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PRATIQUE
DE
LA PETITE SOMME
Livres II, III, IV, V
CHRISTOPHLE LE PARISIEN
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En la première partie de la présente pratique,
nous traiterons de la composition du grand
menstruel et eau bénie des philosophes
A
yant sous la plus grande brièveté qu'il m'a été
possible, achevé cette première partie théorique de
cette Petite Somme, et satisfait à toutes vos
demandes, voulant poursuivre la pratique de cette
médecine bénie de philosophes et la nôtre, nous avons
ordonné de la traiter et décrire en nôtre seconde partie de
cette Petite Somme, selon la promesse que je vous ai faite,
fils très aimé, laquelle seconde partie pratique, nous
commencerons au nom du très glorieux Dieu éternel, de son
infinie miséricorde, à son honneur et louange, et à vôtre
profit et utilité, et des pauvres de nôtre seigneur Jésus christ,
son fils unique, et nôtre très vrai sauveur, et rédempteur de
nôtre nature humaine avec son très saint et précieux sang
répandu sur le bois de la sainte croix, pour nous autres,
misérables pêcheurs, ses serviteurs indignes.
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Cette seconde partie pratique, est par nous,
divisée en cinq parties principales
*En la première nous traiterons de la création du grand
menstruel, avec d'autres menstruels, par les moyens
desquels, s'accomplit plus facilement tout le glorieux
magistère.
*En la seconde nous décrirons la création du plus grand
mercure.
*En la troisième nous traiterons de la dissolution des corps,
à savoir, de la conjonction desdits corps, avec ledit plus
grand mercure.
*En la quatrième nous décrirons la séparation des éléments.
*En la cinquième et dernière partie, nous traiterons de
l'union du mercure philosophique avec sa terre.
Toutes ces parties bien entendues, nous mettons toute nôtre
présente pratique, sous le péril de vôtre âme, que vous ayez
à la sceller, et à la cacher secrètement, et œuvrer en temps et
lieu, à vôtre nécessité, et des pauvres de nôtre seigneur
Jésus christ.
La première et principale partie, se divise en cinq parties ou
chapitres, qui s'ensuivent.
-Le premier chapitre est du moyen de composer B
-Le second, du moyen de composer C
-Le troisième, du moyen de composer D
-Le quatrième, du moyen de composer E
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-Le cinquième, et dernier de cette principale partie, est du
moyen de la sublimation de F
La seconde principale partie pratique est divisée en quatre
parties ou chapitres
- Le premier est de la calcination morale du Soleil et de la
Lune
- Le second est de la calcination physique du Soleil et de la
Lune
-Le troisième de la liquéfaction philosophale du Soleil et de
la Lune
- Le quatrième et dernier, de l'exubération des corps
parfaits, laquelle nous appelons autrement, la composition
du mercure majeur, ou argent-vif des philosophes
La troisième partie principale de cette seconde partie, se
divise en deux parties ou chapitres
-Le premier chapitre, est de la composition du mercure
majeur avec les corps des métaux parfaits, lequel divin
mercure, est l'argent-vif exubéré desdits corps parfaits,
laquelle composition nous appelons autrement dissolution
philosophiques des glorieux et bénis corps parfaits
-Le second est de la putréfaction de la susdite composition
au blanc, si l'œuvre est composées au blanc.
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La quatrième partie principale de cette seconde partie
pratique, est de la division et rectification des éléments, et
est divisée en huit parties ou chapitres
-Le premier, est de la séparation du premier élément, à
savoir Eau
-Le deuxième, de la séparation du second élément, à savoir
Air
-Le troisième, de la séparation du troisième élément, à
savoir Feu
-Le quatrième, de séparation de l'huile
-Le cinquième, de la rectification de l'élément de l'eau
-Le sixième, de la rectification de l'élément de l'Air
-Le septième, de la rectification de l'élément de l'huile
-Le huitième, de est de la calcination du feu et de la terre
La cinquième et dernière partie pratique est divisée en six
parties ou chapitres
-Le premier, est de l'union du mercure des philosophes avec
sa terre
-Le second, de la sublimation philosophique, dont se tire le
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soufre des philosophes
-Le troisième, de la rubification du soufre
-Le quatrième, de la fermentation du susdit soufre
-Le cinquième, de la réduction des éléments, sur la terre
sulfurée fermentée
-Le sixième et dernier chapitre de cette cinquième partie de
la seconde partie pratique, est de l'incération de la pierre
aux philosophes, auquel lieu nous faisons fin à toute nôtre
pratique et théorie.
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Ici nous décrirons le moyen de composer l'eau
forte signifiée par B simple, et B composé
Chapitre 1
P renez donc, en la bonté du Dieu éternel, une partie de
sel nitre purifié et deux partes d'alun de roche. Et ne
vous émerveillez pas si nous prenons de l'alun de
roche et que nous laissons le vitriol. Nous faisons ceci pour
deux raisons, la première est, que nous cherchons à
administrer ce divin art avec les choses les plus pures qu'il
nous est possible, parce que toute nôtre œuvre ne consiste
en autre chose, sinon la dépuration des deux luminaires et
les faire plus purs et plus digestes, que ne les a fait la nature,
ne leur voulant pas ajouter des choses impures, comme
serait le vitriol, lequel tient en lui du cuivre, pour être sa
gomme. Ce vitriol, quand il est conjoint avec le sel nitre, par
la force de ses esprits, emmène avec soi une partie de cette
substance. La vérité de ceci, se peut manifestement voir, que
après que l'eau forte est faite, elle est verte, comme vous le
savez, et dissolvant en elle les corps des luminaires, laisse en
eux une nature de cuivre, les faisant moins purs qu'ils le
sont. Lequel fondement serait, et est contre nôtre intention.
De là vient que nous laissons le vitriol. Combien que vous
pourriez dire, que Raymond Lullle œuvrait de celui-ci. Et
brièvement, nous vous répondrons, que Raymond fut un
seul homme, et n'a pu savoir toutes choses. La raison est
celle qui vous gouverne. Par quoi, nous, avec l'expérience
oculata fide, nous voyons qu'il y a plus de pureté en la
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confection du sujet menstruel, et l'eau de l'alun, que celle du
vitriol. Et ainsi, ayant accompli cette composition par deux
moyens, vous ferez l'eau selon la coutume des philosophes,
gardant une partie de celle-ci bien sigillée, et une autre part,
rectifiez avec le sel armoniac des philosophes, selon la
coutume des philosophes, et la nôtre. Ayant fait en cette
manière, vous aurez le menstrue simple, c'est à dire, l'eau
première, laquelle vous aurez séparée, ce menstrue séparé
nous le signifions par B. Et semblablement vous aurez le
menstrue composé, à savoir, celui que vous aurez rectifié
avec le sel armoniac philosophique, lequel menstruel
composé, mêmement, nous le signifions par B, en nôtre
pratique très digne.
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En ce lieu, nous traiterons de purifier C, c'est à
savoir, pour avoir l'eau du secret occulte de
première distillation, e laquelle est son très
précieux sel. Cette eau de première distillation
est signifiée par C.
Chapitre 2
E n après, prends de l'eau de puits, laquelle en nulle
manière ne soit salée, et distilles celle-ci par l'alambic,
ôtant toujours la quatrième partie de toute la quantité
de l'eau que vous avez mise à distiller. Et de ceci ne vous
émerveillez point, que encore l'eau soit un corps homogéné,
toutefois en lui est une partie, laquelle est moins mêlée avec
la terre, et celle-ci est celle que nous enlevons premièrement
par distillation. Ne vous émerveillez aussi, de ce que je vous
dis, qu'en l'eau soit la terre, parce qu'il est impossible que
nous nous puissions avoir un élément qui soit totalement
simple, mais nous les faisons par art, plus purs et plus
simples, que nous le pouvons. Et ainsi, quand vous aurez
une bonne quantité distillé de cette précieuse eau, gardez
cette admirable eau à part, bien close, laquelle nous
signifions par C en cette présente pratique.
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Ici nous traiterons le moyen de rectifier C, et
après, par sublimation d'en séparer son très
précieux sel, signifié par D.
Chapitre 3
N ous avons enseigné, et pratiquement déclaré, les
deux eau nécessaires, lesquelles sont suffisantes
pour la première dissolution, que nous faisons des
métaux, pour vouloir les subtiliser. Il reste à décrire la
troisième eau, laquelle est la clef de tout cet excellent
magistère. Prends donc de la substance mixte (urine
d'homme) laquelle vous fut, par nous, manifestée en ma
dernière lettre, par l'autorité du maître général de l'art, et de
celle-ci, prenez en la distillant par le bain, recueillant
toujours la dixième partie, jusqu'à temps que vous en aurez
une bonne quantité. Et cette dixième partie distillée, mettez
la dans une grande cornue. Et après, en celle-ci, distillez par
les cendres, prenant de celle-ci la moitié seulement, et la
troisième fois, prenant deux parts. Et celles-ci mettez les
dans un grand vaisseau, lequel est celui que je fis faire à
Murano en vôtre présence, avec son grand alambic par
dessus, et avec son grand bec. Et finalement, continuez le
feu en cette distillation, jusqu'à ce que par le bec, vous ayez
tiré tout le sel, lequel est le plus spirituel , que toutes les
choses élémentées dans le monde. Par quoi gardez bien ce
très précieux sel, et diligemment clos, qu'il ne respire. Et
cette eau et ce sel glorieux tiré d'une chose si vile, nous le
signifions par D en nôtre présente pratique.
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En ce lieu nous décrirons le moyen de purifier et
rectifié l'eau de nôtre vinaigre distillé, laquelle
autrement, nous appelons nôtre mercure naturel,
comme il vous sera ouvertement déclaré en
l'alphabet, laquelle eau de vinaigre précieux et
végétable, nous signifions par E.
Chapitre 4
P oursuivant nôtre matière, il reste à décrire une autre
eau, laquelle est vulgaire à tout à chacun, mais la
vertu de celle-ci est ignorée de tous les artistes d'à
présent. Et celle-ci est l'eau distillée du vinaigre très fort,
lequel soit de parfait vin et naturel. La déclaration de la
perfection, duquel est la connaissance de celui-ci, vous
l'aurez en l'alphabet de cette présente Petite Somme et
pratique, lequel vinaigre, vous devez premièrement distiller
par les cendres, ôtant le dernier, qui est le plus près des
fèces, et celui-ci le distillant deux fois par le bain, laquelle
excellente eau, nous signifions par E.
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Ici nous décrirons le moyen de sublimer F, c'est à
savoir, réduire ce F par circulation, en nôtre
quintessence et ciel végétable, lequel ciel et eau
bénie, nous appelons eau de vie, parce qu'elle
donne vie aux métaux, selon ce que vous verrez
être déclaré en nôtre alphabet, lequel ciel et eau
divine, nous signifions par F.
Chapitre 5
L a cinquième et dernière eau en nôtre science bénie et
art, est l'eau de vie faite de bon vin. Du moyen et
pratique de laquelle, je n'entends pas parler, parce
que vous êtes parfait praticien, à faire cette divine eau et
glorieux menstruel, vous enseignant que sans celle-ci, vous
pouvez bien œuvrer avec D, mais il est bien vrai, que si
vous voulez séparer les éléments pour faire l'œuvre plus
précieuse, vous ne pouvez pas la faire sans celle-ci. Et nous
vous remémorons ceci pour raison d'une expérience que
nous avons vue, que voulant séparer les éléments des corps
des métaux sans celle-ci, et de son aide, les éléments ne se
pouvaient avoir, avec la conservation de leur forme, lequel
enseignement, nous voulons qu'il vous soit, pour très
certaine doctrine, afin que jamais vous ne puissiez tomber
en erreur. Laquelle eau divine, est ainsi faite, nous la
signifions par F. Et par ce moyen, vous aurez achevé la
première partie principale de ce second livre, vous
appliquant à la mémoire de ces admirables menstruaux, par
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les cinq lettres alphabétiques, qui sont, B C D E F. Nous
faisons ceci, pour deux respects, le premier pour abréger
nôtre œuvre, après qu'avoir entendu cette science et
pratique abrégée, vous la puissiez mettre en mémoire, et
celle-ci l'écrire en deux lignes. Le second est pour observer
le louable style et manière du très excellent Raymond Lulle
philosophe, nôtre béni précepteur, l'âme duquel soit bénie
éternellement à jamais.
Ici finit la première partie principale de ce second livre.
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Nous avons parachevé la première pratique
principale de ce second livre, et nôtre pratique.
Nous commençons la seconde partie, en laquelle
nous traiterons de la création du menstruel et
mercure majeur, et premièrement, nous
enseignerons la calcination morale et naturelle
du soleil et de la Lune.
Chapitre 1
A
vec tel abrègement qu'il m'a été possible, nous
avons satisfait à la première et principale partie
pratique, de nôtre présente pratique, où nous avons
très clairement traité des menstruaux, lesquels par nôtre
artifice sont opportuns et nécessaires à cette science bénie et
art transmutatoire. Maintenant, il convient de décrire avec
un style suffisant, la seconde principale partie, intitulée, de
la composition du mercure majeur, duquel menstruel ou
mercure, nous vous promettons de traiter et d'écrire en la
présente pratique, pour vôtre vraie et certaine intelligence.
Cette liqueur est la substance des deux luminaires parfaits
exubérés, sans lesquels ne peut procéder aucune voie de
médecine de haute projection. Et lui seul (comme nous
avons fait) nous conduisons une branche de très utile
projection. Au nom du seigneur des vertus, vous prendrez
une once de H, c'est à dire,d'or mis en très subtiles lamines,
et celui-ci vous le dissoudrez en huit onces de B composé, et
par L, enlevez B de dessus H. Et après mettez dessus ledit H
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séparé de B, six onces de C, l'élevant par L. En cette
manière, vous ferez deux fois, épanchant C sur ledit H,
séparant H par L. Après prenez cet H ainsi subtilisé, et une
autre fois dissolvez le en huit onces de B simple. Lesquels
deux corps séparément dissouts en ladite, vous les
conjoindrez en un, et l'eau de H et G, la distillant par K,
jusqu'à temps que la matière soit sèche. Et par ce moyen
vous aurez achevé la morale, ou bien vulgaire calcination,
du Soleil et de La lune, signifiés par H et G, lesquels
admirables corps calcinés ensemble, nous dénotons par B .
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Ici nous traiterons de la calcination
philosophique du Soleil et de la Lune, qui suit
après la calcination vulgaire susdite.
Chapitre 2
M on fils, ayant à traiter et révéler la seconde partie
principale très secrète de cette pratique bénie,
laquelle est de la calcination philosophique du
Soleil et de la Lune, laquelle nous voulons décrire en ce
présent chapitre, moyennant la grâce du bien heureux et
précieux nom du béni père céleste, nôtre seigneur, étant
toujours glorifié par nous, et loué des innombrables grâces,
que sa divine majesté nous a octroyée. Partant, avec
l'autorité de ses miséricordieuses et infinies grâces, prenez I
et en celle-ci mettez B (c'est à dire la chaux des deux
luminaires parfaits, vulgairement calcinés, et sur cette
chaux, mettez quatre parties ou plus de D, à savoir l'eau de
nôtre secret occulte, en laquelle soit dissout son précieux sel,
et réduit en forme homogène, mettant (après ladite infusion)
le vaisseau bien clos avec son antinotoire , comme vous
savez, en la digestion de K par un jour naturel. Après, ôtez
l'antinotoire de I, y mettant on alambic, et faisant évaporer
par K toute l'aquosité de D, et vous ferez cette opération
afin que, si en B est demeurée quelque substance de B
simple, elle s'en aille avec D. Ayant achevé cette dépuration
et lavation, de la noirceur des menstrues, contre nature, qui
serait demeurée dans les corps vulgairement calcinés par la
susdite philosophique opération, prenez ces corps ainsi
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nettoyés et lavés, et sur ceux-ci mettez quatre parties ou
plus de D, mettant I en digestion de K, par deux jours
naturels, et ce qui sera réduit en O, mettez le à part en un
autre vaisseau bien clos. Après desséchez B en K, et une
autre fois mettez quatre parts ou plus de D, faisant par la
manière susdite, à savoir dissolvant et desséchant, jusqu'à ce
que tout ledit B , ou bien sa plus grande partie, soit réduite
à O, mettant après le corps dissout avec D, à coaguler dans I
par K. Et il te demeurera B barré philosophiquement
calciné, laquelle matière nous signifions par D.
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Ici nous décrirons la liquéfaction philosophique
du Soleil et de la Lune
Chapitre 3
L a troisième partie principale, laquelle, mon fils, est
appelée liquéfaction physique, est que vous preniez
D , et celle-ci, abreuvez la avec E, gardant tous les
deux moyens, lesquels sont contenus en la somme du très
sage Géber, au chapitre de solutione fermo noster ampliatus. Et
nous faisons ceci pour raison d'abrègement, et pour ne pas
vous envelopper l'entendement en plusieurs choses. Et ainsi
ayant fait l'ordre dessus dit, D demeurera en forme de sel
très précieux, lequel nous signifions par H.
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Ici nous déclarerons l'exubération des corps
parfaits, vulgairement et physiquement calcinés
et liquéfiés, moyennant nôtre quintessence
végétable et ciel, ou véritablement nôtre eau
végétable, selon ce que vous verrez déclaré en la
présente pratique de l'exubération susdite,
comme en l'alphabet vous verrez l'excellente
vertu de ce divin menstruel et ciel végétable des
philosophes, lesquels corps exubérés et réduits à
leur première matière, nous appelons mercure
majeur, ou eau, ou bien argent-vif béni de la
considération des sages philosophes.
Chapitre 4
A
yant aux précédents chapitres décrit la pratique de
la calcination vulgaire et philosophique, des deux
luminaires parfaits, après laquelle encore nous
avons traité de la liquéfaction, pour les réduire en un pur sel
admirable, afin qu'après cette philosophique opération,
vous puissiez, mon fils, avec un petit travail, réduire le
susdits luminaires à leur première matière, avec laquelle si
vous êtes sage, vous pourrez faire des choses qui sont
réputées pour miracles sur la terre. Nous atteignons cette
réduction bénite en première matière, et très grand
bénéfice,par le moyen et aide de nôtre quintessence et ciel
végétable , sans lequel nous ne pouvons avoir la première
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matière des susdits métaux, avec conservation de leur
humide radical, qui est leur vie, laquelle quintessence est
signifiée par F, en cette présente pratique. Par quoi, en ce
quatrième et dernier chapitre de cette seconde partie, nous
en traiterons la pratique, à savoir de l'exubération des corps
parfaits, laquelle est appelée la conjonction de nôtre
quintessence et ciel végétable, avec les corps des susdits
luminaires, comme nous l'avons ci dessus et le dirons
encore.
Prenez donc, mon fils, H, et par ordre de dissolution qu'il
soit conjoint avec F, en telle quantité qu'elle soit capable de
réduire H en eau, c'est à dire en F dissoute. Vous déclarant,
mon fils, que de cette seule substance, nous tirons nôtre
médecine bénie, à savoir, faisant la putréfaction, comme
vous entendez par l'ordre présent. Nôtre intention est, par si
peu d'écriture, de vous donner l'intelligence ouverte, de tout
ce que n'ont jamais dit, Arnauld, Raymond, et finalement
tous les anciens et modernes philosophes, encore qu'ils aient
fait d'infinis et divers volumes, en cette divine science et art
transmutatoire, dans le but que les esprits humains vinssent
à chanceler et se perdre parmi leurs longues paroles. De
quoi, nous étant du tout aliéné avec nôtre pratique, vous
atteindrez, à vôtre grand profit, ce que vous désirez. Par
quoi, en nôtre Petite Somme, vous trouverez tout le suc, de
tout ce que jamais ont pu dire, tous les philosophes anciens
et modernes, me restreignant à une certaine et vraie
pratique, chose qu'ils n'ont point voulu faire. Par quoi je
chercherai à mettre cette pratique sous la plus grande
brièveté, qu'il me sera possible, toutefois, très clairement.
Par quoi nous vous déclarons, que quand vous aurez fait la
dissolution des corps en nôtre quintessence, comme nous
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avons dit ci-dessus, et après que vous aurez putréfié en elle
le susdit corps, vous tiendrez la manière et les moyens, des
chapitres écrits ci-dessous écrits, en la séparation et
rectification de leurs éléments, et en la fermentation de
nôtre mercure majeur, selon que nous vous le dirons : parce
que l'ordre de la présente pratique, est l'ordre de la majeure,
c'est à dire, de la médecine générale, laquelle nous suivons.
En suivant donc nôtre propos, nous vous faisons rappeler,
que vous, voulant suivre la grande médecine, il est
nécessaire que vous fassiez toutes les opérations sur H et G,
(c'est à dire sur l'or et sur l'argent) séparément, comme vous
avez fait sur les susdits corps conjoints en un, excepté que H
n'endure pas la calcination philosophique avec D, mais
seulement avec E (un autre exemplaire dit avec F), et puis
après, purifiez sa chaux avec C. Ni aussi ce H veut être
calciné de calcination vulgaire avec B, sauf qu'après H soit
dissout, vous mettrez dessus du mercure vulgaire(E, ou
urine distillée, séparée de son précieux sel) petit à petit, tant
que ce H s'en aille au fond du vaisseau, la chaux duquel soit
lavée avec C calcinant continuellement. Après la calcination
faite avec E, mettez au feu de réverbération : si que par
l'œuvre susdite H se réduise en O. Après, le purifiant avec
C, et le dissolvant avec F, c'est à savoir nôtre ciel et eau
végétable. Mais à G, c'est à dire argent, se font toutes les
opérations, comme nous avons fait en nôtre premier œuvre
de H avec G, c'est à dire, de l'or et de l'argent. Mais voulant
et devant exubérer ces corps, tenez l'ordre que tient
Raymond au livre des quintessences, en la pratique
sermocinalle, au chapitre qui commence par, prenez vas in
quo funt omnes liquefactione. Vous faisant savoir, que voulant
faire la pratique plus brève, nous avons point de honte de
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prendre, pour vôtre intelligence, chaque chapitre de
Raymond et de Arnauld, lesquels échoiront à nôtre propos,
et de nôtre présente et très brève pratique, prenant ceux là,
lesquels seront plus substantiels, et plus utiles à nôtre
propos, et de l'œuvre, et de nôtre pratique bénie, comme j'ai
dit ci-dessus ; pour autant que Raymond, quelquefois met
plus de substance en un de ses chapitres, qu'en deux de ses
volumes, nous aussi, nous amènerons ses chapitres à nôtre
propos, lesquels vous serviront de très ample déclaration de
toutes les sentences. Maintenant poursuivant nôtre pratique
commencée, quand par l'ordre du susdit chapitre, tous les
corps seront passés par l'alambic, à savoir chacun à part, et
après conjoints en un, alors vous aurez le grand mercure, ou
l'eau bénie, ou l'argent-vif béni de la vraie considération des
sages et prudents alchimistes, lequel mercure majeur, en
cette présente pratique, nous signifions par K. Et par ce
moyen nous avons accompli et achevé la seconde partie
pratique de nôtre Petite Somme, intitulée, de investigatione et
creatione de mercurius majoris.
Fin de la seconde partie de la Petite Somme
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Ayant achevé la seconde partie de la seconde
partie de cette présente Petite Somme, intitulée
de la création et la composition du grand
mercure, commence la troisième partie, en
laquelle nous traiterons la fermentation du susdit
mercure majeur avec les corps des luminaires,
laquelle est appelée dissolution philosophique
des susdits corps.
Chapitre 1
S
e trouvant être ainsi, qu'avec sentence et parole
universelle, a été par nous, traité et déclaré, en cette
seconde partie des deux principales parties de nôtre
céleste et fameuse science, à savoir, des menstrues, qui a été
la première, et la seconde fut de la création du mercure
majeur, qui est la première matière, ou bien eau, ou argent-
vif des sages alchimistes et philosophes. Il nous reste à
décrire la troisième et principale partie pratique, qui est, de
la fermentation du susdit excellent mercure, avec les corps
parfaits, laquelle, autrement, nous appelons dissolution
philosophique. Mon fils, prenez donc, en vertu du Dieu
éternel, une partie de H réduit en H sans G. Liquéfiez ce
H, en tant de F, qu'il soit capable de réduire celui-ci en O .
Après, prends du grand mercure ou argent-vif des sages
alchimistes, six parties, dans lesquelles six parties il n'y aura
point de la substance solaire et lunaire exubérée, plus de la
troisième partie, et conjoignez les en un. La plus grande part
24
des philosophes, ont appelé cette conjonction dissolution
philosophique pour deux raisons. La première est, pour ce
que le corps se dissout avec son esprit, s'embrassant avec
lui, et se convertissant en sa nature spirituelle. Et il est à
noter, que nous n'appelons point dissolution philosophique,
si les corps ne sont pas tous passés par l'alambic, ou bien la
plus grande partie de ceux-ci. Pour ce en cette révolution
éthérée, consiste le principal secret de cette science bénie. Et
qu'avec l'œil sain de vôtre gentil entendement, comprenez
ce que je vous écris en nôtre présent œuvre. La seconde
raison est, pour ce que toute chose qui est privée de la forme
accidentelle, en cette divine science et art, envers les sages,
est appelée dissoute, c'est à dire, déliée de sa première
forme. Donc vous devez entendre, que depuis cette
fermentation et conjonction de ce divin esprit avec les corps
parfaits susdit, est faite en sa dissolution et union, par la
corruption et putréfaction qu'après nous faisons de ceux-ci,
une si grande puissance végétative, qui est en cet excellent
corps mercuriel, et une si grande vertu, se communique
avec ceux qui sont en sa dissolution, qui les prive de la
forme accidentelle. De manière que H et G, par telle union
philosophique, ne pourraient plus, par aucun artifice que se
soit, se réduire en corps. Par quoi moyennant sa vertu et
puissance susdite, les susdits métaux se trouvent être déliés
totalement de la susdite forme accidentelle, en la susdite
dissolution, c'est à dire, d'état matériel et de couleur. Par
quoi nous appelons cette opération louable, dissolution
philosophique, laquelle nous signifions par L, c'est à dire L
tranché.
25
Ici nous traiterons de la corruption et
putréfaction du mercure majeur fermenté au
blanc, si le ferment est blanc.
Chapitre 2
E n ce second et dernier chapitre, ou bien partie de
cette troisième partie de la seconde partie pratique de
la Petite Somme présente, nous voulons traité de la
corruption de nôtre grand mercure fermenté, ou au blanc ou
au rouge, selon la couleur du ferment que vous avez
dissout. Partant ayant fait la dissolution du ferment susdit
en cet excellent mercure majeur, prenez cette composition
bénie fermentée, et mettez la en digestion de K, en laquelle
vous le tiendrez par l'espace de quarante cinq jours, avec
laquelle opération il se confirme en sa première matière, se
convertissant en argent-vif de la vraie considération des
sages alchimistes. Auquel passage, se faut la sentence
d'Aristote au dernier des Météores, qui dit, sciant artifices
alchimia, species metallorum transmutari non posse, lequel
passage ne serait vrai, si puis après le sage philosophes
n'ajoutait, nisi prius in suam primam reducantur materiam ; tun
autem in aliam formam quam prius erant permutantur, non
quidem spécies sed individua specierum. Ceci même, traite le
philosophe spéculatif Anauld de Villeneuve en son Rosaire,
au chapitre qui commence par, lapide autem dissolutio. Mais
pour vous aviser en tous les passages, fils très aimé, les
signes qui ont coutume de venir en la putréfaction de ce
divin compost, sont premièrement une couleur noire, avec
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des filaments de plusieurs couleurs, quelquefois non,
laquelle matière et compost putréfié nous signifions par P,
c'est à dire, P taillé.
Fin de la troisième partie de la Petite Somme
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Nous avons achevé la troisième partie pratique
de cette seconde partie de la Petite Somme. Ici
commence la quatrième partie de cette seconde
partie, en laquelle nous décrirons la division et
séparation des quatre éléments du compost
putréfié, c'est à dire, eau, air, feu, terre.
Chapitre 1
I l nous est nécessaire de vous manifester et décrire pour
vôtre plus grande et claire intelligence et doctrine, le
commencement de ce quatrième magistère, intitulé, De
separatione elementorum, selon nôtre promesse. Laquelle
opération philosophique et magistère, est l'accomplissement
de cette sublime et excellente science d'alchimie. Mais le
dire du philosophe venant à propos, lequel à ce propos nous
enseigne et dit, frustra fit per plura quod potest fiera per
pauciora. Parce que nous vous avons promis la brièveté,
nous avons délibéré d'appliquer à nôtre œuvre, chacun des
chapitres faisant beaucoup à nôtre propos, de certains
docteurs modernes, lesquels principalement seront vôtre
déclaration et la nôtre, environ à la fin de nôtre pratique. Si
qu'au nom très saint de Jésus christ de Nazareth nôtre
rédempteur et de toute nature humaine, quand au
gouvernement de cette pratique, et première partie de cette
quatrième partie de la seconde partie de nôtre présent traité,
intitulé De separatione elementorum, vous vous gouvernerez
par le Rosaire de l'excellent et renommé philosophe
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Arnauld de Villeneuve au chapitre (17) qui commence,
Modo dicam divisionem lapidis per 4 elementa. Accipe ergo
lapidem superius corruptum. Mais vous trouverez meilleure et
plus claire doctrine, au troisième livre des quintessences de
l'illuminé philosophe Raymons Lulle en la pratique
sermocinale au chapitre qui commence, Completa liquefactione
ut dictum est. Et encore une plus parfaite et plus claire
pratique trouverez vous en ceci, In libro anima artis euis
Raymundi, au chapitre qui commence, tu in virtute de A
princeps serenissime, &c, bien que nous ne vous conseillons
d'aucunement que vous fassiez passer la terre par l'alambic,
pour être l'œuvre fort longue et très périlleuse, et toutefois,
n'est pas de beaucoup plus grand profit, mais l'intention de
ce docteur fut telle, afin de mieux purifier la terre, laquelle
se purifie assez suffisamment par la sublimation
philosophique, laquelle nous faisons de la susdite terre.
Mais pour séparer et tirer l'huile, vous vous guiderez par la
doctrine du royal philosophe Arnauld en son Rosaire, au
chapitre (20) qui commence par, Quomodo ab omni re
extrahatur oleum. Et faites tous les ordres des susdits
chapitres, lesquels vous seront une doctrine très claire de la
présente pratique, par laquelle vous aurez parachevé la
quatrième partie de nôtre présente pratique et présente
Somme avec la présente doctrine, comme nous l'avons dit et
enseigné ci-dessus.
29
Ici nous traiterons de la rectification des éléments
séparés du divin compost fermenté, autrement
appelé, la pierre des philosophes et la nôtre, à
savoir, de l'eau, de l'air et de l'huile, et de la
calcination du feu et de la terre.
Chapitre 2
P oursuivant mon propos, il reste à décrire la
rectification des éléments séparés de nôtre divin
compost fermenté, lequel nous appelons la pierre des
philosophes, et la nôtre. En la purification de ceux-ci,
dressez vôtre entendement à la doctrine des susdits
philosophes et docteurs, et mêmement au Rosaire (chapitre
18) de l'excellent philosophes Arnauld qui commence par,
De albutione aqua. Cum habueris elementa ut diximus divisa,
ablue ipsam aqua et aerem, septies distillando. Et
semblablement, vous suivrez l'autre chapitre qui commence
par, De ablutione aeris adhuc autem divide aerem abigne per
distillationnem &c. Et aussi en la rectification de l'huile,
gouvernes toi par le chapitre susdit, qui dit, quomodo
abomni re extrahatur oleum. Et en la rectification de la terre
et du feu, tu suivras le susdit docteur Arnauld en son
Rosaire (parce que ce philosophe, fut homme divin et de
parfaite charité, au chapitre qui commence par, Modo
dicamus de ablutione terra et ignis, avec la doctrine duquel tu
ne pourras faillir. Ces deux éléments s'accordent en nature,
c'est à savoir en siccité, par qoi nous y voulons un même
30
ouvrage. De manière que vous aurez cinq substances, à
savoir, eau, air, huile, terre, feu. La signification desquels,
nous vous avons manifesté, en l'alphabet du présent traité.
Et par ce moyen nous avons achevé parfaitement la
quatrième et avant-dernière partie de cette seconde partie,
intitulée de rectificatione et separatione elementorum.
Fin de la quatrième partie.
31
Nous avons achevé la quatrième et avant-
dernière partie de cette seconde partie de nôtre
Sommette bénie. Ici commence la cinquième et
dernière partie pratique de tout ce présent
volume et abrégé, laquelle est de la réduction des
éléments divisés et rectifiés sur leur terre, c'est à
dire, de l'union du mercure des philosophes avec
sa terre ; après laquelle union, nous traiterons
aussi de la sublimation philosophique, où se
prend le soufre des philosophes. Après nous
parlerons de la rubification du susdit soufre, et
aussi de la fermentation et incération de nôtre
pierre philosophique.
Chapitre 1
A
yant donc, mon fils, satisfait, et avec très ample
doctrine, et une très brève pratique, traité et décrit
les quatre parties principales de nôtre très subtil et
très précieux magistère, il reste palpablement à écrire la
cinquième et dernière, avec toute la brièveté qu'il sera
possible. Et premièrement, nous avons à décrire l'union du
mercure des philosophes (qui est l'élément premier) avec sa
terre. Pour l'intelligence de cette union, regardez au
Testament de Raymond au chapitre qui commence par, fili,
tertia operatio nostri lapidis, est quod tureducas aquam super
32
terram &c. Mais plus clairement, tu trouveras cette pratique
au Rosaire d'Arnauld au chapitre (25) qui commence par,
Infunde ergo terram super aquam &c. Des autres cinq parties, je
ne veut d'autre chose, que vous vous guidiez par la doctrine
de nôtre très sage Arnauld, lequel sera vôtre très fidèle
guide, et même en la sublimation philosophique, vous vous
guidez par son Rosaire au chapitre (26) qui commence par,
Modo dicam qualiter dealbatur et sublimatur terra. Et
semblablement en la rubification du soufre, gouvernes toi
par le chapitre (27) qui commence par, Modo dicam
compositionem sulphuris ad aurum. Des autres trois parties,
c'est à savoir, de la fermentation, de la réduction des
éléments sur la terre fermentée, et de l'incération de la
médecine, de toutes ces trois parties, tu trouveras la parfaite
doctrine au susdit Rosaire, commençant dès le chapitre qui
débute par, Modo dicam de quarte regimine lapis, qui est figere
&c., jusqu'à la fin dudit livre. Mais pour ce que nous avons
écrit en cette présente œuvre, en cette part nous traitons
amplement des empêchements qui empêchent l'artiste
d'atteindre la fin de cette sublime science, au nombre
desquels, nous avons trouvé cet empêchement qui garde
l'artiste de connaître ce sublime art, qui se gouverne par la
lecture de volumes de tant d'auteurs, tant antiques, que
modernes, vous disant et commandant, que vous eussiez à
fuir ce danger, vous promettant de vous éclaircir avec la
présente doctrine de tout, bien que vous n'aurez besoin
d'envelopper en la susdite lecture, vôtre esprit et
entendement. Et afin que vous ne tombiez en quelque
erreur, je veux vous déclarer ce passage très secret. Fils
aimé, nous voulons être entendu de vous en cette sorte de
savoir, à savoir, toutes les sentences ont commencement
33
milieu et fin. Quand donc nous vous disons, que vous ne
devez chercher ce sublime art par les écritures, parce que les
commencements et milieux, sont par tous les anciens,
obscurément écrits en leurs volumes, non point à la
doctrine, mais à la confusion de leurs successeurs et de
nôtres. Mais tous ont écrit très clairement la fin. En tant que
plusieurs artistes ont cru plusieurs fois que la fin à été le
commencement et le milieu de cet excellent art. Se
présupposant, que le vrai principe et moyen, a été une très
obscure théorie, lesquels œuvrant selon l'ordre de la fin, se
sont trouvés trompés, demeurant en misère et affectés. Mais
nous avons observé tout le contraire des susdits philosophes
en nôtre traité. Par quoi nous vous avons très clairement
écrit et traité de tous les commencements, milieux, et fin de
toute cette divine science et art transmutatoire, autant que
jamais il peut se faire, et plus clair que n'est pas le Soleil
méridien. Mais en la fin seulement, pour cause de brièveté,
nous avons pris les chapitres susdits, pour autant que cette
fin, ne pourrait se savoir mieux, ni clairement traiter, que
par ce qui est contenu au susdits chapitres. Rendez donc
grâces infinies au Dieu éternel, lequel a daigné vous
octroyer une si grande grâce, que la déclaration de cette tant
noble et très occulte partie de philosophie. L'alphabet de
laquelle (c'est à dire, de ce présent œuvre) nous ne mettrons
pas en ce présent traité, et ce, afin que vous puissiez plus
facilement le cacher. Prions continuellement la grande bonté
du Dieu éternel, qu'il vous conserve en sa grâce. Si
dorénavant il puisse se faire pour vous, quelque chose qui
vous soir agréable, commandez seulement, car nous
sommes toujours prêt à vous faire plaisir et vous rendre
service. Nous n'avons pas voulu faire ce présent discours
34
littéral, parce que je me doutais que vous ne fussiez pas
encore expert en la science de grammaire, pour les
empêchements qui nous sont survenus. Et encore nous
n'avons point voulu prouver toutes ces choses par la raison
et l'autorité des docteurs, parce que cette théorie n'eut point
été pour vôtre besoin, ni au secours que vous me demandez,
ni encore à la déclaration de la pratique, laquelle avec tant
d'efficacité, vous m'avez requise. Si que, ne satisfaisant
point à vôtre besoin et à vôtre volonté, je délibèrerai de n'en
point prendre la peine. Pareillement, parce que (encore que
la présente Somme est assez longue et prolixe) si j'eusse
voulu prouver par la théorie tous les points de pratique,
j'eusse fait un long volume, non moindre que celui du
testament de Raymond, lequel ne vous serait pas fort utile,
encore qu'il eut été plus docte. Mais il doit vous suffire de la
pratique présente, par laquelle (si vous êtes sage, comme je
me rends certain que vous l'êtes) pour pourrez vous aider
dans vos affaires. Et non pas seulement vous, mais vous
pourrez très abondamment, auprès de vous, secourir la
sacrée et sainte foi et religion chrétienne. Vous opposant aux
forces de ce très cruel tyran Ottoman, empereur de la secte
Mahométane, ennemi de nôtre seigneur Jésus christ, duquel
dépendent et procèdent toutes les grâces visibles et
invisibles. Et ce, de vous accostant de cette très illustre
seigneurerie de Venise, à laquelle je me trouve fort
affectionné, et l'aime cordialement, pour ce qu'elle a
toujours défendu le nom de nôtre seigneur béni Jésus christ.
Et aussi pour chaque vertus, lesquelles nous voyons en
plusieurs des pères et gouverneurs très sages de cette
excellente domination.
35
De paris le 24 décembre 1470.
Deo gracias. Amen
Ici finit la Sommette ou Petite Somme
de maître Cristophle le Parisien
36
Ici sera Fidèlement écrit, l'Alphabet de la Petite
Somme
A Signifie Dieu, lequel est cause de toutes causes, et celui
qui octroie la grâce à l'artiste d'avoir ce très heureux présent.
B Signifie le feu contre nature, c'est à dire l'eau forte
commune faite d'alun de roche et de sel nitre
C Signifie l'urine de première distillation, et rectifiée par le
bain avec tout son flegme. Et nous l'appelons, en nôtre
pratique, eau de puits et fontaine très pure, parce que le
puits qui loge et contient la susdite eau, est le ventre de
l'homme. Celle-ci donc a la vertu de laver les corps calcinés
avec le feu contre nature, lequel empêchait la végétation des
susdits corps métalliques, par quoi il est nécessaire de faire
ce lavement avec cette eau.
D Signifie urine distillée et séparée de son flegme, par le
moyen qui est contenu en la pratique, laquelle urine a en
elle deux substances, la première est en forme de sel très
précieux, la seconde est en forme de liqueur très claire,
laquelle est autrement appelée par nous, nôtre mercure
naturel.
E Signifie vinaigre distillé, c'est à dire nôtre mercure naturel
séparé de son très précieux sel, par nôtre artifice, comme je
sais que vous savez bien le faire par vôtre très sage
37
industrie, pour être les moyens de cette séparation quasi
infinie. Mais nous faisons cette séparation en son propre
vaisseau. Mais nous vous émerveillez pas, si dans la
pratique nous parlons de manière figurée, de ce que nous
éclaircissons ici. Le tout, pour autant que nous vous
envoyons ce présent alphabet, par voie assurée, à savoir, par
J.H., duquel je me méfie autant que si c'était mon propre fils,
mais il m'est fort ami, toutefois pas si expérimenté, par
lesquels nous vous envoyons la pratique, et nous
répondrons particulièrement à toutes vos lettres. Et vous
aurez ladite pratique, un mois après que vous aurez reçu le
présent alphabet. Je fais tout ceci pour bon respect. Si vous
êtes sage, je sais bien que vous m'entendrez.
F Signifie eau de vie, c'est à dire, son précieux sel, qui aura
été circulé, pour le moins, soixante jours naturels, par la
vertu de laquelle circulation en nôtre excellente œuvre, D se
subtilise, se déliant de ses terrestréités, de manière qu'il se
réduit à sa matière première, c'est à savoir, eau et vertu
céleste de quintessence. Et nous appelons celle-ci, nôtre ciel,
laquelle quintessence ou bien ciel, influe des effets dans les
corps métalliques, qui pourraient s'appeler miracles.
Pourtant nous appelons cette quintessence eau de vie, parce
qu'elle vivifie les corps métalliques d'infinie vertu
végétative, laquelle est la vie des susdits métaux. Et quand
nous en parlons en la pratique, nous en parlons
métaphoriquement, enseignant que cette quintessence doit
se tirer du vin, nous disons ceci pot la doctrine que nous
vous avons dit de nôtre bouche, en la pratique de purifier
D. N'admirez pas ces paroles métaphoriques, parce que
nous ne voudrions point que cette pratique tombât au mains
38
de certains (étant clairement éclaircie) et par ignorance et
par inadvertance, divulguée, nôtre âme en endurerait une
peine inestimable. Et que cette substance se tire du vin,
nous le disons parfaitement, parce que cette quintessence,
est extraite du vin digéré au cavernes du ventre de l'homme.
Sans lequel F, ne peut se faire aucune altération dans le
corps des minéraux et corps métalliques. Et de ceci, nous
vous le faisons souvenir, et nous voulons que ce soit pour
vous, une règle générale et un enseignement certain.
Laquelle quintessence, nous l'appelons autrement eau
végétable, et nommons celle-ci eau divine, en plusieurs
lieux de nôtre Petite Somme, que nous vous envoyons. Vous
dénotant qu'il y a plus de différence entre F et D, qu'il y a de
la clarté du jour, à l'obscurité de la nuit, comme vous verrez
par ses opérations et corruptions, tant dans les œuvres
générales, qu'aux particulières, lequel bénéfice procède de la
circulation.
G Signifie argent de coupelle
H Signifie or de cément
I Signifie la cucurbite
K Signifie le feu du premier degré, qui est le bain.
L Signifie le feu de second degré, qui est le feu de cendres,
attrempé et lent.
M Signifie le feu du troisième degré, qui est de cendres avec
39
charbons allumés, faisant aucunement le feu vigoureux.
N Signifie distillation.
O Signifie dissolution.
P Signifie coagulation.
Q Signifie l'eau.
R Signifie l'air
S Signifie le feu.
T Signifie l'huile.
V Signifie la terre
X Signifie le soufre blanc
Y Signifie le soufre rouge
Z Signifie le ferment blanc.
& Signifie le ferment rouge
9 Signifie la médecine accomplie au blanc
Signifie la médecine accomplie au rouge
B Signifie la chaux des métaux calcinés vulgairement.
40
D Signifie la chaux des métaux calcinés
philosophiquement
H Signifie la liquéfaction philosophale
K Signifie le mercure majeur
L Signifie la matière des métaux dissouts
philosophiquement dans le mercure majeur
P Signifie la matière putréfiée
Il est vrai, fils très aimé, que plusieurs de ces lettres
alphabétiques, auxquelles nous avons donné une
signification, selon nôtre propos et intention, ne seraient
point nécessaires, parce que la troisième partie de cet
excellent magistère, nous l'avons déclarée par la doctrine, de
Arnauld très sage et de Raymond nôtre duc, philosophes
très excellents. Mais cet alphabet, est celui, que de nôtre
intention, nous avons trouvé pour décrire la théorie de cette
très glorieuse science et art transmutatoire, ensemble et la
pratique. Tenant le style et la manière de nos professeurs
trépassés, l'âme desquels soit bénie éternellement, et à
jamais.
Transcription Iseautope Sceliez 2014