0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues39 pages

L'Église comme Sacrement Universel

Transféré par

andriamananayannicee
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
15 vues39 pages

L'Église comme Sacrement Universel

Transféré par

andriamananayannicee
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’ÉGLISE, SACREMENT UNIVERSEL DU

SALUT.
N.B. REALITE DANS LES TEXTES DU CONCILE VATICAN II.

1°) L’EXPRESSION MEME . ( A dix reprises dans les


textes conciliaires.)
LUMEN GENTIUM. 1. Le mystère de l’Eglise. Introduction. « L’Eglise
est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à
la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de
l’unité de tout le genre humain, »

LUMEN GENTIUM. 9,3. Le Peuple de Dieu. La nouvelle alliance et le


peuple nouveau.
« L’Eglise du Christ (cf. Mat. 16, 18) : c’est le Christ, en
effet, qui l’a acheté de son sang (cf. Act. 20, 28), empli de son
Esprit et pourvu des moyens adaptés pour son unité visible et
sociale. L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus
auteur du salut, principe d’unité et de paix, Dieu les a appelés,
il en a fait l’Eglise, pour qu’elle soit, aux yeux de tous et de
chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire. »

LUMEN GENTIUM. 48,2. Le caractère eschatologique de l’Eglise en


marche et son union avec l’Eglise du ciel. Le Christ élevé de
terre a tiré à lui tous les hommes (cf. Jean 12, 32 grec) ;
ressuscité des morts ([Link]. 6, 9), il a envoyé sur ses apôtres
son Esprit de vie et par lui a constitué son Corps, qui
est l’Eglise, comme le sacrement universel du salut. »

GAUDIUM ET SPES. 42,3. L’aide que l’Eglise cherche à apporter à la


société humaine. (Cite LG.1) « Promouvoir l’unité s’harmonise avec
la mission profonde de l’Eglise, puisqu’elle est « dans le
Christ, comme le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le
moyen du l’union intime avec Dieu, et de l’unité de tout le genre
humain »
GAUDIUM ET SPES. 43,6. Aide que l’Eglise par les chrétiens cherche
à apporter à l’activité humaine.

GAUDIUM ET SPES. 45,1. Le Christ, Alpha et oméga.

LITURGIE 5,2 . L’oeuvre du salut accomplie par le Christ.

LITURGIE. 26,1. La liturgie en tant qu’action hiérarchique et


communautaire.

AD GENTES. 1,1. Activité missionnaire de l’Eglise. (Cite LG1.)

AD GENTES. 5,1. L’Eglise envoyée par le Christ.

2°) EN D’AUTRES TERMES . (Cinq passages


importants.)
LUMEN GENTIUM.8,1. L’EGLISE A LA FOIS VISIBLE ET SPIRITUELLE.
« Le Christ unique médiateur, crée et continuellement soutient sur
la terre, comme un tout visible, son église sainte, communauté de
foi, d’espérance et de charité, par laquelle il répand, à
l’intention de tous, la vérité et la grâce(9). Cette société
organisée hiérarchiquement d’une part et le Corps mystique d’autre
part, l’assemblée discernable aux yeux et la communauté
spirituelle, l’Eglise terrestre et l’Eglise enrichie des biens
célestes ne doivent pas être considérées comme deux choses, elles
constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d’un
double élément humain et divin. »

LUMEN GENTIUM 17. LE CARACTERE MISSIONNAIRE DE L’EGLISE .

GAUDIUM ET SPES.40,2. RAPPORTS MUTUELS DE L’EGLISE ET DU MONDE.

AD GENTES. 2,2. LE DESSEIN DU PERE.

AD GENTES.3. LA MISSION DU FILS ;


I- LA CATEGORIE DU SACRAMENTEL.
1) NOTION DE SYMBOLE ET DE SIGNE.
1- DIFFERENTES APPROCHES.

1) L’anthropologie philosophique.
Elle étudie le pourquoi des symboles.
L’homme est un esprit-en-corps. Il ne peut s’exprimer ni
communiquer avec un autre que par symbole. Il ne peut, non
plus, saisir ni parler des réalités spirituelles sinon par
symboles. Cf. K. Rahner. « Pour une théologie du symbole » Dans
« Ecrits spirituels » Tome IX. DDB. 1968. p.9-47.
2) L’histoire des religions.
Elle recherche une « interprétation totalisante » des symboles
religieux à travers la diversité de leurs manifestations,
dans les différentes cultures et religions.
Elle montre l’analogie fondamentale des situations de l’homme
en face du sacré ainsi que la diversité des symboles
l’exprimant. Cf. M. Eliade. Traité de l’histoire des religions.
Paris. Payot. 1949.
3) La psychologie et surtout la psychologie des profondeurs.
Elle s’intéresse à la formation des symboles et à leurs
fonctions dans la vie spychique des individus comme
des groupes. Elle explique comment les symboles sont liés aux
besoins fondamentaux de l’homme. et comment leur
perception peut être conditionnée. 4) La sociologie.
Elle analyse les symboles comme institutions sociales. Elle
clarifie leur rôle dans la vie sociale.
5) La sémiologie.
(semeion = signe)
La sémiologie étudie les symboles comme moyens de
communication.
Elle cherche à expliquer ce qu’est un symbole, comment il est
structuré, comment il symbolise, c’est-à-dire comment il
transmet un message. Cf. Ferdinand de Saussure, le père de la
linguistique moderne. « La langue est un systèrme de signes
exprimant des idées, et par là, comparable à l’écriture, à
l’alphabet des soursmuets, aux rites symboloques, aux formes de
politesse, aux signaux militaires, etc…On peut donc concevoir
une science qui étudie la vie des signes au sein de la vie
sociale….Nous la nommerons « sémiologie ». Elle
nous apprendrait en quoi consistent les signes, quelles lois
les régissent. ».

2- DIFFÉRENTES NOTIONS.
SYMBOLE. (Cf. [Link] p1)
Le symbole est un signe, mais un signe bien particulier.
Il est un signe concret qui existe d’abord en lui-même, avant
d’être signifiant d’autre chose.(Ex. Le lion, le berger.)
Sa capacité de signification s’enracine dans son être. Il n’est
donc pas un pur signe qui n’existe que par sa signification.
Un symbole ne peut être « traduit » en langage plus clair (ce qui
ne veut pas dire qu’une certaine explication ne soit
pas nécessaire pour préparer à la compréhension du symbole): Le
symbole ouvre et découvre une manière d’exister inaccessible à
tout discours direct, logique. Il faut le laisser parler et
retentir, puis penser à partir de lui.
Fonction du symbole. ([Link] univ.)
1°) il montre ; Il exprime.
2°) Il réunit ; Cf. Etymologie .
3°) Il enjoint et prescrit. Engage.
Le symbole ne s’adresse pas à la raison, mais à tout l’homme et à
toutes ses facultés.
Il a aussi un aspect affectif et met en présence du mystère et y
fait communier.
C’est un autre type d’approche du réel, que le raisonnement
logique.
Il ne signifie pas une seule chose (comme la fumée, signe du feu),
mais il est ouvert à une multitude de significations qui seront
saisies différemment (imagination, culture, etc.). D’où
l’ambiguïté et l’ambivalence du symbole.
La connaissance par le symbole est une connaissance intuitive,
vitale, un contact.

« Les formes naturelles sont comme les images des êtres


immatériels ». (St. Thom. De Ver.Q.9, art.4;) Toute la création
apparaît comme l’épiphanie, la manifestation, le symbole de Dieu.
Raison profonde: Sans être des émanations de Dieu, ses dérivés ou
ses dégradations, toutes les choses créées tiennent leur être de
Dieu. Tout être vient de lui et demeure en relation avec lui.

Les créatures manifestent à divers degrés l’Etre de Dieu, dans le


mesure où Dieu leur communique une participation plus ou moins
grande à l’être. (Le symbole réunit.)
Aussi y a-t-il entre les êtres créés des relations, des appels et
des connivences qui se fondent finalement sur la relation
fondamentale entre Dieu et sa création. Il y a une mystérieuse
correspondance entre l’homme et tous les êtres de la nature.
(Sera réalisé au maximum dans l’incarnation du Fils. Cf. K.
Rahner. Ecrits théol. Tome I. p.161.) Dans l’ordre du langage, le
symbole est à mettre en référence avec le processus logique de
l’analogie. L’analogie désigne le transfert d’un mot, avec
certaines réalités qu’il évoque, d’un être inférieur à un être
supérieur. Le sens du mot est alors enrichi par ce transfert. (Où
il existe toujours une certaine dissemblance et une
certaine ressemblance.)
Le langage symbolique est une forme privilégiée d’expression de la
foi: il évoque le mystère divin. Mais la connaissance de Dieu ne
peut être purement symbolique. Il y manquerait l’affirmation
réelle et intelligible. on verserait dans le mythe.
Ex. « Lion » désigne un animal. Il peut signifier par transgert
analogique, un homme fort et courageux.
Le symbole s’actualise par
– Le mythe.
– Le rite.

LE MYTHE.
Le mythe est une espèce de symbole développé en forme de récit,
situé dans un temps et un espace non coordonnables avec ceux de
l’histoire et de la géographie. Cf. La mythologie hindoue.
Tradition souvent orale. (Diférent de la mythologie grecque
Récits des sociétés traditionnelles.
Le mythe est une façon de percevoir le monde et d’exprimer cette
perception.
Ce fut la première manière dont l’homme appréhenda le monde. Il a
été comme une saisie du réel et une expression de cette saisie,
depuis les origines jusqu’à l’an 3000 av. J.C. De nos jours encore
très développée dans les peuplades dites « primitives ». Mais il y
a aussi une permanence du mythe dans nos civilisations techniques,
rationnelles et logiques.
C’est une prise de conscience par l’homme de ce qu’il est et de sa
différenciation par rapport aux choses qui l’entourent. L’homme
cherche à se situer dans le monde et à donner un sens à son
existence. Il perçoit aussi son unité avec la divinité. ( Les
mythes sont panthéistes.)
Les mythes parlent normalement de l’origine et de la fin des
temps. Ils ne sont pas des événements historiques dans le sens
courant et actuel du mot histoire. Ils ne sont pas dans le temps.
Cf. Paul Ricoeur : « Il n’y a mythe que si l’événement fondateur
n’a pas de place dans l’histoire, mais dans un temps
avant l’histoire. C’est seulement cela qui est proprement
mythique, temps avant l’histoire, temps promordial, « en ce temps
là ».
Par conséquent, c’est essentiellement le rapport de notre temps à
ce temps-là qui constitue le mythe, quelle que soit la chose
instituée. » (Les incidences. P.43.)

Cf. Lévi Strauss : « Un mythe se rapporte toujours à des


événements passés. Maisw la chaleur intrinsèque attribuée au mythe
provient de ce que ces événements, censés se dérouler à un moment
du temps, forment aussi une structure permanente. Celle-ci se
rapport simultanément au passé, au présent et au futur. »
(L’anthopologie structurale. P.233.)
Dans le domaine religieux, le mythe conserve particulièrement sa
valeur.
Les mythes comportent l’expérience d’une certaine manifestation de
Dieu à travers le cosmos. Le mythe perçoit le monde comme une
hiérophanie, [Link] symbole, une manifestation du sacré de la
divinité. Tendance de l’homme à sacraliser, à « consacrer » sa vie
entière. Puisqu’ils sont au début du temps, les mythes ont une
relation, d’une manière ou d’une autre, avec tout ce qui suit dans
le temps historique. Le rituel célèbre précisément cette
nonnexion. Il y a un premier « sacramentalisme » où les objets
matériels sont déja des signes efficaces. C’est une autre saisie
du réel que celle des sciences dites exactes.
L’Ecriture utilise le langage et les catégories de pensée du
milieu sémitique et hellénistique où elle est née. (Cf.
Genres littéraires.) Dans l’Écriture, Dieu parle le langage des
hommes, y compris le langage mythique.

Mais le contenu de la révélation biblique n’est pas une mythologie


(même si le langage biblique est parfois mythique), un système
panthéistique inventé par l’homme. Pour la mentalité mythique,
l’histoire comme suite d’événements où s’inscrit la liberté de
l’homme n’existe pas. Ce qui existe , pour la mentalité mythique,
c’est un temps cyclique, où l’homme répète des gestes posés à
l’origine par la divinité. Une des caractéristique du mythe, c’est
d’annuler la liberté de l’homme et le sens progressif de
l’histoire. Le mythe rend inutile l’explication d’une intervention
de Dieu utilisant des réalités humaines pour se révéler aux hommes
et leur communiquer ses dons.

(Les mythes deviennent des rites quand ils sont posés comme des
manières de ressourcer les gestes de l’ homme dans leur modèle
divin.) Vers un accomplissement.
Pour la révélation judéo-chrétienne, l’histoire comporte aussi une
action divine à l’origine du monde (la création), mais l’histoire
de la création tend vers l’événement Jésus-Christ, en particulier
sa mort et sa résurrection, qui se déploient jusqu’à la fin des
temps. Pas un cycle en perpétuel recommencement, mais un dynamisme
qui tend à un but qui est la filiation adoptive. Le symbole de
l’histoire n’est pas le cercle (mythe de l’éternel retour), mais
la ligne ascendante, qui est progrès humain réalisé par Dieu, mais
avec la participation libre de l’homme, grâce à l’incarnation
rédemptrice du Fils de Dieu.
Le mythe se distingue donc du simple récit ou de la légende en ce
qu’il est lié à une action religieuse, à un rite.
La foi chrétienne dépassera le mythe.
Elle se fonde sur ce qui est arrivé en fait dans l’histoire et
c’est dans cette histoire que l’homme exerce sa liberté.
La foi chrétienne assume le désir du retour à l’originaire, à
l’Un, qui caractérise le mythe, mais elle assume aussi
la perception d’une rupture et de tout le tragique de la liberté
humaine. Le retour à l’origine qui est Dieu, tel que le conçoit la
foi chrétienne, est chargé d’un dynamisme qui lui donne vraiment
un sens pour l’homme.
La fin de l’histoire, pour la foi chrétienne, ce n’est pas la
simple réintégration de l’homme et du cosmos en Dieu après des
millénaires d’errance sans but, mais la réintégration d’un cosmos
qui aura développé tous les dynamismes que Dieu y avait déposé à
l’origine, grâce au travail de l’homme.. C’est la réintégration
d’une humanité qui par sa libre réponse à l’appel de Dieu, réponse
à la grâce octroyée, la vie filiale. C’est le stade de
développement auquel Dieu voulait la voir parvenir, à travers des
chutes et des fluctuations.

RITE.
Action sacrée accomplie conformément à un mythe ou à des règles
particulières. (D’où les termes: rituel, ritualisme.)

SIGNE.
C’est une réalité visible, sensible, qui renvoie à une autre qui
est invisible.
Le signe annonce une réalité absente, ou la rend présente. Cf.
infra les différentes sortes de signes.
IMAGE OU ICONE
C’est une représentation (sans en être une description) de la
réalité. Elle dépend du mode de perception visuel, sensible, de la
réalité.
Question: peut-on « représenter Dieu »? Cf. Interdiction des
images de Dieu dans l’A.T. (Danger de réduire Dieu à
une idole.) Mais le Christ s’est fait l’image de Dieu.

SIGNAL.
Simple indication.

INDEX.
Un symbole devient un « index » lorsqu’il fait référence à son
origine. Il exprime aussi son origine. Référence historique.
Ex. L’Eucharistie qui exprime aussi son origine, Jésus-Christ et
son mystère pascal.
Un sacrement est à la fois un symbole et un index.
Le but de l’institution par rapport au rite sacramentel est de
changer un symbole en un index, ou plutôt d’ajouter
les caractéristiques d’un index à un symbole. (Car le symbole
sacramentel, en devenant « index », ne perd pas sa réalité de
symbole.)
Exemples :
. Un repas rituel sacré, comme symbole de la communion entre les
participants eux-mêmes et entre eux et la divinité. Cf. Toutes les
religions.
. Mais un tel repas peut être envisagé comme une participation
symbolique (sacramentelle) au corps et au sang.
Cela n’est possible que parce que cela a été voulu par le Christ.
(Institution)
A cause de cette détermination par le Christ, le mystère pascal
devient présent et actif dans le repas rituel. Le symbole acquiert
ainsi une référence historique. Ce qui pouvait être une simple
représentation est devenu une « mémoire ».
Dans ce sens, le rite symbolique qu’est le sacrement, n’est pas
simplement un symbole qui ne fait que représenter, mais aussi un
index qui est en rapport avec l’origine (historique ou
mythique). De ce point de vue, il n’est plus une répétition, mais
une actualisation.

Ex. L’Eucharistie est la répétition de la Cène et l’actualisation


du mystère pascal dont il est le mémorial.
Toutefois, il n’actualise pas parce qu’il est un « index »,
(causalité), mais il indique ce qu’il actualise.
Cette « indication » n’est pas seulement intérieure à celui qui la
comprend et subjective ; elle est sensible dans le rite.
Le plus explicite et essentiel de ces « indicateurs » est
l’anamnèse.
Elle est d’abord un geste : manger le corps sacrificiel du Christ
et boire son sang.
La signification de ce geste est exprimée dans la prière connue
comme « anamnèse ». Elle rend explicite la relation du corps
eucharistique au mystère pascal.
La participation à un repas peut symboliser la communion entre les
participants (symbole), mais l’institution par le Christ à la cène
a transformé ce symbole en un index du mystère pascal.
Cette liaison du repas eucharistique avec la cène comme avec son
origine est exprimé dans le rite lui-même :
1) par le récit de l’institution qui est essentiel.
2) et par l’utilisation des éléments que le Christ avait lui-même
utilisés à la Cène : le pain et le vin.
Ces deux éléments rituels (récit et éléments matériels)
fonctionnent à leur manière propre comme « indices » qui relient
le repas eucharistique à son origine constitutive qu’est la Cène.
Un autre « index » important autant qu’indispensable est la
communauté des croyants qui sont , ici et maintenant, unis au nom
du Christ sous la présidence du ministre pour constitue l’Eglise
qui célèbre l’eucharistie.
N.B. Les deux aspects, symbolique et indiciel, des rites semblent
être communs à toutes les religions.
Un repas rituel sacré dans n’importe quelle tradition religieuse
n’est, en général, pas simplement une célébration d’un repas
communautaire. Le rituel est relié à un mythe.
Dans les rites chrétiens, les « indices » indiquent en général non
pas un mythe mais un événement spécial historique. alors que les
rites non-chrétiens indiquent des événements mythiques.

MYSTERE. (musterion) .
Mot grec qui veut dire « secret révélé à des initiés ».
C’est donc le contraire du sens habituel de « mystérieux », ce
qu’on ne peut pas comprendre.
Cf. Infra. 5) Histoire du vocabulaire chrétien. Le mystère de
l’Eglise.

SACREMENT.
Traduction latine du mot grec « mystère ». Cf. Infra. Histoire du
vocabulaire chrétien.
Signe qui révèle et rend présent une réalité invisible.

2) LE RÔLE DES SIGNES ET DES SYMBOLES DANS LA VIE


HUMAINE.
La sacramentalité se réfère à l’humain.
Cf. Raisons d’être de la sacramentalité selon St.
Thomas. (F)
1- LA PLACE DU CORPS DANS LA VIE HUMAINE.
Nous ne sommes pas des anges. (Cf. L’idéalisme des Cathares.)
Nous ne sommes pas seulement des animaux. (Cf. La transcendance.)
Unité profonde des deux dimensions spirituelle et corporelle de la
personne humaine. (Différence avec la
philosophie grecque.)
(Une conséquence dualiste de l’homme entrainera une méconnaissance
des sacrements. Cf. Manichéens et Cathares qui
méprisaient la matière comme étant fondamentalement mauvaise.)
Toute la vie de notre esprit dépend de nos sens. (qui ne sont pas
mauvais en soi.)
Tout dans l’être humain passe par le sensible (personnel et
communautaire). Je n’ai rien dans l’esprit qui ne soit passé
par la matière. Cf. « Quid quid recipitur.. »
Cf. Le handicap de la surdité ou de la cécité.
Pour Saint Thomas. Cf. De potentia q;5. art 10 ad 5 et corpus.
L’homme récapitule en lui le cosmos. Il est la jonction de la
matière et de l’esprit.
Il est le pivot par lequel toute la matière est récapitulée en
lui.
L’homme humanise la matière et c’est par elle qu’elle est
divinisée.
En humanisant le monde, l’homme en prend possession selon la voie
de la création, et c’est ainsi qu’elle est
divinisée.
Pour être parfait et parfaitement heureux, l’homme a besoin de la
matière, car à ce moment-là, je posséderai ma
nature complète et en la possédant, je serai plus près de Dieu.
Ainsi la matière entre en compte directement dans ma béatitude..
L’âme séparée est mal assimilée à Dieu.

2- LE SIGNE DANS LA COMMUNICATION entre les personnes et dans la


vie humaine.
Nécessité pour la communion et la rencontre, d’exprimer
visiblement ce qui resterait invisible en nous.
Ex. L’amour, l’affection, l’alarme…
Importance des signes et des symboles. Cf. La sémiologie et la
linguistique.
TOUTE COMMUNICATION A BESOIN DE SIGNES.
La personne de chacun (son être profond, ce qu’il pense et
ressent), n’est pas directement, immédiatement accessible.
Elle n’est connaissable et visible que dans la mesure où elle
s’exprime en paroles et en gestes.
C’est le langage des signes qui rend possible toute communication
et donc aussi toute connaissance, toute présence.
Importance de la médiation d’un langage.c’est la grande souffrance
en cas de décès. Ne plus pouvoir communiquer
sensiblement.

3- DANS LE DOMAINE RELIGIEUX.


L’homme pour rentrer en communication avec la divinité passe par
le sensible. (un des soubassement du New-Age.)La foi ne peut se
passer d’un langage. Importance donnée à la sensation.
Cela vaut aussi pour la religion populaire avec des gestes ou des
rites.

a) L’homme exprime dans des rites ou des symboles son attitude.


Cf. L’histoire des religions qui cherche
l’interprétation des symboles. C’est tout le domaine symbolique et
rituel des religions:
* Les objets utilisés. Les objets sacrés, consacrés.
* Les démarches humaines : défilés, processions…
* Les postures : prostration, agenouillement…les danses.
* Des actes : ranimer la flamme, offrir des fleurs, mettre de la
nourriture.
Gestes qui s’accompagnent souvent de paroles pour en donner le
sens. Cf. Les rites liturgiques.

b) L’homme reçoit une communication de Dieu en interprétant des


signes.
(Ce qui montre qu’on suppose que Dieu parle en tenant compte de ce
qu’est l’homme.)
Directement ou par des intermédiaires humains comme les prophètes.
Ex. On donne un sens à des manifestations de la nature, en
particulier à celles qui échappent à l’homme et le dépassent:
l’orage, le vent, la pluies, etc..Les éclairs, l’arc-en-ciel.
Cf. Dans les psaumes: « Tu tailles des lames de feu ».

3) LES DIFFERENTS ELEMENTS D’UN SIGNE.


1- LES MECANISMES DU SIGNE.
Comment fonctionne le signe.
Les éléments du signe: L’élément visible (le support, le
signifiant) et l’élément invisible (le signifié). Il fait aller du
visible à l’invisible. Il établit le lien entre les deux éléments.
Ce lien réside essentiellement dans le sens. cf. ci-dessous.

2- IMPORTANCE DE LA SIGNIFICATION ET DU SENS.


Le signe n’a de portée que par sa signification, son sens.
Ce sens peut être:
– Naturel. Ex. La fumée, signe du feu.
– Conventionnel. Il est fixé par les hommes. (Ou par Dieu)
[Link] indicateur du code de la route.
Il dépend donc beaucoup de la culture.
– Les deux à la [Link]. L’Arc en ciel dans la Bible.

4) LES DIFFERENTS SORTES DE SIGNES.


Les signes peuvent être très divers (souvent selon leur
signification).
On peut distinguer en particulier :

1- LES SIMPLES SIGNES. (Naturels ou conventionnels)


Ils expriment ou signalent des réalités extérieures au signe lui-
même. De même, le symbole montre. Et montre en
général à un groupe donné.

Ex. Le poteau indicateur sur le bord de la route.


La fumée qui indique qu’il y a du feu.
Le logo ou la pencarte publicitaire d’un magasin.
Le drapeau qui indique dans quel pays on est.
Le repas de la cêne pour les protestants et calvinistes.

2- LES SIGNES PORTEURS D’UNE RÉALITÉ.


Certains symboles ou signes sont plus qu’un moyen de connaissance.
Ils sont liés à une réalité dynamique.
Ex. Le drapeau national dont les couleurs ont un sens : la
continuité avec la royauté (blanc), avec le centralisme de Paris
(Bleu et rouge) ou la révolution républicaine (rouge).
Ex. Le symbole d’un parti politique qui réunit dans une
perspective donnée : Le symbolisme communiste de la faucille et du
marteau ( alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie).
Ex. du signe de la croix qui indique une appartenance.
Ex. de l’architecture des églises. La voute et le navire.
Ex. Le mobilier honorifique. (Trône ou podium olympique). Exprime
une réalité reçue ou acquise.
Le corps sacrement de l’âme.
Certains signes sont porteurs de la réalité qu’ils signifient.
(Cf. F. sur la différence entre Symbole et Index.)
Ils contiennent et indiquent la présence de ce qu’ils expriment.
Ex. Une poignée de main qui exprime l’amitié présente (quand elle
n’est pas seulement pour la télé et la galerie.)
Ex. du baiser signe de l’amour présent qu’on éprouve pour une
personne.

3- LES SIGNES QUI PRODUISENT LA RÉALITÉ QU’ILS EXPRIMENT.


Il peut même y avoir un lien de cause à effet: le signe cause,
produit ce qu’il exprime. Question de l’efficacité
symbolique.
Il indique ce qu’il actualise.
Ex. Le baiser qui non seulement exprime l’amour, mais le fait
grandir. Cf. aussi les relations conjugales.
Ex. du regard qui fait grandir l’amour, l’amitié.
Ex. Le don de la vie à quelqu’un. Il exprime et crée un lien avec
lui.
Le Christ à la Cêne transforme le symbole du repas pascal dans la
présence du mystère pascal. (Index.)

1- DANS L’ECRITURE.
1) MYSTERE.
C’est la délibération secrète d’un roi avec ses principaux
conseillers. (Jdt.2,2.)
Un secret qu’un roi ou un ami confie à quelqu’un sur qui il peut
compter.
C’est le dévoilement d’un secret. (Et non une réalité qu’on ne
comprend pas, dans le sens de « mystérieux ».)
« Personne ne connaît le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils
veut le révéler ».(Lc.10, 21-22.) ; Privilège des disciples.
Dans Sg. et Dan., musterion a un sens religieux.(Appliqué à la
Sagessse divine.) Dans la Vulgate: « sacramentum ».
Il désigne le plan secret de Dieu, son dessein sur le monde qui se
réalise à travers l’histoire, en particulier l’histoire d’Israël.
C’est le dessein de Dieu sur le monde et son accomplissement.
La révélation de ce dessein est faite par Dieu à quelques hommes
de son choix, qui désirent d’ailleurs ardemment
cette connaissance.
C’est ce sens typiquement juif qui a passé dans le N.T.. (Et non
le sens hellénistique.)
Cf. Les 3 passages parall. de Mc.4,11; Mtt.13,11; Lc.8,10. Les
seuls passages des synoptiques où le mot « mystère » est employé.
Aux disciples il est donné de connaître les mystères du Règne de
Dieu. Le sens profond des paroles et des gestes de Jésus sont un
secret réservé à ceux qui suivent le Maître.
La Vulgate traduit dans les 3 cas par « mysterium ».
« A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume des
cieux. » (Mtt.13,11.) Aux petits et non aux sages.

Chez Paul.
Mot employé souvent par Paul (au singulier et au pluriel) Traduit
par la Vulg. par mysterium ou par sacramentum.
Il s’agit de la décision secrète de Dieu, maintenant révélée et
dévoilée, d’octroyer le salut pas Jésus, plus précisément par sa
croix.
L’Esprit accorde aux « parfaits », à ceux qui ont quitté la
conduite de la « chair » pour conformer leur vie à l’Evangile,
la pénétration de ce mystère. qui s’identifie à la Sagesse de
Dieu. (Cf. surtour 1 Cor.2,6-16.) Colossiens et Ephes.
développements les plus importants sur le « mystère ».

Surtout aspect présent du dessein éternel de Dieu qui y est


manifesté.
Col. Accent davantage sur l’aspect christologique. Cf. Hymne
liturgique qui expose la grandeur du mystère du Christ.
Eph. Accent davantage sur l’aspect ecclésiologique. Paul se
présente comme ministre de la révélation du mystère de Dieu et du
Christ.
Il invite les fidèles à se laisser transformer par l’Esprit en
hommes intérieurs, pour comprendre ce mystère.
Surtout hymne du ch.1surtout v.9-10. Esquisse la plus parfaite du
mystère du Christ et de l’Eglise.
» Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, le dessein
bienveillant qu’il a d’avance arrété en lui-même pour mener les
temps à leur accomplissement: réunir l’univers entier sous un seul
chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la
terre ».
5,21-32: L’union de l’homme et de la femme devient le symbole de
l’union « mystérieuse » du Christ et de l’Eglise.
Cf ; Note bj ; DE Rom ;16,25.
St. Jean n’utilise pas le mot « mystère », ni dans son ev. ni dans
ses lettres.
Dans l’Apoc. Le mot désigne deux fois le sens caché des symboles
contemplés dans les visions. Sens révélé par le Christ ou par
l’Ange. (Cf. Apoc.1,20 et 17,7)

2) SACREMENT.
La Septente n’utilise que le terme musteruion que la vulgate
traduit en latin soit par mysterium soit par sacramentum
(ou arcanum, absconditum.)
Primitivement en latin: Caution sacrée versée dans un procès.
L’argent devenait ainsi « sacré ».
Le terme désigne aussi le serment militaire des légionnaires
romains avec l’idée de fidélité, d’engagement sans réserve.
Pas d’équivalent en grec, donc pas dans le texte originel grec du
N.T.
Employé dans la vulgate pour les textes principaux de Paul.
Le sacrement est comme la révélation, la manifestation,
l’actualisation du « mystère ». Pas rite magique. D’où lien entre
sacrement et évangélisation.
La notion de sacrement met en valeur la connaissance et donc (dans
le contexte) la réalisation, l’accomplissement dudessein de Dieu.
– Eph.1,9: « Il nous a fait connaître le mystère (sacramentum) de
sa volonté, le dessein bienveillant qu’il a d’avance arrêté en
lui-même ».
– Eph.3,9″Dieu réalise le mystère (sacramentum) tenu caché depuis
toujours en lui, le créateur de l’univers ».
– Col.1,9: « Dieu a voulu leur faire connaître quelles sont les
richesses et la gloire de ce mystère (sacramentum)parmi les
païens ».
Dans ces trois citations, le mot mystère est traduit par
sacramentum et non par mysterium.

2- DANS LE LANGAGE DE L’EGLISE.


1) DANS L’ANTIQUITE.
Continuité avec le langage de la Bible.
Chez les pères apostoliques ( Justin.) les mots musterion ,
musteria, ne désignent pas ce que l’on appellera plus tard les
« sacrements ». Le mot désigne pour eux les prophéties et les
figures symboliques de l’A.T. qui trouvent leur réalisation dans
la personne de Jésus et les événements de sa vie.
Pour Irénée, « mystère » = « économie ». Reprise dans le Christ et
la consommation dans sa vivante unité personnelle, de toute
l’histoire de l’homme et du monde.
Vers l’an 200, « mystère » désigne le dessein éternel et divin
manifesté et réalisé en la personne de Jésus. il désigne aussi la
personne même de Jésus qui, venu pour sauver les hommes, incarne
la révélation et la réalisation du projet de Dieu.
Tertullien qui écrit en latin, utilise le mot sacramentum pour
traduire musterion. Même chose en général dans les communautés de
langue latine.
N.B. L’introduction du mot « sacramentum » s’est opérée au moment
où le sens de mystérion » s’était déja élargi et commençait à se
référer au baptême et à l’eucharistie. Au début du 3ème siècle, on
utilise pour traduire le mot musterion, soit le mot « mysterium »
pour traduire l’aspect plutôt doctrinal, soit le mot
« sacramentum » pour traduire l’aspect rituel ou liturgique.
L’origninalité des rites chrétiens est qu’ils indiquent un
événement réel.
Ex. L’événement historique du mystère pascal du Christ.
Dans l’Eglise primitive, le musterion/sacramentum concerne
l’ensemble de l’économie du salut. Il s’agit de la foi au pouvoir
et au dessein salvifiques de Dieu, étayé par la vérité qu’il a
pris chair, l’alliance qu’est l’incarnation.
A partir du 4ème siècle (Hilaire, Augustin) les deux mots
mystérium et sacramentum Ils expriment deux aspects d’une même
réalité. sont pratiquement synonymes.

2) AU MOYEN AGE.
Jusqu’au 12ème siècle, même sens général. Les théologiens sont les
héritiers des Pères. St. Augustin a été le maître incontesté des
théologiens du Moyen-Age. Pour lui, tout est sacrement, signe
d’une chose sacrée. Dans l’ordre de la connaissance et du
langatge.
Autre grande influence: le Pseudo-Denys, qui ne se situe plus
seulement au niveau de la connaissance, mais pénêtre jusqu’à
l’être, l’ontologie. le « symbolon » de Denys constitue l’être
même des choses. Les choses sont le symbole du mystère divin. Dieu
leur est présent à divers degrés et manifeste en elles, à divers
degrés, son mystère insondable.
L’emploi du mot sacrement pour désigner les « sept » sacrements,
n’apparait qu’au 12ème siècle.
Extraordinaire développement du traité des sacrements. Le mot sera
de plus en plus réservé pour désigner les 7 réalités
sacramentelles, reléguant dans l’ombre le fait qui fonde ces
sacrements: le rôle sacramentel du Verbe incarné et de l’Eglise.

II- LE CHRIST, SACREMENT PRIMORDIAL


Si le sacrement est la réalisation du mystère ou du dessein
trinitaire, le Christ est l’unique sacrement de Dieu.
C’est lui le vrai mystère de Dieu.
Saint Paul fait le rapprochement dans Rom.16,25: « Prêcher Jésus-
Christ, selon la révélation d’un mystère caché dans le silence
durant les temps éternels ».
Le Christ est le sacrement du Père.
= Fondement christologique de la sacramentalité de l’Eglise.
La communication de Dieu au monde se réalise par son Fils qui nous
sauve « humainement », dans l’histoire humaine.
Rôle de l’humanité historique du Christ dans le salut. (Pas un
mythe.)
Le signe de Jonas. « Cette génération demande un signe, mais en
fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. Jonas a
été signe pour les habitants de Ninive…Ils se sont convertis. Il
en sera de même avec le Fils de l’homme pour cete génération…Il y
a ici bien plus que Jonas ». (Lc.11,29.) (Cf. Schillebeeckx. Le
Christ sacrement. p.22 et sv.)

1) LA SACRAMENTALITE DE JESUS-CHRIST.
Il est l’expression parfaite du Père, de toute éternité et dans le
monde.
0- BIBLIOGRAPHIE.
– « Faut-il encore pratiquer? » Bernard Bro. Coll. Foi vivante.
N.50 Ch.3. p.221. Le Christ et les symboles. Cerf 1967.
La vie du Christ devient la notre et la notre devient celle du
Christ.
– « Jésus-Christ ». Congar. Coll. Foi vivante. N°.1. Cerf 1965.
1ère partie: « Le Christ image du Dieu invisible.. p.9-50.
– « Le visage du Ressuscité »; Le Guillou. O.P. Edit. ouvr.1968.
2ème partie; Le Christ visage du Père ».
Ch.3. Qui me voit, voit le Père. p.57.
Ch.4. Il est l’image du Dieu invisible. p.85.
I- Le Christ visage du Dieu invisible.
II- L’humanité du Christ, miroir du Père.
III- Le visage du Christ récapitulateur.
[Link] soufle du Dieu vivant. p.117.
I- La révélation du copeur du Père dans l’Esprit.
II- La reconnaissance du visage.
Ch.6. Le Dieu trois fois saint.
– Dictionnaire encyclopédique de la Bible. Art. Jonas.
– Paul VI. Audience du 1er février 1967. DC.19 fev.1967. Jésus-
Christ signe de Dieu et de l’homme.
1- DANS TOUT L’ETRE DE JESUS-CHRIST.
LE CHRIST TERRESTRE, SACREMENT DE LA RENCONTRE DE
DIEU.
A) FONDEMENT: L’INCARNATION DU FILS DE DIEU.
Cf. Le Concile de Chalcédoine. Le Christ est une personne en deux
natures.

Une seule et même personne, le Fils du Père, se manifeste sous la


forme humaine.
1) Le Christ est Fils de Dieu jusque dans son humanité.
Le Fils de Dieu est personnellement homme et cet homme est
personnellement Dieu.
C’est pourquoi on rencontre le Fils de Dieu dans la vie et
l’histoire humaines.
La vie spirituelle ne sera pas en dehors de la vie humaine.,
désincarnée. Le sacré et le profane.
2) Sur le plan de son activité et de sa vie.
Comme homme, il vit sa vie divine dans et selon son humanité.
Il vit sa vie de Fils en homme, dans une expression humaine.
Tout ce qu’il fait comme homme est acte de Fils de Dieu = acte de
Dieu en manifestation humaine.
Ex. Son amour humain est la forme humaine de l’amour de Dieu, son
expression.
3) Cette double réalité est une réalité messianique = salutaire.
L’amour de l’homme Jésus est l’incarnation de l’amour rédempteur
de Dieu.
Les actes humains de Jésus, étant actes du dieu qui sauve, ils
possèdent une force divine de salut. (Efficacité.) Ils
sont salutaires, cause de grâce.
Ceci est particulièrement vrai pour la mort et la résurection de
Jésus.
4) Ces actes salutaires, ayant une force divine de salut,
apparaissent sous une forme terrestre, visible.
Ils sont donc sacramentels. Iles sont le don du salut en
visibilité historique par une corporéité qui lui est propre.
Il y a une rencontre avec Dieu par l’intermédiaire du corps et la
vie humaine totale.

B) L’HOMME JESUS EST DONC LE SACREMENT PRIMORDIAL/


Il est la manifestation terrestre visible du salut.
Cet homme concret, Jésus, Fils de Dieu, est voulu par le Père
comme l’unique accès à la réalité du salut.
Il est le seul médiateur entre Dieu et les hommes. (1 Tim.2,5)
Les actes salutaires humains de Jésus sont donc à la fois (pas 2
réalités) « signes et cause de grâce ».

2- DANS TOUTE L’OEUVRE ET L’ACTIVITE DU CHRIST.


Par le mystère pascal, il réalise et rend présente dans le monde
la volonté salvifique du Père.
DOUBLE MANIFESTATION:

A) DE L’AMOUR DIVIN POUR LES HOMMES. (Dynamisme descendant.)


Sens de la mission du Fils sur terre: la révélation de l’amour
miséricordieux et rédempteur de Dieu. Cet amour est premier,
antériieur au péché. (Et pas d’abord un besoin des hommes.)
Finalité concrétement assignée par le Père à l’Incarnation du
Fils: c’est la divinisation de l’homme par mode de rédemption.
C’est la délivrance de l’homme à partir du péché, jusqu’à la
communion personnelle de grâce et d’amour avec Dieu. Jésus est
voulu comme source de grâce pour tous les autres hommes qui tous
doivent recevoir de Lui.
L’amour humain de Jésus pour les hommes est la manifestation
communicatrice de l’amour divin envers tous les hommes. C’est la
miséricorde rédemptrice (à cause du péché) de Dieu lui-même venant
à nous par un coeur humain..
Valeur de sanctification.

B) DE L’AMOUR DE L’HOMME POUR DIEU. (Dynamisme ascendant.)


Il y a aussi dans l’homme Jésus un mouvement de bas en haut,
allant du coeur humain de Jésus, le Fils, vers le Père.
Valeur de culte. Ces actes de Jésus sont une réelle adoration,
l’amour de l’homme Jésus envers Dieu.
Jésus est l’adorateur suprême du Père. Il montre ce qu’est un
homme qui se donne entièrement au Père invisible.
C’est la forme concrète de la religion, la figure d’un homme
véritablement religieux.
Cette humanité de Jésus est représentative de nous tous.
(Solidarité de l’Incarnation = en notre nom.)
C’est un mouvement qui part de toute l’humanité et va au Père, à
travers l’humanité représentative de Jésus = le prototype
solidaire de la réponse humaine d’amour à l’offre divine.
Dans l’homme Jésus, comme dans son chef, toute l’humanité est déja
objectivement et réellement délivrée. Jésus est la source et la
norme de toute l’humanité sauvée, communiant à la vie du Père.
(L’incarnation demeure dans la gloire actuelle.)
L’incarnation n’est pas seulement l’instant ponctuel de la
descente en Marie, mais elle est continue. Elle concerne toute
la vie de Jésus qui se déroule à travers l’histoire et dans l’au-
delà de la gloire. D’où:

2) LE SALUT DE JESUS-CHRIST SACREMENT: LE MYSTERE


REDEMPTEUR DU CHRIST. (nature du salut.)
Salut sacramentellement présent au monde.

1- QUATRE ELEMENTS DE CETTE REDEMPTION.


A) L’INIATIVE DU PERE, par le Fils et dans l’Esprit. (La réalité
invisible dépasse ce qui est visible.)
Arrière-fond trinitaire, intre-divin, qui se manifeste voilé.
Le Père donne son Fils bien-Aimé dans une vie humaine authentique.
B) LA REPONSE HUMAINE DE LA VIE DU CHRIST à l’initiative de la
mision donnée par la Père.
Obéisant jusqu’à la mort. Soumission pleine d’amour de Jésus au
Père.
Le sacrifice du Christ:
– Acte intérieur de Jésus qui vit sa filiation divine en fidèle
attachement au Père et en dépendance du Père.
– Mais aussi extérieur: sous la forme d’un sacrifice sanglant.
Comprend l’ordre corporel.
C) LA REPONSE DIVINE A L’HUMILIATION OBEISSANTE DE LA VIE DE
JESUS.
L’exaltationde Jésus qui est fait « Seigneur ». Le Kyrios.
La manifestation de cette exaltation se fait dans le déroulé
historique. L’incarnation continue de se dérouler dans le temps:
naissannce de l’Eglise (corps du Christ) à l’incarnation ; Cf.
Oraison sur les offranes de la fête de l’annonciation.
1- La Pâque, glorification du christ.
2- L’Ascension:
a- Investiture du christ ressuscité comme Seigneur et roi de
l’univers.
b- Le Christ devient pleinement le messie: l’incarnation dans son
état final: la Rédemption.
c- Prélude au don de l’Esprit-Saint. Le Christ près du Père,
devient source de l’Esprit. D’où:

D) LA MISSION DU SAINT-ESPRIT PAR LE KYRIOS GLORIFIE,Seigneur sur


le monde et sur l’humanité.
La Pentecôte éternellement durable. L’Esprit actualise en nous ce
que le Christ a accompli pour nous une fois pour toutes. L’Esprit
rend présent visiblement l’amour.
Action propre de l’Esprit mais qu’il puise dans l’oeuvre
rédemptrice du Christ. Cf. Encycl. Dominum et vivificantem.
Cette mission de l’Esprit est la dernière phase du mystère du
Christ avant la Parousie: « Maintenant que le Christ a
atteint la perfection, il est devenu pour nous une source de
béatitude éternelle. » (Hebr.5,9)

2- REFLEXION SUR LE MYSTERE DU SALUT DE JESUS-


CHRIST.
A) LE MYSTERE DU CULTE TERRESTRE DE DIEU
Culte par l’Incarné comme Fils de Dieu. L’incarnation est toute la
vie du Christ.
Ce n’est qu’après avoir vécu sa filiation j usqu’au bout dans sa
vie humaine, après avoir exprimé cette vie au Père dans
une obéissance parfaite d’amour jusqu’à la mort, que sa filiation
divine est entièrement réalisée et manifestée sur le
plan de l’Incarnation. Jusque là , sa vie de Fils n’avait pas
pleinement envahie et transformé sa vie humaine.
Ce pur don de soi au Père est le noyau même de toute vie
religieuse. Jésus a exprimé jusqu’au bout sa vie humaine
au Père en la sacrifiant. (Elle est rendue sacrée, divinisée.)
Cf. le grain e blé tombé en terre.

B) LA RÉPONSE PATERNELLE A LA VIE RELIGIEUSE TERRESTRE DU FILS.


Résurrection, glorification et institution comme Seigneur et
émetteur de l’Esprit-Saint.
Acceptation divine du sacrifice par la résurrection dans toute son
ampleur.

C) LE CHRIST CELESTE EMETTEUR DE L’ESPRIT DE SANCTIFICATION.


« Il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que le Christ n’avait
pas encore été glorifié ». J;.
« De chez le Père, je vous enverrai l’Esprit ». (Jn.15,26)
Comme homme, le Christ ne sera le principe vital du Saint-Esprit
que lorsque sa filiation sera entièrement réalisée dans
son humanité. (Totale, entière, donc aussi dans sa dimension
corporelle.)
Le Kyrios est jusque dans son humanité, l’envoyeur de l’Esprit-
Saint.
dans ce sens la Pentecôte est un événement pascal et durable.
C’est la traduction humaine du mystère trinitaire rédempteur: Dans
la vie intra-trinitaire, le Fils, mainteant, reçoit du Père
d’êtrre le principe du Saint-Esprit.
Maintenant, aussi dans son humainité, comme Kyrios, il est
l’envoyeur du Saint-Esprit par rapport au monde humaine.

D) LE MYSTERE DE L’AMOUR DU CHRIST POUR LE PERE.


C’est le fondement de sa communication infaillible de grâce. Il
doit diviniser et renouveler entièrement toute l’humanité,
jusque dans sa corporéité.
L’envoi de l’Esprit est en même temps notrte sanctification: notre
propre filiation divine.
Celle-ci s’exprime par le sacrifice filial de toute notre vie
humaine. Par grâce, nous devenons et nous vivons ce que
Jésus lui-même est par nature: Fils de Dieu.

III- L’EGLISE SACREMENT.


INTRODUCTION : NECESSITE D’UN LIEN ENTRE LA
SACRAMENTALITE DU CHRIST ET LA SACRAMENTALITE DE
L’EGLISE.

1- REALITE GLOBALE: NECESSITE DE NOTRE RENCONTRE


AVEC LE CHRIST RESSUCITE.
Le Christ est le seul sauveur, le seul sacrement primordial du
salut.
Le salut est lié à la rencontre personnelle avec l’homme Jésus qui
est l’unique accès au Père.
Mais qu’en est-il lorsque le Christ par sa résurrection et sa
glorification a disparu de notre horizon visible.
Comment pouvons-nous rencontrer le Seigneur glorifié qui s’est
soustrait à nos yeux ? La corporéité de Jésus a quitté notre
univers terrestre comme moyen direct de communication. (Souvent,
les hommes cherchent une autre corporéité. Cf. Les statues.)
A première vue, cette absence corporelle ne semble-t-elle pas
favorable?
Cf. « La chair ne sert de rien ». (Jn.6,64.)
« Il est bon pour vous que je m’en aille ».
Ce n’est pas sa disparition en elle-même qui est meilleure pour
nous.
C’est la glorification auprès du Père (qui a entraîné son
départ »).
Il disparait pour un temps de notre horizon visible pour préparer
de là, la parfaite réunion corporelle, en agissant en nous pour
nous transformer jusque là.
Si nous sommes ainsi partiellement privés de la rencontre
corporelle du Christ entre l’Ascension et la Parousie
(vers laquelles nous tendons = le salut), nous rencontrons déja
dans une certaine mesure le Christ glorifié.
– Par le souvenir de ce qui s’est passé en Palestine il y a des
siècles.
– Par la foi vivante au Christ céleste actuel et qui agit
invisiblement dans nos âmes.
Mais il y a plus: La présence active du Christ glorifié se rend
visible et palpable parmi nous. (Le Christ n’est pas totalement
invisible.)

– Non pas directement par sa corporéité propre. (Il faudrait que


nous soyons glorifiés pour cela.)
– Mais, sur terre, dans des formes de manifestations visibles qui
exercent parmi nous l’action de son corps
céleste. (Différence d’avec les démons.)
Le « corps » du Seigneur va être sacramentellement présent sur
terre. C’est l’Eglise, sacrement universel de salut.
Ecclésialité du corps du Seigneur sur terre. L’action du Christ
glorifié, par son Esprit-Saint, sera visible dans notre monde par
l’Eglise. (Différences avec les apparitions.)
La raison d’être de ce sacrement qu’est l’Eglise: Dieu est fidèle
à sa pédagogie de salut.
L’Eglise sacramentelle est l’instrument visible du christ glorieux
agissant sur terre.

2- POSSIBILITE DU COTE DU CHRIST LUI-


MEME.
Cette possibilité de notre rencontre avec le Christ glorifié lui-
même existe

1) Alors que les défunts non ressuscités ne peuvent pas exercer


sur nous d’action directe, d’hopmme à homme, (Il n’y a plus de
contact par le corps.) ; Pas de localisation. Nombreuses erreurs
concernant les âmes du purgatoire. Ils le peuvent seulement pas la
prière et leur intercession.

2) Mais cette possibilité est donnée au Christ comme homme


glorifié, jusque dans sa dimension corporelle. C’est comme homme
que le Christ est médiateur: dans son humanité et par son
humanité.
C’est l’humanité glorifié du christ, sa corporéité glorifiée, qui
lui permet de nous influencer réellement comme homme. (Cf.
Possibilité de l’Eucharistie.)
Par un acte personnel du Christ, toute l’humanité du Christ (son
âme et son corps) agit sur les hommes. Cf.
« J’avais faim et vous m’avez donné à manger ».

3- NECESSITE DU COTE DE L’HOMME.


Nécessité des sacrements pour la réciprocité humaine dans la
rencontre entre le Christ céleste et les hommes de la terre.
La rencontre humaine avec le Christ demande une réciprocité
(malgré l’invisibilité du Christ céleste). Nécessité de
la communication réciproque.
1) Si le Christ ne donne pas d’une manière ou d’une autre à sa
corporéité céleste une visibilité sur le plan de notre monde
terrestre, sa médiation ne peut pas être saisie par nous
concrétement pour y correspondre.
2) Mais si le Seigneur se rend présent dans son activité
salvatrice, en assumant des réalités terrestres non
glorifiées, cela est possible.

L’acte céleste de salut, qui nous est invisible, devient visible


dans le sacrement.
Le sacrement est alors l’acte du Christ lui-même, agissant par son
Esprit-Saint.

SYNTHESE.
La sacramentalité de l’Eglise et dans l’Eglise, jette un pont sur
l’éloignement ou la disproportion qui existe entre le Christ
céleste et l’humanité non glorifiée.
Les sacrements dans l’Eglise ne sont pas des choses mais des
rencontres d’hommes sur la terre, avec l’homme glorifié Jésus, par
le moyen d’une forme visible.
Le sacrement est une manifestation concrète de l’acte de salut du
Christ céleste.
« Sacramentaliser » indique l’action personnelle du Christ qui
donne par son Eglise une forme visible terrestre à sa acte de
salut ou don de grâce invisible.
Il se rend ainsi présent à nous dans cet acte.

1) LA SACRAMENTALITE DE L’EGLISE.
1- LA DOUBLE DIMENSION DE L’EGLISE: DEUX ELEMENTS D’UNE MEME
REALITE.
Dans l’Eglise-sacrement, il y a une réalité importante; le rapport
dans la vie ecclésiale entre la communion et l’institution. On a
un langage alternatif.

A) PAS DE DUALISME ECCLESIOLOGIQUE.


Souvent on oppose les deux éléments (Communion et Institution)
pour mieux dénoncer leur incompatibilité.
Cf. Historique avant Vatican II. dans la conception de l’Eglise.

1) AU XIVEME SIECLE.
Les premiers traités d’ecclesiologie insistent plutôt sur l’aspect
« pouvoir » (potestas) dans la conception de l’Eglise.
Aspect institutionnel.
Deux principaux courants s’affirment :

a) Courant monarchique.
Monarchie papale: le Pape occupe le sommet de l’Eglise et peut
être pris pour l’Eglise.
Cf. Bulle « Unam Sanctam » de Boniface VIII et 1302. L’Eglise a
reçu de Dieu deux glaives, le spirituel et le temporel.
Tous les deux sont au pouvoir de l’Eglise.
Seulement considérée sous l’angle christologique, l’Eglise est
conçue comme un corps hiérarchique sous l’autorité de son chef,
le Christ, représenté sur terre par le Pape.
La dimension communautaire et pneumatologique est absente.
b) Courant plus communautaire. (Guillaume d’Occam.)
Il définit l’Eglise comme la communauté des fidèles.
On réduit au minimum l’aspect institutionnel de l’Eglise.
Ce deuxième courant est minoritaire dans l’Eglise.

2) LA REFORME PROTESTANTE.

a) Pensée de Luther.
Ce qui unit les chrétiens, ce n’est pas un corps visible
extérieur, structuré. C’est le Christ lui-même. L’Eglise, c’est
fondamentalement l’assemblée spirituelle, invisible, de ceux
que le Christ recouvre de sa justice accueillie dans la foi.

b) Pour les réformateurs.


L’ecclésiologie est centrée sur le caractère invisible.
Sa visibilité se manifeste par des signes, mais ceux-ci ne sont
pas à proprement parler des « moyens de grâce ».
Les réformateurs formulent de nombreux griefs contre l’Eglise
institutionnelle du XVIème siècle, dans laquelle il y a bien
des abus. (De plus, contexte social angoissé.)

3) LA REFORME CATHOLIQUE. (Ou « contre réforme ».)

En réaction contre la « Réforme », la tendance est d’accentuer


l’aspect institutionnel de l’Eglise, dans une attitude
d’autodéfense.

a) Le Concile de Trente. (1545-1563)


Pas d’élaboration de « document » sur l’Eglise, mais réponse
aux protestants sur les points mis en cause.
Début d’une ère de juridisme. Entretenir la centralisation
romaine.

b) La controverse au lendemain du Concile de Trente.


Bellarmin qui insiste sur les aspects extérieurs de l’Eglise.
Insistance pontificale.

c) L’Eglise de la contre-réforme.
Le souci de s’affirmer en s’opposant demeure: ecclésiologie
très hiérarchisée, anti-protestante, cléricale
et sacramentaliste.
Jusqu’au milieu du 19ème siècle, la conception d’une église
monarchique, pyramidale et romaine, va s’imposer.
(Tendance à y revenir dans la dernière partie du 20ème siècle.
)

d) L’ouverture du 19ème siècle.


L’aspect de communion qui n’a jamaisété totalement absent (Cf.
Doctrine du Corps Mystique) reprend plus de place.
– Les théologiens (comme Moehler) rétablissent l’équilibre.
L’Eglise est contemplée en elle-même, dans son mystère
trinitaire et dans la communion qu’elle établit par l’Esprit à
travers le temps et l’espace.
– L’équilibre est rétabli entre l’aspect visible et invisible
de l’Eglise.
– L’encyclique « Satis cognitum » (1896) et « Divinum illud »
(1897) de Léon XIII. « L’ensemble et l’union des deux éléments
est absolument nécessaire à la véritable Eglise, à peu près
comme l’union intime de l’âme et du corps est indispensable à
la nature humaine.
– Cf aussi l’encyclique « Mystici Corporis » de Pie XII.

e) La pesanteur de l’institution.
Jusqu’au milieu du 20ème siècle, les éléments sociétaires,
institutionnels, hiérarchiques, sont prépondérants. Quatre
concepts sont souvent associés dans kla compréhension de
l’Eglise: Société, institution, gouvernement, autorité.
Le « De Ecclesia » de Vatican I parle surtout du « pouvoir » de
l’Eglise et de l’autorité pontificale, quasi monarchique.
C’est encore ce qui est reproché à la lettre de Ratzinger du 28
mai 1992 sur l’Eglise communion.. Cf ; Article
d’Olivier Clément dans la « France Catholique du 24 juillet 92.
: centralisation romaine ; importance de la curie romaine.
Cf ; la lettre sur les divorcés remariés de Ratzinger de
septembre 94 : orientation plus disciplinaire que pastorale.
Cf. lettre des évêques allemands.
Il y aura un certain « retour » à cette tendance à la fin du
20ème siècle.

B) AFFIRMATION DES DEUX ELEMENTS D’UNE SEULE REALITE ECCLESIALE.

La synthèse de Vatican II
Il y a le passage d’une ecclésiologie principalement axée sur le
pouvoir, le droit et l’autorité de l’Eglise, à une ecclésiologie
dominée par le sens de la communion et du service réciproque.
(Déplacement d’accent.)
L’Eglise ne renonce pas à son aspect institutionnel, mais le situe
tout autrement: dans une relation de subordination à la communion
dans l’Esprit.

1) UNE REALITE INVISIBLE. L’ESPRIT-SAINT. UNE ECCLESIOLOGIE DE


COMMUNION.
C’est l’aspect invisible de l’Eglise. Cf. Fichier: Le mystere de
l’Eglise.

A) INVISIBILITE DE L’EGLISE.
Fondement trinitaire de cette communion.
L’Eglise temple du Saint-Esprit.

B) DANGERS ET TENTATIONS. (Si exclusivité de cet aspect.)


– Eglise vague.
– Mode de l’Eglise de présence au monde ?

2) UNE VISIBILITE HUMAINE. L’INSTITUTIONALITE DE L’EGLISE .

A) FONDEMENT.
Dès l’origine. de l’Eglise.
Nécessité pour l’homme.
Radicale pauvreté humaine de l’Eglise. Limites et faiblesse aux
différents niveaux.

B) DANGER ET TENTATIONS. (Si exclusivité ou prédominance de cet


aspect.)
– Eglise presque exclusivement juridique et humaine.
– Eglise pyramidale dans laquelle chaque baptisé ne se retrouve
pas à participation entière. Centralisme administratif exagéré.
Même dans l’épiscopat et le clergé. Cf. « ma paroisse. »
Ce danger n’a pas toujours été évité au cours de l’histoire de
l’Eglise, ce qui a provoqué la mise au point du Concile Vatican
II. Cela fait partie de l’héritage historique de l’Eglise
terrestree dont il faut reconnaître les limites.
Cf. Historique du régime de chrétienté. Signe de l’amour ?
Encore actuellement, parfois exprimée uniquement en termes de
pouvoirs ou d’obligations juridiques.
On a développé souvent une conception de l’Eglise
vigoureusement institutionnelle dans laquelle les
éléments sociétaires, juridiques et hiérarchique sont
prédominants.
Cf. L’intervention de Mgr. de Smedt, évêque de Bruges, à
Vatican II, où il a ainsi résumé le mécontentement de nombreux
évêques lorsqu’il a stigmatisé « le triomphalisme, le
cléricalisme et le juridisme » dont le premier schéma
sur l’Eglise portait la marque.
Exemples de trois expressions de cette conception de l’Eglise:

1°) LA REFORME GREGORIENNE. (Grégoire VII au XIème siècle.)


Cf ; les « dictatus papae » (1075.), dans « la primauté du Pape,
son histoire « par KLAUS Schatz ; Cerf.1992.
p266. Va jusqu’à prendrre la place du Christ.

2°) L’ECCESIOLOGIE TRIDENTINE. (XVIème siècle.)

3°) L’INSISTANCE SOCIETAIRE DU XIXème SIECLE.


Importance des différents dicastère de la Curie.
Ou encore le diocèse vu comme une fédération d’églises.
PRESENCE ENCORE DE CETTE TENDANCE A LA FIN DU 20EME SIECLE.
C’est ce qui est reproché à la Letrre de Ratzinger du 28 mai 1992
sur l’Eglise communion. Cf. Article d’Olivier Clément dans la
« France Catholique » du 24 juillet 92.
Cf aussi la lettre de Ratzinger sur la communion eucharistique et
les divorcés remariés de septembre 94. Orientation plus
disciplinaire que pastorale. Voir dans la DC. la lettre de
l’épiscopat allemand qui réagit sur la plan pastoral.

2- RAPPORT ENTRE COMMUNION ET INSTITUTION.

(Pas seulement maintenir les deux composantes.)


1) L’INSTITUTION SUBORDONNEE A LA COMMUNION. (Et non le but.)

Cf. le sabbat pour l’homme et non le contraire ;


Ex. Le ministère des évêques n’est plus défini d’abord en termes
de pouvoir, mais comme un service pastoral exercé
au milieu de frères.

2) L’INSTITUTION AU SERVICE DE LA COMMUNION.

a) On peut schématiser deux positions extrêmes :

1- Les partisans d’une Eglise souterraine, informelle,


déstructurée, libérée de toute organisation sociale. A la
limite, on accepte J.C., mais pas l’Eglise.

2- Les partisans d’une Eglise fortement établie, dotée de


structures stables, puissantes et reconnues, de
normes immuables, de références sûres, d’un pouvoir monarchique
incontestable. (papauté ou curé de la paroisse.)

b) On ne peut ni opposer ces deux conceptions, ni chercher une


sorte de compromis centriste. Il faut maintenir :

1- Un rapport dialectique.

Dès son origine, l’Eglise est institutionnelle. (Cette dimension


n’a pas été imposée après-coup.) Cette institution est aussi un
don du Christ. L’Eglise institution se reçoit de son Seigneur.
L’institution n’est donc pas une structure qui s’ajoute à l’Eglise
(Pas de dualisme. Cf. supra). Elle découle de la nature des
relations entre Dieu et les hommes. (Cf. Anthropologie.) Le
justification de l’institution est qu’elle est un service de la
communion.
16
Il n’y a pas à choisir entre les deux dimensions de l’Eglise, mais
à les prendre dans leurs rapports réciproques. Mais on peut poser
la question de la forme qu’a prise l’exercice de l’autorité ;
Influence du juridisme romain et modèles de l’autorité en occident
; Formes démocratiques possibles, même si l’Eglise n’st pas une
démocratie. Inculturation dans une contexte démocratique. Cf.
Schilbeex.
Cf. CEDOI 2003 : l’exercice du pouvoir dans l’Eglise ;

2- L’institution comme sacrement de la communion.

– La nécessité de l’Eglise comme institution se fonde d’abord sur


des raisons théologiques (et pas seulement psychologiques, valable
aussi par ailleurs).
Elle est le sacrement du salut qui est communion.
– Le mystère trinitaire de l’Eglise prend forme dans un visage
historique.
Nécessité de reconnaître à la fois l’importance de
l’institutionalité de l’Eglise et la contingence de ses
formes historiques.
– La communion s’exprime surtout dans le partage de la Parole de
Dieu, la liturgie (au sommet de laquelle l’Eucharistie) et la vie
fraternelle. Elle se noue dans un même mouvement dans l’union des
chrétiens avec Dieu et entre eux, et revêt une forme
institutionnelle.
– Cette communion institutionnelle a valeur de signe pour le
rasemblement de tous les hommes pour le Royaume. Pas de communion
sans mission. L’Eglise est une communion « missionnaire ».

3- L’institution relativisée.

La dimension institutionnelle de l’Eglise qui lui donne sa


visibilité historique et sociale, est à relativiser :

a)Elle est une forme provisoire.


Elle ne survivra pas dans l’eschatologie, au delà de
l’histoire. Elle préfigure l’Eglise du ciel et n »a donc plus
de raison d’ête quand la réalité sera accomplie.

b) L’Esprit-Saint agit au-delà des frontières visibles de


l’Eglise (catholique et des autres églises). Cf. Efficacité du
sacrement de l’Eglise.

c)La communauté des chrétiens est un peuple de pécheurs qui


doivent se convertir. (A tous les niveaux.) L’institution de
l’Eglise est marquée par cela et ne peut donc être une
institution idéale, parfaite. Elle prête nécessairement le
flanc à la critique (Cf. toute l’histoirre de l’Eglise avec ses
misères). Radicale pauvreté.
Un peuple toujours en démarche de conversion, quelque soit la
mission de chacun.
Cf. le demannde de pardon de la part de l’Eglise. (Procès
Gallilée, inquisition, croisades..)

d) Les chrétiens vivent souvent dans un monde sécularisé (et


non plus une chrétienté).
Dans ce cas, l’Eglise n’est plus une réalité structurante de la
société et de l’organisation sociale. Elle est dépouillée de
ses privilèves sociaux.
Le prêtre n’est plus un « notable ». Le sacerdoce ministèriel
n’est plus une « promotion sociale ».

4- L’institution interrogée.

Elle n’est jamais autonome dans son fonctionnement et n’a de


justification qu’au service du mystère trinitaire. Risque
permanent de devenir un « en-soi » et de s’imposer pour elle-même.
Le dialogue avec le monde est nécessaire pour la mission. D’où une
disponibilité permanent à l’imprévu, à la nouveauté de l’Esprit.
Malheur à l’Eglise qui se durcit et se fige en ses institutions,
obsédée par la réussite de son fonctionnement interne.
(Technocratie cléricale.) Prédominance des « services d’Eglise »
sur la mission dans et pour le monde.

D’où:
5- L’institution et les institutions de l’Eglise.

Dans la sacramentalité de l’Eglise, son aspect visible (l’ensemble


institutionnel) comporte différents aspects :

a) L’institution primordiale.
Celle qui correspond directement au projet exprimé par Jésus-
Christ pendant son séjour terrestre. Dans le Nouveau Testament.

b) Les institutions créées par l’Eglise.


C’est le développement de l’institution primordiale, pour
répondre à tel ou tel besoin concernant la vie et la mission de
l’Eglise.
Exemples: Les conciles, la vie religieuse, l’année liturgique,
la paroisse, la catéchèse.
Ces institutions créées par l’Eglise sont d’importance inégale.
Exemples: Un concile et le cardinalat ; La vie religieuse et
les confréries.
Donc caractère relatif. Nécessité d’un discernement et
révisions parfois nécessaires pour une plus grand fidélité à la
volonté du Christ.

d) Les institutions chrétiennes.


Ce sont les institutions temporelles de l’Eglise.
Elles expriment visiblement l’action communautaire des
chrétiens au service le la communauté humaine.
Exemples: Ecoles, hopitaux, organismes professionnels ou de
loisirs, associations diverses, familiales, caritatives,
artistiques, syndicales, politiques..
Elles sont contingentes et relatives. (Ce qui ne veut pas dire
superflues.)
Elles sont liées au contexte historique et social. Toujours
sujettes à révision pour être réellement signes.
Le fait qu’elles sont ensuite souvent assurées par la société
elle-même est un signe de leur efficacité et du progrès de
l’évangile dans la société. (Sans récupération.)

e) La présence active des chrétiens dans des institutions non


ecclésiales. C’est un autre signe visible de l’Eglise par le
témoignage de ses membres.

2) LE FRUIT DE L’EGLISE SACREMENT. (EFFICACITE DE L’EGLISE MOYEN


DE SALUT.)

Une nécessité dans le monde.

1- L’UNION INTIME AVEC DIEU.

1) DANS L’INTIMITE TRINITAIRE.


Signe prohétique et minoritaire dans le monde. L’efficacité
dépasse l’élément visible.

2) DIVERSITE DANS L’UNITE.


unité grâce à la diversité. et non pas « malgré » la diversité.

2- L’UNITE DE TOUT LE GENRE HUMAIN.

1) UNE TRANSFORMATION DE LA SOCIETE PAR L’AMOUR.

2) PLACE ESSENTIELLE DU LAÏCAT, signe efficace au sein de la


société.
Cf. Dossier « LA PLACE ET LA MISSION DES LAICS DANS L’EGLISE ET
DANS
LE MONDE. »

3) FAUSSES COMPREHENSIONS DE LA SACRAMENTALITE DE L’EGLISE.

1- NE PRENDRE QU’UN DES DEUX ASPECTS. (La visibilité ou la vie


spirituelle.)

2- SACRAMENTALISME INVERSé: L’Eglise sacrement de l’humanité.


On ne voit dans l’eglise quel’ expression d’une organisation
purement humain.
Elle est regardée seulement comme une instituion juridique
puremennt humaine.

IV- LES SACREMENTS DANS L’EGLISE.


Dans l’Eglise sacrement, les sacrements en sont pratiquement les signes et
les moyens
concrets principaux.
CF. DOSSIERS ULTERIEURS.

Vous aimerez peut-être aussi