« Le contrat est la loi des parties ».
Toutefois, dans un souci d’équilibre, le Code civil limite la portée de
cette « loi » en exigeant que les contrats soient exécutés de bonne foi.
En effet, le législateur marocain n’a pas défini le contrat. Néanmoins, son homologue français l’a défini
dans l’article 1101 comme étant « un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer,
modifier, transmettre ou éteindre des obligations. ».
Historiquement, il sied de préciser le régime du contrat est subdivisé en deux étapes fondamentale. A cet
égard, avant le protectorat, le Maroc s’est basé sur la doctrine et sur la coutume. Paradoxalement, c’est qu’avec
le protectorat que le régime du contrat devient codifié, on parle bien évidement du Dahir des obligations et des
contrats connu sous le sigle du (D.O.C) qui avait été légiféré le 8 aout 1913 sans être abrogé par aucun texte
jusqu’aujourd’hui.
Ce sujet revêt un intérêt crucial qui se manifeste par l’éclaircissement des risques liés aux contrats et les
mécanismes de gestion de ces derniers, conformément au DOC marocain..
Dans la même veine, il est pertinent de répondre à une telle problématique majeure : Quelles sont les
risques contractuels et comment peut les gérer ?
Pour répondre à cette question capitale, il sera judicieux de traiter en premier lieu la classification des
risques contractuels (I) pour se pencher ensuite vers les mécanismes aboutissant à la gestion des risques
contractuels (II).
I- La classification des risques contractuels
A- Les risques inhérents à la formation du contrat
B- Les risques post-formation du contrat
II- Les mécanismes de gestion des risques contractuels
A- Les mécanismes légaux de gestion risques contractuels
B- Les mécanismes conventionnels de gestion des risques contractuels
I- La classification des risques contractuels
Le contrat n’est pas l’abri des risques. Ces risques peuvent être d’ordre juridique, financier ou encore
économique. Ils peuvent avoir des conséquences importantes pour les parties contractantes. Il est judicieux donc
de connaître ces risques et les classer.
A- les risques inhérents à la formation du contrat
Dans le processus de formation d'un contrat, plusieurs risques sont présents et nécessitent une attention
particulière.
Au cœur de ces risques se trouve le consentement des parties , c’est élément Nécessaire pour la validité du
contrat en vertu de l’Article 2 du DOC .
Ce consentement peut s'exposer aux divers vices notamment l'erreur, le Dol ou la violence sous peine d'entraîner
la rescision de l'obligation selon l’article 39 du du DOC. parallèlement la capacité des parties à contracter revêt
une importance crucial. Les mineurs, les majeures incapables et les personnes frappées d'une incapacité spéciale
sont soumises à des limitations dans leur capacité contractuels.
De plus, l'objet du contrat doit être licite, déterminé et possible. Alors que l'obligation qui a pour objet une chose
ou un fait impossible physiquement ou en vertu de la loi et nulle conformément ou dispositions de l'article 59 du
DOC.
Tandis que, le DOC subordonne la validité du contrat à l'existence d'une cause certaine et licite de l'obligation
c'est-à-dire elle ne doit pas contraire aux bonnes mœurs, à l'ordre public ou à la loi la loi selon L'article 62 DOC.
Quant à l'existence de la cause, la notion varie en fonction de la nature de l'acte. Dans les contrats
synallagmatique, la cause de l'obligation de chaque partie réside dans l'obligation de l'autre. L'obligation son
cause ou fondé sur une fausse cause et nulle.
Dans ce contexte tout défaut de l'un des éléments nécessaires à la validité du contrat peut conduire à la nullité du
contrat selon l'article 306 du DOC.
En outre, un autre risque inhérent à la formation d'un contrat et celui lié à la formalité. Le non-respect des
formalités requises par la loi peut entraîner la nullité du contrat. Certaines transactions ou contrats spécifiques
peuvent nécessiter des formalités particulières, tels que l’écrit ou l'enregistrement devant une autorité compétente
notamment le contrat de vente d'un bien immeuble immatriculé.
B-Les risques post formation du contrat
Une fois un contrat est formé plusieurs risques contractuel peuvent survenir pendant son exécution.
Par exemple, le non-respect des obligations contractuels par l’une des parties. Ce risque peut se découler soit par
l’inexécution, le retard dans l'exécution ou bien une mauvaise exécution de l'engagement ce qui peut entraîner
des conséquences négatives à l'encontre de l'autre partie. Aussi ce risque peut se découler de l'insolvabilité
financière, de l'incompétence ou même du manque de bonne foi.
La confidentialité revêt également un risque important dans des nombreux contrats, notamment ceux qui
concerne des informations sensibles, telles que les secrets commerciaux professionnels ou des données à titre
personnelles ou sensibles, car la divulgation non autorisée peut causer des préjudices graves.
En outre la propriété intellectuelle est un autre risque important dans de nombreux contrats si une partie ne
respecte pas les droits de la propriété intellectuelle de l'autre partie. Elle peut nuire à cette dernière en
l'empêchant d'exploiter ses droits.
La fluctuation de prix est un autre risque contractuel courant dans les contrats commerciaux. Notamment ceux
Impliquant des matières premières, des produits agricoles, des devises, des carburants ou d'autres biens sujets à
variation de prix sur le marché. Ces fluctuations peuvent être causés par divers facteurs l'offre et la demande, les
conditions économiques mondiales, les changements Réglementaires ou géopolitiques. Ces fluctuations de prix
peuvent avoir un impact significatif sur la La rentabilité et la viabilité des contrats notamment en entraînant des
coûts supplémentaires pour l'une des parties ou en réduisant la marge bénéficiaire prévue.
Les défaillances technologiques représentent aussi des risques lourds dans les contrats. Elles incluent les pannes
de système informatique et des réseaux, la perte de données, les bris de sécurité, l'indisponibilité des services
hébergés. Ces défaillances peuvent entraîner des retards, des pertes financières, et des litiges entre les parties
contractantes.
De plus, l'interprétation des clauses contractuelles peut également présenté des risques Pour les parties
contractantes. En effet le contrat s'impose au juge ; le juge doit respecter la volonté des parties mais si certaines
clauses sont mal rédigées ou ambigües et apparaissent à l'évidence équivoques, confuses ou Contradictoires .
Dans ce cas cette ambiguïté peut donner lieu à l'interprétation du juge ce qui peut entraîner des attentes non
satisfaites.
Parties II- les mécanismes de gestion des risques contractuels
Les mécanismes légaux et conventionnels de gestion des risques offrent aux parties une certaine flexibilité pour
adopter le contrat aux risques spécifiques auxquels il est exposé .
A- Les mécanismes légaux
Le droit marocain inclut divers mécanismes de gestion des risques Liés à un contrat, applicables par défaut à
tous les contrats sauf accord contraire des partis.
La clause de la force majeure qui permet à une partie de se libérer de son obligation en cas de survenance
d'un événement imprévisible et insurmontable tel que une catastrophe naturelle selon l'article 269 du DOC.
Aussi la résolution judiciaire pour manquement de l'une des parties à ses obligations. Cette résolution est
prévue par l'article 259 du DOC au terme duquel lorsque le débiteur est en demeure Le créancier à le droit
de contraindre le débiteur à accomplir l'obligation si l'exécution est possible à défaut, il peut demander la
résolution du contrat ainsi que les dommages et intérêts dans les deux cas.
En plus de ces mécanismes ils existent d'autres mécanismes tels que la garantie légale en matière de vente .
L'article. 532 di DOC dispose que La garantie que le vendeur doit à l’acquéreur a deux objets :
1- Le premier est la jouissance et la possession de la chose vendue ( garantie pour cause d’exécution ;
2- Le second, les défauts de cette chose ( garantie pour les vices rédhibitoires).
La garantie est due de plein droit, quand même elle n’aurait pas été stipulée, la bonne foi du vendeur ne
l’exonère pas de cette obligation.>> ajoutant aussi l’article 573 du DOC qui prévoit que << toute action
résultant des vices rédhibitoires ou du défaut des qualités promises, doit être intenté, à peine
déchéance :
1 – pour les choses immobilières dans les 365 jours après la délivrance.
2-pour les choses mobilières et les animaux dans les 30 jours après la délivrance, pourvu qu’il ait été donné
au vendeur l’avis dont il est parlé à l’article 553.
Ces délais peuvent être prolongés ou réduits d’un commun accord par les parties …>> mais l’article 65 da la
loi 31-08 dicte que toute action en justice découlant des défauts nécessitant la garantie ou fait que l’objet
vendu est dépourvu des qualités promises, doit être intenter
Dans les délais suivants sous peine de forclusion.
- Pour les immeubles dans deux ans après la livraison.
- Pour les meubles dans l’année suivante la livraison.
Ces délais ne peuvent être réduits par accord entre les contractantes.
B- Les mécanismes conventionnels de gestion
En plus des mécanismes légaux de gestion des risques liés à un contrat, les parties peuvent mettre en place
divers mécanismes conventionnels pour gérer les risques contractuels.
Parmi les plus courants, la clause résolutoire ou bien la résolution conventionnelle. Cette résolution est
prévue par l’article 260 du DOC qui dispose que << si les parties sont convenues que le contrat sera résolu
dans le cas où l’une d’elles n’accomplirait pas ses engagements, la résolution du contrat s’opère de plein
droit par le seul fait de l’inexécution.>>.
Tandis que la clause pénale qui permet aux contractantes de fixer librement dans leur contrat le montant des
indemnités dus par le débiteur en cas d’inexécution de son obligation.
Par ailleurs, la clause d’indexation qui permet de protéger les parties contre les variations économiques et la
fluctuation des prix en offrant une stabilité financière dans le cadre de leurs transactions commerciales en les
ajustant en fonction de l’indice de référence.
Aussi la clause de force majeure est également essentielle pour anticiper les événements imprévisibles et
irrésistibles qui pourraient empêcher l’exécution di contrat . Elle définit les situations dans lesquelles les
parties ne seront pas tenues responsables de l’inexécution de leurs obligations contractuels.
La clause de confidentialité joue un rôle nécessaire dans la protection des informations sensibles échangées
entre les parties. Elle interdit généralement la divulgation de ces informations à des tiers et peuvent prévoir
des sanctions en cas de violation.
Enfin la clause compromissoire qui encourage les parties à recourir à des modes alternatifs de règlement des
litiges tels que l’arbitrage. Elle favorise aussi une résolution rapide des litiges et persévérant les relations
commerciales.