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Évolution de la législation sur la concurrence au Maroc

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INTRODUCTION

Au cours des dernières années, la législation sur la concurrence au Maroc a été soumise
à plusieurs modifications afin de mieux s'adapter aux évolutions constantes de
l'environnement économique et de corriger les éventuelles lacunes juridiques. Ces
modifications ont commencé avec l'adoption de la loi n°06-99 relative à la liberté des prix et
de la concurrence en 2000, qui a été révisée par la suite. Ensuite, la loi n°104-12 relative à la
liberté des prix et de la concurrence a été promulguée en 2012, introduisant des dispositions
importantes pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles, telles que les ententes entre
entreprises, les abus de position dominante et les concentrations économiques.

En 2018, un projet de loi visant à modifier et à compléter la loi n°104- 12 a été adopté
par le Parlement marocain, renforçant ainsi les pouvoirs décisionnels du Conseil de la
concurrence. Plus récemment, la loi n°40-21 du 25 novembre 2022 a été adoptée pour
améliorer encore davantage la législation sur la concurrence au Maroc. Cette loi comble
certaines lacunes et apporte des précisions nécessaires pour une meilleure application de la
législation sur la concurrence. Elle introduit également plusieurs points importants,
notamment en ce qui concerne le contrôle des concentrations. Les nouvelles conditions
relatives à l'obligation de notification au Conseil de la concurrence lors d'une opération de
concentration économique ont été précisées, et les parties à la concentration peuvent
désormais recourir à une nouvelle forme de notification simplifiée. Les notifications seront
également soumises à une redevance fixée par voie réglementaire, et les opérations effectuées
par les mêmes parties à une concentration entraînant un changement de contrôle seront
considérées comme une seule concentration pendant une durée de deux ans à compter de la
date de la dernière opération.

En outre, la loi n°40-21 introduit une nouvelle procédure, la procédure de transaction,


qui permet une réduction de la sanction pécuniaire à l'encontre des entreprises qui ne
contestent pas les griefs qui leur sont notifiés. La sanction pécuniaire sera évaluée en fonction
de différents critères, tels que le chiffre d'affaires en relation avec l'infraction et les ventes de
biens ou de services réalisées par le contrevenant. Dans l'ensemble, le remaniement de la loi
sur la concurrence était nécessaire pour adapter la législation aux évolutions constantes de
l'environnement économique et pour corriger les éventuelles lacunes juridiques. La loi n°40-
21 apporte des améliorations significatives pour une meilleure application de la législation sur
la concurrence au Maroc.

La loi n° 06-99 a posé le principe de la liberté des prix et de l'accès libre à tous les secteurs et
les marchés. Elle a renforcé les conditions d'une concurrence saine et loyale par l'interdiction
des pratiques anticoncurrentielles ou des comportements tendant à fausser le jeu. Ainsi, elle a
prohibé les ententes sur les prix ou sur la répartition des marchés, et les abus de position
dominante qu'occupe un opérateur ou un groupe d'opérateurs sur un marché. À côté de ces
dispositions, l'article 8 introduit deux exceptions aux pratiques anticoncurrentielles. Les
premières concernent les pratiques résultant d'un texte législatif ou réglementaire. Les
secondes visent les accords qui ont pour effet d'assurer un progrès économique sans gêner
la concurrence ;et elle a permis au Premier ministre, à l’époque, d’intervenir notamment dans le
cadre des pratiques anticoncurrentielles et des opérations de concentration économique en prenant
toutes les décisions convenables à ces situations, il peut autoriser, interdire ou accepter sous
conditions les opérations de concentration, il peut également ordonner de mettre fin aux pratiques
anticoncurrentielles. Le conseil de la concurrence, par contre, n’avait pas un pouvoir décisionnel et
ladite loi ne lui reconnait que la compétence d’avis, de conseil et de recommandation.

En 2014, le droit de la concurrence national est renouvelé.D’une part, le statut du conseil de la


concurrence a été redé[Link] loi 20.13 a garanti au Conseil une certaine indépendance enle dotantde
pouvoirs décisionnels,d’enquête et de sanction, tout en conservant son héritage d’avis et de conseil.
Elle lui a reconnu également la personnalité morale et l’autonomie financière. D’autre part, la loi
104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, a apporté d’autres réaménagements : la
consécration des règles de minimis, l’unification du contrôle des opérations de concentration, le
renforcement des garanties procédurales, notamment le secret des affaires des opérateurs
économiques, la clarification des voies de recours auprès des juridictions compétentes contre les
décisions du conseil de la concurrence, la mise en place des solutions alternatives ou accessoires à la
sanction comme la clémence, la procédure de non contestation de griefs4 .

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