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Matrices et applications linéaires

Ce document décrit les espaces vectoriels de matrices et les applications linéaires entre espaces vectoriels. Il introduit les notions de base canonique d'un espace de matrices, de matrice d'une famille de vecteurs et de matrice d'une application linéaire relativement à des bases. Il présente également des propriétés des matrices symétriques et antisymétriques.

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Matrices et applications linéaires

Ce document décrit les espaces vectoriels de matrices et les applications linéaires entre espaces vectoriels. Il introduit les notions de base canonique d'un espace de matrices, de matrice d'une famille de vecteurs et de matrice d'une application linéaire relativement à des bases. Il présente également des propriétés des matrices symétriques et antisymétriques.

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Chapitre 22

Matrices

22.1 Espace vectoriel Mm,n (K)


 
• Mm,n (K), +, · est un K-espace vectoriel

• L’élément neutre est la matrice nulle  


• Il est de dimension n × m, de base canonique la famille Ep,q 16p6m
  16q6n

où Ep,q = ei,j avec ei,j = δi,p δj,q (voir 1 )


16i6m
16j6n

Donner une base du R-espace vectoriel de dimension 4 M2,2 (R) .


Test 588
Donner une base du R-espace vectoriel de dimension 8 M2,2 (C) .

       
1 2 4 2 3 1  7 5 
Montrer que la famille   est liée dans

Test 589       
3 4 1 5 4 2 17 9
M2,2 (R)

Th. . La transposition est une symétrie de Mn (K)


Ainsi on a les propriétés suivantes :
t 
• ∀ A ∈ Mm,n (K) , t
A =A
t
• ∀ A, B ∈ Mm,n (K) , (A + B) = tA + tB
t
• ∀ A ∈ Mm,n (K) , ∀ λ ∈ K , (λ A) = λ tA

Mm,n (K)

→ Mn,m (K)
Ainsi : l’application est linéaire
t
7→

 A A

Th. . SEV des matrices symétriques et antisymétriques


Si K est un sous-corps de C, alors les sous ensembles Sn (K) et An (K) des matrices
carrées d’ordre n, symétriques et antisymétriques sont supplémentaires dans Mn (K)
Mn (K) = Sn (K) ⊕ An (K)

1. δ est le symbole de Kronecker.

327
CHAPITRE 22. MATRICES

22.2 Famille de vecteurs et application linéaire

Matrice d’une famille de vecteurs :


B = (e1 , · · · , en ) est une base du K-espace vectoriel E
F = (u1 , · · · , up ) est une famille de vecteurs de E.
La matrice de F relativement à B est

 
 a1,1 ··· a1,p 
  n
 .. .. 
  X
 . .  où ∀ j ∈ 1, p , uj = ak,j ek
 
  k=1
an,1 ··· an,p

Th. . Matrice d’une application linéaire


B = (e1 , · · · , em ) est une base du K=espace vectoriel E
C = (f1 , · · · , fn ) est une base du K=espace vectoriel F
La matrice de f ∈ L(E, F ) relativement aux bases B et C
est la matrice de f (B) relativement à C, soit
 
 a1,1 ··· a1,m 
  n
 . .. 
  X
matB,C (f ) = A =  .. .  où ∀j∈ 1, m , f (ej ) = ak,j fk
 
  k=1
an,1 ··· an,m

Th. . Matrice d’une application linéaire : calcul de l’image




Soient →

u dansE etu0 dans F , 
image →

 de u par l’application linéaire f .
0
 x1   x1 
 . 
 
 . 
  →

Notons UB =  ..  et UC =  ..  les coordonnées respectives de → −
u et u0 dans les
   
   
xm x0n
bases B et C.

matB,C (f ) UB = UC

  m
X
le calcul : ∀i∈ 1, n , x0i = ai,k xk
k=1

Lorsque E = F , il est possible (mais pas obligatoire) de prendre B = C.


On note alors matB (f )

Z X
Soit f définie sur K2 [X] par P (X) 7→ P (t) dt .
Test 590 0
Quel est l’ensemble d’arrivée ?
Former la matrice de f dans les bases canoniques.

Lycée Châtelet Douai Page 328


22.2. FAMILLE DE VECTEURS ET APPLICATION LINÉAIRE

 
−1 2
Soit f ∈ L(E) de matrice A =   dans la base (e1 , e2 ) .
Test 591 −4 5
Quelle est la matrice de f dans les bases
(e2 , e1 )? (−e1 , e2 )? (e1 + e2 , e1 − e2 )? (e1 + e2 , e1 + 2 e2 )?

 
1 0 1
 
f ∈ L(E) a pour matrice A = 0 relativement à la base (i, j, k) .
 
Test 592  1 1
 
1 1 2
Déterminer l’image et le noyau de f .

 
3 −1 0
 
f ∈ L(R 3 ) a pour matrice A = −1 relativement à la base canonique B
 
 2 −1
 
0 −1 3
3
de R .
Test 593
• Calculer les images des vecteurs u1 = (1, −1, 1) , u2 = (0, 1, 1) ,
u3 = (2, 2, 1) , u4 = (1, 0, −1) , u5 = (1, 1, 1) , u6 = (1, 2, 1) .
 
• Repérer trois vecteurs ui , 1 6 i 6 6 tels que ui , f (ui ) est liée.

• Ces vecteurs forment-ils une base de R 3 ?


Dans l’affirmative, donner la matrice de f dans cette base.

Cas particuliers :
• ceci détermine une bijection fondamentale entre Mm,n (K) et L(K m , K n )
• et donc une bijection fondamentale entre Mn (K) et L(K n )
• ainsi qu’entre Mn,1 (K) (matrices colonnes) et K n
• et entre M1,m (K) (matrices lignes) et (Km )∗ (dual de Km )
• Addition :
si B, C sont des bases de E, F de dimensions respectives m, n
matB,C (f ) + matB,C (g) = matB,C (f + g)

• Multiplication externe :
si B, C sont des bases de E, F de dimensions respectives m, n
λ matB,C (f ) = matB,C (λ f )

• Composition :
si B, C, D sont des bases de E, F, G de dimensions respectives p, n, m
matC,D (f ) × matB,C (g) = matB,D (f ◦ g)

Th. . Isomorphisme d’espaces vectoriels entre Mn,m (K) et L(E, F )


Si E et F sont deux K=espaces vectoriels de dimensions respectives m et n, de bases
respectives B = (e1 , · · · , em ) et C = (f1 , · · · , fn ) alors l’application :

φ : L(E, F ) → Mn,m (K), f 7→ matB,C (f )

est un isomorphisme.

Page 329 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 22. MATRICES

 
Remarque : ceci prouve que dim L(E, F ) = dim(E) × dim(F )

• Cet isomorphisme permet de transformer à volonté un problème matriciel en un problème sur


les applications linéaires (et inversement).

22.3 Matrices inversibles

22.3.1 Interprétations
Soit A ∈ Mn (K)
• par des applications linéaires
A = matB,C (f ) A inversible ⇔ f bijective
• par des familles de vecteurs
A = matB (u1 , u2 , · · · , un ) A inversible ⇔ (u1 , u2 , · · · , un ) est libre

22.3.2 Premières propriétés


Th. . Régularité et inversibilité
Soit A ∈ Mn (K) .
A est inversible à droite ⇔ A est inversible à gauche ⇔ A est inversible

⇔ A est régulière à droite ⇔ A est régulière à gauche ⇔ A est régulière

Conséquence :
on peut dire indifféremment A est inversible ou A est réguliére

Th. . Régularité d’un produit


Pour toutes matrices carrées A, B ∈ Mn (K) :
A B est inversible ⇔ A et B sont inversibles
(et, bien sûr : (A B)−1 = B −1 A−1 )

En général, dans un anneau : A B inversible 6⇒ A et B inversibles.


Test 594 Fournissez un contre-exemple dans l’anneau des applications de R[X] muni des lois ad-
ditives et de composition : on pourra penser aux applications dérivation et intégration.

22.3.3 Matrice de passage


La matrice de passage 2
de la base B vers la base B 0 est
la matrice des vecteurs de B 0 exprimés relativement à B.
 
 a1,1 ··· a1,n  où B = (e1 , · · · , en )

 . .. 
 
PBB
0
= matB (B 0 ) = matB 0 ,B (Id) =  .. B 0 = (e01 , · · · , e0n )
 .    n
X
  et ∀ j ∈ 1, n , e0j = ak,j ek
an,1 ··· an,n k=1

2. On dit encore ”matrice de changement de bases”.

Lycée Châtelet Douai Page 330


22.3. MATRICES INVERSIBLES

0
PBB = matB (B 0 ) = matB 0 ,B (Id)
Important:
les colonnes sont les coordonnées des vecteurs de la nouvelle base B 0
exprimées dans l’ancienne base B.

Propriétés :
• Une matrice de passage est régulière
• Réciproquement, toute matrice régulière est une matrice de passage
0
• PBB = matB 0 ,B (IdE )
 −1
= PBB0
0
• changement de base inverse : PBB

00 0 00
• double changement de base : PBB = PBB PBB0

Utilisation des matrices de passage

pour un vecteur : B et B 0 bases de E


0 U matrice colonne du vecteur u relativement à B
U = PBB0 U
U 0 matrice colonne du vecteur u relativement à B 0

B et B 0 bases de E,
pour une application linéaire :
0
C et C 0 bases de F,
A 0 = PCC 0 A PBB A matrice de f ∈ L(E, F ) relativement à B et C
A 0 matrice de f relativement à B 0 et C 0

pour un endomorphisme : B et B 0 bases de E


0 A matrice de f ∈ L(E) relativement à B
A 0 = PBB0 A PBB A 0 matrice de f relativement à B 0

Dire que deux matrices A et A 0 sont des matrices équivalentes signifie qu’elles représentent
la même application linéaire dans des bases différentes.
0
A 0 = PCC 0 A PBB

 
1 1
 
Trouver une base de R 2 dans laquelle la famille (1, 2), (3, 4) a pour matrice  .
Test 595
1 2
Vérifier en utilisant la matrice de passage.

 
3 −1 1
 
A = 0 est la matrice de f ∈ L(R 3 ) relativement à la base canonique B.
 
 2 0
 
Test 596 1 −1 3
Donner sa matrice relativement à la base  
B 0 = (e1 , e2 , e3 ) = (1, 0, −1), (0, 1, 1), (1, 0, 1)
Vérifier en calculant directement les images de e1 , e2 et e3 .

Page 331 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 22. MATRICES

22.4 Rang d’une matrice

22.4.1 Définition
Pour A ∈ Mn,p (K), on pose :
Ker A = {X ∈ Mp,1 (K)|AX = 0n,1 }
Im A = {AX, X ∈ Mp,1 (K)}
Ce sont des sous-espaces vectoriels de Mp,1 (K).
Quitte à identifier les matrices colonnes de taille p et n aux vecteurs de Kp et Kn , on peut dire
que Ker A et Im A sont le noyau et l’image de l’application linéaire canoniquement associée à A.

Point Méthode :
• Pour déterminer le noyau d’une matrice A, il suffit de résoudre le système correspondant
à l’équation AX = 0n,1 .

• L’image d’une matrice A est le sous-espace vectoriel engendré par les vecteurs colonnes
de A.
• Critère d’inversibilité : en particulier, pour montrer qu’une matrice carrée A est inversible,
il suffit de montrer que l’équation AX = 0 admet comme unique solution X = 0.

Le rang de A ∈ Mm,n (K) est


le rang dans Km de la famille des vecteurs colonnes.
Notation : rg(A)

En fait, le rang de la matrice A est


• le rang de toute famille de vecteurs colonne qu’elle représente
• le rang de toute application linéaire qu’elle représente

Test 597 Quelle est la forme d’une matrice de rang 0 ? d’une matrice de rang 1 ?

   
1 −1 0 1 0 3
   
Déterminer le rang de A = 0 et B =
   
Test 598  1 −1
 0
 1 2
   
0 0 2 0 0 0
A et B peuvent-elles représenter un même endomorphisme dans des bases différentes ?

22.4.2 Propriétés
• Si A ∈ Mm,n (K) , alors rg(A) 6 min(n, m)
 
• La famille (u1 , · · · , un ) est libre ssi rg matB (u1 , · · · , un ) = n

• Si P ∈ GLn (K) , alors rg(A) = rg(A P )

• Si Q ∈ GLm (K) , alors rg(A) = rg(Q A)

Une matrice particulière : la matrice Jr ∈ Mm,n (K) .

Lycée Châtelet Douai Page 332


22.4. RANG D’UNE MATRICE


1

si 1 6 i = j 6 r
Elle est définie par Jr = (αi,j ) où αi,j =

0 dans les autres cas
 
1 0 ··· ··· ··· ··· ··· ··· 0
.
 
 .. .. .
0
 . . .
   
. .. .. .
 Ir 0 
. .
. . 1 . .
Soit 3 Jr = E1,1 + · · · + Er,r = 

.

 =
.

. .. .. .
.

. 0 . .
 0 0
. .
. .. .. .. .
.
 . . . .

 
0 ··· ··· ··· 0 0 0 ··· 0

Il est clair que 0 6 r 6 min(n, m) et rg(Jr ) = r

Th. . Une caractérisation du rang


La matrice A ∈ Mm,n (K) est de rang r ssi
∃ P ∈ GLn (K) , ∃ Q ∈ GLm (K) , A = Q Jr P

Th. . Conséquences de la caractérisation du rang


— Des matrices sont équivalentes si et seulement si elles ont le même rang.
— Le rang d’une matrice est invariant par transposition

rg(A) = rg( tA)

— Le rang de A est donc aussi le rang de la famille des vecteurs ligne.

 
1 2 3
 
 
  0 0 0
 
1 0 0 2 0 1  
 
  0 0 0
Test 599 Quel est le rang de 2 et de  ?
   
 0 0 4 0 2  
  2 4 6
 
3 0 0 6 0 3  
0 0 0
 
 
 
1 2 3

22.4.3 Matrices extraites et rang


Une matrice extraite de A ∈ Mm,n (K) est une matrice obtenue à partir de A en supprimant
des lignes et/ou des colonnes. Elle lui est donc de dimensions inférieures ou égales.
Th. . Rang d’une matrice extraite
Si A ∈ Mn,p (K) est une matrice de rang r, alors toute sous-matrice extraite de A est
de rang au plus r.
Th. . Caractérisation du rang par les matrices carrées extraites
Soit A ∈ Mn,p (K). Le rang de A est égal à r si et seulement si les deux conditions
suivantes sont réalisées :
(1) il existe une matrice carrée d’ordre r inversible extraite de A,
(2) toute matrice carrée d’ordre k > r, extraite de A, est non inversible.

3. La matrice représentée ici est ”horizontale” (m < n) mais elle peut également être carrée ou ”verticale”
(m > n).

Page 333 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 22. MATRICES

22.4.4 Pivot de Gauss


Th. . Transformations élémentaires et rang

Les transformations élémentaires ne changent pas le rang d’une matrice

Respecte-t-on le rang en effectuant simultanément les transformations


Test 600 C1 ← C1 + C2 et C2 ← C2 − C1 ?
Même question avec C1 ← C1 − C2 et C2 ← C2 − C1

Lemme : Par des opérations élémentaires, toute  nulle A ∈ Mm,n (K)


 matrice non
 α ··· 
 
 
 0 
peut se transformer en où α 6= 0
 
 .. 

 . A0 
 
 
0

Alors, nous avons : rg(A) = rg(A 0 ) + 1

Th. . Méthode des pivots de Gauss


Par une suite de transformations élémentaires, toute matrice A ∈ Mm,n (K) peut se
mettre sous la forme
 
α1,1 ··· ··· ··· ··· α1,n 
 
.. . 
. 

 0
 . . 
 
 . . 
 . .. .. . 
 .
 . . .   r
Y
où αk,k 6= 0
 
 
 0
 ··· 0 αr,r ··· αr,n 

  k=1
 0 ··· ··· ··· ··· 0 
 
 
 . . 
 . . 
 . . 
 
 
0 ··· ··· ··· ··· 0

A est alors de rang r.

Utiliser la technique du pivot de Gauss pour déterminer le rang de


 
11 −2 −1 8 5
   
1 2 1 1 0 1 
 

 7 1 3 1 0
Test 601
   
     
0 1 3 0 2 1  
     
     1 −2 −3 4 3 
 
0 0 1 3 0 1  
9 2 5 0 −1

22.5 Trace et matrices semblables


22.5.1 Matrices semblables
Définition ( Matrices semblables )
Soient A, B ∈ Mn (K) deux matrices carrées. On dit que A est semblable à B si, et seulement
si, il existe P ∈ GLn (K) tel que
A = P −1 BP

Proposition
La relation de similitude (ie : le fait d’être semblable) est une relation d’équivalence sur Mn (K)

Lycée Châtelet Douai Page 334


22.5. TRACE ET MATRICES SEMBLABLES

Proposition (Interprétation de la similitude matricielle)


E est un espace vectoriel de dimension n.
Deux matrices A1 et A2 ∈ Mn (K) sont semblables si, et seulement si, elles représentent le même
endomorphisme dans deux bases différentes, c’est-à-dire si, et seulement si, il existe B1 et B2
bases de E telles que
A1 = MatB1 (u) , A2 = MatB2 (u)

22.5.2 Trace d’une matrice


Définition ( Trace d’une matrice carrée )
La trace d’une matrice carrée A, notée Tr(A), est la somme de ses coefficients diagonaux :
n
X
Tr(A) = ai,i , A = (ai,j )1≤i,j≤n ∈ Mn (K)
i=1

Exemple : Tr(In ) = n.
Remarque : On a bien entendu Tr(t A) = Tr(A).

Proposition
L’application trace est une forme linéaire sur Mn (K), c’est-à-dire une application linéaire de Mn (K)
dans K.

Proposition
Pour tout A = (ai,j ) ∈ Mn,p (K) et B = (bi,j ) ∈ Mp,n (K), on a
X
Tr(AB) = ai,j bj,i
1≤i≤n
1≤j≤p

En particulier,
X
Tr(t A A) = a2i,j
1≤i≤n
1≤j≤p

et, de plus
Tr(AB) = Tr(BA)

Corollaire
Pour toute matrice inversible P ∈ GLn (K), et toute matrice A ∈ Mn (K), on a

Tr(A) = Tr(P AP −1 )

22.5.3 Trace d’un endomorphisme


Proposition
Deux matrices semblables ont même trace.

Proposition
La trace d’un endomorphisme est la trace de l’une de ses matrices relativement à une base donnée
(cette trace ne dépendant pas de la base choisie).

Proposition (Linéarité de la trace)


L’application
Tr : L(E) → K, u 7→ Tr(u)
est une forme linéaire, telle que pour tous u, v ∈ L(E),

Tr(u ◦ v) = Tr(v ◦ u)

Proposition (Trace d’un projecteur)


La trace d’un projecteur est égale à son rang.

Page 335 Alain Couteèle et Mélissa Bailloeuil


CHAPITRE 22. MATRICES

22.6 Systèmes d’équations linéaires


Soit le système linéaire AX = b à n équations et p inconnues. On reprend les notations usuelles.
I Le rang du système est le rang de sa matrice A. Notons-le r.
I Conséquence pour un système homogène
Le système admet pour ensemble de solutions Ker (A) qui est un espace vectoriel de dimension
p−r.
I Conséquence pour un système compatible
l’ensemble des solutions est l’espace affine 4 de direction Ker (A) :
x0 + Ker (A) x0 solution particulière du système
B cet espace est de dimension p − r , où r est le rang du système.
B Le système sera compatible si et seulement si b ∈ Im(A)
I Conséquence pour un système carré de rang n
Si A est carrée de rang n, autrement dit inversible, il y a une unique solution qui vaut A−1 b. On
rappelle que ce type de système est dit de Cramer.
 
1 2 2
 
Soit f de matrice 2 relativement à la base (e1 , e2 , e3 ) .
 
 1 2
 
0 1 1
Test 602 • Calculer f (e1 + 2e2 − 2e3 ) , f (−e2 + e3 ) , f (−2e1 − 2e2 + 3e3 )

x + 2y + 2z = 1






• En déduire les solutions de 2x + y + 2z = 1





 y+z =1

Lycée Châtelet Douai Page 336


22.7. EXERCICES

22.7 Exercices
Calcul Matriciel
Exercice 1
Soit f l’endomorphisme de R4 canoniquement associé à
 
−1 −2 0 0
 
 
1 2 0 0
M =
 

 
0 0 1 1
 
 
0 0 0 0

Montrer que f est un projecteur, et donner des bases de ses directions propres.

Exercice 2
Soit E l’ensemble des matrices de M3 (C) de la forme
 
a 0 b
 
 
0 a c
 
 
0 0 d

1. Montrer que E est un SEV de M3 (C).


2. Donner une base du sous-espace vectoriel E.
3. Montrer que E est un sous-anneau de M3 (C).
4. L’anneau E est-il intègre ? Est-il commutatif ?
5. Quel sont les éléments inversibles de E. Leur inverse est-il dans E ?

Exercice 3
Soit A ∈ Mn (K) telle que
5 2014 3 2013 1 2012
A + A + A + 2In = 0
2 2 2
Montrer que A est inversible.

Exercice 4
1. Soit A ∈ M2 (K). Montrer que A2 − tr(A)A + (Det A)I2 = 02 avec Det A = a1,1 × a2,2 −
a1,2 × a2,1 .
2. Calculer le reste de la division euclidienne de X n par X 2 − 2X + 1.
 
2 −1
n
3. On pose A =  . Calculer A
 
1 0

Exercice 5

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CHAPITRE 22. MATRICES

 
1 2 −1 2
 
On considère la matrice A = 2 .
 
 4 4 −8

 
3 6 1 −1
Déterminer une base de Ker A et Im A.

Exercice 6
Résoudre
 les systèmes suivants, de paramètre a.

2x + 3y − z = −1 x + 2y + az = 0

 


 


 

(S1) x + 2y + 3z = 2 (S2) x − ay + z = 1

 


 

 3x + 4y − 5z = −4
  ax − 2y + z = a

Exercice 7
Soient A et B ∈ Mn (C). Résoudre l’équation X + tr(X)A = B d’inconnue X ∈ Mn (C)

Matrices, changements de base


Exercice 8
Déterminer la matrice de l’application R-linéaire de C dans C, qui à z associe z dans la base (1, i)
puis dans la base (1, j).

Exercice 9
Soit f la symétrie de R2 par rapport à la droite y = x, parallèlement à la droite y = −x.
1. Déterminer, pour (x, y) ∈ R2 l’expression de f (x, y) et en déduire la matrice A de f dans
la base canonique.
2. Déterminer sans calculs la matrice A0 de f dans la base B 0 = (1, 1), (1, −1) .


3. Déterminer la matrice P de passage de la base canonique à la base B 0 , ainsi que son


inverse.
4. Vérifier la formule A = P A0 P −1 vue en cours.

Exercice 10
Soit E un R-espace vectoriel de dimension 3, et (e1 , e2 , e3 ) une base de E.
1. Soit f1 = e1 + e2 + e3 , f2 = e1 + e2 et f3 = e1 + e3 . Justifier que (f1 , f2 , f3 ) est une base
de E.
2. On note P la matrice de passage de (e1 , e2 , e3 ) à (f1 , f2 , f3 ). Déterminer P et P −1 .
3. Soit u la projection sur Vect(f1 , f2 ) parallèlement à Vect(f3 ). Déterminer la matrice M1
de u dans la base (f1 , f2 , f3 ).
4. En déduire la matrice M2 de u relativement à la base (e1 , e2 , e3 ).

Exercice 11
Soit l’application
Φ : R2 [X] → R2 [X], P 7→ P − (4X + 1)P 0
1. Montrer que Φ est un endomorphisme de R2 [X].
2. Déterminer la matrice M de Φ relativement à la base canonique B = (1, X, X 2 ) de R2 [X].
3. Résoudre l’équation Φ(P ) = λP d’inconnue (λ, P ) ∈ R × R2 [X].
4. En déduire une base B 0 = (P1 , P2 , P3 ) dans laquelle la matrice M 0 de Φ est diagonale.

Lycée Châtelet Douai Page 338


22.7. EXERCICES

5. Déterminer la matrice de passage P de B à B 0 .


6. Calculer M 0n pour n ∈ N.
7. En déduire M n

Rang
Exercice 12
Déterminer le rang des matrices suivantes :

1. A = ei−j
 
. 3. C = i + j

1≤i,j≤n i≤i,j≤n a si i = j


2. B = sin(i + j) 1≤i,j≤n . 4. Da,b = (di,j )1≤i,j≤n où di,j = .
 b si i 6= j

Exercice 13
Déterminer le rang des matrices suivantes M .
     
1 1 1 1 1 0 1 0 1 2 3 4
     
1. M = 1 3. M = 2
     
1 1 1 0 1 0 1 3 4 5
2. M = 
     
    
 
2 2 2 2 1 1 1 1 3 4 5 6
 
 
−1 1 −1 1

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CHAPITRE 22. MATRICES

22.8 Exercices Complémentaires

Exercice 1
Déterminer, dans R3 , la matrice M canoniquement associée à la projection sur la droite en-
gendrée par (1, 1, 1) parallèlement au plan d’équation x − y + z = 0.

Exercice 2
Centre de Mn (K)
Soit A ∈ Mn (K) commutant avec toutes les matrices B ∈ Mn (K).
Montrer que A est une matrice scalaire (c’est-à-dire est un multiple scalaire de In ).
Indication : prendre B = Ei,j .

Exercice 3
Matrices à diagonale strictement dominante
Soit A ∈ Mn (C) telle que pour tout i ∈ [[1; n]]
X
|ai,i | > |ai,k |
k6=i

Montrer que A est inversible (on calculera son noyau).

Exercice 4
Soit M ∈ Mn (C) une telle que M n = 0n .
Montrer que In − M est inversible, et en déterminer l’inverse.

Exercice 5
Les matrices triangulaires strictes sont nilpotentes
On fixe n un entier une fois pour toutes. On considère des matrices de Mn (K).
On note, pour 0 ≤ k ≤ n − 1, Tk,n (K) l’espace vectoriels des matrices A triangulaire supérieures,
ayant k ”sur-diagonales” nulle, c’est-à-dire telle que ai,j = 0 si i ≥ j − k. Par exemple, T0,n (K)
est l’ensemble des matrices triangulaires supérieures, T1,n (K) est l’ensemble des matrices trian-
gulaires supérieures strictes...
1. Soit M1 ∈ Tk1 ,n et M2 ∈ Tk2 ,n . Montrer que M1 M2 ∈ Tk1 +k2 ,n .
2. En déduire que toute matrice triangulaire supérieure stricte est nilpotente.

Exercice 6
Dans E = R3 , on note (e1 , e2 , e3 ) la base canonique. Puis on pose f1 = e2 + e3 , f2 = e1 + e3 et
f3 = e1 + e2 .
1. Justifier que (f1 , f2 , f3 ) est une base de E.
2. Déterminer dans la base (f1 , f2 , f3 ) la matrice A de l’application dont la matrice dans la
 
3 −1 1 
1 
base canonique de E est B = 2 0 −2.
 
2 
 
3 −3 1
3. Calculer An , et en déduire B n .

Exercice 7

Lycée Châtelet Douai Page 340


22.8. EXERCICES COMPLÉMENTAIRES

Dans l’espace vectoriel E = R3 , on considère la base canonique B = (i, j, k) où i = (1, 0, 0),
j = (0, 1, 0) et k = (0, 0, 1), et l’endomorphisme f dont la matrice dans la base B est
 
 −2 −1 2
 
A = −15
 
 −6 11
 
−14 −6 11

On pose u = i + j + 2k, v = 3j + 2k et B 0 = (u, v, k).


1. Montrer que B 0 est une base de E et déterminer P la matrice de passage de B à B 0 .
2. Calculer P −1 .
3. Déterminer la matrice T de f dans la base B 0 .
4. Calculer T n .
5. En déduire une expression de An à l’aide de n, I3 , A et A2 .

Exercice 8
Inverser les matrices suivantes
 
 
0 ··· ··· 0 a1 
 1 0 0 0  
 




0
 ··· a2 0 
−a 1 0 0 . .. 
 
A= B =  .. avec ∀i ∈ [[1; n]], ai 6= 0
 
 · .
−a 1 0
   
 0 . .. 

.
. · .
 
 
0 0 −a 1
 
 
an 0 ··· 0

Exercice 9
Trace d’une matrice carrée Un grand classique à connaı̂tre...
n
X
La trace de la matrice A = (ai,j ) ∈ Mn (K) est la quantité tr(A) = ak,k
k=1
1. Si A, B ∈ Mn (K), montrer que tr(A B) = tr(B A).
2. A-t-on tr(A B) = tr(A) tr(B) ?
3. Soit f ∈ L(E) , et A et B la matrice de f relativement à deux bases différentes. Montrer
que tr(A) =tr(B).
Conclusion : cette quantité ne dépend que de f . C’est la ”trace de f ”.

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CHAPITRE 22. MATRICES

Lycée Châtelet Douai Page 342

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