Modélisation hydrologique au Maroc
Modélisation hydrologique au Maroc
ÉCONOMIQUE DU MAROC
CONCEPTS DE BASE DE LA MODELISATION HYDROLOGIQUE ET
HYDRAULIQUE
APPORTS ET PRINCIPES D’UTILISATION DES OUTILS HEC, HEC-HMS ET HEC-RAS,
PLATEFORME D’INTEGRATION WMS ET OUTIL RIBASIM
Ce document a été préparé par DAI pour évaluation par l'Agence des États-Unis
pour le développement international (USAID).
COMPÉTITIVITÉ
ÉCONOMIQUE DU MAROC
Soumis à USAID/Maroc, Bureau de croissance économique ‐ Objectif d'aide n° 3 : Réduction des barrières au
commerce et à l'investissement
Par DAI
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Maroc
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TABLE DES MATIERES
Préambule .................................................................................................................................... 1
1. Concepts de base de la Modélisation et la Simulation ...................................................... 3
1.1. Introduction ...........................................................................................................................................................................3
1.2. Notion de modélisation .......................................................................................................................................................3
1.3. Analyse des systèmes pour la Construction de Modèles ............................................................................................4
1.4. Terminologie ............................................................................................................................................................................4
1.5. Simulation .................................................................................................................................................................................5
1.6. Aspects statistiques utiles ..................................................................................................................................................5
1.6.2. Inférence statistique ...........................................................................................................................................................8
1.7. Calage/Calibrage d’un modèle ............................................................................................................................................9
1.8. Erreur moyenne / Mean Error (ME) .............................................................................................................................. 10
1.9. Erreur absolue moyenne / Mean Absolute Error (MAE) ......................................................................................... 11
1.10. Erreur quadratique moyenne Root Mean Square Error (RMSE) ......................................................................... 11
1.11. Différence percentile Percent Difference (% Diff) .................................................................................................. 11
1.12. Coefficient d’Efficacité Nash-Sutcliffe (NS ou E) ...................................................................................................... 11
1.13. Coefficient de Détermination (r2)................................................................................................................................ 13
1.14. La méthode des moindres carrés / Least-Squares Regression ............................................................................. 14
1.15. Indice d’ajustement/ Index of Agreement (d) ........................................................................................................... 16
1.16. Erreur systématique / Systematic Error (MSEs) et erreur non systématique Unsystematic Error
(MSEu) ........................................................................................................................................................................................... 16
1.17. Analyses de sensibilité et d'incertitude ....................................................................................................................... 16
1.18. Modèle de prédiction ...................................................................................................................................................... 17
1.19. Documentation ................................................................................................................................................................. 17
2. Modélisation en hydrologie ................................................................................................ 19
2.1. Introduction.......................................................................................................................................................................... 19
2.2. Processus hydrologiques de genèse des crues ............................................................................................................ 19
2.3. Facteurs de contrôle des processus de genèse des crues........................................................................................ 22
2.4. Les modèles hydrologiques............................................................................................................................................... 23
2.5. Classification des modèles hydrologiques ..................................................................................................................... 24
2.6. Conclusion ............................................................................................................................................................................ 27
3. Références bibliographiques ...............................................................................................29
Cette méthode de déconstruction d'un problème est parfois utilisée dans le domaine
de l'hydrologie et de l'hydraulique. Dans une étude hydrologique, un bassin versant est délimité et
analysé afin de déterminer l'hydrogramme de sortie qui sera produit sous des conditions
météorologiques spécifiques.
i)La modélisation hydrologique
La modélisation hydrologique est l'utilisation des mathématiques pour représenter l'écoulement de
l'eau dans un bassin versant. Le bassin reçoit généralement de l'eau sous forme de précipitations. Une
bonne partie de l'eau se déplace à travers le bassin versant via un réseau de cours d'eau et sort à un
exutoire. L'eau peut également être accumulée dans les zones de stockage dans le bassin versant. La
modélisation d'un système hydrologique peut être utile pour simuler ces différents processus
précipitations-ruissellement (pluie-débit) dans un bassin versant. Les données peuvent être collectées
et utilisées comme des éléments importants pour un modèle, tels que les précipitations et les
données de jaugeage des cours d'eau. Ces données d'entrée sont combinées avec les processus
hydrologiques différents, y compris des méthodes de routage, de perte et de méthodes de
transformation. Ces modèles produisent une estimation du volume et du débit d'écoulement à
différents éléments du bassin versant.
ii) Le laminage hydrologique (Flood Routing)
Le laminage hydrologique (Flood Routing) est souvent utilisé pour étudier la propagation du débit
dans un cours d'eau.
Le laminage hydrologique est une méthode mathématique pour prédire le changement de la taille et
de la vitesse d'une onde de crue qui se propage le long des rivières ou à travers des réservoirs. C'est
utile pour comprendre l'ensemble du mouvement de l'eau à partir de la pluie pour créer le
ruissellement. Le laminage est essentiellement utilisé pour déterminer la vitesse d'écoulement
instationnaire, le long d'un cours d'eau. Dans la plupart des cas, Le laminage hydrologique est utilisé
pour les bassins et les réservoirs de stockage. Essentiellement, l'équation de continuité est appliquée
pour indiquer un stockage entre l'amont et les conditions en aval. Différentes méthodes ont été
développées. En fonction de la méthode de calcul utilisée soit pour le laminage réservoir ou canal, la
procédure de laminage peut être modifiée. La méthode de Muskingum est la plus couramment
Quand les erreurs sur le processus existent, la prise de décision devient plus délicate.
Dans ce chapitre, on introduit des notions de modélisation et de simulation de système ainsi que la
terminologie associée en mettant plus l'accent sur l'aspect analyse des données.
On distingue:
‐ Les modèles physiques ou iconiques qui représentent des modèles réduits de prototypes.
‐ Les modèles analogiques qui exploitent l'analogie entre des lois de divers phénomènes.
‐ Les modèles conceptuels ou symboliques basés sur les équations régissant les phénomènes
en jeu.
Dans ce qui suit, on s'intéressera aux modèles symboliques essentiellement. Evidemment, même s'il
existe des lois de comportement du système, il se peut que certaines facettes ne soient pas du tout
comprises ou formulées, introduisant ainsi un certain degré d'incertitude
Un modèle mathématique est une expression ou une formulation quantitative d'un processus ou d'un
phénomène que l'on essaie d'observer, analyser ou prédire. Comme aucun processus ne peut
réellement être complètement observé, toute formulation va impliquer un certain degré de
La vérification du modèle dépend des données disponibles et de leur fiabilité ainsi que des ressources
disponibles pour la réalisation des essais.
Le processus de modélisation est heuristique et itératif: si le modèle initialement pris ne satisfait pas
les objectifs fixés, il est révisé, d'autres essais sont effectués jusqu'a la satisfaction des objectifs.
1.4. TERMINOLOGIE
Une variable n'a pas de valeur fixe tandis qu'un paramètre a une valeur constante, fonction des
circonstances de son application.
Un système linéaire est régi par un système d'équations linéaires (des équations algébriques ou
différentielles, ou des équations aux dérivées partielles). C'est un cas très important, car le principe
de superposition des effets peut être utilisé. Un système est dit non-linéaire s'il n'est pas linéaire.
L'état d'un système est défini par les valeurs des variables du système à un certain temps.
Un système invariant du temps est un système pour lequel la relation Entrée-Sortie ne dépend pas du
temps auquel l'entrée est appliquée au système.
Une variable ou un système global est un système pour lequel les variations spatiales n'existent pas
ou peuvent être négligées.
Un système est dit stochastique si pour une entrée donnée, il existe une certaine probabilité associée
à l'entrée (on parle aussi de probabiliste). Par contre, un système déterministe n'est pas probabiliste;
pour une entrée donnée, on peut prédire complètement les résultats de sortie.
Un modèle boite noire relie l'entrée à la sortie par une fonction arbitraire et donc n'a pas de
signification physique. Un modèle conceptuel est par contre basé sur les équations régissant les
phénomènes en jeu.
Un processus peut être continu ou discret. Une variable discrète peut prendre des valeurs distinctes
dans un intervalle.
1.5. SIMULATION
La simulation est un moyen pour observer le comportement d'un système sous diverses conditions
de charge. Aucune solution dans le sens mathématique n'est cherchée. L'objectif est de comprendre
les relations entre les composantes du système et de trouver les moyens de la meilleure réalisation.
La simulation ne donne pas la solution optimale directement, il est nécessaire d'itérer le processus
pour atteindre l'optimum. Elle se résume en une analyse de scénarios, le modèle étant testé, calibré
et opérationnel.
- la modélisation:
Statistiques uni-variées :
La moyenne
Pour n individus et une variable x
Moyenne x
x i
n
d’où
x n x
i (qui sera utilisé pour le calcul de V(x))
et donc
x x 0
i
La classe modale
Remarque :
Dans le cas de distribution symétriques, médiane et moyenne sont identiques. Dans le cas de
distribution dissymétriques, elles sont fréquemment différentes (mais pas obligatoirement).
- Ecart à la moyenne ou dispersion : étendue, quantiles, variance, écart type:
Comme pour le comportement type, plusieurs notions de même nature mais différentes sont
utilisées.
Etendue
Quantiles : déciles et quartiles
Elimination des valeurs extrêmes (non représentativité, présomption d’aberration, autre raison) :
premier/dernier décile ou premier/dernier quartile. Plus représentatif que l’étendue.
- Variance et Ecart type
Sigma carré x = Var(x) = cov (x,x) = E(x- x )
Remarques:
Moyenne et écart type ont les mêmes unités que les variables: il est difficile de comparer
lorsque l’on a plusieurs types de paramètres avec des unités différentes.
Coefficient de variation (normalisation des variables pour faciliter la comparaison)
x i
X i 1
n
La moyenne µ est approximée alors par son estimation µ X de même, l'estimation de la variance
2 = Var (x) peut être déduite à partir de S2 :
1 n
S2 x i x 2
n - 1 i 1
σ 2 S2
L'estimation par intervalle procède par l'estimation d'un intervalle qui va contenir le paramètre avec
un certain niveau de probabilité (ou de confiance).
Cependant, ces questions de qualité sont délicates à quantifier avec un critère mathématique,
et diverses méthodes sont utilisées.
Le calibrage à des événements connus ou d’ensembles connus de mesures est une partie
essentielle d'un modèle crédible. La calibration du modèle peut être considérée comme un
processus d'ajustement des paramètres d'entrée pour obtenir des valeurs simulées
suffisamment proches des valeurs observées. Un modèle devrait toujours être calibré si
possible, surtout si le modèle est destine à l’aide à la prise de décision opérationnelle et de
gestion.
Un élément clé d'un plan de modélisation est l'identification des critères de performance
pour permettre une quantification de la certitude du modèle. Un autre élément essentiel du
processus de calibrage du modèle est la sélection des périodes de calibrage et des objectifs
Par conséquent, les données extraites de différentes sources devraient subir un processus de
QR qui permettrait d'identifier et de signaler tout enregistrement indésirable ou douteux de
données. Il est impératif que le plan de la modélisation doit être préparé et inclure un
consensus de développement de ces éléments pour que le projet puisse être achevé dans les
délais et avec le coût estimatif.
Le calibrage d’un modèle est un art et une science qui dépendent dans une large mesure des
modélisateurs eux-mêmes. Un niveau d'acceptabilité doit être basé sur un ou une
combinaison des facteurs globaux suivants:
Bonnes pratiques
Mandats juridiques
Exigences des clients / sponsors
Ressources disponibles
Le processus de calibrage peut être classé comme étant soit «dur» ou «mou». Pour
le calibrage soit dur ou mou, il est essentiel d'établir les objectifs cibles de calibrage ou des
critères utilisant des méthodes statistiques ou des métriques (indicateurs) pour évaluer le
succès de calibrage. Une partie des métriques (indicateurs) couramment utilisées sont
donnés ci-dessous.
La ME est utilisée pour décrire le biais dans le modèle, mais généralement ne fournit pas
suffisamment de valeur diagnostique pour justifier l'inclusion en tant que mesure de performance
pour le modèle
La ME peut donner une indication pour savoir si un emplacement a tendance à être plus ou
sous estimation des valeurs. Cependant, il existe un potentiel pour une différence positive et négative
pour annuler l'une ou l’autre.
Certains hydrologues considèrent que la MAE peut être la statistique la plus utile car elle
fournit une mesure exacte de la différence moyenne entre les valeurs observées et simulées. MAE est
un indicateur de la façon dont un modèle simule étroitement les données mesurées. Une petite
valeur de la MAE indique que le modèle simule bien les données mesurées. La MAE fournit de
meilleures mesures de la performance du modèle. Le MAE est moins sensible aux valeurs extrêmes.
La MAE donne une estimation de l'erreur du modèle, mais ne fournit pas d'informations sur la nature
ou le type de différences entre les modèles).
Une RMSE proche de zéro indique une correspondance étroite entre les valeurs observées
et simulées.
La RMSE et MAE sont des mesures similaires et permettent de fournir de meilleures mesures
de la performance du modèle. La RMSE, comme la MAE, donne une estimation de l'erreur du
modèle, mais ne fournit pas d'informations sur la nature ou le type des différences entre les modèles.
Le calage se fait « pas à pas », et consiste à faire varier les paramètres l’un après l’autre, de
sorte que chaque modification de paramètre permette d’augmenter la valeur du Nash sur la période
de calage. Lorsqu’on ne peut plus accroître le critère de Nash, on dit que le modèle est calé. Le jeu
de paramètres correspondant à cette valeur du Nash correspond aux paramètres caractéristiques du
bassin versant ; ils sont censés intégrer, de façon généralement implicite, les caractéristiques
physiques et les singularités du bassin versant lui conférant le type de comportement hydrologique
représenté par la série de données dont on dispose.
Une fois le modèle calé sur une période donnée, dite période de calage, on peut procéder à
une étape de contrôle (ou validation), qui consiste à évaluer les performances du modèle (avec les
paramètres trouvés lors du calage) sur une autre période. On obtient alors le critère de Nash en
contrôle.
Ce critère appelé aussi coefficient d'efficacité de Nash-Sutcliffe peut être utilisé pour évaluer
la puissance prédictive d'un modèle. La formule est:
1
t N
la moyenne, égale t 1
Q (t)
N
Pour estimer les performances de cette modélisation, nous nous appuierons sur les critères
suivants :
1
Q ( t ) Q obs ( t )
tN
t 1 sim
BIAIS 100 N
Q obs
La valeur optimale est 0. Une valeur positive (négative) indique que les débits ont tendance à être sur
1
Q ( t ) Q obs ( t )
tN 2
t 1 sim
NS 1 N
Q
tN 2
t 1 obs ( t ) Q obs ( t )
ρ=
1 Qobs (t) Qobs Qsim (t) Qsim
N σQ σQ
obs sim
Des valeurs de la pente de la droite proches de 1 indiquent un meilleur ajustement entre les valeurs
observées et calculées.
L’estimation des paramètres n’est pas suffisante et il impératif de faire des références sur l’adéquation
du modèle et l’étude de fiabilité des paramètres estimés et leur interaction.
Pour simplifier l’illustration ; soit un jeu de données comprenant une variable indépendante x et une
variable dépendante y. Comment identifier un type de relation entre elles ?
Si on aboutit à une forme linéaire après l’application d’une transformation appropriée, on peut
estimer les paramètres du modèle non-linéaire à partir du modèle linaire transformé.
Il est à noter toutefois que si les erreurs sur la variable dépendante sont importantes, les estimations
obtenues peuvent être fausses.
Exemple :
Y=y+
Soit le modèle : Y = (non linéaire)
En passant aux logarithmes, on obtient un modèle linéarisé :
Log y = Log a + B Log x
Il est clair que :
Y= +
est différent de :
Log Y = Log + Log x +
Il n’existe pas de méthode standard pour résoudre le problème. Néanmoins, on peut tirer pas mal
d’informations par le tracé de y en fonction de x.
1 X 1 1
α βx α βx
y y y
β 1 x β
yα yα
x x x
x 1 1 1 α
αβx β
y x y y x
ou x - x1
x x - x1 α βx 1
y y - y1
αβx y - y1
β
ou α βx 1 2
α
1 α
β X (x1, y1) est un point de la
y x courbe expérimentale
x
y γ
αβx
y α xβ
ou
X Log y Log y = Log + x Log
y α γ β2x
y 10 α1 β1 x
y α 10 β1 x
Notion de résidu
L’écart entre la valeur estimée et la valeur mesurée est le résidu. Pour éviter que les écarts
positifs et négatifs ne se compensent, on utilise le carré de l’écart.
C’est la variance non expliquée par l’estimation. Cette notion de résidu et assez générale et touche à
de nombreux domaines. Elle permet d’étudier l’origine d’un écart entre les résultats d’un modèle (ou
prédiction) et les données mesurées.
Le système est conservatif, MSE = MPE + MSEu. MSE est égal à (RMSE)2.
Les équations ci-dessus sont utiles en ce que la proportion de MSE qui provient des erreurs
systématiques, probablement contenues dans le modèle, est décrit par (MPE / MSE) et la proportion
non systématique par(MSEu / MSE) ou [1 -(MPE / MSE)]. En outre, ces différences peuvent être
interprétées, dans les unités de P et O, en prenant la racine carrée de MPE et MSEu, c'est-RMSE et
RMSEu, respectivement.
Le calibrage et la vérification permettent de donner la confiance nécessaire pour que le produit final
réponde aux besoins de modélisation.. Une composante essentielle du calibrage et de la vérification
est la documentation. La documentation est essentielle et doit être ajoutée aux rapports finaux.
des programmes écrits spécialement à cet effet. Les résultats de cette étape fournissent des
informations sur la précision requise pour l'entrée, conditions initiales et paramètres. En outre, ceci
Invariablement, lorsque qu’il s’agit de systèmes naturels, les résultats d’un modèle ne sont
qu’estimations inexactes de comportement réel. Une bonne compréhension des l'incertitude dans les
résultats peuvent être tirées à partir d'une compréhension de l'incertitude dans les valeurs estimées
des paramètres du modèle. Souvent, une analyse de sensibilité permet de déterminer si l'incertitude
du modèle est importante dans l'atteinte des objectifs du projet. Dans certains cas, une analyse
d'incertitude plus détaillée peut être justifiée (à l'aide des simulations de Monte-Carlo, surface de
réponse, ou méthodes de sensibilité régionalisées pour définir des intervalles de confiance
statistiques pour les résultats du modèle). En outre, la précision d'un modèle peut être limitée en
raison de la méthode de modélisation utilisée (par exemple, erreur de discrétisation, erreur
numérique). Encore une fois, c'est l'expérience personnelle du modélisateur qui est essentielle pour
comprendre les erreurs du modèle et les effets potentiels sur les résultats du modèle.
En fin de compte, l'interprétation des résultats du modèle dépend peu du logiciel, mais surtout de
l'expertise, la créativité, l'imagination, l'éducation et l'expérience des modélisateurs.
La mise en œuvre du modèle ou l'exécution du modèle pour des alternatives de gestion doit alors
être effectué dans la plage des résultats de l'analyse d'incertitude. Le plan de la modélisation doit
fournir la conception détaillée des scénarios prédictifs, y compris les systèmes futurs (naturels le cas
échéant).
1.19. DOCUMENTATION
Par ailleurs, toutes les activités de modélisations doivent être bien documentées et adaptées pour
l’utilisateur approprié, tenir compte du niveau de détail, et inclure un guide de l'utilisateur.
Durant ces dernières décennies, on a assisté à une avancée considérable dans le domaine hydrologique.
Plusieurs études ont été menées et consacrées à l’identification des processus hydrologiques au niveau des
bassins versants. De nombreuses expérimentations ont été réalisées sur une grande variété de bassins.
Parmi les outils importants qui ont favorisé cette évolution et qui ont aidé dans le processus
d’identification des facteurs principaux contrôlant la réponse hydrologique à l’exutoire d’un bassin versant
on peut citer l’instrumentation des bassins et leur échantillonnage en plusieurs stations associés à des
traceurs géochimiques et/ou isotopiques.
Le premier pas et la première théorie importante concernant ce sujet, est apparue au début du siècle
dernier avec les travaux d’Horton (1933). Cette théorie est basée sur le concept de capacité d’infiltration
des sols et la notion de dépassement de capacité. La logique du concept est simple, tant que la capacité
maximale d’infiltration du sol concernant le bassin en question n’est pas dépassée, la totalité de l’eau de
pluie se trouve dans le sol par infiltration ; et dès que les intensités pluviométriques dépassent ce seuil
maximal, le surplus d’apport d’eau se trouve en surface et présente un volume d’eau ruisselée, c’est ce
ruissellement qui va former l’écoulement rapide de crue, quand à l’eau infiltrée elle se trouve dans les
couches inférieures du sol et contribue très lentement à la recharge des nappes et au soutien du débit de
base. Ce processus est conditionné par les états de surface du sol qui décident de la fraction d’eau de
pluie qui peut être infiltrée ou pas.
Vers les débuts des années 60, on a commencé à mettre en cause cette théorie suite à des observations
directes sur le terrain, et qui ont montré sous certaines conditions et restrictions, que l’écoulement
souterrain pouvait participer directement ou indirectement à la formation des crues. Plusieurs autres
mécanismes ont été proposés par la suite pour expliquer la formation des écoulements dans un bassin
versant.
Un peu partout dans la littérature, on trouve plusieurs autres mécanismes expliquant le phénomène en
supposant que les écoulements latéraux de subsurface résultent de processus diffus impliquant des flux
d’eau matricielle. Certains auteurs ont expliqué le phénomène par un concept dit effet piston ; l’eau se
trouvant en surface s’infiltre dans le sol non saturé et percole verticalement en poussant l’eau contenue
dans le sol vers les profondeurs du sol, d’où l’appellation effet de piston. Quand à Ambroise (1967), la
formation du front d’infiltration est d’autant moins régulière et l’effet piston est d’autant moins efficace
que l’apport en surface et la distribution de la porosité sont localement plus hétérogènes.
Sklash et Farvolden (1979) ont proposé un nouveau mécanisme expliquant la contribution de l’écoulement
de base à la génération des crues nommée « intumescence de la nappe ». Ce mécanisme considère que le
déficit de saturation dans les régions proches de la rivière est inférieur à celui des versants, ce qui
provoque des gradients hydrauliques très élevés au niveau de la rivière et donc libération facile de
l’écoulement souterrain vers la rivière. Les mêmes auteurs montrent dans une étude menée sur deux
petits bassins versants (Ruisseau des eaux Volées et Hillman Creek) à l’aide de l’approche isotopique, que
pour des intensités pluviométriques modérées sur un bassin ayant des sols gorgés d’eau, l’écoulement de
surface et celui de la rivière sont dominés par l’écoulement souterrain. Par contre, pour un événement
pluvieux intense sur un bassin dont les sols sont très secs, l’écoulement de surface et celui de la rivière
sont dominés par l’eau de pluie.
Le concept qui a été considéré comme une révolution importante dans le domaine de l’hydrologie est
celui du développement de la notion des surfaces contributives variables. Ce concept a été évoqué par
Hewlett et Hibbert (1967), n’ayant pas observé d’écoulement sur l’ensemble du bassin de Coweeta aux
USA, ils ont proposé le concept de zones contributives variables pour expliquer l’hydrogramme observé.
Le concept suppose que la contribution du bassin à l’écoulement total varie dans l’espace durant
l’événement pluvieux. En fait l’eau de pluie parvient à s’infiltrer et alimente une nappe qui remonte dans le
La mise en évidence du rôle de la morphologie dans le processus des écoulements a permis d’avoir une
autre logique et une autre vision du phénomène. De nos jours cette variabilité topographique est souvent
prise en compte par exemple dans les entrées des modèles telles que les MNT (Modèles Numériques du
Terrain).
Les zones forestières jouent un rôle important dans les processus de contrôle du cycle de l’eau.
L’influence de la forêt sur le cycle de l’eau ou sur le fonctionnement et la contribution des arbres dans le
conditionnement des données climatiques de la zone, est largement démontrée.
Il convient de signaler que ces facteurs, à savoir topographiques, morphologiques, pédologiques et des
caractéristiques d’occupation du sol et de la végétation avec la prise en compte de leurs variabilités
spatio-temporelle sont étroitement liés. Ces facteurs constituent l’entrée principale pour tout modèle
hydrologique, ils constituent des paramètres d’entrée importants pour la modélisation des bassins
versants
Modèles Modèles
déterministes stochastiques
Paramétriques A base
physique
Ce type de modèle reproduit donc au mieux le comportement d’un système, plutôt qu’il n’avance
d’explications causales sur son comportement. Le modèle CEQUEAU est un parfait exemple de modèle
conceptuel que nous présenterons dans la section suivante.
Les modèles globaux offrent à l’utilisateur un choix très attractif, car il présente une structure très
simplifiée, il ne demande pas trop de données, faciles à utiliser et à calibrer. La représentation du
processus hydrologique est très simplifiée. Il peut souvent mener à des résultats satisfaisants, et
spécialement si l’objectif majeur est la prévision d’une crue.
Les modèles conceptuels spatialisés ou semi-spatialisés représentent un grand progrès sur les modèles
globaux quand il s'agit d'analyser le fonctionnement interne d'un bassin. Le bassin versant est discrétisé
en unités spatiales (mailles ou sous-bassins) considérées comme homogènes, qui se vident les unes dans
les autres de l'amont en aval. Ainsi, on a la possibilité de tenir compte de la répartition spatiale des
facteurs et de suivre la genèse et la propagation des débits à l'intérieur du bassin. C'est le cas du modèle
Les modèles à base physique spatialisés sont des modèles qui décrivent les mécanismes internes d'un
système (bassin versant) ayant comme base les lois de la mécanique, de la physique, de la
thermodynamique, etc. Du point de vue théorique, ces modèles sont indépendants de tout calage parce
que leurs paramètres sont mesurables. Ils permettent une description théorique unifiée de la plupart des
flux observés dans un bassin versant et servent à modéliser les principaux processus hydrologiques
comme :
L'écoulement de surface à partir des équations de Saint-Venant ;
L'écoulement en milieu saturé à partir des équations de Darcy ;
L'écoulement en milieu non saturé à partir des équations de Richards ;
L'évapotranspiration à partir des équations de conservation ou de relations entre flux.
A partir d'un découpage de l'espace en mailles de taille adaptée au problème à traiter, ils simulent les
diverses composantes du cycle de l'eau sur chaque maille (ruissellement, infiltration, évapotranspiration)
et convolent les transferts de maille à maille, jusqu'au réseau hydrographique constitué. Ces modèles
sont complexes à mettre en œuvre et exigent d'importantes quantités de données. Ils sont bien adaptés
à la simulation de la diversité d'un bassin.
Cependant, ces modèles ne peuvent traiter les grands bassins en raison de leur grande hétérogénéité
morphologique et météorologique. Parmi ces modèles on peut citer le modèle Mike SHE.
Pour dépasser les limites de chacune des approches précédentes (modèles conceptuels trop peu
réalistes, modèles à base physique trop complexes), il est intéressant d'essayer une modélisation
hydrologique qui peut être :
A base physique, fondée sur les processus réels mais simplifiés ;
Semi-spatialisée, fondée sur une discrétisation en unités relativement homogènes, qui permettent
de tenir compte de la variabilité spatiale de la structure du bassin versant.
La méthode de discrétisation spatiale varie d'un modèle à l’autre : mailles carrées, sous- bassins versants,
éléments de versant, plans versant et canal, unités hydrologiques ou aires contributives (modèle
TOPMODEL).
2.6. CONCLUSION
La description des processus qui entrent en jeu dans la réponse hydrologique d’un bassin versant n’est
pas évidente et requiert la connaissance et la maîtrise d’une variété de facteurs et de paramètres. Des
informations suffisantes sur ces données ne sont pas toujours disponibles pour tous les bassins versants,
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L'hétérogénéité spatiale, qui concerne la variabilité des sols, de la végétation et des caractéristiques topographiques, joue un rôle crucial dans la réponse hydrologique des bassins versants car elle affecte les processus d'infiltration, d'écoulement et de stockage . Cette complexité nécessite souvent l'utilisation de modèles distribués ou spatialisés qui prennent en compte les variations à travers l'espace plutôt que des modèles globaux simplifiés qui pourraient mal représenter les flux hydrologiques. En l'absence d'une considération adéquate de cette hétérogénéité, les modèles peuvent échouer à reproduire correctement les régimes d'écoulement .
La calibration des modèles hydrologiques est essentielle pour ajuster les paramètres du modèle de manière à ce que les simulations reproduisent au mieux les observations mesurées, assurant ainsi la validité du modèle pour une utilisation opérationnelle et de gestion . Les étapes comprennent la sélection des périodes et des objectifs de calibrage, la collecte de données précises, l'ajustement des paramètres jusqu'à obtenir une correspondance satisfaisante entre les résultats simulés et observés, et enfin, la validation externe si possible .
Les modèles hydrologiques peuvent être classés selon plusieurs critères, notamment la représentativité spatiale (globaux vs distribués), les approches de calcul (empiriques, conceptuels, analytiques), et les caractéristiques des processus (stochastiques vs déterministes). Ces classifications influencent leur application, car les modèles distribués sont mieux adaptés à la gestion détaillée des ressources en eau où les variations spatiales sont importantes, tandis que les modèles globaux s'appliquent aux prévisions générales à grande échelle . Les modèles empiriques peuvent être pratiques pour les conditions bien documentées mais peuvent être limités sous conditions nouvelles, tandis que les modèles conceptuels ou analytiques proposent des interprétations plus détaillées qui peuvent soutenir des analyses causales .
L'erreur moyenne (ME) et l'erreur absolue moyenne (MAE) jouent des rôles distincts dans l'évaluation des modèles hydrologiques. La ME indique un biais moyen entre les valeurs mesurées et simulées, utile pour identifier une tendance générale à la surestimation ou sous-estimation . Cependant, elle est limitée car les erreurs positives et négatives peuvent s'annuler . La MAE fournit une mesure directe de la précision des simulations en calculant la moyenne des écarts absolus, ce qui donne une estimation plus robuste de l'erreur totale sans être influencée par la direction de l'erreur, bien qu'elle ne fournisse pas de détails sur la nature des erreurs .
Les approches qualitatives et quantitatives dans le calibrage des modèles hydrologiques diffèrent principalement par leur objectivité et les méthodes utilisées. L'approche qualitative repose sur une évaluation visuelle des séries chronologiques observées et simulées pour juger la qualité de la simulation, mais elle manque d'objectivité, surtout avec des données volumineuses ou comparées sur de nombreux bassins . En revanche, l'approche quantitative utilise des méthodes et critères mathématiques rigoureux pour une évaluation plus objective des performances des modèles. Cela permet de dire de manière plus relative qu'un modèle est meilleur ou moins bon qu'un autre .
Les modèles hydrologiques conceptuels représentent le bassin versant via des réservoirs interconnectés pour simuler les processus hydrologiques, sans se baser forcément sur des lois physiques précises . Leur avantage réside dans leur capacité à fournir une bonne simulation du comportement global du système, tout en étant relativement simples à calibrer et à utiliser . Cependant, ils ne fournissent pas toujours de justifications physiques ou causales pour les relations établies entre les variables, ce qui peut limiter leur capacité à expliquer les phénomènes sous-jacents .
Les modèles empiriques offrent l'avantage de simplifier la relation entre les variables d'entrée et de sortie d'un système hydrologique à l'aide d'équations ajustées sur des données empiriques, facilitant ainsi leur utilisation même si la dynamique interne du système n'est pas comprise . Toutefois, en tant que boîte noire, ils ne donnent pas d'explications causales sur les phénomènes hydrologiques et peuvent être limités en prédiction si les conditions changent par rapport à celles observées .
Le coefficient d’efficacité Nash-Sutcliffe (NS ou E) sert à quantifier objectivement la qualité d'une simulation sur une période donnée dans la modélisation hydrologique. Il permet d’évaluer comment les valeurs observées et simulées se comparent dans un contexte de modèles transitoires . Dans le cadre du calibrage des modèles, NS est utilisé comme critère d’optimisation où les paramètres du modèle sont ajustés jusqu'à ce que l'augmentation de NS ne soit plus possible, signifiant que le modèle est calé .
La modélisation stochastique est appropriée dans les études hydrologiques car elle permet de gérer les incertitudes des données et des processus. Elle est utilisée pour capturer la variabilité spatiale et temporelle des paramètres hydrologiques, en liant les incertitudes des mesures et celles des prédictions. Les modèles stochastiques sont particulièrement utiles lorsque les lois de probabilité associées à ces incertitudes sont connues . Cependant, leur mise en œuvre nécessite une bonne connaissance des distributions probabilistes des variables implicites dans le système étudié .
Les conditions météorologiques, notamment l'intensité et le volume des précipitations, influencent considérablement la réponse hydrologique des bassins versants en modélisation. Elles déterminent la quantité directe d'eau entrant dans le système, qui se transforme ensuite en écoulement de surface et en infiltration. De plus, les facteurs comme la température et le rayonnement solaire influencent l'évapotranspiration, ce qui affecte la quantité d'eau disponible pour le ruissellement . Ces facteurs doivent être intégrés dans les modèles pour simuler fidèlement les événements de crue .