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Arbre Philosophale et Mercure Céleste

Ce document décrit la science de l'arbre philosophal et les méthodes pour trouver et préparer le mercure philosophal, qui est la matière première essentielle. Il explique comment séparer l'esprit ardent et céleste du mercure par distillation simple.

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Arbre Philosophale et Mercure Céleste

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1

LA SCIENCE
DE
L'ARBRE PHILOSOPHAL
ET DE
L'ORDRE DES MEDECINES
LIVRES II et III DE LA
GRANDE SOMME
ou
LUCIDAIRE

CHRISTOPHLE LE PARISIEN
2

La science de l'arbre philosophal

Et premièrement, nous traiterons du lieu où se


trouve nôtre glorieux mercure, et de la manière
de le trouver, et de sa préparation, et première
putréfaction

Chapitre 1

S
elon la sentence universelle, mon fils bien aimé, Chaos
(lequel en ce lieu, nous signifions par A) fut la
première matière crée par l'infinie sagesse du Dieu
éternel. Ce très béni seigneur et premier créateur, avec son
infinie sapience, de la plus pure substance des éléments
confus, c'est à dire chaos, forma les cieux, et de l'autre partie
plus grossière, il en sépara les quatre éléments et les créa,
c'est à savoir, la terre, l'eau, l'air, le feu. Nous avons mis
cette similitude au commencement de nôtre glorieux
magistère, pour vôtre doctrine, ce fondement étant fort
nécessaire. Sans aucune faute, vous devez, mon très cher
fils, connaître les matières propres, végétales, minérales, et
animales, lesquelles nous appelons chaos par similitude, en
nôtre commencement, lequel contient en lui les quatre
éléments. Et voulant suivre l'œuvre végétal et minéral, nous
commencerons premièrement par la matière végétale en
laquelle se trouvent confusément, les quatre substances
susdites, en une substance des éléments confus, appelé
cahos. Et imitant la doctrine de la sagesse du premier
3

moteur et créateur, par nôtre artifice, il convient


nécessairement de former nôtre ciel végétal, de la plus pure
substance et première partie du susdit chaos. Et ne pensez
pas, mon fils, que cette excellente matière soit en aucune
manière, composée par les artistes, car elle est composée, et
œuvre de la très sage nature. Et tant œuvre l'esprit humain,
qu'en son artifice, il conduit l'esprit ardent et céleste, en
nature de quintessence céleste, et en ciel végétable en effet,
lequel consiste vraiment en puissance en ce cahos, en la
précieuse susdite substance, et sa nature, en une masse
d'éléments confusément unis. Et réjouissez vous, mon fils,
que vous pouvez avoir un si grand et infini trésor à si petit
prix. Et croyez que tout ainsi qu'en un très grand nombre de
pierres, qu'il n'y a qu'une seule pierre qui à la vertu d'attirer
le fer, aussi il se trouve une substance précieuse parmi tant
d'individus minéraux ou végétables, qui a la vertu de
réduire les métaux à leur première matière, sous la
conservation de leur vertu végétative conservée et
immaculée, laquelle est la vie des susdits métaux, et nourrir
ceux-ci par une augmentation infinie de leur végétation,
avec la conservation de leurs formes intrinsèques. Donc
cette substance bénie, les enfants des sages philosophes,
pour la cacher aux présomptueux superbes, et envieux, et
ignorante secte des vulgaires philosophes, l'ont mise sous
un nombre infini de noms. Certains l'ont appelée argent-vif
blanc, et ont dit vrai, parce qu'en lui se trouve le moyen
vertueux de vivifier les métaux à vive et vraie végétation.
D'autres l'ont appelée eau forte, et ont semblablement dit
vrai, parce qu'elle a une puissance admirable de dissoudre
les parties pures, des impures des métaux. D'autre l'ont
appelé soufre, et ont encore dit vrai, parce qu'en sa première
4

substance, elle a deux sulfuréités, une spéciale en la très


pure sphère de son feu très pur, duquel après, nous tirons
nôtre quintessence en acte, et en ciel végétable de tous les
vrais philosophes. La seconde substance sulfurée susdite est
enveloppée dans sa terre, et est fixe, permanente et ferme.
Laquelle terre bénie, par les deux moyens de nôtre
magistère reçoit en elle la première sulfuréité spirituelle
susdite, s'unissant avec elle, et se fixant de très ferme
conjonction et union, faisant un corps sulfurique, et après
une telle union, par les deux moyens de la sublimation
philosophique, faisant monter la partie pure de l'impure de
cette substance sulfurée, et puis après réduisant celle-ci,
moyennant son ciel végétable, en un corps homogénéisé,
comme nous le déclarerons aux branches, que nous
décrirons en la troisième partie de ce présent Lucidaire.
Mons fils, les noms ont été infinis, pour cacher cette divine
substance sulfurée végétable, et argent-vif glorieux sublimé,
minéral, animal, et végétal. Par quoi ces trois noms, pour les
philosophes, sont une seule matière. Aussi plusieurs autres
noms divers lui furent imposée par nos pères, afin que leurs
enfants légitimes ne fussent privés de cette science bénie,
par l'empêchement des tyrans. Nous, vraiment, avec eux,
nous l'appelons arbre mercuriel, lequel porte les glorieuses
branches des deux luminaires, comme aussi nous vous le
manifesterons en nôtre branche ci-devant dite.
5

Pratique de ce premier article

M ais pour avoir une certaine intelligence de cette


chose, levez vôtre face contre le céleste pôle
austral, partant de nôtre cité de Venise, et
cheminez inclinant un peu à la partie droite, que vous
trouvez la terre relevée de la plaine, et là, vous trouverez la
minière du très précieux mercure minéral, animal, et
végétal. Combien qu'en plusieurs autres lieux,
semblablement se trouve nôtre susdit béni mercure, duquel
vous en prendrez, ou tirerez de la susdite matière ou
minière, et rompez lui les os avec toute sa chair. Et toutes
ces choses, serrez les dans un vaisseau en la manière
accoutumée, avec un peu de respiration. Et de cette manière
laissez la décuire et putréfier par huit jours. Et après,
séparez son sang dudit mélange, et gardez le dans le lieu le
plus froid que vous pourrez. C'est nôtre substance glorieuse
et céleste, et nôtre premier glorieux mercure, en lequel se
trouvent les quatre éléments en une masse confuse, duquel
nous formons nôtre susdit ciel végétable, et tous les autres
éléments. Et de celui-ci, avec sa terre sulfurée, par l'union
des susdits éléments, nous acquérons le divin argent-vif
sublimé, caché à la secte ignorante et tourbe des vulgaires
philosophants, et manifeste aux sages artistes et aux enfants
de la doctrine. Et il est à noter, mon fils très aimé, que quand
se fait l'élection, ou quand on cueille ledit excellent mercure
hors de sa minière, en celle-ci se trouve deux sortes dudit
précieux corps, à savoir de blanc et de rouge. Chacun d'eux
est bon, toutefois le rouge est le plus céleste, et a plus de
6

forme ignée et terrestre, appropriée à ce glorieux magistère.


Et si ici tu ne m'entends pas bien, regarde bien en nôtre
alphabet apertorial, au premier chapitre qui commence par,
L'infinie miséricorde du dieu éternel &c, auquel lieu tu
trouveras ouvertement le moyen d'avoir ce glorieux
mercure minéral et céleste végétable. Et aussi en ce présent
chapitre et article, nous t'en avons assez clairement et
prolixement parlé, qu'il me semble qu'il devrait te suffire de
son élucidation, que nous t'avons faite, touchant
l'intelligence et la connaissance très claire, de ce glorieux et
excellent mercure céleste minéral et végétable des sages
philosophes et le nôtre.
7

En ce second article, nous traiterons la manière


de séparer l'esprit ardent et céleste et forme de A,
par simple distillation. Et aussi nous traiterons le
moyen de connaître ceux qui entendent nôtre
glorieux magistère signifié par B.

Chapitre 2

A
vec des paroles très claires, nous te disons, mon fils
très cher, que la forme de nôtre pierre
philosophique est un feu très pur. Celui-ci, avec un
petit magistère, comme je te l'ai déjà dit, se réduit en nature
de céleste quintessence, sans laquelle nulle voie végétable ni
minérale ne peut être mise en pratique par aucun artiste et
encore moins, dans nôtre excellent magistère, de former les
pierres précieuses avec l'influence céleste et leurs propres
vertus naturelles. Et d'ici, mon fils, tu pourras tirer cette
conclusion, de reconnaître les artistes qui connaissent et ne
connaissent pas la science, aussi ceux qui ont écrit de celle-ci
par les temps passés, comme aussi ceux, qui au temps
présent, montrent avoir une vraie perfection dans cet
excellent art transmutatoire. Pourtant les trouvant, en lisant
leurs livres, par vôtre lectures, vides de l'intelligence de
cette forme céleste, et divin mercure minéral et végétable, et
principalement de sa forme céleste, et aussi ceux que, de
vive voix, vous écoutez par vos oreilles ; vous devez en faire
aucune estime ni semblant, pour le regard de cette
admirable faculté, mais rire d'eux, fussent-ils plus doctes en
d'autres sciences, que ne furent jamais Platon, Aristote,
8

Diogènes ni autres docteurs grecs et latins.

La pratique de ce second article

L e moyen donc, mon fils très aimé, de parvenir à une


si glorieuse intelligence et certaine pratique. Est que
tu prennes nôtre A et tu le mets en un vaisseau de
verre convenable, signifié par V, à distiller par un feu de Y,
qui signifie aussi le bain-marie, recueillant par cette
distillation attrempée son H, qui signifie, en ce lieu, son âme
céleste et esprit ardent exubéré. Et ainsi, en continuant cette
distillation avec ce moyen et régime, jusqu'à ce que par les
signes que nous t'avons donné en nôtre alphabet apertorial,
c'est à savoir, en lacrymant en forme de sangsue sur
l'alambic, tu sauras que ledit H est dissous, séparé et délié
de sa nature élémentale. Et ainsi, secondement tu distilleras,
te gouvernant par le susdit signe jusqu'à la quatrième
révolution. Après mets cette céleste et très ardente matière
ignée, dans un V bien net, et par le feu accoutumé, un peu
plus doux, distilles et ne prenez que la dixième part, et en la
seconde, vous enlèverez la moitié, et à la troisième, des trois
parties, les deux, en la quatrième, des cinq parties vous
enlèverez les quatre et plus, et à la fin distillez cette dernière
eau seule, sans rien séparer. Et par ce moyen vous aurez tiré
et séparé la très pure substance et forme de A, laquelle en ce
second article, nous baptisons par B. Donc, mon fils, connaît
la nécessité de ce second magistère et son fondement
opportun, et par ce moyen, vous entendrez comme les
9

lourdauds et ignorants boulangers, de belle et bonne farine,


font du gros et méchant pain. Et cette erreur vient, parce
qu'ils composent et empâtent la grosse farine avec la subtile.
Et ainsi il advient aux artistes présomptueux, lesquels
croient trouver la beauté de nôtre quintessence avec l'esprit
de A exubéré, grossièrement dépuré, sans séparé sa partie
pure de l'impure. Donc, mon fils, gardes toi d'être babillard,
ni de manifester à quelqu'un, ce moyen et pratique secrète,
mais laissez-en la clef au maître de sa maison, c'est à dire à
l'empereur de la nature humaine, nôtre seigneur Jésus
christ, sage universel, et soigneur triomphant ; à raison que
c'est lui qui connaît le cœur des hommes et que c'est à lui de
distribuer ses grâces à ceux qui les méritent. Et ceci afin que
l'indignation de sa divine justice, ne tombe sur vos épaules.
Or, en ce chapitre présent, vous avez le très vrai moyen de
séparer et de tirer la très pure substance de A, avec la
conservation de toutes les autres parties élémentaires. Ceci
suffit pour ce regard.
10

En ce troisième article, nous traiterons le moyen


d'aiguiser B et de le rendre soluble ou dissolvant,
avec nos fleurs unies, afin qu'avec celui-ci, vous
puissiez dissoudre les corps des métaux, avec
leur vertu végétative multipliée, retraitant en ce
second lieu, la première partie dissolutive de
nôtre Petite Somme. Lequel article nous
signifions par C.

Chapitre 3

C
'est un très grand et inestimable secret (très sage
fils), que celui que nous traiterons ici, à savoir, le
moyen d'aiguiser B, en ce troisième article signifié
par C. Et tous mes sentiments me tremblent, ma main
s'appesantit, la langue de mon intellect devient bègue, à
vouloir exprimer un si admirable secret, de peur que
l'ignorante tourbe ne le recueille, aussi bien que les sages et
prudents artistes. Par quoi, avec les mains jointes, je me
retourne devant la majesté du fils du Dieu vivant et
véritable, nôtre seigneur Jésus christ et juge béni, lui
suppliant qu'il lui plaise de mettre telle forme, que
l'ignorant n'offense point sa divinité. Mons fils, tous ont
voulu se taire en ce passage, le récitant par aucune figure. Et
sans doute, celle-ci est la première et une des principales
clefs de cette science élitique et art béni. Tu dois
certainement savoir, mon fils, que B n'a point de nature
dissoluble actuelle, mai seulement en puissance. Lequel B,
11

s'il n'était aiguisé avec les causes moyennes et pertinentes, et


par les moyens qui te sont connus et manifestés, il ne se
pourrait avoir de lui aucun bénéfice dissolutif. Certains
donc, l'ont aiguisé avec du vitriol, et celui-ci est assez bon,
d'autres avec le sel nitre, et d'autres avec le cinabre, et
d'autres avec tous ces trois en un, et celui-ci avec deux, et
d'autres avec sa grosse terre, lequel moyen ne me plaît
point, parce qu'il devient gros, onctueux, et pesant. D'autres
l'ont aiguisé avec des végétables, comme sont quelques
sortent d'herbes, racines, fleurs et semences, qui vous sont
connues et manifestes, lesquelles ont en elles de très
puissants mercures. Si l'acuant par ce moyen, ce B ne
s'aiguise pas autant comme il accroît sa forme végétable
sans limite. D'autres l'ont aiguisé avec la quintessence des
fleurs unies, et celle-ci est nôtre principale intention mise en
nôtre alphabet apertorial. Vraiment, mon fils, d'autres ont
ignoré aiguisé nôtre B, et ont procédé en des tourmentant
par d'infinies longueurs, faisant de diverses eaux, avant
qu'aucun d'eux puisse mettre un corps en B, comme nous le
fîmes au commencement, quand nous cherchions cette
pratique bénie, qui vous est assez connue. En nôtre Petite
Somme nous l'avons écrite, laquelle vient à effet
certainement, mais avec une grande peine et travail, comme
vous le savez. Néanmoins, pour être de nôtre magistère,
cette partie dissolutive fort fâcheuse, nous la laisserons,
parce que acuant B comme présentement nous vous le
manifesterons, vous serez certain de dissoudre les corps
sans aucune fâcherie et longueur de temps, comme nous
fîmes la fois ou nous pratiquâmes avec vous, cette fâcheuse
dissolution. In verum, en ce temps que vous et moi, fîmes le
premier principe dissolutif, nous n'avions pas encore, en
12

cette partie dissolutive, entendu nôtre duc Raymond Lulle,


après lequel, étant en repos, étudiant, pratiquant et priant,
me fut totalement déclaré avec une parfaite charité. Et ainsi
avec discrétion, je vous le manifeste.

La pratique de ce troisième article

C
ertainement, la manière d'aiguiser ce céleste et très
ardent B est que vous preniez des substances qui
vous sont déclarées et celles qui vous plairont le
plus. Mais nous, nous usons de la substance des fleurs
unies, et celles-ci nous les mettons dans un V, distillant par
Y toute son aquosité. Puis sur cette substance végétable
préparée par ce moyen, nous infusons trois parties et
davantage de B, serrant V avec son antinotoire, et mettant à
putréfier par un jour naturel, et après distillant par Z léger,
jusqu'à ce que par ce régime, vous ayez la partie mercuriale
avec tout le suc de la substance préparée bénie susdite. Puis
réitérant le magistère susdit, avec de nouvelle substance de
fleurs, faisant le susdit régime, en tout et pour tout, quatre
fois, au bout desquelles vous aurez réduit B soluble de
puissance à effet, avec la vertu de nos fleurs végétables.
13

En ce quatrième chapitre et article, nous


traiterons le moyen de réduire C en D, à savoir
en nature de quintessence et nôtre ciel végétable
et de tous les philosophes. Et de la manière de
savoir quand il est réduit en sa première
perfection.

Chapitre 4

G
rande et admirable grâce, au respect des autres
grâces temporelles, nous a été communiquée par
l'infinie bonté de nôtre Dieu éternel, c'est à dire, le
moyen de réduire nôtre C végétable en nature de très vraie
quintessence, laquelle en ce lieu nous signifions par D, c'est
à savoir le ciel végétable des très sages alchimistes et le
nôtre, comme il est dit, lequel est si plein de vertu céleste,
qu'aucun médecin présomptueux, (entre lesquels il y en a
plusieurs qui ont perdu la très sainte charité en leurs
misérables conférences) sauraient le moyen de former ledit
D, et après lui appliquer le corps parfait, avec quelques
autres petits ajustements, lesquels lui reviennent, et encore
par d'autre moyens appliquer à celui-ci, plusieurs individus,
selon la qualité des maladies et des fragilités de nôtre corps,
ils feraient des effets admirables en nos corps humains. Par
quoi après, leur rapides et fardées volontés, seraient en
quelque partie rassasiées d'argent, qu'ils désirent tant
d'avoir tous les jours. Mais parce que la grâce du Dieu
éternel ne peut demeurer ensemble avec le pêché, de là
14

vient, que lesdits très avares médecins, à nôtre très grand


dommage, sont privés d'un si singulier et divin don de
Dieu. Et oui cette glorieuse quintessence et nôtre ciel
végétable a bien, fils très cher, la puissance de réduire le
corps des métaux de puissance à effet, à une végétation
multiplication, et nouvelle régénération. Et ainsi, comme
l'homme est nourri au ventre féminin, de la semence de la
femme, et favorisé de l'humidité du sang menstruel
desdites femmes, aussi semblablement, ce ciel ou D nourrit
le corps des susdits métaux, étant premièrement calcinés, et
puis dissouts et putréfiés avec toutes les autres dépendances
du magistère. Et après, prendre ce qui montera des susdits
métaux par sublimation, (et les fèces mises et gardées à
part)laquelle pure partie montée, est nommée par les
philosophes première matière. Et en cette excellente
première matière se fait la vraie conjonction et concordance
de D avec les corps calcinés. Et ceci est un des principaux
secrets que nous ayons, et qui s'est jamais pu trouver en
cette très excellente science. Il y a encore une autre manière
de conjoindre cette quintessence ou ciel avec les corps des
métaux susdits, à savoir, par le moyen de nôtre glorieux
mercure végétable sublimé. Et qu'avec ce ciel béni, ou
quintessence bénie et glorieuse, et avec nôtre mercure
sublimé, ou avec les corps exubérés, comme il est dit ci-
dessus, se font toutes les opérations philosophiques de nôtre
excellent et divin magistère, sans lequel ciel et quintessence
signifiée par D, ou bien pour le moins, de C, finalement ne
serait faite aucune chose droite ni vraie opération, en cette
excellente alchimie, science, et art.
15

La pratique de ce quatrième chapitre

L e moyen excellent de former ce D et nôtre ciel


végétable, est que vous preniez un V de la teneur
d'un grand seau, et qui soit épais, et de verre, long de
corps et son corps soit long d'un quarta et mezza, sur lequel
vous mettrez un antinotoire de la teneur d'un quart de seau,
le sigillant comme nous en avons la coutume, et dans un tel
vaisseau ainsi ordonné, vous mettrez C à circuler, c'est à
savoir, quatre livres de celui-ci, laquelle circulation vous
ferez au bain-marie, ou au fumier de cheval, et ainsi
circulant par l'espace de trente ou quarante jours vous
tiendrez lesdits corps. Après lequel temps, véritablement ce
C sera converti en D. Le signe véritable pour savoir quand
ladite conversion sera faite, est quand au fond de V vous
trouverez une hypostase, comme fait l'urine d'un homme
sain. Et ne pensez pas sentir cette odeur et fragrance qu'on
dite quelques philosophes, si premièrement en ce D et ciel
glorieux, n'est enclose, c'est à dire dissoute, la substance du
corps parfait réduite en première matière, appelée mercure
royal, pour être le roi des métaux, et de la vraie
considération des sages alchimistes, lequel nous mettons au
présent traité, se doit entendre de cette excellente
composition, l'odeur de laquelle surpasse toutes les autres
odeurs et fragrances qui se puisse trouver sous le ciel. Mais
du tout, et à bouche ouverte, nous te le manifesterons en
nôtre alphabet apertorial, au chapitre qui commence par, La
royale et éternelle majesté. Mais ici nous ne nous soucions
de le déclarer ouvertement, parce que nous entendons
16

traiter du D simple. Nous n'œuvrons point avec le pélican,


parce que ce vaisseau ci est plus assuré de moindre dépense.
Cette circulation peut encore se faire dans l'une de nos
cucurbites, avec un bec qui rentre dedans par le dessus,
selon la forme des autres vaisseaux. Et si par fortune, ce
traité tombait en d'autres mains, nous lui faisons savoir que
la susdite cucurbite veut être haute et étroite et grande,
selon la quantité de ce que l'on veut y circuler. Prenez donc
un de ces deux dits vaisseaux, parce que par ceux si vous
viendrez à vôtre intention et désir. Maintenant revenant à
nôtre propos, mon fils, comme ce glorieux corps sera
approché du terme dessus dit, vous verrez D plus clair et
resplendissant qu'un diamant très clair, la clarté duquel,
quand il est parfait, surpasse la clarté de toutes les autres
pierres précieuses. Mon fils, tu ne pourras assurer avec ton
œil, ni avec celui-ci faire un vrai jugement, à savoir si cette
eau divine, réduite moyennant la susdite circulation, en
nature céleste, quintessence ou ciel végétable, est dans le
vaisseau, ou vraiment hors de lui, laquelle tu sépareras
délicatement de son hypostase, le gardant très bien clos,
qu'il ne respire point, en un lieu froid. Cette quintessence
véritablement, mon très cher fils, est appelée par les
philosophes esprit vif, parce qu'elle donne vie aux corps des
métaux, et pareillement aux nôtres, eau d'argent-vif, eau de
vie, eau céleste, étoile, Diane, âme de l'esprit de nôtre
mercure végétable, fumée, vent, nôtre ciel, sang menstruel,
urine sublimée, eau de soufre, pierre bénie, et finalement lui
ont été imposés une infinité de noms, toutefois tous ne font
qu'un seul seul et même, tirée d'une seule substance
végétale par nos susdits docteurs. La variation desquels
noms fut trouvée par eux, avec grande et légitime cause et
17

raison, et principalement afin que la multitude des


ignorants, et plusieurs boutiquiers et marchands, désespérés
de leurs trafics, ne la ravissent, mais qu'elle fut réservée à
nos enfants, afin qu'ils fussent dignes, pour les mérites de
nos travaux, d'hériter du trésor de leurs pères bienfaiteurs.
Par quoi mon fils, aie ferme connaissance, sans aucun doute,
avec un sain entendement, que sans ce ciel signifié par D,
qu'alphabétiquement nous l'avons appelé en nôtre arbre
philosophique, il ne se peut composer aucune médecine, qui
fasse grande et fort utile projection ou transmutation, en
cette excellente science et art transmutatoire.
18

En ce cinquième argument et article, nous


décrirons la sublimation de nôtre glorieux
mercure signifié par D rouge, et nous parlerons
de sa vertu et propriété, lequel divin mercure
végétable philosophiquement sublimé, est tiré de
la substance terrestre sulfurée, et celui-ci réduit
en un sel et un soufre de nature très pur,
autrement appelée terre feuillée et soufre
végétable des philosophes, lequel est l'âme des
métaux, et premier moteur, avec lequel,
ensemble avec nôtre ciel végétable circulé, nous
faisons la certaine et vraie réduction des corps
parfaits en leur première matière, et avec eux
aussi, nous parachevons toute nôtre heureuse
composition.

Chapitre 5

L e plus excellent secret et principe admirable de tous


les autres principes de cette divine et science
renommée, est la révélation de nôtre céleste et
glorieux mercure végétable sublimé signifié en ce cinquième
chapitre par D rouge, lequel a la très vraie propriété
d'augmenter la calcination et dissolution philosophique de
tous les corps métalliques, minéraux, et minéraux moyens,
et avec l'aide divine, il réduits les susdits corps parfaits et
19

imparfaits, à la vraie putréfaction. Et tout ainsi que l'élément


de l'eau, sur toutes les autres choses a propriété d'humecter,
ainsi nôtre glorieux mercure, seul a vertu et propriété sur
toutes les autres choses de nôtre magistère, de vraiment
humecter, et de réduire les corps susdits en leur première
matière, avec leurs vertueuses et intrinsèques formes
réservées. Et si la fortune permettait, que par mes paroles,
ton esprit n'ait pas entendu nôtre glorieux mercure
sublimé,il ne te faut pas travailler sur aucune œuvre du
premier ni du deuxième ordre, parce que sans ce mercure
sublimé, il ne peut se former aucune médecine, qui fasse
grande projection. Par cela, nous t'avons déclarer ce très
excellent fondement en nôtre alphabet apertorial, au
chapitre qui commence par, Si l'école des tyrans
dominateurs et usuriers &c. Et aussi au second abrégé et
traité de nôtre Violette, qui est l'accomplissement de la
Petite Somme, laquelle est nôtre premier abrégé, en la
dernière partie de celle-ci, où nous traitons de la
sublimation bénie, (combien qu'en ce lieu là, nous en
parlons philosophiquement et de manière couverte, afin que
les artiste superbes et ignorants, ne lèvent la crête contre le
ciel) et encore dans des lieux épars dans le chapitre de ce
présent Lucidaire nous traiterons et t'enseignerons, mon fils,
de faire ce divin mercure sublimé. Tous lesquels fondement
étant, par toi, très bien considérés et épluchés, je me tiens
pour certain qu'avec vôtre prudence, vous l'entendrez, et
principalement en la pratique de ce présent chapitre,
manifestement vous le déclarer.
20

Pratique de ce cinquième chapitre

D onc, mon fils très cher, tu prendras du mercure vif


minéral extrait de sa propre minière, comme nous
te l'avons dit et déclaré au chapitre de A. Et ce
mercure béni, selon les chapitres qui te sont connus, dissous
le et putréfies le, et puis sépares son esprit céleste par voie
de distillation, par un moyen essentiel. Après la séparation
d'un tel esprit céleste, sépares tout son flegme, le susdit
flegme séparé, il est nécessaire de continuer le susdit
régime, et séparer l'oléaginité onctueuse superflue,
noircissant et brûlant ces parfaits et précieux éléments, qui
sont en ce divin et végétable mixte, comme une matière
superflue à ce glorieux compost. Laquelle séparation est fort
différente de celle que vous avez faite de son flegme, selon
ce que vous verrez en ce présent chapitre. Par quoi, mon fils,
vous tiendrez le moyen et la pratique mise ci-dessous, en
ladite séparation infaillible, pour pouvoir atteindre cet effet
céleste. Prenez dons le corps terrestre qui vous est demeuré
au fond du vaisseau en manière de miel, duquel, par le bain,
ait été tiré tout son flegme, et sur celui-ci versez autant de
son humidité superflue séparée de lui, qu'elle surnage de
trois bons doigts à ladite substance, fermant le vaisseau avec
son antinotoire, et le mettant au bain-marie à digérer par
douze heures, au bout duquel terme, vous trouverez qu'il se
sera dissout et séparé du corps une substance citrine
obscure en la susdite eau, vous séparerez par inclinaison
cette eau du susdit composte, et vous la mettrez à part. Et
derechef avec de la nouvelle eau comme la première,
21

réitérez tant de fois cette dissolution, inhumation, et


évacuation susdite, qu'il te demeures au fond du vaisseau,
une terre glorieuse noire, laquelle n'imprimera plus jamais
de substance en ladite eau, mais elle demeurera
indissoluble. Et quand tu seras parvenu à ce signe, alors
avec une chaleur très lente comme celle du Soleil, tu
sècheras sur les cendres chaudes cette glorieuse terre,
contenant en elle les trois éléments parfaits, laquelle
dessiccation, vous ferez quand près que par inclinaison,
vous aurez séparé l'eau, laquelle n'a plus pu dissoudre
aucune substance du susdit excellent corps. Et celui-ci
desséché, vous le trouverez être d'une couleur pavonasse
assurée, et au goût, comme la saveur de grappes, un peu
plus aiguë. Mon fils, ces opérations philosophiques se
veulent faire, comme vous le savez, avec un feu fort amiable
à cette matière et à sa nature délectable, ouvrant de telle
sorte, la partie radicale de la substance essentielle, de ces
excellents éléments, et âme, ou mercure divin, ne se brûlent
en un tel régime, parce que cette erreur advenant, tou nôtre
divin magistère périrait, lequel nou devons obtenit
l'exubération de l'âme, ou au mercure que nous cherchons à
avoir de ce divin corps et substance végétable bénie, et doit
être faite moyennant son esprit céleste et ardant, et l'union
de la susdite âme exubérée avec cet esprit céleste, doit être
faite avec la terre préparée et calcinée , des susdits éléments
exubérés, et en conséquence, la sublimation philosophique
du susdit corps glorieux, pour le réduire en un sel très pur
et mercure glorieux sublimé, en une terre blanche feuillée
très précieuse, que nous vous avons déclaré par tout ce
présent volume. Avec lequel mercure sublimé béni, vous
obtiendrez tous ces divins effets, que tous les philosophes
22

anciens et modernes ont dit de lui, et moi aussi avec eux. Or


nous retournons à nôtre propos : Quand la terre susdite sera
bien évacuée de l'oléagineuse et onctueuse substance aérée
superflue, noircissant et brûlant tous les autres précieux
éléments, qui sont dans ce divin compost et mixte béni, et
que vous aurez amené cette terre à une matière pavonasse
obscure, sur celle-ci ainsi philosophiquement préparée, vous
verserez son ardent et céleste esprit, et incontinent la terre
morte commencera à se vivifier de vie éternelle, c'est à dire,
sans plus de crainte et de destruction corruptive. De
laquelle substance préparée et matière céleste, vous
exubérerez avec son esprit céleste et ardant, son H (c'est à
dire son mercure et âme bénie) selon la doctrine et manière
donnée au chapitre du susdit H, et ayant fait une telle
sublimation philosophique et exubération, et après ladite
terre calcinée, de la quelle vous avez exubérée l'âme susdite,
devant et voulant unir l'âme exubérée avec son susdit
céleste et esprit ardent, avec la susdite terre préparée et
calcinée, pour avoir (après une telle union) par une voie de
sublimation philosophique, nôtre glorieux et divin argent-
vif secret sublimé. Lequel moyen (voulant obtenir ce don
divin) est, que tu prennes un de nos vaisseaux de verre avec
son antinotoire, mettant dans celui-ci la terre calcinée et
préparée, et sur celle-ci vous ferez l'ordre que nous vous
enseignerons au chapitre de K, qui est le chapitre XI de ce
présent Lucidaire. Et quand finalement vous verrez que la
terre sera véritablement blanche et faite spirituelle, vous la
sublimerez selon ce qui est contenu au XI ème chapitre. Et par
ce moyen vous aurez nôtre mercure végétable
philosophique et secret, duquel et avec lequel, vous pourrez
et devez faire l'union et conjonction de celui-ci avec les
23

corps parfaits, selon ce que nous ordonnerons après, dans


l'Ordre des Médecines, en la troisième partie de ce présent
abrégé. Et aussi par d'infinis autre moyens, vous pourrez
pratiquer avec le susdit glorieux mercure, si vous voulez
être vigilant et studieux, pour autant que l'étendue et la
profondeur de nôtre divin et excellent magistère, est infinie.
Toutefois, afin que vous puissiez surement naviguer par cet
océan, il est besoin, que premièrement vous entendiez la
doctrine de ce présent arbre, après laquelle intelligence,
surement vous dresserez vôtre barque à très facile et assuré
chemin, conduisant celle-ci à un port plein de tout salut.
24

En ce sixième article, nous traiterons la manière


de calciner particulièrement tous les métaux,
chacun à part l'un de l'autre, laquelle est signifiée
par E. Et pour quelle cause, la susdite admirable
calcination a été trouvée par nos précepteurs les
philosophes.

Chapitre 6

N ous vous disons, fils très aimé, que la calcination,


laquelle en ce sixième article, nous vous avons
signifiée par E, est nécessaire en nôtre excellent
magistère. Parce que ce serait une chose fantastique de
vouloir dissoudre les métaux en verge (comme ceux qui
divisent l'or et l'argent avec l'eau forte commune très aigüe)
avec nos menstraux végétables. Pour réparer laquelle
erreur, nous nous sommes délibéré de composer ce présent
Lucidaire, à raison que seulement, par sa doctrine, soit très
certainement démontré le très bref moyen de la dissolution
des susdits corps, par la voie de nos menstruaux végétables.
Laquelle ne chemine pas comme celle qui se fait avec les
menstruaux contre nature, c'est à dire, feu destructif de
l'humide radical des susdits corps. Mais ces végétaux les
dissolvent avec leur feux végétables, avec conservation de
leur espèce et leur vertu végétative. Et combien qu'au
commencement certains les dissolvent avec le feu contre
nature, néanmoins, après, il est de besoin de les dissoudre
avec nos menstruaux végétables seuls, parce qu'autrement,
25

tout le magistère périrait, et ensemble, avec celui-ci, nous


détruirions toute la forme essentielle et végétative de ceux-
ci, qui est la vie des susdits métaux. Or retournant à nôtre
propos, nous concluons et disons, que nôtre eau végétable
bénie, en ces métaux, fait toute l'opération du cours céleste
et naturel, pour autant que dans les entrailles de la terre,
nous voyons qu'en la calcination du soufre avec l'argent-vif,
la nature demeure à faire sa révolution (selon l'opinion
universelle) deux cent ans dans les métaux les plus
imparfaits, ce qui nous est très clair pour plusieurs raisons,
lesquelles nous laissons à part à cause de brièveté. Nous
connaissons donc, que la nature en ce opérations susdites,
ne procède pas très violemment, mais avec des termes
mesurés et reposés. Et ainsi fait le feu naturel de nôtre
glorieux mercure, et de là vient, et est nécessaire, que
premièrement nous faisions la calcination des corps susdits.
Et ceci parce que nous devons mieux disposer la matière à la
similitude ou ressemblance, et ainsi que fait la nature sage,
pour mieux, et avec plus assuré et certain moyen, dépêcher
son cours naturel, c'est à savoir, à faire en peu de jours, ce
que l'admirable nature, sans aucune autre aide, fait en si
grande multitude d'années, dans les entrailles de la terre.
Plusieurs, pour trouver la matière mal disposée et grossière,
n'ont pu atteindre leur but désiré, et fruit, en cette divine
science et art glorieux, et béni. Par quoi, discontinuant les
métaux par calcination, puis après ceux-ci, beaucoup plus
promptement (par ce moyen discontinués) se conjoignant
par vraie et naturelle dissolution avec nôtre susdit divin
mercure.
26

La pratique de ce sixième article

A
u nom de nôtre seigneur Jésus christ, fils du Dieu
vivant, prenez une once de très pur R, c'est à savoir
de très pur Soleil. Et amalgamez celui-ci avec de
l'argent-vif vulgaire, réduisant cette matière en manière de
beurre, puis mettez la en un V. Sur lequel corps amalgamé,
versez de l'eau vulgaire, faite d'alun de roche et de sel nitre,
la faisant bouillir tant de fois sur l'amalgame, avec de la
nouvelle eau, jusqu'à temps que vous voyez la chaux citrine,
et de toute part calcinée, et réduite en poudre très menue,
lavant ladite chaux avec de l'eau douce commune et chaude,
l'imbibant, et desséchant bien, dans une coupe de verre,
jusqu'à temps que cette eau vous sorte claire et douce au
goût. Et après avoir eu ledit signe en la fin, desséchez la
chaux susdite à petit feu, dans cette tasse ou coupe de verre.
Vous prendrez ce corps divin, le mettant après dans iun
urinal de verre, et sur celui-ci, vous verserez un peu d'eau
de vie ardente, puis après vous l'essuierez très diligemment.
Et de cette manière vous aurez le corps du soleil
discontinué, avec sa forme intrinsèque et vertu végétative,
avec lequel, plus facilement, vous pourrez faire la
conjonction de celui-ci avec nôtre quintessence et ciel
végétable, moyennant l'huile de nôtre glorieux mercure,
comme nous l'avons déclaré au second et troisième
chapitres de la révélation des choses secrètes. Et ayant fait
cette calcination de ce corps solaire, et roi des métaux, et
corps excellent, nous voulons procéder à la calcination de la
Lune, pour laquelle intelligence pratique : Prenez
27

semblablement une once de S et qui soit deux fois passé par


la coupelle, et très bien séchée par celle-ci, et après dissolvez
la en eau de séparation, faite d'alun de roche et de sel nitre,
mais que premièrement elle ait été tirée d'un autre argent, et
en celle-ci dissolvez vôtre S, après versez sur cette
dissolution quatre parties d'eau chaude commune, laquelle
premièrement, ait été distillée. Puis après, ayez des lamines
de T et mettez les sur le susdit S, laissant refroidir, et tout
ledit corps, en peu de temps, s'attachera à T, lequel S vous
séparerez de T en le dulcifiant comme vous l'avez fait de R.
Puis après, mettez un peu d'urine distillée sur le susdit S,
afin que si quelque partie de T fut en S, cette urine l'enlève
totalement. Et après dulcifiez le avec de l'eau douce, et de
vie, et après gardez à part ce corps dignement calciné. Et
sachez, mon très cher fils, que cette calcination de ces deux
luminaires est excellente, sur toutes les autres manières qui
peuvent se faire avec la conservation de leur vertu
végétative. Par un autre second moyen, vous pouvez
calciner S, c'est à savoir, dissolvez celui-ci tant qu'il vous
plaira en la susdite eau de séparation, puis après prenez
trois parties et plus de sel commun, et dissolvez le en eau
douce commune, et conjoignez ensemble ces deux
dissolutions, et incontinent S s'en ira et résidera au fond du
vaisseau, blanc comme neige, ou de chaux vive, laquelle
vous laverez et dulcifierez comme vous avez fait ci-dessus,
puis vous ferez bouillir ladite chaux dans du vinaigre
distillé par dix heures, et vous la dulcifierez une autre fois
avec de l'eau ardente, et après vous la dessécherez et la
garderez, mais tu calcineras O et P avec de l'argent-vif
vulgaire et du sel, par nôtre manière accoutumée. Et encore
T, dissolvant celui-ci dans une eau forte faite de vitriol
28

romain et de sel nitre, enlevant de dessus lui ladite eau, et à


la fin, n'augmentez aucunement le feu, selon ce que vous
savez, séparez ces esprits du susdit T, desséchant très bien
le susdit corps. Vous ferez la calcination de Q avec du
soufre et du vinaigre. Et ainsi en brèves paroles, vous avez
la pratique très abondante de la vraie calcination de tous les
métaux, qui puissent se faire en cet excellent magistère,
lesquels corps minéraux, nous vous avons désigné par ces
six lettres dessous écrites, à savoir O P Q R S T, c'est à dire
par O Saturne, par P Jupiter, par Q Mars, par R Soleil, par S
Lune, par T Vénus, tous lesquels corps calcinés en ce
sixième article et présent chapitre, nous vous signifions par
E, en la doctrine et pratique de nôtre présent Arbre et
Lucidaire.
29

En ce septième article, nous traiterons le moyen


de la dissolution des corps des métaux calcinés,
avec tout son accomplissement, déclarant en ce
présent article, comment par convenable moyen
philosophique, peut s'avoir cette admirable
dissolution, laquelle nous signifions par F.

Chapitre 7

L a dissolution du corps des métaux, ou bien la


séparation de leurs âmes, ou bien mercure, nous
vous la signifions en ce septième chapitre par F.
Véritablement, cet article est un des premiers et principaux
fondements, qu'ai tout cet excellent magistère. Nous
entendons donc par la dissolution, quand tout le corps
calciné est vraiment liquéfié au ventre de son menstruel
végétable. Lequel effet s'obtient véritablement s'obtient et
advient, quand nôtre B (c'est à dire, eau ardente) est vaincu
et surmonté des éléments des espèces végétables ou
minérales agissant en lui. Et quand le susdit B est vaincu et
surmonté des espèces des végétables, alors seulement, les
vertus minérales des métaux (appelées mercuriales) se
dissolvent avec celui-ci, séparant de ceux-ci, par exubération
de leurs âmes ou argent-vifs simplement. Cette opération
d'exubérer les susdites âmes ou mercures, mon fils, s'usite
aux branches ou médecines du second ordre, desquels l'effet
est plus ou moins, selon la dissolution des susdits corps. La
première et la plus excellente est divisée en deux manières.
Le premier moyen : Nous faisons nôtre dissolution avec la
30

liqueur ou huile de nôtre terre blanche feuillée, comme vous


le verrez au chapitre de L, ou nous vous enseignerons le
moyen de faire les huiles des corps parfaits, pour incérer les
médecines du premier, deuxième, et troisième ordre. Et
cette dissolution surmonte toutes les autres dissolutions,
que jamais l'esprit humain peut l'imaginer. Le second
moyen de cette première manière, est que nous procédions
par un moyen quasi semblable à ce premier, lequel est, que
nous fassions cette dissolution avec la terre du susdit corps,
duquel soient séparés les trois éléments grossièrement, et
puis après calcinée, blanchie, et fixée. Laquelle terre vous
devez dissoudre en eau commune, et séparer d'elle ses fèces
grossières, et puis après la coaguler, et puis après la tenir
fondue par un jour naturel, et en cette manière, réitérez
quatre fois, outre la première, ces dissolutions, coagulations,
et fixations, de manière que vous aurez réduit ce sel
végétable en manière de quintessence, et a une si grande
ignéité et puissance, qu'avec ce dit corps, vous dissoudrez
tous les corps des métaux, avec la conservation de la vertu
végétative, comme vous faites avec vôtre sel végétable, et
avec la terre blanche feuillée et ciel végétable susdits,
réduits ensemble par dissolution, en un vrai et excellent
mercure et menstruel végétable. Par quoi considérez bien,
mon fils, par quelle foi et amour est le bien paternel que je
vous porte, parce que je ne vous cache aucune chose pour
vous faire tout bien, et afin que par ceci vous puissiez
parvenir à vos désirs et fin, et acquérir le fruit de cette
divine science et art. L'autre dissolution, est celle qui se fait
avec C, c'est à dire eau ardente aiguisée. La troisième
vraiment avec D, c'est à dire nôtre quintessence et ciel
végétable, laquelle est encore fort excellente.
31

La pratique de ce septième article

L 'effet de cette divine et excellente opération, est, que


vous preniez un quelconque métal qu'il vous plaira,
qui soit calciné comme nous l'avons dit au précédent
chapitre de E, et principalement celui du Soleil ou de la
Lune, et celui-ci ou ceux-ci, vous imbiberez avec la liqueur
ou huile de la susdite liqueur végétable, dans un mortier de
verre, peu à peu, avec longue contrition. Après, mettez ce
corps broyé et imbibé, en un vaisseau de verre, lavant un
peu le mortier avec une petite partie du vinaigre trois fois
distillé par le bain, mais mieux, et plus convenablement,
avec un peu de C ou de D, mettant toutes les lavures en un
V, sur la chaux susdite. Et après vous distillerez par le bain-
marie, avec un feu très attrempé, comme la chaleur du
Soleil, toute l'humidité sur le susdit corps. Et quand vous
aurez desséché la susdite matière, vous l'imbiberez derechef
avec de la nouvelle liqueur, par une longue contrition, puis
vous dessécherez ledit corps, comme vous avez fait
premièrement. En cette manière, réitérez tant de fois ces
imbibitions et dessiccations, avec de la nouvelle liqueur ou
huile susdite, jusqu'à ce que le corps calciné ait acquis trois
parties ou davantage de la substance liquoreuse terrestre
susdite. Et après, mettez le les susdit corps ainsi unis dans le
ventre liquoreux végétable, et philosophiquement placé,
dans un lieu humide en nôtre manière. Auquel lieu, en peu
de temps, le susdit corps, ou la plus grande part, se
dissoudra. Et ce qui sera dissout, vous le recueillerez avec
32

très grande diligence, et vous le garderez à part. Et ce qui ne


sera pas dissout, vous le dessécherez en son vaisseau, le
broyant et imbibant avec de nouvelle liqueur terrestre, selon
ce que vous avez fait ci-dessus, tant que la susdite matière
acquière trois parties et plus de ladite première substance
liquoreuse terrestre végétable, et desséchez derechef, et
dissolvez par la manière susdite. Et enfin, réitérez tant de
fois les susdites opérations, que tout le corps solaire calciné
soit véritablement tout dissout avec l'huile faite de la terre
végétable susdite. Cette dissolution, mon fils, n'est pas faite
avec l'eau de nuée spirituelle, mais avec l'eau permanente et
fixe, de la manière que nous tenons pour ferme conclusion,
que ce moyen de dissolution des susdits corps calcinés, et le
plus vrai, certain, et naturel, qui se puisse trouver et faire,
par toute l'étendue de cet excellent magistère. Duquel aucun
philosophe n'a jamais été assez hardi, qu'il en ait voulu
traiter si précisément, sinon sous de grandes couvertures et
figures très obscures. Après, laquelle dissolution obtenue, si
vous voulez exubérer tous les susdits corps dissouts, par
révolution aérée par l'alambic, ou bien, pour le moins,
séparer leurs âmes et mercures, vous suivrez l'ordre que
vous verrez au chapitre de H, avec lequel moyen, mon fils
aimé, vous aurez la certitude et la perfection d'un tel
magistère secret. Et il est à noter, mon fils, que cette
dissolution décrite ici, n'est pas beaucoup différente que
celle que vous trouverez au chapitre de L, pour autant que
réellement nous faisons cette dissolution du susdit chapitre
avec la terre blanche et feuillée et sublimée, afin que cette
terre avec les corps parfaits, moyennant D exubérant, par
révolution aérée, passe par l'alambic. Même que de ce divin
mixte, résulte une essence végétale et minérale, avec
33

laquelle les sages artistes font des miracles sur la terre. Et en


ce secret passage, nous vous avons éclairci la question 24 de
nôtre duc Raymond, au quatrième des quintessences
disant : De quo est ignis nostri benedicti lapidis ? Est de igne
essentiali corporum perfectorum metallorum, et de igne essentiali
menstrui nostri vegetablis, ex quibus componitur unus ignis, qui
in momento convertit omnia imperfecta metalla in metallum
perfectum juvante se dicto igne cum potentia vegetativa.
Nous vous avons donc en ce lieu, certainement voulu
démontrer la force de la très sage nature, laquelle, avec cette
même substance, non amenée à si grande exaltation que la
susdite terre blanche feuillée, mais seulement la vertu
végétative de cette terre bénie, excitée par la privation de ses
éléments superflus, avec la simple calcination, dissolution,
et fixation, que nous faisons par son artifice, en la réduisant
en quintessence. Encore avec cette bénie substance terrestre
et son sel divin, et huile, avec nôtre quintessence et ciel
végétable, nous faisons des miracles dans les corps des
minéraux sur la terre, ainsi que par ci-devant nous vous
avons déclaré de nôtre bouche, de cette très précieuse terre,
touchant les exubérations, distillations, et dissolutions, par
révolution aérée, par l'alambic, avec le moyen de cette
divine substance végétable, par ce second moyen réduite à
la nature et vertu de quintessence végétable, et avec nôtre
ciel conjoint avec elle. Par quoi entendez bien, ce que nous
avons écrit de cette matière bénie, en authentique écriture et
avec des paroles très claires, pour vôtre enseignement. Nous
avons tenu cette divine manière et excellent ordre en ce
présent chapitre, pour deux respects : Premièrement pour
subvenir plus rapidement à vos nécessités et affaires, et
pour restreindre cette présente pratique à toute brièveté,
34

afin que par les effets vous obteniez vos désirs, et prompt
secours au salut de vôtre savante barque. Le second, pour
vous déclarer, combien sont grandes et puissantes, les forces
de la très sage nature, laquelle avec tous les moyens et
manières possibles, donne secours à la nécessité advenant
au sages artiste. Par quoi, remerciez le Dieu tout puissant,
de si grande et abondante grâce, qu'il a daigné vous
octroyer, de vous avoir ouvert l'œil de vôtre gentil esprit,
parce que ce n'est pour vous manquer, si vous âtes sage
inquisiteur de la doctrine de cet Arbre et présent Lucidaire.
La seconde dissolution, est celle qui se fait avec C, que nous
avons ci-dessus dit, en la division des susdites dissolutions.
Et semblablement, vous ferez la troisième avec D, comme
aussi il est dit en la susdite division, si par celle-ci vous
voulez avoir la quintessence des métaux.
35

La pratique de cet article

L e moyen donc universel, est, que tu prennes la chaux


de quelque métal que tu voudras dissoudre, et la
mettra dans un V, et sur cette chaux versez C ou D,
selon vôtre intention, tant qu'ils surmontent la chaux par
trois doigts et davantage, après le mettant sur le feu lent de
cendres à bouillir, par un jour naturel, ou pur le moins, par
deux jours aux corps mous, et ce qui sera réduit en F, vous
devez par inclinaison l'évacuer dans un autre vaisseau, et
diligemment le clore, et tenez ladite décoction en bain léger,
après imbibez derechef le corps calciné, qui vous est
demeuré non dissout au fond du vaisseau, mettant celui-ci
en Z à dissoudre par un jour naturel, et ce qui se dissoudra,
vous l'évacuerez avec l'autre corps dissout premièrement
mis à part, gardant celui-ci en Y, comme vous avez fait ci-
dessus. Et réitérez tant de fois ces opérations, que toute la
chaux du corps susdit soit dissoute, ou bien sa plus grande
partie. Laquelle partie vraiment dissoute, est sa substance
mercuriale bénie. De laquelle dissolution du susdit corps,
vous obtiendrez plus ou moins de bénéfice, selon la vertu
des menstruaux. En cette manière, fils bien aimé, vous avez
la certaine pratique de pouvoir faire la vraie dissolution de
tous les corps des métaux calcinés. A la louange de nôtre
Dieu éternel et par l'aide de son fils unique.
36

En ce huitième chapitre, nous décrirons la


manière de la putréfaction des corps métalliques
ci-dessus calcinés, et philosophiquement
liquéfiés. Et après nous traiterons en combien de
manières cette putréfaction philosophique est
possible d'avoir en ce glorieux magistère,
laquelle en cet article, nous signifions par G.

Chapitre 8

D e combien est grande et nécessaire, la nécessité de


la putréfaction, ou digestion des corps liquéfiés et
dissouts, en cet excellent magistère, mon doux fils,
vous l'entendrez en l'ordre de cette pratique bénie, par la
présente doctrine, laquelle en ce huitième chapitre, nous
vous signifions par G. Parce que en ce présent abrégé, nous
avons voulu traiter ce convenable fondement et distincte
pratique, et ce, afin que vous puissiez et ayez à entendre, le
progrès de la sage et bien avisée nature. Et si vous
considérez bien avec l'œil sain de vôtre gentil esprit, vaus
saurez que l'artifice du prudent artiste, est d'imiter cette
nature avec son artifice, tant qu'il lui est possible de la
suivre. Et parce qu'il ne se peut donner une nouvelle
génération, sans la putréfaction et corruption, des corps
philosophiquement calcinés, liquéfiés et dissouts, sans ce
convenable moyen. Par quoi, mon fils, ne pensez pas laisser
en arrière en vôtre ouvrage, ce divin fondement. Voyez
37

donc l'exemple du vaisseau de l'estomac de la femme, dans


lequel jamais ne se ferait aucune transmutation de la viande,
sans le secours de cette putréfaction et digestion naturelle,
ni aussi le sperme humain jeté dans la matrice de la femme,
sans G ne serait pas reçu l'esprit céleste, qui prépare le sang,
et fait les corps aptes à recevoir l'âme intellectuelle. Lequel
esprit céleste, après que le corps soit organisé, moyennant la
putréfaction de toute la matière, l'âme intellective s'infuse et
se conjoint avec ce corps organisé. De laquelle putréfaction,
toute la tourbe des philosophes anciens et modernes ont fait
tant d'estime, que par la ferme conclusion, ils ont tenu que
sans elle il ne pouvait s'obtenir aucun bien. A propos de
laquelle, Mundus excellent philosophe, dit au livre de la
Tourbe des Philosophes, numquam suit aliquod animatum, nec
a naetura editum, nec crescens, nisi post putrefactionem et suam
nutritionnem. Et Hermès père de tous les philosophes dit à
son sujet, Scitote quod tota fortitudo hujus divina sciencae et
magisterii, non est nisi post putrefactionem, et en un autre lieu,
continuant cette divine sentence dit, post putredinem ad hoc
deveniet cum quo omnipotens et sempiternus Deus omnium
altissimus et maximus perficiet quaesitam operationem, qua sic
corpus reducitur in mercurium. Et Orfaltus digne philosophe,
parlant en la Tourbe des Philosophes de cette putréfaction et
décoction des éléments, dit à ce propos, elementa in igne
digeruntur, cocta laetantur et in aliam naturam convertuntur, co
quod liquefactum quod est caput fit non liquefactum, hulidum
vero siccum, et spissum corpus spiritus, et spiritus corpus contra
ignem pugnans convertite ergo elementa, et quod quaeritis
invenietis. Le philosophe ne voulant se contenter d'avoir
déclaré avec la susdite sentence dorée, mais encore
poursuivant celle-ci, déclare et conclut le tout en disant,
38

convertere autem elementa, est facem humidum siccum, et fugiens


fixum, hac peracta dispositione, dimittantur in igne quo usque
spissum attenuetur, et fugiens fixum et aurum tingens
permaneat. Et sitote quod elementorum vita et mors ab igne siunt.
Et quod compositum seispsum germinat es quod ignit et quod
quaeritis hab ebitis Deo favente. Ayant fondé avec les autorités
amenées, ce divin fondement, nous voulons
conséquemment vous enseigner, pour vôtre claire
intelligence, qu'il se trouve quatre sortes de dissolutions et
putréfactions en cet excellent magistère. La première se fait
avec nos eaux et nos menstruels végétables simples et
composés, comme vous l'avez en la doctrine de ce présent
arbre. Et celle-ci se fait quand nous voulons réduire les
corps en quintessence, par les moyens des susdits
menstruels végétables. Et nous appelons cette première
dissolutions, corps réduit en la première matière, c'est à
savoir, eau, et par circulation, convertis en un vrai corps
homogène. La deuxième dissolution se fait aux branches du
second ordre, quand sur R ou S, c'est à dire, quand sur un
de nos susdits corps, nous circulons nôtre quintessence et
ciel végétable. La troisième dissolution se fait par
l'incération de l'huile de R ou de S, par l'union que nous
faisons d'eux avec la première matière des corps imparfaits,
laquelle première matière, nous entendons être en ce
passage, être le naturel et très pur mercure, ou soufre des
susdits métaux imparfaits, réduits par sublimation en très
vraie terre blanche feuillée de tous les vrais philosophes, et
la nôtre. La quatrième dissolution se fait dans les médecines
du troisième ordre, comme nous avons déclaré en plusieurs
endroits, aux solutions et digestions, et union du mercure
des philosophes avec sa terre, et en l'incération et
39

putréfaction des médecines. Par quoi en ce lieu ci, mon fils


très cher, nous entendons et voulons parler de celle-ci en ce
présent chapitre. Quand donc, mon fils, vous aurez exubéré
toute la substance des quatre éléments, ou uniformément ou
séparément, chacun à part, et que vous aurez préparé et
calcinée la terre des susdits corps, et qu'après vous aurez
conjoint cette terre avec le mercure des philosophes, et le
nôtre, par la voie de la dissolution vous la putréfierez,
laquelle putréfaction du susdit compost, certainement se fait
au vaisseau précédemment décrit, avec lequel vous ne
fauterez, et obtiendrez la fin et le fruit désiré.
40

Pratique de ce huitième chapitre

V ous devez donc avoir un vaisseau de cuivre, qui soit


haut de trois quarts de pied de mesure, au milieu de
ce vaisseau soit un plancher au fond perforé, et qui
soit de cuivre, lequel puisse s'ôter et se remettre. Sur lequel
fond, assieds ton vaisseau de verre, dans lequel sera ta
matière que tu voudras putréfier. Et qu'il soit serré avec son
antinotoire, si bien qu'il ne respire point, à la manière
accoutumée. Sur lequel vaisseau de cuivre, tu mettras une
chape, c'est à dire un couvercle si bien qu'il ferme ledit
vaisseau. Au susdit couvercle, faites qu'il y ait un ou deux
petits trous. En ce vaisseau dons d'airain, vous mettrez
autant d'eau commune qu'elle ne touche le fond de cuivre
du milieu, à deux doigts près. Et il faut noter que ledit fond
ne veut être du tout au milieu, mais deux bons doigts plus
près de la bouche. Et sa largeur veut être semblablement de
trois quarts de pied de mesure. Allumant le feu à son
fourneau, où vous aurez mis ledit vaisseau de cuivre, les
vapeurs de l'eau monteront et échaufferont le vaisseau de
verre, auquel est vôtre compost divin et matière bénie, que
vous voulez putréfier, et par ainsi cet idoine et convenable
moyen, vous viendrez à putréfier et décuire, avec parfait
ordre d'humide décoction, et putréfaction. Par quoi mon
fils, vous connaîtrez avec les yeux de vôtre sage et gentil
esprit, le moyen et la nécessité de ce huitième article, lequel
ne veuillez manifester à aucun, afin que cette ignorante
tourbe et secte bestiale, ne puisse se vanter de nôtre
excellent et divin magistère.
41

En ce neuvième chapitre nous traiterons et


manifesterons, le moyen d'exubérer par
révolution aérée, les âmes ou mercures bénis des
métaux, lesquelles âmes et exubérés mercures
sont la première matière des corps susdits, et
l'argent-vif de la vraie considération des sages et
prudents alchimistes. Décrivant aussi en cet
article, la raison pour laquelle cette divine
opération fut trouvée par les philosophes.
Laquelle en ce chapitre, nous signifions par H.

Chapitre 9

C
'est ici le passage, mon fils bien aimé, ou les
superbes baissent leurs ailes, c'est à savoir, en
l'extraction et exubération des mercures et âmes, par
aérée révolution des métaux. Lequel article ( comme nous
avons dit en la rubrique) nous signifions par H. Cette divine
opération fut nécessairement trouvée par nos pères les
philosophes, par un évident et certain fondement, et avec
une ferme et solide raison, d'avoir les susdits métaux
dépurés de toute leur terrestréité superflue, et pour acquérir
par tel excellent et convenable moyen, l'argent-vif de la
considération des sages et prudents alchimistes, et après
coaguler celui-ci en ses terres sulfurées préparées et
calcinées, réduisant ce corps à une fort grande simplicité et
42

divine préparation, et en nature d'un royal et sulfureux


argent-vif sublimé, séparant l'éternel et parfait, du
corruptible et imparfait, comme vous pourrez le voir au
chapitre de K. Les corps exubérés, mon fils, par aérée
révolution, ainsi que ci-dessus nous vous avons dit, soit par
les philosophes, dignement appelé argent-vif exubéré, de la
considération des sages et prudents alchimistes, lait de
vierge, sperme des métaux, sang minéral, esprit de métal,
aigle volante, queue du dragon, et plusieurs autres noms
infinis ont été trouvés et mis afin que l'ignorante tourbe et
secte des vulgaires philosophants, ne surpassent le trésor de
nos pères les philosophes. Certainement, mon fils, vous
devez savoir, que sans tirer du métal, du végétable, ou de
l'animal, cet excellent mercure (qui est une seule substance
ou matière première) à nôtre méthode, comme plusieurs fois
nous vous l'avons dit et prouvé, et sommes aussi pour vous
dire et prouver, ne peut se faire de médecine en cette divine
science, ni du premier, ni du second, ni du troisième ordre,
combien que les médecines du troisième ordre peuvent se
faire par le chapitre de N, qui vaut autant, parce qu'il
procède par un moyen plus sublime, lesquelles opération
tombent seulement en la médecine du troisième ordre.
43

Pratique de ce neuvième chapitre

V ous devez donc, mon fils, prendre la liquéfaction


des corps minéraux qu'il vous plaira, dissouts et
liquéfiés en la manière que nous vous avons déclaré
au chapitre de F, avec une sûre et certaine pratique, lequel
corps liquéfié, vous évaporerez par le bain-marie. Et au fond
du vaisseau, il vous demeurera le corps en forme et en
manière de miel, sur lequel vous verserez trois parties et
davantage de D, et fermerez V, ce V clos avec son
antinotoire, vous le mettrez en Y à putréfier par douze
heures, et ledit temps passé, vous mettrez celui-ci en Z à
distiller par un feu convenable et tempéré, comme vous le
savez, et prenez tout ce qui pourra, par ce présent régime,
distiller. Et derechef, sur la matière qui vous est demeurée
au fond du vaisseau, vous verserez trois parties et
davantage de D, mettant au bain par douze heures, comme
vous avez fait auparavant, et distillez en Z, et cette manière,
réitérez tant de fois les opérations susdites, que toute la
substance mercuriale soit exubérée et passée par l'alambic
avec D. Toutes lesquelles distillations, vous mettrez à
distiller par Y, et au fond de V il vous demeurera une
liqueur sereine, aucunement gommeuse, laquelle nous
appelons eau et mercure des susdits corps métalliques. Ce
mercure et eau bénie, est un des principaux fondements, et
une des excellentes clefs de nôtre maison, où est colloqué le
trésor des philosophes. Duquel secret et principal passage,
nous voulons que pour cette heure, il vous suffise.
44

En ce dixième chapitre, nous décrirons le moyen


de préparer les terres, tant des individus des
métaux, comme des végétables, et des animaux,
desquelles les âmes et mercures ont été exubérés,
à cette fin, qu'elles soient dignes de recevoit, et
de s'unir avec les susdites âmes exubérées,
laquelle union, nous signifions par I.

Chapitre 10

Ô
mère ignorance, reine et impératrice de toutes les
erreurs, confort des superbes et téméraires hommes
et artistes, lesquels pour avoir une simple dissolution,
croient par celle-ci pouvoir monter au dernier degré de
nôtre magistère. Et nous, pour une très ferme conclusion et
fondement indestructible, nous tenons et disons, à toi mon
très cher fils, manifestement nous déclarons, que qui ne
saurait pas réduire A en B, et B en C, et C en D, et D en D
rouge, et D rouge en G, celui-ci n'aura pas l'instrument
congru pour faire la dissolution et putréfaction. Et aussi
celui qui ne saura réduire, les corps minéraux, comme
végétables et animaux en E, F, G et H ne parviendra pas à la
seconde partie de nôtre glorieux magistère, appelé la
dissolution philosophique, sans laquelle on, ne peut venir à
aucune vraie intelligence ni perfection de l'alchimie, ni à
aucune chose de cette admirable science et art
transmutatoire. Mais pour cela nous avons à traiter en ce
dixième chapitre et article, la préparation et la calcination
45

ignée en général, de toutes les terres, desquelles auront été


exubérées les âmes et mercures de leurs corps, tant
minéraux, que végétables, et animaux, laquelle préparation
et calcination, nous signifions, en ce dixième chapitre par I.

Pratique de cet article

M on fils, vous devez prendre de quelque terre, et


de quelconque sorte qu'il vous plaira, et celle-ci
vous l'imbiberez avec une partie de son eau, la
mettant en Y par six heures, et en la fin administrant le feu
assez raisonnablement, et garder toute la liqueur, si elle est
des terres des métaux, parce que ceci est pouir l'incération
des médecines, et est appelé trésor philosophique, et si elles
étaient d'autres terres, là jetez les, parce que c'est leur
superfluité. Et en cette manière, réitérez cette opération, à
savoir, imbibant, inhumant, et distillant, jusqu'à temps que
ladite terre ne jette plus par Z de liqueur. Et à ce signe, tu
connaîtras quand les susdites terres seront suffisamment
préparées, et qu'elles seront dignes de re evoir leurs âmes
glorieuses exubérées. Prenez dons une lamine de S ou de T
rougie, et sur celle-ci mets un petit pey de terre que tu tiens
préparée, si elle ne fume pas, tu as fait la congrue
préparation, et si elle fait de la fumée, réitères tant de fois
ladite opération, pour que tu viennes à ce signe susdit. Et
l'ayant atteint, vous la calcinerez dans nôtre four secret,
46

jusqu'à ce qu'elle soit bien calcinée, comme de bouche, je


vous l'ai dit. Et aussi nous vous avons écrit cette calcination
en nôtre alphabet apertorial. Le moyen de laquelle nous
n'entendons plus étendre en ce lieu, parce que je sais que
vous en êtes un très bon maître. Mais je vous dis bien, que si
ces terres sont des individus végétables ou animaux, la
calcination devient blanche, plus ou moins, selon la couleur
desdits individus. Et si elle est des métaux, selon la
composition que vous avez eue, en l'exubération de leurs
susdits mercures et âmes, et aussi selon la couleur de leurs
propres métaux. Ces corps ainsi préparés et calcinés, sont
réduit à une si grande glorification, qu'ils sont aptes et
dignes de recevoir leurs âmes en leurs excellents corps, et
par une nouvelle régénération, reduite les susdits corps par
sublimation secrète, en un très pur sel et argent-vif sublimé
et soufre de nature, comme vous le verrez enfin suivant
chapitre, à la gloire du Dieu éternel, et de la sainte et
indivisible trinité.
47

En ce onzième chapitre, nous traiterons le moyen


de l'union de l'âme exubérée ou mercure, avec
leurs terres préparées et calcinées, aussi bien des
corps minéraux, comme des végétables et
animaux, laquelle pratique est générale, pur être
tous ces individus, une seule substance. Après
laquelle union, nous décrivons la pratique de la
dissolution philosophique des susdits âmes et
terres, unies pour une nouvelle régénération. Et
par celle-ci réduite en un sel très précieux et
soufre de nature, lequel nous signifions par K.

Chapitre 11

A
yant été par nous suffisamment déclaré dans les
précédents chapitres, le moyen et poursuite de cette
fameuse science et art, très cher et très aimé fils, à
savoir touchant la première partie appelée, De modo
praeparandi mercurim ad opus caeleste et aeternum. Et encore
ayant éclairci la seconde partie intitulée, De philosophica
sublimatione corporum minéralium vel vegetabilium vel
animalium. C'est à savoir le moyen certain de réduire tous
les corps susdits, en argent-vif de la vraie considération des
sages et prudents alchimistes. Il nous reste à traiter le
moyen de réduire celle-ci en première matière, c'est à dire
48

en sel et en soufre très pur de nature, tiré de ses terres


préparées et calcinées, par l'union de leurs âmes exubérées,
ou bien mercures, avec les susdites terres glorifiées, selon ce
que nous dirons en ce présent onzième chapitre, lequel nous
signifions par K. Mais parce que selon la sentence du
philosophe au dernier de ses Météores, enseignant ce béni
soufre, dit ce prince des philosophes, justement sous ce nom
universel, que celui-ci doit se tirer de l'argent-vif minéral,
comme nous vous l'avons enseigné en nôtre Violette, par
tout ce véritable volume, et principalement au chapitre qui
commence par, Pour trouver et composer la quintessence
minérale, réduisant davantage celle-ci à la première matière,
selon ce que nous vous avons enseigné en la réponse du
cinquième et sixième argument de ce Lucidaire, et en
plusieurs autres lieux. Et chacun suit l'argent vif végétable,
procédant par la voie végétable côtoyant la pratique donnée
en la dernière partie de susdite Violette au particulier de
nôtre branche. Et encore en nôtre présent Lucidaire, en
commençant principalement en la septième et dernière
partie, de la première partie de ce présent livre, qui est la
révélation des trois causes secrètes. Et puis après au premier
chapitre du second livre de la Science de nôtre Arbre
Philosophal, qui est le chapitre de A, jusqu'au chapitre de D
rouge, par tout inclusivement. Desquels cinq chapitres, est
vraiment parfaitement décrite la certaine et vraie pratique,
de composer et d'avoir le susdit soufre végétal, enseignant
comment il se tire de nôtre argent-vif végétable, vous
dénotant, que non moins clairement, nous avons décrit en
ces cinq chapitres cette divine pratique, ce qui a été fait par
nous en nôtre alphabet apertorial que nous vous avons
adressé et envoyé. Et un autre suit, et procède par la voie
49

animale, lequel troisième moyen et sa pratique, n'est en


aucune partie différente de la pratique donnée, du susdit
soufre végétable, chacun desquels susdits est l'âme des
métaux. Pour la conformation de toutes lesquelles choses,
nous vous avons voulu amener les sentences et autorités,
écrites par nos pères les philosophes. Et continuant la
proposition du prince des philosophes, ci-dessus alléguée
en la dernière partie de ses Météores, enseignant que ce béni
soufre, doit se tirer de l'argent-vif, ne faisant aucune
mention du susdit argent-vif, par nous déclaré pour vôtre
doctrine, parlant en général et disant, Si autem argentum
vivum fierit purum, coagulatit illud, vis sulphuris albi non
urentis philosophorum, illud res optima quam alchimista recipere
possint, ut ex eo convertant argentum vivum in argentum
optimum. Une semblable sentence, dit-il au soufre rouge,
continuant son propos, je dis rouge, parce que ce corps
divin se trouve engendré par deux substances ignées, la
première desquelles est celle qui gît en la pure simple
sphère céleste de son feu, de laquelle est causée, et conduite,
nôtre quintessence végétable, en effet. L'autre est enclose en
sa terre, et est fixe et ferme, son corps divin étant calciné et
dépuré, reçoit en lui ladite première sulfuréité, s'unissant et
se fixant en une unité parfaite. De manière qu'après, par la
voie de la sublimation secrète, nous faisons monter le susdit
glorieux soufre non brûlant, des philosophes et le nôtre,
selon ce que nous avons déclaré au chapitre de A et de D
rouge. Et combien qu'en la susdite sublimation secrète, ce
très précieux corps sulfureux, monte en forme très blanche,
toutefois nous vous déclarons, qu'en l'occulte de cet
excellent et divin corps, se trouve une ignéité sulfurée
blanche et rouge, selon la couleur des teintures, c'est à
50

savoir de son ferment, lequel est l'âme de cette pierre bénie,


comme ci-dessous nous vous le déclarerons. Après laquelle
fermentation bénie, il transmue tous les métaux imparfaits
en vrai Lunifique et Solifique, selon la couleur de son susdit
ferment, et son âme bénie, et pour ce continuant son propos,
dit, Si vero sulphur rubeum fuerit cum rubere clarum, et fuerit ec
vis igneitatis sulphuris non urentis philosophorum. Illud est res
optima quam recipere possum alchimistae, ut ex eo argento vivo
convertant argentum vivum in solem optimum. Mais afin que
nous vous déclarions le tout, nous voulons vous montrer,
comment en l'argent-vif susdit, se trouve vraiment être la
très pure substance sulfurée non brûlante des philosophes,
selon que cette même substance sulfurée, se trouve en nos
deux luminaires. Parce qu'en cet argent-vif, et en chacune
des trois sortes de substances ci-dessus déclarées, se
trouvent les quatre éléments, parfaitement et dument
infusés en elles, et mixtes en un cahos universel, ou bien en
cet or, et glorieuse et substance bénie. De cet argent-vif béni,
nous composons cette médecine bénie et pierre divine et
glorieuse, et la nôtre. Regardez Arnaud de Villeneuve par
tout son rosaire, ce qu'il vous dit de cet argent-vif béni, et
pareillement au septième chapitre qui commence par, Modo
dicam exquibus rebus extrahitur lapis philosophorum et noster,
où répondant à lui-même, il dit, Est autem, tam in corporibus,
quam in urgenti vini substancia secundum naturam, cum unius
sint reporta naturae, sed in corporibus quidem difficilius, in ipso
autem argento levo propin quius non autem perfectius. Et hoc
illud ideo : quia non est corpus dignus aut perfectius sole, aut eius
umbra, quae est luna, sine quibus nullum tingeans generatur
verenum : qui vero ale que illo argento vivo tingere nititur, caecus
ad practicam procedit sicut asinus ad coenam. Mais après que ce
51

divin auteur à déclaré ce divin fondement, ajoutant, il décrit


la fermentation de cette divine pierre, ou médecine
glorieuse, ou argent-vif des philosophes, disant que le Soleil
et la Lune (c'est à dire l'or et l'argent) sont ceux qui
distribuent la couleur parfaite à tous les corps, persuadant
l'artiste, qu'il veuille fermenter et unir les deux luminaires
susdits, avec le divin soufre et argent-vif glorieux ci-devant
dit, et que conséquemment il obtiendra la fin et le fruit
dument désiré, disant, nam aurum, aureum et argentum,
argenteum dant colorem. Lui vero argentum vivum cum sole et
luna tingere nouit, venit ad achanum, quo dicitur sulphur album
optimum ad argebtum Quod cum rubéum paerficitur, eritillud
rubeum optimum ad aurum. Abilis ergo corporibus, ex trahitur
sulphur album et rubeum, cum in ipsis corporibus sit purissima
sulphuris substancia ingénio et natura summe depurata. Et
pourquoi, c'est que le ferment s'entend être celui qui parfait
toute cette admirable composition, écrivant au pape
Boniface, dit à ce propos, cum autem fermentum sit anima
lapidis nostrei, qui sicut anima rationalis, corpus humanum
vivicat, ita etiam corpori mortus, a natura fermenti praes atur
alteratio. Sed argento vivo sapientum (quod est corpus mortum) a
natura fermenti praestatur alteratio, unde anima obtinet
principatum exercens vires suas. Idcirco anima lapidis nostri
benedicti, vovatur fermentum. Nous n'entendons pas de plus
outre multiplier mes paroles, mais si vous êtes sage, vous
connaîtrez le fidèle amour paternel, que je vous ai toujours
porté, et vous porte continuellement. Platon aussi,
s'accordant à cette sentence dit à ce propos, quod in omni
sulphure albo, invenitur argentum vivum purum, quem
admodum in sulphure rubeo, Rubeum. Et le chef couronné
d'Avicenne, parlant sur ce passage dit , quod non reperitur
52

tale sulphur super terram, nisi illud quod in istis corporibus


existit. Et pour ce, mon fils bien aimé, dans les précédents
chapitres, nous vous avons donné la parfaite manière, avec
une très certaine science et pratique, de pouvoir
soudainement réduire tous les corps sulfureux susdits, en
argent-vif de la certaine considération des sages et prudents
alchimistes. Et au présent, encore, nous vous enseignons la
manière très clairement, par l'union du précédent argent-vif
exubéré avec ses terres calcinées et préparées, et par
sublimation philosophique, de tirer leur très pur soufre. Et
croyez, mon fils, que je sais fort bien que tu sais, qu'il est
impossible de faire aucune médecine, et principalement du
deuxième et troisième ordre en nôtre manière
philosophique, si premièrement on n'acquiert les soufres
par la pratique et manière, laquelle nous t'enseignerons en
ce présent chapitre et abrégé béni. Mon fils, les artistes de ce
temps, font des mélanges confus, dissolvant les corps, et y
ajoutant de l'argent-vif vulgaire fugitif, après laquelle
dissolution confuse, ils sigillient la matière du sceau
d'Hermès, et d'ajoutant du sel armoniac ou d'urine
humaine, lequel sel d'urine, à été rapporté ici à Paris pour
une chose nouvelle, et parce que nous savons que sa nature
est sans aucune vertu, nous ne l'estimons pas davantage que
le sel armoniac commun, quand il aura été premièrement
sublimé par deux fois avec le sel commun préparé, même
auparavant nous le tenions pour nul. Lesquelles sectes
bestiales, sans aucun doute, sont vagues et privées de toute
doctrine philosophique et intelligence de nôtre divin
magistère, et parce qu'avec ces voies confuses ne se font que
minières confuses et sans aucun ordre. De sorte que tu
entends bien, mon fils, que qui ne saura point dépouiller les
53

métaux de leur vielle forme, encore moins les sauront


revêtir de nouvelle forme. Et qui n'entend ce passage, il est
totalement privé de l'intelligence de la sublimation
philosophique de ce divin et glorieux corps sulfureux, et en
la fin se trouvera pleins de misérables fâcheries et
désespoirs. Mon fils, soyez sage et connaissez la grâce du
Dieu vivant et éternel, laissez la manico de la manara , et la
roue du cours céleste le guider. Et si par son infinie
clémence il a daigné de vous laisser entrer au paradis
terrestre, ne lui soyez point ingrat, et avec présomption,
menez avec vous les loups ravissants, parce qu'il gâteraient
les fleurs et les fruits du paradis terrestre, usant de ceux-ci
dument. Mais suivant cette sentence dorée, laquelle veut,
qui ocasionem dumni dat damnum de disservidetur. Ce ce veut à
dire mon fils, que tu ne veuilles point être celui, qui veut
révéler les causes secrètes, lesquelles nous t'avons révélées
et de nouveau que nous te révélons, afin que la colère de
Dieu et du juge universel nôtre seigneur Jésus christ ne
t'accable, de faisant digne de la justice de celui-ci, pour tes
pêchés infinis. Et ceci pour raison des maux infinis, lesquels
tu donnerais si tu révélais les secrets qui te sont révélés.
54

La pratique de ce onzième chapitre

R etournons maintenant à nôtre propos, laissant à part


toute théorie, et descendons à la pratique et à nôtre
premier commencement, voulant décrire la manière
d'avoir par la voie de la sublimation la première matière
sulfurée, en forme d'un sel sulfuré et argent-vif sublimé,
tant des minéraux, comme des végétaux et des animaux.
Lesquels individus et leur première matière, mon fils, est
une seule substance selon nôtre mode, ainsi que ci-dessus
nous l'avons prouvé. Par quoi vous prendrez des susdites
terres, lesquelles vous plairont le plus, ou deux ou trois, qui
soient premièrement calcinées et calcinées, comme il est
enseigné au neuvième chapitre. Et vous les mettrez dans un
vaisseau de verre, les imbibant avec leur propre esprit, ou
mercure exubéré. Et premièrement imbibez les avec la
huitième partie, secondement avec la septième,
troisièmement avec la sixième, quatrièmement avec la
cinquième, cinquièmement avec la quatrième. Et ici on ne
doit plus diminuer cette nourriture. Et vous devez faire cette
nourriture et préparation en Y attrempé, par huit jours, plus
ou moins, selon que vous verrez la nature de la terre prête
ou moins prête à recevoir ces mercures exubérés, ou âmes
exubérées. Et quand il vous apparaîtra que la susdite terre
sera sèche, alors ouvrez le vaisseau, faisant par Z attrempé
s'exhaler une certaine petite humidité étrangère et
superflue, laquelle au goût sera en manière d'eau de puits.
Et en cette manière allez toujours continuant les opérations,
c'est à savoir abreuvant, nourrissant, desséchant, jusqu'à ce
55

que l'esprit exubéré soit uni et fixe en sa terre sulfurée. Vous


devez bien entendre, mon fils bien aimé, que la siccité de la
terre calcinée et préparée, convertit son argent-vif exubéré,
en soufre très pur et naturel. Après que vous aurez accompli
les susdites opérations, vous verrez que la terre s'arrêtera en
une seule couleur blanche et pâle, sans faire aucune
variation de couleur, et sera faite spirituelle ; de manière
que mettant un peu de celle-ci sur une lamine d'argent
rougie, vous verrez que la plus grande partie de celle-ci s'en
va en fumée. Réitérez par tant de fois les imbibitions avec la
quatrième partie de nouveau mercure exubéré, nourrissant
et desséchant, jusqu'au temps ou vous aurez atteint le signe
susdit. Après lequel, vous sublimerez à fort feu. En laquelle
sublimation philosophique, vous acquérerez la première
matière, et glorieux mercure minéral, ou végétal, et animal,
lequel montera au côtés du vaisseau (lesquels trois bénis
mercures des philosophes, s'entendent être une seule
matière) laissant au fond du vaisseau une terre noire,
damnée, et superflue, vilipendée par nos pères et maîtres.
De l'écorce de laquelle a été tirée la précieuse semence, sans
laquelle, en nôtre divine science et art sublime, ne peut
s'altérer aucun métal. Mon fils, laisse ces superbes
charlatans, grosses cervelles, bestiaux et présomptueux,
qu'il parlent à leur mode, et œuvrent selon ce qu'ils
voudront, avec leur volontés, ou par d'autres moyens, que
celui par lequel, en cet abrégé, nous avons directement écrit,
parce que leurs fins seront pleines de diabolique iniquité,
c'est à savoir de tromper leur prochain, sans aucune crainte
du Dieu vivant, rendant les choses apparentes pour
existantes. Puis après leurs trépas, passant à la vie future, ils
seront avec leurs éternelles tromperies colloqués en éternel
56

supplice et tourments, avec perpétuelle privation de la


glorieuse présence et très admirable face du Dieu éternel.
De manière mon fils, qu'en toutes les manières de cette
science et art transmutatoire, il se doit rechercher par une
voie naturelle et probable, comme clairement nous vous
l'avons élucidé, par la clef de l'alphabet apertorial, que nous
vous avons écrit et envoyé. De manière que si vous êtes sage
et prudent, vous aurez par celui-ci, et par nôtre présent
abrégé, le triomphe et le trésor entier de cette bénie partie de
philosophie occulte. Et laissez à part les sophistiques, et leur
maligne indignation contre autrui, afin qu'au passage que
nous vous ferons, quand il plaira à Dieu en l'heureuse vie
éternelle, nous puissions ensemble nous retrouver en la
triomphante maison de Dieu, avec les glorieux saints, par la
grâce et mérite de la passion de nôtre seigneur Jésus christ
béni, fils du vrai Dieu vivant, auquel lieu est le siège
principal de Dieu, père, fils, et saint esprit. De manière, mon
fils, qu'il vous doit suffire de la manière et pratique que
nous vous avons écrite en ce présent chapitre, touchant la
sublimation philosophique des corps, traitée par très
véritable et fondamentale doctrine, en nôtre véridique
Lucidaire.
57

En ce douzième chapitre ou article, nous


décrirons la manière de faire les huiles pour
incérer toutes sortes de médecines, c'est à savoir
en général. Enseignant aussi combien il y a de
sortes de ces huiles incératives en cet excellent
magistère. Lesquelles huile nous signifions par L.

Chapitre 12

A
yant éclairci le onzième chapitre, lequel nous
appelons, De philosophica sublimatione terrae
philosophorum, il nous reste à démonter le douzième
chapitre signifié par L, c'est à savoir, l'huile incérative, avec
laquelle nous incérons toutes sortes de médecines, qui
entrent en nôtre divin magistère. Mais nous considérons,
mon fils bien aimé, qu'il y a trois manières d'obtenir cette
divine et glorieuse huile incérative des susdites médecines.
La première ce tire des terres des médecines du troisième
ordre, laquelle s'obtient après la division des quatre
éléments en la préparation des terres, comme nous l'avons
déclaré au chapitre de I. Et de ces huiles, nous en avons
deux sortes : la première sorte se tire du compost de R, la
seconde se tire du compost de S, l'un tend au rouge, l'autre
au blanc. La seconde sorte de ces huiles, est l'huile pour
incérer les médecines du second ordre. Et cette seconde
incération et huile seconde est excellente, en tant que par
elle seule, elle retient le mercure vulgaire, le digérant à sa
58

nature, transformant à blanc ou à rouge, selon le compost de


R ou de S. Et aucun homme se trompe en ce passage, parce
que l'artiste voulant faire l'huile de cette seconde
considération et manière, il convient qu'il passe par tous les
moyens et opérations, du tout nécessaires, pour obtenir un
tel admirable effet sur les corps : Je dis des métaux parfaits,
desquels sont causées les susdites huiles blanches et rouges,
c'est à savoir E, F, G, H, I, K. Et puis après sur ceux-ci, ou
sur ce soufre, fixer six parties et plus de D. Cette huile bénie
est traitée par Raymond en son Épitre Accuratoire, et en la
Petite Magie, quand il dit, Recipe fermentum foliatum ; hoc est
terram nostram albam vegetabilem foliatam et sublimatam. Et
non pas feuilles d'or, battu et mis en feuilles pour pointues,
selon ce que prend le vulgaire ignorant, et après le
misérable artiste, tombe dans un précipice sans fin. La
troisième considération de nôtre troisième huile, est celle de
qui nous faisons simplement d'un des deux luminaires, c'est
à savoir après leurs liquéfactions, calcinations, et
dissolutions, les exubérer, ou bien leurs âmes bénies ou
mercures, par révolution aérée, et ces âmes ou mercures
composées avec six parties ou davantage de D. Et cette
troisième huile est celle avec laquelle nous incérons nos
médecines du second ordre. Mais il est bien vrai, mon fils
bien aimé, qu'en la projection des médecines incérées avec
cette troisième huile, ne se tire pas tant de fruit
incomparablement, comme celles qui sont incérées avec la
susdite seconde huile, une partie de laquelle tombera sur
mille. Et ceux qui font dument l'incération avec cette
troisième huile, une partie des dites médecines tombe sur
cent au plus, de laquelle troisième huile, nous entendons
parler de celle de nôtre douzième chapitre.
59

La pratique de ce douzième article

V ous devez donc, mon fils bien aimé, prendre R ou S


calciné, comme il est dit au chapitre de E, puis après
dissolvez le avec nôtre eau minérale faite de vitriol
romain, alun de roche et sel nitre avec sa forme. Mais faisant
en la première manière, comme nous l'avons dit au chapitre
de E (auquel très clairement, nous avons traité de la
calcination de tous les corps des métaux) il n'est pas besoin
de calciner lesdits corps avec la susdite eau minérale et
aigüe, selon qu'en ce lieu nous disons de faire, si vous
procédez par la première manière au sus-allégué chapitre de
E. Après, mon fils, que vous aurez calciné le susdit corps
solaire ou lunaire, selon la première manière, vous devez
immédiatement appliquer autant d'onctuosité terrestre
résoute en nôtre menstruel élévatif, à savoir en C ou en D
ainsi que vous le savez, afin que moyennant celles-ci, vous
puissiez séparer son esprit, c'est à savoir l'air de ce glorieux
métal, ou bien huile, qui vaut autant. Après laquelle
application de ladite substance, et infusion du susdit
menstruel composé sur ledit corps calciné, vous mettrez
celui-ci bien scellé à putréfier par huit jours. Puis après
distillez par Y et la substance solaire ou lunaire, vous
demeurera corrompue au fond du vaisseau, en manière de
miel. Sur laquelle substance corrompue, vous verserez six
parties de menstruel élévatif, comme j'ai dit ci-dessus, et
puis après mettez celui-ci par douze heures en Y, et après
distillez par Z. Et en la fin n'augmentez aucunement le feu,
comme vous le savez, recueillant à part toutes les susdites
60

distillations, que vous aurez faite de cette manière sur le


susdit corps corrompu. En après, derechef, versez sur ladite
matière qui vous restera au fond du vaisseau, du susdit
menstruel élévatif, auquel soit résout la huitième partie de
l'onctuosité terrestre, parce qu'elle a la propriété de faire
exhaler les âmes ou mercures, ou huiles (qui est tout un) des
susdits métaux. Après mettez en Y par douze heures, puis
distillez en Z, comme vous l'avez fait ci-dessus. Et en cette
manière, réitérez les susdites opérations par sept fois, au
bout desquelles, prenez toutes vos distillations faites par
Z,et mettez celles-ci à distiller par Y. Et au fond du vaisseau
vous demeurera une liqueur, laquelle ne pourra monter ni
distiller par Y, si vous ne composez avec lui autrefois autant
de nôtre quintessence. Si vous ne la voulez pas laissez la là.
Celle-ci, mon fils, est nôtre huile simple pour insérer les
médecines du second ordre. Et il faut noter que ladite huile
sera gommeuse, comme le sont les sirops violats en
Domases, et aussi (par amour glorieux) en ma cité de
Venise, avec ses propres candis, qui sont aux corps dessus
nommés. Alors vous aurez d'elle le fruit désiré. De sorte que
vous gardiez bien ladite huile, parce que je vous montrerai,
en ses lieux propres et ordonnés, sa composition avec nos
médecines, et ses dignes vertus et précieux effets.
61

En ce treizième chapitre et article, nous traiterons


les incérations des médecines, décrivant la cause
pour laquelle fut trouvée par les philosophes, la
divine incération en cet excellent magistère.
Lequel article nous signifions par M.

Chapitre 13

L 'incération de toutes les médecines, de toutes sortes


et ordres, étant nécessaires en cet excellent et sublime
magistère, celles- ci nous les traiterons en ce
treizième chapitre ou article, que nous vous envoyons par
M. Cette intention de nos pères et excellents précepteurs les
philosophes, fut trouvée par eux, pour deux fondements
forts raisonnables, parce que nos médecines n'ont en elles
aucune dureté en leur fusion, ce qui procède pour
l'amoureuse colligation, qui naît par l'union des âmes ou
mercures exubérés avec les terres sulfurées de leur corps
bien préparées, calcinées et prédisposées. Vraiment, cette
union philosophique, et une telle et si grande délectation, en
cette conjonction de la propre semence spirituelle, glorifiée
et exubérée, qu'immédiatement, approchant son corps
glorifié, se transmue en la très bien aimée, terre sulfurée à
elle conaturelle, de manière que chaque partie de cet esprit
sublimé et exubéré, par la réitération que de lui ouvrant
nous faisons, se convertit tout en uns substance de terre
sèche. Le second fondement fut, parce que la terre étant
disposée et préparée à recevoir son âme ou mercure
62

exubérée, ne voulant lui être ingrate, étant corps fixe et


permanent, se transmue, se mouvant de sa propre nature, et
se faisant spirituelle, selon son bien aimé esprit, se
sublimant ensemble avec lui en un sel très précieux, lequel
est plein de siccité, pour être de nature sulfurée, c'est à dire
une terre directe à liquéfaction, laquelle inceration tend à
solifier et lunifier, et à fixer lesdites terres, et les faire
liquéfier par la vertu des huiles des deux luminaires fixatifs.
Lesquelles huiles, ont propriété de faire courir la susdite
médecine comme la cire, ainsi que nous avons dit et
enseigné ci-dessus. Pour laquelle cause, la susdite divine
incération de nos médecines glorieuses, fut trouvée par nos
précepteurs les philosophes.
63

Pratique de ce treizième chapitre

P ar quoi, mon fils, entendez un si glorieux fondement.


Prenez un urinal de verre, lequel vous luterez avec
un lut bien fort, plus de la moitié, et mettez dans
vôtre urinal, vôtre soufre béni, lequel soit premièrement
bien trituré en un mortier de verre, et soit réduit en poudre
très subtile, et si ce soufre était extrait de Saturne, c'est à dire
O ou P, c'est à dire de Jupiter, imbibez le avec la douzième
partie de l'huile de S. Et si le soufre était de Q, c'est à dire
Mars, ou bien de T, c'est à dire de Vénus, imbibez avec la
douzième partie de l'huile de R, mettant l'urinal dans lequel
vous avez mis cette divine opération et composition, à feu
de lumière, étant toutefois couvert de son antinotoire, et
bien scellé, continuant le régime attrempé du feu susdit,
jusqu'à ce que vous verrez que le soufre susdit aura
parfaitement reçu en lui l'huile susdite. Puis après, derechef,
imbibez le pour la seconde fois avec sa douzième partie,
poursuivant le régime du feu susdit, c'est à dire, imbibant et
nourrissant, jusqu'à ce que vous verrez que vôtre soufre ne
se sublime plus en haut, mais demeure en bas, alors vous
aurez vôtre susdit soufre fixe et fusible, comme la cire,
lequel vous éprouverez sur une lamine de S rougie, et si ce
soufre incéré court sans faire de fumée, vous avez
parfaitement accompli vôtre magistère, mais s'il fumait,
réitérez par tant de fois les opérations susdites avec de la
nouvelle huile, et par le poids susdit, qu'à la fin vous
atteignez vôtre but désiré susdit.
64

En ce quatorzième et dernier article de cette


seconde partie signifiée par N, nous décrirons la
manière de la division des éléments en général,
c'est à savoir, des animaux, des végétaux et des
minéraux, pour être ces individus d'une même
perfection et profession.

Chapitre 14

E t pour donner une forme et un accomplissement à


tout nôtre glorieux magistère et pratique bénie en
nôtre petit livre, afin qu'il ne vienne à âtre imparfait
en aucune de ses parties, mais qu'en tous côtés se trouve en
lui une parfaite doctrine et enseignement, il convient de
traiter et écrire la division des éléments, en ce présent et
dernier chapitre de la seconde partie de nôtre Lucidaire et
Arbre de Philosophie. Laquelle division est grandement
nécessaire, et principalement aux médecines du troisième
ordre. Pour l'intelligence duquel, nous baptisons ce
quatorzième chapitre par N. Mon fils, les expérimentateurs
du temps présent, étant pleins de paresse et de nonchalance,
tournent la face vers le ciel, à l'encontre dudit chapitre,
quand ils sentent faire mention de celui-ci, parce que étant
pleins d'ignorance et de confusion, estimant que par la seule
calcination et dissolution des corps, et par fixer les esprits
dessus les corps des métaux grossiers et non digestes, ils
peuvent faire une médecine qui altère. Pour laquelle
65

estimation et crédulité, à la fin de leurs ignorantes pratiques,


se trouvent pleins d'infinie confusion, et de rage très
cruelles, et avec dédain en leurs estomacs, proférant
d'infinis blasphèmes à l'encontre des sages philosophes,
lesquels ont écrit en cette très excellente science et art
transmutatoire béni. Lesquels blasphèmes, par divine
justice, toutefois retournent sur eux-mêmes, parce qu'ils
croient voler sans ailes. Mais nous, nous tenons pour très
ferme conclusion, qu'il n'est possible de faire aucune
médecine, sans l'exubération des âmes ou mercures des
métaux, selon ce que nous en avons traité et décrit la
parfaite manière de l'exubération au chapitre de H, laquelle
manière est quasi semblable à la séparation des éléments
des corps susdits, faite par une voie brève, cet effet se voit
clairement, et se prouve manifestement, par sa propre
opération opérative. Parce que nous tirons H de R par
l'ordre de son propre chapitre. Cet âme et mercure béni du
Soleil, tient en soi deux éléments, c'est à savoir l'air et le feu,
et l'eau du susdit R se trouve être au compost instrumental
de son menstrue végétable, exubératif de la susdite âme, ou
bien mercure du susdit corps solaire, laquelle eau est son
premier élément. Et nulle autre différence, mon fils, se
trouve entre cette brève séparation des éléments et la
grande, laquelle nous décrirons en ce présent chapitre, hors
que ces opérations appartiennent seulement aux médecines
du troisième ordre, et est prolixe et longue, et s'y procède
avec une grande solennité et préparation. Et ceci à cause,
qu'il faut séparer tous les éléments à part distinctement,
avec de longues inhumations, et plusieurs distillations
comme vous le verrez au présent chapitre. Mon fils bien
aimé, sachez que les richesses et honneurs ne s'aquièrent
66

pas, étant tout le long du jour par les rues et Fondaghi


archianchare (quartier de Venise), et se remplir la tête, se
remplir la tête de fraschi, et demeurer toute la nuit à dormir
sur la plume, mais s'acquièrent avec plusieurs labeurs et
fâcheries, voyages et vigilances. Par quoi premièrement
l'artiste doit faire l'œuvre intellectuelle, avec une étude
continuelle, et après, manuellement, œuvrer sans
somnolence et paresse, ainsi que font les présomptueux et
téméraires, lesquels, ce qu'ils songent la nuit, veulent
l'exécuter le même jour suivant, et œuvrent comme des fous,
jetant là leurs facultés, et qui, est pire, outre le dommage
susdit, sont encore moqués par tous, donnant à rire à mille
boutiquiers et marchands ignorants, tous lesquels, après, se
lavent la bouche de nôtre excellent magistère.
67

La pratique de ce quatorzième chapitre

Maintenant donc, retournons à nôtre propos, afin que vous


ayez une vraie intelligence de ce divin article, mon fils, vous
prendrez le compost putréfié qu'il vous plaira, et mettez le à
distiller par Y, continuant ce régime jusqu'à ce toute l'eau
soit distillée. Et ceci est l'élément de l'eau, lequel,
diligemment, vous garderez à part dans un vaisseau bien
scellé. Et voulant continuer l'œuvre susdit, et diviser le
second élément qui est l'air, vous verserez après, sur la
matière qui vous est demeurée au fond du vaisseau, tant de
sa propre eau, qu'elle surnage celle-ci de quatre doigts. Et
serrez le vaisseau avec son antinotoire, le mettant après en Y
par trois jours, lesquels passés, vous distillerez après par Z
léger, enlevant premièrement son antinotoire, et y mettant
son alambic, en la manière accoutumée en nôtre légitime
distillation. Et quand vous aurez distillé, de ladite matière,
toute son humidité, et qu'elle se sera faite bien sèche en cette
distillation, laissez bien refroidir le vaisseau, et étant froid,
ôtez lui son alambic, et sur la matière qui vous est demeurée
sèche au fond du vaisseau susdit, versez derechef autant de
son élément aqueux, et selon ce que vous avez fait ci-dessus,
mettant par la manière susdite en digestion de Y par trois
jours, et puis distillez par Z léger dix fois. Et si l'eau
instrumentale vous défaillait, et vint moins, vous prendrez
toutes les distillations faites par Z, mettant celles-ci dans un
urinal, et distillant par Y, et de l'eau qui distillera par ce
régime, vous œuvrerez en les susdites opérations, jusqu'à ce
que vous ayez accompli la dixième révolution susdite. Et il
68

faut noter que cette liqueur qui vous demeurera au fond du


vaisseau, en cette distillation que vous avez faite par Y des
distillations faites par Z, pour retrouver de l'élément de
l'eau à suffisance, pour faire vos opérations, est l'élément de
l'air, par cette manière philosophique, séparé de l'élément
de l'eau, lequel, avec non moindre diligence, vous garderez
à part de l'élément de l'eau, fort bien scellé. Vraiment, vous
devez faire cette séparation par le moyen ci-dessus déclaré,
mais pour vôtre doctrine accomplie et parfaite pratique, en
tel magistère occulte, je vous dis que, quand tout l'élément
de l'eau sera passé par le feu léger, à la fin augmentez vôtre
feu d'un point davantage, afin que tout l'élément de l'air, ou
partie de celui-ci, puisse distiller, et distillant, se conjoigne
et entre son eau distillée, séparant à la fin, un élément de
l'autre, comme ci-dessus nous vous avons dit. Mon fils bien
aimé, afin que je ne sois pas prolixe et fâcheux en
abondantes paroles, en la séparation de l'élément du feu,
vous ferez sur la matière ou compost, duquel vous aurez
séparé l'élément de l'air, de semblables imbibitions et
inhumations, et distillations, et semblablement, de toutes les
terres dont vous usez en la séparation de l'air, vous en
userez en l'élément du feu, mais que dans les distillations
faites par Z, vous devez l'accroître et l'augmenter d'un point
de plus, que celui que vous avez fait au susdit élément de
l'air. Vous faisant savoir, que là où vous avez fait ladite
distillation en dix révolutions, vous ferez celle-ci en quinze.
Et toutes les distillations faites par Z, en ce second
magistère, distillez par Y, tant que l'eau sera toute distillée.
Et au fond du vaisseau, vous demeurera tout l'élément du
feu en forme sèche. Sur lequel feu sec, versez de l'élément
de l'air réservé ci-dessus, pour que ce feu tienne une grande
69

partie de l'air, et tous ces deux éléments unis, mettez les à


distiller par une retorte par Z honnête. Et quand vous verrez
que la matière sera grosse en manière de mélasse au fond de
ladite retorte, ne distillez plus. Je veux vous donner un plus
grand signe, pour connaître ceci, qui est, mon fils, que
quand vous verrez que lesdits deux éléments, lesquels vous
aurez conjoints ensemble et mis à distiller, des cinq parties,
en seront passées et distillées les trois, alors cessez la
distillation. Et gardez le susdit air séparé en ce second
régime, le distillant premièrement par sept fois. Distilles
donc par le régime susdit, que seront les trois parties des
cinq de ce compost, que vous avez fait ci-dessus de
l'élément de l'air et du feu, et qu'il vous sera demeuré au
fond de la cornue, les deux parties de ce divin compost, en
forme grossière de mélasse. Continuez si longuement vôtre
distillation à feu honnête, jusqu'à ce que vous verrez au
fond de vôtre cornue, l'élément du feu congelé, alors cessez
de distiller, et mettez fin à de telles opérations. Mon fils,
c'est ceci le second air, lequel nous appelons huile, et trésor
philosophique pour incérer les médecines, mais le premier
air, s'œuvre dans les compositions des médecines susdites.
Cette huile et air second, vraiment, participe beaucoup de la
substance du corps, c'est pourquoi vous le rectifierez, le
distillant premièrement par sept fois par l'alambic, lequel,
après, avec une grande diligence, vous garderez à part dans
un vaisseau bien scellé. Et les terres que vous aurez en la
rectification de ces deux huiles ou airs, vous les mettrez
avec le feu. Après que vous aurez accompli la rectification
de ces deux éléments, c'est à dire des airs susdits, vous
prendrez l'eau et vous la distillerez derechef par sept fois
par Y. Et la terre ou fèces, que vous aurez en cette
70

rectification, vous la mettrez avec l'élément de la terre.


Ayant achevé cette rectification de l'élément de l'eau,
laquelle a passé par quinze révolutions, et moyennant celle-
ci, vous avez séparé l'élément du feu, de la terre, calcinez
donc celle-ci avec l'élément du feu par sept fois, distillant
celui-ci avec cinq parties et plus de son eau rectifiée. Et par
cette manière vous acquérez la vraie calcination de l'élément
du feu. Et semblablement, vous ferez la calcination de
l'élément de la terre, avec son eau préparée et rectifiée, parce
que la terre et le feu s'accordent en siccité. Les signes,
véritablement quand les terres sont calcinées, vous les
verrez au chapitre de I. Et en cette manière, mon très cher
fils, vous avez une ample doctrine de la séparation et
rectification des éléments. Laquelle manière est universelle,
aux minéraux, et aux plantes végétales, et aux animaux,
combien qu'aux plantes et animaux, il n'est besoin de si
longues préparations, comme aux individus minéraux, c'est
à dire aux corps des métaux, parce que dans les végétaux et
animaux, les éléments ne sont pas mutuellement d'une si
forte union et colligation entre eux, comme aux dits métaux.
De manière, mon fils, qu'en ce chapitre nous vous avons
déclaré et semé plusieurs beaux secrets cachés, lesquels
vous recueillerez avec vôtre prudence. Et pour ce, vous
chasserez toute obscurité de vous, en cette très digne
science, avec la présente doctrine et pratique, moyennant
laquelle, il est impossible que vous puissiez faillir,
moyennant l'aide de Dieu tout puissant.
71

L'ordre des médecines

Ayant achevé la seconde partie de l'Arbre de


Philosophie de nôtre présent Lucidaire. Ici
commence la troisième partie intitulée de l'Ordre
des Médecines. En laquelle nous décrirons les
trois ordres de celles-ci, et premièrement nous
traiterons de l'intention de ceux par qui furent
trouvés ces ordres, avec la réprobation des
sophistiqueries de Geber, en une manière qu'il
appelle médecines du premier, second, et
troisième ordre

Chapitre premier

P uisque par la vertu du Dieu vivant et vrai, nous


avons parachevé la science de l'arbre philosophique
de l'art transmutatoire, par laquelle, tout vrai et sage
artiste, peut facilement discerner toute l'intégrité de ce
glorieux et excellent magistère, il nous reste seulement à
décrire la manière de composer nôtre médecine et pierre
bénie. Mais parce qu'il y a trois ordres de compositions de
médecines, ou pierres philosophales, premièrement, nous
traiterons la manière de réduire à accomplissement les
médecines du premier ordre, après celles du second, et puis
72

après, celles du troisième. Et combien que Geber, en la


Somme du Parfait Magistère, tienne le présent ordre,
toutefois cela n'a pas été avec une telle révérence et
honneur, qui se devrait porter en cette excellente science,
intitulée par tout vrai philosophe, De transmutatione rerum
mineralium, formaliter et substancialiter. Et pour cela, ne
voulant pas avec cette erronée, fausse, et menteuse opinion,
ensuivre les médecines du susdit Geber, décrites par lui en
son premier ordre, pour être choses de baratin, et pleines de
sophistiqueries scandaleuses, et contre tout devoir de la foi
de vouloir en traiter, nous n'entendons ni voulons en
aucune manière, que de telles sophistications et tromperies,
aient symboles et concordances à la science que nous avons
décrite avec toute vérité, intelligence, et intégrité, d'amour et
d'entière foi. Laquelle science est donnée gratis, et par
privilège spécial, concédée par le Dieu éternel, à chacunes
de ses créatures, lesquelles vivent bien selon la loi impériale
du sacré, faisant l'évangile de paix et de grâce à nous autres
chrétiens, octroyée par la clémence de nôtre seigneurs Jésus
christ, fils unique du Dieu vrai et vivant, lequel a épandu
son très doux et précieux sang sur l'arbre de la croix, pour la
rédemption de nôtre humaine et fragile nature. Et
néanmoins, cette sublime grâce a été concédée par le Dieu
très clément, à plusieurs gentils, encore qu'ils ne
participassent pas au mérite de son très précieux et glorieux
sang. Étant ce glorieux seigneur, juge universel des vivants
et des morts, parce que ceux qui vivaient bien selon la loi de
la nature, ne pouvaient être rémunérés après leur trépas,
des biens de la vie éternelle, ni jouir de la félicité éternelle,
pour cette vie morale, pour cela, le Dieu très clément, a
voulu les rémunérer de ces grâces temporelles. Et à ce
73

propos nous amenons la sentence de saint Augustin disant,


nullum bonum inremuneratum, nec malum impunitum, Deus
transire finit. Or retournant à nôtre propos, crois, mon fils,
que l'art sophistique a été trouvé par l'ennemi de Dieu
éternel, de sa bonté, et de nôtre nature humaine, à la ruine et
perpétuelle destruction de celle-ci, de laquelle nous avons
toujours été aliénés. De sorte que vous devez estimer,
qu'avec toute foi et vérité nous vous avons, par nos œuvres
très fidèlement écrites, fait participant de la grâce spéciale,
qui nous a été concédée par l'infinie bonté et clémence du
seigneur Dieu. Et pour cela vous pouvez user de celles-ci,
comme justes et saintes, lesquelles, autrement, nous ne vous
aurions pas voulu vous les écrire, car ce fut été à la
destruction du prochain, et de nôtre âme, laquelle,
certainement, nous voulons qu'elle soit de celui qui l'a créée.
74

En ce lieu, moyennant l'aide divine, nous


décrirons la manière de composer la première
branche du premier ordre, laquelle se compose
du soufre du Soleil (signifié par R) par l'aide de
nôtre céleste quintessence, dans nôtre vaisseau,
par ordre de circulation

Chapitre 2

P remièrement, mon fils bien aimé, les médecines du


premier ordre doivent se pratiquer en cette manière,
à savoir, qu'en la vertu de Jésus christ, seigneur
triomphant, vous devez prendre trois onces de R ou bien de
S, et les calciner par l'ordre que nous vous avons donné, en
son propre chapitre, signifié par E. Puis vous ferez la
liquéfaction et dissolution desdits corps calcinés, selon ce
que vous trouverez en son chapitre particulier, signifié par
F, dissolvant ces corps par la première manière écrite au
susdit chapitre, c'est à dire avec la liqueur, ou vraiment
huile, de nôtre substance terrestre végétale, blanche,
permanente et fixe, réduite en nature de quintessence, ou
simplement calcinée et préparée. Par l'un desquels moyens,
procédant assurément par la susdite liqueur glorieuse, vous
obtiendrez ce divin effet dissolutif, outre cette dissolution
que nous faisons des susdits corps, avec l'huile de nôtre
soufre végétable, déclarée au chapitre de E. Vous devez
donc entendre, mon fils bien aimé, que l'étendue de cet
75

excellent magistère est si grande et ample, et certaines, que


par tous les moyens possibles, la nature des individus
excitée par l'artifice du prudent artiste, démontre en toutes
sortes ses forces. Toutefois, procédez par l'un des moyens
qui vous sont donnés, lequel vous plaira le mieux, vous ne
faillirez point. Mais vous devez entendre, que toute chose
qui sera plus précieusement préparée, fera une plus
précieuse et glorieuse impression végétative dans les corps
métalliques. Et conséquemment, en la projection de cette
composition bénie, vous aurez plus d'effet transmutatoire
profitable et vertueux, ainsi que suffisamment nous vous
avons déclaré ce passage en son chapitre. Et pour cela, la
nature (afin de plus promptement expédier les effets) veut
ici que l'artiste procède à une telle dissolution des susdits
corps, jouxte cette vraie liquéfaction des deux luminaires,
déclarée par nous. Lesquelles expéditions desdites
médecines bénies et branches, furent véritablement trouvées
par nos pères les philosophes, afin que l'artiste puisse
demeurer constant et de ferme volonté, en la longueur du
temps et de la dépense qui aillent avec les médecines du
troisième ordre. Or revenant à nôtre première intention,
après que vous aurez fait la dissolution susdite sur lesdits
corps, vous les mettrez ainsi dissouts, à putréfier par huit
jours, selon la pratique que vous trouverez en son propre
chapitre signifié par G. Cette putréfaction terminée, séparez
son âme ou son mercure, par la doctrine décrite au chapitre
de H. Réitérant le susdit magistère, jusqu'à ce que la matière
soit privée de son mercure, ou âme signifiée par H, ou bien,
faites ces opérations par le chapitre de N. Mais par voie
abrégée, c'est à dire avec de brèves inhumations, vous
suivrez le moyen du chapitre de H, lequel H ou mercure,
76

vous le purifierez le rectifiant par sept révolutions aérées. Et


puis après, ainsi glorifié, vous le garderez à part, bien clos.
Et vous calcinerez la terre des susdits luminaires, laquelle
est demeurée au fond du vaisseau après la séparation et
exubération, de la susdite âme ou mercure ; ou bien
préparez celle-ci en la manière que nous vous avons donnée
au chapitre signifié par I. Et ces calcinations et préparations
achevées, vous suivrez l'ordre du chapitre de K, jusqu'à ce
que vous ayez sublimé cet excellent corps, et réduit en un
sel et très précieux soufre de nature, et argent-vif blanc
glorifié. Et ce divin corps ainsi organisé, mettez le dans un
de nos vaisseaux circulatoires avec six parties ou plus de B
(ou de D, qui sera meilleur) à circuler sur le feu de Y par
vingt jours. Et le susdit terme accompli, vous retirerez de Y
le susdit vaisseau circulatoire, avec toute la matière qui est
en lui, et mettez le en Z par vingt autres jours. Et quand
vous verrez que l'esprit céleste sera fixé sur son ferment,
retirez le de V, le gardant à vôtre besoin.
La projection de cette bénie médecine et branche est, que
vous preniez une once de celle-ci et la mettez en un vaisseau
qui ait le col long, et en celui-ci mettez cent onces de
mercure vif vulgaire, et après sigillez le susdit vaisseau, et
mettez cette composition au feu de Z honnête, par vingt
jours. Au bout duquel temps, toute le mercure vif vulgaire
sera congelé et fixé, lequel vous réduirez en corps et
affinerez par forte cendrée avec dix livres de saturne, lequel
soit bien chaud, parce que ledit mercure veut une telle
réduction en corps, par le moyen convenable, qu'il est de
nécessité de faire de lui, artificiellement avec le susdit corps
de saturne. Car faisant une autre réduction, cet excellent
corps, pour sa subtilité, déchoirait de plus d'un octave. Et
77

parce que à tous les artistes, que de vouloir perdre ce de


quoi on peut donner secours et récréation aux pauvres de
nôtre seigneur Jésus christ, semble être un grand pêché,
nous avons pour cela, mon fils travailler pour trouver cette
utile réduction, combien que les médecines du second et du
troisième ordre, n'en ont point de besoin, à cause qu'elles
ont les os trop durs.
78

En ce lieu nous traiterons la manière de la


seconde branche et médecine du premier ordre,
laquelle se compose du corps parfait de la Lune
(signifié par S) avec le soufre sublimé, lequel
avec l'aide de la quintessence céleste, par œuvre
de circulation, se parfait en cette glorieuse
médecine au blanc.

Chapitre 3

N ous pouvons encore, mon très cher fils, par une


autre manière, pratiquer ce premier ordre avec les
corps parfaits de nos deux luminaires, lequel nous
avons délibéré, de vous l'écrire brièvement en ce présent
chapitre, pour vôtre doctrine et intelligence ouverte, parce
que je ne veux pas être long et prolixe dans les choses qui
pourraient offusquer les yeux de vôtre esprit et gentil
entendement. Pour l'évidence donc, de la brève pratique,
vous prendrez trois onces de luminaire, c'est à dire de celui
qu'il vous plaira, et réduisez le en E, puis en F exubérant son
mercure, ou bien son âme signifiée par H avec C, lequel soit
aiguisé avec des choses simples, lesquelles ne corrompent
pas beaucoup sa vertu, afin que avec ce C, nous puissions
exubérer son H, c'est à savoir le mercure du susdit métal.
Après laquelle exubération de l'âme par dessus sa terre,
vous ferez la préparation et la calcination sur cette terre,
comme vous l'avez au chapitre de I. Puis après conjoignez
79

ensemble ces deux substances par l'ordre du chapitre K et


sublimez ce glorieux corps, selon la pratique de ce dit
chapitre, lequel corps divin sublimé, est appelé par les
philosophes, première matière des susdits métaux. De
laquelle première matière sublimée, nous déclarerons la
réduction, par un excellent et soudain moyen, en médecine
et pierre des philosophes, et la nôtre. Vous prendrez une
once du mercure végétal sublimé, signifié par D rouge, et
avec celui-ci mettez une once du susdit soufre des dits
luminaires, ou première matière du corps parfait, lesquels
deux corps glorieux, vous conjoindrez très bien ensemble,
dans un mortier de verre, par de très fréquentes triturations.
Après laquelle conjonction, vous fixerez sur celle-ci en
nôtre vaisseau circulatoire, six parties de nôtre quintessence,
selon la pratique donnée au précédent chapitre, usant de
cette médecine et pierre bénie en la manière susdite.
80

En ce chapitre nous décrirons la manière de la


troisième branche et médecine de ce premier
ordre, laquelle se tire de nôtre argent-vif
végétable et commun à cette divine science

Chapitre 4

O
uvrez avec discrétion vos sentiments, mon très cher
fils, et sans aucune erreur, considérez cette
troisième médecine et branche de ce premier ordre,
laquelle est beaucoup plus facile que ne sont les autres, mais
est de moindre projection, et toutefois plus prompte que
chacune des précédentes. Pour cela vous prendrez de nôtre
mercure végétable, commun à cette divine science et art
béni, duquel vous aurez séparé sa mère, c'est à dire sa terre,
par voie de dissolution et putréfaction, séparant les quatre
éléments de celui-ci, par l'ordre du chapitre de N, et
recueillant son premier esprit céleste, vous le rectifierez
jusqu'à ce qu'il soit en son essence simplement simple.
Après, préparez et calcinez la terre, par le moyen donné au
chapitre de I. Et ne vous souciez pas des éléments superflus,
que fait le susdit premier esprit et terre vertueuse, parce que
ceux-ci sont la superfluité de ce glorieux compost. Après
que cette terre vertueuse et mère de tous les éléments
nécessaires au susdit divin compost, vous aurez exubéré
l'âme ou bien son mercure, vous ferez la conjonction de
ladite âme exubérée avec sa terre calcinée et préparée, selon
la doctrine que vous trouverez au chapitre de K sus allégué.
81

Lequel soufre, après, vous le fermenterez avec S dissout en


B ou en D, imbibant ce corps avec ledit B ou D qui vaut
mieux, et œuvrant par celui-ci par plusieurs fois à petit feu,
c'est à savoir, imbibant, distillant et desséchant, le susdit
glorieux corps fermenté, et le triturant dans un mortier de
verre, jusqu'à ce que le susdit ferment soit une même chose
à voir avec son soufre béni végétable. Lequel effet ayant été
obtenu, vous mettrez à circuler ce ferment composé en nôtre
vaisseau circulatoire, avec six parties de nôtre quintessence,
selon la pratique donnée dans les précédents chapitres.,
usant de celle-ci à vôtre nécessité. Et par ce moyen, vous
connaîtrez si entre vous et la cause première, c'est à dire
nôtre seigneur Jésus christ et vous, il y aura une
concordance bénie.
82

En ce lieu, nous déclarerons la manière de la


dernière médecine et branche de ce premier
ordre, laquelle, nous faisons de la terre simple
préparée et calcinée, de nôtre argent-vif et
mercure convenable à cette divine science et art
glorieux, par la fixation de son esprit céleste sur
la terre susdite préparée, le ferment conjoint et
copulé avec celle-ci.

Chapitre 5

N ous trouvons aussi une seconde manière de


pouvoir pratiquer et œuvrer avec le susdit mercure
végétal, commun à tout artiste de cette bénie et
excellente science et art. Le moyen donc de cette dernière
pratique bénie, et bref et digne. Pour l'intelligence duquel, il
faut que vous preniez du susdit mercure tant qu'il vous
plaira, réduisant celui-ci en N. Et qu'il ne vous sorte point
de la mémoire de recueillir sa très pure fleur simple, tant
qu'il vous sera possible. Puis après, regardez d'avoir son
élément du feu, mettant celui-ci à part, parce qu'à présent
nous n'avons pas besoin de lui. Et puis prenez sa terre
simple préparée et calcinée, sus laquelle mettez son poids de
S calciné. Et après mettez cet excellent compost en un
mortier de verre, avec un long broiement conjoignez ces
deux corps ensemble. Et après avoir fait ladite conjonction,
mettez cette matière dans un urinal de verre à feu léger de
83

Z, avec autant de son eau qu'est la moitié de ladite matière,


sur laquelle vous ferez la dissolution philosophique, jusqu'à
ce que le ferment soit bien conjoint avec ladite terre. Le
signe infaillible d'une telle conjonction, st que quand ces
corps seront parfaitement unis, vous verrez en leur
dissolution avec leur propre eau, qu'elles ne deviendront
aucunement vertes ou azurées, ou bien que la plus grande
partie de la susdite matière viendra à se dissoudre. Alors
vous avez un signe certain, que la susdite terre aura reçue
en elle son ferment. Puis après coagulez cette médecine avec
sa fleur fixe par circulation, comme nous avons ci-dessus
dans les précédents chapitres. Et il faut noter, que toutes les
opérations que l'artiste fait avec S, peuvent être faites avec
R. Et alors les branches feront leurs opérations au rouge.
Mais nous vous assurons, et il est de vrai fondement, que R
est d'un peu plus dure résolution, que n'est pas S. Et pour
cela, en ces opérations ici au rouge, son magistère emporte,
et a besoin de plus longtemps et de meilleure industrie.
Toutefois nous n'entendons étendre nôtre discours envers
ces médecines et branches de ce premier ordre, parce que
par la multitude de nôtre magistère (lequel est très ample) le
nombres de ses manières, est presque infini. Toutefois en
conservant la doctrine qui est contenue dans ce présent
arbre, à savoir, en la résolution des corps en leur première
matière, c'est à dire, en leur réduction (en parlant bien) par
voie de sublimation philosophique, dissolution et
exubération, faite des susdits corps, avec la terre de nôtre
glorieux mercure végétable sublimé et premier moteur de la
végétativité des susdits luminaires, en perpétuelle
augmentation et multiplication de la susdite végétativité.
Avec cette première matière, dis je, vous obtiendrez tout
84

bien, si vous savez fendre les ondes maritimes de nôtre très


délectable et de nôtre très ample mer. Et encore, si vous
savez réduire A en D, ou en B pour le moins, avec nos autre
pertinents moyens et manières, vous pourrez pratiquer par
d'infinis moyens en cette très digne science et art. Et ainsi
nous ferons fin à ces médecines et branches décrites par
nous en ce premier ordre. Car nous en avons assez traité au
long, et a suffisance pour vôtre intelligence dans les
précédents chapitres et louez Dieu.
85

En ce lieu, nous déclarerons en très brèves et très


claires paroles, les médecines et branches du
second ordre. La composition desquelles,
procède et se fait de la première matière
sublimée des métaux imparfaits, incérée et
fermentée avec l'huile ou mercure exubéré des
corps parfaits. Et premièrement nous décrirons la
composition de la première branche tirée de la
très pure première matière et substance sulfurée
de Saturne, signifiée par O, incérée avec le
mercure simple de la Lune.

Chapitre 6

N ous avons éclairci en très claires paroles les


médecines de ce premier ordre. Il reste maintenant,
selon la promesse que nous vous avons faite en la
première disposition de nôtre présent Lucidaire, de décrire
et traiter la manière et pratique certaine, des médecines du
second ordre. Laquelle pratique n'est pas différente de la
première, sauf qu'on y procède avec les soufres sublimé des
corps imparfaits, par une secrète sublimation en sel et soufre
de nature, ou argent-vif sublimé, que nous appelons
première matière desdits corps imparfaits. Lesquels corps
sulfureux, par la mixtion et incérations que nous faisons de
ceux-ci, avec les huiles ou mercures exubérés des corps
86

parfaits des deux luminaires, nous composons toute cette


seconde sorte et ordre second de nôtre médecine bénie.
Laquelle manière et ordre, vraiment, nous vous la décrirons
par un bref ordre. Nous trouvons donc, qu'il y a en nôtre
second ordre, cinq sortes de médecines ou branches, deux
au blanc et deux au rouge, et une a tout lesdits deux effets
par un seul compost. Et premièrement nous traiterons de la
première médecine ou branche bénie de ce second ordre,
laquelle nous tirons de nôtre très pure substance de Saturne,
signifié par O. Laquelle première matière étant mixte et
incérée avec l'huile de la Lune ou du Soleil, nous obtenons
le fruit désiré, selon la couleur du susdit ferment. La
pratique de laquelle composition procède en cette manière :
à savoir, que vous preniez trois onces de O et en faites E
avec C aiguisé, en sorte que ce C soit surmonté et vaincu par
les matières végétables qui lui sont appliquées, afin que par
celui-ci se fasse facilement la dissolution de tout le corps de
O, lequel corps ayant été réduit en F, putréfiez le par huit
jours. Et puis après vous ferez sur celui-ci, les opérations
décrites au chapitre de N, c'est à savoir en séparant son air.
Et vous ferez cette opération jusqu'à temps, moyennant son
menstruel aiguisé, vous ayez très bien séparé du susdit
corps imparfait son esprit, ou bien son air. Puis après vous
préparerez et dépurerez sa terre, selon l'ordre du chapitre
de I. Après ceci faites la conjonction du susdit esprit préparé
avec sa terre préparée et calcinée, selon l'ordre du chapitre
de K. Et par ce moyen vous aurez réduit O en sel admirable,
et première matière, substance bénie et plante glorieuse,
laquelle est digne de porter les glorieux, et fructifères calmi.
Et je veux que vous sachiez mon fils très cher, qu'après que
vous aurez incalmata et sublimé cette très excellente
87

substance mercurielle du susdit corps de Saturne, et par


cette manière philosophique séparé l'éternel du corruptible
et imparfait, cette divine substance et mercure sublimé, ne
fera plus son fruit, car en faisant projection sur l'argent-vif
vulgaire, ne le transmuera pas en Saturne, mais fera cette
transmutation selon la forme, c'est à savoir selon son
ferment et calmo lunaire, comme nous vous l'enseignerons.
Et ceci ne vous doit point sembler étrange, car la pratique
naturelle nous le démontre par propre expérience. Car nous
voyons dans les plantes, c'est à savoir aux arbres, quand il
sont greffés de plusieurs greffes et fruits, ces arbres ne
produisent plus leurs propres fruits, tels que sont les greffes
qui sont greffées sur lesdits arbres. Ce même effet, nous
l'obtenons, quand nous fermentons ce glorieux soufre et sel
susdit. Après laquelle fermentation, nous avons de ce
glorieux corps tel fruit qu'est le susdit calmo, et ferment,
convertissant tous corps imparfaits, en lunifique ou
solifique. Or retournons maintenant à nôtre propos. Vous
prendrez donc ce susdit soufre et sel philosophiquement
sublimé, et le mettez en un de nos vaisseau, sur lequel vous
ferez l'opération de M avec l'huile de S simplement faite,
selon ce que vous trouverez au chapitre de L de ce présent
Lucidaire, avec lequel corps béni, en cette manière incéré et
fermenté, vous ferez sa projection, une partie de lui sur cent
parties de mercure vif vulgaire, ou bien sur O. Et dudit
corps, vous aurez quatre vingt parties de Lune, en sa
réduction, fixation, et fusion, étant bon à tout jugement et
épreuve.
88

En ce présent chapitre nous décrirons une


seconde branche ou bien médecine de ce second
ordre, laquelle nous tirons de la première très
pure substance et matière du Jupiter, signifié par
P, avec la mixtion de l'huile simple de la Lune,
autrement appelée par nous âme ou mercure du
susdit glorieux corps lunaire.

Chapitre 7

L a seconde médecine ou branche de ce second ordre,


est un peu plus utile et profitable. Et ceci, pour autant
que la matière est plus pure. Car d'autant que les
matières sont plus pures, de tant plus elles sont aptes à
recevoir leurs formes. Et parce que Jupiter est une plante
plus digne, et un métal plus net, que l'est Saturne, pour
avoir en lui moins de terrestréité et de grossièreté que ledit
Saturne, pour raison de sa pureté, plus facilement et avec
plus grand amour et singulière dilection, la forme lunaire
s'obtient par ce corps béni. Par la vertu de laquelle
substance formelle conjointe, et amiable union des susdits
corps, nous acquérons en cette seconde médecine et
branche, un beaucoup plus grand fruit, et plus profitable,
que nous faisons en la première. Lequel métal, vraiment,
nous signifions par P. Or donc, mon fils, vous pratiquerez
cette seconde médecine et branche glorieuse de ce second
ordre, comme vous avez fait la première, faisant sur celui-ci
89

toutes les opérations de E F G N I K, vous souvenant


surtout que ledit P se dissolve totalement en C, comme vous
avez en l'exubération de l'âme ou mercure donnée ci-dessus,
et suivant la manière et pratique écrite, d'une telle opération
philosophique, au chapitre de H, lequel vaut autant. Après
vous ferez l'incération, la fixation, et la fermentation du
soufre du susdit P, par la manière et pratique donnée au
chapitre de M, avec l'huile de S. Laquelle opération
accomplie, vous ferez la transmutation avec cette médecine
sur ledit mercure vulgaire, ou bien sur P, et vous les
réduirez en argent très pur, étant à tout jugement et
épreuve, ainsi que ci-dessus nous avons dit de Saturne.
90

En ce lieu nous décrirons les troisième et


quatrième branches, ou bien médecines de ce
second ordre, lesquelles sont toutes deux au
rouge, et se tirent de la première et pure
substance de Vénus et de Mars, signifiés par T et
Q, lesquelles médecines s'accomplissent avec le
simple mercure et huile du Soleil, signifié par R
en cette présente pratique.

Chapitre 8

N ous avons, mon très cher fils, avec l'aide de nôtre


seigneur béni et maître Jésus christ fils de la vierge
Marie, décrit les deux premières branches ou
médecines de ce second ordre, lesquelles nous prétendons,
toutes les deux, être au blanc. Et pour cela, au nom du fils
du vrai Dieu vivant, vous prendrez trois onces de T,
lesquelles vous réduirez en E et en F avec C. Et puis vous en
extrairez son mercure ou âme signifié par H, selon l'ordre et
règle donné au chapitre de H sus allégué, faisant après sur
la terre de celui-ci, la préparation et calcination requise,
ainsi que vous avez au chapitre de I. Puis vous ferez la
conjonction de ce mercure avec sa terre, par l'ordre du
chapitre de K. Et sur ce soufre vous ferez l'ordre du chapitre
de M, avec l'huile simple de R. Et enfin vous ferez la
projection d'une partie de celui-ci sur deux cent de mercure
vulgaire, ou bien de T, et vous aurez du très bon Soleil,
91

étant à tout jugement et toute épreuve.


Par une semblable manière et progrès que vous avez fait de
T, vous ferez de Q. Et il faut noter, mon très cher fils, que
tous les philosophes ont décrit la manière de pratiquer ces
médecines ou branches, par voie très difficile, c'est à savoir,
certains ont voulu qu'après que le corps imparfait ait été
calciné, que de celui-ci seulement devaient se dissoudre les
parties mercuriales (laquelle chose est très difficile) et puis
après les exubérer par l'alambic. Et combien qu'en cette
manière il se peut bien faire à nôtre jugement, et même
selon nôtre expérience, il nous semble être toutefois plus
commode et un moyen plus facile, de dissoudre le corps
calciné avec le menstruel végétable très bien aiguisé. Et de
cette liquéfaction, exubérer la partie mercurielle du susdit
corps liquéfié, c'est à savoir son H par l'ordre du chapitre de
N. Par laquelle manière nous trouvons que nous
raccourcissons fort nôtre chemin. Néanmoins, vous laissant
cela à vôtre discrétion, que vous oeuvriez par lequel des
deux moyens que vous voudrez, car par tous ces deux
chemins et manières, vous obtiendrez la fin que vous
désirez, nôtre seigneur Jésus christ le permettant.
92

En ce lieu nous décrirons (poursuivant l'ordre


que nous avons donné ci-dessus) la manière de la
cinquième et dernière branche ou médecine de
nôtre second ordre, laquelle se tire des deux
luminaires et corps parfaits ensemblement unis
et conjoints. Et cette divine médecine se parfait
au blanc et au rouge, avec l'aide de R et de S.
C'est à dire, incérant le très précieux soufre des
susdits corps, et les âmes ou mercures exubérés
de ceux-ci mêmes.

Chapitre 9

A
vec la plus grande brièveté qu'il nous a été possible,
nous vous avons, mon fil bien aimé, éclairci les
quatre branches ou médecines de ce second ordre.
Il nous reste à décrire la cinquième et dernière, laquelle est
reine et impératrice de toutes les autres branches et
médecines de nôtre second ordre. Par quoi, au non très saint
de celui qui a daigné épandre son très précieux sang sur
l'arbre de la sainte croix, pour le salut de nôtre humaine et
fragile nature, vous prendrez une livre de sel nitre et deux
livres de vitriol romain, lesquels matériaux vous purifierez
comme vous lez savez, et principalement selon l'ordre décrit
en l'alphabet de nôtre Petite Somme, faisant après de ceux-
ci, une eau aiguë à nôtre manière accoutumée. De laquelle
93

eau vous prendrez quatre parties et une de sel nitre,


rectifiant celle-ci par distillation. Et réitérez par tant de fois
cette rectification avec de nouveau sel nitre, que vous verrez
qu'elle ait le pouvoir de dissoudre R, lequel premièrement
soit réduit en E, selon la pratique donnée au propre chapitre
de E. Puis après, en l'autre eau simple dissolvez S, et puis
ôtez les deux parts de la décoction de S et une de R, puis
conjoignez ces deux corps ou décoctions ensemble. Et
incontinent, les deux eaux feront agrégation ensemble. Puis
après, vous distillerez l'eau par l'alambic, jusqu'à ce qu'elle
soit toute passée, demeurant au fond du vaisseau la chaux
sèche, laquelle sera de couleur béritine obscure, c'est à dire
quasi noire. Et par ce moyen vous aurez calciné de manière
unie les susdits deux luminaires, lesquels vous laverez de
leur feu contre nature et noirceur, comme nous vous l'avons
enseigné au chapitre de E. Puis après dissolvez le corps
préparé en cette manière, avec C qui soit très bien aiguisé.
Et si cette chaux était dure à dissoudre, vous la dulcifierez
une seconde fois selon le chapitre de E sus allégué, et
comme nous vous avons dit ci-dessus. Poursuivant puis
après le chapitre de F en la première dissolution, laquelle
nous faisons avec la liqueur ou huile de la substance de la
terre végétable philosophiquement calcinée, blanche,
permanente et fixe. De manière que faisant cette dissolution
selon cet ordre, vous pourrez être excusé de la peine de
dissoudre en C, parce que la dissolution desdits corps faite
avec C est fort prolixe et longue. Et il faut noter, mon fils,
que nous mettons chacune des opérations et ouvrages,
lesquels vous pouvez faire par deux manières, selon ce que
nous avons vu de nos yeux et avec une certaine expérience
par pratique. Lesquelles nous mettrons en ce lieu, afin que
94

vous ayez cette excellente science et art, théoriquement et


pratiquement sans aucune diminution. Mais retournant à
nôtre propos, après que vous aurez dissout le susdit corps,
vous le putréfierez par huit jours. Puis après, vous
exubérerez son H et après calcinez et préparez sa terre, par
l'ordre propre du chapitre de I. Et après vous ferez la
conjonction de H avec I, réduisant celui-ci en K, par l'ordre
du chapitre susdit. Et par ce moyen vous avez uni les deux
luminaires en un corps homogène, réduit en première
matière, et en très vrai et très pur soufre de nature. Et après,
séparez le susdit K, faisant l'incération et imbibition avec la
cinquième partie de S simple. Lequel magistère est quasi
semblable à la manière de M. Et tant de fois réitérez
l'imbibition avec l'huile susdite (c'est à dire avec la
cinquième partie, comme il est dit) par putréfaction,
dessiccation simple, dissolution, et coagulation simple, sur
ce compost béni, que matière reste fixe en une unité parfaite.
De manière que par cette seconde opération, vous aurez une
pierre cristalline transparente, participant aucunement de
verdure, par laquelle vous transmuerez tout corps diminué,
en vrai lunifique, étant à tout jugement et examen. Mais si
vous voulez amener et conduire au rouge la susdite
médecine, vous la prendrez, et lui donnerez la moitié de son
poids de l'huile de R simple, nourrissant ce divin corps en
Y. Après vous donnerez pour la seconde fois sur ladite
médecine, la cinquième partie de L de R, faisant ces mêmes
opérations pour conduire cette médecine bénie au rouge,
comme vous faites pour l'amener au blanc. Réitérant par
tant de fois les imbibitions et les opérations susdites, qu'à la
fin vous voyez vôtre médecine être rouge et transparente
comme un rubis, fixe et fondante à petit feu. Mon fils, celle-
95

ci est nôtre pierre bénie et première branche et médecine


glorieuse, laquelle nous vous en avons en quelque autre
lieu, simplement décrite et traitée, et en ce chapitre nous la
traiterons ouvertement et par ordre, pour vôtre très claire
notice et intelligente. A la louange de gloire de Dieu tout
puissant, faisant fin aux branches de nôtre premier et
second ordre que nous vous avons promis, voulant par très
parfaite doctrine, vous illuminer de tous les fondements de
cette excellente science et art transmutatoire.
96

En ce lieu nous décrirons la médecine du


troisième ordre, laquelle est mère et impératrice
de toutes les autres médecines. Et nous divisons
cette médecine impératrice en sept parties
principales ou chapitres, comme vous le verrez
par les rubriques en leurs propres chapitres.

Chapitre 1

Argument premier

V ous ayant décrit dans les susdits précédents


chapitres les deux ordres, premier, et second, de cet
excellent magistère, il nous reste à éclaircir le
troisième ordre de telle divine composition, laquelle est
beaucoup plus sublime et céleste que toutes les autres des
ordres susdits, décrites par nous, pour le respect même des
plus subtiles opérations qui se font en celle-ci par la
séparation des éléments l'un de l'autre, qui est un magistère
fort excellent. Et ne croyez point mon fils, que cette
opération puisse se faire si subtilement, que nous puissions
entièrement avoir les éléments simples séparés l'un de
l'autre, mais vous devez entendre que l'élément de l'eau, à
en soi plus d'eau que d'autre élément, et semblablement,
celui de l'air a plus d'air qu'aucun des autres éléments, et
ainsi de chacun des autres, est faite la séparation par la voie
de ce troisième ordre. Mon très cher fils, tous les sages et
industrieux philosophes, ont continuellement cherché ce
97

troisième ordre, et ont toujours tenu pour certain ce céleste


fondement, parce que de ce troisième ordre, procèdent et
naissent tous les autres ceux ordres décrits par nous,
lesquels sont tirés de celui-ci, pour subvenir à la nécessité de
l'artiste, et pour ne pas défaillir à la longueur du susdit
troisième ordre. On très cher fils, nous entendons vous
donner une parfaite doctrine par des paroles très brèves et
très claires, et ne vous fâchez pas par la prolixité et
frasquerie, afin que vous puissiez tirer aucune construction
de nos parole, obscures et ténébreuses, comme elles se
trouvent en la doctrine des vieux et anciens philosophes,
entre lesquels furent Hermès, Aristotes, Platon, Démostènes,
et le couronné chef d'Avicenne, Rasis, Hippocrates,
Origènes, Galien, Geber, et plusieurs autres, lesquels, encore
qu'ils soient très sages naturalistes, toutefois furent envieux
et jaloux de cet excellent et sublime magistère, lequel il ont
traité en leurs livres, par des choses obscures et par des
termes ténébreux, et sous paroles couvertes et sans
lumières, ou bien d'autorités et sentences si obscures et
ténébreuses, que si un pauvre artiste voulait entendre de
telles sentences, il lui serait besoin d'avoir un chérubin
interprète et expositeur, qui lui fut envoyé par Dieu nôtre
père éternel et seigneur très clément, lequel vit et règne avec
le saint esprit, par tous les siècles des siècles.
98

En ce lieu nous décrirons la manière de la


dissolution philosophique en ce troisième ordre.

Chapitre 2

P oursuivant nôtre pratique, et suivant la promesse que


nous vous avons faite, nous voulons descendre à la
pratique particulière de la dissolution philosophique
des corps parfaits en cette médecine bénie de nôtre
troisième ordre. Et pour cela, au nom de ce très sacré et saint
Dieu vrai et vivant, afin que vous obteniez la fin que vous
désirez, vous prendrez trois onces de R calciné, et puis
réduit en F avec C, qui soit bien aiguisé avec de très forts
végétables, mais pour un plus grand abrègement, avec des
minéraux (combien que la pierre ou médecine ne sera pas si
utile le corps humain) faisant cette dissolution par le
chapitre de F. Puis après vous prendrez de nôtre susdit
mercure sublimé, appelé par nôtre duc Raymond, Mercurius
noster quem scis, et réduisez en F trois onces du susdit
mercure par l'ordre du chapitre de B ci-dessus allégué.
Après vous conjoindrez ensemble ces deux corps en cette
manière liquéfiés. Et sur ceux-ci, vous ferez sept fois
l'opération d'assation philosophique, c'est à savoir, imbibant
et desséchant à petit feu, et enfin dissolvez le dit corps assé
avec C ou avec D, par ordre propre du chapitre auquel nous
traitons de la dissolution. Ayant fait cette dissolution par la
manière susdite, vous la mettrez en G par quarante cinq
jours. Semblablement aussi, vous prendrez S et le réduirez
99

en E, et en F conjoignez ce corps lunaire avec le mercure que


vous savez, et comme vous avez fait en la première
composition du compost de R, faisant l'assation
philosophique du susdit corps comme nous l'avons dit ci-
dessus, réduisant celui-ci en F, et après mettant ledit corps
composé à putréfier par quarante cinq jours. Et par ce
moyen vous aurez achevé cette première partie dissolutive
appelé, De dissolutione philosophica metallorum.
100

En ce lieu nous traiterons de la séparation des


éléments des corps des deux luminaires
philosophiquement dissouts et putréfiés, selon la
pratique de ce troisième ordre.

Chapitre 3

A
u nom de nôtre seigneur Jésus christ, vous
prendrez le compost de R, lequel vous avez mis à
putréfier, et de celui-ci vous séparerez les quatre
éléments, selon l'ordre du chapitre de N, et par ce moyen
vous aurez achevé la seconde partie principale de ce
troisième ordre, De separatione elementorum a corporibus
dissolutis et philosophice putrefactis.
101

En ce lieu nous traiterons la rectification des


quatre éléments séparés des corps susdits.

Chapitre 4

M on fils, après que vous aurez, selon nôtre ordre,


séparé les quatre éléments des corps susdits, il
vous faut passer un second passage, quia nemo
potest transire de extremo ad extremum nisi per médium, c'est à
savoir, venir à la rectification des susdits éléments, pour les
faire plus sublimes et pénétrants en la transmutation des
corps. Vous prendrez dons l'élément de l'eau, et le rectifiant,
vous le ferez passer sept fois par la révolution aérée par
l'alambic. Et les fèces qui vous demeureront en chacune des
distillations et rectifications du susdit élément, vous les
mettrez avec sa terre. Et si lesdites fèces ou limosités étaient
du compost rouge, vous les mettrez avec l'élément du feu, et
au contraire, étant les fèces du compost blanc, vous les
mettrez avec la terre, comme il est dit ci-dessus. Sur laquelle
terre, vous ferez sept fois nôtre assation philosophique avec
l'élément de l'eau, distillant celle-ci sur ladite terre. En en
chacune distillation, cette terre vous donnera un peu
d'huile, laquelle vous garderez avec l'élément de l'air
réservé pour incérer. Et le semblable vous ferez de
l'&lément du feu, vous la garderez avec l'élément de l'air
pour incérer. Quand à l'élément de l'air en sa rectification,
vous rectifierez faisant simplement passer celui-ci par sept
fois par l'alambic, mettant les fèces que vous aurez en cette
102

rectification, selon ce que nous avons dit de celles du


premier élément, c'est à dire de l'eau en sa rectification. Et il
faut noter, qu'au compost de S, vous n'aurez pas d'élément
de feu, parce que naturellement il ne le contient pas en soi.
Vous garderez donc tous les éléments du compost blanc, à
part, avec des petites étiquettes sur chacun des vaisseaux,
sur lesquels seront écrits les noms desdits éléments. Et vous
ferez la même chose avec ceux du compost rouge. Et de
cette manière vous aurez expédié la doctrine et pratique
parfaite de cette troisième partie appelée, De rectificatione
quatuor elementorum. Il faut savoir, mon fils, que toutes les
opérations qui se font sur le compost rouge, celles là même
doivent être faites, mutatis mutandis, sur la mixtion du
compost blanc. Et ici nous mettons fin à nôtre chapitre
intitulé, De rectificatione quatuor elementorum.
103

En ce chapitre nous manifesterons la manière


d'unir le mercure des philosophes avec avec sa
terre. Après laquelle union, nous décrirons la
manière de la sublimation philosophique du
susdit glorieux corps.

Chapitre 5

M on fils, nous avons expédié les trois parties


principales de nôtre présent magistère de ce
troisième ordre, touchant le progrés de cette
divine composition, comme il vous est manifesté
abondamment par les précédents chapitres. Il reste
maintenant à traiter de la quatrième partie intitulée, de
unione mercurii cum terris suis, c'est à savoir, ces à savoir la
terres desdits luminaires, dont ont été séparés lesdits
mercures en la manière ci-dessus écrite. Après laquelle
union philosophique, nous décrirons immédiatement la
sublimation philosophique du susdit glorieux compost.
Pour l'intelligence de quoi, vous prendrez la trerre de R et
celle de S, après qu'elles auront été philosophiquement
calcinées et préparées, lesquelles vous conjoindrez et unirez
ensemble dans vôtre mortier de verre, et puis après vous
réduirez cette unique substance en K, par l'ordre du
précédent chapitre. Et avec l'eau de S au blanc, pour
procéderez à cette réduction. De sorte que procédant de
cette manière, vous aurez la première matière des deux
luminaires réduit en très vrai et naturel soufre de tous les
vrais philosophes.
104

En ce lieu nous décrirons le moyen de la


fermentation et de l'incération des médecines de
ce troisième ordre

Chapitre 6

L a sixième et dernière partie ou opération nôtre,


laquelle est appelée, De fermentatione et inceratione
medecinae, procède en cette manière. Mon fils bien
aimé, vous prendrez donc le premier élément de R et vous
aiguiserez celui-ci tant que vous pourrez, avec R
simplement dissout, c'est à dire exubérant le mercure et âme
de celui-ci avec le susdit premier élément. La manière de
l'exubération de ce mercure et âme, vous l'avez en nôtre
arbre, par voie générale au chapitre de H. Et après avoir fait
telle exubération, vous ferez un amalgame d'argent-vif
vulgaire avec R, et puis après, étreignez le susdit amalgame
par un cuir de chamois, tant que ledit R demeure avec trois
parties ou davantage du vulgaire fugitif. Et si cet amalgame
était de huit onces, mettez avec ce corps amalgamé deux
onces de nôtre soufre sublimé et rubéfié, comme nous vous
l'avons dit ci-dessus. Et broyez longuement ce compost dans
un mortier de verre, après mettez le dans un urinal
semblablement de verre, imbibant celui-ci avec un peu du
premier élément simple, et desséchez, par sept fois. Après
lesquelles sept opérations susdites, imbibez le derechef avec
le susdit élément que vous avez aiguisé avec R, et cela par
sept ou huit fois. Et ce qui se sublimera sur la matière aux
105

côtés du vaisseau, vous le broierez avec la matière qui sera


demeurée au fond du vaisseau, qui n'est pas sublimée.
Continuant par tant de fois ces opérations philosophiques,
sublimations, et assations, qu'à la fin toutes choses soient en
unité fixe au fond du vaisseau. Etant parvenu à ladite
fixation, derechef et troisièmement imbibez le corps susdit
avec son air. Et en deux opérations le tout descendra
parfaitement en terre, se fixant en parfaite unité avec son
soufre, et apparaîtra une matière jaune et luisante, et par
dedans, partout, en manière d'un rubis plein de couleur.
Alors ajoutez lui de l'élément du feu dissout en son premier
simple élément de l'eau, faisant avec elle ladite assation
philosophique.
Après la quelle opération, mon très cher fils, nous voulons
vous décrire en brèves paroles, qu'elle chose est ce que nous
les philosophes appelons assation. Assation n'est autres
chose, en ce très digne et excellent magistère, qu'une douce
dessiccation faite des corps dissouts et séparés de leurs
menstrues, et en fin, avec petit feu desséchés, laquelle
dessiccation est quasi comme une douce calcination, et pour
cela nous l'appelons assation, pour être fort nécessaire au
commencement et à la fin de la liquéfaction des corps
susdits. De manière que quand vous aurez accompli les
susdites opérations philosophiques, c'est à dire assation,
vôtre médecine sera rouge et transparente, en manière d'un
très fin rubis. Il n'est besoin de faire autre chose à cette
divine médecine, sinon de l'incérer de la manière donnée au
chapitre de M, avec l'huile du compost rouge, réservé en la
séparation des éléments pour incérer. Et il faut noter, mon
fils, qu'en la composition de cette glorieuse médecine rouge,
tous les éléments doivent être rouges, c'est à dire que nul
106

autre élément que rouge ne peut, ni ne doit entrer en la


susdite composition bénie. Et au contraire, en composant la
médecine blanche, vous travaillerez avec les éléments
blancs. Parce qu'il n'est pas besoin de rubéfier le soufre
blanc, mais seulement de le fermenter avec l'âme de la Lune
signifiée par S. Et vous ferez toutes les mêmes opérations en
cette médecine blanche, que vous avez faite en la
composition de la susdite médecine rouge, avec ses
éléments blancs. Et finalement, vous ferez l'incération avec
l'huile du compost blanc, gardant l'ordre de l'incération avec
celle-ci, comme il est dit ci-dessus. Après laquelle incération,
nous ferons fin à la pratique de la médecine blanche et
rouge de ce troisième ordre. Nous ne mettrons point en ce
Lucidaire, la multiplication, ni la projection et exanimation,
parce que de ceci nous avons traité bien au long, en nôtre
grand abrégé ou compendium, duquel avec le temps, (s'il
plaît à Dieu) nous vous ferons participant, comme nous
avons fait de tous les autres traités et abrégés.
107

En la fin de ce présent Lucidaire, et par ce


dernier chapitre signifié par &, nous entendons
de vous manifester une eau céleste et menstrue
végétable de divine action, par lequel nous ne
recevons moindre bénéfice en la philosophique
calcination, dissolution, et exubération des corps
et âmes des métaux, qu'en celles que nous faisons
en nôtre céleste eau ardente. De manière que si
vous êtes sages, vous connaîtrez combien ont pu
êtres les forces de l'amour filial, que je vous ai
toujours porté, et vous porte continuellement.

Chapitre dernier

S
e trouvant ainsi qu'en la Science de l'Arbre de la
Philosophie, nous avons très amplement écrit et traité
des eaux et menstrues végétables, par lesquels tout
sage artiste peut facilement obtenir, après la calcination
vulgaire et philosophique des corps des métaux, la vraie
dissolution et exubération des âmes et mercures de ceux-ci,
et pareillement la division de leurs éléments sous la
conservation de leur humide radical et nutrimental, qui est
la vie des susdits métaux, comme nous l'obtenons avec C et
D, lequel en son accuation, nous avons conjoint (en le
rectifiant) à ce céleste individu, multipliant la vertu
végétative des susdits C et D, presque infiniment, par
108

l'union que nous faisons ensemble des susdits éléments


célestes et végétables en la rectification susdite. De sorte que
non seulement rectifiant nôtre végétable B avec cet individu
végétable, et le réduisant en C, autant qu'il se peut faire par
la circulation que nous faisons du susdit corps céleste
aiguisé l'amenant à D, ce B accroît sa forme végétable sans
nombre. Lequel D après, imprime sa vertu dans les
éléments des métaux, excitant leur vertu végétative et y
introduisant des effets, lesquels peuvent être appelés vrais
miracles sur la terre. Et avec cette eau céleste, nous
acquérons et faisons des œuvres admirables, moyennant
qu'elle soit bien conduite. Mon fils, nous vous avons mis
cette présente eau céleste secrète, laissant C et D, et vous
pourrez le faire sûrement. Nous avons donc avec ferme
propos et volonté, de liberté, mon fils très cher, de vous
manifester la pratique de faire cette eau secrète végétable
signifiée par &. Et encore par voie de déclaration et
épilogation, traiter en ce lieu-ci la pratique de tous les
précédents chapitres par le moyen de celle-ci. Laquelle étant
diligemment entendue par vous, vous pourrez subvenir à
vôtre besoin et nécessité. Mon fils, c'est la première eau
mercurielle que je vous fais faire. Et si en ce lieu, nous ne
parlons pas si clairement que vous le voudriez, nous savons
bien que vous nous entendrez par bons moyens. Mon fils,
c'est ici le secret que jamais aucun philosophe n'a voulu
parler, hors qu'en paraboles, et sous figures métaphoriques,
excepté Raymond Lulle, au troisième des quintessences, en
la figure des individus végétables, ne faisant mention en
autre lieu de ce mercure béni, et eau glorieuse, de divine
action, en taisant la manière de faire la susdite eau céleste
secrète, et glorieux menstruel végétable. Mais nous,
109

vraiment, pour l'amour paternel que nous vous portons,


nous voulons vous déclarer en ce présent chapitre, la
pratique et le moyen de faire cette eau céleste, et menstruel
secret, de céleste action, lequel vous ferez en cette manière.
Prenez donc, mon fils, de ce mercure végétable, ou argent-
vif béni, son sang seulement sans sa chair, et mettez celui-ci
en un vaisseau convenable à distiller par Y lent et doux,
jusqu'à ce que vous verrez que tout son esprit sera passé en
son récipient, et que au fond du le corps vous demeure en
mélasse, o vero pegola spana. Puis après, mettez ce corps
végétable ainsi réduit, à distiller par Z léger, changeant le
récipient. Et continuant avec ce régime attrempé, vous
distillerez jusqu'à ce que tout son suc, et toute sa partie
mercurielle soit passée. Vous rectifierez cette partie
mercurielle exubérée et eau bénie, par révolution aérée en
son alambic par sept fois, ou bien autant de fois qu'elle ne
vous laissera plus de fèces en son vaisseau. Cette eau céleste
ainsi rectifiée,subtilisée, et mondifiée, vous la garderez
diligemment et bien close, œuvrant après avec celle-ci en la
calcination et la dissolution des corps des minéraux, et
autres secrètes opérations, comme nous vous le déclarerons
en nôtre présent dernier chapitre. Mon fils, cette divine
substance est celle, laquelle au commencement émeut les
métaux durs et terrestres, et excite leur vertu végétative, les
amenant en effet à la vraie végétativité. C'est cette glorieuse
eau, par laquelle se fait la vraie et certaine calcination et
dissolution des corps susdits, sous la conservation de leurs
semences métalliques, c'est à dire, avec la conservation de
leur humide végétable et nutrimental, lequel est la vie des
susdits métaux. Cette admirable eau ou argent-vif parlant
philosophiquement, est celle qui incontinent amollit et
110

subtilise les susdits corps, déjà par nous, si souvent allégués,


les réduisant en très pur argent-vif de la considération des
prudents et sages alchimistes, et les réduisant en C, et puis
après en D, c'est à dire de puissance à effet, pour pouvoir
faire avec ce D la vraie dissolution, et réduction des métaux
en leur première matière, c'est à dire eau, avec la
conservation de leur vertu végétative et humide radical, qui
est la vertu de ceux-ci, ainsi que tant de fois nous vous
l'avons dit et répliqué.
Par quoi, mon très cher fils, ayez cet excellent menstruel et
eau bénie végétable très chère, estimant et faisant compte de
la grâce, laquelle le Dieu des vertus nôtre seigneur Jésus
christ vous a concédée. Et ne permettez en aucune manière
que cette secrète et divine eau, soit par vous, jamais révélée
à aucun. Mais pour vous donner une parfaite pratique de
pouvoir œuvrer de celle-ci dans les calcinations, lavations,
et dissolutions des deux parfaits luminaires, et de tous les
autres métaux, touchant le passage et exubération de leurs
âmes ou mercures, et aussi touchant la séparation de leurs
éléments, vous suivrez avec cette eau céleste, la pratique
donnée et comme elle se trouve être écrite au chapitre de H
ou bien de N, parce que en ces chapitres, et contenu le
magistère distinct de telle opération philosophique.
Toutefois, par manière de récapitulation seulement, en ce
lieu et chapitre, nous vous décrirons les commencements ou
principes desdites divines opérations, procédant avec cette
admirable eau. Vous pourrez librement faire et opérer avec
celle-ci, et ceci afin que vous puissiez passer plus
promptement au résidu, et poursuivre vôtre pratique déjà
commencée, tant que vous pouviez la conduire assurément
à son dernier but.
111

La pratique de ce dernier article

P renez donc au nom de la bonté de nôtre seigneur


Jésus christ, tel corps qu'il vous plaira, calciné en la
manière dite au chapitre de E, et imbibez celui-ci avec
cinq parties ou plus de cette secrète eau végétable,
dissolvant, distillant, et desséchant en Z léger, après faites
le dernière dissolution et dessiccation de ce corps, sur son
fourneau de cendres, bien tempéré, par douze heures.
Continuez cette opération secrète et assation. A la fin de
laquelle assation philosophique et dessiccation, nous
entendons que vous aurez accompli la calcination desdits
corps, comme nous avons déclaré en ce présent traité, et
principalement au sixième et dernier chapitre, où nous
traitons de la médecine de nôtre troisième ordre.
Or, ce corps étant ainsi philosophiquement calciné, et non
point tant calciné qu'il serait de besoin, étant fait pour les
susdites opérations et réduction en première matière. Donc,
après cette opération et calcination philosophique , voulant
procéder à la dissolution de celui-ci, vous verserez sur lui
autant d'eau secrète qu'elle surmonte de quatre doigts et
davantage. Et après que vous aurez bien clos le vaisseau,
vous le mettrez en Y par quinze jours. Lequel terme passé, si
vous voulez exubérer les âmes ou mercures des susdits
corps dernièrement dissouts et putréfiés, ou si vous voulez
séparer les quatre éléments, chacun à part, vous suivrez la
pratique et règle ouverte donnée au chapitre de H et de N,
comme nous vous avons dit ci-dessus et plusieurs fois
déclaré, Par laquelle manière vous obtiendrez le fruit et la
112

fin que vous désirez en cette divine composition. Mon fils,


les expérimentateurs du temps présent, privés de toute
vérité et vraie opération, par dédain hochent la tête quand
on fait mention de cet irréfragable fondement des très sages
philosophes, lequel fondement est article, et véritablement
de très grande nécessité en cette très digne science et art. Et
principalement pour avoir l'huile pour incérer les médecines
du troisième ordre, laquelle huile s'acquiert en la séparation
des éléments et est signifiée par N. Certainement, ces
artistes ici (selon ce que nous avons dit en plusieurs lieux de
nôtre présent Lucidaire, et derechef nous répliquons à ce
propos) s'étant plains d'hâtivités et de précipitations, croient
que par la seule dissolution des corps, les esprits peuvent
s'avoir de tous les métaux indigestes, avec lesquels ils
entendent composer une médecine de grande altération. Et
à la fin il se trouvent pleins de dédain et de rage, enflant
leurs âmes échauffées, et proférant un nombre infini de
blasphèmes à l'encontre des prudents alchimistes et sages
philosophes, lesquels n'ont pas avec un peu de sagesse,
décrit cette divine science et art béni. Lesquels blasphèmes,
à la fin, retournent sur eux, pauvres misérables. Parce qu'ils
croient faire un palais en treize jours, au bout desquels,
étant privés de la vraie lumière, sont par leur ignorance,
constitués en très mauvaise fortune. Par quoi, mon fils, pour
vôtre instruction, nous vous déclarons qu'il n'est jamais
possible de pouvoir faire la médecine, qui puisse altérer,
sans la séparation des éléments, et après, par sublimation
philosophique des terres (selon la doctrine que nous vous
avons donnée au chapitres de H, de I, et de K) réduisant
celle-ci en très pur et très précieux sel et soufre de nature,
laquelle exubération des âmes ou mercures desdits corps, et
113

véritablement quasi une séparation des éléments. Cet effet


se voit par l'expérience propre et opération particulière des
susdits corps. Parce que quand nous tirons H de R en cette
eau, sont deux éléments, à savoir, l'air et le feu. Le premier
élément donc, l'eau du Soleil susdit, se trouve être au
compost de son menstruel végétable. Et pour cela, il ne se
trouve aucune différence entre cette brève séparation des
éléments et la plus grande, laquelle nous faisons en la
médecine du troisième ordre, hors que l'opération est plus
longue et plus prolixe. Et parce qu'en cette seconde, tous les
éléments se recueillent chacun à part, particulièrement et
distinctement, avec de longues inhumations et très grandes
préparations, comme vous avez en ce présent Lucidaire, par
distincte et particulière pratique. Et pour cette cause, mon
fils, croyez que les richesses et grandeurs ne s'acquièrent
point, pour être tout le long du jour sur la place et par les
rues, et tout le long de la nuit à dormir dans le lit et sur la
plume, et pareillement, en cette étrange science et art
transmutatoire. Laquelle premièrement, doit se faire et
acquérir avec une bonne étude sur nos livres, et avec une
intelligence théorique, et après, pratiquement, procéder à la
pratique de cette admirable composition sans
endormissement et paresse, ne travaillant point comme les
présomptueux, lesquels veulent exécuter le jour suivant, ce
que la nuit précédente ils ont songé, donnant après à
murmurer aux marchands et boutiquiers lesquels se lavent
la bouche fort volontiers, de nôtre excellent et illustre
magistère. Mon fils, nous avons voulu révéler en ce dernier
chapitre, cette eau végétable de divine action, et très
excellent menstruel secret de très grande végétation, caché
par la très prudente tourbe des sages philosophes, comme
114

nous vous l'avons dit, afin que vous soyez fort bien instruit,
de tout le progrès de ce glorieux ordre et composition bénie.
De manière que par un épilogue et dernier article de nôtre
présent abrégé ou compendium, nous vous avons écrit et
remis en mémoire, la très excellente pratique et bonne
doctrine de l'exubération des âmes ou mercures des corps
des métaux, par révolution aérée, passés en leurs récipients
bien scellés, réduisant ceux-ci en argent-vif ou en première
matière, suivant la doctrine des sages alchimistes. Et aussi
avons nous voulu traiter, comme avec celle-ci vous pouvez
faire la division des éléments des susdits corps, comme nous
avons dit ci-dessus avec toute vérité. Ce moyen est
véritablement universel, aux plantes végétables et aux
animaux. Auquel dernier lieu et chapitre, nous concluons
toute la science et pratique philosophale, à la louange et à la
gloire de nôtre seigneur Jésus christ, fils du vrai Dieu
vivant, rédempteur de nôtre nature humaine, très béni et
très clément, entre les mains duquel, nous recommandons
très affectueusement ce présent volume, en ce qu'il lui plaise
de lui mettre en la garde de ses très saints anges.
Amen
115

S'ensuit l'alphabet du présent Lucidaire

A signifie cahos, à savoir nôtre mercure végétable, dans


lequel se trouvent les quatre éléments confus, lequel est le
commencement général, sur lequel se trouve être fondé
toute cette sublime et divine science et art transmutatoire,
sans lequel mercure, il est impossible d'avoir aucun fruit en
cet excellent mystère.

B signifie comment l'artiste doit séparer l'esprit ardent


céleste et végétable, par simple distillation et rectification
dudit végétable, cahos et principe, lequel esprit ardent et
céleste, est la forme dépurée dudit corps glorieux végétable,
auquel est la forme très précieuse de tous les autres
éléments, laquelle forme, comme il est dit, nous l'avons
signifiée par B.

C signifie comment et en quelle façon, le savant artiste doit


accuer ce céleste et divin esprit ardent, avec la substance de
nos fleurs unies, laquelle substance bénie, nous vous
déclarons en ce livre être le miel frais, duquel soit séparée
son humidité. Et après de sa très précieuse terre soit extrait
son précieux sel, avec lequel, non seulement réduit ledit B
soluble en acte, mais croît et augmente sa forme végétable
sans fin, après laquelle accuition et effet glorieux (mon fils
très aimé) tous les métaux calcinés qui seront mis en ce
glorieux magistère, sont dissouts facilement, avec la
conservation de leur vertu végétative, qui est la vie de ceux-
ci, sans laquelle accuition, soyez certain qu'avec grande
116

difficulté, pour la simple forme, à savoir eau ardente, vous


pourrez faire cette dissolution.

D signifie quintessence en perfection, tirée de fort bon vin,


qui est la forme de ce corps universel, signifié par cahos,
réduit en B, et encore après, ledit B en C et puis en D, le
circulant en nôtre pélican, selon la pratique donnée au
chapitre. Après laquelle circulation, se réduit en matière de
céleste quintessence, appelée par nous ciel végétable des
philosophes.

D rouge signifie nôtre terre végétable foliée des


philosophes, philosophiquement sublimée, à savoir le
soufre et argent-vif, qui est l'âme des métaux végétative en
nôtre premier moteur procédant par la voie végétable, selon
la doctrine du présent Lucidaire, déclaré par nous en la
réponse du VIéme argument, la composition et la création
duquel vous avez décrite sur la fin de nôtre Violette et
encore en nôtre Alphabet Apertorial au chapitre qui
commence, Si l'école des grands dominateurs et usuriés
eussent entendu nôtre glorieux mercure, de la propriété et
de la vertu duquel, je n'entends point en ce lieu. Il suffit de
ce que nous avons dit en nôtre traité, et aussi partout dans
ce présent Lucidaire, et par toutes les parties théoriques et
pratiques nomément, au chapitre de la révélation des trois
causes secrètes, et encore par le chapitre signifié par D
rouge, et aussi au chapitre de l'exubération des âmes ou
mercures des métaux, et au chapitre de faire l'huile pour
incérer les médecines du premier et du deuxième ordre, par
quoi, si vous serez sage, vous entendrez nôtre discours
secret, touchant ce qu'en ce lieu nous vous avons dit.
117

E signifie calcination vulgaire de tous les autres métaux


imparfaits

F signifie la calcination philosophique desdits corps


métalliques, laquelle nous disons autrement, calcination
philosophique

G signifie la putréfaction et corruption, par digestion et


nutrition de tous les corps des métaux calcinés et liquéfiés
philosophiquement ou dissouts comme nous l'avons dit

H signifie l'exubération des âmes ou mercures des métaux


philosophiquement liquéfiés et corrompus, ce qui même
nous disons être signifié aux individus végétables et
animaux

I signifie la putréfaction et préparation de la terre,


desquelles nous avons exubérées les âmes ou mercures, tant
des corps métalliques, comme individus végétables et
animaux

K signifie sublimation philosophique de tous les corps


métalliques, animaux, et végétaux, lesquels par ladite
sublimation philosophique, sont montés et rendus en très
pur et très précieux sel de nature, autrement, le soufre et
terre blanche végétable foliée, ou quintessence, ou argent-vif
de tous les vrais philosophes

L signifie l'huile des deux luminaires (à savoir du Soleil et


de la Lune) avec laquelle nous incérons nos médecines du
118

premier, deuxième, et troisième ordre

M signifie le moyen universel d'incérer les médecines du


premier, deuxième et troisième ordre

N signifie la séparation en genre de tous les esprits, tant des


corps minéraux que végétables et animaux

O signifie Saturne

P signifie Jupiter

Q signifie Mars

R signifie le Soleil de cément

S signifie Lune coupellée

T signifie Vénus

V signifie vaisseau de verre

Y signifie feu de bain, à savoir putréfaction et distillation

Z signifie feu de deuxième degré de cendres modéré

& signifie, miel neuf, à savoir son eau distillée et rectifiée,


selon la façon donnée en son chapitre. C'est vraiment une
eau secrète végétable, et un menstrue de divine action, et
elle est l'eau de très grande nécessité en cet art, et pour vôtre
intelligence et enseignement. Celle-ci fut la première eau,
119

laquelle nous vous fîmes faire, quand nous étions ensemble


en la cité de Venise, et nous la tenons pour admirable secret.
Vous dénotant, mon très cher fils, qu'en ce chapitre je ne
veux en parler davantage, parce que je sais que vôtre
entendement sait mon intention, et aussi que de bouche, je
vous ai assez dit de sa vertu excellente et son admirable
opération, joint que nous avons suffisamment dit ce qui peu
suffire, de façon que si vous serez prudent et discret, vous
tirerez vos pieds hors de la fange, et vôtre petite nef
travaillée sera conduite au port de salut. Nôtre seigneur
Jésus christ soit sur tout loué et exalté! Amen.

Transcription et mise en forme Iseautope Sceliez 2014

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