ou x ∈ f −1 (B)
⇐⇒ x ∈ f −1 (A) ∪ f −1 (B).
(vi) Soit x ∈ f −1 (A ∩ B)
⇐⇒ f (x) ∈ A ∩ B
⇐⇒ f (x) ∈ A et f (x) ∈ B
⇐⇒ x ∈ f −1 (A) et x ∈ f −1 (B)
⇐⇒ x ∈ f −1 (A) ∩ f −1 (B)
Définition
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Exemples
On vérifie facilement que c’est une fonction injective et surjective donc elle est bijective.
• f : R2 −→ R, (x1 , x2 ) −→ f (x1 , x2 ) = x1 + x2 .
On vérifie facilement que c’est une fonction surjective mais elle n’est pas injective.
Projections
n
Y
Soit E1 , E2 , ..., Ei , ..., En une suite d’ensembles et E = Ei .
i=1
Soit i ∈ [1, n], on appelle projection de E sur Ei l’application Pi définie comme suit :
Définition
Voici un diagramme :
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
(x) soit A une partie non vide de R. Alors ou bien A est l’image d’une application f : N −→ R
ou bien A est l’image d’une application injective g : R −→ R (l’hypothèse du continu).
Démonstration
(i) Soit (x1 , x2 ) ∈ E 2 et soit gof (x1 ) = gof (x2 ) alors comme g est injective, on en déduit que
f (x1 ) = f (x2 ) et comme f est aussi injective on en déduit que x1 = x2 c’est-à-dire gof est
injective.
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
∃ x ∈ E; y = f (x) . Mais z = gof (x) donc z a un antécédent par gof , ce qui prouve sa surjec-
tivité.
(iii) Comme h est surjective alors h(E) = G ⇐⇒ g[f (E]) = G ⇐⇒ g est surjective.
(iv) Soit f (x1 ) = f (x2 ) alors h(x1 ) = h(x2 ). Comme h est injective alors x1 = x2 c’est-à-dire f
est injective.
(v) Soit y ∈ F . Comme f est bijective alors il existe un unique antécédent x de y par f , on pose
g(y) = x. On a alors par construction f og(x) = x, donc f og = IF . De plus, si x ∈ E, g(f (x))
est un antécédent de f (x), mais comme il n’y en qu’un ça ne peut être que x, donc on a aussi
gof = IE .
(vi) f et g étant à la fois injectives et surjectives alors gof est à la fois injective et surjective
donc elle est bijective.
∀ x ∈ G, f of −1 og −1 (x) = x.
(vii) Soit x ∈ E, comme gof1 et gof2 sont égales alors on a gof1 (x) = gof2 (x) ∀ x ∈ E et
comme g est injective on en déduit que f1 (x) = f2 (x) ∀ x ∈ E .
(ix) L’ énoncé de cette propriété est plutôt vrai mais pas démontrable.
(x) L’ énoncé de cette propriété est plutôt vrai mais pas démontrable.
Définitions
n!
• Le nombre des arrangements d’indice p de E est défini par Apn = n(n − 1)(n − 2)......(n − p) = .
(n − p)!
• Le nombre de permutations (bijections) de E est défini par Ann = n(n − 1)(n − 2)......2.1 = n!.
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour tout entier naturel n on désigne par Nn l’ensemble des entiers k vérifiant 1 ≤ k ≤ n.
Un ensemble E est dit fini lorsqu’il existe un entier naturel n et une bijection de Nn vers E ce
qu’on appelle cardinal de E, noté card(E) ou #E.
Propriétés
• Si E est un ensemble fini de cardinal n , alors toute partie A de E est aussi finie et #A ≤ #E,
avec égalité si, et seulement si, A = E.
• Si E et F sont deux ensembles, si E est fini et s’il existe une bijection de E vers F alors F
est fini et #E = #F .
• Si E et F sont deux ensembles finis et disjoints, alors E ∪ F est fini et #(E ∪ F ) = #E+#F .
Plus généralement, si E1 , E2 , ...., Ei , ....., Ep sont des ensembles finis deux à deux disjoints, alors :
p
[ p
X
# Ei = #Ei .
i=1 i=1
Remarque
• Soient n et k deux entiers naturels tels que 0 ≤ k ≤ n, on observe que Cnk = #Pk (Nn ) où
Pk (E) désigne la partie de P(E) constituée des parties de E de cardinal k. sachant que si k > n
Pk (E) = {∅}.
En d’autres termes Cnk désigne le nombre de parties de Nn de cardinal k.
•Il est facile de voir que si E est de cardinal n , alors les ensembles Pk (E) et Pk (Nn ) sont
équipotents (c’est-à-dire qu’il existe une bijection de l’un vers l’autre) ; il en résulte que :
Démonstration
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Comme le complémentaire du complémentaire d’une partie A n’est autre que A, il est clair que :
Il s’ensuit que ϕ et ψ sont des bijections (et que chacune est la réciproque de l’autre).
k+1
Pour tout n ∈ N et pour tout k ∈ {0, 1, ...., n − 1}, on a Cn+1 = Cnk+1 + Cnk .
Démonstration
D’une part on a :
n! n!(n − k) n−k k
Cnk+1 = = = C
(k + 1)!(n − k − 1)! k!(k + 1)(n − k)! k+1 n
D’où
Le triangle de Pascal
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Algèbre, analyse, topologie, probabilités, statistiques, combinatoire, aucun domaine des maths
ne lui échappe. Il apparaît évidemment aussi en physique, et par exemple en génétique.
Pour plus de détails sur la formule de Fermat, on peut consulter : https ://[Link]/produit-
entiers-consecutifs/.
Exemple 1 : De combien de façons peut-on choisir 6 cartes à jouer dans un paquet de 16 cartes ?
6 16! 16 × 15 × 14 × 13 × 12 × 11
Réponse : C16 = = = 4 × 14 × 13 × 11 = 8008
6!(16 − 6)! 6×5×4×3×2×1
Exemple 2 : Une grille de loto comporte 49 numéros. De combien de façons le joueur peut-il
en choisir 6 ?
6 49 × 48 × 47 × 46 × 45 × 44
Réponse : C49 = = 4947 × 46 × 3 × 44 = 13983816.
6×5×4×3×2×1
Proposition (Formule du binôme)
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
n
X n
X
= Cnk ak+1 bn−k + Cnk ak bn+1−k .
k=0 k=0
Démonstration
n!
kCnk = k
k!(n − k)!
n(n − 1)!
=
(k − 1)!(n − 1 − (k − 1))!
k−1
= nCn−1
L’appellation de formule du pion est sans doute due à une vague analogie avec le jeu d’échec :
lorsqu’un pion attaque un pion adverse, il se déplace d’une case en diagonale(disons depuis la
case située à l’intersection de la ligne n et de la colonne k vers celle située à l’intersection de la
ligne n − 1 et de la colonne k − 1),comme l’indique le schéma ci-dessous :
21
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit n un entier naturel non nul. Si on range n + 1 objets dans n tiroirs, il existe (au moins) un
tiroir contenant (au moins) deux objets.
Supposons au contraire que les tiroirs ne contiennent pas plus d’un objet chacun. Comme il y
a n tiroirs, il y a au maximum n objets, ce qui est absurde puisqu’il y a n + 1 objets d’après
l’énoncé. Ceci montre qu’il existe donc au moins un tiroir contenant au moins deux objets.
Notons c1 le nombre d’objets dans le premier tiroir, c2 le nombre d’objets dans le deuxième
tiroir etc, jusqu’à cn . Calculons la moyenne des nombres c1 , ...cn , c’est-à-dire le nombre moyen
n+1
d’objets par tiroir. Comme il y a en tout n + 1 objets et n tiroirs, il y a en moyenne
n
objets par tiroir.
Remarquons que cette moyenne est strictement supérieure à 1. Or lorsque l’on fait une moyenne
de nombres (même réels, pas forcément entiers comme ici), au moins l’un de ces nombres est
supérieur ou égal à la moyenne. C’est un principe général :
En effet, si l’on note c le maximum des nombres c1 , c2 , ...cn , on a alors par définition les
inégalités c1 ≤ c, c2 ≤ c, ..., cn ≤ c et en sommant tout ceci et en divisant par n, on obtient
c1 + c2 + ... + cn c + c + .... + c
≤ = c. La moyenne est donc inférieure ou égale au maximum
n n
(avec égalité si et seulement si tous les nombres sont identiques).
Donc ici, il y a un tiroir qui contient plus d’objets que la moyenne (qui est > 1), donc stricte-
ment plus d’un objet, autrement dit au moins deux objets.
Théorème B
Quand on range uniformément au hasard m objets dans n tiroirs (m < n) d’un meuble, la
n!
probabilité que deux objets se retrouvent dans le même tiroir est égale à 1 − , qui
nm(n − m)!
m(m − 1)
vaut à peu près 1 − exp[− ].
2n
Démonstration
En effet, il y a nm tirages possibles puisque m fois de suite, on tire un des n tiroirs. Parmi les
nm tirages possibles, tous équiprobables, le nombre de tirages défavorables jamais deux objets
22
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
ne se trouvent dans un même tiroir) est donné par le nombre de suites de m éléments différents
n!
pris parmi n. On parle d’arrangements, et on sait que leur nombre est . Le résultat
(n − m)!
s’en déduit.
La démonstration de Dirichlet
Même s’il n’en était pas l’inventeur, Dirichlet fut le premier mathématicien à avoir compris la
force du principe des tiroirs et à l’avoir utilisé pour démontrer des affirmations intéressantes.
Théorème C
p
Pour tout nombre réel x et tout entier donné n, il existe un nombre rationnel (un rapport de
q
p 1
deux entiers) avec q ≤ n , tel que | x − |< .
q nq
p
En langage plus simple, on s’ntéresse aux nombres rationnels dont le dénominateur est infé-
q
rieur ou égal à l’entier n donné, Et on affirme que tout nombre réel peut être approché par l’un
p 1
d’eux, , avec une erreur inférieure à .
q nq
Démonstration
On ne s’intéresse qu’aux nombres entre 0 et 1, auxquels on se ramène. Pour tout nombre réel y,
notons {y} sa partie fractionnaire, c’est-à-dire ce qui reste quand on lui enlève sa partie entière.
Par exemple, 3,14159 = 0,14159.
On range les n + 1 nombres 0, {x}, {2x}, ..., {nx} dans les n “tiroirs” constitués des intervalles
1 1 2 2 3 n−1
[0, [, [ , [, [ , [, ..., [ , 1[ (rappelons que [a, b[ désigne l’ensemble des nombres z tels
n n n n n n
que a ≤ z < b).
D’après le principe des tiroirs, deux de ces n + 1 nombres se retrouvent dans le même tiroir. Il
existe donc deux entiers distincts k et h tels que {kx} et {hx} soient dans le même tiroir. On
en déduit :
1
| {kx} − {hx} |< .
n
En notant p la différence des parties entières de kx et hx, on en déduit que :
1
| (k − h)x − p |< .
n
Si l’on pose q = k − h, et que l’on divise par q (qui n’est pas nul, car k est différent de h), on
obtient :
p 1
|x− |< . CQFD.
q nq
Un corollaire du résultat est que pour tout nombre réel x, il existe une infinité de nombres
23
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
p 1
entiers q tel que | x − |< 2 pour un certain entier p.
q q
Dans cet énoncé, on ne peut pas remplacer l’exposant 2 par un nombre réel a > 2.
Théorème D
Application
Combien de fous du jeu d’échecs peut-on placer au plus sur un échiquier 88 en évitant que deux
fous soient en prise ?
Réponse
• La figure de gauche montre que 14 fous peuvent être placés sans qu’aucun ne soit en prise sur
un autre.
• La figure de droite montre que l’on ne peut pas en placer plus de 14.
En effet, les couleurs sur l’échiquier définissent 14 sous-ensembles qui seront pour nous 14 ti-
roirs. On remarque que les couleurs ont été choisies de telle façon que si on place des fous sur
deux cases portant la même couleur, ils sont en prise. Il en résulte que si on plaçait m fous sur
l’échiquier avec m > 14, d’après le principe des tiroirs utilisé avec 14 tiroirs et m objets, on
placerait deux fous dans le même tiroir, donc en prise l’un sur l’autre. Il n’est donc pas possible
de placer plus de 14 fous.
24
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 6 Relations binaires
Définition
Soit E un ensemble, on dit qu’une relation binaire est définie sur E, si on se donne une pro-
position qui fait intervenir deux éléments quelconques x et y de E. Si la proposition est vraie
pour un couple, on écrit xRy.
A = {(x, y) ∈ E × E; xRy}.
Exemples
• Soit P(E) avec E un ensemble fini. Soit (A, B) ∈ P(E), on définit ARB ⇐⇒ AetB ont le
même nombre d’éléments.
• Soit E = RR ensemble des fonctions f de R dans lui même , on définit f ≤ g ⇐⇒ f (x) ≤ g(x) ∀ x ∈ R.
Définitions
Soit R une relation définie sur un ensemble E, c’est-à-dire la donnée du couple (E, R).
Exemples
• Les relations ≤ sur R et RR sont réflexives, transitives et antisymétriques. Elles ne sont pas
symétriques car par exemple 1 ≤ 2 mais 2 1 et de même
( f : R −→ R, x −→ f (x) = 1 ∀ x ∈ R) ≤ ( g : R −→ R, x −→ g(x) = 2 ∀ x ∈ R)
Mais
25
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
( g : R −→ R, x −→ g(x) = 2 ∀ x ∈ R) ( f : R −→ R, x −→ f (x) = 1 ∀ x ∈ R) .
• La relation < sur R est transitive et antisymétrique, mais elle n’est ni réflexive, ni symétrique.
Exemples
? Soit R2 l’ensemble des points du plan. On définit une relation binaire R sur R2 par :
0 0 0
(x1 , x2 )R(x1 , x2 ) ⇐⇒ x1 ≤ x1 .
? On représente la rationalité des préférences d’un consommateur sur les éléments d’un
ensemble de biens par xRy ⇐⇒ (x est préféré ou indifférent à y).
Soit E un ensemble, R une relation sur E. On dit que R est une relation d’ordre si :
Exemples
? Soit R2 l’ensemble des points du plan. On définit une relation binaire R sur R2 par :
0 0 0 0
(x1 , x2 )R(x1 , x2 ) ⇐⇒ x1 ≤ x1 et x2 ≤ x2 . Cette relation R est une relation d’ordre sur R2 .
Soit E un ensemble, R une relation sur E. On dit que R est une relation d’ordre total si :
26
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(ii) R est partout définie, c’est-à-dire deux éléments quelconques de E sont toujours compa-
rables .(Deux éléments x et y de E sont dits comparables si xRy ou bien yRx).
La relation ≤ sur R est totale. En particulier, tous les réels sont comparables à 0 - positifs ou
négatifs - et c ?est pourquoi, par exemple, on a eu le droit de définir la fonction valeur absolue
| x | sur R en distinguant deux cas x > 0 et x < 0.
La relation ≤ sur RR est partielle car, par exemple, sinus et cosinus ne sont pas comparables.
• On appelle ensemble ordonné un ensemble E muni d’une relation d’ordre R. Souvent, pour
insister sur la notion d’ordre, R notée ≤
• On appelle ensemble totalement ordonné un ensemble E muni d’une relation d’ordre R par-
tout définie.
Définition (élément maximal, élément minimal, plus grand élément, plus petit élément d’un
ensemble ordonné (E, ≤))
Un plus petit élément de E est un élément a tel que pour tout x de E, a ≤ x. De même un plus
grand élément de E est un élément a tel que pour tout x de E, x ≤ a.
Remarque
Le plus grand élément (respectivement le plus petit élément) d’un ensemble E n’existe pas
toujours.
On peut remarquer qu’un plus grand élément est un élément maximal, mais que la réciproque
est fausse :
Définition
Si A est une partie de E, un majorant de A est un élément x de E tel que pour tout a de A, a ≤ x.
( elle n’existe pas toujours, ou bien parce qu’il n’existe pas de majorant, ou bien parce que
l’ensemble des majorants n’admet pas de plus petit élément).
27
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
( Par construction de R, tout ensemble non vide majoré de R possède une borne supérieure
(admis)).
Définition
(ii) x0 ∈ A.
Lemme
Démonstration
0 0 0
On suppose qu’on a deux plus grands éléments x0 et x0 alors x0 ≤ x0 si on regarde x0 comme
0
plus grand élément de A et x0 ≤ x0 si on regarde x0 comme plus grand élément de A, alors
0
x0 = x0 car ≤ est antisymétrique.
28
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soient (E1 , ≤), (E2 , ≤), ......., (En , ≤) des ensembles ordonnés.
(x1 , x2 , ...xi .., xn ) ≤ (y1 , y2 , ...yi .., yn ) ⇐⇒ ∃ j ∈ {1, ...., n}; x1 = y1 , ....., xj−1 = yj−1 et xj < yj
Remarque
• L’ordre lexicographique définit bien sûr une relation d’ordre sur E1 × E2 × ..... × En .
• Si chaque ensemble est totalement ordonné, alors l’ordre lexicographique définit lui aussi un
ordre total.
• L’ordre lexicographique sur un produit d’ensembles ordonnés est l’ordre du dictionnaire. Par
exemple, “arbre” précède “brique” dans le dictionnaire car la première lettre de arbre, un “a”,
précède dans l’alphabet la première lettre de brique. De même, “arbre” précède “aurore” car ces
deux mots ont des premières lettres identiques, et la deuxième lettre de arbre précède celle de
aurore.
• Soit x ∈ E, la classe d’équivalence de x est la partie de E notée cl(x) qui est formée des
éléments y de E tels que yRx, c’est-à-dire :
cl(x) = {y ∈ E; yRx}.
• L’ensemble des classes d’équivalences de E pour pour une relation d’équivalence R est appelé
l’ensemble quotient de E par R et souvent noté E/R .
Exemple
29
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Réflexivité :
• Symétrie :
• Transitivité :
Remarque
De manière analogue, pour tout n ∈ N, la relation =[n] de congruence modulo n sur Z est une
relation d’équivalence.
Théorème
Soit E un ensemble et R une relation d’équivalence sur E. Pour tout x ∈ E, notons cl(x) la
classe d’équivalence de x pour R. Alors
Les classes d’équivalences pour une relation d’équivalence R forment une partition de E. Cela
revient à dire qu’elle sont non vides, que leur réunion est E tout entier, et qu’elles sont deux à
deux égales ou disjointes.
Démonstration
Pour x ∈ E, on a xRx par réflexivité donc x ∈ cl(x), en particulier cl(x) est non vide.
[
On constate que E = cl(x).
x∈E
Soient x, y ∈ E. Pour montrer que cl(x) et cl(y) sont égales ou disjointes, supposons-les non
disjointes et montrons qu’elles sont alors égales.
Nous pouvons nous donner un élément z commun à cl(x) et cl(y) c’est-à-dire xRz et yRz.
Pour ce faire, soit u ∈ cl(x) c’est-à-dire xRu et comme xRz alors par transitivité on a zRu et
comme yRz alors à nouveau par transitivité on a yRu donc u ∈ cl(y) c’est-à-dire cl(x) ⊂ cl(y).
30
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Par conséquent, les classes d’équivalences pour une relation d’équivalence R forment une par-
tition de E.
Ce que ce théorème raconte, c’est que la relation d’équivalence R peut être représentée comme
une carte au sens géographique. Chaque classe d’équivalence est comme un pays à l’intérieur de
E dont les éléments sont caractérisés par une certaine nationalité. Le monde E se trouve ainsi
partitionné en pays.
Bertrand Russel (1872-1970) a dit “It must have required many ages to discover that a brace of
pheasants and a couple of days were both instances of the number two”.
Il est facile de vérifier que R est réflexive, symétrique et transitive : c’est une relation d’équi-
valence. L’ensemble quotient E/R est précisément l’ensemble des rationnels.
Mais pour que cette définition soit utilisable, il faut la compléter par les opérations dont nous
avons besoin : addition, multiplication, ordre total.
1. addition :
Considérons l’application de E × E vers E qui à deux couples (p, q) et (r, s) associe le couple
(ps + rq, qs), ce que nous attendons de l’addition des rationnels :
p r ps + rq
+ = .
q s qs
Soient (p0 , q 0 )R(p, q) ⇐⇒ p0 q = q 0 p0 et (r0 , s0 )R(r, s) ⇐⇒ r0 s = s0 r alors on a :
31
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
D’autre part on a :
Si on la transporte sur l’ensemble quotient, cette application définit l’addition des rationnels.
2. multiplication :
Considérons l’application de E × E vers E qui à deux couples (p, q) et (r, s) associe le couple
(pr, qs), ce que nous attendons de la multiplication des rationnels :
En effet comme on a pq 0 = qp0 et rs0 = sr0 alors qp0 rs = qp0 sr0 = qsp0 r0 . Il en résulte que
(pr, qs)R(p0 r0 , q 0 s0 ).
Si on la transporte sur l’ensemble quotient, cette application définit la multiplication des ra-
tionnels.
3. Ordre :
Ce que nous venons de décrire pour l’ensemble des rationnels est un cas particulier d’une pro-
cédure très générale, qui consiste à rajouter ce qui manque à un ensemble en définissant une
relation d’équivalence sur un ensemble plus gros. Ainsi on peut définir Z à partir de N, puis Q
à partir de N et Z, puis R à partir de Q puis C à partir de R. Cela sert aussi pour des espaces
de fonctions, et encore bien d’autres objets .
32
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 2
Espaces vectoriels
§ 1 Espace vectoriel
Définition
Un espace vectoriel sur K avec K = R où C est un ensemble E muni d’une loi de composition
interne notée + :
(4) + est symetrisable i.e. pour tout élément u dans E il existe v ∈ E tel que u+v = v+u = 0.
Si + est interne et vérifie (1), (2), (3) et (4), on dit que le couple (E, +) est un groupe commutatif.
Les couples (K, +) et (K − {0}, .) sont des groupes commutatifs. On notera l’élément neutre de . par 1.
(6) (λ + µ )u = λ •u + µ • u ∀ λ ∈ K, , ∀ µ ∈ K, ∀ u ∈ E.
(7) (λ . µ )u= λ •( µ •u ) ∀ λ ∈ K, , ∀ µ ∈ K, ∀ u ∈ E.
(8) 1•u = u ∀ u ∈ E.
Exemples
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On vérifie facilement que le triplet (E, +, •) est un espace vectoriel. où + désigne l’addition des
couples et • désigne la multiplication d’un couple par un scalaire réel.
Dans la suite pour alléger l’écriture, on peut supprimer la couleur et récrire les deux propriétés
ci-dessus comme suit :
On définit la multiplication d’une fonction f ∈ F(R, R) par un scalaire réel α ∈ R comme suit :
On vérifie facilement que le triplet (F(R, R), +, .) est un espace vectoriel sur R.
La tradition veut qu’on ne met pas de flèches sur les vecteurs en algèbre linéaire mais qu’ on
fait la géométrie classique on met les flèches dans le plan est l’espace :
.
34
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Propriétés élémentaires
(1). λ0E = 0E , ∀ λ ∈ K.
(2). (0u = 0E
(3). λ(−u) = (−λ)u = −λ.u où −u est l’opposé de u par rapport à l’addition dans E, −λ est
l’opposé de λ par rapport à l’addition dans K
λ.0E = λ(u − u) = λ.u + λ(−u) = 0E =⇒ λ(−u) est l’opposé de λ.u par rapport à l’addition
dans E.
(4). λ.u = 0E =⇒ λ = 0 ou u = 0E .
1
Maintenant si u 6= 0E , on va supposer par l’absurde que λ est aussi non nul alors pour µ = λ
on a µ.(λ.u) = µ.0E = 0E donc u = 0E ce qui est contradictoire.
§ 2 Sous-espace vectoriel
Définition
Soient (E, +, .) un K-espace vectoriel et F une partie non vide du K-espace vectoriel E. F est
dite un sous-espace vectoriel de E si :
(1) ∀ u ∈ F, ∀ v ∈ F =⇒ u + v ∈ F .
(1) ∀ λ ∈ K, ∀ u ∈ F =⇒ λ.u ∈ F .
Lemme
Soient (E, +, .) un K-espace vectoriel et F une partie non vide du K-espace vectoriel E.
35
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
=⇒ est triviale.
⇐= en utilisant l’hypothèse (H), on en déduit que (F, +) est groupe commutatif de (E, +) puis
la suite se fait sans peine pour vérifier les quatre propriétés de la loi externe d’un espace vectoriel.
Remarque
§ 3 Enveloppe linéaire
On appelle sous-espace vectoriel engendré par le système de vecteurs {u1 , u2 , ......., up } le sous-
espace vectoriel de E formé par les combinaisons linéaires de ces vecteurs :
On dit qu’une famille d’éléments de K indexée par I est presque nulle si tous ses éléments sont
nuls sauf un nombre fini parmi eux.
Exemple
L’ensemble des polynômes K[X] est l’ensemble des combinaisons linéaires de la famille (Xk)k∈N .
Théorème
Pour tout n ∈ N, l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n noté Kn [X] est un
sous-espace vectoriel de K[X] .
Démonstration
Soit n ∈ N.
36
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
Pour tout n ∈ N, l’ensemble des polynômes de degré égal à n n’ est pas un sous-espace vec-
toriel de K[X] car il ne contient même pas le polynôme 0 nul dont le degré est égal à −∞ par
convention.
Démonstration
\
Soient (Fi )i∈N une famille de sous-espaces vectoriels de E et F = Fi . On commence par
i∈N
observer que F ⊂ E et 0E ∈ F car 0E ∈ Fi , ∀i ∈ N. Montrons maintenant que F est stable par
combinaison linéaire. Soient u, v ∈ F et λ, µ ∈ K alors pour tout i ∈ N on a λu + µv ∈ Fi donc
λu + µv ∈ Fi .
Définition
Théorème
Le sous-espace vectoriel engendré par une partie A d’un espace vectoriel E est l’intersection de
tous les sous-espaces vectoriels de E contenant A.
Démonstration
Maintenant, montrons que J est inclus dans G, pour ce faire il suffit de relire la définition de J .
Corollaire
Si A = {u1 , u2 , ....., up } alors le plus petit sous-espace vectoriel de E contenant A est donné par :
X
G = {u ∈ E; u = αi ui avec αi ∈ K}.
Démonstration
37
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
X X
Il est évident que A ⊂ {u ∈ E; u = αi ui avec αi ∈ K} et que {u ∈ E; u = αi ui avec αi ∈ K}
est un sous espace vectoriel de E.
Définition
Proposition
E1 + E2 = {u ∈ E; u = u1 + u2 avec u1 ∈ E1 et u2 ∈ E2 }
Alors on a :
Démonstration
u = u1 + u2 avec u1 ∈ E1 , u2 ∈ E2 et v = v1 + v2 avec v1 ∈ E1 , v2 ∈ E2 .
Alors on a :
38
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Proposition
(a) Une condition nécessaire et suffisante pour que la somme de deux sous-espaces vectoriels
E1 et E2 soit directe est que l’intersection de E1 et E2 F soit réduite au vecteur nul.
Démonstration
39
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
u = 0E + u et u = u + 0E .
L’élément u étant un élément de E1 ∩ E2 , est donc un élément de E1 + E2 ; d’après l’unicité de
l’écriture d’un élément de E1 + E2 , cela entraîne : u = 0. Donc E1 ∩ E2 = {0E }.
L’écriture de u comme somme d’un élément de E1 et d’un élément de E2 est donc unique.
1) Deux sous-espaces vectoriels E1 et E2 d’un K-espace vectoriel E sont des sous-espaces vecto-
riels supplémentaires de E si leur somme est directe et est égale à l’espace vectoriel E tout entier
E = E1 ⊕ E2 .
Remarque
• Deux sous-espaces vectoriels E1 et E2 d’un K-espace vectoriel E sont des sous-espaces vec-
toriels supplémentaires de E si et seulement si tout élément de E s’écrit d’une manière unique
comme la somme d’un élément de E1 et d’un élément de E2 .
• Deux sous-espaces vectoriels E1 et E2 d’un K-espace vectoriel E sont des sous-espaces vec-
toriels supplémentaires de E si et seulement si E = E1 + E2 et E1 ∩ E2 = {0}.
• Il n’y a pas unicité du supplémentaire d’un sous-espace vectoriel donné (voir exemple suivant).
Exemple
L’espace vectoriel R2 est la somme directe du sous-espace vectoriel E1 engendré par (1, 0) et
du sous-espace E2 engendré par (0, 1), donc E1 et E2 sont des sous-espaces vectoriels supplé-
mentaires de R2 .
Mais l’espace vectoriel R2 est aussi la somme directe du sous-espace vectoriel E1 engendré par
(1, 0) et du sous-espace vectoriel E3 engendré par (1, 1), donc E1 et E3 sont aussi des sous-
40
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
espaces supplémentaires de R2 .
La notion de somme directe de deux sous-espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel se généralise
en la notion de somme directe de plusieurs sous-espaces.
C’est-à-dire :
u = u1 + u2 + ... + un }.
Mn
La somme directe de E1 , E2 , ..., En est notée E1 ⊕ E2 ⊕ ... ⊕ En ou p= 1
Ep .
Il est équivalent de dire d’après le résultat sur la somme directe de deux sous-espaces vectoriels :
Démonstration
w1 = w2 = ... = wp−1 = w = 0.
41
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
c’est à dire :
et
0 0 0 0 0 0
∃ (w1 , w2 , ..., wn ) ∈ E1 × E2 × ... × En tels que(w1 , w2 , ..., wn ) 6= (w1 , w2 , ..., wn ).
0
Soit q le plus grand entier compris entre 1 et n tel que wq 6= wq alors
0 0 0 0 0 0 0
(w1 , w2 , ..., wn ) = (w1 , w2 , ..., wn ) implique (w1 − (w1 ) + (w2 − w2 ) + ..., (wq−1 − wq−1 ) = wq − wq .
0
Donc wq − wq ∈ [E1 + E2 + ... + Eq−1 ] ∩ Eq et donc [E1 + E2 + ... + Eq−1 ] ∩ Eq 6= {0}.
Si E1 + E2 + ... + En est une somme directe alors la propriété suivante est vérifiée :
∀ p ∈ N, 1 ≤ p ≤ n, ∀ q ∈ N, 1 ≤ q ≤ n, p 6= q : Ep ∩ Eq = {0}.
Mais cette condition (qui est nécessaire) pour que la somme soit directe n’est pas suffisante.
Contre exemple
Dans l’espace vectoriel R2, soit E1 le sous-espace vectoriel engendré par (1, 0), E2 le sous-espace
vectoriel engendré par (0, 1) et E3 le sous-espace vectoriel engendré par (1, 1). Il est immédiat
que E1 ∩ E2 = {0}, E2 ∩ E3 = {0} et E1 ∩ E3 = {0}, et pourtant la somme E1 + E2 + E3 n’est
pas directe.
(1, 1) = (0, 0) + (0, 0) + (1, 1), mais aussi de la manière suivante : (1, 1) = (1, 0) + (0, 1) + (0, 0)
donc il n’y a pas unicité de l’écriture.
Attention
42
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Dans le cas de plusieurs sous-espaces vectoriels, le fait que les sous-espaces aient deux à deux
une intersection réduite au vecteur nul n’est pas une condition suffisante pour que la somme
soit directe.
Définition
Soient E, F deux espaces vectoriels sur le même corps K et f une application de E dans F .
• Deux K-espaces vectoriels sont dits isomorphes si il existe un isomorphisme entre ces deux
K-espaces vectoriels.
• Si E = F , on dit que f est un automorphisme. On notera par GL(E) l’ensemble des auto-
morphismes.
• On notera L(E, F ) l’ensemble des applications linéaires de E dans F c’est-à-dire les appli-
cations vérifiant les propriétés (b) et (c) ci-dessus..
• Si E = F , l’ensemble des applications linéaires de E dans lui même sera noté L(E) et ses
élément seront appelés des endomorphismes.
Soit F un sous-espace vectoriel d’un K-espace vectoriel E, on définit une relation ∼ par :
u ∼ v ⇐⇒ u − v ∈ F, ∀ (u, v) ∈ E × E.
La relation ∼ est une relation d’équivalence c’est-à-dire elle est réflexive, symétrique et transi-
tive.
L’ensemble des classes d’équivalences cl(u) = {v ∈, v ∼ u} sera noté par E/∼ ou bien E/F .
Soient cl(u) et cl(v) deux éléments de E/∼ , on définit une loi interne et une loi externe sur E/∼
(quand aucune confusion n’est à craindre) par :
• On vérifie facilement que E/∼ muni de ces lois a une structure de K-espace vectoriel.
43
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Soient E un espace vectoriel sur un corps commutatif K et (E1 , E2 ) deux sous-espaces vectoriels
de E tels que E = E1 ⊕ E2 , alors on a :
Démonstration
• f est injective.
• f est surjective.
• f vérifie sans peine les deux autres propriétés de la définition d’un isomorphismes.
• g est injective.
• g est surjective.
• g vérifie sans peine les deux autres propriétés de la définition d’un isomorphismes.
Définition
• On dit que les p vecteurs u1 , u2 , ...., up } sont linéairement indépendants (ou forment un sys-
tème libre) si pour tout (α1 , α2 , ...., αp ) ∈ Kp vérifiant (α1 u1 + α2 u2 + .... + α1p up = 0 alors
(α1 = α2 = ...., = αp = 0.
• Dans le cas contraire, On dit que les p vecteurs u1 , u2 , ...., up } sont linéairement dépendants
(ou forment un système lié).
44
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• On dit que les p vecteurs u1 , u2 , ...., up } forment un système générateur)si pour tout u ∈ E
∃ (α1 , α2 , ...., αp ) ∈ Kp tel que u = α1 u1 + α2 u2 + .... + αp up alors (α1 = α2 = ...., = αp = 0.
Proposition
u1 , u2 , ...., un , u} est lié ⇐⇒ u est combinaison linéaire de tous les ui ; i ∈ [1, n].
Démonstration
=⇒
α1 u1 + α2 u2 + .... + αn un + αn+1 u = 0.
⇐=
Corollaire
Définition
u1 , u2 , ...., un } est une base ⇐⇒ (i) u1 , u2 , ...., un } est libre et (ii) u1 , u2 , ...., un } est libre
(c’est-à-dire tout élément u ∈ E est combinaison linéaire de tous les ui ; i ∈ [1, n]).
Soit E un K-espace vectoriel. On pose ∆ = {p ∈ N; (u1 , u2 , ..., up ) soit un système libre de E}.
On dit qu’un K-espace vectoriel E est de dimension finie s’il possède un système fini qui est
générateur de E. Dans le cas contraire, on dit que l’espace vectoriel E est de dimension infinie.
45
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Cas particuliers :
• Quand ∆ n’est pas majoré, on dit que la dimension l’espace vectoriel E est infinie.
• Si ∆ est pas majoré, alors maxp∈N ∆ a un sens donc la borne supérieure est atteinte et on
note dim E = maxp∈N ∆.
Proposition
Si un système {u1 , u2 , ...., un } de E est libre alors {u1 , u2 , ...., un } est une base.
Démonstration
Montrons que {u1 , u2 , ...., un } est un système générateur, pour ce faire, soit u ∈ E alors
{u, u1 , u2 , ...., un } est un système lié ce qui est contradictoire. Il en résulte que u est combi-
naison linéaire de {u1 , u2 , ...., un } et donc c’est une base.
Proposition
Soit E un K-espace vectoriel. Une famille B = {u, u1 , u2 , ...., un } est une base de E si et seule-
ment si tout vecteur u de E s’écrit de manière unique comme combinaison linéaire du système
B = {u, u1 , u2 , ...., un }. Autrement dit :
Démonstration
⇐=
Soit u = α1 u1 , +α2 u2 + ...., αn un = 0. on observe que que 0 = 0.u1 + 0.u2 + .... + [Link] .
=⇒
Par hypothèse, B est une base de E donc elle est génératrice de E et elle est libre.
46
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
u = α1 u1 + α2 u2 + .... + αn un .
Définition
Pour i variant de 1 à n
Proposition
Soient e1 = (1, 0, ....., 0), e2 = (0, 1, ....., 0), .....en = (0, 0, ....., 1) des vecteurs de Kn alors la fa-
mille B = {e1 , e2 , ....., en } est une base de Kn .
Démonstration
47
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Par définition une base de K[X] est la famille infinie B = {1, X, X 2 , ....., X n , .....}.
C’est la base canonique de K[X].Cette famille est infinie mais tout polynôme P de K[X] est
bien une combinaison linéaire finie d’éléments de B.
C’est la base canonique de Kn [X]]. Notez bien que cette famille possède n + 1 vecteurs. Un
polynôme de degré ≤ n est déterminé par n + 1coefficients.
On se donne n points du plan (x1 , y1 ), ((x2 , y2 ), ....., (xn , yn ) avec les xi tous distincts. On
cherche une fonction f aussi simple et régulière que possible dont le graphe passe par ces
points, c’est-à-dire telle que :
On cherche une fonction interpolatrice sous la forme d’un polynôme P de plus bas degré possible.
Soit {e1 = (1, 0, ...., 0), e2 = (0, 1, ...., 0), ....., en = (0, 0, ...., 1)} la base canonique de Rn . On va
chercher des polynômes L1 , L2 , ...., Ln tels que :
......
48
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•2 En développant suivant les puissances croissantes de X, les polynômes L0 (X), L1 (X), L2 (X)
et L3 (X) sont donnés par :
1 3 1 5
L0 (X) = 1, L1 (X) = X, L2 (X) = − + X 2 et L3 (X) = − X + X 3
2 2 2 2
•3 Une relation simple entre Ln (X) et Ln (−X) est donnée par Ln (−X) = (−1)n Ln (X). En
effet :
n 2 n 2
1 X n n−k k 1 X n
Ln (−X) = n (−X − 1) (−X + 1) = n (−1)n−k+k (X + 1)n−k (X − 1)k
2 k 2 k
k=0 k=0
49
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•4 Pour tout entier naturel non nul n ∈ N∗ , on définit le polynôme Pn ∈ R[X] par Pn (X) =
(X 2 − 1)n = (X − 1)n (X + 1)n . En utilisant la formule du binôme :
n n
X
n n k n−k
X n
(a + b) = a b = bk an−k
k k
k=0 k=0
La dérivée nième de Pn (X) peut s’exprimez à l’aide de Ln comme suit : Pn(n) (X) = n!2nLn (X).
En effet :
Notons pour tout entier naturel non nul n Pn (X) = (X 2 − 1)n = (X − 1)n (X + 1)n .
(1) Si on pose u(x) = (X + 1)n alors sa dérivée première est u0 (x) = n(X + 1)n−1 , sa dérivée
seconde est u00 (x) = n(n − 1)(X + 1)n−2 donc sa dérivée k ième est :
n!
Et comme n(n − 1).....(n − (k − 1)) = , on écrit :
(n − k)!
n!
u(k) (x) = (X + 1)n−k
(n − k)!
n!
(2) Si on pose v(x) = (X − 1)n alors v (p) (x) = (X − 1)n−p et pour p = n−k on obtient :
(n − p)!
n!
v (n−k) (x) = (X − 1)k
k!
(3) Le calcul des dérivées successives de u et de v, nous permet d’écrire :
n
X n n! n!
Pn(n) (X) = (X + 1)n−k (X − 1)k
k (n − k)! k!
k=0
p
X n 2
= n!(X + 1)n−k (X − 1)k
k
k=0
n
= n!2 Ln (X).
n 2
X n (2n)!
•5 Le monôme dominant de Ln est X n et on obtient =
k (n!)2
k=0
En effet :
Les termes du plus haut degré qui interviennent dans Ln (X) sont de la forme X n−k X k donc
X n . Par conséquent le monôme dominant an X n de Ln est :
50
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
n 2 n 2
n1 X n n 1 X n
an X = n X donc an = n
2 k 2 k
k=0 k=0
D’autre part, comme le monôme dominant de Pn est X 2n , il s’ensuit que le monôme dominant
(n) (2n)!
de Pn qui est de degré n est .
n!
1 (2n)!
Par identification des coefficients, il s’ensuit que an = n
2 (n!)2
Il en résulte que :
n 2
X n (2n)!
=
k (n!)2
k=0
Théorème
Si {e1 , e2 , ...., ep } est une base de E1 et {f1 , f2 , ...., fq } est une base de E2 alors
Démonstration
α1 e1 + α2 e2 + ...., αp ep + β1 f1 + β2 f2 + ...., βq fq = 0.
Soit E un K-espace vectoriel. Soient u1 , u2 , ...., up ; p < n des vecteurs de E linéairement indé-
pendants. Alors il existe up+1 , up+2 , ...., un ∈ E tels que {u1 , u2 , ...., un } soit une base de E.
Démonstration
G = {u ∈ E; u = α1 u1 + α2 u2 + ...., αp up }.
51
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit pour tout u ∈ E on a u est un élément de G ce qui implique que p = n, soit il existe un
vecteur up+1 n’appartenant pas à G et alors {u1 , u2 , ...., up , up+1 } est un système libre.
Maintenant, soit G1 = {u ∈ E; u = α1 u1 + α2 u2 + ...., αp up + αp+1 up+1 } ⊂ E, alors on a G ⊂
G1 et on continue notre construction jusqu’à un système à n éléments (le processus s’arrête en
un nombre fini d’étapes) et par suite il devient une base.
Alors on a :
Démonstration
• f est injective.
En particulier, on obtient :
• f est surjective.
En effet : comme {u1 , u2 , ...., un } est une base de E alors pour tout u ∈ E peut s’écrire en
combinaison linéaire de {u1 , u2 , ...., un }.
(ii) =⇒ : soit f l’isomorphisme entre E et F et soit {u1 , u2 , ...., un } est une base de E alors
{f (u1 ), f (u2 ), ...., f (un )} est une base de F . En effet :
{f (u1 ), f (u2 ), ...., f (un )} est un système libre car si α1 f (u1 ) + α2 f (u2 ) + .... + αn f (un ) = 0
alors on a f (α1 u1 + α2 u2 + .... + αn un ) = 0 ce qui implique que α1 u1 + α2 u2 + .... + αn un ) = 0
52
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
En particulier, on en déduit :
⇐ : Soit dimE = dimF = n, en utilisant (i) on en déduit que E est isomorphe à Kn et que F
est isomorphe à Kn . Il en résulte que E et F sont isomorphe entre eux.
(iii) Comme E = E1 ⊕ E2 alors la réunion d’une base de E1 et d’une base de E2 est une base
de E donc dimE = dim(E1 ⊕ E2 ) = dimE1 + dimE2 .
(iv) Soit {u1 , u2 , ...., up } une base de E1 que l’on complète en {u1 , u2 , ...., up , up+1 , ...., un } base
de E alors {cl(up+1 ), ...., cl(un )} est une base de E/E1 .
En effet, elle est libre car αp+1 cl(up+1 ) + ..... + αn cl(un ) = cl(0) =⇒
cl(αp+1 up+1 + .... + αn un ) = cl(0) =⇒ αp+1 up+1 + .... + αn un ∈ E1 =⇒ αp+1 = ... = αn = 0 par
liberté de la base {u1 , u2 , ...., ...., un } et elle est génératrice car, pour cl(u) ∈ E/E1 , u se décom-
pose sur la base {u1 , u2 , ...., ...., un } en u = α1 u1 + α2 u2 + ...., .... + αn un .
D’où
Définition
On appelle rang de {u1 , u2 , ...., up } la dimension du sous-espace vectoriel engendré par ces vec-
teurs noté V ect(u1 , u2 , ...., up ).
On note le rang d’un système de vecteur par Rg{u1 , u2 , ....., up } ou tout simplement par r on a
donc :
- si F = {u1 , u2 , ....., up } est une famille de vecteurs de E tel que dim E = n alors on a :
i) Rg{u1 , u2 , ....., up } ≤ min(n, p)
53
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Toutes les bases d’un K-espace vectoriel de dimension finie E ont le même nombre d’éléments.
• Tout système libre d’un K-espace vectoriel de dimension finie n E comporte au plus n éléments
• Tout système générateur d’un K-espace vectoriel de dimension finie n E comporte au moins
n éléments.
Il en résulte que :
54
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•1 . Comme F ∩ G est un sous-espace vectoriel de E donc il est de dimension finie. Soit donc
(e1 ; ......; ek ) une base de F ∩ G avec k = dimF ∩ G, en particulier elle est libre.
Comme F ∩ G ⊂ F alors (e1 ; ......; ek ) est une famille libre dans F donc on peut la compléter
en une base de F par le théorème de la base incomplète. Soient donc (f1 ; ......; fl ) des vecteurs
de F tels que (e1 ; ......; ek , f1 ; ......; fl ) soit une base de F .
Nous repartons de la famille (e1 ; ......; ek ) mais cette fois nous la complétons en une base de G :
soit donc (g1 ; ......; gm ) des vecteurs de G tels que (e1 ; ......; ek , g1 ; ......; gm ) soit une base de G.
Nous avons donc k + m = dimG. Remarquons que cette fois-ci les vecteurs gi 1 ≤ i ≤ m
appartiennent à G mais ils n’appartiennent pas à F ∩ G.
C’est une famille libre : En effet soit une combinaison linéaire nulle
Bilan : tous les coefficients sont nuls donc la famille est libre. Comme elle était génératrice,
c’est une base.
dim(F + G) = k + l + m
Or
k = dimF ∩ G
l = dimF − k
55
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
m = dimG − k
Théorème
Démonstration
Soit {u1 , ..., up } une base de F . Comme E est de dimension n, il existe n−p vecteurs up+1 , ..., un
tels que {u1 , ..., up , up+1 , ..., un } soit une base de E.
La famille up+1 , ..., un , sous-famille d’une famille libre de E, est libre. Le sous-espace vectoriel
G de E qu’elle engendre est de dimension n − p.
Additif :
Proposition
{(e1 , 0), ..., (en , 0), (0, f1 ), ..., (0, fm )} qui a n + m éléments est une base de E1 × E2 .
Ce qui justifie que dim R2 = 2 car dim R = 1 et par récurrence on a dim Rn = n comme
Respaces vectoriels.
Attention
56
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
57
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 3
Applications linéaires
§ 1 Généralités
Définition (rappel)
Cas particulier où E = K. Une application linéaire de E dans K est appelée une forme linéaire
de E
Question :
Proposition
Démonstration
(i) gof (u + v) = g(f (u) + f (v)) = g[f (u)] + g[f (v)] = gof (u) + gof (v), ∀ u, v ∈ E,
58
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Alors, on a :
Démonstration
(iii) Soient u ∈ E; f (u) ∈ F1 etv ∈ E; f (v) ∈ F1 alors on en déduit que f (u) + f (v) = f (u + v) ∈ F1
car ce dernier est un sous-espace vectoriel.
Proposition
Démonstration
59
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proprités
Définition
On définit :
Ces espaces sont fondamentaux dans l’étude des propriétés d’une application linéaire.
Proposition
Alors on a :
60
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
(i) et (ii) Pour montrer qu’un sous-ensemble est un sous-espace vectoriel, il suffit de vérifier qu’il
est non vide, et que toute combinaison linéaire de deux de ses vecteurs reste dans l’ensemble.
Rappelons aussi que tout sous-espace vectoriel contient au moins le vecteur nul, et que si f est
linéaire alors f (0E ) = 0F .
(i) Soit u, v ∈ Kerf =⇒ u, v ∈ E, f (u) = 0F et f (v) = 0F . Soit λ, µ ∈ K alors comme E est es-
pace vectoriel, on a λu + µv ∈ E et comme f est linéaire on a :
(ii) Soit f (u1 ) = u2 , f (v1 ) = v2 ∈ Imf =⇒ u1 , v1 ∈ E. Soit λ, µ ∈ K, alors comme E est espace
vectoriel, on a λu1 + µv1 ∈ E et f (λu1 + µv1 ) ∈ Imf . Maintenant, comme f est linéaire on a :
a) La relation binaire R définie sur E par : xRy ⇐⇒ f (x) = f (y) est une relation d’équiva-
lence dans E dite associée à f .
Démonstration
61
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
b) Définissons une application f¯ : E/R −→ f (E) en posant, pour toute classe cl(x) ∈ E/R ,
L’application f¯ ne dépend que des classes modulo R et non du représentant de la classe cl(x).
Si en effet y est un autre représentant de la classe cl(x), on a xRy, i.e. f (x) = f (y) = f¯(cl(x)).
Soient cl(x), cl(y) ∈ E/R tels que f¯(c(x)) = f¯(cl(y)) ; si x est un représentant de cl(x) et y est
un représentant de cl(y), alors on a f (x) = f¯(cl(x)) = f¯(cl(y)) = f (y), donc xRy et par suite
cl(x) = cl(y), ce qui prouve que f¯ est injective.
Pour tout y ∈ f (E), il existe un x ∈ E tel que y = f (x). Donc y = f¯(cl(x)) et f¯ est surjective,
donc bijective.
S’il existait une autre application g : E/R −→ F telle que f = goπ, on aurait pour tout x ∈ E,
f¯(cl(x)) = f (x) = g(cl(x)). d’où f¯ = g. ce qui prouve l’unicité de f¯.
Si enfin j est l’injection canonique de f (E) dans F , il est clair que pour tout x ∈ E, on a :
Définition
Soient E, F deux K-espaces vectoriels, f une application linéaire de E dans F , Ker(f ) son
noyau et E/Ker(f ) l’espace quotient par rapport à Ker(f ).
62
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•2 Soit g : E/Ker(f ) −→ Imf une application définie par cl(u) −→ g(cl(u)) = f (u).
•3 i est une application de Imf dans F définie par i(u) = u (injection canonique).
Proposition
Démonstration
(α) Pour montrer l’injectivité de g, il suffit de remarquer que si g(u) = g(v) on a f (u) = f (v)
donc par linéarité de f on obtient f (u − v) = 0F c’est-à-dire u − v) ∈ Ker(f ) et il en résulte
que la classe de u est égale à la classe de v c’est-à-dire cl(u) = cl(v).
Proposition
Démonstration :
Par définition, f est injective si et seulement si f (v) = f (w) implique v = w, donc si et seule-
ment si (v − w) ∈ Ker(f ) implique v − w = 0, d’où le résultat..
63
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Remarque
Il résulte de ce qui précédède que le rang d’un système est inférieur ou égal au nombre de
vecteurs du système, mais aussi inférieur ou égal à la dimension de l’espace.
•2 Le rang d’un système de vecteurs ne change pas si on permute les vecteurs du système. c’est
à dire que le rang est indépendant de l’ordre des vecteurs du système.
•3 Le rang ne change pas si on multiplie un vecteur du système par un scalaire non nul.
•4 Le rang d’un système ne change pas si on ajoute à un vecteur un autre vecteur du système.
•5 Le rang d’un système ne change pas si on ajoute à un vecteur une combinaison linéaire des
autres vecteurs du système.
Un programme Python qui calcule le rang d’un système de vecteurs (le corps de base est Q).
class Vecteur :
"""modélisation vecteurs de dimension n à coefficients rationnels (ou autre) par une classe py-
thon"""
def -init-(self, L) :
"""constructeur"""
self.n =len(L)
[Link] = L
def -str-(self ) :
"""représentation externe"""
L = [str(x) for x in [Link]]
return "(" + ",".join(L) + ")"
64
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
class Systeme() :
"""Modélisation d’un système de vecteurs de rationnels""" def - init - (self,L) :
"""constructeur"""
[Link]=L
[Link]=len(L)
def - str - self ) :
"""représentation externe"""
return ’[’+’,’.join([str(v) for v in [Link]])+’]’
def AllNull(self,i) :
"""teste la nullité de la colonne i"""
return all([[Link][i]==0])
def Colonne(self,i) :
""" la i-ième colonne du système"""
return Vecteur([[Link][j].coords[i] for j in range(0,[Link])])
def RemoveCol0(self ) :
""" Supprime la première colonne du système"""
L1=[Link]
L2=[[Link] for x in L1]
L3=[y[1 :] for y in L2]
L4=[Vecteur(z) for z in L3]
[Link]=[Link](L4)
65
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
def RemoveRow0(self ) :
""" Supprime la première ligne du système"""
[Link]=[Link][1 :]
[Link]-=1
def Permute0(self,i) :
"""permute la ligne i avec la ligne 0"""
L1=[Link]
L2= [L1[i]]+[L1[j] for j in range(0,[Link]) if j !=i]
[Link]=L2
def Substract0(self,alpha,j) :
""" retranche alpha*Ligne[0] à la ligne j """
L1=[Link]
L2=L1[1 :]
L3=[]
for i in range(0,[Link]-1) : if i+1 !=j : [Link](L2[i]) else : V=alpha*L1[0] [Link](L2[i]-
V) L4=[L1[0]]+L3 [Link]=[Link](L4)
def FirstRowNotNull(self ) :
""" Trouve l’indice de la première ligne ayant une première coordonnée non nulle"""
for i in range(0,[Link]) :
if not ([Link][i]).coords[0]==0 :
return i
return cas improbable dans les conditions d’utilisation
def FirstNullRow(self ) :
L=[Link]
for i in range(0,[Link]) :
if L[i].nul() :
return i
return cas improbable
def Rang(self ) :
""" Calcule le rang du système"""
if [Link]==1 si le système comporte un seul vecteur
if [Link][0].nul() :
return 0
else :
return 1
if any([[Link]() for v in [Link]]) : si un vecteur est nul
j=[Link]()
self.Permute0(j)
self.RemoveRow0() on l’élimine
return [Link]()
if [Link](0) : si toutes les premières coordonnées sont nulles
self.RemoveCol0()
return [Link]()
else :
j=[Link]() trouver la première ligne avec la première coordonnée non nulle
self.Permute0(j) la permuter avec la première
L1=[Link]([Link])
66
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
a=Fraction(1)/(L1[0].coords[0])
for j in range(1,[Link]) : retrancher à chaque ligne autre que la première
b=L1[j].coords[0] un multiple de la première de façon à annuler la première coordonnée
alpha=a*b
self.Substract0(alpha,j)
self.RemoveRow0() enlever la première ligne
self.RemoveCol0() enlever la première colonne
return 1+[Link]() appel récursif
return
def CreateSystemInt(m, n) :
""" Crée un système aléatoire de m vecteurs à n coordonnées entières"""
global Entiers, Inverses
S=[]
for jin range(0,m) :
L= [Entiers[randint(0, 9)] for iin range(0, n)]
V=Vecteur(L)
[Link](V)
return Systeme(S)
def main() :
S=CreateSystemInt(4,3)
print (S)
print ([Link]()) doit donner maximum 3
système avec un dernier vecteur nul
S=CreateSystemInt(2,3)
VecteurNul=Vecteur([Fraction(0), Fraction(0),Fraction(0)])
[Link](VecteurNul)
[Link]+=1
print (S)
print ([Link]()) doit donner maximum 2
S=CreateSystemInt(2,3)
Somme=[Link][0]+[Link][1]
[Link](Somme) [Link]+=1
print (S)
print ([Link]()) doit donner maximum 2
totalement aléatoire 4 vecteurs à 4 composantes grande probabilité d’obtenir 4
S=CreateSystemInt(4,4)
print (S)
print ([Link]()) doit presque toujours donner 4
• Supposons que E soit de dimension n et choisissons une base (e1 , . . . , en ). L’image par f de
tout vecteur de E est une combinaison linéaire des vecteurs f (e1 ), . . . , f (en ). Donc Im(f ) est le
sous-espace vectoriel de E engendré par (f (e1 ), . . . , f (en )).
67
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
• surjective si et seulement si l’image de toute famille génératrice dans E est une famille géné-
ratrice dans F .
• injective si et seulement si l’image de toute famille libre dans E est une famille libre dans F .
Démonstration :
Démontrons d’abord que si f est surjective alors l’image d’une famille génératrice dans E est
génératrice dans F . Soit (v1 , . . . , vm ) une famille génératrice dans E. Pour tout élément w de
F , il existe v ∈ E tel que f (v) = w. Le vecteur v s’écrit :
v = λ1 v1 + · · · + λm vm .
Donc :
Tout vecteur w de F est combinaison linéaire de la famille (f (v1 ), . . . , f (vm )), qui est donc
génératrice. Voici la réciproque. Si (f (v1 ), . . . , f (vm )) est génératrice, alors un vecteur w de F
quelconque s’écrit
w = λ1 f (v1 ) + · · · + λm f (vm ) = f (λ1 v1 + · · · + λm vm ) .
Donc w est l’image par f d’un vecteur de E : f est bien surjective. Démontrons maintenant
que si f est injective alors l’image d’une famille libre dans E est une famille libre dans F . Soit
(v1 , . . . , vl ) une famille libre dans E.
Si f est injective, alors le seul vecteur d’image nulle est le vecteur nul, donc λ1 b1 +· · ·+λn bn = 0.
Mais (v1 , . . . , vl ) est une famille libre. Donc λ1 = · · · = λn = 0.
Montrons la réciproque. Si l’image de toute famille libre est une famille libre, alors l’image d’un
vecteur non nul est un vecteur non nul. Donc Ker(f ) = {0} et f est injective.
68
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour terminer la démonstration, il suffit d’observer qu’une application est bijective si et seule-
ment si elle est à la fois injective et surjective ; d’autre part une famille est une base si et
seulement si elle est à la fois libre et génératrice. Le point 3 du théorème est donc conséquence
des deux précédents.
Corollaire
Alors on a :
La dimension est donc une forte contrainte sur la nature des applications linéaires. On peut
aussi voir cette contrainte sur le corollaire suivant comme suit.
Corollaire
Il ne peut exister un isomorphisme entre deux espaces vectoriels que s’ils ont la même dimension.
Réciproquement, si deux espaces ont la même dimension (sauf si dimE = dimF = ∞), on peut
toujours construire un isomorphisme entre eux , en envoyant une base de l’un sur une base de
l’autre. En particulier, tous les espaces vectoriels de dimension n sont isomorphes à Kn . Si E
est de dimension n, avec une base (e1 , . . . , en ), tous les vecteurs de E ont une décomposition
Xn
unique v = xi ei , où les xi sont les coordonnées de v.
i=1
Démonstration
Soient k et l les dimensions respectives de Ker(f ) et Im(f ). Soit (b1 , . . . , bk ) une base de Ker(f )
et (c1 , . . . , cl ) une base de Im(f ). Pour j = 1, . . . , l, soit vj un vecteur de E tel que f (vj ) = cj .
Nous allons démontrer que B = (b1 , . . . , bk , v1 , . . . , vl ) est une base de E, ce qui entraîne que
69
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
dim(E) = k + l.
Il reste à montrer que B est une famille génératrice. Soit v un vecteur de E. Comme le vecteur
f (v) appartient à Im(f ), il est combinaison linéaire de c1 , . . . , cl :
l
X
f (v) = µj cj .
j=1
Donc :
l
X Xl
f (v) = µj f (vj ) = f µj vj
j=1 j=1
Ceci entraîne :
X l
f v − µj vj = 0 ,
j=1
Donc
l
X
v − µj vj ∈ Ker(f ) .
j=1
l
X k
X
Donc il existe λ1 , . . . , λk tels que v − µj vj = λi bi ,.
j=1 i=1
k
X l
X
D’où v = λ i bi + µj vj .
i=1 j=1
Comme ce théorème est d’un usage courant on donne ci-dessous une démonstration légérement
différente que celle ci-dessus.
On rappelle que si E F sont deux K-espaces vectoriels de dimension finie et f ∈ L(E, F ) (une
application linéaire de E dans F ), on appelle rang de f , et on note rgu, la dimension de Im(f )
qu’on suppose qu’elle est finie et on la note aussi r.
Si (e1 , ..., en ) est une base de E alors les vecteurs (f (e1 ), ..., f (en ) engendrent Im(f). D’après le
théorème de la base incomplète, il existe une base de Im(f) comportant rg(f ) = r éléments.
Ainsi le rang de f est le nombre maximum de vecteurs linéairement indépendants extraits de
la suite f (e1 ), ..., f (en ). On a donc rg(f ) ≤ n = dim(E).
70
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour re-démontrer dim(E) = dim(Ker(f )) + dim(Im(f )). On commence par observer (c’est
un résultat très utile) comme Ker(f ) est un sous-espace vectoriel de E alors il admet un sous-
espace supplémentaire W dans E (E = Ker(f ) ⊕ W ).
Soit v ∈ Im(f ). Il existe u ∈ E tel que v = f (u). Or u s’ćrit de manière unique sous la forme :
Par suite v = f (u2 ) = g(u2 ). et donc g est une application linéaire surjective sur Im(f ).
Et comme deux espaces vectoriels isomorphes ont la même dimension. On en déduit que W a
la même dimension que Im(F ).
Conséquences
a) rg(f ) ≤ dim(E).
c) rg(f ) ≤ dim(F )
71
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Soit f une application linéaire de E dans F et g une application linéaire de F dans G. Alors on a :
Démonstration
Alors on :
(i) la suite (Nk )k≥0 est croissante au sens de l’inclusion et que la suite (Ik )k≥0 est décroissante
(toujours au sens de l’inclusion).
(ii) L’ensemble S = {k ∈ N; Nk+1 = Nk } est une partie non vide de N et si on note p son plus
petit élément, on a d’une part, la suite (Nk )0≤k≤p est strictement croissante et la suite (Nk )p≤k
est constante (stationnaire) et d’autre part, la suite (Ik )0≤k≤p est strictement décroissante et
la suite (Ik )p≤k est constante (stationnaire) de plus p ≤ n.
(iii) E = Np ⊕ Ip
Démonstration
donc f k+1 (x) = f (f k (x)) = f (0E ) = 0E et x appartient à Ker(f k+1 = Nk+1 . Alors Nk ⊂ Nk+1 .
f (E) ⊂ E donc f k (f (E)) ⊂ f k (E) . Ainsi Ik+ = f k+1 (E) = f k (f (E)) ⊂ f k (E) = Ik .
D’où
∀ k ∈ N, Nk ⊂ Nk+1 ∀ k ∈ N, Ik+1 ⊂ Ik .
(ii) Supposons que S = {k ∈ N; Nk+1 = Nk } soit vide. Alors pour tout élément k de N, Nk est
strictement contenu dans Nk+1 . En particulier ∀ k ∈ N, dimNk < dimNk+1 .
72
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Donc pour tout k dans [0, p − 1], dimIk = n − dimNk > n − dimNk+1 = dimIk+1 .
Ainsi pour tout k dans [0, p − 1], Ik+1 est strictement contenu dans Ik .
Soit x un élément de Nk+2 . f k+1 (f (x)) = f k+2 (x) = 0E donc f (x) appartient à Nk+1 . Comme
Nk+1 = Nk , f (x) appartient à Nk . Ainsi f k+1 (x) = f k (f (x)) = 0E et x appartient à Nk+1 .
Nk+2 ⊂ Nk+1 et la récurrence s’achève.
La suite (Nk )0≤k≤p est strictement croissante donc (dimN0 , dimN1 , ......, dimNp ) est une suite
strictement croissante de p + 1 entiers de l’intervalle [0, n] qui contient n + 1 éléments donc
p + 1 ≤ n + 1. p ≤ n.
Alors Np ∩ Ip = {0E }.
73
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(A) Projecteur
• P V : E −→ V, x −→ P V (x) = v.
• P W : E −→ W, x −→ P W (x) = w.
(i) P V oP V = P V ,
(ii) P V + P W = IE ,
(iii) P V oP W = P W oP V = 0L(E) ,
(iv) kerP V = W ,
(vi) P VV = IV ,
(vii) P VW = 0L(V ) .
74
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
s(x) = v − w i.e. s = P V − P W = 2P V − IE
(i) s|V = IV ,
(iii) s = P V − P W ,
(iv) IE + s = 2P V ,
(v) sos = IE ,
(vi) s−1 = s.
a(x) = λv + w
a = λP V + P W .
pi : E −→ Ei x −→ pi (x) = xi
M
pi est le projecteur de E sur Ei parallélement à Ej et on a les propriétés suivantes :
j6=i
75
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
pi opi = pi ,
i 6= j =⇒ pi opj = pj opi = 0,
q
X
pi = IE ,
i=1
Im(pi ) = Ei ,
q
M
Ker(pi ) = Ej .
j=1,j6=i
(E) Projection
C’est une application du théorème du noyau et de l’image : P V1 est une application linéaire
d’image V1 et de noyau W ; elle induit un isomorphisme de V2 , supplémentaire de W sur son
image.
Alors :
Démonstration
En soustrayant il vient :
76
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(ii) Ici poq = qop = q. f = p − q est un endomorphisme de E comme différence de deux endo-
morphismes de E.
Soit x un élément de Ker(f ). p(x) − q(x) = f (x) = 0E . p(x) = q(x). Alors p(x) = q(x) = p(q(x))
car q = poq p(x) − p(q(x)) = 0E . p(x?q(x)) = 0E donc x − q(x) appartient à Ker(p).
Alors x appartient à Ker(q). De plus x = p(z) − q(z) = p(z) − p(q(z)) = p(z − q(z)) donc x
appartient à Im(p). Par conséquent x appartient à Kerq ∩ Im(p).
Définition (hyperplan)
77
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On dit que f est une forme linéaire sur un K-espace vectoriel E si f est une application linéaire
sur E à valeurs dans K.
Vocabulaire. L’espace vectoriel L(E, K) des formes linéaires sur E est souvent noté E ∗ , ap-
pelé l’espace dual de E.
Proposition
Soit B = {e1 , , en } une base d’un K-espace vectoriel E. Pour tout 1 ≤ i ≤ n, on définit la i−ième
application coordonnée fi = E −→ K par :
Démonstration
u = x1 e1 + x2 e2 + .... + xi ei + ..... + xn en .
On a alors :
λu + µv = (λx1 + µy1 )e1 + (λx2 + µy2 )e2 + ..... + (λxi + µyi )e1 + ....... + (λxn + µyn )en
Ainsi fi est linéaire. Comme de plus fi : E −→ K, c’est bien une forme linéaire.
Proposition
n
X
• Pour tout u ∈ E, u = fi ei .
i=1
1 si i = j
• Pour tout 1 ≤ i, j ≤ n, on a fi (ej ) = δij =
0 sinon
Démonstration
78
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• On a ej = 0e1 + 0e2 + ..... + 1ej + ..... + 0en . Donc la i−ième coordonnée de ej dans la base
B est 0 si i 6= j et 1 si i = j. D’où le résultat.
Proposition
Soit B = {e1 , ..., ej , ..., en } une base d’un K-espace vectoriel E et {f1 , ......, fn } la famille des
formes linéaires coordonnées associées à B.
Alors {f1 , ......., fn } est une base de E ∗ = L(E, K), appelée base duale de E.
Démonstration
Posons F = {f1 , .....fi , ...., fn }. On souhaite montrer que F est une base de L(E, K). On a
dim(L(E, K)) = dim(E) × dim(K) = n × 1 = n et Card(F) = n. Il suffit donc de montrer que
la famille est libre.
α1 f1 (ej ), ..., +αn fn (ej ) = 0. Or puisque fi (ej ) = δi,j (où δi,j = 1 si i = j et δi,j = 0 si i 6= j),
on en déduit que αj = 0, et ce pour tout 1 ≤ j ≤ n..
Théorème
(1) H est un hyperplan si et seulement si c ?est le noyau d ?une forme linéaire non nulle ϕ.
Démonstration
⇐=
=⇒
Supposons que H est un hyperplan de E. On considère {e1 , ..., en−1 } une base de H, qu’on
complète en {e1 , ..., en−1 , en } une base de E.
79
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Ainsi on a bien H = Ker(ϕn ), noyau d’une forme linéaire non nulle (ϕn (en ) = 1).
On a ψ(a), ϕ(a) 6= 0, sinon ces formes linéaires seraient nulles (elles seraient nulles sur H, sur
V ect(a), et donc sur E).
ϕ(a)
Posons λ = , et montrons que ϕ = λψ. Ces deux formes linéaires coïncident sur H, elles
ψ(a)
coïncident en a et donc sur V ect(a). Elles sont donc égales, et on a bien ϕ = λψ.
dim(H1 ∩ H2 ) = n − 2.
Démonstration
80
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(iii) Montrons par récurrence que : ∀ k ∈ [1, r], dim(H1 ∩ H2 ∩ ... ∩ Hk ) > n − k.
La propriété est vraie pour k = 1 (dimH1 = n − 1). Supposons la vraie pour un élément k de
[1, r − 1] et montrons la pour k + 1.
D’après (i), dim(H1 ∩, ......, ∩Hk+1 ) > dim(H1 ∩, ......, ∩Hk ) + dimHk+1 − n.
dim(H1 ∩, ......, ∩Hk+1 ) > dim(H1 ∩, ......, ∩Hk ) + n − 1 − n = dim(H1 ∩, ......, ∩Hk ) − 1.
(iv) La propriété est vraie pour p = 1 car si F est de dimension n − 1, F est un hyperplan et il
est donc intersection d’un hyperplan.
L’hypothèse de récurrence montre alors que G est l’intersection de p hyperplans H1 ∩ H2 , ......, ∩Hp .
Ainsi Hp+1 est de dimension dimF +dimG0 = n−(p+1)+p = n−[Link]+1 est donc un hyperplan.
Montrons pour finir que F = G ∩ Hp+1 ainsi aurons nous F = H1 ∩ H2 ∩, ......, ∩Hp ∩ Hp+1 ) et
F sera l’intersection de p + 1 hyperplans.
F est contenu dans G et dans Hp+1 par construction de ces deux sous-espaces.
Ainsi F ⊂ G ∩ Hp+1 .
Réciproquement :
81
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
82
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 4
Notion de matrices
§ 1 Généralités
Définition
ou bien
ou A = (ai,j )1≤i≤m,1≤j≤n
Définition
83
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(i) I = I 0 ,
(ii) J = J 0 ,
c’est-à-dire :
Deux matrices sont égales lorsqu’elles ont la même taille et que les coefficients correspondants
sont égaux.
• L’ensemble des matrices à m lignes et n colonnes à coefficients dans K est noté Mmn (K).
Deux matrices A = (aij ) et B = (bij ) de même type (m, n) peuvent s’additionner ou se sous-
traire.
La somme (ou différence) de ces deux matrices est une matrice C = (cij ) du même type telle
que :
L’addition ainsi définie est une loi de composition interne. Cette loi munit l’ensemble des ma-
trices du type (m, n) d’une structure de “groupe abélien“.
A + (B + C) = (A + B) + C (associativité).
A + B = B + A (commutativité).
Soit λ ∈ K, pour multiplier une matrice A = (aij ) par λ, on multiplie chacun des éléments aij
de la matrice par λ et on écrit λ.A = (λaij ) .
?1 On appelle matrice carrée toute matrice (ai,j ) où m = n i.e dont le nombre de lignes est égal
au nombre de colonnes..
?2 On appelle matrice diagonale toute matrice (ai,j ) telle que ai,j = 0 pour tout i 6= j.
?3 On appelle matrice triangulaire supérieure toute matrice (ai,j ) telle que ai,j = 0 pour tout
j < i.
?4 On appelle matrice triangulaire inférieure toute matrice (ai,j ) telle que ai,j = 0 pour tout
i < j.
84
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
?5 On appelle matrice identité une matrice (ai,j ) telle que ai,i = 1 et ai,j = 0 si i 6= j.
?6 Une matrice ligne est une matrice dont le nombre de lignes est égal à 1.
?7 Une matrice colonne est une matrice dont le nombre de colonnes est égal à 1.
Soit A = (ai,j ) une matrice , on appelle transposée de A la matrice t A = (bij telle que
bij = aj,i ∀i, ∀j.
a11 a12 ... a1j ... a1n a11 a21 ... ai1 ... am1
a21 a22 ... a2j ... a2n a12 a22 ... ai2 ... am2
..
... ... ... ... ...
.. ... ... ... ... ...
Si A = alors t A =
ai1 ai2
... aij ... ain
a1j a2j ... aji ... amj
..
... ... ... ... ...
.. ... ... ... ... ...
am1 am2 ... amj ... amn a1n a2n ... ain ... amn
Exemple
1 2 3
1 4 7 10
4 5 6
Si A = alors t A = 2 5 8 11
7 8 9
3 6 9 12
10 11 12
En algèbre linéaire, une matrice symétrique est une matrice qui est égale à sa propre transposée.
Ainsi A est symétrique si t A = A, ce qui exige que A soit une matrice carrée.
Le mot symétrique
est à
utiliser avec prudence pour les matrices à coefficients complexes ! ! !.
1 i
Exemple A = , il est convenable de l’appeler une matrice C-symétrique.
i −1
Les matrices C-symétriques ou les opérateurs C-symétriques jouent un rôle important dans la
physique mathématique actuelle.
85
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
En algèbre linéaire, la matrice conjuguée d’une matrice A à coefficients complexes est la matrice
A constituée des éléments de A conjugués.
Plus précisément, si on note ai,j et bi,j les coefficients respectifs de A et de A alors bi,j = ai,j .
1 i 1 −i
Exemple si A = alors A = , et on observe que A 6=t A.
i −1 −i −1
Définition (matrice adjointe)
En algèbre linéaire, une matrice adjointe (aussi appelée matrice transconjuguée) d’une matrice
A à coefficients complexes est la matrice transposée de la matrice conjuguée de A. Dans le cas
particulier où A est à coefficients réels, sa matrice adjointe est donc simplement sa matrice
transposée.
Exemple
1 1−i 1 1+i 1 1−i
si A = alors A = et A∗ = =A
1+i 3 1−i 3 1+i 3
(hermitienne).
i 3i −i −3i i 3i
si A = alors A = et A∗ = - = −A
3i −i −3i i 3i −i
(antihermitienne).
Soit u ∈ E et soit f ∈ L(E, F ), pour définir une application linéaire f il suffit de définir
f (ei ); 1 ≤ i ≤ m.
86
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
toute application linéaire entre espaces vectoriels est entièrement définie par l’image d’une base
de l’espace de départ. Autrement dit, dès lors que l’on connaît les images des éléments d’une
base du départ, on connaît l’application en tout point.
Théorème
Soient E et F deux K-espaces vectoriels. On se fixe B = {e1 , e2 , .., ei , ..., em } une base de E.
(i) Toute application linéaire f : E −→ F est entièrement déterminée par ses valeurs en chacun
des ei , à savoir les f (ei ) pour 1 ≤ i ≤ m.
(ii) Inversement, étant donnée vi ≤ i ≤ m une famille d’éléments de F (avec autant d’éléments
que la base de départ), il existe une unique application linéaire f : E −→ F vérifiant f (ei = vi
pour tous 1 ≤ i ≤ m.
Démonstration
(i) Supposons que l’on connaisse les images f (ei ). Alors pour calculer l’image de u ∈ E par f ,
il suffit de décomposer u sur la base B = {e1 , e2 , .., ei , ..., em } :
ce qui montre bien que f (u) s’exprime entièrement en fonction des f (ei ).
Les images (f (ei ) ), qui suffisent à la connaissance de f , sont elles mêmes entièrement détermi-
0 0 0 0
nées par leurs coordonnées respectives sur la base B = {e1 , e20 , .., ej , ..., en }; 1 ≤ j ≤ n,
il existe a1i , a2i , ...., aji , ...., ani ∈ K unique tels que on peut l’écrire sous la forme suivante sui-
0
vant la base B :
0 0 0 0
f (ei ) = a1i e1 + a2i e2 + .... + aji ej + .... + ani en 1 ≤ i ≤ m.
87
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0
a11 a12 a1i a1m
e1
0 a21 a22 a2i a2m
e2
.
.
. . .
0 0 .
.
M at(f, B, B ) = M at(f, (ei ), (ej )) := 0 . ......... . ........ .
e j
aj1 aj2 aji
ajm
.
. . . .
.
. . . .
0
en an1 an2 ani anm
qui comporte autant de colonnes que la dimension de l’espace de départ, ici m, et autant de
lignes que la dimension de l’espace d’arrivée, ici n. La règle de remplissage des n × m cases est
la suivante :
dans la case aji à l’intersection de la j −ème ligne et de la i−ème colonne figure la coordonnée
0
en ej de l’image f (ei ).
Pour respecter l’ordre alphabétique, il suffit de permuter m et n pour obtenir la notation habi-
tuelle ! ! ! néanmoins en calcul matriciel, on ne peut pas concilier l’ordre alphabétique de ij et
celui de mn ; ils ne peuvent pas coexister harmonieusement.
Défiition
Remarque
88
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour autant, l’application f , elle, reste inchangée. Il est important de savoir construire ou dres-
ser la matrice d’une application linéaire dans deux bases fixées.
Exemples
0 0
• Plaçons nous dans R2 . Soit (e1 ; e2 ) la base canonique et (e1 , e2 ) une autre base donnée par
0 0
e1 = e1 +e2 et e2 = e1 +2e2 . Soit f : R2 −→ R2 définie par f (e1 ) = 3e1 +e2 et f (e2 ) = −e1 +2e2 .
Alors on a :
. f
(e1 ) f (e2
)
e1 3 −1
M at(f, (e1 , e2 ), (e1 , e2 )) :=
e2 1 2
0 0 0 0
On remarque que e1 = 2e1 − e2 et que e2 = e2 − e1
Ainsi :
0 0
f (e1 ) = 2e1 − e2
0 0 0 0 0 0
f (e1 ) = 3e1 + e2 = 3(2e1 − e2 ) + (e2 − e1 ) = 5e1 − 2e2
0 0 0 0 0 0
f (e1 ) = −e1 + 2e2 = −(2e1 − e2 ) + 2(e2 − e1 ) = −4e1 + 3e2
si bien que :
. 0 f
(e1 ) f (e2 )
0 0
e1
5 −4
M at(f, (e1 , e2 ), (e1 , e2 )) :=
e0
−2 3
2
• Plaçons nous dans R2 [X] l’espace vectoriel des polynômes de degré ≤ 2 et considérons
D : R2 [X] −→ R2 [X] l’application linéaire définie par D(P ) = P 0 (dérivée).
D(1) = 0.1 + 0.X + 0.X 2 , D(X) = 1.1 + 0.X + 0.X 2 et D(X 2 ) = 0.1 + 2.X + 0.X 2 . Il en ré-
sulte que :
.
D(1) D(X) D(X 2 )
1 0 1 0
2 2
M at(D, (1, X, X ), (1, X, X )) := X 0 0 2
2
X 0 0 0
Remarque
89
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0
et B vérifie :
0 0 0
M at(αf + βg, B, B ) = αM at(f, B, B ) + βM at(g, B, B ).
autrement dit, la matrice d’une combinaison linéaire d’applications est la combinaison linéaire
des matrices de ces applications. Plus formellement, on peut énoncer la proposition suivante :
Proposition
Alors l’application :
0
ψ : L(E, F ) −→ Mmn (K); f −→ ψ(f ) = M at(f, B, B ) est un isomorphisme de K-espaces vec-
toriels.
Démonstration
Le fait que cette application soit linéaire résulte d’une simple vérification.
En effet, si A = (ai;j ) ∈ Mmn (K) est une matrice de taille mn, appelons v1 , ..........., vn les n
0
vecteurs colonnes de cette matrice, vus comme des éléments de F écrits dans la base B :
m
0 0 0 0 X 0
∀ 1 ≤ j ≤ n, vj = a1j e1 + a2j e2 + ........ + aij ei + ...... + amj em = aij ei .
i=1
D’après le théorème ci-dessus, il existe une unique application linéaire f telle que f (ej ) = vj
0
pour tous 1 ≤ j ≤ n. Par définition, on a A = M at(f ; B, B ). Cela montre la surjectivité, mais
aussi l’injectivité par unicité.
Soit K = R ou K = C, on rappelle :
Soit A = (aij ), B = (bij ∈ Mmn (K) i ∈ [1, m], j ∈ [1, n]. On définit :
90
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
L’ensemble des matrices de dimension m×n muni des deux opérations ci-dessus est un K-espace
vectoriel.
Démonstration
Théorème
On désigne par Ei,j la matrice à m lignes et n colonnes dont tous les éléments sont nuls sauf
celui de la i−ième ligne, j −ième colonne qui est égal à 1.
Les matrices Ei,j définissent une base de Mmn (K), appelée base canonique de Mmn (K).
Démonstration
m X
X n
Soit A = (aij ) une matrice de Mmn (K). On peut alors écrire aij Ei,j .
i=1 j=1
Ceci prouve que la famille des matrices Ei,j engendre Mmn (K).
m X
X n
Comme il est évident que c’est une famille libre (en effet si λij Ei,j = 0 tous les λij sont
i=1 j=1
m X
X n
nuls puisque λij Ei,j est la matrice de terme général λij ). Cette famille définit donc une
i=1 j=1
base de Mmn (K). On en déduit immédiatement en comptant le nombre des matrices Ei,j (ce
qui revient à compter le nombre de positions que peut prendre 1) le théorème suivant :
91
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Cas particulier : l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre n noté Mn (K) est de dimension
n2
On appelle S le sous-ensemble de Mn (R) formé des matrices symétriques, et A celui formé des
matrices antisymétriques :
Proposition
•1 La somme de deux matrices symétriques (resp. antisymétriques) est symétrique (resp. anti-
symétrique).
•5 Toute matrice se décompose d’une unique façon comme somme d’une matrice symétrique et
d’une matrice antisymétrique.
Démonstration
•2 Soit D = (dij ) une matrice diagonale. Alors pour tout i on a dii = dii et pour tout i 6= j on
a dij = 0 = dji .
•3 Pour toute matrice A = (aij ) antisymétrique de taille n, on a pour tout i ∈ [1; n], aii = −aii
donc aii = 0.
A +t A A −t A A +t A
•5 Soit A une matrice carrée. Alors on a A = + or la matrice S = est
2 2 2
t
A− A
symétrique car on vérifie facilement que S =t S et la matrice R = est antisymétrique
2
92
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit S 0 une matrice symétrique et R0 une matrice antisymétrique de même taille telles que
A = S 0 + R0 . Alors on trouve S + R = S 0 + R0 donc la matrice symétrique S − S 0 est égale
à la matrice antisymétrique R0 −R, donc ces deux différences sont nulles donc S = S 0 et R0 = R.
Corollaire
•b Mn (R) = S ⊕ A.
Proposition
(a) Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimension finie. Alors l’espace vectoriel L(E; F )
des applications linéaires de E dans F est de dimension finie et dim(L(E; F )) = dim(E) × dim(F ).
n(n + 1) n(n − 1)
(b) dimS = et dimA = où S et A sont les deux supplémentaires de Mn (R)
2 2
qui sont définis dans l’exemple ci-dessus.
Démonstration
(a) Comme L(E; F ) est isomorphe à Mmn (K) on en déduit que dim(L(E; F )) = dim(E) × dim(F ).
(b) Il suffit de constater que toute matrice S ∈ S est engendrée par la famille (Sij ) = (Eij + Eji )1≤i≤j≤n
qui est aussi une famille libre donc c’est une base de S.
= s11 E11 + s12 (E12 + E21 ) + s13 (E13 + E31 + ..... + s1n (E1n + En1 )+
s22 E22 + s23 (E23 + E32 ) + s24 (E24 + E42 + ..... + s2n (E2n + En2 )+ .............+
93
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
snn Enn .
n(n + 1)
n + (n − 1) + (n − 2) + ..... + 2 + 1 = .
2
n(n + 1)
Il en résulte que dimS = .
2
Pour calculer la dimension de A il suffit d’utiliser dimMn (R) = n2 et le fait que Mn (R) = S ⊕ A
n(n + 1) n(n − 1)
pour déduire que dimA = n2 − = .
2 2
§ 4 Multiplication de deux matrices
Définition
Soit f une application linéaire de E dans F et soit g une appli cation linéaire de F dans G.
0 0 0 0
On se donne une base B = {e1 , ....., ei , ....em } de E, une base B = {e1 , ....., ek , ....en } de F et
00 00 00
une base B = {e1 , ....., ej p00 , ....ep } de G. pour définir gof de E dans G, on a :
n n n p p X
n p
X 0 X 0 X X 00 X 00 X 00
f (ei ) = aik ek puis gof (ei = aik g(ek ) = aik bkj ej = aik bkj ej = cij ej ,
k=1 k=1 k=1 j=1 j=1 k=1 j=1
Xn
où cij = aik bkj pour 1 ≤ i ≤ m et 1 ≤ j ≤ p.
k=1
Remarque
On retrouve donc, pour le produit de matrices, les propriétés de la composition des applications
linéaires : associativité, distributivité . . .
Pour effectuer le produit de deux matrices AB, on adopte la méthode de multiplication d’une
matrice par un vecteur qui consiste à suivre les étapes suivantes :
94
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Calcul de c11 ;
b11
b21
.
(a11 , a12 , ....., a1n )×
.
.
bn1
= a11 × b11 + a12 × b21 + ...... + a1n × bn1
Calcul de c21 ;
b11
b21
.
(a21 , a22 , ....., a2n )× = a21 × b11 + a22 × b21 + ...... + a2n × bn1
.
.
bn1
..........................................................................................................
..........................................................................................................
..........................................................................................................
Calcul de ci1 ;
b11
b21
.
(ai1 , ai2 , ....., ain )× = ai1 × b11 + ai2 × b21 + ...... + ain × bn1
.
.
bn1
..........................................................................................................
..........................................................................................................
..........................................................................................................
..........................................................................................................
95
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Calcul de cm1 ;
b11
b21
.
(am1 , am2 , ....., amn )× = am1 × b11 + am2 × b21 + ...... + amn × bn1
.
.
bn1
Règle de calcul
Pour multiplier une matrice A d’ordre m × n par un vecteur colonne d’ordre n × 1, on multiplie
chacune des m lignes de la matrice A par chacun des vecteurs colonne de B pour obtenir
successivement les colonnes de la matrice C = AB. On peut procéder comme suit en plaçant B
au-dessus et à droite de A :
.
Exemple
0 1 4
2 4 1
Si A = et B = 0 1 7 Alors
3 2 2
1 5 6
2×0+4×0+1×1 2×1+4×1+1×5 2×4+4×7+1×6
AB =
3×0+2×0+2×1 3×1+2×1+2×5 3×4+2×7+2×6
1 11 42
= .
2 15 38
Propriétés de la multiplication
96
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
A(B + C) = AB + AC et (A + B)C) = AC + BC
Démonstration
n
X n
X n
X
C’est un calcul assez élémentaire sur les sommes : aik (bkj + ckj ) = aik bkj + aik ckj .
k=1 k=1 k=1
Proposition
(AB)C) = A(BC).
Démonstration
97
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
p X
X n
écrire ceci plus simplement sous la forme ail blk ckj .
k=1 l=1
Xp p
X Xn p X
X n
De même, en notant E = A(BC), on aura eij = aik (BC)kj = aik ( bkl clj ) = ail blk ckj .
k=1 k=1 l=1 k=1 l=1
Les deux formules sont bien les mêmes puisque les indices dans une somme double sont muets.
2 0 −1 1 1 7
Exemple : si A = ,B= et C =
3 4 4 5 8 2
Alors on a :
−2 2 14 −10
AB = et (AB)C =
13 23 197 137
7 −5 14 −10
BC = et A(BC) =
44 38 197 137
• La transposée d’un produit est le produit des transposées, mais il faut inverser l’ordre des
facteurs.
Proposition
(i) Soient m, n, p trois entiers strictement positifs. Soient A = (aij ) une matrice de Mmn (K) et
B = (bjk ) une matrice de Mnp (K). La transposée du produit de A par B est le produit de la
transposée de B par la transposée de A.
t
(AB) =t B t A.
(ii) Le produit d’une matrice par sa transposée est toujours une matrice symétrique.
Démonstration
t
(AB) =t B t A.
A droite, on a :
p
X p
X
(t B)ik (t A)kj = bki ajk . Les deux quantités sont bien égales.
k=1 k=1
(ii) t (A t A) =t (t A) t A = A t A.
98
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
• L’ensemble des matrices carrées d’ordre n Mn (K) muni des lois d’addition et de multiplica-
tion des matrices qui sont internes et vérifiant pour l’addition Mn (K, +) est un groupe abélien
et pour la multiplication elle est associative et distributive par rapport à l’addition est dit un
anneau non commutatif (on reviendra là-dessus un peu plus tard)
• Le produit de matrices n’est pas commutatif voir exemple ci-dessus, mais on peut observer
aussi que l’existence du produit AB n’implique même pas celle de BA.
• Sur Mn (K), on peut définir des puissances de matrices carrées vérifiant les propriétés usuelles
de calcul des puissances entières.
99
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
b1 x1
b2
x2
B=
. et X = . . Alors le système (S) est équivalent à l’équation matricielle :
.
.
.
.
. .
bm xn
AX = B.
Démonstration
Au rang n = 0, les deux membres de l’égalité sont égaux à la même matrice identité In où ses
éléments diagonaux valent 1 et les autres sont nuls.
(A + B)n+1 = (A + B)n (A + B)
n
X
= Cnk Ak B n−k (A + B) (on a utilisé H(n) )
k=0
Xn n
X
= Cnk Ak B n−k A + Cnk Ak B n−k B
k=0 k=0
Xn n
X
= Cnk Ak+1 B n−k + Cnk Ak B n+1−k (on a utilisé AB = BA)
k=0 k=0
n+1 n
X 0 X
= Cnk −1 Ak B n+1−k + Cnk Ak B n+1−k (on a posé k 0 = k + 1)
k0 =1 k=0
n
X
= Cnn An+1 B 0 + [Cnk−1 + Cnk ]Ak B n+1−k + Cn0 A0 B n+1 .
k=1
n
X
n+1 n+1 0 k
= Cn+1 A B + [Cn+1 Ak B n+1−k + Cn+1
0
A0 B n+1 .
k=1
n+1
X
k
= Cn+1 Ak B n+1−k .
k=0
100
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
(ii) Le produit de deux matrices triangulaires supérieures est une matrice triangulaire supé-
rieure (et de même pour les matrices triangulaires inférieures).
Démonstration
(i) Pour les matrices diagonales, prenons deux matrices diagonales (de taille n) A et B. Le
Xn
terme d’indice ij de AB vaut cij = aik bkj . Parmi tous les termes intervenant dans cette
k=1
somme, seul un des termes de gauche est non nul, quand k = i, et seul un des termes de droite
est non nul, quand k = j. Si i 6= j, on n ?a donc que des produits nuls, ce qui prouve bien que
les seuls termes qui peuvent être non nuls pour AB sont les termes diagonaux.
(ii) C’est un peu le même principe pour les matrices triangulaires supérieures. Prenons deux
telles matrices A et B et supposons i > j. Le terme d’indice ij de AB vaut
n
X i−1
X n
X
cij = aik bkj = 0 × bkj + aik × 0 = 0. La matrice AB est donc triangulaire supérieure.
k=1 k=1 k=i
Définition
n
X
La trace d’une matrice carrée A ∈ Mn (K) est le nombre T r(A) = aii .
i=1
Proposition
(i) La trace est une application linéaire : T r(λA + µB) = λT r(A) + µT r(B).
Démonstration
Quitte à échanger le rôle des deux variables muettes i et k, c’est bien la même chose.
101
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
c11 = a11 b11 + a12 b21 + a13 b31 , c22 = a21 b12 + a22 b22 + a23 b32 et c33 = a31 b13 + a32 b23 + a33 b33 .
d11 = b11 a11 + b12 a21 + b13 a31 , d22 = b21 a12 + b22 a22 + b23 a32 et d33 = b31 a13 + b32 a23 + b33 a33 .
3
X 3
X
Par conséquent : cii = dii .
i=1 i=1
Théorème
Alors on a :
Démonstration
(iii) Si AB − BA = In alors T r(AB − BA) = T r(In ) = n. Comme l’application trace est une
application linéaire on a T r(AB − BA) = T r(AB) − T r(BA) = 0 6= n = T r(In ) ce qui est contra-
dictoire.
(iv) Cette propriété joue un role fondamental en physique quantique et répond à la question
suivante :
où D(f ) = {u ∈ E; f (u) ∈ E}, D(g) = {u ∈ E; g(u) ∈ E}, D(f 0g) = {u ∈ E; g(u) ∈ E et f og(u) ∈ E}
et D(g0f ) = {u ∈ E; f (u) ∈ E et gof (u) ∈ E} appelés les domaines maximaux de f , g, f og et
gof respectivement.
102
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Plaçons nous dans R3 [X] l’espace vectoriel des polynômes de degré ≤ 3 et considérons
D : R3 [X] −→ R3 [X] l’application linéaire définie par D(P ) = P 0 (la dérivation) M : R3 [X] −→ R3 [X]
l’application linéaire définie par M (P ) = xP (la multiplication par x) .
D(1) = 0.1 + 0.X + 0.X 2 + 0.X 3 , D(X) = 1.1 + 0.X + 0.X 2 + 0.X 3 , D(X 2 ) = 0.1 + 2.X + 0.X 2 + 0.X 3
et D(X 3 ) = 0.1 + 0X + 3.X 2 + 0.X 3 . Il en résulte que :
et
M (1) = 0.1 + 1X + 0.X 2 + 0.X 3 , M (X) = 01 + 0.X + 1.X 2 + 0.X 3 , M (X 2 ) = 0.1 + 0X + 1X 2 + 0.X 3
et M (X 3 ) = 0.1 + 0X + 0X 2 + 0.X 3 . Il en résulte que :
. M (1) M (X) M (X 2 ) M (X 3 )
1 0 0 0 0
X 1 0 0 0
M at(D, (1, X, X 2 , X 3 ), (1, X, X 2 , X 3 )) :=
X2
0 1 0 0
3
X 0 0 1 0
Par suite on a :
0 1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0
0 0 2 0 1 0 0 0
0 2 0 0
DM =
=
0 0 0 3 0 1 0 0
0 0 3 0
0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0
103
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0
1 0 0 0 0 0 2 0
0 1 0 0
MD =
=
0 1 0 0 0 0 0 3
0 0 2 0
0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 3
Et
1 0 0 0
0 1 0 0
DM - MD =
0 0 1 0
0 0 0 −3
Quand on augmente n, la matrice identité prend “forme”. Pour faire disparaitre le −3 on passe
à la dimension “∞” et on se place sur R∞ [X] :
D’où
Définition
Soit A une matrice carrée inversible d’ordre n. Supposons que B et C sont deux inverses de A
c’est-à-dire AB = BA = In et AC = CA = In . Alors on a :
104
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Propriétés :
Si AB = BC = In alors A = C
In−1 = In
(AB)−1 = B −1 A−1
L’inverse d’un produit est le produit des inverses dans l’ordre inverse : Pour vérifier cette éga-
lité, il suffit de vérifier que le produit de AB et de B −1 A−1 donne bien l’identité ; En effet on
a (AB)B −1 A−1 = (A(BB −1 )A−1 = AIA−1 = AA−1 = In .
−1 −1 −1
Plus généralement on vérifie que (A1 A2 ..........An−1 An )−1 = A−1
n An−1 ......A2 A1 .
(t A)−1 =t (A−1 )
Pour vérifier cette égalité, il suffit de vérifier que le produit de t A et t (A−1 donne bien l’identité.
En effet on a :
t
At (A−1 ) =t (A−1 A) =t I = I (on a utilisé t (BC) =t C t B pour tout couple de matrices et le
fait que t I = I)
Si Aest inversible alors AB = AC si et seulement si B = C.
En algèbre linéaire, une matrice est dite échelonnée en lignes si le nombre de zéros précédant la
première valeur non nulle d’une ligne augmente ligne par ligne jusqu’à ce qu’il ne reste éven-
tuellement plus que des zéros. i.e. si le nombre de 0 au début de chaque ligne est strictement
croissant quand on passe d’une ligne à la suivante.
Le premier élément non nul de chaque ligne dans une matrice échelonnée s’appelle le pivot.
Par exemple, la matrice suivante est échelonnée et les pivots sont écrits en couleur rouge :
0 1 2 3 2 7 4
0 0 0 2 5 3 6
A= 0 0 0 0 4 3 1
0 0 0 0 0 0 3
0 0 0 0 0 0 0
105
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Une matrice élémentaire est une matrice obtenue en effectuant une opération élémentaire sur
les lignes à la matrice identité. On les note habituellement avec la lettre E.
Exemples
1 0 0 1 0 0
0 1 0
L3 −→ L3 + 9L2 0 1 0
0 0 1 0 9 1
1 0 0 1 0 0
0 1 0
L2 −→ 5L2 0 5 0
0 0 1 0 9 1
1 0 0 0 1 0
0 1 0 permuter L1 avec L2 1 0 0
0 0 1 0 9 1
Définition
Faire une opération élémentaire sur les lignes d’une matrice consiste à
•1 permuter 2 lignes ;
Théorème (admis)
(i) On peut montrer que faire une opération élémentaire sur les lignes d’une matrice revient
à multiplier à gauche cette matrice par la matrice identité ayant subie l’opération élémentaire
correspondante.
(ii) On peut transformer toute matrice en une matrice échelonnée en effectuant des opérations
élémentaires sur les lignes.
106
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Exemple
1 0 3 2
permuter L3 avec L4 0 1 −1 0
?2
0 0 4 5
0 2 −5 −3
1 0 3 2
L4 −→ L4 − 2L2 0 1 −1 0
?3
0 0 4 5
0 0 −3 −3
1 0 3 2
3 0 1 −1 0
L4 −→ L4 + 4 L3
= A0
?4
0 0 4 5
3
0 0 0
4
107
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 0 0 0
0 1 0 0
0 1 0
0 0 1 0 0
0 1 0 0
0 1 0 0
0
A =
.A
0 0 1 0
0 0 0
1 0 0 0 0
1 0 1 −2
0 0 1 0
3
0 0 4 1 0 −2 0 1 0 0 1 0 1 0 0 1 0 0 0 1
Définition
Le rang d’une matrice A est le nombre de lignes non nulles dans la matrice échelonnée associée
à A. Ce rang est indépendant de la manière dont on échelonne la matrice A.
0
Cette matrice A = ayant 1 ligne non nulle, elle est de rang 1. On en déduit que la matrice A
est de rang 1.
108
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0 0
La matrice A = n’a pas d’inverse.
1 3
a b
Car pour toute matrice B = on a :
c d
0 0 1 0
AB = 6= ∀a∀b
a + 3c b + 3d 0 1
En pratique, on dispose les matrices A et In côte à côte (A | In ) , puis on effectue des opérations
élémentaires sur les lignes de A pour parvenir à la matrice In . On effectue en même temps les
mêmes opérations élémentaires sur la matrice In.
109
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1 0 0 −1 1 2
L1 −→ L1 − L2 − L3
◦3 0 1 0 0 −1 1
L2 −→ L2 − 12 L3
0 0 1 1 0 −2
Changement de bases
Exemple
1 0 0
Soient B = {e1 = 0 , e2 =
1
, e3 = 0 } et
0 0 1
0 0 0 0
B = {e1 = e1 + e2 − e3 , e2 = e1 − e3 , e3 = e1 − e2 }.
110
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
En effet on a :
1 1 1 0
α+β+γ =0
α 1 +β 0 +γ −1
=
⇐⇒ α − γ = 0
0 .
−1 −1 0 0 −α − β = 0
α + β + γ = 0 =⇒ γ = 0
=⇒ α=γ =⇒ α = 0 et β = 0.
β = −α
0
Autrement dit, la matrice de passage de la base canonique vers B est :
1 1 1
1
PB−→B0 = 0 −1
−1 −1 0
Proposition
0 0 0 0
Soient B = {e1 , e2 , ......, en } et B = {e1 , e2 , ......, en } deux bases d’un même K-espace vectoriel
0
E, Si P est la matrice de passage de B vers B , alors P est une matrice inversible, et la matrice
0
−1
de passage de B vers B est P .
Démonstration
La matrice P peut être vue différemment : il s’agit de la matrice de l’application identité dans
0
les bases B (au départ) et B (à l’arrivée).
0
En effet, les colonnes de P contiennent exactement les coordonnées des vecteurs ej dans la
0
base B. Si on note Q la matrice de cette même application identité dans les bases B et B
0
(qui est aussi la matrice de passage de B vers B), le produit des deux matrices représentera
0
l’application identité dans la base B , au départ comme à l’arrivée. Mais cette dernière matrice
est évidemment la matrice I, donc QP = I, ou encore Q = P −1 .
Proposition
0 0 0 0
Soient B = {e1 , e2 , ......, en } et B = {e1 , e2 , ......, en } deux bases d’un même K-espace vectoriel
E.
x1
x2
Soit u ∈ E ; u = x1 e1 + x2 e2 + ..... + xn en et X = la matrice-colonne de ses coordon-
.
.
.
xn
111
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0
x1
0
x2
0 0 0 0 0 0
nées dans la base B et u = x1 e1 + x20 e2 + ..... + xn en avec X = est la matrice-colonne
.
.
.
0
xn
0
de ses coordonnées dans la base B .
0 0 0
Alors X = P X (ou X = P −1 X), où P est la matrice de passage de B vers B
Démonstration
n
X 0 0
Explicitons les hypothèses utiles : u = xj ej (en gardant les notations utilisées plus haut
j=1
n n n n X n
0 X X 0 X X
pour les vecteurs des deux bases) et ej = pij ei donc u = xj ( pij ei ) = ( pij )ei ).
i=1 j=1 i=1 i=1 j=1
n
X 0
Par unicité de la décomposition dans une base, on peut en déduire que xi = pij xj , soit
j=1
0
exactement X = P X
Le but de ce qui suit est de traduire l’égalité vectorielle v = f (u) par une égalité matricielle.
Théorème
0 0
Soit f ∈ L(E, F ), B et B deux bases de E, E et E deux bases de F .
0 0
En notant A = M at(f, B, E) et A0 = M at(f, B , E ), P la matrice de passage de B vers E et
0 0 0
Q la matrice de passage de B vers E , alors A = Q−1 AP . En particulier, dans le cas d’un
endomorphisme, M at(f, E, E) = P −1 M at(f, B, B)P (A0 = P −1 AP ).
Démonstration
Sans expliciter les calculs, on peut exploiter les résultats précédents. Soit X la matrice-colonne
0
des coordonnées de u dans la base B , alors P X est la matrice-colonne de u dans B, puis AP X
représente la matrice-colonne de f (u) toujours dans la base B, et enfin P −1 AP X est la matrice
112
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0 0 0
colonne dans la base B . Or, A X représente également les coordonnées de f (u) dans B , donc
0 0
A X = P −1 AP X. Comme cela est vrai pour tout vecteur u alors les matrices A et P −1 AP
0
représentent la même application linéaire dans B , et sont donc égales.
Exemple
2 −1 0
3
On reprend l’exemple ci-dessus où f ∈ L(R ) ayant matrice A = −2 1 −2
dans B
1 1 3
0 0 0 0
3
la base canonique de R et B = {e1 = e1 + e2 − e3 , e2 = e1 − e3 , e3 = e1 − e2 }.
0
La matrice de passage de la base canonique vers B est :
1 1 1 1 1 1
PB−→B0 = 1 0 −1 . On en déduit que PB0 −→B = −1
−1 −2
−1 −1 0 1 0 1
0
On peut calculer la matrice de f dans la base B en utilisant A0 = P −1 AP pour obtenir :
1 0 0
A0 = P −1 AP =
0 2 0
0 0 3
Remarque importante
• Nous venons en fait d’effectuer sans le dire notre première diagonalisation de matrices, mais
on peut attendre le cours de la partie II pour en apprendre (beaucoup) plus sur ce sujet.
• Un vecteur non nul u vérifiant f (u) = λu pour un certain scalaires λ ∈ K est appelé vecteur
propre de l’application f , et le scalaire λ est la valeur propre associée à u.
• Chercher une base dans laquelle la matrice de f devient diagonale revient exactement à cher
une base constituée de vecteurs propres de f .
• Les techniques générales de recherches de vecteurs propres consistent en fait à chercher d’abord
les valeurs propres de l’endomorphisme, qui ne peut pas en avoir plus que la dimension de l’es-
pace E sur lequel l’application est définie.
§ 6 Rang d’une famille de vecteurs, rang d’une matrice et d’une application linéaire
Définition (Rang : d’une famille de vecteurs, d’une matrice et d’une application linéaire)
Soit E un K-espace vectoriel et soit {u1 , u2 , ......., up } une famille finie de vecteurs de E.
113
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
V ect(u1 , u2 , ......., up ) engendré par les vecteurs {u1 , u2 , ......., up }. Autrement dit :
Une matrice peut être vue comme une juxtaposition de vecteurs colonnes. Autrement di :
Soit A ∈ Mm,n (K) une matrice. On appelle rang de la matrice A la dimension du sous-espace
vectoriel (de Km ) engendré par ses vecteurs colonnes.
?2 On définit le rang d’une matrice comme étant le rang de ses vecteurs colonnes.
?3 On définit le rang d’une application linéaire f comme étant la dimension de son ensemble
image Im(f ) qu’ on note. rg(f ) = dim Im(f ).
Remarque
on se donne une famille de n vecteurs rg(u1 , u2 , ......., un ) d’un espace vectoriel de dimension
m. Fixons une base B = {e1 , e2 , ....em } de E.
Théorème
Le rang d’une matrice ayant les colonnes C1 , C2 , ..., Cn n’est pas modifié par les trois opérations
élémentaires suivantes sur les vecteurs :
114
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1. Ci ←− λCi avec λ 6= 0 : on peut multiplier une colonne par un scalaire non nul.
5. L’espace vectoriel engendré par les vecteurs colonnes est conservé par ces opérations.
attention
Les opérations élémentaires ne conservent pas certaines propriétés des matrices (voir par exemple
en partie II la notion des valeurs propres d’une matrice).
Démonstration
Notons ui le vecteur correspondant à la colonne Ci d’une matrice A. L’opération sur les co-
0
lonnes C1 ←− C1 + λC2 change la matrice A en une matrice A dont les vecteurs colonnes sont :
u1 + λu2 , u2 , u3 , ..., un .
Il s’agit de montrer que les sous-espaces F = V ect(u1 , u2 , ..., un ) et G = V ect(u1 + λu2 , u2 , u3 , ..., un )
ont la même dimension.
• Pour montrer que F ⊂ G, il suffit de montrer u1 est combinaison linéaire des générateurs de
G, ce qui s ?écrit :
On utilisera une méthode dite de Gauss-Jordan dont son principe affirme que par les opérations
élémentaires Ci ←− λCi , Ci ←− Ci +λCj , Ci ←→ Cj , on transforme une matrice A en une matrice
échelonnée par rapport aux colonnes. Le rang de la matrice est alors le nombre de colonnes non
115
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
nulles.
Remarque
la méthode de Gauss-Jordan dite classique concerne les opérations sur les lignes et aboutit à une
matrice échelonnée par rapport aux lignes. Les opérations sur les colonnes de A correspondent
aux opérations sur les lignes de la matrice transposée t A.
Premières propriétés
1. 0 ≤ rg(u1 , u2 , ......., up ) ≤ p : le rang est inférieur ou égal au nombre d’éléments dans la famille.
2. Si E est de dimension finie alors rg(u1 , u2 , ......., up ) ≤ dimE : le rang est inférieur ou égal à
la dimension de l’espace ambiant E.
3. Le rang d’une famille vaut 0 si et seulement si tous les vecteurs sont nuls.
4. Le rang d’une famille {u1 , u2 , ......., up } vaut p si et seulement si la famille {u1 , u2 , ......., up }
est libre.
Deux matrices A et B de même type (m, n) sont dites équivalentes si il existe P et Q des
matrices inversibles de types respectifs n, n) et (m, m) telles que B = QAP .
Deux matrices carrées A et B de même type sont dites semblables s’il existe une matrice P
telle que A = P BP −1 .
Théorème
Deux matrices de Mm,n (K) sont équivalentes si et seulement si elles ont même rang.
Démonstration
⇐= Nous devons démontrer que deux matrices ayant le même rang sont équivalentes.
Soit A une matrice à m lignes, n colonnes, et de rang r. Notons a1 , . . . , an les n vecteurs co-
lonnes de A, qui sont des vecteurs de Km . Le rang de A est la dimension de l’espace engendré
par (a1 , . . . , an ), qui est inférieure ou égale à n et à m.
Nous allons montrer que la matrice A est équivalente à la matrice Jr obtenue en complétant la
matrice identité Ir par des zéros, à droite et en dessous.
116
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Considérons l’application f , de Kn dans Km dont la matrice relative aux bases canoniques est
A. Nous voulons trouver une base de l’espace de départ et une base de l’espace d’arrivée, telles
que la matrice de f relative à ces bases soit Jr .
Dans l’espace d’arrivée F , la famille (c1 , . . . , cr ) est une famille libre car c’est une base de Im(f ).
On peut la compléter par m − 1 vecteurs cr+1 , . . . , cm de sorte que (c1 , . . . , cr , cr+1 , . . . , cm )soit
une base de F .
=⇒
Soit B une matrice de Mm,n (K) de même rang que A noté r alors Il existe deux autres matrices
inversibles R et S telles que Jr = S −1 BR. En multipliant à gauche par Q et à droite par P −1 ,
on obtient :
A = (QS −1 )B(RP −1 ) .
Corollaire
Démonstration
117
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Nous avons démontré qu’une matrice A de rang r est équivalente à la matrice Jr obtenue en
complétant Ir par des zéros.
Or tJr est du même type que Jr : elle contient la matrice identité Ir , complétée par des zéros.
Elle est aussi de rang r.
A = t (P −1 )tJr tQ .
t
Comme la matrice P −1 est inversible alors sa transposée l’est aussi donc nous avons montré
que tA est équivalente à tJr , qui est de rang r.
Déterminer le rang d’une matrice consiste à déterminer le rang de ses vecteurs colonnes, ou
encore de ses vecteurs lignes, puisque ce sont les colonnes de la transposée. Pour ce faire, nous
avons vu une méthode consistant à écrire un système homogène, puis à lui appliquer la méthode
de Gauss. Soit A = (ai,j ) une matrice à m lignes et n colonnes.
1. f est l’application qui à un n-uplet x = (x1 , . . . , xn ) associe le m-uplet Ax, dont la i-ième
coordonnée vaut
ai,1 x1 + · · · + ai,n xn .
Le noyau de f est l’ensemble des n-uplets (x1 , . . . , xn ), solutions du système homogène (H)
suivant :
118
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Le rang de ce système est égal à la fois au rang de f , au rang de A, au rang de la famille des
vecteurs colonnes de A et au rang de la famille des vecteurs lignes.
Pour le calculer, il suffit de mettre le système (H) sous forme échelonnée : le rang est le nombre
de pivots non nuls de la forme échelonnée du système.
On peut aussi déduire de la forme échelonnée du système une base de l’image, c’est-à-dire une
base de l’espace engendré par les vecteurs colonnes de A.
Voici un exemple.
Le coefficient d’ordre (1, 1) (première ligne-premièrecolonne) est non nul, il n’y a donc pas de
permutations à effectuer. Le premier pivot est p1 = 1.
119
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1 1 0 1
0 −1 1 −2
L3 ← L3 + L2 0 0 0 −2
L4 ← L4 + L2 0 0 0 −4
• Pour obtenir un troisième pivot non nul, il faut échanger les deux dernières colonnes.
1 1 1 0
0 −1 −2 1
0 0 −2 0
C4 ←→ C4 0 0 −4 0
1 1 1 0
0 −1 −2 1
0 0 −2 0
L4 ←→ L4 − 2L3 0 0 0 0
Le rang de la matrice est donc 3. En n’oubliant pas que les colonnes 3 et 4 ont été échangées,
on obtient aussi que les vecteurs colonnes numéros 1, 2 et 4 de la matrice A forment une famille
libre, donc une base de l’espace engendré.
120
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
x1 + x2 + x4 = b1
2x1 + x2 + x3 = b2
x1 + 2x2 − x3 + x4 = b3
−x1 − x3 − 3x4 = b4
1 1 0 1 b1
L2 ← L2 − 2L1 0 −1 1 −2 b2 − 2b1
L3 ← L3 − L1 0 1 −1 0 b3 − b1
L4 ← L4 + L1 0 1 −1 −2 b4 + b1
1 1 0 1 b1
0 −1 1 −2 b2 − 2b1
L3 ← L3 + L2 0 0 0 −2 (b3 − b1 ) + (b2 − 2b1 )
L4 ← L4 + L2 0 0 0 −4 (b4 + b1 ) + (b2 − 2b1 )
Echanger les deux dernières colonnes de la matrice nous impose à échanger les deux der-
nières variables x3 et x4 du système.
1 1 1 0 b1
0 −1 −2 1 b − 2b1
2
0 0 −2 0 (b3 − b1 ) + (b2 − 2b1 )
C4 ←→ C4 0 0 −4 0 (b4 + b1 ) + (b2 − 2b1 )
121
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
x 1 + x 2 + x 4 = b1
−x2 + x3 − 2x4 = b2 − 2b1
−2x4 = b3 + b2 − 3b1
0 = b4 − 2b3 − b2 + 3b1
Remarque
Si b4 − 2b3 − b2 + 3b1 6= 0 le système n’admet pas de solution par contre si b4 − 2b3 − b2 + 3b1 = 0
alors le système admet une infinité de solutions .
122
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 5
Déterminants
§ 1 Déterminants d’ordre deux ou trois
Définition
(i) f : E × E −→ K, (u, v) −→ f (u, v) vérifiant à la fois (1) et (2) est dite une forme bilinéaire :
(ii) une forme bilinéaire vérifiant f (u, u) = 0 pour tout u ∈ E est dite forme alternée.
(iii) une forme bilinéaire vérifiant f (u, v) = −f (v, u) pour tout (u, v) ∈ E × E est dite forme
antisymétrique.
Premières propriétés
• Toute forme bilinéaire f vérifiant (3) est alternée c’est-à-dire f (u, u) = 0 pour tout u ∈ E .
(il suffit de prendre u = v et appliquer (3))
• Toute forme bilinéaire f vérifiant (3) est antisymétrique, c’est-à-dire f (u, v) = −f (v, u) pour
tout (u, v) ∈ E × E.
Théorème
123
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Inversement
Toute fonction de cette forme est bien une application de E × E dans K et c’est bien une forme
bilinéaire alternée.
Définition (Déterminant)
La forme bilinéaire alternée telle que f (e1 , e2 ) = 1 est appelée déterminant du système de vec-
teurs {u, v} par rapport à la base {e1 , e2 } et sera noté det{u, v} = ad − bc.
124
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Démonstration
Alors on a :
f (u, v, w) = f (a1 e1 + b1 e2 + c1 e3 , a2 e1 + b2 e2 + c2 e3 , a3 e1 + b3 e2 + c3 e3 )
125
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
=[a1 b2 c3 + b1 c2 a3 + c1 a2 b3 − a1 c2 b3 − b1 a2 c3 − c1 b2 a3 ]f (e1 , e2 , e3 ).
Le determinant d’un système {u, v, w} de E par rapport à la base B = {e1 , e2 , e3 } est la forme
tri-linéaire alternée telle que f (e1 , e2 , e3 )= 1 et sera noté :
det{u, v, w} = a1 b2 c3 + b1 c2 a3 + c1 a2 b3 − a1 c2 b3 − b1 a2 c3 − c1 b2 a3 .
126
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
dett A = a1 b2 c3 + a2 b3 c1 + a3 b1 c2 − a3 b2 c1 − a1 b3 c2 − a2 b1 c3
d1 d1
d3 d3
où d1 , d2 , d3 ∈ K.
a1 a2 a3 a1 a2
En notant à = b1 b2 b3
b1 b2 constituée des colonnes de A augmentées de ses
c1 c2 c3 c1 c2
deux premières colonnes, on constate que :
a1 a2 a3 a3 a1
detA = b2 + b3 + b1 + b2 + b3
c3 c1 c2 c1 c2
a2
+ b1
c3
a11 a12 a13
Si on note A = (aij )1≤i,j≤3 a21
= a22 a23
a31 a32 a33
detA = a11 a22 a33 + a12 a23 a31 + a13 a21 a32 − a31 a22 a13 − a32 a23 a11 − a33 a21 a12 .
On rappelle le moyen facile ci-dessus appelé la règle Sarrus qui permet de retenir cette for-
mule : on recopie les deux premières colonnes à droite de la matrice (colonnes grisées), puis
on additionne les produits de trois termes en les regroupant selon la direction de la diagonale
descendante (à gauche), et on soustrait ensuite les produits de trois termes regroupés selon la
direction de la diagonale montante (à droite) :
127
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Exemple
2 1 0
1
Calculons le déterminant de la matrice A = −1 3
3 2 1
Attention : Cette méthode ne s’applique pas pour les matrices de taille supérieure à 3. Nous
verrons d’autres méthodes qui s’appliquent aux matrices carrées de toute taille.
128
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Si les vecteurs v1 et v2 sont colinéaires alors le parallélogramme est aplati, donc d ?aire nulle ;
on calcule facilement que lorsque deux vecteurs sont colinéaires, leur déterminant est nul.
Dans la suite on suppose que les vecteurs ne sont pas colinéaires. Notons
129
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Les motivations étant les mêmes que dans les cas précédents, on est amené à chercher des formes
linéaires définies de la façon suivante :
Définition
Une forme n-linéaire alternée sur un K-espace vectoriel de dimension finie (dimE = n) est une
application f : E n −→ K telle que :
0 0 0
(1) f (u1 , ....., ui + ui , ....., un ) = f (u1 , ....., ui , ....., un + f (u1 , ....., ui , ....., un ), ∀i ∈ [1, n] où ui , ui ∈ E
(f est alternée)
Proposition
f (u1 , ....., ui , ......, uj , ....., un ) = −f (u1 , ....., uj , ......, ui , ....., un ), la transposition des vecteurs en
position i et j ; i 6= j change de signe.
Démonstration
=⇒
f (u1 , ...., ui + uj , ......, uj + ui , ..., un ) = f (u1 , ....., ui , ....., ui , ...., un ) + f (u1 , ...., ui , ....., uj , ..., un )
Comme le premier et le quatrième terme de l’égalité ci-dessus sont nuls, on en déduit que :
⇐=
Si f est antisymétrique c’est-dire f (u1 , ....., ui , ....., uj , ....., un ) = −f (u1 , ....., uj , ......, ui , ....., un )
alors pour ui = uj on a 2f (u1 , ....., ui , ....., ui , ....., un ) = 0.
130
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie (dimE = n) de base B = {e1 , ...., ei , ...., en }
et f : E n −→ K une forme n-linéaire alternée.
Soit uj ∈ E, j ∈ [1, n] alors on peut l’écrire dans la base B sous la forme suivante :
n
X
uj = aij ei
i=1
Par suite on a :
Xn n
X n
X
f (u1 , ....., uj , ....., un ) = f ( ai1 ei , ......, aij ei , ........, ain ei ).
i=1 i=1 i=1
Puisque f est alternée alors f (ei1 , ei2 , ....., ein ) est non nul seulement si i1 , i2 , ........., in sont tous
différents. C’est-à-dire si le système {i1 , i2 , ........., in } est obtenu au moyen d’une permutation
σ de {1, 2, ........., n} et alors {i1 = σ(1), i2 = σ(2), ........., in = σ(n)}.
En conclusion
a1σ(1) .a2σ(2) .......anσ(n) f (eσ(1) , eσ(2) , ......., eσ(n) où σ est une permutation de l’ensemble {1, 2, ........., n}.
Ceci se note :
X
f (u1 , ....., uj , ....., un ) = a1σ(1) .a2σ(2) .......anσ(n) f (eσ(1) , eσ(2) , ......., eσ(n)) .
σ∈Sn
Remarque
•1 On vérifie que toute fonction définie comme ci-dessus est une forme n-linéaire alternée.
•3 Toute les formes n-linéaires alternées sont proportionnelles à celle telle que :
131
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Soit {e1 , e2 , ..., en } une base d’un espace vectoriel E sur un corps K et {u1 , u2 , ...., ui , .., un } un
Xn
système de vecteurs de E tel que ui = aij ej , 1 ≤ i ≤ n . La forme n-linéaire alternée telle
j=1
que f (e1 , e2 , ..., en ) = 1 s’appelle determinant du système {u1 , u2 , ...., ui , .., un } par rapport à
la base {e1 , e2 , ..., en } noté par det{u1 , u2 , ...., ui , .., un }.
Donc
0 0 0 0 0 0
det{e1 , e2 , ..., en }{e1 , e2 , ..., en }.det{e1 , e2 , ..., en } {e1 , e2 , ..., en } = 1.
Théorème
Démonstration
=⇒
Si {u1 , u2 , ..., un } sont linéairement indépendants alors ils forment une base dans E et par
conséquent on a det{e1 , e2 , ..., en } {u1 , u2 , ..., un } det{u1 , u2 , ..., un } {e1 , e2 , ..., en } = 1, ce qui
montre que det{e1 , e2 , ..., en } {u1 , u2 , ..., un } =
6 0 et donc P =⇒ Q.
⇐=
Si les vecteurs {u1 , u2 , ..., un } sont linéairement dépendants alors l’un d’eux est combinaison
linéaire des autres. Soit par exemple u1 = λ2 u2 + λ3 u3 + ......... + λn un d’où det{e1 , e2 , ..., en }
{u1 , u2 , ..., un } =det(λ2 u2 + λ3 u3 + ......... + λn un , u2 , u3 , ...., un } = λ2 {u2 , u2 , u3 , ....., un } +
λ3 {u3 , u2 , u3 , ....., un } + ...... + λn {un , u2 , u3 , ....., un } = 0.
Soit A une matrice carrée d’ordre n sur K. Le déterminant de A est le scalaire det (C1 , C2 , ....., Cn )
où (C1 , C2 , ....., Cn ) sont les vecteurs colonnes de A (dans Kn ) et det désigne la forme n-linéaire
132
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Soit n un entier supérieur ou égal à 1. A toute matrice A carrée d’ordre n on peut associer
un unique scalaire, appelé déterminant de A et noté det(A) ou detA, caractérisé par les trois
propriétés suivantes :
•1 L’application définie par le déterminant est linéaire par rapport à chaque colonne.
•2 Si deux colonnes d’une matrice A sont égales, son déterminant est nul.
Dans la suite on désigne ces trois propriétés sous le nom de propriétés caractéristiques des dé-
terminants.
Proposition
(2) Une matrice carrée d’ordre n A est inversible si et seulement si son déterminant est non nul.
(3) Si A et B sont deux matrices carrées de même ordre n sur K alors det(AB) = [Link].
(4) Si A est matrice carrée d’ordre n est inversible alors le déterminant de son inverse A−1 est
1
donné par detA−1 = .
detA
(5) Une matrice carrée A d’ordre n et sa transposée t A ont le même déterminant.
Démonstration
(3) Soient A et B deux matrices carrées d’ordre n sur le corps K. Soient f l’aplication linéaire
associée à A par rapport à la base {e1 , e2 , ......, en } et g l’aplication linéaire associée à B par
rapport à la base {e1 , e2 , ......, en }.
La matrice BA représente alors l’application gof par rapport à la base {e1 , e2 , ......, en }.
Comme les colonnes de A sont {f (e1 ), f (e2 ), ......, f (en )}, celles de B sont {g(e1 ), g(e2 ), ......, g(en )}
et celles de BA sont {gof (e1 ), gof (e2 ), ......, gof (en )} alors on a :
detA = det{f (e1 ), f (e2 ), ......, f (en )}, detB = det{g(e1 ), g(e2 ), ......, g(en )} et
133
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Considérons l’application F : E n −→ K; (u1 , u2 , ....un ) −→ F (u1 , u2 , ....un ) = det{g(u1 ), g(u2 ), ......, g(un )}.
F (u1 , u2 , ....un ) = det(u1 , u2 , ....un ).F (e1 , e2 , ....en ) c’est-à-dire det{g(u1 ), g(u2 ), ......, g(un )} =
det(u1 , u2 , ....un )det(g(e1 ), g(e2 ), ....g(en )).
det{gof (e1 ), gof (e2 ), ......, gof (en )} = det{f (e1 ), f (e2 ), ......, f (en )}. det{g(e1 ), g(e2 ), ......, g(en )},
d’où det(B) = detA. detB = det(AB).
X n
Y X n
Y X n
Y
detA = (σ) aσ(i),i = (σ) aσ(i),σ−1 σ(i) = (σ −1 ) ak,σ−1 (k) = dett A.
σ∈Sn i=1 σ∈Sn i=1 σ∈Sn k=1
Une des techniques les plus utiles pour calculer un déterminant est le “ développement par
rapport à une ligne (ou une colonne) ”.
Remarque
?1 Un déterminant est nul si et seulement si les colonnes (respectivement les lignes) sont linéai-
rement dépendants.
134
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
?3 En permutant les colonnes (respectivement les lignes) d’une matrice au moyen d’une per-
mutation paire le déterminant est inchangé. Dans le cas d’une permutation impaire le détermi-
nantchange de signe.
Définition (cofacteur)
Pour déterminer si Cij = +detAij ou Cij = −detAij , on peut se souvenir que l’on associe des
signes en suivant le schéma d’un échiquier :
135
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
= a11 a22 a33 − a11 a32 a23 − a12 a21 a33 + a12 a31 a23 + a13 a21 a32 − a13 a31 a22
136
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Hérédité.
n−1
X
Supposons maintenant que l’application det : Mn−1 (K) −→ K, A −→ detA = aij detAij est
j=1
caractérisées par les trois propriétés suivantes :
A la ligne n − 1 on a :
detA = (−1)n an−1,1 detAn−1,1 + (−1)n+1 an−1,2 detAn−1,2 + ........ + (−1)n−1+n−1 an−1,n−1 detAn−1,n−1 .
detA = (−1)n+1 an,1 detAn,1 + (−1)n+2 an,2 detAn,2 + ........ + (−1)n+n an,n detAn,n .
137
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
0 00 0 00
an,j = an,j = an,j si j < n tandis que an,n = λan,n + µan,n .
0 00
De façon similaire on a An,n = An,n = An,n = (Ĉ1 , (Ĉ2 , ....., (Ĉn−1 ) puisque la n−ème colonne
0 00
est enlevée. Par contre, pour j < n, An,n , An,n , An,n , ont leurs (n − 2) premières colonnes iden-
tiques, et diffèrent par la dernière. Comme ce sont des déterminants de taille n − 1, on peut
utiliser l’hypothèse de récurrence :
0 00
detAn,j = det(Ĉ1 , ......, Ĉj−1 , Ĉj+1 ....., Ĉn−1 , λĈn + µĈn )
0 00
= λdet(Ĉ1 , ......, Ĉj−1 , Ĉj+1 ....., Ĉn−1 , Ĉn ) + µ det(Ĉ1 , ......, Ĉj−1 , Ĉj+1 ....., Ĉn−1 , Ĉn )
0 00
= λdetAn,j + µdetAn,j .
detA = (−1)n+1 an,1 detAn,1 + (−1)n+2 an,2 detAn,2 + ........ + (−1)n+n an,n detAn,n .
n−1
X
=[ (−1)n+j an,j detAn,j ] + (−1)n+n an,n detAn,n .
j=1
n−1
X 0 00 0 00
=[ (−1)n+j an,j (λdetAn,j + µdetAn,j ] + (−1)n+n (λan,n + µan,n )detAn,n .
j=1
n n
X 0 0 X 00 00
=λ (−1)n+j an,j detAn,j + µ (−1)n+j an,j detAn,j .
j=1 j=1
0 00
= λdetA + µdetA .
An,r = (Ĉ1 , ...., Ĉr−1 , Ĉr+1 ....., Ĉs , ....., (Ĉn ) et An,s = (Ĉ1 , ...., Ĉr , .., Ĉs−1 , Ĉs+1 ...., (Ĉn ) car Ĉr =
Ĉs .
Pour passer de An,s à An,r , il faut faire s − r − 1 échanges de colonnes Ĉj ←→ Ĉj+1 successifs,
qui par hypothèse de récurrence changent le signe par (−1)s−r−1 : detAn,s = (−1)s−r−1 detAn,r .
Si l’on considère pour A la matrice identité In , ses coefficients ai,j sont tels que :
138
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
i = j =⇒ ai,j = 1
i 6= j =⇒ ai,j = 0
Donc detIn = (−1)n+n detAn,n . Or, la matrice An,n obtenue à partir de la matrice identité en
supprimant la dernière ligne et la dernière colonne est la matrice identité de taille (n−1)×(n−1).
Par hypothèse de récurrence, on a detIn−1 = 1. On en déduit que detIn = 1.
où (x1 , ..., xn ) ∈ Kn . (S) est un système de n équations linéaires à n inconnues (x1 , ..., xn ).
Résoudre le système (S), c’est trouver tous les n-uplets (x1 , ..., xn ) ∈ Kn vérifiant (S).
139
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Le système (S) est dit compatible si et seulement si il admet au moins une solution. On note
qu’un système homogène est toujours compatible car le n-uplet (0, ..., 0) est toujours solution
d’un système homogène.
Soit A = (aij )1≤i,j≤n ∈ Mn (K), A est la matrice du système (S). Soient B = (bi )1≤i≤n ∈ Mn,1 (K)
puis X = (xj )1≤j≤n ∈ Mn,1 (K). Le système (S) s’écrit matriciellement :
AX = B (S)
Le vecteur colonne B est le second membre du système(S). Le rang de A est le rang du système
(S). Le déterminant du sytème (S) est le determinant de A.
.
•2 Présentation en colonnes
Soient (C1 , ..., Cn ) les colonnes de la matrices A. Donc, ∀ j ∈ [1, n], Cj = (aij )1≤i≤n ∈ Mn,1 (K).
Le système (S) s’écrit alors
n
X
xj Cj = B (S)
j=1
Un système (S) est dit de Cramer si et seulement si le rang de la matrice A est égal à n.
Théorème
Un système de Cramer admet une et une seule solution. En particulier, un système de Cramer
homogène admet une et une seule solution à savoir la solution nulle (0, ..., 0).
Démonstration
Comme le rang du système est n alors A est inversible donc detA 6= ∅ et réciproquement si
detA 6= ∅ alors le rang de A est n.
Théorème
Soit (C1 , C2 , ..., Cj .., Cn ) les colonnes de la matrice A du système (S) AX = B ; detA 6= 0 où
Cj = (aij )1≤i≤n ∈ Mn,1 (K) et soit X = (xi )1≤i≤n ∈ Mn,1 (K) alors
140
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
n
X
Par définition de X solution du système (S), on a B = xj Cj . Soit i ∈ [1, n] alors en déve-
j=1
n
X
loppant det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , xj Cj , Ci+1 , ....., Cn ) on obtient :
j=1
n
X n
X
det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , xj Cj , Ci+1 , ....., Cn ) = xj det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , Cj , Ci+1 , ....., Cn )
j=1 j=1
Dans cette somme, si j = i, le terme s ?écrit xi det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , Ci , Ci+1 , ....., Cn ) = xi detA.
Si j 6= i,det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , Cj , Ci+1 , ....., Cn ) est nul car deux de ses colonnes sont égales
(j peut prendre uniquement l’une des ces valeurs {1, 2, ....., i − 1, i + 1, ...., n}).
Il reste det(C1 , C2 , ...., Ci−1 , B, Ci+1 , ....., Cn ) = xi detA et donc puisque detA 6= 0 on a :
Résolution du système
x + 3y + 4z = 50
3x + 5y − 4z = 2
4x + 7y − 2z = 31
1 3 4 1 3 4
3
La matrice A du système est : A = 5 −4
d’où detA = 3 5 −4 = −8
4 7 −2 4 7 −2
(Règle de Sarrus)
50 3 4 1 50 4
2 5 −4 3 2 −4
31 7 −2 −24 4 31 −2 −40
x= −8 = = 3, y = −8 = = 5 et
−8 −8
1 3 50
3 5 2
4 7 31 −64
z= −8 = = 8.
−8
141
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 6
Groupes
§ 1 Généralités sur les groupes
Définition
- tout élément x ∈ G possède un symétrique (ou inverse) pour ∗ , noté x−1 , satisfaisant
x ∗ x−1 = x−1 ∗ x = e ∀ x ∈ G.
Proposition
Si une loi interne admet admet au plus un élément neutre (Unicité de l’élément neutre).
L’inverse d’un élément, lorsqu’il existe, est unique. Il est lui-même inversible, et (x−1 )−1 = x.
Démonstration
y −1 ∗ x−1 ∗ x ∗ y = y −1 ∗ e ∗ y = e et x ∗ y ∗ y −1 ∗ x−1 = x ∗ e∗ = e.
Pour obtenir les simplifications, il suffit de multiplier par x−1 comme suit :
142
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
c’est-à-dire y = z.
Exemples de groupes
1
• (Q − {0}, ×) est un groupe commutatif avec e = 1 et x−1 = ; x 6= 0 (notation de l’inverse
x
lorsque ∗ = ×)
• (N, +) n’est pas un groupe : il n’a pas de nombre négatif, et donc pas d’inverse.
• L’ensemble des polynômes de degré n, muni de l’addition, n’est pas un groupe. Par contre,
l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n en est un.
Le vecteur opposé de x pour la loi + est −x = (−x1 , −x2 , ..., −xi , ..., −xn ).
• Construction de C
On considère R2 = {(x, y); x ∈ R et yR} privé de (0, 0) qu’on notera par Ĉ.
On définit une loi interne de multiplication notée × sur Ĉ comme suit :
143
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
- (1, 0) est l’élément neutre de × : (x, y)×(1, 0) = (1, 0)×(x, y) = (x, y).
x y
-( ,− 2 ) est le symétrique de (x, y) 6= (0, 0) par rapport à × :
x2 + y 2 x + y2
x y x y
(x, y)×( 2 ,− 2 =( 2 ,− 2 )×(x, y) = (1, 0).
x + y2 x + y2 x + y2 x + y2
L’associativité et la commutativité sont triviales.
On constate que (0, 1)×(0, 1) = (−1, 0) c’est-à-dire (0, 1)2 = (−1, 0) et que (x, y) = x(1, 0) + yi
2
où i = (−1, 0).
• Soient A, B ∈ GLn (K) alors A × B ∈ Mn (K) par définition du produit des matrices et comme
detA 6= 0, detB 6= 0 et det(A × B) = [Link] on a donc det(A × B) 6= 0 et par conséquent la
loi × est interne.
• Chaque élément A ∈ GLn (K) admet un inverse A−1 car detA 6= 0 et A−1 ∈ GLn (K) car
1
detA−1 = 6= 0.
detA
• Pour prouver l’associativité de ×, il faut juste un peu de courage :
Mn (K) muni de la loi de multiplication des matrices n’est pas un groupe. Néanmoins
si le munit simultanément de l’addition et de cette loi de multiplication, on démontre dans le
144
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 2 Groupes d’applications
Théorème
(ii) B(E) n’est plus commutatif dès que E possède au moins 3 éléments.
Démonstration
(ii) B(E) n’est plus commutatif dès que E possède au moins 3 éléments :
Il s’agit de la transposition de x1 et x2 .
Il s’agit de la transposition de x1 et x3 .
Définition
Soit E = {1, 2, ......, n} qui est un ensemble fini à n éléments. On appelle Sn = B(E) le groupe
des permutations de n éléments.
145
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
( ii) Tout élément de Sn s’écrit comme le produit d’au plus (n − 1) transpositions τij telles que :
Démonstration
........................................................................................
σ(n) ∈ E − {σ(1), σ(2), ...., σ(n − 1)}−→ une seule possibilité ((n − 1) ont été prises).
H(n) Tout élément de Sn s’écrit comme le produit d’au plus (n−1) transpositions τi,j telles que
• On suppose H(n) vraie pour un certain rang . Soit σ ∈ Sn+1 . On considère σ(n + 1) :
On a donc τ oσ = τ1 oτ2 o.......oτp , ce qui implique que (τ 0τ )oσ = Ioσ = σ, et finalement que
τ oσ = τ oτ1 oτ2 o.......oτp .
146
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
En fait, les mouvements du cube échangent les 8 coins et les 12 arêtes. De plus, les centres
des faces sont remis en place en tournant le cube sur lui-même. Il reste donc 12 arêtes, avec 2
orientations possibles, et 8 coins, avec 3 orientations, à mettre en place.
Card(G0 )
Card(G) =
12
Voir la démonstration de ce résultat dans le paragraphe § 6 de ce chapitre où on utilise le théo-
rème de Lagrange qui est un théorème fondamental de la théorie des groupes.
§ 3 Sous-groupes
Définition
Proposition
Démonstration
147
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
=⇒
Soit H un sou-groupe, soient x ∈ H et y ∈ H alors y −1 ∈ H car tout élément a un symétrique,
on en déduit que x ∗ y −1 ∈ H car la loi ∗ est interne.
⇐=
∀ x ∈ H, ∀ y ∈ H alors x ∗ y −1 ∈ H, si on pose y = x alors x ∗ x−1 ∈ H donc e ∈ H.
Soit x ∈ H et soit e ∈ H alors x−1 ∈ H. La loi est interne car pour y ∈ H on a y −1 ∈ H ce qui
implique que x∗(y −1 )−1 ∈ H c’est-à-dire x∗y ∈ H, il en résulte que H est un sous-groupe de G.
Exemples de sous-groupes
Démonstration
Soit H un sous-groupe de Z par rapport à l’addition, alors si H = {0} le théorème est démontré.
Supposons maintenant que H n’est pas réduit à {0}, posons H1 = {x ∈ H; x ≥ 0} et soit n le
plus petit entier appartenant à H1 alors n + n = 2n ∈ H1 , 2n + n = 3n ∈ H1 etc .....
Maintenant, si x ∈ H1 alors in existe q et r tels que x = nq + r avec q ≥ 0 et 0 ≤ r < n. Comme
x ∈ H et nq ∈ H alors x − nq = r ∈ H et comme 0 ≤ r < n alors r ∈ H1 , par suite si r > 0
ceci contredit la définition de n, tl en résulte que r = 0 et par conséquent x = nq. Pour achever
la démonstration, il suffit de remarquer que H = {0} ∪ H1 ∪ (−H1 ).
Soient p1 et p2 deux entiers relatifs, d le PGCD (le plus grand commun multiple) de p1 et p2
alors il existe des entiers relatifs α1 et α2 tels que p1 α1 + p2 α2 = d.
Démonstration
148
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
Il est d’usage de noter le pgcd de p1 et p2 par p1 ∧ p2 et le ppcm (le plus petit commun multiple)
de p1 et p2 par p1 ∨ p2 et on peut vérifier facilement que p1 Z ∩ p1 Z = p1 ∨ p2 Z.
Définition
Théorème
Démonstration
\
Soit (Hi )i∈I une famille non-vide de sous-groupes de G, on note par H = Hi . Il suffit de vé-
i∈I
rifier le critère de sous-groupe. H est bien stable par inverse et bien stable par produit. En effet :
L’élément e est dans tous les Hi , donc il est dans leur intersection H. Soient x, y deux éléments
de H. Alors, pour chaque i ∈ I x, y ∈ Hi donc x ∗ y ∈ Hi puisque Hi est un sous-groupe. Il
s’ensuit que x ∗ y est dans tous les Hi , donc dans H.
Pour finir, si x ∈ H, alors x ∈ Hi pour tout i, donc x−1 ∈ Hi puisque Hi est un sous-groupe,
et ainsi x−1 ∈ H. On a bien montré que H est un sous-groupe de G.
Définition
Soient (G, ∗) un groupe et A une partie de G. On appelle sous-groupe engendré par A le plus
petit sous-groupe de G (au sens de l’inclusion) contenant A qu’on note par < A >.
Exemple
Soit (G, ∗) un groupe. Pour tout entier k ≥ 1, le composé d’un élément x ∈ G par lui-même
k fois est noté xk , et le composé de x−1 par lui-même k fois est noté x−k . On convient que
x0 = e. Alors, il est facile de vérifier que le sous-groupe de G engendré par le singleton A = {x}
149
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
§ 4 Morphisme de groupes
Définition
De plus :
Définition
Soient (G, ∗) et (G0 , .) deux groupes. Si il existe un isomorphisme entre G et G0 , on dit que G
et G0 sont isomorphes et on note G' G0 .
Exemple
Remarque
• Un morphisme de groupes envoie le neutre sur le neutre et l’inverse sur l’inverse. En effet :
- On a f (eG ).f (eG ) = f (eG ∗ eG ) = f (eG ), ce qui montre, en composant à droite par f (eG )−1
que f (eG ) = eG0 .
- Pour tout x ∈ G, on a f (x).f (x−1 ) = f (x ∗ x−1 ) = f (eG ) = eG0 ce qui montre que f (x−1 ) = f (x)−1 .
• La notion d’isomorphisme joue en algèbre un rôle dual à celui des homéomorphismes en to-
pologie ou des difféomorphismes en géométrie différentielle.
• Des groupes qui seront isomorphes auront les mêmes propriétés algébriques. Ainsi, l’étude
algébrique d’un groupe pourra se faire sur n’importe quel groupe qui lui est isomorphe.
150
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Propriétés
ϕa : G −→ G, x −→ ϕa (x) = a ∗ x et ψa : G −→ G, x −→ ψa (x) = x ∗ a.
L’injectivité !
ϕa (x) = ϕa (y) ⇐⇒ a ∗ x = a ∗ y =⇒
La surjectivité !
Conclusion
Définition
Remarque
En effet, le neutre du groupe de départ est toujours élément du noyau pour ce faire soit
x ∈ G alors f (x) = f (x ∗ eG ) = f (x).f (eG ) =⇒ f (eG ) = eG0 (l’unicité de l’élément neutre) donc
eG ∈ Ker(f ).
Théorème
151
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
(i) Soit f un homomorphisme entre G et G0 et soit x, y ∈ Ker(f ) alors f (x) = eG0 et f (y) = eG0 .
Comme u1 ∗ v1−1 ∈ G alors on a f (u1 ∗ v −1 ) = f (u1 ).f (v −1 ) = f (u1 ).[f (v)]−1 = u.v −1 .
=⇒ ∃ u1 ∗ v1−1 ∈ G; u.v −1 = f (u1 ∗ v1−1 ). Donc pour tout u, v ∈ Im(f ) on a u.v −1 ∈ Im(f ).
(ii) Si f est injective, l’image du neutre de G par f étant le neutre de G0 , aucun autre élément
de G ne peut avoir e0G comme image. (Ou sinon cela contredit l’injectivité de f ). Donc le noyau
de f se réduit à {eG }..
Réciproquement, si le noyau de f est réduit à {eG }, prenons x et y dans G telles que f (x) = f (y),
alors f (x).[f (y)]−1 = f (y)).[f (y)]−1 = eG0 . Maintenant, comme f est un homomorphisme alors
f (x).[f (y)]−1 = f (x ∗ y −1 ) = e0G . Donc x ∗ y −1 est élément de Kerf . Mais le noyau de f étant
réduit à {eG }, cela implique que x ∗ y −1 = eG et donc que x = y.
Proposition
Démonstration : Triviale !
Définition
Soit (G, ∗) un groupe et x ∈ G, on appelle sous-groupe engendré par x le plus petit sous-groupe
de G contenant x.
152
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
tous les morphismes f du groupe additif Z dans le groupe multiplicatif Q∗ sont de la forme :
∀ n ∈ Z, f (n) = xn ; x ∈ Q∗ .
Démonstration
Maintenant, toujours comme Comme f est un morphisme alors on a f (−n) = [f (n)]−1 = [xn ]−1 = x−n .
•2 Congruences
Si E est un ensemble et ∼ est une relation d’équivalence sur E, on notera E/ ∼ l’ensemble des
classes d’équivalence pour la relation ∼. On dispose d’une application canonique E −→ E/ ∼
qui envoie élément x de E sur sa classe x̂ = {y ∈ E; y ∼ x}.
Si maintenant G est un groupe et ∼ est une relation d’équivalence sur G, en général, la loi de
G n’induit pas une loi interne sur G/ ∼.
Définition
Soit (G, ∗) un groupe et ∼ une relation d’équivalence sur G. On dit que ∼ est une congruence
si pour tous x, x0 , y, y 0 dans G, si x ∼ x0 et y ∼ y 0 , alors x ∗ y ∼ x0 ∗ y 0 .
Dire que ∼ est une congruence signifie précisément que la loi ∗ de G induit une application
∗ : G/ ∼ ×G/ ∼−→ G/ ∼, (x, y) −→ x ∗ y = (x ∗ y).
Proposition
Soit G un groupe et ∼ une relation d’équivalence sur G. Il existe une unique structure de
groupe sur G/ ∼ faisant de l’application G −→ G/ ∼ un morphisme de groupes. De plus, cette
structure est donnée par la loi interne définie ci-dessus.
Démonstration
153
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
∀ x ∈ G, ∀ y ∈ G alors x ∼ y ⇐⇒ x−1 ∗ y ∈ H.
Proposition
La relation ∼ définie ci-dessus est une relation d’équivalence, dont les classes sont de la forme
x ∗ H, x ∈ G et sont en bijection avec H.
Démonstration
x ∼ y ⇐⇒ x−1 ∗ y ∈ H
∼ est une relation d’équivalence, dont la classe d’un élément x pour cette relation est
On appelle les x ∗ H, les classes à gauche de H dans G. Ainsi, G/H est l’ensemble
des classes à gauche.
Mais G/H ne possède pas forcément une structure de groupe.
154
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Soit G un groupe. On appelle ordre de G son cardinal (nombre de ses éléments) vu comme un
élément de N ∪ {∞}. On le notera card(G) ou | G |.
Soit (G, ∗) un groupe d’ordre fini et soit H un sous-groupe de (G, ∗). Alors l’ordre de H divise
l’ordre de G.
Démonstration
x = x ∗ H = {x ∗ y; y ∈ H}.
D’après le chapitre sur les relations d’équivalence, les classes d’équivalences (distinctes) forment
une partition de G. Soit r le nombre (nécessairement fini) de classes d’équivalence distinctes.
∀ x ∈ G, ∀ y ∈ G alors x ' y ⇐⇒ x ∗ y −1 ∈ H.
Corollaire
La relation ' définie ci-dessus est une relation d’équivalence, dont d’un élément x pour cette
relation est H ∗ x, x ∈ G et est en bijection avec H.
On appelle les H ∗ x, les classes à droite de H dans G. Ainsi, G/H est l’ensemble des
classes à droite.
Mais G/H ne possède pas forcément une structure de groupe.
Question
Soit (G, ∗) un groupe et H un sous-groupe de [Link] quelle conditions sur H ou sur les relations
d’équivalence ∼ et ', l’ensemble G/H possède une structure de groupe ?
155
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•4 Sous-groupes distingués
Proposition
Démonstration
si y appartient à H ∗ x.
Définition
Proposition
Démonstration
Définition
156
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
L’équivalence entre •1 . et •4 . peut donc se reformuler en disant qu’un sous-groupe est distingué
si et seulement s’il est stable par conjugaison.
Proposition
Démonstration
On vérifie facilement que l’image (respectivement l’image réciproque) d’un sous-groupe est un
sous-groupe. Il s’agit donc seulement d’établir le caractère distingué.
2. Soit x ∈ G. On a
Proposition
Démonstration
Rappel : on peut parler du quotient d’un groupe (G, ∗) par un sous-groupe H, c’est l’ensemble
des classes d’équivalence pour la relation d’équivalence x−1 ∗ y ∈ H. Ici elle sont prise à gauche
mais ca serait pareil a droite pour la relation d’équivalence x ∗ y −1 ∈ H.
157
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
2. x ∗ H = H ∗ x pour tout x.
Dans ce cas où H est distingué, on va montrer que le quotient G/H est un groupe et la surjec-
tion canonique est un morphisme de groupe.
Si x et y sont éléments de G alors x ∗ x = (x ∗ y) . Cette loi est celle induite de G sur G/H.
Remarque
Il faut vérifier que cette loi est bien définie sur G/H, c’est-à-dire que si
Lemme
La loi définie précédemment est bien définie si et seulement si H est un sous-groupe distingué
dans G.
Démonstration
Mais comme, par hypothèse, y ∗ y 0−1 ∈ H et que tout élément de H peut s’écrire sous la forme
y ∗ y 0−1 où y est élément de G. Ceci implique la condition suivante :
x ∈ G =⇒ x ∗ H ∗ x−1 ⊂ H (? ? ?)
Ceci a lieu car x ∗ h ∗ x0−1 = x ∗ h ∗ x−1 ∗ x ∗ x0−1 , que H est distingué et que x ∗ x0−1 ∈ H.
158
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Supposons que H est un sous-groupe distingué de G. L’ensemble G/H muni de la loi interne
induite de celle de G a une structure de groupe. De plus, si G est abélien il en est de même de
G/H équipé de la loi induite.
Démonstration
•1 Comme H est distingué dans G la loi induite ∗ par celle de G sur G/H est bien définie.
•3 Tout élément x de G/H possède un inverse x−1 qui est x−1 . En effet comme x ∗ x−1 = x−1 ∗ x = eG
alors dans G/H on a x ∗ x−1 = x−1 ∗ x = eG donc x ∗ x−1 = x−1 ∗ x = eG .
Exemple
G = Z et H = nZ; n ∈ N∗ .
Puisque (Z, +) est un groupe commutatif tous ses sous-groupes sont distingués donc (Z/nZ, +)
est un groupe et il est commutatif et d’ordre n.
159
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Démonstration
Notons d’abord que s est surjective par définition des classes : toute classe C ∈ G/H admet au
moins un représentant i.e. C = x = s(x).
Montrons que s est un morphisme. Pour x, y ∈ G on a s(x ∗ y) = (x?y) = x∗y = s(x)∗s(y). En-
fin, x ∈ ker(s) ⇐⇒ s(x) = eG/H = eG ⇐⇒ x = eG ⇐⇒ eG ∼ x ⇐⇒ x ∈ H et cela prouve
que kers = H.
Le théorème dit essentiellement que les projections canoniques permettent de factoriser les mor-
phismes de groupes avec la projection canonique et un isomorphisme.
Démonstration
Les lois (différentes) des groupes G1 et G2 seront ici représentées par le même symbole ∗.
Vérifions d’abord que cette définition est consistante c’est-à-dire que l’on peut effectivement
utiliser n’importe quel représentant de C sans modifier le résultat.
L’application γ vérifie γ(x) = φ(x) car x est représentant de x. Ceci montre que tous les élé-
160
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
ments de φ(G1 ) (et seulement ceux-là) sont dans l’ensemble image de γ qui est par conséquent
une surjection de G1 /ker(φ) sur φ(G1 ).
= γ(x1 ) ∗ γ(x2 ).
= γ(C1 ) ∗ γ(C2 ).
=⇒ x ∈ Ker(φ).
=⇒ eG1 ∼ x
=⇒ x = eG1
Ceci montre que ker(γ) = {eG1 /ker(φ) } donc que γ est injective.
Il reste à vérifier que φ = γos. C’est immédiat car, pour x ∈ G1 , γ(s(x)) = γ(x) = φ(x).
§ 6 Rubik’s Cube
Abstract
L’objectif de cette dernière section de ce chapitre est de calculer le cardinal du Groupe Ru-
bik’s cube, c’est-à-dire du groupe des positions accessibles légalement. Pour cela, on a besoin
161
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
de déterminer le nombre total des configurations de ce groupe. Pour ce faire, nous utiliserons
principalement les notions de sous-groupes complémentaires, de produit semi direct de
groupes ainsi que le théorème de Lagrange.
R1 Position du problème
Les mouvements fondamentaux sur le Rubik’s cube sont les rotations des 6 faces.
Soient X et Y deux mouvements. Alors XY dénote “faire X, puis faire Y ", par exemple,
X 2 = XX “faire X deux fois consécutives ". Deux mouvements sont égaux s’ils ont le même
effet sur le cube.
Une configuration (ou un état) du Rubik’s cube est déterminée par les positions et les orien-
tatations de ses petits cubes qu’on peut représenter par le 4-uplet (x, σ, y, τ ) avec :
Une configuration du Rubik’s cube est dite valide si elle peut être réalisée à partir du cube
résolu par une série de mouvements licites sur celui-ci.
où I(σ) est le nombre total d’inversions présentées deux à deux par les éléments de {σ(1); ....; σ(n)},
162
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour i < j =⇒ ou bien σ(i) < σ(j) ou bien σ(i) > σ(j) dans le second cas on dit que les deux
éléments σ(i) et σ(j) présentent une invesion.
Rub = {(x, σ, y, τ ) ∈ (Z/3Z)8 × S8 × (Z/2Z)12 × S12 } vérifiant les propriétés (a), (b) et (c) ci-
dessus, et dont on cherche àă déterminer le cardinal.
- A Cadre mathématique
Soient G un groupe (la loi est notée par un point et l’élément neutre par 1, H et K deux
sous-groupes de G. On dit que K est un complément de H (dans G) si les deux conditions
suivantes sont satisfaites :
(1) H ∩ K = 1,
Remarque
Définition
Proposition
Soit G un groupe donné, alors Aut(G) est un groupe pour la composition des applications.
Démonstration
163
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On vérifie ainsi que (G2 ×G1 , oP ) a une structure de groupe. Ce groupe est alors appelé produit
semi-direct (externe) de G2 et G1 . Il est noté désormais G2 oP G1
Démonstration
• La loi oP sur G0 est associative. Ci-dessous une démonstration explicite (c’est rare d’en trou-
ver une explicite dans la littérature) :
On a :
Etape 1
• (x, σ, y, τ ) oP (x0 , σ0 , y0 , τ 0 ) = (x + P (σ −1 , x0 ), σ σ0 , y + P (τ −1 , y 0 ), τ τ 0)
et
Etape 2
et
164
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On a :
car P (σ̃, P (σ, x)) = P (σσ̃, x) pour 2 permutations quelconques σ et σ̃ σ(σ 0 σ”) = (σσ 0 )σ” par
associativité de la loi de composition.
Proposition
Démonstration
Soient h, h0 des éléments de H et k, k 0 des éléments de K, alors (h; k) oP (h0 ; k 0 ) = (h ~ [P (k)(h0 )]; k ∗ k 0 ).
Or comme [P (k)(h0 )] = kh0 k −1 , on en déduit que (h; k)oP (h0 ; k 0 ) = (h ~ kh0 k −1 ; k ∗ k 0 )
Maintenant, vu qu’on a qu’une seule loi de G notée multiplicativement et que H et K ont celle
de G, on a donc pour l’instant :
(h; k)oP (h0 ; k 0 ) = (h(kh0 k −1 ); kk 0 )
165
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On note par :
• G le groupe engendré par tous les mouvements sur le Rubik’s Cube légaux et illégaux.
• Hcoins le groupe des mouvements laissant invariants les cubies arêtes (ses éléments sont uni-
quement composés d’une rotation des cubies coins avec une permutation des cubies coins).
rot
• Hcoins le sous-groupe des mouvements de rotations des coins, il est isomorphe à (Z/3Z)8 .
per
• Hcoins le sous-groupe des mouvements de permutations des cubies coins à orientation constante,
qui n’est autre que S8 .
rot per
• Hcoins = Hcoins o Hcoins .
• ρcoin l’application de Hcoins dans S8 qui extrait d’un élément du groupe G de toutes les
configurations du Rubik’s Cube les permutations des sommets et des arêtes correspondantes.
• Harêtes le groupe des mouvements laissant invariants les cubies coins. De la même manière on
rot per rot per
a : Harêtes est isomorphe à (Z/2Z)12 , Harêtes n’est autre que S12 et Harêtes = Harêtes oHarêtes .
• ρarête l’application de Harêtes dans S12 qui extrait d’un élément du groupe G de toutes les
configurations du Rubik’s cube les permutations des sommets et des arêtes correspondantes.
On a alors :
Proposition
i) Le nombre de facons
s d’arranger les petits cubies coins est 8!
Démonstration
i) La facon
s
d’arranger un cube coin est une permutation σ ∈ S8 et comme le cardinal de S8
est card(S8 ) = 8! alors le nombre de facons
s
d’arranger les petits cubies coins est donc 8!
166
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On a 8 possibilités pour placer le premier cube coin, 7 pour le deuxième et ainsi de suite jus-
qu’au dernier cube coin qu’on ne peut placer qu’à une seule position.
ii) Comme on a 8 cubies coins et chacun 3 orientations possibles alors le nombre de facons
s
d’orienter les cubies coins est 38
Proposition
i) le nombre de facons
s
d’arranger les cubies arêtes est 12 !
Démonstration
Proposition
Démonstration
On effectue le produit des résultats trouvés dans les deux propositions précédentes.
8! × 38 × 12! × 212 = 519 039 293 878 272 000 ∼ 519 × 1018
Dans la suite on va définir une loi de groupe, en introduisant une application, notée P , sur G0
telle que Rub soit un sous-groupe distingué de G0 et on appliquera le théorème de Lagrange
167
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
On a donc
Si on note par
0 0 0 0
x1 = xσ(1) , ......., x8 = xσ(8) et x0 = (x1 , ......, x8 ) et soit σ 0 ∈ S8 alors P agissant sur le couple
(σ 0 , x0 ) s’écrit P (σ 0 , x0 ) = (x0σ0 (1) , x0σ0 (2) , ...., x0σ0 (8) ) = P (σ 0 , P (σ, x)) où x = (x1 , x2 , ...., x8 ).
et on pose :
• P (σ σ 0 , x) = P (σ 0 , P (σ, x)).
Définition
(x, σ, y, τ ) ∗ (x0 , σ0 , y0 , τ 0 ) = (x + P (σ −1 , x0 ), σ σ0 , y + P (τ −1 , y 0 ), τ τ 0 ).
Proposition
Démonstration
La loi ∗ est :
• interne.
168
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• associative
en effet comme conséquence des propriétés de P .
• Enfin, chaque quadruplet (x, σ, y, τ ) admet un inverse par rapport à ∗, donné par :
Proposition
Proposition
• Les cubies arêtes peuvent s’interchanger entre eux avec 12! possibilités et chacun a 2 orien-
tations possibles, mais il est impossible de changer l’orientation d’un cube arrête seul (qui sert
de référence), ce qui donne 211 possibilités.
• Les cubies coins peuvent s’interchanger entre eux avec 8! possibilités et chacun a 3 orientations
possibles, mais de même, il est impossible de changer l’orientation d’un cube coin seul ce qui
donne 37 possibilités.
Par conséquent, on a :
Proposition
Démonstration
f : G0 −→ {−1, 1} qui â (x, σ, y, τ ) −→ ε(σ)ε(τ ) alors Rub = Ker(f) donc Rub est un sous-
groupe de G0 .
• Rub est un sous-groupe distingué. En effet, soient g = (x, σ, y, τ ) ∈ G0 et h = (xRub , σRub , yRub , τRub ) ∈
Rub montrons que g −1 ∗ h ∗ g ∈ Rub.
−1 −1
h ∗ g = (xRub + P (σRub , x), σRub ◦ σ, yRub + P (τRub , y), τRub ◦ τ )
169
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
et
ρcoins : Hcoins → S8 , et ρarêtes : Harêtes → S12 , qui extraient d’un élément de G les permuta-
tions des sommets et des arêtes correspondantes.
= 1 car h ∈ Rub
• On appelle classe à gauche de g suivant H l’ensemble gH, i.e., {g.h|h ∈ H}. L’ensemble
{gH|g ∈ G}, noté G/H, constitue l’ensemble des classes à gauche suivant H de G.
170
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition (rappel)
Les classes à gauche suivant H de G constituent une partition de G (on rappelle qu’une parti-
tion d’un ensemble E est une réunion disjointe de parties de E, non vides et dont l’union est
égale à E).
Démonstration
G
Pour tout g ∈ G ; il existe un unique indice i ∈ I tel que ḡ = ḡi , donc G = gi
i∈I
Dire que g est dans ḡj ∩ ḡk signifie que g est équivalent à gauche modulo H à gj et gk et donc
par transitivité gj et gk sont équivalents, ce qui revient à dire que ḡj = ḡk . Les classes à gauche
modulo H forment donc bien une partition de G.
Proposition (rappel)
Démonstration
Soit g ∈ G. Introduisons la fonction de H → gH qui àh 7→ gh. Cette fonction est évidemment
bijective. Or, par théorème, si un ensemble fini est en bijection avec un autre ensemble, alors
ces deux ensembles ont le même cardinal.
Proposition (rappel)
Démonstration
L’ensemble des classes à gauche suivant H réalise une partition de G et ces classes sont en
nombre fini de même cardinal égal à celui de H ; il en résulte que :
Remarque
card(G)
Le théorème de Lagrange peut aussi se traduire par [G : H] = card(G/H) =
card(H)
- D) Application au Rubik’s cube
171
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
card(G0 /Rub) = 2
Démonstration
Proposition
card(G0 )
card(Rub) = = 37 × 8! × 210 × 12!
2
Démonstration
Sur le groupe G de toutes les configurations (on peut démonter le Rubik’s cube), on définit une
relation d’équivalence h R h0 ⇐⇒ h et h0 ont même orbite. On vérifie que le groupe quotient
card(G)
G/Rub est consitué uniquement de 12 classes donc son indice est 12. Donc card(Rub) = ,
12
8 12
avec card(G) = 3 × 8! × 2 × 12!
R4 Conclusion
L’action (ou opération) d’un groupe G sur l’ensemble E est la donnée d’un morphisme ρ de G
dans S(E).
172
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
h.g = gh.
Donc, les orbites de cette action sont les classes gH = {gh/h ∈ H}.
Ici, la relation d’équivalence associée à l’action coinicide avec celle associée au sous-groupe :
Sur le groupe G de toutes les configurations (on peut démonter le Rubik’s cube), on définit l’or-
bite d’un élément x de G par Ox = {y ∈ G | ∃g ∈ Rub : y = g · x}. L’orbite de x est l’ensemble
des éléments de G associés à x sous l’action de Rub.
La relation (y est dans l’orbite de x) est une relation d’équivalence sur G ; les classes d’équiva-
lences sont les orbites. En particulier, les orbites forment une partition de G.
On vérifie que le groupe quotient G/Rub est constitué uniquement de 12 classes donc son indice
est 12.
card(G)
Il en résulte que card(Rub) =
12
où card(G) = 38 × 8! × 212 × 12!
• [4] Group Theory via Rubik’s Cube par Tom Davis (2006)
http ://[Link]
• [6] Rubik’s cube et théorie des groupes par Jérôme Daquin,TIPE (Juin 2010), encadré par
M. Bhowick
173
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 7
Définition
Un anneau A est un ensemble non vide muni de deux lois, + (addition) et ∗ (multiplication),
telles que :
a ∗ (b + c) = a ∗ b + a ∗ c, (b + c) ∗ a = b ∗ a + c ∗ a.
Enfin, on dit que A est un anneau commutatif si, de plus, la loi ∗ est commutative.
Exemples
• Soit A un anneau commutatif. On note Mn (A) l’ensemble des matrices à coefficients dans
A, muni des lois usuelles d’addition et de multiplication des matrices. On vérifie facilement que
Mn (A) est un anneau non-commutatif.
• Pour tout intervalle I de R, l’ensemble F(I; R) des applications de I dans R est un anneau
commutatif (la multiplication étant le produit des fonctions défini par (f g)(x) = f (x)g(x) pour
tout x ∈ I) unitaire (de neutre multiplicatif la fonction constante égale à 1).
174
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Il est immédiat de vérifier que la loi . est distributive par rapport à la loi +, qu’elle est com-
mutative et que 1 est neutre pour cette loi. On conclut que :
Notons P l’ensemble des suites d’eléments de A qui sont à support fini c’est- à - dire dont tous
les termes sont nuls sauf un nombre fini d’entre eux.
Pour tout P = (an )n∈N distinct de 0P , on appelle degré de P le plus grand des entiers n ∈ N
tels que an 6= 0.
On définit une addition et une multiplication dans P en posant, pour tout P = (an )n∈N et tout
On peut vérifier que, pour ces opérations, P est un anneau commutatif unitaire, avec 0P = (0; 0; .....)
et 1P = (1; 0; .....). On l’appelle l’anneau des polynômes en une indéterminée à coefficients dans
A.
On note traditionnellement X = e1 = (0, 1, 0, ........) et P = A[X], et c’est ces notations qui sont
usuellement utilisées pour désigner les polynômes.
175
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
On retiendra que :
•1 Pour tout élément non-nul P de A[X], il existe un unique entier naturel n et un unique
(n + 1)-uplet (a0 ; a1 ; ......; an ) d’éléments de A tels que :
L’entier n est appelé le degré de P , noté deg P . L’élément non-nul an de A est appelé le coeffi-
cient dominant de P . Par convention, on pose deg 0 = −∞.
n
X m
X
•2 Deux polynômes P = ai X i et Q = ai X i sont égaux si et seulement si n = m et ai = bi
i=0 i=0
pour tout 0 ≤ i ≤ n. Un polynôme est nul si et seulement si tous ses coefficients sont nuls.
n n min(n,m) n+m i
X X X X X
i i
•3 Si P = ai X et Q = ai X . On a : P + Q = (ai + bi )X i et P.Q = ( aj bi−j )X i
i=0 i=0 i=0 i=0 j=0
= an bm X n+m + (an bm−1 + an−1 bm )X n+m−1 + (an bm−2 + an−1 bm−1 + an−2 bm )X n+m−1 .....+
(a1 b0 + (a0 b1 )X + a0 b0 .
•4 Pour tout P et Q dans A[X], on a : deg(P + Q) ≤ max(degP ; degQ) et deg(P Q) ≤ degP + degQ.
Règles de calcul.
• a ∗ (b − c) = a ∗ b − a ∗ c pour tout a, b, c ∈ A.
Définitions
∀ a, b ∈ A − {0} =⇒ ab 6= 0
176
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
•2 Dans un anneau (A, +, .) unitaire commutatif, on a pour tout (a, b) ∈ A2 et pour tout n ∈ N
la formule du binôme :
n
X
(a + b)n = Cnk ak bn−k (comme pour les matrices qui commutent voir page 99).
k=0
Soit A un anneau unitaire et soit Z l’ensemble des entiers relatifs. On définit une application
• 0n dit que A est de caractéristique p ⇐⇒ N 6= {0} et p est le plus petit entier positif tel que
p∈N .
Définition
Un élément a d’un anneau unitaire (A, +, ∗) est inversible s’il existe a−1 dans l’anneau A tel
que a ∗ a−1 = a−1 ∗ a = 1.
Proposition
L’ensemble des éléments d’un anneau A qui sont inversibles noté A× est un groupe pour le
produit ∗.
Démonstration
Définition
Proposition
177
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Proposition
Soit A un anneau, a ∈ A est non nul et non diviseur de zéro si et seulement si il est régulier.
Démonstration
diviseur de zéro.
L’ensemble des réguliers peut contenir strictement l’ensemble des inversibles, c’est par
exemple le cas dans Z. Parmi les anneaux connus : les inversibles de Z sont 1 et −1 et es élé-
ments réguliers sont tous les éléments non nuls.
Soit (A, +, ∗) un anneau commutatif unitaire et intègre. On dit que A est un anneau euclidien
s’il existe une application N : A − {0} −→ N, appelée stathme euclidien, telle que pour tout
On dit alors qu’on a fait la division euclidienne de a par b. Les éléments q et r sont alors appelés
quotient et reste de cette division euclidienne.
Exemple
L’anneau (Z, +, ×) est euclidien, avec pour stathme euclidien sur Z l’application :
§ 2 Sous-anneaux
Définition
Soit B une partie non vide d’un anneau (A, +, ∗)), on dit que B est un sous-anneau de A ⇐⇒
178
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition (pratique)
Soit B une partie non vide d’un anneau (A, +, ∗)) unitaire d’élément neutre par rapport à ∗ est
noté 1A , on dit que B est un sous-anneau si :
(ii) ∀ a ∈ B, ∀ b ∈ B =⇒ a∗b ∈ B,
(iii) 1A ∈ B.
Proposition
Soit B une partie non vide d’un anneau (A, +, ∗)) unitaire, Pour que B soit un sous-anneau de
A si et seulement si
(a) ∀ a ∈ B, ∀ b ∈ B =⇒ a−b ∈ B.
(b) ∀ a ∈ B, ∀ b ∈ B =⇒ a∗b ∈ B.
(c) 1A ∈ B.
Démonstration
Remarque
Soit A un anneau commutatif unitaire. On appelle sous-anneau premier de A le plus petit sous-
anneau de A (contenant l’élément unité 1).
Proposition
Démonstration
=⇒
179
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
⇐=
Définition
Soient (A, +, .) un anneau et X une partie quelconque de [Link] appelle sous-anneau de A en-
gendré par X l’intersection de tous les sous anneaux de A contenant X.
Définition
Soit I un sous-ensemble non vide d’un anneau (A, +.). I est un ideal à gauche de A ( respecti-
vement à droite de A) ⇐⇒
Conséquences
Définition
Un idéal I d’un anneau A est dit bilatèral d’un anneau A s’il est à la fois un idéal à gauche et
à droite de A.
Proposition
Démonstration
=⇒
Si I = A alors 1 ∈ I.
⇐=
180
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Soit A, +, ∗) un anneau commutatif unitaire alors l’intersection d’une famille quelconque d’idéaux
de A est un idéal de A.
Démonstration
\
Soit (Ij )j∈N une famille d’déaux de A. Posons I = Ij l’intersection de tous les Ij , On sait
j∈N
déjà que I est un sous-groupe additif comme intersection se sous groupes puisque Ij sont des
sous-groupes de (A, +) (voir le chapitre 6 sur les groupes). Maintenant, soit x ∈ A et a ∈ A.
On a x ∗ a ∈ I pour tout j ∈ N puisque Ij est un idéal et donc x ∗ a ∈ A.
Proposition
Démonstration
Remarque
Les idéaux de (Z, +.) sont des idéaux principaux et ils sont de la forme nZ; n ∈ N∗ .
Proposition-Définition
Soient (A+, ∗) un anneau unitaire et S une partie non vide de A. L’ensemble < S > de toutes
les sommes finies de la forme :
n
X
ai ∗ xi ; n ≥ 1, ai ∈ A et xi ∈ S (?)
i=1
est un idéal de A, et c’est le plus petit idéal de A contenant S. On l’appelle idéal engendré par
181
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Il est clair que l’ensemble considéré contient S (et est donc non vide) et est stable par addition,
soustraction et multiplication par un élément arbitraire de A. C’est donc un idéal de A conte-
nant S. Notons-le < S >.
Soit A un anneau commutatif. On dit qu’il est principal s’il est intègre et si tout idéal de A
est engendré par un élément.
Proposition
Démonstration
(i) Soient I et J deux idéaux de A. Il est clair que I + J est un sous-groupe additif de A (c’est
le sous-groupe engendré par I ∪ J. Soit z ∈ I + J et a ∈ A quelconques ; il existe x ∈ I et
y ∈ J tels que z = x + y, d’où z ∗ a = x ∗ a + y ∗ a. Or x ∗ a ∈ I car x ∈ I et I est un idéal ;
de même y ∗ a ∈ J. On conclut que z ∗ a ∈ I + J, ce qui prouve que I + J est un idéal de
A. Il est clair que I ⊆ I +J, puisque tout x ∈ I s’écrit x = x+0 avec 0 ∈ J ; de même J ⊆ I +J.
(ii) Pour montrer que c’est le plus petit, supposons que K est un idéal de A contenant I et J.
En particulier, K est stable par addition, et donc, quels que soient x ∈ I ⊆ K et y ∈ J ⊆ K,
on a x + y ∈ K. Donc I + J ⊆ K. Ce qui achève de prouver (ii).
La réunion de deux idéaux n’est pas en général un idéal (ce n’est pas en général un sous-
groupe additif) ; prendre par exemple A = Z, I = 2Z et J = 3Z et observer que 2 ∈ 2Z ∈ 2Z ∪ 3Z
182
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
et 3 ∈ 3Z ∈ 3Z ∪ 2Z mais 3 − 2 = 1 ∈
/ 2Z ∪ 3Z .
Ici et dans la suite de ce chapitre il est d’usage de noter par les mêmes symboles les lois
de tous les anneaux en respectant leurs définitions respectives dans chacun des anneaux.
Proposition
f (−x) = f (x) ∀ x ∈ A.
(b) Si f : A −→ B est un morphisme d’anneaux unitaires, alors l’image directe par f de tout
sous-anneau unitaire de A est un sous-anneau unitaire de B, et l’image réciproque par f de
tout sous-anneau unitaire de B est un sous-anneau unitaire de A.
(d) Sif : A −→ B est un morphisme d’anneaux unitaires bijectif, alors sa bijection réciproque
f −1 : B −→ A est un morphisme d’anneaux unitaires ; on dit dans ce cas que f est un isomor-
phisme, et que les deux anneaux A et B sont isomorphes.
Démonstration
183
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(c) On a gof (x + y) = g[f (x + y)] = g[f (x) + f (y)] = g[f (x)] + g[f (y)] = gof (x) + gof (y)
∀ x, y ∈ A et gof (x ∗ y) = g[f (x ∗ y)] = g[f (x) ∗ f (y)] = g[f (x)] ∗ g[f (y)] = gof (x) ∗ gof (y)
∀ x, y ∈ A.
184
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(i) Il existe une application f : A/I −→ B telle que f = f oπ c ?est-à-dire telle que le diagramme
suivant soit commutatif
(ii) I ⊂ Kerf
Démonstration
Définition
Un A-module est un groupe abélien (M, +) muni d’une application (“loi externe”)
(où a, b ∈ A, m, m0 ∈ M )
(3) “(unité)” : 1A •m = m.
Un sous-A-module de M est un sous-groupe N tel que A•N = N , c’est-à-dire tel que a•n ∈ N
pour tout a ∈ A, n ∈ N .
Exemples
185
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Soit M un A-module et soit S un sous-ensemble de M .L’ensemble < S > de toutes les sommes
finies de la forme :
n
X
ai ∗ xi ; n ≥ 1, ai ∈ A et xi ∈ S (??)
i=1
Démonstration
Analogue à celle pour les idéaux (voir (?) dans la section ci-dessus qui caractérise l’idéal engen-
dré par une partie d’un anneau).
Soit M un A-module .
ou bien
Soit M un A-module .
Soient M1 et M2 deux sous-modules de M . On dit qu’ils sont en somme directe si tout élément
x ∈ M1 + M2 s’écrit de façon unique sous la forme x = x1 + x2 avec x1 ∈ M1 et x2 ∈ M2 et la
note M1 ⊕ M2 .
Définition
186
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition (équivalente)
Soit < a >= aA = {ax; x ∈ A} l’idéal engendré par {a}, c’est-à-dire le plus petit idéal de A
contenant {a}.
Soit < b >= bA = {bx; x ∈ A} l’idéal engendré par {b}, c’est-à-dire le plus petit idéal de A
contenant {b}.
Démonstration de l’équivalence
Soit u ∈< a > alors u = ax et omme il existe q ∈ A tel que a = bq alors u = bqx = by où
y = qx donc u appartient < b > c’est-à-dire < a > ⊂ < b >.
Soit a ∈< a > alors a = a.1 et comme < a > ⊂ < b >, on en déduit que a = by c’est à dire b|a.
Proposition
Soient a, b ∈ A, alors on a :
< a > = < b > ⇐⇒ ∃ q ∈ A inversible (par rapport à la loi de multiplication) tel que a = bq.
Démonstration
=⇒
Comme < a > ⊂ < b > et < b > ⊂ < a > alors ∃ q ∈ A; a = bq et ∃ q 0 ∈ A; b = aq 0 =⇒
a = aqq 0 =⇒ qq 0 = 1.
⇐=
Remarque (importante)
187
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Démonstration
•1 Soit p ∈ Z. On dit que p est un nombre premier si et seulement si p n’est divisible que par
lui-même et l’élément unité.
•2 Soient < a > et < b > deux idéaux de Z . On définit la somme < a > + < b > par
•4 On appelle PGCD de < a > et < b > l’idéal < d > tel que < a > + < b >=< d >.
•5 On appelle PPCM de < a > et < b > l’idéal < m > tel que < a > ∩ < b >=< m >.
•6 < a > et < b > sont premiers entre eux ⇐⇒ < a > + < b >= Z.
Définition
Proposition
188
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Proposition
Un idéal I d’un anneau A est premier (c’est-à-dire I est propre et si a, b ∈ A sont tels que
ab ∈ I, alors a ∈ I ou b ∈ I ) si et seulement si l’anneau quotient A/I est intègre.
Démonstration
Dire que A/I est intègre signifie d’abord que A/I n’est pas l’anneau nul ou autrement dit que I
est propre. Ensuite, si un produit xy d’éléments de A/I est nul, alors x ou y est nul. Maintenant
on écrit x = cl(a) et y = cl(b) pour a, b ∈ A. Comme xy = cl(a)cl(b) = cl(ab) on voit que xy = 0
équivaut à ab ∈ I.
On rappelle la notion d’un ensemble ordonné (totalement ordonné) voir chapitre 1 page
27 :
• On appelle ensemble ordonné un ensemble E muni d’une relation d’ordre R. Souvent, pour
insister sur la notion d’ordre, R notée ≤
• On appelle ensemble totalement ordonné un ensemble E muni d’une relation d’ordre R par-
tout définie.
Définition
On dit qu’un ensemble ordonné E est inductif ⇐⇒ toute partie de E totalement ordonnée
possède un majorant dans E.
Démonstration
Ce lemme est équivalent à l’axiome du choix . Ce dernier, on peut le phraser comme suit «
l’ensemble de tous les ensembles n’existe pas ». En effet, s’il en existait un, il faut un autre
ensemble qui le contient ! !
189
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Démonstration
Soit J = {Tous les idéaux non nuls deA}. On peut ordonner cet ensemble par l’inclusion.
[
Soit (Iα )α∈A une famille totalement ordonnée d’idéaux propres non nuls de A. On pose I = Iα .
α∈A
I est un idéal qui est non nul car Iα 6= {0} et il est propre car
I = A ⇐⇒ 1 ∈∈ I ⇐⇒ ∃ α; 1 ∈ Iα ⇐⇒ Iα = A.
Proposition
Démonstration
• Si I = pZ avec p premier, soient (a, b) ∈ pZ. On a ab = pq donc p|ab donc p|a ou p|b donc
a ∈ Z ou b ∈ Z.
190
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Soit I un idéal premier de Z non nul. Alors I est un sous-groupe de Z donc il existe
n ∈ N, I = nZ.
Supposons n non premier, c’est-à-dire n = n1 n2 avec 1 < n1 , n2 < n. n1 et n2 n’appartiennent
pas à nZ mais n = n1 n2 ∈ nZ. Donc I n’est pas premier. Par contraposée, I est premier im-
plique I = pZ avec p premier.
§ 6 Notion de corps
Définition
Un corps K est un ensemble muni de deux lois internes(deux opérations), notées + et × vérifiant
les conditions suivantes :
Autrement dit, un corps est un anneau unitaire non réduit à 0 dans lequel tout élément x 6= 0
possède un inverse.
Le groupe des unités du corps K, c’est-à-dire le groupe des éléments inversibles pour la multipli-
cation × est égal à K∗ = K−{0}. Pour simplifier les écritures, nous écrirons xy à la place de x×y.
(i) On appelle corps tout anneau unitaire dans lequel tout élément non-nul est inversible.
(ii) Un corps K est dit commutatif si la loi × est commutative et si cette dernière est non
commutative, on l’appelle une K-division ou tout simplement un corps non commutatif.
191
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Exemple
Caractérisons l’ensemble de tous les éléments inversibles de (Z/nZ, +, ×) qu’on note par U(Z/nZ) :
Proposition
Démonstration
On a :
Dans un corps K, quel que soit a ∈ K tel que a 6= 0 et quel que soit b ∈ K, les équations :
ax = b
ya = b
x = a−1 b
y = ba−1
Définition (sous-corps)
Soit (K, +, ×) un corps. On appelle sous-corps de K tout sous-anneau unitaire K de K tel que
l’inverse de tout élément non-nul de K appartienne à K.
• Q ⊂ K ⊂ C sont des corps ; ils contiennent comme sous-anneau unitaire Z qui, lui, n’est pas
un corps.
192
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Lemme
Démonstration
Soit K un corps. Soient x; y ∈ K tels que xy = 0. Si x 6= 0, alors x est inversible dans K par
définition d’un corps. Donc x−1 xy = x−1 0, c’est-à-dire y = 0. De même y 6= 0 implique x = 0.
D’où l’un au moins des deux facteurs x et y est nul.
Proposition
Démonstration
Le seul point à montrer est que (Z/nZ, +, ×) intègre implique n premier car pour les autres
points, il suffit de cambiner le lemme ci-dessus et les résultats de la page 190.
Par contraposée, supposons que n n’est pas premier ; il existe donck, m ∈ Z tels que n = km
avec 1 < k < n et 1 < m < n. On a alors km = n = 0, bien que k 6= 0 et m =6 0.
L’anneau (Z/5Z, +, ×) est un corps puisque 5 est un nombre premier. Il est donc a fortiori
intègre.
L’anneau (Z/6Z, +, ×) n’est pas intègre car, par exemple, 2 × 3 = 0 bien que 2 6= 0 et 2 6= 0. A
fortiori, ce n’est pas un corps.
193
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Les cinq premiers nous sont familiers quoique ! !. On va présenter ci-dessous l’avant dernier un
mystérieux ensemble appelé l’ensemble des quaternions et sera noté H.
Au début du XIXème siècle étaient bien maîtrisées les propriétés algébriques et géométriques
des nombres complexes : on savait que la multiplication complexe permet de réaliser des rota-
tions, des similitudes planes, etc.
La question s’est naturellement posée d’étendre ces propriétés en dimension 3, autrement dit
de trouver une multiplication entre triplets de nombres réels permettant d ?effectuer algébri-
quement les rotations spatiales, etc.
i2 = j 2 = k 2 = i.j.k = −1
Voici en quels termes Hamilton décrivit sa découverte, en 1858, dans un article de la North
British Review : « Demain, ce sera le quinzième anniversaire des quaternions. Ils vinrent au
monde, ou plutôt au jour, déjà adultes, le 16 octobre 1843, alors que je me rendais à Dublin en
compagnie de madame Hamilton, à l’instant précis où je traversais le pont de Brougham. J’ai
pour ainsi dire à cet instant senti le circuit galvanique de ma pensée se fermer et les étincelles
qui en tombaient étaient les équations fondamentales entre i, j, k exactement telles que je les ai
employées depuis ce jour. J’ai immédiatement sorti un carnet, qui existe encore, et à cet instant
précis, j’ai senti que ce que j’y notais allait devenir l’objet essentiel de mon travail pour les dix
ou quinze prochaines années. Mais il est juste de dire également que j’ai ressenti un soulagement
intellectuel parce que j’ai senti à ce moment-là qu’un problème avait été résolu, celui-là même
qui m’avait hanté durant au moins les quinze années écoulées. »
Définition
Un quaternion est un élément (a, b, c, d) ∈ R4 ; on note H l’ensemble des quaternions muni des
lois internes suivantes :
194
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Addition sur H :
• Multiplication sur H :
?1 (a, b, c, d) × (a0 , b0 , c0 , d0 ) =
(aa0 − bb0 − cc0 − dd0 , ab0 + ba0 + cd0 − dc0 , ac0 + ca0 − bd0 + db0 , da0 + ad0 + bc0 − cb0 ).
Théorème
?2 On vérifie sans problème que (H, +) est un groupe commutatif, son élément neutre est l’élé-
ment (0, 0, 0, 0) et l’opposé d’un élément (a, b, c, d) est (−a, −b, −c, −d).
(a0 a − b0 b − c0 c − d0 d, a0 b + b0 a + c0 d − d0 c, a0 c + c0 a − b0 d + d0 b, d0 a + a0 d + b0 c − c0 b).
Alors
a0 a − b0 b − c0 c − d0 d = 0, a0 b + b0 a + c0 d − d0 c = 0, a0 c + c0 a − b0 d + d0 b = 0 et
d0 a + a0 d + b0 c − c0 b) = −1. Donc on a :
aa0 − bb0 − cc0 − dd0 = a, ab0 + ba0 + cd0 − dc0 = b, ac0 + ca0 − bd0 + db0 = c et da0 + ad0 + bc0 − cb0 =
d. Il en résulte que :
195
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
a0 a − b0 b − c0 c − d0 d = a, a0 b + b0 a + c0 d − d0 c = b, a0 c + c0 a − b0 d + d0 b = c et d0 a + a0 d + b0 c − c0 b =
d. Il en résulte que :
?4 Associativité de la loi ×.
(aa0 − bb0 − cc0 − dd0 , ab0 + ba0 + cd0 − dc0 , ac0 + ca0 − bd0 + db0 , da0 + ad0 + bc0 − cb0 ) ×(a00 , b00 , c00 , d00 ).
C1 = (aa0 − bb0 − cc0 − dd0 )a00 − (ab0 + ba0 + cd0 − dc0 )b00 − (ac0 + ca0 − bd0 + db0 )c00 − (da0 + ad0 + bc0 − cb0 )d00 .
ou bien
C1 = aa0 a00 − bb0 a00 − cc0 a00 − dd0 a00 − ab0 b00 − ba0 b00 − cd0 b00 + dc0 b00 − ac0 c00 − ca0 c00 + bd0 c00 − db0 c00 −
ou bien
C1 = a(a0 a00 − b0 b00 − c0 c00 − d0 d”) − b(b0 a00 + a0 b00 − d0 c00 + c0 d00 ) − c(c0 a00 + d0 b00 + a0 c00 − b0 d00 )
ou bien
C1 = a(a0 a00 − b0 b00 − c0 c00 − d0 d00 ) − b(a0 b00 + b0 a00 + c0 d00 − d0 c00 ) − c(a0 c00 + c0 a00 − b0 d00 + d0 b00 )
C2 = (aa0 − bb0 − cc0 − dd0 )b00 + (ab0 + ba0 + cd0 − dc0 )a00 + (ac0 + ca0 − bd0 + db0 )d00 − (da0 + ad0 + bc0 − cb0 )c00 .
C3 = (aa0 − bb0 − cc0 − dd0 )c00 + (ac0 + ca0 − bd0 + db0 )a00 − (ab0 + ba0 + cd0 − dc0 )d00 + (da0 + ad0 + bc0 − cb0 )b00 .
C4 = (da0 + ad0 + bc0 − cb0 )a00 + (aa0 − bb0 − cc0 − dd0 )d00 + (ab0 + ba0 + cd0 − dc0 )c00 − (ac0 + ca0 − bd0 + db0 )b00 .
196
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(a, b) × (a0 a00 − b0 b00 − c0 c00 − d0 d00 , a0 b00 + b0 a00 + c0 d00 − d0 c00 , a0 c00 + c0 a00 − b0 d00 + d0 b00 , d0 a00 + a0 d00 + b0 c00 − c0 b00 ).
D1 = a(a0 a00 − b0 b00 − c0 c00 − d0 d00 ) − b(a0 b00 + b0 a00 + c0 d00 − d0 c00 ) − c(a0 c00 + c0 a00 − b0 d00 + d0 b00 )
197
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
et
On en déduit que (**) = (*) et donc la loi × est distributive à gauche par rapport à la loi +.
De façon similaire, on vérifie que la loi × est distributive à droite par rapport à la loi
+.
198
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
De façon similaire on peut vérifier que tout élément non nul de H admet un symétrique
à gauche et qui coincide avec symétrique à droite.
Plongement de C dans H
• (a, b, 0, 0) − (a0 , b0 , 0, 0) = (a − a0 , b − b0 , 0, 0) ∈ H1 .
• (1, 0, 0, 0) ∈ H1 .
a −b
• Si a2 + b2 6= 0, l’inverse de (a, b, 0, 0) est ( , , 0, 0) et il est dans H1 .
a2 + b2 a2 + b2
Donc (H1 , +, ×) est un sous-corps de (H, +, ×).
199
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Démonstration
• f est bijective :
c’est-à-dire f (z) = f (z 0 )
et
• En particulier 0 est l’élément (0, 0, 0, 0) , 1 est l’élément (1, 0, 0, 0) et i est l’élément (0, 1, 0, 0).
• La famille {1, i, j, k} forme une base de l’ensemble des quaternions vu comme un espace vec-
toriel sur R et l’on écrira ainsi q = a + ib + jc + kd le quaternion (a, b, c, d) ∈ H.
i × j = k = −j × k, j × k = i = −k × j et k × i = j = −i × k
200
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
ā b
detA detA
• Si A ∈ H alors son inverse est donné par A−1 = qui appartient à H où
b̄ a
−
detA detA
detA désigne le déterminant de A.
Les autres propriétés d’un corps ne posent pas de problème et par conséquent H est un corps.
Mais les applications des quaternions sont beaucoup plus vastes. Ils servent notamment en
physique pour exprimer les lois de la mécanique ou celles de l’ électromagnétisme de manière
globale, ainsi qu’en mécanique quantique, pour décrire le spin de l’électron par exemple. Les
quaternions sont aussi utilisés en informatique, pour la création des algorithmes 3D dans les
jeux vidéos, ou en mécanique spatiale pour le mouvement des satellites.
Proposition
z 0
La fonction ψ : C −→ H; z −→ ψ(z) = est un morphisme de corps injectif.
0 z
Démonstration
Pour (z, z 0 ) ∈ C2 on a :
z + z0 z0
0 z 0 0
ψ(z + z 0 ) = = + = ψ(z) + ψ(z 0 )
0 z + z0 0 z 0 z0
0
zz 0
z 0 z 0 0
ψ(z)ψ(z 0 ) = = = ψ(zz 0 )
0 z 0 z 0 0 zz 0
1 0
ψ(1) = = I2 ∈ H.
0 1
z 0 0 0
L’injéctivité de ψ : ψ(z) = 0 =⇒ = =⇒ z = 0.
0 z 0 0
Théorème
201
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1 0 i 0 0 −1 0 −i
1= , I = , J = et K = .
0 1 0 −i 1 0 −i 0
Démonstration
a + ib −(c + id)
- Existence : on a A = avec (a, b, c, d) ∈ R4 . Donc en décomposant :
c + id a + ib
a 0 ib 0 0 −c 0 −id
A= + + + = a.1 + bI + cJ + dK
0 a 0 −ib c 0 −id 0
- Unicité : Si A = a0 .1 + b0 I + c0 J + d0 K alors
ij = k et ji = −k,
jk = i et kj = −i,
ki = j et ik = −j.
i2 = j 2 = k 2 = i.j.k = −1
Remarque
Soit K un corps commutatif et soit ≤ une relation d ?ordre sur K. On dit que (K, ≤) est un
corps ordonné si
1. Le groupe additif (K, +) est un groupe ordonné pour + c ?est-à-dire pour tout a; b; c ∈ K, on
a : a + c ≤ b + c,
202
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Par exemple, le corps des nombres réels R est un corps ordonné pour la relation d’ordre usuelle.
Proposition
•1 Tout sous-corps d’un corps ordonné est aussi ordonné pour la relation d’ordre induite.
•2 Dans un corps ordonné K, tous les carrés sont positifs, c’est-à-dire a2 ≥ 0 pour tout a ∈ K.
Démonstration
•1 est évidente.
Soit K un corps commutatif et soit K[X] l’anneau des polynômes à une indéterminée à coeffi-
cients dans K.
Exemples
Un corps commutatif K est dit algébriquement clos si tout polynôme non constant P ∈ K[X]
admet au moins une racine dans K.
D’après les exemples ci-dessus, les corps R ou Q ne sont pas algébriquement clos.
203
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Soit une fonction f : C −→ C, z −→ f (z) définie sur tout C telle que ∃(a0 , a1 , ...., an , ...) élé-
∞
X
ments de C de sorte que f (z) = an z n (on dit que f est une fonction entière). Alors si f est
n=0
bornée (c’est-à-dire, il existe M > 0; | f (z) |≤ M ) alors elle est constante.
Maintenant, Soit P ∈ C[X]. Supposons que P n’ait pas de racine dans C. Alors, pour tout
1
z ∈ C, P (z) 6= 0. Alors la fonction f (z) = est une fonction entière bornée non constante.
p(z)
Or toute fonction entière bornée est constante. D’où la contradiction.
On note par (C, [0, 1], R) l’anneau des fonctions continues de [0, 1] dans R pour les lois + et ×.
Dans cette section, on s’interesse essentiellement aux idéaux de cet anneau et particulièrement
c’eux de la forme suivante :
Proposition
(i) L’ensemble Ix = {f ∈ (C, [0, 1], R); f (x) = 0} pour x ∈ [0, 1] est un idéal de (C, [0, 1], R).
Démonstration
(i) ∀ f, g ∈ Ix on a d’une f - g est une fonction continue vérifiant (f − g)(x) = f (x) − g(x) = 0
donc f − g ∈ Ix et d’autre part on a pour tout g ∈ (C, [0, 1], R) et f ∈ Ix la fonction g × f est
une fonction continue avec g × f (x) = g(x).f (x) = 0 car f(x) = 0 donc g × f ∈ Ix .
(ii) Comme (C, [0, 1], R) est un anneau commutatif unitaire alors il possède un idéal maximal
car tout anneau commutatif unitaire possède un idéal maximal (voir la démonstration de ce
résultat page 188). Mis ici, on veut montrer que I?x est un idéale maximal. Pour ce faire, on
considère l’application
Le théorème de factorisation des morphismes donne (C, [0, 1], R)/Ix ' ϕx [(C, [0, 1], R)] = R.
204
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Démonstration
soit I un idéal maximal de (C, [0, 1], R), supposons qu’il n’est pas de la forme Ix cela signifie
qu’en tout point xde [0, 1], il existe une fonction fx ∈ I qui ne s’annule pas en x. Par continuité,
chaque fonction fx ne s ?annule pas sur un voisinage de x qu’on note Ox . On a alors :
[ [
[0, 1] = {x} ⊆ Ox .
x∈[0,1] x∈[0,1]
Définition
Soit A une partie de R. On dit que A est compacte, si de tout recouvrement de A par des
voisinages (des ouverts), on peut extraire un sous-recouvrement fini.
Retour à la démonstration
Proposition
Démonstration
(i) (C, [0, 1], R) n’est pas un anneau principal puisqu’il n’est pas intègre : deux fonctions non
nulles qui s’annulent sur des intervalles d’intérieur non vides et qui partitionnent [0, 1] sont de
205
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
produit nul.
(ii) il suffit qu’on le montre pour un x donné. Soit par exemple x = 0 alors
I0 = {f ∈ (C, [0, 1], R), f (0) = 0}, on va supposer qu’il est principal.
p p
Soit g ∈ (C, [0, 1], R), on a I0 =< g >. Alors, comme | g | s’annule également en 0, | g | = f g
pour une certaine fonction f de (C, [0, 1], R), donc g = f 2 g 2 , puis g(1 − f 2 g) = 0. Alors, la fonc-
tion g s’annule sur un voisinage de 0 ; comme g engendre I0 , ceci voudrait dire que toutes les
fonctions de I0 s’annulent aussi sur un voisinage de 0, or ce n’est pas le cas, car x −→ x s’annule
en 0 uniquement. On a donc une contradiction.
206
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 8
§ 1 Généralités
Définition
Notons P l’ensemble des suites d’éléments de A qui sont à support fini c’est- à - dire dont tous
les termes sont nuls sauf un nombre fini d’entre eux.
Pour tout P = (an )n∈N distinct de 0P , on appelle degré de P le plus grand des entiers n ∈ N
tels que an 6= 0.
Si tous les coefficients sont égaux à 0, on désigne le polynôme correspondant par 0P c’est-à-dire
0P = (0; 0; ....) ; où 0 est l’élément neutre de A par rapport à l’addition. On convient qu’il n’a
pas de degré. On convient quelquefois de lui attribuer un degré symbolique noté −∞.
Ce symbole vérifiant par convention l’inégalité −∞ < n quel que soit l’entier n.
Soient deux polynômes P = (a0 , ......., an , 0, ......) et Q = (b0 , ......., bm , 0, ......), On dit que P = Q
si n = m( même degré) et si ai = bi pour i = 0, 1, ...., n.
On définit sur l’ensemble des polynômes P deux lois internes une addition et une multiplication
en posant, pour tout P = (an )n∈N et tout Q = (bm )m∈N dans P et une loi externe multiplication
d’un polynôme par un élément λ ∈ A.
et
207
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Propriétés de l’addition :
- Il y a un élément neutre : c’est le polynôme 0P = (0, 0, .....), dont tous les coefficients sont nuls.
- Tout polynôme P possède un symétrique ou opposé noté −P = (−a0 , ......., −an , 0, ......). c’est
le polynôme dont tous les coefficients sont opposés à ceux de P .
Pour cela, l’ensemble des polynômes (P, +) constitue donc un groupe commutatif.
Propriétés de la multiplication :
- On vérifie par un calcul un peu long, mais sans difficulté qu’elle est associative et commutative
et qu’elle est distributive par rapport à l’addition.
Pour cela, l’ensemble des polynômes (P, +, ×) constitue donc un anneau commutatif unitaire.
- (λ.(µ.P ) = (λµ).P λ, µ ∈ A.
- 1P .P = P .
Dans le cas où A est un corps K, cette loi externe et l’addition font de l’ensemble des polynômes
(P, +, .) un espace vectoriel.
208
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Quelques notations
On note traditionnellement X = e1 = (0, 1, 0, ........) et P = A[X], et c’est ces notations qui sont
usuellement utilisées pour désigner les polynômes.
Remarque
On retiendra que :
•1 Pour tout élément non-nul P de A[X], il existe un unique entier naturel n et un unique
(n + 1)-uplet (a0 ; a1 ; ......; an ) d’éléments de A tels que :
L’entier n est appelé le degré de P , noté deg P . L’élément non-nul an de A est appelé le coeffi-
cient dominant de P . Par convention, on pose deg 0 = −∞.
n
X m
X
•2 Deux polynômes P = ai X i et Q = ai X i sont égaux si et seulement si n = m et ai = bi
i=0 i=0
pour tout 0 ≤ i ≤ n. Un polynôme est nul si et seulement si tous ses coefficients sont nuls.
n n min(n,m) n+m i
X X X X X
•3 Si P = ai X i et Q = ai X i . On a : P + Q = (ai + bi )X i et P.Q = ( aj bi−j )X i
i=0 i=0 i=0 i=0 j=0
= an bm X n+m + (an bm−1 + an−1 bm )X n+m−1 + (an bm−2 + an−1 bm−1 + an−2 bm )X n+m−1 .....+
(a1 b0 + (a0 b1 )X + a0 b0 .
•4 Pour tout P et Q dans A[X], on a : deg(P + Q) ≤ max(degP ; degQ) et deg(P Q) ≤ degP + degQ.
•5 Dans le cas où l’anneau commutatif des coefficients est un corps K. Tout d’abord, K[X] est
un espace vectoriel sur K.
•6 Soit K un corps commutatif. La suite (X n )n∈N est une base de l’espace vectoriel K[X] au
sens suivant :
209
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour tout élément P de K[X], il existe une suite unique (an )n≥0 d’éléments de K, à support fini,
X XN
telle que P = an X n au sens où, si N est tel que an = 0 pour tout n > N , on a P = an X n .
n∈N n=0
Soit K un corps commutatif et (P0 , P1 , ......, Pn ) une famille de polynômes de K[X] tels que
0 ≤ degP0 < degP1 < ...... < degPn . Alors (P0 , P1 , ......, Pn ) est une famille libre.
Démonstration
La famille (P0 ) est libre, car il résulte de l’hypothèse 0 ≤ degP0 que P0 n’est pas nul.
Puis le système (P0 , P1 ) est libre puisque P1 , de degré strictement plus grand que celui de P0 ,
donc P1 ne peut pas être proportionnel à P0 . Puis (P0 , P1 , P2 ) est libre, puisque toute combi-
naison linéaire de (P0 , P1 ) est de degré inférieur ou égal à deg P1 donc P2 ne peut en être une.
Et ainsi de suite (ou plus proprement on fait une récurrence sur n).
Proposition
Démonstration
(i) Soient P et Q deux polynômes de A[X] avec P 6= 0P , il existe donc au moins un coefficient
ah 6= 0 de P . Supposons que h soit le plus petit indice ayant cette propriété, ce qui entraine
que s’il existe des entiers i avec 0 ≤ i < h on a ai = 0. Si les coefficient de Q sont b0 , b1 , , ....,
l’égalité P.Q = 0P donne ah b0 = 0, ah b1 + ah+1 b0 = 0, .....
Exemples
Z[X], Q[X], R[X] et C[X] sont des anneaux de polynômes qui sont unitaires et commutatifs.
210
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Démonstration
Lemme
Démonstration
∀ (a, b) ∈ A2 , ϕ((a + b) = (a + b, 0, ....., 0, ...) = (a, 0, ....., 0, ...) + (b, 0, ....., 0, ...) = ϕ(a) + ϕ(b).
et
∀ (a, b) ∈ A2 , ϕ(a).ϕ(b) = (a, 0, ....., 0, ...).(b, 0, ....., 0, ...) = (a + b, 0, ....., 0, ...) = ϕ(a.b)
Injéctivité
surjéctivité
Alors, Il en résulte que ϕ est un isomorphisme entre A et ϕ[A]. Par conséquent A est isomorphe
à ϕ[A] qui est un sous-anneau de A[X].
211
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
Pour tout polynôme non nul, les propriétés suivantes sont évidentes.
•5 X n ) = n, n = 0, 1, ..... ;
Soient P = (ai )i∈N ; ai = 0 pour i > n et Q = (bi )i∈N ; bi = 0 pour i > m. On définit le produit de
deux polynômes par :
X
P.Q = (ci )i∈N = ( ak bl )i∈N .
k+l=i
Supposons que Q existe tel que P.Q = 1 alors deg(P.Q) = 0 =⇒ deg(P ) = deg(Q) = 0, il en
résulte que seuls les polynômes constants sont inversibles.
Soit A un anneau commutatif intègre. On dit que A est euclidien s’il existe une application
ν : A −→ N, a −→ ν(a) vérifiant la propriété suivante :
Pour tout a, b ∈ A − {0}, il existe q, r ∈ A tels que a = bq + r, et r = 0 ou bien ν(r) < ν(b).
212
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit A un anneau commutatif. On dit qu’il est principal s’il est intègre et si tout idéal de A est
engendré par un élément.
Proposition
Démonstration
Soit I un idéal non nul de A. Alors l’ensemble N des ν(x) pour x ∈ I − {0} est un sous-ensemble
non vide de N donc admet un plus petit élément d.
Comme A est euclidien, il existe q, r ∈ A tels que x = x0 q + r et r = 0 ou bien ν(r) < ν(x0 ) = d.
Or r = x − x0 q appartient à I, donc la seconde possibilité est exclue par minimalité de d. Donc
r = 0 et x = x0 q. Ceci montre que I est engendré par x0 i.e I =< x0 >.
D’où le résultat.
Exemple
Théorème
Soit K un corps commutatif alors l’anneau des polynômes (K[X], +, .) est un anneau euclidien.
C’est-à-dire :
∀ (A, B) ∈ K[X] × K[X], il existe un couple unique (Q, R) ∈ K[X] × K[X] tel que :
A = BQ + R avec R = 0 ou bien deg(R) < deg(B) la notation deg désignant le degré d’un
polynôme l’application de la valuation définie ci-dessus qu’on peut la noter aussi par do .
Démonstration
213
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
- Unicité
Supposons que l’on ait A = BQ + R avec R = 0 ou bien deg(R) < deg(B) et A = BQ1 + R1
avec R1 = 0 ou bien deg(R1 ) < deg(B1 ), il en résulte que B(Q1 − Q) = R − R1 . Alors comme
do R < do B et do R1 < do B on en déduit que do (R − R1 ) ≤ max(do R, do R1 ) < do B.
- Existence
Remarque
Corollaire
Démonstration
(i) Il suffit d’appliquer la proposition ci-dessus qui affirme que tout anneau euclidien est un
anneau principal.
214
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit I un idéal de K[X], alors il existe un polynôme P ∈ K[X] tel que I soit l’ensemble des
multiples de P .
On considère < P >= {R ∈ K[X]; ∃ Q ∈ K[X]; R = P Q} avec P ayant le plus petit degré pos-
sible, alors on a < P >⊂ I. En effet :
Réciproquement
Proposition
Démonstration
Si A est le polynôme nul, alors AoP l’est aussi ; donc do AoP = −∞ = do [Link] P car do P 6= 0. Si-
non do A = n ∈ N et comme do P k = kdo P alors AoP est la somme de n+1 polynômes de degrés
2 à 2 différents. Il en résulte que AoP est de même degré que an P n , c’est à dire ndo P = do [Link] P .
Définition
Soit A, B ∈ K[X], On dit que A est divisible par B s’il existe un polynôme C tel que A = BC
ou bien B divise A qu’on note B|A.
Remarque
215
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Une condition nécessaire et suffisante pour que le polynôme A soit divisible par le polynôme B
est que le reste de la division de A par B suivant les puissances décroissantes soit nul.
Exemple 1 : Soient A = 5x6 +1 et B = x2 +2x+1 Comment trouver (Q, R) tel que A = BQ+R
avec do R < do B ?
A = 5x6 (+1) | B = x2 + 2x + 1
. 5x6 + 10x5 + 5x4 | Q = 5x4 − 10x3 + 15x2 − 20x + 25
Procédé : On divise 5x6 par x2 pour
. − 10x5 − 5x4 (+1) obtenir 5x4 . On calcule 5x4 B pour
. − 10x5 − 20x4 − 10x3 obtenir la 2ème ligne de gauche
1ère ligne - 2ème ligne = 3èm ligne
. 15x4 + 10x3 (+1) La 3ème ligne devient principale et on
. 15x4 + 30x3 + 15x2 reprend le procédé
. 25x2 + 20x +1
. 25x2 + 50x + 25
. R = −30x − 24
Remarque
En principe les quantités (+1) mises entre parenthèse devraient être écrites, mais on voit que
l’on peut s’en dispenser jusqu’au moment où on a besoin.
216
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Exemple 3 : Soient A = X4 − 3X 3 + 5X 2 + X − 3 et X 2 − 2X + 1
La relation deg(Rk+1 ) < deg(Rk ) assure que ce processus prend fin en un nombre fini d’étapes.
l’algorithme montre d’autre part que les diviseurs communs de A et B sont les diviseurs com-
muns de B et R1 et donc, de proche en proche, ceux de Rk et Rk+1 = 0. Les pgcd de A et B
sont donc les pgcd de Rk et 0 donc les cRk ( c ∈ K − {0}). On dit alors que Rk est “le” PGCD
de A et B. C’est le dernier reste non nul.
• Début
• R0 ←− A ;
• R1 ←− B ;
• Tant que R1 6= 0 faire
• R2 ←− reste dans la division euclidienne de R0 et R1 ;
• R0 ←− R1 ;
• R1 ←− R2 ;
• Fin Tant que
• Afficher R0
• Fin
On retiendra dans l’algorithme d’Euclide, le dernier reste non nul est un pgcd de A et B. Le
pgcd n’est donc pas défini de manière unique, mais à un facteur constant non nul près : si D et
217
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
D1 sont deux pgcd de A et B alors il existe une constante non nulle c telle que D = cD1 . En
particulier, deux polynômes A et B non tous deux nuls admettent un unique pgcd unitaire que
l’on notera pgcd(A, B).
Soient A et B deux polynômes fixes. Alors tout diviseur commun à A et B divise aussi U A+V B,
quels que soient U et V éléments de K[X].
En particulier, on a :
En vertu de •1 , on a
En vertu de •2 , on a
Propriété 3 : L’ensemble des diviseurs communs à A et B est identique à l’ensemble des divi-
seurs de D ; en particulier D lui même est le diviseur commun de plus grand degré.
Définition (PGCD)
Deux polynômes A et B sont dits premiers entre eux si leur PGCD est de degré 0. C’est-à-dire
il est une constante non nulle
218
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
?4 A|B ⇐⇒ λA|B.
?5 B|A =⇒ B|AC.
?7 Si A 6= 0 et si B|A alors do B ≤ do A.
?9 1 (et d’une manière générale tout polynôme constant non nul) divise tous les polynômes.
?12 si (A, B) sont premiers entre eux et (A, C) sont premiers entre eux, alors A et BC sont
premiers entre eux.
Démonstration
Comme A et B sont premiers entre eux, alors leur PGCD est une constante λ ∈ K − {0}, donc
celui de AC et BC est λC. Or A divise AC, il divise BC par hypothèse, donc divise leur P GCD
qui est λC, donc A divise C.
Démonstration
La démonstration repose sur l’algorithme d’Euclide. Supposons que le degré de A soit ≥degré(
B) ; divisons A bpar B suivant les puissances décroissantes :
A = BQ0 + R − 0; do R0 < do B ⇐⇒
219
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Donc do U0 ≤ 0, do V0 = do A − do B.
R1 = B − R0 Q1 ; do R1 < R0 ⇐⇒ R1 = U1 A + V1 B où U1 = −Q1 , V1 = Q0 Q1 + 1;
do R0 < do B.
On a do U1 = do B − do Ro , do V1 = do A − do B + do B − do R0 = do A − do R0 .
Supposons alors que l’on ait obtenu pour un indice h quelconque < k : Rh = Uh A + Vh B
avec
do Uh = do B − do Rh−1 et do Vh = do A − do Rh−1 .
Donc
Rk = Uk A + Vk B avec
On a :
Par suite :
Les formules obtenues sont donc vraies pour tout k. En particulier, elles seront vraies pour le
PGCD : D = Rk donc il existe deux polynômes U = Uk et V = Vk tels que
D = UA + V B
Avec en plus
•1 do U = do B − do Rk−1 < do B − do D
•2 do V = do A − do Rk−1 < do A − do D
220
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Ici en plus de D = U A + V B, nous avons obtenu une précision sur les degrés de U et
V . On va montrer que cette condition sur les degrés entraine l’unicité de ces polynômes.
Unicité
(U − U ∗ )A = (V ∗ − V )B.
Divisons A et B par D, soit A = DA1 et B = DB1 alors A1 et B1 sont premier entre eux et
do A1 = do A − do D et do B1 = do B − do D.
(U − U ∗ )A1 = (V ∗ − V )B1
Or A1 divise (V ∗ − V )B1 , il est premier avec B1 donc d’après le théorème d’Euclide, A1 divise
(V ∗ − V ). On a donc V ∗ − V = A1 Q1 .
On a d’une part
do (V ∗ − V ) < do A − do D
et d’autre part
do (A1 Q1 ) = do A1 + do Q1 = do A − do (D + do (Q1
A = X 4 − 4X 3 + 2X 2 + X + 6 et B = X 4 − 3X 3 + 2X 2 + X + 5.
X 4 − 4X 3 + 2X 2 + X + 6 = (X 4 − 3X 3 + 2X 2 + X + 5) × 1 + (−X 3 + 1)
Dans cet algorithme, le dernier reste non nul est un pgcd. On en déduit D = X 2 + X + 1.
221
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
2X 2 + 2X + 2 = (−X 3 + 1)(X − 3) + B
1 3 1
On peut donc choisir U ∗ = X − et V ∗ = − X + 2.
2 2 2
Exemple 4 Soit A = X 5 + X 4 + X 3 + X 2 + X + 1 et B = X 4 − 1.
Q0 = X + 1 R0 = X 3 + X 2 + 2X + 2.
Q1 = X − 1 R1 = −X 2 + 1.
Q2 = −X − 1 R2 = 3X + 3.
1
Q3 = − (X − 1) R3 = 0.
3
Donc le PGCD, D est le polynôme R2 ou encore, à un facteur près , D = X + 1
Pour trouver les polynômes U et V de l’identité de Bézout ; nous utilisons les formules récur-
rentes :
k − Qk Uk Vk
−2 1 0
−1 0 1
0 − (X − 1) 1 − (X + 1)
0 − (X − 1) 1 − (X + 1)
1 − (X − 1) − (X − 1) X2
2 X +1 − X2 + 2 X3 + X2 − X − 1
222
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Ainsi
et
do (−X 2 + 2) < do B − do D = 4 − 1 = 3.
do (X 3 + X 2 − X − 1) < do A − do D = 5 − 1 = 4.
Soit un polynôme A tel que sa valuation v(a) = h, c’est-à-dire A = ah X h + ah+1 X h+1 + ...... + an X n
avec ah 6= 0.
Par suite, si v(A) = h 6= 0, on peut toujours diviser A par le polynôme X h et le quotient sera
un polynôme de valuation nulle.
Position du problème :
Pour chercher si un polynôme A est divisible par un polynôme B, on doit avoir A = BQ,
donc v(A) = v(B) + v(Q) ≥ v(B). Si alors v(B) = h 6= 0, on aura B = X h B ∗ , où v(B ∗ = 0.
Mais comme v(A) ≥ v(B) = h, on a aussi BA = X h A∗ , et par suite, comme A = BQ on aura
A∗ = B ∗ Q. Ainsi Q pourra s’obtenir par la division de A∗ par un polynôme B ∗ avec v(B ∗ ) = 0.
Si A est divisible par B, Il appartient à l’idéal I des multiples de B. On va chercher à retrancher
de A des multiples de B de façon à obtenir des polynômes de I dont la valuation est de plus en
plus grande, en espérant obtenir la valuation ∞, c’est-à-dire le polynôme 0.
Pour mettre en évidence les valuations, on écrit ici les polynômes dans l’ordre des indices crois-
sants :
Théorème
Soient donnés deux polynômes A et B de l’anneau K[X] tel que la valuation de B est nulle.
Alors quel que soit l’entier k, il existe un polynôme Qk et un polynôme Rk+1 uniques pour une
valeur donnée de k, tels que l’on ait :
Démonstration
Considérons le polynôme :
a0
R1 = A − γ0 B où γ0 =
b0
223
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Comme on considère v(0) supérieur à tout entier en le notant ∞, on peut conclure que :
Quel que soient les polynômes A et B, avec v(B) = 0, et l’indice k ≥ 0, il existe un polynôme
Qk de degré k au plus et un polynôme Rk+1 tel que :
224
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Une condition nécessaire et suffisante pour que le polynôme A soit divisible par le polynôme
B avec v(B) = 0, et que, pour au moins un entier k ≥ do A − do B, le reste Rk+1 de la division
de A par B suivant les puissances croissantes soit nul.
• Si A n’est pas divisible par B, l’opération peut se continuer jusqu’à une valeur arbitraire de k ;
c’est là la différence essentielle avec la division suivant les puissances décroissantes qui s’arrête
toujours.
Lemme
Démonstration
Montrons que, pour k donné, Le couple (Qk , Rk ) de la division suivant les puissances croissantes
est unique. Supposons donc que l’on ait un autre couple (Q∗k , Rk∗ ) vérifiant :
A = BQ∗k + Rk+1
∗
avec ∗
v(Rk+1 ) ≥ k + 1 > do Q∗k .
Donc
Exemples
225
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Soit k ≥ 0 alors lors quel que soit l’entier k, il existe un couple (Qk , Sk ) tel que l’on ait :
Démonstration
Existence
(Hk ) Soit k fixé et supposons le théorème vrai pour tous polynômes et tout et pour tout i ≤ k ;
montrons le pour les polynômes A et B de l’énoncé et pour l’entier k + 1.
Commençons par effectuer la division suivant les puissances croissantes de A par B à l’ordre
k et écrivons donc A = BQk + X k+1 Sk avec do Qk ≤ k puis effectuons la division suivant les
puissances croissantes de Sk par B à l’ordre 0. On obtient une constante λ et un polynôme
T tels que Sk = λB + XT . On conclut que A = BQk + λBX k+1 + Xk+2 T et donc on peut
prendre Qk+1 = Qk + λX k+1 et Sk+1 = T pour conclure la démonstration de l’existence.
Unicité
Définition
Soit K un corps commutatif. On dira qu’un polynôme P dans K[X] est irréductible lorsqu’il
possède exactement deux diviseurs unitaires.
On remarquera tout de suite que ces deux diviseurs unitaires sont alors forcément les polynômes
1 et P divisé par son coefficient dominant ;
Proposition
Soit K un corps commutatif. Dans K[X], les polynômes du premier degré sont irréductibles.
Démonstration
226
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Soit P = αX + β avec α 6= 0 un polynôme du premier degré dans K[X]. Cherchons ses diviseurs
unitaires. Un diviseur de P doit avoir un degré inférieur ou égal à celui de P . Le seul diviseur
unitaire constant de P est le seul polynôme constant unitaire : la constante 1. Cherchons les
diviseurs unitaires de la forme X + γ de P . Si X + γ divise P , il existe un polynôme Q tel
que P = (X + γ)Q et en comparant les degrés, Q est nécessairement constant. En comparant
β
les coefficients dominants, nécessairement Q = α donc γ = . Ainsi P possède exactement un
α
β
diviseur unitaire du premier degré, le polynôme X + . Le polynôme est donc irréductible.
α
Démonstration
Supposons qu’on ait A = BQ1k + X k+1 Sk1 avec do Q1k ≤ k et A = BQ2k + X k+1 Sk2 avec do Q2k ≤ k.
Posons alors Qk = Q1k −Q2k et Sk = Sk1 −Sk2 . En soustrayant les deux écritures de A ci-dessus, on
obtient 0 = BQk + X k+1 Sk avec en outre la condition do Qk ≤ k. Comme on a supposé b0 6= 0
alors X ne figure pas parmi les facteurs irréductibles (premiers) de B donc X k+1 est premier
avec B. Mais d’après l’identité BQk = −X k+1 Sk , X k+1 divise BQk , on en déduit donc que
X k+1 divise Qk (en utilisant le lemme de Gauss), vu la condition sur le degré de Qk , ceci en-
traine que Qk = 0 c’est-à-dire Q1k = Q2k . Dès lors 0 = X k+1 Sk donc Sk = 0 c’est-à-dire Sk1 = Sk2 .
À quoi cela peut-il bien servir ? Eh bien entre autres, à décomposer en éléments simples
une fraction :
(1 + X) (1 + X 2 )(1 + X − X 2 ) + X 3 (X − 1) 1 1 1 X −1
3 2
= 3 2
= 3+ 2− + 2 .
X (1 + X ) X (1 + X ) X X X X +1
Un second exemple
227
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
A=1+ x6 1 + 2X + X 2
1 − 2X + 3X 2 − 4X 3 + 5X 4
γ0 B = 1 + 2X + X 3
R1 = −2X − X 2 (+x6 )
γ1 XB = −2X − 4X 2 − 2x3
R2 = 3X 2 + 2X 3 (+x6 )
γ2 X B = 3X 2 + 6x3 + 3X 4
2
R3 = −4X 3 − 3X 4 (+x6 )
3 3 4 5
γ3 X B = −4X − 8X − 4x
R4 = 5X 4 + 4X 5 + 5X 6
γ4 X 4 B = 5X 4 + 10X 5 + 5X 6
R5 = −6X 5
Avec
1 − 2X + 3X 2 − 4X 3 + 5X 4 = γ0 + γ1 X + γ2 X 2 + γ4 X 3 + γ4 X 4 .
Un troisième exemple
Définition
Soient A et B deux polynômes non nuls de K[X]. On dit que le polynôme M est un plus petit
commun multiple (en abrégé, ppcm) de A et B si M est un polynôme de plus bas degré de
l’ensemble des multiples non nuls communs à A et B.
228
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
Soit A, B ∈ K[X] − {0}. Si M et N sont deux ppcm de A et B alors il existe une constante
non nulle c telle que M = cN . En particulier, deux polynômes A et B non nuls admettent un
unique ppcm unitaire que l’on notera ppcm(A, B).
Démonstration
N est non nul par définition d’un ppcm. La division euclidienne de M par N permet alors
d’écrire M = N Q + R avec degR < degN . Or M et N sont des multiples communs à A et B
donc R = M − N Q est aussi un multiple commun à A et B. Comme degR < degN , la définition
de ppcm entraîne que R = 0. N et M ayant d’autre part même degré, Q est une constante (non
nulle).
Théorème(Caractérisation du ppcm)
Démonstration
- Supposons que M soit un ppcm de A et B alors M est un multiple (non nul) commun à A et B
(le premier point est donc vérifié) de plus petit degré. Si N est un multiple commun à A et B, la
division euclidienne de N par M permet d’écrire N = M Q + R avec degR < degM . Or M et N
sont des multiples communs à A et B donc R = N ?M Q est aussi un multiple commun à A et B.
Comme degR < degM , la définition de ppcm entraîne que R = 0 : N est bien un multiple de M .
- Réciproquement, supposons que N soit un multiple commun à A et B tel que tout multiple
commun de A et B soit multiple de N . Alors en particulier le ppcm M de A et B est un
multiple de N et on peut écrire M = N Q et degM > degN . M étant de degré minimum (parmi
les multiples communs non nuls), on déduit que degM = degN et N est bien un ppcm de A et B.
Corollaire
Proposition
229
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
0 0
Soit D le pgcd unitaire de A et B. On peut alors écrire A = DA et B = DB avec pgcd(A0 , B 0 ) = 1.
On cherche donc à montrer que AB 0 = A0 B est le ppcm de A et [Link], c ?est bien un multiple
commun à A et B et si M est un multiple commun à A et B alors M est un multiple de D et
on peut écrire M = DM 0 . M 0 est alors un multiple commun aux polynômes premiers entre eux
A’ et B’.IlestdoncmultipledeA’B’etf inalementMestmultipledeDA’B’ donc de AB 0 .
Remarque
Autre approche
Soient A1 et A2 des polynômes non nuls. Leurs multiples communs sont des éléments de l’in-
tersection A1 .K[X] ∩ A2 .K[X] des idéaux A1 .K[X] et A2 .K[X]. Cet ensemble est un idéal non
réduit à {0} donc il s’écrit M.K[X] pour un unique polynôme unitaire M . Ce polynôme M est
noté ppcm(A, B) et appelé plus petit multiple commun de A et B car
• il est multiple de A et de B.
• tout multiple commun de A et B appartient à l’idéal M.K[X] donc est multiple de M (en
particulier, est de degré supérieur ou égal à celui de M , sauf s’il est nul).
Anneaux factoriels
Lemme
Démonstration
Soit B un élément non inversible divisant A et P c’est-à-dire (B|P ) alors, B est associé à P et
il en résulte que P divise A. Ceci prouve le lemme.
Définition
Soit A un anneau commutatif intègre. On dit que A est (un anneau) factoriel s’il vérifie les deux
conditions suivantes : existence (E) et unicité (U) de la décomposition en facteurs irréductibles.
230
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(U) La décomposition précédente est unique, au sens suivant : si l’on a deux décompositions
A = P1 .P2 ........Pr = Q1 .Q2 ........Qr où les Pi , 1 ≤ i ≤ r et les Qj , 1 ≤ j ≤ s sont irréductibles,
alors r = s et il existe une permutation σ ∈ Sr telle que Pi et Qσ(i) soient associés, pour tout
i = 1, ....., r.
De façon plus concise, la décomposition est unique à l’ordre des termes et aux inversibles
près.
Proposition
Soit A un anneau commutatif intègre vérifiant (E). Les propriétés suivantes sont équivalentes.
1) A vérifie (U ).
Démonstration
Il est clair que 2) et 3) sont équivalents. L’implication 4) =⇒ 3) est facile. En effet, soit P
irréductible divisant un produit AB 6= 0. Si P ne divise pas A (P - A) alors, d’après le lemme
précédent, A et P sont sans facteur commun, et l’hypothèse 4) donne alors que P divise B.
Il résulte de (?) que l’on a cl(Q1 ).cl(Q2 )........cl(Qn ) = 0 dans A/ < p1 >.
On rappelle le résultat :
« Un idéal I d’un anneau A est premier (c’est-à-dire I est propre et si a, b ∈ A sont tels que
ab ∈ I, alors a ∈ I ou b ∈ I ) si et seulement si l’anneau quotient A/I est intègre (voir page
189) ».
231
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Comme comme A/ < p1 > est intègre, par hypothèse, on obtient que p1 divise l’un des Qi , donc
lui est associé (puisque (puisque Qi est irréductible). Donc, quitte à changer la numérotation
des Qj , on peut supposer que P1 = V Q1 , avec V inversible. Alors, comme A est intègre, on
déduit de (?) l’égalitéP2 ........Pm = U.V.Q2 ........Qn et le résultat cherché découle alors de l’hy-
pothèse de récurrence. Ceci prouve que 2) =⇒ (U ).
On a des égalités :
0 0 0
A = αP1 .P2 ........Pn D = δP1 .P2 ........Pr
0 0 0
B = β.Q1 .Q2 ........Qs C = γQ1 .Q2 ........Qt
0 0
avec α, β, γ, δ inversibles, n, r, s, t ≥ 0, et les Pi , Pj , Qk et Ql irréductibles.
avec U inversible.
Supposons n ≥ 1 et le résultat établi pour n − 1. Soit i ∈ {1, ..., n}. Comme A et B sont sans
facteur commun, Pi ne peut être conjugué à l’un des Qj ; l’hypothèse (U ) entraîne donc que
0 0 0
p1 est associé à un Qk . Quitte à renuméroter les Qk , on peut supposer que P1 = V Q1 , avec V
inversible. Alors, comme A est intègre, on déduit de (??) l’égalité
0 0 0 0 0
U V.P2 ........Pn .P1 .P2 ........Pr = Q1 .Q2 ........Qs ..Q2 ........Qt .
et le résultat cherché découle alors de l’hypothèse de récurrence. Ceci prouve que si A vérifie
(E) et (U ), il vérifie 4). Ceci achève la démonstration de la proposition.
Tout idéal I d’un anneau A pouvant être engendré par une famille finie est dit de type fini
Un anneau dont les idéaux sont de type fini est qualifié de noethérien.
Résumé
A comme anneau !
232
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Dans cette section, on considère l’ensemble des polynômes K[X] où K est le corps C ou R ou
Q. On identifie un polynôme avec sa fonction polynomiale.
Un nombre a ∈ K est appelé zéro d’un polynôme P ∈ K[X] ou plutôt de sa fonction polynomiale
p si p(a) = 0. On dit encore que a est une racine de l’équation p(x) = 0 mais on évitera dans
cette partie l’emploi du mot racine.
Un peu du vocabulaire
Une variable est une lettre à laquelle on peut attribuer différentes valeurs qui peut être repré-
sentée par n’importe quelle lettre de l’alphabet..
Une expression algébrique est un ensemble de variables (lettres) et de nombres reliés entre eux
par des symboles d’opération mathématique.
233
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Le nombre a ∈ K est un nombre dit algébrique s’il existe un polynôme p à coefficients ration-
nels tel que p(a) = 0. Autrement dit, il est un zéro d’un polynôme à coefficients rationnels.
Exemple
Le nombre complexe i est algébrique puis qu’il est zéro du polynôme p(x) = x2 + 1 qui est une
équation algébrique à coefficents rationnels.
p
Tout nombre rationnel a est algébrique, car le quotient a = ; q 6= 0, de deux entiers est racine
q
de l’équation qx − p = 0
1
√ 33
Un nombre irrationnel peut être ou non algébrique. Par exemple 2, ou , sont algébriques,
2
car ils sont les solutions de x2 − 2 = 0, et 8x3 − 3 = 0„ respectivement.
Définition
Soient K désignant un corps commutatif et K[X] est l’ensemble des polynômes à coefficients
dans K.
On dit qu’un polynôme p a ’tous ses zéros dans K’ s’il est factorisable, dans K[X] en un produit
de facteurs irréductibles du premier degré.
Lemme
Démonstration
Soit p un polynôme de degré strictement positif. Alors p possède un zéro a, donc p est factori-
sable par (x − a) p(x) = (x − a)q1 (x). Si q1 est constant c’est terminé sinon il possède une racine
b dans K et on a p(x) = (x−a)(x−b)q2 , et ainsi de suite on conclut par récurrence descendante.
Si K[X] possède la propriété ci-dessus Tout polynôme de degré ≥ 1 possède au moins un zéro
dans K) on dit que K est algébriquement clos.
234
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Démonstration
L’énoncé ci-dessus est le résultat connu sous le nom de "théorème fondamental de l’algèbre" ou
encore théorème de "D’Alembert-Gauss". Cependant des démonstrations purement algébriques
de ce résultat nécessitent un matériel important (théorie de Galois), alors que celles empruntant
des outils à l’analyse sont plus simples. On a déjà donné la démonstration de ce théorème en
admettant le théorème de Liouville, mais un peu plus loin on donnera sa démonstration en
utilisant la formule de Taylor pour les polynômes.
Théorème
Pour que a ∈ K soit zéro du « polynôme » p, il faut et il suffit que p soit divisible par le «
polynôme » x − a.
Démonstration
D’où p(x) = (x − a)q(x) + p(a) par suite si p(a) = 0 alors p(x) = (x − a)q(x) et donc p est
divisible par (x − a).
Réciproquement
Corollaire
235
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
(i)
=⇒ : Si p(x) est divisible par (x − a)(x − b) alors il existe un polynôme q tel que p(x) =
(x − a)(x − b)q(x) ce qui implique p(a) = p(b) = 0.
⇐= : Si p(a) = 0 alors p(x) est divisible par (x − a) donc il existe un polynôme q tel que
p(x) = (x − a)q(x) et si p(b) = 0 alors p(b) = (b − a)q(b) = 0. Comme a 6= b alors q(b) = 0
il en résulte que q est divisible par (x − b) c’est-à-dire q(x) = (x − b)q1 (x). On en déduit que
p(x) = (x − a)(x − b)q1 (x) et donc p(x) est divisible par (x − a)(x − b).
(ii) On peut procéder par récurrence sur le nombre de zéros distincts. L’initialisation corres-
pond à la propriété précédente. Si on suppose que p a k zéros distincts et il est divisible par
Yk Yk
(x − ai ), en ajoutant une zéro ak+1 , on pourra commencer par écrire p = (x − ai )q(x)
i=1 i=1
et comme p(ak+1 = 0, on a nécessairement q(ak+1 = 0 ce qui implique que q est divisible
par (x − ak+1 ) c’est-à-dire il existe un polynôme q1 tel que q = (x − ak+1 )q1 ce qui donne
k+1
Y
p= (x − ai )q1 (x) et achève la récurrence.
i=1
Proposition
Démonstration
Pour n = 0, p est une constante non nulle et possède évidemment 0 zéros (c’est le seul endroit
où le mot racine convient le mieux).
Soit n fixé, supposons le résultat vrai pour les polynômes de degré n ; soit maintenant p un
polynôme de degré n + 1. Si p n’a aucune racine, le résultat est vrai pour p ; sinon soit a une
zéro de p alors on peut écrire p(x) = (x−a)q(x) pour un polynôme q, qui est clairement de degré
n. Maintenant, si b est un zéro de p, alors 0 = p(b) = (b − a)q(b) donc b = a ou b est un zéro de
q (c’est ici qu’on utilise l’hypothèse d’intégrité) ; or q a au plus n zéros, donc p en a au plus n+1.
Corollaire
Un polynôme p de degré n admettant une infinité de zéros est nécessairement le polynôme nul.
Démonstration
En effet, par contraposée, un polynôme p non nul a un certain degré n, et ne peut donc pas
avoir plus de n zéros.
236
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Méthode pratique du calcul de p(a) par la division euclidienne d’un polynôme p par
(x − a) (Algorithme de Horner)
(x − a)q(x) = x(bn−1 xn−1 + bn−2 xn−2 + ... + b1 x + b0 ) − a(bn−1 xn−1 + bn−2 xn−2 + .... + b1 x + b0 )
..........................................................................................
..........................................................................................
..........................................................................................
..........................................................................................
..........................................................................................
..........................................................................................
a1 = b0 − ab1 =⇒ b0 = a1 + ab1
On peut de proche en proche calculer bn−1 , bn−2 et ainsi de suite jusqu’à p(a), par de simples
additions ce qui est plus facile que de calculer les puissances de a, de les multiplier par les coeffi-
cients et de les ajouter c’est-à-dire utiliser l’expression p(a) = an an + an−1 an−1 + ....... + a1 a + a0 .
Soit a un zéro du polynôme p, alors on a p(x) = (x − a)q1 (x). Il se peut que le polynôme q1 à
son tour ait a pour zéro, alors q1 (x) = (x − a)q2 (x) et il suit que p(x) = (x − a)2 q2 (x).
On appellera alors la la multiplicité du zéro a le plus grand exposant entier α tel que l’on
ait p(x) = (x − a)α qα (x) le polynôme qα n’ayant plus a pour zéro, c’est-à-dire qα (a) 6= 0 (i.e a
est zéro d’ordre α d’un polynôme p(x) s’il est divisible par (x − a)α et n’est pas divisible par
(x − a)α+1
237
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
La dérivation des polynômes est un outil qui permet d’étudier les zéros multiples. Voilà
tout d’abord un énoncé concernant les zéros doubles (l’énoncé concernant les zéros d’ordre su-
périeur cache une petite subtilité et est reporté plus loin).
Notation : Par analogie avec les fonctions, on notera ensuite P 00 la dérivée de P 0 , puis P (n)
la dérivée nième de P .
Cette dérivation, bien que définie de façon formelle, coïncide évidemment avec la dériva-
tion usuelle sur les fonctions polynômiales, et de ce fait vérifie toutes les formules de dérivation
usuelle. En particulier on a :
Proposition
•2 (P Q)0 = P 0 Q + P Q0 ∀ P, Q ∈ K[X]
Démonstration
n
X m
X n
X m
X
k j 0 k−1 0
•1 On pose P = ak X et Q = bj X alors P = kak X et Q = bj X j−1 . Si on
k=0 j=0 k=1 j=1
Xn m
X m
X
suppose m > n alors λP 0 + µQ0 = λ kak X k−1 + µ bj X j−1 = k(λak + µbk )X k−1 avec
k=1 j=1 k=1
ak = 0 ∀ k > n d’où (λP + µQ)0 = λP 0 + µQ0 et on a le même résultat si n > m.
La notion de l’opération dérivation est très utilisée dans plusieurs domaines, elle est
considérée comme un opérateur linéaire et peut agir sur plusieurs espaces fonctionnels. Néan-
238
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
moins il faut éviter certaines analogies dans la démonstration de certaines propriétés. Par
exemple, la formule de dérivation d’un produit déjà rencontrée pour les fonctions réelles reste
valable pour la dérivée formelle des polynômes : pour tout P ; Q ∈ K[X] (P Q)0 = P 0 Q + QP 0 .
Dans ce cas cependant, elle n’est pas du tout évidente car la démonstration dans le cadre des
fonctions réelle n’est pas valable. Il faut démontrer la formule de dérivation dŠun produit de
deux polynômes (car on n’a plus la notion de limite) à partir de la définition de la dérivation
dans K[X].
n
X m
X
•2 Posons P = ak X k et Q = bj X j . En utilisant la distributivité de la multiplication sur
k=0 j=0
l’addition dans K[X] et la linéarité de la dérivation [formule (•1 )]
on a
n
X m
X n
X m
X n
X Xm
(P Q)0 = [ ak X k × bj X j ]0 = [ ak (X k × bj X j )]0 = [ ak ( bj X j+k )]0
k=0 j=0 k=0 j=0 k=0 j=0
n m n m n m n m
X X 0 X X X X X X
= ak ( bj X j+k ) = ak (j + k)bj X j+k−1 = ak ( kbj X j+k−1 ) + ak ( jbj X j+k−1 )
k=0 j=0 k=0 j=0 k=0 j=0 k=0 j=0
Xn Xm n
X Xm
= kak X k−1 × ( bj X j ) + ak X k × ( jbj X j−1 ) = P 0 Q + P Q0
k=0 j=0 k=0 j=0
On rappelle que les dérivés successifs d’un polynôme P sont définis comme suit :
00 0
P est le polynôme dérivé du polynôme P et par récurrence le polynôme dérivé k ième de P ,
(k) (k) (k−1) 0
noté P ; par P = (P ) et par convention P (0) = P .
Exemple
Pour 0 ≤ k ≤ n entiers :
n!
(X n )(k) = n(n − 1)(n − 2)(n − k + 1)X n−k = X n−k . En particulier, (X n )(n) = n! et
(n − k)!
(X n )(n+1) = 0. Ainsi, par linéarité de la dérivation, si P est de degré au plus n on a P (n+1) = 0.
Proposition
Soit a un zéro d’ordre α d’un polynôme k ∈ K[X] alors a un zéro d’ordre α − 1 du polynôme
dérivé P 0 .
Démonstration
p0 (x) = α(x − a)α−1 q(x) + (x − a)α q 0 (x) = (x − a)α−1 [αq(x) + (x − a)q 0 (x)] = (x − a)α−1 q1 (x)
où q1 (x) = αq(x) + (x − a)q 0 (x). On observe que q1 (a) = αq(a)6=0 ce qui implique que a un zéro
d’ordre α − 1 du polynôme dérivé P 0 .
239
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
....................................................................
....................................................................
....................................................................
p00 (a)
p00 (x) = 2q2 + (x − a)[............................] =⇒ p00 (a) = 2q2 (a) ⇐⇒ q2 (a) =
2!
p000 (a)
p000 (x) = 2.3q3 + (x − a)[............................] =⇒ p000 (a) = 2.3q2 (a) ⇐⇒ q3 (a) =
3!
....................................................................
....................................................................
....................................................................
p(n) (a)
p(n) (x) = n!qn (a) =⇒ qn (a) =
n!
Une autre démonstration
Comme {1, (X − a), (X − a)2 , ......, (X − a)n } est une base de Kn [X].
240
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
P 0 (a)
P 0 (X) = a1 + 2a2 (X − a) + + nan (X − a)n−1 =⇒ P 0 (a) = a1 d’où a1 =
1!
P 00 (a)
P 00 (X) = 2a2 + 3 × 2a3 (X − a) + + n(n − 1)an (X − a)n−2 =⇒ P 00 (a) = 2a2 d’où a2 =
2!
P 000 (X) = 3 × 2a3 + 4 × 3 × 2a2 (X − a) + n(n − 1)(n − 2)an (X − a)n−3 =⇒ P 000 (a) = 3 × 2a3
P 000 (a)
d’où a3 =
3!
..............................................................................................................................................
..............................................................................................................................................
..............................................................................................................................................
..............................................................................................................................................
..............................................................................................................................................
P (n) (a)
P (n) (X) = n!an =⇒ P (n) (a) = n!an d’où an =
n!
On peut donc maintenant voir un polynôme de degré n d’une nouvelle manière : la suite des
n + 1 dérivées en un point a de K. Dans le cas particulier où a = 0 ; on obtient la formule dite
de Mac-Laurin :
n
X p(k) (0)
p(x) = xk .
k!
k=0
Exemple 1
p(1) = 1
Solution
241
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Le problème se réduit à determiner p(1), p0 (1), p00 (1), p000 (1) et p(iv) (1). On a déjà p(1) = 1
par hypothèse et l’expression 4p(x) = (x − 1)p0 (x) + p00 (x) donne : 4p(1) = p00 (1) c’est-à-dire
p00 (1) = 4.
Maintenant, pour déterminer p0 (1) on dérive l’expression 4p(x) = (x − 1)p0 (x) + p00 (x) qui nous
donne
4p0 (x) = p0 (x) + (x − 1)p00 (x) + p000 (x) (?)
On a donc
4 8
p(x) = 1 + (x − 1)2 + (x − 1)4 .
2! 4!
Exemple 2
p(0) = 0
Solution
Le problème n’admet pas de solution polynomiale ! ! ! néanmoins, il admet une solution de type
Heun.
Démonstration
242
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
n+m
X i
X
P.Q = ( aj bi−j )X i = an bm X n+m + (an bm−1 + an−1 bm )X n+m−1 +
i=0 j=0
(an bm−2 + an−1 bm−1 + an−2 bm )X n+m−1 .....+ (a1 b0 + (a0 b1 )X + a0 b0 .
on a
N N 2N Xn 2N
X P (n) (a) n X Q(n) (a) n X P (k) (a) Q(n−k) (a) n X (P Q)(n) (a) n
PQ = ( X )×( X )= X = X .
n=0
n! n=0
n! n=0
k! (n − k)! n=0
n!
k=0
n
Par identification des ccefficients de X ; on obtient :
n n
(n) n!
X
(n) (n−k)
X n
(P Q) (a) = P (a)Q (a) = P (n) (a)Q(n−k) (a).
k!(n − k)! k
k=0 k=0
L’égalité ci-dessus, vraie pour tout a ∈ K ; entraîne l’égalité des polynômes correspondants
(car un polynôme n’a qu’un nombre fini de zéros) et on obtient la formule de Leibniz pour les
polynômes formels.
Exemple
Soit a ∈ K et P ∈ K[X]. L’élément a est un zéro au moins double de P si et seulement s’il est
simultanément zéro de P et de son dérivé P 0 .
Démonstration
243
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(Rappel)
• On peut associer à chaque polynôme une fonction polynomiale, mais il n’est pas du tout
évident d’associer un polynôme à une fonction polynomiale.
Par contre sur un corps fini on observe sur un exemple de Z/2Z[X] où K = Z/2Z constitué de
deux classe cl(0) et cl(1) que le polynôme P = X 2 + X n’est pas le polynôme nul mais que sa
fonction polynomiale x −→ p(x) = x + x2 , sa valeur en cl(0) est p(cl(0)) = cl(0) + cl(0)2 = cl(0)
et sa valeur en cl(1) est p(cl(1)) = cl(0) + cl(1)2 = cl(0) =⇒ p(cl(x)) = cl(0) ∀ cl(x) ∈ Z/2Z.
Théorème
Démonstration
On rappelle q’un corps commutatif K est dit algébriquement clos si tout polynôme non constant
P ∈ K[X] admet au moins une racine dans K.
n
X
Soit donc un polynôme à coefficients complexes p(x) = ai xi avec n ≥ 1 et an 6= 0.
i=0
n an−1 a0
On a : |p(z)| = |an |.|z| |1 + + ... + |. Donc |p(z)| −→ +∞ quand |z| −→ +∞.
an z an z n
D’où ∃ R > 0 tel que |z| > R =⇒ |p(z)| > |p(0)| + 1.
Or z −→ |p(z)| est continue sur C et le cercle C fermé de rayon R est un compact. Donc la
restriction de z −→ |p(z)| au cercle C admet une borne inférieure m atteinte en un point z0 ∈ C.
Pour z ∈
/ C on a |p(z)| > |p(0)| + 1 > |p(0)| ≥ m. Et pour z ∈ C on a |p(z)| ≥ m.
Donc ∀ z ∈ C on a |p(z)| ≥ m.
n
X
Par la formule de Taylor il existe des complexes (b0 , ..., bn ) tels que : p(z0 + x) = bi xi avec
i=0
244
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
b0 = p(z0 ) et bn 6= 0 car do p = n.
b0
Soit ω une racine k-ième quelconque du complexe − .
bk
On peut donc écrire : P (z0 + ωt) = b0 (1 − tk + tk (t)) où lim(t) = 0 quand t −→ 0.
Soit A un anneau intègre unitaire, considérons une suite double d’éléments de A c’est-à-dire
une application de N × N dans A, ou encore une suite d’éléments de A à deux indices ai,j telle
que les ai,j sont tous nuls, à partir de certaines valeurs de i et j (les ai,j sont nuls, sauf un
nombre fini d’entre eux).
Définition
•1 On dira que A = (a0i,0 , ......., an,m , 0, 0, .....) est un polynôme à deux indéterminées sur A.
•2 Le plus grand des premiers indices i pour lequel ai,j 6= 0, s’appelle degré en la première
indéterminée
•3 Le plus grand des deuxièmes indices j pour lequel ai,j 6= 0, s’appelle degré en la deuxième
indéterminée
•4 Enfin, la plus grande des valeurs de i + j pour lequel ai,j 6= 0, s’appelle degré par rapport à
l’ensemble des deux indéterminées. C’est en général de ce dernier degré qu’il s’agit lorsque l’on
ne précise pas.
- Addition
Soit λ ∈ A et A = (a0i,0 , ......., an,m , 0, 0, .....), on pose C = λA, si C a pour coefficient γi,j = λai,j .
- Le polynôme 0 est celui dont tous les coefficients sont nuls, il n’a pas de degré.
245
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Remarque
Cet espace vectoriel a pour base les polynômes Ui,j , dont tous les coefficients sont nuls sauf
celui d’indice i, j qui vaut 1. Ces polynômes existent aussi lorsque A n’est pas un corps, car A
étant un anneau unitaire. X
Tout polynôme A s’écrit A = ai,j Ui,j et cette représentation est unique.
i,j
Notation usuelle
Au lieu du symbole Ui,j , on emploie la symbole X1i X2j , ces quantités n’ayant pas de signification
autre que de préciser les indices i et j.
On pose X10 X2j = X2j , X1i X20 = X1i et X10 X20 = 1. On écrit donc
X
ai,j X1i X2j . L’ensemble des polynômes à deux indéterminées sur A s’écrit A[X1 , X2 ] ; X1 et
i,j
X2 sont appelées les indéterminées.
- Multiplication
X X
Soient A = ai,j X1i X2j et B = bi,j X1i X2j deux polynômes de A[X1 , X2 ].
i,j i,j
On appelle A.B ; le polynôme obtenu en effectuant les produits termes à termes et on pose
ai,j X1i X2j bp,q X1p X2q = ai,j bp,q X1i+p X2j+q comme s’il s’agissait d’un produit de nombres.
On écrit
X X
A.B = ( ah,k bp,q )X1i X2j .
i,j h+p=i,k+q=j
On peut facilement vérifier que cette operation est distributive par rapport à l’addition et qu’elle
est commutative. On vérifie aussi sans peine qu’elle est associative.
•2 L’ensemble des polynômes A[X1 , X2 ] constitue ainsi un anneau ; il est unitaire, l’élément
neutre de la multiplication étant le polynôme U0,0 = 1. C’est un intègre et tout polynôme
A 6= 0 est régulier pour la multiplication.
•? Lorsque A est un corps K, les idéaux ne sont pas nécessairement principaux dans l’anneau
246
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
K[X1 , X2 ] ; c’est une différence essentielle avec l’anneau des polynômes à une indéterminée.
Considérons tous les coefficients ai,j où i est fixé et j variable. On peut considérer cette suite
comme étant un polynôme à une indéterminée, soit X2 cette indéterminée, alors on a
Considérons alors l’anneau A2 = A[X2 ] c’est l’anneau des polynômes Pi . Formons l’anneau des
polynômes à une indéterminée à coefficients dans A[X2 ] de la forme
P0 + P1 X1 + ....... + Pn X1n
iI est « ìmmédiat » de voir que ces polynômes sont isomorphes aux polynômes A[X1 , X2 ], on a
donc A[X1 , X2 ]=A2 [X1 ] (le signe = est le signe d’identification).
Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, on se contente d’énoncer ci-dessous quelques résultats
utiles sur les polynômes à deux indéterminées (deux variables).
Proposition
Où bien encore :
m
X m X
X n
P = Qi X i = ( ai,j Y j )X i comme un polynôme en l’indéterminée X à coefficients dans
i=0 i=0 j=0
l’anneau K[Y ].
247
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
De sorte que nous pouvons dériver P par rapport à l’indéterminée Y , les Pj étant considérés
comme des scalaires (constantes) ou bien inversement dériver par rapport à l’indéterminée X,
les Qi étant cette fois les constantes.
• Dérivation partielle d’un monôme : si P = ai,j X i Y j est un monôme les formules ci-dessus
∂P ∂P
donnent = iai,j X i−1 Y j et == jai,j X i Y j−1 .
∂X ∂Y
• La dérivation est une application linéaire, c’est-à-dire que D(λP + µQ) = λP + µQ; P, Q ∈ K[X, Y ]
et λ, µ ∈ K.
m X
n m−1 n m n−1
X ∂P XX ∂P X X
• Si P = ai,j X i Y j alors = iai,j X i−1 Y j et = jai,j X i Y j−1
i=0 j=0
∂X i=1 j=0
∂Y i=0 j=1
Dérivées partielles d’ordre supérieur
La dérivée partielle d’un polynôme P ∈ K[X, Y ] par rapport à l’une quelconque des indétermi-
nées est encore un élément de K[X, Y ] dont on peut calculer les dérivées partielles par rapport
à chacune des deux indéterminées. On appelle ces dérivées des dérivées partielles secondes. Ainsi
∂2P ∂2P ∂ ∂P ∂ ∂P
• (resp ) est une notation abrégée pour ( ) (resp ( ))
∂X 2 ∂Y 2 ∂X ∂X ∂Y ∂Y
On peut également dériver d’abord par rapport à une variable puis ensuite par rapport à la
seconde. Ainsi :
∂2P ∂2P ∂ ∂P ∂ ∂P
• (resp ) est une notation abrégée pour ( ) (resp ( ))
∂Y ∂X ∂X∂Y ∂Y ∂X ∂X ∂Y
Lemme
∂2P ∂2P
Pour tout polynôme P ∈ K[X, Y ] on a = .
∂Y ∂X ∂X∂Y
Démonstration
• Ce lemme peut se généraliser aux fonctions à deux variables sous certaines conditions
dites conditions de Schwarz (données en 1873. Ce lemme dit que pour les fonctions suffisament
régulières, l’ordre de dérivation par rapport aux variables n’a pas d’importance. Il suffit en
fait que les dérivées partielles existent au voisinage d’un point a et soient continues en a pour
248
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
∂ k+l P
• On peut définir sans ambiguïté le polynôme k en dérivant k fois par rapport à X
∂ X∂ l Y
et l fois par rapport à Y et Il résulte de ce qui précède que l’ordre dans lequel sont faites ces
dérivations n’importe pas.
• Un peu plus loin on généralise les définitions et les résultats précédent pour les polynômes à
n indéterminées où n est un entier quelconque n ≥ 2.
• Tout comme pour les polynômes à deux indéterminées, on peut, en passant par les monômes,
montrer que l’on peut intervertir l’ordre des dérivations pourvu que le nombre total de dériva-
tions relatif à chacune des indéterminées soit respecté.
Le polynôme P ∈ K[X1 , X2 ] est dit p-homogène s’il est combinaison linéaire des monômes X1i X2j
où i + j = p.
Exemples :
249
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
(i) Soit P ∈ K[X1 , X2 ], pour que P soit p-homogène, il faut et il suffit que l’on ait
Si P = 0 , degP = −∞.
Exemple
Soit P = 1 + 2X − 4Y + X 2 + XY + X.Y 3 .
Remarque
Par usage usuel notons X1 par X et X2 par Y alors pour 0 ≤ i+ ≤ 2 alors On peut écrire :
2 X
X 2
• p(X, Y ) = aij X i Y j ; 0 ≤ i + j ≤ 2
i=0 j=0
2
X
= (ai0 X i + ai1 X i Y + ai2 X i Y 2 ); a21 = a22 = 0
i=0
Comme 0 ≤ i + j ≤ 2 alors
250
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Autrement dit, l’arithmétique de K[X1 , X2 ] est plus complexe que celle de K[X].
Définition
Un polynôme P ∈ K[X1 , X2 ] est dit irréductible s’il est non constant et n’est divisible que par
les inversibles et les associés.
Les polynômes P et Q ∈ K[X1 , X2 ] sont dits premiers entre eux si leurs seuls diviseurs communs
sont les constantes 6= 0.
Théorème
Démonstration
Si l’on avait I =< P >, alors P diviserait X1 et X2 , donc P serait une constante non nulle. Et
alors il existerait A et B tels que 1 = X1 .A(X1 , X2 ) + X2 .B(X1 , X2 ).
Substituant 0 à X1 et X2 , il viendrait 1 = 0.
(b) L’irréductibilité de P n’implique plus que K[X1 , X2 ]/ < P > est un corps.
(d) Les anneaux K[X1 , X2 ] et Z/6Z sont des anneaux non principaux, les idéaux de K[X1 , X2 ]
ne sont pas necessairement tous maximaux par contre ceux de Z/6Z sont tous principaaux car
ce dernier admet pour idéaux < cl(2) > et < cl(3) > (en plus de l’idéal nul et de l’anneau entier).
• L’étude des idéaux de K[X1 , X2 ] (de K[X1 , ......., Xn ]; n ≥ 2 voir un peu plus loin)
est une partie importante de l’algèbre qui dépasse infiniment le cadre d’un enseignement de
première année universitaire. On se contente de donner quelques propriétés élémentaires pour
initier l’étude des polynômes à n indéterminées.
251
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Définition
On dit que A ∈ K[X1 , X2 ] est divisible par B ∈ K[X1 , X2 ] si A est divisible par B dans
K[X1 ][X2 ], ou dans K[X2 ][X1 ]. En particulier la division euclidienne de P (X1 , X2 ) par X1 − X2
dans K[X2 ][X1 ] est toujours possible : le mécanisme est formellement identique à la division de
P (X1 ) par (X1 − a) , on aura donc :
Théorème
Théorème
Démonstration
252
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Corollaire
Théorème
Soit K un corps algébriquement clos. Tout idéal maximal I de K[X1 , X2 ] est de la forme
I =< X1 − a1 > + < X2 − a2 >= {(X1 − a1 )P1 (X1 , X2 ) + (X2 − a2 )P2 (X1 , X2 ), P1 , P2 ∈ K[X1 , X2 ]}.
253
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On dit que l’on a substitué (x1 , ....., xn ) respectivement aux indéterminées (X1 , ....., Xn ) dans
l’élément P de K[X1 , ....., Xn ].
Nous définissons ainsi une application p : Kn −→ K, (x1 , ..., xn ) −→ p(x1 , ..., xn ) = P (x1 , ..., xn ) ∈ K.
p est une fonction de n variables appelée fonction polynôme de P . On désigne l’ensemble de ces
fonctions polynômes par P(Kn , K).
Soit φ application de K[X1 , ....., Xn ] dans P(Kn , K) définie par φ(P ) = p alors φ est homomor-
phisme surjectif d’anneaux.
Définition
Un polynôme P de K[X1 , ....., Xn ] est irréductible s’il n’est pas inversible et s’il n’admet pour
diviseur que λ et λP (λ ∈ K∗ )
Un polynôme P de K[X1 , ....., Xn ] est réductible s’il existe des polynômes P1 et P2 tels que
un polynôme P irréductible de R[X1 , ....., Xn ] peut être réductible dans C[X1 , ....., Xn ].
Par exemple P = X 2 +Y 2 est irréductible dans R[X, Y ] mais dans C[X, Y ] on a X 2 + Y 2 = (X + iY )(X − iY ).
Théorème
254
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
Or P est divisible par Z − X donc P (Z, Y, Z) = 0 ce qui entraine, car Y − Z est non nul et
K[X, Y, Z] est intègre, que Q(Z, Y, Z) = 0 donc :
Remarque
Définition
On dit qu’un polynôme P de K[X1 , ....., Xn ] est homogène de degré total m s’il est somme de
monômes de degré m.
Soit P un polynôme de degré total m, désignons par Hk (0 ≤ k ≤ m), la somme de ses monômes
de degrék (Hk peut être nul, mais Hm 6= 0 sinon degP < m), on a donc, et ceci de manière
unique :
P = H0 + ...... + Hk + ...... + Hm
Proposition
Un polynôme P , de K[X1 , ....., Xn ] est homogène de degré m ⇐⇒ P (X1 Y, ....., Xn Y ) = Y m P (X1 , ....., Xn )
dans K[X1 , ....., Xn , Y ].
Démonstration
Soit Hk un polynôme de degré k, élément de K[X1 , ....., Xn ], Y étant une n + 1 i-ième indéter-
minée, dans K[X1 , ....., Xn , Y ] nous aurons
255
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Réciproquent, soit P un polynôme de K[X1 , ....., Xn ] tel que dans K[X1 , ....., Xn , Y ] on ait :
Si P 6= 0 le degré total de P (X1 , ....., Xn ) est égal au degré partiel de P (X1 Y, ....., Xn Y ) relati-
vement à Y donc à m. Ecrivons
Nous obtiendrons :
m
X m
X
k
P (X1 Y, ....., Xn Y ) = Y Hk (X1 , ....., Xn ) = Y m Hk (X1 , ....., Xn )
k=0 k=0
Donc Hk = 0 pour tout k tel que k 6= m d’où tout polynôme de K[X1 , ....., Xn ] est homogène
de degré m ⇐⇒ P (X1 Y, ....., Xn Y ) = Y m P (X1 , ....., Xn ) dans K[X1 , ....., Xn , Y ].
A tout polynôme P de degré m de K[X1 , ....., Xn ] associons le polynôme F = ϕ(P ) défini par :
m
X
F (X1 , ....., Xn , T ) = Hk (X1 , ....., Xn )T m−k (Hk étant la partie homogène de degré k de P ).
k=0
D’autre part , à tout polynôme G(X1 , ....., Xn , T ) de Hn+1 associons le polynôme Q = ψ(G) de
K[X1 , ....., Xn , T ] défini par :
Théorème
256
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
F (X, Y ) = am (X − α1 Y )........(X − αm Y ).
(ii) Si K n’est pas algébriquement clos, Il est clair que F (X, Y ) = (X − α1 Y )........(X − αk Y )Q(X, Y )
α1 ......, αk étant les zéros dans K de F (X, 1) et Q étant un polynôme de K[X, Y ] tel que Q(X, 1)
soit dépourvu de zéros dans K.
♣ Dérivation des polynômes homogènes et formule d’Euler pour un polynôme de K[X1 , ....., Xn ]
• Rappelons qu’un polynôme P dans K[X, Y ] aura trois polynômes partiels second notés :
∂ i1 +....+ik +...+in P
• Dans K[X1 , ....., Xn ] le polynôme dérivé partiel ik , k décrivant [1, n] est donné par .
∂X1i1 ......∂Xnin
Si on pose d = i1 + .... + ik + ... + in , on dit que c’est un polynôme dérivé partiel d-ième, ou
encore d’ordre d.
On voit en particulier que si le degré total de P est m, le degré total d’un polynôme dérivé
partiel d-ième de P , d ≤ m, est au plus de degré total m − d et qu’il est de degré total m − d
si le corps K est de caractéristique nulle.
257
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Raisonnons pour simplifier l’écriture dans K[X, Y, Z], K étant un corps commutatif de carac-
téristique nulle.
∂H ∂H ∂H
Si H(X, Y, Z) est un polynôme homogène de degré total m, on voit que , , sont
∂X ∂Y ∂Z
des polynômes homgènes de degré total m − 1 et plus généralement , pour k ≤ m, on voit que
tout polynôme dérivé partiel d’ordre d est homogène de degré total m − d.
= mX i Y j Z k .
On voit que cette formule subsiste si un ou deux des exposants i, j, k sont nuls. Donc pour tout
polynôme homogène de degré m on aura :
θ(H) = mH tel que si si m > 0 nous voyons que l’application induite par θ sur Hm espace
vectoriel des polynômes homogènes de degré m est une homothétie de rapport m.
ce qui entraine :
X X X
θ(P ) = mP = mHi = θ(Hi ) = iHi .
i i i
X
d’où la décomposition P = Hi étant unique, pour tout i 6= m, Hi = 0 et P = Hm .
i
Théorème
(i) Tout polynôme de K[X1 , ........, Xn ] homogène de degré total m a pour polynôme dérivé
partiel d’ordre d (d ≤ m) des polynômes homogènes de degré total m − d.
258
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Les applications ϕ et ψ définies ci-dessus pour passer d’un polynôme non homogène à n
indéterminées à un polynôme homogène à n + 1 indéterminées et réciproquement, permettent
d’obtenir une formule d’Euler pour tout polynôme.
On a déjà vu la formule de Taylor pour les polynômes d’une indéterminée , de deux indétermi-
nées et de trois indéterminées alors on en déduit sans peine le résultat suivant :
Théorème
Définition
X
Soit P = ai1 ,.....,in X1i1 .......Xnin dans K[X1 , .........., Xn ] On appelle hypersurface algé-
i1 ,.....,in
brique associée à P l’ensemble V(P ) = {(x1 , .........., xn ) ∈ Kn ; p(x1 , ............, xn ) = 0}.
Exemples :
(3) Si P est un polynôme homogène de degré 2, V(P ) est un cône isotrope d’une forme quadra-
tique sur Kn .
Un ensemble algébrique est une partie S de Kn qui est intersection d’une famille d’hypersurfaces
algébriques.
Exemples
(1) Dans l’espace euclidien standard R3 , l’intersection de deux quadriques est un ensemble
259
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
(S) x2 + y 2 + z 2 − 1 = 0 et (C) x2 + y 2 − x = 0.
260
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
L’étude des ensembles algébriques de Kn est liée à celle des idéaux de K[X1 .........., Xn ].
Proposition
suivantes :
Théorème
Tout ensemble algébrique est l’intersection d’une famille finie d’hypersurfaces algébriques.
Proposition
Si K = R ou C et si P ∈ K[X1 .........., Xn ] est non nul alors V(P ) est un fermé d’intérieur vide
261
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Evariste Galois
1811-1832
?????
Ecrits et mémoires mathématiques d’Evariste Galois, Gauthiers-Villars (1962).
?????
Dans la nuit du 29 Mai 1832, Evariste Galois écrit une lettre-testament adressée à son ami
Auguste Chevalier dont voici un extrait
« [...]Je me suis souvent hasardé dans ma vie à avancer des propositions dont je n’étais pas sûr.
Mais tout ce que j’ai écrit là est depuis bientôt un an dans ma tête, et il est trop de mon intérêt
de ne pas me tromper pour qu’on me soupçonne d’avoir énoncé des théorèmes dont je n’aurais
pas la démonstration complète. Tu prieras publiquement Jacobi et Gauss de donner leur avis,
non sur la vérité, mais sur l’importance des théorèmes. Je t’embrasse avec effusion ».
§ 8 Polynômes symétriques
• Pour tout k ∈ [1.....n], k est appelé degré partiel du monôme par rapport à l’indéterminée
Xk . On le note dpXk (M ).
• Pour tout k ∈ [1.....n], on appelle degré partiel de P ∈ K[X1 , ...., Xn ] par rapport à Xk le plus
grand des degrés partiels, par rapport à Xk , de ses monômes. On le note dpXk (P ).
• On appelle degré de P ∈ K[X1 , ...., Xn ] le plus grand des degrés de ses monômes.
• On appelle poids de P ∈ K[X1 , ...., Xn ] le plus grand des poids de ses monômes
262
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On dit qu’un polynôme P ∈ K[X1 , ...., Xn ] si et seulement si, pour toute permutation σ des
entiers 1, ...., n
Exemples
σ1 = (1; 2; 3); σ2 = (1; 3; 2); σ3 = (2; 1; 3); σ4 = (2; 3; 1); σ5 = (3; 1; 2) et σ6 = (3; 2; 1).
On constate que le nombre des permutations de A est 3! et il est bien connu que si
A = {1; 2; ......, n}, le nombre es permutations de A est n! .
a(X1 + X2 + ....... + Xn ), a ∈ K.
Remarques
• Si l’égalité (*) a seulement lieu pour la transposition échangeant i et j (i 6= j), on dira que le
polynôme est symétrique en Xi et Xj .
263
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Si un polynôme symétrique contient le monôme X1h1 X2h2 .....Xnhn avec un certain coefficient
h1 h2 hn
β, il contient certainement tous les n! monômes Xσ(1) Xσ(2) .....Xσ(n) avec le même coefficient
β. Mais ces n! monômes ne sont pas forcément tous distincts ; par exemple si n = 3 au mo-
nôme X 3 Y 2 Z correspond bien 3! = 6 monômes distincts, mais à X 2 Y Z correspondra seulement
3monômes distinct par permutation : lui même, Y 2 ZX et Z 2 XY ; enfin XY Z étant lui même
symétrique les 6 monômes déduits par permutation des indéterminées sont égaux. D’où l’intérêt
de la définition et la notation suivante :
Etant donné le monôme M = βX1i1 X2i2 .....Xnin , on appelle symétrisé de ce monôme et on note
s(M ) la somme de tous les monômes distincts, obtenus à partir de M en permutant de toutes
les manières possibles les indéterminées X1 , ....., Xn . Il est évident que ce symétrisé s(M ) est
symétrique et homogèneP et de degré i1 + ...... + in . C’est-à-dire la somme de tous les monômes
distincts notée aussi M obtenus à partir de M en permutant les n indéterminées Xi .
X
Avec ces notations X 2 Y Z = X 2 Y Z + Y 2 XZ + Z 2 Y X.
• Ordonnons lexicographiquement s(M ) :
- ou bien x1 < y1 ,
On constatera que la relation L est une relation d’ordre total, on l’appelle l’ordre lexicogra-
phique, car E étant l’alphabet d’une langue ordonné dans l’ordre normal (par exemple :
L’alphabet grec “moderne” est composé de vingt-quatre lettres, dont 7 voyelles et 17 consonnes.
Avec ses 2.000 ans d’histoire, l’alphabet grec est un des plus anciens à être encore en usage. Ce
264
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
fut le premier alphabet à disposer d’une graphie pour chaque sonorité, voyelle ou consonne.
Soit βX1h1 X2h2 .....Xnhn le plus haut de s(M ), il est évident que h1 ≥ h2 ≥ ........ ≥ hn . En effet
si h2 > h1 il y aurait dans s(M ) le monôme βX1h2 X2h1 .....Xnhn qui est strictement plus haut que
βX1h1 X2h2 .....Xnhn , même démonstration pour toutes les autres inégalités.
Le degré partiel de s(M ) relative à chaque indéterminée est évidement le même, et on voit que
c’est h1 , on l’appellera le degré partiel de s(M ).
Remarque
Si certains exposants h1 , ...., hn sont nuls alors dans ce cas il existera l < n tel que h1 , ...., hl
soient non nuls et hl+1 , ...., hn nuls, on écrira alors :
X
l<n s(M ) = β X1h1 X2h2 .....Xlhl avec h1 ≥ h2 ≥ ........ ≥ hl .
Définition
n
X
P P
1 = X1 = Xi ,
i=1
P P X
2 = X1 X2 = Xi Xj
i<j
P P X
3 = X1 X2 X3 = Xi Xj Xk
i<j<k
.
.
.
P P X
h = X1 X2 ......Xh = Xh1 Xh2 ........Xh
h1 <h2 <....<h
.
.
.
P P
n = X1 X2 ...........Xn = X1 X2 ...........Xn
265
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
P
Il est clair que h a autant de termes qu’il y a de parties à h éléments dans [1, n] c’est-à- dire
n!
Cnh =
P P
. Ainsi 1 a n termes et n a un seule.
h!(n − h)!
Relation entre coefficients et zéros d’un polynôme
où x1 , x2 , ....., xn sont les zéros de P dans K, non nécessairement distincts, c’est.-à-dire., comp-
tés avec leur multiplicité.
Proposition
où x1 , x2 , ....., xn sont les zéros de P dans K, non nécessairement distincts, c’est.-à-dire., comp-
tés avec leur multiplicité.
Alors on a :
ai = (−1)i
P
i (x1 , x2 , ....., xn ) 1 ≤ i ≤ n.
Proposition
266
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pour tout polynôme P symétrique appartenant à K[X1 , ......, Xn ], il existe un polynôme unique
Q ∈ K[X1 , ......, Xn ] tel que :
P P
P (X1 , ......, Xn ) = Q( 1 , ........, n ).
P P
1 , ........, n étant les polynômes symétriques élémentaires de K[X1 , ......, Xn ].
Ce théorème conjecturé par Newton fut souvent utilisé au 18ème siècle : Lagrange le
qualifie d’ “évident par soi-même”. Il semble avoir été démontré indépendamment par l’anglais
Waring et le français Vandermonde en 1770.
Démonstration
Existence
On suppose que P est homogène et symétrique de degré total m. Ordonnons ses monômes
dans l’ordre lexicographique et soit U1 = βX1h1 .......Xnhn le monôme le plus haut de P avec
h1 ≥ h2 ≥ .......... ≥ hn ≥.
V1 (X1 , X2 , .., Xn ) = β ( 1 )h1 −h2 .......................( i )hi −hi+1 ............( n−1 )hn−1 −hn ( n )hn , où
P P P P
P P
1 , ........, n sont les polynômes symétriques élémentaires de X1 , ......, Xn .
β(X1 )h1 −h2 (X1 X2 )h2 −h3 .......(X1 X2 .....Xn−1 )hn−1 −hn (X1 X2 ......Xn )hn = βX1h1 ......Xnhn = U1 .
267
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Pi = P − V1 ...... − Vi
de polynômes symétriques homgènes de degré m tels que la hauteur de leur monôme de plus
grande hauteur décroisse strictement.
Comme tout polynôme P est somme d’une manière unique de polynômes homogènes ceci achève
la démonstration de l’existence.
Unicité
Afin
Pde prouverP l’unicité de Q, supposons qu’il existe un polynôme non nul Q tel que
Q( 1 , ......, n ) = 0, alors il existe deux monômes M = αX1i1 .......Xnin et N = βX1m1 .......Xnmn
de Q tel que les n-uplets (ik )1≤k≤n et (mk )1≤k≤n soient différents. P P P P
Comme les monômes de plus grand degré en X1 , ...., Xn de M ( 1 , ......, n ) et N ( 1 , ....., n )
sont αX1i1 +....+in X2i2 +....+in ........Xnin et βX1m1 +....+mn X2m2 +....+mn ........Xnmn avec des n-uplets
d’exposants différents. Il existe donc P un monôme
P unique M de Q qui donne lePmonôme Pde plus
grand degré en X1 , ...., Xn de Q( 1 , ...., n ) ce qui contredit l’hypothèse Q( 1 , ...., n ) = 0.
Exemples
Dans K[X, Y ] on a :
P2
(a) P (X, Y ) = X 2 + Y 2 = (X + Y )2 − 2XY =
P P P
1 −2 2 = Q( 1 , 2 ) .
P P2
(b) P (X, Y ) = X 3 Y + XY 3 = XY (X 2 + Y 2 ) = XY [(X + Y )2 − 2XY ] =
P
2[ 1 −2 2]
P2 P P2
= 1 2 −2 2.
Définition
Un polynôme est dit irréductible s’il n’est divisible que par l’élément unité et par lui même.
268
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Théorème
Soient K un corps commutatif et K[X] l’ensemble des polynômes à une indéterminée. Alors
tout P ∈ K[X] est le produit de polynômes irréductibles et cette décomposition est unique.
Démonstration
Existence
Si P est irréductible alors P = P.1 sinon P admet des diviseurs, soit donc
Il en résulte qu’on a :
Q et S sont irréductibles ou l’un au moins n’est pas irréducible, supposons que c’est S alors on a :
Unicité
Soit P = P1 P2 ................Pr (Pi irréductibles, 1 ≤ i ≤ r) . Il nous faut montrer que cette dé-
composition est unique modulo une constante.
Supposons que :
Si P1 |Q1 =⇒ P1 = αQ1 où α est une constante car P1 et Q1 sont tous les deux irréductibles.
Si P1 |Q2 =⇒ P1 = βQ2 où β est une constante car P1 et Q2 sont tous les deux irréductibles.
Théorème
Soit K[X] l’ensemble des polynômes à coefficients dans K qui est un anneau commutatif unitaire
et intègre.
Alors l’espace quotient K[X]/ < P > est un corps ⇐⇒ P est irréductible où < P > est l’idéal
engendré par P .
269
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Démonstration
- un idéal engendré par P est < P >= {QP ; Q ∈ K[X]} qui est bilatère.
- L’espace quotient K[X]/ < P > est défini par rapport à la relation d’équivalence sur K[X] :
A ∼ B ⇐⇒ A − B ∈< P >.
=⇒
Hypothèse : K[X]/ < P > est un corps. On raisonne par l’absurde en supposant que P n’est pas
irréductible, alors P = QR =⇒ cl(P ) = cl(QR) = cl(Q).cl(R) = cl(0). Comme K[X]/ < P >
est un anneau intègre =⇒ cl(Q) = cl(0) ou cl(R) = cl(0) =⇒ Q = P S ou R = P U =⇒
degQ > degP ou degR > degP ce qui est impossible.
⇐=
Hypothèse : P est irréductible, Il faut seulement montrer que tout élément de K[X]/ < P >
est inversible.
Soit cl(A) ∈ K[X]/ < P > tel que cl(A) 6= cl(0). Soit A un représentant de la classe cl(A) alors
A et P sont premiers entre eux donc ∃ (U, V ); A.U + P.V = 1 =⇒ cl(A.U + P.V ) = cl(1) ⇐⇒
Proposition
Soit R[X] l’ensemble des polynômes à coefficients dans R alors le polynôme P (X) = X 2 + 1 est
un polynôme irréductible.
Démonstration
Supposons que le polynôme X 2 + 1 n’est pas irréductible alors on a X 2 + 1 = Q(X)Q1 (X) avec
deg(Q) < 2 et deg(Q1 ) < 2 =⇒ X 2 + 1 = (aX + b)(cX + d) = acX 2 + (ad + bc)X + bd =⇒
1
a=
c
ac = 1
d 1 2 2 2
ad + bc = 0 =⇒ + bc = 0 =⇒ + bc = 0 =⇒ b c = −1 ce qui est impossible.
c b
bd = 1
1
d=
b
270
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
∀ z ∈ R[X]/(X 2 + 1), ∃ (a, b) ∈ R2 unique tel que z = s(a + bX) = s(a) + bs(X) où s est la sur-
jection canonique de R[X] dans R[X]/(X 2 + 1) et[s(X)]2 = −1.
Démonstration
=⇒ [s(X)]2 = s(−1).
Dans la suite, on pose s(X) = i et on identifie s(a) avec a pour toute constante a, par suite on
a i2 = −1.
Soit R1 [X] l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 1 et s1 : R1 [X] −→ R[X]/(X 2 + 1)
la restriction de s.
(b) Unicité
Définition
Soient (a1 , a2 , ..., an ) ∈ Cn les coefficients d’un polynôme P ∈ C[X] de degré n. On définit le
polynôme conjugué de P par P̄ dont les les coefficients sont donnés par (ā1 , ā2 , ..., ān ) ∈ Cn .
Propriétés élémentaires
271
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On rappelle qu’on a déjà défini l’ensemble C comme l’ensemble des couples ordonnés z = (a, b)
de deux nombres réels a ∈ R et b ∈ R donc z est vu comme couple de R2 et on a défini deux
lois internes, une addition et une multiplication par les règles suivantes :
La division euclidienne du polynôme P par X 2 +1 nous donne le reste R = aa0 − bb0 + (ab0 + a0 b)X.
• Des définitions ci-dessus on déduit, par des calculs faciles, que l’addition et la multiplication
sont associatives et commutatives et que la multiplication est distributive par rapport à l’addi-
tion.
• L’ensemble des nombres complexes de la forme (a, 0) est isomorphe pour l’addition et la mul-
tiplication aux nombres correspondants a de R. En effet :
• On pourra remplacer les nombres complexe z par la somme a + ib et effectuer les opérations
comme avec les nombres réel ; il suffira de remplacer i2 par −1 chaque fois que i figurera à une
puissance au moins égale à 2.
Théorème (fondamental)
Démonstration
272
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Tout polynôme P de C[X] a exactement n zéros , si on compte chaque zéro un nombre de fois
égal à sa multiplicité.
c’est-à-dire :
ou bien
Soient P ∈ C[X] et (x1 , x2 , ..........., xp ) les zéros de P (X) avec leurs ordres de multiplicités
(α1 , α2 , ...., αp ) alors P (X) = Λ(X − x1 )α1 ........(X − xp )αp où Λ est une constante.
Démonstration
On a ainsi
Corollaire
Dans C[X] les seuls polynômes premiers sont les polynômes de degré 1.
où p et q sont deux entiers naturels, λ un réel et pour tout j ∈ [1, p] et tout k ∈ [1, q], αj et βk
des entiers naturels non nuls et αj , bk et ck des réels vérifiant b2k − 4ck < 0.
Démonstration
273
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
En effet :
Comme les dérivées successives P 0 , P 00 , ......p(α) appartiennent à R[X], si ξ est zéro d’ordre α
de P on a :
¯ = P 0 (ξ)
P (ξ) ¯ = P 00 (ξ)
¯ = ..... = P (α−1) (ξ)
¯ = 0, ¯ 6= 0.
P (α) (ξ)
¯ = X 2 − (ξ + ξ)X
Si ξ est complexe , le polynôme (X − ξ)(X − ξ) ¯ + |ξ|2 = X 2 − 2<eξX + |ξ|2 ∈ R[X].
Ce polynôme n’ayant pas de zéo réel donc son discriminant [2<eξ]2 − 4|ξ|2 est strictement né-
gatif.
Il en résulte que
p
Y q
Y
P =λ (X − xj )αj (X 2 + bk X + ck )βk .
j=1 k=1
où p et q sont deux entiers naturels, λ un réel et pour tout j ∈ [1, p], xj est un zéro réel de
multiplicité αj et pour tout k ∈ [1, q], ξk est un zéro complexe de P , βk des entiers naturels
non nuls, bk = −2<eξk et ck = |ξk |2 des réels vérifiant b2k − 4ck < 0.
274
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Chapitre 9
Corps des fractions rationnelles
On va considérer l’espace C[X] × C[X] − {0} et on définit une relation d’équivalence sur lui
comme suit :
(P, Q) ∼ (P1 , Q1 ) ⇐⇒ P Q1 = QP1 avec (P, Q) ∈ C[X] × C[X] − {0}, (P1 , Q1 ) ∈ C[X] × C[X] − {0}.
On note l’espace quotient [C[X] × C[X] − {0}]∼ par Frac(C[X]) ou tout simplement par F(X)
P
dont une classe d’équivalence cl((P, Q)) ∈ F(X) sera notée ou bien P Q−1 et sera appelée
Q
fraction rationnelle où P est dit numérateur et Q appelé dénominateur.
Définition
• Addition
P P1 P Q1 + P1 Q
+ =
Q Q1 QQ1
• Multiplication
P P1 P P1
. =
Q Q1 QQ1
275
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Lemme
Démonstration
P P1 R R1
Si = et = , on doit vérifier que :
Q Q1 S S1
P1 S1 + Q1 R1 P S + QR PR P 1 R1
= (*) et que = (**).
Q1 S1 QS QS Q1 S1
Par hypothèse, on a P Q1 − QP1 = 0 et RS1 − SR1 = 0. On a donc 0 = (P1 Q − P Q1 )SS1 +
(R1 S − RS1 )QQ1 = QS(S1 P1 + Q1 R1 ) − Q1 S1 (P S + QR) ce qui démontre (*) et
Théorème
Démonstration
On vérifie facilement que l’unité est 11 , l’élément nul est 01 et que l’inverse de Q
P
, est Q
P pour
P 6= 0. La vérification de toutes les autres propriétés de la définition d’un corps commutatif est
simple, méthodique et lourde.
Remarque
P
L’application ϕ : C[X] : P −→ F(X), P −→ ϕ(P ) = est un morphisme d’anneaux injectif.
1
Ainsi C[X] peut être identifié à un sous-anneau de F(X)
Soit F ∈ F(X).
• : Un représentant de F , est par définition un couple (P, Q) ∈ C[X] × C[X] − {0} tel que
P
F = .
Q
276
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• : Un représentant irréductible de F , est par définition un couple (A, B) ∈ C[X] × C[X] − {0}
A
tel que F = et pgcd (A, B) = 1.
B
Proposition
(2) Si (A, B) est un représentant irréductible de F , alors les autres représentants de F sont
(DA, DB), D ∈ C[X] − {0} (parmi lequels les irréductibles sont (λA, λB); λ ∈ C − {0}.
Démonstration
(1) Soit F ∈ F(X) , (P, Q) un représentant de F . On pose G = pgcd(P, Q). Alors P = GP1 et
P GP1 P1
Q = GQ1 , avec pgcd(P1 , Q1 ) = 1. Ainsi F = = = .
Q GQ1 Q1
A
(2) Supposons que F = , avec pgcd(A, B) = 1, soit (P, Q) un autre représentant de F . Alors
B
P A
= ; P B = QA. Donc B divise QA, donc Q car pgcd(A, B) = 1
Q B
P A P
Il en résulte que Q = Q1 B et = ; = A (car B 6= 0) Donc P = Q1 A et par conséquent
Q1 B B Q1
(P, Q) = (Q1 A, Q1 B).
P
Soit F = ∈ F(X). On appelle degré de F degF = degP − degQ qui appartie à Z ∪ {−∞}.
Q
Exemple
X +1
F = est de degré 0.
3X + 2
X +1
F = est de degré −1.
3X 2 + 1
Proposition
Démonstration
277
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
P
Toute fraction rationnelle F = ∈ F(X) peut se décomposer de façon unique sous la forme
Q
suivante :
P (X) R(X)
F (X) = = E(X) + avec degR < degQ et E, R ∈ C[X].
Q(X) Q(X)
Démonstration
Pour tout couple (P, Q), il existe un couple unique tel que : P (X) = E(X)Q(X) + R(X) avec
degR < degQ (division euclidienne).
P (X) R(X)
Il en résulte que pour Q 6= 0, on a = E(X) + avec degR < degQ.
Q(X) Q(X)
Définition
• Le polynôme E(X) défini dans la proposition précédente est appelé partie entière de la frac-
P
tion rationnelle F = .
Q
A
• Soit F = une fraction rationnelle irréductible alors on définit :
B
• Un zéro de F est, par définition, un zéro du numérateur c’est-à-dire celui de A. Son ordre de
multiplicité est celui qu’il a en tant que zéro de A.
• Un pôle de F est, par définition, un zéro du Dénominateur c’est-à-dire celui de B. Son ordre
de multiplicité est celui qu’il a en tant que zéro de B.
Exemple
X3 − 1
Soit F = .
X 2 − 3X + 2
Pour déterminer E(X) la partie entière de F on fait une division euclidienne pour obtenir
X3 − 1 7(X − 1)
F = 2 =X +3+ 2 . Donc E(X) = X + 3.
X − 3X + 2 X − 3X + 2
Pour déterminer les zéros et les pôles de F , il faut commencer par donner la forme irréductible
de F . Alors on a :
X3 − 1 X − 1)(X 2 + X + 1) X2 + X + 1 A(X)
F = = = = où A(X) = X 2 + X + 1 et
X2 − 3X + 2 (X − 1)(X − 2 X −2 B(X)
B(X) = X − 2.
√
−1 + i 3
Pour déterminer les zéros de F on détermine ceux de A qui sont j et j̄ où j = qui
2
sont des zéros d’ordre 1.
278
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Remarque
P
F = une fraction rationnelle non nécessairement irréductible :
Q
• Si ξ est un zéro de P d’ordre α, alors ξ est un zéro de F d’ordre ≤ α (voire 0).
A
Soit F = une fraction rationnelle irréductible.
B
L’ensemble DF = C − {pôle de F} est appelé le domaine de définition de la fonction ra-
A(X)
tionnelle associée à F notée F définie par F : DF −→ C, X −→ F (X) = .
B(X)
Quelques propriétés de F
P
• Si F = une fraction rationnelle non irréductible, et si ξ n’est pas un zéro de Q, alors
Q
P (X)
X ∈ DF , et F (X) = .
Q(X)
• Si F1 , F2 ∈ F(X) et λ ∈ C, alors on a :
Proposition
Soient F1 , F2 ∈ F(X). S’il existe un ensemble infini E inclus dans DF1 ∩ DF2 tel que
∀ X ∈ E, F 1 = F 2 , alors F1 = F2 .
Démonstration
A1 A1
Soient F1 , = et F2 , = deux fractions rationnelles irréductibles.
B1 B1
Donc ∀ X ∈ E, A1 (X)B2 (X) = A2 (X)B1 (X) . Donc A1 B2 et A2 B1 coincident sur sur une infi-
nité de valeurs. D’où A1 B2 = A2 B1 et donc F1 = F2 .
De ces propriétés : de même que pour les fonctions polynomiales on peut enlever les
sur les fonctions rationnelles.
Proposition (Dérivation)
Il y a une unique application D : F(X) −→ F(X) prolongeant la dérivation des polynômes telle
que pour toutes fraction rationnelle F1 , F2 ∈ F(X) et tout polynôme P, Q ∈ C[X] on a : (pro-
longement linéaire avec régle de Leibniz)
279
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
P D(P )
D( ) = , D(F1 + F2 ) = D(F1 ) + D(F2 ), D(F1 F2 ) = D(F1 )F2 + F1 D(F2 ), elle est définie
1 1
par :
A
Soit B un représentant irréductible d’une classe de fractions rationnelles.
Divisons A par B suivant les puissances décroissantes : On a
A R
A = BQ + R avec degR < degB. Donc == Q + et cette décomposition est unique. De
B B
R
plus est irréductible, sinon R et B auraient un diviseur commun, qui diviserait alors aussi
B
A.
280
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
• Divisons U1 par B1 :
Les polynômes R1 et B1 sont premiers entre eux, car un diviseur commun diviserait U1 donc R
R
et aussi B = B1 B2 et ne serait pase irréductible. En particulier, il en résulte aussi que R1 6= 0.
B
• Divisons U2 par B2 ; alors
On montre de même que les polynômes R2 et B2 sont premiers entre eux, donc R2 6= 0. On a
aussi
R = U2 B1 + U1 B2 = B1 B2 (C1 + C2 ) + R2 B1 + R1 B2 .
Or
Par suite
Lemme
Démonstration
Or B1 et B1 sont premiers entre eux, donc B1 divise (R1 − R1∗ ). La comparaison des degrés
montre que cela entraine R1 − R1∗ = 0 ; on a alors aussi R2∗ − R2 = 0.
281
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Proposition
(i) On a la décomposition :
R R1 R2
= + avec degR1 < degB1 et degR2 < degB2
B B1 B2
et cette décomposition est unique.
A R1 R2 Rh
=Q+ + + ........ + avec degRi < degBi pour i = 1, ....., h
B B1 B2 Bh
Cette décomposition est unique pour une décomposition B = B1 B2 ..............Bh donnée.
A
Q est la partie entière de et elle est non nulle si degA ≥ degB.
B
Rappel
k
Y
• Tout polynôme B à coefficients dans C peut se décomposer en un produit (X − ξh )mh .
h=1
Corollaire
A
Soient A, B ∈ C[X] ; B 6= 0 alors la fraction rationnelle possède la décomposition suivante :
B
A R1 Rh Rk
=Q+ m
+ ...... + + ...... + avec degRh < mh pour
B (X − ξ1 ) 1 (X − ξh )m1 (X − ξk )mk
h = 1, ....., k.
A
où ξ1 , ξ2 , ......, ξk sont les pôles de la fraction rationnelle et mh est l’ordre de multiplicité du
B
pôle ξh .
• Dans la suite de ce paragraphe, nous allons continuer la décomposition sur une frac-
R
tion de la forme où degR < m.
(X − ξ)m
λ
• Pour ξ ∈ C, λ ∈ C∗ , l’élément ; m ∈ N∗ est appelé élément simple du corps des
(X − ξ)m
fractions rationnelles à coefficients dans C.
282
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
λ
• Pour ξ ∈ R, λ ∈ R∗ , l’élément ; m ∈ N∗ est appelé élément simple de 1ère espèce du
(X − ξ)m
corps des fractions rationnelles à coefficients dans R.
λX + µ
• Pour s, p ∈ R; s2 − 4p < 0, (λ, µ) ∈ R2 − {(0, 0)}, l’élément ; m ∈ N∗ est ap-
(X 2 − sX + p)m
pelé élément simple de 2ème espèce du corps des fractions rationnelles à coefficients dans R.
Proposition
R
La fraction où degR < m admet la décomposition suivante :
(X − ξ)m
R λ1 λi λm
= + ...... + + .......... + où λi ∈ C avec λm 6= 0.
(X − ξ)m X −ξ (X − ξ)2 (X − ξ)m
Démonstration
avec
∂ m−j R
∂X m−j (ξ)
λj = .
(j − 1)!
On a λm 6= 0 car R est premier à (X − ξ)m , donc non divisible par (X − ξ) c’est-à-dire R(ξ) 6= 0,
il vient ainsi :
R λ1 λi λm
m
= + ...... + 2
+ .......... + où λi ∈ C avec λm 6= 0.
(X − ξ) X −ξ (X − ξ) (X − ξ)m
Cette décomposition est aussi unique car elle résulte de l’unicité de la formule de Taylor.
Corollaire
A
Pour tout A, B ∈ C[X] ; B 6= 0, la fraction rationnelle possède la décomposition suivante :
B
k
A X λh,1 λh,2 λh,mh
=Q+ [ + + .......... + ] où λh,mh 6= 0.
B X − ξh (X − ξh )2 (X − ξh )mh
h=1
Définition
A
La décomposition ci-dessus de s’appelle décomposition de la fraction rationnelle en éléments
B
simples.
283
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
Le calcul de la partie entière Q se fait par la division de A par B suivant les puissances décrois-
santes.
Désignons par ξ l’un quelconque des pôles ξh distincts ; soit m sa multiplicité. Posons
A R W
=Q+ m
+
B (X − ξ) C
W
où est la somme des fractions rationnelles correspondant aux pôles ξh autres que ξ. On a alors
C
degR < m, degW < degC B = (X − ξ)m C.
On a ainsi
A = CR + (X − ξ)m (CQ + W ).
D’autre part, d’après la formule de Taylor, les polynômes A et C peuvent aussi être considérés
eux-mêmes comme des polynômes en l’indéterminée Y ; on a en effet, si s est le degré de A et
n celui de B :
∂A ∂sA
∂Y (ξ) ∂Y s (ξ)
A = A(ξ) + Y + .......................... + Y s.
1! s!
∂C ∂ n−m C
∂Y (ξ) ∂Y n−m (ξ)
C = C(ξ) + Y + .......................... + Y s.
1! (n − m)!
Les deux égalités (1) sont alors celle de l a division suivant les puissances croissantes de A par
C, divisions qui sont poussées jusqu’à l’obtention d’un reste de valuation ≥ m en Y .
∂B ∂ m−1 B ∂mB
B(ξ) = (ξ) = .......... = (ξ) = 0, (ξ) 6= 0.
∂Y ∂Y m−1 ∂Y m
car ξ est zéro de multiplicité m de B. Ainsi
∂mB ∂ m+1 B ∂nB
∂Y m (ξ) m ∂Y m+1 (ξ) m+1 ∂Y n (ξ)
B= Y + Y + ....... + Yn
m! (m + 1)! n!
∂mB ∂ m+1 B ∂nB
m ∂Y m (ξ) ∂Y m+1 (ξ) ∂Y n (ξ) n−m
=Y [ + Y + ....... + Y ].
m! (m + 1)! n!
284
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
On a par conséquent
A(ξ) A(ξ)
λ1 = = ∂B .
C(ξ) ∂Y (ξ)
Dans le cas d’un pôle de multiplicité m ≥ 2, on a en général intérêt à utiliser la méthode de la
division suivant les puissances croissantes.
A(ξ) m!A(ξ)
On peut remarquer toutefois que l’on a toujours λm = = ∂B .
C(ξ) ∂Y (ξ)
Comme il y a unicité de la décomposition, on peut aussi former la quantité
k
A(γ) X λh,1 λh,2 λh,mk
= Q(γ) + ( + + .......... + ).
B(γ) γ − ξh (γ − ξh )2 (γ − ξmk )mk
h=1
L’égalité obtenue pour les λh,j , 1 ≤ j ≤ k, et les coefficients de Q est une équation linéaire pour
ces quantités. Cette méthode est appelée méthode des coefficients indéterminés.
Enfin, si A et B sont les polynômes de R[X], c’est-à-dire des polynômes à coefficients réels, le
passage au conjugué dans la décomposition ne doit pas altérer celle ci en vertu de l’unicité. Par
suite, les nombres λh correspondant à deux pôles complexes conjugués sont eux même com-
plexes conjugués. Il en résulte aussi que les quantités λh,j , 1 ≤ j ≤ k correspondant à un pôle
réel sont réels.
Soit F ∈ Frac(C[X]) dont les pôles sont les complexes ξ1 , ξ2 , ......., ξn distincts deux à deux et
d’ordres de multiplicité respectifs α1 , α1 , ......, αn . Il existe un unique polynôme E ∈ C (appelée
partie entière de F ) et une unique famille de scalaires λi,j ; 1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ αi tels que :
n X αi
X λi,j
F =E+ ( ).
i=1 j=1
(X − ξi )j
A
Soit F ∈ Frac(R[X]) une fraction rationnelle admettant pour forme irréductible unitaire F = .
B
2
Il existe (n, m) ∈ N tel que la décomposition en produit de facteurs irréductibles de B soit de
285
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
la forme :
n
Y m
Y
B= (X − ai )ri (X 2 + sk X + pk )tk
i=1 k=1
où a1 , a2 , ....., an sont les zéros réels distincts deux à deux de B d’ordres de multiplicité respec-
tifs r1 , r2 , ....., rn et X 2 + s1 X + p1 , X 2 + s2 X + p2 , ........, X 2 + sm X + pm sont des polynômes
deux à deux distincts sans zéro réel (s2k − 4pk < 0, 1 ≤ k ≤ m), t1 , t2 , ....., tm sont des entiers
naturels non nuls.
Alors, il existe un unique polynôme E ∈ R[X], une unique famille de réels λi,j ; 1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ αi
et une unique famille de couples de réels (αkj , βkl ), 1 ≤ k ≤ m, 1 ≤ l ≤ tk tels que :
n X ri mk t
X λi,j XX αkl X + βkl
F =E+ ( j
) + ( ).
i=1 j=1
(X − ai ) (X + sk X + pk )l
2
k=1 l=1
Mise en place
P
Soit P et Q deux polynômes, on veut décomposer la fraction rationnelle F = .
Q
On s’intéressera, dans la suite, aux fractions rationnelles (dites "irréductibles") simplifiées au
maximum, c’est-à-dire dans lesquelles P et Q sont premiers entre eux et où Q est de degré
supérieur ou égal à 1. On notera K un corps commutatif (en général C ou R).
La première étape consiste à réduire la fraction de telle sorte que le degré du numérateur soit
inférieur à celui du dénominateur. On procède pour ce faire à une division euclidienne de P par
Q. On sait qu’il existe toujours un couple unique de polynômes E et R tels que P = E × Q + R
P R
avec degR < degQ. La fraction rationnelle F = peut s’écrire alors F = E + . Le polynôme
Q Q
R
E est appelé la partie entière de F et c’est sur que l’on va procéder à une décomposition en
Q
éléments simples.
Exemple
10x2 + 12x + 20
en éléments simples, observons d’abord
x3 − 8
x3 − 8 = (x − 2)(x2 + 2x + 4).
Le fait que x2 + 2x + 4 ne soit pas factorisable en utilisant des coefficients réels est visible car
le discriminant, 22 − 4 × 4, est négatif. Nous cherchons donc des scalaires a, b, c tels que
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A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
10x2 + 12x + 20 bx + c
soit : 2
= a + (x − 2) 2
x + 2x + 4 x + 2x + 4
En posant x = 2 :
10.22 + 12.2 + 20 bx + c
2
= a + (2 − 2) 2
2 + 2.2 + 4 2 + 2.2 + 4
soit : 7 = a.
En posant x = 0 et en utilisant que a = 7, il vient :
20 7 c
= +
−8 −2 4
soit : c = 4.
10x2 + 12x + 20 7 3x + 4
= + .
x3 − 8 x − 2 x2 + 2x + 4
Exemple
Une autre méthode consiste à faire la décomposition sur C puis à regrouper deux à deux les
termes à pôles conjugués et les mettre au même dénominateur pour récupérer les termes irré-
ductibles du second degré.
Ainsi pour P = 1 et Q = x3 + 1 :
1 a b c 1
= + + −iπ =
x3 + 1 x + 1 x − e iπ
3 x−e 3 (x + 1)(x 2 − x + 1)
iπ −iπ
puisque −1, e 3 et e 3 sont les zéros complexes de x3 + 1. On détermine a, b, c en multipliant
dans chaque cas par le dénominateur respectif puis en choisissant une valeur de x adaptée à la
simplification :
Pour trouver a :
287
A. Intissar
Algèbre Parties : I & II
1 1 1 −2iπ
b= iπ iπ −iπ =√ iπ √ = e 3
(1 + e )(e 3 3 −e 3 ) 3e 6 ×i 3 3
Le coefficient c est le conjugué de b. Ce n’est pas un hasard puisque b et c sont des valeurs
1 2iπ
correspondant à un couple de pôles conjugués d’un polynôme à coefficients réels c = e 3 d’où
3
−2iπ 2iπ
1 1 1 e 3 1 e 3
= + +
x3 + 1 3(x + 1) 3 x − e iπ
3 3 x − e −iπ
3
Si l’on cherche à manipuler des expressions où l’on ne rencontre que des réels, on peut alors
combiner les deux derniers termes. C’est une propriété générale : dans une décomposition sui-
vant les différents zéros de Q, la somme des deux éléments simples complexes associés à deux
pôles simples conjugués donne l’élément simple réel correspondant.
a bx + c dx + e
F = + 2 + 2
x + 2 x + 1 (x + 1)2
La détermination de a se fait en multipliant par x + 2 et en prenant x = −2. On obtient a = 1.
On peut alors écrire
bx + c dx + e a 25 1 −x4 − 2x2 + 24
+ = F − = − =
x2 + 1 (x2 + 1)2 x+2 (x + 2)(x2 + 1)2 x+2 (x + 2)(x2 + 1)2
(x + 2)(−x3 + 2x2 − 6x + 12) −x3 + 2x2 − 6x + 12
= =
(x + 2)(x2 + 1)2 (x2 + 1)2
En remplaçant, dans le numérateur, −x3 + 2x2 par
288
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Exemple
A
F = où A = x7 + 2x6 + x5 − 6x4 + 9x3 + x ou B = (x − 1)(x2 + 1)3 .
B
A
Les polynômes A et B sont à coefficients réels. Les pôles de F = sont les zéros de B, c’est-
B
à-dire ξ1 = i, pôle triple ainsi que ξ2 = −i et ξ3 = 1 qui est pôle simple.
A(ξ1 ) = A(i) = −8 − 8i ;
A(ξ3 ) = A(1) = 8.
Ces trois nombres sont 6= 0, donc A ne peut avoir aucun diviseur commun avec B, car les
diviseurs premiers de B dans C[X] sont x − 1, x − i et x + i.
Les polynômes A et B ayant le même degré 7, il y a une partie entière Q non nulle, obtenue en
divisant A par B suivant les puissances décroissantes. On a donc
∂R ∂R
= 18x5 − 10x4 − 12x3 + 18x2 + 6x =⇒ (i) = 18i − 10 + 12i − 18 + 6i = −28 + 36i
∂x ∂x
∂2R 4 3 2 ∂2R
= 90x − 40x − 36x + 36x + 6 =⇒ (i) = 90 + 40i + 36 + 36i + 6 = 132 + 76i
∂x2 ∂x2
∂3R ∂3R
3
= 360x3 − 120x2 − 72x + 36 =⇒ (i) = 156 − 432i
∂x ∂x3
∂4R 2 ∂4R
= 1080x − 240x − 72 =⇒ (i) = −1152 − 240i
∂x4 ∂x4
∂5R ∂5R
= 2160x − 240 =⇒ (i) = −240 + 2160i
∂x5 ∂x5
∂6R ∂6R
= 2160 =⇒ (i) = 2160.
∂x6 ∂x6
Et pour B = (x − 1)(x2 + 1)3 = x7 − x6 + 3x5 − 3x4 + 3x3 − 3x2 + x − 1 on a :
∂B ∂B
= 7x6 − 6x5 + 15x4 − 12x3 + 9x2 − 6x + 1 =⇒ (i) = 0
∂x ∂x
∂2B 5 4 3 2 ∂2B
= 42x − 30x + 60x − 36x + 18x − 6 =⇒ (i) = 0
∂x2 ∂x2
∂3B 4 3 2 ∂3B
= 210x − 120x + 180x − 72x + 18 =⇒ (i) = 48 + 48i
∂x3 ∂x3
289
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Algèbre Parties : I & II
∂4B ∂4B
= 840x3 − 360x2 + 360x − 72 =⇒ (i) = 288 − 480i
∂x4 ∂x4
∂5B ∂5B
= 2520x2 − 7200x + 360 =⇒ (i) = −2160 − 7200i
∂x5 ∂x5
∂6B ∂6B
= 5040x − 7200 =⇒ (i) = −7200 + 5040i
∂x6 ∂x6
∂7B ∂7B
= 5040 =⇒ (i) = 5040.
∂x7 ∂x7
Les pôles complexes étant conjugués, on a la décomposition suivante :
R λ1 λ2 λ3 λ1 λ2 λ3 µ
= + + + + + + .
B (x − i) (x − i)2 (x − i)3 (x + i) (x + i)2 (x + i)3 x−1
Pour calculer λ1 , λ2 , λ3 , nous utilisons la formule de Taylor pour écrire les polynômes R et B
sous la forme de polynômes en x − i = y. On obtient :
−28 + 36i 132 + 76
R = R(i) + (x − i) + (x − i)2 + .......
1! 2!
R = −(8 + 8i) + (−28 + 36i)y + (66 + 38i)y 2 + .......
0 0 48 + 48i 288 − 480i −2160 − 7200i
B =0+ (x − i) + (x − i)2 + (x − i)3 + (x − i)4 + (x − i)5 + ......
1! 2! 3! 4! 5!
B = y 3 [(8 + 8i) + (12 − 20i)y + (−18 − 6i)y 2 + ......] = y 3 C.
Comme la multiplicité du pôle ξ1 = i est m = 3, il est inutile d’écrire dans R et C les termes
contenant y à une puissance supérieure à 2. On divise R par C suivant les puissances croissantes :
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