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Microséparateurs en traitement des eaux

Ce mémoire traite du traitement des eaux usées industrielles de la station de NAFTAL. Il présente une étude des performances de la station qui utilise le procédé de décantation dans des séparateurs eau/hydrocarbures. L'estimation des variations de paramètres physico-chimiques et biologiques sur 4 années montre les résultats du traitement appliqué aux eaux usées avant rejet.

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Microséparateurs en traitement des eaux

Ce mémoire traite du traitement des eaux usées industrielles de la station de NAFTAL. Il présente une étude des performances de la station qui utilise le procédé de décantation dans des séparateurs eau/hydrocarbures. L'estimation des variations de paramètres physico-chimiques et biologiques sur 4 années montre les résultats du traitement appliqué aux eaux usées avant rejet.

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République algérienne démocratique et populaire

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique


Université a. Mira de Bejaia

Faculté de Technologie
Département de Génie des procédés

Mémoire
EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME DE
Master
Domaine : Science et Technologie Filière : Génie des Procédés
Spécialité : Génie des procédés de l’environnement

Présenté par

MOULOUDJI Sarah-Hind

HAROUN Dehia
Thème

Traitement des eaux usées industrielles – Cas de la


station de NAFTAL

Soutenue le 28/09/2022 Devant le jury composé de :

Nom et Prénom Grade


FATMI Sofiane MCA Université de Béjaïa Président
CHIBANI Nacera MCA Université de Béjaïa Examinateur
AZZOUG Moufok MCA Université de Béjaïa Encadrant

Année Universitaire : 2021/2022


Remerciements

REMERCIEMENTS

On souhaite adresser nos plus sincères remerciements aux personnes qui nous ont apporté
leur aide et qui ont contribué à l’élaboration de ce mémoire.

Tout d’abord, nous souhaitons adresser notre reconnaissance à notre encadrant M. Moufok
AZZOUG pour tous ses conseils, son sérieux et sa bienveillance. Merci de nous avoir guidés
à réaliser ce travail.

Nos vifs remerciements vont aussi à l’équipe de NAFTAL – district carburant pour l’accueil
qu’elle nous a réservé, le temps que chacun de ses membres nous a accordé, et plus
précisément M. Samir DEBABI pour son aide et toutes les informations et références
bibliographiques qu’il nous a fourni et qui ont nourri ce travail.

Nous tenons également à remercier tous les enseignants que nous avons rencontré tout au
long de notre cursus, pour la qualité de l’enseignement qu’ils nous ont prodigué et qui nous a
permis d’évoluer intellectuellement à travers leurs connaissances et compétences
scientifiques.

Nous remercions ensuite les membres du jury pour le temps qu’ils ont consacré à juger ce
mémoire.

Enfin, nous remercions chaleureusement nos chères familles. Leur soutien moral et leurs
encouragements ont été d’une aide sans prix.

1
Dédicaces

DEDICACES
A ma famille,
A la mémoire de ma très chère tata Hadda, ainsi que de mon cher oncle
Abdallah,
A mes très chers parents,
Ma mère sans qui je ne serai rien de ce que je suis aujourd’hui, à toi qui as
toujours cru en moi avant n’importe qui d’autre,
Mon père, qui a été pour moi une source de savoir et de conseils sans
pareille,
Merci de m’avoir encouragée même quand ce n’était pas évident et de
m’avoir guidée tout au long de ma vie.
Je vous souhaite, la santé, le bonheur et une longue vie.
A mes très chers frères Yacine et Nadjib,
Vous qui avez toujours été pour moi, le meilleur exemple de persévérance
qui soit. Merci pour votre soutien et vos encouragements intarissables.
A ma belle-sœur Sonia, pour son soutien.
A mon merveilleux petit lion Aksel Silas qui illumine ma vie et m’emplit de
bonheur.
A mes amis,
A la mémoire de Misten et à sa moitié, Minette.
A Dyhia pour tous ces moments de stress que nous avons surmontés
ensemble durant ces 3 dernières années. Merci pour ta patience, ton aide
et ta compréhension.
A ma camarade et amie Zahra, pour toutes les galères que nous avons
endurées. Merci pour ta bienveillance.
A mon binôme et amie Dehia.

1
Dédicaces

A Lydia pour toutes ces années d’amitié, ton soutien et ta présence. A


Thiziri sans qui ce travail n’aurait peut-être pas vu le jour. A Lyna pour
ton soutien moral. A Sabira et Nissa pour votre écoute et votre précieuse
aide. Ainsi qu’à Asma, pour sa touche artistique.
A notre « cercle » et aux artistes du café, à Boubelga, à Jésus et aux débats
féministes, à Tchwix, à Belaïd et son atypique goût musical, à tous nos
exportés. A Coca et aux frittes omelettes qu’on s’offrait dans notre
pauvreté d’étudiants.
A toute « La jeunesse » sans qui ma vie et mes années à l’université
n’auraient pas été aussi remarquables. Merci pour tous ces bons
moments, ces fous rires et ces précieux souvenirs que vous m’avez offerts.
A tous ceux qui ont su trouver les bons mots dans les moments les plus
difficiles.
A Sarah-Hind du passé, merci d’avoir osé changer de spécialité, d’avoir
cru en toi et persévéré malgré les obstacles.

Sarah-Hind

2
Dédicaces

DEDICACES
A la mémoire de mon cher père
A mes chères sœurs Ounissa et Thinhinane
A mon cher frère Salem
A ma meilleure amie Numidia
A ma binôme et amie Sarah-Hind
A ma grand-mère Rahma
A mes amis et à tous ceux que j’aime : Tina, Sabrina, Samah, Ghania,
Amine, Ghiles, Zoubir, Mayas, Koukou …
A ma promotion en particulier « les CHANCEUX »

Dehia

4
Résumé

RESUME

La wilaya de Béjaïa représente le pôle industriel le plus important de Kabylie, mais


cette forte concentration industrielle n’est pas sans conséquences. D’énormes quantités
d’effluents liquides sont rejetés dans le milieu récepteur et sans traitements appliqués, ces
polluants détériorent l’environnement, et entraînent de graves risques sanitaires.

Le rendement d’une station d’épuration, représente ainsi le facteur principal pour


l’évaluation de la qualité des eaux rejetées dans les milieux naturels. Dans le cadre de l’étude
des performances opératoires de la station d’épuration des eaux usées industrielles de
NAFTAL, basée sur le procédé physique de décantation dans des séparateurs
Eau/Hydrocarbure. Nous avons procédé à l’estimation des variations des différents
paramètres physico-chimiques et biologiques les plus significatifs (Température, pH, DBO5,
DCO, MES, Azote Kjeldahl, Hydrocarbures totaux, Huiles et graisses, Indice de phénols,
Plomb et chrome). Et ce, en s’appuyant sur les analyses effectuées sur les eaux rejetées après
traitement pendant 4 années : 2017, 2019, 2021 et 2022.

Mots clés : Eaux usées industrielles, NAFTAL, hydrocarbures, norme de rejet, traitement,
paramètres physico-chimiques, séparateur.

4
Abstract

ABSTRACT

The wilaya of Béjaïa represents the most important industrial pole of Kabylie, but this
strong industrial concentration is not without consequences. Huge quantities of liquid
effluents are discharged into the receiving environment and without adequate treatment
applied, these pollutants deteriorate the environment and cause serious health risks.

The performance of a treatment plant is thus the main factor for assessing the quality of
water discharged into natural environments. As part of the study of the operating performance
of the NAFTAL industrial wastewater treatment plant, based on the physical process of
settling in Water/Hydrocarbon separators. We proceeded to estimate the variations of the
various most significant physico-chemical and biological parameters (Temperature, pH,
BOD5, COD, MES, Kjelahl Nitrogen, Total Hydrocarbons, Oils and Fats, Phenol Index, Lead
and Chromium). And this, based on the analyzes carried out on the water discharged after
treatment for 4 years : 2017, 2019, 2021 and 2022.

Keywords: Industrial wastewater, NAFTAL, hydrocarbons, discharge standard, treatment,


physico-chemical parameters, separator

5
LISTE DES ABREVIATIONS

ADN Acide désoxyribonucléique

ARN Acide ribonucléique

ATU Allyl-thio-urée

°C Degré Celsius

CCM Chromatographie sur couche mince

CE La conductivité électrique

CG Chromatographie en phase gazeuse

Cm Centimètre

COHA Composés organiques halogénés adsorbables

CO2 Dioxyde de carbone

d Diamètre

DBO Demande Biochimique en Oxygène.

DBO5 Demande Biochimique en Oxygène pendant 5 jours.

DCO Demande chimique en oxygène.

Eq Equivalent

EPB Entreprise Portuaire de Béjaïa

G Gramme

GES Gaz à effet de serre.

h Heure

H Hydrogène

HC Hydrocarbure

HCl Acide chlorhydrique

Hm Hectomètre

H2 O Eau

6
Liste des abréviations
HSE Hygiène Sécurité Environnement

j Jour

Km Kilomètre

L Litre

M Mètre

MES Matières en suspension

mg Milligramme

min Minute

ml Millilitre

mm Millimètre

MMS Matières Minérales Sèches

Mg Magnésium

MVS Matières Volatiles en Suspension

NGL Azote Global

nm Nanomètre

O2 Dioxygène

OMS Organisation mondiale de la Santé.

ONA Office Nationale de l’Assainissement

PET Polyéthylène téréphtalate

pH Potentiel d’hydrogène

PNUE Programme des Nations Unies pour l'Environnement

POP Polluants organiques persistants

ppm Partie par million

RSD Relative Standard Deviation

S Soufre

STEP Station d'épuration

T Température

7
Liste des abréviations
t tonne

UNESCO Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture

UV ultra-violet

µg microgramme

% pourcentage

8
Liste des figures

LISTE DES FIGURES

Chapitre I : Généralités sur les eaux usées

Figure I.1 : Les différentes formes d’azote et les relations entre elles

Figure I.2 : Aspects visuels de l’eutrophisation

Figure I.3 : Schéma représentatif d’un dessableur-déshuileur

Figure I.4 : Schéma expliquant le processus de coagulation-floculation

Figure I.5 : Schéma de coagulation floculation suivi d’une décantation et une filtration

Figure I.6 : Schéma simplifié d’un système à boues activées

Chapitre II : Etude expérimentale et description de la station d’épuration


de NAFTAL

Figure II.1 : Séparateur E/HC de classe I

Figure II.2 : Séparateur E/HC de classe II

Figure II.3 : Vue sur site du séparateur sous terrain R1 E/HC de classe II du district carburant
NAFTAL – Béjaïa

Figure II.4 : Plan du séparateur R1 NAFTAL – Béjaïa

Figure II.5 : Plan du séparateur R2 NAFTAL – Béjaïa

Chapitre III : Résultats et discussions

Figure III.1 : Variation de la température à la sortie de la station

Figure III.2 : Variation du potentiel d’hydrogène pH à la sortie de la station

Figure III.3 : Variation de la DBO 5 à la sortie de la station

Figure III.4 : Variation de la DCO à la sortie de la station

Figure III.5 : Variation de la teneur en MES à la sortie de la station

10
Liste des figures
Figure III.6 : Variation de l’indice de phénols à la sortie de la station

Figure III.7 : Variation de la teneur en huiles et graisses à la sortie de la station

Figure III.8 : Variation de la teneur en azote Kjeldahl à la sortie de la station

Figure III.9 : Variation des hydrocarbures totaux à la sortie de la station

Figure III.10 : Variation des teneurs en Plomb à la sortie de la station

Figure III.11 : Variation des teneurs en Chrome (VI) à la sortie de la station

11
Liste des tableaux

LISTE DES TABLEAUX

Chapitre I : Généralités sur les eaux usées

Tableau I.1 : Contenu des eaux usées types dans certaines grandes industries

Tableau I.2 : Classification des eaux résiduaires industrielles chimiques et de synthèse avec
mise en évidence de l’origine et des caractéristiques principales des effluents rejetés

Tableau I.3 : Principaux virus pathogènes transmissibles par voie hydrique

Tableau I.4 : Normes de rejet internationales.

Tableau I.5 : Prescriptions relatives aux rejets provenant des stations d’épuration des eaux
urbaines résiduaires en Europe

Tableau I.6 : Valeur limites des paramètres de rejets des effluents liquides industriels
Algériennes

Chapitre II : Etudes expérimentale et description de la station d’épuration


de NAFTAL

Tableau II.1 : STEP en fonctionnement et en cours de réalisation de la wilaya de Bejaia

Tableau II.2 : Valeurs limites des paramètres de rejet d’effluents liquides industriels suivies
par NAFTAL

Chapitre III : Résultats et discussions


Tableau III.1 : Variation de la température à la sortie de la station

Tableau III.2 : Variation du potentiel d’hydrogène pH à la sortie de la station

Tableau III.3 : Variation de la DBO 5 à la sortie de la station

Tableau III.4 : Variation de la DCO à la sortie de la station

Tableau III.5 : Variation de la teneur en MES à la sortie de la station

Tableau III.6 : Variation de l’indice de phénols à la sortie de la station

Tableau III.7 : Variation de la teneur en huiles et graisses à la sortie de la station

12
Liste des tableaux

Tableau III.8 : Variation de la teneur en azote Kjeldahl à la sortie de la station

Tableau III.9 : Variation de la teneur en hydrocarbures totaux à la sortie de la station

Tableau III.10 : Variation des teneurs en plomb à la sortie de la station

Tableau III.11 : Variation des teneurs en chrome à la sortie de la station

13
Table des matières

TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS _____________________________________________________ 1
DEDICACES ____________________________________________________________ 1
DEDICACES ____________________________________________________________ 4
RESUME _________________________________________________________________ 4
LISTE DES ABREVIATIONS ________________________________________________ 6
LISTE DES FIGURES _____________________________________________________ 10
LISTE DES TABLEAUX ____________________________________________________ 12
TABLE DES MATIERES ___________________________________________________ 15
Introduction générale _______________________________________________________ 19
CHAPITRE I Généralités sur les eaux usées ____________________________________ 21
I.1. Généralités sur les eaux usées _______________________________________________________ 22
I.1.1. Origine et composition des eaux usées _____________________________________________ 22
I.1.1.1. Origine domestique ________________________________________________________ 22
I.1.1.2. Les eaux usées agricoles ____________________________________________________ 22
I.1.1.3. Les eaux de pluie et de ruissellement __________________________________________ 22
I.1.1.4. Origine industrielle et différents types de rejet ___________________________________ 23
I.1.2. Caractéristiques des eaux usées industrielles ________________________________________ 23
I.1.2.1. Les paramètres physicochimiques _____________________________________________ 24
I.[Link]. La toxicité ___________________________________________________________ 24
I.[Link]. La demande biologique en oxygène (DBO 5) _________________________________ 24
I.[Link]. La demande chimique en oxygène (DCO) ___________________________________ 24
I.[Link]. La matière en suspension ________________________________________________ 25
I.[Link]. La température ________________________________________________________ 25
I.[Link]. Le potentiel d’hydrogène (pH) ____________________________________________ 26
I.[Link]. La conductivité ________________________________________________________ 26
I.[Link]. Les substances nutritives ________________________________________________ 26
I.[Link].1. Les composés phosphorés (PO42-) _____________________________________ 27
I.[Link].2. Les composés azotés ________________________________________________ 27
I.[Link].3. Le potassium (K+) __________________________________________________ 28
I.[Link].4. Le chlore et le sodium_______________________________________________ 28
I.[Link]. Les métaux lourds _____________________________________________________ 29
I.1.2.2. Les paramètres biologiques __________________________________________________ 29
I.[Link]. Coliformes totaux ______________________________________________________ 29
I.[Link]. Coliformes fécaux _____________________________________________________ 30
I.[Link]. Les streptocoques fécaux ________________________________________________ 30
I.[Link]. Clostridium perfringens _________________________________________________ 30
I.[Link]. Salmonelles __________________________________________________________ 30
I.2.3. Caractéristiques des eaux usées par secteur industriel _________________________________ 31
I.2.4. Caractéristiques des eaux usées par secteur pétrochimique _____________________________ 33
I.1.5. Conséquences de la pollution par les eaux usées industrielles ___________________________ 35
I.1.5.1. Conséquences sanitaires ____________________________________________________ 35
I.1.5.1. Conséquences écologiques __________________________________________________ 37

15
Table des matières

I.1.5.2. Conséquences esthétiques ___________________________________________________ 38


I.1.5.3. Les normes de rejets _______________________________________________________ 38
I.1.4. Problématique des eaux usées industrielles en Algérie_________________________________ 41
I. 2. Généralités sur le traitement des eaux usées industrielles __________________________________ 42
I.2.1. Historique du traitement des eaux en Algérie ________________________________________ 42
I.2.2. Importance du traitement des eaux ________________________________________________ 42
I.2.3. Les étapes de traitement des eaux usées ____________________________________________ 43
I.2.3.1. Le prétraitement des eaux ___________________________________________________ 43
I.2.3.2. Le dégrillage-tamisage _____________________________________________________ 43
I.2.3.3. Le dessablage ____________________________________________________________ 43
I.2.3.4. Le dégraissage-déshuilage ___________________________________________________ 43
I.2.3.2 Le traitement primaire ______________________________________________________ 44
I.2.3.3. Le traitement secondaire ____________________________________________________ 46
I.2.3.4. Le traitement tertiaire ______________________________________________________ 48

CHAPITRE II Etude expérimentale et description de la station d’épuration de NAFTAL 44


II.1. Eaux usées et traitement des eaux dans la région de Bejaia ________________________________ 51
II.2. Cas de la station de Naftal _________________________________________________________ 52
II.2.1. Historique __________________________________________________________________ 52
II.2.2. Objectifs stratégiques HSE _____________________________________________________ 53
II.2.3. Paramètres NAFTAL _________________________________________________________ 53
II.3. La station de traitement de NAFTAL _________________________________________________ 54
II.3.1. Dimensionnements et caractéristiques de la station __________________________________ 57
II.3.2. Méthodologie _______________________________________________________________ 59
II.4. Echantillonnage _________________________________________________________________ 60
II.4.1. Principe d’échantillonnage _____________________________________________________ 60
II.4.2. But de l’échantillonnage _______________________________________________________ 60
II.4.3. Matériel utilisé _______________________________________________________________ 60
II.4.4. Mesures ____________________________________________________________________ 60
II.4.5. Container ___________________________________________________________________ 60
II.4.6. Autres _____________________________________________________________________ 60
II.4.7. Réactifs ____________________________________________________________________ 61
II.4.8. Mode opératoire _____________________________________________________________ 61
II.5. Analyses et modes opératoires ______________________________________________________ 62
II.5.1. La température _______________________________________________________________ 62
II.5.1.1. Mode opératoire __________________________________________________________ 62
II.5.2. Le potentiel d’hydrogène (pH) __________________________________________________ 62
II.5.2.2. Mode opératoire __________________________________________________________ 62
II.5.3. Les matières en suspension (MES) _______________________________________________ 62
II.5.3.1. Principe ________________________________________________________________ 62
II.5.3.2. Appareillage _____________________________________________________________ 63
II.5.3.3. Matériel ________________________________________________________________ 63
II.5.3.4. Produits chimiques et réactifs _______________________________________________ 63
II.5.3.5. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon ________________________________ 63
II.5.3.6. Mode opératoire __________________________________________________________ 63
II.5.4. La demande biologique en oxygène (DBO5) ________________________________________ 64
II.5.4.1. Principe ________________________________________________________________ 64
II.5.4.2. Echantillonnage et prétraitement _____________________________________________ 64
II.5.4.3. Mode opératoire __________________________________________________________ 65
II.5.5. Demande chimique en oxygène (DCO)____________________________________________ 65
II.5.5.1. Principe ________________________________________________________________ 65

16
Table des matières

II.5.5.2. Appareillage _____________________________________________________________ 65


II.5.5.3. Matériel ________________________________________________________________ 65
II.5.5.4. Echantillonnage et prétraitement _____________________________________________ 66
II.5.5.5. Mode opératoire __________________________________________________________ 66
II.5.6. Azote Kjeldahl_______________________________________________________________ 66
II.5.6.1. Principe ________________________________________________________________ 66
II.5.6.2. Appareillage _____________________________________________________________ 66
II.5.6.3. Matériel ________________________________________________________________ 66
II.5.6.4. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon ________________________________ 67
II.5.6.5. Mode opératoire __________________________________________________________ 67
II.5.7. Indice de Phénol _____________________________________________________________ 67
II.5.7.1. Principe ________________________________________________________________ 67
II.5.7.2. Appareillage _____________________________________________________________ 68
II.5.7.3. Matériel ________________________________________________________________ 68
II.5.7.4. Mode opératoire __________________________________________________________ 68
II.5.8. Huiles et graisses _____________________________________________________________ 69
II.5.8.1. Principe ________________________________________________________________ 69
II.5.8.2. Appareillage _____________________________________________________________ 69
II.5.8.3. Matériel ________________________________________________________________ 69
II.5.8.4. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon ________________________________ 70
II.5.8.6. Mode opératoire __________________________________________________________ 70
II.5.9. Plomb (Pb)__________________________________________________________________ 71
II.5.9.1. Principe ________________________________________________________________ 71
II.5.9.2. Appareillage _____________________________________________________________ 71
II.5.9.3. Matériel ________________________________________________________________ 72
II.5.9.4. Mode opératoire __________________________________________________________ 72
II.5.10. Chrome (Cr VI) _____________________________________________________________ 73
II.5.10.1. Principe _______________________________________________________________ 73
II.5.10.2. Appareillage ____________________________________________________________ 73
II.5.10.3. Matériel _______________________________________________________________ 73
II.5.10.4. Mode opératoire _________________________________________________________ 73
II.5.11. Hydrocarbures totaux ________________________________________________________ 74
II.5.11.1. Principe _______________________________________________________________ 74
II.5.11.2. Appareillage ____________________________________________________________ 74
II.5.11.3. Matériel _______________________________________________________________ 74
II.5.11.4. Mode opératoire _________________________________________________________ 75
II.5.11.6. Protocole de traitement ___________________________________________________ 75

CHAPITRE III Résultats et discussions ________________________________________ 69


III.1. Variation de la température ________________________________________________________ 78
III.2. Variation du potentiel d’hydrogène (pH) _____________________________________________ 79
III.3. Variation de la DBO5 : ____________________________________________________________ 80
III.4. Variation de la DCO _____________________________________________________________ 81
III.5. Variation des Matières en Suspension (MES) __________________________________________ 82
III.6. Variation de l’indice de phénols : ___________________________________________________ 84
III.7. Variation des teneurs en huiles et graisses ____________________________________________ 85
III.8. Variation de l’Azote Kjeldahl ______________________________________________________ 86
III.9. Variation des Hydrocarbures totaux _________________________________________________ 87
III.11. Variation des teneurs en Chrome hexavalent (Cr6+) ____________________________________ 90

17
Table des matières

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES CONCLUSION GENERALE ET


PERSPECTIVES __________________________________________________________ 93
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES _______________________________________ 95
ANNEXES ______________________________________________________________ 101
I. Annexes des protocoles expérimentaux ____________________________________ 101
II. Annexes des bulletins d’analyses ________________________________________ 120
Résumé _______________________________________________________________ 113

18
INTRODUCTION
GENERALE
Introduction générale

Introduction générale

Le développement industriel et la croissance démographique ont procuré une série


d'avantages à la société, améliorant incontestablement la qualité de vie des êtres
humains. D'autre part, de nombreux problèmes environnementaux sont apparus à la suite de
l'augmentation de la production et de la consommation (Jie He, 2005). Parmi eux figurent la
génération et l'émission des déchets et des polluants, tant domestiques qu'industriels. Des
contaminants dangereux sont ainsi injectés dans le sol et les masses d'eau par le rejet
inapproprié d'eaux usées industrielles très nocifs pour l'écosystème.

Les effluents d'eaux usées sont des contributeurs majeurs à la problématique de pollution de
l'eau. En raison de l'absence ou de l'inadéquation des installations de traitement des eaux
usées et de leurs effluents, elles sont souvent rejetées dans des sources d'eau de surface, qui
sont des réceptacles pour les déchets domestiques et industriels, causant ainsi leur dégradation
(UNESCO, 2017).

Les puits producteurs de pétrole, les usines de traitement de gaz et les raffineries produisent
quotidiennement de grandes quantités d’eaux contaminées par des hydrocarbures, des
particules solides et des matières en suspension. La minimisation de l’impact de l’industrie
pétrolière sur l’homme et l’environnement est devenue une des principales préoccupations des
pays producteurs de pétrole. Elle constitue actuellement une composante essentielle dans la
stratégie de développement des entreprises.

NAFTAL est une entreprise nationale fondée en 1982 et filiale à 100% du holding
SONATRACH Valorisation des Hydrocarbures (SVH) ; elle est rattachée à l’activité de
commercialisation, et a pour mission principale, le stockage, la distribution et la
commercialisation des produits pétroliers raffinés et dérivés sur le marché national.

Les produits issus des raffineries (carburants essentiellement) sont acheminés vers les centres
de stockage de NAFTAL soit par voie terrestre (transport avec camions ou pompage direct à
travers des pipelines) ou par voie maritime (cabotage maritime), comme c’est le cas à Bejaïa.
L’essentiel des effluents liquides industriels que produit NAFTAL provient du produit lui-
même lors de son approvisionnement, et de la pollution superficielle du sol qui a lieu lors des
différents remplissages des camions de commercialisation (à travers les eaux pluviales, et les

19
Introduction générale

opérations de rinçage). Ces eaux sont ainsi collectées et redirigées vers des bassins de
décantation pour éviter d’autres contaminations.

C’est dans ce contexte que se situe notre mémoire de fin d’étude. En effet, afin d’assurer une
première immersion dans le secteur du traitement des eaux industrielles, on a effectué un
stage pratique de 4 semaines au sein de la station d’épuration de l’entreprise NAFTAL au
niveau du district carburant. Ce dernier comporte deux dispositifs de traitement d’effluents
liquides industriels : un Séparateur Eau/Hydrocarbures de classe II ou une Unité de traitement
doté d’un séparateur Eau/Hydrocarbure de classe I.

L’objectif de ce travail consiste à démontrer l’efficacité des traitements effectués au niveau de


ces séparateurs. Pour ce faire, nous avons divisé ce mémoire en 3 grandes parties :

Le premier chapitre est consacré à une synthèse bibliographique sur les eaux usées,
leurs propriétés et quelques généralités sur les procédés de traitement.

Le second chapitre détaille le matériel de laboratoire utilisé lors des analyses, les
différents modes opératoires, ainsi que les modes de prélèvement des échantillons.

Dans le troisième et dernier chapitre les résultats des analyses ainsi que leurs
interprétations seront présentés.

20
CHAPITRE I
Généralités sur les eaux usées
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

I.1. Généralités sur les eaux usées

Les eaux usées (ou eaux polluées) sont des eaux qui ont été altérées par l'activité humaine. Il
peut ainsi s'agir d'eaux polluées provenant d'usines ou d'eau de ruissellement provenant d'un
parc de stationnement.

Les eaux usées sont des liquides utilisés, des solutions, des colloïdes ou des suspensions, ainsi
que des déchets solides déversés via des canalisations vers des récepteurs naturels, tels que
des réservoirs ou des cours d'eau, des fosses d'épuration, etc.

I.1.1. Origine et composition des eaux usées

I.1.1.1. Origine domestique

Les eaux usées ménagères et utilitaires (municipales) sont des eaux usées étroitement liées à
l’existence humaine et sont générées lors de l’utilisation de liquides dans les maisons
d’habitation, les dépendances et les lieux publics. Ce type d’eaux usées comprend des
suspensions (fèces, sécrétions, muqueuses animales et humaines, résidus alimentaires…), des
composés organiques (sucres, protéines, graisses), des composés chimiques (lavants et
lessives, huiles). A ces eaux fortement polluées s'ajoutent, (selon le type de réseau séparatif
ou pseudo-séparatif, ou unitaire) des eaux moins polluées qui peuvent provenir des toitures,
de drainage, de cours, de sous-sol et garage

I.1.1.2. Les eaux usées agricoles

Les eaux usées agricoles représentent les eaux qui ont été contaminées et polluées par des
substances utilisées dans le domaine de l’agriculture, dont les engrais et les pesticides. Les
eaux issues de terres cultivées chargées d’engrais azotés, nitratés et phosphatés conduisent par
ruissellement à un enrichissement en matières azotées ou phosphatées des nappes
superficielles et des cours d’eaux. L’agriculture est ainsi la cause principale des pollutions
diffuses (Grosclaude, 1999).

I.1.1.3. Les eaux de pluie et de ruissellement

Les eaux pluviales ruissellent dans les rues où se sont déjà accumulés les polluants,
poussières, suies de combustion et hydrocarbures rejetés par les véhicules. Ces eaux se
chargent ainsi par ces substances et sont souvent drainées directement dans les rivières
entrainant ainsi une pollution intense du milieu aquatique (Groclaude, 1999).
22
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
I.1.1.4. Origine industrielle et différents types de rejet

La génération de ce type d’eaux usées est liée aux activités des usines de production et de
service ainsi qu’aux processus technologiques qui s’y déroulent. La majeure partie de la
pollution est causée par les activités des industries minières, métallurgiques, pétrolières,
textiles, de l’énergie, de l’électromécanique, de la tannerie, de la cellulose et de l’alimentation
(Gomella, Guerre, 1978). Leurs caractéristiques varient d’une industrie à une autre. En plus
des matières organiques, azotées ou phosphorées, elles sont chargées en substances chimiques
et métalliques. Selon leur origine industrielle elles peuvent également contenir (Kochtcheeva
et Singh, 2000) :

- Des hydrocarbures (raffineries) ;

- des métaux (métallurgie, traitement de surface) ;

- des graisses (industries agroalimentaires, équarrissage) ;

- des acides, des bases et divers produits chimiques (industries chimiques) ;

- des matières radioactives (centrales nucléaires et traitement des déchets radioactifs).

La toxicité, la mobilité et la charge des polluants industriels ont un impact potentiellement


plus significatif sur les ressources hydriques, la santé humaine et l’environnement que les
volumes d’eaux usées réels (UNESCO, 2017).

I.1.2. Caractéristiques des eaux usées industrielles

Les eaux usées industrielles constituent une menace importante pour l’homme et
l’environnement naturel, principalement en raison de la teneur élevée en substances toxiques,
en produits chimiques et en métaux lourds, qui ont un effet fondamental sur la modification
des propriétés chimiques de l’eau et sont toxiques pour les organismes vivants.

Les caractéristiques spécifiques des eaux usées varient considérablement d'une industrie à
l'autre, selon leur composition physique, chimique et biologique. Par conséquent, ce sont
celles-ci qui détermineront les techniques de traitement à utiliser pour satisfaire les exigences
de rejet de conformité.

23
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
I.1.2.1. Les paramètres physicochimiques

I.[Link]. La toxicité

Plusieurs agents pathogènes d'origine hydrique prolifèrent dans les eaux usées et produisent
des toxines, affectant l'écosystème terrestre et la santé humaine. Les toxines présentes dans les
eaux usées industrielles provoquent une intoxication aiguë, une suppression du système
immunitaire et un échec de la reproduction. Selon l'OMS, environ 80% des maladies sont
d'origine hydrique. Pour répondre aux problèmes environnementaux et sanitaires créés par les
eaux usées industrielles, il est absolument nécessaire d'effacer leur toxicité par un traitement
adéquat avec des moyens physiques, chimiques et biologiques afin qu'elles puissent être
recyclées pour la conservation de l'eau (OMS, 1989).

I.[Link]. La demande biologique en oxygène (DBO5)

La DBO est la concentration, en masse d’oxygène dissous dans l’eau, consommée par les
bactéries aérobies sur une certaine période de temps dans les conditions de l’essai (Rodier,
2009). Etant donné qu’environ 50% des polluants sont oxydés par des bactéries en 3 jours et
que le processus est généralement terminé après 20 jours, la durée de 5 jours est considérée
comme représentative pour la détermination des caractéristiques de la demande biochimique
en oxygène. Ainsi, ce paramètre représente une approximation de la charge en matières
organiques biodégradables. Elle est exprimée en milligramme d’O2 consommés pendant 5
jours dans l’obscurité et à une température de 20°C (conditions d’essai) et est déterminée par
la méthode de dilution ou grâce à des méthodes manométriques (Bremond et Vuichard, 1973).

L’analyse de la DBO5 est utilisée pour l’appréciation de la qualité des eaux brutes (Bremond
et Vuichard, 1973).

I.[Link]. La demande chimique en oxygène (DCO)

La demande chimique en oxygène (DCO) mesure la quantité équivalente de dioxygène


nécessaire à l’oxydation de la majeure partie de la matière organique présente dans l’eau à
traiter, mais aussi de certains ions inorganiques oxydables (S-2, Mn+2, etc.) (Badia et Gondar,
2003).

Cette mesure est réalisée avec des réactifs oxydants forts, tel que le Dichromate de Potassium
(Badia-Gondar, 2003). Cette technique d’analyse permet de mesurer des concentrations allant
de 4mg/L d’O2 jusqu’à 1500 mg/L d’O2 dans les eaux usées domestiques ou industrielles.

24
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
(Suschka, Ferreira,1986) Cet intervalle peut éventuellement être étendu en effectuant une
dilution adéquate des échantillons.

En termes de qualité de l’eau, la DCO est particulièrement utile car elle permet de :

 Déterminer l'effet d'un effluent sur le milieu récepteur ;

 Déterminer la demande biochimique en oxygène (DBO).

I.[Link]. La matière en suspension

Les matières en suspension (MES) sont les matières en phase transitoire dans les stations
d'épuration. C'est-à-dire qu'ils ne sont pas sous forme colloïdale ou dissoute. Elles
représentent ainsi, la fraction constituée par l’ensemble des particules organiques ou
minérales, non dissoutes de la pollution. Elles donnent également à l’eau une apparence
trouble, un mauvais goût et une mauvaise odeur (Faby, 1997). Les MES sont composées en
moyenne de 70% de MVS et 30% de MMS (Rejsek, 2002). Les MES sont l’indicateur de la
turbidité, leur abondance dans l’eau augmente la turbidité (Duguet et al., 2006).

Les matières en suspension contenues dans les eaux résiduaires constituent un paramètre
important, qui marque généralement bien le degré de pollution d’un effluent urbain ou
industriel. D’autre part, la connaissance de ce paramètre renseigne sur les possibilités
épuratoires de certains ouvrages de traitement, décanteurs par exemple, et intervient dans
l’évaluation de la production des boues en excès (Mohamed Saïd M, 2012).

I.[Link]. La température

La température est une mesure du degré de chaleur de la masse d'eau. Ce paramètre peut
grandement affecter la qualité de l'eau, car il détermine d'autres propriétés et processus qui se
déroulent dans l'eau, tels que la viscosité, la solubilité des gaz et des sels, les processus
physiologiques des organismes qui provoquent des variations de leur métabolisme, la
prolifération de certains micro-organismes, etc. (WHO, 1989). La température joue également
un rôle important concernant la nitrification et la dénitrification biologique. La nitrification
est optimale pour des températures allant de 12 à 15°C (Rodier et al., 2005).

L'activité anthropique peut modifier la température et créer un déséquilibre qui à son tour peut
fortement perturber la vie aquatique (pollution thermique). Cette pollution thermique peut être

25
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
produite, par exemple, par le rejet d'eau chaude ayant servi de fluide caloporteur dans les
centrales nucléaires et thermiques.

Réglementairement, les eaux usées, autres que domestiques, doivent être ramenées à une
température inférieure à 30°C (Rodier et al., 2005).

I.[Link]. Le potentiel d’hydrogène (pH)

Le pH mesure la concentration en ions H+ de l’eau, ce paramètre caractérise un grand nombre


d’équilibres physico-chimiques et dépend de facteurs multiples dont l’origine de l’eau. Le pH
doit être impérativement mesuré sur le terrain à l’aide d’un pH-mètre ou par colorimétrie. La
solution tampon déterminée par le système : eau, CO2 dissous, carbonates insolubles et
bicarbonates solubles, constitue un milieu relativement stable dans lequel la vie aquatique
peut se développer favorablement.

L’influence du pH est également à prendre en considération lorsqu’il s’agit d’étudier le rôle


qu’il exerce sur les autres éléments comme les ions des métaux dont il peut diminuer ou
augmenter leur mobilité en solution et donc leur toxicité.

Enfin, le pH joue un rôle décisif lors de l’épuration d’un effluent. La nitrification optimale ne
se fait qu’à des pH compris entre 7,5 et 9 (Rodier et al., 2005).

I.[Link]. La conductivité

La conductivité électrique d’une eau mesure la conductance d’une colonne d’eau comprise
entre deux électrodes métalliques de 1cm2 de surface séparées l’une de l’autre de 1cm.
Puisque la plupart des matières dissoutes dans l’eau se trouvent sous forme d’ions chargés
électriquement, la mesure de la conductivité permet alors d’apprécier la quantité de sels
dissous dans l’eau (Rodier, 2009).

I.[Link]. Les substances nutritives

Le phosphore, l’azote, le potassium, les oligo-éléments, le zinc, le bore et le soufre sont des
substances indispensables à la vie des végétaux. Ils se trouvent en quantité perceptible dans
les eaux usées épurées ou non, mais en proportions très variables par rapport aux besoins de la
végétation (Faby, 1997).

26
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
I.[Link].1. Les composés phosphorés (PO42-)

Le phosphore se trouve principalement sous la forme de phosphate ou PO43- (composés


phosphatés) dans les eaux naturelles et les eaux usées. Il est naturellement présent dans les
cours d’eau, où il est essentiel au développement de tous les organismes vivants.

Le phosphore total Pt est composé de :

 Phosphore organique issu de la décomposition de la matière vivante ;

 Phosphates PO4, la partie minéralisée (essentiellement sous forme d'ions ortho-


phosphate). Les eaux usées sont majoritairement composées de phosphates PO4.

Le phosphore est essentiellement responsable de l’eutrophisation des milieux marins lorsqu’il


est présent en grande quantité (Martin, 1987).

I.[Link].2. Les composés azotés

L’azote peut se trouver dans les eaux de rejets sous forme minérale ou organique à différents
niveaux d’oxydation ; l’azote ammoniacal (forme réduite), l’azote organique (forme réduite)
et l’azote minéral (deux formes oxydées). Ces différentes formes ainsi que les relations les
reliant sont représentées dans la figure I.1.

La somme de ces trois formes d’azote, exprimée en mgN.L-1, constitue l’azote global (NGL)
(MORIN-CRINI et al., 2017).

27
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

Figure I.1 : Les différentes formes d’azote et les relations entre elles. (MORIN-CRINI et al.,
2017)

I.[Link].3. Le potassium (K+)

Le potassium est en général présent dans les effluents secondaires (à hauteur de 10 à 30mg/L)
il permet de répondre partiellement aux besoins (Faby, 1997).

I.[Link].4. Le chlore et le sodium

Pouvant être d’origine naturelle (mer et terrains salés), humaine (dans les urines) ou
industrielle (industrie pétrolière, potasse, agroalimentaire, galvanoplastie) (Gaujous, 1995).
Les chlorures et le sodium peuvent poser problème, notamment en bord de mer quand les
réseaux d’égouts drainent des eaux phréatiques saumâtres (Faby, 1997).

En excès, les éléments nutritifs vont contribuer à la prolifération des plantes aquatiques et des
algues. Bien que ces derniers constituent la base du réseau alimentaire des écosystèmes
aquatiques, leur prolifération va à l’encontre de l’équilibre naturel entre producteurs et
consommateurs et engendre des problèmes comme l’eutrophisation. La Figure I.2 met en
évidence l’aspect visuel de ce phénomène.

28
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

Figure I.2 : Aspects visuels de l’eutrophisation (Baudrier et al., 2012)

(a) marée rouge (phytoplancton) ; (b) marée verte (macro-algues).

I.[Link]. Les métaux lourds

Les métaux lourds sont les éléments les plus nocifs dans les eaux résiduaires. Les plus
abondants, étant de l’ordre de quelques µg/L sont le fer, le zinc, le cuivre et le plomb.

Les autres métaux (manganèse, aluminium, chrome, mercure, arsenic, cadmium, nickel,
sélénium, molybdène, etc.) sont présents à l’état de traces (Cauchi, 1996).

Ceux-ci peuvent provenir de sources naturelles ; telles que les éruptions volcaniques ou les
érosions des sols, ou de sources anthropogéniques à travers la production d’énergie par
combustion par exemple ou par l’hydrométallurgie. Ils sont considérés comme étant les
éléments les plus nocifs dans les eaux résiduaires (Rodier et al.,2009).

I.1.2.2. Les paramètres biologiques

I.[Link]. Coliformes totaux

Les coliformes totaux représentent un indicateur historique dont la recherche est associée avec
celles des E. Coli dans la norme (Rodier, 2009). Les coliformes totaux sont un groupe de
bactéries répandues dans la nature. Tous les membres du groupe des coliformes totaux
peuvent être présents dans les matières fécales humaines, mais certains peuvent également
être présents dans le fumier animal, le sol et le bois submergé et à d'autres endroits en dehors
du corps humain. Ainsi, l'utilité des coliformes totaux comme indicateur de contamination
fécale dépend de la mesure dans laquelle les espèces bactériennes trouvées sont d'origine

29
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
fécale et humaine(Rodier, 2009). Pour les eaux récréatives, les coliformes totaux ne sont plus
recommandés comme indicateur. Pour l'eau potable, les coliformes totaux demeurent le test
standard car leur présence indique une contamination d'un approvisionnement en eau par une
source extérieure.

I.[Link]. Coliformes fécaux

Les coliformes fécaux sont un sous-ensemble de bactéries coliformes totales et sont d’origine
fécale. Toutefois, même ce groupe contient des Klebsiella, ainsi que des espèces qui ne sont
pas nécessairement d’origine fécale. Les Klebsiella sont souvent associées aux déchets des
usines textiles, pâtes et papiers (Faby, 1997).

I.[Link]. Les streptocoques fécaux

Les streptocoques fécaux sont généralement présents dans le système digestif des humains et
d'autres animaux à sang chaud (Bitton, 1999). Dans le passé, les streptocoques fécaux étaient
surveillés avec les coliformes fécaux et un rapport des coliformes fécaux aux streptocoques
était calculé. Ce rapport a été utilisé pour déterminer si la contamination était d'origine
humaine ou non (Pourcher et al., 1991). Cependant, cela n'est plus recommandé comme test
fiable et n’est donc plus utilisé (Edberg et al., 1997).

I.[Link]. Clostridium perfringens

Clostridium perfringens fait partie des bactéries anaérobies capables de survivre même dans
de mauvaises conditions par formation de spores (Brazier et Hall, 1995). La résistance à la
chaleur de leurs spores est caractéristique. Ils sont présents partout dans l'environnement, en
particulier dans le sol, mais aussi dans le tractus intestinal humain et animal. Ingéré avec la
nourriture humaine, elles peuvent provoquer des infections gastro-intestinales par des toxines.

Les spores des Clostridium perfringens résistent aux traitements des eaux usées et aux stress
environnementaux par conséquent cette bactérie est un excellent indicateur de contaminations
fécales présentes ou passées (Mellgren, 1973).

I.[Link]. Salmonelles

Les eaux usées sont connues pour être un véhicule courant pour le transport et la transmission
des sérotypes de Salmonella et sont capables de polluer l'environnement et d'infecter les
humains. En effet, plusieurs foyers de contaminations ont été reliés aux salmonelles dans les

30
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
eaux usées via l'irrigation des cultures, l'infiltration et le transport dans le sol vers les eaux
souterraines ou son rejet dans le milieu marin (Rodier, 2009). Dans ce dernier cas, bien que
certains agents pathogènes soient naturellement présents dans le milieu aquatique, la
Salmonella peut être introduite par la pollution fécale animale ou humaine et les eaux usées.

Les Salmonelles sont en général considérées comme pathogènes bien que leur virulence et
leur pathogénèse varient énormément : fièvres typhoïdes, salmonelloses systémiques, toxi-
infections alimentaires, gastro-entérites…etc. (Rodier, 2009). Elles sont susceptibles d'être
véhiculées dans les eaux environnementales par la pollution des eaux usées. Par conséquent,
la détermination de la présence de Salmonella, ses niveaux et sa résistance aux antibiotiques à
la fois dans les eaux usées et les eaux environnementales sont cruciales et sont nécessaires
pour évaluer les risques sanitaires associés.

I.2.3. Caractéristiques des eaux usées par secteur industriel

La composition des eaux usées industrielles diffère d’une industrie à une autre, le tableau I.1
résume le contenu des effluents en fonction du secteur industriel d’où ils proviennent.

Tableau I.1 : Contenu des eaux usées types dans certaines grandes industries. (PNUE,2010 et
Moussa, 2008).

Industrie Contenu type des effluents


Pâte et papier - Acides lignosulfoniques chlorés, acides résiniques chlorés, phénols
chlorés et hydrocarbures chlorés – environ 500 différents composants
organiques chlorés identifiés.
- Composés chlorés et composés organiques halogénés adsorbables
(COHA).
- Polluants caractérisés par la DBO, la DCO, les matières en suspension,
la toxicité et la couleur.

Fer et acier - Eau de refroidissement contenant de l’ammoniac et du cyanure.


- Produits de gazéification – benzène, naphtalène, anthracène, cyanure,
ammoniaque, phénols, crésols et hydrocarbures aromatiques
polycycliques.
- Huiles hydrauliques, suif et particules solides.

31
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
- Eau de rinçage acide et acide usé (chlorhydrique, sulfurique).

Mines et carrières - Boues de particules de roche.


- Tensio actifs.
- Huiles et huiles hydrauliques.
- Minéraux indésirables – par exemple l’arsenic.
- Boues contenant de très fines particules.

Industrie - Niveaux élevés de concentration en DBO et de matières en suspension.


alimentaire - DBO et pH variables en fonction des légumes, fruits ou viandes et de la
saison.
- Transformation des légumes – forte présence de particules, certaines
matières organiques dissoutes, tensioactifs.
- Viandes – forte présence de matières organiques, d’antibiotiques,
d’hormones de croissance, de pesticides et d’insecticides.
- Cuisson – matières organiques des plantes, sol, arômes, colorants,
acides, huile et graisse.

Brassage - La DBO, la DCO, matières en suspension, azote, phosphore – variables


en fonction des différents procédés.
- pH variable à cause des agents e nettoyage acides et alcalins.
- Température élevée.

Produits laitiers - Sucres dissouts, protéines, lipides et résidus d’additifs.


- DBO, DCO, matières en suspension, azote de phosphore.

Substances - Pesticides, produits pharmaceutiques, peintures et teintures, produits


chimiques pétrochimiques, détergents, plastiques, etc.
organiques - Matières premières, sous-produits, matières solubles ou sous forme de
particules, agents de lavage et de nettoyage, solvants et produits à
valeur ajoutée tels que les plastifiants.

32
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
Textiles - DBO, DCO, métaux, matières solides en suspension, urée, sel, souffre,
H2O2, NaOH.
- Désinfectants, biocides, résidus d’insecticides, détergents, huiles,
lubrifiants, ensimage et filature, solvants usés, composants
antistatiques, agents stabilisants, tensioactifs, assistants du traitement
biologique, matières cationiques, couleurs.
- Acidité/alcalinité élevée.
- Chaleur, mousse.
- Matières toxiques, déchets de nettoyage, apprêt.

Energie - Production de combustibles fossiles.


- Contamination provenant des puits pétroliers et gaziers et fracturation.
- Eau de refroidissement chaude.

I.2.4. Caractéristiques des eaux usées par secteur pétrochimique

Les flux d’eaux usées provenant des produits chimiques dérivés du pétrole et du gaz naturel
doivent subir un traitement différent et plus pointu avant d’être rejetés dans les eaux de
surface ou dans les puits en raison de leur impact environnemental néfaste très élevé. Ces
eaux sont le plus souvent chargées en molécules complexes, toxiques et écotoxiques, incluant
les détergents, les huiles et les graisses, les colorants, les matières organiques, les métaux et
les métaux lourds, les sulfures et dans certains cas de l’ammoniac. Le traitement se doit de
respecter les normes définies. Ci-dessous le tableau I.2 met en évidence respectivement, les
branches industrielles, l’origine des principaux effluents polluants, ainsi que les
caractéristiques principales des rejets.

33
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
Tableau I.2 : Classification des eaux résiduaires industrielles chimiques et de synthèse avec
mise en évidence de l’origine et des caractéristiques principales des effluents rejetés (Boeglin,
Roubaty, 2007).

Industries chimiques et de
synthèse
Produits phosphatés, Lavage, dégrillage et flottation du Argiles, limons et huiles, faible pH,
acide phosphorique, minerai, superphosphates. teneur élevée en matières en
engrais phosphatés suspension et produits siliceux et
fluorés.
Colorants de synthèse Colorants aniliques et nitrés. Eaux fortement acides, phénols,
dérivés nitrés, DCO élevée.
Caoutchouc et Lavage du latex, caoutchouc Teneurs élevées en matière en
polymères de synthèse coagulé, élimination des impuretés suspension, pH variable, teneurs
du caoutchouc brut et des produits élevées en chlorures et DCO.
de formulation.
Insecticides et Produits de lavage et de Teneur élevée en matières
pesticides purification organiques, benzène, toxiques pour
les bactéries et les poissons, acides.
Raffineries et Eaux de procédé, dessalage, steam Hydrocarbures aliphatiques et
pétrochimie cracking, cracking catalytique, aromatiques plus ou moins
eaux des aires de manutention et de émulsifiés, sulfures, matières en
stockage. suspension, peu de DBO sauf eaux
provenant des procédés phénolés.
Explosifs Lavage de trinitrotoluène (TNT) et Couleur, acides, odeurs, teneur en
de coton poudre pour purification. acides organiques en alcools et
dérivés cellulosiques, forte DCO.
Synthèses organiques Composés chloroacétyléniques, Alcalinité ou acidité élevée, fortes
diverses alcools, aldéhydes, esters. teneurs en matières organiques.
Produits Solutions usées de révélateurs et de Alcalinité, différents agents
photographiques fixateurs. réducteurs organiques et minéraux,
éléments toxiques.

34
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
I.1.5. Conséquences de la pollution par les eaux usées industrielles

L'augmentation de la population a entraîné une augmentation de la demande de biens qui, à


son tour, a provoqué une industrialisation rapide. À son tour, l'augmentation des installations
industrielles a entraîné une augmentation de la production de déchets industriels. Ces déchets
industriels causent des ravages environnementaux majeurs en polluant l'eau, l'air et le sol. La
qualité et la quantité des eaux usées générées dépendent du type d'industrie : elles peuvent
contenir des déchets non biodégradables tels que les métaux lourds, les pesticides, le plastique
et des composés biodégradables tels que le papier, le cuir, la laine, etc. Les eaux usées
industrielles peuvent être toxiques, réactives, cancérigènes ou inflammables. Par conséquent,
sans stratégies de traitement et de gestion appropriées, le rejet des déchets dans les plans d'eau
peut avoir des effets environnementaux et sanitaires épouvantables.

I.1.5.1. Conséquences sanitaires

Ci-dessous, quelques-uns des effets de la pollution industrielle de l’eau sur la santé humaine

 Consommation d’eau contaminée par les eaux usées

Selon l’OMS, environ 2 milliards de personnes utilisent une source d’eau potable contenant
des contaminants fécaux dans le monde. L’eau contaminée peut abriter des bactéries, telles
que celles responsables du choléra, de la dysenterie, du typhus, de l’hépatite A et de la
poliomyélite. Qu’il suffise de dire que selon les Nations Unies, environ 297 000 enfants de
moins de 5 ans meurent chaque année de maladies liées à un mauvais assainissement ou à une
eau insalubre (OMS, 2006), on estime également que, chaque année, plus de
829 000 personnes meurent de diarrhée à cause de l’insalubrité de l’eau potable et du manque
d’assainissement et d’hygiène.

 Ingestion de micro-plastiques

Des études montrent que les micro-plastiques peuvent provoquer des réactions
inflammatoires, un stress oxydatif et des perturbations métaboliques chez l’homme. Ceux-ci
peuvent être ingérés en consommant de l’eau ou des poissons contaminés (Renou, 2006).

 Consommation d’une eau contenant des déchets chimiques

Les polluants chimiques, tels que les pesticides, les engrais ou encore les métaux lourds,
peuvent causer de graves problèmes de santé en cas d’ingestion. Une personne qui ingère des

35
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
toxines chimiques par de l’eau supposée potable peut être à risque de : cancer, intoxication ou
encore problèmes cardiovasculaires.

Les eaux usées se composent de diverses classes d'agents pathogènes capables de provoquer
des maladies d'ampleur variable chez l'homme. Contrairement à certains des impacts
environnementaux qui peuvent prendre beaucoup de temps avant de se manifester, les agents
pathogènes ont un impact négatif immédiat sur la santé des personnes qui utilisent des
ressources en eau de surface contaminées à des fins domestiques, agricoles et récréatives
(Renou, 2006).

Le Tableau I.3 met en exergue les principaux virus pathogènes transmissibles par la voie
hydrique.

Tableau I.3 : Principaux virus pathogènes transmissibles par voie hydrique (Servaix et al.,
1999).

Genre Espèces Taille Génomes Symptômes

Entérovirus Poliovirus 2-30 nm ARN P, M, F

Coxsackie A MR, M, F

Coxsackie B MR, M, F

Echovirus M, MR, F, GE

Entérovirus (68-71) M, E, MR, F, CH

Hépatovirus Hépatite A 27-28nm ARN H

Réovirus Réovirus humain Non établie

Rotavirus Rotavirus humain 70-80 nm ARN GE, D

36
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

Calicivirus Virus de Norwalk 26-32 nm ARN GE, V, D, F

SRV 30-38 nm GE, V, D

Virus de l’hépatite E 27-34 nm H

Astrovirus Astrovirus humain 28 nm ARN GE

Coronavirus Coronavirus humain 120 nm ARN GE

Mastadénovirus Adénovirus humain 70-80 nm ADN MR, C, GE

Abréviations : F : fièvre, M : méningite, D : diarrhée, GE : gastroentérite, P : paralysie, MR :


maladie respiratoire, E : encéphalite, C : conjonctivite, CH : conjonctivite hémorragique, V :
vomissement, H : hépatite.

I.1.5.1. Conséquences écologiques

La pollution organique peut avoir un impact important sur la pêche en eaux intérieures, la
sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, affectant gravement les communautés
rurales défavorisées qui vivent de la pêche en eau douce. Environ un septième de tous les
cours d’eau d’Afrique, Asie et Amérique latine sont déjà affectés par une pollution organique
grave, qui n’a cessé d’augmenter depuis des années (PNUE, 2016).

La libération de nutriments (azote, phosphore et potassium) ainsi que de produits


agrochimiques issus de l’agriculture intensive et des déchets d’origine animale peut accélérer
l’eutrophisation des ressources en eau douce et des écosystèmes marins côtiers et augmenter
la pollution des eaux souterraines. La plupart des grands lacs d’Amérique latine et d’Afrique
ont enregistré des charges anthropiques de phosphore en augmentation, ce qui peut accélérer
les processus d’eutrophisation (UNESCO, 2017).

Voici quelques autres effets néfastes sur l’écologie :

• Réduction de la biodiversité ;

37
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
• Dégradation des écosystèmes aquatiques (par exemple eutrophisation et zones mortes) ;
• Odeurs nauséabondes ;
• Augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
• Hausse de la température des eaux ;
• Bioaccumulation de toxines (PNUE, 2015).

L’augmentation des rejets d’eaux usées n’ayant pas subi un traitement approprié provenant
des zones à urbanisation rapide, favorisent davantage la dégradation de la qualité des eaux de
surface et des eaux souterraines dans le monde entier (UNESCO, 2017).

I.1.5.2. Conséquences esthétiques

Ce type d’impacts est souvent assez peu directement dangereux pour les écosystèmes. En
revanche il sera forcément dévastateur par ses conséquences socio-culturelles parce qu’il
renvoie une très mauvaise image du milieu et provoque des réactions en chaîne :

- Le milieu sera considéré comme pollué et deviendra alors souvent un réceptacle avantageux
pour des déchets et des polluants pouvant être dangereux pour l’écosystème.

- Les usagers se détournent d’un espace qu’ils considèrent comme pollué ce qui donne suite à
une perte d’usage.

Il est ainsi important de se prémunir contre les eaux polluées et les pollutions en général en
contrôlant les rejets et en nettoyant régulièrement les milieux récepteurs.

I.1.5.3. Les normes de rejets

 Normes internationales

L’organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé des normes internationales pour les eaux
usées, ces normes sont consignées dans le Tableau I.4 suivant :

Tableau I.4 : Normes de rejet internationales (CSHPF, 1995).

Caractéristiques Normes
pH 6,5 – 9,5
DBO5 < 30 mg.L-1
DCO < 90 mg.L-1
MES < 20 mg.L-1

38
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
NH4- < 0,5 mg.L-1
NO2 1 mg.L-1
NO3 < 1 mg.L-1
P2O5 < 2mg.L-1
Température < 30°C
Couleur Incolore
Odeur Inodore

 Normes Européennes

La Directive européenne n° 91-271 du 21/05/1991 relative au traitement des eaux


résiduairesurbaines et la protection des milieux aquatiques impose la collecte, le traitement et
le rejet des eaux urbaines résiduaires ainsi que le traitement et le rejet des eaux usées
provenant de certains secteurs industriels et a pour but de protéger l’environnement contre
une détérioration due aux rejets des eaux résiduaires. Les normes fixées par cette directive
sont représentées dans le Tableau I.5.

Tableau I.5 : Prescriptions relatives aux rejets provenant des stations d'épuration des eaux
urbaines résiduaires en Europe (JOCE, 1991).

Paramètre Niveau (EH) Concentration Pourcentage minimal


maximale (mg.L-1) de réduction (%)
DBO5 (à 20°C) - 25 70 à 90
DCO - 125 75
MES Plus de 10000 35 90
2000 à 10000 60 70
Azote 10000 à 100000 15 70 à 80
Plus de 100000 10
Phosphore 10000 à 100000 2 80
Plus de 100000 1

 Normes Algériennes

39
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
La réglementation en vigueur est mise en place par l'application des décrets émis dans le
journal officiel de la République Algérienne n°26 paru en date du 23 Avril 2006. (Tableau
I.6).

Tableau I.6 : Valeurs limites des paramètres de rejets des effluents liquides industriels
Algériennes (JORA, 2006).

N° TOLERANCES AUX
PARAMETRES Unité VALEURS VALEURS LIMITES
LIMITES ANCIENNES
INSTALLATION
1 Température °C 30 30

2 pH - 6,5 – 8,5 6,5 – 8,5

3 MES mg.L-1 35 40

4 Azote Kjeldahl mg.L-1 30 40

5 Phosphore totale mg.L-1 10 15

6 DCO mg.L-1 120 130

7 DBO5 mg.L-1 35 40

8 Aluminium mg.L-1 3 5

9 Substances toxiques mg.L-1 0,005 0.01


bioaccumulables
10 Cyanures mg.L-1 0,1 0.15

11 Fluor et composés mg.L-1 15 20

12 Indice de Phénol mg.L-1 0,3 0.5

13 Hydrocarbures totaux mg.L-1 10 15

14 Huiles et graisses mg.L-1 20 30

15 Cadmium mg.L-1 0,2 0.25

40
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
16 Cuivre total mg.L-1 0,5 1

17 Mercure total mg.L-1 0,01 0.05

18 Plomb total mg.L-1 0,5 0.75

19 Chrome total mg.L-1 0,5 0.75

20 Etain total mg.L-1 2 2.5

21 Manganèse mg.L-1 1 1.5

22 Nickel total mg.L-1 0,5 0.75

23 Zinc total mg.L-1 3 5

24 Fer mg.L-1 3 5

25 Composés organiques chlorés mg.L-1 5 7

I.1.4. Problématique des eaux usées industrielles en Algérie

La plupart des zones côtières de la Méditerranées abritent des industries chimiques et


extractives qui produisent des quantités significatives de déchets industriels (tels que les
métaux lourds, les substances chimiques dangereuses et les polluants organiques persistants
(POP)) susceptibles de gagner directement ou indirectement les milieux marins de la
Méditerranée.

Ces dernières années, les rejets des eaux usées d’origine urbaine et industrielle ont augmenté
dans les oueds. Ceci constitue une menace pour la qualité des ressources en eau dans les
barrages. Plusieurs tronçons d’oueds sont déjà pollués (Tafna, Mekerra, Chellif, Soummam et
Seybouse). Si le phénomène persiste encore, des retenues de barrages comme Beni Bahdel,
Bakhada, Ouizert, Bouhanifia, Fergoug, Oued Lekhel, Hammam Grouz et Oued Harbil seront
encore pollués. En plus de ces rejets, le dépôt des sédiments dans les retenues de barrages
génère l’eutrophisation des eaux de retenues, entraînant ainsi des déséquilibres écologiques.
Le processus de vieillissement passera une retenue d’un état de faible niveau nutritif
(oligotrophique) à un état intermédiaire (mésotrophique), puis à un état de haut niveau nutritif
(eutrophique).
41
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

I. 2. Généralités sur le traitement des eaux usées industrielles

I.2.1. Historique du traitement des eaux en Algérie

En Algérie, la protection des ressources en eau contre les effets de la pollution a été prise en
considération par les pouvoirs publics dès 1970. C’est ainsi qu’à la fin des années 1990,
environ 50 stations d’épuration (STEP) ont été réalisées, ayant une capacité de l’ordre de 4
millions d’équivalents habitants ; et à l’horizon des années 2000, le nombre a augmenté à une
soixantaine de stations avec une capacité de 5,2 millions équivalents habitants (A. KETTAB,
2001). Tout en sachant que les réseaux d’assainissement totalisaient 17000 km en 1994
(11500 km en milieu urbain et 5500 km en milieu rural), le volume d’eau rejeté annuellement
est évalué à plus de 600 millions de m3.

En 2014, 108 STEP étaient en exploitation. Près de 350 stations de pompage sont gérées par
l’ONA, 39.00 km de réseau d’assainissement avec la perspective de récupérer un total de
44.00 km en étendant son activité à de nouvelles wilayas. Cependant, avec les 927 hm3/an de
volume d’eau rejetée, la capacité théorique totale d’épuration est de l’ordre de 700 hm3/an. En
2015, l’Algérie comptait 200 STEP, avec une capacité d’épuration estimée à 12 millions Eq/h,
soit 800 hm3/an sur un volume d’eau rejeté estimé à 1.4 milliard de m3/an. Cette quantité
continuera d’augmenter pour atteindre les 900 Hm3/an à l’horizon de 2020, soit une capacité
de traitement de l’ordre de 75% (ONA, 2014).

I.2.2. Importance du traitement des eaux

Les objectifs globaux de gestion des eaux usées sont associés à l'élimination des polluants et à
la protection et la préservation de nos ressources naturelles (Ballay et Blais, 1998).

En raison de la forte nocivité biologique des eaux usées, tant municipales qu'industrielles,
elles doivent être traitées dans des stations d'épuration avant d'être rejetées dans le corps
récepteur. Les industries effectuant des rejets dans les réseaux municipaux ou les eaux de
surface doivent respecter les règlementations sur les rejets pour éviter les amendes, donc dans
de nombreux cas, le traitement en fin de canalisation est requis dans l’usine avant l’émission.
Dans certaines situations, cependant, les industries peuvent estimer qu’il est plus intéressant
économiquement de payer des amendes que d’investir dans le traitement pour respecter les
règlementations (UNESCO, 2017), ce qui est très dommageable pour l’environnement.

42
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
I.2.3. Les étapes de traitement des eaux usées

I.2.3.1. Le prétraitement des eaux

Il dépend de la nature et des caractéristiques des rejets industriels et de la ligne d’épuration


prévue en aval. En général, Il s'agit d'un certain nombre d'opérations, uniquement physiques
ou mécaniques. Il est destiné à extraire de l'eau brute, la plus grande quantité possible
d'éléments dont la nature ou la dimension constitueront un obstacle pour les traitements en
aval (Metahri, 2012).

I.2.3.2. Le dégrillage-tamisage

Les eaux usées entrantes passent à travers un équipement de dégrillage où des objets tels que
des fragments de bois, des plastiques et de la graisse sont éliminés. Le matériau enlevé est
lavé, pressé et éliminé dans une décharge. Les eaux usées tamisées sont ensuite pompées vers
l'étape suivante : le dessablage (Legube, 1996).

I.2.3.3. Le dessablage

Au cours de cette étape, les eaux brutes sont débarrassées des matériaux lourds mais fins tels
que le sable, le gravier et les particules minérales plus ou moins fines de dimensions
supérieures à 200 μm, par décantation sous l’effet de la gravité. L'écoulement de l'eau, à une
vitesse réduite, dans un dessableur entraine leur dépôt au fond de l'ouvrage. Les sables
récupérés, par aspiration, sont ensuite essorés, puis lavés avant d'être soit envoyés en
décharge, soit réutilisés selon la qualité du lavage (Satin et Selmi, 2010).

I.2.3.4. Le dégraissage-déshuilage

Le déshuilage est une extraction liquide-liquide tandis que le dégraissage est une extraction
solide-liquide. Cette opération consiste à récupérer grâce à des racleurs, les graisses
domestiques ou industrielles qui se trouvent à la surface des eaux usées naturellement ou par
flottation (injection de fines bulles d’air). Ces deux procédés ont pour but d’éliminer la
présence des corps gras dans les eaux usées, qui peuvent gêner l'efficacité du traitement
biologique qui intervient ensuite. Cette technique permet d’éliminer 80 à 90 % des graisses et
matières flottantes (Vandermeersch, 2006).

Le dessablage et le déshuilage sont souvent combinés dans un même ouvrage représenté dans
la Figure I.3.

43
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

Figure I.3 : Schéma représentatif d’un dessableur-déshuileur (Degremont, 1978).

I.2.3.2 Le traitement primaire

o Coagulation-floculation

Les processus de coagulation des eaux usées sont similaires à ceux qui se produisent lors du
traitement de l'eau potable, ils consistent à déstabiliser les charges des particules présentes. En
général, des coagulants de charges opposées à celles des solides en suspension sont ajoutés à
l'eau pour neutraliser les charges négatives sur les solides dispersés non durcissables tels que
l'argile et les substances organiques. Une fois la charge neutralisée, les petites particules en
suspension sont capables de s’agglutiner. Les particules légèrement plus grosses formées par
ce processus sont appelées « microflocs » et sont encore trop petites pour être visibles à l’œil
nu. Un mélange rapide à haute énergie pour disperser correctement le coagulant et favoriser
les collisions de particules est nécessaire pour obtenir une bonne coagulation et la formation
des microflocs qui décantent par gravitation (Desjardins, 1997, Lazarova et al., 2003). Un
mélange excessif n'affecte pas la coagulation, mais un mélange insuffisant laissera cette étape
incomplète.

Le processus de coagulation permet d'obtenir un effet de purification significatif (réduction de


la DBO 5 à 85 % et des solides en suspension à 90 %). Cependant, une grande quantité de
sédiments s'y forme. La méthode est le plus souvent utilisée dans le traitement des eaux usées
dans les industries du textile, du tannage et de la chimie.

44
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
L’étape de floculation, suit celle de la coagulation, celle-ci est une étape de mélange lent qui
permettra d’augmenter la taille des particules de microflocs submicroscopique pour évoluer
vers des particules en suspension visibles. Les collisions des particules de microfloc les
amènent à se lier pour produire des flocs plus grands et visibles.
Une fois que le floc a atteint sa taille et sa force optimales, l'eau est prête pour le processus de
séparation (sédimentation, flottation ou filtration).

Figure I.4 : Schéma expliquant le processus de coagulation-floculation (Rajoria, Vashishtah


et Singal, 2022).
o La décantation

La décantation est utilisée dans pratiquement toutes les usines d’épuration de traitement des
eaux. C’est un procédé de séparation des MES et des colloïdes rassemblés en floc dont la
densité est supérieure à celle de l’eau ; elle s’effectue selon un processus dynamique, en
assurant la séparation des deux phases solide-liquide de façon continue. Les particules
décantées s’accumulent au fond du bassin, d’où on les extrait périodiquement. L’eau récoltée
en surface est dite clarifiée et est dirigée vers un autre stade d’épuration.
L’efficacité du traitement dépend du temps de séjour et de la vitesse ascensionnelle (Faby et
Brissaud, 1997).

o La filtration

L'effluent clarifié est poli dans cette étape en filtrant à travers un média polyester de 10
microns. La matière capturée à la surface des filtres à disques est périodiquement lavée à
contre-courant et renvoyée à la tête de l'usine pour traitement. La filtration permet donc

45
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
d'obtenir une bonne élimination de bactéries, de la couleur et de la turbidité. (Desjardins,
1997).
Les procédés de coagulation, floculation, décantation et filtration sont souvent combinés dans
un même ouvrage (Figure I.3).

Figure I.5 : Schéma de coagulation floculation suivis d'une décantation et une filtration
(Fournier, 2008).

I.2.3.3. Le traitement secondaire

Les eaux usées contenant des composés organiques disponibles pour l'action active des micro-
organismes sont traitées par des méthodes biologiques. Les bases du traitement biologique des
eaux usées reposent sur les processus d'auto-épuration de l'eau et du sol dans la nature.
Suivant les conditions de l’environnement des cellules dans l’unité de dépollution, on
distingue deux modes de traitement :

o Le traitement biologique anaérobie

Ce traitement s’effectue en condition d’anaérobiose c'est-à-dire en absence d’oxygène. Les


bactéries anaérobies assurent la décomposition métabolique des composés biodégradables par
des processus de fermentation (Berland et al., 2001).

Ce système est davantage utilisé pour le traitement des effluents urbains, que pour le
traitement des effluents industriels généralement toxiques pour les bactéries (Vilagines,
2003).

o Le traitement biologique aérobie

46
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées
Ce type de traitement fait appel aux bactéries aérobies qui se développent en présence
d’oxygène. La décomposition microbienne des polluants est effectuée par des réactions
d’oxydation dans un milieu aéré. De ce processus, résulte des composés minéraux simples tels
que le dioxyde de carbone et l’eau (Berland et al., 2001).

 Les systèmes à boues activées

Le traitement des eaux usées avec des boues activées dans des conditions aérobies est l'une
des technologies les plus couramment utilisées (Henze et al., 2008). Ce processus consiste à
créer des flocs dans le volume d’eaux usées avec une surface très fortement développée. Les
polluants organiques sont absorbés à la surface des flocs et minéralisés grâce aux processus
métaboliques en cours dans les micro-organismes. Les bactéries présentes dans les boues
activées produisent des enzymes qui catalysent la série de réactions biochimiques, entraînant
la décomposition de composés inorganiques et organiques dans les eaux usées. A l'aval de ce
traitement, un clarificateur (ou décanteur secondaire) permet l’isolation des boues (Figure
I.6).

Les boues en excès sont déshydratées et séchées, le liquide est déversé dans des récepteurs,
tels que des étangs à poissons, puis déversées dans des cours d'eau naturels.

La formation de boues activées dans la chambre d'aération prend du temps. Afin de raccourcir
ce temps, il est possible de greffer les boues en y ajoutant une certaine quantité provenant des
eaux usées préalablement traitées. Le maintien constant des flocs en suspension nécessite une
agitation vigoureuse du contenu du réacteur (Pronost, et al., 2002) (Gillot, CEMAGREF
2002).

Figure I.6 : Schéma simplifié d'un système à boues activées (Degremont, 1978).

47
CHAPITRE I Généralité sur les eaux usées

 Les lits bactériens

Ce procédé aérobie à cultures fixées consiste à faire supporter les micro-organismes par des
matériaux poreux. Ainsi, un lit bactérien est simplement un réservoir rempli d'un lit profond
de pierres. Les eaux usées décantées sont pulvérisées en continu sur le dessus des pierres et
ruissellent vers le bas, où elles sont collectées pour un traitement ultérieur. Au fur et à mesure
que les eaux usées ruissellent, les bactéries se rassemblent et se multiplient sur le matériau. Le
flux constant d'eaux usées sur ces excroissances permet aux microbes d'absorber les matières
organiques dissoutes, réduisant ainsi la demande biochimique en oxygène (DBO) des eaux
usées. L'air circulant vers le haut à travers les espaces entre les pierres fournit suffisamment
d'oxygène pour les processus métaboliques.

 Le lagunage

La technique du lagunage est une technique biologique de traitement naturel, qui consiste à
accumuler les eaux usées dans des bassins, appelés bassins biologiques ou bassin de
stabilisation, où des phénomènes naturels de dégradation font intervenir la biomasse qui
transforme la matière organique.

Les mécanismes de l’épuration et le fonctionnement d’un lagunage simple peuvent être


décrits par la réaction (II.1) (Ghoualem-Saouli, 2007) :

Eau usée + oxygène + bactéries → boues + effluent traité + CO2 + H2O

I.2.3.4. Le traitement tertiaire

Dans une situation où la plus haute qualité de traitement des eaux usées est requise avant
qu'elles ne soient rejetées dans l'environnement, une étape de traitement supplémentaire est
utilisée. Il s'effectue par ozonation, par un traitement aux UV ou pour des petites capacités de
station d'épuration par une filtration sur sable. Cela élimine la suspension organique restante.
Le traitement tertiaire inclut un ou plusieurs des processus suivants (Pouliot et De la Noüe,
1985) :

- Désinfection par le chlore ou l'ozone pour éliminer les germes pathogènes ;

- Neutralisation des métaux en solution dans l'eau en faisant varier le pH de l'eau dans
certaines plages, on obtient une décantation de ces polluants.

48
CHAPITRE II
Etude expérimentale et
Description de la station
d’épuration de NAFTAL
CHAPITRE II

II.1. Eaux usées et traitement des eaux dans la région de Bejaia

Le secteur industriel dans la wilaya de Bejaia est fortement présent et accuse une forte
augmentation ces dernières années. On dénombre quatre zones industrielles dont une en
construction, en plus de 19 autres zones d’activités occupant une superficie totale de 700
hectares. De plus, trois mini-zones d’activités ont été programmées pour incuber des mini-
projets. Quant aux entreprises actives dans le secteur industriel, leur nombre est estimé à
4.464 petites et moyennes entreprises, principalement actives dans les industries alimentaires
(1.089), les industries du bois et du papier (1.379), la sidérurgie, la mécanique, l’électricité et
l’électronique (770), etc. Ce qui engendre d’énormes quantités d’effluents liquides. (Algérie
Eco, 2022)
La wilaya recense près de 990 050 habitants en 2020 et des densités qui varient entre 64 et
1941 habitants/km² avec plus de la moitié de la population qui est directement reliée à l’Oued
Soummam. Le nombre d’habitants et la densité varient en fonction de la commune avec
notamment le chef lieu de la wilaya qui est le plus peuplé comptant ainsi 193 107 habitants
avec une densité de 1 606 habitants/km². Cette forte concentration de population n’est pas
sans conséquences environnementales sur l’Oued Soummam.

En effet, l’augmentation de la population renforce la demande et les usages en eaux


domestiques et industrielles, ce qui engendre donc des quantités plus importantes d’eau usées,
qui sont parfois déversées dans la nature sans aucun traitement préalable. De plus les stations
des eaux usées sont quasiment inexistantes dans la vallée de la Soummam mis à part dans la
ville où l’on compte deux stations en état de fonctionnement qui traitent chacune des volumes
de 6000 et 1500 mᵌ par jour. Deux autres projets de STEP sont en cours de construction à ce
jour, l’une à Sidi-Aich avec une capacité de 10 400 mᵌ/jour et l’autre à Akbou avec une
capacité de 16 400 mᵌ/jour (Tableau II.1) (Ramsar, 2009). En 2022 les projets de
construction de ces deux STEP, dont la mise au service était prévue pour fin année 2020
restent à ce jour inachevés.

51
CHAPITRE II

Tableau II.1 : STEP en fonctionnement et en cours de réalisation de la wilaya de Bejaia


(ONA, 2022).

Commune Localisation Date de mise Capacité Volume traité Date


en service théorique mᵌ/j préliminaire
mᵌ/j de mise en
service
Bejaia Bejaia 1983 83170 6000 -
Sidi Ali 2013 6900 1500
Lebhar
Sidi Aich Sidi Aich - 10400 - Fin année
2020
Akbou Akbou - 16400 - Fin année
2020

II.2. Cas de la station de Naftal

II.2.1. Historique

Depuis l’année 2000, l’entreprise participe avec le ministère chargé de l’environnement au


programme du plan national d’action environnementale adhérant ainsi aux principes d’une
croissance économique durable d’un point de vue environnemental.

La protection de l’environnement constitue un axe stratégique de la politique de


développement de Naftal, eu égard à la dangerosité des produits manipulés, stockés,
transportés et commercialisés.

La maîtrise des risques liés à ces opérations vise la sécurité des personnes, des biens et la
protection de l’environnement.

Les exigences strictes en matière de santé, de sécurité et de protection de l’environnement


pour un développement durable, interpellent Naftal sur l’application rigoureuse de la
réglementation en vigueur qui l’expose, le cas échéant, à de sérieuses sanctions, notamment
sur son image de marque.

52
CHAPITRE II

II.2.2. Objectifs stratégiques HSE

• Le respect et la mise en conformité par rapport aux obligations légales ;


• La maîtrise des risques HSE ;
• Le développement des compétences HSE ;
• L’amélioration des conditions de travail du personnel ;
• La protection des riverains contre les risques inhérents aux activités de l’entreprise ;
• La réduction des déchets ;
• La réhabilitation des sites pollués ;
• La mise à niveau technologique.

La préservation de l’environnement constitue une préoccupation majeure pour Naftal, qui


découle des engagements nationaux et internationaux pris à cet égard.

Soucieuse du respect de la réglementation nationale dans ce domaine, Naftal s’est engagée à :

• Lutter contre les changements climatiques et à contribuer à l’amélioration de la qualité


de l’air,
• Gérer les déchets issus de la commercialisation de nos produits et procéder à leur
élimination ou réduction,
• Procéder à la récupération des huiles usagées au niveau de ses points de vente ;
• Préserver les eaux superficielles et souterraines,
• Rationaliser les besoins en énergie,
• Rejeter une eau conforme aux seuils réglementaires.
• Eviter la pollution du sol et sous-sol.

II.2.3. Paramètres NAFTAL

Le Tableau II.2 présente, selon le décret exécutif n° 06-141 du 19 avril 2006, les valeurs
limites des paramètres d’effluents liquides industriels sur lesquels NAFTAL se base dans ses
analyses :

53
CHAPITRE II

Tableau II.2 : Valeurs limites des paramètres de rejet d’effluents liquides industriels.

Paramètres Unité Valeurs limites Tolérance aux valeurs


limites (anciennes
installations)

Débit d’eau mᵌ/t 1 1.2

Température °C 30 3.5
PH - 5.5-8.5 5.5-8.5
DBO₅ g/t 25 30
DCO g/t 100 120
MES g/t 25 30
Azote total g/t 20 25
Huiles et graisses mg/l 15 20
Phénol g/t 0.25 0.5
Hydrocarbures g/t 5 10
Plomb mg/l 0.5 1
Chrome 3+ mg/l 0.05 0.3
Chrome 6+ mg/l 1 0.5

II.3. La station de traitement de NAFTAL

La Contamination de l'eau par les hydrocarbures liquides est une des formes les plus graves
de la pollution de l'environnement marin et ce, bien entendu à travers plusieurs récepteurs
intermédiaires à savoir, le réseau d’assainissement et les cours d’eaux. La pollution par les
hydrocarbures des différents milieux récepteurs (sols, sous-sols et eau) constitue une
problématique de taille dont l’impact sur l’environnement est préjudiciable à plus d’un titre en
raison de sa persistance dans le temps (difficilement biodégradable).
Actuellement au niveau des structures opérationnelles Naftal, on repère deux dispositifs de
traitement d’effluents liquides industriels soit un séparateur Eau/Hydrocarbures de classe II
ou une unité de traitement doté d’un séparateur Eau/Hydrocarbure de classe I.

 Séparateur E/HC de classe I (avec filtre coalesceur)

54
CHAPITRE II

Il s’agit des séparateurs Eau/HC dans lesquels sont ajoutées des lamelles coalescentes ayant
pour fonction d’agglomérer les gouttelettes les plus fines (Diamètre < 150 microns) (Figure
II.1). Ce type de séparateur assure l’obtention d’une teneur en Hydrocarbures totaux
inférieure à 5 ppm.

Figure II.1 : Séparateur E/HC de classe I.

 Séparateur E/HC de classe II (sans filtre coalesceur)

Il s’agit généralement d’un ouvrage rectangulaire conçu en génie civil et divisé en trois
compartiments (Figure II.2 et Figure II.3). Ce type de séparateur assure l’obtention d’une
teneur en Hydrocarbures totaux inférieure à 10 ppm.

55
CHAPITRE II

Figure II.2 : Plan du séparateur E/HC de classe II.

56
CHAPITRE II

Figure II.3 : Vue sur terrain du séparateur sous terrain R1 E/HC de classe II du district
carburant NAFTAL – Béjaïa.

II.3.1. Dimensionnements et caractéristiques de la station

La station de traitement des eaux usées industrielles de NAFTAL dispose de 2 séparateurs


Eau/Hydrocarbures R1 et R2. Le plus opérationnel est le séparateur R1, celui-ci reçoit les
eaux évacuées des bassins de stockage à travers des pompes de jonction et des lignes d’égouts

présentes en cas de débordement. Il est d’une capacité de 45 mᵌ (Figure II.4).

Le deuxième bassin est d’une capacité de 35 mᵌ et est destiné à la récupération des eaux

pluviales à travers des lignes d’égouts. Ces eaux ont aussi été contaminées par les
hydrocarbures qui se sont déversés à la surface du sol lors des opérations de chargement. Le
plan du décanteur est représenté dans la Figure II.5.

57
CHAPITRE II

Figure II.4 : Plan décanteur 01 Naftal-Béjaia

Figure II.5 : Plan décanteur 02 Naftal-Béjaia

58
CHAPITRE II

II.3.2. Méthodologie

L’unité de traitement dimensionnée se trouvant au niveau des structures opérationnelles de


Naftal ont toute été conçues en suivant un procédé et un mode de fonctionnement comprenant
les opérations suivantes :
 Un traitement primaire
 Un Relevage
Cette opération est assurée par un bassin de collecte enterré réalisé en béton armé hydrofuge
qui permettra de recevoir tous les effluents liquides industriels en provenance des différentes
installations pour une première séparation physique. Généralement ce bassin est doté d’un
trop plein ou un by-pass reliés directement au réseau d’assainissement ou un cours d’eau ; ces
derniers permettent de faire face à un grand orage et d’éviter tout débordement.
 Bac de stockages des eaux relevées
Les eaux prétraitées sont transférées au moyen de deux pompes vers le Bac de stockage pour
subir une autre séparation physique (Eau/huile).
 Un traitement secondaire (séparation finale par coalescence)
L’eau prétraitée issue du Bac subira un dernier traitement par coalescence via un séparateur
de classe I, équipé d’un filtre coalesceur garantissant une teneur en hydrocarbures totaux à la
sortie inférieure à 5 ppm.
 Contrôle des rejets
Conformément à l’article 9 du décret n°06-141 du 19 avril 2006 définissant les valeurs limites
des rejets d’effluents liquides industriels. Le contrôle des rejets comporte un examen des
lieux, des mesures et analyses opérées sur place et des prélèvements d’échantillons aux fins
d’analyses.
 Traitement des huiles
Toutes les huiles issues du 1er et du 2ème traitement sont envoyées par gravité vers un puisard
ou au moyen d’une pompe et sont ensuite pompées vers une citerne et évacuées par des
camions citernes.

59
CHAPITRE II

II.4. Echantillonnage

II.4.1. Principe d’échantillonnage

Le principe d'échantillonnage est de réaliser des prélèvements d'échantillons d'eaux, dans le


séparateur ; on procède à cet échantillonnage selon la période prédéfinie (exemple : une fois
par trimestre) ; Ces échantillons seront mis dans des récipients en verre ou en plastique de
volume défini et ils doivent être bien représentatifs.

II.4.2. But de l’échantillonnage

L'échantillonnage nous permet de :

 Procéder à la surveillance continue des milieux


 Quantifier la pollution

II.4.3. Matériel utilisé

- Échantillonneur
- Bouteille de prélèvement d’eau en verre de 03 L (prélèvement d'eaux en profondeur)
- Messager (poids pour déclencher la fermeture de la bouteille de prélèvement en
profondeur)
- Corde

II.4.4. Mesures

 Valisette de mesure des paramètres in situ munis de pH-mètre, Oxymètre,


Conductimètre
 Sonde pour la mesure de la profondeur d’eau

II.4.5. Container

 Flacons en verres de 01 L
 Flacons en PET de 01 L et 02 L

II.4.6. Autres

 Etiquettes
 Marqueur
60
CHAPITRE II

 Feuille de paramètres d'analyses in situ


 Papiers
 Gants
 Blouse
 Bottes
 Eau distillée

II.4.7. Réactifs

Pour la conservation des échantillons

 Acide sulfurique (1+1)


 Acide chlorhydrique (1+1)
 Acide nitrique (1+1)
 Sodium hydroxyde (10%)
 Solutions de calibrations des électrodes de mesure du pH, O2, Cond.,Redox

II.4.8. Mode opératoire

 Prélèvement
Les eaux résiduaires sont prélevées au niveau des rejets finaux des unités industrielles en
utilisant un seau ou une canne attachée à un flacon en PET a large col.

 Remplissage de bouteilles

Après les prélèvements d'eaux on procède au remplissage des bouteilles en verre ou en PET
en fonction des paramètres recherchés en les rinçant deux ou trois fois par les mêmes
échantillons ensuite on ferme les hermétiquement et on les dispose dans une glacière.

 Etiquetage

Chaque échantillon d'eau doit porter une étiquette ou on note la date du prélèvement et
numéro de code.

61
CHAPITRE II

II.5. Analyses et modes opératoires

II.5.1. La température

La température est mesurée avec un pH mètre pour mesure en profondeur avec une sonde de
température intégrée TA 197-PH-WTW.

II.5.1.1. Mode opératoire

 Mettre l’appareil sous tension


 Rincer l’électrode avec l’eau distillée et la plonger dans l’échantillon d’eau à mesurer
 Lancer la mesure avec la touche RUN ENTER
 Attendre que la valeur se stabilise
 Lire la mesure

II.5.2. Le potentiel d’hydrogène (pH)

La mesure est réalisée avec un pH mètre pour mesure en profondeur avec sonde de
température intégrée TA 197-PH-WTW.

II.5.2.2. Mode opératoire

 Mettre l’appareil sous tension


 Rincer l’électrode avec de l’eau distillée et la plonger dans l’échantillon d’eau à mesuré
 Lancer la mesure avec la touche RUN ENTER
 Attendre que la valeur se stabilise
 Lire la mesure

II.5.3. Les matières en suspension (MES)

II.5.3.1. Principe

L’analyse se fera selon le principe de la filtration sur filtre en fibre de verre. À l’aide d’un
appareil de filtration sous vide ou sous pression, l’échantillon est filtré sur un filtre en fibre de
verre. Le filtre est ensuite séché à 105 °C et la masse du résidu retenu sur le filtre est
déterminée par pesée.

62
CHAPITRE II

II.5.3.2. Appareillage

 Dispositif de filtration sous vide ou sous pression


 Disque filtrant en fibre de verre borosilicate, ne contenant aucun liant
 Etuve de séchage, réglable à 105 2 °C
 Balance analytique, précise à au moins 0.1 mg prés
 Support de séchage

II.5.3.3. Matériel

 Fioles jaugées : de capacité 10ml, 100ml, 1000ml ;


 Pipettes à un trait : de capacité 1ml, 2ml, 5ml, 10ml, 20ml, 25ml, 50ml ;
 Micropipettes ou dilueurs ;
 Béchers : de capacité 250ml.

II.5.3.4. Produits chimiques et réactifs

Cellulose Micro cristalline (C6H10O5) de grade chromatographie sur couche mince CCM ou
équivalent.

II.5.3.5. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon

Le prélèvement doit être effectué dans des flacons en matériau transparent, le remplissage de
ces flacons ne doit pas se faire complètement afin de permettre un mélange efficace lors de
l’agitation. L’analyse de l’échantillon doit se faire dans les 4 quatre heures qui suivent le
prélèvement.

 Si l’échantillon n’est pas analysé dans les 4 quatre heures il doit être conservé à l’abri de
la lumière à 8°C.
 L’échantillon ne doit pas être congelé.

II.5.3.6. Mode opératoire

 Laissez l’échantillon jusqu’à ce qu’il atteigne la température ambiante.


 Vérifier que la perte de masse du filtre est inférieure à 0.3mg/l.
 Laisser le filtre s’équilibrer en humidité à l’air ambiant, à proximité de la balance, ensuite
le peser

63
CHAPITRE II

 Eviter de contaminer le filtre par des poussières, par exemple en utilisant un dessiccateur.
 Placer le filtre, partie lisse en bas, dans l’entonnoir de l’appareil de filtration, et connecter
le dispositif d’aspiration sous vide (ou sous pression).
 Agiter vigoureusement le flacon et transférer immédiatement et d’un seul trait un volume
convenable dans une éprouvette graduée.
 Choisir un volume d’échantillon de sorte que la masse du résidu sec déposé sur le filtre
soit comprise dans la gamme optimale de dosage, soit entre 5mg et 50mg. Cependant
éviter de prendre un volume d’échantillon supérieur a 1litre.
 Filtrer l’échantillon, puis rincer l’éprouvette graduée avec environ 20ml d’eau distillée et
utiliser cette portion pour laver le filtre. Rincer les parois internes de l’entonnoir avec une
autre portion de 20 ml d’eau distillée. Si l’échantillon contient plus de 1000mg/l de
matières dissoutes, laver le filtre avec trois fois 50ml d’eau distillée.
 Libérer le dispositif sous vide (ou sous pression) lorsque le filtre est pratiquement sec.
Retirer le filtre de l’entonnoir à l’aide de pinces à extrémités plates. Placer le filtre sur le
support de séchage et le sécher dans l’étuve a 105°C  2°C pendant 1h à 2h. Retirer le
filtre de l’étuve, le laisser s’équilibrer à l’air ambiant à proximité de la balance et le peser
comme précédemment.

II.5.4. La demande biologique en oxygène (DBO5)

II.5.4.1. Principe

La mesure de la quantité d’oxygène dissous se fera par la methode électrochimique. Il faudra


alors remplir les flacons DBO avec les échantillons dilués a ras et éviter les bulles d’air dans
les parois des flacons, ensuite mesurer la concentration d’oxygène dans chaque flacon de
DBO a temps zéro, fermer les flacons DBO hermétiquement et les mettre dans l’incubateur a
20 C° pendant 5 jours ; après l’incubation, mesurer la concentration de l’oxygène dissous.

II.5.4.2. Echantillonnage et prétraitement

La valeur pH de l’échantillon doit être comprise entre 6 et 8, sinon neutraliser avec HCl ou
NaOH. S’il y a présence des chlorures ajouter un volume de la solution de sodium sulfite.

64
CHAPITRE II

II.5.4.3. Mode opératoire

 Préparation de la solution test

Porter l’échantillon a une T° de 20C°, agiter et prendre un volume connu ajouter 2 ml


d’allylthiouré et compléter à 1 litre avec la solution d’ensemencement et de dilution

 Test du blanc

Analyser le blanc en parallèle avec les échantillons en utilisant la solution d’ensemencement


et dilution avec 2 mg d’ATU par litre

II.5.5. Demande chimique en oxygène (DCO)

II.5.5.1. Principe

Dans des conditions définies, certaines matières contenues dans l’eau sont oxydées par un
excès de dichromate de potassium, en milieu acide et en présence de sulfate d’argent et de
sulfate de mercure. L’excès de dichromate de potassium est dosé par le sulfate de fer et
d’ammonium.

II.5.5.2. Appareillage

 Réfrigérant
 Balance
 Plaque ou mono bloc chauffant
 Système de refroidissement avec agitation
 Burette automatique

II.5.5.3. Matériel

 Tube à réaction
 Pipettes jaugées
 Fioles
 Pierre ponce

65
CHAPITRE II

II.5.5.4. Echantillonnage et prétraitement

Il est préférable d’effectuer les prélèvements dans des récipients en verre et procéder à
l’analyse de l’échantillon rapidement et avant 5 jours à partir de la date d’échantillonnage. Si
l’échantillon est conservé avant l’analyse, ajouter 10ml d’acide sulfurique par litre et
conserver le entre 0 et 5°C

II.5.5.5. Mode opératoire

 Prélever 10 ml d’échantillon d’eau dans le tube à réaction


 Ajouter 5 ml + ou – 0.01 ml de dichromate de potassium et de la pierre ponce
 Ajouter 15 ml de sulfate d’argent (2) et placer immédiatement dans les tubes à
condensation en portant la température de la réaction à 148°C + ou – 3°C durant 10 mn
et continuer de chauffer pendant 110 mn
 Faire refroidir à 60°C et rincer le réfrigérant avec de l’eau, les retirer et diluer les tubes à
réaction avec 75ml d’eau
 Titrer l’excès de dichromate avec du sulfate de fer (II) ammonium (4), utiliser 2 gouttes
de Ferroïn et attendre que le virage du bleu-vert au rouge-marron se fasse.

II.5.6. Azote Kjeldahl

II.5.6.1. Principe

Le dosage de l’azote Kjeldahl se fait après une minéralisation au sélénium. La minéralisation


de l’échantillon se fait pour former du sulfates d’ammonium, libération et distillation de
l’ammoniac puis dosage par titrimétrie.

II.5.6.2. Appareillage

 Un bloc digesteur avec un module d’aspiration complet


 Appareil à distiller à entraînement par la vapeur
 Neutralisateur de vapeur

II.5.6.3. Matériel

 Tubes digestion ou (Matras type Kjeldahl)


 Erlen Meyer 250 ml

66
CHAPITRE II

 Pince
 Fioles 25 ml, 50 ml (Standards)
 Fioles 1000ml
 Pipettes

II.5.6.4. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon

Les échantillons doivent être prélevés dans des bouteilles en polyéthylène ou en verre. Ils
doivent être analysés dès que possibles, ou conservés au réfrigérateur jusqu’à l’analyse et
acidifier avec du H2SO4 à un pH 2.

II.5.6.5. Mode opératoire

 Minéralisation
 Prélever 25 ml d’échantillon (Tableau II.3) et y ajouter : 10 ml H2SO4, 5,0 g ± 0,5 g (Se
+ K2SO4) et 2 ou 3 pierres ponce. Ensuite, chauffer jusqu’à l’apparition d’une fumée
blanchâtre, le volume de la solution va se réduire et sa couleur s’éclaircir. Laisser
refroidir.

 Distillation
 Prendre 50 ml ± 5 ml d’indicateur (H3BO3), y ajouter 250 ml ±50 ml d’eau, 50 ml de
NaOH et 2 à 3 pierres ponce. Connecter la fiole à l’appareil de distillation puis chauffer
de façon à collecter le distillat à un débit ≈ 10 ml/mn. Arrêter une fois le volume atteint
200 ml.

 Titrage
 Titrer avec HCl 0,02 mol/l et attendre le virage au rouge.

II.5.7. Indice de Phénol

II.5.7.1. Principe

Les phénols sont séparés des impuretés et des agents de conservation par distillation. Le taux
de volatilisation des phénols étant graduel, le volume de distillat doit être égal au volume
d’échantillon à distiller.

67
CHAPITRE II

Les phénols distillables a la vapeur réagissent avec l’amino-4 antipyrine a un pH 10  0.2 en


présence de l’hexacyanoferrate (III) de potassium en formant un complexe colore avec
l’amino-4 antipyrine. Ce complexe est conservé dans une solution aqueuse et l’absorbance est
mesurée à 510 nm cet indice étant exprimé en mg/l de phénol (C6H5OH). La quantité
minimale de phénol décelable est de 0.01mg pour une cuve de 50mm, lors de la mesure
spectrométrique et pour un volume de distillat utilise lors du dosage de 100ml.

II.5.7.2. Appareillage

 Appareil de distillation en verre, constitué d’un ballon à distiller de 1 litre en verre


borosilicate avec un réfrigérant Graham ou équivalent.
 pH-mètre, avec des électrodes appropriées
 Spectromètre à sélecteurs à variation continue ou discontinue, permettant de travailler à
510 nm et muni d’une cuve de parcours optique de 1,0 à 10 cm. La taille de la cuve
utilisée dépend de l’absorbance des solutions colorées qui devront être mesurées et des
caractéristiques du spectromètre. En général si les absorbances sont supérieures à 1,0
avec une grande cuve, la taille inferieure doit être utilisée.

II.5.7.3. Matériel

 Erlenmeyer
 Pipettes
 Eprouvette
 Cuvette en verre

II.5.7.4. Mode opératoire

Après avoir prétraité l’échantillon et procédé à une distillation préliminaire :

Introduire 100 ml du distillat, ou une aliquote convenable ne contenant pas + de 0,5mg, de


phénol dans 100ml, dans un bécher de 250 ml, si l’échantillon est supposé contenir plus de
0,5 mg de phénol, une aliquote plus petite peut être utilise. Des essais préalables peuvent être
nécessaires pour déterminer le volume de l’aliquote appropriée. En pratique, la plus petite
aliquote doit être de 10 ml et ne pas contenir plus de 0,5 mg de phénol. Le distillat et autre
solutions utilisées doivent être à température ambiante.

68
CHAPITRE II

 Essai à blanc

Effectuer un essai à blanc parallèlement au dosage, en remplaçant la prise d’essai par 100ml
d’eau.

 Dosage

Ajouter 5 ml de solution tampon à chaque prise d’essai ou 5 ml de chlorure d’ammonium à


chaque prise d’essai ajuster le pH a 10 avec de l’hydroxy d’ammonium, ajouter 2,0 ml de
solution d’amino-4 antipyrine. Mélanger immédiatement, puis ajouter 2,0 ml de solution
d’hexacyanoferrate (III) de potassium et mélanger immédiatement. Après 15 min, mesurer
l’absorbance de chaque solution dans une cuve à la longueur d’onde du maximum
d’absorbance (environ 510nm) avec de l’eau dans la cuve de référence. Par référence à la
courbe d’étalonnage, calculer la masse en milligramme, de phénol, équivalent aux composes
phénoliques dans la prise d’essai, après avoir fait la correction pour l’essai à blanc.

II.5.8. Huiles et graisses

II.5.8.1. Principe

Par la méthode d’extraction liquide-liquide dans les eaux environnementales, les huiles et
graisses sont extraites de l’échantillon, acidifié à pH environ 4 par l’hexane et dosées après
évaporation du solvant organique.

II.5.8.2. Appareillage

 Etuve de séchage, réglable à 75 °C marque MEMMERT


 Bain marie
 Balance analytique : marque STRATORUS model BP 221S max : 220 g ; d = 0.1
 Centrifugeuse marque HETTICH Universal 25 type : 1200.

II.5.8.3. Matériel

 Ampoules à décantation avec robinet et munies de bouchons ; d’une capacité de 1000 ml


et 250 ml
 Supports pour ampoules à décantation
 Dessiccateur

69
CHAPITRE II

 Eprouvette de capacité de 1000 ml


 Capsules en verre
 Spatule
 Entonnoirs
 Papier filtre standard marque FIORNI

II.5.8.4. Echantillonnage et prétraitement de l’échantillon

Le volume d’échantillon à prélever est de 1000 ml dans une bouteille en verre marron et la
conservation de l’échantillon se fait à un pH < 4 en ajoutant de l’acide chlorhydrique.

 Solution à blanc

Le blanc est réalisé avec 50ml d’hexane passé à travers un filtre contenant un peu de sulfate
de sodium dans une capsule préalablement pesée.

II.5.8.6. Mode opératoire

Le volume total de l'hexane ne doit pas dépasser 50 ml. Rincer plusieurs fois l'hexane avec de
l'eau distillée afin d'enlever les impuretés. L'hexane doit être clair et sans impuretés. Le
volume de l'échantillon est vérifié à l'aide d'une balance. Et on doit calculer le volume de
l'échantillon à analyser comme suit :

La pesée de la bouteille d'échantillon pleine (p2) ;

La pesée de la bouteille d'échantillon vide (p1) ;

p2 –p1=Ve (ml)

Ve : est le volume de l'échantillon en ml ; en considérant sa masse volumique égale à 1g/ml.

Mettre l'échantillon dans l'ampoule à décanter de 1000 ml et acidifier avec HCl (pH inferieur
a 4) pour casser les émulsions.

 Première extraction : Ajouter de l'hexane et agiter l'ampoule 5 mn en faisant attention


de dégager les gaz plusieurs fois. Remettre l'ampoule sur le support et attendre la
séparation des 2 phases. Remettre la partie "eau" dans le flacon d'échantillonnage et

70
CHAPITRE II

transférer la partie "solvant" dans l'ampoule à 250 ml. Mettre l'ampoule de 1000ml au-
dessus de celle de 250 ml et bien rincer ses parois avec de l'eau distillée.
 Deuxième extraction : Remettre l'échantillon dans l'ampoule de 1000ml et rincer le
flacon vide avec de l'hexane et le mettre dans l'ampoule enagitant5 mn et en faisant
attention de dégager les gaz plusieurs fois. Remettre l'ampoule sur le support et attendre
la séparation des 2 phases. Remettre la partie "eau" dans le flacon d'échantillonnage et
transférer la partie "solvant" dans l'ampoule à 250 ml. Enfin, mettre l'ampoule de 1000ml
au-dessus de celle de 250 ml et bien rincer ses parois avec de l'eau distillée.

Le volume total de l’hexane ne doit pas dépasser 50 ml. Rincer plusieurs fois l’hexane avec
de l’eau distillée afin d’enlever les impuretés. Si c'est le cas (présence d'impuretés),
centrifuger et récupérer l'hexane dans l'ampoule de 250 ml. Rajouter le sulfate de sodium
(NaS04) sur les parois internes de l'ampoule et faire tourner lentement l'hexane dessus pour
enlever d'éventuelles traces d'eau. Filtrer l'hexane à travers un papier filtre plie en forme de
cône mit dans un entonnoir au-dessus d'une capsule en verre préalablement pesée. Disposer
sur un bain marie à 85°C jusqu’à évaporation totale de l'hexane (sous la hotte). Mettre les
capsules à l'étuve à 75 °C durant environ 30 mn. Et enfin, peser les capsules.

II.5.9. Plomb (Pb)

II.5.9.1. Principe

Lorsqu’un échantillon acidifié est aspiré dans une flamme air/acétylène d’un spectromètre
d’absorption atomique, un faisceau lumineux d’une longueur d’onde donnée, traverse la
solution, une fraction de la lumière incidente est absorbée en fonction de la concentration du
composé à déterminer.

II.5.9.2. Appareillage

 Spectromètre d’absorption atomique : Perkin analyst 700 ; équipé de lampes à cathode


creuse de Plomb, d’un dispositif (Lampe Deutérium) permettant la correction de
l’absorbance non spécifique et d’un ensemble (nébuliseur bruleur de 100mm) à flamme
d’air / acétylène
 Digesteur à micro-onde speed waveBerghof
 Bain du sable Gerhard

71
CHAPITRE II

II.5.9.3. Matériel

 Pipette à un trait : de capacité 2 ml, (10 ml +/- 0.02 ml)


 Micropipettes (0.1 – 1.0 ml) RSD = 0.28 %
 Micropipettes (1.0 – 5.0 ml)
 Béchers : de capacité 250 ml
 Erlenmayer de capacité 250 à 300 ml
 Dispositifs de filtration à membrane avec filtre : de diamètre de pores 0.45 µm, lavé
soigneusement à l’acide nitrique dilué et rincé à l’eau
 Papier filtre standard FIORNI 100 mm
 Eprouvette de 100 ml

II.5.9.4. Mode opératoire

Avant d’effectuer les mesures, régler les paramètres du spectromètre d’absorption atomique
selon les instructions du fabricant

 Optimiser les conditions de la flamme


 Régler le zéro de l’appareil en pulvérisant dans la flamme la solution de réglage du zéro
de l’appareil
 Etalonnage : pour établir la courbe d’étalonnage, pulvériser successivement de la
flamme les solutions d’étalonnage par ordre croissant de concentration et noter
l’absorbance.
 Vérifier le réglage du zéro de l’appareil avec la solution du point zéro après la mesure de
chaque solution d’étalonnage
 Essais de contrôle : poursuivre en mesurant la solution à blanc (les témoins) et les
solutions de mesures (les échantillons) et noter les absorbances
 Après chaque série de mesures, mais au moins après 10 à 20, utiliser la solution d’essai à
blanc.

Lorsque la quantité du plomb de la solution de mesure dépasse la zone de validité de la


courbe d’étalonnage, diluer la solution de mesure avec la solution d’essai à blanc.

72
CHAPITRE II

II.5.10. Chrome (Cr VI)

II.5.10.1. Principe

Le Chrome hexavalent dissous est recherché dans les échantillons d'eau dans une gamme de
détection de 0,05 à 3 mg/l. Cette méthode s'applique en absence de substances oxydantes ou
réductrices responsables des changements de valences du chrome. Après le prétraitement de
l’échantillon ; il y a formation d'un complexe chrome-1 ,5-diphenylcarbazone rouge- violet.
L'absorbance de ce complexe est alors mesurée a une longueur d'onde de 550 nm.

II.5.10.2. Appareillage

 Spectromètre de marque THERMO Electron Corporation ; model : HeliosAquamate


permettant de travailler à 550nm de longueur d'onde avec des cuves en verre de 10mm.
 PH-mètre de marque JENWAY ; type 3510.
 Balance analytique : marque SARTORIUS model BP 221S max : 220g ; d=0.1 mg.

II.5.10.3. Matériel

 Fioles jaugées de capacité : 100 ml, 1000 ml


 Pipettes à un trait de capacité 1 ml, 2 ml, 5 ml, 10 ml, 50 ml
 Erlenmeyer de capacité 1000 ml
 Dispositif de filtration à membrane avec filtres : de diamètre de pores 0.45 µm

II.5.10.4. Mode opératoire

Avant d'effectuer les mesures, régler les paramètres du spectromètre (entrer le nom de
l'opérateur, nom de la méthode, la longueur d'onde, ...)

- Apres le prétraitement de l’échantillon, transférer 50 ml du surnageant filtre dans une


fiole de 100 ml.
- Ajouter 2 ml de la solution d'acide phosphorique B.
- Ajouter 2 ml de la solution de 1,5- diphenylcarbazide
- Compléter à 100 ml avec de l’eau distillée.
- Laisser reposer 5 à 15 min.
- Mesurer l’absorbance a une longueur d'onde de 550 nm.

73
CHAPITRE II

II.5.11. Hydrocarbures totaux

II.5.11.1. Principe

La méthode d’analyse utilisée est l’extraction au solvant et chromatographie en phase


gazeuse. Son principe repose sur la somme des concentrations des composes extractibles par
un solvent hydrocarbure, dont le point d’ébullition est compris entre 36°C et 69°C, non
absorbés par le Floribil et dont les temps de rétention en chromatographie sont compris entre
ceux du n-décone (C10C22) et du n-tetracontane (C40C82). Les substances conformes à cette
définition sont des hydrocarbures aliphatiques à longue chaîne ou ramifiés, aromatiques ou
aromatiques substitués.

II.5.11.2. Appareillage

 Chromatographie en phase gazeuse : Équipée d’un système d’injection non sélectif et


d’un détecteur à ionisation de flamme. D’une colonne en silice fendue, phases
stationnaires non polaires immobilisées à 100%, dimethylpolysixane/ ou 95% de
dimethyl/ 5% diphenylpolysiloxane ou polysiloxanemodifié et correspondant aux
caractéristiques suivantes :
 Longueur : 5m à 30m
 Diamètre interne : 0,25 mm
 Epaisseur de film : 0,25µm à 1,2 µm
 Système de traitement de données
 Centrifugeuse
 Tubes à centrifugeuse avec bouchons à vis de 100ml
 Micro séparateur
 Appareil KudernaDanish muni d’un flacon de 250 ml/ou par ex : un évaporateur rotatif
avec vide contrôlé.
 Agitateur magnétique

II.5.11.3. Matériel

 Flacons d’échantillonnage 250 ml et 1000 ml fermés par des bouchons en verre


polytetrafluoroethyléne

 Colonnes pour purification en verre

74
CHAPITRE II

 Pipettes

II.5.11.4. Mode opératoire

 Essai à blanc

Effectuer des essais à blanc pour chaque série d’essai conformément au mode opératoire
d’extraction en utilisant l’ensemble des réactifs et verrerie de la même manière que pour
l’échantillon.
 Préparation des solutions d’étalons

II.5.11.6. Protocole de traitement

1ère étape : Extraction : Prendre un échantillon de 250ml le refroidir et l’acidifier à pH = 2.


Y ajouter 80g de sulfate de magnésium heptahydrate et 50mL de solution étalant d’extraction
ainsi qu’un barreau magnétique. Fermer la bouteille et poser sur l’agitateur magnétique
pendant 30 mn.
Retirer et remplacer le bouchon par le micro séparateur et ajouter de l’eau distillée (afin de
récupérer la couche d’agent d’extraction). Transférer dans une colonne pour purification puis
transférer la couche organique avec une pipette en plusieurs étapes.
2ème étape : Détermination de la concentration : Dans un dispositif d’évaporation,
concentrer l’extrait à un volume de 6ml jusqu’à ce qu’il atteigne un volume ≤ 1ml à l’aide
d’un courant d’azote, compléter à l’eau distillée jusqu’à un volume de 1.0 ml. Calculer le
volume exact de l’extrait concentré par pesée.
Transférer une aliquote de l’extrait final dans une fiole à septum pour l’analyse en CG.
Laisser égoutter le flacon d’échantillonnage vide pendant 5 mn et le fermer avec le bouchon.
Enfin, déterminer la masse à 1g près.

Toutes les méthodes de calcul des 11 paramètres pris en considération, ainsi que les détails
des protocoles expérimentaux sont citées dans la section I. Annexes des protocoles
expérimentaux.

75
CHAPITRE III
Résultats et discussions
CHAPITRE III Résultats et discussions

Introduction

Le troisième chapitre de ce mémoire est consacré à la présentation des résultats des analyses
obtenues sur des échantillons qui ont été prélevés à la sortie des séparateurs.

Pour des raisons techniques et économiques, le contrôle de qualité des eaux usées à l’entrée
de la station n’a pas pu être effectué. Dans ce travail, seules les données des eaux usées à la
sortie de la station y seront présentées.

Dans tout ce qui va suivre, et pour tous les paramètres pris en considération (température,
potentiel d’hydrogène, DBO5, DCO, MES, Indice de Phénols, Huiles et graisses, Azote
Kjeldahl et Hydrocarbures totaux) il est à savoir que les analyses ont été réalisées à raison
d’une fois par an en 2017, 2019 et 2022. En 2021, 2 prélèvements ont été effectués, la
moyenne des deux résultats obtenus après l’analyse sera utilisée pour la construction des
graphes et est citée dans tous les tableaux. Durant l’année 2020 aucune analyse n’a pu être
faite à cause de la pandémie de COVID-19. L’ensemble des bulletins d’analyses sont
présentés dans la section II. Annexes des bulletins d’analyses

Les normes auxquelles nous ferons référence, sont les valeurs limites des paramètres de rejets
des effluents liquides industriels émis dans le journal officiel de la république Algérienne en
2006 et citées dans le (Tableau I.6) dans le chapitre I.

III.1. Variation de la température

Les résultats de l’analyse de température effectués à la sortie de la station sont représentés


dans le (Tableau III.1) ci-dessous.

Tableau III.1 : Variation de la température à la sortie de la station.

Température
à la sortie Norme de
Année (°C) rejet (°C)
2017 20 30
2019 14,5 30
2021 24,5 30
2022 16,5 30

78
CHAPITRE III Résultats et discussions
Comme on peut le remarquer, les valeurs de la température varient d’un minimum de 16,5°C
en 2022 à un maximum de 24,5°C en 2021.

35

30

25

20
Température à la sortie (°C)
15
Norme de rejet (°C)
10

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.1 : Variation de la température à la sortie de la station.

Les résultats qui sont présentés dans la (Figure III.1) montrent clairement que les valeurs de
la température à la sortie du séparateur R1 sont bien en dessous de la norme, ici désignée en
pointillés (30°C). Les résultats sont donc conformes et les eaux rejetées ne présentent ainsi
aucune menace de pollution thermique sur l’environnement récepteur.

III.2. Variation du potentiel d’hydrogène (pH)

L’évolution du pH des échantillons prélevés à la sortie du séparateur R1 sont présentés dans le


tableau suivant :
Tableau III.2 : Variation du potentiel d’hydrogène pH à la sortie de la station.
Année pH Valeur
limite
tolérée
2017 7,98 8,5
2019 7,45 8,5
2021 6,845 8,5
2022 7 8,5

79
CHAPITRE III Résultats et discussions
On constate de ces résultats que le pH varie d’un minimum de 6,845 enregistré en 2021 à un
maximum de 7 en 2022, dans ces eaux usées traitées.

5
pH
4 Valeur limite tolérée
3

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.2 : Variation du potentiel d’hydrogène pH à la sortie de la station.

Les résultats qui sont présentés dans la (Figure III.2) montrent que les valeurs du pH
respectent la norme et restent inférieure à celle-ci, de ce fait les résultats des analyses sur ces
eaux usées traitées sont conformes.

III.3. Variation de la DBO5 :

La variation de la DBO5 à la sortie de la station est représentée dans le Tableau III.3 suivant :

Tableau III.3 : Variation de la DBO5 à la sortie de la station.

Année DBO5 Norme de


(mg/L) rejet
(mg/L)
2017 355 35
2019 54 35
2021 71,405 35
2022 31 35
Les valeurs de la DBO5 varient entre 31 mg/l d’O2 en 2022 et 355 mg/l d’O2 en 2017.

80
CHAPITRE III Résultats et discussions

400

350

300

250

200 DBO5 (mg/L)


Norme de rejet (mg/L)
150

100

50

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.3 : Variation de la DBO5 à la sortie de la station.

Les résultats qui sont présentés dans la Figure III.3 montrent que les valeurs de la DBO5 des
eaux traitées dépassent toutes la norme. En notant un pic considérable lors de l’année 2017 de
355 mg/L. Nous pouvons expliquer ces valeurs élevées par la présence d’une forte
concentration en hydrocarbures dans ces eaux de déballastage.

Aussi, les hangars de stockage de graines appartenant à l’EPB se situent directement derrière
le site de NAFTAL. L’air devient ainsi chargé en matières organiques biodégradables et
comme celui-ci est en contact continue avec les eaux à décanter, car les séparateurs n’ont pas
été couverts, les micro-organismes s’y déposent. On peut, néanmoins remarquer la diminution
considérable de ces valeurs, enregistrant la plus faible en 2022 soit 31 mg/L, après que la
station ait reçue des eaux beaucoup moins chargées en hydrocarbures.

Cependant ces eaux chargées en matières organiques peuvent présenter un risque


d’eutrophisation du milieu récepteur, présentant ainsi un risque de pollution des cours d’eaux
et de la côte avoisinante.

III.4. Variation de la DCO

L’évolution de la DCO à la sortie de la station est présentée dans le Tableau III.4 suivant :

81
CHAPITRE III Résultats et discussions
Tableau III.4 : Variation de la DCO à la sortie de la station.

Norme de
DCO rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 1025 120
2019 163 120
2021 297,5 120
2022 115 120
On s’aperçoit que les valeurs de la DCO varient entre un minimum de 115 mg/L en 2019 à un
maximum de 1025 mg/L en 2017.

1200

1000

800

600 DCO (mg/L)


Norme de rejet (mg/L)
400

200

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.4 : Variation de la DCO à la sortie de la station.

Les résultats qui sont représentés dans la Figure III.4 montrent que les valeurs de la DCO à la
sortie de la station dépassent la norme de rejet qui est de 120 mg/L. En notant un large pic en
2017 de 1025 mg/L. Cette non-conformité a les mêmes origines que celle de la DBO5. Toutes
les matières organiques apportées par les hydrocarbures et l’air consomment, en se dégradant,
l’oxygène dissous dans l’eau. Ce qui donne lieu à une DCO très élevée.

III.5. Variation des Matières en Suspension (MES)

L’évolution des matières en suspension au cours des 4 années est représentée dans le Tableau
III.5.

82
CHAPITRE III Résultats et discussions
Tableau III.5 : Variation de la teneur en MES à la sortie de la station.

Norme de
MES rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 168,54 35
2019 19 35
2021 113,5 35
2022 33 35
Les valeurs des MES varient entre un minimum de 19 mg/L enregistré en 2019 jusqu’à un
maximum de 168,54 mg/L enregistré en 2017.

180

160

140

120

100
MES (mg/L)
80
Norme de rejet (mg/L)
60

40

20

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.5 : Variation de la teneur en MES à la sortie de la station.

Les résultats qui sont représentés dans la (Figure III.5) sont très variables ; un pic de 168,54
mg/L a été enregistré en 2017 pour les MES. Cette valeur élevée peut être due à deux facteurs
combinés, le premier étant que les eaux résiduaires reçues étaient déjà très chargées en MES,
il aurait fallu qu’elles subissent un prétraitement plus efficace. Le second revient au fait que
les prélèvements ont été effectués le 25 octobre, en période automnale ; les premières pluies
d’automne étant toujours chargées en poussières et particules se sont déposées sur les eaux
résiduaires présentes dans le séparateur, celui-ci n’étant pas couvert. Cela a donc donné lieu à
cette hausse en MES.

83
CHAPITRE III Résultats et discussions
En 2019 la valeur de 19 mg/L a été obtenue lors des analyses, valeur respectant la norme et
étant en dessous de celle-ci, ce qui montre le bon fonctionnement du séparateur durant cette
année.

Un second pic a été enregistré en 2021, pour 2 analyses réalisées en Avril (187 mg/L) et en
décembre (40mg/L), la moyenne des 2 ayant donné 113,5 mg/L. Ceci est également dû au fait
que les séparateurs n’aient toujours pas été couverts. Etant ainsi ouverts à l’air libre, toutes les
particules que l’air transporte s’y déposent (feuilles, poussières, micro particules… etc.)

En 2022 la valeur enregistrée a nettement baissé (33 mg/L) respectant ainsi la norme et restant
en dessous de celle-ci (35mg/L). Il est à noter que les séparateurs ont été couverts avec des
dalles à la fin d’année 2021.

III.6. Variation de l’indice de phénols :

La variation des valeurs de l’indice de phénols enregistrée à la sortie de la station est


représentée dans le Tableau III.6 suivant :

Tableau III.6 : Variation de l’indice de phénols à la sortie de la station

Norme de
Phénols rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 0,08 0,3
2019 0,08 0,3
2021 0,3 0,3
2022 0,2 0,3
Nous remarquons que la norme est fixée à 0,3 mg/L et que les valeurs varient d’un minimum
de 0,08 mg/L enregistré en 2017 et en 2019 jusqu’à un maximum de 0,3 mg/L en 2021.

84
CHAPITRE III Résultats et discussions

0,35

0,3

0,25

0,2
Phénols (mg/L)
0,15 Norme de rejet (mg/L)

0,1

0,05

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.6 : Variation de l’indice de phénols à la sortie de la station.

Les résultats représentés dans la (Figure III.6) montrent que les valeurs enregistrées de
l’indice de phénols des eaux usées traitées à la sortie de la station sont toutes inférieures à la
limite autorisée. Excepté la valeur moyenne enregistrée en 2021 qui est égale à la norme
indiquée de 0.3 mg/L. Ainsi, les résultats sont conformes.

III.7. Variation des teneurs en huiles et graisses

La variation des teneurs en huiles et graisses au cours des 4 années prises en compte, est
représentée dans le Tableau III.7.

Tableau III.7 : Variation de la teneur en huiles et graisses à la sortie de la station.

Huiles et Norme de
graisses rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 10,01 20
2019 5,34 20
2021 12,75 20
2022 10 20

On relève que les valeurs varient d’un minimum de 5,34 mg/L enregistré en 2019 à un
maximum de 12,75 mg/L en 2021.

85
CHAPITRE III Résultats et discussions

25

20

15
Huiles et graisses (mg/L)

10 Norme de rejet (mg/L)

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.7 : Variation de la teneur en huiles et graisse à la sortie de la station.

Les résultats représentés dans le graphe de la (Figure III.7) montrent que les valeurs obtenues
entre 2017 et 2022, respectivement 10,01 mg/L, 5,34 mg/L, 12,75 mg/L et 10 mg/L restent
toutes inférieures à la norme fixée à 20 mg/L et représentée en pointillés rouge sur le graphe
pour les huiles et graisses. La conformité des valeurs obtenues témoigne du bon
fonctionnement du séparateur.

III.8. Variation de l’Azote Kjeldahl

Le Tableau III.8 ci-dessous, représente la variation des valeurs de l’Azote Kjeldahl


enregistrée à la sortie de la station.

Tableau III.8 : Variation de la teneur en azote kjeldahl à la sortie de la station.

Azote Norme de
Kjeldahl rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 12,65 30
2019 9,01 30
2021 9,6 30
2022 11,5 30

86
CHAPITRE III Résultats et discussions
Les valeurs notées dans ce tableau varient d’un minimum de 9,01 mg/L en 2019 à un
maximum de 12,65 mg/L en 2017.

35

30

25

20
Azote Kjeldahl (mg/L)
15 Norme de rejet (mg/L)

10

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.8 : Variation de la teneur en azote kjeldahl à la sortie de la station.

Dans le graphe de la Figure III.8 les résultats indiqués montrent que toutes les valeurs
obtenues sur l’analyse des échantillons prélevés à la sortie de la station en 2017, 2019, 2021 et
2022 restent en dessous de la norme et sont donc adéquates.

III.9. Variation des Hydrocarbures totaux

Le Tableau III.9 présente les résultats de la variation de la teneur en hydrocarbures totaux


enregistrée à la sortie du séparateur E/HC.

87
CHAPITRE III Résultats et discussions
Tableau III.9 : Variation de la teneur en hydrocarbures totaux à la sortie de la station.

Norme de
HC totaux rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 33,74 10
2019 4,96 10
2021 8,615 10
2022 5 10
Les valeurs présentées varient d’un minimum enregistré en 2019 (4,96 mg/L) à un maximum
de 33,74 mg/L en 2017.

40

35

30

25

20 HC totaux (mg/L)
Norme de rejet (mg/L)
15

10

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.9 : Variation des hydrocarbures totaux à la sortie de la station.

Les différentes teneurs en hydrocarbures totaux obtenues après les analyses effectuées sur des
échantillons à la sortie du séparateur sont représentées dans la Figure III.9.

Nous remarquons un pic en 2017 de 33,74 mg/L ne respectant pas la norme. Cette valeur
élevée peut être justifiée par la mauvaise décantation des eaux résiduaires qui étaient très
chargées en hydrocarbures. Celles-ci n’ont pas été laissées dans le séparateur suffisamment de
temps pour que la séparation se fasse convenablement.

88
CHAPITRE III Résultats et discussions
En 2019, 2021 et 2022 les résultats étaient concluants et conformes à la norme de rejet qui est
de 10 mg/L (respectivement 4,96 mg/L, 8,615 mg/L et 5 mg/L).

III.10. Variation des teneurs en Plomb

Les résultats de la variation des teneurs en plomb obtenues à la sortie de la station sont
représentés dans le Tableau III.10.

Tableau III.10 : Variation des teneurs en plomb à la sortie de la station.

Norme de
Plomb rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 1,02 0,5
2019 0,9 0,5
2021 0,3 0,5
2022 0,2 0,5

Ce tableau montre des teneurs en plomb variant d’un minimum de 0,2 mg/L en 2022 à un
maximum de 1,02 mg/L en 2017.

1,2

0,8

0,6 Plomb (mg/L)


Norme de rejet (mg/L)
0,4

0,2

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.10 : Variation des teneurs en plomb à la sortie de la station.

La Figure III.10 présente les résultats des analyses effectués sur les échantillons prélevés à la
sortie du séparateur R1. Nous remarquons que les valeurs trouvées lors des analyses de 2017

89
CHAPITRE III Résultats et discussions
et de 2019 dépassent largement la norme de rejet fixée à 0,5 mg/L pour des valeurs
respectives de 1,01 mg/L et 0,9 mg/L.

Comme nous le savons, NAFTAL a toujours commercialisé des essences plombées (super et
normale) jusqu’en septembre 2020, où de l’essence sans plomb a commencé à circuler dans
les circuits de manière à éliminer tous les dépôts dissous dans cette essence. Un nettoyage de
l’ensemble du réseau a donc été effectué. Nous pouvons expliquer ces teneurs élevées en
plomb par sa présence en grande quantité dans les essences et donc dans les eaux générées.
Ces eaux n’ont pas subi de traitement adéquat afin de diminuer au maximum les quantités de
plomb qui s’y trouvent.

Les analyses réalisées en 2021 et en 2022 sont quant à elles concluantes, et respectent la
norme en enregistrant des valeurs en dessous de celle-ci, respectivement, 0,3 mg/L et 0,2
mg/L.

III.11. Variation des teneurs en Chrome hexavalent (Cr6+)

Le Tableau III.11 présente les résultats des variations des teneurs en Chrome des eaux usées
traitées à la sortie de la station.

Tableau III.11 : Variation des teneurs en chrome à la sortie de la station.

Norme de
Chrome rejet
Année (mg/L) (mg/L)
2017 0,1 0,5
2019 0,09 0,5
2021 0,195 0,5
2022 0,08 0,5
Le tableau montre des teneurs en chrome allant d’un minimum de 0,08 mg/L en 2022 à un
maximum de 0,195 mg/L en 2021.

90
CHAPITRE III Résultats et discussions

0,6

0,5

0,4

0,3 Chrome (mg/L)


Norme de rejet (mg/L)
0,2

0,1

0
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023

Figure III.11 : Variation des teneurs en Chrome à la sortie de la station.

Les résultats des analyses d’échantillons effectuées à la sortie du séparateur et représentés


dans le graphe de la Figure III.11 indiquent des valeurs en dessous de la norme de rejet fixée
à 0,5 mg/L. Respectivement pour chaque année : 0,1 mg/L, 0,09 mg/L, 0,195 mg/L et 0,08
mg/L Ce qui témoigne de la conformité des résultats et du bon fonctionnement du séparateur.

91
CONCLUSION GENERALE
ET PERSPECTIVES
Conclusion générale et perspectives

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

En raison de la forte nocivité biologique des eaux usées, tant municipales qu'industrielles,
elles doivent être traitées dans des stations d'épuration avant d'être rejetées dans le corps
récepteur. En Algérie, malgré des progrès significatifs dans ce domaine, la majeure partie des
eaux usées générées ne sont pas soumises aux différents processus de traitement, ou sont
insuffisamment traitées avant d'être rejetées. Ce qui a conduit à l'empoisonnement de la
plupart des cours d'eau naturels, les rendant dans certains tronçons des égouts morts, hors
classe.

Ce mémoire a été réalisé dans le but d’évaluer les performances des séparateurs
Eau/Hydrocarbures de la station d’épuration des eaux usées industrielles de NAFTAL à
Bejaïa.

Le suivi des résultats d’analyses de certains paramètres physico-chimiques et biologiques des


rejets liquides tels que : la température, le potentiel d’hydrogène, l’indice de phénols, le
plomb et le chrome…montre de façon générale que les valeurs ne dépassent pas, à la sortie de
l'installation, les valeurs limites des rejets définies par le décret exécutif n° 06-141 du 19
avril2006 exposant les valeurs limites des rejets d'effluents liquides industriels. Ce qui
témoigne du bon fonctionnement des séparateurs. Tandis que les autres paramètres, citons la
DBO5, la DCO et les HC totaux, excèdent aux normes estimées.

L’enregistrement de valeurs élevées de MES, DBO5 et de DCO revient principalement au fait


que la station ne dispose pas de traitement adéquat pour l’élimination de la pollution
organique et des particules fines qui se comportent comme des suspensions colloïdales. En
effet, un traitement chimique tel que la coagulation-floculation aurait été d’une grande
efficacité. Pour éliminer les polluants organiques, il aurait été préférable d’investir dans un
réacteur biologique. Les traitements biologiques étant économiques et efficaces, permettraient
de dégrader les polluants organiques et même inorganiques en produits simples, et d’ainsi de
rejeter des eaux conformes aux normes.

D’autre part, il aurait été préférable que les analyses aux sorties des séparateurs se fassent de
manière quotidienne, cela aurait permis l’obtention d’un meilleur contrôle.

93
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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Liens :

[Link]

98
Références bibliographiques

99
ANNEXES
Annexe

I. Annexes des protocoles expérimentaux

101
Annexe n°1 : Protocole expérimental MES

Gamme de mesure : domaine d’application

La présente norme internationale décrit une méthode pour le dosage des matières en
suspension dans les eaux brutes, les eaux usées et les effluents. La limite inférieure de dosage
est d’environ 2mg/l.

Essai de contrôle

Répéter le mode opératoire précédant en utilisant 200ml de la solution de Cellulose Micro


Cristalline à 50mg/l, le rendement est compris entre 90-110%.

Préparation de la suspension de référence =500mg/l:

Dissoudre 0.500g de cellulose Micro cristalline (séché a l’étuve) dans 1 litre d’eau distillée
cette solution est stable pendant 3 mois.

Préparation de la suspension de référence de travail =50mg/l:

Agiter la suspension de référence jusqu’à homogénéisation ensuite verser 100ml de cette


suspension dans une fiole jaugée de 1 litre, compléter jusqu’ au trait. La solution doit être
fraîchement préparé c-à-d chaque jour avant utilisation.

Calcul

𝟏𝟎𝟎𝟎∗(𝒃−𝒂)
=
𝑽

Avec :

b : masse du filtre après filtration en milligramme

a : masse du filtre avant filtration milligramme

V : volume d’échantillon en millilitre

II.[Link]. Rapport d’essai

La présentation du résultat final de l’analyse doit comporter les points suivants :

 Référence à la présente norme internationale

113
 Date et lieu de l’analyse
 La marque d’identification de l’échantillon analysé
 Le fabriquant et le type de filtre utilisé
 Le résultat
 Toute divergence par rapport au mode opératoire ainsi que toute circonstance ayant pu
affecter les résultats, par exemple filtres bouchés le temps de conservation avant
d’analyse.

Annexe n°2 : Protocole de calcul de la DBO5


Calcul

La DBO5 des solutions test est calculée selon la formule suivante :

DBO5 = {(P1 – P2) – vt – vs / vt * (P3 – P4)} / vt / Véch

Où :

P1: Concentration de l’O2 dissous de la solution test a temps zéro en mg/l

P2 : Concentration de l’O2 dissous de la solution test après 5 jours en mg

P3 : Concentration de l’O2 dissous de la solution de blanc a temps zéro en mg/l

P4: Concentration de l’O2 dissous de la solution de blanc après 5 jours en mg

Véch : volume d’échantillon utilisé pour la préparation de la solution test en ml

vt : volume total en ml de cette solution test

Annexe n°3 : Protocole expérimental DCO

Domaine d’application

La méthode est applicable pour les échantillons dont la DCO est comprise entre 30 mg/l et
700 mg/l. La concentration des chlorures contenue dans les échantillons ne doit pas dépasser
1000 mg/l.

114
Si la DCO dépasse 700 mg/l, l’échantillon d’eau est dilué. Pour avoir un bon résultat, il est
préférable que la DCO de l’échantillon dilué soit comprise entre 300 mg/l et 600 mg/l.

Test à blanc

Une solution teste à blanc avec de l’eau distillée est analysée de la même manière que
l’échantillon réel.

Test de contrôle

Le contrôle de la méthode d’analyse et de la pureté des réactifs est effectué par l’analyse de la
solution de référence (6.5) à la place de l’échantillon d’eau. La DCO théorique de cette
solution est de 500 mg/l. La procédure expérimentale est satisfaisante si le teste de contrôle
est de 96% de cette valeur.

Calcul

La demande chimique en oxygène, exprimée en milligramme d’oxygène par litre est donnée
par l’équation :

DCO = 8000 C(V1-V2)/V0

Où :

c: la concentration du sulfate d’ammonium ferreux (II) en mol/l

V0 : le volume d’échantillon utilisé pour le dosage sans dilution ml

V1 : Volume consommé de sel de Mohr de l’échantillon Témoin ml

V2 : Volume consommé de sel de Mohr pour l’échantillon d’eau ml

8000 : Masse molaire de ½ O2 mg/l

Interférences

Cette méthode est sensible à plusieurs interférences, principalement les chlorures. Les agents
réducteurs inorganiques comme les nitrites, les sulfides et le fer (II) peuvent augmenter le
résultat. Pour que la méthode soit acceptable, on doit inclure la Demande en Oxygène (DO) à
partir de ses agents comme partie de la valeur globale de la DCO de l’échantillon.

L’interférence des chlorures est réduite mais pas totalement éliminée par l’addition du sulfate
de mercure HgSO4 (II). Donc l’ion chlorure devient comme un complexe chloromercurate
(II) soluble.

115
Quand la teneur des chlorures est supérieure à 1000mg/l, une autre procédure modifiée doit
être appliqué.

Les hydrocarbonés aromatiques et la pyridine ne sont pas oxydés dans une mesure
appréciable. Certaines substances organiques très volatiles peuvent échapper à l’oxydation par
évaporation. Les composants aliphatiques de la chaîne droite sont oxydés par l’acide
sulfurique contenant du sulfate d’argent.

Annexe n°4 : Protocole expérimental Azote Kjeldahl

Gamme de mesure et domaine d’application

La gamme de mesure de l’azote varie en fonction du volume ou la prise d’essai, peut être
choisi d’après le tableau ci-dessous :

Choix du volume de la prise d’essai


[C] Azote Kjeldahl mg/l [V] ml prise d’essai
- …à 10 250
- 10 à 20 100
- 20 à 50 50
- 50 à 100 25

Calcul

𝑽𝟏−𝑽𝟐
× C × 14,01 × 1000 (mg/l)
𝑽𝟎

Avec :

V0 : Volume en ml de la prise d’essai

V1 : Volume de HCl utilisée pour la titration

V2 : Volume en ml de la solution de HCl pour doser le blanc

C : Concentration en mol/l de la solution titrée HCl

116
Annexe n°5 : Protocole de calcul de l’indice de phénol

Calcul

L’indice de phénol, exprimé en milligramme, par litre est donne par la formule suivante

𝑚
×1000
𝑉

Avec :

m : la masse en milligramme de phénol équivalent aux composés phénoliques dans la prise


d’essai.

V : le volume du distillat exprime en millilitre, de la prise d’essai.

Annexe n°6 : Protocole de calcul de la teneur en huiles et graisses

Calcul)

Concentration en masse p[HetG] Huiles et graisses exprimée en milligrammes par litre, dans
l’échantillon d'eau a l'aide de l'équation :

p [HetG] = (Pe-Po) × l000/ Ve

Où :

Pe = PPe- PVe

PPe : Le poids de la capsule pleine de l’échantillon

PVe : Le poids de la capsule vide de I ‘échantillon

Po = PPo - PVo

PPo : Le poids de la capsule pleine du blanc

PVo : Le poids de la capsule vide du blanc

Ve : Le volume de I ‘échantillon.

Arrondir les résultats à deux chiffres significatifs.

117
Annexe n°7 : Protocole de calcul de la teneur en plomb

 Calcul

Etablir la fonction d’étalonnage par régression linéaire en utilisant les données


obtenues à partir des mesures des solutions d’étalonnage.

Calculer la concentration en masse p(Pb) de plomb, exprimée en milligrammes par


litre, dans l’échantillon d’eau à l’aide de l’équation :

(𝑨𝟏−𝑨𝟎)∗𝑽𝟏
P(M) = 𝑩∗𝑽𝟐

Où :

A₀ : est l’absorbance de la solution d’essai à blanc ;

A₁ : est l’absorbance de la solution de mesure ;

B : est la pente de la courbe d’étalonnage, en litres par milligramme ;

V₁ : est le volume, en millilitres, de la solution de mesure

V₂ : est le volume, en millilitres, de l’échantillon d’eau utilisé pour la préparation de la


solution de mesure.

Les paliers de dilution qui diffèrent de ceux indiqués ci-dessus doivent être pris en
compte pour le calcul.

 Arrondir les résultats à la valeur 0.01 mg/l la plus proche.

Exemples : Plomb (Pb) : 0.07 mg/l

Plomb (Pb): 0.41 mg/l

Plomb (Pb): 1.40 mg/l

Conditions opératoires d’analyse

Type de la flamme : Air / C2H2

Largeur de la pente : 0.7 nm

118
Débit de gaz : Air 17 L/min C2H2 2L/min

Pureté du gaz : 99.99

Intensité du courant de la lampe H.C.L : Max 12, OPERATE 10

Bruit de fond : AA

Annexe n°8 : Protocole de calcul de la teneur en chrome

 Calcul

- Etablir la courbe d'étalonnage à partir des mesures des solutions d'étalonnage et calculer
la pente.

- La concentration de Chrome VI, exprimée en milligrammes par litre, dans l’échantillon


d'eau est calculée a l’aide de l’équation suivante :

P [Cr VI] = f (As-Ab) b

Où :

As : est l’absorbance de l’échantillon ;

Ab : est l’absorbance de la solution à blanc ;

b : est la pente de la courbe d'étalonnage ;

f : est le facteur de dilution (pour V=50 ml, il est de 2; si d'autres parties aliquotes sont
prises, il est de 100/V).

 Arrondir les résultats à la valeur 0.01 mg/l la plus proche.

119
II. Annexes des bulletins d’analyses

120
Annexe 1 : Bulletin d’analyses 2017

121
Annexe 2 : Bulletin d’analyses 2019

122
Annexe 3 : Bulletin d’analyses Avril 2021

123
Annexe 4 : Bulletin d’analyses Décembre 2021

124
Annexe 5 : Bulletin d’analyses 2022

125
126
Résumé
Traitement des eaux usées industrielles – cas de la station de NAFTAL

La wilaya de Béjaïa représente le pôle industriel le plus important de Kabylie, mais cette forte
concentration industrielle n’est pas sans conséquences. D’énormes quantités d’effluents
liquides sont rejetées dans le milieu récepteur et sans traitements adéquats appliqués, ces
polluants détériorent l’environnement et entraînent de graves risques sanitaires.

Le rendement d’une station d’épuration, représente ainsi le facteur principal pour l’évaluation
de la qualité des eaux rejetées dans les milieux naturels. Dans le cadre de l’étude des
performances opératoires de la station d’épuration des eaux usées industrielles de NAFTAL,
basée sur le procédé physique de décantation dans des séparateurs Eau/Hydrocarbure. Nous
avons procédé à l’estimation des variations des différents paramètres physico-chimiques et
biologiques les plus significatifs (Température, pH, DBO5, DCO, MES, Azote Kjeldahl,
Hydrocarbures totaux, Huiles et graisses, Indice de phénols, Plomb et chrome). Et ce, en
s’appuyant sur les analyses effectuées sur les eaux rejetées après traitement pendant 4 années :
2017, 2019, 2021 et 2022.

Mots clés : Eaux usées industrielles, NAFTAL, hydrocarbures, norme de rejet, traitement,
paramètres physico-chimiques, séparateur.

Abstract

Treatment of industrial wastewater - case of the NAFTAL station

The wilaya of Béjaïa represents the most important industrial pole of Kabylie, but this strong
industrial concentration is not without consequences. Huge quantities of liquid effluents are
discharged into the receiving environment and without adequate treatment applied, these
pollutants deteriorate the environment and cause serious health risks.

The performance of a treatment plant is thus the main factor for assessing the quality of water
discharged into natural environments. As part of the study of the operating performance of the
NAFTAL industrial wastewater treatment plant, based on the physical process of settling in
Water/Hydrocarbon separators. We proceeded to estimate the variations of the various most
significant physico-chemical and biological parameters (Temperature, pH, BOD5, COD,
MES, Kjelahl Nitrogen, Total Hydrocarbons, Oils and Fats, Phenol Index, Lead and
Chromium). And this, based on the analyzes carried out on the water discharged after
treatment for 4 years : 2017, 2019, 2021 and 2022.

Keywords: Industrial wastewater, NAFTAL, hydrocarbons, discharge standard, treatment,


physico-chemical parameters, separator.

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