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Évaluation d'entreprise : Approches et enjeux

L'évaluation d'entreprise consiste à déterminer la valeur d'une entreprise et peut être nécessaire dans des cas comme une fusion, une introduction en bourse ou une succession. Elle fait appel à des connaissances en finance, comptabilité, stratégie et droit. Le document décrit le concept d'évaluation d'entreprise ainsi que les raisons pour lesquelles une évaluation peut être nécessaire.

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Évaluation d'entreprise : Approches et enjeux

L'évaluation d'entreprise consiste à déterminer la valeur d'une entreprise et peut être nécessaire dans des cas comme une fusion, une introduction en bourse ou une succession. Elle fait appel à des connaissances en finance, comptabilité, stratégie et droit. Le document décrit le concept d'évaluation d'entreprise ainsi que les raisons pour lesquelles une évaluation peut être nécessaire.

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Introduction générale

Les entreprises font face à des besoins de financement afin de réaliser des investissements
et atteindre leurs objectifs de croissance. Dans la plupart des cas, elle recourt aux
établissements de crédit tels que les banques, mais cette décision n’est pas toujours réalisable
pour satisfaire leurs besoins.

En effet, les entreprises recours aux marché financier, auquel cas l’entreprise est dans
l’obligation de déterminer la valeur de son entreprise pour encourager les investisseurs de
placer leurs argent afin d’augmenter le capital.

De plus, l’évaluation de l’entreprise fait appel à de nombreuses disciplines : la finance, la


comptabilité, la stratégie de l'entreprise, le droit et la fiscalité, c'est ce qui fait son intérêt mais
également sa difficulté. D’où il existe plusieurs méthodes de l’évaluation d'entreprise qui ne
sont pas systématiquement pertinentes, et l'utilisation de plusieurs d'entre elles, permet
d'établir une fourchette de valeur.

Cependant, ce qu'il rend l'opération de l'évaluation plus délicat c'est que l’acquéreur veut
acheter avec un prix moins cher et le vendeur veut vendre au prix plus élevé.

En effet, l’évaluation de l’entreprise est nécessaire n’ont seulement dans le cas de vente
ou d’achat, mais plutôt dans d’autres contextes tels que fusion, scission, augmentation du
capital, introduction en bourse….

Par ailleurs, nous avons choisi de formuler notre problématique de la manière suivante :

« Quelles sont les différents approches auxquelles l'entreprise peut avoir recours lors
d'une évaluation ? »

À partir de notre problématique, nous pouvons soulever les questions suivantes:

- Qu’est-ce que l’évaluation de l’entreprise ?


- Comment peut-on évaluer l’entreprise selon les trois approches ?
- Les méthodes d'évaluation, convergent-elles vers une même valeur ?
Par conséquent, afin de répondre à notre problématique, nous avons choisi un plan
comportant trois chapitres

Le premier chapitre est consacré aux généralités sur l’évaluation d’entreprise, divisé en
trois sections à savoir :

Section 1 : concept de l’évaluation des

entreprises Section 2 : corpus théorique

Section 3 : le processus de l’évaluation de l’entreprise

Le deuxième chapitre nous allons présenter les outils d’évaluation d’entreprise divisée en
trois sections à savoir :

Section 1 : l’approche des flux de trésorerie disponible

Section 2 : l’approche patrimoniale et l’approche mixte

Section 3 : l’approche comparative

Le troisième et le dernier chapitre portera sur un cas empirique où nous allons appliquer
les trois approches sur la société de TGCC divisé en trois section :

La première section nous allons présenter la société, puis la deuxième procédera à


l'application des différentes méthodes d'évaluation sur la société afin de déterminer sa valeur
et la troisième porte sur les apports et limites de chaque approche
Introduction

L’évaluation de l’entreprise englobe un ensemble de concepts et méthodes, qui consistent


à proposer une valeur ou une fourchette de valeurs des actifs détenus par une entreprise.

De plus, une entreprise est dans l’obligation d’être évaluer dans le cas d’une fusion,
introduction en bourse ou succession…

Ainsi, l’évaluation de l’entreprise est une mission multidisciplinaire qui nécessite des
connaissances diverses au niveau de la comptabilité, la finance, la stratégie d’entreprise, droit
et la fiscalité.

Ce premier chapitre est consacré à la généralité sur l’évaluation de l’entreprise.

Dans la première section on va définir la notion de l’évaluation de l’entreprise, par la


suite faire la distinction entre la notion de la valeur et le prix, ensuite on va voir les objectifs
qui sont liées à l’évaluation de l’entreprise.

La seconde section est consacrée aux corpus théoriques, dont on va présenter les théories
financières de l’évaluation de l’entreprise telle que la théorie de Modigliani et Miller, la
théorie du signal et la théorie d’agence.

Enfin, dans la troisième section, nous aborderons le processus de l’évaluation de


l’entreprise.
SECTION 1 : Concept de l’évaluation des entreprises

L'évaluation d'une entreprise a pour objectif de déterminer une valeur, plus précisément
une fourchette de valeurs qui correspondre à la valeur réelle de l'entreprise en question. Ceci
dans le but de permettre une négociation raisonnable entre les parties prenantes intéressées par
cette évaluation et, le cas échéant, d'aboutir à un prix en cas de transaction qu'elle soit partiel
ou totale.

L’objectif de cette section est de définir le concept de l’évaluation de l’entreprise.


Ensuite, on va évoquer la notion de la valeur et la notion du prix, et montrer la différence
entre les deux.

Enfin, on va présenter les raisons qui poussent à l’évaluation de l’entreprise.

1- Soubassement juridique : évaluation et faillite de l’entreprise

La défaillance est une sanction de l’échec économique d’une entreprise qui n'a pas atteint
un niveau de rentabilité suffisant afin de faire face à ses engagements financiers (Combier,
Blazy, 1998). Autrement dit, c’est l’accumulation de l’ensemble des coûts diffusés au sein de
l’entreprise, qui peut entraîner de la faillite

La faillite d’entreprise est un ancien terme juridique remplacée aujourd’hui par le terme
de cessation des paiements d’une entreprise. Il sert à qualifier une entreprise qu’elle n’est pas
capable d‘honorer ses diverses dettes (salaires, dettes fournisseurs, emprunts financiers, etc.).
Une entreprise est donc en cessation de paiement lorsque le passif de son bilan comptable est
supérieur à l’actif : cela signifie que son passif ne suffit pas à couvrir son actif et par
conséquent ne peut plus payer ses dettes1.

Actuellement, les banques utilisent des techniques de scoring afin de déterminer l’état des
entreprises. Le principe est simple : il consiste à qualifier l’entreprise au travers de ses états
financiers et à déterminer la limite de risque à l’aide d’un indicateur synthétique portant sur
l’ensemble du secteur. En comparant le résultat de l’entreprise avec cette limite afin de savoir
si à court terme l’entreprise va faire ou non faillite. En d’autre terme, la méthode des scores «
Scoring » est une technique d'analyse utilisée afin de détecter la défaillance, à travers un score

1
[Link]
attribué à l’entreprise. Cette technique du scoring est destinée à diagnostiquer les difficultés
des entreprises. Le scoring est un système d'aide à la décision qui permettre aux banques de
définir à l’utilisation de leurs exploitants des catégories cibles pour lesquelles le risque peut
être anticipé2.

Si la faillite est survenue et que la firme ne trouve pas de financement externe, elle peut
demander aux associés de recapitaliser la firme afin de lui permettre d’assumer ses
engagements ou opter pour cesser ses activités et mettre l’entreprise en faillite. Par la suite, la
procédure consiste à déclarer la firme en faillite auprès du greffe du tribunal du commerce le
plus proche du siège social. En effet, l’entreprise dispose alors d’un délai de 45 jours à
compter de la date de dépôt de déclaration de faillite pour confirmer ou infirmer la cessation
effective des paiements. Une procédure s’ouvre après au cours de laquelle le tribunal étudiera
le dossier afin de placer la firme en redressement judiciaire pour lui donner une chance de
poursuivre son activité, ou de la mettre en liquidation judiciaire afin de cesser ses activités3.

Le redressement judiciaire4

Après avoir déclarée en faillite, cette dernière se retrouve devant un jury qui devra
décider de son sort. Elle pourra être mise en redressement judiciaire si les dirigeants et les
juges déterminent qu’elle a des moyens de se redresser et de poursuivre son activité.

Dans cette situation, les créances de l’entreprise seront suspendues pour permettre à
l’entreprise de se redresser et retrouver un minimum de trésorerie. L’entreprise sera soumise à
une période d’observation d’une durée maximum de 18 mois.

Cette période d’observation permet au tribunal de commerce d’évaluer la capacité de


l’entreprise à poursuivre son activité et à rembourser ses dettes. À la fin de cette période
d’observation, l’entreprise peut :

 Être contrainte de suivre un plan de redressement imposé par le tribunal ;

 Disposer d’un délai de continuation pour rembourser ses dettes à condition que ses
ressources lui permettent ;

2
[Link]
mesure-148674
3
[Link]
4
[Link]
 Être reprise, à la barre du tribunal par des tiers ;

 Être mise en liquidation judiciaire.

Faillite d’entreprise : la liquidation judiciaire5

La procédure de liquidation judiciaire est déclenchée si le juge du tribunal de commerce


estime que l’entreprise en faillite n’a pas la capacité suffisante pour retrouver une rentabilité
suffisante, et pour survivre des moyens de reprendre ses dettes. L’objectif sera alors de mettre
en vente l’ensemble des actifs appartenant à la société pour rembourser les créanciers de la
société en faillite.

Effet d’accordéon

Lorsqu’un dirigeant ou un actionnaire découvre que l’entreprise ne dispose plus de la


trésorerie nécessaire pour payer les sommes dues, ou lorsque les pertes subies dépassent le
quart du capital social de la société, la loi l’oblige à agir pour trouver une situation financière
saine, à travers l’opération du coup d’accordéon.

Cette décision permettra à l’entreprise de restructurer ses fonds propres qui présentent des
pertes cumulées sur plusieurs exercices avec un report à nouveau déficitaire au titre des
derniers comptes approuvés.

Selon l’article 357 de la loi 20.05 du Code du Commerce : « Si du fait de pertes constatées
dans les états de synthèse, la situation nette de la société devient inférieure au quart du capital social,
le conseil d'administration ou le directoire est tenu, dans les trois mois qui suivent l'approbation des
comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer l'assemblée générale extraordinaire à l'effet
de décider s'il y a lieu, de prononcer la dissolution anticipée de la société ».

Autrement dit, cette loi impose aux entreprises dont les capitaux propres (capital social +
réserves + report à nouveau + résultat de l’exercice) sont inférieurs à 25% de leur capital
social de procéder soit à la dissolution de leur société ou la reconstitution de leurs capitaux
propres dans un délai de 2 ans maximum6.

5
[Link]
6
[Link]
Si l’entreprise décide de poursuivre son activité en reconstitution ses capitaux propres,
elle doit procéder à une augmentation ou à une réduction du capital dont le montant doit
correspondre à la perte qui n’a pas pu être mise en réserve. Le mécanisme du coup
d’accordéon est donc destiné à réduire les pertes de l’entreprise, puis à procéder à une
augmentation du capital dans le but de relancer une entreprise qui est en difficultés
financières7.

Lorsqu’une entreprise réalise une opération capitalistique, les conséquences pour les
actionnaires peuvent être à la fois multiples et importantes. Une réduction de capital entraîne
la perte de tout ou partie des droits des associés de l’entreprise. Autrement dit, en cas
d’augmentation de capital, les associés disposent d’un droit préférentiel de souscription,
même si tout soit négociable ! Ils bénéficient, normalement, d’un droit de priorité pour
souscrire à l’augmentation de capital afin de maintenir leur niveau de participation avant et
après le coup d’accordéon8.

Le Code de commerce protège tous les actionnaires et prévoit que la réduction de capital
ne peut en aucun cas “porter atteinte à l'égalité des actionnaires” (article 210 de la loi 17-95
du Code de commerce). La Cour de cassation considère que la réduction du capital social
pouvant exclure certains associés ne disposant pas de liquidités suffisantes est licite
uniquement dans la mesure où la survie de celle-ci le justifie9.

2- Définition de l’évaluation des entreprises

Durant les trente dernières années, l’évaluation de l’entreprise a connu des changements
significatifs, dans un environnement économique et financier, et sous l’effet de la
structuration de la théorie financière10.

L’évaluation de l’entreprise est l’ensemble de concepts et de méthodes, dans le but de


donner une valeur aux actifs d’une entreprise et à ses titres. En effet, elle se déroule selon un

7
[Link]
singelnstein
8
[Link]
9
[Link]
singelnstein
10
Palard J-E et al, 2013, p :19 « Guide pratique d’évaluation des entreprises », Edition Eyrolles
processus qui s’inscrit dans un environnement économique donnée plus ou moins complexe et
formalisé11.

Selon (S. PARIENTE, 2013. P :217) « Évaluer une entreprise consiste à établir un prix,
acceptable par les parties pour tous les actifs et à déduire par la suite l’endettement, pour
obtenir la valeur des capiteux propres ». Autrement dit, afin d’avoir la valeur globale de
l’entreprise, il faut retrancher l’endettement car il baisse sa valeur.

Selon (THAUVRON.A, 2005. P7, 8) : « Afin d’étudier les performances passées, il est
essentiel de maitriser les techniques comptables pour retraiter les états financiers et
comprendre les sources de la création de valeur passée. Le diagnostic et le plan stratégique
doivent faciliter l’écriture du futur de l’entreprise qu’il faut par la suite traduire du point de
vue financier. »

En d’autres termes, l’évaluation de l’entreprise est multidisciplinaire elle regroupe la


comptabilité, la finance, la stratégie d’entreprise, le droit et la fiscalité.

Auparavant, en matière de l’évaluation de l’entreprise était basée de la comptabilité.


Cependant elle est restée pour longtemps l’apanage des experts comptables confrontés des
problèmes de transmission d’entreprise, de succession, etc. Progressivement, le domaine de
l’évaluation de l’entreprise a quitté le champ comptable, pour intégrer des concepts de la
finance. Par conséquent, aujourd’hui il existe plusieurs approches d’évaluation de l’entreprise
à savoir : approches patrimoniales, approches des flux de trésorerie et l’approche
comparatives, et chaque approche donne une valeur différente12.

3- L’intérêt de l’évaluation de l’entreprise13


Généralement, les entreprises ont tendance à adopter la pratique de l’évaluation pour
prendre des décisions concernant le long terme comme les investissements et le financement
on le court terme touchant ainsi le cycle d’exploitation.
Par conséquent, on déduit que l’évaluation de l’entreprise intervient pour faciliter la
décision concernant les trois cycles de la firme : investissement, financement et exploitation.
L’évaluation de l’entreprise présente une moyenne pour mesurer l’autonomie financière de
l’entreprise ainsi que sa capacité de remboursement.

11
Palard J-E, Imbert F, 2013, p :15 « Guide pratique d’évaluation des entreprises », Edition Eyrolles
12
[Link]
13
PRTIENTE.S « Analyse financière et évaluation d’entreprise », édition pearson, 2013, p217.)
Elle est aussi un outil de gestion important qui permet de contrôler des variables comme
la rentabilité, l’environnement de l’entreprise, l’évolution de l’entreprise et sa santé
financière.
4- La différence entre la valeur et le prix
4-1/ La notion du prix
Selon (BRILMAN.J et MAIRE.C, 1990, p19) « Le prix payé lors d’une transaction, à
l’opposé de la valeur, est une donnée réelle. Il peut arriver que le prix payé soit considéré
comme une pure folie par rapport à une valeur dite raisonnable ».

Autrement dit, le prix d’une entreprise est la valeur réelle qu’un investisseur ou un agent
économique à le pouvoir d’un achat. En effet, il représente le fruit d’un processus de
négociation entre l’acquéreur et le vendeur14.

4-2/ La notion de la valeur


L’évaluation d’une entreprise consiste à présenter une valeur ou une fourchette de valeurs
des actifs détenus par une entreprise, et en aucun cas à proposer un prix. Il est donc nécessaire
de faire la différence entre ces deux notions. En effet, la valeur d’une entreprise est le résultat
de l’application d’une méthode d’évaluation, elle dépend à la fois de l’agent économique qui
réalise la transaction (analyste, investisseur, acquéreur, etc.) et les objectifs qu’il poursuit15.

Autrement dit, la valeur de l’entreprise est déterminée par des méthodes d’évaluation
d’entreprises qui sont différentes (on va les voir en détail dans le deuxième chapitre), et
chaque méthode donne une valeur différente. Cette valeur peut être effectuée soit sur la base
des données comptables ou financières ou économiques.

Donc, on peut constater que la valeur qu’on obtient après évaluer une entreprise, c’est le
prix auquel on se référer pour la détermination du prix de vente ou d’acquisition de
l’entreprise.

14
PALARD, J-E., IMBERT, « [Link] pratique d’évaluation d’entreprise », Paris : Eyroles, 2013, p 47
15
[Link] d evaluation d [Link]
4-3/ La différence entre la notion du prix et de la valeur

« Le prix est ce que vous payez. La valeur est ce que vous gagnez. » (Warren Buffet).

D’après cette citation, on peut constater que le prix est une réalité, et ne se forme qu’au
moment où il y a une négociation entre l’acquéreur et le vendeur. Donc, le prix est n’est pas
toujours égal à la valeur, car le prix est une donnée objective, tandis que la valeur est
subjective, et par conséquent c’est ce qui explique qu’une même entreprise peut avoir des
valeurs différentes selon l’objectif recherché par l’évaluateur. Toujours dans le contexte de
l’évaluation, l’évaluateur ne cherchera jamais à attribuer une valeur exacte à l’entreprise, mais
d’une fourchette de valeurs afin de commencer la négociation entre l’acquéreur et le vendeur
pour fixer un prix accepté par les deux parties. Le vendeur cherchera toujours à ce que le prix
de vente soit le plus élevé, or que l’acquéreur cherche d’offrir le prix le plus bas16.

5- Les objectifs de l’évaluation des entreprises


L’évaluation d’entreprise peut se faire à tout moment de sa vie. D’une part cette
démarche est une meilleure gestion de l’entreprise, puisque le processus d’évaluation mettra
en évidence sur ses forces et ses faiblesses, ce qui aura pour conséquence l’orientation de sa
stratégie.

D’autre part, cela place le dirigeant en position de réactivité face aux nombreuses
opportunités et menaces qui peuvent se présenter. En effet, l’évaluation d’entreprise est
importante dans toutes les opérations qui comportent une transaction, puisqu’elle contribue de
fixer le prix, sans oublier que l’évaluation d’entreprise est obligatoire en terme juridique
comme dans la transmission ou la répartition d’héritage17.

Cependant, les cas sont nombreux, d’où on va citer certaines situations dans lesquelles
une évaluation d’entreprise est apparaît nécessaire :

 La Cession de l’entreprise

La cession d’entreprise c’est lorsque le propriétaire vend l’entreprise à un repreneur soit


en vendant la totalité de l’entreprise soit en vendant seulement une partie de la firme. Le prix
de cession de l’entreprise est le point central de cette opération, qui sera fixé à travers la

16
[Link]
17
[Link] d evaluation d [Link]
négociation entre le vendeur et l’acheteur. Afin d’avoir une idée d’un prix raisonnable, il faut
procéder à l’évaluation de l’entreprise en employant les différentes méthodes d’évaluation18.

Cependant, lors d’une cession ou d’acquisition d’une entreprise, une évaluation de celle-
ci fournit un compte détaillé des revenus, des dépenses et des gains historiques, une liste des
actifs corporels et incorporels, et des informations qualitatives sur l'entreprise. En pratiquant
ces informations, on peut constater les gains que la firme est susceptible d’avoir pendant les
prochaines années et permet à déterminer un prix équitable pour la firme19.

 Fusion d’entreprise20

La fusion c’est lorsque deux ou plusieurs entreprises se regroupent pour devenir une seule
entreprise, (par exemple la valeur de l’entreprise C est déterminée en fonction de la valeur des
entreprises fusionnantes A et B d’où il nécessite l’obligation d’évaluer chaque entreprise) ; ou
bien à une prise de contrôle de la société absorbante sur la société absorbée. Afin de
déterminer la valeur des titres et aussi pour déterminer le nombre des titres auxquels les
actionnaires de la société absorbante ont droit de la manière la plus juste, il est nécessaire de
déterminer la valeur de l’entreprise. En effet, il est préférable que la méthode d’évaluation soit
identique dans les deux sociétés21.

 La scission22

La scission est l’opération par laquelle une entreprise transmet l’ensemble de son
patrimoine à deux ou plusieurs sociétés préexistantes ou nouvelles. Cependant, cette opération
permet de diviser les actifs et les passifs d’une entreprise entre deux ou plusieurs autres
entreprises23.

18
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
19
[Link]
d=y
20
L’article L. 236-1, 1er alinéa du code de commerce prévoit que lorsqu’une ou plusieurs entreprises
peuvent, par voie de fusion, transmettre leur patrimoine à une entreprise existence ou à une nouvelle
société qu’elles constituent.
21
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
22
L’article L. 236-1, 2ème alinéa du Code de Commerce définit la scission comme une transmission du patrimoine
d’une société « à plusieurs sociétés ».
23
[Link]
« À l’opposé de la fusion, la scission peut avoir lieu lors de la séparation des différentes
filiales d’un groupe en entités distinctes »24.

 La succession

La succession c’est le passage de la propriétaire familiale sans passer à une cession et qui
convient d’évaluer afin de calculer le droit de succession, ça veut dire que l’évaluation permet
de déterminer le prix à payer sur les droits de succession.

Donc, l’évaluation de l’entreprise établit le prix de vente ou bien la valeur de l’entreprise,


ainsi que le montant de la part de l’héritier ou le bénéfice de la succession obtenu.

 L’introduction en bourse

L’introduction en bourse est une opération financière permettant à une entreprise de


financer son expansion en ouvrant son capital aux investisseurs (particuliers, entreprises, etc.)
sur un marché boursier. En effet, l’évaluation d’entreprise représente la première étape
d’introduction en bourse, cela veut dire que si une entreprise désire de s’introduire à la bourse
elle doit d’abord passer par une évaluation. Cette évaluation servira à fixer le prix de vente ou
d’émission des titres. L’évaluation permet d’établir la fourchette d’introduction en bourse qui
sera présentée aux investisseurs25.

 Augmentation du capital

Lorsqu’une entreprise a besoin d’augmenter ses ressources stables, elle peut recourir à
une augmentation de capital qui peut se faire à travers la création de nouveaux titres.
L’évaluation de l’entreprise permet de déterminer le nombre d’actions à émettre et de la
valeur d’émission26. Cependant, les investisseurs se fonderont sur le prix des actions, afin de
prendre la décision d’investir dans une entreprise ou non.

24
[Link]
25
[Link] d evaluation d [Link]
26
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
 Réalisation d’investissement

Tout investissement dans une entreprise existante nécessite une évaluation préalable, il
peut être un placement d'argent dans une banque, achat d'obligations, achat d'actions,
investissement dans la création ou achat d'une entreprise. Quel que soit son secteur,
l’investisseur fait tout pour réduire les risques et augmenter la rentabilité de l’investissement.
En effet l’investisseur évalue une entreprise où il compte engager ses capitaux et chercher de
prévoir ses revenus futurs sur une période de visibilité27.

Conclusion

On peut conclure, que la valeur est le résultat de l’une des méthodes d’évaluation, tandis
que le prix est la négociation entre l’acquéreur et le vendeur.

De plus, les raisons qui poussent les entreprises à l’évaluation c’est soit en cas de la
fusion, scission, la succession, introduction en bourse, augmentation du capital ou pour
réaliser d’investissement

Cependant, en cas de faillite c’est-à-dire en cas de cassation de paiement l’entreprise


doit commencer par une déclaration au tribunal de commerce et aboutit à un redressement ou
à une liquidation judiciaire.

27
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
SECTION 2 : Corpus théorique

Pendant des années, l’étude sur la structure de financement de l’entreprise a été un sujet
qui suscite la controverse. Ce qui a poussé la littérature financière depuis des années a cherché
les atouts de la structure financière sur la valeur de l’entreprise.

Dans cette section on va présenter les théories qui ont traité l’évaluation de l’entreprise.

On va commencer par la théorie de Modigliani et Miller qui ont traité la structure de


capital sans impôt et en présence d’impôt, on va voir aussi la théorie du signale et la théorie
d’agence.

1- La théorie de Modigliani et Miller

(Modigliani et Miller, 1958) sont les premiers qui ont réalisé une analyse théorique
concernant l’impact de la structure de financement sur la valeur de l’entreprise.

Selon (Modigliani et Miller, 1958), la structure financière est indépendante de la valeur


de l’entreprise, celle-ci étant définie comme le total de la valeur des fonds propres et de la
dette qui nous donne la structure financière de l’entreprise, leur proposition conduit à
considérer qu'une entreprise qui est endettée à 100% aura une valeur similaire à celle
finançant ses investissements uniquement par la valeur des fonds propres.

Dernièrement, la proposition de Modigliani et Miller a été remise en cause par des études
théoriques et empiriques qui montrent qu'une modification de la structure financière à une
influence non négligeable sur la structure financière de l’entreprise. À cet égard, (Modigliani
et Miller, 1963) ont été les premiers à modifier leurs études précédentes en intégrant des taxes
auprès des entreprises, afin d’avoir l'impact de ces impôts sur la structure du capital28.

28
[Link]
id/[Link]
1-1 / La première proposition de Modigliani et Miller : en l'absence de
fiscalité (1958)

(Modigliani et Miller, 1958) montrent que selon certaines hypothèses, la structure de


capital n'a aucune importance parce qu’elle ne modifie pas les flux générés par l’entreprise.
Par conséquent, d’après ces deux auteurs, en présence de marché financier parfait toutes les
formes de financement sont équivalentes29.

La théorie du Modigliani et Miller repose sur les hypothèses suivantes

: Les hypothèses de base30

H1 : Les marchés financiers sont parfaits où il n’existe pas de coût de transaction

H2 : Les actionnaires anticipent tous de la même manière le résultat attendu de l'entreprise.

H3 : Absence d’impôt

H4 : Pas d'asymétrie d'informations ni de coûts d'agences donc absence de conflit d’intérêt


entre les propriétaires et les gestionnaires

H5 : Les opérations de prêts et d'emprunt s'effectuent au même taux d'intérêt, Ce taux


s'applique aux investisseurs comme aux entreprises

Modigliani et Miller concluent à la neutralité de la structure de capital. Par conséquent,


quelle que soit l’adoption de la structure de la dette, les entreprises ont une valeur similaire
sur le marché.

Cependant, la théorie de Modigliani et Miller (1958) a été touché par de nombreux


critiques dont principalement en raison de son cadre théorique et de l’augmentation
progressive de ces hypothèses qui ont mis la lumière sur l’importance de la structure de
capital.

29
[Link]
30
[Link]
1-2 / La deuxième proposition de Modigliani et Miller : avec prise
en compte de la fiscalité (1963)

Modigliani et Miller (1963) ont modifié les fondements théoriques de leur modèle en
introduisant la variable fiscale et concluent qu’afin de bénéficier des économies d’impôts sur
les sociétés dues à la réduction des charges fiscales, il est nécessaire d’endetter l’entreprise.
Cette étude vient s’opposer à leur ancienne étude dans le sens où la valeur de l’entreprise qui
est endettée ne serait plus égale à celle d’une entreprise non endettée mais au contraire, elle
serait augmentée de la valeur des économies d’impôts réalisées grâce à cette possibilité de
déductibilité des charges financières31.

Autrement dit, l’entreprise qui est endettée elle bénéficie de la diminution de l’économie
d’IS, donc cela va augmenter la valeur de l’entreprise à l’opposé à une entreprise non
endettée.

De plus, il s'agit de mesurer l'impact de la fiscalité sur le choix du mode de financement.


Notons que la fiscalité relative aux deux sources majeures de financement les dettes et fonds
propres. Ainsi, compte tenu de l'asymétrie du traitement fiscal entre ces deux sources, la
valeur d'une entreprise endettée est supérieure à la valeur d'une entreprise sans dettes, la
différence correspond à la valeur actuelle de l'économie des frais financiers réalisée au travers
d'un endettement de l'entreprise plutôt que des actionnaires. En introduisant le concept de la
fiscalité corporative, Modigliani et Miller (1963) soutiennent que la valeur de la firme devient
proportionnelle à son niveau d’endettement. Donc, plus une firme s'endette, plus elle acquiert
de la valeur. Il est évident que cette solution aboutit à une aberration: une structure optimale
serait celle où une firme contracte 100% de dettes32.

Donc la fiscalité va remettre en cause la neutralité des financements.

Lorsque l'impôt est intégré au modèle, l'endettement a une incidence

- Sur la valeur de l'entreprise

- Sur le coût moyen pondéré du capital

31
[Link]
d=y
32
[Link]
Cela signifie que plus le coût d’emprunt n’est élevé, plus le coût moyen du capital n’est
réduit grâce aux économies d'impôt. Cette réduction du coût du capital augmentera la valeur
de l'entreprise car elle réduira le dénominateur de l'équation de sa valorisation en actualisant
ses flux de trésorerie futurs où le taux d'actualisation sera ce coût du capital33.

2- La théorie du signal de Stephen Ross (1977)

La théorie de signal s’appuie sur l’hypothèse d’asymétrie d’information c’est-à-dire que


les dirigeants et les investisseurs n’ont pas les mêmes informations, cet environnement est
supposé imparfait et asymétrique de sorte que les meilleurs agents peuvent envoyer des
signaux aux agents moins ou informés pour leur indiquer la qualité de gestion de
l’entreprise34.

En effet cette théorie ne postule que les agents internes à l’entreprise, mieux informés que
les investisseurs externes, souhaitent transférer une partie de l’information privée à ces
derniers en utilisant un signal. Par conséquent, la structure financière et le degré de
diversification du portefeuille des dirigeants sont considérés comme des sources
d’information pour les créanciers. Ces signaux doivent permettre une diminution de
l’asymétrie d’information, et par conséquent obtenir un financement pour des conditions
favorables aux entreprises ayant des opportunités d’investissement les plus favorables35.

Selon le modèle présenté par Ross (1977), le niveau d’endettement est un signal diffusé
par le dirigeant pour faciliter l’identification du type d’entreprise qu’il gère. De là, les
dirigeants sont obligés d’émettre des signaux crédibles, car si ces derniers émettent de
mauvais signaux, l’entreprise peut retirer des bénéfices, mais seront inférieur à la pénalité
encourue36

Ross (1977) a développé un modèle fondé sur les hypothèses suivantes :37

• Les marchés des capitaux sont parfaits.


• L'information sur le marché est asymétrique.

33
[Link]
34
[Link]
d=y
35
[Link]
=1&isAllowed=y
36
www.é[Link] « Théorie financière de signalisation », publié Mai 2007
37
[Link]
• Il n'existe que deux types de firmes sur le marché.
• Les investisseurs sont neutres vis-à-vis du risque.
• Le niveau d'endettement des entreprises performantes est supérieur à celui des
entreprises médiocres.

Ce modèle montre que le niveau de la dette distingue efficacement les entreprises en


fonction de la qualité de leurs projets d’investissement. L’entreprise est obligée de créer une
valeur pour ses actionnaires, ce qui rend coûteux le financement par fonds propres, par
conséquent, l’entreprise choisit l’endettement. Finalement, la théorie de signal montre que la
valeur de l’entreprise augmente avec l’augmentation de la dette. En effet ce mode de
financement, certes risqué, influe positivement la performance de l’entreprise38.

3- La théorie de l’agence (Jensen et Meckling (1976))


La théorie de l’agence apparait comme une explication théorique dominante des
phénomènes de gouvernance de la firme. (Daily, Dalton et Cannela, 2003), d’où elle n’est pas
apparue dans un vide théorique, mais part de l’intuition formulée au fil des années (1930) par
Berle et Means (1932), d’une exacerbation des conflits d’intérêts et des problèmes de
contrôle, liés à l’ouverture du capital des très grandes entreprises39.

Jensen et Meckling (1976) ont remis en cause le référentiel établi par Modigliani et
Miller par l'intégration de la théorie d'agence dans la théorie financière. Ils considèrent la
firme comme un ensemble d'agents aux objectifs divergents et conflictuels et le niveau
d'information différent40.

Donc selon (M. Jensen et W. Meckling, 1976) la théorie d’agence est : « un contrat par
lequel une ou plusieurs personnes (le principal) engage une autre personne (l’agent) pour
exécuter en son nom une tache quelconque qui implique la délégation d’un certain pouvoir de
décision à l’agent ».
Autrement dit, la théorie d’agence est basée sur l’incertitude et l’asymétrie
d’informations entre le principal et l’agent. Cette différence d’intérêts est souvent représenté
par le modèle principal-agent, considéré comme un cas particulier de la théorie des contrats
dont l’objet est de cerner les relations d’échanges entre les parties en tenant compte des

38
[Link]
=1&isAllowed=y
39
WIRTZ.P, « les meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise », édition La découvert, Paris, 2000, P36.
40
[Link]
contraintes institutionnelles et informationnelles dans lesquelles elles évoluent (Salanier B.,
1994).

Donc, la théorie de l’agence implique la mise en place des mécanismes de contrôle qui,
vont permettre de résoudre les conflits d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants. Pour
l’instant, l’entreprise est considérée comme un nœud de contrat 41 où les relations entre les
actionnaires et les dirigeants de l’entreprise sont liées par des contrats.

De plus, la théorie de l'agence est basée sur le principe selon lequel chaque individu agit
de façon à maximiser son intérêt particulier avant l'intérêt général, autrement dit que chaque
individu pense que de son propre intérêt. En fait, il existe dans l’entreprise des relations
d'agence entre les actionnaires et les dirigeants, prêteurs et actionnaires, ... etc. Les
actionnaires délèguent une partie de leurs pouvoirs aux dirigeants qui sont censés agir dans
l’objectif d’augmenter la richesse de l’entreprise. Tandis que, les dirigeants, essayent de
chercher à satisfaire leurs propres intérêts par la maximisation de son revenu et par
conséquent la taille de l’entreprise. L’entreprise est comme une diversité d'agents, chacun
agissant de manière à maximiser sa propre fonction d'utilité 42. Autrement dit, les actionnaires
cherchent à augmenter leur dividende par contre les dirigeants cherchent à baisser les
dividendes.

Dans le même sens, et en raison de l'asymétrie d'information, les contrats établis entre
principal et agent sont forcément incomplets. En toute logique, les individus vont chercher à
profiter des lacunes des contrats pour maximiser leur utilité43.

Dans ce cadre, d`une part, la politique d`endettement et de dividendes deviennent des


moyens de résoudre les conflits qui existent entre dirigeants, actionnaires et créanciers ; et
d`autre part, le recours au marché financier constitue un moyen de réduire ces conflits.
Cependant, la politique d’endettement et des dividendes, les prises de contrôle et les
financements hybrides apparaissent comme outils permettant de discipliner les dirigeants ou
de résoudre les problèmes posés par l`asymétrie informationnelle44.

41
Boussadia Hichem «La gouvernance d’entreprise et le contrôle du dirigeant : cas de l’entreprise publique
algérienne», Thèse de doctorat, Université Abou Bekr-Belkaid, Tlemcen, 2014, page17
42
[Link]
43
[Link]
44
[Link]
En résumé, la théorie de l’agence est fondée grâce au principe néoclassique selon lequel
tout individu agit de façon à maximiser son intérêt particulier avant l’intérêt général. Selon
cette hypothèse, l’agent économique, dont le comportement est conditionné par le système
économique et la structure juridique dans lesquels il opère, est capable d’anticiper
rationnellement l’incidence des relations d’agence existantes. Ces considérations induisent
naturellement l’existence de coûts liés à l’élimination des risques de conflit entre le mandant
et le mandataire ; dits coûts d’agence45.

Conclusion

En (1958), Modigliani et Miller ont présenté que le choix entre les dettes et les fonds
propres n’a pas d’impact sur la valeur de l’entreprise en absence d’impôt, cependant cette
étude a été touchée par plusieurs critiques.

Donc Modigliani et Miller (1963) ont modifié les fondements théoriques de leur modèle
en ajoutant la fiscalité et constatent qu’afin de bénéficier des économies d’impôts sur les
sociétés dues à la réduction des charges fiscales, il est nécessaire d’endetter l’entreprise pour
augmenter la valeur de l’entreprise.

La théorie du signal de Majluf et Mayer est une théorie économique qui explique l'impact
de l'asymétrie d'information sur les marchés financiers, autrement dit il montre comment les
vendeurs utilisent les signaux afin de transmettre les informations aux acquéreurs

Ensuite, la théorie d’agence qui est le conflit d’intérêt entre les principaux et les agents.

45
[Link]
=1&isAllowed=y
SECTION 3 : Le processus de l’évaluation de l’entreprise

L’évaluation de l’entreprise est une finalité qui découle d’un processus qui se réalise à
travers plusieurs étapes, dont le respect de ces étapes permet d’avoir une évaluation de
qualité, pour ce faire l’évaluateur doit posséder certaines compétences.

Donc on peut définir que le processus de l’évaluation est comme étant l’ensemble des
étapes de l’évaluation d’une entreprise.

Dans cette section on va citer les six étapes de l’évaluation de l’entreprise et par la suite
on va présenter les étapes de l’évaluation d’une start-up.

1- Les étapes de l’évaluation de l’entreprise

Dans l’évaluation de l’entreprise, il est nécessaire que l’évaluateur avant de s’engager


dans une évaluation, de traiter les données de cette entreprise, analyser les capacités de
développement et aussi les risques.

De plus, dans le cadre d’évaluation, la mesure de la performance n’est pas limitée


uniquement aux résultats. Au contraire, il est nécessaire d’appliquer une démarche de
diagnostic global qui donne la capacité de détecter les mécanismes de la création de la valeur.

Par conséquent, le rapport de l’évaluateur devra présenter de manière concise les


conclusions des diagnostics, justifier les méthodes d’évaluation retenues et présenter
l’ensemble des résultats obtenus en explicitant les hypothèses retenues pour les différents
calculs46. (Belkahia R. et Oudad H., 2007 & Jean-Michel P, 2008).

Et pour réaliser l’évaluation, il faut passer par six étapes suivantes :

46
[Link]
Figure n°1 : Les différentes étapes de l’évaluation d’une entreprise

• Collecter l'information
Étape 1

• Effectuer un diagnostic économique de l'entreprise


Étape 2

• L'élaboration d'un business plan


Étape 3

• Le choix de la méthode d'évaluation


Étape 4

• Déterminer les hypothèses et les paramètres de l'évaluation


Étape 5

• Négocier et fixer un prix de cession


Étape 6

Source : réalisé par nous-mêmes


 Étape 1 : Collecter l'information

(PARIENTE.S, 2013, p217) a écrit « Principalement, l’évaluateur doit prendre en


considération une double réalité, celle de l’entreprise et celle qui l’entoure, dans laquelle le ou
les métiers sont exercés ».

La première étape pour évaluer une entreprise c’est de collecter l’ensemble des
informations comptables, financières, juridiques, fiscal et des données qui sont disponibles sur
l’entreprise. Cette phase de prise de connaissance générale de l’entreprise est généralement
complétée par des entrevues avec la direction générale et le management opérationnel, ainsi
que par des visites de sites sur le terrain47.

Il est indispensable de découvrir la réalité économique au-delà des chiffres comptables,


d’apprécier le marché, les possibilités d’avenir, en incluant le potentiel humain, ainsi que les
efforts de recherche et de dé[Link] valeur de l’entreprise doit, dans tous les cas, être
appréciée en tenant compte de secteur d’activité auquel elle appartient. (Alain C., 1990, Najib
B. A., 2001 & Pierre V., 2011)

Le tableau ci-après présente une liste des principales données à recueillir pour
l‘évaluation d’une entreprise48.

 Étape 2 : effectuer un diagnostic économique de l’entreprise

Après avoir collecté les informations, la deuxième étape s’articule sur le diagnostic global
de l’entreprise. Le diagnostic est une étape indispensable pour l’évaluateur car il lui permet
d’avoir une vision claire de l’entreprise en détectant les points forts et faibles de la situation
économique. D’ailleurs le diagnostic économique sert avant tout à comprendre le business
model d’une entreprise ou d’un groupe d’un point de vue stratégique et financier.

En effet, l’analyse stratégique permet de porter un regard sur la situation concurrentielle


de l’entreprise, les opportunités offertes sur son marché.

47
[Link]
48
[Link]
 Étape 3 : L’élaboration d’un business plan

Le business plan est un document prévisionnel, réalisé à la base des critères du


diagnostic, utilisé comme base de données nécessaire à déterminer la valeur de l’entreprise à
évaluer. « Le business plan est une expression financière des conséquences de l’évolution
attendue des activités au cours des années prochaines, pour sa partie structurante »49

Généralement, la durée du business plan est de 3 à 5ans pour que l’entreprise puissent
sauvegarder son niveau de croissance.

(Selon Moschetto, 2005), le business plan doit être à la fois synthétique, clair et crédible.
C’est avant tout un outil de communication qui doit remplir un triple objectif :

- Assurer la communication entre le management, les principaux associés et les futurs


repreneurs ;
- Favoriser la crédibilité auprès des apporteurs de capitaux (banques, investisseurs
potentiel) à partir d’une série d’états financiers prévisionnels chiffres ;
- Promouvoir le dialogue interne avec les principales directions opérationnelles de
l’entreprise de manière à donner du sens à l’action.

 Étape 4 : Le choix de la méthode d’évaluation

Afin d’évaluer une entreprise, l’évaluateur doit sélectionner les différentes méthodes
d’évaluation qui vont lui permettre de valoriser l’entreprise, et bien sur le choix de la méthode
dépend de la disponibilité des données et l’objectif des repreneurs.

Parmi les méthodes d’évaluation les plus utilisées on trouve :

- L’approche patrimoniale et le calcul de la rente du good Will


- L’approche des flux de trésorerie
- L’approche comparative

49
Pariente.S : « Analyse financière et évaluation d’entreprise », édition Pearson, paris,2013, p232
De plus le choix des méthodes est en fonction de certains éléments tels que50 :

 Les informations disponibles

Certaines informations peuvent être difficiles à acquérir notamment celles qui concernent
d’autres entreprises du même secteur, par exemple dans le cas où les informations ne sont pas
disponibles, la méthode des comparables n’est peut pas être choisi.

 La taille de l’entreprise

D’une manière générale, lorsqu’une entreprise est de petite taille, sa valeur approche celle
de son patrimoine. Toutefois lorsqu’elle est de grande taille, sa valeur faire référence à la
valeur de rentabilité, à la capitalisation d’une mesure de résultat etc.

 L’objectif de l’évaluation

Le choix de méthode est aussi influencé par l’objectif de l’évaluation. Une entreprise qui
a un objectif d’augmenter son capital par l’introduction en bourse peut opter pour une
méthode d’actualisation des dividendes car c’est une méthode que repose sur les cashflows
versés aux actionnaires et puisque cette méthode montre la politique de dividendes de
l’entreprise, elle peut attirer des investisseurs.

 La possibilité de faire des prévisions sur l’activité

Certaines méthodes nécessitent des prévisions et ne peuvent être retenue que s’il existe
une possibilité de les faire. Dans le cas où une entreprise possède un système des prévisions
cohérent et pertinent, une approche fondée sur le DCF pourra être envisagée.

 Etape 5 : Déterminer les hypothèses et les paramètres de l’évaluation

En fonction des caractéristiques de l’entreprise et les méthodes utilisées, un certain


nombre d’hypothèses et de retraitements doivent être effectués pour avoir la valeur finale de
l’entreprise51.

50
[Link]
51
[Link]
Et ces hypothèses sont réductrices et simplifiées, qui permet de construire le business
plan ou bien de calculer le taux d’actualisation.

Tableau 1 : Hypothèses et paramètres relatives aux méthodes d’évaluation

Méthodes de valorisation Hypothèses Paramètres


Actif net réévalué La valeur de la firme est Réévaluation des actifs
égale à la valeur de son
patrimoine.

Les flux versés par


l’exploitation des actifs sont
limités au regard de la valeur
du patrimoine.
Méthode du Goodwill La valeur des actifs - Évaluation de la rente de
immatériels est forte au Goodwill.
regard des autres actifs - Taux d’actualisation du
(corporels, exploitation). Goodwill
- Durée d’estimation
Méthode des comparables La valeur d’une entreprise - Choix de l’échantillon de
est déterminée à partir de la sociétés ou des transactions
valeur des entreprises comparables…
évoluant dans le même - Choix des multiples et des
d’activité. agrégats opportuns.
Méthode DCF La valeur est égale à la - Flux de trésorerie
somme des flux actualisés au - Cout moyen pondéré du
cout du capital. capital
- Horizon du business plan
- Valeur finale
- Taux de croissance des
flux à l’infini
Source : PALARD, J-E, IMBERT, [Link]., p122.
 Étape 6 : Négocier et fixer un prix de cession

L'objectif attendu pas l’évaluation d'entreprise n'est pas de donner une seule valeur à cette
entreprise. Au contraire, l’évaluateur ou l'analyste doit chercher à construire une fourchette de
valeurs en identifiant les valeurs minimales et maximales. Les méthodes d'évaluation sont
considérées comme des outils d'aide à la décision à destination des dirigeants et des
investisseurs52.

Cette phase fait généralement intervenir les conseils (banquiers, avocat) qui vont aider les
vendeurs et les acheteurs à fixer un prix de cession et à négocier les modalités et les clauses
du contrat de cession53.

Ainsi, elle consiste à une démarche de négociation de prix entre l’acquéreur et le vendeur.

Le prix sera en fonction de nombreux paramètres comme le rapport de force entre le


vendeur et acheteur, la motivation des parties en présence, le pouvoir et la capacité de
négociation des acteurs etc.

2- Les étapes de l’évaluation d’une start-up

L’évaluation d’une entreprise répond à un processus en fonction de la taille de


l’entreprise, du secteur d’activité, tel que les start-ups.

Selon Hurel (2000) une start-up est une entreprise créée récemment, innovante, travaillant
sur des nouvelles technologies par son secteur d’activité, par ses méthodes de
commercialisation ou son mode de développement, connaissant une croissance rapide en
matière de chiffre d’affaires et de capital54.

Cependant, il y a une différence entre l’évaluation d’une entreprise et l’évaluation d’une


start-up. Les Start-ups auront généralement peu de revenus ou de gain, car ils sont encore dans
une phase d'instabilité. Il est probable que leur produit, procédure ou service ait déjà atteint le
marché. Pour cette raison, il peut être difficile de placer une évaluation sur la société55.

52
[Link]
53
[Link]
54
[Link]
55
[Link]
Autrement dit, avec l’évaluation d’une start-up, il n’existe aucune information importante sur
laquelle fonder une évaluation autre que des hypothèses et des suppositions éclairées.

Et voici quelques étapes qui sont utilisées dans le processus d’évaluation d’une start-up.

Figure n°2 : Les différentes étapes de l’évaluation d’une start-up

Étape 1 : Collecte d’information

Étape 2 : Réaliser un diagnostic

Étape 3 : Le business plan

Étape 4 : Choix de la méthode d’évaluation

Source : établi par nous-mêmes


 Étape 1 : Collecte d’information

La première étape pour évaluer une start-up c’est de collecter les informations nécessaires
sur cette startup.

La première étape dans la création d'un processus d'évaluation d’une start-up réussi est la
collecte de données. Ces données peuvent provenir de diverses sources, notamment des
enquêtes auprès des clients, des tests auprès des utilisateurs, des études de marché et des
analyses financières. Une fois que vous avez ces données, vous pouvez commencer à les
analyser et à identifier des modèles56

 Étape 2 : Réaliser un diagnostic

Cette étape est essentielle en matière d’évaluation d’une start-up, car elle permet
d’estimer sa juste valeur.

Les principaux diagnostics à réaliser sont57 :

- Le diagnostic de l’activité permettant d’englober tous les éléments de l’activité de la


start-up pour notamment évaluer ses perspectives d’évolution ;
- Le diagnostic financier et comptable pour résumer l’aspect financier de l’entreprise
avec son passif, son actif, ses créances, ses amortissements, ses fournisseurs, etc. ;
- Le diagnostic des éléments matériels attachés à l’activité de la start-up, que ce soit les
outils informatiques, les locaux, les machines, etc. ;
- Le diagnostic social qui permet de faire un point sur les salariés recrutés, sur le taux
d’absentéisme, sur le turn-over au sein de l’entreprise, etc. ;
- Le diagnostic réglementaire afin de s’assurer que la startup répond à toutes les
réglementations en vigueur concernant son domaine d’activité ;
- Le diagnostic juridique pour permettre aux éventuels repreneurs de comprendre le
cadre juridique dans lequel évolue l’entreprise et prendre connaissance des éventuels
dépôts de brevet, d’un dépôt de marque ou de tout autre contrat en vigueur…

56
[Link]
[Link]
57
[Link]
 Étape 3 : Le business plan

Lors de l'évaluation d'une startup, vous devez également comprendre le business plan. Un
bon business plan doit inclure des états des résultats sur autant d'années que l'entreprise a
fonctionné, ainsi que le plan de mobilité du capital.

Lors de l'élaboration du plan d'immobilisations, un propriétaire d'entreprise doit indiquer


le montant d'argent qu'il prévoit de lever, ainsi que le moment où il en aura besoin et comment
il sera dépensé. Si une partie du plan est basée sur une hypothèse, elle doit être expliquée et
soulignée au profit d'un investisseur potentiel58.

 Étape 4 : choix de la méthode d’évaluation d’une start-up

Lorsque les diagnostics sont réalisés vient l’étape d’estimer la valeur de la start-up.

Cependant, les méthodes qui sont généralement pratiquées afin d’évaluer un start-up sont :

 La valorisation par les discounted cash-flows

Cette méthode consiste à évaluer la start-up en actualisant ses résultats futurs. Elle reste la
plus adaptée pour les entreprises en forte croissance (les start-ups en levée de fonds),
puisqu’elle se concentre sur la richesse future produite par l’entreprise, et non pas sur des
éléments historiques. Avec cette approche, il est tout d’abord nécessaire de déterminer la
valeur des flux de trésorerie futurs de la start-up. Ensuite, il convient de les actualiser jusqu’à
une date future, ce qui implique de calculer un taux d’actualisation59.

 Les multiples

La méthode des multiples estime la valeur d’une start-up en la comparant à des start-ups
similaires. Ensuite, les analystes choisissent les paramètres sur lesquels fonder la comparaison
et calculent la valeur de chaque paramètre sous forme de multiple60.

58
[Link]
59
[Link]
60
[Link]
 Approche patrimoniale

Cependant, puisqu’il existe l’absence d’activité historique et de base clients, plusieurs


méthodes traditionnelles de valorisation d’entreprise ne sont pas applicables aux start-ups tels
que l’approche patrimoniale. Cette méthode est consacrée pour valoriser des entreprises
traditionnelles et établies (c’est-à-dire qui ont quelques années d’activité derrières elles). Elles
ne sont pas adaptées aux start-ups en phase de levée de fonds. Ici, la valorisation ne peut
s’effectuer que sur la base des résultats futurs, ou par comparaison avec des opérations de
même type61.

Pour réaliser cette estimation, il sera bien souvent essentiel pour un gérant de start-up de
s’entourer d’un avocat ou d’un juriste expert en cession d’entreprise ainsi que de son expert-
comptable.

Conclusion

Pour arriver à une meilleure évaluation il faut avoir une connaissance approfondie de
l’entreprise et de son environnement.

Afin de fixer le prix qui est négocié entre le vendeur et l’acquéreur, il faut passer d’un
long processus qui commence par la collecte d’information passant par un diagnostic général
ensuite le choix d’une méthode d’évaluation appropriée en fonction des caractéristiques de
l’entreprise.

En effet, le diagnostic de l’entreprise est une étape essentielle où son objectif principal est
de bien comprendre l’activité de l’entreprise et ses perspectives de croissance en cherchant à
identifier les déterminants de sa valeur.

61
[Link]
Conclusion du chapitre 1

On a vu dans ce chapitre, les concepts de l’évaluation de l’entreprise, puis on a montré la


distinction entre la notion du prix et de la valeur, dont la valeur est un résultat de l’un d’une
méthode de l’évaluation tandis que le prix est un fruit de négociation entre l’acquéreur et le
vendeur, ensuite on a évoqué les objectifs de l’évaluation de l’entreprise tel que la fusion, la
scission, la cession, introduction en bourse, augmentation de capital.

Dans la deuxième section, on a présenté les théories financières de l’évaluation de


l’entreprise qui sont la théorie du Modigliani et Miller, la théorie du signal et la théorie
d’agence.

La dernière section, on a abordé le processus de l’évaluation, dont on a constaté que le


diagnostic financier est une étape primordiale dans le processus car il permet de porter un
jugement sur la situation financière d’une entreprise. Ainsi, le choix de méthode à appliquer
dépend de plusieurs critères comme les informations disponibles, les objectifs d’évaluation
etc.

De plus, on a remarqué qu’il y a une différence entre l’évaluation de l’entreprise et


l’évaluation d’une start-up au niveau de la méthode d’évaluation, dont les start-ups ne peuvent
pas être évalué selon l’approche patrimoniale vu qu’il existe une absence d’activité historique.

Après avoir présenté les fondements théoriques d’évaluation d’une entreprise dans ce
chapitre, le deuxième chapitre sera consacré à une présentation des différentes méthodes
d’évaluation.
Introduction
Les approches d’évaluation d’entreprise sont multiples, dont le choix de la méthode
dépend de plusieurs facteurs comme la taille, le secteur, l’activité, la rentabilité, la perspective
future de l’entreprise à évaluer.

Cependant la valeur de l’entreprise peut être dégager selon différentes méthodes basées
sur le passé, faisant références aux données comptables, et des méthodes qui se repose sur le
futur, vu que la valeur de l’action est principalement liée à sa rentabilité future, autrement dit
aux dividendes.

De plus, en pratique, il est difficile d'opter pour toutes les méthodes à cause de leur
diversité d'une part et la non cohérence de certaines méthodes avec les objectifs de
l’entreprise d'autre part.

Dans ce deuxième chapitre on va présenter les outils d’évaluation de l’entreprise c’est-à-


dire les approches de l’évaluation de l’entreprise les plus utilisés.

Le présent chapitre est organisé comme suit :

- La 1ère section présentera l’approche des flux de trésorerie ;


- La 2ème section est consacrée aux approches patrimoniales et mixte ;
- La 3ème section est consacrée aux approches comparatives :
SECTION 1 : L’approche des flux de trésorerie disponible
(DCF)

Selon cette approche, l’entreprise vaut aujourd’hui ce qu’elle est capable de générer dans
le futur. Afin d’obtenir la valeur de l’entreprise selon cette approche il faut procéder à
actualiser ses flux futurs avec le taux d’actualisation qui est le cout du capital.

Afin d’étudier ces flux, nous allons aborder dans un premier lieu le cout moyen pondéré
du capital (CMPC), ensuite la méthode d’actualisation des flux de trésorerie (DCF) et enfin la
méthode de la valeur ajoutée économique (EVA).

1- Le cout du capital (CMPC)

1-1 / Définition du coût du capital

On appelle cout moyen pondéré du capital (CMPC) ou en anglais Weighted Average Cost
of Capital (WACC) le cout global supporté par l’entreprise, qui regroupe le coût fonds
propres et le coût de la dette. Par conséquent, il y a une distinction entre ces deux coûts, dont
la rémunération versée aux actionnaires sous forme de dividende ne contient pas d’économie
d’impôt, par contre la rémunération versée aux créanciers financiers (intérêts) elle prend en
considération l’économie d’impôts62.

Selon Auerbach, le coût du capital est « le prix payé pour utiliser les ressources
financières du capital, pendant une période définie. En effet, c’est le taux d’actualisation que
les entreprises doivent utiliser afin de réaliser des projets d'investissements ».

De ce fait, si les flux générer par le projet sont inférieurs au coût du capital dans ce cas le
projet n’est pas rentable il sera donc rejeté.

De plus, les méthodes d'évaluation d'entreprise utilisent le cout moyen pondéré du capital
comme taux d'actualisation.

62
[Link]
=1&isAllowed=y
Le CMPC se calcule selon la formule suivante :

𝐂𝐏 𝐃
𝐂𝐌𝐏𝐂 = 𝐊𝐜𝐩 × + 𝐊𝐝 (𝟏 − 𝐓)
𝐂𝐏 + × 𝐂𝐏 + 𝐃
𝐃

Avec :

CP : valeur des capitaux propres

D : valeur des dettes

T : taux d’imposition
Kcp : coût des capitaux propres

Kd : coût de la dette

Pour calculer le cout moyen pondéré du capital il est nécessaire de déterminer la valeur
du coût de fonds propres et la valeur de la dette.

1-2 / Calcul le coût de fonds propre


Le coût des fonds propres correspond à la rentabilité exigée par les actionnaires d'une
entreprise, contenu du risque qu'ils prennent en investissant dans celle-ci.

On peut estimer le coût de fonds propres soit à travers le modèle du Gordon et Shapiro ou
le MEDAF.

a- Gordon et Shapiro

Le modèle de Gordon et Shapiro (1956) est très utilisé grâce à sa simplicité, ils proposent
leur modèle théorique d'évaluation des actions fondées sur la capitalisation d'un flux infini de
dividendes. Les trois facteurs de la valeur de l’action sont le montant des dividendes versés, le
taux de croissance anticipé à long terme et le taux d’actualisation. Par conséquent, les
hypothèses qui permettent de valoriser une action et donc une société sont63 :

 Les dividendes sont croissants car ils s'effectuent à un taux de croissance à l'infini
 Le taux de distribution des bénéfices (le pay-out ratio) est identique pour toutes les
années

63
[Link]
isAllowed=y
 Le taux d'actualisation est supérieur aux taux de croissance (g)
Suivant ces hypothèses la formule de ce modèle est la suivante :

𝐝𝐢𝐯 𝟏
𝐕𝐨 =
(𝐊 − 𝐠)

Avec:

Vo : valeur de l'entreprise ;

Div. 1 : dividende à venir ;

K : taux d'actualisation :

g : taux de croissance de dividende ;

Intérêt et limites du modèle

L’avantage de la méthode de Gordon et Shapiro c’est la simplicité, c’est-à-dire qu’il il ne


demande pas beaucoup de calculs.

Cependant, le model de Gordon Shapiro suppose que le taux d’actualisation soit supérieur
aux taux de croissance des dividendes (i>g), ce qui n’est pas forcement réel64.

De plus, les dividendes futurs et le taux d'actualisation sont pratiquement des éléments
difficiles à déterminer65.

b- Modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF)

Le MEDAF est un modèle d'évaluation des actifs financiers, appelé en anglais CAPM
(Capital Asset Pricing Model).

Ce modèle a été développé à la fin des années 1950 et en cours des années 1960 à partir
des travaux d'Harry Markowitz, William Sharpe, John Lintner et Jack Treynor66.

64
GRIB. C, « Quelles méthodes d`évaluation de l`entreprise publique Algérienne. Cas de l`ENIEM ?», mémoire
de master en science de gestion, UMMTO, 2016, p37
65
[Link]
d=y
66
[Link]
Les hypothèses du MEDAF sont les suivantes67 :

- Les investisseurs ont une aversion du risque et cherchent à maximiser l'utilité espérée
de leur richesse en fin de période.
- Les investisseurs considèrent une seule période d'investissement et cette période est
connue pour tous
- Les investisseurs peuvent emprunter et prêter au taux sans risque illimité
- L'information est accessible sans coût et disponible simultanément pour tous les
investisseurs. Ils font donc tous les mêmes prévisions d'espérance de rendement, de
variance et de covariance pour tous les actifs
- Pas de coûts de transactions, pas de taxes.

Ce modèle permet d’estimer le taux de rentabilité exigé par l’actionnaire, qui dépend de
la rémunération du rendement de l'actif sans risque et d'une prime du risque du marché.

D’où il se calcule par la formule suivante :

E (Ra) = Ro + β [E(Rm) - Ro]

Avec :

E(Ra) : la rentabilité exigée par l'actionnaire :

Ro : est le taux de rentabilité sans risque

E(Rm) : la rentabilité espérée sur le portefeuille de marché ;

β : est le coefficient de sensibilité

E (Rm) - Ro : la prime du risque du marché.

Le taux sans risque Ro est le rendement des obligations d'Etat ou aux bons du trésor
public du pays auquel appartient l'entreprise à évaluer avec une durée égale à l'horizon
d'investissement68.

67
[Link]
68
[Link]
La prime de risque du marché [E(Rm) – Ro] est l’écart de rentabilité d'un actif risqué et
celle d'un actif sans risque.

Le coefficient β mesure dans le MEDAF la relation qui existe entre les variations de
rentabilité de l'entreprise et celle du marché.

 Le coefficient bêta

Le coefficient bêta est calculé par le rapport de la covariance entre la rentabilité de


l'action et la rentabilité du marché et la variance de la rentabilité du marché.

Ce coefficient mesure le risque systématique (risque non diversifiable d’un actif) qui est
pris en considération par le MEDAF69. Autrement dit, il mesure la fluctuation de la rentabilité
d’une action à celle du marché.

Le coefficient β égal à:

𝐂𝐎𝐕 (𝐑𝐢 ; 𝐑𝐦)


𝛽=
𝐕𝐀𝐑 (𝐑𝐦)

Avec :

𝐧 (𝐑𝐣𝐢 − ̅𝐑̅𝐣)(𝐑𝐦𝐢 ̅𝐑̅𝐦̅)


𝐂𝐎𝐕 = ∑ −
𝐢=𝟏
𝐧

Et :

𝐧 (𝐑𝐦𝐢 − ̅𝐑̅𝐦̅)²
𝐕𝐀𝐑 (𝐑𝐦) = ∑
𝐢=𝟏 𝐧

En effet, on distingue trois situations de bêta70 :

- Si β = 1 : le titre varie comme le marché, il est proportionnel à la rentabilité du marché


- Si β > 1 : le titre contribue fortement au risque du marché
- Si β < 1 : Le titre contribue faiblement au risque de marché

69
[Link]
70
[Link]
Avantage et limites

Malgré ces limites, le MEDAF semble convenable car il est le plus pratique des modèles
d'estimation du coût des fonds propres. De plus, Il est un outil d'aide aux décisions de choix
d'investissement.

Cependant ce modèle à plusieurs limites, le MEDAF suppose que la distribution de


probabilité des taux de rentabilité des titres est constante, mais il montre que ces taux ne le
sont pas et les coefficients bêtas ne sont pas stables. On utilise donc juste une approximation,
ce qui peut induire au faux résultat71.

1-3 / Le coût de la dette

Le coût de la dette d'une entreprise reflète la structure financière cible qu'elle espère à
atteindre. Si l'entreprise a récemment emprunté de l'argent, le taux d’intérêt payé est considéré
comme un coût de la dette, si le contraire le coût de la dette est déterminé sur la base d'un
échantillon des entreprises comparables ayant la même structure financière de l’entreprise à
évaluer (J.E, Palard, F., IMBERT.2013 p.310).

2- A l’apport du l’audit interne, audit externe, audit d’acquisition et


contrôle interne à l’évaluation de l’entreprise

L'audit interne, l'audit externe, l'audit d'acquisition et le contrôle interne intervient


indirectement dans l’évaluation d’une entreprise. En effet, chacun apporte des perspectives
différentes et contribue à une vision globale de la santé et de la performance d’une entreprise.

L’audit d’acquisition

Commençant par l’audit d’acquisition appelé due diligence (mot anglais), l’audit
d’acquisition n’est pas une obligation légale. Il s’agit d’un diagnostic général qui permettant
d’évaluer la valeur d’une entreprise. En fait, il est nécessairement destiné à l’acquéreur. Celui-
ci confie la mission à des professionnels de l’audit tels qu’un Expert-Comptable, un
commissaire aux comptes (CAC), un avocat ou un cabinet spécialisé, d’examiner la société.

71
[Link]
=1&isAllowed=y
Le banquier est également un consultant qui peut réaliser de tel audit, comme le notaire72. De
plus, l’audit d’acquisition permet de savoir si l’entreprise mérite d’être reprise ou non.

Les cabinets d’audit jouent un rôle crucial dans le processus d’évaluation d’une
entreprise. Mandatées par les vendeurs ou les acheteurs, les équipes de transaction services
réalisent des due diligences, c’est-à-dire un audit d’acquisition fondé sur un diagnostic
approfondi de la situation stratégique et financière, opérationnelle et technologique de
l’entreprise à évaluer73.

L’audit d’acquisition sont réalisés dans le cadre de la reprise d'entreprise ou de la fusion,


l'audit d'acquisition, ou due diligence, consiste à établir un diagnostic global de la cible afin
d'affiner sa stratégie de négociation.

Dans le cas d'une cession d'entreprise, l’acheteur est contrairement au vendeur, est
confronté à une difficulté majeure, c’est qu’il ne connaît pas l'entreprise. Cela signifie qu’il
n'y a pas une garantie que le prix de vente provisoire reflète bien la valeur réelle des actions
vendues. De plus, l’acheteur ne dispose d'aucune information sur les risques qui pèsent sur
l’entreprise.

Or l’objectif de l'audit d'acquisition - qui est avant tout comptable – est de donner une
image fidèle et complète de la situation financière et patrimoniale de l’entreprise à un moment
donné, afin que l’acheteur puisse mieux évaluer la valeur de l'entreprise : c'est ce qu'on
appelle une situation (comptable) intermédiaire.74

Audit externe

La différence entre auditeur interne et un auditeur externe est que l’auditeur externe n’est
pas employé au sein d’une entreprise mais plutôt il travaille au sein d’un cabinet d’audit. Il
intervient chez des différentes entreprises pendant une durée limitée (soit le temps de réaliser
son audit) et est donc amené à effectuer des déplacements régulièrement pendant l’année.

Son rôle est d’évaluer la situation financière de l’entreprise et de vérifier leurs comptes. Pour
ce faire, il doit s’assurer de la conformité des données fournies par l’entreprise et de s’assurer,

72
[Link]
73
[Link]
74
[Link]
de la sincérité de ces dernières75. En d’autres termes, il analyse et commente la valeur
présentée par l’évaluateur. En effet, avant l’évaluation par l’acheteur il faut vérifier la
crédibilité des comptes présentés pour proposer un prix.

L’audit interne

L’audit interne qui est un employé à l’intérieur de l’entreprise, il aide l’entreprise à


atteindre ses objectifs en évaluant l'efficacité des moyens mis en œuvre. Il vise donc à
améliorer les performances de l'entreprise en mesurant les processus de gestion des risques, de
surveillance et de gouvernance.

L'audit interne a pour but d'aider les équipes des services généraux dans l'exécution
efficiente de leurs responsabilités. Il vérifie également que la réalité de terrain correspond à
l'image externe que souhaite donner l'entreprise, afin d'organiser les services selon les
principes affichés par la marque76.

Contrôle interne

Le contrôle interne peut être défini comme l’ensemble des processus et des dispositifs de
sécurité utilisés pour réaliser des objectifs spécifiques, se conformer aux lois et règlements et
limiter le risque de fraude.

Il est essentiel à l’organisation de toute entreprise car il permet non seulement d’assurer
le respect du code d’éthique de l’entreprise, mais peut également constituer un véritable
rempart contre la fraude.

Au sein d’une entreprise, le contrôleur interne peut être une personne ou bien une équipe,
voire un département. Tout dépend de la taille et de la structure hiérarchique de l’entreprise.

C’est un rôle très important et polyvalent qui a un impact réel sur l’efficacité de
l’entreprise.

75
[Link]
externe
76
[Link]
interne#:~:text=R%C3%A9aliser%20un%20audit%20interne%20permet,de%20surveillance%20et%20de%20gou
vernance
3- L’approche des flux de trésorerie disponible (Discounted Cash-flow)

La méthode des flux de trésorerie disponible ou en anglais Discounted cash-flow (DCF),


est une méthode la plus utilisée par les analystes financiers pour évaluer une entreprise, qui
est basée sur des données futures.

Les cash-flow ou flux de trésorerie constitués des liquidités générées par l'activité
d'exploitation de l'entreprise après avoir financé les investissements et les besoins en fonds
roulement nécessaires pour la continuité de la croissance de l’activité 77, autrement dit, le cash-
flow c’est l’argent qui reste à l’entreprise après avoir payé toutes les charges.

La valeur de l’entreprise par la méthode des flux de trésorerie disponible s'effectue à


travers les étapes suivantes78 :

 Disposer des prévisions contenues dans le business plan sur une période déterminée
(durée du business plan).
 Déterminer les flux de trésorerie disponibles pour chaque année de la période des
prévisions.
 Calculer le taux d’actualisation
 Actualiser les flux de trésorerie disponible sur la période déterminée.
 Estimer la valeur terminale de l'entreprise.
 Déterminer la valeur de l’entreprise.

Cependant il existe deux types de flux de trésorerie qu’on peut évaluer une entreprise qui
sont flux de trésorerie disponible pour l’entreprise (FTDE) et flux de trésorerie disponible
pour l’actionnaire (FTDA).

a- Flux de Trésorerie Disponible pour l’Entreprise (FTDE)


Cette méthode repose que la valeur de l’entreprise est égale à la somme des flux de
trésorerie disponible ou Flux de Trésorerie Disponible pour l’entreprise (FTDE) [en anglais
Free Cash-Flow to Firm (FCFF)], actualisée à un taux d’actualisation qui est le coût moyen
pondéré du capital (CMPC).

77
[Link]
isAllowed=y
78
[Link]
Les discounted cash-flow sont calculés de la manière suivante79 :

DFC = le résultat d’exploitation – l’impôt sur le résultat d’exploitation + Dotation aux


amortissements – Δ BFR – l’investissement nets de cession

D’où la valeur de l’entreprise peut être calculée selon la formule suivante80 :


𝐧 𝐅𝐃𝐓𝐭 𝐕𝐓𝐧
𝐕𝐄 = ∑
𝐭=𝟏 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐭 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐧
+
Avec :

- VE : Valeur de l’entreprise

- FDT: Free Cash-Flow prévisionnels

- CMPC : Coût moyen pondéré du capital

- VT : La valeur terminale

D’après cette formule on constate que cette méthode décompose l'horizon temporel en
deux parties d'abord elle procède à la prévision des flux de trésorerie actualisée pendant un
certain nombre d'années généralement comprise entre 5 et 7 ans appelé horizon explicite (C-
[Link],2007.). Au-delà de cette période on estime une valeur terminale.

Détermination du taux d'actualisation

Comme nous l'avons indiqué, après avoir déterminé les cash-flows sur les périodes
concernées, il convient de les actualiser avec le taux d'actualisation qui est le coût moyen
pondéré du capital. Le CMPC est le coût global supporté par l'entreprise pour avoir accès aux
ressources financières, important pour financer son activité, sous forme de capitaux propres
ou de dettes81.

79
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
80
[Link]
81
[Link]
Calcul de la valeur terminale de l'entreprise

La valeur terminale c’est au-delà de la période explicite, c’est-à-dire que l'entreprise aura
une certaine valeur égale à la valeur actuelle du cash-flow après cette période n. Pour la
déterminer, on prend le flux de la dernière année de la période actualisé et d'actualiser la
valeur résiduelle obtenue82.

Détermination de la valeur des capitaux propres de l’entreprise

Pour obtenir la valeur des capitaux propres de l'entreprise, on retranche l’endettement net
de la valeur de l’entreprise

Valeurs des capitaux propres = Valeur de l'entreprise - Dettes financières nettes

La valeur de marché des capitaux propres est alors calculée de la manière indirecte
suivante83 :

Vcp
= Valeur de marché des actifs d'exploitation
+ Valeur de marché des actifs hors exploitation
+ Valeur de marché des immobilisations financières
– Valeur de marché des dettes financières
– provision pour risques et charges et non récurrentes
– valeur de marché des intérêts minoritaires

Intérêts et limites

L’avantage de l'évaluation de l'entreprise par actualisation des flux de trésorerie


disponibles pour l'entreprise se reflètent dans sa simplicité et la rapidité de l'évaluation, qui
vient du fait qu'on néglige les flux de trésorerie liés à la dette et aux intérêts, ce qui revient en
même temps à négliger leurs évolutions au cours de la période de projection. Cependant, cette
méthode présente l’inconvénient de souvent dépendre de la valeur terminale84.

b- Flux de trésorerie disponible pour l’actionnaire (FTDA)


La seconde méthode consiste à valoriser les capitaux propres, il s’agit des flux de
trésorerie disponibles versés aux actionnaires ou Free Cash Flows to Equity (FCFE) actualisés
au coût des capitaux propres (Kcp), qui reflète l’aléa lié à la détention des actions de
l’entreprise.

82
[Link]
83
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2022
84
[Link]
Ces flux sont calculés après le financement des investissements et des besoins en fonds
de roulement ainsi qu’après le payement des frais financiers et variations de l'endettement net.

En d’autres termes, ils correspondent au free cash-flow (comme le calcul de la méthode


FTDE), en ajoutant la variation de l'endettement bancaire et financiers net, et la différence
entre les produits et les frais financiers85.

Les flux de trésoreries disponible pour l'actionnaire se calculent de la manière suivante :

FTDA
= le résultat d’exploitation
– l’impôt sur le résultat d’exploitation
+ Dotation aux amortissements
– frais financiers nets des produits financiers
+ Emission de nouvelles dettes financières
– remboursement de dettes financières
– Δ BFR
– l’investissement net de cession

Limite :

Le FTDA est particulièrement difficile à mettre en œuvre si la structure financière c’est-


à-dire le coût des capitaux propres varient au cours du temps (ce qui est le cas le plus
fréquent)86.

85
[Link]
86
[Link]
4- L’évaluation par l’EVA / MVA

3-1 / L'évaluation par l'EVA (Economic Value Added)

« Economic Value Added (EVA) ou valeur ajoutée économique est une méthode de
calcul permettant de mesurer la performance économique de la firme après rémunéré tous les
capitaux utilisées »87.

Elle s'appuie sur le principe selon lequel la valeur d'une entreprise est égale à la somme
actualisée des flux futurs qu'elle génère, et cherche à lier la pensée stratégique et les décisions
opérationnelle de l'entreprise88.

Elle se calcule à partir de : la différence entre le résultat opérationnel après impôt diminué
de l’actif économique (Ae).

D’où sa formule est la suivante89 :

EVA = RE x (1-t) – (CMPC × Ae)

Avec :

RE : Résultat d’exploitation ;

CMPC : Coût Moyen Pondéré du Capital ;

Ae : Actif économique

Ou bien :

EVA = Actif économique * (Rentabilité économique - CMPC)

Les actifs économiques se définissent comme la somme des actifs immobilisés et du


besoin en fond de roulement, on parle aussi de capitaux engagés ou de capital investit.

87
TCHEMENI. E, [Link]., p53
88
[Link]
quence=1&isAllowed=y
89
[Link]
Le ROCE est égale au résultat d'exploitation divisée par les capitaux mis en œuvre pour
dégager ce résultat. Il se calcule comme le rapport du résultat d'exploitation divisée par l'actif
économique90.

𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐝′𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐑𝐎𝐂𝐄 =
𝐚𝐜𝐭𝐢𝐟 é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞

Il existe trois cas du calcul de l’EVA :

Si : l’EVA > 0 —> dans ce cas l’actif économique dégage un rendement supérieur à la
rémunération des actionnaires donc il existe une création de la richesse.

Si : l’EVA < 0 —> dans ce cas la rentabilité de l’actif économique est inférieur à la
rémunération exigée par les actionnaires donc il y a une destruction de la richesse.

Si : l’EVA = 0 —> dans ce cas il n’y a pas de la création de richesse pour les actionnaires.

3-2 / Concept de la valeur économique de marché (MVA)

Le MVA (Market Value Added) est la valeur ajoutée de marché. Il se calcule en


actualisant les flux d'EVA anticipés pour les années à venir actualisées au coût moyen
pondérée du capital. Le MVA représente la richesse générée par l'entreprise depuis sa
fondation au profit de ses actionnaires. C'est la différence entre ce que les investisseurs ont
apporté en capital et la capitalisation boursière91.

Sa formule du calcul est la suivante92 :

𝐄𝐕𝐀
𝐌𝐕𝐀 = ∑
(𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)

La valeur de l’entreprise correspond à la somme des flux futurs d'EVA actualisé au cout
moyen pondérée du capital le montant de l'actif économique.

Au-delà de l'horizon explicite une valeur terminale est calculée, donc les EVA sont
supposées constantes à l'infini.

90
[Link]
quence=1&isAllowed=y
91
DOV OGIEN, Gestion financière de l'entreprise, Edition DUNOD, Paris, 2008, P 127
92
[Link]
quence=1&isAllowed=y
𝐄𝐕𝐀𝐧
𝐕𝐓 =
𝐂𝐌𝐏𝐂

Avec :

VT: valeur terminale ou valeur résiduelle.

EVAn : L'EVA de la dernière année de

prévision. Ou croissante à un taux(g) constant à

l'infini.

𝐕𝐑 = 𝐄𝐕𝐀𝐧 (𝟏 + 𝐠)
(𝐂𝐌𝐏𝐂 − 𝐠)

Donc la formule de la valeur d'une entreprise selon cette méthode est donnée comme
suit :

𝐧 𝐄𝐕𝐀𝐢 𝐕𝐑
𝐕 = 𝐂𝐈𝐨 + ∑ +
𝐢=𝟏 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐢 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐧

Ainsi que la valeur de l’entreprise peut être calculée par la formule suivante :

V= Actif économique + MVA

V= valeur de l'entreprise.
CIo = capitaux investi initial.
VR = valeur terminale.
De plus, la valeur des fonds propres est obtenue en déduisant de la valeur de l'entreprise
l'endettement net.

Vcp = Valeur de l'entreprise - Endettement net

Vcp : Valeur des capitaux propres.

Intérêt et limite93
93
[Link]
quence=1&isAllowed=y
L’EVA et MVA sont des indicateurs de la performance d’une entreprise qui sont simples
et de sa gestion en fonction de 'idée qu'une entreprise n'est rentable que lorsqu'elle crée de la
richesse pour les actionnaires.

Cependant, le calcul de l'EVA repose sur le montant du capital investi et est mieux utilise
pour les entreprises riches en actifs qui sont stables ou matures. De ce fait, les entreprises
possédant des actifs incorporels, telles que les entreprises technologiques, peuvent ne pas être
de bons candidats pour une évaluation EVA.
SECTION 2 : L’approche patrimoniale et l’approche mixte

L'approche patrimoniale vise à évaluer la valeur patrimoniale de l’entreprise, en se


référant au bilan comptable. Il convient de reprendre l’ensemble des postes de l'Actif et du
Passif, pour les analyser et d'apporter les corrections convenables, dans le but d'avoir une
image la plus fiable de la réalité économique du bilan94.

On va présenter dans cette section les méthodes patrimoniales les plus utilisées :

 La méthode de l'actif net comptable et l’actif net comptable corrigé.


 La méthode du Goodwill (approche mixte).

1- Approche Patrimoniale

(Selon TCHEMENI, 2003, p8) « L'approche patrimoniale est l'ensemble des méthodes
ayant un caractère historique, c’est-à-dire il est basée sur le patrimoine de l'entreprise. Il s'agit
d'une approche plutôt statique, par contre aux approches fondées sur l'estimation des cash-
flow de l'entreprise ».

Par ailleurs, l'information de base sur le patrimoine d'une entreprise est basée sur la
comptabilité.

Nous distinguons deux méthodes pour évaluer une entreprise selon cette approche, à
savoir la méthode de l’actif net comptable (ANC) et la méthode de l’actif net comptable
corrigé (ANCC).

1-1 / La méthode de l'actif net comptable (ANC)

Base de départ de l’approche patrimoniale est le bilan de l’entreprise à évaluer, un arrêté


des comptes doit être effectuer pour établir un bilan intermédiaire à la date de réalisation de
l’évaluation (Thauveron A, 2002, p :175). Par conséquent, puisque cette méthode est basée
sur le bilan, donc les biens sont évalués à leur coût historique et non à leur valeur réelle, et
cela représente une limite de cette méthode.

94
[Link]
Selon VIZZAVONA, la méthode de l'actif net comptable « consiste à fixer la valeur de
l'entreprise au niveau de sa situation nette ». Cette méthode est la plus ancienne et la plus
simple dans l’approche patrimoniale.

De plus, l'actif comptable net c’est la différence entre le total des actifs et le total des
dettes, qui sont retenus pour leurs valeurs comptables.

ANC = Total Actif – total passif

L`Actif Net comptable de l’entreprise peut être calculé de deux façons différentes :

Méthode 01 :95

Actif Net Comptable = Actif réel - Dettes et provision pour risques et charges.

Avec actifs réels = actifs totaux (actifs corporels + actifs incorporels + actifs financiers) –
actifs fictifs (frais d’établissement, frais de recherche et de développement)

L’écart de conversion actif ne doit être pris en compte que s’ils n’ont pas été couverts ou
compensés par une provision pour perte de change.

Méthode 02 96:

Actif Net Comptable = Capitaux propres - Actifs fictifs + écart de conversion passif

Il est nécessaire de diviser l’actif entre les postes d’actif réel et les postes d’actif fictif.
L’actif fictif correspond à des immobilisations en non valeurs qui comprennent : (Les frais
préliminaires, les charges à répartir sur plusieurs exercices, les primes de remboursement des
obligations).

Tandis que l’actif réel correspond à la valeur comptable des éléments d’actifs qui peuvent
être cédés, l’actif réel exclut les actifs fictifs (Najib B. A., 2001)

Intérêt et limites

L’avantage de l’actif net comptable c’est qu’elle est simple et rapide, elle se base sur les
valeurs comptables des biens c’est-à-dire sur leur coût historique et non pas leur valeur réelle,

95
[Link]
96
[Link]
autrement dit elle ne reflète pas la valeur réelle de l’entreprise. Et c’est pour cette raison qu’on
a passé à une autre méthode nommée l’actif net comptable corrigé97.

1-2 / La méthode de l'actif net comptable corrigé (ANCC)

Selon (LEGROS.G, 2011, p47) « la méthode de l'actif net comptable corrigé (ANCC) se
base sur les données comptables patrimoniales de la firme à évaluer : la valeur de l'entreprise
est égale au total des éléments constituant le patrimoine de l'entreprise, exprimés en valeur
actuelle au jour de l'évaluation ».

D’après cette méthode, l'évaluation de l'entreprise n'est pas réalisée à partir des valeurs
comptables mais plutôt à partir des valeurs réelles. Il s'agit donc d'apporter un certain nombre
de corrections au bilan pour se rapprocher de la réalité (Cherif M, 2007, p : 129).

Cependant les corrections des postes du bilan consistent à remplacer les valeurs
comptables des actifs par leur valeur de marché, pour apparaître les plus ou moins-values
latentes sur les actifs immobilisées, les actifs fictifs, les décotes sur stock et créances et enfin
les autres passifs non comptabilisés comme l'impôt latent sur certaines provisions
réglementées ou sur les subventions d'investissement (Rollando G, 1993, p :374).

Il existe deux méthodes de calcul pour obtenir l'ANCC98 :

- l’ANCC égale la somme des capitaux propres comptables et des retraitements appliqués
aux valeurs comptables pour les amener aux valeurs réelles.

L’ANCC = les capitaux propres + les plus-values – les moins-values – l’actif fictif

- l’ANCC égale la somme des valeurs réelles des différents éléments de l’actif diminuée
des dettes réelles.

ANCC = l’actif réel corrigé – passif réel corrigé

ANCC = actif net comptable (ANC) ± plus ou moins – values sur éléments d’actif ±
fiscalité différé

97
[Link]
98
[Link]
Avec plus ou moins-values sur éléments d’actif = différence entre la valeur comptable et la
valeur réelle de l’entreprise.

Et fiscalité différée actif = créances d’impôt potentielles provenant des frais d’établissement,
des frais de recherche et développement, des frais d’acquisition et d’immobilisations, des frais
d’émission d’emprunts, des primes de remboursement d’obligations et de la participation des
salariés.

Et fiscalité différée passif = dettes d’impôt potentielles provenant des subventions


d’investissement et des amortissements dérogatoires.

Après avoir calculé l’ANCC, on dégage une valeur mathématique intrinsèque de l’action
(VMI), qui est déterminé par la valeur suivante99 :

𝐀𝐍𝐂𝐂
𝐕𝐌𝐈 =
𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬

En effet, cette valeur intrinsèque de l’action peut être calculée avant le paiement du
dividende (dividende inclus : coupon attaché) ou dividende exclu (ex-coupon).

Avantages et limites de la méthode100

Cette méthode est particulièrement utilisée dans les secteurs d'activité dont la valeur
patrimoniale est essentielle (sociétés foncière immobiliers, holdings industrielles).

Cette méthode présente les inconvénients de ne pas prendre en considération les éléments
incorporels de l'entreprise, et de négliger ses deux principes fondamentaux, à savoir la
coordination des éléments du patrimoine et l'objectif de recherche du profit. Cependant,
d'autres méthodes patrimoniales existent pour remédier aux carences de l'ANCC, à savoir le
Goodwill.

1-3 / Limite de l’approche patrimoniale

La méthode des valeurs patrimoniales est intéressante dans la mesure où elle parait plus
réaliste, dont ses méthodes sont plus simples à mettre en œuvre. Cependant la valeur dégagée
n'est cependant qu'une première approche financière car elle ne tient pas compte des éléments

99
[Link]
100
[Link]
du marché qui peuvent la faire évoluer et ne traduit pas toujours bien les anticipations des
investisseurs en ce qui concerne la rentabilité future de l'entreprise et elle est inadaptée aux
entreprises qui connaissent une évolution rapide comme les start-up101.

2- Approche mixte
La méthode d’évaluation du Good Will est dite mixte car elle fait appel à la fois à
l’approche patrimoniale et à l’approche des flux de trésorerie

Le Goodwill est la traduction anglaise de survaleur ou superprofit. Il représente l’écart


entre le montant de l'actif qui figurent au bilan de la firme et la valeur de son capital matériel
et immatériel (l’image de marque de ses produits ou services, le savoir- faire...), qui s’ajoute à
l’actif net comptable corrigé afin de déterminer la valeur de l’entreprise. Donc le Goodwill
représente la différence entre la valeur de l’entreprise vue comme une entité dynamique et la
valeur de l’actif net comptable corrigé102.

Autrement dit, le goodwill (GW) ou "fonds de commerce", est un élément d'actif qui
n'apparait pas au bilan, dont on peut le définir comme la capacité de l'entreprise à générer du
bénéfice au-delà de la rentabilité normale de son actif net103.

2-1 / Calcul du goodwill104


Afin d’évaluer le Goodwill, il faut passer par les étapes suivantes :

 Etape 1 : Calcul la rente du GW (superbénéfice).


 Etape 2 : actualisation de la rente du GW.
 Etape 3 : évaluation de l’entreprise.

 Etape 1 : Calcul la rente du GW (superbénéfice).

Par définition, la rente de goodwill est la différence entre la rentabilité dégagée par l’actif
économique de l’entreprise (Re) et la rentabilité exigée par les actionnaires (Re’).

Rente de goodwill = actif économique (Re – Re’)

101
[Link]
102
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
103
[Link]
Si Re inférieur au Re’ signifie que le goodwill est négatif, donc on parle de Badwill.

 Etape 2 : actualisation de la rente du GW105

Après la détermination de la rente du Goodwill on passe à l’étape de

l’actualisation En effet, l’actualisation peut porter :

 Soit sur les rentes de goodwill prévisionnelles d’un nombre limité d’années : en
pratique, ce nombre est de cinq ans car au-delà de cette durée, la prévision de la rente
est trop incertaine :
( −(𝟏+𝒊))−𝒏
Rente annuelle ×
𝒊

 Soit sur une suite infinie de rentes :

𝑹𝒆𝒏𝒕𝒆 𝒂𝒏𝒏𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆
𝒊

Avec :

i : le taux de rentabilité exigé par les actionnaires.

 Etape 3 : évaluation de
l’entreprise La valeur de l’entreprise s’écrit donc
:

Valeur de l’entreprise = ANCC + Goodwill

L'actif net comptable corrigé doit être pris hors éléments incorporels afin d'éviter qu'ils ne
soient comptabilisés doublement, car on les calcule à travers le Goodwill.

L’évaluateur est amené donc, à déterminer et analyser la différence entre la rentabilité et


la rémunération des actifs. Si la différence est positive, il apparait un superbénéfice à la valeur
patrimoniale, qui traduit l’existence d’un autre actif incorporel, qui est le Goodwill. À
l’opposé, si la différence est négatif, une dépréciation de la valeur patrimoniale doit être
opéré, donc il s’agit d’un Badwill (Raffegeau J et al, 1988, p:75).

105
[Link]

63
2-2 / Estimation de la rente

La rente du goodwill peut être estimée soit à partir de l’actif économique, l’actif net
comptable corrigé, valeur substantielle brute ou capitaux permanent nécessaires à
l’exploitation.

 Evaluation de l’actif économique

L’actif économique correspond souvent à l’actif net comptable corrigé (ANCC) ou à la


valeur substantielle brute (VSB) ou aux capitaux permanents nécessaires à l’exploitation
(CPNE).

 Valeur substantielle brute (V.S.B)

Selon VIZZAVONA. « La valeur substantielle brute représente la totalité des emplois


corporels de l‘entreprise engagés et organisés pour en réaliser l’objet sans prendre en
considération du mode de financement de ces emplois »106

La valeur substantielle brute est centré sur la valeur réelle de l’outil industriel ou
commercial et ajoute donc à l’actif réel total les éléments nécessaires au fonctionnement de
l’entreprise (biens en leasing ou en location) et les dépenses de remise en état des
équipements vétustes. En revanche, les actifs hors exploitation, n’apparait pas dans
l’évaluation. (Alain C., 1990 & Pierre V., 2011)

V.S.B
= Actif réel corrigé
(+) Biens exploités par l’entreprise (leasing, location, prêt)
(+) Dépenses de remise en état des équipements vétustes
(-) Actifs hors exploitation

 Les capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (CPNE)


La méthode des capitaux permanents nécessaires à l’exploitation (C.P.N.E) prend en
compte les immobilisations nécessaires à l’exploitation et le besoin en fonds de roulement
normal.
C.P.N.E
= Immobilisations nettes d’exploitation
(+) Biens exploités par l’entreprise (leasing, location, prêt)
(+) Dépenses de remise en état des équipements vétustes
(+) Besoin en fonds de roulement d’exploitation

Mentionnons qu’à l’instar des deux méthodes précédentes (actif net comptable corrigé et
valeur substantielle brute), on ne tient pas compte de la valeur des éléments du fonds de
commerce appelés encore survaleur ou goodwill qui font l’objet, comme nous le verrons,
d’une évaluation séparée dans les expressions mixtes de la valeur. (Alain C., 1990 & Pierre
V., 2011).

2-3 / Le bénéfice économique 107:

Pour le calcul de la rente de Goodwill, le bénéfice doit être retraité. Il s'agit d'un bénéfice
retraité après impôt.

Ce bénéfice doit être retraité en fonction de l'actif économique qui a été retenu, c'est à
dire soit l'ANCC, soit les CPNE, soit la VSB.

Quel que soit l'actif économique retenu, on doit obligatoirement retraiter les éléments
suivants :

- Les résultats exceptionnels doivent être éliminés.


- La dotation aux amortissements doit être calculée sur la base de la valeur d'utilité.
- Les dotations aux amortissements concernant les postes d'actifs
fictifs. Selon la méthode retenue, on doit retraiter en plus les éléments
suivants :

Concernant les CPNE

- Elimination des produits et charges liés aux biens hors exploitation


- Les intérêts des dettes financières doivent être réintégrés dans le bénéfice.
- Substituer aux redevances de crédit-bail l'amortissement calculé sur la valeur d'utilité
du bien.

107
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2023
Concernant la VSB

Le bénéfice associé à la VSB subit le retraitement supplémentaire suivant :

Les mêmes retraitements que ceux prévus par l’ANCC sont nécessaires en complément par :

- La suppression des produits et charges issus d’un bien hors exploitation


- L’élimination des intérêts issus des dettes financières et non financières ; ces charges
sont déjà prises en considération dans le CMPC
- L’élimination des redevances de crédit-bail
- La présentation des dotations aux amortissements sur la base des biens loués, prisé
crédit-bail
Il ne faut oublier que dans les trois cas, le bénéfice économique est un bénéfice n’est
d’impôts.

2-4 / taux d’intérêt108:

Le taux d’actualisation de la rente du goodwill :

 Concernant l’ANCC : coût des capitaux propres


 Concernant les CPNE : coût moyen pondéré des capitaux propres et des
emprunts
 Concernant la VSB : coût moyen pondéré des capitaux propres et de toutes les
dettes « coût élargi ».

Intérêts et limites109

La méthode du Goodwill a fortement contribué à la réflexion et à l'amélioration des


méthodes d’évaluation présentant ainsi de nombreux avantages :

 Elle permet d'apprécier l'entreprise dans toutes ses dimensions. Notamment, elle
intègre à l’entreprise systématiquement tous les éléments immatériels qui procurent à
l'entreprise un avantage concurrentiel

108
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2023
109
[Link]
&isAllowed=y
 Elle reflète la santé passé et futur de la firme, ainsi l’entreprise ne sera plus considérée
uniquement pour la valeur de ses actifs. Mais aussi pour sa capacité à produire des
bénéfices

Toutefois, cette méthode présente certains inconvénients, notamment :

 Elle ne prend pas en compte les perspectives que de façons limitées. Elle reste tout de
même tourner vers le passé (l'accumulation des richesses) car la valeur de l'ANCC
reste dominante dans la valeur obtenue.
 Il s'agit d'une méthode approximative qui fait appel à des paramètres difficiles à
déterminer objectivement comme le taux d'actualisation, durée, résultat récurrent
prévisionnel...etc.).
SECTION 3 : Approche comparative

L’approche comparative appelé aussi approche analogique ou approche des multiples,


permet d’évaluer une entreprise par une comparaison avec d’autres entreprises (Thauvron A,
2002, p:149).

1- Présentation de la méthode
Cependant, la méthode est souvent très simple pour pouvoir prendre en considération
l'ensemble des caractéristiques des entreprises, notamment celles qui les différencient les
entreprises auxquelles elles sont comparées (Suezza et al.,2001). Les praticiens mettent
souvent en avant le fait que la méthode des multiples est facile à appliquer car elle contient
moins d'hypothèses à formuler et moins d'informations à traiter par rapport aux d'autres
méthodes qui sont fondées sur l'analyse fondamentale, comme la méthode des DCF
(Damodaran, 2006).

Le principe de l'évaluation selon l’approche comparative consiste à choisir des


transactions récentes dans le même secteur de l’entreprise à évaluer, et à partir de ces
données, il établira les multiples, ces multiples nommés les multiples de transaction (calculés
à partir de EBIT, EBITDA, Chiffre d’affaire, ...), constatés à partir des tractions de référence
doivent être appliqués à l’entreprise cible pour en déterminer sa valeur (Tournier J B, et al,
2007, p: 203).

Selon (TCHEMEHI, 2003, p56) le principe de ces méthodes « consiste à déterminer la


valeur de l’entreprise en multipliant un facteur pertinent représentatif de la capacité
bénéficiaire future par un coefficient multiplicateur. La valeur du coefficient est généralement
estimée sur la base des dernières évaluations réalisée sur le marché pour les entreprises
similaire ».

Autrement dit, la valeur de l’entreprise est calculée selon la formule suivante :

Valeur de l’entreprise = multiple * critère retenu


2- Calcul du multiple
 Multiple de l’excédent brut d’exploitation (multiple d’EBITDA)

EBITDA signifies Earnings before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization.


Correspond à l’EBE (l’excédent brut d’exploitation).

𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥′𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞
𝐋𝐞 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐩𝐥𝐞 𝐝′𝐄𝐁𝐈𝐓𝐃𝐀 = 𝐄𝐁𝐄

Ce multiplicateur permet d’évaluer les entreprises en fonction de leurs performances


opérationnelles qui est souvent utilisé par les analystes financières car il n’est pas affecté par
les variables utilisées pour calculer l’amortissement, telles que la durée et les méthodes de
calcul qui peuvent varier en fonction des entreprises110.

 Multiple du résultat d’exploitation (multiple d’EBIT)

Le multiplicateur du résultat d’exploitation rapporte la valeur d’un actif économique au


résultat d’exploitation. Cela donne la possibilité de prendre en compte la capacité bénéficiaire
d’exploitation des entreprises différentes (Vernimmen P, 2013, p : 746).

Le multiple d’EBIT = valeur de l’entreprise / résultat

d’exploitation Le multiple d’EBIT = valeur de l’entreprise / EBIT

Ce multiple a pour avantage la prise en compte de capacité bénéficiaire d’exploitation de


différentes entreprises. Cependant il dépend de choix comptables et financières interne de
chaque entreprise comme le taux et la durée d’amortissement des immobilisations, les
dotations et reprises de provisions sur les actifs etc111.

 Multiple du résultat net (PER)

Le PER (Price Earning Ratio) est le multiple le plus utilisé et le plus connu en raison de
sa facilité d’utilisation et de compréhension. Il reflète la valorisation que le marché offre à la
capacité bénéficiaire d’une entreprise. Il s’agit de multiplier le bénéfice de l’entreprise par le

110
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
111
[Link]
&isAllowed=y
PER. Pour, utiliser ce multiplicateur de manière plus pertinente, de nombreux retraitements
doivent être effectués. Ainsi, par exemple les éléments qui ne résultent pas directement de
l’exploitation (exceptionnels, financiers) doivent être retraité, parce qu’ils peuvent affecter
significativement la capacité bénéficiaire de référence. (Cherif M, 2007, p: 44).

𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬
𝐏𝐄𝐑 =
𝐁𝐏𝐀

BPA : bénéfice par action.

Dans ce cas la valeur de l’entreprise : VE = PER x B

Où : B représente le bénéfice moyen futur.

L’avantage de la méthode PER est la simplicité de ses calculs, basée sur le prix de ses
actions sur le marché, elle donne la valeur réelle de l’entreprise. Ce qui fait d’elle un bon outil
d’évaluation d'entreprise. La chose qui n’est pas pour les entreprises qui représente un
bénéfice nul112.

PER = capitalisation boursière / bénéfice net

Capitalisation boursière = cours de l’action × le nombre d’action

Si l’on divise le numérateur et le dénominateur de l’expression de PER par le nombre


d’action on trouve :

𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥′𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐏𝐄𝐑 =
𝐁é𝐧é𝐟𝐢𝐜𝐞 𝐏𝐚𝐫 𝐀𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧

Limites de l’approche comparative

L’application de la méthode comparative nécessite une connaissance précise des


informations relatives aux entreprises comparables.

De plus, il est difficile dans certains cas de trouver des entreprises similaires à celle que l'on
souhaite évaluer comme pour les PME113

112
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
113
[Link]
Conclusion

Les approches d’évaluation d’entreprise sont multiples, dont le choix de la méthode


dépend de plusieurs facteurs comme la taille, le secteur, l’activité, la rentabilité, la perspective
future de l’entreprise à évaluer.

Dans ce chapitre, on a essayé de présenter et d'expliquer les différentes approches


d'évaluation. Et on a constaté à quel point, les méthodes d'évaluation sont nombreuses, dont
on a présenté que les méthodes les plus utilisée. À savoir, l’approche des flux de trésorerie,
l’approche patrimoniale, l’approche mixte et l’approche comparative.

En effet, chacun d’eux montre une logique précise, et aucune de ses méthodes n’est la
meilleure par rapport à l’autre. Cependant, chaque approche a des avantages et des limites,
ainsi que des difficultés dans l'estimation de certains paramètres de base qui entrent dans le
calcul de la valeur de l'entreprise.

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