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SAGESSE ZEN
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in 2022 with funding from
Kahle/Austin Foundation
[Link]
LE LIVRE
DE LA
SAGESSE ZEN
DANS LA MÊME COLLECTION
DE EULALIE STEENS
L’Astrologie chinoise, Éditions du Rocher, 1985, rééd.
1993
La Chine antique, Éditions du Rocher, 1989
LE LIVRE
DE LA
SAGESSE ZEN
« La barrière sans porte »
Traduit du chinois,
présenté et annoté par Eulalie Steens
Pt
Les Grands Textes Spirituels
ÉDITIONS DU ROCHER
Jean-Paul Bertrand
Editeur
REMERCIEMENTS
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1
INTRODUCTION
Bouddha et Bouddhisme
11
délivrance et entrer dans le #rv4na, c’est-à-dire
devenir soi-même un bouddha.
Après le décès du Bouddha, le Bouddhisme
essaima à travers le monde asiatique. Diffé-
rentes Écoles naquirent, réparties en deux
branches : le Hinayäna et le Mahäyäna. Le Hina-
yana, « Petit Véhicule », s’arrête sur l’idée de
salut individuel. Il prétend conserver la
doctrine pure du Bouddha. Le Mahäyäna,
« Grand Véhicule », apparu au [° siècle avant
J.-C., insiste sur l’universalité du salut et sur
l’aspect transcendantal du Bouddha.
Le Bouddhisme en Chine
12
inconnu. Les émissaires regagnèrent la capi-
tale chinoise, Luoyang, en compagnie de deux
moines, Matanga et Zhufalan, montés sur un
cheval blanc. Ils rapportèrent le S£rra en qua-
rante-deux chapitres, premier manuscrit boud-
dhique qui sera traduit en chinois. Un lieu
officiel se devait d’abriter le vénérable texte.
L'Empereur décréta que l’on édifiât le Baima si,
« Monastère du Cheval Blanc », bâtiment
dévolu au Bouddhisme.
Pour les Chinois, la pensée bouddhique se
révéla une nouveauté, presque un choc culturel.
Elle ne ressemblait à aucune Ecole autoch-
tone de l’Antiquité (Confucianisme, Taoïsme,
Légisme) et sa terminologie se montrait diffi-
cile à saisir. Au début, les traductions, souvent
des paraphrases, empruntèrent au vocabulaire
taoïste, ce qui engendra, hélas, bien des confu-
sions. Le succès naissant de cette religion étran-
gère suscita des rivalités. Les Taoïstes brouillè-
rent malicieusement les cartes en prétendant
que Lao Zï, parti autrefois vers l’Ouest à cali-
fourchon sur un buffle, n’était autre que le
Bouddha lui-même! Sa pensée, métamor-
phosée, retrouvait la terre chinoise.
Cependant, les traductions se poursuivaient
avec l’afflux de moines étrangers. Parmi eux, An
13
Shigao, un prince parthe, fut un des premiers tra-
ducteurs, au milieu du Ir siècle, à enseigner la
doctrine. Au IV: siècle, les Chinois commencè-
rent à organiser des communautés monastiques
(en sanskrit : semgha). La curiosité aidant,
quelques Chinois se risquèrent à entreprendre
le voyage en sens inverse, croisant des moines
étrangers. Faxian suivit la Route de la Soie en
399, atteignit l’Inde et retrouva sa terre natale
quinze ans plus tard. En 401, Kumärajiva, poly-
glotte et futur traducteur de talent, rejoignait
Chang’an (actuelle Xian). À cette époque, des
dynasties concomitantes gouvernaient l’Empire
chinois désuni. Cet éclatement favorisa l’im-
plantation du Bouddhisme que certains sou-
verains du Nord, souvent d’origine barbare,
encouragèrent. Des artistes aménagèrent des
grottes en sanctuaires en les décorant de sculp-
tures monumentales et somptueuses (Yungang,
Longmen). Malgré des persécutions spora-
diques, le Bouddhisme continua son expansion.
Au début du vr siècle, Bodhidharma accostait à
Canton. Il apportait le Ckar qui révolutionnera
le Bouddhisme chinois. À partir de la Dynastie
Sui (581-618) puis de la Dynastie Tang (618-
907), le Bouddhisme vécut son heure de gloire.
Le célèbre pèlerin Xuanzang (VII siècle) revint
en Chine muni de nombreux manuscrits. Les
monastères se multiplièrent, les Écoles s’épa-
nouirent :Huayan, Chan, Tianrai, etc. La puis-
14
sance économique et l'influence du Boud-
dhisme sur la société furent telles qu’en 845, le
pouvoir Tang le proscrivit. Toutefois, ce coup ne
lui fut pas fatal. Bien qu’amoindiri, il ne disparut
pas de la scène. Sous les Song (960-1279), les
Ecoles du Chan et de la Terre Pure prédominè-
rent. Sous les Qing (1644-1911), le Bouddhisme
tibétain se taillala part belle.
Chan et Zen
3. Voir £ôan 6.
5
le premier — apporta le Chan en Chine. Premier
Patriarche de la lignée chinoise, ilse fit le chantre
de la méditation en demeurantneufannées assis
face à un mur du monastère Shaolin’. À partir du
Cinquième Patriarche, Hongren (vir siècle), le
Chan subit une scission : Shenxiu (Ecole du
Nord/Gradualisme‘) et Huineng (Ecole du Sud
/Subitisme’) revendiquèrent ensemble le titre
de Sixième Patriarche®. Ce conflit supprimera
ensuite le titre officiel de Patriarche.
L'École du Nord déclinant, l’École du Sud
prit l’avantage. Au cours des siècles, diverses
EÉcoles—issues de celle du Sud-se formèrenten
fonction des méthodes employées par tel ou tel
Maître, et contribuèrent à enrichir le Car.
Pourtant, à la fin de la Dynastie Song (960-
1279), le Chan périclita. Au temps des Ming
(1368-1644), l'Ecole prédominante fut celle
dite Lingi qui avait intégré de surcroît toutes les
autres Ecoles du Bouddhisme. Ce Chan s’unit
également à l'Ecole de la Terre Pure.
16
Aujourd’hui, le Chan est mieux connu par le
biais du Japon. Le Bouddhisme pénétra via la
Corée dans les îles nippones au début du
vr' siècle. Le Chan, quant à lui, s’y infiltraàpartir
du x1r siècle. Il y prit le nom de Zer. L’ École Sôr0
(en chinois Caodong) et l École Rinzaï (en chi-
nois Linji) sont les deux seules Écoles du Ze»
encore vivantes au Japon. ‘Traditionnellement,
S6rô met l’accent sur la pratique de la médita-
tion, Rinzai manie de préférence le #6an.
Le kan
17
lectuel : intelligence et instruction ne servent
à rien dans cet exercice. Seule une prise de
conscience permet d'atteindre le résultat
convoité. Le Maître guide le disciple en sou-
mettant un #0an à sa réflexion. Le disciple ne
fournit pas de réponse explicative réelle mais
indique à son Maître qu’il a compris, par une
parole ou un geste — le sourire fameux de
Mahäkäsyapa, signe de son Illumination, en
constitue l’un des plus beaux exemples’. Ce
genre de pratique stimulatrice prend parfois des
décennies — et un travail sur des #6an de diffi-
culté croissante — avant que le Maître ne recon-
naisse en son élève un nouveau Maître à qui il
conférera le titre.
On estime à environ 1 700 le nombre de #5an
répertoriés. Certains, ayant acquis une célébrité
importante seront soumis plus volontiers que
d’autres par les Maîtres, en fonction du niveau
des adeptes.
Dans le dessein de garder une trace de ces
küan et de ne pas perdre la tradition des Maîtres,
plusieurs moines composèrent des compila-
tions. Le Wemenguan est l’une des plus connues.
9. Cf. £üan 6.
13
Wumen Huikai, auteurduWumenguan
19
retirer dans un monastère moins prestigieux en
savourant la simplicité et la pauvreté du quoti-
dien. À la fin de sa vie, ilreçutle titre honorifique
de « Maître du Can de l'Œïül du Bouddha » (Fo
yan chan shi). W mourut en 1260.
Le Wumenguan fut publié en 1229. Il ras-
semble quarante-huit #6an. Certains qui, à
l’origine, constituaient des #0#d0 — dialogue
Maître-disciple (en chinois : wenda, « question
et réponse »)— furent repris sous forme de #üan.
Wumen Huikai attribuaà chacun un com-
mentaire personnel, introduit par ces simples
mots : Wwmen yue, « Numen [Huikai] dit ». Cette
glose ne prétend pas éclaircir le #6a», bien au
contraire. Wumen Huikai semble s’amuser à
dérouter le lecteur quicherche à comprendreen
vain et s'interroge. Il s’adresse à lui, titille son
entendement et le pousse à trouver une solu-
tion. Il ne l’aide jamais, mais prêche le faux pour
le vrai. Il n'hésite pas à se moquer des véné-
rables Maîtres cités en tournant leurs paroles en
dérision. Une certaine espièglerie se dégage de
son attitude. Ensuite Wumen Huikaïi se trans-
forme en poète : il conclut par un Eloge (en chi-
nois song, en sanskrit g£fha, en japonais /4).
Le Japonais Kakushin (1207-1298) s’ache-
mina vers la Chine en 1249. Après avoir suivi
l’enseignement de différents Maîtres, il trouva
en Wumen Huikai celui qui le mena à l’Illu-
mination et lui offrit sa succession. Il retourna
20
au Japon en 1254, muni d’un exemplaire du
Wumenguan. \ le diffusa dans son pays avec un
immense succès. Il propagea la méthode du
küan et introduisit les principes de l’Ecole Linyi
(Rinzai).
Le Wumenguan, qui rassemble quarante-huit
des plus célèbres #0an, est Le Livre de la sagesse
zen.
WUMENGUAN
Wumen
25
les branches des arbres’. De plus, dites : com-
ment est la barrière des Patriarches ? Le carac-
tère ww « néant » est à lui seul la barrière de
l’École Char. En conséquence, je nomme cet
ouvrage : Chanzong Wumenguan, « La Barrière
Sans Porte de l’École Ghan ». Ceux qui la fran-
chirontetiront au-delà deviendront des intimes
non seulement de Zhaozhou mais aussi des
Patriarches des générations passées avec qui
ils avanceront main dans la main. Leurs sourcils
liés, ils regarderont d’un même œil, entendront
d’une même oreille ! Ne sera-ce point la féli-
cité ? N’y aurait-il personne pour vouloir dépas-
ser la barrière ? Que le corps complet, avec ses
360 articulations et ses 84 000 pores, se désen-
trave des doutes. Que l’on se focalise sur le
caractère w4 « néant » en unestimulation diurne
et nocturne. Qu'on ne le considère pas comme
une compréhension du Vide et du w non-être,
qu’on ne le considère pas comme une compré-
hension de l’être et du w non-être, ce serait
ingurgiter une boule de fer chauffée à blanc
sans pouvoir la cracher. On décantera jusqu’à
l'épuisement le savoir erroné et l’Illumination®
fausse d’autrefois. On s’exercera longuement,
en unissant naturellement l’intérieur et l’exté-
rieur, sur le modèle d’un muet en train de rêver
et l’on obtiendra par soi-même la connaissance.
Soudain, cette expansion effraiera le Ciel et
ébranlera la Terre", à l’instar de ravir la longue
26
épée du général Guan', de rencontrer le
Bouddha et de tuer le Bouddha, de rencontrer
les Patriarches et de tuer les Patriarches, d’obte-
nir son indépendance en allant vers les rivages
de la vie et de la mort, de se diriger vers les
quatre modes" des six réincarnations! et de flot-
ter dans un szmadhr* enjoué. En fin de compte:
comment faire naître la stimulation ? Épuiser
son énergie sur le caractère w4 « néant ». S’il n’y
a pas d'interruption, ce sera comme d’allumer
d’une étincelle la chandelle de la Loi.
Éloge
La nature du Bouddha dans le chien,
Ordre juste d’une proposition correcte.
Osciller entre l’Être et le Néant,
C’est mourir et laisser échapper sa destinée !
2,
LE RENARD SAUVAGE
DE BAIZHANG
28
cause première et l’effet !” Cinq cents fois je
renaquis, diminué dans le corps d’un renard
sauvage*. À présent, Maître, donnez-moi une
parole transformatrice’, que je me débarrasse du
renard sauvage ! »
Puis, il questionna : « Quelqu'un qui suivrait
la base de la grande pratique juste tomberait-il
ou non dans la cause première et l’effet ? »
Le Maître : « Il n’obscurcirait pas la cause et
l'effet ! »
Juste après ces paroles, le vieil homme obtint
la grande Illuminationÿ, il s’inclina : « Je me suis
échappé du corps du renard, j’habiterai derrière
la montagne ; Maître, j'ose vous implorer de
suivre la règle qui prévaut à la mort d’un
moine |!»
Le Maître ordonna au #armadäna’ de frapper
du maillet'° et d’informer la communauté des
moines : « Après le repas, nous escorterons un
moine décédé ! »
La grande assemblée!' en débattit : « L’en-
semble de la communauté est paisible, per-
sonne ne souffre de maladie dans la salle du
nirväna”’. Pour quelle raison agir de cette
manière ? »
Le repas achevé, le Maître guida la commu-
nauté jusque derrière la montagne, au pied d’un
escarpement ; à l’aide de son bâton, il tira un
renard sauvage mort, puis procéda à l’incinéra-
tion.
29
Le soir, le Maître entra dans la salle exposer la
doctrine; il mentionna la question soulevée
précédemment des causes premières et secon-
daires",
Huangbo“ interrogea : « L'Ancien avait
donné une parole transformatrice erronée : son
corps vécut cinq cents vies, diminué en renard
sauvage. Si sa réponse n'avait pas été fausse,
avec quoi se serait-il uni ? »
Le Maître : « Venez au-devant de moi: je vais
le dire pour lui. »
Huangbo s’approcha. Le Maître lui donna
une claque puis tapa dans ses mains en riant
et déclara : « Je croyais que la barbe du Bar-
bare était rouge et voici un étranger à la barbe
rouge ! »
Wumen
30
Éloge
Ne pas tomber, ne pas obscurcir,
De deux choix, un seul l'emporte.
Ne pas obscurcir, ne pas tomber,
Mille erreurs, dix mille erreurs !
3
52
Wumen
Éloge
Dans une situation stupide, Juzhi mit le vieux
[Tianlong,
D'un tranchant, il interrogea le petit garçon.
Juling” leva les mains sans aide,
Dix millions de couches du Mont Huashan: il
[déchira !
4
Wumen
34
Éloge
En face du stupide,
On ne peut raconter le rêve.
Le Barbare sans barbe,
L’Eveillé ajoute de l’obscurité !
5
XIANGYAN :
« EN HAUT D'UN ARBRE »
Wumen
36
cune utilité. Si vous pouvez répondre à ceci,
vous rendrez la vie au chemin, mort autrefois ;
vous tuerez le chemin, vivant autrefois. Sinon,
attendez que vienne Mile* et questionnez-le !
Éloge
Xiangyan est un vrai bonimenteur,
Malintentionné et cruel sans aucune limite.
Il rend muette la bouche des moines,
De tout leur corps il chasse les yeux des démons.
6
LE VÉNÉRÉ DU MONDE
SAISIT UNE FLEUR
33
Wumen
Éloge
En saisissant la fleur,
Déjà apparaît la tige.
Le visage de Jiaye s’éclaire,
Hommes et Ciel sont désemparés |
7
Wumen
40
pas la vérité des choses, il nomme « cloche » ce
qui est une jarre.
Éloge
XIZHONG CONSTRUIT
UNE VOITURE
Wumen
Si vous comprenez directement ceci, votre
œil sera semblable à l’étoile filante et votre force
à un éclair violent.
42
Éloge
Là où la roue tourne,
Celui qui pénètre par l'intelligence reste
[désorienté.
Aux quatre points cardinaux, il monte et
[descend,
Sud, Nord, Est, Ouest !
9
LE BOUDDHA
DE LA GRANDE PÉNÉTRATION
ET DE LA SAGESSE SUPRÈME
Éloge
Qu’y a-t-il de plus apaisant ? Se débarrasser du
[corps'! ou se débarrasser de l’esprit"??
Si on parvient à se débarrasser de l’esprit, le
[corps sera sans soucis.
Si l’on est débarrassé du corps et de l’esprit,
Un génie" a-t-il besoin de recevoir un fief ?
10
OINGSHUI, ORPHELIN
ET INDIGENT
Wumen
46
Éloge
Pauvre à l'instar de Fan Dan’,
Habité du g“ comme Xiang Yu.
Quoique ses moyens d’existence soient nuls,
Il ose se comparer au riche !
11
48
Wumen
Éloge
Œül, étoile filante,
Motif, rapide comme l'éclair.
Couteau tueur,
Épée vivifiante !
12
YAN S'APPELLE « MAÎTRE »
50
Wumen
Éloge
Celui qui étudie la Voie ne connaît“ pas la vérité,
Parce que, auparavant, il a connu les esprits.
Source de la vie et de la mort durant des #a/paf
[sans limite’,
L'idiot appelle cela l'Homme originel !
13
DESHAN TEND SON BOL
52
salle, frappa des mains et déclara en riant aux
éclats : « Je me réjouis que le vieux Maître soit
instruit de la dernière phrase, personne sous le
Cielf ne l’affronteràa ! »
Wumen
Éloge
Si l’on connaît la première phrase,
Alors on comprendra la dernière phrase.
Dernière et première phrases
Ne forment pas une seule phrase.
14
NANQUAN DÉCAPITE UN CHAT
54
Wumen
Éloge
Si Zhaozhou avait été présent,
Il aurait renversé cet ordre.
Devant un couteau pris de force,
Nanquan implore grâce.
15
56
Yunmen : « Sac de riz ! Quel avantage de
sillonner le Jiangxi‘ et le Hunan !‘»
Et ainsi, Dongshan reçut la grande Illumi-
nation.
Wumen
D
Éloge
Le lion éduque ses petits par un procédé
[troublant.
Ils avancent, bondissent, s’arrêtent et se
[retournent prématurément.
Sans raison, il expose de nouveau sa pensée :
La première flèche touche légèrement ; celle
[d’après, profondément !
16
LE SON DE LA CLOCHE
ET LA ROBE
Wumen
59
parvient à l’oreille ou l’oreille qui se dirige vers
le son ? Si l’on oublie le silence et le son, que
comprendra-t-on ? Si l’on écoute parles oreilles,
on aura des difficultés à comprendre, si l’on
entend les sons par les yeux, alors on compren-
dra intimement !
Éloge
Wumen
61
mange de l’herbe mais le disciple ne consent pas
à accepter. Une délicieuse nourriture ne consti-
tuera jamais le repas d’un homme repu. Dites :
où se situe l’ingratitude ? Dans un Etat intègre,
on respecte l’homme de talent; au sein d’une
famille opulente, on cajole l’enfant !
Éloge
Wumen
63
Éloge
Soudain, jaillit « trois 7 de chanvre » :
Cette parole se révèle favorable, son sens plus
[encore.
Celui qui vient discourir du vrai et du faux,
Est un homme de vrai et de faux !
19
65
et du faux ! » Sur cette parole, Zhaozhou obtint
l’Illumination subite”.
Wumen
Éloge
Cent" fleurs de Printemps, lune d'Automne,
Vent léger d’Eté, neige d'Hiver.
Sans affaires oiseuses au cœur et à la tête,
Voici la meilleure saison d’une vie humaine.
20
Wumen
67
vous voulez connaître l’or véritable, regardez à
l’intérieur du feu !
Éloge
Soulever les pieds et retourner la mer
[parfumée;,
Incliner la tête et poser son regard sur le
[quatrième ciel du Car.
Un corps entier sans attache...
Je vous prie d’ajouter une phrase !
21
LA SPATULE À MERDE DE YUNMEN
Wumen
69
Éloge
Lumière de l’éclair étincelant
Feu de la pierre heurtée.
On cligne des yeux...
Faux pas !
22
LE MÂT DE JIAYE
Wumen
Ja
Éloge
Questionner ou répondre : où se situe
[l'avantage ?
Combien de gens s’y efforcent ?
L'aîné hèle, le cadet fait écho : ils exaltent la
[laideur familiale.
Un autre Printemps, hors catégorie du yr° et du
Lang!
23
73
Ming reçut la grande Illumination’, son corps
entier ruissela de sueur, il pleura silencieuse-
ment et s’inclina : « Hormis la parole secrète et
la pensée secrète de précédemment, y aurait-il
ou non une signification supplémentaire ? »
Le Patriarche répondit : « Ce que je viens
de vous dire à l’instant n’est pas secret. Si vous
vous tournez et vous confrontez à votre propre
visage", le secret sera de votre côté. »
Ming: « Quoique j'aie vécu au sein de la com-
munauté monastique de Huangmeï'!, je n’ai pas
scruté mon propre visage. Maintenant, moi,
l’ignorant, je suis entré dans le lieu de l’ensei-
gnement, tel l’homme qui boit de l’eau et
connaît par lui-même le froid et le chaud, main-
tenant vous, le bonze’, êtes mon Maître. »
Le Patriarche : « Si vous êtes ainsi, alors vous
et moi avons eu Huangmei pour Maître com-
mun. Gardez le bon ! »
Wumen
74
Éloge
SE SÉPARER DE LA PAROLE
Wumen
76
dra par lui-même le chemin pour sortir de son
corps. Quittez le samadhÿ de la parole et venez
dire un vers !
Éloge
LE TROISIÈME SIÈGE
EXPOSE LA LOI
Wumen
78
immédiat. Clore la bouche : encore une perte.
Ne pas ouvrir, ne pas clore : on se situe à cent
huit mille de là !
Éloge
DEUX MOINES
ENROULENT UN STORE
Wumen
80
Éloge
En enroulant le store, on illumine le Grand
[Vide;,
Mais le Grand Vide ne s’apparie pas à notre
[Ecolef.
Comment est-ce semblable à l’impassible qui
[abandonne tout ?
Dense comme de la ouate qui ne laisse pas
[traverser le vent !
21!
Wumen
82
Éloge
LONGTEMPS, RÉSONNERA :
« LONGT »
84
Le lendemain, Longtan rejoignit sa place‘ :
« Parmi nous, il y a un homme dont les dents
sont comme des arbres-épées’ et la bouche sem-
blable à une cuvette de sang : frappé d’un coup
de bâton, il ne tournera pas la tête ; quandil sera
temps, il ira établir ma Voie au sommet d’un pic
isolé. » |
Deshan avança, muni du manuscrit de son
commentaire* et, devant la Salle de la Loi’, il
brandit une torche de brindilles enflammées :
« Qui examine à fond les argumentations obs-
cures" ressemble à un cheveu’! dans le Grand
Vide”. Qui épuise les secrets” essentiels du
monde est comme une goutte précipitée dans
un gigantesque ravin |!»
Il brûla le manuscrit de son commentaire,
s’inclina et quitta les lieux.
Wumen
85
La vieille femme : « Grand Vertueux, quelle
littérature y a-t-il à l’intérieur de ta carriole ? »
Deshan : « Un commentaire du SÂrra du
Diamanf’ >
La vieille femme : « Dans ce SÂrra, il est dit :
“l'esprit du passé', on ne peut l’obtenir ; l’esprit
du présent”, on ne peut l’obtenir ; l’esprit du
futur”, on ne peut l’obtenir.” Grand Vertueux,
quelle sorte d’en-cas’! désires-tu ? »
Face à cette question, la bouche de Deshan
s’étira droite, semblable à une barre de porte-
faix2. Néanmoins, il ne consentit pas encore à
succomber aux paroles de la vieille femme. Il se
renseigna : « Quel Maître de l'Ecole habite dans
les environs ? »
La vieille femme : « À un peu plus de cinq #,
vit le Maître Longtan. »
Parvenu auprès de Longtan, il essuya une
défaite à plate couture : on peut affirmer que ses
paroles antérieures ne correspondaient plus à
celles postérieures ! Longtan sembla grande-
ment compatir envers son fils mais ne prit pas
conscience de sa laideur ; comprenant qu’il pos-
sédait un germe de feu, il l’aspergea soudain
d’eau sale par-dessus la tête jusqu’à le noyer.
À froid, on voit qu’il s’agit d’une plaisanterie !
86
Éloge
Entendre un nom ne vaut pas voir un visage,
Voir un visage ne vaut pas entendre un nom.
Bien qu'il ait protégé ses narines,
Comment a-t-il pu aveugler ses yeux !
29
NIVENT, NIBANNIÈRE
83
Wumen
Éloge
Le vent, la bannière, l’esprit se meuvent,
On les accepte en une seule sorte.
En ne sachant qu’ouvrir la bouche,
On ne ressent pas la destruction de la parole !
30
Wumen
90
homme entend : « L'esprit, c’estle Bouddha », il
se bouche les oreilles et s’enfuit en courant.
Éloge
Ciel azuré, jour clair,
Abstinence complète de toute recherche.
De nouveau, demander : « Qu’est-ce ? »,
C’est nourrir la corruption et crier à l’injustice !
31
92
Wumen
Éloge
Identique aux autres, la question.
Semblable aussi, la réponse.
Le repas contient du gravier,
La fange, des épines.
42
UN HÉRÉTIQUE INTERROGE
LE BOUDDHA
94
Wumen
Éloge
Wumen
Éloge
96
Si vous ne rencontrez pas de poète, ne
[présentez rien.
Lorsque l’on rencontre un homme, on parle
[3/10°,
L'on n’expose pas le tout.
34
L'INTELLIGENCE
N’EST PAS LA VOIE
Wumen
98
Éloge
Wumen
100
Éloge
RENCONTRER EN CHEMIN
UN HOMME QUI PÉNÈTRE LA VOIE
Wumen
102
Éloge
Quand on rencontre en chemin un homme qui
[pénètre la Voie,
On ne lui répond ni par la parole ni par le
[silence.
Un coup de poing sur la joue à vous briser la
[face :
Comprenez directement ce qu’il y a à
[comprendre |
‘1
UN BUFFLE TRAVERSE
LA FENÊTRE
Wumen
104
Éloge
Wumen
Si vous comprenez intimement la réponse de
Zhaozhou, le passé se déroula sans* Shijia“, le
futur s’annoncera sans Mile“!
106
Éloge
Wumen
108
Maître des Hommes et du Ciel. Celui qui ne
comprendrait pas encore clairement ne se sau-
vera pas lui-même !
Éloge
RENVERSER LA CRUCHE
D'EAU PURE
110
Baizhang rit : « Le supérieur perd devant le
Maître Guishan ! » Ilinstitua Guishan.
Wumen
Éloge
Il jette en l’air l’écumoire, la haie de bambou et
[la cuillère en bois:
D'un coup, il brise l’obstruction qui cerne de
[toutes parts.
Il ne s’arrête pas malgré la lourde barrière de
[Baizhang,
Il frappe de la pointe du pied et fait éclore les
[#ouddha comme du chanvre !
41
LE CŒUR EN PAIX
DE BODHIDHARMA
112
Wumen
Éloge
Débarquer de l’Ouest et montrer directement
[du doigt,
La cause première" de cette affaire“ vous
[revient.
Un monastère troublé et abasourdi,
À l’origine, à cause de vous !
42
114
Le Vénéré du Monde : « Même cent mille
Wenshu ne parviendraient à sortir cette femme
de sa méditation. En ce bas monde, à travers les
territoires, par millions tels les grains de sable
du Fleuve’, se trouve le hodhisattoa’ Nangming*
qui pourra la sortir de la contemplation. »
En un instant, le grand héros’ Wangming
jaillit de la terre et s’inclina devant le Vénéré du
Monde.
Le Vénéré du Monde émit un ordre, Wang-
ming se plaça face à la femme, claqua une fois
des doigts : la femme sortit de sa méditation.
Wumen
115
Éloge
En sortir, ne pas en sortir,
Ils en ont la liberté.
Tête de divinité, visage de fantôme,
Défaite, erreur :rayonnement durable !
43
LE BÂTON DE BAMBOU
DE SHOUSHAN
Wumen
117
Éloge
LE BÂTON DE BAJIAO
Wumen
119
Éloge
Wumen
121
Éloge
À LA POINTE DE LA PERCHE.
PROGRESSER ENCORE
Wumen
128
est ainsi, dites : en haut d’une perche de cent
pieds, comment progresser ? Ah !
Éloge
15
Wumen
Éloge
En une seule pensée, voir des #z/pa° sans
[limite’.
Les événements! des #a/pa sans limite se
[situent dans le présent.
À ce moment, qui perçoit une pensée
Percevra l'Homme qui perçoit ce moment.
48
LE CHEMIN UNIQUE
DE QIANFENG
127
Wumen
Éloge
1. Zhaozhou Congshen*.
2. xing:nature fondamentale.
3. wu:sans, néant.
4, zen, en japonais.
5. w4, en chinois (sanskrit : bodhi).
6. miao : merveilleux, mystique, supranaturel,
subtil, mystérieux.
7. xin : littéralement cœur, au sens de esprit.
8. Exprime l’idée de dépendre des autres.
9. jue = w (voir note 5).
10. singrian dongdi expression en quatre caractères
indiquant l’idée de quelque chose d’extraordinaire,
de retentissant.
11. Guan Yu (162-219) : général qui fut le frère
juré de Liu Bei (162-223). Liu Bei descendait
des souverains de la Dynastie Han (206 av. J.-C. -
220 apr. J.-C.). En 221, il établira la Dynastie des
Shu Han dont la capitale se situait à Chengdu (dans
129
l'actuelle province du Sichuan). Guan Yu l’aida
en compagnie de Zhang Fei. Luo Guanzhong
(xXIV° siècle) dans son Roman des Trois Royaumes
(Sanguozhi yanyi) raconta leur épopée de manière
épique. Guan Yu mourut, condamné à mort par
l'ennemi et ne vit pas l’avènement sur le trône
de son ami. Divinisé 4 posteriori, Guandi « l’'Empe-
reur Guan », fut considéré comme un chasseur
de démons. Le Taoïsme lui dédia de nombreux
temples etles adeptes du Bouddhisme apprécièrent
de le faire figurer en bonne place dans leurs monas-
tères en lui vouant un rôle protecteur. Fonction-
naires tant civils que militaires l’honorèrent. On
remarquera le jeu de mots sur le nom propre Guan et
le nom commun gvan barrière. Tous deux s’écri-
vent et se prononcent pareillement.
12. si sheng (en sanskrit : cetur-yoni). Les Quatre
Modes de naissance sont:
— par viviparité (mammifères) ;
— par oviparité (volatiles) ;
— dans l’humidité (vers et poissons);
— par métamorphose (chrysalide, divinités (deva)
ou ceux qui sont dans les enfers).
13. fu dao : Les Six Voies de la Réincarnation :
— les enfers ;
— les fantômes affamés ;
— les animaux;
— les esprits malveillants ;
— les humains;
— les va (divinités).
14. san mei : littéralement les trois obscurs. Se»
mei est l’abréviation de san mei di. Cette expression
130
traduit le sanskrit sam&dhi. La méditation (d#yäna/
chan/zen) ne peut s’obtenir que si l’on atteint l’état
de samadhi. \ s’agit d’une concentration de l'esprit
sur l’objet, non pas en focalisant son esprit sur lui
mais en s’unissant à lui. Il doit y avoir fusion entre le
méditant et l’objet concerné. L'esprit doit ainsi
diminuer son activité et s’absorber dans la contem-
plation. Ainsi peut-on se dégager de toutes les
entraves terrestres.
NB. : samadhi peut se transcrire aussi en chinois par
ding.
15. fa : dharma : la Loi, c’est-à-dire la Doctrine du
Bouddha. |
1. Baizhang Huaïhaï*.
2. tingfa (voir kGan 1, note 15).
3. Jiaye, en sanskrit :Käsyapa*.
4. xiuxing, en sanskrit : ceryä : conduire, rectifier
sa voie, se cultiver soi-même dans la pratique
juste, droite.
5. yin guo : Yin (en sanskrit : eu) est la cause pre-
mière qui produit un fruit, un effet, une rétribution
(guo, en sanskrit :phala), de la même manière qu’un
effet émane d’une cause. Ÿ?r guo exprime l’idée que
les actes d’une vie produiront des effets dans une
autre vie (loi du #arma). Yin s’oppose à la cause
secondaire yzan (voir ci-dessous, note 13).
6. hu chan : Pratiquer le Chan du renard sauvage.
Dans le Bouddhisme, le renard symbolise la faus-
131
seté et le mensonge. Pratiquer le Chan tel un renard
sauvage revient à pratiquer n’importe comment et
donc à induire les autres en erreur.
7. xhuan yu. Zhuan, tourner, transformer, chan-
ger. Indique aussi l’idée de renaître.
8. da vi.
9. En chinois : wei na. Ce bonze dirige les moines.
Son grade se situe juste en dessous du supérieur du
monastère. Son titre pourrait se traduire par direc-
teur.
10. Pa chur : Marteau, maillet. Sert notamment à
frapper un gong.
11. da zhong : En sanskrit mahäsangha. C'est-à-dire
la communauté des moines au complet.
12. nie pan tang : Là où le moine meurt. Pour ir-
väna, voir Kôan 48, note 4.
13. y:7 yuan, en sanskrit : kefupratyaya. Yuan (pra-
tyaya) est la cause secondaire, au contraire de y/#, la
cause première (cf. note 5). Cette cause accessoire
liée aux circonstances contribue à la production de
l'effet (go).
14. Huangbo Xiyun*.
15. Allusion à Bodhidharma*, qui, non-chinois,
était venu d’Inde en Chine. Cette barbe peut aussi
symboliser un autre étranger : le Bouddha Säkya-
muni* lui-même.
Kôan 3
132
3. Hangzhou Tianlong*, qui fut son Maître.
4. shi mie : littéralement montrer l'extinction.
S. Juling: génie qui ouvrit le Mont Hua afin de per-
mettre une voie de passage au Fleuve Jaune.
6. Huashan : situé dans la province du Shaanxi.
Une des Cinq Montagnes sacrées.
Kôan 4
Kôan 5
1. Xiangyan Zhixian*.
2. xi lai yi, c’est-à-dire l’enseignement Chan apporté
par Bodhidharma*.
3. da zang:Zangest la traduction chinoise du terme
sanskrit pi/aka corbeille. Da zang où san xang,
133
désigne le 7ripitaka : les Trois Corbeilles, c’est-
à-dire l’ensemble des textes du Bouddhisme.
Ce Canon comprend trois parties :
— jingeang (sûtra pitaka) : prédications du Boud-
dha.
— li zang(vinaya pitaka) : discipline monastique.
— lun zang (abhidharma pitaka) : commentaires phi-
losophiques.
4, Mile : Transcription chinoise du sanskrit Mat-
treya. Le bouddha Maitreya est une figure célèbre
du Grand Véhicule (Mahäyäna). X\estle Bouddha du
Futur qui doit apparaître dans quelques millions
d’années. En Chine, on le confond souvent avec le
joyeux « Dieu du Bonheur », reconnaissable à son
gros ventre. Le monastère Yong He Gong à Pékin
possède un Maitreya sculpté dans un tronc de santal
de 18 mètres de haut. Debout, il est représenté en
bodhisatfva, paré de bijoux.
Kôan 6
134
4. sun.
5. Mahäkäsyapa : Voir #an 2, note 3.
6. xheng fa yan zang : Zheng fa, c’est-à-dire la Loi
(en sanskrit : 4arma) correcte, la doctrine cor-
recte établie par le Bouddha. Elle représente la pre-
mière étape du Bouddhisme. Vivace durant 500 à
1 000 ans, elle sera suivie ensuite par la période dite
xtang fa (en sanskrit : saddharma pratirupaka) où le
Bouddhisme sera diffusé par l’image et le symbole
(durant 1 000 ans), puis viendra la phase finale, #10 fa,
de décadence du Bouddhisme, qui s’étendra sur
3 000 ans. C’est à ce moment que Maitreya appa-
raîtra (pour celui-ci, voir #Gan 5, note 4).
— yan : œil.
— zang : Canon d'ouvrages, collection, dépôt,
magasin.
— yan xang évoque l’idée de vérité totale et univer-
selle, d'éveil et d’illumination parfaits.
7. niepan miao xin. Niepan : nirväna (voir kan 48,
note 4). Miao : merveilleux, surnaturel, profond,
subtil, mystérieux. Xi# : littéralement cœur, à
comprendre dans le sens d’esprit. Miao xin : esprit
profond au-delà de la pensée humaine.
8. shi xiang : littéralement apparence, marque,
signe distinctif (xiang) réelle (541). Soit la réalité
fondamentale absolue, l’Absolu.
9, u xiang : sans (wu) apparence (xrang), c’est-
à-dire sans forme, sans signe, sans caractéristique, le
néant, la nullité.
10. æei miao fa men. Wei, perceptible, subtil, mys-
térieux, profond. Mizo, merveilleux, subtil, mys-
térieux. Fa men, la porte de la Loi, (en sanskrit :
135
dharmaparyäya), c’est-à-dire la doctrine du Boud-
dha, porte vers l’Illumination.
11. Mahäkäsyapa*.
12. Auang mian : La couleur jaune est une allusion
aux représentations iconographiques dorées du
Bouddha.
13. Qutan transcription chinoise de Gautama, nom
patronymique de la famille du Bouddha.
Kôan 7
1. Zhaozhou Congshen*.
2. bo : bol. Abréviation de hoduoluo (en sanskrit :
pâtra). Le bol de mendiant est un des attributs du
moine. Au VI siècle, Bodhidharma aurait apporté en
Chine celui du Bouddha.
3. dan : vésicule biliaire. En Chine, symbole de
l’audace, de bravoure (Cf. aussi note 6).
4, xin : cœur au sens d’esprit (Cf. note 6).
S. gan :foie. En Chine, siège de la colère et du cou-
rage (Cf. note 6).
6. Ces trois organes font partie des Huit Trésors
(ba bao) c’est-à-dire les Huit Précieux Organes du
Corps du Bouddha : le cœur, la vésicule biliaire, la
rate, les poumons, le foie, l’estomac, les reins et les
intestins. On peut les mettre en rapport avec les
Huit Signes Favorables inscrits sur la voûte plan-
taire du Bouddha :
— cœur: roue de la Loi (/z lun), la vérité énoncée par
le Bouddha ;
136
— vésicule biliaire : conque marine (/v0), symbolise
la voix du Bouddha prêchant la loi ;
— rate : ombrelle (san), dignité, pureté;
— poumons : dais (gai), idem ;
— foie : lotus (/an), pureté, perfection;
— estomac : vase (guan) qui peut contenir des
reliques;
— reins : poisson {y4), abondance ;
— intestins : nœud sans fin (ckang), longévité.
Kôüan S
1. Yue’an Shanguo*.
2. Xizhongestconsidéré comme l’inventeur du char.
Il vécut durant les temps légendaires et aurait été un
descendant de Huangdi l’« Empereur Jaune », lequel
accéda au trône en 2697 av. J.-C.
Kôan 9
137
3. jie. Abréviation de #e bo. Le kalpa estune période
cosmique entre la création de deux univers. Il existe
aussi des périodes de #a/pa : kalpa de formation,
kalpa de destruction, #a/pa de l'existence, etc.
4, dao chang. Ce terme désigne :
_ l'endroit où le Bouddha obtint l’Éveil (bodhi) ;
— Je lieu où l’on enseigne le Bouddhisme ;
— un espace rituel réservé aux offrandes.
On notera que, dans le Taoïsme, le 70 chang désigne
aussi un emplacement où certaines cérémonies
rituelles se déroulent.
S. fo fa. Le dharma, la loi prêchée par le Bouddha ;
les principes de son enseignement ; la vérité qu’il
atteignit lui-même ; le Bouddhisme.
6. fo dao : la Voie du Bouddha. Celle qui mène à
l’état de Bouddha.
7. hi.
8. Le Bouddha Säkyamuni.
9. Æui.
10. fan fu : une personne qui vit ici-bas, hors de la
voie religieuse, un pécheur qui est donc sujet aux
mauvaises actions.
11. s%en : Corps, c’est-à-dire la personne, soi-
même, l'existence.
12. xin : cœur.
13. sken xian. Xian : immortel, génie, un ascète,
le Bouddha. Le Bouddhisme connaît notamment
cinq sortes de génies :
— fan xian, génie du ciel ;
— Shen xian, génie-esprit;
— ren xian, génie humain ;
138
— di xian, génie de la terre ;
— gui xXian, génie-fantôme.
14. Obtenir le pouvoir.
Kôan 10
1. Caoshan Benji*.
2. Un vin renommé.
3. Fan Dan:lettrénéen 112, morten 185 (Dynastie
des Han Postérieurs). Il renonça à toute carrière
pour soigner sa mère malade et resta pauvre.
4, gi:le souffle qui anime l'esprit.
5. Xiang Yu : général qui se battit pour obtenir le
pouvoir lorsque la Dynastie Qin périclita. Ilentraen
conflit avec Liu Bang, lequel le devança dans sa
conquête de la capitale, Xiangyang (actuelle Xian).
De dépit, Xiang Yu mit le feu au tombeau de l’Em-
pereur défunt, Qin Shihuangdi. Liu Bang fonda la
Dynastie Han (Antérieure) en 206 av. J.-C. Xiang
Yu, acculé à la défaite, se suicida en 202 av. J.-C.
Kôan 11
1. Zhaozhou Congshen*.
2. an zhu. An désigne un petit monastère, presque
un ermitage. Le supérieur (44, maître, chef) en
question vit dans l’isolement. On notera que cette
expression peut aussi désigner les abbesses.
3. you : avoir mais aussi, dans le Bouddhisme, sens
de être.
1359
4, can xue. Can : participer, rendre visite à son
supérieur, réfléchir, assemblée pour la médita-
tion et le prêche.
Xue : étudier, acquérir une connaissance, suivre
la direction d’un Maître.
5. ji. Littéralement machine, ressort, force mo-
trice ; par extension cause, motif. Ce terme
exprime l’idée d’une dynamique qui fait avancer
spirituellement l’être humain.
Kôan 12 :
1. Ruiyan Shiyan*.
2. zhuren gong. Expression de politesse désignant le
maître d’une maison, son propriétaire, l'hôte qui
accueille. Z4z est un mot qui entre dans la composi-
tion de nombreux noms communs et signifie : chef
d’État, prince, seigneur, gouverneur, etc. En tant
que verbe, il indique le sens de gouverner, proté-
ger, diriger, prendre soin de.
Ren : homme.
Gong : duc, père, mâle, officiel.
3. ve hu : cf. kGan 2, note 6.
4, ski, en sanskrit : u#/fana : perception, connaïis-
sance, conscience.
S. shen : esprit d’origine humaine ou céleste,
principe vital mais aussi esprit au sens de divinité ;
spirituel, supranaturel.
6. jie. Cf. küan 9, note 3.
7. œu liang (en sanskrit : cpramäna) : incommen-
surable, sans limite.
140
Wu : sans.
Liang (en sanskrit : pramäna) : mesure, capacité,
longueur, délibérer, talent.
On notera qu’il existe aussi Quatre Incommen-
surables:
— bonté {«);
— pitié, compassion (bei) ;
— joie (xi);
— sacrifice de soi-même {s4e).
1. Deshan Xuanjian*.
2. Xuefeng Yicun*.
3. Yantou Quanhuo*.
4. shize : littéralement celui qui sert, qui tient
compagnie, le domestique. Dans le Bouddhisme,
désigne le disciple qui non seulement sert le Maître
avec diligence mais aussi écoute son enseignement.
5. sheng zuo : littéralement monter sur le siège. Le
Maître s’assoit sur une sorte de petite estrade légè-
rement surélevée qui forme ainsi une place d’hon-
neur devant les moines.
6. fian x1a : dans l’Empire, en ce bas monde.
Kôüan 14
1. Nanquan Puyuan*.
2. da xhong, en sanskrit : mahäsangha. L'assemblée
complète des moines.
141
3. zhan : décapiter, couper en deux.
4, Zhaozhou Congshen*.
5. xu:vide, creux, mais aussi faux, vain, illusoire,
mensonger, inutile.
Kôan 15
1. Dongshan Shouchu*.
2. Yunmen Wenyan*.
3. hu nan : Sud du lac. C'est-à-dire : au sud du lac
Dongting (Dongting hu). Ce célèbre lac se situe au
nord de l’actuelle ville de Changsha. Il occupe la
partie nord-est de la province du Hunan. La déno-
mination commune a fourni le nom propre à la pro-
vince.
4, jiang xi : à l'Ouest de la J'iang, c’est-à-dire le
Chang Jiang, le « Long Fleuve » appelé « Fleuve
Bleu >» par les Occidentaux. Nom propre de la pro-
vince du Jiangxi, située à l’Est du Hunan.
5. De nombreux monastères se situaient dans ces
deux régions et les moines prirent l’habitude de
se chercher un Maître en sillonnant l’un et l’autre
site.
6. Voir #üan 11, notes.
7. xing :nature fondamentale.
Kôan 16
1. Yunmen Wenyan*.
2. gi tiao :robe du moine, composée de sept pièces.
142
3. can chan.
4, xue dao.
S. sheng (en sanskrit : sabda) : son, voix, intona-
tion. Un des cinq sens. Permet la transmission
de la doctrine, l’étude des textes et leur récitation,
etc.
6. se : littéralement couleur (en sanskrit : r#pa).
Signifie apparence, forme, matière, chose,
visible, sensible, monde phénoménal.
7. shi : chose, matière, affaire, mais aussi action,
pratique (à l’opposé de théorie), phénomène.
8. Nombre indiquant l’idée d’infini.
Kôüan 17
Kôan 18
1. Dongshan Shouchu*.
2. jin :unité de mesure, variable selon les époques.
Elle équivalait à environ une livre.
3. Littéralement : ger, le foie (cf. #üan 7, note 5) et
chang, les intestins (cf. #üan 7, note 6).
143
Kôüan 19
1. Zhaozhou Congshen*.
2. Nanquan Puyuan*.
3. dao.
4, xin, au sens d’esprit.
S. jue.
6. wu ji : littéralement sans note, sans mémoire,
c’est-à-dire ce qui ne se note pas, ne se retient pas,
ce quiest neutre. Cette expression fait partie des ser
xing, les Trois Types de Caractères (x/rg : nature
fondamentale) :
— shan, le bon;
— e, le mauvais;
— u ji, le neutre.
7. tai xu.
8. Du yi.
9. dun wi.
10. ci : cent, indique la multitude.
Kôüan 20
1. Songyuan Chongyue*.
2. Cf. £6an 7, note 6.
3. xiang shui haï. La mer parfumée entoure le mont
Sumeru. Cette montagne, selon la cosmologie
indienne, se situe au centre du monde.
4, si chan tian. Il existe quatre cieux du dkyäna
(Chan), chacun divisé en plusieurs autres cieux.
144
— chu chan tian. \| comprend trois cieux dont
les habitants ne possèdent ni organe gustatif ni
organe olfactif et ne mangent pas ;
— erchan tian. Ceux qui peuplent ces trois cieux sont
dépourvus des cinq organes. Ils ne possèdent que
l'organe de l’esprit ;
— san chan tian. Composé de trois cieux. Ceux qui y
habitent ont un esprit qui connaît la joie ;
— si chan fian. Composé des neuf brzhmäloka où se
retrouvent les morts qui ont accédé de leur vivant
à un haut degré de spiritualité.
Kôüan 21
1. Yunmen Wenyan*.
2. On utilisait autrefois cet instrument en guise de
papier-toilette.
3. caoshu : écriture d’herbe. Genre calligraphique
où les traits des caractères sont liés entre eux. Ce
style cursif permet de prendre rapidement des
notes.
Kôüan 22
1. Anan:Ananda*.
2. Jiaye : Käsyapa*.
3. shizun : cf. kôan 6, note 1.
4, jin lan jia sha (en sanskrit : #4s4ya) : tunique bro-
dée de fils d’or.
145
S. cha gan. Cha est l’abréviation de haduoluo (en
sanskrit : #setra). Ce terme signifie à la fois : terres,
pays, univers, mât, monastère. Gar : canne de
bambou, perche, hampe. Cha gan (en sanskrit:yas#r)
désigne le mât d’un monastère. Orné d’une bannière,
une boule dorée le surmonte, symbole du Boud-
dhisme.
6. lingshan. Noir küan 6, note 2.
7. Piposhi = Vipasyn en sanskrit. Le premier des
sept bouddha : Vipasyn, Sikhin, Vi$vabhüû, Krakuc-
chanda, Kanakamuni (Konagämana), Käsyapa et
Säkyamuni. Après ce dernier, viendra le bouddha
du futur:Maitreya.
8. yir, principe féminin.
9. yang, principe masculin.
Kôan 23
1. Il s’agit de Huineng*.
2. shang zuo. Littéralement siège supérieur, au
sens honorifique.
3. C’est à la suite de la transmission secrète de la
succession de Hongren à Huineng que cette his-
toire se place. Huineng fut longtemps pourchassé
par des moines en colère qui lui préféraient
Shenxiu. (Cf. liste des Maîtres).
4, Dayuling : chaîne de montagnes chevauchant la
frontière méridionale de la province du Jiangxi et
celle septentrionale de la province du Guangdong.
5. La robe y; et le bol Z0 symbolisent la passation
d’un patriarcheà son disciple.
146
6. xin : foi, croyance, confiance, sincérité, fidé-
lité. Faculté de l’esprit à appréhender la religion, à
mettre sa confiance dans le Bouddha.
7. yuan xing she. Yuan désigne le désir, le vœu
(notamment l’intention de devenir houddha). Xing
(au quatrième ton) : conduite, action. Ensemble,
yuan xing, désignent le désir et l’action inhérents à la
progression de l’esprit dans la voie du Bouddhisme.
8. benlai mianmu.
9. da wi.
10. 277 mianmu.
11. C'est-à-dire celle dirigée par Hongren (Hon-
gren Daman), le Cinquième Patriarche, sur le mont
Huangmeiï (« prunes mûres »).
12. x/ng zhe : désigne celui qui pratique le Boud-
dhisme, le bonze errant, l’ascète qui voyage et
cherche à se débarrasser de toutes les contingences
matérielles. On notera que ce même terme s’ap-
plique aussi à un jeune homme qui n’est pas moine
mais sert un supérieur de monastère.
Kôüan 24
1. Fengxue Yanzhao*.
2. li : littéralement quitter, se séparer, s’écarter.
Dans le Bouddhisme, associé à wei :esprit. (Cf. note
suivante).
3. wei : au sens littéral petit, menu, cacher,
décroître, subtil, mystérieux (en sanskrit
säksma). Par extension, dans le Bouddhisme,
désigne le fonctionnement subtil et mystérieux
147
de l’esprit. Ensemble, # (cf. note précédente) et
æei expriment ce qui est à part du monde phéno-
ménal.
4. tong : pénétrer, passer, communiquer mais
aussi comprendre, pénétrer par l'intelligence.
5. Parrapportau calendrier occidental, l’année chi-
noise débute un jour non fixe compris entre la fin de
notre mois de janvier et le début de notre mois de
février. La troisième lune (ou troisième mois, le mot
yueestidentique en chinois) correspond à peu près à
mars-avril.
6. Jiang : c’est-à-dire du Chang Jiang, le « Long
Fleuve » ou « fleuve Bleu ».
7. bai hua : Cent indique la multitude.
8. ji: voir #6an 11, note 5.
9, san mei : voir #üan 1, note 14.
Kôan 25
1. Yangshan Huiji*.
2. Mile: voir £6an 5, note 4.
3. zun.
4. bai chui : voir #ôan 2, note 10.
S. shuo fa : exposer, expliquer, prêcher la doc-
trine.
6. Maheyan fa où Maheyan’na fa. Transcription du
sanskrit Mahäyäna « Grand Véhicule ». Se dit aussi
en chinois : da sheng.
7. Siju :
— l’existence;
— la non-existence;
148
— l’existence et la non-existence ;
— pas d’existence et pas de non-existence.
8. bai fe. Ici, le nombre indique l'infini, la démulti-
plication sans fin.
Kôüan 26
1. Nom du temple.
2. xhai. Ce caractère possède le premier sens de
purification, abstinence. Il désigne aussi le jeûne
après midi et, par extension, le repas avant midi.
3. Fayan Wenvyi*.
4, guoshi. Titre honorifique. Le premier à le rece-
voir fut Nanyang Huizhong*.
S. tai kong. Au sens propre, kong désigne le vide,
l'espace ; 41 kong, également. Dans le Boud-
dhisme, le caractère chinois #org traduit plus par-
ticulièrement les termes sanskrits sŸ#ya ou sÂnyarà :
le vide fondamental de toute chose, la vacuité, la
non-existence, l’immatérialité, l’espace.
6. wu zong, c’est-à-dire le Chan (Zen).
Kôüan 27
1. Nanquan Puyuan*.
2. xin, au sens d’esprit.
3. œæu : les choses en général mais aussi les êtres,
tout ce qui est matière.
149
Kôan 28
1. Deshan Xuanjian*.
2. Longtan Chongxin*.
3. yi : à progresser dans la connaissance de la Loi.
4, daoki : littéralement principe de la Loi, c’est-
à-dire : vérité, doctrine, principe, les principes du
Bouddha.
S. rian xia : cf. kôan 13, note 6.
6. sheng zuo : cf. kôan 13, note 5.
7. jian shu : Allusion à /an shan, la Montagne des
pées, appelée aussi /2n shu diyu l'enfer des
arbres-épées. (En sanskrit : asipattra). Un des seize
enfers, composé d’arbres dont les feuilles sont des
épées. (Pour l’enfer, voir plus loin, #64» 44, note 3.)
8. Il avait rédigé un commentaire sur le SÂrra du
Diamant. Voir note 17, ci-dessous.
9, fa rang, le bâtiment principal où l’on enseigne.
10. xvan : sombre, caché, obscur, subtil, mysté-
rieux, abstrus.
11. 00 : poil long et fin, quantité infime.
12. xs : vide, vacant, espace, sans substance et
sans forme (en sanskrit : s#»ya).
13. ;i:cf. #ôan 11, note 5. Mais aussi, sens de secret,
occulte, important.
14. chu guan. Peut se comprendre de deux
manières :
— sortir de la passe, c’est-à-dire passer une fron-
tière. Deshan Xuanjian était un natif du Sud-
Ouest et se rendit dans la partie méridionale du
pays afin de mieux connaître l’École du Sud fon-
dée par Huineng* ;
150
— dépasser la barrière : gyan est une allusion
au titre Wwmenguan. Deshan Xuanjian n’a pas
encore atteint l’Illumination.
En fait, Wumen Huikai cite une époque où Deshan
Xuanjian vit encore dans sa région natale et, dans
ce cas, bien sûr, il n’a pas encore connu l’Illumina-
tion puisqu'il n’a pas encore rencontré son Maître
Longtan Chongxin*.
15. Deshan Xuanjian considérait l’École du Sud de
Huineng comme une doctrine hétérodoxe. En par-
tant vers le Sud à la rencontre de ces Maîtres, il
comptait bien la contrer... il finit par l’embrasser./z40
wai, hors de l’enseignement, désigne la doctrine
qui se transmet de Maître à disciple sans l’appui des
textes. Son contraire, l’enseignement intérieur,
jtao nei, fait référence aux tenants de l’étude des
textes. Biezhuan transmission séparée fait allusion
aussi à cette tradition de l’enseignement oral.
16. Voir ci-dessous note 21.
17. Jingang jing. Abréviation de Jingang neng duan
banruo boluomi jing Sûtra de la Perfection de la Sagesse,
Taillée comme un Diamant. En sanskrit : Varacchedikà
— prâjñäpäramità — sûtra. Sûtra traduit par Kumära-
jiva. Met en exergue l’idée que la sagesse du
Bouddha est parfaite comme le diamant.
18. guoqu xin (xin : cœur, esprit).
19. xzanzai xin.
20. weilai xin.
21. Ils’agit d’une sorte de jeu de mots intraduisible
en français. Au début de la conversation, Deshan
désire acheter un petit quelque chose à manger et
dit tout simplement : #ai dianxin. Dianxin signifie
151
sâteau, collation, etc. Mais ce terme peut aussi se
décomposer et se comprendre par pointer/dési-
gner/indiquer {dian) le cœur/esprit (xin). La vieille
femme ne répond pas à la question du moine et fait
allusion à une nourriture plus spirituelle en
concluant : yao dian na ge xin ? Ce qui, en fait, peut
se comprendre dans les deux sens : se restaurer
l'estomac... ou... s’intéresser à l’esprit.
22. Il est coi devant une question d’un tel niveau
intellectuel.
23. . Unité de longueur variable équivalant à
500 mètres environ.
Kôüan 29
1. Huineng*.
2. li. Au sens propre : veines du jade ou du bois.
Mais aussi : vérité, doctrine, principe. Dans le
Bouddhisme : principe ou loi fondamentale,
intrinsèque ; vérité absolue.
3. xin : cœur.
Kôan 30
1. Mazu Daovi*.
2. Damei Fachang*.
3. ji xin shi fo (ou : ji xin jifo, comme il est indiqué
dans le titre). Jz : au sens propre, se traduit par
approcher, tirer vers ; immédiatement. X?7 :
cœur, esprit. 7 xin : de l’esprit, mental. S#; : être.
152
Fo : Bouddha. Cette sentence de quatre caractères,
du Mahäyäna, est à rapprocher de son contraire, à la
forme négative : fer xin fei fo. On la trouve dans la
bouche du même Mazu Daoyi au #6an 33.
4. ding : tranquille ; fixer, déterminer. On notera
que ce terme désigne aussi, dans le Bouddhisme, la
concentration de l'esprit, dans la contemplation
(voir : samädhi, kôan 1, note 14).
Kôüan 31
Kôüan 32
153
Le Bouddhisme les classe en divers groupes.
. shizun. Noir : kan 6, note 1.
.You Yan.
.Du Yan. Wu : SANS, néant.
.da ci da bei.
.mi:égarer, illusionner.
DNO
&
R
UN Ananda*.
Kôan 33
1. Mazu Daoyi*.
2. xin ‘esprit.
3. fei xin feifo : cf. kôan 30, note 3.
Kôan 34
1. Nanquan Puyuan*.
2. xin ‘esprit.
3. zhi : connaissance, sagesse.
4, dao.
Kôan 35
1. Wuzu Fayan*.
2. Qian nü. Allusion à un conte populaire de la
Dynastie Tang (618-907). Une jeune fille est fiancée
à son cousin mais son père revient sur sa parole
et décide de la marier à un haut fonctionnaire.
Furieux, le jeune homme quitte la ville sur son
154
bateau. Joie immense, en pleine nuit, une voix
l'appelle juste avant d’embarquer : sa promise le
rejoint ! Ils fuient ensemble. Bien des années après
cet événement, le couple est pris de remords : leur
union est honteuse puisque le père ne l’a pas
approuvée. Ils ont deux enfants et leur famille leur
manque. Le jeune homme se présente à son oncle
et plaide amende honorable. Il apprend alors avec
stupéfaction que la jeune fille est cloîtrée dans sa
chambre depuis son départ ! Elle est en proie à une
maladie et s’étiole de tristesse. Mais. elle se trouve
pourtant sur le bateau... A l’annonce de cette nou-
velle, la jeune malade retrouve vigueur. Elle se pré-
cipite vers son double de l’embarcation : son âme est
revenue ! Gracieuse ne fait plus qu’une.
3. Il s’agit ici des âmes #u. Les Chinois possèdent
plusieurs âmes divisées en deux sortes : les #ur et
les po. Les âmes #ur sont les âmes spirituelles
claires. Elles s’envolent après la mort. Les po, les
âmes sensitives, sont troubles et demeurent auprès
du défunt. Des offrandes sont présentées après le
décès aux âmes #u qui continuent, si l’on peut dire,
de vivre.
4, ke : enveloppe dure : écorce, coque, coquille,
écaille, carapace.
S. /u0 tang pang xie. Locution en quatre caractères
signifiant : être désemparé.
6. qi shou ba jiao. Expression en quatre caractères
figurant la confusion.
7. wan fu. Terme générique : bonheur infini, par-
fait.
155
Kôüan 36
1. Wuzu Fayan*.
Kôan 37
1. Wuzu Fayan*.
2. Textuellement : s#ui gu niu. Niu : terme géné-
rique désignant l’ensemble des bovins : taureau,
vache, bœuf, buffle, etc. SAui niu : bœuf d’eau,
désigne le buffle. Gz : taureau. On notera que le
Bouddha est parfois appelé ri wang le roi des
bœufs.
3. chuang ling. Fenêtre ornée d’une sorte de treil-
lage de bois ou de fer.
4. yin, cf. küan 2, note 5.
5. s1en. Les Quatre Bienfaits sont :
— le bienfait envers son souverain (guowang xhi
en);
— le bienfait envers ses parents (fumu zhi en) ;
— le bienfait envers les êtres vivants (z/4ongsheng
zhi en) ;
— le bienfait envers les Trois Joyaux {san bao zhi en).
Les Trois Joyaux (en chinois : s7» bao, en sanskrit :
triratna):
— le Bouddha fo ;
— la Loi du Dharma /z ;
— la communauté monastique sangha (seng : en chi-
nois).
6. san you, équivalent de san fie : les Trois Mondes
(en sanskrit : r#/oka ou trailokya) :
156
— le Monde des Désirs Sensuels yx jie (kämadhätu) ;
— le Monde de la Matière, de la Forme se jte (râpa-
dhätu) ;
— le Monde Sans Matière, sans Forme de l'Esprit
œu se jte (arñpadhätu).
Kôüan 38
1. Zhaozhou Congshen*.
2. Il s’agit de Bodhidharma*.
3. wu : néant.
4. Shijia. Transcription chinoise du sanskrit Säkya
(ou : Cakya ou encore Shäkya), nom de la famille
du Bouddha, Siddhärta Gautama. Leurs souverains
régnèrent dans une région qui correspond au Népal
méridional actuel. Leur capitale se nommait Kapi-
lavastu. Le Bouddha y naquit.
5. Mile (ou Miluo). Voir £ôan 5, note 4.
6. ski. Voir : #üan 16, note 7.
7. ji. Voir : #üan 11, note 5.
Kôüan 39
1. Yunmen Wenyan*.
2. hesha. Allusion au Gange.
3. Zhangzhuo : lettré qui avait passé les examens
officiels (il avait réussi le grade de shenxiu, ce que
nous rendons par talentueux). Il suivit l’enseigne-
ment de Shihuang Qingzhu.
4, Sixin Wuxin*.
157
S. gu wei :
Gu : orphelin, seul, isolé, unique, solitaire.
Wei : dangereux, élevé, escarpé, haut.
6. ski. Au sens de professeur, de sage.
Kôan 40
1. Guishan Lingyu*.
2. dian zuo.
3. Baizhang Huaihaï*.
4, Nom de la montagne où se situe le futur monas-
tère.
5. skou zuo : littéralement place d'honneur.
6. jing ping : c’est-à-dire de l’eau potable.
7. zhong : lourd, au second degré grave, sérieux.
8. ging : léger, au second degré facile, frivole.
Kôan 41
158
7. Bodhidharma était déjà âgé à cette époque. Une
légende voudrait que des moines envieux aient
tenté de l’empoisonner. Il perdit alors ses dents.
8. li :unité de longueur. L'expression « dix mille 4»
est un terme générique indiquant une longue dis-
tance, incalculable.
9. Bodhidharma se rendit d’Inde vers la Chine et
débarqua à Canton.
10. wu feng gi lang. Cette expression en quatre
caractères indique l’idée de chercher des histoires
à quelqu'un sans raison.
11. /u gen. Les Six Organes des Sens (#rdriya) :
— œil (yen);
oreilles (er) ;
— nez (bi);
langue (ske) ;
corps (shen) ;
— pensée, esprit, intelligence (y1).
12. Allusion au Maître Xuansha Shibei (835-908 ;
Dynastie Tang). Pêcheur illettré jusqu’à l’âge de
trente ans, Xuansha Shibei n’était même pas
capable de lire les quatre caractères gravés sur une
pièce de monnaie. Pourtant, il finit par entrer dans
un monastère où il rencontra Xuefeng Yicun* qui
devint son Maître. II fut lui-même un grand Maître,
à l’origine de l’Ecole Fayan.
13. ysr, cf. Füan 2, notes.
14. 541, cf. £ôan 16, note 7.
159
Kôüan 42
160
9. da shi (en sanskrit : mahäsattva) : titre donné au
Bouddha aux bodhisattoa et aux bouddha. Transcrit
les notions de noble, grand, sage. En chinois 54;
signifie aussi lettré, fonctionnaire, soldat.
10. Shijia, cf. #6en 38, note 4.
11. gifo : (en sanskrit : szpta buddha). Ce sont:
— Piposhi (Vipasyn) ;
— Shiqi (Sikhin);
— Pishepo (Visvabhôü) ;
— Julousun (Krakucchanda) ;
— Junahanmouni ou Junahan (Kanakamuni) ;
— Jiaye (Käsyapa);
— Shijia (Säkyamuni).
12. chu di : di désigne la terre mais également la
région, le sol (en sanskrit : prfhivi). Dans le Boud-
dhisme, 4 fait référence aussi au rang spirituel
atteint par un bodhisarrva vers l’état de bouddha. Ces
grades sont au nombre de dix (s# di, en sanskrit :
dasabhâñmi).
13. 541 : connaître, savoir, avoir conscience de,
percevoir (en sanskrit : uf/näna).
14. ye : (en sanskrit : acte, action). Toute action
implique une rétribution, une conséquence, dans
une autre vie.
15. da ding : (en sanskrit samädhi) : voir note 5 ci-
dessus et £üan 1, note 14. ,
16. nagie:(en sanskrit: #@ga). Etres bienveillants et
protecteurs. Divinités aquatiques qui apportent la
pluie. Serpents, à l’origine, ils sont plus particulière-
mentreprésentés en Chine etau Japon sous la forme
de dragons.
161
Kôan 43
1. Shoushan Xingnian*.
2. nian : cf. kôan 6, note 3.
3. zhu bi : (en japonais : skippei) bâton de bambou
d’une cinquantaine de centimètres qui servait à sti-
muler les disciples (aide à la concentration, obten-
tion de l’Éveil) par un coup assené à un moment
approprié (il ne s’agit en aucun cas d’une punition).
4, chu : toucher, contact. Impliquant l’idée de
souillure, due au monde extérieur.
5. bei : dos, tourner le dos, en opposition.
Kôan 44
1. Bajiao Huiqing*.
2. zhang : bâton servant notamment de canne, de
soutien, lors d’un déplacement ou d’une pérégrina-
tion.
3. diyu : littéralement la prison de la terre (en
sanskrit : zaraka). Le Bouddhisme reconnaît trois
sortes d’enfers :
— l’enfer central qui comprend les huit enfers brû-
lants et les huit enfers froids ;
— les enfers secondaires ;
— les enfers isolés dans les montagnes et les déserts,
au-dessus et au-dessous de la terre.
Yama est le maître des enfers.
4. shen : profondeur. gian : superficiel, peu pro-
fond.
162
S. song feng. Dans le Chan désigne la doctrine éla-
borée par le fondateur de l’École.
Kôüan 45
1. ski zu.
2. Ils’agit de Wuzu Fayan*.
3. Shijia : voir £6an 38, note 4.
4, Mile ou Miluo: voir #6an 5, note 4.
. Ja: il, lui, mais aussi l’autre en opposition à & :
soi-même.
Kôan 46
1. Shishuang Chuyuan*.
2. chi : mesure de longueur qui oscilla au cours des
époques entre 20 et 35 centimètres.
3. Allusion à Changsha Jingcen*.
4. shifang shijte : les quatre points cardinaux (Nord,
Sud, Est, Ouest) accompagnés des points collaté-
raux (Nord-Est, Sud-Est, Nord-Ouest, Sud-Ouest)
ainsi que le nadir et le zénith.
5. ding men yan :il s’agit de l’œil placé sur le front de
Mahes$vara (en chinois : Moxishouluo, ou Daizi-
zaitian ; en japonais : Makeishura Ten, ou Daijizai
Ten). Mahe$vara est un aspect bouddhique du dieu
de l’Hindouisme, Shiva, lui-même dieu de la des-
truction qui sait aussi anéantir l'ignorance (av:4yà;
en chinois : wu ming) signifie littéralement sans
lumière).
163
Kôan 47
1. Doushuai Congyue*.
2. bo cao can xuan : c’est-à-dire extirper l'ignorance
et rechercher le sens caché de la doctrine du Boud-
dha.
3. xing : cf. küan 1, note 2.
4, shi:(en sanskrit : v#/#@na) percevoir, discerner,
comprendre, connaître.
5. au moment de mourir.
6. si da (en sanskrit : mahäbhäta) : les Quatre
Grands ou les Quatre Mondes sz7e sontles Quatre
Éléments qui composent toutes les choses : Terre,
Eau, Feu, Air.
7. yuan : voir kGan 2, note 13.
8. zong.
9. 71e : voir #üan 9, note 3.
10. wv lang : voir #üan 12, note 7.
11. 54: : voir £6an 16, note 7.
Kôan 45
1. Yuezhou Qianfeng*.
2. bhagavän où bhagavat : (en chinois : hogte fan)
vénérable, révéré. Ce terme s’applique aux houd-
dha.
3. shi fang : voir #üan 46, note 4.
4. niepan : abréviation de riepan'na, transcription
du sanskrit ##rv0äna. Le nirväna désigne la mort, non
comme un drame signifiant la fin de la vie, mais en
tant que suppression de la vie vers un état de béati-
164
tude. Celui qui entre dans le rirväna se débarrasse
des souffrances de la vie, n’est plus astreint aux réin-
carnations, se libère totalement pour entrer dans
l’Absolu.
5. nian : voir £ôan 6, note 3.
6. xhang : voir #üan 44, note 2.
7. Yunmen Wenyan*.
8. san shi san tian : (en sanskrit : frayastrim$as) le
trente-troisième ciel est le lieu où habite le dieu
Indra. Sa capitale, Sudarsana (en chinois : Shu-
sheng), est située sur le mont Sumeru. (Voir note
suivante.) /
9. Dishi : en sanskrit : Sakra ou Indra. Indra règne
sur les trente-deux va (divinités) qui habitent sur
les trente-deux sommets du mont Sumeru (huit pics
localisés sur chacun des quatre points cardinaux.)
Les êtres du peuple de Sudarsana vivent 1 000 ans.
10. cher : (en sanskrit : guna) il s’agit de la poussière
du monde (lieu de souillure), des sensations qui per-
mettent d'appréhender le monde par les six sens :
vue, odorat, toucher, ouïe, goût et pensée.
11. zong sheng : c’est-à-dire la doctrine propre à
chaque Ecole.
_ LISTE DES MAÎTRES
CITÉS DANS LE WUMENGUAN
ANANDA/Anan
166
indienne, il participa au Premier Concile boud-
dhique.
(kôan 22, 32)
167
chinois. Bodhidharmaétaitindien, peut-être fils
de roi. Assez âgé, il s’embarqua pour la Chine ; il
accosta à Canton puis vint visiter l'Empereur
Wu (502-549) de la Dynastie Liang (502-557)
dont le siège de la capitale se situait à Nankin.
Bien que l'Empereur appréciât le Bouddhisme,
la conversation tourna court. Bodhidharma se
rendit alors au monastère Shaolin sur la mon-
tagne Song (province du Henan) où il resta neuf
années en méditation face à un mur. Il transmit
le patriarcat à Huike, puis, on perdit sa trace : il
retourna peut-être en Inde à moins qu'il ne
mourût en Chine à un âge avancé.
(kan 2, 4, 41)
BOUDDHA
168
CAOSHAN BENJI/Sôzan Honjaku
169
DESHAN XUANJIAN/Tokusan Senkan
170
FAYAN WENY1/Hôgen Buneki
Li
ciples dont Yangshan Huiji avec qui il fonda
l’École Guiyang (Igyô en japonais).
(kôan 40)
(#ôan 4)
172
HUIKE/Eka
HUINENG/Enô
173
ses tâches ménagères et répondit plus subti-
lement encore. Cette joute oratoire créa la
première scission du C#ar. Hongren reconnut
Huineng pour successeur mais il dut agir en
cachette et de nuit, l’encourageantensuite à fuir
vers le Sud. Huineng dut attendre de nom-
breuses années avant de révéler son identité et
de pouvoir prêcher ; en effet, des partisans de
Shenxiu le poursuivirent longtemps de leur
fureur au point de tenter de l’assassiner. Cette
querelle alla plus loin qu’une simple passation
de pouvoir. Shenxiu devint le chef de l’Ecole
du Nord qui mettait en exergue l’obtention de
l’Ilumination par l'étude des s/ra (Gradua-
lisme) tandis que l’École du Sud de Huineng
s’attachait à l’Illumination soudaine (Subi-
tisme). L'École du Nord déclina: Huinengreste
dans l’Histoire comme le Sixième Patriarche.
(kôan 23, 29)
JUZHI/Gutei
174
KASYAPA ou MAHAKASYAPA (en chinois :Jiaye ; en
Japonais : Dai Kashô)
175
verbalement que physiquement, ni à leur don-
ner des coups de bâton.
(kôan 30, 33)
176
RUIYAN SHIYAN/Zuigan Shigen
177
SIXIN WUXIN/Shishin Goshin
178
XIANGYAN ZHIXIAN/Kyôgen Chikan
179
YANGSHAN HUII/Kyôzan Ejaku
828-887
Ce disciple et successeur de Deshan Xuan-
jian connut une fin tragique. Des brigands atta-
quèrent son monastère. Les moines, apeurés,
s’égaillèrent sauf Yantou Quanhuo, plongé dans
la méditation. Furieux de ne rien trouver à
piller, les malfrats massacrèrent le Maître. Avant
de périr, celui-ci poussa un cri retentissant dont
le sens reste, depuis, un sujet de réflexion pour
les novices.
(#6an 13)
180
YUE’AN SHANGUO/Gettan Zenka
181
ZHAOZHOU CONGSHEN{T6shû Jâshin
183
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Maître Chan du viir siècle. Paris, Les Deux
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Liste des maîtres cités dans le Wumenguan 166
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CET OUVRAGE A ÉTÉ REPRODUIT
ET ACHEVÉ D'IMPRIMER SUR ROTO-PAGE
PAR L'IMPRIMERIE FLOCH À MAYENNE
EN FÉVRIER 1995
Éditions du Rocher
28, rue Comte-Félix-Gastaldi
Monaco
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ujourd'hui, on connaît surtout le chan par son nom
japonais, à savoir le zen.
Importé d'Inde au VI: siècle par Bodhidharma lors-
qu'il accosta à Canton, le chan allait révolutionner le
bouddhisme chinois. Syncrétisme du bouddhisme et de l'esprit
taoïste, le chan se transmet de maître à disciple. L'adepte
cherche à obtenir l’illumination par la méditation (chan) : il
prend conscience de sa nature, du Vide et de l’Un. Une spécifi-
cité du chan tient à l'usage du koan (prononciation japonaise
du gong'an), sorte de paradoxe que le maître soumet à son
disciple et qui est censé le conduire à l'illumination.
On dénombre à peu près 1 700 koan. Au XII: siècle, un moine
chinois, Wumen Huikai, rassembla les 48 plus célèbres. Il y
ajouta un commentaire personnel et intitula sa compilation
Wumenguan, « La Barrière Sans Porte ». Lorsqu'il revint dans
sa patrie en 1254, le Japonais Kakushin avait, dans ses bagages,
un exemplaire du Wumençuan qu'il diffusa dans son pays
avec un immense succès. Il propagea ainsi la méthode des
koan et introduisit les principes de l'École /inji (rinzai).
Le Livre de la sagesse zen propose une nouvelle traduction
annotée des 48 koan du Wumenguan. Le lecteur y découvrir:
ainsi les plus brillantes questions posées par les grands
maîtres du zen ; à lui d'y trouver sa propre réponse.
9388093 Sd 95F
ISBN 2 268 019233
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