Évaluation d'entreprise : Approches et enjeux
Évaluation d'entreprise : Approches et enjeux
Les entreprises font face à des besoins de financement afin de réaliser des investissements
et atteindre leurs objectifs de croissance. Dans la plupart des cas, elle recourt aux
établissements de crédit tels que les banques, mais cette décision n’est pas toujours réalisable
pour satisfaire leurs besoins.
En effet, les entreprises recours aux marché financier, auquel cas l’entreprise est dans
l’obligation de déterminer la valeur de son entreprise pour encourager les investisseurs de
placer leurs argent afin d’augmenter le capital.
Cependant, ce qu'il rend l'opération de l'évaluation plus délicat c'est que l’acquéreur veut
acheter avec un prix moins cher et le vendeur veut vendre au prix plus élevé.
En effet, l’évaluation de l’entreprise est nécessaire n’ont seulement dans le cas de vente
ou d’achat, mais plutôt dans d’autres contextes tels que fusion, scission, augmentation du
capital, introduction en bourse….
Par ailleurs, nous avons choisi de formuler notre problématique de la manière suivante :
« Quelles sont les différents approches auxquelles l'entreprise peut avoir recours lors
d'une évaluation ? »
Le premier chapitre est consacré aux généralités sur l’évaluation d’entreprise, divisé en
trois sections à savoir :
Le deuxième chapitre nous allons présenter les outils d’évaluation d’entreprise divisée en
trois sections à savoir :
Le troisième et le dernier chapitre portera sur un cas empirique où nous allons appliquer
les trois approches sur la société de TGCC divisé en trois section :
De plus, une entreprise est dans l’obligation d’être évaluer dans le cas d’une fusion,
introduction en bourse ou succession…
Ainsi, l’évaluation de l’entreprise est une mission multidisciplinaire qui nécessite des
connaissances diverses au niveau de la comptabilité, la finance, la stratégie d’entreprise, droit
et la fiscalité.
La seconde section est consacrée aux corpus théoriques, dont on va présenter les théories
financières de l’évaluation de l’entreprise telle que la théorie de Modigliani et Miller, la
théorie du signal et la théorie d’agence.
L'évaluation d'une entreprise a pour objectif de déterminer une valeur, plus précisément
une fourchette de valeurs qui correspondre à la valeur réelle de l'entreprise en question. Ceci
dans le but de permettre une négociation raisonnable entre les parties prenantes intéressées par
cette évaluation et, le cas échéant, d'aboutir à un prix en cas de transaction qu'elle soit partiel
ou totale.
La défaillance est une sanction de l’échec économique d’une entreprise qui n'a pas atteint
un niveau de rentabilité suffisant afin de faire face à ses engagements financiers (Combier,
Blazy, 1998). Autrement dit, c’est l’accumulation de l’ensemble des coûts diffusés au sein de
l’entreprise, qui peut entraîner de la faillite
La faillite d’entreprise est un ancien terme juridique remplacée aujourd’hui par le terme
de cessation des paiements d’une entreprise. Il sert à qualifier une entreprise qu’elle n’est pas
capable d‘honorer ses diverses dettes (salaires, dettes fournisseurs, emprunts financiers, etc.).
Une entreprise est donc en cessation de paiement lorsque le passif de son bilan comptable est
supérieur à l’actif : cela signifie que son passif ne suffit pas à couvrir son actif et par
conséquent ne peut plus payer ses dettes1.
Actuellement, les banques utilisent des techniques de scoring afin de déterminer l’état des
entreprises. Le principe est simple : il consiste à qualifier l’entreprise au travers de ses états
financiers et à déterminer la limite de risque à l’aide d’un indicateur synthétique portant sur
l’ensemble du secteur. En comparant le résultat de l’entreprise avec cette limite afin de savoir
si à court terme l’entreprise va faire ou non faillite. En d’autre terme, la méthode des scores «
Scoring » est une technique d'analyse utilisée afin de détecter la défaillance, à travers un score
1
[Link]
attribué à l’entreprise. Cette technique du scoring est destinée à diagnostiquer les difficultés
des entreprises. Le scoring est un système d'aide à la décision qui permettre aux banques de
définir à l’utilisation de leurs exploitants des catégories cibles pour lesquelles le risque peut
être anticipé2.
Si la faillite est survenue et que la firme ne trouve pas de financement externe, elle peut
demander aux associés de recapitaliser la firme afin de lui permettre d’assumer ses
engagements ou opter pour cesser ses activités et mettre l’entreprise en faillite. Par la suite, la
procédure consiste à déclarer la firme en faillite auprès du greffe du tribunal du commerce le
plus proche du siège social. En effet, l’entreprise dispose alors d’un délai de 45 jours à
compter de la date de dépôt de déclaration de faillite pour confirmer ou infirmer la cessation
effective des paiements. Une procédure s’ouvre après au cours de laquelle le tribunal étudiera
le dossier afin de placer la firme en redressement judiciaire pour lui donner une chance de
poursuivre son activité, ou de la mettre en liquidation judiciaire afin de cesser ses activités3.
Le redressement judiciaire4
Après avoir déclarée en faillite, cette dernière se retrouve devant un jury qui devra
décider de son sort. Elle pourra être mise en redressement judiciaire si les dirigeants et les
juges déterminent qu’elle a des moyens de se redresser et de poursuivre son activité.
Dans cette situation, les créances de l’entreprise seront suspendues pour permettre à
l’entreprise de se redresser et retrouver un minimum de trésorerie. L’entreprise sera soumise à
une période d’observation d’une durée maximum de 18 mois.
Disposer d’un délai de continuation pour rembourser ses dettes à condition que ses
ressources lui permettent ;
2
[Link]
mesure-148674
3
[Link]
4
[Link]
Être reprise, à la barre du tribunal par des tiers ;
Effet d’accordéon
Cette décision permettra à l’entreprise de restructurer ses fonds propres qui présentent des
pertes cumulées sur plusieurs exercices avec un report à nouveau déficitaire au titre des
derniers comptes approuvés.
Selon l’article 357 de la loi 20.05 du Code du Commerce : « Si du fait de pertes constatées
dans les états de synthèse, la situation nette de la société devient inférieure au quart du capital social,
le conseil d'administration ou le directoire est tenu, dans les trois mois qui suivent l'approbation des
comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer l'assemblée générale extraordinaire à l'effet
de décider s'il y a lieu, de prononcer la dissolution anticipée de la société ».
Autrement dit, cette loi impose aux entreprises dont les capitaux propres (capital social +
réserves + report à nouveau + résultat de l’exercice) sont inférieurs à 25% de leur capital
social de procéder soit à la dissolution de leur société ou la reconstitution de leurs capitaux
propres dans un délai de 2 ans maximum6.
5
[Link]
6
[Link]
Si l’entreprise décide de poursuivre son activité en reconstitution ses capitaux propres,
elle doit procéder à une augmentation ou à une réduction du capital dont le montant doit
correspondre à la perte qui n’a pas pu être mise en réserve. Le mécanisme du coup
d’accordéon est donc destiné à réduire les pertes de l’entreprise, puis à procéder à une
augmentation du capital dans le but de relancer une entreprise qui est en difficultés
financières7.
Lorsqu’une entreprise réalise une opération capitalistique, les conséquences pour les
actionnaires peuvent être à la fois multiples et importantes. Une réduction de capital entraîne
la perte de tout ou partie des droits des associés de l’entreprise. Autrement dit, en cas
d’augmentation de capital, les associés disposent d’un droit préférentiel de souscription,
même si tout soit négociable ! Ils bénéficient, normalement, d’un droit de priorité pour
souscrire à l’augmentation de capital afin de maintenir leur niveau de participation avant et
après le coup d’accordéon8.
Le Code de commerce protège tous les actionnaires et prévoit que la réduction de capital
ne peut en aucun cas “porter atteinte à l'égalité des actionnaires” (article 210 de la loi 17-95
du Code de commerce). La Cour de cassation considère que la réduction du capital social
pouvant exclure certains associés ne disposant pas de liquidités suffisantes est licite
uniquement dans la mesure où la survie de celle-ci le justifie9.
Durant les trente dernières années, l’évaluation de l’entreprise a connu des changements
significatifs, dans un environnement économique et financier, et sous l’effet de la
structuration de la théorie financière10.
7
[Link]
singelnstein
8
[Link]
9
[Link]
singelnstein
10
Palard J-E et al, 2013, p :19 « Guide pratique d’évaluation des entreprises », Edition Eyrolles
processus qui s’inscrit dans un environnement économique donnée plus ou moins complexe et
formalisé11.
Selon (S. PARIENTE, 2013. P :217) « Évaluer une entreprise consiste à établir un prix,
acceptable par les parties pour tous les actifs et à déduire par la suite l’endettement, pour
obtenir la valeur des capiteux propres ». Autrement dit, afin d’avoir la valeur globale de
l’entreprise, il faut retrancher l’endettement car il baisse sa valeur.
Selon (THAUVRON.A, 2005. P7, 8) : « Afin d’étudier les performances passées, il est
essentiel de maitriser les techniques comptables pour retraiter les états financiers et
comprendre les sources de la création de valeur passée. Le diagnostic et le plan stratégique
doivent faciliter l’écriture du futur de l’entreprise qu’il faut par la suite traduire du point de
vue financier. »
11
Palard J-E, Imbert F, 2013, p :15 « Guide pratique d’évaluation des entreprises », Edition Eyrolles
12
[Link]
13
PRTIENTE.S « Analyse financière et évaluation d’entreprise », édition pearson, 2013, p217.)
Elle est aussi un outil de gestion important qui permet de contrôler des variables comme
la rentabilité, l’environnement de l’entreprise, l’évolution de l’entreprise et sa santé
financière.
4- La différence entre la valeur et le prix
4-1/ La notion du prix
Selon (BRILMAN.J et MAIRE.C, 1990, p19) « Le prix payé lors d’une transaction, à
l’opposé de la valeur, est une donnée réelle. Il peut arriver que le prix payé soit considéré
comme une pure folie par rapport à une valeur dite raisonnable ».
Autrement dit, le prix d’une entreprise est la valeur réelle qu’un investisseur ou un agent
économique à le pouvoir d’un achat. En effet, il représente le fruit d’un processus de
négociation entre l’acquéreur et le vendeur14.
Autrement dit, la valeur de l’entreprise est déterminée par des méthodes d’évaluation
d’entreprises qui sont différentes (on va les voir en détail dans le deuxième chapitre), et
chaque méthode donne une valeur différente. Cette valeur peut être effectuée soit sur la base
des données comptables ou financières ou économiques.
Donc, on peut constater que la valeur qu’on obtient après évaluer une entreprise, c’est le
prix auquel on se référer pour la détermination du prix de vente ou d’acquisition de
l’entreprise.
14
PALARD, J-E., IMBERT, « [Link] pratique d’évaluation d’entreprise », Paris : Eyroles, 2013, p 47
15
[Link] d evaluation d [Link]
4-3/ La différence entre la notion du prix et de la valeur
« Le prix est ce que vous payez. La valeur est ce que vous gagnez. » (Warren Buffet).
D’après cette citation, on peut constater que le prix est une réalité, et ne se forme qu’au
moment où il y a une négociation entre l’acquéreur et le vendeur. Donc, le prix est n’est pas
toujours égal à la valeur, car le prix est une donnée objective, tandis que la valeur est
subjective, et par conséquent c’est ce qui explique qu’une même entreprise peut avoir des
valeurs différentes selon l’objectif recherché par l’évaluateur. Toujours dans le contexte de
l’évaluation, l’évaluateur ne cherchera jamais à attribuer une valeur exacte à l’entreprise, mais
d’une fourchette de valeurs afin de commencer la négociation entre l’acquéreur et le vendeur
pour fixer un prix accepté par les deux parties. Le vendeur cherchera toujours à ce que le prix
de vente soit le plus élevé, or que l’acquéreur cherche d’offrir le prix le plus bas16.
D’autre part, cela place le dirigeant en position de réactivité face aux nombreuses
opportunités et menaces qui peuvent se présenter. En effet, l’évaluation d’entreprise est
importante dans toutes les opérations qui comportent une transaction, puisqu’elle contribue de
fixer le prix, sans oublier que l’évaluation d’entreprise est obligatoire en terme juridique
comme dans la transmission ou la répartition d’héritage17.
Cependant, les cas sont nombreux, d’où on va citer certaines situations dans lesquelles
une évaluation d’entreprise est apparaît nécessaire :
La Cession de l’entreprise
16
[Link]
17
[Link] d evaluation d [Link]
négociation entre le vendeur et l’acheteur. Afin d’avoir une idée d’un prix raisonnable, il faut
procéder à l’évaluation de l’entreprise en employant les différentes méthodes d’évaluation18.
Cependant, lors d’une cession ou d’acquisition d’une entreprise, une évaluation de celle-
ci fournit un compte détaillé des revenus, des dépenses et des gains historiques, une liste des
actifs corporels et incorporels, et des informations qualitatives sur l'entreprise. En pratiquant
ces informations, on peut constater les gains que la firme est susceptible d’avoir pendant les
prochaines années et permet à déterminer un prix équitable pour la firme19.
Fusion d’entreprise20
La fusion c’est lorsque deux ou plusieurs entreprises se regroupent pour devenir une seule
entreprise, (par exemple la valeur de l’entreprise C est déterminée en fonction de la valeur des
entreprises fusionnantes A et B d’où il nécessite l’obligation d’évaluer chaque entreprise) ; ou
bien à une prise de contrôle de la société absorbante sur la société absorbée. Afin de
déterminer la valeur des titres et aussi pour déterminer le nombre des titres auxquels les
actionnaires de la société absorbante ont droit de la manière la plus juste, il est nécessaire de
déterminer la valeur de l’entreprise. En effet, il est préférable que la méthode d’évaluation soit
identique dans les deux sociétés21.
La scission22
La scission est l’opération par laquelle une entreprise transmet l’ensemble de son
patrimoine à deux ou plusieurs sociétés préexistantes ou nouvelles. Cependant, cette opération
permet de diviser les actifs et les passifs d’une entreprise entre deux ou plusieurs autres
entreprises23.
18
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
19
[Link]
d=y
20
L’article L. 236-1, 1er alinéa du code de commerce prévoit que lorsqu’une ou plusieurs entreprises
peuvent, par voie de fusion, transmettre leur patrimoine à une entreprise existence ou à une nouvelle
société qu’elles constituent.
21
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
22
L’article L. 236-1, 2ème alinéa du Code de Commerce définit la scission comme une transmission du patrimoine
d’une société « à plusieurs sociétés ».
23
[Link]
« À l’opposé de la fusion, la scission peut avoir lieu lors de la séparation des différentes
filiales d’un groupe en entités distinctes »24.
La succession
La succession c’est le passage de la propriétaire familiale sans passer à une cession et qui
convient d’évaluer afin de calculer le droit de succession, ça veut dire que l’évaluation permet
de déterminer le prix à payer sur les droits de succession.
L’introduction en bourse
Augmentation du capital
Lorsqu’une entreprise a besoin d’augmenter ses ressources stables, elle peut recourir à
une augmentation de capital qui peut se faire à travers la création de nouveaux titres.
L’évaluation de l’entreprise permet de déterminer le nombre d’actions à émettre et de la
valeur d’émission26. Cependant, les investisseurs se fonderont sur le prix des actions, afin de
prendre la décision d’investir dans une entreprise ou non.
24
[Link]
25
[Link] d evaluation d [Link]
26
[Link]
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Réalisation d’investissement
Tout investissement dans une entreprise existante nécessite une évaluation préalable, il
peut être un placement d'argent dans une banque, achat d'obligations, achat d'actions,
investissement dans la création ou achat d'une entreprise. Quel que soit son secteur,
l’investisseur fait tout pour réduire les risques et augmenter la rentabilité de l’investissement.
En effet l’investisseur évalue une entreprise où il compte engager ses capitaux et chercher de
prévoir ses revenus futurs sur une période de visibilité27.
Conclusion
On peut conclure, que la valeur est le résultat de l’une des méthodes d’évaluation, tandis
que le prix est la négociation entre l’acquéreur et le vendeur.
De plus, les raisons qui poussent les entreprises à l’évaluation c’est soit en cas de la
fusion, scission, la succession, introduction en bourse, augmentation du capital ou pour
réaliser d’investissement
27
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
SECTION 2 : Corpus théorique
Pendant des années, l’étude sur la structure de financement de l’entreprise a été un sujet
qui suscite la controverse. Ce qui a poussé la littérature financière depuis des années a cherché
les atouts de la structure financière sur la valeur de l’entreprise.
Dans cette section on va présenter les théories qui ont traité l’évaluation de l’entreprise.
(Modigliani et Miller, 1958) sont les premiers qui ont réalisé une analyse théorique
concernant l’impact de la structure de financement sur la valeur de l’entreprise.
Dernièrement, la proposition de Modigliani et Miller a été remise en cause par des études
théoriques et empiriques qui montrent qu'une modification de la structure financière à une
influence non négligeable sur la structure financière de l’entreprise. À cet égard, (Modigliani
et Miller, 1963) ont été les premiers à modifier leurs études précédentes en intégrant des taxes
auprès des entreprises, afin d’avoir l'impact de ces impôts sur la structure du capital28.
28
[Link]
id/[Link]
1-1 / La première proposition de Modigliani et Miller : en l'absence de
fiscalité (1958)
H3 : Absence d’impôt
29
[Link]
30
[Link]
1-2 / La deuxième proposition de Modigliani et Miller : avec prise
en compte de la fiscalité (1963)
Modigliani et Miller (1963) ont modifié les fondements théoriques de leur modèle en
introduisant la variable fiscale et concluent qu’afin de bénéficier des économies d’impôts sur
les sociétés dues à la réduction des charges fiscales, il est nécessaire d’endetter l’entreprise.
Cette étude vient s’opposer à leur ancienne étude dans le sens où la valeur de l’entreprise qui
est endettée ne serait plus égale à celle d’une entreprise non endettée mais au contraire, elle
serait augmentée de la valeur des économies d’impôts réalisées grâce à cette possibilité de
déductibilité des charges financières31.
Autrement dit, l’entreprise qui est endettée elle bénéficie de la diminution de l’économie
d’IS, donc cela va augmenter la valeur de l’entreprise à l’opposé à une entreprise non
endettée.
31
[Link]
d=y
32
[Link]
Cela signifie que plus le coût d’emprunt n’est élevé, plus le coût moyen du capital n’est
réduit grâce aux économies d'impôt. Cette réduction du coût du capital augmentera la valeur
de l'entreprise car elle réduira le dénominateur de l'équation de sa valorisation en actualisant
ses flux de trésorerie futurs où le taux d'actualisation sera ce coût du capital33.
En effet cette théorie ne postule que les agents internes à l’entreprise, mieux informés que
les investisseurs externes, souhaitent transférer une partie de l’information privée à ces
derniers en utilisant un signal. Par conséquent, la structure financière et le degré de
diversification du portefeuille des dirigeants sont considérés comme des sources
d’information pour les créanciers. Ces signaux doivent permettre une diminution de
l’asymétrie d’information, et par conséquent obtenir un financement pour des conditions
favorables aux entreprises ayant des opportunités d’investissement les plus favorables35.
Selon le modèle présenté par Ross (1977), le niveau d’endettement est un signal diffusé
par le dirigeant pour faciliter l’identification du type d’entreprise qu’il gère. De là, les
dirigeants sont obligés d’émettre des signaux crédibles, car si ces derniers émettent de
mauvais signaux, l’entreprise peut retirer des bénéfices, mais seront inférieur à la pénalité
encourue36
Ross (1977) a développé un modèle fondé sur les hypothèses suivantes :37
33
[Link]
34
[Link]
d=y
35
[Link]
=1&isAllowed=y
36
www.é[Link] « Théorie financière de signalisation », publié Mai 2007
37
[Link]
• Il n'existe que deux types de firmes sur le marché.
• Les investisseurs sont neutres vis-à-vis du risque.
• Le niveau d'endettement des entreprises performantes est supérieur à celui des
entreprises médiocres.
Jensen et Meckling (1976) ont remis en cause le référentiel établi par Modigliani et
Miller par l'intégration de la théorie d'agence dans la théorie financière. Ils considèrent la
firme comme un ensemble d'agents aux objectifs divergents et conflictuels et le niveau
d'information différent40.
Donc selon (M. Jensen et W. Meckling, 1976) la théorie d’agence est : « un contrat par
lequel une ou plusieurs personnes (le principal) engage une autre personne (l’agent) pour
exécuter en son nom une tache quelconque qui implique la délégation d’un certain pouvoir de
décision à l’agent ».
Autrement dit, la théorie d’agence est basée sur l’incertitude et l’asymétrie
d’informations entre le principal et l’agent. Cette différence d’intérêts est souvent représenté
par le modèle principal-agent, considéré comme un cas particulier de la théorie des contrats
dont l’objet est de cerner les relations d’échanges entre les parties en tenant compte des
38
[Link]
=1&isAllowed=y
39
WIRTZ.P, « les meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise », édition La découvert, Paris, 2000, P36.
40
[Link]
contraintes institutionnelles et informationnelles dans lesquelles elles évoluent (Salanier B.,
1994).
Donc, la théorie de l’agence implique la mise en place des mécanismes de contrôle qui,
vont permettre de résoudre les conflits d’intérêts entre les actionnaires et les dirigeants. Pour
l’instant, l’entreprise est considérée comme un nœud de contrat 41 où les relations entre les
actionnaires et les dirigeants de l’entreprise sont liées par des contrats.
De plus, la théorie de l'agence est basée sur le principe selon lequel chaque individu agit
de façon à maximiser son intérêt particulier avant l'intérêt général, autrement dit que chaque
individu pense que de son propre intérêt. En fait, il existe dans l’entreprise des relations
d'agence entre les actionnaires et les dirigeants, prêteurs et actionnaires, ... etc. Les
actionnaires délèguent une partie de leurs pouvoirs aux dirigeants qui sont censés agir dans
l’objectif d’augmenter la richesse de l’entreprise. Tandis que, les dirigeants, essayent de
chercher à satisfaire leurs propres intérêts par la maximisation de son revenu et par
conséquent la taille de l’entreprise. L’entreprise est comme une diversité d'agents, chacun
agissant de manière à maximiser sa propre fonction d'utilité 42. Autrement dit, les actionnaires
cherchent à augmenter leur dividende par contre les dirigeants cherchent à baisser les
dividendes.
Dans le même sens, et en raison de l'asymétrie d'information, les contrats établis entre
principal et agent sont forcément incomplets. En toute logique, les individus vont chercher à
profiter des lacunes des contrats pour maximiser leur utilité43.
41
Boussadia Hichem «La gouvernance d’entreprise et le contrôle du dirigeant : cas de l’entreprise publique
algérienne», Thèse de doctorat, Université Abou Bekr-Belkaid, Tlemcen, 2014, page17
42
[Link]
43
[Link]
44
[Link]
En résumé, la théorie de l’agence est fondée grâce au principe néoclassique selon lequel
tout individu agit de façon à maximiser son intérêt particulier avant l’intérêt général. Selon
cette hypothèse, l’agent économique, dont le comportement est conditionné par le système
économique et la structure juridique dans lesquels il opère, est capable d’anticiper
rationnellement l’incidence des relations d’agence existantes. Ces considérations induisent
naturellement l’existence de coûts liés à l’élimination des risques de conflit entre le mandant
et le mandataire ; dits coûts d’agence45.
Conclusion
En (1958), Modigliani et Miller ont présenté que le choix entre les dettes et les fonds
propres n’a pas d’impact sur la valeur de l’entreprise en absence d’impôt, cependant cette
étude a été touchée par plusieurs critiques.
Donc Modigliani et Miller (1963) ont modifié les fondements théoriques de leur modèle
en ajoutant la fiscalité et constatent qu’afin de bénéficier des économies d’impôts sur les
sociétés dues à la réduction des charges fiscales, il est nécessaire d’endetter l’entreprise pour
augmenter la valeur de l’entreprise.
La théorie du signal de Majluf et Mayer est une théorie économique qui explique l'impact
de l'asymétrie d'information sur les marchés financiers, autrement dit il montre comment les
vendeurs utilisent les signaux afin de transmettre les informations aux acquéreurs
Ensuite, la théorie d’agence qui est le conflit d’intérêt entre les principaux et les agents.
45
[Link]
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SECTION 3 : Le processus de l’évaluation de l’entreprise
L’évaluation de l’entreprise est une finalité qui découle d’un processus qui se réalise à
travers plusieurs étapes, dont le respect de ces étapes permet d’avoir une évaluation de
qualité, pour ce faire l’évaluateur doit posséder certaines compétences.
Donc on peut définir que le processus de l’évaluation est comme étant l’ensemble des
étapes de l’évaluation d’une entreprise.
Dans cette section on va citer les six étapes de l’évaluation de l’entreprise et par la suite
on va présenter les étapes de l’évaluation d’une start-up.
46
[Link]
Figure n°1 : Les différentes étapes de l’évaluation d’une entreprise
• Collecter l'information
Étape 1
La première étape pour évaluer une entreprise c’est de collecter l’ensemble des
informations comptables, financières, juridiques, fiscal et des données qui sont disponibles sur
l’entreprise. Cette phase de prise de connaissance générale de l’entreprise est généralement
complétée par des entrevues avec la direction générale et le management opérationnel, ainsi
que par des visites de sites sur le terrain47.
Le tableau ci-après présente une liste des principales données à recueillir pour
l‘évaluation d’une entreprise48.
Après avoir collecté les informations, la deuxième étape s’articule sur le diagnostic global
de l’entreprise. Le diagnostic est une étape indispensable pour l’évaluateur car il lui permet
d’avoir une vision claire de l’entreprise en détectant les points forts et faibles de la situation
économique. D’ailleurs le diagnostic économique sert avant tout à comprendre le business
model d’une entreprise ou d’un groupe d’un point de vue stratégique et financier.
47
[Link]
48
[Link]
Étape 3 : L’élaboration d’un business plan
Généralement, la durée du business plan est de 3 à 5ans pour que l’entreprise puissent
sauvegarder son niveau de croissance.
(Selon Moschetto, 2005), le business plan doit être à la fois synthétique, clair et crédible.
C’est avant tout un outil de communication qui doit remplir un triple objectif :
Afin d’évaluer une entreprise, l’évaluateur doit sélectionner les différentes méthodes
d’évaluation qui vont lui permettre de valoriser l’entreprise, et bien sur le choix de la méthode
dépend de la disponibilité des données et l’objectif des repreneurs.
49
Pariente.S : « Analyse financière et évaluation d’entreprise », édition Pearson, paris,2013, p232
De plus le choix des méthodes est en fonction de certains éléments tels que50 :
Certaines informations peuvent être difficiles à acquérir notamment celles qui concernent
d’autres entreprises du même secteur, par exemple dans le cas où les informations ne sont pas
disponibles, la méthode des comparables n’est peut pas être choisi.
La taille de l’entreprise
D’une manière générale, lorsqu’une entreprise est de petite taille, sa valeur approche celle
de son patrimoine. Toutefois lorsqu’elle est de grande taille, sa valeur faire référence à la
valeur de rentabilité, à la capitalisation d’une mesure de résultat etc.
L’objectif de l’évaluation
Le choix de méthode est aussi influencé par l’objectif de l’évaluation. Une entreprise qui
a un objectif d’augmenter son capital par l’introduction en bourse peut opter pour une
méthode d’actualisation des dividendes car c’est une méthode que repose sur les cashflows
versés aux actionnaires et puisque cette méthode montre la politique de dividendes de
l’entreprise, elle peut attirer des investisseurs.
Certaines méthodes nécessitent des prévisions et ne peuvent être retenue que s’il existe
une possibilité de les faire. Dans le cas où une entreprise possède un système des prévisions
cohérent et pertinent, une approche fondée sur le DCF pourra être envisagée.
50
[Link]
51
[Link]
Et ces hypothèses sont réductrices et simplifiées, qui permet de construire le business
plan ou bien de calculer le taux d’actualisation.
L'objectif attendu pas l’évaluation d'entreprise n'est pas de donner une seule valeur à cette
entreprise. Au contraire, l’évaluateur ou l'analyste doit chercher à construire une fourchette de
valeurs en identifiant les valeurs minimales et maximales. Les méthodes d'évaluation sont
considérées comme des outils d'aide à la décision à destination des dirigeants et des
investisseurs52.
Cette phase fait généralement intervenir les conseils (banquiers, avocat) qui vont aider les
vendeurs et les acheteurs à fixer un prix de cession et à négocier les modalités et les clauses
du contrat de cession53.
Ainsi, elle consiste à une démarche de négociation de prix entre l’acquéreur et le vendeur.
Selon Hurel (2000) une start-up est une entreprise créée récemment, innovante, travaillant
sur des nouvelles technologies par son secteur d’activité, par ses méthodes de
commercialisation ou son mode de développement, connaissant une croissance rapide en
matière de chiffre d’affaires et de capital54.
52
[Link]
53
[Link]
54
[Link]
55
[Link]
Autrement dit, avec l’évaluation d’une start-up, il n’existe aucune information importante sur
laquelle fonder une évaluation autre que des hypothèses et des suppositions éclairées.
Et voici quelques étapes qui sont utilisées dans le processus d’évaluation d’une start-up.
La première étape pour évaluer une start-up c’est de collecter les informations nécessaires
sur cette startup.
La première étape dans la création d'un processus d'évaluation d’une start-up réussi est la
collecte de données. Ces données peuvent provenir de diverses sources, notamment des
enquêtes auprès des clients, des tests auprès des utilisateurs, des études de marché et des
analyses financières. Une fois que vous avez ces données, vous pouvez commencer à les
analyser et à identifier des modèles56
Cette étape est essentielle en matière d’évaluation d’une start-up, car elle permet
d’estimer sa juste valeur.
56
[Link]
[Link]
57
[Link]
Étape 3 : Le business plan
Lors de l'évaluation d'une startup, vous devez également comprendre le business plan. Un
bon business plan doit inclure des états des résultats sur autant d'années que l'entreprise a
fonctionné, ainsi que le plan de mobilité du capital.
Lorsque les diagnostics sont réalisés vient l’étape d’estimer la valeur de la start-up.
Cependant, les méthodes qui sont généralement pratiquées afin d’évaluer un start-up sont :
Cette méthode consiste à évaluer la start-up en actualisant ses résultats futurs. Elle reste la
plus adaptée pour les entreprises en forte croissance (les start-ups en levée de fonds),
puisqu’elle se concentre sur la richesse future produite par l’entreprise, et non pas sur des
éléments historiques. Avec cette approche, il est tout d’abord nécessaire de déterminer la
valeur des flux de trésorerie futurs de la start-up. Ensuite, il convient de les actualiser jusqu’à
une date future, ce qui implique de calculer un taux d’actualisation59.
Les multiples
La méthode des multiples estime la valeur d’une start-up en la comparant à des start-ups
similaires. Ensuite, les analystes choisissent les paramètres sur lesquels fonder la comparaison
et calculent la valeur de chaque paramètre sous forme de multiple60.
58
[Link]
59
[Link]
60
[Link]
Approche patrimoniale
Pour réaliser cette estimation, il sera bien souvent essentiel pour un gérant de start-up de
s’entourer d’un avocat ou d’un juriste expert en cession d’entreprise ainsi que de son expert-
comptable.
Conclusion
Pour arriver à une meilleure évaluation il faut avoir une connaissance approfondie de
l’entreprise et de son environnement.
Afin de fixer le prix qui est négocié entre le vendeur et l’acquéreur, il faut passer d’un
long processus qui commence par la collecte d’information passant par un diagnostic général
ensuite le choix d’une méthode d’évaluation appropriée en fonction des caractéristiques de
l’entreprise.
En effet, le diagnostic de l’entreprise est une étape essentielle où son objectif principal est
de bien comprendre l’activité de l’entreprise et ses perspectives de croissance en cherchant à
identifier les déterminants de sa valeur.
61
[Link]
Conclusion du chapitre 1
Après avoir présenté les fondements théoriques d’évaluation d’une entreprise dans ce
chapitre, le deuxième chapitre sera consacré à une présentation des différentes méthodes
d’évaluation.
Introduction
Les approches d’évaluation d’entreprise sont multiples, dont le choix de la méthode
dépend de plusieurs facteurs comme la taille, le secteur, l’activité, la rentabilité, la perspective
future de l’entreprise à évaluer.
Cependant la valeur de l’entreprise peut être dégager selon différentes méthodes basées
sur le passé, faisant références aux données comptables, et des méthodes qui se repose sur le
futur, vu que la valeur de l’action est principalement liée à sa rentabilité future, autrement dit
aux dividendes.
De plus, en pratique, il est difficile d'opter pour toutes les méthodes à cause de leur
diversité d'une part et la non cohérence de certaines méthodes avec les objectifs de
l’entreprise d'autre part.
Selon cette approche, l’entreprise vaut aujourd’hui ce qu’elle est capable de générer dans
le futur. Afin d’obtenir la valeur de l’entreprise selon cette approche il faut procéder à
actualiser ses flux futurs avec le taux d’actualisation qui est le cout du capital.
Afin d’étudier ces flux, nous allons aborder dans un premier lieu le cout moyen pondéré
du capital (CMPC), ensuite la méthode d’actualisation des flux de trésorerie (DCF) et enfin la
méthode de la valeur ajoutée économique (EVA).
On appelle cout moyen pondéré du capital (CMPC) ou en anglais Weighted Average Cost
of Capital (WACC) le cout global supporté par l’entreprise, qui regroupe le coût fonds
propres et le coût de la dette. Par conséquent, il y a une distinction entre ces deux coûts, dont
la rémunération versée aux actionnaires sous forme de dividende ne contient pas d’économie
d’impôt, par contre la rémunération versée aux créanciers financiers (intérêts) elle prend en
considération l’économie d’impôts62.
Selon Auerbach, le coût du capital est « le prix payé pour utiliser les ressources
financières du capital, pendant une période définie. En effet, c’est le taux d’actualisation que
les entreprises doivent utiliser afin de réaliser des projets d'investissements ».
De ce fait, si les flux générer par le projet sont inférieurs au coût du capital dans ce cas le
projet n’est pas rentable il sera donc rejeté.
De plus, les méthodes d'évaluation d'entreprise utilisent le cout moyen pondéré du capital
comme taux d'actualisation.
62
[Link]
=1&isAllowed=y
Le CMPC se calcule selon la formule suivante :
𝐂𝐏 𝐃
𝐂𝐌𝐏𝐂 = 𝐊𝐜𝐩 × + 𝐊𝐝 (𝟏 − 𝐓)
𝐂𝐏 + × 𝐂𝐏 + 𝐃
𝐃
Avec :
T : taux d’imposition
Kcp : coût des capitaux propres
Kd : coût de la dette
Pour calculer le cout moyen pondéré du capital il est nécessaire de déterminer la valeur
du coût de fonds propres et la valeur de la dette.
On peut estimer le coût de fonds propres soit à travers le modèle du Gordon et Shapiro ou
le MEDAF.
a- Gordon et Shapiro
Le modèle de Gordon et Shapiro (1956) est très utilisé grâce à sa simplicité, ils proposent
leur modèle théorique d'évaluation des actions fondées sur la capitalisation d'un flux infini de
dividendes. Les trois facteurs de la valeur de l’action sont le montant des dividendes versés, le
taux de croissance anticipé à long terme et le taux d’actualisation. Par conséquent, les
hypothèses qui permettent de valoriser une action et donc une société sont63 :
Les dividendes sont croissants car ils s'effectuent à un taux de croissance à l'infini
Le taux de distribution des bénéfices (le pay-out ratio) est identique pour toutes les
années
63
[Link]
isAllowed=y
Le taux d'actualisation est supérieur aux taux de croissance (g)
Suivant ces hypothèses la formule de ce modèle est la suivante :
𝐝𝐢𝐯 𝟏
𝐕𝐨 =
(𝐊 − 𝐠)
Avec:
Vo : valeur de l'entreprise ;
K : taux d'actualisation :
Cependant, le model de Gordon Shapiro suppose que le taux d’actualisation soit supérieur
aux taux de croissance des dividendes (i>g), ce qui n’est pas forcement réel64.
De plus, les dividendes futurs et le taux d'actualisation sont pratiquement des éléments
difficiles à déterminer65.
Le MEDAF est un modèle d'évaluation des actifs financiers, appelé en anglais CAPM
(Capital Asset Pricing Model).
Ce modèle a été développé à la fin des années 1950 et en cours des années 1960 à partir
des travaux d'Harry Markowitz, William Sharpe, John Lintner et Jack Treynor66.
64
GRIB. C, « Quelles méthodes d`évaluation de l`entreprise publique Algérienne. Cas de l`ENIEM ?», mémoire
de master en science de gestion, UMMTO, 2016, p37
65
[Link]
d=y
66
[Link]
Les hypothèses du MEDAF sont les suivantes67 :
- Les investisseurs ont une aversion du risque et cherchent à maximiser l'utilité espérée
de leur richesse en fin de période.
- Les investisseurs considèrent une seule période d'investissement et cette période est
connue pour tous
- Les investisseurs peuvent emprunter et prêter au taux sans risque illimité
- L'information est accessible sans coût et disponible simultanément pour tous les
investisseurs. Ils font donc tous les mêmes prévisions d'espérance de rendement, de
variance et de covariance pour tous les actifs
- Pas de coûts de transactions, pas de taxes.
Ce modèle permet d’estimer le taux de rentabilité exigé par l’actionnaire, qui dépend de
la rémunération du rendement de l'actif sans risque et d'une prime du risque du marché.
Avec :
Le taux sans risque Ro est le rendement des obligations d'Etat ou aux bons du trésor
public du pays auquel appartient l'entreprise à évaluer avec une durée égale à l'horizon
d'investissement68.
67
[Link]
68
[Link]
La prime de risque du marché [E(Rm) – Ro] est l’écart de rentabilité d'un actif risqué et
celle d'un actif sans risque.
Le coefficient β mesure dans le MEDAF la relation qui existe entre les variations de
rentabilité de l'entreprise et celle du marché.
Le coefficient bêta
Ce coefficient mesure le risque systématique (risque non diversifiable d’un actif) qui est
pris en considération par le MEDAF69. Autrement dit, il mesure la fluctuation de la rentabilité
d’une action à celle du marché.
Le coefficient β égal à:
Avec :
Et :
𝐧 (𝐑𝐦𝐢 − ̅𝐑̅𝐦̅)²
𝐕𝐀𝐑 (𝐑𝐦) = ∑
𝐢=𝟏 𝐧
69
[Link]
70
[Link]
Avantage et limites
Malgré ces limites, le MEDAF semble convenable car il est le plus pratique des modèles
d'estimation du coût des fonds propres. De plus, Il est un outil d'aide aux décisions de choix
d'investissement.
Le coût de la dette d'une entreprise reflète la structure financière cible qu'elle espère à
atteindre. Si l'entreprise a récemment emprunté de l'argent, le taux d’intérêt payé est considéré
comme un coût de la dette, si le contraire le coût de la dette est déterminé sur la base d'un
échantillon des entreprises comparables ayant la même structure financière de l’entreprise à
évaluer (J.E, Palard, F., IMBERT.2013 p.310).
L’audit d’acquisition
Commençant par l’audit d’acquisition appelé due diligence (mot anglais), l’audit
d’acquisition n’est pas une obligation légale. Il s’agit d’un diagnostic général qui permettant
d’évaluer la valeur d’une entreprise. En fait, il est nécessairement destiné à l’acquéreur. Celui-
ci confie la mission à des professionnels de l’audit tels qu’un Expert-Comptable, un
commissaire aux comptes (CAC), un avocat ou un cabinet spécialisé, d’examiner la société.
71
[Link]
=1&isAllowed=y
Le banquier est également un consultant qui peut réaliser de tel audit, comme le notaire72. De
plus, l’audit d’acquisition permet de savoir si l’entreprise mérite d’être reprise ou non.
Les cabinets d’audit jouent un rôle crucial dans le processus d’évaluation d’une
entreprise. Mandatées par les vendeurs ou les acheteurs, les équipes de transaction services
réalisent des due diligences, c’est-à-dire un audit d’acquisition fondé sur un diagnostic
approfondi de la situation stratégique et financière, opérationnelle et technologique de
l’entreprise à évaluer73.
Dans le cas d'une cession d'entreprise, l’acheteur est contrairement au vendeur, est
confronté à une difficulté majeure, c’est qu’il ne connaît pas l'entreprise. Cela signifie qu’il
n'y a pas une garantie que le prix de vente provisoire reflète bien la valeur réelle des actions
vendues. De plus, l’acheteur ne dispose d'aucune information sur les risques qui pèsent sur
l’entreprise.
Or l’objectif de l'audit d'acquisition - qui est avant tout comptable – est de donner une
image fidèle et complète de la situation financière et patrimoniale de l’entreprise à un moment
donné, afin que l’acheteur puisse mieux évaluer la valeur de l'entreprise : c'est ce qu'on
appelle une situation (comptable) intermédiaire.74
Audit externe
La différence entre auditeur interne et un auditeur externe est que l’auditeur externe n’est
pas employé au sein d’une entreprise mais plutôt il travaille au sein d’un cabinet d’audit. Il
intervient chez des différentes entreprises pendant une durée limitée (soit le temps de réaliser
son audit) et est donc amené à effectuer des déplacements régulièrement pendant l’année.
Son rôle est d’évaluer la situation financière de l’entreprise et de vérifier leurs comptes. Pour
ce faire, il doit s’assurer de la conformité des données fournies par l’entreprise et de s’assurer,
72
[Link]
73
[Link]
74
[Link]
de la sincérité de ces dernières75. En d’autres termes, il analyse et commente la valeur
présentée par l’évaluateur. En effet, avant l’évaluation par l’acheteur il faut vérifier la
crédibilité des comptes présentés pour proposer un prix.
L’audit interne
L'audit interne a pour but d'aider les équipes des services généraux dans l'exécution
efficiente de leurs responsabilités. Il vérifie également que la réalité de terrain correspond à
l'image externe que souhaite donner l'entreprise, afin d'organiser les services selon les
principes affichés par la marque76.
Contrôle interne
Le contrôle interne peut être défini comme l’ensemble des processus et des dispositifs de
sécurité utilisés pour réaliser des objectifs spécifiques, se conformer aux lois et règlements et
limiter le risque de fraude.
Il est essentiel à l’organisation de toute entreprise car il permet non seulement d’assurer
le respect du code d’éthique de l’entreprise, mais peut également constituer un véritable
rempart contre la fraude.
Au sein d’une entreprise, le contrôleur interne peut être une personne ou bien une équipe,
voire un département. Tout dépend de la taille et de la structure hiérarchique de l’entreprise.
C’est un rôle très important et polyvalent qui a un impact réel sur l’efficacité de
l’entreprise.
75
[Link]
externe
76
[Link]
interne#:~:text=R%C3%A9aliser%20un%20audit%20interne%20permet,de%20surveillance%20et%20de%20gou
vernance
3- L’approche des flux de trésorerie disponible (Discounted Cash-flow)
Les cash-flow ou flux de trésorerie constitués des liquidités générées par l'activité
d'exploitation de l'entreprise après avoir financé les investissements et les besoins en fonds
roulement nécessaires pour la continuité de la croissance de l’activité 77, autrement dit, le cash-
flow c’est l’argent qui reste à l’entreprise après avoir payé toutes les charges.
Disposer des prévisions contenues dans le business plan sur une période déterminée
(durée du business plan).
Déterminer les flux de trésorerie disponibles pour chaque année de la période des
prévisions.
Calculer le taux d’actualisation
Actualiser les flux de trésorerie disponible sur la période déterminée.
Estimer la valeur terminale de l'entreprise.
Déterminer la valeur de l’entreprise.
Cependant il existe deux types de flux de trésorerie qu’on peut évaluer une entreprise qui
sont flux de trésorerie disponible pour l’entreprise (FTDE) et flux de trésorerie disponible
pour l’actionnaire (FTDA).
77
[Link]
isAllowed=y
78
[Link]
Les discounted cash-flow sont calculés de la manière suivante79 :
- VE : Valeur de l’entreprise
- VT : La valeur terminale
D’après cette formule on constate que cette méthode décompose l'horizon temporel en
deux parties d'abord elle procède à la prévision des flux de trésorerie actualisée pendant un
certain nombre d'années généralement comprise entre 5 et 7 ans appelé horizon explicite (C-
[Link],2007.). Au-delà de cette période on estime une valeur terminale.
Comme nous l'avons indiqué, après avoir déterminé les cash-flows sur les périodes
concernées, il convient de les actualiser avec le taux d'actualisation qui est le coût moyen
pondéré du capital. Le CMPC est le coût global supporté par l'entreprise pour avoir accès aux
ressources financières, important pour financer son activité, sous forme de capitaux propres
ou de dettes81.
79
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
80
[Link]
81
[Link]
Calcul de la valeur terminale de l'entreprise
La valeur terminale c’est au-delà de la période explicite, c’est-à-dire que l'entreprise aura
une certaine valeur égale à la valeur actuelle du cash-flow après cette période n. Pour la
déterminer, on prend le flux de la dernière année de la période actualisé et d'actualiser la
valeur résiduelle obtenue82.
Pour obtenir la valeur des capitaux propres de l'entreprise, on retranche l’endettement net
de la valeur de l’entreprise
La valeur de marché des capitaux propres est alors calculée de la manière indirecte
suivante83 :
Vcp
= Valeur de marché des actifs d'exploitation
+ Valeur de marché des actifs hors exploitation
+ Valeur de marché des immobilisations financières
– Valeur de marché des dettes financières
– provision pour risques et charges et non récurrentes
– valeur de marché des intérêts minoritaires
Intérêts et limites
82
[Link]
83
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2022
84
[Link]
Ces flux sont calculés après le financement des investissements et des besoins en fonds
de roulement ainsi qu’après le payement des frais financiers et variations de l'endettement net.
FTDA
= le résultat d’exploitation
– l’impôt sur le résultat d’exploitation
+ Dotation aux amortissements
– frais financiers nets des produits financiers
+ Emission de nouvelles dettes financières
– remboursement de dettes financières
– Δ BFR
– l’investissement net de cession
Limite :
85
[Link]
86
[Link]
4- L’évaluation par l’EVA / MVA
« Economic Value Added (EVA) ou valeur ajoutée économique est une méthode de
calcul permettant de mesurer la performance économique de la firme après rémunéré tous les
capitaux utilisées »87.
Elle s'appuie sur le principe selon lequel la valeur d'une entreprise est égale à la somme
actualisée des flux futurs qu'elle génère, et cherche à lier la pensée stratégique et les décisions
opérationnelle de l'entreprise88.
Elle se calcule à partir de : la différence entre le résultat opérationnel après impôt diminué
de l’actif économique (Ae).
Avec :
RE : Résultat d’exploitation ;
Ae : Actif économique
Ou bien :
87
TCHEMENI. E, [Link]., p53
88
[Link]
quence=1&isAllowed=y
89
[Link]
Le ROCE est égale au résultat d'exploitation divisée par les capitaux mis en œuvre pour
dégager ce résultat. Il se calcule comme le rapport du résultat d'exploitation divisée par l'actif
économique90.
𝐑é𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 𝐝′𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐑𝐎𝐂𝐄 =
𝐚𝐜𝐭𝐢𝐟 é𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞
Si : l’EVA > 0 —> dans ce cas l’actif économique dégage un rendement supérieur à la
rémunération des actionnaires donc il existe une création de la richesse.
Si : l’EVA < 0 —> dans ce cas la rentabilité de l’actif économique est inférieur à la
rémunération exigée par les actionnaires donc il y a une destruction de la richesse.
Si : l’EVA = 0 —> dans ce cas il n’y a pas de la création de richesse pour les actionnaires.
𝐄𝐕𝐀
𝐌𝐕𝐀 = ∑
(𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)
La valeur de l’entreprise correspond à la somme des flux futurs d'EVA actualisé au cout
moyen pondérée du capital le montant de l'actif économique.
Au-delà de l'horizon explicite une valeur terminale est calculée, donc les EVA sont
supposées constantes à l'infini.
90
[Link]
quence=1&isAllowed=y
91
DOV OGIEN, Gestion financière de l'entreprise, Edition DUNOD, Paris, 2008, P 127
92
[Link]
quence=1&isAllowed=y
𝐄𝐕𝐀𝐧
𝐕𝐓 =
𝐂𝐌𝐏𝐂
Avec :
l'infini.
𝐕𝐑 = 𝐄𝐕𝐀𝐧 (𝟏 + 𝐠)
(𝐂𝐌𝐏𝐂 − 𝐠)
Donc la formule de la valeur d'une entreprise selon cette méthode est donnée comme
suit :
𝐧 𝐄𝐕𝐀𝐢 𝐕𝐑
𝐕 = 𝐂𝐈𝐨 + ∑ +
𝐢=𝟏 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐢 (𝟏 + 𝐂𝐌𝐏𝐂)𝐧
Ainsi que la valeur de l’entreprise peut être calculée par la formule suivante :
V= valeur de l'entreprise.
CIo = capitaux investi initial.
VR = valeur terminale.
De plus, la valeur des fonds propres est obtenue en déduisant de la valeur de l'entreprise
l'endettement net.
Intérêt et limite93
93
[Link]
quence=1&isAllowed=y
L’EVA et MVA sont des indicateurs de la performance d’une entreprise qui sont simples
et de sa gestion en fonction de 'idée qu'une entreprise n'est rentable que lorsqu'elle crée de la
richesse pour les actionnaires.
Cependant, le calcul de l'EVA repose sur le montant du capital investi et est mieux utilise
pour les entreprises riches en actifs qui sont stables ou matures. De ce fait, les entreprises
possédant des actifs incorporels, telles que les entreprises technologiques, peuvent ne pas être
de bons candidats pour une évaluation EVA.
SECTION 2 : L’approche patrimoniale et l’approche mixte
On va présenter dans cette section les méthodes patrimoniales les plus utilisées :
1- Approche Patrimoniale
(Selon TCHEMENI, 2003, p8) « L'approche patrimoniale est l'ensemble des méthodes
ayant un caractère historique, c’est-à-dire il est basée sur le patrimoine de l'entreprise. Il s'agit
d'une approche plutôt statique, par contre aux approches fondées sur l'estimation des cash-
flow de l'entreprise ».
Par ailleurs, l'information de base sur le patrimoine d'une entreprise est basée sur la
comptabilité.
Nous distinguons deux méthodes pour évaluer une entreprise selon cette approche, à
savoir la méthode de l’actif net comptable (ANC) et la méthode de l’actif net comptable
corrigé (ANCC).
94
[Link]
Selon VIZZAVONA, la méthode de l'actif net comptable « consiste à fixer la valeur de
l'entreprise au niveau de sa situation nette ». Cette méthode est la plus ancienne et la plus
simple dans l’approche patrimoniale.
De plus, l'actif comptable net c’est la différence entre le total des actifs et le total des
dettes, qui sont retenus pour leurs valeurs comptables.
L`Actif Net comptable de l’entreprise peut être calculé de deux façons différentes :
Méthode 01 :95
Actif Net Comptable = Actif réel - Dettes et provision pour risques et charges.
Avec actifs réels = actifs totaux (actifs corporels + actifs incorporels + actifs financiers) –
actifs fictifs (frais d’établissement, frais de recherche et de développement)
L’écart de conversion actif ne doit être pris en compte que s’ils n’ont pas été couverts ou
compensés par une provision pour perte de change.
Méthode 02 96:
Actif Net Comptable = Capitaux propres - Actifs fictifs + écart de conversion passif
Il est nécessaire de diviser l’actif entre les postes d’actif réel et les postes d’actif fictif.
L’actif fictif correspond à des immobilisations en non valeurs qui comprennent : (Les frais
préliminaires, les charges à répartir sur plusieurs exercices, les primes de remboursement des
obligations).
Tandis que l’actif réel correspond à la valeur comptable des éléments d’actifs qui peuvent
être cédés, l’actif réel exclut les actifs fictifs (Najib B. A., 2001)
Intérêt et limites
L’avantage de l’actif net comptable c’est qu’elle est simple et rapide, elle se base sur les
valeurs comptables des biens c’est-à-dire sur leur coût historique et non pas leur valeur réelle,
95
[Link]
96
[Link]
autrement dit elle ne reflète pas la valeur réelle de l’entreprise. Et c’est pour cette raison qu’on
a passé à une autre méthode nommée l’actif net comptable corrigé97.
Selon (LEGROS.G, 2011, p47) « la méthode de l'actif net comptable corrigé (ANCC) se
base sur les données comptables patrimoniales de la firme à évaluer : la valeur de l'entreprise
est égale au total des éléments constituant le patrimoine de l'entreprise, exprimés en valeur
actuelle au jour de l'évaluation ».
D’après cette méthode, l'évaluation de l'entreprise n'est pas réalisée à partir des valeurs
comptables mais plutôt à partir des valeurs réelles. Il s'agit donc d'apporter un certain nombre
de corrections au bilan pour se rapprocher de la réalité (Cherif M, 2007, p : 129).
Cependant les corrections des postes du bilan consistent à remplacer les valeurs
comptables des actifs par leur valeur de marché, pour apparaître les plus ou moins-values
latentes sur les actifs immobilisées, les actifs fictifs, les décotes sur stock et créances et enfin
les autres passifs non comptabilisés comme l'impôt latent sur certaines provisions
réglementées ou sur les subventions d'investissement (Rollando G, 1993, p :374).
- l’ANCC égale la somme des capitaux propres comptables et des retraitements appliqués
aux valeurs comptables pour les amener aux valeurs réelles.
L’ANCC = les capitaux propres + les plus-values – les moins-values – l’actif fictif
- l’ANCC égale la somme des valeurs réelles des différents éléments de l’actif diminuée
des dettes réelles.
ANCC = actif net comptable (ANC) ± plus ou moins – values sur éléments d’actif ±
fiscalité différé
97
[Link]
98
[Link]
Avec plus ou moins-values sur éléments d’actif = différence entre la valeur comptable et la
valeur réelle de l’entreprise.
Et fiscalité différée actif = créances d’impôt potentielles provenant des frais d’établissement,
des frais de recherche et développement, des frais d’acquisition et d’immobilisations, des frais
d’émission d’emprunts, des primes de remboursement d’obligations et de la participation des
salariés.
Après avoir calculé l’ANCC, on dégage une valeur mathématique intrinsèque de l’action
(VMI), qui est déterminé par la valeur suivante99 :
𝐀𝐍𝐂𝐂
𝐕𝐌𝐈 =
𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝′𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬
En effet, cette valeur intrinsèque de l’action peut être calculée avant le paiement du
dividende (dividende inclus : coupon attaché) ou dividende exclu (ex-coupon).
Cette méthode est particulièrement utilisée dans les secteurs d'activité dont la valeur
patrimoniale est essentielle (sociétés foncière immobiliers, holdings industrielles).
Cette méthode présente les inconvénients de ne pas prendre en considération les éléments
incorporels de l'entreprise, et de négliger ses deux principes fondamentaux, à savoir la
coordination des éléments du patrimoine et l'objectif de recherche du profit. Cependant,
d'autres méthodes patrimoniales existent pour remédier aux carences de l'ANCC, à savoir le
Goodwill.
La méthode des valeurs patrimoniales est intéressante dans la mesure où elle parait plus
réaliste, dont ses méthodes sont plus simples à mettre en œuvre. Cependant la valeur dégagée
n'est cependant qu'une première approche financière car elle ne tient pas compte des éléments
99
[Link]
100
[Link]
du marché qui peuvent la faire évoluer et ne traduit pas toujours bien les anticipations des
investisseurs en ce qui concerne la rentabilité future de l'entreprise et elle est inadaptée aux
entreprises qui connaissent une évolution rapide comme les start-up101.
2- Approche mixte
La méthode d’évaluation du Good Will est dite mixte car elle fait appel à la fois à
l’approche patrimoniale et à l’approche des flux de trésorerie
Autrement dit, le goodwill (GW) ou "fonds de commerce", est un élément d'actif qui
n'apparait pas au bilan, dont on peut le définir comme la capacité de l'entreprise à générer du
bénéfice au-delà de la rentabilité normale de son actif net103.
Par définition, la rente de goodwill est la différence entre la rentabilité dégagée par l’actif
économique de l’entreprise (Re) et la rentabilité exigée par les actionnaires (Re’).
101
[Link]
102
[Link]
20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
103
[Link]
Si Re inférieur au Re’ signifie que le goodwill est négatif, donc on parle de Badwill.
Soit sur les rentes de goodwill prévisionnelles d’un nombre limité d’années : en
pratique, ce nombre est de cinq ans car au-delà de cette durée, la prévision de la rente
est trop incertaine :
( −(𝟏+𝒊))−𝒏
Rente annuelle ×
𝒊
𝑹𝒆𝒏𝒕𝒆 𝒂𝒏𝒏𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆
𝒊
Avec :
Etape 3 : évaluation de
l’entreprise La valeur de l’entreprise s’écrit donc
:
L'actif net comptable corrigé doit être pris hors éléments incorporels afin d'éviter qu'ils ne
soient comptabilisés doublement, car on les calcule à travers le Goodwill.
105
[Link]
63
2-2 / Estimation de la rente
La rente du goodwill peut être estimée soit à partir de l’actif économique, l’actif net
comptable corrigé, valeur substantielle brute ou capitaux permanent nécessaires à
l’exploitation.
La valeur substantielle brute est centré sur la valeur réelle de l’outil industriel ou
commercial et ajoute donc à l’actif réel total les éléments nécessaires au fonctionnement de
l’entreprise (biens en leasing ou en location) et les dépenses de remise en état des
équipements vétustes. En revanche, les actifs hors exploitation, n’apparait pas dans
l’évaluation. (Alain C., 1990 & Pierre V., 2011)
V.S.B
= Actif réel corrigé
(+) Biens exploités par l’entreprise (leasing, location, prêt)
(+) Dépenses de remise en état des équipements vétustes
(-) Actifs hors exploitation
Mentionnons qu’à l’instar des deux méthodes précédentes (actif net comptable corrigé et
valeur substantielle brute), on ne tient pas compte de la valeur des éléments du fonds de
commerce appelés encore survaleur ou goodwill qui font l’objet, comme nous le verrons,
d’une évaluation séparée dans les expressions mixtes de la valeur. (Alain C., 1990 & Pierre
V., 2011).
Pour le calcul de la rente de Goodwill, le bénéfice doit être retraité. Il s'agit d'un bénéfice
retraité après impôt.
Ce bénéfice doit être retraité en fonction de l'actif économique qui a été retenu, c'est à
dire soit l'ANCC, soit les CPNE, soit la VSB.
Quel que soit l'actif économique retenu, on doit obligatoirement retraiter les éléments
suivants :
107
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2023
Concernant la VSB
Les mêmes retraitements que ceux prévus par l’ANCC sont nécessaires en complément par :
Intérêts et limites109
Elle permet d'apprécier l'entreprise dans toutes ses dimensions. Notamment, elle
intègre à l’entreprise systématiquement tous les éléments immatériels qui procurent à
l'entreprise un avantage concurrentiel
108
Cours de TERCHOUNE MOHAMMED « évaluation des entreprises » 2023
109
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&isAllowed=y
Elle reflète la santé passé et futur de la firme, ainsi l’entreprise ne sera plus considérée
uniquement pour la valeur de ses actifs. Mais aussi pour sa capacité à produire des
bénéfices
Elle ne prend pas en compte les perspectives que de façons limitées. Elle reste tout de
même tourner vers le passé (l'accumulation des richesses) car la valeur de l'ANCC
reste dominante dans la valeur obtenue.
Il s'agit d'une méthode approximative qui fait appel à des paramètres difficiles à
déterminer objectivement comme le taux d'actualisation, durée, résultat récurrent
prévisionnel...etc.).
SECTION 3 : Approche comparative
1- Présentation de la méthode
Cependant, la méthode est souvent très simple pour pouvoir prendre en considération
l'ensemble des caractéristiques des entreprises, notamment celles qui les différencient les
entreprises auxquelles elles sont comparées (Suezza et al.,2001). Les praticiens mettent
souvent en avant le fait que la méthode des multiples est facile à appliquer car elle contient
moins d'hypothèses à formuler et moins d'informations à traiter par rapport aux d'autres
méthodes qui sont fondées sur l'analyse fondamentale, comme la méthode des DCF
(Damodaran, 2006).
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐥′𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞
𝐋𝐞 𝐦𝐮𝐥𝐭𝐢𝐩𝐥𝐞 𝐝′𝐄𝐁𝐈𝐓𝐃𝐀 = 𝐄𝐁𝐄
Le PER (Price Earning Ratio) est le multiple le plus utilisé et le plus connu en raison de
sa facilité d’utilisation et de compréhension. Il reflète la valorisation que le marché offre à la
capacité bénéficiaire d’une entreprise. Il s’agit de multiplier le bénéfice de l’entreprise par le
110
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20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
111
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&isAllowed=y
PER. Pour, utiliser ce multiplicateur de manière plus pertinente, de nombreux retraitements
doivent être effectués. Ainsi, par exemple les éléments qui ne résultent pas directement de
l’exploitation (exceptionnels, financiers) doivent être retraité, parce qu’ils peuvent affecter
significativement la capacité bénéficiaire de référence. (Cherif M, 2007, p: 44).
𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬
𝐏𝐄𝐑 =
𝐁𝐏𝐀
L’avantage de la méthode PER est la simplicité de ses calculs, basée sur le prix de ses
actions sur le marché, elle donne la valeur réelle de l’entreprise. Ce qui fait d’elle un bon outil
d’évaluation d'entreprise. La chose qui n’est pas pour les entreprises qui représente un
bénéfice nul112.
𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥′𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
𝐏𝐄𝐑 =
𝐁é𝐧é𝐟𝐢𝐜𝐞 𝐏𝐚𝐫 𝐀𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
De plus, il est difficile dans certains cas de trouver des entreprises similaires à celle que l'on
souhaite évaluer comme pour les PME113
112
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20%20cas%20de%20COGB%20la%[Link]?sequence=1&isAllowed=y
113
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Conclusion
En effet, chacun d’eux montre une logique précise, et aucune de ses méthodes n’est la
meilleure par rapport à l’autre. Cependant, chaque approche a des avantages et des limites,
ainsi que des difficultés dans l'estimation de certains paramètres de base qui entrent dans le
calcul de la valeur de l'entreprise.