COMPÉTITIVITÉ
ÉCONOMIQUE DU MAROC
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET
HYDRAULIQUE
APPORTS ET PRINCIPES D’UTILISATION DES OUTILS HEC, HEC-HMS ET HEC-RAS,
PLATEFORME D’INTEGRATION WMS ET OUTIL RIBASIM
FASCICULE 3 : MODELISATION EN HYDRAULIQUE DES ECOULEMENTS A SURFACE LIBRE –
ECOULEMENTS EN REGIME PERMANENT
DATE : JUIN 2013 MEC DOCUMENT 139fr
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pour le développement international (USAID).
COMPÉTITIVITÉ
ÉCONOMIQUE DU MAROC
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION
HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE
APPORTS ET PRINCIPES D’UTILISATION DES OUTILS HEC, HEC-HMS
ET HEC-RAS, PLATEFORME D’INTEGRATION WMS ET OUTIL RIBASIM
FASCICULE 3 : MODELISATION EN HYDRAULIQUE DES
ECOULEMENTS A SURFACE LIBRE –ECOULEMENTS EN REGIME
PERMANENT
Soumis à USAID/Maroc, Bureau de croissance économique ‐ Objectif d'aide n° 3 : Réduction des barrières au
commerce et à l'investissement
Par DAI
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TABLE DES MATIERES
Préambule : ................................................................................................................................................................ 1
Ecoulements en régime permanent ............................................................................................. 1
1. Introduction : Les différents régimes d’écoulement à surface libre ......................................................... 1
2. Ecoulements uniformes ...................................................................................................................................... 2
3. Formules de l’écoulement uniforme ................................................................................................................ 3
4. Ecoulements graduellement variés ................................................................................................................... 7
5. Caractéristiques et classification des E.G.V. ............................................................................................... 12
6. Simulation numérique des E.G.V.................................................................................................................... 14
7. Courbes de remous en cours d’eau naturel ................................................................................................ 18
8. Ressaut hydraulique .......................................................................................................................................... 19
9. Etude de quelques exemples numériques ................................................................................................... 24
10. Références bibliographiques .......................................................................................................................... 25
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE i
TABLE DES ILLUSTRATIONS
Figure 1 : Ecoulement uniforme ...................................................................................................................................... 2
Figure 2 : Energie Spécifique Q Constant ..................................................................................................................... 3
Figure 3 : Courbe de Débit Hs Constant ..................................................................................................................... 4
Figure 4. : Définitions canal type...................................................................................................................................... 4
Figure 5. : Classification des Régimes d’écoulement ................................................................................................... 5
Figure 6. : Canal rectangulaire .......................................................................................................................................... 5
Figure 7. : Schéma de calcul (Energie) ............................................................................................................................ 7
Figure 8. : Schéma de calcul (Quantité de mouvement) ............................................................................................ 8
Figure 9. : Nature d’écoulements (GV, RV,etc.) ......................................................................................................... 13
Figure 10. : Exemples d’Ecoulements ........................................................................................................................... 14
Figure 11. : Ressaut Hydraulique ................................................................................................................................... 19
Figure 12. : Ressaut hydraulique (calcul) ...................................................................................................................... 20
Figure 13. : Ressaut hydraulique (y1, y2) ....................................................................................................................... 21
Figure 14. : Classification des Régimes d’écoulement .............................................................................................. 22
Figure 15. : Longueur et Position du Ressaut ............................................................................................................. 22
ii COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
PREAMBULE
ECOULEMENTS EN RÉGIME PERMANENT
1. Introduction : Les différents régimes d’écoulement à surface libre
Les écoulements à surface libre comprennent tous les écoulements qui ne sont pas en charge. Cela
englobe toutes les eaux de surface en zones urbaines et rurales, les cours d’eau naturels allant des très
petits ruisseaux aux cours d’eau de premier ordre (fleuves et rivières), ainsi que tous les écoulements en
conduites fermées non pleines (réseaux d’assainissement, tunnels, conduites, etc.).
Les régimes des écoulements à surface libre sont classés selon la variation des caractéristiques
hydrauliques, telles que la vitesse et le tirant d’eau, ainsi que dans le temps et dans l’espace. Par rapport
aux variations dans le temps on distingue les régimes permanents et non permanents). Par rapport aux
variations dans l’espace, on distingue les régimes uniformes et non uniformes ou variés.
D’autres classifications tiennent compte des rapports des forces influençant les écoulements. En
particulier, le rapport des forces d’inertie et de turbulence aux forces de viscosité est représenté par le
Nombre de Reynolds. Suivant la valeur de ce nombre, le régime est laminaire, turbulent ou transitoire. Le
rapport des forces d’inertie aux forces de la pesanteur est représenté par Nombre de Froude, qui
permet la distinction entre les régimes fluvial, critique et torrentiel.
Dans un canal dont la pente, la section, la rugosité et le débit sont constants, c'est toujours le régime
uniforme qui finit par s'établir ; d'où l'intérêt de l'étude de celui-ci. Les pertes par frottement dans ce
régime sont entièrement compensées par la pente du fond. La présence d'une singularité dans la section
(rétrécissement, élargissement, discontinuité du seuil...) provoque non seulement une perte localisée
d'énergie, comme dans les écoulements en charge, mais aussi une modification de la surface libre.
Le régime est alors différent du régime uniforme qu'on appelle : Régime varié
On peut diviser les écoulements variés en 2 groupes :
Les écoulements graduellement variés, dont les caractéristiques hydrauliques et
géométriques ne changent que très lentement d'une section à l'autre ;
Les écoulements rapidement variés où l'on constate une évolution rapide, parfois
discontinue des caractéristiques du mouvement.
Il ne faut pas confondre écoulement varié et écoulement non permanent :
Le régime varié est un régime permanent qui n'est plus uniforme, c'est-à-dire les
caractéristiques de l'écoulement varient d'une section à l'autre.
Le régime non permanent (ou transitoire) est un régime dans lequel les caractéristiques du
mouvement dans une section donnée sont fonction du temps.
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 1
On traitera d’abord le régime permanent dans les canaux et rivières naturelles. Les canaux prismatiques
jouent un rôle très important dans la pratique, notamment dans les systèmes d'irrigation, les canaux
artificiels et dans les systèmes d'égouts, et...
Notons par ailleurs que l'étude des écoulements à surface libre est beaucoup plus difficile que celle des
conduites sous-pression, en effet, la ligne piézométrique qui n'est autre que la surface libre qui est même
inconnue.
Pour les systèmes naturels, la section d'écoulement est variable, ainsi que la rugosité.
Comme on le verra plus loin, la surface libre s'obtient par intégration d’une équation différentielle dy/dx
= f (x, y), laquelle nécessite un outil numérique informatique assez rapide à cause de la complexité du
second membre non linéaire de l'équation différentielle.
2. Ecoulements uniformes
2.1. Définitions
Un écoulement est dit uniforme lorsqu'en tout point les caractéristiques géométriques et hydrauliques
de la section restent constantes (fig. II.1).
L.E Pente
L.P Pente
y
Pente
Figure 1 : Ecoulement uniforme
L.E : Ligne d'énergie
L.P : Surface libre = ligne piézométrique
NOTATIONS ET UNITES
A : Section d'écoulement (m2)
y : Profondeur d'écoulement (m)
V : Vitesse d'écoulement (m/s)
P : Périmètre mouillé (m)
RH : Rayon hydraulique RH = A/P (m)
2 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Q : Débit (m3/s)
S0 : Pente du fond du lit
Sf : Pente de frottement (définie plus tard)
SW : Pente piézométrique
: pente du fond du lit de la rivière
y A v
Ecoulement uniforme : 0
x x x
S0 S f S w
3. Formules de l’écoulement uniforme
a. Charge spécifique :
En régime uniforme, les pertes de charge sont exactement compensées par la pente du canal.
On définit la charge spécifique, (ou énergie spécifique) de l'écoulement par rapport au fond du canal par :
v2
E y
2g
α : facteur de correction d'énergie cinétique tenant compte de la non uniformité du profil des vitesses.
b. Ecoulement subcritique, critique et supercritique :
Figure 2 : Energie Spécifique Q Constant
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 3
Figure 3 : Courbe de Débit Hs Constant
Le minimum d'énergie spécifique se présente à la profondeur hydraulique critique.
Analytiquement :
La profondeur critique, notée yc s'obtient en écrivant :
v2
Fr 2 1
gD
où D est la profondeur hydraulique :
Figure 4. : Définitions canal type
A
d
B
B : largeur du miroir.
A : section d'écoulement
La portion AC représente l'écoulement supercritique
La portion AB représente l'écoulement subcritique
La figure 5 illustre les quatre régimes d’écoulement pour des canaux rectangulaires très larges d’après les
expériences de Robertson et Rouse.
4 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Figure 5. : Classification des Régimes d’écoulement
Canal rectangulaire
b : largeur du calcul
Posons
Figure 6. : Canal rectangulaire
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 5
;
d'où
Canal non rectangulaire
Pour les canaux non rectangulaires, et pour un débit et une forme du canal donnés, la profondeur
critique peut être obtenue par approximations successives de l'équation :
3.1. Equation de Manning
L'équation de Manning s'écrit :
où n est le coefficient de rugosité représentant le frottement de Manning
So : pente du canal
Pour une forme donnée du canal, un débit Q, une pente So et un coefficient de Manning donnés,
l'équation permet de calculer soit explicitement, soit par approximations successives, la profondeur
normale yn de l'écoulement.
On traitera dans un paragraphe ultérieur, quelques méthodes numériques de résolution d'une telle
équation après l'avoir écrite sous la forme f(y) = 0.
3.2. Formule de Chezy
Le modèle mathématique le plus simple est celui de Chezy.
A : section mouillée
C : Coefficient de Chézy
R : Rayon hydraulique
: Pente de frottement
6 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
4. Ecoulements graduellement variés
4.1. Définition
Un écoulement graduellement varié (E.G.V) est un écoulement dans lequel la section d'écoulement, la
surface libre et la vitesse varient de manière progressive suivant la dimension longitudinale.
Les hypothèses de base admises pour le développement sont :
la pente du canal varie lentement,
la profondeur y de l'écoulement varie lentement,
la section de l'écoulement varie lentement,
la pression a une distribution hydrostatique,
l'écoulement est unidimensionnel,
l'équation de Manning du régime uniforme est valable en E.G.V en remplaçant So par Sf.,
le coefficient de Manning n est constant et ne dépend pas de la profondeur.
4.2. Equation générale de la courbe de remous
Les écoulements graduellement variés se produisent parfois sur des distances importantes et conduisent
aux formes de la surface libre appelées : courbes de remous ou axes hydrauliques.
Les équations fondamentales pour l'étude de ces écoulements sont : équation de continuité, équation de
conservation de la quantité de mouvement, et le théorème de Bernoulli associé aux équations de pertes
d'énergie.
Considérons dans un canal, 2 sections d'abscisses x et x + dx comme le montre la figure ci-dessous.
L .E
L .P
y
dy
y dx
Pente : S0 dx
dx
x + dx
Figure 7. : Schéma de calcul (Energie)
L.E : Ligne d’énergie
L.P : Surface libre
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 7
x
y A
dx
Figure 8. : Schéma de calcul (Quantité de mouvement)
Forces de pression : Fp
où zG est la profondeur du centre de gravité du volume de contrôle, compté à partir de la surface libre.
On peut maintenant écrire la conservation de la quantité du mouvement comme suit :
En négligeant les termes de second ordre :
8 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Or
D’où
Où
Telle est l'équation différentielle qui gouverne le calcul de la courbe de remous dans un canal de forme
quelconque avec des apports latéraux.
Notations
: densité de l'eau So : pente du lit
y : profondeur de l'eau Sf : pente de la L.E
A : section d'écoulement
B : largeur du miroir
Q : débit
V : vitesse
Conservation de la quantité de mouvement
à la section x, la quantité de mouvement vaut QV
à la section x + dx, la quantité de mouvement vaut (Q + d Q) (V + d V)
Variation de la quantité de mouvement =
(Q + d Q) (V + d V) - QV = [Q d V + (V + d V) d Q]
Force de gravité parallèle au lit :
Forces de frottement : Ff
Compte tenu des hypothèses faites au § III.2, on admet que dans un tronçon assez court du canal, la
valeur de Sf est égale à celle qui correspondrait à un régime uniforme où le même débit s'écoulerait
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 9
sous le tirant d'eau de la section moyenne du tronçon.
Cas d’un canal avec pertes latérales
L'énergie totale dans une section est :
z : côte du radier
Or
d'où :
En définitive, on a
avec
4.3. Quelques cas particuliers
(i) Canal prismatique avec échanges latéraux
(ii) Canal quelconque sans échanges latéraux
10 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
(iii) Canal prismatique sans échanges latéraux
4.4. Remarque : Méthode énergétique
Cette dernière équation peut être obtenue directement par application de la conservation d'énergie.
En effet : entre 2 stations x et x + dx, l'équation de Bernoulli s'écrit :
=
d'où
or
d'autre part Q = Av = cte(continuité)
Substituant dans :
d'où
Cette équation, bien que restrictive, est très utilisée dans la pratique où en général on traite les
écoulements graduellement variés dans les canaux prismatiques (∂A/∂x = 0) sans apports latéraux, ni
pertes latérales.
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 11
Par souci de simplicité et sans restreindre la généralité, cette équation fera l'objet d'une étude détaillée
quant aux méthodes de résolution.
Calcul de Sf :
Dans les hypothèses admises, on a supposé que la formule de Manning est valable en régime
graduellement varié en remplaçant So par Sf
Il vient
d'où
et l'équation devient après substitution :
5. Caractéristiques et classification des E.G.V.
L'équation ci-dessus apparaît comme le rapport de 2 quantités :
Etude qualitative :
Le signe de dy/dx dépend de celui de F1 et F2.
Examinons les quantités F1 et F2 dans le cas d'un canal rectangulaire large :
Interprétation et classification :
Dans l'équation ci-dessus, il est clair que le signe de dy/dx dépend de la position relative de la
profondeur actuelle y par rapport à celle de la profondeur normale et de la profondeur critique, ainsi
que du signe de So .
Par conséquent, il est tout à fait naturel que la nature de la pente et la position de y par rapport à yn et
yc soient des facteurs déterminants pour la classification des E.G.V.
Ainsi les courbes de remous (axes hydrauliques) sont classifiées de cette manière par une lettre et un
nombre :
la lettre se réfère à la nature de la pente du fond.
le nombre se réfère à la position de y par rapport yn et yc .
La pente du fond peut être du type suivant :
12 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Lettre Nature de la pente Région
M Pente douce (Mild) yn > yc
C Pente critique (Critical) yn = yc
S Pente raide (Steep) yn < yc
H Horizontale (Horizontal) So = 0
A Défavorable (Adverse) So < 0
le nombre peut être 1 ou 2 ou 3
1 : La surface libre est au-dessus de la profondeur yn et yc
2 : la surface libre est située entre yn et yc
3 : La surface libre est située au-dessous de yn et yc
On est en présence de 5 catégories de pentes et 3 types de position de la surface libre.
d'où 15 combinaisons possibles (figure 9).
Or, pour un écoulement uniforme, la pente horizontale et défavorable est impossible, ce qui permet
d'éliminer H1 et A1.
D'autre part, pour la pente critique, yn coincide avec yc éliminant ainsi le profil C2.
Il reste donc 12 types de profils de la surface libre comme illustré sur la figure 10.
Ces variations possibles de la surface libre correspondant aux différents types de profils sont résumées
dans le tableau de classification ci-dessous.
Figure 9. : Nature d’écoulements (GV, RV,etc.)
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 13
Quelques exemples d’écoulements sont illustrés dans la figure X :
Figure 10. : Exemples d’Ecoulements
6. Simulation numérique des E.G.V.
6.1. Techniques de résolution
L'équation différentielle ordinaire à résoudre s’écrit :
14 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Où f (x, y) est une fonction qui dépend explicitement de x et y en général.
L'intégration de cette équation est un problème d'équation différentielle ordinaire avec la donnée de
conditions qui traduisent la connaissance de la surface libre à certaines sections spécifiques.
Plusieurs techniques de résolution peuvent être appliquées pour l'intégration de cette équation, parmi
lesquelles on peut citer :
Intégration graphique
Intégration analytique ou directe
Méthodes numériques
Uniquement, les méthodes numériques feront l'objet d'une étude détaillée, en particulier :
Méthodes pas à pas (variable et constant)
Méthodes purement numériques
a. Méthodes purement numériques
A l'exception des zones d'instabilité, on peut utiliser des schémas numériques simples.
a1. Schéma d'Euler
Considérons l'équation différentielle ordinaire
en supposant que f ne varie pas dans
peut être approximé par : en supposant que f ne varie pas
dans
d'où
Ce schéma permet de connaître la solution à la station à partir de celle de la station .
Il utilise donc l'information au début de l'intervalle : le calcul se fait donc de l'amont vers l'aval.
L'erreur d'approximation est appréciable dans le schéma d'Euler ; par conséquent, il n'est pas
recommandé car non précis et instable.
a2. Schéma trapézoïdal
Il utilise l’approximation :
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 15
d'où
Procédure détaillée de résolution
i) Calculer
ii)
iii)
iv) Calculer une nouvelle valeur de en utilisant calculé en (iii).
v) Calculer en utilisant la valeur de
vi) Tester si
Sinon répéter la procédure pour un autre point.
a3. Méthodes des tangentes : (Runge - Kutta)
Runge - Kutta d'ordre 2
Runge - Kutta d'ordre 4
a4. Méthodes pas à pas (procédure utilisée dans HEC 2
La procédure de cette méthode se base sur l'équilibrage de l'équation d'énergie entre deux stations
16 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
successives où les caractéristiques hydrauliques sont connues.
Cette équation, écrite entre 2 stations (1) et (2), est :
: élévation de la station i
: profondeur à la station i
: vitesse à la station i
: perte d'énergie entre 1 et 2
peut être approximée de plusieurs façons à partir de et , en particulier, ceci revient à
estimer la pente de la ligne d'énergie moyenne entre les stations (1) et (2) :
- Moyenne arithmétique
- Moyenne géométrique
- Moyenne harmonique
est donc un estimateur de la pente réelle Sf entre la stations 1 et 2
d'où est la perte d'énergie réelle entre (1) et (2), l'équation d'énergie devient :
Posons
i = 1 ,2
et donc :
Procédure : (suppose que l'on connait les caractéristiques initiales)
i) Se donner et calculer
ii) Estimer et calculer , étant choisi constant ou variable
iii) Calculer
iv) Si (tolérance), répéter la procédure pour le point suivant.
Sinon, se donner une autre valeur de y2 et répéter les étapes i) ii) iii) iv).
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 17
Cette méthode est largement utilisée dans les situations réelles (Canaux non prismatiques, Rivières, ...).
Elle est préférée aux autres méthodes, à cause de la rapidité d'exécution qu'elle offre, en effet, souvent
quelques itérations suffisent pour atteindre la convergence.
Autre méthode :
L'équation d'énergie écrite entre la station (1) et (2) est :
avec
Procédure : Se donner un pas ( x)d
i) Se donner et calculer
ii) Calculer par
iii) Calculer tolérance, répéter la procédure pour le point suivant. Sinon
se donner une autre profondeur et répéter les étapes i), ii) et iii).
7. Courbes de remous en cours d’eau naturel
Les méthodes indiquées précédemment pour déterminer les courbes de remous, supposent que les
sections sont régulières et uniformes et par conséquent ne sont pas applicables aux cours d'eau naturels.
Dans ceux-ci, le calcul de telles courbes doit toujours être effectué en divisant le canal en tronçons
élémentaires.
La division n'est pas arbitraire, au contraire, il faut choisir les tronçons de façon à pouvoir considérer
pour chaque cours d'eau une valeur moyenne de la pente, de la section et du coefficient de rugosité.
On considère que la pente moyenne d'un tronçon est égale à la pente moyenne du fond de ce
tronçon.
On peut admettre que la section moyenne dans un tronçon est la section placée au milieu de
ce tronçon.
Le choix du coefficient de rugosité moyen présente certaines difficultés. On peut le
déterminer à partir de la profondeur du cours d'eau avec laquelle un débit connu s'écoule
dans le tronçon, par application des formules du régime uniforme. Si ces données ne sont pas
connues, on doit fixer le coefficient de rugosité à partir de la connaissance de la nature du lit
en ne perdant jamais de vue que tout ce qui augmente la turbulence augmente les pertes
18 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
d'énergie.
8. Ressaut hydraulique
Le ressaut hydraulique se produit lorsqu'il y a un conflit entre l'amont et l'aval d'un écoulement pour
passer d'un régime supercritique à un régime subcritique.
Figure 11. : Ressaut Hydraulique
Il peut aussi prendre place à l'interface de densité dans un écoulement stratifié accompagné par une
turbulence importante et une dissipation d'énergie.
Dans les écoulements à surface libre, le ressaut hydraulique est utilisé pour:
Dissiper de l'énergie dans les écoulements sous les barrages, les déversoirs et autres structures
hydrauliques.
Maintenir un haut niveau d'eau dans les canaux de distribution.
Mixer des produits chimiques utilisés pour la purification ou traitement d'eau usée, etc...
Equation fondamentale
L'observation du phénomène du ressaut hydraulique justifie les hypothèses suivantes :
Forces de frottement petites à cause de la courte longueur de la discontinuité
Canal horizontal : les pentes des canaux sont assez petites, donc le poids du ressaut
hydraulique est négligé.
Conservation de la quantité de mouvement.
Avec
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 19
.E
L.E
Figure 12. : Ressaut hydraulique (calcul)
Où et
d'où (fonction impulsion)
donc
(équation fondamentale du Ressaut hydraulique)
Cas particulier
Canal rectangulaire
L'équation s'écrit comme suit :
On pose (débit par unité de largeur)
d'où on aura :
Ce qui donne :
20 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Et
Finalement :
plus connue sous le nom de formule de Bélanger
Equation des profondeurs conjuguées
Si F augmente, y augmente de manière parabolique
y1 et y2 sont dites profondeurs conjuguées.
Cette équation donne de bons résultats si la pente de fond est inférieure à 0.05 .
Pour les pentes plus fortes, l'effet de la composante gravitaire du ressaut doit être prise en compte.
Pour un canal rectangulaire la formule des profondeurs conjuguées s'écrit alors :
Figure 13. : Ressaut hydraulique (y1, y2)
y2 1 8F 2 cos 3
1 1 1
y1 2 cos 1 2 tg
est un nombre sans dimension variant avec la pente du canal et représenté par le diagramme ci-après
obtenu sur la base de résultats expérimentaux.
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 21
4
0
0,08 0,16 0,24 0,32
Tg
Figure 14. : Classification des Régimes d’écoulement
Longueur du ressaut hydraulique
Figure 15. : Longueur et Position du Ressaut
Formules empiriques (Canal rectangulaire)
22 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
Shafferman
Smetanaa
Linkwist
Canal trapézoïdal
Hsing et posey
largeur supérieure amont
largeur supérieure aval
Bassin d'amortissement
C'est une structure pour dissiper l'énergie disponible d'écoulement dans un évacuateur de crue, une
vidange de fond, ou une chute dans un canal.
Dans la majorité des structures hydrauliques, un ressaut hydraulique creé dans un bassin
d'amortissement est utilisé comme dissipateur d'énergie.
On se limitera dans ce qui suit à un bassin rectangulaire horizontal, bien que dans la pratique on
rencontre des pentes.
L'U.S BUREAU classifie le Ressaut hydraulique comme un dissipateur d'énergie efficace en fonction du
nombre de Froude F1 à l'entrée du bassin.
Délimitation de F1
- 1 < F1 < 1.7
Onde stationnaire
Légère différence dans les profondeurs conjuguées
- F1 = 1.7
Série de petits rouleaux se développe
- 1.7 < F1 < 2.27
Pré-Ressaut
Le profil est lisse, la vitesse est sensiblement uniforme et la perte de charge petite.
Donc aucun bloc de dissipation n'est exigé si on prend des longueurs appropriées.
- 2.25 < F1 < 4.5
Ressaut de transition
Action oscillatoire du jet, chaque oscillation produit une grande onde de période irrégulière qui traverse
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET HYDRAULIQUE 23
l'aval sur une grande distance (des km) et qui peut endommager les bases en terre. Cette gamme du
nombre de Froude est à éviter dans les bassins d'amortissement tant que celà est possible.
- 1 < F1 < 1.7
Bon ressaut hydraulique.
Bien équilibré.
Son action est la meilleure.
Absorption d'énergie varie de 45 à 70 %.
Les blocs peuvent être utilisés pour réduire la longueur du ressaut.
- F1 > 9
Ressaut hydraulique efficace.
Dissipation d'énergie atteint 85 %.
Les bassins d'amortissement peuvent être économiques.
Remarques :
Les blocs utilisés sont régulièrement espacés.
Les seuils utilisés sont généralement de forme triangulaire.
Les bétons utilisés dans ces structures doivent être d'une grande qualité pour éviter les dégâts d'érosion
et de cavitation.
Aucune irrégularité de surface ne doit être tolérée.
9. Etude de quelques exemples numériques
Cas d’un canal rectangulaire
Données :
Pente du canal : So
Largeur du canal : b
Coefficient de Manning : rc (n)
Débit transité : Q
Equation à résoudre
P (y) = b + 2y
A (y) = b y
24 COMPETITIVITE ECONOMIQUE DU MAROC
So = 0.0004 Q = 10 m3/1
rc = 0.016 b = 3.5 m
Résultats
yn = 2.296 m
yc = 0.94 m
type de profil : M2
Méthodes de résolution
Pas à pas h = 100 m
Runge Kutta d'ordre 4
10. Références bibliographiques
Aspects Hydrologiques, hydrauliques, logiciels
Vieux, B.E., 2004. Distributed Hydrologic Modeling using GIS. Kluwer Academic Publishers, Dordrecht,
The Netherlands.
Davie, T., 2008. Fundamentals of Hydrology, Second edition, Routledge, Taylor & Francis Group, 200p.
Ambroise, B., 1991. Hydrologie des petits bassins versants ruraux en milieu tempéré, processus et
modèles. Séminaire du Conseil Scientifique du département « Science du Sol » de l’Institut National
de Recherches Agronomiques de Dijon, 26-27 mars 1991.
Ambroise, B., 1999. La dynamique du cycle de l’eau dans un bassin versant. Processus, Facteurs,
Modèles. Editions H.G.A., Bucarest.
Hydrologic Engineering Center. 2003. Geospatial Hydrologic Modeling Extension HEC- GeoHMS
User’s Manual Version 1.1. Davis, CA: U.S. Army Corps of Engineers.
Hydrologic Engineering Center. 2006. GageInterp A Program for Creating a Sequence of
HEC-DSS Grids from Time-Series Measurements Version 1.4. Davis, CA: U.S. Army Corps of
Engineers.
Hydrologic Engineering Center. 2006. HEC Data Storage System Visual Utility Engine (DSSVue) User’s
Manual Version 1.2. Davis, CA: U.S. Army Corps of Engineers.
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Sites internet
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