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Plantes médicinales du Rif marocain

L'étude a examiné les connaissances ethnomédicinales des plantes aromatiques et médicinales utilisées dans le Rif au Maroc. Des entrevues avec 1000 personnes ont identifié 280 espèces de plantes utilisées pour traiter les maux. L'analyse a montré que la feuille était la partie la plus utilisée et que les affections ostéo-articulaires étaient les plus fréquentes. Cinq familles de plantes étaient les plus représentées.

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Aime Christian N'drin
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Plantes médicinales du Rif marocain

L'étude a examiné les connaissances ethnomédicinales des plantes aromatiques et médicinales utilisées dans le Rif au Maroc. Des entrevues avec 1000 personnes ont identifié 280 espèces de plantes utilisées pour traiter les maux. L'analyse a montré que la feuille était la partie la plus utilisée et que les affections ostéo-articulaires étaient les plus fréquentes. Cinq familles de plantes étaient les plus représentées.

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Etude Floristique et Ethnomédicinale des Plantes

Aromatiques et Médicinales dans le Rif (Nord du


Maroc)
Noureddine Chaachouay, Allal Douira, Rachida Hassikou, Najiba Brhadda,
Jamila Dahmani, Nadia Belahbib, Rabea Ziri, Lahcen Zidane

To cite this version:


Noureddine Chaachouay, Allal Douira, Rachida Hassikou, Najiba Brhadda, Jamila Dahmani, et al..
Etude Floristique et Ethnomédicinale des Plantes Aromatiques et Médicinales dans le Rif (Nord du
Maroc). Sciences du Vivant [q-bio]. Département de Biologie - Université Ibn Tofail - Kénitra, 2020.
Français. �NNT : �. �tel-03376377�

HAL Id: tel-03376377


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Submitted on 13 Oct 2021

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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Chaachouay Noureddine
N° d’ordre : …/…

Résumé :
Contexte : Depuis le début des temps, le peuple du Rif marocain utilise des plantes aromatiques et Faculté des Sciences de Kénitra
CED Sciences et Techniques
médicinales comme médecine traditionnelle pour guérir différentes maladies humaines. Cependant, peu
FD Sciences de la Vie et de l’Environnement
d’études ont été réalisées dans le passé pour bien documenter et promouvoir des connaissances
éthnomédicinales traditionnelles.
THÈSE
Objectif : Cette enquête a été réalisée du 1 Juillet 2016 au 30 Juillet 2018 dans le Rif (Nord du Maroc) dans
le but d’établir le catalogue des plantes médicinales et d’identifier les plantes aromatiques et médicinales Présentée pour l’obtention du
utilisées par la population locale pour soulager les maux de leurs contemporains, ainsi que les

Etude floristique et ethnomédicinale des plantes aromatiques


Doctorat National
connaissances ethnomédecines qui y sont associées.
Par
Matériel et méthodes : Les informations ethnomédicinales recueillies provenaient de n=1000 personnes
ayant participées à des entrevues semi-structurées, à des listes gratuites et à des groupes de discussion. Mr Chaachouay Noureddine

et médicinales dans le Rif (Nord du Maroc)


Valeur d’importance familiale (FIV), relative fréquence de citations (RFC), valeur de la partie de plante
Sous le thème
(PPV), niveau de fidélité (FL) et facteur consensus des informateurs (ICF) ont été utilisés dans l’analyse des
données. Des plantes aromatiques et médicinales ont été recueillies, identifiées et conservées au
laboratoire de nutrition, santé et environnement de l’université Ibn Tofail, faculté des sciences à Kenitra.

Résultats : Les résultats obtenus ont montré que la feuille était la partie de plante la plus utilisée (PPV = Etude floristique et ethnomédicinale des plantes
0.364), les affections les plus fréquentes étaient les affections ostéo-articulaires (ICF = 0.983), et la
majorité des remèdes à base de plantes ont été préparés à partir de décoction (38.6%). L’analyse aromatiques et médicinales dans le Rif (Nord du Maroc)
floristique des résultats obtenus par cette étude a permis de recenser 280 espèces médicinales répartis en
204 genres et 70 familles avec la prédominance notamment de cinq familles : Asteraceae (29 espèces),
Lamiaceae (22 espèces), Fabaceae et Poaceae (21 espèces chacune) et Apiaceae (17 espèces). De même,
Soutenue le 16/07/2020 devant le Jury Composé des
les espèces les plus utilisées dans cette région sont : Rosmarinus officinalis L. (RFC = 0.189), Thymus
satureioides Coss. (RFC = 0.176), Dittrichia viscosa (L.) Greuter. (RFC= 0.165), Lawsonia inermis L. (RFC =
0.154) et Arenaria rubra L. (RFC = 0.153). L’analyse floristique a permis également de citer : 15 taxons rares
ou menacés, 14 espèces endémiques et 94 plantes toxiques. Pr. Douira Allal Faculté des Sciences - Kénitra Président
Conclusions : Les résultats de cette étude ont montrés l’existence des connaissances ethnomédicinales
Pr. Hassikou Rachida Faculté des Sciences - Rabat Rapporteur
indigènes sur les plantes médicinales dans le Rif marocain pour traiter différentes maux quotidiens. En
effet, la collecte et l’analyse des informations recueillies ont permis de transformer le savoir-faire Pr. Brhadda Najiba Faculté des Sciences - Kénitra Rapporteur
populaire oral dans cette région en savoir transcrit par l’établissement d’un catalogue des plantes
aromatiques et médicinales utilisées et leur usage thérapeutique. Pr. Dahmani Jamila Faculté des Sciences - Kénitra Rapporteur

Pr. Belahbib Nadia Faculté des Sciences - Kénitra Examinateur


Mots clés : Région du Rif, Maroc, Plantes aromatiques et médicinales, Enquête, Ethnobotanique,
Pr. Ziri Rabea Faculté des Sciences - Kénitra Examinateur
Ethnopharmacologie, Toxique, Floristique, Catalogue.
Pr. Zidane Lahcen Faculté des Sciences - Kénitra Directeur
N° d’ordre : …/…..

Laboratoire de Nutrition, Santé et Environnement 2020


Je dédie cette thèse

A mes Parents

Mon père Slimane et ma mère Hadda pour

leurs sacrifices et leurs soutiens tout au long de

mes études

A mes frères

Qui ont toujours su faire preuve d’affection et

d’encouragements durant mes études

A mes sœurs

Pour vous exprimer toute mon affection et ma

tendresse

A toute ma famille

À tous mes professeurs

A tous mes amis


Au Nom de Dieu le Très Miséricordieux le Tout Miséricordieux que Dieu
bénisse le Prophète Mohammed ‫ ﷺ‬Imam des Bienheureux et Sauvegarde des
Purifiés. Louange à ALLAH, le Tout Puissant, qui nous a donné la force, la
volonté et le courage pour mener à bonne fin ce modeste travail.

La première personne à qui je souhaite adresser mes chaleureux


remerciements, M. le directeur Zidane L., Professeur au département de
Biologie à l’université Ibn Tofail, qu’il trouve ici l’expression de ma profonde
reconnaissance. Son encadrement a toujours été pour moi un solide appui : à la
fois souple, il m’a laissé la liberté de remanier le sujet pour devenir ce qu’il est.
Présent, il a toujours manifesté une disponibilité quand cela a été nécessaire, par
son aide, ses conseils, sa patience et ses corrections attentives et confiant, il a
toujours mis en avant qu'il croyait en mon travail.

Mes vifs remerciements à M. le président Douira A., Professeur au


département de Biologie à l’université Ibn Tofail, qui m’a fait le grand honneur
d’accepter la présidence de mon jury de thèse. Je tiens à vous remercier pour
votre disponibilité et vos conseils.
J'adresse mes sincères remerciements à Mme Hassikou R., Professeur de

Biologie à l’université Mohammed V Rabat, pour l'honneur qu'elle m'a fait


d'accepter d'être rapporteur de cette thèse. Je vous adresse mes plus chaleureux
remerciements.

Je remercie vivement Mme Brhadda N., Professeur au département de


Biologie à l’université Ibn Tofail, d’avoir accepté d’être le rapporteur de ma
thèse. Ses remarques et conseils, tous très constructifs, m’ont beaucoup aidée.

Je suis très honoré que Mme Dahmani J., Professeur au département de


Biologie à l’université Ibn Tofail, ait accepté de rapporter ce travail. Qu’ils
trouvent ici l’expression de mes chaleureux remerciements et également pour
avoir accepté de siéger parmi les membres de jury. Veuillez trouver ici
l’expression de ma sincère reconnaissance.

Je tiens à exprimer mes vifs remerciements à Mme Belahbib N.,

Professeur en Biologie à l’université Ibn Tofail, pour avoir accepté d’illuminer


ce travail en l’ayant examiné tout en apportant ces précieuses remarques,
veuillez trouver professeur l’expression de mon éternelle reconnaissance.
Je tiens du fond du cœur à remercier Mme Ziri R., Professeur au
département de Biologie à l’université Ibn Tofail, je lui en suis très
reconnaissant pour avoir accepté d’examiner et discuter cette thèse. Soyez
rassurées de ma reconnaissance.

Mes remerciements sont aussi dirigés à tous mes enseignants, depuis le


primaire, qui ont contribué et influencé dans l’élaboration de ma forte
personnalité. Je remercie aussi tous mes amis, mes élèves et mes collègues de
travail.

Je tiens à exprimer ma gratitude à tous les enquêtés, les dirigeants et les


habitants rifains que nous avons rencontrés. Leur volonté de partager
leurs connaissances des espèces médicinales de Rif et des savoirs traditionnels
thérapeutiques a beaucoup contribué au bon déroulement de ce modeste travail.

Enfin, pour tous ceux qui ont contribué de près ou de loin dans
l’élaboration de ce travail, veuillez trouver l’expression de mes sentiments et de
ma reconnaissance.
Contexte : Depuis le début des temps, le peuple du Rif marocain utilise des plantes
aromatiques et médicinales comme médecine traditionnelle pour guérir différentes
maladies humaines. Cependant, peu d’études ont été réalisées dans le passé pour bien
documenter et promouvoir des connaissances éthnomédicinales traditionnelles.

Objectif : Cette enquête a été réalisée du 1 Juillet 2016 au 30 Juillet 2018 dans le Rif (Nord
du Maroc) dans le but d’établir le catalogue des plantes médicinales et d’identifier les
plantes aromatiques et médicinales utilisées par la population locale pour soulager les maux
de leurs contemporains, ainsi que les connaissances ethnomédecines qui y sont associées.

Matériel et méthodes : Les informations ethnomédicinales recueillies provenaient de


n=1000 personnes ayant participées à des entrevues semi-structurées, à des listes gratuites
et à des groupes de discussion. Valeur d’importance familiale (FIV), relative fréquence de
citations (RFC), valeur de la partie de plante (PPV), niveau de fidélité (FL) et facteur
consensus des informateurs (ICF) ont été utilisés dans l’analyse des données. Des plantes
aromatiques et médicinales ont été recueillies, identifiées et conservées au laboratoire de
nutrition, santé et environnement de l’université Ibn Tofail, faculté des sciences à Kenitra.

Résultats : Les résultats obtenus ont montré que la feuille était la partie de plante la plus
utilisée (PPV = 0.364), les affections les plus fréquentes étaient les affections ostéo-
articulaires (ICF = 0.983), et la majorité des remèdes à base de plantes ont été préparés à
partir de décoction (38.6%). L’analyse floristique des résultats obtenus par cette étude a
permis de recenser 280 espèces médicinales répartis en 204 genres et 70 familles avec la
prédominance notamment de cinq familles : Asteraceae (29 espèces), Lamiaceae (22
espèces), Fabaceae et Poaceae (21 espèces chacune) et Apiaceae (17 espèces). De même, les
espèces les plus utilisées dans cette région sont : Rosmarinus officinalis L. (RFC = 0.189),
Thymus satureioides Coss. (RFC = 0.176), Dittrichia viscosa (L.) Greuter. (RFC= 0.165),
Lawsonia inermis L. (RFC = 0.154) et Arenaria rubra L. (RFC = 0.153). L’analyse floristique a
permis également de citer : 15 taxons rares ou menacés, 14 espèces endémiques et 94
plantes toxiques.

Conclusions : Les résultats de cette étude ont montrés l’existence des connaissances
ethnomédicinales indigènes sur les plantes médicinales dans le Rif marocain pour traiter
différentes maux quotidiens. En effet, la collecte et l’analyse des informations recueillies ont
permis de transformer le savoir-faire populaire oral dans cette région en savoir transcrit par
l’établissement d’un catalogue des plantes aromatiques et médicinales utilisées et leur
usage thérapeutique.

Mots clés : Région du Rif, Maroc, Plantes aromatiques et médicinales, Enquête,


Ethnobotanique, Ethnopharmacologie, Toxique, Floristique, Catalogue.
Background: Since early times, the people of the Moroccan Rif use medicinal and aromatic
plants as traditional medicine to heal different human ailments. However, little studies have
been made in the past to properly document and promote the traditional ethnomedicinal
knowledges.

Objective : This survey was carried out from July 1st, 2016 to July 30, 2018 in the Rif (North
of Morocco), it aimed to establish the catalog of medicinal plants and to identify medicinal
and aromatic plants used by the local people to treat diseases, together with the associated
ethnomedicinal knowledges.

Material and Methods : The ethnomedicinal information collected was from n=1000 people
using semi-structured interviews, free listing and focus group. Family importance value (FIV),
relative frequency of citation (RFC), plant part value (PPV), fidelity level (FL) and informant
consensus factor (ICF) were employed in data analysis. Medicinal and aromatic plants were
collected, identified and kept at the nutrition, health and environment laboratory, Ibn Tofail
University, Faculty of Sciences Kenitra.

Results : The results obtained showed that the leaf was the most used part of the plant (PPV
= 0.364), the most frequent affections were osteo-articular affections (ICF = 0.983), and the
majority of herbal remedies were prepared from a decoction (38.6%). The floristic analysis of
the results obtained by this study made it possible to identify 280 medicinal species
distributed in 204 genera and 70 families with the predominance in particular of five
families: Asteraceae (29 species), Lamiaceae (22 species), Fabaceae and Poaceae (21 species
each) and Apiaceae (17 species). Similarly, the most used species in this region are :
Rosmarinus officinalis L. (RFC = 0.189), Thymus satureioides Coss. (RFC = 0.176), Dittrichia
viscosa (L.) Greuter. (RFC = 0.165), Lawsonia inermis L. (RFC = 0.154) and Arenaria rubra L.
(RFC = 0.153). The floristic analysis of the results of this study also made it possible to cite :
15 rare or threatened taxa, 14 endemic species and 94 toxic plants.
Conclusions : The results of this study showed the existence of indigenous ethnomedicinal
knowledge on medicinal plants in the Moroccan Rif to treat different daily ailments. In fact,
the collection and analysis of the information gathered has made it possible to transform
popular oral know-how in this region into knowledge transcribed by establishing a catalog of
aromatic and medicinal plants used and their therapeutic use.

Key words : Rif region, Morocco, Medicinal and aromatic plants, Survey, Ethnobotany,
Ethnopharmacology, Toxic, Floristic, Catalog.
1. Noureddine Chaachouay*, Ouafae Benkhnigue, Mohamed Fadli, Hamid El Ibaoui,
Rachida El Ayadi, Lahcen Zidane (2019) - Ethnobotanical and Ethnopharmacological
Study of Medicinal and Aromatic Plants Used in the Treatment of Respiratory System
Disorders in the Moroccan Rif - Ethnobotany Research and Applications - Volume – N°
18 - Pages: 1-16 - (ISSN 1547-3465).

2. Noureddine Chaachouay*, Ouafae Benkhnigue, Mohamed Fadli, Hamid El Ibaoui,


Rachida El Ayadi, Lahcen Zidane (2019) - Medicinal plants used for diabetic problems
in the Rif, Morocco - Ethnobotany Research and Applications - Volume – N° 18 –
Pages: 1-19 - (ISSN 1547-3465).

3. N Chaachouay*, O Benkhnigue, M Fadli, H El Ibaoui, L Zidane (2019) - Ethnobotanical


and ethnopharmacological studies of medicinal and aromatic plants used in the
treatment of metabolic diseases in the Moroccan Rif – Heliyon - Volume – N° 5 (10) -
Pages: 1-9 - (ISSN 2405-8440).

4. N Chaachouay*, O Benkhnigue, M Fadli, R El Ayadi, L Zidane (2019) - Ethnobotanical


study of medicinal plants used to treat osteoarticular diseases in the Moroccan Rif,
Morocco - Journal of Pharmacy & Pharmacognosy Research - Volume – N° 7 (6) –
Pages: 454-470 - (ISSN 0719-4250).

5. N Chaachouay*, O Benkhnigue, H Khamar, L Zidane (2019) - Ethnobotanical study of


medicinal and aromatic plants used in the treatment of genito-urinary diseases in the
Moroccan Rif - J. Mater. Environ. Sci - Volume – N° 11 (1) - Pages: 15-29 - (ISSN 2028-
2508).
1. Chaachouay Noureddine*, Lahcen Zidane (2019) - Ethnomedicinal studies on
medicinal plants used by people of Rif, Morocco - 5th Internationa Electronic
Conference on Medicinal Chemistry - 1-30 November 2019, chaired by Dr. Jean
Jacques Vanden Eynde - Former Head of the Department of Organic Chemistry,
University of Mons-UMONS, Belgium.

2. Noureddine Chaachouay*, Lahcen Zidane (2019) - Ethnomedicinal studies on


plants used against digestive system disorders by the people of Rif, Morocco -
International Conference Series on Multidisciplinary Sciences - UMN, Duluth,
USA - MOL2NET, ISSN: 2624-5078 [Link]

3. Noureddine Chaachouay*, Lahcen Zidane (2020) - Diabetic treatment with herbal


medicine in the Rif, Morocco - MOL2NET, International Conference Series on
Multidisciplinary Sciences- UMN, Duluth, USA - MOL2NET, ISSN: 2624-5078
[Link]
4. Noureddine C, Lahcen Z (2020) - Ethnomedicinal Studies on Medicinal Plants
Used by People of Rif, Morocco - SciTech Central Pharma. Mauritius -January
06, 2020.

5. Noureddine Chaachouay National level one-week FDP on Latex Xfig –


Department of MCA – Calcutta Institute of technology, Howrah, West Bengal in
association with spoken tutorials IIT Bombay – from 15th June to 19th June 2020 -
ID-S1CFE8-CE000676.

6. Noureddine Chaachouay - Research Paper Questionnaire Development - RAJ


KUMAR GOEL INSTITUTE OF TECHNOLOGY Department of Management
Studies, RKGIT, Ghaziabad on June 27, 2020 (ISO 9001:2015 Certified Institute)
[Link]

7. Noureddine Chaachouay - Covid -19 Awareness and Management - GYANI


INDER SINGH INSTITUTE OF PROFESSIONAL STUDIES, DEHRADUN
UTTARAKHAND, 248001 (Approved by AICTE & Pharmacy council of India,
New Delhi).
A : endémique du Maroc et de l’Algérie

AC : endémique du Maroc et des Canaries

ABHL : Agence du Bassin Hydraulique du Loukkos

AMM : Autorisation de Mise sur le Marché

Av J.-C : Avant Jésus-Christ

ADPAM : Association de Développement des Plantes Aromatiques et Médicinales du Maroc

°C : Degré Celsius

DPA : Direction Provinciale de l’Agriculture

E : Endémique du Maroc

E-R : Endémique du Rif

E.T : Ecart Type

ESCOP : Coopérative Européenne Scientifique de Phytothérapie

F.N.B.T : Farine Nationale de Blé Tendre

FL : Niveau de Fidélité

FNCPAM : Fédération Nationale des Coopératives des Plantes Aromatiques et Médicinales

Ha : Hectare

Hab : Habitant

HCEFLCD : Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification

HCP : Haut-Commissariat au Plan


ICF : Facteur Consensus des Informateurs

I : endémique du Maroc et de la Péninsule Ibérique

IA : endémique du Maroc, de la Péninsule Ibérique et de l'Algérie

IAC : endémique du Maroc, de la Péninsule Ibérique, de l'Algérie et des Canaries

MMDH : Million de Dirhams

MTA : Médicaments Traditionnels Améliorés

MRE : Marocains Résidents à l’Etranger

NE : Nord Est

Nt : Nombre Total d'espèces,

Nur : Nombre total de citations d'Utilisation.

ORMVAL : Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Loukkos

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONSSA : Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires

OAANU : Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture des Nations Unies

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PAM : Plantes Aromatiques et Médicinales

PPV : Valeur d’une Partie de la Plante

Qx : Quintare

RAMED : Régime d'Assistance Médicale

R : Rare

R ? : Soupçonné Rare

RR : Très Rare
RR? : Soupçonné très Rare

RFC : Fréquence Relative de Citation

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SAU : Superficie Agricole Utile

SIBE : Sites d'Intérêts Biologique et Ecologique

SG : Société Générale

SSE : Sud Sud Est

SW : Sud-Ouest

TPM : Transport Professionnel Marocain

UFR : Unité de Formation et de Recherche.

UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

USA : Etats-Unis d'Amérique


Figure 1 : Deux pages du manuscrit de Shalihotra. ................................................................................. 7
Figure 2 : Les 12 régions du Maroc selon le découpage administratif de 2015. ................................... 32
Figure 3 : Milieu naturel, du Rif (Map data ©2018 Google, Inst. Geogr. Nacional) ............................. 35
Figure 4 : Carte géologique simplifiée du Rif (Suter, 1980). .................................................................. 38
Figure 5 : Précipitations moyennes annuelles en mm Nord du Maroc .................................................. 41
Figure 6 : Projection des stations climatiques dans le climagramme d’EMBERGER. ............................ 44
Figure 7 : carte générale de la végétation du Maroc, d’après la carte de l’UNESCO ............................ 46
Figure 8 : Mélange par milieu de résidence et province/préfecture. .................................................... 50
Figure 9 : Statut juridique rencontré dans la région de Tanger Tétouan Al Hoceima. .......................... 54
Figure 10 : Les superficies agricoles utiles (ha) selon les utilisations et la province / préfecture, 2016.55
Figure 11 : Situation géographique de la région d’étude ...................................................................... 57
Figure 12: Répartition des strates d’enquêtes dans la région d’étude. ................................................. 59
Figure 13 : Genres les plus utilisés dans le traitement des affections par la population du Rif .......... 140
Figure 14 : Usage des PAM en fonction de la profession des enquêtés. ............................................. 149
Figure 15 : Choix de la population étudiée entre phytothérapie et médecine moderne. ................... 153
Figure 16 : Fréquence des diverses causes de préférences de médication des enquêtés. ................... 154
Figure 17 : Différentes parties de PAM utilisées dans la zone d'étude et leur PPV. ............................ 176
Figure 18 : Usage des PAM en fonction du type. ................................................................................. 177
Figure 19 : Technique de récolte des PAM. ......................................................................................... 178
Figure 20 : Moments de récolte des PAM dans la région d’étude. ...................................................... 178
Figure 21 : Proportion des espèces utilisées seules et mélangées....................................................... 179
Figure 22 : Usage des PAM en fonction de leur état. .......................................................................... 180
Figure 23 : Différentes formes d’emploi des remèdes à base de PAM. ............................................... 181
Figure 24 : Proportion de différents modes de préparations de PAM. ................................................ 182
Figure 25 : Usage des PAM en fonction de la précision de dose. ........................................................ 183
Figure 26 : Fréquence de différentes modes d’administration des remèdes à base de plante. .......... 184
Figure 27 : Fréquence de différentes posologies selon l’âge. .............................................................. 185
Figure 28 : Fréquence de différentes durées d’utilisation des remèdes à base de plante. .................. 186
Figure 29 : Proportion des méthodes de conservation de PAM. ......................................................... 187
Figure 30 : Fréquence de l’origine des informations selon le profil de l’enquêté. ............................... 188
Figure 31 : Proportion des acteurs responsables du diagnostic de maladies...................................... 188
Figure 32 : Résultats de l’amélioration constatés après la phytothérapie. ......................................... 189
Figure 33 : Pourcentage d’effets secondaires de PAM. ....................................................................... 190
Figure 34 : Pourcentage de PAM utilisées en fonction de l’intoxication. ........................................... 190
Tableau 1 : Nombre d’espèces de la flore marocaine inventoriées et estimées.................................... 25
Tableau 2 : Quelques enquêtes ethnobotaniques menées à travers le Maroc de 1987 à 2016............ 28
Tableau 3 : liste des préfectures et provinces de Tanger – Tétouan – Al Hoceima. .............................. 31
Tableau 4 : Répartition du nombre des cercles et caïdats par provinces et préfectures. ...................... 33
Tableau 5 : les caractéristiques climatiques des stations sélectionnées. .............................................. 43
Tableau 6 : Population selon les provinces et préfectures et le milieu de résidence, Région Tanger-
Tétouan-Al Hoceima, 2018. ................................................................................................................... 48
Tableau 7 : Recensement de la population de 2014 de la région du Tanger Tétouan-Al Hoceima. ..... 49
Tableau 8 : Ménages par milieu de résidence et province/préfecture le sexe et la langue. ................. 50
Tableau 9 : Superficie et densité par province / préfecture. ................................................................. 51
Tableau 10: Nombre de taxons rares élaborés du catalogue de la région d’étude par degré de rareté
............................................................................................................................................................. 141
Tableau 11: Espèces endémiques dans le catalogue élaboré de la région d’étude et leurs familles .. 143
Tableau 12 : Espèces médicinales à toxicité connues par la population du Rif. .................................. 144
Tableau 13 : Espèces médicinales à toxicité connues par la population du Rif. .................................. 145
Tableau 14 : Espèces médicinales non toxiques et connues par la population du Rif comme des plantes
toxiques ............................................................................................................................................... 147
Tableau 15 : Détails sociodémographiques des répondants dans la zone d’étude. ............................ 152
Tableau 16: Valeurs de l’ICF par catégorie des maladies traitées dans la région du Rif. .................... 155
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du
Rif, Maroc. ........................................................................................................................................... 157
Tableau 18 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système respiratoire dans la région
du Rif, Maroc. ...................................................................................................................................... 162
Tableau 19 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système cardiovasculaire dans la
région du Rif, Maroc. ........................................................................................................................... 165
Tableau 20 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système neurologique dans la région
du Rif, Maroc. ...................................................................................................................................... 167
Tableau 21 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies métaboliques dans la région du Rif,
Maroc. ................................................................................................................................................. 169
Tableau 22 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système génito-urinaire dans la
région du Rif, Maroc. ........................................................................................................................... 171
Tableau 23 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies dermatologiques dans la région du Rif,
Maroc. ................................................................................................................................................. 173
Tableau 24 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système ostéoarticulaire dans la
région du Rif, Maroc. ........................................................................................................................... 175
Dédicaces

Remerciements

Résumé

Abstract

Publications

Communications

Acronymes

Liste des Figures

Liste des Tableaux

Introduction générale .....................................................................................................1


Partie I : Revue bibliographique ...........................................................................................5
Chapitre I : Phytothérapie ............................................................................................................ 5
I. Définition ........................................................................................................................................... 5
II. Historique de phytothérapie .............................................................................................................. 5
1. Civilisation Egyptienne ................................................................................................................... 5
2. Empire Grecque : de mythologie à la médecine .............................................................................. 6
3. Empire Romain : rayonnement de Dioscoride et de Galien ............................................................ 6
4. Civilisation Indienne ....................................................................................................................... 7
5. Civilisation Chinoise ....................................................................................................................... 8
6. Civilisation Arabique ...................................................................................................................... 8
7. Historique de phytothérapie au Maroc .......................................................................................... 8
8. Phytothérapie aujourd’hui ............................................................................................................. 9
III. Différents types de phytothérapie ...................................................................................................... 9
1. Phytothérapie traditionnelle .......................................................................................................... 9
i. Herboristerie ........................................................................................................................... 9
2. Phytothérapie moderne ................................................................................................................. 9
i. Aromathérapie ...................................................................................................................... 10
ii. Allopathie ............................................................................................................................. 10
iii. Gemmothérapie .................................................................................................................... 10
iv. Homéopathie ........................................................................................................................ 10
IV. Acteurs de phytothérapie ................................................................................................................. 11
1. Tradipraticiens ............................................................................................................................. 11
i. Taleb ou Alem ....................................................................................................................... 11
ii. Guérisseurs ........................................................................................................................... 11
iii. Achchabas : Herboristes ........................................................................................................ 11
iv. Phytothérapeutes ................................................................................................................. 11
v. Jabbar : Rebouteux ............................................................................................................... 11
2. Chercheurs ................................................................................................................................... 12
3. Partenaires ................................................................................................................................... 12
V. Avantages de la phytothérapie ......................................................................................................... 12
VI. Risques liés à la phytothérapie ......................................................................................................... 13
1. Surdosage..................................................................................................................................... 13
2. Réactions allergiques ................................................................................................................... 13
3. Contamination par des substances non végétales ........................................................................ 13
4. Photosensibilisation ..................................................................................................................... 14
5. Résidus de pesticides ................................................................................................................... 14
6. Altérations ................................................................................................................................... 14
7. Substitution de plantes médicinales par des plantes toxiques...................................................... 14
8. Interactions pharmacocinétiques ................................................................................................. 14
9. Interactions pharmacodynamiques .............................................................................................. 15

Chapitre II : Plantes aromatiques et médicinales : (PAM) ............................................................ 16


I. Définition ......................................................................................................................................... 16
II. Histoire des plantes aromatiques et médicinales ............................................................................. 16
III. Domaines d’application .................................................................................................................... 17
IV. Principes actifs des plantes aromatiques et médicinales .................................................................. 17
1. Métabolites primaires .................................................................................................................. 17
2. Métabolites secondaires .............................................................................................................. 18
i. Tanins ................................................................................................................................... 18
ii. Quinones............................................................................................................................... 18
iii. Minéraux .............................................................................................................................. 18
iv. Saponines.............................................................................................................................. 18
v. Alcaloïdes .............................................................................................................................. 19
vi. Flavonoïdes ........................................................................................................................... 19
vii. Terpènes et Stérols ............................................................................................................... 19
V. Mode de préparation ....................................................................................................................... 19
1. Infusion ........................................................................................................................................ 19
2. Décoction ..................................................................................................................................... 20
3. Macération ................................................................................................................................... 20
4. Cataplasme .................................................................................................................................. 20
VI. Formes d'emploi ............................................................................................................................... 20
1. Tisane ........................................................................................................................................... 20
2. Poudre ......................................................................................................................................... 20
3. Teinture ....................................................................................................................................... 20
4. Huile essentielles ......................................................................................................................... 21
5. Sirop ............................................................................................................................................. 21
6. Lotion ........................................................................................................................................... 21
7. Pommade ..................................................................................................................................... 21
8. Fumigation ................................................................................................................................... 21
9. Gargarisme ................................................................................................................................... 22
VII. Cueillette et conservation ................................................................................................................ 22
1. Cueillette ...................................................................................................................................... 22
2. Séchage ........................................................................................................................................ 22
3. Conservation et stockage ............................................................................................................. 22
VIII. Situations règlementaires ................................................................................................................. 22
1. Dahir du 10 safar 1345 (20 août 1926) .......................................................................................... 23
2. Dahir du 9 Joumada I 1357 (7 juillet 1938) .................................................................................... 23
3. Décret du 9 ramadan 1375 (21 avril 1956) .................................................................................... 23
4. Dahir n° 1-59-367 du 21 Chaâban 1379 (19 février 1960) .............................................................. 23
IX. Organisation de la filière des PAM ................................................................................................... 24
X. Plantes aromatiques et médicinales au Maroc ................................................................................. 24

Chapitre III : Ethnobotanique et Ethnopharmacologie ................................................................. 26


XI. Ethnobotanique................................................................................................................................ 26
1.
Définition ..................................................................................................................................... 26
2.
Histoire ........................................................................................................................................ 27
3.
Objectif des études ethnobotaniques ........................................................................................... 27
4.
Intérêt de l’ethnobotanique ......................................................................................................... 27
II. Ethnopharmacologie ........................................................................................................................ 28
1. Définition et domaine .................................................................................................................. 28
2. Études ethnobotanique et ethnopharmacologique du Maroc ...................................................... 28

Partie II : Matériel et méthodes ......................................................................................... 31


Chapitre I : Présentation du milieu d’étude ................................................................................ 31
I. Région d’étude ................................................................................................................................. 31
II. Cadre administratif ........................................................................................................................... 33
III. Cadre géographique ........................................................................................................................ 34
1. Rifains .......................................................................................................................................... 34
2. Tangérois...................................................................................................................................... 35
3. Côte et bassins méditerranéens ................................................................................................... 36
4. Jbala ............................................................................................................................................. 36
5. Bas Loukkos.................................................................................................................................. 36
IV. Cadre géologique.............................................................................................................................. 37
1. Domaine Externe .......................................................................................................................... 38
i. Intrarif................................................................................................................................... 38
ii. Mésorif ................................................................................................................................. 39
iii. Prérif ..................................................................................................................................... 39
2. Domaine Interne .......................................................................................................................... 39
i. Dorsale calcaire ..................................................................................................................... 40
ii. Sebtides ................................................................................................................................ 40
iii. Ghomarides .......................................................................................................................... 40
3. Domaine des flyschs ..................................................................................................................... 40
V. Climat ............................................................................................................................................... 40
1. Précipitations ............................................................................................................................... 41
2. Températures ............................................................................................................................... 42
3. Évaporation .................................................................................................................................. 42
4. Climagramme d’EMBERGER ......................................................................................................... 42
VI. Biodiversité floristique et faunistique .............................................................................................. 45
1. Flore ............................................................................................................................................. 45
2. Faune ........................................................................................................................................... 46
VII. Population ........................................................................................................................................ 48
VIII. Activités socio-économiques ............................................................................................................ 52
1. Agriculture ................................................................................................................................... 52
i. Principaux intervenants dans le domaine agricole ................................................................ 53
ii. Ressources en terres ............................................................................................................. 54

Chapitre II : Méthodologie ......................................................................................................... 56


I. Type d’étude .................................................................................................................................... 56
II. Date et temps de déroulement de l’enquête .................................................................................... 56
III. Lieux de déroulement de l’enquête .................................................................................................. 56
IV. Outils et procédures de collecte des données................................................................................... 57
V. Échantillonnage ................................................................................................................................ 58
VI. Critères d’inclusion ........................................................................................................................... 59
VII. Critères d’exclusion .......................................................................................................................... 59
VIII. Identification et conservation des espèces végétales ....................................................................... 60
IX. Déclaration d'éthique et consentement à participer ........................................................................ 61
X. Traitement des données ................................................................................................................... 61
XI. Analyses statistiques ........................................................................................................................ 61
1. Valeur d'importance familiale (FIV) .............................................................................................. 62
2. Fréquence de citation (FC) ............................................................................................................ 62
3. Fréquence relative de citation (RFC) ............................................................................................. 62
4. Valeur d’une partie de plante (PPV) ............................................................................................. 62
5. Niveau de Fidélité (FL) .................................................................................................................. 62
6. Facteur de consensus des informateurs (ICF) ............................................................................... 63

Partie III : Résultats et discussion ....................................................................................... 65


I. Catalogue des plantes aromatiques et médicinales répertoriées dans le Rif..................................... 65
II. Analyse statistique ......................................................................................................................... 139
1. Analyse floristique ..................................................................................................................... 139
i. Familles utilisées et leur valeur d'importance familiale (FIV) .............................................. 139
ii. Genres les plus utilisés ........................................................................................................ 140
iii. Diversité des espèces médicinales et leurs valeurs de RFC .................................................. 140
iv. Analyse de la flore rare ou menacée ................................................................................... 141
v. Analyse de la flore endémique ............................................................................................ 142
vi. Analyse de la flore toxique .................................................................................................. 144
2. Analyses ethnobotanique et ethnpharmacologique ................................................................... 148
i. Utilisation des PAM selon l’âge ........................................................................................... 148
ii. Utilisation des PAM selon la profession ............................................................................. 149
iii. Utilisation des PAM selon le sexe ........................................................................................ 149
iv. Utilisation des PAM selon la situation familiale .................................................................. 150
v. Utilisation des PAM selon le niveau d’instruction ............................................................... 150
vi. Utilisation des PAM selon la localité ................................................................................... 151
vii. Utilisation des PAM selon le revenu/mois ........................................................................... 151
viii. Choix entre phytothérapie et médecine moderne............................................................... 152
ix. Avis sur phytothérapie et médecine moderne. ................................................................... 154
x. Catégories des maladies traitées et leurs valeurs ICF .......................................................... 155
xi. Niveau de fidélité (FL) ......................................................................................................... 156
xii. Parties des PAM utilisées .................................................................................................... 176
xiii. Type de plante .................................................................................................................... 177
xiv. Technique de récolte ........................................................................................................... 177
xv. Moment de récolte des PAM............................................................................................... 178
xvi. Préparation de drogue ........................................................................................................ 179
xvii. État de plante...................................................................................................................... 179
xviii. Forme d’emploi ................................................................................................................... 180
xix. Mode de préparation .......................................................................................................... 181
xx. Dose utilisée ....................................................................................................................... 182
xxi. Mode d’administration ....................................................................................................... 183
xxii. Posologie ............................................................................................................................ 184
xxiii. Durée d’utilisation (de Traitement) ..................................................................................... 185
xxiv. Méthode de conservation ................................................................................................... 186
xxv. Origine de l’information ...................................................................................................... 187
xxvi. Diagnostic ........................................................................................................................... 188
xxvii. Etat de satisfaction.............................................................................................................. 189
[Link] secondaires des PAM ................................................................................................ 189
xxix. Toxicité des PAM ................................................................................................................. 190

Conclusion générale……………………………………………………………………………………..……………….191

Perspectives et recommandations………………………………………………………………..……………….193

Références bibliographiques…………………………………………………………………………………………194

Annexes………………………………………………………………………………………………………………………..207
Introduction générale

L
’Homme a toujours eu recours aux plantes aromatiques et médicinales (PAM)
pour se soigner et lutter contre les maladies (Baytop, 1999; Kiringe, 2006).
Dans toutes les civilisations anciennes et dans tous les continents, on retrouve
des traces de cette utilisation. Ainsi, même aujourd’hui, malgré les progrès de la
pharmacologie, l’utilisation thérapeutique des plantes est très présente dans certains pays,
notamment dans les pays en développement (Hayta et al., 2014; Tabuti et al., 2003).

Ces dernières années, on commence à entendre plus de phytothérapie et des soins


par les plantes. L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime que près de 80% des
habitants qui peuplent la planète a essentiellement recours aux médecines traditionnelles
pour faire face aux problèmes de santé (Who, 2004). En effet sur les 300 000 espèces
végétales recensées sur la planète plus de 200 000 espèces vivent dans les pays tropicaux
d'Afrique ont des vertus médicinales (Millogo et al., 2005; Sofowora, 1993).

De ce fait, l’OMS a mis une stratégie pour la médecine traditionnelle dont le but est
de maximiser les possibilités de cette forme de médecine en tant qu’une source de soins de
santé, et de protéger la matière première surtout dans le cas des plantes (OMS, 2002). Aussi,
L’OMS recommande aux pays en voie de développement d’une part d’initier des
programmes concernant l’identification, la préparation, la culture et la conservation des
plantes médicinales et d’autre part, d’évaluer la qualité et l’efficacité des remèdes à base de
plantes à l’aide des techniques modernes.

L’approche ethnobotanique est d’une grande importance dans ce domaine. Elle


permet de recenser les remèdes contre de nombreuses maladies et de constituer une base
de données de plantes médicinales afin de conserver un savoir ancestral qui s’appuie
essentiellement sur une tradition orale. Récemment, de nombreuses recherches
ethnopharmacologiques et ethnobotaniques ont été menées dans différentes régions du
Maroc (Akka et al., 2016; Bammi & Douira, 2002; Benkhnigue et al., 2010; Benlamdini et al.,
2014; Bouayyadi et al., 2015; Daoudi et al., 2016; El Alami & Chait, 2016; El Hafian et al.,
2014; El Hilah et al., 2015; Ghourri et al., 2012; Hachi et al., 2015; Lahsissene et al., 2009;
Mehdioui & Kahouadji, 2007; Rhattas et al., 2016; Salhi et al., 2010; Slimani et al., 2016;

1
Tahri et al., 2012), pour préserver les connaissances autochtones et de développer une
stratégie de protection de la biodiversité floristique.

Au Rif marocain comme toutes les autres régions des pays en voie de
développement, les PAM occupent une place très importante dans la médecine
traditionnelle, qui elle-même est largement employée pour assurer leurs subsistances et
leurs problèmes de santé. Les remèdes utilisant les PAM sont considérés comme : moins
chèrs, sans effets indésirables et ont tendance à être plus employés dans les nombreux
maux quotidiens (Iserin et al., 2001; Rammal et al., 2009) qui vont des simples troubles
digestifs jusqu’à le traitement des maladies chroniques comme la tuberculose, le cancer,
l’ulcère, le diabète, les calculs rénaux…etc. Cette utilisation peut être liée en grande partie à
des facteurs socioculturels, économiques, religieux et à la facilité d’acquisition.

La région du Rif est l’une des régions les plus diversifiées biologiquement de la
Méditerranée, elle possède des zones biogéographiques parmi les plus rares au monde et
une biodiversité de première importance avec beaucoup de plantes d’intérêt thérapeutique
(Bellakhdar, 1997; Sauvage, 1959). Pour cela, cette région est la source de nombreuses
plantes médicinales commercialisées dans tout le Maroc et à l’étranger et l’utilisation des
plantes en pharmacopée traditionnelle est encore très présente et profondément enracinée
dans la culture médicinale des Rifains. Dans certaines régions du Rif, la médicine
traditionnelle à base de plante constitue la principale source de soins et représente l’ultime
recours en cas de d’échec de la médicine conventionnelle.

Par ailleurs, les données sur les plantes médicinales dans cette région sont rares et
insuffisantes. Pour compléter des études partielles et fragmentaires qui ont été réalisées un
peu partout au Rif : Park national de Talassemtane (Rhattas et al., 2016) et Péninsule
Tingitane (Ouziki & Taiqui, 2016). Il est donc nécessaire de les entreprendre en vue de
recenser les utilisations locales des espèces végétales. C’est dans cette optique qu’une étude
floristique et ethnomédicinale a été réalisée dans le Rif qui présente une diversité
lithologique, structurale et floristique assez importante pour établir le catalogue des plantes
aromatiques et médicinales utilisées dans le traitement traditionnel des maladies afin de les
valoriser, de les conserver et de les utiliser d’une manière rationnelle. En apportant des

2
éléments de réponse aux questions que l'on se pose et qui constituent la problématique de
l'étude.

Objectifs soulignés par ce travail

C’est dans cette optique que le présent travail s’inscrit et il a pour objectifs :

 Etablir le catalogue des plantes médicinales connues et parfois encore utilisées


par la population rifaine.
 Réunir toutes les informations concernant les usages thérapeutiques pratiqués
par la population locale dans la région d’étude.
 Contribuer à une meilleure connaissance des plantes aromatiques et médicinales
utilisées par la population locale du Rif.
 Traduire le savoir traditionnel oral en un savoir scientifique afin de le revaloriser,
de le conserver et de l’utiliser d’une manière rationnelle.
 Identifier les plantes présentant un intérêt particulier pour des recherches
ultérieures dans le domaine de phytochimie et de pharmacologie.
 Envisager des complémentarités possibles entre phytothérapie et médecine
conventionnelle pour la prise en charge de certaines douleurs.

Intérêt du travail

L’intérêt de ce travail est de contribuer :

 Sur le plan social, par la fabrication de produit pharmaceutique ou cosmétique


devra aider à soigner les personnes souffrantes des affections, et ainsi leur
permettre à réintégrer la société.
 Sur le plan de la médecine traditionnelle, par sa valorisation tout en démontrant
combien de fois la médecine traditionnelle et moderne ne sont pas rivales, mais
plutôt complémentaires.
 Sur le plan scientifique, par la contribution à la connaissance de la flore
médicinale de la région du Rif marocain et à la constitution d’une base de
données pour d’autres chercheurs dans cette filière.

3
4
Partie I : Revue bibliographique

Chapitre I : Phytothérapie
Introduction

La phytothérapie est l’une des plus vieilles médecines du monde. Elle s’agit d’une
pratique millénaire basée sur un savoir empirique qui s'est transmis et enrichi au fil
d'innombrables générations.

I. Définition
Du point de vue étymologique, le terme « phytothérapie » provient de deux mots
grecs : Phyton (végétal) et Therapein (soigner), qui désigne donc l'art de soigner par les
plantes, mais pas n’importe quelles plantes, les plantes aromatiques et médicinales. Elle
repose en partie sur une pratique traditionnelle, fondée sur l’utilisation ancestrale et locale
des plantes.

La phytothérapie est l’une des plus vieilles médecines utilisées par toutes les ethnies
à travers le monde. L’OMS estime que la phytothérapie est utilisée par 70% de la population
mondiale (Eisenberg et al., 1998). En effet, la phytothérapie a toujours occupée une place
importante dans les traditions de médication au Maroc et la zone rifaine (Nord du Maroc)
est un exemple concret, car la récolte saisonnière des plantes spontanées à haute valeur
ajoutée a traditionnellement offert une importante source de revenus pour les familles.

II. Historique de phytothérapie


Dès son apparition, il y a 3 millions d’années seulement, l’homme a utilisé les plantes
fins que la nourriture. Que la plante soit comestible ou toxique, qu’elle serve à tuer le gibier
et l’ennemi ou à soigner, l’homme a découvert par une suite d’échecs et de réussites,
l’utilisation des plantes pour son mieux – être (Tabuti et al., 2003). L’histoire de la médecine
à base de plantes, de l’antiquité à nos jours est riche d’enseignements.

1. Civilisation Egyptienne
Le Papyrus Ebers, du XVIe siècle av. J.-C (conservé à l’université de Leipzig en
Allemagne) est le premier recueil connu consacré aux PAM. De loin ce manuscrit de
connaissances médicales le plus volumineux connus à ce jour datant de cette époque
(environ 20 m de long sur 30 cm de large avec 110 pages). Il s'agit du Papyrus d'Ebers écrit à

5
Thèbes en 1600 av J.-C. Il fait référence à de plus anciens documents citant des dizaines des
plantes accompagné d'un mode d'utilisation (Koemoth, 2010).

Ce Papyrus contient plus de 700 formules magiques, recettes et remèdes dont les
formes sont à la fois diverses et complexes : collyres, bains de bouches, infusions,
décoctions, pilules, cataplasmes, suppositoires...etc. Contrairement aux tablettes
sumériennes, la durée de traitement et les heures d'administration figurent sur le Papyrus,
de même que les proportions des ingrédients utilisés pour la fabrication des remèdes
(Koemoth, 2010). Art de la pharmacie et art de la médecine s'y confondent et force est de
constater que le rapport à la maladie et au remède y est très lié à la magie, au spirituel et au
religieux.

2. Empire Grecque : de mythologie à la médecine


Selon l’histoire de la médecine, Hippocrate est le premier Grec à considérer la
médecine comme une science : on le nom aujourd’hui « Le père de la médecine ». Il
considérait la maladie avant tout comme un phénomène naturel. Il fut le premier à affirmer
que l'exercice de la médecine devait se faire sans cérémonies ni rituels magiques. Né en 460
av. J.-C, il écrivait « le Corpus Hippocraticum » : répertoire d’environ 230 drogues, parmi
lesquelles la mandragore, le pavot, la menthe, la sauge et la verveine (Abayomi, 1982).

3. Empire Romain : rayonnement de Dioscoride et de Galien


Les connaissances de la civilisation romaine en thérapeutique proviennent
majoritairement de la Grèce. A l'origine, l'art de guérir n'est pas le domaine de prédilection
des romains. De cette époque, on retient deux personnalités en particulier : le premier est
Dioscoride (au Ier siècle et d'origine grecque). Il décrira plus de six cents plantes dans son «
De Materia Medica », celui-ci restera un ouvrage de références en matière de PAM pendant
près de deux millénaires, ayant donné naissance à une discipline universitaire du même nom
: La Matière Médicale. On y retrouve des plantes qui soignent la douleur, qui agissent sur le
système digestif ou urinaire, les affections de la peau…etc.

Dioscoride y mentionne également leur toxicité, leurs préparations, les usages de ses
prédécesseurs ainsi que ses propres observations. De Dioscoride, on retiendra également la
contribution à « la Théorie des Signatures », théorie à laquelle une partie de la
phytothérapie actuelle fait toujours plus ou moins référence (Masereel, 2014). La seconde

6
grande figure médicale sera Galien (fin du IIème siècle) dont les influences sont en grande
partie hippocratique puisqu'il reprend, en la complexifiant la théorie des quatre humeurs,
ainsi que la notion de thérapeutique par les contraires. Les plantes utilisées pour soigner
sont qualifiées, à l'instar des quatre humeurs, de chaudes, de froides, d'humides ou de
sèches et ces qualités s’échelonnent selon quatre degrés, d’intensité progressive, selon
l’effet que la plante produit sur l’organisme. Il attache également une grande importance à
la préparation des médicaments d'où le nom de pharmacie galénique pour parler de l'art de
la formulation pharmaceutique (Brossollet & Galien, 2014).

4. Civilisation Indienne
L’Ayurveda, médecine traditionnelle développée en Inde, elle nait de la fusion entre
le terme āyus signifiant « la vie » et de veda désignant « la science, ou la connaissance »
constitue probablement le plus vieux système médical. « Le Rig-Veda », l’un des plus anciens
textes écrit entre 4500 et 1600 avant J-C mentionne l’utilisation des PAM dans le traitement
des hommes et des animaux (Figure 1). Le Nakul Samhita, écrit durant la même période, est
probablement le premier traité décrivant le traitement des animaux à l’aide des plantes.
Shalihotra (2350 avant J-C) et Palkapya (1000 avant J-C) ont été de célèbres vétérinaires
spécialisés dans le traitement des éléphants et des chevaux (Fougère & Wynn, 2007).

Figure 1 : Deux pages du manuscrit de Shalihotra, d’après (Thelen & Anderson, 2006).

7
5. Civilisation Chinoise
Des origines réelles de la médecine chinoise, on connait également peu de choses.
Elle peu semble émerger, presque en intégralité, aux alentours de la même époque, vers le
deuxième millénaire avant J.-C. « Le Pen Ts’ao » (2900 av. J.-C.) dont l’auteur mythique
serait l’empereur Shen Nong, décrit des substances d’une incontestable valeur
thérapeutique (cannelle, ginseng, réglisse…etc.). Il est connu comme le plus vieux livre sur
les PAM. Pour certaines PAM, les premières observations dignes de foi remontent ainsi à
4000 ans environ (Morel, 2008).

6. Civilisation Arabique
Après les grecques vint le tour des grands arabes qui se sont penchés sur les
problèmes de l’utilisation scientifique des plantes au service de la médecine. C’est ainsi que
Abou Bakr Mohammed Ibn Zakaria Al Rhazi, connu sous le nom Rhazés (865 - 925) et Abou
Ali Ibn Sina dit Avicennes (980 - 1037) ont eu le mérite de classer ces plantes utiles dans les
vertus thérapeutiques étaient déjà connues et même d’en identifier de nouvelles (Mouhib &
El Omari, 1997). Pendant le moyen âge et au tout début de la renaissance ce sont les œuvres
laissées par les médecins arabes qui ont servi, pendant longtemps, de code universel à la
médecine dans les universités d’Europe.

7. Historique de phytothérapie au Maroc


Au Maroc, la médecine traditionnelle dont l’usage des plantes est une des
composantes majeures, et millénaires et existait bien avant l’arrivée des arabes. Puis
l’apport du monde arabe à partir du XIe siècle est venu enrichir une médecine qui était
jusque-là teinté de mentalité primitive, par le courant de « Atteb Annabawi » la médecine du
prophète. L’enseignement officiel de la médecine se faisait à l’université de la QaraouIyne de
fès et des Medersa de Marrakech. Les œuvres classiques étudiées dans cette université
étaient, entre autres le Kamil de Rhazés, le Canon et la Mendhouma D’Ibn Sina, la Tedkira de
Daoud El Antaki et le Koulyat de Ibn Rochd (Mouhib & El Omari, 1997). De meme il existe
parallèlement, dans chaque région du Maroc, une automédication familiale, basée sur les
tradipraticiens.

8
8. Phytothérapie aujourd’hui
La phytothérapie a été pendant des millénaires la seule source de soins pour les
malades à travers le monde. Aujourd’hui encore, quand elle n’est pas l’unique recours, elle
constitue un complément assez utile voire une alternative à la médecine conventionnelle
(Paris, 2010; Salla, 2017). Mais les règles de l’utilisation des remèdes à base de plantes
manquent parfois de rigueur et ne tiennent surtout jamais compte de nouvelles exigences
de la thérapeutique moderne.

III. Différents types de phytothérapie


On distingue la pratique traditionnelle de la phytothérapie, parfois très ancienne qui
utilise les PAM à l'état frais ou séché, et la phytothérapie moderne qui fait appel à des
phytomédicaments fabriqués à partir des principes actifs extraits de ces plantes.

1. Phytothérapie traditionnelle
Selon l’OMS (OMS, 2002) la médecine traditionnelle est l’ensemble de toutes les
connaissances et toutes les pratiques explicables ou non, transmises de génération en
génération, oralement ou par écrit, utilisées dans une société humaine pour diagnostiquer,
prévenir ou éliminer un déséquilibre du bien-être physique, mental ou social, moral et
spirituel. La pratique traditionnelle de la phytothérapie est considérée comme une médecine
traditionnelle et encore massivement employée dans certains pays dont les pays en voie de
développement. C'est une médecine non conventionnelle du fait de l'absence d'étude
clinique.

i. Herboristerie
Correspond à la méthode de phytothérapie la plus classique et la plus ancienne.
L'herboristerie se sert de plante fraîche ou séchée, elle utilise soit la plante entière, soit une
partie de celle-ci (écorce, fruits, fleurs, feuilles, racines…etc.). La préparation repose sur des
méthodes simples, le plus souvent à base d'eau : décoction, infusion, macération…etc. Ces
préparations existent aussi sous forme plus moderne de gélule de poudre de plante sèche
que le sujet avale (Strang, 2006).

2. Phytothérapie moderne
Une pratique basée sur les avancées scientifiques qui recherche des extraits actifs de
plantes. Cette pratique conduit aux phytomédicaments et selon la réglementation en

9
vigueur dans le pays, la circulation des phytomédicaments est soumise à l'autorisation de
mise sur le marché. On parle alors de pharmacognosie ou de biologie pharmaceutique.

i. Aromathérapie
Terme créé par René-Maurice Gattefossé, L‘aromathérapie est une technique
médicale qui fait appel aux vertus thérapeutiques des huiles essentielles extraites des PAM
dans un but curatif, ainsi que pour le bien-être physique, psychique et mental. Elle fait partie
intégrante de la phytothérapie moderne. Elle a pour objet de renforcer et stimuler les
systèmes de défense naturelle présents dans l‘organisme et elle constitue l‘une des
méthodes les plus remarquables pour contrer les effets préjudiciables du stress (Encarta,
2005).

ii. Allopathie
(Du grec « állos » = autre, et « páthos » = maladie) au sens strict est une méthode de
traitement qui repose sur l’administration des substances visant à produire les effets
contraires à ceux de maladie à combattre. Par extension, l’allopathie désigne souvent la
médecine conventionnelle (National Institute for Health, 2012).

iii. Gemmothérapie
Le terme gemmothérapie provient du latin « gemmae » qui signifie à la fois «
bourgeon » et « pierre précieuse » et du grec « therapeia » qui se réfère à la thérapie. Elle se
fonde sur l'utilisation d'extrait alcoolique de tissus jeunes de végétaux tels que les bourgeons
et les radicelles (Strang, 2006).

iv. Homéopathie
L’homéopathie (du grec « hόmoïos » = semblable, « páthos » = maladie) s’oppose à
l’allopathie, et consiste à traiter le patient à l’aide des substances qui provoqueraient chez
l’individu sain, et à dose pondérale, des troubles semblables à ceux que présente le malade.
Les dilutions infinitésimales n’interviennent que pour atténuer les effets secondaires de la
maladie iatrogène ainsi crée (Garnier et al., 2004).

10
IV. Acteurs de phytothérapie
La phytothérapie est un domaine pluridisciplinaire et plurisectoriel. On peut classer
ses acteurs en trois groupes :

1. Tradipraticiens

i. Taleb ou Alem
Désigné parfois comme fkih. Ils ont reçu une éducation coranique à Msid leur
réputation est fondée sur leurs succès thérapeutiques garants d’une longue pratique
professionnelle et d’une parfaite connaissance des textes médicaux. Malheureusement, ils
sont presque en voie de disparition à cause de la rareté de déclin de leur formation
académique.

ii. Guérisseurs
Cette catégorie est assez vaste et peut aller à des tradipraticiens confirmées,
maitrisant leurs savoirs et leurs pratiques, à des charlatans qui, mus par un pur esprit
mercantile, abusent de la crédulité des usagers. Schématiquement, on peut les représenter
en sept corporations (Claisse, 1986).

iii. Achchabas : Herboristes


Ils ont pignon de sur rue dans toutes les villes et bourgs principaux. Ils vendent des
produits d’origine végétale principalement, mais on trouve également des minéraux et des
animaux ou parties d’animaux.

iv. Phytothérapeutes
Est défini comme étant une personne ayant une compétence pour la pratique de la
médecine traditionnelle, Ils utilisent uniquement les vertus préventives et curatives des
plantes pour soigner les maladies (Konan, 2012).

v. Jabbar : Rebouteux
Les rebouteux peuvent être herboristes ou poseurs de cautères et sont encore assez
nombreux malgré leur moyenne d’âge (plus de cinquante ans). Ils sont spécialisés dans le
traitement des entorses, des luxations et de la réduction des fractures fermées. La plupart
envoient leurs patients vers le dispensaire quand il s’agit de fractures ouvertes.

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2. Chercheurs
Ce sont les scientifiques et les chercheurs de différentes facultés, UICN, UFR (unité de
formation et de recherche) et instituts (sciences, médecine, pharmacie, institut national de
santé publique…etc.). Certains chercheurs se spécialisent dans le domaine de médecine
traditionnelle (sociologues, ethnosociologues, ethnobotanistes, anthropologues, juristes et
économistes).

3. Partenaires
De nombreuses personnes s’intéressent à la médecine traditionnelle : ce sont des
financiers, des spécialistes des médias. De même des organisations internationales et non
gouvernementales apportent leur soutien au développement de la médecine traditionnelle,
par exemple : l’association pour la promotion des médecines traditionnelles et la
coopérative scientifique européenne sur la phytothérapie.

V. Avantages de la phytothérapie
Malgré les énormes progrès réalisés par la médecine moderne, la phytothérapie offre
de multiples avantages. Elle présente essentiellement un avantage de multiplicité des
principes actifs complémentaires permettant une utilisation à doses pharmacologiquement
faibles voire physiologiques. N'oublions pas que de tout temps à l'exception de ces cent
dernières années, les hommes n'ont pas eu que les plantes pour se soigner, qu'il s'agisse de
maladies bénignes, rhume ou toux ou plus sérieuses, telles que la tuberculose ou la malaria.

Aujourd'hui, les traitements à base de plantes reviennent au premier plan, car


l'efficacité des médicaments tels que les antibiotiques (considérés comme la solution quasi
universelle aux infections graves), décroit : les bactéries et les virus se sont peu à peu
adaptés aux médicaments et leur résistent de plus en plus (Iserin et al., 2001). Aussi, les PAM
sont en mesure de soigner des maladies simples comme l’asthme, ou d'en prévenir de plus
importantes comme l'ulcère, la migraine, l’infarctus, certaines allergies ou affections.

Par ailleurs, la phytothérapie est moins chère que la médecine orthodoxe. Le coût de
cette dernière est augmenté par la technologie de santé moderne, qui dans beaucoup de cas
est inappropriée, inapplicable aux besoins immédiats des habitants des pays en voie de
développement (Adjanohoun, 2006).

12
VI. Risques liés à la phytothérapie
Des effets toxiques peuvent apparaître en cas de consommation des PAM à des
doses trop élevées, ou il arrive parfois que des plantes soient substituées par des plantes
toxiques, entraînant alors des intoxications. Les PAM peuvent être contaminées par des
micro-organismes, des toxines microbiennes, des parasites, des métaux lourds, des résidus,
des pesticides, des solvants et des substances radioactives. Pouvant ainsi provoquer de
nombreux incidents chez les consommateurs (Ministère de l’Économie et des Finances,
2009). Un autre risque de la phytothérapie est celui des interactions entre les PAM et les
médicaments. Le mécanisme de ces interactions peut être d’ordre pharmacocinétique ou
pharmacodynamique.

1. Surdosage
La feuille de Sauge officinale (Salvia officinalis L., famille des Lamiaceae), qui est
inscrite à la 8ème édition de la Pharmacopée Européenne, contient de la thuyone, une cétone
monoterpénique convulsivante à forte dose (plus de 15 grammes de feuilles par dose), mais
aussi à faibles doses répétées (Botineau, 2014). La feuille de Ginkgo (Ginkgo biloba L., famille
des Ginkgoaceae), qui est inscrite à la 8ème édition de la Pharmacopée Européenne, peut
quant à elle provoquer des effets indésirables à type de diarrhée, nausées, vomissements,
agitation, faiblesse lorsqu’elle est utilisée à des doses supérieures à celles recommandées
(Blumenthal, 2003).

2. Réactions allergiques
Certaines plantes contiennent des substances susceptibles de provoquer des
réactions allergiques. Parmi ces substances figurent certaines lactones sesquiterpéniques
comme par exemple l’hélénaline, l’herniarine, la cnicine et la cynaropicrine (Bruneton, 1996;
Wichtl et al., 2003). Un certain nombre de familles végétales sont concernées : Asteraceae,
Apiaceeae, Amaranthaceae, Aristolochiaceae, et Lauraceae.

3. Contamination par des substances non végétales


Les plantes médicinales peuvent être contaminées par des micro-organismes, des
toxines microbiennes, des parasites, des métaux lourds, des résidus de pesticides et de
solvants, des substances radioactives (Bruneton, 1996).

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4. Photosensibilisation
La photosensibilisation (ou photodynamisation) est l’augmentation de la sensibilité
de la peau aux rayonnements solaires, notamment aux ultraviolets. Elle peut être due à des
substances phototoxiques contenues dans des plantes médicinales ou toxiques (Botineau,
2014; Christophe, 1989; Wichtl et al., 2003).

5. Résidus de pesticides
Les pesticides sont des produits utilisés pour la protection des plantes contre les
insectes, les champignons, les mauvaises herbes, les rongeurs. Ils sont employés notamment
en cas de culture à grande échelle pour des raisons d’ordre économique mais aussi
toxicologique car leurs cibles sont parfois potentiellement dangereuses pour la santé (De
Smet et al., 1992; Petigny et al., 2014). Ces pesticides peuvent se retrouver ensuite à l’état
de résidus dans les drogues végétales issues de plantes traitées.

6. Altérations
La toxicité peut être aussi liée à la présence de composants qui altèrent
chimiquement les préparations à base de plantes, qu’il s’agisse de végétaux ou de
substances chimiques médicamenteuses (Zekkour, 2008).

7. Substitution de plantes médicinales par des plantes toxiques


Les plantes médicinales vendues en vrac ou entrant dans la composition de
préparations peuvent être substituées par des plantes toxiques de façon partielle ou totale,
accidentelle ou volontaire (falsification), avec pour conséquence un risque d’intoxication des
consommateurs. Les substitutions accidentelles peuvent résulter d’une confusion à cause
d’une ressemblance entre les plantes confondues ou à cause de noms voisins.

8. Interactions pharmacocinétiques
On assiste soit à une modification de l’absorption des médicaments associés aux
plantes, soit à une modification de leur métabolisme. Citons l’exemple connu du Millepertuis
qui est un puissant inducteur enzymatique. Tout médicament à marge thérapeutique
étroite, tel un anticoagulant, ne doit pas lui être associé pour éviter de voir diminuer son
efficacité (ANSMPS, 2000).

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9. Interactions pharmacodynamiques
Il peut s’agir soit d’une synergie d’action lorsqu’une plante potentialise l’action d’un
médicament, citons l’exemple de l’Ail, il s’agit d’une plante anti-agrégante, son association
avec d’autres antiagrégants plaquettaires ou des anticoagulants oraux majore le risque de
saignement, soit d’un antagonisme lorsqu’une plante médicinale diminue l’efficacité d’un
médicament (ANSMPS, 2012).

Conclusion

Aujourd’hui, l’efficacité de la médecine « par les PAM » est reconnue et démontrée


scientifiquement. Ses bienfaits incontestables pour notre santé et sa dimension naturelle ont
permis à la phytothérapie d’entrer dans notre vie au quotidien.

15
Chapitre II : Plantes aromatiques et médicinales : (PAM)
Introduction

Cosmétique, médicament, pesticide, cuisine…etc., les plantes aromatiques et


médicinales sont incontournables au quotidien et le Maroc regorge d'une riche variété
d'espèces. Au Nord du Maroc, l’exploitation des PAM, constitue une importante source de
vie pour une large population locale. En général, ce sont les femmes qui détiennent le savoir
des techniques thérapeutiques, de la prospection, de la récolte et du conditionnement.

I. Définition
On appelle plante médicinale toute plante renfermant un ou plusieurs principes actifs
capables de prévenir, soulager ou guérir des maladies (Schauenberg & Paris, 1977). D’après
la définition donnée par l’OMS, une plante médicinale est une plante ou un de ses organes
qui contient des substances qui peuvent être employées pour le but thérapeutiques ou qui
sont des précurseurs pour la synthèse d’autres drogues utiles et dont ces propriétés
thérapeutiques sont prouvées scientifiquement ou de manière empirique par l’emploi en
médecine traditionnelle (Amini, 2010).

Dans le code de la santé publique, il n'existe pas de définition légale d'une plante
médicinale au sens juridique. C’est une plante, non mentionnée en tant que médicinale, qui
est en vente libre par les pharmaciens (Moreau, 2003). D’après la Xème édition de la
pharmacopée française (Lehmann, 2015), les plantes médicinales sont des drogues végétales
au sens de la pharmacopée européenne dont au moins une partie possède des propriétés
médicamenteuses.

II. Histoire des plantes aromatiques et médicinales


L’histoire des PAM est associée à l’évolution des civilisations. Dans toutes les régions
du monde, l’histoire des peuples montre que ces plantes ont toujours occupé une place
importante en médecine.

De génération en génération, nos ancêtres ont transmis leur savoir et leurs


expériences simples en s’efforçant quand ils le pouvaient de les consigner par écrit. Ainsi,
même actuellement, malgré le progrès de la pharmacologie, l’usage thérapeutique des

16
plantes médicinales est très présent dans certains pays du monde et surtout les pays en voie
de développement, en l’absence d’un système médical moderne (Tabuti et al., 2003).

III. Domaines d’application


D'après la FAO (FAO, 1996), le professeur Auguste Chevalier premier explorateur
botaniste du Burkina Faso déclare qu’il n'y a pas une plante sur la terre qui n'ait quelques
rapports avec les besoins de l'homme et ne serve quelque partie à sa table, à son vêtement,
à son toit, à ses plaisirs, à ses remèdes ou au moins à son foyer.

Les PAM sont utilisées comme tous les végétaux en : alimentaires, epices, additifs,
ornementaux, toxiques, pastoraux et fourragers, artisanaux (vannerie, tannerie, menuiserie),
boissons, condimentaires, cosmétiques, hygiéniques, industriels, vétérinaires, sorcellerie,
magie et encens. Elles ont de tout temps été employées pendant des siècles comme
remèdes pour les maladies humaines et animales parce qu’elles contiennent des
composants de valeur thérapeutiques. Le pouvoir de guérison des plantes provient des
effets de leurs métabolites secondaires.

IV. Principes actifs des plantes aromatiques et médicinales


La pharmacognosie aussi appelée, l’étude des principes actifs de plantes, nous
permet d’approcher la composition de ces dernières et d’essayer de comprendre leurs
actions thérapeutiques. Leur étude nous permet d’orienter le choix vers une plante pour une
maladie donnée mais ce n’est pas tout le temps aussi simple. Les métabolites végétaux
peuvent être classés en deux catégories :

1. Métabolites primaires
Les métabolites primaires dits indispensables sont des molécules organiques qui se
trouvent dans toutes les cellules de l’organisme d’une plante pour y assurer sa survie. Ce
sont des molécules composées de macronutriments tels que le carbone « C », l’hydrogène «
H », l’oxygène « O » et l’azote « N » Ils sont classés en quatre grandes catégories :

 Les glucides
 Les protides
 Les lipides
 Les acides nucléiques

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2. Métabolites secondaires
Les métabolites secondaires sont des molécules complexes à l’origine de l’activité
thérapeutique des plantes médicinales, et dont les précurseurs sont des métabolites
primaires ou des produits intermédiaires (Yarnell, 2007).

i. Tanins
Sont des substances polyphénoliques de structures variées ayant en commun la
propriété de tanner la peau, c’est à dire de la rendre imputrescible. Ces substances ont en
effet la propriété de se combiner aux protéines, ce qui explique leur pouvoir tannant.

Très répandus dans le règne végétal, ils peuvent exister dans divers organes, mais on
note une accumulation plus particulièrement dans les tissus âgés ou d’origines
pathologiques, ils sont localisés dans les vacuoles, quelquefois combinés aux protéines et
aux alcaloïdes. (Catier & Roux, 2007).

ii. Quinones
Les quinones sont des composés oxygénés qui résultent de l’oxydation de dérivés
aromatiques caractérisés par un motif 1,4-dicétocyclohexa-2,5 diénique ou par un motif 1,2-
dicétocyclohexa-3,5 diénique. La dione peut être conjuguée aux doubles liaisons d’un noyau
benzénique ou à celles d’un système aromatique polycyclique condensé : naphtalène,
anthracène et naphtodianthrène (Bruneton, 1993).

iii. Minéraux
De nombreuses plantes médicinales sont très riches en minéraux. Ils sont nécessaires
à divers fonctions métaboliques, à la différence des enzymes, non catalyseurs. Les plantes,
notamment celles issues de l'agriculture biologique, tirent les minéraux du sol et les
transforment en une structure aisément assimilable par l'organisme (Bermness, 2005).

iv. Saponines
Les saponines sont des substances naturelles dont la solution aqueuse forme après
agitation une mousse abondante et beaucoup plus persistante que celle produite par tout
autre produit naturel dans les conditions similaires. Elles facilitent l’absorption d’autres
substances par la muqueuse de l’intestin mais elles ne sont pas absorbées, elles – mêmes.
On les classe en :

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 Saponine stérique ayant les stéroïdes,
 Saponine tri stéroïde avec un stéroïde.

v. Alcaloïdes
Renferment un groupe chimiquement très diverse des composés chimiques
contenant des substances organiques azotées basiques, souvent se sont extrêmement
toxiques, ils aient un effet chimio thérapeutique notable (Verger, 2005).

vi. Flavonoïdes
Le terme flavonoïde rassemble une très large gamme de composés naturels
appartenant à la famille des polyphénols. Leur fonction principale semble être la coloration
des fleurs, des fruits et parfois des feuilles (au-delà de la chlorophylle, des caroténoïdes et
des bétaïnes), assurant ainsi la protection des tissus contre les agressions des ultraviolets
(Bruneton, 1993).

Les flavonoïdes sont des dérivés du noyau flavone ou 2-phenyl chromone portant des
fonctions phénols libres, éthers ou glycosides. Le noyau flavone est lui-même un dérivé du
noyau flavane de base (Bruneton, 1993).

vii. Terpènes et Stérols


Les terpènes et les stéroïdes constituent sans doute le plus vaste ensemble connu de
métabolites secondaires des végétaux. Aujourd’hui il y a 20 000 différents métabolites
terpéniques connus et sont classés selon leur nombre d’atomes de carbone en
monotérpénes, sesquiterpènes, ditérpènes, sestetèrpènes, triterpènes et tetraterpènes
(Bruneton, 1993; Tholl, 2006).

V. Mode de préparation
En phytothérapie, il y a plusieurs modes de préparation des PAM, selon l'usage que
l'on veut en faire :

1. Infusion
L’infusion consiste à porter l’eau potable à ébullition, puis à verser sur la quantité
préconisée de plante convenablement divisée, et laissée infuser 10 à 15 minutes, récipient
fermé. On peut avoir comme repère une pincée par bol (Borzeix & Borzeix, 1986).

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2. Décoction
Cette méthode s’applique essentiellement aux parties souterraines de plante et
écorces, qui libèrent difficilement leurs principes actifs lors d’une infusion. Elle consiste à
extraire les propriétés des plantes en les laissant infuser dans l’eau qu'on porte à ébullition,
laisser refroidir et filtrer (Nogaret, 2011).

3. Macération
C’est l’immersion d’une plante dans l’eau froide, du vin, de l’alcool, cette solution
permet d’obtenir les principes solubles dans un temps plus ou moins long (Valnet, 1983).

4. Cataplasme
Les plantes sont coupées grossièrement, puis chauffer avec un peu d’eau, pendant 2
à 3 minutes, presser les plantes puis les placer sur l’endroit douloureux à l’aide d’un
morceau ou d’une bande (Nogaret, 2011).

VI. Formes d'emploi

1. Tisane
C’est une boisson obtenue par macération, décoction ou infusion d’un matériel
végétal (fleurs fraîches ou séchées, feuilles, tiges et racines), dans de l'eau chaude ou froide.
Elle est utilisée par voie buccale (Fort, 1976).

2. Poudre
Les plantes préparées sous forme de poudre obtenue par pulvérisation, dans un
mortier ou dans un moulin, peuvent s'utiliser pour un soin interne ou externe (Delille, 2007).

3. Teinture
Elle est définie comme étant de préparation liquide généralement obtenue par
extraction hydroalcoolique de la drogue fraîche ou séchée. Le titre alcoolique est compris
entre 60° et 90° en fonction de la nature de la substance à dissoudre. Les drogues utilisées
en phytothérapie, sont diluées au cinquième (une partie de drogue pour 5 parties de solvant
d’extraction). Il existe des teintures diluées au dixième pour les drogues à alcaloïdes comme
la belladone, le datura et la jusquiame qui ne seront pas prescrites en phytothérapie
(Raynaud, 2006).

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4. Huile essentielles
Les huiles essentielles sont des produits de composition généralement complexe,
renfermant des métabolites secondaires représentés par des principes volatils contenus
dans les végétaux et plus ou moins modifiés au cours de leur extraction. Les huiles
essentielles sont biosynthétisées par les végétaux supérieurs en réponse à des conditions de
stress et surtout pour combattre les agents infectieux ou parasitaires. Elles présentent
également des propriétés cytotoxiques qui les rapprochent des antiseptiques et
désinfectants en tant qu’agents antimicrobiens à large spectre (De Billerbeck, 2007).

5. Sirop
Les sirops phytothérapeutiques sont confectionnés en associant une solution sucrée,
ou du miel, à un extrait liquide (aqueux ou alcoolisé) de PAM. Outre l’amélioration de
l’acceptabilité du goût de la préparation, le sucre joue également le rôle de conservateur
(Fougère & Wynn, 2007).

6. Lotion
Ce sont des préparations à base d’eau et de plantes en : infusions, décoctions ou
teintures diluées avec lesquelles on tamponne l’épiderme aux endroits irrités ou enflammés.

7. Pommade
C’est une « préparation semi-solide composée d'un excipient monophase dans lequel
peut être dissoute ou dispersée des substances liquides ou solides. Elle est destinée à être
appliquée sur la peau ou sur les muqueuses (Wouessi, 2011). Les excipients peuvent être
d'origine naturelle ou synthétique. Les composants actifs d'une phase huileuse peuvent être
par exemple : des digestés huileux, des huiles infusés ou des huiles végétales ou essentielles.

8. Fumigation
Les fumigations sont très utiles lors des laryngites pour humidifier les muqueuses.
Elles apportent un bien-être immédiat et une résolution plus rapide de la pathologie. On fait
bouillir ou bruler des plantes, de façon à bénéficier des propriétés thérapeutiques des
vapeurs ou fumées produites. Ces vapeurs de plantes aromatiques ont un grand pouvoir
désinfectant (Jocelyne, 2011).

21
9. Gargarisme
La médication, constituée d’un infusé ou d’un décocté aussi chaud que possible est
utilisée pour se rincer l’arrière bouche, la gorge, le pharynx, les amygdales et les muqueuses.
Il sert à désinfecter ou à calmer, le gargarisme ne doit jamais être avalé (Strang, 2006).

VII. Cueillette et conservation


Les plantes ou parties de PAM récoltées nécessitent des conditions de cueillette, de
séchage puis de stockage particulier.

1. Cueillette
La cueillette des PAM s’effectue en temps sec, après le lever du soleil, à la disparition
de la rosée. Les plantes doivent cueillir en zones non polluée, et doivent être saines,
dépourvu de toute attaque d’insecte, champignon qui peuvent s’y trouver (Messaoudi,
2005). Le moment de récolte dépend de la partie de plante (feuilles, fleurs, fruits, racines et
écorces).

2. Séchage
L’opération de séchage a pour but d’éliminer aux plantes l’eau qui renferment, le
mode de dessiccation sera variable selon les parties de la plante à conserver, par exemple,
les tiges, les écorces et le bois sécheront au soleil ou encore à température plus précise
(40°C) (Debigue, 1984).

3. Conservation et stockage
Les PAM, rarement utilisées à l'état frais, elles doivent être conservées dans de
bonnes conditions. Elles sont conservées à l’abri de la lumière, air et au sec dans des
récipients en porcelaine, faïence ou verre teinté, boites sec en fer blanc, sac en papier ou
des caisses. Cette technique est nécessaire pour les plantes qui subissent des
transformations chimiques sous l’influence des ultraviolets. Les plantes riches en produits
volatils et qui s’oxydes rapidement sont conservées dans un milieu étanche (Djedi, 2012).

VIII. Situations règlementaires


La réglementation de la profession d'herboristerie au Maroc se base sur des textes de
loi datant de 1926, 1938 et 1956 qui interdisent aux herboristes de mettre en vente, toute
plante vénéneuse ou toxique.

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1. Dahir du 10 safar 1345 (20 août 1926)
Les médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et herboristes qui
voudront exercer seront tenus, dès leur établissement et avant d’accomplir aucun acte de
leur profession, d’obtenir l’autorisation de pratiquer, qui leur sera délivrée par le secrétaire
général du Protectorat. Ils devront, à cet effet, faire aux services municipaux ou à l’autorité
locale de contrôle, une déclaration de leur intention de s’installer, et y déposer leur diplôme.

2. Dahir du 9 Joumada I 1357 (7 juillet 1938)


L’article 2 du dahir du 9 Joumada I 1357 (7 juillet 1938) est venu modifier et
compléter celui du 30 juillet 1921 : « Tout pharmacien devra, en outre, déclarer par écrit s’il
compte prendre possession d’une pharmacie déjà exploitée ou en fonder une nouvelle ».

3. Décret du 9 ramadan 1375 (21 avril 1956)


Plus tard, le décret n°2-56-176 du 9 ramadan 1375 (21 avril 1956) est venu
reconsidérer cette commission. Aux termes de son article premier : La commission
consultative chargée d'examiner les demandes formées par des immigrants en vue d'être
autorisés à venir pratiquer au Maroc les professions de médecin, pharmacien, chirurgien-
dentiste, sage-femme, herboriste, vétérinaire, ou toute autre profession paramédicale, est
constituée comme il est indiqué ci-après : le président du conseil ou son représentant
président, le ministre de la santé, le ministre du travail et des questions sociales, le ministre
de l'intérieur, le chef du service de l'administration générale, un représentant du conseil
supérieur de l'ordre des médecins, un représentant du conseil supérieur de l'ordre des
chirurgiens-dentistes, un représentant du conseil supérieur de la pharmacie, un
représentant du conseil supérieur de l'ordre des sages-femmes, un fonctionnaire de
l’administration générale assure le secrétariat de la commission.

4. Dahir n° 1-59-367 du 21 Chaâban 1379 (19 février 1960)

Nul ne pourra être admis à exercer dans notre Royaume les professions de médecin,
pharmacien, chirurgien-dentiste, sage-femme ou herboriste s'il n'est possesseur
d'un titre ou d'un diplôme en donnant le droit dans toute retendue soit du Royaume du
Maroc, soit de son pays d'origine ou du pays dont il est ressortissant, soit du pays où le
diplôme lui aura été délivré sous réserve dans tous les cas de la vérification du titre ou

23
diplôme par le secrétaire général du gouvernement qui statuera sans recours après avis des
ministres de la santé publique et de l'éducation nationale.

IX. Organisation de la filière des PAM


Depuis 1995, l'organisation de la filière a connu une grande évolution :

 Association pour le Développement des Plantes Aromatiques et Médicinales du


Maroc (ADPAMM), crée en 1995
 Société marocaine des plantes aromatiques et médicinales, créée en 2006,
 Association marocaine des herboristes, créée en 2006
 Création des associations et coopératives féminines locales, avec l'appui du
département des eaux et forêts
 Agence nationale des plantes médicinales et aromatiques, créée en 18 janvier
1991
 Création, en 2015, de la Fédération Nationale des Coopératives des Plantes
Aromatiques et Médicinales du Maroc (FNCPAM).

X. Plantes aromatiques et médicinales au Maroc


La position géographique du Maroc à l’extrême Nord-Ouest de l’Afrique et la grande
diversité de son climat et son écologie, notamment des montagnes, des littoraux et des
zones désertiques, ont favorisé le développement d’une flore très riche. L’étude nationale
sur la biodiversité au Maroc, effectuée par le département de l’environnement en 1997,
estime la richesse de la flore du pays à environ 7 000 espèces connues (Tableau 1). Les
plantes inférieures (algues, champignons et mousses) n’ont pas encore été suffisamment
répertoriées et leurs caractéristiques géographiques et biologiques restent fragmentaires
(Dakki, 1997). Pour la flore vasculaire, par contre l’inventaire est relativement bien établi,
elle compte environ 3 913 espèces, 426 sous-espèces types (autonymes) et 872 sous-
espèces additionnelles, appartenant à 981 genres et 155 familles. Le nombre d'endémiques
strictes est égal à 640 espèces, soit 16,3% de l'inventaire national (Fennane & Ibn Tattou,
2012).

24
Au Maroc, les PAM occupent une place importante et jouent un rôle très important
dans la médecine traditionnelle, qui elle-même est largement employée dans divers
problèmes de santé. Certaines remèdes sont spécifiques d’une seule affection par contre
d’autres peuvent traiter plusieurs maladies tels que Allium sativum L. Les PAM constituent
une richesse naturelle pouvant jouer un rôle important dans le développement socio-
économique de certaines régions économiquement défavorisées. Elles pourraient, ainsi
offrir une source viable de revenus à la population locale.

Tableau 1 : Nombre d’espèces de la flore marocaine inventoriées et estimées (Fennane, 1997)

Genres taxonomiques Nombre d’espèces Nombre d’espèces


inventoriées estimées
Algues pluricellulaires 500 600
Champignons supérieurs 820 1 000
Lichens 700 1 000
Mousses 350 500
Fougères 60 60
Phanérogames 4 500 4 500
Total 6 930 8 000

Conclusion

La médecine traditionnelle demeure le recours principal pour une grande majorité


des populations pour résoudre leurs problèmes de santé, non seulement du fait qu’elle
constitue un élément important du patrimoine culturel, mais aussi pour les raisons de
moyens financiers limités face aux produits conventionnels.

25
Chapitre III : Ethnobotanique et Ethnopharmacologie
Introdution

L’ethnobotanique et l’ethnopharmacologie sont des domaines de recherche


interdisciplinaires qui s’intéressent spécifiquement aux connaissances empiriques des
populations autochtones à l’égard de substances médicinales, de leurs bénéfices potentiels
pour la santé et de risques qu’elles induisent.

XI. Ethnobotanique

1. Définition
L’ethnobotanique se compose de deux mots « l’ethnologie » Étudie les sociétés, les
organisations ou groupes humaines en considérant les faits sociaux et culturels et « la
botanique » étudie les classifications et les descriptions des végétaux.

Traditionnellement, l’objet de l’ethnologie s’est constitué autour de l’étude des


sociétés exotiques dites « primitives ». La curiosité de la culture occidentale pour ces
sociétés éloignées, née de la rencontre avec l’autre, est croissante depuis la renaissance.
Epoque de la découverte de nouveaux continents et de nouveaux peuples.

Cet intérêt s’est construit sur une opposition entre « peuples modernes » et
« peuples primitifs », dualité sur laquelle se fonde à l’origine la différenciation entre la
sociologie : science sociale des sociétés « modernes » industrialisés, caractérisés par l’usage
de l’écrit et l’ethnologie : science sociale des sociétés « traditionnelles », non industrialisés,
de transmission orale (Gall & Viviane, 2008). Fruits de l’interdisciplinarité et de la
spécialisation des questionnements, l’ethnologie a vu naitre de nombreuses ramifications
attachées à un objet d’étude précis : l’ethnomusicologie, l’ethnopsychiatrie,
l’ethnomédecine et les ethnosciences dont l’ethnobotanique.

Donc l’ethnobotanique est une discipline qui invite à coupler le regard de deux
courants scientifiques les sciences naturelles et les sciences humaines.

26
2. Histoire
Le terme « Ethnobotanique », employé par Harshberger (Harshberger, 1986), se
définissait comme l’étude des « plantes utilisées par les populations primitives et
autochtones ». Des années plus tard, (Jones, 1941) en propose une définition plus concise : «
L’étude de l’interaction entre les hommes primitifs et les plantes ». (Schultes, 1967) élargit
cette définition pour y inclure « les relations entre l’homme et la végétation de son
environnement ».

3. Objectif des études ethnobotaniques


Les objectifs des études ethnobotaniques peuvent être regroupés en quatre 4
axes majeurs (Malaisse, 2004) :

 Documentation de base sur les connaissances botaniques traditionnelles,


 Evaluation quantitative de l’usage de la gestion des ressources végétales,
 Estimation expérimentale de l’apport des plantes aussi bien en termes de
subsistance qu’en termes de ressources financières,
 Développement des projets appliqués visant à optimiser l’apport des ressources
locales.

4. Intérêt de l’ethnobotanique
L’étude ethnobotanique permet l’évolution du savoir des populations locales et de
leur relation avec les plantes. Elle ajoute des compléments d’information ethnographie
comme les noms vernaculaire des plantes, la culture, la récolte, les utilisations possibles et
les modes de préparation. Elle consiste donc à l’élaboration et le dépouillement d’une
enquête qui concerne l’usage traditionnelle des plantes dans une région donnée. Elle
comprend entre autre la réalisation d’un herbier de PAM les plus utilisés traditionnellement
(Abdiche & Guergour, 2011). L’étude ethnobotanique permet de comprendre quels sont les
éléments pris en jeu et qui soit pris en considération lors de l’évènement (Valadeau, 2010).

27
II. Ethnopharmacologie

1. Définition et domaine
L’ethnopharmacologie est l’étude scientifique pluridisciplinaire de l’ensemble des
matières végétales, animales ou minérales et des savoirs ou des pratiques s’y rattachant,
que les cultures mettent en œuvre pour modifier les états des organismes vivants, à des fins
thérapeutiques, curatives, préventives ou diagnostiques (Bruhn & Helmstedt, 1981).

L’ethnopharmacologie peut permettre la découverte de nouvelles substances actives


pour l’industrie pharmaceutique (Valadeau, 2010). Des principes actifs très employés à
l’heure actuelle dans notre médecine moderne sont issus des savoirs médicinaux populaires
et traditionnels : des anticancéreux (vincristine, vinblastine et taxol), des antalgiques
(morphine et aspirine), des antipaludéens (quinine et artémisinine), des psychotropes
(réserpine et mescaline) ou encore des toniques et stimulants cardiaques (digitaline et
quinidine).

2. Études ethnobotanique et ethnopharmacologique du Maroc


Plusieurs enquêtes ethnobotaniques et ethnopharmacologiques ont été menées à
travers le Maroc pour recenser les PAM utilisées dans les différentes pharmacopées
traditionnelles (Tableau 2).

Tableau 2 : Quelques enquêtes ethnobotaniques menées à travers le Maroc de 1987 à 2016.

Thème Région Référence


Les relevés floristiques et catalogue des plantes Rif Occidental (Benabid &
Bellakhdar, 1987)
Contribution à l'étude de la pharmacopée Maroc (Bellakhdar, 1997b)
traditionnelle au Maroc
Les plantes médicinales dans la forêt d’Achach Moyen Atlas, Maroc (Bammi & Douira,
2002)
Étude ethnobotanique de la flore médicinale Région de Rabat (Maroc (Hseini & Kahouadji,
Occidental) 2007)
Etude ethnobotanique auprès de la population Commune d’Imi n’Tlit (Mehdioui &
riveraine de la forêt d’Amsittène (Province d’Essaouira) Kahouadji, 2007)

28
Catalogue des plantes médicinales utilisées Région de Zaër (Maroc (Lahsissene et al.,
Occidental) 2009)
Etudes floristique et ethnobotanique des Ville de Kénitra (Maroc (Salhi et al., 2010)
plantes médicinales
Etude ethnobotanique des plantes médicinales Région de Mechraâ Bel (Benkhnigue et al.,
Ksiri (Maroc) 2010)
Etude ethnobotanique des plantes médicinales Province de Settat (Tahri et al., 2012)
Etudes floristique et ethnobotanique des Ville d’El Ouatia (Maroc (Ghourri et al., 2012)
plantes médicinales Saharien)
Études floristique et ethnobotanique de la flore Haut Atlas oriental (Benlamdini et al.,
médicinale (Haute Moulouya) 2014)
La flore médicinale traditionnelle Région de Béni Mellal (El Azzouzi & Zidane,
(Maroc) 2015)
Etude ethnobotanique : Plantes médicinales Laâyoune (Maroc) (El Yahyaoui et al.,
commercialisées 2015)
contribution à l’étude floristique et Ville de Khénifra (Hachi et al., 2015)
ethnobotanique de la flore médicinale (Maroc)
Étude floristique et ethnobotanique de la flore Région du Gharb, Maroc (Bouayyadi et al.,
médicinale 2015)
Étude ethnobotanique des plantes médicinales Région de Zerhoun (Slimani et al.,
2016b)
Evaluation exhaustive de la diversité des plantes Péninsule Tingitane (Ouziki & Taiqui,
aromatiques et médicinales (Maroc) 2016)
Etude ethnobotanique sur les plantes Nord de l’Atlas d’Azilal (El Alami & Chait,
médicinales spontanées 2016)

Conclusion

L'ethnobotanique nous permet d'en apprendre énormément sur les peuples humains
et leurs habitudes, mais aussi de prendre conscience de l'extrême diversité d'adaptation des
végétaux et des hommes selon leurs régions ou le climat auxquels ils sont soumis.
L’ethnopharmacologie se situe donc au carrefour entre l'ethnologie, la biologie, la
pharmacologie, la chimie et la botanique, elle offre la possibilité d'avoir un accès à des soins
dans des pays peu développés, en utilisant des ressources locales.

29
30
Partie II : Matériel et méthodes

Chapitre I : Présentation du milieu d’étude


Introduction

Dans le cadre de la mise en place de la nouvelle politique de régionalisation visant le


renforcement de la politique de décentralisation et la promotion d’un développement socio-
économique plus équilibré dans l’espace. Le Maroc s’est doté d’un nouveau découpage
territorial. Il compte désormais 12 régions selon le décret N°2.15.10 du 20 février 2015,
fixant le nombre des régions, leurs noms, leurs chefs-lieux et les préfectures et provinces les
composant, publié au Bulletin officiel N° 6340 du 14 joumada I 1436 (05 mars 2015)
(Bulletin officiel, 2015).

I. Région d’étude
La région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima est l'une des douze régions du Maroc
instituées par le découpage territorial de 2015. Elle est constituée de l'ancienne région
Tanger-Tétouan et de la province d'Al Hoceima de l'ancienne région de Taza Taounate Al
Hoceima (Tableau 3).

Tableau 3 : liste des préfectures et provinces de Tanger – Tétouan – Al Hoceima.

Région Chef-Lieu de la Région Provinces et Préfectures


Tanger-Assilah
M'diq-Fnideq
Tétouan
Tanger – Tétouan – Al Hoceima Tanger – Asilah Fahs-Anjra
Larache
Al Hoceima
Chefchaouen
Ouazzane

Elle est située à l’extrême Nord-Ouest du Maroc, elle est limitée au Nord par le
détroit de Gibraltar et la Méditerranée, à l’Ouest par l’Océan Atlantique, au Sud-Ouest par la
région Rabat-Salé- Kenitra, au Sud-Est par la région Fès-Meknès et à l'Est par la région de
l'Oriental. La région compte deux préfectures Tanger-Asilah et M'Diq-Fnideq et six provinces
: Al Hoceima, Chefchaouen, Fahs-Anjra, Larache, Ouezzane et Tétouan Son chef-lieu est
Tanger – Asilah (Figure 2).

31
Figure 2 : Les 12 régions du Maroc selon le découpage administratif de 2015.

Il s’agit du tronçon Nord-Ouest de l’arc du Rif, que de nombreux auteurs dénomment


« Pays Jbala ». En raison de l’aspect énergique de son relief, cet ensemble se caractérise
autant par l’originalité de son milieu (montagnard, méditerranéen et atlantique) que par la
spécificité de son rôle dans l’histoire autant ancienne que contemporaine du Royaume.

Cette région a autant d’atouts qui ne manqueront pas de contribuer à la solution de


l’un de ses problèmes clés: le décalage persistant, surtout dans sa partie orientale, entre
croissance et densité démographique forte (plus de 200 hab. /Km²), inégalée à travers le
pays, et rythme de progression des indicateurs de développement socio-économiques qui
marque encore le pas. L’aire de cette région du Nord regroupe 8 provinces abritant une
population sensiblement égale (avec le rattachement de la province d’Ouezzane) à celle de

32
la région dans ses limites actuelles (2.830.000 hab.) sur une superficie de 13.711 Km², cette
région fournit un PIB total de 6,4%).

II. Cadre administratif


Est située à l’extrême Nord-Ouest du Maroc, La région de Tanger-Tétouan-Al
Hoceima est limitée au Nord par le détroit de Gibraltar et la Méditerranée, à l’Ouest par
l’Océan Atlantique, au Sud-Ouest par la région Rabat-Salé- Kénitra, au Sud-Est par la région
Fès-Meknès et à l'Est par la région de l'Oriental, Le chef-lieu de la région est la préfecture de
Tanger-Asilah. La région compte deux préfectures et six provinces (Tableau 4).

 La préfecture de Tanger-Asilah,
 La préfecture de M'Diq-Fnideq,
 La province d’Al Hoceima,
 La province de Chefchaouen,
 La province de Fahs-Anjra,
 La province de Larache,
 La province d’Ouezzane,
 La province de Tétouan.
En outre, la région englobe 22 cercles, 70 caïdats et 146 communes, dont 129
communes rurales et 17 communes urbaines répartis par provinces et préfectures comme
suit (Bulletin officiel, 2015).

Tableau 4 : Répartition du nombre des cercles et caïdats par provinces et préfectures.

Provinces/ préfectures Cercles Caïdats Communes Communes Total


Urbaines Rurales
Al Hoceima 4 17 5 31 36
Chefchaouen 5 12 1 27 28
Fahs-Anjra 2 7 - 7 07
Larache 3 10 2 17 19
M'Diq-Fnideq 1 2 3 2 05
Ouezzane 3 9 1 16 17
Tanger-Asilah 2 5 3 9 12
Tétouan 2 8 2 20 22
Total 22 70 17 129 146

33
III. Cadre géographique
Du point de vue géographique, la région fait partie du domaine rifain, à une situation
exceptionnelle avec deux façades maritimes: la mer méditerranéenne au Nord et l’océan
atlantique à l’Ouest.
En dehors des plaines côtières, les zones à géomorphologie abrupte ou fortement
ondulée couvrent plus de 80% du territoire régional (Monographie générale, 2018).
 A l’Ouest, on retrouve de basses plaines littorales aux sols alluviaux lourds et
fertiles menacées par les inondations et par la salure de terrasses (autour
d’Asilah, et entre Ksar El Kébir et Larache) et de collines arrondies de faible
altitude (moins de 200 m),
 Au Nord et à l’Est, on trouve des collines plus élevées au relief accusé dont les
altitudes sont comprises entre 200 et 500 m,
 Le littoral du détroit, lui, est accidenté, jalonné de rochers et des plages à
L’embouchure des Oueds.
 Les plages sont nombreuses sur le littoral atlantique, couvrant près de 152 Km.
La région faisant partie du domaine rifain, est constituée de cinq unités
environnementales homogènes (Monographie générale, 2018). Il s’agit d’aires spatiales plus
ou moins étendues qui présentent des caractéristiques semblables quant à leurs conditions
naturelles (Figure 3).

1. Rifains
Le territoire d’Al Hoceima se caractérise généralement par un relief accidenté, il peut
être réparti en deux principales entités géographiques: la montagne et le littoral
méditerranéen, ce territoire est connue pour ces nombreuses petites îles et îlots rocheux, et
ses magnifiques plages méditerranéennes (Quemado, Sfiha, Rmoud, Izdhi, Souani,
Spalmadero, Boussekour, Calabonita, Tala Youssef, Cala Iris et Matadero).

34
Figure 3 : Milieu naturel, du Rif (Map data ©2018 Google, Inst. Geogr. Nacional), carte modifiée.

2. Tangérois
Située dans le détroit de Gibraltar, entre la mer Méditerranée et l’Océan Atlantique,
cette zone se présente comme "l’hinterland" naturel de la ville de Tanger. Elle coïncide
approximativement avec le bassin de l’Oued Mharhar géologiquement, c’est une unité
numidienne par ses contreforts Nord-Occidentaux. Elle est complétée par les plaines
alluviales du Quaternaire. Ce substrat géologique a produit un pays aux collines douces et
aux fonds de vallée recouverts d’alluvions.

Le Tangérois est une zone dominée par la culture des céréales, plus ou moins
intensive, qui a substitué la végétation naturelle mais où l’on trouve encore des résidus : La
forêt diplomatique, par exemple, agrandie par des reboisements postérieurs, ainsi que le
mont d'El Manzla. Cependant, cet ancien espace rural a été intensément modifié et altéré
par la forte croissance urbanistique à Tanger et à ses environs.

35
3. Côte et bassins méditerranéens
Constituant la zone axiale de la chaîne du Rif, couvrent en grande partie les provinces
de Tétouan et de Chefchaouen; la première obéit à des critères géologiques (zone axiale) et
la deuxième à des critères hydrologiques (coïncidant avec les bassins des oueds Laou,
Tilaissass, Amtar et Ouringa). Les deux sous zones (Tétouan et Chefchaouen) ont des
caractéristiques différentes à cause des actions de l’homme la côte de Tétouan présente un
grand développement touristique et des niveaux d’urbanisation élevés, Chefchaouen est
plus montagneuse et ses activités correspondent au secteur primaire qui est l’agriculture
vivrière.
Ces caractéristiques ont fait que la côte de Tétouan-M’diq-Fnideq présente une plus
grande dégradation du paysage et de l’environnement, tandis que les côtes de Chefchaouen
sont encore vierges et nécessitent une attention particulière quant au développement de
projets touristiques surtout au niveau d’Akchour, Jebha et Stihat. C’est ainsi que l’aire de
Chefchaouen s’articule davantage avec l’arrière-pays en couvrant les bassins des oueds
Laou, Ouringa et Amtar. Les fleuves y ont érodés en maintes occasions de profondes vallées
isolées dont l’accès est difficile.

4. Jbala
Le mot arabe Jbala est le pluriel du mot Jebli, qui veut dire « Montagnard », mais le
terme est plus souvent utilisé en tant qu'ethnonyme spécifique des Jbala (Vignet-Zunz,
1995). Correspondant aux sous zones montagneuses et aux vallées intérieures de la zone
rifaine. Les conditions du relief et la configuration du réseau hydrographique, réduisent
l’espace en versants très prononcés dans les vallées intérieures, les transformant ainsi en
authentiques enclaves. Le pays des Jbala, avec l’unité de la côte méditerranéenne, englobent
les formations de végétation naturelle les plus intéressantes de la région: sapin, cèdre,
chêne liège, chênes verts, pino canario et quelques chênes rouvres partagent des zones
écologiques et ont donc une grande importance environnementale.

5. Bas Loukkos
Constituant l’espace naturel le plus développé de la région, grâce à des sols de
qualité et à l’abondance de l’eau et couvrant les plaines alluviales argileuses et le plateau
sableux de Larache, il est caractérisé par une nappe phréatique importante dont. La quasi-
totalité de l’aire est recouverte de sédiments du Quaternaire : le manteau alluvial du bassin

36
du fleuve Loukkos. Cette aire présente un potentiel important pour son développement,
aussi bien au niveau naturel que socio-économique. Vers le milieu naturel sud de cette zone
on découvre la vallée du fleuve Loukkos d’une superficie totale de 156 000 ha dont 70 500
ha irrigables grâce aux conditions favorables sur le plan topographique et des sols
(Monographie générale, 2018). Le reste sera utilisé comme bour aménageable, bour
céréalier ainsi que parcours et inculte en moindre proportion. Enfin, dans sa limite la plus
méridionale, se trouvent les zones d’El Merja et Drader caractérisées par l’existence de
possibilités d’irrigation, des eaux souterraines et, peut-être, par un apport de la zone du
Gharb dans la marge gauche.
IV. Cadre géologique
Le domaine rifain défini par (Choubert & Marçais, 1952), englobe toutes les
montagnes de la chaîne rifaine, les collines qui les bordent vers l’extérieur et les unités
géologiques qui s’y rattachent (Maurer, 1968). Ce domaine est aussi présenté sous le nom
de «Maroc méditerranéen» (De Lamotte et al., 2008).

Le domaine du Rif faisant partie des chaînes alpines, est caractérisé par des
charriages qui ont déterminé sa structure (Figure 4). La chaîne rifaine constitue la charpente
du domaine géologique rifain. Elle comprend un ensemble de nappes qui ont été charriées
les unes sur les autres du Nord vers le Sud. L'argile et le schiste dominent, donnant des
reliefs progressifs et arrondis. Quelques massifs calcaires abritent de superbes canyons
(région de Tahar-Souk notamment). Elle présente des formes géosynclinales caractérisées
par des mouvements orogéniques répétés en plusieurs phases (précoces, préparoxysmales,
paroxysmales au Miocène tardives) et des magmatiques tardives et post-tectoniques
importantes, andésitiques et basaltiques (Oliva, 1977). Classiquement, trois grands
domaines sont distingués, de l’intérieur vers l’extérieur de la chaîne: les zones internes
(Domaine d’Alboran) qui chevauchent les nappes de flyschs elles-mêmes charriées sur les
zones externes. Ces dernières chevauchent à leur tour un socle Paléozoïque, pré-structuré
durant l’Orogenèse hercynienne(Andrieux, 1971).

37
Figure 4 : Carte géologique simplifiée du Rif (Suter, 1980)( carte géologique du Rif au 1/500000).

1. Domaine Externe
C’est un domaine structural vaste, qui représente la marge téthysienne de la plaque
africaine. Il est recouvert par les nappes de charriage de flyschs et en partie par le domaine
interne. Il est subdivisé en trois grandes parties qui sont de l’intérieur vers l’extérieur c’est-
àdire du Nord au Sud: l’Intrarif, le Mésorif, et le Prérif. Celles-ci sont surmontées par des
terrains allochtones secondaires et tertiaires appelés Nappes rifaines (Leblanc, 1979-1990).

i. Intrarif
Il est constitué de l’unité de Ketama, qui affleure exclusivement dans le Rif central
(Andrieux, 1971). C’est une unité parautochtone et épimétamorphique à matériel
schistoquarzitique d’âge liasique à Crétacé inférieur (Andrieux, 1971; Andrieux et al., 1973;
Frizon de Lamotte, 1985). Sa couverture décollée constitue: l’unité de Tanger, qui est
représentée surtout dans la partie occidentale du Rif externe. Sa série stratigraphique
comporte des formations allant de l’Albo-Aptien au Miocène inférieur, mais elle est
largement représentée par les marges argileuses au Crétacé supérieur. Enfin l’unité du

38
Loukkos, qui affleure dans le Rif occidental, les faciès qui prédominent sont les marno-
calcaires de l’Albo-Cénomanien et du Sénomien (Andrieux, 1971).

ii. Mésorif
Le Mésorif, entre l’Intrarif et le Prérif, correspond à des formations d’âge jurassique à
crétacé inférieur. La zone du Mésorif présente des caractéristiques différentes de part et
d’autre de la faille Nekor, dans le Rif occidental et central et dans le Rif oriental (Andrieux,
1971; Monié et al., 1994). Il est formé de terrains allant du Lias au Miocène moyen,
caractérisés par des dépôts argilo-gréseux du Callovo-Oxfordien (Wildi, 1981), et par les
calcarénites du Miocène moyen (Suter, 1965).

iii. Prérif
Il constitue la partie la plus méridionale de la chaine rifaine. Il est limité au Sud par la
plaine du Saïs, sur laquelle sont bâties les villes de Fès et Meknès, à l’Ouest par la plaine du
Rharb et le pays des Zemmour, et vers l’Est. Subdivisé à son tour en Prérif interne et Prérif
externe (Suter, 1980; Wildi, 1981).

 Prérif Interne

Constitué d’écailles apparemment enracinées sous le Mésorif. La série


stratigraphique comprend les calcaires du Lias et du Dogger qui forme les «sofs»,
(alignement dans le paysage des écailles calcaires), appelé également « Grés de Mrayt »
(Tejera de Leon, 1993).

 Rif externe

La nappe prérifaine est un exemple de nappe du Prérif externe, à matrice marnosableuse du


Miocène supérieur où sont emballés des éléments de toutes tailles (Yaïch, 1991). Il constitue
l’une des unités frontales de la chaine du Rif. Son front sud, qui s’arrête au contact des
premiers contreforts de la marge méridionale du bassin du Rharb, passe par la limite Nord
des Rides prérifaines (Faugères, 1978).

2. Domaine Interne
Les zones internes du Rif constituent la partie marocaine émergée du domaine
d’Alboran. Elles sont constituées d’un empilement de trois grands ensembles, de la base vers

39
le sommet et de l’intérieur vers l’extérieur de la chaine: la dorsale calcaire, les Sebtides, et
les Ghomarides.

i. Dorsale calcaire
Elle borde les flancs Ouest et Sud des Ghomarides du Rif septentrional. La dorsale
calcaire correspond à un ensemble d’écailles à ossature carbonatée triasico-liasique massive
de plate forme (Didon et al., 1973; El Hatimi et al., 1991). Cette série surmonte d’autres
séries condensées jurassico-crétacées, coiffées par un matériel tertiaire détritique.

ii. Sebtides
Constituent l’ensemble des terrains métamorphiques et ultrabasiques,
correspondant à des unités polymétamorphiques allant du Carbonifère au Trias. Le complexe
des Sebtides forme un empilement de nappes de protolithes ante-alpins qui affleurent dans
quatre fenêtres tectoniques (Beni Mezala, Ceuta-Monte Hacho, Cabo Negro et Beni Bousera
sous les nappes des Ghomarides (Milliard, 1959).

iii. Ghomarides
Renferment un ensemble de nappes constituées de terrains paléozoïques peu
métamorphiques, à savoir les terrains épi-métamorphiques d’âge Silurien à Carbonifère
(Chalouan, 1986), surmontés d’une couverture mince et discontinue Méso-Cénozoïque. Les
Ghomarides sont constituées de trois écailles (Milliard, 1959) à matériel siluro-dévonien très
déformé (Chalouan, 1983), d’un Carbonifère à faciès discordant, d’un Permo-Trias à grès
rouge et dolomies et d’une couverture secondaire et tertiaire condensée.

3. Domaine des flyschs


C’est un domaine entièrement allochtone. Il chevauche le domaine externe entre le
détroit de Gibraltar et le Rif central à l’Est. Ce domaine est débité en nappes constituées de
matériel Crétacé et Tertiaire (Bouillin et al., 1970; Didon et al., 1973; Suter, 1980). Ces
nappes occupent trois positions structurales : elles sont soit en superposition sur les unités
du domaine interne, soit entre le domaine interne et le domaine externe, ou bien en
position plus externe sous forme de masses isolées sur les unités du domaine externe.

V. Climat
La situation géographique du Rif entre deux mers, traversé par une chaine
montagneuse, se traduit par une gamme complète de climats méditerranéens à influence

40
océanique. Mais on ne peut se contenter de cette affirmation trop générale. En effet, cette
variante du climat méditerranéen présente une grande hétérogénéité, résultat de trois
éléments: l’altitude, la latitude et la continentalité (Monographie générale, 2018).
De par leur situation à l’extrême Nord-Ouest du pays et la variabilité imprimée à leur
relief par les nombreux massifs montagneux de la chaîne du Rif et les plaines côtières, les
bassins du Loukkos, du Tangérois et de la côte Méditerranéenne sont soumis à des
conditions météorologiques variées. Ainsi, l’influence océanique qui caractérise les bassins
du Loukkos et du Tangérois s’atténue progressivement dans les bassins côtiers du Nord avec
une aridité de plus en plus prononcée d’Ouest en Est.

1. Précipitations
Toute la partie du littoral occidental, entre Larache et Martil appartient à la zone
humide ou sub-humide avec des précipitations qui peuvent dépasser 700 mm/an (Figure 5).
La partie Est de la région (particulièrement pour les bas bassins situés entre Jebha et Al
Hoceima) reçoit à peine 400 mm/an (DMNM, 2018).

Figure 5 : Précipitations moyennes annuelles en mm Nord du Maroc (Jihad, 2016) modifiée.

41
2. Températures
En général, les températures restent clémentes en hiver, douces en été aussi bien sur
les côtes qu’en altitude. Elles atteignent rarement 0°C au mois de Janvier et les maxima les
plus fréquents de ce mois oscillent entre 14°C et 18°C. En été, l’atmosphère se réchauffe
sensiblement, les températures maxima les plus fréquentes en Juillet varient de 16°C à 26°C.
Des pics de 32°C à 38°C peuvent être enregistrés quelques jours par an, mais leur fréquence
demeure exceptionnelle. Les mois d'été sont secs mais les chutes de pluie en hiver sont les
plus fortes de la région. La saison des pluies dure de Novembre à Janvier, et il arrive qu'elle
s'étende jusqu'au mois d'Avril (Monographie générale, 2018).

3. Évaporation
L'évaporation potentielle enregistrée quant à elle est importante et varie entre 1200
et 1900 mm/an (1800 mm à 1900 mm dans le bassin du Tangérois et 1400 mm à 1600 mm
dans les bassins côtiers méditerranéens). Elle est maximale en Juillet–Août et minimale en
Décembre-Janvier, alors que les mois de Mai à Septembre totalisent à eux seuls, près de 70%
de l’évaporation annuelle (HCP, 2018). Enfin, et en raison de la proximité du site de Tanger
au détroit, le secteur côtier est très venteux avec des courants d’air de directions
dominantes Est ou Ouest qui s’engouffrent par le couloir de Gibraltar.

4. Climagramme d’EMBERGER
Le climagramme d’EMBERGER permet de déterminer l’étage bioclimatique d’une
2000 P
station donnée. Il est déterminé à partir de la formule (Baldy, 1960) : Q 2 = , dont :
M2 −m2

 P : précipitation annuelle (mm)


 M : la température maximale du mois le plus chaud en °C
 m : la température minimale du mois le plus froid en °C

En appliquant la formule suivante élaborée par STEWART pour l’Algérie et le Maroc,


3.43 P
soit : Q 2 = (Stewart, 1968).
M−m

 Q2 : le quotient pluviométrique d’EMBRGER


 P : Pluviométrie annuelle moyenne en mm.
 M : Moyenne maximale du mois le plus chaud en °C

42
 m : Moyenne minimale du mois le plus froid en °C

Présentation des stations climatologiques

Le choix est porté sur quatre stations climatiques (Al Hoceima, Chefchaouen, Tétouan
et Tanger), réparties au tour de la région du Rif, pour les mêmes séries pluviométriques et
thermiques, avec les caractéristiques suivantes (Tableau 5).

Tableau 5 : les caractéristiques climatiques des stations sélectionnées.

Province ou Longitude (X Latitude (Y Altitude Paramètres climatiques


préfecture en degré) en degré) (Z en m) Pmoy an (mm) M (°C) m (°C)
Al Hoceima 3° 56 '14 35° 15 '05 74 712 29.9 7.7
Chefchaouen 5° 16 '11 35°10'17 564 986 25.1 4.4
Tétouan 5° 22 '06 35° 34 '42 121 763 30.7 7.4
Tanger 5° 47 '59 35° 46 '02 20 820 28.9 8.7

Le quotient pluviothermique d’EMBERGER Q en fonction de la valeur de la moyenne


des températues minimales du mois le plus froid est représenté graphiquement par un
climagramme pluviothermique. Selon la valeur de m et de Q, on peut représenter par un
point (*) l’étage climatique des stations climatologiques choisies sur le climagramme
d’EMBERGER (Figure 6).

Après application de cette formule de Stewart, on constate que :

 La station climatique d’Al Hoceima (Q2 = 110), se trouve et soumise à l’étage


bioclimatique sub-humide à hiver chaud.
 La station climatique de Chefchaouen (Q2 = 163.38), se trouve et soumise à l’étage
bioclimatique humide à hiver tempéré.
 La station climatique de Tétouan (Q2 = 112.32), se trouve et soumise à l’étage
bioclimatique sub-humide à hiver chaud.
 La station climatique de Tanger (Q2 = 139.24), se trouve et soumise à l’étage
bioclimatique humide à hiver chaud.

43
Figure 6 : Projection des stations climatiques dans le climagramme d’EMBERGER.

44
VI. Biodiversité floristique et faunistique

1. Flore
La place primordiale du Rif est due à sa position biogéographique importante comme
arrière-pays de l'empire holarctique (Sauvage, 1959). Il est caractérisé par un gradient
d’altitude responsable de l’étagement de la végétation et un gradient longitudinal
responsable de la variation latérale de la végétation. On y retrouve relativement beaucoup
d'espèces de souche septentrionale qui sont pour la plupart rares.

La côte méditerranéenne du Rif est particulièrement riche en biodiversité. La flore du


Rif et Nord- du Maroc à elle seule, regroupe un total d'environ 3 200 taxons (Valdés, 2002).
S’observent essentiellement dans les zones montagneuses arrosées ou froides à conditions
climatiques favorables (humides et subhumides) pour ces espèces (Figure 7).
Jbel Kbir : C'est la montagne de Tanger. Son versant Nord descend en pente rapide
sur la mer et comporte encore de beaux restes d'une végétation dense plus ou moins
naturelle. Le versant sud offre de belles falaises de quartzite. Or le lotissement gagne
progressivement tout le versant Nord et une carrière a été ouverte dans les falaises. Une
station à Davallia canariensis (L.) Smith a déjà disparu (Fennane et al., 2014; Sauvage, 1959).
L'intérêt unique de cette région réside dans le fait qu'elle représente le seul point du Maroc
situé dans l'étage méditerranéen humide d'Emberger à basse altitude (0 à 300 m). L'herbier
Cosson renferme un échantillon de chêne tauzin provenant de cette montagne. Il semble
disparu depuis longtemps, ce qui est regrettable. Le chêne-liège va suivre (ce qui est moins
grave). Le chêne zène aussi, et surtout tout leur cortège floristique à cette altitude : Satureja
inodora Salz., Genista oxycedrina (Bellakhdar, 1997; Sauvage, 1959).
Sur le plan taxonomique la flore endémique du Rif se répartit entre environ 215
espèces et sous espèces. En effet, pas moins de 102 taxons endémiques ibéro-marocains se
rencontrent dans le Rif, ce chiffre n'est atteint dans aucune des autres régions. Cette
richesse endémique de la flore du Rif est la conséquence directe de l’ancienneté de sa mise
en place, mais aussi des évènements géologiques et facteurs écologiques variés qui se sont
succédé dans la région depuis plusieurs millions d’années (Fennane, 2018; Fennane et al.,
1998). Ce couvert végétal est en constante dégradation en raison des défrichements qui,
conjugués au relief accidenté de la zone et au faciès des sols, favorisent l’érosion, considérée

45
parmi les plus fortes du Maroc, avec pour conséquence directe la perte de terres agricoles et
l’envasement de retenues des barrages.

Figure 7 : carte générale de la végétation du Maroc, d’après la carte de l’UNESCO (White, 1986)
modifiée.

2. Faune
La faune terrestre est également riche. L’avifaune est particulièrement diversifiée,
avec plus de 150 espèces, partagées entre espèces strictement marines, espèces limicoles et
espèces terrestres se rencontrant fréquemment sur la bande côtière (le balbuzard pêcheur,
le Goéland d'audouin, le faucon pèlerin, l'aigle botté, l'aigle de bonelli, le circaète Jean le
blanc, l'aigle royal, l'aigle ravisseur, le vautour fauve, etc (Franchimont & Saadaoui, 1998).

46
La richesse et la diversité des espèces présentes sur les côtes méditerranéennes du
Maroc, ont amené la création de nombreux espaces protégés, dont des SIBE (site d’intérêt
biologique et ecologique), des sites RAMSAR, et des parcs naturels. Les deux parcs
nationaux: de Talassemtane et d’Al Hoceima, ainsi que le parc naturel régional de
Bouhachem témoignent d'une riche biodiversité régionale et d’une faune et flore variées. La
montagne est entourée d’une cédraie naturelle et le parc inclut plusieurs espèces de
mammifères. Il est à noter que des cerfs d'Afrique du Nord ou cerf de berbèrie y ont été
réintroduits en 1994 (Monographie générale, 2018).
 Parc national de Talassemtane
Le parc crée en 2004, adossé à la ville de Chefchaouen et s'étendant sur 58 950
hectare offre des paysages d'une rare qualité où la pierre et l'arbre, la roche et la forêt, les
immenses points de vue et les gorges profondes s'associent étroitement (APDN, 2013).
Le parc renferme les seules sapinières marocaines, derniers témoins d'un écosystème
unique sur le plan mondial et aujourd'hui menacé de disparition. Ces sapinières constituent
le cœur de la zone centrale du parc, qui s'étend sur 3 000 ha (Boukil, 1998). On recense plus
de 1 380 espèces végétales sur l'ensemble du Parc, dont des espèces endémiques comme le
sapin du Maroc et le pin noir (Rhattas et al., 2016). Le parc constitue aussi un refuge de choix
pour plus de 35 espèces de mammifères dont la plus connue est le singe magot, qui
fréquente les nombreuses grottes disséminées dans les montagnes. L'avifaune est très riche
avec plus de 100 espèces recensées, dont certaines sont emblématiques comme l'aigle royal
(Kettani et al., 2010).
 Parc national d’Al Hoceima
Le parc national d'Al Hoceima a été créé en 2004 et s'étend sur une superficie de 48
460 ha englobe une partie terrestre (Massif des Bokkoyas) et une partie située en mer. Il
offre une qualité esthétique exceptionnelle, englobant les sites côtiers les mieux préservés
de la côte Nord marocaine, avec de hautes falaises et un arrière-pays montagneux (HCP,
2018).
Le parc compte plusieurs espèces de mammifères. Par ailleurs, il est caractérisé par
une grande diversité spécifique marine illustrée notamment par la présence d’espèces rares
en méditerranée. On y retrouve par exemple la grande patelle, grande cigale, corail
rouge...etc. Le mérou est particulièrement bien représenté, tandis qu’il se raréfie ailleurs en
méditerranée occidentale. L'existence de falaises intérieures et côtières, ainsi que des vastes

47
vallées et des gorges font du parc un lieu idéal pour l’existence de tous types d'oiseaux,
principalement les rapaces (El Hadri et al., 2019).
 Parc naturel régional de Bouhachem
Ce parc couvre 80 000 hectares abrite des formations forestières parmi les plus belles
du Maroc et à la biodiversité floristique élevée : zénaie (Quercus canariensis Willd.), tauzaie
(Quercus Pyrenaica Willd.), subéraie (Quercus suber L.), pinède (Pinus pinaster var.
maghrebiana Villar) ou encore cédraie (Cedrus atlantica (Endl.)) (APDN, 2013). 32 espèces de
mammifères (dont 11 espèces endémiques, rares ou menacées), 29 espèces de reptiles
(dont 6 endémiques) et 91 espèces d'oiseaux (dont 32 endémiques, rares ou menacés)
cohabitent dans les limites du site et notamment le milan royal, l’aigle royal, le faucon
pèlerin et le hibou grand-duc (Franchimont & Saadaoui, 1998).

VII. Population
Sur la base de projections de la population de 2018, la région Tanger-Tétouan- Al
Hoceima abrite une population de 3 725 191 habitants, représentant 10.6% de la population
du Maroc. La population urbaine s’élève à 2 287 315 habitants (Tableau 6), traduisant un
taux d’urbanisation de 61.4%, contre 62.4% enregistré au niveau national (CERED-HCP,
2018).

Tableau 6 : Population selon les provinces et préfectures et le milieu de résidence, Région Tanger-
Tétouan-Al Hoceima, 2018.

Provinces /Préfectures Urbain Rural Ensemble


Al Hoceima 141 174 257 018 398 192
Chefchaouen 60 618 411 640 472 258
Fahs-Anjra - 80 694 80 694
Larache 273 305 231 998 505 303
Ouezzane 72 166 226 662 298 828
M'Diq-Fnideq 225 921 12 058 237 979
Tanger-Assilah 1 100 912 61 922 1 162 834
Tétouan 413 219 155 885 569 104
Région 2 287 315 1 437 877 3 725 192
Maroc 21 968 101 13 251 446 35 219 547
Région / Maroc 10,4% 10,9% 10,6%

48
Selon le dernier recensement de la population de 2014, la région du Tanger Tétouan-
Al Hoceima est classée la cinquième des régions avec une population de 3 549 512 habitants,
soit une part de 10.49 % de la population totale du pays (Tableau 7).

Tableau 7 : Recensement de la population de 2014 de la région du Tanger Tétouan-Al Hoceima.

Province / A la date de référence du RGPH 2004 A la date de référence du RGPH 2014


Préfecture
Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble

AL Hoceima 122 846 272 798 395 644 137 369 262 285 399 654

Chefchaouen 48 962 373 929 422 891 57 329 399 960 457 289

Fahs Anjra - 67 433 67 433 - 76 403 76 403

Larache 238 158 234 228 472 386 265 346 230 928 496 274

M'diq-Fnideq 129 166 11 610 140 776 197 483 11 835 209 318

Ouezzane 67 313 237 215 304 528 70 113 230 390 300 503

Tanger-Asilah 728 888 58 073 786 961 999 782 60 520 1 060 302

Tétouan 338 219 139 995 478 214 397 393 152 376 549 769

Région 1 673 552 1 395281 3 068 833 2 124 815 1 424 697 3 549 512

En termes d’accroissement annuel moyen, la population de la région s'est accrue au


rythme de 1.49% par an durant la période intercensitaire 2004-2014, une progression qui
reste relativement plus forte que celle constatée au niveau national (1.25%). Selon le milieu
de résidence, la population urbaine de la région a progressé de 2,45% par an, au moment où
la population rurale n’a augmenté que de 0.21% par an. Alors qu’au niveau national, les
populations urbaine et rurale se sont accrues aux rythmes annuels de 1.86% et 0.39%
respectivement (Figure 8).

49
Pourcentage % Rural Urbain
100%

80%

60%

40%

20%

0%

Figure 8 : Mélange par milieu de résidence et province/préfecture.

L’indice synthétique de fécondité en 2014 de la région est de 2.2 enfants par femme,
équivalent à celui national à signaler que 8.2% de la population de Tanger-Tétouan-Al
Hoceima parlent Tarifit et 97.3% parlent Darija (HCP, 2014).

Tableau 8 : Ménages par milieu de résidence et province/préfecture le sexe et la langue.

Province Ou Masculin Féminin Ensemble


Préfecture Arabe seul Amazigh Arabe seul Amazigh Arabe seul Amazigh
AL Hoceima 32.1 46.6 30.3 39.1 31.2 42.8
Chefchaouen 97.6 1.4 97.7 1.2 97.7 1.3
Fahs Anjra 97.0 1.9 97.2 1.6 97.1 1.8
Larache 95.9 2.9 95.9 2.8 95.9 2.9
M'diq-Fnideq 86.4 12.2 87.5 10.9 86.9 11.6
Ouezzane 98.5 0.7 98.6 0.5 98.5 0.6
Tanger-Asilah 89.1 9.0 89.9 8.2 89.5 8.6
Tétouan 93,0 5.9 93.1 5.7 93.1 5.8
Région 86.2 10.2 86.2 9.1 86.2 9.6

La répartition géographique de la population régionale fait ressortir la préfecture de


Tanger-Assilah comme la plus peuplée avec 30% da la population de la région Tanger-

50
Tétouan-Al Hoceima. Cette constatation s’affirme encore plus par milieu de résidence
puisque la population urbaine ce cette préfecture constitue près de la moitié de la
population urbaine régionale (HCP, 2014). Par ailleurs, se sont les préfectures de Tanger-
Assilah et de M’diq-Fnideq qui ont vu le poids de leur population s’accroître entre 2004 et
2014 au détriment des autres provinces de la région (Tableau 9). Les préfectures de M'Diq-
Fnideq et de Tanger-Asilah ont enregistré les taux d'accroissement les plus fort : 8.11% et
3.13% respectivement, suivies de loin par la province de Chefchaouen (0.79%) et de la
province de Tétouan (0.62%) alors que la province de Fahs-Anjra et de Ouezzane
enregistrent des taux négatifs les plus bas de la région (-0.04% et -0.13% respectivement), la
province de Larache et d’Al Hoceima quant à elles affichent respectivement les taux de
0.50% et 0.10% (HCP, 2014).

S’étendant sur une superficie de 17 262 km2, soit 2.43% du territoire national et
compte 3 557 milliers d’habitants, soit une densité de 206 habitants au km 2, la région de
Tanger Tétouan Al Hoceima est constituée de quatre unités environnementales homogènes.
Il s’agit d’aires spatiales plus ou moins étendues qui présentent des caractéristiques
semblables quant à leurs conditions naturelles (HCP, 2014).

Tableau 9 : Superficie et densité par province / préfecture.

Province / Superficie (en Population (en milliers) Densité (Hab. /km2)


préfecture Km2) 2004 2014 2004 2014
Al Hoceima 3 550 396 400 112 113
Chefchaouen 3 339 423 457 127 137
Fahs Anjra 733 67 76 91 104
Larache 2 683 472 496 176 185
M'diq-Fnideq 213 141 209 664 984
Ouezzane 1 999 305 301 153 151
Tanger-Asilah 952 787 1 060 827 1 113
Tétouan 2 541 478 550 188 216
Région 16 010 3 069 3 549 2 338 3 003

La région est la troisième des régions les plus densément peuplées du pays après les
régions Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kenitra, avec un rapport de 206 habitants au km²,

51
comparée à la densité de l'ensemble du Maroc (47.6), Au niveau communal, la densité varie
de 28 habitants par Km² (21 communes ont une densité inférieure à 50 habitants par Km²) et
18 mille habitants/Km² au niveau de M’diq et Tanger (14 communes ont une densité
supérieure à 500 habitants par Km²).

VIII. Activités socio-économiques


Dans la région de Tanger Tétouan Al Hoceima, les habitants vivent essentiellement
d’agriculture, d’élevage, de pêche maritime, de forêt et dans une autre mesure, de
ressources de tourisme. Chaque localité de cette région est caractérisée par un profil
économique bien distinct (Monographie générale, 2018).
En effet, la préfecture de Tanger-Asilah se distingue par son caractère plutôt
industriel et touristique, la province de Larache se trouve à l’avant-garde régionale en
matière d’agriculture et de pêche, alors que celle de Tétouan, profitant de sa proximité de
Sebta, a toujours connu une forte activité commerciale et touristique. Quant à Chefchaouen,
elle se caractérise par la présence des activités artisanales et touristiques et pour Al
Hoceima, la pêche a toujours joué un rôle important et recèle d’importantes opportunités
d’investissement dans les domaines de l’aquaculture et de l’industrie de transformation. Le
décrochage entre l’économie et la démographie, accrue par des flux migratoires importants,
apparaît déjà, en force, sur la scène urbaine.

1. Agriculture
Le secteur de l’agriculture l’un des piliers de l’économie marocaine, a constamment
constitué une priorité dans la stratégie de développement économique et social du pays. Si
le secteur agricole constitue le principal moteur de l’économie national, ce constat l’est
devenu aussi pour la région de Tanger-Tétouan AL Hoceima. En effet, cette région, se
caractérise par une diversité géomorphologique et climatique qui lui a permis de développer
un fort potentiel agricole notamment au niveau de la plaine de Loukkos. Ce secteur connaît
actuellement un développement continu lui permettant d’occuper une position de choix
dans le développement économique de la région avec 14% du PIB (HCP, 2018).

Au niveau de l’économie de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, le secteur agricole


occupe également une place importante, aussi bien par les emplois offerts (77.8% de la

52
population active occupée rurale en 2016) que par les effets induits sur la création d’unités
agro-industrielles.

i. Principaux intervenants dans le domaine agricole


Le secteur agricole de la région Tanger-Tétouan est caractérisé par l’intervention de
deux acteurs principaux. Il s’agit de l’office régional de mise en valeur agricole du loukkos
(ORMVAL) d’une part et des directions provinciales de l’agriculture (DPA) d’une autre
(Monographie générale, 2018).
L’ORMVAL
Établissement public jouissant de la personnalité morale et de l’autonomie
financière, a été créé par Dahir en 1975. Ce dahir délimite sa zone d’influence et ses
attributions dans les domaines de l’équipement, la gestion des eaux et la mise en valeur
agricole et animale. Les attributions assignées à l’ORMVAL peuvent être résumées comme
suit:
 Contribuer à la réalisation de sécurité alimentaire (production de sucre, d’huiles,
de lait et de céréales essentiellement),
 Contribuer à l’amélioration de balance commerciale du pays par l’exportation
des produits agricoles,
 Améliorer le revenu de la population rurale et créer des opportunités d’emploi
en vue de lutter contre l’exode rural.
La zone de Loukkos s’étend sur une superficie de 2 560 km² dont 1780 km² (69.5%)
relèvent de la province de Larache. C’est ainsi que la zone d’action de l’ORMVAL couvre à
peu près les deux tiers du territoire provincial de Larache (64%) et englobe les deux
municipalités (Larache et Ksar El Kébir) et 12 communes rurales (la totalité du cercle de Ksar
El Kébir et 3 communes du cercle de Larache). Trois types de relief sont présents au niveau
de la zone : la plaine de Loukkos, les plateaux de R’mel et les collines karstiques.
DPA
L’autre intervenant dans le domaine agricole est identifié dans les directions
provinciales de l’agriculture (DPA). La zone d’action de celles-ci s’étend sur l’ensemble de la
Wilaya de Tanger (préfecture de Tanger-Asilah et province de Fahs Anjra), de la préfecture
de M’diq-Fnideq, des provinces de Tétouan, Chefchaouen, de 5 communes rurales de la
province de Larache (cercle de Larache) et la province d’Al Hoceima. En d’autres termes, la

53
zone d’influence de DPA couvre 85% de la superficie totale de la région Tanger-Tétouan. Les
DPA disposent d’un ensemble de structures d’encadrement des exploitants agricoles
installés dans leur zone d’intervention.

ii. Ressources en terres


Dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, la superficie agricole utile (SAU) s’étend
en 2016, sur 722 441 ha environ (Figure 9)., représentant ainsi 42% du territoire régional. La
province d’Al Hoceima, avec 24% de la SAU régionale, occupe la première place en superficie
agricole utile dans la région, suivie par les provinces d’Ouezzane avec 22% et Larache (20%).
La répartition de la SAU selon le statut juridique révèle la prépondérance des terres Melk
(92.9%), les terres collectives n’en représentent que 2.5% (Monographie générale, 2018).

SAU en ha Melk Collectives Habous Guich Domaniales

180 000
160 000
140 000
120 000
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0

Figure 9 : Statut juridique rencontré dans la région de Tanger Tétouan Al Hoceima.

Le mode de faire valoir direct d’exploitations est prépondérant dans la région


puisqu’il concerne 89% de la SAU (Figure 10). Le reste de la SAU est exploité à 4.5% en
location et à 6.5% en Bail en nature. Les terres irriguées s’élèvent, en 2016 dans la région à
56 125 ha, soit 9% des terres labourées, dont 35% localisées dans la province de Larache et
27% à Al Hoceima. Eu égard aux importantes ressources en eau dont dispose la région, les
superficies irriguées restent encore faibles et peuvent être étendues (D.P.A & ORMVAL,
2017).

54
[Link]
Jachère Permane
4% Boisements
Plantations Denses 0% Forêstiers
4% 0%

Terres de Labour
46%

Bours Irriguées
42% 4%

Figure 10 : Les superficies agricoles utiles (ha) selon les utilisations et la province / préfecture,
2016.

L’agriculture au niveau de la région, contribue considérablement, à travers les


différentes filières de production végétales et animales, à la promotion l’économie de la
région en engendrant une valeur de production moyenne d’environ 5.8 milliards de dirhams
et un nombre total de journées de travail avoisinant les 23.65 millions par an (MAPM, 2018).

55
Chapitre II : Méthodologie
Introduction

Parmi les disciplines scientifiques qui s’intéressent à la phytothérapie traditionnelle,


l’ethnobotanique est considérée comme une science qui permet de traduire le savoir faire
populaire oral en savoir scientifique écrit. Il s'avère indispensable pour la connaissance des
plantes médicinales et leurs utilisations en pharmacopée.

I. Type d’étude
C’est un travail de terrain qui consiste à aller à la rencontre des utilisateurs des
plantes médicinales pour s’enquérir de leur méthode de traitement des maladies par les
remèdes à base de plantes aromatiques et médicinales. Il s’agit donc d’une étude
prospective observationnelle, transversale et quantitative.

II. Date et temps de déroulement de l’enquête


Notre étude s’est déroulée du 1 Juillet 2016 au 30 Juillet 2018. Généralement le
temps de l’interrogatoire des enquêtés variait de 20 à 40 minutes.

III. Lieux de déroulement de l’enquête


L’enquête a été réalisée dans la région du Rif marocain : ‫ الريف المغربي‬situé au Nord
du Maroc, les provinces et les préfectures considérées sont (Figure 11):

 Al Hoceima
 Chefchaouen
 Tétouan
 Fahs Anjra

56
Figure 11 : Situation géographique de la région d’étude (Fennane et al., 1999), carte modifiée.

IV. Outils et procédures de collecte des données


Avant de sortir sur le terrain pour mener l’étude ethnobotanique proprement dite,
nous avons procédé à la localisation des différents sites d’enquêtes dans la zone d’étude.
Ensuite des enquêtes, basées sur les interrogations directes et les questionnaires semi-
structurés ont été administrés, par le biais d'entretiens face à face et de groupes de
discussion. Le questionnaire utilisé comprend deux parties (Annexe A), la première partie a
été axé sur les informations relatives aux personnes interrogées, la deuxième partie collecte
des renseignements concernant chaque plante aromatique et médicinale utilisée par
l’enquêté pour soigner et guérir les maladies. Ce questionnaire préétablie comporte des :

 Questions fermées
 Questions ouvertes
 Questions semi-ouvertes.

57
V. Échantillonnage
Dans ce travail, l’échantillon a été élaboré grâce à un mode d’échantillonnage
probabiliste (aléatoire) stratifié (Godron, 1971) non proportionnel, il est divisé en groupes ou
strates, ayant concerné les villes, les villages, les douars et les souks hebdomadaires de la
région d’étude. On s’est basé sur les facteurs écologiques (climat, sol, altitude), la végétation
et la distribution de la population.
Dans la région d’étude, nous avons choisi 28 strates les plus représentatives. Cela a
été fait sur la base de la présence de toutes les catégories de la population qui utilisent les
plantes aromatiques et médicinales (herboristes, pharmaciens, tradipraticiens, herboristes,
récolteurs de plantes, guérisseurs et autres). Qui ont été informés de l'objectif de cette
étude après avoir obtenu leur confiance et ont été régulièrement interrogés en Amazigh ou
en Arabe dialectes en fonction de la langue parlée par chaque cas, afin de collecter et de
documenter les connaissances locales sur l’utilisation des plantes aromatiques et
médicinales pour traiter les différents types de maladies (Figure 12).
En procédant par un échantillonnage aléatoire stratifié (Kahouadji, 1986), des
échantillons sont ensuite formés dans chacune des 28 strates, dont sept communes urbaines
[S1 : Al Hoceim (40), S12 : Chefchaouen (40), S15 : Tétouan (40), S19 : Martil (40), S20 : Md’q
(40), S21 : Fnideq (40), S26 : Tanger (41)] et vingt-et-un communes rurales [S2 : Ajdir (35), S3 :
Izefzafen (30), S4 : Bni Hadifa (30), S5 : Targuist (40), S6 : Tizi n Tchin (30), S7 : Issaguen (34), S8
: Bab Berred (35), S9 : Cherrafate (30), S10 : Bab Taza (30), S11 : Derdara (29), S13 : Akchour
(35), S14 : Fifi (30), S16 : Bni Karrich (40), S17 : Mallalyène (35), S18 : Zinat (36), S22 : Belyounich
(35), S23 : Melloussa (39), S24 : Ksar Esghir (34), S25 : Bni Ouassin (36), S27 : Al Bahraouiyne (39),
S28 : Jouamaa (39)] et ils sont mis ensemble pour constituer l’échantillon global de 1 000
personnes. Sachant que le nombre de personnes enquêtées varie d’une strate à une autre
en fonction de l’abondance des plantes médicinales recherchées (Annexe B).
Les strates ont été sélectionnés, pour la plupart, sur la base de leur accessibilité, de
leur situation dans la région d’étude et du fait que les coopératives intéressées par les PAM
sont organisées (Beni karrich, Belyounech, Derdara, Melloussa) et réputés pour avoir une
bonne connaissance sur l’utilisation des plantes aromatiques et médicinales. Ces techniques
nous paraissaient adéquates pour réaliser des enquêtes ethnobotaniques variées d’une
strate à une autre dans la région d’étude (Lahsissene et al., 2009).

58
Figure 12: Répartition des strates d’enquêtes dans la région d’étude.

VI. Critères d’inclusion


Les enquêtes sont menées dans les hôpitaux, les pharmacies, les maisons, les
mosquées, les douars, les villages et les souks hebdomadaires auprès des pharmaciens, des
herboristes, des guérisseurs traditionnels, des médecins traditionnels, des praticiens, des
sorciers, des récolteurs de plante, des croyants, des spiritualistes, des autochtones et des
thérapeutes rencontrés qui ont été informés sur l'objectif de cette étude et sont interviewés
régulièrement afin de gagner leur confiance. Ce sont des gens nés et ayant vécus dans le Rif,
sérieux et âgés entre 17-95 ans.

VII. Critères d’exclusion


La participation à l’étude est unique, chaque personne s’engage à ne compléter le
questionnaire qu’une seule fois. Il est anonyme et ne donne lieu à aucune interprétation
individuelle. Ils sont exclus de l’enquête, toute personne n’ayant jamais utilisée les plantes

59
médicinales pour un objectif thérapeutique. Ainsi que toute personne passagère issue d’une
région autre que celle de Rif. Le questionnaire est destiné à toute personne autochtone se
déclarant volontaire pour participer à l’enquête et s’engageant à y répondre sincèrement.

VIII. Identification et conservation des espèces végétales


La classification des PAM est basée sur les réponses obtenues par les interviewés,
une même plante aromatique et médicinale peut avoir plusieurs noms vernaculaires Arabes
et Amazighs selon les régions rifaines. Ils sont tous mentionnés dans notre inventaire.

La méthode standard a été suivie de la collecte des matériels végétales, du séchage,


du montage, de la préparation et de la conservation des spécimens de plantes (Jain, 1964),
les espèces de plantes médicinales ont été collectées, préparées et identifiées. Les plantes
avec leur nomenclature correcte ont été classées par ordre alphabétique par nom de famille,
nom vernaculaire et usages ethnomédicinaux.

L’identification et la nomenclature des plantes documentées ont été fondées sur un


certain nombre d’ouvrages essentiels tels :

 Catalogue des plantes du Maroc (Jahandiez & Maire, 1932),


 Catalogue des plantes du Maroc (spermatophytes et ptéridophytes) (Emberger
& Maire, 1941),
 Les plantes médicinales du Maroc (Sijelmassi, 1993),
 Le catalogue des plantes vasculaires du Nord du Maroc, incluant des clés
d'identification (Valdés, 2002),
 La flore pratique du Maroc – manuel de détermination des plantes vasculaires,
volumes I, II et III (Fennane et al., 1999-2014; Fennane & Ibn-Tattou, 2007).

Elles ont ensuite été vérifiées au laboratoire de nutrition, santé et environnement,


département de biologie, faculté des sciences, Université Ibn Tofail Kenitra, Maroc. Tous les
spécimens conservés ont été déposés à l’Herbier de l’université Ibn Tofail.

Il y a aussi d'autres plantes qui ont été classées dans plusieurs catégories, mais elles
ne sont développées que dans la catégorie dans leurs propriétés médicinales
particulièrement reconnues. Par exemple l’ail est développé dans les plantes digestives est
parfois cité pour traiter les affections métaboliques. Elles sont réparties dans 8 catégories :

60
 Les plantes actives sur les affections dermatologiques
 Les plantes actives sur les affections ostéo-articulaires
 Les plantes actives sur les affections cardio-vasculaires
 Les plantes actives sur les affections du système digestif
 Les plantes actives sur les affections du système respiratoire
 Les plantes actives sur les affections génito-urinaires
 Les plantes actives sur les affections neurologiques
 Les plantes actives sur les affections métaboliques

IX. Déclaration d'éthique et consentement à participer


Les lettres de consentement ont été obtenues du département de biologie, faculté
des sciences de l’université Ibn Tofail et un accord avec les autorités locales de :
Chefchaouen, Al Hoceima, Tetouan et Tanger. La collecte de données a été effectuée avec
un soin particulier sur la base de la vision culturelle des sites locaux dans la région d'étude.
Les informateurs ont été également informés que les objectifs de la recherche n'étaient pas
à des fins commerciales mais pour des raisons académiques. Les participants ont donné leur
consentement éclairé verbal pour participer à cette étude. Ils étaient libres de retirer leurs
informations à tout moment. Enfin, les informateurs ont accepté l'idée et ils ont clairement
accepté que leurs noms et leurs données personnelles soient publiés.

X. Traitement des données


Les données recueillies sont enregistrées sur des fiches pour être analysées et
étudiées à la fin. Ensuite ces données ont été saisies et analysées par Microsoft Excel 2010 et
IBM-SPSS Statistics Base 21 (logiciel d'analyse statistique fournissant les fonctions de base,
pour maîtriser le processus analytique).

XI. Analyses statistiques


Des méthodes statistiques descriptives et quantitatives ont été réalisées (ANOVA
One-way, valeurs de p de 0,05 ou moins ont été considérées comme significatives) par SPSS
(Statistical Package for Social Sciences) pour tester la relation entre les données
sociodémographiques des informateurs et les connaissances ethnomédicinales. Les résultats
de l'enquête ethnobotanique ont été analysés à l'aide de la valeur d'importance familiale

61
(FIV), de la fréquence relative de citation (RFC), de la valeur d’une partie de plante (PPV), du
niveau de fidélité (FL) et du facteur de consensus des informateurs (ICF).

1. Valeur d'importance familiale (FIV)


La valeur d'importance familiale (FIV), identifie la signification des familles de plantes.
C’est un indice d’importance culturelle qui peut être appliqué en ethnobotanique pour
calculer une valeur de taxon d’une plante biologique. Pour calculer la FIV, nous utilisons la
FCfamily
formule suivante : FIV = . Où FCfamily est le nombre d'informateurs mentionnant la
NS

famille et NS = le nombre total d'espèces dans chaque famille (Sreekeesoon &


Mahomoodally, 2014).

2. Fréquence de citation (FC)


La fréquence de citation permet ainsi d’évaluer la crédibilité des informations reçues
et le niveau de connaissance des plantes de la population enquêtée (Betti, 2003). La
fréquence de citation (FC) d’une espèce correspond au nombre d’enquêtés ayant cité
l’espèce.

3. Fréquence relative de citation (RFC)


La fréquence relative de citation (RFC) est obtenue en divisant la fréquence de
citation (FC) par le nombre total d'informateurs de l'enquête (N=1000). La valeur de RFC
pour les espèces médicinales est basée sur le pourcentage citant des informateurs pour
chaque espèce. La valeur de RFC a été calculée en utilisant la formule suivante (Tardío &
FC
Pardo-de-Santayana, 2008) : RFC = avec (0 < RFC < 1). Les espèces ayant une fréquence
N

relative de citation très significative sont celles ayant un niveau d’usage élevé.

4. Valeur d’une partie de plante (PPV)


La valeur de la partie de plante (PPV) a été calculée en utilisant la formule suivante
RUPlant part
: PPV = . Où RU est le nombre d'utilisations déclarées de toutes les parties de
RU

plante et RUPlant part est la somme des utilisations déclarées par partie de la plante. La
partie présentant l'indice de PPV le plus élevé est la plus utilisée par les répondants.

5. Niveau de Fidélité (FL)


Cet indice s’utilise dans le même domaine des usages médicinaux que le précédent.
Donc son utilisation aussi peut être élargie à d’autres usages tels que l’usage alimentaire et

62
l’usage du [Link] niveau de fidélité (FL) est le pourcentage d'informateurs qui ont
mentionné les utilisations de certaines espèces de plantes pour traiter une maladie
particulière dans la région d'étude. L'indice FL est calculé à l'aide de cette formule (Friedman
Np
et al., 1986) : FL (%) = x 100.
N

Où Np est le nombre d'informateurs qui déclarent l’utilisation d’une espèce de plante


pour traiter une maladie particulière et N est le nombre d'informateurs qui utilisent ces
plantes comme médicament pour traiter une maladie donnée.

6. Facteur de consensus des informateurs (ICF)


C’est un indice qui est souvent utilisé pour les usages médicinaux des plantes. Mais
son utilisation peut être élargie à d’autres catégories d’usages qui peuvent être subdivisés en
des sous- catégories d’usages. Le facteur de consensus des informateurs a été dérivé afin de
rechercher un accord entre les informateurs sur les remèdes rapportés pour chaque groupe
Nur−Nt
de maladies (Heinrich, 2008) : ICF = . Où Nur est le nombre de rapports d'utilisation
Nur−1

dans chaque catégorie de maladie et Nt est le nombre d'espèces utilisées.

63
64
Partie III : Résultats et discussion
Introduction

Les résultats présentés dans cette étude ont été discutés à l’aide des figures réalisées
à partir de traitements statistiques descriptives et quantitatives qui regroupent toutes les
connaissances éthnomédicinales traditionnelles rifaines. Pour l’ensemble des espèces
recensées nous allons les représenter sous forme d’un catalogue.

I. Catalogue des plantes aromatiques et médicinales répertoriées dans


le Rif
Dans le cadre de cette étude, nos investigations ont permis de recenser 280 espèces
et sous espèces utilisées à des fins médicinales. Ces espèces médicinales appartiennent à
204 genres et 70 familles botaniques qui ont été utilisées pour traiter différentes maladies
dans la région du Rif. En effet, pour chaque plante répertoriée, le catalogue contient la
famille, le nom scientifique, le nom vernaculaire, le nom français, la partie utilisée et
l’utilisation adoptée par la population locale rifaine. Le catalogue souligne aussi la toxicité
éventuelle et les contre-indications de nombreuses plantes recensées.

Aizoaceae

Mesembryanthemum acinaciformis L. (Bousbayeaa, Griffe de sorcière : Doigt de sorcière)


– Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

En cataplasmes, elle agit sur les brûlures et les plaies superficielles. Elle calme les
zones touchées par les piqûres d'insectes. Elle apaise les rougeurs et les prurits. Elle permet
de diminuer les œdèmes ou les gonflements (Bellakhdar, 1997). La plante est préconisée
contre les quintes de toux convulsives et les bronches encombrées. Elle entre dans le
traitement de la tuberculose et des affections pulmonaires. Elle est utilisée pour le soin des
peaux irritées (brûlures, plaies ou piqûres).

65
Amaranthaceae

Atriplex halimus L. (Legtef : Armas : El hetba, Arroche sauvage : Fessecul) – Plante


sauvage, Localité : Tétouan, Izefzafen, Ajdir, Bab Taza.

Les feuilles, en infusion, sont utilisées comme antidiarrhéiques (Kahouadji, 1995). Le


décocté de feuilles est administré contre le diabète, les calculs rénaux et le froid. Les feuilles,
en décoction dans le thé, sont recommandées contre le rhumatisme (Bellakhdar, 1997). Le
broyat de feuilles mélangé au liquide des bougies est appliqué comme massage pour traiter
le rhumatisme. La poudre de feuilles ajoutée au lait fermenté est utilisée comme
antidiabétique. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996).

Beta vulgaris L. (Chamandar : Lbarba, Betterave commune : Bette-épinard) – Plante


cultivée, Localité : Tanger, Issaguen, Tétouan, Fnideq, Md’q.

Les feuilles de Beta vulgaris L. sont à consommer en cas d’inflammation des voies
urinaires, les graines en infusion sont utilisées contre la constipation, l’anémie et la
congestion de la rate suite à un problème infectieux (Bellakhdar, 1997). En cataplasme, les
feuilles cuites et écrasées permettent de soulager les abcès, de traiter les croûtes de lait du
nourrisson ou les mycoses interdigitales.

Chenopodium album L. (Labda : Baremren : Blito, Chénopode blanc : Ansérine blanche) –


Plante sauvage, Localité : Toutes la région d’étude.

L’infusion de feuilles de Chenopodium album L. est utilisée contre les maux


duodénaux et gastriques. Les graines peuvent être utilisées en farine ou cuite contre les
problèmes rénaux, hépatiques, arthritiques et lithiasiques. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Chenopodium ambrosioides L. (Mkhinza, Ansérine) – Plante cultivée, Localité : Tétouan,


Tanger, Ajdir, Bab Taza, Bab Berred, Chefchouaen.

Une décoction de tige et de feuille est utilisée dans le traitement des douleurs gastro-
intestinales, du ballonnement intestinal et des parasitoses intestinales (ascaridiose)
(Bellakhdar, 1997). Le jus de feuilles fraîches mélangé avec le jus d’orange est utilisé en cas
de constipation, le cataplasme en feuilles est efficace contre l’eczéma (Kahouadji, 1995). La

66
poudre, en décoction, est prescrite contre la toux, le froid, la fièvre et la diarrhée. N.B: C'est
une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945; Jamila & Mostafa, 2014).

Chenopodium murale L. (Talekutta, Chénopode des murs) – Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Les graines, en infusion, sont utilisées comme un produit nutritif. La poudre de


feuilles est administrée contre les maux gastriques (Bellakhdar, 1997). Le décocté de fruit de
Chenopodium murale L. dans la soupe est utilisé par les femmes pour traiter la stérilité due
au froid du vagin. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Salsola kali L. (El Herd, Soude brûlée) – Plante sauvage, Localité : Tétouan, Izefzafen, Bni
Hadifa, Targuist, Bab Taza, Fnideq.

L’infusion de la plante fraîche de Salsola kali L. est utilisée pour combattre la diarrhée
et les douleurs gastriques. Les feuilles peuvent être ajoutées aux céréales comme
aromatisants. N.B : C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

Spinacia oleracea L. (Sabanikh : Selq : Baqqola romya, Epinard) –Plante cultivée, Localité :
Tétouan, Tanger, Chefchouaen.

Les feuilles fraîches sont bouillies avec la mauve et utilisées par voie orale contre le
refroidissement (Bellakhdar, 1997). La poudre de feuilles en cru est employée contre les
maux gastriques et cardiaques.

Amaryllidaceae

Allium cepa L. (Bassla : Azalim, Oignon) – Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Le broyat de bulbe d’oignon se met sur les cheveux pour les faire pousser
(Bellakhdar, 1997). Le jus d’oignon, ajouté au lait fermenté, est administré comme un
remède efficace contre le diabète à raison de prendre 1 verre par jour en dehors de repas
(Kahouadji, 1995). Les cataplasmes d’oignon trituré avec l’huile d’olive sont aussi utilisés:
comme maturatif des abcès et furoncles. L’oignon est utilisé en cas de lipothymie.

67
Allium porrum L. (Borro : Korrath, Poireau) – Plante cultivée, Localité : Tétouan,
Talambout, Chefchouaen, Tanger.

Des cataplasmes de poireau sont utilisés pour empêcher les blessures de s’infecter.
L’infusé de feuilles utilisé contre les problèmes cardiaques (Kahouadji, 1995). Les poireaux,
dont le goût est intermédiaire entre ceux de l'oignon et de l'asperge, se consomment cuits
(Bellakhdar, 1997). On peut les manger froids en vinaigrette, mais ils entrent le plus souvent
dans la préparation de plats chauds.

Allium sativum L. (Touma: Tishert, Ail) – Plante cultivée, Localité : Al Hoceiman, Tétouan,
Fnideq, Chefchouaen, Tanger.

L’ail est consommé cru toute seule ou avec l’huile d’olive contre la toux, l’angine, la
pharyngite et le cancer. Le broyat mélangé avec le miel est indiqué en cas de douleurs
rénales et cardiaques. La consommation de l’ail en nature chaque jour sous toutes ses
formes (cru ou bien cuit) est indiquée contre le diabète. La consommation d’une salade à
base d’ail cru, de tomate, de laitue cultivée, et d’huile d’olivier est conseillée aux personnes
diabétiques. L’ail est conseillé en cas de douleur dorsale (Bellakhdar, 1997). En cas
d’hypertension artérielle, l’ail est utilisé sous toutes ses formes. L’ail utilisé en cas
d’affections respiratoire par des massages sur la poitrine (Kahouadji, 1995). L’ail utilisé
également en cas d’affection métbolique.

Anacardiaceae

Pistacia atlantica Desf. (Lbtem : Ijj : Atnou, Pistachier de l’Atlas) - Plante sauvage,
Localité : Zinat, Talambout, Chefchouaen, Cherrafat.

Les feuilles et l’écorce, sont utilisées, en décoction, contre les maux de ventre et les
douleurs gastriques. En inhalation, les feuilles sont employées comme fébrifuge (Bellakhdar,
1997; Kahouadji, 1995). Les galles sont utilisées en poudre, seules ou associées au sumac
vernis comme antidiarrhéique et stomachique.

68
Pistacia lentiscus L. (Drou : Fadis : Tidekt, lentisque) - Plante sauvage, Localité : Zinat,
Talambout, Chefchouaen, Melloussa, Tanger, Cherrafat.

Les feuilles et l’écorce sont employées, en infusion ou en poudre, dans le traitement


des maux de ventre, de diarrhée et de problèmes urinaires (Bellakhdar, 1997). Les feuilles
fraîches en décoction sont indiquées contre le diabète, à raison de prendre un verre par jour
pendant le soir (Kahouadji, 1995).

Rhus pentaphylla (Jacq.) Desf. (Tizgha : Azad : Keff en-nesr, Sumac vernis) - Plante
sauvage, Localité : Bni Karrich, Talambout, Chefchouaen, Bni Ouassin, Tanger, Cherrafat.
Les feuilles, les racines et les écorces, en décoction, sont employées pour combattre
les troubles gastro-intestinaux et dermatologiques (Bellakhdar, 1997). Les fruits, frais ou
secs, sont utilisés dans le traitement des diarrhées, de diminuer le cholestérol et d’apaiser les
maux de gorge.

Schinus molle L. (Foulfol kadib, Faux-poivrier odorant) - Plante introduite, Localité :


Tanger, Al Hoceima Chefchouaen, Issaguen, Tanger, Cherrafat.

La décoction de fruits et feuilles était réputée avoir des propriétés analgésiques pour
un usage externe sous forme de cataplasme chaud pour calmer les douleurs musculaires
rhumatismales ainsi que les douleurs provoquées par l’irritation du nerf sciatique.

Apiaceae

Ammi majus L. (Tlillan : Trillan, Ammi élevé) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

La fumigation par décoction d’ombelles est utilisée en cas de prurit (démangeaisons


de la peau), d’œdème, d’ulcère gastrique et d’inflammation ou infection des yeux
(Bellakhdar, 1997). La fumigation par combustion d’ombelles desséchées ou de sa poudre
est indiquée contre les calculs biliaires et rénaux et d’autre part, elle est bénéfique contre les
crises d’asthme.

69
Ammi visnaga (L.) Lam. (Bechnikha, Khella : Noukha : Herbe aux cures dents) - Plante
sauvage, Localité : Al Hoceima, Chefchouaen, Tanger, Cherrafat, Tanger.

Une infusion buvable de fruits est recommandée pour décongestionner la prostate.


Elle est également utilisée contre le diabète, les maux de dents, d’estomac et les douleurs
des reins et de la vessie (Kahouadji, 1995). En poudre, mélangés au miel, les fruits sont
indiqués contre l’asthme. Les graines de khella en décoction sont utilisées contre la diarrhée
(Bellakhdar, 1997). La décoction des ombelles dans l’eau est indiquée contre les maladies du
cœur notamment l’hypertension artérielle, les arythmies, l’insuffisance cardiaque
congestive, la douleur thoracique (angine) et le cholestérol.

Ammodaucus leucotrichus Coss. (Camoun soufi, Cumin laineux) - Plante introduite de


l’Orient.

Les graines mélangées avec la soupe ou en infusion sont très employées dans
diverses maladies infantiles de l’appareil digestif (les douleurs gastriques, les nausées,
vomissements chez les nouveau-nés) (Bellakhdar, 1997). L’infusion est conseillée comme
somnifère pour les personnes âgées.

Apium graveolens L. (Lkrafes, Céleri) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.
Le broyat de feuilles, en cataplasme, est employé pour rétablir le déplacement d’os
de leur position originale (Kahouadji, 1995). Les feuilles, en infusion ou en décoction, sont
utilisées comme bain bouche pour traiter les maladies buccales et les maux de dents
(Bellakhdar, 1997). Ainsi, le céleri est utilisé contre les douleurs gastriques, les
ballonnements, l’arthrite, les calculs rénaux et biliaires et contre les rhumatismes.

Carum carvi L. (Karwiya, Carvi) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

Les graines, en infusion, sont utilisées contre les douleurs abdominales, les
rhumatismes et comme aphrodisiaque (Kahouadji, 1995). En infusion dans du lait, elles sont
très recommandées pour activer les sécrétions salivaires, gastriques et biliaires et pour
calmer les agitations des bébés et les aider à s’endormir (Bellakhdar, 1997). En inhalation,
elles stimulent l'appétit. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996;
Sijelmassi, 1993).

70
Conium maculatum L. (Choukran : Barbous, Grande ciguë) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La plante est utilisée en cataplasme dans les parties génitales de la femme pour
faciliter l’accouchement et contre la stérilité féminine (Bellakhdar, 1997). Les feuilles cuites
sont utilisées comme complément alimentaire contre le diabète et les maladies du rein. Elles
sont utilisées contre la fièvre. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Garnier et al.,
1961).

Coriandrum sativum L. (Alkazbour, Coriandre) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

Les graines sèches de coriandre, cru ou en infusion dans l’eau, sont employées dans
le traitement de diabète et d’ulcère duodénal et pour diminuer les taux de cholestérol
(Bellakhdar, 1997). La coriandre fait abaissée beaucoup la glycémie (Kahouadji, 1995).

Cuminum cyminum L. (Camoun, Cumin) - Plante introduite de l’Orient.

L’infusion de graines est indiquée par voie orale lors des règles douloureuses. Une
cuillère à café de la poudre de graines est consommée cru contre la diarrhée (Bellakhdar,
1997). En poudre ou absorbées avec de l’eau, les graines de cumin sont recommandées en
cas de diarrhée, douleurs menstruelles et troubles gastro-intestinaux (Kahouadji, 1995). En
cataplasme, le cumin est utilisé contre les oreillons. N.B: C'est une plante toxique
(Bruneton, 1996; Charnot, & Faure, 1945; Garnier et al., 1961).

Daucus carota L. (Khizou : Jazar, Carotte cultivée) - Plante cultivée, Localité : Tanger,
Talambout, Chefchouaen, Bni Karrich, Zinat, Bni Abdellah.

Cuites ou crues, les feuilles ou carottes sont recommandées en cas de diarrhée et


problèmes cardiaques (Bellakhdar, 1997). Elles sont également utilisées dans le traitement
des maladies de l’appareil urinaire. Comme aliment, elles favorisent l’acuité visuelle
(Kahouadji, 1995). Un jus à base de feuilles de Daucus carota L. est indiqué contre le diabète
et les problèmes cardiaques.

71
Eryngium ilicifolium Lam. (Zerriga : Chkour, Panicaut) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La racine et la fleur en décoction, sont employées contre les douleurs des intestins et
le refroidissement (Bellakhdar, 1997). La plante entière triturée et mélangée avec du miel,
est recommandée dans le traitement des angines et de refroidissement.

Ferula communis L. (Lkalkha : Uffal : Anlu : Lfassoukh, Férule : Faux-fenouil) - Plante


sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

La poudre de feuilles est utilisée pour traiter le cancer et les maux gastriques
(Bellakhdar, 1997). Le décocté de feuilles dans le thé est administré contre les douleurs
gastriques. Les feuilles, en décoction dans le thé, sont prescrites contre l’hyperthyroïdie.
N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Charnot, 1945; Garnier et
al., 1961).

Foeniculum vulgare Mill. (Lbesbas, Fenouil officinal) - Plante cultivée, Localité : Ajdir,
Tanger, Md’q, Fnideq, Tétouan, Zinat Bni Karrich, Chefchouaen.

En décoction ou en poudre, les graines sont utilisées dans le traitement des embarras
gastroduodénaux, de l’asthme (Kahouadji, 1995). Pour traiter les maladies respiratoires,
notamment les bronchites et l’asthme, les graines, tamisées et mélangées avec le fenugrec
et la nigelle, le tout enrobé de miel sous forme de boules, sont prises matin et soir. Une
décoction des graines est administrée en cas de douleurs gastriques. Les racines en poudre,
associées au miel sont employées contre les douleurs intestinales. N.B: C'est une plante
toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

Petroselinum sativum Hoffm. (Maâdnous, Persil) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusion de graines est utilisée par voie orale en cas de lithiase rénale (cailloux ou
pierres dans les reins) (Kahouadji, 1995). Le décocté de tige feuillée ou rhizome est indiqué
par voie orale, contre la lithiase rénale et le refroidissement, et comme aphrodisiaque. La
décoction de racine est employée contre les rhumatismes (Bellakhdar, 1997). Celle de la tige
feuillée est utilisée contre les calculs rénaux, Les cataplasmes de plante entière fraîche sur
les seins sont utilisés pour arrêter la montée du lait.

72
Pimpinella anisum L. (Habbat Hlawa, Anis vert) - Plante cultivée, Localité : Tanger,
Tétouan, Bni Karrich.

La tisane préparée à partir de la poudre de la plante entière desséchée est indiquée


par voie orale en cas de ballonnement au ventre par les gaz. Les graines, en décoction, sont
employées contre la sciatique, les règles douloureuses, calculs rénaux et les coliques
venteuses (Bellakhdar, 1997). En infusion, elles sont prescrites dans les digestions difficiles et
comme apéritif (Kahouadji, 1995). La poudre de fruit est aussi utilisée comme antidote
général et anti venin. Les graines, en poudre ou en décoction dans l’eau, sont préconisées
comme fortifiant sexuel et antidiabétique. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997;
Zekkour, 2008).

Ridolfia segetum (L.) Moris (Slilo : Aslouj, Aneth des moissons) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La poudre de feuilles est utilisée contre le diabète, hypercholestérolémie et les maux


gastriques (Kahouadji, 1995). Le décocté de feuilles est utilisé pour induire le vomissement
dans le cas d’intoxication (Touwkal).

Smyrnium olusatrum L. (Lheyyâr, Maceron) - Plante sauvage, Localité : Bni Karrich,


Chefchouaen, Izefzafenn Talambout.

En poudre, les fruits sont employés dans le traitement du refroidissement. Une


infusion de feuilles est utilisée contre les douleurs gastriques et intestinales (Bellakhdar,
1997). La poudre de fruit est utilisée par voie orale dans le traitement des hémorragies des
premiers mois de la grossesse.

Thapsia garganica L. (Deryas : Bounafaa, Thapsia) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Traitement contre la stérilité féminine, elle est aussi tonifiante. La poudre de feuilles
est utilisée pour traiter les douleurs gastro-intestinales et la toux (Bellakhdar, 1997). La
poudre de racines, en infusion, est utilisée pour traiter les douleurs des dents et les maux
intestinaux. N.B: C'est une plante toxique (Charnot, & Faure, 1945; Jamila & Mostafa, 2014;
Sijelmassi, 1993).

73
Apocynaceae

Caralluma europaea (Guss.) [Link]. (Daghmous, Doigts de Dieu) - Plante sauvage,


Localité : Al Hoceima, Chefchouaen, Tanger.

La poudre ou les feuilles, associées avec le Lben, est préconisée par voie orale dans le
traitement des kystes génitaux et calculs rénaux (Bellakhdar, 1997). Les jeunes raquettes
mixées avec le lait comme un jus sont utilisées comme un traitement efficace contre le
diabète à raison de prendre un verre par jour après le petit déjeuner.

Nerium oleander L. (Defla, Alili, Laurier rose) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Le rinçage des pieds par le décocté de feuilles est indiqué contre le diabète et le
rhumatisme articulaire (Bellakhdar, 1997). Le frottement direct et local de la gencive par les
feuilles de Laurier rose est indiqué en cas de gingivite. La macération de feuilles, en friction
externe, est recommandée contre la gale, l’ostéoporose et la chute des cheveux et l’arthrose
(Kahouadji, 1995). La décoction de feuilles est utilisée comme hypoglycémiante. Celle de la
racine est employée, en gargarisme, pour soulager les maux dentaires. N.B: C'est une plante
très toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Vinca minor L. (El Innakia, Petite pervenche) - Plante sauvage, Localité : Cherrafat, Jbel
Lkbir.

Une décoction de la partie aérienne est utilisée dans le traitement de la constipation


et des affections génito-urinaires (Bellakhdar, 1997). Le thé à base de petite pervenche est
un remède efficace contre la toux sèche, la tumeur cérébrale et l’hémorragie interne ou
externe. Elle sert également à traiter la leucémie détectée au cours de l’enfance.

74
Araceae

Arisarum vulgare [Link]. (Irni : Aqernous, Gouet à capuchon : Arum) - Plante


sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les racines en cataplasme, sont utilisées contre le cancer de la peau (Kahouadji,


1995). Le décocté de feuilles est utilisé dans le traitement de l’herpès (Bellakhdar, 1997).
N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945).

Araliaceae

Hedera helix L. (Louwaya, Lierre grimpant) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les feuilles et les tiges, cuites ou en décoction, associées an miel et au henné, en


cataplasme sont utilisées contre l’asthme et les durillons (épaississement de la peau du pied
aux endroits de pression) (Bellakhdar, 1997).

Arecaceae

Chamaerops humilis L. (Doum, Jummar, El Ghaz : Iguezdam : Azef, Palmier nain) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

L’infusé de fruit est conseillé après les repas en cas d’ulcère gastrique (Kahouadji,
1995). La racine en nature ou bien cuite dans l’eau est administrée comme antidiabétique.
La noix de dattier et l’ail sont mélangés avec l’huile d’olivier pour les soins des cheveux.

Phoenix dactylifera L. (Tmar, Tazdayet, Nakhla, Palmier dattier) - Plante introduite du Sud
Ouest du Maroc.

La graine de dattier en poudre est efficace contre la glycémie, les gens du Rif disent
qu’il diminue le taux du sucre durant une heure (Kahouadji, 1995). En plus la consommation
quotidienne de dattes est indiquée pour garder l’équilibre et le bon fonctionnement de
l’organisme surtout le cœur. La racine de Phoenix dactylifera L. en décoction dans l’eau est
utilisée contre le diabète (Bellakhdar, 1997).

75
Aristolochiaceae

Aristolochia baetica L. (Berztem : Ajrarhi, Aristoloche) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Le décocté de rhizome de l’aristoloche est utilisé une fois par jours par voie orale en
cas d’atteinte par le cancer et problèmes urinaires (Bellakhdar, 1997). La poudre de feuille
est utilisée en cataplasme comme antiseptique et cicatrisant des plaies et des blessures. N.B:
C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Sijelmassi, 1993).

Asparagaceae

Agave Americana L. (Sabra, Agave d'Amérique) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les feuilles sont utilisées pour traiter la constipation et la flatulence ou comme


diurétique (Bellakhdar, 1997). Les racines sont prises par voie orale pour traiter les
articulations arthritiques.

Agave sisalana Perrine. (Aloe Vera, Sisal) - Plante sauvage, Localité : Tanger, Tétouan,
Fnideq, Md’q, Talambout.

L'agave se présente sous la forme de jus ou de gel. Les feuilles de l’aloe vera en
cataplasme auraient des vertus préventives contre la sciatique, l'ostéoporose et le diabète.
De ses feuilles, que l'on peut couper toute l'année, on extrait une sève riche en vitamines.

Asparagus acutifolius L. (Sekkom : Tazzut, Asperge) - Plante sauvage, Localité : Targuist,


Tanger, Cherrafat, Bni Hadifa.

Les feuilles fraîches hachées en décoction sont utilisées contre le diabète (Kahouadji,
1995). Une infusion de feuilles (une tasse après chaque repas) est utilisée en cas d’une
digestion lente et de constipation. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

76
Asparagus densiflora Kunth. (Sekkom: Tazzut, Asperge) - Plante sauvage, Localité :
Tanger, Chefchouaen, Issaguen.

Les feuilles, en décoction servent à calmer les douleurs musculaires et gastriques


(Kahouadji, 1995). L’infusé de tige est efficace contre les calculs urinaires, la rétention d'eau
et l'hypertension artérielle. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Asparagus officinalis L. (Sakkum: Tazzut, Asperge) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Les jeunes pousses d’asperge, en décoction, sont prescrites contre les rhumatismes,
la diarrhée et la bronchite (Kahouadji, 1995). En gargarisme, contre les maux dentaires.
L’infusion de baies est indiquée contre les douleurs abdominales. N.B: C'est une plante
toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945; Jamila & Mostafa, 2014).

Asparagus plumosus Baker. (Sekkom : Tazzut, Asperge) - Plante sauvage, Localité :


Tanger, Al Hoceima, Issaguen.

Les jeunes tiges, en infusion avec des œufs de poulet et de l’huile d’olive, sont
indiquées contre la constipation et comme une puissante spermatogénèse et un
aphrodisiaque pour tous types de refroidissement et surtout pour augmenter la puissance
sexuelle (Bellakhdar, 1997). N.B: Toxicité est indiquée par la population du Rif.

Asparagus stipularis Forssk. (Sekkom: Tazzut, Asperge) - Plante sauvage, Localité : Ajdir,
Talambout, Tanger.

Le décocté de rhizome est indiqué par voie orale contre les douleurs intestinales et le
cancer. L’infusé est utilisé par voie orale contre le rhumatisme.

Asphodelus microcarpus Salzm. & Viv. (Lberwag : Inghri, Asphodèle à petits fruits) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

La racine tubérisée est creusée, puis remplie d’huile d’olive qui par la suite est
administré en instillation auriculaire, pour le traitement des affections de l’oreille
(Bellakhdar, 1997). La poudre ou la décoction de racines tubérisées, est utilisée, en
cataplasme, dans les soins des abcès. Les racines tubérisées sont utilisées en usage externe

77
contre la sciatique, les hémorroïdes et les mycoses. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993).

Drimia maritima (L.) Stearn. (Ansal, Scille) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Le patient atteint de la fièvre typhoïde passe toute la nuit couché sur le broyat de la
plante entière placée sur le matelas (Bellakhdar, 1997). Pour le traitement de l’ulcère
duodénal et de l’hépatite (la jaunisse), le bulbe de scille est placé dans un bouilleur plein
d’eau, surmonté d’une couscoussière dans laquelle on dispose le couscous complet, une fois
que ce couscous est bien imprégné de vapeur, on le retire et on fait la fumigation sur la
vapeur et le couscous sera mangé (Kahouadji, 1995). N.B : Scille est une plante très toxique
(dangereuse) (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Garnier et al., 1961; Jamila & Mostafa, 2014;
Sijelmassi, 1993).

Muscari comosum (L.) Mill. (Bsyla, Ail à toupet) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Une décoction à base de bulbe est utilisée en massage pour soulager les douleurs
rhumatismales, digestives et articulaires (Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995).

Asteraceae

Anacyclus pyrethrum (L.) Lag. (Tiguentest : Ark shlouh, Pyrèthre d’Afrique) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les graines en décoction sont utilisées en cas de digestion lente et d’affection


intestinale (Bellakhdar, 1997). En liniment le rhizome dans l’huile d’olive, elle est utilisée
dans le traitement des rhumatismes et des kystes, et de l’inflammation cutanée. N.B: C'est
une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Anacyclus radiatus Loisel. (Far Dahabya : Rjel djaja, Anacycle radié) - Plante sauvage,
Localité : Tanger, M’diq, Fnideq, Tétouan.

La racine en poudre, en cataplasmes, intervient dans le traitement des tâches de


rousseurs sur le visage (Bellakhdar, 1997). L’infusion de feuille dans un litre d’eau contenant
le girofle et l’origan est utilisée contre les gingivites et les maux de tête et de dents.

78
Artemisia absinthium L. (Chiba, Absinthe) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Le décocté de tige feuillée et du lait est utilisé par voie orale contre le
refroidissement, et il est utilisé à jeune le matin pendant trois jours pour laver l’estomac en
cas d’ingestion de substance toxique (Kahouadji, 1995). L’infusé préparé à partir de la tige
feuillée et l’huile d’olive est instillé dans les oreilles contre l’otite (Bellakhdar, 1997). Les
fleurs séchées d'absinthe est un breuvage aux propriétés digestives et vermifuges.
Egalement utilisée dans le combat contre la paresse, l’anémie, les oxyures, la gastrite. N.B:
C'est une plante toxique (Jamila & Mostafa, 2014; Ziyyat et al., 1997).

Artemisia herba-alba Asso. (Chih : Izri : Ifsi, Armoise blanche) - Plante cultivée, Localité :
Toute la région d’étude.

La tige feuillée, en décoction, est très indiquée en cas de vers intestinaux, de


refroidissements, de douleurs gastriques, les maux urinaires et comme antidiabétique
(Bellakhdar, 1997). Le décocté de parties aériennes est efficace dans les cas de
ballonnements intestinaux, de pyrosis et d’aérophagie. L’infusion de sommités fleuries est
utilisée comme anthelminthique surtout contre l’ascaris (Kahouadji, 1995). L’armoise est
administrée également dans tous les refroidissements et comme synergique de tous les
antidotes et pour apaiser les douleurs menstruelles. En cataplasme, l’armoise en poudre est
employée sur les abcès et les plaies. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Artemisia mesatlantica Maire. (Chih Al allsat : Chih Elkhrayssi : Izri, Armoise bleue) -
Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Une décoction de parties aérienne avec le lait est utilisée contre le mal de tête et
l’hyperglycémie (Kahouadji, 1995). Une infusion de parties aériennes de la plante (une petite
poignée de la plante dans une théière) est utilisée comme antidiabétique. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997; Jamila & Mostafa, 2014; Sijelmassi, 1993).

Atractylis gummifera Salzm. ex L. (Addad, Chardon à glu) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Une solution préparée par mélange de l’eau et la poudre de racines associée aux
feuilles de henné est préconisée par rinçage du corps contre le prurit (Bellakhdar, 1997). Le

79
masque naturel préparé à partir de la poudre des racines et de l’eau est conseillé par
badigeonnage contre la chute des cheveux. En cataplasme, la racine intervient dans le
traitement de l’eczéma et des abcès. On l’emploi également dans le traitement des rhumes,
des vertiges et des accouchements difficiles, en fumigation (Kahouadji, 1995). La décoction
de racine est utilisée en bain de bouche pour blanchir les dents. N.B: C'est une plante très
toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945; Sijelmassi, 1993).

Calendula arvensis [Link]. (Jemra : Azwiwel, Souci des champs) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

En bain de bouche ou en gargarisme, l’infusion de fleurs de Calendula arvensis


[Link]. permet de réduire l’inflammation de la muqueuse buccale ou du pharynx (maux de
gorge par exemple). La poudre de feuilles est employée contre les maux gastriques et
duodénaux (Bellakhdar, 1997). L’infusion de fleur est employée contre le diabète.

Calendula eckerleinii Ohle. (Jemra , Souci) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les feuilles fraîches mastiquées sont utilisées pour traiter les douleurs des dents et
de la gingivite (Bellakhdar, 1997). La tige fraîche mâchée est utilisée pour brosser les dents.
Les fleurs mâchées sont employées également en cataplasme contre le rhumatisme et les
douleurs des dents et les maladies buccales.

Carduus getulus Pomel. (Lssan Maghribi, Chardon) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La poudre de racines de chardon associée au henné est employée en badigeonnage


sur tout le corps de la femme au cours d’un bain traditionnel pour éliminer les cellules
mortes et atteint le blanchissage de la peau (Bellakhdar, 1997). Le décocté de feuilles
mélangé avec le miel est indiqué en cas d’angines et d’infection du foie par un virus, après
une fumigation par la vapeur de la décoction des racines du chardon.

Carduus martinezii Pau. (Chok Mchaar, Chardon) - Plante sauvage, Localité : Tanger,
Tétouan, Talambout, Fifi, Targuist.

Une infusion est utilisée dans les traitements des troubles gastro-intestinaux. La
décoction de feuilles de chardon est employée en cas d’asthme et du rhumatisme.

80
Carthamus rhiphaeus Font Quer & Pau. (EL Kertoum : Aasfour, Carthame du Rif) - Plante
sauvage, Localité : Targuist.

L’infusé de feuilles dans l’eau chaude est indiqué par voie orale contre la gastrite. Le
broyat chauffé est indiqué en cataplasme en cas de douleurs rhumatismales (Bellakhdar,
1997). Les feuilles, en cataplasme ou en inhalation, sont utilisées contre la tuberculose. En
décoction, elles sont recommandées en cas de coliques abdominales.

Chrysanthemum coronarium L. (Lgahwân : Lgentus, Chrysanthèmes) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

C'est une plante hépato protectrice, elle favorise l'écoulement de la vésicule biliaire,
elle est indiquée dans le cas d'insuffisance hépatique (Kahouadji, 1995). En poudre, est
employée contre les maux gastriques et l’épilepsie (Bellakhdar, 1997). Les capitules, en
infusion dans l’eau ou bien dans le lait, sont utilisés contre le diabète.

Cynara humilis L. (Khorchef : Timta : Qanaria, Petit artichaut) - Plante cultivée, Localité :
Toute la région d’étude.

La décoction de racine est recommandée dans le traitement des maladies hépatiques


(Bellakhdar, 1997). L’infusion de racine est employée en cas de gonflement du foie. La
consommation des côtes du Cynara humilis L., crues ou cuites, est considérée comme
excellente contre le diabète. Une décoction de tige est indiquée aussi contre le diabète
(Kahouadji, 1995).

Cynara scolymus L. (Lqoq, Artichaut cultivé) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Les côtes de cette plante, à l’état vert ou cuit, sont indiquées contre l’arythmie
cardiaque et le diabète (Kahouadji, 1995). Le fruit est consommé cru en cas d’affection de
l’estomac. La décoction de fruits ou bien de feuilles de Cynara scolymus L. est prescrite
contre le diabète, à condition de la prendre 3 fois par jour on dehors des repas (Bellakhdar,
1997).

81
Dittrichia viscosa L. (Magraman : Terrahla : Amerril : Sershel, Aunée visqueuse) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles est utilisé comme calmant pour les douleurs rhumatismales
sous forme de cataplasme (Bellakhdar, 1997). Les feuilles en poudre sont utilisées comme
hémostatique et cicatrisant des plaies cutanées et des dermatoses purulentes et pour faire
mûrir les abcès. Le décocté de la plante entière mélangé avec le sel et l'alun (Chebba en
dialecte) est indiqué par gargarisme pour calmer les douleurs dentaires. Le broyat chauffé
est indiqué en cataplasme en cas de douleurs rhumatismales. Les feuilles, en cataplasme ou
en inhalation, sont utilisées contre la fièvre (Kahouadji, 1995). En décoction, elles sont
recommandées en cas de coliques abdominales et de maux urinaires. N.B: C'est une plante
très toxique (Bellakhdar, 1997).

Helianthus annuus L. (Abbad Shems: Nwar Shems, Tournesol: Hélianthe annuel) - Plante
cultivée, Localité : Tanger, Al Hoceima, Talambout, Bni Karrich.

Les graines en infusion sont utilisées en cas d’anémie, de digestion lente et


d’affection intestinale (Bellakhdar, 1997). L’huile de tournesol est employée en soin de la
peau, pour la beauté et c’est une bonne huile de base pour le massage.

Helichrysum italicum (Roth) G. Don. (Dahab Eshams, Hélichryse italienne) - Plante


sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles en poudre mélangées avec du miel sont indiquées pour les douleurs
d’articulations. L’infusé de tige et de racine est utilisé pour traiter les pierres biliaires
(Bellakhdar, 1997). L'huile essentielle d'hélichryse italienne est traditionnellement utilisée
pour améliorer les situations suivantes: Plaies, eczéma, psoriasis, œdème et problèmes de
circulation sanguine.

Lactuca sativa L. (Elkhass, Laitue cultivée)- Plante cultivée, Localité : Tanger, Chefchouae,
Zinat, Fnideq, M’diq.

Les feuilles mangées crues ou en infusion sont utilisées pour traiter l’anémie et
comme antipoison en cas de toxi-infections alimentaires, chauffées servent à faire des
cataplasmes calmants (Kahouadji, 1995). Les feuilles cuites peuvent être utilisées sous forme
de cataplasme pour apaiser les furoncles et les panaris (Bellakhdar, 1997).

82
Lactuca virosa Habl. (Ahchlaf Nssem, Laitue vireuse : Opium de laitue) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

La poudre de feuilles de Lactuca virosa Habl. est employée contre les maux
gastriques, les problèmes de nervosités, d’anxiétés de crise de paniques (Bellakhdar, 1997).
On applique la sève de la racine sur les brulures et l’herpès. N.B: C'est une plante très
toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945; Garnier et al., 1961; Sijelmassi, 1993).

Matricaria chamomilla L. (Babunj : Manzania, Camomille allemande : Matricaire) - Plante


sauvage, Localité : Tanger, Chefchouaen, Fifi, Bab Taza.

L’infusion avec le lait ou bien l’eau des capitules de camomille ont une action efficace
contre le diabète (Kahouadji, 1995). Les capitules floraux sont employés, en infusion, dans le
cas des affections digestives, douleurs abdominales chez le nourrisson, contre la migraine et
les règles douloureuses (Bellakhdar, 1997). En poudre, la plante est indiquée en bain de
bouche et pour teindre les cheveux. En instillation, l’oléate de cette plante est indiqué dans
le cas des otites.

Ormenis mixta (L.) Dumort. (Hellâla, Camomille du Gharb) - Plante sauvage, Localité :
Tanger, Tétouan, Targuist.

Les fleurs de camomille du Gharb sont utilisées par fumigation contre les affections
génitales (Kahouadji, 1995). Le broyat de feuilles est employé en cataplasme pour traiter les
hémorroïdes. Le décocté de partie aérienne de camomille du Gharb est utilisé en rinçage
contre les douleurs buccales et duodénales (Bellakhdar, 1997). L’infusion de capitules est
employée par voie orale, contre les douleurs de l’estomac et comme laxatif.

Scolymus hispanicus L. (Garnina : Jernij : Taghdiwt, Scolyme d’Espagne) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles sont consommées crues ou avec l’alimentation en cas de refroidissement.


Les racines, en décoction, sont recommandées comme antidiabétique. L’infusé de rhizome
dans l’eau chaude est indiqué par voie orale contre la gastrite (Bellakhdar, 1997). La
consommation des côtes de cette plante, à l’état vert ou cuit est recommandée dans les
maladies du foie et des intestins.

83
Silybum marianum (L.) Gaertn. (Tawra : Bouzerwal, Chardon-marie) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

La racine et les feuilles en fumigation sont utilisées contre la typhoïde (Lmkelfa en


dialecte). Le décocté de graines desséchées est indiqué contre les douleurs rénales
(Kahouadji, 1995). Les fruits séchés sont utilisées pour toute désintoxication
médicamenteuse, drainage hépatique et l'écoulement de la vésicule biliaire. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997; Jamila & Mostafa, 2014).

Sonchus asper (L.) Hill. (Tifaf : Wagurrin, Laiteron piquant) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Les feuilles, en décoction dans le thé, sont utilisées pour traiter la grippe, le
rhumatisme et l’hyperthyroïdie (Kahouadji, 1995). La poudre associée à la graisse de
dromadaire est administrée comme des suppositoires pour traiter les hémorroïdes.

Sonchus fragilis Ball. (Tifaf : Wagurrin, Laiteron fragile) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Les feuilles en cataplasme sont utilisées contre l’urticaire. Le décocté de racines


desséchées est indiqué contre les douleurs de tête (Bellakhdar, 1997). Les fleurs sont
utilisées en infusion pour traiter l’asthme.

Sonchus oleraceus (L.) L. (Tilfaf, Laiteron maraîcher) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Le décocté de racines fraîches de Sonchus oleraceus (L.) L. est employé comme


antidiabétique (Bellakhdar, 1997). Les feuilles cuites sont préconisées comme un remède de
cancer du poumon, de l’acidité d’estomac et de la jaunisse.

Sonchus tenerrimus L. (Tifaf : Wagurrin, Laiteron délicat) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

La poudre de feuilles de Sonchus tenerrimus L. en décoction est préconisée contre le


diabète, l’anémie, l’obésité, les infections urinaires, la grippe et l’hyperthyroïdie (Bellakhdar,
1997).

84
Tanacetum vulgare L. (Lbalssem, Tanaisie commune) - Plante cultivée, Localité : Tanger,
Al Hoceima, Chefchouaen.

L’infusion de fleurs et de graines séchées sert à traiter la goutte. Les racines


conservées avec du miel ou du sucre, ont aussi un effet bénéfique sur la goutte (Bellakhdar,
1997; Kahouadji, 1995). L'huile essentielle est également utilisée contre l'épilepsie, l’anémie
et le diabète. L'application d'extraits de tanaisie peut servir à traiter certaines maladies
éruptives de la peau. Les cataplasmes à base de feuilles fraîches broyées peuvent soulager
les entorses et les foulures. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Xanthium spinosum L. (Lzik Chouki, Lampourde épineuse) - Plante sauvage, Localité :


Chefchouaen, Al Hoceima, Melloussa, Belyounich.

La décoction de feuilles de Xanthium spinosum L. est prescrite le traitement de la


jaunisse, la sciatique et les maux gastriques.

Boraginaceae

Anchusa italica Retz. (El Hamhem, Buglosse d'Italie) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Les racines, en infusion, sont utilisées contre la dysenterie (Kahouadji, 1995). Les
fruits (akènes) sont employés comme purgatif et vermifuge (Bellakhdar, 1997). Le suc de la
plante fraîche est utilisé, en usage externe, pour déterger les ulcères ainsi que dans le
traitement de la gale et du rhumatisme.

Borago officinalis L. (Lsan etthawr : Ils ouzguer : Bouhamdoun : Alhurraycha, Bourrache) -


Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les racines, pulvérisées sont utilisées comme plâtre des fractures osseuses. Les
fleurs, en infusion, sont réputées comme stomachique. Les jeunes feuilles, en salade, se sont
avérées efficaces contre les calculs rénaux et la rétention d'urine (Kahouadji, 1995). Les
feuilles et les tiges, en infusion, sont utilisées contre les refroidissements, le rhume et la
fièvre. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

85
Brassicaceae

Anastatica hierochuntica L. (Chajarat Mariam: Lkemcha, Anastatique: Rose de Jericho) -


Plante introduite de Sud du Maroc.

Le décocté de racine sèche de l’anastatique est utilisé contre l’anémie et les douleurs
gastriques. Le décocté de feuilles séchées de l’anastatique est utilisé contre le diabète pour
son action hypoglycémiante, il agit aussi sur les infections urinaires et est efficace contre la
conjonctivite (Bellakhdar, 1997).

Brassica fruticulosa Cirillo. (Harchae, Chou ligneux) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

La décoction de graines de Brassica fruticulosa Cirillo. est indiquée pour traiter les
douleurs de l’appareil digestif et la constipation (Bellakhdar, 1997). Le jus de Brassica
fruticulosa Cirillo. aide à lutter contre la grippe, les colites et les œdèmes.

Brassica nigra (L.) [Link]. (Khrdal : Bohamo, Moutarde noire) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Les jeunes feuilles de moutarde noire en infusion, sont prescrites comme


réchauffant, elles sont consommées en mélange avec les tiges feuillées de mauve, les tiges
feuillées de lupin et les tiges feuillées d’oseille sauvage dans le mets dit baqûla (Bellakhdar,
1997; Kahouadji, 1995). Les capitules en poudre et en infusion dans l’eau sont utilisés contre
le diabète. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Zekkour, 2008).

Brassica oleracea L. (Zegzaw : Krunb : Shiflor : Elwargueya, Chou-fleur) - Plante cultivée,


Localité : Tanger, Tétouan , Zinat, Bni Karrich.

La consommation quotidienne d’une salade à base de feuilles crues, est très


conseillée contre l’anémie, l’obésité et le diabète (Kahouadji, 1995). Les feuilles cuites à la
manière de la baqûla avec le couscous rouge sont utilisées aussi contre le diabète. N.B: C'est
une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

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Brassica oleracea f. alba DC. (Melfouf : Krunb, Chou commun) - Plante cultivée, Localité :
Toute la région d’étude.

La consommation quotidienne d’une salade à base de feuilles fraîches est très


conseillée contre la diarrhée (Kahouadji, 1995). Les feuilles de chou commun réchauffées au
couscoussier servent à faire des cataplasmes sur le ventre contre l’obésité pour les
personnes diabétiques (Bellakhdar, 1997).

Brassica rapa L. (Left l’mahfour, Rave) - Plante cultivée, Localité : Melloussa, Bni Ouassin,
Fnideq, Tétouan, Martil.

Les racines cuites sont indiquées contre le froid et l’anémie à condition qu’elles
soient mélangées avec les feuilles de chou-fleur (Kahouadji, 1995). La consommation de
racine, crue ou cuite dans l’eau, est conseillée comme un traitement efficace en cas de
diabète à condition qu’elle soit consommée pendant la nuit. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945).

Brassica rapa var. annua [Link]. (Left, Navette) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Le broyat de feuilles fraîches crues est utilisé contre les maux de tête, la fièvre, les
problèmes respiratoires et permet ainsi de rétablir une bonne circulation sanguine, dans le
cas d’affections cardiaques et d’insuffisances veineuses (Kahouadji, 1995). En cataplasmes, il
traite les inflammations des angines, tout comme les bronchites et l'asthme.

Lepidium sativum L. (Habb Rchad: Lharf, Cresson alénois) - Plante introduite de l’Orient

Les graines, cuites dans du lait chaud ou triturées dans du miel, sont indiquées dans
le traitement de la toux, de l’asthme, des bronchites, des maux de ventre, de la stérilité et
comme réchauffant (Bellakhdar, 1997). Les graines, triturées dans du miel ou du lait chaud,
sont utilisées en cas de tuberculose, de syphilis et d’asthme (Kahouadji, 1995). Une bouillie
de lait contenant le cresson alénois est indiquée comme fortifiant après l’accouchement et
meilleur purificateur de sang et aussi contre les douleurs des articulations et les maladies de
l’utérus. Les graines de cresson mélangées avec l’huile d’olive chaude sont utilisées comme
cataplasme contre les abcès. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Zekkour,
2008).

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Raphanus sativus L. (Fjel, Radis cultivé) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles de radis cultivé est indiqué pour traiter les ulcères gastriques.
La consommation quotidienne d’une salade à base de radis cultivé, de tomate et d’oignon et
d’huile d’olive est très conseillée contre le diabète (Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995).

Sinapis alba L. (Karkaz : Asnab : Khardel Abyad, Moutarde blanche) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

La poudre de graines cuites ou mélangées avec l’eau est utilisée par rinçage pour
calmer les douleurs rhumatismales, la toux, ainsi que les éruptions cutanées (Kahouadji,
1995). Les cataplasmes (pâtes à base de farine de graine et d'eau) sont utilisés en externe et
servent à traiter des maux tels que les rhumatismes.

Sinapis arvensis L. (Khardal, Moutarde des champs) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Moutarde des champs est utilisé principalement comme tonifiant, contre les
carences en vitamines C et le scorbut, troubles digestifs, froid, atonie de l'estomac et des
intestins et douleurs menstruelles (Bellakhdar, 1997). La moutarde est couramment utilisée
dans le traitement de certains abcès. Les jeunes plantes (feuilles, tiges et fleurs) peuvent
être consommées cuites. Elles ont des propriétés toniques, apéritives, digestives et
dépuratives. Les graines une fois moulues peuvent donner une sorte de moutarde

Cactaceae

Opuntia ficus indica (L.) Mill. (Sbar : Zaâboul : Aknari, Figuier de barbarie) - Plante
cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

La décoction de fleurs est utilisée contre les calculs rénaux. Les feuilles, frottées en
surface pour enlever les épines puis ouvertes en deux tranches, sont appliquées, face
interne contre la peau, comme cataplasme anti-inflammatoire et émollient dans les
contusions douloureuses (Bellakhdar, 1997). Les fruits, en infusion ou mieux, ingérées en
poudre, sont utilisées contre la diarrhée, la toux et les hémorroïdes, mais l’ingestion d’un
grand nombre de fruits entraîne une constipation tenace et parfois dangereuse (Kahouadji,
1995).

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Cannabaceae

Cannabis sativa L. (Lkif : Hashish, Chanvre cultivé : Cannabis) - Plante cultivée, Localité :
Chefchoauen, Al Hoceima, Tétouan.

Les sommités fleuries et les graines de chanvre indien sont utilisées en petite
quantité avec l’henné pour le soin des angines et des cheveux. L’huile de chanvre fait des
merveilles en cosmétiques grâce à ses propriétés hydratantes, ce qui en fait un allié précieux
contre le dessèchement de la peau (Bellakhdar, 1997). Elle est également très efficace pour
apaiser les brulures légères, coups de soleil, et autres petites irritations de la peau. N.B: C'est
une plante très toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Capparaceae

Capparis spinosa L. (Kebbar : Taylulut, Câprier) - Plante sauvage, Localité : Al Hoceima, Fifi.
La poudre de fruit desséché mélangée avec le miel est indiquée contre le
refroidissement, les problèmes de la respiration et comme aphrodisiaque (Kahouadji, 1995).
La poudre est conseillée avec le thé chez les femmes souffrant de refroidissement et de
douleurs des règles. Les parties aériennes en décoction ou en infusion sont utilisées comme
antidiabétique. Une association en poudre de fruit de câprier avec les graines de nigelle et
mélangée avec le lait s’utilise contre le diabète à raison de prendre le traitement à jeun. Les
racines, en décoction dans l’eau, sont utilisées comme antidiabétique et antirhumatismales.

Caryophyllaceae

Arenaria rubra L. (Bisat Al moulok, Sabline rouge) Plante sauvage, Localité : Targuist, Bab
Berred, Issaguen.

La plante entière, en décoction, est employée contre la vaginose bactérienne.


L’infusé de feuille est utilisé en usage externe pour le pansement des plaies et des ulcères
(Kahouadji, 1995). Le sabline rouge est utilisé en poudre ou en décoction pour la
remédiation à l’anurie, expulsion des calculs rénaux, traitement des lithiases biliaires et
rénales.

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Corrigiola telephiifolia Pourr. (Sarghina, Corrigiola à feuilles de téléphium) - Plante
sauvage, Localité : Al Hoceima, Chefchoauen.

La tige en poudre de Corrigiola telephiifolia Pourr., est associée aux racines de


garance pour l’assouplissement des cheveux. Les feuilles fraîches pulvérisées et mélangées
avec la farine pour préparer le pain sont indiquées souvent comme un traitement contre le
diabète (Bellakhdar, 1997). La racine, en décoction et mélangée au miel, est utilisée contre
les maux d’estomac, les refroidissements, les maladies du poumon et les affections urinaires.

Silene ibosii Emb. & Maire. (Tigheghecht, Silène) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La décoction de racines de cette plante (Silene ibosii Emb. & Maire) est utilisée, en
usage externe, pour soigner les plaies, la gale, le prurit et diverses affections de la peau.

Silene vulgaris (Moench) Garcke. (Tigheghet, Silène) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Les feuilles et les racines, en décoction, sont utilisées pour expulser les gaz des
intestins. A faible dose, les racines sont utilisées comme vomitives et antidotes. En
décoction, le silène est employé pour le traitement des troubles hépatiques et biliaires et en
cas d’infections urinaires (Bellakhdar, 1997). L’infusé de silène est un bon remède des
affections pulmonaires (bronchite, toux).

Convolvulaceae

Convolvulus althaeoides L. (Lablab El Hokol : Tamnayt : Anesfal, Liseron fausse-guimauve)


- Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles, en décoction, associées au jus de citron, agissent contre les amygdalites
et comme stomachique (Kahouadji, 1995). L'infusion de fleurs est utilisée contre la
constipation et l’ostéoporose. Les racines en décoction, sont efficaces contre les maladies du
foie et contre le refroidissement.

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Cuscuta approximata Bab. (Lhamoul : Bouyfillan : Hrir Eddib, Cuscute proche) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

La plante, en usage interne et externe, est cholagogue, diurétique, détersive,


carminative et laxative (Bellakhdar, 1997). Elle est recommandée en raison de toutes ces
propriétés dans les ictères et les calculs hépatiques. Elle est employée aussi en infusion
contre l'abcès, la constipation, la tuberculose, le météorisme et les plaies.

Crassulaceae

Umbilicus rupestris (Salisb.) Dandy. (Sorrat El Ard, Ombilic : Nombril Vénus) - Plante
sauvage, Localité : Jbel Lkbir, Belyounich, Cherrafat, Talambout.

Les feuilles en une infusion sont prescrites contre la constipation. Les tiges et les
feuilles, en décoction, sont utilisées contre le refroidissement. Les cataplasmes de feuilles
broyées se révèlent encore plus efficaces que la simple feuille posée sur la plaie. En cas de
brulure, il suffit d’enlever la fine couche translucide qui protège la feuille et l’appliquer sur la
plaie, le soulagement est immédiat (Bellakhdar, 1997).

Cucurbitaceae

Bryonia dioica Jacq. (Aineb Edib : Adil ouchen, Bryone dioïque) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La médecine populaire du Rif l'utilisait comme purgatif drastique et contre la diarrhée


et les rhumatismes. La racine fraîche en décoction est utilisée également comme dépilatoire
(Kahouadji, 1995). En usage externe, la bryone est un rubéfiant utilisé lors de douleurs
articulaires ou musculaires (Bellakhdar, 1997). C'est également un très bon remède contre
les épanchements de synovie, les ecchymoses et les contusions. N.B: C'est une plante très
toxique (Bellakhdar, 1997).

Citrullus colocynthis (L.) Schrad. (Lhdej : Taferzizte, Coloquinte) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Une décoction de racine bien lavée est utilisée comme badigeonnage pour traiter les
maladies buccales. Les pulpes en infusion ou en cataplasme sous le fond des pieds sont

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indiquées contre le diabète (Kahouadji, 1995). Les graines de coloquinte, réchauffées sur un
plat de terre cuite avec l’orge, sont utilisées comme antidiabétiques. Les graines séchées
sont employées en cas d’hyperglycémie. Le fruit coupé en deux est frotté contre la peau
pour traiter l’eczéma et toute sorte de mycose (Bellakhdar, 1997). Pour apaiser les douleurs
rhumatismales on met le talon du pied dans le fruit tranché. N.B: C'est une plante très
toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Charnot, & Faure, 1945; Jamila & Mostafa, 2014;
Zekkour, 2008).

Citrullus vulgaris Schrad. (Dlah : Lkouar, Pastèque) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Des tranches de fruit frais sont déposées directement sur les yeux en cas de cernes et
de maux de tête. Les feuilles sèches en décoction sont utilisées contre la constipation
(Bellakhdar, 1997). La consommation de suppléments de pastèque en poudre améliorait la
fonction artérielle chez des individus souffrant d’hypertension.

Cucumis melo L. (Btikh : Gerrum, Melon) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusé de feuilles fraîches est indiqué contre constipation et maux de tête. La


consommation quotidienne d’une salade à base de melon, concombre, de tomate et
d’oignon est très conseillée comme un régime alimentaire pour les personnes diabétiques
(Kahouadji, 1995).

Cucurbita maxima Duchesne. (Elgraa Hamra : Takhsayt, Cucurbita maxima) - Plante


cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

Les graines sont utilisées pour soigner les infections intestinales, les problèmes
rénaux et pour expulser le ténia, les fleurs sont appliquées en topique pour soulager des
blessures de faible importance (Bellakhdar, 1997). Les graines en infusion, sont également
utilisées comme vermifuge (Kahouadji, 1995). Une pâte à base de pédoncules de fruits est
utilisée pour guérir les furoncles et les maux d’oreilles.

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Cucurbita pepo L. (Garaa Khedra : Takhsayt, Courgette : Courge d'été : cinouille) - Plante
cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

Le fruit cuit consommé quotidiennement est conseillé comme un régime alimentaire


pour diminuer la glycémie (diabète) (Kahouadji, 1995). Le décocté de graines de courgette
est indiquée pour soulager les symptômes de la vessie irritable (ou vessie hyperactive).

Ecballium elaterium (L.) A. Rich. (Faggous El Hemar, Concombre d’âne) - Plante sauvage,
Localité : Al Hoceima.

Le jus de fruit frais est instillé directement dans le nez contre la jaunisse et maux de
tête. Le fruit est écrasé dans le nez en cas d’ictère secondaire à une hépatite (Bellakhdar,
1997). N.B : Fruits et racines du concombre d'âne sont toxiques car ils contiennent une
substance purgative (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

Lagenaria siceraria (Molina) Standl. (El garâa-slâwiya, Courgette de Salé) - Plante cultivée,
Localité : Toute la région d’étude.

L’écorce du fruit test desséché et utilisé en cataplasme pour apaiser les douleurs de
la migraine et contre la sciatique (Kahouadji, 1995). La courgette peut parfaitement
s'intégrer au régime hyposodé (sans sel).

Cupressaceae

Cupressus sempervirens L. (Zembale, Sarw, Cyprès) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Un bain de bouche par l’infusé de feuilles fraîches est indiqué contre les douleurs
dentaires et duodénaux. La poudre d’écorces en cataplasme contre les maux de tête et les
hémorroïdes (Bellakhdar, 1997). Les rameaux de cyprès se caractérisent pour leurs effets
diurétiques et astringents alors que les fruits, nommés noix ou cônes de cyprès, s'emploient
pour soulager les affections du système circulatoire, notamment l'insuffisance veineuse
(Kahouadji, 1995). L'huile essentielle de cyprès s'applique en compresses sur les jambes
lourdes, en massage contre la toux, en inhalation pour soigner une bronchite.

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Juniperus oxycedrus L. (Taqqa : Guttran, Cadier : Genévrier oxycèdre) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

Un bain de bouche par l’infusé de feuilles fraîches est indiqué contre les douleurs
dentaires respiratoires (asthme). Les feuilles en décoction sont utilisées pour lutter contre
les troubles urinaires (Kahouadji, 1995). L’huile essentielle de genévrier oxycèdre s’utilise
pour le traitement de l’eczéma, du psoriasis et de la gale (Bellakhdar, 1997).

Juniperus phoenicea L. (Arar Finiqi, Genévrier de Phénicie) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Les feuilles sont utilisées, en décoction, comme hypoglycémiant. Les branches et les
feuilles, en infusion, associées au romarin, à la lavande et à la menthe pouliot, sont utilisées
contre les bronchites (Bellakhdar, 1997). Une macération de feuilles fraîches dans le lait
fermenté pendant une nuit est indiquée contre le diabète, à condition de décanter le macéra
pour éliminer les feuilles et prendre un verre de traitement le matin à jeun (Kahouadji,
1995). Le mélange des parties aériennes et les feuilles, en décoction dans l’eau, est utilisé
aussi contre le diabète.

Tetraclinis articulata (Vahl) Mast. (El A’râr : Azuka, Thuya de Berbèrie) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

En infusion, dans du lait, les feuilles sont administrées comme émétique dans divers
épisodes d’intoxication et comme hypoglycémiant (Kahouadji, 1995). En poudre, associées
au henné, elles sont employées pour les soins des cheveux. Les feuilles, en usage externe,
sont utilisées sur les blessures et sur la plaie ombilicale du nouveau-né, comme cicatrisant
(Bellakhdar, 1997). A fortes doses, le thuya est un abortif dangereux. Une infusion de feuilles
dans le lait fermenté pendant une nuit est indiquée contre l’épilepsie.

Cyperaceae

Cyperus alternifolius L. (Saad, Cyperus à feuilles alternes) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

La plante fraîche de cyperus à feuilles alternes en infusion contre la dysenterie et la


tuberculose. La poudre de feuille est utilisée en cataplasme en cas de plaies cutanés.

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Cyperus rotundus L. (Tara : Tamusayt, Souchet rond) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Cyperus rotundus L. contient des huiles essentielles ayant des propriétés médicinales
comme la réduction de la fièvre, l'inflammation et la douleur (Bellakhdar, 1997). Les extraits
de tubercule réduire la nausée et agir comme un relaxant musculaire. Ils sont également
utilisés en décoction lors de problèmes pulmonaires et du système urinaire.

Dryopteridaceae

Dryopteris filix-mas (L.) Schott. (Sarkhs Dakar, Fougère mâle) - Plante sauvage, Localité :
Tanger, Chefchouaen.

Le rhizome de fougère mâle en décoction est utilisé comme calmantes et anti-


inflammatoires. Une infusion de tige feuillée fraîche est conseillée en cas de rhumatismes et
de problèmes de circulation. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Euphorbiaceae

Euphorbia falacta L. (Hayat Ennoufous : Rbiaat Elkimiae, Euphorbe en faux) - Plante


sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

La poudre de plante entière desséchée est utilisée avec l’alimentation contre le


refroidissement, plaies cutanés et comme préventive de maladies (Kahouadji, 1995). La tige
feuillée est utilisée, en infusion, contre les calculs rénaux et la rétention urinaire. N.B: C'est
une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Zekkour, 2008).

Euphorbia peplis L. (Laaya : Hazaza : Haliba, Euphorbe péplis) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Une infusion de côtes d’euphorbe péplis dans le lait fermenté est utilisée contre
l’obésité et le diabète (Bellakhdar, 1997). Le latex d’Euphorbia peplis L. est ajouté à la soupe
de l’orge est indiqué comme antidiabétique à raison de prendre une goutte dans une boule
de soupe. N.B: Toxicité est indiquée par la population du Rif.

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Mercurialis annua L. (Hrriyga Lmelsa, Mercuriale annuelle) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La décoction de plante est employée contre les douleurs des reins et de l’utérus
(Kahouadji, 1995). Une infusion de tige feuillée fraîche est conseillée en cas de problèmes de
diabète à condition de la prendre chaque matin (Bellakhdar, 1997). La décoction de plante
est employée contre les douleurs rhumatismales. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar,
1997; Daoudi et al., 2016).

Ricinus communis L. (Kherouâ: Uwriwra: Krank: Tamazzit, Ricin) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles sont utilisées, en cataplasme ou en infusion, contre la fièvre et les


affections dermatologiques (Kahouadji, 1995). L’huile de ricin est utilisée, en friction, pour
assouplir les cheveux et les faire briller. N.B: C'est une plante très toxique (Bellakhdar, 1997;
Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Fabaceae

Acacia albida Delile. (Chok Telh, Accacia) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les racines d’Acacia albida Delile. en décoction sont utilisées contre la toux,
l’anorexie, le diabète et l’obésité (Kahouadji, 1995). Une macération d’une botte de racines
et d’écorces dans une bouteille d'un litre d'eau est utilisée contre les infections de la peau
(Bellakhdar, 1997). La poudre de tiges feuillées d’acacia, et de feuilles de henné, est
mélangée avec un peu d’huile de palme et appliquée localement.

Acacia raddiana Savi. (Talh, Acacia saharien) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

La poudre de feuilles desséchées est utilisée par application locale en décoction ou


en cataplasme en cas de brulure cutané et eczéma. La gomme est utilisée pour le traitement
des affections oculaires, la jaunisse et les maladies pulmonaires (Bellakhdar, 1997). L’écorce
possède des propriétés antiseptiques et est utilisée pour cicatriser les plaies.

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Cassia senna L. (Sna Mekki, Séné du Mec) - Plante introduite de l’Asie

Le décocté de feuilles associées avec les fleurs de Cassia senna L. est indiqué par voie
orale en cas de douleurs de l’appareil urinaire et constipation (Kahouadji, 1995). La poudre
de feuilles desséchées est indiquée le matin avec le miel et la nuit avec l’eau pendant trois
jours en cas d’intoxication par ingestion de substance toxique (Touwkal en dialecte dans la
culture marocaine) (Bellakhdar, 1997).

Ceratonia siliqua L. (Slighwa: Kharroub, Caroubier) - Plante sauvage, Localité : Tanger, Al


Hoceima, Chefchouaen.

Etant un excellent absorbant des toxines intestinales, la pulpe de caroubier est


mangée pendant quelque jours afin de stopper la diarrhée et les douleurs gastriques
(Kahouadji, 1995). Pour diminuer l’apport alimentaire, on ajoute dans l’alimentation de la
poudre de caroube afin de lutter contre l’obésité. Les gousses séchées sont mangées contre
le diabète. Les feuilles sèches, en décoction dans l’eau, sont utilisées comme antidiabétique
(Bellakhdar, 1997).

Cicer arietinum L. (Hommes dkar : Ikeker, Pois-Chiche) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

En usage externe, la poudre de pois chiche est utilisée pour faire des emplâtres
maturatifs. En mélange avec la pulpe de melon ou de concombre sert à faire des masques
faciaux adoucissants (Kahouadji, 1995). Les racines en décoction, y sont utilisées contre les
calculs rénaux, les douleurs des dents et des gencives (Bellakhdar, 1997). Les graines, en
macération, sont employées contre la jaunisse.

Glycyrrhiza glabra L. (Arq Sûs, Réglisse) - Plante introduite de l’Asie

La tisane préparée par infusion de racines de la réglisse est indiquée par voie orale
contre l’ulcère de l'estomac, l’asthme et le rhumatisme. Un décocté de poudre de racine à
boire le matin à jeun est indiqué dans la toux, les enrouements de la voix, les affections de la
gorge et des poumons, l’asthme, les bronchites, les gastrites, les douleurs abdominales, les
troubles menstruelles et l’impuissance sexuelle (Bellakhdar, 1997). Les rhizomes sont utilisés
pour le nettoyage des dents. Une décoction de rhizomes est indiquée contre les gingivites et

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la diarrhée. N.B: C'est une plante toxique (Bruneton, 1996; Jamila & Mostafa, 2014; Ziyyat
et al., 1997).

Lens culinaris Medik. (Addes, Lentille) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

La poudre des graines séchées et cuites est consommée le matin seule ou bien suivie
du jaune d’œuf ou d’un verre de thé contre la tuberculose pulmonaire (Bellakhdar, 1997). La
poudre mélangée avec l’ail et l’huile d’olive est conseillé le matin contre l’arythmie
cardiaque et le refroidissement (Kahouadji, 1995).

Lupinus angustifolius L. (Shenqala, Fwiliyya, Bozghiba : Foul lkab, Lupin à feuilles étroites)
- Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Le décocté de plante entière dans l’eau est utilisé par voie orale contre la jaunisse. La
poudre de feuilles est indiquée en cas de lithiase rénale et de pierre biliaires (Bellakhdar,
1997). Les graines, en poudre, sont employées dans le traitement du diabète. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Lupinus pilosus L. (Rjel Djaja Ibawan wijjan, Lupin sauvage) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La personne diabétique doit prendre 3 graines de lupin sauvage par jour à raison
d’une graine après chaque repas (Kahouadji, 1995). Une association à base de graines de
lupin blanc, fenugrec, armoise blanche et menthe pouliot, en infusion, est utilisée comme
antidiabétique à raison de prendre deux verres par jour, en dehors des repas. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Medicago polymorpha L. (Fessa, Luzerne polymorphe) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Luzerne polymorphe est utilisée en phytothérapie pour traiter une fatigue générale,
l'asthénie, les angines et l'anémie (Kahouadji, 1995). Sa richesse en minéraux, et surtout en
calcium, la rend intéressante pour aider à la fortification des os dans le cadre d'une
ostéoporose ou de la ménopause (Bellakhdar, 1997). Elle permet de réduire le taux de
cholestérol. N.B: Toxicité est indiquée par la population du Rif.

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Medicago sativa L. (Fessa, Luzerne cultivée) - Plante cultivée, Localité : Tanger, Tétouan ,
Bab Taza, Melloussa, Bni Hadifa.

Les feuilles fraîches sont bouillies et consommées comme fertilisant. Une décoction
de graines de luzerne pendant une nuit dans le lait fermenté est administrée contre le
diabète (Kahouadji, 1995). Une association à base de graine de Medicago sativa L. et de
feuilles de Lawsonia inermis L. et de graine de coriandre est utilisée contre la constipation.
Une préparation à base de feuilles fraîches de Medicago sativa L. (comme Baqula) est
indiquée comme un traitement efficace contre le diabète. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997).

Pisum sativum L. (Jelbana : Tinifit, Pois cultivé) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

La farine de pois cultivé a été utilisée pour confectionner des cataplasmes émollients.
Les jeunes pousses de pois ou les extrémités de plantes sont traditionnellement
consommées pour réduire la perte osseuse et le risque de fracture de la hanche (Bellakhdar,
1997). La poudre cuite de pois est indiquée pour diminuer le risque d’avoir des problèmes de
vésicule biliaire.

Phaseolus aureus Roxb. (Soja, Sauge) - Plante cultivée, Localité : Tanger, Tétouan.

Les graines germées de sauge peuvent être consommées froides en salade, ou


chaudes. Il est préférable de les consommer crues pour garder tous leurs bienfaits. Les
graines de la sauge sont utilisées en décoction pour de réduire le taux de cholestérol et pour
prendre l’embonpoint (Bellakhdar, 1997). En cataplasme, aide au traitement des abcès, des
ulcères de la peau, de l'eczéma et du panaris et calme la douleur des morsures d'animaux
domestiques.

Phaseolus vulgaris L. (Loubya, Haricot) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.
Le décocté de graines dans l’eau contribuerait à faire diminuer l'œdème lié à la
goutte, à la lithiase urinaire et certaines pathologies rénales, il est utilisé également contre le
diabète à raison de le prendre une fois le soir (Bellakhdar, 1997). Les gousses mixées avec le
lait fermenté et l’oignon sont utilisées comme un traitement efficace contre l’anémie et le
diabète.

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Retama monosperma (L.) Boiss. (Rtem : Talgguyt, Retam) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Le décocté de tige est utilisé pour traiter les maladies de la gencive et l’épilepsie. Les
feuilles séchées, en poudre, sont employées pour traiter les maux gastriques et duodénal
(Kahouadji, 1995). N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bouayyadi et al., 2015).

Retama raetam (Forssk.) Webb. (Rtem: Talgguyt, Retam) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

Une décoction de racine ou bien de feuilles de retam, s’utilise contre l’épilepsie et le


diabète. Le cataplasme de feuilles fraîches de retam est utilisé comme bain de pieds en
induisant les maux de tête (Bellakhdar, 1997). N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar,
1997; Jamila & Mostafa, 2014).

Trigonella foenum-graecum L. (Helba: Tifidas, Fenugrec) - Plante cultivée, Localité : Bni


Hadifa, Bni Abdellah, Tizi n Tchin, Tanger, Tétouan, Chefchouaen.

La poudre mélangée avec le miel est utilisée par voie orale pour traiter les maladies
de l’estomac et le ballonnement des intestins et pour augmenter le lait chez la femme, par
badigeonnage pour traiter le lentigo (Leklef en dialecte) (Bellakhdar, 1997). La poudre
mélangée avec le petit lait acide est employée pour traiter le diabète (Kahouadji, 1995). Les
graines cuites, sont très recommandées contre les douleurs de l’estomac, l’amaigrissement,
les bronchites, comme hypoglycémiant et dépuratif. Les graines de fenugrec s’utilisent
directement ou en poudre pour traiter de diabète. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Vicia benghalensis L. (Jelbanet Lehnouch, Vesce du Bengale) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

La poudre de feuilles en décoction, est employée contre les douleurs de l’appareil


digestif surtout maux gastriques et duodénaux. N.B: Toxicité est indiquée par la population
du Rif.

100
Vicia faba L. (Elfûl : Ibaouèn : Fwila, Fève) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Les fèves séchées, mâchées puis avalées, sont préconisées contre l’asthme, l’acidité
gastrique, les inflammations de la vessie, et la lithiase rénale, parfois associées à une pincée
de cendres de bois et du cumin (Bellakhdar, 1997). En usage externe, les graines de fèves
servent à faire des cataplasmes maturatifs dans les abcès et furoncles (Kahouadji, 1995).
Associé au jaune d’œuf, il est recommandé contre la faiblesse cardiaque. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Vicia sativa L. (Guersana : Kerfalla : Ayn L-arnab, Vesce cultivée) - Plante sauvage,
Localité : Tanger, Al Hoceima.

La poudre de Vicia sativa L. en infusion est employée contre le problème de la


circulation sanguine et les maux gastriques (Bellakhdar, 1997). La farine de ses graines sert à
réaliser des cataplasmes pour soulager les inflammations. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Zekkour, 2008).

Vicia tenuifolia Roth. (Bykya, Vesce à feuilles étroites) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Une infusion de racine ou bien de feuilles de vesce à feuilles étroites, s’utilise contre
la diarrhée. Le décocté de feuilles fraîches est utilisé contre l’asthme et ulcères gastriques.

Fagaceae

Quercus rotundifolia Lam. (Kerrush : Jerb : Adern : Tasaft, Chêne vert) - Plante sauvage,
Localité :.

L’écorce, en infusion, est utilisée contre les douleurs gastriques. Le fruit est réputé
comme tonique et anti diarrhéique (Bellakhdar, 1997). Les fruits absorbés en grande
quantité entraînent un retard de la digestion avec des nausées, des douleurs abdominales et
des céphalées (Kahouadji, 1995).

Quercus suber L. (Lfershi : Dlam : Fernan, Chêne liège) - Plante sauvage, Localité : Tanger,
Chefchouaen, Issaguen.

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Le décocté d’écorce de racines est indiqué par voie orale contre l’ulcère de l’estomac.
L’écorce, en décoction, est employée contre les maux d’estomac et d’intestins. En poudre,
associé au henné, il est utilisé en cataplasme contre l’eczéma, les plaies cutanées, la chute
des cheveux. Les fruits pulvérisés, associés au miel, sont utilisés comme stomachique et anti
diarrhéique (Kahouadji, 1995).

Geraniaceae

Erodium cicutarium (L.) L'Hér. (Rakma chokrania, Érodium commun) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

Cette plante est utilisée comme plante médicinale. Elle est comestible avec un goût
qui rappelle celui du persil, en plus piquant, contrairement aux autres espèces d’érodium,
généralement trop amères. Les rifains la consomment crue ou cuite pour traiter les angines
(Bellakhdar, 1997).

Pelargonium capitatum (L.) L'Hér. (Laatercha, Géranium) - Plante cultivée, Localité : Toute
la région d’étude.

La tisane préparée par décoction de feuilles fraîches est utilisée par voie orale contre
les douleurs intestinales, la constipation et le stress (Bellakhdar, 1997). La tige feuillée en
infusion dans le thé sans sucre est utilisée comme antidiarrhéique, à raison de la prendre
trois fois par jour après chaque repas pendant une semaine (Kahouadji, 1995).

Iridaceae

Gladiolus italicus Mill. (Dalbout Itali, Glaïeul des moissons) - Plante sauvage, Localité :
Tanger, Chefchouaen.

On utilise l’infusé de feuilles avec un verre de lait ou de thé contre les affections
respiratoires, douleur des règles, les angines et douleur rénale.

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Iris × germanica L. (Sawsan Almani : Sayf eddib : Tafrout, Iris d'Allemagne) - Plante
sauvage, Localité : Tanger, Ajdir, Zinat.

La feuille de l’Iris × Germanica L. est utilisée dans le traitement, le contrôle, la


prévention, et l'amélioration des maladies, affections et symptômes suivants: Inflammation,
réduction du cholestérol et la constipation (Bellakhdar, 1997).

Juglandaceae

Juglans regia L. (Guergaâ : Ljaouz, Noyer) - Plante cultivée, Localité : Al Hoceima,


Cherrafat, Bab Berred.

Les feuilles de noyer en infusion ou bien l’écorce en décoction, sont utilisés comme
antidiabétique. Il est conseillé de remplacer le décocté par l’eau si la glycémie est très
élevée. Une association de même quantité d’écorce sèche de noyer, celles d’olivier et
d’eucalyptus, est indiquée comme antidiabétique (Kahouadji, 1995). Les noix sont utilisées
comme aliment à haute énergie, et l’écorce est employée en mastication ou en friction pour
blanchir les dents (Bellakhdar, 1997). L’infusé préparé à partir du Noyer frais est indiqué en
cas de douleurs gastriques et duodénaux. Le noyer desséché est utilisé par Moxibustion
(Alkaye en dialecte) pour traiter les verrues.

Lamiaceae

Lavandula dentata L. (Lakhzama : Neklil, Lavande dentée) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles desséchées est utilisé par voie orale contre les douleurs
abdominales, le refroidissement, les douleurs intestinales, les douleurs des règles, les
difficultés respiratoires et comme régulateur du cycle des règles (Kahouadji, 1995). Pour
traiter les troubles gastroduodénales, la lithiase rénale, le vertige et les règles abondantes,
on fait appel à la lavande dentée en poudre ou en infusion (Bellakhdar, 1997). En usage
externe, la plante fraîche hachée est appliquée sur les plaies, les blessures, les poux du corps
et de la tête, pour les désinfecter. L’huile en friction est appliquée sur l’articulation
douloureuse contre le rhumatisme.

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Lavandula multifida L. (Kohhyla : Tiguizte, Lavande) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La décoction de sommités fleuries est utilisée contre le froid, les affections


pulmonaires (toux, rhume, asthme), les affections gastro-intestinales, les affections de rein
et en cas de douleur pendant les règles (Bellakhdar, 1997).

Lavandula officinalis Chaix. (Lkhzama, Lavande officinale) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

Une infusion de parties aériennes (feuilles et fleurs) ou bien une décoction de tige
feuillée de Lavandula officinalis Chaix. est administrée pour traiter les problèmes du système
génito-urinaire, la migraine et les vertiges ou un début d'angine (Bellakhdar, 1997). L’huile à
massage est utilisée pour soulager les douleurs liées aux foulures, entorses et crampes
musculaires.

Lavandula pedunculata (Mill.) Cav. (Lakhzama, Lavande pédonculée) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

La décoction de feuilles et branches fleuries est employée en cas de règles


douloureuses, de douleurs abdominales et pour soulager les douleurs rhumatismales
(Kahouadji, 1995). Les feuilles séchées roulées en cigarettes sont fumées pour soulager
l’asthme et la constipation (Bellakhdar, 1997). Les feuilles et branches fleuries sont utilisées,
en fumigation, en cas d’infection uro-génitale.

Lavandula stoechas L. (Halhal : Amezzir, lavande stœchade) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Les feuilles et les fleurs sont utilisées, en décoction, contre la grippe, le rhume,
l’asthme, la toux, la bronchite, les douleurs d’estomac et comme hypoglycémiant (Kahouadji,
1995). La décoction de la plante entière est administrée en cas de maux de ventre et
d’affections gastro-intestinales. En usage externe, on applique la plante broyée sur les plaies
et les contusions.

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Marrubium echinatum Ball. (Mrywt: Ifzi, Marrube) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Le décocté est utilisé par voie orale contre la toux, la bronchite, La tuberculose
pulmonaire, l’épilepsie et l’asthme (Bellakhdar, 1997). Après décoction la plante est utilisée
par cataplasme direct sur le lieu du mal en cas de douleurs abdominales ou du dos, et elle se
met sur la tête comme remède à l’allergie qui se manifeste par l’écoulement des yeux et du
nez.

Marrubium heterocladum Emb. & Maire. (Mrywta: Ifzi, Marrube) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles en cataplasme sont utilisées contre la fièvre. En décoction, Marrubium


heterocladum Emb. & Maire. est administré en cas d’asthme, bronchite, fièvre et cancer du
col utérin.

Marrubium vulgare L. (Merriwta Hara, Ifzi, Marrube blanc) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

En usage externe, la plante est utilisée en cataplasme sur les tempes contre la fièvre,
et sur les abcès et les furoncles pour les panser et aider à leur cicatrisation (Kahouadji,
1995). En infusion, le marrube est administré en cas d’asthme, bronchite, fièvre, En
décoction, elle est conseillée en cas de diabète, diarrhée, obésité, vers intestinaux et pour
embellir les cheveux (Bellakhdar, 1997). En gouttes auriculaires, elle est employée contre les
otites.

Mentha cervina L. (Menta, Menthe des cerfs) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Une décoction ou une infusion de feuilles séchées de Mentha cervina L. est employée
contre l’asthme et le diabète à raison de la prendre deux fois par jour (Bellakhdar, 1997). La
menthe fraîche en infusion est utilisée contre les douleurs articulaires ou musculaires.

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Mentha × citrata Ehrh. (Nana elmeska, Menthe aquatique) - Plante cultivée, Localité :
Toute la région d’étude.

Les feuilles sont utilisées, en infusion, associées à l’armoise blanche contre les
douleurs gastriques et en cas de fièvre, de froid et de toux (Bellakhdar, 1997). Une décoction
de feuilles est utilisée pour l’hygiène intime en cas d’infection uro-génitale (Kahouadji,
1995).

Mentha x piperita L. (Na’na El-Aabdi, Menthe poivrée) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

Le liquide obtenu par broyage de feuilles est instillé dans les yeux en cas d’allergie
oculaire (Kahouadji, 1995). Une infusion de feuilles ou bien une décoction de tige feuillée
dans l’eau est utilisée en cas de sciatique et de diabète (Bellakhdar, 1997). Une préparation à
base de feuilles, en décoction dans le thé sans sucre, est conseillée en cas de bronchites, de
douleurs articulaires, de douleurs musculaires et de maux de tête.

Mentha pulgium L. (Fliyou dial lma, Menthe pouliot) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Les feuilles fraîches sont appliquées en cataplasme pour arrêter la sécrétion lactée. A
forte dose, l’huile essentielle est abortive (Kahouadji, 1995). En effet, en cataplasme
thoracique, en inhalation ou en infusion (dans de l’eau ou du lait), on l’utilise dans les
rhumes, les maux de gorge, la toux, les bronchites, la migraine, l’asthme, les infections
pulmonaires et les refroidissements de toutes sortes (Bellakhdar, 1997). La plante entière,
en inhalation, en infusion ou en décoction dans du lait ou du thé, est conseillée en cas
d’épilepsie, de refroidissements, de rhume, de grippe, de bronchite, de toux et de douleurs
abdominales. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour,
2008).

Mentha × rotundifolia (L.) Huds. (Tifergali : Timersad : Timjja : Mchichtro, Menthe ronde)
- Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

L’infusion de feuilles desséchées est utilisée par voie orale contre la toux, les
douleurs abdominales, le refroidissement. Une décoction ou une infusion de feuilles est

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employée contre le diabète à raison de prendre deux verres par jour: le matin et le soir
(Bellakhdar, 1997).

Mentha spicata L. (Na’a Na’a : Liqama, Menthe verte) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Une tisane préparée à partir de l’infusion de feuilles dans un verre d’eau est indiquée
pour l’amincissement et maux de tête. Les feuilles fraîches sont utilisées en cataplasme local
contre les furoncles. Une préparation à base de feuilles fraîches en décoction est utilisée
contre les troubles digestifs, les troubles urinaires, la toux et les rhumes (Bellakhdar, 1997).

Mentha suaveolens Ehrh. (Marseta : Timersad, Menthe à feuilles rondes) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

La décoction de feuilles séchées, mélangées avec du goudron végétal, est appliquée


en cataplasme sur les hémorroïdes et en cas de fièvre (Kahouadji, 1995). On s’assoit, au bain
maure, sur une touffe de plante posée sur une brique chaude, pour traiter les
refroidissements, les hémorroïdes, toux et les douleurs du bas-ventre (Bellakhdar, 1997). Les
abcès et les furoncles sont traités par les feuilles écrasées ou en décoction.

Ocimum basilicum L. (Lhbak, Basilic) - Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

L’infusion de feuilles est recommandée dans les sinusites, les tachycardies, les
hémorroïdes, les crampes d’estomac, l’aérophagie, les gastralgies, les spasmes, le
météorisme, l’insomnie, les maladies des voies respiratoires, les inflammations des voies
génito-urinaires et les maux de tête (Bellakhdar, 1997). La décoction est conseillée, sous
forme de bain de bouche contre les aphtes, et sous forme de lotions pour empêcher la chute
des cheveux (Kahouadji, 1995). Le suc de basilic est utilisé, en instillations dans les yeux,
contre les inflammations oculaires.

Origanum majorana L. (Mard’douch, Marjolaine) - Plante cultivée, Localité : Toute la


région d’étude.

Le décocté de feuilles est utilisé par voie orale en cas de douleurs menstruelles, de
froid dans l’utérus, de maux d’estomac et contre la toux (Bellakhdar, 1997). La plante entière
sans les racines, en infusion, est utilisée contre la céphalée, l’insomnie, les maux de tête, les

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affections respiratoires et les troubles gastriques. La plante seule, en infusion dans un bain
chaud, sert comme bain fortifiant, et mélangée avec la sauge, comme bain antirhumatismal.
N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Zekkour, 2008).

Origanum vulgare L. (Zaatr elma, Origan vulgare) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La tige feuillée en décoction, est utilisée contre les affections gastro-intestinales, la


grippe, le rhume, les règles douloureuses et comme hypoglycémiant. L’inhalation de la
vapeur de l’origan associée à Mentha pulegium L. et Lavandula dentata L. est conseillée en
cas d’atteinte de migraine. La poudre mélangée avec l’huile d’olive se met directement sur
l’anus pour traiter les hémorroïdes (Bellakhdar, 1997). La décoction est conseillée en cas de
douleurs abdominales, de règles douloureuses, de ballonnement intestinal, d’inflammations
rhumatismales et d’affections respiratoires (Kahouadji, 1995). Une infusion est employée en
cas d’infection respiratoire, de troubles gastriques et de maux de tête.

Rosmarinus officinalis L. (Azir : Yazir : Iklil aljabal, Romarin) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Le romarin est une plante aromatique multitâche. Les feuilles, en infusion ou en


décoction, sont utilisées contre les troubles de l’appareil digestif (diarrhées), hépatique
(vésicule biliaire, cholestérol), respiratoire (asthme), dermique (chute des cheveux, œdème,
peau grasse, rides), du système nerveux (dépression, mémoire, migraine, nervosité,
sommeil) et du système ostéoarticulaire (entorse, rhumatisme, sciatique). Les feuilles
fraîches et les compresses de la décoction concentrée sont appliquées comme vulnéraire et
résolutif des contusions, des plaies et des abcès (Bellakhdar, 1997). L’huile essentielle est
neurotoxique vu la présence de camphre dans sa composition. En inhalation, l’huile
essentielle de romarin augmentait les capacités de concentration (Kahouadji, 1995). Enfin,
les bourgeons sont aussi utilisés en gemmothérapie. N.B: C'est une plante toxique (Charnot,
1945; Jamila & Mostafa, 2014).

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Salvia officinalis L. (Salmiya, Sauge Officinal) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusion de feuilles est employée contre les maux d’estomac, l’asthme, les
refroidissements, en cas de névralgie, de règles insuffisantes, de stérilité, d’anémie et pour
tarir la sécrétion du lait (Bellakhdar, 1997). Les feuilles sont appliquées en cataplasme sur les
plaies, et mâchées dans le traitement des aphtes et des gingivites (Kahouadji, 1995). Une
infusion de jeunes tiges feuillées de Salvia officinalis L. est indiquée contre le diabète, les
gens du Rif disent qu’il faut couvrir la tasse contenant l’infusé. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Zekkour, 2008).

Thymus satureioides Coss. (Z’îtra, Tazuknit, Sariette du Maroc) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles fraîches est utilisé en cas d’affection de l’appareil génital de


l’homme et pour traiter l’acidité dans l’estomac (Kahouadji, 1995). L’infusé de feuilles
séchées est employé contre les douleurs d’estomac (pancréas, digestion lente, météorisme,
manque d’appétit), la toux et le refroidissement (Bellakhdar, 1997). Elle peut servir aussi en
tant que bain de bouche pour mauvaise haleine et comme bain déodorant des pieds.

Vitex agnus-castus L. (Kharwae, Gattilier) - Plante sauvage, Localité : Toute la région


d’étude.

Les fleurs de gattilier, en décoction, sont utilisées contre les maux de reins et les
hémorragies nasales. Les graines, en décoction, sont utilisées contre la fièvre (Bellakhdar,
1997). Les jeunes feuilles de Vitex agnus-castus L. sont réputées avoir une action diurétique.

Lauraceae

Cinnamomum camphora (L.) [Link]. (Kafour, Camphrier) - Plante introduite de l’asie

L’infusion de feuilles fraîches de camphrier est utilisée par voie orale contre le froid,
la grippe et la fièvre (Kahouadji, 1995). L’huile essentielle de camphre peut être utilisée en
usage externe pour soulager des douleurs. Elle est particulièrement appréciée des sportifs et
des personnes souffrant de rhumatismes pour calmer des douleurs musculaires et
rhumatismales (Bellakhdar, 1997).

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Cinnamomum zeylanicum Blume. (Dar essini, Cannelle de Ceylan) - Plante introduite de
l’asie

L’infusé d’écorce est indiqué par voie orale en cas de maux duodénaux et de règles
douloureuses (Kahouadji, 1995). Une décoction d’écorce de cannelle de ceylan, en poudre,
dans le lait est conseillée contre le diabète à condition de prendre une cuillère à café le
matin avant le petit déjeuner et le soir au coucher (Bellakhdar, 1997).

Laurus nobilis L. (Wrak Sidnamossa : Rend, Laurier noble) - Plante sauvage, Localité :
Chefchouaen, Al Hoceima.

Une décoction de feuilles de Laurier noble, séchées à l’ombre, en poudre s’utilise


contre le diabète. Une association à base de feuille de Laurier noble, et celle de thuya et les
fleurs de lavande, en infusion est utilisée comme un traitement efficace contre les
problèmes affectant l’appareil circulatoire et le diabète (Bellakhdar, 1997).

Persea gratissima [Link]. (Avocat, Avocatier) - Plante cultivée, Localité : Tanger,


Tétouan, Fnideq.

Les feuilles de Persea gratissima [Link]. en poudre sont utilisées en cataplasme


pour traiter les plaies. Les fruits d’avocatier en cru sont utilisés contre les troubles cardio-
vasculaires, les troubles hépatiques et biliaires (Bellakhdar, 1997).

Linaceae

Linum usitatissimum L. (Zeri’t El Kettan, Lin cultivé) - Plante introduite de l’asie.

Les graines en poudre, mélangées au miel, sont employées contre la toux, l’asthme,
les inflammations des voies urinaires et comme apéritif (Bellakhdar, 1997). L’infusion de
graines constitue un bon remède contre la constipation (Kahouadji, 1995). Le lin cultivé est
un adoucissant, il est utilisé contre l’augmentation du taux de cholestérol, pour le diabète, la
névralgie et la constipation chronique. L’eau de la décoction est utilisée au niveau des
fractures pour leur ossification. N.B: C'est une plante toxique (Charnot, 1945; Garnier et al.,
1961).

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Lythraceae

Lawsonia inermis L. (Henna, Henné) - Plante introduite de Tazarine

Les feuilles sont utilisées en décoction contre les douleurs gastriques. Macérées puis
réduites en pâte, elles sont employées en application locale pour le traitement des cheveux
et l’embellissement des mains et des pieds (Kahouadji, 1995). Par ailleurs, l’application
locale du henné est couramment employée sur les eczémas, les furoncles, les abcès, les
gerçures et les contusions (Bellakhdar, 1997). Les feuilles sont utilisées en infusion contre la
diarrhée et la lithiase rénale. Une décoction de feuilles sèches est utilisée pour le même but.

Punica granatum L. (Rmman, Grenadier) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

Le décocté préparé à partir de l’écorce de fruit ou de sa poudre est prescris par voie
orale en cas de problèmes gastro-intestinale (estomac et intestins) et de douleurs
abdominales (Kahouadji, 1995). La poudre d’écorce de fruit est utilisée directement ou en
décoction avec du thé par voie orale pour calmer les douleurs de l’estomac, elle est aussi
prescrite comme cicatrisant des plaies et des blessures et en cas de brulure. Les écorces de
fruits servent également pour les soins du cuir chevelu, en particulier contre la chute de
cheveux. L’épiderme de grenade, en poudre mélangée avec l’eau, est utilisé dans le
traitement de diabète (Bellakhdar, 1997).

Malvaceae

Hibiscus sabdariffa L. (Karkadé, Oseille de Guinée) - Plante sauvage, Localité : Toute la


région d’étude.

Une décoction de feuilles d’oseille de guinée est utilisée contre l’hypo et


l’hypertension et également les troubles gastriques, les fleurs sont utilisées pour la
coloration des cheveux. Une infusion de fleurs d’Hibiscus sabdariffa L. est utilisée comme
régulateur de la tension artérielle et antidiabétique (Bellakhdar, 1997). N.B: C'est une plante
toxique (Bellakhdar, 1997; Jamila & Mostafa, 2014).

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Malva hispanica L. (Khobbeyza, Mauve d'Espagne) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Une décoction de jeunes feuilles est conseillée (une tasse le soir jusqu’à guérison)
pour traiter une bronchite, la diarrhée et des états grippaux. Les feuilles en cataplasme (pour
une durée de 15 jours) sont conseillées en cas de douleurs rhumatismales (Bellakhdar,
1997). N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Malva silvestris L. (Bakkula : Iggdiwen, Grande mauve) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Le décocté de feuilles est utilisé contre les affections du tube digestif et comme
antiallergique. Malva sylvestris L. cuite est réputée comme un aliment qui a des vertus
laxatives, régulatrices de la tension artérielle, nettoyage des intestins et contre le
refroidissement. Les feuilles en décoction, sont employées contre la bronchite et les
affections gastro-intestinales (Bellakhdar, 1997). En application locale, le décocté est utilisé,
contre les douleurs dorsales. Les feuilles et les fleurs cuites, sont utilisées contre la
constipation chronique, la toux et les bronchites aiguës (Kahouadji, 1995).

Moraceae

Ficus carica L. (Karmous : Ettin : Chriha, Figuier) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

L’infusion de figues séchées est prescrite contre le diabète, et la constipation. Un


cataplasme préparé à base de feuilles fraîches mélangées avec d’autres plantes est placé sur
la tête contre la typhoïde (Bellakhdar, 1997). Les feuilles, en inhalation, sont utilisées contre
la fièvre. Le latex de feuilles est appliqué sur les verrues pour les faire disparaître. Les figues
séchées sont considérées comme énergétiques et hypocholestérolémiques (Kahouadji,
1995).

Ficus carica var. dottato. (Karmous : Chriha : Iyayir : Ettin, Figuier) - Plante cultivée,
Localité : Toute la région d’étude.

Les jeunes feuilles fraîches, en infusion dans l’eau, sont conseillées en cas
d’hypercholestérolémie et de diabète. La consommation de l’écorce de fruits en purée, est

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conseillée à la personne diabétique (Kahouadji, 1995). Le figuier séché en décoction avec l’ail
et mélangé avec l’huile d’olive est employé par voie orale contre la toux. Le fruit bouilli dans
l’eau est utilisé en cataplasme contre le diabète et les hémorroïdes (Bellakhdar, 1997).

Morus alba L. (Ettout, Mûrier blanc) - Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles sont utilisées pour faire de la tisane ou thé de feuille de mûrier réputé
pour son action contre l’obésité. Les feuilles fraîches, en infusion dans l’eau, sont conseillées
en cas de diabète et d’anémie (Bellakhdar, 1997).

Myristicaceae

Myristica fragrans Houtt. (El Goza : Bsibissa : Jawz ettayeb, Muscadier : Macis) - Plante
introduite.

La noix de muscade est utilisée pour aromatiser des plats et des gâteaux, elle est
souvent râpée puis mélangée dans de la soupe (Kahouadji, 1995). La muscade est aussi
utilisée pour fabriquer de la liqueur ainsi que de l’huile essentielle. La noix râpée est
prescrite dans le cas de constipation, de l’impuissance sexuelle et les refroidissements du
corps. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Myrtaceae

Eucalyptus camaldulensis Dehnh. (Kalitûs, Eucalyptus) - Plante sauvage, Localité : Toute


la région d’étude.

La décoction de feuilles se boit dans le traitement de l’asthme, de la toux, des


bronchites et de la grippe, Leur poudre est aussi administrée contre le refroidissement. Une
association, en décoction, à base de feuilles d’eucalyptus, de tiges feuillées de marrube,
d’ombelle d’ammi et de clous giroflier est conseillée en cas de diabète et de constipation
(Bellakhdar, 1997). Une infusion de jeunes feuilles d’eucalyptus, couleur verdâtres,
directement après la récolte est indiquée contre l’hyperglycémie. N.B: C'est une plante
toxique (Bellakhdar, 1997).

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Eucalyptus globulus Labill. (Kalitûs, Eucalyptus) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

La décoction de feuilles est utilisée contre les affections urinaires, les maux
d’estomac et les affections des voies respiratoires: asthme, toux, bronchite et grippe, par
fumigation. En cataplasme ou en inhalation, elles sont employées contre la fièvre, la sinusite
et la bronchite (Kahouadji, 1995). Pour éloigner les moustiques et les mouches et pour
désinfecter un local, on brûle des feuilles d’eucalyptus dans un brasero. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Zekkour, 2008).

Eugenia caryophyllata Thunb. (Qronfel : Aoud nwar, Giroflier) - Plante introduite de


l’Orient.

Il est utilisé lors des crampes gastriques et intestinales accompagnées de gaz. Dans
les maux de dents et les infections buccales (aphtes, ulcération), le clou de girofle est
mastiqué ou appliqué, en cataplasme de la poudre, sur la joue (Kahouadji, 1995). Le clou de
girofle est utilisé aussi, en décoction dans le lait ou de l’eau sucrée, contre les douleurs des
règles, les maux intestinaux, la constipation et la diarrhée. Associé à d’autres plantes, il fait
partie de la composition de crèmes et d’oléates destinées aux soins des cheveux (Bellakhdar,
1997).

Myrtus communis L. (Rayhan : Moqqou : Tarihant, Myrte) - Plante cultivée, Localité :


Toute la région d’étude.

En décoction buvable, les feuilles de myrte sont utilisées comme remède des
affections respiratoires, des affections génito-urinaires, les maladies cardiaques, hépatiques,
des diarrhées, des maux d’estomac et pour traiter la mauvaise haleine sous forme de bain de
bouche (Bellakhdar, 1997). Des compresses imbibées par cette décoction sont appliquées
sur les plaies, les abcès et les hémorroïdes saignants. Le décocté mélangé au henné est très
utilisé pour noircir et assouplir les cheveux.

Pimenta dioica (L.) Merr. (Nwiwira, Poivre de la Jamaïque) - Plante introduite.

Il est indiqué dans le cas d’insuffisance rénale et d’impuissance sexuelle ainsi que la
stérilité, soit seul, ou mieux encore, mélangé avec: le macis, la muscade, la gomme mastic et

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le clou de girofle (Bellakhdar, 1997). Le tout est pulvérisé et mélangé au miel, à raison d’une
cuillère à café au coucher. On applique localement la poudre dans le cas de maux de dents.

Nitrariaceae

Peganum harmala L. (El Harmel, Harmal) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Une préparation à base de quelques graines d’harmal et de feuilles d’armoise


blanche en poudre ou en infusion est indiquée contre l’asthme et le diabète (Bellakhdar,
1997). La poudre de graines mélangée avec (Allathoukh) chaud est indiquée par
badigeonnage contre l’eczéma. Harmel est utilisée aussi pour les soins des cheveux. N.B:
C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993;
Zekkour, 2008).

Nyctaginaceae

Mirabilis jalapa L. (Chob Ellayl, Belle-de-nuit) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

La partie la plus utilisée est sa feuille. On en constitue des emplâtres pour soigner les
entorses et la migraine. On y a recours, de la même façon, en cas d’œdèmes quels qu'ils
soient. N.B: Toxicité est indiquée par la population du Rif.

Oleaceae

Fraxinus angustifolia Vahl. (Lsan Ettir : Taslent : Imtess, Frêne à feuilles étroites) - Plante
cultivée, Localité : Al Hoceima, Tétouan, Tanger.

L’infusion de feuilles de frêne utilisé dans les cas d'arthrose, d'arthrite, toux et de
rhumatismes. Le frêne accélère l'élimination urinaire et est alors recommandé en parallèle
d'un régime amaigrissant, pour faciliter l'élimination (Bellakhdar, 1997).

Olea europea L. (Zaytoun, Olivier) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles est utilisé par voie orale contre l’ulcère gastrique, les maux
dentaires, les aphtes, l’hypertension et le rhumatisme (Kahouadji, 1995). L’huile extraite à

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partir du fruit est utilisée avec l’ail contre les affections respiratoires et la toux, mélangée
avec l’ail et la figue sèche traite les crises d’asthme et les infections respiratoires (Bellakhdar,
1997). L’huile d’olive avec le soufre est efficace contre la maladie dermique le prurit (hakka
en dialecte). Un massage par l’huile d’olive soulage les douleurs du dos et du cou. Une
infusion de feuilles est utilisée en cas d’hypertension artérielle et de diabète.

Olea europea var. sylvestris (Mill.) Lehr. (Zabbouj : Azemmour, Oléastre sauvage) - Plante
sauvage, Localité : Tanger, Al Hoceima, Chefchouaen.

Une décoction de feuilles est utilisée en cas de pierre biliaire et de diabète à raison
de prendre trois verres par jour avant chaque repas. Une infusion de feuilles est utilisée en
cas d’hypertension artérielle et de diabète (Kahouadji, 1995). L’huile d’olivier est utilisée
comme produit cosmétique.

Papaveraceae

Fumaria officinalis L. (Hchicht Essibyan : Khnont naaja : Shahmt fellos, Fumeterre) - Plante
sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Une décoction de plante entière sauf la racine est adaptée aux soins des troubles de
la vésicule biliaire, elle agit aussi sur les troubles de la digestion, la constipation, les
ballonnements intestinales, l’hyperthyroïdie, la congestion hépatique, les hémorroïdes et les
éruptions (Bellakhdar, 1997). Les racines en décoction dans l’eau sont utilisées comme
antidiabétique. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Glaucium flavum Crantz. (Merzak Halabi : Galyat srah : Bougron, Glaucienne jaune) -
Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles en décoction sont employées pour adoucir les cheveux. L’infusion et la
décoction de fleurs sont utilisées contre les spasmes et l’urticaire. N.B: Toxicité est indiquée
par la population du Rif.

Papaver rhoeas L. (Bela’man, Coquelicot) - Plante sauvage, Localité : Toute la région


d’étude.

La poudre de coquelicot, de carvi et muscade en très petite quantité mélangé avec du


miel est utilisée pour endormir les bébés en cas d’insomnie. Le coquelicot est employé par

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l’infusion de pétales et de capsules contre la rougeole, les spasmes et les plaies cutanées
(Kahouadji, 1995). La poudre est utilisée contre les saignements du nez. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Garnier et al., 1961).

Pedaliaceae

Sesamum indicum L. (Jeljlane, Sésame) - Plante introduite.

De nombreuses parties de plante sont utilisées par la médecine indigène en Rif pour
traiter toutes sortes de maux. Le mucilage ou le jus de feuilles permet de soigner la fièvre, la
toux, les douleurs ophtalmiques et de tuer les poux de la tête, le jus est administré pour
faciliter l’accouchement, pour traiter la dysenterie et la gonorrhée et est utilisé dans les
pansements après la circoncision (Bellakhdar, 1997). Les feuilles en infusion jouent un rôle
dans le traitement des morsures de serpents et de calcul rénal (Kahouadji, 1995).

Pinaceae

Pinus pinaster Aiton. (Tayda, Pin maritime) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

En cas de brûlures et d’eczéma, on étale une couche d’une préparation à base de


‘’Smen’’ et de poudre d’écorce (Bellakhdar, 1997). En gargarismes, les bourgeons de pin
maritime soignent les laryngites (Kahouadji, 1995). En inhalations ou dans le bain, ils sont
utiles en cas de rhume ou de refroidissement.

Pinus sylvestris L. (Sanouber, Pin sylvestre) - Plante sauvage, Localité : Tanger, Al


Hoceima, Chefchouaen.

La poudre d’écorce est utilisée directement ou avec du beurre clarifié (le smen en
dialecte) en cataplasme ou en décoction en cas de brulure de la peau, d’eczéma et
d’affections des voies respiratoires (Bellakhdar, 1997).

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Piperaceae

Piper nigrum L. (Ibzar, Poivre noir) - Plante introduite de l’asie

Les graines de poivre noir sont utilisées depuis très longtemps pour ses vertus
stimulantes et antiseptiques sur les systèmes digestif et génito-urinaires. Il est également
diurétique et décongestionnant des sinus en cas de rhume (Bellakhdar, 1997). L'huile
essentielle est antiseptique, antibactérienne et fébrifuge, tout en étant très utilisée dans
l'industrie agroalimentaire et la parfumerie.

Platanaceae

Platanus orientalis L. (Delb Machriqi, Platane d'Orient) - Plante cultivée, Localité : Toute
la région d’étude.

Les feuilles de Platanus orientalis L. s’utilisent comme cataplasme contre les abcès.
L’écorce en infusion est utilisée contre la constipation et les maux gastriques.

Plantaginaceae

Plantago lanceolata L. (Lssan lhamel : Zarqtona, Plantain lancéolé) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

Les feuilles fraîches, grossièrement broyées et appliquées directement sur une piqûre
d'insecte ou une blessure cutanée aideront à enrayer l'inflammation (Bellakhdar, 1997). Une
infusion de parties aériennes séchées est utilisée en cas de douleurs gastriques. Une infusion
de tiges est utilisée en cas d’asthme. N.B: Toxicité est indiquée par la popu hyy1lation du
Rif.

Poaceae

Agrostis reuteri Boiss. (Ziwan Khachabi, Agrostide) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Pour l'usage externe, la farine d’agrostide est très adoucissante et on l'utilise pour
calmer les inflammations, ainsi que pour saupoudrer des régions irritées, et on en fait des
cataplasmes émollients contre les maladies de la peau.

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Avena barbata Pott ex Link. (Chofan Barri, Avoine pubescente) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Les feuilles entrent dans la composition de Baqûla. Une tisane de feuilles est utilisée
dans le traitement de la constipation, les angines, la jaunisse, les affections hépatiques. Une
décoction de racine fraîche est conseillée contre la typhoïde, ou bien il est possible de
mettre la racine broyée à l’intérieure d’une petite jeune poule et faire bouillir le tout au-
dessus d’un couscoussier.

Avena sativa L. (Khortal : Azqom, Avoine cultivée) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

L'avoine est utilisée pour la relaxation, pour faciliter le transit intestinal et pour
contribuer à abaisser le taux de cholestérol. Elle a également des propriétés anti-irritantes,
des propriétés dermatologiques calmantes, apaisantes pour la peau et qui réduisent sa
sensibilité. La graine est utilisée en décoction contre la toux et les calculs rénaux (Kahouadji,
1995).

Bromus squarrosus L. (Amlsikh : Chwiara, Brome raboteux) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Le décocté de feuilles est utilisé comme lotion pour les yeux et pour une utilisation
contre une inflammation aiguë des tissus du corps interne. Il recommande aussi l'application
d'un mélange de brome raboteux et de raisins secs. En poudre sur certaines maladies de la
peau et d’os.

Cymbopogon citratus (DC.) Stapf. (Aoshb Elhamed, Citronnelle) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

Dans la médecine traditionnelle, la citronnelle est utilisée pour ses nombreuses


propriétés thérapeutiques. Le décocté de feuilles ou l’huile essentielle (HE) est utilisé pour
traiter les douleurs gastro-intestinales, la toux, l’herpès, la fièvre, les céphalées, les troubles
cardiaques, troubles urinaires, les flatulences, les vomissements, la dyspepsie, l’ictère,
l’insomnie, la morsure de serpent et la dépression (Bellakhdar, 1997).

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Cynodon dactylon (L.) Pers. (N'jem, Chiendent) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Le rhizome est utilisé en infusion contre la tuberculose (Bellakhdar, 1997; Kahouadji,


1995). La décoction de rhizome à un effet bénéfique en cas de blennorragie, et la même
préparation est utilisée en usage externe pour soigner les rhumatismes. N.B: C'est une
plante toxique (Bellakhdar, 1997; Jamila & Mostafa, 2014).

Dactyloctenium aegyptium (L.) Willd. (Njem Rjel Djaja, Chiendent) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

Une décoction de rhizome de chiendent ajoutée à l’asperge (Asparagus officinalis L.)


est utilisée en cas de stérilité féminine et de règles douloureuses. En poudre les graines sont
utilisées contre la migraine.

Eleusine indica (L.) Gaertn. (Njem, Éleusine des Indes) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La décoction de rhizome est utilisée contre les refroidissements. Les racines en


infusion, sont efficaces contre les coliques et l’insuffisance rénale.

Festuca arundinacea Schreb. (Aguzmir, Fétuque élevée) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

La graine en poudre est conseillée pour les personnes qui souffrent de la rétention
urinaire (Bellakhdar, 1997). L’infusé de feuille est utilisé pour atténuer les douleurs osseuses
et articulaires, reminéralise et favorise la reconstruction des cartilages et des tissus. N.B:
C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure, 1945).

Glyceria fluitans (L.) [Link]. (Aaima, Glycérie flottante) - Plante sauvage, Localité : Tanger
Chefchouaen.

Les tiges feuillées de cette plante en infusion ou en décoction sont utiles pour le
traitement de la dysenterie et l’asthme.

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Hordeum murinum L. (Chaair El Firan, Orge des rats) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

L'infusion de feuille est utilisée contre les refroidissements. Les racines en infusion,
sont efficaces contre les coliques (Bellakhdar, 1997). L’eau d’orge des rats sert de gargarisme
contre les affections de la gorge.

Hordeum vulgare L. (Châir : Timzine, Orge) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

La soupe préparée à base d’orge (Balboula) est souvent conseillée chez le fracturé et
le diabétique. Les graines torréfiées sont utilisées comme carminatif (Kahouadji, 1995). Le
malt que l’on extrait est employé dans le traitement contre le rhume et les affections
catarrhales simples. L’orge est une plante qui est utilisée dans la diarrhée, les rhumatismes
et les douleurs névralgiques (Bellakhdar, 1997).

Oryza sativa L. (Rûz, Riz) - Plante introduite de l’Asie.

L’eau de riz est prescrite en diète liquide pour les personnes souffrant de gastro-
entérite. La réputation du riz comme aliment constipant n’est pas juste, il est un régulateur
des fonctions intestinales et ostéoarticulaires (Kahouadji, 1995). Sa farine utilisée en
cataplasmes pour les maladies de peau. Les grains de riz sont utilisés comme anti
diarrhéique, surtout chez l’enfant. Il est aussi employé pour prévenir les vertiges lors des
voyages (Bellakhdar, 1997).

Pennisetum setaceum (Forssk.) Chiov. (Dyl Ethaalab, Graminée pourpre) - Plante sauvage,
Localité : Toute la région d’étude.

La bouillie de Pennisetum setaceum (Forssk.) Chiov. est prescrite aux femmes


allaitantes car elle augmente la lactation. On l’administre aussi aux enfants, dans les
maladies cardiaques et gastro-intestinales, et aux adultes dans les irritations vésico-
urinaires.

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Phalaris canariensis L. (Hchicht Lkanari, Alpiste des Canaries) - Plante sauvage, Localité :
Ajdir, Izefzafen, Belyounich.

Les graines en poudre sont prescrites contre le diabète une fois par jour (Bellakhdar,
1997). Une association à base de graines d’alpiste des canaries, celles de cumin, de lupin
blanc et les feuilles de noyer en décoction, est utilisée contre la diarrhée. N.B: Toxicité est
indiquée par la population du Rif.

Phragmites communis Trin. (Kseb, Roseau) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusé de poudre préparée à partir de la racine est indiqué par rinçage contre
l’arythmie cardiaque, le prurit (démangeaison de la peau), du cuir chevelu et de la peau. N.B:
C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

Poa annua L. (Kabaa Howli, Pâturin annuel) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

La poudre de plante entière desséchée en décoction est utilisée par voie orale avec le
thé contre le reflux gastrique, l’ostéoporose et en cas de poumon perforé.

Setaria verticillata (L.) [Link]. (Dayl Eddib : Tafsut, Sétaire) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

Est un remède populaire contre la diarrhée et le rhumatisme. On la donne en guise


de diète liquide aux malades souffrant d'entérite (gastro-entérite) ou aux nourrissons et
petits enfants en remplacement du lait.

Triticum turgidum L. (Zraa: Irden, Blé dur) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Appliqué en cataplasme, le blé aide à cicatriser les plaies et permet de traiter les
furoncles, les panaris et les anthrax. La prise quotidienne de son de blé constitue une mesure
de prévention contre certains cancers, notamment le cancer du côlon (Bellakhdar, 1997). La
consommation de grains entiers améliore la sensibilité à l'insuline chez les patients
diabétiques (Kahouadji, 1995). Le son de blé mélangé avec le jaune d’œuf est utilisé comme
purifiant du visage.

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Triticum aestivum L. (Lgamh, Blé tendre) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

La farine de fruit entre dans la préparation du pain comme complément alimentaire


en cas d’anémie. L’infusé de soies d’épis de maïs et graines de blé tendre est indiqué en cas
de cirrhose du foie et de douleurs rénales (Bellakhdar, 1997).

Zea mays L. (Dra, Maïs) - Plante cultivée, Localité : Toute la région d’étude.

En décoction, les stigmates de maïs sont recommandés pour la lithiase rénale, les
maladies de l’appareil urinaire, notamment la cystite (Bellakhdar, 1997). Cette décoction est
prise également pour éliminer l’excès d’eau dans l’organisme dans le cas des obésités.
L’huile est utilisée par les personnes à fort dose de cholestérol et les graines pour les
diabétiques. En usage externe, les styles de maïs sont utilisés en infusion pour les soins des
cheveux (Kahouadji, 1995).

Polygonaceae

Emex spinosa (L.) Campd. (Houmida, Rumex) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusé de graines est recommandé contre les maux intestinaux et d’estomac. Les
feuilles, mangées en salade, sont réputées toniques et rafraichissantes. La poudre de racines
est utilisée dans le traitement de la constipation, la jaunisse et les affections hépatiques
(Bellakhdar, 1997).

Rumex acetosa L. (Houmida : Tasmumt, Oseille sauvage) - Plante sauvage, Localité : Toute
la région d’étude.

Les feuilles entrent dans la composition de Baqqûla. Une tisane de feuilles d’oseille
sauvage est utilisée dans le traitement de la diarrhée, la jaunisse, les affections hépatiques
et gastriques (Bellakhdar, 1997). Une infusion de racine fraîche est conseillée contre la
fièvre. La racine en poudre est utilisée sous forme de cataplasme contre les furoncles. N.B:
C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

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Pontederiaceae

Eichhornia crassipes (Mart.) Solms. (Sounbel, Jacinthe d'eau) - Plante introduite.

En usage interne la décoction de plante entière, bien nettoyée, sert à traiter les
troubles sanguins et combattre l’amaigrissement et le froid. En usage externe, un
cataplasme préparé à partir de la plante écrasée est appliqué sur la partie gonflée du cou
pour soigner le goitre thyroïdien. Les fleurs sont utilisées pour médicamenter la peau des
chevaux (Bellakhdar, 1997).

Portulacaceae

Portulaca oleracea L. (Rejla : Tasmamine, Pourpier potager) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

Les tiges feuillées, cuites avec la tomate, l’ail, les feuilles de coriandre fraîches, sont
utilisées comme un repas de personne diabétique (Kahouadji, 1995). La plante entière est
consommée crue, en salade, en cas d’anémie et de taux élevé du cholestérol et contre le
cancer.

Ranunculaceae

Nigella sativa L. (Sanûj, Nigelle) - Plante introduite de l’Asie.

Les graines, en infusion ou en poudre associées au miel, sont utilisées contre les
douleurs gastro-intestinales, le rhume, la grippe, l’asthme, le rhumatisme, les affections
pulmonaires et comme antidiabétique (Kahouadji, 1995). La nigelle est très employée en
médecine traditionnelle, en infusion ou en décoction, comme carminative, emménagogue,
antispasmodique, cholagogue, galactogène, vermifuge et hypotensive (Bellakhdar, 1997).
N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993; Zekkour,
2008).

Ranunculus bullatus L. (Wden Elhallouf, Renoncule boursouflée) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

Les racines, en décoction, sont utilisées contre les règles douloureuses, les maux
d’estomac et pour activer l’accouchement. Les feuilles sont utilisées en infusion contre les

124
diarrhées, les angines et la lithiase rénale. La plante est irritante pour la peau et les
muqueuses (Kahouadji, 1995). Ingérée, elle peut provoquer des stomatites, des brûlures et
des ulcérations. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Rhamnaceae

Ziziphus lotus (L.) Lam. (Nbeg : Tazart, Jujubier) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les jujubes, associés au style de maïs, au chiendent et aux fleurs de figuier de


barbarie, sont utilisés contre les calculs rénaux (Kahouadji, 1995). La poudre de feuilles
séchées, humectée avec de l’eau, est appliquée en cataplasme contre les furoncles et les
abcès. La racine écrasée et exprimée laisse couler un jus qui serait efficace dans les cas de
leucomes (Bellakhdar, 1997). Les feuilles fraîches, en infusion, ou bien les racines en
décoction, sont utilisées en cas de diabète. Les feuilles sont utilisées, en décoction, contre les
douleurs abdominales.

Rosaceae

Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl. (Lemzah, Néflier du Japon) - Plante cultivée, Localité :
Tanger, Melloussa, Bab Taza, Talambout.

Le décocté et l’infusé de feuille ont prouvé leur efficacité dans le traitement de


l’hypertension artérielle, le diabète, le cancer et l’asthme. La poudre de feuilles sous forme
d’infusion est utilisée en cas de traitement des douleurs gastriques et urinaires. Une
fumigation des feuilles de lemzah, de sferjel et de marriwta el-harra est efficace contre la
fièvre typhoïde (Bellakhdar, 1997).

Malus domestica Borkh. (Tûffah, Pommier) - Plante cultivée, Localité : Bab Berred,
Issaguen.

La pomme régularise le transit intestinal et facilite la digestion, grâce à son acidité qui
entraîne une salivation et stimule les sucs digestifs. La pomme crue agit très bien contre la
constipation et la pomme cuite est recommandée en cas de diarrhée. A condition d’en
consommer régulièrement, les pommes aident à réguler le taux de cholestérol. Elle donne
également de l’énergie et combat la fatigue (Bellakhdar, 1997). Elle possède également des

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vertus calmantes qui aident à trouver le sommeil et régulent le stress. Le fruit agit
positivement sur la diurèse et sur l’élimination de l’acide urique (Kahouadji, 1995). Ses
bienfaits sont donc fort appréciés chez les sujets souffrant d’arthrite et de rhumatismes, et
les obèses. La pomme permet également de lutter naturellement contre l’hypertension
artérielle, et ce à titre curatif ou préventif.

Prunus armeniaca L. (Mechmach, Abricot) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

Les feuilles de l’abricotier en infusion sont un remède efficace contre la toux et les
maux de gorge, les douleurs musculaires, articulaires et nasales. En décoction, l’abricot
soulage les inflammations et les éruptions cutanées (Kahouadji, 1995). En massage, l’huile de
noyau d’abricot, s’applique sur le corps, après des expositions au soleil, ou sur peaux sèches.
Elle s’applique aussi sur les douleurs musculaires (Bellakhdar, 1997). En cas de dysenterie, le
jus extrait de feuilles de l’abricotier et dilué peut être efficace pour soigner la dysenterie.

Prunus persica (L.) Batsch. (Khokh, Pêcher) - Plante cultivée, Localité : Al Hoceima,
Chefchouaen.

Le pêcher est une plante médicinale que l’on utilise pour traiter la constipation et
dont les qualités vermifuges sont réputées. Il est efficace contre les nausées, les vers
intestinaux. Une décoction de feuilles est utilisée en cas de douleurs gastriques. En usage
externe, les feuilles, les fleurs et les amandes broyées sont utilisées sous forme de
cataplasme (Bellakhdar, 1997).

Rubus ulmifolius Schott. (Oualik : Tabgha, Ronce) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La feuille crue est utilisée par rinçage locale pour raffermir la peau du visage. Le
décocté de feuilles en association avec les feuilles d’eucalyptus, du cardon, de la lavande et
du marrube blanc est indiqué par voie orale contre la céphalée et les douleurs cardiaques
(Bellakhdar, 1997). Les feuilles en poudre à usage externe sont appliquées contre les
brûlures et les blessures de personne diabétique (Kahouadji, 1995).

126
Rubiaceae

Coffea arbica L. (Qahwa, Café) - Plante introduite.

Une décoction de feuilles est utilisée pour l’hygiène intime en cas d’infection uro-
génitale. Le café non torréfié permet une accélération de l'activité cérébrale, tant au niveau
de la pensée que de la perception et de la mémoire elle favorise également la combustion
des sucres et l'élimination des graisses (Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995).

Galium aparine L. (Lsak, Gratteron) - Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Une infusion de feuille est recommandée en cas d’angines, de grippe, de toux et de


douleurs gastriques. La tige en poudre est utilisée pour soigner les problèmes circulatoires,
améliorer la circulation sanguine et de lutter contre les désagréments liés au psoriasis ou à
l'eczéma.

Rubia peregrina L. (Fûwa : Tarubya, Garance) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Un décocté de racines est conseillé en cas d’anémie. L’infusion de la plante entière


est prescrite dans les anémies et toutes les maladies du sang (Kahouadji, 1995). La racine est
également utilisée, en décoction, contre la jaunisse et les maladies hépatiques (Bellakhdar,
1997). Elle est réputée dépurative et augmente le volume du sang. La garance fut aussi
utilisée pour ses propriétés diurétiques, pour éliminer les calculs rénaux ou biliaires.

Rutaceae

Citrus × aurantium L. (Larnej, Bigaradier) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

En massage, l'huile essentielle de bigaradier permet de régénérer la peau en cas


d'acné ou d'eczéma. Un cataplasme de poudre de sommités fleuries est utilisé en cas de
migraines. Une fumigation est indiquée en cas d’infection uro-génitale (Kahouadji, 1995).
L'orange amère est contre-indiquée en cas de dépression, de diabète, de migraines, de
troubles cardiaques ou coronariens, d'hypertension ou de troubles hormonaux (Bellakhdar,

127
1997). Elle est préscrite aux femmes enceintes, à celles qui allaitent et aux enfants. N.B :
C’est une plante très toxique (Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

Citrus limetta Risso. (Lhamed Beldi, Bergamotier) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Le bergamotier en tant que remède permet d’éliminer les vers intestinaux qui
provoquent, la plupart du temps, de graves troubles digestifs. Les troubles du sommeil
figurent également parmi les maladies que la limette peut guérir (Kahouadji, 1995). Les
propriétés toniques de bergamotier optimisent les fonctions de certains organes comme le
rein, les muscles ou encore le cerveau. Une infusion de fleurs dans l’eau est indiquée comme
antidiabétique. Le jus de Citrus limetta Risso. est utilisé de la même façon que Citrus limon
(L.) Osbeck (Kahouadji, 1995).

Citrus limon (L.) Osbeck. (Lhamed, Citron) - Plante cultivée, Localité : Toute la région
d’étude.

Le jus de citron est utilisé par voie orale contre les douleurs intestinales, en
gargarisme pour les angines, et en mettant des rondelles directement sur le front il apaise
les maux de tête et donne aussi un effet antipyrétique (Bellakhdar, 1997). Le jus de citron
mélangé avec le miel et l’huile d’olive ou avec du persil et de l’ail est utilisé pour traiter les
néphro-lithiases (Kahouadji, 1995). Le jus de citron est utilisé en gouttes oculaires en cas
d’irritation des yeux. Le jus de citron mélangé avec de la farine et du sucre a des bienfaits
pour la peau de visage.

Citrus reticulata Blanco. (Lmandarine, Mandarine) - Plante cultivée, Localité : Toute la


région d’étude.

L’infusion de racines est prescrite dans les maladies de la vésicule biliaire et les
affections de l’appareil respiratoire. La fumigation des tiges est employée contre les
céphalées et l’insuffisance rénale (Bellakhdar, 1997).

128
Citrus sinensis (L.) Osbeck. (Limoun, Oranger doux) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Le masque préparé par l’association de la poudre d’écorce de fruit desséchée


mélangée avec un yaourt nature non sucré, est utilisé en badigeonnage pour traiter l’acné.
Le décocté de jus de fruit mélangé avec un œuf est utilisé par voie orale la nuit contre la
tuberculose et la grippe (Kahouadji, 1995).

Ruta montana (L.) L. (Fijel : Iwermi, Rue sauvage) - Plante sauvage, Localité : Tanger, Al
Hoceima, Chefchouaen.

La racine, en décoction, est employée contre les maux d’estomac, les maux d’intestin,
les affections de l’appareil respiratoire et les maladies du foie. La plante séchée et pulvérisée
est associée au laurier, à l’armoise blanche, à la lavande, au thym et à la menthe pouliot
pour faire une décoction contre les coliques (Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995). N.B: C'est
une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Zekkour, 2008).

Salicaceae

Populus alba L. (Sefsaf, Peuplier blanc) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les racines en cataplasme, agissent contre les hémorroïdes et les ulcères gastriques.
La poudre de feuilles et fleurs de Populus alba L. s’emploie en décoction contre les migraines
d'origine hépatique. En cataplasme, le bourgeon est efficace pour calmer les douleurs
articulaires et musculaires. Les tisanes sont employées pour traiter les infections urinaires
(Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995).

Populus nigra L. (Sefsaf, Peuplier noir) - Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Résistant à la pollution, le peuplier noir est planté le long des routes. Ses bourgeons
sont utilisés à des fins médicinales contre les rhumatismes, les maux duodénal et la goutte.
On en fait un vin excellent pour lutter contre la toux (Bellakhdar, 1997). Le bois de peuplier
absorbant des gaz intestinaux, des toxines microbiennes et de divers poisons.

129
Schisandraceae

Illicium verum Hook.f. (Badiana, Anis etoile) - Plante introduite.

Cette plante est essentiellement employée dans le traitement des troubles gastro-
intestinaux, notamment les colites, la dyspepsie, les ballonnements, la diarrhée et les
spasmes du tube digestif. Une infusion de fruits avec le thé sans sucre est prescrite comme
antidiabétique (Kahouadji, 1995). N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Scrophulariaceae

Verbascum sinuatum L. (Torah : Muslih al-ândar, Molène) - Plante sauvage, Localité :


Toute la région d’étude.

La plante entière en infusion est indiquée dans les traitements magiques des
rhumatismes. Les jeunes fleurs sont indiquées pour traiter la vue brouillée à condition
qu’elles soient écrasées par les mains très saines ou dans la bouche (Bellakhdar, 1997). Une
macération de racine de molène et de graines de pois chiche est conseillée en cas
d’affections digestives et de typhoïde (Kahouadji, 1995). La poudre préparée à partir de la
partie aérienne de plante desséchée est utilisée par application locale contre les blessures
cutanées. N.B: C'est une plante très toxique (Bellakhdar, 1997; El-Hilaly et al., 2003).

Solanaceae

Capsicum annuum L. (Tahmira, Poivron) - Plante cultivée, Localité : Chefchouaen,


Tanger, Tétouan.

Les fruits de poivron sont consommés comme antidiabétiques, mais il faut suivre un
régime alimentaire précis (la personne diabétique ne doit pas manger le pain complet, le
sucre, la viande rouge à part celle de chèvre). En cataplasme la poudre est utilisée pour
traiter certaines inflammations rhumatismales et épidermiques (Bellakhdar, 1997). La
Harissa est composée d'un mélange de nombreuses épices: ail, sel, carvi, cumin, graines de
coriandre, feuilles de menthe séchée, huile d'olive et bien sûr, piment rouge sec (Kahouadji,
1995). La Harissa est une recette très appréciée dans le Maroc notamment en Rif. Elle y est
employée afin d'aromatiser presque tous les plats. N.B: C'est une plante toxique
(Bellakhdar, 1997; Sijelmassi, 1993; Zekkour, 2008).

130
Capsicum frutescens L. (Sudaniya : Flfel Har, Piment enragé) - Plante cultivée, Localité :
Toute la région d’étude.

La poudre humectée de piment enragé, mélangée avec l’ail, est utilisée en


application locale contre la teigne de cuir chevelu, plaies cutanés et comme maturatif des
abcès (Bellakhdar, 1997). Le piment enragé est mélangé aussi à la laine pour la protéger de
l’attaque des mites (Kahouadji, 1995). Le décocté de fruits est utilisé en bain de pieds contre
l’hypoglycémie. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Jamila &
Mostafa, 2014; Zekkour, 2008).

Datura stramonium L. (Chedak Jmal, Datura : Stramoine) - Plante sauvage, Localité : Al


Hoceima, Tanger, Tétouan.

Elle est mélangée avec du tabac et est prescrite pour apaiser les crises d’asthme. La
plante est prescrite pour soulager les névralgies, ses propriétés antispasmodiques et
sédatives permettent pourtant de la classer parmi les plantes médicinales (Kahouadji, 1995).
Sa prise peut entraîner une constipation, une dilatation des bronches et éventuellement des
hallucinations (Bellakhdar, 1997). En cas de douleurs, de névralgies et de douleurs d’utérus,
les feuilles sont utilisées sous forme de cigarette. N.B: C'est une plante très toxique
(Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1996; Charnot, 1945; Sijelmassi, 1993).

Lycium europaeum L. (Haded Europa, Lyciet d'Europe) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Les petites baies rouges de lyciet d'Europe sucrées, sont consommées cuites pour
renforcer des défenses immunitaires avec des propriétés anti-inflammatoires et oxygénation
des cellules: fatigue, hypertension et prévention des troubles oculaires. Les feuilles sont
mises en salades pour régler la glycémie, la cholestérolémie et la tension artérielle. N.B:
Toxicité est indiquée par la population du Rif.

Mandragora autumnalis Mill. (Bid Al Ghol : Taryâla, Mandragore) - Plante sauvage,


Localité : Toute la région d’étude.

A partir de la poudre de rhizome de mandragore on prépare des suppositoires utilisés


par voie rectale contre les hémorroïdes et par voie vaginale contre les problèmes de l’utérus
(Kahouadji, 1995). Les racines écrasées, sont appliquées en cataplasme contre les abcès, les

131
furoncles et les douleurs rhumatismales et asthmatiques (Bellakhdar, 1997). Les racines,
séchées et pilées, sont incorporées au pain en cas d’amaigrissement et d’insomnie
(Bellakhdar, 1997). NB: C’est une plante très toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, & Faure,
1945; Jamila & Mostafa, 2014; Zekkour, 2008).

Nicotiana glauca Graham. (Tembak barri, Glauque) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La décoction de Nicotiana glauca Graham. dans le lait ou la soupe est utilisée pour
soulager les affections respiratoires: toux, rhume, grippe, et bronchite. En cataplasme la
feuille est indiquée contre les maux de tête (Bellakhdar, 1997).

Solanum lycopersicum L. (Maticha, Tomate) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

Le jus de tomate est utilisé partout, en lotion sur le visage pour éclaircir le teint, et
contre la constipation. La tomate est conseillée comme salade pour un bon régime contre le
diabète (Bellakhdar, 1997). Le fruit cuit est utilisé pour le bon fonctionnement des reins
(permettant ainsi de dissoudre les calculs biliaires) (Kahouadji, 1995). Or, un bon
fonctionnement rénal contribue à faire diminuer l’hypertension.

Solanum melongena L. (Denjal, aubergine) - Plante cultivée, Localité : Toute la région


d’étude.

L’aubergine est aussi largement utilisée à des fins médicinales. Différentes parties de
cette plante sont utilisées en décoction, sous forme de poudre ou de cendres pour soigner
des maladies tels que le diabète, la diarrhée, la bronchite, la dysurie, la dysenterie, les maux
de dents, les infections de la peau, l’asthénie et les hémorroïdes. Poudre d’aubergine: pour
blanchir les dents et soulager les piqûres de moustiques. Jus d’aubergine est idéal pour la
perte de poids et la réduction du cholestérol (Bellakhdar, 1997).

Solanum nigrum L. (Buqnîna, Morelle noire) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les feuilles séchées sont utilisées sous forme de poudre sur la tête contre la migraine
et la constipation (Kahouadji, 1995). Les feuilles en infusion sont utilisées pour traiter les

132
dyspepsies douloureuses (douleurs gastriques et intestinales), les spasmes vésicaux, les
douleurs hémorroïdales (Bellakhdar, 1997). En usage externe dans les affections cutanées:
prurits, eczémas, plaies et ulcères douloureux, abcès, dartres, furoncles et rhumatismes
articulaires. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945).

Solanum sodomaeum Dunal. (Tfah lfar, Morelle de Linné) - Plante sauvage, Localité :
Tanger, Tétouan, Chefchouaen.

La pulpe de fruit écrasé s’applique localement sur les zones douloureuses en cas de
rhumatisme et pour la réduction de la tension artérielle. Le fruit est utilisé dans le linge
contre la teigne. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997; Bruneton, 1993; Charnot,
1945; Sijelmassi, 1993).

Solanum tuberosum L. (Batâta, Pomme de terre) - Plante cultivée, Localité : Toute la


région d’étude.

Le rhizome bouillie et broyé avec un œuf est utilisé comme masque de soin du visage.
Des tranches de rhizome se mettent directement sur la peau en cas de brulure (Kahouadji,
1995). Des cataplasmes de pomme de terre placés sur le front sont utilisés pour diminuer les
fièvres et les insolations. Le jus de pomme de terre est conseillé en cas de troubles digestifs
(Bellakhdar, 1997). La consommation de pommes de terre germées, a provoqué
principalement des gastro entérites, avec douleurs abdominales et vomissements, de la
fièvre, de la confusion mentale, du délire, des céphalées, des troubles respiratoires et
visuels. N.B: C'est une plante toxique (Bellakhdar, 1997).

Withania frutescens (L.) Pauquy. (Ali Amlal: Tayrta, Withanie frutescente) - Plante
sauvage, Localité : Talambout, Cherrafat, Bni Abdellah.

Le décocté de tige feuillée, régule le taux de sucre dans le sang, les troubles
intestinaux et la constipation. La poudre de Withania frutescens (L.) Pauquy. est mélangée
avec le broyat d’ail, est conseillée en application locale contre la teigne du cuir chevelu. N.B:
Toxicité est indiquée par la population du Rif.

133
Styracaceae

Styrax officinalis L. (Jawi, Benjoin) - Plante introduite.

L’huile essentielle de benjoin est une précieuse alliée contre les problèmes
dermatologiques provoqués par le froid et les rayons solaires et pour dégager les voies
respiratoires encombrées comme la gorge et les bronches (Bellakhdar, 1997). Elle offre
particulièrement une meilleure protection contre la déshydratation et les inconforts , la toux,
la tuberculose, l’asthme (Kahouadji, 1995). L’huile essentielle de benjoin prévient et peut
aussi atténuer les engelures.

Tamaricaceae

Tamarix aphylla (L.) [Link]. (Adba, Tamaris) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusé de poudre de fleurs desséchées mélangée avec le miel, est utilisée par voie
orale contre la gastrite (inflammation de la paroi de l’estomac). Une décoction de racines est
utilisée en cas de maladies cardiaques et urinaires et lors de la ménopause (Bellakhdar,
1997).

Tamarix gallica L. (Tamimayt, Tamaris) - Plante sauvage, Localité : Toute la région


d’étude.

Une infusion de Tamarix gallica L. est utilisée pour le traitement du ballonnement


intestinal, des douleurs génitales, des douleurs intestinales et en cas de diabète. La
décoction de feuille est utilisée comme anti-diarrhéique et laxative (Bellakhdar, 1997).

Tamarix ramosissima Ledeb. (Athel, Tamaris d'été) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

La poudre de tige feuillée associée à la poudre de feuilles de ricin et l’écorce de fruit


de grenadier est utilisée en cataplasme contre les douleurs de la tête. La décoction de racine
soulage les gastralgies et les affections urinaires (Kahouadji, 1995). Les feuilles de cette
plante sont utilisées sous forme de cataplasme sur le front en cas de migraines et fièvre. Une
fumigation a un intérêt thérapeutique en cas de fièvre typhoïde (Bellakhdar, 1997).

134
Theaceae

Camellia sinensis (L.) Kuntze. (Atây, Thé) - Plante introduite.

La poudre de thé est utilisée avec le beurre salé « Semen elhar » comme suppositoire
à l’intérieur de l’anus contre les hémorroïdes. Une décoction de thé est conseillée contre les
douleurs intestinales (Kahouadji, 1995). Une infusion de thé en association avec une cuillère
à café de poivre est conseillée contre l’hypertension. La poudre de thé est utilisée comme
cicatrisant et dans les affections dermatologiques surtout pour le visage, elle est aussi
efficace contre la diarrhée (Bellakhdar, 1997).

Thymelaeaceae

Thymelaea virgata (Desf.) Endl. (Matnane, Thymeleae) - Plante sauvage, Localité :


Chefchouaen, Al Hoceima.

Les feuilles, en infusion, sont utilisées contre les maux urinaires et les calculs rénaux.
Les feuilles, en décoction, sont utilisées comme purgatives et vermifuges. La tige feuillée, en
décoction, dans le lait est indiquée comme antidiabétique. Les tiges feuillées pulvérisées
sont administrées oralement (une tête de cuillerée à café de poudre dans un verre de lait
chaud) contre le diabète (Bellakhdar, 1997).

Typhaceae

Typha angustifolia L. (Bot, Kseb, Massette à larges feuilles) - Plante sauvage, Localité :
Toute la région d’étude.

La tige feuillée en infusion ou en décoction dans du lait ou du thé est utilisée en cas
de méningite, de refroidissement et d’affections respiratoires (grippe, rhume et bronchite).
Les rhizomes cuits avec «Baqqula» sont consommés en cas de famine.

135
Urticaceae

Urtica dioica L. (Hriga, Grande ortie) - Plante sauvage, Localité : Toute la région d’étude.

Les racines d'ortie sont indiquées dans les troubles de la miction accompagnant
l'adénome de la prostate (Bellakhdar, 1997). Les feuilles fraîches sont utilisées en
cataplasme local contre le rhumatisme (Kahouadji, 1995). Une décoction de tiges feuillées
après filtration est conseillée en cas de douleurs intestinales. N.B: C'est une plante très
toxique (Bellakhdar, 1997; Charnot, 1945; Zekkour, 2008).

Urtica urens L. (Lhurriga, Ortie brûlante) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

Les feuilles fraîches sont utilisées en cataplasme local contre le rhumatisme. Une
décoction de tiges feuillées après filtration est conseillée en cas de douleurs intestinales et
urinaires. Le fruit est utilisé en usage externe, pour atténuer les rhumatismes (Kahouadji,
1995). N.B: C'est une plante très toxique (Bellakhdar, 1997).

Verbenaceae

Aloysia citrodora Palau. (Lwiza, Verveine odorante) - Plante cultivée, Localité : Toute la
région d’étude.

Chez les adultes, elle est prescrite contre les vertiges, l’épilepsie, le ballonnement et
les spasmes. Les feuilles, en infusion, sont utilisées contre les douleurs abdominales et
comme hypotenseur et rafraîchissant (Bellakhdar, 1997). La plante est utilisée comme
cicatrisant dans les soins des plaies, des brûlures, des écrouelles, des abcès et des boutons.

Lantana camara L. (Nabat Oum Kaltoum, Lantanier) - Plante sauvage, Localité : Toute la
région d’étude.

Les feuilles, en décoction, sont utilisées contre les douleurs abdominales et comme
hypotenseur et rafraîchissant. En cataplasme, la feuille est utilisée comme cicatrisant dans
les soins des plaies, des abcès et de l'herpès.

136
Vitaceae

Vitis vinifera L. (Aneb : Dalya : Adil : Zbib, Vigne rouge) - Plante cultivée, Localité : Toute
la région d’étude.

Les feuilles sont utilisées fraîches par application locale en cataplasme contre les
furoncles. La décoction de jeunes feuilles est utilisée contre l’ulcère gastrique et le diabète, à
raison d’un verre par jour à prendre après le diner (Bellakhdar, 1997). En lotion la plante est
recommandée pour lutter contre les varices et les jambes lourdes. En décoction et en
infusion, elle régule l'insuffisance veineuse et les règles abondantes.

Zingiberaceae

Alpinia officinarum Hance. (Khodenjal, Galanga) - Plante introduite.

Le décocté de poudre de rhizome desséché est indiqué contre le diabète, le


refroidissement, les douleurs articulaires relatives au rhumatisme, la toux, et incontinence
urinaire (Bellakhdar, 1997). Le décocté de racines en association avec les racines de ronce,
les racines de chiendent et les racines de garance est utilisé par voie orale comme
aphrodisiaque (Kahouadji, 1995).

Curcuma Longa L. (Kharqûm, Curcuma) - Plante introduite.

La poudre de rhizome, associée à la garance, et à l’aneth, et mélangée avec le lait ou


l’eau et le laissé macéré toute la nuit est utilisé par voie orale contre la jaunisse, la diarrhée
et les maladies hépatiques (Kahouadji, 1995). Le décocté de rhizome est efficace contre la
gastrite, la pancréatite et l'arthrite rhumatoïde, et utile dans le cas d'œdèmes.

Elettaria cardamomum (L.) Maton. (Qaaqella, Cardamome) - Plante introduite.

L’infusé préparé à partir de l’écorce ou de sa poudre et l’eau chaude ou le lait chaud


est indiquée par voie orale, contre la tuberculose, le diabète, le rhumatisme, les douleurs
des règles, la diarrhée, le rhume, le problème de la gorge, comme aphrodisiaque, stimulant
de la circulation sanguine et pour renforcer l’estomac (Bellakhdar, 1997; Kahouadji, 1995).
La patte préparée par la poudre de cardamome et l’huile d’olive est utilisée par massage
local contre les douleurs du dos.

137
Zingiber officinale Roscoe. (Skinjbir, Gingembre) - Plante introduite.

Le gingembre est utilisé sous forme de poudre contre la toux et l’asthme. En


décoction avec le lait chaud, contre le froid, la tuberculose, la grippe et pour parer aux
problèmes hépatiques. Le gingembre est aussi employé en usage externe, sous forme de
liniment, contre les douleurs dorsales et les rhumatismes (Bellakhdar, 1997).

Zygophyllaceae

Tribulus terrestris L. (Ders Elajouz, Tribulus) - Plante sauvage, Localité : Toute la région
d’étude.

L’infusion de feuilles est utilisée contre le diabète et pour l’amélioration du désir et


des performances sexuelles tant chez les hommes que chez les femmes. Une décoction de
sommités fleuries et graines est également conseillée à maintenir la résistance aux infections
du système génito-urinaire, et contribue à lutter contre les calculs rénaux.

138
II. Analyse statistique

1. Analyse floristique

i. Familles utilisées et leur valeur d'importance familiale (FIV)


L’analyse floristique des résultats obtenus a permis de recenser 280 espèces et sous
espèces médicinales appartenant à 204 genres et 70 familles végétales.

En termes de nombre d'espèces, il ressort que la famille des Asteraceae est la plus
représentée avec 29 espèces soit 10.36% du catalogue élaboré, suivie de celle des Lamiaceae
(22 espèces soit 7.86%), Fabaceae et Poaceae (21 espèces soit 7.5% chacune), Apiaceae (17
espèces soit 6.7%), Solanaceae (12 espèces soit 4.28%), Brassicaceae (11 espèces soit 3.93%),
Asparagaaceae(10 espèces soit 3.57%), Amaranthaceae et Cucurbitaceae (8 espèces pour
chacune soit 2.86%), Rutaceae (6 espèces soit 2.14%), les Myrtaceae et Rosaceae avec 5
espèces chacune. Par ailleurs, les Anacardiaceae, Caryophyllaceae, Cupressaceae,
Euphorbiaceae, Lauraceae et Zingiberaceae sont représentées chacune par 4 espèces
végétales. Les Apocynaceae, Malvaceae, Moraceae, Oleaceae, Papaveraceae, Pinaceae,
Rubiaceae et Tamaricaceae sont représentées par 3 espèces médicinales chacune. Les autres
familles sont celles comptant au plus une ou 2 espèces végétales médicinales. En se basant
sur la valeur d'importance familiale (FIV), les familles les plus citées par les informateurs sont
Amaryllidaceae (FIV = 0.104), Lythraceae (FIV = 0.103) Caryophyllaceae (FIV = 0.084),
Apocynaceae (FIV = 0.079), Capparaceae (FIV = 0.073), Linaceae (FIV = 0.065), Rubiaceae (FIV
= 0.063), Nitrariaceae, Rhamnaceae et Verbenaceae (FIV = 0.053), Rutaceae (FIV = 0.052) et
Arecaceae (FIV = 0.049).

Cette forte proportion des Asteraceae pourrait s’expliquer par la forte


représentativité de cette famille dans la flore rifaine par les facteurs écologiques qui
favorisent le développement et l’adaptation de la majorité d'espèces dans le Rif marocain.
Ces résultats confirment les études précédentes de (Daoudi et al., 2016) au Moyen Atlas
central qui ont recensé 125 plantes médicinales réparties en 50 familles dont les familles les
plus représentées sont : Asteraceae (19 plantes), Lamiaceae (17 plantes), Appiaceae (11
plantes), (El Rhaffari & Zaid, 2002) dans une enquête sur la pratique de phytothérapie dans
la région de Tafilalet, (Kahouadji, 1995; Bellakhdar, 1997; Jouad et al., 2001; Bammi &
Douira, 2002; Tahraoui et al., 2007). Mais divergent de ceux obtenus par (Hseini et al., 2007)

139
dans la région de Rabat où les Apiaceae sont représentées par 26 espèces, au lieu de quatre
dans la Moyenne Moulouya.

ii. Genres les plus utilisés


Au niveau des genres, les genres les plus utilisés en phytothérapie dans le Rif sont en
nombre de 12 avec la prédominance notamment de genre Mentha (7), suivi par le genre
Brassica (6), les genres Asparagus, Citrus, Lavandula et Solanum viennent en quatrième
position avec 5 espèce pour chacun, le cinquième classement s’applique aux genres de
Sonchus et Vicia (4), alors que les genres : Allium, Artemisia, Marrubium et Tamarix sont
représentés par 3 espèces (Figure 13).

8
Nombre d'espèces

7
7
6
6
5 5 5 5
5
4 4
4
3 3 3 3
3

Genres les plus utilisés

Figure 13 : Genres les plus utilisés dans le traitement des affections par la population du Rif

iii. Diversité des espèces médicinales et leurs valeurs de RFC


Pour évaluer l'importance relative des PAM déclarées, la fréquence relative de
citation (RFC) a été calculée à partir des citations des informateurs, sa valeur allait de 0.001 à
0.189 (Tableaux 17-24). Les espèces ayant une fréquence relative de citation très
significative sont celles ayant un niveau d’usage élevé.

Dans la présente étude, les espèces : Rosmarinus officinalis L. (RFC = 0.189), Thymus
satureioides Coss. (RFC = 0.176), Dittrichia viscosa (L.) Greuter. (RFC = 0.165), Lawsonia

140
inermis L. (RFC = 0.154), Arenaria rubra L. (RFC = 0.153) et Nerium oleander L. (RFC = 0.146)
constituent celles ayant une fréquence relative de citation très significative. Par ailleurs, les
espèces : Marrubium echinatum Ball. (RFC = 0.134), Rubia peregrina L. et Allium cepa L. (RFC
= 0.123 chacune), Salvia officinalis L. (RFC = 0.119), Allium sativum L. (RFC = 0.118),
Lavandula officinalis Chaix. (RFC = 0.112), Petroselinum sativum Hoffm. (RFC = 0.109),
Zingiber officinale Roscoe. (RFC = 0.106), Aloysia citrodora Palau. et Silene ibosii Emb. &
Maire. (RFC = 0.105 chacune), Daucus carota L. (RFC = 0.102) et Oryza sativa L. (RFC = 0.101)
ont quant à elles une fréquence relative de citation assez significative. Elles sont suivies
d’autres espèces médicinales telles que : Pistacia lentiscus L. (RFC = 0.097), Calendula
arvensis [Link]. (RFC = 0.096 chacune), Artemisia herba-alba Asso. (RFC = 0.095),
Chenopodium ambrosioides L. (RFC = 0.093), Laurus nobilis L. et Carduus martinezii Pau. (RFC
= 0.091 chacune), Caralluma europaea (Guss.) [Link]. (RFC = 0.089) et Capsicum annuum L.
(RFC = 0.087). Ces valeurs élevées de RFC peuvent s'expliquer par le fait que ces plantes sont
les plus connues et sont utilisées depuis longtemps par la majorité des informateurs, ce qui
représente une source de fiabilité. Les espèces de PAM dont la valeur de RFC est plus élevée
doivent faire l’objet d’une analyse phytochimique et pharmaceutique afin d’identifier leurs
constituants actifs pour toute extraction médicamenteuse (Mukherjee et al., 2012; Vitalini et
al., 2013). Ces espèces devraient également être classées par ordre de priorité pour la
conservation, car leurs utilisations préférées pourraient être menacées en raison de la
surexploitation.

iv. Analyse de la flore rare ou menacée


Notre étude nous a permis d’inscrire 15 taxons rares ou menacés, soit un effectif
de 5.36% sur la liste des plantes utilisées dans le Rif (Tableau 10).
Tableau 10: Nombre de taxons rares élaborés du catalogue de la région d’étude par degré de
rareté (Fennane et al., 1999; 2014; Fennane & Ibn Tattou, 2012 ).

Famille Nom scientifique de l’espèce Degré de rareté


Apiaceae Ammodaucus leucotrichus Coss. R?
Artemisia absinthium L. RR
Calendula eckerleinii Ohle. RR
Carduus martinezii Pau. RR

141
Carthamus rhiphaeus Font Quer & Pau. RR
Asteraceae
Helichrysum italicum (Roth) [Link] RR
Matricaria chamomilla L. RR
Sonchus fragilis Ball RR
Caryophyllaceae Silene ibosii Emb. & Maire. R
Dryopteridaceae Dryopteris filix-mas (L.) Schott. R
Fabaceae Acacia albida Delile RR ?
Marrubium heterocladum Emb. & Maire. R
Lamiaceae
Mentha cervina L. RR
Lauraceae Laurus nobilis L. R
Urticaceae Urtica dioica L. RR

R: rare ; R ?: Soupçonné rare ; RR : Très rare ; RR? : Soupçonné très rare.

Parmi ces espèces 9 sont considérées comme étant très rares (RR) soit un effectif de
60% et elles occupent la première place, 4 espèces comme étant rares (R) soit un effectif de
26.67%, une espèce comme soupçonnée rare (R ?) soit un taux de 6.67%, et une espèce
comme étant soupçonnée très rare (RR ?) soit un effectif de 6.67%.

v. Analyse de la flore endémique


Par sa richesse et son originalité floristique, le Maroc a attiré les botanistes depuis
fort longtemps ( Jahandiez & Maire, 1932; Emberger & Maire, 1941). La région du Rif (Nord
du Maroc) abrite un nombre important d’espèces endémiques en rapport avec la variété des
milieux naturels. Ces espèces représentent un patrimoine végétal d’une grande valeur
historique ou biogéographique et font l’originalité du paysage végétal (Fennane et al., 1998;
El Oualidi et al., 2012).

D’après le Tableau 11, le nombre d’espèces endémiques est égal à 14 espèces,


soit 5% du catalogue élaboré de la région d’étude. L’analyse de ce tableau montre qu’au
total de 14 espèces citées, 8 sont endémiques du Maroc (E) avec un effectif de 57.14% de
l’effectif total des espèces endémiques inventoriées, 4 sont endémiques du Rif marocain (E-
R) avec un effectif de 28.57% de l’effectif total des espèces endémiques, les endémiques
partagées avec l’Algérie (A) sont en nombre de 4 espèces soit un taux de (28.57%), celles
partagées avec l’Algérie et la Péninsule Ibérique (IA) viennent en quatrième position avec

142
une seule espèce et le même classement s’applique aux espèces endémiques du Maroc, de
la Péninsule Ibérique, de l’Algérie et des Canaries (IAC ?).
Tableau 11: Espèces endémiques dans le catalogue élaboré de la région d’étude et leurs familles (El
Oualidi et al., 2012; Mohamed Fennane et al., 1998).

Famille Espèce endémiques Endémisme


Anacyclus pyrethrum (L.) Lag. IA
Artemisia mesatlantica Maire. E
Calendula eckerleinii Ohle. E
Asreraceae Carduus martinezii Pau. E-R
Carthamus rhiphaeus Font Quer & Pau. A
Cynara humilis L. IAC ?
Sonchus fragilis Ball E-R
Caryophyllaceae Silene ibosii Emb. & Maire. E-R
Marrubium echinatum Ball. E
Lamiaceae Marrubium heterocladum Emb. & Maire. E-R
Thymus satureioides Coss. A
Pinaceae Cedrus atlantica (Endl.) A
Scrophulariaceae Verbascum sinuatum L. E
Thymelaeaceae Thymelaea virgata (Desf.) Endl. A

E : endémique du Maroc; E-R : endémique du Rif; A : endémique du Maroc et de l’Algérie; I :


endémique du Maroc et de la Péninsule Ibérique; IA : endémique du Maroc, de la Péninsule Ibérique
et de l'Algérie; IAC : endémique du Maroc, de la Péninsule Ibérique, de l'Algérie et des Canaries.
Concernant les espèces à la fois rares et endémiques, notre étude nous a permis de
citer 6 taxons : dont 3 taxons sont en même temps rares et strictement endémiques du
Maroc (Calendula eckerleinii Ohle., Silene ibosii Emb. & Maire. et Marrubium heterocladum
Emb. & Maire.) et 3 taxons sont en même temps très rares et strictement endémiques du
Maroc et de l’Algérie (Carduus martinezii Pau., Carthamus rhiphaeus Font Quer & Pau. et
Sonchus fragilis Ball). De toute évidence, les plantes à la fois rares, très rares et endémiques
constituent la fraction la plus importante du patrimoine végétal en matière de protection et
de conservation. Leur intéret dépasse le cadre national et il est urgent de tout mettre en
ceuvre pour réduire ou éliminer les menaces qui pèsent sur la plupart d'entre eux vu l'état
de dégradation générale que connaissent nos écosystèmes (Fennane et al., 1998). Les
régions montagneuses (Jbel Kbir, Tidghine, Lakraa, Tissouka, Tazarane, El Alam), qui
malheureusement sont très touchées par ce fléau, en abritent un très grand nombre.

143
vi. Analyse de la flore toxique
Une plante est considérée comme toxique, lorsqu’elle contient une ou plusieurs
substances nuisibles pour l’homme ou pour les animaux et dont l’utilisation provoque des
troubles variés plus ou moins graves voire mortels (Fournier, 2001).

L’analyse bibliographique des plantes recensées, nous a permis d’identifier les


plantes toxiques utilisées en pharmacopée traditionnelle dans la région du Rif après
l’évaluation des connaissances en utilisant différents ouvrages à savoir : La toxicologie au
Maroc (Charnot & Faure, 1945), Plantes agressives et poisons végétaux (Delaveau, 1974),
Effects of poisonous plants on livestock (Keeler et al., 1978), Les plantes médicinales du
Maroc (Sijelmassi, 1993), Plantes toxiques - végétaux dangereux pour l’homme et les
animaux (Bruneton, 1996), La pharmacopée marocaine traditionnelle, médecine arabe
ancienne et savoir populaire (Bellakhdar, 1997) et Les risques de la phytothérapie,
monographies des plantes toxiques les plus usuelles au Maroc (Zekkour, 2008).

 Plantes médicinales à toxicité connues par la population du Rif


Parmi les 280 plantes aromatiques et médicinales recensées dans la région du Rif, 15
seulement ont été indiquées par la population du Rif comme des plantes toxiques, soit
environ 5.36% de l'ensemble du catalogue élaboré. Les familles des Cucurbitaceae et
Asteraceae sont representées par 3 taxons toxiques chacune, Solanaceae (2 taxons),
Urticaceae (2 taxons), les autres familles ne présentent q’un seul taxon toxique (Tableau 12).
Ces résultats montrent effectivement le manque de l’information de la population en ce qui
concerne la toxicité des plantes et la nécessité d’assurer la valeur de la thérapeutique
naturelle en informant le public rifain des risques de l’information non contrôlée.

Tableau 12 : Espèces médicinales à toxicité connues par la population du Rif.

Famille Nom scientifique Parties toxiques


Apocynaceae Nerium oleander L. Toute la plante
Asparagaceae Drimia maritima (L.) Stearn. Toute la plante
Atractylis gummifera Salzm. ex L. Racines
Asteraceae Dittrichia viscosa (L.) Greuter. Feuilles
Lactuca virosa Habl. Toute la plante
Cannabaceae Cannabis sativa L. Toute la plante

144
Bryonia dioica Jacq. Toute la plante
Cucurbitaceae Citrullus colocynthis (L.) Schrad. Fruits (vert) ; feuilles
Ecballium elaterium (L.) [Link]. Pulpe du fruit et racines
Euphorbiaceae Ricinus communis L. Graines
Rutaceae Citrus × aurantium L. Feuilles et fruits
Datura stramonium L. Toute la plante
Solanaceae
Mandragora autumnalis Mill. Toute la plante

Urticaceae Urtica dioica L. Feuilles


Urtica urens L. Feuilles

 Plantes médicinales à toxicité non connues par la population du Rif


Dans ce travail nous avons recensés 68 espèces à toxicité non connues par la
population du Rif ce qui constitue presque 24.29% de la flore totale documentée dans la
région d’étude (Tableau 13), se répartissent entre 25 familles, les plus grands nombres étant
enregistrés chez les Fabaceae (8 espèces), les Apiaceae (7) et les Asteraceae (6).

Tableau 13 : Espèces médicinales à toxicité connues par la population du Rif.

Famille Nom scientifique Parties toxiques


Atriplex halimus L. Pollens
Chenopodium album L. Toute la plante

Amaranthaceae Chenopodium ambrosioides L. Toute la plante


Chenopodium murale L. Feuilles
Salsola kali L. Toute la plante
Carum carvi L. Graines
Conium maculatum L. Toute la plante
Cuminum cyminum L. Graines
Foeniculum vulgare Mill. Toute la plante
Apiaceae
Ferula communis L. Toute la plante
Pimpinella anisum L. Feuilles (huile essentielle)
Thapsia garganica
fortifiant sexuel. L. Toute la plante
Araceae Arisarum vulgare [Link]. Toute la plante
Aristolochiaceae Aristolochia baetica L. Feuilles
Asparagus acutifolius L. Baies
Asparagus densiflora Kunth Baies

145
Asparagaceae Asparagus officinalis L. Bourgeons
Asphodelus microcarpus Salzm. & Viv. Toute la plante
Anacyclus pyrethrum (L.) Lag. Toute la plante
Artemisia absinthium L. Feuilles, sommités
Artemisia herba-alba Asso. Feuilles
fleuries
Asteraceae Artemisia mesatlantica Maire. Toute la plante
Silybum marianum (L.) Gaertn. Toute la plante
Tanacetum vulgare L. Feuilles
Brassica nigra (L.) [Link]. Graines
Brassica oleracea L. Feuilles
Brassicaceae
Brassica rapa L. Toute la plante
Lepidium sativum L. Graines
Boraginaceae Borago officinalis L. Feuilles
Dryopteridaceae Dryopteris filix-mas (L.) Schott. Feuilles
Euphorbia falcata L. Toute la plante
Euphorbiaceae Mercurialis annua L. Feuilles
Glycyrrhiza glabra L. Toute la plante
Lupinus angustifolius L. Toute la plante
Lupinus pilosus L. Toute la plante
Medicago sativa L. Toute la plante
Retama monosperma (L.) Boiss. Fruits
Fabaceae
Retama raetam (Forssk.) Webb. Fruits
Trigonella foenum-graecum L. Graines
Vicia faba L. Fèves fraîches
Vicia sativa L. Toute la plante
Mentha pulgium L. Feuilles
Lamiaceae Origanum majorana L. Plante fraîche
Rosmarinus officinalis L. Feuilles
Salvia officinalis L. Plante fraîche
Linaceae Linum usitatissimum L. Graines
Malvaceae Malva silvestris L. Feuilles
Malva hispanica L. Feuilles
Myristicaceae Myristica fragrans Houtt. Noix de muscade
Eucalyptus globulus Labill. Feuilles
Myrtaceae Eucalyptus camaldulensis Dehnh. Feuilles

146
Nitrariaceae Peganum harmala L. Graines
Papaveraceae Fumaria officinalis L. L. Graines
Papaver rhoeas Feuilles et capsules
Cynodon dactylon (L.) Pers. Toute la plante
Poaceae Festuca arundinacea Schreb. Toute la plante
Phragmites communis Trin. Toute la plante
Polygonaceae Rumex acetosa L. Toute la plante
Nigella sativa L. Graines
Ranunculaceae Ranunculus bullatus L. Plante fraîche
Rutaceae Ruta montana (L.) L. Feuilles fraîches
Schisandraceae Illicium verum Hook.f. Toute la plante
Scrophulariaceae Verbascum sinuatum L. Graines
Capsicum annuum L. Toute la plante
Capsicum frutescens L. Fruits

Solanaceae Solanum nigrum L. Fruits


Solanum sodomaeum Dunal. Baies
Solanum tuberosum L. Pommes de terre
germées

 Plantes médicinales non toxiques et connues par la population du Rif comme des
plantes toxiques

L’analyse de l’inventaire floristique réalisé dans la région d’étude (Rif marocain) nous
a permis de recenser 11 plantes non toxiques, mais elles sont indiquées par la population
enquêtée comme des plantes toxiques, soit un taux de 3.93% sur la liste des plantes utilsées
en pharmacopée traditionnelle rifaine (Tableau 14).

Tableau 14 : Espèces médicinales non toxiques et connues par la population du Rif comme des
plantes toxiques

Famille Nom scientifique Parties toxiques


Asparagaceae Asparagus plumosus Baker. Toute la plante
Euphorbiaceae Euphorbia peplus L. Toute la plante
Fabaceae Medicago polymorpha L. Toute la plante
Vicia benghalensis L. Toute la plante
Nyctaginaceae Mirabilis jalapa L. Toute la plante
Papaveraceae Glaucium flavum Crantz. Toute la plante

147
Plantaginaceae Plantago lanceolata L. Toute la plante
Poaceae Phalaris canariensis L. Graines
Setaria verticillata (L.) [Link]. Toute la plante
Lycium europaeum L. Toute la plante
Solanaceae Withania frutescens (L.) Pauquy. Toute la plante

Concernant les espèces à la fois toxiques et rares, notre étude nous a permis de citer
3 taxons : dont 2 taxons sont en même temps toxiques et strictement très rares (Artemisia
absinthium L. et Urtica dioica L.) et un taxon est en même temps toxique et strictement rare
(Dryopteris filix-mas (L.) Schott.).

Par ailleurs, les espèces à la fois toxiques et endémiques, notre étude nous a permis
de citer 3 taxons : dont 2 taxons sont en même temps toxiques et strictement endémiques
du Maroc (Artemisia mesatlantica Maire. et Verbascum sinuatum L.) et un taxon est en
même temps toxique et strictement endémique du Maroc, de la Péninsule Ibérique et de
l'Algérie (Anacyclus pyrethrum (L.) Lag.).

2. Analyses ethnobotanique et ethnpharmacologique

i. Utilisation des PAM selon l’âge


Notre étude a porté sur un échantillon d’environ 1 000 personnes dans différents
endroits de la région d’étude, les extrêmes d’âge des informateurs oscillant de 17 à plus de
95 ans. Selon les résultats obtenus, nous avons constaté que l’utilisation des PAM dans la
région du Rif est répandue chez toutes les tranches d’âge, avec une prédominance chez les
personnes âgées de 40 à 60 ans (47.6%). Cette tranche d’âge constituait près de la moitié de
l’échantillon de l’étude. Cependant, pour la tranche d’âge supérieur à 60 ans, on note un
taux de (30.6%), et (21.4%) pour la tranche d’âge de 20 à 40 ans, enfin 0.4% pour la tranche
d’âge inférieur à 20 ans (Tableau 15). Des différences significatives (F = 306.208; p-value =
0.000) ont été obtenues par ANOVA One-way entre les groupes d'âge et les connaissances
médicinales autochtones. Les résultats obtenus montrent effectivement que les personnes
âgées fournissent des informations plus fiables, du fait qu’elles détiennent une bonne partie
du savoir ancestral qui fait partir de la tradition orale. La connaissance des propriétés et
usages des PAM sont généralement acquises suite à une longue expérience accumulée et
transmise d’une génération à l’autre. La transmission de cette connaissance est en danger

148
actuellement parce qu’elle n’est pas toujours assurée (Weniger, 1991; Anyinam, 1995). Il y a
donc un manque d’intérêt pour la phytothérapie et une perte d’information sur les PAM, qui
peut s’expliquer par la méfiance particulièrement des jeunes qui ont tendance à ne plus trop
croire à cette phytothérapie en raison de l’influence de la modernisation. Ces valeurs
confirment les résultats obtenus dans d'autres travaux sur l'utilisation des PAM (Mehdioui &
Kahouadji, 2007; Benkhnigue et al., 2010; Salhi et al., 2010; Aribi, 2013; Azzi, 2013;
Benlamdini et al., 2014; Bouallala & Bradai, 2014; El Hafian et al., 2014).

ii. Utilisation des PAM selon la profession


D'après l'enquête réalisée dans le Rif (Figure 14), 21.9% des enquêtés sont sans
profession. Alors que 5.3% sont des herboristes, 7% est dans le domaine médical dont
chouafa 1.5%, médecin 0.2% infirmier 0.4% pharmacien 0.9%, fquih 3.8% et dentiste 0.2%.
Le reste qui est de 71.1% exerce diverses activités : (vendeurs, agriculteurs,
employeurs…etc.).

Sans profession;
21,90%

Herboristes; 5,30%

Fquih ; 3,80%

Chouafa ; 1,50%

Pharmacien ; 0,90%

Infirmier ; 0,40%

Dentiste ; 0,20%
Diverses activités ; Médecin ; 0,20%
71,10%

Figure 14 : Usage des PAM en fonction de la profession des enquêtés.

iii. Utilisation des PAM selon le sexe


La répartition des enquêtés selon le sexe a montré globalement une légère
prédominance des femmes (527 enquêtées soit 52.7% de la population étudiée) par rapport
aux hommes (473 enquêtés soit 47.3%) avec un sexe ratio, femme/homme de 1.11. Les

149
caractéristiques de l’échantillon sont détaillées dans le Tableau 15. Le résultat de ANOVA
One-way indique qu'il existe une différence de connaissances significative entre les
informateurs masculins et féminins (F = 5.753, p-value = 0.02), le sexe influence donc
l’utilisation de la phytothérapie. Cette légère prédominance féminine peut s’expliquer par la
vigilance des femmes pour l’équilibre de la maladie, l’utilisation des plantes dans d’autres
domaines, leurs responsabilités, et par leur attachement à tout ce qui est traditionnel. En
effet, ce sont les femmes qui assurent la subsistance et les soins de santé à leurs familles en
cas de maladie. Ces résultats confirment d’autres travaux ethnobotaniques réalisés à
l’échelle nationale (Mehdioui & Kahouadji, 2007) dans la province d’Essaouira, (Benkhnigue
et al., 2010) dans la région de Mechraâ Bel Ksiri, (El Hafian et al., 2014) au niveau de la
préfecture d’Agadir-Ida-Outanane, ( Ziyyat et al., 1997; Hmamouchi, 2001; Jouad et al.,
2001; Eddouks et al., 2002; Tahraoui et al., 2007; Salhi et al., 2010), qui ont montré que les
femmes sont plus détentrices et aussi plus demandeuses du savoir phytothérapique
traditionnel.

iv. Utilisation des PAM selon la situation familiale


Dans notre investigation, les PAM sont beaucoup plus utilisées par les personnes
enquêtées mariées (76%) que par les divorcées (10.8%), sachant que les veufs ont un
pourcentage de 9.2% et 4% pour les célibataires (Tableau 15). Car les personnes mariées
leur permettent d’éviter ou de minimiser les charges matérielles exigées par le médecin et le
pharmacien. Le résultat obtenu montre effectivement que la situation familiale (F = 441.234,
p-value = 0.000) constitue un facteur déterminant dans la connaissance de l’usage des
plantes médicinales, car elle constitue la principale source de l’information à l’échelle locale
au sujet de l’usage des plantes en médecine traditionnelle. Ces résultats coïncident avec
ceux obtenus par (El Hilah et al., 2015) dans le Moyen Atlas du Maroc.

v. Utilisation des PAM selon le niveau d’instruction


Pour le niveau d’instruction, la majorité des usagers des PAM sont analphabètes
(69.1%). Néanmoins, les personnes qui utilisent les PAM et ayant une scolarisation primaire
est assez important (23%) que celui des personne avec un niveau d’éducation secondaire
(6.7%), alors que celles ayant un niveau d’études supérieurs, utilisent très peu les PAM
(1.2%) (Tableau 15). Ce pourcentage relativement élevé est en corrélation directe avec le
niveau d’étude de la population rifaine utilisatrice des PAM. Différence statistiquement

150
significative a été trouvée pour le niveau d’instruction dans la connaissance des espèces
pour le traitement des affections (F = 673.173, p-value = 0.000). Ce qui est semblable aux
résultats des études de (Lahsissene et al., 2009; El Hilah et al., 2015; Bouzid et al., 2017).
Nous pouvons donc constater que l’utilisation des PAM diminue au fur et à mesure que le
niveau d’étude augmente.

vi. Utilisation des PAM selon la localité


Concernant le milieu de vie, 49.7% de la population étudiée appartiennent au milieu
rural, 25.1% au milieu urbain 22.9%, sont des villageois, alors que les nomades ne
représentent que 2.3% (Tableau 15). Nous constatons aussi que, les enquêtés les plus
utilisatrices des PAM se localisent dans les douars (49.7%). la non-accessibilité
informationnelle, géographique et économique aux soins de santé modernes, l’insuffisance
et la mauvaise répartition des personnels de santé surtout dans les régions éloignées, la
méfiance vis-à-vis des produits de synthèse ou tout simplement l’envie de consommer "Bio"
(Guedje et al., 2010), de même que les habitudes socioculturelles de la population rifaine
sont des facteurs qui font que la majorité de la population du Rif a recours aux plantes
médicinales pour se soigner.

vii. Utilisation des PAM selon le revenu/mois


Dans notre étude, 41.6% des enquêtés sont des chômeurs, 38.6% des enquêtés ont
un niveau socio-économique bas, 17% appartiennent à un niveau moyen, et seulement 2.8%
ont un niveau élevé (Tableau 15). La plupart de nos informateurs n’avaient pas de
couverture médicale, seulement 28.4% ont une couverture sociale et ceci dû à l’absence
d’une assurance maladie obligatoire ou d’un régime d’assistance médical (RAMED). Car les
médicaments coûtent cher alors que le nombre des PAM sont récoltables gratuitement dans
la nature. Ce qui justifie que le revenu (F = 359.350, p-value = 0.000) joue un grand rôle sur
la perception de l’usage des plantes en médecine traditionnelle. Ces résultats concordent
avec ceux obtenus par (Bouzid et al., 2017) dans la Moyenne Moulouya du Maroc. Nous
pouvons donc constater que l’utilisation des PAM augmente au fur et à mesure que le
revenu par mois chez ces informateurs augmente.

151
Tableau 15 : Détails sociodémographiques des répondants dans la zone d’étude.

Catrgories Nombre Pourcentage Moyenne ± F-Value p-Value


d’informants (%) E.T.
Sexe
Femelle 527 52.7 18.82 ± 2.842
5.753 0.02
Mâle 473 47.3 16.89 ± 3.166
Groupe d’âge
< 20 ans 22 0.4 0.78 ± 0.832
20-40 214 21.4 7.64 ± 1.889 306.208 0.000
40-60 476 47.6 17.00 ± 3.042
> 60 ans 306 30.6 10.92 ± 1.783
Situation familiale
Marrié 760 76 2.32 ± 4.784
Divorcé 108 10.8 3.85 ± 1.580 441.234 0.000
Veuf 92 9.2 3.28 ± 1.629
Célibataire 40 4 27.14 ± 2.927
Niveau d’education
Analphabète 691 69.1 24.67 ± 3.464
Primaire 230 23 8.21 ± 2.166 673.173 0.000
Secondaire 67 6.7 2.39 ± 1.749
Universitaire 12 1.2 0.42 ± 0.634
Revenu/mois
Chômeur 416 41.6 14.85 ± 1.432
250 - 1500 DH 386 38.6 13.78 ± 2.024 359.350 0.000
1500 - 5000 DH 170 17 6.07 ± 2.508
> 5000 DH 28 2.8 1.00 ± 1.018
Localité
Milieu rural 497 49.7 17.75 ± 3.122
Milieu urbain 251 25.1 8.96 ± 1.990
246.861 0.000
Village 229 22.9 8.17 ± 2.695
Nomade 23 2.3 0.82 ± 0.904

viii. Choix entre phytothérapie et médecine moderne


L’analyse des résultats obtenus, montrent que selon les systèmes de soin, la
population rifaine peut être répartie en 3 classes (Figure 15). Sur 1 000 personnes
interrogées, on distingue :

 28.9% des enquêtés ont recours à la phytothérapie seule.


 18.6% des enquêtés ont recours à la médecine moderne seule.

152
 52.5% des enquêtés ont recours à la fois à la phytothérapie et à la médecine
moderne. Ce choix peut s’expliquer par le fait que notre panel vit en zone rurale avec
des moyens de subsistance qui restent bien limités. Souvent, l’accès à la médecine
moderne signifie qu’il faut descendre en ville, les infrastructures sanitaires étant
inexistantes ou rudimentaires dans les dits villages. Les frais occasionnés par ce
déplacement, peuvent s’avérer trop coûteux pour la population qui se résigne à se
soigner de manière traditionnelle avec les herbes à portée de main et aussi par le fait
de l’efficacité des pratiques thérapeutiques que les gens avaient les acquis de leurs
ancêtres.

Les enquêtés qui utilisent la phytothérapie sont donc en nombre de 814 (soit 81.4%
du total). Ce qui est justifié par le fait que la population locale est intéressée par des
remèdes traditionnels pour soulager leurs maux quotidiens, et ces remèdes sont la plupart
héritées par leurs ancêtres.

Phytothérapie et Phytothérapie ;
à la médecine 28,90%
moderne;
52,50%

Médecine
moderne ;
18,60%

Figure 15 : Choix de la population étudiée entre phytothérapie et médecine moderne.

153
ix. Avis sur phytothérapie et médecine moderne.
Sur les 1 000 personnes enquêtées inclus dans l’étude, 28.9% des répondants ont eu
recours à la médecine à base des plantes, tandis que 18.6% de ces enquêtés préfèrent la
médecine moderne. Les personnes enquêtées préfèrent le soigne par les remèdes à base des
plantes à plusieurs raisons :

 10.28% disent que les PAM sont efficaces,


 10.26% décalrent que les remèdes à base de PAM sont moins chers,
 5.29% par l’acquisition des PAM,
 3.06% à causes de l’inefficacité des médicaments.

Parmi les personnes enquêtées de la population étudiée 186 enquêtés soit 18.6%
utilisent la médecine moderne. 8.3% adopte cette médication parce qu’il est plus précis que
la phytothérapie, 6.5% des enquêtés en raison de l’efficacité de la médecine moderne, et la
toxicité de certaines plantes rend la population rifaine très méfiante vis-à-vis de ces plantes,
cela représente 3.8% (Figure 16).

12,00%
10,28% 10,26%
10,00%
8,30%
8,00%
6,50%
6,00% 5,29%
Fréquence (%)

3,80%
4,00% 3,06%

2,00%
0 0 0 0 0 0 0
0,00%

Phytothérapie Médecine moderne

Figure 16 : Fréquence des diverses causes de préférences de médication des enquêtés.

154
x. Catégories des maladies traitées et leurs valeurs ICF
Le facteur consensus des informateurs (ICF) dépend de la disponibilité de plante dans
la zone d'étude pour traiter les maladies, sa valeur varie de 0 à 1. La valeur la plus élevée de
l’ICF indique l’accord de sélection des taxons entre les informateurs, tandis qu’une valeur
faible indique le désaccord. L'analyse de l’ICF a récemment été utilisée comme un outil
important pour l'analyse de données ethnobotaniques (Uprety et al., 2010; Uniyal et al.,
2011). Dans la présente étude, les valeurs de l’ICF variaient de 0.944 à 0.983 par catégories
d'utilisations (Tableau 16).

Tableau 16: Valeurs de l’ICF par catégorie des maladies traitées dans la région du Rif.

Catégories de maladies traitées Nt Nur ICF


Les affections ostéo-articulaires 16 867 0.983

les affections dermatologiques 22 1 080 0.981

les affections neurologiques 30 1 129 0.974

Les affections génito-urinaires 27 960 0.973

les affections métaboliques 29 992 0.972

Les affections cardio-vasculaires 29 879 0.968

les affections du système digestif 86 1 552 0.945

les affections du système respiratoire 41 717 0.944


Nt: Nombre total d'espèces, Nur: Nombre total de citations d'utilisation.

D’une façon générale, les résultats obtenus montrent que, la catégorie avec le plus
haut degré d'accord des informateurs (ICF) était les affections ostéo-articulaires (0.983),
suivi par les affections dermatologiques (0.981), les affections neurologiques (0.974), les
affections génito-urinaires (0.973), les affections métaboliques (0.972), les affections cardio-
vasculaires (0.968), les affections du système digestif (0.945) et en dernier lieu les affections
du système respiratoire (0.944). Les résultats de l’ICF ont démontré que les maladies
fréquentes dans la région du Rif présentaient le consensus d’accord le plus élevé entre les
informateurs (valeurs comprises entre 0.944 et 0.983). Ces valeurs élevées de l’ICF
indiquaient une fiabilité raisonnable des informateurs sur l'utilisation des espèces de plantes
(Lin et al., 2002). Les valeurs de consensus des informateurs indiquaient également que les
informateurs partageaient les connaissances des espèces de PAM les plus importantes pour
traiter les maladies les plus fréquemment rencontrées dans la région d’étude. Par

155
conséquent, les espèces ayant un ICF élevé doivent être classées par ordre de priorité pour
d’autres études pharmacologiques et phytochimiques (Njoroge & Bussmann, 2006).

xi. Niveau de fidélité (FL)


La valeur de niveau de fidélité (FL) est un moyen important de déterminer pour
quelle affection une espèce particulière est plus efficace, elle peut suggérer qu'une espèce
spécifique soit utilisée pour traiter une maladie particulière (Ahmad et al., 2018). Dans cette
présente étude, les valeurs de FL variaient de 45.5% à 100% (Tableaux 17-24).

Il ressort des résultats obtenus que, 240 des espèces de PAM citées (soit 85.71% du
total) ont un indice de fidélité hautement significatif (FL = 100%) pour le traitement de 29
maladies (Tableaux 17-24). De plus, 37 autres espèces de plantes médicinales (13.21%) ont
un niveau de fidélité significatif (FL compris entre 51.22% et 97.9%). Par contre, 3 espèces
(1.07%) ont un niveau de fidélité inférieur à 50%. Il s’agit entre autres des espèces : Mentha
× rotundifolia (L.) Huds. (FL = 49.3%), Sonchus tenerrimus L. (FL = 48%) et Lavandula
officinalis Chaix. (FL = 45.5%). En général, FL de 100 % pour une plante précise indique que
tous les rapports d’utilisation mentionnaient la même méthode d’utilisation de plante pour
le traitement (Srithi et al., 2009). Ces informations signifient que les informateurs du Rif
avaient tendance à recourir à une espèce spécifique pour traiter une maladie donnée plutôt
qu'à plusieurs maladies. Les espèces végétales ayant les valeurs de FL les plus élevées
indiquent un bon potentiel de guérison contre une maladie spécifique mentionnée (Asnake
et al., 2016). En outre, les plantes à faible FL, ne doivent pas être abandonnées au lieu de les
faire remarquer à la génération future qu’elles pourraient accroître le risque de disparition
progressive des connaissances (Chaudhary et al., 2006).

156
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaranthaceae 0.024
Chenopodium album L. Labda, Baremren Feuille Infusion UG, UD 71 07 0.007
Chenopodium murale L. Talekutta Autre combinaison Infusion UG 100 01 0.001
Salsola kali L. El Herd Plante entière Infusion DH 100 01 0.001
Anacardiaceae 0.048
Pistacia atlantica Desf. Btem Feuille Décoction UG 100 17 0.017
Apiaceae 0.032
Ammi majus L. Tlillane Fruit Autre UG 100 32 0.032
Ammi visnaga (L.) Lam. Bechnikha Fruit Infusion UG, DH 91 22 0.022
Ammodaucus leucotrichus Coss. Camoun Soufi Graine Cuit UG 100 41 0.041
Apium graveolens L. Lkrafess Feuille Décoction UG 100 04 0.004
Carum carvi L. Karwiya Graine Infusion UG 100 26 0.026
Coriandrum sativum L. Alkazbour Graine Cru UD 100 04 0.004
Cuminum cyminum L. Camoun Graine Infusion DH 100 03 0.003
Eryngium ilicifolium Lam. El Asfour, Chkour Fleur Cru UG 100 15 0.015
Foeniculum vulgare Mill. Lbesbas Graine Décoction UG 100 68 0.068
Smyrnium olusatrum L. Lheyyâr Feuille Infusion UG 100 43 0.043
Apocynaceae 0.079
Vinca minor L. El Innakia Plante entière Cuit CP 100 01 0.001
Arecaceae 0.049
Chamaerops humilis L. Doum, El Ghaz Fruit Infusion UG 100 51 0.051
Asparagaceae 0.013
Asparagus acutifolius L. Sekkom, Tazzut Feuille Décoction CP 100 01 0.001
Asparagus densiflora Kunth Sekkom, Tazzut Plante entière Autre DH 100 01 0.001
Asparagus officinalis L. Sakkum, Tazzut Autre combinaison Décoction DH 100 02 0.002
Asparagus plumosus Baker. Sekkom, Tazzut Tige Infusion CP 100 01 0.001
Asparagus stipularis Forssk. Sekkom, Tazzut Rhizome Autre UD 100 01 0.001
Drimia maritima (L.) Stearn. Ansal Bulbe Décoction UD 100 04 0.004
Muscari comosum (L.) Mill. Bsyla Bulbe Décoction CP 100 02 0.002

157
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Asteraceae 0.038
utilisée
Artemisia absinthium L. Chiba Autre Décoction UG 100 75 0.075
Cynara humilis L. Khorchef, Timta combinais
Tige Cru UG, CP 94 31 0.031
Helichrysum italicum (Roth) [Link] Dahab Eshams on
Plante Infusion PB 100 01 0.001
Matricaria chamomilla L. Babunj Plante Décoction UG 100 48 0.048
entière
Ormenis mixta (L.) Dumort. Hellâla entière
Autre Infusion UD 100 19 0.019
Scolymus hispanicus L. Garnina combinais
Rhizome Infusion UG 100 50 0.050
Brassicaceae on 0.012
Brassica oleracea f. alba DC. Melfouf, Krunb Feuille Autre DH 100 07 0.007
Raphanus sativus L. Fjel Plante Décoction UG 100 46 0.046
Caryophyllaceae 0.084
entière
Silene vulgaris (Moench) Garcke Tigheghet Feuille Decoction CP 100 08 0.008
Crassulaceae 0.001
Umbilicus rupestris (Salisb.) Dandy Sorrat El Ard Plante Infusion CP 100 01 0.001
Cucurbitaceae entière 0.013
Bryonia dioica Jacq. Aineb Edib Racine Décoction DH, PB 60 05 0.005
Cucurbita maxima Duchesne Elgraa Hamra Fleur Infusion UD 100 15 0.015
Cupressaceae 0.043
Cupressus sempervirens L. Zembale, Sarw Feuille Infusion UD 100 01 0.001
Cyperaceae 0.001
Cyperus rotundus L. Tara Plante Décoction PB 100 01 0.001
Fabaceae 0.023
entière
Lupinus angustifolius L. Shenqala, Bozghiba Plante Décoction PB 100 01 0.001
Cassia senna L. Sna Mekki entière
Feuille Décoction CP 100 05 0.005
Ceratonia siliqua L. Salghwa, Kharroub Fruit Décoction UG 100 67 0.067
Glycyrrhiza glabra L. Arq Sûs Racine Infusion UG, DH 83 36 0.036
Trigonella foenum-graecum L. Helba Graine Cuit UD 100 54 0.054
Vicia benghalensis L. Jelbanet Lehnouch Feuille Décoction UD 100 01 0.001
Vicia tenuifolia Roth. Bykya Plante Infusion DH 100 01 0.001
entière

158
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Fagaceae 0.038
Quercus rotundifolia Lam. Kerrush, Tasaft Ecorce Infusion UD 100 06 0.006
Geraniaceae 0.015
Pelargonium capitatum (L.) L'Hér. Laatercha Feuille Décoction DH, CP 100 27 0.027
Iridaceae 0.001
Iris × germanica L. Sawsan Almani Feuille Autre CP 100 01 0.001
Juglandaceae 0.005
Juglans regia L. Guergaâ Ecorce Autre UG, UD 80 05 0.005
Lamiaceae 0.056
Ocimum basilicum L. Lhbak Feuille Infusion PB 71 07 0.007
Origanum majorana L. Mard’douch Plante entière Infusion UG, UD, PB 65 46 0.046
Origanum vulgare L. Zaatr Elma Feuille Infusion UG 100 80 0.080
Thymus satureioides Coss. Z’îtra, Tazuknit Feuille Infusion UG 100 176 0.176
Lauraceae 0.035
Cinnamomum zeylanicum Blume. Qarfa Ecorce Infusion UD 100 11 0.011
Lythraceae 0.103
Punica granatum L. Remman Ecorce Décoction UG 100 53 0.053
Malvaceae 0.004
Malva hispanica L. Khobbeyza Feuille Décoction DH 100 04 0.004
Malva silvestris L. Bakkula Feuille Cuit DH 100 06 0.006
Myristicaceae 0.003
Myristica fragrans Houtt. Bsibissa Fruit Cuit CP, PB 67 03 0.003
Myrtaceae 0.028
Eugenia caryophyllata Thunb. Qronfel Fleur Infusion CP 100 05 0.005

159
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Oleaceae 0.020
Olea europea L. Zaytoun Feuille Décoction UG 100 51 0.051
Olea europea var. sylvestris (Mill.) Lehr. Zabbouj Feuille Décoction PB 100 03 0.003
Piperaceae 0.005
Piper nigrum L. Ibzar Graine Cuit PB 100 05 0.005
Plantaginaceae 0.006
Plantago lanceolata L. Lssan lhamel Feuille Cuit CP 100 06 0.006
Poaceae 0.015
Cymbopogon citratus (DC.) Stapf. Aoshb Elhamed Tige Décoction PB 100 01 0.001
Hordeum vulgare L. Châir, Timzine Graine Cuit DH 100 05 0.005
Phalaris canariensis L. Hchicht Lkanari Graine Décoction DH 100 01 0.001
Polygonaceae 0.005
Emex spinosa (L.) Campd. Houmida Plante entière Cuit CP 100 01 0.001
Rumex acetosa L. Houmida Feuille Infusion UD, DH 67 09 0.009
Rhamnaceae 0.053
Ziziphus lotus (L.) Lam. Nbeg, Tazart Graine Autre UG, UD 62 53 0.053
Rosaceae 0.026
Prunus armeniaca L. Mechmach Feuille Infusion UD 100 01 0.001
Prunus persica (L.) Batsch Khokh Feuille Autre UD 100 02 0.002
Rutaceae 0.052
Ruta montana (L.) L. Fijel, Iwermi Racine Décoction UG, UD 58 12 0.012
Salicaceae 0.007
Populus alba L. Sefsaf Feuille Décoction UG 100 13 0.013
Populus nigra L. Sefsaf Feuille Décoction UD 100 01 0.001

160
Tableau 17 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système digestif dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Schisandraceae 0.004
Illicium verum Hook.f. Badiana Fruit Infusion DH 100 04 0.004
Scrophulariaceae 0.001
Verbascum sinuatum L. Torah Fleur Infusion UD 100 01 0.001
Solanaceae 0.025
Solanum lycopersicum L. Maticha Fruit Cuit DH, PB 71 14 0.014
Solanum melongena L. Denjal Fruit Cuit DH, CP 60 05 0.005
Solanum nigrum L. Buqnîna Feuille Infusion CP 100 01 0.001
Tamaricaceae 0.001
Tamarix aphylla (L.) [Link]. Adba Fleur Infusion PB 100 02 0.002
Tamarix gallica L. Tamimayt Feuille Décoction PB 100 01 0.001
Tamarix ramosissima Ledeb. Athel Autre combinaison Infusion PB 100 01 0.001
Theaceae 0.042
Camellia sinensis (L.) Kuntze. Atây Feuille Infusion UD 100 42 0.042
Thymelaeaceae 0.032
Thymelaea virgata (Desf.) Endl. Matnane Plante entière Infusion UD 100 32 0.032
Verbenaceae 0.053
Lantana camara L. Nabat Oum Kaltoum Feuille Décoction UD 100 01 0.001
Vitaceae 0.017
Vitis vinifera L. Aneb, Dalya Feuille Infusion UG 100 17 0.017
Zingiberaceae 0.031
Curcuma Longa L. Kharqûm Rhizome Décoction DH 100 16 0.016

UG: Ulcerè Gastrique, UD: Ulcère Duodénal, DH: Diarrhée, CP: Constipation, PB: Pierre Biliaire.

161
Tableau 18 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système respiratoire dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Aizoaceae 0.001
Mesembryanthemum acinaciforme L. Bousbayeaa Feuille Autre TX 100 01 0.001
Anacardiaceae 0.048
Schinus molle L. Foulfol kadib Fruit Décoction TB 100 01 0.001
Apiaceae 0.032
Thapsia garganica L. Deryas Plante entière Cataplasme TX 100 02 0.002
Araliaceae 0.002
Hedera helix L. Louwaya Feuille Cuit AT 100 02 0.002
Asteraceae 0.038
Carthamus rhiphaeus Font Quer & Pau. EL Kertam Plante entière Décoction TB 100 05 0.005
Sonchus oleraceus (L.) L. Tilfaf Plante entière Cuit CP 100 01 0.001
Brassicaceae 0.012
Brassica fruticulosa Cirillo. Harchae Graine Décoction CP 100 01 0.001
Brassica nigra (L.) [Link]. Khrdal, Bohamo Feuille Infusion FD 100 06 0.006
Brassica rapa L. Left Lbeldi Racine Cru FD 100 06 0.006
Brassica rapa var. annua [Link]. Left Feuille Cru TB 100 07 0.007
Lepidium sativum L. Habb Rchad Graine Cuit AT 100 21 0.021
Sinapis alba L. Karkaz Graine Cuit TX 100 01 0.001
Brassicaceae
Sinapis arvensis L. Khardal Feuille Cuit FD 100 01 0.001
Cupressaceae 0.043
Juniperus oxycedrus L. Taqqa Feuille Infusion AT 100 12 0.012
Convolvulaceae 0.032
Cuscuta approximata Bab. Lhamoul Plante entière Infusion TB 100 01 0.001

162
Tableau 18: Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système respiratoire dans la région du Rif, Maroc (Suite).
Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Cyperaceae 0.001
Cyperus alternifolius L. Saad Plante entière Infusion TB 100 01 0.001
Fabaceae 0.023
Medicago sativa L. Fessa Feuille Décoction CP 100 05 0.005
Vicia faba L. Elfûl, Ibaouèn Graine Cuit AT 100 51 0.051
Lamiaceae 0.056
Lavandula dentata L. Lakhzama Autre combinaison Infusion AT, FD 75.5 53 0.053
Lavandula multifida L. Kohhyla, Tiguizte Feuille Décoction AT, 100 23 0.023
combination
Lavandula pedunculata (Mill.) Cav. Lakhzama Feuille Décoction CP 100 03 0.003
Lavandula stoechas L. Halhal Feuille Décoction AT, 100 56 0.056
Mentha cervina L. Menta, Nadgh Plante entière Infusion AT, 100 11 0.011
Mentha × citrata Ehrh. Nana Elmeska Plante entière Infusion FD 100 04 0.004
Mentha × rotundifolia (L.) Huds. Mchichtrou Feuille Infusion AT, FD, TX 49.3 67 0.067
Mentha suaveolens Ehrh. Marseta, Timersad Feuille Décoction FD, TX 89 46 0.046
Lauraceae 0.035
Cinnamomum camphora (L.) [Link]. Kafour Feuille Infusion FD 100 02 0.002
Myrtaceae 0.028
Eucalyptus camaldulensis Dehnh. Kalitûs Feuille Décoction AT, CP 60 05 0.005
Eucalyptus globulus Labill. Kalitûs Feuille Cataplasme AT, FD 93.8 65 0.065
Oleaceae 0.020
Fraxinus angustifolia Vahl. Lsan Ettir Autre combinaison Infusion TX 100 06 0.006

163
Tableau 18: Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système respiratoire dans la région du Rif, Maroc (Suite).
Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Platanaceae 0.001
Platanus orientalis L. Delb Machriqi Ecorce Infusion CP 100 01 0.001
Poaceae 0.015
Avena sativa L. Khortal Graine Décoction TX 100 02 0.002
Cynodon dactylon (L.) Pers. N'jem Rhizome Infusion TB 100 02 0.002
Pontederiaceae 0.016
Eichhornia crassipes (Mart.) Solms. Sounbel Plante entière Cuit FD 100 16 0.016
Ranunculaceae 0.040
Nigella sativa L. Sanûj Graine Infusion FD 100 78 0.078
Rutaceae 0.052
Citrus sinensis (L.) Osbeck. Limoun Fruit Autre TB 100 02 0.002
Solanaceae 0.025
Mandragora autumnalis Mill. Bid Al Ghol, Taryâla Feuille Autre AT 100 36 0.036
Styracaceae 0.005
Styrax officinalis L. Jawi Ecorce Autre TB 100 05 0.005
Zingiberaceae 0.031
Alpinia officinarum Hance. khodenjal Rhizome Décoction AT 100 02 0.002
Elettaria cardamomum (L.) Maton. Qaaqella Graine Décoction TB 100 01 0.001
Zingiber officinale Roscoe. Skinjbir Rhizome Infusion AT, FD, TB 89.6 106 0.106

AT: Asthme, FD: Froid, TX: Toux, TB: Tuberculose, CP: Cancer du Poumon.

164
Tableau 19 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système cardiovasculaire dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaranthaceae 0.024
Spinacia oleracea L. Sabanikh, Selq Feuille Cru AC 100 56 0.056
Amaryllidaceae 0.104
Allium porrum L. Borro Bulbe Infusion AC 100 72 0.072
Allium sativum L. Touma, Tishert Bulbe Cuit AC 100 118 0.118
Apiaceae 0.032
Daucus carota L. Khizou Feuille Décoction AC 100 102 0.102
Arecaceae 0.049
Phoenix dactylifera L. Tmar, Tazdayet Fruit Autre AC, AG 78 46 0.046
Asteraceae 0.038
Carduus getulus Pomel. Lssan Maghribi Feuille Autre AG 100 01 0.001
Cynara scolymus L. Lqoq Plante entière Décoction AC 100 09 0.009
Cactaceae 0.001
Opuntia ficus indica (L.) Mill. Sbar, Zaâboul Fruit Infusion TA 100 01 0.001
Cannabaceae 0.011
Cannabis sativa L. Lkif Graine Cataplasme AG 100 11 0.011
Dryopteridaceae 0.001
Dryopteris filix-mas (L.) Schott. Sarkhs Dakar Feuille Décoction TA 100 01 0.001
Fabaceae 0.023
Lens culinaris Medik. Aaddes Graine Cuit AC 100 48 0.048
Medicago polymorpha L. Fessa Plante entière Décoction AG 100 14 0.014
Vicia sativa L. Guersana Plante entière Infusion TA 100 01 0.001
Geraniaceae 0.015
Erodium cicutarium (L.) L'Hér. Rakma Chokrania Feuille Cuit AG 100 03 0.003
Iridaceae 0.001
Gladiolus italicus Mill. Dalbout Itali Feuille Autre AG 100 01 0.001

165
Tableau 19 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système cardiovasculaire dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Lauraceae 0.035
Laurus nobilis L. Wrak Sidnamossa, Feuille Décoction AC, AG, TA 89 91 0.091
Persea gratissima [Link]. Rend
Avocat Fruit Cataplasme AC 100 35 0.035
Malvaceae 0.004
Hibiscus sabdariffa L. Karkadé Feuille Décoction TA 100 01 0.001
Poaceae 0.015
Avena barbata Pott ex Link. Chofan Barri Plante entière Cru AG 100 01 0.001
Glyceria fluitans (L.) [Link]. Aaima Plante entière Autre TA 100 01 0.001
Hordeum murinum L. Chaair El Firan Feuille Infusion AG 100 01 0.001
Pennisetum setaceum (Forssk.) Chiov. Dyl Ethaalab Graine Décoction TA 100 01 0.001
Phragmites communis Trin. Kseb Racine Infusion AC 100 74 0.074
Zea mays L. Dra Fruit Décoction AC 100 08 0.008
Ranunculaceae 0.040
Ranunculus bullatus L. Wden Elhallouf Racine Décoction AG 100 02 0.002
Rosaceae 0.026
Rubus ulmifolius Schott. Oualik, Tabgha Feuille Cru AC 100 49 0.049
Rubiaceae 0.063
Galium aparine L. Lsak Feuille Infusion AG 100 01 0.001
Rubia peregrina L. Fûwa, Tarubya Racine Infusion AC 100 123 0.123
Solanaceae 0.025
Solanum sodomaeum Dunal. Tfah Lfar Fruit Cataplasme TA 100 07 0.007

AC: Arythmie Cardiaque, AG: Angine, TA: Tension Artérielle.

166
Tableau 20 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système neurologique dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Asparagaceae 0.013
Agave sisalana Perrine. Aloe Vera Feuille Cataplasme SC 100 01 0.001
Asteraceae 0.038
Anacyclus radiatus Loisel. Far Dahabya Plante entière Infusion MT 100 01 0.001
Artemisia herba-alba Asso. Chih, Izri Feuille Décoction EL, MG 97.9 95 0.095
Artemisia mesatlantica Maire. Chih, Izri Feuille Décoction MT 100 01 0.001
Chrysanthemum coronarium L. Lgahwân, Lgentus Fleur Infusion EL 100 63 0.063
Xanthium spinosum L. Lzik Chouki Feuille Décoction SC 100 01 0.001
Cucurbitaceae 0.013
Citrullus vulgaris Schrad. Dlah Feuille Décoction MT 100 09 0.009
Cucumis melo L. Btikh Feuille Infusion MT 100 13 0.013
Ecballium elaterium (L.) [Link]. Faggous El Hemar Fruit Autre MT 100 02 0.002
Lagenaria siceraria (Molina) Standl. El garâa-slâwiya Fruit Cataplasme SC 100 05 0.005
Cupressaceae 0.043
Tetraclinis articulata (Vahl) Mast. El A’râr Feuille Infusion EL 100 81 0.081
Fabaceae 0.023
Retama monosperma (L.) Boiss. Rtem Tige Decoction EL 100 32 0.032
Retama raetam (Forssk.) Webb. Rtem Racine Decoction EL, MT 75.61 41 0.041
Lamiaceae 0.056
Marrubium echinatum Ball. Mrywt, Ifzi Autre combinaison Cataplasme EL 100 134 0.134
Mentha x piperita L. Na’na El-Aabdi Feuille Infusion SC 100 06 0.006
Mentha pulgium L. Fliyou Plante entière Infusion EL 100 67 0.067
Mentha spicata L. Na’a Na’a Plante entière Infusion MT 100 23 0.023
Vitex agnus-castus L. Kharwae Graine Infusion MT 100 15 0.015

167
Tableau 20 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système neurologique dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaryllidaceae 0.104
Allium cepa L. Bassla, Azalim Bulbe Cataplasme EL, MT 51.22 123 0.123
Asparagaceae 0.013
Asphodelus microcarpus Salzm. & Viv. Lberwag, Inghri Bulbe Décoction SC 100 36 0.036
Nyctaginaceae 0.001
Mirabilis jalapa L. Chob Ellayl Racine Décoction MG 100 01 0.001
Pinaceae 0.048
Cedrus atlantica (Endl.) Arz Feuille Autre EL, MT 100 96 0.096
Poaceae 0.014
Dactyloctenium aegyptium (L.) Willd. Njem Rjel Djaja Graine Décoction MG 100 08 0.008
Rubiaceae 0.063
Coffea arbica L. Qahwa Graine Décoction EL 100 65 0.065
Solanaceae 0.025
Datura stramonium L. Chedak Jmal Graine Autre MG 100 02 0.002
Lycium europaeum L. Haded Europa Feuille Cataplasme SC 100 01 0.001
Nicotiana glauca Graham. Tembak Berri Fleur Décoction MT 100 23 0.023
Solanum tuberosum L. Batâta Feuille Cataplasme EL 100 78 0.078
Typhaceae 0.001
Typha angustifolia L. Bot, Kseb Tige Autre MG 100 01 0.001
Verbenaceae 0.053
Aloysia citrodora Palau. Lwiza Feuille Infusion EL, MT, MG 95.24 105 0.105

EL: Épilepsie, MT: Mal de Tête, SC: Sciatique, MG: Méningite

168
Tableau 21 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies métaboliques dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaranthaceae 0.024
Beta vulgaris L. Lbarba Graine Infusion AN 100 06 0.006
Apiaceae 0.032
Ferula communis L. Lkalkha Feuille Décoction HT 100 04 0.004
Ridolfia segetum (L.) Moris Slilo Feuille Cuit DT, HC 70.6 17 0.017
Asteraceae 0.038
Calendula arvensis [Link]. Jemra, Azwiwel Fleur Infusion DT 100 96 0.096
Helianthus annuus L. Abbad Shems Graine Infusion AN 100 21 0.021
Lactuca sativa L. Elkhass Feuille Infusion AN 100 22 0.022
Sonchus asper (L.) Hill Tifaf Plante entière Décoction HT 100 01 0.001
Sonchus tenerrimus L. Tifaf Feuille Décoction AN, OB, HT 48 25 0.025
Tanacetum vulgare L. Lbalssem Feuille Infusion DT, AN, HC 52.4 42 0.042
Brassicaceae 0.012
Anastatica hierochuntica L. Kaff Mariam Racine Décoction AN, HC 80 25 0.025
Brassica oleracea L. Karnabite Feuille Autre AN, OB 77.8 09 0.009
Cucurbitaceae 0.013
Citrullus colocynthis (L.) Schrad. Lhdej, Taferzizte Graine Infusion DT 100 09 0.009
Cucurbita pepo L. Garaa Khedra Fruit Cuit DT 100 43 0.043
Cupressaceae 0.043
Juniperus phoenicea L. Arar Finiqi Feuille Décoction DT 100 79 0.079

169
Tableau 21 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies métaboliques dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie FL % FC RFC FIV
Euphorbiaceae 0.030
traitée
Euphorbia peplus L. Laaya, Haliba Plante entière Autre OB 100 01 0.001
Fabaceae 0.023
Acacia albida Delile Chok Telh Racine Décoction OB 100 02 0.002
Lupinus pilosus L. Rjel Djaja Graine Infusion DT 100 07 0.007
Phaseolus aureus Roxb. Soja Graine Décoction HC 100 02 0.002
Phaseolus vulgaris L. Loubya Graine Cuit AN 100 36 0.036
Lamiaceae 0.056
Marrubium vulgare L. Merriwta Hara, Ifzi Feuille Infusion OB 100 01 0.001
Rosmarinus officinalis L. Azir, Yazir Feuille Infusion DT 100 189 0.189
Salvia officinalis L. Salmiya Feuille Infusion AN 100 119 0.119
Linaceae 0.065
Linum usitatissimum L. Zeri’t El Kettan Graine Cuit DT 100 65 0.065
Moraceae 0.030
Ficus carica L. Karmous, Chriha Feuille Infusion DT, HC 70 10 0.010
Ficus carica var. dottato. Karmous, Chriha Fruit Autre HC 100 11 0.011
Morus alba L. Ettout Feuille Infusion DT, AN, OB 58.8 68 0.068
Papaveraceae 0.014
Fumaria officinalis L. Hchicht Essibyan Racine Décoction HT 100 01 0.001
Portulacaceae 0.005
Portulaca oleracea L. Rejla, Tasmamine Feuille Cuit HC 100 05 0.005
Rosaceae 0.026
Malus domestica Borkh. Tûffah Fruit Autre DT 100 76 0.076

DT: Diabète, AN: Anémie, HC: Hypercholestérolémie, OB: Obésité, HT: Hyperthyroïdie.

170
Tableau 22 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système génito-urinaire dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaranthaceae 0.024
vernaculaire
Atriplex halimus L. Legtef Feuille Infusion CR 100 03 0.003
Anacardiaceae 0.048
Pistacia lentiscus L. Drou Feuille Infusion CR, CCU, IRC 83.5 97 0.097
Apiaceae 0.032
Conium maculatum L. Choukran Feuille Cataplasme CR 100 13 0.013
Petroselinum sativum Hoffm. Maâdnous Feuille Décoction CR 100 109 0.109
Pimpinella anisum L. Habbat Hlawa Graine Autre CR 100 35 0.035
Apocynaceae 0.079
Caralluma europaea (Guss.) [Link]. Daghmous Feuille Infusion CR 100 89 0.089
Aristolochiaceae 0.043
Aristolochia baetica L. Berztem Feuille Cataplasme CR 100 43 0.043
Asteraceae 0.038
Silybum marianum (L.) Gaertn. Tawra Graine Décoction CCU 100 76 0.076
Boraginaceae 0.014
Borago officinalis L. El Hamhem Fleur Infusion CR 100 02 0.002
Caryophyllaceae 0.084
Arenaria rubra L. Herras Lehjar Plante entière Décoction CR, VB, IRC 53 153 0.153
Corrigiola telephiifolia Pourr. Sarghina Plante entière Décoction CR 100 71 0.071
Euphorbiaceae 0.030
Mercurialis annua L. Hrriyga Lmelsa Plante entière Décoction CCU 100 05 0.005
Fabaceae 0.023
Cicer arietinum L. Hommes Graine Décoction CR, VB 83.3 18 0.018
Lamiaceae 0.056
Lavandula officinalis Chaix. Lkhzama Fleur Infusion CR, CCU, VB 45.5 112 0.112
Marrubium heterocladum Emb. & Maire Mriwta Feuille Décoction CCU 100 01 0.001

171
Tableau 22 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système génito-urinaire dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Myrtaceae 0.028
Myrtus communis L. Rayhan Feuille Décoction CCU, VB 76.8 56 0.056
Pimenta dioica (L.) Merr. Nwiwira Fruit Infusion IRC 100 08 0.008
Pedaliaceae 0.007
Sesamum indicum L. Jenjlane Graine Infusion CR 100 07 0.007
Poaceae 0.015
Eleusine indica (L.) Gaertn. Njem Plante entière Décoction IRC 100 01 0.001
Festuca arundinacea Schreb. Aguzmir Graine Infusion CR 100 05 0.005
Rosaceae 0.026
Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl. Lemzah Feuille Infusion VB 100 02 0.002
Rutaceae 0.052
Citrus × aurantium L. Larnej Fleur Cuit CCU 100 25 0.025
Citrus limetta Risso. Lhamed Beldi Fruit Cuit IRC 100 06 0.006
Citrus limon (L.) Osbeck. Lhamed Fruit Autre CR 100 06 0.006
Citrus reticulata Blanco. Lmandarine Fruit Cuit CCU 100 01 0.001
Urticaceae 0.028
Urtica urens L. Lhurriga Feuille Décoction CR 100 14 0.014
Zygophyllaceae 0.002
Tribulus terrestris L. Ders Elajouz Plante entière Cuit IRC 100 02 0.002

VB: Vaginose Bactérienne, IRC: Insuffisance rénale chronique, CR: Calculs Rénaux CCU: Cancer du Col Utérin.

172
Tableau 23 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies dermatologiques dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Amaranthaceae 0.024
Chenopodium ambrosioides L. Mkhinza Feuille Décoction PC, EZ 60.2 93 0.093
Anacardiaceae 0.048
Rhus pentaphylla (Jacq.) Desf. Tizgha Feuille Décoction PC, HE 60.5 76 0.076
Araceae 0.014
Arisarum vulgare [Link]. Irni Plante entière Décoction HE 100 14 0.014
Asparagaceae 0.013
Agave Americana L. Sabra Plante entière Cataplasme PC 100 82 0.082
Asteraceae 0.038
Atractylis gummifera Salzm. ex L. Addad Plante entière Autre EZ, HE 60 05 0.005
Dittrichia viscosa (L.) Greuter. Magraman, Terrahla Feuille Autre PC 100 165 0.165
Lactuca virosa Habl. Ahchlaf Nssem Feuille Autre HE 100 16 0.016
Sonchus fragilis Ball Tifaf Feuille Cataplasme UC 100 07 0.007
Caryophyllaceae 0.084
Silene ibosii Emb. & Maire. Tigheghecht Plante entière Décoction EZ 100 105 0.105
Euphorbiaceae 0.030
Euphorbia falcata L. Hayat Nofos Plante entière Infusion PC, UC 84.1 63 0.063
Ricinus communis L. Kherouâ, Uwriwra Krank Feuille Infusion PC, EZ 90.2 51 0.051
Fabaceae 0.023
Acacia raddiana Savi. Talh Feuille Décoction EZ 100 19 0.019
Fagaceae 0.038
Quercus suber L. Dbagh, Fernan Ecorce Décoction PC, EZ 71.4 70 0.070

173
Tableau 23 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies dermatologiques dans la région du Rif, Maroc (Suite).

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Lythraceae 0.103
Lawsonia inermis L. Henna Feuille Cataplasme PC 100 154 0.154
Papaveraceae 0.014
Glaucium flavum Crantz. Merzak Halabi Fleur Décoction UC 100 06 0.006
Papaver rhoeas L. Bela’man Fleur Infusion PC 100 34 0.034
Pinaceae 0.048
Pinus pinaster Aiton. Tayda Ecorce Décoction EZ 100 04 0.004
Pinus sylvestris L. Sanouber Ecorce Décoction EZ 100 45 0.045
Poaceae 0.015
Triticum aestivum L. Lgamh, Farina Feuille Infusion UC 100 14 0.014
Triticum turgidum L. Zraa, Irden Plante entière Décoction HE, UC 60 05 0.005
Solanaceae 0.025
Capsicum annuum L. Tahmira Fruit Cataplasme PC 100 87 0.087
Capsicum frutescens L. Sudaniya, Flfel Har Fruit Décoction PC 100 05 0.005

PC: Plaie Cutanée, EZ: Eczéma, HE: Herpès, UC: Urticaire.

174
Tableau 24 : Liste des PAM utilisées pour soigner les maladies du système ostéoarticulaire dans la région du Rif, Maroc.

Famille et nom scientifique d’espèce Nom vernaculaire Partie utilisée Préparation Maladie traitée FL % FC RFC FIV
Apocynaceae 0.079
Nerium oleander L. Defla, Alili Feuille Décoction RH, OS, AR 95.2 146 0.146
Asteraceae 0.038
Anacyclus pyrethrum (L.) Lag. Tiguentest, Ginass Racine Infusion RH 100 81 0.081
Calendula eckerleinii Ohle. Jemra Fleur Cataplasme RH 100 67 0.067
Carduus martinezii Pau Chok Mchaar Feuille Décoction RH 100 91 0.091
Boraginaceae 0.014
Anchusa italica Retz. Lsan Etthawr Fleur Infusion RH 100 26 0.026
Capparaceae 0.073
Capparis spinosa L. Kebbar, Taglulut Graine Infusion RH 100 73 0.073
Convolvulaceae 0.032
Convolvulus althaeoides L. Lablab El hokol Fleur Décoction OS 100 63 0.063
Fabaceae 0.023
Pisum sativum L. Jelbana Graine Cataplasme OS 100 25 0.025
Nitrariaceae 0.053
Peganum harmala L. El Harmel Graine Cataplasme RH 100 53 0.053
Poaceae 0.014
Agrostis reuteri Boiss. Ziwan Khachabi Fleur Décoction OS, AR 85.7 14 0.014
Bromus squarrosus L. Amlsikh, Chwiara Feuille Décoction OS, AR 75 16 0.016
Oryza sativa L. Rûz Graine Cuit RH, AR 94 101 0.101
Poa annua L. Kabaa Howli Feuille Décoction OS 100 08 0.008
Setaria verticillata (L.) [Link]. Dayl Eddib Fleur Cuit RH 100 17 0.017
Solanaceae 0.025
Withania frutescens (L.) Pauquy. Ali Amlal, Tayrta Feuille Décoction RH, AR 88.9 45 0.045
Urticaceae 0.028
Urtica dioica L. Hriga Feuille Cataplasme OS 100 41 0.041

RH: Rhumatisme, OS: Ostéoporose, AR: Arthrose.

175
xii. Parties des PAM utilisées
En médecine traditionnelle, différentes parties de plantes identifiées, en particulier
feuilles, fleurs, racines, fruits ou même des plantes entières sont exploitées par la population
locale du Rif. D'après la valeur de la partie de plante (PPV), la feuille a été signalée comme
étant la partie dominante de la préparation du remède à base de PAM dans la région
d'étude (PPV = 0.364), suivie de graine (PPV = 0.226), de plante entière (PPV = 0.097), de
fleur (PPV = 0.073), du fruit (PPV = 0.060) de racine (PPV = 0.051), du bulbe (PPV = 0.044),
d’autres combinaisons (PP V = 0.034), du rhizome (PPV = 0.026), de l’écorce (PPV = 0.021) et
de tige (PPV = 0.006) respectivement (Figure 17).

0,026 0,021 0,006 Feuille


0,034
0,044 Graine
0,364
Plante entière
0,051
Fleur
0,06 Fruit

Racine

Bulbe

0,073 Autre combinaisons

Rhizome
0,097
Ecorce

0,226 Tige

Figure 17 : Différentes parties de PAM utilisées dans la zone d'étude et leur PPV.

La prédominance d’utilisation d’un organe par rapport à un autre dans le domaine de


la phytothérapie émane de la variation dans la concentration en principes actifs dans cet
organe. La préférence de feuille était due à sa disponibilité facile, la récolte facile et la
simplicité dans la préparation des remèdes. De plus, les feuilles sont connues comme le
siège des réactions photochimiques qui favorisent la biosynthèse et parfois le stockage des
métabolites secondaires et donc, la concentration en principes actifs dans cet organe
(Bahassan et al., 2014). Ces résultats sont comparables à ceux signalés à l’échelle nationale
et continentale (Aké-Assi & Guinko, 1991; Ould El Hadj et al., 2003; Lituka, 2005; Ouattara,

176
2006; Douiri et al., 2007; Ambé et al., 2015; Jdaidi & Hasnaoui, 2016) et par (Diatta et al.,
2013), qui indiquent que la feuille constitue l’organe médicalement le plus utilisé.

xiii. Type de plante


Au niveau de la région du Rif, les PAM sauvages sont largement utilisées en médicine
à base des PAM avec 59% du total des espèces recensées (Figure 18), il vient en 2ème classe
les plantes cultivées avec (36.1%) alors que l’utilisation des plantes introduites est
minoritaire (4.9%). Ce sont essentiellement des plantes de jours longs puisque leur récolte se
fait en été et printemps. Toutefois, certaines plantes peuvent être récoltées pendant toute
l’année. Ces résultats semblables avec ceux obtenus par (Slimani et al., 2016) dans la région
de Zerhoun.

60%
59%
50%

40%
36,10%
Fréquence (%)

30%

20%

10% 4,90%

0%

Plante sauvage Plante cultivée Plante introduite

Type de plante

Figure 18 : Usage des PAM en fonction du type.

xiv. Technique de récolte


Les résultats de l’inventaire auprès de nos informateurs montrent que, la plupart des
espèces sont récoltées d’une façon manuelle à l'aide de sécateur, couteau, hache ciseau ou
de faucille (96%) plutôt que mécanique (4%). Ces résultats témoignent d’une forte pression
d’exploitation de la flore rifaine, ce qui peut provoquer des conséquences non souhaitables
(Figure 19).

177
4% Technique de récolte des PAM

Manuellement

Technique mécanique

96%

Figure 19 : Technique de récolte des PAM.

xv. Moment de récolte des PAM


L’enquête ethnobotanique a révélé que, 68.8% des personnes enquêtées (soit 688)
déclarent que les PAM sont cueillies toute l'année, par rapport au printemps avec un
pourcentage de 12.6%, vient l’été avec un pourcentage de 11.6%, puis l’automne avec un
pourcentage 5.4% et le moment de récolte hiver ne représente que 1.6% (Figure 20).

68,80%
70,00%

60,00%

50,00%
Fréquence (%)

40,00%

30,00%

20,00% 12,60% 11,60%


10,00% 5,40% 1,60%
0,00%
Toute année Printemps Eté Automne Hiver

Moment de récolte

Figure 20 : Moments de récolte des PAM dans la région d’étude.

178
xvi. Préparation de drogue
Dans les recettes recensées (Figure 21), les plantes sont préparées seules (81%) ou
combinées à d’autres espèces végétales, animales ou minérales (19%). Nous retenons ici que
les recettes simples sont les plus utilisées et ceci peut être expliqué par la recherche du
simple dans la préparation du remède. Ces résultats corroborent bien ceux trouvés par (El
Rhaffari & Zaid, 2002) trouvent dans une enquête similaire dans le Sud-Est du Maroc
(Tafilalet) que pour la majorité des recettes recensées, les plantes sont préparées seules
(85.3%) ou combinées à d'autres ingrédients (14.7%).

Plante seule
81%

Association de
plantes
19%

Figure 21 : Proportion des espèces utilisées seules et mélangées.

xvii. État de plante


Il émane de la Figure 22 ci-dessous que l’état fraîche de plante est le plus utilisé en
phytothérapie avec un pourcentage de 54.2% suivi de l’état desséché avec un pourcentage
de 41%. Par contre l’utilisation de la plante après le traitement est le moins avec un
pourcentage de 4.8%. Cela indique que les plantes fraîches sont beaucoup plus faciles et plus
rapides à préparer au remède que les autres formes. L'étude menée par (Abdurhman, 2010)
indique que 86% des préparations sont à l'état frais et (Getahun, 1976) indique que la
plupart des PAM (64%) sont utilisées à l'état frais et 36% à l'état séché. La dépendance des
habitants du Rif marocain vis-à-vis des matériaux frais est principalement due à l'efficacité
des PAM frais en traitement.

179
60,00%
54,20%
50,00%

41%
40,00%
Fréquence (%)

30,00%

20,00%

10,00%
4,80%

0,00%
Etat Fraiche Etat Desséché Après Traitement
Etat de plante

Figure 22 : Usage des PAM en fonction de leur état.

xviii. Forme d’emploi


La Figure 23 renseigne sur la forme d’emploi. Dans le Rif la forme d’emploi la plus
utilisée est la tisane avec un pourcentage de 46.1% suivi par poudre 35.8%, huiles
essentielles 9.6%. Tandis que la teinture et les huiles grasses viennent en dernière position
avec un pourcentage de 6.7% et 1.8% respectivement. De ce fait la tisane obtenue après la
préparation est plus facile à consommer que celle des autres. Cette situation n’est pas
différente de ce qui a été rapportée dans des études menées dans d’autres régions du pays
(Mehdioui & Kahouadji, 2007) ou du continent (Srithi et al., 2009).

180
46,10%
50,00%
45,00%
35,80%
40,00%
35,00%
Fréquence (%)

30,00%
25,00%
20,00%
9,60%
15,00%
6,70%
10,00%
1,80%
5,00%
0,00%
Tisane Poudre Huile Teinture Huile grasse
essentielle

Formes d'emploi

Figure 23 : Différentes formes d’emploi des remèdes à base de PAM.

xix. Mode de préparation


Afin de faciliter l’administration du principe actif, plusieurs modes de préparations
sont employés, à savoir les extraits aqueux (décoction, infusion, macération…etc.). Des
informations sur la préparation de chaque plante ont été incluses dans les Tableau 17-24.
Dans notre étude nous avons trouvé que la décoction et l’infusion sont les formes de
préparations les plus utilisés dans les préparations traditionnelles de la plante avec des
pourcentages respectifs de 38.6% et 34%, suivis de cataplasme (11.3%), cuit (7.6%) et cru
(2.3%). Le pourcentage des autres méthodes de préparation regroupées (macération,
inhalation, fumigation) ne dépasse pas 6.2% (Figure 24). L'utilisation fréquente de la
décoction peut s'expliquer par le fait que la décoction permet de collecter les principes actifs
et atténue ou annule l'effet toxique de certaines recettes (Benlamdini et al., 2014). En effet
le recours à la décoction, dans de l’eau, du thé ou du lait, pendant 15 à 20 minutes, selon la
dureté de l’organe végétale utilisé est noté dans plusieurs régions froides du Maroc, comme
c’est le cas du Rif. Ce mode reste le moyen le plus efficace qui permet l’extraction et
l’assimilation des principes actifs tout en réchauffant le corps et en désinfectant la plante.

181
Des enquêtes ethnobotanique menées ailleurs au Maroc ont montré que la majorité des
personnes interrogées avaient préparé les remèdes par décoction ( Salhi et al., 2010; El Hilah
et al., 2015; Slimani et al., 2016). Cela confirme qu'il existe un échange d'informations
permanent sur l'utilisation des PAM entre les marocains. En effet la décoction est citée aussi
comme la principale méthode de préparation au niveau continental (Okello et al., 2010;
Stangeland et al., 2011; Yetein et al., 2013).

38,60%
34,00%

11,30%
7,60% 6,20%
2,30%

Décoction Infusion Cataplasme Cuit Cru Autre modes

Modes de préparation

Figure 24 : Proportion de différents modes de préparations de PAM.

xx. Dose utilisée


Au niveau de la région d’étude, la population rifaine interrogée nous a informé que
les remèdes à base de PAM sont utilisés avec des doses précises, dont 46.8% des plantes
utilisées par cuillerée, 33.1% par pincée et 20.1% par poignée (Figure 25). Cette absence de
notion de posologie exacte chez la population locale du Rif peut se manifester par des effets
néfastes sur la santé car il y a souvent une toxicité dose-dépendante. Ces résultats
concordent implicitement avec une étude réalisée par (Benkhnigue et al., 2010) dans la
région de Mechraâ Bel Ksiri.

182
Poignée; 20,10%

Cuillerée;
46,60%

Pincée ; 33,10%

Figure 25 : Usage des PAM en fonction de la précision de dose.

xxi. Mode d’administration


Notre enquête sur la région du Rif, a permis de constater que la médecine
traditionnelle était administrée par différentes voies (Figure 26), le plus courant était
constitué par voie orale (82.4%), suivi par massage (6.3%), badigeonnage (5.2%), autres
modes d'administration (3.4%) et rinçage (2.7%). La prédominance de l'administration orale
peut s'expliquer par une incidence élevée de maux internes dans la région (Polat & Satıl,
2012) du Rif. D'autre part, on pense que la voie orale est la plus acceptable pour le patient
rifain. La prédominance de l'administration orale des remèdes à base de PAM dans le Rif est
en parfait accord avec la plupart des études ethnobotaniques réalisées en Afrique (Benarba
et al., 2014; El Hafian et al., 2014; Chermat & Gharzouli, 2015).

183
Voie orale Massage Badigeonnage Rinçage Autres modes

82,40%

6,30%
2,70% 5,20%
3,40%

Figure 26 : Fréquence de différentes modes d’administration des remèdes à base de plante.

xxii. Posologie
Dans la région d’étude, les résultats obtenus montrent que :

 Pour l'enfant, une prise unique par jour correspond à 77%, suivie par 15.8% pour
trois prises par jour, 6.4% correspond à deux prises par jour. Enfin un taux de 0.8%
pour autres prises.
 Pour l’adulte, une prise unique par jour correspond à 75.1%, suivie par 16.8% pour
trois prises par jour, 7.3% correspond à deux prises par jour. Enfin un taux de 0.8%
pour autres prises.
 Pour la personne âgée, une prise unique par jour correspond à 74%, suivie par 16.9%
pour trois prises par jour, 8.5% correspond à deux prises par jour. Enfin un taux de
0.6% pour autres prises (Figure 27).

184
Autre 3Fois/Jour 2Fois/Jour 1Fois/Jour
Fréquence (%)

100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Enfant Adulte Personne âgée

Figure 27 : Fréquence de différentes posologies selon l’âge.

xxiii. Durée d’utilisation (de Traitement)


La durée de traitement est très variable allant jusqu’un an, selon les individus et
trouble à traiter, il est essentiel de ne pas dépasser les doses et durées recommandées.
L’analyse de la Figure 28 montre que la durée de traitement jusqu'à la guérison des remèdes
de PAM, viennent en première position avec un taux de 46.6% du total, suivie par la durée
d’un jour (41.5%). Enfin viennent la durée de traitement d’un mois et d’une semaine avec un
taux de 7.6% et 4.3% respectivement.

185
46,60%
41,50%

7,60% 4,30%

Jusqu'à la guérison Un jour Un mois Une semaine

Figure 28 : Fréquence de différentes durées d’utilisation des remèdes à base de plante.

xxiv. Méthode de conservation


L’analyse des résultats obtenus présentés dans la Figure 29, montre que la
conservation des plantes se fait en premier lieu à l'abri de la lumière (56.7%), 33.1% des
plantes peuvent être conservées par l'exposition à la lumière et 10.2% correspond aux
autres méthodes de conservation comme le froid et congélation qui assurent une
conservation à plusieurs mois, c'est le cas des produits cosmétiques, extraits, sirops, huiles,
jus et vinaigres. Notre résultat coïncide avec ceux de (Parfait et al., 2015) qui ont trouvé que
les préparations des différents extraits sont pour la plupart conservées à l’abri de la lumière
(90.91%).

186
A l'abri de la lumière Exposé à la lumière Autres

33,10%

56,70%

10,20%

Figure 29 : Proportion des méthodes de conservation de PAM.

xxv. Origine de l’information


Concernant la source de l’information par laquelle les enquêtés ont eu connaissance
de plante utilisée, 60.1% des enquêtés ont déclaré avoir suivi les conseils et les expériences
de l’entourage direct (famille et amis des autres pour utiliser des PAM comme remèdes
contre des maladies bien déterminées), cela reflète la transmission relative des pratiques
traditionnelles d’une génération à l’autre. 21.4% des enquêtés leurs informations se
reflètent de « Achab », 14.7% des enquêtés acquièrent l’information à travers la lecture
(réseaux sociaux, journaux, radio, TV, internet…etc.). Tandis que le taux des enquêtés qui ont
déclaré le pharmacien comme source d’information est de 3.8% (Figure 30). Ces résultats
rejoignent ceux de (Benkhnigue et al., 2010) dans la région de Mechraâ Bel Ksiri et (El
Yahyaoui et al., 2015) dans une étude au niveau de la province de Laayoune. Ainsi, 55.3%
des informateurs pensent que les PAM permettent une guérison des maladies traitées et
41.5% estiment que ces plantes permettent seulement une amélioration de l’état de santé.
Ce qui concorde avec les résultats de (Zeggwagh et al., 2013) dans la région de Fès.

187
3,80%
Expérience des autres
14,10%

Achabe

21,40% Lecture
60,10%

Pharmacien

Figure 30 : Fréquence de l’origine des informations selon le profil de l’enquêté.

xxvi. Diagnostic
Le traitement des données nous a permis d’obtenir la Figure 31, qui montre qu’au Rif,
le pourcentage des enquêtés autochtones qui se diagnostic eux-mêmes est de 45.9%.
Viennent ensuite les enquêtés diagnostiquer par le médecin et autres moyens de diagnostic
(22.8%) et (18.4%) chacune. Enfin le diagnostic par l’herboriste ne représente que 12.9%.

45,90%
50,00%
45,00%
40,00%
Pourcentage (%)

35,00%
30,00% 22,80%
25,00% 18,40%
20,00%
12,00%
15,00%
10,00%
5,00%
0,00%
Lui-même Médecin Autre Herboriste

Figure 31 : Proportion des acteurs responsables du diagnostic de maladies.

188
xxvii. Etat de satisfaction
En ce qui concerne l’état de satisfaction (Figure 32), 55.3% des interviewés pensent
que les remèdes à base de PAM mènent à une guérison totale, 41.5% assurent que ces
remèdes améliorent l’état de santé. Alors que 3.2% de la population étudiée ne fait pas
confiance aux remèdes à base de PAM et croit que ceux-ci sont inefficaces et peuvent
entraîner une toxicité grave.

Inefficace; 3,20%

Amélioration; Guérison;
41,50% 55,30%

Figure 32 : Résultats de l’amélioration constatés après la phytothérapie.

xxviii. Effets secondaires des PAM


Une question a été posée aux enquêtés pour évaluer leurs connaissances des effets
secondaires que peuvent avoir les PAM. Les résultats sont comme suit : la majorité de ces
enquêtées (83.1%) trouvent que les PAM ne provoquent aucun effet secondaire. Par contre
des effets secondaires liés à l’utilisation de ces plantes ont été rapportés chez 16.9% des
enquêtés (Figure 33). Ces personnes ont même avoué que son efficacité est assurée, qu’elle
améliore la qualité de vie et surmonte les limites de la médecine moderne. Donc la majorité
des rifains enquêtés ont une confiance aveugle à la phytothérapie.

189
Oui; 16,90%

Non; 83,10%

Figure 33 : Pourcentage d’effets secondaires de PAM.

xxix. Toxicité des PAM


Le traitement des données nous a permis d’obtenir la Figure 34. La présente étude
montre que la majorité des usagers de médecine à base de PAM savent très peu sur la
toxicité de ces plantes. Presque 91% des informateurs rifains répondaient à la question
ouverte suivante : " est-ce que cette plante que vous utilisez est toxique? " par « Non », alors
que le taux des informateurs qui ont répond à cette question par « Oui » est de 9%.

Oui
9%

Non
91%

Figure 34 : Pourcentage de PAM utilisées en fonction de l’intoxication.

Conclusion

Cette étude nous a permis de montrer que la médecine traditionnelle à base de


plantes est encore et toujours utilisée par les habitants de la région du Rif surtout dans les
douars enclavés. En effet les plantes médicinales restent largement employées, mais de
manière empirique.

190
Le présent travail a pour objectif d’estimer la fréquence d’usage des plantes
aromatiques et médicinales en matière de médicine à base de plantes et de réunir toutes
informations sur leurs pratiques traditionnelles, dans la région de Rif par le biais de 1 000
fiches questionnaires. Ce travail nous a permis également de révéler l’importance relative
accordée à la phytothérapie traditionnelle dans le système de santé à la région du Rif et de
confirmer que l’utilisation des plantes médicinales dans le domaine thérapeutique est
encore et toujours utilisée par les habitants de la région malgré la révolution de la
technologie médicale.

A l’issue de ce travail, il en ressort que la zone d'étude possède une grande


biodiversité avec une variété des plantes médicinales et nécessite encore davantage
d'explorations. Ce riche floral indique le potentiel élevé des connaissances traditionnelles
pour le développement des dérivés de produits naturels en tant que médicaments
abordables. Dans le Rif marocain, les plantes jouent toujours un rôle crucial, mais ces plantes
médicinales utilisées pour le traitement de nombreuses maladies dans cette région
manquent de preuves ethnomédicinales.

Les résultats obtenus ont montré que la feuille était la partie de plante la plus utilisée
(PPV = 0.364), les affections les plus fréquentes étaient les affections ostéo-articulaires (ICF =
0.983), la majorité des remèdes à base de plantes ont été préparés à partir d’une décoction
(38.6%) et le mode d’administration le plus sollicité est la voie orale (82.4%). L’analyse
floristique des résultats obtenus par cette étude a permis de recenser 280 espèces
médicinales répartis en 204 genres et 70 familles avec la prédominance notamment de sept
familles : Asteraceae (29 espèces), Lamiaceae (22 espèces), Fabaceae et Poaceae (21 espèces
chacune), Apiaceae (17 espèces), Solanaceae (12 espèces) et Brassicaceae (11 espèces). De
même, les espèces les plus utilisées dans cette région sont: Rosmarinus officinalis L. (RFC =

191
0.189), Thymus satureioides Coss. (RFC = 0, 176), Dittrichia viscosa (L.) Greuter. (RFC =
0.165), Lawsonia inermis L. (RFC = 0.154) et Arenaria rubra L. (RFC = 0.153). L’analyse
floristique des résultats a permis aussi de citer : 94 espèces toxiques (33.57%), 15 taxons
rares ou menacés (5.36%) et 14 espèces endémiques (5%) dont: 8 sont endémiques du
Maroc (E), 4 sont endémiques du Rif marocain (E-R), les endémiques partagées avec l’Algérie
(A) sont en nombre de 4 espèces, celles partagées avec l’Algérie et la Péninsule Ibérique (IA)
viennent en quatrième position avec une seule espèce et le même classement s’applique aux
espèces endémiques du Maroc, de la Péninsule Ibérique, de l’Algérie et des Canaries (IAC ?).

Sur la base des résultats obtenus, les valeurs les plus élevées de FL, RFC et ICF des
espèces médicinales documentées permettraient de mener des études dans le domaine de
la phytochimie et la pharmacologie. D’aure part, Ces résultats sont très motivants, ils
peuvent etre considérés comme une source d’informations en vue d’identifier les principes
actifs afin de les tester dans le but d’une validation scientifique des usages traditionnels de
ces plantes et pour en faire des médicaments traditionnels bios, efficaces et non toxiques
pour la population du Rif et à envisager des complémentarités possibles entre médecine
traditionnelle et médecine conventionnelle pour la prise en charge de certaines douleurs.

D’autres part, la collecte et l’analyse des informations recueillies ont permis de


transformer le savoir-faire populaire oral dans cette région en savoir transcrit par
l’établissement d’un catalogue des plantes aromatiques et médicinales utilisées et leur
usage thérapeutique. En effet, il est nécessaire et important de sauvegarder les
connaissances phytothérapeutiques de la population rifaine parce qu'elles font partie du
patrimoine empirique national marocain qui mérite d'être valorisé et de le mettre en valeur.

192
Au regard des difficultés rencontrées et des résultats obtenus au cours de cette
étude, nous suggérons que :

Il faudrait que des études ethnobotaniques et ethnopharmacologiques soient


réalisées dans toutes les régions en élaborant une base de données complète sur les plantes
aromatiques et médicinales dans notre pays. Afin de recenser les plantes, de consigner leurs
utilisations auprès des anciens et pourquoi pas, essayer d’intégrer la phytothérapie dans les
soins en complément de la médecine moderne. Par la création du département de la
médecine traditionnelle, dans le but de l’élaboration des médicaments traditionnels
améliorés.

On a constaté le manque d’information chez les enquêtés concernant les effets


indésirables et la toxicité potentielle des plantes d’où l’intérêt d’élaborer une fiche éducative
visant à sensibiliser et informer le public sur l'information non contrôlée mais aussi du
bénéfice de l’usage de la phytothérapie.

Il devient urgent d’assurer la commercialisation, la conservation et l’exploitation


rationnelle des plantes aromatiques et médicinales, à la protection de leur habitat et de
réhabiliter les relations entre la population rifaine et les ressources naturelles.

Parmi les plantes spontanées utilisées, par les habitants contre de nombreuses
maladies, un grand nombre d’espèces ne sont pas étudiées jusqu’à nos jours. On
recommande aux chercheurs d’isoler les substances actives de ces plantes et d’étudier leurs
activités biologiques.

Les populations locales de Rif doivent être sensibilisées sur l’importance des études
ethnobotaniques dans toute commune afin de rendre la tâche un peu plus facile aux
chercheurs désireux d’entreprendre des études dans le domaine de la médicine
traditionnelle.

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206
Annexe A : Exemplaire d’une fiche questionnaire

Plantes médicinales et phytothérapie

Date......................................................................................................................................................

Région………………………………………………………………………………………………………………………………………..………

Commune ............................................................................................................................................

Auteur .................................................................................................................................................

Numéro de relevé ................................................................................................................................

Informateur :

 Profession : ..................................................................................................................................................................................................

 Sexe : Masculin Féminin

 Age : { ≤ 20} {20 - 40} { 40 - 60} { ≥ 60}

 Situation familiale : Célibataire Divorcé Veuf Marié

 Niveau académique : Néant Primaire Secondaire Universitaire

 Localité : Nomade Douar Village Ville

 Revenu / Mois (Dhs) : Chômeur {250 - 1500} {1500 - 5000} { ≥ 5000}

Pratiques thérapeutiques :

Lorsque vous avez sentez malade, vous vous adressez :

A la médecine traditionnelle, pourquoi.

Efficace Moins chère Acquisition Médicament inefficace

A la médecine Moderne, pourquoi.

Efficace Plus précise Toxicité des plantes

207
Si c’est deux qu’elle est la première :

Médecine traditionnelle Médecine moderne

Matériel végétal :

 Nom vernaculaire :.............................................................................................................................................................................

 Nom scientifique : ..............................................................................................................................................................................

 Type de plante : Sauvage Cultivée Adventice

 Usage de la plante : Thérapeutique Cosmétique Autres

 Technique de la récolte : Manuel Mécanique

 Moment de la récolte (saison) : Eté Automne Hiver Printemps Toute année

 Préparation de la drogue Plante seule Association possible (de plantes)

Si association de plantes, citer la recette :…………………………………………………………………………………………....

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….

 État de la plante : Fraîche Desséché Après traitement …


Si desséché, méthode de séchage : Exposé au soleil à l’ombre

 Partie utilisée : Tige Fleurs Fruits Graine

Écorce Rhizome Bulbe Feuilles

Plante entière Autres combinaisons

 Forme d’emploi : Tisane Poudre Huiles essentielles

Huiles grasses Extrait (teinture, solution, gélule)

 Mode de préparation : Infusion Décoction Cataplasme

Cru Cuit Autres

 Dose utilisée : Pincée poignée Cuillerée

 Dose précise : Quantité en g / verre : .................. Quantité en g/ litre : .................... Autres : ..................

 Mode d’administration : Oral Massage Rinçage Badigeonnage Autres

 Posologie : nombre de prise par jour :

208
Pour les enfants : 1fois/jour 2fois/jour 3fois/jour Autres

Pour les Adultes : 1fois/jour 2fois/jour 3fois/jour Autres

Pour les personnes âgées : 1fois/jour 2fois/jour 3fois/jour Autres

 Durée d’utilisation (durée de traitement) :


Un jour Une semaine Un mois Jusqu’à la guérison

 Méthode de conservation :
A l’abri de la lumière Exposé à la lumière Autres

 Date de Péremption :………………………………………………………………………………………………………………….……

Utilisation :

Type de maladie :

 Affections dermatologiques

 Affections des tubes digestifs

 Affections respiratoires

 Affections des glandes

 Affections cardio-vasculaires

 Annexes du tube digestif

 Affections génito-urinaires

 Affections neurologiques

 Affections ostéo-articulaires

 Affections métaboliques

 Diagnostic Par :
Lui-même Le médecin L’herboriste Autres

 Résultats :
Guérison Amélioration Inefficace

 Effet secondaires : ..................................................................................................................................................................

 Toxicité : ......................................................................................................................................................................................

 Précaution d’emploi : ..........................................................................................................................................................

209
Annexe B : Tableau de la répartition des points d’enquêtes au niveau de la région d’étude
N de strates (Sn) Noms des strates Natures des strates Nombre d’enquêtes/strates
Strate 1 Al Hoceima Urbain 40
Strate 2 Ajdir Rural 35
Strate 3 Izefzafen Rural 30
Strate 4 Bni Hadifa Rural 30
Strate 5 Targuist Rural 40
Strate 6 Tizi n Tchin Rural 30
Strate 7 Issaguen Rural 34
Strate 8 Bab Berred Rural 35
Strate 9 Cherrafate Rural 30
Strate 10 Bab Taza Rural 30
Strate 11 Derdara Rural 29
Strate 12 Chefchaouen Urbain 40
Strate 13 Akchour Rural 35
Strate 14 Fifi Rural 30
Strate 15 Tétouan Urbain 40
Strate 16 Bni Karrich Rural 40
Strate 17 Mallalyène Rural 35
Strate 18 Zinat Rural 36
Strate 19 Martil Urbain 40
Strate 20 Md’q Rural 40
Strate 21 Fnideq Rural 40
Strate 22 Belyounich Rural 35
Strate 23 Melloussa Rural 39
Strate 24 Ksar Esghir Rural 34
Strate 25 Bni Ouassin Rural 36
Strate 26 Tanger Urbain 40
Strate 27 Al Bahraouiyne Rural 39
Strate 28 Jouamaa Rural 38
Echantillonnage 28 Strates Urbain/Rural 1000

210
Annexe C : Résultats de fiche questionnaire

Tranches d’âge Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


≤ 20 ans 4 6 5 7 22
20-40 45 63 56 50 214
40-60 102 120 113 141 476
≥ 60 ans 74 65 80 87 306

Profession Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Sans 62 41 41 66 219
Coiffeur 1 4 3 3 11
Maçon 6 7 9 11 33
Menuisier 3 2 2 2 9
Chouaffa 1 2 4 8 15
Achab 16 6 15 16 53
Attar 0 0 0 0 0
Chauffeur 8 9 11 5 33
Professeur 4 4 5 7 20
Médecin 1 1 0 0 2
Infirmier 2 2 0 0 4
Paysan 34 51 57 21 163
Journaliste 1 0 1 1 3
Ecrivain 2 0 0 0 2
Épicerie 0 0 1 0 1
Etudiant 11 8 3 8 30
Pharmacien 0 1 6 2 9
Berger 4 9 8 3 24
Chanteur 0 1 1 0 2
Jardinier 0 0 3 0 3
Retraité 9 13 15 21 58
Immigrer 3 4 3 7 17
Fquih 13 8 10 7 38
Commerçant 15 10 10 23 58
Moqadem 1 2 2 1 6
Electricien 3 2 1 1 7
Cordonnier 3 0 1 0 4
Ouvrier 11 15 13 13 52
Dentiste 1 0 1 0 2
Femme de Ménage 0 0 1 0 1
Tayeur 0 1 2 3 6

211
Joueur 0 1 1 0 2
Policier 2 2 1 0 5
Mécanicien 5 4 3 2 14
Entrepreneur 2 6 4 10 22
Plombier 0 0 1 2 3
Boucherie 2 1 1 1 5
Soldat 4 2 1 0 7
Hôtelier 3 2 1 2 8
Guide Touristique 0 1 1 0 2
Pécheur 0 0 1 4 5
Photographier 0 0 0 1 1
Boulangerie 8 4 0 6 18
Avocat 0 1 0 4 5
Notaire 0 2 0 3 5
Garçon 1 3 0 5 9
Bijoutier 1 0 0 3 4

Sexe Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Masculin 121 106 127 119 473
Féminin 133 108 140 146 527

Situation familiale Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Célibataire 28 06 04 02 40
Divorcé 40 22 20 26 108
Veuf 25 20 24 23 92
Marié 148 178 216 218 760

Niveau académique Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Néant 196 173 179 143 691
Primaire 34 44 65 87 230
Secondaire 16 23 07 21 67
Universitaire 01 06 02 03 12

Localité Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Nomade 27 1 2 1 23
Douar 91 156 153 97 497
Village 82 38 64 45 229
Ville 58 34 43 127 251

212
Revenu/mois Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total
Chômeur 56 146 101 113 416
250 - 1500 DH 75 121 86 104 386
1500 - 5000 29 57 43 41 170
≥ 5000 9 5 8 6 28

Lorsque vous sentez malade, vous Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total
vous adressez :
A la médecine traditionnelle 86 43 111 49 289
A la médecine moderne 55 52 41 49 186
A la médecine traditionnelle et à la 98 134 120 173 525
médecine moderne

Pourquoi la médecine traditionnelle Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


MT Efficace 63 78 117 98 356
MT Moins chère 131 79 65 80 355
Acquisition 4 19 43 40 183
MT Médicament inefficace 41 53 37 53 106

Type de la plante Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Sauvage 146 146 159 139 590
Cultivée 77 68 94 123 361
Introduite 16 15 9 9 49

Usage la plante Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Thérapeutique 239 229 262 271 1000
Cosmétique 0 0 0 0 0
Autres 0 0 0 0 0

Technique de la récolte Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Manuel 230 229 255 246 960
Mécanique 9 0 7 25 40

Moment de la récolte Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Eté 27 25 37 28 116
Automne 11 13 24 6 54
Hiver 2 2 6 6 16

213
Printemps 29 23 36 38 126
Toute année 170 166 159 193 688

Plante seule/association possible Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Plante seule 183 194 216 218 810
Association de plantes 56 35 46 53 190

Etat de la plante Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Fraîche 104 132 175 131 542
Desséché 124 86 70 130 410
Après Traitement 11 11 17 10 48

Parties utilisées Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Fruits 8 7 21 15 51
Tige 4 2 5 3 13
Fleurs 5 18 21 17 61
Graine 23 24 36 27 110
Rhizome 14 2 12 3 30
Autres combinaisons 6 7 10 12 35
Racines 11 11 11 18 50
Ecorce 10 5 7 7 29
Feuilles 118 109 112 141 480
Plante entière 23 20 20 27 90
Bulbe 14 27 6 2 49

Forme d’emploi Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Tisane 104 128 86 143 461
Poudre 97 73 109 80 358
Huiles essentielles 15 21 35 25 96
Huiles grasses 3 3 6 6 18
Extrait (teinture, solution, gélule) 20 4 26 17 67

Mode de préparation Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Décoction 90 92 84 103 369
Infusion 82 86 56 91 315
Cataplasme 25 18 62 22 126
Cru 14 12 14 29 69
Cuit 15 17 35 19 86
Autres 13 4 11 7 35

214
Dose utilisée Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total
Pincée 88 80 67 96 331
Poignée 38 37 59 65 201
Cuillerée 113 109 136 110 468

Mode d’administration Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Oral 193 191 165 241 780
Massage 17 16 32 24 76
Badigeonnage 13 11 33 22 69
Rinçage 4 4 6 2 16
Autres 14 7 26 12 59

Posologie pour les enfants Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


1 fois / jour 172 199 192 207 770
2 fois / jour 25 6 24 9 64
3 fois / jour 39 23 44 53 158
Autres 2 1 3 2 8

Posologie pour les adultes Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


1 fois / jour 161 199 189 201 740
2 fois / jour 34 6 36 9 85
3 fois / jour 42 23 45 59 169
Autres 1 1 2 2 6

Posologie pour les âgées Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


1 fois / jour 160 199 189 203 751
2 fois / jour 32 6 25 10 73
3 fois / jour 43 23 46 56 168
Autres 3 1 2 2 8

Durée d’utilisation Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Un jour 110 76 126 104 415
une semaine 5 5 29 4 43
Un mois 28 3 39 6 76
Jusqu'à la guérison 96 145 68 157 466

215
Méthode de conservation Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total
A l'abri de la lumière 200 152 95 120 567
Exposé à la lumière 16 18 38 30 102
Autres 23 59 129 120 331

Type de maladie Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Affections dermatologiques 24 16 38 25 90
Affections cardio-vasculaire 14 15 29 40 98
Affections Ostéo-articulaire 6 8 15 19 48
Affections des tubes digestifs 66 72 65 69 272
Affections neurologiques 21 21 29 27 98
Affections respiratoires 41 51 35 26 142
Affections génito-urinaires 28 13 24 22 87
Affections métaboliques 29 20 21 24 94
Affections des glandes annexes du TD 14 13 6 38 71

Diagnostic par Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Lui-même 129 103 115 112 459
Le médecin 28 48 72 80 228
L'herboriste 39 26 56 8 129
Autres 29 57 24 74 184

Origine de l’information Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Lecture 26 26 45 50 147
Achab 59 51 52 52 214
Pharmacien 12 6 8 12 38
Expérience des autres 142 146 157 156 601

Résultats Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Guérison 14Ré6 117 152 138 553
Amélioration 92 109 92 122 415
Inefficace 1 3 17 11 32

Effets secondaires Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Oui 32 44 35 58 169
Non 207 184 226 214 831

Toxicité Al Hoceima Chefchaouen Tétouan Tanger Total


Oui 15 18 44 16 93
Non 224 211 218 254 907

216

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