1. L’éco-conception, c’est quoi ?
Le terme « éco-conception », formé de la fusion des mots « conception » et « écologie », est
issu du référentiel de développement de produits classiques auxquels on a ajouté une
dimension environnementale. La pratique de l’éco-conception s’inscrit dans un contexte de
développement durable où la démarche d’élaboration d’un nouveau produit ou d’un service
tente de prévenir et de réduire les impacts environnementaux engendrés tout au long de sa vie.
D’un point de vue plus global, le design durable intègre, en plus des critères écologiques, des
aspects sociaux et des principes d’équité intergénérationnels et interculturels. Des chercheurs
du monde entier travaillent présentement à l’élaboration de nouveaux outils de conception
intégrant ces aspects sociaux [lien éco-socio-conception]. (Traité d’éco-conception, Maxime
Thibault)
Définition : l’éco-conception consiste à intégrer l’environnement dès la conception du produit
et lors de toutes les étapes de son cycle de vie.
L’éco-conception se caractérise par une vision globale, c’est une approche :
• Multicritères : elle prend en compte l’impact du produit au niveau de : eau, air, sols, bruit,
matières premières, énergie, écotoxicité…etc. Les méthodes de calcul des impacts
environnementaux sont basées sur un plus ou moins grand nombre de critères.
• Multi-étapes : elle prend en compte toutes les étapes du cycle de vie des produits : depuis
l’extraction des matières premières jusqu’au traitement des produits en fin de vie.
Fig. 1 : Cycle de vie d’un produit
2. L’éco-conception : un outil du développement durable
L’éco-conception correspond à la partie viable du développement durable (Cf. fig. 2), c’est à
dire l’intersection entre les critères environnementaux et les critères économiques.
Fig. 2 : Eco-conception et développement durable
L’éco-conception apporte donc des solutions aux problématiques du développement viable.
Le nouveau défi pour les années à venir est de prendre en compte les trois sphères du
développement durable : c’est l’éco-socio-conception [lien l’éco-socio-conception]
3. Niveaux d’interventions environnementales
Actuellement, la prise en compte de l’environnement par les entreprises est de plus en plus
préventive plutôt que curative. Cette démarche préventive est née à partir des années soixante
et ne cesse d’évoluer pour trouver des solutions à long terme (Cf. fig. 3)
Fig. 3 : Vers l’éco-conception – évolution de la prise en compte de l’environnement dans l’entreprise
Source : Traité d’éco-conception d’après ADEM
La figure 2 permet de préciser cette évolution de la prise en compte de l’environnement et de
classer les entreprises en fonction de leur niveau d’intervention : plus le niveau d’intervention
est haut dans l’échelle, plus il se situe en amont des problématiques environnementales.
Fig. 4 : Echelle de prévention
Source : Traité d’éco-conception d’après UNEP
Les niveaux 1 à 5 se réfèrent à des entreprises qui se contentent de suivre les tendances
générales du marché (intervention en aval), et les niveaux 6 à 9 regroupent les entreprises qui
se sont engagées dans un processus de changement plus en profondeur où les problématiques
sont traitées en amont, comme celles mises en œuvre lors d’une démarche en éco-conception.
4. Les outils de l’éco-conception
Tous les outils de l’éco-conception sont des outils préventifs. On peut les classer suivant deux
critères : l’objectivité de l’évaluation environnementale qu’ils permettent d’obtenir (de
qualitatif à quantitatif) et les pistes d’amélioration qu’ils donnent à l’éco-concepteur.
• La check-list : Elle permet de donner à l’éco-concepteur des pistes d’amélioration
pour diminuer l’impact environnemental de son produit.
• ACV simplifié: C’est l’Analyse du Cycle de Vie d’un produit simplifiée. C’est un outil
semi-quantitatif.
• L'ACV : C’est l’Analyse du Cycle de Vie des produits qui est quantitatif et sur toutes
les étapes du cycle de vie.
Fig. 5 : Les outils de l’éco-conception
Source : Thèse de M. Janin, 2002