Symétries en Physique et Applications
Symétries en Physique et Applications
Jean-Bernard Zuber
ii
Figure 1 – Pierre Curie (1859-1906) qui donne à notre Université (la moitié de) son nom, est
un grand physicien. Il est en particulier à l’origine de nombreuses idées sur le rôle des symétries
en Physique, comme on verra dans ces pages . . .
Bibliographie
1
2 BIBLIOGRAPHIE
Chapitre 1
3
4 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
Figure 1.2 – Les cinq polyèdres réguliers ou “solides platoniciens” : tétraèdre, cube, octaèdre,
dodécaèdre et icosaèdre (cf http ://[Link]/wiki/Solide de Platon pour plus de détails).
Figure 1.4 – Cristaux de quartz, avec au centre, le schéma d’un cristal idéal, avec ses axes de
symétrie. À droite, cristal d’alun de chrome, Sources http ://[Link]/daniel.robert9/Digit/Digit [Link] ;
Source http ://[Link]/[Link], [R. Wagenaar, Europhysicsnews 40/1 2009 p 05]
sionnel (d’une épaisseur d’un seul atome), qui exhibe une remarquable structure hexagonale
“en nid d’abeilles” et des propriétés physiques –transport électronique en particulier– tout à
fait inattendues, Fig. 1.5.
En physique moléculaire, des molécules simples (ammoniac NH3 , pyramide à base équilatérale,
eau H2 O, quelles symétries ?), voir Fig 1.18, ou plus complexes telle le fullerène, Fig. 1.6.
En botanique et en zoologie, la Nature semble n’être jamais à court d’idées de symétries
originales, cf Fig. 1.7.
Les mammifères ont en général une symétrie de réflexion d’ordre 2, au moins globalement,
(Fig. 1.8), sur laquelle nous reviendrons plus longuement au §1.2.
En matière architecturale et artistique, les exemples abondent aussi : Fig. 1.9, Fig. 1.10,
mais aussi dans le domaine des objets manufacturés par l’homme ; ainsi les ailes des moulins à
vent et autres éoliennes, les hélices ou turbines telles celles de la Fig. 1.11 se doivent d’avoir une
Figure 1.6 – Molécule C60 de fullerène, obtenue à partir d’un icosaèdre en tronquant (traits
rouges) des calottes autour de chacun des 12 sommets et en plaçant aux 60 nouveaux nœuds
des atomes de carbone.
Figure 1.8 – Le squelette humain présente une symétrie par réflexion dans un plan, ce qui
n’est évidemment pas le cas de la main, sauf quand elle est stylisée . . .Source http ://[Link]-
[Link]/images/[Link]
Figure 1.9 – Palais de Versailles. Tour Eiffel. Dôme de l’église de Mostar, Malte. Sources
Figure 1.10 – “grecques”, mosaı̈que d’Aquilea (Italie), azulejo de l’Alcazar, Séville ; gravure
d’Escher Source http ://[Link]/[Link] ?cat=6
symétrie par rotation (discrète) autour de leur axe aussi parfaite que possible pour éviter du
“ballant” cause de vibrations et d’usure, mais par contre ne sont pas symétriques par réflexion,
faute de quoi elles ne tourneraient pas !
Figure 1.11 – éolienne, hélice de bateau ; turbine. Sources https ://[Link]/ 05667735/mes [Link],
C’est un bon exercice d’identifier toutes les symétries de chacun des exemples présentés sur
les figures précédentes. Quel est l’ordre du groupe, c’est-à-dire le nombre total de toutes ces
symétries, y compris l’identité, (ne pas oublier les réflexions !).
Les symétries qu’on vient de considérer ici sont des isométries de l’espace à deux ou trois
dimensions, c’est-à-dire des opérations préservant les longueurs et les angles (peut-être au
signe près, voir ci-dessous). Nous rencontrerons plus tard des symétries plus générales, soit des
déplacements dans des espaces de dimensions plus élevée (telles les transformations relativistes
de l’espace-temps), soit des transformations de nature différente, dilatations ou changements
d’échelle, importantes dans l’étude des phénomènes critiques ou le comportement asympto-
tique de haute énergie en physique des particules, ou d’autres plus abstraites encore, comme
8 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
M’’ P’
M’
2"
" P
!
Figure 1.12 – Le produit de deux réflexions par rapport à deux axes P et P’ du plan faisant
un angle α est une rotation d’angle 2α. La même situation est vraie à d = 3 pour le produit de
deux réflexions dans des plans P et P’ se coupant selon une droite D avec un angle α ; la figure
peut alors être considérée comme la vue dans un plan orthogonal à la droite D.
Dans ce premier chapitre, nous allons nous restreindre la plupart du temps à des transforma-
tions de translation et de rotation discrètes, c’est-à-dire telles que pour chaque transformation
1.2. RÉFLEXION-MIROIR ET INVERSION/PARITÉ 9
il n’en existe pas d’autre arbitrairement proche. Mieux encore, les rotations seront en nombre
fini. Pour un groupe fini, c’est un exercice souvent utile et toujours instructif de construire la
table de composition des opérations du groupe.
1.2.2 Réflexion-miroir
En physique, en chimie ou dans les sciences de la vie, ces opérations de réflexions-miroir
jouent un rôle important. Mais aussi dans la vie courante ! Une main (Fig. 1.8), une vis, un tire-
bouchon, une clé en général . . . sont des objets chiraux 1 , c’est-à-dire non superposables à leur
image-miroir. Comme on l’a dit, une éolienne, une turbine ne tourneraient pas si elles n’étaient
pas chirales, Fig. 1.11. En chimie, une molécule est en général chirale. Des molécules simples
comme l’eau, l’ammoniac, le benzène, sont achirales, c’est-à-dire superposables à leur image-
miroir. Des molécules plus complexes telles les protéines sont le plus souvent chirales. Dans le
monde minéral, elles apparaissent généralement sous forme de mélange racémique, c’est-à-dire
avec des populations égales de chaque chiralité.
La question se pose aussi en mathématiques, en théorie des nœuds, par exemple : le “nœud
de trèfle” ci-contre est-il ou non chiral, c’est-à-dire identique (à déformation près) à son
image miroir ? Qu’en est-il de l’“entrelacs” (nœud à trois composantes) de la mosaı̈que
de la figure 1.10 ?
variétés dans lesquelles les tétraèdres (Si entouré de 4 O) forment des hélices de chiralités
opposées. On y reviendra au paragraphe suivant.
Un phénomène important où apparaı̂t la chiralité est celui de lumière polarisée circulaire-
ment.
On rappelle que dans un faisceau de lumière monochromatique de vecteur d’onde ~k et de fréquence ω, le champ
électrique est donné par (la partie réelle de) la fonction de la position ~x et du temps t
où (~e1 , ~e2 , ~k) forment un trièdre orthonormé et les amplitudes A1 et A2 sont choisies réelles positives. À un
point ~x donné, l’extrémité de E ~ décrit en fonction du temps une ellipse en général (polarisation elliptique), un
segment de droite (polarisation droite) si A1 ou A2 s’annule, et un cercle (polarisation circulaire) si A1 = A2 et
|α1 − α2 | = π/2. Dans ce dernier cas, la polarisation est dite gauche ou droite selon que α1 − α2 = ±π/2.
L’image-miroir d’un tel faisceau de polarisation gauche est un faisceau de polarisation droite.
C’est d’ailleurs en observant le “pouvoir rotatoire” de certaines cristaux ou molécules qu’on
détermine leur caractère chiral ou non. Un faisceau lumineux polarisé linéairement voit son plan
de polarisation tourner vers la droite (quand on observe le rayon) à la traversée d’une substance
“dextrogyre”, vers la gauche pour une substance “lévogyre”, voir fig 1.13. C’est l’effet observé
d’abord par Arago (sur le quartz) et Biot (sur un corps en solution) au début du XIXème siècle,
et relié à la structure microscopique chirale de la substance selon une hypothèse de Herschel.
Dans un travail fameux, Louis Pasteur (en 1848, à l’âge de 25 ans !) 2 résout un paradoxe : on avait découvert
que l’acide tartrique HOOC-CHOH-CHOH-COOH (ou son sel, le paratartrate de sodium et d’ammonium)
existait sous deux formes de même formule chimique, l’une, sous-produit de la vinification, venant des dépôts
dans les tonneaux de vin, est dextrogyre ; l’autre forme, de synthèse, nommée acide paratartrique, n’a pas de
pouvoir rotatoire. Pasteur montre que l’acide paratartrique est racémique, c’est-à-dire qu’il vient en deux espèces
de chiralités opposées ; après cristallisation et tri manuel méticuleux des cristaux, il vérifie le pouvoir rotatoire
opposé de chacune des deux chiralités.
On constate que le saccharose (sucre extrait de la betterave) est dextrogyre, tandis que le
fructose, présent dans les fruits, est lévogyre.
P A
S
S !
Figure 1.13 – Pouvoir rotatoire d’une substance : un faisceau polarisé linéairement par un
polariseur P traverse ensuite une substance “optiquement active” S : on constate que l’analyseur
A doit être tourné d’un angle α pour retrouver l’extinction du rayon lumineux.
Dans le monde vivant, la chiralité est en effet très répandue. L’ADN, les protéines, les
acides aminés, . . . sont des molécules chirales. Par exemple, la kératine, protéine constitutive
des ongles, cheveux et autres cornes a une structure hélicoı̈dale, voir fig 1.14. Le goût et d’autres
activités biologiques dépendent de façon cruciale de la chiralité de la molécule.
L’origine de ces propriétés chirales du vivant demeure pour une large part mal comprise. Ainsi, pourquoi une
seule chiralité, et toujours la même, (droite), apparaı̂t-elle dans tous les ARN de toutes les espèces ? Pourquoi les
acides aminés des protéines sont-ils gauches ? et les sucres présents dans l’ADN des organismes vivants droits ?
2. “Aussi bien ce sont mes premières joies de chercheur. Celles qu’inspire la science n’ont pas moins de poésie
que les autres.” (L. Pasteur)
1.3. ROTATIONS ET RÉFLEXIONS DE R2 ET DE R3 11
O I
n=5 n=5
Cn Dn T
Figure 1.15 – Solides dont les groupes de symétrie de rotation décrivent tous les sous-groupes
finis de SO(3). Les groupes Cn et Dn sont illustrés ici par le cas n = 5.
B A
.O
C D
aux deux médiatrices des paires de côtés opposés, et celles par rapport aux deux diagonales.
Noter que l’inversion par rapport à son centre n’est autre que la rotation de π autour de son
centre (à deux dimensions, l’inversion respecte l’orientation). Le groupe complet du carré est
donc d’ordre 8.
Les invariances de la figure se traduisent par une permutation de ses sommets. Pour cal-
culer la composition de deux transformations et construire la table de multiplication, il peut
être plus commode de composer les deux permutations correspondantes. Ainsi par exemple,
la réflexion par rapport à la diagonale AC donne la permutation (ADBC) de la configuration
initiale (ABCD). La rotation de −π/2 donne de même (BCDA), donc en les composant, on
trouve la permutation (BADC) qui correspond à la réflexion par rapport à la médiatrice de AB.
Le produit effectué dans l’ordre inverse conduit à la réflexion par rapport à l’autre médiatrice.
On peut répéter cette discussion pour les autres polygones réguliers, cf fig 1.1. Mais plus
intéressant, on peut aussi l’étendre aux polyèdres réguliers de la fig 1.2. Leur apparition
fréquente dans la suite, surtout celle du tétraèdre et du cube, justifie qu’on étudie leur groupe
d’invariance, voir aussi exercice en TD.
Un tétraèdre régulier (voir figure 1.17(a)) est invariant par les rotations de ±2π/3 autour de
chacun des 4 axes joignant un sommet au centre de gravité de la face opposée ; et aussi par les
rotations de π (demi-tour) autour de chacun des 3 axes joignant les milieux des paires de côtés
opposés (AB et CD par exemple). Il est engendré par deux de ces rotations, une de chaque type,
comme on s’en convainc en construisant la table de multiplication. (Selon l’observation faite
plus haut pour le carré, il est utile de regarder ces transformations comme des permutations des
4 sommets.) On désigne par T ce groupe du tétraèdre, groupe des rotations le laissant invariant.
Il est donc d’ordre 2 × 4 + 3 + 1 = 12.
Pour faire bien apparaı̂tre les symétries impropres (réflexions et autres) du tétraèdre, il est
utile de le voir comme inscrit dans un cube (voir figure 1.17(b)). Le tétraèdre est invariant par
réflexion dans l’un des 6 plans bissecteurs passant par une de ses arêtes et le milieu de l’arête
1.3. ROTATIONS ET RÉFLEXIONS DE R2 ET DE R3 13
opposée. Mais il est aussi invariant sous la combinaison d’une inversion par rapport au centre
du cube suivie d’une rotation de ±π/2 autour d’un des 3 axes perçant le cube aux centres
d’une paire de faces opposées. Le groupe complet d’isométrie du tétraèdre noté Td est donc
d’ordre 24, qui est le nombre de permutations des 4 sommets : on a bien ainsi “épuisé” toutes
les symétries du tétraèdre.
Pour le cube, (ou ce qui revient au même, pour l’octaèdre), une discussion du même genre
conduit à un groupe de rotation O d’ordre 24, fait de 4 × 2 = 8 rotations de ±2π/3 autour des
4 diagonales, de 3 × 3 = 9 rotations de π/2, π, 3π/2 autour des axes joignant les centres des
paires de faces opposées, et des 6 rotations de π autour des axes joignant les milieux de paires
d’arêtes opposées, plus l’identité bien sûr.
Comme dans tout objet géométrique fini ayant un centre de symétrie (centre d’inversion),
toute isométrie du cube est soit une rotation (y compris l’identité, rotation d’angle nul), soit
le produit d’une telle rotation par l’inversion. En effet considérons une isométrie : ou bien elle
préserve l’orientation et c’est donc une rotation, ou bien elle ne la préserve pas, mais alors son
produit par l’inversion la préserve et on est ramené au cas précédent. On dit donc que le groupe
complet noté Oh du cube est le produit de O par le groupe Z2 engendré par l’inversion, et
Oh = O × Z2 est d’ordre 48.
Enfin le groupe I de rotations de l’icosaèdre est d’ordre 60 : il comporte 6 × 4 rotations
d’angle multiple de 2π/5 autour d’un des 6 axes joignant des paires de sommets opposés ; 10 × 2
rotations de ±2π/3 autour d’un axe joignant les milieux des faces triangulaires opposées ; et 15
rotations de π autour de l’un des axes joignant les milieux des paires d’arêtes opposées ; plus
l’identité. Voir Fig. 1.17. Le groupe Ih d’isométries, propres ou impropres, selon l’argument
donné pour le cube est de la forme I × Z2 , il a l’ordre 120.
"
+ !
#
A 2
B’
+ 2!
#
3
A
D’ C
! D C’
D
B
C B A’
celle de Schönflies 3 utilisée en spectroscopie ([9], § 93) : Cn pour le groupe cyclique engendré par la rotation de
2π/n autour d’un axe qu’on peut imaginer vertical ; Cnh si un miroir perpendiculaire à l’axe est aussi présent ;
Cnv , si le miroir est parallèle à l’axe ; S2n pour le groupe engendré par une “rotation-réflexion” d’ordre 2n (ce
qui signifie un produit d’une rotation d’angle 2π/2n par une inversion par rapport à un point de l’axe) 4 . Dn
groupe diédral engendré par Cn et les rotations de π autour d’un axe orthogonal, Dnh a en outre un miroir
perpendiculaire à l’axe et Dnd a, outre les générateurs de Dn , un miroir vertical faisant un angle de π/n avec
l’axe de rotation horizontal ; T et O sont les groupes de rotation du tétraèdre et de l’octaèdre ou cube ; Td et Oh
en sont les groupes complets d’invariance (rotations, inversions et réflexions), cf. §1.3.3, et Th = T × Z2 combine
les rotations de T avec une inversion ; enfin I et Ih sont les groupes d’invariance de l’icosaèdre rencontrés plus
haut.
H
C N
O
C C H H H
H H H Cl H
H H H
F
H
U
C
H H
H
La molécule d’eau n’est pas linéaire : il y a un angle de 104o environ entre les deux liaisons
O-H. Le groupe de symétrie est le produit du groupe Z2 de réflexion dans le plan de la molécule
par le groupe Z2 de réflexion dans le plan médiateur.
Exemples d’autres molécules planes : benzène, ozone, éthylène H2 C=CH2 , etc, ou non pla-
naires : éthane H3 C-CH3 , etc.
3. Arthur Moritz Schönflies (ou Schoenflies) (1853-1928), mathématicien allemand, auteur d’importants tra-
vaux en cristallographie.
4. Pourquoi se limite-t-on à des S d’ordre pair ? Examiner par exemple ce qu’est le groupe engendré par une
rotation-réflexion d’ordre 3.
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 15
a2 b
a1
Figure 1.19 – Les réseaux à d = 2 définis par ~a1 et ~a2 , ou par ~a1 et ~b = ~a1 +~a2 , sont identiques,
pourquoi ?
(Les systèmes réticulaires (on dit aussi parfois système cristallin) rassemblent les cristaux (les
groupes d’espace) dont les réseaux de Bravais ont le même groupe ponctuel. )
d
X
R: ~t = ni~ai ni ∈ Z . (1.1)
i=1
5. Auguste Bravais, 1811–1863, a classé vers 1850 les réseaux dans R3 selon leurs groupes de symétrie en 7
“systèmes”, et plus finement en 14 “classes”, comme on va l’expliquer.
6. Les mathématiciens parlent de “domaine fondamental”.
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 17
1 2 3 4 6
base ~a1 et ~a2 . Il est clair que tout réseau de Bravais à d = 2 est invariant par les rotations de π
autour de l’origine : les périodes ~a1 et ~a2 sont transformées en leurs opposées, qui appartiennent
toujours au réseau. C’est la seule symétrie du réseau “générique”, dont la maille ∆ est un
parallélogramme arbitraire (voir fig. 1.21(a)). D’autre part une rotation d’ordre 4, donc d’angle
π/2, n’est possible que si ~a1 et ~a2 sont orthogonaux et de même longueur. Dans ce cas, ∆ est
un carré, le réseau est le réseau carré, invariant aussi sous les deux réflexions par rapport aux
directions de ~a1 et ~a2 , et aussi par rapport à celles de ~a1 ± ~a2 (cf étude du “groupe du carré”
au § 1.3.3 et fig 1.21(b)). De même une rotation d’ordre 3 ou 6 (angles de 2π/3 ou π/3) n’est
possible que si ~a1 et ~a2 font un angle de ±π/3 ou ±2π/3. Dans les deux cas, le réseau qui en
résulte est le réseau triangulaire (dit aussi “hexagonal”) (fig 1.21(c)), invariant aussi par les
réflexions par rapport aux trois directions portées par ~a1 , ~a2 et ~a02 . Examinons enfin le cas de
réseaux qui n’ont pas d’invariance par rotation (autre que la rotation de π) mais seulement par
réflexion. On vérifie que les deux seules possibilités sont celles d’un réseau rectangulaire, ~a1 ⊥ ~a2
mais |~a1 | 6= |~a2 | (fig 1.21(d)) et d’un réseau engendré par ~a1 et ~a2 , tels que ~a1 .~a2 = 21 ~a21 (fig
1.21(e)). Ce dernier cas peut être vu comme un réseau de domaine fondamental losange porté
par les vecteurs ~a2 et ~a2 −~a1 , mais on préfère souvent le décrire comme un “réseau rectangulaire
centré” de périodes ~a1 et ~b = 2~a2 − ~a1 ; noter que dans cette dernière description, ce “réseau”
rectangulaire centré n’est pas un réseau de Bravais, (pourquoi ?), mais l’avantage est que les
symétries apparaissent plus clairement.
Ceci achève l’énumération des 5 types de réseaux de Bravais à 2 dimensions.
Remarques et exercices.
1. Noter que les deux derniers cas (fig 1.21(d) et (e)) reproduisent les réseaux carré (b) et hexagonal (c) comme
cas particuliers (pour quelles valeurs des modules et des angles des deux périodes ?)
2. Noter que les groupes de symétrie de ces 5 types de réseaux ne constituent que 4 des 10 groupes trouvés plus
haut. Lesquels et pourquoi ?
Groupes d’espace à d = 2
Pour terminer la discussion des réseaux cristallins à d = 2, il nous faut encore examiner de
combien de façons indépendantes les réseaux de Bravais que nous venons de classifier peuvent
être décorés par des motifs atomiques et quelle est la symétrie finale du cristal. Les symétries du
réseau ainsi décoré peuvent être différentes de celles du réseau “nu”, elles peuvent impliquer non
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 19
a
2
a’ a
2 2
a1 a1
a
2 (b) (c)
a1
b
a a
2 2
a’
(a) 2
a1
a1
(d) (e)
Figure 1.21 – Les 5 classes de réseaux de Bravais à 2 dimensions. Successivement, (a) réseau
monoclinique : ~a1 et ~a2 arbitraires, maille ∆ = parallélogramme générique ; (b) réseau carré (ou
tétragonal) : |~a1 | = |~a2 | et ~a1 ⊥ ~a2 , ∆ = carré ; (c) réseau hexagonal : |~a1 | = |~a2 |, ∆ = losange
d’angles π/3, 2π/3 ; (d) réseau orthorhombique (ou rectangulaire) : ~a1 ⊥ ~a2 , ∆ = rectangle ;
(e) réseau rectangulaire centré ~a1 .~a2 = 21 ~a21 ∆ = losange générique.
seulement des translations, rotations et réflexions mais aussi des glissements, obtenus par com-
position d’une translation par une demi-période et d’une réflexion par rapport à l’axe de trans-
lation. Les 17 groupes d’espace qu’on obtient au final se reflètent dans les 17 types de pavages
périodiques que les artistes (de l’Égypte antique au monde arabe) ont découvert bien longtemps
avant les cristallographes (Fedorov, 1891) 7 . Voir http ://[Link]/wiki/Wallpaper group
pour une très jolie collection de pavages, appelés dans ce contexte “papiers peints” par les anglo-
saxons. La figure 1.22 montre ces 17 types de réseaux à deux dimensions.
La notation est conventionnelle et due à Hermann et Mauguin 8 . Elle comporte une lettre p ou c suivie de
3 symboles, dont chacun est un chiffre 1,2,4,6 ou la lettre m ou g. La première lettre p ou c indique si la maille
est primitive ou centrée. L’entier n qui suit indique le plus grand ordre de symétrie de rotation présente : 1 si
aucune symétrie de rotation, n si une rotation de 2π/n est une symétrie. Le symbole suivant est un m, un g
ou un 1 selon qu’un axe de translation du réseau est aussi un axe de réflexion-miroir (m), un axe de glissement
(g) ou seulement un axe de translation. On utilise généralement une notation abrégée (deuxième colonne de la
Table 1 et figure 1.22.
Chacun de ces types de réseau cristallin est caractérisé par un groupe, voir Table 1. En
répondant aux questions successives
– le cristal est-il chiral, c’est-à-dire non superposable (même après un éventuel déplacement) à
son image miroir ?
– quel est l’ordre n de la plus grande symétrie de rotation ?
– comment sont réalisées les symétries impropres, réflexion ou glissement ?
– le réseau est-il “primitif” (c’est-à-dire de Bravais) ou centré ?
on peut déterminer de façon non ambiguë le type cristallin, c’est-à-dire le groupe d’espace de
ce cristal.
7. Evgraf Stepanovich Fedorov (1853–1919), cristallographe russe, auteur avec A. Schönflies de la classifica-
tion des groupes d’espace.
8. Carl Hermann (1898-1961), cristallographe allemand, et Charles Victor Mauguin (1878-1958), cristallo-
graphe français, sont les pères du système international de notation des systèmes cristallins.
20 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
p1 p2
pm pg cm
p4 p4m p4g
p3 p3m1 p31m
p6 p6m
Figure 1.22 – Les 17 types de réseaux cristallins à d = 2 dimensions. On a dessiné une maille
élémentaire ainsi que, sur quelques mailles adjacentes, le motif arbitraire représenté par un
cercle ouvert ou son image miroir représentée par un cercle quadrillé. Les axes de réflexion ou
de glissement ont été indiqués en trait mixte. Noter les deux réseaux p3m1 et p31m qui ont le
même réseau de Bravais comme base, mais deux types de symétrie distinctes qu’on identifiera.
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 21
Exercice : auquel de ces 17 types de réseaux appartient chacun des deux pavages de la figure
1.10 ? Voir aussi TD.
Il est instructif de regarder aussi la situation à une dimension de ce point de vue. À une dimension, il
n’existe qu’un seul réseau de Bravais, mais il y a 7 façons de le décorer avec des motifs, pour constituer ce qu’on
appelle une frise. Les 7 groupes d’espace sont illustrés par les 7 types de frise, cf TD.
9. Bien noter que les groupes ponctuels qui apparaissent ici sont des groupes ponctuels cristallographiques,
compatibles avec l’existence d’un réseau, au contraire de ceux évoqués au § 1.3.4. Par exemple, le groupe de
l’icosaèdre qui apparaissait dans la liste du § 1.3.4 est interdit comme groupe critallographique par la discussion
du § 1.5.1.
10. [6], voir aussi le site http ://[Link]/ des Tables Internationales de Cristallographie
22 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
Les groupes ponctuels sont répertoriés soit dans la notation de Schönflies, (cf. §1.3.4), soit dans la notation
cristallographique de Hermann-Mauguin, comparable à celle utilisée plus haut à d = 2, avec une chaı̂ne de
symboles, qui code précisément toutes les opérations du groupe : le premier chiffre n désigne un axe de rotation
n
d’ordre n, avec n = 1, 2, 3, 4, 6 ; n̄ un axe de rotation-inversion d’ordre n ; m dénote un plan de réflexion-miroir
orthogonal à un axe d’ordre n ; n2, un axe d’ordre 2 orthogonal à celui d’ordre n ; nm, un plan de réflexion-
n
miroir parallèle à l’axe d’ordre n ; n̄2 et n̄m, idem pour un axe de rotation-inversion ; m m, un axe ∆ d’ordre n
avec un plan de réflexion-miroir orthogonal à ∆ et n plans de réflexion-miroir parallèles à ∆. Ainsi le groupe
de rotation du cube est dénoté soit O soit 432, le groupe complet (rotations et réflexions) du cube est Oh ou
4 2
m 3̄ m (exercice : le vérifier). La liste des 32 groupes ponctuels est donnée dans la table 2.
Des exemples que l’on rencontre souvent en physique sont ceux des trois réseaux cubiques,
usuellement désignés en français par les acronymes C, CC et CFC (cubique simple, cubique
centré, cubique à faces centrées) et en anglais par C, BCC (body centered) et FCC, et aussi
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 23
Tetragonal C Tetragonal I
a
! b
#
"
Trigonal Hexagonal P
CC CFC
Figure 1.24 – Réseaux cubique centré et cubique à faces centrées. On a dessiné un choix de
maille primitive en lignes (tirets) rouges. La symétrie cubique n’est pas évidente sur cette maille
primitive !
Les groupes d’espace peuvent aussi impliquer non seulement des glissements comme à d = 2
(avec maintenant un plan de glissement) mais aussi des “vissages”, mouvements hélicoı̈daux,
composés d’une rotation d’axe ~u et d’une translation parallèle à ~u. . .
Les 230 types de groupes cristallins ont tous été observés expérimentalement à quelques
exceptions près [13].
Quelques exemples de corps cristallisant dans les systèmes C, CFC, CC, hexagonal
etc.
Expérimentalement on constate que le cuivre cristallise dans un réseau CFC, de même que
Al, Ni, Cu, Ag, Au et le fer Fe γ. Le fer Fe α ainsi que Ba, Cr, V, Mo, W ont des cristaux CC.
Les corps Mg, Ca, Sr, Ti, Co adoptent une structure hexagonale compacte, voir Fig. 1.25.
Il est instructif de considérer et de comparer les cristaux de diamant et de blende de zinc
(sulfure de zinc ZnS). L’un et l’autre sont basés sur un réseau cubique à faces centrées, dans
lequel en plus des atomes (de C ou de Zn, respectivement) aux 8 coins du cube et aux centres
des 6 faces, quatre atomes supplémentaires (de C ou de S, resp.) occupent les milieux de 4
des segments joignant le centre du cube aux coins et forment avec les atomes voisins des coins
ou des faces un petit tétraèdre, voir Fig. 1.26. Chaque atome de C a quatre voisins C, chaque
atome de Zn de la blende a 4 voisins S et vice-versa (Exercice : le vérifier sur la figure). Mais
ces atomes voisins étant identiques dans le diamant et différents (Zn et S) dans la blende,
la symétrie ponctuelle d’“inversion” par rapport au milieu des segments joignant les atomes
voisins est une symétrie du cristal de diamant, mais pas de la blende, puisqu’elle échange les
Zn et les S, voir Fig. 1.26. Les groupes d’espace du diamant et de la blende (ou “sphalérite”)
sont donc distincts (et répondent aux doux noms de F d3̄m et F 4̄3m, respectivement).
Figure 1.25 – Le réseau hexagonal compact. Les atomes de la couche intermédiaire sont à la
verticale des centres de gravité de la moitié des triangles des couches voisines.
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 25
a=0,357 nm
Figure 1.26 – Les réseaux cristallins du diamant et de la blende ZnS. En tirets noirs, le réseau
cubique sous-jacent, en traits continus (bleus) les segments entre atomes voisins formant un
tétraèdre. En pointillé les diagonales du cube, se croisant au centre 0. Vérifer que chaque cube
contient autant d’atomes de Zn que de S.
Autre forme cristallisée de carbone pur, le graphite est très différent du diamant, Fig. 1.27.
Il est composé de feuillets hexagonaux non compacts, ayant la structure du graphène, (Fig. 1.5),
avec une distance de plan à plan de l’ordre de 0,335 nm. Dans chaque feuillet, les atomes de
carbone sont fortement liés par des liaisons covalentes de type sp2, tandis que les liaisons entre
les feuillets sont faibles, de type π, ce qui explique les propriétés très anisotropes, mécaniques
(clivage et faible dureté, cf la mine des crayons !) ou de transport (conductibilité électrique),
très différentes dans les feuillets et entre feuillets.
a=0,141 nm
b=0,335 nm
Le chlorure de sodium cristallise dans une structure cubique, voir Fig. 1.28. Les cations Na+
forment un sous réseau cubique à faces centrées dans lequel les cations Cl− viennent s’intercaler,
formant un deuxième réseau cubique à faces centrées, décalé par rapport au premier de la moitié
du côté de sa maille. Chaque ion Cl est entouré de 6 ions Na formant un octaèdre régulier autour
de lui et vice-versa, et on dit que les Cl− occupent les “sites octaédriques” de la maille des Na,
voir figure. Dans cette description, les ions Na+ et Cl − sont interchangeables.
La wurtzite, une autre forme cristalline du sulfure de zinc, forme deux empilements hexa-
gonaux compacts enchevêtrés, voir Fig. 1.29.
Le quartz α cristallise dans le système cristallin trigonal, avec un axe d’ordre 3. Comme
26 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
mentionné plus haut, il vient en deux espèces, gauche et droite, selon la façon dont les tetraèdres
SiO4 qui le composent s’enroulent autour de cet axe en hélices gauches ou droites, cf Fig. 1.30.
C’est là l’origine des propriétés chirales observées, pouvoir rotatoire, etc.
+
Na
Cl !
Figure 1.28 – Le cristal de NaCl. Chaque ion de Cl a pour plus proches voisins 6 ions Na qui
forment un octaèdre centré sur lui, (ici en tirets), et vice versa.
Figure 1.29 – Deux représentations du cristal de wurtzite, formé de deux réseaux hexagonaux
de Zn et de S qui s’enchevêtrent. Chaque Zn est au centre d’un tétraèdre de S, et vice versa.
Source Wikipedia
Combien y-a-t-il d’atomes de carbone par maille cubique du diamant ? Il convient de compter
chaque atome en lui affectant un “poids” qui tient compte du nombre de mailles cubiques
auxquelles il appartient. Ainsi chacun des 8 atomes des 8 coins est commun aux huit mailles
qui touchent ce coin et a un poids 18 . Chacun des 6 atomes placés aux centres des faces des
cubes est partagé par deux faces et a donc a poids 12 . Enfin les 4 atomes placés à l’intérieur
viennent avec le poids 1. Au total, chaque maille cubique du diamant (ou de la blende ZnS, ou
du carbure de Si) possède 8 × 18 + 6 × 21 + 4 = 8 atomes, tandis qu’une maille cubique à faces
centrées ordinaire en a 4.
De la même façon, on calcule qu’une maille cubique centrée avec un atome par nœud du
réseau compte 8 × 18 + 1 = 2 atomes par maille.
1.5. SYMÉTRIES D’UN CRISTAL 27
Si on assimile chaque atome (ou ion) d’un cristal à une petite sphère dont le rayon est connu,
on peut calculer la compacité τ (ou taux de remplissage) définie comme le rapport du volume
occupé par ces sphères au volume total. Ainsi pour le chlorure de césium, à maille cubique
centrée de côté a = 411 pm les rayons de l’ion Cs+ , r+ = 174pm , celui de Cl− , r− = 181 pm,
montrer que la compacité est τ = 4π 3
3
(r+ 3
+ r− )/a3 = 0, 676.
Calculer ainsi la compacité du chlorure de sodium NaCl : τ = 0.644 à partir de la distance
interatomique dNa+ −Cl− = 2.82 Å, rNa+ = 0.99 Å, rCl− = 1.81 Å.
Imaginons que les atomes soient des petites sphères jointives. On parle alors d’empilement
compact de sphères. Dans l’empilement compact CFC, avec une maille de côté a, il y a 4
sphères, deux sphères voisines ont par exemple les coordonnées (0, 0, 0) et ( 12 a, 12 a, 0), leur
√ √
distance est a/ 2, le rayon de chacune est r = a/2 2 et son volume v = 43 πr3 , donc la
π
compacité τ = 4v/a3 = 3√ 2
= 0.74.
Calculer de même la compacité d’un empilement hexagonal compact (fig. 1.25), ou celui
d’un empilement CC (cubique centré).
Un problème important pour le mathématicien ou le physicien comme dans la vie pratique est celui des
empilements les plus compacts possibles. Comment disposer dans l’espace R3 des sphères de même rayon pour
obtenir la plus grande densité ? Comme tous les marchands de fruits le savent, la réponse est donnée par des
dispositions en couches successives suivant un réseau triangulaire, chaque nouvelle couche venant se loger dans
les creux de la précédente. Montrer que pour la 3ème couche, il y a deux choix possibles inéquivalents, dont l’un
π
correspond à un réseau CFC. Et l’autre ? L’un et l’autre remplissent une fraction 3√ 2
' 0.74048 de l’espace. Ce
résultat conjecturé par Kepler il y a 4 siècles (1611) n’a été démontré rigoureusement qu’il y a quelques années
(T. Hales 1998) ! S’il est assez aisé à démontrer en supposant l’empilement régulier, donc obéissant à l’une des
symétries cristallographiques, il est infiniment plus complexe si on ne suppose a priori aucune symétrie.
Quand on connaı̂t les masses des atomes constituants, ce même genre de considérations
permet de calculer la masse volumique (ou “densité”) d’un solide cristallisé. Voir l’exemple du
diamant et du graphite dans les Exercices.
28 CHAPITRE 1. SYMÉTRIES GÉOMÉTRIQUES. DES MOLÉCULES AUX CRISTAUX
1.6 Exercices
1. Pavages et cristaux 2d
Pour chacune des gravures d’Escher de la Fig. 1.34, dans lesquelles on ne tiendra pas compte
des couleurs, identifier les symétries et le “groupe d’espace” (ici à d = 2) selon l’algorithme
expliqué à la Table 1.
1.6. EXERCICES 29
(a) (b)
Figure 1.32 – (a) : une image de diffraction de rayons X avec une symétrie d’ordre 10 ; (b) un
pavage de Penrose : noter la symétrie locale d’ordre 5 mais l’absence de symétrie de translation
(Source Wikipedia).
Ti 4+
O 2!
Ca2+
2. Systèmes cristallins à 3d
Examiner les 14 réseaux de la figure 1.23 et déterminer leur groupe ponctuel de symétrie.
Montrer que seuls 7 des 32 groupes ponctuels possibles apparaissent. Comparer avec les données
de la Table 2 et commenter.
3. Pérovskite
Les pérovskites (du nom du minéralogiste russe L.A. Perowski (1792-1856)) désignent à l’origine
une classe de cristaux de titanates, de calcium, de baryum, de strontium, etc. Voir figure 1.35,
où un ion Ti4+ est au centre de la maille cubique, des Ca2+ aux coins et O2− aux centres
des faces. Vérifier la neutralité du cristal. Donner la formule chimique de ce corps. Montrer
qu’on peut aussi représenter ce cristal comme une juxtaposition d’octaèdres se joignant par les
O aux sommets, avec un Ti au centre de chaque octaèdre et un Ca ou un Ba au milieu des
“cuboctaèdres” intercalaires. L’appellation pérovskite a été étendue à des silicates X Si O3 , etc,
qui cristallisent dans la même structure.
4. Densité du diamant et du graphite
En s’appuyant sur les dessins des mailles du diamant et du graphite, Fig. 1.26 et 1.27, et sur
les dimensions interatomiques qui y figurent,
– calculer le nombre d’atomes par maille ;
– calculer le volume de la maille ;
– en prenant mC = 12g/N pour masse de l’atome de C , N le nombre d’Avogadro,
calculer la masse volumique (“densité”) du diamant et celle du graphite. Les valeurs
expérimentales sont respectivement de 3.5 à 3.53 g/cm3 et de 2.09 à 2.23 g/cm3 selon les
variétés. Conclure.