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Aspects Epidemiologiques Des Traumatismes Lies Aux Accidents De
La Voie Publique Chez Les Adultes Au Centre Hospitalier
Universitaire De Reference Nationale De N'Djamena (....
Article in European Scientific Journal · July 2021
DOI: 10.19044/esj.2021.v17n25p396
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2 authors:
Kalli Moussa O. Choua
University of N'Djamena University of N’Djamena
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ESJ Natural/Life/Medical Sciences
Aspects Epidemiologiques Des Traumatismes Lies Aux
Accidents De La Voie Publique Chez Les Adultes Au Centre
Hospitalier Universitaire De Reference Nationale De
N’Djamena (Chu-Rn), Tchad
Moussa Kalli
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Andjeffa Valentin
Service d’Orthopédie et Traumatologie au CHU-RN, N’Djaména (CHU-RN)
Seid Younous
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Adjougoulta Bonté
Service d’Anesthésie et de Réanimation, au CHU-RN, N’Djaména (CHU-
RN)
Bruno Mantou
Kambel Djibdouna
Sadié Ismael Guire
Yasmine Abdoulaye
Abdelaziz Wiché
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Choua Ouchemi
Service de Chirurgie générale, Centre Hospitalier Universitaire de Référence
Nationale, N’Djaména (CHU-RN),
Faculté de sciences de la Santé Humaine de Ndjamena (FSSH)
Doi:10.19044/esj.2021.v17n25p396
Submitted: 22 June 2021 Copyright 2021 Author(s)
Accepted: 10 July 2021 Under Creative Commons BY-NC-ND
Published: 31 July 2021 4.0 OPEN ACCESS
Cite As:
Kalli M., Valentin A., Younous S., Bonté A., Mantou B., Djibdouna K., Guire S.I., Abdoulaye
Y., Wiché A. & Ouchemi C.(2021). Aspects Epidemiologiques Des Traumatismes Lies Aux
Accidents De La Voie Publique Chez Les Adultes Au Centre Hospitalier Universitaire De
Reference Nationale De N’djamena (Chu-Rn), Tchad. European Scientific Journal, ESJ,
17(25), 396.
[Link] 396
European Scientific Journal, ESJ ISSN: 1857-7881 (Print) e - ISSN 1857-7431
June 2021 edition Vol.17, No.21
[Link]
Résumé
Introduction: les accidents de trafic routier constituent un problème
de santé publique.
Objectif: décrire le profil épidémiologique, les circonstances de
survenues et les facteurs associés aux accidents de la route dans la ville de
N’Djaména.
Méthodes: il s’agissait d’une étude transversale et descriptive ayant
inclus tous les accidentés de la voie publique admis au service des urgences
chirurgicales du centre hospitalier universitaire de référence nationale de
N’Djaména (CHU-RN) durant une période de six mois. Les paramètres
sociodémographiques, cliniques et thérapeutiques étaient décrits et confrontés
à la littérature.
Résultats: en tout, 5772 patients étaient admis aux urgences
chirurgicales dont 2575 étaient victimes d’AVP soit une fréquence de 44,6 %.
L’âge moyen était de 28,5 ans avec des extrêmes de 16 et 75 ans. Le sexe
masculin représentait 77% et le sex ratio était de 3,4. Une moto était impliquée
chez 70,3% des cas. Les motocyclistes étaient les victimes les plus concernées
(76%). Les principaux facteurs associés aux accidents de la voie publique
étaient l’excès de vitesse et la transgression du code de la route dans
respectivement 23% et 21% des cas. La moitié des patients étaient emmenés
aux urgences à bord d’un véhicule personnel. Le transport en ambulance
concernait 4% des cas.
Les lésions de moindre gravité (écorchures, plaies superficielles)
étaient les plus nombreuses (52%). Les lésions principales étaient surtout
localisées au crane (21%). Le casque n’était pas utilisé par les victimes. La
mortalité hospitalière était de 4,1%.
Conclusion: les accidents de la circulation demeurent un véritable
problème de santé publique même en période de restriction sanitaire.
L’utilisation de casques et de couloirs cyclistes devrait contribuer à la
réduction des accidents et de leur gravité, particulièrement à la baisse des
traumatismes crâniens.
Mots clés: Accident De La Voie Publique, Polytraumatisme, Traumatisme
Crânien, Covid-19, Tchad
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Epidemiologic Aspects Of Injuries Related To Road Traffic
Accidents Among Adults At The University Hospital Of
National Reference Of N'djamena (Chu-Rn), Chad
Moussa Kalli
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Andjeffa Valentin
Service d’Orthopédie et Traumatologie au CHU-RN, N’Djaména (CHU-RN)
Seid Younous
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Adjougoulta Bonté
Service d’Anesthésie et de Réanimation, au CHU-RN, N’Djaména (CHU-
RN)
Bruno Mantou
Kambel Djibdouna
Sadié Ismael Guire
Yasmine Abdoulaye
Abdelaziz Wiché
Service de Chirurgie générale, CHU de Référence Nationale, N’Djaména
(CHU-RN)
Choua Ouchemi
Service de Chirurgie générale, Centre Hospitalier Universitaire de Référence
Nationale, N’Djaména (CHU-RN)
Faculté de sciences de la Santé Humaine de Ndjamena (FSSH)
Abstract
Introduction: Road traffic accidents are a public health problem.
Objective: To describe the epidemiological profile, circumstances of
occurrence and factors associated with road traffic accidents in the city of
N'Djamena during COVID-19 pandemic.
Methods: This was a cross-sectional and descriptive study that
included all road traffic accidents admitted to the surgical emergency
department of the national reference university hospital of N'Djaména (CHU-
RN) during a six-month period. Sociodemographic, clinic and therapeutic
aspects were described and compared to the literature.
Results: A total of 5,772 patients were admitted to the surgical
emergency department, of whom 2,575 were victims of MVA, i.e. a frequency
of 44.6%. The mean age was 28.5 years with extremes of 16 and 75 years.
Males accounted for 77% and the sex ratio was 3.4. A motorbike was involved
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in 70.3% of the cases. Motorcyclists were the most affected victims (76%).
The main factors associated with the road accidents were speeding and traffic
violations in 23% and 21% of cases respectively. Half of the patients were
taken to the emergency room in a private vehicle. Transport by ambulance
concerned 4% of cases.
Less serious injuries (abrasions, superficial wounds) were the most
numerous (52%). The main injuries were mainly located in the skull (21%).
Helmets were not used by the victims. Hospital mortality was 4.1%.
Conclusion: Traffic accidents remain a real public health problem.
The use of helmets and bicycle lanes should contribute to the reduction of
accidents and their severity, particularly to the reduction of head injuries.
Key words: Road Traffic Accident, Polytrauma, Head Trauma, Covid-19,
Chad
Introduction
L’urbanisation rapide et anarchique des grandes villes africaines et le
non-respect du code de la route par des usagers sont souvent à l’origine de
traumatismes parfois graves dus aux accidents de la voie publique (AVP). Les
AVP sont des évènements causant au moins une victime, survenant sur une
voie ouverte à la circulation publique et impliquant au moins un véhicule
(ODIMBA, 2007 ; SCURFIELD, 2004). Ils ont toujours fait l’objet d’une
grande préoccupation de la part des autorités médicales et publiques. Un
rapport récent de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrit les
traumatismes de la voie publique comme une épidémie gravissime, car ils sont
responsables dans le monde de 1,2 million de décès par an. Ils représentent la
première cause de décès dans le monde chez des personnes âgées de 5 à 24
ans (SCURFIELD, 2004). Au Tchad, particulièrement à N’Djaména qui est la
ville la plus peuplée avec plus d’un million d’habitants, on constate que le
nombre de traumatismes par AVP commence à prendre des proportions
inquiétantes. Ainsi, les accidents de la circulation en 2008 étaient estimés à
67,5% de toutes les admissions chirurgicales et les motocyclistes ont été les
plus concernés avec 42,9% des cas (KABORO, 2008). En 2014, vue la
fréquence de traumatismes crâniens par AVP en milieu hospitalier un
plaidoyer a été fait au près des autorités publiques pour le port obligatoire de
casque chez les usagers de motocyclettes (CHOUA, 2014). Compte tenu de ce
constat, il nous a paru nécessaire d’étudier les traumatismes par AVP dans la
ville de N’Djaména pour proposer des mesures de prévention en vue de réduire
leur fréquence.
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Patients Et Methode
Il s’agissait d’une étude descriptive transversale sur une période de six
(6) mois, de juillet à décembre 2020 menée au service des urgences du CHU-
RN de N’Djaména. Etaient inclus les patients des deux sexes âgés de plus de
15 ans reçus pour AVP, consentants et présentant un traumatisme corporel.
Les patients admis aux urgences pour des pathologies autres que le
traumatisme par AVP, les patients non consentants et les patients n’ayant pas
présenté de blessures après examen clinique n’ont pas été inclus dans l’étude.
Les variables étudiées étaient: l’âge, le sexe, la profession, la provenance, le
mode de recrutement, les circonstances de survenues de l’accident (lieu,
moment, véhicule ayant provoqué le traumatisme, port ou non de casque et
ceinture de sécurité), les facteurs associés à l’AVP et les données cliniques
(délai de la prise en charge, topographie et nature des lésions) et la mortalité.
Les données étaient recueillies à partir des dossiers médicaux et des registres
des urgences chirurgicales. Les données étaient collectées et saisies à l’aide du
logiciel Excel et office 2016.
Un consentement écrit était obtenu chez tous les patients adultes, ou
auprès des tuteurs pour les patients âgés de moins de 18 ans. Si la victime
d’AVP était un adulte inconscient, le consentement était obtenu auprès du
parent accompagnateur. Les données étaient traitées et utilisées dans un but
d’analyse scientifique dans le strict anonymat.
Resultats
Caractéristiques sociodémographiques
Au cours de cette étude: 5772 patients étaient admis aux urgences
chirurgicales dont 2575 victimes d’AVP, soit une fréquence de 44,6 %. Une
moyenne de 14 blessés par AVP chaque jour a été observée. La tranche d’âge
la plus représentée était celle de 21 à 30 ans. L’âge moyen était de 28,5 ans
avec des extrêmes de 16 et 75 ans. Les deux sexes sont atteints, avec une
prédominance masculine (77%) soit un sex-ratio de 3,4. Parmi les victimes,
2482 (96,4%) provenaient de la ville de N’Djaména. 1417 (55%) AVP étaient
survenus entre 16h et 18h. La majorité des accidents étaient enregistrés au
mois de décembre et juillet respectivement chez 611(24%) et 496 (19,2%) des
cas. Le groupe élèves et étudiants était le plus représenté (44,6%), suivis des
chauffeurs de mototaxis avec 500 (19,4%) patients. Les motocyclistes étaient
majoritairement impliqués dans les AVP (76%) comme reporté au tableau I.
Tableau I. les engins impliqués dans les accidents de la voie publique
Engins en cause N %
Moto 1810 70,3 24,1
Auto 620
Auto-moto 145 5,6
Total 2575 100
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Une moto était impliquée dans la survenue de l’AVP chez 76% des
cas.
Les facteurs associés aux AVP étaient : l’excès de vitesse, la transgression
du code de la route et le déplacement pendant la nuit dans respectivement
23,4%, 21,2% et 11% des cas. La prise de stupéfiants au volant était retrouvée
chez 70 victimes soit 3%. L’état d’ivresse était retrouvé chez 60 patients
(2,3%) et huit accidentés (0,3%) faisaient usage du téléphone au volant.
Certains patients avaient plusieurs facteurs à la fois et chez certains aucun
facteur n’a été retrouvé (39%) (tableau II). La ceinture de sécurité était
retrouvée chez sept (7) victimes soit 0,3%. Aucun usager de motocyclette
accidenté ne portait un casque. Mille deux cents quatre-vingt-sept (50%)
victimes étaient transportées du lieu de l’accident au service des urgences par
un véhicule de particuliers (tableau III).
Tableau II. répartition des patients selon les facteurs associés aux AVP.
Facteurs n %
Indéterminé 1 000 39
Excès de vitesse 607 23,4%
Transgression du code de la route 550 21,2%
Déplacement de nuit 280 11%
Prise de drogue 70 3%
Etat d’ivresse 60 2,4%
Utilisation du téléphone au volant 8 0,3%
Total 2575 100 %
Tableau III. distribution des patients selon les moyens de transport aux urgences
Mode de transport N %
Véhicule personnel 1 287 50%
Taxi 952 37%
Moto 232 9%
Ambulance 104 4%
Total 2575 100 %
Caractéristiques cliniques, thérapeutiques et pronostics
La plupart des patients présentait un bon état général (97%) et un bon
état hémodynamique (98,5%) à l’admission. Les lésions de moindre
gravité (écorchures, plaies superficielles, contusions musculaires) étaient
les plus nombreuses (52%). Le traumatisme crânien isolé, le
polytraumatisme et les fractures des membres étaient retrouvés chez
respectivement 21%, 18% et 7,5%. (Tableau IV). Ces cas étaient traités en
collaboration avec les anesthésistes réanimateurs et les traumatologues.
Tableau IV. répartition des traumatisés en fonction de la topographie des lésions
Type N %
Traumatisme légers(écorchures, contusions 1 339 52%
musculaires)
Traumatisme crânien isolé 540 21%
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Polytraumatisme 335 18%
Fracture de membres 195 7,5%
Traumatisme abdominal et du bassin 45 4%
Traumatisme thoracique 100 3,8%
Traumatisme cervical 21 0,8%
Total 2575 100%
Les patients étaient pris en charge avant la sixième heure dans 96 %
des cas. Ils quittaient l’hôpital après les premiers soins dans 55 % des cas ; 23
% étaient mis en observation pendant 24–48 heures et 22 % étaient orientés
vers les pavillons d’hospitalisation.
Le geste le plus réalisé aux urgences était un pansement avec suture
chez 63% des cas suivi des attouchements chez 37% des patients, qui
recevaient tous du sérum antitétanique. Une immobilisation provisoire au
niveau des membres était réalisée chez 195 (7,5%) des patients au niveau des
urgences chirurgicales avant d’être transférés au service de traumatologie ou
libérés.
Le taux de mortalité était de 4,1 % (n =105). Les patients décédés
étaient tous des motocyclistes sans casque, polytraumatisés avec comme
lésion principale un traumatisme crânien grave.
Discussion
Dans notre pratique, les accidents de la voie publique sont très
fréquents, constituant presque la moitié (44,6%) des admissions aux urgences
chirurgicales. Ce taux élevé d’accident de la circulation s’expliquerait d’abord
par l’accroissement du parc automobile urbain et l’augmentation du nombre
des engins motorisés à deux roueset au fait que notre centre hospitalier est
orienté vers la prise en charge des urgences traumatiques. Plusieurs auteurs
dont Mc Greevy et al à Yaoundé (MC GREEVY, 2014), Almeimoune et al
(ALMEIMOUNE, 2017) à Bamako, et Tekpa et al. (TEKPA, 2017) à Bangui
rapportent des données similaires aux nôtres. Ce taux est inférieur à ceux
relevés dans des études antérieures dans le même hôpital du CHU-RN, par
Kaboro et al (KABORO, 2008) qui a trouvé 67,9% et Choua et al (CHOUA,
2014) qui rapportaient 61,2%. L’explication retrouvée est que la présente
étude s’est déroulée pendant la pandémie de covid-19 où les AVP ont diminué
à cause des mesures restrictives instaurées par le gouvernement. La fermeture
des bars, restaurants et le couvre-feu auraient diminué le nombre d’individus
circulants dans les rues et par conséquent les occasions d’AVP.
L’âge moyen des patients est de 28,5 ans avec des extrêmes de 16 et 75
ans. Cette prédominance des sujets jeunes dans les AVP est retrouvée par
plusieurs auteurs en Afrique subsaharienne (ODIMBA, 2007 ; Mc GREEVY,
2014 ; ALMEIMOUNE, 2017 ; TEKPA, 2017).
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La tendance juvénile masculine des victimes de ce travail a été
rapportée aussi par des auteurs au Tchad, en RCA et au Mali (KABORO,
2008 ; TEKPA, 2017 ; MADOUGOU, 2016).
Cette fréquence élevée des accidents chez les hommes s’expliquerait
par la différence des effectifs entre les chauffeurs de sexe masculin et ceux de
sexe féminin, mais aussi par le comportement à risque des hommes au volant
et dans la conduite des engins à deux roues. Les hommes effectuent des
multiples déplacements imposés par leurs activités économiques, éducatives
ou administratives. Le chômage des diplômés de tous les secteurs peut pousser
cette tranche d’âge à s’improviser chauffeurs rémunérés de transport en
commun sans aucune notion du code de la route.
La plupart des victimes des AVP a été reçue au service des urgences
chirurgicales dans la journée avec un afflux des malades entre 16h et 18h
(55%). Selon Madougou et al (MADOUGOU, 2016), les accidents étaient plus
fréquents après 18h dans 37,3% des cas. La présente étude est réalisée pendant
une période de couvre-feu, instauré à partir de 18h à cause de la pandémie de
Covid-19. La tranche d’heures de 16h à 18h correspond au moment où la
circulation est dense, du fait du retour des travailleurs à la maison
généralement fatigués donc moins vigilants et qui se déplacent pour la plupart
avec des engins à deux roues.
Par ailleurs, en dehors des grands axes routiers, les rues sont mal ou
non éclairées à N’Djamena. Dans cette série le mois de décembre a enregistré
le plus d’accidents de la voie publique avec une fréquence de 24%. Ce mois
correspond à la période des grandes festivités de fin d’année, ce qui créerait
d’avantage d’occasions de circulation routière et de victimes. Cette tendance
est retrouvée dans d’autres séries africaines (ODIMBA, 2007 ; Mc GREEVY,
2014 ; ALMEIMOUNE, 2017).
La classe socioprofessionnelle la plus touchée dans ce travail est celle
des élèves et étudiants. Cette tendance est rapportée par Almeimoune et al à
Bamako, par contre Madougou et al à Yaoundé rapportent plus de non
scolarisés (ALMEIMOUNE, 2017 ; MADOUGOU, 2016). Dans la présente
série les AVP consécutifs aux motocyclettes représentaient 70% des accidents.
Ce résultat s’expliquerait par l’utilisation fréquente des engins à deux roues
par les jeunes à N’Djaména. Les motos ont un coût accessible, les élèves et
étudiants les utilisent pour leurs besoins de mobilité, mais aussi pour travailler
comme des ‘’clandoman’’ou chauffeurs de taxi-motos comme activité
génératrice de revenus.
Des constatations similaires sont rapportées dans la littérature africaine
(ODIMBA, 2007 ; KABORO, 2008 ; CHOUA, 2014 ; ALMEIMOUNE,
2017 ; TEPKA, 2017 ; MADOUGOU, 2016). Les usagers de la route qui
reportent le plus de lésions post accidentelles sont dans trois quarts des cas
(76%) des motocyclistes. Ces derniers sont vulnérables pour des multiples
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raisons dont le manque d’enveloppe de protection sur la moto, contrairement
au véhicule. Ainsi, au cours d’un accident, le motocycliste absorbe toute
l’énergie produite par l’impact avec la route et les autres véhicules. Les deux
roues constituent l’essentiel des moyens de déplacement à N’Djaména pour la
majorité de la population (KABORO, 2004 ; CHOUA, 2014). La conduite de
véhicules à deux roues motorisés comporte un risque plus élevé d'accident
mortel de la circulation que tout autre mode de transport courant.
On estime que, pour 100 millions d'heures de déplacement, 440 décès
de conducteurs de deux-roues motorisés se produisent, contre 75 et 25 décès
respectivement pour les cyclistes et les automobilistes (SAUTER, 2005).
Toutes les différentes causes ou facteurs de risque connus d’accidents
de trafic routier sont de grande importance. Dans cette étude, pour 39% des
accidents la cause n’est pas établie. L’excès de vitesse est le facteur le plus
associé aux AVP (23%). Il est suivi de la transgression du code de la route et
le déplacement la nuit dans respectivement 21,4% et 11% des cas. Ce constat
a aussi été fait par d’autres auteurs qui ont trouvé que l’excès de vitesse était
parmi les causes majeures d’accidents de trafic routier (ODIMBA, 2007 ;
TEPKA, 2017 ; MADOUGOU, 2016 ; ILUNGA, 2014). La conduite sous
l’emprise de l’alcool ou de toute substance psycho active augmente le risque
d’accidents graves ou mortels. L’ivresse au volant n’était retrouvée que chez
2,3% des cas de cette série. Le dosage d’alcoolémie ne se fait pas
systématiquement au CHU-RN. Cependant, en République démocratique du
Congo, l’alcool était la cause la plus impliquée dans la survenue des accidents
du trafic routier (ILUNGA, 2014 ; MOISE, 2018). Le faible taux d’alcoolisme
au volant de cette série par rapport à d’autres études réalisées au Tchad serait
lié à notre échantillon et à la période d’étude (KABORO, 2008 ; CHOUA,
2014). En effet, le présent travail s’est déroulé en pleine pandémie de covid-
19 qui comporte à cause du couvre-feu, une fermeture nocturne des débits de
boissons.
Il a été relevé dans cette série huit cas (0,3%) d’accidents de la voie
publique chez des victimes qui conversaient au téléphone portable pendant la
conduite. L’utilisation du téléphone au volant était le facteur le plus incriminé
dans la survenue des accidents de trafic routier dans une étude réalisée en
Ethiopie (HASSEN, 2011). Il semble que ce phénomène soit récurrent à
N'Djaména, les victimes ne le renseigneraient pas pendant l’interrogatoire.
Certains auteurs incriminent l’inexpérience des conducteurs dans la
survenue des AVP (KABORO, 2008 ; ALMEIMOUNE 2017). Dans cette
série l’expérience des conducteurs n’a pas été évaluée.
Tous les motocyclistes accidentés de la présente série ne portaient pas de
casque. Ce comportement reste inchangé depuis une décennie à N’Djamena
(KABORO, 2008 ; CHOUA, 2014). Le port de casque diminue la mortalité et
les lésions graves après un accident (SAUTER, 2005). Le taux de mortalité
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réel par AVP pourrait être plus élevé, au vu du nombre de patients transportés
à l’hôpital en ambulance qui est de seulement 4%. Seuls les cas de décès
survenus à l’hôpital ont été pris en considération. Au vu du mode de transport,
les traumatisés les plus graves seraient décédés sur les lieux du sinistre. Nous
retrouvons par ailleurs qu’après les lésions contusives de moindre gravité, le
crâne était la région la plus atteinte suivie des membres inférieurs. Certains
auteurs rapportent des résultats similaires (ALMEIMOUNE, 2017 ;
MADOUGOU, 2016). D’autres retrouvent par contre que les lésions
prédominantes sont les fractures du membre pelvien (SAUTER, 2005).
Ce travail préliminaire devrait être poursuivi en tenant compte des
données pré hospitalières afin d’être fixés sur le taux réel de décès par AVP.
Il nous permet cependant de souligner l’effet protecteur du casque chez les
motocyclistes, principales victimes des traumatismes crâniens lors des AVP à
N’Djaména.
Conclusion
Les accidents de la voie publique restent un problème majeur de santé
publique au Tchad par leur fréquence, malgré leur réduction relative à cause
des mesures de restriction en période de Covid-19. Ils sont l’apanage du sujet
jeune de sexe masculin. Une motocyclette est souvent impliquée. En raison du
taux de mortalité et des conséquences dramatiques sur le plan sanitaire et
socio-économique (nombre de journées de travail perdus, augmentation des
dépenses de santé publique…), la prévention passe par la sécurisation de la
circulation routière. Les autorités devraient veiller à l’application au
renforcement de la législation nationale sur les facteurs de risque d’accident
(vitesse, conduite en état d’ébriété, port du casque, attache de la ceinture de
sécurité) afin d’en réduire la fréquence.
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