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Dynamique côtière de l'Ouest algérien

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Université d’Oran 2

Faculté des Sciences de la Terre et de l’Univers


THESE

Pour l’obtention du Diplôme de Doctorat en Sciences


de Géographie et de l’Aménagement du Territoire

ETUDE DE LA DYNAMIQUE CÔTIERE DE L’OUEST ALGERIEN

PAR UTILISATION DE LA TELEDETECTION

ET DES SYSTEMES D’INFORMATION GEOGRAPHIQUES

Présentée et soutenue publiquement par :


M……SMAHI…ZAKARIA….

Devant le jury composé de :

M. HADEID Mohamed Professeur Université d’Oran 2 Président


Mme. REMAOUN Khadidja Professeur Université d’Oran 2 Rapporteure
M. SOUIAH Sid Ahmed MCA Université d’Oran 2 Examinateur
Mme. FIZAZI Hadria Professeur Université USTOMB Examinatrice
M. HADDOUCHE Driss Professeur Université de Tlemcen Examinateur
M. MENDES Abdelkader Directeur de recherche CTS, Arzew Examinateur

Année 2019
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS……………………………………………………………. 1
INTRODUCTION GENERALE……………………………………………….. 4

1ère partie : Le littoral Oranais : cadre d’étude………………..…… 7


1. Délimitation du littoral oranais : Problématiques ……………………………… 8
1.1. Délimitation naturelle……………………………………………………... 8

1.2. Délimitation réglementaire………………………………………………… 10

2. Caractérisation du littoral oranais, zone d’étude………………………………. 13

2.1. Les caractéristiques morphologiques du littoral oranais, zone d’étude…. 13

2.2. Les traits bioclimatiques………………………………………………… 15

2.3. L’emprise humaine………………………………………………………. 16


19
3. Conclusion……………………………………………………………………….
2ème partie: Etude de l’évolution du trait de côte des plages
de la corniche occidentale oranaise……………………. 21

1. Quels sont les traits spécifiques de l’occupation du sol ayant eu un impact


sur l’évolution naturelle de ces côtes, objet de cette étude ?.......................................22
2. Quelle(s) définition(s) du trait de côte ?...................................................................................24
3. Méthodologie Adoptée…………………………………………………………..27
3.1. Présentation des documents et données disponibles……………………….. 27
3.1.1. Les cartes topographiques…………………………………………….27
3.1.2. Les images satellitaires…………………………………………….…. 28
3.2. Le traitement des données et la cartographie……………………………….. 29
3.2.1. Préparation traitement des données……………………………………. 30
3.2.2. Traitement d’images…………………………………………………... 30
3.3. Calcul d’erreurs liées à la délimitation d’un trait de cote………………….. 36
3.3.1. Erreurs liées au degréde précision du document de référence………... 37
3.3.2. Erreurs liées au calcul d’un modèle polynômial……………………… 38
3.3.3. Erreurs liées àla digitalisation du trait de côte………………………... 39
4. Méthodes d’extraction et de détection de l’évolution du trait de côte………….. 41
4.1. Les approches directes……………………………………………………... 41
4.2. Les approches indirectes…………………………………………………… 41

i
4.2.1. Méthode des points extrêmes (End-point rates, EPR)………………. 42
4.2.2. Méthode de la régression linéaire
(Linear Régression Rate-of-change, LRR)…………………………… 42
4.3. Mesure de la cinématique du trait de côte à l’aide d’un SIG………………….. 43
4.3.1. Création des données dans un SIG……………………………………. 43
4.3.2. Méthode de génération de transects…………………………………… 44
5. Résultats et interprétation……………………………………………………….. 48
6. Conclusion………………………………………………………………………. 65

3ème partie : Emprise humaine sur le littoral par le biais de l’étude


de l’occupation des sols……………………………………..... 67

1. Démarches et Méthodes………………………………………………………… 70
1.1. En ce qui concerne l’aspect urbain ………………………………………. 70
1.1. Méthodologie de traitement et d’extraction du bâti urbain ………………. 72
2. Analyse et évaluation de l’expansion urbaine………………………………… 75
2.1. Analyse de la dynamique urbaine du Grand Plan Urbain d’Oran(GPUO)… 75
2.2. Analyse de la dynamique urbaine des autres Communes du Littoral

Occidental Oranais(CLOO)……………………………………………….. 86
3. Relation croissance démographique et extension spatiale des zones urbaines….. 91
3.1. Caractérisation des zones urbaines par la densitéde population …….……. 91
3.2. Caractérisation des zones urbaines par la croissance de population ……… 93
3.2.1. Les communes du groupement urbain d’Oran PGUO………………. 93
3.2.2. Les communes du littoral occidental oranais (CLOO)……………… 96
4. Les mutations des espaces ruraux d’après l’étude de deux cas :
communes de Misserghine et de Boutlélis...……………………………….. 97
4.1. Présentation des deux communes d’étude………………………………… 98
4.2. Cartographie de l’occupation du sol ….......................................................... 99
4.3. Qu’en est-il de l’évolution dans l’occupation du sol par les cultures dans
les communes étudiées ?................................................................................ 104
4.4. Les grandes lignes des réformes qui auraient pu influer sur
l’utilisation et l’organisation des terres cultivées………………………….. 112
4.4.1. La première phase de l’indépendance (1962-1982) ……….….............. 112
4.4.2. La seconde phase (1983-1998)………………………………………… 113

ii
4.4.3. La troisième phase des réformes débute en 1999-2000……………….. 114
4.5. Une analyse comparative de trois types de cultures pratiquées dans
les deux communes peut être révélatrice des réactions potentielles
des acteurs locaux…………………………………………………………… 117
5. Conclusion………………………………………………………………………. 121
CONCLUSION GENERALE……………………………………………………… 125
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES…………………………………………... 132
LISTE DES FIGURES…………………………………………………………….. 154
LISTE DES TABLEAUX………………………………………………………….. 158
LISTE DES PHOTOS……………………………………………………………… 162

iii
REMERCIEMENTS

Je remercie infiniment « Allah » le tout le puissant, le miséricordieux pour


m’avoir donné la santé et surtout le courage de mener à terme ce travail.

C’est avec plaisir et reconnaissance que je profite de ces quelques paragraphes pour
témoigner toute ma gratitude et exprimer mes vifs remerciements à toutes les personnes
qui ont apporté leur concours à l’aboutissement de ce travail de recherche.

Je remercie particulièrement ma directrice de thèse, Mme Khadidja REMAOUN,


Professeur au département Géographie et Aménagement du territoire à l’université
Ahmed Benahmed d’Oran, pour sa très grande disponibilité, son soutien constant, ses
critiques fort constructives et ses conseils avisés furent très précieux tout au long de ces
années de recherche.
Mes remerciements iront ensuite aux membres de Jury qui nous font l’honneur de
juger cette thèse.

Je remercie aussi le chef de service de la Direction régionale d’agricole de la wilaya


d’Oran et aussi celui de la direction du tourisme d’Oran pour leur soutien et leur aide
ainsi qu’à tous les organismes et chercheurs que j’ai sollicité et qui ont accepté de
m’aider que ce soit en me faisant parvenir des documents et données toujours utiles et
précieux ou en me donnant conseils et orientations.

Je tiens à remercier toute l’équipe du laboratoire de recherche EGEAT (Espace


Géographique et Aménagement du Territoire) de l’université d’Oran2 où j'ai tiré un
grand bénéfice et un grand plaisir de mes échanges avec mes collègues et amis, tant du
point de vue personnel que scientifique. Je remercie toutes les personnes avec qui j'ai eu
l'occasion de travailler ou d'échanger des idées, permanents, thésards ou stagiaires.
Je tiens remercier tous ceux de prés ou de loin, m’ont aidé lors de la réalisation de
cette thèse.
Un grand merci aussi à celles et ceux rencontrés lors des colloques ou stages et avec
qui j’ai eu des discussions enrichissantes, à Oran, à Paris et à Lyon en France, et à
Marrakech en Maroc.

1
Le plus fort de mes remerciements est pour ma femme, à qui je tiens un hommage
particulier pour son soutien inlassable aux moments opportuns, outre le mérite de
m'avoir supporté, pour avoir été patiente et de m'avoir aussi tenu la main jusqu'aux
dernières lignes de ce travail. Je n'en serais pas arrivé à ce point sans ton soutien
constant, tes encouragements et aides tout au long de vie que j'ai investis dans cette
recherche et dans la rédaction de cette thèse.

Il reste enfin mes petites filles Lina, Sérine et Yousra, qui ont supporté pendant ces
années de thèse les éloignements, les moments souvent difficiles et surtout mes
manques chroniques de disponibilité, je dirai que j’ai fini ce travail et je serai plus
souvent à leurs écoutes.

Pour couronner ces remerciements, je rends un hommage à mon Père et ma Mère


pour la confiance qu'ils ont su garder en ma capacité à rendre à terme tous mes projets,
pour leur irremplaçable et inconditionnel soutien et leurs encouragements qui m’ont été
d’une aide précieuse. Je leur dis MERCI et que Dieu puisse leur prêter longue vie.

Merci à Toutes et à Tous !

2
INTRODUCTION GENERALE

3
INTRODUCTION GENERALE

L e littoral est un espace riche qui revêt des caractéristiques naturelles, environnementales,
socio-économiques, géostratégiques et patrimoniales très variées. Il est aujourd’hui
de plus en plus désiré, convoité et partagé.
Sa richesse a engendré des activités multiples et a suscité des intérêts souvent
contradictoires, et génère des conflits d’usage et des dysfonctionnements. L’équilibre
naturel du littoral a largement été perturbé en raison des aménagements effectués, qui
ont affaibli, voire brisé l’équation de l’écosystème. Il en résulte une grande réflexion sur
les enjeux liés à l’environnement littoral. Les zones littorales, particulièrement
méditerranéennes, représentent à la fois un terrain essentiel d’activité humaine et
économique, mais aussi un potentiel vital de ressources naturelles, renouvelables ou non.
Le littoral méditerranéen, notamment en Algérie, est soumis à des pressions : enjeux
financiers, risques climatiques, pollutions et préservation de l’eau. Depuis la fin des
années 90, le littoral Algérien et en particulier oranais connait des transformations
profondes et brutales. Si toutes ne sont pas apparentes, un phénomène au moins est
directement perçu par les populations qui y résident : celui de sa dégradation. Que faire
face à cette transformation brutale de nos paysages et de notre patrimoine ? C’est toute
l’identité de cet espace unique qui est en train de disparaître au profit d’une occupation
déstructurée et irréversible.

Ce travail a pour but d’essayer d’appréhender les différentes facettes de ce qu’on


peut appeler la dynamique. En effet, cette dernière est autant d’origine ou mue par des
paramètres naturels que ceux induits par l’action des hommes, notamment par le type et
les modalités d’occupation des terres. Le littoral est un espace complexe puisqu’il est le
résultat de l’interaction de trois composantes naturelles : la terre, la mer et l’air ou
atmosphère. Ce qui explique sa «richesse »potentielle et sa forte attractivité par rapport
aux hommes.
De cette dernière et de la complexité des composantes du littoral, l’approche
utilisée a été triple : après avoir présenté le «terrain »et la démarche générale, nous
avons abordé le côté «naturel »dans une seconde partie de ce travail en l’axant sur les

4
changements du trait de côte. Ceux- ci, en effet peuvent être révélateurs de deux causes :
naturelle (changement climatique) et anthropique car ils sont souvent modifiés,
accentués par les types d’aménagement, d’occupation des terres par les hommes. Dans la
foulée (logique) et dans une troisième partie ce dernier trait a été creusé en traitant de
l’urbanisation puis des types de cultures pratiqués sur les espaces dits «ruraux » (la
limite espace rural-espace urbain étant actuellement très floue, très fluctuante). De
manière à traiter ces questions, ce mémoire s’organise en trois parties.

La première partie est consacrée d’une part à la problématique et aux critères de


délimitation du littoral ouest oranais et en d’autre part, àla présentation des contextes
géographique, géomorphologique, météorologique et démographique de la zone d’étude
choisie.

La deuxième partie traite de la cinématique du trait de côte des sites choisis du littoral
oranais. Il commence par une présentation des documents cartographiques et des
données images spatiales disponibles et de la ligne de référence retenue. Ensuite, sont
abordés successivement, les méthodes de traitements appliqués pour la rectification
géométrique des données mobilisées, la cartographie et l’extraction des lignes de
référence pour les positionner par rapport àla ligne de base sur chaque date (1985, 2003
et 2016) par l’utilisation des outils SIG (MapInfo et DAS d’ArcGis). Les marges
d’erreurs associées sont estimées puis les résultats sont présentés sur chaque site d’étude.
Ces résultats concernent l’analyse des variations spatio-temporelles du linéaire côtier
observées sur certains tronçons des plages de la Baie d’Ain El Turck à la Baie des
Andalouses.

La troisième et dernièe partie est composée de deux axes : Le premier est réservéà
l’analyse régionale de la dynamique urbaine des communes du grand plan urbain d’Oran
et autres communes du littoral occidental oranais. Elle commence par une présentation
de la méthodologie adoptée basée essentiellement le traitement d’images satellitaires
multidates. Ensuite, l’intégration de ces images avec les cartes topographiques de 1985
dans un SIG pour une analyse des changements urbains intervenus entre 1985 et 2016.
Ces résultats sont par la suite confrontés à l’étude de l’évolution de la population de ces
communes pour trouver des éléments explicatifs à ces changements. Dans le deuxième
axe est présenté l’étude et l’analyse d’espaces

5
ruraux de deux communes sublittorales situées à proximité d’Oran et sur l’axe routier
qui relie celle-ci àTlemcen (Misserghine et Boutlélis) afin d’en tirer les changements
L’approche adoptée repose sur la confrontation des changements intervenus dans les
espaces cultivés, cartographiés à l’aide de l’outil SIG et aussi sur les statistiques
fournies par les services de l’agriculture. Cette démarche est basée sur une cartographie
évolutive utilisant àla fois les cartes topographiques des années 1960 et 1985 et les
images satellitaires récentes de 2016 ainsi que des relevés de terrain (identification et
vérification) qui ont étémenés en parallèle.

Enfin, la conclusion sera l’occasion de faire le point sur les principaux résultats obtenus
dans ce travail de recherche en exposant les différentes approches conceptuelles et
méthodologiques appliquées dans l’étude de la dynamique du littoral ouest oranais par
l’utilisation des techniques spatiales comme la télédétection et aussi, par les outils SIG
et leur efficacitédans le domaine de la manipulation, cartographie géoréférencées et de
l’intégration des données multisources (cartes, images, statistiques.) et multidatées.

6
PREMIERE PARTIE
Le littoral Oranais : cadre d’étude

7
ERE
1 PARTIE
LE LITTORAL ORANAIS : CADRE D’ETUDE

C e travail a pour objet la dynamique du littoral. Il s’agit en premier lieu de définir et


délimiter spatialement cet espace spécifique. D’où des difficultés car il faut prendre en compte
plusieurs paramètres très différents dont ceux naturels et
réglementaires.

1. Délimitation du littoral oranais :


Problématiques 1.1. Délimitation naturels

Le littoral est un espace continental bordé par la mer. D’où il en résulte des
impacts divers résultant de ce contact mer/terre auquel il faut ajouter l’air formant ainsi
un système en boucle. Son étendue à l’intérieur des terres correspond à celle de
l’influence de ce dernier (système) et dépend de son relief. Celui-ci peut la favoriser
(cas des plaines), la freiner, l’arrêter ou la modifier (cas des collines et des montagnes).
Cet espace est dans certains cas plus complexe car on y a défini des zones sublittorales
dont la caractéristique principale est qu’elles sont accidentées du point de vue relief.
Aussi ne reçoivent-elles qu’une partie de l’impact découlant du contact des trois
éléments air-terre-mer ou système littoral. Les littoraux ont des morphologies très
variées. Souvent, lorsqu’on fait allusion au mot littoral on le confond avec le trait de côte
ou la côte alors qu’en réalité leur signification est complètement différente. En effet,
selon le dictionnaire géomorphologique, le littoral est la partie côtière située dans la zone
de battement des marées (entre la plus haute et la plus basse) alors que «la côte est la
bordure d’une terre en contact avec la mer ». Aussi, le trait de côte ou rivage est un
liseré, presque une ligne sinueuse matérialisant la zone de contact de la terre avec la mer
par le niveau des hautes mers (contact entre deux domaines différents : marin et
terrestre). D’une part, la zone côtière est l’espace en contact avec la mer et dont une
partie seulement est recouverte périodiquement par celle-ci et d’autre part, elle se
continue par la plateforme continentale qui est une sorte de plateau, légèrement incliné
vers la mer et immergé en permanence. Il se termine par un talus ou glacis. Son

8
extension varie selon les caractéristiques géomorphostructurales résultat d’une histoire
tectonique régionale (Sa largeur peut varier de quelques kilomètres àplus de 1000 km).

Le littoral Oranais est situé au Nord-Ouest de l’Algérie. Sa délimitation longitudinale est


configurée par un linéaire côtier qui s’étend de l’Oued Kiss à l’Ouest (frontière Algéro-
Marocaine) à Oued Taghzout à l’est (Mostaganem), sur une longueur de 446 km, ce qui
représente 37% de la longueur des côtes algériennes. Il est limitée au Nord par la mer
méditerranée, et au Sud par les Monts des Tessala, et se situe entre les parallèles 34°64’
et 36°47’ Nord et les méridiens 2°21’ Ouest et 1°01’ Est. (Figure I. 1).

Figure I. 1. Localisation du littoral dans son cadre méditerranéen

Une grande partie de ce littoral est à relief accidenté, montagneux constitué par les
Monts de Sbaa Chioukh, des Trara et les Tessala qui arrivent jusqu’à la mer. A l’est
d’Oran et d’Arzew, il est plus ouvert (plaine de la Macta et plateau peu élevé de
Mostaganem).
Vu l’étendue très grande du littoral oranais, il fallait effectuer un choix : il s’est
porté sur sa partie centrale en tant que cadre général, respectant les limites naturelles
(Figure I. 2). Ensuite, celui-ci a été restreint, en tenant compte des délimitations
réglementaires.

9
Figure I. 2. Littoral oranais : Limites naturelles (d’après Remaoun K. et Smahi Z., 2014)

1.2. Délimitation règlementaire


Le littoral est un espace délimité aussi par les lois. A ce titre, on peut parler d’un
littoral d’institution. Les types de délimitations varient d’un pays à autre. Nous pouvons
en citer quelques exemples :

En Espagne, la loi sur les zones côtières utilise ce terme 19 fois sans le définir sauf
de façon indirecte (domaine public, zones voisines).

En France, la définition juridique inclut les communes riveraines de la mer (et


éventuellement des estuaires et deltas situé en aval de la limite de salure des eaux).

En Tunisie, le littoral est compris comme le rivage de la mer avec une extension
possible vers l’intérieur dans des limites variables selon leur degré d’interaction
climatique, naturelle et humaine avec la mer.

10
En Liban, le littoral est définit par le domaine public maritime (DPM) comprenant à
la fois la partie aquatique et le rivage jusqu’à la distance la plus éloignée que les vagues
peuvent atteindre en hiver, ainsi que les plages de sable et de galets. Les étangs et marais
d’eau salée reliés à la mer font également partie de ce domaine.

D’autres pays disposent de définitions établies en dehors des lois. L’Égypte par
exemple, définit la zone côtière comme une interface entre la mer et la terre comprenant
la mer territoriale et s’étendant, côté terre, aux zones d’interaction avec l’environnement
marin pour au moins 30 km dans les zones désertiques, sauf obstacle géographique.

En Algérie, c’est la loi N°02-02 du 22 Dhou El Kaada 1422 correspondant au 5


février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral qui donne une
définition du littoral dans son art.7 : « le littoral englobe l’ensemble des îles et îlots, le
plateau continental, ainsi qu’une bande de terre d’une largeur minimale de huit cents
mètres (800 m) longeant la mer et incluant (Figure I. 3) :

(1) Les versants de collines et montagnes, visibles de la mer et n’étant pas séparés du
rivage par une plaine littorale ;
(2) Les plaines littorales de moins de 3 km de profondeur à partir des plus hautes
eaux maritimes ». Ceci nous amène à faires les remarques suivantes : sur quels critères
cette distance de 3 km a-t-elle été définie ? Sur le littoral oranais par exemple,
l’influence de la mer se fait sentir jusque sur les versants nord des Tessala-Béni
Chougrane-Sebaa Chioukh. De plus, que signifient les «plus hautes eaux maritimes »?
Est-ce les marées hautes, les tempêtes et quelles tempêtes ?
(3)- «L’intégralité des massifs forestiers ». Idem : jusqu’à quelle distance à l’intérieur
des terres peut-on prendre en considération les «massifs forestiers »? 800 m ?
(4)- «Les terres à vocation agricole ». La même question doit être soulevé : jusqu’à
quelle distance à l’intérieur des terres doit-on les prendre en compte : 800 m ou 3 km ou
plus ?

(5)- «L’intégralité des zones humides et leurs rivages dont une partie se situe sur le
littoral à partir des plus hautes eaux maritimes tel que définies ci-dessus »(N.B. Les
hautes eaux maritimes n’ont pas été définies).

(6)-«Les sites présentant un caractère paysager, culturel ou historique » (même


remarque : jusqu’à quelle distance de la mer ou plutôt du rivage).

11
Par conséquent, cette loi comporte beaucoup de «flou » quant aux critères de
délimitation dont les distances (300 m -800 m -3 km) difficilement applicables sur le
terrain car ne correspondant pas toujours à une réalité morphologique (reliefs, plaines,
zones humides) et de plus, elles varient selon les régions. Ce qui est le cas du littoral
oranais.
D’où la difficulté et la complexité pour limiter le cadre de ce travail. Aussi le choix a
pris en compte les deux types de délimitations qui ont été replacées dans leur cadre
«territorial »: la commune (Figure I.3 et I.4). Il a été de plus restreint (car besoins en
données statistiques) aux neufs communes suivantes : Oran, Bir El Djir, Sidi Chahmi,
Es Sénia, Misserghine, Boutlélis, Ain El Turck, Bousfer et El Ançor.

Figure I. 3. Limites réglementaires du littoral oranais placé dans son cadre


territorial (commune).

La commune de Mers El Kebir considérée comme littorale et zone entièrement militaire


n’a pas été prise en compte. Aussi pour des besoins statistiques, la grande Sebkha
d’Oran qui fait partie administrativement de la commune de Misserghine a été omis de
la zone d’étude.

12
Figure I. 4. Les communes retenues pour la zone d’étude.

2. Caractérisation du littoral oranais, zone d’étude

2.1. Les caractéristiques morphologiques du littoral oranais, zone d’étude.

Le littoral oranais est constitué depuis la côte vers l’intérieur d’une succession de
montagnes et de plaines ou de dépressions, orientés SW/NE et WSW/ENE. Les
premières se caractérisent par un profil dissymétrique (versants de longueur différente).
Entre les montagnes, on trouve deux sortes de plaines: littorales (comme celle des
Andalouses-Bousfer, et la plaine d’Arzew) et sublittorales (ex : La M’léta, la plaine des
Hassi). Une grande partie des plaines sont jalonnées par des zones humides de
dimensions très variables. On peut citer la Grande Sebkha d’Oran (environ 40 km de
long et 20 km de large, lui fait suite vers l’est le Lac Télamine et les Salines d’Arzew,
puis les marais de la Macta.

La côte du littoral oranais dessine plusieurs «paliers » orientés d’une manière


générale SW/NE, réunis par des pans N/S qui se succèdent du sud vers le nord. Ces
paliers recoupent localement des reliefs montagneux (petites et moyennes montagnes).
Les cours d’eau qui s’y jettent sont modestes. Le littoral étudié est découpé deux
secteurs: la Baie d’Oran et le Golfe d’Arzew.

13
a- La baie d’Oran englobe en fait deux baies : celle d’Oran à l’est et la Baie des
Andalouses à l’ouest qui sont séparée par un cap : Cap Falcon.

Le tracéde la baie des Andalouses est dissymétrique avec une côte ouest courbée,
incurvée et escarpé (àversants côtiers pentus) et une orientale plus longue rectiligne (car
elle s’étire des Andalouses à Coralès) et à falaises de 50 à100 m de hauteur bordant la
plaine de Bou Sfer. Des Andalouses à Cap Falcon, la côte est une côte d’accumulation
alluviale et colluviale dans sa partie occidentale et sableuse-dunaire dans sa partie
orientale, avec un tombolo qui s’allonge de Bou Sfer village à Cap Falcon. Ici, la côte
est formée de petits versants côtiers (60-80 m de haut) très pentus.
La grande Baie d’Oran comporte trois parties: la côte d’Ain el Turck, le fond de la
baie occupée par Mers el Kébir et Oran et la côte de Canastel à la Pointe de l’Aiguille
(Canastel-Kristel).
La côte d’Ain El Turck est de tracérectiligne, àfalaises (10 à50 m de haut) avec des
plages continues. Un grand champ de dunes occupe toute la partie nord de la plaine de
Bou Sfer et surplomb ses plages.
La crique de Mers el Kébir, s’inscrit dans un ensemble montagneux (Dj Santon et Dj.
Santa Cruz) rattachéau Djebel Murdjadjo. Elle se caractérise par de grands versants
côtiers de plus de 500 m haut àl’ouest et des falaises de 100-130 m de haut àOran.
A partir du port d’Oran jusqu’au Djebel Orous (Arzew) la côte redevient rectiligne,
orienté presque sud-nord mais scindée en deux parties :
-d’Oran jusqu’à la Pointe Canastel, elle comporte des falaises (50 m à100-130 m de
haut) affectées des traces de mouvements de terrain anciens.
-De la Pointe Canastel à la Pointe de l’Aiguille au nord, la côte décrit un rentrant au
niveau du Dj Khar. Là, elle est plus basse, rocheuse (platiers rocheux ou petites grèves
très étroites) et bordée de versants très pentus se rattachant au djebel Khar. A partir de
ce djebel, vers le nord, elle a un relief très escarpé.
Le cap au nord qui lui fait suite de la Pointe de l’Aiguille à Cap Carbon (extrémité
ouest du port d’Arzew) est une côte rocheuse, avec des versants côtiers très pentus qui
descendent du Dj. Orous (altitude sommitale: 630 m) jusqu’à la mer. Ensuite la côte
devient moins rocheuse, mais avec des falaises de 100-200 m de haut et de petites plages
ou grèves.

14
b- Le Golfe d’Arzew est la partie du littoral oranais qui se trouve le plus au nord en
latitude. Il possède une côte basse, àtracérectiligne avec de grandes accumulations
sableuses (plages et dunes) continues depuis Arzew jusqu’à la Pointe de la Salamandre.
Ce trait morphologique s’explique par la présence de la plaine de la Macta. De la Pointe
de la Salamandre, la côte se relève légèrement et apparaissent des falaises dont la
hauteur augmente vers l’est : de 5-10 m de haut àenviron 50 m au niveau de la Pointe de
Kharouba. De larges plages se trouvent en contre bas de ces falaises, leur largeur
augmente aussi vers l’est (de 1 km à +2 km de large, (Remaoun K., 1981).

2.2. Les traits bioclimatiques


Le littoral s’étend aussi loin que ses effets climatiques se font sentir. Ceux-ci sont
caractérisé par quatre paramètres : une humidité relative élevé et constante, des
températures moins élevées ou moins basses que celles de la région, une amplitude
thermique faible, la présence de brises de terre et de brises de mer quotidiennes.
[Link] dans son ouvrage sur le climat en Algérie (1946) a classé les stations
météorologiques littorales. Celles du littoral étudiésont : les îles Habibas, El Ançor,
Misserghine, Oran, Tamzourah, Bou Yakor, Misserghin, Ain el Arba et Saint Lucien
(Oued Tlélat) qui font actuellement partie de la wilaya d’Oran.

La valeur moyenne de l’humidité relative de l’air (Hr) du littoral oranais est


généralement élevé atteignant en moyenne une valeur supérieure à70 % le matin et le
soir (76 % à78 %, à7h et 71 % à76 % à18 h) qui fléchit au milieu de la journée (58 %
à71 % à13h ) (d’après Selzer P., 1946).

Cette humidité relative forte (Hr) compense le déficit hydrique du bioclimat «oranais
» semi-aride supérieur. Ce qui constitue un facteur favorable à une riche
biodiversitéquel que soit le climat régional car il constitue un apport en humiditépour
les plantes même en zone aride ou saison sèche.

Le paramètre température est un critère important pour caractériser le littoral. En


effet, le climat du littoral oranais de la zone d’étude a des températures moyennes
annuelles de 20°C en général et des amplitudes thermiques annuelles faibles à modérées
(entre 6°C et 11°C), la température maximale moyenne annuelle n’atteint pas les 30°C et
la température minimale moyenne annuelle se situe 12°C et 15°C environ (Remaoun
[Link] Smahi Z., 2015).

15
«Le régime des vents se caractérise par des vents d’Ouest et de secteur Ouest (WSW,
SW, WNW et NW) dominants durant toute l’année. Quant aux brises de mer ou de terre,
elles atteignent fréquemment des vitesses assez conséquentes (supérieures à5 ms) et ceci
quand le contraste thermique entre la terre et la mer devient trop grand et le gradient
thermique élevé». «En effet, les brises de mer soufflent entrent 12h et 18h
(approximativement) et leur direction varie au cours de l’année :

- de mars àseptembre : elle est NW, N et NNW àBéni Saf et N, NNE, NE et ENE à
Oran ;

- de février àmars : NW àBéni Saf et WSW àOran. »

«Les brises de terre se font sentir durant les heures les plus fraîches de la journée (la
nuit : 21h-0h-6h). Elles ont une direction sud ou de secteur sud dans les deux stations
(Béni Saf et Oran) et durant toute l’année. Le changement de direction des deux types
de brises se fait sentir àpartir de 15h et il est très sensible àpartir de 18h (Remaoun K.,
Smahi Z., 2015) ».

2.3. L’emprise humaine

Les littoraux méditerranéens ont un taux d'urbanisation et de périurbanisation


généralement beaucoup plus élevéque la moyenne. Le littoral oranais a étélongtemps
l’axe majeur de l’urbanisation puisque les villes littorales et sublittorales regroupaient
en 2010 plus de 53% de la population contre 19,3% en 1954 (En 2025, la densitéde
population dans les régions côtières algériennes atteindra 376 habitants au kilomètre
carrécontre 123 en 1970, SRAT, 2009).
Cette concentration de la population, dans les grandes métropoles algériennes et dans
celles du littoral oranais plus précisément, est une des conséquences directes de
l’implantation de zones industrielles dans ce secteur. La sectorisation de
l’industrialisation, le déséquilibre du développement entre villes et campagne durant la
décennie 1970-1980 et l’insécurité de la dernière décennie ont accentué la migration
vers les grandes villes. Aujourd’hui, la saturation des espaces intra-muros a entraînéun
renversement du sens des flux migratoires par débordement et redéploiement du surplus
des populations des grandes villes côtières sur leurs abords immédiats. En Algérie,
environ les deux tiers de la population algérienne sont concentrés sur le littoral qui
représente 4% du territoire seulement. Outre la forte concentration de la population
permanente, le littoral oranais constitue en particulier la destination privilégiée d’une

16
population supplémentaire d’estivants. Pour la seule corniche oranaise, ce nombre a été
estiméà9 millions en 2009 et 13 millions en 2015 (d’après la protection civile et la daïra
d’Ain el Turck).
Cette forte concentration de la population a entraînéune urbanisation démesuré. Le
taux d’urbanisation est passé de 26% en 1962 à 61,4% en 2010 (ONS, 2008). Le littoral
oranais est, par ailleurs, caractérisé par une concentration des activités industrielles.
Ainsi, pas moins de 130 unités industrielles y sont implantées (SDAM, 2008).
L’organisation du littoral oranais a largement étéperturbéen raison des aménagements
effectués (Pôle industriel d’Arzew, construction de nouveau village tel que Cap Falcon
etc...), qui ont affaibli, voire brisé l’équilibre de l’écosystème. Par ailleurs, les besoins
ont augmentés en sable et en gravier pour les nombreux projets d’aménagement, de
l’industrie et les différentes constructions entraînent une surexploitation des réserves du
domaine côtier (la zone côtière de Bousfer englobe un espace dunaire exploité
actuellement par une grande sablière qui alimente les chantiers de la région ouest). De
plus, de nombreux cours d’eau ont été déviés de leur trajectoire initiale, provoquant une
déstabilisation de l’alimentation des eaux côtières. Signalons aussi la forte urbanisation
sur des espaces non constructibles en particulier àAin Turck àCap Falcon et àBousfer,
une fragilisation et une dégradation des reliefs et de l’écosystème de ces régions. Des
installations dont la plus part ne respectant aucune norme exigible, pas de drainage, pas
de VRD, ou encore raccordement à une quelconque station d’épuration, un
aboutissement direct à la mer de tous les effluents par ruissellement. Un constat
accablant qui renseigne sur l'étendue des dégâts causé par cette situation sur l'écosystème
marin. L'industrie pétrolière participe aussi àce désastre écologique : elle s'est accaparé
de nombreux sites présentant d'importantes potentialités paysagères, culturelles et
historiques, bloquant ainsi toute possibilité d'évolution pour d'autres usages liés àla mer,
notamment liés au tourisme balnéaire. L'essor de cette industrie s'est soldépar un
aménagement chaotique : des communes ont étéenclavées et privées de toute initiative
sur leurs littoraux, et les agglomérations qui y sont localisées subissent quotidiennement
les effets de la pollution et sont exposées en permanence aux risques d'explosions et
d'incendies. Par ailleurs, de vastes étendues de terres agricoles ont été consommées.
Notons également l’utilisation des eaux côtières pour le refroidissement des centrales
électriques thermiques (exemple : la centrale d’Arzew) qui s’ajoutent aux rejets en mer
d’un grand nombre de déchets et de polluant qui peuvent être à l’origine de nombreux
échouage, de certaines faunes marines, observés sur la côte

17
ouest algérienne. Il en est de même des aménagements, tels que les tracés de routes, des
projets d’aménagement et de construction des agglomérations, qui ont aggravé les
glissements, d’autant plus que les sols d’une bonne partie du littoral de cette région sont
formés par des argiles et des sables gréseux.
En 2008, la dispersion de la population montre que la population totale des
communes littorales représente 86% sur la wilaya d’Oran dont 82% est urbaine, 17% est
installée dans la zone périurbaine ou dans les agglomérations secondaires, et seulement
1% en zone éparses (Figure I. 5).

Figure I. 5. Répartition de la population résidente des communes littorales oranaises


étudiées.

Entre 1987 et 2016, le territoire des communes littorales oranaises de la zone d’étude
gagne respectivement 439557 et 505848 habitants, soit une augmentation annuelle
moyenne de 7 % et qui se stabilisera en 2016 vers 5%. On notera que la répartition de la
population des communes se fait comme suit :

- dans cinq communes, l’augmentation est forte avec un taux d’accroissement annuel
moyen supérieur à10 % (Bousfer, Es Sénia et Misserghine) dont deux ont un taux
extrêmement fort supérieur à29% (Bir El Djir et Sidi Chahmi);
- dans trois communes (Ain El Turck, El Ançor et Boutlélis) l’augmentation est légère
(taux compris entre 5 et 9 %) ;
- dans une commune (Oran), il varie peu (taux inférieur à 4 %).

18
Taux d’accroissement annuel moyen de la population par commune
< 4% entre 5% et 9% entre 10% et 13 % > 29 %
Oran Ain Turck Bousfer Bir El Djir
El Ançor Es Sénia Sidi Chami
Boutlélis Misserghine

Tableau I. 1. Classement des communes littorales étudiées selon leur taux de


croissance annuel moyen de la population.

D’après le Tableau I. 2, l’occupation au kilomètre carré de l’ensemble des communes


abordées étant de l’ordre de 1 326 personnes en 2008 et atteindra 1449 personnes en
2016 où celles des communes suivantes : Oran, Bir el Djir, Es Sénia et Sidi Chahmi
dépassent largement la valeur moyenne.

1
Population Superficie Densité 2016 Densité
2 2 2
Commune en 2008 (km ) (hab./km ) (hab./km )
Oran 609014 64 9516 658251 10285
Es Sénia 96928 48,51 1998 269740 5561
Sidi Chami 104498 69,5 1504 161782 2328
Bir El Djir 152151 32,46 4687 124799 3845
Misserghine 25443 133,4 191 32642 245
Boutlélis 22898 142,6 161 28066 197
Ain El Turck 37010 39,14 946 44123 1127
Bousfer 17243 46,2 373 24048 521
El Ançor 10882 66,44 164 13936 210
Total 1242787 937 1326 1357387 1449
Tableau I. 2. Densitéde population des communes littorales oranaises étudiées.

[Link]

Dans cette étude, une des premières difficultés a étéla définition et la délimitation
du littoral oranais grâce aux traits naturels spécifiques de cet espace et la réglementation
qui le concerne, celle-ci ayant étéétablie dans le but principal de sa protection. Ces

1 Population projeté en 2016 (source : ONS)

19
deux paramètres ont étépris en compte dans un cadre territorial qui est la commune.
D’où un choix de communes aussi bien littorales que sublittorales (Oran, Bir El Djir,
Sidi Chahmi, Es Sénia, Misserghine, Boutlélis, Ain El Turck, Bousfer et El Ançor). En
effet, le littoral oranais, une fois délimité, a étécaractérisépar ses traits morphologiques,
ses traits bioclimatiques ainsi que l’emprise humaine du point de vue concentration et
répartition de sa population dans ces commune littorales.

20
DEUXIEME PARTIE

Etude de l’évolution du trait de côte


de la corniche oranaise occidentale

21
EME
2 PARTIE
ETUDE DE L’EVOLUTION DU TRAIT DE COTE DE LA
CORNICHE ORANAISE OCCIDENTALE

L a bande côtière du littoral a sa propre dynamique découlant de plusieurs


qui sont :
facteurs

-les vents, la houle et les courants marins côtiers (comme la dérive littorale ou le jet
stream) qui lui sont liés ;

- les changements climatiques anciens et


actuels ; -les mouvements tectoniques et
-de plus en plus l’impact des installations
humaines. D’où la difficulté pour l’appréhender.
Aussi, ce chapitre qui lui est consacré a pour but de mettre en évidence les
changements récents intervenus dans cet espace spécifique par le biais des variations du
trait de côte et indirectement de celles des plages de sable existantes. Ceci devrait mettre
en évidence l’impact de l’emprise humaine sur la côte sans oublier celui du
réchauffement climatique actuel. D’où le choix de cinq parties de la côte de la Corniche
oranaise qui connaissent une importante fréquentation humaine non seulement en saison
estivale mais aussi le reste de l’année. Ce sont : sur la côte ouest de la Baie des
Andalouses la plage de même nom, sa partie orientale, les plages de Bousfer et de
Coralès et le long de la Baie d’Oran orientale, les plages de Cap Falcon et d’Ain Turck
(Figure II.1).

1. Quels sont les traits spécifiques de l’occupation du sol ayant eu un


impact sur l’évolution naturelle de ces côtes, objet de cette étude ?

La plage des Andalouses est connue pour son complexe touristique implanté
durant les années 70, aux cotés de quelques fermes isolées. Il se caractérise par une
large plage sans falaise et une longueur d’environ trois kilomètres. Actuellement, la
densité des infrastructures touristiques y est très forte (succession d’hôtels et de

22
complexes touristiques) et cette partie de corniche oranaise est une des destinations
balnéaires particulièrement la plus fréquentée.
La côte de Bousfer est bordée de falaises avec à leur base des plages de dimensions
très restreintes. Durant les années 80 elle était occupée par des cabanons isolés de
pécheurs et le complexe touristique militaire El Murdjane Depuis, elle s’est
complètement transformée en zone urbanisée à occupation permanente ainsi que par
l’extension de ce dernier (El Murdjane).
La côte qui s’étend de Cap Falcon à Ain el Turck à l’est comportait de belles plages
bordées de dunes.
Sur la partie de la côte est qui fait partie de la Baie d’Oran, deux « sites » ont été
choisis. Au nord, Cap Falcon était occupé par des habitations utilisées comme
résidences secondaires pendant la période estivale et de quelques cabanons utilisés par
les pécheurs. Mais depuis quelques années (surtout à partir de 2000), la côte a connu
une importante mutation avec la construction d’un nombre considérable d’hôtels et de
complexes touristiques afin de promouvoir des activités et loisir. Ceci, sur une bande de
terrain située à proximité de la plage (de 20 à 100 m). Au-delà de cette distance, de
nouvelles constructions de type LSP et sociale ont vu le jour ce qui a modifié la
composition sociale de cette zone. A cela se rajoute l’apparition des constructions
illicites. Au sud, Ain El Turck autour de l’ancien centre colonial devenu agglomération
chef lieu de la commune de même nom, se sont implantées et développées beaucoup
d’activités économiques d’où une densité de population assez importante. De plus, elle
est depuis la colonisation française, une station balnéaire très attractive (car proche de
l’agglomération oranaise), son attractivité augmentant de plus en plus.

23
Figure II.1. Localisation des côtes étudiées du littoral oranais.

2. Quelles définitions du trait de côte ?

Pour appréhender la dynamique du littoral, les changements du trait de côte


constitue un des paramètres parmi d’autres qu’il faut prendre en compte. Qu’est-ce que
le trait de cote ? Comment peut-on en suivre les variations dans le temps et l’espace ?
Quels renseignements celles-ci nous indiquent-elles ? Que signifient ces variations etc.
La problématique est complexe car plusieurs méthodes d’études existent.
Aussi, la démarche adoptée pour l’analyse de l’évolution littorale requiert avant tout le
choix d’un indicateur du trait de côte, la mise au point d’une méthode d’extraction et de
suivi adaptée au marqueur utilisé selon le type de côte, le matériel et les données
disponibles.

L’Agence Européenne de l’Environnement (EEA) définie le trait de côte (Weber


J., 2007) comme étant la ligne qui sépare une surface terrestre d’un océan ou d’une mer.
Cette définition est relativement simple et compréhensible. Cependant dans la littérature
anglo-saxonne et américaine en particulier (Bird E., 2007), le terme trait de côte en
français est souvent considéré comme le synonyme des deux termes shoreline et
coastline (Figure II.2). En effet, selon ce même auteur, le terme shoreline signifie la

24
ligne de rivage c'est-à-dire la limite du plan d’eau en fonction des fluctuations de la
marée alors que le terme coastline est définie par la limite maximum atteinte par les
marées hautes. Cette limite peut être matérialisée selon le type de côte par le pied de
falaise ou la limite de la végétation terrestre. Donc, l’expression coastline fait allusion à
la notion de trait de côte en français. Certains auteurs comme Guilcher A. (1951),
Roubertou A. et. Bonneval H. (1965)), assimilent le trait de côte à la ligne des plus
hautes mers potentielles par temps calme alors que Baulig H. (1956) considère quant à
lui que le trait de côte comme la limite entre la côte et le rivage. Ce dernier correspond
selon Joly F. (1997) à la partie « partie du littoral alternativement couverte et découverte
par la mer… ». Plus récemment, diverses définitions de traits de côte ou de ligne de
référence ont été proposées par Boak E.H et Turner I.L (2005) à partir de 45 indicateurs
testés à travers le monde dont : les points de rupture de pentes, le type de végétation, le
degré d’humectation de l’estran, le niveau de marée normale ou extrême, etc…
Cependant, la principale difficulté réside dans le choix d’un indicateur qui soit
facilement repérable sur le terrain ou sur d’autres supports (cartes topographiques,
photo aériennes ou images satellitaires). Or selon Leatherman S.P (2003), il est
important que les indicateurs soient facilement identifiables sinon si aucune de ces
lignes de référence n’est pas présente, la ligne des plus hautes eaux (HWL ou High
Water Line) est souvent utilisée. Le choix de la ligne de référence d’une côte est un
paramètre primordial pour la cartographie du littoral (Parker, B. 2001).
Aussi, la définition du trait de côte d’après Joly F. (1997) selon laquelle il
correspondrait à la ligne du niveau maximum d’avancée de la mer sur le continent est
celle qui a été adoptée dans ce travail (Figure II. 3) : le contexte microtidal
méditerranéen du littoral oranais fait que les marées ont une faible amplitude (2-3 m en
moyenne). Malgré que dans certains cas, cette limite peut recouvrir la végétation
« terrestre » et même des terres avec habitations (cas de Venise par ex. ou le
Bengladesh etc.). Par conséquent, le trait de côte correspond sur les plages à la limite
de la zone « mouillée périodiquement » ou estran. Cette limite est repérable sur les
images satellitaires grâce à la teinte de l’estran plus sombre car les sédiments de plage y
sont humides. Pour ce, la date des images utilisées est début mai. La limite considérée
est représentative de manière satisfaisante la position moyenne du trait de côte au
printemps.

25
Figure II.2. Profil schématique d’une côte sableuse et terminologie anglo-saxonne
équivalente d’après Shepard A. (1973) In Faye I. (2010).

Figure II.3. Différentes lignes de référence. Plage les Andalouses (Source : Googleearth
par DigitalGlobe, mars 2016).

26
3. Méthodologie adoptée
Dans cette étude l’approche méthodologique mise en œuvre pour étudier et
estimer l’évolution du trait de côte de l’ouest-Oranais à l’échelle locale s’inspire de la
démarche adoptée dans de nombreuses études (Faye I., 2010; Moore L.J., 2000;
MortonR. [Link] al., 2005; Hapke C.J et al., 2010; Robin M., 2002 etc.). Elle est basée
essentiellement sur:
- la collecte, l’évaluation et le traitement des données disponibles
- puis le traitement des données et l’intégration des résultats dans un système
d’information géographique (SIG).
3.1. Présentation des documents et données disponibles

A la suite de plusieurs recherches et visites auprès des institutions détentrices de


données cartographiques à grande échelle, en particulier les archives du Cadastre
d’Oran, la Direction de l’environnement d’Oran, l’établissement régionale de
Cartographie et de Télédétection (INCT) à Oran, le Centre des Techniques Spatiales
(CTS) à Arzew ainsi que la base de données images qu’offre Google-Earth par Digital
Globe, nous avons répertorié deux sources potentielles de données pour décrire les
modifications locales des rivages de nos sites d’étude à savoir : les cartes
topographiques existantes et les images satellitaires.
Les photographies aériennes présentent un grand intérêt mais leur disponibilité
pose problème et la couverture des sites présélectionnés ne coïncident pas souvent ni
aux mêmes dates d’acquisition et ni aux mêmes échelles de prise de vue.
A partir d’un recensement et d’une évaluation de la qualité des données établies
nous avons pu choisir d’une part, les données les plus adéquates pour notre étude, et
d’autre part le choix des sites d’étude et aussi de définir les échelles temporelles
retenues pour l’analyse de l’évolution du trait de côte.

3.1.1. Les cartes topographiques

Les cartes existantes sont disponibles à des échelles différentes (1/50000 et


1/25000) d’où notre choix se repose sur celles qui se rapprochent de l’imagerie spatiale
restant ainsi aux mêmes ordres de grandeur et couvrant aussi les différents sites
présélectionnés pour faciliter l’analyse locale de l’évolution du trait de côte. Nous avons
choisi ainsi de préférence des cartes ayant des échelles proches pour éviter les
simplifications de tracés dues aux variations d’échelle (Tableau II. 2).

27
Echelle
1/25 000

N
1/25 000

Tableau I
topograp
3.1.2
Les
images
satellit
aires

Nous disposons pour ce travail d’une collection d’images satellites de Google


Earth issues du fournisseur d’images Digital Globe. Cette firme est une société
américaine spécialisée dans l'imagerie spatiale possédant une constellation commerciale
de plusieurs satellites d'observation de la Terre (Tableau II. 3). Ainsi, les images qui ont été
disponibles sont fournies en mode combiné (Panchromatique/multispectral) avec une résolution au sol
avoisinant deux mètres prises respectivement en mois de mai 2003 et 2016. L’année 2003 a été retenue
pour être une date intermédiaire dans la période d’étude (1985 et 2016).

Résolution au sol (m)


Satellite/ Capteur Date de lancement
Panchromatique Multispectral
Early Bird 1 24/12/1997 03 16
IKONOS 24/09/1999 0.82 03.20
QuickBird 16/10/2001 0.60 02.40
GeoEye-1 06/09/2008 0.41 01.65
WorldView-1 18/09/2007 0.50 /
WorldView-2 08/10/2009 0.46 01.84
WorldView-3 13/08/2014 0.31 01.24
WorldView-4 11/11/2016 0.31 01.24
Tableau II. 3. Caractéristiques des satellites de DigitalGlobe.
28
3.2. Le traitement des données et la cartographie
L’approche méthodologique utilisée pour estimer l’évolution du trait de côte s’est
effectué en trois étapes (Figure II. 4) :
(1) Préparation et traitement des données ;
(2) Création des données ;
(3) Mesure de l’évolution du trait de côte.

Figure II.4. Méthodologie adoptée pour la mesure de l’évolution du trait de côte dans la
zone d’étude.

29
3.2.1. Préparation et traitement des données

D’une manière générale, le type de traitement appliqué varie suivant les données
mobilisées. Toutefois, les cartes et les images disponibles sont géoréférencées dans un
même datum (Ellipsoïde de Clarke 1880 Nord Sahara) et dans un système de projection
unique (l’UTM, Zone 30 Nord) avant l’extraction de la ligne de référence. Le but de
cette étape est d’obtenir des images géoréfencées sous la plate-forme SIG Mapinfo-11.5
ainsi que le logiciel de traitement d’images ENVI-4.7 afin d’assurer la détermination la
plus précise du déplacement du trait de côte.
Les cartes topographiques d’Oran au 1/25 000 dont nous disposons ont été toutes
numérisées à une résolution de 300 dpi (dot per inch) et livrées sous format JPG pour
correspondre à la résolution des images spatiales. Notons ici, que plus la résolution est
fine plus les fichiers numérisés sont volumineux ce qui peut engendrer un
disfonctionnement lors de leurs manipulation sous MapInfo ou ENVI. Par la suite,
l’approche méthodologique adoptée se focalise principalement d’une part, sur le
traitement des images satellitaires et les cartes numérisées et d’autre part, sur le choix
d’une méthode de mesure d’une ligne de référence adaptée au terrain d’étude.
Pour effectuer les mesures, deux critères ont été pris en compte : le trait de côte et une
ligne de référence correspondant à la limite du côté terre des plages et des platiers. Le
trait de côte a été défini plus haut. La ligne de référence peut être d’origine naturelle
(falaise, micro falaises, base de dune ou cordon dunaire etc…) ou d’origine artificielle
(bord de route, etc….). Les deux cas ont été pris en considération.

3.2.2. Traitement d’images

La correction des données est une étape préalable et nécessaire avant de


commencer le repérage du trait de côte. Il s’agit de démarches effectuées sur des images
satellitaires, des cartes, etc., avant le traitement (photo-interprétation, intégration dans
un SIG, etc.). Ces prétraitements sont des corrections géométriques dites
géoréférencements spatiales qui servent à appliquer un système de coordonnées à une
image afin de la mettre à l’échelle spatiale réelle par rapport aux cartes topographiques.
Lors du processus de géoréférencement, la méthode de fonctions polynomiales a été
appliquée. Cette méthode appelée aussi la méthode polynomiale par prise de points
d’appui qui consiste à retrouver pour tout point d’une image sa nouvelle position dans

30
un système de référence (Liu et al., 2011). Ce type de correction nécessite au préalable
l’exécution successive des étapes suivantes :

a. Repérer simultanément des points de calage sur l’image à géoréférencer et la source


de référence. Cette dernière peut être une carte, des points GPS, ou une autre image
déjà géoréférencée. Ces points doivent être distribués régulièrement sur l’image à
géoréférencer avec une densité et un recouvrement suffisant pour pouvoir minimiser
les erreurs du positionnement final des pixels.
b. Calculer la relation entre les points de calage appelés aussi points d’amer par
l’application d’un polynôme de transformation.
c. Calculer l’erreur de calage : C’est l’erreur Quadratique Moyenne (EQM) appelée
aussi Root Mean Square (RMS), est calculée par le logiciel lui-même pour de juger
de la qualité de la correction. Chaque point d’amer possède sa propre RMS
correspondante à la moyenne des erreurs résiduelles où l’écart moyen entre les
coordonnées réelles d’un point d’amer et ses coordonnées calculées par le polynôme
de transformation représente la RMS totale qui est exprimée en unité de référence
(pixels). La RMS totale calculée exprime d’une part la précision de la correction et
décrit en d’autre part l’homogénéité de la transformation entre les points d’amer
distribués sur l’image.

La rectification des images a été effectuée en deux temps avec le logiciel ENVI4.7 et
l’outil Registration. Les images les plus récentes de chaque site ont été rectifiées pour
créer un référentiel de base (correction image – carte, Figure II.5). Puis, les images
anciennes ont été calées sur les images récentes rectifiées (correction image à image,
(Figure II.6).

31
Figure II.5. Rectification géométrique des images de référence par rapport aux cartes à
l’aide du logiciel Envi 4.7.

32
Figure II.6. Géoréférencement des images anciennes par rapport aux images rectifiées à
l’aide du logiciel Envi 4.7.

Sur chaque zone choisie de notre secteur d’étude, quatre à sept points de calage ont été
saisis par image pour la rectification avec un modèle polynomial du premier degré et un
rééchantillonnage des pixels selon la méthode du plus proche voisin pour préserver la
radiométrie des images originales. Lors de la saisie des points d’amers, il est important
de minimiser autant que possible l’erreur quadratique moyenne (EMQ ou RMS)
calculée par le logiciel et qui nous indique sur l’imprécision du modèle de
transformation.
De manière générale, l'erreur quadratique moyenne (RMS) obtenue au cours du
géoréférencement des différentes images des sites varie de 0,18 à 0,41 pixels (Tableau
II.4 et II.5) ce qui correspond à des erreurs ne dépassants pas le 1 m par rapport à la
résolution des images au sol. Ceci constitue un premier bon indicateur sur la qualité du
modèle de déformation appliqué. En plus et afin de valider le calage des images, les
images multi-dates d’un site sont superposées à l’écran pour examiner le degré de
superposition des contours des éléments remarquables (des infrastructures présentes sur

33
le littoral ou à proximité). Dans le cas de décalages, d’autres points de calage sont
ajoutés ou certains points sont supprimés s’ils présentent une erreur RMS trop élevée.

Coordonnées
Coordonnées Carte (m) Erreur (pixel) Total
Site Image (pixel)
Pt X Y X Y X Y RMS RMS
1 691404.89 3953141.40 3223.00 1185.00 0.07 0.05 0.09
Andalouses

2 690487.64 3952998.68 1876.50 1346.75 0.14 0.11 0.18


3 690699.53 3953013.47 2190.00 1342.75 -0.28 -0.22 0.36 0.18
Les

4 690721.20 3952799.99 2214.00 1662.00 0.06 0.04 0.07


5 689514.14 3953337.23 501.00 869.00 0.02 0.01 0.02
1 693745.12 3954341.47 296 1242 -0.09 0.03 0.1
2 694301.92 3954721.01 1401 1504 0.12 -0.16 0.2
Bousfer

3 694646.64 3955363.42 2545 1217.5 0.28 0.21 0.35


0.40
4 695306 3956195.74 4258.75 1137.75 0.19 0.08 0.21
5 694939.91 3955587.86 3146 1340.25 -0.68 -0.44 0.81
6 694827.27 3955229.33 2605.5 1594.25 0.17 0.28 0.33
1 695358.83 3956676.18 129.75 329.75 0.05 0.01 0.05
2 696059.33 3958015.83 2419.5 381.25 -0.39 -0.05 0.39
Coralès

3 697063.46 3958727.43 4156.5 1216.25 -0.07 -0.01 0.07 0. 30


4 696563.64 3959500.97 4740.25 116.75 -0.11 -0.01 0.11
5 696360.7 3958550.78 3352.25 435 0.52 0.06 0.52
1 699112.51 3960267.38 183.25 845.25 -0.03 -0.01 0.03
Cap Falcon

2 698994.48 3960029.75 206.75 1280.25 -0.02 -0.01 0.02


3 700724.44 3958433.74 4112 1610 -0.05 -0.39 0.39 0.39
4 700865.31 3958378.79 4355.25 1534.25 0.46 0.33 0.57
5 700577.49 3958496.3 3853 1680.75 -0.6 0 0.6
6 699733.1 3959066.47 2159 1805 0.24 0.08 0.25
1 700860.08 3958378.9 408.25 436.75 0.26 -0.37 0.45
2 701343.52 3958081.74 908 499 -0.37 0.51 0.63
Ain El
Turck

3 700735.12 3956775.97 839.25 1816.75 0.02 -0.03 0.04 0.41


4 705365.15 3956689.32 4692.75 123.75 -0.15 0.21 0.26
5 704503.09 3956976.06 3886 215 0.24 -0.33 0.41
Tableau II. 4. Correction de l’image(2016) par rapport à la carte des sites d’étude.

34
Coordonnées Coordonnées
Image Référence Image à corriger Erreur (pixel) Total
Site
(pixel) (pixel) RMS
Pt X Y X Y X Y RMS
LesAndalouses 1 812.00 535.00 2423.67 1270.33 -0.49 0.46 0.67
2 708.55 540.18 2091.75 1272.50 0.25 -0.23 0.34
3 1166.75 469.50 3552.00 1087.00 0.11 -0.11 0.16 0.35
4 825.25 640.00 2467.25 1618.25 0.10 -0.09 0.14
5 222.50 375.50 557.00 746.00 0.03 -0.03 0.04
1 238.75 1346 63.67 1081.11 0.11 0.1 0.15
2 355.25 1261.5 537.75 1178.5 0.06 -0.21 0.22
3 1109 318.75 4481 976 -0.13 0.01 0.13
Bousfer

4 772.75 820.25 2546 1233 0.12 -0.12 0.17 0.40


5 863 882.75 2612.5 1592.38 0.6 -0.03 0.6
6 684.3 1071.5 1757.67 1565.78 -0.62 -0.11 0.63
7 644.5 1034.25 1749.88 1385.75 -0.15 0.35 0.38
1 1329.29 570.71 4680.67 2181.67 -0.04 -0.07 0.08
2 266.5 1444 102.67 1465.33 0.09 -0.02 0.09
3 547 928 2041.67 1083.67 -0.37 0.2 0.42
Coralès

4 508.22 935.78 1931.38 1011.88 -0.01 -0.13 0.13 0.35


5 738.67 546.22 3398.25 785 0.42 -0.15 0.45
6 916 152 4722 444.5 -0.33 -0.28 0.44
7 940.89 287 4460.75 757 0.25 0.45 0.51
1 433.25 120.5 524.75 159.5 -0.02 -0.18 0.18
Cap Falcon

2 268 314.33 328.25 1005.5 0.05 0.38 0.38


3 274.44 609.67 860.75 1773 -0.05 -0.38 0.38 0.28
4 652.5 884.25 2463 1720.75 0.03 0.24 0.24
5 1227.56 1261.22 4714.25 1521.5 -0.01 -0.06 0.06
1 470.25 192.5 156 316 0 -0.11 0.11
AinEl Turck

2 178 1089.11 269.29 2028.14 -0.06 -0.14 0.15


3 2798.89 1119.11 4625 77.86 -0.06 -0.55 0.55
0.37
4 2456.33 1602.44 4376.29 1135.86 0.01 0.27 0.27
5 1021.25 1394.25 1866.71 1890.43 0.04 -0.12 0.13
6 1657.89 802.22 2527.86 423.43 0.05 0.64 0.64
Tableau II. 5. Correction image(2003) par rapport à l’image de référence.

Les images géoréférencées sont ensuite intégrées dans un système d'information


géographique (Mapinfo). Par la suite, les thèmes d'étude sont extraits selon une méthode
manuelle qui consiste à interpréter les images et à numériser les traits de côte. Ce travail
est réalisé à chaque date. Ainsi dans le SIG, nous disposons pour chaque image d'une
couche (Line) comprenant le trait de côte (Figure II.7) contenant les informations sur sa
position et sa longueur. Cette méthode est choisie pour sa simplicité et sa bonne
reproductibilité facilitant ainsi l’actualisation dans l'avenir le SIG avec de nouvelles
données).

35
Figure II.7. Les couches d'information dans le SIG.

3.3. Calcul d’erreurs liées à la délimitation d’un trait de côte

Quelles que soient la démarche méthodologique et la technique utilisées pour


mesurer l’évolution d’un littoral à partir de documents, les taux d’évolution obtenus
comportent toujours une certaine incertitude qu’il est nécessaire d’évaluer pour juger du
degré de représentativité des résultats et les exploiter convenablement (Thieler E.R et
Danforth W.W., 1994).
En effet lors d’une analyse diachronique, l’utilisation des images spatiales et des cartes
topographiques ainsi que l’automatisation des traitements entraine un certain nombre
d’erreurs liées essentiellement à la qualité des données utilisées, au géoréférencement
des images et aussi au repérage du trait de côte ainsi qu’à l’introduction de l’outil SIG.
En conséquence, la totalité de ces erreurs doivent être évaluées pour donner une marge
d’erreur à prendre en compte dans l'interprétation des résultats et aussi avant de tirer des
conclusions sur l’évolution du trait de côte.
Nous distinguons ici trois erreurs possibles rencontrées dans l’étude de la cinématique
d’un littoral. Ces erreurs sont liées à plusieurs sources dont la qualité des données et des
documents de référence, le processus de correction des images satellitaires ainsi que les
mesures intervenues sur les images corrigées.

36
Ainsi, l’objectif de ce chapitre est d’analyser toutes ces sources d’incertitude pour
extraire les lignes de référence à partir des cartes anciennes et des images satellitaires.
Sur la base de cette analyse, des marges d’incertitude ont été calculées, permettant
d’établir des seuils à partir desquels on peut mesurer une avancée ou un recul du littoral.

3.3.1. Erreurs liées au degré de précision du document de référence

Selon certains auteurs (Dolan R. et al., 1979; Crowel M. et al., 1991) le risque
d’erreur lors d’utilisation d’une carte au 1/25000 dans le géoréférencement des
images spatiales a été estimé à ±10 mètres par rapport à la réalité. Ceci est dû à la
difficulté de déterminer avec exactitude sur la carte la position réelle des points de
contrôle (Durand P., 1998). D’autres organismes tel l’IGN tolèrent un écart
maximum de 0,1 mm mesuré sur la carte alors que l’USGS recommande une erreur
qui ne doit pas aller au-delà 0,5 mm.
Quant aux images spatiales, cela dépend de la valeur de leur résolution. A cet effet,
Light D. L. (1990) a adopté une approche basée sur la détermination de la résolution
exigée sur l’imagerie, en se référant aux dimensions du plus petit objet consigné sur
la carte. Ainsi, selon Comer R.P. et al, (1998) l’objet d’une dimension minimale de
0.20 mm à l’échelle de la carte pourra être représenté par 4 à 9 pixels (c.-à-dire. une
résolution 5 fois meilleure) pour qu’il soit identifiable sur une image. D’où
l’expression: Ri = 1/5 *0 .20 * Ec
Avec :
Ri : résolution de l’image
Ec : Echelle de la carte
Ainsi, si on veut, par exemple, effectuer une cartographie à l’échelle 1/10 000, la
résolution de l’image doit être de 4 m.
Par ailleurs, les règles de visibilité selon des conditions idéales de vision et de
contraste en cartographie exigent un seuil de discrimination et un seuil de séparation
par une épaisseur minimale des traits de 0,1 mm et un espacement entre les deux
bords d'un trait double de 0,2 mm (Donnay J.P. et Cornélis B., (2000) (Tableau II. 6).
Par conséquent, la résolution de nos images qui est de l’ordre de 02 mètres répond
convenablement à l’échelle des cartes utilisées (1/25 000). Etant donné que ces cartes
sont scannées sous forme d’image avec une résolution de 2,5 mètres (Figure II.8) et
l’erreur de discrimination du trait de côte, basé sur la limite de contact terre-mer, est
d’un demi pixel correspondant ainsi à plus ou moins 1,25 m.

37
Tableau II. 6. Dimensions minimales de quelques signes linéaires conventionnels
(Donnay J.P. et Cornélis B., (2000).

Figure II.8. Résolution de la carte topographique scannée.

Par ailleurs, quand il s’agit d’un document de référence de type image alors la
détermination d’un objet linéaire peut être subordonnée à l’imprécision dans sa
localisation. En effet dans notre cas, cette imprécision est due à une erreur survenant
lors de la définition de la limite entre un pixel correspondant au sable sec et un pixel
au sable mouillé. Le risque de se tromper est de 1/2 pixel. D’où, cette incertitude est
estimée à ±1 mètre par rapport à la résolution des images qui est de 2 m. Ainsi,
l’erreur globale admise pour un document cartographique et une image satellitaire ne
peut dépasser au-delà les 2,25 m.

3.3.2. Erreurs liées au calcul d’un modèle polynômial


1
Ces erreurs souvent connue sous le nom de RMS , sont évaluées par le logiciel de
calcul des modèles polynomiaux. Dans notre étude, le logiciel ENVI a été utilisé et
même s’il est considéré comme un outil très performant et fiable dans le traitement

1 RMS : Root Mean Square

38
d’images satellitaires, il subsiste parfois une erreur résiduelle (RMS) au niveau de
chaque point Amer. Ce RMS est extrêmement faible puisqu'elle a été au maximum
de 0,5 pixel par image. Compte tenu de la définition de la résolution de l'image, un
pixel représente une distance de deux mètres. Nous avons donc estimé cette erreur à
± 1 mètre pour chaque image par rapport à la réalité du terrain.

3.3.3. Erreurs liées à la digitalisation du trait de côte

La précision de la numérisation du trait de côte par photo-interprétation assistée


par ordinateur dépend de plusieurs facteurs dont l’expérience du photo-interprète,
son appréciation de la ligne du trait de côte qui est conditionnée par la résolution et la
qualité radiométrique des images (Moore L.J, 2000; Boak E.H et Turner I.L, 2005).
Aussi, le positionnement du trait de côte au moment de la phase de numérisation peut
être extrêmement variable dans le temps par un même opérateur (Thieler E.R et
Danforth W.W, 1994 ; Coyne M.A et al. 1999; Durand P., 2000; Fletcher C. et al.
2003). Cette précision dépend de la perception de l’information par la personne à un
moment donné. Evaluer l’erreur relative au processus de numérisation revient à
mesurer le degré de subjectivité du photo-interprète. Or, ce paramètre fait partie des
erreurs aléatoires (Thieler E.R et Danforth W.W, 1994 ; Morton R.A et Mckenna K.,
1999). Néanmoins, différents auteurs recommandent de répéter la numérisation
plusieurs fois (Coyne M.A et al. 1999 ; Fletcher [Link] al. 2003). A cet effet, nous nous
sommes inspirés de cette démarche pour estimer la marge d’erreur induite lors de la
numérisation à l’écran (Figures 9 et 14) où chaque type de ligne de trait de côte a été
numérisé à plusieurs reprises (3 à 5 fois). Ensuite, cette répétition a permis de calculer
les écart-types et les variations moyennes des décalages enregistrés lors de la
numérisation par rapport à la position initiale du trait de côte (Tableau II. 7).
Ainsi, conformément aux recommandations de Moore L.J et Griggs G.B (2002),
Nous avons définie l’erreur commise en matière de positionnement de la ligne du
trait de côte comme étant la somme de la moyenne des écart-type des segments de la
ligne plus ou moins deux fois l’écart-type de cette moyenne avec la valeur de la taille
du pixel de l’image pour chaque date.

39
Figure II.9. Erreurs de numérisation du trait de côte sur la carte topographique.

Figure II.10. Erreurs de numérisation du trait de côte sur l’image

Nombre de points Moyenne des Écart type Valeur estimée


Date
mesurés écarts (en m) moyen (m) (en m)
1985 140 1,00 0,61 ± 4,72
2003 77 1,60 1,01 ±5,62
2016 91 0,98 0,74 ±4,46
Tableau II. 7 : Précision concernant la numérisation du trait de côte.

40
En conséquence, la marge d’erreur globale sera ainsi définie avant le calcul des taux
d’évolution comme étant la somme de l’ensemble des erreurs correspondant à chaque
image rectifiée (Tableau II. 8).

Type d’erreur Valeur estimée (m)


1 Document de référence (carte topographique et image) ±2,25
2 Calcul du modèle polynomiale (Erreur RMS) ±1,00
1985 ± 4,72
3 Digitalisation du trait de côte 2003 ± 5,62
2016 ± 4,46
1985 ± 7,97
Marge d’erreur globale 2003 ± 8,87
2016 ± 7,71
Tableau II. 8 : Estimation des erreurs inhérentes à la méthode de délimitation du trait de
côte.

4. Méthodes d’extraction et de détection de l’évolution du trait de côte


De nombreux travaux scientifiques ont étudié l'évolution du trait de côte (Dolan
R. et al. (1972,1979) ; Boak E.R et Turner I.L, 2005) où plusieurs méthodes ont été
proposées afin de mesurer la mobilité d’une ligne de référence. En effet, on distingue
généralement deux approches dont les méthodes dite de terrain basées sur l’observation
directe et les méthodes fondées sur l’observation indirecte.

4.1. Les approches directes

Les méthodes directes utilisent des relevés topographiques périodiques à l’aide de


matériels à principe optique (théodolites, niveau de chantier, …) et électroniques
utilisant le laser (niveau électronique, Lidar) et aussi le positionnement spatial par
satellites en mode différentiel ou absolu (récepteur DGPS).
Les données issues des levés de terrain fournies par cette méthode sont extrêmement
précises pour le suivie de la mobilité du trait de côte mais leur acquisition requière
beaucoup de temps et aussi du matériels adéquats (Station GPS).

4.2. Les approches indirectes

Les méthodes s’appuient principalement sur l’analyse graphique de documents


cartographiques et photographiques pour mesurer et cartographier les positions
successives du trait de côte. Elles concernent essentiellement l’introduction de
techniques de photogrammétrie analytique dans les études d’évolution du littoral mais

41
aussi par la photo-interprétation assistée par ordinateur qui est couplée par les
traitements numériques de l’information géographique utilisant les outils SIG.
Généralement, pour appréhender l’évolution temporelle du littoral, les valeurs
d’évolution mesurées par ces différentes techniques sont traduites en taux par plusieurs
méthodes statistiques. Ainsi, pour l’analyse quantitative de la mobilité du trait de côte,
deux méthodes statistiques en particulier sont les plus utilisées (Genz A.S et al. 2007):
la méthode des points extrêmes (EPR) et la régression linéaire simple (LRR).

4.2.1. Méthode des points extrêmes (End-Point Rates, EPR)

La méthode des points extrêmes (EPR) est basée sur les points extrêmes connus
(End point rates) qui utilise la position la plus ancienne et la plus récente de chaque
ligne de référence (Dolan R. et al., 1991). La vitesse d’évolution annuelle du littoral
sera calculée de ce fait, le long de chaque transect, par la mesure de la distance entre les
deux emplacements extrêmes durant la période d’étude (1988-2016) et qui sera divisée
par le nombre d’années couvrant l’étude. L’avantage de cette méthode réside dans sa
simplicité. Toutefois, les taux estimés par cette technique n’intégreront pas les
éventuelles variations temporelles dans l’évolution du littoral (accélération,
ralentissement ou inversion de tendance) entre les deux dates extrêmes de la période
d’étude car cette méthode ne prend pas en compte les mesures faites sur les années
intermédiaires.

4.2.2. Méthode de la régression linéaire (Linear Regression Rate-of-


change, LRR)

Dans cette approche dite LR, une droite de régression linéaire est calculée et
ajustée aux différents emplacements au moyen des moindres carrés. Cela correspond à
la valeur de la pente d’une droite de régression linéaire positionnée dans le nuage de
points formé par les mesures de distance entre tous les points d’intersection de chaque
transect et des traits de côte comparés.
En effet, au niveau de chaque point de la ligne de référence, les mesures de distances
entre toutes les positions successives de cette ligne sont utilisées dans le calcul. Ainsi, la
pente de la droite de régression correspond au taux d’évolution du trait de côte durant la
période d’étude. Selon Fenster M.S et al. (1993), cette méthode est considérée comme la
plus fiable et la plus utilisée pour estimer les tendances historiques de l’évolution du
trait de côte dans la mesure où cette méthode régressive tient compte de la tendance

42
évolutive du trait de côte en utilisant toutes les positions par année sur toute la période
considérée. D’où, l’utilisation de cette approche statistique est intéressante si l’on
analyse la cinématique littorale pour plus de deux dates.
Or, selon Arnoux D. (2005), la comparaison entre les différentes méthodes statistiques
suggère peu de réelles différences entre ces dernières, malgré que certaines d’entre elles
permettent d’affiner et préciser les rythmes calculés. En effet, quelle que soit la méthode
de calcul utilisée, la fiabilité des taux d’évolution reste subordonnée à la précision du
positionnement des lignes de référence (trait de côte) que l’on compare (Genz A.S et al.,
2007).

4.3. Mesures de la cinématique du trait de côte à l’aide d’un SIG


4.3.1. Création des données dans un SIG

Dans cette recherche toutes les données seront stockées dans une base de données
géoréférencées appelée géodatabase du SIG ArcGis 10.2. A cet effet, toutes les couches
représentant les traits de côtes de chaque date numérisées sous MapInfo ont été
exportées sous la plate-forme ArcGis afin de constituer un jeu de des classes d’entités
(feature dataset). Ce dernier regroupe toutes les classes d'entités des traits de côte qui
seront créées ayant le même système de projection (UTM 30N) et le même type de
géométrie (la ligne).
Ainsi, la géodatabase, le jeu de classe d’entité et les classes d’entité sont créés dans
ArcCatalog du SIG ArcGis (Figure II.11) où chaque trait de côte d’une date donnée
représente une classe d’entité. En plus, deux autres classes d’entité sont créées, une pour
la ligne de base et l'autre pour les transects ayant aussi le même type géométrique (une
ligne). La ligne de base représente une ligne fictive créée parallèlement aux lignes de
trait de côte afin faciliter le calcul des distances d’évolution de ces traits de références
par rapport à cette ligne de base (Figure II.11).

43
Figure II.11. Les données créées dans ArcCatalog et ArcMap du SIG ArcGIS 10.2.2

4.3.2. Méthode de génération de transects.


Dans cette approche, les traits de côtes relevés aux dates précitées (1985, 2003 et
2016) sont numérisés dans des couches d’information du SIG puis superposés. Les
changements sont évalués selon des transects espacés d’intervalles réguliers (20 m ou
50 m selon la longueur du cas d’étude) et perpendiculaires à la ligne de base. Cette
dernière qui est une ligne de référence fictive est construite parallèlement à la tendance
générale du littoral et divisée en sous-unités de segments homogènes. Ces transects sont
numérotés d’Est en Ouest ou l’inverse selon le sens de numérisation établie (Figure
II.11).
Les estimations des changements du trait de côte peuvent être effectuées soit par une
série de traitements manuels rigoureux utilisant les outils et les modules d’un SIG
(MapInfo, ArcGIS, ou autre), soit en suivant directement une méthode basée sur des
outils disponibles sous forme d’un programme spécifique comme le DSAS-4.3 (Digital
Shoreline Analysis System) conçu par Thieler E.R et Danforth W.W (1994) (plugin
gratuit intégré dans le logiciel ArcGIS de la société ESRI).
Grace à l’emploi de cet outil DSAS-4.3, une ligne de base pour chaque site d’étude est
générée automatiquement tout en définissant un pas de mesure et une longueur pour les
transects qui dépend de l’éloignement des traits de côtes par rapport à la ligne de base
(Figure II.12). De plus, cet outil nous permet de disposer les traits de côte, la ligne de
base et les transects dans le même système géographique (UTM 30N).

44
Figure II.12. Exemple de transects et d’une ligne de base générés par le DSAS pour
mesurer l’évolution du trait de côte entre 1985 et 2016.

De plus, le DSAS détermine les distances entre les points d’intersection de ces transects
et des traits de côte de chaque date (1985, 2003 et 2016), ce qui détermine la valeur de
l’évolution au niveau de chaque transect par rapport à la ligne de base. Les résultats sont
donnés sous forme de tables attributaires (Figure II.13).

Figure II.13. Exemple de la table attributaire des distances générée par le DSAS du trait
de côte entre 1985 et 2016.

45
Ainsi, ces tables attributaires du DSAS qui sont générées automatiquement sont la base
pour l’estimation de la dynamique ou de l’évolution de la côte et de sa cartographie. De
ce fait, pour appréhender l’évolution temporelle de la position du trait de côte, nous
avons choisi deux indices proposés par le DSAS : l’indice EPR (End Point Rate) pour
évaluer l’évolution entre l’emplacement de deux traits de côte successifs (Figure II.14)
et le LR (Linear Regression) pour estimer les taux d’évolution de chaque site sur
l’ensemble de la période d’étude (Figure II.15).
Cette méthode de calcul de la régression linéaire est d’usage très répandue et elle est
considérée comme étant une des meilleures pour estimer les tendances évolutives du
littoral sur le long terme (Dolan R. et al., 1991 ; Fenster M.S. et al., 1993).

Figure II.14. Exemple du calcul de l’indice EPR sur le site des Andalouses.

Le calcul de l’indice EPR sur un transect du site des Andalouses nous indique une
grandeur de variation annuelle de 1.49 mètres; celle-ci découle du rapport entre la
distance séparant deux traits de côte (2016 et 1985) et le temps écoulé entre leurs
positions respectives (31 ans). Remarquons ici, que les données du trait de côte en 2003
ont été ignorées dans le processus du calcul.

46
Figure II.15. Exemple du calcul de l’indice LRR sur le site des Andalouses

De même, le calcul du taux de régression linéaire LRR sur le même transect du site des
Andalouses s’effectue par une représentation graphique des positions des distances de
tous les traits de côte entre 1985 et 2016 par rapport à la ligne de base. L’équation de
cette régression linéaire ainsi calculée est: y = -1.54x + 3117.8. La pente de cette
équation qui est de 1.54, ce qui représente la valeur annuelle des variations d’évolution
du trait de côte entre 1985 et 2016. Celle-ci tient compte du trait de côte intermédiaire
d’où l’avantage de cette méthode. Le signe négatif de la pente indique que la nature de
l’évolution est de type régressif (recul du trait de côte).
Ces deux indices ont été appliqués sur tous les sites étudiés. C’est à partir, des résultats
obtenus que des parties de la côte des zones qui présentaient une tendance positive ou
négative plus ou moins homogène, sont regroupées en secteurs. Par la suite, les mesures
de distances et les taux d’évolution concernant ces segments de côte ont été moyennés
pour cartographier l’évolution diachronique de la ligne des pleines mers

47
5. Résultats et interprétation

L’analyse des résultats d’évolution du trait de côte doit prendre en considération


l'échelle spatiale qui doit être suffisamment grande pour permettre une lisibilité facile
des graphiques des traits de côte sur les cartes. A cet effet, tous nos résultats sont
présentés sous forme de cartes à grande échelle spatiale (1/2000) en affectant une
couleur spécifique pour chaque trait de côte à une date donnée (Tableau II. 9).

Année Couleur du trait de côte


1985 Rouge
2003 Bleu
2016 Vert
Tableau II. 9. Sémiologie graphique des traits de côte.

Ainsi, le taux d’évolution du trait de côte a été calculé pour chaque site d’étude avec un
bilan comparatif. Les résultats issus de la comparaison entre différentes dates sont
représentés par des graphiques construits de manière simple :
- en abscisse, sont indiqués les numéros de transects au niveau desquels ont été
faites les mesures tous les 50 mètres d’Est en Ouest.
- en ordonnée, sont portées les variations du trait de côte par rapport à une date de
référence (1985) et représentée par un trait horizontal rouge.
- les deux traits horizontaux fins tracés de part et d'autre de l'année de référence pour
chaque graphique représentent la marge d'erreur. Les évolutions situées en-deçà de
cette marge d'erreur (± 8 m) sont considérées comme faibles. En revanche, lorsque
les chiffres excèdent la marge d'erreur, elles en ont d'autant plus de signification.
La plage des Andalouses :

La Figure II.16 représente les changements du littoral de la plage des Andalouses


le long des transects dont 31% d'entre eux sont situés à l'intérieur de la marge d'erreur
(±8m). 54 transects ont été effectués le long du rivage des Andalouses qui ont été
regroupés ensuite en 11 sections ayant la même tendance (Figure II.16 et Tableau II. 10)
en utilisant deux types de mesures ou estimations basées l’une sur l’indice EPR
(Tableau II. 10) et la seconde sur l’indice LRR (Tableau II.11).
L’évolution du trait de côte se caractérise globalement par un recul moyen de 20,15 m
et un écart type moyen de 9,4 m en prenant en compte tous les transects dont 83%

48
représentant un recul (ont des valeurs négatives). En appliquant la méthode utilisant
l’indice EPR de telles valeurs se traduisent par des vitesses de recul d’environ 0,5 m/an.

Evolution Evolution moyenne Evolution


N° Section Transects moyenne avec marge d’erreur annuelle
(m) (m) (m/an)
1 1-7 -43,71 -43,71 -1,41
2 8-20 -15,88 -15,88 -0,51
3 21-25 -0,58 0 0
4 26 15,40 15,40 0,50
5 27-31 -1,08 0 0
6 32-34 -11,71 -11,71 -0,38
7 35-36 -1,91 0 0
8 37-41 -15,84 -15,84 -0,51
9 42-46 -1,21 0 0
10 47 -13,63 -13,63 -0,44
11 48-54 -0,48 0 0
Tableau II. 10. Mesures de l’évolution moyenne et annuelle du trait de côte de la plage
des Andalouses (1985-2016) basées sur l’indice EPR.

Par ailleurs, l’utilisation de la méthode basée sur l’indice LRR (Tableau II. 11) nous
donne des résultats encore plus détaillés car elle tient en compte l’évolution du trait de
côte intermédiaire (2003). En effet, l’évolution globale du trait de côte est caractérisée
par un recul moyen d’environ 16,6 m sur l’ensemble du site d’étude (Tableau II. 11).
Remarquons ici que les pentes calculées à partir des droites de régression linaire
représentent les taux des valeurs d’évolution annuel se rapprochant ainsi de ceux
calculés par la méthode d’indice EPR. Par contre, l’évolution moyenne du trait de côte
est légèrement différente dans les deux méthodes dans les différentes sections de
transect du site (Tableau II. 10 et 11).
Le trait de côte dans les sections 1, 2, 6, 8, 10 est en total retrait recul avec un
changement moyen de 43,71m (13% de transects), 15,88m (24 % de transects), 11,71m
(5,6% de transects), 15,84m (7,4% de transects), et 13,63 m (1,9% de transects)
respectivement (Tableau II. 10 et Figure II.14). Alors que sur les 11 sections étudiées,
environ la moitié d’entre elles (5) sont relativement stables. Ce sont les sections 3,5,7 ,9
et 11.

49
N° Section Transects Evolution moyenne Evolution annuelle
(m) (m/an)
1 1-7 -38,00 -1,44
2 8-20 -10,20 -0,51
3 21-25 02,73 0,02
4 26 21,18 0,56
5 27-31 02,96 -0,01
6 32-34 -08,05 -0,37
7 35-36 -00,26 -0,05
8 37-41 - 14,52 -0,53
9 42-46 -01,01 -0,04
10 47 -12,35 -0,46
11 48-54 01,20 0,00
Tableau II. 11. Mesure de l’évolution moyenne et du taux d’évolution du trait de côte de
la plage des Andalouses basée sur l’indice LRR (1985-2016).

En comparant les résultats obtenus en utilisant deux indices différents (EPR et LRR),
nous relevons des similitudes (Tableau II. 10 et 11). Ce sont dans les deux cas, les
sections 3,5,7,9 et 11 qui sont relativement stables et la section 1 qui accuse le recul le
plus prononcé. Cependant, il y a quelques différences dans la valeur de ces évolutions
entre 1985 et 2016 (sur 21 ans): le recul de la section 1 est plus élevée dans la méthode
à indice EPR que dans celle à LRR : respectivement 44 m et 38 m.
Quant au rivage dans la section 4 dans le transect 26 (Figure II.16, Tableau II. 10 et 11)
qui s’est avancé avec un changement moyen de 15,40 m (soit 2 % des transects) par la
méthode EPR et 21,2 m par l’indice LRR ceci est du essentiellement à la présence d’un
épi séparant la plage publique de celle du complexe (Photo II. 1). Dans la section 9
entre les transects 42 et 44 où normalement oued Hamadi devrait alimentait la rive par
ses sédiments et de ce fait, l’évolution devrait être positive alors que elle est l’inverse.
Ceci est dû par la situation de l’embouchure même de cet oued qui est complètement
fermée et envasée (Photo II. 2) ce qui empêche l’accumulation de cette partie de rive
d’être fonctionnelle.

50
Figure II.16. Evolution du trait de côte de la plage des Andalouses entre 1985 et
2016.

Photo II. 1. Nouveau épi séparant le complexe à la plage publique aux Andalouses
(Date : 09/12/17)

51
Photo II. 2. Embouchure de l’Oued Hamadi aux Andalouses (Date : 09/12/17).

Les résultats obtenus par l’histogramme de fréquence (Figure II.16) montrent


qu'environ 89% des transects (soit en total 8) ont connu des variations dans le sens du
recul ou au contraire d’un engraissement des plages d’une valeur se situant entre -25 et
+25 m. Par conséquent, le rivage du secteur d'étude a reculé d'environ 20,2 m entre
1985 et 2016 par la méthode d’indice EPR et 16,6 m avec le calcul du paramètre LRR.

Le secteur de Bousfer plage :


Le secteur de Bousfer s’étend sur une longueur de 3,3 km allant de Bousfer plage à l’est jusqu’au
Complexe touristique d’el Murdjane à l’ouest. L’estimation des variations du trait de côte a été
effectuée selon deux distances séparant les transects. L’une a une largeur de 20 m et comportant145
transects et la seconde, de 50 m de large avec 58 transects afin de mesurer l’évolution du trait de côte.
A cet effet, l’analyse des résultats obtenus en utilisant l’indice LRR utilisant les deux distances témoigne
d’un recul du littoral entre 1985 à 2016. Aussi, l’analyse statistique des deux distances montre une
variation atteignant jusqu’à 9 m en terme de recul durant la période d’étude (Tableau II. 12).

Distance séparant les transects (m)


Recul
20 50
Moyen -19,50 -18,4
Minimum -8,6 -8,3
Maximum -36,7 -45,3
Tableau II. 12. Variations du trait de côte entre 1985 et 2016 selon les deux
distances.

52
La côte de Bousfer plage est globalement en recul (processus de transgression marine).
Celui-ci est globalement de 16,2 m à 19,5 m sur 31 ans et en moyenne il est de 0,5 à 0,6
m/an.
Cependant ce recul est nuancé, il n’a pas la même importance sur l’ensemble des plages
de Bousfer. Ainsi, sur les 10 secteurs qui les composent six (6) accusent un fort recul de
l’ordre de 16,6 à 20,6 m (secteurs 2,4,5,6,7 et 9), quatre secteurs restant ont régressé de
1,3 à 5,8 m ce, sur les 31 années prises en compte (Tableau II. 13).
Ainsi, les résultats peuvent être légèrement influencés par la marge d’erreur,
particulièrement dans les secteurs à faible évolution comme à l’ouest de Bousfer plage
dans les sections 1, 3, 6, 8 (Photo II.3 et II.4) et aussi dans la section 10 à l’extrême est
au lieu-dit « Baisé plage » (Photo II. 5) où se situe l’embouchure de l’oued
« ouedit ». Dans ces sections, la majorité des mesures sont inférieures ou égales à ±8 m
(Tableau II. 13 et Figure II.18). Cette influence est négligeable pour tous les autres
segments qui présentent des valeurs de recul largement supérieures à la marge d’erreur.
En effet, dans certaines zones les reculs ont atteint des pics de -45,3 m et de -43,7 m
respectivement dans les sections 4 et 9 localisées dans l’histogramme de fréquence
(Figure II.18).

Secteurs Transects Evolution Evolution annuelle


moyenne (m) (m/an)
1 1- 7 -1,3 -0,04
2 8 - 22 -17,9 -0,58
3 23 - 27 -4,3 -0,11
4 28 - 56 -20,6 -0,67
5 56 - 77 -16,6 -0,56
6 78 - 87 -1,6 -0,08
7 88 - 110 -19,4 -0,66
8 111 - 117 -5,8 -0,21
9 118 - 139 -17,1 -0,55
10 140 - 145 -3,4 -0,12
Tableau II. 13. Valeur estimée des variations du trait de côte à Bousfer plage entre 1985
et 2016.

53
Photo II. 3. Vue de la partie ouest de Bousfer plage. (Date : 20/11/2017).

Photo II. 4. Vue de la partie est de Bousfer plage dite "Peninica plage". (09/12/2017).

54
Photo II. 5. Embouchure de l’oued « Ouedit » sur la plage « Baisé » de Bousfer. (Date :
09/12/17).

Du point de vue sectoriel (Figure II.17), entre 1985 et 2016, la côte présente des valeurs
de reculs variables d’un endroit à un autre. Les plus forts taux de reculs sont localisés
dans la section 4 à l’est de Bousfer plage (Photo II.3) et aussi dans la section 7 située
dans la première Plage de Bousfer (Photo II. 6) soit -0,67 m/an et -0,66 m/an
respectivement. Notons aussi, une autre évolution au niveau de la plage de Murdjane
(Photo II. 7) avec un taux de recul de -0,55 m/an dans la section 9. Cette évolution dans
ces secteurs s’expliquerait par des causes naturelles et anthropiques (diverses
habitations infrastructures touristiques : complexe de Murdjane, hôtels aux bords de la
plage).

Photo II. 6. Plage de Bousfer dite "Le plancher". (Date : 09/12/2017).

55
Photo II. 7. Plage de Murdjane et son complexe touristique. (image Google Earth:
20/09/2017).

Figure II.17. Evolution du trait de côte à Bousfer plage entre 1985 et 2016.

56
Le secteur Coralès – La Grande Plage

Dans ce secteur d’étude qui s’étend sur une longueur de 3,6 km et son orientation
WSW-ENE a nécessité pour établir une estimation beaucoup de transects (69) espacés
de 50 m. Les résultats obtenus par le DSAS et en utilisant l’indice LRR nous montrent
une évolution diversifiée de la côte : recul, avancée et stabilité. Le recul a concerné une
grande partie de la côte: sur 70% des transects (soit 48) il a été de 15 -18 m (en tenant
compte de la marge d’erreur de ± 8 m). Deux secteurs (2 et 4) ont, par contre connu une
avancée de la côte de l’ordre de 34- 35 m. Celle-ci est due à l’installation de deux épis
au niveau des canaux de pompage de l’eau de mer de la station de dessalement implanté
sur la Grande Plage. Celle-ci, outre l’engraissement de cette dernière, a généré des
courants à son extrémité ouest qui ont eu l’effet contraire : accentuation des processus
d’arrachement de matériel (érosion) (Photo II. 8 de la section 5). Par contre les secteurs
3, 6 et 8 semblent être relativement stables.
Section Transects Evolution moyenne (m)
1 1–5 -15
2 6–8 35
3 9 – 12 0
4 13 34
5 14 – 25 -15,4
6 26 – 32 0
7 33 – 39 -18
8 40 – 53 0
9 52– 59 -14,8
10 60 – 69 15

Tableau II. 14. Valeur des variations du trait de côte à Coralès entre1985 et 2016 et en
utilisant l’indice LRR.

Tandis que les reculs les plus fort ont atteint respectivement 28 m (section 7) au niveau
sud de Bomo plage et 24 m au niveau sud de l’étoile plage (Figure II.18, Photo II. 9) .
Par ailleurs, les autres sections (Section 3, 6 et 8) qui présentent des variations en deçà
de la marge d’erreur sont considérées comme stable (Tableau II. 14) puisque les courbes
des différentes années sont très proches les unes des autres. Le résultat en est qu'il y a
fort peu de différences dans la position du trait de côte entre les périodes 1985 et 2016

57
Figure II.18. Evolution du trait de côte du secteur Corales – La grande plage entre 1985
et 2016.

58
Photo II. 8. Vue de l’Est de la grande plage avec les deux épis et la station de
dessalement de l’eau de mer. (Photo prise le 20/11/2017).

Photo II. 9. Vue de la partie ouest de l’Etoile plage. (date de prise de vue : le
20/11/2017).

59
La côte de Cap Falcon :

La côte de Cap Falcon est située à l’extrémité nord-est de la Baie d’Oran Longue
de 2,5 km, elle possède trois plages : une au niveau du Cap lui-même, puis Eden et les
Dunes. L’utilisation de l’indice de régression linéaire (LRR) de la côte de Cap Falcon
(pour la entre 1985 et 2016) a déterminé 51 transects de 50 m d’espacement. Les
résultats ont mis en évidence un recul généralisé de la côte de la baie de Cap Falcon
(Figure II.19). En effet, le résultat sur 31 ans montre que 29 transects (soit 57% de
l’ensemble) présentent un recul de 15,51 m ce qui donne une vitesse moyenne de ce
phénomène d’environ 5,6 m/an. Quand on prend en compte la marge d’incertitude (±
8m) la vitesse du recul augmente, elle passera à de 6 m/an et le recul moyen atteindra 23
m sur l’ensemble des sections. Pour une meilleure compréhension du phénomène, les
résultats obtenus par transect ont été classés selon six (6) sections (Tableau II. 15).
Ainsi, les secteurs dans les sections 1 et 5 ne Figure aucun changement durant la période d’étude avec
des valeurs d’évolution qui sont à l’intérieur de la marge d’erreur. La section 2 qui délimite exactement
la baie de la plage de CapFalcon au nord et regroupant les transects de 3 à 13 présente un recul
important atteignant – 28,7 m et une vitesse moyenne annuelle de 14 m. Même constat est établie pour
les sections 3 et 4 du côté ouest de la plage des Dunes où le trait de côte a enregistré un net recul
oscillant entre -6 m et -15 m atteignant ainsi une vitesse moyenne annuelle de 7 m. Entre ces deux
zones, un secteur est considéré comme stable du moment que l’évolution du trait de côte est à
l’intérieur de la marge d’erreur. La section 6 qui représente la seule évolution positive atteignant jusqu’à
13,5 m correspond bien à l’accrétion due à la présence d’épis de la plage EDEN entre les transects 46 et
47 (Photo II. 10).

Section Transects Evolution variation annuelle


moyenne (m) (m/an)
1 1- 2 0 0
2 3 - 13 -28,7 -14,4
3 14- 23 -6,9 -3,5
4 27- 33 -15 -6,9
5 34- 45 0 0
6 46- 51 13,5 5,6
Tableau II. 15. Valeurs des variations du trait de côte à Cap Falcon d’après l’indice
LRR de 1985 à 2016.

60
Figure II.19. Evolution du trait de côte du secteur CapFalcon plage entre 1985 et 2016.

Photo II. 10. Les deux épis d’Eden plage. (Date : 09/12/17).

Secteur d’Ain El Turck

La côte d’Ain El Turck fait suite à la précédente (Cap Falcon) jusqu’à la Pointe de
Saint Roch et s’étire sur environ 5,2 km. Elle possède six plages: Ain El Turck, Saint
Germain, Claire Fontaine Saint Roch, Paradis Plage, Bouisseville et Trouville.
Les mesures des variations du trait de côte ont été effectuées à partir de l’outil DSAS
issu du logiciel ARCGIS. Elles ont créés des transects à tracé perpendiculaire au rivage
et espacés de 50 m environ, soit 100 points de mesures. Puis, des distances ont été
calculées sur chaque point de mesure le long de chaque transect par rapport à la ligne de
base entre 1985 et 2016.

61
Les résultats obtenus par l’utilisation de l’indice LRR du DSAS et en tenant compte des
marges d’erreurs, montrent que la quasi-totalité de la côte d’Ain el Turck a connu un
recul général qui est de 8,5 m (Figure II.20).
L’utilisation de l’indice LRR représenté par l’histogramme de fréquence donnent des
résultats un peu différents : environ 89% des transects (soit 89 au total) ont connu en 31
ans un recul global de 17,68 m soit environ presque 0,57 m/an (Tableau II. 20). Même,
si on néglige la marge d’erreur, on constate que la valeur du recul global et de celui
annuel changent peu: ils deviennent respectivement 17,25 m et 0,56 m.
Si on considère l’analyse du secteur entre 1985 et 2003 alors cela confirme bien l’allure
régressive de l’évolution avec 100% des transects représentant ainsi un recul global de
24,98 m et celui annuel de 1,39 m/an (Tableau II. 16). Ces valeurs largement
supérieures à la marge d’erreur n’ont pas été affectées par cette dernière du moment
qu’elle ne représente que 4% des transects (Figure II.20).

Evolution annuelle
Transects Evolution moyenne (m)
Section (m/an)
Numéro % 2016-1985 2003-1985 2016-1985 2003-1985
1 1 – 35 35 -14,38 -19,81 -0,45 -1,10

2 36 – 46 11 3,95 -12,46 0,13 -0,69


3 47 – 100 54 -20,99 -29,85 -0,68 -1,66
Total (section 1 et 3) 89 -17,68 -24,98 -0,57 -1,39
Tableau II. 16. Valeurs des variations du trait de la côte d’Ain el Turck entre 1985 et
2016.

62
Figure II.20. Evolution du trait de côte du secteur d’Ain Turck entre 1985 et 2016.
A : Variations du trait de côte par rapport à sa position initiale en 1985.
B : Variations annuelles du trait de côte.

Le trait de côte du littoral d’Ain Turck a connu depuis 1985, (Figure II.20 et Tableau II.
20) un recul généralisé sur la majeure partie de son linéaire à l’exception de la section 2
qui présente un léger engraissement des plages du essentiellement à la mise en place
probablement en 2000 d’épis à Paradis plage (Photo II. 11).

63
Photo II. 11. Vue de la partie ouest de Paradis plage. (Photo prise le 17/11/2017).

On note un recul de la côte avec démaigrissement des plages dans la partie est de la
section 3 supérieur à 46 m, soit une vitesse d’évolution de l’ordre de 10,5 m/an (Figure
II.20-A). De même, la section 1 qui a connu elle aussi une régression notable atteignant
jusqu’à 22 m par endroit, soit 6,6 m/an pendant cette période. Cette évolution
s’expliquerait en grande partie par la perturbation du transit sédimentaire causé
essentiellement par l’urbanisation intensif même au pied des plages (Photo II. 12).

Photo II. 12. Urbanisation au pied de Paradis plage. (Date : 12/05/2016).

64
6. Conclusion
L'analyse diachronique de l'évolution d’une côte à partir des images satellitaires et
des cartes topographiques impose un certain nombre de contraintes. En effet, si l'on
recherche une certaine précision, il semble être primordiale de procéder à corriger ces
images de leurs déformations géométriques avant de les utiliser telles quelles. Comme
ce processus de correction représente en lui-même une source d'erreur, il est alors
important d'estimer une marge d'erreur afin d'éviter les interprétations trop hâtives.
Cette marge d'erreur est inévitablement car, à l'imprécision de ce document de
référence, s'ajoutent aussi les possibilités d'erreur engendrées par le calcul des modèles
de correction et par les mesures des variations du trait de côte lors de la numérisation. Il
s'agit là de la limite de précision inhérente à toute méthode d’analyse de ce type. Il en
découle qu'une telle démarche est surtout adaptée à des littoraux dont l'évolution a été
suffisamment sensible pour que la marge d'erreur n'ôte pas une partie de leur
signification aux résultats. Le problème de cette limite de précision se pose dans
l'analyse de l'évolution tricennale du littoral oranais. En effet, si la méthode a permis de
bien caractériser les changements importants survenus dans certains secteurs (Les
Andalouses, Bousfer, Cap Falcon et Ain El Turck), alors dans d’autres régions à
l’exemple du secteur de Coralès, les variations du trait de côte ont été trop faibles pour
pouvoir être considérées comme significatives.
Par conséquent, dans cette analyse de l’évolution du trait de côte des secteurs étudiés, la
marge d’erreur s’est avérée particulièrement importante et indispensable qui doit être
prise en considération pour nous permettre de fixer les limites des méthodes de mesure
employées et d’éviter ainsi les analyses erronées.
A partir d’analyses statistiques basées sur les variations du trait de côte, calculées à
partir de la méthode du Digital Shoreline Analysis System (Thieler et al. 2009), sous
ArcGIS couvrant la période 1985-2016, l’étude de la dynamique côtière a montré un
recul et un démaigrissement des plages généralisé. Bien que sur cette période d’analyse
de 31 ans, le littoral de ces secteurs recule globalement jusqu’à atteindre à certains
endroit une vingtaine de mètres par an dans les secteurs de Cap Falcon et Ain El Turck,
d’autres secteurs affichent une stabilité du trait de côte ou même une progradation de la
ligne de rivage en raison d’activités humaines tels l’apparition des épis perpendiculaires
au rivage issues de l’installation des canaux de pompage d’eau de mer pour l’usine de

65
dessalement (La grande plage) et aussi de nouvel épis construites pour la protection des
plages (Eden plage, Les andalouses).

Ce recul général du littoral peut être expliqué essentiellement aux facteurs anthropiques
majeurs. En outre, ceci est relatif à une baisse avérée des apports sédimentaires due
principalement à la pression humaine par l’évolution démographique qui s’est répartie
préférentiellement sur la bande côtière où des constructions massives se font apparaitre
tout au long et même au pied des plages (Photo II. 12) profitant ainsi pour certains des
extractions clandestine de granulats de sable à proximité.

Aussi, les complexes touristiques construits ou implantés en bordure et même sur les
plages, les constructions illicites et les aménagements (route, parking, bungalows)
traversant et coupant des cordons dunaires (Photo II. 13) sont autant de facteurs qui sont
responsables du démaigrissement et du recul des plages. Cela entraine le dérèglement
du transit sédimentaire; qui, en perturbant les échanges sédimentaires (qui se font grâce
notamment à la dérive littoral et aux jets de rive) détruit le mécanisme d’auto-défense
de plage (que sont les cordons dunaires) et réduit considérablement les apports
sédimentaires aux plages.

Photo II. 13. La nouvelle route élargie CW84 coupant le cordon dunaire des plages
Bomo et Etoile. (Date : 09/12/17).

66
TROISIEME PARTIE

Emprise humaine sur le littoral


par le biais de l’étude de
l’occupation des sols.

67
EME
3 PARTIE
EMPRISE HUMAINE SUR LE LITTORAL PAR LE BIAIS
DE L’ETUDE DE L’OCCUPATION DES SOLS

L ’occupation des sols sous ses diverses formes a de plus en plus un impact
important (et dans certains cas catastrophique) sur la dynamique naturelle de la
côte. Par exemple, certaines infrastructures comme les bâtiments
influent sur la trajectoire et la vitesse des vents et donc modifient leur dynamique
naturelle. Ce qui a comme conséquence, un détournement vers le large ou un
changement du sens d’écoulement de certains courants marins comme la dérive littorale
ou tout simplement des modalités de la houle. D’où un amaigrissement des plages (les
sédiments sableux sont déviés ….et ne se déposent plus où ils faisaient auparavant) ou
bien l’érosion de côtes jusque-làrelativement stables. Autre effet, les bâtiments font
écran et ne laissent plus passer les flux aériens souvent chargés d’humidité car arrivant
de la mer, ce qui a un impact négatif sur la végétation naturelle ou autre qui ne bénéficie
plus de cet apport hydrique dans une région semi-aride. A cela, on peut ajouter que le
réchauffement climatique actuel de la planète a pour corolaire la hausse du niveau des
mers ce qui génère certains phénomènes comme la submersion des terres côtières et des
embouchures de cours d’eau (et donc érosion des côtes et disparition ou amaigrissement
des plages). Or, la structure géologique du littoral oranais comporte certains facteurs
favorisant ce phénomène. En effet, comme il est constitué d’une succession de horsts et
de grabens de volume différent, ces derniers (grabens ou blocs tectoniques qui
s’enfoncent) vont amplifier la submersion par la mer de certaines parties de côte comme
par exemple celle qui s’étend d’est en ouest, de Cap Falcon aux Corailleurs (extrémité
de la plage des Andalouses). D’où un risque certain pour toutes les infrastructures
implantées sur la côte et tout particulièrement celles touristiques. Les divers rejets qui se
font àce niveau ont eux aussi des conséquences.

68
Deux types d’utilisation ou d’occupation des terres par les hommes ont des effets
particulièrement forts sur la dynamique naturelle qui s’exerce sur le littoral :
l‘urbanisation (avec ce qu’elle comporte comme cortège comme le développement de
certaines infrastructures) et l’agriculture.

L’urbanisation grandissante qui s’accélère de plus en plus est une des caractéristiques
principales des littoraux, celui de l’oranais n’y échappe pas, ce d’autant plus que s’y trouve
la deuxième grande métropole algérienne : le Groupement d’Oran. Celui-ci prétend
aujourd’hui au statut de métropole méditerranéenne. En effet, l’extension de la ville a été
telle, qu’elle englobe maintenant plusieurs communes (Es-Sénia, Bir El Djir, Sidi Chahmi
et Misserghine) et on parle du Grand projet urbain d’Oran ou GPUO. Ainsi, suivre
l’évolution urbaine de l’agglomération oranaise a toujours été la préoccupation des
géographes et des aménageurs. Pour retracer l’extension spatiale urbaine l’approche
cartographique classique y a été longtemps privilégiée. Celle-ci consiste à rassembler des
documents cartographiques anciens élaborés à des dates différentes et à les comparer. Or, le
développement de l’informatique et des techniques de la télédétection et des outils tels que
les SIG a fait évoluer les méthodes. De ce fait, le recours à la l’imagerie satellitaire
constitue une source de données utile étant donné l’extension considérable de la ville
d’Oran et ses agglomérations puisqu’elle est accessible à des dates diverses et nombreuses,
ce qui permet de suivre l’évolution et les changements dans l’occupation des terres sur le
littoral oranais.

L’urbanisation du littoral et surtout de sa bande côtière est le phénomène le plus


probant qui a un impact certain sur la dynamique naturelle côtière. Qu’en est-il des
1
changements produits sur l’espace rural ? Ce travail se propose d’aborder le premier
entièrement (l’expansion urbaine sur le littoral oranais) et partiellement en ce qui
concerne le second (espace rural) oùseuls deux cas seront abordés qu’on peut qualifier
comme sublittorales et ont étéprises comme exemple : Misserghine et Boutlélis. Ce
choix a été guidé par le fait qu’elles sont proches de la grande agglomération d’Oran
(d’ailleurs, Misserghine a étérécemment intégrédans le Groupement de même nom).

1 Par espace rural, nous faisons référence à un milieu dont l’activité économique principale est
basée sur l’agriculture

69
1. Démarches et Méthodes

Les approches et la méthodologie concernant les deux volets de l’occupation des sols
comportent des similitudes mais aussi des différences.

1.1. En ce qui concerne l’aspect urbain


Ce travail se propose d’aborder l’expansion urbaine sur le littoral oranais durant
ces trente dernières années (1985-2016) par le biais de la cartographie. Pour élaborer la
cartographie de la croissance urbaine sur le littoral oranais durant les dernières trente
années ont étéutilisées : les cartes topographiques à l’échelle du 1/25000 de 1985, les
images satellitaires àhaute résolution spatiale de Landsat de 2016. Le résultat de cette
recherche sera étayé par l’analyse statistique des données démographiques des
2
recensements RGPH . Tous les résultats et données seront intégrés dans un système
d’information géographique (SIG), dans lesquels il est de croiser imageries et
statistiques par exemple.

Pour l’élaboration de cette recherche, nous avons utiliséàla fois les documents
cartographiques et les données images satellitaires.

Les données cartographiques concernent des cartes topographiques à l’échelle


1/25000 datant de 1985 (Tableau III.1) et couvrant l’ensemble des communes du grand
projet urbain d’Oran ainsi que les communes côtières occidentales à savoir Ain El
Turck, Bousfer et El Ançor. Quant aux données images, elles concernent les images
3
satellitaires disponibles qui sont issues du capteur OLI du satellite Landsat datant du
01/05/2016.
En effet, ces images possédant des bandes spectrales ayant des résolutions au sol de 30
m excepté le canal panchromatique du capteur OLI où sa résolution atteint 15 m.
L’avantage de l’utilisation des images de Landsat revient à leur disponibilité. Or, depuis
janvier 2009, l’entièreté des images d’archive Landsat est accessible gratuitement via le
site Internet (Earth Explorer ) du U.S Geological Survey de la NASA oùce programme
américain de télédétection spatiale (NASA et USGS) a étéle premier programme civil
d'observation de la Terre par satellite. Il a commencéavec le lancement du premier
LANDSAT en 1972, suivit par d’autres génération de satellite et se poursuit encore
actuellement avec Landsat 8, toujours opérationnel (Tableau III. 2).

2 RGPH : Recensement général de la population et de l’habitat.


3OLI : Operational Land Imager of Landsat.
70
Origine des
Numéro Année Extension
Titre données
de la carte d’édition spatiale
cartographiées
35°37’30"N
35°45’00"N
NI-30-XXIV-30 ORAN
1985 01°00’00"W
00°45’ 00"W
35°37’30"N
ORAN 35°45’00" N
NI-30-XXIV-32 1985
Levé 00°45’00W
00°30’00 W
photogrammétrique
à partir de la prise 35°45’00"N
35°37’30"N
NI-30-XXIV-31 ORAN de vue de 1983 et
1985 01°00’00"W
complété sur terrain 00°45’00"W
en 1985. 35°0’00"N
NI-30-XXIV-33 1985 ORAN 35°37’30"N
01°00’00"W
00°45’00"W
35°0’00"N
NI-30-XXIV-34 1985 ORAN 35°37’30"N
01°00’00"W
00°45’00"W
35°5’54"N
5-6 1960 ORAN 35°41’35"N
00°50’33"W
00°40’08"W
35°0’31"N
1-2 1960 ARBAL 35°36’11"N
Levé
00°39’59"W
photogrammétrique 00°50’22"W
àpartir de la prise 35°5’38"N
7-8 1960 LES de vue de 1959. 35°41’19"N
ANDALOUSES 01°1’09"W
00°50’46"W
35°0’41"N
3-4 1960 LOURMEL 35°35’55"N
00°50’34"W
01°00’56"W
Tableau III. 1. Cartes topographiques utilisées à l’échelle du 1/25000.

71
Capacité
Date d Altitude de Taille Capteur, canaux et
Satellite
Lancement (Km) revisite de l’image résolution spatiale
(jours)
Landsat1 23/07/1972 4
BV (3 canaux, 80m)
5
Landsat2 22/01/1975 SS (4 canaux, 80m)
907 - 915 18 170 km
BV(3 canaux, 80m)
Landsat3 05/03/1978 x SS(4 canaux, 80m)
185 km SS(1 canal, 240m)
Landsat4 16/07/1982 SS(4 canaux, 80m)
16 M 6 (6 canaux, 30m)
Landsat5 01/03/1984
M (1 canal, 120m)
Landsat6 05/10/1993 perdu juste après son lancement (Détruit)
7
ETM +(7 canaux, 30m)
Landsat7 15/04/1999 705 ETM+(1 canal, 60m)
ETM+(1 canal
170 km
16 panchro,15m)
x 8
OLI +(8 canaux, 30m)
183 km
Landsat8 11/02/2013 OLI+(1 canal
Panchro,15m)
9
TIRS (2 canaux, 100m)
Tableau III. 2. L’historique des satellites LANDSAT (Source : NASA, 2018).

1. 2. Méthodologie de traitement et d’extraction du bâti urbain

La chaîne de traitement est composée principalement en deux parties : la


télédétection pour le traitement et la photointerprétation des images satellitales grâce
aux logiciels de traitement d’images ENVI et le SIG Mapinfo pour la vectorisation et
l’analyse spatiale du bâti.
Initialement les images de Landsat couvrant aux sols une surface de 170 Km par 185
Km d’où un fenêtrage a été effectué nécessaire sur les deux images afin de réduire leur
taille et de couvrir par conséquent que la région d’étude. Par la suite, le prétraitement
des images a consistéen premier lieu àétablir des trichromies de ces images par la
combinaison uniquement des bandes du visible correspondant aux canaux 4-3-2 du

4 RBV : Caméra vidéo de type Return Beam Vidicom.


5MSS : un capteur multispectral (Multi Spectral Scanner )
6TM : un capteur multispectral(Thematic Mapper).
7ETM+ : un capteur multispectral (Enhanced Thematic Mapper Plus).
8OLI : un capteur multispectral (Operational Land Imager).
9TIRS : un capteur infrarouge thermique (Thermal InfraRed Senser).
72
capteur OLI de Landsat afin de les visualiser en se basant sur les caractéristiques spectrales des bandes
(Tableau III. 3). Par la suite, un procédéde rehaussement et de contraste linéaire a été effectué sur
l’image en se basant sur un filtrage linéaire améliorant ainsi la qualitévisuelle des images.

Caractéristiques Landsat-4 et 5 Landsat-8 Utilisation


- 0,433-0,453 µm Zones côtières/Aérosol
Différenciation sol /
0,45-0,52 µm 0,45-0,515 µm végétaux, zones
côtières
0,52-0,6 µm 0,525-0,6 µm Bleu
Bandes spectrales 0,63-0,69 µm 0,63-0,68 µm Vert
0,76-0,9 µm 0,845-0,885 µm Proche InfraRouge :PIR
1,55-1,75 µm 1,56-1,66 µm Court IR1
- 1,36-1,39 µm
2,08-2,35 µm 2,1-2,3 µm Court IR2
InfraRouge 10,3-11,3 µm InfraRouge Thermique1
10,4-12,5 µm
Thermique 11,5-12,5 µm InfraRouge Thermique2
Panchromatique - 0,5-0,68 µm Panchromatique
Générale :30 m Générale : 30 m
Résolution Infrarouge Panchromatique : 15 m
thermique :120 m Infrarouge thermique : 100 m
Tableau III. 3. Caractéristiques des bandes spectrales des capteurs de Landsat. Source :
NASA-USGS, 2018.

L’image du capteur OLI de Landsat de 2016 présente un canal en panchromatique


monospectrale de résolution (15 m) meilleure que celle des autres canaux
multispectraux (30 m). Dés lors, pour pouvoir disposer du meilleur des données àhaute
résolution et multispectrale alors nous avons procédéàappliquer la méthode de fusion
pour créer une image résultante combinant tous les avantages. Ainsi, le canal du
panchromatique a remplacé l’un des trois canaux du visible pour constituer une image
multispectrale en fausse couleur.
Par la suite, une correction géométrique a été appliquée à l’image de 2016 par
rapport aux cartes. Cette image a été géoréférencé avec une erreur quadratique moyenne
(RMS) de 0,5 pixel dans la projection cartographique UTM 30 Nord utilisant
l’ellipsoïde Clarke 1880. Tous les canaux de l’image ont subit un ré-échantillonnage par
la méthode du plus proche voisin pour être àla même résolution que celui du canal
panchromatique, c’est-à-dire 15 mètres. Ces images résultantes sont filtrées par la suite
pour obtenir des images plus « lisses » et un aspect visuel proche du canal
panchromatique de Landsat.
73
La photo-interprétation des images de Landsat a été confrontée aux cartes
10
topographiques de l’INCT au 1/25000 ainsi que sur la véritéterrain.
Dans une analyse diachronique, l'utilisation d'images spatiales et de cartes
topographiques ainsi que l'automatisation du traitement entraînent un certain nombre
d'erreurs, principalement dues àla qualité et àla diversitédes données utilisées, au
géoréférencement des images et aussi à l'identification de la ligne de polygone
représentant l’espace bâtit sur l'outil SIG.
Par conséquent, toutes ces erreurs doivent être évaluées pour donner une marge d'erreur
àprendre en compte dans l'interprétation des résultats. Ainsi, la marge d'erreur globale
de notre approche a étéestimé àun pixel équivalent à15 mètres au sol (Tableau III. 4).

Type d’erreur valeur estimé


1 Résolution d’image ±15 m
2 RMS du model polynomial ±0.5 pixels
3 Digitalisation des lignes de polygone ±0.5 pixels
Marge d’erreur globale ±1 pixel (15 m)
Tableau III. 4. Estimation des erreurs.

En se basant sur la photo-interprétation appuyée sur nos reconnaissances sur le


terrain, tous les espaces bâtis ont éténumérisé sous forme de polygones dans deux
couches correspondantes aux deux dates (1985 et 2016). Lors de cette opération, chaque
polygone représente une unitéde bâti sans différencier au niveau des espaces urbanisé
sauf la différence bâti/non bâti afin d’en cerner les formes et d’identifier les grandes
tendances. A chacune des dates, le bâti a été représenté par une couche formée
uniquement de polygones où chaque polygone représente une unité de bâti
conformément aux spécifications retenues.
Par la suite et afin de mesurer l’évolution urbaine entre les deux dates, nous avons
appliqué une démarche reposant sur le croisement des couches. Cette méthode a
consistéàéliminer dans un premier temps les espaces communs afin de faire ressortir
ensuite l’extension ou l’évolution urbaine entre les deux dates. Dans cette démarche,
toutes les petites surfaces résultant beaucoup plus des erreurs de numérisation (estimé à
7,5 m) que d’une réelle évolution de l’espace urbanisé, sont éliminée

10 INCT : Institut national de cartographie et de Télédétection.

74
automatiquement par un filtrage basésur les techniques de morphologie mathématique
par application d’une “érosion” suivie d’une “dilatation” (Figure III.1).

Figure III.1. Nettoyage des images des erreurs de numération par filtrage mathématique.

2. Analyse et évaluation de l’expansion urbaine

L’évolution spatio-temporelle du grand plan urbain d’Oran (GPUO) et des autres


communes du littoral occidental oranais (CLOO) reflète celle de la population. Elle a
été évaluée par rapport à l’état de l’espace bâti de chaque commune à deux dates
différentes (1985 et 2016). La démarche suivie est l’estimation des superficies
urbanisées àces deux dates. Ceci nous a permis de calculer le taux d’expansion des
superficies bâties durant ces trois dernières décennies.

2.1. Analyse de la dynamique urbaine du Grand Plan Urbain


d’Oran(GPUO)

L’espace urbanisé du groupement d’Oran en 2016 est estimé à 10211 hectares, soit
une extension sur 5265 hectares par rapport à l’espace urbanisé en 1985 (Tableau III. 5).
Ainsi, sur la période de trente ans, les communes du groupement actuel (GPUO) se sont
urbanisées avec un rythme annuel d’accroissement de l’ordre de 4%.

75
Superficies bâties Evolution Rythme
Commune
(en hectares) annuel
Superficies moyen
gagnées par (%)
Nom Surface (ha) en 1985 en 2016 %
l’urbanisatio
n (en ha)
Oran 6244 3137,2 4371,4 1234,2 39 1
Bir El Djir 3928 341,9 2018,5 1676,6 490 16
Sidi Chahmi 6878 229,6 1079,6 850 370 12
Es Sénia 4988 988,9 1833,5 844,6 85 3
Misserghine 13360 102,1 521,5 419,4 411 14
Boutlélis 14260 146,1 386,4 240,3 164 5
Total GPUO 49658 4945,8 10211 5265,1 106 4
Ain el Turck 3075 875,9 1255,5 379,6 43 1
Bou Sfer 4484 827,8 1151,1 323,3 39 1
EL Ançor 6707 54,3 175,3 117,3 216 7
Total CLOO 14266 1758 2582 820,2 47 2
Tableau III. 5. Évolution des surfaces bâties dans les communes étudiées entre 1985 et
2016.

L’extension urbaine dans le groupement urbain d’Oran s’est faite essentiellement sur
le périphérique de l’agglomération. En effet, des constructions récentes précaires, non-
structuré considérés comme des bidonvilles se sont installées notamment sur la partie
ouest de la ville, sur le piémont et le flanc est du djebel Murdjadjo (Les Planteurs, Hai
El Feth, El Hassi, El Rocher, Hai El Barki, Figure III.2).

Remarquons ici que la commune d’Oran a épuisé presque entièrement son territoire
en termes de surfaces urbanisables (Tableau III. 6) où d’ailleurs les programmes de
construction d’habitations immobilières (LSP, AADL) ont été projetés dans les
communes avoisinantes (Hai USTO et Hai Yasmine, communes de Bir El Djir, Hai
Sabah dans la commune de Sidi Chahmi). De même, des constructions non planifiées
ont proliférées notamment à l'ouest d’Oran(Les Planteurs, Hai el Feth) et au sud-ouest
(Hai el Hassi, El Rocher) et également au sud-est (Hai el Barki).

76
Figure III.2. Extension urbaine dans la commune d’Oran entre 1985 et 2016.
77
Surface
Espace ha %
Terrains urbanisé 3788 60.7
Mont de Murdjadjo 1704 27.3
Total 5492 88.0
Tableau III. 6. Part des terrains urbanisé et montagneux (fortement
accidentés) dans la commune d’Oran.

D’autres invasions de terrains par de nouvelles constructions sont concentrées aux


alentours des agglomérations périphériques sous forme de lotissements clandestins avec
une production spatiale non structurée et non contrôlée. Ces quartiers à habitats
individuels des couches défavorisées sont formés pour la plupart du temps sans plan
officiel d’aménagement ou respect des normes d’urbanisme, ils sont donc « spontané »,
par opposition aux quartiers «planifiés ». Ces types d’habitats constituent tout
particulièement les extensions des agglomérations de Sidi El Bachir et du Douar
Belgaid (qui font partie de la commune de Bir El Djir, Figure III.3), ainsi que celle
d’Ain Beida (commune d’Es Sénia, Figure III.4) ou à Sidi Maarouf, El Barki, et
Nedjma (commune de Sidi Chahmi).

Dans ce groupement urbain d’Oran (GPUO), ce sont les communes de Bir El Djir,
Sidi Chahmi et Misserghine qui ont enregistré l’accroissement le plus élevé des
superficies bâties durant la période 1985 à2016. Ce sont respectivement 1676 et 850 et
419 hectares en termes de superficies, ce qui représente en termes d’évolution environ
490%, 370% et 411% (Tableau III. 5).

A Bir El Djir, les extensions concernent en grande partie les nouvelles constructions
immobilières qui entrent dans le cadre des grands programmes du gouvernement pour
combler les grands déficits en matière d’accès au logement de la population qui
sévissait en 1985. Ceci, concerne les programmes de logements sociaux et
11
promotionnels dans les quartiers USTO, Hai Yasmine et aussi par les constructions
individuelles (Hai El Emir AEK, Hai Khemisti, Douar Belgaid, Douar Ben Daoud,
Douar Boudjemaa, Sidi El Bachir, Figure III.3).

11 Programme de logement promotionnel et social de type LSP (Logement Social


Promotionnel), AADL(Agence Nationale d’Amélioration et du Développement du Logement)

78
À cette dynamique, s’ajoute aussi d’autres extensions importantes localisées à l’est de
la commune de Bir El Djir qui se sont réalisées dans le cadre de grands projets à
rayonnement national et international àsavoir la cité olympique avec son complexe
sportif, le pôle universitaire de Belgaid et les hôtels de très haut standing (Figure III.3).

A ceux-làs’ajoutent de grands ensembles urbains non planifiés et non structuré qui


occupent visiblement de vastes terrains et qui se situent principalement àproximitédes
localités d'Ain Beida et de Nedjma (communes d'Es Sénia et de Sidi Chahmi, Figure
III.4). Dans la commune de Sidi Chahmi qui a connu aussi un taux d’évolution annuel
moyen élevé (12%,) figure l’agglomération de Nedjma, qui représente à elle seule
l’extension majeure matérialisée par des constructions anarchiques et non structurées
auxquelles s’ajoutent aussi d’autres nouvelles extensions qui sont, d’une part des
lotissements dans les localités de Sidi Marouf 1 et 2 et de Hai Emir Abdelkader et
d’autres part, des habitats bien structurés localisés à Hai Regency (Figure III.5).

Dans la commune de Misserghine, les extensions urbaines représentent environ 420


hectares soit une augmentation de 411% par rapport à 1’année 1985, l’accroissement
annuel atteint donc 14%.

79
Figure III.3. Extension urbaine dans la commune de Bir El Djir entre 1985 et 2016.

80
81
Figure III.4. Extension urbaine dans la commune d’Es Sénia entre 1985 et 2016.

Figure III.5. Extension urbaine dans la commune de Sidi Chahmi entre 1985 et 2016.

82
A l’extrémité sud-est de la commune de Misserghine, Douar St Pierre s’illustre par
son extension supplémentaire de 74 hectares par rapport à l’état de 1985 qui est
dominée majoritairement par des habitations non structurées. Cette expansion atteint
actuellement les bordures nord est de la Grande Sebkha d’Oran (Figure III.6). Quant à
la ville de Misserghine, les extensions sont nettement visibles dans sa partie sud et aussi
nord (Hai Zabana). Là, les grands projets de logements sociaux et promotionnels sont au
pied œuvre.

De même àHai Rabah situéau nord ouest de la ville, ancien douar qui connait des
extensions constituées de lotissement surtout dans sa partie sud. Quant au Douar Salah
(situé à proximité nord ouest de la ville) qui initialement était une grosse ferme
coloniale son extension actuellement est composépour une grande partie d’habitats non
structuré érigés autour de la ferme. Il prend peu à peu l’aspect d’un quartier se
rattachant au tissu urbain de l’agglomération de Misserghine. Ce phénomène est bien
visible et très fréquent concernant la plupart des anciennes fermes d’origine coloniale.

Quant aux extensions de type d’habitation individuelle, elles sont localisées dans les
localités de Hai Benarba et Bouamama qui font partie de la commune d’Oran. Elles se
distinguent par une prolifération d’habitats précaires qui ne cessent d’augmenter
d’année en année. Ce qui a engendré un empiétement sur l’espace communal de
Misserghine (70 hectares environ).

La commune de Boutlélis suit un rythme d’accroissement un peu moins élevé que


celui de Misserghine (soit 5%). Cependant, il y a une nuance majeure les extensions
urbaines occupent actuellement environ 240 hectares soit une augmentation de 164%
par rapport à 1’année 1985.
Deux types d’habitats caractérisent cette commune. D’une part, des lotissements et
des habitations individuelles sont localisées dans la partie nord de la ville de Boutlélis et
des extensions d’habitations bien structurées issues des programmes de logements
sociaux et promotionnels àproximitédu Douar Naib. Ce qui a engendréla formation
d’une connurbation avec ce douar. (Figure III.7)

83
Figure III.6. Extension urbaine dans la commune de Misserghine entre 1985 et 2016.

Les localités de Bouyakour, et Brédéah ont connu des extensions importantes aussi
de l’ordre respectivement de 38 ha et 85 ha, ce qui représente ainsi le double de leur
superficie en 1985 (15 ha et 40 ha respectivement).
Quant aux autres extensions qui sont réparties un peu partout dans la commune, ce
sont généralement des habitations non planifiées juxtaposées aux anciennes fermes
coloniales telle celles du Douar Sidi Hamadi.

84
Figure III.7. Extension urbaine dans la commune de Boutlélis entre 1985 et 2016

85
2.2. Analyse de la dynamique urbaine des autres communes du littoral
occidental Oranais (CLOO)
Les communes urbaines de ce littoral ont subi elles aussi une urbanisation assez
remarquable: elles ont enregistré un taux d’accroissement aussi important que celui du
GPUO : il avoisine les 47 % durant les trois dernières décennies, soit une extension qui
avoisine les 820 hectares. La plus remarquable est celle de la commune d’Ain Turck
(379.6 hectares) et en degrémoindre celles des communes de Bousfer et El Ançor, soit
respectivement de 323 et 117 hectares (Tableau III. 7). Ces augmentations des espaces
urbanisé représentent en réalité les nouvelles constructions sous la forme
essentiellement d’habitats individuels bien structuré dans la commune de Bousfer et un
peu moins structuré dans les communes d’Ain Turck (Douar Maroc, Nakous) et d’El
Ançor.
Commune Superficie du bâti en hectares Evolution Rythme
annuel
Nom Surface (ha) en 1985 en 2016 hectares %
moyen (%)
Ain el Turck 3075 875,9 1255,5 379,6 43 1
Bou Sfer 4484 827,8 1151,1 323,3 39 1
EL Ançor 6707 54,3 175,3 117,3 216 7
CLOO 14266 1758 2582 820,2 47 2

Tableau III. 7. Évolution des surfaces du bâti dans les communes côtières du littoral
occidental oranais entre 1985 et 2016.

Sur la commune d’Ain El Turck, on note l’apparition de multitude de constructions


sur sa partie ouest qui rejoigne ainsi l’agglomération de Cap Falcon ainsi que sur la
partie est qui longe la route (CW8). Elle englobe des lotissements et des habitations
individuelles bien structurées. Dans sa partie ouest, ces extensions sont formées en
grande partie par des infrastructures touristiques qui se suivent le long des plages et de
la côte. Elles comportent aussi des cités d’habitats rentrant dans le cadre des
programmes immobilières promotionnels et sociaux àHai Ben Zerga (Figure. III.8).

86
Figure III.8. Extension urbaine dans la commune d’Ain El Turck entre 1985 et 2016.
87
Les extensions urbaines dans la commune de Bousfer se localisent sur la partie ouest
de Bousfer-village qui arrivent jusqu’à l’oued Ouedit. Elles sont constituées
d’habitations collectifs issues des logements sociaux collectifs et aussi par des
lotissements au nord du village. De même, le village Fellaoucene a connu lui aussi des
extensions majeures sur sa partie ouest et sud. Quand àla localitéde Bousfer-plage,
l’extension urbaine est représenté surtout par des habitats individuels essentiellement
localisé sur sa partie sud, le long de la route (CW84). Celle-ci constitue une limite à
toutes les extensions urbaines apparues dans cette commune. A côté, il a étérelevé,
l’apparition d’habitations illicites sous formes de cabanes et surtout des garages à
bateaux tout au long des plages comme La grande plage et Corales (Figure. III.9).

La commune d’El Ançor, se caractérise par des extensions constituées surtout par de
nombreuses infrastructures touristiques le long de la côte : nouveaux complexes
balnéaires tels que New Beach, le complexe de la plage des andalouses (Figure III.10).
D’autres extensions urbaines ont étérelevées sur la partie ouest et sud de la ville d’El
Ançor ainsi que l’agglomération de Keddara.

88
89
Figure III.9. Extension urbaine dans la commune de Bousfer entre 1985 et 2016.

Figure III.10. Extension urbaine dans la commune d’El Ançor entre 1985 et 2016.

90
3. Relation croissance de la population et extension spatiale des zones
urbaines.
Il existe une cause à effet concernant l’expansion de l’urbanisation : c’est
l’augmentation de la population d’une agglomération. Elle peut être appréhendé en un
premier temps par la valeur de la densitéde la population (hab/km²).

3.1. Caractérisation des zones urbaines par la densitéde population

La densitéde population ne prend de réelle signification que si elle est rapportée à


une espace ou àune échelle de référence. La densitébrute de population est calculée par
rapport à l’échelle de l’espace de la commune alors que la densité nette ou réelle de
population se mesure à l’échelle de l’espace urbanisée en prenant en compte l’ensemble
des surfaces urbanisé et occupées.
La commune d’Oran, a la plus forte densité brute qui est due essentiellement àson
urbanisation très dense et à son attrait pour la population des villes voisines. En
deuxième lieu se placent les communes d’Es Sénia, Bir El Djir, Sidi Chahmi et
récemment Misserghine. Elles absorbent l’expansion urbaine de la ville d’Oran (Figure
III.11). Les autres villes côtières occidentales d’Oran (quelles soient littorales ou
sublittorales) ont une densitélégèrement mois élevé par rapport àcelles du groupe urbain
d’Oran. Là, la commune d’Ain El Turck vient en première position avec une densitéqui
2
a doubléentre 1987 et 2016, passant de 683 à1439 hab/km (Tableau III. 8). De plus, ces
communes possèdent des plages et des complexes touristiques ou se trouvent proches
(àproximitéde ceux-ci) de ceux-ci et attirent donc aussi des estivants et des touristes
surtout en été. D’où un gonflement du nombre d’habitants (et donc de densité) durant la
saison estivale.

Les densité brutes ne semblent pas indiquer de tendance du moment qu’elles sont calculées
par rapport àla surface de commune. Toutefois, si on observe la densitébrute de quelques
communes du grand plan urbain d’Oran (GPUO) alors sa valeur n’est pas assez
importante. En effet, la densitéde population des communes de Misserghine et Boutlélis est
respectivement en 2016 de 245 et 197 hab/km² alors qu’en réalité, leurs densités réelles par
rapport aux surfaces urbanisées s’élèvent respectivement à 6259 et 7263 hab/km² (Tableau
III. 9) ce qui représente une différence de grandeur nette. Dans certains cas ceci pourra
nous induire vers de fausses interprétations.

91
2
Densitébrute (hab/km )
Commune
1987 1998 2 008 2016
Oran 9674 10157 9755 10544
Es Sénia 879 1660 2483 3198
Sidi Chami 340 1182 2098 3248
Bir El Djir 298 1062 2213 3924
Misserghine 75 136 191 245
Boutlélis 82 123 161 197
GPUO 1362 1675 1941 2571
Ain El Turck 683 856 1207 1439
Bousfer 143 249 385 538
El Ançor 95 122 167 214
CLOO 362 473 638 584

Tableau III. 8. Evolution de la densitéde la population du PGUO et des communes


littorales et sublittorales (CLOO) entre 1987 et 2016.

Superficie du bâti en Densitéréelle


Evolution
Commune hectares (hab/km2)
en 1985 en 2016 en 1987 en 2016 (%)
Oran 3137,2 4371,4 19251 15058 -22%
Bir El Djir 341,9 2018,5 10039 6183 -38%
Sidi Chahmi 229,6 1079,6 7376 14985 103%
Es Sénia 988,9 1833,5 2074 14712 609%
Misserghine 102,1 521,5 9785 6259 -36%
Boutlélis 146,1 386,4 8040 7263 -10%
GPUO 4945,8 10211 13662 12489 -9%
Ain el Turck 875,9 1255,5 2391 3514 47%
Bou Sfer 827,8 1151,1 772 2089 171%
EL Ançor 54,3 175,3 11459 7950 -31%
CLOO 1758 2582 2895 3180 10%
Tableau III. 9. Densitéréelle des communes des deux groupements (PGUO et CLOO)
entre 1987 et 2016.

92
Figure III.11. Densité brute de la population d’Oran et ses périphériques (1987et 2016).

3.2. Caractérisation des zones urbaines par l’augmentation de la


population.

Dans ce chapitre, ne seront prises en considération que le groupement urbain d’Oran


(PGUO) et les communes du littoral occidental oranais (CLOO)

3.2.1. Les communes du groupement urbain d’Oran (PGUO)


D’après les quatre derniers recensements (RGPH) de l’ONS (Tableau III. 10), la
population des communes du groupement urbain d’Oran constitue à elle seule plus de
deux tiers de la population totale de la wilaya représentant 78 %, 73 %, 68 %, 66 % et
72% du total. La diminution du taux d’accroissement annuel pour ce groupement est du
essentiellement à une baisse sensible de celle de la commune d’Oran. En effet, la
population de la commune d’Oran a enregistré à partir de 1998 un recul avec un taux de
–0.4 % en 2008, passant ainsi de 634113 habitants en 1998 à609014 habitants en 2008,
soit une diminution de 25099 habitants (Tableau III. 11). Ceci peut être expliqué surtout
par le flux migratoire vers les périphériques sud et est de la ville d’Oran, la population
s’installant ainsi dans les communes de Bir El Djir, Sidi Chahmi et Es-Sénia et aussi vers
l’ouest dans la commune de Misserghine. Ceci est du essentiellement à partir des années
2010 àla nouvelle politique de relogement massif dans de nouvelles constructions :
habitats résidentiels individuels (coopératives immobilières, des recasements) et aussi
d’habitats collectifs (LSP, AADL, Sociaux etc.).
93
Figure III.12 : Répartition de la population de la commune d’Oran et ses périphériques
selon les recensements de 1977, 1987,1998 et 2008.

Population selon le R.G.P.H


Commune
1977 1987 1998 2008 201612
Oran 502014 603931 634113 609014 658251
Es Sénia 19969 34324 64797 96928 124799
Sidi Chami 4587 16935 58857 104498 161782
Bir El Djir 8015 20510 73029 152151 269740

Misserghine 6421 9990 18089 25443 32642

Boutlélis 7233 11746 17599 22898 28066


GPUO 548239 697436 866484 1010932 1275280
Ain El Turck 12597 20946 26251 37010 44123
Bousfer 3720 6389 11136 17243 24048
El Ançor 3952 6222 7929 10882 13936
CLOO 32870 50899 66463 89635 82107
Wilaya 682560 924160 1213839 1453152 1783475

Tableau III. 10. Evolution de la population des communes du PGUO et du CLOO entre
1977 et 2016 (Source: ONS).

12 Population projeté selon ONS

94
Commune 77/87 87/98 98/08 77/08 87/08 87/16
Oran 1.7 0.4 -0.4 0.6 0.04 0,3
Es Sénia 4.2 4.3 3.3 2.6 3.1 2,4
Sidi Chami 7.3 6.5 4.4 3.1 4.0 3,0
Bir El Djir 6.1 6.5 5.2 3.1 4.1 3,1
Misserghine 3,6 4,1 2,9 2,4 2,9 2,3
Boutlélis 3,8 3,0 2,3 2,2 2,3 1,9
PGUO 2.1 1.7 1.4 1.4 1.4 1,6
Ain El Turck 4.0 1.8 2.9 2.1 2.1 1,8
Bousfer 4.2 3.9 3.5 2.5 3.0 2,4
El Ançor 3.6 2.0 2.7 2.1 2.0 1,8
CLOO 3.5 2.1 2.6 2.0 2.1 1,3
Total Wilaya 2.6 2.2 1.6 1.7 1.7 1,7
d’Oran
Tableau III. 11. Accroissement annuel moyen des communes du PGUO et du CLOO
entre 1977 et 2016.

Il est important de noter alors que la population de la commune d’Oran a stagné


entre 1977 et 1998 (Figure III.12), celle des communes périphériques (Bir El Djir, Sidi
Chahmi et Es Sénia) ne cesse de connaitre un accroissement de plus en plus important
(Tableau III. 10 et Figure III.12). Effectivement, durant la dernière période
intercensitaire (1998 -2008), la population de ces communes a presque doublé, passant
de 196 683 habitants à353 577 habitants soit un additionnel de 156 894 habitants. A
noter aussi que la population des communes de Sidi Chahmi et celle de Bir El Djir ont
été multipliées respectivement par presque dix-neuf fois et vingt-trois fois, passant
respectivement de 4 587 habitants et 8 015 habitants en 1977 à104 498 habitants et 152
151 habitants en 2008. Ceci se confirme par la projection faite par l’ONS en 2016 qui
est basée sur leurs taux d’accroissement annuels (Tableau III. 11) : ces mêmes
communes connaitront des augmentations de l’ordre de 57284 et 117589 habitants
respectivement.
Cette augmentation de la population de ces communes aussi importante est à l’origine
de l’extension accélérée de la couronne périurbaine de la ville d’Oran engendrant ainsi la
conurbation de cette dernière avec les agglomérations de Bir El Djir du côtéest, celle
d’Es Sénia du côté sud.

95
3.2.2. Les communes du littoral occidental oranais(CLOO)
Les communes de ce groupement (CLOO) ont été caractérisées par une forte
croissance des habitants durant la période 1977-2008 : la population a presque triplé,
passant de 20269 habitants à65135 habitants et pourra même quadrupler en atteignant
82107 habitants en 2016 (Tableau III. 10). Dans ce contexte, la population de la
commune d’Ain Turck constitue la principale part, avec plus de la moitié(57% et 54%)
de la population totale du CLOO soit 37010 et 44123 habitants entre 2008 et 2016.
Cette croissance rapide a entrainé l’extension urbaine de cette commune du côté ouest
allant jusqu’à Cap Falcon et du côté sud jusqu’à la nouvelle voie périphérique (CW84),
par l’installation d’habitats résidentiels individuels et collectifs (programmes LSP et
sociaux), par le remplissage des vides résiduels par des habitats individuels et précaires
non structuré ainsi que par des recasements (Hai Nakous et Douar Maroc).
Le taux d’accroissement le plus élevé est enregistré dans la commune de Bousfer se
rapprochant des 3.5 % entre 1998 à 2008 (Tableau III. 11) : la population a été multipliée
par cinq fois environ, passant de 3720 à17243 habitants durant la période 1977-2008.
Elle atteindra environ huit fois cette valeur en 2016 soit 24048 habitants. Cette
augmentation rapide de la population s’est accompagnée par une expansion du tissu
urbain important de 820 hectares soit une évolution d’environ 147 %. La même
remarque peut être faite en ce qui concerne la commune d’El Ançor : un accroissement
annuel moyen de la population de 2.7 % durant le dernier intercensitaire (1998 - 2008) et
1.8 % entre 1977 et 2016. Cette augmentation de la population se reflète dans les
extensions de l’agglomération d’El Ançor vers le nord et le sud sous forme de maisons
individuelles non structurées et vers l’ouest par des habitats collectifs (programmes LSP
et sociaux) et dans la localitéde Keddara par des constructions résidentielles et des
lotissements.
En d’autres parts, le phénomène d’urbanisation des deux groupements est si important
que son rythme arrive àdépasser sensiblement la croissance démographique annuelle
moyenne de trois fois (Figure III.13).

96
Figure III.13. Evolution du taux d’accroissement de la population et du rythme d’urbanisation
annuel moyen.
De loin les communes du groupement PGUO àsavoir Bir El Djir, Sidi Chahmi et
Misserghine se démarquent par une forte urbanisation dépassant les 15% par an
engendrant ainsi un important écart par rapport aux autres communes. Les terrains de
ces communes représentent l’assiette de l’extension majeure de la ville d’Oran
regroupant de ce fait la majeure partie des programmes des logements sociaux et
promotionnels (Hai Yasmine, Hai Sabah, Hai Hosni el Djiwar-USTO, Douar Belgaid)
et aussi des lotissements et d’habitats résidentiels individuels (Hai Nedjma, Hai Emir
Abdelkader, Bir El Djir).

4. Les mutations des espaces ruraux d’après l’étude de deux cas :


communes de Misserghine et de Boutlélis.

Les espaces dits «ruraux » ont leur propre dynamique car ils comportent des
terrains végétalisés (cultivés) et d’autres portant des infrastructures dont celles

97
«bâties » (habitat et autres). Ils ne peuvent être dissociés des autres types d’espaces
(naturels, urbanisés….) et subissent aussi les effets de l’urbanisation et ses impacts sur
la dynamique naturelle. Dans ce chapitre, nous avons pris comme exemple deux
communes : Misserghine et Boutlélis, car toutes les deux sont dans le prolongement de
l’axe ouest-est d’Oran - Tlemcen se trouvant ainsi à proximité du groupement d’Oran et
se situent sur le versant sud du Djebel Murdjadjo. Elles sont donc sublittorales selon la
terminologie géomorphologique : elles sont proches de la mer mais les effets de cette
dernière en sont atténués car elles sont en position d’abri par rapport aux vents marins.
Leur superficie est respectivement de 133,40 km²et 142,6 km². Cependant, en ce qui
concerne la commune de Misserghine nous avons optédans notre analyse de soustraire
la surface de la Grande sebkha d’Oran au total de celle de la commune : son évolution
est soumise à d’autres conditions: naturelles et anthropiques

4.1. Présentation des deux communes d’étude

La commune de Misserghine est située à l’ouest du Groupement d’Oran (dont elle est
très proche soit 2.8 Km), sur l’extrémité orientale du Djebel Murdjadjo et le versant sud,
puis elle s’étend jusqu'a la Sebkha d’Oran dont elle fait partie. Son territoire est pour une
grande partie montagneux (moitiéorientale du Djebel Murdjadjo) avec une étroite plaine
bordant grande zone humide classée RAMSTAR (Grande Sebkha d’Oran). La
pluviométrie est en moyenne de 350 à
455 mm/an, et est très fluctuante (forte variabilité inter-annuelle). Cependant elle est
atténuée, réduite du fait de l’effet fohen (exposition sud : vents secs ou plus secs que
ceux sur versant àexposition nord, vers Bousfer). La commune est par conséquent
classée « zone C » (Décret exécutif n° 12-124 du 19 mars 2012 fixant les zones de
potentialités agricoles …) avec une végétation naturelle assez bien représentée dont la
forêt au nord-ouest et surtout de garrigue dominante avec quelques maquis dans les
ravins affleurement schisteux en occupant actuellement 20,5 % de la surface de la
commune).

Quant à la commune de Boutlélis, elle est en continuité spatiale vers l’ouest avec
la commune de Misserghine. De ce fait, elle a des caractéristiques naturelles proches
ou similaires à cette dernière. Elle est en effet située elle aussi sur le sommet et le
versant sud du djebel Murdjadjo ainsi que sur l’étroite plaine qui relie celui-ci à la
Grande Sebkha d’Oran.

98
En effet, le sommet du djebel Murdjadjo qui est plat et étroit à Misserghine, s’élargit
sur le territoire de la commune de Boutlélis, formant une sorte de plateau en contre bas
du sommet précédent qui s’élargit vers l’ouest, surplombant la petite vallée de l’O. Sidi
Hamadi et une partie de la plaine de Bousfer. L’altitude moyenne y est plus faible
variant entre 350 m et 370 m. Avec des sols sableux, assez riches d’où la présence
d’une des rares forets de chêne liège de l’Ouest algérien.

La commune de Boutlélis a été classée elle aussi dans la catégorie «Zone C »


(P=350-450 mm) selon le Décret exécutif n°12-124 du 19 mars 2012 fixant les zones de
potentialités agricoles.

4.2. Cartographie de l’occupation du sol

La cartographie du type d’occupation des terres à différentes dates (1960-1985 et


2016) nous a semblé la plus pertinente pour détecter les changements éventuels
intervenus dans les espaces ruraux des communes précitées et par là, en voir le
«dynamisme ».

Pour ce, nous avons ont utilisé des documents cartographiques (cartes
topographiques au 1/25 000 de 1960 et 1985 il n’existe pas de cartes plus récentes,
Tableau III.1) ainsi que l’image satellitaire récente du capteur OLI de Landsat (2016).
Des relevés de terrain (identification et vérification), et le recueil de données statistiques
agricoles (mais qui comportent des «lacunes concernant la période 1962-1999) ainsi que
ceux «réglementaires »ont été menés en parallèle.
Ensuite, une confrontation a été faite entre les résultats obtenus d’après les trois
sources (cartographiques, statistiques et réglementaires).

Cette cartographie va nous permettre dans un premier temps de mettre en exergue


plusieurs classes qui marquent la mutation de cet espace sublittoral et dans un second
temps, les résultats obtenus ont été comparés avec ceux obtenus au niveau de la
direction de l’agriculture appuyés par la validation de nos données sur le terrain.
L’analyse des textes réglementaires législatifs et celle de la population viennent par la
suite comme éléments explicatifs que nous pouvons apporter aux changements relevés.

99
En premier lieu, toutes les cartes scannées ont été intégrées dans un SIG MapInfo et
les mêmes images, qui ont été géoréferencées selon le référentiel carte (UTM30) dans la
partie précédente de l’étude urbaine, sont intégrées elles aussi dans le SIG. Ensuite, la
méthode consiste à identifier et à recenser toutes les classes retenues d’après les cartes
topographiques au 1/25.000 de 1960 et de 1985(Tableau III.1) pour les comparer par la
suite avec l’image de 2016. A partir de chaque carte topographique, les classes
d’occupation du sol sont cartographiées et numérisés sous formes de couches
d’information puis ces mêmes classes sont identifiées et numérisées sur l’image 2016.
Ainsi, dans cette phase de cartographie, on a essayé de matérialiser nos classes selon :

- zones urbanisées : agglomération, habitat éparse, fermes et infrastructures.


- Espaces cultivés : ici nous avons tenté de mettre en évidence les classes : vigne,
arboriculture (verger, oliveraies) et terre labourable.
- Espaces arborés : maquis, forêts et reboisements récents (effectués à partir de 2000
13
selon la DGF ).
L’analyse de l’évolution de l’espace des deux communes a été effectuée par le
croisement des différentes couches d’occupation du sol entre 1960 et 2016 à l’aide du
logiciel SIG MapInfo (Figure III.14 et III.15).

A partir de la superposition de l’occupation du sol des deux dates, des


transformations importantes ont été remarquées plus particulièrement en ce qui
concerne l’habitat rural et les infrastructures ainsi que sur le type de cultures pratiquées.

13 DGF : Direction générale des Forêts de la wilaya d’Oran.

100
Figure III.14. Carte d’occupation du sol en 1960 des deux communes (Boutlélis et Misserghine).

101
Figure III.15. Carte d’occupation du sol de en 1985 des deux communes (Boutlélis et Misserghine).

102
Figure III.16. Carte d’occupation du sol en 2016 des deux communes (Boutlélis et Misserghine).
103
L’évolution de l’espace est marquée dans ces deux communes par des changements
d’ordre agricole principalement : l’occupation du sol a connu de nombreux
changements dans le type d’occupation (c’est-à-dire : type de cultures et leurs
superficies). L’évolution a changé dans le temps et l’espace au rythme de plusieurs
politiques agricoles passant du colonialisme à la Révolution Agraire puis à de nouvelles
politiques agricoles. A cette succession de politiques diverses s’additionnent les modes
et les pratiques du type et modes d’exploitations des terres agricoles, ce qui nous
ramène à l’occupation actuelle (Figures III.14 et III.15).

4.3. Qu’en est-il de l’évolution dans l’occupation du sol par les cultures
dans les communes étudiées ?
Une présentation de l’évolution dans l’utilisation des terres agricoles par les cultures
dans chacune des deux communes est nécessaire afin de mettre en évidence les
changements intervenus et de voir si ces derniers sont similaires partout ou s’il y a des
nuances, des différences.

La caractéristique principale de la commune de Misserghine au lendemain de


l’indépendance: c’est la forte empreinte des « arbres ». L’arboriculture fruitière (vergers
d’orangers et de clémentine et olivaies en grande partie en complantage avec des
cultures saisonnières dont celles maraîchères) et la viticulture occupaient les piémonts
du Djebel Murdjadjo et la plaine bordant la Grande Sebkha d’Oran. Les formations
forestières (forêt de chêne-liège, chêne kermès et de thuya ainsi que de la garrigue et du
maquis) s’étendaient sur le versant du Djebel Murdjadjo et arrivaient au sud-est, jusqu’à
la Sebkha.

Selon les statistiques de la DSA, les vergers surtout ceux à agrumes, constituaient
jusqu’en 1990, 60 % environ de l’arboriculture fruitière (soit 350 ha dont seuls 256 ha
étaient productifs), la clémentine entrant pour 56 % dans la production de ce fruit. Ils
s’étendaient de part et d’autre de la RN2 ainsi qu’à l’ouest et autour des deux localités de
Misserghine (ancien et nouveau). Actuellement, ils ont disparus presque entièrement (du
fait de l’extension de l’habitat et de leur vétusté). Ils ont été replantés en partie mais
surtout, ils ont été remplacés par des oliviers. Celles-ci ont connu aussi des vicissitudes.
Après une légère expansion entre 1990 et 1999 (104 ha à130 ha), elles ont connu un
déclin à partir de 2000-01 (75, 80 ha) puis de nouveau une extension ces quatre dernières
années (Tableau III.13), avec la plantation de nouveaux arbres (1180 ha à

104
1232 ha). Aux vergers étaient associées les cultures maraîchères en complantage qui se
sont maintenues dans les nouvelles oliveraies.

C’est le vignoble qui a connu les plus grandes fluctuations avant de disparaître
presque complètement. En effet, en 1960, il s’étendait en grande partie de part et d’autre
de la RN 2 et au sud de celle-ci, jusqu’aux bords de la Sebkha (avec les vergers, il
formait une véritable ceinture verte). C’est le long du piémont du Djebel Murdjadjo
(côté nord de la RN 2) qu’il était dominant et ne comportait que quelques enclaves à
vergers. On le trouvait aussi sur le sommet et à mi-versant sud du Djebel Murdjadjo :
mitage de l’extrémité est de la forêt de M’Sila et de la garrigue. L’arrachage du
vignoble de cuve s’est accompagné de quelques plantations de vignes pour le raisin de
table. C’est entre 2000-01 et 2006-07 qu’il y a eu une relance du vignoble avec
plantation de 51 à116 ha de vigne. Apparemment, ce ne fut pas une réussite, car durant
deux années (2007/08-2008/09), il y a eu une nette régression du vignoble où il ne
restait plus que 17 ha de vigne et en 2009/10, il disparaît totalement. Cependant, ces
dernières années (2014-2016), 11 ha de vigne à raisin de table ont été plantés (Tableau
III.13).

Le domaine forestier a connu aussi des mutations intéressantes. Les aires à mitages
occupées par le vignoble en 1962, ont été reboisées sauf une située à mi-versant sud-est
du djebel (les pins d’Alep ont ainsi remplacé localement les vignes). Puis les
reboisements se sont peu à peu étendus (surtout depuis 2000-01) jusqu’à occuper
actuellement presque tout le sommet du Djebel Murdjadjo et une grande partie de son
versant sud-ouest (environ la moitié sommitale de celui-ci). Par contre, l’extrémité sud-
est de la commune (bas du versant sud du Djebel Murdjadjo, espace situé entre la RN 2
et la voie ferrée) à une garrigue arborée, connait depuis 2000 un mitage de plus en plus
prononcé. Les terrains ainsi dégagés ont été voués à des oliveraies et aux cultures
saisonnières et ce, malgré quelques reboisements en pins d’Alep effectués en 2000-01.
De même, a été relevée, l’extension spatiale du mitage de mi-versant ci-dessus, avec
disparition du vignoble et son remplacement par des oliviers et quelques orangers en
complantage avec des cultures saisonnières dont les céréales. Ainsi, il y a expansion des
formations forestières (par reboisement) sur les espaces «sommitaux » du Djebel
Murdjadjo et régression sur son versant au sud-est (cultures). C’est là et à mi-versant du
Murdjadjo que les effets de la politique et des réformes tendant à étendre les surfaces
cultivables et la SAU sont visibles.

105
Quant à Boutlélis qui est une commune limitrophe (côté ouest) de Misserghine,
présente certains traits similaires à ceux de cette dernière, mais avec des nuances assez
importantes.

Le territoire de cette commune est relatif au domaine forestier (qui est en continuité
spatiale avec celui de Misserghine) qu’on peut subdiviser en deux : la forêt de chêne
liège située sur la retombé tabulaire nord du Djebel Murdjadjo et les formations plus ou
moins arbustives (garrigue et maquis) qui s’étendent sur le reste du versant sud du
djebel. La première est aménagée (pour les activités de loisirs) et exploité et des
exploitations agricoles issues des domaines coloniaux y subsistent à surtout à son
extrémité ouest (mitages anciens). Il y a eu peu de changements à l’exception d’une
«forêt récréative » créée en 2006 et d’un projet concernant l’installation d’une zone de
protection de la faune lancée en 2015 (décret). Par contre, le reste du domaine forestier
qui s’étendait sur presque les 2/3 de l’espace communal actuel (sommet et retombée sud-
ouest du Djebel Murdjadjo) et qui a fait déjà l’objet de mitages avant 1962, a vu ce
phénomène s’étendre depuis les années 80 et surtout 90.

En 1962, les principales aires de déboisement pour les cultures s’étendaient sur la
partie sommitale du djebel et de son versant sud ainsi que le long des routes notamment
à l’ouest (zone tabulaire ou retombée ouest tabulaire du Murdjadjo : plateau de Sidi
Bakhti) et au sud (piémont et plaine bordière de la Sebkha d’Oran). Là, il y avait encore
une enclave boisée entre Brédéah et Bou Yakour. A partir de 1987, l’extension des
déboisements pour la récupération de terres pour les cultures continue sur les parties les
plus hautes du relief (sommet du djebel et de son versant sud) mais aussi sur celles les
plus basses. Il y a remonté vers le nord à partir des piémonts, des mitages dans les
garrigues boisées, surtout à proximité des douars et autres localités. L’enclave boisée de
Brédéah-Bou Yakour disparait aussi remplacé par de la céréaliculture et des cultures de
plein champ (légumineuses).

La seconde nuance relevé concerne le vignoble qui tenait une grande place,
notamment sur la moitié ouest du plateau de la forêt de M’Sila et le long des grands
axes routiers dont la RN2. Son arrachage a permis l’extension de la céréaliculture puis
sa superficie a évolué de manière paradoxale où elle est passée de 481 ha, soit 7% en
2000 à113 ha pours les années suivantes, soit 2%. Actuellement, il ne reste que 92 ha
qui représentent près de 1% de la SAU soit une déperdition d’environ 451 ha qui
s’accentue avec le temps dont la majorité représente du raisin de table (Tableau III.12).

106
Les terrains perdus ainsi par le vignoble ont été réoccupés essentiellement par de
nouvelles oliveraies en complantage avec des cultures saisonnières.

En ce qui concerne l’arboriculture, quelques aspects de son évolution diffèrent de


ceux de Misserghine. En 1962, des vergers (de même qu’à Misserghine) coexistaient
avec le vignoble de cuve et les cultures maraîchères sur tout l’espace méridional de la
commune, (de part et d’autre de la RN 2.) ainsi que celui occidental, à proximité de
Boutlélis et du Douar Naib. Ils connurent la même phase de déclin durant la période
1962-2000 (377 ha en 1960 et 209,4 ha en 2000/01) selon la DSA. Puis à partir de cette
dernière date, les superficies arboricoles ont augmenté. Elles ont pratiquement
quadruplé, surtout avec la réimplantation d’olivaies (dont une partie a remplacé les
vergers d’agrumes et le vignoble, soit 836 ha en 2009) puis un déclin s’est amorcé à
partir de cette date (diminution des superficies arboricoles : 593 ha actuellement). Quant
à la céréaliculture, elle n’occupe pas une place aussi importante que l’on pourrait croire
et semble moins fluctuante qu’à Misserghine : depuis 2000, elle varie entre 22 à59 % de
la SAU alors qu’à Misserghine, c’est 27 à 77 % (Tableau III.12).

Ainsi, la superficie agricole dans les deux communes a connu une évolution au
détriment du maquis et de la forêt. Les superficies amputées à ces dernières sont
additionnées à l’agriculture, qui à son tour est touchée par des amputations dans un but
purement urbanistique (extensions des villages, infrastructures,…). Donc dans la
globalité, la superficie agricole n’a pas connu de changements marquants, parallèlement
les superficies des exploitations agricoles, ont subi au fil du temps un morcellement
parfois excessive passant d’une exploitation de plus de 10 ha à plusieurs micros
exploitations.
Cependant, l’évolution des superficies des terrains agricoles dans la commune de
Boutlélis selon les données de la DSA a connue une nette progression comparée à la
superficie de la commune. Elle est passée de 16% qui représente près de 2316 ha pour la
période de 2000-2001 à plus de 34% soit 4835 ha pour la période 2015 -2016 (Tableau
III. 14).Quant à la commune de Misserghine, l’évolution des superficies des terrains
agricoles a connu elle aussi une nette progression allant de 15% jusqu’à 39% soit
l’équivalent entre 2064 ha et 5150 ha respectivement par rapport à la superficie de la
commune pour la période de 2000 à2012 puis on note un léger recul entre la période
2013 à 2016 arrivant à 28% équivalent à 3898 ha, soit une réduction de 1451 ha
(Tableau III. 15).

107
SAU Forêt et Céréales et Maraichage Vigne Arboriculture Total
Année maquis fourrage
ha ha ha % ha % ha % ha % ha %(SAU) %(Commune)
2000-01 6743 6160 1470 22% 156 2% 481 7% 209,38 3% 2316,38 34% 16%
2001-02 6845 6160 2491 36% 626 9% 586,5 9% 293 4% 3996,5 59% 28%
2002-03 6845 6160 3960 58% 448 7% 638,5 9% 373,5 5% 5420 80% 38%
2003-04 6895 6160 1800 26% 262 4% 670 10% 713,5 10% 3445,5 51% 24%
2004-05 6585 6160 3650 55% 290 4% 639 10% 647,5 10% 5226,5 78% 37%
2005-06 6585 6160 3800 58% 290 4% 616 9% 787 12% 5493 81% 39%
2006-07 6585 6160 4000 61% 255 4% 543 8% 806 12% 5604 83% 39%
2007-08 6585 6160 2000 30% 389 6% 480 7% 836 13% 3705 55% 26%
2008-09 6585 6160 3550 54% 400 6% 127 2% 475,5 7% 4552,5 68% 32%
2009-10 6585 6160 3960 60% 365 6% 106 2% 589,5 9% 5020,5 74% 35%
2010-11 6585 6160 4900 74% 210 3% 106 2% 591,6 9% 5807,6 86% 41%
2011-12 6585 6160 3620 55% 305 5% 113 2% 591,5 9% 4629,5 69% 32%
2012-13 6585 6160 4617 70% 259 4% 92 1% 491,5 7% 5459,5 81% 38%
2013-14 6585 6160 4180 63% 252 4% 92 1% 508 8% 5032 75% 35%
2014-15 6585 6160 3800 58% 245 4% 92 1% 519 8% 4656 69% 33%
2015-16 6585 6160 3905 59% 245 4% 92 1% 593 9% 4835 72% 34%

Tableau III. 12. Répartition des types de cultures en termes de superficies dans la commune de Boutlélis
entre 2000 et 2016. (D’après la DSA d’Oran).

108
Céréales et
Totale
Années SAU fourrage Maraichages Vigne Arboriculture
ha ha % ha % ha % ha % ha %(SAU) %(Commune)
2000-2001 3783 1330 35% 121 3% 51 1% 562 15% 2064 55% 15%
2001-2002 4799 1273 27% 475 10% 84 2% 486,5 10% 2318,5 48% 17%
2002-2003 4799 1870 39% 374 8% 105 2% 820 17% 3169 66% 24%
2003-2004 4799 1350 28% 209 4% 114 2% 982 20% 2655 55% 20%
2004-2005 4799 2300 48% 340 7% 116 2% 713 15% 3469 72% 26%
2005-2006 4799 2200 46% 280 6% 116 2% 1023 21% 3619 75% 27%
2006-2007 4799 2450 51% 260 5% 116 2% 1024 21% 3850 80% 29%
2007-2008 4799 2100 44% 277 6% 93 2% 1092 23% 3562 74% 27%
2008-2009 4799 2800 58% 490 10% 17 0% 1057 22% 4364 91% 33%
2009-2010 4799 2300 48% 150 3% - - 1121 23% 3571 74% 27%
2010-2011 4799 3050 64% 90 2% - - 1110 23% 4250 89% 32%
2011-2012 4799 2290 48% 200 4% - - 1108 23% 3598 75% 27%
2012-2013 4799 3697 77% 272 6% - - 1181 25% 5150 107% 39%
2013-2014 4799 3271 68% 259 5% - - 1180 25% 4710 98% 35%
2014-2015 4799 2230 46% 210 4% 11 0% 1174,5 24% 3625,5 76% 27%
2015-2016 4799 2245 47% 210 4% 11 0% 1232,5 26% 3698,5 77% 28%
Tableau III. 13. Répartition des types de cultures en termes de superficies dans la commune de Misserghine
entre 2000 et 2016. (D’après la DSA d’Oran).

109
Quant à la céréaliculture, l’Algérie a donné la priorité dans sa politique globale
depuis l’indépendance, où elle marque le territoire, en occupant la majeur partie des
terrains agricoles, en nette augmentation. Sur la période de 2000-2016, la superficie de
la céréaliculture a plus que triplé en passant respectivement sur les deux communes de
Misserghine et Boutlélis de 25% et 22% en 2000 à77% et 70% en 2012 puis une légère
diminution en 2016 soit 47% et 59% respectivement. Le maraichage fluctue selon les
années entre 2% et 10% mais ne dépassant pas généralement les 6% de la SAU sur les
six dernières années.
Par ailleurs, les cultures permanentes cultivées durant toute l’année varient durant
notre période d’étude entre 15% à 26% dans la commune de Misserghine pour
l’arboriculture et entre 3% à 13% pour Boutlélis (Tableau III.12 et III.13).

Parallèlement et selon notre démarche cartographique basée sur l’imagerie récente de


2016 et les cartes des années 1960 et 1985, nous avons joint la céréaliculture, les
plantations fourragères et le maraichage sous la même représentation qui est les terres
labourables, par ailleurs les cultures permanentes telles que le vignoble et
l’arboriculture sont représentés dans des classes distinctes l’une de l’autre (Figure III.17
et III.18).

60

50

40
Terres labourables
30 Vigne
Arboriculture
20
Maquis + Forêt

10

0
1960 1985 2016

Figure III.17. Evolution des superficies cultivées par type de culture dans
la commune de Boutlélis.

110
80

70

60

50 Terres labourables
40 Vigne
Arboriculture
30
Maquis + Forêt
20

10

0
1960 1985 2016

Figure III.18. Evolution des superficies cultivées par type de culture dans
la commune de Misserghine.

De ce fait, les statistiques sur les surfaces de différentes classes d’agricultures nous
donnent les constats suivants :

Les communes de Misserghine et de Boutlélis ont en commun de vastes terrains arborés


(forêts dont celle récréative de M’Sila, bois ou maquis-garrigue. Ils occupaient en 1960
(respectivement à Boutlélis et à Misserghine) 58.5 % et 69 % de la superficie actuelle
de l’espace communal (la Sebkha d’Oran n’étant pas prise en compte (Tableau III.14 et
15). En 2016, il y a une diminution de leur surface nette à Misserghine (62 %) et plus
nuancée à Boutlélis (48%). Leur localisation : depuis le sommet du Djebel Murdjadjo
jusqu’aux piémonts et même jusqu’aux bords de la Sebkha d’Oran (partie SE de la
commune de Misserghine).

On retrouve les mêmes spéculations anciennes: vignoble, céréaliculture, cultures


de plein champ. Cependant, leur évolution depuis 1960 est différente dans ces deux
communes. En 2016, il ya disparition totale du vignoble à Misserghine à peine 3 ha
(moins de 1 %) alors qu’il a du mal à se maintenir à Boutlélis représentant 73 ha, soit 1%
de la surface de la commune (Tableau III.14 et III.15).

111
La céréaliculture a toujours été peu représentée à Misserghine : elle n’occupait
en 1960 que 12 % de la superficie actuelle de la commune. Actuellement, ce taux a
nettement augmenté à environ 26 % (Tableau III.14 et III.15). A Boutlélis, son taux a
fortement augmenté entre 1960 à 2016, il est passé de 10% à43%, ce qui conforme à la
normale aux chiffres de la DSA (entre 2000 et 2016 : varie entre 22% à59 %). Souvent,
son extension s’est faite au détriment des terrains boisés (défrichement).

1960 1985 2016


Classes
ha % ha % ha %
Terres
1585 12 3227 24 3462 26
labourables
Vigne 1821 13.7 374.3 3 3 0,02
Arboriculture 733.1 5 532.4 4 1028 7.9
Maquis + Forêt 9195.8 69 9109 68,2 8301 62
Agglomération 41.1 0,3 102.1 0,8 521.5 4

Tableau III. 14. Superficies des types de cultures pratiquées dans la commune de
Misserghine (1960 - 1985 et 2016).

1960 1985 2016


Classes
ha % ha % ha %
Terres
1487 10 5120 36 6081 43
labourables
Vigne 3638 26 1553 11 73.2 1
Arboriculture 733 5 420.7 3 684.2 5
Maquis + Forêt 8262 58.5 6969 49 6916 48
Agglomération 68 0.5 146.1 1 386.4 3

Tableau III. 15. Superficies des types de cultures pratiquées dans la commune de
Boutlélis (1960 - 1985 et 2016).

4.4. Les grandes lignes des réformes qui auraient pu influer sur
l’utilisation et l’organisation des terres cultivées
Elles peuvent être résumées en trois phases
4.4 .1. La première phase de l’indépendance (1962-1982)

Cette phase connue par la Révolution Agraire durant la quelle la réorganisation du


secteur de l’agriculture était le but majeur. En cette période, des décisions avaient trait
aussi bien au foncier qu’à la gestion des exploitations agricoles. Aussi, des terres dont
les propriétaires étaient absents ou non exploitants directs ont été nationalisées et leur
112
attribution à ceux qui y travaillaient auparavant ainsi que la reconnaissance de la
propriété des non absentéistes étaient les deux actes majeurs concernant le foncier.
Durant cette phase aussi, diverses coopératives ont été crées à partir des exploitations
agricoles qui s’intégraient dans des zones de mise en valeur dont un Commissariat en
était le gestionnaire. Ces zones comportaient des périmètres irrigués, des terres en
friches à cultiver et des «espaces dans lesquels l’Etat réalise ou envisage de réaliser des
travaux d’équipement collectif et d’aménagement des terres agricoles…ou des systèmes
de production végétale ». Un certain nombre d’organismes ont été créés à des fins de
services de toutes sortes y compris la commercialisation des produits agricoles.

4.4.2. La seconde phase (1983-1998)

C’est la phase de la «relance de l’agriculture »où des mesures ont été prises vers une
privatisation à peine déguisée notamment par les possibilité de devenir propriétaire dans
deux cas de figure :

- D’une terre située « hors du domaine privé de l’Etat » par sa mise en valeur
effective et au dinar symbolique (1983);
- D’une concession faisant partie d’un périmètre de mise en valeur (domaine privé
de l’Etat) qui peut être « convertie en cession » à titre onéreux (Article 5 du
Décret exécutif 97-485 du 15/12/1997 modifié et complété par celui 97-372 du
23/11/1998).
Par la suite, la loi 87-19 du 8/12/1987 est adoptée, entre ces deux réformes, qui
accorde aux «producteurs agricoles » exerçant sur les terres du domaine Etatique, le
droit de «jouissance perpétuelle ». Les «terres sont exploitées collectivement et dans
14
l’indivision »: création d’EAC mais avec possibilité d’EAI .
15
Aussi, l’ONTA a été créée en 1996 qui a été chargée tout particulièrement du
recensement des terres «agricoles ou à vocation agricole »et de leur cadastre.

Ces réformes devaient d’une part, motiver et impliquer directement les agriculteurs
et d’autre part, aboutir à une extension des superficies réellement cultivées. Dans le
même sens, un organisme «ad hoc »a été créé en 1997 où des modalités ont été prises
(sanction, mise en location, vente) pour mettre fin à la non exploitation des terres
agricoles quelque soit leur statut.

14 EAC : Exploitation agricole collective et EAI, Exploitation agricole individuelle


15 Office National des Terres Agricoles

113
En plus, par le biais de plusieurs types d’actions ou réformes, le développement de la
production agricole a été «abordé». Celles-ci consistent en la définition des «zones
rurales à haute valeur agricole » en 1983, la création de l’Office d’aménagement et de
mise en valeur des terres en 1985 (mais dissous en 1990), la mise en place des modalités
de délimitation des périmètres de mise en valeur (Décret exécutif 98-372 du
23/11/1998), le lancement de l’investissement (création de l’ASPI) avec des précisions
relatives aux «zones spécifiques » ainsi qu’aux conditions de concession ou de cession
des terres domaniales qui s’y trouvent, la concession des ouvrages de petite et moyenne
hydraulique (1997) et enfin, le soutien par l’Etat des prix de certains produits agricoles
ainsi que ceux des moyens énergétiques utilisé.
Aussi, une seconde catégorie d’actions s’est préoccupée du côté « professionnel »
avec notamment la précision des règles qui régissent les coopératives agricoles (1996),
la définition des activités agricoles et de la profession d’agriculteur ainsi que de «l’inter-
profession »(1996).
Enfin, les conditions pour limiter le morcellement de toutes les terres agricoles ont
été fixées selon un zonage et des normes en superficie, types de culture et de la pratique
ou non de l’irrigation (1997).

4.4.3. La troisième phase des réformes débute en 1999-2000

Cette phase concerne le renouveau rural dont l’objectif principal est l’intensification
de toute la production agricole (cultures pratiquées y compris l’aquaculture et élevage).
Les dispositions réglementaires et les actions menées, tout en gardant le même esprit
depuis l’indépendance (assurer la sécurité alimentaire du pays entre autres) ont touché à
divers domaines : foncier et mode de gestion des exploitations agricoles (y compris
16
celles d’élevage), augmentation de la SAU et promotion de cultures particulières etc.
Ceci à l’aide de divers programmes ou plans (y compris ceux relatifs à la formation et à
la vulgarisation) et de facilités financières ou techniques.
De ce fait, le statut juridique des terres de l’Etat a été innové par ces réformes du
foncier et du «mode d’exploitation »et progressivement celui des propriétés privées.
Ainsi, le droit de jouissance perpétuelle relatif aux exploitations (EAC-EAI) devient le
droit de concession pour une durée de 40 ans renouvelable «moyennant le paiement
d’une redevance annuelle » (loi 08-16 du 3 /8/2008). En plus, des dispositions
supplémentaires ont pour but de «sécuriser » les concessionnaires : les actes

16 SAU : surface agricole utile

114
d’attribution sont individuels dans le cas d’EAC, mais l’exploitation concédée reste dans
l’indivision (une concession collective doit être composée d’au moins 3 membres) et le
droit de chaque membre est «cessible, transmissible et saisissable ». En outre, les
concessionnaires peuvent se regrouper en coopératives. Ensuite, les concessions
agricoles dans les terres étatiques deviennent accessibles à des «organismes publics »
(2011) et en 2012. Ces dispositions sont élargies à tous les types juridiques de terres
(«non exploitées ou insuffisamment exploitées »ou «rendues disponibles »en ce qui
concerne celles de l’Etat) pour «toute personne morale ou physique »voulant investir ou
créer une exploitation agricole ou d’élevage (Décret exécutif 11-06 du 10/12/2011 et
arrêté interministériel du 11/11/2012 modifié par un arrêté du 11/11/2015). En ce qui
concerne les terres privées, il est prévu un type de «légalisation de titre de propriété»
sous forme de «certificat de possession ». De même, le régime de la concession, qui était
déjà appliqué aux ouvrages de petite et moyenne hydraulique est affiné (Arrêté
interministériel du 4 janvier 2005).

Parallèlement, d’autres mesures sont prises pour protéger du «grignotage »des terres
agricoles permettant à l’Etat de récupérer des terres agricoles (« du domaine national »)
situées dans un secteur urbanisable (Décret exécutif 03-313 du 16/09/2003) ou
l’exclusion de celles-ci quand il s’agit d’attribuer des concessions pour la création de
projets (loi 08-20 du 26/11/2008). Malheureusement, ces dispositions aient été peu
17
efficaces car une circulaire du 03/09/2014 émanant du MADR recommandait aux
autorités locales de prendre toutes les mesures pour la préservation des terres agricoles.
Ceci a été renforcé par la modification de la composition de «l’organe ad hoc et des
procédures de constatation de non exploitation » d’une terre agricole quelque soit son
statut juridique en 2012.

L’objectif de ces réformes en fait est l’augmentation de la Superficie Agricole Utile


(SAU) et surtout celle réellement cultivée, exploitée. Parmi les mesures on peut citer :

-La création de nouveaux périmètres de mise en valeur, y compris dans le domaine


forestier. Les attributions s’y font selon trois critères : la localisation de la terre d’après
un zonage préalablement établi (zones A,B,C,D), le type de spéculations cultivées et
l’utilisation ou non de l’irrigation. Les surfaces des terres y varient de 15 ha
(maraîchage en irrigué dans la zone A) à200 ha (grandes cultures, fourrages, légumes

17 MADR : Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural

115
secs de la zone B).Un cas à part est prévu, celui des «jeunes candidats »qui ne peuvent
bénéficier que d’une terre dont la superficie est inférieure à 10 ha.

-La diminution de la jachère et les opérations de remembrement des terres agricoles


(loi d’orientation agricole du 3/8/2008)

-La possibilité depuis 2014 de prendre en location «des terres wakfs agricoles
restituées par l’Etat »pour une durée de 40 ans renouvelable.

Ces dispositions prises afin d’intensifier la production agricole sont de formes


variées. Elles visent aussi bien les acteurs que les techniques et mode de cultures ou
d’élevage. Ainsi, les coopératives sont ciblées avec insistance car elles doivent jouer un
rôle essentiel et surtout impliquer fortement les acteurs que sont leurs membres donc les
18
exploitants . D’où, des actions ont été prévues (notamment dans le plan quinquennal
2015-2019) afin de les assainir, les redynamiser et surtout développer les coopératives
agricoles de services où ces dernières auront pour effet supplémentaire de «pallier au
manque de main d’œuvre ». Les autres acteurs sont aussi impliqués comme les éleveurs
et ceux de l’agro-alimentaire ainsi que ceux relevant des services administratifs ou
techniques. Dans cet ordre d’idées, il y a eu récemment une restructuration du ministère
de l’agriculture et du développement rural qui s’est vu adjoindre l’activité de la pêche
(MADRP).

Ainsi, la planification est établie à plusieurs niveaux et surtout développé à ceux les
plus «bas » dans l’échelle (locale) afin de mieux cerner les problèmes et la production.
Elle se veut de «proximité» et non plus venant des plus hautes instances avec notamment
les projets de proximité du développement rural intégré(PPDRI) qui sont soutenus par le
système d’aide à la décision pour le développement durable (SNADDR). Localement,
19
des contrats de performance sont établis entre les DSA et les agriculteurs. Ces derniers
s’engagent à atteindre les rendements prescrits, calculés ou prévus par ces services.
Parallèlement (en 2009) un système de régulation du marché «des produits de large
consommation » (SYRPALAC) a été mis en place. Parmi ses objectifs, l’un est
«d’assurer un revenu » stable aux agriculteurs et un autre est d’augmenter les capacités
de stockage des produits agricoles.

18 A cette occasion, les «agricultrices »sont citées !


19 DSA : Direction des services agricoles

116
Enfin, l’intervention se fait aussi au niveau des spéculations (du choix). Ainsi,
certaines espèces culturales font l’objet d’intérêt particulier, sont « boostées », comme
par exemple, les céréales, les légumes secs, la pomme de terre, les oliviers, les arbres
fruitiers, le vignoble de cuve et celui de raisin de table et la tomate industrielle. Des
«soutiens » financiers sont prévus à cet effet. Dans le cas de l’oléiculture, outre la
fourniture gratuite des plants et leur plantation avec l’aide technique des services
forestiers, ils concernent aussi l’acquisition d’infrastructures (équipement « spécialisé»
et de stockage): ils sont de l’ordre de 30 % avec des sommes « plafonnées ». Quant à
l’arboriculture fruitière, l’arrachage des « vieilles plantations d’agrumes »est soutenu à
raison de 70 DA à18 000 DA par arbre et leur régénération à50-13 000 DA par arbre.
Pour la plantation d’arbres fruitiers (pommiers, poiriers, néflier, abricotier, amandier,
pruniers, cerisiers, pistachiers, pacaniers, noyers et figuiers) et de la vigne, l’aide
financière est de l’ordre de 60 % avec des seuils maxima à ne pas dépasser.

Enfin, pour encourager la production, la politique de soutien en matière de prix des


produits agricoles sur le marché ainsi que ceux utilisé pour les besoins de leur culture
(fertilisants, produits phytosanitaires etc.…) et l’énergie (électricité, gasoil…) se
poursuit. Certaines initiatives sont encouragées par diverses aides financières ou
20
techniques comme celle «gratuite » de l’EAGR et des facilités de crédits comme le
RFIG (crédits de campagne sans intérêt) pour augmenter les rendements et l’ETTAHDI
pour encourager l’investissement.

4.5. Une analyse comparative de trois types de cultures pratiquées dans


les deux communes peut être révélatrice des réactions potentielles des
acteurs locaux.
Parmi les espèces culturales ou pratiques qui ont bénéficié (et bénéficient encore) de
soutiens divers de par les réformes et politiques agricoles menées, surtout depuis le
Renouveau rural, trois sont significatives : l’arboriculture et en particulier celle de
l’olivier, la viticulture et le maraîchage.

L’arboriculture fruitière a toujours tenu une place importante à Misserghine et dans


un degré moindre à Boutlélis. Globalement, son évolution connaît deux phases. De 1962
aux années 1990, elle garde ses traits du temps de la colonisation puis périclite avec des
«pertes »constatées comme à Misserghine et surtout à Boutlélis (baisse des superficies

20 EAGR : Entreprise algérienne de génie rural

117
arboricoles de 10 à68 %). Mais à partir de 2000 avec le renouveau agricole, deux
changements ont été relevés, celui des superficies plantées en arbres fruitiers et l’autre
dans leur composition en espèces arboricoles.

Cependant, l’évolution des superficies arboricoles enregistre un «pic »entre 2003/04


à2007-08 dans la région considérée, mais, elle diffère en valeur et en durée selon les
communes (Tableau III.12 et III.13). C’est à Misserghine que l’arboriculture connaît un
essor depuis cette date (2004), celui-ci étant plus constant, régulier dans la première que
dans la seconde. A Boutlélis, après la baisse très prononcée constatée àla fin des années
90 (les 2/3 des arbres fruitiers ayant «disparus »), l’arboriculture connait une certaine
expansion, puis une baisse avant de se stabiliser à partir de 2009/2010 (Figure III.19).

D’autre part, le second changement ou mutation constaté a trait aux efforts déployés
pour développer les olivaies dans ces deux communes où les résultats sont assez
nuancés. Avant 2000, ils constituaient 20-23 % des aires arboricoles et actuellement,
plus de 80 % de celles-ci. L’olivier semble avoir supplanté les autres espèces
arboricoles comme les agrumes par exemple.

Si on établit un parallèle entre l’évolution de l’arboriculture et celle de l’olivier en


particuliers, des remarques intéressantes peuvent être faites.

A Misserghine et Boutlélis et selon les données de la DSA, l’arboriculture constituait


15 % en moyenne de la SAU avant 2000. A partir de cette date ce taux augmente de 17%
à environ 25 % et sa superficie a presque doublé. L’olivier, quant à lui connaît un essor
plus accentué, occupant 20-23 % de la superficie arboricole avant 2000, il en constitue
actuellement plus de 80 %. Or, ces deux communes étaient réputées pour leurs vergers
(agrumes en grande partie).

Par conséquent, ce qu’il faut retenir, c’est que les efforts, les encouragements, les
soutiens de toutes sortes qui ont été faits en faveur de l’extension de l’olivier depuis ces
15 dernières années ont eu des résultats nets dans ces deux communes de la wilaya
d’Oran. Les conditions naturelles étant similaires ou très proches, faut-il y voir dans
cette différence une certaine volonté des acteurs locaux?

118
Figure III.19: Evolution des superficies arboricoles dans les deux communes

Après la phase d’arrachage du vignoble (1970-87), les efforts déployés pour sa


réintroduction et son développement ont été diversement concrétisé sur les territoires
concernés à l’exception de l’option qui se dégage de plus en plus nettement pour la
vigne de raisin et des résultats moins probants (ou une certaine réticence de la part des
locaux) en ce qui concerne celle à cuve.

En effet, et jusqu’en 2001, ils ont eu des résultats globalement modestes, mais
d’ampleur variée selon les espaces considérés. C’est à Misserghine qu’ils ont été les
plus bas et Boutlélis, un peu plus élevés (en superficie tout au moins). A partir de 2002
et jusqu’en 2006/2008, la viticulture a bénéficié de soutiens plus soutenus qui se sont
traduits par l’expansion de sa superficie (Figure III.19), mais une expansion nuancée
spatialement. Boutlélis semble avoir été aussi l’objet du même type d’attention
(augmentation assez forte) mais l’expansion du vignoble à Misserghine a été très réduite
et tournée exclusivement vers celui à raisin. A partir de 2008, après une régression
généralisée, mais très prononcée Boutlélis, les superficies consacrées à la viticulture
semblent se stabiliser (Figure III.20).

De ceci, il ressort que la viticulture, malgré les réformes et politiques menées depuis
les années 1990 pour la développer dans cette région rencontre quelques difficultés.
Deux options ou voies suivies actuellement semblent se dégager : d’une part, les
superficies vouées à cette spéculation seront plus réduites (que celles probablement
prévues par les diverses planifications) et d’autre part, la vigne pour la production de
raisin sera privilégiée par rapport à celle à cuve.
119
Figure III.20. Evolution de la superficie viticole dans les deux communes.

Le maraîchage ne bénéficie pas de soutien particulier, même si dans les textes il est
cité comme une culture à développer, à part un, indirect, par le biais de l’irrigation:
facilitation d’accès (notamment aux moyens et techniques existants de celle-ci). A
Misserghine et Boutlélis, elle ne semble pas avoir connu un essor particulier sauf durant
les années 2002/03 et 2009/10 (Figure III.21). En fait, la culture maraîchère semble
n’avoir pas subi de grands changements et garde la place qu’elle occupait au lendemain
de l’indépendance.

Figure III.21. Evolution des superficies des cultures maraîchères dans les deux
communes.

120
5. Conclusion

La méthode d’analyse diachronique, basée sur la comparaison des images


satellitaires, a permis d’apprécier la dynamique urbaine au cours d’une période de trois
décennies (1985-2016). Elle a permis aussi, par la confrontation des résultats avec les
analyses des données démographiques des quatre derniers recensements, de mieux
comprendre l’impact de l’accroissement de la population sur l’extension des
agglomérations du groupement urbain d’Oran et ceux du littoral ouest oranais.
Durant cette période de 1985 à 2016, l’ampleur de l’extension spatiale de ces
agglomérations donne une idée sur la consommation des terrains agricoles. Cette
consommation des nouveaux espaces agricoles s’est effectuée en particulier :
- en direction de la zone Sud et Est, générant la conurbation de la ville d’Oran
avec les agglomérations Es-Sénia et Bir El Djir respectivement.
- sur le flanc Ouest de la ville d’Ain Turck entrainant la conurbation de cette
dernière avec l’agglomération de CAP Falcon.
- les deux agglomérations Misserghine et Boutlélis, qui trouvent des difficultés à
dépasser la barrière autoroutière de la route national RN2 au sud, se joignent
respectivement avec Hai Rabah et Dour Naib respectivement dans leurs parties
nord ;
Cette période a été caractérisée par un fort éclatement physique du bâti planifié et
non planifié au sein de tous les noyaux de la couronne périurbaine.
En effet, la saturation des principales villes du littoral ouest oranais (Oran, Ain El
Turck) et la croissance démographique importante, d’un côté, et la réalisation des
nouvelles zones d’habitat urbain planifié, de l’autre, ont été les facteurs moteurs de
l’urbanisation. Ce phénomène résulte du processus de croissance continue de la ville. La
plus part du temps, cette extension accélérée de la couronne périurbaine a été
essentiellement caractérisée par l’installation de nouvelles réalisations résidentielles
fondées sur l’habitat de type individuel et lotissement mais aussi par des habitats de type
collectifs dans le cadre des programmes du logement social, participatif et promotionnel.

En d’autre part, l’insuffisance de moyens de maîtrise de l’urbanisation a engendré


l’apparition de nouveaux quartiers non planifiés qualifiés de « spontané » n’obéissant à
aucun plan officiel d’aménagement où en l’absence de terrains d’accueil officiels, ces
nouveaux urbains s’installent illégalement sur toutes les zones libres. Ainsi, cette force

121
de pression urbaine a entraîné l’urbanisation de terrains de plus en plus inadaptés (fortes
pentes, terrains vagues, terrains agricoles, périphéries…).

Aborder l'analyse des mutations dans un espace quelconque et notamment celui rural
requiert une méthodologie à plusieurs facettes. D'ou sa complexité et les difficultés
rencontrées. Mais avant tout l'analyse de l'espace en est l'étape incontournable,
primordiale. L'outil cartographique en utilisant divers documents et démarches est le plus
approprie .

Aussi, le croisement des couches des différents thèmes (foret, maquis, terre
labourable...) à l'échelle des différentes années, a permis de faire le constat suivant :

- une nette régression de leur superficie. La dégradation de la forêt dans sa partie


sud a permis une extension du maquis. Mais en même temps le maquis lui-même a
subi une régression dont sa grande partie a été utilisée soit en terre labourable
(défrichement) soit en terrains pour l’urbanisation.

- une action de défrichage appelé par certains auteurs « une mise en campagne»,
se localise sur les pentes et sommets plats, reliés entre eux par de petites pistes.

- Quelques fermes occupent l'intérieur même de la forêt de M'sila dans sa


partie centrale et vers le sud-ouest de la forêt (domaine de Chikh Ben Khalifa ).

On y retrouve essentiellement de la vigne jusqu'a nos jours, d'autres terrain qui à la


base étaient des pare-feu de foret, détournés vers l'agriculture.

Un autre type de résultats auxquels nous sommes parvenus: la cartographie de


l’évolution de l'occupation du sol met en évidence le fait, que c'est souvent, pour ne pas
dire fréquemment l’habitat qui a enregistré le plus de changements.
Il faut noter aussi que les effets ou résultats issus des réformes en agriculture depuis
1962 ont été différenciés spatialement bien qu’ils comportent dans certains cas des
pérennités. Une certaine réticence est relevé quant àla réintroduction du vignoble de
cuve et à l’expansion de l’olivier aux dépens des autres arbres fruitiers (figuiers,
orangers, néfliers etc.…). Son espace reste bien structuré (vallons et terrains tabulaires
étant cultivés différemment), le développement des routes et voies d’accès ayant
favorisé cet aspect.

122
A Boutlélis les terres sont plus arborées : olivaies et vergers occupant 9 % de la SAU
et les forêts-garrigues, environ la moitié de la superficie de la commune. Les terres
«labourables »(78 % de la SAU) sont en fait des trouées dans les formations forestières
(anciennes ou plus récentes) de dimension variable, mais plus grande dans la moitié
occidentale de la commune.

Quant à Misserghine, la commune a su maintenir une grande partie de son patrimoine


forestier et arboricole : le territoire communal (non compris la grande Sebkha d’Oran)
est occupé pour moitié de formations forestières sous toutes ses formes (6892 ha
actuellement) .La place de l’arboriculture n’est pas négligeable : environ 25 % de la
SAU. Son territoire est ainsi structuré en 3-4 zones : plus de la moitié nord-ouest du
versant sud du Murdjadjo (qui fait partie de la commune) est forestier et intensément
reboisé, l’autre moitié nord-est est occupée essentiellement par de la forêt dégradée à
l’exception d’une enclave ancienne cultivée qui s’y est agrandie. Le reste de l’espace est
diversement occupé par l’activité agricole. Le bas du versant sud du Murdjadjo et son
piémont sont consacré aux cultures saisonnières majoritairement. La plaine bordière de
la Sebkha d’Oran a conservé son arboriculture mais avec deux changements notables :
l’olivier tient désormais une place importante (88 % de l’arboriculture) et le vignoble a
pratiquement disparu.

Ainsi, l’évolution différenciée dans la pratique des cultures de ces deux territoires
soumis aux mêmes réformes et politiques agricoles suppose qu’au moins une partie des
acteurs locaux ont leur mot à dire quant à ces dernières.

123
CONCLUSION GENERALE

124
CONCLUSION GENERALE

C e travail a pour but de faire ressortir certains facteurs déterminant ou donnant des
éléments d’explication concernant la dynamique de l’espace spécifique qu’est un
littoral. L’exemple pris en compte est le littoral oranais.

D’ès l’abord, se posait le problème de sa délimitation spatiale. En effet, plusieurs


paramètres doivent être pris en compte : naturels et réglementaires (déterminés par des
lois et des décrets). A partir de la combinaison de ces deux facteurs, la région d’étude fut
représentée par les communes du grand plan urbain d’Oran ainsi que les autres
communes du littoral occidental oranais. A noter que la commune de Misserghine fût
annexée dernièrement au plan urbain d’Oran. Quant à Boutlélis, elle a été jointe à l’étude
vu son approchement (commune limitrophe) et aussi par certains traits similaires à celle
à Misserghine.

La démarche a consisté à évaluer, estimer les changements intervenus dans le littoral


oranais ainsi délimité: en premier lieu, ceux intervenus dans l’espace naturel qu’est le
trait de côte, en second lieu dans les milieux urbanisé et enfin, dans ceux dits «ruraux ».
Le but est de faire le tout de la question aussi complètement que possible et de voir s’il
y a interaction entre ces trois composantes du littoral. Ce qui est un projet fort
ambitieux; mais le littoral est un tout : pour en comprendre le fonctionnement, il faut
étudier toutes ses facettes qu’elles soient naturelles ou liées aux activités humaines.
Elles sont indissociables. Par conséquent, la méthodologie utilisée, basée pour une
grande part sur l’utilisation et le traitement des images satellitaires «disponibles » 1, est
multiple.

En ce qui concerne les variations intervenues dans le trait de côte qui longe la baie
des Andalouses et celle d’Ain et Turck, ont été utilisé les images satellitaires de 2003 et
2016 ainsi que les données d’après les cartes topographiques de 1985 afin de compléter
et d’avoir une série assez longue dans le temps. Ceci a donné lieu à l‘élaboration d’un
SIG. Les images satellitaires utilisées sont celles à haute résolution de la firme Digitale
Globe. Elles ont été géoréférencées à l’aide de la projection UTM 30, avec une
125

1
En effet, il existe toute une gamme d’mages très intéressantes mais qui demandent un budget conséquent,…
résolution de 2,5 m, les cartes topographiques de 1985 à l’échelle du 1/25000 étant le
référentiel géographique. En effet, celles-ci ont été numérisées en adoptant une
résolution conforme à celle des images. Ensuite, le géoréférencement de la mosaïque
des images, la digitalisation des traits de côte sur chaque image géoréférencé et le
géotraitement de données ont été réalisés dans la plateforme d’ArcGIS.

Sur chaque secteur du trait de côte, une centaine de transects ont été utilisé pour en
estimer l’évolution. Ainsi, les points marquant de cette démarche sont :

• L’utilisation de la plate-forme ENVI4.7 qui assure le géoréférencement et le


mosaïquage des images spatiales pour obtenir une digitalisation du trait de côte avec
une résolution et un positionnement optimaux.

• L’outil SIG MapInfo pour la cartographie et l’intégration de toutes les données


scannées qui sont par la suite numérisées pour analyser l’évolution du trait de côte.

• L’emploi de la plate forme ArcGIS où est fournit un ensemble d'outils (DSA3.0)


pour la génération de transects perpendiculaires pour l’application de divers types de
modèle de géotraitement et contribue à extraire des distances d’évolution pour chaque
trait de côte.

• La marge d'erreurs générée par la méthodologie proposée oscillant entre ±7 à±9 m


qui est liée non seulement à la résolution du document de référence et des images
numérisées mais surtout à la difficulté de définir des invariants géographiques en très
grand nombre sur l’espace littoral.

Les résultats obtenus concernant les variations du trait de côte, calculés à partir de la
méthode du Digital Shoreline Analysis System (DSA sous ArcGIS ) sur une période de
31 ans (1985-2016), ont bien montré un recul global de celui-ci. En effet, durant cette
période de 31 ans, ce recul s’est effectué à une vitesse très grande atteignant dans
certains endroits une vingtaine de mètres par an. Ce sont : les secteurs de Cap Falcon,
Bomo plage et l’étoile (-28 m), Ain El Turck (- 21 m) et les Andalouses (-44 m). Par
contre, certaines parties côtières connaissent une certaine stabilité (Bousfer, la Grande
Plage) dû à la marge l’erreur (des valeurs < ±8 m) et d’autres, une progradation de la
ligne de rivage qui atteint par endroit des valeurs significatives (14 m à Eden plage,
15m à La Grande ainsi qu’aux Andalouses). Ce dernier changement est dû aux
aménagements réalisés dans ces endroits à l’image de l’introduction des épis
perpendiculaires au rivage dans le secteur de La grand plage (installation des canaux de

126
pompage d’eau de mer pour l’usine de dessalement) et aussi dans les plages Eden et les
Andalouses par des nouvel épis construites pour la protection de ces plages. A part ces
derniers, le recul généralisé du trait de côte est une réalité qu’il faut prendre en compte
d’autant plus que nous n’avons pas pu faire une analyse sur une période plus grande
(+de 31 ans) qui serait plus significative des effets par exemple des changements
climatiques réels, qui dans cette région se font dans le sens d’une aridification nette qui
se fait sentir (malgré quelques fluctuations plus humides) depuis le début de l’ère
quaternaire. Le relèvement du niveau de la mer est amplifié sur une grande partie de la
côte du littoral oranais du fait de sa structure géologique (présence de grabens comme la
plaine de Bousfer et l’embouchure de l’Oued Hamadi qui coule dans un fossé
tectonique). Quels effets ont été générés par l’urbanisation, la densification des
structures touristiques et les activités liées à ces dernières dans l’arrière-pays côtier? On
ne peut qu’avancer des hypothèses qui reposent sur le fait qu’elles ont un impact sur la
dynamique naturelle littorale puisqu’elles perturbent directement ou indirectement les
flux aussi bien aériens (vents) que marins.

Il aurait été pertinent de compléter l’analyse diachronique effectuée sur le moyen et


long terme par des études sur le court terme avec des mesures de terrain sur les cinq
sites. Il s’agit en particulier de procéder à des levés topographiques de la position du
trait de côte combinés à un suivi morpho-sédimentologique des plages selon une
périodicité (mensuelle, saisonnière, etc.). Ce dispositif d’observatoires s’appuyant sur
cet échantillon de base permettrait d’affiner les connaissances déjà acquises. Dans cette
optique, il sera indispensable également d’acquérir simultanément des données sur les
agents de la dynamique marine. Aussi, les données numériques produites dans cette
thèse ont été stockées dans une Base d’Information Géographique qui pourrait être
pilotée par un SIG appelé à devenir un outil d’observation et de suivi spatio-temporel de
l’évolution de la côte du littoral ouest oranais en particulier et du littoral algérien d’une
manière générale.

La troisième partie se veut aborder le côté «anthropique » de la question en


démontrant la densification urbaine d’une part et d’autre part, les changements ou non
dans l’utilisation des terres pour l’agriculture. Dans le premier volet est présenté une
méthodologie basée sur l’utilisation conjointement de l’imagerie spatiales et de la carte
topographique de 1985, qui a réussi à illustrer à la fois, la dynamique urbaine des
agglomérations du grand plan urbain d’Oran et celles des autres communes du littoral

127
occidental oranais. Cette démarche, appuyées par les analyses des données
démographiques des quatre derniers recensements, a permis aussi, de mieux analyser les
résultats avec l’accroissement de la population.

Durant cette période de 31 ans (1985 à2016) des terrains agricoles et forestiers ont
été largement affectés par l’ampleur de cette extension spatiale de ces agglomérations.
Cette consommation des nouveaux espaces agricoles a donné lieu à un nouveau
phénomène entre autre la connurbation des agglomérations limitrophes. En effet, Ce
phénomène a été visiblement illustré avec l’extension la ville d’Oran en direction du sud
et de l’est avec les agglomérations d’Es-Sénia et de Bir El Djir respective. Même
remarque a été constatée entre les agglomérations d’Ain Turck et de Cap Falcon vers le
côté Ouest de la commune d’Ain Turck. Quant aux deux agglomérations de
Misserghine et Boutlélis, elles aussi ont connu ce phénomène en faisant jonction
respectivement avec Hai Rabah et Dour Naib dans leurs partis nord.

En effet, les principaux facteurs moteurs de l’urbanisation dans ces agglomérations


étaient liés non seulement àla saturation des principales villes du littoral ouest oranais à
l’image des villes comme Oran et Ain El Turck dû aux nouveaux programmes de
relogements mais aussi àla croissance démographique importante durant cette période.
Ainsi, l’analyse de l’évolution urbaine pour la période allant de 1985 à 2016, à l’aide de
l’imagerie spatiale et du SIG, dévoile une croissance spatiale importante équivalente à 21
% de la zone urbanisée totale où seule la commune d’Oran représente 70% dans son
groupement. Cette urbanisation nouvelle du se manifeste par les extensions excessives
que subissent les agglomérations périphériques surtout dans le grand Plan urbain d’Oran
et par la prolifération sur le mont de Murdjadjo de l’habitat informel (El Hassi) dans sa
partie Est et de l’habitat formel sur la partie Sud Est (Hai Zabana et Hai Rabah) à
Misserghine, dont les emprises empiètent sérieusement sur le domaine agricole et
forestier.

Notons aussi, que depuis les années 80, et suite aux politiques urbaines menées, le
ville d’Oran a subi de fortes pressions foncières surtout sur sa périphérie immédiate,
notamment sur des agglomérations existantes telle Bir El Djir ou nouvellement créées à
l’image de Belgaid, Hai Yasmine,Akid Lotfi et El Hassi et aussi en connurbation avec
d’autres agglomérations (Es sénia, Bir El Djir).

128
Quant au deuxième volet de cette partie, le côté rural ainsi présenté repose sur deux
exemples : la mutation de l’espace rural des territoires de deux communes de
Misserghine et Boutlélis. Ainsi, aborder l'analyse des mutations dans un espace
quelconque et notamment celui rural requiert une méthodologie à plusieurs facettes.
D'où, sa complexité et les difficultés rencontrées. Mais avant tout l'analyse de l'espace
en est l'étape incontournable, primordiale. L'outil cartographique en utilisant divers
documents et démarches est le plus appropriée. La démarche de cartographier les
occupations du sol à deux ou trois dates différentes (1960 - 1985-2016) nous a permis
de faire un bilan des changements (quand il y a eu changement) en essayant d'en trouver
les causes ou les origines par l’étude et l’analyse des différentes lois et politiques
appliqués depuis l’indépendance sous formes de réformes agraires. Aussi, l'analyse des
données concernant les cultures pratiquées et recueillies auprès des directions des
services de l'agriculture ces 10-16 dernières années (certaines avaient des lacunes, mais
ont étéanalysées quand même) et la validation sur terrain de la cartographie, nous a
permis de distinguer que :

- les terres de vignoble, qui occupaient au lendemain de l’indépendance, en 1962


une grande partie de la SAU après la céréaliculture ont été réduites à quelques
parcelles. Actuellement, le changement s'est localise essentiellement sur la partie
sud de la plaine de la Sebkha. Les quelques vignobles restant se situent dans
la partie sud-ouest de la commune de Boutlélis dans la zone de Graidia et en
bordure de la RN 22 ou encore quelque parcelles au niveau de la foret de
M'Sila et sur les limites communales NE vers Sidi Bakhti.

- la majeur partie des parcelles classées comme vergers, sont en réalité des
oliveraies. Ces derniers se localisent essentiellement les long de l'axe routier Oran-
Temouchent (RN22) et sur quelques versants bordant la route entre Boutlélis et Sidi
Bakhti (CW 20).

En outre, la présente recherche illustre de façon concrète les atouts opérationnels


offerts par le traitement des images spatiales satellitaires combiné à l’usage de l’outil
SIG dans l’approche et l’analyse de la dynamique urbain du milieu. Dès lors, ces
techniques en complémentarité avec la cartographie actualisée et des statistiques
s’avèrent très utiles et prometteuses en matière de suivie, de gestion de l’étendue urbain
notamment dans des pays en voie développement.

129
Par ailleurs, ce travail a montré l'intérêt de l’utilisation de la télédétection et l’outil
SIG pour l’élaboration de bases données spatialement distribuées utilisées dans une
chaine de traitement numérique pour expliquer et étudier la dynamique du littoral
oranais. Ici, il a été démontré que la côte du littoral oranais est menacé sérieusement :
non seulement par le recul de son trait de côte, mais aussi par l’amaigrissement de ses
plages qui en sont la conséquence directe et donc sur ses activités touristiques. Celles-ci
vont requérir dans l’avenir des dépenses plus importantes du fait des aménagements
spécifiques qu’elles requièrent pour garder cette activité(dont des épis, ensablement de
plages et donc dragage dans les fonds marins pour extraire le sable etc. …)

Cette recherche, portant sur l’apport potentiel de ces deux outils pour l’étude la
dynamique côtière que ce soit mobilité du trait de côte, extension urbaine ou mutation
de l’espace rurale avait pour principal objectif de concevoir des modèles explicatifs et
des méthodologies d’investigation en utilisant un SIG ( MapInfo 11.5 et le DAS
d’ArcGIS 10.5) pour créer un outil de suivi et d’aide à la décision en matière
d’aménagement du littoral.

En perspective, la méthodologie développée dans cette thèse présente un caractère


générique qui la rend applicable à d’autres zones littorales. En effet, les travaux de
modélisation, de géotraitements, et d’analyse sont facilement adaptables à d’autres
secteurs géographiques du littoral algérien, pour peu que l’on dispose de données
similaires (Cartes, Images spatiales multidatées à hautes résolutions) basées sur des
vérifications et des relevés sur le terrain évidemment.

130
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153
LISTE DES FIGURES

154
LISTE DES FIGURES

Figure I. 1. Localisation du littoral dans son cadre méditerranéen…………………. 09


Figure I. 2. Littoral oranais : Limites naturelles
(d’après Remaoun K. et Smahi Z., 2014)……………………………… 10
Figure I. 3. Limites réglementaires du littoral oranais placédans son cadre
territorial (commune)………………………………………………….. 12
Figure I. 4. Les communes retenues pour la zone d’étude…………………………. 13
Figure I. 5. Répartition de la population résidente des communes
littorales oranaises étudiées……………………………………………. 18
Figure II.1. Localisation des côtes étudiées du littoral oranais……………………... 24
Figure II.2. Profil schématique d’une côte sableuse et terminologie anglo-saxonne
équivalente d’après Shepard A. (1973) In Faye I. (2010)……………… 26
Figure II.3. Différentes lignes de référence. Plage les Andalouses
(Source : Googleearth par DigitalGlobe, mars 2016)…………….….. 26
Figure II.4. Méthodologie adoptée pour la mesure de l’évolution
du trait de côte dans la zone d’étude…………………………...………. 29
Figure II.5. Rectification géométrique des images de référence
par rapport aux cartes àl’aide du logiciel Envi 4.7………………...….. 32
Figure II.6. Géoréférencement des images anciennes par rapport aux images
rectifiées à l’aide du logiciel Envi 4.7………………………………… 33
Figure II.7. Les couches d'information dans le SIG……………………………….. 36
Figure II.8. Résolution de la carte topographique scannée…………………………. 38
Figure II.9. Erreurs de numérisation du trait de côte sur la carte topographique….. 40
Figure II.10. Erreurs de numérisation du trait de côte sur l’image…………………. 40
Figure II.11. Les données créées dans ArcCatalog et ArcMap
du SIG ArcGIS 10.2.2………………………………………………... 44
Figure II.12. Exemple de transects et d’une ligne de base générés par le DSAS
pour mesurer l’évolution du trait de côte entre 1985 et 2016…..…….. 45
Figure II.13. Exemple de la table attributaire des distances générée
par le DSAS du trait de côte entre 1985 et 2016…………………… 45
Figure II.14. Exemple du calcul de l’indice EPR sur le site des Andalouses……… 46

155
Figure II.15. Exemple du calcul de l’indice LRR sur le site des Andalouses……. 47
Figure II.16. Evolution du trait de côte de la plage des Andalouses
entre 1985 et 2016……………………………………………………. 51
Figure II.17. Evolution du trait de côte àBousfer plage entre 1985 et 2016……….. 56
Figure II.18. Evolution du trait de côte du secteur Corales – La grande plage
entre 1985 et 2016………………………………….………………... 58
Figure II.19. Evolution du trait de côte du secteur CapFalcon plage
entre 1985 et 2016…………………………………………………… 61
Figure II.20. Evolution du trait de côte du secteur d’Ain Turck entre 1985 et 2016.. 63
Figure III.1. Nettoyage des images des erreurs de numération par filtrage
mathématique…………………………………………………………. 75
Figure III.2. Extension urbaine de la commune d’Oran entre 1985 et 2016………. 77
Figure III.3. Extension urbaine de la commune de Bir El Djir entre 1985 et 2016… 80
Figure III.4. Extension urbaine de la commune d’Es Sénia entre 1985 et 2016…… 81
Figure III.5. Extension urbaine de la commune de Sidi Chahmi entre 1985 et 2016. 82
Figure III.6. Extension urbaine de la commune de Misserghine entre 1985 et 2016. 84
Figure III.7. Extension urbaine de la commune de Boutlélis entre 1985 et 2016….. 85
Figure III.8. Extension urbaine de la commune d’Ain El Turck entre 1985 et 2016. 87
Figure III.9. Extension urbaine de la commune de Bousfer entre 1985 et 2016…… 89
Figure III.10. Extension urbaine de la commune d’El Ançor entre 1985 et 2016….. 90
Figure III.11. Densitébrute de la population d’Oran et ses périphériques
en 1985 et en 2016……………………………………………..…….. 93
Figure III.12. Répartition de la population de la commune d’Oran et ses
périphériques selon les recensements de 1977, 1987,1998 et 2008… 94
Figure III.13. Evolution du taux d’accroissement de la population et du rythme
d’urbanisation annuel moyen……………… ……………………….. 97
Figure III.14. Carte d’occupation du sol en 1960 des
deux communes (Boutlélis et Misserghine).………………………. 101
Figure III.15. Carte d’occupation du sol en 1985 des
deux communes (Boutlélis et Misserghine).………………………. 102

156
Figure III.16. Carte d’occupation du sol en 2016 des
deux communes (Boutlélis et Misserghine).………………………. 103
Figure III.17. Evolution des superficies cultivées par type de culture dans la
commune de Boutlélis………………………………………………. 110
Figure III.18. Evolution des superficies cultivées par type de culture dans la
commune de Misserghine…………………………………….……... 111
Figure III.19. Evolution des superficies arboricoles dans les deux communes…..... 119
Figure III.20. Evolution de la superficie viticole dans les deux communes……….. 120
Figure III.21. Evolution des superficies des cultures maraîchères
dans les deux communes…………………………………………….. 120

157
LISTE DES TABLEAUX

158
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I. 1. Classement des communes littorales étudiées selon leur taux de
croissance annuel moyen de la population…………………………………………. 19
Tableau I. 2. Densitéde population des communes littorales oranaises étudiées….. 19
Tableau II. 2. Cartes topographiques utilisées…………………………………….. 28
Tableau II. 3. Caractéristiques des satellites de DigitalGlobe……………………… 28
Tableau II. 4. Correction de l’image(2016) par rapport à la carte des sites d’étude. 34
Tableau II. 5. Correction image(2003) par rapport àl’image de référence………. 35
Tableau II. 6. Dimensions minimales de quelques signes linéaires conventionnels
(Donnay J.P. et Cornélis B., (2000)……………………………………………….. 38
Tableau II. 7 : Précision concernant la numérisation du trait de côte……………… 40
Tableau II. 8 : Estimation des erreurs inhérentes àla méthode
de délimitation du trait de côte…………………………………………………….. 41
Tableau II. 9. Sémiologie graphique des traits de côte…………………………… 48
Tableau II. 10. Mesures de l’évolution moyenne et annuelle du trait de côte
de la plage des Andalouses (1985-2016) basées sur l’indice EPR…………………. 49
Tableau II. 11. Mesure de l’évolution moyenne et du taux d’évolution
du trait de côte de la plage des Andalouses basée sur l’indice LRR (1985-2016)… 50
Tableau II. 12. Variations du trait de côte entre 1985 et 2016
selon les deux distances…………………………………………………………….. 52
Tableau II. 13. Valeur estimé des variations du trait de côte
àBousfer plage entre 1985 et 2016………………………………………………… 53
Tableau II. 14. Valeur des variations du trait de côte àCoralès
entre1985 et 2016 et en utilisant l’indice LRR…………………………………… 57
Tableau II. 15. Valeurs des variations du trait de côte
à Cap Falcon d’après l’indice LRR de 1985 à 2016………………………………. 60
Tableau II. 16. Valeurs des variations du trait de la côte d’Ain el Turck
entre 1985 et 2016………………………………………………………………….. 62
Tableau III. 1. Cartes topographiques utilisées à l’échelle du 1/25000…………….. 71
Tableau III. 2. L’historique des satellites LANDSAT (Source : NASA, 2018)……. 72
Tableau III. 3. Caractéristiques des bandes spectrales des capteurs
de Landsat. Source : NASA-USGS, 2018…………………………… 73
Tableau III. 4. Estimation des erreurs………………………………………………. 74

159
Tableau III. 5. Évolution des surfaces du bâti dans les communes étudiées
entre 1985 et 2016………………………………………………………………….. 76
Tableau III. 6. Part des terrains urbanisés et montagneux dans la commune d’Oran. 78
Tableau III. 7. Évolution des surfaces du bâti dans les communes côtières du
littoral occidental oranais entre 1985 et 2016…………………………………….. 86
Tableau III. 8. Evolution de la densitéde la population du PGUO et des
communes littorales et sublittorales (CLOO) entre 1987 et 2016…………………. 92
Tableau III. 9. Densitéréelle des communes des deux groupements (PGUO et
CLOO) entre 1985 et 2016………………………………………………………… 92
Tableau III. 10. Evolution de la population des communes du PGUO et du
CLOO entre 1977 et 2016 (Source: ONS)…………………………………………. 94
Tableau III. 11. Accroissement annuel moyen des communes du PGUO
et du CLOO entre 1977 et 2016…………………………………………………… 95
Tableau III. 12. Répartition des terres agricoles en termes de superficies dans la
commune de Boutlélis entre 2000 et 2016. (D’après la DSA d’Oran)……………. 108
Tableau III. 13. Répartition des terres agricoles en termes de superficies dans la
commune de Misserghine entre 2000 et 2016. (D’après la DSA d’Oran)…………. 109
Tableau III. 14. Superficies des classes d’occupation du sol (1960 - 1985 et 2016)
de la commune de Misserghine…………………………………………………….. 112
Tableau III. 15. Superficies des classes d’occupation du sol (1960 - 1985 et 2016)
de la commune de Boutlélis………………………………………………………… 112

160
LISTE DES PHOTOS

161
LISTE DES PHOTOS

Photo II. 1. Nouveau épi séparant le complexe à la plage publique aux Andalouses
(Date : 09/12/17)…………………………………………………………………... 51
Photo II. 2. Embouchure de l’Oued Hamadi aux Andalouses (Date : 09/12/17)….. 52
Photo II. 3. Vue de la partie ouest de Bousfer plage. (Date : 20/11/2017)………….. 54
Photo II. 4. Vue de la partie est de Bousfer plage dite "Peninica plage". ………….. 54
Photo II. 5. Embouchure de l’oued « Ouedit » sur la plage « Baisé » de Bousfer… 55
Photo II. 6. Plage de Bousfer dite "Le plancher". (Date : 09/12/2017)…………….. 55
Photo II. 7. Plage de Murdjane et son complexe touristique……………………….. 56
Photo II. 8. Vue de l’Est de la grande plage avec les deux épis et la station de
dessalement de l’eau de mer. (Photo prise le 20/11/2017)………………………….. 59
Photo II. 9. Vue de la partie ouest de l’Etoile plage. (date de prise de vue : le
20/11/2017)………………………………………………………………………….. 59
Photo II. 10. Les deux épis d’Eden plage. (Date : 09/12/17)…………………… 61
Photo II. 11. Vue de la partie ouest de Paradis plage. (Photo prise le 17/11/2017)… 64
Photo II. 12. Urbanisation au pied de Paradis plage. (Date : 12/05/2016)………… 64
Photo II. 13. La nouvelle route élargie CW84 coupant le cordon dunaire des
plages Bomo et Etoile. (Date : 09/12/17)…………………………………………... 66

162
Résumé
Le littoral méditerranéen de l’ouest algérien compris entre l’oued Kiss (frontière Algéro-marocaine) à
l’Ouest et l’Oued Taghzout à l’Est (wilaya de Mostaganem) s’étire sur prés de 446 Km. Tout en tenant compte
des limites naturelles et des délimitations réglementaires de cette vaste région, il a étéplus restreint, par besoins en
données statistiques, au cadre territorial représentépar les communes littorales et sublittorales de la wilaya
d’Oran. Cette zone, objet de notre étude caractérisée par des unités morphologiques variées constitue une zone
particulièrement intéressante pour l’étude et la compréhension de l’influence naturelle et anthropique sur sa
dynamique. La croissance démographique galopante, l’augmentation des activités économiques et touristiques et
aussi, l’urbanisation croissance ont conduit ces dernières années à des modifications de l’espace naturel et aussi à
une dégradation de l’environnement de certaines plages de ce littoral. Ce travail de thèse propose une
méthodologie basée sur deux types d’approches qui sont associées àtous les niveaux les SIG et la télédétection.
La première approche est consacrée à la mesure de l’évolution du trait de côte des plages de la baie d’Ain El
Turck à la Baie des Andalouses pour la période s’étendant de 1985 à 2016. Cette recherche a été basée sur une
méthodologie utilisant àla fois les cartes topographies de 1960, 1985, les images satellitaires de 2003, 2016 et
aussi, les quatre derniers recensements de la population et les données terrains pour mesurer cette dynamique
spatiale. La deuxième approche est divisée en deux axes. Le premier volévise àétudier la croissance spatiale de
toutes les communes de la région d’étude par la caractérisation et la quantification de tous les espaces urbanisé
durant la période de 31 ans appuyés par le SIG pour évaluer les surfaces bâties et leurs localisations. Le
deuxième axe concerne l’étude de la mutation de l’espace rurale des deux communes sublittorales à savoir
Misserghine et Boutlélis sur la période de 1960 à2016.
Mots clés : SIG, image satellitaire, trait de côte, littoral, urbanisation, espace rurale.
‫ملخص‬

‫ازوت في‬ƒƒ‫رب ووادي تغ‬ƒƒ‫ة( في الغ‬ƒƒ‫ة الجزائري‬ƒƒ‫دود المغربي‬ƒƒ‫ري بين وادي كيس )الح‬ƒƒ‫رب الجزائ‬ƒƒ‫ط للغ‬ƒƒ‫بيض المتوس‬ƒƒ‫ر األ‬ƒƒ‫واحل البح‬ƒƒ‫د س‬ƒƒ‫تمت‬

‫ل‬ƒ‫ من خال‬، ‫ك‬ƒ‫ر ذال‬ƒ‫د أختص‬ƒ‫ فق‬،‫عة‬ƒ‫ة الشاس‬ƒ‫ذه المنطق‬ƒ‫ة له‬ƒ‫دود التنظيمي‬ƒ‫ة والح‬ƒ‫دود الطبيعي‬ƒ‫اة الح‬ƒ‫ ومع مراع‬.‫ كلم‬444 ‫الشرق )والية مستغانم( حوالي‬

‫يزت‬ƒƒ‫تي تم‬ƒ‫تنا ال‬ƒƒ‫وع دراس‬ƒ‫ موض‬، ‫ة‬ƒƒ‫ذه المنطق‬ƒƒ‫ ه‬.‫ إللطار اإلقليمي الذي تمثله البلديات الساحلية وشبه االستوائية لوالية وهران‬، ‫االحتياجات اإلحصائية‬

‫ وقد أدى النمو‬.‫بوحدات مورفولوجية مختلفة تشكل منطقة مثيرة اللهتمام بشكل خاص للدراسة وفهم التأثير الطبيعي واإلنثروبولوجي على ديناميكيتها‬

‫دهور‬ƒ‫ذلك للت‬ƒ‫ وك‬،‫ة‬ƒ‫ة الطبيعي‬ƒ‫يرات في البيئ‬ƒ‫يرة إلى تغي‬ƒ‫نوات األخ‬ƒ‫دن في الس‬ƒ‫و التم‬ƒ‫ وزيادة األنشطة االقتصادية والسياحية وكذلك نم‬،‫السكاني السريع‬

‫ات‬ƒƒ‫ام المعلوم‬ƒƒ‫تويات بنظ‬ƒƒ‫ع المس‬ƒƒ‫ة على جمي‬ƒƒ‫اهج المرتبط‬ƒƒ‫وعين من المن‬ƒƒ‫وم على ن‬ƒƒ‫ة تق‬ƒƒ‫الة منهجي‬ƒƒ‫ذه الرس‬ƒƒ‫ تقترح ه‬.‫البيئي لبعض شواطئ هذا الساحل‬

.‫الجغرافية واالستشعار عن بعد‬

‫ة‬ƒƒ‫ذا البحث إلى منهجي‬ƒ‫تند ه‬ƒƒ‫ اس‬6154. ‫ إلى‬5891 ‫ترة من‬ƒƒ‫دلس للف‬ƒƒ‫تر إلى خليج األن‬ƒ‫ من خليج عين ال‬.‫اطئ‬ƒƒ‫يكرس النهج األول لقياس تطور ساحل الش‬
‫يرة من‬ƒƒ‫ة األخ‬ƒƒ‫دادات األربع‬ƒƒ‫ التع‬، ‫ًا‬ƒ‫ وأيض‬6154 ‫ام‬ƒƒ‫ ع‬، 6112 ‫ام‬ƒƒ‫ صور األقمار الصناعية لع‬، 5891 ، 5841 ‫باستخدام الخرائط الطبوغرافية لعام‬
‫ديات‬ƒƒ‫ع البل‬ƒƒ‫اني لجمي‬ƒƒ‫ أول طار يهدف إلى دراسة نمو المك‬.‫ وينقسم النهج الثاني إلى محورين‬.‫البيانات السكانية والميدانية لقياس هذه التحوالت المكانية‬
‫اطق‬ƒ‫ييم المن‬ƒ‫ة لتق‬ƒ‫ات الجغرافي‬ƒ‫دعم من نظم المعلوم‬ƒ‫نوات ب‬ƒ‫ س‬25 ‫ترة من‬ƒ‫ل الف‬ƒ‫رية خال‬ƒ‫اطق الحض‬ƒ‫ع المن‬ƒ‫دير لجمي‬ƒ‫يف وتق‬ƒ‫في منطقة الدراسة لتوص‬
‫ حتى عام‬5841 ‫ المحور الثاني يتعلق بدراسة تحول الفضاء الريفي للبلديتين شبه الساحلية مسرغين و بوتليليس خالل الفترة من عام‬.‫والمواقع المبنية‬
6154.
.‫ الفضاء الريفي‬، ‫ التمدن‬، ‫ الخط الساحلي‬، ‫ الشريط الساحلي‬، ‫ صور األقمار الصناعية‬، ‫ نظم المعلومات الجغرافية‬: ‫الكلمات المفتاحية‬

Abstract

The Mediterranean coast in the West Algerian understood between oued Kiss (Algero -marocaine
stretches nearly 446 Km. border) to the West and the oued Taghzout in the East (Mostaganem province) Taking
into account natural limits and regulatory boundaries of this vast region, it has been more restricted, by needs in
statistical data, the territorial framework represented by the coastal and sublittoral township in the area, object of
our study characterized by varied morphological units is a particularly wilaya of Oran. This
interesting area for the study and understanding of the natural and anthropic influence on its dynamics. Galloping
population growth, the increase of economic and tourist activities and also , urbanization growth have led recent
changes of the natural space and also a degradation of the environment of some beaches of this coastline. This
thesis work proposes a methodology based on two types of approaches that are associated The first approach
focuses on the measurement of the evolution of .with all levels of GIS and remote sensing the coastline of the beaches
from the Bay of Ain El Turck to the Bay of Andalouses for the period [Link] research was based on a
methodology using both topographic maps of 1960, 1985 and satellite images of 2003, 2016 and also the last four
censuses of the population and field data to measure this dynamic space. The second approach is divided into two
axes . The first axe aims to study the spatial growth of all municipalities in the region of study by the characterization
and quantification of all spaces urbanized during the period of 31 years supported by GIS to evaluate the built -up
surfaces and their locations. The second section concerns the study of the transformation of the rural space of two
.sublittoral townships namely Misserghine and Boutlélis over the period 1960 to 2016

urbanization, rural space. ,Key words: GIS, satellite image, coastline, coastal

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