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Système EPC et Internet des objets

Ce document décrit le système EPC (Electronic Product Code) qui sert de base pour l'identification des objets dans l'Internet des objets. Il explique que le code EPC fournit une identification unique et standardisée pour chaque objet et peut prendre différentes formes comme un code-barres. L'architecture EPC Global Network définit l'organisation des systèmes d'informations pour gérer les échanges d'informations EPC. Bien que le système EPC soit important pour l'Internet des objets, il n'est pas exempt de problèmes comme son caractère payant et le fait que certaines parties de l'architecture ne soient pas encore développées.

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Système EPC et Internet des objets

Ce document décrit le système EPC (Electronic Product Code) qui sert de base pour l'identification des objets dans l'Internet des objets. Il explique que le code EPC fournit une identification unique et standardisée pour chaque objet et peut prendre différentes formes comme un code-barres. L'architecture EPC Global Network définit l'organisation des systèmes d'informations pour gérer les échanges d'informations EPC. Bien que le système EPC soit important pour l'Internet des objets, il n'est pas exempt de problèmes comme son caractère payant et le fait que certaines parties de l'architecture ne soient pas encore développées.

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Système EPC[modifier | modifier le code]

Partant de cette constatation, les organismes EAN International et UCC (Uniform Code Council)
chargés de la gestion du système EAN et aujourd'hui réunis au sein de l'organisme
global GS1 ont choisi le système EPC (Electronic Product Code) développé par l'Auto-ID Center
(aujourd'hui Auto-ID Labs) comme base pour leur nouvelle génération de standards.
L'organisation EPC Global, créée par GS1, est chargée du développement et de la gestion de
ces nouvelles normes.
Le système EPC est souvent considéré comme directement lié à la technologie RFID. En effet, la
standardisation d'un système d'identification au niveau de l'article individuel s'est avérée
indispensable dans ce domaine, et la pression de géants tels que la chaîne de supermarchés
américains WalMart ou le département de la Défense des États-Unis a permis une progression
rapide des processus de développement et d'adoption des nouveaux standards. Néanmoins, le
code EPC n'est au fond qu'une suite de bits organisés selon une systématique précise et n'est
donc pas limité au domaine de la RFID. Il peut aisément prendre la forme d'un code-barres
standard ou bidimensionnel (par exemple, Data Matrix ou QR Code), ou simplement d'une suite
de caractères numériques.
EPC pour l'Internet des objets[modifier | modifier le code]
Le système EPC possède donc toutes les caractéristiques nécessaires pour servir de langage de
base commun à l'Internet des objets : une identification individuelle et unique des objets,
associée à la large diffusion d'un système standardisé. À ceci s'ajoute encore l'architecture EPC
Global Network, qui définit l'organisation des systèmes d'informations destinés à assurer
l'échange des informations EPC au niveau global et dont l'un des composants principaux, l'ONS
(Object Naming Service), est directement basé sur le DNS (Domain Name System), élément
essentiel de l'infrastructure de l'Internet actuel.
L'utilisation du système EPC dans le cadre de l'Internet des objets n'est toutefois pas entièrement
exempte de problèmes. La nature commerciale du système EPC Global en est un (l'attribution
d'une plage de codes est payante) et le fait qu'une grande partie de l'architecture EPC Global
Network ne soit encore qu'à l'état d'ébauche en est un autre.
Il ne fait toutefois aucun doute que le système EPC occupe une place de choix dans la
perspective du développement de l'Internet des objets, soit en tant que composant à part entière,
soit comme source d'inspiration.
Au-delà des standards[modifier | modifier le code]
Au-delà des standards existants, l'Internet des objets peut être compris comme un cyberespace
« indéterministe et ouvert » dans lequel évoluent des objets logiciels virtuels autonomes associés
aux objets physiques inertes et s'alimentant des données évènementielles (RFID, code-
barres, NFC, etc.). Les nouvelles possibilités offertes par les services de mobilité via la
technologie NFC sur les téléphones portables devraient permettre le développement à grande
échelle de l'Internet des objets, avec des initiatives comme celle de Cityzi en France, où le mobile
et ses applications virtuelles sont en interaction directe avec son environnement physique et
permettent ainsi d'en obtenir des informations utiles connexes (musée, transport, commerçant,
etc.)68.
Grâce à une interopérabilité croissante, ces entités autonomes dotées d'une intelligence propre
pourraient devenir de plus en plus capables de s'auto-organiser en fonction des circonstances,
des contextes ou des environnements. Ceci leur permet déjà de partager avec des tiers (entités,
objets) afin de faire converger leurs finalités (à ce titre, le concept de l'Internet des objets est très
proche de celui d'Intelligence ambiante).
L'Internet des objets, autrefois objet physique deviendrait alors, par le biais de son intelligence
logicielle associée, un véritable acteur ou Agent économique69 dans les chaines de valeur ou les
processus dans lesquels il est engagé70, au même titre que le sont les humains, les organisations
ou certains systèmes d'information. Cet Internet est par essence évènementiel71, il se fait
notamment « par le bas », c'est-à-dire selon des approches bottom-up basées sur l'événement et
permettant un pilotage opérationnel à des niveaux subsidiaires72.
Chaque acteur y dispose, potentiellement, de son propre référentiel (nommage, sémantique,
temps) lui assurant théoriquement une autonomie de décision et de comportement, mais il
dépendra de plus en plus des filtres qui sélectionneront les données supposées pertinentes pour
lui dans le big data. En outre, la variété et la multiplicité des liens ou interactions entre ces
acteurs en font un système complexe, capable d'intégrer de nouveaux acteurs autonomes de
façon potentiellement transparente.
Dans cet Internet, l'interprétation d'un événement peut se faire selon une logique déterministe et
syntaxique ou de façon contextuelle : ce Web devra donc être sémantique. Cette interprétation
doit donc souvent s'affranchir de référentiels trop « généralistes » incapables de gérer les
milliards d'exceptions qui seront potentiellement générés : la standardisation EPC Global entre
autres, trouve ici ses limites. En effet, vouloir traiter tous les cas possibles revient à définir une
« finalité » globale à grande échelle : cette tâche est impossible dans une démarche top-
down (quel organisme pourra tout prévoir ?). De même, la dimension chronologique
appréhendée de façon « linéaire » perd son sens dans un système si globalisé où des milliards
d'évènements, très divers se produisent au même moment et parallèlement73 : l'Internet des
objets nécessitera donc le développement et l'usage de systèmes d'information
massivement parallèles.

Aspects juridiques en France[modifier | modifier le code]


Du fait de la connexion des objets sur l'Internet, le droit de propriété devrait être logiquement
renforcé ou au contraire ouvert ou adapté à une logique collaborative. En effet, l'adage juridique
selon lequel « en fait de meuble, possession vaut titre » pourrait être remis en cause en cas
de vol ou de recel, voire de perte. Mais il reste alors à déterminer qui aura la charge de
superviser la propriété des objets connectés et de l'information qu'ils ont collectivement co-
généré.
La géolocalisation et la protection des données sont débattus entre experts, entreprises et
profanes74. Concernant les impératifs de sécurité et protection des données, il convient de
rappeler que conformément à l'article 226-17 du Code pénal, le non-respect de l'obligation de
sécurité imposée à tout traitement de données à caractère personnel est sanctionné de 5 ans
d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende. Lorsque c'est une personne morale qui est en
cause, l'amende peut être multipliée par cinq et atteindre 1 500 000 €.

Gouvernance[modifier | modifier le code]


Elle doit concerner des objets mais aussi les données qu'ils acquièrent et utilisent.
Alors que dans un système opaque, nos comportements et sentiments sont de plus en plus
prédéterminés par des informations et publicités personnalisées ou ciblées, par les résultats
des moteurs de recherche, les systèmes et outils d'aide et conseil et des technologies cachées
d'analyse et de suivi de nos émotions, et alors que « des milliers de morceaux
de métadonnées ont été recueillies sur chacun de nous »75, des entreprises, lobbies ou
gouvernements peuvent plus facilement manipuler nos décisions. L'usager d'Internet et des
objets connectés dépend aujourd'hui de filtres et d'algorithmes complexes et brevetés, qu'il ne
peut maitriser1.
On recense en effet déjà de nombreux incidents. La sécurité des voitures connectées par
exemple, a été mise en cause après la démonstration du piratage en juillet 2015 d'une Jeep
Cherokee alors qu'elle roulait sur l'autoroute76.
En réponse aux risques de dérives, de mésusage, de détournement, de vol, de manipulation,
d'appropriation ou usages illégaux de ces informations et en particulier de l'information
personnelle ou d'intérêt général (bien commun), l'ETH de Zurich travaille avec divers partenaires
à la mise au point de systèmes d'information ouverts et transparents, fiable et contrôlables par
l'utilisateur qui dépend aujourd'hui de filtres et d'algorithmes complexes brevetés qu'il ne peut
maitriser1. L'ETH veut créer un système distribué dit Nervousnet, une sorte de « système nerveux
numérique » capable de préserver la vie privée en utilisant les réseaux de capteurs de l'Internet
des objets (dont ceux des smartphones) afin de décrire le monde qui nous entoure de manière
plus transparente dans un lieu collectif « bien commun de données ». Selon ces chercheurs, les
nombreux défis à relever seront plus facilement résolus via une plate-forme ouverte et
participative et des systèmes de gouvernance par la communauté basé sur des règles
simples, « approche qui a fait ses preuves pour de grands projets tels que Wikipédia et Linux ».
Selon les auteurs du projet, de même que « les standards ouverts du World Wide Web ont créé
des opportunités socioculturelles et économiques sans précédent, un cadre approprié à l'Internet
des objets et à la société numérique pourrait aussi favoriser un âge de prospérité ».

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]


Fragmentation de la plateforme[modifier | modifier le code]
La nature amorphe de l'informatique des objets connectés est un problème pour la sécurité, car
certains correctifs sur les systèmes d'exploitation de base ne parviennent pas aux appareils plus
anciens ou à ceux qui sont les moins chers. Des chercheurs estiment à plus de 87 % les
dispositifs actifs vulnérables. Ce qui est notamment dû selon eux, à l'échec des fournisseurs
d'objets connectés à apporter des correctifs et des mises à jour de sécurité aux objets plus
anciens77.
Vie privée, autonomie et contrôle[modifier | modifier le code]
Philip N. Howard (en), professeur et auteur, écrit que l'Internet des objets offre un potentiel
immense pour responsabiliser les citoyens, mais également pour rendre le gouvernement plus
transparent, et essayer d'élargir l'accès à l'information. Cependant, Howard nous met en garde
contre les atteintes à la vie privée, le contrôle social et la manipulation politique78.
Les préoccupations relatives à la protection de la vie privée ont conduit de nombreuses
personnes à envisager la possibilité que les infrastructures de big data comme l'Internet des
objets et l'exploration de données soient par nature incompatibles avec la vie privée.
L'auteur Adam Greenfield affirme que ces technologies ne sont pas seulement une invasion de
l'espace public mais qu'elles sont aussi utilisées pour prolonger une attitude normative, citant
l'exemple d'une entreprise de panneaux d'affichage qui avait dissimulé des caméras pour pouvoir
observer quelles personnes s'étaient arrêtées pour lire l'annonce79.
Le conseil de l'Internet des objets a comparé la croissance de la surveillance numérique à
l'architecture carcérale panoptique décrit par Jeremy Bentham au XVIIIe siècle80. Les philosophes
français Michel Foucault et Gilles Deleuze ont également défendu cette idée. Dans Surveiller et
Punir : Naissance de la prison, Foucault explique que le système panoptique était un élément
central de la société de discipline développée au cours de la révolution industrielle. Foucault a
également fait valoir que ces systèmes de discipline reflètent la vision de Bentham. En 1992,
Deleuze, dans post-scriptum sur les sociétés de contrôle, a écrit que la société de discipline avait
été remplacée par une société de contrôle, avec l'ordinateur remplaçant le panoptique comme un
instrument de discipline et de contrôle, tout en conservant les valeurs du panoptisme81.
La vie privée des ménages pourrait être compromise seulement par l'analyse des tendances des
réseaux domestiques intelligents sans avoir à décrypter le contenu des données. Cependant, un
système d'envoi de données synthétiques peut être utilisé pour empêcher ce genre de menaces
sur la vie privée.
Peter-Paul Verbeek, professeur de philosophie de la technologie à l'Université de Twente, aux
Pays-Bas, écrit que la technologie influence déjà nos prises de décisions morales, qui elles-
mêmes affectent l'activité humaine, la vie privée et l'autonomie. Il nous met en garde contre la
technologie de visualisation qui serait seulement un outil humain mais il préconise de plutôt le
considérer comme un agent actif82.
Justin Brookman, du Centre pour la démocratie et la Technologie américain, a exprimé son
inquiétude à propos de l'impact de l'Internet des objets sur la vie privée des consommateurs, en
disant : « il y a certaines personnes dans le monde commercial qui disent : « Le big data, génial,
collectons toutes les informations possibles, gardons-les en permanence à proximité, nous
paierons quelqu'un pour s'occuper de la sécurité de ses données plus tard. » La question est de
savoir si nous voulons une base réglementaire pour pouvoir limiter cela. »
Tim O'Reilly estime que la façon dont les entreprises vendent les appareils connectés est
déplacée, contestant le fait que l'Internet des objets améliore l'efficience en mettant différents
objets en ligne et en supposant que « les objets connectés sont vraiment faits pour augmenter la
connaissance humaine. Les applications sont foncièrement différentes lorsque vous avez des
capteurs et des données pilotant la prise de décision »83,84.
Les éditeurs du magazine américain, Wired, ont également exprimé leurs doutes, l'un d'eux
déclarant : « Vous êtes sur le point de perdre votre vie privée. En fait, c'est pire que cela. Vous
n'êtes pas seulement en train de perdre votre vie privée mais vous allez assister à la redéfinition
de la notion de vie privée. »85
L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a exprimé sa préoccupation à propos de la
capacité qu'a l'Internet des objets d'éroder le contrôle que peuvent avoir les personnes sur leur
propre vie. L'ACLU a écrit qu'« il n'y a aucun moyen de prévoir de quelle façon ce pouvoir
immense — accumulé disproportionnellement dans les mains de sociétés cherchant des
avantages financiers et des états voulant toujours plus de contrôle — sera utilisé. Il est probable
que le big data et l'Internet des objets rendent le contrôle de nos vies plus difficile, car nous
sommes de plus en plus transparents aux yeux des grandes sociétés et des institutions
gouvernementales qui elles sont de plus en plus opaques pour nous ».
Des chercheurs ont identifié les difficultés liées à la vie privée pour toutes les parties prenantes à
l'Internet des objets, du fabricant au consommateur final, en passant par les développeurs
d'applications et ont examiné la responsabilité de chacun dans la protection de la vie privée. Le
rapport met en évidence certains problèmes86 :

 Le consentement de l'utilisateur : D'une façon, le rapport dit que les utilisateurs ont
besoin d'être capable d'autoriser la collecte de données. Cependant ils n'ont ni le
temps ni les connaissances techniques nécessaires.
 La liberté de choix : La protection de la vie privée et les normes d'usages doivent
promouvoir la liberté de choix
 Anonymat : Les chercheurs ont noté que les plateformes d'objets connectés ne
prennent pas en compte l'anonymat lors des transmissions de données. Les
nouvelles plateformes pourraient, par exemple, utiliser TOR ou des technologies
similaires pour permettre aux utilisateurs de ne pas être trop profilé sur la base de
leurs comportements et de leurs choix.
En 2007, face à l'augmentation des inquiétudes au sujet de la vie privée et de l'intelligence
technologique, le gouvernement britannique a déclaré qu'il ferait en sorte de les résoudre, par la
mise en place d'un programme de compteurs électriques intelligents. Le programme entraînerait
le remplacement des compteurs électriques traditionnels par des compteurs électriques
intelligents, qui seront capables de suivre et de gérer plus précisément la consommation
d'énergie. Cependant, des doutes sont émis face à ces principes qui n'ont jamais réellement été
mis en œuvre. En 2009, le Parlement néerlandais a rejeté un programme similaire de compteurs
intelligents, fondant leur décision sur des préoccupations concernant le respect de la vie privée.
Le programme néerlandais sera finalement adopté après révision en 201187.
Un exemple très parlant de l'atteinte à la vie privée celui de Samsung. En effet, les individus
possédant un téléviseur connecté Samsung ont appris que les fonctionnalités de reconnaissance
vocale de leur télé impliquaient l'enregistrement et l'utilisation des conversations des utilisateurs,
chez eux, par l'intermédiaire des micros de leur téléviseur. Avec ces révélations, les utilisateurs
ont eu l'impression de perdre le contrôle sur leurs informations personnelles et sur leurs objets88.
Les objets connectés sont le sujet principal du livre jeunesse Ada & Zangemann. Dans le conte,
ces objets sont contrôlés par un seul homme, Zangemann, obligeant Ada et ses camarades à
s'en libérer pour retrouver autonomie et pouvoir d'agir89.

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